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Le blog de Lucien PONS

Que peut-il se passer à Odessa pour que la présence d’étrangers soit redoutée? Par Claude Roddier

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #le nazisme, #La guerre

Que peut-il se passer à Odessa pour que la présence d’étrangers soit redoutée?  Par Claude Roddier

Que peut-il se passer à Odessa pour que la présence d’étrangers soit redoutée?

Par Claude Roddier le 05 mai 2016

2 mai, Odessa commémorait les deux ans de la tragédie de la Maison des syndicats

Le 1er mai, un ancien résistant français, Serge Lesou, 88 ans et sa fille Sylvie, Claude Roddier et sa fille Mireille, se sont rendus à Odessa, à l’invitation de familles des victimes de l’attentat du 2 mai 2014. Les services de sécurité ukrainiens leur ont interdit l’entrée dans la ville. Ils ont était contraint de passer la nuit à l’aéroport. Il parait difficile de penser que ces trois français puissent être une menace quelconque.

Que peut-il se passer à Odessa pour que la présence d’étrangers soit redoutée?  Par Claude Roddier

Serge Lesou, 88 ans et Claude Roddier, 77 ans, confinés dans la salle d’embarquement

Le 2 mai 2014 un rassemblement pacifique se tenait sur la place des champs Kulikovo, à Odessa, afin de récolter des signatures pour obtenir un référendum sur une organisation fédérale de l’Ukraine. C’est alors qu’une expédition terroriste du groupe néo-nazis Pravy-sektor les ont agressés violemment, provoquant de nombreux morts parmi les habitants d’Odessa. D’autres, pour échapper aux nervis se sont réfugiés dans la maison des syndicats qui a été encerclée, puis incendiée. Au moins 42 victimes supplémentaires ont péri par le feu ou en se défenestrant et ont été achevées par les assaillants.

En janvier 2015 une délégation des mères d’Odessa est venue en diverses villes de France pour informer. Le 29 janvier elle était à Nice. C’est lors de cette occasion que nous avons fait connaissance des membres de cette délégation.

Le 2 mai 2016 – deuxième anniversaire de cet épisode dramatique – sont invités par des amis ukrainiens à Odessa : Serge, ancien résistant et Sylvie, sa fille, Claude et Mireille Roddier, fille et petite fille de Gleb Sivirine, commandant du célèbre maquis Vallier, maquis gaulliste qui a opéré dans le Var jusqu’aux combats de la libération.

Gleb Sivirine étant né lui même à Odessa, sa fille et petite fille elles profitaient de ce voyage pour retrouver le berceau de leurs origines familiales.

Des informations alarmantes nous avaient dans un premier temps convaincus de renoncer à notre participation à ces commémorations :

Saakashvili et Poroshenko auraient mobilisé 1000 tueurs du bataillon Azov pour « maintenir l’ordre ».

Pour éviter tout prétexte à de nouvelles violences, les familles des victimes du massacre du 2 mail ont décidé de remplacer les commémorations publiques qui étaient prévues par des repas privés dans les familles. Seul étaient maintenu et autorisé par la mairie d’Odessa un moment de recueillement au cimetière devant les tombes des victimes.

Nos amis d’Odessa tenaient beaucoup à la présence de témoins étrangers et ont maintenu leur invitation. C’est donc à ces moments de recueillement privés que nous étions conviés. Il semble donc que la présence, le témoignage d’étrangers soient redoutés puisque, visiblement attendus, nous avons été retenus à la frontière, et qu’après un interrogatoire de plus de 2 heures, nous avons été interdits de pénétrer sur le territoire ukrainien, et placés sous surveillance militaire dans l’aéroport d’Odessa. Nous avons dû passer la nuit dans des conditions très rudimentaires, allongés sur des banquettes en fer avec deux oreillers et deux couvertures pour quatre. Toujours « accompagnés » , confinés pendant les 3heures ½ de la correspondance d’Istanbul, nous avons été reconduits jusqu’à Nice – notre point de départ. Nos passeports nous ont été confisqués, remis directement dans les mains de la compagnie aérienne chargée de nous rapatrier. Ce n’est qu’arrivés à Nice que nous avons pu les récupérer des mains de la police française.

Interrogés, escortés donc et privés de liberté pendant 21 heures.

Nous avons donc été empêchés de nous recueillir sur les tombes des victimes de la tuerie du 2 mai 2014, empêchés d’apporter le soutien de Français et de partager avec nos hôtes, famille des victimes, un repas en privé.

Et dire que de tels comportements sont orchestrés par les autorités ukrainiennes qui bénéficient du soutien actif de l’Union européenne avec en première ligne la complicité de notre propre gouvernement et dans le silence assourdissant de la majorité de nos médias.

Serge Lesou, Sylvie Pillé, Mireille et Claude Roddier – 1er Mai 2016

English version

On May 2nd 2014, a peaceful rally took place on Kulikovo field in Odessa, during which activists who had opposed the recent coup in Kiev were gathering signatures demanding a referendum for a federal organization of the Ukraine. This is when they were attacked by right-wing radicals and pro-Maidan neo-fascists of the Pravy-sektor. Many took refuge in the House of Trade Unions, which the assailants set on fire, and were burned alive. Those who jumped out of windows were beaten to death on the ground. According to official reports, at least 48 of the activists died—a number that doubles when including those who have disappeared—and hundreds were injured.

In January 2015, a delegation of the Ukrainian human rights organization “Mothers of Odessa” toured France on an informational mission, sponsored by several French associations and NGOs. We met them during their visit to Nice. On May 2nd, 2016, for the second anniversary of the massacre, we were invited to the local commemoration in Odessa—we being: 88-year-old Serge, former member of the WW2 French resistance; his daughter Sylvie; Claude, whose father Gleb Sivirine, also a noted member of the resistance, was born in Odessa; and her daughter Mireille. Claude and Mireille saw the occasion as a return to their roots.

We long hesitated to make the trip: the news reports had announced that president Poroshenko and Odessa province governor Saakashvili were purportedly mobilizing a thousand members of the Azov battalion to handle forecasted violence, a regiment known for its neo-Nazi proclivities. Odessites were bracing for riots, with the predicted deployment of over 3000 troops. To avoid fueling further brutalities, activists and relatives of those massacred in 2014 decided to cancel the public commemorative events and only hold a memorial dinner, as well as a limited processional journey to Kulikovo field for the laying of flowers under municipal security.

The presence of foreign witnesses was important to our friends in Odessa, who feel shunned by Western media. Despite the warnings of tension, they reiterated their invitation and promised us protection. We therefore headed to Odessa with the intention to attend a private memorial dinner and provide moral support to our friends.

But the presence of foreigners and their potential testimonies is apparently threatening to Ukrainian officials. Clearly expecting us, Odessa airport customs officers refused to let us onto Ukrainian territory, confiscated our passports and interrogated us for a few hours. We were straight forward about our intentions, and told them that our friends were waiting for us outside the security gates. Additionally, Claude and Mireille shared their long-standing wish to visit Odessa, as well as documents, maps and old passports which would help them locate their father/grandfather’s childhood home.

After being declared without sufficient motives to visit the Ukraine, we were forced to spent the night at the airport under military surveillance. We slept on cold metal benches. Here we’ll not only remind the reader that Serge is 88 years old, but also note that his arm was bandaged due to an injured shoulder, that Sylvie had burst a tympanic membrane during the descent and had blood running down her ear, and that Claude is 78 years old. The four of us were deported on the first flight out in the morning. From one end of the trip to the other, between flights and through our long transit in Istanbul, we were handed over from one authority to the next under a DEPA status—international civil aviation code for escorted deportees. Only back in Nice, after a much shorter and rather bewildered set of questions, did the local police return our passports to us. They now feature in bright red ink the stamped record of our denied entry.

And thus we got a taste of disenfranchisement, of the stripping of our identity and basic rights (not least benign the right to alcohol per article 4.8 of the ICAO Guidelines for the Removal of Deportees, not cool for those of us fearful of flying…), of the very public degradation of traveling under a DEPA status. (As we later agreed while digesting these events, the experience is one we would recommend to everyone: we entirely take the legality of our status for granted, and this experience was a valuable reminder that too many people live their lives, not just a couple dozens of hours, in such a total state of marginalization and of geopolitical precarity.)

And so on May 2nd, we were prohibited from attending a commemoration, from reflecting upon the site of the 2014 massacre, from providing the support of French citizens, and from sharing with our hosts and the families of the victims a private memorial meal. We recognize with outrage that such behavior can only be orchestrated by the Ukrainian authorities with the active support of the European Union and the complicity of our own government, while reliably counting on the deadening silence of our media.

Serge Lesou, Sylvie Pille, Mireille and Claude Roddier – May 1, 2016

Source:http://arretsurinfo.ch/que-peut-il-se-passer-a-odessa-pour-que-la-presence-detrangers-soit-redoutee/

Odessa: ni oublier, ni pardonner au nom de la dignité

Karine Bechet-Golovko | 3 mai 2016

Hier 2 mai, Odessa commémorait les deux ans de la tragédie de la Maison des syndicats (voir ici notre article), où 50 personnes périrent brûlées, gazées, achevées une balle dans la tête, plus de 250 furent blessées et une ville mise à genoux par les milices néo-nazies du nouveau régime pro-européen. Un des responsables de ce massacre, A. Parouby, est aujourd’hui à la tête du Parlement ukrainien. Mais les habitants, malgré menaces et pressions, sont sortis dans la rue au cri de « Nous nous souvenons, nous ne pardonnons pas ».

Lire la suite: Russie politics

Odessa

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