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Le blog de Lucien PONS

Appeler un chat un chat. Le poids des mots.

20 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La lutte des classes, #Economie, #La nation ., #La mondialisation, #Politique intérieure

Appeler un chat un chat

Le poids des mots.

Lorsqu’en 1998 le Conseil National du Patronat Français (CNPF) décide de se transformer en Mouvement des Entreprises Françaises (MEDEF, ses adhérents, ses structures, son but restent les mêmes. Le but de l’opération est de faire disparaître un mot : PATRONAT, mot qui est trop lié à l’idée d’exploitation, de profit, de classe dominante.

Il en est de même pour le mot capitalisme. Il a disparu du vocabulaire au profit des mots « libéralisme » voire pour les plus audacieux « ultralibéralisme ».

Les choses sont encore poussées plus loin. Les Ouvriers Spécialisés (OS) sont remplacés par des « opérateurs » qui travaillent comme avant sur des chaînes. Les cotisations sociales qui sont du salaire socialisé qui sert à couvrir toutes les périodes d’inactivité de la naissance à la mort sont transformés en « charges » biens sûr insupportables pour les malheureuses entreprises et qu’il faut supprimer dans les meilleurs délais.

Bref, tous ces changement de mots, martelés jour après jour par le patronat, les gouvernements successifs, les médias, ne sont pas innocents. Ils visent à ancrer dans les consciences que la lutte de classe a disparu, que la collaboration entre patronat et salariés est une nécessité pour solutionner les problèmes partout dans le monde et en France.

Comme l’entreprise est devenue un terrain neutre cela amène à une série de déclarations très éclairantes.

Passons sur le « J’aime les entreprises » de M. Valls qui manifeste son amour en leur versant cette année 20 milliards d’euros au titre du Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et 41 milliards supplémentaires en diminution de cotisations sociales et d’impôts

*E. Macron, ministre de l’économie, ancien dirigeant de la banque Rothschild déclare à « Ouest France » : « L’entreprise est une collectivité humaine qui est la propriété de ceux qui la font ».

*L. Berger, secrétaire de la CFDT, à France Inter le 8 octobre, invite le patronat à : « faire sa révolution culturelle en considérant que l’entreprise a une responsabilité sociale ».

*T. Lepaon, secrétaire de la CGT, au journal « le Nouvel Economiste » : « l’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés et ces deux composantes doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ».

Arrêtons là les citations, Mais elles permettent à P. Gattaz Président du Medef de déclarer à son université d’été 2014 : « l’entreprise n’est ni de gauche ni de droite, elle est là pour l’emploi ».

C’est faux. L’entreprise n’est pas là pour l’emploi mais pour le profit des actionnaires (1)

Sinon il n’y aurait pas en France 7 millions de chômeurs, 500.000 de plus en deux ans. Des pans entiers de l’industrie ont disparu (textile, chaussure), les délocalisations vers les pays à bas coûts se sont multipliés (Peugeot Citroën, Renault et tous les autres) pour une seule raison et cela bien avant la crise : le profit capitaliste

Cette réalité est dénoncée par un patron de l’imprimerie JP Maury. Il explique qu’il a perdu un marché de livres au profit d’un concurrent d’un pays d’Europe du Sud qui offrait 2% moins cher. Ce patron imprimeur appelle au civisme industriel ! Appel qui a peu de chance d’être entendu au vu de la réalité.

Appelons un chat un chat.

http://www.sitecommunistes.org/ch369chat.htm

L’entreprise reste ce qu’elle a toujours été : un lieu d’exploitation des ouvriers, des salariés où se créent les richesses confisquées par le patronat à son seul profit.

Par exemple, aujourd’hui la direction d’Air France veut baisser les salaires des pilotes et aggraver leurs conditions de travail pour sa compagnie low-cost, d’où la grève actuelle des pilotes. Cela pour lui permettre de porter le taux de profit à 8-10% d’ici à 2017.

De cette exploitation naît une autre réalité : la lutte de classe. Tous les rideaux de fumée tendus par le patronat, le pouvoir politique et tous ceux qui partagent leur point de vue ne changeront rien à cette réalité. Elle se manifeste tous les jours dans les luttes quotidiennes que mènent les travailleurs dans leurs entreprises pour les salaires, l’emploi, leur santé.

(1) Voir nos explications détaillées dans notre brochure « Abattre le capitalisme, construire le socialisme ».

Retour au texte (1)

www.sitecommunistes.org

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