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Le blog de Lucien PONS

Le gouvernement français soutient l'horreur nazie à l'oeuvre en Ukraine: Natacha, survivante des geôles du Pravy Sektor, viols et tortures.

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #L'horreur naize

A 55 ans Natacha m’arrive un matin dans nos bureaux, ce sont d’autres prisonniers torturés qui lui ont indiqué le travail que nous effectuons à DONi. Modeste et presque timide elle n’ose pas s’asseoir, je passerais plus de deux heures à écouter le témoignage effarant qu’elle me livre, l’histoire d’une simple femme pris dans le maelström des tortures et des violences du Pravy Sektor et de l’Ukraine du Maïdan brun. Ce témoignage est assurément le plus dur que j’ai eu à relever et pourtant j’en ai déjà entendu, trop entendu. Descente en enfer avec Natacha.

« Je suis née dans le Donbass et j’y ai vécu toute ma vie, je vivais dans un hameau près de Pervomaïskoe non loin de Makeevka et Donetsk. J’étais contrôleuse pour la compagnie locale de gaz et malgré que je ne me sois jamais intéressée à la politique, j’ai participé à l’organisation du référendum pour la fédéralisation de l’Ukraine au printemps 2014, il faut dire que j’étais aussi conseillère municipale de mon village. Malgré cela, quand nous avons vu les troupes ukrainiennes arriver, je ne me suis pas enfuie, je n’avais pas conscience de ce qui allait m’arriver, bien sûr j’étais pour la RPD, pour l’insurrection, mais je n’avais aucune activité subversive. J’ai continué mon travail, avec une petite moto je me trimballais sous le feu et les tirs dans tout le secteur qui m’était attribué pour couper les canalisations de gaz, souvent pendant des bombardements et j’ai fait cela jusqu’au 27 janvier 2015, jour de mon arrestation ».

« Quatre ou cinq solides gaillards cagoulés ont débarqué chez moi en hurlant, ils ont tout fouillé et n’ont rien trouvé, mais dans mon téléphone il y avait les nombreuses adresses des points de gaz à couper et des chiffres correspondants aux relevés. Ils ont décrétés que j’étais une coordinatrice d’artillerie pour l’Armée républicaine, je n’ai pas pu me défendre, les coups pleuvaient et j’ai été emmenée manu militari dans un véhicule. Ils m’avaient scotché la tête et les yeux en plus d’un sac. Durant le voyage, alors que j’étais couchée à l’arrière, un homme ne cessait de ne me questionner et de me frapper à la tête. Ils m’ont emmené dans un état-major du Pravy Sektor entre Celidovo et Novogrodovka où les tortures ont commencé »

« Je suis restée 19 jours en détention, dont sept jours sans nourriture, juste des vitamines dans un verre d’eau et 11 jours avec les mains attachées, jusqu’à ce jour j’en garde des séquelles. Ils m’ont battu à coup de bâton et à mains nues, j’ai eu quasiment toutes les dents du haut cassées par les coups. Ils me jetaient à terre et me frappaient lors de séances terribles. Je n’ai pas vu de médecin avant le onzième jour, on ne m’a pas autorisé à aller aux toilettes, je faisais mes besoins sur moi. En 19 jours j’ai perdu de nombreux kilos et je ne pouvais plus marcher. Ils m’ont cassé et retourné tous les ongles et j’ai un kyste dans le dos dû à des coups de pied. Ils m’ont aussi tailladé légèrement avec un couteau qu’ils m’appuyaient sur le front pour avoir des réponses. La nuit j’étais jetée dans un sous-sol, nous étions dans les locaux d’une mine. J’entendais les hurlements des torturés, beaucoup d’hommes mais aussi quelques femmes, ces cris résonneront toute ma vie dans ma tête ».

« Lorsqu’ils m’emmenaient, je passais devant une pièce où était allongée une jeune femme de peut-être 25 ans, elle s’appelait Carla ou Christina, quelque chose comme ça. Elle était entièrement nue et attachée sur un lit, les bourreaux venaient la violer à la ronde selon leurs envies, elle criait faiblement appelant sa mère « Mamioulia, Mamioula, ne me faîtes plus de mal, je vous en prie… », c’était terrifiant, les bourreaux m’ont dit qu’elle était une « sniper » et que je n’avais pas à en savoir plus, ils l’ont violentée encore longtemps, à la fin elle gémissait et quand ils la violaient, j’entendais les montants du lit qui percutaient le mur, je me trouvais de l’autre côté. J’ai été enfermée ensuite dans une cave, un jour, la jeune torturée avait disparu, je ne sais pas ce qu’ils en ont fait. Dans ce nouveau trou, je suis restée deux jours, il n’y avait pas de chauffage, je ne pouvais dormir à cause du froid, l’endroit était couvert de sang séché, des impacts de balles criblaient littéralement l’un des murs, c’était assurément un lieu de torture et d’exécution des prisonniers, des dizaines de préservatifs usagés pouvaient se voir partout au sol, jetés là après les viols. Il y avait d’autres filles qui hurlaient mais je ne pouvais les voir ».

« Ils m’ont sortis hagarde du sous-sol et j’ai été enchaînée dans une salle de sport où se trouvait une autre femme du nom de Galina Stepenienka. Elle avait la tête tuméfiée et m’a raconté avoir été violée et battue à plusieurs reprises par des soldats bourrés. Nous avions la défense de nous parler, sous peine de mort mais nous avons pu le faire. Je suis restée là, de temps à autre un soldat entrait pour nous donner des coups de pied ou nous insulter, j’ai reçu de la nourriture, un médecin militaire ukrainien m’a détaché les mains le onzième jour, je ne pouvais plus en faire l’usage. J’ai été conduite dans un WC mais je n’ai jamais pu me laver pendant 19 jours. Le dix-huitième jour ils ont placé dans notre salle un jeune prisonnier pas trop amoché, nous avons vite compris que c’était un faux prisonnier et un mouchard, de toute façon qu’avais-je à dire, je n’avais rien fait ! Nous entendions encore chaque nuit les cris des jeunes filles violées et torturées ou ceux des hommes que l’on maltraitait ».

« Le dix-neuvième jour, j’ai été emmenée dans un état pitoyable à Droujovka près de Kramatorsk dans une sorte d’état-major du SBU ou quelque chose comme ça. Là-bas les gens n’étaient pas cagoulés, ils ont préparé une déclaration où je reconnaissais mes activités séparatistes et le fait que je sois une coordinatrice d’artillerie, j’étais prête à tout après un traitement pareil et puis cela ne changeait rien, j’ai signé le papier. J’ai cru qu’ils allaient m’emmener en prison comme une autre femme qui se trouvait là du nom de Yulia Michiouka à Marioupol ou ailleurs mais ils m’ont libéré en pleine nuit. J’ai été reconduite en voiture par un jeune soldat ukrainien qui était effrayé par mon aspect et ce que l’on m’avait fait. Il m’a dit que le Pravy Sektor était toujours dans le secteur où j’habitais et que même si le tribunal m’avait libéré, j’allais disparaître comme beaucoup des gens de mon village, nous avions vu en effet disparaître des gens, comme Sergeï Vassilievitch Reznik, Vladimir Banderenka ou Alexandre Ouzakov et des dizaines d’autres ».

« Nous étions le 14 février, je suis rentrée chez moi avec ordre de ne plus en sortir, mais j’ai compris que je devais fuir. A cette époque, il n’y avait pas de laisser-passer et d’autorisations pour les autobus qui traversaient la ligne de front, alors j’ai pris juste mon sac à main, ce que j’avais comme argent et je suis montée dans un bus. C’était entre le 16 et le 18 février 2015, comme je n’étais pas encore « fichée » au niveau des passages, j’ai traversé la peur au ventre le front me retrouvant à Donetsk le jour même. Depuis je vis dans un foyer du gouvernement et avec l’aide humanitaire de la Fédération de Russie et celle de ma fille. J’ai retrouvé un travail comme cuisinière mais pour un salaire de 1 730 roubles à mi-temps, je survie, tous mes biens sont restés dans la zone occupée. J’ai été entendue par Charline, une Suisse de la Croix rouge et également par un commissaire de l’ONU, il y avait aussi un Français, peut-être de l’Union européenne, j’ai sa carte de visite quelque part… Une chose est sûre, ils ont entendu mon témoignage, mais je n’ai rien vu venir ».

Le témoignage de Natacha se termine ainsi à nouveau sur les traces de la Croix rouge, avec toujours et encore… Charline, avec l’ONU, avec des responsables européens peut-être de l’OSCE. En haut lieu, les autorités européennes et occidentales, sans parler de la Croix rouge, savent, ils savent donc la vérité sur les tortures, sur les viols, les exécutions. Pendant ce temps-là, des journalistes nient encore l’horreur des actes terribles commis par Kiev, son armée, ses services de sécurité et jusqu’à présent pas un des correspondants français des grandes officines médiatiques nationales n’a jamais sorti le moindre témoignage, pourtant à portée sur les crimes contre l’Humanité qui sont perpétrés par l’Ukraine dans le Donbass. Le silence continuera-t-il longtemps ?

Laurent Brayard pour DONi.Press

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