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Le blog de Lucien PONS

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs.

12 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

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Au moment où un jeune Grec sur deux est au chômage, où vingt cinq mille SDF errent dans les rues d’Athènes, où trente pour cent de la population est tombée sous le seuil de pauvreté, où des milliers de familles sont obligées de placer leurs enfants pour qu’ils ne crèvent pas de faim et de froid, où nouveaux pauvres et réfugiés se disputent les poubelles dans les décharges publiques, les « sauveurs » de la Grèce, sous prétexte que les Grecs « ne font pas assez d’efforts », imposent un nouveau plan d’aide qui double la dose létale administrée. Un plan qui abolit le droit du travail, et qui réduit les pauvres à l’extrême misère, tout en faisant disparaître du tableau les classes moyennes.

 

Le but ne saurait être le « sauvetage » de la Grèce : sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord. Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée. Il s’agit surtout de faire de la Grèce, avec la collaboration active de sa propre classe dirigeante, le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe. Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine, où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation.

 

Mais pour que cette offensive du néolibéralisme puisse arriver à ses fins, il faut instaurer un régime qui fait l’économie de droits démocratiques les plus élémentaires. Sous l’injonction des sauveurs, on voit donc s’installer en Europe des gouvernements de technocrates qui font fi de la souveraineté populaire. Il s’agit d’un tournant dans les régimes parlementaires où l’on voit les « représentants du peuple » donner carte blanche aux experts et aux banquiers, abdiquant leur pouvoir décisionnel supposé. Un coup d’Etat parlementaire en quelque sorte, qui fait aussi appel à un arsenal répressif amplifié face aux protestations populaires. Ainsi, dès lors que les députés ont ratifié la convention dictée par la troïka (l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), diamétralement opposée au mandat qu’ils avaient reçu, un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique aura engagé l’avenir du pays pour trente ou quarante ans.

 

Parallèlement l’Union européenne s’apprête à constituer un compte bloqué où serait directement versée l’aide à la Grèce afin qu’elle soit employée uniquement au service de la dette. Les recettes du pays devraient être en « priorité absolue » consacrées au remboursement de créanciers, et, si besoin est, directement versées à ce compte géré par l’Union européenne. La convention stipule que toute nouvelle obligation émise dans son cadre sera régie par le droit anglais, qui engage des garanties matérielles, alors que les différends seront jugés par les tribunaux du Luxembourg, la Grèce ayant renoncé d’avance à tout droit de recours contre une saisie décidée par ses créanciers. Pour compléter le tableau, les privatisations sont confiées à une caisse gérée par la troïka, où seront déposés les titres de propriété de biens publics. Bref, c’est le pillage généralisé, trait propre du capitalisme financier qui s’offre ici une belle consécration institutionnelle. Dans la mesure où vendeurs et acheteurs siégeront du même côté de la table, on ne doute guère que cette entreprise de privatisation soit un vrai festin pour les repreneurs (qu’ils soient grecs ou étrangers)…

 

Or toutes les mesures prises jusqu’à maintenant n’ont fait que creuser la dette souveraine grecque et, avec le secours de sauveurs qui prêtent à des taux usuraires, celle-ci a carrément explosé en approchant des cent soixante dix pour cent d’un PIB en chute libre, alors qu’en 2009 elle n’en représentait encore que cent vingt pour cent. Il est à parier que cette cohorte de plans de sauvetage – à chaque fois présentés comme « ultimes » – n’a eu d’autre but que d’affaiblir toujours davantage la position de la Grèce de sorte que, privée de toute possibilité de proposer elle-même les termes d’une restructuration, elle soit réduite à tout céder à ses créanciers sous le chantage de « la catastrophe ou l’austérité ».

 

L’aggravation artificielle et coercitive du problème de la dette a été utilisée comme une arme pour prendre d’assaut une société  entière. C’est à bon escient que nous employons ici des termes relevant du domaine militaire : il s’agit bel et bien d’une guerre conduite par les moyens de la finance, de la politique et du droit, une guerre de classe contre la société entière. Et le butin que la classe financière compte arracher à « l’ennemi », ce sont les acquis sociaux et les droits démocratiques, mais au bout du compte, c’est la possibilité même d’une vie humaine. La vie de ceux qui ne produisent ou ne consomment pas assez au regard des stratégies de maximisation du profit, ne doit plus être préservée.

 

Ainsi, la faiblesse d’un pays pris en étau entre la spéculation sans limites et les plans de sauvetage dévastateurs, devient la porte dérobée par où fait irruption un nouveau modèle de société conforme aux exigences du fondamentalisme néo libéral.

 

Modèle destiné à toute l’Europe et plus si affinités. C’est le véritable enjeu et c’est pour cela que défendre le peuple grec ne se réduit pas à un geste de solidarité ou d’humanité abstraite : l’avenir de la démocratie et le sort des peuples européens sont en question. Partout la « nécessité impérieuse » d’une austérité « douloureuse, mais salutaire » va nous être présentée comme le moyen d’échapper au destin grec, alors qu’elle y mène tout droit.

 

Devant cette attaque en règle contre la société, devant la destruction des derniers îlots de la démocratie, nous appelons nos concitoyens, nos amis français et européens à s’exprimer haut et fort. Il ne faut pas laisser le monopole de la parole aux experts et aux politiciens. Le fait qu’à la demande des dirigeants allemands et français en particulier la Grèce soit désormais interdite d’élections peut-il nous laisser indifférents ? La stigmatisation et le dénigrement systématique d’un peuple européen ne mériteraient-ils pas une riposte ? Est-il possible de ne pas élever sa voix contre l’assassinat institutionnel du peuple grec ? Et pouvons-nous garder le silence devant l’instauration à marche forcée d’un système qui met hors la loi l’idée même de solidarité sociale ?

 

Nous sommes au point de non-retour. Il est urgent de mener la bataille des chiffres et la guerre des mots pour contrer la rhétorique ultralibérale de la peur et de la désinformation. Il est urgent de déconstruire les leçons de morale qui occultent le processus réel à l’œuvre dans la société. Il devient plus qu’urgent de démystifier l’insistance raciste sur la « spécificité grecque », qui prétend faire du caractère national supposé d’un peuple (paresse et roublardise à volonté) la cause première d’une crise en réalité mondiale. Ce qui compte aujourd’hui ne sont pas les particularités, réelles ou imaginaires, mais les communs : le sort d’un peuple qui affectera tous les autres.

 

Bien des solutions techniques ont été proposées pour sortir de l’alternative « ou la destruction de la société ou la faillite » (qui veut dire, on le voit aujourd’hui : « et la destruction et la faillite »). Toutes doivent être mises à plat comme éléments de réflexion pour la construction d’une autre Europe. Mais d’abord il faut dénoncer le crime, porter au grand jour la situation dans laquelle se trouve le peuple grec à cause des « plans d’aide » conçus par et pour les spéculateurs et les créanciers. Au moment où un mouvement de soutien se tisse autour du monde, où les réseaux d’Internet bruissent d’initiatives de solidarité, les intellectuels français seraient-ils donc les derniers à élever leur voix pour la Grèce ? Sans attendre davantage, multiplions les articles, les interventions dans les médias, les débats, les pétitions, les manifestations. Car toute initiative est bienvenue, toute initiative est urgente.

 

Pour nous, voici ce que nous proposons : aller très vite vers la formation d’un comité européen des intellectuels et des artistes pour la solidarité avec le peuple grec qui résiste. Si ce n’est pas nous, ce sera qui ? Si ce n’est pas maintenant, ce sera quand ?

 

Premiers signataires

 

Vicky Skoumbi (rédactrice en chef de la revue Aletheia, Athènes), Michel Surya (directeur de la revue « Lignes », Paris), Dimitris Vergetis (directeur de la revue Aletheia, Athènes), Giorgio Agamben, Diamanti Anagnostopoulou, Enzo Apicella, Albena Azmanova, Daniel Alvara,Alain Badiou, Jean-Christophe Bailly, Etienne Balibar, Fernanda Bernardo, David Berry, Sylvie Blocher, Laura Boella, Carlo Bordini, Hervé le Bras, Roberto Bugliani, Daniela Calabro, Claude Cambon, Maria Elena Carosella, Barbara Cassin, Bruno Clément, Danielle Cohen-Levinas, Christiane Cohendy, Yannick Courtel, Martin Crowely, Rolf Czeskleba-Dupont, Michel Deguy, Michel Didelot, Didier Deleule, Claire Denis, Georges Didi-Huberman, Costas Douzinas, Riccardo Drachi-Lorenz, Marie Ducaté, Leili Echghi, Les Economiste Atterrés, Roberto Esposito, Camille Fallen, Celine Flecheux, Chiara Frugoni, Ivetta Fuhrmann, Enzo Gallori, Jean-Marie Gleize, Francesca Isidori, Clio Karabelias, Jason Karaïndros, Stathis Kouvelakis, Pierre-Philippe Jandin, Fréderic Lordon, Jeremy Leaman, Jérôme Lèbre, Marie-Magdeleine Lessana, Jacques Lezra, Gianna Licchetta, Marco Mamone Capria Jean-Clet Martin, Pr. Jobst Meyer, Pierre Murat, Jean-Luc Nancy, Maurizio Neri, Gloria Origgi, Marco Palladini, Timothy Perkins, Matthaios Petrosino, Nicola Predieri, Stefano Pippa, Philippe Rahme, Jacques Rancière, Haris Raptis, Judith Revel, Elisabeth Rigal, Franco Romanò, Avital Ronell, Jacob Rogozinski, Alessandro Russo, Hugo Santiago, Ingo Schmidt, Beppe Sebaste, Giacomo Sferlazzo, Amalia Signorelli, Michèle Sinapi, Maria Giulia Soru, Benjamin Swaim, Bruno Tackels, Enzo Traverso, Gilberte Tsaï, Catherine Velissaris, Frieder Otto Wolf

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Repris sur le blod du FSC http://www.frontsyndical-classe.org/article-sauvons-le-peuple-grec-de-ses-sauveurs-103039071.htmlDSCN2691-copie-1
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Ancien libéral, écœuré par le monde du travail, je voterai Mélenchon.

9 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Le 09-04-2012 à 17h26

 

 A priori, François Kahn n'est pas tout à fait l'image qu'on se fait d'un militant du Front de Gauche. Pourtant, la profonde inhumanité à laquelle il a assisté dans le cadre du travail l'a poussé à abandonner ses idées libérales. Il raconte son parcours pour Le Plus.

J'ai 30 ans, je travaille dans le privé depuis 6 ans, et je fais partie des 5% des contribuables français qui paient le plus d'impôts. Mes intérêts devraient me conduire à voter pour le candidat PS ou UMP à l’élection présidentielle. Mais le 22 avril, je ne voterai ni pour François Hollande, ni pour Nicolas Sarkozy, mais pour le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

 

Discours de campagne sur la culture de Jean-Luc Mélenchon, au Bataclan, Paris, le 3 avril 2012 (CHAMUSSY/SIPA)

Discours de campagne sur la culture de Jean-Luc Mélenchon, au Bataclan, Paris, le 3 avril 2012 (CHAMUSSY/SIPA).

 

Je n’ai pas toujours voté à gauche. Je suis issu d’un milieu de droite, et à mon arrivée à HEC en 2001, je m’identifiais clairement au libéralisme économique porté par la droite. Mon libéralisme s’étendait aux questions de mœurs, ce qui me rapprochait du PS et m’éloignait de ma classe politique d’origine.

 

Une conversion radicale à l'antilibéralisme

 

Aujourd’hui, je rejette radicalement le libéralisme économique, tant celui de l’UMP, que celui du PS avec son vague souci de protection sociale. Cette radicale conversion à l’antilibéralisme économique n’est pas le fruit d’un endoctrinement idéologique ou d’une recherche d’iconoclasme bobo-isant. C’est la fréquentation du monde du travail à son plus haut niveau, celui des cadres de direction générale, c’est l’expérience intime de ce qui se passe à la tête des entreprises modernes qui explique ma conversion à cet antilibéralisme. Mon témoignage n’est pas celui d’actes délictueux devisés au sein des directions générales.

 

Ce dont j’ai été témoin est à la fois plus simple, plus grave et plus fréquent. Au cœur du soi-disant capitalisme de l’intelligence, j’ai vu une dévalorisation systématique des capacités intellectuelles dans le travail, la destruction et une valorisation systématique des tâches les plus formelles et superficielles, les moins approfondies, les moins créatives. Mon témoignage est une critique du libéralisme économique au nom du travail bien fait, au nom du travail qui assure le progrès économique d’une entreprise dans son ensemble et d’une société dans sa globalité.

 

Pression managériale

 

J’ai vu les méfaits de la technocratie managériale dans le privé. J’ai vu des assistantes travailler de 9h à 20h, sans heures supplémentaires, sans jours de récupération. J’ai vu des collègues, cadres supérieurs aguerris, formés dans les meilleures écoles et passés avec succès par des banques d’affaires ou des cabinets de conseil, craquer et fondre en larmes au milieu d’un bureau partagé sous la pression exercée par le management.

 

J’en ai vu partir régulièrement en arrêts maladie pour surmenage (le “burn out”), se gaver d'antidépresseurs, puis revenir, à peine plus reposés, quelques semaines plus tard, prêts à se ré-user, cumulant tics nerveux, prise de poids, cheveux qui tombent, ongles rongés, et parfois d’étranges et subites paralysies faciales ou corporelles n’ayant d’autres explications autre que celle de la pression et du surmenage.

 

J’ai vu une fuite en avant pour faire toujours plus toujours plus vite, sans se soucier vraiment de faire mieux. Sans se soucier des conséquences à long terme. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les postes et fonctions sont plastiques, les responsabilités floues et les évaluations de court terme. Quelques années après, tel manager n’est plus dans la même division, ni dans la même région du monde, peut-être même plus dans la même entreprise... Après eux, le déluge. Plus de mémoire, plus de long terme, plus de vision. Faire plus que l’an dernier, plus qu’au trimestre dernier, plus qu’hier, faire plus, mais vite : pas de temps pour des modifications structurelles, pour des remises en question ou simplement un peu de réflexion.

 

Formatage des esprits et des tâches

 

Les organisations du travail que j’ai observées (et subies) semblaient vouloir nous transformer, mes collègues et moi-même, en machine à force de taylorisation (ces méthodes ne concernent pas que les ouvriers et employés). Face au formatage des esprits et des tâches, devant l’empilement des strates de contrôle, au manque d'ambition intellectuelle, nous finissions alors par nous interroger sur notre propre utilité, et par nous penser nous-même comme redondants ou inutiles. 

 

Nous sommes bien souvent réduits à l'état de variable d’ajustement, volontiers sacrifiée sur l’autel d’une pseudo-efficacité en réalité destructrice à moyen terme : démotivation, turnover, règne du "vite fait-mal fait", dictature de l'urgence, développement de l’autocensure (car on sait d’avance que l’on aura ni le temps, ni les moyens, de "bien faire", c’est-à-dire de créer de la valeur à long terme).

 

Un centre d'appels à Mérignac en 2010 (VALINCO/SIPA).

Un centre d'appels à Mérignac en 2010 (VALINCO/SIPA).

 

Nous finissons alors par accepter (et parfois, par reproduire) un mode de management anxiogène reposant sur la terreur et la menace à défaut de parvenir à définir les conditions d’une adhésion commune et volontaire à un objectif dans lequel chacun trouverait son compte, et pourrait se reconnaître : penser et implémenter des solutions rentables à long terme économiquement ET socialement, plus de temps pour créer des liens entre les disciplines, pour innover...

 

Face à ces enjeux de société, l’UMP ou le PS ne semblent proposer au pire qu’une approche comptable et ploutocrate dans le cas du premier, au “mieux”, dans le cas du second, une approche cosmétique, incapable de mettre en mots et en mesures la profonde inhumanité de notre monde, bloquée sur des mesures palliatives traitant de manière générale du symptôme plus que de la pathologie en elle-même.

 

Retrouver l'envie et le temps de penser

 

Il s’agit d’abord de retrouver l'ambition, l'envie, et le temps de penser, et pour cela, de s’affranchir de l’hystérie du moment présent, du diktat de l’urgence qui finit par démotiver à force de contraindre au bâclage, et de niveler la pensée par le bas. Redonnons du sens à ce que l’on fait, pour ne plus avoir le sentiment de participer à une vaine fuite en avant, mais plutôt de participer à un véritable projet commun, plus constructif et plus qualitatif.

 

Il est urgent de comprendre que nous partageons tous un même destin, et que nous pouvons changer les règles qu'on tente de nous imposer, qu'il est possible de retrouver la maîtrise de notre avenir plutôt que de le laisser entre les mains des Attila du néo-libéralisme et de la finance spéculative. Le contexte actuel, fortement ouvert et mondialisé, ne devrait pas nous interdire d’y réfléchir et surtout d’agir, quels que soient notre propre situation sociale et nos revenus, du moment que l’on remet “L’humain d’abord”.

 

François Kahn écrit sur www.lassaut.org

 

Dans le Nouvel Observateur:

 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/521016-ancien-liberal-ec-ure-par-le-monde-du-travail-je-voterai-melenchon.html

 

A lire aussi sur Le Nouvel Obs :

Ils choisissent Mélenchon : bon chic, bien à gauche Présentation de François Kahn par Nicolas Chapuis

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Nicolas Sarkozy et l'AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril.

9 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Nicolas Sarkozy et l'AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril

Un véritable coup d'Etat financier va se jouer en France à partir du 16 avril. En effet, le président Nicolas Sarkozy via l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) vont permettre d'ouvrir sur l'Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d'Etat français, l'autorisation des ventes à découverts. 

Ce mécanisme purement spéculatif appelé en anglais «short selling» ou «shorting» consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse. Le vendeur s'engage à fournir à un certain prix à une certaine date, en faisant le pari que le titre va baisser entre temps … Et oui mes amis, l'AMF a mis fin à l'interdiction des ventes à découvert sur les titres émis par 10 grandes banques et sociétés d'assurance côtés sur le marché parisien ( AXA, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole … ). Que cela veut-il bien dire ? 

Cette pratique est parfaitement légale mais peu encadrée et risquée. En effet, les actions les plus fragiles deviennent particulièrement vulnérables ainsi que les places financières. En plus simple: les spéculateurs du monde entier pourront vendre simplement de la dette française et ce à coût bas avec un effet de levier de 20 pour les bons du trésor. Oui, avec 50 000 euros investit en cash, il sera possible de vendre à découvert 1 million d'euros d'emprunts d'Etat français en bons du trèsor … Depuis la disparition du MATIF (Marché à terme des Instruments Financiers), il y a 13 ans, il n'était plus aussi facile de spéculer contre la France.

Ce n'est pas tout mes amis … La vente à découvert peut être également un emprunt. En effet, l'acheteur emprunte un titre uniquement en échange de la promesse de le rendre un peu plus tard au moment de la liquidation. L'acheteur va pouvoir le vendre, avec pour objectif que le cours baisse et qu'il puisse alors le racheter moins cher avant de le rendreà son prêteur. Lorsque la vente a découvert est gagée sur un emprunt de titre, elle peut en outre être reportée.

La vente à découvert peut également s'effectuer"à nu". C'est à dire que l'acheteur n'emprunte rien et qu'il se contente de vendreà terme des titres qu'il ne possède pas. Il parie sur la baisse du cours de ce titre afin d'acheter à moins cher que ce qu'il a promis de vendre. Pratiquée massivement, cette technique provoque la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Comble du cynisme calculateur, des ordinateurs peuvent en « trading automatique » jouer sur des écarts très courts dans le temps et ce à large échelle. Un programme informatique spécifique pour pratiquer la vente et le rachat très rapide de titres dès qu'il s'oriente à la baisse. A grande échelle, cela présente le risque d'amplifier les baisses en déformant les cours.

Ce mécanisme est très dangereux pour les Etats, les entreprises et les investisseurs. Le vendeur n'est pas obligé d'avoir l'argent pour ce qu'il compte vendre. Tout cela est rendu possible contre le paiement d'une CRD ( Commission de Règlement Différé). Cela permettra de ne payer que 5 à 20 jours plus tard à condition que les titres soient éligibles au SRD (Service du Règlement Différé) ce qui est le cas des grandes capitalisations boursières. Bien entendu, cela n'est pas réservé à Mr et Mme Toulemonde qui n'ont pas un centime de côté. Ils ont déjà bien du mal à ce que leur banque leur accorde un découvert autorisé ou se font refuser des chèques pour 20 euros ...

Les vendeurs à découverts sont accusés depuis de nombreuses années d'être à l'origine des crises financières majeures. L'Agence Reuters, Bear Sterns, Lehman Brothers ont accusé de nombreux entrepreneurs « manipulateurs » de répandre de fausses rumeurs après avoir vendu à découvert les actions de leurs entreprises avant que ces dernières ne fassent faillite ou ne soient reprise par un concurrent. Un tel parallèle peut également tout à fait se faire au niveau des Etats et plus particulièrement ici au niveau de la France avec tout ce qui va de son lot de rumeurs et de manipulations d'un niveau bien plus considérable que celui des entrepreneurs indélicats. Cela ne sera possible en fait qu'avec la complicité complémentaire de nombreux politiques, médias, analystes et grands comptes ...

Mr le président des français, Mr Nicolas Sarkozy mais que faites-vous à la France là? Qu'est-ce que ces basses manœuvres financières qui livrent tous les français, oui du dernier né, au vieillard qui se meurt à la vindicte financière? C'est cela votre amour de la France?

Autoriser cela à 6 jours du premier tour de l'élection présidentielle revient à organiser un attentat financier sur la France. C'est vraiment indigne d'un président et son gouvernement.

Honte à vous et ceux qui comptent profiter de cela pour mieux asservir le peuple français. Médias faites votre travail.

A la vue de ce qu'il se passe en Grèce, en Espagne, en France et partout ailleurs dans le monde, il se pose la question de la nécessité absolue de la création d'un Tribunal International des Crimes et Génocides Financiers et Economiques. Oui, il faut pouvoir réprimer toutes ces exactions comptables et financières qui sont réalisées en toute impunité en un simple clic et un éventuel coup de téléphone par les traders et autres larbins technologiques de nos politiques et banskters. Leurs implications ont directement des répercussions sur la vie de tous les jours de millions de personnes. La mascarade de la crise doit être mise à jour.

Diffusez cette information mes amis car le 16 avril 2012, c'est presque demain. L'AMF peut interdire cela. Le temps presse mes amis …

Non, la finance ne gagnera pas, nous n'y sommes pas asservis. Français de droite, de gauche, tous ensemble contre ce pillage, cette "chronique d'une mort annoncée" ...

AAA, on vous rigole au nez, vous nous faites plus peur, nous nous informons et organisons …

Révolution Citoyenne mes amis afin de mettre l'Humain d'Abord.

RESISTANCE !!!

 

PLUME CITOYENNE

 

http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2012/03/23/une-arme-fatale-contre-la-dette-francaise/

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/13/les-ventes-a-decouvert-de-nouveau-autorisees_1642741_3234.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/12/la-vente-a-decouvert-une-pratique-risquee_1558767_3234.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_%C3%A0_d%C3%A9couvert

sarkozy-r%C3%A9gulateur.jpg

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/stephanie-marthely-allard/090412/nicolas-sarkozy-et-lamf-preparent-un-attentat-financier-p

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Comment Roosevelt s’est invité dans la campagne pour les présidentielles 2012.

9 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Lundi 9 Avril 2012. Bertrand Rothé - Marianne

De François Hollande à Nicolas Sarkozy, en passant par Arnaud Montebourg, tous en appellent au père du New Deal américain. On le cite, on s’en inspire, on tente même d’enfiler son costume.

(Mémorial Roosevelt - TRIPPETT/SIPA)
(Mémorial Roosevelt - TRIPPETT/SIPA)
Qu’est-ce qu’ils ont tous avec Roosevelt ? Nicolas Sarkozy est allé puiser chez le père du New Deal pour son discours de Villepinte, invoquant le Buy American Act, afin de réclamer des règles du jeu équitable entre les entreprises européennes et le reste du monde. Le démographe Emmanuel Todd voit en François Hollande une sorte de Roosevelt français. Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial de M. Hollande, défend son champion et son idée de taxer fortement les plus riches en invoquant aussi le président américain : « Roosevelt a frappé fort, il a demandé un effort à tout son pays » et « Nous, nous demandons un effort à tous les Français pour redresser la France ». Un collectif s’est même créé, « Roosevelt 2012 », regoupant à la fois Stéphane Hessel, Michel Rocard ou Patrice Peloux, réclamant 15 réformes pour sauver la donne. Les éditorialistes s’y mettent aussi. Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, se demande également si le candidat du PS ne pourrait pas être « notre futur Roosevelt ».

Comment expliquer un tel engouement ? Ce n’est pourtant pas le nouveau programme d’histoire en classe de première qui surexpose Roosevelt. Le New Deal, politique interventionniste mise en place entre 1933 et 1938 pour contrecarrer les effets de la Grande Dépression, a pratiquement disparu de l’analyse de la crise de 1929. Chez Hachette, par exemple, Roosevelt s’est volatilisé des cours. Il doit se contenter d’une petite note biographique en page 362. Il ne faudrait pas donner de mauvaises idées aux lycéens ! Jusqu’à l’année dernière, les manuels consacraient une double page aux conséquences de la crise. La relance de type New Deal gagnait par KO contre les politiques déflationnistes, et les conséquences désastreuses du retour à l’équilibre budgétaire étaient instantanément perceptibles.

Alors d’où vient cette hypermédiatisation inédite de Roosevelt par les élites ? Chassé des manuels d’histoire, le président du New Deal est entré avec force par la petite porte de la primaire. Tout commence en effet en 2008 lorsque certains commentateurs économiques comparent la crise des subprimes à celle de 1929. Il y a urgence. Le système financier est proche de la crise d’apoplexie. Les Etats et les banques centrales injectent des milliards pour sauver le système. Un week-end d’octobre 2008, l’Europe met sur la table 1 700 milliards de dollars. « Trente-huit années de déficit de l’assurance maladie », sourit le Parisien. Les politiques ont peur de la réaction des populations. Il n’y avait pas un centime pour financer les retraites, les hôpitaux fermaient parce que les caisses de la protection sociale étaient vides, seulement un fonctionnaire sur deux qui partait à la retraite allait être remplacé, et d’un seul coup l’argent coulait à flots pour sauver les banques.

Les actionnaires du système financier, les employés des salles de marché devraient brûler un cierge au journaliste qui a eu l’idée d’introduire la comparaison avec la mère de toutes les crises. Bingo ! L’idée fonctionne au-delà de toute espérance. Les conséquences violentes de la crise des années 30 peuplent encore largement notre inconscient collectif. Les plus ignorants en histoire connaissent Hitler et le destin malheureux de la démocratie allemande. Certains gardent en mémoire l’iconographie des manuels d’histoire, et notamment ces longues queues devant les soupes populaires à New York. Les plus cultivés ont même suivi la famille Joad sur la route des Raisins de la colère, le roman de Steinbeck (1939). Les livres de photos de Dorothea Lange sont un élément du statut culturel des bobos : l’esthétique si dérangeante des enfants de fermiers américains souffrant de la faim hante couramment leurs étagères.

Dans ces conditions comment ne pas trembler ? L’anesthésie est générale. Des milliers de milliards de dollars sont injectés dans l’économie, sans que personne réagisse. Le système financier est sauvé. L’histoire aurait dû se terminer là, mais les médias et les hommes politiques ont bien compris ce qu’ils pouvaient tirer de cette analogie. Pour introduire une nouvelle idée, il est toujours intéressant de raviver une peur : créer une tension est le moyen le plus efficace d’accrocher l’attention.

La méthode commence alors à échapper à ses instigateurs. Elle avait été conçue pour protéger les banques et les traders, elle va entrer en résonance avec la hantise de la régression sociale. La faute en revient à un livre de l’économiste américain Paul Krugman qui propose, après une analyse poussée, un programme politique aux démocrates américains. A priori on est très loin de la France, sauf que L’Amérique que nous voulons va interroger les Français sur la situation de leur pays. Paul Krugman estime que la société de 2010 ressemble énormément à celle de 1929. Il explique avec moult références universitaires que le partage de la valeur ajoutée entre capital et travail privilégie largement les actionnaires. Les exigences des 15 % de retour sur investissement ont laminé les revenus du travail. Les différences de revenus ont accentué le phénomène. « Les PDG des 102 très grandes sociétés, en 1970… étaient payés en moyenne 40 fois ce que gagnait à l’époque l’actif moyen… Au début des années 2000, en revanche, la rémunération moyenne des PDG dépassait 367 fois celle du salarié moyen », comme en 1929. Il analyse ensuite les évolutions de l’imposition. « Le taux le plus élevé d’imposition du revenu (qui de nos jours est de 35 % seulement), qui était monté jusqu’à 63 % sous le premier mandat Roosevelt et jusqu’à 79 % sous le second, au milieu des années 50… atteint 91 %. » Sa conclusion est sans appel : « Aujourd’hui, l’inégalité des revenus est aussi forte que dans les années 20. » Et il en appelle à un nouveau New Deal.

Le livre sort à l’automne 2008, au moment où la crise occupe tous les médias. Il ne fait pas un tabac. Mais l’académie Nobel va allonger sa durée de vie en librairies. En octobre, elle remet en effet son prix à Paul Krugman et permet à ses thèses de dépasser largement le cercle des seuls amateurs d’économie. Sur ce terreau fertile, en 2011, trois économistes vont révéler que la situation n’est pas meilleure en France. Pour une révolution fiscale, de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez (Seuil), nous apprend que l’impôt n’est plus du tout progressif en France. Les classes populaires, entre 1 100 et 2 200 euros de revenu brut mensuel individuel, payent entre 40 et 46 % de leur revenu en impôt, tous prélèvements confondus. A l’opposé du spectre, ceux qui ont des revenus bruts supérieurs à 14 000 euros par mois payent en valeur relative moins d’impôts que les plus fragiles de nos citoyens. Les très riches peuvent remercier Rocard, DSK, Fabius, Villepin et Sarkozy, de niches fiscales en baisses d’impôt les riches ne sont plus étranglés par l’imposition. Nos trois économistes proposent une réforme, un impôt progressif de six tranches, qui remplacerait tous les prélèvements. Tout le monde paierait l’impôt, les plus pauvres à hauteur de 2 % de leurs revenus, tandis que les plus riches en seraient de leur poche à 60 %. Adieu, les tranches et tous les systèmes complexes, l’impôt deviendrait transparent.

Le succès du livre est immédiat. La thèse sera largement médiatisée et va notamment susciter une critique sévère d’Elie Cohen et de Philippe Aghion, professeur à l’université d’Harvard. Dans une tribune du Monde, ces deux conseillers de François Hollande vont attaquer la proposition avec toutes les litotes habituelles de la contre-révolution libérale. « Un tel système peut décourager l’innovation et la croissance. » Ces « prélèvements deviennent » quoi ? « Rapidement confiscatoires ». Une telle fiscalité va empêcher « l’entrée sur notre sol d’entrepreneurs innovants », et elle « encourage la fuite des cerveaux ». Cette critique fera pourtant beaucoup de bien à la thèse du trio. Les ventes s’envolent, très rapidement ils dépassent 20 000 puis 30 000 exemplaires. Les internautes viennent visiter le site Internet. Nous serions donc revenus à la situation de 1929. Reste à trouver des idées et un héros pour nous sortir d’affaires, en deux mots un New Deal et un Roosevelt.

Arnaud Montebourg sera le deuxième artificier de l’« affaire Roosevelt ». Candidat à la primaire, il est le premier membre d’un parti de gouvernement à proposer un nouveau système, une nouvelle donne, en anglais un new deal. Alors que beaucoup de Français cherchent des alternatives au libéralisme, il veut sortir de la mondialisation. Il emprunte le concept de démondialisation à Bernard Cassen, ancien patron du Monde diplomatique, et c’est parti. Il ose parler de protectionnisme, de production nationale, de réindustrialisation. Le débat est porté par des hétérodoxes. Emmanuel Todd y croise l’économiste et philosophe Frédéric Lordon. Derrière ces voltigeurs, aucune institution, aucun groupe constitué. Rien ou si peu. Contre toute attente, la greffe va prendre. La preuve, les réactions vont être très vives. Une fois encore, le Monde y va à la pioche. Le 30 juin, le journal titre « Absurde démondialisation » ; comme si cela ne suffisait pas, le 1er juillet il remet le couvert, « La démondialisation est un concept réactionnaire ». Même Attac va se mobiliser. Ainsi les altermondialistes historiques « s’inquièt[ent] de la fortune rencontrée par la démondialisation ». On croit rêver. Arnaud Montebourg réagit frontalement et cite le président américain. Ainsi, lorsque le Journal du dimanche essaie de le positionner comme le plus à gauche de la primaire, il réagit : « Je récuse cette idée-là ! Je suis plus à droite que Franklin Roosevelt en 1933… Lui était un gauchiste à côté de moi ! »

Ses idées plaisent. Alors que les instituts de sondage lui promettaient entre 5 et 13 % des intentions de vote, Arnaud Montebourg termine troisième du premier tour de la primaire, avec plus de 17 % des voix. L’idée d’un New Deal séduit les Français. Aiguillonnés par ce virulent outsider, les deux ténors de la présidentielle sentent que le vent a tourné. Ils doivent réagir, eux aussi, mais leur besace est vide, et ils se prennent les pieds dans la doxa. Leur formation, leur allégeance au libéralisme ne les ont pas préparés à ce grand virage. Quand François Hollande propose de taxer à 75 % les plus riches, il n’a même pas prévenu Jérôme Cahuzac, le « M. Budget » du PS. Interrogé sur une chaîne de télévision, celui-ci croit d’abord à un canular. Même chose lorsque Nicolas Sarkozy propose le « Buy European Act ». Le lendemain, il affirme lui-même que « le protectionnisme est une très mauvaise chose ». Mais comment leur en vouloir ? Nos deux candidats s’apprêtaient à faire aux Français la pédagogie de l’équilibre budgétaire et ils n’ont aucune alternative radicale à proposer. Faute de New Deal, ils tentent de s’habiller en Roosevelt.

Roosevelt, le New Deal et Keynes

Le krach de 1929 est une date importante. La crise qui va s’ensuivre est la plus importante du XXe siècle. C’est à la fois l’événement qui permet à Hitler d’arriver au pouvoir en Allemagne et la matrice des Trente Glorieuses.
Deux personnages jouent un rôle déterminant pendant cette période : Keynes et Roosevelt, un théoricien de l’analyse économique et un homme politique. Le premier va expliquer comment le déficit budgétaire, dans certaines conditions, permet de sortir des crises, et le second va mettre en œuvre cette politique.
Tous les deux sont des libéraux, ils veulent sauver le capitalisme. Ils refusent d’être qualifiés de socialistes, et ce sont encore moins des marxistes. Ils pensent que l’économie ne s’autorégule pas, que les crises peuvent s’autoentretenir longtemps. Mais le système peut, à certains moments, avoir intérêt à soutenir la demande, c’est-à-dire la consommation des ménages ou de l’Etat. Par exemple, Keynes souhaite qu’en cas de crise on augmente le salaire des plus pauvres pour qu’ils consomment plus et assurent ainsi des débouchés aux industries.
Ainsi la redistribution des richesses fut-elle une des priorités de Roosevelt. Sous sa présidence, pour la première fois de l’histoire des Etats-Unis, un gouvernement fédéral indemnise les chômeurs. Il ne s’arrête pas là et met en place des programmes de grands travaux pour leur donner du travail. Les fermiers américains bénéficient d’aides importantes contre la réduction de leur production. Très dubitatif sur l’autorégulation des marchés, il favorisa le développement du syndicalisme.
Avec son New Deal, Roosevelt a posé les bases de l’Etat-providence que lord Beveridge et le Conseil national de la Résistance allaient développer en Grande-Bretagne et en France. Il a aussi montré que la démocratie libérale pouvait cohabiter avec une certaine forme de planification.
Petite anecdote, Roosevelt a rencontré Keynes une seule fois dans sa vie, et il semble que le président américain n’ait rien compris au discours de l’économiste.
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La fin de l'école publique, la marchandisation de l'enseignement, la comprendre pour mieux y résister. Une conférence de Nico HIRTT à Nice le 20 avril 2012.

9 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

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Bonjour.

 

L'école est un enjeu fondamental pour notre société. Il est donc nécessaire de se poser quelques questions sur l'obsession des gouvernants de vouloir toujours la réformer, la réformer encore. Avec le discours rassurant des responsables sur le mode, " après cette réforme, c'est promis tout ira mieux, je vous l'assure, vous pourrez dormir en paix, notre modèle est sauvé, notre intervention a permis de sauver notre modèle éducatif..." se veut rassurant. Mais force est de constater qu'il faut encore réformer pour le sauver à nouveau. Pourquoi l'oligarchie au pouvoir veut à tout prix nous faire accepter des contre-réformes que la société refuse malgré les charges répétées des faiseurs d'opinion de toute obédience.

 

L'école va mal, c'est vrai, mais il faudrait avant d'accuser à nouveau cette noble institution, faire un audit (un état des lieux) des différents réformes engagées depuis au moins 25 ans. Cette démarche ne doit pas étudier seulement le volet technique des changements mais elle doit impérativement réfléchir à l'idéologie qui impulse ces différentes transformations.

 

Les philosophes des lumières, particulièrement Condorcet, ont misé sur l’émancipation peuples par le savoir. Victor Hugo, qui s'invite à nouveau dans notre débat politique pour notre plus grand bonheur, a eu cette phrase célèbre:"...Lorsqu'on ouvre une école on ferme une prison...". Ces conceptions humanistes se sont imposées à tous. Personne aujourd'hui ne pense qu'elles pourraient ne pas sous-tendre les transformations en cours. Pourtant la violence des attaques contre cette noble institution doit nous conduire à cette interrogation. Mais il faut être prudent, car toute volonté d'aborder cette question en profondeur peut très vite être ostracisée en associant cette démarche à la théorie du complot. Cette formule à l'emporte pièce est très pratique pour les nouveaux chiens de garde, elle évacue toute réflexion et toute discussion sur un sujet délicat. La police de la pensée veille à éviter toute pensée hétérodoxe. 

 

La violence des attaques portées depuis quelques années va grandissant. La citadelle républicaine réputée imprenable est sur le point de tomber à l'ennemi. L'improbable ministre de gauche que fut Claude Allègre, avec sa célèbre formule "Il faut dégraisser le Mammouth", a légitimé les violences des libéraux envers l'école publique.

 

Depuis 2007 la fameuse RGPP impose le changement en supprimant 80 000 postes d'enseignants. Il est vrai que pour le ministère ces dégraissages sont nécessaires afin d'améliorer le système éducatif.

 

Il est vrai que depuis cette date les agences officielles de propagande n'ont de cesse de faire de la pédagogie auprès du bon peuple afin d'accompagner le changement. Pour la sécurité sociale, pour la santé, pour l'hôpital public, pour l'énergie, pour les transports, pour les retraites, etc..., les communicants ont assénés l'idée qu'il fallait casser l'existant afin de sauver notre système social.

 

Le cynisme absolu  est apparu à propos de la contre-réforme des retraites où ils ont martelé jusqu'à plus soif, les stupides slogans concernant leur volonté de sauver la retraite par répartition. Malgré un rejet massif de la population envers cette action scélérate la régression s’est imposée. 

 

Forts de ces expériences, il convient de passer au crible les kits utilisés pour réformer l'école. Il faut regarder très attentivement les propositions de changement élaborées par les Thinks-Tanks libéraux chargés de moderniser la France.

 

Dans le domaine examiné ici, deux prétendants se détachent nettement et proposent une batterie de mesures très dangereuses. Il s'agit de la fondation IFRAP et de la fondation FONDAPOL. Cette dernière est présidée par un homme très connu. Il s'agit de l'expert multicarte, omni présent dans l'émission "C'est dans l'air" d'Yves Calvi. Ce politologue de gôche, professeur à IEP Paris diffuse insidieusement la pensée libérale. Allez sur le site de sa fondation, recherchez les 12 propositions pour le changement en 2012, vous ne serez pas déçus. La proposition n° 12 concerne l'enseignement, vous y trouverez le catéchisme libéral classique permettant de marchandiser l'école, sans risque politique majeur.

 

 Vous pouvez visiter le site de l'IFRAP et vous constaterez que les solutions proposées sont identiques voire complémentaires.

 

Le mode opératoire est maintenant mieux connu. Il faut casser le monopole de l'état et installer la concurrence. La loi fait place au contrat. L'autonomie des établissements a pour but de donner clef en mains ce bien public aux acteurs du marché.

 

 

Voici quelques morceaux choisis que je trouve significatifs. Je vous invite à aller sur les sites de ces deux institutions pour voir en détail leurs sombres desseins.

  • "...Créer des écoles fondamentales pour les élèves en difficulté..."
  • "...Organiser la différentiation des programmes pour répondre à la différenciation sociale et culturelle afin de mieux assurer l'égalité des chances..."
  • "...Dans les zones identifiées devant faire l'objet d'une action spécifique, de nouveaux établissements secondaires doivent voir le jour sous le nom ; écoles fondamentales..."
  • "...Très différemment, l'enseignement dispensé dans les écoles fondamentales doit se concentrer sur trois matières, français, mathématiques et EPS..."
  • "...Il faut inventer l'éducation par l'écran et l'éducation à l'écran. L'école doit s'adapter à l'écran..."
  • "...Une école placée sous le signe de l'autonomie et de la responsabilité pour former des citoyens responsables..."
  • "...Afin de renforcer la communauté enseignante et de créer un réel suivi des élèves, les enseignants doivent être présents dans l'établissement de façon continue durant toute la semaine..."

Ces quelques perles sont issues de la 12° proposition de FONDAPOL. Les propos de l'IFRAP sont de la même veine.

 

Il est donc urgent de réfléchir et de s'informer sur ces transformations radicales appelées réformes que l'oligarchie veut faire passer sans débats ni information.

  

  

 

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"

 

Organise une conférence le vendredi 20 avril 2012.

A la FSGT, 27 rue Smolett à NICE à 18h 30.

Le conférencier Nico HIRTT est un grand spécialiste de ces questions.

Le thème: "La fin de l'école publique, la marchandisation de l'enseignement, la comprendre pour mieux y résister ".

Il s'intéresse à ces questions depuis au moins trente ans. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur ce sujet.

 

 

 

Ø      Vidéo de Nico Hirtt.

http://www.youtube.com/watch?v=hNBgEZeMH8I&feature=youtu.be

 

Vous trouverez ci-dessus un entretien de Nico Hirtt réalisé en juin 2003. Il aborde ici de nombreux points qui motivent notre résistance. Grand connaisseur du sujet, il a publié une dizaine d’ouvrages relatifs à la marchandisation de l’éducation sous le joug des instances européennes. Il est agrégé de sciences physiques, membre fondateur de l’APED (Appel Pour une Ecole Démocratique), et rédacteur en chef de la revue L’école démocratique. Il a également écrit dans le Monde diplomatique.

 

 

 

Nico Hirtt sur l'équité de l'enseignement en Europe

www.youtube.com

 

 

 

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LA STRATÉGIE DE LA PEUR, STRATÉGIE DES CLASSES DOMINANTES.

7 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

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DE LA PEUR,

 

 

STRATÉGIE

 

 

DES CLASSES

 

 

DOMINANTES.

 

Bonjour.

 

Lors du rassemblement du 16 mai 2010 au plateau des Glières, j'ai eu la chance d'entendre une parole forte, la parole du juge Serge Portelli, (Vous trouverez ci-après plus d'informations le concernant). Vous trouverez l'intégralité de son intervention sur le site du CRHA.

Ce qui m'avait profondément interpellé était le concept suivant: "Nous ne sommes plus en démocratie, nous ne sommes pas encore dans une dictature (état policier), nous sommes dans un état limite..". Serge Portelli empruntait là un terme à la psychiatrie. Lorsqu’elle désigne "l'état limite" qui sépare l'intention de commettre une action grave au passage à l'acte, ce moment où tout peut basculer.

Il a réaffirmé à cet effet une valeur majeure du Conseil National de la Résistance,  la liberté. 

Il ne peut pas y avoir de progrès social sans liberté.

 

L'idéologie qui prévaut aujourd'hui est basée sur la peur. La peur de l'autre, la peur des jeunes, la peur des roms, la peur de l'islam, la peur du terrorisme, etc...

Chaque peur déclenchée dans le corps social est utilisée pour restreindre les libertés fondamentales. Les innombrables fichiers, les tests ADN, les répressions inquiétantes de toutes les manifestations non autorisées. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque manifestation autorisée. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque déplacement du chef de l'état. La débauche de moyens sécuritaires pour certains évènements sportifs. Il est fréquent de constater pour les matches de football  une débauche de moyens de sécurité, jusqu'aux hélicoptères qui surveillent les agissements des foules. Tout ceci s'impose à nous peu à peu. Il nous semble naturel de renoncer à nos droits fondamentaux et à notre liberté pour assurer la sécurité. Le rouleau compresseur médiatique et ce déploiement de force  ont imposé à nos cerveaux reptiliens les comportements attendus : la peur, la soumission et le renoncement.

 

Heureusement des résistances existent. Il est primordial pour le pouvoir en place d’éradiquer ces îlots de contestation et de liberté. On ne voit plus la violence avec laquelle sont réprimés certains syndicalistes courageux qui défendent le bien commun. Il convient pour les tenants de cette idéologie de briser les résistances et de mettre au pas les fortes têtes. L’exemple le plus emblématique est je pense celui de Xavier Matthieu.

 

Naomi Klein dans son livre"La stratégie du choc" analyse l'idéologie ultralibérale qui impose aux peuples par la peur le capitalisme du désastre. Elle expose clairement les modes opératoires mis en place pour faire accepter aux personnes toutes les régressions voulus par cette oligarchie mondiale.

 

 

Cordialement.

 

Lucien PONS.

 

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 Je vous propose pour illustrer mes propos deux éléments qui mettent en évidence la montée de la peste brune.

 

  •  Un message du M'PEP. Lors de l'université d'automne,  cette question avait été évoquée lors d'une conférence du juge Portelli.

 

Message du  Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP),  6 avril 2012.

Pour accéder aux vidéos de Michèle Dessenne et Serge Portelli, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2553

La politique sécuritaire orchestrée par le gouvernement français depuis des années s’articule avec la stratégie de la peur organisée par les classes dirigeantes. Leur objectif est de faire taire le peuple, de réduire sa capacité de rébellion, d’affaiblir l’impact des luttes syndicales pour détruire plus vite les acquis sociaux et régner en maître. Précarisation, paupérisation, chômage, dépolitisation amoindrissent la potentialité de résistance sociale, organisent la concurrence de tous contre tous, la division et le communautarisme. Fichage, surveillance, multiplication des gardes à vue, promulgation de lois et de décrets scélérats, centres de détention pour les étrangers, reconduite à la frontière pour satisfaire aux quotas annuels, désignation de populations dangereuses, retour à des pratiques d’enfermement « des fous », détricotage méthodique des services publics, politique du résultat et du chiffre et affaiblissement des corps de fonctionnaires ouvrent une période « grise » comme la qualifie Serge Portelli.

Ceci n’est pas le fruit du hasard ou d’un dérapage mais le résultat d’une idéologie. Celle, portée notamment par Nicolas Sarkozy, président-PDG d’un État « commercial ». Insidieusement, nous assistons à la création de sous-hommes, définis comme dangereux, des citoyens ennemis de l’intérieur pour les « héros d’aujourd’hui » que seraient les grands capitaines d’industrie et les  rois de la finance, les « risqueurs modernes ». Face à cette offensive, dans cette période grise qui pourrait devenir brune, il est du devoir de chacun d’être vigilant, résistant et combattant. S’attaquer frontalement à l’idéologie déployée en France mais aussi au plan européen et mondial n’est pas une tâche secondaire, ni un supplément d’âme. Analyser pour déconstruire l’idéologie sur laquelle se déploie le libéralisme économique, s’appuyer sur l’héritage des valeurs de la Révolution française, de la République, de la Résistance, constitue une étape indispensable à la reprise en main par le peuple de son devenir et à la transformation sociale.

  • Introduction par Michèle Dessenne
    Directrice d’une société coopérative ouvrière de production en Île-de-France dans le secteur de la communication, membre d’Escoop (Économie solidaire et coopérative), porte-parole nationale du M’PEP, ancienne secrétaire générale et membre fondatrice d’Attac.
  • Suivie de l’intervention et des réponses de Serge Portelli
    Magistrat , vice-président du tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, ancien conseiller auprès du président de l’Assemblée nationale et doyen des juges d’instruction au tribunal de Créteil, membre du Syndicat de la magistrature.

Ces vidéos ont été tournées lors de l’Université d’automne du M’PEP du 11 au 13 novembre 2010 à Luc-en-Diois (26).

 

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  • La stratégie de la peur appliquée aux manifestants de la place Syntagma à Athènes après le suicide du pharmacien de 77 ans le 4 avril 2012.

Grèce / Hier soir place Syntagma - Athènes, le 6 avril 2012.

Où cela va-t-il s'arrêter ? La colère monte devant le parlement,  place Syntagma à Athènes.



Le 04.04.2012 environ deux milles personnes se sont réunis place Syntagma à  Athènes pour commémorer le suicide le jour même de cet homme de 77 ans en  face du parlement. 

Cet homme s'étant donné la mort par en laissant une lettre : 

"Le gouvernement d'occupation de Tsolakoglou* a supprimé ma capacité de  survie qui se basait sur une retraite digne que j'ai moi même payé (sans  l'aide de l'état) durant 35 ans. 

Compte tenu du fait que mon âge ne me permet pas de réagir individuellement  de façon dynamique (bien que si un autre grec prenait une Kalashnikov je  l'aurais suivi), je ne peux pas trouver d'autre solution à part une fin  digne avant d'être obligé de chercher dans les poubelles pour me nourrir. 

Je pense que les gens sans avenir, vont un jour prendre les armes et vont  pendre sur la place public de Syntagma les traîtres, comme les Italiens  l'ont fait avec Mussolini en 1945." 

Autour d'un arbre en contrebas du parlement des centaines de bougies sont  posées au sol et des messages sont accrochés à l'arbre et aux alentour. 

Cette manifestation spontanée emplie de colère a commencé devant le  parlement par des cris de personnes de tout ages, des cris de désespoir  laissés sans réponse. La réponse fût donnée quelques heures plus tard  par  des coups des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants. Une jeune  fille est au sol, les yeux clos, une poignée de manifestants arrivent pour  l'aider, parmi eux l'équipe sanitaire, présente sur place pour venir en  aide aux manifestants blessés. Tous sont repoussés au début par la police  qui ne prend visiblement pas cette histoire au sérieux. La colère monte, la  jeune fille a les clos, certains hurlent qu'il lui faut de l'aide, l'équipe  sanitaire est en colère elle aussi. 

Les cris fusent les gens courent et la peur est montée chez une bonne  partie des gens qui s'extraient de la manifestation, la colère prend le  dessus chez d'autres qui s'emparent de pierres pour riposter aux violences  policière. Le riot commence, la police riposte et provoque. La plupart des  policiers sont très jeunes, une vingtaine d'années et on se croirait dans  un jeu de "cap ou pas cap".  Plusieurs policiers font signes aux jeunes de  lancer des pierres pour voir s'ils sont cap'. Provocation qui amplifie la  colère de tous les manifestants. Pour finir, la police montre une bonne  fois pour toute qu'elle est cap' et  repoussés jusque dans les rues de  Monastiraki une centaine de manifestants se voit forcée de courir pour  échapper aux forces de l'ordre qui les pourchasse. Pourquoi ? Pour un  rassemblement commémoratif. Pour demander pourquoi, pour demander une  réponse, pour hurler que ce système a assassiné cet homme. 

Seuls sont restés une centaine de personne, pour la plupart âgées autour de  l'arbre, lieux symbolique que la police n'a pas eu ordre d'attaquer. La  manifestation s'est ternie après l'attaque des forces de l'ordre. La  circulation a repris une demie heure après, le camion poubelles est venue  ramasser les cadavres de bombes de gaz et les poubelles jonchant le sol.  Une heure plus tard les passants ne pouvaient se douter de rien. Rien ne  s'était passé. 

Même scénario en beaucoup plus violent le 05.05.2012 ou environ mille  manifestants se sont réunis spontanément place Syntagma aux alentours de  18H. La police cette fois n'a pas tardé à repousser les manifestants très  violemment, en prenant même des initiatives personnelles de tabasser  quelques personnes pour l'exemple, aux yeux de tous et des caméras. La peur est montée et une grosse partie des gens sont partis. 

Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale d'Athènes : 

Même scénario que la veille pour les vétérans qui se sont retrouvés à  devoir reprendre la même rue et courir pour échapper aux forces de l'ordre  qui cette fois avaient probablement eu l'ordre de semer la peur, encore  plus que la veille. Les "delta" (police à motos) ont barrés la route à une  partie des manifestants. Certains ce sont alors réfugiés dans le café le  plus proche. La police est entrée dans le café donnant l'ordre aux  manifestants d'en sortir. La plupart, effrayés, se plaquent contre le mur  du fond. La police choisit treize personnes qu'elle sort manu militari du  café et fait asseoir au sol en chaîne les uns derrière les autres puis  encercle. Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale  d'Athènes. Un groupe de manifestants et journalistes se réunit alors autour  des treize. La police fait "circuler" les touristes les promeneurs,  intimide et effraye le reste des gens autour. Le message est clair "vous  pouvez aussi être arrêté à n'importe quel moment et être mis au sol,  menotté et emmené au commissariat sous prétexte que vous étiez là" Et cela  marche, effectivement, les gens prennent peur, la police feinte de charger  ceux qui restent à regarder la scène pour finalement embarquer les treize. 

La police replie et le reste des manifestants en très petit nombre se  redirigent vers la place Syntagma, lessivés. 

 Les rues sont nettoyées aussitôt et la circulation reprend, les gardes  reprennent leur balai chorégraphique devant le parlement et restent une  centaine de personne devant l'arbre à pleurs. 

Une centaine de personnes, dont beaucoup de personnes âgées qui se désespèrent. 

Il se trouve qu'une personne que je connais personnellement a fait parti  des treize  arrêtés. Française étudiant le droit à Athènes elle s'est  retrouvée être dans ce café puis mise au sol et emmenée au commissariat  avec dix autres personnes. Pour quels motifs ? Inconnus. 

Devant le commissariat une trentaine de personnes et deux avocats attendent  des nouvelles des treize arrêtées. "Pour le moment on ne sait pas si elle  est là, on ne sait pas pour combien de temps ni pourquoi" nous disent les  agents devant le commissariat, derrière les barrières (on n'entre pas dans  le commissariat sans autorisation ici). Après une heure et demie onze sont  libérés et deux attendaient encore lorsque j'ai quitté les lieux à minuit  et demi. 

La tristesse était de mise après cette soirée, tristesse qui se  transformera sans doute demain en colère. Où cela va-t-il s'arrêter ?  Après avoir vu la hargne de la police et les décision personnelle de  tabasser pour l'exemple tandis qu'en haut, sur le balcon du parlement  regardent la scène des hommes en cravates, ces gens autour de l'arbre qui  comprennent cette situation et ne s'en sentent probablement pas si  éloignée, cette chasse aux immigrés quotidiennes pour les envoyer en camp  de travail, cette misère qui grandit dans les rues, je me demande ou cela  va-t-il s'arrêter ?


La Grèce est en tous les cas le laboratoire de l'Europe. 

Et bientôt, à qui le tour ? 

Laura 

Site national : http://www.audit-citoyen.org/

 

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Dans Marianne-2: Europe, les traders siffleront bientôt la fin de la récré.

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

317869 242263065829147 100001363671692 595199 1551913181 nJeudi 5 Avril 2012. 
 
Contrairement à ce que prétend le président sortant, la crise est toujours là. Selon l'économiste Jacques Sapir, elle éclatera à nouveau cet été, peut-être même avant. Après avoir diagnostiqué les raisons de ce rebond de la crise des dettes souveraines, Jacques Sapir s'engage et affirme que les principaux candidats n'y sont pas préparés et semblent dans le déni de réalité.
(Des traders au siège de la bourse new-yorkaise, le 2 avril - Richard Drew/AP/SIPA)
Depuis le début de cette semaine, les opérateurs des marchés financiers signifient à tout le monde que la crise de l’euro est toujours d’actualité. Le mercredi 4 avril, l’Espagne a placé avec beaucoup de difficultés un emprunt d’un peu plus de 2,5 milliards avec des taux qui sont passés de 3,38% à 4,42%. La décote sur le marché secondaire de cet emprunt implique un taux d’intérêt de revente de ces titres à 4,8%. Encore ne s’agit-il que de titres à court terme. Les obligations à dix ans espagnoles, qui étaient tombées au début du mois de mars à 5%, sont aujourd’hui à 5,7%. 
Les difficultés financières contre lesquelles se débat le pays sont, bien entendu, la cause de cette situation. L’Espagne est dans l’incapacité d’atteindre les objectifs de déficit budgétaire qui lui ont été fixés à la fin de l’année dernière. Pire, elle n’a limité qu'à 8% son déficit pour 2011 qu’au prix d’impayés qu’il lui faudra soit consolider dans son budget (d’où un déficit supplémentaire) soit laisser courir, mais avec le risque que ces impayés ne provoquent à leur tour des impayés sur les impôts de la part des entreprises. 
Bien entendu, la contagion est immédiatement apparue. Les taux à dix ans italiens, qui étaient redescendus à 4,8% au début du mois de mars, sont aujourd’hui remontés à 5,4%. 
En fait, le phénomène de baisse générale des taux que l’on observait depuis début janvier, et qui était le produit de l’injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE) au profit des banques commerciales (489 milliards en décembre 2011 et 529 milliards en mars, à 1% d’intérêt), s’est arrêté. La BCE a accru son bilan de 30% en quatre mois, mais pour un résultat des plus limités. Le mouvement de hausse des taux a repris.
LA PERMANENCE DE LA CRISE
Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d’abord, le fait, fondamental, que la crise que l’Espagne et l’Italie connaissent (avec la Grèce et le Portugal) n’est pas une simple crise de liquidité mais bien une crise de solvabilité. Pour la résoudre, il faudrait que ces pays retrouve le chemin de la croissance. Mais ils en sont bien loin. 
L’Espagne, qui a une dette publique encore relativement réduite (69% en 2011) voit son économie s’effondrer. On y annonce une contraction de -1,7% de la production, mais il ne fait guère de doute que celle-ci soit plutôt comprise entre -2,5% et 3%. Le chômage y atteint 23,6% de la population active au 1er mars 2012. Ceci a provoqué une contraction des recettes budgétaires. Le déficit sera donc, en 2012, très supérieur aux 6% annoncés. 
L’Italie est avant tout malade de sa dette accumulée (120 % du PIB). Même avec des taux moyens sur cette dette qui sont faibles, elle doit débourser tous les ans une part importante de son PIB. La croissance étant en berne (les prévisions pour le PIB de 2012 indiquent -1,7% et -1% pour 2013), il est clair que les recettes seront moindres que prévues. Le budget italien sera donc encore en déficit pour de nombreuses années, et ce quels que soient les efforts du Premier ministre, Mario Monti. 
Ensuite, les crédits accordés par la BCE n’ont eu aucun effet pour les particuliers. Les banques continuent de mettre en œuvre une forte contraction du crédit. L’argent à bon marché qu’elles obtiennent leur a servi à acheter des titres d’Etats, qu’elles se sont empressées d’apporter à la « prise en pension » à la BCE. Le résultat est que le bilan de cette dernière a à la fois fortement augmenté, mais s’est aussi qualitativement détérioré. En fait, avec plus de la moitié de son actif constitué des mauvaises dettes, la BCE s’est transformée en une immense caisse de défaisance. De plus, on constate désormais que les effets de ces injections de crédit sur les dettes souveraines sont terminés. Le nouveau directeur, Mario Draghi, en est conscient et cherche par tous les moyens à éviter une recapitalisation massive qui poserait des problèmes politiques insolubles.
ET LA PERMANENCE DU DÉNI
Les affirmations péremptoires de Nicolas Sarkozy, pour qui la crise est aujourd’hui du passé, semblent bien dérisoires. Mais le discours de son adversaire socialiste, François Hollande, est tout aussi caractéristique de ce déni de la réalité. Il se contente d’affirmer sa volonté de « renégocier » le traité européen du 9 décembre pour y inclure un volet (purement déclaratoire et en aucun cas coercitif) sur la croissance. L’un et l’autre vivent dans le déni de réalité, notre Président parce qu’il en a besoin sous peine de devoir reconnaître l’échec de sa politique, et son adversaire socialiste parce qu’il veut éviter d’évoquer cette réalité. Or, et on le sait bien, le maintien de la zone euro ne pourra avoir comme conséquences que le démantèlement du droit du travail et de la protection sociale [1]. Pour faire passer cette bien amère pilule, on commence à évoquer des solutions aux antipodes de la démocratie. C’est Michel Rocard lui-même qui évoquait, le 2 mars dernier, l’hypothèse d’une dictature militaire pour faire avaler au peuple grec la purge préconisée par la zone euro [2]. 
Quatre candidats, chacun à leur manière, tentent de ramener le débat là ou il devrait être. François Bayrou est l’un d’entre eux, mais il ne propose rien que rigueur, rigueur et encore rigueur, alors que l’on sait que face aux problèmes de l’heure, celle-ci est non seulement inefficace mais en réalité contre-productive. Qu’il médite donc sur la politique menée par le chancelier Brüning en Allemagne de 1930 à 1932. Marine Le Pen agite aussi ce problème, mais elle le fait sans méthode. Elle propose un référendum sur l’euro alors que c’est sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) qu’il faudrait impérativement voter. Nicolas Dupont-Aignan a pour lui la cohérence, et le fait d’avoir anticipé de longue date les problèmes que nous connaissons. Mais il se heurte au mur de la crédibilité politique. 
Reste Jean-Luc Mélenchon, dont le programme logiquement ferait exploser la zone euro, mais qui se garde bien d’évoquer cette perspective. Ce faisant, il laisse planer une ambiguïté. Ira-t-il jusqu’au bout ou, devant les conséquences évidentes de l’application des mesures qu’il avance, reculera-t-il au dernier moment, tout comme le fit François Mitterrand en 1983 ?
L’HEURE DES CHOIX
La crise, elle, est toujours là. Comme ces feux de tourbes que l’on croit éteints et qui ressurgissent plus virulents encore qu’avant, elle éclatera à nouveau parce que rien n’est réglé et rien ne peut l’être dans le cadre fixé en décembre et janvier dernier. Elle éclatera donc à nouveau, sans doute cet été, et peut-être même avant. Il nous faut, pour l’affronter, des perspectives claires. Jean-Luc Mélenchon et ses alliés sont devant une responsabilité historique : celle de devoir soit plier l’échine, soit épouser pleinement la cause de la souveraineté nationale qui se combine et non s’oppose à l’internationalisme comme le dit un jour Jaurès : « Un peu d’internationalisme écarte de la Nation, beaucoup y ramène. » Mais s’il choisit la seconde voie, celle du courage, alors se posera la question des alliances. L’hégémonie, concept gramscien dont il est friand, impose aussi d’être construite et non pas simplement postulée. Elle est politique tout autant qu’idéologique. Pour être à la hauteur de la situation historique qui est la notre, il devra abandonner ses habits d’homme d’une gauche trop traditionnelle et accepter de revêtir ceux du père de la Nation, s’il veut sauver la République et nous défaire des bastilles que nous préparent tant la droite que les socialistes. 
Pour l’instant il hésite. Qu’il le sache : le temps n’attend pas.
Du même auteur
Photovolcaïque : l'innovation ne suffit pas pour être compétitif
Georges Sarre: pourquoi Sarkozy a échoué en matière de sécurité
Les Calanques, ses plages, son eau claire et... son exploitation pétrolière
[1] N. Doisy, Politoscope n°3, CHEUVREUX – CA Crédit Agricole Groupe, 8 mars 2012. 
[2] « On est dans l'imbécilité politique collective », interview de Michel Rocard par Libération , 2 mars 2012.

 

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Les marcheurs d'ArcelorMittal demain à Paris : Bienvenue les gars !

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Les marcheurs d'ArcelorMittal demain à Paris : Bienvenue les gars !
Rédigé par J-C Slovar le Jeudi 5 Avril 2012 à 16:43  
Accusés par le Président candidat de faire de la politique, les ouvriers marcheurs d'ArcelorMittal Florange partis le 28 mars arrivent demain à Paris avec pour seul slogan : « L'acier lorrain vivra »

 

Les marcheurs d'ArcelorMittal demain à Paris : Bienvenue les gars !

 

Le 29 mars dernier, Slovar s'associait, au travers d'un billet, à la marche d'une vingtaine de salariés d'ArcelorMittal de Florange.
 
Pour ceux qui l'auraient oublié, confrontés à une possible fermeture de leur aciérie, les ouvriers sont mobilisés et en lutte pour conserver leur outil de travail et leurs emplois.
 
Mais, le 9 mars, les négociations avec la direction était dans l'impasse : « (...) La réunion de facilitation organisée vendredi sous l'égide de l'État entre la direction et les syndicats pour mettre fin au blocage de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) s'est terminée sur un constat d'échec, ont annoncé les syndicats (...) Ils ne nous ont même pas garanti par écrit une poursuite de l'exploitation jusqu'au 31 mars 2013, a regretté le responsable de la CFDT, Édouard Martin (...) »
 
Signalons au passage que contrairement à l'usine Lejaby à Yssingeaux, les ministres en charge du travail et de l'industrie avaient d'autres priorités !
 
Excédés, les ouvriers montaient à Paris le 15 mars pour se rendre au QG de campagne du Président candidat où ils furent reçus par les gendarmes mobiles et aspergés de gaz lacrymogène.
 
Refusant d'abandonner, une vingtaine d'ouvriers décidait le 28 mars de marcher de Florange à Paris : « (...) Vêtus de survêtements bleus sur lesquels on pouvait lire « L'acier lorrain vivra », une vingtaine de métallos ont entamé vers 9 h mercredi matin une marche de l'acier sur Paris » Leur démarche était simple mais concrête : « Nous marchons dans l'espoir de pouvoir sauver les 5.000 emplois de Florange en expliquant aux populations la situation de notre usine (...) »
 
Or, demain après 340 kilomètres qui n'ont pas brisé leur détermination, ils ont choisit d'arrêter leur marche place du Trocadéro à Paris. Un concert de soutien, place de Varsovie, auquel participeront : Zebda, Didier Porte, Pascal Douane, RIC et Bernard Lavilliers.
 
Probablement que le Président candidat « qui aime les usines » et vantait « la France qui se lêve tôt » fustigera ces salariés et syndicalistes qui font de la politique.
 
Nous, nous préférons leur dire : Votre marche et votre combat sont nôtres. Et surtout : « Bienvenue à Paris les gars ! »
 
 
En savoir plus sur le combat et la marche des ArcelorMittal de Florange
 
 
 
 

 

Texte repris sur le blog d'un citoyen engagé: J-C Slovar sur Marianne2

http://www.marianne2.fr/SlovarMarianne/Les-marcheurs-d-ArcelorMittal-demain-a-Paris-Bienvenue-les-gars-_a479.html

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Athènes, suicide sur la place Syntagma. Témoignage de Panagiotis Grégoriou.

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

jeudi 5 avril 2012

http://www.athensnews.gr/portal/1/54660

Hier, un retraite (pharmacien) de 77 ans s'est tire une balle dans la tête sur la place Syntagma.
Il a laisse une lettre ou il accuse les politiciens corrompus qui nous ont vendus, compare avec l'occupation nazie etc...
La presse française en fait état mais :Dit n'avoir pas le texte de sa dernière lettre qui n'a pas été communiquée
par la police.Or, la voici.
La presse française ne mentionne pas les gaz lacrymogènes ni les charges policieres contre les citoyens venus rendre un dernier hommage, se recueillir et déposer des fleurs et des ex-voto devant le cyprès .
 
Sur le blog de Panagiotis Grigoriou.

http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/04/le-nom-du-mort.html#more



«Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou (*) a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans, (sans aucune contribution de l'État). Mon âge, ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan ».
Lettre manuscrite du pharmacien retraité âgé de 77 ans qui a mis fin à ses jours sur une pelouse de la place Syntagma le 4 avril 2012.
(source : kathimerini.gr)
[* Le général Georgios Tsolakoglou, signataire de l'armistice avec les forces allemandes, fut le premier chef de gouvernement grec sous l’Occupation, nommé par les nazis (30/04/1941-02/12/1942). Son nom en Grèce est synonyme de « collaborateur »].
Rapidement durant toute la journée du 4 avril, la nouvelle du suicide sur la place de la Constitution a fait son chemin. À part les médias, la rue a été aussi un vecteur essentiel de la nouvelle et surtout de sa portée. Car c'est précisément ce vecteur essentiel qui est créateur de lien politique.
De bouche à oreille et en mouvement perpétuel. Dans la rue et en plein air fertilisant les idées et formant les consciences. C'est ainsi que nous avons pris connaissance de sa dernière lettre, tout comme nous avons aussi appris que ces dernières 24 heures, cinq autres personnes ont «opté» pour le suicide en Grèce. Inlassablement, et de la même manière, « virements automatiques définitifs », imposés par le régime bancocrate. Le dernier suicide connu, alors tard dans la soirée de ce 4 avril, fut celui d'un homme de 38 ans en Crète, un albanais vivant et travaillant chez nous depuis longtemps, père de deux enfants, chômeur de longue durée, il s'est jeté du balcon de son domicile.
À Athènes, c'est à partir de midi que le suicide du matin, a pris de l'ampleur dans le syllogisme collectif. Dans un bistrot du centre ville, un jeune homme s'est montré gêné, car « le malheureux aurait pu se suicider chez lui ». Aussitôt, une femme a répliqué en rappelant « que cet acte, est d'abord un acte politique, au-delà de son aspect tragique, car cet homme s'est suicidé pour nous et pour nous faire réagir, sur cette même place des manifestations, devant le Parlement ». Le jeune homme a compris.
J'ai senti la portée de cet acte, se transformer en fait politique majeur au fil des heures. À midi déjà, des gens étaient sur place, puis, dans l'après midi et vers le soir, des centaines de personnes redevenaient des témoins actifs du temps présent. Des manifestants lycéens et étudiants se sont rendus devant le monument du soldat inconnu (entre la place et le Parlement), tandis qu'au même moment, les premières compagnies de MAT (CRS) se précipitèrent sur la place.
Au pied du cyprès, des anonymes ont déposé des bouquets de fleurs, des cierges et des dizaines de messages manuscrits appelant notamment « Au soulèvement du peuple » « Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous », « Salopards gouvernants, un jour nous vous suiciderons » , « Le sang du peuple va vous noyer », « La liberté ou la mort », « Vengeance » , pouvait-on lire sur ces messages écrits, le maître-mot n'étant plus « l'indignation » mais « la vengeance ».
Le soir la place s'est remplie davantage. Notre police prétorienne, œuvrant pour les occupants, intérieurs et extérieurs, a chargé comme d'habitude, Parmi les citoyens passés à tabac par les policiers, il y avait une jeune journaliste de la chaine ANT-1. Puis, il y a eu des interpellations, et tout cet usage de la chimie habituelle. Alchimies encore, du régime bancocrate. Les politiciens ont peur de la rue et nous le savons. Dans l'air du temps, il y a aussi les élections, d'ailleurs toujours hypothétiques, enfermant pourtant, les représentations des partis de gauche dans un carcan tristement étriqué. Un vieil homme que j'ai rencontré sur la place vers 21h, alors très ému, les larmes aux yeux, s'est adressé à un groupe de jeunes ainsi : « pour une révolution, il faut du sang, prenez les armes et tuez-les ».
Ce jeudi matin sur la place Syntagma, il y avait encore l'odeur de la chimie policière mais aussi celle de la vie, la notre. Nous étions là, autour du cyprès, porteur désormais de nos messages et surtout du sien. « Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat politique », puis ce nouveau graffiti sur le marbre : « Le nom du mort devait être Papandréou, le nom du mort devait être Samaras, le nom du mort devait être Karatzaferis... ».
Par la radio (real-FM), on apprend qu'hier également, une retraitée a mis fin à ses jours en Italie. « Je ne pouvais plus vivre, d'une retraite amputée ainsi », tel fut son ultime message.
Décidément, les messages ainsi ultimes se multiplient à travers l'Eurozone. Notre pharmacien étant un enfant des temps de l'occupation et de la famine de 1941, il a bien détecté l'odeur de l'époque et le vent mauvais. L'occupation revient, et pas seulement que dans les stéréotypes. Peu importe si c'est autrement. L'éditorialiste Trangas (real-FM), tient Madame Merkel pour responsable de cette nouvelle mauvaise Europe, mais sur la place Syntagma on se disait que c'est plutôt l'Union Européenne qu'il faut briser. « Eh Grecs, l'U.E. est en train de nous tuer », a crié un homme devant le cyprès.
Les membres d'une équipe de documentaristes venus d'Allemagne se sont confiés il y a quelques jours à un de mes amis : « cette Europe est morte, elle fait du mal à tout le monde », c'est dommage, je n'ai pas pu les rencontrer.
Jeudi midi, Athènes sous une pluie fine, douceur.

 

Le blog de Grigoriou Panagiotis: Greek Crisis.

 

http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/04/le-nom-du-mort.html#more

 

Le cyprès - place de la Constitution 4 avril à midi
Le cyprès - place de la Constitution 4 avril dans l'après-midi
Place de la Constitution 4 avril au soir
Athènes - devant la Faculté de Droit - 4 avril 2012
Soir du 4 avril




"Vengeance" Place de la Constitution 4 avril au soir
"Le nom du mort devait être Papandréou..." - graffiti sur marbre - Place de la Constitution 5 avril 2012 au matin
 "Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat politique" - 5 avril 2012
Autour du cyprès - place de la Constitution 5 avril au matin
Loukanikos - place de la Constitution - 4 avril 2012
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Présidentielles 2012. NKM remplace Nicolas Sarkozy sous les huées de Sciences Po.

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

145239Sarkopresident.jpgBonjour
  
Une vidéo intéressante qu'il faut voir en urgence! Il n'est pas certain qu'elle restera en circulation très longtemps.
  
Dans le cadre des élections présidentielles 2012, le magazine "ELLE" a organisé à Sciences-Po: "Une rencontre avec chaque candidat".
 
Eva Joly, hospitalisée, a préféré ne pas se faire représenter le jour prévu pour son passage. Elle a seulement décalé celui-ci en aménageant son calendrier. 
 
Le principe de cette rencontre politique avait été préalablement accepté par les différents candidats.
 
Pour la venue du candidat-président, le service d'ordre de Nicolas Sarkozy a estimé que les conditions de sécurité n'étaient pas remplies. En effet, quelques étudiants aux abords du lieu de rendez-vous ont émis des propos pas forcément favorables au chef de l'UMP. En conséquences sa participation a été annulée et NKM est venue expliquer, devant la salle comble, ce choix pour le moins curieux. Une huée de sifflets et de protestations a accueilli cette décision pour le moins curieuse et prise au dernier moment.
 
Dans la vidéo ci-après vous pourrez apprécier la déception du public qui attendait Nicolas Sarkozy en apprenant cette nouvelle.
Lucien PONS
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