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Le blog de Lucien PONS

Espagne : "Podemos" donné en tête dans un sondage pour la première fois avec 27,7% des intentions de vote, 13,9% de plus qu'il y a un mois... Par Jean Lévy.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'Espagne., #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;

Mardi 4 novembre 2014

Espagne : "Podemos" donné en tête dans un sondage pour la première fois avec 27,7% des intentions de vote, 13,9% de plus qu'il y a un mois...

Les peuples d'Europe en colère...

Et en France ?

LA TRIBUNE

Espagne : Podemos donné en tête

dans un sondage pour la première fois

avec 27,7% des intentions de vote

POLITIQUE ESPAGNOLE

Pablo Iglesias, le leader du parti Podemos, donné premier parti d'Espagne par un sondage. (Crédits : Reuters)Romaric Godin  |  02/11/2014Le parti issu du mouvement des indignados, Podemos, est crédité de 27,7 % des intentions de vote dans un sondage publié par El Pais ce dimanche. Un tremblement de terre politique de l'autre côté des Pyrénées.

Pablo Iglesias, le leader du parti Podemos, donné premier parti d'Espagne par un sondage. (Crédits : Reuters)Romaric Godin | 02/11/2014Le parti issu du mouvement des indignados, Podemos, est crédité de 27,7 % des intentions de vote dans un sondage publié par El Pais ce dimanche. Un tremblement de terre politique de l'autre côté des Pyrénées.

C'est un véritable tremblement de terre qui, s'il se confirme pourrait redessiner la politique espagnole issue de la transition démocratique voici 40 ans.

Dans un sondage publié ce dimanche 2 ooctobre par El Pais et réalisé par l'institut Metroscopia, le parti Podemos, âgé de huit mois seulement et issu du mouvement des Indignados, mouvement de lutte contre les mesures d'austérité prises en 2011 et 2012, obtient 27,7 % des intentions de vote.

C'est 13,9 points de plus que voici un mois et 17 points de plus qu'en septembre, premier mois où ce parti a été intégré à ce sondage.

Déroute des grands partis traditionnels

Cette percée inédite se fait principalement au détriment des deux grands partis traditionnels espagnols. Le parti socialiste (PSOE) perd 4,7 points en un mois avec 26,7 % d'intentions de vote.

Mais cette chute demeure limitée au regard de la dégringolade du Parti populaire (PP), du premier ministre Mariano Rajoy, frappé par ailleurs ce mois-ci par de nouveaux scandales de corruption. Le PP qui, jusqu'ici, malgré la politique d'austérité, avait limité les dégâts, n'est plus désormais crédité que de 20,7 % des intentions de vote contre 30,2 % voici un mois.

En 2011, le PP avait obtenu 44,6 % des voix.

La poussée de Podemos

Podemos avait obtenu le 25 mai dernier, lors des élections européennes, 7,97 % des voix et cinq députés européens qui, depuis, ont rejoint le groupe de la Gauche Unie européenne. Le parti a réuni voici quelques semaines sa première convention. Son caractère participatif et anti-establishment, ainsi que son programme opposé violemment à la politique d'austérité du gouvernement Rajoy et à la corruption, a rencontré un vrai écho dans la société espagnole.

Une « colère citoyenne » ?

Selon El Pais, qui comme la plupart de la presse madrilène, n'a cessé de sous-estimer et de combattre Podemos, ce sondage ne reflète pas des intentions de vote, mais une « colère citoyenne » liée aux scandales de corruption qui ont secoué le Parti Populaire. Le sondage aurait en effet été réalisé durant la semaine où les révélations de pots-de-vin au sein du PP ont secoué l'Espagne.

Les effets de l'austérité

Certes, il est encore un peu tôt pour voir en Podemos une force centrale de la politique espagnole. Mais la tendance de ce parti à progresser dans l'opinion est désormais une évidence. Elle tranche avec l'optimisme béat des partisans de l'austérité qui veulent faire de l'Espagne un modèle.

Certes, la croissance espagnole est repartie depuis la fin de 2013. Au troisième trimestre de cette année, le PIB espagnol a progressé de 0,5 %, ce qui est sans aucun doute une bonne performance au niveau européen. Mais ce n'est guère un effet de l'austérité : les exportations espagnoles semblent à bout de souffle et c'est la demande intérieure, principalement la consommation qui progresse, en raison de la pause dans l'austérité salariale.

C'est donc la fin de l'austérité qui soutient la croissance espagnole. L'effet de la baisse du coût du travail est loin d'être encore positif.

Elections en novembre 2015

Surtout, les effets de l'austérité dans la société demeurent immenses. Le chômage baisse, mais il est encore proche de 24 % de la population active. Le PIB est encore en recul de près de 9 % par rapport à son niveau de 2008. La faiblesse des salaires et l'appauvrissement général a conduit à un mécontentement qui rend la corruption encore plus insupportable. Indéniablement, l'Espagne est une nouvelle victime politique de l'austérité.

Les élections de novembre 2015 s'annoncent incertaines. Le pays risque d'être difficile à gouverner. L'alliance entre PP et PSOE paraît difficile. Mais le PSOE acceptera-t-il de s'allier avec Podemos ? Rien n'est moins sûr.

Phénomène européen

L'Espagne s'inscrit ainsi dans une longue série en Europe.

En Irlande, là aussi pourtant un « modèle » pour les observateurs, l'austérité a fait émerger le Sinn Fein, nationalistes de gauche, qui représentent désormais un quart de l'électorat selon les sondages.

En Grèce enfin, Syriza est donné en tête avec près de 30 % des intentions de vote. Sans compter bien sûr, les déroutes des partis traditionnels dans d'autres pays qui ont pratiqué l'austérité comme les Pays-Bas ou la France.

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