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Le blog de Lucien PONS

« Draghi : pour sauver l’euro, il va falloir sacrifier vos salaires !! » Par Charles Sannat dans "Le Contrarien".

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La lutte des classes, #Le socialisme, #l, #La gauche, #La République

« Draghi : pour sauver l’euro, il va falloir sacrifier vos salaires !! »

« Draghi : pour sauver l’euro, il va falloir sacrifier vos salaires !! » Par Charles Sannat dans "Le Contrarien".

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Vous pourrez me retrouver ce matin à 11h00 sur BFM Business où je serai l’invité de Guillaume Sommerer pour « Le Face à Face ». Pour vos réactions, n’hésitez pas à m’écrire à charles@lecontrarien.com ou pour réagir en direct, à BFM.

Alors que les deux économistes franco-allemands viennent de rendre leur rapport appelant à nouveau à l’idée de « dérégulation » au sens large, que Macron notre ministre de l’Économie va tenter de faire passer sa loi pour « plus de crôassance » en tentant de créer plus de postes de notaires, ce qui ne changera rien au problème du chômage de masse, je trouve que le coup de grâce a été porté par Mario Draghi, notre grand timonier monétaire à la barre de la BCE. Les propos de Draghi révèlent également la pensée réelle de ceux qui nous dirigent. Lui peut se permettre de le dire publiquement puisqu’il n’a pas été élu par les peuples mais désigné et nommé par les gouvernements.
Nos dirigeants, eux, ont besoin de l’onction populaire à travers les élections et les votes qui ne sont, hélas, plus qu’un alibi à la démocratie et sont obligés à une certaine forme d’hypocrisie. Difficile pour les socialistes (moins pour la droite) de dire qu’il va falloir baisser les salaires.

Pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit. Organiser une dévaluation compétitive géante non pas monétaire mais salariale.

Draghi appelle à pouvoir ajuster les salaires pour aider l’euro

C’est important l’euro mes braves mougeons, alors vous savez, il va falloir que vous sauviez l’euro. Bon, sauver l’euro comme le quitter cela a un prix. Si nombreux sont ceux qui poussent des cris d’orfraie lorsque l’on envisage une sortie de l’euro en disant « c’est impossible cela coûterait trop cher », ce qui est peut-être vrai, on les entend nettement moins nous parler du vrai coût pour rester dans l’euro ! Or ce coût du maintien à tout prix de la monnaie unique c’est aussi bien des coûts économiques, que des coûts en perte de croissance ou encore des coûts sociaux (demandez donc ce qu’ils en pensent aux Grecs, aux Italiens, aux Espagnols ou aux Portugais qui sont allés jusqu’à embastiller leur dernier Premier ministre).

Il faut donc calculer les deux facettes du problème, à savoir conserver ou supprimer l’euro, pour avoir un débat sain sur ce sujet. Évidemment, le coût du maintien de l’euro n’est jamais, mais alors jamais abordé vraisemblablement parce que le conserver coûte plus cher à terme que de le quitter, seulement ce n’est pas ce qui a été décidé pour vous.

Voici ce que Mario Draghi a déclaré dans les grandes lignes.

« Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a appelé la zone euro à pouvoir répondre aux crises « par l’ajustement des salaires », afin de renforcer la viabilité de la monnaie unique. »

« Tous les pays de la zone euro doivent être capables de prospérer indépendamment. Cela signifie que chaque économie doit être assez flexible pour trouver et exploiter ses avantages comparatifs, afin de bénéficier du marché unique », a déclaré M. Draghi lors d’un discours à Helsinki. »

« Et ils doivent être assez flexibles pour répondre rapidement aux chocs de court terme, y compris par l’ajustement des salaires ou la réallocation des ressources entre les secteurs », a estimé M. Draghi.

Il a expliqué que l’union monétaire, quoique « irrévocable », restait « toujours incomplète » sans « transferts budgétaires permanents entre pays » ni forte mobilité des chômeurs à travers les frontières.

« Le manque de réformes structurelles fait naître le spectre d’une divergence économique permanente entre les membres. Et dans la mesure où cela menace la cohésion essentielle de l’Union, cela a des conséquences potentiellement dommageables pour tous les membres de l’union monétaire européenne », a affirmé le président de la BCE.

« Interrogé lors d’une discussion à l’université d’Helsinki sur le « risque que nous revenions au système du XIXe siècle » où les salaires et les prix pouvaient fortement baisser ou augmenter, M. Draghi a défendu la nécessité de la « dévaluation interne » (abaisser les coûts d’un pays quand il n’est pas possible d’abaisser le taux de change).

Il a rappelé que des pays avaient dû abaisser leurs coûts quand la crise économique mondiale avait souligné leur manque de compétitivité face à d’autres économies de la zone euro.

« La principale leçon que je tirerai de cette expérience est que nous devons être très attentifs au sein d’une union monétaire à ne pas laisser dévier nos salaires et nos prix. Nous devons être très attentifs à maintenir ces pays compétitifs au sein de l’union », a déclaré l’Italien. »

Sans ajustement monétaire, il ne reste que l’ajustement des salaires…

La monnaie unique retire aux pays qui divergent en termes de compétitivité de recourir à la dévaluation monétaire puisqu’ils n’ont plus de souveraineté monétaire. C’est une évidence. Dès lors, la seule façon relativement rapide de retrouver de la compétitivité c’est évidemment de baisser les salaires, comme cela a été fait rapidement et brutalement en Grèce mais aussi en Espagne. Pourtant, cela n’a pas créé pour le moment, dans ces deux pays précis, un « choc » de croissance monumental si vous voyez ce que je veux dire.

L’Espagnol coûte désormais 675 euros par mois et le petit Grec pédalant dans le yaourt environ 480 euros. Dans ces deux pays, le chômage ne s’effondre pas et reste à des niveaux historiques jamais atteints. Si le taux de chômage espagnol semble vouloir montrer une très légère inflexion, les résultats obtenus n’ont rien à voir avec les efforts consentis (d’office) par les populations.

Cependant, théoriquement, cela aurait dû marcher.

Je pense qu’un phénomène autre rentre en jeu, en fait plusieurs.

1/ Je ne reviens pas longuement sur ce sujet mais évidemment les délocalisations ont eu lieu, et ce n’est pas parce que le coût du travail baisse depuis deux ans en Espagne que l’on ferme l’usine que l’on a fait construire il y a 5 ans en Chine pour la rapatrier dans la banlieue de Madrid. Il y aura donc une inertie très longue avant de voir des relocalisations massives parce que nos salaires seraient presque aussi bas que ceux des Chinois, ce qui est bien le mouvement d’ajustement par le bas en cours.

2/ Les relocalisations, lorsqu’elles se font (cas américain), se font sans emploi ou presque avec une automatisation extrême. Cela a donc un effet certes très positif sur la balance commerciale (différence entre la quantité produite et les quantités importées) mais très très faible pour ne pas dire un effet inexistant sur le niveau d’emploi et de chômage. Ce sera de plus en plus le cas avec les progrès exponentiels de la robotique au sens large.

3/ Enfin, troisième phénomène : la baisse des salaires en Europe ne s’accompagne pas de la baisse des prix nécessaire pour pouvoir véritablement retrouver de la croissance économique ou plutôt, dirons-nous, de l’activité économique.
Prenons un exemple. Si aujourd’hui mon salaire est de 1 500 euros et que mon loyer est de 600 euros par mois, si demain mon revenu passe à 700 euros mais que mon loyer, lui, devient 70 euros alors en réalité… je suis gagnant !! Devenant gagnant alors je suis en capacité à dégager une marge de dépenses pour irriguer l’activité économique. Dans la zone euro, ce phénomène de déflation généralisée qui devrait avoir lieu dans cette logique de baisse des salaires ne se produit pas.
Ce qui est vendu 20 euros est vendu 20 euros partout en Europe ou avec des différences assez minimes. Les prix restent donc désespérément hauts. La conséquence ce n’est pas la relance de l’économie mais le laminage en règle du niveau de vie des populations et leur paupérisation massive.
Plus grave encore : si la BCE par la voix de Mario Draghi nous demande de baisser nos salaires, le même Mario Draghi veut maintenir de l’inflation, c’est-à-dire une hausse des prix !!
En clair, il faut que nos salaires baissent mais il faut aussi que les prix continuent de monter !! Or il s’agit là d’une aberration économique historique. Si les salaires moyens baissent, alors les prix moyens doivent baisser et se réajuster au nouveau pouvoir d’achat moyen. En tout cas, c’est la logique de base économique. Mais si les prix baissent, cela veut dire que les bénéfices des entreprises vont baisser et si les chiffres d’affaires baissent ainsi que les bénéfices, cela veut dire que le cours des actions va baisser et l’ensemble de ce processus de réajustement serait économiquement parfaitement cohérent.

Mais non. Nous sommes des mougeons. De la piétaille. Des sans-dents illettrées, condamnés à gagner moins et à payer plus cher des produits de plus en plus mauvais dont, de surcroît, nous n’avons pas vraiment besoin et que nous achèterons avec de l’argent que nous n’avons pas… Il y a donc un énorme trou dans l’équation économique posée par Mario Draghi et généralement par les autorités européennes, et la seule variable d’ajustement capable d’équilibrer l’équation de Draghi c’est la paupérisation massive des peuples d’Europe. Cela fait 7 ans que le mouvement a commencé. Il va se poursuivre.

J’espère que vous commencez à comprendre pourquoi il est déjà trop tard, préparez-vous.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK).

« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

(Pour protester pacifiquement et avec humour, n’hésitez pas à reprendre cette formule en bas de tous vos mails, de vos articles ou de vos publications, il n’y a aucun droit d’auteur !!)

Source AFP via Boursorama ici

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VIDEO. Quand les banques spéculent sur la mort. Une enquête du magazine de FR3 "Pièces à conviction" le 15 mai 2013.

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #La finance dérégulée

VIDEO. Quand les banques spéculent sur la mort.

Pour son 100e numéro, le magazine "Pièces à conviction", diffusé mercredi à 23h sur France 3, propose une enquête au cœur du système bancaire, cinq ans après le début de la crise.

Mon commentaire.

La suite de cette macabre spéculation sera "la chasse aux vieux" qui auront cédé leur assurance vie afin de pouvoir optimiser l'investissement. Il suffit de quelques milices privées pour accélérer le passage vers l'au-delà et de façon plus sure qu'au casino, c'est le jackpot!

Mais en fait avec l'accès au soin de plus en plus aléatoire, ces saigneurs post humains n'auront même pas besoin d'engager de frais supplémentaires.

Odieuse spéculation.

Odieuse spéculation.

En 2008, le monde est secoué par une crise financière sans précédent. Les responsables politiques et les banquiers se mettent d'accord : il faut changer le système, rendre les banques plus transparentes et mieux protéger les consommateurs. Le magazine de France 3 "Pièces à conviction" diffuse, mercredi 15 mai à 23h, une enquête sur le monde de la finance et ses nouvelles dérives.

Au cours de cette investigation, les journalistes Laurent Richard et Jean-Baptiste Renaud se sont rendus aux Etats-Unis. Ils ont découvert les nouveaux terrains de jeu d'une finance plus opaque que jamais. Certaines banques vont jusqu'à spéculer sur les dates de décès de dizaines de milliers de personnes.

Outre-Atlantique, il est possible d’acheter des polices d'assurance-vie à des personnes âgées qui cherchent à obtenir de l’argent rapidement, à la manière d'un viager. Comme on peut le voir dans cet extrait, des financiers sélectionnent des gens gravement malades et attendent leur mort afin d'empocher le pactole.

Les ordures gouvernent le monde

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Qui GOUVERNE LA FRANCE ? Bruxelles ! - Voici les réformes exigées par Bruxelles pour encore plus d’austérité ! Le blog d'Eldiablo.

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #La lutte des classes, #Le capitalisme;, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La gauche, #La France

Qui GOUVERNE LA FRANCE ? Bruxelles ! - Voici les réformes exigées par Bruxelles pour encore plus d’austérité ! Le blog d'Eldiablo.

Les luttes pieds à pieds des français empêchent le « gauleiter » Hollande d’aller trop vite dans la destruction de l’État providence et des services publics pour atteindre le déficit de 3 % en 2015 demandé par l’Union Européenne. Donc Bruxelles se fâche ! Voici la liste des réformes structurelles qu’elle exige aujourd’hui. Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne vont que dans un seul sens, celui de l’aggravation de la misère, de la précarité et de l’exclusion sociale. L’urgence d’un sursaut citoyen et d’une remise en cause radicale de ce système libéral capitaliste représentée ici par l’Union Européenne, est de plus en plus à l’ordre du jour.

Cette liste des exigences de l’U.E. figure dans un document de trois pages, adopté par le Conseil européen en juillet 2014, sous forme de « recommandation » pour 2014-2015.

On croit rêver car Bruxelles ose écrire « Une correction durable des déséquilibres budgétaires requiert la mise en œuvre crédible de réformes structurelles ambitieuses pour accroitre la croissance et l’emploi » indique le document européen.

Or comme l’écrit Frédéric Lordon :

« Ah ! la riche idée : faire confiance aux entreprises... Faire confiance au preneur d’otages en se jetant dans ses bras, persuadé sans doute que l’amour appelle invinciblement l’amour — et désarme les demandes de rançon. »

Car les entreprises ne créent pas l’emploi !

Pour créer des emplois « encore faut-il que les carnets de commandes se remplissent... » (Jean-François Roubaud, président de la CGPME dans Les Echos, 3 janvier 2014.)

En effet, les entreprises ne produisent pas leur propre carnet de commande, elles ne font que répondre à des demandes extérieures. Or ces demandes extérieures ne dépendent que de la capacité de dépense de leurs clients. En situation de passivité face à cette formation de commandes, qu’elles ne font qu’enregistrer, les entreprises ne créent donc aucun emploi, mais ne font que convertir en emplois les demandes de biens et services qui leurs sont adressées. Donc aucun geste « créateur d’emploi » de la part des patrons.

Mais si l’emploi n’est pas créé par les entreprises, par qui l’est-il donc, et à qui devraient aller nos soins ?

La création d’emploi résulte d’un processus dont le nom le plus connu est « la conjoncture économique ».

Et, gérer « la conjoncture économique » est une action essentiellement POLITIQUE !

Mais, de cela, le gouvernement « socialiste » a manifestement abdiqué toute velléité d’évolution : ligoté par les contraintes européennes qui ont si bien neutralisé toute possibilité de politique économique active, il a renoncé par avance à tout effort de retrouver quelque marge de manœuvre en cette matière.

Relancer la consommation par l’augmentation des salaires et des prestations sociales est justement un bon moyen de faire évoluer « la conjoncture économique » dans le bon sens.

Mais le bon sens pour qui ? Pas pour les banques et les actionnaires bien sûr.

Tour d’horizon des réformes réclamées par Bruxelles.

Tout ce qui nous attend y est écrit noir sur blanc.

Coût du travail :

Veiller à ce que la réduction des coûts du travail résultant du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) soit maintenue ; prendre des mesures pour réduire encore les cotisations sociales patronales ; réduire de manière neutre sur le plan budgétaire les coûts salariaux notamment au niveau les plus bas de l’échelle des salaires par des réductions ciblées des cotisations sociales patronales.

Traduction : réduire le salaire et sa partie socialisée et donc en conséquence diminuer la protection sociale.

Allocations-chômage :

Prendre des mesures supplémentaires pour « lutter contre la rigidité du marché du travail ». Réformer les accords de maintien dans l’emploi en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises en difficulté ; réformer le système d’assurance-chômage, en association avec les partenaires sociaux, pour garantir la viabilité du système tout en faisant en sorte qu’il encourage le retour à l’emploi.

Traduction : casser encore plus le code du travail et la législation sur les licenciements, baisser les cotisations sociales et diminuer les prestations sociales pour le chômage.

Dépenses de santé :

Réduire comme prévu les l’augmentation des dépenses en matière de sécurité sociale à partir de 2015. Contrer l’augmentation prévue des dépenses publiques dans le secteur des soins de santé, à moyen et long terme, « y compris dans le domaine pharmaceutique ». Fixer des objectifs plus ambitieux pour limiter les dépenses annuelles de santé.

Traduction : diminuer encore plus les remboursements de la sécurité sociale, instaurer une médecine des riches et une médecine des pauvres.

Retraites :

Prendre des mesures supplémentaires pour « ramener durablement le système des retraites à l’équilibre d’ici à 2020 », dans tous les régimes, « en se concentrant tout particulièrement sur les régimes spéciaux et complémentaires existants ».

Traduction : alors que le rapport du COR de 2000 a montré que grâce à l’augmentation de la productivité il y aura au minimum jusqu’en 2040 de plus en plus d’argent pour payer les retraites ils veulent augmenter l’âge de la retraite et casser par exemple les statuts de la SNCF, RATP et des intermittents du spectacle.

Simplification :

Simplifier les règles administratives, fiscales et comptables des entreprises, et prendre des mesures concrètes d’ici décembre 2014 pour mettre en œuvre le plan de simplification lancé par l’État ; revoir les critères de tailles fixés dans la réglementation dans le but « d’éviter les effets de seuils » ; simplifier la politique d’innovation, en renforcer l’efficacité, y compris en adaptant le crédit impôt recherche.

Traduction : tout pour les patrons, rien pour les salariés.

Collectivités locales:

Éliminer les doublons administratifs, faciliter les fusions entre les collectivités locales. Inciter les collectivités à rationaliser leurs dépenses en fixant un plafond annuel des recettes fiscales tout en réduisant comme prévu les dotations octroyées par l’État.

Traduction : la fin programmée des conseils généraux au profit de métropoles et de grandes Régions directement pilotées par Bruxelles et le désengagement de l’État provoquant des inégalités entre régions riches et régions pauvres.

Professions réglementées:

Supprimer les restrictions injustifiées à l’accès aux professions réglementées, réduire les coûts d’entrée et promouvoir la concurrence dans les services ; réduire les contraintes réglementaires dans le secteur du commerce de détail notamment en simplifiant les autorisations d’ouvertures de points de vente et en supprimant l’interdiction de vente à perte.

Traduction : obligation du travail le dimanche, casser les monopoles des notaires, médecins et pharmaciens et ouvrir leur activité (lucratives) au capital bien sûr.

Concurrence

S’assurer que les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité pour les ménages ne constituent pas une entrave à la concurrence ; renforcer l’interconnexion électrique et gazière avec l’Espagne ; ouvrir le marché intérieur des transports de passagers à la concurrence conformément aux directives en cours d’adoption et au calendrier qu’elles fixeront.

Traduction : libéraliser encore plus le marché de l’énergie et sacrifier la SNCM et la RATP par exemple.

Alors, jusqu’à quand allons-nous accepter que l’U.E dicte notre politique économique, jusqu’à quand allons-nous accepter de courber l’échine devant la séquestration de notre propre gouvernement ?

Quand les multinationales mettent en concurrence les salariés du monde en nous faisant le coup de la compétitivité soit on l’accepte, soit on affronte le capital et on protège nos emplois, nos activités et nos droits de travailleurs.

Aujourd’hui, l’idéologie dominante s’efforce de nous persuader de l’impossibilité d’un changement radical, de l’impossibilité d’une abolition du capitalisme, de l’impossibilité de la création d’une démocratie qui ne se réduirait pas à un jeu parlementaire corrompu, de l’impossibilité du peuple à prendre la parole et dire ce qu’il veut.

Ne nous laissons pas hypnotiser par les sirènes des médias, prenons notre avenir et celui de nos enfants en main et décidons nous-même ce qui est bien pour notre pays.

source : rouge midi

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Débat dans la CGT : la position de la FILPAC et ses propositions. Par Michel Eldiablo.

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le syndicalisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La lutte des classes, #La France, #Europe supranationale, #Economie

Débat dans la CGT : la position de la FILPAC et ses propositions. Par Michel Eldiablo.

Pour que la CGT réapparaisse au plus vite, la Filpac CGT avance des propositions et les verse au débat. Elle ne s’autoproclame expert en toutes choses. L’expérience de notre Fédération est d’avoir évité la scission FO de 1948. Notre orientation adoptée lors de nos deux derniers congrès à une très forte majorité montre que le paritarisme est devenu obsolète avec l’avènement du libéralisme.

Lucidité et unité peuvent encore stopper le mouvement centrifuge qui affecte la confédération. Les instances statutaires doivent s’emparer des débats réels, liés à la défense des salariés et au service des adhérents. De multiples alarmes viennent de retentir.

Un sursaut collectif doit lui répondre.

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Il n’y a pas plus de « partenaires sociaux » que de « négociations sociales » ou de « paritarisme » dans le système social actuel en vigueur dans le pays. Sortons du théâtre libéral. Nul rôle ne nous sera jamais attribué sinon celui de la disparition, celle qui frappe la question sociale, subordonnée au remboursement de la dette financière et écrasée par l’austérité qui en résulte. Reconquérons nos capacités à représenter les salariés, leurs intérêts et à construire l’alternative à l’économie du désastre.

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1. Servir les intérêts des salariés et des adhérents, telle est l’activité quotidienne des délégués et syndicats de la Filpac CGT. Mais leur mission devient problématique, et parfois frise l’impossible, quand les outils sociaux à leurs dispositions sont détruits d’en haut.

Si bien que les délégués Filpac CGT sont lancés dans une course à handicaps, lesquels s’alourdissent chaque jour. Comment certifier aux salariés la qualité de l’intervention de la CGT, quand le label national disparaît du fait du système d’exclusion en place, qui retourne la moindre des revendications en la présentant comme une atteinte à la sécurité de l’économie toute entière…

Les outils légaux de la représentation syndicale mis à mal ou détruits ?

La preuve…

La juridiction prud’homale vient d’être livrée par la représentation nationale à la pioche des démolisseurs du gouvernement, qui, sur recommandation expresse du Medef et sur simples ordonnances, vont éradiquer les élections des conseillers et transformer la nature de ces tribunaux uniques en leur genre.

Cette disparition programmée est l’étape annoncée d’une attaque menée au cœur de l’ANI de janvier 2013. Transformé en loi en juin de la même année, il libéralise les licenciements, limite les informations légales des employeurs aux IRP, et établit des interdictions de recours aux Prud’hommes tout en créant un barème à minima des indemnités de licenciement.

La conquête de la représentation syndicale dans les PME est en berne, tant la violence de la contre-attaque de la CGPME accompagne une répression antisyndicale d’un haut niveau. Elle se prolonge par une pseudo-négociation sur « les seuils sociaux », ce qui se traduit en bon français par le rejet par les employeurs du fait syndical. Une véritable restauration de la loi Le Chapelier de 1791 par les patrons, petits, moyens et grands.

Le syndicalisme de la feuille de paie est d’autant plus déstabilisé qu’elle risque la dématérialisation et, sous couvert de simplification, la disparition. Les articles du Code du travail garantissaient ce qui doit figurer sur le bulletin de paie. Ils sont frappés de « simplification administrative », un cache-sexe de la croisade du gouvernement pour les exonérations de cotisations sociales accordées aux employeurs.

Miracle des technocrates du ministère du Numérique, ruse patronale ? C’est comme par hasard les lignes de la feuille de paie dédiées au détail des cotisations sociales employeurs qui seront « simplifiées ». Et la feuille de paie ramenée à une vague trace numérisée.

La défense du contrat de travail, l’alpha et l’oméga du délégué Filpac CGT, est mise à mal par la montée des négociations individuelles réglées par la « rupture conventionnelle », prétendument à l’amiable, qui facilite et privilégie les plans de départs réputés volontaires. Le recours systématique aux CDD d’un mois et le développement de toutes les formes de précarités complètent le tableau.

De plus, l’attaque frontale contre la négociation collective du contrat de travail, c’est-à-dire les conventions collectives, se déroule à deux niveaux :

- Au plan national par une pseudo-négociation sur la réduction de 700 à 100 des filières professionnelles.

- Au plan local par le déclassement de salariés vers la convention Syntec ou par le contournement de la convention

en vigueur par la destruction de la hiérarchie des normes. La clause la plus avantageuse bénéficiait aux salariés ; mais aujourd’hui l’accord d’entreprise, signé par les comparses de la direction, se fonde sur l’ANI flexi-sécurité pour détruire les avantages locaux ou attachés à la convention nationale.

Sans parler de la bataille contre les salaires présentée comme capitale contre le coût du travail, et bien d’autres friandises libérales, comme les fermetures massives d’entreprises, les attaques contre les chômeurs, les assurés sociaux, le recul des pensions, etc. La liste des dégâts sociaux nationaux qui mutilent l’intervention des IRP ne peut être complète, car elle doit être actualisée au quotidien !

2. Le règlement des questions sociales par le paritarisme est en voie de disparition si rapide qu’il n’en reste que le décorum désuet et sans portée réelle. C’est la machine antisociale du programme commun Medef CFDT qui prévaut et règle les relations sociales.

Ce qui est nommé négociations entre partenaires sociaux recouvre la réalité de séances convoquées sur l’ordre du jour patronal, se déroulant sur le texte patronal. Le gouvernement joue le rôle de gendarme, « l’artillerie en

bandoulière », qui somme les syndicats de tenir la ligne du front patronal sous la menace de légiférer par ordonnances ou par une majorité de godillots. Tout juste si le syndicalisme peut-il réagir par la négative, si toutefois

il n’est pas signataire du programme commun CFDT Medef.

La rupture avec la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale est actée par des employeurs pressés de dresser un mur protégeant les profits des actionnaires. Les employeurs n’ont plus le temps de jouer à la mesure de la représentativité. La loi de 2008 se présentait comme une garantie contre la pratique des accords minoritaires et comme un éclaircissement du paysage syndical. Il est aujourd’hui nié, le seul bon de représentation est délivré à la CFDT.

La CFDT, la CFTC et la CGC ont choisi de rassembler autour du Medef, de la CGPME et de l’UPA. La base de ce rassemblement est publique, il s’agit d’un programme commun élaboré pendant de longs mois, publié en juin 2011. Que dit-il ?

- La crise du système capitaliste est évacuée au service de cette tâche commune, restaurer la compétitivité des entreprises françaises, qui, malgré la compétence de leurs dirigeants, souffrent d’un déficit et d’un lourd handicap sur le terrain de la compétition sur le marché. Ce handicap s’appelle coût du travail, financement de la Sécurité sociale, temps de travail, responsabilité des chômeurs qui ne savent pas par quel bout se former pour atteindre l’employabilité.

- Le « constat partagé » ne reste pas dans la sphère des idées mais devient force matérielle, puisqu’il permet l’accouchement des ANI, transformés en lois, des pratiques locales et nationales d’un syndicalisme non pas de services mais au service d’un lobbying social, centré sur les intérêts des fonctionnaires syndicaux.

- Une contradiction traverse aujourd’hui la CFDT. La recherche de contreparties à ce lobbying à vague teinture syndicale devient la quête du Graal : comment démontrer aux adhérents et aux salariés qu’il s’agit d’un syndicalisme moderne, tourné vers l’avenir, si le maître du jeu, le patronat, ne redistribue pas quelques miettes pour donner le change. Or maintes fédérations CFDT sont confrontées à la réalité d’un patronat de filière pas du tout pressé de distribuer des gages au rôle de collaborateur tenu par la CFDT nationale.

Le bloc CFDT CFTC CGC avance une orientation. Elle n’est pas « réformiste ». Le bloc agit au compte d’une « Union sacrée pour l’austérité », comme si ceux qui licencient ont les mêmes intérêts que ceux qui sont licenciés.

Au moment où les inégalités deviennent une matière explosive, les « inégaliteurs » disposent d’un syndicalisme de complaisance.

Et notre CGT, quelle orientation ? L’évitement d’un débat de fond n’est plus possible, à moins d’engager le pronostic vital de la confédération. Quelques pistes à verser au débat indispensable.

3. Faire ce qui est possible de faire, mais le faire à fond. Faire ce qu’on dit. Dire ce qu’on on veut. Soutenir les intérêts immédiats des salariés et démontrer au quotidien que la réalisation des intérêts collectifs n’aboutira que par la transformation sociale. La CGT doit réapparaître comme la garantie de l’avenir social.

Solidarité ! Sans sa construction, nous tomberons sous le poids des violences, des méfiances, des défiances. Le patronat dispose d’armes létales contre l’avenir social pour diviser les salariés. Son arsenal nucléaire comporte une arme de destruction massive, le chômage, qui dure et s’installe, par lequel la destructivité de la mondialisation et l’illégitimité des financiers, banquiers et rentiers s’imposent par ce rapport des forces.

Si, à ArjoWiggins, UPM Chapelle Darblay, entre autres, nos délégués montent sans relâche au créneau pour la survie des sites industriels et des emplois, quel réconfort ce serait de trouver une CGT entièrement solidaire, de ses syndicats Filpac jusqu’au plus haut niveau confédéral quand une entreprise est frappée d’assassinat par des états majors lointains de droit divin ! Contre le chômage et les licenciements de masse, la solidarité syndicale est idée CGT neuve. La CGT de demain sera solidaire. Ou réduite à ses égoïsmes sociaux.

Ensemble ! Pour trois revendications solidaires immédiatement prioritaires ! Ces trois points constituent des objectifs rassemblant, unifiant, militants, adhérents et salariés. Si nous sommes défenseurs des salariés, alors il faut désigner les points névralgiques, concentrer notre tir revendicatif sur eux :

1 - Forcer le blocus des entreprises pour gagner des embauches par l’obligation de recruter des salariés, la réduction du temps de travail à 35 heures le permettant, ainsi que la conversion des contrats précaires en CDI, pour une initiative publique fondé sur les besoins et l’utilité commune. Cette base nationale de lancement d’une grande campagne permet à nos délégués de sortir de la nasse locale des PDV et autres PSE à répétition.

2 - Financer la Protection sociale par les cotisations liées aux créations d’emplois, la fin des exonérations employeurs, la ponction sur les transactions financières et l’évasion fiscale, la taxation des transactions financières

spéculatives. Agir ensemble en démontrant qu’il est possible d’assurer le comblement des déficits et la pérennité du système, voilà qui redonnera confiance..

3 - Augmenter fortement les salaires par une réorientation de la valeur ajoutée dans l’entreprise comme dans la filière et au niveau national. C’est le coût exorbitant du capital, révélé par le pillage des richesses par les actionnaires et par les circuits absurdes de la mondialisation, qui détruit en pure perte des parts de PIB qui devront être allouées à la rémunération du travail.

Unité ? Oui, contre l’austérité, pour en finir avec le mensonge sur la dette et sa dictature.

Non à l’austérité, fort bien !

Quels sont nos objectifs concrets, de rassemblement ?

La CGT répond : lutter contre l’austérité c’est un choix de société.

La réduction des déficits et des dettes publiques est aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. Le pacte dit “de responsabilité” qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, est justifié au nom de cet impératif. Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques.

L’augmentation de la dette de l’Etat – qui représente l’essentiel, soit 79 %, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’Etat s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’Etat dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans.

Si l’Etat, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le Produit Intérieur Brut, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

Les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de “franc fort” pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un “effet boule de neige” qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’Etat, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de cet effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique ? 53 % du PIB (soit 1077 milliards €).

Si l’Etat n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 % au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre. Au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs.

La CGT est pour sortir de l’emprise des marchés financiers, réaliser un audit de la dette publique de la France, imposer une transparence sur les titres financiers de la dette publique et donc mettre un terme à l’exode discal, aux paradis fiscaux.

La CGT se situe à l’exact opposé de la stratégie libérale, « Think global, Act local », penser globalement et agir localement.

Elle articule, coordonne l’action des syndicats avec les objectifs généraux définis par les intérêts de tous les salariés.

Voilà un versement Filpac CGT aux débats des instances statutaires. A vous lire…

Montreuil, le 24 novembre 2014

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ESPAGNE Licenciements massifs : une campagne de boycott fait plier Coca Cola ! Par Jean Lévy.

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #L'Espagne., #La lutte des classes, #Le capitalisme;

Vendredi 28 novembre 2014

ESPAGNE Licenciements massifs : une campagne de boycott fait plier Coca Cola

Basta!

ESPAGNE

Licenciements massifs :

une campagne de boycott fait plier Coca Cola

PAR NATHALIE PÉDESTARRES 26 NOVEMBRE 2014

ESPAGNE Licenciements massifs : une campagne de boycott fait plier Coca Cola ! Par Jean Lévy.

C’est l’histoire d’une campagne de boycott réussie contre la filiale espagnole du géant états-unien. En janvier 2014, Coca-Cola Iberian Partners annonce la fermeture de quatre de ses onze usines d’embouteillage à Madrid, Palma de Majorque, Alicante et Colloto (Asturies).

Ces fermetures inattendues sont assorties d’un plan social qui prévoit le licenciement de 1 253 travailleurs sur 4 200 employés au total. Avec plus d’un quart de la population nationale au chômage, l’annonce suscite un véritable tollé populaire. D’autant plus que les bénéfices nets obtenus par Coca Cola Iberian Partners (60,57 millions d’euros en 2013 [1]), justifient difficilement les licenciements pour des raisons économiques [2].

« Si Madrid ne produit pas, Madrid ne consomme pas »

Coca Cola explique sa décision par une « surcapacité d’embouteillage » : la production de bouteilles et de canettes de soda ne serait plus suffisante pour justifier le fonctionnement de ces usines [3]. L’argument ne convainc pas les employés touchés par les fermetures. La voie judiciaire est d’abord explorée par leurs syndicats. Dans le même temps, à Fuenlabrada, dans la banlieue de Madrid, des travailleurs licenciés commencent à camper devant les portes closes de l’usine, multipliant les manifestations dans la rue et appelant au boycott de tous les produits Coca Cola. « Si Madrid ne produit pas, Madrid ne consomme pas », peut-on lire sur les pancartes des manifestants et jusque sur les tracts distribués à la sortie des supermarchés de la capitale pour sensibiliser les consommateurs à la situation précaire des travailleurs de Coca Cola.

Des personnalités s’associent par solidarité à cette campagne de boycott à l’instar du cinéaste Fernando Trueba. C’est aussi le cas de figures politiques comme Javier Couso (Izquierda Unida) et Pablo Iglesias (Podemos), co-auteurs du documentaire « Una mosca en una botella de Coca Cola » (Une mouche dans une bouteille de Coca Cola) qui critique le lobbying des grands groupes industriels sur les médias.

Selon Juan Carlos Asenjo, du syndicat Comisiones Obreras et porte-parole du campement de Fuenlabrada, cette campagne a permis de faire baisser la consommation de Coca Cola de 17 % en moins d’un an rien que dans la région de Madrid.

Poursuite du bras de fer

Face à cette pression sociale, l’Audiencia nacional – la plus haute juridiction du pays – prononce le 13 juin la nullité des licenciements des travailleurs des quatre usines fermées par Coca Cola. Ce 21 novembre, un deuxième verdict vient de contraindre Coca Cola à payer les salaires de tous les employés licenciés, à compter du 13 juin et durant le délai requis par les juges pour examiner le pourvoi en cassation déposé par la multinationale. « Pour nous c’est une victoire historique, se réjouit Juan Carlos Asenjo. Celle d’avoir réussi à récupérer nos emplois en luttant aussi bien dans la rue que devant les tribunaux ».

La bataille n’est pas pour autant gagnée. Sur injonction de l’Audiencia nacional, Coca Cola doit décider d’ici le 28 novembre si elle réintègre les employés licenciés ou si elle se contente de leur payer les salaires jusqu’au résultat du pourvoi en cassation. Coca Cola a déjà déclaré que si elle doit rouvrir des postes de travail, elle ne le fera que dans les usines demeurées ouvertes. De leur côté, les travailleurs restent mobilisés. « Nous ne lèverons le campement de Fuenlabrada et la campagne de boycott des produits Coca Cola que lorsque l’usine sera rouverte et que nous récupèrerons nos postes de travail », a averti Juan Carlos Asenjo.

Nathalie Pedestarres

Notes

[1] D’après les données comptables de l’entreprise auxquelles a eu accès l’agence de presse espagnole EFE.

[2] Cobega, la compagnie catalane qui détient la licence pour mettre en bouteille et commercialiser la boisson Coca Cola sur le territoire espagnol, a fait une percée spectaculaire en Afrique ces trois dernières années (avec une croissance annuelle de 8 % en moyenne), à travers sa filiale Equatorial Coca-Cola Bottling Company, atteignant 75 % des parts de marché. Cette politique d’expansion sur de nouveaux marchés africains – qui contrebalance la maturité de la consommation en Espagne – n’est pas étrangère à la fermeture des usines en Espagne.

[3] « L’ensemble des lignes d’embouteillage ne fonctionne qu’à 50% de sa capacité, ce qui n’est viable pour aucune entreprise », déclare un porte-parole de l’entreprise en mars 2014.

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[Énoooorme] BHL, petit télégraphiste de François Hollande et des officiels ukrainiens… Pinchuk, le Mistral et les Juifs d’Ukraine. Le site d'Olivier Berruyer.

28 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La République, #La France, #La nation ., #La guerre

27 novembre 2014.

[Énoooorme] BHL, petit télégraphiste de François Hollande et des officiels ukrainiens…

Pinchuk, le Mistral et les Juifs d’Ukraine

[Énoooorme] BHL, petit télégraphiste de François Hollande et des officiels ukrainiens… Pinchuk, le Mistral et les Juifs d’Ukraine. Le site d'Olivier Berruyer.

Pinchuk, le Mistral et les Juifs d’Ukraine

Version corrigée de l’allocution prononcée le 18 novembre 2014 à Kiev par Bernard-Henri Lévy, à l’occasion de la remise à Viktor Pinchuk de la Metropolitan Andrey Sheptytsky Medal of Honor Award.

« Monsieur le Grand Rabbin, Messieurs les archevêques et métropolites, Messieurs les Présidents, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur l’ambassadeur de France, chers amis.

Je suis heureux, permettez-moi d’en dire un mot pour commencer, d’avoir l’occasion de rendre hommage au Métropolite Andrey Sheptytsky sous le signe de qui vous avez placé votre soirée.

Le Métropolite Andrey Sheptytsky, je ne vous apprends rien, fut le primat de l’Eglise uniate d’Ukraine pendant les années de la seconde guerre mondiale et reste, à ce titre, une figure extrêmement controversée.

C’est l’un de ces Ukrainiens que leur nationalisme, ainsi que leur anticommunisme, ont égarés dans ces années terribles.

Et il y a, en particulier, cette Lettre pastorale du 1er juillet 1941 que retiennent toujours les adversaires de sa mémoire quand ils veulent rappeler qu’il eut des indulgences pour l’Allemagne.

Mais, en même temps, c’est incontestablement l’une des rares voix à avoir osé s’élever, dans les mêmes années, contre la persécution et l’extermination des juifs.

Il a écrit à Hitler et à Himmler pour les adjurer d’épargner les Juifs de Galicie.

Il a donné, en novembre 1942, une autre lettre pastorale, intitulée « Tu ne tueras point », où il interdit à ses ouailles, sous peine d’excommunication, de prêter le moindre concours au meurtre de masse qui commence de se dérouler sous leurs yeux.

Il a invité les moines et moniales de la région à cacher des Juifs.

Il en a, lui-même, à Lviv, tant dans les caves de la cathédrale Saint George qu’en face, dans ses propres appartements privés, caché et sauvé 150, en majorité des enfants, et aussi une dizaine de rabbins.

Il y a eu des polémiques disant qu’il avait tenté, ce faisant, de les convertir. Mais non. C’est inexact. Il les a cachés dans des églises, bien sûr. Il leur a donné des faux noms chrétiens et des faux certificats de baptême. Il lui est arrivé de les déguiser. Mais je ne crois pas qu’il y ait un cas d’enfant qu’il a sauvé et qui, après la guerre, s’est retrouvé chrétien. Et vous avez, d’ailleurs, une autre lettre pastorale que j’ai également lue avant de venir et où il met très clairement en garde contre la tentation de « profiter » de la situation pour, en effet, convertir.

Bref, le Métropolite Andrey Sheptytsky fut un sauveur de juifs.

Nous avons des tas de témoignages, dont celui du rabbin David Kahane, qui disent qu’il a pris, pour cela, tous les risques, à commencer par le risque d’emprisonnement et de mort.

Et je ne parle même pas de ce que nous savons aujourd’hui, à travers les archives de la Chancellerie du Vatican, de ses relations avec Pie XII et des messages qu’il lui adresse tout au long de la guerre et où il le supplie de prendre la mesure du caractère « diabolique » du nazisme.

Ce que Jan Karski fut à Roosevelt, le Métropolite Andrey Sheptytsky le fut au Pape Pie XII.

Et ce n’est pas un hasard si l’Anti-Defamation League lui a remis, l’an dernier, à titre posthume, sous l’impulsion d’Abraham Foxman, son prestigieux « Jan Karski Courage to Care Award ».

Je sais que, quand Yad Vachem a eu à examiner son cas et à se prononcer sur son élévation ou non au rang de « Juste parmi les nations », la réponse n’a pas été la même. Mais bon. La discussion n’est pas close. La Commission de Yad Vashem a souvent eu à s’y reprendre à plusieurs fois et à juger en appel.

Là, je ne désespère pas que ce soit le cas.

Le dossier du Métropolite Andrey Sheptytsky est plutôt moins compliqué que celui, par exemple, d’un Oskar Schindler.

[BHL SAIT !]

Et j’ai bien l’intention, si vous me le permettez, de faire modestement campagne pour que le Métropolite Sheptytsky rejoigne, non seulement Schindler, mais les deux mille et quelques Ukrainiens qui ont déjà été, dans les dernières années, sacrés « Justes parmi les Nations ».

Je voudrais, deuxièmement, faire un grand bond dans le temps qui nous amène jusqu’aujourd’hui – et je voudrais rendre hommage au rôle des Juifs d’Ukraine, individus et associations, dans la révolution du Maïdan.

[Je pense que présenté comme ça, c'est une bonne idée, et que ça permettra évidement de lutter contre antisémitisme local...]

Là non plus, cela n’allait pas forcément de soi.

Car il y a eu toute l’incroyable propagande qui a essayé, pendant ces semaines de révolte et de répression, de faire croire que les révolutionnaires du Maïdan étaient, dans leur grande majorité, des nazis.

Tantôt c’était l’ancien président Ianoukovitch qui, dans le temps même où il allait puiser dans le stock de l’antisémitisme le plus éculé en expliquant que c’est l’Internationale Juive qui tirait les ficelles de l’insurrection, traitait le Maïdan de fasciste.

Tantôt c’était Vladimir Poutine en personne, oui, le même Vladimir Poutine qui s’apprêtait à réhabiliter, comme on vient de le voir ces jours derniers, le pacte germano soviétique et qui venait nous raconter que c’est en face, c’est-à-dire ici, à Kiev, que grondait la contre-révolution bandériste et antisémite.

[Qui a vu des bandéristes en Galicie ?]

Et il est d’ailleurs exact – comment l’ignorer ? – qu’il y a ça dans la mémoire ukrainienne : un antisémitisme de masse et ancien ; une Shoah par balles dont le Père français Desbois voue sa vie à retrouver les traces ; il est vrai, oui, qu’il y a ce monstrueux passif entre les Juifs d’Ukraine et l’Ukraine.

Mais enfin le résultat, soixante-dix ans après, est là.

[Énoooorme] BHL, petit télégraphiste de François Hollande et des officiels ukrainiens… Pinchuk, le Mistral et les Juifs d’Ukraine. Le site d'Olivier Berruyer.

Sur cet espace de toutes les libertés que fut le Maïdan, sur ce théâtre où toutes les paroles, les plus sages comme les plus délirantes, avaient la possibilité de s’exprimer, il y a un délire que l’on n’a pas entendu et c’est le délire antisémite.

[C'est assez vrai ; mais bon, comme il n'y a presque plus de Juifs en Ukraine (1 pour 1 000 habitants)... Pour les Bandéristes, les nouveaux Juifs, ce sont les Russes...]

Les Juifs l’ont bien compris qui – je peux en témoigner, car j’y étais – se sont massivement portés, avec leurs frères tatares, russes, cosaques, arméniens, ukrainiens en général, au-devant de l’insurrection citoyenne dont ce Maïdan fut l’agora.

Josef Zissels, qui est ici et que je salue, a eu des propos forts pendant ces journées.

L’ensemble des associations juives ukrainiennes – celles qui sont là ce soir et d’autres qui n’y sont pas – ont rédigé une lettre ouverte au Président de la Fédération de Russie dont j’ai, le 6 mars 2014, publié la version française dans ma revue, la Règle du Jeu, et où l’on adjurait « Vladimir Vladimirovitch » d’entendre que les juifs étaient assez grands pour « protéger » leurs « droits » et qu’ils avaient fait clairement le choix d’une « coopération avec le gouvernement et la société civile d’une Ukraine souveraine, démocratique et unie ».

Et le fait est que quelque chose de cette inguérissable blessure que fut la participation de la société civile ukrainienne à la Shoah a commencé de se refermer pendant ces journées.

Vous avez, dans les situations de ce genre, deux attitudes possibles, deux paradigmes.

D’un côté la « compétition des victimes » qui dit, en gros : « il n’y a pas assez de place, dans un cœur, pour deux fidélités ; pas assez de place dans une âme pour deux mémoires ; et, entre les Ukrainiens massacrés par Staline et les Juifs massacrés par Hitler et ses supplétifs ukrainiens, il faut choisir ».

De l’autre la « solidarité des ébranlés » telle que l’a définie le grand philosophe tchèque Jan Patocka et qui désigne, au contraire, une sorte de fraternité spontanée des victimes dont les mémoires, loin de rivaliser, se renforcent : « c’est quand vous avez la Shoah au cœur, que vous voyez le Goulag ; c’est quand vous avez l’oreille assez fine pour entendre la clameur antisémite que vous êtes également sensible au glapissement raciste ou génocidaire en général ; c’est parce que rien ne vous échappe du martyre du peuple juif que vous vous souvenez de celui de la nation ukrainienne – et inversement ».

Les Juifs d’Ukraine ont pris le parti de Patocka.

Les Juifs d’Ukraine ont joué, plus que jamais, la « solidarité des ébranlés ».

Les Juifs d’Ukraine – c’est leur noblesse – ont choisi de se souvenir que les Ukrainiens étaient surreprésentés dans cette Armée Rouge qui a contribué à la chute du nazisme.

Ils ont choisi de ne pas oublier que le bataillon qui libéra Auschwitz s’appelait le « Premier Front ukrainien ».

Etre juif en Ukraine, c’est accepter de penser ensemble l’Holodomor et Babi Yar.

Et cela aussi, je voulais le dire et le répéter ici.

Et puis je veux rendre hommage enfin à un Juif en particulier, un Juif d’Ukraine singulièrement : celui-là même que vous avez choisi d’honorer en lui remettant votre « Metropolitan Andrey Sheptytsky Medal of Honor Award » et qui est là, ce soir, face à moi.

Ce juif s’appelle Victor Pinchuk.

C’est la première fois que je le rencontre.

Mais nous avons nombre d’amis communs et, en les interrogeant ces jours derniers, je crois m’être fait une idée un peu plus précise de qui il est.

Victor Pinchuk est d’abord, bien sûr, un patriote ukrainien – c’est-à-dire, dans ma terminologie (et, je pense, sans le connaître, que c’est aussi la sienne), un Européen convaincu, un Européen conséquent, un militant sans états d’âme de l’intégration de son pays à l’UE.

Victor Pinchuk est aussi ce que l’on appelle un oligarque – mais attention ! un oligarque d’un genre particulier ! un oligarque philanthrope ! un oligarque qui croit qu’il doit plus qu’on ne lui doit, qu’il a plus de devoirs qu’il n’a de droits ! un oligarque qui pense que son premier devoir est de rendre à l’Ukraine un peu de ce qu’elle lui a donné, autrement dit de sa fortune ! Je ne sais pas si Viktor Pinchuk a officiellement rejoint, ou non, le « Giving Pledge » qui est ce mouvement lancé, depuis les Etats-Unis, par Warren Buffet, Bill Gates, Richard Branson, Nicolas Berggruen, d’autres, et qui invite les milliardaires de la planète à donner la moitié de leur argent à des œuvres philanthropiques. Mais, d’après ce que je sais, il se situe clairement dans leur lignée. Et il est d’ailleurs, avec le président Poroshenko, l’un des rares milliardaires ukrainiens à être restés, me semble-t-il, à Kiev au moment du Maïdan et à y avoir organisé, en pleine révolution, à quelques centaines de mètres du champ de bataille, une grande exposition honorant un artiste qu’il défend, que je défends aussi et qui s’appelle Jan Fabre.

Mais ce qui m’intéresse, ce soir, ce qui vous intéresse aussi puisque c’est à ce titre que vous avez chois de l’honorer, c’est qu’il est surtout un grand juif.

Qu’est-ce que c’est, un grand juif ?

Le mot peut étonner mais je crois, vraiment, qu’il y a des grands et des moins grands juifs et je crois que ce qui fait le « grand juif » ce sont trois traits qui, tous trois, se retrouvent en Victor Pinchuk.

C’est d’’abord cet « Ahavat Israël », cet « amour du peuple juif », oui, juste cet « amour », ou cette « amitié », ou cette « bienveillance », dont Gershom Scholem regrettait, dans une polémique célèbre, qu’ils fissent si tragiquement défaut, au moment du procès Eichmann, à sa collègue Hannah Arendt : nombreux sont les juifs qui, parvenus au faîte de la puissance, de la gloire ou de la reconnaissance dans le monde de la gentilité tournent le dos à cet « Ahavat Israël », l’oublient – je ne crois pas que ce soit le cas de Victor Pinchuk .

C’est ensuite le rapport à la mémoire et, en particulier, à la mémoire souffrante, douloureuse, de la persécution : Viktor Pinchuk, là aussi, se distingue de tant de juifs amnésiques ou, de nouveau, oublieux que nous voyons autour de nous – ne fut-il pas le partenaire de Steven Spielberg pour la production de Spell your name, le seul film réalisé, à ce jour, sur le massacre de Babi Yar ? et, presque plus important encore, n’est-il pas l’un des sponsors de Holocaust by bullets, la Fondation créée par Patrick Desbois pour retrouver, déterrer, bref nommer et célébrer les morts sans nom et sans nombre de la Shoah par balles ?

Et puis je crois enfin qu’un grand juif c’est un juif d’affirmation. Il y a les juifs de négation qui vivent leur judaïsme dans le secret ou dans la honte. Il y a tous ces juifs « sartriens » qui pensent, comme Jean-Paul Sartre, que le judaïsme n’est rien qu’un effet de regard des antisémites ou qui, comme Heine dans un mot resté tristement célèbre, s’exclament « le judaïsme ? je ne le souhaite pas à mon pire ennemi ; injures et douleurs voilà tout ce qu’il rapporte ». Eh bien Victor Pinchuk pense le contraire. Il vit son judaïsme, sinon dans la gloire, du moins dans la positivité d’une franche et claire affirmation. Il aide les œuvres juives d’Ukraine. Il restaure les lieux de culte d’Ukraine. Et, quand il invite ses amis Tony Blair ou Chelsea Clinton à visiter son pays, où les emmène-t-il ? A la synagogue de Dnipropetrovsk pour l’un. Dans une synagogue de Kiev pour l’autre. J’aime cela. J’aime cette assomption sereine, souveraine, par un juif, de son judaïsme. Car cela aussi est d’un grand juif. C’est, très précisément, le propre de ce que j’appelle un juif d’affirmation.

Un mot encore.

Je suis Français.

Et je sais que la plupart de ceux qui sont ici ne peuvent, en écoutant un Français parler de l’Ukraine, s’empêcher d’avoir à l’esprit l’affaire qui, en ce moment même, empoisonne les relations entre nos deux pays et qui est l’affaire des porte-hélicoptères Mistral.

Eh bien ne me posez pas la question car je vous apporte la réponse.

Je suis, vous le savez peut-être, de ceux qui font campagne, en France, pour que ces porte-hélicoptères ne soient pas livrés.

Mais ce que vous ne savez sans doute pas c’est qu’il y a beaucoup de Français, probablement une majorité, qui ont la même opinion que moi et trouvent que livrer des navires de guerre à la Russie alors même qu’elle livre aux Ukrainiens une guerre où la diplomatie française a clairement choisi son camp serait, au mieux, inconséquent et, au pire, scandaleux.

Et ce que vous ne savez pas non plus c’est qu’au nombre de ces nombreux Français il y a le Président de la République en personne, François Hollande, qui est en Australie mais avec qui j’ai eu, sachant que vous risquiez de m’en parler, un contact ce matin et qui m’a explicitement dit, en m’autorisant à vous le rapporter, que la France tenait bon (ce sont ses mots : « tenir bon ») et que les marins russes qui sont, depuis quelques semaines, dans le port français où mouille le premier de ces Mistral et qui doivent, en principe, aux termes du contrat, se familiariser avec lui et en prendre possession, se voient, depuis hier, lundi, interdits d’accès à bord.

Il y a une polémique, en France, à ce sujet.

Le Président français a des opposants qui le pressent d’«honorer la signature de la France ».

Mais je pense qu’il ne cédera pas.

Je suppose qu’il réfléchit, en ce moment même, aux diverses options qui s’offrent à lui et qui lui permettraient de sortir de cette situation moralement et stratégiquement intenable sans pénaliser les ouvriers des chantiers navals français.

Il y a la solution « canadienne » qu’a proposée notre ami Berel, ici présent.

Il y a la solution que j’ai proposée et qui serait de vendre le navire à l’Ukraine moyennant un prêt de longue durée et à intérêt privilégié que lui consentirait l’Union Européenne.

[Au fouuuuuuuuuuuuuuuu]

Il y a l’idée du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel qui serait de le vendre à l’Union européenne elle-même : ne serait-ce pas le meilleur moyen de voir prendre forme, pour la première fois, cette fameuse défense commune dont on parle depuis si longtemps mais qui est, pour l’instant, lettre morte ?

Il y aurait même une formule – j’y pense à l’instant – où l’on verrait les « oligarques » ukrainiens se cotiser pour l’acheter: c’est un beau bateau, vous savez ! et le prix, un milliard, n’étant, à leur échelle, pas si faramineux que ça, il n’est pas exclu qu’ils fassent une bonne affaire !

[Ils vont faire quoi d'un porte hélicoptères ??? Au fouuuuuuuuuuuuuuuu]

Mais la seule hypothèse qui me semble exclue c’est que la France livre ce Mistral, comme ça, comme si de rien n’était, à un Poutine qui serait bien capable de l’acheminer aussi sec en face de Marioupol ou Odessa !

Je tenais à vous le dire.

Un autre mot, encore.

Je sais aussi que cet hommage au Métropolite Andrey Sheptytsky, à Victor Pinchuk et aux juifs d’Ukraine en général, je le prononce en un moment très particulier, et très particulièrement dramatique, de l’histoire de votre pays.

Et je n’ignore pas, personne ne peut ignorer, qu’à l’heure où je vous parle, des milliers de soldats russes sont à la manœuvre dans le Donbass – et je n’ignore pas non plus que, venus en soutien des chiens de guerre de Donetsk et de Lougansk, ou des mercenaires cosaques ou tchétchènes qui se trouvaient déjà là, ils sont en train de faire de cette région de l’Ukraine une sorte de petite Sparte où l’on ne respecte que la force, où l’on ne prône que la violence et où il n’est pas jusqu’à la rhétorique de la « défense des russophones opprimés » qui a cédé la place à un discours nettement plus offensif : je lisais tout à l’heure un article de notre ami Adrian Karatnycky rapportant une déclaration du leader de la République populaire de Donetsk, Aleksandr Zakharchenko – « mon armée, dit en substance ce bandit, est désormais en positon, non seulement de se défendre, mais d’attaquer »…

Face à cela, face à ce changement de discours et, peut-être, d’échelle, je sais que les mots et les belles déclarations ne suffisent plus.

Face à ce qu’il faut bien appeler un nouvel état d’urgence et de péril extrême, je sais que votre pays a besoin d’un soutien beaucoup plus actif que les bonnes paroles diplomatiques.

Mais je tiens à vous dire que nous sommes très nombreux, là aussi, à être de cet avis et que je ne désespère pas que nous soyons, très vite, une vraie majorité à comprendre que c’est ici, à Kiev, que l’Europe joue sa survie et qu’il faut absolument vous aider, donc, à mener et gagner cette bataille.

Vous savez, je suppose, que deux courageux sénateurs américains ont passé, en Commission, un Ukrainian Freedom Support Act qui, s’il est finalement voté, permettra la livraison à l’Ukraine des systèmes de communication cryptée, des drones, des batteries anti-tanks et anti-aériennes, voire des armes de précision qui font si cruellement défaut à son armée.

Eh bien, voyez-vous, j’étais aux Etats-Unis toutes ces dernières semaines et mon petit doigt me dit que cette loi sera votée dès janvier ou février prochain.

Mon petit doigt me dit aussi qu’il y aura d’autres pays, à commencer par le mien, qui suivront le mouvement et qui, peut-être, qui sait ? le précéderont.

Et j’ai la conviction que vous êtes, là aussi, moins seuls qu’on ne le dit, que Monsieur Poutine ne le croit et que vous ne le pensez probablement vous-même.

En tout cas, je m’y emploie.

Modestement, avec mes moyens limités, mais je m’y emploie.

Ne serait-ce que tout à l’heure, avant de vous retrouver, j’ai rencontré des responsables de la défense nationale de l’Ukraine qui m’ont expliqué la nature de leurs besoins – et j’ai bien l’intention, une fois rentré, de me faire l’écho de ces besoins.

Et puis encore un dernier, tout dernier mot.

J’ai évoqué, en commençant, la campagne de propagande venue du Kremlin et qui essaie, depuis presque un an, de nous présenter le Maïdan comme un repaire d’antisémites enragés contre lesquels il conviendrait de ressortir l’artillerie lourde des campagnes antifascistes d’autrefois.

Or ce qui me navre c’est que beaucoup de juifs russes semblent être tombés dans le piège et avoir avalé le bobard.

Ce qui, non seulement me navre, mais me met en colère c’est que Poutine ait osé embrigader les juifs de Moscou dans cette campagne fratricide et insensée.

On ne fait pas cela.

On ne joue pas avec ces mots ni avec cette mémoire.

On ne recrée pas la guerre des juifs pour servir des intérêts politiciens médiocres et à court terme.

Et je crois qu’à cela aussi, à cette instrumentalisation indécente et odieuse, il faut trouver le moyen de s’opposer.

Les juifs russes qui, comme le grand rabbin Berel Lazar, tressent des couronnes à Poutine sont-ils les nouveaux idiots utiles du Kremlin ? Sont-ils désinformés ? Otages ? Ont-ils un pistolet sur la tempe ou croient-ils, vraiment, à ce qu’ils disent?

[Ben il ne les voit pas ????]

En tout cas, c’est intolérable.

Cette situation, personnellement, me brise le cœur.

Et je voudrais, ne serait-ce que pour en avoir le cœur net, vous présenter une suggestion.

Organisons une rencontre unitaire des juifs d’Ukraine et de Russie.

Posons, lors de cette rencontre, tous les problèmes sur la table.

Levons, s’il y en a, les principaux malentendus que la propagande a créés.

Et réparons, s’il est brisé, ce lien de vie entre juifs dont Flavius Josèphe, l’auteur de La guerre des juifs, disait qu’il ne fallait jamais laisser les tyrans y toucher et le corrompre.

Je vous dis cela du fond de mon amour pour le judaïsme d’Ukraine qui a tant souffert et qui relève la tête.

Je vous le dis avec tout le respect que je dois à ce judaïsme russe qui sort, lui aussi, d’une interminable nuit et qu’il serait si triste de voir retomber sous la coupe d’un Vladimir Poutine – ah Sharansky ! Yossef Begun, Ida Nudel, Jossef Mendelevitch et Alexandre Lerner, Vladimir Brailowski ! tous ces noms pour lesquels je me suis, avec d’autres Français, tant battu dans ma jeunesse ! tous ces refuzniks, ces refusés de visa qui étaient aussi des hommes du grand refus, des hommes de fer et de résistance, des modèles d’insoumission et de courage !

Tous ces indomptés, il est insupportable, oui, de voir un minable officier du FSB leur faire à nouveau plier l’échine !

A ceux d’entre eux qui ne sont plus de ce monde, nous devons de sauver leurs enfants et leurs héritiers du piège qui se ferme, à nouveau, sur eux.

C’est pour eux, pour eux tous, les morts et les vivants, que j’appelle ici de mes vœux ce grand rassemblement des juifs libres des deux pays, l’Ukraine et la Russie.

Il pourra, ce rassemblement, se tenir à Jérusalem, à Paris ou ailleurs.

Il pourrait se faire à l’initiative de Monsieur le Grand Rabbin de Kiev et d’Ukraine, Yaakov Dov Bleich, ici présent.

Monsieur Victor Pinchuk pourrait en être, dans le droit fil de ce judaïsme d’affirmation et de combat que j’ai décrit, le facilitateur et même l’artisan.

Je ne suis sûr que d’une chose : le fait que cela ait lieu représenterait, à soi seul, une défaite pour Poutine et une victoire, à Moscou comme à Kiev, pour les valeurs de vérité et de liberté.

Je vous remercie. »

Source : Larègledujeu, 25/11/2014

P.S. Faites-nous gagner du temps : tout commentaire à connotation antisémite sera comme toujours supprimé. N’en écrivez-pas, ou signalez-les nous (bouton alerter) – merci…

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[Invité] Les illusions perdues d’un jeune journaliste, par Léonard.

27 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #La France, #Europe supranationale, #La guerre, #Ukraine, #La Russie, #L'OTAN.

[Invité] Les illusions perdues d’un jeune journaliste, par Léonard.

Excellent papier d’un jeune journaliste, qui ira apparemment loin Son prénom a été changé…

Je m’appelle Léonard. Je suis né quelques semaines avant la chute du Mur de Berlin. Je peux légitimement et insolemment dire que je suis jeune. Je suis journaliste. J’ai intégré une école de journalisme juste après le bac, presque par hasard.

Voici mon histoire.

Hasard et chance

Contrairement à bon nombre de mes camarades, je n’avais jamais ressenti la fibre journalistique auparavant. Je me cherchais. Seule certitude : j’aimais apprendre et restituer. Vulgariser. Expliquer. J’aime la pédagogie. Je me suis d’ailleurs longtemps (et encore?) prédestiné au métier de professeur. Passionné par l’astronomie, les sciences, fidèle lecteur de Sciences et vie et téléspectateur attentif et enjoué de C’est pas sorcier quand j’étais enfant, je pensais me diriger vers un cursus universitaire en biologie. J’étais également passionné par l’Histoire ainsi que par ses consœurs : la géopolitique, la géostratégie. En fait, je crois que j’aimais à peu près tout, hormis les langues étrangères, ce que je regrette amèrement aujourd’hui et tente de corriger petit à petit.

Or, en déambulant sur le Web, je suis tombé à l’époque par hasard sur le programme d’un établissement formant les journalistes de demain. Géopolitique, droit, histoire de la presse, sciences politiques, exercices de style…

Programme alléchant !

Accès restreint

Cette école faisant partie du cercle restreint des structures reconnues par la profession (elles sont 12 ou 13 selon les années), l’entrée y est difficile. Je ne connais pas les chiffres exactes mais il me semble que nous étions peu ou prou un millier à déposer une candidature pour 25 places. Mes bonnes notes au bac en Français et en Histoire m’ont permis de passer la phase de sélection initiale sur dossier. Première petite victoire. Les épreuves écrites arrivèrent quelques semaines plus tard. Un exercice de synthèse de document, un QCM et une photo à légender, si ma mémoire est bonne. Et un adolescent très stressé par ce nouveau monde qui s’ouvrait à lui. Sans grand espoir, je passe les tests. Je me rappelle avoir souri de contentement pendant le QCM : oui, je connaissais Raphaël Poirée pour l’avoir vu gagner de nombreuses courses de Biathlon sur Eurosport étant plus jeune ! Surprise, on me sélectionne pour les épreuves finales d’admission. Fierté des parents. Si je m’arrête là, ce sera avec les honneurs. D’autant qu’une épreuve d’anglais, mon point faible, est prévue. L’autre exercice du jour consiste en un oral de motivation. Étonnamment calme, certain d’être recalé en raison de mon jeune âge (une remarque que l’on me fera tout au long de ma jeune carrière et encore aujourd’hui), je passe les tests sans grande pression. La surprise intervient quelques jours plus tard.

Je suis admis. Diantre.

Des codes et des formats

Une nouvelle vie s’ouvre à moi ! Certains oncles me surnomment déjà en riant le « futur Pujadas » de la famille. Les cours commencent. Intensifs sans être insurmontables. Intéressants sans être déterminants. Je me rends vite compte que mes camarades, disons une bonne moitié, savent qu’ils veulent être journalistes depuis plusieurs années. Ils ont fait des stages, ils ont lu le manuel du pigiste, certains sont déjà correspondants locaux dans leur village, d’autres ont déjà la grosse tête. Une promotion somme toute agréable avec le recul. J’y ai rencontré des personnes passionnantes, étonnantes, stimulantes et des abrutis condescendants. A l’image de la vie quoi. Normal. Rassurant. Personne dans ma famille ou dans nos amis proches n’avait mis un pied dans cet univers journalistique. J’ai dû tout apprendre : les codes, les formats, les genres, l’importance du réseau que je n’ai jamais cultivé avec assez de soin et d’envie. Après des débuts difficiles, je me suis fondu dans la masse. Dans les derniers en langues étrangères, dans les meilleurs en sciences humaines.

Rien ne change.

Naïveté salvatrice

Lors du premier stage de fin d’année, dans un journal de la presse quotidienne régionale, j’avais amusé malgré moi mes collègues en commençant mon article par « Bonjour ». Naïveté originelle salvatrice pour la suite. Salvatrice car l’exercice journalistique requiert, selon moi, une remise en question permanente. Un journaliste « rouille » à partir du moment où il a la certitude d’être arrivé au bout de ses capacités. Où il ne doute plus et pense tout savoir, tout connaître, tout maîtriser. Or, comme me l’a dit un jour un scientifique de l’INRA, « la différence entre un chercheur et un journaliste est simple mais fondamentale : vous ne connaissez rien sur tout, alors que nous connaissons tout sur rien ». Façon de décrire leur spécialisation extrême et notre formation généraliste qui pose des problèmes de compréhension mutuelle. Nous participions à une session sur le journalisme scientifique.

A la fin de ce premier été de stage en presse régionale, j’avais pris confiance en moi. En mes capacités de recherches, de compréhension, d’abnégation parfois. Je me rappelle avoir bataillé des jours pour tenter de découvrir l’origine du nom d’un stade de football local. Des heures passées aux archives départementales à éplucher les comptes-rendus jaunis et rébarbatifs de conseils municipaux d’antan. Tout cela pour découvrir, un peu déçu, que le nom provenait tout bonnement d’un mot patois local signifiant « souche » ou « fossé ». Toujours est-il que j’avais acquis les codes et les us du métier. J’ai compris comment aborder les gens. J’ai compris comment flatter les égos des élus et des chefs d’entreprise. J’ai appris à composer avec la police et la gendarmerie pour obtenir les informations de la page « faits divers ». J’ai aimé aller au tribunal pour écrire des comptes-rendus d’audience que je croyais magnifiques. J’ai adoré arpenté les fêtes de village avec mon calepin et mon appareil photo pour rencontrer les « petites gens » et raconter leurs histoires.

J’ai commencé à aimer mon métier.

Et au milieu, des fils et des ondes

A la fin de la deuxième année, je m’étais spécialisé en radio. C’est aujourd’hui encore mon média de prédilection. Quel pied que ce rapport à la fois distant et intime avec l’auditeur. Juste la voix et le tympan. Et au milieu, des fils et des ondes. J’aime le micro, j’aime le pouvoir de la voix. La radio est un média injuste : un bon timbre, un bon ton, un peu de travail et des rencontres essentielles. Voilà ce qu’il faut pour percer. Des intervenants passionnés à l’école. Des rédacteurs en chefs patients, des collègues aux conseils précieux et gratuits lors des premiers stages, des premières piges. Il y a de tout dans ce métier. Le journalisme m’a ouvert des portes inespérées. Voler en hélicoptère, travailler en Corse, interroger des stars, passer en direct, avoir pour collègues de bureau des figures de la profession, être quelqu’un. Notre métier est grisant. Attendre fébrilement un direct avec ses quelques notes griffonnées, respecter le délai, ne pas bafouiller, recevoir les félicitations du rédacteur en chef, fumer une cigarette pour se calmer, ralentir un rythme cardiaque monté à un niveau anormal. Il y a quelque chose qui ressemble à une dépendance, à une drogue.

Et puis vient la troisième année. Nous passons de la découverte à la spécialisation. De la spécialisation à l’émancipation. On se prend en main. On monte des projets. On cherche du travail. On commence à avoir des contrats de travail. Des piges. On gravit fébrilement mais fièrement les escaliers d’une célèbre radio, on le dit à ses amis, à sa mère, à sa grand-mère admirative. Étonnante période où l’on passe par toutes les émotions. Contentement et honte de soi. On se félicite de savoir faire tout Paris en un minimum de temps, Nagra à l’épaule, aisselles en sueur. On regrette d’être obligé d’aller harceler des acheteurs dans un magasin de jouets pour savoir pourquoi, mais oui pourquoi, le catch est la nouvelle mode dans les cours de récré. C’est Le Parisien qui le dit donc c’est vrai « et même si ça fait deux heures que tu demandes à tout le monde et que personne ne confirme, ni les vendeurs, ni les clients, continue de chercher car on veut un reportage là-dessus pour 18h, alors pas de commentaires, tu es en stage je te rappelle ». C’est une qualité primordiale et indispensable de tout jeune journaliste. Apprendre vite.

A acquérir les bons réflexes et à supporter les frustrations.

La bourse, c’est la vie

J’ai eu une chance énorme. Celle de gagner une bourse. La plupart des grandes radios organisent une sorte de concours pour les étudiants en école de journalisme. Celui qui arrive premier se voit offrir un contrat de travail. Un vrai. Un CDD. Trois lettres dont tous les étudiants rêvent. On devient alors une petite star dans son école. Les élèves des promotions suivantes parlent de vous avec respect : « Il a gagné la bourse… » Vous prenez automatiquement du charme et gagnez de l’intérêt. L’école de la vie.

J’ai ainsi pu travailler comme présentateur dans une grande radio. Formidable expérience pour un jeune homme. Je me rappelle que l’un des responsables de la radio de l’époque, juste avant l’oral final de la bourse, m’avait dit : « Vous êtes beaucoup trop jeune, je ne vous aurais jamais sélectionné ». Première carte de presse. Une sorte de Graal que tous les nouveaux journalistes, moi compris, exhibent comme une carte d’agent spécial les premières semaines. Premiers journaux en direct. Premières bourdes amusantes. J’ai continué à apprendre, énormément. Notre métier a cela de formidable qu’il consiste à apprendre, à lire. Le travail d’un présentateur est composé à 70% de lectures de dépêches et d’articles divers et variés (les 30% restants étant partagés entre le travail d’écriture, de hiérarchisation, de discussion avec le coordinateur, de prises de caféine et de nicotine). A la fin d’une journée de travail, on en a appris autant qu’en une journée de cours intensifs.

Salle de classe permanente, petit paradis pour celui qui aime apprendre.

Étonnante gestion des conflits

Je précise que la critique du journalisme qui suit concerne uniquement l’information nationale et, dans une plus grande mesure encore, l’actualité internationale. Selon moi, la presse locale et régionale, si elle a bien d’autres problèmes (de financements notamment) n’est pas soumise aux effets pervers que je vais tenter de décrire modestement. C’est d’ailleurs vers cette presse que je me tourne actuellement pour régler mon conflit intérieur.

Notre profession est en perpétuelle évolution et en remise en question permanente. Il suffit de se rendre une fois aux Assises du journalisme pour le constater. Les sujets de débat sont nombreux : déontologie, objectivité, moyens techniques, droit à l’image, protection des sources, précarité des pigistes, etc…

Je crois que mes premiers problèmes de conscience sont apparus avec les révolutions arabes et en particulier la guerre en Libye. La fuite de Kadhafi est intervenue au mois d’août, tout à la fin de mon premier vrai contrat de travail. La rédaction étant réduite à cette période, vacances obliges, j’ai suivi le dossier avec attention. J’ai vite constaté que l’AFP (Agence France Presse), qui réalise un travail inestimable pour les rédactions, est géopolitiquement orientée. Je suis convaincu que les journalistes qui écrivaient les dépêches sur la Libye sont de braves types qui font leur boulot le plus honnêtement du monde. Mais les faits sont là. Nous, journalistes, lors d’une guerre, nous prenons partie, malgré nous, pour un camp. Kadhafi était le méchant. Les rebelles, les gentils. Or, s’il est vrai que le guide libyen était un personnage repoussant à bien des égards (lire le livre d’Annick Cojean sur les « Amazones » , esclaves sexuelles de Kadhafi), comme l’est Bachar Al Assad aujourd’hui, le faire passer, à peu de choses près, pour le diable en personne me troublait. En face, les rebelles libyens étaient, eux, présentés systématiquement comme des héros de la liberté, des « justes » menacés par un massacre imminent. Je ne nie pas que bon nombre de manifestants aient été de cette trempe là, mais le manichéisme m’ayant toujours repoussé, j’ai douté.

Mensonges par omission

Quand j’observe la Libye d’aujourd’hui, il semble que l’enthousiasme qui a accompagné la chute du natif de Syrte a été un peu rapide. J’ai douté à l’époque comme j’ai douté ensuite sur la Syrie ou sur l’Ukraine. Je me suis étonné que sur bon nombre de sujets, l’Iran, le Vénézuela, nos agences de presse préférées et si peu nombreuses (il y en a trois principales) relatent certains faits et pas d’autres. Cette orientation est subtile, presque imperceptible. L’AFP ne ment pas, techniquement. Mais elle oriente la pensée par la sémantique et en omettant certaines informations. Je me rappelle très bien d’une dépêche évoquant un discours d’Hugo Chavez. Elle mettait en avant « le soutien » de l’ancien président au guide libyen et son énième critique de « l’impérialisme » américain. L’article résumait la pensée du président vénézuélien de manière très caricaturale, presque grossière. J’ai ensuite visionné l’intégralité de son intervention, traduite par un site indépendant. L’information principale était qu’Hugo Chavez proposait un plan de paix, au nom de l’Amérique latine, avec l’accord des autorités libyennes et le soutien du duo Ligue Arabe – Union Africaine. Est-ce notre égocentrisme qui nous a fait considérer cette information comme d’une importance mineure ? La résolution des conflits est-elle de la seule compétence de l’Occident ? Ou y a-t-il une raison d’ordre géopolitique ? Une information chassant l’autre, le plan de paix du président vénézuélien ne fut jamais évoqué sur notre radio.

L’AFP omet et oriente donc. Et les présentateurs radios suivent. L’AFP et ses deux consœurs (Reuters et AP) sont les bibles des présentateurs. Nous donnons à voir à nos auditeurs (car les présentateurs radios sont esclaves des dépêches qui représentent 90% de leurs sources) un monde orienté. Cela ne veut pas dire que cette orientation est mauvaise mais elle ne devrait tout simplement pas exister dans un travail journalistique sérieux.

Autre carence de ce système relayant l’information. La surexposition de certains acteurs. Combien de fois ai-je ri avec mes collègues de l’inquiétude de Ban-Ki Moon ? Le secrétaire général des Nations-Unies s’inquiète de manière perpétuelle. De tel conflit larvé. De telle catastrophe humanitaire à venir. Son émotion est légitime, bien sûr, mais doit-on attendre qu’une agence de presse cite ce haut responsable pour parler d’une situation alarmante ? Et l’information à mettre en avant n’est-elle pas l’inefficacité et le manque de moyens de l’ONU ? Le fait que Ban Ki-Moon s’inquiète perpétuellement sans avoir les moyens d’agir n’est-il pas le plus inquiétant ? A quoi bon relayer systématiquement ses déclarations si sa marge de manœuvre est si faible ?

Combien de fois nous sommes-nous fait la réflexion, avec mes jeunes collègues, qu’il est bizarre voir révoltant que nous traitions un sujet uniquement quand l’AFP le signale ? Avec un dialogue qui ressemble à celui-ci :

- Bruno (le coordinateur), tu as vu les derniers chiffres de l’INSEE sur la démographie européenne ? C’est intéressant car…

- L’AFP en parle ?

- Euh, non mais…

- Laisse tomber.

Le traitement permanent des « sujets AFP » est une facilité professionnelle qui me paraît néfaste. Aujourd’hui, certains grands journaux nationaux ne traitent plus les sujets internationaux que par le biais de dépêches reprises telles quelles. Pour la valeur ajoutée et la vérification des sources, on repassera. Les responsables de cette situation sont multiples : manque de moyens humains et dictature de l’urgence (les fameuses « breaking news ») en premier lieu.

Inconscience inconsciente ?

Le journaliste est un observateur. Au pire, un commentateur. Il ne doit pas être un militant. Ou alors il doit l’assumer et le dire avec clarté à ceux qui le lisent ou l’écoutent. Or, dans les grands médias généralistes, nous nous flattons d’être indépendants et libres. Mais la base même de notre métier est biaisée par le fait que nous ne disposons pas des outils et des sources nécessaires pour assurer un suivi juste et objectif des situations. Partant de ce constat, nous n’avons tout simplement pas les ressources, le recul et la légitimité pour parler de ces sujets. Et pourtant nous en parlons, avec verve et certitude. C’est une des bases du métier apprise à l’école : « même quand vous ne savez pas de quoi vous parlez, donnez l’impression d’être un expert ». Je ne crois pas que cette orientation soit lié à un quelconque complot ou à un choix assumé. Cela à trait, selon moi, à quelque chose d’un ordre inconscient. Personne ne part du principe qu’il est dans le camp du méchant. Nous faisons partie de l’Occident, avec ses codes, ses références, ses intérêts, sa culture, son histoire. Les journalistes occidentaux, dans leur grande majorité, assument et intègrent donc, ce parti pris originel, cette identité initiale. Le travail d’un journaliste devrait donc être avant toute chose, quand il parle d’un sujet international aussi grave qu’une guerre ou qu’un conflit larvé, de s’oublier.

De sortir de lui-même pour appréhender les situations sous un angle neuf, le plus objectif possible.

Le leurre du journalisme-citoyen comme solution

Je précise également que je pense profondément que les journalistes sont d’une importance capitale et irremplaçable. Avec l’émergence et la formidable montée en puissance des réseaux sociaux, on constate que le journalisme-citoyen a le vent en poupe. C’est une bonne chose. Le journalisme institutionnel, traditionnel est extrêmement critiqué (rappelons qu’il s’agît de l’une des professions les plus détestées) et certains se réjouissent de sa disparition à moyen terme. Je pense d’une part, que ce serait une catastrophe et d’autre part, que cela n’arrivera pas. Pour moi, l’information constitue une matière brute, indigeste. Notre travail consiste à la préparer, la cuisiner, pour que les citoyens puissent la consommer et la digérer. Toute la difficulté de notre travail réside en ce point : simplifier, reformuler l’information sans la travestir ou la déformer. C’est un travail délicat et indispensable, qui s’apprend, qui demande du temps et des efforts.

Le journalisme dit « citoyen » doit être un complément et non un substitut à son aîné.

Prostitués de l’intellect

Quand on regarde la presse occidentale et celle des pays arabes ou des pays en voie de développement sur des sujets aussi variés que le conflit israélo-palestinien, la guerre civile en Ukraine ou la guerre en Syrie, les différences sont frappantes et le constat est clair : nous défendons, malgré nous, des intérêts.

« Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »

Cette phrase, attribuée à l’ancien rédacteur en chef du New York Times, John Swinton, date de 1880. Je ne suis pas le premier à relever qu’elle est d’une confondante actualité. Ayant travaillé dans un pays arabe, la différence d’approche sur certains sujets géopolitiques est très forte. Je constate cependant, et cela me semble important à relever, que la vision sur l’économie mondiale est en revanche la même chez les élites journalistiques arabes et occidentales. L’ultra-libéralisme me semble avoir de beaux jours devant lui car les vives critiques qu’il rencontre sont l’apanage d’hommes isolés ou de groupes qualifiés, au mieux d’utopistes, de penseurs minoritaires et/ou gauchistes, au pire de complotistes. Cela me déprime d’avoir l’impression (fausse certainement) d’être plus à même de conduire un débat ou une interview sur des sujets de relations internationales que mes éminents collègues des chaînes d’information en continu. Sont-ils ignorants à ce point ? Jouent-ils les candides ? Ont-ils peur ? Sont-ils soumis à des consignes, des pressions ? S’autocensurent-ils ? Cela me déprime également de voir les plus brillants de mes anciens camarades en école de journalisme s’être reconvertis, par dépit ou par choix, dans des domaines aussi variés que passionnants. J’ai l’impression que pour réussir dans le journalisme, il ne faut pas être le plus intelligent ou le plus honnête, mais être celui ou celle qui avalera le plus de couleuvres sans tressaillir.

A l’image du monde d’aujourd’hui, peut-être.

Complotiste !

Et cela m’amène à une conclusion pessimiste. Je l’ai dit plus haut. Je suis un homme curieux. Je m’intéresse à peu près à tout et à tous les avis. Je ne pense pas que la légitimé se gagne par la reconnaissance, par les titres ou par les postes. Cette curiosité m’a amené à lire et à écouter des avis extrêmement variés. Certains m’ont fait peur, d’autres m’ont passionné, d’autres encore m’ont questionné. Mais je constate que, loin de créer une émulation naturelle dans toute société démocratique qui se respecte, la contestation et le questionnement de l’ordre économique et géopolitique établi, rencontrent dans l’immense majorité des cas, une limite insurmontable et insupportable : la délégitimation par l’insulte.

Vous estimez que le néoconservatisme américain est une idéologie dangereuse, potentiellement guerrière ? Vous êtes un complotiste ! Vous êtes impressionné par le travail de Naomi Klein sur le capitalisme du désastre ? Complotiste ! Vous trouvez Michel Collomb un peu excessif mais redoutable quand il parle des médias mensonges ? Complotiste ! La version officielle des attentats du 11 septembre vous semble un peu légère et vous estimez que nous sommes en droit de nous poser des questions (et d’inciter à lire l’enquête d’Éric Laurent, par exemple) ? Complotiste ! Vous considérez que le traité euro-atlantique devrait être le principal sujet de discussion actuel tant ses implications à long terme sont lourdes ? Calmez-vous, excentrique !

Et maintenant ?

Que dire ? Que répondre face à des insultes et des qualificatifs si lourds de sens et pourtant si vides de contenus ? Pour l’instant, j’ai la chance de ne pas être trop exposé. Ma jeune carrière m’a amené à conduire ces débats en cercles restreints, avec pour conséquences bénignes, de rares énervements passagers entre collègues. Mais je constate qu’il coûte cher de se poser certaines questions dans cette profession. Or, je ne veux pas choisir de camp. Comme Brassens avec l’oncle Martin et l’oncle Gaston. Je ne veux pas choisir entre un système et des rebelles. J’aimerais juste être dans un monde où le débat est une chose reconnue comme importante et capitale. Il me semble qu’au contraire, nous nous dirigeons vers une société vidée de toute émulation de ce type. Une société uniformisée, aseptisée, manichéenne, où, pour reprendre la métaphore de Naomi Klein sur le capitalisme du désastre, des « zones vertes » officielles et adoubées s’affronteront à des « zones rouges » considérées comme menaçantes et maladives.

Des solutions semblent émerger, les gens s’organisent, une portion de la jeunesse bouge, se mobilise. Mais je ne suis pas sûr que cela suffise. Une partie de cette frange se radicalise et se perd. Une autre s’essouffle et abandonne. Une dernière enfin, résiste et invente de nouveaux modes de pensées, d’échanges, de débats (éducation populaire, mouvements politiques, blogs, etc..). Le journalisme tel qu’il existe aujourd’hui doit écouter les critiques et ne pas s’enfermer dans une posture de victime. Les jeunes journalistes ont leur révolution à conduire. Exiger davantage de moyens humains, trouver de nouvelles sources de financement et d’information, refuser la marchandisation de l’information et assumer leurs positionnements idéologiques. Informer, simplifier, raconter, c’est notre métier, notre chance.

A nous de le faire évoluer sans crainte, ni tabou, pour pouvoir le pratiquer honnêtement et plus sereinement.

Léonard (le prénom a été changé)

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[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

27 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Les média, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN.

27 novembre 2014.

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Petit point en rapport avec la vision internationale de Mediapart

Je reçois souvent des mails de votre part me disant en gros “Mediapart sur l’Ukraine, c’est plus possible, je résilie mon abonnement !”.

Je trouve ça très dur, car je trouve que Mediapart est clairement parmi ce qui se fait de mieux dans les grands médias sur la dénonciation du pouvoir de la finance (supers billets de Martien Orange, une référence !), du néolibéralisme, des dérives politiques et démocratiques, des problèmes des grands médias, etc.

J’ai entendu une conférence de Plénel cet été sur les dangers qui courent sur la Démocratie, et c’était vraiment très très bien…

MAIS il y a un vrai souci sur l’international, c’est clair…

Exemple de ce we, à la Une de Mediapart :

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…
[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

(fichtre que je n’aime pas toutes ces histoires de listes nominatives de semi-proscrits et ici de propos des années 30…)

J’ai regardé pour info, cette banque historiquement tchèque est quand même la 151e banque russe (fichtre…)

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Propriété d’un certain Roman Popov :

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…
[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Bon, ok. Donc si je comprends bien, cette banque a prêté de l’argent au FN.

Je rappelle que les dons étant interdits, le FN devra donc rembourser cet argent…

Et donc Mediapart s’inquiète donc très très fort à cause de “ces millions russes”, qui pourraient constituer une éventuelle “ingérence étrangère dans la vie politique française” – rejoignant ici le fameux “le parti, non seulement de l’anti-Europe, mais de l’anti-France.” de BHL en mai 2014.

L’article précise :

“Un proche conseiller de la présidente du FN confirme lui aussi à Mediapart la signature de ce prêt, d’un taux d’intérêt fixé a 6% “ Si l’on en croit Marine Le Pen, c’est à contrecœur que le Front national s’est tourné vers les banques étrangères. « Notre parti a demandé des prêts à toutes les banques françaises, mais aucune n’a accepté, a-t-elle expliqué, le 23 octobre, à L’Obs. Nous avons donc sollicité plusieurs établissements à l’étranger, aux États-Unis, en Espagne et, oui, en Russie. » [...] « On a pris des contacts avec beaucoup de banques françaises et européennes, a expliqué Me Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national à Mediapart, fin octobre. C’est niet en France. Ils ne prêteront pas un centime après le rejet des comptes de Nicolas Sarkozy. Nous, on a élargi le cercle. Ce genre de négociations, plus c’est discret mieux c’est. On a pris des contacts avec les plus grosses banques. On a envoyé des lettres, c’est tout. La plupart du temps, on n’a pas de réponse. » [...] Jean-Luc Schaffhauser a confirmé : [...] « Les banques sont très frileuses pour prêter aux partis politiques, quels qu’ils soient, confie un membre du bureau politique du parti. Ce n’est pas un boycott du Front national, c’est une crainte généralisée. À partir du moment où ce n’est pas un don, ni une subvention, ce qui serait interdit venant d’un État étranger, cela ne me choque pas. »

Notez que rien que cette situation pourrait susciter un intéressant débat sur les moyens de financer les partis ou sur le rôle des banques…

(PS : non, je ne suis pas là pour défendre du tout le FN que je ne soutiens en rien, ce n’est pas ce point là qui m’intéresse)

Je note ne pas avoir vu d’alerte Mediapart sur le fait que, par exemple, l’UMP – dont nous avons analysé les comptes, qui montrent que cette structure est en fonds propres négatifs depuis sa création, ce qui signifie qu’elle ne survit que par la générosité de prêts bancaires (français, ouf !)

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Moi, il me semble très gênant qu’un parti politique dépendent du bon vouloir de banques privées pour survivre – étonnez-vous que la droite ne réforme pas le secteur après… Petit problème “d’ingérence” ?

Mais plus largement, cette idée “d’ingérence russe”, “de propagande russe” est quand même grotesque : alors comme ça, Poutine voudrait dépenser de l’argent pour corrompre la politique d’un pays, “acheter des soutiens” et donc il choisit… tadam, le FN !!!! Le parti avec 0 ministres, 2 députés et 2 sénateurs (sur 900), et un audience médias absolue – TREEEEEMBLE RÉPUBLIIIIIQUE ! C’est d’une logique imparable… (et qu’on ne vienne pas faire croire que le prix d’un Cahuzac ou d’un Thevenoux soit si élevé…)

Alors du coup, comme Mediapart s’inquiète fort justement du risque d’influence étrangère sur la politique du pays, je me dis, “mais c’est bizarre, ont-ils enquêté sur l’influence américaine en France – qui me semble un peu plus prégnante que l’influence russe ?”

Alors au hasard, ont-ils enquêté sur les Young Leaders de la French American Fundation (dont nous parlerons bientôt, nous…), “issus de la politique, de la finance, de la presse « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines » et qui permet donc de développer « des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays » ?

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Ah flute…

Bon, au moins 1 ?

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Ah flute…

Bon, c’est dommage, car il avait par exemple :

  • François Hollande
  • Emmanuel Macron
  • Pierre Moscovici
  • Marisol Touraine
  • Arnaud Montebourg
  • Najat Vallaud-Belkacem
  • Fleur Pellerin
  • Matthias Fekl
  • mais aussi Aquilino Morelle

Bon, n’ayez crainte, on reverra bientôt Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab à l’UMP…

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

En abrégé peut être ?

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Caramba, encore raté..

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Allez, un dernier : le German Marshall Fund ?

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Bon, rien en enquête, et en citation on a droit à “un cercle de réflexion” ! Sérieusement ??? Un machin qui s’appelle Fonds ? Qui a un bilan de :

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

200 millions de dollars ! Et qui dépense tous les ans juste :

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

37 millions de dollars !!!

Ok, dormez braves gens… Et attention à la propagande russe !!!!!

[2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

Mais est-ce étonnant ?

Je rappelle certains propos de Mitterrand (qui n’avait QUE les services secrets à son service) sur Edwy Plénel :

« Il faudra tout de même qu’on sache qui est vraiment ce monsieur Plenel. […] Il parlera moins haut quand on saura qu’il travaille pour une puissance étrangère. » [propos de François Mitterrand rapporté par Gérard Colé à Pierre Péan, cité dans La Face cachée du Monde, 2003]

Confirmé par une autre source :

« Plenel ? Il ne m’a pas lâché pendant dix ans et j’ai fini par penser qu’il travaillait lui aussi pour les Américains. » [propos de François Mitterrand rapporté par Pierre Favier, journaliste longtemps accrédité à l'Élysée, La décennie Mitterrand, 1999]

Et une troisième :

Cela rappelle un autre propos de Mitterrand, plus général, sur les journalistes à scoops :

« Il ne faut pas croire qu ‘il y ait des envoyés spéciaux, fins limiers, remarquables journalistes, Rouletabille inlassables, allant chercher l ‘information. Non, ils attendaient à leur bureau où on venait leur apporter des informations.» [Mitterrand, portrait total, Pierre Jouve, 1986]

Je ne veux pas ici diffamer M. Plénel, je n’ai évidemment aucune idée de la véracité ou non de la chose.

Mais on peut aussi faire un lien avec les agissements de la NSA. Si on réfléchit en se mettant à la place des services secrets américains : vous avez accès aux données de la NSA qui espionne, de plus ou moins près, à peu près toutes les personnes avec un peu de pouvoir dans le monde. Donc vous connaissez tous les fraudeurs, tricheurs, adultérins, etc. Qu’en faites-vous ? Vous pouvez tenter de faire pression sur eux si les choses sont graves, mais enfin, cela ne marche pas toujours. Moi, il me semblerait logique d’approcher des journalistes amis, et de leur donner des informations croustillantes qui vont les respectabiliser, les mettre à la une. Même pas besoin d’un deal explicite après : il semble clair qu’ils vont éviter de trop vous critiquer par la suite, surtout quand on est “le phare de la liberté” mondial… Non ?

Bref, en conclusion, et pour répondre aux mails que je reçois donc régulièrement, cela ne me choque pas de continuer à soutenir Mediapart pour tout ce qu’ils apportent. Disons qu’il est assez probable que vous apprendrez ainsi “Tout ce qu’on vous cache et qui ne dérange pas les Américains” – et cela est déjà énorme. Après, il faut juste ne pas avoir trop confiance dans le regard international porté, et de croiser de multiples sources d’informations externes pour la partie “Tout ce qu’on vous cache et qui dérange les Américains”…

Mais bon, ce n’est que mon avis…

39 réponses à [2 poids, 2 mesures] Ils sont vraiment énormes chez Mediapart…

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27 nov 2014 En Occident, le respect de la vérité n’existe plus, par Paul Craig Roberts Mots-clefs : Mots-clefsPaul Craig Roberts Commentaire(s) 15 commentaires Imprimer 19 Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981-1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics. Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Sa vision décape, en général… Sans adhérer à tout, elle permet à chacun d’aiguiser son esprit critique… Paul Craig Roberts Paul Craig Roberts Les médias occidentaux ont prouvé aux yeux de tous qu’ils constituent soit une bande d’idiots ignorants et incompétents, soit une maison de passe qui vend des guerres pour de l’argent. Les médias occidentaux ont aveuglément suivi Washington et ont accusé la Russie d’avoir abattu l’avion malaisien. Aucune preuve n’a été fournie. A la place, les médias ont répété en boucle la même histoire. Washington a dissimulé la preuve que Kiev était responsable. L’objectif des médias n’était pas la vérité, mais la diabolisation de la Russie. A présent, nous avons l’histoire médiatique de la colonne de blindés russes qui aurait prétendument franchi la frontière ukrainienne et été détruite par les troupes désorganisées ukrainiennes, des forces que l’EIIL éliminerait en quelques minutes. Les reporters britanniques ont fabriqué cette histoire, à moins qu’elle ne leur ait été servie par un agent de la CIA travaillant à la scénarisation de la guerre. Tout le battage de la peu recommandable BBC autour de cette histoire s’est fait sans la moindre enquête. Les médias allemands, y compris Die Welt, ont beuglé l’histoire à travers l’Allemagne, sans s’inquiéter de l’absence de preuve. L’agence de presse Reuters, également sans enquêter, a relayé l’histoire. Des lecteurs me précisent que la chaîne CNN a diffusé cette fausse histoire 24h/24, 7jours/7. Bien que je ne puisse pas supporter de la regarder, je soupçonne que Fox “news” s’est également jetée sur ce canard boiteux. Des lecteurs me signalent que mon ancien journal, le Wall Street Journal, qui est tombé si bas qu’il en est devenu impossible à lire, a aussi répandu cette fausse information. J’espère qu’ils se trompent. Personne n’aime voir son ancienne maison tomber en ruine. La version médiatique est grotesque pour plusieurs raisons qui devraient être évidentes aux yeux de toute personne normale. La première raison est que le gouvernement russe a indiqué clairement que son but est la désescalade. Quand d’autres anciens territoires russes qui font aujourd’hui partie de l’Ukraine ont suivi la Crimée, ont voté leur indépendance et ont demandé la réunification avec la Russie, le président Poutine a refusé. Pour souligner sa volonté d’apaisement, le président Poutine a demandé à la Douma russe d’abroger son autorisation d’intervenir militairement en Ukraine pour le compte des anciennes provinces russes. Comme le gouvernement russe qui, contrairement à Washington ou aux gouvernements de l’UE, met en avant la légalité et l’Etat de droit, les forces militaires russes ne pourraient pas être envoyées en Ukraine avant que la Douma n’accorde à nouveau à Poutine le droit de le faire. La deuxième raison pour laquelle cette histoire est évidemment fausse est que si le gouvernement russe décidait d’envahir l’Ukraine, la Russie n’enverrait pas un petit groupe de blindés, sans couverture aérienne ou d’autres troupes. Si la Russie envahit l’Ukraine, ce sera avec une puissance capable de terrasser les forces désorganisées ukrainiennes, pour la plupart des milices semi-privées menées par des néonazis. La « guerre » durerait quelques heures, après quoi l’Ukraine tomberait aux mains de la Russie, là où elle se trouvait durant des siècles jusqu’à l’éclatement de l’Union Soviétique et jusqu’aux efforts fructueux de Washington en 1991, qui a profité de la faiblesse russe pour en démembrer les provinces constitutives. La troisième raison pour laquelle l’histoire est évidemment fausse est qu’aucune des agences de presse occidentales qui se sont enflammées sur cette histoire n’a présenté le moindre début de preuve. Ce dont témoigne cette histoire montée de toutes pièces, c’est du manque total d’intégrité de l’ensemble des médias occidentaux. Une histoire totalement dépourvue de preuve a été diffusée dans le monde entier. La Maison-Blanche a diffusé un communiqué mentionnant qu’elle ne pouvait pas confirmer cette information, mais la Maison-Blanche continue néanmoins à lancer des accusations contre la Russie, accusations que la Maison-Blanche ne peut étayer d’aucune preuve. Par conséquent, la répétition par l’Occident de mensonges éhontés s’est transformée en vérité pour un grand nombre de personnes. Comme je l’ai mis en avant dans mes articles, ces mensonges occidentaux sont dangereux, car ils poussent à la guerre. Le même groupe à Washington et les mêmes « médias » occidentaux racontent des mensonges du même type que ceux qui ont justifié les guerres de Washington en Irak (armes de destruction massive), en Afghanistan (talibans = Al Qaïda), en Syrie (utilisation d’armes chimiques), en Libye (tout un assortiment d’accusations ridicules) et au Pakistan, au Yémen et en Somalie, où l’armée américaine continue ses meurtres à ce jour. La ville sur la colline, la lumière du monde, la maison du peuple exceptionnel et indispensable est la demeure des mensonges de Satan, où la vérité est interdite et où la guerre est la dernière manche. Mise à jour : Après avoir prétendu que le convoi humanitaire russe contenait des troupes d’invasion dissimulées, le gouvernement-larbin de Kiev a été forcé par les faits d’admettre officiellement que les camions ne contenaient que de l’aide humanitaire pour les populations qu’il bombarde à l’artillerie lourde. http://rt.com/news/180844-ukraine-recognizes-russia-humanitarian-aid/ Source : Paul Craig Roberts, le 17/08/2014 Traduit par les lecteurs du site http://www.les-crises.fr/. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source. 15 réponses à En Occident, le respect de la vérité n’existe plus, par Paul Craig Roberts. Le site d'Olivier Berruyer.

27 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La République, #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La guerre

27 novembre 2014.

En Occident, le respect de la vérité n’existe plus, par Paul Craig Roberts

Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981-1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics. Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Sa vision décape, en général… Sans adhérer à tout, elle permet à chacun d’aiguiser son esprit critique…

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts

Les médias occidentaux ont prouvé aux yeux de tous qu’ils constituent soit une bande d’idiots ignorants et incompétents, soit une maison de passe qui vend des guerres pour de l’argent.

Les médias occidentaux ont aveuglément suivi Washington et ont accusé la Russie d’avoir abattu l’avion malaisien. Aucune preuve n’a été fournie. A la place, les médias ont répété en boucle la même histoire. Washington a dissimulé la preuve que Kiev était responsable. L’objectif des médias n’était pas la vérité, mais la diabolisation de la Russie.

A présent, nous avons l’histoire médiatique de la colonne de blindés russes qui aurait prétendument franchi la frontière ukrainienne et été détruite par les troupes désorganisées ukrainiennes, des forces que l’EIIL éliminerait en quelques minutes. Les reporters britanniques ont fabriqué cette histoire, à moins qu’elle ne leur ait été servie par un agent de la CIA travaillant à la scénarisation de la guerre. Tout le battage de la peu recommandable BBC autour de cette histoire s’est fait sans la moindre enquête. Les médias allemands, y compris Die Welt, ont beuglé l’histoire à travers l’Allemagne, sans s’inquiéter de l’absence de preuve. L’agence de presse Reuters, également sans enquêter, a relayé l’histoire. Des lecteurs me précisent que la chaîne CNN a diffusé cette fausse histoire 24h/24, 7jours/7. Bien que je ne puisse pas supporter de la regarder, je soupçonne que Fox “news” s’est également jetée sur ce canard boiteux. Des lecteurs me signalent que mon ancien journal, le Wall Street Journal, qui est tombé si bas qu’il en est devenu impossible à lire, a aussi répandu cette fausse information. J’espère qu’ils se trompent. Personne n’aime voir son ancienne maison tomber en ruine.

La version médiatique est grotesque pour plusieurs raisons qui devraient être évidentes aux yeux de toute personne normale.

La première raison est que le gouvernement russe a indiqué clairement que son but est la désescalade. Quand d’autres anciens territoires russes qui font aujourd’hui partie de l’Ukraine ont suivi la Crimée, ont voté leur indépendance et ont demandé la réunification avec la Russie, le président Poutine a refusé. Pour souligner sa volonté d’apaisement, le président Poutine a demandé à la Douma russe d’abroger son autorisation d’intervenir militairement en Ukraine pour le compte des anciennes provinces russes. Comme le gouvernement russe qui, contrairement à Washington ou aux gouvernements de l’UE, met en avant la légalité et l’Etat de droit, les forces militaires russes ne pourraient pas être envoyées en Ukraine avant que la Douma n’accorde à nouveau à Poutine le droit de le faire.

La deuxième raison pour laquelle cette histoire est évidemment fausse est que si le gouvernement russe décidait d’envahir l’Ukraine, la Russie n’enverrait pas un petit groupe de blindés, sans couverture aérienne ou d’autres troupes. Si la Russie envahit l’Ukraine, ce sera avec une puissance capable de terrasser les forces désorganisées ukrainiennes, pour la plupart des milices semi-privées menées par des néonazis. La « guerre » durerait quelques heures, après quoi l’Ukraine tomberait aux mains de la Russie, là où elle se trouvait durant des siècles jusqu’à l’éclatement de l’Union Soviétique et jusqu’aux efforts fructueux de Washington en 1991, qui a profité de la faiblesse russe pour en démembrer les provinces constitutives.

La troisième raison pour laquelle l’histoire est évidemment fausse est qu’aucune des agences de presse occidentales qui se sont enflammées sur cette histoire n’a présenté le moindre début de preuve.

Ce dont témoigne cette histoire montée de toutes pièces, c’est du manque total d’intégrité de l’ensemble des médias occidentaux.

Une histoire totalement dépourvue de preuve a été diffusée dans le monde entier. La Maison-Blanche a diffusé un communiqué mentionnant qu’elle ne pouvait pas confirmer cette information, mais la Maison-Blanche continue néanmoins à lancer des accusations contre la Russie, accusations que la Maison-Blanche ne peut étayer d’aucune preuve. Par conséquent, la répétition par l’Occident de mensonges éhontés s’est transformée en vérité pour un grand nombre de personnes. Comme je l’ai mis en avant dans mes articles, ces mensonges occidentaux sont dangereux, car ils poussent à la guerre.

Le même groupe à Washington et les mêmes « médias » occidentaux racontent des mensonges du même type que ceux qui ont justifié les guerres de Washington en Irak (armes de destruction massive), en Afghanistan (talibans = Al Qaïda), en Syrie (utilisation d’armes chimiques), en Libye (tout un assortiment d’accusations ridicules) et au Pakistan, au Yémen et en Somalie, où l’armée américaine continue ses meurtres à ce jour. La ville sur la colline, la lumière du monde, la maison du peuple exceptionnel et indispensable est la demeure des mensonges de Satan, où la vérité est interdite et où la guerre est la dernière manche.

Mise à jour : Après avoir prétendu que le convoi humanitaire russe contenait des troupes d’invasion dissimulées, le gouvernement-larbin de Kiev a été forcé par les faits d’admettre officiellement que les camions ne contenaient que de l’aide humanitaire pour les populations qu’il bombarde à l’artillerie lourde. http://rt.com/news/180844-ukraine-recognizes-russia-humanitarian-aid/

Source : Paul Craig Roberts, le 17/08/2014

Traduit par les lecteurs du site http://www.les-crises.fr/. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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L'école des officiers et la "fascisation méthodique de la police" en Grèce. Reprise du site OKEANEWS

27 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le fascisme, #le nazisme, #Le capitalisme;, #Europe supranationale, #Grèce

L'école des officiers et la "fascisation méthodique de la police" en Grèce

La police antiémeute le jeudi 13 novembre 2014 (photo de l'équipe Dromografos)

La police antiémeute le jeudi 13 novembre 2014 (photo de l'équipe Dromografos)

Le professeur de criminologie de l’Université Paris XI, Mme Anastasia Tsoukala, a révélé ce à quoi elle a été confrontée durant une série de conférences qu’elle a données à l’École des élèves officiers de la Police hellénique, en mars 2013. « Nous sommes des fascistes et fiers. Y a un problème ? », lui a dit un élève officier en troisième année au cours de la conférence. Il a été applaudi par 80% de la salle.

Lors d'un entretien (voir vidéo sous l'article) sur la radio Real FM, Mme Anastasia Tsoukala, criminologue, a parlé de ce qu’elle a vécu à l’École des élèves officiers de la Police hellénique, avec les élèves en 3e année qui sont désormais diplômés, officiers, et en service.

En mars 2013, j’ai donné deux conférences de quatre heures à chacune des 2e, 3e et 4e années, au sujet du racisme et de la xénophobie. C’était la première fois que des conférences de ce type étaient proposées à l’école des officiers de la police.

Le cours de quatrième année étant enregistré sur vidéo, pour des raisons pédagogiques, il n’y a pas eu de réactions ou de commentaires. Toutefois, quand j’ai répété la même conférence, légèrement simplifiée, aux élèves de 3e année, j’ai achevé les premières deux heures et accordé un quart d’heure de débat. Un élève a donc pris la parole et m’a expliqué qu’il était radicalement opposé à l’essence de la conférence, en disant que j’assimilais les Grecs et les étrangers et que, pour lui, pareille assimilation était par définition impensable.

J’ai réagi en pédagogue et en disant que, pour moi, il était impensable de considérer qu’il existait des êtres humains supérieurs et des sous-hommes et que, en fin de compte, ce type de distinction renvoyait à des régimes fascistes. Alors, l’élève m’a répondu : ‘’Mais, nous sommes fascistes et fiers de l’être. Y a-t-il un problème ?’’. Ces mots furent suivis d’un tonnerre d’applaudissements venant des autres élèves. Les formateurs qui étaient présents n’ont pas réagi.

J’ai poursuivi en expliquant que leurs convictions politiques m’étaient complètement indifférentes et que, en tant que citoyen, tout ce qui m’intéressait c’était de savoir qu’ils réalisent leur mission dans la rue de manière impersonnelle et neutre, selon les principes de l’égalité devant la loi. À ce moment, un autre élève m’a regardé et a pris la parole en disant que je devais avoir honte en tant que professeur de criminologie car je devais savoir que la loi était une construction sociale et qu’elle ne faisait que refléter les conjonctures sociales, politiques et autres du moment et, par extension, qu’il était impensable de ma part d’exiger des officiers de police de mettre en œuvre une loi avec laquelle ils ne sont pas d’accord. Ce commentaire a également était suivi d’applaudissements.

J’avoue avoir commencé à être inquiète en entendant les futurs officiers me dire que la loi n’était pas contraignante pour eux. Ainsi, en poursuivant la discussion, je me suis efforcée de comprendre ce qu’ils considéraient comme contraignant. J’ai donc dit que ‘’cela n’a pas d’importance de savoir si vous estimez que la loi ne vous engage pas car, dans la mesure où vous exécutez les ordres de vos supérieurs, dans le cadre de la hiérarchie’’, qui, elle, respecte la loi, ‘’il s’en suit que, vous aussi, vous respecterez la loi’’. Ils m’ont donc répondu, fièrement, qu’ils ne se sentaient pas non plus contraints par leurs supérieurs, qu’ils estiment incapables. Ils ne sentaient même pas liés par le serment qu’ils prononcent sur l’Évangile, car je devrais savoir que les fascistes ne sont pas chrétiens mais païens. Tout cela, en présence des formateurs. Ces positions étaient applaudies par près de 80% de l’auditoire’’.

Concernant la police en général, Anastasia Tsoukala est très claire :

Je dirais qu'on est face à un système de fascisation méthodique de la police. Méthodique. Il n'a pas été créé le jour où j'y suis allée. Je pense qu'il existait depuis des années. Selon toute probabilité il s'est intensifié avec l'entrée de l'Aube Dorée au Parlement. C'est mon hypothèse, celle qui me semble la plus raisonnable. Mais ce qui est sûr, c'est que ça n'est pas apparu le jour où j'y suis allée. Et je ne pense pas que le phénomène se soit atténué le moins du monde depuis.

Le plus inquiétant, pour la criminologue, c'est que les élèves de l'école des officiers de la police qui sont "fiers d'être fascistes" sont ceux "qui encadreront le personnel. C'est d'eux aussi que viendront ceux qui commandent les CRS qui descendent dans la rue, et qui se comportent comme on l'a vu hier".

Dans la vidéo suivante, sous-titrée par Okeanews, Anastasia Tsoukala précise également que "dans les années 80 avait débuté un mouvement de démocratisation de la police" mis en place par le PASOK. "Un certain nombre de personnes, devenues ensuite officiers, qui avaient des idées, des mentalités et des conceptions progressistes, avaient été nommées dans la police nationale. Tous ceux là qui avec le temps avaient monté dans la hiérarchie de la police ont quasiment tous été démobilisés par M. Dendias".

Elle poursuit :

Ce qu'il faut comprendre c'est que, en ce moment, tous ceux qui occupent des postes élevés dans la hiérarchie sont de droite, très à droite, très très à droite jusqu'à l'extrême droite et ceux qui arrivent pour prendre la relève sont fiers d'être fascistes.

L'entretien :

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