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Le blog de Lucien PONS

Cinq questions sur Nice, par Jacques Sapir.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch

Cinq questions sur Nice
Source: AFP
 

Les mesures de sécurité, l'état d'urgence et la décision de supprimer les images de l'attentat du 14 juillet, cet attentat qui a reposé tout un nombre de questions. L'économiste Jacques Sapir essaie d’y répondre.

 

I. Quelles étaient les mesures de sécurité adoptées pour le feu d’artifice du 14 juillet à Nice ?

C’est le journal Libération qui a lancé le débat dans un article du 21 juillet. Cet article a suscité une riposte violente du ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, parlant d’un « complot » ourdi par ce journal. Or, ce qui est mis en cause est cette partie du communiqué du 16 juillet : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir.» En fait, il apparaît que seuls deux policiers municipaux assuraient le contrôle du périmètre au point où le camion du meurtrier est entré dans la partie piétonne de la promenade des anglais. Aucune chicane en béton n’était déployée, ni à cet endroit ni 370 mètres plus loin, là où se trouvaient la patrouille de quatre hommes de la police nationale. Or, de telles chicanes avaient été utilisées auparavant, et en particulier lors de l’Euro-2016. Il est clair qu’il y a de sérieuses différences entre ce que dit le ministère de l’Intérieur et la réalité. Pourquoi le ministère de l’intérieur ne veut-il pas le reconnaître ?

II. Etaient-elles raisonnablement suffisantes ?

Cette question surgit au regard des mesures prises pour l’Euro-2016. Il semble que l’événement sportif ait été mieux sécurisé que le 14 Juillet. Pourquoi ? Les autorités disposaient elles d’informations les amenant à penser que la menace avait baissé ? Sinon, comment expliquer que l’on ait baissé la garde ? On sait que les forces de sécurité étaient (et sont) dans un état d’épuisement avancé. Dans ces conditions, n’était-il pas de l’autorité du maire et du préfet d’interdire un événement que l’on ne pouvait sécuriser convenablement ? Ou bien a-t-on pensé qu’en matière de relations publiques la mort de badauds pesait moins que celles de supporters ?

L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente

III. Le Secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement demande que cessent toutes les critiques contre « les services administratifs de l’Etat ». Est-ce justifié ?

La déclaration de J-M Le Guen pose un véritable problème de morale et de politique. Quand il affirme : «Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là, mais dans ce cas, il n’y a plus d’État de droit dans le pays. Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’État, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie», il met en cause en réalité la démocratie. Dans une situation bien plus grave, en pleine guerre de 1914-1918, Clémenceau, alors président du Conseil, dans un célèbre discours avait eu des mots plus justes et plus dignes : «Je dis que les républicains ne doivent pas avoir peur de la liberté de la presse. N’avoir pas peur de la liberté de la presse, c’est savoir qu’elle comporte des excès. C’est pour cela qu’il y a des lois contre la diffamation dans tous les pays de liberté, des lois qui protègent les citoyens contre les excès de cette liberté. Je ne vous empêche pas d’en user. Il y a mieux : il y a des lois de liberté dont vous pouvez user comme vos adversaires ; rien ne s’y oppose ; les voies de la liberté vous sont ouvertes ; vous pouvez écrire, d’autres ont la liberté de cette tribune […] De quoi vous plaignez-vous ? Il faut savoir supporter les campagnes ; il faut savoir défendre la République autrement que par des gesticulations, par des vociférations et par des cris inarticulés. Parlez, discutez, prouvez aux adversaires qu’ils ont tort et ainsi maintenez et gardez avec vous la majorité du pays qui vous est acquise depuis le 4 septembre

Il tint ce discours alors que les troupes allemandes occupaient une partie de notre territoire, alors que des Français mourraient par centaines chaque jour. Il est clair que les membres de ce gouvernement perdent leurs nerfs. Mais 84 personnes, elles ont perdu la vie. L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente. Ce n’est donc pas seulement Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur qui devrait démissionner mais bien l’ensemble du gouvernement.

IV. Pourquoi la justice ordonne-t-elle à la mairie de Nice de détruire les images de l’attentat ?

La justice évoque le souci «d’éviter la diffusion non contrôlée de ces images» et en particulier le risque que ces images ne soient utilisées sur des sites djihadistes. La sous-direction antiterroriste de la Police Judiciaire (SDAT) réclame donc l’effacement complet des enregistrements pris entre le 14 juillet 22h30 et le 15 juillet 18 heures pour toutes les caméras ayant une vue sur la scène de l’attentat et tout particulièrement pour les six caméras surveillant la Promenade des Anglais qui ont filmé en direct l’attentat du 14 juillet. Or, cette demande est pour le moins surprenante dans le contexte de la polémique suscitée par les conditions de sécurité. L’avocat de la ville de Nice Philippe Blanchetier, a réagi vigoureusement, citant notamment «la polémique sur la nature du dispositif policier» le soir de l’attaque et déplorant dans une déclaration à l’agence Reuters : «C’est la première fois de ma vie que je vois une réquisition aux fins d’effacement de preuves […] L’argument avancé de risque de fuite ne tient pas.» Si ce fait devait être avéré, il serait particulièrement grave et mettrait en cause l’ensemble de l’action gouvernementale.

Ce gouvernement doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action

V. Lors du débat sur la prolongation de l’état d’urgence des déclarations ont été faites par des membres de l’opposition quant à une interdiction du «salafisme». Cela correspond-il aux besoins de la situation ?

L’état d’urgence, décrété dans la nuit du 13 novembre, acte de souveraineté, a fini par être dangereusement galvaudé. Cela vient d’une incapacité à nommer l’ennemi. Au lieu de s’engager dans la prolongation de l’état d’urgence, on aurait pu, et dû, prendre des mesures simples comme :

  • L’interdiction du financement étranger direct des lieux de culte et associations cultuelles.
  • Le contrôle par le ministère de l’Intérieur des prêches et l’expulsion des prédicateurs refusant les principes figurant dans le préambule de la Constitution, ainsi que ceux appelant à la haine.
  • L’interdiction aux Français étant allés combattre dans une organisation terroriste et génocidaire de revenir sur le territoire national.

Ces mesures ne nécessitent pas l’état d’urgence. Elles peuvent être prises dans le cadre législatif normal. Elles montrent que l’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité. Ce sont de tels comportements, de la part du gouvernement comme de la part d’une partie de l’opposition qui mettent en péril la démocratie et qui témoignent d’une perte totale de légitimité.

 

Les questions posées appellent des réponses claires, et sans ambiguïté. Mais, ce n’est pas ce gouvernement qui est en mesure de les donner. Il doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action.

Du même auteur : Retour sur l’attentat de Nice

Sourcerusseurope.hypotheses.org

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Trois cibles et trois leurres. Texte de Marc Rameaux

29 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #l'islamisme, #Daesch

jeudi 28 juillet 2016

Trois cibles et trois leurres
 
 
La situation est telle que nous semblons être cernés de toutes parts, sans savoir laquelle des menaces est la plus critique : néolibéralisme, islamisme ou corruption et lâcheté de l’état détourné à des fins personnelles ?
 
Savoir lesquelles sont les causes, lesquelles les effets, comment trouver des parades, et laquelle des trois est la plus critique nous est difficile. D’autant plus que la pression de l’urgence et la dégradation maintenant quotidienne de notre société sont propices à la panique.
 
Dans de telles situations, il faut garder la tête froide, affronter les menaces une par une, en gardant surtout le sens des priorités.
 
 
 
Le néolibéralisme
 
Nous le plaçons en tête des menaces létales qui pèsent sur nos libertés. Détournement et perversion du libéralisme politique, il se définit et se distingue de ce dernier par les caractéristiques suivantes :
 
  • La prétention à l’explication définitive et irréfutable du fonctionnement de l’économie.
  • La croyance en un déterminisme et une finalité historique de la mondialisation régie par les seules lois du marché comme société ultime.
  • Un culte du pouvoir obtenu par la recherche des positions sociales et de l’argent comme seuls buts de l’être humain, a contrario du libéralisme historique qui se fixait la recherche de l’indépendance comme premier objectif.
 
 
En définitive, le néolibéralisme a connu une trajectoire similaire à celle qui a mené du marxisme à une société totalitaire, en inversant ses valeurs mais en suivant les mêmes mécanismes d’oppression :
 
L’intolérance totale à tout discours contradictoire est similaire à la voix du parti, le finalisme historique vers la mondialisation régie par le seul marché est l’équivalent du matérialisme historique, le culte du pouvoir est une lutte des classes inversée dans laquelle la position de dominant est toujours légitime et celle du révolté inadmissible. Ironiquement, l’on peut adresser au néo-libéralisme les mêmes reproches que ceux qu’Hayek avait brillamment adressés à la coercition étatique et à sa culture du rapport de force.
 
Il pourra nous être objecté que la course aux positions sociales et à l’argent est ce qui mène le monde depuis des millénaires, et que s’en inquiéter relève de l’idéalisme. Sans doute s’agit-il de moteurs puissants, mais il est historiquement inédit qu’ils soient devenus les seuls et qu’ils exercent leur emprise de façon aussi absolue.
 
Il est normal et légitime que l’homme cherche à se différencier de ses semblables, mais la façon saine de le faire est d’exceller, puis d’en toucher les fruits. Dès lors que le résultat final, argent ou position sociale, deviennent des buts en soi, la recherche d’excellence sera inéluctablement pervertie pour en devenir une parodie.
 
C’est un phénomène classique de l’économie que dès lors qu’un indicateur trop explicite de réussite est mis en place comme incitation, il en est fait rapidement un usage perverti aboutissant au résultat inverse de ce pour quoi l’indicateur a été conçu.
 
Lorsque l’arrivisme social devient l’alpha et l’oméga de l’existence humaine, il ne permet pas même la promotion de l’excellence au prix du cynisme : il sera une société dirigée par des médiocres, dont la seule compétence sera l’accaparation de l’excellence des autres, la dérobade, la communication superficielle. Si l’on a un doute sur ce beau résultat, il suffit de contempler le spectacle des « élites » politiques et économiques de notre monde, pour que le constat nous dispense de démonstration.
 
Le leurre est ici de faire une confiance aveugle dans les mécanismes du libéralisme, même pris dans une bonne acception. La poursuite d’intérêts individuels comprise comme sens de l’initiative et des responsabilités personnelles est censée s’équilibrer d’elle-même, pour conduire au bien commun.
 
Ce raisonnement est exact et fonctionne, mais sous un faisceau de conditions qui le rendent très fragile et applicable dans peu de cas. Dès lors que des effets pervers apparaissent, qui dénaturent la poursuite de l’excellence comme intérêt personnel, la main invisible converge non vers le bien commun mais vers un gouvernement des médiocres et une confiscation du bien commun par ceux-ci.
 
Cette inversion de la méritocratie ne surprendra que des esprits naïfs n’ayant jamais eu à exercer de responsabilité concrète, ce qui est de plus en plus le cas des sphères dirigeantes, ne développant plus que des compétences en communication. Nous vivons dans une dictature de la futilité, son aspect frivole ne la rendant pas pour autant moins implacable ni destructrice, bien au contraire : la destruction d’autrui est d’autant plus impérative que l’imposture est grande.
 
L’homme qui s’est véritablement frotté au monde de l’entreprise connaît bien ces « side effects » qui font sentir leur courant contraire à celui de la main invisible, et font parvenir celle-ci au point opposé à la méritocratie. Les néo-libéraux se targuent de réalisme, ils sont en réalité extrêmement idéalistes, et comme tels extrêmement dangereux, armés de la suffisance et de la détermination des théoriciens prêts à nier tout retour du réel. Tout cours de management devrait commencer par une étude des effets pervers induits par les indicateurs de performance, permettant de comprendre au passage le jeu des comportements humains, indispensables à l’appréhension de l’économie.
 
 
Emmanuel Macron faisait fausse route et montrait par là sa méconnaissance totale d’un domaine qu’il se targue de connaître, en souhaitant voir davantage de jeunes français avoir la volonté de devenir milliardaires. Si cela avait été le but de Steve Jobs, jamais Apple n’aurait vu le jour avec un tel retentissement. Le moteur de l’entrepreneur est la volonté d’être indépendant, d’être son propre maître. Etre entrepreneur est un mode de vie avant que d’être un statut social. Par sa petite phrase, Emmanuel Macron trahissait l’inconscient néo-libéral, à mille lieux de l’esprit d’entreprise.
 
Il peut sembler plus qu’osé de placer le néo-libéralisme en tête des menaces, surtout dans le contexte que nous vivons, l’islamisme apparaissant comme le danger critique par excellence.
 
C’est ici qu’il ne faut pas tomber dans les pièges du monde moderne. Il pourra difficilement m’être reproché d’être complaisant vis-à-vis de l’islamisme, et son compagnon monstrueux qu’est l’islamo-gauchisme. J’ai même reçu de vives critiques pour le seul fait d’avoir employé ce dernier terme dans mes articles : il semble que l’on ait encore plus peur des mots que des menaces réelles.
 
Mais il faut comprendre que si nous parvenions à vaincre l’islamisme – et nous y parviendrons – une autre idéologie tout aussi dangereuse apparaîtra ex-nihilo. Les esprits naïfs s’en étonneront, et clameront une fois encore la petite litanie du « pourquoi tant de haine ». Lorsque l’on comprend qu’un phénomène comme celui de l’islamisme est une conséquence obtenue par réaction au néo-libéralisme, l’on quitte le chœur des grands étonnés.
 
Lorsque l’islamisme aura disparu, la haine absolue que certains vouent au néo-libéralisme leur fera prendre une autre idéologie d’emprunt, dont ils inventeront la foi et la conviction inaliénable, affirmée d’autant plus fortement qu’elle est factice. Le néo-libéralisme engendre mécaniquement sa réaction monstrueuse, qui se fabriquera de nouveaux habits chaque fois que les précédents auront été détruits.
 
Pourquoi ? Une idéologie fondée in fine et malgré ses professions de foi sur la bassesse, la servilité, et la dépravation de l’homme, et plus encore érigées en système complet de société humaine, engendre de telles réactions. La dégradation absolue de l’être humain à laquelle se livre l’islamisme, justifiant le terme de « nazislamisme », est l’acte criminel par lequel il cherche à forcer le néo-libéralisme à sortir de son hypocrisie, pour lui faire admettre qu’il est fondé sur les mêmes valeurs.
 
Le néo-libéralisme réussit finalement là où le nazisme a échoué : il rétablit et promeut (sans jamais l’admettre bien sûr) la notion d’untermenschen. Mais là où le nazisme a cherché à imposer cette notion par l’oppression absolue, le néo-libéralisme parvient à en convaincre beaucoup qu’elle est nécessaire, rationnelle économiquement et qu’il faut pour cela l’accepter : une stratégie de communication et de conviction d’une efficacité supérieure à celle des armes.
 
Deux pièges sont alors à éviter. Le premier est de considérer que ceci fonde moralement l’islamisme, ou dans une moindre mesure l’excuse et le relativise. Les actes de l’islamisme n’ont évidemment aucune excuse et doivent être combattus sans merci. Certains milieux gauchistes dérapent vers ce retournement des responsabilités, se complaisant dans une culture de la justification permanente.
 
Lorsque nous disons que le néo-libéralisme engendre l’islamisme, cela ne constitue en aucun cas une circonstance atténuante pour ce dernier. Il s’agit non d’une justification morale, mais de la remarque d’une causalité mécanique. Nous pourrons nous agiter autant que nous voudrons, des idéologies et actes immondes apparaîtront spontanément aussi longtemps que le néo-libéralisme exercera son emprise. Bien entendu, cette forme de révolte selon la politique du pire n’a aucune base morale : la désobéissance civile contre le néo-libéralisme est légitime, l’emploi de n’importe quel moyen pour se faire ne l’est absolument pas.
 
Le second piège est de ne plus discerner ce qui – dans nos sociétés – relève du néo-libéralisme de ce qui relève du véritable libéralisme politique, auquel nous devons une grande partie de notre indépendance et de nos libertés démocratiques. Le néo-libéralisme vit à crédit des institutions et des libertés que le libéralisme politique a permis d’instituer. Il en est l’exact contraire, car il en sape les fondations de façon systématique, mais a tout intérêt à s’enchevêtrer étroitement à celui-ci, afin d’en conserver toutes les formes extérieures.
 
L’actuelle classe politique tenant en surface un discours parfaitement rodé de libertés démocratiques, et se vautrant dans les pires turpitudes en arrière-plan est une bonne illustration de ce camouflage. Les formes de révolte contre le néo-libéralisme doivent veiller à ne pas démolir au passage des acquis essentiels de la liberté démocratique, en les assimilant à l’antienne néo-libérale. La fascination qu’éprouvent certains pour des régimes autoritaristes par le seul fait qu’ils combattent le néo-libéralisme, est un effet typique de ce deuxième piège.
 
 
Jacques Attali, esprit autrefois brillant et aujourd’hui ravagé par le simplisme, rêvait d’une « hyper-classe » n’étant plus reliée à rien d’autre qu’aux lois du marché mondial, vivant dans un monde sans pesanteur, sans résistance, d’absolue fluidité et de nomadisme permanent. Cette caste de privilégiés devait représenter le summum de l’esprit d’ouverture aux autres, de compréhension, de maîtrise des concepts de l’économie ouverte.
 
Or notre « hyper classe » actuelle est une caste dont le sectarisme et la fermeture d’esprit ont atteint des niveaux jamais connus à travers l’histoire. La réaction des dirigeants d’Air France face à une salariée demandant un dialogue montrait un niveau de morgue, de cynisme et de mépris de l’être humain bien emblématique de leur soubassement mental. Il en est de même des dirigeants de l’ancienne France Telecom, actuellement sous le faisceau de la justice tant leur perversité avait atteint des sommets.
 
En matière de maîtrise des concepts de l’économie ouverte, l’ « hyper-classe » a avant tout assimilé l’art des manœuvres et de la communication permettant de ne tolérer aucune discussion, de traiter leurs semblables comme des déchets, d’usurper toute valeur produite dans l’entreprise à leur bénéfice propre. La protection dont dispose cette « hyper classe » n’est pas la hauteur de vue conférée aux meilleurs, mais les forteresses que tous les imposteurs sont obligés d’ériger, dans la terreur permanente qu’elles éclatent sous le coup de leur illégitimité toujours plus scandaleuse.
 
Ce songe d’Attali (pardon pour le trait d’esprit facile) montre à la fois l’inconscient collectif du néo-libéralisme fondé sur le culte du pouvoir et non de l’indépendance (le terme d’hyper-classe est déjà en soi tout un programme), sa reprise de la lutte des classes en inversant son sens mais en versant dans les mêmes dérives totalitaires, enfin les propres errements d’Attali lui-même. Une intelligence fulgurante lui permettant de tout comprendre, mais un défaut de caractère ne lui permettant pas de résister aux séductions de ce qu’il a fort bien compris.
 
Attali a fini par céder aux ors de la République ainsi qu’à l’apparat des milieux aussi vides que hautains des artisans de la mondialisation. On est loin du jeune conseiller prometteur du PS, de la « Figure de Fraser », ou de sa biographie de Marx, l’une des meilleures et les plus équilibrées qui existent. Il est vrai que rester longtemps dans l’entourage de Mitterrand exposait à un niveau de toxicité auquel seuls les caractères les plus trempés et les plus insensibles aux apparences pouvaient résister.
 
Non le monde n’est pas sans inertie, sans frottement, même avec le secours des technologies du virtuel : ces dernières entretiennent l’illusion que le monde l’est aussi, comme des palets sur une table à coussin d’air n’observant plus qu’une version simplifiée des lois de la mécanique. Et la dualité des racines et des ailes demeure en tout homme. La parfaite fluidité n’existe que dans la vie de l’esprit, mais celle-ci, dans sa version pleinement authentique, se moque du pouvoir et des courses aux positions parce qu’elle est avant tout une itinéraire personnel, une exploration gratuite.
 
 
L’islamisme
 
L’islamisme, c’est la mauvaise conscience de la gauche européenne qui a failli à sa mission de défendre la classe ouvrière contre les ravages du néo-libéralisme en se couchant intégralement devant lui. Elle cherche ainsi à se racheter en soutenant sans condition d’autres « damnés de la terre », y compris lorsque ceux-ci n’ont plus rien d’un statut de victime mais sont des criminels organisés et parfaitement coordonnés. 
 
L’islamisme n’est en rien une conviction et encore moins une foi. L’islamisme est le rejeton de la complaisance, la nôtre, de la justification et de l’excuse permanente donnée à tout migrant musulman, même lorsque celui-ci dérape dans des dérives inacceptables.
 
Qu’importe pour la gauche que de plus en plus de musulmans soutiennent une vision d’arriération sociale ou que de petits caïds sèment la terreur dans leur quartier ou à l’école contre des enfants juifs ou chrétiens, refusent d’apprendre des pans entiers de l’histoire française, abolissent les lois de la République pour imposer leurs règles claniques. La gauche leur donne toujours raison.
 
Ce qui n’était au départ que des phénomènes isolés de délinquance est devenu un sentiment collectif d’impunité et une opportunité d’exercer un rapport de forces croissant. La lâcheté et la complaisance de nos élus est ce qui a permis cette redoutable cohésion d’une part toujours croissante du monde musulman, faisant des petits caïds de quartier une réserve inépuisable de combattants de Daesh, figeant délinquance et terrorisme dans un seul corpus monstrueux et redoutablement coordonné.
 
Nous avons montré précédemment que la trame néo-libérale engendrera toujours de tels monstres, par une réaction totalement condamnable mais inévitable. Cela n’empêche en rien de considérer l’islamisme comme une menace en tant que telle, pourvue de sa puissance autonome et de sa seule responsabilité. En premier lieu parce que lorsque quelqu’un vous menace d’un couteau sous la gorge, il est peut-être exact qu’il a connu un itinéraire social difficile dans son enfance, mais que contrairement à l’antienne de la gauche cela n’a plus aucune importance, la seule action à mener dans cette situation étant de se défendre et de l’abattre. En second lieu parce que bien d’autres ont connu des itinéraires tout aussi difficiles et n’ont pas choisi ce mode de révolte. Encore une fois, la causalité mécanique d’engendrement des monstres sortis du néo-libéralisme ne leur confère en rien une légitimité morale.
 
L’islamisme est en train de franchir, voire a déjà franchi, un point de non-retour où son autonomie propre est totale. La puissance et la perversité de son organisation ont atteint une redoutable cohérence, une coordination qui fait immanquablement penser à celle du nazisme naissant, d’autant plus que les dirigeants démocratiques baignés dans l’inconscient gauchiste leur offrent un oasis munichois. Enfin, il est maintenant environné et soutenu d’une nuée de « collabos », Edwy Plenel en tête, assurant une propagande et une infiltration dans toutes les couches de notre société. Toute la structure est en place, il ne manque qu’un Hitler pour en prendre les commandes.
 
Indépendamment de sa genèse, l’islamisme doit être combattu et abattu de façon implacable, sans question aucune, en considérant même toute atténuation comme de la haute trahison. Dans une hypocrisie générale, tout le monde sait ce qu’il faut faire mais rien ne se passe. Non seulement les fichiers S du « haut du spectre » devraient être expulsés, mais il serait de bon ton de les abattre sans sommation. Les territoires doivent être regagnés en banlieue, le lien direct entre délinquance anti-française et terrorisme n’étant questionnable que pour les imbéciles.
 
Les caïds de quartier doivent être physiquement anéantis et leurs bandes terrorisées. Les rappeurs appelant à « niquer la France » doivent être poursuivis et emprisonnés sous des peines lourdes. Les enseignements de l’école de la République sont non négociables, et le dernier mot doit leur être donné, y compris par la force par une surveillance à poigne dans chaque salle de classe, en adjonction du professeur.
 
Il est malhonnête de présenter comme « respect de l’état de droit » l’actuelle inaction. Avant même que de commencer la discussion, cela induit implicitement qu’il n’y aurait qu’une seule déclinaison possible de l’état de droit, celle d’une justice passive n’intervenant que lorsque l’irréparable est commis, se refusant à toute analyse de risque. En quoi des mesures prophylactiques seraient-elles étrangères à l’état de droit ? Une fois encore, le légalisme et l’humanisme de façade sont le simple paravent de la mauvaise conscience et de la lâcheté. Il est vrai que les décisionnaires de ce type de mesure ainsi que leurs familles ne sont jamais exposés à ce type de menace : notre « hyper-classe » n’est jamais avare de la souffrance et de la terreur infligée aux autres.
 
 
Le leurre concernant l’islamisme est de ne le rattacher qu’à un phénomène religieux, une question de foi ou d’idéologie. C’est ne pas voir le phénomène plus profond de combat contre le néo-libéralisme générant ces idéologies mortifères, qui épousent le même soubassement idéologique que leur ennemi déclaré : le mépris total de l’être humain. Un néo-libéral et un islamiste ont ceci de commun qu’ils représentent les deux méthodes actuelles les plus efficaces de destruction de notre héritage humaniste.
 
L’Islam est l’habit que ce rejet d’égout du néo-libéralisme a choisi d’emprunter aujourd’hui. Demain il empruntera un autre habit, s’emparera d’une autre foi ou d’une autre idéologie à laquelle il clamera une allégeance et une croyance absolues, quand il n’aura agi que par seul effet d’opportunité. L’on s’attaquera alors à cette nouvelle idéologie comme à la dernière frontière des méchants nous empêchant d’atteindre le bonheur de la mondialisation heureuse, et l’histoire se répètera indéfiniment, tant que les flammes n’auront pas été attaquées à leur base, tant que nous ne dénoncerons pas l’anti-humanisme qu’est le néo-libéralisme.
 
On voit ainsi fleurir des débats hallucinants sur les réseaux sociaux, des « discussions » que je n’aurais jamais crues possibles au XXIème siècle. Il y est question de savoir ce qui appartient « intrinsèquement » ou « par essence » à l’Islam, et comparativement aux autres religions. Le tout assorti par chacun d’une défense de sa propre religion comme la seule véritable, les autres n’étant que des religions de pacotille, sous-entendez pratiquées par des êtres de pacotille. La contagion du mépris est décidemment florissante : faut-il que le néo-libéralisme nous ait habitués à considérer l’autre comme un moins que rien, à ce que chacun traite chaque autrui d’untermensch, pour en arriver là.
 
On voit apparaître sur Facebook et Twitter des considérations sur la « vérité intrinsèque » de chaque texte, sur « la véritable signification, fidèle aux origines » de telle ou telle religion. Va-t-on aussi rencontrer les preuves a priori de l’existence de Dieu de Saint-Anselme, et les promesses de bûchers pour ceux qui continuent à dénier le caractère supérieur et seul véritablement authentique de sa propre foi ? Ironie, les sommets de la communication digitale d’aujourd’hui, symboles de la modernité, charrient les remugles les plus arriérés de ce qui n’est ni une foi ni une pensée.
 
Je ne vais pas me faire que des amis et vais sans doute en perdre, notamment parmi ceux très versés dans la religion, en disant que « la vérité intrinsèque », « l’interprétation fidèle aux origines », etc. de toute religion sont des expressions dénuées de sens, et qu’elles mènent tout droit aux pires formes d’intolérance.
 
La vérité d’une religion n’est ni prouvée ni révélée, elle est créée. La « vraie interprétation fidèle aux sources » est le chemin qui se donne les allures de la pureté, mais n’est que celui du plus monstrueux ego.
 
Il faut considérer le fait qu’un texte puisse prendre plusieurs sens, qu’il n’ait pas une seule interprétation « pure et véridique », non comme une faiblesse mais au contraire comme la manifestation de la puissance divine. La puissance est polysémique, en quelque domaine que ce soit, y compris en sciences qui décrit la réalité selon plusieurs modèles parfois même contradictoires. J’entretiens moi-même une foi chrétienne mais je suis partisan de donner à toutes les religions de régulières raclées par les scientifiques en termes de travail et de rigueur de la pensée, les ramenant à l’humilité et leur faisant se demander si elles servent leur divinité ou leur petit ego.
 
Il est mensonger, comme le font certains, de nier que l’islamisme puise ses sources dans l’Islam : il en est bien l’un des versants. Mais il est stupide de disserter à l’infini sur le fait de savoir s’il s’agit du « vrai Islam », si l’Islam est « intrinsèquement et par essence » mauvais et violent : je ne rentre pas dans le début de cette discussion, car sa réponse n’est ni « vrai » ni « faux », la question n’ayant au départ aucun sens, pas plus que pour toute autre religion. Après tout, l’on pouvait poser les mêmes questions concernant le christianisme il y a cinq siècles.
 
Combattre l’islamisme sans aucune merci, et sans aucune complaisance vis-à-vis des soutiens tacites dont il bénéficie de façon croissante au sein même de l’Islam : oui. En revanche, cela reste un combat purement politique, ainsi qu’une question d’orgueil et d’ego. Le fait religieux n’est ici qu’un prétexte qui vient brouiller les cartes et nous entraîner nous-mêmes dans l’arriération si nous rentrons sur le terrain de la « vraie foi ».
 
La seule question valable est de savoir si l’islamisme est en train d’entraîner une majorité de musulmans dans son sillage, même pour en obtenir le soutien silencieux - la petite satisfaction secrète à chaque attentat - tout comme il y a eu un point de basculement où les nazis ont entraîné une majorité d’Allemands dans leur approbation.
 
Ce risque est effectivement à craindre. Nous avons peut-être passé ce point de non-retour. Mais dans ce cas, ce n’est pas par de la théologie que nous y répondrons. Il faut donc renvoyer dos-à-dos l’angélisme persistant de la gauche et du PS en particulier, avec ceux qui en font une guerre de religion. 
 
Seules les actions militaires et policières sans état d’âme sont la bonne réponse, en refusant de rentrer dans le faux débat théologique, pour bien marquer que Daesh n’a aucune légitimité à un débat religieux : faire l’effort de les réfuter serait déjà leur faire trop d’honneur. Nous avons simplement à riposter sans faille en défendant par les armes nos valeurs républicaines, infiniment supérieures à leur foi en carton-pâte.
 
 
La corruption de l’état
 
Ce troisième mal vient accompagner de façon d’autant plus pénible les deux premiers, que nous nous disons à chaque découverte des turpitudes de nos politiques que nous n’avions vraiment pas besoin de cela en ce moment.
 
Je ne m’étendrai pas sur la façon dont les serviteurs de l’état ou de l’économie détournent presque à chaque instant les biens dont ils ont la charge à des fins personnelles. D’autres l’ont fait bien avant et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire : je renvoie le lecteur aux remarquables ouvrages d’investigation de Sophie Coignard (« L’oligarchie des incapables », etc.).
 
Passons-donc directement au leurre relatif à cette troisième cible. Les turpitudes de la haute fonction publique française et sa consanguinité avec la direction des grandes entreprises ont fourni quantité d’arguments à des libéraux acharnés, qui ont beau jeu d’y voir la malfaisance inévitable de l’Etat. Leur solution est d’appeler à un démantèlement drastique de celui-ci : le remède au capitalisme de connivence et aux conflits d’intérêt serait de se jeter dans les bras du néo-libéralisme.
 
Ont-ils observé que notre « élite » du capitalisme de connivence s’est pourtant déjà fort bien accommodée du discours néo-libéral, en étant le principal porteur au sein des instances de l’Union Européenne ? Le néo-libéralisme n’est pas l’opposé ni l’antidote des pratiques incestueuses de la haute fonction publique française : les corruptions de l’état ne sont qu’une autre des sous-productions du néo-libéralisme, l’une des déclinaisons de son culte du pouvoir et de sa course aux positions et à la réussite considérées comme des buts en soi.
 
Qu’importe que cela aboutisse à des violations patentes des règles d’une économie de marché bien réglée : le néo-libéralisme n’admet que l’appétit de pouvoir comme seul règle, le bien commun devant nécessairement en résulter. Le néo-libéralisme aura finalement décliné toute la palette des possibles du mépris de l’être humain, la morgue de la haute fonction publique dévoyée n’en étant que l’un des aspects, qu’elle soit à la tête des grandes administrations ou des entreprises du CAC 40. C’est la raison pour laquelle – contrairement à l’antienne néo-libérale – nos énarques se sont très bien coulés dans le moule de la dérégulation économique totale. L’apparente contradiction ne sera incomprise que de ceux qui chantent l’esprit d’entreprise en purs théoriciens, sans jamais y avoir mis les pieds.
 
 
Et l’extrême droite dans tout cela ?
 
J’entends déjà des voix me signalant une quatrième menace oubliée, celle de l’extrême-droite, alerte appuyée par des résultats électoraux montés en flèche dans toute l’Europe.
 
Soyons clairs : je ne me rallierai pas au FN, mais ne suis pas dupe du discours qui le brandit comme une menace fasciste. Les raisons de cette position en sont fort bien expliquées dans cet excellent article de « L’œil de Brutus » :
 
 
Le FN a été depuis 30 ans l’alibi de ceux qui ne voulaient pas – ou n’avaient pas le courage – d’affronter les trois menaces pré-citées du présent article : l’urgence de la lutte contre la « menace fasciste » permettait d’ajourner indéfiniment les actions à entreprendre contre les maux réels.
 
Qui plus est, la façon dont l’électorat du FN peut être considéré ne peut plus suivre le schéma simple et commode de la période où il ne faisait que 5% des scores électoraux. Si je ne tiens pas à me rallier au FN, j’attache beaucoup d’importance à maintenir un dialogue constant avec ses électeurs.
 
Dans les années 1970, la question du FN était simple à traiter : constitué d’un ramassis de nostalgiques de l’OAS, souvent ennemis jurés de la république par anti-gaullisme, d’intégristes catholiques, de frustrés refoulés et de quelques skinheads avinés, il était aisé de les considérer comme des arriérés bas-de-plafond.
 
La classe politique française a refusé de voir que la situation est autrement moins facile à présent. Il y a maintenant au FN des personnalités intellectuellement brillantes et – j’ose le dire – parfois des hommes et des femmes de très grande valeur.
 
Afin de montrer que la situation est devenue extraordinairement complexe et doit se refuser à tout simplisme, je citerai le cas de l’un de mes très grands amis, qui a inspiré l’un de mes textes – « Antidote » - de défense contre l’antisémitisme. Cet homme n’est ni un « bas-de-plafond », c’est un mathématicien et informaticien de très haut niveau, ni un aigri, il a monté une start-up avec grand succès en parallèle de son poste de professeur à l’université et en aucun cas un raciste ou un xénophobe. Juif, il puise dans le talmud qu’il connaît très bien de passionnantes références. Or ce grand ami soutient le FN depuis maintenant quelques années.
 
Son itinéraire est plus qu’instructif. Issu d’une famille très modeste de l’immigration sépharade, il s’est élevé à la force du poignet par l’instruction et le travail au sein de l’école de la république, avec les très brillants résultats mentionnés plus haut. Il vouait pour cette raison une quasi vénération à notre système éducatif français. Dans ses jeunes années, il était socialiste et hussard noir de la république comme peu le sont, par un attachement irrémissible à ce qu’était l’éducation nationale de notre époque.
 
La démolition systématique de ce système qui représentait la lumière et le savoir par les différents gouvernements fut pour lui un drame personnel, l’effondrement du temple de la connaissance, du bien méritocratique et d’une part de sa vie. Cela ne l’empêcha pas de mener brillamment son chemin, mais toute sa recherche politique s’orienta vers ceux qu’il estimait être encore les gardiens des valeurs de la république. Après quelques passages auprès de l’UMP, et de nouvelles déceptions, un homme de ce calibre considéra que les meilleurs défenseurs de ces valeurs étaient le FN, même si je suis sur ce point en complet désaccord avec lui. Ceci pour illustrer que les jugements lapidaires sont à présent à ranger au placard, et que les discours d’intolérance ne sont plus là où on les attend.
 
De même, le FN étant passé en quelques décennies de scores de 5% à 30% lors des élections nationales, faut-il considérer que 25% de la population était constituée d’honnêtes citoyens démocrates, qui se sont tout à coup couvert d’immondes pustules les rendant infréquentables à la minute même où ils ont glissé un bulletin FN dans l’urne, comme dans un mauvais film d’horreur sur les mort-vivants ?
 
Il faut sortir de cet infantilisme politique et tenter de comprendre. Ce qui marque notre époque est une sur-sophistication technologique cachant une misère intellectuelle et morale, une incapacité à raisonner et analyser, remplacées par le jet d’anathèmes. Là encore, l’arrivisme néo-libéral a commis des ravages, car ce mode d’argumentation est celui de la soif maladive de pouvoir, devenu la seule valeur admissible mais jamais avouée de notre société post-moderne.
 
On remarque ainsi que le terme « populiste » désigne de moins en moins souvent de véritables démagogues, mais ceux qui ont la manie très dérangeante et salvatrice de confronter les discours théoriques à l’épreuve de l’expérience réelle, ce qu’aucun politicien contemporain ne peut supporter. Tout ce qui peut avertir que le roi est nu est considéré comme infiniment plus dangereux et subversif que les entreprises de démolition de notre civilisation et de nos institutions décrites plus haut. Je n’ai aucun problème dans ce cas, à être qualifié de populiste.
 
Je ne sais quel sera l’évolution des partis politiques dans la France des prochaines années. Mais face aux trois menaces que nous venons de décrire, voir comme premier danger la montée du fascisme quand nous avons maintenant affaire en grande partie à des hommes et des femmes de bonne volonté, a quelque chose de plus en plus indécent et fallacieux.
 
Les soi-disant tenants de la société ouverte sont devenus à ce titre d’un aveuglement et d’une rigidité mentale qui les rend chaque fois un peu plus désemparés en voyant les scores croissants de formations comme le FN ou équivalentes dans d’autres pays développés, à commencer par celle de Donald Trump aux Etats-Unis. En restant braqués sur le principal alibi à leur paresse intellectuelle et à leur lâcheté, ils en viennent à ignorer les trois menaces autrement plus graves que nous devons affronter, toutes trois issues de cette formidable entreprise de démolition systématique de l’être humain et de perversion des valeurs méritocratiques qu’est le néo-libéralisme.
 
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EVITER la guerre civile ! (un article d'André Gerin, député-maire honoraire de Vénissieux)

28 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch

Publié par El Diablo

 

André GERIN

André GERIN

N.B. : cet article a été publié initialement le samedi 16 juillet 2016:

L’attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le 14 juillet est le carnage de trop, il sonne le tocsin. Non, rien ne peut plus être comme avant. Nous ne pouvons plus continuer à vivre comme si de rien n’était. Nous avons tous pris conscience que le pire est peut-être devant nous. C’est le sentiment qui prédomine au lendemain de cette tragédie.

Ces massacres, au nom de la haine de la France, doivent de toute urgence, déboucher sur une mobilisation de la Nation tout entière. Un diagnostic vital reste à réaliser. Il s’impose avec force aux autorités du pays.

J’ai l’intime conviction que notre société renferme des germes de guerre civile. Le terreau est favorable au terrorisme qui lui-même est lié aux trafics de drogue, aux mafias et à la misère endémique. Oui, je le dis et le redis haut et fort, la France est gangrenée par l’islamisme.  Un débat démocratique s’impose plus que jamais avec une exigence de dignité républicaine pour toute la classe politique. Le moment est venu d’ébranler nos certitudes ainsi que nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.
La réponse doit contenir les moyens sans précédent que nous devons consacrer pour réduire les risques d’attentats sur notre territoire, dans les années à venir. Car, nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population de nos villes. C’est bien là le dilemme national auquel nous devons faire face. Il nous impose de le placer en tête de toutes nos priorités.

Peur et exaspération face à l’impuissance et l’hypocrisie peuvent conduire à des violences et à l’éclatement de la communauté nationale.

De l’audace, du courage politique et de la fermeté, c’est ce qu’attendent les français. L’impératif du retour à l’autorité régalienne de l’État est à l’ordre du jour : ne rien laisser passer, tolérance zéro, ça va des incivilités aux actes criminels, au non-respect de la loi dans tous les lieux et pour tous les domaines.

Je crois que la République nous appelle parce que nous avons mal à la France. C’est le moteur essentiel pour ressouder tout le pays. L’identité de la France est notre combat républicain d’aujourd’hui. C’est notre combat vital.

 

André GERIN

 

SOURCE:

 

 
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Un BIG-BANG POLITIQUE s'impose de toute urgence - Une lettre à François Hollande, Président de la République (par André Gerin)

28 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch

Publié par El Diablo

 

 

Un BIG-BANG POLITIQUE s'impose de toute urgence - Une lettre à François Hollande, Président de la République (par André Gerin)

Lettre à François Hollande
Un big-bang politique s'impose de toute urgence


 

Madame, Monsieur,

J'ai adressé un courrier à François Hollande, Président de la République, hier matin, mardi 26 juillet. Hasard de l'actualité. Un nouvel attentat barbare de l'État islamique était en train d'avoir lieu à Saint-Etienne-du-Rouvray, ciblant une église. Le prêtre a été égorgé. 

J'ai entendu les propos du Président de la République, François Hollande, hier au soir, prôner l'union nationale. J'ose espérer qu'on ne tournera pas autour du pot. Je ne voudrais pas que l'on se retranche derrière l'État de droit car, rien ne nous empêche, d'avoir des ripostes plus fortes et plus fermes. C'est le sens du courrier que je lui ai adressé. Comme je lui propose, un big-bang politique s'impose de toute urgence.  C'est aussi ce qu'attendent impatiemment les Français devant cette menace omniprésente dans la vie quotidienne. 

Ci-joint, le courrier en question.

Cordialement

André GERIN

A n d r é     G E R I N
Député-Maire Honoraire de Vénissieux
27 rue Francis de Pressensé
69190 SAINT-FONS


Monsieur le Président de la République, Cher François,

J’ai écouté attentivement vos interventions lors du soutien que vous avez exprimé en direction des familles des victimes de l’attentat de Nice et plus largement au peuple niçois. C’est en ma qualité de communiste et républicain que je me permets de réagir car je considère que l’heure est grave.

Dans votre discours, vous avez appelé la France « à faire bloc », en leur assurant que « l'exécutif ne céderait pas face à une guerre que le terrorisme nous livre ».

Cet appel ne sera entendu que si vous affichez votre détermination et votre fermeté pour lutter contre le terrorisme. Les Français veulent avoir la certitude que le gouvernement met tout en œuvre pour les protéger. Jusqu’à ce jour, le peuple a fait preuve d’une infinie patience, d’un remarquable sang-froid face à la barbarie et aux violences quotidiennes qui traversent notre pays. Mais jusqu’à quand cette patience va-t-elle durer ?
Notre démocratie est en danger. Le délitement de la société que l’on a tous constaté, contient des germes de guerre civile. Il ne faut pas non plus exclure un séisme d’une ampleur inconnue que la crise politique et sociale peut provoquer.

Un big-bang politique s’impose de toute urgence. C’est une initiative inédite qui vous appartient et dont vous pouvez avoir l’autorité. Elle doit être solide et durable sur cinq ans sur la question du terrorisme, avec la mise en commun d’un diagnostic partagé et l’apport de réponses politiques prépondérantes. Vous avez d’ailleurs franchi un premier pas lorsque vous avez remercié la gauche comme la droite d’avoir voté le prolongement de l’état d’urgence. Notre pays vit une terrible épreuve. C’est peut-être l’occasion pour vous, Président de la République, de réunir, sans a priori, toutes les forces politiques républicaines. Un geste fort qui permettrait de créer une réelle dynamique. Car un diagnostic vital de la situation de notre pays est obligatoire.

Gauche comme droite doivent nécessairement changer leur logiciel et sortir de leur condition partisane tellement surannée et rejetée par la majorité des électeurs. Il ne faut pas que se reproduise le spectacle minable qu’une partie de la droite nous a servi au lendemain de l’attaque terroriste de Nice, tellement obnubilée par les élections de 2017. Le Parti socialiste avait eu des agissements analogues lors des attentats de Montauban et de Toulouse en 2012.

Les Français, durement éprouvés, en ont plus qu’assez de la vie politique telle qu’elle fonctionne dans notre pays. Le moment est donc venu d’ébranler nos certitudes, nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.

Nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population et dans nos villes. Le terreau sur lequel les terroristes islamistes nourrissent leur violence est lié aux trafics de drogue, d’armes et à la misère endémique.

Je l’affirme haut et fort : Oui la France est gangrenée par l’islamisme. Depuis les années 1990, nous savons où se loge la radicalisation qui s’est développée et n’a cessé de se renforcer. C’est dans les banlieues que les idéologies islamistes et salafistes se sont implantées. Cette période a connu l’arrivée en masse, d’anciens islamistes algériens du Front islamiste de salut, mais également celle du Groupe islamiste armé (GIA), époque où ils ont quitté l’Algérie en pleine guerre civile (Nice et ses environs sont apparus comme des destinations géographiques évidentes). Personne dans le Rhône, n’a oublié Khaled Kelkal, membre du GIA, impliqué dans plusieurs attentats meurtriers au cours de l’été 1995 dont celui du métro Saint-Michel – huit morts et 117 blessés.

A partir de cette période, une véritable idéologie de rupture et de haine de la France s’est développée, pourrissant la tête de nos gamins et la vie de nos quartiers. Elle s’est insinuée tel un virus idéologique, communautariste, antisémite, complotiste, anti France et anti-blanc, diffusant en continu sa haine de la France. En 2004, j’ai fait expulser de France, l’imam Bouziane de Vénissieux, l’un des responsables salafistes au plan national. Rappelons-nous les trois semaines d’émeute en novembre 2005, sous influence des islamistes. Leur cible prioritaire : brûler des voitures et frapper les symboles de la République. 800 communes touchées. Des milliers de voitures incendiées et des centaines de symboles de la République visés.

Reconnaissons-le honnêtement : Oui, il y a des territoires perdus de la République.

Quand les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques, le constat est clair : le quartier n’est plus black, blanc beur, c’est le communautarisme qui prédomine et la loi de la charia qui devient la norme dans l’espace public. Certes avec effroi, nous observons que ceux qui applaudissent les crimes et la barbarie à Charlie Hebdo, l’hyper casher et Nice, ont pour héros Kelkal ou Mérah.

Certains de nos adolescents ne se considèrent pas comme étant français. Ils sont d’abord et avant tout musulmans. Ils l’affirment avec arrogance et nous distillent les discours préformatés et victimaires qui leur ont été inoculés. Ce sont les mêmes qui contestent violemment les cours d’histoire, de biologie ou de sciences naturelles. Dans de nombreux territoires de notre pays, sévissent enfermement et endoctrinement qui révèlent la dimension prégnante de l’islam politique. Cette emprise idéologique, culturelle et spirituelle est une entrave à l’intégration républicaine. Elle est toujours sous-estimée, voire ignorée et pèse lourdement sur la communauté musulmane.

C’est cette chape de plomb idéologique qu’il faut faire sauter car elle nourrit l’amalgame. Avec l’islam instrumentalisé, sont mises en avant des revendications ethno-religieuses portées par des jeunes radicalisés, en voie de délinquance, qui deviennent la proie des salafistes.

Monsieur le Président, nous ne pouvons plus tourner autour du pot quoi qu’il en coûte à notre confort personnel, intellectuel et politique avant que la société n’explose. Renforçons les mesures sécuritaires et militaires. Faisons-le sans état d’âme.

Sortons de l’emprise de ceux qui opposent sécurité et liberté et de cet angélisme culpabilisant. Refusons sans ambages les postures désarmantes encore vivaces à gauche, relayées par des médias et des intellectuels, au nom de la culture de la tolérance et du doute, et condamnons les discours gauchistes anti-flics et anti-Etat qui écœurent les classes populaires, dégoûtées par ce catéchisme moral et anti raciste.

Là-aussi, monsieur le Président de la République, le gouvernement ne doit pas transiger. Je pense que nous devons nous diriger vers une concorde nationale.

Droite et gauche doivent s’unir face à cet impératif : assumer le diagnostic commun en définissant l’ennemi intérieur. C’est la seule manière de lutter contre la barbarie de l’idéologie islamiste. C’est ce qu’attend le peuple de France. De l’audace, du courage politique et de la fermeté.
J’ai quelques propositions à vous soumettre :


 

  • Dans l’immédiat, le retour renforcé de l’autorité régalienne de l’Etat et la remise en cause du laxisme pénal. La hausse massive des budgets régaliens et de sécurité est prioritaire dès maintenant. Nous devons apprendre à vivre avec le risque terroriste pour renforcer la cohésion nationale.
  • Lorsque j’étais député, j’avais déposé le 11 mai 2005, la proposition de loi n° 2316 relative à la création d’un service civique national obligatoire, mixte, dès l’âge de 16 ans. C’est peut-être une idée à reprendre afin de renouer avec l’esprit du service militaire de conscription, en finir avec les cloisonnements et la ghettoïsation, recréer la cohésion autour de la Nation et faire revivre l’esprit patriotique.
  • La loi contre le port du voile intégral doit être appliquée. Il ne faut plus tergiverser sur ce sujet. Cela nécessite de véritables moyens dans les commissariats de police concernés mais aussi, d’impliquer directement les responsables du culte musulman dans leur coresponsabilité vis-à-vis de la loi républicaine.
  • Mettre hors d’état de nuire les terroristes potentiels, revoir la question des frontières nationales. Elles sont à réhabiliter en terme de protection. Par ailleurs, il y a obligation de retrouver la maîtrise des flux migratoires. 

J’ai la conviction qu’il nous faut franchir une étape sans précédent pour rétablir l’ordre républicain et redonner à l’État, son autorité et sa légitimité. Voyons ce qui se passe depuis le 14 juillet, voitures brûlées, caillassage, guet-apens, et ces jours-ci dans l’Oise, à Beaumont-sur-Oise et dans les environs. Pour moi il n’y a pas de hasard, tout se tient.

Cette réalité enkystée dans la société depuis plusieurs décennies, entretient ce que j’ai coutume d’appeler une gangrène où tous les oiseaux de malheur, trafiquants et salafistes en profitent pour pourrir la vie et la République. Il faut en finir avec cette banalisation et appliquer la tolérance zéro. Cela va des incivilités, aux actes criminels, en passant par le non-respect de la loi, dans tous les lieux et pour tous les domaines.

Voilà, monsieur le Président de la République, cher François, ce que je souhaitais vous exprimer suite à votre appel.

Dites aux Français que vous avez confiance en eux, comme chef de guerre contre le terrorisme islamiste.

Dites à nos concitoyens musulmans qu’ils doivent se mobiliser autour d’un islam spirituel compatible avec la République et contre ceux qui instrumentalisent leur foi, en dénonçant les intégristes, les idéologies salafistes et les frères musulmans.

Affirmez votre détermination et votre fermeté. C’est un appel à la mobilisation de tous, de tous les instants afin de créer un grand mouvement populaire et citoyen pour un sursaut républicain et un réveil civique.

Car nous avons tous mal à la France.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Cher François, l’expression de ma haute considération.


André GERIN

SOURCE:

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Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

Si de charmantes demoiselles sont capables d'amadouer le roi de la taïga, l'aigle américain manque, lui, cruellement de charme. Aussi n'est-il pas étonnant que l'ours ait tendance à lui voler dans les plumes ces derniers temps, que ce soit dans les travées du pouvoir à Washington ou sur le terrain syrien.

L'affaire du piratage informatique du Parti démocrate continue de faire parler. Moscou nie totalement son implication et parle de petits jeux politiciens internes. Lavrov s'est même fendu d'un commentaire pour le moins tranchant quand, interrogé par une journaliste, il a répondu en ces termes : "Je n'ai pas envie d'utiliser un mot en quatre lettres" [pour les non anglophones, il s'agit de "f.u.c.k"]

Point final, donc, nous ne serions qu'en présence d'une pauvre échappatoire du sérail démocrate afin de cacher ses turpitudes ? mmm, pas si simple... Les avis sont très divergents, l'affaire commence à prendre des proportions importantes et à partir dans tous les sens.

Pour Moon of Alabama, il ne faut y voir qu'une (habituelle) cabale anti-russe, le site rappelant d'ailleurs que l'hilarante a elle-même bénéficié de largesses financières du Kremlin : plus de 2 millions de dollars pour la Fondation Clinton et 500 000 pour le désœuvré Bill, sans doute jaloux de sa femme. Notons d'ailleurs que voilà Poutine en quelque sorte maître de l'élection américaine, les deux candidats étant d'une certaine manière ses obligés.

Zero Hedge n'est plus tout à fait sûr de la non-implication de Moscou, relevant que le fameux Guccifer 2.0 utilise plusieurs programmes en langue russe alors qu'il assurait ne pas la connaître. Barack à frites lui-même a lancé quelques insinuations. Quant aux secteurs conservateurs du spectre politique états-unien, ils sont eux aussi convaincus de la participation russe... et s'en félicitent ! Buchanan propose même le Pulitzer pour Poutine.

Décidément, il est difficile d'y voir clair. Il est assez évident que Trump a la préférence du Kremlin. Son refus de soutenir les djihadistes syriens, le réalisme de son entourage (visite de son conseiller en politique étrangère à Moscou, critique de Flynn sur la folle politique de Washington), sa prise de distance avec l'OTAN, son isolationnisme... tout cela ne peut que plaire à Moscou (et ailleurs, soit dit en passant). Surtout qu'en face, l'hilarante fiancée de Goldman Sachs et des néo-conservateurs serait plutôt sur la lancée d'un George Bush Jr. Alors, Vladimirovitch a-t-il décidé de donner un petit coup de pouce à Donald ?

Syrie justement. Nous avions évoqué en juin le curieux et culotté bombardement russe sur une base près de la frontière jordanienne :

F18 américains et Sukhois russes se sont retrouvés presque nez-à-nez dans le sud du pays. Pour être tout à fait honnête, la responsabilité de l'incident incombe surtout aux Russes qui ont pris les Américains à leur propre jeu. C'est le bien informé Moon of Alabama qui nous en offre l'explication.

Depuis des mois, Washington tente de dissuader Moscou de bombarder Al Qaeda arguant du fait que rebelles "modérés" soutenus par les Etats-Unis et djihadistes combattent côte à côte et que les premiers pourraient être malencontreusement tués, les pauvres choux. Passons sur le fait que les Américains admettent ouvertement soutenir les alliés du groupe de Ben Laden ; les victimes du 11 septembre doivent se retourner dans leur tombe, mais plus rien ne nous étonne désormais de ce qui vient d'outre-Atlantique...

Le pathétique argument de Washington - Il est difficile de séparer les modérés des djihadistes, laissez-nous plus de temps - fait perdre patience aux Russes qui voient dans ces manoeuvres dilatoires un moyen de sauver les djihadistes syriens. Aussi sont-ils allés, sans crier gare, bombarder les seuls rebelles vraiment modérés du pays, tout au sud près de la frontière jordanienne, au nez et à la barbe de leurs protecteurs. Aux cris d'orfraie américains, le facétieux Kremlin a ironiquement répondu en reprenant presque mot pour mot les propres explications de Kerry : "Des airs, il est difficile de distinguer les différents groupes rebelles". Le message est-il passé ?

Nous en savons un peu plus maintenant. C'était apparemment une base américaine utilisée par les forces spéciales US et britanniques ! S'il n'y a pas eu de morts autres que quelques rebelles entraînés par lesdites forces, il semble qu'une vingtaine de soldats anglais aient été présents seulement la veille. Bref, on est passé tout prêt d'une crise majeure.

Or il est intéressant de noter la sécheresse de la réponse russe : "La coalition [sous direction US] est la seule responsable du risque couru par ses soldats puisqu'elle refuse de partager les informations". Emballez c'est pesé, on voit qui est le patron en Syrie désormais...

Le bombardement a creusé un peu plus les divisions déjà béantes au sommet du pouvoir américain : la Maison blanche et le Département d'Etat ont décidé d'ignorer l'incident et de continuer les discussions avec Moscou, ce qui a rendu furieux la CIA et le Pentagone qui crient à la capitulation. De fait, il semble bien que Washington laisse désormais les mains libres aux Russes en Syrie, ce qui pourrait expliquer la tentative un peu désespérée et assez grossière des Seoud proposant à Poutine monts et merveilles ("la Russie sera encore plus puissante que l'URSS") s'il lâche Assad.

S'il se confirme qu'Obama a définitivement jeté l'éponge, Moscou, Damas et Téhéran ont six mois pour finir la guerre, avant la prise de fonction du prochain occupant de la Maison blanche. Avec Trump, Poutine aura carte blanche de toute façon. Si c'est Clinton, les néo-cons ressortiront la tête de l'eau mais il sera un peu tard.

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Prise d'otages dans une église près de Rouen: les deux assaillants «neutralisés», le prêtre tué

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #le salafisme, #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère, #Politique intérieure

L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen où a eu lieu la prise d'otages mardi matin.

L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen où a eu lieu la prise d'otages mardi matin.

Prise d'otages dans une église près de Rouen: les deux assaillants «neutralisés», le prêtre tué
Alors qu'une prise d'otages était en cours ce matin dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, les deux assaillants ont été "neutralisés", indique le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon des sources policières interrogées par Le Figaro, le prêtre de l'église a été égorgé. Une des personnes retenues a été blessée.
 
 

Une opération policière a permis la neutralisation des deux preneurs d’otage. Suivez l’événement en direct.

Une prise d’otage est en cours dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, une commune de Seine-Maritime. « Deux individus armés d’armes blanches sont entrés dans l’église par derrière, et ont pris cinq personnes en otage », indique au Figaro une source policière.

Les otages sont le curé, deux sœurs et deux fidèles. Une autre sœur a pu quitter les lieux et donner l’alerte. La BRI est en cours d’intervention.

EN DIRECT - Deux assaillants ont pris mardi matin en otage un curé, deux soeurs et deux fidèles à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Suivez l'événement en direct.

A VENIR : Début du direct : le 26/07/2016 à 11:00

EN COURS : Mis à jour à 11:38

TERMINE : Fin du direct : non précisé

à 11:37
Les deux forcenés ont fait irruption pendant la messe
 
Les premiers éléments de l'enquête indiquent que les deux forcenés se sont introduits derrière l'église, pendant la messe qui était suivie par quatre fidèles, dont deux soeurs. L'église est située rue Gambetta. Ils étaient en possession d'armes blanches. Selon des sources policières, au moins l'un des deux forcenés portait une barbe et une chachia, petit bonnet de laine porté par les musulmans.  
à 11:30
Au moins un mort et un blessé dans la prise d'otage
 
Au moins une personne a été tuée dans la prise d'otages dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Selon des sources policières, il s'agit du prêtre qui aurait été égorgé. Un autre fidèle a été blessé. Le ministère de l'Intérieur indique que le bilan pourrait encore être amené à évoluer.
à 11:28
François Hollande se rend sur place
 
Le président de la République se rend sur place, annonce la présidence de la République. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, est aussi en route.
à 11:26
Saint-Etienne-du-Rouvray, une ville de la métropole de Rouen
 
à 11:24
La Brigade de recherche et d'intervention est sur place
 
Les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention sont intervenus sur place, appelés par une soeur qui a réussi à quitter l'église au début de la prise d'otage. Ils ont abattu les deux assaillants lorsqu'ils sont ressortis sur le parvis de l'église.
à 11:17
Prise d'otage dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray
 
Deux personnes ont pris en otage mardi quatre fidèles et un prêtre dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Selon deux sources policières, le prêtre a été égorgé par les assaillants, et une personne a été blessée. Les deux assaillants ont été abattus par la BRI lorsqu'ils sont ressortis par le parvis.
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Des CHARS ALLEMANDS dans les PAYS BALTES à 150 km de Léningrad...

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #La Russie, #La guerre

Publié par El Diablo

 

Des CHARS ALLEMANDS dans les PAYS BALTES à 150 km de Léningrad...

Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ?  Il fut un temps où elle s’appelait Léningrad.

L’ignorance de l’Histoire étant devenue une caractéristique des jeunes générations, rappelons que le siège de Leningrad par les troupes allemandes a commencé début septembre 1941. Parties des pays baltes conquis en juillet-août, les divisions allemandes du groupe d’armée nord de la Wehrmacht sont arrivées à proximité de la ville en quelques jours. Avec l’ordre d’Hitler de « raser Leningrad de la surface de la terre », elles passent à l’attaque et se heurtent à une résistance acharnée au point que les Allemands décident d’en faire le siège. Il a duré 872 jours pour se terminer en janvier 1944. Il a coûté la vie à 1.800.000 personnes, dont 1.600.000 Russes parmi lesquels un peu plus de 600.000 sont morts de faim. Mais la population de la ville et les forces soviétiques ont tenu bon. Cette ville est devenue, avec Stalingrad, un symbole de la résistance à l’envahisseur et des souffrances infligées par la Wehrmacht. Pendant trois ans, la formidable résistance de Leningrad a fixé sur place une partie importante de l’armée allemande, rendant impossible la conquête de l’URSS. La ville de Leningrad est une de ces grandes villes martyres de la Seconde guerre mondiale. Une de ces villes russes, innombrables, dont la conquête, réussie ou pas, a affaibli considérablement les capacités militaires de l’Allemagne d’Hitler.

Aujourd’hui, 72 ans après l’échec allemand devant Leningrad, des blindés allemands, frappés de la croix de fer, héritée de la Wehrmacht et restée le symbole de la Bundeswehr, se déploient, une nouvelle fois, à 150 km de la ville. Précisément dans les pays baltes – aujourd’hui dirigés par des gouvernements d’extrême-droite – d’où ils lancèrent l’offensive vers Leningrad.

On ne peut plus parler aujourd’hui, et nul ne s’en plaindra, de militarisme allemand comme on le faisait à bon droit tant avant 1914 qu’avant 1940. Mais il faut parler dans le même sens donné à cette expression, de militarisme américain. Les Etats-Unis d’Amérique ont besoin d’un ennemi pour justifier leur « leadership » mondial, comme dieu a besoin du diable pour justifier son existence. Et les va-t-en guerre à la tête des armées US représentent une menace permanente pour la paix du monde. D’autant qu’ils peuvent compter sur la servilité des dirigeants européens.

Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux.  L’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie (ainsi que rappelé dans un excellent article de la revue Foreign Affairs, 29 octobre 2014). Les USA, avec des complicités européennes, ont fomenté des révoltes initiées par des ONG locales financées par les USA et l’UE. En utilisant habilement le ressentiment bien légitime des populations pour les épreuves subies du temps de l’Union soviétique, ces révoltes ont d’abord suscité de la part du pouvoir en place, démocratiquement élu, une répression qui a servi de prétexte à des rapports d’ONG internationales de défense des droits de l’Homme, financées elles aussi, par les USA et l’UE. Ces ONG internationales, peu le savent, sont financées pour stigmatiser les gouvernements que les USA et leurs vassaux européens veulent renverser, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas. C’est ce qui s’est passé en Ukraine et en Géorgie. En Serbie, pour affaiblir un allié traditionnel de la Russie, le choix fut le démembrement du pays au prix d’une guerre illégale au regard du droit international et la création d’un Etat artificiel, le Kosovo, devenu aujourd’hui un Etat mafieux. Le but : encercler la Russie d’Etats passés sous le contrôle de l’OTAN.

Le renversement en Ukraine d’un gouvernement démocratique remplacé aujourd’hui par un gouvernement où domine l’extrême-droite fascisante et raciste a suscité la réaction de Moscou, mais aussi de populations russophones à l’est du pays ainsi que la rétrocession à la Russie de la Crimée par une population qui ne demandait que cela depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En effet, dès 1992, le parlement de Crimée demandait déjà sa sortie de l’Ukraine. Le résultat du référendum approuvant cette rétrocession n’aurait pu être contesté si Moscou avait eu la malice de demander à l’ONU de l’organiser. Mais il est probable que les membres permanents occidentaux du Conseil de Sécurité de l’ONU auraient refusé cet exercice démocratique.

Car, ce que les Occidentaux appellent « l’annexion de la Crimée » leur est trop utile. Il leur offre le prétexte rêvé pour désigner un nouvel ennemi dont ils ont tant besoin pour satisfaire les attentes de leurs complexes militaro-industriels. Et imposer un embargo sur la Russie dont les producteurs Européens sont les principales victimes. Et installer des troupes dans les pays limitrophes de la Russie. Et organiser en Pologne et dans les pays baltes des manœuvres réunissant des dizaines de milliers de soldats qui sont autant de provocations adressées à la Russie.

Après les manœuvres organisées en mai qui ont vu, comme en 1941, des soldats espagnols (la brigade BRILAT aujourd’hui, la Division AZUL hier) aux côtés des troupes allemandes, des décisions récentes prises à Hanovre puis à Varsovie, sur ordre des USA, vont amener des éléments blindés allemands à opérer de nouveau à proximité de la Russie.

De la Mer Baltique à la Mer Noire, l’OTAN a érigé une ligne offensive – a « front line », pour parler comme eux – contre la Russie. L’OTAN met en oeuvre une véritable politique d’encerclement qui peut conduire au pire.

Jusqu’où ira l’obsession guerrière des USA ? Jusqu’où ira la servilité européenne ?

En mai dernier, quelques jours avant le 75e anniversaire du déclenchement de l’opération Barbarossa, nom donné à l’invasion de l’Union soviétique, des chars allemands frappés de la croix de fer se sont déployés de nouveau à 150 km d’une ville qui s’appelait alors Leningrad.

Réfléchissons et résistons.

Raoul Marc JENNAR

Le 22 juillet 2016.

 

SOURCES:

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UKRAINE, la marche de la paix arrive demain 27 juillet 2016 à Kiev, si tout se passe bien...

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La nation ., #La République, #Ukraine, #le nazisme, #L'OTAN., #La paix

UKRAINE, la marche de la paix arrive demain 27 juillet 2016 à Kiev, si tout se passe bien...

Bonjour.

Après Gandhi, après Martin Luter King, après Nelson Mandela, voici un autre exemple de la force de la non-violence. Depuis un mois environ sont parties deux processions de la paix, l’une de l’ouest de l’Ukraine (région de Lviv) et l’autre de l’est de l’Ukraine (région de Karkov), pour converger le 27 juillet à Kiev, la capitale. Le symbole est fort, il démontre que la prière et les icônes de paix - essentiellement ceux en l’honneur de la vierge Marie, le mère de jésus Christ – sont plus fort que la guerre et que les brutes barbares qui la servent.

En Ukraine ces barbares sont les soudards nazis de Pravy Sektor à la solde de l’Empire du bien. En d’autres lieux ces soudards sont les djihadistes takfiristes assoiffés de sang et capables de toutes les barbaries - égorger un enfant de 10 ans à l’arrière d’une camionnette, brûler vives dans des cages d’acier des femmes yézidies à Mossoul qui avaient refusé de devenir les prostitués de ces sauvages - afin d’imposer par la terreur et l’effroi l’ordre mondial.


Il est réconfortant de voir que la voix de l’humanisme caractérisant la pensée universelle puisse se manifester dans un pays voué au chaos constructeur par les psychopathes qui dirigent le monde. Ce pays est l’Ukraine, dans lequel les forces obscurantistes ont réalisé d’horribles massacres (la maison des syndicats à Odessa le 2 mai 2014) ; ce qui prouve que la paix et la justice peuvent triompher, même lorsque tout semble perdu.


Merci aux ukrainiens pour ce courage et cette détermination, merci pour ce message de paix. Ils sont à un jour de l’arrivée à Kiev, notre rôle est de les accompagner dans cette marche en faisant connaître cette initiative le plus largement possible, afin que nos responsables alertés par nous ne puissent fuir leurs responsabilités comme c’est souvent le cas hélas.

Dans la vidéo ci-dessous, vous pourrez observer cette marche lorsqu’elle est confrontée aux enragés néo nazis de Pravy Sektor. Je ne comprends pas l’ukrainien, mais les images parlent d’elles-mêmes.

Bien cordialement

Lucien Pons

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Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #la liberté, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

25 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons 

Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

Les Anglo-Saxons ne nous ont jamais considérés comme des alliés.

 

De Gaulle refusait de célébrer le débarquement anglo-américain en Normandie. Ce fameux 6 juin (sixième jour du sixième mois du sixième an de la Guerre…) était considéré par lui comme une occupation à venir de l'Europe et une mise à l'écart de la France du fait de ses élites collaboratrices. La bourgeoisie française aux ordres de l'étranger, comme dit un jour Jean-Pierre Chevènement dans un discours inspiré, changerait simplement de patron. D'allemand, il devenait américain. Aujourd'hui il est les deux.

 

Parlons du débarquement. Le Général en parle très bien dans ses Mémoires (tome II). Il redoute beaucoup les intentions de Roosevelt. Et voici ce que De Gaulle déclare à Alain Peyrefitte en 1964:

 

« La France a été traitée comme un paillasson! Churchill m'a convoqué d'Alger à Londres, le 4 juin, il m'a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d'hôtel. Et il m'a annoncé le débarquement, sans qu'aucune unité française n'ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement. Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne (il appuie). »

Churchill, de mère américaine, et qui fut l'homme des Etats-Unis avant d'être celui de l'Angleterre (balayé aux élections de 1945, il laissa son pays ruiné, soumis et sans ses Indes…) répond vertement au Général:

« Il m'a crié de toute la force de ses poumons: « De Gaulle, dites-vous bien que quand j'aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large! »

Et le Général de conclure de façon comminatoire:

« Et vous voudriez que j'aille commémorer leur débarquement, alors qu'il était le prélude à une seconde occupation du pays? Non, non, ne comptez pas sur moi! »

Ensuite il donne sa leçon d'histoire, et celle-ci est à considérer avec attention (j'ai déjà évoqué ce passage étonnant!):

« Charles-de-Gaulle: « Le débarquement du 6 juin, ç'a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. »

En effet, les billets de l'AMGOT commencèrent à circuler à cette époque d'occupation militaire, qui annonçaient l'euro. Et, comme s'il avait prévu un jour la énième trahison des élites françaises, le Général explique à son ministre:

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu'ils peuvent dormir tranquille, qu'ils n'ont qu'à s'en remettre à d'autres du soin de défendre leur indépendance! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu'ils paient ensuite par des ruines et par des massacres! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes! »

Aujourd'hui nous comptons inexplicablement en France sur l'OTAN. Mais de Gaulle explique que pour les Américains, toute concession doit mener à une capitulation. Et il dit même que Roosevelt voulait simplement « dominer l'univers ». Cette guerre à laquelle il poussa délibérément les Européens (dixit Chamberlain et l'ambassadeur Kennedy, père de JFK) l'y aura bien aidé!

Et de conclure magnifiquement:

« Allons, allons, Peyrefitte! Il faut avoir plus de mémoire que ça! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons! Dites-le à vos journalistes. »

En 1944, il rencontre à Washington « l'homme qui veut dominer l'univers », Roosevelt. Et cela donne dans ses mémoires ces lignes étonnantes sur le Nouvel Ordre Mondial américain avec ses bases et son parlement:

« Il est vrai que l'isolationnisme des États-Unis est, d'après le Président, une grande erreur révolue. Mais, passant d'un extrême à l'autre, c'est un système permanent d'intervention qu'il entend instituer de par la loi internationale. Dans sa pensée, un directoire à quatre: Amérique, Russie soviétique, Chine, Grande-Bretagne, réglera les problèmes de l'univers. Un parlement des Nations Unies donnera un aspect démocratique à ce pouvoir des « quatre grands ». Mais, à moins de livrer à la discrétion des trois autres la quasi-totalité de la terre, une telle organisation devra, suivant lui, impliquer l'installation de la force américaine sur des bases réparties dans toutes les régions du monde et dont certaines seront choisies en territoire français. »

Les bases US partout… Et le président visionnaire (un visionnaire à la Chaplin ou presque) d'ajouter:

«…le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'appui offert par Washington, l'existence des bases américaines, vont susciter, en Afrique, en Asie, en Australasie, des souverainetés nouvelles qui accroîtront le nombre des obligés des États-Unis. »

De Gaulle prend peur et explique (comme il a raison!) que l'on risque d'assister à la mort de l'Europe de l'Ouest, ce qu'il appelle lui l'Occident. Mais qui peut alors en « Occident » résister à Roosevelt? L'Occident est la terre de la mort et du hors-caste, rappelle Guénon dans ses Symboles de la Science sacrée.

Et de Gaulle sait que Roosevelt le considère comme un gêneur:

« Bref, sous les manières courtoises du patricien, c'est sans bienveillance que Roosevelt considérait ma personne. »

La « nouvelle vedette du monde », comme dit de Gaulle ailleurs, impose ses conceptions (qui ne sont hostiles alors ni à la Russie ni à la Chine). La guerre se termine, vite remplacée par notre Guerre Froide, formulée par Churchill dans son discours sur le rideau de fer. L'Empire et le Pentagone comprennent qu'il ne faut jamais être à court d'ennemi. On est à l'époque de 1984, lorsqu'Orwell explique que le pouvoir océanien (une subtile allusion à Cromwell en fait) a besoin de créer son Goldstein — et aussi ses conspirations et attentats —pour bien se maintenir en place! Goldstein annonce ainsi le russe, le chinois, le communiste, l'islamiste, ces nécessaires ennemis de toujours qui justifient 50% des dépenses militaires de la planète et les centaines de bases US.

 

Cette lutte contre le mal suppose un chef autoritaire. Vingt ans plus tard, le Général de Gaulle tient encore ses propos qu'approuveraient Vladimir Poutine et les leaders des BRICS:

 

« Les Américains font croire que ne pas être d'accord avec eux, si vouloir rompre l'alliance atlantique et mettre en danger la liberté de l'Occident. Cuba leur est montée à la cervelle. En Amérique du Sud, en Europe, en Asie, tout le monde en colonne par deux derrière l'Oncle Sam, sinon gare à vous! (Rire.) Ce serait contraire à la solidarité et à la morale! Voyons, Peyrefitte, c'est de la rigolade! »

Et le Général de Gaulle de conclure avec une belle inspiration:

« Le grand problème, maintenant que l'affaire d'Algérie est réglée, c'est l'impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. »

Des mots prémonitoires? Ils permettent peut-être de mieux comprendre pourquoi mai 68 fut la première révolution orange… 



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150722/1017177924.html#ixzz3gvtqJWvf

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Vladimir Poutine est le seul dirigeant qu’a l’Occident. Par Paul Craig Roberts.

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre

Vladimir Poutine est le seul dirigeant qu’a l’Occident. Par Paul Craig Roberts.
Vladimir Poutine est le seul dirigeant qu’a l’Occident


Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 11 juillet 2016 – Source paulcraigroberts.org

Un article d’information de Reuters signé des noms des presstitués Robin Emmott et Sabine Siebold montre comment l’Occident manque de journalistes et de responsables gouvernementaux honnêtes, intelligents et responsables.

Commençons par examiner la malhonnêteté ou l’incompétence des reporters puis nous passerons à celle des responsables gouvernementaux occidentaux.

Emmott et Siebold décrivent l’OTAN comme une  alliance de défense occidentale. Depuis le régime Clinton, l’OTAN a été une alliance pour mener une guerre offensive, un crime de guerre selon les règles de Nuremberg établies par les États-Unis. Sous la bannière de l’OTAN, un grand nombre de pays ont été bombardés, envahis, leurs gouvernements ont été renversés par Washington agissant sous le couvert de l’OTAN.

Ces pays détruits ne constituaient aucune menace d’aucune sorte pour l’alliance de l’OTAN et n’entreprenaient pas d’actions agressives contre ses pays membres. Comment est-il possible que les journalistes et les rédacteurs en chef de Reuters ne soient pas au courant ? Pourquoi nomment-ils alliance de défense un instrument d’agression de Washington ?

Emmott et Siebold rapportent que l’agression russe est la raison pour laquelle l’OTAN déploie 3 000 à 4 000 hommes dans les États baltes et la Pologne. Autrement dit, quelque chose qui n’existe pas – l’agression russe contre les pays baltes et la Pologne – est supposé être un fait qui doit être contré par des déploiements militaires.

Les journalistes ne demandent pas si ce nombre insignifiant de troupes de l’OTAN constitue une défense ou une provocation. Le nombre de soldats devrait être cent fois plus important avant que la force ne commence à s’approcher d’une force défensive. Quel est donc le but des 3 000 ou 4  000 soldats de l’OTAN ?

Toute personne informée sait qu’il n’y a pas besoin d’une force de défense contre la Russie dans les pays baltes et en Pologne. Cela mis à part, seul un imbécile total peut penser que 3 000 ou 4 000 soldats représentent une défense contre l’armée russe. En juin 1941, l’Opération Barbarossa a frappé la Russie par une invasion de quatre millions de soldats, dont la majorité, composée d’Allemands, était probablement les troupes les plus hautement qualifiées et disciplinées dans l’histoire militaire, à la seule exception des Spartiates. Au moment où les Américains et les Britanniques se préparaient au débarquement en Normandie, l’armée russe avait écrasé la Wehrmacht. Il ne restait plus que quelques divisions à 40% de leur force pour résister à ce débarquement. Quand l’armée russe est arrivée à Berlin, la résistance allemande était composée d’enfants armés.

Les journalistes de Reuters ne soulèvent aucune question sur la déclaration du président Obama selon laquelle 1 000 hommes de cette force insignifiante seront des Américains, dans le but de « renforcer notre présence avancée en Europe centrale et orientale ». Pourquoi les États-Unis ont-ils besoin d’une présence avancée en Europe centrale et orientale ? Que représente une présence étasunienne avancée en Europe centrale et orientale à part une imprudence insensée ? Un millier de soldats US ne servent à rien d’autre qu’à provoquer.

Emmott et Siebold rapportent sans sourciller, sans rire ni mettre en doute les accusations invérifiables sur l’agression russe proférées par Ben Rhodes, le conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison Banche, le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski, le président Obama et le chef du comité militaire de l’OTAN, le général tchèque Petr Pavel.

Le général Pavel a dit que « la Russie tentait de restaurer son statut de puissance mondiale, un effort qui inclut le recours à son armée. »

Obama a dit qu’il était nécessaire de « maintenir les sanctions contre Moscou jusqu’à ce qu’elle respecte totalement l’accord de cessez-le-feu en Ukraine. »

Waszczykowski a dit : « Nous devons rejeter tout type d’illusion quant à une coopération pragmatique avec la Russie tant qu’elle continue à envahir ses voisins. »

Rhodes a menacé la Russie d’une réponse de l’OTAN à « l’agression continue » de celle-ci.

Ces déclarations sont de la propagande. Si ceux qui les ont faites les croient effectivement, ils sont trop idiots pour qu’on leur confie des charges publiques.

Est-il possible que le général tchèque ne sache pas que la Russie a engagé son armée uniquement pour repousser une invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud inspirée par Washington, et uniquement contre État islamique en Syrie, ce que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France revendiquent de faire aussi ? Après avoir repoussé l’invasion géorgienne, la Russie a retiré ses forces. Après avoir infligé un revers à État islamique en Syrie, la Russie s’est retirée et a été forcée d’y retourner à cause du réapprovisionnement d’État islamique par Washington.

Le ministre polonais des Affaires étrangères peut-il identifier les pays que « la Russie continue à envahir ? »

Le président des États-Unis ne sait-il vraiment pas que la Russie ne participe pas à l’accord de cessez-le-feu en Ukraine ? C’est un accord entre les républiques sécessionnistes et le gouvernement de Kiev. Washington a fait tout son possible pour décourager Kiev de maintenir l’accord qu’elle avait signé.

Le conseiller à la sécurité nationale Rhodes peut-il nous dire où une agression continue par la Russie est en cours ? Où sont les pays envahis ?

Comment peut-il y avoir tant d’agression russe et aucune preuve de celle-ci ?

Récemment, le président Poutine a carrément passé un savon aux médias occidentaux prostitués qui attisent les flammes de la Troisième Guerre mondiale en répétant sans les remettre en question les mensonges propagandistes de Washington. Ces mensonges sont irresponsables. Ils mettent en danger toute vie sur la planète Terre.

Pendant ma vie, des présidents américains ont travaillé à réduire les tensions entre les deux grandes puissances nucléaires. JFK a travaillé avec Khrouchtchev pour désamorcer la situation dangereuse provoquée par l’installation de missiles américains en Turquie et, en réponse, le placement de missiles russes à Cuba.

Le président Nixon a donné naissance à SALT I, le traité de limitation des armes stratégiques et le traité ABM [sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques, NdT].

Le président Carter a travaillé à SALT II.

Le président Reagan a négocié avec Gorbatchev la fin de la Guerre froide, la réalisation la plus prometteuse du XXe siècle.

Les régimes de Clinton, George W. Bush et Obama ont fait tout ce qui était possible pour exacerber les tensions entre les puissances nucléaires à des hauteurs dépassant celles des jours les plus dangereux de la Guerre froide.

Le régime malfaisant de Clinton a trahi la promesse du gouvernement des États-Unis, ruinant ainsi l’honneur de ce même gouvernement, en amenant l’OTAN aux frontières de la Russie.

Le régime funeste de George W. Bush a retiré les États-Unis du traité ABM et a réécrit leur doctrine militaire afin de faire passer les armes nucléaires d’un instrument de rétorsion à une arme de première frappe. Cet acte insensé a mis les Russes en garde.

Le régime diabolique d’Obama vise à placer des missiles nucléaires aux frontières de la Russie, en Pologne et en Roumanie, et a manigancé un coup d’État en Ukraine dans l’intention de priver la Russie de sa base navale dans la mer Noire en Crimée, son seul port en eaux chaudes.

Face un gouvernement russophobe installé par Washington en Ukraine, la population russe de Crimée, une province russe depuis les années 1700, a voté pratiquement à l’unanimité pour rejoindre la Russie, dont la Crimée faisait partie jusqu’à ce que Khrouchtchev l’attribue à l’Ukraine au milieu du XXe siècle. L’acceptation par le gouvernement russe de la volonté de son propre peuple a été déformée de manière propagandiste par Washington et les journalistes prostitués comme étant une « invasion russe et une annexion de la Crimée ». C’est de ce mensonge que vient le mythe de l’invasion russe. Les forces militaires russes étaient déjà présentes en Crimée, parce que lorsque la Russie a accordé son indépendance à l’Ukraine, elle a maintenu un bail à long terme sur sa base navale en Crimée. Comme tous les observateurs internationaux en ont témoigné, le vote était indépendant de la présence militaire russe.

L’imbécile de la Maison Blanche a dit que le vote en Crimée était dénué de sens parce que toute l’Ukraine n’avait pas pu voter. Ce fou était trop ignorant pour savoir qu’avec cette accusation risible il discréditait la Révolution américaine, parce que la population britannique n’a pas eu accès au vote. Précisément pour la même raison qui fait que l’imbécile veut que la Crimée revienne à Kiev, les États-Unis devraient être rendus à la Grande-Bretagne. Je doute que les Britanniques voudraient nous avoir. Qui veut un pays criminel de guerre sombrant dans sa propre démesure?

Le monde est maintenant confronté à la perspective que les Américains insouciants élisent une criminelle ou une semi-criminelle folle et incompétente à la présidence, une personne qui a déclaré que le président de la Russie était « le nouvel Hitler ». La stupide déclaration de la harpie est une déclaration de guerre nucléaire, et cette personne dangereuse, imprudente, incompétente et insouciante a été choisie par le Parti démocrate pour être le nouveau POTUS [president of United States, NdT] !!!

L’ignorance et la stupidité du peuple américain détruira le monde.

Il n’est donc pas étonnant que Vladimir Poutine − le seul dirigeant de niveau mondial responsable, à part le président chinois − désespère que les médias occidentaux comprennent que leur négligence irresponsable à l’égard de la vérité aide à conduire le monde à la guerre nucléaire.

Poutine ne veut pas la guerre. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour l’éviter. Mais Poutine ne va pas pousser la Russie à capituler devant Washington. Le moment de déclenchement de la Troisième Guerre mondiale sera l’installation par Washington des missiles en Pologne et en Roumanie. Comme Poutine l’a dit récemment tout à fait clairement aux journalistes occidentaux idiots, ces missiles peuvent facilement et secrètement être changés, passer de missiles anti-balistiques à des missiles nucléaires d’attaque qui peuvent frapper leurs cibles russes dans les 5 minutes de lancement ou moins, privant donc la Russie de sa capacité de riposte dissuasive. Une fois que ces missiles sont en place, Washington peut donner des ordres à la Russie.

Quoi que pensent à Washington les hommes et les femmes maléfiques qui jouent avec la vie de la planète, la Russie n’acceptera pas ces missiles.

Où réside l’autorité mondiale ? À Washington, la capitale criminelle de guerre  qui conduit le monde à la guerre nucléaire ? Ou en Russie, dont le gouvernement accepte des affronts et des provocations innombrables dans son effort pour éviter la guerre ?

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

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