Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le syndicalisme

Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 14:31

Dossier du Comité Régional CGT centre à propos des élections européennes : " Pour que chaque salarié décide en fonction de ses intérêts".

COMPRENDRE POUR INTERVENIR ET AGIR



ELECTIONS EUROPEENNES
QUELS ENJEUX ?
_______________________________________
__


DOSSIER SPECIAL



Le 25 Mai prochain auront lieu les Elections des Députés au Parlement de l’Union Européenne.

C’est une échéance importante pour les salarié(e)s (en activité, au chômage ou retraité(e)s) car elle va leur permettre de peser sur cette union politique, économique et monétaire qui joue de plus en plus négativement contre leurs intérêts depuis maintenant plusieurs décennies.

Le positionnement des salariés citoyens comptera pour l’avenir.

POUR QUE CHAQUE SALARIE DECIDE EN FONCTION DE SES INTERETS

Face à ces échéances, la CGT qui avait appelé au rejet de la Constitution Européenne en 2005 se doit aujourd’hui, en toute indépendance, d’apporter aux salariés son éclairage syndical, au regard de l’expérience collective et des faits, pour concourir à la réflexion du salariat. Elle ne le fera pas en appelant les salarié(e)s à voter pour telle ou telle formation politique ; pas plus qu’elle ne prônera de voter ou de s’abstenir. Le choix de tel ou tel parti, comme celui de voter ou pas relève en effet du libre arbitre de chacune et de chacun.

Mais pour contribuer à ce que ce choix se fasse en connaissance de cause, la CGT ne peut qu’inviter les salarié(e)s à tirer un bilan de la construction européenne qui, durant ces trente dernières années, n’a pas cessé d’être approfondie (Acte Unique de 1986 et libre circulation des capitaux ; Traité de Maastricht en 1992 ; mise en place de l’Euro en 2001 et Traité de Lisbonne en 2008) pour en arriver aujourd’hui à enfermer toutes les politiques des pays membres dans un cadre supranational sur lequel chaque peuple a peu de prise.

TOUS LES GOUVERNEMENTS ONT CONSTRUIT L’UNION EUROPEENNE

Cette construction, en France comme ailleurs en Europe, s’est faite avec le concours constant des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ces dernières décennies. Tous, tour à tour, ont promu la construction européenne au nom du progrès social, de la paix et de la démocratie et de la solidarité entre les peuples. « L’Europe », ça devait être la solution à tous les problèmes et, pour la construire, cela méritait tous les sacrifices - d’abord des salariés, bien sûr - car tous les efforts nécessaires aujourd’hui apporteraient de formidables résultats à l’avenir… Comme les promesses tardaient à se réaliser et, qu’au contraire, la situation devenait de plus en plus difficile, on nous a affirmé que cela venait du fait qu’on était pas allé assez loin et que si, sans doute, il fallait changer certaines choses, il était nécessaire qu’il y ait toujours « plus d’Europe » !
Et bien aujourd’hui, pour celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, qui sont en colère et qui ne veulent pas être toujours plus dépossédé de leur pouvoir de décision politique, il est nécessaire de dresser le bilan de cette expérience pour déterminer une position conforme à leurs intérêts économiques, sociaux et démocratiques.

DES RESULTATS SANS APPEL : DURS POUR LE TRAVAIL ET LE SALARIAT, DOUX POUR LES POSSEDANTS AVEC DES GAINS FABULEUX POUR LES CAPITALISTES

En France comme dans tous les autres pays membres de l’Union Européenne, pour l’immense majorité des populations, les résultats sont clairs, le chômage n’a pas cessé d’augmenter ; les salaires ont stagné ; la protection sociale a régressé et le Code du Travail a pris des coups…Cela s’explique notamment par la casse industrielle (la région Centre a perdu des dizaines de milliers d’emplois productifs) et par la dégradation importante des services et entreprises publics. Et, même si la situation en France ne revêt pas encore la gravité sociale qui est aujourd’hui celle de la Grèce ou du Portugal, nous sommes engagés dans un processus d’appauvrissement massif qui nourrit, tout à la fois, le sentiment fondé que nous vivons moins bien qu’hier et la crainte que demain cela soit encore pire pour nos enfants.

Cependant, si la construction européenne a fait très mal au monde du travail et au pays, il n’en a pas été de même pour les actionnaires des grandes entreprises de l’Industrie, des Services et de la Finance. Jamais leurs dividendes n’ont atteint de tels sommets, jamais ils n’ont bénéficié de telles aides, d’autant d’argent public, jamais le champ de leurs activités n’a été -du fait des privatisations- aussi étendu. Jamais ils n’ont pu, autant à leur guise, placer leurs capitaux où bon leur semble et mettre constamment les salarié(e)s des différents pays en concurrence.

Partout c’est plus de difficultés pour un nombre toujours plus grand de Femmes et d’Hommes ; partout c’est toujours plus de richesses pour une caste sans cesse plus puissante. Partout, c’est de moins en moins de pouvoir pour les peuples ; partout, c’est de plus en plus de liberté pour les puissances économiques et financières. Et, ceci explique cela !

IL NE FAUT PAS S’EN ETONNER, L’UNION EUROPEENNE EST FAITE POUR CA

L’Union Européenne est construite sur deux principes simples que ses partisans considèrent comme indiscutables.

Son premier principe est que, seul le capital est créateur de valeur économique.

Cela signifie que seule la propriété privée de la production -c'est-à-dire le capital- est créatrice de valeur économique. Tout doit donc être fait pour lui permettre de se déployer. Le capital doit pouvoir circuler librement (pas de frontières) ; son champ d’activité doit pouvoir s’exercer dans tous les secteurs d’activités (privatisations) ; chaque Etat doit le soutenir (aides publiques et faible fiscalité pour les profits)… c’est une condition impérative pour le bien-être de tous…

Evidemment, la conséquence de cette façon de voire les choses c’est que le « travail est un coût » (qu’il faut sans cesse « baisser pour être compétitif ») ; que ses droits sont des obstacles à une bonne mise en valeur du capital (il faut donc les réduire) ; et que toute activité publique constitue une dépense qu’il faut diminuer si nous ne voulons pas nous ruiner et sacrifier l’avenir de nos enfants). Et, comme les Etats - privés de la maîtrise de la création monétaire- sont contraints pour financer leur activité d’emprunter auprès d’investisseurs privés, auxquels nous servons les intérêts d’une dette qui ne diminue jamais…

Même si le bien-fondé de ce principe ne tient pas debout (comment justifier que l’activité de fonctionnaires soignants dans un hôpital public constituerait une dépense et que la même activité de salariés dans une clinique privée serait au contraire productrice de valeur économique ?), c’est sa mise en chantier que fondent les lois essentielles de l’Union Européenne. Et c’est leur application qui est réalisée, à l’échelle de l’ensemble des pays membres de l’Union, depuis des décennies.

Son second principe est, qu’aujourd’hui, l’échelle de la nation est trop petite pour gérer l’économie et la monnaie.

Les promoteurs de l’Union Européenne considèrent que nous sommes entrés dans une période de « guerre économique » mondialisée et que, pour pouvoir y tenir sa place, l’échelle de la nation n’est plus adaptée car elle est trop petite Il serait donc vital de créer des grands blocs économique et monétaire qui seuls nous permettraient de survivre.

Pour ce faire, ils ont adopté (au début, à l’échelle de six pays ; aujourd’hui, pour vingt-huit ; et demain ?..) des lois qui régissent cette activité économique et monétaire et les outils pour l’animer (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Cour de Justice Européenne).

L’expérience montre que ce changement d’échelle -l’abandon du rôle de chaque nation- a une conséquence politique centrale : l’affaiblissement, pour ne pas dire la perte, du pouvoir politique de chaque peuple sur les questions économiques et monétaires qui le concernent.

Nous sommes dirigés par des institutions sur lesquelles nous n’avons aucune prise : une Banque Centrale « indépendante » mais qui gère l’Euro en collaboration avec les banques privées et sous la tutelle des « marchés » ; une Cour de Justice qui impose la suprématie du droit européen sur chaque droit national ; et une Commission qui définit les orientations économiques, contraignant de ce fait les politiques sociales, et qui contrôle aussi la conformité de chaque budget national.

Bien entendu, aucune de ces institutions n’a jamais pris une décision à l’encontre des grands possédants… pas plus qu’elle ne l’a fait en faveur du monde du travail !

L’expérience le montre, dans ce système les peuples n’ont pas le droit à la parole. Et quand ils arrivent à la prendre, dirigeants français et européens n’en tiennent aucun compte (souvenons-nous comment fut méprisée la victoire du « non » lors du Référendum de 2005) !

Abolir la souveraineté politique de chaque peuple pour empêcher toute maîtrise publique de l’économie et de la monnaie, pour rendre impossible le financement de tout progrès social, voilà la raison d’être de l’Union Européenne !

Avec ces deux principes, nous sommes au cœur du mécanisme infernal que constitue l’Union Européenne : le premier, en affirmant que le capital est seul créateur de valeur économique, constitue une négation radicale de la qualité exclusive du travail comme unique créateur de richesses ; le second, en posant la nation comme dépassée, constitue une négation radicale du fondement de toute démocratie politique, la souveraineté de chaque peuple.

Depuis leurs accessions au pouvoir, les puissances économiques et financières ont compris qu’il existe une cohérence entre souveraineté politique populaire, maîtrise publique de l’économie et de la monnaie et institutions du progrès social. Parce que la dynamique de cette cohérence peut être fatale à leurs intérêts, ces puissances économiques et financières ont décidé de la briser. En ruinant toute possibilité de souveraineté politique de chaque peuple et en dévalorisant le travail, ils ont pu enfermer l’économie et la monnaie aux lois du Capital et alimenter leurs profits par une régression sociale sans précédent.
Toute l’histoire de l’Union Européenne ne constitue fondamentalement que la destruction acharnée de cette cohérence.

L’UNION EUROPEENNE VEUT FAIRE REVENIR L’HISTOIRE EN ARRIERE

Pour bien mesurer cette réalité, il faut faire un peu d’histoire car les puissants s’emploient à nous présenter les origines de cette affaire comme un conte de fées…bien loin de la réalité.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, dans de nombreux pays, et particulièrement en France et en Italie, les peuples, forts de l’expérience de ces terribles événements ont fortement affirmé leur souveraineté politique. Ils ont imposé -pour en rester à l’essentiel et au cas de la France- une puissante maîtrise publique de l’économie et de la monnaie ; l’institution d’un système de protection sociale géré par ses bénéficiaires et des droits salariaux encadrés par le Code du Travail.

Ces profondes modifications économiques et sociales, conjuguée avec l’extension du système soviétique -qu’elle que soit l’opinion qu’on en ait eu- constituaient pour les puissances d’argent une menace insupportable car elles mettaient fortement en cause leur domination. Elles ont décidé de détruire en se donnant une stratégie et un outil communs pour atteindre leur objectif.

L’Union Européenne est une stratégie qui vise à assurer la domination du Capital.

Avec à leur tête les grands possédants de France et d’Allemagne, ils ont décidé, sous la pression du gouvernement des Etats-Unis : leur concurrence ne prendrait plus de forme militaire. Certes, leur compétition continuerait -et elle se poursuit aujourd’hui- mais la priorité était de faire face ensemble à la montée en puissance politique des peuples, de reprendre la main sur l’économie et la monnaie, de pouvoir continuer à imposer la régression sociale.

C’est d’ailleurs dans cette stratégie -et non dans la fin des nationalismes qui n’en étaient que le déguisement- que se trouve l’origine de la fin des affrontements militaires en Europe Occidentale depuis près de soixante-dix ans. C’est la crainte de la puissance des peuples qui leur a imposé la paix. C’est pour affronter les peuples que les puissants ne se sont plus fait la guerre : ils sont passés, par nécessité, de l’affrontement militaire entre eux à la guerre contre les peuples.

Leur outil a un nom, il s’appelle intégration européenne. Sa grande efficacité, du point de vue des puissants, est qu’il permet de déconnecter l’économie et la monnaie de la souveraineté politique des peuples et donc de la maîtrise publique. L’économie et la monnaie sont régies par des lois qui établissent explicitement la souveraineté du capital : du Traité de Rome (1957) au Traité de Lisbonne (2008), en passant par l’Acte Unique européen (1986) et le Traité de Maastricht (1992), c’est ce qu’affirment tous les textes qui ont jalonné l’intégration européenne.


L’histoire de l’Union Européenne c’est la mise en chantier de cette stratégie de classe.

Pendant près de quatre décennies, les peuples ont résisté et les puissances économiques et financières ont eu du mal a imposé leur projet. Cependant, force est de constater que depuis le milieu des années 1980, les événements se sont accélérés. Et toujours avec le même processus : des abandons de souveraineté politique des peuples (plus de pouvoirs à Bruxelles) ; des reculs de la maîtrise publique de l’économie (les vagues de privatisations) voire l’abandon de cette maîtrise publique pour la monnaie (création de l’Euro et indépendance de la Banque Centrale Européenne)…

Et c’est cette législation européenne qui rend illégale la maîtrise publique de l’économie -c'est-à-dire qui prive chaque peuple du fruit de son travail- qui a entrainé des régressions sociales insupportables pour la majorité des populations…et une richesse sans cesse accrue pour une minorité qui se gave des fruits du travail de l’immense majorité.

C’est en ce sens qu’il n’est pas exagéré d’affirmer, à la lumière de l’expérience, que l’Union Européenne veut faire tourner la roue de l’histoire en arrière. En effet, plus ça va et plus elle ressemble à un empire -qui a vocation constante à étendre son territoire- où l’aristocratie de l’argent a remplacé la noblesse de naissance et dans lequel les salariés n’auront bientôt pas plus de droits sur les richesses qu’ils produisent que les serfs d’avant la Révolution Française.

C’est assurément ce qui nous attend si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de cette situation car la voracité des possédants est sans limite. Alors, comment résister à cette entreprise de destruction démocratique et sociale que constitue l’Union Européenne et avec quelles exigences contre-attaquer pour faire prévaloir nos droits en tant que citoyens membres d’un peuple souverain et en tant que salariés, producteurs seuls créateurs de richesses ?

Tirer les leçons de l’expérience est indispensable pour savoir à quoi nous avons à faire ; mais cela ne suffit pas. Pour nous imposer, il est aussi indispensable de résister et de passer à l’offensive. Résister aux discours des fanatiques de l’Union qui, à longueur de médias, prêtent à l’Union Européenne des valeurs qu’elle détruit et nous menacent des pires catastrophes dès que nous la mettons en cause. Passer à l’offensive, c'est-à-dire formuler ce que sont les conditions politiques et économiques nécessaires à une coopération entre les peuples d’Europe…et du reste du monde.

OSER AFFRONTER LE DISCOURS DES PARTISANS DE L’UNION EUROPEENNE

Pour commencer, ne pas perdre la guerre des mots. La question posée n’est pas celle comme on le dit souvent, sans en mesurer les conséquences, celle de « l’Europe ». Celle-ci constitue une convention géographique qu’il n’est au pouvoir de personne de remettre en question.

Ce dont il s’agit c’est de « l’Union Européenne » qui est une construction politique, économique, monétaire et juridique. Elle a été faite et elle peut être défaite, sans que pour autant notre continent disparaisse. Un pays peut la quitter sans que la mer ne le submerge ou qu’il soit contraint pour le faire de dresser des murailles sur ces frontières. Nous avons vécu sans l’Union Européenne…et, si nous le décidons, nous pourrons le faire sans elle. Pas de panique, c’est l’arme essentielle des promoteurs de l’intégration européenne !

Il est donc nécessaire de bien voir que remettre en question l’Union Européenne au nom de la souveraineté populaire et de la maîtrise publique de l’économie, ce n’est ni mettre en danger la paix, ni prendre le risque de la ruine économique, ni se fermer à toute coopération ou aux échanges de toutes sortes entre les peuples, ni manifester une quelconque xénophobie ou un « rejet de l’autre ». Au contraire.

L’Union Européenne, ce n’est pas la paix, au contraire !

On nous serine : « L’Europe c’est la paix, la mettre en question ferait courir le risque du retour de la guerre ! ». Mais, depuis 1945, la paix en Europe occidentale n’a pas été le produit de la construction européenne mais, comme nous l’avons vu, le résultat d’une décision stratégique des possédants pour endiguer l’affirmation politique des peuples et faire face à une situation géopolitique issue de la Seconde Guerre Mondiale.

Hier, ce ne sont ni les nations, ni la souveraineté des peuples qui ont été à l’origine du déclenchement des guerres mais les affrontements entre des capitalistes concurrents -notamment ceux d’Allemagne et de France-. Et si ces guerres, visaient toujours à soumettre des nations et à asservir des peuples aux intérêts de puissances économiques et financières étrangères, l’exemple de la Seconde Guerre Mondiale, en France, montre que dans ces situations les classes dominantes du pays agressé ont collaboré avec les agresseurs -contre leur propre peuple- pour trouver des compromis qui préservent leurs intérêts.

Aujourd’hui, c’est parce que, sous la houlette de l’Union Européenne, les puissances économiques et financières coalisées mettent les peuples en concurrence et abolissent la souveraineté politique de chaque peuple que se développent les tensions entre les pays appartenant à l’Union Européenne. Et on peut aussi constater que ces vingt dernières années, au fur et à mesure du renforcement de l’Union Européenne, les conflits se sont développés à son immédiate périphérie (ex Yougoslavie, Lybie, Syrie, Ukraine…), et que sa constante volonté d’expansion territoriale et son ambition de contrôler les sources d’énergies n’ont pas été étrangères au déclenchement de ces conflits.

Personne ne peut affirmer que l’Union Européenne a constitué un facteur de renforcement de la paix et de l’amitié entre les peuples, au contraire !

L’Union Européenne ce n’est pas la coopération, c’est la régression et les inégalités !

On nous rabâche : « Mettre en cause l’Union Européenne, c’est mettre en danger le développement économique et la coopération et les échanges entre les peuples ».

Si l’on considère les chiffres de la croissance, on ne peut pas dire qu’en matière de croissance économique l’Union Européenne ait un bilan flatteur. Hormis les profits des grands groupes, ce qui s’est développé, si l’on peut dire, ce sont la casse industrielle (la région Centre en sait quelque chose), les concentrations des grandes entreprises et leur main mise sur les sous traitants et les inégalités dans les échanges commerciaux entre les différents pays. D’ailleurs, de plus en plus d’économistes affirment que l’Euro constitue une cause essentielle de cette réalité. On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’un exemple convaincant d’une coopération réussie entre les pays.

Sous prétexte d’échanges, c’est cette Union Européenne qui a surtout permis une totale liberté de circulation des capitaux. Et ce qui intéresse le Capital. Ce n’est ni le développement industriel sur chaque territoire, ni l’égalité des échanges et encore moins la coopération. Son but ce sont les profits et la concentration de la propriété.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la majorité des grandes entreprises françaises sont aux mains de capitaux étrangers (le projet actuel de cession d’ALSTOM à GENERAL ELECTRIC ou à SIEMENS étant le dernier exemple de cette réalité)…

Toute l’histoire le montre, et près de trente ans de « libre circulation des capitaux » -le premier commandement de l’Union Européenne- le confirme : il ne peut pas exister de développement économique équilibré entre les territoires sans existence d’une maîtrise publique -forte pour l’économie et totale pour les banques et la monnaie-…et l’expérience montre aussi que cette maîtrise publique ne peut se fonder que sur un exercice vigilant de la souveraineté politique de chaque peuple.


L’Union Européenne interdit le débat politique, elle nous fait la morale !

Aujourd’hui, dès que l’on analyse l’Union Européenne comme une construction politique fondée, dans l’intérêt exclusif des puissances économiques et financières, sur la déstruction de chaque souveraineté populaire sur l’économie et la monnaie, c’est le branle bas de combat chez les partisans les plus durs de l’intégration européenne…comme chez nombre de celles et ceux qui prônent une « autre Europe ». On nous déclare : « La sortie de l’Europe et de l’Euro, c’est une hérésie économique et sociale » ; on nous assure qu’employer les termes de souveraineté populaire ou d’indépendance nationale serait faire preuve « de rejet de l’autre, de racisme, de xénophobie même ! ». Le débat n’est pas facile et la stigmatisation se substitue souvent à l’argument.

S’il est incontestable que le racisme existe -et les conséquences sociales et économiques des politiques menées au nom de l’Union Européenne n’y sont pas pour rien-, il est tout aussi incontestable que la majorité des citoyens de notre pays ne sont pas racistes, le taux des mariages mixtes -incomparablement supérieur en France que dans les autres pays de l’Union Européenne- le démontre. Alors ?

Alors, il ne faut pas tout confondre :

. Quand de plus en plus de Français éprouvent le sentiment qu’ils ne sont plus écoutés -individuellement, comme citoyen - ou collectivement, en tant que communauté politique souveraine.

. Quand ils ont le sentiment que les engagements des politiques ne sont pas tenus et que les décisions sont prises sans qu’ils soient consultés ou, pire même, contre l’avis qu’ils ont formulé.

. Et quand l’expérience ne leur donne pas tort et que, souvent, c’est au nom des « exigences » de la construction européenne que ces dénis de démocratie ont été faits.

Alors, il ne faut pas s’étonner que des millions de femmes et d’hommes de ce pays souffrent de ne pas avoir la maîtrise politique de leur vie et attribuent, à raison, la source de cette situation à l’Union Européenne et à ses promoteurs.

Les traiter de « racistes », « d’hérétiques » ou de « xénophobes » c’est, d’abord, confondre une catégorie importante de la morale -le respect de l’autre- avec une catégorie centrale de la politique -la souveraineté populaire- sans laquelle il ne peut exister de démocratie politique pleine et entière ; c’est, ensuite, remplacer le débat démocratique, argument contre argument, par la stigmatisation et la diabolisation (il fut un temps où l’enfer était promis aux hérétiques) ; c’est, enfin, en refusant d’entendre une demande politique, préparer pour le coup, de beaux jours au racisme et à la xénophobie !


Retourner les arguments des partisans de l’intégration européenne contre eux et montrer que c’est elle qui est responsable de ce dont elle nous accuse, c’est une condition nécessaire pour qu’ait lieu le débat public qui nous permette de sortir de la régression démocratique, économique et sociale dans laquelle nous sommes enfoncés depuis trente ans.

Mais cela ne suffira pas. Pour gagner ce débat, il est indispensable de formuler et de faire partager les mesures dont l’adoption permettra de construire entre les peuples d’Europe, et plus largement entre tous les peuples, des coopérations mutuellement avantageuses et facteurs de développement et de paix.


CONJUGUER LES POINTS DE VUE DU TRAVAIL ET DE LA DEMOCRATIE, CE SONT LES SEULS FONDEMENTS DE VERTITABLES COOPERATIONS ENTRE LES PEUPLES

A l’heure actuelle dans l’Union Européenne, tant au plan économique qu’au plan monétaire, il n’existe pas de coopération entre les peuples pour la simple raison que les peuples n’ont aucun pouvoir sur ces questions.

Sur le plan économique, du fait de la libre circulation des capitaux, tous les échanges économiques sont maîtrisés par les puissances économiques et réalisés dans la seule perspective de leur rentabilité. Les besoins des peuples, l’organisation territoriale de la production, les choix de production sont des exigences qui ne sont pas prises en compte.

Au plan monétaire, la situation est encore plus simple : l’existence de l’Euro et celle de la Banque Centrale fait que la puissance publique n‘a plus rien à dire sur cette question.

Dans ces deux domaines, les peuples n’existent plus !


Or, la condition première de la construction de coopérations, c’est l’existence des coopérateurs. La première question qui nous est posée, si nous voulons construire des coopérations, est de savoir quels sont les moyens nécessaires à l’existence de chaque coopérateur, c'est-à-dire de chaque peuple.

Contrairement à ce qu’on pense spontanément l’existence d’une coopération entre les peuples de l’Union Européenne, ne se joue pas à Bruxelles ou à Strasbourg. Dans ces « capitales de l’Union Européenne », c’est la destruction de réelles coopérations entre les peuples qui se réalise. La construction de réelles coopérations passe d’abord par la construction des coopérateurs ; c’est donc d’abord dans chaque pays que cette question est posée…Parce que c’est sur son territoire politique que chaque peuple pourra construire la réponse.

Evidemment, dire cela ce n’est pas dire qu’il faut fermer les frontières, procéder au repli, se laisser enfermer dans une construction fédéraliste qui accentuera la mise en concurrence entre les régions avec tous les risques d’opposition entre les populations que cela induit !

Cela ne veut pas davantage signifier qu’il faut arrêter les échanges jusqu’au jour où chaque peuple sera prêt en attendant des jours meilleurs. Mais c’est bien voir que sans se placer dans cette perspective, tout ira de plus en plus mal et que toute possibilité de coopérations véritables sera inaccessible à des peuples dépourvus de toute puissance politique et économique.


En effet, si l’exercice de la souveraineté politique de chaque peuple ne peut se réaliser que dans sa nation, son territoire politique, elle doit aussi, pour être pleine et entière, se fonder sur la pleine maîtrise des richesses produites par son travail. Dimension politique, dimension démocratique et dimension anticapitaliste sont inséparables. Se donner pour objectif, comme c’est nécessaire, de restaurer la souveraineté populaire, sans assumer la nécessité anticapitaliste de sa réalisation, c’est se raconter des histoires car c’est ne pas se donner les moyens de son objectif.

Il ne peut exister de pleine souveraineté populaire sans les moyens de son exercice. En effet, une maîtrise publique importante de l’économie et du crédit et de la monnaie constitue une condition nécessaire pour pouvoir décider des grands choix de la production, des conditions de sa réalisation et d’une juste répartition des richesses créées par le travail.

Cela implique donc comme moyens, pour en rester à l’essentiel : une forte maîtrise publique de l’économie et du système bancaire (pour maîtriser l’investissement et le crédit) ; une maîtrise publique exclusive de la production monétaire (pour sortir de l’esclavagisme de la dette qui n’est pas la nôtre) ; une augmentation massive des salaires et des moyens et du champ d’intervention de la protection sociale …bref, un ensemble de réformes qui permettent une maîtrise publique de l’économie et un statut du travail salarié qui concourent à l’exercice réel de sa citoyenneté individuelle et d’une souveraineté politique collective.

Cela implique évidemment l’abolition de la libre circulation des capitaux car, dans un monde où cette « liberté » a force de loi, tout ce qui est public (hier, les entreprises publiques ; aujourd’hui, les services publics ; et, demain, les administrations…) est condamné à tomber sous la coupe du Capital. Les décisions prises au cours des derniers jours par le Gouvernement Italien, de mettre fin au statut des fonctionnaires, ouvrent la voie pour le Gouvernement Français.

A l’inverse, se donner des objectifs sociaux de haut niveau en éludant le fait que seul l’exercice d’une souveraineté populaire nationale permettra de se donner les moyens économiques et monétaires de la réalisation de ces objectifs, c’est se raconter des histoires et c’est entraîner celles et ceux à qui nous nous adressons dans une impasse désespérante. C’est la situation que nous vivons depuis plusieurs années.

Sur toute la planète, l’expérience montre qu’il n’y a jamais eu d’avancées anticapitalistes réelles hors du cadre de l’affirmation d’une souveraineté politique populaire nationale. Et que ce n’est qu’à partir de cette affirmation que se sont construites des solidarités plus larges Et, depuis des décennies, l’expérience montre aussi, que les appels réitérés au rassemblement européen des salariés -sans que celui-ci ne soit articulé d’abord sur une forte mobilisation nationale- sont d’une terrible inefficacité et n’ont pas empêché une seule mesure du Capital contre le travail. C’est aussi pour ces raisons que le peuple français a dit NON au CTE ( Traité de Communauté Européenne )

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser la nécessaire solidarité de classe à l’échelle internationale contre le Capital. Au contraire, c’est bien voir que pour que cette solidarité de classe se développe de façon efficace, elle a besoin de la médiation de la souveraineté politique de chaque peuple. Ce n’est qu’en s’affirmant politiquement comme citoyens, à la seule échelle politique dont ils disposent pour ce faire, celle de la nation, que les producteurs de richesses (les salariés) pourront construire leur puissance politique comme peuple et, ce faisant, construire un rassemblement efficace contre le capital. Toute autre démarche repose sur une illusion, celle de l’existence d’un « peuple européen » -voire mondial- qui ne peut pas exister, du fait de l’irréductible singularité des différentes sociétés produites par l’histoire sur notre planète.

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser les nécessaires coopérations de tous ordres entre les différents peuples de notre continent…comme du reste du monde. Au contraire, c’est définir les exigences de véritables coopérations démocratiques, pacifiques et mutuellement avantageuses pour les peuples. Se soustraire à ces exigences et décider que désormais tout doit se décider au niveau d’une organisation supranationale -comme nous le faisons aujourd’hui- voire mondiale, comme différents projets de traités le proposent, c’est condamner chaque peuple à l’impuissance politique. L’échelle politique de la puissance politique de chaque peuple c’est l’échelle de sa nation. L’échelle de l’Europe, ou celle du monde, celle de la puissance politique exclusive du Capital parce que c’est celle de ses marchés ! Doit-on s’y soumettre éternellement ?

En conséquence, pour combattre efficacement le Capital et créer les conditions de vraies coopérations entre les peuples, cela nécessite de se donner comme objectifs les moyens que s’exerce réellement la souveraineté politique de chaque peuple. Pour, là encore en rester à l’essentiel et concernant la France, il s’agit de promouvoir des institutions démocratiques et, sans doute, la suppression de l’Election Présidentielle et l’instauration d’un système intégralement proportionnel pour élire une Assemblée Nationale devant laquelle le Gouvernement rende compte.

Cela implique aussi de combattre avec détermination la politique gouvernementale d’austérité et de confiscation des pouvoirs de décisions des citoyens que porte la réforme des collectivités territoriales et de réorganisation des services de l’Etat dont l’objectif essentiel demeure la main mise par les grandes firmes multinationales sur l’ensemble des activités

Ainsi, les trois critères essentiels pour juger -du point de vue du travail, de celui de la démocratie et de celui de coopérations véritables entre les peuples- de la qualité d’un candidat lors des prochaines Elections des Députés au Parlement Européen sont finalement relativement simples :

- premier critère : quelle analyse, s’il en fait une, car peu s’y risqueront, fait-il des résultats et des causes de la situation actuelle de l’Union Européenne ?

- deuxième critère : comment, s’il aborde en tant que tel ces questions, articule-t-il la double exigence d’affirmation de souveraineté populaire et de lutte anticapitaliste ?

- troisième critère : fonde-t-il sur cette double exigence la nécessité de coopération véritable entre les peuples ?

C’est à chacune et à chacun, à partir de sa réflexion et de ses intérêts d’y réfléchir et de se déterminer. Cependant, quel que soit le choix de chacune et de chacun ; et quel que soit le résultat de ces élections -qui ne sera pas sans signification- selon la répartition des voix entre les partis et le niveau d’abstention, une chose est certaine : il y aura nécessité pour avancer, construire des luttes massives et lucides.

Et si l’efficacité de ces luttes dépendra bien sûr de la dimension des rassemblements qu’elles construiront, elle dépendra tout autant de la façon dont elles porteront les exigences de souveraineté populaire et d’affirmation du travail contre le Capital. A ces luttes, la CGT devra apporter sa contribution pleine et entière, leur efficacité dépendra du nombre de salariés syndiqués à la CGT et de l’implication des salariés dans les luttes revendicatives.



Blois, le 6 Mai 2014


COMITE REGIONAL CGT CENTRE

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article