Rappelez-vous, le 19 mars, le président français en attente de perruque à rouleaux adressait ses félicitations à Vladimir Poutine suite à sa réélection à la tête de la fédération de Russie. Profitant de l’occasion, il n’a pas manqué de faire passer les desiderata de ses mentors et maîtres affairistes pour qui le monde doit devenir un level playing field, une réserve de safari absolument plate, sans barrière et dans laquelle ils pourront tirer à loisir sur tout ce qui rapporte et notamment sur le gibier trop longtemps protégé des chasses gardées désormais abolies des États.

C’est ainsi qu’il a manifesté le souhait que le président russe entreprenne « la modernisation politique, démocratique, économique et sociale du pays ».

Mais de quelle modernisation parle-t-il ? Que souhaite précisément le french walking president ?

– le French walking president souhaite que la Russie  devienne politiquement poreuse à l’influence de nos milieux d’affaires financeurs de business firm parties du type LREM qui parachutés dans le paysage électoral occupent le devant des propagandes et noient tout débat sous leur verbiage tricoté en apesanteur. Voici pour la modernisation politique ;

– le French walking president souhaite que la Russie  adopte un régime de democracy for the few – selon l’expression consacrée par Michael Parenti qui a intitulé ainsi un de ses meilleurs essais – c’est-à-dire une démocratie pour les riches, pour les accapareurs qui prêtent aux États à taux d’usure, une démocratie qui rejette le résultat des référendums quand ils ne conviennent à la bourgeoisie, refuse de servir l’intérêt du plus grand nombre et limite les libertés au nom de la lutte contre un terrorisme aux financements abscons. Voici pour la modernisation démocratique ;

– le French walking president souhaite que la Russie  entreprenne des réformes économiques privant l’État de toute initiative en matière économique et laissant aux charognards de la finance la liberté de se repaître sans restriction de la chair des nations et des revenus des secteurs publics enfin privatisés. Voici pour la modernisation économique ;

– le French walking president souhaite que la Russie  favorise le démantèlement de toute protection des salariés afin de booster les profits du secteur privé grâce aux licenciements en masse, à l’érosion brutale des salaires et à l’accroissement illimité des rythmes de travail. Voici pour la modernisation sociale.

Tout le monde sait, ou presque, que le capitalisme moderne n’est que pillage pressé de piller. Il n’a pas le temps de laisser croître un capital au rythme de l’économie réelle. Il mise et exige que sa mise rapporte après quelques tours de roulette dans le grand casino truqué de l’économie de marché qui emploie les mains invisibles de la propagande, de la corruption, de l’escroquerie, du terrorisme, du coup d’État et du bombardement soigneusement déroulé depuis des cieux vrombissants de tuyères.

N’est-il pas mignon, le petit banquier à faux nez présidentiel, avec ses prétentions philosophiques et son immanentisme en bandoulière, lorsqu’il s’adresse au président réélu de la fédération de Russie ?

Bruno Adrie