Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Ces entreprises allemandes engluées dans des affaires de corruption en Grèce

7 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #l'Allemagne, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La dette, #l'horreur économique, #Grèce, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Europe supranationale

Ces entreprises allemandes engluées dans des affaires de corruption en Grèce
Fraude
OLJ/Yannick PASQUET/AFP
26/08/2015
 

Siemens, Daimler, Rheinmetall : ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande sont englués dans des affaires de corruption à grande échelle en Grèce, pays dont l'Allemagne ne cesse pourtant de dénoncer certaines pratiques frauduleuses.


Aucune date n'a encore été fixée pour la comparution de 19 anciens cadres du conglomérat allemand Siemens devant la justice grecque, mais elle s'annonce comme l'un des procès financiers les plus importants de la décennie en Grèce. Soixante-quatre personnes au total sont poursuivies pour corruption passive et active et blanchiment d'argent dans le cadre d'une gigantesque affaire de pots-de-vin versés en échange de l'obtention d'un juteux marché public. L'enquête aura duré neuf ans et nécessité 2 368 pages de rapport.


Le groupe bavarois, qui entretient des liens avec la Grèce depuis le XIXe siècle, est accusé d'avoir « arrosé » différents responsables pour obtenir le vaste chantier de la modernisation du réseau téléphonique grec à la fin des années 90. Au total, Siemens aurait versé environ 70 millions d'euros (79,93 millions de dollars) de pots-de-vin lors d'un contrat conclu pour le passage au numérique de la société des télécommunications grecque OTE.
Parmi les accusés, l'ancien dirigeant de Siemens en Grèce, Michalis Christoforakos. Mais ce Germano-Grec de 62 ans a peu de chances d'être présenté à ses juges. Réfugié en Bavière depuis sa fuite de Grèce en 2009, la justice allemande refuse catégoriquement son extradition, arguant que les faits sont prescrits. Les relations déjà acrimonieuses entre l'Allemagne et la Grèce ne se sont pas arrangées avec cette décision.
Siemens serait aussi impliquée dans une affaire de corruption concernant le système de sécurité des Jeux olympiques d'Athènes de 2004, selon une enquête en cours.
Plusieurs grands noms de l'armement allemand sont également pointés du doigt en Grèce. « Les entreprises allemandes ont considérablement profité des dépenses faramineuses d'Athènes en matière de défense », assure à l'AFP Sahra Wangenknecht, députée allemande de Die Linke.


Le constructeur automobile Daimler a été épinglé au printemps par la justice grecque qui lui reproche le versement de pots-de-vin lors de l'attribution d'un contrat de véhicules militaires de 100 millions d'euros (114 millions de dollars). Idem pour Krauss Maffei Wegmann qui a fourni des chars Leopard. Le groupe de défense Rheinmetall a été condamné en 2012 à payer 37 millions d'euros (42,21millions de dollars) d'amende pour s'être montré généreux avec des responsables du ministère grec de la Défense. À la clé : la vente de son système de défense aérienne pour 150 millions d'euros (171,12 millions de dollars).
Souvent les dommages financiers encourus en cas de condamnation sont plus faibles que les gains réalisés par ces entreprises avec ces contrats douteux, ce qui ne pousse pas à stopper ces pratiques, relèvent des observateurs.


L'Allemagne aime prendre la posture du bon élève de l'Europe, consciencieux et sérieux, et n'hésite pas à renvoyer la Grèce à son image de nation gangrénée par les détournements d'argent public, comme si la corruption était un atavisme national. Selon l'ONG Transparency International, qui réalise un indice de perception de la corruption, la Grèce reste le cancre de l'Europe, mais elle a fait des progrès notables à la faveur de la crise.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article