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Le blog de Lucien PONS

Denis Robert et son film sur l'affaire Clearstream : «J'ai dû faire face à 63 procédures»

4 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Europe supranationale, #La France, #La République, #Le grand banditisme, #Les média, #La justice

Denis Robert et son film sur l'affaire Clearstream : «J'ai dû faire face à 63 procédures»

Le 22 01 2015

Denis Robert : «L'attaque de Charlie Hebdo montre combien la liberté de la presse est précieuse »/Photo AFP
Denis Robert : «L'attaque de Charlie Hebdo montre combien la liberté de la presse est précieuse »/Photo AFP

Accompagné du réalisateur Vincent Garenq, le journaliste Denis Robert sera ce soir à partir de 19 h 30 au cinéma Utopia à Tournefeuille pour présenter le film «L'enquête» consacrée à l'affaire Clearstream, qu'il a révélée en 2001. Nous lui avons demandé quelques éclaircissements…

Pourquoi ce film maintenant ?

Denis Robert : Le film «L'enquête» est le résultat de trois années de travail d'écriture avec le réalisateur Vincent Garenq. Il sort maintenant parce que l'arrêt de la Cour de Cassation de 2011, reconnaissant le sérieux de mon enquête et l'intérêt général de la question, a mis un point final aux procès intentés contre moi depuis 2001 par Clearstream et les banques et permis ainsi qu'on puisse reprendre cette affaire dans un film sans encourir des risques de procès en diffamation.

Tout est vrai, donc dans «L'enquête» ?

Oui, ce film est juste et il dit mieux le réel que mes livres, articles, BD, parce qu'il arrive après plus de douze ans d'enquête. C'est Vincent Garenq, qui, en 2011, est venu me demander d'adapter mon livre «Révélation$» et raconter mon enquête. J'avais trouvé son film «Présumé coupable» sur l'affaire d'Outreau tellement remarquable que j'ai décidé de lui confier le sujet. Il a écrit et réécrit, pendant un an et tout en me consultant, huit versions du scénario.

Justice a été rendue dans les affaires Clearstream. ?

Comme les banques et Clearstream ne pouvaient pas tuer le message, ils ont essayé de tuer le messager… J'ai dû faire face à 63 procédures et 400 visites d'huissiers avec une vie privée malmenée, mes enfants effrayés… Justice rendue ? En ce qui concerne mon travail, oui puisque, la Cour de Cassation a confirmé la validité de mes écrits Mais, question préjudice moral, je n'ai rien touché. En France on donne 45 millions d'euros à Monsieur Tapie pour préjudice moral, mais rien à un journaliste qui a sorti des vérités. Justice rendue ? Côté Clearstream et, puisque rien ne prouve le contraire, il semblerait que les pratiques continuent… Quant à l'affaire Clearstream 2 avec, entre autres, Imad Lahoud, Jean-Louis Gergorin et l'histoire des fausses listes de comptes, il reste beaucoup de zones d'ombre. Le procès en première instance, comme celui en appel n'a pas tout éclairci…

Aujourd'hui, qu'est ce que vous retenez de toute cette affaire ?

La question de fond du film, c'est le statut de la vérité dans notre société. Comment notre société se débrouille avec. L'affaire Clearstream, c'est un scandale majeur qui n'a pas explosé à la mesure de ce qu'il aurait dû. Si j'en tire une leçon, c'est que la vérité prend du temps. Que les lobbys bancaires sont surpuissants et que le président Hollande devrait appliquer ce qu'il a dit dans son discours du Bourget…

Et quid de la liberté de la presse en cette période terrible ?

Je suis en train de réaliser un documentaire sur Cavanna et Charlie Hebdo et l'après-midi de l'attentat, j'avais un rendez-vous prévu avec des journalistes et dessinateurs de Charlie . C'est dire si je me sens proche de ce drame. Cela dit, l'attaque de Charlie Hebdo remet au centre l'importance de la chose écrite, du journalisme et montre combien la liberté de la presse est précieuse.


«L'enquête»

«Il se passe quelque chose de l'ordre du phénomène. Lors des projections en avant-première, les spectateurs sont effarés, les débats acharnés. Comme quoi, un film peut devenir un élément de vrai débat…» souligne Denis Robert. Interprété par Gilles Lellouche, dans le rôle de Robert, réalisé par Vincent Garenq, le film «L'enquête» reprend avec précision et clarté toute l'enquête Clearstream, qui reconnaissons-le, est bien nébuleuse, pour beaucoup d'entre nous. C'est, net précis et sans pathos. Un film à la hauteur du travail de Denis Robert : juste et déterminé.

Jeudi 22 janvier avant-première à 20 heures à l'Utopia Tournefeuille. Projection suivie d'une rencontre avec Denis Robert, Vincent Garenq et précédée à 19 h 30 d'une séance de signatures pour la sortie de la BD «L'affaire des affaires, l'intégrale Clearstream». Le film sortira sur les écrans le 11 février

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