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Le blog de Lucien PONS

Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen". Sur le blog de Jocelyne Galy.

20 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'OTAN., #La nation ., #Politique étrangère

Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen"

Elles nous manquent, l'intelligence, la lucidité, bref la "vista" des De Gaulle, Seguin ... Nous avons encore la forte lucidité d'une Marie France GARAUD, digne représentante de ces personnages politiques dont les capacités d'analyses sont difficiles (euphémisme?) à retrouver parmis nos personnages politiques actuellement à l'oeuvre... ou en attente d'un fauteuil.
Jocega
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Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen"

Vendredi 6 Juin 2014 à 05:00 | Lu 11011 fois I 14 commentaire(s)

Bruno Rieth et Régis Soubrouillard

Une crise en Ukraine pas aussi simple qu'elle n'y paraît, une Europe dominée par l'Allemagne, un François Hollande qui ferait bien de s'inspirer d'un certain Charles de Gaulle... Marie-France Garaud, ancienne candidate à la présidentielle de 1981, ex-députée européenne et présidente de l'Institut internationale de géopolitique, pose pour "Marianne" son regard critique sur la situation européenne et les difficultés de la France à faire entendre sa voix. Pour cette gaulliste passionnée, la question de la souveraineté des pays doit revenir au centre des discussions internationales.

00.00 Zone europe Poutine et OTAN

03.23 l'arme que détient la Chine

04.57 France d'aujourd'hui et OTAN...

10.28 Le système institutionel de l'Allemagne protège la souveraineté du peuple allemand: le PEUPLE Y EST RESTE SOUVERAIN . C'est le Bundestag (les landers) et non le chancellier, qui décide si telle disposition peut être adoptés... Les traités européens sont donc obligatoires pour TOUS SAUF pour L'ALLEMAGNE.

12.44 le France est "bouclée... Nous sommes pris dans des histoires de partis , de groupes...

14.00 L'Allemagne est comme un sas, pour les US, entre eux et la Russie

14.50 La France peut-elle se faire entendre?... (écoutez la réponse de M. France Garaud... !!)

MP3 final Garaud.mp3 (16.68 Mo)

Posté par Jocegaly à 11:59 - GARAUD M.France ALLEMAGNE maître de l'Empire

http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/06/07/30027469.html

« IL Y A 50 ANS, LE 6 JUIN 1964, CHARLES DE GAULLE REFUSAIT DE COMMÉMORER «LE DÉBARQUEMENT DES ANGLO-SAXONS»

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Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations. Le blog d'Olivier Berruyer.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #La guerre

19 septembre 2014.

Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations

Duel de fausses informations

Bon, le journal l’Aberration a trouvé une femme qui aurait été maltraitée à Donetsk. Environ 15% d’habitants de Novorossie sont pour l’unité de l’Ukraine, selon les rebelles eux-mêmes. Ils ont (selon les Constitutions de la RPD et de la RPL) droit à leurs convictions, et on les laisse tranquilles. Dans les villes contrôlées par Kiev, ceux qui sont pour la séparation risquent souvent de se faire humilier, tabasser, voire brûler, comme à Odessa. Nos médias ont dû oublier ce détail. Passons sur ce fait divers à la propagande que l’on trouve des deux côtés de la guerre civile. On en trouve de nouveaux exemples tous les jours, essayons de revenir sur les exemple de fausses informations les plus significatives du conflit.

Mensonges sur médias sociaux

Un moyen très simple de faire de la propagande pour montrer les atrocités du camp d’en face, c’est d’utiliser des photos d’autres conflits. La campagne #SaveDonbassPeople a utilisé des photos d’enfants de Syrie, du Liban, et même d’un film russe sur la seconde guerre mondiale pour illustrer les malheurs du Donbass.

Film “Brestskaya Krepost”. Donetsk et Lougansk ne manquent pas de civils tués, mais faire une photo comme ça n’est pas facile. Et puis il faut y aller…

Film “Brestskaya Krepost”. Donetsk et Lougansk ne manquent pas de civils tués, mais faire une photo comme ça n’est pas facile. Et puis il faut y aller…

Ensuite, parce que des civils qui se font bombarder n’inspirent visiblement plus aucune compassion (sinon nous ne serions pas une petite minorité à nous indigner du bombardement des villes du Donbass par les armées de Kiev), il faut augmenter le niveau d’horreur. Des messages sont donc apparus sur les réseau sociaux, affirmant que des têtes de rebelles avaient été envoyées à leur famille, dans des boîte en bois. Il n’est pas difficile d’apprendre que les images qui accompagnent ces messages ont été prises en Syrie. D’ailleurs, les mêmes messages sont tournés dans l’autre sens, avec les mêmes images, affirmant que les rebelles envoient des têtes de soldats ukrainiens à leurs familles. Difficile de savoir qui a commencé ces mensonges macabres, et peu importe. Certains pro-rebelles diffusent également sur les réseaux sociaux des photos de tanks détruits dans différents conflits pour illustrer les victoires des rebelles. Dans l’ensemble, il s’agit de messages diffusés sur internet de façon essentiellement anonyme. Du fait de l’anonymat, beaucoup s’en donnent à cœur joie, dans les 2 camps, en espérant que leur message sera repris par des milliers de personnes.

Fausses informations sur les crimes de Kiev

Les rebelles affirment encore que les armées de Kiev bombardent les villes rebelles avec des bombes à sous-munitions illégales, et avec des bombes au phosphore. Les deux informations sont fausses. La première information est fausse parce que Kiev n’a jamais signé la convention interdisant les bombes à sous-munitions (comme la Chine, l’Inde, Israël, la Russie et les É-U), et la seconde est fausse parce que les bombes incendiaires utilisées par Kiev ne sont pas des bombes au phosphore mais des bombes incendiaires à la thermite et au pyrogel. L’expression “bombe au phosphore” est utilisée dans les pays ex-soviétiques comme une expression générique pour désigner les bombes incendiaires (comme certains disent Frigidaire pour “réfrigérateur”, ou Le Monde pour “torchon”) depuis que la propagande soviétique a démonisé l’usage de ces armes par les É-U et Israël dans les années 1970 et 1980. L’URSS avait renoncé à ces armes. Notons que la convention sur certaines armes classiques n’interdit pas spécifiquement les bombes au phosphore, mais l’usage de bombes incendiaire sur des zones habitées par des civils. Reste à savoir si le soutien occidental à Kiev qui bombarde ses populations est moralement acceptable parce que l’Ukraine ne s’interdit pas les bombes à sous-munitions ou parce qu’elle bombarde les villes avec des bombes à la thermite plutôt qu’avec des bombes au phosphore blanc.

Le soldat sur le fil

Du côté de Starobechevo ont eu lieu de très lourds combats avant la trêve, de très nombreux soldats de Kiev y sont morts. L’un d’eux a eu le malheur de sauter à plus de dix mètres de haut et de rester accroché à un câble de haute tension (220 kV). Les médias de Kiev en ont profité pour montrer à quel point les rebelles étaient des monstres puisqu’ils ont laissé le corps de ce soldat pendu pendant plusieurs jours. La réalité (que l’on peut voir sur Youtube en cherchant en russe, je laisse à la curiosité des lecteurs le soin de trouver les vidéos montrant des cadavres) est que pour venir chercher ce corps il a fallu mobiliser plusieurs personnes, et un camion disposant d’une échelle suffisamment haute. Avant cela, il a aussi fallu couper l’électricité d’une “grande ville d’un gouvernement ami” (Tangarog, en Russie ? L’auteur ne précise pas), ce qui n’était donc pas une mince affaire. Mais surtout, les troupes de Kiev présentes tout près n’ont absolument pas voulu aider cette opération de récupération d’un de leurs soldats, il a fallu que des rebelles s’en mêlent pour que cela se fasse. De toute cette histoire, ce que retiennent les spectateurs des médias de Kiev est que les maudits terroristes russes ont laissé un héros accroché à un câble électrique…

Kiev et ses alliés racontent n’importe quoi

Cela devient plus embêtant lorsque les mensonges sont le fait de représentants officiels de gouvernements. Les exemples ne manquent malheureusement pas. Récemment, le proconsul américain de la province d’Ukraine a cherché à faire croire que des tanks allemands étaient arrivés à Lvov, pour les exercices avec l’OTAN, en publiant une photo de tank Leopard sur Twitter. Cette photo est en fait une image tirée de cette vidéo datant de 2013 (vers 0:25) à laquelle a été ajouté un peu de ciel blanc. Geoffrey Pyatt est donc un menteur, ce qui n’étonnera personne. Mais on peut s’étonner : pourquoi l’Empire américain promet tant à Kiev et apporte si peu ? Le journal canadien Globe and Mail (pas exactement de la propagande russe) apporte une réponse : parce que la corruption est généralisée en Ukraine. Le journal rappelle que lorsque l’armée américaine a commencé à envoyer des rations de combat, ces rations se sont retrouvées sur un site de vente sur internet. Les milliards qui ont été fournis à l’Ukraine par le FMI etc ne sont jamais arrivés là où ils devaient aller. Ce qui est destiné à l’armée ukrainienne s’évapore en descendant la hiérarchie, et presque rien n’arrive aux soldats. Certains (dont le blogueur Colonel Cassad) spéculent que le plus grand soutien russe consiste à acheter du matériel de l’armée ukrainienne pour le fournir à l’armée novorusse. Tout se vend.

Le convoi humanitaire russe

C’est d’ailleurs essentiellement le problème avec l’aide humanitaire russe, dont le deuxième convoi d’environ 2 000 tonnes est arrivé récemment à destination. Kiev a protesté, en disant qu’il fallait que les camions passent par la frontière sous leur contrôle, puis qu’il fallait que les chargements soient transbordés sur des camions ukrainiens, puis qu’il fallait que les camions russes portent des plaques d’immatriculation ukrainienne, etc. Le fait que les garde-frontière ukrainiens ont pu contrôler tous les camions sans y trouver autre chose que de l’aide humanitaire n’a aucune importance, puisque l’objectif des accusations était d’essayer de voler une part de l’aide, en revendre, exiger des pots-de-vin, récupérer l’aide et l’envoyer en disant qu’elle venait de Kiev, etc. Les médias français n’ont pas hésité à apporter leur soutien à cette corruption qui cherche à profiter du malheur de millions de personnes. Notez que dans la vidéo de l’Immonde, on apprend seulement qu’un camion de 20 tonnes contient “seulement” 8 tonnes de lait concentré, et donc que le convoi pourrait être constitué de moins de camions. La BBC a constaté que dans l’ensemble les camions étaient chargés environ à moitié, soit 10 tonnes par camion. On peut se demander pourquoi le convoi utilise 2 fois plus de camions que nécessaire. L’explication officielle est que d’une part des camions pleins vont moins vite, et que d’autre part, si un camion a un problème et que les conducteurs doivent transborder à la main le chargement d’un camion vers un autre, cela poserait des gros problèmes avec des camions pleins. La deuxième explication n’est pas absurde, mais on peut imaginer qu’il y a aussi une part d’opération de communication : annoncer “plus de 200 camions”, c’est plus impressionnant que “100 camions”. On peut aussi se poser 2 autres questions :
- D’une part, pourquoi la France, éternelle donneuse de leçons, n’envoie pas d’aide humanitaire ? Ne serait-ce que 8 tonnes dans un camion de 20 tonnes? D’autant que la Russie ayant fermé ses portes aux produits agricoles français, de nombreux agriculteurs manquent de débouchés pour leur produits. Nourrir les populations bombardées par nos alliés ne serait-il pas mieux que de jeter ces produits ?
- D’autre part, pourquoi la Russie envoie beaucoup plus d’aide humanitaire vers le Donbass, et de bien meilleure qualité, que Kiev (par exemple un camion envoyé par Kiev contenait des pains sales, non emballés) ? Imaginons que la Bretagne soit frappée par une catastrophe, imagine-t-on l’Angleterre envoyer beaucoup plus d’aide que la France ?

L’invasion russe

C’est bien connu, la Russie a envahi l’Ukraine. D’ailleurs, il y a des preuves :

Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations. Le blog d'Olivier Berruyer.

Bon, certes, cette photo a été prise en août 2008 en Ossétie du Sud, au sujet de laquelle on a bien fini par admettre à demi-mots, 5 ans après les faits, que la Russie a plutôt bien fait d’arrêter les bombardements de la Géorgie sur les villages ossètes, un peu comme elle n’a pas tout à fait eu tort de ne pas soutenir les “freedom fighters” de Syrie que l’OTAN veut maintenant combattre après les avoir soutenus pendant plusieurs années, tout comme elle combat les “freedom fighters” d’Afghanistan après les avoir soutenus, financés et armés à la fin de la guerre froide. La Russie a toujours tort, quoi qu’elle fasse, mais après les faits, si on y réfléchit un peu…

Plusieurs de ces preuves ont été démontées, comme, dès le début de la guerre, la photo d’un barbu en Ossétie du Sud qui ne pouvait être qu’Aleksandr Mojaev (le Cosaque “Babaï”) puisque bien sûr Babaï est le seul barbu. Peu importe, les politiciens ukrainiens continuent d’utiliser cette invasion pour réclamer plus de milliards, plus de soutien militaire, et une intégration à l’UE et à l’OTAN plus vite. Ils sont dans leur rôle : ils ont pris le pouvoir pour ramasser autant de pognon que possible, ils font ce qu’il faut pour qu’on leur en envoie. Ce qui est plus étonnant, c’est pourquoi les gouvernements occidentaux, que les oligarques de Kiev prennent pour des distributeurs de billets, continuent de les prendre au sérieux ?

Encore une “preuve” largement diffusée par les médias de Kiev : l’enterrement en Russie de soldats russes. Selon Kiev, 2 000 soldats russes ont été tués dans le Donbass. Il y a une photo qui le prouve :

C’est vrai, il s’agit de l’enterrement de soldats russes. Ou soviétiques. Morts il y a plus de 70 ans. Déjà, à l’époque, la Russie s’opposait aux valeurs européennes, immuablement supérieures à la barbarie russe.

C’est vrai, il s’agit de l’enterrement de soldats russes. Ou soviétiques. Morts il y a plus de 70 ans. Déjà, à l’époque, la Russie s’opposait aux valeurs européennes, immuablement supérieures à la barbarie russe.

Cette photo vient de ce blog, et parle de la seconde guerre mondiale, au cours de laquelle 300 000 soldats sont morts sur le front de Leningrad. Des restes récemment retrouvés ont été enterrés dans une fosse commune. Quand Kiev affirme avoir tué 2 000 soldats et illustre ce massacre par une photo qui n’a rien à voir avec le conflit en cours (et a été prise en 2013, peu importe), on peut se demander pourquoi 2 000 seulement, pourquoi pas 200 000, tant qu’on est dans le n’importe quoi absolu.

La théorie de “l’invasion russe” a été largement diffusée après le début de la contre-offensive rebelle. En effet, si les troupes de Kiev avançaient et dominaient leur adversaire, comment peut-on expliquer le retournement de situation soudain ? En fait, il suffisait de lire les journaux de Kiev pour apprendre que, dès la fin juillet, la situation avait changé, que les troupes n’avançaient plus, étaient démoralisées, n’avaient qu’un repas par jour, etc., cela 3 semaines avant le début de la contre-offensive. Les rebelles ont attendu le bon moment pour attaquer, il n’y a pas eu de grand changement dans le rapport de force, simplement l’évolution logique des semaines précédentes.

Pour savoir si la Russie a ou non envahi l’Ukraine, on peut aussi se demander se qui se passerait si l’armée russe décidait vraiment d’envahir l’Ukraine, et comparer avec la situation en cours. Certains signes devraient nous aider deux jours après l’invasion :
-Fin des bombardements sur les villes. L’artillerie de Kiev a été anéantie pendant les premières heures de l’invasion,
-Flot incessant de blindés et de camions de soutien en provenance de Russie, impossible de cacher aux satellites (tout comme la moindre colonne de blindés est impossible à cacher),
etc.
On ne voit rien de tout ça, donc on peut tranquillement affirmer que la Russie n’a pas envahi l’Ukraine et que ceux qui disent le contraire se moquent de nous.

On peut aussi se demander tout simplement : si les habitants du Donbass sont victimes d’une invasion par des terroristes tchétchènes / russes / martiens / basques / écossais, pourquoi Kiev les punit en détruisant leurs maisons et leur infrastructure ? Pourquoi Kiev les punit en arrêtant de payer les retraites, les aides sociales, etc.? Tout cela ne tient pas. En fait, tout ce passe comme si Kiev était l’envahisseur. Ce qui n’est pas possible bien sûr, puisque la “communauté internationale” (=BAO) dit le contraire, mais c’est troublant.

MH17

Dans les heures qui ont suivi la catastrophe de l’avion de Malaysian Airlines, les autorités de Kiev ont diffusé (via les médias sociaux, comme d’habitude) un enregistrement audio prouvant que les rebelles avaient abattu l’avion. Une analyse audio permet de discréditer totalement cet enregistrement, qui est un montage assez mal fait. Cela n’a pas empêché les médias, y compris occidentaux, d’utiliser cette “preuve” pour accuser les rebelles d’avoir abattu cet avion. Et cela pose une question : si Kiev est innocent, pourquoi se sont-ils empressés de créer et diffuser une fausse preuve ?

18 réponses à Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations

http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-19-septembre/

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Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe. Par Joyce Nelson.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #Agriculture

Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe

Par Joyce Nelson

Mondialisation.ca, 30 août 2014

counterpunch.org

Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe. Par Joyce Nelson.

Finalement, un aspect secondaire de la crise ukrainienne commence à recevoir une attention internationale. Le 28 juillet, l’Institut Oakland, basé en Californie, a publié un rapport révélant que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), selon les termes de leur prêt de $17 milliards à l’Ukraine, ouvriraient ce pays aux cultures génétiquement modifiées (GM), ainsi qu’aux OGM dans l’agriculture. Le rapport est intitulévu de l’Ouest : la Banque mondiale et le FMI en Ukraine [1].

Fin 2013, le président ukrainien du moment, Viktor Yanukovych, a rejeté l’agrément d’association à l’Union européenne lié au prêt de $17 milliards, dont les termes viennent seulement d’être révélés. Au contraire, Yanukovych a opté pour une aide russe de $15 milliards, assortie d’une réduction sur le prix du gaz naturel. Sa décision a été un facteur majeur des protestations mortelles qui s’ensuivirent et qui l’ont renversé du pouvoir en février 2014, ainsi que de la crise en cours.

Selon l’Oakland Institute, « alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie. Comme Michael Cox, directeur de recherche à la banque d’investissement Piper Jaffray, l’a observé, « l‘Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont« » [2].

La loi ukrainienne interdit aux agriculteurs de cultiver des plantes génétiquement modifiées. Longtemps considérée comme « le grenier à blé de l’Europe », l’Ukraine, avec les riches terres noires de son sol, est idéale pour la croissance des céréales. Ainsi, en 2012, les agriculteurs ukrainiens ont produit plus de 20 millions de tonnes de céréales.

L’investissement de Monsanto

En mai 2013, Monsanto a annoncé un plan d’investissements de $140 millions dans une usine de semences de céréales non OGM en Ukraine, avec le porte-parole de Monsanto en Ukraine, Vitally Fechuk, confirmant que « Nous travaillerons seulement avec des semences conventionnelles parce que ce sont les seules autorisées en Ukraine pour la production et l’exportation ».

Mais, en novembre 2013, six grandes associations d’agriculteurs ukrainiens avaient préparé un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées » [4]. Le président de Ukrainian Grain Association, l’association des semenciers ukrainiens, Volodymyr Klymenko, a dit lors d’une conférence de presse à Kiev que : « Nous pourrions réfléchir à cette question très longtemps, mais nous, avec les associations [agricoles], avons signé deux lettres pour modifier la loi sur la biosécurité, dans lesquelles nous avons proposé la légalisation des semences OGM pour nos agriculteurs, semences qui ont été testées depuis longtemps aux États-Unis » (en fait, les semences génétiquement modifiées ainsi que les OGM n’ont jamais été soumis à des tests indépendants sur le long-terme aux U.S.).

Les amendements des associations agricoles coïncidaient avec les termes de l’association avec l’UE et avec le prêt FMI/Banque Mondiale.

Le site web sustainablepulse.com, qui traque les nouvelles sur les OGM au niveau mondial a fustigé les propositions des associations agricoles, avec le directeur Henry Rowlands déclarant : « L’agriculture de l’Ukraine sera sérieusement endommagée si le gouvernement autorise les semences génétiquement modifiées dans le pays. Les agriculteurs verront se réduire les marchés à l’exportation à cause des sentiments anti-OGM en Russie et dans l’UE ». Rowlands a dit que les investissements de Monsanto en Ukraine « pouvaient atteindre $300 millions sur plusieurs années. Est-ce-que l’agriculture ukrainienne veut faire totalement confiance au succès ou à l’échec d’une compagnie U.S.? » [5]

Le 13 décembre 2013, le vice-président de Monsanto (Corporate Enaggement), Jesus Madrazo, a dit à la conférence U.S-Ukraine à Washington D.C. que la compagnie voyait « l’importance de la création d’un environnement favorable [en Ukraine], qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur » [6].

Juste quelques jours avant les remarques de Madrazo à Washington, Monsanto Ukraine a lancé son programme de « développement social » pour le pays, appelé « Panier de grains du futur » [7]. Il fournissait une bourse à des villageois ruraux afin qu’ils puissent (selon les mots de Monsanto) « commencer à ressentir qu’ils peuvent améliorer leur situation eux-mêmes au lieu d’attendre une subvention ».

Actuellement, les véritables subventions sont celles qui vont aux gros de l’agro-business, selon les termes des prêts du FMI et de la Banque mondiale, qui, en plus d’ouvrir le pays aux cultures OGM, va aussi conduire, plus tard, à lever l’interdiction qui pèse sur la vente des riches terres ukrainiennes au secteur privé [8].

Comme l’a formulé Morgan Williams, président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, en mars dans International Business Times, « L’agriculture ukrainienne pourrait être une vraie mine d’or » [9]. Mais, a-t-il ajouté, « de nombreux aspects du climat des affaires [en Ukraine] doivent changer, le point principal étant de garder le gouvernement hors des affaires commerciales… ».

Les câbles Wikileaks

En août 2011, Wikileaks a diffusé des câbles diplomatiques U.S. montrant que le Département d’État des U.S. [Affaires étrangères, NdT] a fait du lobbying au niveau mondial pour le compte de Monsanto et d’autres multinationales de la biotechnologie, telles que DuPont, Syngenta, Bayer et Dow. L’organisme à but non lucratif, Food & Water Watch [Surveillance de l'eau et de la nourriture, NdT], après passage au peigne fin de ces câbles sur cinq ans (2005-2009), a publié son rapport le 14 mai 2013, intitulé « Ambassadeurs de la Biotechnique : comment le ministère des Affaires étrangères U.S. fait la promotion du programme global de l’industrie des semences » [10]. Le rapport montre que le ministère des Affaires étrangères U.S. a « fait du lobbying auprès de gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des politiques et légifèrent en faveur des biotechnologies agricoles, a réalisé des campagnes rigoureuses de relations publiques pour améliorer l’image de la biotechnologie, et a défié ouvertement les gardes-fous et les règles de bon sens, allant même jusqu’à s’opposer aux lois concernant l’étiquetage des nourritures OGM ».

Selon un article de consortiumnews.com du 16 mars 2014, Morgan Williams est au centre du réseau d’alliances du regroupement des multinationales du business agroalimentaire (Big Ag) avec la politique étrangère des U.S. [11]. « En plus d’être président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, Williams est Directeur des affaires gouvernementales dans la firme privée d’investissement SigmaBleyzer, qui racole pour le travail de Williams « diverses agences du gouvernement U.S., membres du Congrès, commissions du Congrès, l’ambassade d’Ukraine aux U.S., des institutions financières internationales, des groupes de réflexion et autres organisations concernant les affaires U.S.-Ukraine, les questions de commerce, d’investissement et d’économie ».

Les seize membres du Comité exécutif du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine viennent de compagnies agroalimentaires U.S., incluant des représentants de Monsanto, John Deere, DuPont Pioneer, Eli Lilly, et Cargill [12]. Parmi les vingt « Consultants principaux », on rencontre James Greene (ancien chef du Bureau de liaison Otan-Ukraine), Ariel Cohen (chargé de recherche principal à The Heritage Foundation [Groupe de réflexion conservateur à Washington D.C.], Léonid Kozachenko (président de la Confédération agraire ukrainienne), six anciens ambassadeurs U.S. en Ukraine, et l’ancien ambassadeur d’Ukraine aux U.S., Oleh Shamshur.

Shamshur est maintenant un conseiller principal chez PBN Hill + Knowlton Strategies, une unité du géant des relations publiques Hill + Knowlton Strategies (H+K). H+K est une filiale du gargantuesque groupe WPP, basé à Londres, qui possède quelques douzaines de grosses firmes de relations publiques, dont Burson-Marsteller (un conseiller de Monsanto depuis longtemps).

Stratégies de Hill + Knowlton

Le 15 avril 2014, le journal de Toronto The Globe & Mail a publié un éditorial de l’assistant consultant de H+K, Olga Radchenko [13]. L’article fulminait contre le Président russe Vladimir Poutine et « la machine de relations publiques de Mr. Poutine », déclarant que « le mois dernier [mars 2014, un mois après le coup d'État], un groupe de professionnels des relations publiques, basé à Kiev, avait formé le Centre des médias sur la crise ukrainienne, une opération volontaire dans le but d’aider à améliorer l’image de l’Ukraine et de gérer ses communications sur la scène globale ».

Le site web de PNB Hill + Knowlton Strategies déclare que le PDG de la compagnie, Myron Wasylyk, est un « membre du bureau du Conseil pour le Commerce U.S.-Ukraine », et que le Directeur général pour l’Ukraine, Oksana Monastyrska, « dirige les travaux de la firme pour Monsanto ». Monastyrska a aussi travaillé pour la Société financière internationale de la Banque mondiale.

Selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays » [14].

En attendant, le Permier ministre russe, Dmitry Medvedev, a déclaré en avril 2014 : « Nous n’avons pas pour but de développer les produits OGM ici, ni de les importer. Nous pouvons nous nourrir avec des produits normaux non génétiquement modifiés. Si les Américains aiment manger de tels produits, qu’ils les mangent. Nous n’avons pas besoin de faire ça ; nous avons assez de place et d’occasions pour produire une nourriture organique naturelle » [15].

Hill + Knowlton, avec ses mensonges sur les « atrocités dans les incubateurs de bébés » au Koweït, a instrumentalisé le public américain pour qu’il supporte la première Guerre du Golfe en Irak au début des années 90. Maintenant la compagnie fomente une nouvelle Guerre Froide ou encore pire pour le compte de Monsanto, récemment élue « la pire » multinationale de la planète. C’est une chose dont il faut se souvenir au moment de la diabolisation tous azimuts de Poutine par les médias de masse.

Joyce Nelson

Article original en anglais :

On Behalf of Monsanto: GMO Food Crops for Ukraine’s Bread Basket, 24 août 2014

source principale : http://www.counterpunch.org/2014/08/22/70838/

Traduit par Jean-Jacques pour vineyardsaker.fr

Joyce Nelson est un free-lance écrivain/chercheur canadien et l’auteur de cinq livres, dont Sultans of Sleaze: PR & The Media (lien vers amazon.fr).

[1] http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

[2] Ibid.

[3] Monsanto plans $140 mln Ukraine non-GM corn seed plant (reuters, anglais, 24-05-2013)

[4] http://en.interfac.com.ua/news/press-conference/173536.html

[5] http://sustainablepulse.com/2013/11/05/sustainable-pulse-slams-ukraine-agri-associations

[6] http://monsantoblog.com/2013/12/19/monsanto-and-its-commitment-to-ukraine/

[7] http://monsantoblog.com/2013/12/13/monsanto-ukraine-launching-social-development-pr

[8] http://www.globalresearch.ca/ukraine-secretive-neo-nazi-military-organization-involved-i

[9] http://ibtimes.com/westerners-know-very-little-about-ukraine-qa-us-ukraine-business-co

[10] http://www.foodandwaterwatch.org/reports/biotech-ambassadors/

[11] Corporate Interests Behind Ukraine Putsch (consortiumnews.com, anglais, 16-03-2014)

[12] http://www.usubc.org/site/u-s-ukraine-business-council-usubc-executive-committee

[13] http://www.theglobeandmail.com/globe-debate/in-the-battle-of-hearts-and-minds-kiev-is

[14] http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

[15] http://rt.com/news/154032-russia-gmo-food-ban/

http://www.mondialisation.ca/au-nom-de-monsanto-des-cultures-ogm-pour-lukraine-grenier-de-leurope/5398527

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Ukraine, journalisme corrompu et foi atlantiste, par Karel van Wolferen. Par Olivier Berruyer.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale, #La guerre

19 septembre 2014.

Ukraine, journalisme corrompu et foi atlantiste, par Karel van Wolferen

Karel van Wolferen est un journaliste Néerlandais et un professeur émérite de l’Université d’Amsterdam. Depuis 1969, il a publié plus de vingt livres sur les politiques publiques, qui ont été traduits en onze langues et vendus à plus d’un million d’exemplaires dans le monde. En tant que correspondant étranger pour NRC Handelsblad, l’un des journaux-phares de la Hollande, il a reçu la plus haute récompense néerlandaise pour le journalisme, et au cours des années, ses articles ont été publiés dans le New York Times, le Washington Post, The New Republic, The National Interest, Le Monde, et de nombreux autres journaux et magazines.

Source : Karel van Wolferen, Unz.com, 14 aout 2014

L’Union Européenne n’est plus guidée par des politiques dotés d’une solide compréhension de l’ histoire, d’une sobre capacité d’évaluation de la réalité du monde, ou d’un simple bon sens joints à l’intérêt à long terme de ceux qu’ils dirigent. S’il nous en fallait encore la preuve, elle aura certainement été donnée par les sanctions décidées, la semaine dernière, pour « punir » la Russie.

Une bonne manière de comprendre les raisons de leur stupidité est de commencer par les médias puisque quelle que soit leur compréhension du problème, quel que soit leur intérêt personnel, ces politiques doivent être perçus comme prenant la bonne décision. C’est le travail des journaux et des télévisions.

Dans la majeure partie de l’Union Européenne, la compréhension générale de la réalité mondiale, depuis l’affreux destin des passagers de la Malaysian Airline, provient des journaux et des télévisions grand public, lesquels se sont alignés sur l’approche des médias « mainstream » anglo-américains, et ont présenté des « informations » où les insinuations et les calomnies prennent la place de vrais reportages. Des publications respectées comme le Financial Times ou le jadis respecté journal néerlandais NRC Handelsblad, pour lequel j’ai travaillé seize ans en tant que correspondant de l’Asie de l’Est, n’ont pas seulement participé à cette corruption du journalisme, mais ont aidé à le pousser à un stade délirant. « L’expertise » et les éditoriaux qu’a produits ce terreau sont allés plus loin que tout ce que je peux me rappeler d’exemples d’hystérie médiatique entretenue à des fins politiques. L’exemple le plus flagrant nous vient d’un chef de file des anti-Poutine, dans l’édition du 26 juillet de l’Economist Magazine. Son ton est celui d’Henri V haranguant ses troupes avant la bataille d’Azincourt dans la pièce de Shakespeare.

Ce qu’il faut garder présent à l’esprit, c’est qu’à l’échelle européenne, il n’y a aucune publication, aucun journal qui soutienne un espace public européen et fournisse aux Européens intéressés par la politique un moyen de réfléchir et discuter entre eux des grands événements internationaux

Parce que ceux qui s’ intéressent à l’actualité mondiale lisent habituellement l’édition internationale du New York Times ou du Financial Times, questions et réponses à propos des développements géopolitiques sont formatées de façon routinière ou fortement influencées par ce que les éditeurs à New York et à Londres auront considéré comme important.

La pensée qui pourrait significativement en dévier, comme actuellement dans le Spiegel, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Zeit et l’ Handelsblatt, reste confinée à l’intérieur des frontières allemandes. Par conséquent, nous ne voyons se dessiner aucune opinion européenne sur les évènement mondiaux, même quand ceux-ci ont un impact direct sur les intérêts de l’Union Européenne elle-même.

La complaisance générale qu’entretient le peuple néerlandais pour les événements mondiaux susceptibles de l’affecter a brutalement pris fin lorsque 193 de ses compatriotes (ainsi que de 105 personnes d’autres nationalités) ont péri dans le crash de la Malaysian Airlines, et ses médias se sont empressés de suivre les accusations américaines qui désignaient Moscou. Les explications qui ne mettaient pas en cause d’une façon ou d’une autre la culpabilité du président russe étaient hors-jeu.

Un empressement aux antipodes des propos très sobres tenus par le Premier Ministre néerlandais, qui bien que subissant une pression énorme l’incitant à se joindre aux accusateurs, insistait pour qu’on attende les résultats de l’enquête.

Les journaux télévisés que j’ai regardés les jours suivants avaient invité, entre autres commentateurs anti-russes, des présentateurs télé liés aux néoconservateurs américains, pour présenter l’information à un public déconcerté et vraiment bouleversé.

Un spécialiste néerlandais de politique étrangère a expliqué que le ministre des Affaires étrangères ou son représentant n’avait pu rejoindre le site du crash (comme avaient pu le faire les officiels malaisiens) pour récupérer les restes des citoyens néerlandais, parce que cela aurait signifié la reconnaissance implicite d’un statut diplomatique pour les « séparatistes ». Quand l’Union Européenne reconnaît en bloc un régime né d’un coup d’Etat fomenté par les Américains, diplomatiquement elle est coincée.

Les habitants et les combattants anti-Kiev sur le site du crash ont été dépeints, images de Youtube à l’appui, comme des criminels non coopératifs, ce qui aux yeux de nombreux spectateurs était la confirmation de leur culpabilité. Cela a changé plus tard, lorsque des reportages de vrais journalistes ont montré des villageois profondément choqués et émus, mais cette contradiction n’a pas été expliquée, et les suppositions infâmantes précédentes n’ont pas laissé place à une analyse objective des raisons de leur combat.

Les tweets tendancieux et les « informations » de Youtube étaient devenus le socle de l’indignation officielle néerlandaise envers les Ukrainiens de l’est, et de là est né le sentiment général que quelque chose devait être fait. Mission accomplie, toujours selon le sentiment général, grâce à une grande cérémonie nationale télévisée de réception des restes humains néerlandais (récupérés par l’entremise d’une médiation malaisienne).

Rien de ce que j’ai vu ou lu n’a jamais laissé entendre que la crise en Ukraine – qui a conduit au coup d’Etat et à la guerre civile – avait été créée par les néo-conservateurs et quelques fanatiques “R2P” (« responsabilité de protéger ») du Département d’Etat et de la Maison-Blanche, auxquels le président Obama avait apparemment laissé les mains libres. Les médias néerlandais semblaient également ignorer que la catastrophe avait immédiatement été transformée en un sujet de disputes politiques prolongées pour les besoins de la Maison-Blanche et du Département d’Etat. Ne fut pas évoquée non plus la possibilité que Poutine aurait eu raison de dire que la catastrophe ne serait pas arrivée si sa demande insistante d’un cessez-le-feu avait été acceptée.

De fait, Kiev a rompu le cessez-le-feu – le 10 juin – dans sa guerre civile contre les Ukrainiens de l’Est russophones qui ne souhaitent pas être gouvernés par un regroupement de voyous, de descendants de nazis ukrainiens et d’oligarques amourachés du FMI et de l’Union européenne. Les supposés « rebelles » n’ont fait que répliquer à un début de nettoyage ethnique (terreur par bombardements systématiques et atrocités – au moins 30 Ukrainiens brûlés vifs) mené par les forces de Kiev, à propos desquelles rien ou fort peu n’a été dit dans les reportages européens.

Il est peu probable que les ONG américaines, dont il a été admis officiellement qu’elles avaient dépensé cinq milliards de dollars dans leur campagne de déstabilisation politique, en préalable au putsch de février à Kiev, aient soudainement disparu d’Ukraine. Il est aussi peu probable que les troupes spéciales et les conseillers militaires américains soient restés à se tourner les pouces tandis que les officiers de Kiev et les milices établissaient leur stratégie de guerre civile. Après tout, les nouveaux voyous au pouvoir sont les représentants d’un régime sous perfusion financière de Washington, de l’Union Européenne et du FMI. Ce que nous savons, c’est que Washington encourage les massacres ayant lieu dans le cadre de la guerre civile qu’il a aidé à déclencher.

Mais Washington a toujours eu l’avantage dans cette guerre de propagande qui l’oppose à un adversaire très réticent, contrairement à ce que les médias grand public ont voulu nous faire croire. La propagande, qui prend sa source à Washington, est construite de manière à coller à l’hypothèse d’un Poutine qui, guidé et soutenu par un nationalisme exacerbé par la chute de l’empire soviétique, tente de repousser les frontières de la Fédération de Russie jusqu’aux anciennes limites du défunt empire. Les experts les plus téméraires, touchés par la fièvre néoconservatrice, vont jusqu’à considérer la Russie comme menaçant d’englober l’Ouest. A partir de là, on fait croire aux Européens que Poutine refuse toute diplomatie, alors que c’est ce à quoi il a toujours exhorté. Par conséquent la propagande en cours a eu pour effet de donner une image dangereuse et extrême des actions non pas de Washington , mais bien de Poutine. Quiconque ayant vécu une expérience personnelle montrant Poutine ou la Russie sous un mauvais jour doit se manifester immédiatement ; les éditorialistes néerlandais en sont particulièrement friands en ce moment.

Il ne fait aucun doute que la propagande de Moscou, à laquelle il est souvent fait référence, existe réellement. Mais il y a des moyens, pour les journalistes sérieux, de mettre en balance les propagandes des différents bords et de discerner la part de vérité ou de mensonges ou de foutaises qu’elles contiennent. De ce que j’ai pu voir, cet exercice n’a été fait qu’en Allemagne, et de manière restreinte. Pour le reste, nous devons reconstituer la réalité politique en nous reposant sur les sites web américains, maintenant plus que jamais indispensables, qui accueillent des lanceurs d’alertes et des journalistes d’investigation à l’ancienne et qui, spécialement depuis l’avènement de la « guerre contre le terrorisme » et l’invasion de l’Iraq ont constitué une forme continue de publication samizdat [NdT : « samizdat » d'après Wikipédia : « Le samizdat (en russe : самиздат) était un système clandestin de circulation d’écrits dissidents en URSS et dans les pays du bloc de l'Est, manuscrits ou dactylographiés par les nombreux membres de ce réseau informel. »]

Aux Pays-Bas, presque tout ce qui vient du Département d’Etat est pris pour argent comptant. L’histoire américaine depuis l’effondrement de l’Union Soviétique est faite de mensonges à couper le souffle : sur le Panama, l’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie, le Venezuela, la Libye et la Corée du Nord; renversements de gouvernement, coups tordus et opérations sous fausse bannière. Et l’existence discrète d’environ mille bases militaires américaines disséminées sur toute la planète est opportunément absente des débats.

La quasi hystérie pendant la semaine qui a suivi la destruction de l’avion de ligne a empêché les gens ayant connaissance de faits ou de récits pertinents de s’exprimer.
De nos jours, la sécurité de l’emploi dans le monde du journalisme est assez incertaine et aller à contre-courant équivaut presque à se retrouver sur une voie de garage avec le diable, car c’est nuire à sa « crédibilité » de journaliste.

Ce qui frappe une ancienne génération de journalistes sérieux et les fait douter de la crédibilité des médias grand public, c’est le fait d’ignorer les indices qui pourraient miner ou démolir la version officielle; une version officielle qui a déjà imprégné la culture populaire comme en témoignent les commentaires désinvoltes qui ornent les critiques de livres, de films, et beaucoup d’autres choses.

Aux Pays-Bas la version officielle est déjà gravée dans le marbre, ce à quoi on devait s’attendre lorsqu’elle a été répétée dix mille fois. Elle ne peut être écartée, bien sûr, mais elle n’est pas basée sur le moindre morceau de preuve.

La présence de deux avions de combat ukrainiens près de l’avion de ligne malaisien, relevée par les radars russes, pourrait constituer un indice intéressant si j’enquêtais comme journaliste ou membre de la commission d’enquête dirigée officiellement par les Pays-Bas.

Ce fait est, semble-t-il, corroboré par la BBC relatant des témoignages oculaires de villageois ayant vu clairement un autre avion, un chasseur, non loin de l’avion de ligne, peu de temps avant le crash et ayant entendu des explosions provenant du ciel.

Ce reportage a récemment attiré l’attention, car il a été retiré des archives de la BBC.

J’aimerais parler avec Michael Bociurkiw, un des premier inspecteurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à atteindre le site du crash et a passé plus d’une semaine à examiner les restes de l’avion et a décrit sur CBC Worlds News deux des trois morceaux de fuselage « vraiment grêlés ». « Cela ressemble à des tirs de mitrailleuse; une très très grosse mitrailleuse qui a laissé ces marques uniques que nous n’avons vu nulle part ailleurs ».

J’aimerais également jeter un oeil aux enregistrements radars et voix, dont on dit qu’ils ont été confisqués, de la tour de contrôle de Kiev, pour comprendre pourquoi le pilote malaisien a dévié de sa route et a rapidement perdu de l’altitude peu de temps avant que son avion ne s’écrase, et découvrir si effectivement les contrôleurs aériens étrangers à Kiev ont été remerciés tout de suite après le crash.

Comme les « VIPS » [anciens collaborateurs des services secrets pour le bon sens], j’exhorterais les autorités qui ont accès aux images satellite de montrer les preuves, qu’ils prétendent avoir, de batteries de missiles BUK entre les mains des « rebelles » et d’implication des Russes et leur demanderais pourquoi ils ne l’ont pas déjà fait.

Jusqu’à maintenant Washington a agi comme un chauffeur qui refuse un test d’alcoolémie. Et comme des officiels des services secrets ont fait fuiter vers certains journaux américains leurs doutes à propos des certitudes américaines telles que présentées par le Secrétaire d’Etat, ma curiosité serait insatiable.

Pour situer le degré de fidélité médiatique à Washington dans le cas ukrainien, et aussi mettre en perspective le comportement servile des politiciens européens, nous devons connaître et comprendre l’Atlantisme. C’est une foi européenne. Il n’a pas produit une doctrine officielle, bien sûr, mais il fonctionne comme tel.

Il est bien résumé par le slogan néerlandais au moment de l’invasion de l’Irak: « zonder Amerika gaat het niet » (sans les Etats-Unis les choses ne marcheront pas).

Inutile de dire que la guerre froide a donné naissance à l’atlantisme. Ironiquement, celui-ci a gagné en puissance , lorsque la menace de l’Union soviétique est devenue moins convaincante pour une part croissante de l’élite politique européenne, probablement en raison de l’arrivée d’une nouvelle génération : plus on s’éloigne de la deuxième guerre mondiale, moins les gouvernements européens se rappellent ce que peut vouloir dire avoir une politique étrangère indépendante pour les problèmes à l’échelle mondiale. Les chefs actuels des gouvernements européens ne savent pas avoir de délibérations stratégiques réalistes. La réflexion habituelle sur les relations internationales et la politique globale est profondément marquée par le contexte de la guerre froide .

Ceci inévitablement imprègne aussi les politiques éditoriales « responsables ». L’atlantisme est une grave maladie de l’Europe : elle génère une amnésie historique, un aveuglement têtu et une colère politique dangereusement déplacée. Mais elle s’épanouit sur un mélange de certitudes sur la protection qui perdurent depuis la guerre froide, de fidélités issues de la guerre froide intégrées à la culture populaire, d’inculture européenne pure et simple, et d’une réticence compréhensible à admettre qu’on a été, ne serait-ce qu’un petit peu, conditionné. Washington peut se permettre tous les excès sans que l’atlantisme ne soit remis en cause, du fait de la distraction de chacun, que les médias font tout pour entretenir. Je connais des néerlandais dégoûtés par la campagne de diabolisation de Poutine, mais pour eux, l’idée de pointer un doigt accusateur sur Washington, dans l’affaire de l’Ukraine, est quasiment inacceptable. De telle sorte que les publications néerlandaises, tout comme beaucoup d’autres en Europe, n’arrivent pas à se résoudre à placer la crise de l’Ukraine dans sa juste perspective en admettant que la responsabilité en revient à Washington, et que Washington, et non Poutine, a la clé de sa résolution.

Cela signifierait un renoncement à l’atlantisme.

L’atlantisme tire en grande partie sa force de l’Otan, son incarnation institutionnelle. La raison de l’existence de l’Otan, qui a disparu avec l’Union Soviétique, a souvent été oubliée. Formée en 1949, elle était fondée sur l’idée d’une coopération transatlantique pour la défense et la sécurité qui était devenue nécessaire après la Seconde Guerre mondiale, face au communisme orchestré par Moscou, qui souhaitait faire main basse sur la planète. On parlait beaucoup moins de la méfiance interne en Europe, alors que les Européens entamaient leur marche vers l’intégration économique. L’Otan constituait, en quelque sorte, la garantie américaine qu’aucune puissance européenne ne tenterait de dominer les autres.

L’Otan est, depuis quelque temps, un handicap pour l’Union européenne, parce qu’elle bloque le développement de politiques concertées d’affaires étrangères et de défense, et a forcé les pays membres à devenir les instruments du militarisme américain. C’est aussi un handicap moral parce que les gouvernements participant à la « coalition militaire en Irak » ont dû vendre un mensonge à leur population : les soldats européens morts en Irak et en Afghanistan auraient représenté un sacrifice nécessaire pour protéger l’Europe des terroristes. Les gouvernements qui ont fourni des troupes à des zones occupées par les États-Unis l’ont généralement fait avec une grande réticence, à telle enseigne qu’une succession d’officiels américains leur ont reproché leur manque d’enthousiasme dans la défense collective de la démocratie et de la liberté.

Comme toutes les idéologies, l’atlantisme est anhistorique. Comme remède de cheval contre le tourment de l’ambiguïté fondamentale de la politique, elle fournit sa propre histoire : celle qui peut être réécrite par les médias grand public américains, dans leur assistance à la diffusion de la parole de Washington.

On peut difficilement rêver meilleure illustration que l’expérience néerlandaise actuelle. Au cours de mes conversations de ces dernières trois semaines, j’ai rencontré des surprises sincères quand j’ai rappelé à des amis que la guerre froide s’était achevée par la diplomatie, avec un traité entre Gorbachev et Bush père, à Malte en décembre 1989. Traité où James Baker avait obtenu de Gorbachev l’acceptation de la réunification de l’Allemagne et le retrait des troupes du Pacte de Varsovie, contre la promesse que l’Otan ne s’étendrait pas d’un pouce de plus à l’est. Gorbachev promit de ne pas utiliser la force en Europe de l’Est, où les Russes avaient 350 000 soldats rien qu’en Allemagne de l’Est, contre une promesse de Bush : les USA ne chercheraient pas à tirer profit du retrait des Soviétiques d’Europe de l’Est. Bill Clinton renia ces promesses américaines quand, pour des raisons purement électorales, il s’est vanté d’un développement de l’Otan, et, en 1999, quand il y intégra la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Dix ans plus tard, neuf pays de plus sont devenus membres, de sorte que le nombre des pays de l’Otan a doublé depuis la guerre froide. Le grand spécialiste américain de la Russie, l’ambassadeur George Kennan, qui est à l’origine de la politique d’endiguement de la guerre froide, a appelé la décision de Clinton « l’erreur la plus tragique de la politique américaine de toute l’ère post-guerre froide ».

L’ignorance de l’histoire encouragée par l’atlantisme se montre de façon saisissante dans l’assertion que la preuve à charge définitive dans le procès fait à Poutine serait son invasion de la Crimée. Encore une fois, la réalité politique a été fabriquée, ici, par les médias grand public américains. Il n’y a pas eu d’invasion, des soldats et des marins russes étaient déjà sur place en toute légalité, puisque la Crimée héberge la base militaire navale russe de la mer Noire. La Crimée a fait partie de la Russie depuis aussi longtemps que les Etats-Unis existent. En 1954, Khrouchtchev, lui-même ukrainien, l’a donnée à la République Socialiste d’Ukraine, ce qui revenait à déménager une région dans une province différente, puisque la Russie et l’Ukraine appartenaient toutes deux au même pays. La population russophone de Crimée était parfaitement heureuse de la situation, puisqu’elle a voté par reférendum d’abord pour se libérer du régime putschiste de Kiev, puis pour sa réunification avec la Russie.

Ceux qui soutiennent que Poutine n’avait pas le droit d’agir ainsi ne sont pas conscients d’un autre fil conducteur de l’histoire récente : Les Etats-Unis ont continuellement rapproché leur système de défense antimissiles (Guerre des Étoiles) des frontières russes, sous prétexte d’intercepter des missiles hostiles venus d’Iran ; mais ces missiles n’existent pas. Les discours moralisateurs sur l’intégrité territoriale et la souveraineté n’ont pas de sens dans un tel contexte, et venant d’un gouvernement qui s’est débarrassé du concept de souveraineté dans sa politique étrangère, c’est complètement grotesque.

Une détestable décision atlantiste fut l’exclusion de Poutine des sommets et réunions liés à la commémoration du débarquement de Normandie, ainsi, pour la première fois en 17 ans, le G8 est devenu de fait le G7. L’amnésie et l’ignorance ont rendu les Néerlandais aveugles à leur propre histoire, l’URSS ayant détruit le cœur de la machine de guerre nazie (qui occupait les Pays-Bas) au prix d’un nombre de morts incomparable et inimaginable ; sans eux, le débarquement de Normandie n’aurait pas été possible.

Il n’y a pas si longtemps, les désastres militaires en Irak et en Afghanistan semblaient prédire la fin inéluctable de l’Otan. Mais la crise ukrainienne et le caractère décidé manifesté par Poutine lorsqu’il empécha la Crimée et sa base navale de peut-être tomber aux mains de l’alliance contrôlée par les Etats-Unis fut du pain bénit pour l’institution chancelante.

Le commandement de l’OTAN est déjà en train d’envoyer des troupes pour renforcer sa présence dans les Pays Baltes, des missiles et des avions d’attaque en Pologne et en Lituanie, et depuis l’affaire de l’avion de ligne malaisien abattu, il s’est préparé à d’autres actions militaires qui peuvent dégénérer en provocations dangereuses contre la Russie. Clairement, le ministre des affaires étrangères polonais, avec les Pays Baltes, qui n’avaient pas pris part à l’OTAN quand sa raison d’être pouvait encore être défendue, est devenu l’un de ses moteurs. Un vent de mobilisation a soufflé au cours de la semaine dernière. On peut compter sur les pantins ventriloques Anders Fogh Rasmussen et Jaap de Hoop Scheffer pour fulminer, sur les plateaux de télé, contre d’éventuelles reculades de la part d’états-membres. Rassmussen, le Secrétaire général, a déclaré, le 7 août dernier à Kiev, que le soutien de l’OTAN à « la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine est sans faille » et qu’il cherche à renforcer le partenariat avec le pays au Sommet de l’Alliance, au Pays de Galles en septembre. Le partenariat est déjà solide, a-t-il déclaré, « et en réponse à l’agression russe, l’OTAN s’est encore rapprochée de l’Ukraine pour réformer ses forces armées et ses institutions de défense ».

Pendant ce temps, au Congrès américain, 23 sénateurs républicains ont proposé une loi, le « Russian Aggression Prevention Act » [Loi sur la prévention de l'agression russe], censée permettre à Washington de faire de l’Ukraine un allié non-OTAN, qui pourrait ouvrir la voie à un conflit militaire direct avec la Russie. Nous devrons probablement attendre que les élections de mi-mandat américaines soient passées pour savoir ce qu’il adviendra, mais elle aide déjà à trouver une excuse politique à ceux qui à Washington veulent gravir un échelon de plus dans leurs manœuvres en Ukraine.

En septembre de l’année dernière (2013), Poutine a aidé Obama en lui permettant d’arrêter une campagne de bombardement sur la Syrie, encouragée par les néo-conservateurs, et l’a également aidé en désamorçant le différend nucléaire avec l’Iran, un autre projet néo-conservateur.

Ceci à mené à un engagement des néo-conservateurs à rompre le lien Poutine-Obama.

C’est un secret de polichinelle que les néo-conservateurs veulent le renversement de Poutine et le démembrement final de la Fédération de Russie.
Ce qui est moins connu en Europe c’est l’existence de nombreuses ONGs en poste en Russie, qui les aideront dans ce but. Vladimir Poutine pourrait attaquer maintenant ou bientôt pour devancer l’OTAN et le congrès américain en prenant l’Est ukrainien, quelque chose qu’il aurait probablement dû faire juste après le référendum en Crimée. Cela aurait été évidemment la preuve de ses intentions diaboliques dans les salles de rédaction européennes.

A la lumière de tout ceci, l’une des questions les plus décisives à se poser dans les affaires mondiales actuelles est la suivante: que doit-il arriver pour que les Européens comprennent que Washington joue avec le feu et a cessé d’être le protecteur sur lequel ils comptaient, et qu’il menace désormais leur sécurité ?

Ce moment arrivera-t-il lorsqu’il deviendra clair que l’objectif de la crise ukrainienne est avant tout d’installer des batteries de missiles de la Guerre des Etoiles (Initiative de défense stratégique) le long d’une longue portion de la frontière Russe, ce qui donnerait à Washington – dans le jargon délirant des stratèges nucléaires – l’avantage d’une « première frappe » ?

La vieille Europe réalise-t-elle que les USA ont des ennemis qui ne sont pas les ennemis de l’Europe, parce qu’elle en a besoin pour des raisons de politique intérieure, pour sauvegarder une industrie de guerre économiquement importante, et pour tester la bonne foi politique des candidats à la fonction publique. Mais, alors que l’utilisation d’états-voyous et de terroristes comme cibles de « guerres justes » n’a jamais été convaincante, la Russie de Poutine, telle que diabolisée par un OTAN militariste, peut aider à prolonger le statu quo transatlantique. La vérité sur la fin du vol commercial malaisien, ai-je pensé à la minute où j’en ai entendu parler, allait être déterminée politiquement . Ses boîtes noires sont à Londres. Dans les mains de l’OTAN ?

D’autres obstacles à un réveil restent gigantesques ; la financiarisation et les politiques néolibérales ont produit un enchevêtrement transatlantique d’intérêts ploutocratiques. Ajoutées à la foi atlantiste, elles ont aidé à contrecarrer le développement politique de l’Union européenne, et avec cela, la capacité de l’Europe à prendre des décisions politiques indépendantes. Depuis Tony Blair, la Grande-Bretagne est tombée dans l’escarcelle de Washington, et depuis Nicolas Sarkozy, la même chose peut plus ou moins être dite de la France.

Ce qui laisse l’Allemagne. Angela Merkel était ouvertement mécontente des sanctions, mais elle a fini par suivre le mouvement parce qu’elle veut rester du bon côté du président américain, et parce que les États-Unis, en tant que vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, ont encore du poids à travers un certain nombre d’accords. Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, cité dans les journaux et à la télé, a répudié les sanctions et dénoncé l’Irak et la Lybie comme autant d’exemples de résultats désastreux des escalades et des ultimatums, et malgré cela, lui aussi change d’avis et, au bout du compte, suit le mouvement général.

Der Spiegel est l’une des publication allemandes qui offrent un espoir. L’un de ses chroniqueurs, Jakob Augstein, attaque les « somnambules » qui sont tombés d’accord sur les sanctions, et blâme ceux de ses collègues qui montrent Moscou du doigt. Gabor Steingart, qui publie Handelsblatt, s’en prend à la « tendance américaine à l’escalade verbale, puis militaire, à l’isolement, à la diabolisation et à l’attaque d’ennemis » et conclut que « le journalisme allemand est passé de la pondération à l’agitation en quelques semaines. Le spectre des opinions s’est réduit au champ de vision d’une lunette de tireur d’élite ». Il doit y avoir d’autres journalistes, en Europe, qui disent la même chose, mais leurs voix ne passent pas la cacophonie de la diabolisation.

Nous voyons l’histoire s’écrire une fois de plus. Ce qui pourrait décider du sort de l’Europe est que, même hors des zélateurs de la foi atlantiste, des Européens de bon sens n’arrivent pas à croire en la dysfonctionnalité et l’irresponsabilité totale de l’Etat américain.

Karel van Wolferen, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr

Le nouveau journaliste.

Le nouveau journaliste.

http://www.les-crises.fr/ukraine-journalisme-corrompu-et-foi-atlantiste-par-karel-van-wolferen/

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Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -

Susan Lindauer ex-agent de la CIA a été poursuivi en vertu du Patriot Act. Après 10 ans de silence, elle témoigne à propos du 11 Septembre: les services de renseignement savaient. Mohammed Atta était un agent gouvernementale US. D'étranges camionnettes sont venus chaque nuit dans le WTC avant l'attentat.
Un témoignage capital qui doit être entendu et pris en compte.

Susan Lindauer a raconté cela dans un livre sorti le 1 juin 2013 aux éditions "20 cœurs" , le titre est explicite, il s'agit "d'extrême préjudice".

C'est le combat d'une femme qui a su traversé les pires épreuves pour livrer son témoignage poignant sur le 11 septembre et la guerre contre l'Irak!

A lire absolument, c'est un témoignage extraordinaire.

Après 10 ans de silence, l'ex-Agent de la CIA, Susan Lindauer peut désormais témoigner sur le 11 Septembre 2001 - Part 1 -
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On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Agriculture, #La forêt, #Economie

On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

E.On veut brûler les forêts françaises à Gardanne !

Les forêts du sud de la France sont en danger. Le géant de l’énergie E.On veut convertir à la biomasse la centrale thermique Provence 4 à Gardanne. Le monstre industriel dévorerait près d’un million de tonnes de bois par an. Mobilisons-nous contre cette aberration écologique grassement subventionnée par l’État français !

La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com
La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com

La centrale à biomasse d’E.On menace les forêts françaises - © david hughes - Fotolia.com

E.On veut mettre en fonctionnement une méga-centrale électrique à biomasse à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Le 3ème groupe mondial du secteur de la distribution d’énergie y brûlerait 855.000 tonnes de bois par an, pour moitié en provenance des forêts du sud de la France, le reste étant importé, principalement des forêts anciennes du Canada et des États-Unis. Une des conséquences serait l’industrialisation des forêts, notamment des Cévennes, avec ses coupes à blanc et la destruction de la biodiversité.

La centrale à biomasse de Gardanne : une aberration écologique…

Obligé par l’UE d’arrêter la centrale existante au charbon d’ici fin 2015, E.On consommerait étrangement plus de charbon de bois suite à sa conversion à la biomasse qu’auparavant. En outre, le bois n'est pas un combustible vert : par unité d'énergie, la combustion du bois libère encore plus de carbone que le charbon.

Autre aberration : avec un rendement énergétique de 35%, deux-tiers des arbres seraient tout simplement brûlés pour rien à Provence 4. Plus aberrant encore, l’Etat français a décidé en 2011 de subventionner E.On à hauteur de 70 millions d’euros par an pendant 20 ans pour sa centrale à biomasse, l’argent devant être collecté discrètement par le biais des factures d’électricité.

à 1,4 milliard d’euros pour le contribuable !

Sur place, une grande coalition composée de militants écologistes, de citoyens, d’administrations et d’élus s’est formée pour stopper le projet d’E.On. Ses motivations sont variées : protéger les forêts et la biodiversité de leur région, préserver la santé de la population locale dans une ville déjà très polluée, empêcher le gaspillage de l’argent public, etc.

Joignons-nous au Collectif SOS Forêts du Sud pour empêcher la réalisation de la centrale à biomasse d’E.On à Gardanne !

<h4>Contexte</h4>

Publications du Collectif SOS Forêts du Sud

• Rapport intégral „Halte à la biomascarade - Non ! aux mégacentrales d’E.On et d’Inova
• Blog consacré au projet d’E.On à Gardanne Collectif Forêts du Sud
• Articles de Nicholas Bell publiés sur le site forumcivique.org :
1- FORÊT: Halte à la biomascarade
2- FORÊTS: Contre le délire d’E.On
3- DOSSIER FORÊT: Ca brûle pour la forêt!

Informations supplémentaires

Médias
• Article de Reporterre La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles
• Rapport de Reporterre E.On, la centrale thermique de Gardanne et la châtaigneraie cévenole
• Article du Canard enchainé Une volée de bois vert dans la chaudière
• Articles d’Actu-Environnement 1-E.ON concrétise son projet controversé de centrale biomasse à Gardanne , 2- Centrale de biomasse à Gardanne : le parc national des Cévennes et E.ON signent un protocole
• Article de La Provence échoplanète Biomasse : la centrale de Gardanne va-t-elle griller la filière bois ?
• Article d’Enerzine.com Provence 4 : la plus puissance centrale électrique biomasse de France
• Article de CQFD Centrale à charbon de Gardanne et déforestation des Cévennes

Biomasse
• Rapport de Greenpeace Canada De biomasse à... biomascarade - Pourquoi brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population
• Articles du Monde 1- Ségolène Royal fait feu de tout bois, 2- La biomasse, dévoreuse de terres agricoles et de forêts ?
• Article de la Global Forest Coalition La conversion de centrales à charbon en biomasse : une catastrophe pour les forêts de feuillus

En anglais
• Rapport de Biofuelwatch Biomass: The Chain of Destruction
• Littérature scientifique et informations de fonds sur le sujet de la biomasse Resources on (Wood) Biomass for Heat and Power: Scientific Articles, Fact sheets and Reports, Letters and Resolutions, Background about the Forest Stewardship Council, Videos

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

Autorités françaises

Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie de la République française

Courriel : segolene.royal@developpement-durable.gouv.fr

Directoire d'E.On

M. Johannes Teyssen, Directeur général et président du directoire d’E.On
M. Leonhard Birnbaum, Membre du directoire d’E.On
M. Jørgen Kildahl, Membre du directoire d’E.On
M. Bernhard Reutersberg, Membre du directoire d’E.On
M. Klaus Schäfer, Directeur financier et membre du directoire d’E.On
M. Mike Winkel, Membre du directoire d’E.On

E.On SE
E.ON-Platz 1
40479 Düsseldorf
Allemagne
Tél : +49 (0)211 4579 0
Fax : +49 (0)211 4579 501
Courriel : info@eon.com

Courriel : efr_sales@eon.com

<h4>Mises à jour</h4>

30 juil. 2014

FORÊT: Halte à la biomascarade

E.On à Gardanne - Complément d'informations

Article de Nicholas Bell, FCE - France,17.06.2014
Archipel émission 227 (06/2014)
http://www.forumcivique.org/fr/articles/for%C3%AAt-halte-%C3%A0-la-biomascarade

Depuis quelque temps nous vous informons régulièrement sur la lutte menée contre le projet aberrant de l’entreprise allemande E.On de transformer sa centrale électrique à charbon à Gardanne, près de Marseille, en centrale fonctionnant avec de la biomasse1.

Au fur et à mesure que nous avons approfondi notre connaissance de ce dossier délirant, nous nous sommes rendu compte qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, que les menaces qui pèsent sur nos forêts sont infiniment plus monstrueuses qu’imaginées jusqu’alors. Rappelons que la centrale d’E.On aura besoin d’environ 900.000 tonnes de bois par an, dont la vaste majorité sous forme d’arbres coupés afin d’être brûlés, pour produire de l’électricité avec un rendement de guère plus de 30%. Ce qui signifie que 70% des arbres ne serviront qu’à chauffer le ciel et à polluer la région autour.

La dimension mondiale de cette problématique était déjà évidente, car pendant les premiers dix ans de fonctionnement la moitié du bois sera importée, sans doute du Canada. C’est grâce à des rapports détaillés publiés par des associations britanniques, canadiennes et américaines que nous avons commencé à mesurer l’échelle de la catastrophe2.

Il s’avère que le projet d’E.On à Gardanne fait partie d’un nombre considérable de telles conversions «charbon-vers-biomasse» en Europe. Prenons l’exemple du Royaume-Uni (RU) où les centrales à charbon sont parmi les plus polluantes d’Europe. Selon un article de la «Global Forest Coalition»3, plusieurs centrales à charbon qui ne respectaient pas les exigences de la «Directive européenne sur les grandes installations de combustion»4 à cause de leurs fortes émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été ou seront converties à la biomasse. Les conversions déjà autorisées au RU auront besoin de plus de 50 millions de tonnes de bois par an, soit plus de cinq fois tout le bois produit annuellement par les forêts du pays5.

Les conversions «charbon-vers-biomasse» sont au cœur de la politique britannique sur les énergies renouvelables. Il est donc bien évident que les autorités britanniques et les industriels du secteur au RU comptent sur des importations massives de bois, en général sous la forme de pellets6. En résulte une véritable ruée vers l’or vert.

Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace Québec, a écrit dans son blog: «J’étais de passage en Europe la semaine dernière, entre autres pour rencontrer des représentants et députés du Parlement européen. Objectif: tenter de faire changer les politiques énergétiques européennes qui encouragent (et même subventionnent) la combustion de bois pour remplacer le charbon dans les grandes centrales thermiques. Les forêts européennes ne pouvant suffire à la demande grandissante des géants énergétiques (GDF-Suez, RWE, DRAX, Vattenfal, E.ON, etc.), ces grands producteurs d’électricité ont de plus en plus recours au bois des forêts canadiennes et américaines. Utilisant initialement des sciures et des résidus industriels, les producteurs de granulés canadiens doivent maintenant se tourner vers la forêt pour suffire à la demande.»

(…) A l’image de cette industrie qui se développe en catimini sans réel débat public, le Port de Québec a donné son aval à l’entreprise Arrimage Québec pour construire un terminal et permettre l’exportation de 75.000 tonnes de granulés par an à destination d’une immense centrale thermique de 4.000 MW appartenant à DRAX en Angleterre. Or l’opposition de la population locale est palpable et l’acceptabilité sociale de ce projet est loin d’être acquise, sachant que Drax brûlera plus de 7 millions de tonnes de bois par an dès l’an prochain. Les granulés qui passeront par le Port de Québec proviennent d’arbres de la forêt ontarienne abattus et broyés par Rentech Inc., une entreprise californienne en pleine expansion dans le monde de la bioénergie. En 2011, Rentech s’est vu attribuer par l’Ontario plus de 1,1 million de mètres cubes de bois par an en terre publique.»7

Selon un rapport de Greenpeace Canada, «les coupes à blanc, encore majoritairement utilisées et fortement agglomérées, détruisent jusqu’à 145.000 hectares de forêt boréale par bloc de coupe, ce qui équivaut à plus de 150.000 terrains de football»8

Ce pillage de la ressource est tel que 61 scientifiques américains ont écrit à la Commission européenne9 pour s’inquiéter de cette situation, estimant que les Etats du Sud des Etats-Unis vont exporter près de 6 millions de tonnes de bois en 2015. Ils demandent à l’Union européenne de «repenser sa politique qui alimente cette demande pour des pellets de bois comme source de combustible pour générer de l’électricité en Europe».

«Les sociétés10 s’implantent dans les régions forestières du monde entier. Elles achètent des forêts entières, y implantent des unités de fabrication de granulés destinés à approvisionner des centrales européennes. Autre conséquence de cette nécessaire ressource: l’émergence de la «culture» du bois. L’idée étant de planter des forêts d’essence à croissance rapide et donc à rotation courte, de 10 à 15 ans, d’exploiter par coupe rase et de replanter. Avec comme conséquence la nécessité d’intrants pour favoriser la croissance rapide et de grandes quantités d’eau pour démarrer la pousse.

Voir par exemple E.On en Afrique, qui achète 8.000 ha quitte à exproprier les petits paysans locaux et à leur interdire l’accès à l’eau. L’Australie, qui privilégie l’utilisation des déchets bois, a interdit l’utilisation du bois d’oeuvre en tant que bois énergie. Pour pallier à cette difficulté certaines compagnies de production d’énergie envisagent de cultiver de grandes étendues d’eucalyptus pour fabriquer du combustible pour leur propre compte, mais aussi pour l’export à destination de… l’Europe.»11

Dans ces plantations d’arbres à destination des centrales à biomasse, l’on trouvera sans doute les nouvelles espèces d’arbres génétiquement modifiés. Depuis plusieurs années, des expérimentations sont menées sur des variétés d’eucalyptus et de peupliers OGM. L’Institut National de Recherche Agronomique en France a récemment mené un projet de recherche intitulé «Taillis à très courte rotation de peupliers génétiquement modifiés pour les propriétés du bois - Evaluations agronomique et environnementale - Evaluation du bois pour la production de bioénergie»12.

Mais selon d’autres informations, dans les centrales à charbon converties à la biomasse, il est conseillé de ne brûler que des pellets issus de feuillus à croissance lente avec un faible pourcentage d’écorce. En effet, les autres types d’arbres ont un niveau trop élevé de sels alcalins et corrodent leurs chaudières13. Ainsi, ce n’est pas par hasard que les entreprises de production de pellets les plus performantes du Sud des Etats-Unis ciblent les forêts de feuillus. S’il est vrai que des entreprises comme Drax ont besoin d’exploiter des forêts de feuillus à croissance lente, l’impact sera immédiat, car très peu de forêts feuillues autochtones dans le Sud des Etats-Unis ont survécu aux coupes rases et aux plantations de monocultures de résineux. La plupart de ces forêts se trouvent dans les zones isolées ou humides. La biodiversité de la région sera anéantie en un court laps de temps. L’industrie dépendra ensuite de la destruction de forêts à croissance lente ailleurs, au Canada, en Russie, en Europe de l’Est...

On pourrait penser que la perspective était déjà assez sombre ainsi, mais d’autres menaces planent sur les forêts de notre planète. Dans un entretien avec Radio Zinzine14, Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, lance l’avertissement que la nouvelle génération d’agrocarburants visera surtout des arbres. Un article publié par Enerzine15 vient confirmer cette crainte. «En 2012, la Finlande a notifié son intention de soutenir financièrement la construction d’une unité de production d’huile de pyrolyse, dans une centrale combinée chaleur et électricité existante à Joensuu.» Joaquín Almunia, commissaire européen chargé de la politique de concurrence, a donné son feu vert à la construction de cette usine. Pour lui, «l’huile de pyrolyse constitue une excellente alternative au fuel lourd. Elle peut être utilisée dans des chaudières à mazout existantes, moyennant des adaptations minimes, ce qui constitue un sérieux incitant, pour les producteurs de chaleur, à se tourner vers des combustibles plus propres.» L’article précise que «la production repose sur un processus dit de ‘pyrolyse rapide’, par lequel la biomasse est convertie en biohuile».

La synthèse de Jean-François Davaut aborde deux autres aspects méconnus de cet engouement pour la biomasse industrielle: le mythe du carbone neutre et la biomasse qui pollue autant que le charbon.

Le mythe du «carbone neutre»

«La destruction des forêts et la combustion de la biomasse qui s’ensuit sont l’affaire de quelques heures. Par contre, la régénération de biomasse nécessaire à la recapture du carbone émis va prendre plusieurs dizaines d’années. Il y a donc mécaniquement un 'pic carbone' qui va durer quelques dizaines d’années. De plus la combustion de la biomasse émet 51% de CO2 de plus que la même quantité de charbon, ce qui crée une «dette» carbone. Il a été calculé qu’il faut environ 40 ans pour annuler cette dette carbone supplémentaire par croissance de biomasse nouvelle, et qu’il faut 100 ans pour neutraliser l’émission carbone totale.»

Biomasse polluante

«Prônée par quasiment l’ensemble des institutions politiques et écologiques, il apparaît que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un discours simplificateur, qui va à l’encontre des objectifs affirmés. Des rapports scientifiques émanant d’organisations indépendantes, voire de collectifs de scientifiques, prouvent que les centrales à biomasse de grande capacité vont à l’opposé des résultats recherchés, à savoir un moindre impact écologique.

Brûler de la biomasse est en général plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne le dioxyde de soufre. Des données de centrales en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules. Sauf que la biomasse émet davantage de particules fines. Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures que par combustion du charbon. Pour compléter ce tableau, il faut noter que le pouvoir énergétique de la biomasse est environ deux fois plus faible que celui du charbon: il faut donc environ 2 tonnes de biomasse pour obtenir l’équivalent énergétique d’une tonne de charbon.

Ce qui amène à questionner les politiques publiques mises en place pour favoriser l’émergence des énergies renouvelables, ou plutôt de certaines catégories d’entre elles. L’un de ces rapports a servi à la Cour fédérale américaine pour annuler des lois mettant en place des subventions et des avantages fiscaux pour la production d’électricité à partir de la biomasse bois. De plus en plus de projets sont contestés, y compris par des organismes d’Etat chargés d’éclairer les décideurs politiques»16.

On ne peut donc que lancer un appel massif «Halte à la biomascarade», ce qui ne met aucunement en question des petites chaufferies à biomasse adaptées à la ressource locale.

https://www.sauvonslaforet.org/petitions/959/e-on-veut-bruler-les-forets-francaises-a-gardanne

<h4>Contexte</h4>

Publications du Collectif SOS Forêts du Sud

• Rapport intégral „Halte à la biomascarade - Non ! aux mégacentrales d’E.On et d’Inova
• Blog consacré au projet d’E.On à Gardanne Collectif Forêts du Sud
• Articles de Nicholas Bell publiés sur le site forumcivique.org :
1- FORÊT: Halte à la biomascarade
2- FORÊTS: Contre le délire d’E.On
3- DOSSIER FORÊT: Ca brûle pour la forêt!

Informations supplémentaires

Médias
• Article de Reporterre La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles
• Rapport de Reporterre E.On, la centrale thermique de Gardanne et la châtaigneraie cévenole
• Article du Canard enchainé Une volée de bois vert dans la chaudière
• Articles d’Actu-Environnement 1-E.ON concrétise son projet controversé de centrale biomasse à Gardanne , 2- Centrale de biomasse à Gardanne : le parc national des Cévennes et E.ON signent un protocole
• Article de La Provence échoplanète Biomasse : la centrale de Gardanne va-t-elle griller la filière bois ?
• Article d’Enerzine.com Provence 4 : la plus puissance centrale électrique biomasse de France
• Article de CQFD Centrale à charbon de Gardanne et déforestation des Cévennes

Biomasse
• Rapport de Greenpeace Canada De biomasse à... biomascarade - Pourquoi brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population
• Articles du Monde 1- Ségolène Royal fait feu de tout bois, 2- La biomasse, dévoreuse de terres agricoles et de forêts ?
• Article de la Global Forest Coalition La conversion de centrales à charbon en biomasse : une catastrophe pour les forêts de feuillus

En anglais
• Rapport de Biofuelwatch Biomass: The Chain of Destruction
• Littérature scientifique et informations de fonds sur le sujet de la biomasse Resources on (Wood) Biomass for Heat and Power: Scientific Articles, Fact sheets and Reports, Letters and Resolutions, Background about the Forest Stewardship Council, Videos

Destinataires de la pétition

En plus de signer la pétition, il vous est possible de contacter directement ses destinataires :

Autorités françaises

Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie de la République française

Courriel : segolene.royal@developpement-durable.gouv.fr

Directoire d'E.On

M. Johannes Teyssen, Directeur général et président du directoire d’E.On
M. Leonhard Birnbaum, Membre du directoire d’E.On
M. Jørgen Kildahl, Membre du directoire d’E.On
M. Bernhard Reutersberg, Membre du directoire d’E.On
M. Klaus Schäfer, Directeur financier et membre du directoire d’E.On
M. Mike Winkel, Membre du directoire d’E.On

E.On SE
E.ON-Platz 1
40479 Düsseldorf
Allemagne
Tél : +49 (0)211 4579 0
Fax : +49 (0)211 4579 501
Courriel : info@eon.com

Courriel : efr_sales@eon.com

<h4>Mises à jour</h4>

30 juil. 2014

FORÊT: Halte à la biomascarade

E.On à Gardanne - Complément d'informations

Article de Nicholas Bell, FCE - France,17.06.2014
Archipel émission 227 (06/2014)
http://www.forumcivique.org/fr/articles/for%C3%AAt-halte-%C3%A0-la-biomascarade

Depuis quelque temps nous vous informons régulièrement sur la lutte menée contre le projet aberrant de l’entreprise allemande E.On de transformer sa centrale électrique à charbon à Gardanne, près de Marseille, en centrale fonctionnant avec de la biomasse1.

Au fur et à mesure que nous avons approfondi notre connaissance de ce dossier délirant, nous nous sommes rendu compte qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, que les menaces qui pèsent sur nos forêts sont infiniment plus monstrueuses qu’imaginées jusqu’alors. Rappelons que la centrale d’E.On aura besoin d’environ 900.000 tonnes de bois par an, dont la vaste majorité sous forme d’arbres coupés afin d’être brûlés, pour produire de l’électricité avec un rendement de guère plus de 30%. Ce qui signifie que 70% des arbres ne serviront qu’à chauffer le ciel et à polluer la région autour.

La dimension mondiale de cette problématique était déjà évidente, car pendant les premiers dix ans de fonctionnement la moitié du bois sera importée, sans doute du Canada. C’est grâce à des rapports détaillés publiés par des associations britanniques, canadiennes et américaines que nous avons commencé à mesurer l’échelle de la catastrophe2.

Il s’avère que le projet d’E.On à Gardanne fait partie d’un nombre considérable de telles conversions «charbon-vers-biomasse» en Europe. Prenons l’exemple du Royaume-Uni (RU) où les centrales à charbon sont parmi les plus polluantes d’Europe. Selon un article de la «Global Forest Coalition»3, plusieurs centrales à charbon qui ne respectaient pas les exigences de la «Directive européenne sur les grandes installations de combustion»4 à cause de leurs fortes émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été ou seront converties à la biomasse. Les conversions déjà autorisées au RU auront besoin de plus de 50 millions de tonnes de bois par an, soit plus de cinq fois tout le bois produit annuellement par les forêts du pays5.

Les conversions «charbon-vers-biomasse» sont au cœur de la politique britannique sur les énergies renouvelables. Il est donc bien évident que les autorités britanniques et les industriels du secteur au RU comptent sur des importations massives de bois, en général sous la forme de pellets6. En résulte une véritable ruée vers l’or vert.

Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace Québec, a écrit dans son blog: «J’étais de passage en Europe la semaine dernière, entre autres pour rencontrer des représentants et députés du Parlement européen. Objectif: tenter de faire changer les politiques énergétiques européennes qui encouragent (et même subventionnent) la combustion de bois pour remplacer le charbon dans les grandes centrales thermiques. Les forêts européennes ne pouvant suffire à la demande grandissante des géants énergétiques (GDF-Suez, RWE, DRAX, Vattenfal, E.ON, etc.), ces grands producteurs d’électricité ont de plus en plus recours au bois des forêts canadiennes et américaines. Utilisant initialement des sciures et des résidus industriels, les producteurs de granulés canadiens doivent maintenant se tourner vers la forêt pour suffire à la demande.»

(…) A l’image de cette industrie qui se développe en catimini sans réel débat public, le Port de Québec a donné son aval à l’entreprise Arrimage Québec pour construire un terminal et permettre l’exportation de 75.000 tonnes de granulés par an à destination d’une immense centrale thermique de 4.000 MW appartenant à DRAX en Angleterre. Or l’opposition de la population locale est palpable et l’acceptabilité sociale de ce projet est loin d’être acquise, sachant que Drax brûlera plus de 7 millions de tonnes de bois par an dès l’an prochain. Les granulés qui passeront par le Port de Québec proviennent d’arbres de la forêt ontarienne abattus et broyés par Rentech Inc., une entreprise californienne en pleine expansion dans le monde de la bioénergie. En 2011, Rentech s’est vu attribuer par l’Ontario plus de 1,1 million de mètres cubes de bois par an en terre publique.»7

Selon un rapport de Greenpeace Canada, «les coupes à blanc, encore majoritairement utilisées et fortement agglomérées, détruisent jusqu’à 145.000 hectares de forêt boréale par bloc de coupe, ce qui équivaut à plus de 150.000 terrains de football»8

Ce pillage de la ressource est tel que 61 scientifiques américains ont écrit à la Commission européenne9 pour s’inquiéter de cette situation, estimant que les Etats du Sud des Etats-Unis vont exporter près de 6 millions de tonnes de bois en 2015. Ils demandent à l’Union européenne de «repenser sa politique qui alimente cette demande pour des pellets de bois comme source de combustible pour générer de l’électricité en Europe».

«Les sociétés10 s’implantent dans les régions forestières du monde entier. Elles achètent des forêts entières, y implantent des unités de fabrication de granulés destinés à approvisionner des centrales européennes. Autre conséquence de cette nécessaire ressource: l’émergence de la «culture» du bois. L’idée étant de planter des forêts d’essence à croissance rapide et donc à rotation courte, de 10 à 15 ans, d’exploiter par coupe rase et de replanter. Avec comme conséquence la nécessité d’intrants pour favoriser la croissance rapide et de grandes quantités d’eau pour démarrer la pousse.

Voir par exemple E.On en Afrique, qui achète 8.000 ha quitte à exproprier les petits paysans locaux et à leur interdire l’accès à l’eau. L’Australie, qui privilégie l’utilisation des déchets bois, a interdit l’utilisation du bois d’oeuvre en tant que bois énergie. Pour pallier à cette difficulté certaines compagnies de production d’énergie envisagent de cultiver de grandes étendues d’eucalyptus pour fabriquer du combustible pour leur propre compte, mais aussi pour l’export à destination de… l’Europe.»11

Dans ces plantations d’arbres à destination des centrales à biomasse, l’on trouvera sans doute les nouvelles espèces d’arbres génétiquement modifiés. Depuis plusieurs années, des expérimentations sont menées sur des variétés d’eucalyptus et de peupliers OGM. L’Institut National de Recherche Agronomique en France a récemment mené un projet de recherche intitulé «Taillis à très courte rotation de peupliers génétiquement modifiés pour les propriétés du bois - Evaluations agronomique et environnementale - Evaluation du bois pour la production de bioénergie»12.

Mais selon d’autres informations, dans les centrales à charbon converties à la biomasse, il est conseillé de ne brûler que des pellets issus de feuillus à croissance lente avec un faible pourcentage d’écorce. En effet, les autres types d’arbres ont un niveau trop élevé de sels alcalins et corrodent leurs chaudières13. Ainsi, ce n’est pas par hasard que les entreprises de production de pellets les plus performantes du Sud des Etats-Unis ciblent les forêts de feuillus. S’il est vrai que des entreprises comme Drax ont besoin d’exploiter des forêts de feuillus à croissance lente, l’impact sera immédiat, car très peu de forêts feuillues autochtones dans le Sud des Etats-Unis ont survécu aux coupes rases et aux plantations de monocultures de résineux. La plupart de ces forêts se trouvent dans les zones isolées ou humides. La biodiversité de la région sera anéantie en un court laps de temps. L’industrie dépendra ensuite de la destruction de forêts à croissance lente ailleurs, au Canada, en Russie, en Europe de l’Est...

On pourrait penser que la perspective était déjà assez sombre ainsi, mais d’autres menaces planent sur les forêts de notre planète. Dans un entretien avec Radio Zinzine14, Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, lance l’avertissement que la nouvelle génération d’agrocarburants visera surtout des arbres. Un article publié par Enerzine15 vient confirmer cette crainte. «En 2012, la Finlande a notifié son intention de soutenir financièrement la construction d’une unité de production d’huile de pyrolyse, dans une centrale combinée chaleur et électricité existante à Joensuu.» Joaquín Almunia, commissaire européen chargé de la politique de concurrence, a donné son feu vert à la construction de cette usine. Pour lui, «l’huile de pyrolyse constitue une excellente alternative au fuel lourd. Elle peut être utilisée dans des chaudières à mazout existantes, moyennant des adaptations minimes, ce qui constitue un sérieux incitant, pour les producteurs de chaleur, à se tourner vers des combustibles plus propres.» L’article précise que «la production repose sur un processus dit de ‘pyrolyse rapide’, par lequel la biomasse est convertie en biohuile».

La synthèse de Jean-François Davaut aborde deux autres aspects méconnus de cet engouement pour la biomasse industrielle: le mythe du carbone neutre et la biomasse qui pollue autant que le charbon.

Le mythe du «carbone neutre»

«La destruction des forêts et la combustion de la biomasse qui s’ensuit sont l’affaire de quelques heures. Par contre, la régénération de biomasse nécessaire à la recapture du carbone émis va prendre plusieurs dizaines d’années. Il y a donc mécaniquement un 'pic carbone' qui va durer quelques dizaines d’années. De plus la combustion de la biomasse émet 51% de CO2 de plus que la même quantité de charbon, ce qui crée une «dette» carbone. Il a été calculé qu’il faut environ 40 ans pour annuler cette dette carbone supplémentaire par croissance de biomasse nouvelle, et qu’il faut 100 ans pour neutraliser l’émission carbone totale.»

Biomasse polluante

«Prônée par quasiment l’ensemble des institutions politiques et écologiques, il apparaît que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un discours simplificateur, qui va à l’encontre des objectifs affirmés. Des rapports scientifiques émanant d’organisations indépendantes, voire de collectifs de scientifiques, prouvent que les centrales à biomasse de grande capacité vont à l’opposé des résultats recherchés, à savoir un moindre impact écologique.

Brûler de la biomasse est en général plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne le dioxyde de soufre. Des données de centrales en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules. Sauf que la biomasse émet davantage de particules fines. Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures que par combustion du charbon. Pour compléter ce tableau, il faut noter que le pouvoir énergétique de la biomasse est environ deux fois plus faible que celui du charbon: il faut donc environ 2 tonnes de biomasse pour obtenir l’équivalent énergétique d’une tonne de charbon.

Ce qui amène à questionner les politiques publiques mises en place pour favoriser l’émergence des énergies renouvelables, ou plutôt de certaines catégories d’entre elles. L’un de ces rapports a servi à la Cour fédérale américaine pour annuler des lois mettant en place des subventions et des avantages fiscaux pour la production d’électricité à partir de la biomasse bois. De plus en plus de projets sont contestés, y compris par des organismes d’Etat chargés d’éclairer les décideurs politiques»16.

On ne peut donc que lancer un appel massif «Halte à la biomascarade», ce qui ne met aucunement en question des petites chaufferies à biomasse adaptées à la ressource locale.

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L'affirmation nationale n'est pas un péché ! Dimanche 14 Septembre 2014

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La République, #Politique intérieure

Tract de la France Libre.
Tract de la France Libre.

Tract de la France Libre.

L'affirmation nationale n'est pas un péché !

Dimanche 14 Septembre 2014. Par le journal "Marianne".

Propos recueillis par Alexis Lacroix.

En cette rentrée, "Marianne" a demandé à un intellectuel d'analyser la crise politique en France. Pour le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner, notre démocratie est sapée par ce qu'il nomme "l'acratie", c'est-à-dire le renoncement de nos gouvernants à actionner les leviers du pouvoir. Il sonne l'alarme. Et en appelle, d'urgence, à un sursaut républicain. Le débat est lancé.
Photo d'Hannah Assouline.

Photo d'Hannah Assouline.

 L'affirmation nationale n'est pas un péché !    Dimanche 14 Septembre 2014

Marianne : En France, la crise de confiance dans la parole et l'action politiques atteint un paroxysme depuis le remaniement. En cette rentrée surtendue, comment analysez-vous cette défiance ?
Jean-Claude Milner : Je retiens plusieurs raisons. Le quinquennat resserre le rythme et, du coup, souligne l'absence de contraste. La droite a été remplacée par la gauche ; pourtant, à tort ou à raison, l'opinion ne perçoit pas de différence. L'alternance tourne à vide. Qui plus est, la coïncidence trop étroite entre élection présidentielle et élections législatives a retiré aux Français un moyen de corriger la trajectoire en cours de mandat ; la Constitution est devenue de ce fait une machine à produire des déconvenues. Dire que l'action politique est mise en cause, c'est un lieu commun, mais il y a plus : le doute s'étend aux institutions, je veux dire à la notion d'institution elle-même, ce qui relève à mes yeux du populisme. Toutefois, ces raisons n'expliquent pas tout.

Pourquoi ?
Parce que, plus profondément, le doute s'est installé dans l'esprit des Français sur le caractère national de leurs gouvernements.

Que voulez-vous dire ?
Aujourd'hui, l'esquisse même de réalisation d'un programme de type Front populaire serait tout bonnement impossible. A cause de l'Europe. Même le programme qui avait été défini par François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle ne serait complètement applicable qu'à la condition de rompre avec plusieurs principes posés par l'Europe - je pense à la règle de libre concurrence qui interdit à l'Etat de soutenir des entreprises en difficulté. Or, la possibilité que l'Etat soit un acteur économique faisait partie de l'identité nationale.

Justement. L'Union européenne, comme vous le suggérez dans « La Politique des choses », fonctionne-t-elle comme une machine à « dépolitiser » ?
Oui, et les conséquences de cette dépolitisation sont particulièrement aiguës pour la gauche française. Elle tient à garder dans sa rhétorique une référence aux précédents de 1936 et de la Libération mais, à supposer qu'elle veuille s'en inspirer, elle se heurte, dans le réel, aux empêchements nés de traités qu'elle a elle-même ratifiés. On soutient que le Parti socialiste, à la différence de son homologue allemand, n'a pas fait son Bad Godesberg et n'a pas voulu assumer sa mue sociale-démocrate. C'est vrai, mais le PS a choisi l'Europe. Or, cela revient strictement au même. Sauf qu'on demeure dans le non-dit. Au lieu d'une révision idéologique explicite, on a préféré maintenir un idéal programmatique, en y juxtaposant une idolâtrie européenne qui, de fait, voue ce programme à du pur bavardage. Conclusion : les socialistes subissent un tiraillement maximal entre deux fantasmes.

La droite républicaine paraît aussi assez « tiraillée »...
Oui, mais à un moindre degré. Je ne parle pas ici des querelles de personnes. La droite de gouvernement est partagée entre le souvenir de la doctrine gaulliste en matière européenne et les effets de la déconstruction méthodique de cette doctrine, à partir de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974. Depuis lors, la droite se présente comme la plus européenne des formations politiques, mais cet engagement est contredit par la rémanence, toujours possible, de la thématique gaulliste.

C'est en raison de ces tiraillements structurels que triomphe aujourd'hui, au sommet de l'Etat, une certaine « acratie » ?
Oui, mais ce n'est pas lié à la personne d'un président en particulier. Tout le personnel politique français ne sait gouverner que dans le cadre de l'Etat westphalien ; il ne peut rationaliser son action que dans les limites de l'Etat-nation - un Etat doté d'un pouvoir central, qui homogénéise et rééquilibre le territoire ; cela requiert, entre autres choses, une économie animée par la puissance publique. Cet Etat non seulement stratège mais aussi investisseur est au cœur de notre modèle ; aujourd'hui, il est mis en échec par les traités européens. C'est pourtant lui qui a permis à notre pays, à de nombreuses reprises par le passé, de sortir des pires crises en lançant d'amples programmes de revitalisation de l'économie. De ma part, ce n'est en aucune façon un réquisitoire contre l'Europe. C'est un réquisitoire contre les hommes politiques. Aucun n'a eu l'audace de la clarté : si l'on veut maintenir le modèle français, il faudrait, dans les traités, une clause de préservation de l'Etat investisseur - ce qui conduirait à réévaluer la notion de déficit public. Si on juge cela inopportun ou nocif, alors il faut dire ouvertement que l'investissement public est devenu un luxe que la France ne peut plus s'offrir. Il faut choisir, or on ne choisit pas. D'où l'acratie dans ses deux variantes : soit le décisionnisme frénétique de Nicolas Sarkozy, soit la résolution de François Hollande de n'entreprendre que ce qu'autorisent les traités européens, pas davantage. A l'impopularité de l'un a succédé l'impopularité de l'autre ; sous des apparences opposées, la cause réelle est la même : le néant.

Etes-vous finalement devenu, comme Régis Debray ou Alain Finkielkraut, un nostalgique du général de Gaulle ?
Pas du tout ! Plutôt que la nostalgie du gaullisme, je ressens l'urgence du choix : ou bien le personnel politique français s'avise que sa méthodologie est liée à un modèle - celui de l'Etat-nation, stratège et investisseur - auquel il a lui-même renoncé, au nom de l'Europe, et alors il doit affronter la contradiction et la traiter d'une manière intelligente, ou bien il n'affronte rien, et le sentiment de ne plus être gouverné risque d'atteindre dans le peuple une intensité difficilement tolérable.

Plusieurs géographes et écrivains décrivent le face-à-face de deux France qui s'ignorent : celle, intégrée à la mondialisation, des centres-villes, et celle, laissée pour compte, des zones périurbaines. Quelle est votre analyse ?
Cette fracture est à mon avis la conséquence directe de la crise du mode d'intervention traditionnel de l'Etat. Encore une fois, un des mérites de la centralisation à la française tenait au principe d'équilibre qui la régissait.

D'équilibre entre les territoires...
De recherche d'équilibre, en tout cas. L'Etat cherchait à rééquilibrer les régions entre elles par la redistribution, les services publics, etc. De la même façon, dans les agglomérations, la division entre centre et périphérie était compensée par l'implantation de sites industriels dans les banlieues (Citroën à Aulnay, Renault à Billancourt...). On ne peut pas négliger le rôle d'entraînement de ces entreprises nationalisées. Aujourd'hui, il n'y a plus un seul bassin d'emploi qui soit à la taille des zones périurbaines. Est-ce en réduisant le nombre de régions qu'on réparera cette situation ? Marianne a qualifié la réforme territoriale de « mille-feuille indigeste » - je crains de devoir ajouter : et inefficace. Etant donné la nature des pouvoirs exercés par les régions, qui tiennent plus de la gestion administrative que de la décision, il aurait fallu privilégier des évolutions de fonctionnement plutôt qu'un redécoupage. Faute de quoi, l'ancien centralisme dit « jacobin » se sera mué en un centralisme à centres multiples. Si le centralisme se définit comme pouvoir discrétionnaire d'un centre, la France de 2014 est plus centralisée qu'en 1981.

Comment, face à ces risques d'éclatement de la cohésion nationale, reconstruire du nous ?
Nulle part, sauf en France, le nationalisme n'est stigmatisé. Le mot nous choque. Le mot « patriotisme » nous fait sourire. Je parlerai donc d'indépendance nationale. On la permet aux pays émergents ; pourquoi serait-elle interdite aux pays vieillissants ? Le mot « national » sonne désagréablement, mais tant pis : il faut cesser de tenir l'affirmation nationale et l'indépendance nationale pour des péchés.

Pourquoi ?
Car il y a une manière non excluante de s'affirmer comme nation : les Allemands l'ont prouvé en menant à bien leur réunification.

Donc, pour vous, le préalable à la réaffirmation du nous, c'est la rupture avec le « french bashing », cette spécialité hexagonale ? Cela peut-il sérieusement endiguer le Front national ?
Le FN a réussi ; il répond donc à des demandes. Au-delà de ces demandes, je discerne un désir d'histoire. Valéry Giscard d'Estaing avait tort : la page n'est jamais blanche. Se réapproprier, aujourd'hui, l'histoire d'un pays, ce serait entamer la reconstruction de ce que vous nommez le nous - l'appropriation républicaine des déterminations politiques. Sans mensonges, ni oubli, ni ignorance.

Il faudrait, aujourd'hui, rejouer une part de cette bataille ? En réarmant la pensée républicaine, c'est cela ?
Il faut, aujourd'hui, rejouer toute la partie. Pour une raison inverse de celle qui prévalait en 1875, au début de la IIIe République. La République est devenue une habitude. C'est presque pire.

En France, écriviez-vous dans « De l'école », « tout tient à quelques fragments de savoir ». Ce sont ces fragments de savoir qu'il faudrait remettre au cœur de notre actualité ?
Mais oui, car ces fragments de savoir et de culture spécifiques, liés à la singularité du modèle français, peuvent encore inspirer, en France, des décisions majeures. Un seul exemple : la neutralité de l'espace public. On ne peut que constater l'influence croissante du multiculturalisme ; elle s'appuie sur une donnée : la montée de l'islam politique, et sur une légende : les prétendus succès qu'auraient obtenus les modèles d'intégration fondés sur la juxtaposition et l'indifférence mutuelle des communautés. Or, ces modèles ont complètement échoué ; il suffit d'enquêter dans leurs zones d'influence : l'Europe du Nord et les nations anglophones. Quant à l'islam politique, plutôt qu'une menace, j'y discerne un rappel, qui n'a rien à voir avec l'islam. L'erreur, c'est de croire que les libertés démocratiques, la tolérance, l'autonomie intellectuelle sont naturelles ; elles ne le sont pas. Elles sont artificielles. Elles dépendent d'une machinerie compliquée, dont le meilleur artisan et le meilleur protecteur est un Etat ; quant à cet Etat, le meilleur moyen qu'il a d'intéresser ses citoyens à son perfectionnement, c'est de prendre appui sur l'indépendance nationale. C'est pour avoir négligé cette donnée élémentaire qu'on a laissé se développer de véritables zones d'extraterritorialité, où s'imposent des contre-modèles antirépublicains. Face à l'imminence des fractures, un propos commun doit être réarticulé ; si l'on veut que ce propos soit audible dans l'opinion, on ne peut y parvenir qu'en donnant toute sa place à la détermination «Etat-nation». L'articulation de la dimension nationale et de la dimension étatique va devoir être réinscrite au cœur de nos préoccupations.

Milner en 5 dates

> 1941 Naissance à Paris
> 1966 Fonde les Cahiers pour l'analyse
> 1992 Publie Constat
> 2003 Publie les Penchants criminels de l'Europe démocratique (Verdier)
> 2014 Prononce, en août, une conférence sur la question du nous au Banquet du livre organisé par les éditions Verdier, à Lagrasse (Aude)

http://www.marianne.net/L-affirmation-nationale-n-est-pas-un-peche%C2%A0_a241194.html?TOKEN_RETURN

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Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La nation ., #Politique intérieure, #SolidaritéS, #Services publics

Emmanuel Macron ne paie pas l’impôt sur la fortune….

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

Texte repris sur( le site "Les moutons Enragés".

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

Le ministre de l’économie, ne paie pas l’ISF !

Comment c’est possible me direz vous ?

Je ne sais pas du tout !

A l’heure où une grande partie des français, fait le siège de leur centre des impôts, pour demander des délais de paiement, voilà qui a de quoi nous interpeler. Il a investi d’après ses dires, dans la réfection d’une maison familiale, vu ce qu’il a gagné, ne doutons pas du grand luxe de cette maison….

Titre original: Emmanuel Macron fraude également le fisc…

Thomas Thévenoud n’est pas un exception, il est la règle ! C’est pour cela qu’il pensait ne pas se faire prendre…

[Emmanuel Ratier - Faits & Document - N° 382 - Septembre 2014]

Le nouveau ministre de l’Économie Emmanuel Macron réussit l’exploit de ne pas payer l’ISF alors même que :

  • il est marié à une femme (de 56 ans) héritière d’une des grandes familles bourgeoises d’Amiens,
  • il détient une villa huppée au Touquet (résidence secondaire ne bénéficiant pas d’un abattement de 30 % pour résidence principale),
  • il a été payé durant ses études à l’ENA,
  • il est inspecteur des Finances depuis 2004 (revenu minimal : 12 000 euros par mois)
  • il a été secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014 (14 910 € par mois, plus tous les avantages évidents qui en découlent),
  • il a entre-temps rejoint la banque d’affaires Rothschild & Cie en 2008, successivement comme banquier d’affaires (2008-2011) puis associé gérant (2011-2012).
  • À ce titre, il a reconnu avoir touché 2 millions d’euros brut, soit au moins 1 million net, pour la seule période allant de décembre 2010 et mai 2012

(Question : comment faire confiance à un ministre de l’Économie, sans enfant, fils de deux médecins, marié à l’héritière d’une grande famille bourgeoise provinciale, membre du groupe de Bilderberg, Young Leader de la French American Foundation, disposant d’énormes avantages professionnels, qui n’a pas réussi en dix ans à accumuler 1,3 million d’euros tout en gagnant chaque année entre 200 000 et 1 million d’euros brut ?).

http://www.faits-et-documents.com

Source LibertesInternets relayé par Crashdebug

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!
Emmanuel Macron dévoile ses revenus

Le nouveau ministre de l’Economie a accepté de communiquer sur son salaire de banquier au journal L’Express. Directeur de la banque Rothschild en 2008, Emmanuel Macron est devenu associé-gérant en 2011. Cette année là, il gagne un million d’euros brut. Plus encore un million pour les quatre premiers mois de 2012. En enlevant les charges sociales et les impôts, le journal estime son revenu à un million d’euro de décembre 2010 à mai 2011.

Malgré cette somme, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée ne paie pas l’impôt sur la fortune (ISF). Il a notamment investi son argent dans la rénovation d’une maison familiale. Avec le reste de son patrimoine, ses revenus n’excèdent pas le seuil de 1,3 million d’euros.

Le ministre assure que sa déclaration de patrimoine, qui sera contrôlée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, confirmera ces déclarations.

SOURCE

via les M.E.

Le putsch des banksters, légiférer par ordonnance. Il parait qu'Emmanuel macron est socialiste!

http://www.brujitafr.fr/article-emmanuel-macron-ne-paie-pas-l-impot-sur-la-fortune-124574719.html

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Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Politique intérieure, #la liberté

15 septembre 2014.

Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

Source : Numerama

La Quadrature du Net a organisé le vendredi 5 septembre une soirée d’information dans les locaux de Mozilla à Paris, pour mettre en alerte sur le contenu de la loi anti-terrorisme que doit présenter l’actuel ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve.

Ce texte sera présenté par lui le 17 septembre à l’Assemblée Nationale…

 Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

Le 17 septembre prochain, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve doit présenter à l’Assemblée Nationale son projet de loi de lutte contre le terrorisme, qui éloignera un peu plus le curseur de la “liberté” pour le rapprocher de la “sécurité”. Le texte prévoit notamment de durcir les lois sur la presse, ou d’instaurer un blocage de sites internet sur ordre de l’Etat, sans possibilité pour des tiers de savoir quels sont les sites bloqués, et donc sans possibilité de s’y opposer en justice, ni en amont, ni en aval.

Le Gouvernement a choisi de présenter le texte sous le régime de la procédure accélérée, ce qui veut dire que les députés et les sénateurs ne pourront en débattre et l’amender qu’une seule fois pour chaque chambre, sans possibilité d’allers-retours. C’est donc avec la conscience de l’urgence de mobiliser les citoyens pour qu’ils mobilisent à leur tour leurs élus que La Quadrature du Net a décidé d’organiser ce vendredi soir à Paris une réunion dans les locaux de Mozilla, au 16bis boulevard Montmartre (de 17h à 19h).

L’association lance par ailleurs un site internet, Présumés Terroristes, qui explique en détails les enjeux du texte pour les libertés individuelles (y compris hors Internet), et va jusqu’à remettre en cause la proportionnalité du dispositif par rapport à la réalité de la menace et du risque terroriste, qui reste statistiquement très faible.

La loi est l’affaire de tous. Le gouvernement a choisi une procédure d’urgence, à cheval sur l’été, pour faire adopter un projet de loi portant atteinte aux libertés fondamentales et inefficace pour la lutte contre le terrorisme. Il est du devoir des élus de la nation et des citoyens de se mobiliser pour défendre les libertés de tous, et nous appelons chacun à prendre ses responsabilités devant ce projet de loi“, exhorte Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

La Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, Reporters sans frontières, font également partie des organisations vivement alertées par les dangers de ce texte pour les libertés individuelles et la démocratie.

47 réponses à Le 17 septembre à l’Assemblée : une loi anti-terrorisme terrorisante.

http://www.les-crises.fr/democratie-internet-43432/

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L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une conférence sur les accords transatlantiques (Canada-UE et USA-UE).

15 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Le traité Transatlantique., #Europe supranationale, #La nation ., #Economie

La grande braderie transatlantique ne se fera pas !

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une conférence sur les accords transatlantiques (Canada-UE et USA-UE).

Bonjour.

Les Traités transatlantiques (Canada/UE et USA/UE) doivent être au cœur des préoccupations de nos compatriotes. Ils vont conditionner nos conditions de vie. Chacun de nous doit prendre conscience qu’avec ces accords (Canada-UE et USA-UE), les services publics sont condamnés, la sécurité sociale va disparaître, la souveraineté alimentaire deviendra illégale, … . La vaste zone de libre-échange va accentuer la paupérisation des populations sur les deux rives de l’atlantique. La désindustrialisation va encore s’accélérer. Le communautarisme va se développer, car il sera le dernier rempart devant la misère grandissante. Le vrai pouvoir sera confié pour longtemps à des multinationales. Des tribunaux privés condamneront les états au bénéfice des transnationales, ces juridictions privées seront au-dessus des lois nationales. Etc… .

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise à Nice le mardi 16 septembre 2014 de 18h à 21h une soirée pour alerter devant ces dangers imminents. Cette conférence/débat se déroulera à la maison des Associations de Nice Garibaldi (12 place Garibaldi 06000 Nice) dans la salle Avelanie.

Si ces accords entrent en vigueur alors vous n'aurez plus rien à dire !

L'Etat non plus !

Tous les secteurs sont concernés :

Agriculture et alimentation, environnement et santé, sécurité sociale, emplois, salaires, retraites, services publics, éducation,

propriété intellectuelle (brevets, médicaments, semences...), etc.

Etes-vous d'accord ?

La négociation se tient dans le secret entre la Commission Européenne et le gouvernement des Etats-Unis.

Nos gouvernements et le Parlement Européen prévoient de ratifier ce traité en 2015.

Il n'est pas prévu de consulter les citoyens.

En 1998, notre mobilisation a empêché la signature d'un accord similaire, l'AMI (Accord Multilatéral sur l'Investissement).

Le TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) ou GMT (Grand Marché Transatlantique) ou encore PTCI (Partenariat Transatlantique sur le Commerce et l'Investissement) est un projet de libre-échange que les gouvernements de l'Union Européenne ont demandé à la Commission Européenne (désignée directement par eux) de négocier avec les USA.

Avec ce marché, les dirigeants européens et américains sont sur le point de nous soumettre définitivement aux multinationales qui ne veulent plus d'obstacles à leurs profits.

Si le TAFTA entrait en vigueur :

- les droits de douanes qui protègent notre agriculture seraient abolis : ce serait la fin de l'agriculture paysanne de proximité et de notre souveraineté alimentaire ;

- toutes les normes et règles publiques (sanitaires, environnementales, sociales, économiques, etc.) seraient menacées car préjudiciables au commerce ;

- les Etats qui voudraient interdire les OGM ou les gaz de schiste (par exemple) se verraient réclamer par les multinationales des dommages et intérêts dissuasifs devant une instance arbitrale privée ! Les Etats, les régions, les communes, donc les contribuables, devraient alors payer pour entrave au libre-échange et aux bénéfices que ne pourraient réaliser les multinationales !

La grande braderie transatlantique ne se fera pas !

Nous pouvons faire échouer ce projet liberticide !

Venez donc assister à cette conférence d'information !

Elle sera animée par Virginia Lombard.

Le montage technique a été réalisé par Jean-Claude Zucchini.

Le diaporama a été réalisé par Yves Cimbolini.

Ces trois personnes sont des membres actifs de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Venez nombreux à cette conférence, il est temps d’arrêter cette machine infernale !

Bien cordialement

Lucien PONS Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR ».

NOTA :

En pièce jointe vous trouverez l’affiche annonçant cette manifestation.

Vous trouverez dans les liens ci-dessous des informations complémentaires essentielles.

  • Le blog de Lucien Pons ici. A la rubrique : Le Traité Transatlantique / 135 articles.
  • L’article du Monde Diplomatique de juin 2014 ici
  • Un autre article du Monde Diplomatique de novembre 2013 rédigé par Lori Wallach ici
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