Après avoir renié, sans assumer jamais de le dire ouvertement, sa presque victorieuse stratégie « populiste » de conquête du pouvoir…

Après avoir abandonné de fait, depuis dix-huit mois, une importante partie de son projet qui était encore plus le nôtre que le sien…

 

Après avoir minaudé devant les vieux débris et les traîtres professionnels du PS, et avoir fait clairement passer, à cette occasion, le message que ces salopards-là comptaient bien plus à ses yeux que nous les Insoumis, et qu’en fait eux seuls étaient sa véritable et unique famille quand les Insoumis n’étaient en quelque sorte qu’une famille recomposée comptant pour quantité négligeable à ses yeux,

Après avoir imposé la présence de ces gens du Parti Salopard sur la liste « Maintenant le peuple » [en places éligibles pensent-ils mais rien n’est moins sûr…], sans aucun débat démocratique, et contre la volonté de beaucoup,

Après avoir renié ce pourquoi il s’est battu depuis au moins trois ans à savoir « fédérer le peuple » et non plus « rassembler la gauche »,

Après avoir abandonné, dès le soir du 1er tour, les 7 millions de Français qui lui avaient apporté leur suffrage, en refusant de contester l’authenticité du scrutin et en jouant le jeu pipé de l’Assemblée Nationale, et en plus après nous avoir indirectement incité à voter Macron au second tour « pour faire barrage »,

Après avoir foulé aux pieds son serment de la Porte de Versailles du 19 avril 2012,

Après avoir, unilatéralement et despotiquement, comme tout monarque absolu, depuis près d’un an, changé les termes de ce que nous disions à propos de l’UE pour ne plus défendre qu’un salmigondis indigeste et incompréhensible,

Après avoir installé le « coup d’État permanent » et le viol permanent de la démocratie au sein du PG puis de la FI,

Après avoir tissé des liens indirects avec le monde indigéniste qui n’est qu’un ramassis de racistes, d’anti-laïcs et finalement de fascistes aussi dangereux que les fascistes « traditionnels »,

Après avoir remplacé, s’agissant de ses sources d’inspiration en terme de laïcité, Henri Peña-Ruiz par Danielle Obono, Clémentine Autain et leurs amis (et amies) de la galaxie du Parti des Indigènes de la République,

Après avoir désavoué publiquement, et en termes pour le moins indélicats, il y a quelques semaines, Djordje Kuzmanovic, ceci pour plaire à la frange bobo-gauchiste (affaire des migrants et du nouveau parti « Aufstehen » de Sarah Wagenknecht),

Après avoir superbement ignoré et royalement méprisé la foule des anonymes aussi bien au PG qu’à la FI ou partout en France,

Après s’être claquemuré au sein de sa « Curia Regis », une toute petite cellule de fidèles qu’on peine même à décrire décemment comme le « Conseil du Roi » tant ce conseil est restreint et composé de « médiocres et de rampants » (pour reprendre les termes de Beaumarchais dans une des répliques qu’il met dans la bouche de Figaro dans la pièce Le Mariage de Figaro),

Après avoir vu, sans broncher, s’éloigner les un(e)s et les autres, qu’ils soient anonymes ou célèbres, qu’ils aient été engagés et dévoués sur le terrain, dans des groupes locaux, ou dans des instances diverses (commissions, Conseil national, Bureau National, secrétariat National du PG, ou instances « officieuses » de la FI), et que pour certains, ils aient contribué à des apports fondamentaux au projet et à notre pensée ainsi qu’à nos discours, comme ce fut le cas entre autres de Jacques Généreux, de Raquel Garrido, puis de Charlotte Girard et de Corinne Morel Darleux,

Je pourrais continuer la liste un moment…

Après tout cela donc, sans compter tout ce que je ne dirais pas ici, voici que Jean-Luc Mélenchon accentue encore davantage ce trait détestable de sa personnalité et commence à se vautrer dans la fange d’une indignité croissante.

En réduisant à néant l’influence de Djordje Kuzmanovic sans qui jamais Mélenchon n’aurait pu connaître le résultat si haut qu’il a obtenu fin avril 2017, sans qui jamais il n’aurait eu le soutien d’une partie du haut état-major militaire, Mélenchon montre à tous aujourd’hui à quel point nous nous sommes trompés à son sujet quand nous avons pensé qu’il avait réellement rompu avec le PS, avec ses amis du Parti Salopard, et surtout avec leurs sales combines et leurs odieuses façons de penser et d’agir…

Il n’en est rien. Il n’a en fait jamais changé. Il a seulement été très bon comédien !

C’est juste que depuis plusieurs mois, il ne cesse de retirer, l’un après l’autre, tous les masques qu’il portait.

Oui, c’est un fait indéniable, il est un brillant comédien, voire un adroit hypnotiseur. Il nous aura mystifiés par milliers, par millions, lui qui avait été à bonne école avec le machiavélique Mitterrand !

Un bonimenteur d’un talent tellement rare que l’on en connaît sans doute pas plus que deux ou trois par siècle !

Aujourd’hui, je l’avoue pour la première fois, j’ai honte désormais !

Oui, j’ai honte à l’égard de toutes celles et de tous ceux qui, depuis des années, me mettaient en garde. Je ne voulais pas les entendre. Je me suis même violemment disputé et brouillé avec beaucoup à cause de leur insistance à défendre devant moi un discours hostile à Mélenchon. Je me cabrais. Je le défendais.

Or, c’est eux qui avaient raison et c’est moi qui avais tort.

« On peut tromper quelqu’un tout le temps. On peut aussi tromper tout le monde un certain temps. Mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps » aurait dit un jour, paraît-il, Abraham Lincoln.

Cette citation est un message subliminal que vous pouvez faire passer à Mélenchon si vous le croisez…

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