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Le blog de Lucien PONS

Après l'attentat Istanbul, La Cour! Par Hélène Richard Favre.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #La Turquie, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch

La Cour!

 

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Comment parler d’un événement sans rien en dire qui éclaire ses véritables enjeux, l’article indiqué en lien ci-dessous en donne un bon exemple:

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Istanbul-vit-dans...

Alors qu’on sait comment la Cour Européenne des Droits de l'Homme et Amnesty International ont permis de soutenir un homme qui a répandu la terreur à Istanbul, on fait se répandre en considération des Stambouliotes sur le régime en place dans leur pays.

Le problème, ici, n’est pas le président Erdogan.

Le problème, ici, est l’Occident.

A avoir si bien voulu éviter au terroriste le sort supposé qui l’attendait en Russie, la Cour Européenne des Droits de l’Homme et Amnesty International ont choisi.

Sans doute que s’adresser à des citoyens turcs plutôt qu’aux soutiens institutionnels qui ont permis à Ahmed Tchataev de semer la mort dans l’aéroport d’Istanbul-Atatürk, le 28 juin dernier, engageait moins la rédaction de 20 minutes.

Condoléances et pensée aux proches des victimes.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/07/02/terreur-desinf...

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Brexit, Frexit, Valssit et colegram (avec Annie Lacroix-Riz)

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

 

Annie Lacroix-Riz, chercheuse en histoire contemporaine, professeur émérite, université Paris 7

 

Vers l'infini et au-delà... tel est donc désormais le projet planétaire de l'Union Européenne. En clair : il s'agit bien toujours de sauver la Planète libérale, mais vu la montée des périls, les planètes proches ne seront pas de trop !
Une extension du domaine de la lutte impériale que ses amis de l'OTAN ont sans doute inspirée à J-C.Juncker. Un Jean-Claude qui, depuis son douillet paradis fiscal, est à L'U.E ce que l'autre J-C. (Van Damme) est à la "maison mère" (l'OTAN) : un "dircom" spectaculaire mais parfois excessif dans son zèle à motiver les foules européennes (et sentimentales).
Le désarroi manifeste de ces propagandistes, un peu déboussolés par les effets collatéraux de la démocratie (populaire), est l'occasion de demander à Annie Lacroix-Riz de leur dispenser ses éclairages d'historienne éminente et son efficace pédagogie anti-impérialiste, en sorte de les sortir des ténèbres confuses et anxiogènes dans lesquelles ils semblent s'engager.
Une précaution que nous avions pourtant prise dès la veille du "BREXIT" ... et si J.C. avait eu la bonne idée de venir assister à la soirée sans doute aurait-il pu échapper au tropisme euro-raëlien qui le guette désormais.

Première partie de la soirée d'éducation populaire et civique,
consacrée à la présentation de la nouvelle édition du livre d'Annie Lacroix-Riz :
"Aux origines du carcan européen" :

 

http://www.librairie-tropiques.fr/2016/07/brexit-frexit-valssit-et-colegram-avec-annie-lacroix-riz.html

 

Observations sur l’appel de vingt intellectuels eurocritiques pour un nouveau traité européen, juillet 2016

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/30/31002-20160630ARTFIG00290-brexit-vingt-intellectuels-eurocritiques-lancent-un-appel-pour-un-nouveau-traite.php

La vision économique de long terme de l’union européenne rend dérisoire l’espoir de renégocier les traités européens affiché par « vingt intellectuels eurocritiques ». Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit «TSCG» de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels eurosceptiques » qui ont signé ce manifeste.

La critique est portée ici du strict point de vue historique qui relève de ma compétence.

 

1° Je suis stupéfaite que certains de ces signataires, que je croyais très bien informés de l’histoire vraie de l’union européenne, érigent en modèle la renégociation de « la conférence de Messine » de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a[urait] permis de remettre la construction européenne sur les rails ».

Ladite conférence se tint sous la stricte injonction de Washington, avec l’active contribution, selon la tradition, de ses purs et simples instruments, parmi lesquels Jean Monnet et Paul-Henri Spaak. Elle ouvrit sur une nouvelle étape majeure de la constitution de l’Europe germano-américaine, le marché commun, qui faisait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) dont le « père de l’Europe » Robert Schuman s’était fait l’initiateur officiel. La réalité est différente, comme je le démontre notamment dans Aux origines du carcan européen, 1900-1960, dont l’édition augmentée vient de paraître.

Ce marché commun chemina, sans la « dérive » ici alléguée, vers l’union-carcan dont les hauts fonctionnaires français avaient révélé, avec une précision redoutable dès 1950-1953 (cette dernière date étant celle de la mise en œuvre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), tous les aspects, parmi lesquels l’impitoyable « dumping social ». Ladite « Europe » avait déjà, à l’époque du retour de De Gaulle aux affaires (1958), un aspect sinistre, marqué par la surproduction et les crises récurrentes (dont témoignait la fermeture des mines de charbon entamée par celles de France et de Belgique), décrit dans le même ouvrage.

Dans le 13e et dernier chapitre d’Une comédie des erreurs, 1943-1956, Souvenirs et réflexions sur une étape de la construction européenne, Paris, Plon, 1983, « L’étouffement », p. 499-523, l’ambassadeur de France à Londres René Massigli dressa un tableau effarant de cette session. Elle fut animée, en apparence, par les pions « européens » de Washington, déjà cités, sans oublier les autres, dont Pinay, Hallstein, Adenauer et Beyen; en réalité par le tandem Département d’État-CIA, sous la houlette respective des deux frères Dulles, John Foster et Allen, partenaires essentiels de Sullivan & Cromwell, plus gros cabinet américain d’affaires internationales, lié à la finance allemande depuis le tournant du 19e siècle.

Notons, au cas où on serait tenté de taxer l’intéressé de subversion ou de « nationalisme », que Massigli n’avait pas incarné la résistance au tuteur étranger, et qu’il se voulait « européen ». Cet ancien champion de l’Apaisement de l’entre-deux-guerres, artisan majeur des accords de Munich comme directeur des Affaires politiques du Quai d’Orsay (voir l’index du Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010), avait fini en 1943 par se rallier à de Gaulle. Ralliement tardif et fort contraint : les archives américaines le montrent littéralement agenouillé devant Washington et quotidiennement disposé, à Alger, en 1943-1944, à lâcher de Gaulle auquel il reproche une résistance très excessive aux exigences américaines. Allen Dulles, patron Europe de l’OSS (qui précéda la CIA) établi depuis novembre 1942 à Berne, avait alors déjà gagné, auprès de Robert Murphy, délégué de Roosevelt depuis décembre 1940 au débarquement en Afrique du Nord « française », ses galons de maître et de bailleur de fonds des « Européens » : c’est-à-dire des « élites » de la société acquises à la mainmise des États-Unis sur le continent européen après l’avoir été, le plus souvent, depuis les années 1930, à la mainmise allemande (sur ces noms, voir l’index de l’ouvrage Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016).

De l’origine américaine de cette mythique « conférence de Messine », il n’est pas question dans le manifeste des « vingt intellectuels eurocritiques ». Omission surprenante qui se maintient dans les deux autres points abordés.

 

2° La séduisante revendication de la renonciation au « modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur approchant les 10 % du PIB) […] intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud » équivaut, compte tenu de l’histoire réelle de l’union européenne, à la demande polie et vaine, adressée aux États-Unis et à l’Allemagne d’abandonner purement et simplement ladite union, leur créature. Autant vaudrait demander à une association bancaire de s’auto-transformer en entreprise de bonnes œuvres, pour réaliser la fameuse « Europe sociale » qu’on nous vante chaque jour. Cette revendication est aussi sidérante que celle d’un renouvellement de « la conférence de Messine » puisque l’objectif de l’union européenne a été précisément réalisé : nous bénéficions de son succès depuis bientôt plus de soixante ans, il faut le reconnaître, avec une intensité démultipliée par la destruction de la zone d’influence soviétique muée en zone américaine depuis 25 ans.

« Dérive », vraiment?, par rapport au propos d’un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay de février 1950 (avant le fameux discours de Robert Schuman du 9 mai, donc), annonçant les effets imminents de « la pression du chômage sur le niveau des salaires [européens]. Or, il ne peut y avoir harmonisation des salaires et des charges sociales [...] que par le jeu de l’offre et de la demande et elle se fera au niveau le plus bas. C’est bien là une des raisons pour lesquelles le Conseil national du patronat français se prononce en faveur de la libération des échanges et des Unions régionales : il y voit un moyen de réduire les prétentions des salariés lors des prochaines négociations des conventions collectives. » (Note du Service de Coopération économique (SCE), 10 février 1950, CE, 56, archives du ministère des Affaires étrangères, plus longuement citée dans Aux origines du carcan européen, p. 116-117). (Le Conseil national du patronat français succéda, en 1946, à la Confédération générale de la Production française devenue en juillet 1936 Confédération générale du patronat français, et précéda le MEDEF).

Les exigences historiques et actuelles des États-Unis à l’égard de cet énorme marché unifié et non protégé de leurs marchandises et de leurs capitaux n’ont pas non plus, dans ce deuxième point du manifeste, été prises en compte.

 

3° Le « dialogue avec la Russie, pays européen indispensable pour l’établissement d'une sécurité dont toutes nos nations ont besoin », etc., est-il compatible avec le maintien de l’union européenne dans l’OTAN, institution dont l’origine se confond strictement avec l’histoire de l’encerclement de l’URSS. Les États-Unis combattaient d’ailleurs la Russie depuis les débuts de l’ère impérialiste, plus de 20 ans avant 1917. L’a démontré l’un des deux pères fondateurs du courant historiographique américain dit « révisionniste » (courant scientifique sans rapport avec les « révisionnistes » français, simples « négationnistes » des chambres à gaz), William Appleman Williams. Sa thèse universitaire (Ph.D.) American Russian Relations1781-1947, New York, Rinehart & C°, 1952, a montré que le jeune impérialisme américain, soucieux de contrôler, entre autres, le sort de la Chine, avait jugé insupportable l’expansion de son (assez faible) rival russe, qui revendiquait participation au contrôle des transports ferroviaires de la Chine: « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ».

On trouvera maintes références sur la vieille obsession antirusse des impérialismes américain et allemand et sur leur agressivité, dimension militaire incluse, envers l’empire russe puis l’URSS dans les références suivantes : « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique » (http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-1944-du, juin 2014), et dans « L’apport des “guerres de Staline” de Geoffrey Roberts à l’histoire de l’URSS : acquis et débats », préface à l’ouvrage de Geoffrey Roberts, Les guerres de Staline, Paris, Delga, 2014, p. I-XXXIV.

Ceux qui seraient tentés de balayer d’un revers de main les références fournies par l’universitaire sérieuse que je suis pourront constater que je les emprunte soit aux archives originales soit aux travaux historiques américains accumulés depuis des décennies. Ce travail, notons-le, qualifie les pratiques de la « soviétologue » de Rennes 2, Cécile Vaissié, qui met en cause l’« universitaire retraitée et militante au PRCF » Annie Lacroix-Riz dans Les réseaux du Kremlin en France. Le lecteur pourra juger du manque de sérieux de la documentation de ce récent ouvrage assuré d’un énorme écho médiatique, phénomène qui démontre le caractère plus que jamais actuel de mon livre de 2012 L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises.

 

Une « union européenne » à direction germano-américaine bien disposée envers la Russie, vraiment? Qu’est-il arrivé à certains, au moins, des « vingt intellectuels eurocritiques » qu’on avait pris pour des observateurs sérieux du « carcan » réservé de longue date aux « Européens » non détenteurs de profits monopolistes? Leurs « vœux pieux » européens traduisent-ils une nostalgie pour le « baiser Lamourette » de juillet 1792 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser_Lamourette )?

 

Diffusion libre.

Amitiés à tous,

Annie

 

Du "Front Syndical de Classe" frontsyndical.classe@laposte.net

 

 

Le Brexit : une défaite de l'oligarchie européenne !

 

Jeudi 23 juin, les salariés travailleurs et citoyens français se mobilisaient une nouvelle fois pour exiger le retrait du projet de loi travail El-Khomri, décalque des recommandations européennes de destruction du code du travail et des conventions collectives.

Jeudi 23 juin, les citoyens britanniques décidaient de quitter l’Union Européenne.

 

Un jour sombre certes pour l'oligarchie pas pour les peuples!

 

Le communiqué confédéral de la CGT faisant suite à cette décision des Britanniques pose de sérieux problèmes.

Il impute le rejet britannique à la politique d'austérité et au dumping social détruisant la cohésion des peuples en même temps que leurs conquêtes sociales.

Ce qui est exact.

 

Pour aussitôt qualifier le choix des électeurs comme ouvrant « la porte au repli nationaliste, aux partis populistes voire xénophobes ».

De toute évidence la campagne actuelle fortement distillée par les médias est destinée à masquer le fait que ce sont les quartiers populaires, les villes ouvrières et les banlieues délaissées, les régions entières désindustrialisées et à l’abandon qui ont massivement voté pour la sortie de l'Union.

Et de masquer qu'il s'agit comme pour nous en 2005 d'un vote de classe contre la politique et l'arrogance de l'oligarchie au pouvoir

En en appelant à une Europe sociale et à poursuivre ce combat avec la Confédération Européenne des Syndicats, la déclaration confédérale stigmatise en partie le choix populaire et renoue avec les illusions euro-constructives comme avec le mythe d'une Confédération Européenne des Syndicats au service des travailleurs et des luttes.

 

Quelle est la réalité de l'UE ?

 

La réalité, c'est qu'il existe de puissantes raisons de gauche et démocratiques de s'opposer à la construction européenne, de contester avec vigueur la remise en cause de la souveraineté des peuples et de leur choix comme cela est arrivé avec notre vote contre la constitution européenne en 2005 !

La réalité, c'est que la concurrence et le dumping sont dans l'ADN même des traités qui structurent cette construction depuis 1957.

Et tous les nouveaux traités et des centaines de directives imposent la privatisation des secteurs publics, la destruction des acquis sociaux et du droit du travail.

Et déjà s'étale la volonté de remettre en question le vote pourtant clair des Britanniques comme ils l'ont fait pour les Irlandais !

Bonjour la démocratie !

 

L'UE est une construction pilotée par les grandes entreprises européennes et les puissances dominantes du continent, à commencer par l’Allemagne, contre les acquis sociaux et démocratiques des peuples. Elle vise à construire un empire du capital fondé sur la mise en concurrence des travailleurs et leur éloignement des centres de décision par l'affaiblissement des cadres de souveraineté populaires et des États-nation pour une construction supranationale opaque et antidémocratique où milieux de la finance et de la politique croient pouvoir gouverner contre et à l'abri des peuples.

 

Ce qu'expliquait J.-C. Juncker, président de la commission de Bruxelles et intime des multinationales et des paradis fiscaux, à propos de la Grèce l'an dernier :

« Suggérer que tout va changer parce qu'il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c'est prendre un rêve pour la réalité, il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités de l'Union Européenne ».

Laisser miroiter contre toute évidence et toute expérience qu’une « Europe sociale » pourrait advenir dans le cadre des institutions de l’Union Européenne, c'est légitimer ces institutions de l’oligarchie économique et financière mondialisée tout en interdisant toute perspective progressiste à la majeure partie des classes populaires désespérées.

Et donc laisser le champ libre à une récupération politique par l'extrême droite des classes populaires légitimement révoltées!

 

La réalité de la Confédération Européenne des Syndicats

 

La CES, qui se présente pompeusement comme le syndicat européen est en réalité une émanation de l'UE, fondée et financée par elle. Dirigée par une bureaucratie qui contraint le syndicalisme au dialogue entre "partenaires sociaux" et à l'acceptation de la construction européenne.

D'ailleurs la CES valide toutes les politiques européennes depuis des décennies : de la casse des secteurs industriels ou des retraites au soutien à la BCE contre le peuple grec en passant par les privatisations et le soutien à la constitution européenne puis l'encouragement bruyant au traité de Lisbonne niant le NON de 2005 du peuple français.

La CES est depuis des mois absolument muette sur les luttes en France contre la Loi El Khomri (ou en Belgique!) comme elle le fut sur la question des retraites en 2003 ou en 2010. Et quand les travailleurs européens se battent au même moment, jamais la coordination des luttes n'est à l'ordre du jour.

Les marques de solidarité avec notre mouvement venant exclusivement des syndicats européens nationaux (FGTB notamment).

De fait, la CES est une véritable bureaucratie syndicale européenne, d'abord dévouée à l'institution !

 

Et maintenant ?

 

Alors que nous nous heurtons à des forces patronales et politiques qu'il nous faut combattre globalement, poursuivre et prolonger le remarquable combat contre la Loi El Khomri suppose la compréhension de l’ensemble des politiques publiques d’austérité et de contre réformes structurelles qui émanent toutes de la même matrice euro-atlantique.

Masquer cela constituerait un obstacle à la convergence des luttes autour de la défense du code du travail et au succès des luttes contre le projet de loi El-Khomri et son monde.

 

Depuis quelques mois, la CGT renouant avec ses traditions combatives a su redonner de la fierté à de nombreux militants en revenant à ses fondamentaux de lutte et en délaissant dans les faits le syndicalisme rassemblé avec une CFDT dont la direction est définitivement passée de l'autre côté de la barricade. Il faut prolonger cette évolution pour renforcer les luttes.

Les travailleurs ont besoin d'une CGT qui ne sème aucune illusion et qui agisse avec la plus grande résolution pour une alternative démocratique et sociale à l'impasse mortifère d'une Union au service exclusif du capital !

 

Le Front Syndical de Classe, 25 juin 2016

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BREXIT, une analyse d'André Boyer.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

1 juillet 2016

BREXIT

LE BREXIT VU PAR UN HUMORISTE.

LE BREXIT VU PAR UN HUMORISTE.

 

Pourquoi suis-je pour le Brexit? Parce qu'il va enfin permettre de construire des structures européennes adaptées à la situation actuelle et future de l'Europe. Dieu sait en effet si elle va devoir faire face à de grands défis qui ne souffrent pas d'une organisation aussi inadaptée que l'UE. 

Mais commençons par le début de l'histoire. Pourquoi 52% des Britanniques ont-ils voté pour le Brexit ? Pas parce qu’ils étaient anti-européens mais parce qu’ils voulaient être libres. Pourquoi 48% des Britanniques ont-ils voté contre le Brexit ? Pas parce qu’ils étaient enthousiastes du fonctionnement de l’Union Européenne mais parce qu’ils avaient peur des conséquences de cette sortie. Retournez la question du Brexit dans tous les sens, mais vous serez bien obligé de constater que c’était le fond du débat.

Désormais, malgré toutes les prédictions apocalyptiques des adversaires du Brexit destinées à faire peur à l’opinion européenne afin qu’elle se convainque que sortir de l’UE, c’est mal, c’est stupide, c’est dangereux, ce n’est plus l’UE qui a la main mais la Grande-Bretagne qui joue au chat et à la souris avec l’UE. Le débat à venir ne concerne donc pas la manière dont la Grande-Bretagne va négocier ses futures relations avec l’UE, car vous pouvez faire confiance aux Anglais, ils ont toujours su gérer leurs intérêts et ils ont désormais un grand avantage, ils ont les mains libres.

L'effet majeur du Brexit est que le dogme de l'irréversibilité de la sortie de l'UE est brisé, comme celui de la sortie du système soviétique, vérifié depuis 1917, s'est rompu en 1989. 

Le débat est en revanche ouvert en Europe entre ceux qui croient que l’Union Européenne est réformable et ceux qui ne le croient pas, dont je fais partie. C’est que je ne connais aucun exemple de structure qui ait été capable de changer elle-même, de l’intérieur, ses principes de fonctionnement.

Quels sont donc les principes de fonctionnement de l’UE qui devront être radicalement modifiés pour que cette dernière continue à exister ? Ils sont, de l’avis unanime des analystes, au nombre de trois.

Tout d’abord, un système de décision anti démocratique inventé malheureusement par deux Français, Jean Monnet et Jacques Delors, qui, notez le, n’ont jamais été élus par qui que ce soit. Comment faire pour garder l’UE, tout en renversant totalement sa logique de fonctionnement afin de la mettre au service des Européens ?

Ensuite, une révérence, que dis-je, une idolâtrie unique dans le monde, pour la concurrence totale qui ne s’embarrasse d’aucunes limites, détruisant les services publics, les  grandes entreprises comme Pechiney ou les petites comme ces centaines de milliers de PME de tous les secteurs économiques, agricoles, industriels et commerciaux, déstabilisées par une production à jet continu de normes et de règlements bureaucratiques, sans aucune prise en compte des différences de structures sociales, comme l’illustre l’affaire des travailleurs détachés. Comment contraindre l'UE à renoncer à ce principe qu'elle applique tous les jours avec enthousiasme et persévérance?

Enfin, une inféodation aux intérêts des USA, de la Chine et des multinationales avec leurs milliers de groupes de pression installés à Bruxelles. Cette UE qui capitule devant la Turquie, qui obéit aux injections américaines pour se confronter à la Russie, peut-elle être chargée de défendre les intérêts de l’Europe ? Cette UE incapable de défendre ses frontières et même de les définir, a t-elle la moindre crédibilité pour défendre les Européens ? Pourquoi l’UE continue t-elle à négocier les conditions de l’entrée de la Turquie dans l’UE sans jamais nous expliquer pourquoi elle devrait en faire partie, mais pas le Maghreb ? Comment faire pour que l'UE ait pour objectif premier de défendre l'Europe et non de se soumettre aux injonctions de ses concurrents et adversaires qui ont interêt à ce que l'Europe leur obéisse, au travers de l'UE? 

Il me paraît évident que si l’UE veut faire le bonheur des Européens malgré eux, si elle met aveuglément et obstinément en œuvre un principe de concurrence qui détruit ses structures économiques et sociales et si elle n’est  pas capable de défendre ses intérêts,  vivement qu’elle disparaisse et c’est ce qui va se produire.

Nombreux encore sont ceux qui ne veulent pas le croire, comme ils n’ont pas cru, avant que cela arrive, à l’effondrement du système soviétique en deux années, entre le 9 novembre 1989, soir de l’ouverture de la frontière de la RDA  et  le 26 décembre 1991, jour de la dissolution de l’Union Soviétique.

Si je me permets de vous inviter à revoir vos schémas d’analyse et à vous souvenir de ce blog du 1er juillet 2016, c’est que je me souviens d’avoir écrit en 1981, contre l’avis général, un article (à votre disposition) prévoyant la chute du système soviétique à moyen terme. J’avais alors prêché dans le désert, en attendant que huit années plus tard le moindre scribouillard m’explique à longueur de colonnes après la chute du mur de Berlin, que c’était inévitable. Mais c’était après ! Ce serait donc mieux, cette fois ci, que nous  soyons nombreux à le prévoir avant !

Ce devrait d’ailleurs être le souhait de tout Européen sincère, dont la priorité ne peut être que celle de définir et mettre en œuvre une organisation de l’Europe démocratique, respectueuse des intérêts de ses populations et dont la priorité soit de défendre l’Europe face aux intérêts extérieurs à l’Europe. 

Vous ne croyez pas que c’est évident ?

En attendant, au titre de contribution à l’humour européen, le premier souci du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le jour même du résultat du Brexit, a été d’écrire une lettre aux fonctionnaires britanniques de l'UE pour les rassurer : 

« D'après notre Statut, vous êtes des fonctionnaires de l'Union (...) Vous avez laissé vos « chapeaux » nationaux à la porte lorsque vous êtes entrés dans cette institution. Aujourd'hui, cette porte ne se referme pas sur vous (...). Vous avez toujours été des fonctionnaires européens loyaux envers notre Union et vous avez apporté une énorme contribution au projet européen. C'est dans cet esprit de loyauté réciproque que je vais maintenant travailler avec les présidents des autres institutions européennes pour m'assurer que nous pourrons tous continuer à bénéficier de vos remarquables talent, expérience et engagement. Vous pouvez être sûrs que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, comme président de la Commission, pour vous soutenir et vous aider dans ce processus difficile. Notre Statut sera lu et appliqué dans un esprit européen... » En clair, les fonctionnaires européens de nationalité britannique garderont leurs emplois et les avantages qui leur sont attachés.

Vous croyez toujours que l’UE va se réformer ?

 

Je vous invite donc à changer de paradigme : l’UE doit disparaître au plus vite afin d’être remplacée, je l'écris ici pour la troisième fois, par un nouvel organisme commun aux Européens, fondé sur des principes démocratiques et des frontières définies, afin qu’il puisse prendre en charge les intérêts des Européens. 

Sans cela, le chaos nous guette, car j’insiste, le statu quo est désormais hors de portée et la réforme, illusoire.

 

Telle est la leçon du Brexit. 

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L'amiral Michel Debray a confié sa vision de l'OTAN, des élites et de l'UE.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La nation ., #L'armée française, #La paix, #Comité pour une Nouvelle résistance

L'amiral Michel Debray a parlé de l'Otan. Il confie à RT France sa vision de la défense, de l'armée française, des élites et de l'UE. Un entretien passionnant. 

 
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Notre Europe sans rivages par Bertrand Renouvin.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La nation ., #La République, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le capitalisme;

Notre Europe sans rivages par Bertrand Renouvin.

Notre Europe sans rivages par Bertrand Renouvin.

Non, la Grande-Bretagne ne sort pas de l’Europe. A la suite du référendum du 23 juin, elle décide de quitter l’Union européenne, ce qui est tout à fait différent.

L’Angleterre s’est constituée en Europe et en même temps que l’Europe qu’elle a contribué à former par sa pensée et par ses institutions – elle, la mère des Parlements. La Grande-Bretagne est et restera européenne parce qu’elle est partie prenante, hier comme aujourd’hui et demain, dans l’équilibre de l’Europe continentale. La Grande-Bretagne, par choix démocratique, va cesser de siéger dans des organismes qui ne couvrent qu’une partie de l’Europe selon des traités qu’elle a déjà refusés ou qui ne lui conviennent plus. C’est important mais ce n’est pas essentiel. L’Europe, notre vieille Europe, en a vu d’autres…

On dit, en termes plus ou moins choisis, que la Grande-Bretagne va perdre sa puissance et son rang. C’est oublier que les Anglais ont inventé voici 67 ans (1) une manière singulière de participer au monde selon les principes universels de liberté et d’égalité sous la forme d’un Commonwealth of Nations. La reine d’Angleterre est le chef de cette confédération souple qui réunit 53 Etats répartis sur tous les continents et qui sont des royaumes, des républiques ou des monarchies. Trente millions de km² et plus de deux milliards d’êtres humains réunis par l’histoire, la culture et la présence symbolique d’une reine ! La reine d’une République (Commonwealth) de nations confédérées… Cela ne disparaîtra pas en quelques mois ou en quelques années même si Jean-Claude Juncker, à Bruxelles, n’est pas content.

Ce Commonwealth of Nations nous rappelle que l’Europe est sans rivages et qu’il faut, pour envisager son avenir, garder en mémoire les ensembles inter-nationaux auxquels ses principales nations participent. Il y a, selon diverses modalités, une francophonie, une hispanité, une lusophonie, une russophonie qui permettent de ne pas limiter la participation de l’Europe aux affaires mondiales aux compétitions économiques et aux rivalités de puissances. Lorsqu’il sera possible de reprendre le projet de Confédération européenne de Brest à Vladivostok, le Commonwealth of Nations sera une source majeure d’inspiration.

Ces vastes perspectives ne sauraient distraire des préoccupations de l’heure. Les médias français dissertent sur l’éclatement des partis politiques britanniques et sur la dislocation prochaine du Royaume-Uni. Ils négligent la force de la symbolique royale et oublient de s’interroger sur l’état de l’Union européenne divisée entre pays de la zone euro et pays hors-zone, entre le nord et le sud, entre l’est et l’ouest et surtout dépourvue de tout projet. « L’Europe sociale » n’a jamais vu le jour, « l’Europe de Schengen » est morte, la promesse de liberté et de prospérité a été violée par ceux qui nous l’avaient faite sous la forme du « marché unique » puis après l’effondrement de l’Union soviétique.

Quelle prospérité ? L’Union européenne subit les effets destructeurs de l’ultralibéralisme : 24 millions de chômeurs officiellement recensés, 87 millions de pauvres, soit une personne sur cinq ! La zone euro est un carcan déflationniste dont les effets à tous égards destructeurs sont vérifiés, en Grèce tout particulièrement.

Quelle liberté ? Les référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas et le référendum de 2015 en Grèce ont été tenus pour nuls et non advenus. Le référendum britannique du 23 juin a confirmé que toute consultation mettant en jeu les traités « européens » est précédée de déclarations apocalyptiques et suivie de manœuvres de déstabilisation. Après avoir répercuté les velléités punitives de Jean-Claude Juncker qui voulaient frapper Londres vite et fort pour éviter toute contagion, les médias reprennent la tactique de ceux qui, à Bruxelles et Berlin, affectent la patience en espérant que la menace de dislocation du Royaume-Uni conduira le Parlement britannique à différer puis à annuler les résultats d’un référendum dont on répète sur tous les tons qu’il n’était que consultatif. Bien entendu, François Hollande s’alignera sur Berlin croyant faire couple avec une chancelière qui se préoccupe uniquement de l’intérêt allemand.

Face au peuple britannique, comme hier face au peuple grec, comme avant-hier face aux peuples français et néerlandais, l’élite du pouvoir et des affaires a agi sans masque, avec une détermination violente et un formidable mépris de classe, pour la défense de ses profits et privilèges. Il faut préparer son élimination politique pour construire l’Europe sans rivages comme libre confédération d’Etats souverains.

***

(1) Le Commonwealth est créé lors de la Déclaration de Londres de 1949.

Editorial du numéro 1104 de « Royaliste – 2016

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Après le Brexit, en finir avec le référendum ? Par Matthieu Croissandeau

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La nation ., #La République, #l'horreur économique, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Fantastique…

C’est vraiment pour vous, les plus jeunes, afin que vous perceviez dans quel monde on vit vraiment – et qu’on a oublié de vous décrire…

Source : Le Nouvel Obs, Matthieu Croissandeau, 29-06-2016

referendum-obs

L’exemple du vote sur le Brexit nous a offert en quelques mois un condensé de perversion démocratique, une extravagante illustration de ce qu’il ne faut pas faire.

C’est l’autre leçon du Brexit. Elle ne porte pas sur la nature du projet européen que rappelle cette semaine Jean Daniel dans son éditorial, mais sur la procédure choisie par le Royaume-Uni pour permettre à son peuple souverain de s’exprimer : le référendum.

Entendons-nous, il ne s’agit pas, bien évidemment, de dénier aux électeurs le droit de se prononcer sur les grands enjeux qui les concernent dès lors que le résultat de leur vote risquerait de décevoir ceux qui les gouvernent.

Oui, entendons-nous bien…

Poussé à l’absurde, ce genre de raisonnement conduirait en effet à dissoudre le peuple pour en élire un autre comme l’avait magnifiquement dénoncé Bertolt Brecht !

Non, non, ce n’est nullement “poussé à l’absurde”, c’est le sens même de ce raisonnement..

Mais tout de même,

ahhhhhh…

l’exemple britannique nous a offert en quelques mois un condensé de perversion démocratique, une extravagante illustration de ce qu’il ne faut pas faire : d’abord une manœuvre bassement politicienne de David Cameron pour rallier les suffrages eurosceptiques avant des élections à la Chambre des communes,

eh oui, c’est bassement politique de donner la parole au peuple.

Mais il suffit de créer un référendum d’initiative populaire pour résoudre ce problème, non ?

puis une campagne démagogique

parce que sinon, c’est jamais démagogique une campagne….

faisant le jeu des

“faire le jeu de” : expression frappant toute personne disant des trucs dérangeants pour le pouvoir. Généralement suivi des expression “extrême-droite”, “populistes”, “nazis”, …

populistes de tout poil, des vainqueurs, enfin, qui reconnaissent dès le lendemain du scrutin avoir menti au pays

quelle blague, bientôt ils vont expliquer que le Royaume-Uni était bénéficiaire net de l’UE tu vas voir…

et – plus accablant encore – paraissent aujourd’hui bien démunis pour appliquer le verdict…

Pas compliqué pourtant :

1/ prendre les accords Suisse / UE

2/ remplacer Suisse par UK

3/ renvoyer le tout à Bruxelles

Tyrannie de la majorité

Quel naufrage, et quelle ironie, de voir les inventeurs du régime parlementaire sombrer sous les coups de boutoir de la démocratie directe !

Hein ?

Le référendum, ça blesse, ça brûle, ça divise“, a justement rappelé au lendemain du scrutin le commissaire européen Pierre Moscovici devant la tentation exprimée par quelques populistes français d’imiter nos voisins britanniques.

Alors que le PS, ça rassemble…

On connaît depuis longtemps en effet les limites de l’exercice. Le caractère binaire de la question posée ne permet pas une campagne sereine. Il ouvre grand la porte à la caricature, aux mensonges et aux raccourcis. Plus le sujet est complexe, plus la réponse est décalée.

Hein ? Ben c’était clair non ?

Car sa portée, alors dévoyée, se transforme souvent en plébiscite ou en rejet de son initiateur.

L’initiateur, c’est bien le type qui a gagné les élections l’année dernière ?

Quant à son résultat, forcément aussi manichéen que son intitulé, il revient à exercer une forme de tyrannie de la majorité faisant bien peu de cas des avis contraires.

Alors que si le Remain avait gagné, on aurait tenu compte des minoriatires, comme on l’a vu.

Mais bon, depuis 2005, on a la tyrannie de la minorité, c’est pire.

Il suffit, pour s’en convaincre, de voir aujourd’hui le désespoir de la jeunesse anglaise.

862 suicides de jeunes en une semaine, en effet.

Enfin et surtout, en matière d’affaires européennes, le référendum peut devenir une arme de frustration massive si son verdict se révèle trop compliqué à appliquer. On l’a vu en 2005 à propos du traité constitutionnel européen, en 2015 avec Aléxis Tsípras en Grèce et demain – qui sait ? – avec le Brexit.

Où ai-je rangé ma batte de base-ball ?

L’Europe n’est pas exempte de critiques, loin de là. Elle est même clairement responsable du divorce à bas bruit qui couve entre ses élites et les opinions publiques. Elle a besoin de se réformer, bien sûr, de manière urgente et profonde, pour devenir plus efficace, plus transparente et plus démocratique.

zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Mais ce changement doit être conduit par des représentants élus sur la base de programmes clairs. On n’a pas attendu le Brexit pour découvrir que la somme des intérêts particuliers ne dessine jamais l’intérêt général. Ni qu’un référendum – notre passé bonapartiste l’a montré – pouvait parfois se révéler liberticide !

Tout comme des socialistes votant les pleins pouvoir à Pétain, en effet, il faut se méfier.

Matthieu Croissandeau

Source : Le Nouvel Obs, Matthieu Croissandeau, 29-06-2016

Cadeau :

« Le Général me répète, avec encore plus d’énergie, ce qu’il m’a dit déjà plusieurs fois au sujet des journalistes: « Peyrefitte, je vous supplie de ne pas traiter les journalistes avec trop de considération. Quand une difficulté surgit, il faut absolument que cette faune prenne le parti de l’étranger, contre le parti de la nation dont ils se prétendent pourtant les porte-parole. Impossible d’imaginer une pareille bassesse – et en même temps une pareille inconscience de la bassesse.

Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d’avoir perdu tout sentiment de fierté nationale.

Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n’importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement ! Pétain était un grand homme. Pas besoin d’austérité ni d’effort ! Pétain avait trouvé l’arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.

Bien sûr, cela représente 5% de la nation, mais 5% qui, jusqu’à moi, ont dominé. La Révolution française n’a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu’est la bourgeoisie. Cette classe qui s’est de plus en plus abâtardie, jusqu’à devenir traîtresse à son propre pays. Bien entendu, le populo ne partage pas du tout ce sentiment. Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l’intérêt du pays. Il ne s’y trompe pas souvent.

En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d’argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles s’entendent pour se partager le pouvoir. Cela m’est complètement égal que vos journalistes soient contre moi. Cela m’ennuierait même qu’ils ne le soient pas. J’en serais navré, vous m’entendez ! Le jour où Le Figaro et l’Immonde me soutiendraient, je considérerais que c’est une catastrophe nationale ! »

Extrait de C’était De Gaulle, par Alain Peyrefitte

35 réponses à Après le Brexit, en finir avec le référendum ? Par Matthieu Croissandeau

Commentaires recommandés

St3ph4n3 L. Le 01 juillet 2016 à 05h41

En bref, la démocratie, c’est bien mais le référendum, c’est mal.
Ou dit plus simplement : le principe, c’est bien mais sa manifestation, c’est nul.
Ou dit plus largement : l’Europe, c’est bien mais les européens, ce sont des c*ns.
Ou dit métaphoriquement : la cuisine chinoise, c’est bon mais je n’aime pas le riz.

Voir dans la discussion

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Brexit : « Quittons cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes ». Par Mohamed BELAALI.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La guerre

Brexit : « Quittons cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes »

Quel plaisir de voir les chiens de garde du capital (médias, Banque centrale européenne, FMI, Banque mondiale, Commission européenne etc. etc.) aboyer et se lamenter à longueur de jour et de nuit depuis ce fameux vendredi 24 juin 2016. Le peuple anglais vient de leur infliger une sacrée raclée. Ils sont furieux et inconsolables. Quel pitoyable spectacle donnent-ils lorsque leurs intérêts de classe sont menacés. Autour d’eux, tout n’est qu’agitation et affolement. Le choix de ces vilains britanniques « est un véritable big bang contraire à l’avis de presque tous les experts, à la raison économique et au souhait des autres Européens. L’incroyable s’est produit. Les Britanniques veulent quitter l’Union européenne (UE) » (1). La valeur de la livre sterling chute, le Royaume-Uni perd son triple A, les marchés financiers sont désorientés, les bourses dégringolent, les actions des banques et des compagnies d’assurance s’effondrent. La panique s’est emparée de la City. Les traders ne dorment plus. « Le quartier d’affaires londonien est groggy, choqué, anéanti, après les résultats du vote qui scellent la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne » (2). La Banque d’Angleterre va injecter des milliards de livres pour consoler les marchés financiers. La Banque centrale suisse va elle aussi intervenir sur les marchés de change pour stabiliser le franc suisse. L’Association bancaire internationale demande aux responsables politiques de clarifier la situation.

Les journalistes, les experts, les politologues et les sociologues déferlent sur les plateaux de télévision exprimant sans retenue leur haine et leur mépris pour la volonté du peuple anglais. Pour tout ce beau monde, l’avenir du Royaume-Unis est sombre. « Tout cela va avoir de sales conséquences » (3), « les agriculteurs britanniques devront dire adieu à une enveloppe de 4 milliards d’euros d’aide » (4) ; bref en dehors de l’Union européenne point de salut !

Les hommes politiques regrettent une décision douloureuse car « les Britanniques par référendum ont décidé de quitter l’Union européenne. C’est un choix douloureux et je le regrette profondément » déclarait François Hollande (5). Jean-Claude Junker président de la Commission européenne, Martin Schulz président du parlement européen, Donald Tusk président du Conseil européen, eux aussi, regrettent cette décision douloureuse (6). Ils savent qu’il leur sera difficile, pour l’instant, de faire voter à nouveau les anglais comme ils l’ont fait dans le passé avec les autres peuples. Mais ils peuvent très bien bloquer le processus de sortie.Tant que les mécanismes de l’article 50 du traité de Lisbonne ne sont pas enclenchés, le Royaume-Uni reste membre de l’Union. Précisons que ce fameux article 50 est rédigé de manière telle que toute sortie volontaire d’un État membre devient difficile. Ainsi tout est fait pour que la volonté des peuples qui désirent quitter l’Union européenne soit contournée ou ignorée. Toute l’histoire de l’Union n’est que mépris et trahison des volontés des peuples. « Les Irlandais devront revoter » déclarait avec force Nicolas Sarkozy le 15 juillet 2008 après le rejet par le peuple irlandais du Traité de Lisbonne qui reprenait l’essentiel d’un autre traité rejeté lui aussi par les français et les néerlandais en 2005. On consulte les peuples non pas pour qu’ils expriment leur propre volonté mais celle des gouvernements. La démocratie bourgeoise n’est qu’un concept creux sans contenu réel. Les gouvernements sont là pour servir les intérêts de la classe qu’ils représentent. Les classes dominantes l’utilisent comme instrument idéologique au service exclusif de leurs intérêts. L’Union européenne et toutes les institutions qui gravitent autour d’elle sont un exemple éloquent de ce déni de démocratie. L’Union européenne a systématiquement rejeté avec force et mépris la volonté des peuples exprimée démocratiquement à plusieurs reprises. Les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée. Sa réaction épidermique et agressive contre les résultats du référendum du 5 juillet 2015, où le peuple grec a rejeté par une majorité écrasante (61,31 %) les nouvelles mesures d’austérité, montre combien il lui est insupportable d’accepter le moindre processus permettant aux peuples de s’exprimer. Tous les référendums ont été perdus par l’Union européenne. Dès qu’elle donne la parole aux peuples, la réponse est invariablement la même : NON !

Bertolt Brecht disait dans un de ses poèmes :
« (…)Le peuple, par sa faute, a perdu
La confiance du gouvernement
E ce n’est qu’en travaillant doublement
Qu’il pourra la regagner.
Ne serait-il pas plus simple
Pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un
autre ? » (7)

L’Union invoque le rôle des partis racistes et xénophobes dans le triomphe du « out » britannique. Belle manière pour occulter sa propre responsabilité dans cette débâcle. Elle oublie un peu vite que ces courants politiques sont, non seulement au Royaume-Uni, mais dans toute l’Union européenne ses propre créatures. Impuissantes à surmonter les crises à répétition du capitalisme, les bourgeoisies européennes ont instrumentalisé ces forces du passé, qui veulent faire tourner la roue de l’histoire en arrière, pour maintenir vaille que vaille l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Démagogie, racisme, xénophobie, islamophobie et identité nationale sont les ingrédients essentiels utilisés par les classes dominantes pour mieux détourner les classes populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, suppression progressive des libertés privées et publiques etc. Ces thèses nauséabondes remplacent en quelque sorte le vide des programmes des gouvernements et des partis qui les soutiennent. Leur fuite en avant dans les politiques ultra-libérales d’austérité ne fera qu’aggraver la situation économique et sociale d’une Europe déjà ravagée par le chômage et la pauvreté. L’Union européenne ressemble à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux mêmes créées !

L’Union européenne et toutes ses institutions ne sont pas réformables. Les politiques économiques, dont l’austérité n’est qu’une dimension parmi d’autres, sont intimement liées à la nature de classe de l’Union. Les intérêts des oppresseurs et ceux des opprimés sont irrémédiablement antagonistes. C’est une illusion de croire que l’Europe, telle qu’elle est construite, va se métamorphoser par on ne sait quel miracle en une Europe démocratique, sociale, solidaire, écologique et tutti quanti. Cette idée de vouloir réformer l’Europe de l’intérieur est non seulement erronée mais dangereuse. Rester dans l’Union et la zone euro pour les réformer de l’intérieur ne peut que prolonger encore la souffrance que connaissent aujourd’hui des millions de travailleurs européens et consolider un peu plus la dictature du capital. Il faut donc rompre définitivement avec cette hideuse Europe qui a transformé les travailleurs en véritables esclaves travaillant sans relâche sous les ordres des créanciers, spéculateurs, usuriers et autres parasites du monde entier.

Il faut se saisir du « Brexit » comme d’une opportunité pour mobiliser les travailleurs et les progressistes de toute l’Europe afin de commencer l’édification d’une autre Europe, celle du progrès, de la prospérité et de la paix entre les peuples. Il faut briser cette construction méprisante et arrogante qui nous condamne à l’austérité perpétuelle. Il faut quitter cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes. Il est urgent de changer de bord, de sortir au plus vite de cette longue nuit et marcher vers un jour nouveau, vers une Europe nouvelle.

Mohamed Belaali

»» http://www.belaali.com/2016/06/brexit-quittons-cette-europe-dont-les-t...

(1) http://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-brexit-un-desastre-pour-angela-merkel

(2) http://tempsreel.nouvelobs.com/brexit/20160624.OBS3292/un-suicide-economique-apres-le-brexit-la-city-se-reveille-en-panique.html

(3) http://www.liberation.fr/planete/2016/06/24/brexit-tout-cela-va-avoir-de-sales-consequences_1461959

(4) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/06/25/20002-20160625ARTFIG00015-sept-consequences-economiques-a-retenir-sur-le-brexit.php

(5) http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-a-la-suite-du-referendum-britannique/

(6) http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-16-2329_fr.htm

(7) Bertolt Brecht « La solution ».

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Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La nation ., #La République, #AMERIQUE

Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

Par Bruno Guigue le 01 juillet 2016

« Brexit : vingt intellectuels* eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité », tel est le titre d’une tribune publiée par « Le Figaro » du 30 juin. Ce texte signé par Jacques Sapir, Michel Onfray et Jean-Pierre Chevènement rend un hommage appuyé au « peuple britannique » qui a « exprimé souverainement sa volonté de rester maître des décisions qui le concernent. » Car « ce vote courageux et massif » est « une claque pour la dérive technocratique dans laquelle l’Union européenne actuelle s’est laissé enfermer ». Et « tout montre que dans la plupart des pays européens, les citoyens n’acceptent plus d’être gouvernés par des instances non élues, fonctionnant en toute opacité ».

Fort bien, mais lisons plutôt la suite. « Le vote britannique peut être une chance : il doit être l’occasion de réorienter la construction européenne, en articulant la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire ».

Et nos intellectuels, pour finir, demandent la réunion d’une conférence qui aurait pour objet « la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l’affaissement de l’actuelle construction européenne : la souveraineté, c’est-à-dire la démocratie et l’indépendance stratégique. »

En somme, les signataires saluent ostensiblement le courage du peuple britannique, mais ils ne manifestent nullement l’intention de suivre son exemple. Ils tressent des couronnes au « Brexit », mais ils suggèrent à nos dirigeants l’artifice permettant de faire l’économie d’un « Frexit ». Au lieu d’inviter les Français à la même intrépidité, ces héros par procuration laissent aux Britanniques le privilège d’avoir ouvert une brèche qu’ils rêvent de refermer. Coïncidence troublante, cette tribune est parue le jour même où Alain Juppé déclare sur Bfm/Tv : « On peut craindre un Frexit, et c’est pourquoi je suis hostile à un référendum ».

Il faut croire que « Frexit » et « référendum » sont des termes d’une parfaite obscénité, car ils ne figurent pas dans la tribune précitée de nos « intellectuels eurocritiques ». Prolixe en projets de « réorganisation », « refondation » ou « réorientation » de l’Europe, ce texte oublie l’essentiel : qui décide de l’appartenance à l’UE ? Alors qu’on devrait demander au peuple français s’il veut y rester avant d’envisager de la réformer, on préfère mettre la charrue avant les bœufs. Ce faisant, on exclut le peuple du processus, on fait comme s’il n’existait pas. Au lieu d’organiser sans délai l’exercice de la souveraineté, on la court-circuite.

Une conférence des chefs de gouvernement de l’UE jouit-elle d’une légitimité supérieure à celle du peuple français ? Nos intellectuels le pensent, puisqu’ils omettent de poser la question principielle de la volonté populaire. « Il faut rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits dans une Europe confédérale qui serait faite de l’entente et de la coopération entre les nations », disent-ils. Mais l’acte fondateur de cette souveraineté ayant été passé par pertes et profits, que vaudra cette restitution des « droits de la démocratie » dans « une Europe confédérale » qui n’a jamais existé ? Et puis, est-on sûr que le peuple en veuille vraiment, si l’on s’obstine à ne pas lui poser la question ?

C’est pourquoi les propositions qui émaillent ce texte, insignifiantes, ressemblent au filet d’eau tiède qui se remet à couler, invariablement, à chaque crise communautaire. On y lit le projet, par exemple, d’une « réorganisation profonde des compétences et, le cas échéant, du mode de désignation des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE) ». Oui, mais pour quoi faire ? Qu’est-ce que la démocratie y gagnera ? On attend la réponse. Il faudrait aussi, dit-on, « outiller le Conseil européen où vit la légitimité démocratique en le dotant des services capables de préparer et exécuter ses décisions ». Mais ce même Conseil avalise depuis trente ans les injonctions ultra-libérales de la Commission. Croit-on vraiment qu’il s’en affranchira si on augmente le nombre de ses fonctionnaires ?

Au demeurant, cette consolidation de l’exécutif est équivoque, car on ne sait si elle vise à favoriser un surcroît d’intégration ou à border les prérogatives des Etats-membres. Comme le propos est conceptuellement flou, le moins qu’on puisse dire est qu’il demeure politiquement mou. Moyennant quelques réformes, toute l’architecture institutionnelle de l’UE, en tout cas, est promise à une remarquable longévité. Le texte mentionne la Banque centrale européenne, par exemple, mais sans mettre en question une indépendance statutaire, exigée par le dogme monétariste, qui en fait le levier des politiques d’austérité. Croit-on sérieusement conserver la BCE tout en évacuant l’orthodoxie financière qui en est le principe fondateur ?

Cet irréalisme brouillon reflète la contradiction insoluble dans laquelle s’enferrent les signataires, prompts à diagnostiquer le mal mais apeurés à l’idée du remède. Faute de vouloir l’administrer, ils se contentent de soins palliatifs et s’obstinent à prolonger l’agonie d’une Union européenne dont ils ne veulent pas voir qu’elle est condamnée. Qu’est-ce que l’UE ? Historiquement contingent, cet artefact supranational a été construit sur une idée fausse, il s’est maintenu grâce à une supercherie et il périra à cause de l’aveuglement des élites qui l’ont imposé. L’idée fausse est le préjugé selon lequel le marché autorégulé peut créer un espace de prospérité. La supercherie est celle qui consiste à flouer la souveraineté au nom de cette idée fausse. L’aveuglement des élites consiste à croire que cette supercherie passera définitivement inaperçue.

Des signataires de cette tribune, on pouvait sans doute attendre autre chose que cette contribution insipide à la soupe européiste. En occultant la question principielle du référendum, ils passent par-dessus-bord les principes démocratiques dont ils se réclament. Tigres de papier d’un souverainisme attiédi, ils fuient devant le verdict populaire, s’effraient du tumulte des urnes en colère et se rangent derrière nos dirigeants dans cet appel pathétique, expression d’un déni de la réalité qui fait irrésistiblement penser aux cabris chers au général de Gaulle :

« Nous avons la conviction qu’il appartient à la France de lancer cette grande initiative qui proposera de remettre l’Union européenne sur ses pieds. Les peuples européens et pas seulement le nôtre, l’attendent. Nous faillirions à notre devoir de citoyens français mais aussi d’Européens si nous n’agissions pas pour que la France se porte aux avant-postes de cette grande tâche ».

Bruno Guigue | 01 juillet 2016

Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire et chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002 », et d’une centaine d’articles.

* Liste des signataires: Marie-Françoise Bechtel, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Chevènement, Gabriel Colletis, Éric Conan, Franck Dedieu, Alain Dejammet, Éric Delbecque, Jean-Pierre Gérard, Christophe Guilluy, Loïc Hennekinne, Paul Jorion, Jean-Michel Naulot, Michel Onfray, Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Emmanuel Lévy, Benjamin Masse-Stamberger, Claude Revel, Henri Sterdyniak, Jacques Sapir, Paul Thibaud.

Crédit photo: Le Figaro

Source: http://arretsurinfo.ch/sapir-onfray-chevenement-tigres-de-papier-du-souverainisme/

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Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

1 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #Terrorisme

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Michel Abescat

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Professeur de science politique à Paris 8, Yves Sintomer interroge notre système démocratique actuel, où citoyens et élus n'ont plus prise sur les décisions importantes. Et avertit : si on ne redonne pas du pouvoir au peuple, on court à la catastrophe.

L'Europe est en crise, rejetée ou ignorée par les peuples, dominée par la technocratie et les lobbies économiques et financiers. Les politiques ont perdu toute crédibilité, l'abstention atteint des sommets. Sommes-nous entrés dans l'ère la « post-démocratie », théâtre vidé de sa substance, quand les véritables décisions sont prises en coulisses, à l'écart de la scène publique ? Et comment allons-nous en sortir ? En cédant aux tentations autoritaires ou en réinventant la démocratie ? Autant de questions posées par Yves Sintomer, professeur de science politique à l'université Paris 8, dans un article que vient de publier l'excellente Revue du Crieur. Entretien.

Qu'entend-on exactement par « post-démocratie » ?

Le terme a été inventé, au début des années 2000, par un universitaire anglais, Colin Crouch. Selon lui, les régimes politiques occidentaux auraient vécu le pic de leur démocratisation un peu avant la Deuxième guerre mondiale pour les Etats-Unis, et dans les décennies qui l'ont immédiatement suivie pour les autres. Puis, la situation se serait peu à peu dégradée. Aujourd'hui, nous serions ainsi entrés dans l'ère de la post-démocratie : les institutions démocratiques demeurent évidemment, avec des élections libres, des partis politiques en compétition, un Etat de droit, la séparation des pouvoirs etc. Mais les décisions les plus importantes sont prises ailleurs, dans d'autres cadres : ceux des grandes firmes internationales, des agences de notation ou des organismes technocratiques comme la Banque mondiale. Bref, la mondialisation économique et le capitalisme financier auraient, pour une bonne part, vidé la démocratie de sa substance.

Dans cette optique, la démocratie devient une sorte de leurre ?

Elle devient un spectacle, avec ses acteurs, ses récits et ses intrigues installés sur le devant de la scène, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses. Un exemple éclatant est celui des élections grecques de 2015. Syriza est porté au pouvoir sur la foi d'un programme de rupture avec la politique d'austérité libérale de ses prédécesseurs et à peine élu se trouve contraint à renoncer à ses projets. Qu'importe le choix des citoyens grecs, les véritables décisions sont prises ailleurs. De même, le rejet, par référendum, du projet de constitution européenne par les Français et les Néerlandais en 2005 a-t-il été suivi du traité de Lisbonne qui en reprenait sans vergogne les principales dispositions. Là encore qu'importe le vote des citoyens.

“Si elle ne s’engage pas dans des réformes d’ampleur, l’Union européenne doit s’attendre à des catastrophes dans les années qui viennent.”

Plus précisément, comment s'exerce alors le pouvoir en post-démocratie ?

Les décisions des acteurs privés que sont les entreprises, investir ici ou là en fonction des opportunités, ont toujours eu un impact sur l'économie d'une région ou d'un pays. Mais avec le développement de la mondialisation et du capitalisme financier, cette influence est démultipliée. Les firmes multinationales deviennent des acteurs majeurs, suffisamment puissants pour exercer une pression directe sur les Etats, en les poussant à la concurrence fiscale et sociale. Ceux-ci sont par ailleurs de plus en plus dépendants des marchés financiers, et des évaluations des agences de notation. L'intégration croissante, régionale et européenne, diminuent enfin les marges de manœuvre de l'Etat-nation, cadre dans lequel s'était jusqu'ici développé la démocratie.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, à Bruxelles, des autorisations de mise sur le marché de médicaments, de produits industriels ou de l’agro-industrie sont effectuées par des agences indépendantes des Etats, la plupart du temps hors de tout contrôle démocratique. Dans ce monde de la post-démocratie se côtoient des experts, des lobbyistes, des professionnels de la finance qui, chaque jour, prennent des décisions fondamentales hors de la scène publique.

Ce sont souvent les mêmes qui travaillent tantôt pour l'Etat, les grandes institutions ou les multinationales...

Le resserrement de la sphère des élites est un phénomène majeur. En France notamment, où le taux de porosité entre le monde politique, la haute administration et le secteur privé est particulièrement fort. Les membres de cette élite sortent des mêmes grandes écoles, se connaissent et se côtoient, passent d'un secteur à l'autre au gré de leurs carrières. Ils sont très largement coupés de l'expérience sociale de la majorité de la population. Auparavant, à l'époque où les partis de masse étaient encore puissants, des personnes d'origines sociales diverses pouvaient encore accéder à des responsabilités politiques importantes et apporter ainsi un autre regard, une autre expérience. Ce n'est plus le cas.

L'Union européenne n'est-elle pas un bon exemple de la post-démocratie ?

C'est évident. L'Union européenne s'est créée sur une méfiance explicite vis-à-vis des peuples, ses fondateurs estimant qu'il fallait d'abord construire une Europe des sages, des technocrates, de l'élite politique éclairée. Le consentement populaire venait dans un second temps pour couronner l'entreprise. Le scénario a fonctionné un moment, les sondages ont montré que l'édification européenne bénéficiait d'un soutien assez large. Et puis, peu à peu, au fur et à mesure que montait la défiance vis-à-vis des élites, les crises économiques successives ont installé un sentiment d'insécurité, l'Europe apparaissant de moins en moins protectrice, sur le plan social en particulier. A juste titre, car l'Union est devenue un des bastions de la dérégulation financière et des politiques néo-libérales, et malgré le fait que les dirigeants nationaux font bien souvent passer l’Europe pour responsable de politiques qu’ils appellent eux-aussi de leurs vœux. Le Brexit démontre que ce système est largement à bout de souffle. C’est une sonnette d’alarme : si elle ne s’engage pas dans des réformes d’ampleur, l’Union européenne doit s’attendre à des catastrophes dans les années qui viennent.

“Il n'y a jamais eu d'âge d'or de la démocratie.”

Comment se situe le rôle de l'Etat dans le contexte post-démocratique ?

L'Etat se prétend l'incarnation de l'intérêt général. De manière plus réaliste, il est le lieu où se confrontent les demandes sociales et où s’élaborent des compromis. Dans les décades qui ont suivi la guerre, les couches populaires étaient organisées à travers des partis, des syndicats, des associations suffisamment puissants pour contrebalancer d'autres intérêts, notamment ceux des entreprises et des couches sociales supérieures qui ont toujours eu un accès privilégié à l'Etat. Cet équilibre, aujourd'hui, est rompu. Parce que ces partis et syndicats sont affaiblis, mais surtout parce que les rapports de force se jouent de moins en moins à l'échelle nationale. Les Etats sont ainsi beaucoup plus sensibles aux pressions de l'extérieur, en particulier celles des firmes transnationales et des marchés dont ils favorisent les intérêts pour s'attirer leurs bonnes grâces en matière d'investissement et d'emploi.

D'où la désillusion actuelle vis-à-vis des politiques ?

L'intérêt de cette notion de post-démocratie est de mettre un nom sur un sentiment largement répandu : l'impression que le vote ne change pas grand-chose, que les élites de droite comme de gauche conduisent des politiques similaires, qu'elles n'écoutent pas les gens ordinaires. Cette méfiance par rapport au système politique est justifié. A condition toutefois de se garder d'idéaliser le passé. La « démocratie maximale », comme l'appelle Colin Crouch, celle que nous avons connue dans les années d'après-guerre, s'est certes dégradée sur des points fondamentaux que nous venons d'évoquer. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'y avait alors qu'entre 1 et 5% de femmes au Parlement, que les droits démocratiques ne concernaient que les colonisateurs, et pas les colonisés, que les partis politiques, en particulier le parti communiste, qui était en France le principal parti ouvrier, étaient organisés de manière extrêmement hiérarchisée, avec un degré de discipline qu'on ne tolèrerait plus aujourd'hui. Il n'y a jamais eu d'âge d'or de la démocratie.

“La multiplication des mécanismes de démocratie participative, référendum, tirage au sort, est un signe de cette dynamique qui contrebalance le système représentatif.”

La notion de post-démocratie a le mérite de pointer la crise de la démocratie représentative libérale. Est-il possible de l'amender pour repartir sur de nouvelles bases ?

Je pense que c'est utopique. Les démocraties libérales sont entrées dans une période de crise généralisée, et la centralité du gouvernement représentatif classique appartient au passé. L'ordre mondial est bouleversé, l'Europe se provincialise. Imaginer que l'on puisse poursuivre comme avant moyennant quelques aménagements me paraît illusoire, on le voit bien à l'échelle de l'Union européenne, mais aussi à celle des Etats qui doivent faire face à une nouvelle montée des périls : les crises des réfugiés liées aux nouveaux courants migratoires, le terrorisme, mais aussi la progression des forces xénophobes à l'œuvre dans toute l'Europe. L'Autriche a bien failli élire un président d'extrême droite. En Europe de l'Est, une série de pays, la Pologne, la Hongrie, ont restreint les libertés démocratiques. Sans changements sérieux, à la fois économiques, sociaux et politiques, le scénario d'une dérive autoritaire, en Europe, ne peut être exclu. La France, à cet égard, est directement concernée. Le Front national ne cesse de progresser, une nouvelle xénophobie centrée sur la population musulmane se développe dangereusement, celle-ci devient un bouc émissaire idéal et la laïcité, le masque d'un communautarisme d'Etat orienté contre une minorité qui est vue comme ethnique et religieuse à la fois. La rhétorique sécuritaire prend une importance croissante à gauche comme à droite, la prolongation de l'état d'urgence, suite aux attentats, normalise une restriction des libertés publiques. Nous finissons par nous habituer à voir des militaires se promener dans nos villes, en particulier dans la capitale.

L'avènement d'un régime autoritaire en France vous paraît possible ?

Oui. Comme n'importe quel pays, la France a des qualités et des défauts du point de vue démocratique, mais nous avons une tradition assez paternaliste de la République, constituée de cette idée qu'il faut non seulement protéger les personnes, mais aussi les protéger contre elles-mêmes. Et cette idée est susceptible de multiples interprétations autoritaires.

Dans votre article de la Revue du Crieur, vous n'excluez pas, fort heureusement, le scénario d'une « démocratisation de la démocratie » pour sortir de l'impasse actuelle...

Nous vivons la fin d'un cycle historique. Cela ne signifie pas que demain les élections telles que nous les connaissons vont être supprimées et remplacées par de nouvelles formes de démocratie entièrement inédites. Mais des transformations sociales de grande ampleur bousculent le système représentatif né des révolutions du XVIIIe siècle et profondément transformé au XXe avec l'avènement des partis de masse. En termes d'éducation par exemple. Au XIXe siècle, la différence était immense entre la masse des paysans qui n'allait guère au-delà de l'école primaire et les grands propriétaires terriens qui les représentaient au Parlement. Aujourd'hui, le niveau d'éducation des responsables politiques n'est pas aussi différent de celui de la majorité des citoyens. En termes d'information et de communication entre les individus, Internet, les réseaux sociaux, ont également bouleversé les modes de socialisation. Il n'est donc pas étonnant que le régime représentatif soit en crise.

Mais cela ne signifie pas pour autant que la démocratie soit, comme l'affirme Colin Crouch, inéluctablement en déclin. Elle s'exprime au contraire de multiples manières. Jamais il n'y a eu autant de monde dans les associations, de fortes mobilisations sociales interviennent régulièrement, des mouvements du type Occupy, les Indignés en Espagne ou Nuit debout en France, tendent à modifier le centre de gravité du débat politique. A l'échelle internationale, des coalitions d'acteurs de la société civile, des ONG écologistes, des réseaux de villes se mobilisent contre le réchauffement climatique, font bouger les lignes, parviennent à infléchir les logiques néolibérales. Sans eux, nous n'aurions pas connu le succès, certes tout relatif, de la COP 21. La multiplication, à l'échelle locale mais aussi nationale, des mécanismes de démocratie participative, référendum, tirage au sort, comme cela a déjà été expérimenté en Colombie britannique, en Islande ou en Irlande, est un autre signe de cette dynamique démocratique à l'œuvre aujourd'hui, qui contrebalance le système représentatif.

“Il ne faut pas attendre un grand soir, ni une élection qui changerait tout, mais une série d'avancées menées par des acteurs qui dessineront d'autres possibles.”

A ce propos, que pensez-vous du succès du référendum chez les candidats de la primaire à droite et de la proposition d'Arnaud Montebourg de désigner les sénateurs par tirage au sort ?

Je ne suis pas dupe, évidemment, des effets de manche des campagnes électorales, mais il me semble positif que certaines décisions fondamentales soient tranchées par l'ensemble des Français et pas simplement par leurs représentant élus. A condition d'éviter le défaut majeur du référendum à la française qui vient toujours du haut, pour légitimer, de façon plébiscitaire, l'orientation politique du gouvernement en place. C'est lui qui décide à quel moment, et sur quel thème, on va consulter les électeurs – voire quels électeurs on va consulter, en ciblant un territoire réputé plus favorable au pouvoir en place comme cela a été le cas pour le référendum de Notre-Dame-des-Landes. Le véritable enjeu est de développer le référendum d'initiative populaire à valeur décisionnelle. Le peuple, dira-t-on, peut se tromper. Certes, mais les représentants politiques aussi.

Les jeux politiciens pèsent sur les référendums comme ils pèsent sur le jeu électoral, on l’a bien vu avec les partisans du Brexit britannique, une cause que l’ancien maire de Londres a embrassée dans le seul but de succéder à David Cameron. C’est notamment pour cela que le recours au tirage au sort peut être utile. C'est un vieux principe démocratique, longtemps combiné aux élections, et qui revient aujourd’hui dans des milliers d’expériences, y compris à l’échelle nationale comme en Irlande où le mariage pour tous a été adopté suite à un amendement constitutionnel proposé par une assemblée majoritairement tirée au sort. Celui-ci permet de désigner des assemblées représentatives sociologiquement de l'ensemble de la population. C'est important à une époque où les élites politiques se recrutent pour la plupart dans la même classe sociale.

Le deuxième avantage du tirage au sort est de réduire la compétition pour le pouvoir. Il ne s'agit pas de l'éliminer, la politique c'est cela aussi, mais quand elle n’est que cela, le tirage au sort peut en neutraliser certains effets. Diversifier les modes de recrutement des assemblées permanentes ou ponctuelles en couplant élection et tirage au sort, consulter le peuple par référendum sur certaines questions essentielles, associer les acteurs organisés de la société civile aux décisions, autant de pistes pour « démocratiser la démocratie ».

Si l'épuisement actuel de la démocratie est dû à la puissance du capitalisme financier, n'est-ce pas aussi à elle qu'il faut s'attaquer ?

Sa prédominance est en effet un obstacle majeur à la démocratie. Mais regardons ce qui s'est passé au siècle dernier quand les Etats sociaux ont vu le jour. Ils sont nés de la conjonction de forces multiples : des mouvement révolutionnaires, des patrons comme Henry Ford qui ont compris l'intérêt qu'ils avaient à bien payer leurs ouvriers pour qu'ils puissent acheter leurs produits, des hommes d'Etat qui ont pris la mesure des effets des lois sociales sur la cohésion et la force de leur pays. C'est ce genre de conjonction qui peut voir à nouveau le jour demain. Des multinationales qui, pour soigner leur image ou se placer sur des créneaux émergents de l'économie verte, appuieront des transformations qualitatives. Des décisions qui, sous la pression d'Etats de la taille de la Chine ou des Etats-Unis, ou encore de l'Union européenne, parviendront à réguler l'évasion fiscale, par exemple. Des mouvements de mobilisation, coordonnés à l'échelle mondiale, comme on le voit déjà dans le domaine de la protection de l'environnement. Il ne faut pas attendre un grand soir, ni une élection qui changerait tout, mais une série d'avancées menées par des acteurs qui, en coopération ou de manière conflictuelle, dessineront d'autres possibles. Il y aura des crises et des régressions, mais l'avenir n'est pas forcément bloqué.

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