Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE. Crise inattendue ou planifiée ? Conférence organisée par l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016. Analyse de Christina KOMI. Partie II.

23 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #Les transnationales, #Daesch, #Politique étrangère, #La Turquie, #l'immigration

 L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE.   Crise inattendue ou planifiée ? Conférence organisée par l'association  "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016.  Analyse de Christina KOMI. Partie II.

L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE.


Crise inattendue ou planifiée ?


Aujourd'hui --26 ans après la guerre du Golfe, 13 ans après l'invasion de l'Irak par les USA et par leurs alliés européens, 15 ans après l'invasion de l'Afghanistan par les mêmes forces, 6 ans après la guerre de destruction de la Libye, et en plein milieu de la guerre en Syrie où encore les
mêmes forces étrangères donnent le rythme du tambour-- nous, citoyens des pays européens nous nous voyons concernés par deux situations graves :


1- des énormes flux de populations, en provenance de l'Asie et de l'Afrique essayent de joindre à tout prix les rives du continent européen.


2- notre vie quotidienne devient de plus en plus militarisée et surveillée pour des « questions de
sécurité ». Or, en même temps aucun contrôle d'identité des migrants n'est effectué dans les pays où ils arrivent en premier (notamment la Turquie, la Grèce, l'Italie), et aucune distinction n'est faite entre les réfugiés qui viennent vraiment de zones de guerre (qui doivent de suite être placés sous le régime de protection internationale de l'ONU qui leur attribuera les documents nécessaires) et les immigrés provenant d'autres zones. Les lois du droit international ne sont pas respectées ni appliquées et ce qui devrait être envisagé comme un problème à l'échelle internationale et planétaire est réduit à une affaire interne à l'Union Européenne. Une des fonctions des traités de Lisbonne, de Dublin et de Schengen est exactement celle-là : obliger les gouvernements nationaux des pays européens à contourner le droit international en imposant la non surveillance de certaines frontières (notamment celles de la Méditerranée) et en permettant la fermeture d'autres, notamment de celles des pays qui se trouvent au nord de la Grèce et de l'Italie.

Sous les ordres du Directoire de Bruxelles (Commission, BCE, Eurogroup, MES et d'autres organismes travaillant en réseau) encadré comme toujours par les lobbies financiers et
spéculateurs, le Sud de l’Union européenne est en train de se transformer en un énorme camp de concentration de gens d'autres continents, détenus de façon illégale en situation de misère et de désespoir. Car les autorités nationales de la Grèce et de l'Italie, qui contrôlaient
traditionnellement le mouvement à leurs frontières, se voient aujourd'hui dispensées de leurs
obligations d'antan. Les frontières italiennes et grecques de la Méditerranée sont ouvertes et
délibérément privées de tout contrôle de la police et de l'armée nationales. C'est une zone de
safari aux humains, exercé par des commerçants illégaux d'âmes, par des nombreuses ONG peu transparentes (qui n'ont à rendre de compte à personne sauf à ceux qui les financent) et par des forces armées mercenaires de compagnies privées, telle FRONTEX, et de l'OTAN.
Les photos de milliers de migrants noyés en mer ont fait le tour du monde, mais peut être
pas l'information du journal The Guardian en Avril 2016 : plus de 10.000 mineurs non
accompagnés, une fois arrivés sains et saufs en Europe, sont perdus dans les réseaux du crime organisé. Et ceci seulement entre 2014 et 2015. En fait, 60 % du nombre total des migrants qui
entrent en Europe, après avoir payé des fortunes aux commerçants illégaux pour traverser un
bout de mer, s'ils ne finissent pas noyés, terminent dans les réseaux de prostitution et de
commerce d'organes (femmes et enfants) ; le reste dans l'esclavage.
En même temps, on entend que « le terrorisme se répand de plus en plus en Europe » ou
que « l'état d'urgence est prolongé », la peur du prochain coup nous faisant accepter de plus en
plus de surveillance devant notre porte d'appartement. Pourtant le flux d'argent, seule vraie voie
pour bloquer les affaires lucratives du crime organisé et du terrorisme, reste complètement libre
et incontrôlable, tout comme le flux des migrants aux portes de l'Europe. Les consignes « à bas
les frontières », «à bas les nations » n'ont qu'un seul objectif : que l'infiltration d'éléments
potentiellement criminels continue et qu’ainsi le commerce des circuits criminels devienne de
plus en plus lucratif sans obstacles, au détriment tant des migrants que de nous, citoyens français, italiens, grecs, allemands etc.


Et voici une première question à se poser : qui en profite ?

Le bureau de l'ONU estime que pour la période du 1996-2011 le nombre des victimes du
commerce illégal d'humains était de l'ordre de 55.000 immigrés entrés en Europe, provenant de
l'Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Ouest et apportant au crime organisé des profits de l'ordre
de 150.000.000 de dollars. Imaginons-nous l'augmentation vertigineuse de ces profits à partir de
2014 ?


Et voici une deuxième :
Quel est le niveau de gains pour les entreprises multinationales en Europe quand elles ont la
possibilité de puiser de la main d'oeuvre quasi-esclave dans un énorme réservoir de miséreux,
situé à la portée de leur main --non pas en Chine mais juste à côté, en Grèce par exemple ? Quel est, dans ce cas le sort du travailleur local (français, italien, allemand etc.) ?

N'allons pas très loin, la loi El Khomri est un fait et ce n'est que le début.


Ces deux questions nous mènent à la troisième :


Est-ce que les victimes des pays détruits de l'Asie et de l'Afrique --qui sont en même temps
victimes des réseaux criminels aux portes et à l'intérieur de l'Europe et victimes de la non application du droit international-- ne deviennent pas aujourd'hui l'instrument d'une autre action
destructrice ? celle du démantèlement des Etats-nations de l'Europe, tout d'abord du Sud –
transformé en une énorme prison de déracinés miséreux-- et par la suite du Nord –car les
travailleurs seront tôt ou tard confrontés à la concurrence du travail esclave.


L'objectif de notre débat est d'essayer de comprendre la situation très complexe et cruciale dans
laquelle se trouvent aujourd'hui les peuples, tant ceux du continent européen que ceux des autres, de nous aider à poser les bonnes questions et de fournir à l'auditoire des informations et des éléments de réponse.


Christina KOMI. Enseignant-chercheur franco-grecque.
 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article