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Le blog de Lucien PONS

Comment lutter contre les fonds vautours et l’impérialisme financier ? Par Eric Toussaint, CATDM.

24 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #La nation ., #La lutte des classes

Comment lutter contre les fonds vautours et l’impérialisme financier ?

22 septembre par Eric Toussaint

http://cadtm.org/Comment-lutter-contre-les-fonds#.VB_WnYlgKBk.facebook

Discours prononcé lors du Séminaire international “Alternatives à l’impérialisme financier et aux fonds vautours”, à Caracas (Venezuela), le 12 août 2014 |1|.

Discours prononcé lors du Séminaire international “Alternatives à l’impérialisme financier et aux fonds vautours”, à Caracas (Venezuela), le 12 août 2014 |1|.

Je vais commencer en abordant la question des fonds vautours. Je dirai que les fonds vautours sont la version extrême du capitalisme financier. La version extrême, c’est-à-dire qu’ils sont l’avant-garde, suivie des bataillons, qui ont pour nom Goldman Sachs, Santander, J.P. Morgan, BBVA, City Bank, etc.

La sentence du juge Griesa est une tentative visant à faire rétrocéder l’Amérique latine à la situation qui prévalait à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, quand les Etats-Unis et d’autres créanciers avaient la possibilité d’intervenir de manière directe pour forcer le paiement de la dette.

Dès lors, c’est un défi majeur de la part des organisateurs d’avoir porté au programme de ce forum la Doctrine Drago |2| en tant qu’alternative. Effectivement, c’est un élément important. En quoi consiste la Doctrine Drago ? Le ministre des Affaires étrangères Elías Jaua a déjà mentionné et souligné l’apport de Drago lors du conflit qui opposa le Venezuela à ses créanciers en 1902 |3|.

On trouve en fait deux doctrines : la Doctrine Drago et la Doctrine Calvo |4|, qui tirent toutes deux leur nom de juristes argentins. Calvo, qui émit en premier la doctrine, pose qu’en cas de conflit avec des investisseurs étrangers, les pays d’Amérique latine doivent recourir à leur juridiction nationale et ne peuvent pas transférer à la justice des États-Unis ou d’autres pays la compétence de régler un différend.

Drago, ministre argentin des Relations Extérieures en 1902, se saisit de la Doctrine Calvo dont il reprit une partie et ajouta l’interdiction du recours à la force militaire pour obtenir le paiement d’une dette externe. Cela souleva à l’époque tout un débat diplomatique car les États-Unis s’opposaient évidemment fermement tant à la Doctrine Drago qu’à la Doctrine Calvo. Dans les années vingt et trente, les pays d’Amérique latine ont néanmoins commencé à adopter et transposer dans leurs Constitutions nationales des éléments des Doctrines Drago et Calvo.

A partir des années quatre-vingt, l’offensive néolibérale a consisté à détruire l’application de ces doctrines à travers le sous-continent. Par exemple, tandis que les Doctrines Calvo et Drago sont clairement incorporées dans la Constitution argentine, dans la pratique, à partir de la dictature militaire de 1976, l’Argentine a renoncé à sa souveraineté et à son immunité dans les contrats d’émission de titres de la dette Titres de la dette Les titres de la dette publique sont des emprunts qu’un État effectue pour financer son déficit (la différence entre ses recettes et ses dépenses). Il émet alors différents titres (bons d’état, certificats de trésorerie, bons du trésor, obligations linéaires, notes etc.) sur les marchés financiers – principalement actuellement – qui lui verseront de l’argent en échange d’un remboursement avec intérêts après une période déterminée (pouvant aller de 3 mois à 30 ans).
Il existe un marché primaire et secondaire de la dette publique
. . Depuis lors, elle remet à la justice étasunienne la compétence de trancher des litiges.

Nous devons bien sûr condamner les sentences du juge Griesa. Nous devons condamner l’ingérence des Etats-Unis et du juge dans les affaires de l’Argentine. Mais pour contrer cette ingérence, il faut que les pays d’Amérique latine remettent en pratique les doctrines Calvo et Drago. Dès lors, quand les pays d’Amérique latine émettent des titres, ils doivent spécifier dans le contrat qu’en cas de litige, c’est la justice locale, nationale, qui est compétente. C’est fondamental, et c’est un premier pas pour faire face à la situation actuelle et éviter une extension d’offensives du type de celle du juge Griesa contre d’autres pays d’Amérique latine.

En termes d’alternatives, je pense qu’il est également important de convaincre d’autres pays d’Amérique latine de suivre l’exemple de la Bolivie, du Venezuela et de l’Equateur, qui ont décidé de se retirer du CIRDI CIRDI Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a été créé en 1965 au sein de la Banque mondiale, par la Convention de Washington de 1965 instituant un mécanisme d’arbitrage sous les auspices de la Banque mondiale.

Jusqu’en 1996, le CIRDI a fonctionné de manière extrêmement sporadique : 1972 est la date de sa première affaire (la seule de l’année), l’année 1974 suivit avec 4 affaires, et suivirent de nombreuses années creuses sans aucune affaire inscrite (1973, 1975,1979, 1980, 1985, 1988, 1990 et 1991). L’envolée du nombre d’affaires par an depuis 1996 (1997 : 10 affaires par an contre 38 affaires pour 2011) s’explique par l’effet des nombreux accords bilatéraux de protection et de promotion des investissements (plus connus sous le nom de « TBI ») signés a partir des années 90, et qui représentent 63% de la base du consentement à la compétence du CIRDI de toutes les affaires (voir graphique)). Ce pourcentage s’élève à 78% pour les affaires enregistrées uniquement pour l’année 2011.

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s d’infos , le tribunal de la Banque mondiale BM
Banque mondiale La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Cliquer pour p
lus... |5|. Ces trois gouvernements, la Bolivie en tête en 2008, ont décidé de ne plus faire partie du tribunal de la Banque mondiale pour le règlement des différends en matière d’investissements. Ce serait un excellent signal pour l’Amérique latine qu’un pays comme l’Argentine prenne cette décision. Le Brésil n’a pas reconnu la compétence du CIRDI. Le Brésil est peut être le pays d’Amérique latine qui, par tradition en tant que super-puissance régionale, affirme le plus sa souveraineté et signe peu de traités qui prévoient le transfert de sa souveraineté vers d’autres juridictions.

En outre, comme l’a souligné Luis Bilbao |6|, aborder la question des fonds vautours nous oblige à aborder la question de la dette externe. Une dette externe qui est en grande partie illégitime.

Une partie de la dette que l’Argentine paie aujourd’hui est héritée de la dette contractée par la Junte militaire entre 1976 et 1983. Elle est héritée de la dette contractée par Carlos Menem au cours des années 1990 quand il appliqua une politique néolibérale brutale. Elle est héritée du « méga-échange » de titres de la dette (Megacanje) organisé en 2001 par Domingo Cavallo, alors ministre de l’Économie du gouvernement De La Rúa, qui est tombé sous la pression de la rue…."de la rúa” en décembre 2001.

Qu’a fait le président Rodríguez Saa, le président d’une semaine, la dernière semaine de décembre 2001 ? Il décida de suspendre unilatéralement le paiement de la dette et déclara, si je me souviens bien : “tant qu’il n’y a pas plein emploi dans le pays, je suspends le paiement de la dette”.

L’Argentine a suspendu le paiement de la dette commerciale entre 2001 et 2005 pour un montant d’environ 90 milliards de dollars. Grâce à cette mesure, l’Argentine a retrouvé son niveau économique et, profitant de la hausse des prix de ses exportations, à partir de 2003 elle a pu investir dans le développement économique et récupérer pleinement.

Si, à partir de 2005, la restructuration de la dette, qui consistait en un échange de titres, permit un allègement significatif de celle-ci, dans un même temps l’Argentine a accepté, dans les nouveaux contrats, de reconduire le transfert de sa souveraineté juridique et de renoncer à l’immunité. En 2010, elle a rouvert un échange de dette avec ces mêmes caractéristiques.

Alors, bien sûr, nous dénonçons les fonds vautours. Mais il faut que nous soyons conscients du fait que si nous commettons des erreurs, nos ennemis vont en tirer profit. Ils peuvent s’appuyer sur ces erreurs stratégiques ou tactiques pour imposer, dans les faits, leurs intérêts.

Je veux revenir sur la question de la dette car elle se convertit à nouveau en un puissant instrument de subordination des peuples d’Amérique latine. Un instrument qui dans les années à venir va essayer de contraindre à se réengager dans des politiques néolibérales comme c’est actuellement le cas en Europe. L’Europe, d’où je viens, est aujourd’hui l’épicentre de l’offensive du capital contre le travail, des créanciers contres les débiteurs.

Je pense qu’il ne faut pas écarter l’éclatement d’une nouvelle crise de la dette externe, dans les années à venir, qui peut affecter l’Amérique latine pour deux raisons. D’abord, les Etats-Unis vont augmenter les taux d’intérêt au niveau international. C’est décidé, ils l’ont annoncé. Ils procèdent par étapes : si les taux d’intérêt sont pour l’heure très bas, dans les mois et années qui viennent, ils vont augmenter, c’est indéniable. Ensuite se pose la question de la baisse du prix des matières premières. C’est également un élément à envisager pour le futur. Une hausse du taux d’intérêt international combinée à une baisse du prix des exportations du pétrole, du soja (pour l’Argentine), des minéraux, etc., peut, comme dans les années quatre-vingt, faire basculer l’Amérique latine dans le cercle vicieux de la dette publique souveraine. Pour éviter ce piège, il faut, je pense, combiner plusieurs stratégies. Nous discutons ici d’alternatives.

L’histoire démontre qu’un pays peut obtenir le respect des intérêts de sa population par le biais d’actes souverains unilatéraux basés sur le droit international.

Cela remonte au XIXème siècle, en 1861, quand le premier président latino-américain d’origine indigène, Benito Juárez, indigène zapotèque, décida, en tant que président du Mexique, de suspendre le paiement de la dette à l’égard de la France et de Londres. S’ensuivit une intervention militaire française afin d’imposer l’empereur Maximilien, qui fut plus tard renversé par la résistance du peuple mexicain et la victoire de Benito Juárez. Cet empereur imposé par Napoléon III fut exécuté en 1867 par l’armée mexicaine victorieuse contre la France.

Rappelons également, car je fais un peu d’histoire, que Karl Marx écrivit (en 1867) dans le chapitre 31 du livre I du Capital ce qui suit : “La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Avec les dettes publiques naquit un système de crédit international qui cache souvent une des sources de l’accumulation primitive”.

Revenons à la dette publique, susceptible de se transformer à nouveau dans les années qui viennent en instrument de domination.

Passons d’abord par le XXème siècle et rappelons qu’au début de la révolution mexicaine, en 1914, une des premières décisions de Emiliano Zapata et Pancho Villa fut la suspension du paiement de la dette. Le Mexique suspendit le paiement entre 1914 et 1942 et réussit à imposer à ses créanciers une réduction de 90% de la valeur des crédits, dans leur état de 1914, c’est-à-dire sans prendre en compte les arriérés des intérêts |7|. C’est une victoire totale qui montre l’importance d’un acte souverain unilatéral face aux créanciers.

Au cours des années trente, quatorze pays d’Amérique latine ont suspendu le paiement de la dette externe : c’est le cas de Cuba en 1933 ; le Brésil de Getulio Vargas (1933) organisa un audit de la dette et sur cette base, il obtint, en 1943, une réduction de 60 % de celle-ci à travers une restructuration |8|.

Si nous comparons les pays qui ont suspendu le paiement de la dette dans les années trente à ceux qui ont poursuivi les paiements, ceux qui ont suspendu le paiement ont connu, malgré des représailles, une croissance plus forte.

Mentionnons le cas de l’Équateur, plus récent. J’ai fait partie de la Commission présidentielle d’Audit de la dette créée en 2007 par le président Rafael Correa |9|. Elle était composée de 18 personnes, 12 équatoriens et 6 représentants internationaux, parmi lesquels Alejandro Olmos Gaona d’Argentine. Cette Commission analysa la dette contractée par l’Équateur entre 1976 et 2006. Après quatorze mois de travail, elle remit ses résultats au gouvernement de Rafael Correa |10| qui décida, en novembre 2008, de suspendre de manière unilatérale le paiement d’une partie de la dette commerciale. Il disposait des ressources pour payer mais dit : “C’est une dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

4 moyens d’analyse


La destination des fonds :
l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.

Les circonstances du contrat :
rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.

Les termes du contrat :
termes abusifs, taux usuraires...

La conduite des créanciers :
connaissance des cr
éanciers de l’illégitimité du prêt. , rien ne ju
stifie de payer une dette illégitime”. En juin 2009, sur base des résultats de l’audit, il réussit à imposer aux créanciers une réduction de 70% de cette dette. On voit bien ici la différence entre les décisions que prit l’Argentine dans les années 2000, et celles de l’Équateur qui procéda à un audit et, fort de ses résultats, à un rachat (non pas à un échange) de titres de la dette externe à 30 centimes de dollars. Dans ces conditions, il était impossible de saisir la justice étasunienne pour poursuivre l’Équateur étant donné que les titres n’existaient plus. Il n’y a pas eu d’échange. Nous pouvons tirer des enseignements importants de l’expérience de l’Equateur |11|.

Troisième exemple : comme je l’ai mentionné précédemment, au cours des dernières années, l’Europe est devenue l’épicentre d’une brutale offensive néolibérale capitaliste. La Grèce traverse une situation similaire à celle des pays d’Amérique latine ou d’Asie dans les années 1980-90. Elle est soumise aux diktats du FMI FMI Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 187 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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our plus. et des créanciers.

Une expérience peu connue, aussi bien en Europe que dans le reste du monde, est le cas de l’Islande, dont le système bancaire s’est totalement effondré en 2008, à l’instar de l’Equateur en 1999. Poussée par une mobilisation populaire très forte, l’Islande a décidé de ne pas payer la dette externe à l’égard du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Le Royaume-Uni a protesté tapageusement contre la décision unilatérale de non paiement et a classé l’Islande parmi les pays terroristes au même rang qu’Al Qaeda, gelant ses avoirs au Royaume-Uni. Malgré cela, la mobilisation populaire et deux référendums ont obligé le gouvernement à ne pas payer la dette, de 2008 à ce jour, à l’égard du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Grâce à cet acte unilatéral souverain, l’Islande connaît une croissance économique plus forte que les autres pays européens. On peut comparer l’Islande, qui a désobéi aux créanciers, à la Grèce, qui a accepté la domination des créanciers et se retrouve avec une chute du PIB PIB Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. . On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre. de 20%, comparable à celle du PIB argentin entre 1999 et fin 2001-début 2002.

De fait, un argument très fort est le fait que les pays ont le droit de poser des actes souverains unilatéraux.

Imaginer que la justice internationale va donner raison au Venezuela, à l’Argentine, à l’Equateur, c’est rêver d’un monde qui n’existe pas encore. Il faut poser des actes souverains unilatéraux. C’est le quotidien des Etats-Unis. Les Etats-Unis posent des actes souverains unilatéraux tous les jours, pour de mauvaises raisons : l’embargo contre Cuba et le soutien à Israël par exemple. Israël multiplie les actes souverains unilatéraux, qui mènent quasi au génocide du peuple palestinien. Néanmoins, rien ne se passe…

Pourquoi ne pas agir de manière souveraine, unilatérale, mais fondé sur des arguments issus du droit international, afin de respecter la dette sociale contractée à l’égard des peuples et, simultanément, accélérer au niveau de l’Amérique latine le lancement de la Banque du Sud, instituer le contrôle des mouvements de capitaux là où il est inexistant, maintenir ou mettre en place le contrôle des changes, socialiser la banque privée, décréter le monopole public sur le commerce extérieur.

Luis Bilbao a conclu, me semble-t-il, en disant : il n’y a pas de solution sans programme ou révolution socialiste. Ces mesures font partie de revendications transitoires vers le Socialisme. Il faut aller au-delà de la dénonciation de l’impérialisme au niveau rhétorique et des fonds vautours, et réfléchir à comment bâtir l’intégration des peuples, emprunter la voie indiquée par Hugo Chávez quand il appelait à la construction de la Banque du Sud, à l’intégration des peuples et à la mise en place de mécanismes d’intégration en faveur des droits humains.

Merci beaucoup pour votre attention.


Traduit de l’espagnol par Cécile Lamarque

Notes

|1| Ont participé en tant qu’intervenant-e-s à ce séminaire international : Delcy Rodríguez, ministre de la Communication et de l’Information ; Elías Jaua, ministre des Affaires étrangères de la République Bolivarienne du Venezuela ; Carlos Cheppi, ambassadeur de l’Argentine au Venezuela ; Eric Toussaint, CADTM ; Luis Bilbao, Revista America XXI, Argentina, … Voir l’introduction de Delcy Rodriguez : http://www.youtube.com/watch?v=KRNe... Voir le discours de Eric Toussaint en vidéo : http://cadtm.org/Alternativas-al-im.... Voir également : http://cadtm.org/El-historiador-bel...

|2| La doctrine Drago fut énoncée en 1902 par le ministre des affaires étrangères argentin Luis María Drago. La doctrine Drago fut une réponse à l’intervention du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Italie qui avaient bloqué et bombardé des ports en raison du non paiement de la dette externe, élevée, contractée par le Venezuela et que le président Cipriano Castro refusait de payer. Bien que la doctrine Monroe l’exigeait, les Etats-Unis refusèrent de défendre le Venezuela, au motif que cela ne se justifiait pas dans ce cas-ci, face à un refus de paiement de dettes. En réaction à cela, la doctrine Drago affirme qu’aucun pays étranger ne peut utiliser la force afin de recouvrer des dettes. La doctrine Drago s’inspire de la doctrine Calvo mais elles ne doivent pas être confondues.

|3| Voir Elias Jaua, « Fondos buitres, la barbarie capitalista », http://cadtm.org/Fondos-buitres-la-...

|4| La Doctrine Calvo, du nom de son auteur Carlos Calvo (1824-1906), est une doctrine du droit international qui stipule que les personnes vivant dans un pays étranger doivent faire leurs demandes, plaintes et griefs dans le cadre de la compétence des tribunaux locaux, sans recourir à la pression diplomatique ou à l’intervention militaire. Toutes les voies juridiques locales doivent être épuisées avant d’envisager de saisir les voies diplomatiques internationales. Cette doctrine a été transposée dans plusieurs constitutions de pays de l’Amérique latine.

|5| Le CIRDI, Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.

|6| L’intervention de Luis Bilbao est disponible sur http://www.luis-bilbao.com.ar/2014/...

|7| Voir Eric Toussaint, “Mexique : le scandale silencieux de la dette extérieure et du modèle néolibéral”, juillet 2002, http://cadtm.org/Mexique-le-scandal...

|8| Voir Eric Toussaint, “Retour dans le passé : mise en perspective des crises de la dette” dans La bourse ou la vie. La Finance contre les peuples, coédition CADTM-Syllepse-Cetim, 2004.

|9| Voir Eric Toussaint, "An III de la révolution citoyenne en Equateur", publié le 22 octobre 2009, http://cadtm.org/An-III-de-la-revol....

|10| Le rapport final de la CAIC est disponible sur http://www.auditoriadeuda.org.ec/in...

|11| Eric Toussaint, "Les leçons de l’Équateur pour l’annulation de la dette illégitime", publié le 29 mai 2013, http://cadtm.org/Les-lecons-de-l-Eq... La version vidéo est disponible : http://cadtm.org/Les-lecons-de-l-Eq...

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Un article de Michel Peyret, Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

24 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Economie, #La guerre, #L'OTAN.

23 sept. 2014

Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

Un article de Michel Peyret, Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes.

Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Posté par Michel Peyret

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2014/09/23/30643925.html

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Jean-Pierre Chevènement. Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014): Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Ukraine

Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014):

Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

Parlez-nous de votre enfance.

Jean-Pierre Chevènement : Je suis originaire de l’Est de la France, je suis né à Belfort. Mes parents étaient instituteurs, mais j’ai été très tôt attiré par la politique. Peut-être est-ce lié au fait que je suis né en 1939 et que mes premiers souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale. Mon père avait été fait prisonnier, et l’école où ma mère enseignait a été occupée un moment par les Allemands. A quinze ans, je me suis mis à soutenir Pierre Mendès-France, qui avait mis un terme à la guerre d’Indochine. J’étais « mendésiste », comme on disait alors, mais je n’ai pas adhéré au parti radical. Plus tard, quand j’ai étudié les sciences politiques à Paris, je suis resté sur cette orientation. J’ai cependant regretté que Mendès-France n’aide pas de Gaulle en 1958, puis en 1962, car le Général était seul à pouvoir mettre un terme à la guerre d’Algérie. Au fond, j’étais assez gaulliste. Lorsque j’ai été appelé comme sous-lieutenant en Algérie, en 1961, j’étais déjà convaincu qu’elle devait être indépendante – mais qu’il valait mieux que ce soit avec la France que contre.

Qu’est-ce qu’il vous reste de ce séjour en Algérie ?

Ce fut une période très difficile, qui a constitué une transition à la fois nécessaire et violente et comporté beaucoup de souffrances. J’avais volontairement pris la responsabilité des relations militaires entre les armées française et algérienne au niveau de la préfecture d’Oran [où a eu lieu le massacre du 5 juillet 1962, ndlr]. Il faut rappeler qu’au cours des trois mois qui ont précédé l’indépendance, il y a eu une véritable sédition de l’OAS. J’ai été le premier Français à voir Ben Bella et Boumédiène à Tlemcen, en juillet 1962, et cela a très fortement marqué mon engagement. Je suis retourné en Algérie à la fin de mon service militaire pour faire un stage à l’ENA, jusqu’en juillet 1963. Je reste aujourd’hui président de l’Amitié France-Algérie : pour moi c’est un lien qui demeure, je suis sensible à tout ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

Et ensuite ?

À mon retour en France, j’ai élaboré un projet prospectif : il s’agissait de changer le parti socialiste de l’intérieur en faisant alliance avec le parti communiste – de Gaulle était âgé et je préparais sa succession. Je voulais prolonger ainsi la Vème république en lui assurant des bases de gauche. J’ai créé un mouvement qui s’appelle le CERES (aile gauche du PS) et, en 1971, nous avons mis Mitterrand au pouvoir – après sept ans d’effort. Mitterrand m’avait chargé de rédiger le programme socialiste, que j’ai élaboré avec les communistes. La suite est connue : après avoir été député (la première fois en 1973), j’ai été maire de Belfort, quatre fois ministre [sous Mitterrand, puis Chirac, ndlr], et enfin sénateur – je suis un vieil homme politique !

Quelle fierté tirez-vous de votre carrière politique, et quels regrets ?

On n’est jamais content de ce que la réalité n’est pas conforme à l’idée qu’on s’en faisait. Je ne suis pas particulièrement réjoui par l’évolution de la gauche… Mais en même temps, nous avons assuré une certaine continuité de l’État, dans le domaine de la défense surtout, ce qui est important dans le maintien d’une politique. J’ai été confronté à des choix libéraux, en 1983 [sous Mitterrand, ndlr], qui m’ont poussé à démissionner Je considérais en effet que l’idée d’un « État stratège » devait être maintenue et j’avais été l’homme des grandes entreprises publiques – je n’ai pas approuvé l’orientation de la politique économique du gouvernement Mitterrand. Mais ensuite, j’ai été rappelé pour remettre de l’ordre dans l’éducation nationale, en 1984, puis à la Défense, en 1988. J’ai le souvenir de grandes réalisations.

Mais vous avez à nouveau démissionné du ministère de la défense…

J’ai pu mener la politique que j’entendais mener jusqu’en 1990-1991, date à laquelle j’ai effectivement quitté le gouvernement pour la deuxième fois – afin de protester contre l’engagement de l’armée française en Irak. Enfin, j’ai été ministre de l’intérieur, en 1997, pendant trois ans et demi : j’ai pu y conduire des réformes importantes dans le domaine de l’intercommunalité. Et puis, j’ai démissionné pour la troisième fois, parce que j’étais en désaccord avec le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, sur l’avenir de la Corse – j’ai toujours été pour une politique nationale unitaire.
Je n’ai démissionné, à chaque fois, que sur des sujets vraiment importants : politique économique et européenne, politique étrangère ou organisation de l’État. Vous le savez peut-être, je me suis également positionné contre le Traité de Maastricht : je pense que l’Europe doit se faire dans le prolongement des nations – je ne suis pas contre l’idée européenne, mais je suis pour une Europe européenne, c’est-à-dire capable de défendre ses intérêts propres et pas inféodée aux États-Unis. Je suis un homme de gauche original, en quelque sorte. On pourrait dire que je suis un « gaulliste de gauche ». Ou alors un socialiste républicain à la forte adhérence gaulliste…

Qu’est-ce que vous n’êtes pas ?

Je ne suis pas de droite, au sens du libéralisme économique mondialisé. Je suis évidemment encore moins d’extrême-droite – je crois en l’égalité des êtres humains. Je ne suis pas communiste non plus, parce que j’appartiens à une tradition plus souple : le communisme ne fait pas la part des choses entre le collectif et l’individu – il y a un équilibre à trouver. Mes parents étaient plutôt socialistes, mais avec un esprit critique, parfois même, ils étaient individualistes. Il leur est arrivé de voter de Gaulle. Donc, je garde un esprit pragmatique. Voilà ce que je ne suis pas. Je pense que je ressemble à beaucoup de Français

Qu’est-ce qui fait la force d’un homme politique ? Son intégrité ?

J’aurais pu démissionner bien plus souvent ! Ce qui me motive, c’est la continuité de notre politique dans des domaines essentiels, parmi lesquels figurent les relations franco-russes.

Pour quelle raison ?

Parce qu’il en va de l’intérêt de la France et de celui de la Russie. Il n’y a pas d’indépendance de la France sans une Russie forte. Et la Russie aussi a besoin d’avoir, à l’ouest de l’Europe, un grand partenaire amical. Au fond, il n’y a pas d’antagonisme fondamental entre la Russie et la France, les deux pays ne se sont jamais heurtés. Bien sûr, il y a eu l’épisode napoléonien, mais c’est plutôt un accident de l’Histoire ! Les guerres napoléoniennes étaient dirigées contre l’Angleterre – Napoléon voulait diriger le blocus continental, il ne souhaitait pas s’en prendre aux Russes. Mais ça s’est trouvé comme ça, et les Russes se sont défendus. Cela n’a pas affecté nos relations et nous célébrons la bataille de Borodino comme une victoire à la fois russe et française. Et je suis très attaché à maintenir ce lien, même dans le moment difficile que nous traversons.

Il y a des responsabilités partagées des deux côtés, beaucoup de malentendus et d’incompréhension. Ce qui est arrivé en Ukraine aurait pu être évité.

Comment ?

Si les institutions européennes avaient, par exemple, négocié l’accord d’association avec l’Ukraine en étroite concertation avec la Russie, afin d’anticiper les problèmes à venir. S’il y avait eu un meilleur climat, au départ, entre la Russie et l’UE, et peut-être un meilleur contrôle sur les agissements des grands pays – Allemagne, France, Italie. Bien sûr, l’Ukraine n’est pas n’importe quel pays pour son voisin russe, et je ne crois pas que l’intention de la France soit de placer l’Ukraine face à un choix impossible entre Russie et UE. Peut-être, en revanche, que l’Ukraine est effectivement un objet politique pour les États-Unis : certains voient dans cette affaire l’occasion de semer la discorde entre l’Europe de l’ouest et la Russie. Mais ça n’a jamais été le dessein de la France ! Ce qui s’est passé à Maïdan a véritablement été une surprise. L’accord conclu ensuite, le 21 février 2014, par les ministres français, allemand et polonais des affaires étrangères aurait pu fournir une porte de sortie, mais il n’a pas été appliqué. Les Russes ont répondu à n’importe quoi par n’importe quoi.

À quel moment ?

L’annexion de la Crimée est une entorse au principe de la souveraineté de l’État. Je crois que les initiatives prises par les habitants de Sébastopol ont placé la Russie devant le fait accompli. Et celle-ci a choisi d’aller dans le sens de leur demande de rattachement, sans mesurer les problèmes qui allaient en découler, ni l’utilisation qu’allaient en faire les partisans d’une nouvelle guerre froide en Europe. Nous sommes alors entrés, malheureusement, dans un processus incontrôlé, malgré les efforts entrepris depuis quelques mois – y compris par le président français. Un cessez-le-feu précaire est en place et des élections régionales sont prévues à Donetsk et Lougansk, mais on est loin des projets évoqués par Angela Merkel et François Hollande. On voit bien, pourtant, quel genre de compromis pourrait se dessiner : une certaine régionalisation de l’Ukraine, une « neutralisation » du territoire, de façon à ce que les Russes n’aient pas le sentiment que l’Ukraine est appelée à devenir un pays de l’OTAN. Il faudrait d’ailleurs écarter définitivement cette perspective et procéder à une remise à niveau économique de l’Ukraine. Aujourd’hui, il y a une mécanique qui s’est mise en mouvement, c’est la mécanique de la bêtise. Il faut savoir l’arrêter, trouver un point de retour. Le processus dit « de Normandie », qui a réuni les présidents russe et ukrainien, ainsi que le président français et la chancelière allemande, le 6 juin dernier, a constitué un premier pas. Mais il faut aussi convaincre les Américains que la Russie ne doit pas être repoussée vers l’Asie.

Vous êtes confiant ?

Je suis inquiet. Je suis inquiet face aux conséquences des sanctions adoptées, à la façon dont elles sont interprétées. La Russie doit convaincre du caractère national de son projet, elle doit convaincre qu’elle veut se moderniser et non reconstituer l’URSS. Je trouve très forte cette citation de Poutine, qu’on connaît trop peu en Occident : « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, et celui qui souhaite son retour n’a pas de tête. » Naturellement, il y a des problèmes humains à résoudre, et en premier lieu celui des Russes qui vivent hors de Russie. Mais cela doit se faire dans un cadre international stable. Il faut restaurer la confiance entre les parties, trouver des garanties de sécurité. Cette tâche-là est la plus difficile, car, dans un processus d’escalade, le procès d’intention l’emporte toujours. La Russie doit aussi tenter de s’expliquer. Mais je pense que ce qui s’est passé n’était pas délibéré : je ne sous-estime pas la part de l’émotionnel dans toute cette affaire. Il faudrait revenir à un peu plus d’objectivité.

Y compris du côté américain ?

Il faut distinguer le petit noyau de géo-stratèges, où la part d’émotionnel est faible, et l’opinion, qui ne connaît pas vraiment la Russie et pense que l’on va vers une nouvelle guerre froide – alors que les bases mêmes d’un conflit de ce type n’existent plus. Nous sommes dans un système d’économie de marché, la modernisation de l’économie russe implique certains changements, que nous pouvons saluer. En cela, les sanctions sont contre-productives et vont créer un climat irrationnel.

Vous êtes entendu, sur cette question des sanctions ?

L’avenir le dira. En tous cas, je m’exprime. Je suis en contact direct avec les autorités

gouvernementales, et je m’exprime dans la presse.

Quelles ont été les erreurs de la France, dans la crise ukrainienne ?

Il y a eu des soutiens français inconséquents au processus de Maïdan – mais Bernard Henri-Lévy n’est pas la France. Peut-être que, pour des raisons qui tiennent à notre adhésion à l’UE, nous sommes un peu à la remorque d’un certain nombre de pays qui ont sur la crise ukrainienne des positions radicales et obéissent à des impulsions de l’extérieur. J’aimerais que la France ne soit pas à la traîne, qu’elle travaille au succès d’une Europe existant par elle-même – non contre la Russie, mais avec elle. Et, cela n’engage que moi, mais je considère qu’il faut honorer les contrats Mistral.
Comment la Russie peut-elle être « garante de l’indépendance de la France », comme vous le disiez ?

En développant nos relations économiques, notre concertation politique. La Russie est un pays qui compte à l’échelle planétaire, un grand pays, ainsi qu’un acteur majeur de la politique mondiale. Et elle le restera. Elle constitue un contrepoids dans les relations internationales.

Faites-vous confiance à Vladimir Poutine ?

C’est un homme d’État. Il en a les qualités, et probablement aussi les défauts. Mais j’ai eu l’occasion de le rencontrer, et j’ai été impressionné : par sa capacité à argumenter, mais aussi par le fait qu’au-delà de la rationalité, c’est un homme d’une certaine affectivité. Je ne vous dirai pas, comme le président Bush Junior, que j’ai « vu son âme » – je suis un républicain laïc, fondamentalement cartésien. Mais je pense que le président Poutine est un homme avec qui l’on peut discuter. Il faut – comme toujours – éviter les malentendus, comprendre ce que l’autre a à l’esprit, car nous nous racontons tous une histoire. On ne peut pas faire abstraction, en politique, des éléments psychologiques. Et quoiqu’il en soit, M. Poutine est le président de la Russie, il a été élu – et je ne crois pas qu’il y ait d’opposition capable de lui succéder, ni qu’il faille mettre la Russie au ban des nations.
Qu’est-ce qui vous lie à la Russie, personnellement ?

La littérature. Le peuple. Et je ne suis pas de ces gens qui ont perdu la mémoire – je me souviens très bien des deux guerres mondiales et de la contribution importante de la Russie à ces conflits.
Y a-t-il des choses qui vous effraient ?

Beaucoup de choses m’effraient. La bêtise, principalement. Surtout quand elle est au pouvoir. L’irresponsabilité. L’absence de culture.

Vous n’êtes jamais découragé ?

Je surmonte le découragement.

Comment ?

le travail. J’écris des livres.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune homme épris de politique, et qui sortirait tout juste de l’ENA ?

Je lui dirais d’abord qu’il est mal parti ! En 1967, j’ai écrit avec Alain Gomez et Didier Motchane L’Enarchie – je sortais tout juste de l’ENA moi-même, promo 1965. Et c’est un livre qui n’a pas vieilli. Il dresse un tableau assez juste de la haute administration française. Il est amusant – je vous le conseille. Les fonctionnaires ont toujours les mêmes vices.

Savez-vous que de nombreux Français aimeraient vous voir au gouvernement ?
Ah non, j’ai exclu cette perspective ! La ligne politique du gouvernement actuel n’est pas vraiment la mienne, et si je revenais, ce serait donc pour en prendre la tête… Mais je crois que ce n’est pas vraiment la disposition d’esprit de François Hollande, et je veux laisser à Manuel Valls l’espace dont il a besoin – je ne suis pas un concurrent.

La France d’aujourd’hui manque-t-elle d’hommes d’État ?

Ce sont les circonstances qui révèlent les hommes d’État. Donc, il ne faut pas désespérer.

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OTAN en emporte le vent….. Sur le site "Les Moutons Enragés".

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #Les transnationales, #Europe supranationale

Une analyse de plus me direz vous!.. Mais plus nous en saurons, et mieux nous comprendrons. Cette analyse permet de relier certains points qui ne sont pas forcément connus de tous. Je remercie M. mon correspondant pour la primeur de ce billet. D’accord, pas d’accord, vos avis sont les bienvenus.

Voilà un chef d’état, qui dit exactement ce qui se passe et comment les instances internationales dans tous les domaines ont été détournées au profit d’une élite.
Vous ne perdrez pas votre temps à écouter ce discours, qui ne laisse aucune place à la langue de bois.

https://www.youtube.com/watch?v=bITizUpYMW0

https://www.youtube.com/watch?v=FN0hVt-OTcA

https://www.youtube.com/watch?v=1YCWUdoovOU

Les ventes de blé de l’Ukraine au deuxième trimestre 2014 ont augmenté de 89,4% par rapport à l’année précédente, amenant une baisse sensible des cours sur le CBOT. Au début 2014, la vague de froid aux Etats Unis avaient amené une forte hausse sur les futures, mais cette survente ukrainienne conjuguée à de bonne récoltes canadiennes et européennes ont fait s’écrouler les cours à des niveaux qui n’avaient pas été vus depuis 4 ans.
L’Ukraine n’a pu obtenir de l’aide des financiers internationaux, qu’en hypothéquant ses récoltes. Elle a livré 4 Mt sur les 10 MT anticipées par le Ministère de l’agriculture US.
Les pluies ont fait baisser la qualité du blé ukrainien, dont une grande partie est dégradée comme fourrager. Néanmoins le gouvernement ukrainien considère que la récolte 2014 va permettre d’exporter 30 Mt ou plus, sans besoin de fixer des limites. Le pays a produit 13 MT de blé meunier pour une consommation intérieure de 5,6 MT.
En Euro, sur l’échéance de novembre, le blé a déjà chuté de 210 €/tonne à 160€, avec un graphe très baissier.
Il est probable que l’ukrainien de base va devoir limiter sa consommation de pain cet hiver.

Corruption Massive

Un analyste indépendant, Michael Hudson, de l’Université du Missouri suit de près pour le FMI les devenir des prêts internationaux accordés à l’Ukraine. Ces prêts ont été accordés à un gouvernement de pacotille, soutenu par les groupuscules nazis et le Département d’Etat américain, dont l’objectif est d’isoler la Russie. Sur les 3,2 Milliards de Dollars virés par le FMI au Trésor ukrainien en mai, 3,1Milliards de $ avaient déjà disparu en août sur des comptes offshore au mois d’août. Cela a beau être noir sur blanc dans un rapport interne du FMI, reproduit ici, les fonds continuent à affluer. 500 M$ ont encore été versé le 8 aout
La monnaie ukrainienne a déjà dévalué de 50% cette année, la vie va devenir très chère à Kiev avec de tels requins au sommet de l’état.
On se souvient que le lendemain du coup d’état, une cargaison d’or sortait en douce du pays par un avion privé. On parle de 33 tonnes du Trésor Ukrainien qui ont été ultérieurement confiées à la Fed par la BoU.

La mort au bout du chemin

Vous devriez assister à un nouveau coup d’état en Ukraine, où d’autres prédateurs prendront le contrôle de ce pays en ruine. Ils continueront le pillage à leur manière. Ce sera probablement sous la houlette d’un néo-nazi, Ihor Kolomoyskyy, qui dispose d’une véritable armée privée.
Quant à Poroshenko, certaines sources très informées, affirment qu’un contrat est sur sa tête et qu’il ne va pas survivre très longtemps.

Souvenez vous de la Révolution Française, presque tous ses instigateurs, on finit sur l’échafaud. Relisez « des pions sur l’échiquier » ! Le pouvoir de l’ombre se débarrasse souvent brutalement des idiots utiles. Durant la guerre d’Espagne, les fous et repris de justice qui ont servi à organiser les premiers massacres, notamment de religieux, ont été ensuite brutalement éradiqués. En Ukraine, un des premiers acteurs du coup d’état, petit-chef d’un parti nazi, qui a brièvement fait un buzz sur internet pour avoir maltraité des policiers et des fonctionnaires de la Justice, a été abattu par la Police, sans procès.

Il est probable que la Russie ne sera pas partie prenante dans le « coup d’état » à venir. Poutine va attendre le pourrissement de la situation pendant les deux ans à venir, jusqu’à ce qu’il soit accueilli comme un sauveur.

Soldats de fortune

Les indépendantistes de l’Est de l’Ukraine n’ont pas caché que des soldats étrangers combattaient à leur côté, pas seulement des russes, mais des français, des espagnols, des allemands, des suédois ou des serbes. Ils les ont comparés aux « Brigades Internationales » qui durant la Guerre d’Espagne étaient venues combattre le fascisme. Si vous suivez zerohedge, vous avez du lire plusieurs articles sur le sujet, mais les média mainstream en ont parlé également, comme la BBC, , Russia Today, ou le Wahington Post, , qui dit que des combattants étrangers combattaient des deux côtés, voire Agenfor qui met en avant des serbes.

Certaines sources décrivent même ces soldats étrangers à l’Est comme provenant des forces spéciales de certains pays européens, cherchant à s’opposer à la politique de Washington. Ce sont donc des professionnels aguerris et parfaitement encadrés, qui auraient renversé la situation sur le front ukrainien.

Il est vrai que les fonds secrets américains avaient très tôt engagé les mercenaires de Xe. Ce sont leurs snipers qui ont ensanglanté Maiden, tuant des hommes des deux côtés avec les mêmes armes, comme cela a été démontré, puis dénoncé par la représentante de l’Union Européenne. Information gardée sous le boisseau par les médias dominants, évidemment.
Moins glorieux, j’ai lu ailleurs, sans me souvenir du site, que des agences de voyage spécialisées, offraient aux amateurs de ce genre, de venir guerroyer en Ukraine. Le reporter dénonçait ces recrues interlopes, qui profitaient de ces guerres pour faire beaucoup d’argent, dans le trafic d’armes ou de drogue, comme ce fut le cas avec la Yougoslavie.

Je me souviens de la guerre du Liban, où des snipers de différentes nationalités, allaient faire des séjours pour se faire quelques cartons. Il en est de même avec les musulmans de toutes nationalités, qui vont en Syrie ou en Irak, par plaisir ou conviction religieuse.
Le monde semble assoiffé de sang.

OTAN en emporte le vent

La réunion de l’OTAN au Pays de Galles n’a pas été une lune de miel pour les faucons rangés sous les ordres de Rassmussen.
Il semblerait qu’il y ait eu de très forts tirages. Merkel aurait rué dans les brancards en disant qu’il n’était pas question d’intervenir en Ukraine, sauf pour trouver des solutions pacifiques à la crise. Elle aurait même été très loin en stigmatisant les guerres perpétuelles initiées pas les américains. L’OTAN n’est pas dans ses statuts une armée d’agression, mais de défense. Les statuts interdisent la création de base spécifique de l’OTAN en Europe Centrale ou orientale a t’elle rappelé, renvoyant l’Estonie en touche.
L’OTAN a réussi à créer une force de réaction rapide de 5.000 hommes, se sont félicités les dirigeants occidentaux, mais cela permettrait il d’arrêter une force d’agression extérieure.

Officiellement, même si Poutine considère que ce sommet est une victoire des faucons, la politique agressive américaine de la Russie ne semble pas avoir trouvé un écho favorable chez les gouvernements européens.
Pour mémoire, l’Allemagne a refusé de participer à la nouvelle guerre irakienne poussée par Obama, sachant bien le rôle des agences américaines dans la création, la formation, l’armement et le financement de l’EIL, quel que soit son nom, en Afghanistan, Libye, Syrie ou Irak.

Un autre allié de l’OTAN et non des moindres, la Turquie, a refusé de participer aux attaques de l’EIL et a même interdit aux avions de l’OTAN de bombarder, qui que ce soit à partir des bases sur le territoire ottoman. Ankara sait bien que l’ambassade américaine en Turquie est quasiment le QG politique de l’EIL.

Par ailleurs, une défiance vis à vis des Etats Unis se développe dans toute l’Europe de l’Est. Le Président Hongrois, Viktor Orban, a publiquement déclaré lors d’un discours en juillet que les USA étaient en banqueroute tant sur le point financier que moral. Il a rejeté le droit des Etats Unis de se conduire en suzerain omnipotent en Europe et a refusé de mettre en oeuvre des sanctions contre la Russie ou de se plier aux ordres d’un Empire déclinant ou de ses valets de l’UE. Il a ajouté, que la Hongrie aurait plus à apprendre en suivant l’exemple des BRIC. Pourtant Orban est au départ un pur produit américain, diplômé de l’université John Hopkins, avant de suivre la formation du American Entreprise Institute. Il défie néanmoins l’UE, notamment au sujet du Gazoduc Southstream.

On retrouve ce sentiment et des discours similaires chez les tchèques ou les polonais. Souvenez vous de la déclaration du Ministre des affaires Etrangères polonais disant que la Pologne avait fait une fellation à Washington sans même être payée en retour (ici sur le Guardian ). Quant au Premier Ministre tchèque, il a comparé l’UE au Troisième Reich. On se souvient que le Président a longtemps refusé de signer le Traité avec l’UE.

En Allemagne, un sondage a été réalisé par le Fond allemand Marshal révélant que 57% des personnes interrogées souhaitaient une plus grande indépendance politique et diplomatique vis à vis de la politique des Etats Unis. Une étude plus large en Europe a montré que 50% des personnes interrogées ne veulent plus rester sous la dépendance américaine pour leur sécurité. C’est un vrai schisme, un rejet brutal de la politique de Washington, car la même enquête il y seulement un an, ne comptait que 8% d’américanophobes. En Allemagne, ceux-ci sont passés en douze mois de 56% à 76%.

200 Trillions de Dollars

Le gouvernement français semble toujours complètement totalement asservi aux politiques guerrières Israélo-anglo-américaines. N’accusez pas Hollande ! Sarkozy était pareil, si ce n’est pire. Souvenez vous de son premier voyage après son élection, où on le voyait prendre quelques jours de vacances avec Georges Bush.

Sous Sarkozy, la France a envoyé ses armées en Afghanistan.

Rien d’étonnant à cela. La coalition autour des armées américaines a permis à l’Afghanistan de multiplier la production d’opium par 14 depuis l’invasion. Les professionnels de la branche obscure de la C.I.A. ont installé des laboratoires de transformation pour pouvoir exporter directement de l’héroïne pure, infiniment moins volumineuse. Les bases aériennes de l’OTAN servent de hubs pour l’expédition et la distribution de la drogue en Europe, exactement comme Air America avec la drogue du Triangle d’Or.

Les grands bénéficiaires de ce trafic de drogue à l’échelle planétaire sont les Banques et notamment les « Too Big to Fail », (les banques systémiques) qui servent au blanchiment de l’argent. L’enquête judiciaire américaine contre HSBC a rassemblé 40.000 documents prouvant cette activité de blanchiment, qui porterait sur 200 Trillions de Dollars sur la seule période 2006-2009. La banque n’a pas été condamnée. Le Procureur Général des E.U. a alors déclaré que la Banque était « Too Big To Jail », trop grosse pour être mise en prison. Il en est de même de JPM, Bank of America, Deutsche Bank, … etc.

Etes vous capable d’imaginer les sommes en jeu dans le trafic de drogue, si une seule de ces méga-banques se fait pincer sur 3 ans seulement à blanchir 200 mille milliards de Dollars ? Les liens entre drogue, argent, services secrets et politique sont plus qu’intimes. Trois présidents des Etats Unis sont clairement nommés pour leurs rôles dans ces trafics. Lisez aussi ce qui est écrit entre les lignes dans ce dossier, et en clair dans celui-là en vous rappelant que Pasqua a été le « parrain » de Sarkozy en politique, qui lui a succédé au Conseil Général des Hauts de Seine, puis au Ministère de l’Intérieur.
Si j’évoque ce personnage odieux, c’est que tous les médias font campagne pour son retour comme sauveur.

Si Hollande ne fait pas illusion, Sarkozy, quant à lui, n’est qu’illusions fallacieuses !

L’OTAN est devenue, comme la partie obscure de la C.I.A., une structure mafieuse au service d’une élite d’extrême droite proche des idéaux nazis.

Un terrible constat. Hélas !

Liberté, que de crimes on commet en ton nom !

M pour lesmoutonsenrages

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/22/otan-en-emporte-le-vent/

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Mardi 23 septembre 2014, « L’escroquerie du travail le dimanche !… » sur le site "Le Contrarien".

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #La lutte des classes, #Economie, #Europe supranationale

Travail dominical
Travail dominical

Travail dominical

Mardi 23 septembre 2014, « L’escroquerie du travail le dimanche !… » sur le site "Le Contrarien".

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Vous savez très bien qu’en fonction de la façon dont on pose une question, il est assez facile d’orienter la réponse. Par exemple, si je vous demande si vous seriez prêt à travailler le dimanche si c’est la seule possibilité pour vous de trouver un boulot… alors 90 % des sondés risquent fort de dire « oui » car nous avons tous besoin (et pas forcément envie) de travailler.

Le débat sur le travail dominical en France est une escroquerie intellectuelle et une crétinerie économique qui confine évidemment à la fausse promesse.

Pourquoi vous reparler aujourd’hui du travail le dimanche ? Tout simplement parce que vous allez le constater très rapidement, ce sujet va refaire surface avec une belle offensive du Medef sur ce thème et une « réforme » phare pour le nouveau ministre de l’Économie Macron ainsi que la volonté de donner des gages de réformes dites « structurelles » à nos gentils amis du FMI et de la Commission européenne qui ne sont pas là pour veiller à l’intérêt des peuples mais à la rentabilité des grandes multinationales.

Le totalitarisme marchand

Nous vivons dans une période de totalitarisme marchand. Sans l’idéologie « communiste » (qui fut un échec, telle n’est pas la question) pour servir de doctrine alternative et donc de contre-pouvoir, le capitalisme ne pouvait que renouer avec ses mauvaises habitudes qui avaient d’ailleurs mené à la crise de 1929. Toujours plus de dettes, toujours plus de finance, de spéculation et d’accumulation des richesses dans des mains à chaque fois de moins en moins nombreuses.

Ce totalitarisme marchand, qui est en pleine expansion sous vos yeux, vise à détruire tous les acquis sociaux (sous prétexte de compétitivité). Mais il veut également aller bien au-delà en faisant également baisser les salaires, en privatisant l’ensemble des secteurs économiques, rien ne doit pouvoir échapper aux marchés.

Marx parlait à très juste titre du « salaire de subsistance » qui est le montant minimum permettant aux gens de tout juste survivre. Les capitalistes n’ont pas besoin de nous verser plus qu’un salaire de subsistance et lorsque vous regardez ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Italie, bientôt en France, alors nous devons tous comprendre que l’idéologie du travail le dimanche n’est rien qu’une petite bataille dans une immense guerre faite aux intérêts des peuples. Nous avons été prospères parce qu’il y avait un partage des richesses. Nous serons prochainement tous pauvres car ceux qui encaissent la richesse (pas forcément ceux qui la créent) ne souhaitent plus les partager équitablement puisque plus rien ne les y contraint.

Le travail dominical est déjà une réalité pour des millions de Français !

Revenons, après cette digression au sujet du totalitarisme marchand, sur le travail dominical qui est une réalité pour des millions de Français qui pratiquent un métier où il y a ce que l’on appelle « la continuité de la vie sociale ».

Hôpitaux, trains, polices, services de secours, restauration, hôtel, autant de secteurs qui fonctionnent 24h/24h, 365 jours par an… y compris avec des fonctionnaires ! Le travail le dimanche est donc une réalité profondément ancrée dans notre vie et nous en avons besoin. Pour autant, le travail le dimanche doit-il être étendu ?

La réponse est humainement non, et nous verrons qu’économiquement cela ne change pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout.

Humainement, cela veut dire que si l’on travaille le dimanche, alors il faut aussi prévoir des modes de garde pour les enfants le dimanche, ouvrir les crèches et les centres de loisir, il faut accepter la disparition du lien social unissant les familles et la possibilité d’un temps partagé pour se retrouver ensemble. Ce temps, qui pour certains peut être religieux et qui pour l’immense majorité sera consacré à emmener les enfants jouer au foot ou à la piscine, ou simplement faire du vélo.

Travailler plus, pourquoi pas mais franchement… pour quoi faire ? Gagner plus ? Je suis navré de devoir l’écrire mais gagner plus n’est pas une fin en soi, l’accumulation d’argent lorsque cela devient compulsif révèle plus un problème de stabilité psychologique et une faille de personnalité qu’une valeur morale supérieure. Alors pour quoi faire, tout en sachant que l’écrasante majorité, les 99 % que nous sommes, ne sera jamais millionnaire et encore moins milliardaire.

Travailler pour vivre certes, mais pas forcément vivre pour travailler.

Enfin, et c’est essentiel, le travail le dimanche n’a rien à voir avec la compétitivité de notre pays pour la simple et bonne raison qu’il concerne avant tout les commerces et les magasins qui vendent leurs produits ici, dans notre pays. Ce débat n’a rien à voir avec les délocalisations ou l’industrialisation de la France.

Ouvrir ou pas le Bricomachin de la zone de Tintouin-les-oies ne changera rien à la compétitive globale de notre pays.

Internet versus magasin

Le véritable enjeu pour les commerces en réalité c’est la lutte contre les ventes en ligne. Ce qui est bien en ouvrant le dimanche, c’est que les magasins vont tabler et viser les achats d’impulsion, l’achat immédiat, celui qui ne peut pas attendre, que ce soit un pot de peinture, l’encaissement d’un chèque dans votre agence bancaire qui finira par être ouverte le dimanche, jusqu’à l’achat de votre dernière tablette Apple que vous voulez là, maintenant, tout de suite.

Pourtant, là encore, il est indispensable de rappeler la dimension humaine de l’homme. L’homme ne doit pas être réduit à sa dimension de consommateur. L’homme n’est pas qu’un consommateur. De la même façon nous ne devons pas accepter que la perception de notre liberté ne soit réduite qu’à la liberté de consommer.

La consommation c’est la négation de l’homme et de sa dimension humaine, de sa capacité d’intelligence et de création. L’homme est capable de gratuité, de courage et d’abnégation. Il est capable de générosité et de dons. Ce sont ces valeurs-là que nous devons encourager, pas celles qui se développent actuellement et qui ne peuvent qu’aboutir à notre asservissement le plus complet.

Il faut donc maintenir un temps de consommation réduite où les individus doivent pouvoir faire autre chose que de se rassembler une fois de plus dans ces temples modernes et sans âme que sont les super et les hyper-bidules, immenses hangars de zones périphériques aussi laides que déprimantes.

Ouverture dominicale : premier bilan mitigé chez Bricorama

Et justement, toute cette histoire du travail dominical apparaît bien de plus en plus comme une escroquerie à la croissance économique. Cela va créer de l’emploi, on ne peut pas se passer d’emploi actuellement, et donc cette remarque justifierait tout, même l’injustifiable.

C’est en tout cas ce que montre cet article de France Info où globalement, malgré le travail et l’ouverture le dimanche, le chiffre d’affaires de Bricorama prend une claque… Le bilan est mauvais. Et l’exemple de Bricorama, fer de lance pour le travail dominical, montre bien qu’il n’y a aucun lien systématique. À ce rythme, Bricomachin finira par faire faillite et à licencier tout le monde, y compris ceux qui bossent le dimanche.

Économiquement, ceux qui ont 100 euros de pouvoir d’achat disponible dépenseront 100 euros. Peu importe qu’il le fasse en 1 fois 100 euros le dimanche à 15h ou en 5 fois 20 euros du lundi au vendredi dans les heures d’ouverture traditionnelles de 9h00 à 19h00. Ils dépenseront 100. Assureront 100 euros de CA et pas un de plus. Lorsque tout le monde sera ouvert le dimanche, ce sera, pour toutes les entreprises, un jeu à somme nul (ce qui n’est pas le cas si je suis le seul ouvert le dimanche).

Macro-économiquement, le travail dominical ne peut être que marginal. En terme de création d’emplois, on déplacera juste les effectifs. Presque personne les lundi, mardi, mercredi et jeudi et tout le monde sur le VSD (vendredi, samedi, dimanche)… Voilà la réalité évidente, mais nous aurons déstructuré un peu plus la société et fait un pas de plus vers encore davantage d’avilissement à la consommation.

Le bonheur ne réside pas et ne peut pas résider dans la consommation. L’homme est un « animal » social et il a besoin de l’autre.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

http://www.lecontrarien.com/

Source France Info

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Lundi 22 septembre 2014 Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Les transnationales, #La lutte des classes, #La nation .

 Lundi 22 septembre 2014     	     Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…

La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

Pendant la Guerre froide, l’islam conservateur était l’allié des États-Unis. Il permettait à ces derniers de contenir l’expansion du communisme et l’influence soviétique dans le monde arabe. Une révolution éclata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour résultat l’arrivée au pouvoir du Parti populaire démocratique d’Afghanistan. La proclamation de la République démocratique d’Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en œuvre de nouvelles réformes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurtèrent rapidement à une résistance acharnée de la part de l’opposition islamique. Une guerre civile éclata. Fin 1979, l’armée soviétique intervint pour soutenir le régime progressiste en place. La CIA s’appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l’islam radical pour unir les musulmans contre les Soviétiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont été investis sous l’administration Reagan pendant la guerre d’Afghanistan. Après le retrait russe en 1989, les États-Unis ont cessé de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996 des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l’Arabie saoudite et du Pakistan. L’administration Clinton espérait secrètement pouvoir créer un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l’influence de l’Iran dans la région. Al-Qaïda est né dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel était censé mettre son armée sur la route de la paix (sic).

Cette stratégie a d’ailleurs été également utilisée sous la présidence Clinton dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en œuvre par l’OTAN, intervint aux côtés des narcotrafiquants de l’UCK pour instaurer la domination de l’alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire étasunienne au Kosovo. Mais un changement radical s’opère sous l’ère Bush : complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. La menace d’un ennemi extérieur, forcément musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux médias et par la propagande étasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’Irak soit de quelque manière que ce soit derrière les attentats du 11 Septembre, les soi-disant « armes de destruction massive » censées être présentes dans le pays tiendront lieu de prétexte pour obtenir une résolution au conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Ironie de l’histoire, l’Irak baathiste et laïc allait ainsi être balayé au nom de la lutte contre l’islamisme.

La stratégie opère un nouveau virage avec Obama. Les États-Unis doivent intervenir pour défendre le Printemps arabe et les luttes menées contre les « dictateurs » (lire les chefs d’État non adoubés par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l’ère Bush, disparaît en un clin d’œil, comme pour éviter qu’il n’ait à rendre compte de ses liens passés avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires intégristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les médias de gentils étudiants en proie à la violence des dictatures qu’ils combattent. Cet argument servira à Obama pour armer des milices en Libye et déposer Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd’hui un enfer à ciel ouvert en proie aux extrémistes de tous poils du moment que les Américains en exploitent le pétrole. La Syrie a failli connaître le même sort. Les Occidentaux y ont sous-traité le conflit à leurs amis, les pays du Golfe et à l’Arabie saoudite en particulier, pensant que cela accélèrerait la chute du président Assad. Et c’est ainsi qu’ont été constitués aux portes de l’Europe des groupes islamistes… avec deux fois plus de combattants qu’il n’y en avait en Afghanistan.

Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la bannière de l’organisation « État islamique ». Sunnite d’obédience fondamentaliste, cette dernière a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu’elle contrôle. L’intervention militaire étasunienne en Irak et le renversement en 2003 du président Saddam Hussein ont dynamité l’équilibre interne fragile entre la majorité chiite et la minorité sunnite d’un des rares États laïcs arabes. Dans l’anarchie et le chaos qui ont suivi, l’islam politique a d’autant plus réussi à recueillir un large consensus au sein de la minorité ethnique sunnite qu’un million d’anciens membres de l’appareil de sécurité, de l’armée et du parti Baas, charpente du régime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la société par les Américains. « Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise à l’écart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux maîtres du pays, en ennemis numéro un », explique Romain Caillet.

Les États-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se prêterait aux intérêts économiques et politiques de l’Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s’est révélé être un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin à se soumettre aux ordres des occupants. Crime de lèse-majesté, il s’est insurgé contre les compagnies pétrolières occidentales qui cherchaient à tirer un profit considérable des vastes réserves d’énergie de l’Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi signé un accord d’exploitation pétrolière avec la région kurde semi-autonome située au nord de l’Irak. Maliki avait logiquement rejeté cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le pétrole devait être négocié avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani. Ce dernier, c’est un secret de polichinelle, appelle sans relâche à la création d’un État kurde. Or, le Kurdistan représente une base avancée pour le déploiement de la puissance militaire américaine en Irak. Sa situation permet de surcroît de lorgner sur l’Iran. Enfin, le niveau de coopération entre Israël et les Kurdes a augmenté de façon significative après la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l’entité sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu’ils ont quelque chose à offrir à l’État juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait créer un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette évolution serait très bénéfique pour Israël. Dans ce contexte, il est intéressant de se pencher également sur la question du Kurdistan syrien où l’Occident aurait tout intérêt à voir se mettre en place une région autonome. Les bases d’un État kurde viennent ainsi d’être insidieusement posées… à condition, cela va de soi, que le nouveau-né s’intègre à la sphère d’influence israélo-américaine dans la région. L'indépendance a un prix…

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient aujourd’hui débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’État juif.De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État. Le général Giap, qui a combattu la France avant d’affronter les États-Unis, disait des colonialistes qu’ils étaient de mauvais élèves. Il ne reste plus à ces derniers qu’à passer à l’addition… forcément salée.

Capitaine Martin

 Lundi 22 septembre 2014     	     Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…

http://www.resistance-politique.fr/

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Le 2 septembre sur France-Inter: "La Grèce et son audit face à la troïka". Le mépris criminel de l'européïste Jean Quatremer.

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La lutte des classes, #La nation .

Athènes, août 2014

Athènes, août 2014

mercredi 3 septembre 2014

Choux de Bruxelles

Le 2 septembre sur France-Inter: "La Grèce et son audit face à la troïka". Le mépris criminel de l'européïste Jean Quatremer.

Le pourparlers entre nos pantins et les représentants de la Troïka se poursuivent à Paris et à Athènes, tout le monde s’en moque. “Ils sont partis pour faire une croisière sur la Seine” écrit en première page le quotidien “Eleftherotypía”. De mon côté, au soir du 2 septembre et en direct par téléphone sur France-Inter lors de l’émission de Nicolas Demorand “Un jour dans le monde” j’argumentais face et contre Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles. Sauf que ma ligne téléphonique... “a sauté” comme on dit (du coté grec) cinq minutes avant la fin de l’émission, ainsi je n’ai pas pu répondre aux derniers propos bruxellois et encore moins, participer à la conclusion du débat.

Un jour dans le monde

Un jour dans le monde

Jean Quatremer avait estimé entre autres, que je faisais “du misérabilisme” lorsque j’évoquais par exemple l’état de délabrement sciemment provoqué du système de santé en Grèce, le presque tiers de la population... étant expulsée de la Sécurité Sociale, ainsi que le décès, parmi tant d’autres, de mon cousin à Rhodes, alors transféré dans un hôpital où le manque en personnel spécialisé et subséquemment le protocole inadéquat qui fut alors pratiqué, lui a ainsi assuré une place... de choix vers Achéron.

Les... métadonnées de l’argumentaire du journaliste de “Libération” sont évidemment prévisibles, voire déjà trop usées. “La corruption en Grèce, le fait de donner un bakchich aux médecins, les lenteurs de l'administration corrompue” et j’en passe. Cela consiste à dire que... le navire social grec avait été torpillé et coulé, parce que parmi les membres de l’équipage certains trafiquaient des cigarettes et qu’en seconde classe y avait des trimards à bord.

Alors que tous les autres petits et grands navires sociaux de la zone euro, France et Allemagne comprise (et bien au-delà), subissent les mêmes torpilles Troïka ou pas, et connaissent comme on sait “les mêmes difficultés à financer leurs dettes”, Belle Époque... en Europe. D’ailleurs, proportionnellement à la population des pays concernés, je dirais que les chiffres de la dette se croisent alors au (presque) même niveau et... cela si gentiment.

En ballade sur la Seine. “Eleftherotypía” du 3 septembre

En ballade sur la Seine. “Eleftherotypía” du 3 septembre

L’argumentaire de Jean Quatremer se mélange ainsi délibérément les pinceaux et... les choux de Bruxelles. Plus exactement, il s’agit de cette sophistique laquelle use et abuse du miroir déformant entre différentes échelles de la réalité. La corruption “d'en bas” chez les Grecs l’insupporte, celle d’en haut, grande organisatrice du monde actuelle, pas du tout.

Les lobbys des escrocs à Bruxelles, “les valises bien remplies” comme on dit, qui circulent toujours et encore à travers les grandes capitales de la dite “Europe politique”, les pots-de-vin et autres pratiques des pillards de haut rang lui sembleraient alors dignes du meilleur oubli, tant son analyse demeure conforme à une modélisation du monde et des rapports sociaux qui est également celle des tenants du strict pouvoir réel et non pas de celui des “élus”.

Plus profondément, la réflexion de Jean Quatremer dissimule alors mal son raisonnement... post-culturaliste, pourtant vieux comme le monde. Du type: “les Grecs, les Portugais, les Italiens et les autres sont immatures, voire mauvais, et ils ne sont pas certainement pas comme nous”, ou plus exactement, ils ne devraient pas être corrompus... d’après une échelle disons démocratique (c’est à dire par le bas), car comme on sait, seuls les maîtres du monde se réserverons désormais ce droit. Ce qui à mes yeux, ne devraient pas signifier que la “petite corruption” soit automatiquement acceptable sous prétexte de... petitesse. En tout cas, c’est ainsi que les peuples du Sud européen sont à la fois “punis et en même temps sauvés” d’après l’argumentaire mainstream.

Troïkans à gauche et Grecs à droite. Paris, le 2 septembre

Troïkans à gauche et Grecs à droite. Paris, le 2 septembre

Ainsi durant les pourparlers avec les Troïkans, les images publiées par la presse grecque renvoient plutôt à une certaine crispation chez les visages des Grecs. Yves Montand chantait alors juste: “Quand il vient à Paris - N'a plus qu'un seul souci - C'est d'aller musarder - Dans tous les beaux quartiers - De Paris”. La délégation grecque, dont le personnel dit technique et les assistants... atteignant les cinq cents personnes, “petites copines comprises aux frais du contribuable sont partis se balades à Paris. Pendant ce temps à Athènes, des valises remplies de billets de banque circulent suffisamment en ce moment entre les... sources et certains hommes politiques” a fait remarquer un chroniquer de la radio 105,5 mercredi 3 septembre. Donc pas qu’ailleurs visiblement.

Greek Crisis, un blog surveillé ! Septembre 2014

Greek Crisis, un blog surveillé ! Septembre 2014

Ironisant ce même jour à propos de la surimposition frappant des biens immobiliers des Grecs, sous le titre “La propriété, c’est le vol”, le “Quotidien des Rédacteurs” estime qu’enfin... “la Troïka et le gouvernement viennent de découvrir Pierre-Joseph Proudhon, lançant ainsi la plus grande opération de spoliation des biens immobiliers depuis longtemps, dans un contexte, où plus d’un tiers des appartements restent vides ne trouvant ni acquéreurs, ni locataires”.

Loin de certains clichés, Aristos, un journaliste rencontré la semaine dernière à Athènes, racontait ainsi son... histoire parallèle à celle de son si lointain confrère de Bruxelles: “Mon salaire a été diminué de moitié et mon épouse est au chômage. Encore... heureux, j’ai du travail. Nous possédions deux appartements à Athènes dont celui que nous habitons. Je ne pouvais plus faire face aux frais ni aux impôts. Je viens ainsi de vendre notre deuxième appartement, un F3 pour... quinze mille euros. J’ai laissé à l’État cinq mille euros sous forme de taxe à la transaction, puis il y a eu mes impayés, eh bien... ce qui reste de l’appartement que les parents de mon épouse nous ont laissé après toute une vie de travail et d’économies se résume à six mille euros. Nos biens ont été spoliés, au même titre que nos cotisations”.

La propriété, c'est le vol. “Quotidien des Rédacteurs” du 3 septembre

La propriété, c'est le vol. “Quotidien des Rédacteurs” du 3 septembre

Je précise que les cotisations des travailleurs Grecs, celles de leurs employeurs comprises, ont été spoliées par les maîtres Troïkans et accessoirement par les rapaces locaux, ainsi et d’abord dans le secteur privé, ceux qui avaient cotisé durant plusieurs décennies devront se contenter de la seule retraite garantie désormais en Grèce, 360 euros par mois.

Au même moment, la plupart des Conventions collectives ont été supprimées progressivement depuis 2010, les salaires ont été divisés par deux, voire par trois et cette semaine, on vient de l’apprendre, le “gouvernement” pressé par la Troïka, prépare une loi, laquelle ne sera pas présentée au “Parlement” mais adoptée par décret, autorisant totalement et “librement” les licenciements sans même que les employer se trouvent dans l’obligation à les justifier. C’est en cela que les dites “reformes” si chères à Jean Quatremer devraient “faire adapter la Grèce aux exigences des marchés et de l'Europe”.

Le corps social criblé... des mensualités de la taxe immobilière. “Quotidien des Rédacteurs”, septembre 2014

Le corps social criblé... des mensualités de la taxe immobilière. “Quotidien des Rédacteurs”, septembre 2014

Le journaliste de Bruxelles, en bon porte-parole du bistouris hyper-libéral des banksters et des autres escrocs mondiaux et mondialisants voudra toujours (?) ignorer l’essentiel, à savoir, ce nouveau régime de la financiarisation austéritaire, anti-démocratique et autoritaire qui se met en place en ce moment même, et pas qu’en Grèce.

C’est bien connu. “La loi humaine ainsi instituée, reflète toujours les velléités exigées en tout temps, de la caste et du pouvoir qui dominent”, écrivait déjà en son temps de l’Antiquité tardive, Porphyre, philosophe néoplatonicien et disciple de Plotin (“Lettre à Marcella”). De ce point de vue, rien n’a changé.

Sur un mur d'Athènes, septembre 2014

Sur un mur d'Athènes, septembre 2014

Devant la porte de l'Université. Athènes, août2014

Devant la porte de l'Université. Athènes, août2014

Pendant ce temps de notre Antiquité postmoderne, on pratique les lois de la Troïka, rédigées souvent directement en anglais et ainsi dictées par courrier électronique aux “ministres grecs” lesquels se chargent ensuite de leur... traduction automatique.

Pendant ce même temps, on apprendra à nos jeunes étudiants... l’école des migrations, histoire de saisir la grammaire du monde, les incitant, voire, les contraignant à quitter leur pays.

Toxicomanies. Près de l'Université d'Athènes, août 2014

Toxicomanies. Près de l'Université d'Athènes, août 2014

Jean Quatremer n’aura sans doute rien à redire je présume. Comme le faisait remarquer un auditeur de France-Inter hier, sous forme de commentaire publié sur le site de l’émission de Nicolas Demorand: “J'avais déjà entendu un interview de Mr Quatremer lors de la campagne des européennes. C'était un farouche défenseur du fait européen et j'avoue qu’entendre les termes dans lesquels il s'est exprimé aujourd'hui enjoignant sur un ton pour la moins acerbe de cesser ‘ce’ misérabilisme à propos des Grecs ayant ce qu'ils méritaient l'Europe étant pour moins dans leur malheur qu'eux même vivant avec et de la corruption depuis toujours, était difficilement soutenable.

À la phrase ‘on compte nos morts’ il répond très finement qu'il n'y avait rien de nouveau quand au possibilités de soins en Grèce, ayant ‘entendu parlé d'une personne’ nécessitant un soin d'urgence à laquelle on avait demandé de l'argent. Avant la crise... la corruption existant depuis avant, les morts sont donc les mêmes qu'avant d'après lui. Ceux qui ne peuvent pas payer excepté qu'étant aujourd'hui plus nombreux il y a donc plus de morts. Ce qu'il fallait démontrer. Problème cher Monsieur, la loi de l'offre et de la demande chère à votre Europe voudrait que le prix de la corruption lui même baisse avec les possibilités de son paiement en baisse. Les médecins corrompus ne pouvant se passer de revenus il est fort peu probable qu'ils rejettent tout ceux qui ne peuvent plus payer se permettant de perdre la proportion équivalente de revenu s'il ne baissait pas ses prétentions.

Vision d'Europe. Grèce, août 2014

Vision d'Europe. Grèce, août 2014

Consultations à la Sécurité Sociale à Athènes. “Derrière cette porte...”. Août 2014

Consultations à la Sécurité Sociale à Athènes. “Derrière cette porte...”. Août 2014


En second lieu, chiffre officiel, la mortalité infantile à augmenté de 43,00 %. Un médecin témoignant pleurait en parlant d'une femme morte d'un cancer du sein qu'il n'avait pas pu soigner. Je ne crois pas qu'il pleurait la perte d'un bakchich. Quand aux voyants revenant tous au vert de Mr Quatremer, j'aimerais savoir desquels il parlait des 58 % des jeunes au Chômage, 27 % d'adultes sans emplois, 174 % de DETTE publique actuellement contre 124 % en janvier 2010 année de prescription par la Troïka du Remède nécessaire au Recul de la Dette Publique afin que les marchés financiers acceptent de poursuivre leur afflux. Quatre années et 33 % de hausse plus tard, les marchés financiers (l'indicateur de Réussite AVANT LE PIB à présent) jugent la situation de la Grèce améliorée et passée "au vert" !!!”.

C’est vrai que lorsqu’on visite... malgré nous, les centres de consultation à la Sécurité Sociale à Athènes (ou plutôt ce qui en subsiste), on découvre alors systématiquement cet autocollant posé sur les portes des cabinets médicaux: “Derrière cette porte votre médecin qui consulte désormais sous contrat précaire, travaille sans cotisations sociales, lui même n'est plus assuré et ne connaîtra pas de retraite”. “Le cynisme de Quatremer est révoltant. On aurait aimé entendre plus longtemps Panagiótis Grigoríou... Temps de paroles très déséquilibré”, souligne une autre commentatrice sur le site de l’émission.

Touristes en embarquement pour une croisière. Près d'Athènes, août 2014

Touristes en embarquement pour une croisière. Près d'Athènes, août 2014

Paysages et thèmes marins. Exposition, Geórgios Avéroff cuirassé, actuellement Musée, Septembre 2014

Paysages et thèmes marins. Exposition, Geórgios Avéroff cuirassé, actuellement Musée, Septembre 2014

Fort heureusement, nos nombreux visiteurs admirent notre pays tandis que nos paysages marins sont autant exposés dans les musées et pas uniquement qu’à travers les nombreux décrets du “gouvernement” attribuant nos “maritimités” aux rapaces internationaux, et parfois bien de chez nous par le truchement comme on sait du TAIPED.

Le pourparlers entre nos pantins et les représentants de la Troïka se poursuivent à Paris... jusqu’à épuiser sans doute les stocks des Grands Magasins et en même temps, le patrimoine national de la Grèce.

Les doxographes des prochains siècles se pencheront sans doute tant sur les écrits de Jean Quatremer, permettant ainsi d'établir l'histoire si possible exacte des guerres et des propagandes de notre court XXIe siècle. Si nécessaire.

En attendant, et depuis Athènes, nous admirerons toujours et malgré tout,& la vie, ainsi que celle des animaux adespotes (non desposés, sans maître) de la toute nouvelle génération.

Adespote nouveau. Athènes, septembre 2014

Adespote nouveau. Athènes, septembre 2014

Publié par Panagiotis Grigoriou

http://www.greekcrisis.fr/2014/09/Fr0366_3.html#deb

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Mémoire collectée, article de Panagiotis Grigoriou du 17 septembre 2014.

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La lutte des classes

Mémoire collectée, article de Panagiotis Grigoriou du 17 septembre 2014.

 Athènes, septembre 2014

Athènes, septembre 2014

Mémoire collectée, article de Panagiotis Grigoriou du 17 septembre 2014.

La Grèce du moment commémore les siens, trépassés récents ou alors du temps d’avant. Certaines radios ont ainsi et enfin évoqué mardi 16 septembre la mémoire de Maria Callas, décédée à Paris il y a tout juste trente-sept ans, tandis que dans l’atmosphère déjà chargée de notre ville, les affiches, les manifestations et les concerts de la semaine ne feront certainement pas oublier qu’il y a un an, et plus précisément le 18 septembre 2013, le musicien et chanteur Pávlos Fýssas tombait assassiné de la main de l’Aubedorien Yórgos Roupakiás. Pays... privée de musique en quelque sorte.

Maria Callas, 1923-1977

Maria Callas, 1923-1977

Les affiches, très nombreuses, incitent à participer à cette première commémoration supposons désormais annuelle, en conséquence, une certaine presse pro-gouvernementale s’inquiète “du risque des débordements, voire des frappes terroristes”. Certes, l’atmosphère est bien orientée à l’orage du côté de la météo et pas uniquement, sauf que le plus grand nombre ne se sent pas il faut dire particulièrement concerné par ces mises au point de la mémoire.

Les Grecs aurait peut-être la mémoire courte ou sinon saturée depuis ces événements si épais et ainsi inlassables des derniers quatre ans sous le troïkanisme intégral. Et quant à Maria Callas, n’en parlons plus, rares sont ceux qui de temps à autre, évoquent encore sa mémoire, musiciens ou alors simplement navigateurs, navigants et passagers, en route près de la zone où ses cendres ont été dispersées en 1980 en mer Égée (ou ce que l'on pense être comme telles), au large des côtes de l’Attique.

Concert dédié à Maria Callas. Athènes, septembre 2014

Concert dédié à Maria Callas. Athènes, septembre 2014

Orages sur Athènes, “To Pontíki” le 16 septembre

Orages sur Athènes, “To Pontíki” le 16 septembre

Et les débordements ont déjà eu lieu comme parfois... du côté de certaines unités de la Police. Des participants à une manifestation et concert dédiés à la mémoire de Pávlos Fýssas ont été molestés sans raison, comme on dit parfois avec naïveté, par les forces de l’ordre appartenant aux unités dites d’intervention mobile, “DIAS”.

Ces unités agissent en dehors de tout contrôle” a déclaré à la presse le Maire de Víronas (près d’Athènes), Ákis Katopódis, victime... collatérale de cette même violence et blessé à la jambe mardi 16 septembre. Dans un entretien accordé à la radio 105.5 (17 septembre), il a voulu préciser que lorsqu’il s’est rendu par la suite au Poste de Police de sa ville, le Commissaire compatissant aurait ainsi exprimé son aporie: “Je n'en étais pas informé et je n'ai aucunement donné de tels ordres à ces unités”.

Affiches et manifestations commémorant la mort de Pávlos Fyssas. Athènes, septembre 2014

Affiches et manifestations commémorant la mort de Pávlos Fyssas. Athènes, septembre 2014

La crise, c’est à dire la transformation radicale de notre régime politique se poursuit alors nuit et jour. Le flou policier accompagne alors le... jaunissement démocratique, un pêle-mêle de formes grises, effacées et anesthésiées, pour paraphraser le grand écrivain (Émile Zola, “Le Ventre de Paris”). “Le capitalisme actuel n'a pas besoin de la démocratie” explique dans un entretien récent accordé au journal “Drómos tis Aristerás” (“Voie de la Gauche”), l’historien Spýros Asdrachás (il a également enseigné à l’École Pratique des Hautes Études à Paris) et tel est effectivement le sens profond quant à nos nouveaux régimes déjà en Europe, européiste et occidentale.

Pour l’historien: “Il se passe alors quelque chose de radical en ce moment, sauf que les gens ne le réalisent pas suffisamment. Autrement-dit, la prolétarisation de la classe moyenne en Grèce et d’ailleurs, n’est pas encore vécue, ni imaginée, surtout comme telle par ceux qui sont les premiers concernés, c’est à dire le plus grand nombre. Les Grecs sont donc devenus les premier cobayes de ce nouveau monde et en même temps régime politique, façonnés par les banquiers et plus amplement par les élites financières. J’ai comme l’impression que nous nous trouverions dans un moment historique analogue à 1789 ou à 1917”.

J’ai déjà souligné que la faillite de la Grèce entraîne fatalement son amputation territoriale, sauf que les tenants du pouvoir ont trouvé la parade. Cela ne passe plus par la guerre disons à l’ancienne, mais par la vente obligée... du pays, lequel est en ce moment bradé, morceau par morceau. De plus, une perte territoriale brutale, c’est à dire bien plus visible, irait aussitôt unir les Grecs contre les conquérants”.

L'entretien de Spýros Asdrachás

L'entretien de Spýros Asdrachás

Territoires de la Grèce bradés via le TAIPED. Septembre 2014

Territoires de la Grèce bradés via le TAIPED. Septembre 2014

En ce moment et ce non pas par hasard, la Société Ornithologique grecque propose une cartographie du pays bradé de la sorte via le TAIPED, s’agissant des territoires et des biens immobiliers dont la propriété est transférée au TAIPED, le “fonds grec chargé de valoriser et vendre les biens publics grecs” dans le cadre du large plan de privatisation exigé et planifié par les créanciers. On y découvre de tout, plages, monuments classés, sites naturels reconnus, hôtels ou même îlots, parfois dans ces zones classées Natura2000, le fameux réseau européen de sites naturels reconnus pour leur grande valeur patrimoniale du fait de la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent... indigènes compris.

C’est en cela qu’un nouveau statut... de l’indigénat général et généralisable se met alors en place, ici et ailleurs. Au même moment, nos médecins sont certainement très bien reçus en Westphalie, où d’après les déclarations du ministre de la Santé du Lander: “Les médecins Grecs sont très bien formés, ainsi, ils pourront contribuer à l'amélioration du niveau de prestations de système de santé en Allemagne” (Deutsche Welle et quotidien “Eleftherotypía”). Les morts ainsi que nos autres mourants des hôpitaux ici (ou dépourvus de Sécurité Sociale, un... petit tiers de la population en Grèce), salueront le... progrès ainsi que le postmodernisme de cette Europe très certainement ultime.

Médecins Grecs en Westphalie. “Eleftherotypía” du 16 septembre

Médecins Grecs en Westphalie. “Eleftherotypía” du 16 septembre

L’automne arrive, le “gouvernement” semble paniquer devant l’influence renforcée de SYRIZA dont le chef, Alexis Tsípras sera reçu par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio) jeudi 18 septembre au Vatican... en somme, une première.

D’après les reportages de la presse grecque et italienne parmi les thèmes abordés, celui de la pauvreté sera au centre de la rencontre. Je dirais que quelque chose se prépare du côté de SYRIZA, déjà, une partie de la presse grecque estime que Samarás et les siens auraient perdu... tout crédit auprès des “créanciers” de la Grèce. C’est autant vrai que par les temps qui courent, la Grèce... n’a plus de prix.

Alexis Tsípras au Vatican

Alexis Tsípras au Vatican

En temporisant fatalement avec la paupérisation, Arístos, responsable marketing entame un procès contre “sa” maison d’édition où il travaillait. Son salaire étant de nouveau paupérisé, il fut ainsi... retardé de six mois et tout récemment, il vient d’apprendre qu’il souffre d’un cancer. Lui comme son salaire.

L’été grec, dont celui de Jacques Lacarrière n’est visiblement plus. Amoureux du grec ancien, de la Grèce ainsi... refaite de l’après-guerre et de la mythologie, son essai “L'Été grec” (1976) lui vaut un succès immense, il avait connu les saisons difficiles d’une autre Grèce mais cela, avant la... nouvelle ère intergalactique.

Décédé le 17 septembre 2005 à Paris, sa mémoire et son œuvre furent évoquées lors d’une émission de la radio culturelle et musicale, le légendaire “Troisième Programme” enfin revenu en 2014, après plus de six mois de silence, et c’est tout de même une bonne nouvelle.

Soleil levant, golfe Saronique, septembre 2014

Soleil levant, golfe Saronique, septembre 2014

Automne en Grèce, Péloponnèse, septembre 2014

Automne en Grèce, Péloponnèse, septembre 2014

Une autre bonne nouvelle c’est cette manière anticonformiste de vendre et d’acheter certains produits et denrées de tous les jours, en passant par ces nouvelles structures, dites, d’épiceries solidaires et coopératives proposant uniquement ce qui est produit en Grèce. “Nous sommes là depuis quelques mois, c'est inédit et c'est autant un lieu de rencontres” assurent les gérants d’une telle enseigne au nom légendaire de “Pandore”.

Pandore, Athènes, septembre 2014

Pandore, Athènes, septembre 2014

Cependant, et aux dires de tous, note sociabilité poursuit alors sa chute vertigineuse hors Pandore. Temps de crise, paupérisations et rencontres parfois impossibles derrière les vitres du repli. Sauf lorsque le lien passe enfin par le collectif réinventé. Tout un programme... de ce nouveau monde et d’un certain Printemps à refaire.

La Grèce retrouvant sa musique en quelque sorte.

Rencontres parfois impossibles. Athènes, septembre 2014

Rencontres parfois impossibles. Athènes, septembre 2014

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La machine bruxelloise s’emballe Visite guidée de la nouvelle Athènes. Par Panagiotis Grigoriou sur le Monde Diplomatique.

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La mondialisation

La machine bruxelloise s’emballe  Visite guidée de la nouvelle Athènes. Par Panagiotis Grigoriou sur le Monde Diplomatique.

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain...

par Panagiotis Grigoriou, avril 2014

Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution : « Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (...) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (...) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

Hiver

Fin 2013, le taux de chômage a atteint 30 %. La part de la population active n’intervenant plus dans la vie économique (ce qui inclut les chômeurs non déclarés, les étudiants n’ayant jamais travaillé, etc.) s’élève à 56,4 % (2). Depuis 2008, les salaires ont baissé d’un quart dans la fonction publique.

Soirs de fête

Manolis a dirigé sa petite entreprise de bâtiment pendant plus de vingt ans. Spécialisé dans le second œuvre, il se chargeait de la pose de revêtements intérieurs (moquettes, parquets...) dans des locaux commerciaux ou industriels. « Je gagnais parfois jusqu’à 6 000 euros par mois, se souvient-il. Il y a eu des périodes où nous travaillions jour et nuit, y compris le week-end. Il m’est même arrivé de refuser des commandes. »

Il a longtemps hésité avant de déposer le bilan, à la fin de l’année 2012. Auparavant, en 2010, il avait licencié ses trois ouvriers. Il pensait alors que la crise serait passagère et que, au bout de deux ans, l’activité reprendrait...

En 2011, comme beaucoup de Grecs, il a dû changer d’appartement. Celui qu’il occupait avec sa femme et ses deux enfants était trop petit pour accueillir sa mère. Or, après le licenciement de son épouse Lina, le foyer comptait sur la retraite de la mère de Manolis pour s’en sortir : 1 000 euros par mois.

Lors de sa cessation d’activité, il a vendu sa camionnette « au tiers de sa valeur » pour la remplacer par une voiture de type break. « Chômeur, sans indemnités [puisque aucune allocation n’existe pour les indépendants en faillite], je pensais travailler au noir. Le break devait me servir à transporter mon matériel et mes outils, car j’avais tout conservé. »

Au bout d’un an, Manolis déchante. Il pensait s’en sortir même en ne travaillant que cinq jours par mois ; mais cet objectif reste inatteignable, si ce n’est à une occasion, lorsqu’il est engagé pour un mois sur le chantier d’un hôtel en Autriche. Il ne perçoit alors que 60 % de la rémunération d’un salarié autrichien pour le même travail.

« Je ne sais combien de temps cela va pouvoir durer. Je comptais commencer le chantier de rénovation d’un appartement chic au nord d’Athènes ; finalement, tout a été reporté. » Quand les fêtes de fin d’année sont arrivées, en 2013, Manolis n’avait pas touché l’avance espérée de 200 euros, sur un montant total de 500 euros.

Les dettes, elles, s’accumulent : environ 10 000 euros à la Sécurité sociale, autant aux impôts et à la banque. « Chaque matin, nous confiait-il en décembre 2013, je me surprends à fredonner, tout seul chez moi... J’appréhende les fêtes, qui approchent, et que nous célébrerons dans un appartement froid. » Un ami lui offrira par la suite un appareil de chauffage portatif ainsi qu’une bonbonne de gaz. Un voisin lui « prêtera » 200 euros la veille de Noël.

Mais 2014 débute mal. Un nouveau train de mesures d’austérité pourrait raboter la pension de la mère de Manolis. « Bonne année, et surtout bonne santé ! », lance-t-il en souriant : il ne dispose plus de couverture-maladie. Comme 30 % de la population. En mai 2010, M. Andreas Loverdos, alors ministre de la santé de M. Georges Papandréou, avait regretté que « les gens ne meurent pas » et « vivent encore plusieurs années (...) après leur retraite ».

Culture

La convention collective des acteurs de théâtre a pris fin en décembre 2013. L’organisation patronale de la branche se proposait de rétribuer désormais les acteurs entre 3,25 et 5,54 euros brut de l’heure (3). Le temps consacré aux répétitions, jusque-là rémunéré, ne le sera plus que par le plaisir de jouer...

« Mort subite »

Dans la nuit du 16 au 17 décembre 2013, l’entreprise Hellas Online (HOL), spécialisée dans la téléphonie et Internet, a démantelé son centre d’appels. Vers 2 h 30 du matin, les locaux étaient vidés de leur matériel et de leurs meubles (4). De plus en plus commun, le procédé a désormais un surnom : fermeture par « mort subite ».

Les trois cent soixante employés ont reçu une proposition : démissionner — et donc renoncer à toute indemnité —, puis être réembauchés par une filiale offshore de HOL, pour un salaire de 20 % inférieur au précédent et sans paiement des heures supplémentaires. Ils disposaient de quarante-huit heures pour se décider. Pour ceux qui ont accepté, « le temps de travail ne débutera que lorsqu’ils auront allumé leur ordinateur, et non au moment de leur prise de poste. De même, la formation effectuée sur le lieu de travail ne sera plus rémunérée », raconte un employé (5).

Modèle chinois

Pour lire l’avenir, il suffit de se rendre au port du Pirée, dont la société chinoise China Ocean Shipping Company (Cosco) gère une partie des installations depuis 2010 (6). Dès son arrivée, Cosco a imposé aux ouvriers du dock II des contrats individuels « de type chinois » : « un retour au Moyen Age », selon le quotidien Eleftherotypia. Visiblement en avance sur leur temps, les contrats signés prévoyaient déjà que les employés seraient rémunérés « au tarif de 40 euros par jour ». Jusque-là, la convention collective de 2009 prévoyait des salaires allant de 58 à 94 euros, en fonction de l’expérience et de la spécialisation des ouvriers et des techniciens. Les 40 euros proposés par Cosco incluent par ailleurs « les primes et les diverses allocations, celles pour travail de nuit, les congés, les indemnités liées aux heures supplémentaires ainsi que les frais de déplacement (7) ».

Avenir

Dans un journal d’Athènes, cette offre d’emploi : en Crète, on recherche des « femmes de chambre, sans salaire, contre nourriture et gîte (8) ».

Syndicats

Alors que la société bascule en mode « survie », les revendications syndicales passent sous l’éteignoir. D’abord défensives, elles se sont par la suite fractionnées par branche, par entreprise... avant de muer en interpellations politiques plus larges et, parfois, plus floues. Comme celle exigeant le départ de la « troïka » — qui réunit les représentants de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Après les milliers de rassemblements qui avaient rythmé la vie du pays entre 2010 et 2014, la mobilisation s’effondre. Autant que les partis politiques, le monde syndical a perdu son crédit auprès de la population. Il est associé au « monde d’avant ». Et puis, interrogent de plus en plus de gens, à quoi bon descendre dans la rue quand les manifestations d’hier n’ont pas pu empêcher le démantèlement du pays ?

Coopératives

Avant d’être licencié, à la fin de l’année 2010, Yannis, journaliste depuis plus de vingt-cinq ans, gagnait 2 000 euros net par mois. Pendant un an, il a perçu une allocation mensuelle de 450 euros. Grâce à l’indemnité versée par son ancien employeur, il tient. Du moins jusqu’en janvier 2012 : toutes ses économies sont alors épuisées.

« Je pensais que j’allais retrouver du travail rapidement, confie-t-il. Comme je connais très bien le petit monde des journalistes, je m’imaginais que mon carnet d’adresses me serait utile. » Une seule offre lui parvient, de la part d’anciens confrères qui lancent le Quotidien des rédacteurs, un journal autofinancé sous forme de coopérative. Ils invitent Yannis à participer à l’aventure, ainsi qu’au financement du projet. Cela implique de verser entre 1 000 et 2 000 euros et de travailler pendant trois mois sans rémunération. Ses anciens collègues insistent : le journalisme étant un secteur sinistré, « l’avenir appartient à ce type d’initiative ». Yannis décline.

A la fin de l’année 2012, il décroche un nouvel emploi dans un grand quotidien qui vient de trouver un investisseur. Il signe alors un contrat individuel qui prévoit une rémunération mensuelle de 1 000 euros. « Après quatre mois, nos salaires n’ont plus été versés à temps. Inutile de dire que mon contrat a expiré. Tout comme la convention collective de la profession, qui datait de 2009. Elle n’était même plus respectée. Avant la crise, ce quotidien tournait avec huit cents salariés ; il en reste moins d’un quart. Il m’est arrivé de travailler trois semaines de suite sans jour de repos. »

Fin 2013, l’entreprise doit à Yannis et à ses collègues cinq mois de salaire. La direction propose un « plan de sauvetage » : un avenant à chaque contrat entérinant une réduction de 30 % de l’ensemble des salaires. Les signataires doivent par ailleurs renoncer à toute action individuelle ou collective à l’encontre du journal jusqu’en août 2014. Yannis refuse.

La direction repart à l’offensive : arguant du rejet du nouveau plan par une partie du personnel, elle ne verse pas les salaires début novembre 2013. « Les relations de travail sont exécrables. Les “signataires”, comme on les appelle, nous accusent, nous qui avons refusé l’accord, d’achever le quotidien. » Les salariés ne s’entendent plus que sur un constat : leurs interlocuteurs sont des « escrocs ».

Dernier coup de théâtre : la direction laisse entendre que le journal pourrait être transformé en entreprise autogérée. Sous prétexte de « transférer le contrôle aux salariés », « elle entend surtout nous refiler les dettes », s’emporte Yannis. Pourtant, les salariés acceptent : ailleurs, les choses ne vont pas mieux...

Panagiotis Grigoriou

Anthropologue et historien, auteur de La Grèce fantôme.Voyage au bout de la crise (2010-2013), Fayard, Paris, 2013, et du blog Greek Crisis (www.greekcrisis.fr).

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(1) http://g700.blogspot.gr, 14 décembre 2013 (en grec).

(2) Eleftherotypia, Athènes, 12 décembre 2013.

(3) Eleftherotypia, 17 décembre 2013.

(4) Communiqué du Syndicat des employés du secteur des télécommunications et de l’informatique (Setip), 19 décembre 2013, www.setipthe.gr

(5) Avgi, Athènes, 19 décembre 2013.

(6) Lire Pierre Rimbert, « Modèle social chinois au Pirée », Le Monde diplomatique, février 2013.

(7) Eleftherotypia, 21 décembre 2010.

(8) « Grèce : “cherche femmes de chambre sans salaire, contre nourriture et gîte” », Okeanews, 29 novembre 2013.

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/GRIGORIOU/50312

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Pétrole, quand les Etats-Unis commencent à s'intéresser au Proche et Moyen Orient. Par Michel Peyret.

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