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Le blog de Lucien PONS

L’avenir enténébré de nos enfants et de nos petits-enfants. Par Bernard Conte.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

L’avenir enténébré de nos enfants et de nos petits-enfants
Bernard Conte

samedi 8 juin 2013, par Comité Valmy

 

L’avenir enténébré de nos enfants et de nos petits-enfants

Jadis, les enfants avaient grand espoir (souvent avec raison) de vivre dans de meilleures conditions que leurs parents. Depuis de nombreuses années, cet espoir s’est progressivement dissipé et l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants s’assombrit de plus en plus.

 

Cette dynamique s’insère dans le cadre du processus de tiers-mondialisation de la planète engendré par la mise en œuvre des politiques néolibérales depuis le début des années 1980. Comme souvent dans l’Histoire, la France est à la pointe du mouvement.

 

Les statistiques s’accumulent révélant le sous-développement graduel de notre pays. Dans un précédent article « La France en marche vers le Tiers-Monde ? » 1) , j’ai montré que, selon les résultats publiés dans le Rapport sur le développement humain 2013, par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), la France s’enfonçait inéluctablement dans les tréfonds du classement des nations selon l’indicateur du développement humain (IDH).

 

Le processus de sous-développement de la France semble devoir perdurer si l’on en croit le magazine The Economist. En effet, ledit magazine publie un classement des pays où il fait bon naître au cours d’une année donnée. Ce classement est fondé sur un indice calculé sur la base de 11 indicateurs : « certains sont des facteurs fixes, tels que la géographie, et d’autres ne changent que très lentement au fil du temps (démographie, de nombreuses caractéristiques sociales et culturelles), et certains facteurs dépendent des politiques et de l’état de l’économie mondiale ». 2)

 

L’indice tente « de mesurer quels pays vont fournir les meilleures opportunités pour une vie saine, sûre et prospère dans les années à venir » 3) pour un bébé de l’année. Il apparaît intéressant de comparer les résultats du classement de 2013 avec ceux de 1988, un quart de siècle auparavant.

 

Le tableau ci-dessous retrace l’évolution du rang en 2013 des vingt premiers pays du classement de 1988.

 

En 1988, il faisait bon naître aux États-Unis (1er) et en France (2ème) certainement en raison des perspectives futures de haute qualité de vie. Parmi les vingt premiers du classement on retrouve, sans surprise, les pays développés appartenant à l’OCDE.

Vingt-cinq années plus tard, le classement est bouleversé. Les premiers de la classe ont sombré dans les profondeurs du classement. Le naufrage le plus important est celui de la France qui passe de la 2ème position à la 26ème soit une chute de 24 rangs… qu’on ne saurait évidemment imputer aux Présidents qui se sont succédés à la tête de notre pays pendant la période envisagée : François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. À la limite on pourrait dire qu’ils sont responsables, mais pas coupables. Les coupables sont, in fine, les électeurs qui, par leur vote, les ont portés au pouvoir. À l’instar de l’entreprise, la démocratie moderne est caractérisée par une relation « d’agence » dans laquelle le « principal » (actionnaire - électeur) délègue son pouvoir à un « agent » (PDG – élu) afin que celui-ci gère au mieux des intérêts dudit principal l’entreprise ou l’État. Le risque est grand que le principal s’éloigne de sa mission initiale pour gérer l’institution au mieux de ses intérêts propres et de ceux de ses amis, de ses obligés, de ses sponsors… et ce, d’autant plus facilement que l’agent bénéficie d’une asymétrie d’information par rapport au principal. L’instrumentalisation de la relation d’agence politique par les agents-élus est au cœur du déclassement de la France.

 

À titre de consolation, on peut constater que notre dégringolade a été accompagnée par celles du Japon (- 19 places), du Royaume-Uni (- 19 places), de l’Italie (- 17 places) et des Etats-Unis (- 15 places).

 

Par contre, des petits pays (Suisse, Nouvelle Zélande…) ainsi que ceux du Nord de l’Europe (Norvège, Suède, Finlande…) progressent dans le classement. Il est à noter qu’un seul membre de la zone euro est présent dans les dix premiers en 2013 : les Pays-Bas (8ème).

 

Que faire ? Émigrer vers des pays bien classés pour que nos enfants et nos petits enfants aient des chances de bien vivre ? Pour cela, il faudrait fuir notre pays. D’aucuns l’ont fait pendant la dernière guerre, mais d’autres sont restés pour résister jusqu’à la victoire, élaborer et proposer ensuite un projet susceptible de générer des jours heureux pour eux-mêmes et pour leur descendance.

 

 

Bernard Conte
Comité Valmy


 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3571

Pays

Rang 1988

Rang 2013

1988 - 2013

États-Unis

1

16

-15

France

2

26

-24

Allemagne

3

16

-13

Italie

4

21

-17

Canada

5

9

-4

Japon

6

25

-19

Honk Hong

7

10

-3

Royaume Uni

8

27

-19

Suède

9

4

5

Pays Bas

10

8

2

Corée du Sud

10

19

-9

Autriche

12

13

-1

Norvège

13

3

10

Suisse

14

1

13

Belgique

15

15

0

Irlande

15

12

3

Espagne

15

28

-13

Australie

18

2

16

Finlande

18

11

7

Nouvelle Zélande

18

7

11

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Syrie - d'horribles crimes contre l'humanité sont couramment commis par les 'rebelles' (vidéo 4'49)

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie - d'horribles crimes contre l'humanité sont couramment commis par les 'rebelles' (vidéo 4'49)
 
 
Attention, d'horribles crimes sont effectivement montrés dans cette vidéo. C'est pas pour les âmes sensibles ; et encore moins pour les enfants, surtout que les prétendus "rebelles" font participer aussi de tout petits enfants à leurs crimes contre l'humanité.
 
Pour voir la vidéo-preuve, cliquer ci-dessous :
 
 

HOLLANDE ET FABIUS RESPONSABLES ET COUPABLES !
 
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Génocide en Syrie et manipulations médiatiques, par Bahar Kimyongur.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Génocide en Syrie et manipulations médiatiques

Bahar Kimyongur

 

 

Animés par leurs pulsions bestiales et obsédés par leur foi morbide, les mercenaires du Front al Nosra ont cette fois attaqué le village isolé de Hatlah près de Dair Az Zor dans l'Est de la Syrie au seul motif qu'il est peuplé de musulmans chiites.

 

Ce mercredi 12 juin, ils y ont massacré une soixantaine de villageois, jeunes, adultes et vieillards.

 

Les médias occidentaux ont présenté les tueries de Hatlah comme un "affrontement avec des rebelles".

 

Or, les villageois ont été massacrés chez eux. Les femmes et les filles ont été prises comme butin de guerre. Leurs maisons ont été incendiées.

 

La vidéo ci-dessous ne laisse aucun doute sur les motivations des barbares qui ont rayé Hatlah de la carte:

 

 

"Montrez-moi les corps de ces chiens chiites" demande le cameraman aux tueurs qu'il filme avec leurs trophées. 

 

Les médias occidentaux s'acharnent à présenter la guerre de Syrie comme un conflit entre chiites et sunnites. Cette lecture est totalement fausse.

 

Car seule la rébellion propage le sectarisme et pratique l'épuration ethnique. 

 

Elle est la seule force dans le conflit syrien qui cultive l'hostilité et la haine envers les autres religions, qui appelle au ralliement d'une confession contre toutes les autres autres et qui est religieusement homogène. 

 

A l'inverse, l'armée arabe syrienne est composée de toutes les communautés du pays dont près de 80% de sunnites, alignant ainsi des centaines de milliers de soldats et de miliciens de toute confession.

 

La rébellion syrienne est une vaste escroquerie maquillée en "mouvement révolutionnaire" par les ennemis de la Syrie tels que la France, l'Angleterre, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie, les USA et Israël et par tous les agents provocateurs de guerre et autres idiots utiles soi-disant humanistes qui peuplent les grands médias, les universités et certaines ONG.

 

S'il y a du confessionnalisme en Syrie, il est à rechercher dans les rangs de la rébellion.

 

Il constitue le fond de commerce de ceux qui n'ont rien d'autre à offrir à la Syrie que l'ignorance, la soumission et l'esclavage.

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le neuf-quinze, Grèce : les attristés.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

 le neuf-quinze
Grèce : les attristés

Voyez-vous, depuis hier, comme les masques tombent ? Un gouvernement européen, sous pression de la Troïka, envoie sa police fermer les émetteurs de la télé publique (1). Et que dit, que fait l'Europe ? Elle prend acte. Elle détourne les yeux. Elle regarde ailleurs. Elle prend bien soin de préciser qu'elle n'y est pour rien, strictement pour rien. Commençons par le plus attendu : "ce n'est pas l'affaire du gouvernement allemand, mais celle du gouvernement grec" répond le porte-parole de la chancelière Merkel. Et comme en écho, un commissaire européen, le Finlandais Ollie Rhen, interpellé par Cohn-Bendit au Parlement européen, répond (2) :"Ce n'est pas une décision de la commission. "Il s'agit d'une décision autonome". Avant de préciser, comme un demi-aveu : "Cette décision a été prise dans le contexte des efforts importants pour moderniser l'économie greque".

En France, on n'en est pas à cette monstrueuse indifférence. On s'attriste. On déplore. Les petits coeurs saignent. Pour Aurélie Filippetti, cette fermeture est "un symbole tragique", voire "une tragédie". Pour Najat Vallaud Belkacem, "une décision triste, évidemment". Pas un mot de Ayrault, pas un mot de Hollande, pour rappeler que l'on ne ferme pas une station de télévision, et pour sommer la Troïka de sommer le gouvernement grec de déchirer son décret.

Il est vrai que l'opinion est travaillée avec constance par les amoureux habituels de l'Union Européenne au premier rang desquels, comme d'habitude, notre excellent confrère Jean Quatremer, correspondant à vie de Libération à Bruxelles, qui titre sa dernière note de blog (3) "L'ERT était l'organisme le plus corrompu et le plus dysfonctionnel de la Grèce". Une note débordant de citations de journaux, d'éditorialistes, d'historiens grecs, mais qui ne sont malheureusement jamais situés. Deux exemples. Quatremer cite "l'éditorialiste Yannis Pretenderis", que la fermeture de la télé publique fait "beaucoup rire" : "la démocratie y survivra". Où donc notre rieur est-il éditorialiste ? Au journal To Vima. Qu'est-ce que To Vima ? Un quotidien proche de la Troïka : il avait notamment bénéficié d'une fuite d'un document de la Troïka (4), prétendant que la Grèce avait embauché 70 000 fonctionnaires, fuite largement reprise par Le Figaro et autres attristés d'aujourd'hui. Plus loin dans sa note, Quatremer cite le quotidien Kathimerini : «Le premier ministre a lancé un message fort à l’intérieur et à l’extérieur du pays, montrant sa détermination à promouvoir les réformes indépendamment des réactions de l’opposition et quel qu’en soit le coût politique». A qui appartient le journal Kathimerini ? A l'armateur Alafouzos, qui possède également la chaîne privée Skai, laquelle chaîne n'aura sans doute pas à se plaindre de la disparition de la télé publique. Ainsi, ne perdant jamais de vue les vilénies de ces dysfonctionnels de Grecs, la France peut-elle continuer à s'attrister tranquillement.

Daniel Schneidermann

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Marché transatlantique UE-Etats-Unis : le mandat explosif de la Commission européenne Par Thierry Brun - 11 juin 2013

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

Marché transatlantique UE-Etats-Unis : le mandat explosif de la Commission européenne

Par Thierry Brun - 11 juin 2013

 

Préparé dans le secret, le mandat de la commission européenne pour négocier un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et les Etats-Unis contient une bombe à fragmentation nommée « règlement des différents » entre investisseur privé et Etat. C’est ce qu’on découvre dans une version datée du 21 mai, révélée avant son adoption le 14 juin lors d’un conseil des ministres européens.

 

Une version quasi définitive du mandat de la Commission européenne pour négocier un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI, Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP) entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis, datée du 21 mai, a été récemment dévoilée par le blog netzpolitik.org. Traduite en français (lire ici), cette version consacre plusieurs paragraphes à un processus redoutable, nommé « règlement des différends » entre investisseur privé et État (Investor-State Dispute Settlement, ISDS). Cet arbitrage commercial international permet aux puissantes multinationales de contourner les tribunaux classiques respectueux de la souveraineté des États et de leurs droits nationaux, notamment sur la protection de l’environnement.

 

Dans les dernières lignes du mandat de la Commission, sous le chapitre intitulé : « Cadre institutionnel et dispositions finales », il est indiqué que l’accord de libre échange entre l’UE et les États-Unis « comprendra un mécanisme de règlement des différends approprié ».

 

Ce quasi fait accompli apparaît à un autre endroit du mandat, dans la partie concernant le commerce des services et la protection des investissements : l’accord « devrait viser à inclure un mécanisme de règlement des différends investisseur-Etats efficace ». Le terme est utilisé à plusieurs reprises : la Commission souhaite ainsi inclure « le règlement des différends d’État à État, [qui] ne devrait pas interférer avec le droit des investisseurs d’avoir recours à des mécanismes de règlement des différends investisseur-État ». Ainsi, cette procédure initiée par l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) et son successeur, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) « devrait fournir aux investisseurs un large éventail d’arbitrages actuellement disponibles en vertu d’accords bilatéraux d’investissement des États membres ».

 

Souvent utilisé dans les accords bilatéraux, ce type d’arbitrage est un formidable levier pour les multinationales qui ont leurs entrées au sein de la Commission européenne.

Mais avec le PTCI,« on va au-delà de ce qu’exigent les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les droits de propriété intellectuelle, sur l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), sur la déréglementation, sur les pratiques administratives, sur l’agriculture. Il s’agit en fait de créer un marché commun qui sera soumis à un organe d’arbitrage contraignant sur le modèle de l’Organe de règlement des différends de l’OMC. Un pas de géant sera franchi vers la dépossession de notre destin, un recul de plus, considérable, de la démocratie, dont ne profiteront que les firmes américano-européennes. C’est la fin de tout espoir d’une Europe européenne », explique Raoul Marc Jennar, spécialiste des accords commerciaux internationaux, consultant au Parlement européen auprès de la Gauche Unitaire Européenne (GUE), de 2005 à 2007.

 

La proposition de Partenariat transatlantique entre l’UE et les États-Unis « va ouvrir les vannes à des poursuites de plusieurs millions d’euros par de grandes entreprises qui contestent des politiques démocratiques visant à protéger l’environnement et la santé publique », souligne un récent rapport deCorporate Europe Observatory et du Transnational Institute (lire ici).

 

Le rapport révèle une campagne déterminée de lobbying menée par les groupes de pression de l’industrie et des cabinets juridiques afin d’accorder des droits sans précédent aux entreprises, leur permettant de poursuivre des gouvernements pour des législations ou réglementations qui interfèreraient avec leurs profits. Il met en évidence le programme agressif du géant états-unien de l’énergie Chevron sur cette question du règlement des différends investisseur-État : « Chevron a déjà utilisé des mécanismes similaires afin d’essayer d’éviter de payer 18 milliards de dollars en réparation d’une pollution pétrolière en Amazonie. Il en appelle maintenant à "la plus forte protection possible" vis-à-vis des mesures gouvernementales européennes qui pourraient interférer avec ses investissements dans de grands projets énergétiques, dont la fracturation », préviennent les deux ONG.

 

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui sera représenté le 14 juin par Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, n’a exprimé aucune réserve sur ce projet. « On ne peut être que favorable » au projet de partenariat transatlantique, a déclaré Nicole Bricq. Pourtant, la commission des Affaires européennes au Sénat, dans un rapport daté du 15 mai qui a analysé la recommandation de la Commission européenne proposée le 13 mars au Conseil européen, a mis en garde le gouvernement :

 

PDF - 140 ko

« En matière d’investissement, il est préférable d’éviter le règlement des différends entre les investisseurs et les États par l’arbitrage. La question du recours à un tel mécanisme de règlement des différends entre les investisseurs et les États, prévue actuellement par le mandat, devra être revue. Un tel dispositif est en effet contestable dans sa mise en œuvre, en raison des coûts très élevés qu’il risque de représenter pour les États, comme dans ses implications politiques : le recours à un arbitre privé pour régler un différend entre un État et un investisseur risque de remettre finalement en cause la capacité à légiférer des États. »


La procédure d’arbitrage bilatérale conduirait à une explosion des litiges initiés par les multinationales et les investisseurs aux États-Unis et en Europe. « En 2012, le nombre de différends entre investisseurs et États soumis à l’arbitrage international a battu un nouveau record, montrant une nouvelle fois la nécessité d’engager un débat public sur l’efficacité de ce mécanisme et la manière de le réformer », prévient la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), dans un rapport publié en avril (lire ici). 518 différends investisseur-État ont été recensés en 2012, impliquant des millions de dollars et sapant, dans de nombreux cas, des politiques démocratiques.

 

« 62 nouvelles plaintes ont été déposées en 2012. Il s’agit du nombre le plus élevé d’actions connues intentées au titre d’un accord international d’investissement (AII) en une année, ce qui confirme la tendance croissante des investisseurs étrangers à recourir aux mécanismes d’arbitrage pour régler les différends les opposant aux États », ajoute la Cnuced. « En 2012, les investisseurs étrangers ont intenté des actions contre un large éventail de mesures gouvernementales, dont la modification de règlements intérieurs (concernant le gaz, l’énergie nucléaire, la commercialisation de l’or et les changes) et la révocation de licences et de permis (dans les secteurs de l’exploitation minière, des télécommunications et du tourisme). Ils ont aussi engagé des poursuites, alléguant des violations de contrats d’investissement, des irrégularités dans les marchés publics, des retraits de subventions (dans le secteur de l’énergie solaire) ou des expropriations directes ».

 

« En Uruguay comme en Australie, le géant du tabac Philip Morris, basé aux États-Unis, a mené des poursuites contre les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes ; la multinationale suédoise de l’énergie Vattenfall réclame 3,7 milliards d’Euros à l’Allemagne suite à la décision démocratique d’abandonner progressivement l’énergie nucléaire ; et la société états-unienne Lone Pine poursuit le Canada à hauteur de 250 millions de dollars concernant un moratoire sur l’extraction (fracturation) controversée du gaz de schiste au Québec » , précisent le Corporate Europe Observatory et le Transnational Institute.

 

La récente version, quasi achevée, du mandat de la Commission européenne franchit une étape importante en défendant le principe d’un règlement des différends dans un accord de libre échange avec les États-Unis. Elle devrait être adoptée le 14 juin, lors d’un conseil des ministres européens du Commerce, a indiqué la commission des affaires européennes du Sénat. Dans la foulée, les négociations devraient débuter après le sommet du G8 des 17 et 18 juin, pour s’achever en 2015.

 

L’objectif est de créer un grand marché transatlantique, « le plus important au monde », selon José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Celui-ci a rappelé en février que les États-Unis et l’Union européenne représentent environ la moitié (47 %) de la production de richesse mondiale et près d’un tiers du commerce mondial. Ce type d’accord vise à libéraliser la circulation des marchandises, c’est-à-dire des biens, des services, des travailleurs, des capitaux et des capacités d’investissement, et à éliminer toutes les entraves au commerce avec le dangereux règlement des différends, pierre angulaire du PTCI.

 

- Une plateforme dénonce les accords marchands entre les Etats-Unis et l’Europe et publie de nombreuses informations sur les coulisses du projet de partenariat transatlantique. Accès ici

 

Source : Politis 

http://www.politis.fr/Marche-transatlantique-UE-Etats,22537.html

 


http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-marche-transatlantique-ue-etats-unis-le-mandat-explosif-de-la-commission-europeenne-118432149.html
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Éric Toussaint : « La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens » 11 juin 2013.

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Éric Toussaint : « La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens »

11 juin 2013

 

La crise de la zone Euro démontre qu’il y a bien une Europe à deux vitesses, non pas celle de l’UE 17 (zone euro) et l’UE 27 (États membres), mais celle des pays riches et solides d’une part et celle des pays pauvres et fragiles d’autre part. Qu’est-ce qui a creusé ce fossé ?


L’Union européenne et la zone Euro ont été créées en appliquant des principes qui favorisent uniquement le capital : liberté totale de mouvements de capitaux, liberté de circulation des marchandises et des services, promotion à tout prix de la concurrence, mise en cause de la démarche du principe des services publics… On donne toute liberté au capital dans le but de faire un maximum de profit, considérant à tort que si on favorise une initiative privée, tout va très bien fonctionner.

 

En mettant en place ce principe et en réduisant au maximum l’intervention des États en termes de réglementations, de budgets, on se retrouve avec une Europe où le budget représente moins de 1 % de son PIB alors que généralement, le budget des États les plus industrialisés tourne autour des 40 à 50 % du PIB ! On se retrouve avec un budget famélique dont près de la moitié va à la Politique agricole commune. La conséquence, c’est que l’Europe ne s’est pas dotée d’un moyen lui permettant de réduire les disparités entre les économies les plus fortes et les plus faibles de l’Union. Quand on met dans une même structure en compétition des économies tout à fait différentes, on renforce les disparités.


Y a-t-il d’autres points de fracture ?


Non seulement, on a une opposition d’une part, entre des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande et les pays de l’Est et de l’autre, avec les plus forts de l’UE. Mais aussi à l’intérieur même de chacun de ces pays ! On y a augmenté par le biais des réformes du marché du travail, les disparités salariales.

Les politiques menées à l’intérieur des États de l’UE ont contribué aux inégalités. Un exemple emblématique, l’Allemagne. On a mis en place des contre-réformes visant à augmenter très fortement les différences de statut entre les travailleurs, ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a 7 millions de salariés à plein temps qui gagnent 400 euros par mois !


On sait que la fiscalité est un des nœuds du problème européen et de l’endettement des États. Comment expliquer le fait que la plupart des pays européens continuent à jouer la concurrence interne ?


On a refusé une harmonisation fiscale en Europe. On se retrouve avec des systèmes fiscaux totalement différents. A Chypre, l’impôt sur les sociétés est de 10%. Ce qui devrait changer avec la crise que l’on connait aujourd’hui. En Irlande, l’ISOC est de 12,5% et en Belgique, il est de 33,99 %. Cette disparité permet aux entreprises de déclarer leurs revenus là où ça leur coûte moins cher. La politique européenne actuelle protège la fraude fiscale. Les paradis fiscaux existent au sein de l’Union européenne et de la zone Euro. Notamment, La City à Londres pour l’UE, le Grand duché du Luxembourg dans la zone Euro. La Belgique aussi avec notamment les intérêts notionnels.


Au niveau national, il est tout à fait possible d’adopter des mesures de justice fiscale. L’idée reçue selon laquelle « on est dans la zone Euro donc on ne peut pas prendre de mesures importante sur le plan fiscal » est fausse. On fait croire aux gens qu’il n’y a pas d’autre issue. Ceux qui invoquent ce discours cherchent à protéger les fraudeurs. On voit bien qu’avec l’ « affaire » de Chypre, on voit poindre des solutions qui auparavant étaient considérées comme impossibles : on va taxer les personnes qui ont plus de 100 000 euros dans les banques, instaurer un contrôle sur les mouvements de capitaux. Je rejette les mesures imposées à Chypre car l’objectif poursuivi est d’imposer une politique globale antisociale mais certaines dispositions prises montrent qu’il est possible de contrôler les mouvements de capitaux et de taxer fortement au-dessus d’un certain niveau de patrimoine.


Malgré les règles imposées par l’UE, il est tout à fait possible que des pays s’opposent à la politique de la Commission et forcent par leur attitude, une renégociation au niveau européen. Il faut reconstruire l’Europe démocratiquement. Entre temps, il faut que des gouvernements de gauche rompent la discipline. Si François Hollande avait respecté ce pourquoi les Français l’ont élu, il aurait demandé à renégocier le pacte fiscal européen avec Angela Merkel et dans le cas où elle aurait refusé, il se serait prononcé contre au moment du vote. Cela aurait pu empêcher l’adoption de ce traité.


La crise de l’Euro traduit de manière évidente une absence de gouvernance politique solide (absence de politique économique, budgétaire, fiscale et sociale cohérente). Le non-soutien européen par rapport à la dette grecque est révélateur de la fragilité d’une union si elle n’est pas fondée sur la solidarité. Cette crise de l’Euro sonne-t-elle définitivement le glas de la solidarité européenne ? Le rêve de fédéralisme européen est-il définitivement enterré ?


La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE telle qu’elle existe. Ou on pourrait dire que si solidarité il y a, c’est avec les grandes entreprises européennes. Les gouvernements européens ont systématiquement pris des mesures pour venir en aide aux banques européennes et aux grandes entreprises européennes. Mais quand il s’agit de venir en aide aux peuples et aux économies les plus faibles, il n’y a pas de solidarité. On pourrait plutôt dire qu’il y a un certain type de solidarité : une solidarité de classe, une solidarité entre les capitalistes.


Le fédéralisme est possible mais il doit résulter d’une constituante des peuples. Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit défendent un fédéralisme par en haut… Il nous faut un fédéralisme prôné par la base, par le peuple.


Le fédéralisme est possible et nécessaire, mais cela implique une issue à partir d’en bas à la crise européenne. Cela ne veut pas dire un repli sur soi mais une solidarité entre les peuples européens et une Constitution européenne décidée par les peuples eux-mêmes.


Que faudrait-il faire pour rendre les institutions européennes plus démocratiques ?


Il faut déconstruire les institutions non démocratiques et en construire de nouvelles et ce à partir d’une constituante des peuples ! Le pouvoir législatif (le parlement européen) est extrêmement faible, trop soumis à l’exécutif.


À défaut de recette miracle, avez-vous une idée concrète pour réconcilier le citoyen avec l’Europe ?


Dans le cadre des frontières nationales, il faut prendre des initiatives pour que les mouvements sociaux et les organisations de gauche cohérentes définissent un projet commun.


En Belgique, la FGTB de Charleroi et des mouvements de gauche radicale s’associent autour de la création d’un nouveau projet politique, le 27 avril |1| . Au niveau européen, via le mouvement Altersummit, on essaye de promouvoir une convergence entre un maximum de mouvements citoyens, de mouvements sociaux et de syndicats européens. |2| Ce n’est pas facile, jusqu’ici c’est trop lent mais il faut néanmoins construire un coalition des mouvements sociaux européens. Il faut aussi contribuer à relancer si c’est possible le mouvement des indignés, soutenir Blockupy à Francfort contre la BCE |3|.


L’Europe a sa raison d’être parce que…


Parce qu’il faut une solidarité entre les peuples européens et qu’elle est tout à fait possible.

 

L’Europe a sa raison d’être à condition que…


Que le processus se fasse par « en bas ». Il faut une constituante des peuples européens et donc une refondation de l’Europe. 


Il faut tourner le dos à la politique qui a été menée auparavant. Il y a plusieurs scénarios possibles pour sortir de la crise. Celui qui est appliqué aujourd’hui (austérité) approfondit et aggrave la crise.

 

On est parti pour au moins 10 à 15 ans de crise, de croissance très réduite. Sauf si des mobilisations sociales aboutissent à des réformes structurelles radicales telles que : la socialisation des banques, le renforcement des services publics, la reconstruction d’une l’Europe basée sur une constituante des peuples ; une Europe solidaire des autres parties du monde. Il faut également obtenir l’annulation/répudiation de la dette publique illégitime et dans cette perspective développer les initiatives d’audit citoyen de la dette comme c’est le cas en Belgique aujourd’hui. |4|

 

Cette solution impliquerait que les mouvements sociaux et la gauche radicale soient capables d’offrir une vraie alternative, un programme cohérent et ne se limitent pas à un programme néo keynésien. Je trouverais dommage que cette crise du capitalisme n’aboutisse au final qu’à un peu plus de discipline… Le capitalisme vert régulé ne permettra pas de régler le problème fondamental du changement climatique. Il faut sortir du système capitaliste.


Notes

|1| Voir : http://www.lcr-lagauche.be/cm/index... 

Voir également : http://www.rtbf.be/info/belgique/de... et http://www.garcialorca.be/spip/rubr...

|2| Voir http://www.altersummit.eu/

|3| Voir http://cadtm.org/Francfort-ein-zwei...

|4| Voir http://cadtm.org/Declaration-pour-l...


La version originale de cette interview est disponible sur le site des Equipes populaires qui éditent la revue Contrastes : http://www.equipespopulaires.be/sit...

La présente version a été revue spécialement pour le site www.cadtm.org


http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-eric-toussaint-la-solidarite-europeenne-n-a-jamais-existe-dans-le-cadre-de-l-ue-il-faut-une-sol-118438067.html

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Le Protectionnisme: notre espoir économique (François Ruffin) Sur Commun Commune.

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

 

Sur Commun Commune :

 

Comment devient-on protectionniste ? Cette idée abjecte qui consiste à se replier sur soi et à vivre en autarcie par peur du monde extérieur. Peut-être en étant confronté aux délocalisations successives qui n’entraînent que des lamentations et aucun acte concret. Pour François Ruffin, rédacteur en chef du journal Fakir, cela coïncide avec la délocalisation des activités de lave-linge de l’entreprise Whirlpool d’Amiens vers la Slovaquie. A la lecture des rapports de la direction et des syndicats, il s‘aperçoit que le coût de la main d’œuvre va passer de 12 % à 2 % avec cette délocalisation en Slovaquie. Le choix de la direction est donc parfaitement logique d’un point de vue économique. Le problème est lié à la réaction des pouvoirs publiques, des syndicats et des médias.


La presse picarde parle de malédiction et de coup de tonnerre pour l’emploi. Le maire d’Amiens de l’époque , Gilles de Robien, parle d’injustice. Comme si cette délocalisation était due à la fatalité. Comme si aucune arme n’existait pour la faire cesser. Comme s’il s’agissait d’une fatalité. La réponse des syndicats n’est guère plus réjouissante puisqu’ils ne proposent que d’aller dans les magasins d’électroménager de la région pour y coller des autocollants « fabriqué en Picardie » ou « fabriqué en Slovaquie ». On croirait entendre le robinet d’eau tiède François Bayrou…

 

Des exemples de ce type François Ruffin en possède un nombre non négligeable. Comme ECCE, sous-traitant de LVMH, qui produisait des costumes Kenzo à 80 Euros tous frais compris. LVMH, qui revendait pourtant ces costumes 990 Euros, a estimé que la marge n’était pas suffisante. La production a donc été délocalisée en Pologne où le coût de production du costume a chuté à 40 Euros. Depuis l’activité a été de nouveau délocalisé en Bulgarie et la direction s’interroge sur l’opportunité de délocaliser à nouveau vers la Grèce, frappée de plein fouet par la crise. Sans doute le charme du néolibéralisme.

 

Cette fois-ci, les syndicats d’ECCE avaient pourtant décidé de frapper un grand coup. Ils se sont déplacés à l’Assemblée Générale de LVMH pour y interroger le PDG, Bernard Arnault. La question est donc posée à l’une des plus grandes fortunes mondiales, si LVMH est prêt à gagner moins d’argent pour continuer à travailler avec ECCE pour garder la production en France et sauvegarder 147 emplois. Arnault s’est contenté de répondre qu’il était désolé de la situation des 147 salariés d’ECCE mais qu’il s’agissait d’un problème de compétitivité entre la France et certains pays d’Europe. Avant d’ajouter que Kenzo n’avait pas vocation à être le seul sur le marché mondial à payer ses costumes le double de ses concurrents et de conclure qu’il ‘est pas responsable des problèmes structurels liés à l’européisation et à la mondialisation.

 

A la lecture du livre de Bernard Arnault, « La passion créative », qui n’a rien de créatif ni de passionnant, François Ruffin s’est aperçu que le PDG de LVMH considérait que la mondialisation constituait une formidable opportunité pour les entreprises afin de mettre en concurrence les Etats. La conséquence est le déclin du pouvoir des hommes politiques qui constitue une cause de réjouissement pour notre ex-futur citoyen belge. 

 

Dans un tel système libre-échangiste, toute velléité nationaliste est vouée à l’échec puisque des politiques de baisse du temps de travail, de renforcement du droit du travail ou d’augmentation des cotisations sociales seront automatiquement annihilées par un chantage à la délocalisation.

A l’arrivée on aboutit à des politiques de dumping social, environnemental ou fiscal qui sont toujours à l’avantage des grandes entreprises et au désavantage des salariés les moins qualifiés. Les néolibéraux peuvent de la sorte atteindre l’ensemble de leurs objectifs. La fiscalité est une excellente illustration de ce système économique pervers. Ainsi on s’aperçoit que plus la taille d’une entreprise est importante et moins son taux d’imposition sera haut.

 

Ainsi déjà que l’impôt sur les bénéfices des sociétés était de 50 % dans les années 80 contre 33 % actuellement, les entreprises du CAC 40 ne payent en moyenne que 9 %, les autres multinationales 12 % et les PME 30 %. Plus la taille de l’entreprise est importante est plus sa capacité faire jouer la concurrence fiscale entre les pays est forte. A titre d’exemple, avant même que l’existence d’EADS soit effective, une coquille vide au nom d’EADS avait été créée avec un siège social à La Haye, où il n’existe pas d’impôt sur les plus-values. Les fiscalistes qualifient ce phénomène de prime à la mobilité qui aboutit à un glissement de la fiscalité des bases mobiles vers les bases immobiles. Ainsi les capitaux, qui sont pas nature extrêmement, voient leur niveau de taxation décroître. Les entreprises, un peu moins mobiles, bénéficient tout de même de dispositifs fiscaux avantageux comme la suppression de la taxe professionnelle. Quant aux citoyens lambda, peu mobile, il subit les hausses de TVA et d’impôts locaux.

 

Au début des années 90, au moment de la création de vastes zones de libre-échange comme l’UE ou l’ALENA, les néolibéraux étaient bien conscients des objectifs à atteindre. L’économiste Gary Becker déclarait ainsi dans BusinessWeek que le libre-échange allait permettre de corriger les « excès » du droit du travail et de la protection de l’environnement en obligeant les pays à rester « compétitifs ». Et pendant ce temps, on nous endormait avec les histoires d’amitiés entre les peuples et de paix durable en Europe…

 

Certaines déclarations en deviennent même caricaturales comme celle de Lawrence Summers, chef économiste de la Banque Mondiale à l’époque, qui déclare : « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués ; la qualité de l’air y est probablement d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées la ou les salaires sont les plus faibles est imparable. »

 

Il importe cependant de ne pas s’arrêter à un simple constat des méfaits de la mondialisation, qui fait largement consensus au moins en ce qui concerne la gauche, et de s’attacher à trouver des solutions pour y mettre fin. Il s’agit déjà de prendre conscience de l’ampleur de la désindustrialisation. Dans la Somme, par exemple, la moitié des industries appartenant aux 30 plus grandes entreprises du département ont disparu en 12 ans soit 6 établissements. Une véritable saignée surtout lorsque l’on sait que l’industrie est le secteur qui offre les meilleurs salaires aux personnes les moins qualifiées. Les classes populaires sont donc les plus touchées. La faiblesse de la réaction pose question. Les syndicats, par exemple, effectuent le bon constat sur les méfaits de la mondialisation mais se refusent à la remettre en question et à défendre des solutions protectionnistes qui s’apparenteraient à un repli sur soi. 

 

Au niveau politique, chaque parti élabore des thèses plus ou moins solides pour favoriser la relocalisation. L’UMP utilise des systèmes d’aides ou de cadeaux fiscaux aux entreprises. EELV compte sur la hausse du prix du pétrole. L’extrême gauche place ses espoirs dans la hausse des luttes dans tous les pays. Le PS souhaite investir dans la hausse de la formation et de la qualification des salariés. Ces solutions sont à peu près toutes louables mais elles ont pour point commun d’être soit inefficace soit incertaine soit les deux. Aucune solution susceptible de présenter des avancées à court terme n’est ainsi proposée.

 

Emmanuel Todd a parfaitement analysé ce rejet du protectionnisme par les partis politiques par une analyse sociologique. L’UMP est dominé par des membres issus de la grande bourgeoisie dont la mondialisation sert les intérêts. Le PS est, quant à lui, dominée par la petite bourgeoisie qui n’est pas directement touchée par la mondialisation et qui l’accepte avec fatalisme. Le corps professoral en constitue une illustration pertinente.

 

Il apparait que le protectionnisme est une idée particulièrement clivante puisque 80 % des ouvriers y sont favorables, ce qui est loin d’être le cas des classes dirigeantes.

Le problème des classes populaires se situe là. Leur sous-représentation, voire leur non-représentation, dans les médias, les partis politiques fait que l’exigence populaire de protectionnisme n’est pas entendue. Même les syndicats n’osent pas prononcer le mot « protectionnisme », car les néolibéraux sont parvenus à transformer cette option économique en valeur morale. La chronique d’Alain Duhamel sur RTL, le 21 avril 2009, en constitue un parfait exemple : « on sait qu’on est dans une grave crise, et que dans des crises de ce genre, il y a toujours des tentations de protectionnisme, de nationalisme, de racisme, de xénophobie ». Le protectionnisme est alors mis sur le même plan que le racisme ou la xénophobie.  

 

L’autre frein à l’instauration du protectionnisme serait sa difficulté de mise en place notamment au niveau des valeurs morales. Pourquoi ne serait-il pas possible d’appliquer aux marchandises ce qui est la règle pour les personnes. Ainsi dans un aéroport 100 % des passagers subissent un contrôle d’identité et un scanner. A l’inverse au port du Havre, seulement 0,04 % des marchandises sont scannées. L’exemple est identique pour l’ALENA, où la vaste zone de libre-échange ne s’applique pas aux personnes puisqu’un gigantesque mur de 1100 kilomètres a été construit à la frontière états-uno-mexicaine. Pourquoi le protectionnisme des marchandises serait un problème et pas celui sur les personnes ?

 

Le protectionnisme ne doit pas être une finalité mais un moyen d’accomplir une politique. Il est donc indispensable de définir la politique que l’on souhaite mettre en place qu’elle soit sociale, environnementale ou fiscale. Le protectionnisme reste un moyen de dépasser le libre-échange qui constituait la fin de l’histoire des politiques sociales comme l’avait constaté François Mitterrand lors des deux premières années de son mandat présidentiel.

 

Il est trop difficile d’assister à de scènes de lamentations qui se succèdent lors des délocalisations sans en tirer les enseignements ni utiliser les outils permettant de lutter contre ce phénomène. Il n’y a qu’à analyser l’énergie avec laquelle Laurence Parisot ou Ernest-Antoine Sellière s’évertuent à combattre le protectionnisme pour comprendre qu’il s’agit de notre principale arme. En affirmant leur conviction de voir le pays retrouver le chemin de la croissance à condition d’éliminer les mesures protectionnistes, l’actuelle présidente du MEDEF et son prédécesseur défendent leurs intérêts de classe. Il nous appartient donc de prendre le contre-pied de nos ennemis de classe en militant avec vigueur en faveur du protectionnisme.

 

Keynes ne disait pas autre chose lorsqu’il affirmait que «Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages sont là des choses qui par nature doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible».

 

Theux

 

NB: Cet article correspond au compte-rendu de la conférence du 16 mai 2013 animée par François Ruffin à Clermont-Ferrand 

http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-le-protectionnisme-notre-espoir-economique-fran-ois-ruffin-118441724.html

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C’est parti : le JT de France 2 prépare une nouvelle réforme des retraites.

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme des retraites.

Site ACRiMED

par Blaise Magnin, Frédéric Panne, le 7 juin 2013

Le JT de 20 heures de France 2 du 4 juin 2013 (que l’on peut voir ici consacre deux minutes (de 14’15 à 16’23) au rapport de la commission chargée d’examiner plusieurs hypothèses sur la nouvelle réforme des retraites. Deux minutes d’informations tronquées et faussées.

« L’actualité en France, c’est d’abord, je vous le disais, les premières pistes de la réforme des retraites. La commission chargée d’établir un rapport vient de rendre ses conclusions. Elle évoque de nombreuses possibilités : revenir sur les avantages fiscaux des retraités, augmenter, soit l’âge de départ, soit la durée de cotisation, augmenter aussi les charges patronales, bref, il y en a pour tout le monde. Mais ce qui retient le plus l’attention c’est ce qui concerne l’harmonisation des régimes. La commission suggère de modifier les règles de calcul pour les fonctionnaires. »

« Ce qui retient l’attention ». Mais de qui au juste et pourquoi ? Peu importe : l’attention est focalisée sur la sempiternelle « question » des régimes de retraite des fonctionnaires. Et en quoi est-elle de nature à justifier que le JT s’y intéresse tout particulièrement – plutôt qu’à celle des cotisations patronales, par exemple ? David Pujadas s’abstiendra d’en dire plus, mais le reportage qui suit, réalisé par « Margaux Manière, Didier Dahan, avec notre bureau à Poitiers », permettra peut-être d’y voir plus clair…

Sur fond d’images de fonctionnaires au travail, la journaliste commente, ou plutôt pronostique : « Instituteurs, infirmiers ou encore employés de mairie, leur pension de retraite pourrait baisser. Aujourd’hui le mode de calcul des retraites du public est plus favorable que celui des salariés du privé ; la commission Moreau qui rendra son rapport au gouvernement la semaine prochaine propose de rapprocher les deux systèmes. Une piste qui fait bondir les fonctionnaires... »

Manifestement, la journaliste considère qu’il est inutile de préciser que par « rapprocher les deux systèmes », il ne faut pas entendre aligner les retraites du privé sur celles, dont le mode de calcul serait plus avantageux, du public… Cela va de soi !

La suite du reportage, sans doute censée illustrer à quel point l’idée fait « bondir les fonctionnaires  », propose l’interview d’une femme…

Au téléspectateur de deviner non seulement qui elle est – ni le commentaire, ni aucune incrustation ne l’indiquent – mais aussi quelle question lui est posée – laquelle a été coupée au montage. Et si cette femme, qui est probablement fonctionnaire, retraitée ou non, ne semble pas « bondir », elle est effectivement opposée – quelle surprise – à une baisse éventuelle de sa (future ?) pension : « C’est perdre nos acquis, quelque part, parce que si nous, c’était calculé sur les 6 derniers mois… Il y a beaucoup de prise d’échelon en fin de carrière. C’est quand même plus intéressant.  »

Avec l’infographie qui suit, que redouble le commentaire, la journaliste choisit de présenter les conséquences d’une telle réforme pour « un fonctionnaire » virtuel qui s’avère quelque peu atypique…

« Aujourd’hui, les pensions sont calculées sur les derniers mois de la vie professionnelle. Ainsi un fonctionnaire qui gagne en fin de carrière 4000 euros par mois, touche aujourd’hui 3000 euros de retraite. Mais si la piste évoquée par le rapport était suivie, une période plus longue serait prise en compte, par exemple les 10 dernières années. Et sur cette période, le fonctionnaire n’a pas gagné 4000 euros en moyenne mais seulement 3500. Résultat sa retraite ne s’élèverait plus qu’à 2625 euros, 11 % de moins qu’aujourd’hui. »

On reste perplexe devant cette simulation : en 2009, selon l’INSEE, le revenu moyen des fonctionnaires était d’un peu moins de 2400 euros… Alors qui sont ces fonctionnaires qui finissent leurs carrières à 4000 euros par mois ? Existent-ils ? Combien sont-ils ? De quoi parle-t-on ? Salaire net ou salaire brut ? Celui ou celle qui aurait voulu suggérer que les fonctionnaires sont des nantis ne s’y serait pas pris autrement…

Le reportage enchaîne avec quelques mots d’Éric Aubin, présenté comme le responsable chargé des retraites à la CGT. Là encore, on ne sait quelle question lui a été posée…

« C’est une mesure pour rien. Qui avait fait l’objet d’un débat en 2010 avec Éric Woerth qui avait, à l’époque, abandonné cette mesure parce qu’elle ne sert à rien et elle va crisper, effectivement, les salariés notamment du public. » Des propos si brefs et allusifs, qu’on ne pourra en retenir que son opposition à la mesure. Il aurait par exemple pu être intéressant de savoir pourquoi ce bon connaisseur du dossier affirme à deux reprises que ce serait « une mesure pour rien »... Mais ce n’est pas dans le JT France 2 que le téléspectateur l’apprendra.

En revanche, ledit téléspectateur se voit apporter une nouvelle preuve des privilèges inouïs dont bénéficient les fonctionnaires, avec une nouvelle statistique dont on ne saura pas d’où elle sort, ni ce qui pourrait l’expliquer.

« Aujourd’hui dans le privé la retraite est calculée sur les 25 dernières années. Et elle est moins élevée en moyenne : 1216 € contre 1724 pour le public. » On appréciera le souci de cohérence de la journaliste qui choisit de réfléchir sur une pension de 3000 euros quelques secondes avant d’annoncer qu’elles s’élèvent en moyenne à un peu plus de 1700 euros dans la fonction publique… Quant à savoir si, par exemple, des différences de qualification, et donc de rémunération, entre salariés des secteurs public et privé, ne pourraient pas contribuer à expliquer de tels écarts, ce serait trop demander…

Et la journaliste de préciser que « ce soir, Matignon évoque de simples pistes. Les discussions sur les retraites commenceront réellement le 20 juin. » En plateau, David Pujadas conclut même avec un quasi scoop : « Précision importante il y a quelques minutes. L’entourage de François Hollande a confirmé que le calcul des retraites des fonctionnaires fera bien partie du débat. »

Si la qualité de l’information, dans ce « sujet », fut d’une nullité affligeante, l’équipe de David Pujadas pourra au moins se féliciter d’avoir accompli son travail de « pédagogie »… en esquissant les conclusions de discussions qui n’ont pas commencé.

 

Frédéric Panne et Blaise Magnin

http://www.frontsyndical-classe.org/article-c-est-parti-le-jt-de-france-2-prepare-une-nouvelle-reforme-des-retraites-118416536.html

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Dans le supérieur ça bouge aussi! Par le Front Syndical de Classe.

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

Enseignement Supérieur Recherche (ESR):
poursuivre la lutte contre l’austérité et le projet de loi( LRU dite loi d'autonomie des universités). Le 18 juin, ensemble dans l’action.
 Manifestations, rassemblements, conférences de presse en régions.
A Paris, 14h, manifestation de Jussieu au Sénat
 
en passant par le Panthéon,
où à 15h s’exprimeront des témoignages de personnalités et seront déposées des silhouettes en carton symbolisant le grand nombre de celles et ceux qui ne pourront travailler dans l’ESR.

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Communiqué intersyndical du 06/06/13

 


L’Assemblée Nationale a adopté le 28 mai 2013 le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) par 289 voix contre 248. Ce vote illustre les difficultés du gouvernement à faire aboutir ses projets relatifs à l’ESR, soutenus par les seuls députés socialistes et radicaux de gauche. La mobilisation réussie le 22 mai 2013 des personnels de l’ESR à Paris et les efforts d’explication des syndicats CGT, FSU, SUD, FO auprès des députés, notamment du Front de Gauche et d’Europe Ecologie Les Verts, ont contribué à cette situation. C’est un résultat encourageant pour ceux qui, comme nos organisations, se battent dans l’ESR depuis de long mois pour une augmentation des moyens pérennes (postes et crédits) des établissements de l’ESR et la rupture avec la loi LRU et le Pacte de la Recherche.

Dans les établissements, les collègues sont inquiets de la poursuite d’une politique semblable aux précédentes : absence de réelle résorption de la précarité, non renouvellement de CDD existants, gels d’emplois de titulaires dans les universités – y compris dans les 1000 nouveaux emplois annoncés pour la réussite en licence - et suppressions de postes dans les organismes de recherche, signature de conventions IDEX impliquant des transferts de personnels des organismes vers des Fondations de Coopération Scientifique (FCS) de droit privé, application anticipée de lois non encore votées (ESPE et circulaires sur la formation des enseignants, processus d’accréditation, nomenclatures de licence), diminution des formations proposées aux étudiants, dégradation des conditions de travail…

Le projet de loi ESR – dont nos organisations demandent l’abandon - va maintenant être débattu au Sénat dans sa version adoptée à l’Assemblée Nationale. Il faut continuer la lutte contre la politique d’austérité du gouvernement et contre un projet de loi qui se situe dans la continuité des choix de ses prédécesseurs. Nos organisations ont notamment souligné le danger d’une politique de recherche totalement orientée vers le transfert économique et la valorisation au détriment de la recherche fondamentale et d’une recherche finalisée non marchande, les risques que pourrait entrainer la régionalisation couplée à la création des nouvelles Communautés d’Universités et d’Etablissements - alliant établissements publics et privés-, les menaces sur les statuts des personnels …. L’ANR est pérennisée et le « Haut conseil » de l’évaluation ressemble comme un clone à l’AERES, dont la ministre avait promis la suppression.

Le développement de la mobilisation des personnels et des étudiants de l’ESR, à Paris et en régions, lors de l’examen de ce projet de loi au Sénat sera décisif. C’est pourquoi les organisations soussignées appellent à une journée d’action et de grève le 18 juin, lorsque le débat sur le projet de loi ESR commencera au Sénat :
-  pour l’abandon de l’actuel projet de loi sur l’ESR

-  pour l’ouverture de négociations – sur la base de nos revendications - pour une loi d’orientation ET de programmation qui rompe avec le Pacte pour la Recherche, la loi LRU et les politiques d’austérité


Le 18 juin, ensemble dans l’action

Manifestations, rassemblements, conférences de presse en régions A Paris, 14h, manifestation de Jussieu au Sénat en passant par le Panthéon,

où à 15h s’exprimeront des témoignages de personnalités et seront déposées des silhouettes en carton symbolisant le grand nombre de celles et ceux qui ne pourront travailler dans l’ESR.


ORGANISATIONS SIGNATAIRES : FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP) – CGT (SNTRS, FERC’SUP , CGT INRA) – SOLIDAIRES (SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S) – SNPREES FO – SLU – SLR

SONT ASSOCIÉS : Collectif Aquitain des Contractuels de la Recherche – Collectif contre la précarité Pouchet/CNRS – Collectif de l’INRA de Versailles – Collectif des étudient-e-s de Paris 7 – Collectif des précaires de l’INED – Collectif de précaires du CNRS de Gif-sur-Yvette – Collectif des précaires de Montpellier .

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-dans-le-superieur-a-bouge-aussi-118440477.html

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Votre tour vient, messieurs les médiacrates! par Floréal du PRCF.

12 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média

 

Votre tour vient, messieurs les médiacrates! par Floréal

 Quel choc dans les salles de rédaction de nos médias, d’ordinaire si « compréhensifs » à l’égard de Bruxelles et de la Banque de Francfort !

Car cette fois-ci, ce ne sont pas de simples ouvriers en bleu de chauffe qu’on jette à la rue au nom de la « compétitivité », ni des enseignants dont on démolit le statut pour « moderniser » la pédagogie (sic), ni des retraités dont on comprime les pensions « pour sauver l’euro », ni même des éleveurs ruinés qui se pendent sottement dans leur grange à cause de la mévente du lait ou de la viande de porc, organisée par l’UE de la sacro-sainte Angela.

Non, cette fois-ci – même l’ordinairement si insolente Pascale Clark, de France-Inter, est choquée par cette atteinte à son intouchable corporation – ce sont des journalistes du « service public ».

Ces « grands journalistes » du « service public » qui, et au diapason de leurs confrères d’RTL, d’Europe 1, de TF1, etc. sont si empressés d’ordinaire à justifier la « construction européenne », à présenter comme des « ringards nationalistes » ceux qui veulent sortir de cette prison des peuples qu’est l’UE, avec sa série interminable d’atteintes à la souveraineté des peuples, aux acquis sociaux, à l’emploi industriel et à l’idée même de progrès social.

Que cette même UE, en Pologne, en Tchéquie, en Hongrie, dans les Pays baltes, laisse persécuter les partis communistes, qu’elle s’accommode sans états d’âme de gouvernements cléricaux dont certains clament leur nostalgie du Reich, qu’importe d’ordinaire aux « grands journalistes du service public » ? Ne sont-ils pas grassement payés pour salir le communisme, dénigrer Cuba, préparer les guerres impérialistes, présenter le libéralisme (ou à la rigueur, le « social »-libéralisme) comme la seule politique raisonnable possible ?

En revanche, si vous écornez le « quatrième pouvoir » médiatique, ce pilier, non de la liberté d’expression, mais de la dictature idéologique euro-capitaliste, alors toutes les « indignations » et toutes les « révolutions » – de préférence, « oranges » – sont permises et requises : aux armes citoyens !

Certes, la décision brutale du gouvernement « grec » – en réalité, des proconsuls germaniques qui tiennent le manche à Athènes – est un scandale sur le fond et sur la forme. Certes, parce que nous sommes communistes et que rien de ce qui intéresse les travailleurs ne nous est étranger, nous sommes solidaires des travailleurs de la radio-télévision grecque jetés à la rue sous la pression diktaroriale de l’UE. Certes, nous espérons vivement que la riposte à cette ignominie donnera l’occasion au peuple grec de se soulever en masse contre le sort indigne qui est fait à TOUTES les catégories populaires, ouvriers, travailleurs intellectuels, fonctionnaires, agriculteurs, petits entrepreneurs, etc.

Mais de grâce, Messieurs les médiacrates (que nous ne confondons pas avec la masse des « journalistes de base » qui savent bien, hélas, la dictature idéologique qu’ils subissent), ne nous faites pas le coup du « si vous touchez aux grands médias, c’en est fini de la démocratie ».

Car cette belle « démocratie », vous l’insultez chaque jour en prêchant à nos frais votre pensée unique à base de résignation sociale, d’anticommunisme échevelé et de reniement de la dignité nationale.

 

http://www.initiative-communiste.fr/billet-rouge-2/votre-tour-vient-messieurs-les-mdiacrates-par-floral/

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