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Le blog de Lucien PONS

Etat islamique : après l'Irak, la France pourrait aussi frapper en Syrie Information du journal "Le Parisien".

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La nation ., #Politique étrangère

Etat islamique : après l'Irak, la France pourrait aussi frapper en Syrie

ARCHIVES. Un pilote français aux commandes d'un Rafale.  | AFP PHOTO / ECPAD /

ARCHIVES. Un pilote français aux commandes d'un Rafale. | AFP PHOTO / ECPAD /

La mort d'Hervé Gourdel horrifie la France jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Au lendemain de l'assassinat de ce randonneur français perpétré par un groupe de jihadistes affilié à l'Etat islamique, mercredi en Algérie, François Hollande a réuni ce jeudi un conseil de Défense à l'Elysée.

MON ACTIVITÉ

SUR LE MÊME SUJET

L'objectif ? Fixer les buts assignés aux opérations militaires menées pour l'heure en Irak contre les forces de l'EI et renforcer la protection des Français.

Si le conseil a décidé d'intensifier le soutien de la France à l'opposition syrienne, il exclut, pour l'instant au moins, tout bombardement sur la Syrie et toute opération au sol. Par ailleurs, sur le territoire français, «les mesures de prévention contre les risques terroristes dans les lieux publics et dans les transports» vont être renforcées. Le Quai d'Orsay, qui a appelé les Français de l'étranger à la plus grande prudence depuis lundi, a étendu jeudi son conseil de vigilance à 40 pays (Indonésie, Malaisie, Philippines, Afghanistan, Pakistan, Ouzbékistan, Comores, Burundi, Tanzanie, Somalie et Ouganda ont été ajoutés).

Nouvelles frappes françaises en Irak

Alors que les Rafale français ont conduit depuis une semaine quinze missions de reconnaissance au-dessus de l'Irak, et n'avaient jusqu'ici officiellement frappé qu'une fois, le gouvernement a confirmé qu'une nouvelle opération avait été menée ce jeudi matin. «C'est une frappe en dynamique. Les avions étaient partis pour faire une reconnaissance et ils ont traité une cible d'opportunité», a précisé l'état-major des armées à l'AFP, sans préciser la nature de la cible. Les deux Rafale avaient décollé tôt le matin de la base française d'Al-Dhafra, aux Emirats arabes unis (EAU), pour une mission «sur les lignes de contact dans la région de Bagdad», avec un Atlantique2 et un avion ravitailleur. Les frappes menées vendredi dernier avaient conduit à la destruction d'un dépôt logistique dans la région de Mossoul.

Plus tôt, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait réaffirmé sur RTL que la France poursuivrait ses frappes en Irak jusqu'à ce que «l'intégrité» du pays soit «retrouvée». «Nous sommes dans une coalition, on se partage le travail», a-t-il déclaré. «Nous avons une cible privilégiée qu'est l'Irak. Il faut empêcher la destruction de l'Irak.»

Frappes en Syrie : la question se pose.

La question des frappes aériennes en Syrie par des avions française est désormais «posée», a estimé jeudi matin Jean-Yves Le Drian. De son côté, François Fillon soutient l'intervention française contre l'EI, mais considère qu'il faut également frapper en Syrie et reléguer à plus tard la question du président syrien Bachar al-Assad. «François Hollande a raison d'engager le combat contre l'état islamique et il a tout mon soutien. Je souhaiterais qu'il dise clairement que l'objectif est de détruire l'état islamique en Irak et au Levant avec les forces de la coalition et, partant de cette logique, on ne pourra pas s'arrêter à la frontière irakienne. Il faut mettre pour le moment de côté la question de Bachar al-Assad. (...). Après, la question du régime de Bachar El-Assad se posera. Mais si on veut combattre l'Etat islamique sans mettre les pieds en Syrie parce qu'on ne veut pas interférer dans le conflit syrien, alors nous n'aurons pas de résultat et la situation ne cessera d'empirer», a-t-il expliqué ce jeudi sur RTL.

Paris intensifie son soutien à l'opposition syrienne. Lors du conseil de défense présidé par François Hollande, il a été décidé que la France «intensifiera son soutien aux forces de l'opposition syrienne». «En Syrie, Bachar al-Assad est à l'origine du développement de Daech. Tout laisse à penser que les puits de pétrole tenus par Daech servent à alimenter Bachar al-Assad. Il faut à la fois que les frappes soient assurées, qu'on dénonce al-Assad, qui reste un dictateur, et renforcer l'opposition», avait déclaré un peu plus tôt le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Autre annonce : alors que «le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté (mercredi, ndlr) à l'unanimité une résolution importante afin de renforcer la cohérence de l'action internationale contre les combattants étrangers, la France est prête à apporter son soutien à tous les Etats qui en feraient la demande afin de permettre la mise en oeuvre rapide des mesures nécessaires», ajoute le communiqué du conseil de Défense.

Pas de troupes au sol. Revenant sur l'engagement de la France au sein de la coalition contre l'Etat islamique, Laurent Fabius a rappelé jeudi matin ne pas souhaiter d'intervention au sol. «Il n'y aura pas, je suis clair et net, de troupes au sol. Pour qu'il y ait victoire contre Daech (l'acronyme de l'Etat islamique), il faut que les Irakiens s'impliquent. Dans une guerre, on ne peut avoir de victoire que si la population s'implique», a expliqué le chef de la diplomatie française.

Une cimenterie française aux mains de l'EI en Syrie
La cimenterie du producteur français de matériaux de construction Lafarge, en Syrie, est tombée en fin de semaine aux mains des jihadistes de l'Etat islamique (EI). D'abord assurée par l'armée, la sécurité de l'usine l'était depuis août 2013 par le PYD, la branche militaire du Parti kurde de l'Union démocratique (PUD), majoritaire dans la région. Jeudi, une porte-parole du groupe indiquait que la totalité des employés, dont le nombre exacte est inconnu, du site avaient été évacués entre le 18 et le 19 septembre dernier.

http://www.leparisien.fr/politique/mort-d-herve-gourdel-conseil-de-defense-ce-jeudi-a-paris-25-09-2014-4162769.php

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Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker. Andrew Korybko (USA).

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La guerre, #La mondialisation, #La nation .

Par Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker.

INTRODUCTION

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (Russia-China Strategic Partnership, alias RCSP), dont les bases avaient été jetées en 1996, constitue le point d’ancrage de l’Eurasie dans le 21e siècle. Jamais jusqu’alors les acteurs des deux continents n’avaient entretenu une relation politique si proche, le seul rival du RCSP étant les USA par l’intermédiaire de leurs alliances militaires privilégiées avec l’Otan, les monarchies du Golfe et le Japon. Dans cette lutte du siècle pour le supercontinent, l’interaction entre le RCSP et les États-Unis va définir la politique mondiale.

Détracteurs ou détourneurs ?

Les media occidentaux ont fait beaucoup de bruit autour du RCSP, certains le présentant comme une remise en cause du consensus autour de Washington et d’autres le dépeignant comme rien d’autre qu’une dépendance accrue de Moscou à l’égard de Pékin. Les premiers claironnent souvent leur point de vue dans le but d’effrayer les Américains et de justifier l’agression de leur gouvernement contre la Russie et la Chine, tandis que les seconds alimentent une campagne de désinformation destinée à faire éclater en morceaux l’unité entre la Russie et la Chine. Ce n’est que rarement que le RCSP est mentionné comme une mise en garde à l’égard des États-Unis pour les inviter à mettre de l’eau dans leur vin, ce qui est la voie la plus responsable pour présenter ce développement à l’électeur occidental.

Le but de cet article est de montrer que le RCSP est en train de devenir une réalité à l’échelle du monde entier, la manifestation du cauchemar de Washington, et qu’il s’étend au-delà de l’Eurasie, vers l’Afrique du Nord et l’Amérique Latine.

Le RCSP cherche indiscutablement à remettre en cause l’ordre occidental, mais uniquement dans le but d’aider à passer à un monde multipolaire, un but vers lequel les deux pays avaient déjà affiché leur solidarité dès 1997. La réticence des États-Unis à reconnaître les mouvements tectoniques qui ont eu lieu depuis lors, et leur insistance à prolonger cet état unipolaire dépérissant, sont les principales raisons de la déstabilisation mondiale actuelle. Malgré ce que tentent d’obtenir les détracteurs par la peur et les détourneurs par la tactique de la division, le RCSP est paisible, sur la défensive, et plus uni que jamais. En explorant les confluences de la politique russo-chinoise dans les domaines clés de l’Eurasie et au-delà, cet article prouve que le RCSP est vivant et en pleine croissance, et qu’il contribue activement à orienter le monde vers un état multipolaire.

1ÈRE PARTIE : LES FONDEMENTS POLITIQUES DU PARTENARIAT STRATÉGIQUE ENTRE LA RUSSIE ET LA CHINE

Avant d’entrer dans les détails de l’action géopolitique du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, il faut identifier les fondements politiques sur lequel il repose. Il s’agit d’une définition des rôles respectifs que joueront la Russie et la Chine, les bases de leur coopération et les objectifs institutionnels qu’elles se donneront pour restructurer l’ordre international

 Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

La Russie comme contrepoids politico-militaire, la Chine pour ses perspectives économiques

Dans la division du travail entre les deux partenaires, il a été convenu que la Russie servira de contrepoids militaire et politique à l’influence américaine, permettant aux grandes puissances, États émergents et entités diverses de ne pas être obligés de choisir systématiquement entre influence américaine et influence chinoise. On va montrer comment la Russie travaille en parfaite intelligence avec la Chine de manière à s’assurer qu’elle remplit son rôle de contrepoids dans le sens de leurs objectifs stratégiques communs. La Chine, de son côté, en passe de devenir cette année la première puissance économique du monde pour ce qui est de la Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) — au détriment des USA, est l’économie dominante des pays en voie de développement. Ses relations fortes et privilégiées par lesquelles elle développe ses investissements dans l’agriculture et les services en Afrique, en Amérique Latine et dans les états de la ceinture de perles, font d’elle la porte d’entrée offrant d’importants débouchés et d’utiles relations à l’économie russe, particulièrement dans le cadre des récents développements [récentes sanctions]. Ainsi, que la Russie puisse jouer un rôle favorable [pour la Chine] de contrepoids dans les domaines militaires et politiques dans les régions d’importance stratégique, et que réciproquement la Chine puisse jouer un rôle favorable pour assister [la Russie] dans le domaine commercial via ses contacts existants et son réseau de relations [forme la base de ce partenariat].

Le tandem ainsi réalisé est, bien évidemment, loin d’être parfait, pas plus que sa mise en pratique stratégique à travers le monde, mais c’est la théorie générale de leur approche « main dans la main ». La Russie est le contrepoids et la Chine est la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

Le berceau de la coordination

L’Organisation de coopération de Shanghai [OCS en français, SCO en anglais] constitue le berceau où est né et s’est développé le RCSP. Fondée en 1996 par les Cinq de Shanghai, l’OCS a été refondue en 2001 avec l’intégration de l’Ouzbékistan. Depuis, elle a commencé à coopérer avec cinq autres pays (Mongolie, Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran). Et elle dialogue aussi avec le Sri Lanka, la Turquie et la Biélorussie. Tous ces pays sont dans l’orbite immédiate du RCSP, que la Russie ou la Chine y exerce une forte influence à divers niveaux. L’OCS a établi encore les fondations du RCSP en déclinant les objectifs que devait se donner le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine : lutte contre le terrorisme, le séparatisme, l’extrémisme sous toutes leurs formes, incluant les révolutions de couleur impulsées par les USA. Concomitamment, les Américains ont étendu à tous ces pays leurs campagnes de déstabilisation et de domination inaugurées en Eurasie. Les USA représentent donc un risque existentiel pour la Russie et la Chine, mais aussi les autres membres de l’OCS. On notera également que l’OCS organise régulièrement des manœuvres militaires communes entre ses membres.

Le BRICS, bastion institutionnel

La conséquence la plus visible du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine est d’avoir conduit les deux pays à se présenter sous forme d’une force intégrée au sein du BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud]. Vladimir Poutine a déclaré en mai dernier que « Russie et Chine avaient des priorité communes au plan mondial et régional. Les deux pays ont convenu de coordonner plus étroitement leurs politiques au sein de l’ONU, du BRICS et le la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique [Asia-Pacific Economic Cooperation, alias APEC]. Ils n’ont pas de désaccords. Au contraire, ils ont élaboré des programmes ambitieux, qu’ils sont fermement déterminés à inscrire dans la réalité ».

Cette déclaration d’intention tout à fait nouvelle représente le fondement de ce qui leur a permis d’agir au Sommet du BRICS à Fortaleza, Brésil, en juillet dernier durant lequel les cinq membres ont décidé de fonder la Nouvelle Banque de Développement en vue de se confronter directement à la domination occidentale au sein des organisations économiques et financières. D’importants mémorandums d’accord (MoU) ont aussi été présentés concernant notamment la création d’une monnaie de réserve commune au sein des membres du BRICS. Celui-ci apparaît donc comme un bastion institutionnel pour la coopération russo-chinoise à travers le monde, dans la perspective de la multipolarité.

Résumé des éléments fondamentaux

La Russie et la Chine ont un rôle distinct à jouer dans leur tandem, et ils en sont encore à raffiner leur interaction. L’OCS, quoiqu’étant un cadre multilatéral, fonctionne comme une organisation de coopération bilatérale russo-chinoise plus large, utilisant l’Asie Centrale comme un terrain d’entraînement pour de futurs développements dans d’autres lieux. En observant la coopération institutionnelle de la Russie et de la Chine telle qu’on peut la voir plus clairement au sein du BRICS, très particulièrement lors de leur dernier sommet, vue comme un tout on ne peut que constater que les deux pays combinent leurs forces dans des institutions appropriées de manière à poursuivre leur objectif commun de multipolarité.

2ÈME PARTIE : MISE EN PRATIQUE GÉOPOLITIQUE

Nous pouvons maintenant enchaîner sur les implications géopolitiques du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP). Cette deuxième partie commence avec l’Asie du Nord-Est, puis, en suivant le sens trigonométrique, dans l’exploration des deux approches pour l’Asie Centrale, l’Asie du Sud, et l’Asie du Sud-Est. Nous irons ensuite en Europe avant de nous pencher sur l’ensemble Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA) et l’Amérique Latine. Il n’y a qu’en Afrique où le RCSP doit encore mûrir, mais il est fort probable que la Chine, à l’avenir, invite la Russie à avoir une influence de rééquilibrage sur le continent et influence les dirigeants régionaux pour développer leurs liens commerciaux avec Moscou. Enfin, la conclusion va montrer l’unité d’ensemble et démontrer que le RCSP est vraiment la relation la plus importante du 21e siècle et le véhicule définitif pour la multipolarité.

Il est recommandé au lecteur, lorsqu’il se plonge dans ces paragraphes, de garder à l’esprit la chose suivante : Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale. Cela étant posé, il est possible de commencer l’examen géopolitique du RCSP.

Asie du Nord-Est

Dans son essence, l’action du RCSP en Asie du Nord-Est est de se confronter au « porte-avions US insubmersible » dans une attitude attentive, toute de prudence et de précaution, afin d’en neutraliser la létalité. Russie et Chine avaient toutes les deux des différends territoriaux avec le Japon avant le début de la mise en place du RCSP, mais le Japon ne commença à envenimer ces tensions qu’en 2010. Le problème japonais doit être plus précisément compris comme un problème américain en raison des accords de sécurité mutuelle entre les deux pays qui relèvent plus d’une occupation militaire. Ainsi par procuration, le RCSP, dans ses efforts de pacification de l’Asie du Nord-Est, bute de facto dans la muraille de la mauvaise volonté américaine. Tokyo use constamment de sa « clause de retrait » lorsqu’il s’agit de régulariser ses relations avec Moscou (ce qui serait dans les intérêts des deux nations), mais il ne semble pas que l’on puisse voir cette régularisation sous le gouvernement Abe. L’occupation par les USA est trop forte et trop influente pour que le pays puisse s’en libérer dans un futur proche, mais si par un heureux hasard il advenait que les prémisses d’une véritable politique étrangère indépendante [de Tokyo] apparaissent, cela placerait Moscou en situation de jouer un rôle positif de modération des actions de Tokyo envers Pékin.

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Dans les conditions actuelles, cependant, et la Russie et la Chine considèrent que c’est bien le Japon et non la Corée du Nord (que chacun des deux pays engage dans les pourparlers multilatéraux de dénucléarisation) qui représente le plus grand risque de déstabilisation de l’Asie du Nord-est, en raison de son obstination agressive sur les différends territoriaux. Pour se créer une position optimale de maître du jeu caché derrière sa marionnette, et ainsi saboter la perspective d’une coopération pan-régionale, les États-Unis soutiennent et favorisent cette attitude. Par conséquent, aussi improbable que cela puisse sembler pour le moment, en cas de guerre, la Russie et la Chine pourraient coopérer militairement, ou alors l’un ou l’autre pourrait user des plus puissant moyens diplomatiques et politiques à sa disposition pour tenter d’influencer le Japon, pour qu’il fasse machine arrière et arrête les hostilités au plus vite.

Asie centrale

Beaucoup d’encre a coulé à propos d’une rivalité hypothétique entre la Russie et la Chine en Asie Centrale, mais les faits ne le montrent pas et ces rumeurs ne sont rien de plus qu’un désir de ceux qui ont le dessein de diviser le RCSP et qui espèrent voir la Russie et la Chine se rentrer dedans dans la région. Il faut prendre en considération le processus d’intégration politique et économique de la Russie avec le Kazakhstan et bientôt avec le Kirghizistan sous les auspices de l’Union Eurasiatique, et les engagements de sécurité mutuelle de la Russie avec le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan à travers le CSTO (qui, également, participe régulièrement à des manœuvres militaires). D’autre part la Chine a des positions plus commerciales en Asie Centrale ayant établi des relations d’affaires lucratives ces dernières années et ayant conclu des contrats énergétiques d’une extrême importance stratégique avec la plupart des états de la région, en tout premier lieu le Turkménistan, ce qui lui donne une position [politique] moins dominante. En Asie Centrale, la partie se joue de la manière suivante : la Russie consolide son influence là où se trouvait la sphère d’influence soviétique, avec des états qui avaient déjà cultivé avec elle de profondes relations, alors que la Chine agit pour combler un vide dans certains secteurs économiques. Il est de la plus haute importance pour la Chine d’être en mesure de diversifier ses voies d’importations de matières premières de manière à éviter le Détroit de Malacca susceptible de strangulation et occupé par les USA, d’où son intérêt [pour un approvisionnement] énergétique en Asie Centrale. C’est grâce à une acceptation implicite de la participation de la Chine de la part de la Russie, ici via le RCSP, que la Chine est en mesure de procéder sans encombre, car il est aussi dans l’intérêt de la Russie d’avoir dans la Chine un partenaire fort et aussi énergie-indépendant que possible. Egalement, l’expansion fulgurante de l’influence énergétique de la Chine en Asie Centrale produit corolairement un bénéfice pour la Russie. En effet, les liens que la Chine entretient avec l’Ouzbékistan qui s’est éloigné de la Russie ces dernières années (l’Ouzbékistan a quitté le CSTO en 2012 et envisage d’acquérir des équipements militaires délaissés par l’OTAN en Afghanistan) et qui est en passe de devenir l’homme de paille potentiel des USA après le retrait d’Afghanistan, pourraient servir à modérer la politique régionale de Tachkent. Nous n’allons pas jusqu’à dire que la Chine puisse le convaincre de s’abstenir d’accroître sa coopération militaire avec les USA, mais plutôt qu’elle peut exercer sa très efficace influence en matière économique et énergétique pour essayer d’écarter une confrontation militaire catastrophique avec le Tadjikistan qui impliquerait probablement la Russie en raison de ses responsabilités dans le CSTO.

Asie du sud

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

C’est une région du monde où le RCSP assume un caractère très complexe et peut devenir excessivement difficile à déchiffrer si l’on n’est pas un observateur averti et des plus attentifs. La Russie est le plus proche allié de l’Inde. Le premier ministre indien a déclaré récemment : « Si vous demandez à qui que ce soit parmi les personnes vivant en Inde, au nombre de plus d’un milliard, qui est le meilleur ami de notre pays, chacun, chaque enfant sait que c’est la Russie. Chacun sait que la Russie s’est toujours tenue aux côtés de l’Inde durant les moments les plus pénibles et sans jamais rien demander en retour. » Par elle-même cette relation politique implique des conséquences titanesques de niveau mondial, mais en la réduisant au contexte du RCSP, elle permet à la Russie d’exercer un haut niveau d’influence sur l’Inde pour la maintenir en paix avec la Chine, spécialement puisque cette dernière a, ces dernières années, fait monter d’un cran sa rhétorique sur ses différends frontaliers ironiquement dans un style similaire à celui employé par le Japon vis-à-vis de la Chine. A la différence du Japon cependant, la Chine a signalé voilà deux mois qu’elle désirait enfin régler ce différend, donnant ainsi à la Russie la possibilité de jouer en coulisse un rôle de modérateur pour s’assurer qu’aucune des parties n’agisse imprudemment et ne mette en danger les pourparlers.

Un peu plus loin, la Chine a une relation stratégique très rapprochée avec le Pakistan, l’ennemi juré de l’Inde, et les deux pays coopèrent économiquement et militairement. La Chine a un intérêt particulier à avoir un canal énergétique dans l’océan Indien qui soit fermement sous son contrôle, et le Pakistan a besoin que sa plus grande frontière nord soit tenue par un voisin qui le couvre contre la menace indienne. Cette relation évidemment est une menace pour l’Inde et consiste en l’un des sujets de conversation les plus importants de l’élite diplomatique indienne tout comme la stratégie du collier de perles, stratégie navale chinoise en océan Indien. C’est le nom donné à la politique chinoise qui consiste dans la mise en place de relations navales préférentielles avec le Pakistan, le Sri Lanka, le Bengladesh et la Birmanie (Myanmar) pour accroître la portée de ses moyens à proximité de l’Inde et sécuriser le transit maritime de ses approvisionnements en énergie dans la région. Avec une telle rivalité géopolitique entre l’Inde et la Chine le rôle de la Russie vis-à-vis des deux acteurs prend une importance critique pour assurer la paix et la stabilité ; et, à la différence de l’Asie du Nord-Est avec le Japon, en Asie du Sud, la Russie a de fortes chances d’être capable d’influencer le cours des événements d’une manière étendue et efficace.

En poursuivant l’analyse des effets de la stratégie chinoise du collier de perles, on constate qu’elle est riche en opportunités pour la Russie aussi. En raison de la relation qui lie Pékin et Islamabad et de la sensibilité politique de la fourniture d’armement au Pakistan, la Russie a été en mesure de s’immiscer dans ce processus par procuration et de vendre, sous prétexte d’aide dans la lutte contre le trafic de drogue, des hélicoptères de combat au Pakistan. Bien que cela irrite l’Inde, cela représente un « glissement de paradigme » dans bien plus de directions que celle-là seule : sans se limiter à l’affront que la Russie et le Pakistan infligent à l’Occident, la Russie est capable d’user de la confiance que l’Inde a en elle pour que cette dernière accepte (quoiqu’avec un sentiment de jalousie) cette nouvelle relation client-militaire. Cette vente aide le Pakistan autant qu’elle aide la Chine par compensation indirecte (par procuration) avec l’Inde (si minime soit-elle) et elle aide aussi indirectement la Russie à propos de la situation afghane après le retrait de 2014. Ce développement colossal est entièrement dû à la médiation de la Russie, puisque la Chine pouvait vendre des équipements similaires au Pakistan, ce qui aurait pu induire une crise dans ses relations bilatérales avec l’Inde et saborder les pourparlers potentiels sur le règlement du différend frontalier entre elles deux.

Quoi d’autre ? Un à-côté : la Russie peut dans le futur utiliser les contrats préférentiels que la Chine a établis avec ses alliés dans sa stratégie du collier de perles pour favoriser la diversification économique de ses produits agricoles, un but qu’elle poursuit depuis qu’elle a pris ses contre-sanctions début août. Cela aurait pu simplement être la réciproque de l’autorisation donnée par la Russie à la Chine de se tourner vers l’Asie Centrale pour sa diversification énergétique par exemple, pourtant cela a un sens plus profond : si l’on prend en compte le RCSP, on voit la Chine tendre une main secourable à la Russie pour la diversification de son commerce de faible volume et de son commerce agricole en Asie du Sud. Ainsi qu’il l’a été souligné au début de la deuxième partie de cet article, la Russie et la Chine s’entraident de manière complémentaire et de toutes les façons possibles, car cette aide est l’ossature de leur partenariat stratégique. Si l’une d’elles peut ouvrir une coopération avec un état ou une région à son profit, alors elle laisse l’autre user de cette ouverture également, voire elle l’aide à le faire par une voie dérobée et discrète.

Asie du Sud-Est

Cette région du monde est l’un des points les plus faibles du RCSP, mais conserve un potentiel pour chacun des deux pays. La Chine est actuellement impliquée dans d’amères disputes avec ses voisins en raison de différends territoriaux dans le sud de la mer de Chine, tout particulièrement avec le Vietnam. La Russie trouve ici l’occasion de remplir sa fonction stratégique de contrepoids et d’œuvrer à la promotion de ce partenariat imposant qu’elle a avec la Chine. La Russie et le Vietnam ont des relations cordiales et prolongées depuis l’ère soviétique, et Moscou fournit des sous-marins de grande valeur à Hanoï en ce moment même ce qui a (relativement) apaisé les craintes de Hanoï vis-à-vis de la Chine. Bien qu’elle ne soit pas aussi féroce, la rivalité sino-vietnamienne en Asie du Sud-Est peut être quelque part structurellement comparée à celle qui oppose l’Inde et le Pakistan en Asie du Sud, et, dans les deux cas, en raison de sa position unique, la Russie peut jouer son rôle de médiateur.

Il faut noter l’ironie de l’histoire : la relation entre la Russie et le Vietnam a été bâtie pendant la Guerre Froide pour contrer la Chine, alors qu’aujourd’hui elle est utilisée, certes de manière alambiquée, pour aider Pékin. La Russie et la Chine, comme nous l’avons noté, ont besoin l’une et l’autre que chacune demeure forte et stable de manière à atteindre l’objectif à long terme de la multipolarité globale, ainsi par conséquent la livraison d’armes au Vietnam par la Russie ne doit pas être comprise comme une tentative d’affaiblissement de la Chine, mais plutôt comme un moyen d’ancrer l’influence de Moscou dans un pays qui est déjà une gêne pour Pékin. A travers cette influence grandissante, la Russie peut ainsi fléchir les décisions de l’élite politique vietnamienne pour qu’elle œuvre en direction d’une solution constructive (pour le moins non militaire), même si cela s’enkyste en un « conflit gelé » ou en une prorogation de l’impasse actuelle. Bien sûr d’autres acteurs influent sur le Vietnam (à commencer par les USA), mais l’influence russe à Hanoï ne doit pas être sous-estimée, ainsi les deux pays discutent même d’une coopération économique accrue dans le cadre de l’Union eurasiatique, ce qui montre que le facteur « Russie » conserve toujours un certain poids dans la capitale vietnamienne.

Europe

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

A la lumière de la chute libre que fait en ce moment la relation Russie-Union européenne, la Russie ne peut rien faire dans la cadre du RCSP pour aider la Chine, mais la Chine peut de facto assister la Russie. L’un des grands projets stratégiques de la Chine est, tel qu’il est, de faciliter les échanges accélérés avec l’Union européenne via une approche à trois volets : la Nouvelle Route de la Soie (segment terrestre et segment maritime), le Pont Continental Eurasiatique, et la Route Maritime du Nord. Les deux derniers chemins traversent directement le territoire russe, que ce soit la terre russe ou les eaux territoriales russes, ce qui implique l’accroissement de l’importance géopolitique de la Russie dans les échanges entre la Chine et l’Union européenne, que celle-ci l’apprécie ou non. Il n’importe pas que l’Europe use de la même route en transportant ses marchandises à travers le territoire russe dès lors que la Chine l’envisage avec une forte probabilité de le faire, ce qui donnera à la Russie une position économique plus forte et des gains plus tangibles qu’elle n’en avait avant.

Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA)

Jamais avant les révolutions de couleur du printemps arable de 2011, le MENA n’a été le point focal d’une intense coordination politique entre la Russie et la Chine. Sergueï Lavrov, après un entretien avec le ministre des affaires étrangères chinois, déclarait en mai 2011 : « Nous avons convenu de coordonner nos efforts en nous appuyant sur les compétences des deux états de manière à aider là-bas à la stabilisation rapide et à la prévention de développements négatifs imprévisibles. » Il s’agissait évidemment de la réponse à la violation occidentale de la résolution 1973 des Nations Unies, quand le Conseil de Sécurité a été trompé de manière éhontée pour justifier la guerre de l’OTAN et le changement de régime résultant en Lybie. Clairement la Russie et la Chine comprennent qu’une telle violation peut advenir n’importe quand plus près de leurs frontières, et, si elles sont confrontées à des déstabilisations intérieures et à une fragilisation même modeste de leurs appareils d’état, affecter leurs territoires propres.

Au Moyen-Orient, on peut facilement observer les deux pays remplir leurs rôles particuliers dans le partenariat. Les interactions de la Russie avec la Syrie et l’Iran et plus récemment avec l’Égypte, démontrent visiblement son rôle de contrepoids militaire et politique. La Chine est profondément impliquée dans le commerce énergétique dans le MENA puisque 60% de son pétrole en provient. Elle s’est aussi implantée dans la région dans l’économie hors énergie, particulièrement avec les Émirats Arabes Unis. Si bien que, au-delà de leur coopération politique générale et de leur accord politique incontestable à propos du MENA, la région illustre la répartition [naturelle] des rôles entre la Russie et la Chine ici encore.

Amérique Latine

Sans aucun doute, et plus encore qu’à propos du MENA cette région donne à voir le RCSP en activité comme s’il s’agissait d’une observation de laboratoire. L’Amérique Latine est profondément déconnectée des intrigues géopolitiques d’Eurasie, et ainsi rend la coopération Russie Chine facile à observer même pour un regard peu expérimenté. Durant la dernière décennie la Russie est retournée en Amérique Latine tant dans l’esprit que dans les moyens. Ses navires y ont fait escale et ont effectué un exercice naval conjoint avec le Vénézuela, de même des bombardiers russes y ont patrouillé et s’y sont ravitaillés à cette occasion. Le Nicaragua est même supposé héberger une base russe destinée à protéger le canal financé par la Chine en cours de construction dans ce pays. Gazprom a commencé à investir en Bolivie et en Argentine, et Rosneft est actif au Vénézuela. Medvedev et Poutine sont même allés en visite officielle dans la région, et on spécule sur un accord de la Russie pour la réouverture de sa base d’espionnage cubaine de l’ère soviétique lors de cette dernière visite en juillet. On peut légitimement dire, ainsi, que l’influence de la Russie en Amérique Latine est plus grande maintenant qu’elle ne le fut durant la guerre froide.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Etant le moteur économique qu’elle est, la Chine est l’investisseur dont la croissance est la plus rapide en Amérique Latine et est en passe de devenir son deuxième plus important partenaire commercial. Comme indiqué plus haut elle finance le [projet] révolutionnaire du Canal du Nicaragua qui déroutera le passage interocéanique du Panama, état client des USA s’il en est, et favorisera le commerce et les investissements non-américains dans la région. Ce derniereffet a déjà lieu même en l’absence du canal. La Russie tire profit de la décennie passée pendant laquelle elle a ré-établi ses contacts avec l’Amérique Latine pour détourner son commerce agro-alimentaire de l’Ouest [i.e. de l’Association européenne de libre-échange, du Canada et des États-Unis — NdT] en raison des récentes contre-sanctions. Voilà qui dévoile une stratégie plus large de la part de la Russie qui consiste à briser la domination de l’Ouest [voir note ci-dessus] pour certains marchés agro-alimentaires et de fournir aux producteurs [locaux] une option de rechange attrayante. La Russie veut aussi rehausser sa souveraineté en tant qu’état et par conséquent s’empresse de réduire l’influence économique de l’Occident sur son économie domestique, d’où sa croissance commerciale vers les marchés « non-occidentaux » ces dernières semaines.

Somme toute, l’Amérique Latine est la base arrière la plus appropriée pour faire avancer le Monde Multipolaire dans l’arrière-cour du géant unipolaire faiblissant. La Russie et la Chine ne sont en aucune manière en compétition sur ce théâtre, montrant ainsi incontestablement les grands objectifs stratégiques du RCSP dans un cadre général. L’implication des russes et des chinois dans la région croît à une vitesse spectaculaire et de manière fort variée, ce qui implique la possibilité d’une transformation géopolitique incroyable juste à la porte des USA. Par bien des aspects l’Amérique Latine représente pour les USA ce qu’est l’Europe Occidentale pour la Russie — une région affichant un intense désamour pour son plus grand voisin et par conséquent susceptible d’être régie en souplesse de loin pour participer à des actions encore plus préjudiciables à son ex-tyran.

Réflexions finales

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP) s’affirme clairement mondiale dans sa portée, parvenant à englober le monde entier à divers degrés. L’axiome posé plus haut doit être réaffirmé pour que son essence demeure dans l’esprit du lecteur :

Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale.

La Russie est le contrepoids et la Chine la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

En gardant cela en permanence à l’esprit, le RCSP devient plus aisément compréhensible et ses ambitions multipolaires deviennent plus lisibles et plus apparentes. Au tout début de cette analyse on évoquait ceux qui dénigraient ou qui détournaient leur attention de cette coopération. Nous avons démontré maintenant que ceux qui en détournent leur attention usent de nuages de fumée et de miroirs pour [en détourner notre attention et nous] cacher l’évidence — le RCSP est une force des plus réelles et tangibles tout autour du monde. Quant à ceux qui la dénigrent [nous avons démontré] qu’ils se trompent quand ils soutiennent que cette coopération a un caractère agressif. Bien sûr elle défie le Consensus de Washington, mais elle le fait à travers des moyens politiques et pacifiques, essentiellement via l’approche « main dans la main » où les contacts diplomatiques et militaires de la Russie font contrepoids alors que l’économie de la Chine joue le rôle de porte d’entrée. Ainsi, il est incontestable que dans le 21ème siècle, le RCSP restera la coopération la plus dynamique dans la construction de la multipolarité partout à travers le monde en contrant les USA dans leurs tentatives désespérées de préserver cette « unipolarité » anachronique.

Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Sources : Part 1 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (I) et Part 2 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (II) (orientalreview.org, anglais, 21-22-08-2014)

Andrew Korybko est le correspondant politique américain de La voix de la Russie. Actuellement, il vit et pratique ses analyses à Moscou pour Oriental Review.

vineyardsaker.fr

http://www.vineyardsaker.fr/2014/09/23/cauchemar-washington-se-precise-partenariat-strategique-russie-chine-setend/

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« La solution aux malheurs de l’Italie est très simple : sortir de l’euro !… » Par Charles Sannat.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La mondialisation, #L'Italie., #Europe supranationale

Mattéo Renzi est actuellement aux commandes après Enrico Letta. Tous deux membres de la gauche italienne europhile.

Mattéo Renzi est actuellement aux commandes après Enrico Letta. Tous deux membres de la gauche italienne europhile.

« La solution aux malheurs de l’Italie est très simple : sortir de l’euro !… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Non, non, ne me fusillez pas tout de suite en me disant que je suis très pessimiste avec un titre comme celui-là. Il n’est pas de moi… je suis innocent (pour une fois) ! C’est un article du toujours excellent quotidien The Telegraph à Londres. À un moment, j’ai espéré que la perfide Albion soit démantelée, mais le royaume de sa très vieille majesté tient toujours debout. En attendant, du coup, leur effondrement à eux, rien n’empêche donc nos amis anglais de parler un peu des problèmes des autres.

Mais où est donc passée la 7e compagnie ?

Au moment où nous parlons, l’attention est focalisée sur les difficultés de la France, d’autant plus que Manu (Valls) est allé voir Merkel et le patronat allemand pour leur expliquer « icheulibeudischee petite entreprize allemande » et « je vé faire ein grosse réformeu »… Bon, je concède que ma maîtrise de la langue de Goethe reste modeste.

Bref, la France ci, la France ça, la France et sa Tour Eiffel, ses dettes, ses déficits, son taux de croissance miteux, son chômage pléthorique et tout le tintouin. Mais il y a pire que nous (si, si, je vous assure c’est possible), et ce pire se nomme « Italie ».

Attention, je précise que je ne suis pas italophobe. J’aime les Italiens (surtout les Italiennes, quoi qu’en dise la théorie du genre qui n’existe pas), j’ai découvert avec ravissement Rome et quelques autres coins assez spectaculaires de ce grand pays qu’est l’Italie, mais après les compliments d’usage, force est de constater qu’en termes économiques chez eux… la situation est digne d’une pizza trop cuite (chez nous ce sont les carottes qui sont cuites mais cela revient au même).

Enrico Letta… « le magicien »

Vous vous souvenez de ce type, oui jeune, très jeune, c’est un peu le Macron italien sauf que lui, il est Premier ministre là-bas. Bon, il nous a été vendu comme étant la solution à tous les maux de l’Italie, qu’il allait réussir à faire de la relance et de la rigueur simultanément et patati et patata… Et boom ! Patatras… évidemment. D’ailleurs, c’était prévisible. J’en profite pour vous glisser au passage qu’en Espagne, la paella est cramée et qu’au Portugal cela sent la morue faisandée MAIS tout va très bien madame la marquise, et l’euro est sauvé (j’adore le titre de ce film, un navet bruxellois mais c’est un autre sujet).

L’endettement italien explose encore un peu plus et il n’était pas brillant. Les déficits ? Itou. La croissance ? Y’a pas. Le chômage ? Tout plein ! Les licenciements ? Un gros paquet de charrettes tendance wagons entiers. La chienlit économique quoi !

Je laisse donc la parole à nos amis anglais.

Traduction par mes soins

« Quelque chose de grand commence à se profiler et à changer en Italie. En effet, ce pays est sur la bonne voie pour devenir le premier grand pays à faire un défaut souverain.

De quoi l’Italie a-t-elle le plus besoin immédiatement ? D’une croissance économique décente.

Aucun pays n’incarne mieux le malaise économique européen que l’Italie. Les gens disent souvent que l’Italie ne peut pas avoir d’ennuis parce qu’elle est si riche… Et elle l’est riche, en beauté naturelle et trésors historiques, avec les villes et les merveilleux paysages, des gens adorables, la nourriture merveilleuse, le vin et d’un mode de vie attrayant.

Mais comme pays, elle ne fonctionne pas vraiment.

Certains aspects du problème ont été là depuis des siècles ; certains sont relativement nouveaux. Avant la guerre, une grande partie de l’Italie était pauvre. Pendant les années 1950 et 1960, bien que la politique italienne était chaotique et le gouvernement dysfonctionnel, l’Italie s’est industrialisée et l’économie a progressé très vite en grimpant rapidement dans les classements de PIB.

En 1979, en PIB mesuré, l’Italie a même dépassé le Royaume-Uni, un événement dont les Italiens se réjouissaient en l’appelant Il Sorpasso (« le surpassement » ou « le dépassement », comme on veut).
Les problèmes sous-jacents étaient masqués.
Bien qu’il y ait une tendance à une inflation élevée, le soulagement était toujours à portée de main sous la forme d’une livre plus faible, c’est-à-dire de dévaluations monétaires répétitives et régulières.

Et l’économie italienne a continué de croître. Mais alors que tout a commencé à aller mal, le Royaume-Uni a dépassé l’Italie de nouveau en 1995 et l’écart entre les deux économies s’est creusé depuis.

Pour voir le problème en perspective, tous les pays du G7, sauf l’Italie et le Japon, ont maintenant dépassé le niveau du PIB dont ils jouissaient avant la Grande Récession qui a démarré en 2007 avec la crise des subprimes. Le Canada est 9 % au-dessus du niveau de 2008, alors que le PIB italien est encore 9 % en dessous. De plus, l’économie continue à se contracter.

Ce n’est pas une nouveauté. Depuis que l’euro a été créé en 1999, le taux de croissance annuel moyen de l’économie italienne n’a été que de 0,3 %. Autant dire rien du tout ! Croissance 0 en Italie depuis maintenant 15 ans !!

Certes, tout n’est pas la faute à l’euro. Il y a un besoin urgent de réforme et le système politique semble toujours aussi incapable de fournir ce qui est nécessaire. Avec les délocalisations et la mondialisation, l’Italie a été l’un des premiers malades de la montée de la concurrence des pays émergents.

Alors que l’Allemagne produit du haut de gamme, l’Italie était dans le moyen de gamme, que la Chine et d’autres ont réussi à produire à moindre coût très rapidement (même problème pour l’industrie française qui a toujours été moyen de gamme).

L’euro n’a certainement pas aidé parce que, dès le début, les coûts italiens ont continué à augmenter plus vite que ce qu’ils ont fait en Allemagne et d’autres pays clés. Cette fois, cependant, il n’y avait plus pour l’Italie la possibilité d’agir sur les taux de changes et les dévaluations pour retrouver de la compétitivité. Personne ne s’est occupé de ce sujet central et les coûts ainsi que les prix italiens ont été laissés en plan.

Certes, le taux d’inflation a fortement baissé. En effet, il est maintenant légèrement négatif. Cela n’est guère surprenant étant donné que le taux de chômage tourne à 12,6 %. Contrairement à d’autres membres périphériques de la zone euro, l’Italie n’a pas fait grand-chose pour réduire son écart de compétitivité.

Alors l’Italie finira sans doute par faire comme la Grèce ou l’Espagne ou encore l’Irlande. Elle baissera les salaires et donc ses coûts de production et cela finira par rendre les produits italiens plus concurrentiels mais aggravera un autre grand problème de l’Italie : la dette.

Bien qu’officiellement à 3 % (attention, le gouvernement italien a quelques milliards régulièrement d’arriérés de paiement à ses fournisseurs qu’il ne comptabilise pas dans le déficit), le déficit du gouvernement n’est pas particulièrement élevé, le vrai problème financier est lié à l’encours de la dette, accumulé à la suite d’une longue série de déficits. Il est frappant d’ailleurs de constater qu’au cours de la récente période d’austérité, le ratio de la dette sur PIB a augmenté. Il est aujourd’hui de plus de 130 % du PIB.

Si l’économie stagne et que les prix chutent, alors le PIB nominal va diminuer lui aussi et mécaniquement, cela va provoquer une très nette dégradation du ratio de dette/PIB même si le budget est en équilibre (c’est d’ailleurs exactement ce phénomène qui explique que l’endettement de la Grèce continue à augmenter alors que ce pays a bénéficié de plusieurs énormes plans d’aide).

L’Italie est très proche de la situation que les économistes appellent « le piège de la dette », c’est-à-dire lorsque le ratio de la dette augmente de façon exponentielle.

La seule issue possible est soit par l’inflation, soit par le défaut.

L’Italie ne peut pas s’en sortir par l’inflation puisqu’elle n’a pas sa propre monnaie. Donc, à moins que quelque chose ne commence à changer très bientôt, l’Italie est sur la bonne voie pour un défaut souverain d’anthologie.

Vous entendez souvent le point de vue que la crise de la dette publique en Italie est impossible parce que les Italiens ont un taux d’épargne personnelle très élevé et que par conséquent, il y aura toujours des fonds pour acheter de la dette.

Cela signifie que la dette italienne est principalement due aux Italiens eux-mêmes.

C’est en grande partie vrai. Mais il peut toujours y avoir une crise budgétaire. Tout simplement parce que si les Italiens ont des économies, cela ne signifie pas pour autant qu’ils vont volontiers verser cet argent à l’État, en particulier lorsque la non-viabilité des finances publiques implique qu’à un certain stade, il y aura un défaut.

Comme nous l’avons vu, la dette grecque a pu être « restructurée » sans agiter le système financier parce que la Grèce est marginale dans le système financier mondial. Mais l’Italie n’est pas la Grèce. Le marché italien des obligations d’État est le troisième plus grand au monde, après les États-Unis et le Japon. Quelqu’un quelque part est assis sur d’énormes stocks de dette italienne – pour la plupart des banques italiennes. Ainsi, une crise de la dette italienne se transformera inévitablement en une crise bancaire.

(Notez par ailleurs que les banques françaises et allemandes sont bardées d’obligations italiennes…)

Alors vous direz que pour le moment, il n’y a aucun problème. Les marchés sont heureux de prêter au gouvernement italien à 10 ans à 2,4 %, soit juste un petit 1,3 % au-dessus de l’équivalent allemand.

Rappelez-vous, avant que la crise ne frappe, c’est exactement ce que les marchés font généralement. Leur spécialité est de passer de l’insouciance à la panique en un tournemain.

Comment l’Italie pourrait-elle échapper à tout cela ?

Les problèmes profondément enracinés ne vont pas s’améliorer du jour au lendemain.

Le pays a besoin d’une réforme fondamentale de son système politique, de ses tribunaux, de son système fiscal et la législation sur le travail. Même si tout cela était réalisé, l’Italie resterait toujours embourbée dans une dette publique colossale.

Comme le reste de la zone euro, ce dont l’Italie a le plus besoin immédiatement, c’est d’une croissance économique décente.

Peut-être qu’à l’échelle européenne, la reprise sera atteinte grâce à une combinaison d’audace de la BCE et de détente budgétaire allemande, mais mieux ne voudrait pas trop compter là-dessus.

L’option radicale pour l’Italie serait de quitter l’euro et de permettre, grâce à une monnaie faible, de générer un boom des exportations, une hausse de l’inflation, plus d’impôts et une charge de la dette plus supportable. »

Eh bien voilà… pendant que tout le monde roupille encore y compris notre gouvernement, il faut que nos deux Manu (le Macron et le Valls) sachent qu’une nouvelle crise de la zone euro est en gestation. Pour le moment, le feu couve et c’est une évidence. La question est quand est-ce que les flammes apparaîtront aux yeux de tous ?

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

http://www.lecontrarien.com/la-solution-aux-malheurs-de-litalie-est-tres-simple-sortir-de-leuro-25-09-2014-edito?utm_source=Le+Contrarien+Matin&utm_campaign=9025d48468-daily_newsletter_2014_09_25&utm_medium=email&utm_term=0_b6dd3f3e5f-9025d48468-45322237
« La solution aux malheurs de l’Italie est très simple : sortir de l’euro !… » Par Charles Sannat.
« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

Source The Telegraph ici

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Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy .

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy	.

Lundi 22 septembre 2014, par Danielle Trannoy

Intervention à la demande de nombreux camarades qui souhaiteraient que les communistes défendent activement et concrètement la paix et la solidarité entre les peuples. Leurs inquiétudes reposent sur l’accélération des guerres et la fascisation du capitalisme, en Ukraine et dans le monde.

L’attente des communistes est immense : que faire ? Que fait ou fera notre parti pour s’opposer à l’impérialisme ? La paix est un combat de classe qui leur tient à cœur. Les communistes savent que c’est aux peuples de prendre la main et aux plus lucides de les y aider.

Les risques d’extension sont réels. Le monde est au bord de l’abîme.

Après le Moyen-Orient, c’est maintenant en Europe, en Ukraine, que le chaos est organisé par un coup d’État co-orchestré par les USA, l’OTAN, l’Union Européenne, et les gouvernements vassaux dont la France, installant des forces néo-nazies. Là, en Ukraine où les crimes du nazisme ont été combattus pendant la dernière guerre.

Un document récent de la défense américaine recommande au Pentagone de se préparer à mener une demi-douzaine de guerres simultanément, y compris nucléaires. Il cite les dangers auxquels sont confrontés les USA dans leur course à la recolonisation du monde. C’est la Chine, la Russie, le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Afrique… qui sont visés pour l’instant.

L’Ukraine nous pose la question de la responsabilité des institutions, du rôle de l’OTAN dans l’UE, des USA (de leurs interventions directes dans des pays souverains) et surtout le rôle du gouvernement français qui, en notre nom, a mis en place et cautionne un coup d’État fasciste au cœur de l’Europe.

La France peut-elle restée soumise ? Sans souveraineté ? Appauvrir et diviser encore les salariés, les agriculteurs avec les sanctions imposées à la Russie par cette UE capitaliste ? Quelle riposte pour le PCF ?

L’impérialisme doit passer à un autre cycle. La bataille idéologique, économique s’annonce très dure pour les peuples. Plus que jamais, le PCF doit se désolidariser totalement de l’UE et exiger avec force la sortie de l’OTAN et de l’Alliance Atlantique et soutenir d’abord les travailleurs.

Si les communistes perçoivent les dangers, par contre, les positionnements PCF-PGE les maintiennent dans une désinformation ne permettant pas d’ouvrir des voies des rassemblements pour une vraie solidarité, force de résistance.

Je ne suis pas certaine qu’ils aient eu en main l’évolution de la situation au Donbass où une résistance populaire s’est levée contre les fascistes et les oligarques. Ces résistants ont été dans notre presse traités par le mépris « d’aventuriers armés ».

Nous avons pu à l’aide des sites du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », mais aussi des sites étrangers, donner au jour le jour toutes les informations qui nous parvenaient. Nous avons eu la confirmation de l’entrée dans l’armée ukrainienne de corps nazis comme les Pravy Sektor, Svoboda, le bataillon Azov et le financement par les oligarques de mercenaires, les hommes de main de l’Otan… Nous avons vu au jour le jour, la dignité du peuple du Donbass et ses efforts pour repousser les tanks de l’armée ukrainienne. Mais aussi les atrocités comme celles d’Odessa. Des communistes, des progressistes, sont assassinés voire interdits. Il faut prendre en considération la lutte de classe très dure depuis près de 23 ans, les vols et spoliations des terres, des usines, des logements par les oligarques. A ce jour, le peuple paie très cher : 3000 morts, un million de déplacés, les habitations, les usines détruites… Une pratique de terre-brûlée comme à Gaza. Les mêmes méthodes.

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2504

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Le plan d’Obama pour attaquer la Syrie, sous couvert de la lutte contre l’EIIL ("l’Etat islamique")

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La mondialisation, #L'OTAN., #Europe supranationale

Les soldats de Frankestein

Les soldats de Frankestein

Le plan d’Obama pour attaquer la Syrie, sous couvert de la lutte contre l’EIIL ("l’Etat islamique").

Jeudi 18 septembre 2014

"Nul ne veut la destruction de l’EIIL, plus que la Syrie et ses soldats."

Le président Obama se prépare à faire quelque chose de terriblement dangereux en Syrie et en Irak. La montée de l’EIIL (État Islamique en Irak, en Syrie et au Levant "ISIS") a entravé la vieille stratégie de l’Empire consistant à déployer des combattants islamistes pour faire son sale boulot dans le monde arabe et musulman. L’EIIL ("ISIS"), le Frankenstein né des efforts états-uniens pour favoriser un changement de régime en Syrie, s’est retourné contre ses maîtres, des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie pour établir son propre califat, dans lequel des milliers d’autres combattants islamistes se précipitent. Même les médias états-uniens reconnaissent maintenant que les soi-disant rebelles syriens « modérés » pour lequel Obama veut collecter 500 millions de dollars, sont pratiquement inexistants. Ils ont toujours été un mirage, créatures de la propagande occidentale. Les islamistes étaient la seule force qui pouvait remettre en cause l’armée syrienne sur le champ de bataille, et maintenant qu’ils se rallient à l’EIIIL ("ISIS"), ou qu’ils s’enfuient, Obama ne sait pas vers qui se tourner.

Certes, les États-Unis peuvent bombarder des positions de l’EIIL (ISIS) en Syrie, et se préparent déjà pour le faire, mais ce n’est pas la guerre qu’Obama voulait faire. Il y a trois ans, quand Obama a lancé sa sale guerre contre la Syrie, le plan était que les djihadistes musulmans versent leur sang pour renverser le président Assad. Une fois que l’acte sale et criminel était réalisé, les djihadistes étaient censés permettre à l’OTAN et aux rois corrompus de la péninsule arabique de choisir les prochains dirigeants de la Syrie. La CIA rejouait Lawrence d’Arabie, en utilisant les djihadistes comme chair à canon, pour les mettre de côté quand le temps de partager le butin serait venu.

Tel était aussi le plan en Libye, où l’OTAN et le même gang de voleurs financés et armés par les monarchies arabes ont entraîné le renversement de Mouammar Kadhafi. Mais les djihadistes libyens n’ont pas réussi à coopérer avec le régime de l’empire.

Le réseau jihadiste mondial que les états-uniens et les saoudiens ont créé dans les années 1980 a déclaré son indépendance, et Washington n’a personne pour les remplacer. Des troupes états-uniennes sur le terrain sont inacceptables tant pour les gens de la région que pour le public états-unien. Obama et ses sbires disent que les États-Unis et ses alliés écraseront l’EIIL (ISIS) - mais ce sera comme étouffer son propre enfant dans son berceau, et supprimerait tout espoir des États-Unis d’atteindre son objectif stratégique de changement de régime en Syrie.

Surveillez le grand changement ("Big Switch")

Si Obama était sérieux dans sa volonté d’écraser l’EIIL (ISIS), le meilleur et le plus logique allié serait le président syrien Assad, dont l’armée a jusqu’ici prévalu contre toutes les sortes de djihadiste que les États-Unis ont été en mesure de jeter contre lui, y compris l’EIIL (ISIS) sous ses incarnations précédentes. Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut que l’EIIL (ISIS) soit battu, de nombreux soldats syriens sont morts dans cette guerre diligentée par les États-Unis dans des proportions plus importantes que tout autre groupe, civils ou rebelles. Si l’objectif d’Obama était de mettre la région à l’abri de l’EIIL (ISIS), Obama devrait coordonner ses mouvements avec l’armée syrienne. Mais il ment - tout comme l’administration Bush a menti pour faire en sorte que le peuple états-unien croit que Saddam Hussein était responsable du 11/9. L’objectif des États-Unis n’était pas de se venger du 11/9, mais d’envahir l’Irak. De la même façon, Obama est obligé de pallier à la défection de l’EIIL (ISIS) du contrôle occidental, mais son objectif reste de renverser le président Assad. Et, il dira n’importe quel mensonge, ou des combinaisons de mensonges, pour envoyer des bombes US sur le gouvernement syrien, sous le couvert de la lutte contre l’EIIL (ISIS). Vous pouvez parier que la CIA brûle d’impatience et cherche un prétexte pour faire de cette défaite stratégique des États-Unis une excuse pour attaquer directement la Syrie. Et c’est ce qui rend cette période si dangereuse.

Par Glen Ford, rédacteur en chef de Black Agenda Report, le 06 septembre 2014

Traduction de l’anglais par Sam La Touch

Source de l’article en anglais : Black Agenda Report

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2498

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Retour à Gaza, une plaie ouverte (bien gentille formule !). message de Paul Monmaur.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine

Retour à Gaza, une plaie ouverte (bien gentille formule !). message de Paul Monmaur.

...Des maisons détruites, le sol éventré par les obus, des tiges de fer qui émergent de la terre... Plus un arbre, plus un oiseau, plus de route désormais, tout n'est que boue. Circuler en voiture n’est souvent plus possible, même en roulant au pas, et les rares Palestiniens que nous croisons circulent à pied, à dos d’âne ou à cheval. Parfois, en passant près d’un amas de gravats, une odeur âcre, à peine perceptible, remonte du béton : ce sont les corps des victimes des bombardements qui n'ont pas pu être dégagés et continuent de pourrir sous les décombres....

Horrible, inacceptable... Mais que font nos bons samaritains ?

Ils sont en train "d'écrabouiller" l'Irak où ils ont déjà créé le chaos...

Cordialement

Paul Monmaur

Gaza-sang.

Gaza-sang.

Un article à lire sur www.mediapart.fr , envoyé par Martine REA

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Article offert : Retour à Gaza, une plaie ouverte

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot Trois semaines après l'arrêt des bombardements, Gaza est en ruines. 55 000 bâtiments détruits, des amas de décombres, une population hébétée : la reconstruction coûterait plus de 5 milliards de dollars. Elle paraît utopique malgré les efforts de l'ONU. Reportage de notre envoyé spécial.

REPORTAGE

Retour à Gaza, une plaie ouverte

http://www.mediapart.fr/article/offert/83b379f0178fb8c4efc47a82a9730743

24 SEPTEMBRE 2014 | PAR PIERRE PUCHOT

Trois semaines après l'arrêt des bombardements, Gaza est en ruines. 55 000 bâtiments détruits, des amas de décombres, une population hébétée : la reconstruction coûterait plus de 5 milliards de dollars. Elle paraît utopique malgré les efforts de l'ONU. Reportage de notre envoyé spécial.

De notre envoyé spécial à Gaza.

De nuit, Gaza fait encore illusion. Vers 20 heures, quelques minutes après le coucher du soleil, les bateaux laissent derrière eux le petit port pour former une harmonieuse file indienne qui se déploie lentement le long du littoral. Puis les lampes halogènes s’allument, attirant les rares poissons qui s’aventurent si près des terres. En regardant ces lampions immobiles, seul un œil aguerri peut vite repérer les bateaux des gardes-côtes israéliens, positionnés derrière les pêcheurs le long de la bande de Gaza pour les empêcher de trop s'éloigner du port. Quitte à faire feu sur leurs embarcations, comme cela arrive chaque mois, officiellement par crainte de trafics d'armes ou de la contrebande.

Le port de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Le port de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

C’est au petit jour seulement, alors que la plupart des pêcheurs rentrent les cales vides, que l’on constate l'ampleur des dégâts, et ce que Gaza est devenu après l’offensive israélienne de 51 jours qui s’est abattu sur le petit territoire palestinien. Bilan encore provisoire établi par l'ONU : au moins 2 147 morts, en grande majorité des civils, et 11 000 blessés parmi les Gazaouis ; contre 66 soldats et 6 civils tués côté israélien. Des quatre-vingts cahutes de béton qui bordent le port et servent aux pêcheurs à entreposer leur matériel, trente-cinq ont été détruites dans les bombardements de l'armée israélienne.

Devant ces hangars, plusieurs s’activent ce matin de fin septembre pour réparer ce qui peut encore l’être. « La moitié des filets ont été brûlés, de même que nos moteurs, les dégâts sont considérables, et l’on ne comprend toujours pas pourquoi Israël a frappé ici, il n’y a jamais eu ni arme, ni combattant », soupire Miflih Abu Ryala, membre du syndicat des pêcheurs. Fils, petit-fils de pêcheurs, cet homme de 37 ans, père de quatre enfants, a perdu quatre de ses cinq moteurs dans les bombardements. Il se promène, un verre de thé à la main, incrédule, au milieu des débris partiellement calcinés. Dix bateaux ont été totalement détruits dans les bombardements, vingt-cinq sont inutilisables. Trois millions de dollars de matériels sont partis en fumée.

Miflih Abu Ryala contemple l'un de ses entrepôts détruits au port de Gaza, septembre © Pierre Puchot

Miflih Abu Ryala contemple l'un de ses entrepôts détruits au port de Gaza, septembre © Pierre Puchot

Face à l'étendue des destructions, les programmes de l’Allemagne, de la Belgique et du Qatar, engagés ici pour la construction de nouveaux ateliers, là pour réparer une dizaine de bateaux et barques de bois, paraissent dérisoires. Encore inachevé, le nouveau hangar bâti avec les fonds du Qatar a été lui aussi partiellement détruit. Le port de Gaza ne peut évidemment pas satisfaire les besoins d’une ville de plus de 500 000 habitants.

À Gaza, avec le temps et le blocus économique imposé depuis 2006, la pêche est devenue cruciale, à mesure que les autres secteurs d’activité déclinaient, faute de matériaux, d’électricité ou de possibilité d’exporter les produits manufacturés. Fin septembre 2014, la pêche ne nourrit même plus les 3 700 habitants de Gaza qui en font toujours leur profession, de Rafah, au sud, à Beit Hanoun, au nord du territoire.

Port de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Port de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

« C’est pourtant tout ce qu’il nous reste, à nous, les pauvres, qui n’avons pas bénéficié de formation ou d’études supérieures, dit Miflih Abu Ryala. Au-delà de tout, le principal problème demeure le siège israélien. Nous ne pouvons toujours pas pêcher au-delà de 3 milles, et on ne trouve rien à cette distance. C’est la saison de la sardine, on la pêche normalement entre 6 et 12 milles. Depuis deux jours, je ne vais d'ailleurs plus en mer, cela ne sert à rien : nous sommes trop nombreux, et l’on ne pêche rien. »

L’accord conclu au Caire entre le Hamas et Israël le 27 août, après 51 jours de guerre, indiquait que la limitation de la zone de pêche devrait être levée pour passer à 6 milles, puis à 12. Mais fin septembre, les pêcheurs n’ont toujours rien vu venir. L’accord signé en 2012 après l’offensive israélienne Pilier de défense prévoyait déjà l’extension du domaine de pêche pour les Gazaouis. Dans l'attente, les pêcheurs survivent à peine, percevant de leur pêche un revenu dérisoire de 300 shekels (70 euros) mensuels, se nourrissant surtout des sacs de riz distribués par l’UNRWA (agence de l'ONU) et déposés devant les devantures d’immeubles et les nombreuses petites épiceries de la ville.

Atelier de réparation de bateaux, Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Atelier de réparation de bateaux, Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Au-dessus du port, la ville de Gaza tente elle-même de retrouver un semblant de normalité. Parfois, une maison écroulée rappelle la violence des événements. Mais ici, la vie pourrait presque reprendre un cours normal. Au nord, à l’est, au sud en revanche, l’offensive a réduit certains quartiers à néant et plongé les Palestiniens dans un paysage lunaire, où il est souvent difficile de distinguer l’ancien emplacement des rues et celui des habitations rasées.

Chajaya, quartier dévasté

Dans le nord de la bande de Gaza, le paysage dévasté offre cent occasions au visiteur d’aborder les habitants revenus sur leurs anciens lieux d’habitation et désireux de raconter leur histoire et la manière dont ils ont vécu ces bombardements intensifs qui ont anéanti une large partie de ce territoire.

Des enfants de Beit Hanoun jouent dans les décombres de leur quartier. Septembre 2014 © Pierre Puchot

Des enfants de Beit Hanoun jouent dans les décombres de leur quartier. Septembre 2014 © Pierre Puchot

« On dirait un immense tremblement de terre », dit Mahmoud al-Manasra, étudiant de 21 ans. Cet habitant de Chajaya – quartier de la ville de Gaza proche de la frontière et très densément peuplé (environ 100 000 habitants avant l’offensive israélienne) – a fui avec sa famille dès le début des bombardements, le 19 juillet : « Ce jour-là, il y a eu plusieurs dizaines d’explosions en moins d’une minute, c’était un cauchemar total, confie le jeune homme. Nous avons fui, avec mes parents, et trois de mes frères qui étaient avec nous. Nous sommes partis avec ce que nous avions sur nous, à quelques centaines de mètres de là, chez un cousin. Nous habitons toujours chez lui. »

Quelques jours plus tard, lorsqu’il tente avec son frère de revenir sur les lieux pour récupérer ses papiers d’identité, l’armée israélienne s’est déjà déployée, et fait feu sur eux : son frère est blessé de plusieurs balles dans la jambe. Il est de toute façon trop tard : leur ancien appartement n’existe plus : « De notre immeuble de cinq étages, il ne reste que la cave » (voir ici la vidéo du bombardement du marché de Chajaya le 30 juillet).

À mesure que l’on avance avec lui dans la rue Mansoura, l’une des principales voies qui traversent le quartier, Mahmoud énumère les propriétaires des appartements au sein des immeubles de deux, trois étages désormais écroulées, et dont les pancartes de carton apposées sur les décombres rappellent les noms des familles qui y vivaient. « Ici, une bombe est tombée et a tué plus de vingt personnes, explique Mahmoud à un carrefour. Quand j’y repense, nous avons eu beaucoup de chance, j'habitais à cinquante mètres de là. » Et puis, parvenu au bout de la rue, la densité urbaine laisse place à la désolation.

Sur la droite, une butte de terre haute comme deux hommes signale le début ce que l'on désignait comme la rue Montaar. Des maisons détruites, le sol éventré par les obus, des tiges de fer qui émergent de la terre... Plus un arbre, plus un oiseau, plus de route désormais, tout n'est que boue. Circuler en voiture n’est souvent plus possible, même en roulant au pas, et les rares Palestiniens que nous croisons circulent à pied, à dos d’âne ou à cheval. Parfois, en passant près d’un amas de gravats, une odeur âcre, à peine perceptible, remonte du béton : ce sont les corps des victimes des bombardements qui n'ont pas pu être dégagés et continuent de pourrir sous les décombres.

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Sur le bord de la route, en face d’une mosquée disloquée et dont seul le minaret persiste à tenir debout, un vieil homme en djellaba écrue prend le thé, le dos appuyé contre les parpaings d'une construction toute récente. « Ma maison est en face de vous », affirme Mohammed Halabi, 58 ans, en désignant une masse informe d'où seuls émergent les restes d'une dalle de béton. Pendant les bombardements, sa femme est morte d’une crise cardiaque. Il habite aujourd’hui avec ses enfants rue n°30, au milieu de la ville de Gaza, mais vient régulièrement se recueillir sur place, pour « faire le deuil », explique-t-il.

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Pendant la guerre, comme d’autres habitants du quartier, Mohammed Halabi a reçu un appel de l’armée israélienne sur son téléphone, pour qu’ils évacuent les lieux, lui et sa famille, avant l’entrée des chars israéliens. « Au début, les Israéliens ont prévenu les habitants de notre quartier, mais nous ne voulions pas fuir notre maison, explique-t-il, cela nous paraissait impensable de tout laisser, toutes nos affaires, toute notre vie, pour fuir je ne sais où. Et puis, voyant que les gens ne fuyaient pas, ils ont commencé à bombarder. Et nous avons été contraints de partir pour sauver nos vies. »

Pour justifier ces bombardements, l’armée israélienne a affirmé qu’au moins 140 roquettes étaient parties de ce quartier. « Bien sûr, il y avait des armes et des combattants qui passaient par Chajaya pour résister à l’invasion, poursuit Mohammed. Nous sommes ici près de la frontière. Mais nous, nous sommes des civils, ce sont des civils qui habitaient ici. Et vous voyez bien, tout est détruit, tout. Le but des soldats israéliens qui sont venus ici était de détruire, et non de se protéger. »

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Quartier de Chajaya, Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Sur le « toit » de la maison de Mohammed, au sommet du monticule de tiges de fer et de béton, flotte un drapeau vert du Hamas, comme sur beaucoup d’autres maisons détruites : « Ce sont nos enfants, ceux du quartier, qui ont disposé ces drapeaux, explique-t-il. Cette guerre les a jetés dans les bras des Brigades, peu importe qu’elles soient du djihad islamique, du Hamas ou du Fatah. Cela n’a rien à voir avec la politique : ce drapeau est là pour que nous n’oublions pas le mal qui nous est fait, parce que nous sommes palestiniens, et que notre devoir est de continuer à résister, avec nos moyens, aussi minimes soient-ils. »

Des « crimes de guerre » pour Human Rights Watch

En poursuivant ce qui reste de la route Montaar, à mesure que l’on se rapproche de la frontière avec Israël, les traces de pneus des blindés israéliens creusent l’étendue de sable de ce qui était encore en juin un grand parc, l’un des rares de Gaza, encadré par un hôpital et une école, partiellement détruits. Les cris de trois enfants jouant dans les décombres de ce qui fut le parking de l’école résonnent dans les cavités et cratères formés par l’impact des bombes. Au beau milieu de l'après-midi, on n'entend plus qu'eux.

À moins de quelques kilomètres de ce quartier dévasté, à Beit Hanoun, une école porte encore sur le toit les stigmates de ces jours d’offensive israélienne. Quelques heures après le début de la guerre, Mazen Hammad avait fui avec sa famille leur appartement pour se réfugier, comme 1 800 personnes du quartier, dans cette école gérée par l'UNRWA.

« Le 24 juillet, le Croissant-Rouge nous a annoncé que sa coopération avec l’armée israélienne était suspendue à la demande de cette dernière, et qu’il fallait évacuer l’école parce qu’elle risquait d’être bombardée », raconte Mazen Hamad, qui habitait toujours sur place, dans une pièce de 12 m2, avec les onze membres de sa famille en attendant d’être relogé. « Les Israéliens nous ont donné deux heures pour évacuer l’école, explique-t-il. Mais malgré l’arrivée de bus du Croissant-Rouge, l’évacuation n’a pu se faire à temps : 20 personnes sont mortes, et 250 ont été blessées », explique Mazen Hamad, qui affirme par ailleurs que l’armée israélienne n’a pas respecté le délai qu’elle avait fixé et n’a attendu que « quelque minutes » avant de frapper le toit de l’école, quand celle-ci n'abritait « aucune arme ni combattant ».

A Beit Hanoun, l'une des deux écoles bombardées dans le nord de Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

A Beit Hanoun, l'une des deux écoles bombardées dans le nord de Gaza, septembre 2014 © Pierre Puchot

Début septembre, cette école a fait partie des trois dossiers examinés par l’ONG Human Rights Watch. Quarante-cinq civils, dont dix-sept enfants, ont été tués durant le bombardement de trois écoles par l’armée israélienne. Tsahal a annoncé de son côté l’ouverture de cinq enquêtes internes, dont l’une porte sur les événements du 24 juillet, et affirmé qu'au moins 1 600 des 3 500 roquettes lancées sur son territoire l'ont été depuis des zones résidentielles, dont des mosquées ou des écoles. Pendant la guerre, l'UNRWA avait annoncé avoir retrouvé des roquettes dans deux de ses écoles, désaffectées cependant.

Selon Human Rights Watch, « Israël n’a fourni aucune explication convaincante » pour justifier des frappes « menées contre des écoles où des gens cherchaient à se protéger », estime Fred Abrahams, rapporteur de HRW. L’ONG considère que l'armée israélienne a ainsi commis des« crimes de guerre » au cours de l’opération Bordure protectrice.

Assam et sa famille dans leur maison, septembre 2014 © Pierre Puchot

Assam et sa famille dans leur maison, septembre 2014 © Pierre Puchot

À quelques centaines de mètres de l’école bombardée le 24 juillet, à l’entrée de ce qui, fin juin, était encore l’un des souks les plus fréquentés de Beit Hanoun, Assam, 31 ans, discute avec sa mère et sa plus jeune fille, assis sur un matelas au milieu de son salon. Son immeuble n’a plus de façade. Mais il se rend tous les jours sur les lieux, parce que c’est « chez lui », et qu’il a besoin, comme des milliers d’habitants de Gaza, «de se rendre compte de ce qui est arrivé ».

De leur maison, on ne voit plus qu’un immense tas de gravats. C'était jadis la pharmacie du quartier, aujourd'hui réduite à néant, comme la plupart des commerces de ce quartier devenu fantôme. Loin de constituer des cas isolés, la destruction méthodique des commerces et des entreprises interroge sur le potentiel but économique de l’offensive israélienne.

Une ancienne pharmacie, bombardée à Beit Hanoun, septembre 2014 © Pierre Puchot

Une ancienne pharmacie, bombardée à Beit Hanoun, septembre 2014 © Pierre Puchot

« Frapper les civils, mais aussi l’économie »

Égaré dans un quartier de Beit Lahia, au nord de Gaza, nous cherchons la maison de Mohammad Abu Sultan depuis près d’une demi-heure quand Abdullah, 23 ans et jeune cousin du fermier, se propose de nous y conduire. Son bras droit est enveloppé d’un bandage. Il a été blessé à quelques centaines de mètres de là, alors qu’il fuyait avec son frère sa maison, sous le feu des bombardements.

L'ancien parc de Chajaya, septembre 2014 © Pierre Puchot

L'ancien parc de Chajaya, septembre 2014 © Pierre Puchot

Propriétaire de vingt-cinq hectares de terres à Tin Ouanis, tout près de la frontière nord, Mohammad Abu Sultan les exploite avec ses cinq frères depuis 1976. Patates, courges, citrons, pastèques… C’est surtout grâce aux fraises et aux fleurs qu’ils gagnent leur vie, et emploient trente personnes à 15 euros la journée de travail, pour un bénéfice total de 66 000 euros les meilleures années. Après le transit obligatoire par Israël, Mohammad exporte ses fraises, fleurs et légumes en France, ailleurs en Europe et aux États-Unis. Mais pas cet été.

« Les premiers jours de l’invasion, les bulldozers et les avions israéliens ont tout rasé, raconte le fermier, âgé de 53 ans. Il ne restait plus rien, tout ce que l’on avait planté année après année était détruit, et le sol, souillé. Ils ont aussi réduit en miettes tout notre matériel. Les plantations de mes voisins ont également été détruites. » Le reste de leurs économies investies dans de nouvelles boutures, graines et arbustes, les six frères ont à nouveau semé la semaine passée, avec le peu de matériel qu’ils ont pu se procurer. Mais les trois quarts des terres demeurent incultivables. Mohammed et ses frères évaluent leurs pertes à plusieurs centaines de milliers d’euros, en attendant une compensation de l’Autorité palestinienne auprès de laquelle il a déposé un dossier.

« Avec ce qui me reste, je ne peux plus employer personne, et nous avons à peine de quoi nourrir nos familles, soupire le fermier. Trente-cinq années de travail pour en arriver là... Ramallah et Abou Mazen (Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne) doivent nous aider, sans quoi les fermiers du nord de Gaza feront bientôt tous faillite. Du Hamas, je n’attends rien : je ne fais pas partie de leur organisation, ils ne me donneront rien, ils fonctionnent comme ça. »

Les destructions de terres et plus largement d’entreprises ont atteint de plein fouet une économie déjà durement mise à l’épreuve par le blocus israélo-égyptien. Selon le Palestinian center for Human rights (PCHR) et la chambre de commerce de Gaza, plus de 400 commerces, fabriques et entrepôts ont été frappés par l'armée israélienne, souvent loin des zones de combat, comme cet entrepôt de matériels de peinture que l’on aperçoit en retournant sur le route Salah Eddine, qui traverse Gaza du nord au sud.

Une fabrique de peinture détruite dans la ville de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Une fabrique de peinture détruite dans la ville de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

« Outre les civils, Israël a ciblé des entreprises, estime Maher Tabaa, porte-parole de la chambre de commerce de Gaza, c’était clairement une politique pour affaiblir l’économie palestinienne. Certaines entreprises prises pour cible en plein Gaza étaient loin du front, et leur destruction ne peut s’expliquer que comme cela. La bande de Gaza souffrait déjà d’une grave crise économique avant cette guerre, après huit ans de siège imposé par Israël et l’Égypte. La situation est aujourd’hui critique. » L’économiste dresse le portrait d’une économie à genoux : 55 % de la population active au chômage, et un taux de pauvreté dépassant les 60 %.

Wala, Joumana et Yasmina, à l'université d'Al Azhar de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Wala, Joumana et Yasmina, à l'université d'Al Azhar de Gaza, septembre 2014. © Pierre Puchot

Ces chiffres compromettent les espoirs d'une vie meilleure des jeunes habitants de Gaza, et des étudiants qui ont enfin repris les cours et achèvent en septembre la session d’été interrompue par la guerre. À l’université d’Al Azhar, construite par le Fatah avant l’avènement du Hamas, Wala, Joumana et Yasmina discutent à la pause sous le portrait de Yasser Arafat qui domine encore le parvis. Elles racontent un horizon professionnel qui se limite à une simple alternative : devenir enseignant ou s’exiler.

« J’étudie la chimie, explique Yasmina, qui habite près d’Abou Maarouf, le quartier qui a subi le plus de dommages à Khan Younes, au sud de la bande de Gaza, parce c’est encore le secteur où il y a le moins d’enseignants. Je serais déjà partie à l’étranger si je n’étais pas fiancée. Mais ma famille n’accepterait pas de me laisser étudier à l'étranger seule, il faudrait que nous partions tous ensemble, ce qui est très difficile. J’ai 20 ans, et je sens que malgré mes efforts, je n’accomplirai pas grand-chose dans la vie. C’est cela qui me rend le plus triste. »

Au total, les dégâts de la guerre ont été évalués à 5 milliards de dollars par les experts de la chambre de commerce palestinienne et ceux des Nations unies. Une conférence des donateurs doit s’ouvrir le 12 octobre. Elle doit décider du sort des dizaines de milliers de réfugiés, poussés dehors par la destruction d'environ 55 000 maisons. Le 16 septembre, le coordinateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Robert Serry, a annoncé un accord entre les deux parties sur la mise en place d'un « mécanisme provisoire » pour accélérer la reconstruction de Gaza. L’ONU s’engage à contrôler que les matériaux de construction acheminés dans la bande de Gaza restent à usage civil.

Pris en tenailles entre les destructions et le siège de l'armée israélienne, le syndicat des pêcheurs anticipe déjà un autre problème, bureaucratique celui-ci, que l’aide internationale ne pourra résoudre : « La corruption est toujours présente dans nos instances de gouvernance,explique Miflih Abu Ryala. Pour être dédommagés, nous avons fourni un dossier à l’Autorité palestinienne à Ramallah, à hauteur de 3 millions de dollars. Tout passe par l’Autorité, qui redistribue au ministère de l’agriculture, qui transfère ensuite au syndicat pour que l’on répartisse les fonds. À chaque étape, de l’argent disparaît. Cette méthode de distribution n’est pas bonne, il serait temps que la communauté internationale s’en rende compte. »

Pour Maher Tabaa, l’argent ne résoudra de toute façon pas tous les problèmes. « Pour reconstruire et importer les matériaux, le ciment, il faut en finir avec le blocus israélo-égyptien,affirme l’économiste. Gaza ne pourra jamais se reconstruire et vivre un peu plus décemment si l’on n’ouvre pas les check-points. Nous resterons sous perfusion internationale, jusqu’à la prochaine guerre, qui détruira encore un peu plus. »

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ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS : FOSSES COMMUNES, EXECUTIONS DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D'ORGANES.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La mondialisation

ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS :
FOSSES COMMUNES, EXÉCUTION DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D’ORGANES.
PCN-SPO avec Correspondances au Donbass et à Paris/
2014 09 24/
Alexandre Zakharchenko, président de la DNR, confirme que des indices flagrants de prélèvement d'organes sont visibles sur les cadavres retrouvés dans des fosses communes à Nyzhnia Krynka. Il confirme aussi des rapports existant comprenant des témoignages de soldats ukrainiens concernant les trafics d'organes au sein de l'armée de Kiev.
Comme jadis les maffieux de l’UCK albanaise au Kosovo, eux aussi enfants chéris des USA et de l’OTAN …
Que fait la CPI ?
Pourquoi ‘Amnésie Internationale’, HRW et autres machines de propagande occidentale, agissant sous le masque d’ONG, se taisent-elles ???


Traduction rapide de l’article russe :


« Un examen détaillé des corps retrouvés dans les tombes de civils tués, qui ont été abandonnés au cours de la retraite des soldats ukrainiens, nous avons constaté que certains d'entre eux n'ont plus leurs organes internes. Cela est vrai pour le corps des femmes trouvées non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Nyzhnia Krynka, et des civils tués par la Garde nationale trouvés dans les autres tombes.
Nous n'avons pas encore réussi à établir les circonstances dans lesquelles les organes ont été prélevés, mais sérieusement, vous ne pouvez envisager que deux options: soit les corps ont été gravement endommagés à la suite de blessures ou éventuellement sous la torture.
J'ai personnellement vu deux de ces sépultures: la poitrine a été coupé et l'abdomen déchiré. Ce sont les effets de la chirurgie ou de blessure. »
https://www.youtube.com/watch?v=B_IXTihKBD4
PCN-SPO
________________________
http://www.scoop.it/t/pcn-spo
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L'horreur dans l'est de l'Ukraine! Les pratiques nazies des bataillons du gouvernement putschiste de Kiev sont dévoilées par la découverte de charniers dans le Donbass.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

NOVOROSSIA, dernières nouvelles aujourd'hui 24 Septembre 2014: la Russie exigera une enquête internationales au sujet d'un charnier découvert près de Donetsk. Pendant ce temps, il y a contre Porochenko la préparation d'un procès intenté par la famille d'Allemands qui sont morts dans l'accident d'avion près de Donetsk, et 12 000 Cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
- Les miliciens ont trouvé des civils exécutés et enterrés.
Non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Basse-Jug, la milice a trouvé plusieurs tombes de civils brutalement assassinés. Beaucoup de cadavres avaient les mains liées derrière le dos, et, selon certaines sources, les rebelles du bataillon «Aydar" ont abattu leurs victimes à bout portant, selon LIFEnews.
"Ici, vous voyez que les mains sont liées, et la tête coupée. Il est possible qu'on trouvera encore des corps qui sont enterrés. Les terrassiers continueront d'effectuer des fouilles. Des criminologues sont maintenant engagés dans ce domaine. Dans une autre fosse, des femmes étaient couchées, "- a déclaré le chef de la police militaire de la République de Donetsk.
Le Ministère russe des Affaires étrangères se dit choqué par les atrocités de la Garde nationale ukrainienne.
Pendant ce temps, la Garde nationale ukrainienne a nié les informations selon lesquelles ,au village de Communar près de Donetsk des civils sont enterrés, dit le"Times" en référence au site de la Garde nationale.
"Cette information n'est pas vraie, car aucune unité n'était stationnée à proximité," - a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Notez que le bataillon «Aydar" a quitté la région il y a quelques jours. Avant le départ des forces de sécurité avaient miné la région. Après que les sapeurs ont neutralisé la plupart des munitions explosives abandonnées, les milices étaient en mesure de procéder à un examen détaillé des lieux de sépulture.
Un corps a été retrouvé près de la femme enceinte, une balle dans la tête. Ses mains étaient également liées. À proximité gisait le corps d'un jeune homme. Dans la seconde fosse, sans doute des corps de miliciens prisonniers : avec des signes visibles de torture, assassinés de la même façon: les mains liées derrière le dos, une balle dans la tête.
Pendant ce temps, le délégué au HCR, Mikhaïl Fedotov, a exigé une enquête internationale immédiate sur le site de la découverte d'un charnier dans la région de Donetsk. M. Fedotov a exhorté à tout faire »pour veiller à ce qu'une enquête internationale indépendante ait lieu, pour l'admission sur le site des journalistes et des défenseurs internationaux des droits humains." Assurer le travail de la mission, selon le chef de la CDH, il y a un groupe de travail russo-ukrainien des défenseurs des droits de l'homme, qui doivent être envoyés dans la région de Donetsk.
Ces crimes, a souligné M. Fedotov, «ne doivent pas rester sans conséquences." Il n'a pas exclu la possibilité de découvrir de nouvelles tombes, rappelant que l'assassinat en masse fait partie des " réalités de la guerre moderne," et des crimes similaires ont été commis en ex-Yougoslavie.
Au Ministère des Affaires étrangères, choqué de la découverte de tombes de civils près de Donetsk, Constantin Dolgov ,chargé des questions des droits de l'homme, de la démocratie, et de la primauté du droit, estime que la terrible découverte faite près de Donetsk, aiguise encore plus fort la nécessité d'enquêter sur les crimes humanitaires en Ukraine sous contrôle international.
"La découverte de fosses communes près de Donetsk - marque une nouvelle fois les crimes humanitaires des forces de sécurité ukrainiennes et des nationalistes radicaux ...« Cet assassinat brutal de civils aiguise en outre la nécessité d'une enquête en vertu de crimes humanitaires, de supervision internationale en Ukraine. », - a écrit le diplomate sur Twitter. M. Dolgov a également exhorté la communauté internationale "à insister sur le caractère inévitable de la peine pour les auteurs de ces crimes."
- Un procès est en préparation contre Porochenko par des parents d'Allemands qui sont morts dans l'accident du Boeing malaisien près de Donetsk en Juillet,
préparation du procès fait aux autorités ukrainiennes, y compris le président Porochenko. Les documents seront déposés à la Cour européenne des droits de l'homme dans les deux semaines. Et si Strasbourg reconnaît leur droit à paiement, cela peut être suivi par des dizaines, voire des centaines de procès semblables, explique "Vesti.Ru."
"Bien sûr, ce n'est pas une question d'argent. Les clients vont exiger des millions d'euros des autorités ukrainiennes et du président Porochenko en personne , ce qui n'enlèvera pas le deuil. Les gens ne sont tout simplement pas prêts à accepter le fait que les responsables de la mort de leurs proches ne soient toujours pas punis, "- dit l'avocat Elmar Gimulla.
Spécialiste dans le domaine du droit aérien, Gimulla soutient que la responsabilité du krash du Boeing réside précisément du côté ukrainien.
"Dans les années 90, l'Ukraine a signé la Convention de Chicago relative à l'aviation civile internationale, - a dit l'avocat. - Ainsi, le pays s'est engagé à assurer la sécurité de l'espace aérien. Bien sûr, n'importe quel état n'est pas sûr des opérations militaires sur son territoire . C'est la politique. Et vous n'y pouvez rien faire. Mais depuis que c'est arrivé a commencé une confrontation militaire, et la tâche du gouvernement est de protéger les innocents contre les conséquences du conflit.L' Ukraine devait fermer l'espace aérien au-dessus du Donbass, mais ne l'a pas fait ".
"Je me demande pourquoi une demande n'est pas déposée par les néerlandais? - ils étaient les plus nombreux à bord - a dit Stepan Gavrish, ancien secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale de l'Ukraine. - Ou, par exemple, les Australiens. Pourquoi tout à coup les Allemands? Je pense qu'il s'agit d'un plan des services de l'intelligence russe. "
À propos des revendications, le gouvernement allemand n'a pas encore donné de commentaire officiel. Mais les avocats disent que si la Cour de Strasbourg se prononce en faveur des proches des victimes, ils sont sûrs d'avoir des dizaines et peut-être des centaines de déclarations nouvelles et similaires.
"Si une indemnité est payée, cela signifie automatiquement que l'Ukraine reconnaît sa culpabilité, - a dit l'avocat Ivan Bodnaruk. - Aujourd'hui, nous parlons de millions de hryvnia, alors nous aurons besoin de milliards ".
- Les cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
Dans un proche avenir, l'armée de Novorossia aura en renfort environ 12 000 Cosaques du Don. Il est à noter que cette information a été confirmée par des membres de la mission d'observation spéciale de l'OSCE à Lougansk, après une rencontre avec le chef des Cosaques du Don. En outre, les observateurs ont affirmé que l'armée devrait connaître un sérieux rafraîchissement.
Il est à noter que le 10 Juin la milice du Donbass a été également rejointe par les représentants de l'organisation anti-fasciste italienne "Millennium", qui ont exprimé leur volonté de soutenir la République populaire de Donetsk en opposition avec les autorités de Kiev.
Rappelons que les derniers volontaires de dimanche, venus de Roumanie, ont fait le serment d'allégeance à la nouvelle Russie. On sait que tout un bataillon de Bucarest a rejoint le MRN de l'armée en tant que Roumains, eux-mêmes en faveur de l'indépendance .
Il est également connu que dans la lutte , la milice accueille des volontaires de Bulgarie. Par exemple, un étranger avec l'indicatif de Kaboul a déclaré que les combats dans le Donbass sont contre le diktat américain et ils luttent ainsi pour la liberté de la Bulgarie.
- Pendant ce temps, le nombre des victimes du conflit armé dans l'est de l'Ukraine en comptant les victimes de l'accident du «Boeing» dans la région de Donetsk a atteint 3543 personnes, selon "à Lenta.Ru" citant les données de l'Organisation des Nations Unies, fournies par le Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme Ivan Šimonović.
Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur enregistrées a augmenté de 275 500 personnes. Selon Simonovits, ce chiffre a doublé entre début Août et début Septembre. Dans le même temps, il a reconnu que le nombre réel est probablement "beaucoup plus important", car beaucoup de gens ne sont pas enregistrés. topnews.ru
http://informaplus.ru/166900-mid-rossii-shokirovan-zverstvami-nacgvardii-ukrainy.html

МИД России шокирован зверствами Нацгвардии Украины

Россия потребует международного расследования захоронений под Донецком. Тем временем против Порошенко

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Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous… Par Olivier Berruyer.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #La mondialisation, #La guerre, #Economie

25 septembre 2014

Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous…

Nous avions déjà souligné l’incroyable résolution belliqueuse du Parlement européen du 17 juillet dans ce billet.

Ils ont remis ça le 18 septembre – en pire ! En voici le texte.

Le Parlement Européen : une publicité vivante contre le régime parlementaire multinational…

Résolution du Parlement européen du 18 septembre 2014 sur la situation en Ukraine et l’état des relations UE-Russie (2014/2841(RSP))

Le Parlement européen,

  • vu ses résolutions antérieures sur la politique européenne de voisinage, sur le partenariat oriental et sur l’Ukraine, et notamment celles du 27 février 2014 sur la situation en Ukraine(1) , du 13 mars 2014 sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie(2) , du 17 avril 2014 sur les pressions exercées par la Russie sur les pays du partenariat oriental, et en particulier les tentatives de déstabilisation dans l’est de l’Ukraine(3) , et du 17 juillet 2014 sur l’Ukraine(4) ,
  • vu les conclusions du Conseil «Affaires étrangères» du 22 juillet et du 15 août 2014 ainsi que les conclusions du Conseil européen du 30 août 2014 sur l’Ukraine,
  • vu la déclaration du porte-parole du SEAE du 11 septembre 2014 sur l’enlèvement d’un officier de police estonien,
  • vu ses résolutions antérieures sur la Russie, et notamment celle du 6 février 2014 sur le sommet UE-Russie(5) ,
  • vu la déclaration de clôture du sommet de l’OTAN au pays de Galles, du 5 septembre 2014,
  • vu les conclusions de la réunion extraordinaire du Conseil européen de l’agriculture du 5 septembre 2014,
  • vu la déclaration ministérielle commune du 12 septembre 2014 sur la mise en œuvre de l’accord d’association et de l’accord de libre-échange approfondi et complet entre l’Union européenne et l’Ukraine,
  • vu l’article 123, paragraphes 2 et 4, de son règlement,

A. considérant la recrudescence du conflit dans l’est de l’Ukraine durant l’été 2014; considérant que, d’après des estimations des Nations unies, au moins 3 000 personnes ont perdu la vie, que plusieurs milliers de personnes ont été blessées et que des centaines de milliers de civils ont fui les zones de conflit; que le coût économique de ce conflit, qui comprendra notamment le coût de la reconstruction des régions orientales du pays, hypothèque sérieusement le développement social et économique de l’Ukraine;

B. considérant que le groupe de contact trilatéral a convenu à Minsk, le 5 septembre 2014, d’un cessez-le-feu qui est entré en vigueur le jour même; que l’accord convenu contenait également un protocole en 12 points couvrant la libération des otages, des mesures visant à améliorer la situation humanitaire, le retrait de tous les groupes armés illégaux, équipements militaires et mercenaires de l’Ukraine ainsi que des mesures sur la décentralisation dans les régions de Donetsk et de Lougansk;

C. considérant que depuis le vendredi 5 septembre 2014, le cessez-le-feu a été violé de manière répétée, principalement par les troupes russes régulières et les séparatistes, dans les zones proches de Mariupol et de l’aéroport de Donetsk, et que des tentatives de tester les défenses de l’Ukraine ont eu lieu dans plusieurs autres localités;

Des troupes russes RÉGULIÈRES ??? Hmm, des preuves solides ?

D. considérant que la Russie a, ces dernières semaines, renforcé sa présence militaire sur le territoire ukrainien et son soutien logistique aux milices séparatistes par un flux constant d’armes, de munitions, de véhicules et appareils blindés ainsi que de mercenaires et de soldats déguisés, malgré les demandes de l’Union européenne de déployer tous les efforts possibles pour apaiser la situation; que, depuis le début de la crise, la Fédération de Russie a concentré des troupes et du matériel militaire le long de la frontière avec l’Ukraine;

E. considérant que l’intervention militaire directe et indirecte de la Russie en Ukraine, y compris l’annexion de la Crimée, constituent une violation du droit international, notamment de la charte des Nations unies, de l’acte final d’Helsinki et du mémorandum de Budapest de 1994; que la Russie continue de refuser la mise en œuvre du traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE);

Ils ont de l’humour à propos du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes…

F. considérant que le Conseil européen du 30 août 2014 a demandé que soient formulées des propositions de renforcement des mesures restrictives de l’Union face aux actions de la Russie déstabilisant l’est de l’Ukraine; que ces propositions sont entrées en vigueur le 12 septembre 2014;

G. considérant qu’après avoir souscrit aux dispositions politiques de l’accord d’association le 21 mars 2014, l’Union européenne et l’Ukraine ont signé officiellement le volet restant de cet accord le 27 juin 2014, qui prévoit notamment la mise en place d’un accord de libre-échange approfondi et complet (ALEAC); que le Parlement européen et le Parlement ukrainien ont ratifié simultanément cet accord d’association; que, le 12 septembre 2014, la Commission a annoncé que l’application provisoire de l’ALEAC serait reportée au 31 décembre 2015; que cela entraînera une prolongation des préférences commerciales unilatérales accordées par l’Union européenne à l’Ukraine, qui devaient prendre fin le 1er novembre 2014;

H. considérant que, le 7 août 2014, le gouvernement russe a adopté une liste de produits provenant de l’Union européenne, des États-Unis, de Norvège, du Canada et d’Australie à exclure du marché russe pendant un an; que l’Union sera d’autant plus touchée que la Russie représente le deuxième marché d’exportation pour les produits agricoles de l’Union et le sixième pour les produits issus de la pêche, et que 73 % des importations frappées par l’interdiction viennent de l’Union; que les restrictions globales appliquées actuellement par la Russie pourraient mettre en péril 5 milliards d’EUR d’échanges commerciaux et affecter les revenus de 9,5 millions de personnes dans l’Union qui travaillent dans les exploitations agricoles les plus touchées;

I. considérant que l’interdiction pesant sur les denrées alimentaires de l’Union sur le marché russe qui a en particulier touché le secteur des fruits et légumes, ainsi que le secteur laitier et celui de la viande, pourrait avoir des répercussions entraînant une surabondance de l’offre sur le marché intérieur, tandis que l’interdiction des produits de l’Union issus de la pêche sur le marché russe pourrait poser de graves problèmes potentiels dans certains États membres; considérant que la valeur des produits de la pêche frappés d’interdiction s’élève à près de 144 millions d’EUR;

J. considérant que la Russie s’attaque à la sécurité de l’Union en violant régulièrement l’espace aérien de la Finlande, des États baltes et de l’Ukraine, ainsi qu’en raison des récentes réductions de l’approvisionnement de la Pologne en gaz, qui représente 45 % des exportations russes vers ce pays;

K. considérant que le sommet de l’OTAN à Newport a réaffirmé que l’OTAN était aux côtés de l’Ukraine face à l’influence déstabilisatrice de la Russie, que l’organisation avait offert son soutien pour renforcer les forces armées ukrainiennes et qu’elle avait prié la Russie de retirer ses troupes d’Ukraine et de mettre fin à l’annexion illégale de la Crimée; considérant, selon ses propres déclarations, que l’OTAN continue d’aspirer à une relation de coopération constructive avec la Russie, notamment à l’établissement d’une confiance mutuelle, et que les voies de communication avec la Russie demeurent ouvertes;

Mais que fait l’OTAN, alliance militaire défensive, dans un pays non membre ? C’est pas l’ONU encore…

L. considérant le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans la région de Donetsk et la vive indignation que ce drame tragique a provoquée dans l’opinion publique internationale et européenne; que les Nations unies et l’Union européenne ont exigé la conduite d’une enquête internationale approfondie sur les circonstances de cette catastrophe; considérant l’obligation morale et juridique de traduire ses responsables en justice;

M considérant que Mykola Zelenec, consul honoraire de Lituanie à Lougansk, a été enlevé et brutalement tué par les rebelles;

1. se félicite de la signature de l’accord de cessez-le-feu de Minsk et demande à toutes les parties de déployer tous les efforts possibles pour le mettre en œuvre intégralement et de bonne foi afin d’amorcer un véritable processus de paix, y compris le contrôle permanent et réel de la frontière ukrainienne sous la surveillance de l’OSCE, le retrait complet et inconditionnel des troupes, groupes armés illégaux, équipements militaires et mercenaires russes du territoire de l’Ukraine internationalement reconnu, ainsi que la libération des otages; déplore que l’accord de cessez-le-feu soit constamment violé, principalement par les troupes russes et les forces séparatistes, et que leur renforcement actuel se poursuive; souligne avec force qu’il devrait y avoir une solution politique à ce conflit;

2. demande à toutes les parties de respecter le cessez-le-feu et de s’abstenir de toute action ou décision de nature à le compromettre; s’inquiète vivement toutefois du fait que le cessez-le-feu serve de prétexte aux troupes russes pour se regrouper afin de poursuivre leur offensive en vue d’établir un «corridor terrestre» vers la Crimée et, au-delà, vers la Transnistrie;

3. condamne vivement la Fédération de Russie pour la «guerre hybride» non déclarée qu’elle mène contre l’Ukraine à l’aide de forces russes régulières et du soutien qu’elle apporte à des groupes armés illégaux; souligne que, ce faisant, les actions des dirigeants russes font peser une menace, non seulement sur l’unité et l’indépendance de l’Ukraine, mais également sur le continent européen dans son ensemble; demande à la Russie de retirer immédiatement l’ensemble de ses moyens militaires et de ses troupes du territoire ukrainien, d’interdire l’entrée de combattants et d’armes dans l’est de l’Ukraine et de cesser tout soutien direct ou indirect aux actions des forces séparatistes sur le sol ukrainien;

4. rappelle son engagement envers l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières de l’Ukraine ainsi que le droit de l’Ukraine à faire le choix de l’Europe; réaffirme que la communauté internationale ne reconnaîtra pas l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol ni les tentatives de création de quasi-républiques dans le Donbass; salue la décision de l’Union d’interdire les importations en provenance de Crimée qui ne sont pas munies d’un certificat d’origine délivré par les autorités ukrainiennes; condamne par ailleurs la délivrance de passeports russes aux citoyens ukrainiens en Crimée, les persécutions à l’encontre des Ukrainiens et des Tatars de Crimée, et les menaces des dirigeants autoproclamés à l’encontre des citoyens de Crimée qui ont indiqué leur souhait de voter lors des élections législatives prochaines;

Mais le problème c’est que le bout Est de l’Ukraine ne veut pas faire le choix “de l’Europe” = Organisation du Traité de Lisbonne… Et qu’ils en ont me semble t il le droit vu les conséquences dramatiques sur eux…

5. souligne que l’OSCE joue un rôle essentiel dans la résolution de la crise ukrainienne du fait qu’elle possède l’expérience des conflits armés et des situations de crise et que la Fédération de Russie et l’Ukraine sont membres de cette organisation; invite les États membres, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et la Commission à consentir tous les efforts possibles pour renforcer et étendre la mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine, tant au niveau du personnel expérimenté qu’au niveau de la logistique et du matériel; souligne la nécessité d’envoyer sans plus attendre les observateurs de l’OSCE le long de toutes les parties de la frontière entre l’Ukraine et la Russie actuellement sous le contrôle des séparatistes;

6. souligne que le programme de réforme et d’association doit progresser parallèlement à la poursuite de la lutte pour l’intégrité territoriale et l’unité de l’Ukraine; réaffirme que ces deux objectifs sont intimement liés et en synergie l’un avec l’autre; souligne la nécessité d’un dialogue pacifique et d’une décentralisation garantissant que l’autorité sur l’ensemble du territoire reste entre les mains des autorités centrales, assurant ainsi l’unité de l’Ukraine; souligne la nécessité de rétablir la confiance entre les différentes communautés du pays et appelle à un processus de réconciliation durable; souligne, dans ce contexte, l’importance de la mise en place d’un dialogue national inclusif, évitant la propagande, les discours de haine et la rhétorique qui ne feraient qu’aggraver le conflit; affirme que ce dialogue doit associer les organisations de la société civile et les citoyens de toutes les régions et de toutes les minorités;

7. salue la ratification simultanée de l’AA/ALEAC par le Parlement ukrainien et le Parlement européen; estime qu’il s’agit d’une étape importante qui montre l’engagement des deux parties en faveur de sa bonne mise en œuvre; prend acte du report possible de la mise en œuvre provisoire de l’ALEAC UE-Ukraine jusqu’au 31 décembre 2015, qui sera remplacée par la prolongation de mesures commerciales unilatérales représentant de facto une mise en œuvre asymétrique de l’accord; déplore les mesures extraordinaires et le niveau des pressions exercées par la Russie; déclare que l’accord ne peut pas et ne sera pas modifié et que l’Union européenne l’a indiqué très clairement par cette ratification; demande aux États membres de procéder rapidement à la ratification de l’AA/ALEAC avec l’Ukraine; prend acte des consultations en cours entre l’Ukraine, la Russie et l’Union européenne sur la mise en œuvre de l’AA/ALEAC avec l’Ukraine et espère qu’elles permettront de dissiper les malentendus;

8. souligne que, dans l’attente de la mise en œuvre de l’AA/ALEAC, les mois prochains devraient être mis à profit pour s’attaquer à la transformation et à la modernisation indispensable du régime politique, de l’économie et de la société de l’Ukraine conformément au programme d’association; salue le programme de réformes annoncé par le président Porochenko, qui comporte des lois anti-corruption ainsi que des lois sur la décentralisation et l’amnistie; demande à la Commission et au SEAE d’élaborer de toute urgence un programme d’aide et d’assistance financière à l’Ukraine complet et ambitieux, notamment à destination des populations de l’est de l’Ukraine, afin de soutenir l’élaboration d’une solution politique et la réconciliation nationale;

9. prend acte des lois relatives au statut spécial de certaines parties des régions de Donetsk et de Lougansk et à l’amnistie adoptées par le Parlement ukrainien le 16 septembre 2014, car il s’agit d’une contribution essentielle à la désescalade dans le cadre de la mise en œuvre du plan de paix du président ukrainien;

10. soutient les mesures restrictives que l’Union a adoptées à l’encontre de la Russie cet été suite à l’agression continue de la Russie et prend acte de leur application le 12 septembre 2014; est d’avis que les sanctions doivent être définies de façon à ce que les sociétés liées au Kremlin ne puissent pas les contourner; demande à l’Union européenne de surveiller de près la coopération économique prenant la forme d’échanges d’actions ou d’entreprises communes;

11. souligne le caractère réversible et évolutif des mesures restrictives prises par l’Union européenne, en fonction de la situation en Ukraine;

12. demande aux États membres et au SEAE de définir des critères clairs qui, lorsqu’ils auront été respectés, permettraient de ne pas devoir adopter de nouvelles mesures restrictives à l’égard de la Russie, voire de mener à la levée des sanctions précédentes; estime que ces critères devraient comprendre le retrait intégral des troupes russes et des mercenaires du territoire ukrainien, l’arrêt de la fourniture d’armement et de matériel aux terroristes, le respect intégral du cessez-le-feu par la Russie, la mise en place d’un mécanisme international efficace de contrôle et de vérification du respect du cessez-le-feu ainsi que le retour du contrôle de l’Ukraine sur la totalité de son territoire; demande au Conseil et aux États membres de n’envisager la levée d’aucune sanction avant que ces conditions ne soient remplies et de se tenir prêts à imposer de nouvelles sanctions en réponse à toute action russe destinée à menacer l’accord de cessez-le-feu ou à provoquer de nouvelles tensions dans le pays;

13. rappelle que les mesures de restriction que l’Union a imposées à la Fédération de Russie sont la conséquence directe de la violation du droit international que ce pays a commise en annexant illégalement la Crimée et en déstabilisant l’Ukraine, alors que les mesures commerciales que la Russie a prises, notamment à l’encontre de l’Ukraine et des autres pays du partenariat oriental qui ont récemment conclu des accords d’association avec l’Union européenne, ne se justifient aucunement; demande à l’Union européenne d’envisager l’exclusion de la Russie de la coopération nucléaire civile et du système Swift;

Je parle de ce point central après la fin de ce texte d’anthologie

14. demande à la Commission de suivre attentivement les répercussions des sanctions russes dites de représailles et de prendre rapidement des mesures de soutien aux producteurs touchés par les restrictions commerciales russes; se félicite des mesures que le Conseil européen de l’agriculture a adoptées le 5 septembre 2014 et prie la Commission de réfléchir à la manière dont l’Union pourrait faire face plus efficacement à de semblables crises à l’avenir et de mettre tout en œuvre pour aider utilement et opportunément les producteurs européens affectés; déplore la suspension des mesures urgentes en faveur du marché des fruits et légumes périssables, mais condamne toute fraude aux aides; demande à la Commission de présenter au plus vite un nouveau programme;

15. demande à la Commission de surveiller de près les marchés de l’agriculture, des denrées alimentaires, de la pêche et de l’aquaculture, d’informer le Conseil et le Parlement de toute évolution et d’évaluer l’incidence des mesures prises afin d’étendre éventuellement la liste des produits concernés et d’augmenter l’enveloppe de 125 millions d’EUR; invite instamment la Commission à ne pas se limiter aux mesures de marché mais à prendre également des mesures à moyen terme pour renforcer la présence de l’Union sur les marchés des pays tiers (par exemple via des activités promotionnelles);

16. envisage la possibilité de s’appuyer sur d’autres fonds de l’Union que les fonds pour l’agriculture, puisque la crise est avant tout de nature politique et non le résultat d’une défaillance des marchés ou de conditions climatiques défavorables;

17. souligne que la stabilité et le développement politiques et économiques à moyen et long termes de la Russie passent par la mise en place d’une véritable démocratie et que l’avenir des relations UE-Russie dépendra des efforts entrepris pour renforcer la démocratie, l’état de droit et le respect des droits fondamentaux en Russie;

18. exprime sa satisfaction à la suite de la libération des otages détenus par les groupes armés illégaux dans l’est de l’Ukraine et réclame également celle des prisonniers ukrainiens détenus en Russie; cite tout particulièrement le cas de Nadejda Savtchenko, une volontaire ukrainienne qui a été capturée par les séparatistes en juin 2014, puis transférée en Russie où elle est maintenue en détention; souligne également le cas des cinéastes et des journalistes Oleg Sentsov, Oleskiy Chierny, Gennadiy Afanasiev et Aleksandr Kolchenko, capturés en Crimée;

19. salue la volonté réaffirmée de l’OTAN d’accorder la priorité à la sécurité collective et de respecter l’article 5 du traité de Washington; se félicite des décisions adoptées lors du sommet de l’OTAN à Newport, visant à relever le niveau de sécurité des alliés à l’est et à mettre en place une force commune d’intervention très rapidement mobilisable, une présence militaire tournante permanente de l’OTAN et des infrastructures logistiques, ainsi que des actions visant à renforcer la capacité de l’Ukraine à assurer sa propre sécurité; prend acte du fait que les alliés de l’OTAN peuvent fournir à l’Ukraine, à titre bilatéral, les armes, la technologie et le savoir-faire nécessaires en matière de sécurité et de défense; tient toutefois vivement à souligner qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise ukrainienne;

20. souligne l’importance d’une enquête indépendante, rapide et complète sur les causes de la destruction en vol de l’avion MH17 de la Malaysia Airlines, déléguée au Bureau néerlandais de la sécurité, et la nécessité de traduire en justice les responsables de ce crash; relève que le Bureau néerlandais de la sécurité a rendu son rapport préliminaire sur l’enquête relative au crash du MH17 le 9 septembre 2014; souligne que, sur la base des conclusions préliminaires, rien n’indique à ce stade qu’il y ait eu un quelconque problème technique ou opérationnel en rapport avec l’appareil ou l’équipage, et que les dégâts constatés dans la partie avant semblent indiquer que l’appareil a été touché par un grand nombre d’objets extérieurs dotés d’une grande énergie; déplore que les rebelles empêchent toujours les enquêteurs de se rendre sans encombre sur le lieu de l’accident et demande à toutes les parties de leur faciliter sans délai l’accès au site;

21. est convaincu que la seule réponse viable de l’Union aux menaces de la Russie est de faire front ensemble et de parler d’une seule voix; est d’avis que l’Union doit reconsidérer ses relations avec la Russie, abandonner le concept de partenariat stratégique et adopter une nouvelle approche unifiée;

22. fait part de ses vives inquiétudes face à la situation humanitaire catastrophique dans l’est de l’Ukraine, en particulier eu égard à l’hiver à venir; insiste sur l’urgence de fournir une aide humanitaire à la population vivant dans les zones de conflit, aux personnes déplacées et aux réfugiés; relaie le signal d’alarme que l’Organisation mondiale de la santé a lancé dernièrement à propos de la situation d’urgence sanitaire qui règne dans l’est de l’Ukraine, où les hôpitaux ne peuvent être pleinement opérationnels et font face à une pénurie de médicaments et de vaccins; salue la décision récente de la Commission de mobiliser 22 millions d’EUR en faveur de l’aide humanitaire et de l’aide au développement en Ukraine; appelle à une action urgente de plus grande envergure sous l’égide et la supervision de l’Union européenne afin de contribuer à aider les plus défavorisés, notamment au moyen d’un convoi d’aide humanitaire; rappelle que l’aide humanitaire à l’Ukraine doit être octroyée dans le plein respect du droit humanitaire international et des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, en étroite coordination avec le gouvernement ukrainien, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR); fait part de son plus profond respect à l’égard du travail humanitaire accompli par les groupes de citoyens ukrainiens dans l’est de l’Ukraine, notamment pour évacuer les enfants, donner des soins et acheminer de la nourriture;

23. prie instamment la Commission de s’atteler à la préparation du troisième grand programme d’aide macrofinancière à l’Ukraine, ainsi que de jouer un rôle de premier plan dans l’organisation de la conférence des donateurs pour l’Ukraine, qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année 2014 et réunir des organisations internationales, des établissements financiers d’envergure mondiale et des représentants de la société civile; souligne combien il est important que la communauté internationale s’engage à soutenir la stabilisation et les réformes économiques et politiques en Ukraine;

24. salue les efforts constants déployés par les autorités ukrainiennes pour garantir le droit à l’éducation et en particulier pour veiller à ce que tous les enfants soient en mesure de réintégrer dès que possible les écoles touchées par le conflit; rappelle l’importance d’un appui psychosocial à tous les enfants qui ont été directement exposés à des événements violents;

25. condamne fermement l’enlèvement illégal d’un agent estonien des renseignements depuis le territoire estonien vers la Russie et prie les autorités russes de libérer immédiatement M. Kohver et de permettre son retour en Estonie en toute sécurité;

26. estime qu’il est extrêmement important de réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis de la Russie et d’autres régimes autoritaires; demande, en outre, au Conseil européen d’octobre 2014 d’adopter un plan d’urgence ambitieux et global pour l’hiver à venir, en y incluant également les pays voisins tels que l’Ukraine;

27. attire l’attention sur les récents témoignages, dignes de foi, de violations des droits de l’homme dans les zones de conflit, qui sont essentiellement le fait des troupes régulières russes et des séparatistes ; se rallie à l’appel lancé au gouvernement ukrainien pour qu’il mette en place un registre unique des signalements d’enlèvements, pour qu’il le tienne à jour et pour qu’il mène des enquêtes approfondies et impartiales sur tous les cas présumés d’usage excessif de la force, de mauvais traitements ou de torture;

28. salue l’adoption par la Commission du quatrième rapport de suivi de la mise en œuvre par l’Ukraine du plan d’action pour la libéralisation du régime des visas ainsi que la décision du Conseil de passer à la deuxième phase de ce plan; insiste pour que le régime d’exemption de visas entre l’Union européenne et l’Ukraine soit finalisé rapidement, étant donné qu’il apportera une réponse concrète aux aspirations européennes des manifestants de la place Maïdan; réitère par ailleurs son appel à la mise en place immédiate de procédures de visas temporaires, très simples et peu onéreuses;

29. demande la poursuite des pourparlers trilatéraux sur l’approvisionnement de l’Ukraine en gaz, suspendu depuis le mois de juin 2014, afin de trouver une solution pour qu’il soit rétabli; réaffirme la nécessité de garantir l’approvisionnement en gaz via un flux inversé de gaz depuis les États de l’Union qui sont voisins de l’Ukraine;

30. invite l’Union européenne à considérer que les dispositifs de stockage du gaz, d’interconnexion et de flux inversé constituent des atouts stratégiques, et donc à réglementer la part des entreprises tierces actives dans ces secteurs vitaux; demande, en outre, aux États membres d’annuler les accords programmés avec la Russie dans le secteur énergétique, notamment le gazoduc South Stream;

Donc n’importe quel enfant de 15 ans comprend que cela serait très utile à la sécurité énergétique de l’Europe pour ne plus dépendre d’un chantage ukrainien.  Or la Parlement demande d’annuler. Pourquoi ?  Réponse probable : car des entreprises comptent bien récupérer le réseau public de gaz ukrainien, que le FMI demande de privatiser. Et qui vaudrait bien moins si le projet aboutissait…

Donc n’importe quel enfant de 15 ans comprend que cela serait très utile à la sécurité énergétique de l’Europe pour ne plus dépendre d’un chantage ukrainien. Or la Parlement demande d’annuler. Pourquoi ? Réponse probable : car des entreprises comptent bien récupérer le réseau public de gaz ukrainien, que le FMI demande de privatiser. Et qui vaudrait bien moins si le projet aboutissait…

31. souligne la nécessité de renforcer radicalement la sécurité et l’indépendance énergétiques de l’Union ainsi que sa résilience aux pressions extérieures via la consolidation des secteurs de l’énergie, le développement plus marqué de l’infrastructure énergétique dans les pays voisins de l’Union et le développement d’interconnexions énergétiques entre ces pays et l’Union, conformément aux objectifs de la Communauté de l’énergie, et de mettre en œuvre ces projets prioritaires d’intérêt commun de toute urgence afin de mettre en place un marché libre du gaz pleinement opérationnel en Europe;

32. se félicite de la décision du gouvernement français de suspendre la livraison des porte-hélicoptères de type Mistral et demande à tous les États membres de suivre une ligne politique similaire en ce qui concerne les exportations non couvertes par les sanctions de l’Union, notamment pour les armes et le matériel à double usage; rappelle que ce marché, dans les circonstances actuelles, serait contraire au code de conduite de l’Union européenne sur les exportations d’armes et à la position commune de 2008 définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires; demande aux États membres de l’Union de se conformer pleinement à l’embargo sur le commerce d’armes et à l’interdiction d’exportation de biens à double usage à des destinataires militaires;

33. salue la décision d’organiser des élections législatives anticipées en Ukraine le 26 octobre 2014 et attend du gouvernement qu’il garantisse des élections libres et équitables; invite l’Ukraine à instaurer la transparence dans le financement des partis et leurs campagnes politiques et à répondre intégralement à toutes les remarques citées dans les résultats et conclusions de la mission d’observation de l’OSCE/BIDDH pour les récentes élections présidentielles; invite tous les partis politiques actuellement représentés au Parlement ukrainien à participer aux élections et demande à l’ensemble des acteurs d’en respecter pleinement les résultats; espère qu’une forte majorité se dégagera pour les défis majeurs et les réformes indispensables à venir; exhorte les rebelles de l’est du pays à ne pas faire obstruction au processus électoral et à garantir le droit fondamental des habitants du Donbass à élire librement leurs représentants; est décidé à envoyer des observateurs électoraux afin de surveiller lesdites élections et demande une mission internationale substantielle d’observation des élections afin de surveiller le scrutin décisif qui aura lieu dans des conditions encore difficiles;

Des élections libres en période de guerre à l’Est ? Sérieusement ?

34. souligne que la Russie a moins de raisons que jamais de critiquer l’accord UE-Ukraine ou de réagir en imposant des restrictions commerciales injustifiées et en procédant à une agression militaire; s’inquiète de ce que cette nouvelle évolution incite la Russie à durcir sa politique d’intimidation vis-à-vis de l’Ukraine et à tenter d’attirer ce pays dans sa sphère d’influence; craint un risque de contagion vers la Géorgie et la Moldavie;

35. regrette que les dirigeants russes considèrent le partenariat oriental de l’Union comme une menace pesant sur leurs intérêts politiques et économiques; souligne que la Russie tirerait au contraire profit d’un accroissement des activités commerciales et économiques et qu’un voisinage stable et prévisible viendrait renforcer sa sécurité; déplore le fait que la Russie utilise les échanges commerciaux comme moyen de déstabilisation de la région en imposant plusieurs interdictions d’importation sur les produits en provenance d’Ukraine et de Moldavie, et, plus récemment, en renonçant aux zones de libre-échange de la Communauté des États indépendants avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie et en réinstaurant par la suite les droits accordés à la nation la plus favorisée (droits NPF) pour les produits en provenance de ces pays;

36. réaffirme cependant que cet accord ne peut constituer un aboutissement dans les relations entre l’Union européenne et l’Ukraine; souligne en outre que conformément à l’article 49 du traité sur l’Union européenne, l’Ukraine – au même titre que n’importe quel autre État européen – a une perspective européenne et peut introduire une demande d’adhésion à l’Union européenne, à condition de faire siens les principes démocratiques et de respecter les libertés fondamentales, les droits de l’homme et les droits des minorités ainsi que l’état de droit;

Et les citoyens, ils ont le droit de voter par référendum pour refuser ce délire ?

37. souligne que les relations de partenariat et de coopération avec la Russie devraient être rétablies lorsque la Russie démontrera qu’elle se conforme au droit international, concourra activement et sans ambiguïté à trouver une solution pacifique à la crise ukrainienne et respectera pleinement l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de ce pays, ainsi que celles des autres pays du partenariat oriental et de ses voisins; invite la nouvelle haute représentante / vice-présidente à s’engager activement pour faciliter le dialogue entre l’Ukraine et la Russie, de même que celui entre l’Union et la Russie, et pour promouvoir des solutions pacifiques aux conflits; estime par ailleurs que la Commission devrait étudier les modalités de la coopération de l’Union avec l’Union économique eurasiatique;

Bah oui. Par exemple, quand la France bombarde la Syrie sans mandat de l’ONU, c’est parfaitement conforme au Droit International… Euh, ah non ?

Sinon, pour la coopération, ils se rendent compte de ce qu’ils écrivent dans un tel document ? À moins que chaque paragraphe soit-il rédigé par une personne différente ?

38. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements des États membres, au président, au gouvernement et au Parlement ukrainiens, au Conseil de l’Europe, à l’OSCE ainsi qu’au président, au gouvernement et au Parlement de la Fédération de Russie.

Source : Parlement européen

P.S. a propos du vote de cette résolution, on a dit tout et n’importe quoi, à partir du site VoteWatch. Mais encore faut-il savoir l’utiliser, pour se rendre compte qu’il donne le résultat des votes des amendements, mais pas de la résolution elle-même… Le vote final a eu lieu semble t-il à main levée, donc on ne sait pas qui a voté quoi (l’Europe, la Démocratie, tousatousa…).

Alors comme promis, un mot sur Swift.

C’est tout simplement le système reliant entre elles toutes les grandes organisations bancaires et financières mondiales.

Couper Swift en Russie, cela revient à couper tous les liens entre les banques russes et le reste du monde, interdisant donc aux banques de se refinancer à l’étranger et de traiter des devises étrangères. cela revient donc à transformer la Russie en Albanie.

Fait brutalement (et même si c’était fait pas brutalement, à mon avis), cela mettrait le système bancaire russe au tapis, et donc vaporisera une bonne partie de l’épargne des Russes et de ses entreprises.

Bref, ce serait un acte d’agression sauvage, et c’est une menace délirante, de nature à justifier une attaque préventive russe si cette idée faisait son chemin…

Chapeau bas !

Plus d’informations :

Quel risque pour la Russie en cas de déconnexion du système SWIFT ?

Dans le cadre de l’expansion des sanctions liées à la crise ukrainienne, l’Angleterre a proposé de bloquer l’accès de la Russie au système bancaire international SWIFT. Cette proposition a peu de chances d’aboutir, mais si tel était le cas, la Russie s’empresserait de créer un système équivalent conjointement avec la Chine.

Le gouvernement britannique a officiellement annoncé que la Grande-Bretagne exhorterait l’Union européenne à bloquer l’accès de la Russie au réseau bancaire SWIFT dans le cadre de l’expansion des sanctions, informe l’agence Bloomberg.

Actuellement, le réseau SWIFT réunit plus de 10 000 organisations bancaires et financières dans 210 pays du monde, la Russie compte plus de 600 participants, dont la Banque de Russie.

En cas de déconnexion du système SWIFT, les banques russes ne pourront plus gérer leurs comptes de correspondance à l’étranger, les paiements en devises seront également affectés, car toutes les informations sont transmises par SWIFT.

« SWIFT est, essentiellement, un protocole d’interaction entre les banques. Si les codages communs sont interdits en Russie, le système bancaire russe pourrait rapidement plonger dans le chaos et connaître un effondrement partiel », explique Vassili Yakimkine, professeur adjoint de la faculté des finances et de la banque à l’Académie russe de l’économie nationale et analyste de FIBO Group.

Par ailleurs, les dirigeants occidentaux ne cherchent pas à bloquer tous les paiements en provenance et à destination de la Russie car, dans ce cas, ils ne pourront plus payer les ressources énergétiques et ne seront donc, pas livrés. « En outre, cela pourrait stimuler la création par la Russie et par la Chine (ce qui est encore plus dangereux pour l’Occident) de leur propre système de paiement pour les transactions financières entre les banques de différents pays », ajoute Vassili Yakimkine.

Principal risque

Anton Soroko, analyste de la holding d’investissement FINAM, explique que si cette restriction est finalement introduite, la Russie disposera probablement d’un certain délai pour s’adapter à la nouvelle situation.

« Au moins, quand l’Iran a été déconnecté de SWIFT, il en avait été informé à l’avance, pas comme pour l’arrêt récent de fourniture de services aux banques russes par Visa et Mastercard », explique Soroko. En mars 2014, les systèmes de paiement internationaux ont bloqué en un jour les opérations sur les cartes bancaires des banques frappées par les sanctions américaines, et les banques et les clients n’en avaient pas été avertis à l’avance.

L’analyste en chef d’UFS IC Ilya Balakirev explique que la décision de déconnecter la Russie du système SWIFT serait étrange, car l’Union européenne a souligné à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas restreindre les transactions privées. « Aujourd’hui, les opérations en devises sont quasiment impossibles sans l’utilisation de SWIFT. Ce protocole, de facto, est une norme », explique l’analyste.

Aussi, la « déconnexion » de la Russie de SWIFT signifie, en réalité, l’arrêt de toutes les opérations bancaires avec les banques étrangères, ainsi que des opérations en devises sur le marché intérieur. « Les entreprises exportatrices pourraient rencontrer des difficultés, de même que les entreprises importatrices. La Russie pourrait, de la même manière, interdire aux entreprises européennes d’utiliser ses pipelines sans interdire l’exportation du gaz », précise Balakirev.

Solutions alternatives

Les sanctions sous forme de déconnexion des banques d’un pays de SWIFT ont déjà été utilisées pour faire pression sur l’Iran. En février 2002, le comité bancaire du Sénat américain a approuvé à l’unanimité la loi visant à interdire à SWIFT de servir les banques iraniennes déjà frappées par les sanctions.

Par ailleurs, SWIFT, société enregistrée en Belgique, n’était pas d’accord avec cette décision. Pourtant, un mois plus tard, en mars 2012, la société a accepté les arguments des autorités américaines et a déconnecté les banques iraniennes. « Les États-Unis peuvent obliger les institutions financières internationales de choisir entre la poursuite de l’activité en Russie et le travail aux États-Unis en excluant la Russie du système en dollars », explique Vassili Yakimkine.

Toutefois, seule la Grande-Bretagne qui a annoncé l’éventuelle déconnexion de SWIFT, pas les États-Unis.

La Banque de Russie étudie déjà la création d’un équivalent de SWIFT en Russie. En août 2014, le vice-ministre des Finances, Alexeï Moïseïev, a déclaré que le ministère des Finances et la Banque centrale préparaient un projet de loi sur la création d’un équivalent de SWIFT en Russie.

Le vice-ministre a expliqué qu’il existait déjà des propositions : par exemple, la société russe CyberPlat a déjà développé des solutions similaires. La Banque centrale, elle, dispose de son propre système protégé d’échange de messages.

« Il est sans doute impossible de créer un équivalent complet de SWIFT, car cela nécessiterait la coopération des banques à travers le monde entier, ce qui paraît peu probable », explique Ilya Balakirev.

Il estime que la solution pourrait consister à créer un centre de traitement SWIFT sur le territoire Russe, ce qui ne serait pas sans conséquences sur ses échanges internationaux.

Source : Rbth.com, 5/9/2014

SWIFT: la déconnexion de la Russie serait perçue comme une agression (VTB)

La déconnexion de la Russie du réseau mondial de communications interbancaires SWIFT serait évaluée comme une agression, et la riposte pourrait être très dure, a déclaré vendredi devant les journalistes à Moscou le président de la Vneshtorgbank (VTB, 2e banque russe) Andreï Kostine.

« Le secteur bancaire russe est stable », a-t-il déclaré.

Auparavant, le Parlement européen a invité les pays membres de l’UE à étudier la possibilité de bloquer l’accès de la Russie au système bancaire international SWIFT. Dans ce cas, les banques russes ne pourraient plus gérer leurs comptes de correspondance à l’étranger ni même effectuer des opérations en devises sur le marché intérieur.

Le réseau mondial SWIFT réunit plus de 10.000 institutions financières de 210 pays. Des mandats pour plus de 6.000 milliards de dollars transitent chaque jour par ce réseau qui assure le transfert de données financières relatives aux paiements.

Source : RIA, 19/9/2014

Expulser la Russie du réseau Swift

Les délégués présents à la conférence Sibos 2014 organisée par Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) à Boston à la fin de ce mois-ci souhaiteront savoir si la question des sanctions économiques contre la Russie est à l’ordre du jour.

Le fournisseur de services de messagerie financière a réagi avec colère à une récente résolution du Parlement européen (PE) appelant l’Union européenne (UE) à expulser la Russie du réseau Swift. Le projet de loi va maintenant être soumis à la Commission européenne (CE), où il aura besoin de la collaboration étroite des Etats membres agissant à l’unisson pour prendre effet.

Voici en réponse un extrait du communiqué publié par Swift : “En vertu des principes fondamentaux du droit européen, consacrés dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, le fait de restreindre Swift de cette manière si disproportionnée interfère avec le droit fondamental de Swift à des affaires et avec son droit de propriété. Il constitue également un traitement discriminatoire et inégal”.

Mentionner explicitement Swift dans une résolution de ce type du Parlement européen sur une question internationale aussi sensible créé également d’immenses dégâts à la réputation de notre entreprise. Notre mission est d’être un fournisseur mondial et neutre au service de l’industrie financière. La fourniture de services de messagerie financière à des entités russes n’est pas affectée par les mesures actuellement en vigueur”.

Bloquer l’accès à la Russie au système SWIFT reviendrait quasiment de facto à couper la Russie du reste du monde puisque l’ensemble des transactions financières et commerciales de la planète passent par ce système ou presque.

La résolution du Parlement européen fait écho à une demande similaire par le Conseil européen (CE) à Swift en 2012, lorsque le CE a ordonné au réseau de déconnecter l’Iran dans le cadre d’une campagne visant à bloquer le programme nucléaire du pays. Bien que la position de Swift soit politiquement neutre, il a, à l’époque, respecté les souhaits du CE.

Une personne de premier plan dans le système bancaire russe a cependant indiqué qu’elle croit que le Parlement est en train de bluffer. S’exprimant cette année lors d’un forum international d’investissement, qui s’est tenue dans la ville russe de Sotchi, Andrei Kostin, PDG du Groupe VTB, deuxième banque de Russie, a déclaré le 19 septembre : “Je pense que cela ne va pas se produire. Je nomme ceci un acte d’agression direct contre le système financier de la Russie avec toutes les conséquences ultérieures possibles. Il s’agit d’une mesure très difficile.”

L’alarme de Swift a sans doute été renforcée par des rapports qui précisent que les autorités russes sont en discussion avec la Chine pour l’établissement d’un système alternatif de transaction interbancaire. La Russie a annoncé publiquement son intention de réduire la dépendance du marché financier russe envers SWIFT depuis l’instant où les Etats-Unis ont commencé le renforcement des sanctions économiques à l’encontre de la Russie.

Source : finyear.com

Moscou et Pékin songent au système de transactions financières commun

Par La Voix de la Russie | La Russie et la Chine sont en train de discuter de la possibilité de créer un analogue du système SWIFT pour les transactions entre les deux pays, a indiqué le vice-premier ministre Igor Chouvalov à l’issue des entretiens à Pékin avec des représentants des entreprises dans le cadre d’une réunion de la commission russo-chinoise sur les investissements.

M. Chouvalov a souligné que le côté chinois avait soutenu l’initiative et les services compétents sont actuellement en train d’étudier la possibilité de sa mise en œuvre.

L’idée de créer un analogue du système SWIFT est survenue après les menaces formulées par les pays de l’UE d’évincer la Russie du système mondial des paiements interbancaires en guise de sanctions suite aux événements en Ukraine. Ce n’est pas sûr que cette menace puisse véritablement être mise en œuvre, car l’interdépendance économique entre la Russie et l’UE est trop grande. Ainsi, la part du gaz russe sur le marché européen a augmenté de 25% à 33% depuis 2010. Et l’Europe sera toujours obligée de régler la facture à la Russie pour le gaz. Donc bloquer l’accès à ce système de paiements internationaux poserait beaucoup de problèmes.

Ces appels de déconnecter le Russie du système SWIFT resteront plutôt des déclarations politiques. Mais un verrouillage d’essai pourrait bien être mis en œuvre. Par exemple, le Royaume-Uni propose de déconnecter la Russie du système SWIFT pendant deux semaines. Il est peu probable que l’exclusion intégrale de la Russie de ce système, comme ce fut le cas pour l’Iran, soit possible.

Toutefois ces « menaces de sanctions » créent un sentiment d’incertitude chez les hommes d’affaires et les investisseurs. Ils sont inquiets d’investir des fonds, alors que de nouvelles limitations pourraient suivre, provoquant le gel de toutes les transactions pendant un certain temps. Pour éviter d’éventuelles restrictions, la Russie a proposé de créer son propre système de sauvegarde des paiements interbancaires, explique l’économiste en chef de Sberbank CIB Evgueni Gavrilenkov.

« Cette idée est logique et réaliste. Il est possible de créer un système indépendant, car la technologie SWIFT n’est pas unique. Tout le processus pourrait prendre environ deux ans. Une autre question c’est à quel point un tel système sera demandé par le marché. Car SWIFT est un système mondial que tout le monde utilise. Ce n’est pas sûr que les banques étrangères qui utilisent activement le système SWIFT, rejoignent ce nouveau système ».

Selon Evgeny Gavrilenkov, la viabilité de ce nouveau système dépend principalement du nombre de banques qui seront intéressées à s’en servir. Mais les banques chinoises ont déjà évoqué leur intérêt dans la création de ce nouveau système. Une alternative au SWIFT est une perspective alléchante pour la Chine, car elle permettra de réduire la dépendance de la volonté politique des pays occidentaux dans le domaine commercial. Et en perspective, l’idée serait d’abandonner progressivement l’utilisation du dollar et renforcer le rôle du yuan chinois dans les transactions internationales.

Une alternative aux systèmes de paiement pour les particuliers

Si l’alternative au système SWIFT est destinée à garantir les paiements interbancaires, il y aura aussi une alternative aux paiements des particuliers russes, sans passer par les systèmes de paiement occidentaux. Il s’agit d’élargir la présence du système de paiement chinois Union Pay sur le marché russe. Pour l’instant ce système de paiement joue un rôle plutôt marginal en Russie avec seulement plusieurs dizaines de cartes du système de paiement chinois émises en Russie. Cependant, au cours des trois ans à venir, le nombre de cartes de Union Pay émises en Russie devrait atteindre deux millions, selon le porte-parole du système chinois Fan Riguang.

Le vice-premier ministre russe Igor Chouvalov a déclaré que le système Union Pay est prêt à coopérer pleinement avec la Russie pour créer un système national des cartes de paiement. La partie chinoise va proposer de se servir de son infrastructure pour les paiements et en yuans et en roubles.

Le système de paiement chinois ne va certes pas évincer du marché russe les systèmes Visa et Master Card. Tout comme nous ne risquons pas abandonner les transactions par le biais de SWIFT du jour au lendemain. Mais les perspectives de ces systèmes alternatifs sur les marchés nationaux et internationaux sont assez prometteuses. Surtout que près de la moitié des échanges bilatéraux entre la Russie et la Chine, pourraient être effectuées en yuans et en rouble, comme l’a déclaré le vice-ministre des Finances, Alexeï Moïsseïev.

Les chefs des deux Etats ont déclaré en mai de cette année à Shanghai leur volonté d’augmenter la part des transactions en yuans et en roubles entre les deux pays. Selon le vice-ministre des Finances de Russie Alexeï Moïsseïev, dans un avenir proche, les parties vont préparer un accord intergouvernemental sur la transition vers les transactions en monnaies nationales.

Source : ruvr.ru, 11/9/2014

Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous… Par Olivier Berruyer.

https://www.les-crises.fr/deconnexion-swift-russie/

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