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Le blog de Lucien PONS

Le plan secret de l’establishment pour mener Trump à la présidence

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Le plan secret de l’establishment pour mener Trump à la présidence

"...Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours. De puissants intérêts d'affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu'il détient la feuille de route vers la victoire." Pepe Escobar
Le plan secret de l’establishment pour mener Trump à la présidence

 


Pepe Escobar

Par Pepe Escobar -Le 17 août 2016 – Source sputniknews 

Hillary Clinton, la Reine du Chaos, la reine de la guerre, Golden Goldman Girl, à toutes fins pratiques est maintenant le candidat bipartisan officiel des néocons américains et des néoliberauxcons, ensemble.

 

Les extensions certifiées incluent Wall Street ; des hedge-funds sélectionnés ; des pom-pom-girls du TPP [Traité Trans-Pacifique] ; des interventionnistes du CFR [Council on Foreign Relations] ; des barons des médias ; des bonimenteurs pour les entreprises multinationales ; en fait pratiquement l’ensemble de l’establishment américain exceptionnaliste dûment endossé par les bipartisans méga-riches du 0,0001%.

US Republican presidential candidate Donald Trump accepts the nomination on the last day of the Republican National Convention on July 21, 2016, in Cleveland, Ohio.
‘Fin du nation-building’ : Donald Trump précise son objectif en politique étrangère © AFP 2016 / JIM WATSON

Cela laisse Donald J. Trump dans la position étonnante du milliardaire narcissique, outsider qui rêve, d’une certaine manière, de pouvoir déjouer tout seul le système tout entier grâce à sa chutzpah [son culot] inépuisable.

C’est sous cette dynamique que Trump a été diabolisé avec une ferveur médiévale par les médias de masse américains. Son bagout non-stop – et ses turbo-tweet – ne l’aident certainement pas, contribuant à véhiculer l’impression qu’il passe son temps à provoquer les multitudes, sans relâche. Pour l’establishment, ses milliards ne signifient rien ; il est traité comme un clochard. Peut être est-il imperméable à l’empathie, mais d’autre part, ce genre de traitement continue de lui valoir une grande sympathie parmi les sans-dents, les masses blanches en colère non instruites à l’université.

Une renaissance industrielle des États-Unis ?

Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours. De puissants intérêts d’affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu’il détient la feuille de route vers la victoire. La question est de savoir s’il est capable d’apprivoiser son comportement erratique pour sceller l’affaire.

Son message principal, selon ces bailleurs de fonds, doit tourner autour de la destruction des industries américaines par des monnaies manipulées, et la « destruction des salaires des travailleurs américains par l’importation de main-d’œuvre illégale pas chère en provenance des pays au salaire d’un dollar par jour. »

Republican U.S. presidential candidate Donald Trump holds a rally with supporters in Albuquerque, New Mexico, U.S., May 24, 2016
L’Amérique de Trump concéderait sa puissance à la Russie et à la Chine © REUTERS / JONATHAN ERNST

Et cela s’accompagne d’un angle militaire d’une importance capitale en tant qu’argument infaillible. Comme le décrivent les soutiens de Trump : « L’océan Pacifique ne peut pas être utilisé pour le transport des composants vitaux et essentiels à notre complexe militaro-industriel. Dans l’éventualité d’une guerre avec la Russie ou la Chine, leurs sous-marins silencieux avancés, équipés d’armes anti-navires dernier cri, vont bloquer notre transport maritime, provoquant l’effondrement de notre production industrielle militaire dans une guerre, avec des conséquences catastrophiques. Ces usines de composants pour Intel et d’autres doivent être rapatriées, à la fois par des ajustements de taux de change et de tarifs douaniers ».

Alors Trump devrait marteler le message que tout nouveau crédit bancaire doit être lié à la reconstruction, aux États-Unis, des industries détruites, « soit en mettant fin à la manipulation des monnaie, soit en imposant des droits de douane. » Les bailleurs de Trump soutiennent que le crédit bancaire : « ne devrait pas être utilisé pour la manipulation des devises, ou pour le trucage des marchés boursiers. Il ne devrait y avoir aucun crédit bancaire pour la spéculation et absolument rien pour les fonds spéculatifs. Nous allons éliminer ces véhicules spéculatifs par d’énormes impôts sur les bénéfices commerciaux à court terme, en stoppant les avantages fiscaux sur les emprunts, et en interdisant tout crédit bancaire pour la spéculation. Que ces gens fassent un vrai travail ».

Republican US presidential candidate Donald Trump
Trump révise son équipe présidentielle et nomme le directeur de Breitbart News à un poste important © REUTERS / JOE SKIPPER

Ceci, en un mot, explique l’aversion viscérale de Wall Street pour Trump – des Bloombergs aux Blankfeins Lloyd. Quiconque est familier avec Wall Street sait que tous les marchés, matières premières et indices, sont truqués par des manipulations de règlements en espèces. Comme le dit un soutien de Trump basé à New York : « Rien que cela est une raison suffisante pour soutenir Donald J. Trump. Nous devons exiger que Carl Icahans et George Soros fassent un véritable travail en taxant leurs profits spéculatifs. Nous avons besoin de Henry Ford dans cette nation, quelqu’un qui crée et construit des industries, et non pas des pilleurs de Wall Street, qui trafiquent tout comme en 2008, puis utilisent leur pouvoir sur les politiciens achetés pour les sauver, après avoir jeté des dizaines de millions d’américains hors de leurs maisons « .

Selon cette feuille de route, qui est déjà sur le bureau de Trump – mais personne ne sait s’il l’a lue dans son intégralité, ou la mettra en œuvre – la lutte contre l’immigration clandestine et contre le trucage des devises créeraient, ensemble, rien moins qu’une renaissance industrielle aux États-Unis permettant de reconstruire des villes dévastées, comme Détroit. Essentiellement, la feuille de route appelle à remplacer des millions d’immigrants illégaux par des millions de citoyens américains sans emploi ; les partisans de Trump considèrent que le taux de chômage réel atteint le chiffre énorme de 23% aujourd’hui, sur la base de la méthodologie statistique élaborée par le Ministère du travail en 1955, « et non pas les statistiques faussées d’aujourd’hui. »

Pour résumer, cette feuille de route demande à Trump, une fois élu, de créer un parti transversal, ou une coalition trans-parti – comme c’est déjà arrivé à la Chambre et au Sénat lorsque Jesse Helms, d’un côté, John Conyers et Chuck Schumer de l’autre, ont effectivement fait un véritable travail.

Cela implique que Trump devrait s’imprégner des idées de Friedrich List sur l’économie nationale – la Zollverein League [Union douanière allemande 1834-1919, NdT] était essentiellement la méthode employée par la Prusse pour construire la nation allemande.

Une partie de ce qui précède a déjà filtré dans le programme économique annoncé par Trump. Maintenant commence la partie difficile – pour un homme qui a une capacité d’attention très courte et qui est habitué à gaver son auditoire par des tweets et des agressions sonores bruyantes – de vendre son plan de manière cohérente, sans engager des combats inutiles le long du chemin.

Mais Vlad a déjà gagné, de toute façon

US Democratic presidential candidate Hillary Clinton reacts to the cheers of the crowd at her New York presidential primary night rally in the Manhattan borough of New York City, US, April 19, 2016.
Clinton a 14 points d’avance sur Trump dans l’État de Virginie © REUTERS / MIKE SEGAR

Les sondages du moment semblent indiquer un glissement de terrain important vers Hillary. Les partisans de Trump sont définitifs, ils : « ignorent les sondages. Tout est truqué. »

Et puis il y a l’hystérie de l’« agression russe » qui enveloppe tout. Hillary est allée jusqu’à comparer le président Poutine à Hitler. Trump insiste sur le fait qu’il est prêt à faire des affaires avec Moscou – en commençant par une opération conjointe pour mettre fin à ISIS / ISIL / Daesh pour de bon.

Pourquoi s’en faire ? Le Conomètre utilisé aux États-Unis par les médias traditionnels a continué en mode overdrive interstellaire de toute façon – alors que le vainqueur de l’élection présidentielle a déjà été baptisé, il s’agit – de qui d’autre ? : de l’omniscient Vladimir Poutine.

Une source familière avec les desseins des vrais maîtres de l’Univers prend la chose au sérieux : «En ce qui concerne la Russie, la question est décidée d’en haut, c’est là que la bataille a lieu. La décision dépasse Hillary et Donald, et Hillary sera mise en demeure de créer un rapprochement avec les Russes si elle est élue, et que c’est ce qui a été décidé. Si Trump gagne, c’est facile ; et s’il ne le fait pas, alors le fait qu’il en a parlé sera utilisé comme prétexte pour un changement de politique envers la Russie. La lutte est dans les coulisses maintenant».

Russian currency ruble on a graffiti in St. Petersburg
Pourquoi le rouble devient plus indépendant des prix du pétrole mondial © SPUTNIK / IGOR Russak

Dans la mesure où « le trucage des monnaies sera terminé, comme nous avons déjà vu Jack Lew l’ordonner à l’Allemagne et au Japon », une nouvelle carte géoéconomique – peut-être sous Trump – s’orientera ainsi vers la fin de la guerre des prix du pétrole. Comme l’a dit un soutien de Trump : « Ceci est un objectif national des États-Unis, un prix plus élevé permettra de retrouver l’indépendance énergétique. Cela fait partie de la signification de la révolution de Trump ».

Selon une source proche de la Maison des Saoud, les Saoudiens et les Russes sont déjà impliqués dans des pré-négociations tortueuses sur la possibilité d’établir un prix du pétrole autour de $100 le baril : « Il devrait y avoir suffisamment d’intérêt mutuel entre les Saoudiens trahis par les néocons étasuniens – et à terme, détruits par eux – et les Russes qui peuvent empêcher cela. »

La fin de la guerre des prix du pétrole est quelque chose que le Pentagone ne sera pas en mesure de discuter. Comme le note un partisan de Trump : « il est dans l’intérêt vital du complexe militaro-industriel de réaliser l’indépendance totale de l’énergie, et de rapatrier toutes les industries militaires aux États-Unis. »

Par rapport au match de catch dans la boue, joué actuellement 24/24-7/7, tout cela peut sembler sorti tout droit d’Alice au pays des merveilles. Il n’y a aucune preuve qu’une telle ambition –  controversée – dans l’ordre du jour puisse être vendue aux tireurs de ficelles, de JP Morgan jusqu’aux frères Koch. La création par Trump d’un parti transversal, d’une coalition trans-parti, ou même d’un mouvement post-parti ne réussira que si les acteurs importants de l’oligarchie au pouvoir sont d’accord, et il n’y a aucun signe que ça se passera comme ça.

Ce qui se passe sans relâche est une campagne massive de désinformation – un remix horrible de ces bonnes avalanches anti-URSS de la guerre froide. La Clinton Média Machine diffame même Michael Flynn, ancien chef de la DIA, qui soutient Trump. Trump avait conceptuellement raison quand il a dit qu’Obama et Hillary ont été les fondateur et co-fondateur d’ISIS / ISIL / Daesh. Voilà exactement ce que Flynn a admis dans cette fameuse interview, quand il a souligné que l’expansion du Califat bidon était une «décision volontaire» prise à Washington.

Pour résumer la situation telle qu’elle est, Trump ne lève pas assez d’argent pour compenser le formidable distributeur automatique de billets de Clinton. Maintenant vient le moment où il ne doit vraiment plus faire aucun prisonnier pour obtenir une exposition maximale – tout en essayant de vendre la feuille de route décrite ci-dessus, un tweet à la fois.

Et bien sûr, il y aura une surprise – d’octobre ou une autre. Rien n’a été décidé – pour le moment. Coningsby et Disraeli n’ont jamais été plus appropriés : « Donc, vous voyez, mon cher Coningsby, que le monde est gouverné par des personnages très différents de ce qui est imaginé par ceux qui ne sont pas dans les coulisses. »

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

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