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Le blog de Lucien PONS

Les Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008 et leurs conséquences

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #le nazisme, #La Russie, #Ukraine

Les Déclarations de Prague du 3 juin 2008

et du Parlement Européen du 23 septembre 2008

et leurs conséquences

PARTIE 1/2

Didier BERTIN -09 Mai 2011

SOCIETY FOR THE PROMOTION OF THE EUROPEAN HUMAN RIGHTS MODEL

Le contenu des Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008, qui devait faire le bilan des souffrances vécues par les peuples sous les régimes communistes a finalement pris une tournure critiquable en répondant à une demande idéologique et partisane de la droite.

Depuis plus de deux ans nous avons pu constater des évolutions délétères que ces déclarations pourraient légitimer ou encourager.

Les partis de progrès doivent selon nous faire leur propre déclaration dans un cadre strictement éthique qui mentionne les aspects critiquables des régimes communistes en ne faisant aucun amalgame propagandiste et sans références historiques tronquées contrairement aux Déclarations de Prague et du Parlement Européen. Dans une seconde étape un texte sera proposé pour une nouvelle déclaration.

I-La déclaration de Prague du 3 Juin 2008

La déclaration de Prague du 3 Juin aurait dû être consacrée aux erreurs et crimes des régimes communistes des Pays européens mais a malheureusement été bien au-delà de cette mission en se livrant à une regrettable révision historique motivée par des convictions politiques dont les conséquences pourraient être regrettables.

Les lettres d’encouragement de Margaret Thatcher, de Nicolas Sarkozy, et de Zbigniew Brzezinski, partisan de l’hégémonie américaine par immixtion dans les affaires européennes, laissaient prévoir l’orientation de la déclaration de Prague et du processus qui en a résulté.

Les considérations historiques de référence qui n’étaient ni nécessaires ni justifiées ont ébranlé l’éthique européenne lorsque le Parlement européen a crû devoir faire une autre déclaration dans l’esprit de celle de Prague. L’éthique européenne avait été difficile à bâtir sur une union initiale de pays précédemment en conflit majeur.

Par son contenu, la déclaration de Prague perd le fil du bilan critique des graves erreurs, voire des crimes des régimes communistes pour devenir une déclaration politique de droite visant uniquement à porter au plus haut niveau de l’horreur les erreurs des régimes communiste.

A cette fin la Déclaration de Prague a introduit un risque de révision hâtive de la gravité des crimes du Nazis qui y ont été considérés de façon grossière comme équivalents à ceux du communisme. Il était pourtant clair et évident que les crimes Nazis représentaient le point culminant de l’horreur comme cela a été déterminé par le procès de Nuremberg et par l’ensemble des très longues procédures et investigations qui continuent encore aujourd’hui. Le procès d’un criminel de guerre doit s’est ouvert le 5 Mai à Budapest.

Cette révision indirecte des crimes Nazis n’a pu être faite que pour créer un « effet » symbolisant la forte désapprobation du communisme par les signataires de la déclaration de Prague et leurs partisans.

Il est devenu malheureusement banal de qualifier ce que l’on hait de Nazisme pour marquer l’horreur que l’on éprouve, mais cette triviale facilité de langage devient outrageante pour les victimes du Nazisme lorsqu’elle est reprise par des institutions dans des déclarations officielles.

Cette forme d’expression reprise par des institutions à la frontière du révisionnisme ou du négationnisme est contreproductive pour les détracteurs des régimes communistes. Tout se passe comme si l’on manquait d’arguments propres à la critique des régimes communistes et qu’il était nécessaire de se référer aux crimes d’un autre régime pour les qualifier. Or les régimes communistes ont engendré suffisamment d’erreurs et de crimes pour être critiqués pour ce qu’ils sont.

Cette référence donne à l’analyse des erreurs des régimes communistes une allure propagandiste au détriment des victimes des crimes du Nazisme.

Ce qui trahit la trivialité de l’analyse de la déclaration de Prague est la volonté de vouloir déclarer les crimes des régimes communistes comme équivalents à ceux des crimes Nazis alors qu’ils ne peuvent l’être par leur cadre géographique et historique, leurs faits générateurs, leurs objectifs, leurs idéologies sous-jacentes, leurs natures et les motivations de leurs instigateurs. Nous reviendrons sur cette inutile comparaison dans le paragraphe Nazisme et communisme.

Toutefois compte tenu des convictions politiques des initiateurs de la déclaration et de leurs partisans, cette simplicité d’analyse n’est pas innocente et est dangereuse par ses conséquences.

II –LES DANGEREUSES CONSEQUENCES DE LA DECLARATION DE PRAGUE

1- L’Union Européenne et la Commission Européenne

Les déclarations de Prague et du Parlement Européen ont semble-t-il déjà des effets sur les institutions européennes. Le Nazisme est perçu à présent comme un régime totalitaire parmi d’autres et est donc banalisé, en perdant de vue plus d’un demi siècle de procédures et d’investigations qui l’on consacrait comme le paroxysme de l’horreur (voir annexes 1, 2, 3, 4 et 6).

Il semble que la Commission Européenne ait à cet égard des pouvoirs restreints ou qu’elle restreigne elle-même, quant aux initiatives des Etats-membres, même si elles ne vont pas dans le sens de ce que souhaite l’Union Européenne (voir annexes 1,2 et 3). Cela est d’autant plus regrettable qu’il existe une Charte des Droits fondamentaux riche de sens mais dont l’application reste de facto à la libre initiative des Etat membres malgré les bonnes intentions du traité de Lisbonne de 2009.

En effet le Royaume Uni et la Pologne ont privé leurs citoyens du bénéfice de la Charte des Droits fondamentaux parce qu’ils l’ont demandé et que l’Union Européenne l’a accepté paradoxalement dans le cadre même du traité de Lisbonne qui avait notamment pour but d’en renforcer l’application.

2-Le Parlement Européen

De la même façon le parlement européen dans sa déclaration du 23 Septembre 2008 a refait les mêmes erreurs et raccourcis que ceux contenus dans la déclaration de Prague.

Cette déclaration de toutes façons n’engage pas légalement les pays de l’Union Européenne compte tenu des pouvoirs limités du Parlement Européen, mais reste regrettable a l’égard des pays étrangers et de leurs citoyens qui ne connaissent pas les mécanismes de fonctionnement des institutions européennes.

Aujourd’hui, le véritable Parlement Européen est l’ensemble des Parlements Nationaux et les électeurs européens ne s’y trompent pas. En effet, la déclaration du parlement Européen a simplement été transmise aux Présidents des Parlements Nationaux à titre d’information.

3- Nazisme et Communisme en bref

La déclaration de Prague mêle communisme et sa version pervertie « le Stalinisme » et omet la part de responsabilité de l’Europe due à l’offensive et à l’ostracisme dont ont été victimes les pays révolutionnaires de la part des Etats hautement conservateurs.

Cette agressivité a donné naissance à l’esprit de conquête du Premier Empire en France puis à celui de l’URSS. De plus, le concept certainement critiquable de dictature du prolétariat, sensé représentée le pouvoir donné au peuple démuni est insidieusement confondu avec celui de dictature d’un seul homme comme dans les dictatures Nazies, fascistes ou Staliniennes, en jouant sur le mot de dictature.

Après une longue période de mutisme des survivants des camps due à l’incompréhension environnante, les nombreuses procédures et les longues investigations ont permis de faire connaître de tous la réalité du Nazisme. Mais le mutisme ne recommencera pas pour valoriser les souffrances mêmes légitimes des peuples des pays de l’Est au détriment de celles des autres.

  • Le Nazisme a été le produit du racisme européen ambiant à l’époque de sa création, puisqu’il a été notamment inspiré d’ouvrages d’idéologues français et d’un anglais. Il a développé les notions de sous-hommes, de surhommes et d’espace vital pour ces derniers. Il était fondé sur la consécration au plus haut niveau de l’identité du peuple germanique.

  • Nous sommes donc loin du Communisme et de sa volonté de redonner le pouvoir aux travailleurs de toutes nationalités pour améliorer leur sort.

  • Le fondateur du Nazisme a développé l’antisémitisme à outrance mais celui-ci faisait déjà partie des traditions européennes et en particulier à l’Est.

  • Le Communisme a au contraire permis de réduire l’antisémitisme violent et de masse dans les pays de l’Est par rapport à ce qu’il était auparavant et à ce qu’il tend à redevenir.

  • Le culte de la mort et l’extermination étaient inscrits dans « Mein Kampf » en ce qui concerne les personnes en mauvaises santé et les Juifs et cela avant la conférence de Wannsee ; son auteur était persuadé qu’il était en accord avec les desseins du Seigneur et de la Nature.

  • Le Communisme ne comporte pas de telles valeurs conceptuelles.

  • Le Stalinisme qui est une version pervertie du Communisme a entrainé la mort et l’exil et l’incarcération d’un très grand nombre de personnes

  • Le Nazisme a mis au point l’industrialisation et la commercialisation, par la fourniture de services aux grandes entreprises allemandes, de l’extermination. Les méthodes de gestion et les équipements les plus performants pour l’époque ont été mis au service d’une industrie de la mort à haute productivité. L’exploitation des cadavres de Juifs en tant que matières premières pour l’industrie de fabrication d’objet de consommation a aussi été tentée.

  • Le Communisme n’a pas mené une politique industrielle et commerciale de la mort.

  • Les Nazis et leurs alliés ont déclenché un conflit mondial au cours duquel 65 millions de personnes on été tuées dont 21 millions de citoyens Soviétiques (voir annexe 6) et 63% de la population juive Européenne.

  • Le communisme n’a pas engendré une telle hécatombe. Voir annexe 4et 5

Il est t tout à fait regrettable qu’il soit nécessaire d’avoir à rappeler des choses aussi évidentes mais les signataires de la Déclaration de Prague ou du Parlement Européen n’en ont pas tenu compte.

Le Nazisme est bien le comble de l’Horreur et doit le rester à titre de référence et il n’est pas un totalitarisme comme les autre ainsi qu’on voudrait en imposer l’idée dans l’Union Européenne.

4-La Shoah et le déni de facto de la Shoah

La mise en équivalence du Communisme et du Nazisme par les déclarations de Prague et du parlement Européen a probablement pu encourager sur la base de ce même principe d’égalisation et de banalisation, certains pays de l’Est à prétendre qu’ils avaient été victimes d’un Génocide équivalent à la Shoah.

Dans certains cas cette auto-persuasion a été jusqu’au point de faire passer la Shoah au second plan et même de tenter de l’exclure de l’Histoire. La Shoah a pourtant été réalisée à 91% parmi les populations des pays de l’Est et ces pays en ont été les principaux témoins. Voir annexe 4.

  • Avec l’extermination de 6 000 000 de juifs, la Shoah a été le massacre de 63% des juifs européens (voir annexes 4 et 5) et aucun autre génocide ne lui est comparable par cette ampleur.

  • La population d’aucun pays de l’Est n’a été détruite à près des deux tiers.

  • Le pays de l’Est qui a sans doute perdu le plus grand nombre de personnes au cours de la deuxième guerre mondiale, a été l’URSS avec 21 millions de morts sur 170 millions d’habitants soit 12.4% de sa population.

La prétendue existence d’un Génocide dans les pays de l’Est équivalent à la Shoah pourrait avoir parmi d’autres, des motivations antisémites très enracinées dans ces pays malgré la presque disparitions des populations juives locales.

Nous devons aussi rappeler que la Shoah n’a été que la phase paroxystique d’un l’antisémitisme européen bimillénaire

Cette phase paroxystique d’un continuum européen, a abouti à la nécessaire création d’un refuge pour les juifs au Moyen Orient et à ce titre l’Europe a une responsabilité directe dans le conflit du Moyen-Orient aujourd’hui.

La mise en cause de l’ampleur comparée de la Shoah risque d’amplifier le conflit au moyen orient en renforçant pour les autorités israéliennes le nécessaire rôle de refuge que représente l’Etat d’Israël; l’attitude européenne issue des déclarations de Prague et du Parlement Européen pourrait disqualifier l’Union européenne dans le processus de paix au moyen orient.

Des pays de l’Est comme la Lituanie et la Hongrie peuvent trouver dans les Déclarations de Prague et du Parlement Européen un soutien dans leur prétention à avoir été victimes d’un génocide équivalent à la Shoah et à développer le concept de double-Génocide.

L’unicité de la Shoah ne se prête par son ampleur en proportion de la population juive d’Europe, à aucune équivoque.

La seule notion de double génocide qui apparaît est celle de la disparition de la mémoire après celles des êtres.

La prétendue existence d’un autre Génocide équivalent à la Shoah pourrait constituer un crime de déni de la Shoah « en tant que telle ».

5-La possible incitation à l’intolérance issue des déclarations de Prague et du Parlement

Européen dans les Pays européens de l’Est :

Lituanie

  • La Shoah a été exclue du Musée National du génocide de Lituanie et du Centre de recherche du Génocide qui lui est associé.

  • Le responsable des relations publiques du Centre de Recherche du Génocide subventionné par l’Etat lituanien est un dirigeant du Parti Néo Nazi, et l’organisateur des défilés Nazis dans Vilnius.

  • Ses déclarations sur Diena.lt sont clairement antisémites : « Les juifs jouent avec des allumettes sur un baril de poudre…, si le Gouvernement ne fait rien le peuple s’en chargera… ». Voir annexes 7, 8 et 9)

  • Un Nazisme de parade et vainqueur est de nouveau autorisé en Lituanie.

  • Ce Pays a légalisé la croix gammée en 2010 en tant que symbole national (Jugement de Klaipeda) sans aucune protestation européenne à notre connaissance sont rares. Voir annexe 7.

Hongrie

  • Alors que le gouvernement de Gauche avait en 2010 avait établi un texte de loi condamnant le déni de la Shoah, le nouveau gouvernement totalitaire de droite a au cours de la même année a supprimé le mot Shoah de ce texte pour mettre en valeur celui de Génocide qui se rapporte à celui prétendument perpétré par le régime communiste. (Voir annexe 10)

  • Le gouvernement de droite a pris des mesures totalitaires limitant la liberté d'expression et accroissant son contrôle sur les principales entités du pays.

  • La Commission Européenne reste silencieuse sur la situation en Hongrie, à notre connaissance, en contravention avec les conditions de base de la Charte des Droits de Fondamentaux. De plus la Honfrie a pu malgré ce comportement accédé à la présidence du Conseil de l’Union Européenne.

Il faut savoir que la Lituanie a un rôle influent et prépondérant sur les autres pays de l’Est en matière d’encouragement à la révision historique.

Hongrie - Lituanie et autres…

  • Depuis la chute du Communisme, les criminels de guerre de certains pays de l’Est ont pu revenir vivre leur retraite tranquillement dans leurs pays d’origine soit volontairement, soit chassés des Etats Unis lorsqu’ils ont été démasqués (Voir annexes 7 et 10).

Les déclarations de Prague et du parlement européen ne vont pas faciliter la guérison de l’antisémitisme résurgent dans les pays de l’Est qui est d’autant plus significatif que les populations juives de ces pays ont pratiquement disparues.

6-Support possible à la désinhibition de l’extrême droite en Europe comme en France ou sa

progression est substantielle.

Cette constatation est évidente et ne nécessite pas de commentaires.

7- Un Néo-Maccarthysme en Europe et le paupérisme dans les pays de l’Est de l’Union

Européenne

La déclaration de Prague accuse les Parti communistes de ne pouvoir évoluer et encourage les politiques de type Maccarthyste bannissant les Partis communistes et leurs partisans.

Cette vision de la vielle Amérique ne convient évidemment pas à l’Europe qui doit rester un espace de liberté. Des lois de type Maccarthyste bannissant le Communisme sont en vigueur dans la plupart des pays de l’Est membres de l’Union Européenne et cela en contradiction avec la Charte des Droits Fondamentaux.

Plus 20 ans après la chute du communisme, nous constatons un échec économique et social dans la majorité des pays de l’Est.

On peut considérer sept de ces 10 pays comme des pays émergents. Ces pays restent particulièrement pauvres, peu réactifs aux politiques antisociales et les services publics s’y dégradent.

La Pologne qui est le plus grand pays de l’Est de l’Union Européenne, a privé ses citoyens du bénéfice de la Charte des Droits Fondamentaux.

Ceci creuse de plus en plus la différence entre Pays de l’Est et Pays de l’Ouest contrairement à ce qui est prétendument souhaité dans la déclaration de Prague.

Le salaire brut minimal moyen en pour l’ensemble de la population des pays de l’Est de l’Union Européenne est en 2011 de 282.6 Euros (267.6 Euros, sans l’exceptionnelle petite Slovénie) et correspond à ceux de pays émergents. Le salaire brut minimum en Bulgarie et Roumanie en 2011est de 148.7 Euros en moyenne par mois, ce qui est très inférieur au salaire minimum au Brésil. Ces deux pays représentent 28% de la population des pays de l’Est de l’Union Européenne. Voir annexe 13.

8-La liberté de l’Europe reconquise grâce à l’URSS

La déclaration de Prague et celle du Parlement Européen ne laisse aucune place au fait que l’Europe doive sa liberté à l’URSS.

Sans ses 21 millions de morts dont 13 600 0000 soldats de l’Armée rouge, (voir annexe 6) au cours de la seconde guerre mondiale, l’Europe aurait difficilement pu être libérée du Nazisme.

L’armée rouge a perdu 9.4 fois plus de soldats que l’ensemble des armées alliées des autres pays, de l’ordre de 1 440 000.’(Voir annexe 6).

Sans l’intervention de l’URSS, les déclarations de Prague ou du Parlement Européen n’existeraient sans doute pas et il aurait été possible qu’après une guerre interminable les alliés aient eu à signer un armistice avec l’Allemagne.

L’espace vital allemand aurait alors englobé de nombreux pays et l’extermination du Peuple juif presque réussi en Europe, aurait pu être complètement achevée en limitant son existence à la communauté des Etats Unis.

9-YALTA

Le partage de l’Europe n’a pas été décidé par l’URSS et l’Allemagne mais par les dirigeants du Royaume Unis, des Etats Unis et de l’URSS réunis à Yalta : Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Joseph Staline.

Dans un esprit fallacieux les Déclarations de Prague et du Parlement Européen lient le partage de l’Europe en différentes zones au Accords Ribbentrop –Molotov du 23 août 1939 et rompus le 22 juin 1941.

Selon les Déclarations du Prague et du Parlement européen, tout se passe comme si l’Allemagne Nazie avait gagné la Guerre en 1945 et avait divisé l’Europe avec l’URSS.

Nous sommes désolés d’avoir à rappeler des faits aussi évidents et connus de tous.

La référence au Pacte Germano-Soviétique est très significative de l’état d’esprit politique des signataires des déclarations de Prague et du Parlement européen.

10-Les relations entre l’Europe et la République Populaire de Chine

L’anticommunisme sans nuances qui se dégage de la déclaration de Prague pourrait finir par poser des problèmes diplomatiques et de tous ordres avec la Chine qui est pour le moment la seconde puissance économique mondiale avec ses 1 337 000 000 d’habitants soit 500 millions d’habitants de plus que les populations de l’Union Européenne et des Etats Unis réunis.

L’impression de la disparation du Communisme depuis la chute du bloc soviétique est fausse. Le communisme est l’idéologie de base de la Chine. Cette puissance mondiale s’est adaptée économiquement et de façon critiquable pour s’assurer une réussite sans commune mesure avec les médiocres performances de l’URSS. La Chine est aujourd’hui la deuxième puissance mondiale par la taille de son PNB d’environ 10 000 milliards de dollars.

.

II-La déclaration du Parlement européen du 23 septembre 2008 et ses surprenants et

précaires signataires

1-LA DECLARATION

« Encore une fois le refus de mentionner les accords de Yalta donne une couleur partisane et foncièrement à droite, à cette déclaration »

Faisant suite à la recommandation de la déclaration de Prague, 409 députés de la sixième législature du Parlement européen sur 732 ont signé une déclaration inspirée par celle de Prague, à quelques mois de la fin de leur mandat.

Le mot Stalinisme qui semble plus approprié, a été souvent préféré au mot communisme mais se réfère in fine et de façon générique aux régimes communistes selon les termes du 3e paragraphe de cette déclaration.

La suite de la déclaration consiste en un tragique mélange entre communisme et Nazisme à l’image de la déclaration de Prague et encore une fois les accords Ribbentrop-Molotov sont mentionnés comme le fondement de la division de l’Europe comme si l’Allemagne avait gagné la guerre, en prenant soin d’ignorer ceux de Yalta, ce qui décrédibilise le Parlement Européen.

Le Parlement Européen se permet même de proposer un jour de commémoration pour les victimes du communisme, mais aussi pour celles du Nazisme et qui se réfère aux accords Ribbentrop-Molotov.

Les victimes du Nazisme sont utilisées malgré elles pour donner du poids à l’anticommunisme, alors que les communistes ont été des résistants exemplaires aux Nazis et que comme nous l’avions mentionné le Nazisme aurait pu être très difficilement défait sans l’armée rouge.

Le choix de la date de commémoration proposée est à notre avis du domaine de la provocation consciente, probablement pour l’extrême droite ou inconsciente, nous l’espérons pour les autres.

Les victimes du Nazisme deviennent dans cette déclaration une quantité négligeable alors que comme nous l’avions mentionné, la destruction de près des deux tiers du peuple juif européens, qui en est la principale victime, « en Europe et par des Européens », peut être considéré comme la simple phase paroxystique du continuum antisémite européen.

Les jours de commémoration qui servent l’intérêt des uns et rejettent celui de l’ensemble des autres ne peuvent provoquer qu’amertume et haine.

Parmi les victimes privilégiées du Nazisme on peut citer sans être exhaustif les juifs et les Tziganes si peu appréciés dans les pays de l’Est, les homosexuels, les personnes souffrantes de défaillance physique ou mentale (les souffreteux comme disait approximativement le fondateur du Nazisme), les francs-maçons, les Communistes, les Socialistes, les Soviétiques civiles et militaires, les résistants et les autres soldats alliés. Il n’est donc pas possible qu’un jour de commémoration exclut qui que soit par la définition des victimes ou par le choix du jour de commémoration et ne peut être déterminé sans l’accord de tous, sans risquer de prendre l’aspect d’un totalitarisme que l’on veut dénoncer par ailleurs.

Heureusement les déclarations du Parlement Européen n’engagent pas l’Union Européenne en raison de ses pouvoirs limités. Les déclarations du Parlement Européen sont transmises pour information, aux Présidents des Parlement Nationaux de l’Union Européenne dont l’ensemble forme pour le moment le véritable parlement Européen.

La création d’un véritable Parlement européen implique des réformes de fond concernant ses prérogatives, le mode de scrutin et la nature des représentants de sorte que le peuple européen ne s’abstienne plus dans sa grande majorité aux élections de ce parlement. Il n’est pas évident que les Etats membres désirent véritablement créer un authentique parlement européen qui leur ferait perdre une partie de leurs prérogatives.

2-ANALYSE CATEGORIELLE DES SIGNATAIRES DE LA DECLARATION DU

PARLEMENT EUROPEEN

Dans l’analyse qui va suivre nous avons mentionné par facilité de langage des noms de pays, il s’agit en réalité des députés européens de ces pays. Ces députés agissent selon leurs convictions personnelles et souvent sans discipline de groupe et ne représentent pas la position des autorités officielles de leurs pays.

Voir annexes 11et 12

2.1 - ALLEMAGNE – 99 députés - 23 Signataires

Le comportement des députés de ce pays ayant vécu dans un pays au cœur des expériences du Nazisme et du Communisme (RDA) a une signification fondamentale et constitue une référence qui aurait dû servir de guide aux autres députés.

Les députés européens allemands ont eu en connaissance de cause un comportement responsable:

  • 76 des 99 députes allemands n’ont pas signé la déclaration du 23 Septembre 2008.
  • 19 des 23 députes du SPD n’ont pas signé cette déclaration.
  • 11 des 13 députés Verts ne l’ont pas signé non plus.
  • Seuls 23 députés dont 17 de droite ont signé la déclaration.

2.2-LES PAYS DE L’EST – 204 DEPUTES SUR 732 ET 150 SIGNATAIRES

150 députés sur 204 soit 73.5% des députés des pays de l’Est ont évidemment signé cette déclaration, sans se soucier de son libellé qui va au-delà des crimes des régimes communistes, en reclassant les crimes du Nazisme.

Cette déclaration a mis en équivalence le communisme et le Nazisme et peut encourager les débordements déjà constatés dans les pays de l’Est.

Les députés des pays de l’Est avaient tout intérêt à signer cette déclaration sur une base « stratégique» et négligeant les références historiques.

Ils ont ont représenté 36.7% de l’ensemble des signataires. Toutefois on doit noter que 20 de ces 150 députes étaient des eurosceptiques et pour 75% d’entre eux, de nationalité polonaise. Les électeurs polonais ont tourné le dos à l’Europe en 2009 en s’abstenant de voter à 83%.

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