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Le blog de Lucien PONS

Message de Serge Lesou, ancien Résistant, membre de la délégation française pour le deuxième anniversaire du massacre d'Odessa.

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme

Serge Lesou, 88 ans, ancien Résistant.

Serge Lesou, 88 ans, ancien Résistant.

Message de Serge Lesou ancien Résistant, membre de la délégation française pour le deuxième anniversaire du massacre d'Odessa.

Version augmentée de quelques détails importants.

…..Mais, il semble que la présence, le témoignage d'étrangers soient redoutés puisque visiblement nous étions attendus. Dès le contrôle des passeports, un militaire nous entraînait dans un local où nous avons subi un interrogatoire de 2 h1/2, à l'issue duquel il nous a été signifié qu'il nous était interdit de rejoindre nos amis ukrainiens qui nous attendaient à quelques pas de là. Pour clore cet interrogatoire, nous devions signer un procès verbal entièrement rédigé en Ukrainien, ce que nous avons catégoriquement refusé de faire. Nos bagages ont été contrôlés. Le préposé à cette opération prétendait confisquer les cadeaux que nous avions amenés. Notre protestation fut véhémente. C'est lorsque que nous avons évoqué une plainte auprès de notre ambassade que les cadeaux ont réintégré nos valises. Non seulement il nous était interdit de pénétrer en territoire ukrainien, mais nos passeports nous étaient confisqués et nous mêmes étions retenus et placés dans un local de l'aéroport sous surveillance militaire. Nous avons dû passer la nuit dans des conditions très rudimentaires, allongés sur des banquettes en fer avec deux oreillers et deux couvertures pour quatre. Le lendemain nous étions reconduits sous escorte à un avion en partance pour Istanbul. Le fonctionnaire qui détenait nos passeports, nous réclamait, si nous voulions récupérer nos précieux documents, 50 € par personne. Nouveau refus catégorique de notre part.. Toujours « accompagnés », confinés pendant les 3 heures ½ de la correspondance d'Istanbul. La dernière étape nous ramenait enfin à Nice, notre point de départ. Nos passeports remis directement à la compagnie aérienne chargée de nous rapatrier. Ce n'est qu'arrivés à Nice que nous avons pu les récupérer des mains de la police française.

Interrogés, escortés, discriminés, privés de liberté, traités comme des délinquants : Nous ne pouvions monter dans l'avion après que tout le monde soit installé, et devions attendre que l'avion soit vide pour descendre à notre tour. Avec le plateau repas, refus de nous servir bière ou vin, contrairement aux autres passagers, alors que nous avions payé nos places. Tout alccol étant interdit aux « déportés » (mauvaise traduction sans doute de l'anglais).



Nous avons donc été empêchés de nous recueillir sur les tombes des victimes de la tuerie du 2 mai 2014, empêchés d'apporter le soutien de Français et de partager avec nos hôtes, familles des victimes, le repas du souvenir, en privé.

Nota : Andréi Parouby, à la tête des tueurs néo-nazis ayant opéré le 2 mai à Odessa, fondateur du parti national socialiste ukrainien rebaptisé Svoboda, est aujourd'hui Président du Parlement ukrainien.

"La Nation, c'est un référendum de tous les jours." Ernest Renan

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » Voltaire

Stoppés si près du but.

Stoppés si près du but.

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