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Le blog de Lucien PONS

Les fascistes, les vrais ennemis du peuple, ce sont les ultra-privilégiés, les 1 %, par Etienne Chouard. Olivier Berruyer.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #Europe supranationale, #La nation ., #La République, #La France, #Ukraine, #La Russie

11 novembre2014.

Les fascistes, les vrais ennemis du peuple, ce sont les ultra-privilégiés, les 1 %, par Etienne Chouard

Tiens, une vidéo 100 % non conformiste de Chouard (un grand humaniste et Républicain)

Introduction :

Moscovici : Jacques Sapir est d’extrême droite (car pour la sortie de l’euro)

Fabius : Svoboda n’est pas d’extrême droite :

Le ministre des Affaires étrangères était l'invité de Clara Dupont-Monod à 7h50, pour évoquer (entre autres) la situation en Crimée et les tensions avec la Russie.
http://www.franceinter.fr/emission-linvite-de-7h50-laurent-fabius-lattitude-des-russes-est-inacceptable

La vidéo : Etienne Chouard :

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Annie Lacroix-Riz : stratégie du patronat synarchique et fasciste

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le fascisme, #La guerre, #La lutte des classes, #Le capitalisme;, #Le socialisme, #Histoire

Annie Lacroix-Riz : stratégie du patronat synarchique et fasciste

par Le Canard républicain (son site)
mardi 10 avril 2012

Extrait d’une vidéo produite en mars dernier par la société LES FILMS DE L’AN II, en les remerciant de leur aimable autorisation.

Pour en savoir davantage, consulter l’entretien d’Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie publié aujourd’hui par Agoravox. Dans ce dernier, cette historienne a répondu aux questions suivantes :

- Qu’est-ce-que la Synarchie ?
- Quel fut le niveau d’implication du patronat français dans cette organisation ?
- Cette organisation avait-elle également infiltré le mouvement syndical ?
- Dans le Pacte synarchique révolutionnaire pour l’Empire Français, l’« Union fédérative de l’Europe » ainsi que « les cinq fédérations impériales du monde actuel, déjà formées ou en formation, comme base d’une Société Universelle des Nations », sont évoquées. Cela semble être dans la lignée de ce que vous avez mentionné dans votre conférence-vidéo, Intégration européenne sous le contrôle du Reich et plans américains pour une unification de l’Europe, à partir de la 44 ième minute ?
- Que vous inspire l’appel lancé par les confédérations patronales française, allemande et italienne en octobre 2011 à davantage d’intégration européenne, ainsi que les « bonnes affaires » réalisées actuellement par le patronat allemand en Grèce ?
- Pour terminer, depuis plus d’un an, vous luttez contre la vaste entreprise de réhabilitation de Louis Renault, et avec lui, du haut patronat français sous l’Occupation. Qu’en est-il aujourd’hui de votre combat ?

Mes remerciements à Annie Lacroix-Riz.

J.G., Primidi 21 Germinal an 220

- Sur Le Canard Républicain : Les expositions de la France européenne sous Vichy

Sur le même thème

Quand l’Empire américain voulait gouverner la France
Les enjeux de la dette de l’Ancien Régime
Yannick BOSC : la question constituante
Annie Lacroix-Riz : Aux origines de l'Europe
La double illégitimité des Européennes


Réactions à cet article

L’entretien d’Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie est également présent sur Le Canard Républicain :
http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article593

Cordialement.
J.G.

La guerre de 14 puis le fascisme pour stopper le socialisme : 1900 (Novecento) film de Bernardo Bertolucci avec Depardieu et De Niro :

1900 (Novecento) film de Bernardo Bertolucci Avec Robert De Niro, Gérard Depardieu, Donald Sutherland http://www.allocine.fr/film/fichefilm...

D'Adolphe Thiers à Adolf Hitler, les bouchers des rentiers" http://www.dailymotion.com/video/x1oe...
L'impuissance politique du peuple démontre que nous ne sommes pas en démocratie.
Parce que ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
C'est au peuple d'écrire sa constitution http://www.le-message.org/

D'Adolphe Thiers à Adolf Hitler, les bouchers des rentiers"

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[Reprise] De Maïdan à Maïdanek : où sont passés les snipers de l’Hotel Ukraine ? Au gouvernement… Olivier Berruyer.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La mondialisation, #L'OTAN., #La guerre, #La Russie

19 novembre 2014.

[Reprise] De Maïdan à Maïdanek : où sont passés les snipers de l’Hotel Ukraine ? Au gouvernement…

4 novembre 2014

Cette enquête détaillée du massacre de l’EuroMaidan souligne avant tout qu’il n’y a pas eu de véritable rapport officiel depuis le 20 février 2014. En ce sens cette enquête est un document historique unique dont l’historiographie est constituée de tous ces médias qui enregistraient en continu l’Euro Maidan et qui révèle, lorsqu’ils sont synchronisés … un massacre organisé:

[Reprise] De Maïdan à Maïdanek : où sont passés les snipers de l’Hotel Ukraine ? Au gouvernement… Olivier Berruyer.

- les victimes sont autant des policiers que des manifestants:
- les forces de l’ordre ont tiré et donc tué des manifestants (cette enquête indépendante le souligne), mais la majorité des tirs meurtriers provenaient de tireurs du Secteur Droit qui ont méticuleusement visé et abattu des policiers, mais aussi beaucoup de manifestants désarmés.
- les tireurs n’ont jamais été inquiétés, ni recherchés par les responsables pro-Maidan
- Les responsables pro-Maidan étaient parfaitement informés de la présence de nombreux tueurs dans leurs rangs comme en attestent leurs déclarations et leurs prises de paroles

Alors on peut dire pour l’instant que le « crime paie », puisque parmi les responsables du mouvement pro-Maidan ceux qui sont impliqués dans le massacre font partie des instances dirigeantes de l’Ukraine aujourd’hui. Ils sont largement secondés par les médias qui ont couverts avec frénésie les violences du Maidan, mais « étrangement » ne veulent pas investiguer plus sur les responsables et relaient sans aucune déontologie les allégations du gouvernement en place. Ainsi quelles informations attendre de ceux qui affirment que les séparatistes du Donbas bombardent leur propre population?
Seules des enquêtes comme celle ci peuvent nous alerter sur la nature de ceux qui gouvernent l’Ukraine aujourd’hui. Ils ne reculent devant rien.

Ivan Katchanovski universitaire d’Ottawa est Ukrainien d’origine. Il indique dans une interview que son patrimoine dans la région de Volyn a été saisi par le nouveau gouvernement « démocratique ». Ses diverses études déplaisent. Il y précise aussi que si de nombreux journalistes étrangers avaient essuyé des tirs en provenance des snipers pro Maidan, aucun d’entre eux n’avaient été blessé, interprétant ces tirs comme une injonction bien comprise à ne pas s’intéresser à ces tireurs là.

Le massacre perpétré par les snipers sur la place Maïdan en Ukraine

Le massacre de plusieurs dizaines de manifestants sur le Maïdan le 20 Février, 2014 a été un tournant dans la politique ukrainienne et un point déclencheur dans l’escalade du conflit sur l’Ukraine entre l’Occident et la Russie. Le meurtre de nombreux manifestants et le nombre de tirs de la police qui l’a précédé a conduit au renversement du gouvernement très corrompu et pro-russe, mais démocratiquement élu, de Viktor Ianoukovitch et a déclenché un conflit violent à grande échelle, qui continue maintenant dans le Donbass, en Ukraine orientale.

La conclusion promue par les gouvernements post-Ianoukovitch et les médias en Ukraine, que le massacre a été perpétré par des tireurs embusqués du gouvernement sur ordre de Ianoukovitch, a été presque universellement acceptée par les gouvernements occidentaux et les médias, au moins publiquement, sans aucune enquête et sans prendre en compte des faits évidents.

Par exemple, le président de l’Ukraine, Petro Porochenko, dans son discours devant le Congrès américain, le 18 Septembre 2014, a de nouveau affirmé que le gouvernement Ianoukovitch a été renversé par des manifestations de masse pacifiques contre la violence policière, en particulier, les meurtres de plus de 100 manifestants par des tireurs embusqués, le 20 Février 2014. La question est : qui a organisé ce massacre par des tireurs d’élites ?

Ce document est la première étude académique de cette affaire cruciale, qui est un assassinat de masse. L’analyse d’une grande quantité d’éléments de preuve dans cette étude révèle que certains éléments de l’opposition Maïdan, et son aile d’extrême droite, ont été impliqués dans ce massacre, afin de prendre le pouvoir, et que l’enquête du gouvernement a été falsifiée pour cette raison.

Les éléments utilisés dans cette étude ont été rendus public, mais souvent tronqués, parfois supprimés, ou des vidéos et des photos de tireurs suspects truquées, des déclarations faites en direct sur le Maïdan, d’enregistrements de communications radio des snipers côté Maïdan, de celles des tireurs d’élite et des commandants de l’unité spéciale Alfa du Service de sécurité ukrainien (SBU), de l’analyse balistique des trajectoires, des rapports de deux manifestants Maïdan, témoins oculaires, et de commandants d’unité spéciale du gouvernement, de déclarations publiques faites par deux anciens et actuels responsables gouvernementaux, des munitions et des armes utilisées, des types de blessures des deux côtés, manifestants et police, et des références à des antécédents de fausses déclarations des politiciens Maïdan quant à d’autres cas de violence, pendant et après l’Euromaïdan, et au sujet de conflits plus anciens.

En particulier, cette étude examine quelques 30 Go d’échanges radio interceptés, provenant de l’unité Alfa du Service de sécurité d’Ukraine, des Berkut, des troupes internes, Omega et d’autres agences gouvernementales, pendant le déroulement des protestations de Maïdan. Ces enregistrements ont été fournis par un radio amateur pro-Maïdan, sur un forum de détection radio, mais ils n’ont jamais été mentionnés par les médias, ni par le gouvernement Ukrainien.

Le déroulement précis du massacre a été minuté, les positions des tireurs et des tireurs gouvernementaux sont établies avec certitude, fondées sur la synchronisation du son sur la scène principale du Maïdan, les images et d’autres sources sûres, qui se corroborent toutes entre elles.

L’étude utilise le contenu de toutes les analyses et de toutes les videos publiques disponibles, en particulier, la version minutée et largement diffusée d’une longue vidéo du massacre sur Instytutska Street, les vidéos de tireurs suspects en direct de chaines TV et de diffusions internet sur le Maïdan (Independance Square), les enregistrements radio minutés et inédits entre les tireurs du Alfa SBU et leur commandement, les enregistrements radio des Forces intérieures présentes sur le Maïdan. L’analyse utilise aussi des émissions en direct sur Internet. Les enregistrements de toutes les TV et Internet, les émissions en direct du massacre par Espresso TV, Hromadske TV, Spilno TV, Radio Liberty et Ukrstream TV, soit ont été retirés de leurs sites Web, immédiatement après le massacre, soit n’ont jamais été publiés.

Ces enregistrements ont été principalement effectués par des témoins bénévoles, sur le Maïdan, mais ils ont suscité très peu d’attention ou été retirés de l’accès par le public.

De même, les résultats officiels des analyses balistiques, des armes et des examens médicaux et d’autres éléments de preuve recueillis au cours des enquêtes concernant ce massacre n’ont pas été rendu public, alors que des informations cruciales, y compris sur les armes et les munitions ont disparu sous le gouvernement post-Ianoukovitch. Cette enquête repose sur ces éléments de preuve, rapportés par des médias d’information fiable sur les médias sociaux. L’auteur a également mené une recherche sur le site du massacre de Maïdan lui-même, et sur ??Instytutska Street.

Une enquête académique

La version horodatée récemment publiée sous la forme d’une vidéo de plus de 40 minutes de long, filmée à distance rapprochée sur Instytutska Street à partir de 09h06, couvre, avec quelques omissions inexpliquées, les parties les plus intenses de ces meurtres. Elle confirme que le massacre des manifestants, le 20 février 2014, sur Maïdan, a commencé dans la rue adjacente, Instytutska Street. La police anti-émeute Berkut et les unités de troupes internes, qui assiégeaient et bloquaient le Maïdan depuis près de trois mois, ont abandonné subitement leurs positions et se sont enfuis à 09h00. Les manifestants ont alors commencé à progresser, à partir de leur bastion sur le Maïdan, vers Instytutska Street.

Cette version et d’autres vidéos montrent les membres de l’unité d’élite spéciale de la police anti-émeute Berkut et l’unité Omega des troupes spéciales de l’intérieur, dont deux tireurs d’élite, arrêtant temporairement l’avance de manifestants, près du Palais Zhovtnevyi, à partir de 09h05, tirer avec des fusils d’assaut Kalachnikov (de type AKMS) à la fois à balles réelles et avec des balles en caoutchouc, et pointant des fusils dans la direction des manifestants, avant de se retirer avec les Berkut et les troupes des unités de l’intérieur, qui stationnaient dans le Palais Zhovtnevyi.

Après un recul, sous le feu, de ces barricades, respectivement, à 09h20 et 09h28, les Berkut et les Omega ont fait la même chose depuis des barricades sur Instytutska Street et des bâtiments de la Banque nationale et du Club du Cabinet des ministres. Les traces de nombreux impacts de balles et leurs marques d’impact dans les poteaux électriques, les arbres, et les murs de Zhovtnevyi Palace et de l’Hôtel Ukraine indiquent également que la police a tiré en direction des manifestants et des bâtiments occupés par les manifestants. Les tireurs du SBU se trouvaient dans le Cabinet des ministres, l’administration présidentielle, et les bâtiments voisins.

Le nouveau gouvernement ukrainien et le chef de la Commission parlementaire a publiquement déclaré que les tireurs d’élite qui ont massacré les manifestants non armés faisaient partie de ces unités. Plus précisément, le Bureau du Procureur général a annoncé le 12 Septembre 2014 que son enquête a révélé qu’un commandant Berkut et deux membres de son unité étaient responsables du meurtre de 39 manifestants Euromaïdan, soit la majorité absolue des quelques 50 manifestants tués ou mortellement blessés le 20 Février 2014.

Mais ce commandant Berkut a ensuite été placé en résidence surveillée, et il a disparu.

En revanche, le gouvernement refuse ou néglige délibérément de prendre en compte les preuves de la présence de tireurs et de pointeurs dans au moins 12 bâtiments occupés par le camp Maïdan ou situés sur leur territoire au cours du massacre. Cela comprend l’Hôtel Ukraine, Zhovtnevyi Palace, les bâtiments des deux côtés qui ne sont pas déjà mentionnés comme des emplacements de tireurs d’élite, et plusieurs bâtiments sur le Maïdan (Place de l’Indépendance), comme le Conservatoire, le siège de l’Union du commerce, et le Bureau de poste principal. (Voir carte 1).

L’Hôtel Ukraine a été contrôlé par le camp Maïdan à partir de 09h00 environ. Au cours d’une salve de tirs provenant des forces gouvernementales près de Zhovtnevyi Palais à 9: 10-9: 11 heures, et au bout de quelques minutes d’appels pour les ambulances et les médecins, un annonceur sur la scène Maïdan a averti publiquement les manifestants que deux à trois tireurs d’élite se trouvaient sur l’étage du pendule (deuxième à partir du haut) de l’Hôtel Ukraine sur le côté opposé de la rue. Dans la première vague de blessés parmi les manifestants figure Bohdan Solchanyk, un professeur d’histoire à l’Université catholique d’Ukraine de Lviv.

Carte du massacre perpétré à Maïdan le 20 février 2014

Carte du massacre perpétré à Maïdan le 20 février 2014

Il a été tué par une balle de 7,62 mm dans la zone située entre l’hôtel et Zhovtnevyi à 09h12 ou quelques minutes plus tôt. Les vidéos indiquent que l’un des deux manifestants tués ici à 09h14 semble avoir été blessé dans son dos depuis l’hôtel.

Une vidéo Radio Liberty montre au moins un manifestant abattu du côté Maïdan du Zhovtnevyi Palais à 09h10 et deux autres manifestants sur le sol près de la partie centrale de ce bâtiment à 09h19. Le premier emplacement correspond à un lieu de meurtre de Vasyl Moisei signalé par la organisation de l’auto-défense de Maïdan nommée Volhynie et d’un autre manifestant probablement, Shilling Iosyp. L’enquête du gouvernement, les médias, et les responsables de Volhynie ont conclu que les Berkut ont abattu ces manifestants durant leur contre-attaque.

Toutefois, ils ont omis les traces d’impact de balles dans les arbres, les poteaux, et sur la façade du Zhovtnevyi Palais à quelques mètres des lieux des meurtres. De même, ils ont omis de rapporter le témoignage de manifestants du Maïdan concernant les tireurs de l’Hôtel Ukraine au moment de ces meurtres.

En plus des avertissements provenant de la scène Maïdan de la présence de tireurs dans l’Hôtel Ukraine à 09h11, une vidéo montre des manifestants qui se cachent sous un pont piétonnier sur la Instytutska Street entre l’hôtel et Zhovtnevyi Palais et qui indiquent à 09h23 des tirs à balles réelles sur eux en provenance d’un étage de l’hôtel.

Une vidéo BELSAT de l’Hôtel Ukraine permet de voir une balle frapper un arbre en face d’un groupe de manifestants en provenance de l’hôtel à 09h38.

Une vidéo de la BBC montre un sniper tirer sur l’équipe de télévision de la BBC et les manifestants du Maïdan depuis une fenêtre donnant sur la terrasse de l’étage du pendule de l’hôtel à 10h17, et le correspondant de la BBC identifie le tireur comme ayant un casque vert porté par les manifestants Maïdan.

Deux manifestants à 10:24 désignent des tirs de snipers à partir de l’étage du pendule de l’Hôtel Ukraine dans une autre vidéo tournée au sein d’un groupe de manifestants et sous un feu meurtrier dans Instytutska Street. Un compte-rendu de première main par Ilya Varlamov, ses photos, un témoignage d’un autre témoin oculaire, et deux coups de feu à proximité de la diffusion en direct, qui a été enregistré à partir de cet hôtel à partir de 08h49, suggèrent que deux autres personnes ont été tuées à 10:30 -10: 31am sur le Maïdan à partir de l’Hôtel Ukraine.

Des cris, depuis la scène du Maïdan, sur trois tireurs d’élite ou snipers « tirer pour tuer », de manifestants du Maïdan sur des tirs en provenance du même hôtel, en particulier sur Instytutska Street, ont été lancées à plusieurs reprises pendant que la tuerie continuait ici, par exemple, à 10:36, 10:59, 11:07, 11:09 et à la diffusion en direct.

Des témoins oculaires dans une autre vidéo de la fusillade autour de 16h00 et la position de sa blessure indiquent qu’un passant a été tué par une balle tirée depuis l’Hôtel Ukraine devant Zhovtnevyi Palace.

En fin d’après-midi, l’un des porte-paroles sur la scène de Maïdan a menacé de bruler l’hôtel Ukraine, comme cela avait été fait pour l’immeuble des syndicats un jour plus tôt, en se référant aux nombreux rapports signalant des snipers dans l’hôtel. Ainsi une conversation radio, d’abord non-diffusée, de l’officier et d’autres éléments de l’unité Omega (Pegas) signalait des coups de feu venant de l’hôtel Ukraine, à 10h37 le 21 février.

De nombreux témoins parmi les manifestants de Maïdan ont signalé des snipers faisant feu depuis l’hôtel Ukraine lors du massacre des manifestants, tuant en particulier huit d’entre eux, et au moins un membre de la compagnie Volhynian, des forces d’auto-défense de Maïdan (Maïdan Self-Defense) dans la rue Instytutska. Des impacts de balles dans les arbres et les poteaux électriques sur le site du massacre et sur les murs du palais Zhovtnevyi montrent que les coups de feu venaient de la direction où se trouve l’hôtel.

Lorsque l’hôtel Ukraina était contrôlé par les snipers de Maïdan, il y a également eu des tirs dirigés vers la police. Un policier membre des unités Berkout a été tué devant le palais Zhovtnevyi de deux coups de feu à 9h16, quelques minutes après les annonces alertant sur la présence de snipers dans l’hôtel. Des impacts de balles ont été retrouvés dans des arbres et des poteaux à quelques mètres de là, et provenant de la direction où se trouve l’hôtel Ukraine. Un officier des unités Berkout a indiqué que des snipers dans l’hôtel Ukraine tiraient sur les policiers avec des fusils de chasse calibre 7,62mm.

Une vidéo du côté des barricades contrôlé par la police montre quelques policiers Berkout portant des AKM calibre 7,62 et de nombreux membres des troupes internes spéciales Omega armées d’AKS-74 de différents calibres, dont quelques tireurs d’élite, se mettant à couvert sous un feu à balles réelles, juste au moment où le massacre des manifestants battait son plein, quelques minutes avant 10h00. Elle montre, tout à la fin, un tireur Omega viser une fenêtre ouverte de l’hôtel Ukraine et un autre tireur pointant son fusil dans la même direction, mais plus haut, sans doute vers le palais Zhovtnevyi.

Le journaliste de la télévision ukrainienne qui a filmé cette vidéo, a confirmé qu’ils avaient été la cible de tirs et qu’ils cherchaient à localiser un sniper dans l’hôtel Ukraine. La vidéo montre deux membres des Berkout pointant leurs fusils kalashnikov ou tirant depuis le toit d’un camion Kamaz, sans doute dans la même direction, ou dans la direction des immeubles de l’allée Muzeinyi, à l’endroit où des snipers pouvaient être vus sur les vidéos tournées en temps réel à peu près au même moment. Tous ces immeubles et les manifestants sur Instytutska Street étaient en contrebas de cette barricade de police.

Mustafa Nayem, l’un des organisateurs des manifestations EuroMaïdan, et un journaliste de renom de la Ukrainska Pravda, un journal en ligne ouvertement pro-Maïdan, a twitté à 11h58 une photo de snipers du côté tenu par la police de la barricade située à l’intersection des rues Instytutska et Bankova. Cette photo a été présentée par les journaux ukrainiens comme une preuve qu’il s’agissait des snipers ayant massacré les manifestants.

Cependant, ces snipers, et les tireurs des compagnies spéciales Berkout ne se cachaient généralement pas, et ils ont autorisé les médias et les passants à les filmer durant le massacre.

De nombreuses sources montrent que les membres des unités Berkout et Omega ont utilisé leurs AKMS, leurs AKS et leurs fusils de tireurs d’élite, pour tirer à balle réelle en direction des manifestants et des présumés ‘’snipers’’de Maïdan. Ces balles ont été tirées à peu près au moment où de nombreux manifestants ont été tués ou blessés. Des vidéos montrent qu’au moins une large proportion des victimes ont été abattues à ce moment, alors qu’elles se mettaient à couvert derrière des murs, des arbres et une barricade, étant par là même hors de la zone de tir en provenance de la barricade de police et des immeubles du gouvernement non-loin, comme le montre cette Google street view. Mais la possibilité que certains des manifestants, en particuliers ceux qui étaient armés, notamment des ‘’snipers’’, aient été blessés ou tués par le feu des policiers ne peut être exclue.

L’officier de l’unité Omega et un officier des Troupes Internes, en charge de ces unités spéciales, ont affirmé qu’ils ont reçu l’ordre de cibler les snipers à l’hôtel Ukraine et dans d’autres endroits, et qu’ils ont eu la permission de tirer sur les manifestants armés. Un ancien officier Berkout a indiqué qu’un tireur d’élite qui accompagnait la compagnie spéciale Berkout avait reçu la mission de rechercher un sniper de Right Sector (Pravy Sektor) dans l’hôtel Ukraine.

Des vidéos montrent le sniper allongé sur le sol et pointant son fusil dans la direction de l’hôtel Ukraine à 9h23, au moment exact où un manifestant non-armé est filmé en train d’être abattu non loin de la barricade.

Ceci a été interprété comme une preuve d’un tir direct [du policier sur le manifestant], mais la direction du fusil du tireur, le bruit du coup de feu, la blessure qui a été reportée, avec une entrée dans l’épaule droite et une sortie apparente sur le côté avant gauche du torse, ainsi que l’absence d’un impact de balle sur le bouclier [du manifestant] montre que le coup de feu venait d’un immeuble situé dans le fond ou sur le côté droit. Un reportage de la BBC montre un autre manifestant non-armé abattu à peu près au même endroit et apparemment depuis une direction similaire, une minute auparavant.

Un manifestant armé et portant un uniforme ressemblant à celui d’un Berkout a été blessé au bras, alors qu’il s’enfuyait de la scène. De nombreux officiers et membres des compagnies Omega, Alfa et des compagnies spéciales Berkout, après qu’elles aient été dissoutes, ont été déployés par le gouvernement post-Yanukovitch au côté des forces d’auto-défense de Maïdan et de Right Sector, dans la guerre civile avec les séparatistes pro-russes dans le Donbass en Ukraine de l’Est.

Une vidéo de la chaine Ruptly TV montre trois manifestants pro- Maïdan armés tirant depuis le dernier étage de l’hôtel Ukraine dans la direction, non pas de la place de l’Indépendance, mais de Instytutska Street, à en juger par les immeubles qui peuvent être aperçus. Volokymyr Ariev, un journaliste d’investigation et un membre du parlement du parti de la coalition Maïdan, en a conclu que les ‘’snipers’’avaient atteint l’hôtel Ukraine depuis le côté du conservatoire de musique, et qu’ils ont bloqué l’équipe de Ruptly TV sur le 14e étage de l’hôtel. Un reportage de Russia Today indique que cette vidéo, ainsi qu’une autre, montrent qu’il s’agissait de manifestants de Maïdan armés. Mais Ariev affirme, sans fournir aucune preuve, que ces snipers travaillaient pour le gouvernement russe.

Une conversation radio interceptée de l’officier du SBU Alfa, non-diffusée auparavant, contient des indications spécifiques, par le chef de cette unité des Services de Sécurité (Suddia) et son adjoint (Indejets), suivant lesquelles ces tireurs ou ces snipers se dirigeaient vers l’hôtel Ukraine depuis Maïdan. Ceci est cohérent avec une interview d’un ancien chef du SBU, qui a annoncé que la moitié d’une vingtaine de snipers transportant des AKM cachés dans des sacs ont fait mouvement depuis le conservatoire de musique voisin, qui était tenu par les pro-Maïdan, vers l’hôtel Ukraine, alors que l’autre moitié s’est dirigé vers l’hôtel Dnipro, sur la place de l’Europe à côté de la rue Muzeinyi. La version la plus complète et la plus fiable de la transmission radio de l’officier Alfa, synchronisée à l’heure locale, montre qu’ils ont signalé le mouvement des tireurs vers l’hôtel Ukraine à 9h23. On peut la trouver parmi les échanges radios entre les unités Alfa, Berkout, Omega, les troupes internes, et d’autres agences du gouvernement, qui ont été enregistrées durant toute la durée des manifestations sur Maïdan.

Les transmissions radios de l’officier Alfa montrent que les snipers de cette unité du SBU ont reçu l’ordre de se déployer sur les lieux de l’administration présidentielle, peu après qu’une alerte pour la préparation au combat ait été annoncée à 7h24. Ces transmissions contiennent des ordres similaires, donnés à d’autres unités du SBU, de s’armer et se déployer à cet endroit et en d’autres lieux contrôlés par le gouvernement, à peu près au même moment. Contrairement à de nombreuses preuves et affirmations fabriquées de toutes pièces et diffusées par le gouvernement ukrainien, ces enregistrements radio ne sont pas falsifiés.

Leur diffusion publique s’est faite par différentes sources pro-Maïdan. Une version, avec des parties retirées, a été postée par un site internet d’informations, dirigé par un conseiller de l’actuel ministre des Affaires internes d’Ukraine, mais cette version n’a pas été reconnue par le gouvernement.

Une version non-éditée et validée d’une communication radio de cette équipe de tireurs d’élite du SBU, menée par ‘’Miron’’, montre qu’ils étaient chargés de surveiller l’hôtel Ukraine, en particulier ses derniers étages, et d’autres immeubles avoisinants, pour repérer des snipers et leurs assistants qui les aidaient à diriger leur feu, après que le massacre ait déjà commencé.

Ces tireurs d’élite ont détecté des hommes en armes, tirant depuis le haut des immeubles, se sont rapidement déplacés, une fois que la position a été communiquée par radio aux tireurs du SBU. Les tireurs Alfa se trouvaient dans l’immeuble du Cabinet des Ministres (voir la carte 1).

On n’entend pas de coups de feu de la part des ces tireurs Alfa du SBU, et les transmissions radios ne présentent pas d’éléments permettant d’affirmer qu’ils soient en train de tirer, sur toute la durée de la plus intense phase du massacre, entre 9h35 et 11h13. De même, aucune preuve n’a été produite, montrant que les manifestants aient été tués avec les fusils allemands utilisés par ce groupe de tireurs d’élite. Ceci est cohérent avec les informations fournies par trois officiers commandants des unités Alfa, durant l’enquête parlementaire, et avec leurs conclusions délivrées aux réseaux de télé ukrainiens.

Cependant, une version modifiée des communications radio de cette équipe de tireurs du SBU a été postée sur Youtube, le jour du massacre, avec des ajouts et des photos du massacre, organisés pour affirmer qu’il s’agissait des tueurs. Cette version a été très vite utilisée par les politiciens ukrainiens, notamment le chef de la commission parlementaire, et par les médias, comme une preuve concluante que ces snipers du SBU étaient responsables de la tuerie. ‘’Miron’’a affirmé que cette version très répandue a été expurgé de certains éléments, et n’incluait pas leur rapport signalant la présence de civils transportant des armes dans des sacs sur la place de l’Europe. La version la plus fiable inclus ces parties manquantes au début et à la fin, mais quelques passages clés durant le massacre en ont également été retirés.

 “PhotoPhoto 1. Les tireurs présumés, sur le toit du Palais Zhovtnevyi, lors du massacre. Source : reportage Espresso TV

“PhotoPhoto 1. Les tireurs présumés, sur le toit du Palais Zhovtnevyi, lors du massacre. Source : reportage Espresso TV

Dans leurs communications radio enregistrées, les tireurs du SBU affirment entendre de nombreux coups de feu, et ils indiquent apercevoir les présumés snipers ou leurs coordinateurs de tirs, dans d’autres immeubles, alors tenus par les pro-Maïdan, comme sur le toit de Kinopalats à 9h43.

Les porte-paroles de Maïdan ont signalé trois snipers tirant pour tuer depuis le toit du Palais Zhovtnevyi, qui est connecté au Kinopalats, à 9h46-9h47, et ils ont répétés ces messages d’alertes au moins jusqu’à 10h53. Une balle a touché un arbre près d’un groupe de manifestants depuis un de ces immeubles durant l’une des premières vagues d’assassinats de masse à 9h45, lorsqu’en quelques minutes, au moins huit manifestants ont été tués ou gravement blessés, à quelques mètres de cet arbre.

Les impacts de balles à cet endroit proviennent de la même direction (voir la photo 2). Ces trois snipers présumés sur le toit du Palais Zhovtnevyi ont été vu et identifiés comme tels durant une autre vague d’assassinats de manifestants autour de 10h00 dans une diffusion en direct (voir photo 1). L’un d’entre eux est repéré au même endroit, au sommet de cet immeuble jaune dans une vidéo de la BBC, à 10h04, alors qu’il n’y avait pas été vu précédemment. Deux ‘’Snipers’’ont été montrés par ICTV le 20 février 2014. Une forme humaine est visible sur le toit de Kinopalats dans une photo prise par un photographe français en plein milieu du massacre, lorsque plusieurs manifeshttp://www.liveleak.com/view?i=934_1393021284tants ont été tués ou sérieusement blessés à côté de lui autour de 10h20-10h25. Les forces d’auto-défense de Maïdan ont rapporté avoir trouvé plus de 80 cartouches de balles, plus tard, sur le toit du Palais Zhovtnevyi. Des témoins parmi les manifestants pro-Maïdan ont confirmé la présence d’au moins trois snipers sur le toit du Palais Zhovtnevyi et dans ses étages supérieurs.

 Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).

Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).

Une vidéo le confirme. De même, les points d’impact de balle dans les arbres confirment le tir à balles réelles en provenance de ce côté. Il est à noter que certains de ces éléments essentiels ainsi que d’autres vagues de meurtres sont absents dans cette longue vidéo filmée par un activiste de Zelenyi Front, une organisation de Kharkov.

Cette organisation est associée à l’un des anciens dirigeants de l’opposition, qui est devenu ministre de l’Intérieur dans le gouvernement post-Ianoukovitch. Un autre militant pro-Maïdan est vu dans différentes vidéos filmant et prenant des photos pendant le massacre des manifestants qui avançaient, dont beaucoup ont ensuite été tués ou blessés.

Ses vidéos et photos rendues publiques ne contiennent pas de nombreux éléments essentiels sur le massacre. Il a servi plus tard dans le bataillon de la police spéciale Azov, qui a été créé sous le commandement formel du ministère de l’Intérieur, et il a gagné en notoriété en peignant une étoile au dessus d’un immeuble de grande hauteur à Moscou.

Dans les vidéos de ces deux photographes amateurs pro-Maïdan, il n’y avait pas de tentatives de localiser les positions des snipers Maïdan dans les bâtiments environnants, en dépit de leur proximité, ou des cris d’avertissement en provenance du Maïdan indiquant que des tireurs embusqués ce trouvaient là. De même, les snipers ne semblent pas les viser pour éviter ainsi d’être identifiés, en revanche, ils visent de nombreux journalistes étrangers professionnels, y compris le correspondant de la BBC, dans la même zone, les journalistes de the Associated Press, TVP, ABC News et australiens de la Radio Company, et au moins deux fois les journalistes de ARD and RT.

Photo 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcastPhoto 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcast

Photo 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcastPhoto 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcast

Une autre indication que les tireurs étaient du côté Maïdan est que les coups de feu sur la Instytutska Street ont considérablement diminués ou se sont arrêtés vers environ 10: 50-11: 20 am, mais ils continuaient sur le Maïdan même. Cette place, avec les bâtiments principaux et les aires avoisinantes, étaient sous le contrôle de l’opposition.

Cela correspond à l’heure à laquelle un vieux leader de l’opposition, à la tête de l’administration présidentielle depuis le renversement violent du gouvernement précédent, a reçu un SMS vers 10:45 am en provenance du commandant d’un groupe de tireurs d’élite, comme Alfa, Omega, or Sokil, afin de chercher ensemble avec les réprésentants de Maïdan des snipers dans l’Hotel Ukraine. Il a également dit qu’il y avait eu une réunion ultérieure entre lui et Andrii Parubii, le commandant Maïdan d’auto-défense, et un groupe de tireurs d’élite du gouvernement.

Les faits rapportés et le lieu de cette réunion, dans la zone contrôlée par le gouvernement près de la même barricade entre Berkut et Omega sur Instytutska Street près de l’administration présidentielle, indiquent également que ces tireurs d’élite n’étaient pas considérés comme les vrais tueurs par les leaders de l’opposition, et en contradiction avec leurs déclarations publiques. De même, il y avait deux membres de la direction Svoboda près de l’Hôtel Ukraine au moment du massacre.

Les tireurs d’élite du gouvernement accompagnés de l’auto-défense Maïdan sont restés dans la zone de l’hôtel jusqu’à 1: 00-1: 30pm. Les emplacements exacts des snipers auraient pu être facilement déterminés par les fenêtres ouvertes à l’Hôtel Ukraine et grâce aux témoins qui les avaient identifiés. Il y avait également de rapports des médias sur quelques «snipers» capturés dans cet hôtel. Mais les dirigeants Maïdan ont nié que des snipers étaient là et ont affirmé que plusieurs recherches, celles d’auto-Defense Maïdan et de Secteur Droit à l’Hôtel Ukraine, celles menées vers midi par des manifestants de Maïdan armés de AKMS ou AKS et de fusils, au Zhovtnevyi Palace, et au Conservatoire pendant le massacre et peu de temps après, n’ont pas trouvé de sniper.

Pour exemple, Mustafa Nayem, qui intervient en direct pour Hromadske TV, a déclaré à 15h00 que la recherche du Secteur Droit et d’auto-défense Maïdan n’a pas permis de trouver les snipers qui avaient été repérés à l’étage de l’Hôtel Ukraine. Comme constaté durant la fusillade de l’hôtel, en particulier l’un de ses étages supérieurs, d’où les tirs ont continué par la suite.

De la même façon, plusieurs leaders des partis d’opposition (Svoboda, le Radical Party, et le Fatherland) intervenaient sur les lieux du Maïdan, et critiquaient le gouvernement Ianoukovitch et ses tireurs d’élite pendant ou juste après que de nombreux coups de feu étaient tirés à partir des bâtiments voisins situés sur le Maïdan.

Par exemple, une synchronisation d’un enregistrement de la diffusion en direct et une brève communication radio interceptée des tireurs réels montrent qu’ils ont tiré plusieurs coups ensembles, 10 tirs en rafale à 11: 33-11: 34am.

Le grand bruit de ces coups de feu dans un enregistrement de l’émission en direct (1h 08-09 min) à l’Hôtel Kozatsky sur le Maïdan indique que ces tirs partaient de là ou d’endroits proches, telles que les bâtiments de l’Union du commerce.

Une minute après, Oleksander Turchynov, un ancien chef du service de sécurité de l’Ukraine qui allait devenir le chef du parlement ukrainien et le président par intérim après le renversement violent du gouvernement Ianoukovitch, a commencé son discours avec l’annonce « Slava Ukraini », qui a été utilisée par l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et adoptée sur le Maïdan. D’autres coups de feu et des sirènes d’ambulances mobiles peuvent être entendus dans la diffusion en direct lors de son discours.

La façon de communiquer de ces tireurs dans le seul enregistrement disponible public est très différente de celle des tireurs d’élite du SBU et Omega et d’autres organismes gouvernementaux dans leurs échanges radio de plus de 30 giga-octets, enregistrées et publiées au cours des manifestations de Maïdan dans leur intégralité.

Ces enregistrements radios, les leaders du Maïdan ont reconnu avoir ces enregistrements, une déclaration du commandement d’Alfa, indiquait que les tireurs et leurs assistants avaient ces enregistrements radios et évitaient ainsi d’être repérés par les tireurs du SBU en se déplaçant.

De même, une femme médecin a été blessée, et un autre manifestant debout devant elle a été tué sur le Maïdan près de l’Hôtel Kozatsky à 11h43. Cela c’est prosuit lors d’un discours par Oleh Liashko, un chef de file du Parti radical, qui a coopéré ouvertement après le renversement de M. Ianoukovitch avec les néo-nazis de Social National Assembly, qui était un des fondateurs de Secteur Droit.

Le son d’un tir, plus lointain que les tours mentionnées ci-dessus, est entendu à 1 heure et 18 minutes dans l’enregistrement de la diffusion en direct, qui commence à 10h23. Des témoins oculaires et la position de la blessure indiquent que ce tir a été effectué à partir du bâtiment principal du bureau de poste, qui était occupé par le Secteur Droit. Ce tir a attiré l’attention des médias ukrainiens et occidentaux, mais comme pour tous les tirs sur les manifestants, les journalistes et la police sur la Place de l’Indépendance ont accusé les tireurs d’élite du gouvernement et aucune enquête réelle n’a été réalisée.

Des témoins oculaires parmi les manifestants, le correspondant TVP et la trajectoire des balles aussi, indiquent des tireurs au même moment dans le bâtiment de l’Union du commerce, l’Hôtel Kozatsky, les bâtiments Conservatoire de musique, et d’autres bâtiments sur le Maïdan lui-même. A 11h43, un intrus non identifiés fait irruption dans une communication radio des troupes des unités de l’intérieur, qui se retiraient du Maïdan, et les a informés qu’il y avait des personnes qui lançaient des fusées avec des lance-grenades dans l’Hôtel Ukraina depuis le 6ème étage de l’immeuble des syndicats.

Les tireurs du SBU ont mentionné des personnes au sommet de ce bâtiment à 10h53 et 10h59.Un correspondant de RT a rapporté à 10h58 qu’une balle de 7,62 mm AKM l’a manqué de justesse à une fenêtre de l’Hôtel Ukraine et il a souligné que la trajectoire indiquait le bâtiment du Conservatoire. Un correspondant de l’Associated Press a également indiqué avoir essuyé des tirs dans sa chambre Hôtel Ukraine donnant sur le Maïdan dans la matinée du 20 Février, et il a constaté que balle était sur son balcon.

La chambre d’hôtel d’un journaliste australien ABC a également essuyé des tirs provenant de la direction du Maïdan au même moment. Une chambre occupée par la BBC a également été visée. Diverses sources indiquent que les tireurs de Maïdan ont utilisés ces bâtiments pour tirer à balles réelles sur les journalistes, sur les Berkut et les troupes de l’intérieur durant la nuit ou tôt le matin du 20 Février. Deux chambres de journalistes allemands dans l’hôtel Ukraina ont reçus des tirs en provenance de la Poste principale, comme un journaliste ukrainien travaillant pour une télévision allemande a indiqué sur sa page Facebook, ou en provenance du Conservatoire, situé en face de la rue du nouveau siège de d’auto-défense Maïdan et le du Secteur Droit.

La commission parlementaire a déclaré, en se basant sur le rapport des services médicaux d’urgence, que les tirs sur les Berkut et les troupes de l’intérieur du Maïdan et dans les rues voisines ont commencé le 20 Février à 06h10. Un membre du parlement de l’opposition Maïdan a déclaré avoir reçu un appel téléphonique d’un commandant des Berkut juste après 07h00 indiquant que 11 membres de son unité de police ont été blessés par des tireurs depuis le bâtiment du Conservatoire de musique.

Une recherche de auto-défense Maïdan, n’a trouvé aucun tireur après que le membre du parlement a informé Parubiii et d’autres dirigeants de l’opposition. Mais, de nouveau, le commandant Berkut a rapporté qu’en une demi-heure ses pertes unitaires ont augmenté de 21 blessés et de trois morts.

De même, les rapports dans la matinée du 20 Février par le Ministère de l’Intérieur, les déclarations des anciens chefs du SBU et le ministère de l’intérieur, les enregistrements radio des troupes de l’intérieur, des vidéos et des témoignages des manifestants, dont un Suédois néo-nazi bénévole, confirment de manière indépendante que les unités de police sur le Maïdan ont été tués par des tirs à balles réelles en provenance du Conservatoire et des bâtiments de l’Union du commerce avant 09h00 et qu’ils se sont rapidement retirés face à l’incendie et des diverses blessures dont ils souffraient. Par exemple, dans leurs communications radio, les unités de troupes de l’intérieur, stationnées sur le Maïdan près du bâtiment des syndicats, ont fait des demandes urgentes pour une ambulance à 08h08, un véhicule de secours à 08h21, une ambulance à 8h29, deux ambulances à 08h39, cinq ambulances à 08h46, et les ordres de retraite sont alors émis à 08h49 et 08h50.

Un haut responsable des troupes interne a déclaré qu’ils avaient l’information que cinq snipers s’étaient déplacés de l’Union du commerce vers le bâtiment du Conservatoire après l’incendie déclenché par les manifestants lors de la tentative d’assaut d’Alfa après 23h00 le 18 Février. Il a également confirmé que des tireurs ont tué et blessé de nombreux policiers depuis le bâtiment de l’Union du commerce et depuis les tentes du Maïdan avant qu’ils ne brulent, quand ils étaient occupés et utilisés comme siège de l’auto-défense Maïdan et du Secteur Droit.

Au moins 17 d’entre eux ont été tués et 196 blessés par balles les 18-20 Février dont trois tués et plus de 20 blessés le 20 Février. Les enregistrements radio des unités de troupes de l’intérieur et les commandants d’Alfa et des tireurs d’élite indiquent que leurs tentatives pour saisir le Maïdan et pour renforcer le bâtiment des syndicats le 18 Février ont été arrêtées par l’incendie de ce bâtiment provoqué par ses défenseurs et par des tirs à balles réelles provenant de l’auto-défense Maïdan et du Secteur Droit. La saisie de Maïdan et de son siège a été ordonnée par le gouvernement Ianoukovitch dans le cadre des plans « Boomerang » et » Khvylia ».

Ces plans ont été mis en vigueur après la tentative de prise d’assaut de parlement par l’opposition dirigée par l’auto défense Maïdan et le Secteur Droit et l’incendie du siège du Parti des régions qui a causé la mort d’un employé travaillant le matin même.

Un officier Alfa, qui a dirigé l’un des groupes SBU pendant l’assaut du bâtiment de l’Union du commerce, a déclaré que leur tâche consistait à se saisir du 5ème étage, qui contenait beaucoup d’armes.

Le Secteur Droit occupait tout l’étage qui servait comme quartier général et comme base du Secteur Droit et de l’auto-défense Maïdan. Une interception radio des commandants Alfa contient le rapport sur le déploiement des tireurs d’élite SBU visant deux snipers et pointeurs du côté Maïdan qui avaient été localisés sur un bâtiment contrôlé par Maïdan, leur préparation pour attaquer ce bâtiment, et l’ordre de leur supérieur Alfa pour lancer l’attaque conjointement avec les troupes de l’intérieur.

Le gouvernement actuel et la commission parlementaire ont affirmé sans fournir la moindre preuve que Alfa avaient brûlé le bâtiment de l’Union du commerce et que les agents infiltrés du SBU avaient brûlé le siège du Parti des Régions. Après ces attaques, les Berkut, les troupes de l’intérieur, et titushki rassemblés par le gouvernement Ianoukovitch ont lancé une contre attaque, et au moins cinq manifestants sont morts après avoir été frappés, renversés ou blessés par des grenades assourdissantes.

Au moins six manifestants ont été tués à Maïdan, le 18 et 19 Février par des coups de feu, principalement des armes de chasse et des cartouches, comme ce fut le cas avec trois manifestants tués à la fin de Janvier, 2014.

L’opposition de Maïdan et le gouvernement actuel ont affirmé sans fournir la moindre preuve que ces manifestants ont été abattus par les Berkut et les tireurs d’élite, tandis que des similitudes avec le massacre perpétré par des snipper côté Maïdan ne sont pas prises en compte ni investiguées.

Le bureau de poste principal à l’époque des fusillades du 20 Février était occupé par le Secteur Droit, une alliance nationaliste radicale et les organisations néo-nazies de groupes de football ultras, qui ont participé activement aux attaques violentes contre l’administration présidentielle le 1er Décembre, 2013 et du parlement à la fin de Janvier et le 18 Février, 2014.

Le commandant de la compagnie Maïdan a confirmé qu’à cette époque, sa compagnie de combat spécial, qui comprenait des manifestants armés ayant une expérience de combat dans les conflits armés, était basée dans le bâtiment du Conservatoire. Il a déclaré que cette compagnie a été créée à l’initiative de Secteur Droit.

Dans un nouveau documentaire américain qui enquête sur le massacre de Maïdan, des membres des Berkut disent qu’ils avaient remarqué des manifestants avec l’insigne Secteur droit dans le bâtiment du Conservatoire de Musique le 19 Février, que des manifestants armés ont pris position là-bas, et qu’ils ont été visés et blessés, tandis que d’autres officiers Berkut ont été tués par des tireurs postés au deuxième étage du Conservatoire dans la matinée du 20 Février. Des témoins oculaires du Maïdan parmi les manifestants ont déclaré que les groupes organisés de régions de Lviv et Ivano-Frankivsk en Ukraine occidentale sont arrivés sur le Maïdan et déplacés vers le Conservatoire de Musique dans la nuit précédent le massacre du 20 Février, et que certains d’entre eux étaient armés de fusils.

L’absence apparente (dans ce documentaire) du Secteur Droit et de cette compagnie de combat durant le massacre des manifestants par des tireurs d’élite est le « chien qui n’a pas aboyé » de nombreuses preuves montrant leur implication. Le chef de file du Secteur Droit peu après minuit a annoncé que son organisation n’a pas accepté un accord de trêve avec Ianoukovitch et allait entreprendre des actions décisives contre les forces gouvernementales.

Un rapport du chef de la commission parlementaire a conclu que les organisations civiques inconnues auraient pu être des tireurs de la police. Mais ces cas de morts et de blessés dans la police ne sont pas examinés par le gouvernement, notamment le ministère de l’Intérieur. Ce ministère a créé, avec le Secteur Droit et l’Assemblée nationale, des bataillons spéciaux de la police, qui ont combattu dans le Donbass. De même, la Garde nationale a été récemment constituée de troupes de l’intérieur et de l’auto-défense Maïdan.

Ce fut le commandant de cette même compagnie spéciale de combat qui a appelé à partir de la place du Maïdan, dans la soirée du 21 février, à rejeter un accord signé (accord médiatisé par les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et de Pologne et par un représentant du président russe), et qui a émis un ultimatum public poussant le président Ianoukovitch à démissionner avant 10h00 le lendemain . Il a justifié son ultimatum en accusant Ianoukovitch du massacre, a déclaré que sa compagnie de combat basé au Conservatoire de musique était responsable du point de non-retour de l’Euromaïdan, et menacé d’une attaque armée si Ianoukovitch ne démissionnerait pas. Ianoukovitch a fui Kiev le même jour peu de temps après cet ultimatum.

Les types d’armes et de munitions utilisées ainsi que la direction et la position des blessures des manifestants et des policiers confirment également que les tireurs sont venus du coté Maïdan.

La commission parlementaire a rapporté que 17 manifestants ont été tués par chevrotines (pellets), les autres ont été abattus avec des AKMS (7.62?39mm calibre), un avec l’arme de poing Makarov, les balles aillant le plus souvent traversé les corps.

Le 2 avril, le Bureau du Procureur général a déclaré qu’une carabine SKS semi-automatique sniper qui a le même calibre que les AKMS, avait été utilisée pour tirer sur les manifestants depuis l’Hôtel Ukraine, même si cette arme à feu est très ancienne, n’est pas utilisée par les tireurs d’élite professionnels et qu’elle est disponible en Ukraine comme une arme de chasse. Mais le Bureau du Procureur général a alors commencé à prétendre qu’ils vérifiaient toujours si des tireurs d’élite se trouvaient dans l’hôtel alors.

Les snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas PaetLes snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas Paet

Les snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas PaetLes snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas Paet

Le chef du service médical de l’Euromaïdan et autres médecins ont déclaré que tant les manifestants que les policiers ont été tués par des munitions similaires, notamment dans des balles de calibre 7,62 mm et chevrotine (pellets), et qu’ils avaient des types de blessures similaires. Cette information a été relayée par le ministre estonien des Affaires étrangères dans un appel téléphonique intercepté, qu’il a eu avec la responsable des Affaires étrangères de l’Union européenne.

Diverses déclarations faites par des médecins, des vidéos, des photos, et les rapports des médias confirment que des dizaines de manifestants ont été abattus précisément dans le cou, la tête, les cuisses, et les cœurs, les endroits les plus vitaux, et que de nombreux points d’entrée des blessures étaient dans la partie supérieure, sur le côté ou au dans le dos. Ceci est cohérent avec l’emplacement des tireurs sur les toits ou les étages supérieurs de tous les bâtiments spécifiés.

Des coups de feu précis et mortels et les fusils d’assaut 7,62 de type Kalashnikov AKMS et diverses armes de chasse et les munitions utilisées indiquent également que les snipers étaient placés à quelques dizaines de mètres des lieux où la police et les manifestants ont été tués ou blessés. Photos, vidéos, témoignages de témoins oculaires et d’autres sources montrent des manifestants tirant avec portant ouvertement des fusils de chasse ou des fusils de sport, des fusils d’assaut Kalachnikov et leurs versions de chasse, Makarov, et d’autres armes de poing pendant les tirs massifs contre la police et les manifestants.

La commission parlementaire a conclu qu’il était très probable que les policiers sur le Maïdan ont été abattus par les armes à feu et les munitions qui ont été prises par les manifestants à la police, aux troupes internes, et dans les bureaux du SBU et des arsenaux en Ukraine occidentale le 18 Février et 19. Ces armes, 1008 exactement, incluent des armes de poing Makarov, 59 AKMS (fusils d’assaut Kalachnikov calibre 7,62, deux fusils de sniper SVD, et divers autres fusils et des carabines. Leur localisation actuelle n’est pas connue.

L’échec du gouvernement est patent pour localiser et identifier ceux qui ont tirés sur des manifestants et pour enquêter sur la fusillade de la police, ainsi que l’échec de l’auto-défense Maïdan pour arrêter et les retenir pendant le massacre, alors que leurs emplacements étaient connu à l’époque et en dépit des appels des manifestants et des fonctionnaires du gouvernement, qui indiquent que les tireurs étaient bien du côté Maïdan.

Les rapports des médias, les témoignages, l’audio des tireurs et déclarations de l’ancien chef du SBU et ministre des affaires internes suggèrent la participation de manifestants armés et de personnes recrutées de l’Ukraine et des pays étrangers avec une expérience appropriée.

Mais les identités précises des snipers et les politiciens qui les dirigeaient restent inconnus. Il y avait plusieurs allégations publiques concernant une implication d’hommes politiques et de partis politiques précis dans le massacre, mais ces allégations ne donnent pas lieu à des enquêtes et depuis ces politiciens ou leurs partis occupent divers postes dans le nouveau gouvernement.

Les organisateurs et les auteurs de ce massacre ne sont pas susceptibles d’être découverts par le gouvernement actuel, et tous les éléments disponibles n’ont pas été rendus publics. Parmi ces éléments des vidéos de snipers sur Muzeinyi Lane et les bâtiments de l’Union du commerce, les communications radio de Berkut interceptées, et des rapports d’experts balistiques et médicaux.

Des Vidéos et photos de membres armés Berkut tirant pendant leur contre-attaque et ensuite depuis les barricades ont été cités par les représentants du gouvernement ukrainien et par le chef de la commission parlementaire spéciale et rapportés par les médias comme la preuve incontestable que les unités spéciales de la police ont massacré les manifestants. L’agence Reuters a rapporté que le dossier d’accusation contre trois membres Berkut repose sur des vidéos et des photos dont les moments clés ont de toute évidence été trafiqués ou ignorés.

Cependant, l’analyse des données publiques disponibles ne permet pas de conclure que les Berkut et Omega ont tué un seul manifestant, surtout ceux qui n’étaient pas armés, puisqu’il y avait d’autres tireurs qui tuaient les manifestants au même moment. Le chef de la commission parlementaire spéciale a signalé que l’expertise des munitions, contrairement à une revendication antérieure du ministre de l’intérieur, ne permettait pas de relier l’une de leurs armes aux manifestants tués et que beaucoup de leurs fusils d’assaut Kalachnikov, des enregistrements de leur utilisation, et la base de données des munitions a disparu lorsque le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir.

De même, alors que le nouveau gouvernement et le chef de la commission parlementaire ont affirmé publiquement que l’ordre de tuer des manifestants non armés a été délivré personnellement par M. Ianoukovitch et que son gouvernement et les services répressifs, les commandants des Berkut, les troupes internes et Alfa SBU entières, ont été impliqués dans cette «organisation criminelle» par la mise en œuvre de cet ordre et en donnant des ordres similaires, aucune preuve d’une telle ordonnance a été produit. Les commandants d’Alfa et son équipe de tireurs d’élite, des troupes internes et Omega ont tous nié avoir reçu un tel ordre, et leurs enregistrements radio le confirment.

Le massacres par des snipers correspond à un modèle de fausses déclarations de meurtre de masse et d’autres cas de violence, politiquement instrumentalisées par les mêmes forces politiques ukrainiennes et les mêmes médias. Ces cas comprennent le massacre d’Odessa, le 2 mai 2014, les meurtres de civils au Donbass, et l’agression de Tetiana Chornovol en Décembre dernier et l’enlèvement de Dmytro Bulatov, ces deux activistes pro Maïdan sont devenus ministres du gouvernement suite à la médiatisation de leur affaire. Les nouvelles enquêtes désignent les mêmes suspects arrêtés en Décembre dans l’affaire Chornovol et poursuivis en envisageant la version dans laquelle l’enlèvement de Bulatov a été mis en scène.

Contrairement aux divers éléments disponibles, le gouvernement a affirmé que plus de 40 manifestants étaient morts à Odessa à la suite d’un incendie qu’ils avaient déclenché eux mêmes, et il a affirmé que les séparatistes ont tué plus de 1000 civils au Donbass en bombardant leurs propres villes. Des cas similaires de fausses déclarations sur l’implication de l’OUN et de l’UPA dans les massacres de masse de Polonais ainsi que leur participation aux massacres de juifs au côté des Nazi, fausses déclarations aussi quant à 2000 victimes récemment découvertes, dans la ville de Volodymyr – Volynskyi , principalement juives exécutées par les nazis, comme étant des polonais exécutés par le NKVD soviétique.

Lorsque les éléments disponibles indiquent que l’avion de la Malaysian Airline au Donbas a surement été abattu par les séparatistes, il y a de quoi se poser des questions.

Conclusion

L’analyse et les éléments fournis par cette étude académique placent l’EuroMaïdan et le conflit en Ukraine sous une nouvelle perspective.

Les tirs irrationnels massifs portés sur les manifestants et la police le 20 février semblent être inscrits dans une démarche rationnelle si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée

Si la fusillade et le massacre en nombre de manifestants et de policiers le 20 Février paraissent irrationnels, ils apparaissent bien plus rationnels si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée. Ainsi : Les leaders du Maïdan ont gagné du pouvoir suite à ce massacre, le Président Ianoukovitch et ses autres hauts responsables du gouvernement fuient Kiev le 21 Février 2014, puis l’Ukraine, et la police se retire.

Dans ce même esprit, les manifestants de Maïdan ont été envoyés sous un feu meurtrier vers des lieus sans signification et ont été ensuite tués vague après vague depuis diverses positions. Mais aussi, les tireurs d’élite tuaient des manifestants désarmés, visaient des journalistes étrangers, mais jamais sur les leaders du Maïdan,sur le quartier général d ‘auto-défense Maïdan ou de Secteur Droit, sur le parvis de Maïdan, ni sur les photographes pro Maïdan. Tout cela devient bien plus rationnel. Pourquoi toutes ces actions sont rationnelles du point de vue d’une perspective théorique de choix instrumentalisés, le massacre n’a pas simplement mis fin à la vie de nombreux humains, mais il a également miné la démocratie, les droits humains et la primauté du droit en Ukraine.

Le massacre des manifestants et des policiers représentait un renversement violent du gouvernement en Ukraine et un grand crime contre les droits de l’homme. Ce renversement violent constitue un changement anti démocratique du gouvernement. Il a déclenché un violent conflit à grande échelle qui se transforma en une guerre civile dans l’Est de l’Ukraine, à une intervention militaire de la Russie à l’appui de séparatistes en Crimée et au Donbass, et à une rupture de facto avec l’Ukraine.

Les faits indiquent que l’alliance des éléments de l’opposition Maïdan et de l’extrême droite a été impliquée dans le meurtre de masse à la fois des manifestants et des policiers, tandis que la participation des unités spéciales de la police dans les meurtres de certains manifestants ne peut pas être totalement exclue sur la base sur les données publiques disponibles. Le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en grande partie à la suite du massacre a falsifié son enquête, tandis que les médias ukrainiens ont contribué à déformer le meurtre de masse des manifestants et la police. Les faits indiquent que l’extrême droite a joué un rôle clé dans le renversement violent du gouvernement en Ukraine. Cette enquête universitaire apporte également de nouvelles questions importantes qui doivent être abordées.

Ivan Katchanovski
Ph.D. School of Political Studies & Department of Communication University of Ottawa Ottawa, ON K1N 6N5, Cana
da

Source : The “Snipers’ Massacre” on the Maidan in Ukraine - Traduction LaLEF

Voir aussi : Interview de Ivan Katchanovski (en anglais)

19 réponses à [Reprise] De Maïdan à Maïdanek : où sont passés les snipers de l’Hotel Ukraine ? Au gouvernement…

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Quels lobbies trafiquent les biberons du Ministre de l’économie Emmanuel MACRON ? Par Michel Gueritte.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale

Ville-sur-Terre
le 18 novembre 2014


Quels lobbies trafiquent les biberons
du Ministre de l’économie Emmanuel MACRON ?

Emmanuel Macron selon les guignols de l'info.

Emmanuel Macron selon les guignols de l'info.

Dans le projet de la loi fourre-tout de Emmanuel MACRON, destinée à doper l'économie,
curieusement on trouve un article consacré au projet d'enfouissement des déchets nucléaires
CIGéo à BURE dans la Meuse.

Mais que vient donc faire CIGéo
dans une loi sur la croissance économique ?

Le principe de réversibilité y est précisé.
Ainsi que l'organisation de la phase pilote, dont le démarrage repoussé dans le temps est actée.

Les 9 points principaux de l'article 79 (page 208 et 209) extraits de :

http://aef.publiatis.com/documents/DAM/%7BE4636700-6B26-45A9-A471-F8A3E6F8E5D9%7D/42015.pdf


CHAPITRE III – INDUSTRIE

Article 72 : Procédure d’autorisation des centres de stockage en couche géologique profonde - CIGEO

1 - le stockage géologique profond est retenu comme solution pour la gestion à long terme des déchets radioactifs ultimes.

2 - la procédure d’autorisation est décrite et le calendrier défini.

3 - intégration d'une phase industrielle pilote.

4 – définition de la notion de réversibilité - adaptation de la procédure d’autorisation de construire et du calendrier.

5 - l'installation fera l'objet d'une autorisation de mise en service restreinte, tandis que l'autorisation de création couvrira l'ensemble du projet, y compris ses phases ultérieures, afin que la démonstration de sûreté en soit apportée globalement.

6 - l'autorisation de mise en service des phases ultérieures ne pourra être accordée avant la promulgation d'une loi, prise sur la base d'un rapport de l'ANDRA présentant les résultats de la phase industrielle pilote.

7 – quelques précisions sur l'exigence de maîtrise foncière lors de la mise en service.

8 - nouveau calendrier : un dépôt de la demande d’autorisation de création en 2017, au lieu de 2015.

9 - le coût du projet a été estimé entre 13,5 et 16,5 milliards d’euros en 2005.

Rappelons qu’il y a déjà eu une tentative avec les articles 34 et 35 du projet de loi sur la transition énergétique en juin dernier
lorsque le gouvernement avait tenter un stupéfiant coup de force pour imposer l’enfouissement des déchets nucléaires :

http://www.reporterre.net/spip.php?article6034

Mesdames et messieurs les députés EE-LV et quelques autres : au travail !

Michel GUERITTE

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[Reprise] Jean-Pierre Chevènement : « Il n’y a pas d’indépendance de la France sans une Russie forte ». Le blog d'Olivier Berruyer.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La République, #La France, #La nation ., #La Russie, #La guerre

Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et représentant spécial de la France pour la Russie, s’est confié au Courrier de Russie dans le train Moscou-Iaroslavl, qui l’emmenait, le 16 septembre, assister au colloque franco-russe organisé par la Renaissance française sur la guerre de 14-18.

Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.

Jean-Pierre Chevènement : Je suis originaire de l’Est de la France, je suis né à Belfort. Mes parents étaient instituteurs, mais j’ai été très tôt attiré par la politique. Peut-être est-ce lié au fait que je suis né en 1939 et que mes premiers souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale. Mon père avait été fait prisonnier, et l’école où ma mère enseignait a été occupée un moment par les Allemands. Ma mère m’avait interdit de manger les oranges que les soldats allemands m’offraient – elles venaient probablement de Tunisie, en 1943 – mais j’ai pu vérifier par la suite que ces oranges étaient inoffensives, contrairement à ce qu’elle me racontait. Mon enfance a été celle-là.

LCDR : Un premier souvenir d’ « éveil » politique ?

J-P. C : À quinze ans, je me suis mis à soutenir Pierre Mendès-France, qui avait mis un terme à la guerre d’Indochine. J’étais « mendésiste », comme on disait alors, mais je n’ai pas adhéré au parti radical. Plus tard, quand j’ai étudié les sciences politiques à Paris, je suis resté sur cette orientation. J’ai cependant regretté que Mendès-France n’aide pas de Gaulle en 1958, puis en 1962, car le Général était seul à pouvoir mettre un terme à la guerre d’Algérie. Au fond, j’étais assez gaulliste. Lorsque j’ai été appelé comme sous-lieutenant en Algérie, en 1961, j’étais déjà convaincu qu’elle devait être indépendante – mais qu’il valait mieux que ce soit avec la France que contre.

LCDR : Qu’est-ce qu’il vous reste de ce séjour en Algérie ?

J-P. C : Ce fut une période très difficile, qui a constitué une transition à la fois nécessaire et violente et comporté beaucoup de souffrances. J’avais volontairement pris la responsabilité des relations militaires entre les armées française et algérienne au niveau de la préfecture d’Oran [où a eu lieu le massacre du 5 juillet 1962, ndlr]. Il faut rappeler qu’au cours des trois mois qui ont précédé l’indépendance, il y a eu une véritable sédition de l’OAS. J’ai été le premier Français à voir Ben Bella et Boumédiène [devenus par la suite présidents de l’Algérie, ndlr] à Tlemcen, en juillet 1962, et cela a très fortement marqué mon engagement. Je suis retourné en Algérie à la fin de mon service militaire pour faire un stage à l’ENA, jusqu’en juillet 1963. Je reste aujourd’hui président de l’Amitié France-Algérie : pour moi c’est un lien qui demeure, je suis sensible à tout ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

LCDR : Et ensuite ?

J-P. C : À mon retour en France, j’ai élaboré un projet prospectif : il s’agissait de changer le parti socialiste de l’intérieur en faisant alliance avec le parti communiste – de Gaulle était âgé et je préparais sa succession. Je voulais prolonger ainsi la Vème république en lui assurant des bases de gauche. J’ai créé un mouvement qui s’appelle le CERES (aile gauche du PS) et, en 1971, nous avons mis Mitterrand au pouvoir – après sept ans d’effort. Mitterrand m’avait chargé de rédiger le programme socialiste, que j’ai élaboré avec les communistes. La suite est connue : après avoir été député (la première fois en 1973), j’ai été maire de Belfort, quatre fois ministre [sous Mitterrand, puis Chirac, ndlr], et enfin sénateur – je suis un vieil homme politique !

Je suis un gaulliste de gauche

LCDR : Quelle fierté tirez-vous de votre carrière politique, et quels regrets ?

J-P. C : On n’est jamais content de ce que la réalité n’est pas conforme à l’idée qu’on s’en faisait. Je ne suis pas particulièrement réjoui par l’évolution de la gauche… Mais en même temps, nous avons assuré une certaine continuité de l’État, dans le domaine de la défense surtout, ce qui est important dans le maintien d’une politique. J’ai été confronté à des choix libéraux, en 1983 [sous Mitterrand, ndlr], qui m’ont poussé à démissionner [il était alors ministre d’État, ministre de la recherche et de l'industrie, ndlr]. Je considérais en effet que l’idée d’un « État stratège » devait être maintenue et j’avais été l’homme des grandes entreprises publiques – je n’ai pas approuvé l’orientation de la politique économique du gouvernement Mitterrand. Mais ensuite, j’ai été rappelé pour remettre de l’ordre dans l’éducation nationale, en 1984, puis à la Défense, en 1988. J’ai le souvenir de grandes réalisations.

LCDR : Mais vous avez à nouveau démissionné du ministère de la défense…

J-P. C : J’ai pu mener la politique que j’entendais mener jusqu’en 1990-1991, date à laquelle j’ai effectivement quitté le gouvernement pour la deuxième fois – afin de protester contre l’engagement de l’armée française en Irak. Enfin, j’ai été ministre de l’intérieur, en 1997, pendant trois ans et demi : j’ai pu y conduire des réformes importantes dans le domaine de l’intercommunalité. Et puis, j’ai démissionné pour la troisième fois, parce que j’étais en désaccord avec le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, sur l’avenir de la Corse – j’ai toujours été pour une politique nationale unitaire.

LCDR : Décidément…

J-P. C : Je n’ai démissionné, à chaque fois, que sur des sujets vraiment importants : politique économique et européenne, politique étrangère ou organisation de l’État. Vous le savez peut-être, je me suis également positionné contre le Traité de Maastricht : je pense que l’Europe doit se faire dans le prolongement des nations – je ne suis pas contre l’idée européenne, mais je suis pour une Europe européenne, c’est-à-dire capable de défendre ses intérêts propres et pas inféodée aux États-Unis. Je suis un homme de gauche original, en quelque sorte. On pourrait dire que je suis un « gaulliste de gauche ». Ou alors un socialiste républicain à la forte adhérence gaulliste…

LCDR : Qu’est-ce que vous n’êtes pas ?

J-P. C : Je ne suis pas de droite, au sens du libéralisme économique mondialisé. Je suis évidemment encore moins d’extrême-droite – je crois en l’égalité des êtres humains. Je ne suis pas communiste non plus, parce que j’appartiens à une tradition plus souple : le communisme ne fait pas la part des choses entre le collectif et l’individu – il y a un équilibre à trouver. Mes parents étaient plutôt socialistes, mais avec un esprit critique, parfois même, ils étaient individualistes. Il leur est arrivé de voter de Gaulle. Donc, je garde un esprit pragmatique. Voilà ce que je ne suis pas. Je pense que je ressemble à beaucoup de Français.

Nous célébrons la bataille de Borodino comme une victoire à la fois russe et française

LCDR : Qu’est-ce qui fait la force d’un homme politique ? Son intégrité ?

J-P. C : J’ai fait des compromis – j’aurais pu démissionner bien plus souvent ! Ce qui me motive, c’est la continuité de notre politique dans des domaines essentiels, parmi lesquels figurent les relations franco-russes.

LCDR : Pour quelle raison ?

J-P. C : Parce qu’il en va de l’intérêt de la France et de celui de la Russie. Il n’y a pas d’indépendance de la France sans une Russie forte. Et la Russie aussi a besoin d’avoir, à l’ouest de l’Europe, un grand partenaire amical. Au fond, il n’y a pas d’antagonisme fondamental entre la Russie et la France, les deux pays ne se sont jamais heurtés. Bien sûr, il y a eu l’épisode napoléonien, mais c’est plutôt un accident de l’Histoire !

LCDR : C’est-à-dire ?

J-P. C : Les guerres napoléoniennes étaient dirigées contre l’Angleterre – Napoléon voulait diriger le blocus continental, il ne souhaitait pas s’en prendre aux Russes. Mais ça s’est trouvé comme ça, et les Russes se sont défendus. Cela n’a pas affecté nos relations et nous célébrons la bataille de Borodino comme une victoire à la fois russe et française. Et je suis très attaché à maintenir ce lien, même dans le moment difficile que nous traversons.

LCDR : On fait fausse route, alors ?

J-P. C : Il y a des responsabilités partagées des deux côtés, beaucoup de malentendus et d’incompréhension. Ce qui est arrivé en Ukraine aurait pu être évité.

LCDR : Comment ?

J-P. C : Si les institutions européennes avaient, par exemple, négocié l’accord d’association avec l’Ukraine en étroite concertation avec la Russie, afin d’anticiper les problèmes à venir. S’il y avait eu un meilleur climat, au départ, entre la Russie et l’UE, et peut-être un meilleur contrôle sur les agissements des grands pays – Allemagne, France, Italie. Bien sûr, l’Ukraine n’est pas n’importe quel pays pour son voisin russe, et je ne crois pas que l’intention de la France soit de placer l’Ukraine face à un choix impossible entre Russie et UE. Peut-être, en revanche, que l’Ukraine est effectivement un objet politique pour les États-Unis : certains voient dans cette affaire l’occasion de semer la discorde entre l’Europe de l’ouest et la Russie. Mais ça n’a jamais été le dessein de la France ! Ce qui s’est passé à Maïdan a véritablement été une surprise. L’accord conclu ensuite, le 21 février 2014, par les ministres français, allemand et polonais des affaires étrangères aurait pu fournir une porte de sortie, mais il n’a pas été appliqué. C’est n’importe quoi – et les Russes ont répondu à n’importe quoi par n’importe quoi.

Il y a une mécanique qui s’est mise en mouvement, c’est la mécanique de la bêtise

LCDR : À quel moment ?

J-P. C : L’annexion de la Crimée est une entorse au principe de la souveraineté de l’État. Je crois que les initiatives prises par les habitants de Sébastopol ont placé la Russie devant le fait accompli. Et celle-ci a choisi d’aller dans le sens de leur demande de rattachement, sans mesurer les problèmes qui allaient en découler, ni l’utilisation qu’allaient en faire les partisans d’une nouvelle guerre froide en Europe. Nous sommes alors entrés, malheureusement, dans un processus incontrôlé, malgré les efforts entrepris depuis quelques mois – y compris par le président français. Un cessez-le-feu précaire est en place et des élections régionales sont prévues à Donetsk et Lougansk, mais on est loin des projets évoqués par Angela Merkel et François Hollande. On voit bien, pourtant, quel genre de compromis pourrait se dessiner : une certaine régionalisation de l’Ukraine, une « neutralisation » du territoire, de façon à ce que les Russes n’aient pas le sentiment que l’Ukraine est appelée à devenir un pays de l’OTAN. Il faudrait d’ailleurs écarter définitivement cette perspective et procéder à une remise à niveau économique de l’Ukraine. Aujourd’hui, il y a une mécanique qui s’est mise en mouvement, c’est la mécanique de la bêtise. Il faut savoir l’arrêter, trouver un point de retour. Le processus dit « de Normandie », qui a réuni les présidents russe et ukrainien, ainsi que le président français et la chancelière allemande, le 6 juin dernier, a constitué un premier pas. Mais il faut aussi convaincre les Américains que la Russie ne doit pas être repoussée vers l’Asie.

LCDR : Vous êtes confiant ?

J-P. C : Je suis inquiet. Je suis inquiet face aux conséquences des sanctions adoptées, à la façon dont elles sont interprétées. La Russie doit convaincre du caractère national de son projet, elle doit convaincre qu’elle veut se moderniser et non reconstituer l’URSS. Je trouve très forte cette citation de Poutine, qu’on connaît trop peu en Occident : « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, et celui qui souhaite son retour n’a pas de tête. » Naturellement, il y a des problèmes humains à résoudre, et en premier lieu celui des Russes qui vivent hors de Russie. Mais cela doit se faire dans un cadre international stable. Il faut restaurer la confiance entre les parties, trouver des garanties de sécurité. Cette tâche-là est la plus difficile, car, dans un processus d’escalade, le procès d’intention l’emporte toujours. La Russie doit aussi tenter de s’expliquer. Mais je pense que ce qui s’est passé n’était pas délibéré : je ne sous-estime pas la part de l’émotionnel dans toute cette affaire. Il faudrait revenir à un peu plus d’objectivité.

LCDR : Y compris du côté américain ?

J-P. C : Il faut distinguer le petit noyau de géo-stratèges, où la part d’émotionnel est faible, et l’opinion, qui ne connaît pas vraiment la Russie et pense que l’on va vers une nouvelle guerre froide – alors que les bases mêmes d’un conflit de ce type n’existent plus. Nous sommes dans un système d’économie de marché, la modernisation de l’économie russe implique certains changements, que nous pouvons saluer. En cela, les sanctions sont contre-productives et vont créer un climat irrationnel.

LCDR : Vous êtes entendu, sur cette question des sanctions ?

J-P. C : L’avenir le dira. En tous cas, je m’exprime. Je suis en contact direct avec les autorités gouvernementales, et je m’exprime dans la presse.

Bernard-Henri Lévy n’est pas la France

LCDR : Quelles ont été les erreurs de la France, dans la crise ukrainienne ?

J-P. C : Il y a eu des soutiens français inconséquents au processus de Maïdan – mais Bernard Henri-Lévy n’est pas la France. Peut-être que, pour des raisons qui tiennent à notre adhésion à l’UE, nous sommes un peu à la remorque d’un certain nombre de pays qui ont sur la crise ukrainienne des positions radicales et obéissent à des impulsions de l’extérieur. J’aimerais que la France ne soit pas à la traîne, qu’elle travaille au succès d’une Europe existant par elle-même – non contre la Russie, mais avec elle. Et, cela n’engage que moi, mais je considère qu’il faut honorer les contrats Mistral.

LCDR : Comment la Russie peut-elle être « garante de l’indépendance de la France », comme vous le disiez ?

J-P. C : En développant nos relations économiques, notre concertation politique. La Russie est un pays qui compte à l’échelle planétaire, un grand pays, ainsi qu’un acteur majeur de la politique mondiale. Et elle le restera. Elle constitue un contrepoids dans les relations internationales.

LCDR : Faites-vous confiance à Vladimir Poutine ?

J-P. C : C’est un homme d’État. Il en a les qualités, et probablement aussi les défauts. Mais j’ai eu l’occasion de le rencontrer, et j’ai été impressionné : par sa capacité à argumenter, mais aussi par le fait qu’au-delà de la rationalité, c’est un homme d’une certaine affectivité. Je ne vous dirai pas, comme le président Bush Junior, que j’ai « vu son âme » – je suis un républicain laïc, fondamentalement cartésien. Mais je pense que le président Poutine est un homme avec qui l’on peut discuter. Il faut –comme toujours– éviter les malentendus, comprendre ce que l’autre a à l’esprit, car nous nous racontons tous une histoire. On ne peut pas faire abstraction, en politique, des éléments psychologiques. Et quoiqu’il en soit, M. Poutine est le président de la Russie, il a été élu – et je ne crois pas qu’il y ait d’opposition capable de lui succéder, ni qu’il faille mettre la Russie au ban des nations.

Les fonctionnaires ont toujours les mêmes vices

LCDR : Qu’est-ce qui vous lie à la Russie, personnellement ?

J-P. C : La littérature. Le peuple. Et je ne suis pas de ces gens qui ont perdu la mémoire – je me souviens très bien des deux guerres mondiales et de la contribution importante de la Russie à ces conflits.

LCDR : Y a-t-il des choses qui vous effraient ?

J-P. C : Beaucoup de choses m’effraient. La bêtise, principalement. Surtout quand elle est au pouvoir. L’irresponsabilité. L’absence de culture.

LCDR : Vous n’êtes jamais découragé ?

J-P. C : Je surmonte le découragement.

LCDR : Comment ?

J-P. C : Par le travail. J’écris des livres.

LCDR : Quels conseils donneriez-vous à un jeune homme épris de politique, et qui sortirait tout juste de l’ENA ?..

J-P. C : Je lui dirais d’abord qu’il est mal parti ! En 1967, j’ai écrit avec Alain Gomez et Didier Motchane L’Enarchie – je sortais tout juste de l’ENA moi-même, promo 1965. Et c’est un livre qui n’a pas vieilli. Il dresse un tableau assez juste de la haute administration française. Il est amusant – je vous le conseille. Les fonctionnaires ont toujours les mêmes vices.

LCDR : Savez-vous que de nombreux Français aimeraient vous voir au gouvernement ?

J-P. C : Ah non, j’ai exclu cette perspective ! La ligne politique du gouvernement actuel n’est pas vraiment la mienne, et si je revenais, ce serait donc pour en prendre la tête… Mais je crois que ce n’est pas vraiment la disposition d’esprit de François Hollande, et je veux laisser à Manuel Valls l’espace dont il a besoin – je ne suis pas un concurrent.

LCDR : La France d’aujourd’hui manque-t-elle d’hommes d’État ?

J-P. C : Ce sont les circonstances qui révèlent les hommes d’État. Donc, il ne faut pas désespérer. Mais vous me faites côtoyer des précipices. Vous – parlez-moi de votre enfance, maintenant.

Source : Le Courrier de Russie

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Un ÉCLAIRAGE sur la situation en IRAK et en SYRIE. Le site Commun Commune.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient

Syrie-Irak, EIIL.

Syrie-Irak, EIIL.

Le but de cet article est de rétablir un certain nombre de vérités, de donner quelques clés pour combattre les enjeux et de dénoncer, une fois de plus, le traitement par la presse (écrite ou parlée) de notre pays, toutes tendances confondues, qui cache des éléments essentiels.

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Qu’est-ce que l’Emirat islamique ?

Ce sigle, EIIL (d’autres l’appellent DAESH ou encore ISIS) est un nouveau venu en France. Pourtant, il fait partie, depuis les débuts de la guerre en 2011, des organisations militaires qui combattent la République arabe syrienne. Son chef, Abou-Bakr Al-Baghdadi a siégé parmi les dirigeants de la soi-disant ASL (armée syrienne libre) qui combat l’armée et l’Etat syriens. C’est lorsque l’armée syrienne a repoussé ce groupe armé qu’il est passé en Irak et a changé son nom de EIL en EIIL (Emirat Islamique en Irak et au Levant).

Comme les autres groupes armés qui combattent le régime baasiste, il est essentiellement composé d’étrangers à la Syrie. Il a d’abord été alimenté par des Libyens, menés par Adelhakim Belhadj, bombardé gouverneur de Tripoli par les fascistes et les maffieux qui ont renversé et assassiné Kadhafi avec la bénédiction active des impérialismes US, français et britannique. Des Tunisiens ont suivi (on sait que Belhadj y a sa base arrière et est impliqué dans l’assassinat du dirigeant progressiste Chokri Belaïd). Aujourd’hui, on y trouve des Jordaniens, des Irakiens, bien sûr des Saoudiens, plus récemment sont arrivés des Tchétchènes venant du Caucase et notamment de Géorgie. Ainsi le chef militaire de l’EIIL Abou Omar al-Chichani est en réalité un ancien membre du renseignement militaire géorgien nommé Tarkhan Batirashvili.

Cette présence confirme le lien entre cette bande armée et l’impérialisme dominant. L’Etat géorgien était, avec l’ancien président Saakachvili, tout au service des USA et son successeur Margvelachvili se rapproche considérablement de l’UE.

La Géorgie, pion US/UE sur l’échiquier des rivalités inter impérialistes et de la guerre pour les ressources du sol et la domination du monde fournit donc des cadres militaires à l’EIIL. Il n’y a là rien de surprenant. Comme les autres groupes militaires fascistes constitués en Syrie, EIIL a été armé essentiellement par la France, les USA et l’Arabie Saoudite, féale de l’impérialisme US.

Les bandes mercenaires fascistes au Moyen Orient

Cela ne date pas d’hier. Les USA ont créé eux-mêmes ceux que l’on appelle les « Djihadistes » lors de la guerre en Afghanistan.

Le ciment anticommuniste a fait de ces gens-là des auxiliaires parfaits de l’impérialisme dominant, souvent formés par la CIA. Les princes saoudiens, particulièrement l’un d’entre eux, Bandar ibn Sultan ont joué un rôle essentiel dans la constitution de ces bandes.

Quel que soit le discours officiel tenu par les porte-parole des Etats US ou français sur EIIL, ces gens-là sont leur création et leurs créatures. Les chefs de ce groupe ont été des dirigeants fort présentables de la mythique ASL (l’opposition syrienne militaire adoubée par l’ONU, c’est-à-dire l’impérialisme US et son allié UE) ; le sénateur républicain Mac Cain, envoyé d’Obama, a même rencontré Al-Baghdadi avec l’état-major de la soi-disant ASL en mai 2013 afin de négocier la fourniture d’armes.

Sur le terrain, en Syrie, l’ASL n’existe pas ou n’existe plus. Les groupes armés opposés au régime baasiste au pouvoir sont de trois sortes : les deux principaux sont EIIL au nord-est (Rakka, Deir ez-Zor), coupant en partie le territoire syrien de celui des Kurdes plus au nord, le Front Al-Nosra à l’est (Hama) et au sud-ouest, près de la frontière libanaise où il combat le Hezbollah et les Frères Musulmans à Alep (nord-ouest). Le Front Al-Nosra se réclame de la nébuleuse Al-Qaïda et est officiellement armé par l’OTAN, probablement aussi par les Saoudiens ; les Frères Musulmans sont soutenus militairement et financièrement par le Qatar et la Turquie d’Erdogan.

Au début les USA utilisaient ces mercenaires comme supplétifs pour leur Grand Œuvre : remodeler le Moyen Orient pour en capter les ressources et éliminer les opposants. Mais, depuis les ennuis que l’armée occupante US a rencontrés aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, la stratégie des dirigeants de Washington a évolué. Ils ont d’abord confié leurs intérêts à des armées privées dépendant d’officines US comme la fameuse Blackwater qui a changé de nom (Xe et aujourd’hui Academi) qui continue d’être la représentation armée directe des USA en Irak.

Puis sont venues les tentatives de déstabilisation des régimes du Maghreb et du Moyen Orient trop peu (ou pas du tout) favorables aux USA ou trop corrompus pour être encore utiles ; ce que des naïfs croyant aux révolutions spontanées ont appelé « le printemps arabe ». L’opération conjointe pour renverser le régime de Kadhafi a permis d’utiliser à la fois des mercenaires classiques (un contingent des Emirats Arabes Unis notamment) mais aussi, directement, non plus seulement comme repoussoir mais comme agents, les bandes armées fascistes intégristes. Cela a permis de donner le label "fréquentable" ou "démocratique" à des bandes comme celles de Belhadj ou le gang de Benghazi et à l’organisation fasciste par excellence de la région : les Frères Musulmans. Cela évite aussi la mort de soldats US, sujet brûlant sur place, on se contente de bombarder et d’utiliser des drones, beaucoup moins dangereux. Mais cela sous-entend de fournir armement et conseillers militaires aux bandes.

Le but des USA est la "somalisation" de ces pays, leur parcellisation, avec des sbires qui contrôlent le pétrole ou le gaz, en intégrant des données collatérales comme les rivalités entre les groupes utilisés. A cet égard la Libye est une parfaite réussite, justement parce qu’elle est délabrée, à feu et à sang, pendant que les "gentils" tiennent la bande côtière pétrolière.

La mise en cause et le bombardement d’EIIL, un retournement ?

Et voilà que cette belle stratégie paraissait avoir du plomb dans l’aile. La créature monstrueuse aurait échappé à ses créateurs. Mais il faut y regarder de plus près. La première question à se poser est celle du sort des Chrétiens orientaux. Apparemment celui des chrétiens syriens, massacrés par les bandes armées opposées à Assad n’émeut personne. Quand-à ceux d’Irak, n’est-il pas un peu tard pour s’en préoccuper ? Même si le pape n’a réagi qu’il y a peu, les malheurs datent du renversement de Saddam Hussein par les envahisseurs de la coalition internationale, USA en tout premier lieu.

Nos media et le gouvernement français ont beaucoup mis en avant les Kurdes d’Irak, comme rempart contre EIIL. La vérité est toute autre. Les clans Talabani et Barzani, qui contrôlent cette partie du Kurdistan, sont composés de maffieux à la solde d’Obama entretenant d’excellentes relations diplomatiques avec Israël. Lorsque le monde fut enfin informé des conquêtes d’EIIL en Irak, on "oublia" de nous dire que les Peshmergas de Barzani s’étaient partagé le gâteau avec eux et en avait profité pour s’emparer de la ville pétrolière de Kirkouk auparavant aux mains de l’embryon d’armée irakienne. Le gouvernement régional du Kurdistan a ainsi augmenté de 40 % la zone qu’il contrôle et a annoncé avoir augmenté, en quatre mois, ses revenus pétroliers de 60 %. La commercialisation de ce pétrole, acheminé vers le port turc de Ceyhan, est jugée illégale par le gouvernement fédéral irakien.

Parlons-en de ce gouvernement ! La condition drastique qu’avait émise Obama pour intervenir était la mise au placard du premier ministre Al-Maliki. A l’époque, en France, même "L’Humanité" avait repris la fable consistant à justifier son éviction par sa difficulté à partager le pouvoir, à associer les opposants politiques. En réalité, Al-Maliki est tombé parce qu’il refusait à la multinationale Exxon de lui concéder des terrains pétroliers (c’est réglé, ils négocient en ce moment avec les Kurdes maffieux) et parce qu’il a été lâché par l’Iran, le nouveau président, le religieux Rohani, entamant un spectaculaire rapprochement avec les USA et l’Arabie.

Enfin, les Kurdes de Barzani n’ont aidé ni les Yézidis ni les Kurdes syriens de Kobané. Ce sont les militants communistes du PKK, des Kurdes de Turquie qui, dans les deux cas ont fourni l’aide. Au final, l’offensive venue du sud de l’armée syrienne a permis de dégager la pression et de sauver la ville de Kobané. Mais ce ne fut pas sans mal. Car, il faut le dire, l’action des avions peut rendre perplexe même les plus naïfs. Au lieu de pilonner EIIL l’Otan a lâché des bombes plus en Syrie qu’en Irak et notamment sur la zone tampon entre les fascistes et l’armée syrienne, empêchant cette dernière de remonter vers le nord pour aider Kobané. Ils en ont profité pour détruire les infrastructures pétrolières afin qu’elles soient inutilisables au moment où l’armée syrienne les reprendrait.

L’ennemi de l’OTAN, ce n’est pas EIIL, à qui d’ailleurs elle a livré des armes (soi-disant par erreur), c’est encore et toujours la Syrie baasiste qui résiste bien mieux que prévu, le dernier empêcheur de profiter tranquillement des matières premières, le seul régime politique complètement opposé aux fascistes intégristes et capable de les détruire.

Le rôle de la Turquie et de la France sont à cet égard des plus clairs. Si les USA tentent de nous faire croire qu’ils essaient de combattre EIIL, les deux autres ne s’embarrassent pas de fioritures. Erdogan a sans cesse répété qu’il fallait détruire la RA Syrienne, il a longtemps refusé d’ouvrir sa frontière aux Kurdes de Syrie. Ses ennemis, ce sont les laïcs, qu’ils soient communistes comme le PKK ou nationalistes arabes comme le parti Baas. Ainsi l’hebdomadaire US "Newsweek" a révélé que les commandants de l’EIIL parlaient turc, étaient en conversation permanente avec les autorités turques ; quant aux milices kurdes de Syrie, elles accusent Ankara de fournir des armes à leurs ennemis.

La France est sur la même ligne. Fabius et ses amis ne décolèrent pas à l’idée de ne pas retrouver le protectorat colonial que l’impérialisme français avait en Syrie dans l’"Entre deux guerres". Notre ministre s’est même fendu d’un communiqué à vomir à propos d’Alep. Il essaie piteusement de mettre sur le même plan EIIL et les dirigeants de la République syrienne, se réjouit du sauvetage de Kobané sans dire un mot des responsables et accuse l’armée syrienne de n’avoir rien fait pour le sauver alors que, dès que les bombardements de l’OTAN, qui l’en empêchait, ont cessé, elle s’est mise en mouvement. En orientant sur Alep, il tente de convaincre une nouvelle fois ses partenaires de laisser tomber la lutte contre EIIL et de s’en prendre à l’armée syrienne, sans grande chance de succès. Enfin, il est bon de rappeler que la France fournit des armes, pour soi-disant combattre EIIL, au Front al-Nosra, sachant d’ailleurs qu’il n’existe aujourd’hui aucune zone de contact entre ces deux bandes.

Une problématique, le rôle de la gauche en France

Tous les éléments que nous présentons pour une meilleure compréhension des enjeux et de la réalité sont quasiment absents des journaux, télés et radios de notre hexagone. C’est que l’analyse de ce qui se passe vraiment dans le monde, que ce soit en Amérique du Sud, en Ukraine ou au Moyen Orient est un enjeu idéologique primordial pour ceux qui veulent la survie éternelle de l’ordre mondial capitaliste. La spécificité d’un pays comme la France est que la gauche est tout autant imprégnée des standards de l’idéologie dominante et les défend tout autant que la droite.

Rien de surprenant s’agissant du Parti socialiste qui a toujours adopté des positions très atlantistes, qui, dans une histoire récente, ont parfois divergé de celles des gaullistes : De Gaulle met fin à la Guerre d’Algérie que la SFIO avait activée, Chirac se prononce contre la seconde invasion impérialiste de l’Irak quand Mitterrand avait activement participé à la première. Attention à ne pas faire de fausse interprétation de ce que nous disons : SFIO devenue PS comme RPR devenu UMP défendent les intérêts de la Bourgeoisie française. Mais des courants divergents peuvent exister au sein de cette Bourgeoisie, comme c’est le cas dans les pays colonisés : la Bourgeoisie compradore suit l’Impérialisme dominant en espérant des miettes (c’est la position du PS, de l’ex-UDF, et plus récemment, aussi bien de Hollande que de Sarkozy), la Bourgeoisie nationale essaie de conserver ses propres prés carrés, soit en tentant de faire de l’UE un instrument de relative résistance aux USA après la fin de l’URSS (c’est la position de Chirac et des historiques du RPR) soit en la combattant (c’est la position de Pasqua, et, plus récemment de Dupont-Aignan et Le Pen). Pas de surprise non plus concernant la position des écologistes, tenant d’une des justifications idéologiques du maintien du capitalisme les plus efficaces : l’Homme est méchant et détruit la planète, seule une élite intellectuelle avec le nez vert s’en aperçoit ; il faut combattre le nucléaire civil sans rien dire des bombes atomiques ; l’avenir est dans la misère consentie en produisant moins (mais sans amputer les dividendes) ; bref, au placard les critères de classe.

Mais, ce qui apparaît de manière évidente depuis plusieurs années, c’est la position qui pourrait sembler inattendue de la « gauche de la gauche ». Du NPA qui condamne l’intervention impérialiste au Mali mais pas en Libye ni en Syrie à Mélenchon qui approuve l’intervention impérialiste en Libye en passant par le "Monde Diplomatique", supporter des Frères Musulmans ou le PCF vantant une pseudo-révolution baptisée printemps arabe sans voir que ce sont les impérialistes qui avancent leurs pions, la liste serait longue.

En Libye, les uns et les autres voient aujourd’hui un conflit entre "libéraux" et "progressistes" d’un côté et "intégristes" de l’autre, là où groupes maffieux et fascistes s’entremêlent ou s’entre déchirent et que les progressistes sont morts, en fuite ou se taisent. Jamais le fascisme intégriste n’est dénoncé. Pire, au prétexte d’islamophobie, s’établit une échelle entre une religion oppressante (le catholicisme) et une opprimée (l’islam). Outre que les hyper réactionnaires évangélistes de tout poil semblent oubliés, il faut dire que l’islamophobie est un concept erroné, véhiculé par l’idéologie dominante, pour masquer un racisme pur et dur, où l’on en veut à l’ethnie, pas à la croyance, où, depuis 50 ans, c’est la victoire des Algériens contre le colonisateur Français qui n’a toujours pas été digérée. De la même manière, nombre d’intellectuels de gauche critiquent le terme d’islamiste, qui introduit une fausse distinction entre croyants modérés et croyants fanatiques et s’en prend à l’Islam en général. Mais le problème n’est pas, là, de défendre l’islam, mais d’attaquer les autres religions, tout autant obscurantistes. « Peut-on croire modérément ? ». Là est la vraie question. Il n’y a pas d’opprimés religieux, il n’y a que des opprimés prolétaires, et seul l’athéisme est de nature à se dégager de cette oppression idéologique.

Sur un autre sujet, la « gauche de la gauche » défend des solutions qui n’en sont pas ; des compromis qui sont des compromissions. Il en est de la paix en Palestine comme de l’Europe sociale ou du partage des richesses : chimères !!! Ce n’est pas la protestation internationale pour la paix mais le combat acharné des Palestiniens de Gaza, qu’ils soient du Hamas ou des organisations marxistes, et le nombre de soldats colonialistes tués qui ont fait reculer le gouvernement israélien.

C’est la même chose pour le conflit que nous évoquons avec ce texte. Ceux qui semblent dénoncer l’Impérialisme en disant « C’est le Qatar et l’Arabie qui arment et financent EIIL » oublient le rôle de la France et des USA, de la Turquie même. Ceux qui, par pétition interposée demandent l’aide de la France au PKK se moquent du monde. L’Etat français n’est pas au sommet d’une balance qu’il suffirait de faire pencher d’un côté. Il est dans le camp de EIIL, qui est une officine à son service ; de la même manière qu’il est au service de la bourgeoisie capitaliste (et non pas qu’il écoute plus les patrons que les travailleurs).

En conclusion : choisir son camp

Contrairement à ce que véhicule cette gauche de la gauche, il n’existe pas un camp de la démocratie auquel, bon an mal an, il faudrait faire confiance, contre un camp des dictateurs. Cette grille de lecture qui fausse toutes les analyses internationales en particulier du PCF et de la CGT depuis vingt ans ne prend pas en compte les aspects de classes sociales, autant dire l’essentiel ; elle est donc intrinsèquement fausse.

Depuis le début des interventions impérialistes au Moyen Orient, le PCF, le Front de Gauche, le NPA, les différents intellectuels qui parlent pour eux ont le cul entre deux chaises. Comme le disait Elsa Triolet, les barricades n’ont que deux côtés. Il n’existe pas de troisième voie. Dès 2003, ceux qui voulaient n’être ni pour Bush ni pour Saddam étaient avec Bush.

Dans les combats planétaires armés ou seulement économiques que nous avons sous les yeux, les forces au service des impérialistes dominants affrontent les peuples qu’ils veulent dominer, mais aussi des forces au service de certaines petites ou moyennes bourgeoisies (le Baas syrien, le Hezbollah) voire des impérialismes rivaux (la Chine, la Russie, le Brésil) mais en position de résistance. Quand l’Allemagne nazie voulait dominer le monde, les progressistes, au premier rang d’entre eux les Soviétiques se sont retrouvés dans le même camp que d’autres impérialismes, les USA ou la Grande Bretagne. Il en est de même aujourd’hui : ceux qui veulent l’affranchissement de l’impérialisme US, la défaite des fascistes intégristes à son service au Moyen Orient sont dans le même camp que l’armée syrienne et même que la Russie qui lui livre les missiles qui lui permettent d’éviter une invasion US. Assumer cela n’est pas dire qu’Assad est un révolutionnaire ni Poutine un progressiste, mais c’est tenir compte d’une réalité qui ne plait pas à beaucoup :toutes celles et tous ceux qui avaient cru ou dit de bonne fois que le monde ne serait plus bipolaire après la fin de l’URSS se sont trompés. Nous sommes revenus à un monde d’affrontement inter impérialistes duals : l’impérialisme dominant, ses alliés et se sbires, contre tous ceux qui ne veulent pas de son ordre, que ce soit pour prendre sa place, pour continuer d’exister ou pour combattre le capitalisme.

La position de COMMUNISTES est claire. Dans ce conflit du Moyen Orient, nous sommes avec toutes celles et tous ceux qui combattent les impérialismes à l’attaque (USA, France, Grande Bretagne, Turquie, Israël) et leurs sbires, notamment les légions fascistes obscurantistes, des Frères Musulmans à EIIL. Nous sommes aux côtés des peuples, syrien, irakien, kurde, qui combattent ces fléaux et des organisations qui prennent activement part à ces combats, comme nos camarades du PKK, avec une pensée pour Abdullah Öcalan, son secrétaire général, prisonnier politique isolé dans l’île d’Imrali, depuis 15 ans, seul pendant 10 ans, en proie à toutes les exactions, victime de l’impérialisme turc comme avant lui le grand poète Nazim Hikmet.

source: www.sitecommunistes.org

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Conférence d'Annie Lacroix-Riz. "Aux origines idéologiques de l’Europe" Ecole Normale Supérieure, rue d’Ulm. Paris Mai 2014. Paris.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation

Conférence d'Annie Lacroix-Riz. "Aux origines idéologiques de l’Europe" Ecole Normale Supérieure, rue d’Ulm. Paris Mai 2014. Paris 5°.

Annie Lacroix-Riz

Annie Lacroix-Riz

"Aux origines idéologiques de l’Europe". École Normale Supérieure, rue d’Ulm Paris 5e.

Avec
Annie Lacroix-Riz
Historienne, Professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot,
auteure du livre "Aux origines du carcan européen, 1900-1960". "La France sous influence allemande et américaine".Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014
et
Antonin Cohen
Politiste, Professeur en science politique à l'Université de Rennes 1 et à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense
auteur du livre De Vichy à la
Communauté européenne, Paris, Presses Universitaires de France, 2012
Paris. Mai 2014

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Deux conférences d'Annie Lacroix-Riz en région PACA, Aubagne et Nice.

19 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La guerre, #La nation ., #La France, #La République

Ce jeudi 20 novembre à Aubagne,

repaire d’Aubagne,

conférence-débat : EUROPE et FASCISME Des années 1920 à la deuxième guerre mondiale.

19h30 (présence à partir de 18h30)
Restaurant le Borsalino, 3 Bd J. Jaures - Aubagne.

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Ce vendredi 21 novembre, NICE,

L’ALPAM & L’AFL 06 Assoc. des Familles Laïques des A-Mmes

12 rue Vernier 06000 NICE et 54 Avenue du RAY 06100 NICE : Tél. 06 82 91 96 74

ORGANISE leur PROCHAINE :

« Conférence Laïque »

Dans le Grand Amphithéâtre aux Espaces Associations 12 ter Place Garibaldi à NICE
DE 18h30 à 20h30

LE VATICAN ET L’ALLEMAGNE

aux XIXème et XXème siècles avec les deux guerres mondiales en toile de fond

Nice, Maison des Associations de Nice, place Garibaldi.

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L'Elysée et le Medef veulent supprimer les Conseils de prud'hommes

19 Novembre 2014 , Rédigé par caroleone Publié dans #CGT, #Travailleurs en lutte

Cet article est reposté depuis coco Magnanville.

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