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Le blog de Lucien PONS

Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak.

30 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak

 

La tension entre les États-Unis et la Russie est à son comble : en cause, les derniers événements en provenance de Syrie. Il faut dire que les informations qui parviennent des zones de conflit montrent à l’Oncle Sam et à l’Occident que le peuple syrien s’obstine à se battre pour rester maître de son propre destin. Et nombreux sont ceux qui œuvrent à la déstabilisation de Damas ! Israël, le Qatar, la Turquie, etc., ont tous été impliqués peu ou prou dans la manœuvre. Et maintenant que la déroute des rebelles se confirme d’heure en heure, voici que les États-Unis parlent d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie pour venir en aide à ces mêmes rebelles, accusés pourtant par Carla Del Ponte (commissaire de l’ONU sur les crimes en Syrie) d’avoir utilisé des armes chimiques à plusieurs reprises.

 

Mais si les États-Unis agissent directement pour éliminer Assad, la Russie s’y oppose fermement. Le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué samedi qu’instaurer une telle zone « constituerait une violation du droit international  ». Le Pentagone semble prendre très au sérieux cette affaire et a décidé de laisser des chasseurs de combat F-16 et des missiles Patriote en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, après des manœuvres communes qui doivent s’achever à la fin du mois. Washington a également sollicité l’aide de l’Égypte, où le président Mors a officiellement pris position contre la Syrie. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues et l’ambassade de Syrie au Caire a été fermée.

 

John Kerry n’est pas en reste. Selon le secrétaire d’État, «  le Hezbollah menace de rendre hors d’atteinte tour règlement politique  ». Curieuse explication. Depuis 2011 et le début des événements syriens, des milliers de combattants islamiques sont venus du monde entier grossir les rangs des troupes rebelles. Des roquettes tirées depuis la Syrie touchent maintenant le Liban ; les bastions du Hezbollah sont ouvertement visés. Mais la Maison blanche a une propension inégalée à écrire l’histoire à sa manière. 

 

Néanmoins, à ce stade des combats, la Russie semble être en position de force. Les troupes du président Assad sont à l’offensive dans tout le pays, et Washington cherche d’une manière grotesque à stopper cette avancée. Et sans zone d’exclusion aérienne, il n’y aura pas d’échappatoire pour les rebelles… Quant aux armes chimiques, et bien que le chef de la diplomatie russe ait affirmé « qu’il serait absurde que l’armée syrienne en utilise au moment où elle gagne du terrain contre la rébellion », les États-Unis s’en servent comme prétexte pour armer cette dernière. Mais l’art de la fabrication de fausses preuves est un art que maîtrise parfaitement l’Oncle Sam. Selon Alexeï Pouchol, chef de la commission des affaires étrangères à la Douma, « les informations sur l’usage par Assad d’armes chimiques sont des faux du même ordre que les mensonges concernant les armes de destruction massive de Saddam Hussein ». Obama suit la même voie que Bush. Mais depuis l’épisode irakien, l’Oncle Sam connaît quelques couacs…

 

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/...

 

http://www.resistance-politique.fr/article-armes-chimiques-en-syrie-obama-comme-bush-en-irak-118555956.html

 
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Les données de l’enseignement public et celles relatives aux établissements d’enseignement privés. Publié le 13 Juin 2013.

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

 
 

Les données de l’enseignement public et celles relatives aux établissements d’enseignement privés

Publié le 13 Juin 2013

Le nombre de postes enseignants progresse dans le public de 2000 à 2003 de 841 140 à 870 515, le privé progresse de 2000 à 2004 de 139 155 à 145 394 en 2004 et 144 169 en 2003. Sur la période 2000 à 2012 le public perd 62911 postes et le privé seulement 2133. Sur une perte totale public et privé de 65 044 postes le privé aurait dû céder 13 008 postes. Donc en fait c’est près de 11 000 postes qui ont été transférés du public vers le privé alors que celui-ci a des taux d’encadrement moindres dans le second degré en particulier, public 27.2 élèves par classe en LEGT et privé 24.3 mais aussi public 19 élèves par classe en LP et privé 17.6. Ces différences représentent 15 000 à 20 000 postes. Les privilèges concédés à l’enseignement catholique depuis plus de 10 ans se font ressentir.

Toutes les données reproduites ci-dessous sont extraites du document officiel, « Repères et références statistiques », édition de Septembre 2012 (Page 33)

http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2012/06/4/DEPP-RERS-2012_224064.pdf

 

 

Ce relevé prend en compte conjointement, les données de l’enseignement public et celles relatives aux établissements d’enseignement privés. Or, souvent, ces statistiques ministérielles ne sont plus distinctes. Elles sont présentées globalement, dans le seul résultat de l’addition Public-privé. Par contre, l’ « absentéisme », les « incidents graves » ne ciblent que l’enseignement public. Les concessions faites à des établissements privés pour l’éducation prioritaire, les réseaux ambition réussite ne sont pas davantage mentionnées. Là aussi, on globalise, sans transparence, ni neutralité. 

A) ELEVES

a) Population scolaire : 2011-2012

Premier degré (p81)

Public : 5 770 941 en 2010-2011 et 5 810 779 en 2011-2012 soit 86,6%

Privé  : 893 338 en 2010-2011 et 899 912 en 2011-2012 (+6574) soit 13,4%

Le privé représente 13,7% en France métropolitaine, donc moins présent dans les DOM

Le public est largement plus présent que le privé dans l’enseignement relevant de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des enfants handicapés (ASH) soit 92,7% et seulement 7,3% pour le privé.

Dans les statistiques de septembre 2011, le ministère ne distingue plus les classes sous contrat simple ou sous contrat d’association. Il globalise le total sous contrat qui représente 97,3% et le hors contrat 2,7%. Cette confusion vise-t-elle à inciter à financer sans distinction les dépenses de fonctionnement matériel facultatives du contrat simple ?

Depuis 1990, le rapport public privé est très stable, représentant pour le public, une part comprise dans une fourchette entre 86.4 % à 86.5%.

En 2012 les effectifs augmentent dans le public (+39 836) et dans le privé (+6 574).

En préélémentaire (p83) le public perd 84 657 élèves et le privé seulement 6 250. Les suppressions de postes ont largement touchés plus le secteur public dont la part diminue dans ce secteur dans l’accueil des deux ans en particulier. En 2010, les effectifs par classe diminuent dans le privé et augmentent dans le public. En ce qui concerne les enfants de 2 ans, le public accueillait en 2000,35 ,5% s'entre eux, contre seulement 13,6% en 2010. Le privé s’engouffre dans cet espace.

 

Second degré (p 97)

Public  : 4 265 402 soit 78,8% (en 2011-2012 +64 385)

Privé  : 1 150 185 soit 21,2% (en 2011-2012 +19 473)

En 2011-2012, le public gagne plus d’élèves que le privé

En 1990 le public représentait 79.8%, il est en diminution

Plus de 520 communes, pourvues d'une ou plusieurs écoles privées, n’ont pas d’école publique. Même constat pour les collèges et lycées, ou encore, des sections, dans certains secteurs.

 

b) Nombre moyen d’élèves par classe : 2011-2012

Préélémentaire (p41)

Public : 25,8 (+0.1%)

Privé : 27,2 (+0.2%)

Le privé a peu d’écoles exclusivement maternelles pour lesquelles il n’existe pas d’obligation de financement public. Il préfère implanter ses classes maternelles dans des écoles primaires sous contrat afin de les englober dans le forfait communal et obtenir ainsi un financement public. L’enseignement catholique s’intéresse de près aux jardins d’éveil : « Le nouveau contexte ne peut qu’inciter l’Enseignement catholique à imaginer des dispositifs pour rester présent sur la tranche d’âge des 2 ans, et, même à s’intéresser à l’accueil de toute la petite enfance de 3 mois à 3 ans. » « La réduction, voire la suppression, de la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans dans des classes sous contrat va perturber de façon importante le recrutement des écoles catholiques. Elle pourrait entraîner la fermeture des classes réservées aux enfants de 2 ans et pourrait provoquer la fermeture de classes dont l’effectif était soutenu, pour une part significative, par l’accueil d’enfants de 2 ans. » (Orientations du Comité national de l’Enseignement catholique pour l’accueil de la petite enfance.) A la rentrée 2011, de nombreuses classes préélémentaires hors contrat sont ainsi, implantées dans des écoles sous contrat.

Le pré-élémentaire privé connaît un succès grandissant auprès des 2 ans, « recrutés » par le privé à hauteur de 22% d'entre eux, contre seulement 12,4% chez les 3 à 6 ans.

La logique du profit primant sur la recherche de qualité, un quart des classes préélémentaires du privé ont plus de 30 élèves, et 6% plus de 35.

Sur l’accueil des 2 ans, le public recule en 2010 de 10%, et le privé de 7.7%.

Primaire (p41)

Public : 22,7 (+0.0%)

Privé : 23,3 (+0.4%)

Le public, du fait de l’obligation scolaire et des contraintes géographiques, totalise près de 4700 soit 9.7% d’écoles à classe unique, contre seulement 148 soit 2.9% dans le privé (p.37) .Pour autant le taux d’encadrement est sensiblement le même alors que l’enseignement public doit répondre a des contraintes géographiques afférentes au service public (zones à faible et fort densité de population).

Le privé est peu implanté dans des zones à faible densité de population. Dans certains départements, il représente moins de 5% de la population scolaire : Alpes de Haute Provence, Haute Saône, Corse du Nord et du Sud, Bas Rhin, Haute Marne, Moselle, Creuse. Il est aussi peu présent, moins de 5% ou à peine plus, dans des départements de banlieues tels que la Seine -et-Marne, la Seine-Saint-Denis, l'Essonne, le Val d’Oise et le Val-de-Marne. Confirmation, que les contraintes géographiques, démographiques et sociales sont évidemment assurées par le seul service public.

Collèges (p43)

Public : 24 (+0.4)

Privé : 25,9 (+0.5)

Le privé compte de nombreuses classes à faibles effectifs, et également, des classes à plus de 30. Le financement du forfait se fait à l’élève. Le public assure là aussi la continuité territoriale et doit répondre à l’intérêt général dans les zones à faible densité de population.

Lycées généraux et technologiques (p41)

Public : 27.2 (+0,4)

Privé : 24,3 (+0.5)

Le gouvernement avait déjà surajouté des moyens pour le privé dans le cadre du plan banlieue. Aujourd’hui, grâce à un amendement de Jean Claude Carle, voté par le Sénat en décembre 2010, à l’heure où l’enseignement public, est frappé par la rigueur, les suppressions de postes exigées dans l’enseignement privé sont encore allégées. Cet amendement a en outre ajouté une surdotation de 4 millions d’euros équivalant à 250 emplois supplémentaires. Au budget 2011, sur 16 000 postes supprimés, 13 767 emplois sont ainsi retirés à l’enseignement public contre seulement 1 633 au privé sous contrat, au lieu des 3 416 attendus, si la règle des 80%-20%, avait été respectée. Ce sont donc près de 2 050 emplois, dont 250 par subvention, qui sont encore illégitimement, voire illégalement, concédés au privé. Nathalie Mons, chercheuse spécialiste des politiques éducatives, nous apprend dans un article paru dans le Monde le 16 juin 2010 qu'entre 2003 et 2009 « 95% (des postes supprimés) ont été prélevés sur le public contre moins de 5% pour le privé. Une proposition nettement en retrait par rapport au poids de ce réseau dans l'éducation française ».

Le différentiel public- privé représente ainsi plusieurs milliers de postes manquants pour le public, sans qu’il ne soit jamais tenu compte, des contraintes spécifiques qui pèsent sur le seul service public.

Le privé se positionne sur le second degré. La gestion des postes du privé en « équivalent heure » lui permet de transformer 1 poste du 1er degré (27 heures) en un poste et demi de certifié ( 18 heures), opération menée sans aucune transparence.

Lycées professionnels (p41)

Public : 19,0 (-0.1)

Privé : 17.6 (-0.3)

Le différentiel Public-privé s’accroît encore en 2012. Il représente désormais, quelques milliers de postes manquants pour le public pour un taux d’encadrement Public-privé équivalent.

B) ETABLISSEMENTS

Evolution du nombre de classes

Premier degré

Préélémentaire le public perd 405 classes et le privé seulement 40

Elémentaire le public perd 400 classes et le privé 290. Choix de l’accueil prioritaire en maternel ?

ASH (enseignement relevant de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des enfants handicapés) moins 29 classes pour le public et + 4 pour le privé par ailleurs très peu présent dans ce secteur et compte 15 fois moins de classes que le public.

L’enseignement catholique ne d’un quota de postes, pour les répartir, c’est contraire à tous nos principes constitutionnels et organise la concurrence.

Il y a comme une imposture à vouloir recruter massivement et bien au-delà d’une demande liée à la foi. Ainsi l’enseignement catholique commet une sorte de péché « lucratif », en forme de publicité mensongère peu compatible avec une mission qui prétend s’inspirer des Évangiles.

Second degré

Collèges le public perd en un an 426 classes et le privé seulement 10.

Lycées professionnels le public perd 628 classes et le privé 99

Lycées le public perd 483 classes et le privé 215.

 

 Moyenne élèves, pourcentage établissements et élèves

a) Ecoles

 

b) Collèges (p43 et 45)

Public : 5270 établissements (+17), soit 74,85 % des collèges pour 79,23 % de la population scolaire et 480 élèves par collège (+3)

Privé  : 1776 établissements (+11), soit 25.15 % des collèges pour 20,77 % de la population scolaire, 374 élèves par collège (-4)

L’effectif moyen des collèges publics 487 élèves contre 379 dans le privé.

De plus en plus de petits collèges privés : 12.1 % (+1.1%) des collèges privés ont moins de 100 élèves alors que ces « petits » établissements représentent 0.8% (-0.1%) dans le public.

c) Lycées généraux (LEG) et technologiques (p.43 et 45)

Public : 1584 (+8) établissements, soit 59.7 % des LEG pour 77,51% de la population scolaire et 809 élèves (+1) par lycée

Privé  : 1077 (+13) établissements, soit 40.3 % des LEG pour 22,49% de la population scolaire et 347 élèves (-2) par lycée

Le privé progresse plus que le public en nombre d’établissements

L’effectif moyen des collèges publics 487 élèves contre 379 dans le privé.

L’effectif moyen des lycées publics 956 élèves contre 402 dans le privé.

25,5% des lycées généraux et technologiques privés ont moins de 19 élèves par classe et parmi eux 15% ont moins de 15 élèves

Les classes à faible effectifs du privé : 13.9% des classes des lycées privés ont moins de 15 élèves et un quart de ces classes de lycées privés ont moins de 19 élèves

Des établissements privés de petite taille : 17.6 % (+0.7%) des lycées privés ont moins de 100 élèves, contre 0.4% seulement des lycées publics. Plus d’un tiers des lycées privés (34.2%) a moins de 200 lycéens contre seulement 1% des lycées publics.

d) Lycées professionnels (p43 et 45)

Public : 960 établissements (-13), soit 59.44% des LP pour 78.96% de la population scolaire et 421 élèves par lycée (+5)

Privé  : 670 établissements (+6), soit 40.56 % des LP pour 21.04% de la population scolaire et 164 élèves par lycée

Le public perd des établissements le privé en gagne

L’effectif moyen des LP publics 419 élèves contre 168 dans le privé.

 

Une myriade de lycées professionnels à effectifs très réduits : 35% des classes du privé ont moins de 15 élèves et 55.8% moins de 19 élèves (p.47).

Une multitude de petits lycées professionnels privés, soient 43 % des LP privés, ont moins de 100 élèves, contre seulement 0.8% dans le public.

Deux lycées professionnels privés sur 3 ont moins de 200 lycéens  et 83% moins de 300

Huit académies ont plus de lycées généraux et technologiques privés que publics avec des effectifs bien moindres.

C) MOYENS en POSTES D’ENSEIGNANTS

Les postes d’enseignants entre 2002 et 2012 : rigueur maximale pour le public, faveurs pour le privé.

Le nombre de postes enseignants (Page 33 ) progresse dans le public de 200 à 2003 de 841 140 à 870 515, le privé progresse de 2000 à 2004 de 139 155 à 145 394 en 2004 et 144 169 en 2003. Sur la période 200 à 2012 le public perd 62911 postes et le privé seulement 2133

Un arrangement tacite et empirique non défini par la loi, a, en 1985, fixé une règle dans le rapport entre enseignement public et privé sous contrat. Ce rapport de « 80/20 » donne le pourcentage des moyens en postes accordés à chaque secteur. Cette règle ne respecte pas le rapport Public-privé réel. Le privé représente en réalité, 13 % des élèves scolarisés dans le primaire et 20% des élèves dans le second degré, soit une moyenne de 17%, et non de 20%. Cette concession est contraire au Code de l’éducation qui dans son article L442-14 précise : « Le montant des crédits affectés à la rémunération des personnels enseignants des classes, faisant l'objet d'un des contrats (…) est fixé en fonction des effectifs d'élèves accueillis et des types de formation dispensés dans les établissements d'enseignement publics et dans les classes sous contrat des établissements d'enseignement privés(…)et compte tenu des contraintes spécifiques auxquelles sont soumis les établissements d'enseignement publics du fait de conditions démographiques, sociales ou linguistiques particulières…. ». Cette disposition avait fait l’objet d’un recours constitutionnel, qui contredit l’argument politique de « parité » revendiqué par les tenants du privé : « le montant de ces crédits est calculé en fonction des effectifs d'élèves accueillis respectivement dans ces classes et dans les établissements d'enseignement public, compte tenu des contraintes spécifiques auxquelles ces derniers… ».

La loi n’est pas respectée. De plus le gouvernement a surajouté des moyens pour le privé dans le cadre du plan banlieue. Le nombre d’enseignants recensés dans le secteur privé sous contrat augmente jusqu’en 2004, connaît une relative stabilité au cours des trois années suivantes, et diminue peu en 2008 (- 0,7 %) et 2009 (- 1,2 %). Les effectifs du secteur public baissent depuis 2004 et diminuent de façon importante au cours des cinq dernières années soit -8 %. En 8 ans le privé aurait du perdre en toute logique, 20% du total des 65 282 postes supprimés soient 13 056 postes. En fait il n’aura que 1404 postes en moins soit une baisse de 2.15%. Et le public, qui n’aurait du perdre que 52 226 postes en a en fait rendu 63 878.

Un seul exemple, s’il fallait témoigner de l’opacité de gestion qui entoure l’enseignement privé, dans le département du Maine-et-Loire. Malgré tous ses efforts pour faire croire à un enseignement catholique défavorisé, l'inspectrice d'académie a dû constater l'existence de 61 postes surnuméraires dans les écoles privées sans, pour autant, les supprimer.

 

D) BOURSIERS

Collèges

Public : 27,4%

Privé : 12%

LEG

Public : 24.6 %

Privé : 12.6 %

Les établissements privés, très clairement, scolarisent davantage d’élèves appartenant aux catégories sociales « favorisées » ou « très favorisées », avec une sous-représentation des élèves issus des catégories sociales « défavorisées ».

E) TAXE D’APPRENTISSAGE 2009

Second degré par élève :

Public : 134€ (augmentation sur un an 0%)

Privé : 390€ (+61€ soit une augmentation de 18,5 % en un an)

Le privé devrait reverser plusieurs millions d’euros au public pour un financement équivalent par élève.

Enseignement supérieur :

Public : 223€

Privé : 1434€

F) BUDGET 2007

Les écoles, collèges et lycées sous contrat perçoivent de l’Etat 7,727 milliards d’euros.

Compte tenu des moyens en postes supérieurs à ceux concédés au public, de la taille des classes et du nombre d' élèves des établissements, le privé coûte plus cher à la collectivité publique, soit 18,4% des dépenses pour 17 % des effectifs.

G) ACCUEIL

Les statistiques sont sur ce point, de moins en moins transparentes, le ministère additionnant le total public-privé, sans donner le détail pour chaque réseau. Il faut souvent puiser les résultats détaillés dans les statistiques des années antérieures. Ainsi le privé peut tricher avec les statistiques, ce qu’il fait, notamment, pour obtenir des subventions.

a) Sous représentation du privé

 Scolarisation des enfants et adolescents en situation de handicap (p27)

Pour l’adaptation scolaire et la scolarisation des enfants handicapés (ASH) , les effectifs sont à la hausse en 2010 pour l’école publique +1.7% et en forte baisse dans le privé -4.2% (page 76).

Le privé n’accueille que 9.9% de ces élèves en 1er degré alors qu’il représente 13.4% des élèves de ce secteur.

Le privé n’accueille que 14,4% de ces élèves en 2nd degré alors qu’il représente 21.3% des élèves de ce secteur.

Au niveau des CLIS (Classe d'Inclusion Scolaire) (p.87) le privé n’est présent qu’à hauteur de 6%

En ce qui concerne la scolarisation des enfants handicapés dans les ASH (p.39) , le public a 4125 classes et le privé seulement 365, soit seulement 8.1%

Dans le second degré, les établissements régionaux d’enseignement adaptés (EREA) n’existent que dans le public, où ils comptent 933 classes

Pour les sections d’enseignement général et adapté (SEGPA) le privé ne représente que 4.1%

Il représente seulement 5,6% des classes d’intégration scolaire du primaire où il compte 13,5% des élèves.

Le privé toujours, présent pour 21.4% dans les collèges, est peu présent dans les dispositifs qui accueillent les collégiens en difficulté, qui ne représentent que 10% de ces derniers .

 Origine sociale dans le second degré (p99)

Publics favorisés : 49.7 % dans le privé et 33.9 % dans le public

Publics défavorisés : 39.5 % dans le public et 20.5 % dans le privé

La réussite au diplôme national du brevet (statistiques p 223) est liée à l’origine sociale. Taux de réussite des enfants de parents sans activité professionnelle : 67.3% ; des enfants de parents cadres : 94.4%

Les élèves nouveaux arrivants non francophones, au nombre de  36 467 en 2009 (p.29), sont essentiellement accueillis par le public, mais le ministère confond le total Public-privé en 2011.

 Classes du bac STS le privé est à 13% pour 21,5 % dans les LEGT

Accueil des étrangers dans le second degré privé seulement 12% avec de grandes disparités : Maghrébins 5% et Espagnols et Portugais 34%.

b) Sur-représentation du privé :

Les moins de 14 ans en seconde (29% dans le privé) et les plus de 19 ans en terminale (24%)

Sections de techniciens supérieurs 32%

CAP en un an : 61%

Enseignement agricole : 66%

H) ENSEIGNEMENT PRIVE CATHOLIQUE EN EUROPE

Données du CEEC

Souvent, l’Europe est considérée comme une menace pour le principe de laïcité, lui-même présenté comme une « exception française ».

On laisse, d’ailleurs, souvent planer, dans ce cadre européen le risque d’une aggravation du pluralisme scolaire pour notre pays.

Pourtant, surprise, la question scolaire n’est pas aussi prégnante dans la plupart des 27 pays où existe l’enseignement catholique, regroupé dans le CEEC « Comité européen de l’enseignement catholique ». Dans cet ensemble, la France se taille la part du lion : 27 % des élèves du CEEC, soit plus de 2 millions sur 7 millions d'élèves, et plus de 29% du nombre des établissements, soient 8700 structures sur 37 000.

La France est aussi en tête pour le financement public, avec les Pays Bas et l’Irlande. Pour les 3 /4 des pays où le CEEC est implanté, l’enseignement privé catholique représente moins de 4%. Pour ce dernier, dans ces pays, l’essentiel du financement est assuré par les familles et l’Eglise. Ainsi cet enseignement n’est financé ni par les collectivités publiques, ni par l’Etat. Au contraire de la France, où l’enseignement catholique surfinancé par la puissance publique représente plus de 17% en moyenne, la plupart de ces pays appliquent ce principe : «  à école publique, fonds publics, à école privée, fonds privés ». La Pologne, l’Italie et le Portugal par exemple, ne sont pourtant, en rien comparables, dans leur rapport à la laïcité et à une école dite laïque, à notre République. Soulignons néanmoins, que, dans ces trois pays, l'enseignement catholique privé, en l’absence de financement public, représente respectivement 0,90%, 3,80% et 3,70%. La constitution de la République italienne de 1947, à l’article 33, stipule que " les collectivités ou les personnes privées ont le droit de fonder des écoles et des instituts d’éducation ", mais le texte ajoute bien : " sans charge pour l’État ". Ce dernier n’est donc pas tenu de les aider financièrement.

Dans les établissements catholiques français, les élèves, les familles, les enseignants et l’encadrement sont pourtant très majoritairement éloignés de la religion. A peine 10% des familles se reconnaissent dans le « caractère propre » catholique.

 

Eddy KHALDI

 

http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/

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source : agoravox (via Eddy Khaldi sur FB)

 

http://cocomagnanville.over-blog.com/les-données-de-l’enseignement-public-et-celles-relatives-aux-établissements-d’enseignement-privés

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Quand les grecs étaient vénézuéliens par Maurice Lemoine Publié le 13 Juin 2013.

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

 

Quand les grecs étaient vénézuéliens par Maurice Lemoine

Publié le 13 Juin 2013

Le mardi 11 juin, peu après 23 heures, les chaînes de la radio et télévision publiques grecques Ellinikí Radiofonía Tileórasi (ERT), considérées, à tort ou à raison, comme des bastions de la gauche, ont brusquement cessé d’émettre, le gouvernement conservateur d’Antonis Samaras ayant envoyé la police déconnecter de façon expéditive le principal émetteur situé sur une montagne, près d’Athènes. Forte de deux mille sept cents salariés, ERT appartient aux organismes d’Etat qui doivent être « restructurés » en vertu du protocole d’accord signé entre la Grèce et ses bailleurs de fonds de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) – laquelle exige la suppression de deux mille emplois d’ici à la fin juin.

Confronté lui aussi, dans un contexte différent, mais non moins « néolibéral », à ce que le parti d’opposition de gauche Syriza a légitimement qualifié de « coup d’Etat », le peuple vénézuélien a trouvé en son temps la réponse en remettant lui-même en marche ses médias. 

Hugo ChavezNous sommes le 11 avril 2002.  Electoralement minoritaire, la droite vénézuélienne manifeste massivement dans les rues de la capitale. Elle veut un pays à sa mesure et, tout comme Washington, qui hait Hugo Chávez et la soutient sans s’en cacher, rêve de dirigeants qui lui ressemblent et de politiques qui lui conviennent. Toute cette affaire pue le pétrole et la conspiration. Aux ordres du maire du grand Caracas Alfredo Peña, la Police métropolitaine ne s’oppose pas à la marche qui, détournée de son trajet initial et autorisé, se dirige vers le palais présidentiel pour en sortir le président élu – elle lui ouvre même le chemin. En « allumant » de manière indiscriminée tous ceux – « chavistes » et « non chavistes » – qui passent à leur portée, des francs-tireurs provoquent le chaos. A partir de 14 h 30, on évacue les premiers blessés.Miraflores 2002

Dès 14 heures, livrant une bataille de la communication inégale face aux médias commerciaux inconditionnellement acquis à la sédition, la chaîne de télévision nationale – Venezolana de Televisión (VTV), également connue sous le nom de Canal 8 – a appelé les « bolivariens » à se mobiliser pour défendre la révolution. A 15 h 45, Chávez y lance un appel au calme[i]. « J’appelle le peuple vénézuélien, tous les secteurs, au calme, à la pondération, à la réflexion, à tous, ceux qui m’appuient et mes adversaires, et ceux qui sont indifférents… Ici, il y a une tolérance à l’épreuve de quasiment tout. Mais la tolérance a ses limites. La seule tolérance à l’épreuve de tout, seul un mort peut l’avoir, parce que même un arbre ne tolère pas tout… » Par la voix du gouverneur de l’Etat de Miranda, l’opposant Enrique Mendoza, la petite tribu violente et antidémocratique réagit : il faut faire taire cette chaîne de service public. Prise d’assaut, VTV sera réduite au silence à 22 heures par la Police métropolitaine qu’accompagnent des journalistes et des cameramen de Globovisión, qui annoncent en direct que la chaîne publique « a été abandonnée par ses journalistes et ses employés ». Lesquels viennent d’être expulsés de leur lieu de travail et renvoyés chez eux manu militari.Miraflores 2

Désormais seuls en lice, les médias privés imputent la responsabilité des dix-sept morts et des centaines de blessés provoqués par les francs-tireurs au chef de l’Etat. Des officiers du haut commandement de l’armée et de la Garde nationale utilisent l’accusation comme prétexte pour exiger son départ. Le rapport de forces semble basculer. Dans la nuit, et pour éviter un bain de sang, le président se rend et est emprisonné.

Le 12 avril, à 7 heures du matin, dans son studio de la chaîne Venevisión, le présentateur-vedette Napoleón Bravo se penche vers la caméra : « Vous vous demandez à quoi ressemble la démission de Chávez ? D’abord à une lettre. Je vais vous lire la lettre qu’il a signé : “En me basant sur l’article 233 de la Constitution de la République, je présente au pays ma démission irrévocable à la charge de Président de la République, charge que j’ai occupée jusqu’à aujourd’hui, 12 avril 2002. Fait à Caracas le 12 avril 2002, 191e année de l’Indépendance et 142e de la Fédération. Hugo Chávez.” » Un mensonge de la taille du soleil ! Jamais le chef d’Etat n’a démissionné. Mais qui pourrait en informer le pays ? Toutes les chaînes privées – Venevisión, Globovisión, Televen, RCTV – reprennent la thèse. Et les chefs de service y martèlent leur doctrine en matière de liberté d’expression : « Pour ceux qui n’auraient pas compris, je répète : la direction interdit formellement qu’aucune personnalité de l’ancien régime apparaisse à l’écran[ii]» La presse écrite – El Nacional, El Universal, Tal Cual, etc. – diffuse la même version des faits.

Ce 12 avril, le patron des patrons Pedro Carmona s’autoproclamme président de la République et dissout tous les pouvoirs constitués. Finis réforme agraire, loi de la pêche, loi sur les hydrocarbures, veaux, vaches, cochons, couvées, toutes ces fantaisies imaginées par « le tyran ». La rationalité économique reprend ses droits : son premier décret supprime d’un trait de plume l’augmentation de 20 % du salaire minimum décrétée par Chávez quelques jours plus tôt. Enfin, le peuple va retrouver la condition à laquelle il n’aurait jamais dû échapper : l’austérité. La Troïka (droite vénézuélienne, Etats-Unis de George W. Bush et Espagne de José Maria Aznar, qui reconnaissent immédiatement l’usurpateur) rugit littéralement de joie.

Un calme monstrueux règne maintenant sur le Venezuela ; à Caracas, trente-huit dirigeants populaires sont assassinés. Pourtant, passé le premier moment de stupeur, dans toutes les barriadas, on redresse lentement les épaules. Chávez est l’un de ces hommes autour duquel se cimente une classe sociale. Au fil des ans, il a donné à cette multitude une réelle identité. Dès 21 heures, des groupes descendent des quartiers populaires de La Victoria, Colomoncagua, Catia, leur Constitution à la main. La police fasciste tourne, mais ils avancent quand même. La police fasciste réprime, lâche ses flingues et ses chiens, tire pour empêcher les mobilisations. Dans ce pays où, durant les trois années de gouvernement Chávez pas une manifestation n’a été réprimée, des corps tombent, du sang coule à nouveau.

Au matin du 13 avril, des colonnes de fumée huileuse planent au-dessus des toits. Tout au long des rues, des gens crient : « Vive le comandante Chávez ! » Les téléphones portables se transforment en radio populaire. Les motards en messagers. Des hommes et des femmes, même les vieillards et les éclopés, il en arrive de partout, par colonnes, de l’ouest de la ville, par camions des lointaines périphéries, avec des banderolles, des cris, de la rage, des slogans. « Vive Chávez ! El pueblo, unido, jamás sera vencido ! » Une clameur monte : « Au Palais ! Au Palais ! » Mais un doute plane encore, puisque… « Chávez a démissionné ».

D’autant que, depuis le début des troubles, et le service public ayant été mis hors d’état de « nuire », les chaînes télévision ne diffusent que des films, des recettes de cuisine, des matchs de base-ball, des dessins animés. Rien sur ces bolivariens qui avancent d’un pas ferme, en ombre immense, qui remplissent tout l’espace et continuent d’arriver en flots. Rien sur la prestation de serment avortée du putschiste Carmona, prévue à 13 h 30, au Palais de Miraflores, repris par la Garde présidentielle, demeurée fidèle au chef de l’Etat. Rien sur les parachutistes de Maracay qui, aux ordres du général Raúl Isaías Baduel, entendent faire respecter la Constitution.

Le premier des chavistes passés à la clandestinité à réapparaître à Miraflores s’appelle William Lara, président de l’Assemblée nationale. Les ministres Aristóbulo Istúriz, María Urbaneja, Maria Cristina Iglesias et Ana Elisa Osorio arrivent peu après. Puis Cilia Flores et (l’actuel président) Nicolas Maduro. Mais le peuple, et en particulier l’intérieur du pays, ne le sait toujours pas. Les médias locaux continuent à verrouiller l’information et, sur CNN, qui l’interroge par téléphone, Carmona vient encore d’affirmer qu’il se trouve au palais présidentiel et qu’il contrôle la situation.

« Si nous reprenons le contrôle du Canal 8, nous résolvons le problème », estime le ministre de l’éducation Aristóbulo Istúriz, convaincu de ce que la remise en route de la chaîne permettrait d’informer tant la population que la communauté internationale sur le fait que Chavez n’a pas démissionné et qu’il est emprisonné dans un lieu inconnu. Chargé de la sécurité du chef de l’Etat, le colonel Jesús del Valle réagit immédiatement et c’est l’un de ses compagnons d’armes, le colonel Zambrano, qui se charge de l’opération. Dans l’impossibilité de disposer des hommes qui ont repris Miraflores et ne peuvent s’en éloigner, ni d’autres troupes, soit contrôlées par les généraux putschistes, soit encore indécises dans leur analyse de la situation, celui-ci passe une série de coups de fil aux cercles bolivariens de Petare. Il les connaît depuis qu’il a participé au Plan Bolivar[iii], dans leur quartier. « Vous voulez que Chávez revienne ? Je fais partie des militaire loyaux. Allez me chercher du monde pour reprendre VTV. » Il contacte également les gens de Catia TV, une chaîne de télévision communautaire du quartier populaire du même nom,  née grâce au projet d’intégration sociale de la révolution bolivarienne et que dirige alors Blanca Eekhout (qui deviendra plus tard ministre de la communication et de l’information, et qui est aujourd’hui vice-présidente de l’Assemblée nationale).

Lorsque le colonel parvient à Los Ruices, au siège de la télévision, trois mille personnes y sont déjà présentes, arrivées en hâte de La Victoria, de Catia, Guarenas, Guatire et surtout Petare. L’officier plonge parmi eux : « Je n’ai pas de soldats. Mes soldats, c’est vous. Je vous garantis que cette chaîne fonctionnera bientôt. Mais vous devez rester là pour me protéger. » Les deux minutes suivantes s’écoulent en discussion intense avec le chef des membres de la Police métropolitaine placés là pour surveiller les installations. « Regarde. Il y a ici cinq mille personnes. Et il en arrive de partout. Je rentre. Je n’ai pas d’arme et ces gens ne sont pas armés non plus. Ce qu’ils veulent c’est que la chaîne fonctionne. Si tu ne nous laisse pas faire, tu es responsable de ce qui va arriver. »

Une débâcle dans les règles étant en définitive moins éprouvante qu’une tentative de résistance dont le résultat est particulièrement loin d’être garanti, les policiers s’inclinent.

Des ombres s’agitent rapidement dans les studios et en régie. Il y a déjà des gens qui travaillent. Sauf que personne ne sait comment remettre ce fourbi en route. Les escualidos[iv] ont bousillé quasiment tout l’équipement. Les muchachos des médias communautaires, Catia TV et Ávila TV, font appel à leurs compétences techniques. L’un se penche sur une caméra, l’autre s’agite dans la production. Ils commencent à reconnecter les câbles, à essayer les plugs, les matériels, les caméras. Averti, le président de VTV Jesús Romero Anselmi apparaît, ainsi que le personnel, rameuté par téléphone. A 20 h 05, un cri retentit : « On reprend l’antenne, tout est OK. »

A l’extérieur, compacte, dense, la foule des citoyens protège l’opération. Personne ne bouge, y compris après que, à 20 h 12, des dirigeants chavistes aient annoncé que le comandante n’a pas démissionné, qu’ils contrôlent Miraflores et que le fil constitutionnel est rétabli.  Le silence est rompu, l’incertitude pulvérisée. Dans tout le pays, l’espoir prend le dessus sur le doute, la population exulte, remplit les espaces, sort en flots débordants. A Caracas, débordée par le nombre, la police métropolitaine se débande. Une main géante se referme sur la nuque des généraux félons et de Carmona : dans la nuit, un commando va libérer le président Chavez, maintenu prisonnier dans l’île de La Orchila. 

Ce jeudi 13 juin 2013, dans le cadre d’une journée de grève générale appelée par les deux principaux syndicats grecs, du privé et du public, la principale banderole déployée devant le grand bâtiment de la Radio Télévision Hellénique appelle les citoyens « à ne pas rester sans réaction » car « on brade tout »Miraflores 3


Par MAURICE LEMOINE (auteur de Chávez Presidente !,  Flammarion, Paris, 2005 et de Sur les eaux noires du fleuve, don Quichotte, Paris, 2013)

Notes :

[i] Obligés par la loi à retransmettre également l’allocution, les médias privés coupent leurs écrans en deux pour diffuser, en même temps, les images de la manifestation.
[ii] Lire Chávez Presidente !, Flammarion, Paris, 2005.
[iii] Série de programmes sociaux menés en 1999 et 2000, avec l’aide de l’armée.
[iv] Les freluquets : sobriquet dont Chávez affublait ses opposants.

 

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/06/13/quand-les-grecs-etaient-venezueliens-par-maurice-lemoine/

 

http://cocomagnanville.over-blog.com/quand-les-grecs-étaient-vénézuéliens-par-maurice-lemoine

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Conflit au Moyen-Orient : les Marines débarquent à Aqaba

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Conflit au Moyen-Orient : les Marines débarquent à Aqaba
L’armée arabe syrienne composée majoritairement de sunnites, appuyée par le Hezbollah libanais, un mouvement chiite mais qui a tenu à n’envoyer en Syrie que ses éléments sunnites et chrétiens, ont réussi à contrôler le site hautement stratégique d’Al-Qussayr, occupé par les rebelles durant 18 mois.
8 juin 2013

Il aura fallu un peu plus de trois semaines pour venir à bout du quartier général de la rébellion dans cette localité relevant du gouvernorat de Homs. "Celui qui contrôle Al-Qussayr contrôle la Syrie centrale". La colline surplombant ce site, Kadesh, est connue pour avoir été l’un des premiers champs de bataille au monde, notamment la première bataille documentée de l’histoire entre les Hittites et les égyptiens du Pharaon Ramses II aux environs de 1274 avant J.C. C’est à l’issue de cette bataille entre les deux superpuissances de l’époque que fut signé le premier Traité de paix connu.

D’après différentes sources, le Hezbollah libanais aurait perdu 90 éléments dans les combats d’Al-Qussayr. D’après des sources proches de ce mouvement, des éléments des forces spéciales israéliennes ont brièvement combattu à l’intérieur de l’enceinte de l’aérodrome de Dabaa, repris par l’armée syrienne après de très durs combats.

Les pertes rebelles s’élèveraient quant à elles à plus de 1700. Près de 5000 rebelles se sont transformés en civils en quelques heures. Plus de 800 combattants étrangers ont été capturés.

Indubitablement, la victoire de l’armée syrienne à Al-Qussayr après trois semaines d’assaut-opération qualifiée par Moscou comme une opération anti-terroriste-conforte la position de Damas en vue d’eventuelles négociations de paix dans le cadre de la Conférence de Genève II. Cette nouvelle donne agite la France et le Royaume-Uni, pressés par Doha et Ryad de tout faire pour déclarer un franchissement de "ligne rouge". C’est à dire le déclenchement d’une intervention militaire internationale contre la Syrie en vue d’abattre son régime. D’où les gesticulations médiatiques et officielles sur de prétendues "preuves physiologiques" et autres "échantillons rapportés par des journalistes d’un champs de bataille situé à moins de 400 m du centre-ville de Damas"…Si le pouvoir syrien a donné son accord de principe pour participer à la Conférence, l’opposition, très divisée par le jeu d’influences étrangères, n’arrive pas à adopter une position commune sur la question.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus lucides et plus objectifs que Paris et Londres ont une toute autre approche. Sous couvert d’un exercice militaire dénommé "Eager Lion", des éléments du 24e corps expéditionnaire des Marines ont débarqué au port jordanien d’Aqaba (extrême Sud) en provenance du port israélien d’Eilat. Les Marines ont formé une colonne blindée qui a pris la route vers le Nord de la Jordanie. En parallèle, des avions de combat F-16 et des batteries de missiles antimissile Patriot sont en train d’être déployés dans le royaume Hachémite après avoir été déployés en Turquie méridionale. Pour des raisons de politique intérieure, Amman fait tout son possible pour passer sous silence ses préparatifs.

Un soulèvement a eu lieu dans la ville jordanienne de Maan près de la frontière avec la Syrie après l’assassinat de deux citoyens par des étrangers armés. La population s’en est pris aux rebelles syriens entraînés par les forces occidentales, mais certaines sources évoquent des mercenaires travaillant pour des sociétés privées.

Des batteries de missiles Patriot américains sont désormais déployées en Israël (où l’on fait de moins en moins confiance au très coûteux projet d’Iron Dome), en Jordanie et en Turquie. Soit au Sud-Ouest au Sud et au Nord de la Syrie.

Un navire russe spécialisé dans la lutte contre les submersibles est en route vers le littoral syrien. Des sous-marins inconnus ont été pris en chasse par la marine russe et des hélicoptères syriens à plusieurs reprises ce dernier mois. L’un de ses submersibles aurait même été touché.

Le conflit en Syrie a bel et bien débordé. En Irak, au Liban septentrional, en Turquie méridionale et en Jordanie. La problématique du Golan avec Israël inquiète au plus haut point Tel-Aviv, lequel ne cesse de mener des exercices militaires depuis des semaines. La guerre au Moyen-Orient est loin d’être terminée.

strategika51
6 juin 2013

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La Suisse est un modèle merveilleux qui mériterait d’être étudié par d’autres pays

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

La Suisse est un modèle merveilleux qui mériterait d’être étudié par d’autres pays
.
8 juin 2013

Les avantages de la Suisse vus par un Américain
Interview de Stephen P. Halbrook*


Horizons et débats : Monsieur Halbrook, vous avez écrit plusieurs livres sur la Suisse dans lesquels vous avez corrigé la fausse image du pays donnée par certains cercles au cours de ces dernières années. Vous avez ainsi apporté une importante contribution à l’observation réaliste de l’histoire de la Suisse.

Stephen Halbrook : Etant citoyen américain, j’en possède les valeurs traditionnelles, qui sont très proches de celles de la Suisse. En font partie la démocratie locale, le fédéralisme et la neutralité. Nous-mêmes avons perdu la vertu qu’est la neutralité et nous avons trop de centralisme. Le modèle suisse traditionnel peut bien inspirer les Américains.

Mais actuellement la Suisse est sous forte pression de la part de l’Union européenne, y compris économiquement par des entraves commerciales parce qu’elle n’est pas membre de l’UE. Par chance les Suisses ont refusé d’adhérer à l’UE. Vous avez adopté l’accord de Schengen. Les accords de sécurité ont un coût et certains des éléments contreviennent aux traditions suisses.

Dans ce contexte il y a un thème que je traite aussi aux Etats-Unis, soit le droit du peuple de garder des armes et de les porter. Lors de la révolution, notre pays avait puisé son inspiration dans la Suisse. Nous combattions la plus grande monarchie, dotée de la plus grande armée du monde. Les Suisses avaient agi de même en combattant les Habsbourg, les Français et autres envahisseurs à Morgarten, à Sempach et dans bien d’autres batailles. Un petit pays sans roi avait vaincu les grands pays régis par de puissants rois avec de grandes armées. Ce fut de quoi ins­pirer les Américains, ce que peu de gens savent.

Tant aux Etats-Unis qu’en Suisse apparaissent des problèmes identiques. Les assassinats commis par des criminels et des fous font surgir des propositions visant à confisquer les armes à feu des personnes individuelles qui respectent la loi. S’y ajoutent les propositions de supprimer l’armée de milice, qui devrait être remplacée par une armée de métier, voire même de se passer de toute armée.

Horizons et débats : Cela est en discussion actuellement en Suisse. Il y a une initiative qui demande la suppression de l’armée de milice pour passer à une armée de « volontaires ». Pour finir, nous aurions une armée de métier.

Stephen Halbrook : Cette question est en liaison étroite avec les objectifs de l’armée. En Suisse, il s’agissait de défendre le pays, et on a suivi le conseil de Nicolas de Flue, de ne jamais se rendre dans d’autres pays : Restez dans votre périmètre, restez neutres. Les Suisses ont respecté ce conseil et en ont profité, ayant pu comme par miracle échapper à deux guerres mondiales. Les objectifs d’une armée de professionnels et de mercenaires sont l’agression contre d’autres pays afin d’étendre les territoires des monarques. Une armée de milice, composée des citoyens du pays, ne se prête guère à l’invasion d’autres pays. Elle sert principalement à défendre son propre pays contre toute invasion.

Lors de mes recherches pour mes livres « Target Switzerland » en 1998 [« La Suisse encerclée », Editions Slatkine, 2000] et plus tard « The Swiss and the Nazis », [« La Suisse face aux Nazis », 2006, traduction française par Jacques Langendorf, à obtenir parcabedita.ch/product.php, je suis tombé sur une histoire étonnante. Tout homme est armé, ayant un fusil à la maison. Dès le début de la guerre, le Conseil fédéral et le général Henri Guisan firent savoir que : si vous entendez que nous avons capitulé, ce sera faux, un mensonge et de la propagande de l’ennemi. A l’époque, les Allemands avaient lancé des tracts par ­avions sur les pays à conquérir, dans lesquels il était prétendu que le pays avait « capitulé ». L’annonce de la Suisse rendait toute reddition impossible. Par ailleurs, la population avait des fusils à la maison, ce qui lui permettait de se mobiliser immédiatement pour la défense du pays. Cette combinaison de facteurs permit de sauvegarder l’indépendance du pays pendant la guerre. L’armée de milice est puissante dans l’infanterie, car il est question surtout d’armes à feu portatives. Mais qu’y a-t-il de mieux pour la défense du pays ?

Horizons et débats : Autrement dit, l’armée suisse est un modèle de paix. Si tous les pays avaient une telle armée, il n’y aurait plus de guerres.

Stephen Halbrook : C’est bien ça. L’objectif des grandes armées est l’agression. Aux Etats-Unis, nous sommes allés de l’avant, mais avons aussi reculé. Nous fûmes longtemps neutres, puis nous avons été impliqués dans la Première Guerre mondiale, ce qui était une situation problématique. Par la suite on se demanda comment ne pas se laisser entraîner dans les guerres européennes dès la fin des années trente. Mais après Pearl Harbor il fut impossible de se tenir à l’écart. Depuis lors nous n’avons plus été neutres, ce qui a modifié le caractère du pays.

Nous avons actuellement beaucoup de problèmes aux Etats-Unis et notre pays est profondément divisé. La lutte des classes du président Obama tente d’opposer les gens les uns aux autres. Dès lors qu’on ne se trouve pas dans les bonnes grâces de son administration, on est bousculé, soumis aux impôts, réglementé, contrôlé et espionné, alors que les amis capitalistes qui le soutiennent reçoivent des milliards de dollars en récompense. C’est du népotisme de la pire espèce, alors qu’il faudrait que chacun travaille pour le bien de tous. Voilà notre situation politique à l’heure actuelle.

Horizons et débats : Qu’est-ce qui vous fait penser que c’est un avantage pour la Suisse de ne pas être membre de l’UE ?

Stephen Halbrook : Elle perdrait sa souveraineté et son indépendance. Elle tomberait au rang d’Etat satellite entre l’Allemagne, la France et la Grande- Bretagne. Les bureaucrates de Bruxelles tireraient les ficelles, eux qui mènent l’UE et les grands dirigeants.

Considérée historiquement, la Suisse s’est toujours trouvée en opposition à l’Allemagne, laquelle rêvait toujours d’une grande Allemagne. Lors de leur arrivée au pouvoir en 1933, les Nazis firent tracer des cartes sur lesquelles la Suisse n’était plus qu’une partie de la grande Allemagne. Aujourd’hui, les taux d’imposition, à l’allure de confiscation, incitent les contribuables à sauver leurs biens à l’étranger. Certains tentent de sauver une partie de leurs revenus en l’amenant ici. Mais ils sont victimes des poursuites de leur pays.

Par ailleurs, vous avez été trop pris dans les serres des départements américains de la Justice et des Finances, qui ont violé les lois suisses destinées à sauvegarder la sphère privée. On comprend que l’administration américaine des Finances s’efforce de contraindre les contribuables à payer leurs impôts, mais c’est une autre histoire que de vouloir s’immiscer dans les autres pays en étant bien décidé à ignorer leurs lois, et à vouloir boycotter leurs banques dans la mesure où leurs autorités ne seraient pas prêtes à modifier les lois de protection des données.

Horizons et débats : A mon avis c’est une question importante. L’accord avec l’Allemagne, par exemple, exige que la Suisse prélève les impôts pour l’Allemagne. Mais les Allemands ont refusé cet accord, car ils veulent que la Suisse reprenne l’entier du droit fiscal allemand. Il apparaît clairement que les grands pays tentent de contraindre les petits à modifier leurs lois. C’est une perte de souveraineté pour tous les petits pays. C’est en contradiction avec la Charte de l’ONU, laquelle protège la souveraineté de tout pays.

Stephen Halbrook : Depuis sa création en 1291, la Suisse a la réputation de s’engager pour sa souveraineté et de la conserver. C’est pourquoi elle ne se contente pas de la neutralité, mais la veut perpétuelle et protégée par une armée. Elle doit donc s’assurer une bonne défense bien en vue face aux autres pays. Les adversaires militaires doivent savoir qu’il vaut mieux ne pas venir, car cela pourrait être sanglant et coûter très cher. C’est pourquoi il faut aussi résister aux pressions économiques et conserver sa propre industrie. On ne devrait pas risquer d’être obligé de n’accepter les bananes, les pommes et les tomates que dans les dimensions dictées par l’Union européenne.

Horizons et débats : Estimez-vous que nous ayons besoin de la neutralité armée ? Est-elle vraiment nécessaire ?

Stephen Halbrook : Oui, c’est nécessaire, surtout pour un petit pays. C’est la seule voie de salut. Il faut ­rester neutre. On doit rester neutre. Dans la mesure où l’on est entraîné politiquement dans les disputes d’autres pays, on s’enfonce, sans la neutralité armée, dans un cul-de-sac. La neutralité ne suffit pas, il faut une forte armée de milice. Vous devez vous comporter comme vos ancêtres depuis 1291. C’est une histoire vieille de 700 ans. Dans certaines batailles, tous les Suisses furent tués, mais l’ennemi avait perdu encore plus de monde. Il y a l’exemple de Winkelried. La version moderne signifie de disposer d’avions de combat, mais aussi des fusils d’assaut 90, à remettre à tout homme dès l’âge de 18 et 20 ans.

Les compétitions de tir sont un important sport national en Suisse. Cela avait particulièrement impressionné les Américains des XIXe et XXe siècles. Les observateurs américains estimaient que ces tirs cantonaux étaient un excellent entraînement d’infanterie. Il ne s’agit pas que d’un programme de formation, mais c’est aussi une fête pour la famille et la population. C’est une tradition suisse sans pareille qui doit être maintenue. Pour ma part, j’ai participé à quelques-unes de ces fêtes de tir et j’ai publié des articles sur le sujet dans des revues américaines de sport de tir.

Horizons et débats : Puis-je résumer ce que vous venez de dire : Le modèle démocratique avec toutes les particularités de la Suisse pourrait être d’intérêt pour tous les pays pour en tirer des expériences et mettre en œuvre la démocratie directe dans leurs pays.

Stephen Halbrook : C’est un modèle merveilleux qui mériterait d’être étudié par d’autres pays. Il est assez dur pour vous de maintenir votre modèle. Vous avez des initiatives populaires telles que l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes » en 2011. Lors du scrutin, 56% ont voté contre et 44% ont voté pour. En fait, vous devez faire attention à ne pas vous trouver divisés en groupes opposés. Il est important de protéger ses propres institutions et de demeurer un modèle positif pour les autres pays. S’il disparaît, le modèle sera disparu pour toujours.

Horizons et débats : Que pouvons-nous faire pour maintenir le modèle et résister à toutes ces attaques venant de l’extérieur – et comme vous l’avez mentionné, également de l’intérieur ?

Stephen Halbrook : On peut tirer des leçons importantes des expériences avec les Américains pendant les années 1991. Il vous faut tenir bon et être forts, et surtout ne pas céder ou être faibles. J’ai observé cela à maints égards. J’ai assisté aux auditions au Congrès américain, qui ont été provoquées par les controverses, dues aux procès intentés contre les banques suisses. L’histoire a été réécrite et réinventée, ce qui servait aux objectifs du procès et conduisait à d’importants paiements.

De nombreux Suisses ne comprenaient pas pourquoi « les Américains » disaient de telles choses. Pourquoi l’ont-ils fait ? Ce n’étaient pas les Américains, c’était seulement un petit nombre d’Américains. Ils l’ont fait pour des raisons politiques et pour sécuriser les paiements.

Le Conseiller fédéral Villiger a présenté ses excuses pour le tampon juif que les nazis ont apposé sur les passeports juifs à partir de 1938. C’était pourtant une initiative allemande, et non pas une initiative suisse. Le rapport de Carl Ludwig de 1957 contenait l’histoire complète de la question des réfugiés : toutes les informations étaient disponibles. Des années plus tard, un journaliste mal informé l’a perturbé et a écrit que la Suisse avait initié le tampon J. Quelle ­idiotie – comme si la toute petite Suisse avait pu dicter quoi que ce soit au Troisième Reich d’Hitler.

Le fait est le suivant : En 1938, le représentant suisse Heinrich Rothmund a rendu visite à l’Allemagne et a rencontré Werner Best, le deuxième plus haut commandant et conseiller juridique de la Gestapo. Ils ont discuté de questions d’immigration. A l’époque, l’Allemagne a essayé d’expulser les Juifs. Lorsque Rothmund a annoncé son opposition à une telle politique raciste, Best lui a fait savoir que les passeports des Allemands juifs seraient désormais marqués par le tampon J. Mais dans les années 1990, l’histoire a été dénaturée. Au lieu d’examiner les faits réels, le président de la Confédération suisse a cédé aux fausses accusations.

Comme je parle en tant que personne venant de l’extérieur et d’une perspective américaine, et comme je connais la façon dont les Américains au pouvoir traitent d’autres pays, je vous dis : la meilleure politique est de se lever et de se battre et de ne pas se mettre à genoux. Vous devez vous lever et être forts. Et de cette façon, vous serez respectés.

Horizons et débats : Nous ne savons pas ce qui se passera en Allemagne ou dans d’autres pays des alentours dans les années à venir.

Stephen Halbrook : Vous devez faire face à l’Allemagne, qui fut agressive à maintes reprises au cours de l’histoire. La menace contre la Suisse date de plus longtemps que 1933–1945 – la Guerre des Souabes eut lieu en 1499.

Horizons et débats : Qu’avez-vous entendu dire quant aux nouvelles analyses au sujet des réfugiés juifs refoulés à la frontière suisse ? Un historien juif de France a déclaré que leur nombre était d’environ 3000, et non pas 24 000, comme le rapport Bergier l’a prétendu.

Stephen Halbrook : Le rapport Bergier était basé sur un modèle insoutenable du point de vue statistique, supposant que chaque réfugié à qui on refusait l’entrée, était un autre réfugié. On ne peut compter quelqu’un qui essaie d’entrer cinq fois, comme cinq personnes différentes. Le chiffre réel est bien inférieur à 24 000. Et il y a un gros problème : on ignore qui entre dans le pays. Les personnes atteintes de maladies par exemple, pour ne pas mentionner les envahisseurs nazis qui planifient des actes de sabotage.

Le fait est que d’autres pays ont exclu les réfugiés juifs. En réalité, c’était là le gros problème en 1938. Après le rattachement de l’Autriche eut lieu la Conférence d’Evian. Les grandes puissances – la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis – ne voulaient pas de réfugiés juifs. La toute petite Suisse tenta d’héberger ces réfugiés et de les aider à trouver des placements permanents. On ne peut attendre qu’ils puissent tous rester dans un petit pays. Il n’y avait aucune coopération de la part des grandes puissances occidentales. La Suisse avait la meilleure réputation concernant l’aide aux réfugiés. Comparez cela au nombre de ceux qui se sont vus refuser l’entrée aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont même refusé l’entrée aux navires qui – entièrement chargés de réfugiés juifs – ont navigué à travers l’océan Atlantique, uniquement pour être renvoyés vers l’Europe. La plupart des passagers périrent dans l’Holocauste.

Horizons et débats : Le fait qu’on a essayé de créer une nouvelle réalité, est très important.

Stephen Halbrook : Mais le rapport Bergier a tant de volumes qu’on ne les lit pas. Il y a des livres davantage lisibles. En Suisse, de nombreux livres sur Henri Guisan viennent de paraître. Jürg Stüssi et Luzi Stamm ont rédigé avec d’autres de nouveaux livres au sujet de la résistance suisse. Des documents britanniques de la Seconde Guerre mondiale, des dossiers de Winston Churchill jusqu’aux dépêches des diplomates ont démontré le rôle positif que le peuple suisse avait joué. Ce sont des livres bien lisibles et ils sont facilement disponibles dans les librairies. Le rapport Bergier n’est ni lisible ni accessible.

Bien sûr, les futurs historiens étudieront le rapport Bergier, mais cela sera compensé par les enregistrements originaux et de diverses sources secondaires. Bergier a refusé de mener des interviews avec des gens de la génération de guerre, bien que ce soit une source importante pour savoir comment les gens vivaient leurs quotidiens. Pour mes propres livres, j’ai interviewé de nombreuses personnes de la génération de guerre et tenté de refléter et représenter leurs sentiments et leurs expériences. J’ai rencontré des gens merveilleux que je n’oublierai jamais de ma vie.

Horizons et débats : Pour les Etats-Unis, mais également pour d’autres pays, la Suisse est un modèle. Elle dispose d’un système politique et social sans pareil.

Stephen Halbrook : Les Américains ont besoin du maintien du modèle suisse, car s’il échoue et si vous changez le système, nous ne pourrons plus nous référer à vos arguments et expériences dans le domaine du fédéralisme ou du droit de porter des armes. Car en ce qui concerne la détention d’armes à feu, vous disposez d’une grande liberté. Le tir sportif est très fort. Vous êtes une communauté impressionnante. Vous donnez le fusil d’assaut 90 à tout homme ayant 20 ans et servant dans l’armée de milice. Il le garde à la maison, ce qui est un modèle important et l’expression de la confiance de la population. Toutefois, un pourcentage disproportionné de crimes violents sont commis par des gens, connus ici sous le nom de touristes criminels. Les Américains, qui soutiennent la détention légale d’armes à feu et rejettent les lois visant à désarmer en général même les personnes qui respectent les lois, se réfèrent au modèle suisse dans nos débats. Cela remonte au moins jusqu’aux années 1930. Je suis très engagé dans ce débat.

L’expérience suisse montre que le fusil n’est pas le problème. Il s’agit d’un problème humain. Dans les zones urbaines des Etats-Unis, nous avons de considérables sous-cultures criminelles. Dans les quartiers pauvres, il y a beaucoup de jeunes hommes qui n’ont pas de perspectives économiques, ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas de formation et chez eux, ils n’ont pas de père. Nous avons donc un effondrement de la famille, mais nous avons également un système de santé qui a particulièrement échoué dans le domaine de la santé mentale (mental health system). Nous avons des tragédies comme celle de la Sandy Hook Elementary School. A l’occasion de tels actes horribles, de nombreux politiciens cherchent à en profiter et proposent des lois visant à désarmer la population qui respecte pourtant la loi, même si de telles lois n’auraient pas évité les tragédies.

Obama est connu pour sa raillerie ex­primée lors d’une collecte de fonds privés à l’égard de ceux qu’il a désignés comme Américains en colère s’accrochant à leurs armes et leurs Bibles. Bien entendu, il a parlé des Américains traditionnels qui ressemblent beaucoup aux Suisses traditionnels. Si vous, en Suisse, ne gardez plus vos valeurs, ceux parmi nous, Américains, qui pensent que la Suisse représente un modèle digne d’être imité, vont également subir une perte. Au début de notre entretien, nous avons abordé la question de savoir dans quelle mesure votre démocratie se prête à être reprise dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, nous avons une démocratie échouée à maints égards. Une démocratie dotée (mais de nom seulement) d’un gouvernement fédéral qui est occupé par le népotisme et exploite les classes défavorisées au profit de ses amis politiques. Pour rappeler un vieux proverbe : « Il vole Pierre pour payer Paul et en acheter la voix. » Nous sommes donc confrontés au déclin de nos valeurs traditionnelles.

Bien sûr, vous vous battez pour la préservation de votre système et pour ne pas céder à l’UE qui transformerait votre pays en un pays satellite des grandes puissances d’Europe qui règnent à Bruxelles. Peu importe que vous l’appeliez népotisme capitaliste ou socialiste, ce serait la fin de votre système fédéral, de la démocratie directe, de la neutralité, de la libre entreprise et des libertés fondamentales.

Horizons et débats : Nous perdrions notre fédéralisme et la démocratie directe et serions gouvernés de Bruxelles par un Etat centraliste. Nous y pouvons bien renoncer. Merci beaucoup de cet entretien.


* Stephen P. Halbrook est avocat et historien. Son ouvrage primé « Target Switzerland » a été traduit en allemand, français, italien et polonais et l’ouvrage « The Swiss and the Nazis » en allemand et français [« La Suisse face aux nazis »]. Son essai « The Swiss Confederation in the Eye of America’s Founders », édité par le « Swiss American Historical Review » se trouve sur le site : www.stephenhalbrook.com/law_review_articles/Halbrook-CH-US-Founders-SAHS-11-12-published.pdf. De plus amples informations sont disponibles sur : www.stephenhalbrook.com/


Pourquoi j’ai écrit le livre « La Suisse encerclée »

Je suis un descendant d’Américains qui sont arrivés en Amérique à bord de la « Mayflower » et qui ont pris part à la révolution américaine. Mes ancêtres étaient des Irlandais, des Anglais et des Français, mais pas des Suisses. Ainsi, je n’ai aucun lien national qui m’influence. En tant que jeune garçon – je suis né en 1947 – j’ai lu des informations à propos de la Seconde Guerre mondiale et je me souviens exactement d’une carte d’Europe à l’époque du IIIe Reich : couvertes de noir presque toute l’Europe continentale, des parties de la Russie et de l’Afrique du Nord, à l’exception d’une petite tache blanche – la Suisse.

Quand j’ai grandi, j’ai entendu des histoires d’Américains qui s’étaient battus à la guerre. J’ai entendu et j’ai lu que ­Hitler n’avait pas attaqué la Suisse parce que le peuple suisse était bien armé et pouvait continuer à se battre avec succès dans les Alpes. Plus tard, j’ai compris que cette vision des faits pendant le temps de guerre s’exprimait généralement dans les médias américains, à commencer par le « New York Times », jusqu’à plusieurs autres organes de publication.

La philosophie et le droit font partie de ma formation professionnelle. J’ai écrit des livres et des articles sur la Constitution américaine, en particulier sur les idées des fondateurs de 1768 à 1791. Lors de ce travail, j’ai constamment découvert des références à la Suisse et des jugements positifs de ses structures tels que le fédéralisme, la démocratie, l’armée de milice et la neutralité. Quand l’Amérique a essayé d’abolir la monarchie et de construire une république, notre pays a regardé la Suisse, comme presque unique société libre au monde, comme un pays entouré d’Etats absolutistes qui pourtant préservait son indépendance. Pendant plusieurs années, j’ai travaillé à un livre relatif à l’influence de la Suisse sur la révolution et la Constitution américaine.

Depuis 1991, je suis venu chaque année en Suisse. 1991 s’y est particulièrement bien prêté, parce que j’ai pu participer aux fêtes du 700e anniversaire de la Confédération helvétique. Depuis ce temps-là, je suis devenu un lecteur enthousiaste de l’histoire militaire de la Suisse, enthousiaste aussi de la manière dont la Suisse a résisté aux nazis. Outre mes travaux de recherche, je participe toujours à des fêtes de tir. Un grand moment fut le Tir fédéral de 1995 à Thoune. J’ai publié là-dessus des articles dans des revues spécialisées américaines. Au cours de ces années, j’ai gagné beaucoup d’amis en Suisse.

Lorsqu’il y a trois ans les attaques contre la Suisse ont commencé, j’ai été étonné de constater à quel point la vérité historique avait été évincée par une pure propagande. Les remarquables institutions suisses qui avaient influencé les fondateurs de l’Amérique, étaient les mêmes qui avaient rendu la Suisse capable de s’opposer au nazisme. Les cercles déterminants dans la politique et dans les médias, qui mettaient en scène la diffamation de la Suisse, sont ceux-là même qui rejettent les valeurs fondamentales derrière ces institutions. En tant qu’Américain, avec certaines connaissances sur la période en question, je me suis senti responsable de m’insurger contre et de dire la vérité sur un sujet qui avait été faussé par de nouveaux « Ugly Americans », suite auxquels notre pays ami historique a vécu un grand tort.

J’ai écrit ce livre pour rendre le public américain attentif au vrai déroulement historique de la période 1933–1945. Depuis deux siècles, nous nous considérons comme deux « républiques-sœurs » en raison de nos valeurs communes, en particulier la liberté personnelle, le fédéralisme et la démocratie. Ces valeurs ont permis à la Suisse de résister au nazisme et de survivre. Le public américain mérite d’apprendre la vérité sur ces événements ; en même temps, il devrait reconnaître la nécessité de conserver ces valeurs pour notre propre république.

Extrait de : Stephen P. Halbrook. Die Schweiz im Visier. Die bewaffnete Neutralität der Schweiz im Zweiten Weltkrieg, Schaffhouse 1999, pp 9. (Traduction Horizons et débats)


Aujourd’hui, la Constitution de la Suisse stipule que tout citoyen suisse de sexe masculin est astreint au service militaire et qu’il est responsable de l’armement qui lui est confié. « Cette particularité suisse est unique au monde et révèle toute la confiance accordée aux citoyens. Le droit de posséder une arme est considéré comme aussi naturel que celui de voter. La démocratie directe suisse, fondée sur un principe de contrat social entre gouvernants et gouvernés, prouve ainsi qu’elle est bien réelle. »

Marko Milivojevic, The Swiss Armed Forces, cit. D’après Halbrook, La Suisse encerclée, p. 257


La Suisse était le seul pays d’Europe à n’avoir pas de leader politique au pouvoir absolu susceptible de livrer son peuple aux nazis. Sur son territoire, il n’y eut ni victimes juives ni juridiction de la Gestapo, ni travail forcé pour la machine de guerre allemande. Chaque homme, en Suisse, gardait son fusil chez lui. La Suisse fut aussi le seul pays d’Europe où l’on proclama que, dans l’éventualité d’une invasion, toute annonce de reddition devait être considérée comme de la propagande ennemie et que chaque soldat devait combattre jusqu’à sa dernière cartouche, puis finalement, même à la baïonnette.

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 12

La plus authentique démocratie d’Europe, si ce n’est du monde » fut le sujet d’une analyse du New York Times, en août 1938 : « La Suisse, une île de liberté et d’harmonie dans un océan de dictature et de discorde, a été une citadelle de paix au cours des siècles tourmentés. Mais cette paix n’est pas purement passive. Les Suisses sont prêts à combattre si le besoin s’en fait sentir. Ils l’ont montré, le printemps dernier, quand les Allemands se sont emparés de l’Autriche. Déterminés, les Suisses attendent le prochain acte, à leur façon, calmes et sereins, fusils chargés et baïonnette au canon. »

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 65/66

Ce livre rend compte aussi de la répulsion qu’inspirait aux Nazis la démocratie suisse, et de celle qu’inspirait, réciproquement, le nazisme à la majorité des Suisses. Il montre la détermination manifestée par les Suisses pour éviter d’être absorbés par le Reich allemand – ce qui eût signifié l’extinction de l’identité et de la culture suisses, l’extermination d’un grand nombre de dissidents politiques réfugiés en Suisse et la mort presque certaine de 50 000 Juifs suisses ou réfugiés, établis dans la Confédération durant la guerre. (Ce fait acquiert une signification accrue si l’on veut bien considérer qu’en Allemagne et en Autriche, 28 000 Juifs seulement survécurent au conflit.)

Halbrook, La Suisse encerclée, p. 12

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Utilisation d’armes chimiques par les "rebelles" syriens.

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Utilisation d’armes chimiques par les "rebelles" syriens
Un reportage de la journaliste russe Anastasia Popova
Un missile contenant un gaz toxique avait fait, le 19 mars 2013, 25 morts et une centaine de blessés à Khan al-Assal, un quartier du sud-ouest d’Alep (*) fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad. Le ministère des Affaires étrangères syrien avait, à ce sujet, envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies l’appelant à « prendre ses responsabilités et à définir une limite à ces crimes de terrorisme et à ceux qui le soutiennent ».
8 juin 2013 | Thèmes (S.Cattori) : Syrie

La journaliste russe Anastasia Popova s’est rendue sur place à Khan Al-Assal à fin mars. Elle y a rencontré la population qui lui a fourni des éléments pouvant prouver que des agents chimiques avaient été utilisés par les « opposants ».
Voici son reportage (malheureusement non traduit en français).

(*) Voir : « L’Occident couvre le bombardement chimique des terroristes en Syrie », 22 mars 2013.
http://www.silviacattori.net/article4310.html
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Trafic d’organes au Kosovo : les amis de Bernard Kouchner impliqués.

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie

Trafic d’organes au Kosovo : les amis de Bernard Kouchner impliqués
De nombreux indices impliquent des anciens chefs de l’UCK, aujourd’hui au pouvoir, dans le trafic d’organes dont ont été victimes des prisonniers de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Des "exécutants" repentis ont avoué qu’en 1999 ils ont kidnappé des Serbes pour le compte de l’UCK. Transportés ensuite en Albanie, notamment dans une maison peinte en jaune, les captifs étaient tués d’une balle dans la tête. On leur prélevait les reins et d’autres organes qui étaient expédiés par avion dans d’autres pays.
10 juin 2013

Quand la « maison jaune » a été repeinte en blanc par ses monstrueux propriétaires, « lavée » de presque toutes traces, c’est la clinique privée Medicus qui a pris le relais. Les prélèvements d’organes sur des personnes vulnérables s’y sont poursuivis jusqu’en 2008.

En juin 2009, Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères de M. Sarkozy, en accueillant à Paris le Premier ministre du Kosovo et ancien chef de l’UCK, Hashim Thaçi, a déclaré être « heureux » d’avoir reçu son « ami ». Or, l’« ami » de Bernard Kouchner serait un homme lié à la mafia, qualifié par plusieurs services de renseignements comme une personnalité clé du crime organisé dans les Balkans. [Voir le rapport sur le trafic d’organes présenté par le député suisse Dick Marty, en décembre 2010, devant le Conseil de l’Europe].


Bernard Kouchner et la maison jaune

Pierre Péan revient sur cet épisode dans son livre Kosovo une guerre « juste » pour un Etat mafieux [1]. Il écrit : « Budimir Nicic, patron du Media Center, se souviendra toute sa vie de son face à face avec Bernard Kouchner », le 2 mars 2010 alors qu’il questionnait Kouchner pour Voice of America.

En revoyant cette vidéo Budimir Nicic lui dit se sentir « blessé et insulté » par la réaction de Bernard Kouchner.

« Il fait semblant d’entendre parler de la “Maison jaune” pour la première fois. [...] J’avais mené une enquête auprès des familles de disparus et quelques-unes avaient mentionné Bernard Kouchner, en tant que patron de la Minule, comme l’un des responsables de leurs souffrances, aux côtés de la KFOR et des Etats-Unis...C’était le prétexte de ma question [...] Tout le monde a été scandalisé par son comportement. Ici, on ne parlait que de ça... [...] Les crimes les plus terribles ont eu lieu alors qu’il dirigeait le Kosovo. Il n’a tenu aucune de ses promesses de retrouver les auteurs de crimes contre les Serbes. C’étaient des paroles dans le vide... »
[...]
« Naim Miftari, ancien cadre de l’UCK, qui témoigne désormais à visage découvert dans plusieurs procès ultrasensibles, va plus loin que Budimir : “En 1999, aucun crime ne pouvait être commis au Kosovo sans que Kouchner en soit informé”. » [2].

Les victimes sont ignorées

L’ONU savait. Les chancelleries, informées par divers services de renseignements, savaient.

Tout le monde sait que le Kosovo, déclaré indépendant en 2008, continue aujourd’hui d’être dirigé par des personnalités liées au crime organisé, impliquées, de près ou de loin, dans ce trafic d’organes international. Près de 60 pays n’en ont pas moins accordé une prompte reconnaissance à ce nouvel État mafieux, dont les gouvernements savaient parfaitement que ses dirigeants étaient les parrains de toutes les horreurs.

La Suisse, sous l’impulsion de la Conseillère fédérale socialiste Micheline Calmy Rey a été le 31ème pays à reconnaitre, malheureusement, l’indépendance de l’ancienne province serbe. Or, la Suisse, pays neutre n’avait pas participé à la guerre illégale menée par l’OTAN contre la Yougoslavie. Elle n’avait aucune raison de se rallier à des pays pressés, eux, de détacher le Kosovo de la Serbie pour des raisons stratégiques.

Le gouvernement suisse n’aurait jamais du se compromettre dans la reconnaissance de cet Etat voyou.

Mme Calmy Rey n’admettra jamais cette erreur majeure. Interpellée, depuis décembre 2010, au sujet des accusations désignant le premier ministre Hashim Thaçi et le Kosovo, comme étant le centre des trafics dans les Balkans, elle continue de défendre obstinément sa reconnaissance du Kosovo.

Que peuvent attendre les victimes de ces politiciens qui d’une manière ou d’une autre couvrent les bourreaux ?

Silvia Cattori

 

http://www.silviacattori.net/article4530.html


 

[1] Kosovo une guerre « juste » pour un Etat mafieux. Editions Fayard, 2013

[2] Citation de Pierre Péan, pages 331,333

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La Syrie et la guerre de l’information. Le syndrome irakien Jean Geronimo.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La Syrie et la guerre de l’information
Le syndrome irakien
Jean Geronimo,

mardi 11 juin 2013, par Comité Valmy


 

 Source image : planetenonviolence.org

***

La Syrie et la guerre de l’information
Le syndrome irakien

27/02/2012

La Syrie est au cœur d’une guerre d’influence héritée de la transition post-communiste du nouvel ordre international et médiatisée par des rapports de puissance. Cette guerre « tiède »2) , forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, opposant l’axe arabo-occidental à l’axe eurasien prend, désormais, une tournure décisive. Un point de non retour a été atteint, suite à l’islamisation croissante de l’opposition armée, plus ou moins prévisible et dénoncée par Moscou depuis le début du conflit. Pour V. Poutine, cette montée de l’Islam radical est allègrement alimentée par l’ingérence de puissances étrangères, n’hésitant pas à violer les règles westphaliennes de souveraineté nationale et voyant dans la crise syrienne un prétexte de revenir « dans le jeu ». La construction du point critique par la coalition arabo-occidentale, dans le but de déstabiliser le régime syrien, a été jusque là méticuleusement poursuivie – via la formation, l’armement et le soutien des « rebelles » depuis l’étranger, parfois dans le cadre de « camps » installés à proximité de la frontière syrienne. Moscou redoute, désormais, une extension du « printemps islamique » jusqu’à sa périphérie sud.
Dans cette optique, instrumentalisée par les parties en conflit, l’information a un rôle politique clé.

 

Rôle politique de l’information, via son formatage de l’opinion publique

L’appel à l’aide de Damas à la Russie pour une couverture plus « objective » de l’actualité syrienne semble, de ce point de vue, logique. Il s’agit, notamment, d’élargir le pluralisme des sources de l’information, unilatéralement orientée jusqu’à présent contre « celui qui massacre son peuple » - selon le slogan médiatique, repris en Occident. Car, comme tout Etat témoin du « scénario » irakien de 2003 (puis libyen de 2011), la Syrie sait parfaitement qu’une stratégie de désinformation patiemment construite peut justifier une intervention militaire au nom d’une vision de la démocratie à géométrie variable et, surtout, au profit d’objectifs de puissances globales ou régionales ambitieuses, donc prédatrices.

 

Le mardi 23 avril 2013, le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, en visite à Moscou, a ainsi déclaré devant les députés à la Douma (chambre basse du parlement russe) : « Vous n’ignorez pas que des dizaines d’agences d’information et de chaînes de télévision participent à une véritable guerre de l’information contre nous. Dans le même temps, les chaînes de télévision syriennes n’ont pratiquement pas accès aux satellites »3) . Selon les dirigeants syriens, la désinformation médiatique internationale sur l’évolution de la crise s’insère, désormais, dans une stratégie plus globale de délégitimation puis de renversement du régime – au risque d’une régionalisation du conflit, tant redoutée par Moscou.

 

En fait, l’information quotidiennement diffusée sur la « révolution » syrienne est, à l’origine, « produite » par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH)4), étrange ONG basée à Londres et dirigée par un farouche opposant au président Assad, proche des fameux « frères musulmans ». Cette curieuse situation, politiquement très orientée, nous amène à nous interroger sur la fiabilité de cette « information » structurellement anti-Assad et régulièrement reprise par les médias occidentaux, sans aucun contrôle. Depuis le début de cette crise, la Russie a fort justement contesté la légitimité de cette douteuse ONG, comme source quasi-exclusive de l’information sur la Syrie.

 

Au final, cette évolution a fini par conditionner l’opinion publique occidentale contre le méchant « dictateur syrien », pour reprendre l’expression relayée par nos médias. Et une conséquence programmée de cette stratégie informationnelle a été de justifier les divers soutiens extérieurs à l’opposition « rebelle », comme étape préalable à une ingérence politico-militaire de plus en plus forte donc, à terme, potentiellement décisive. Au nom du « droit au bonheur » des peuples souverains, justifiant une guerre de « libération ». ». Pourtant, comme le reconnaît le président de la commission d’enquête de l’Onu sur la Syrie, Paulo Pinheiro : « La majorité des rebelles est très loin de penser à la démocratie. Ils ont d’autres inspirations »5) . Fin d’un rêve…

 

La manipulation de l’information permet, notamment, de répandre des rumeurs nuisant à l’image du président Assad, dont celle récurrente depuis plus de 2 ans et déjà couronnée de succès en Irak, de « l’utilisation d’armes chimiques » par le régime. Pour l’Amérique d’Obama, c’est « une ligne rouge » à ne pas franchir et pour l’opposition anti-Assad, une réelle « opportunité » politique. Cet avertissement d’Obama peut, en effet, inciter l’opposition syrienne à mettre en œuvre une stratégie manipulatoire, destinée à persuader l’opinion publique mondiale du franchissement effectif de cette ligne interdite, qui précipitera l’intervention américaine. Et, a priori, ce scénario est en train de se réaliser.

 

Par la voix du secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev, qui reconnaît, à ce jour (le 6/05/2013), l’absence de preuves irréfutables sur l’éventuel emploi de gaz interdits, la Russie pose la bonne question : « Vu la situation actuelle des dirigeants syriens, ont-ils ou non intérêt à utiliser cette arme ? Je pense qu’il s’agit d’une voie suicidaire, et les autorités de Damas n’ont aucun intérêt à l’emprunter »6) . Un mois plus tard, le mardi 4 juin 2013, la Commission d’enquête sur les violations des droits de l’Homme en Syrie souligne la culpabilité partagée des deux parties au conflit dans l’emploi des armes chimiques.7)
Alors, qui manipule qui ? Retour, obligé, vers le passé…

 

La construction médiatique du « seuil critique » d’intervention

Dés septembre 2011, le site de Bernard-Henri Lévy affirmait, sans aucune preuve rappelle l’Agence France-Presse, que « des tueurs d’Assad [ont] lancé dans la région d’Al Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques »8) . Le 12 mars 2012, la menace se précise, selon le rapport annuel présenté au Sénat américain par le directeur du renseignement national, James Clapper. Ainsi, il y est indiqué que « La Syrie développe avec succès un programme de recherche sur les armes chimiques, elle augmente ses stocks de gaz moutarde, de sarin et de gaz neuroplégique VX. Nous estimons que Damas possède également des bombes, des missiles et des obus d’artillerie pouvant servir de vecteurs d’armes chimiques ». Et Klapper de confirmer, à nouveau comme il y a un an, que « Les Etats-Unis et leurs alliés surveillent les stocks d’armes chimiques » redoutant, sans doute, la perte de contrôle par Damas des armes chimiques, au profit des « terroristes ». Certains experts craignent également un possible emploi des armes chimiques,9) « en dernière extrémité » par Damas. Dans tous les cas, il semble évident que l’arme chimique sera le signal déclencheur privilégié d’éventuelles frappes américaines ciblées sur le territoire syrien. En Syrie, insiste un peu plus tard le Figaro, le 22 juillet 2012, « les armes chimiques sont sous surveillance »10) .
On redoute alors le pire. Soit, mais pour qui ?

En décembre 2012, le fameux OSDH accuse le régime syrien d’utiliser des armes chimiques à Homs et, en mars 2013, dans les environs d’Alep et de Damas 11). Bien que très vague, l’information est rapidement diffusée, sans aucune vérification et la moindre suspicion. Plus surprenant, les israéliens s’y mettent à leur tour, le 15 mars 2013. Le chef du renseignement militaire israélien, le commandant Aviv Kochavi, tire alors la sonnette d’alarme. Avec d’étranges certitudes et une certaine « impatience », Kochavi assure que les troupes gouvernementales syriennes s’apprêtent à employer des armes chimiques contre les insurgés : « Assad n’a pas encore donné l’ordre approprié, mais il s’y prépare déjà »12) . Le 23 avril 2013, le renseignement militaire israélien dénonce un « passage à l’acte » du régime syrien. Ainsi, selon un responsable de ce service, le général de brigade Itai Brun, cité par le quotidien Haaretz : « D’après ce que nous avons compris, le régime [syrien] a eu recours à des armes chimiques meurtrières dans un certain nombre d’incidents, il s’agit probablement du gaz sarin »13) . On remarquera que le discours israélien – à l’instar des autres discours accusateurs – s’appuie sur de pures hypothèses, mais sur aucune preuve concrète. Etonnant, tout de même, pour une structure de sécurité mondialement réputée…

 

Le 26 avril 2013, les Etats-Unis affirment (enfin !) avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques en Syrie, selon le Washington Post se référant à une lettre de la Maison Blanche lue par le chef du Pentagone Chuck Hagel à Abu Dhabi (Emirats arabes unis). Ainsi, selon la missive, « Les Etats-Unis ont la preuve que des armes chimiques, dont le gaz sarin, ont été utilisées en Syrie à une faible dose ». Par précaution, la missive rappelle que ces informations doivent être vérifiées avant d’en tirer les conséquences politiques (jg : on devine lesquelles), selon Hagel : « Nous ne sommes pas en mesure de confirmer l’origine de ces armes, mais nous supposons que tout recours aux armes chimiques en Syrie provient du régime d’Assad (jg : c’est une présomption de culpabilité). Nous devons disposer de l’ensemble des faits et des informations. Certaines incertitudes concernant le lieu, la nature des armes et les auteurs persistent »14) .Troublant aveu.

 

Le 10 mai 2013, après d’autres rumeurs, la Turquie entre enfin dans la ronde, par l’intermédiaire de son premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avouant détenir (encore !) la preuve de l’utilisation de gaz de combat par Damas. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine NBC, Erdogan, omettant (volontairement ?) de citer les détails concernant le lieu et la date d’emploi de ces armes, affirme : « Des blessés, victimes d’armes chimiques, figurent parmi les personnes placées dans nos hôpitaux. Il ne fait aucun doute que le régime [de Bachar el-Assad] utilise des missiles et des gaz de combat ». Surtout, il affirme – surprenante révélation ! – que « la ligne rouge » autorisant les Etats-Unis à intervenir pour renverser le président Assad « avait été franchie depuis longtemps »15) . Tout devient clair.

 

Enfin, pour couronner le tout – et cela n’est pas surprenant, même plutôt « logique » – la Grande Bretagne, par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie, William Hague, a alimenté le 20 mai cette diatribe anti-Assad : « On voit apparaître de plus en plus de témoignages convaincants sur le fait que le régime syrien a utilisé et continue d’utiliser des armes chimiques. Nous avons des échantillons physiologiques provenant de Syrie, confirmant l’utilisation de Sarin, même s’ils ne disent rien de l’ampleur de cet emploi ». Selon le diplomate, « notre supposition est que selon toute vraisemblance ces armes sont utilisées par le régime syrien » – « suppositions » régulièrement reprises par les diplomaties occidentales, dont américaine et française. Hague a, pour conclure, ajouté qu’il « n’existait aucune preuve du fait que l’opposition en utilise »16) . Voilà qui est dit. Pourtant, à ce jour, il n’y a toujours pas de preuve concrète et irréfutable incriminant Assad mais seulement, des suppositions. Comme une réactivation du « syndrome » irakien, subordonné à un objectif politique latent – très inquiétant.

 

Face à la multiplication des accusations, O. al-Zohbi dénonce un « mensonge éhonté », destiné à faire pression sur le régime syrien. Pour lui, il s’agit aussi d’une question morale et humanitaire : « la Syrie n’utilisera jamais (d’armes chimiques), pas seulement parce qu’elle respecte la législation internationale et les règles d’une guerre, mais en raison de problèmes humanitaires et moraux »17) . La position syrienne a, au moins, le mérite d’être claire et, en définitive, d’intégrer un engagement moral.

 

Redoutant une instrumentalisation politique, Moscou a averti que ces multiples rumeurs incontrôlables ne devaient pas servir « d’alibi » pour une intervention militaire en Syrie. Pour l’émissaire du président russe au Moyen-Orient, Mikhaïl Bogdanov, cette stratégie de désinformation doit cesser : « s’il y a des preuves sérieuses sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, il faut les montrer immédiatement et ne pas les dissimuler »18) . Moscou redoute une tentative de répéter le « modèle libyen ». Cela explique - en association avec la Chine - son opposition systématique aux résolutions proposées à l’ONU par la coalition arabo-occidentale. Une raison majeure est que ces résolutions sont potentiellement manipulables, donc suspectées de préparer une intervention et, dans une première étape, de chercher à créer une zone d’exclusion aérienne – prétexte à un « couloir humanitaire ».

 

Comme une étrange impression de « déjà vu ».

La « bombe » politique de C. Ponte, (trop) vite neutralisée…

Dans ce contexte très tendu, le 6 mai 2013 a été un véritable choc. Les rumeurs redondantes sur l’emploi « prouvé » d’armes chimiques par le « sanguinaire » Assad sont alors en effet brutalement remises en cause, par Carla Del Ponte 19), membre de la commission d’enquête indépendante de l’Onu sur les violences en Syrie. Avec un certain courage et contre le consensus médiatique, C. Ponte a même retourné l’accusation contre les vertueux « rebelles » : « Il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuve incontestable, de l’emploi de gaz sarin, sur la base de la manière dont les victimes ont été soignées ». Puis, la magistrate suisse précise que « Le gaz aurait été utilisé par les rebelles et non par les forces gouvernementales »20) . Un discours, cohérent, précis et nuancé - très loin des certitudes de la pensée unique – et surtout, une information plus « équilibrée ». Enfin…

 

Très (trop ?) vite, les conclusions de C. Ponte ont été à leur tour démenties quelques heures plus tard par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie. Cette Commission précise, en effet, que son enquête « n’a pas atteint des résultats permettant de conclure que des armes chimiques ont été utilisées par les parties au conflit »21) . Avec une certaine légitimité, on peut se demander pourquoi l’enquête n’a pas été poursuivie ? Retour à la case départ.

 

En fait, on a l’impression d’un traitement à deux vitesses des rumeurs sur l’emploi des armes chimiques, selon qu’elles incriminent ou pas le régime syrien. Les nombreuses rumeurs anti-Assad sur cette question n’ont presque jamais été remises en cause, alors qu’elles étaient le plus souvent assises sur de simples « impressions », dans une optique évidente de manipulation – en vue d’accélérer le seuil critique d’intervention. Dans le même temps, la demande de Damas (très précise, donc facilement vérifiable) adressée à l’ONU d’enquêter sur l’éventuel emploi d’armes chimiques par l’opposition, le 19 mars 2013 dans la région d’Alep, a été longtemps occultée. Cela a conduit Moscou à dénoncer un « frein » à la poursuite d’une enquête politiquement gênante. Ainsi, selon Vitali Tchourkine, délégué permanent de la Russie auprès de l’Onu : « Nous exhortons [l’Onu] à renoncer à toute tentative de faire traîner sous différents prétextes la demande formulée par les autorités syriennes d’enquêter sur une utilisation éventuelle d’une arme chimique dans une banlieue d’Alep (nord de la Syrie) ». En outre, le diplomate russe a souligné que le secrétariat des Nations unies n’avait pas fait preuve « de suivi, ni de transparence » lors de l’examen de cette demande 22) .

 

De manière étrange – curieuse coïncidence – les rumeurs chimiques anti-Assad ont repris de plus belle à l’approche de la future Conférence internationale sur la Syrie (prévue courant juillet) et à la veille de la réunion des chefs de diplomatie de l’UE sur l’avenir de l’embargo (28/05/2013). Ainsi, par l’intermédiaire de deux de ses journalistes, le Monde du 27 mai 2013 rapporte que les forces syriennes utilisent des « gaz toxiques » aux alentours de Damas et que ces derniers en auraient, eux-mêmes, constaté les effets 23) . Au final, on peut penser que cette « information » a été politiquement décisive, dans la mesure où d’une part, l’Europe a décidé de lever prochainement l’embargo sur les armes et que d’autre part, la conférence sur la Syrie, « Genève 2 », – porteuse d’une solution négociée, donc consensuelle – semble fragilisée, tant dans sa portée que dans sa légitimité : on ne négocie pas avec un « dictateur » qui « gaze » son peuple.

 

Pour cette raison, toute décision issue de cette conférence pourra être définie comme illégitime par l’opposition anti-Assad. Une véritable aubaine…

 

Une ligne rouge « incontestablement » franchie ?

Comme si, en dernière instance, au nom d’une présomption de culpabilité relayée par une opinion publique conditionnée et parce que de puissants intérêts sont en jeu, l’information (politiquement correcte) devait être consciemment orientée contre le « dictateur » Assad – créant, par ce biais, une redoutable asymétrie. L’objectif implicite est d’accélérer son élimination et d’éviter ainsi une solution négociée, gênante pour les éléments les plus « radicaux » de l’opposition, dont la seule chance d’accéder au pouvoir passe par une victoire militaire, c’est à dire par l’écrasement dans le sang du régime syrien – quel qu’en soit le coût. Cette hypothèse est reprise par le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov : « On a l’impression que la Coalition nationale, et notamment ses sponsors régionaux, mettent tout en œuvre pour empêcher le lancement d’un processus politique et provoquer une intervention militaire en Syrie »24) .

 

Au regard de leur statut et à l’instar du Kosovo, les conclusions de C. Ponte sur la Syrie dépassent le stade de la simple rumeur et mériteraient d’être approfondies – d’autant plus qu’elles apportent une dose pluraliste à l’information. Le 2 juin 2013, la saisie d’un « lot de gaz toxique sarin » par l’armée syrienne lors d’une opération contre les « rebelles » dans la ville de Hama est venue renforcée les conclusions de l’experte de l’ONU.25) Alors, pourquoi chercher, à tout prix, à les étouffer ?

 

Le mercredi 5 juin, le chef de la diplomatie française, L. Fabius, porte le « coup de grâce ». Sur la base d’échantillons analysés en laboratoire, il accuse le régime syrien d’avoir utilisé à plusieurs reprises du « gaz sarin » : « Nous n’avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (...). La conclusion du laboratoire est claire : il y a du gaz sarin ». Selon le responsable français, il s’agit d’une « ligne qui est franchie incontestablement ». Et la sentence, au regard des affirmations précédentes, était prévisible : « Nous discutons avec nos partenaires de ce qu’il va falloir faire et toutes les options sont sur la table »26) . Dont, probablement, l’option militaire…

 

Le « syndrome » irakien, au cœur d’une terrible guerre de l’information – levier d’un nouveau « soft power »

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Grenoble, le 5 juin 2013

 

Jean Geronimo, Docteur, spécialiste de la Russie


1) http://fr.rian.ru/world/20120227/193510504.html : « Printemps arabe : éviter une répétition du scénario libyen », Moscou, 27/02/2012 – RIA Novosti.


2) Ce concept est développé dans le post-scriptum « Les Révolutions arabes, et après ? – A la recherche d’un Printemps russe » de la seconde édition enrichie de mon livre « La pensée stratégique russe », 2012, Sigest.


3) http://fr.rian.ru/world/20130423/198152213.html : « Guerre de l’information : Damas compte sur l’aide de Moscou », Moscou, 23/05/2013 - RIA Novosti.


4) OSDH : Organisation basée à Londres et représentée par un seul homme (Rami Abdelrahman), opposant politique au régime syrien. Il opère dans un studio londonien sous haute protection des services de sécurité britanniques. Ses informations, nourries par de mystérieux coups de fils, sont reprises sans aucun contrôle par AFP, CNN, CBS, BBC… De manière systématique, il incrimine le régime syrien et glorifie l’Armée Libre Syrienne (ALS).


5) http://fr.rian.ru/world/20130530/198426810.html : « Syrie : la majorité des rebelles ne veulent pas une démocratie », P. Pinheiro, Moscou, 30/05/2013 - RIA Novosti.

6) http://fr.rian.ru/world/20130506/198236249.html : « Armes chimiques en Syrie : aucune preuve incontestable », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.
7) http://fr.rian.ru/world/20130604/198467453.html  : « Syrie : les deux parties ont utilisé des armes chimiques », Moscou, 4/06/2013 – RIA Novosti.


8) Rapporté par :http://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/AMADO/48102 : « Syrie, champ de bataille médiatique », A. Amado et M. de Miramon, sept. 2012 – Le Monde Diplomatique.


9)http://fr.rian.ru/world/20130312/197776088.html  : « La Syrie possède des armes chimiques et biologiques, selon les USA », Washington, 12/03/2012 - RIA Novosti.


10) http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/20/01003-20120720ARTFIG00518-syrie-les-armes-chimiques-sous-surveillance.php ?print=true  : « Les armes chimiques sont sous surveillance », G. Malbrunot, 20/07/2012 – LeFigaro.fr.

11)http://www.mondialisation.ca/gaz-sarin-en-mains-rebelles/5334115  : « Gaz sarin en mains « rebelles », S. Cattori, 6/05/2013 – Mondialisation.ca.


12)http://fr.rian.ru/world/20130315/197804511.html : « Syrie : l’opposition contrôle les deux tiers du pays », A. Kochavi, 15/03/2013 – RIA Novosti.
13) http://fr.rian.ru/world/20130423/198151299.html : « Syrie : Damas aurait utilisé des armes chimiques », I. Brun, 23/04/2012 – RIA Novosti. 14) http://fr.rian.ru/world/20130426/198175316.html  : « Syrie - armes chimiques : les USA affirment disposer de preuves », 26/04/2013 – RIA Novosti.


15) http://fr.rian.ru/world/20130510/198264823.html : « Erdogan affirme avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Damas », Ankara, 10/05/2013 – RIA Novosti.


16)http://fr.rian.ru/world/20130520/198347400.html  : « Syrie : Londres dit avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Assad », Londres, 20/05/2013 – RIA Novosti.


17) http://www.liberation.fr/monde/2013/04/27/armes-chimiques-en-syrie-damas-accuse-londres-et-washington-de-mentir_899519 : « Syrie : le régime rejette les accusations sur l’utilisation d’armes chimiques », dépêche AFP, 27/04/2013 – Libération.fr.


18) http://www.liberation.fr/monde/2013/04/29/armes-chimiques-en-syrie-obama-dit-son-inquietude-a-poutine_899918 : « Armes chimiques en Syrie : Obama dit son « inquiétude » à Poutine », dépêche AFP, 29/04/2013 – Libération.fr.

19) C. Ponte est l’ancienne Procureuse générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). En 2008, dans ses mémoires, elle a dénoncé le trafic d’organes dont auraient été (principalement) victimes des prisonniers serbes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). En 2010, et en dépit de pressions visant à étouffer « l’affaire », cette hypothèse de Ponte a été confirmée par le rapport Marty, impliquant dans ce « trafic » des dirigeants du Kosovo, dont l’actuel premier ministre, Hashim Thaçi. Sources : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-04-Kosovo : : « Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant », J.A. Dérens, 4/01/2011 – Le Monde diplomatique.


20)http://fr.rian.ru/world/20130506/198233177.html : « Armes chimiques en Syrie : les rebelles dans le collimateur de l’Onu », Genève, 6/05/2013 – RIA Novosti.


21)http://fr.rian.ru/world/20130506/198237683.html  : « Armes chimiques en Syrie : l’ONU ne dispose pas de preuves formelles », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.


22) http://fr.rian.ru/world/20130425/198165598.html : « Syrie/armes chimiques : Moscou prie l’Onu de ne pas tergiverser », New York, 25/04/2013 – RIA Novosti.
23) http://www.rfi.fr/print/965255 ?print=now  : « Deux journalistes du « Monde » témoignent de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », 27/05/2013 – RFI.


24) http://fr.rian.ru/world/20130530/198428356.html  : « La coalition de l’opposition veut provoquer une ingérence étrangère », S. Lavrov, Moscou, 30/05/2013 – RIA Novosti.

 

25) http://fr.rian.ru/world/20130602/198452666.html : « Syrie : l’armée saisit un lot de gaz sarin dans la ville de Hama », Moscou, 2/06/2013 – RIA Novosti.


26) http://fr.rian.ru/world/20130605/198474455.html : « Syrie : Paris accuse Damas d’avoir employé des armes chimiques », Moscou, 5/06/2013 – RIA Novosti.

« Il est inacceptable que le scénario libyen soit réédité en Syrie. » Vladimir Poutine 1)
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L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie. Par Silvia Cattori.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie
Silvia Cattori

samedi 8 juin 2013, par Comité Valmy

 

***

L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie

Après la publication par Le Monde d’un « reportage » censé apporter la « quasi preuve » que Bachar el-Assad utilise des armes chimiques, et dont tout indique qu’il a été « monté » en collusion avec le gouvernement français (*), l’offensive diplomatique de ce dernier pour tenter à toute force d’obtenir une intervention militaire en Syrie vient de franchir un nouveau pas.

 

 

6 juin 2013

 

« La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée » a déclaré le 4 juin le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué, en précisant par la suite sur France 2 qu’il ne faisait « aucun doute » que ce gaz avait été utilisé par « le régime et ses complices ». La stratégie du mensonge qui a déjà permis aux puissances de l’OTAN de bombarder la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, va-t-elle cette fois encore permettre de frapper la Syrie ?

 

 

Après avoir qualifié les mercenaires qui depuis deux ans terrorisent et martyrisent le peuple syrien de « résistants, révolutionnaires », après avoir répété « Bachar doit partir », au mépris de la volonté de son peuple qui soutient à 70% son gouvernement [1], après avoir appelé l’Union européenne à armer ces mercenaires, Laurent Fabius prétend maintenant détenir des analyses de laboratoire « prouvant l’usage de gaz sarin » par l’armée regulière syrienne.

 

 

Quelle crédibilité peut-on accorder aux « preuves » que Laurent Fabius tient de deux journalistes revenus de Syrie avec des échantillons dont la « provenance » ne peut pas être établie avec certitude, et dont les analyses ont été confiées au « centre de recherche du Bouchet, qui dépend de la Délégation générale de l’armement (DGA) » [2] ?

 

 

L’ « enquête » réalisée en Syrie par Le Monde, cela saute aux yeux, est un coup monté de toute pièce. Un coup qui a impliqué des agents secrets français. Les fameuses fioles remises par la France à l’ONU constituent un enjeu capital pour la France dont la lamentable diplomatie a reçu gifle après gifle. N’importe quel État ou groupe peut en fabriquer, comme cela s’est déjà vu avec l’Irak quand Powell a brandi une fiole à l’ONU en 2003 pour justifier la guerre qui devait renverser Saddam Hussein, présenté lui aussi sous les traits du Grand Satan.

 

Pourquoi M. Fabius et les journalistes du Monde n’ont-ils fait aucun tapage médiatique quand, le 29 mai, la police turque avait découvert quatre kilos de gaz sarin à Adana, en Turquie, en possession de membres du front Al Nosra qui auraient avoué vouloir acheminer ce gaz sarin vers les zones de combat en Syrie ? [3]

 

 

Pourquoi quand le 2 mai l’armée régulière syrienne a saisi deux kilo de gaz sarin dans la ville de Hama, lors d’une opération contre les « combattants armés » [4], cela n’a-t-il pas non plus été rapporté par Le Monde ?

 

 

Les États-Unis ont réagi avec une grande prudence aux « révélations » de M. Fabius : « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (...) avant de prendre une décision (…) Il nous faut enquêter davantage », a déclaré le porte-parole de Barack Obama.

 

 

Même prudence du côté de l’ONU qui par le passé avait couvert les mensonges et les abus des puissances qui ont conduit l’Irak et la Libye à leur perte : « Il n’est pas sûr que ces renseignements soient valides, en l’absence d’indications suffisantes sur la traçabilité des données recueillies » a prévenu Ake Sellström, chef de la mission d’enquête chargée par Ban Ki-Moon de vérifier les accusations d’emploi d’armes chimiques en Syrie. [5]

 

 

Combien de temps M. Fabius va-t-il encore pouvoir répéter sa « certitude » que Bachar el-Assad « a utilisé du gaz sarin » ? Combien de temps les médias français comme Le Monde et Libération vont-ils pouvoir continuer de mentir avec lui ?

 

 

Combien de temps faudra-t-il à l’opinion publique pour comprendre que les objectifs de leur gouvernement -la France et la Grande Bretagne en tête- sont criminels et que les reporters de guerre, envoyés spéciaux, correspondants -de France télévision, Radio France, Arte, France 25 notamment- qui couvrent leur crimes sont généralement liés aux renseignements militaire et font partie d’un tout, de la machine de guerre ?

 

 

Silvia Cattori

 

(*) Voir : « L’enquête sur les armes chimiques par deux reporters du Monde en Syrie : Une nouvelle manipulation », par Silvia Cattori, 31 mai 2013.
http://www.silviacattori.net/article4498.html

 

Voir également : « Le Monde fait de la propagande pro-guerre sur les armes chimiques en Syrie », par Anthony Torres et Alexandre Lantier, 5 juin 2013.
http://wsws.org/fr/articles/2013/jui2013/mond-j05.shtml

 


[1] Voir : « OTAN : 70% des Syriens soutiennent Assad », 2 juin 2013.
http://www.silviacattori.net/article4508.html Et, selon un rapport de l’agence centrale du renseignement américain (CIA) « un ensemble de rapports et de sondages collectés au sujet des élections présidentielles de 2014 vient le confirmer : si Bachar al-Assad est à nouveau candidat, il l’emportera avec 75% des voix ».

 

[2] Voir : « Syrie : comment les échantillons de gaz sarin ont été rapportés », par Jean-Philippe Rémy, Le Monde, 5 juin 2013.
http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/05/la-france-confirme-deux-cas-d-utilisation-de-gaz-sarin-en-syrie_3424378_3210.html

 

[3] Voir : http://www.silviacattori.net/article4495.html

 

[4] Voir : http://www.silviacattori.net/article4511.html

 

[5] Voir : « Prudence à l’ONU après les annonces sur le gaz sarin en Syrie », Reuters, 6 juin 2013.
http://fr.news.yahoo.com/prudence-%C3%A0-lonu-apr%C3%A8s-les-annonces-sur-le-084446304.html

 

Mise en ligne CV/ 7 juin 2013

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3573

la stratégie du mensonge...
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Le complot occidental en Syrie agonise. Par Ghaleb Kandil.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le complot occidental en Syrie agonise
Par Ghaleb Kandil

Tendances de l’Orient - Lundi 10 juin 2013 no138

lundi 10 juin 2013, par Comité Valmy

 

Le complot occidental en Syrie agonise

Par Ghaleb Kandil

La victoire enregistrée par l’Armée arabe syrienne dans la région de Qoussair n’est pas une exception mais une tendance générale confirmée. Les gangs terroristes takfiristes s’effondrent en raison du recul du soutien populaire à la rébellion armée. La règle historique indiscutable est que toute force militaire, même s’il s’agit d’une armée puissante, nombreuse et bien équipée, perd ses capacités de résistance si elle ne jouit plus d’un environnement social favorable. Que dire alors de groupes de mercenaires assoiffés de sang, venus de 82 pays différents, qui commettent les pires crimes contre les populations locales. Le dernier en date étant, dimanche, l’exécution d’un enfant de 15 ans devant sa famille pour blasphème (Voir ci-dessous). Plus grave encore, le peuple syrien a découvert que ces groupes sont étroitement liés à Israël. Commentant la situation en Syrie, le chef des services de renseignements allemands, cité par le Der Spiegel, a reconnu que l’armée syrienne allait poursuivre son avancée pour reprendre le contrôle de la plupart des régions ces trois prochains mois. Cette évaluation rejoint les informations selon lesquelles le qatari Hamad Ben Jassem a exprimé devant le président Barak Obama ses craintes de voir une victoire de l’Etat syrien sur les gangs takfiristes que les dirigeants qataris ont créés, formés, entrainés et financés.

 

 

Le grand déséquilibre des rapports de forces en Syrie, en faveur de l’Etat national, apparait de plus en plus clairement. La popularité croissante du président Bachar al-Assad n’est plus un secret. Même les rapports de l’Otan affirment que près des deux tiers des Syriens soutiennent leur président. Il est évident que ce sondage, commandé par des puissances membres de l’Otan, a été réalisé dans les zones qui échappent au contrôle de l’Etat.

 

 

Ces réalités résultent de l’attachement d’une majorité de syriens à leur Etat, à l’indépendance de leur pays et à leur armée. Le fait que le projet hégémonique ait utilisé les groupes takfiris comme principal outil a permis aux Syriens de comprendre très vite la nature du complot occidental qui cible leur patrie, et qui vise à déchirer le tissu national des peuples de la région. Le projet occidental s’est brisé sur un bloc transcommunautaire, qui comprend une bonne majorité de sunnites et de chrétiens orientaux, qui affichent des choix arabes et nationaux. Si ce bloc n’existait, l’Etat se serait effondré depuis longtemps.

 

 

Les événements en Turquie sont une expression supplémentaire des revers successifs subis par l’alliance anti-syrienne. Ils se reflètent dans l’impuissance et la confusion qui caractérisent l’action des Etats-Unis. La purge opérée par Barak Obama au sein de son administration en est la preuve : Hillary Clinton, David Petraeus, Robert Ford... autant de figures qui ont disparu de la scène ou sont en voie de disparition.

 

 

Un an après l’accord de Genève, il est clair que les Etats-Unis et avec eux les monarchies rétrogrades du Golfe et le gouvernement du mirage ottomane, ont épuisé toutes les possibilités pour intensifier leur agression contre la Syrie. Mais en dépit des gigantesques moyens mis en œuvre, cette alliance s’est brisée sur la résistance de l’Etat national syrien, de son armé et du peuple, sans compter la détermination et la volonté d’acier du président Bachar al-Assad. Les solides alliances régionales et internationales bâties par la Syrie ces dernières décennies ont également constitué un atout majeur qui a renforcé les capacités de résistance de la Syrie.

 

 

Tendances de l’Orient

 

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com
Tendances de l’Orient No 138 lundi 10 juin 2013.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

 


Déclarations et prises de positions

Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

« Nous avons fourni notre évaluation concernant la décision adoptée la semaine dernière par les chefs de diplomatie de l’UE de lever l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne. Je ne vous cacherai pas que cela nous a déçu. Toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, via une ingérence militaire, est vouée à l’échec et ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant de lourdes conséquences humanitaires. Nous avons convenu de coordonner nos efforts afin de mieux promouvoir la conférence Genève 2. Nous craignons pour la sécurité de notre délégation des rebelles cannibales qui mangent leurs ennemis. »

 

 

Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères

« Les combattants du Hezbollah ont uniquement défendu leurs frères libanais dans la région de Qoussair. Certaines parties déforment le rôle du Hezbollah et veulent nous faire croire que ce qui se passe en Syrie depuis deux ans est sa faute. Le Hezbollah ne combat pas dans le sud syrien, ni à Daraa, ni à Idleb ou Qamichli. Seulement à Qoussair pour défendre ces Libanais qui ont été agressés par les rebelles et dont certains ont été tués, sans parler de leurs biens détruits. Le Hezbollah ne participera pas aux autres batailles et si nous disons que c’est lui qui mène la combat, c’est très réducteur pour l’armée syrienne qui est l’une des 20 armées les plus puissantes au monde, avec des effectifs de 400000 hommes et autant de réservistes. »

 

 

Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda

« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui œuvrera pour le rétablissement du califat. Le jihad au Levant œuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée à Jérusalem. »

 

 

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah

« On nous dit que le Courant du Futur tente de poser un certain nombre de règles concernant la formation du gouvernement. Ce courant semble toutefois avoir oublié qu’il n’est pas en position de distribuer les rôles ou de déterminer qui doit être au gouvernement et qui ne doit pas y être. »

 

 

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah

« Si les groupes takfiristes remportent la victoire, il ne restera plus de Liban. Le pays sera morcelé, il y aura des massacres, et certaines de ses communautés seront déplacées. Si nous voulons défendre le Liban, nous ne devons pas permettre à ces groupes de prendre le contrôle de la Syrie. C’est la raison pour laquelle nous combattons là-bas, pour défendre l’unité de la Syrie et par le fait même pour défendre l’unité du Liban. La bataille en Syrie n’a rien d’une bataille pour la réforme politique ou pour la mise en place d’une démocratie. C’est bien plus grave que certains l’imaginent. Il s’agit d’une guerre américano-israélienne à laquelle participent des gouvernements européens et des régimes arabes, dans l’objectif de faire chuter l’État en Syrie, soit pour mettre en place un régime à la solde des Américains et des Israéliens, soit pour faire régner le chaos. »

 

 

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste

« Le fait d’enflammer la situation dans la ville de Tripoli ne changera rien à l’équation en Syrie, qui reste compliquée et va en s’aggravant. Si certaines parties politiques libanaises estiment qu’elles peuvent changer quoi que ce soit à la crise syrienne à partir de Tripoli, elles doivent se rendre compte que leur pari n’aboutira pas. À quoi sert de mettre la capitale du Nord à feu et à sang par le biais des règlements de comptes politiques de type sectaire et confessionnel, en exacerbant les instincts, la tension et la discorde. Il est temps que certains responsables à Tripoli ainsi que les autres parties locales et extérieures cessent d’alimenter le conflit par les armes et le financement organisé. »

 

 

Jamal al-Jarrah, député du Courant du futur

« Du fait que le Hezbollah a soutenu le terrorisme et le meurtre et combattu aux côtés du régime syrien, il a perdu sur le plan éthique. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Sa participation aux combats en Syrie constitue un crime contre le Liban et la Syrie. »

 

 


Evénements

 

•Des rebelles islamistes engagés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad ont abattu devant sa famille un adolescent de 15 ans qu’ils accusaient de blasphème, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’adolescent vendait du café à Alep (nord) et les islamistes l’ont entendu prononcer une expression qu’ils ont jugée blasphématoire dans une conversation avec un ami. Il a été tué de deux balles, l’une dans la bouche, l’autre dans la nuque, devant ses parents et ses frères et sœurs, a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Selon M. Abdel Rahmane, il s’agissait probablement d’un groupe de jihadistes étrangers. "Ils parlaient l’arabe classique, pas le dialecte syrien", a-t-il expliqué à l’AFP.

 

 

•« L’instrumentalisation du CDH de l’Onu au profit de l’une des parties en conflit en Syrie, dans ce cas l’opposition radicale, ne contribue guère à la recherche d’une issue à la crise ni à la préparation de la Conférence internationale sur la Syrie", souligne la diplomatie russe, commentant le rapport présenté par la commission indépendante d’enquête sur la situation en Syrie lors de la 23e session du Conseil. Selon le rapport, la responsabilité des violences en Syrie incombe uniquement à Damas. D’autre part, ses auteurs ne qualifient pas d’attentats terroristes les explosions perpétrées dans les villes syriennes par des kamikazes. Les auteurs du document reconnaissent toutefois que les groupes armés d’opposition, où les extrémistes sont de plus en plus nombreux, pratiquent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des prises d’otages, utilisent des enfants-soldats et commettent d’autres crimes.

 

 

•L’imam de la mosquée al-Qods, dans la ville de Saïda au Liban-Sud, cheikh Maher Hammoud, a été la cible d’une tentative d’assassinat lorsque des inconnus ont ouvert le feu dans sa direction. Cheikh Hammoud, un proche de la Résistance, a déclaré que des assaillants avaient tiré près de 20 balles dans sa direction alors qu’il sortait de sa maison pour aller à la mosquée. « Des sympathisants de l’opposition syrienne ou tout autre parti cherchant à créer la discorde » pourraient être derrière cette tentative d’assassinat, a-t-il dit. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont pu localiser la voiture utilisée dans l’attaque, un Datsun volée deux heures plus tôt.

 

 


Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche du 8-Mars)

Marlène Khalifé (6 juin 2013)

Il ne sera pas facile pour la Grande-Bretagne et la France de réaliser leurs ambitions en inscrivant ce que ces deux pays appellent la "branche militaire" du Hezbollah sur la liste UE des organisations terroristes. Les deux pays mettent la pression dans ce sens, appuyés par certains Etats européens, alors que d’autres, tels que l’Autriche, la Finlande et l’Irlande, s’y opposent.

 

L’influence et l’intégrité de la justice européenne, ainsi que sa capacité à juguler les desiderata politiques de certains pays ont mis un frein à la proposition britannique. Un expert européen estime que le plus important serait de répondre à une première question : « Si le Hezbollah est placé sur la liste des organisations terroristes, quelle sera l’accusation portée contre lui ? Si l’accusation retenue a trait à l’attentat de Burgas, l’Union européenne sera obligée par la justice européenne compétente de révéler les preuves et les données concrètes à l’appui d’une telle mesure. La décision européenne n’est pas uniquement politique, puisqu’elle présente également une dimension juridique qui la complique davantage.

 

Qu’en est-il de la participation du Hezbollah aux combats en Syrie ? N’est-ce pas une preuve pouvant être invoquée pour justifier l’inscription de ce parti sur cette liste ? L’expert répond que « la participation aux combats n’est pas un acte terroriste. Une guerre est en cours en Syrie et plusieurs parties, dont le Hezbollah, y participent. Par conséquent, cette accusation ne saurait constituer une preuve établissant le caractère terroriste de ce parti ».

 

Reste une question, celle relative au revirement de la position de la France. L’expert européen explique : « Il y a eu un revirement rapide et injustifié de la position de la France : alors qu’elle rejetait complètement une telle idée à la suite de l’attentat de Burgas en Bulgarie, faute de preuves et parce qu’on ne pouvait faire figurer une formation politique sur des listes d’organisations terroristes, elle a accordé un soutien absolu à la demande britannique. La seule explication possible de ce revirement est celle qui a trait à la participation du Hezbollah aux combats à Qoussair ». Ce motif se heurte à un obstacle : « Le Hezbollah combat le Front al-Nosra, classée comme organisation terroriste. Comment pourrait-on le taxer de terroriste dès lors qu’il fait face à une organisation elle-même qualifiée de terroriste ? » Le même expert ajoute, sur le ton de la plaisanterie : « Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, appartient-il à la branche politique ou à la branche militaire » du Hezbollah ?

 

 

As Safir (5 juin 2013)

Mohammad Ballout, Paris

Le président français François Hollande s’engagera lors de sa visite prévue en Israël à maintenir la politique adoptée par son prédécesseur Nicolas Sarkozy à l’égard de l’Iran, et à mettre tout en oeuvre afin d’empêcher son acquisition de l’arme nucléaire. Hollande a pris soin d’ajouter à la politique de son prédécesseur la promesse qu’il a faite durant le Congrès des communautés juives de France et qu’il renouvellera en Israël d’inscrire l’aile militaire du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes.

 

Cependant, l’attaque menée par la France contre le Hezbollah suscite une polémique au sein des institutions françaises et dans les sphères diplomatiques et sécuritaires françaises de prise de décision bien qu’elle soit acclamée par les Etats-Unis et Israël et largement approuvée par l’Europe. Des sources diplomatiques françaises rapportent l’opposition de la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient à la décision que l’Elysée a prise, avec l’approbation de cercles du Quai d’Orsay, sans consulter les services de sécurité ou prendre en considération le point de vue de leurs experts.

 

Ces derniers refusent de hausser le plafond de la confrontation avec le Hezbollah pour des raisons liées aux impératifs traditionnels des services de sécurité qui consistent à maintenir les canaux de communications ouverts avec un des principaux acteurs sur l’échiquier local et régional, à la difficulté de distinguer l’aile politique de l’aile militaire du parti ou aux craintes pour la sécurité des soldats français et européens dans le cadre de la Finul qui opère au sein d’un environnement favorable au Hezbollah - un environnement qui pourrait devenir hostile dans l’éventualité de l’inscription de certains de ses fils sur la liste des organisations terroristes. Par conséquent, il convient de se demander si un changement surviendra quant à la mission de la Finul ou au niveau des règles d’engagement dans la région, dans l’hypothèse de l’entrée en vigueur d’une telle décision. Ceci soulève également la question de savoir comment les forces européennes traiteront, le cas échéant, avec les « terroristes » du Hezbollah qui sont répartis partout dans les villages du sud.

 

On prétend que la décision européenne de s’en prendre uniquement à l’aile militaire du Hezbollah vise à créer un équilibre entre l’urgence d’accentuer la pression sur le Hezbollah et de circonscrire son rôle régional en Syrie, d’une part, la nécessité de maintenir la stabilité au Liban, ou ce qui en reste, et d’empêcher qu’éclate une guerre ouverte contre l’une des composantes majeures de la formule libanaise, d’autre part. Mais en réalité, la décision dont les experts européens ont achevé d’étudier les voies de mise en oeuvre depuis un mois ne reflète pas uniquement le souhait de juguler l’ambition du Hezbollah libanais. Elle va au-delà des attentats de Bulgarie attribués au parti et dans lesquels l’enquête n’a abouti à aucun résultat tranchant. Par conséquent, la décision que Hollande compte offrir aux Israéliens s’inscrit dans le cadre d’une offensive internationale plus large menée contre une force libanaise et arabe qui joue un rôle régional.

 

L’inscription de l’aile militaire du Hezbollah sur la liste terroristes peut être le prélude à une frappe militaire contre le parti sur le front régional où il participe aux combats, plus particulièrement à Qoussair. Car un parti qui est classé « terroriste » et qui est loin de ses bastions traditionnels au sud du Liban sera une cible plus facile à atteindre, et légitime sur le plan international, européen, politique et militaire. L’occasion pour cela se présentera avec l’entrée en vigueur de cette décision avant la fin de ce mois, ce qui coïncidera avec les derniers préparatifs relatifs à la distribution des sièges pour la Conférence de Genève 2.

 

 

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

Khalil Fleihane (6 Juin 2013)

Parmi les conséquences des combats en Syrie figure l’augmentation du nombre de réfugiés syriens qui affluent au Liban, alors que la communauté internationale n’a pas tenu ses engagements concernant l’aide financière pour subvenir à leurs besoins. La Commission européenne a en effet annoncé la réduction de l’aide qu’elle avait promis de fournir au Liban en raison de l’augmentation de son déficit budgétaire qui s’est élevé, en 2012, à 16 milliards d’euros.

 

Parmi les répercussions politiques, on notera la non formation d’un nouveau gouvernement par Tammam Salam, qui a été désigné le 11 avril dernier.

 

Des personnalités politiques s’inquiètent de l’incapacité à prendre des décisions politiques et à mettre un terme aux affrontements à Tripoli. Par ailleurs, les tentatives d’assassinats de dignitaires religieux (Maher Hammoud et Ahmad Breidi, deux cheikhs sunnites proches du Hezbollah, ndlr) ne sont pas des signes rassurants mais des indices d’une discorde

 

 

An Nahar (5 Juin 2013)

Pierre Atallah

La visite en France du patriarche grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient Youhanna Yazigi n’a débouché sur aucun résultat concret concernant le sort des deux évêques Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim, enlevés en Syrie, et n’a été l’occasion que de répéter le refrain des promesses s’engageant à œuvrer à une solution. De nombreuses informations contradictoires circulent au sujet du sort des deux prélats : au Liban, une délégation d’habitants de la ville syrienne d’Alep s’est rendue à l’ambassade de France, la France étant le principal pays à soutenir l’opposition syrienne, et a présenté un exposé de la situation à l’ambassadeur Patrice Paoli, avec diplomatie, de relayer ces informations à l’administration française sans qu’il ne s’engage par une prise de position quelconque.

 

 

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la Résistance)

Hassan Olleik (6 Juin 2013)

De Washington à Riyad, passant par l’Europe, la Turquie et les pays du Golfe, le mot « Qoussair » revenait en boucle dans la bouche des responsables qui multipliaient les mises en garde contre la reprise de contrôle par l’armée syrienne de la ville ainsi que contre les conséquences d’une telle éventualité. Certains diplomates occidentaux sont allés jusqu’à établir un lien entre les derniers raids israéliens sur Damas et la bataille qui se déroulait dans la ville frontalière syrienne. Il suffit d’observer la prestation de la France pour se rendre compte de l’importance que cette bataille a revêtue. En effet, ce pays qui était un fervent détracteur de l’inscription du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes est devenu, depuis l’implication du parti dans la guerre qui se déroulait à proximité de la frontière libanaise, le fer de lance dans la lutte contre lui.

 

L’intérêt accordé à cette bataille par les forces occidentales qui appuient l’opposition syrienne est tributaire de deux éléments : le début d’un nouveau round de négociations internationales sur la Syrie (Genève 2), à l’heure où la plupart des parties affirment que les pourtours du compromis relatif à la crise syrienne seront tracés sur le terrain ; l’avancée enregistrée par l’armée syrienne sur plusieurs axes de combats, ce qui est susceptible de doper le moral des militaires et de couper les voies de ravitaillements en combattants et en armes à destination de l’opposition. Après Qoussair, l’armée régulière syrienne mènera dans la prochaine étape quatre batailles principales, après avoir pris le contrôle des villages de Dabaa et de Boueida Charkiyé, au Nord de Qoussair. Ces batailles détermineront dans une large mesure l’issue de la guerre : la bataille de la campagne de Damas, dans les Ghouta orientale et occidentale ; la bataille de la campagne à l’ouest de Damas et les montagnes de Qalamoun (de Zabadani en passant par Kara et la sud de Qoussair, face à la localité de Ersal et d’une partie de la vallée de Barada et de Yabroud) ; la bataille des quartiers encerclés de la ville de Homs et de sa campagne Nord, Rastan ; et la grande bataille d’Alep et de sa campagne.

 

Selon des sources officielles syriennes, les rebelles reculent jour après jour dans la Ghouta orientale, après le début de l’offensive de l’armée à partir de la localité de Oteibé, en avril. Il est désormais possible d’acheminer des renforts de l’armée dans cette région pour accentuer la pression sur les groupes armés. Les discussions au sein des milieux officiels syriens laissent penser qu’une dure bataille va commencer au nord de Homs, où les rebelles sont retranchés depuis le début de leurs opérations militaires, en 2011. Mais l’armée syrienne tentera de tirer profit de ses acquis dans la bataille de Qoussair et de son avancée dans la campagne de Hama, limitrophe à Homs.

 

A Alep, les forces régulières ont dépêché d’importants renforts et ont commencé un vaste déploiement pour une bataille qui aura lieu à l’intérieur de la ville et aux alentours. Dans une première étape, elle brisera l’étau imposé à des unités en position défensive depuis longtemps, afin qu’elles puissent passer au mode offensif.

 

Reste la région de Zabadani et de Qalamoun, limitrophe à la frontière libanaise. Il est impossible de parler d’un Damas sécurisé tant que ces régions restent sous le contrôle de l’opposition. Mais cette bataille peut attendre, selon des sources syriennes, car les rebelles qui s’y trouvent sont occupées quotidiennement par des affrontements avec des unités de l’armée dans la région.

 

 

Al Akhbar (5 juin 2013)

Nasser Charara

Plusieurs messages américains sont arrivés au Liban ces deux dernières semaines aux responsables libanais, reflétant la position des Etats-Unis à l’égard des événements qui se déroulent au Liban. Le plus important concerne la situation sécuritaire dans le pays : les affrontements à Tripoli, le bombardement du Hermel et la participation du Hezbollah aux combats en Syrie. Ce message provient du secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires de la sécurité, Derek Chollet, un proche de Barak Obama. Chollet a exprimé « l’inquiétude de la Maison-Blanche vis-à-vis des orientations politiques libanaises ou non libanaises qui pourraient compromettre le choix stratégique » d’empêcher un embrasement généralisé au Liban. Le responsable du Pentagone met l’accent sur la nécessité pour l’Armée libanaise de contrôler la ville de Tripoli et d’empêcher que les combats ne se propagent à d’autres régions du pays, ou encore de transporter au Liban l’incendie syrien. Washington souhaite que « la plus large couverture politique soit accordée à l’Armée afin qu’elle réussisse dans sa mission », ajoute le message. Derek Chollet a dénoncé la participation du Hezbollah dans les combats en Syrie, mais il a ajouté que l’administration américaine a bien fait comprendre à l’opposition syrienne de ne pas riposter à l’implication du parti en bombardant des sites et des régions au Liban.

 

Le secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires du Proche-Orient, Laurence Silverman, a réitéré le même message, exprimant l’inquiétude de Washington vis-à-vis des événements de Tripoli. Il a souhaité que l’Armée prenne les mesures nécessaires pour contrôler la situation et éviter que le conflit syrien ne se propage davantage au Liban.

 

Le fait que M. Silverman intervienne à partir de New York pour soutenir l’action de l’ambassadeur Maura Connelly à Beyrouth montre à quel point l’administration américaine veut éviter la dégradation de la situation au Liban. Mais le plus important reste l’intervention du Pentagone, via M. Chollet, qui vise à montrer qu’il s’agit d’une préoccupation directe du président Obama et du commandement central de l’armée US.

 

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

Scarlett Haddad (6 juin 2013)

Des sources sécuritaires révèlent qu’une réunion a regroupé il y a deux jours les députés Mouïn Meraabi et Khaled Daher ainsi que Houssam Sabbagh, et les cheikhs Salem Raféi et Nabil Rohayem, tous proches de l’opposition syrienne et favorables à la mouvance islamiste, pour étudier les possibilités de riposte au cas où la ville de Qousseir tomberait entre les mains du régime. Ce qui était prévisible, selon toutes les estimations des chroniqueurs militaires.

 

Les informations ayant filtré de cette réunion révèlent l’intention des participants de mener une vaste campagne contre l’armée libanaise qui, selon eux, n’a jamais été considérée, dans le langage confessionnel, comme une force alliée à la communauté sunnite. Avant Taëf, elle était accusée d’être contrôlée par les chrétiens et désormais, elle est accusée d’être aux mains des chiites. Les mêmes sources sécuritaires rappellent toutefois que ces accusations sont totalement injustifiées, l’armée libanaise étant encore la seule institution publique qui rassemble toutes les communautés et les pousse à travailler ensemble. Cette institution est aujourd’hui la cible d’une campagne de dénigrement sans précédent, des figures de Tripoli – et de Saïda – allant même jusqu’à monter les soldats les uns contre les autres, en les classant selon leurs confessions. Mais le plus significatif est que l’armée n’est plus seulement la cible de critiques verbales, à Tripoli ; ses soldats essuient désormais des tirs provenant de jeunes à visage découvert. Autrement dit, ces combattants se sentent tellement protégés qu’ils ne craignent plus de montrer leur visage.

 

De même, toujours dans la capitale du Nord, les soldats de l’armée sont empêchés de construire des fortifications autour de leurs positions, alors que les miliciens ont érigé de véritables barricades des deux côtés « de la ligne de front »...

 

Il est donc clair, estiment les mêmes sources sécuritaires, qu’il existe quelque part au Liban une main secrète qui veut détruire la cohésion de l’armée pour ouvrir la voie à une confrontation directe entre les communautés chiite et sunnite, dans le but d’affaiblir le Hezbollah et de l’entraîner dans les sables mouvants d’un affrontement interne destructeur pour lui et pour sa popularité auprès de la communauté chiite. De leur côté, les figures sunnites de Tripoli et d’ailleurs ne sont pas en train de prendre des positions claires en faveur de l’armée, par crainte de perdre leur popularité face à la montée en flèche des groupes radicaux. Jusqu’à présent, le Hezbollah cherche à éviter toute confrontation, Hassan Nasrallah ayant clairement invité ceux qui critiquent les positions de sa formation à aller se battre en Syrie aux côtés de l’opposition syrienne, au lieu de mettre en danger la stabilité du Liban. Mais en attendant, c’est l’armée libanaise qui reçoit les coups, puisque, de par la nature de sa mission, elle est en train de s’interposer entre les deux camps. Les sources sécuritaires précisent d’ailleurs que la situation est actuellement délicate, les incidents se multipliant du Nord au Sud, en passant par Beyrouth, alors que les camps palestiniens, en particulier celui de Aïn el-Héloué, constituent des foyers de tension de plus en plus inquiétants.

 

 

Al Anbaa (Quotidien koweitien, 4 juin 2013)

Commentant la question de la prorogation du mandat du Parlement et du dossier de la formation du gouvernement, des sources politiques bien informées avancent les données suivantes : 1-Aucune démarche gouvernementale n’aura lieu avant que le Conseil constitutionnel n’ait rendu son jugement concernant les recours en invalidation de la prorogation du Parlement, présentés par le président Michel Sleiman et le chef du Courant patriotique libre (CPL), le général Michel Aoun. Car la nature du futur gouvernement dépend des résultats de ce jugement : si la prorogation est invalidée ou ramenée à quelques mois seulement, dans le cadre d’un report technique des élections, le gouvernement aura alors la tâche d’organiser et de superviser le scrutin. Si, au contraire, la prorogation de 17 mois est confirmée, le gouvernement sera de nature politique ; 2-Le général Michel Aoun n’est pas disposé à discuter de la formation du gouvernement avant que le jugement du Conseil constitutionnel ne soit rendu. Si la prorogation du mandat du Parlement de 17 mois est confirmée, il fera preuve d’une plus grande fermeté et intransigeance dans la composition du gouvernement ; 3-Il n’y a aucun accord entre le Hezbollah et le Courant du futur (CDF) au sujet de la prorogation du mandat de la Chambre et la formation du prochain gouvernement. Il y a eu une convergence d’intérêt entre les deux partis pour proroger la législature, indépendamment du dossier gouvernemental. L’accord s’arrête là ; 4-Le Hezbollah a décidé de ne pas élargir son différend avec le CPL, qui était opposé à la prorogation. Il estime que les divergences sur cette question sont d’ordre tactique et ne compromettent pas l’alliance politique et stratégique avec le CPL. Il se montre compréhensif vis-à-vis de la position du général Aoun, dictée par des considérations chrétiennes. Il dément toutes les informations sur un nouvel accord quadripartite au détriment du CPL. Il a assuré au général Aoun que sa place sera garantie dans tout prochain gouvernement.

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3582

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