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Le blog de Lucien PONS

Des rebelles syriens «modérés» se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep. Le 19 juil. 2016.

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #l'islamisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Terrorisme, #Daesch

Des rebelles syriens «modérés» se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep. Le 19 juil. 2016.

Selon des vidéos diffusées sur internet, des rebelles syriens auraient égorgé un enfant d'une dizaine d'années dans la ville d'Alep, au motif qu'il serait un combattant palestinien pro-gouvernement.

Dans une vidéo mise en ligne dans la journée du 19 juillet, cinq hommes peuvent être observés en train de poser à l'arrière d'un pick-up rouge, aux côtés d'un enfant d'environ 10 ans, visiblement effrayé et dont une main est ensanglantée.

L'un des adultes, qui saisit le garçon par les cheveux dans cette vidéo, affirme que celui-ci est un combattant de Liwa al-Quds (La Brigade de Jérusalem), une milice palestinienne soutenant le gouvernement syrien. Le même homme apparaît dans une autre vidéo diffusée dans la journée, où on le voit décapiter l'enfant à l'arrière du pick-up, alors que celui-ci est allongé sur le ventre.

D'après le site pro-rebelles Enab Baladi cité par la BBC, l'enfant aurait été capturé à Handarat, dans le nord de la ville syrienne d'Alep, par les combattants d'un groupe insurgé appelé Mouvement Nour al-Din al-Zinki (ou Harakat Nour al-Din al-Zenki). La zone, qui abrite un camp non-officiel de réfugiés palestiniens du nom d'Ein El Tal, a été le théâtre d'intenses combats entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles le 19 juillet.

Le site a également rapporté les propos publiés sur Facebook par Yasser Ibrahim Youssef, un membre du bureau politique du Mouvement Nour al-Din al-Zinki, assurant qu'une commission de justice indépendante avait été chargée d'enquêter sur cet événement sinistre.

Un groupe rebelle financé par la coalition internationale menée par les Etats-Unis

Le groupe rebelle est, déjà, dans le collimateur des ONG de défense des droits de l'Homme. Début juillet, un rapport d'Amnesty International avait fait état d'un certain nombre d'exactions commises par le Mouvement Nour al-Din al-Zinki, parmi lesquelles des actes de torture.

Dans le cadre de sa lutte contre le gouvernement syrien, la faction antigouvernementale a reçu une aide financière et militaire de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Le groupe avait notamment reçu des missiles anti-chars américains.

Interrogé en conférence de presse suite à la diffusion de ces vidéos choquantes, le porte-parole du département d'Etat américain – l'équivalent du ministère des Affaires étrangères en France – Mark Toner a annoncé que les Etats-Unis feraient à tout le moins une «pause», si ce n'est un arrêt permanent de l'appui octroyé à ce groupe, si l'enquête déterminait la responsabilité de membres de cette faction dans cette exaction.

 

Lire aussi : Syrie : Amnesty dénonce des crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par les Etats-Unis

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«Les «islamistes modérés», cela ne veut rien dire». Le 22 juil. 2016

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #L'armée française, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

«Les «islamistes modérés», cela ne veut rien dire». Le 22 juil. 2016

Que trouve-t-on derrière la fameuse idée d'«opposition syrienne modéré»? Est-elle vraiment si loin du djihadisme ? Randa Kassis, co-auteur avec Alexandre del Valle du livre «Le Chaos Syrien», se penche sur la question pour RT France.

RT France : Un jeune garçon a été décapité par l’opposition syrienne considérée comme modérée. La vidéo de cet acte a été publiée le 19 juillet sur internet. Comment peut-on définir ce qu'est l’opposition syrienne modérée et ce qui ne l’est pas ?

Un islamiste signifie un djihadiste potentiel

Randa Kassis (R. K.): D’abord, l’appellation de «rebelles modérés» ou d’«opposition modérée» a été donnée à l’époque aux rebelles islamistes et à la coalition nationale syrienne soutenue par l’Occident. Cela voulait dire «islamistes modérés» et pas laïques ou opposants modérés. Désormais, «modéré», cela ne veut rien dire, parce que malheureusement cela a été utilisé de telle façon qu’aujourd’hui moi, franchement, j’ai honte de dire que je suis une opposante modérée. Je suis une opposante laïque, politique, qui lutte pour un changement progressif en Syrie, de concert avec la Russie. «Modéré» n’a aucun sens aujourd’hui, parce que tous les islamistes «modérés», qui ont été soutenus et armés par les Etats-Unis et l’Occident sont islamistes avant d’être modérés. Nous avons vu l’égorgement - l’enfant n’a pas été décapité, mais égorgé - par un mouvement soi-disant islamiste modéré, soi-disant une branche de l’Armée syrienne libre qui démontre encore une fois qu’il en s'agit pas là de personnes avec qui on peut négocier. Ca fait des années que je le dis, il n’y a pas de rebelles armés islamistes modérés, cela n’existe pas. Un islamiste signifie un djihadiste potentiel, il faut le dire clairement aujourd’hui et être suffisamment courageux pour le dire.

Je ne crois pas qu’il y ait une vraie volonté des Etats-Unis de combattre les islamistes modérés 

 

 

RT France : Il y a eu récemment une rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov lors de laquelle leurs positions se sont rapprochées concernant l’opposition dite modérée. Pensez-vous que ce rapprochement puisse avoir un certain effet dans la lutte contre l’Etat Islamique et les islamistes dits modérés ?

R. K. : Je ne crois pas qu’il y ait une vraie volonté des Etats-Unis de combattre les islamistes modérés. Nous avons vu des exactions de la part de ses islamistes modérés, il y a eu l'égorgement de cet enfant. Malheureusement, les Etats-Unis, à mon avis, ne vont pas arrêter, ils n’ont pas de volonté de trouver une solution progressive pour la Syrie. J’ai beaucoup de confiance en la politique russe, j’ai toujours cru que la Russie était un espoir pour le peuple syrien, elle peut présenter un changement progressif, il faut le faire par étapes.

La coalition occidentale n'est pas pour une solution politique mais pour une solution militaire, ils ne savent pas négocier

Pour commencer un processus politique, il faut être réaliste. |...] Il faut y aller tout doucement pour protéger aussi la population syrienne de ces islamistes-là. C’est ce que signifie le processus politique. Jusqu’à aujourd’hui, l’Occident soutient farouchement la coalition qui n’est pas, en réalité une coalition, mais une délégation de Ryad appelée le Haut Comité des négociations. Ces gens-là ne peuvent pas représenter ou défendre de solution progressive et de solution politique, parce qu’ils veulent voir Bachar el-Assad tomber à n’importe quel prix et n’ont même pas un programme, pas de vision, pour savoir qui sera à la place. Ils veulent la chute du régime syrien, mais ils sont tellement faibles que les islamistes, et les autres rebelles qui sont sur le terrain prendront la place. Cette délégation de Ryad est ailleurs, elle ne pourra même pas diriger le pays. Ces gens-là ne sont pas pour une solution politique, ils sont pour une solution militaire, ils ne savent pas négocier. L’Europe s’aligne sur la position de l’Arabie Saoudite, la Turquie est incapable de faire quelque chose pour une solution politique en Syrie.

A chaque fois que les Etats-Unis interviennent dans nos régions, ils y créent le chaos, ce qui les intéresse c’est le chaos avant tout

RT France : Après ce drame du jeune garçon décapité, le département d’Etat américain a déclaré qu’il n'allait pas suspendre son soutien à cette opposition parce qu’il n’y avait pas assez de preuves. Les preuves obtenues, ce groupe islamiste a dit qu'il s'agissait d'une faute, en prétendant avoir cru que ce garçon était un soldat. Pensez-vous que cette explication suffise dans le cadre du soutien aux rebelles de la part des Etats-Unis ?

R. K. : Même si cet enfant travaillait vraiment pour le régime, l’exécuter d’une telle façon est inacceptable, c’est un crime. Il faut quand même être fidèle à ses propres principes : on est contre l’exécution des enfants. En plus, il a été exécuté sans preuve et par égorgement, pour moi c’est un double crime. Nous ne devons pas négocier avec des personnes pareilles. La seule réponse à ces rebelles, c’est tout simplement le combat avec eux, l’extermination, il n’y a pas de dialogue avec des djihadistes potentiels, avec des criminels. Les Etats-Unis peuvent soutenir même les extrémistes islamistes, on l’a vu dans l’histoire, ce n’est pas la première fois, les Etats-Unis ont déjà collaboré avec des islamistes. Les islamistes n’ont pas de principes, ils ne cherchent pas une vraie solution en Syrie, ce n’est pas le cas de tous les Syriens laïques qui veulent quand même un pays capable de protéger la population syrienne et ses minorités. Il faut protéger ces populations-là, mais, malheureusement, ce n’est pas avec les Etats-Unis. A chaque fois que les Etats-Unis interviennent dans nos régions, ils y créent le chaos, ce qui les intéresse c’est le chaos avant tout.

Il faut être encore plus ferme, sinon la France aura un autre attentat, parce que, face à ce laxisme du gouvernement français, les islamistes tenteront encore une fois d’attaquer la France. 

 

RT France : Après l’attentat de Nice, François Hollande a promis d’intensifier la lutte contre l’Etat Islamique. Il y a eu une série de frappes aériennes à Minbej et 30 frappes où les forces militaires se seraient trompées, ayant visé les quartiers majoritairement habités par les civils. Ces frappes sont-elle une sorte de réaction à l’attentat de Nice ?

R. K. : Il faut savoir que, il y a pas mal de temps, ont eu lieu des combats entre les Kurdes et l’Etat Islamique autour de Minbej. Les Kurdes sont soutenus par François Hollande personnellement, ce qui a poussé le président Hollande à bombarder Minbej pour aider les Kurdes à le prendre. Ce n’est pas vraiment une réponse à l’attentat de Nice. La position du gouvernement français, à mon avis, est très mauvaise, parce qu’aujourd’hui on ne parle même pas de l’islamiste qui a fait cet attentat et a été radicalisé, on parle toujours d’un perturbé mental, d’une personne qui n’a rien à voir avec l’islam. Je crois qu’il faut avoir à un moment donné le courage de dire les choses comme elles sont : oui, il y a de l’islam radical, oui, l’islam a besoin d’une réforme, oui, celui qui a commis cet attentat s’est radicalisé et est devenu islamiste djihadiste. Il faut être encore plus ferme, sinon la France aura un autre attentat, parce que, face à ce laxisme du gouvernement français, les islamistes tenteront encore une fois d’attaquer la France.

Frapper après l’attentat, c’était un symbole

RT France : Pourquoi alors bombarder en Syrie si l’auteur de cet attentat s’est radicalisé en France et se trouvait sur le territoire de la France ?

R. K. : Frapper après l’attentat, c’était un symbole, mais la vraie raison c’est quele président français est très proche des Kurdes qui combattent l’Etat Islamique sur le terrain en Syrie. Il a juste trouvé le bon moment de soutenir les Kurdes par un bombardement français à Minbej.

Lire aussi : Syrie : Amnesty dénonce des crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par les Etats-Unis

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT

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Erevan était la scène de manifestations pour revendiquer la démission du président arménien.

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation

Je m'interroge.

L'Arménie n'est pas membre de l'OTAN et elle est alliée à la Russie. Sa position stratégique l'expose à tous les dangers dans l'accomplissement programmé de la théorie du docteur folamour Brezinski .
A y regarder de plus près on verrait certainement poindre une fleur de saison ou une couleur adéquate pour qualifier ce soulèvement populaire spontané.
A y regarder de plus près on pourrait y voir la bonne bouille du Play boy George Soros, habitué qu'il est de financer des actions humanitaires.

A y regarder de près on pourrait voir la dame Nuland distribuer des pains au chocolat aux gentils manifestants. Mais c'est peu probable, elle est très investie dans la présidentielle américaine. Bien qu'elle soit républicaine et néocon elle est pressentie pour être secrétaire d'état aux affaires étrangère de la démocrate Clinton, c'est certainement par solidarité féminine!
A y regarder de près on pourrait voir surgir de nulle part le poing levé, symbole de l'ONG "OTPOR" financée par Soros. Cette dernière est née en Serbie et elle a été utilisée pour faire tomber Milosévic.

Mais ce ne sont que pures spéculations, jamais rien de cela ne peut se produire. C'est une légitime contestation.

Cordialement

Lucien Pons

Lundi 25 Juillet 2016 
Plus de 2000 manifestants ont défilé devant un poste de police contrôlé par les partisans de l'opposition. (Photo d'archives)
Plus de 2000 manifestants ont défilé devant un poste de police contrôlé par les partisans de l'opposition. (Photo d'archives)
 

Les Arméniens ont manifesté à Erevan, la capitale, pour demander la démission du président Serge Sarkisian.

Plus de 2000 manifestants ont défilé devant un poste de police contrôlé par les partisans de l'opposition pour exprimer leur colère contre le gouvernement.

C'est la première manifestation depuis qu'un groupe d'activistes armés a pris le contrôle d'un poste de police et y a retenu en otage plusieurs policiers le 17 juillet. Les otages ont été relâchés mais les activistes occupent encore le bâtiment et exigent la démission de Sarkisian et la libération du chef de l'opposition, Jirair Sefilian, emprisonné depuis le mois de juin.

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L’étrange cas d’un nazi devenu tueur à gages israélien… [Haaretz]

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #l'Allemagne, #le nazisme, #Chroniques du fascisme ordinaire, #Comité pour une Nouvelle résistance

Incroyable information issue du plus grand journal israelien…

Source : Haaretz, le 27/03/2016

Otto Skorzeny, l’une des meilleures recrues du Mossad, était un ancien lieutenant des Waffen-SS et l’un des SS préférés d’Hitler.

Otto Skorzeny | Credit: Wikimedia Commons / Kurt Alber

Otto Skorzeny | Credit: Wikimedia Commons / Kurt Alber

Le 11 septembre 1962, un savant allemand disparut. Les faits étaient simples : Heinz Krug s’était rendu à son travail mais il n’était jamais rentré chez lui.

La police de Munich disposait d’un seul élément important : les fréquents allers-retours de Krug au Caire. C’était l’un de ces dizaines d’experts nazis en fusées aux services desquels l’Égypte avait recours pour développer un armement sophistiqué.

HaBoker, journal israélien maintenant disparu, prétendit, de façon surprenante, avoir l’explication : les Égyptiens avaient kidnappé Krug pour l’empêcher de faire affaire avec Israël.

Par cette révélation un peu maladroite, cependant, Israël essayait de dissuader les enquêteurs de fouiller trop profondément pour élucider cette disparition, même si ceux-ci n’auraient jamais pu retrouver le savant de 49 ans.

Nous pouvons maintenant le révéler, en nous fondant sur des interviews avec d’anciens officiers du Mossad et avec des Israéliens qui ont accès aux archives secrètes de ce service depuis un demi-siècle, Krug a été assassiné pour intimider les chercheurs allemands qui travaillaient pour l’Égypte, et ce meurtre faisait partie d’un complot des services de renseignement israéliens.

En outre, la révélation la plus abasourdissante, c’est celle de l’identité de l’agent du Mossad qui a tiré les coups de feu mortels : Otto Skorzeny, l’une des meilleures recrues du service d’espionnage israélien, était un ancien lieutenant-colonel au sein de la Waffen-SS et l’un des chefs préférés d’Hitler. Le Führer, en effet, l’avait décoré de la médaille militaire la plus prestigieuse, la croix de chevalier de la croix de fer, pour avoir dirigé l’opération de sauvetage qui avait soustrait son ami Mussolini à ses ravisseurs.

Mais c’était avant. Dès 1962, selon nos sources — qui ne nous ont parlé que contre la promesse de ne pas voir leur identité révélée — Skorzeny avait un autre employeur. Le récit de la façon dont cela est arrivé est l’une des histoires les plus intéressantes, tenues secrètes à ce jour, des archives du Mossad, l’agence dont le nom entier, traduit de l’hébreu, signifie : « Institut pour le renseignement et les missions spéciales ».

Otto Skorzeny avec Mussolini qu'il vient de libérer - 12 septembre 1943. Credit: Wikimedia Commons /Toni Schneiders

Otto Skorzeny avec Mussolini qu’il vient de libérer – 12 septembre 1943. Credit: Wikimedia Commons /Toni Schneiders

Il faut, tout d’abord, pour comprendre cette histoire, savoir que le Mossad pensait devoir, en priorité, empêcher les chercheurs allemands qui collaboraient alors au programme de fusée de l’Égypte de continuer dans cette voie. Pendant plusieurs mois avant sa mort, en effet, Krug, tout comme d’autres Allemands qui travaillaient à la construction de fusées en Égypte, avait reçu des messages menaçants. Quand ils étaient en Allemagne, on leur téléphonait au milieu de la nuit, leur enjoignant d’abandonner le programme égyptien. Quand ils se trouvaient en Égypte, ils recevaient des lettres piégées et plusieurs d’entre eux avaient été blessés par ces explosions.

Krug, justement, était quasiment le premier sur la liste des cibles du Mossad.

Lors de la guerre qui s’était terminée 17 ans plus tôt, Krug faisait partie de l’équipe de superstars à Peenemünde, centre de recherche de l’armée, sur la côte de la mer Baltique, où des chercheurs allemands travaillaient pour Hitler et le troisième Reich. L’équipe, dirigée par Wernher von Braun, était fière d’avoir conçu les fusées qui, lors du Blitz, avaient presque vaincu l’Angleterre. Ils avaient de plus larges ambitions, et cela incluait des missiles qui pourraient avoir une beaucoup plus grande portée, une exactitude encore plus précise et un pouvoir de destruction plus important.

Selon les informations du Mossad, dix ans après la fin de la guerre, von Braun avait invité Krug et d’autres anciens collègues à le rejoindre en Amérique. Ce savant, dont le passé nazi avait été pratiquement gommé, dirigeait un programme de développement de missiles pour les États-Unis. Il était même devenu l’un des pères du programme d’exploration de l’espace de la NASA. Krug fit un autre choix, apparemment plus lucratif : il rejoignit en Égypte des chercheurs du groupe de Peenemünde, menés par le professeur allemand Wolfgang Pilz, qu’il admirait énormément. Ils allaient concevoir un programme de missiles secret pour ce pays arabe.

Selon les Israéliens, Krug ne pouvait pas ignorer qu’Israël, où tant de survivants de l’holocauste avaient trouvé refuge, était la cible visée par la capacité militaire de ses nouveaux maîtres. Pour un nazi convaincu, ce serait là une occasion de continuer la sinistre mission d’extermination des juifs.

Krug, cependant, était rendu fou par les coups de téléphone et les lettres de menaces. Ses collègues et lui savaient que les Israéliens en étaient à l’origine. C’était évident. En 1960, des agents israéliens avaient kidnappé, au fin fond de l’Argentine, Adolf Eichmann, l’un des principaux organisateurs de l’holocauste. Les Israéliens avaient, à la surprise générale, amené clandestinement ce nazi à Jérusalem, où il avait été jugé. Il avait été pendu le 31 mai 1962.

Que Krug songe que lui aussi, peut-être, allait se faire attraper par le Mossad n’était pas déraisonnable. C’est pour cela qu’il demanda de l’aide à un héros nazi, qui passait pour le meilleur des meilleurs au temps de la splendeur d’Hitler.

Otto Skorzeny (deuxième à partir de la gauche), 3 octobre 1943. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny (deuxième à partir de la gauche), 3 octobre 1943. Credit: Wikimedia Commons

Le jour de sa disparition, selon de nouveaux renseignements émanant de sources dignes de foi, Krug quitta son bureau pour rencontrer Skorzeny, l’homme qui, d’après lui, serait son sauveur.

Skorzeny, qui avait alors 54 ans, n’était ni plus ni moins qu’une légende. Un soldat impétueux et inventif qui avait grandi en Autriche, célèbre pour sa longue balafre sur la joue gauche, conséquence d’une joute d’escrime un peu trop fougueuse dans sa jeunesse, et qui avait fini par devenir lieutenant-colonel dans la Waffen-SS. Grâce à ses exploits comme commandant de guérilla, il avait été remarqué par Hitler qui le voyait comme un homme capable de se surpasser au-delà de ce qu’on peut imaginer et que rien n’arrêtait dans l’accomplissement de sa mission.

Par ses exploits pendant la guerre, le colonel galvanisait les Allemands et inspirait aux ennemis de l’Allemagne un certain respect. Les renseignements militaires américain et britannique appelaient Skorzeny « l’homme le plus dangereux d’Europe ».

Krug contacta Skorzeny en espérant que ce grand héros, qui vivait alors en Espagne, arrive à trouver le moyen d’assurer la sécurité des chercheurs.

Les deux hommes se trouvaient dans la Mercedes blanche de Krug et s’éloignaient de Munich par le nord quand Skorzeny déclara qu’il avait recruté trois gardes du corps. Ils étaient juste dans la voiture derrière, dit-il, et ils allaient les accompagner dans un endroit sûr, dans la forêt, pour bavarder. C’est à ce moment et à cet endroit que Krug fut assassiné, sans avoir été mis en accusation ni condamné. L’homme qui appuya sur la détente n’était autre que le célèbre héros nazi. Les services d’espionnage israéliens avaient réussi à faire d’Otto Skorzeny un agent secret de l’État juif.

Après que Krug eut été tué, les trois israéliens versèrent de l’acide sur son corps, attendirent un moment avant de l’enterrer dans un trou qu’ils avaient creusé auparavant. Ils recouvrirent alors cette tombe improvisée de chaux vive, pour que les chiens policiers et les animaux sauvages ne flairent jamais la piste de restes humains.

La troïka qui avait coordonné cette exécution judiciaire était dirigée par un futur premier ministre, Yitzhak Shamir, qui était alors le chef de l’unité des opérations spéciales du Mossad. Il y avait aussi Zvi « Peter » Malkin, qui s’était attaqué à Eichmann en Argentine et qui, plus tard, allait se faire une place dans le monde de l’art en tant que peintre new-yorkais. C’est Yosef « Joe » Raanan, le responsable des services de renseignement en Allemagne, qui supervisait de loin l’opération. Tous trois avaient perdu de nombreux membres de leur famille lors de ce génocide barbare de 6 millions de juifs, étendu à tout un continent, qu’Eichmann, entre autres, avait organisé.

Otto Skorzeny (à gauche) et Adrian von Folkersam (à droite) à Budapest, 16 octobre 1944. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny (à gauche) et Adrian von Folkersam (à droite) à Budapest, 16 octobre 1944. Credit: Wikimedia Commons

Israël avait des motivations claires en travaillant avec un homme comme Skorzeny, il s’agissait de se rapprocher autant que possible des nazis qui aidaient l’Égypte à fomenter un nouvel holocauste.

Les méthodes du Mossad pour protéger Israël et les juifs ne suivent pas de règles établies d’avance. Les espions de ce service ont fait fi des lois de beaucoup de pays, quand ils ont agi dans le but d’éliminer les ennemis d’Israël : les terroristes palestiniens, les chercheurs iraniens, et même un inventeur d’armement canadien, Gerald Bull, qui travaillait pour Saddam Hussein jusqu’à ce que quelques balles n’interrompent sa carrière, à Bruxelles, en 1990. Les agents du Mossad à Lillehammer, en Norvège, ont même tué un serveur marocain qu’on soupçonnait, à tort, d’être le cerveau derrière le massacre, en 1972, de 11 israéliens aux Jeux olympiques de Munich par le groupe terroriste Septembre noir. Ahmed Bouchikhi a été assassiné en 1973 alors qu’il sortait d’un cinéma, en compagnie de son épouse, qui était enceinte. Le gouvernement israélien a ensuite versé un dédommagement à sa veuve, sans toutefois admettre officiellement sa responsabilité. Cette mission bâclée a retardé d’autres exécutions du Mossad, mais elle n’y a pas mis fin.

Pour se rendre aux endroits imprévus où accomplir ces invraisemblables missions, le Mossad s’est parfois trouvé obligé d’avoir des associés peu ragoûtants. Quand les Israéliens devaient conclure des alliances à court terme, ils étaient prêts, comme dit le proverbe, à danser avec le diable si cela semblait nécessaire.

Mais pourquoi donc Skorzeny travaillait-il avec le Mossad ?

Il était né à Vienne, en juin 1908, dans une famille bourgeoise, fière que certains de ses membres aient servi dans l’armée de l’empire austro-hongrois. Depuis son tout jeune âge, il s’était montré intrépide, hardi et doué d’un talent certain pour inventer des fables emberlificotées qui lui permettaient de duper les autres. C’était là des caractéristiques essentielles pour un officier de commando en temps de guerre et sûrement aussi des qualités très appréciées par le Mossad.

Il avait adhéré à l’antenne autrichienne du parti nazi en 1931, alors qu’il avait 23 ans, il avait servi dans ses milices armées, les SA, et il adulait Hitler. Le Führer avait été élu chancelier en 1933 avant de s’emparer de l’Autriche en 1938. Quand il avait envahi la Pologne et que la Seconde Guerre mondiale avait éclaté, Skorzeny avait abandonné son entreprise de construction et s’était engagé non dans l’armée régulière, la Wehrmacht, mais dans la division SS Leibstandarte qui servait, en quelque sorte, de garde du corps à Hitler.

Dans des mémoires rédigés après la guerre, il a raconté ses années de service en qualité de SS comme s’il n’avait fait que voyager, sans quasiment jamais verser le sang, dans la Pologne, la Hollande et la France occupées. Ses activités ne pouvaient pas avoir été aussi anodines que son livre le laissait entendre. Il avait participé à des batailles en Russie et en Pologne et les Israéliens pensaient sûrement qu’il avait très probablement été impliqué dans l’extermination des juifs. Les Waffen-SS, après tout, n’étaient pas l’armée régulière, c’était le bras armé du parti nazi et de son plan génocidaire.

Otto Skorzeny, en Poméranie, rendant visite au 500ème bataillon de parachutistes, février 1945. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny, en Poméranie, rendant visite au 500ème bataillon de parachutistes, février 1945. Credit: Wikimedia Commons

Sa mission la plus célèbre et la plus audacieuse, il l’avait accomplie en septembre 1943 à la tête de commandos qui volaient dans des planeurs dépourvus de moteurs pour aller porter secours, dans une station de montagne haut perchée, à l’ami et allié d’Hitler, le dictateur fasciste Mussolini, récemment déposé. Il l’avait enlevé à ses ravisseurs dans des conditions impossibles.

C’est cette équipée qui valut à Skorzeny sa promotion au grade de lieutenant-colonel et à celui de contrôleur opérationnel des forces spéciales d’Hitler. Le Führer le récompensa aussi par un tête-à-tête de plusieurs heures, en plus de la médaille de chevalier si convoitée. Cependant c’est loin d’être son seul exploit.

En septembre 1944, au moment où le dictateur de la Hongrie, l’amiral Miklos Horthy, un allié des nazis, allait demander la paix à la Russie alors que les puissances de l’Axe commençaient à s’effondrer, Skorzeny se rendit à Budapest, à la tête d’un contingent des Forces spéciales, pour kidnapper Horthy et remplacer son gouvernement par un régime à la ligne plus dure, celui du mouvement fasciste des croix fléchées qui, pour sa part, se mit à assassiner ou à déporter dans des camps de concentration des dizaines de milliers de juifs hongrois qui avaient jusque-là réussi à survivre.

En 1944 aussi, Skorzeny choisit 150 soldats, dont certains parlaient un anglais assez bon voire excellent, pour mettre en œuvre un plan hardi qui visait à repousser les Alliés après leur débarquement en Normandie, le jour J du débarquement. Les Alliés avançant sur le territoire français, Skorzeny fit endosser à ses hommes des uniformes étasuniens pris sur des prisonniers et leur fournit des tanks américains pour qu’ils attaquent et plongent dans la confusion les troupes alliées derrière leurs propres lignes.

Cette mystification, d’une grande hardiesse, à laquelle il faut ajouter le vol des biens des soldats américains, valut à Skorzeny, après la fin de la guerre, deux années d’interrogatoires, d’emprisonnement et de procès. Les juges militaires alliés finirent cependant par l’acquitter en 1947. Une fois de plus, il fut présenté dans les gros titres des journaux du monde entier comme l’homme le plus dangereux d’Europe. Il savoura sa célébrité et publia ses mémoires traduites dans de nombreuses langues et éditions, y compris celle des Greenhill Books « Skorzeny special missions: the autobiography of Hitler’s commando ace » (Les missions spéciales de Skorzeny : l’autobiographie du meilleur chef commando d’Hitler). Dans ses ouvrages, il brodait de façon hyperbolique sur la réalité des faits tout en minimisant incontestablement ses contacts avec les plus sanguinaires des dirigeants nazis. Il évoquait ses conversations avec Hitler en présentant le dictateur comme un stratège militaire bienveillant et prévenant.

Il y a cependant beaucoup de choses que Skorzeny n’a pas dévoilées, y compris la façon dont il a échappé aux autorités militaires américaines qui l’avaient retenu après son acquittement. Les procureurs réfléchissaient à sa mise en accusation devant les tribunaux de Nuremberg, mais il réussit à s’enfuir lors d’un transfert, grâce à l’aide présumée de soldats SS qui auraient endossé des uniformes de la police militaire américaine.

La fuite de Skorzeny aurait pu être facilitée aussi par l’organisation qui a précédé la CIA, le Bureau des services spéciaux, pour lequel il a un peu travaillé après la guerre. On peut noter qu’on lui a permis de s’installer en Espagne, un paradis pour les vétérans nazis, avec la protection du Généralissime Francisco Franco. Dans les années qui suivirent, il a collaboré, en tant que conseiller, avec le Président Peron d’Argentine et le gouvernement égyptien. C’est à cette époque qu’il s’est lié d’amitié avec les officiers égyptiens qui dirigeaient le programme des missiles et employaient des experts allemands.

Otto Skorzeny, témoin aux procès de Nuremberg, attendant dans une cellule, 24 novembre 1945. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny, témoin aux procès de Nuremberg, attendant dans une cellule, 24 novembre 1945. Credit: Wikimedia Commons

En Israël, une équipe du Mossad se mit au travail pour trouver le lieu où il serait le plus facile de tuer Skorzeny. Le chef de l’agence, Isser Harel, avait toutefois un plan plus hardi. Au lieu de le tuer, il voulait l’attraper dans ses filets.

Les officiers du Mossad savaient depuis un certain temps que pour cibler les chercheurs allemands, ils avaient besoin d’un homme à l’intérieur du groupe ciblé. En fait, le Mossad avait besoin d’un nazi.

Les Israéliens ne trouveraient jamais un nazi en qui ils pourraient avoir confiance, mais ils pensaient à un nazi sur qui ils pourraient compter, quelqu’un de sérieux et de déterminé qui aurait, dans le passé, exécuté des plans risqués, et qui saurait garder des secrets. La décision, à première vue bizarre, de recruter Skorzeny ne fut pas facile à prendre, d’un point de vue personnel, cette tâche étant dévolue à Raanan, né lui aussi à Vienne, et qui avait échappé de peu à l’holocauste. Après que les nazis eurent envahi son pays en 1938, ce juif autrichien, qui s’appelait alors Kurt Weisman, fut envoyé, à l’âge de 16 ans, en Palestine. Sa mère et son frère cadet restèrent en Europe et périrent.

Comme beaucoup de juifs en Palestine, il rejoignit les rangs de l’armée britannique, dans l’espoir d’aider à renverser l’Allemagne, et il servit dans la Royal Air Force. Après la création de l’État d’Israël en 1948, il prit, comme beaucoup, un nom hébreu et, devenu Joe Raanan, il fit partie des premiers pilotes de la toute petite armée de l’air de cette nouvelle nation. Le jeune homme fut nommé rapidement commandant de base aéronautique et, plus tard, chef du renseignement de l’armée de l’air.

Le CV exceptionnel de Raanan, y compris son travail dans la RAF dans le service de la guerre psychologique, suffit à attirer l’attention de Harel, qui le recruta dans le Mossad en 1957. Quelques années plus tard, il fut envoyé en Allemagne pour y diriger les opérations secrètes avec ordre de se concentrer sur les savants allemands qui travaillaient en Égypte. Ainsi, c’est Raanan qui dut concevoir et commander l’opération destinée à établir un contact avec Skorzeny, le célèbre chef des commandos nazis.

L’espion israélien eut du mal à surmonter son dégoût, mais quand il lui en fut donné l’ordre, il rassembla une équipe qui partit en Espagne pour « collecter des renseignements avant d’agir. » Ses membres observèrent Skorzeny, sa villa, son bureau et ses habitudes quotidiennes. Il y avait avec eux une Allemande de 28-29 ans qui n’était pas un véritable agent à plein temps du Mossad, mais « une assistante ». On appelait ce genre de personnes en hébreu « saayani » si c’était une femme et « saayan » si c’était un homme. Cette jeune femme était, en quelque sorte, figurante dans un film pompeusement mélodramatique, jouant n’importe quel rôle demandé, une saayani faisant souvent semblant d’être la petite amie d’un combattant clandestin du Mossad.

Des rapports internes du Mossad révélèrent plus tard qu’elle s’appelait Anke, qu’elle était jolie, vive et aimait beaucoup flirter. Voilà qui était parfait pour le travail dont il s’agissait, on allait jouer au couple.

Un soir des premiers mois de 1962, Skorzeny, prospère, doué d’un certain charme viril en dépit de sa balafre, se trouvait dans un bar huppé de Madrid en compagnie de sa femme, nettement plus jeune que lui, Ilse von Finckenstein. Une vraie nazie à n’en pas douter, elle aussi : elle était la nièce de Hjalmar Schacht, le talentueux ministre des Finances d’Hitler.

Ils savouraient des cocktails et se détendaient quand le barman les présenta à un couple germanophone qu’il venait de servir. La femme était jolie et avait dans les 28-29 ans et son compagnon, un homme élégant, avait, lui, près de 40 ans. Ils dirent être des touristes allemands et évoquèrent l’histoire pénible qui leur était arrivée : on venait de les dépouiller complètement dans la rue.

Leur allemand était parfait, même si l’homme avait un léger accent autrichien, qui rappelait celui de Skorzeny. Ils donnèrent leur nom, de faux noms, il s’agissait, en fait, d’un agent du Mossad dont l’identité ne peut pas encore être révélée et son « assistante », Anke.

Ils prirent quelques verres de plus, puis on commença à flirter sans retenue, et la femme de Skorzeny ne tarda pas à inviter le jeune couple, qui avait tout perdu, argent, passeports et bagages, à passer la nuit dans leur somptueuse villa. Le charme des nouveaux-venus opérait de façon irrésistible, c’était comme si les deux couples étaient liés par un désir réciproque. Après qu’ils eurent pénétré dans la maison, toutefois, au moment crucial où ce flirt espiègle avait atteint le point où le moment semblait arrivé de passer à l’étape suivante, Skorzeny, cet hôte si charmant, braqua un révolver sur le jeune couple et déclara : « Je sais qui vous êtes et je sais pourquoi vous êtes là. Vous êtes des agents du Mossad et vous êtes venus pour me tuer. »

Le jeune couple ne broncha pas. L’homme déclara : « Vous avez à moitié raison. Nous sommes effectivement du Mossad mais si nous étions venus pour vous tuer, vous seriez mort depuis des semaines. »

« Ou peut-être, dit Skorzeny, c’est moi qui vais juste vous tuer. »

Anke intervint : « Si vous nous tuez, ceux qui nous suivent ne vont pas se donner la peine de prendre un verre avec vous. Vous ne verrez même pas leur visage avant qu’ils ne vous fassent sauter la cervelle. Nous vous demandons seulement de nous aider. »

Après une longue minute qui sembla une heure, Skorzeny, le révolver toujours braqué sur le jeune couple, demanda cependant : « Quel genre d’aide ? Vous avez besoin qu’on vous aide pour quelque chose ? » L’officier du Mossad, dont maintenant encore les collègues ne dévoilent pas l’identité, dit à Skorzeny qu’Israël avait besoin de renseignements et était prête à le payer grassement.

Le chef de commando préféré d’Hitler se tut quelques instants, réfléchit, et surprit l’israélien en disant : « L’argent ne m’intéresse pas, j’en ai suffisamment. »

L’homme du Mossad fut encore plus étonné d’entendre Skorzeny évoquer ce qu’il voulait réellement : « J’ai besoin que Wiesenthal enlève mon nom de sa liste. » Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazis basé à Rome, l’avait mis sur sa liste de criminels de guerre, mais voilà que l’accusé soutenait n’avoir commis aucun crime.

L’israélien ne croyait pas aux protestations d’innocence des officiers supérieurs nazis, mais le recrutement d’un espion exige des mensonges opportuns et des subterfuges. « O.K., dit-il, ce sera fait. On va s’en occuper. »

Skorzeny finit par baisser son arme et les deux hommes se serrèrent la main, l’agent du Mossad cachant son dégoût.

« Je savais que cette histoire à propos de l’attaque dont vous aviez été victime était fausse, dit Skorzeny, avec le sourire fanfaron d’un professionnel du renseignement. Je savais que c’était juste une couverture. »

L’étape suivante consista à le faire venir en Israël. Son agent traitant du Mossad, Raanan, organisa un voyage secret à Tel Aviv où Skorzeny fut présenté à Harel. Le nazi fut interrogé et reçut aussi des instructions et des recommandations plus spécifiques. Pendant cette visite, on fit visiter à Skorzeny Yad Vashem, le musée de Jérusalem, dédié à la mémoire des 6 millions de juifs victimes de l’holocauste. Le nazi resta silencieux et se conduisit avec respect. Il y eut un instant étrange quand un survivant de la guerre pointa son doigt en la direction de Skorzeny et le traita de « criminel de guerre ».

Raanan, excellent acteur comme se doivent d’être tous les espions, sourit à cet homme et répondit calmement : « Non, vous faites erreur. C’est un membre de ma famille, qui est lui-même un survivant des camps. »

Naturellement, beaucoup dans le renseignement israélien se posèrent des questions sur la réalité et l’apparente facilité du recrutement de ce célèbre soldat dévoué à son pays. Est-ce parce qu’il se souciait tant de son image qu’il avait exigé d’être rayé de la liste des criminels de guerre ? Skorzeny indiqua que se trouver sur la liste faisait de lui une cible. En coopérant avec le Mossad, il s’achetait une assurance-vie.

Le nouvel agent semblait donner des preuves de sa totale fiabilité. Comme les Israéliens le demandaient, il partit pour l’Égypte et dressa une liste détaillée des savants allemands et de leurs adresses.

Il fournit aussi les noms de nombreuses sociétés écrans européennes qui vendaient et livraient des composants destinés aux projets militaires de l’Égypte, comme la firme de Heinz Krug à Munich, Intra.

Raanan continua à être le responsable de l’opération contre les savants allemands, mais il réserva la tâche de rester en contact avec Skorzeny à deux de ses meilleurs agents, Rafi Eitan et Avraham Ahituv.

Rafi Eitam a été l’un des personnages les plus extraordinaires du renseignement israélien. Il a gagné le surnom « M. Kidnapping » pour son rôle dans l’enlèvement d’Eichmann et d’autres hommes recherchés par les agences de sécurité israéliennes. Il a aussi aidé Israël à se procurer ce qu’il fallait pour son programme nucléaire secret. Il a été au centre d’un scandale dans les années 80 en recrutant Jonathan Pollard, ce juif américain qui s’était mis à espionner le gouvernement de son pays.

Après une vie dans l’ombre, ce personnage, qui a surpris par son originalité, est devenu en 2006, à l’âge de 79 ans, député, à la tête d’un parti qui représente les personnes âgées.

« Oui, j’ai rencontré Skorzeny et j’ai été son agent traitant, » nous a-t-il confirmé récemment. Comme d’autres vétérans du Mossad, il a refusé de nous donner plus de détails de façon officielle.

Ahituv, né en Allemagne en 1930, s’est trouvé, lui aussi, impliqué dans de nombreuses opérations clandestines tout autour du monde. De 1974 à 1980, il a dirigé le service de sécurité intérieure, le Shin Bet, dont les archives recèlent aussi de nombreux secrets et qui a souvent mené des projets conjointement avec le Mossad.

Les agents du Mossad ont effectivement essayé de persuader Wiesenthal d’enlever Skorzeny de sa liste de criminels de guerre, mais le chasseur de nazis a refusé. Alors le Mossad, avec son chutzpah (toupet) habituel, a rédigé une fausse lettre, censée avoir été écrite par Wiesenthal et adressée à Skorzeny où il est spécifié que Skorzeny est disculpé.

Skorzeny a continué à surprendre les Israéliens par l’intensité de sa coopération. Pendant un voyage en Égypte, il a même envoyé par la poste des colis remplis d’explosifs, et une bombe fabriquée par des israéliens a tué cinq Égyptiens sur le site militaire consacré aux fusées, Factory 333, où travaillaient des savants allemands.

La campagne d’intimidation a été couronnée de succès : la plupart des Allemands ont quitté l’Égypte. Israël n’a cessé sa violence et ses menaces, toutefois, que lorsqu’une de ses équipes a été arrêtée en Suisse, en train d’exercer des pressions verbales sur la famille d’un savant allemand. Un homme du Mossad et un savant autrichien qui travaillait pour Israël ont été jugés. Par chance, le juge suisse a compris la peur d’Israël devant le programme de fusées égyptien. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’avoir proféré des menaces, mais ils ont été remis aussitôt en liberté.

Le Premier ministre, David Ben Gourion, cependant, a conclu que toute cette publicité était désastreuse pour l’image d’Israël et surtout qu’elle pouvait nuire à un accord passé avec l’Allemagne de l’ouest pour des ventes d’armes.

Harel a envoyé sa lettre de démission, qu’à son extrême surprise, Ben Gourion a acceptée. Le nouveau directeur du Mossad, le commandant du renseignement de l’armée, le Général Meir Amit, a renoncé à poursuivre les nazis ou à les intimider.

Amit a « réveillé » Skorzeny au moins une fois encore. Le chef des services secrets voulait explorer la possibilité de négociations secrètes de paix et il a demandé au nazi payé par Israël d’organiser une rencontre avec un haut responsable égyptien, mais cela n’a rien donné.

Skorzeny n’a jamais expliqué les raisons exactes pour lesquelles il avait aidé Israël. Dans son autobiographie, on ne trouve ni le mot « Israël » ni même le mot « juif ». Certes il a eu l’assurance-vie qu’il cherchait, le Mossad ne l’a pas assassiné.

Il avait aussi un goût très prononcé pour l’aventure et l’idée de faire un travail secret avec des espions fascinants, même si c’était des juifs, devait agir comme un aimant pour l’homme à qui ses équipées risquées avaient valu la croix de fer décernée par Hitler. Skorzeny était tout à fait le genre d’homme que les tueries rajeunissaient et ragaillardissaient, du moins en avait-il l’impression.

Il est possible que les regrets et le besoin de rédemption aient aussi joué un rôle. Les psychologues du Mossad n’y croyaient pas, mais peut-être a-t-il regretté ce qu’il avait fait pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sans doute a-t-il été motivé par la combinaison de tous ces facteurs et peut-être même d’autres, mais Otto Skorzeny a emporté son secret dans la tombe. Il est mort d’un cancer, à 67 ans, à Madrid, en juillet 1975.

Il a eu deux enterrements : l’un dans une église de la capitale espagnole et l’autre pour enterrer ses cendres dans la concession familiale à Vienne. Des dizaines de vétérans allemands et leurs épouses, qui n’ont pas hésité à faire le salut nazi et à entonner quelques-uns des chants préférés d’Hitler, ont assisté à ces deux cérémonies. Figuraient en bonne place quatorze des médailles de Skorzeny, sur la plupart desquelles on ne pouvait manquer de remarquer des croix gammées noires.

Au service de Madrid, il y avait un homme que, dans la foule, personne ne connaissait, mais qui, par habitude, essayait de cacher son visage autant qu’il le pouvait. C’était Joe Raanan qui, à cette époque, était devenu un homme d’affaires israélien prospère.

Ce n’est pas le Mossad qui avait envoyé Raanan aux obsèques de Skorzeny, c’est lui qui avait décidé de s’y rendre et à ses propres frais. C’était l’hommage personnel d’un soldat né en Autriche à un autre, et d’un vieil agent traitant au meilleur, mais plus méprisable, agent qui n’ait jamais été sous ses ordres.

Dan Raviv, un correspondant de CBS News à Washington, et le journaliste israélien Yossi Melman sont les co-auteurs de cinq livres qui traitent de l’espionnage israélien et des agences de sécurité.

Source : Haaretz, le 27/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

11 réponses à L’étrange cas d’un nazi devenu tueur à gages israélien… [Haaretz]

Commentaires recommandés
noDJ Le 25 juillet 2016 à 02h14
 
 

Pas si étonnant que cela. Entre psychopathes ont se comprend.

Après la guerre les américains ont exfiltrés plus de 1500 scientifiques allemands, lors de l’ opération Paperclip. Un des résultats fut le Projet MK-ultra, M pour Mind, K pour Kontrol (en all.), sans doute le plus horrible de tous. Pour créer une dissociation cognitive permettant une meilleure programmation mentale, on expérimenta le LSD, les éléctrochocs, et autres tortures y compris le viol, et ce, même sur des enfants orphelins.

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Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France en Syrie.

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #L'OTAN., #L'armée française, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Comité pour une Nouvelle résistance

Acte d'horreur en Syrie, un enfant de 10 ans égorgé par les barbares takfiristes. Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France.

 Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France en Syrie.

Bonjour.

 

Avertissement.

 

J'ai repris cette information du site "Les crises". J'ai beaucoup hésité avant de parler de cette horreur, mais je ne supporte plus l'hypocrisie des puissants qui nous gouvernent. Ils font semblant de s'apitoyer après des attentats meurtriers (le 14 juillet à Nice n'échappe pas à la règle).Puis rapidement la politique ignoble de sujétion à l'Empire reprend immédiatement ses droits.

Le discours de François Hollande le vendredi 15 juillet à 4h 30 du matin en atteste. Ses seules réponses sont: Augmenter de 6 mois "l'état d'urgence" et "intensifier les frappes françaises en Syrie et en Irak". L'aviation française a donc bombardé un village syrien du nord d'Alep, résultat: 120 mort civils (femmes, enfants, vieillards essentiellement).

C'est pourquoi afin d'appréhender le problème politique dans toutes ses dimensions, il m'a paru essentiel de permettre à chacun de connaître, s'il le désire, la réalité de notre politique au Moyen Orient.

Mes réticences portaient et portent toujours sur la propension de l'être humain au voyeurisme, ce qui en l'espèce est parfaitement ignoble et condamnable. Mais après de longues réflexions j'ai fait le choix de diffuser ce message.

 

Le message.

 

Devant l’horreur perpétrée par des combattants d’une des branches de l’armée syrienne libre - soutenue et armée depuis le début de la guerre en Syrie (mars 2011) par les gouvernements successifs de la France – nous ne pouvons rester indifférents. Egorger  un enfant de 10 ans à l’arrière d’une camionnette doit nous faire réagir violemment. Ces barbares qui ont rompu tous liens avec l’humanité, doivent être exterminés jusqu’au dernier.

 

Si nous ne réagissons pas, cela veut dire que rien ne peut plus nous révolter ; que nous sommes prêts à  laisser cette barbarie se répandre à travers le monde au risque de livrer notre peuple et nos familles à cette terreur.

 

Revisitons les paroles de la Marseillaise :

 

[…]

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

[…]

 

Nous devons dénoncer la politique étrangère honteuse menée par notre pays et dirigée par des ministres encartés soit aux « Républicains », soit chez « les socialistes »: Bernard Kouchner, Alain Juppé, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault . Elle est restée dans une posture belliqueuse, complètement alignée sur l’Axe du Bien Atlantique.

 

Dans la nuit du 14 juillet 2016 après l’attentat de Nice, notre président  a proposé comme réconfort à la population française meurtrie et sidérée : « Nous allons combattre le terrorisme islamiste de Daesch, nous allons intensifier nos frappes en Syrie et en Irak...". Cela s’est traduit par 120 morts dans un village syrien au nord d’Alep où des civils (principalement des enfants, femmes, vieillards) ont péri sous les bombes de l’aviation française. Pourquoi tant d’acharnement dans l’erreur ? Cela relève-t-il de l’incompétence, de la sujétion absolue à des puissances étrangères, ou tout simplement à l’obsession psychiatrique ?

 

On peut se demander pourquoi le chargé de pouvoir qui est l’hôte du palais de l’Elysée en ce moment ne se rapproche pas de la Russie et du gouvernement légitime de Syrie afin d'optimiser le combat contre les groupes sauvages et sanguinaires de terroristes qui se réclament du salafisme ou du takfirisme ou de toute autre idéologie obscurantiste. N’oublions pas qu’Al Nosra - branche d'Al Qaeda en Syrie, classée parmi les organisations terroristes par l’ONU - faisait du bon boulot en Syrie  selon Laurent Fabius.

 

LE MONDE | 13.12.2012

Extrait :

« En revanche, la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre. »


En savoir plus sur

http://www.medias-presse.info/apologie-du-terrorisme-laurent-fabius-et-al-nosra/23967#AhvffJ1IUdbYgRWs.99

 

 

Dans le message ci-dessous posté par le site « Les Crises » , ce fait ignoble, révoltant, dépassant notre entendement, est relaté en détail. Dans les commentaires, de nombreux liens sont proposés pour mieux être informés sur les agissements des sbires du mal absolu qui doivent être éradiqués jusqu’au dernier.

https://www.les-crises.fr/des-rebelles-syriens-moderes-ont-decapite-un-enfant/

 

 

Pour une fois de nombreux média ont parlé de cette abomination. Le « Canard Enchaîné du mercredi 20 juillet 2016, sous la plume de Claude Angeli évoque ces faits.  Des extraits dans le lien ci-après

http://french.almanar.com.lb/adetails.php?eid=315929&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

 

Voici quelques liens.  Les médias ont parlé de la décapitation par ces rebelles :

-Marianne

http://www.marianne.net/syrie-rebelles-moderes-decapitent-enfant-100244607.html

 

-BFMTV

http://www.bfmtv.com/international/syrie-des-rebelles-se-filment-en-train-de-decapiter-un-enfant-pres-d-alep-1008996.html

 

-Médiapart

https://blogs.mediapart.fr/pascal-eychart/blog/220716/decapitation-dun-enfant-de-10-ans-par-des-syriens-moderes

 

Ouest-France.

http://www.ouest-france.fr/monde/syrie/syrie-des-rebelles-vont-enqueter-suite-la-decapitation-dun-enfant-4377669

 

Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/07/20/97001-20160720FILWWW00044-des-rebelles-syriens-ont-decapite-un-enfant.php#

 

Et Amnesty International

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/07/syria-video-showing-beheading-of-boy-further-evidence-of-abuses-by-armed-groups/

 

Le département d’état américain a très vite réagi promettant que si ces exactions étaient confirmées, les Etats-Unis suspendraient leurs aides à ce groupe.

http://www.bbc.com/news/world-middle-east-36843990

http://www.state.gov/r/pa/prs/dpb/2016/07/260261.htm#NORTHKOREA

QUESTION: Okay. Can I ask you about Syria?

MR TONER: Please, of course.

QUESTION: Just for a second, considering there’s a lot of violence going on there.

MR TONER: Yeah, that’s a great example.

QUESTION: I’m wondering if you have seen or you’re aware of this beheading of a child by a group that is supported by the United States.

MR TONER: Yeah. No, thanks. We’ve obviously seen the reports, and we just can’t confirm. We’re seeking more information. We understand from unconfirmed reports that the group, the Free Syrian Army, has appointed a commission to investigate the incident and that they’ve made arrests of those allegedly involved. I’d refer you to – it’s Al Zinki, I guess, is the group --

QUESTION: Yeah.

MR TONER: -- for additional information. But I can only say that it’s an appalling report, and obviously, we’re very concerned certainly if it’s accurate. We’re trying to get more information and more details.

QUESTION: Okay. Is that the kind of thing that could – that if you’re – if you are able to confirm it and if you do get – if you’re able to back up the reports --

MR TONER: Sure.

QUESTION: Is this the kind of thing that would affect assistance, U.S. assistance to this specific group but also just in general to the FSA?

MR TONER: Well, I think we’d take a – if, as you said, if we can prove that this was indeed what happened and this group was involved in it, I think it would certainly give us pause.

QUESTION: It would give you pause?

MR TONER: Well, give us pause about any assistance or, frankly, any further involvement with this group.

QUESTION: So, in other words, so it will draw – there will be some kind of consequence if you’re satisfied that this actually happened?

MR TONER: I can’t – again, I can’t say what that consequence will be, but it will certainly give us, as I said, serious pause and we’ll look at, frankly, any affiliation or cooperation with this group we may have going forward, if these allegations are proven true.

Yes, Samir. And I’ll get to you, I promise.

 

 

 

Où est la réaction française ? Le ministère des affaires étrangères français est-il toujours dans la logique de Laurent Fabius sui prétendait en Décembre 2012 dans le journal « Le monde »  « qu’Al Nosra (ces combattants modérés que nous avons armés et entrainés) fait du bon boulot en Syrie ».

 

La poésie parle plus directement à nos cœurs endormis.

C’est pourquoi que je cite Aragon.

 

La Rose et le Réséda

[…]

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat

[…]

 

Un jour, un jour

 

[…]
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

[…]

 

 

Après les attentats de Paris de janvier 2015, de novembre 2015, de Bruxelles et bien d’autres encore, après l’attentat de Nice, notre conscience citoyenne doit se réveiller.

 

Nous devons exiger un changement total de politique. Hélas aucun des partis de gouvernement, englués qu’ils sont dans la soumission à l’Empire atlantique via l’Union européenne, n’est en capacité de changer de cap. Nous ne pouvons plus rester dans ce carcan où la France n’existe plus. Nous devons retrouver notre Liberté, notre Indépendance Nationale, notre Souveraineté Nationale et notre Souveraineté populaire. Nous devons retrouver une diplomatie courageuse et responsable. Nous devons retrouver la maîtrise de notre armée et pour cela sortir de l’OTAN, comme l’avait fait le général de Gaulle en 1966.

 

Toutes ces actions demandent de la détermination et du courage. Le peuple français doit imposer des hommes de bonne volonté afin de libérer le territoire national de la domination étrangère. Comme aux heures sombres de l’occupation nazie notre pays est en danger de disparition. A cette époque, gaulliste et communiste ont uni leurs efforts pour que renaisse la patrie des droits de l’homme. Deux hommes d’exception, Jean Moulin et de Gaulle ont réussi à unir le peuple français et à contrer la colonisation qu’elle soit allemande ou américaine (voir le dernier livre d’Annie Lacroix-Riz : « Aux origines du carcan européen  1900-1960,  La France sous influence allemande et américaine ».

 

,  Ces hommes-là existent aujourd’hui, il suffit de leur permettre de se rencontrer et de travailler ensemble, pour la France.

 

C’est notre seule chance d’éviter le chaos à venir et de mener efficacement cette guerre aux terroristes.

 

Bien cordialement

Lucien Pons

 

 

NOTA : Compléments d’informations

 

La Libye, La Syrie

Une vidéo à voir absolument, elle montre Alep avant et après le carnage des amis de monsieur Fabius.

https://www.facebook.com/DavidAvocadoWolfe/videos/10153625047761512/

Laurent Fabius, El Nosra fait du bon travail

https://www.youtube.com/watch?v=g9FiUF7N-PA

Syrie : un autre éclairage du conflit qui dure depuis 5 ans expliqué par un médecin aleppin (Vidéo)

https://www.youtube.com/watch?v=_2rf5DcM-t0#t=31

le lien ici

 

« La diplomatie française au Moyen-Orient » (14/18) Bruno Guigue.

http://www.academiedegeopolitiquedepa...

https://www.youtube.com/watch?v=aNlOTpPb-24

Scandale : Le terroriste syrien Abdul Razzak Tlass aurait obtenu l'asile politique en France !

https://www.youtube.com/watch?v=bIey21dBSFI

https://gaideclin.blogspot.fr/2016/07/scandale-le-terroriste-syrien-abdul.html

 

 

La France devrait acclamer la victoire de la Russie sur Daesch,


François Hollande est un habitué des déclarations fracassantes (le Bourget: "Mon ennemi c'est la fiance"; Le 15 juillet à Nice: "Nous allons combattre le terrorisme islamiste de Daesch, nous allons intensifier nos frappes en Syrie et en Irak...".
C'est vrai que l'orient est compliqué et qu'avoir détruit la diplomatie française nous n'avons plus les moyens de mener cette guerre aux terroristes.

Les russes font le pari de la culture contre la barbarie. Après avoir libéré Palmyre, il ont organisé un concert philarmonique dans ce lieu symbolique.

 

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/07/la-france-devrait-acclamer-la-victoire-de-la-russie-sur-daesh.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto

 

Un maestro russe et son orchestre symphonique dans les ruines de Palmyre pour célébrer sa libération le 5 mai 2016

https://www.youtube.com/watch?v=zl8rqJ6oD-s

 

La nouvelle intervention illégale de la France en Libye

 

Libye: un hélicoptère des forces spéciales françaises abattu par un missile 9K32 près de Benghazi

https://strategika51.com/2016/07/20/libye-un-helicoptere-des-forces-speciales-francaises-abattu-par-un-missile-9k32-pres-de-benghazi/

 

Le 20 juillet, le ministère français de la défense est bien obligé de reconnaître que 3 membres de la DGSE sont morts en mission secrète en Libye.

http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/07/lintervention-illegale-de-la-france-en.html

 

Attentat de Nice :

discours du président François Hollande

https://www.youtube.com/watch?v=CS5mx-I-bug

 

Une caméra dans Nice la nuit du 15 juillet.

https://www.facebook.com/Page.NiceMatin/videos/10155131325852575/

 

Pouvoir et chaos: des questions autour du camion blanc. Par Slobodan Despot

https://fr.sott.net/article/28602-Pouvoir-et-chaos-des-questions-autour-du-camion-blanc

 

Ex-Yougoslavie.

La théorie américaine : « Pour un nouveau siècle américain. En 1992, Paul Wolfowitz, a défini la politique étrangère de Washington :

«le premier objectif de la politique étrangère et militaire américaine doit être d’empêcher la renaissance d’un nouveau rival, sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs. La nouvelle stratégie de défense régionale exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile d’étendre sa domination sur une région dont les ressources, placées sous tutelle, suffiraient à générer un pouvoir étendu au monde entier ». («Une puissance hostile» étant dans ce contexte un pays suffisamment fort pour avoir une politique étrangère indépendante de Washington). En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain».    

Afin de planifier cette domination, la destruction de la Yougoslavie était nécessaire afin d’implanter les bases de l’OTAN. Ce fut le cas du Kosovo qui possède la plus grande base de l’OTAN en Europe, il s’agit du Camp Bondsteel.

Les pourparlers de paix de Rambouillet étaient seulement un paravent afin de faire croire au respect du droit international. La Serbie ne pouvait l’accepter. Résultat, les bombes de l’OTAN ont dévasté la Serbie jusqu’à l’accord sur l’indépendance du Kosovo. Depuis le Kosovo est devenu un état indépendant. Son président est un criminel de guerre, mafieux de son état, l’ami de Bernard Kouchner, je veux parler d’Hacim Thaçi. Selon Clara Del Ponte et Dick Marty, ce triste personnage s’est rendu coupable de trafic s d’organes à la villa Jaune près de Pristina. Malgré ces enquêtes fouillées, cet homme est toujours en place, c’est vrai qu’il est protégé par les Etats-Unis. C’est un peu comme Poroshenko en Ukraine.

Le Kosovo

Cinq centres d'entraînement de terroristes de Daech opérationnels au Kosovo.

http://presstv.ir/DetailFr/2016/07/22/476424/Kosovo-nouveau-fief-de-Daech

Le Kosovo est le berceau de la civilisation serbe. En 1999,  les Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton avec le soutien du secrétaire d’état Madeleine Albright, ont testé la nouvelle orientation de l’OTAN. Cette armée après son rôle défensif dans la guerre froide est devenue une armée de conquête à la chute de l’URSS. Le tristement célèbre néocon américain, Paul Wolfowitz, a théorisé la nouvelle politique étrangère américaine. Cette nation essentialiste se devait d’imposer la Pax Americana partout dans le monde et surtout là où les intérêts des transnationales américaines étaient en jeu.

Rien d’étonnant donc qu’il y ait des camps d’entrainement de Daech au Kosovo. Ces soldats de l’apocalypse peuvent bien servir dans un avenir proche, peut-être en Europe, allez savoir !

Bosnie Herzégovine

J’oubliais, il y a aussi des implantations de Daech en Bosnie Herzégovine également.

https://francais.rt.com/international/4550-daesh-se-niche-au-plein-coeur-ue

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/07/daesh-se-niche-au-plein-coeur-de-l-ue.html

 

La Tunisie

 

Exclusif : ce qui n’a pas été dit sur la visite de Rached Ghannouchi en France

Rached Ghannouchi est un terroriste tunisien de la branche tunisienne des frères musulmans appelé Ennarda. Sous les régimes précédents, il avait perpétré des attentats islamistes en Tunisie et avait été jugé par contumace car il était réfugié en France. Le gouvernement tunisien avait fait la demande d’extradition par le biais d’Interpol. La France est membre d’Interpol, elle devait donc l’extrader, elle ne l’a jamais fait.

 

Aujourd’hui les islamistes sont très influents en Tunisie, nous avons abandonné ce pays aux mains des frères musulmans. Le chef des Frères musulmans tunisiens a été reçu en grande pompe en France pour consolider les relations islamo-socialistes et rendre compte à l’ancienne puissance coloniale de l’état démocratique de la Régence islamique

http://politicus.afrikblog.com/archives/2013/03/24/26724136.html

 

http://www.tunisie-secret.com/Exclusif-ce-qui-n-a-pas-ete-dit-sur-la-visite-de-Rached-Ghannouchi-en-France_a1619.html

 

La Grèce.

 

La vie dans une colonie contemporaine de la dette : la vérité sur la Grèce. Par Michael Nevradakis

http://lesakerfrancophone.fr/la-vie-dans-une-colonie-contemporaine-de-la-dette-la-verite-sur-la-grece

 

Politique générale

Cauchemars de Brzezinski : Russie, Chine et sous l’angle de la vraie guerre

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/06/cauchemars-de-brzezinski-russie-chine-et-sous-l-angle-de-la-vraie-guerre.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto

 

L’OTAN aux frontières de la Russie, UNE NOUVELLE PETITE VIDÉO DE 1'17'', PUBLIÉE PAR RUSSIA TODAY, RÉSUME L'ÉQUILIBRE DES FORCES ENTRE L'OTAN ET LA RUSSIE.

https://www.facebook.com/francoisasselineau/videos/1136474686390900/

 

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NICE : Derrière l'émotion, regarder les choses en face (par Marc Jammet)

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Publié par El Diablo

 
NICE : Derrière l'émotion, regarder les choses en face (par Marc Jammet)

L'effroyable s'est à nouveau produit, cette fois-ci à Nice, avec son cortège d'horreurs.

L'émotion est immense et nos médias bien-pensants se sont à nouveau empressés de "l'exploiter".

Car, quitte à choquer, si l'émotion est légitime, en rester à cet état n'aidera pas à regarder les choses en face.

Nos médias nous ont ainsi très vite rappelé le Bataclan, Bruxelles, Magnanville, Orlando ... Oubliés les attentats en Tunisie, en Turquie mais aussi en Irak, en Syrie, en Lybie où chaque jour voit son cortège de meurtres beaucoup moins médiatisés en France il est vrai (parce que plus éloignés? Moins occidentaux?).

Regarder les choses en face c'est comprendre qu'aucun état d'urgence, aucun renforcement des peines, aucune vidéosurveillance et encore moins aucune interdiction de manifester n'empêchera un tueur décidé à se suicider en réalisant le plus de dégats possibles de frapper au hasard, hier avec avec un camion, demain avec un couteau ou une autre arme.

Regarder les choses en face c'est aussi tenter de comprendre et discerner les responsabilités.

N'est-il pas ainsi flagrant que ce soient les mêmes qui nous parlent aujourd'hui de "France en guerre", de constitution d'une milice d'état pudiquement camouflée par la "réserve opérationnelle" et qui dans les années 80 soutenaient les "combattants de la Liberté" qu'étaient les Talibans (parce qu'ils avaient l'énorme avantage, via la CIA, de s'attaquer à l'URSS), qui ont à nouveau soutenu en Syrie ces "nouveaux combattants de la Liberté" directement liés à Daesh, qui ont livré aux mêmes à coups de canon la Lybie, fermé les yeux sur les complicités de la Turquie et de l'Arabie Saoudite et qui continuent à se taire face au véritable génocide du peuple kurde (pourtant en première ligne en Syrie face à Daesh) dans lequel le régime d'Erdogan s'engage?

Pour eux l'émotion sert à cela: empêcher si possible de réflechir et surtout ne pas modifier un ordre mondial à conserver.

Regarder les choses en face, c'est tenter de discerner les responsabilités et donc, loin de "l'union sacrée" dans lequel notre gouvernement tente de nous enfermer, exiger que ce dernier modifie radicalement son action internationale.

Et c'est aussi réagir au plus proche.

Car là comme ailleurs les cris de guerre, les boucs-émissaires non seulement ne serviront à rien mais ne pourront qu'empirer la situation.

Dans notre pays où maintenant droite et extrême-droite puis parti socialiste tentent - chacun à leur tour - de nous convaincre qu'il faut être "un gagneur" dans une société capitaliste qu'il ne faut même plus rêver de remettre en cause, je crois au contraire que "prêter attention à l'autre", "prendre du plaisir à donner", la solidarité y compris dans la lutte (et je pense à la loi travail) sont des valeurs à faire vivre.

Elles n'empêcheront sans-doute pas tous les tueurs d'agir mais elles auront l'énorme avantage de les isoler et de leur retirer ce "terreau fertlle" que les va-t-en-guerre leur offrent.

 

Marc Jammet

Conseiller municipal PCF de Mantes-la-Jolie (Yvelines)

SOURCE:

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Irlande : une croissance de 26,3 % artificiellement gonflée, par Romaric Godin

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #La mondialisation, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire

Quand un “partenaire de l’UE-la paix” nous mange la laine sur le dos…

Source : La Tribune, Romaric Godin, 12/07/2016

La croissance irlandaise atteint des sommets. (Crédits : © Cathal McNaughton / Reuters)

La croissance irlandaise atteint des sommets. (Crédits : © Cathal McNaughton / Reuters)

Selon l’office des statistiques irlandais, la croissance du pays a atteint 26,3 % en euros de 2010 l’an passé. Une croissance inédite gonflée par les particularités de l’économie irlandaise et qui ne profite que très marginalement aux ménages.

Voilà qui a de quoi faire tourner les têtes. L’Office central des Statistiques irlandais (CSO) a révisé ce mardi 12 juillet les chiffres de la croissance pour 2015 de la République d’Irlande et a multiplié la croissance annuelle du pays par trois ! Initialement prévue à 7,8 %, elle a été révisée à 26,3 % ! Désormais, en euros de 2010, le PIB irlandais s’élève à 243,91 milliards d’euros contre 191 milliards d’euros initialement indiqué. L’Irlande reste ainsi la dixième économie de l’UE (la huitième de la zone euro), mais n’est plus qu’à 70 milliards d’euros de 2010 de l’Autriche. En euros courants, la croissance irlandaise approche un tiers à 32,4 %. Avec de tels chiffres, le ratio de dettes publiques sur PIB tombe de 101 % à 80 %.

L’effet “multinationales”

De tels chiffres sont évidemment très rares pour une économie aussi développée que l’Irlande. Ils reflètent la nature très particulière de la croissance irlandaise, basée sur la localisation d’actifs attirés par le faible taux d’imposition de la République sur les bénéfices des entreprises (12,5 % pour les revenus commerciaux avec de possibles réductions). Beaucoup de multinationales fixent leurs opérations en Irlande pour bénéficier de ce taux, sans que les montants « basés » en Irlande ne correspondent effectivement à des activités réalisées dans la République. Les bénéfices de ces compagnies sont ensuite redistribués aux actionnaires qui ne sont presque jamais Irlandais. Durant l’année 2015, les sociétés internationales ont fait jouer la concurrence de façon particulièrement rude. L’attachement de la classe politique irlandaise dans sa quasi-totalité au faible taux de l’impôt sur les sociétés a permis d’attirer de nombreux actifs étrangers en Irlande.

Le PNB également en hausse

On constate, du reste, que la croissance du Produit national brut (PNB), qui reflète la richesse produite par les entreprises irlandaises et non pas par les entreprises localisées en Irlande, est inférieure de 5,6 points à celle du PIB, à 18,7 %, ce qui permet de mettre en lumière une partie des effets des transferts liés à ces multinationales. En clair : près de 22% de la croissance irlandaise en 2015 a été rapatriée à des propriétaires étrangers et ne sera donc pas redistribuée à la population irlandaise. Le PNB prend donc en compte la part de la « contribution » des entreprises étrangères à l’économie irlandaise comme les taxes payées effectivement et les salaires versées aux fournisseurs irlandais. En cela, sa croissance reste tout à fait exceptionnelle.

Les trois facteurs de la croissance

Trois éléments expliquent principalement cette croissance insolite : le rapatriement d’actifs financiers des multinationales sous la législation irlandaise, le mouvement vers l’Irlande des transferts de brevets qui fait, là aussi, grimper la valeur des actifs dans l’économie et qui est comptabilisé comme des investissements et enfin l’effet de l’activité de location-vente (« leasing ») d’avions qui est désormais intégrée dans les comptes nationaux. Or, une entreprise de leasing aéronautique s’est installé dans le pays en 2015, emportant avec elle non pas les avions physiques, mais son portefeuille d’actifs comprenant la valeur des avions. Aidan Regan, directeur de l’institut européen de Dublin, estime que c’est la première source de la croissance de l’investissement. Ceci a contribué à gonfler le PIB et, dans une moindre mesure le PNB, de l’Irlande.

Etrange discrétion

Un coup d’œil sur le détail des comptes nationaux de l’île verte permet de se rendre compte de certaines anomalies. Les taux de croissance sectoriels vont de 5,7 % à 10,4 %, ce qui correspond assez aux chiffres préliminaires, tandis que l’industrie affiche, elle, une croissance de 97,8 % ! Etrangement, le CSO refuse de donner le détail de cette croissance entre les trois principaux sous-secteurs industriels du pays, la pharmacie, l’informatique et les équipements médicaux « pour des raisons de confidentialité ». Cette confidentialité avancée pour refuser un détail statistique dit assez la nature de « l’activité » répertoriée par le CSO : ce sont des éléments fiscaux principalement. Cette discrétion traduit aussi le caractère très exceptionnel de cette croissance qui dépend sans doute de quelques entreprises seulement, puisque la répartition sectorielle rendrait leur identification possible.

Des exportations gonflées

Il convient également de ne pas se laisser impressionner par la progression de 102 % des exportations irlandaises. Une grande partie d’entre elles sont en effet également le fruit d’un effet comptable. Comme le souligne dans un texte de 2014 l’économiste John FitzGerald, qui explique la forte volatilité des comptes nationaux irlandais, les « contrats de fabrication » que passent des entreprises basées en Irlande dans des pays tiers pour vendre des produits dans d’autres pays sont désormais enregistrés comme des « importations » et des « exportations » dans les statistiques et non pas seulement comme des profits pour les entreprises concernées. La norme comptable prend en effet en compte non pas le lieu du commerce effectif, mais le changement de propriété du produit. Même si un produit ne passe pas par l’Irlande, le fait d’être acheté et revendu par une entreprise irlandaise le fait entrer dans les statistiques commerciales. Il n’y a donc pas là de considérations liées à la compétitivité propre de l’économie irlandaise.

Faible impact sur les salaires

PIB et PNB ne sont donc pas de bons indicateurs pour connaître la réalité de l’économie irlandaise. Le résultat des élections de février 2016 où la coalition au pouvoir pendant la crise et qui avait fait campagne sur la “reprise” a subi une nette défaite, perdant jusqu’à 24 points et 42 sièges au parlement, devrait alerter sur le caractère assez fictif de cette croissance de 26,7 %. De fait, on constate que la hausse des rémunérations non-agricoles a été de 5,7 % contre 35,6 % pour les bénéfices. Si l’on veut bien apprécier la nature de la croissance irlandaise en 2015, ce chiffre est très éclairant : la part des salaires dans le PIB est passée de 35,38 % en 2014 à 28,18 % en 2015. Un recul qui prouve combien cette croissance est « désincarnée » dans la réalité irlandaise.

Caractère volatil

Aucun doute, cependant, que l’Irlande connaît une croissance vigoureuse. En partie, du reste, en raison de cette stratégie fiscale qui a plusieurs retombées sur l’économie réelle, notamment sur les dépenses de consommation et le recours aux services aux entreprises. L’Irlande dispose aussi d’un appareil productif moderne et efficace, notamment dans le domaine de la santé et de l’agriculture. La croissance irlandaise n’est pas « fictive » : la consommation des ménages a progressé de 4,4 % et, on l’a vu, la croissance de tous les secteurs de l’économie est supérieure à 5 %. Mais elle n’est pas aussi vigoureuse que les grands agrégats le laisse penser. Les chiffres, publiées également, ce 12 juillet du premier trimestre 2016, prouvent le caractère volatil des comptes nationaux du pays : le PIB a reculé sur trois mois de 2,1 %, ce qui représente la plus forte baisse de la zone euro (la Grèce a affiché un recul de -0,4 % par exemple). Mais le PNB a progressé de 1,3 %…

Croissance prédatrice

Pour beaucoup d’Irlandais, la crise de 2010-2013 a encore laissé des traces et l’émigration, si elle se ralentit, reste une réalité sans que le mouvement de retour de ceux qui sont partis durant la crise ne s’enclenche. Les effets de l’austérité, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports se font encore sentir et sont mal ressentis dans le pays. Quant à l’apport à la croissance de la politique de dévaluation interne menée par le gouvernement dans les années de crise, il reste relativement limité, puisque les secteurs les plus porteurs pour l’économie irlandaises sont ceux qui servent les salaires les plus élevés et demandent le plus d’investissements publics (éducation, valorisation à l’étranger de la place irlandaise, infrastructures), comme l’a montré Aidan Regan. En revanche, il convient de rappeler que la politique fiscale irlandaise conduit à transférer des richesses depuis leurs lieux de création en échappant aux impôts nationaux. La croissance irlandaise est réelle, mais c’est une croissance prédatrice qui se fait au détriment des autres. Là encore, plutôt que d’applaudir passivement en inventant le mythe d’une croissance produit de l’austérité, les responsables européens feraient bien de s’interroger sur ces pratiques.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 12/07/2016

pib-irlande

 

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Allemagne : mort dans une explosion, un réfugié syrien de 27 ans visait un festival de musique. Par Lefigaro.fr

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #Daesch

Allemagne : mort dans une explosion, un réfugié syrien de 27 ans visait un festival de musique
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Le ministre bavarois de l'Intérieur, Joachim Herrmann, a indiqué au cours d'une conférence de presse que l'homme qui a déclenché un engin explosif devant un restaurant à Ansbach, près de Nuremberg, dimanche soir, était un réfugié syrien de 27 ans. Celui-ci visait un festival de musique pop, où quelque 2500 personnes étaient réunies, qui se déroulait à proximité.

Après s'être vu refuser l'entrée du festival, l'agresseur présumé, qui portait un sac à dos, a déclenché un engin explosif aux environs de 22h12, faisant 12 blessés dont trois graves. L'individu a été retrouvé mort dans la détonation. Il avait fait une demande d'asile il y a un an, qui a été rejetée.

Le ministre bavarois de l'Intérieur a ajouté que l'homme avait fait un séjour en clinique psychiatrique et avait fait deux tentatives de suicide par le passé. Il a précisé que les éléments retrouvés dans son sac à dos étaient suffisants pour faire un grand nombre de victimes. 

L'Allemagne a connu ces jours-ci plusieurs attaques visant des civils. Lundi dernier, un réfugié de 17 ans avait attaqué les voyageurs d'un train de Bavière avec un couteau et une hachette, blessant cinq personnes avant d'être pris en chasse et abattu par la police. Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué cet acte.

Vendredi soir, à Munich, un Germano-Iranien de 18 ans a ouvert le feu sur la foule aux abords d'un centre commercial et à l'intérieur, faisant neuf morts et 35 blessés, avant de se suicider. Tout mobile terroriste a été écarté par les enquêteurs.

Enfin, ce dimanche, un demandeur d'asile syrien de 21 ans a tué une femme à la machette et blessé trois autres personnes, à Reutlingen, dans la région de Stuttgart. Les autorités penchent pour le "crime passionnel".

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Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire

Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

  • Par Lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 24/07/2016

Bernard Cazeneuve va porter plainte aujurd'hui pour "diffamation" après les "graves accusations" d'une policière municipale niçoise affirmant avoir reçu des pressions de l'Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif policier du 14 juillet, a annoncé le ministère de l'Intérieur

Dans un entretien au Journal du dimanche, Sandra Bertin, qui était en charge de la vidéosurveillance le soir de l'attentat de Nice, affirme avoir été "harcelée pendant une heure" le lendemain. "On m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues à l'écran", ajoute-t-elle.

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Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant. Par Bruno Rieth dans Marianne

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Politique étrangère, #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA
Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA

Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant

Jeudi 21 Juillet 2016 à 15:00

Par Bruno Rieth dans Marianne

Nouvelle vidéo de décapitation venue de Syrie. Sauf que cette fois, ce n'est pas un soldat de Daech qui tient le couteau mais un combattant d'un groupe de rebelle dit "modéré", selon la terminologie imposée par les Américains. Une exaction qui est loin d'être la première et qui interroge sur les alliances de la coalition anti-Daech.

Il n'a pas plus d'une douzaine d'année. L'oeil hagard, visiblement blessé, l'enfant est affaibli. Autour de lui, ses bourreaux rient et filment ses derniers instants. A l'arrière d'un 4x4, on l'allonge sur le ventre, les mains attachés dans le dos. Un homme, couteau dans une main, lui attrape les cheveux pour découvrir sa gorge puis le décapite.

Nouvelle vidéo d'exécution de Daech ? Pas cette fois. Selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialisé dans les mouvements djihadistes, la scène se déroule à Handrat, dans la province d'Alep, zone où les troupes d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l'Etat islamique, sont absentes. Toujours selon Wassim Nasr, l'enfant appartiendrait à la Brigade Quds, une milice palestinienne soutenant le gouvernement de Bachar al-Assad. En Syrie, comme au Liban, existent des camps de réfugiés palestiniens dont les occupants, comme les Syriens, ont été emportés dans l'enfer de la guerre.

 

 
"Une erreur individuelle"

Selon plusieurs médias anglo-saxons, les individus présents sur la vidéo se battraient pour le mouvement Nour al-Din al-Zenki. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne, a confirmé que la vidéo montrait bien des combattants de ce groupe de rebelles "modérés", selon la définition des Etats-Unis. Un mouvement que l'état-major américain a d'ailleurs soutenu activement, financièrement et logistiquement, la CIA lui ayant même . D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "le jeune garçon n'a pas plus de 13 ans, il a été capturé mardi dans la région d'Handarat, mais les faits ont eu lieu dans une zone d'Alep tenue par les rebelles, le quartier Al-Machad pour être précis."

De son côté, rapporte l'AFP, le groupe rebelle a publié un communiqué dans lequel il affirme que cette décapitation est "une erreur individuelle qui ne représente pas la politique générale du groupe" et que "les personnes qui ont commis cette infraction ont été arrêtées et remises" à une commission d'enquête. 

Le jeu d'alliance de la coalition anti-Daech à l'épreuve

Ce n'est pas la première fois qu'un groupe de rebelles dit "modéré" se livre à dex exactions. Début avril, le groupe Jaysh al-Islam avaient utilisé des armes chimiques dans des combats contre des Kurdes pour le contrôle de Sheik Maksoud, un quartier d'Alep. Le porte-parole du groupe syrien s'était là aussi fendu d'un communiqué de mea culpa, reconnaissant qu'"un des leaders de Jaysh al-Islam d'Alep a utilisé des armes qui ne sont pas autorisées dans ce genre de confrontations, ce qui est constitutif d'une violation des régles internes du groupe Jaysh al-Islam" et annonçant que ce commandant "a été déféré devant la justice militaire pour recevoir une punition appropriée". Décidément beaucoup de maladresse du côté de ces rebelles "modérés"... Qui interrogent.

Faut-il continuer à suivre la méthode américaine dictée par la maxime "les ennemis de mes ennemis sont mes amis" ? Ce qui explique par exemple que depuis le début de l'intervention de la coalition anti-Daech, les Américains demandent à leur alliés de ne pas bombarder les zones tenues par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, tout aussi cruelle et violente que l'EI mais en guerre contre ces derniers. 

Le Général Dominique Trinquand rappelait pourtant dans qu'"il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé, comme ce que nous avons connu avec le soutien des américains aux Talibans pour contrer les soviétiques en Afghanistan (...) il y a des groupes qui, comme les Kurdes Syriens, sont des alliés fiables. Et puis, parmi les groupes qui participent à l'offensive contre Daech, il y a aussi des islamistes radicaux. Or, ces groupes bénéficient à la fois de la logistique de la coalition et, pour certains, de son armement. Il est très important de s'interroger dès maintenant sur ces alliances."

Au risque que le remède ne soit tout aussi redoutable, voire pire, que le mal qu'il est censé combattre.

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