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Le blog de Lucien PONS

Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La mondialisation, #Chroniques du fascisme ordinaire

Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda
L’équipe du site

Dans un article du Canard enchaîné en date du 20.07.16, Claude Angeli revient sur le soutien de la France et des Etats-Unis envers la filiale syrienne d’Al-Qaïda : le groupe du front Al-Nosra.

Evoquant le récent accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie pour combattre conjointement les deux filiales d’Al-Qaïda en Syrie, la désavouée Daesh (Etat islamique), et la reconnue le front al-Nosra, l’auteur de l’article s’arrête toutefois sur un fait : «  Jusqu’à présent, si les pilotes de l’US Air Force arrosaient de missiles les positions de Daesh, ils avaient ordre de ne jamais toucher à un cheveu d’Al-Nosra ».

Même constat pour les Français aussi : «  Et les Rafale et Mirage français épargnaient, eux aussi, ces terroristes intouchables, si l’on ose dire ».

Les terroristes tolérables

Et Angeli rapporte l’explication donnée pour ce laxisme : «   Cette complaisance franco-américaine envers les combattants d’Al-Nosra, aussi cruels que ceux de Daesh, mérite une explication. Dans la guerre menée contre l’armée syrienne, « une alliance de circonstance », formule d’un militaire français, s’est constituée, sur le terrain, entre ces partisans d’Al-Qaïda et quelques groupes de rebelles, dits modérés, qui rêvaient d’entrer en vainqueurs à Damas et avaient le soutien de Washington et de Paris, où l’on espérait se débarrasser ainsi de Bachar ».

« Autre information, partagée, d’ailleurs, avec d’autres médias, et à déguster lentement pour éviter un violent mal de tête : Al-Nosra a des associés dans son combat, les groupes Ahrar Al-Sham et Jaïsh Al-Islam, des terroristes en tout genre financés par nos amis du Qatar, d’Arabie saoudite et de Turquie. A Paris et Washington, personne ne reproche à ces Etats de jouer, depuis bien des années, aux supporteurs du terrorisme », déplore Angeli.

Ce dernier devrait prendre connaissance de l’exécution atroce mardi du petit palestinien Abdullah, par une milice de l’Armée syrienne libre, le Mouvement Noureddine al-Zenki, et classé parmi les organisations modérées par les occidentaux pour mesure dans quel pétrin leurs gouvernements se sont engouffrés, pour la seule raison de renverser Bachar al-Assad.

Sachant que ces mêmes terroristes sont également tolérables par Israël.

Sources : Le canard enchainé ; Le-blog-sam-la-touch ; al-Manar

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Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état d’urgence jusqu’en 2017

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Jusqu’en janvier 2017 ? Parions que ce prolongement sera prolongé au moins jusqu’au 7 mai.

 

Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état

d’urgence jusqu’en 2017

 

Russia Insider – 20 juillet 2016

Le gouvernement français vient de s’octroyer des pouvoirs dictatoriaux à la suite d’une série d’attaques terroristes. La France a-t-elle encore le droit de donner des leçons de démocratie ?

 

10. France -état policier.jpg

 

Dans le sillage de l’horrible attaque terroriste de Nice, qui a coûté la vie à 84 personnes la semaine dernière, l’Assemblée Nationale française a voté une extension de l’état d’urgence pour les six prochains mois, soit jusqu’à fin janvier 2017.

Cette décision d’étendre les pouvoirs du gouvernement a été prise pour la quatrième fois ce mercredi à 2 h. du matin.

Le président François Hollande avait déclaré l’état d’urgence l’année dernière, un jour après les attaques coordonnées du 13 novembre par des membres de l’État Islamique (IS, ISIS, ISIL), qui avaient tué 130 personnes.

Ces pouvoirs dérivent d’une loi adoptée en 1955. Ils donnent au gouvernement un certain nombre de blancs-seings en cas de menace contre la sécurité nationale. Au nombre de ces exceptions, les autorités françaises se sont accordé le droit de procéder à des arrestations sans mandat, ainsi que d’opérer des perquisitions sans autorisation judiciaire.

En outre, les champs d’application des lois sont étendus pour permettre un suivi de recherches, dans les cas où des perquisitions feraient découvrir des éléments susceptibles de conduire à une relation possible avec des activités liées au terrorisme. Cette extension permet aux autorités de pratiquer la surveillance des téléphones et des ordinateurs, surveillance qui n’est pas prévue dans les mesures légales de l’état d’urgence. L’état d’urgence permet également aux opérateurs du gouvernement de restreindre la liberté de déplacement à l’extérieur et à l’intérieur du pays aux personnes suspectées de terrorisme.

Dans l’attente de la décision de l’Assemblée, Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, ont insisté sur la nécessité de pouvoirs spéciaux pour assurer la sécurité du public. Valls a même évoqué la possibilité d’autres attaques.

 « Il y aura d’autres attaques et il y aura d’autres personnes innocentes qui seront tuées » a-t-il déclaré aux membres de l’Assemblée dont ils attendaient la décision, ajoutant que 16 attaques avaient été déjouées en France depuis 2012. « Nous ne devons pas nous habituer à cette menace, mais nous devons apprendre à vivre avec elle. »

LIRE AUSSI : Leçon du massacre de Nice : l’état d’exception ne protège pas contre les loups solitaires.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a lui aussi défendu vigoureusement la quatrième extension de l’état d’urgence, qu’il a qualifiée d’« outil » dans la lutte contre le terrorisme, ajoutant que ces pouvoirs spéciaux avaient permis l’arrestation de 44 personnes depuis début mai « pour conspiration dans le but de commettre des actes terroristes » pendant la coupe d’Europe de football 2016.

Mais cette volonté d’étendre l’état d’urgence et les pouvoirs spéciaux qui vont avec s’est heurtée à l’opposition de beaucoup de personnes, qui estiment qu’accorder de plus en plus de pouvoir à la police menace les libertés civiles en France.

LIRE AUSSI : Descente de la France dans un état militarisé gouverné par la peur.

Joaquin Flores,  de l’Association des Journaliste Indépendants pour la Paix, croit qu’il y aura de plus en plus d’attaques, à moins que Paris ne se décide à mettre un terme à la radicalisation de ses nationaux par la propagande djihadiste et à interdire le parrainage, sur son sol, d’activités extrémistes par des états étrangers.

« Les autorités françaises continuent de permettre – et depuis longtemps - à des organisations religieuses dirigées et financées par l’Arabie Saoudite, de prospérer et de proliférer en France, où il leur est permis de recruter,  d’influencer et de modeler à leur guise toute une nouvelle vague d’extrémistes, auxquels elles font croire que le terrorisme est un moyen d’action légitime et un outil qui va les aider à atteindre leurs buts » a déclaré Flores à RT.

LIRE AUSSI : 67% des Français ne foint pas confiance à leur gouvernement pour s’en prendre au terrorisme.

 « Pour son compte, la France, intégrée à l’OTAN, a participé à la destruction de pays comme la Libye, comme l’Irak, comme l’Afghanistan, comme la Syrie » a-t-il ajouté. « Elle est encore en train de le faire en Syrie. Et il est certain que cela a eu pour résultat de radicaliser beaucoup de couches de la société. »

 

Source : http://russia-insider.com/en/politics/liberte-french-asse...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

2. C'est l'été xxx.gif

Et Lazare sortit du tombeau…

(Ce qui fit du bruit jusqu’au Liban

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De source turque (renseignements) : Erdogan vient d’affronter l’OTAN et il a gagné après avoir pris le contrôle des bombes atomiques.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #L'OTAN., #AMERIQUE

Poutine est-il en train de réussir un échec et mat : sortir la Turquie de l’OTAN ?

 

De source turque (renseignements) :

Erdogan vient d’affronter l’OTAN et il

a gagné après avoir pris le contrôle des

bombes atomiques.

 

Leonid Timoshin – Fort Russ -  20 juillet 2016

Exclusivité Komsomolskaya Pravda 

 

9. ATOM BOMB.jpg

 

Tandis que les uns prétendent que l’ambitieuse et sanglante tentative de renverser Recep Tayyib Erdogan n’était qu’une mise en scène, les autres (surtout en Turquie) croient que le chef d’État a bien failli y perdre la vie, à cause de son rapprochement avec la Russie. Un expert sur le Moyen Orient - et directeur du Centre Lev Gumilev -, Pavel Zarifulline, a fait part à la Komsomolskaya Pravda des renseignements secrets qu’il a reçus de Turquie, d’un haut fonctionnaire turc et d’amis bien informés. Ce qu’ils lui ont dit, c’est que le coup d’État a été préparé avec l’aide de nos « partenaires » d’outremer.

 

LE BUT EST DE CONTRÔLER

 

- Pavel, qui sont ces gens qui vous ont donné ces informations depuis la Turquie ? Étant donné la répression en cours, comment restez-vous en contact avec eux ?

- Ils font partie de la classe dirigeante turque et je suis en contact avec eux pour mon travail depuis des années. Certains de ces collègues ont été emprisonnés par Erdogan en 2007, mais ça, c’est une autre histoire. En ce moment, je communique avec un des fameux professeurs turcs, consultant de leurs services de renseignements. Je ne peux évidemment pas vous révéler son nom. Comme des milliers d’autres, il marche sur le fil du rasoir – nous avons eu le même genre de répression en 1937 sous Staline. Nous correspondons dans une « tchat room » privée, par messages codés. Il fait partie de ceux qui soutiennent l’accession de la Turquie à l’Union Eurasienne et non à l’Union Européenne. Et il y a en Turquie beaucoup de personnes influentes qui sont dans le même cas. Pour le gouvernement, l’université et les services secrets, cela ne fait aucun doute : le coup d’État a été préparé par les Américains. Comme tous les autres coups dans le pays depuis 1960. L’armée a toujours interféré dans le processus politique et l’a toujours fait en coordination avec les Américains.

- Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

- Je le cite : « L’Occident, espérant prendre le contrôle du pays par un coup d’État militaire, comme en Égypte, a d’abord soutenu le putsch. Les putschistes n’étaient pas en mesure de réussir sans aide extérieure. Mais l’Occident a sous-évalué le fait que le peuple turc n’accepterait pas un processus anti-démocratique » Par l’Occident, il entend surtout les États-Unis, mais il est possible que les Allemands aient trempé dans l’affaire – eux aussi ont fait pression sur Erdogan. N’oubliez pas que le Bundestag (le Parlement allemand) n’a même pas reconnu le génocide des Arméniens par les Turcs.

 

TROP DE DIVERGENCES

 

- Je ne comprends pas pourquoi les USA et l’Allemagne avaient besoin de ce coup d’État.

- Ce n’est pas un secret. La raison principale, c’est le rapprochement avec la Russie. Voici un autre extrait de mes échanges avec ma source : « L’Union Européenne et l’OTAN n’appréciaient pas le rapprochement de la Turquie avec Israël et la Russie. Les États-Unis étaient furieux que la Turquie ait qualifié les séparatistes Kurdes en Syrie d’organisation terroriste, alors que les USA les soutenaient. Ankara et Washington n’étaient pas d’accord sur l’Irak et sur la Syrie. À propos de la crise des réfugiés, l’U.E. a critiqué la Turquie, estimant qu’elle avait le devoir de bloquer l’afflux de réfugiés à tout prix. »

- Le coup était donc inévitable. Et d’origine externe. Sait-on comment il a été préparé ?

- Le noyau organisateur du putsch a été la base aérienne américaine d’Incirlik [située sur la cote méditerranéenne de la Turquie, à quelques centaines de kilomètres de la frontière syrienne ; elle permet de contrôler le Moyen Orient. NdA.] Le commandant en chef de la base, le général turc Bekir Ercan Van, est aujourd’hui arrêté [la base sert aussi à l’armée de l’air turque ; après tout le pays fait partie de l’OTAN. NdA]. Tous les principaux protagonistes sont de là. Selon  mes informateurs, l’ambassadeur US en Turquie, John Bass (qui a d’abord été en poste en Géorgie, où il a aussi dirigé la politique anti-russe) a rencontré plusieurs fois l’ancien commandant de la base aérienne qui a dirigé le coup d’État, Akin Ozturk, et le chef actuel de la base, sous le prétexte de discuter les relations avec les Kurdes en Syrie et en Irak. Les militaires turcs d’un certain rang sortent en général des institutions militaires de l’OTAN ; ils sont pro-Américains. Comme le révèle le contenu des interrogatoires, les conspirateurs – constitués des premier et deuxième échelons – avaient reçu de sérieuses garanties de la part des autorités militaires et diplomatiques US. L’asile politique leur avait été promis en cas d’échec de l’entreprise.

 

IL Y AVAIT DES BOMBES À HYDROGÈNE

 

- Et on les a trompés ?

- Non. Mais les Turcs étaient prêts à prendre la base d’assaut en se contentant d’abord de couper l’alimentation électrique. Seulement… des armes nucléaires y sont entreposées.

Ce genre de chose n’était jamais arrivé avant ! C’est pourquoi les Américains ont accepté de ne pas se mêler des arrestations dans la partie turque de la base. Nous devons cette information inédite à notre source. L’hypothèse ridicule de la mise en scène est réservée aux Occidentaux. Alors que le nombre des morts et des blessés (au bout d’une seule nuit : 290 morts et près de 1.500 blessés) suffit à démontrer à quel point l’événement était sérieux.

- Est-ce que le prêcheur de l’opposition Gulen - qui réside aux USA et dont l’extradition a été réclamée par Erdogan – ment quand il dit qu’il n’a rien à voir avec le coup d’État ?

- C’est là encore une « rubrique » à l’américaine, destinée aux Occidentaux bien sûr. Voici ce que ma source a écrit dans son dernier message (nous avons communiqué dans la nuit du 20 juillet) :

« Ils [Poutine et Erdogan. NdA] doivent se rencontrer aussi rapidement que possible. Ici, les gens n’arrêtent pas de parler de cette rencontre. Les USA ont tout fait et feront tout pour l’empêcher. Y compris un putsch s’il faut un putsch pour que les deux chefs d’État ne puissent pas se parler. Nous [les Eurasianistes de Turquie, NdA] voyons le salut du pays dans cette rencontre avec Poutine. » J’espère que les répressions ne toucheront pas mon expert et qu’il pourra assister avec les autres Turcs à notre conférence eurasienne d’Ankara, juste après la rencontre des présidents de Russie et de Turquie. Aujourd’hui, on parle de plus en plus de quitter l’OTAN. Erdogan ferait mieux de choisir cette voie et de devenir l’Hugo Chavez islamique. Sinon, il lui faudra se préparer au prochain coup d’État.

 

COMMENTAIRE D’UN EXPERT MILITAIRE

 

Igor Korotchenko, rédacteur en chef du magazine Défense Nationale

 

- Je n’ai rien de sûr qui me permette d’affirmer que le coup a été préparé par les Américains. Mais le fait qu’ils étaient au courant (grâce aux compétences de la CIA et de la NSA) et qu’ils y avaient intérêt est certain. Ils se sont contentés de ne pas en informer Erdogan, dans l’espoir que la réussite du putsch leur serait favorable. La base d’Incirlik héberge des Américains, donc des employés de la CIA. Je n’y ai jamais mis les pieds et ne sais donc rien de l’organisation de sa sécurité et de sa défense, ni comment elle est approvisionnée en énergie de sauvegarde. Mais dans nos bases russes, il est impossible d’arrêter l’alimentation en énergie, même quand on coupe l’électricité.

 

Victor BARANETS, observateur militaire « KP » :

 

- Selon les diverses évaluations, la base aérienne d’Incirlik abrite jusqu’à 100 bombes nucléaires américaines. On a réellement besoin d’électricité pour contrôler l’état des munitions, pour assurer leur protection. En cas d’accident, des moteurs diesel se déclenchent automatiquement, mais ils ne peuvent pas fonctionner indéfiniment. Si les Américains tombaient à court de combustible, il pourrait y avoir du vilain. Bien qu’il fût turc, le commandant de la base n’a donné l’ordre de couper que la partie turque d’Incirlik. Vous devez comprendre que cette base héberge des avions américains et des avions turcs, et quand il y a des opérations, il s’y trouve aussi des avions de Grande Bretagne, d’Allemagne, d’Arabie Saoudite et du Qatar. Toutefois, au moment du coup d’État, il n’y en avait pas.

Permettez-moi de vous rappeler que le commandant de la base, le général turc Van, a demandé l’asile politique aux États-Unis et que cet asile lui a été refusé. Si on le lui avait accordé, il serait aussitôt devenu évident que les USA voyaient ce putsch d’un bon oeil et qu’ils y avaient peu-être trempé. Quoi qu’il en soit, quand les arrestations ont été terminées dans la partie turque de la base, les vols ont repris, l’électricité est revenue dans la partie turque, et la base a recommencé à fonctionner comme à l’accoutumée.

 

Source :  http://www.kp.ru/daily/26557/3573608/    

Via :  http://www.fort-russ.com/2016/07/secret-turkish-intellige...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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Après l’arrestation hier à Lyon de militants anti-colonialistes, solidaires avec le peuple palestinien, samedi 23 juillet 2016, par UJFP Lyon

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

 

http://www.ujfp.org/spip.php?article5067

 

Après l’arrestation hier à Lyon de militants anti-colonialistes, 
 
solidaires avec le peuple palestinien

 

samedi 23 juillet 2016 par UJFP Lyon

Communiqué de la section lyonnaise de l’UJFP

La section lyonnaise de l’Union Juive Française pour la Paix - UJFP - tient à exprimer son indignation après l’arrestation d’une cinquantaine de militants pacifistes, solidaires du combat des Palestiniens au prétexte qu’ils portaient des tee-shirts où était inscrit : Free Palestine, Israël Apartheid et BDS Boycott Israël.

Affirmations politiques exactes, désignant la nature du régime israélien, la nature des crimes commis, le sens de notre combat.

Malgré les efforts du gouvernement israélien pour masquer ses crimes, ceux du gouvernement français complice et ceux du CRIF - agent israélien en France - il n’est plus possible d’ignorer la nature et l’ampleur des crimes israéliens commis à l’encontre du peuple palestinien tout entier :

  • Crime d’apartheid, crimes d’occupation, crime de blocus illégal de la Bande de Gaza.
  • Crimes commis en toute impunité, avec la complicité active des gouvernements occidentaux, celle de la France particulièrement.

L’UJFP Lyon tient à assurer nos camarades anti-colonialistes, arrêtés puis relâchés, de notre entière solidarité. À affirmer que leur combat est également le nôtre.

Que celui-ci s’inscrit dans la longue tradition anticolonialiste du peuple français ; combat aujourd’hui essentiel pour tous ceux épris de justice et de paix, ici et là bas.

La Campagne BDS est en plein essor, est prise en main par des pans de plus en plus nombreux de la société civile française. À ce titre et justement, elle fait de plus en plus peur à Israël et à ses complices.

Unis, nous sommes les plus forts, aucune pression israélienne, du gouvernement français ou du CRIF, ne peut inverser le cours et le développement de la Campagne BDS. Nous gagnerons !

L’UJFP Lyon le 23 juillet 2016

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http://www.enfantsdepalestine.org/article/des-dizaines-de-membres-du-parlement-europeen-appellent-l-ue-a-soutenir-le-droit-de-boycotter

Des dizaines de membres du parlement européen appellent l’UE à soutenir le droit de boycotter

Soumis par abnah le ven, 22/07/2016 - 18:19

Plus de 30 membres du parlement ont appelé la Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini, à prendre des mesures assurant la liberté d’expression pour le mouvement à direction palestinienne pour la justice et l’égalité Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et à reconnaître Omar Barghouti, un cofondateur du mouvement BDS, comme un défenseur des droits humains.

Alors que les opinions des signataires sont diverses sur le mouvement BDS, ils ont exprimé leur inquiétude à propos des « tentatives croissantes de faire taire et de réprimer les partisans du BDS » et appelé l’UE à « garantir qu’elle n’introduira pas de mesures visant à limiter la liberté d’expression concernant le Moyen Orient et le BDS ».

Ayant échoué à masquer le soutien croissant et l’impact du mouvement BDS dans l’ensemble de la société civile, Israël a lancé une campagne anti-démocratique sans précédent pour faire taire la parole palestinienne et mettre le soutien au BDS hors la loi.

Les attaques provoquées par Israël contre le mouvement BDS opèrent par des pressions sur les gouvernements, les législateurs et les responsables pour  combattre les activités BDS par des mesures répressives qui représentent une menace aux libertés civiles et politiques en général.

Les 32 parlementaires signataires ont exprimé leur inquiétude concernant les attaques ciblées, par Israël, de militants soutenant les droits palestiniens par le BDS  et appelé l’UE à « reconnaître en Omar Barghouti un défenseur des droits humains et accorder, à lui et aux autres défenseurs des droits humains Palestiniens, Israéliens et internationaux, protection et assistance appropriées.

Aneta Jerska, la coordinatrice de la Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine (ECCP) a déclaré :

“Il est vraiment stimulant de voir qu’un nombre croissant de députés se positionnent clairement en défense du droit des acteurs de la société civile à promouvoir le BDS, comme question de conscience, de libre expression et de moyen non-violent d’expression politique ».

Riya Hassan, Chargée de Campagne pour l’Europe du Comité National palestinien du BDS, la plus vaste coalition d’organisations palestiniennes qui dirige et soutient le mouvement BDS, a dit :

« Cette lettre montre que le soutien au droit des citoyens et des organisations à prendre part au mouvement BDS continue d’augmenter en Europe, tout comme il augmente autour du monde. Il y a une préoccupation croissante à propos des attaques en cours contre la démocratie pour aider à protéger Israël des critiques et de ses responsabilités.

« Il est grand temps que l’UE écoute les appels des sociétés civiles palestiniennes et européennes et mette fin à sa complicité avec les violations du droit international et des droits humains par Israël. L’UE doit adhérer à ses propres obligations, protéger la liberté d’expression et de réunion politique des citoyens et assurer la protection des défenseurs palestiniens des droits humains ».

Cette lettre fait écho à la montée des appels de la société politique et civile européenne à protéger la liberté d’expression des militantEs et des organisations impliquées dans l’activité BDS pour les droits palestiniens.

Plus de 350 organisations européennes des droits humains, syndicats, églises et partis politiques, ont appelé l’Union Européenne à défendre le droit des citoyens et des organisations à boycotter Israël en réponse à son occupation et aux violations des droits palestiniens.

Des représentants des gouvernements suédois, irlandais et hollandais ont défendu publiquement le droit de promouvoir et de mener campagne pour les droits palestiniens, selon de droit international, par le BDS.

Pour la lettre et la liste des signataires.

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http://www.reperes-antiracistes.org/2016/07/campagnes-bds-boycott-desinvestissement-sanctions-declaration-du-pcf.html

Campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : Déclaration du PCF

23 Juillet 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes

Campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : Déclaration du PCF

Suite à un texte diffusé par le Crif faisant état de l’audition par sa commission « Relations avec les élus » d’une conseillère communiste de Paris, des affirmations sans fondement ont circulé sur les réseaux sociaux quant à la position du Parti communiste français sur les campagnes BDS et à la nature et les objectifs de ces campagnes.

Le PCF tient à rappeler et réaffirmer son soutien sans équivoque depuis son origine à la campagne BDS International et à l’Appel de 2005 lancé par les partis politiques, syndicats, associations, coalitions et organisations palestinien(ne)s représentant les trois parties intégrantes du peuple de la Palestine : réfugiés palestiniens, Palestiniens sous occupation et citoyens palestiniens d’Israël.

Encore le 4 juin dernier, le PCF a publié une vidéo appelant à la mobilisation populaire pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens ->https://www.youtube.com/watch?v=HbiW3xJUNOg)] et rappelant le sens de son engagement aux côtés des démocrates et progressistes israéliens et palestiniens pour le respect du droit international, l’arrêt de la colonisation et de l’occupation israéliennes, la reconnaissance de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale, la libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers politiques palestiniens, la levée du blocus de Gaza, la destruction du Mur, le retour des réfugiés palestiniens et la coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens.

Les forces progressistes et démocratiques israéliennes telles que le Parti communiste israélien, Breaking the Silence, La Paix maintenant, de nombreuses personnalités, y compris de droite et des membres de l’Etat-Major, appellent en Israël à mettre fin à l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, au respect des accords internationaux et à un règlement diplomatique pacifique d’une situation dont les gouvernements successifs israéliens, mais particulièrement celui de Benjamin Netanyahu, portent la responsabilité.

De nombreux militants communistes français participent aux actions pacifiques de BDS France, dont le PCF n’est pas signataire, et sont poursuivis en vertu des circulaires Mercier et Alliot-Marie qui criminalisent l’action militante pacifiste et insultent les militants de la paix les accusant d’antisémitisme. Ce sont ces circulaires et l’interdiction du boycott citoyen qui sont illégales, pas l’action non violente des militants de la paix engagés pour la solution à deux Etats. Engagé à leurs côtés pour leur relaxe, le PCF milite pour l’abrogation de ces circulaires adoptées sous la présidence Sarkozy.

Ces dernières années, l’Union européenne qui, elle-même, au regard du droit et des conventions internationales, « ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés par le pays depuis juin 1967 qui sont le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie y compris Jérusalem-Est », a exclu les produits issus des colonies illégales israéliennes de l’accès aux financements européens.

Cette position est la seule et unique position du PCF, elle est au coeur de son engagement pour la paix, la fraternité entre les peuples et la solidarité internationale.

Parti communiste français

 

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François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech

Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

Par Prof Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, 22 juillet 2016

hollande-prisoner

Peu après l’attaque terroriste du 14 juillet à Nice, qui a fait 84 morts, le président de la France, François Hollande, a laissé entendre lors d’une allocution officielle que l’attaque était l’œuvre du groupe armé État islamique basé au nord de la Syrie (sans preuve). Il a aussitôt ordonné aux forces aériennes françaises d’intensifier la campagne de bombardement en cours prétendument contre Daech au nord de la Syrie. 

« Nous allons renforcer nos actions en Syrie et en Irak. Nous allons continuer à frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire », a dit Hollande lors de son allocution nationale, en laissant entendre que la France a été attaquée par une puissance étrangère.

Dans une déclaration ultérieure, François Hollande a dit ceci :

« La France est affligée par cette nouvelle tragédie (…). C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste. Alors nous devons faire la démonstration d’une vigilance absolue et d’une détermination sans faille.

À 22 heures le 14 juillet, il a écrit sur son compte Twitter que la France est « éplorée, affligée, » mais plus forte que « les fanatiques [Daech] qui veulent aujourd’hui la frapper. »

Il a réitéré ses propos lors de son allocution télévisée à la nation :

Le plus ironique, c’est que le ministre de l’Intérieur de la France, qui encadre les opérations policières à la grandeur du pays, a confirmé que Daech n’était pas derrière l’attaque terroriste du 14 juillet :

Le ministre de l’Intérieur de la France Bernard Cazeneuve a dit qu’il n’y avait aucune preuve liant Daech à l’attaque du 14 juillet à Nice, malgré le fait que le groupe terroriste en a revendiqué la responsabilité. (…) M. Cazeneuve a indiqué que les enquêteurs n’avaient jusqu’à maintenant établi aucun lien entre Bouhlel et un réseau terroriste particulier. (The Independent, 18 juillet 2016)

Mais cela n’a pas empêché François Hollande de lancer des raids aériens prétendument contre le groupe armé État islamique (Daech).

François, tu es un criminel

François Hollande, en ignorant du revers de la main le conseil de son propre gouvernement, est allé de l’avant et a ordonné une intensification de la campagne de bombardement, qui s’est soldée par le massacre de plus de 140 Syriens innocents, surtout des femmes et des enfants.

Mais ces bombes n’ont jamais visé Daech.

POURQUOI? Parce que la France fournit de l’argent et des armes à Daesh, tout comme les autres partenaires de la coalition.

Ces bombes étaient dirigées contre le peuple syrien, l’attaque terroriste du 14 juillet servant de prétexte et de justification pour tuer des femmes et des enfants syriens.

Le président Hollande a beau être « affligé par cette nouvelle tragédie » [l’attaque de Nice], elle ne justifie pas pour autant un acte de représailles contre la Syrie qui a tué plus de 140 civils. Cet ordre de tuer, il venait du palais de l’Élysée.

« Œil pour œil » : la loi du talion et le Code d’Hammurabi.

Réponse du gouvernement syrien en réaction à l’opération criminelle du président Hollande

Damas a soumis l’affaire au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et au président du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur du Japon Koro Bessho.

Il a souligné le fait que les avions de combat français, qui font partie de la soi-disant « coalition internationale » conduite par les États-Unis, ont commis un massacre injuste au‑dessus des territoires de la Syrie à proximité de la frontière syro-turque, en bombardant le village de Toukhan al-Kubra au nord de la ville de Manbij. Ce faisant, ils ont tué un grand nombre de familles et détruit leurs maisons.

Cette agression française injuste a tué plus de 120 civils, dont la plupart étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, en plus d’en blesser des dizaines d’autres. Selon des rapports sur place, le sort de civils qui se trouvent sous les décombres est encore inconnu.

Le ministère a ajouté que l’agression française intervient un jour après une autre agression commise le 18 juillet 2016 par les avions de combat américains contre la ville de Manbij et qui a fait plus de 20 martyrs parmi les civils et des dizaines de blessés.

Le gouvernement de la République arabe syrienne condamne avec les termes les plus sévères les deux massacres sanglants perpétrés par les avions de combat français et étasuniens qui appartiennent à la soi-disant coalition internationale qui lance ses missiles et ses bombes sur des civils au lieu de prendre pour cible les gangs terroristes (…). La Syrie affirme aussi que ceux qui veulent sérieusement combattre le terrorisme devraient le faire en coordination avec le gouvernement syrien et son armée, a indiqué le ministre.

Il a ajouté que la poursuite du soutien qu’apportent les États-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar aux réseaux terroristes qu’ils dénomment « modérés », comme le Front al-Nosra, Jaish al‑Fatah, Jaish al‑Islam, Liwa al‑Tawhid et d’autres organisations terroristes affiliées à Daech et à Al‑Qaïda, est une preuve flagrante de la complicité de ces pays avec les groupes terroristes et de leur manque de sérieux dans la lutte contre le terrorisme. (SANA, 19 juillet 2016)

Le ministère des Affaires étrangères de la Syrie a demandé à l’ONU et à la communauté internationale de « condamner ce massacre perpétré par la France ». Le gouvernement syrien appelle le Conseil de sécurité de l’ONU :

d’envisager des mesures punitives contre les États et les régimes qui soutiennent et financent le terrorisme, notamment les régimes en place à Riyad, Doha, Ankara et Paris, de leur interdire de soutenir le terrorisme et de les obliger à respecter et à faire respecter les résolutions de l’ONU pertinentes (2170, 2178, 2199 et 2253). (ibid)

Faites passer le message haut et fort :

François tu es un criminel, Obama tu es un criminel…

Michel Chossudovsky

Article original en anglais :

“François, Tu es un criminel”: President Hollande Ordered the Massacre of Syrian Women and Children In Retaliation for the “Alleged” ISIS Bastille Day Attack, public le 22 juillet 2016.

Traduction : Daniel pour Mondialisation.ca

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Prof Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca, 2016

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Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #la paix, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Eloge de la négociation

Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

 

Réunissons-nous autour d’une table, demande Umberto Eco, et négocions intelligemment pour trouver une solution qui force le respect de tous » … « parmi les vœux que je peux formuler pour le siècle à venir, il y a cette espérance d’une nouvelle éthique de la négociation », conclut avec lucidité l’universitaire de Bologne, angoissé du mal dont souffre l’Occident pour son deux millième anniversaire. L’Union Européenne nous donne à voir dans « l’embrouillamini des opinions toutes faites, des préjugés et des langues de bois politiques ou économiques, les clignotements de l’intelligence ». (1)

== La Charte des Nations Unies ne nous dit rien d’autre, dans son style politico-juridique. Toutes les dispositions du chapitre VI (articles 33 à 38) prévoient que pour aboutir au « règlement pacifique des différends » entre États … les parties « doivent rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation … » (art. 33). Le Conseil de Sécurité est chargé « d’inviter les parties à régler leur différend » par ce moyen (art. 34).

Ce chapitre VI est le cœur de la Charte dont la finalité est d’empêcher le recours à la force armée en retirant à chaque État son traditionnel pouvoir de guerre. Il n’est plus de guerre « juste » et licite, si ce n’est en cas de légitime défense lorsqu’il y a agression. Seules les Nations Unies sont fondées à intervenir par la force, sur décision du Conseil de Sécurité, si la négociation n’a pas pu avoir lieu, si elle a échoué et en dernier recours.

Le Conseil de Sécurité intervient dès qu’il y a menace pour la paix en procédant à des recommandations qui, implicitement, consistent à rapprocher les parties et à les conduire à négocier, en les invitant à « se conformer à des mesures provisoires » de nature pacifique.

Ces mesures ne préjugent en rien des droits des parties intéressées qui ne seront reconnus qu’à l’issue des négociations (art. 40). Les articles 41 et 42 de la Charte permettent au Conseil de Sécurité de prendre diverses mesures correspondant à des sanctions à l’exclusion de tout emploi de la force armée.

Les articles 43 et 44 prévoient que le Conseil de Sécurité et les États membres négocient pour conclure un accord permettant de prendre les mesures visant à éviter le conflit ou à y mettre fin par une intervention de police.

Ce sont encore des négociations qui sont prévues pour créer un Comité d’état-major (art. 46-47) afin d’assurer « la direction stratégique » des forces armées des Nations Unies pour que la police de l’ONU ne soit pas constituée de militaires non qualifiés, appartenant aux seuls pays du Sud, et inaptes à jouer un rôle d’interposition.

Pour que la négociation soit rendue possible, les articles 1-2 et 2-1 de la Charte précisent qu’il y a « égalité de droit des peuples » et « égalité souveraine » de tous les États. Ce ne sont pas là des principes plus ou moins formels visant à respecter la dignité des différents membres des Nations Unies, quelle que soit leur puissance réelle. Ce sont les outils fondamentaux pour que les négociations soient possibles. Celles-ci sont protégées afin qu’elles aboutissent au maintien de la paix.

Ce n’est qu’après l’échec des négociations et de toutes les procédures concevables pour trouver une solution au conflit (médiation, conciliation, arbitrage, etc. – art. 33) que le Chapitre VII est mis en œuvre. Logiquement, la Charte ne prévoit de sanctions qu’à l’issue de l’échec éventuel de la négociation.

La négociation est aussi au cœur de la production des normes du droit international. Les traités bilatéraux ou multilatéraux sont le fruit de négociations entre les États, qui sont l’expression (plus ou moins fidèle) des intérêts collectifs des peuples.(2)

Bien qu’il y ait inégalité de forces entre les États et que le contenu des traités s’en ressente, la négociation est la méthode la moins inéquitable, dans la situation du monde d’aujourd’hui, pour instituer des équilibres relatifs. L’admissibilité des réserves ouverte à chaque État permet de sauvegarder son consentement et le consensus relatif qu’exprime le traité.

La règle de droit, issue de la négociation et du traité, constate le compromis qui régit le rapport de force et elle le fige dans une forme normative.

Ce qu’a produit la négociation n’est pas idéal, mais le résultat est le moins mauvais résultat concevable dans une société d’États aux intérêts contradictoires et qui n’a rien d’une « communauté » !

Comme le souligne le professeur Jean Salmon, le plus souvent les États ne résolvent pas ainsi les contradictions qui les opposent. La négociation se borne à les mettre entre parenthèses et cette mise entre parenthèses est une avancée favorable dans la lente et difficile édification du droit international.

== Une étrange myopie atteint les universitaires, le plus souvent anglo-saxons, qui de facto répudient la négociation, comme s’il s’agissait pour l’Occident d’une notion défaitiste. Ils osent affirmer que depuis 1945 les guerres qui se sont produites ont opposé soit des États démocratiques à des États non-démocratiques (ce qui serait parfaitement légitime), soit des États non-démocratiques entre eux (ce qui atteste de leur malfaisance), mais jamais des États démocratiques entre eux (ce qui prouve leur qualité civilisationnelle). (3) Les États démocratiques seraient des adeptes de la « culture du compromis » et de la négociation. Par contre les États « non-démocratiques » seraient par nature belliqueux ! (4)

Ces États « non-démocratiques », dont la définition manque alors que ce label ne présente pas davantage d’évidence que celui d’État « démocratique », ne seraient plus éligibles au droit international, seraient susceptibles de subir des ingérences « soft » ou armées puisque « la responsabilité de protéger » les populations civiles contre leur propre État serait désormais un principe quasi-juridique et puisque les États occidentaux ne considèrent pas l’autorisation des Nations Unies comme contraignante.

En fait, la négociation ne serait concevable qu’entre États relevant du monde occidental, c’est-à-dire entre des États qui ont le moins besoin de rapprochement et de conciliation ! La négociation n’a entre eux qu’une fonction économique dans les relations d’affaires !

De plus, ces États autoproclamés « démocratiques » s’arrogent la possibilité de recourir à la force contre les autres, au nom précisément de leur qualité afin d’universaliser leur système politique. Le droit ne serait plus universel, mais la politique (et l’économique) devraient l’être !

Ce sont les puissances occidentales, c’est-à-dire les États qui ont le moins à craindre pour leur sécurité et leur développement en raison de leur force, qui donnent ce « ton » délétère aux relations internationales. C’est précisément parce qu’ils ont à leur disposition des moyens (en argent et en armes) supérieurs aux autres qu’ils récusent la négociation ou violent ses conclusions. La culture du compromis n’est pas celle des puissants, car même la violence armée depuis des siècles leur est souvent source de profit. L’argument de Kant selon lequel la démocratie serait par nature pacifique parce que ceux qui prennent la décision de la guerre sont les mêmes que ceux qui en supportent le coût ne tient plus : les Puissances font souvent la guerre par procuration et ont les moyens de réussir leur pari de « zéro mort », ou du moins de victimes infiniment moins nombreuse que leurs adversaires !

De plus, le Puissant (comme les minorités privilégiées dans l’ordre interne) se refuse radicalement à l’être moins : la richesse, dans l’Histoire, n’a jamais été partagée de bon gré. Le « messianisme » attribué aux États-Unis est avant tout la volonté impériale de bénéficier des ressources des autres : l’OTAN n’est que le bras armé de ce besoin d’accaparement, y compris au risque de multiples conflits de plus ou moins « basse intensité » (comme par exemple, les manœuvres militaires et l’implantation de bases aux frontières de la Russie en Pologne et dans les États baltes) ou de plonger certains pays dans le chaos le plus total (comme par exemple en Irak ou en Libye).

Ce refus de la négociation ou l’absence de respect des accords conclus (par exemple, celui de Minsk II concernant l’Ukraine) (5) est paradoxalement reproché par les États occidentaux à ceux qui ont les moyens réels de leur résister !

Ces États-résistants n’ont pourtant que des politique « réactives » (essentiellement défensives : c’est le cas de la Russie, contrairement aux accusations de « provocations » permanentes qu’elle subit. On le constate, c’est la violation de l’accord conclu primitivement entre l’OTAN et la Russie, dans le début de la décennie 1990 lors de l’accès à l’indépendance de certaines ex-Républiques soviétiques, qui est source de problèmes. L’OTAN s’engageait à ne pas s’installer aux frontières russes.

Concernant la question syrienne, pour laquelle la Russie a été accusée de soutenir à tout prix le régime de Damas, on a pu constater que les États-Unis et leurs alliés, en particulier la Turquie, ont voulu utiliser Daech pour renverser le régime de Damas. Lorsque la Russie est intervenue, à la demande de l’État syrien, la stratégie occidentale a dû être abandonnée. L’intervention militaire russe a fait reculer Daech, ce que n’avaient pas réussi à faire les Occidentaux. Les trafics entre Daech et la Turquie ont été interrompus, privant les Islamistes d’une large partie de leurs ressources.

La Russie, accusée de combattre essentiellement les opposants au régime de Damas, a proposé de coopérer militairement avec les États-Unis, a imposé un cessez-le-feu au moins partiel et a cherché à trouver un modus vivendi avec le régime d’Ankara, pourtant hostile. (6)

Par ailleurs, la longue série des conflits qui stagnent depuis des décennies ne suscite de la part des puissances occidentales aucune réaction favorable à la négociation.

Plus de soixante-dix ans d’affrontements israélo-palestiniens n’ont provoqué aucune action forte pour imposer une véritable négociation entre les belligérants dans ce combat pour l’indépendance de la Palestine.

Plus de soixante-dix ans aussi d’acceptation de la division de la Corée, liée aux séquelles de la Seconde Guerre mondiale après un demi-siècle de colonisation japonaise féroce, sans même une négociation pour conclure un traité de paix entre les belligérants de la guerre de 1950-1953 !

Combien de décennies de séparation des peuples à Chypre depuis 1967, placés sous la tutelle de l’OTAN, sans que l’intérêt pour une quelconque négociation ne se manifeste ! (Il est vrai qu’en Chypre du Nord, soumise aux Turcs, les États-Unis bénéficient d’importantes bases militaires) !

Quelles négociations sont-elles imposées pour que le conflit, qui remonte à 1973, du Sahara Occidental finisse par se résoudre, sans attendre que la solution onusienne d’un référendum d’autodétermination soit enfin mise en œuvre ?

Pas de négociation non plus pour régler la question kurde, alors que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale s’étaient engagés à reconnaître une nation kurde en 1919 lors du démantèlement de l’Empire Ottoman !

Quelle coopération effective a-t-elle été conçue et mise en œuvre par une négociation multilatérale pour en finir avec le commerce illégal des armes, avec les trafics de drogue, avec les réseaux de prostitution et avec le terrorisme islamiste qui a longtemps pu trouver des moyens financiers et des alliances douteuses avec les Occidentaux qui ont voulu l’ instrumentaliser, avant qu’il ne se mette « à son compte » contre tout le monde !

L’Union Européenne n’a pas même été en mesure de négocier une politique rationnelle pour les réfugiés, alors qu’elle est pour une part responsable du phénomène migratoire en raison des guerres soutenues dans certains pays et du pillage économique !

Pourquoi n’y a-t-il pas de négociations globales ou régionales sur le désarmement nucléaire, si ce n’est parce les États-Unis ou la France considèrent l’arme nucléaire comme dissuasive, alors qu’elle est jugée provocatrice et menaçante lorsqu’elle est produite, par exemple, par la Corée du Nord ?

Pourquoi pas, sur cette question, une vaste négociation dans le cadre de l’A.I.E.A pour un désarmement général, alors que les États-Unis et leurs alliés ne veulent interdire que les armes nucléaires de leurs adversaires et leur dissémination, tout en développant les leurs. (7)

L’absence de volonté politique négociatrice est due à la profonde inégalité entre les États et à la multiplication de confrontations asymétriques dont les plus « forts » espèrent tirer profit. De surcroît, la négociation internationale n’est plus tout à fait un monopole de l’État. La diplomatie n’échappe pas au lobbying des grands groupes économiques et financiers. C’est le cas, par exemple, de Total qui fait pression sur le Quai d’Orsay et qui en retour sponsorise certaines activités publiques à l’étranger, par exemple dans le domaine culturel. (8)

Le principe de la Charte des Nations Unies de l’égale souveraineté des États peut servir de base au développement de la négociation à condition de s’imposer comme réalité politique.

L’appel à la « morale » internationale, à une « souveraineté solidaire » supposant un accord sur le « bien commun » que chaque État aurait le devoir de protéger relève d’un humanitarisme sans portée concrète. (9)

Cette espérance en une bonne volonté négociatrice ne se fonde ni sur l’Histoire pluriséculaire ni sur la pratique présente. On s’interroge sur ce qui pourrait la faire émerger des rapports de forces….. sauf s’ils se modifient.

A une société internationale, soumise à un pôle de pouvoir quasi-unique, doit pouvoir succéder une société multipolaire où les différents pôles de puissance seraient en mesure de s’équilibrer, limitant les risques de conflits comme l’ont fait l’Est et l’Ouest durant la « coexistence pacifique ».

Les prétentions occidentales à se survivre en position de force hégémonique sont dangereuses. La société internationale a besoin de contre-pouvoirs : tous les États qui d’ores et déjà jouent ce rôle sont des forces objectivement pacificatrices et progressistes.

Entre ces pôles de puissance une fois bien établis et s’affirmant clairement, la négociation pourra être le pivot de tous les progrès de l’Humanité.

 

Notes:

  1. Cf. Entretiens sur la fin des temps. Fayard. 1998.
  2. A noter, bien que nombreux soient les États « non démocratiques » et que ceux qui prétendent l’être ne le sont que de manière très partielle, que la forme étatique demeure l’outil le plus ajusté pour résister aux empires et aux technostructures bureaucratiques des institutions internationales incontrôlées.
  3. Voir, par exemple, D. Battistlla. Théories des relations internationales. Presses de Sciences Po. 2003 et les nombreux juristes anglo-saxons cités par l’auteur.
  4. Ce pseudo constat est démenti depuis l’Antiquité : Athènes était plus expansionniste que Sparte !
  5. Les médias occidentaux ont eu vis-à-vis de ces accords un comportement très « significatif » ; ils ont été quasi-silencieux sur leur préparation, puis très dubitatifs sur leur succès, puis à nouveau quasi-silencieux sur leur contenu (qui comporte entre autres des obligations pour le gouvernement de Kiev) et totalement muets sur les violations ukrainiennes de ces obligations, tout en laissant entendre que la Russie était seule responsable des problèmes qui subsistaient.
  6. On peut comparer la diplomatie russe et celle de la France. Le ministère des affaires étrangères socialiste, jusqu’à la fin août 2015, s’est opposé à ce que l’armée française frappe Daech en Syrie. Il imposait de plus un préalable à toute négociation sur la question syrienne, le départ de Bachar El Hassad (Voir V. Jauvert. La face cachée du Quai d’Orsay. Enquête sur un ministère à la dérive. R. Laffont. 2016, p. 111.
  7. L’État français refuse de reconnaître de jure la RPD de Corée, sous prétexte de la production par Pyong Yang d’armes nucléaires, alors qu’il est en voie de renouveler sa flotte de sous-marins nucléaires (près de 10 milliards d’euros), armés évidemment de missiles, y compris, affirme-t-il, pour rayonner en Mer de Chine !
  8. On peut s’étonner de la présence d’hommes d’affaires, qui ont assisté Laurent Fabius lors de son passage au Quai d’Orsay : par exemple, Serge Weinberg, président de Sanofi ; Lionel Zinsou, responsable d’un fond d’investissement de BNP Paribas ; Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault et ancien dirigeant du Médef. On constate aussi l’activité d’ex-diplomates passés au « privé » et représentant leur entreprise dans le pays où ils avaient exercé leurs fonctions.
  9. Quelques auteurs éminents appellent à responsabiliser les titulaires des pouvoirs publics et privés, qu’il s’agisse des entreprises multinationales qui « ont une responsabilité sociale », selon la formule de la Commission Européenne, ou des États auxquels l’O.I.T ne cesse de répéter « qu’une paix durable ne peut être rétablie que sur la base de la justice sociale » (Voir M. Delmas-Marty. Résister, responsabiliser, anticiper. Comment humaniser la mondialisation. Seuil. 2013.

Source: Investig’Action, 18/07/2016

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[Vidéo] Attentat de Nice – Responsables et coupables – L’analyse de François Asselineau

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire

Bon, une fois n’est pas coutume, voici une analyse de nature plutôt politique. Elle est de bon sens, ça fait chaud au cœur d’entendre un dirigeant de parti la tenir – et rien n’explique d’ailleurs qu’elle n’ait pas été portée dans la plupart des partis, tant elle est justement de bon sens.

Je rappelle que ce blog ne soutient aucun parti, mais essaye de donner parfois la parole à ceux à qui les médias ne la donnent pas.

J’ai donc bien aimé la colère de François Asselineau, pleine de sincérité, et que je partage totalement.

Quand je pense que les médias & Co essaient d’assimiler l’UPR à l’extrême-droite (comme tout dissident notez), eh bien écoutez ceci, et comparez avec FN, LR et le PS – et on verra vite où sont les extrêmes…

Sinon, merci de ne pas troller les commentaires sur le thème “vive l’UPR” (conseil amical, je vous assure que vous donnez une très mauvaise image de votre parti partout avec ce genre de propagande so-1910…), on enlèvera. Restons-en au fond de l’analyse, merci.

Source : Youtube, UPR, 22-07-2016

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François Asselineau analyse les causes et les effets de l’attentat de Nice du 14 Juillet 2016, dans un entretien donné le 18 Juillet 2016.

00:09. Condoléances et rappel du communiqué du 15 juillet:
https://www.upr.fr/actualite/france/c…
01:25. Le lourd tribut payé par les musulmans et le mythe de la guerre “Islam contre occident”.
06:16. Amateurisme et irresponsabilité du gouvernement.
09:25. La politique agressive de l’OTAN et de l’UE: Lybie, Syrie, Soudan…
17:32. Le verrouillage de la démocratie et la déclaration stupéfiante de Ségolène Royale.
21:25. Pourquoi la société voulue par nos gouvernants produit des détraqués et des désespérés.
27:07. Les 1,3 millions de morts civils commis par l’OTAN représentent plus de 15000 fois l’attentat de Nice.
28:51. Les propositions et les engagements de l’UPR pour mettre fin au terrorisme.

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L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles… … Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes. Par jacques Cotta.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Comité pour une Nouvelle résistance, #Terrorisme, #Daesch

L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles…

… Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes.

Par Jacques Cotta • Jeudi 21/07/2016

L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles…  … Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes. Par jacques Cotta.

Après le crime de masse commis à Nice Promenade des anglais, des certitudes plus contradictoires les unes que les autres ont été formulées d’heure en heure, de jour en jour, par les mêmes hommes politiques, commentateurs et « spécialistes du terrorisme » sur un ton ne souffrant aucune discussion. Chaque déclaration avait l’ambition de nous éclairer sur la personnalité du tueur, sur ses motivations, sur ses liens avec l’organisation terroriste internationale.

Ainsi a-t-on appris successivement :

a/ que l’assassin au camion était un membre de Daech et que « son implication dans les rangs de l’organisation terroriste » ne faisait aucun doute.

b/ puis qu’il était sans doute « un loup solitaire », « n’étant pas l’objet d’une fiche S », mais ayant tout de même été déjà poursuivi pour violences, avant qu’on apprenne qu’il avait été pris dans une altercation avec un automobiliste, ce qui est selon les chiffres officiels le cas d’un conducteur sur deux. Dans le même registre, qu’il était violent avec sa femme ce qui là encore le range dans la moitié des hommes qui vivant en couple ont un comportement pour le moins répréhensible.

c/ puis que le même était connu pour son goût du porc, de l’alcool, des relations sexuelles débridées, pour un comportement assez éloigné de celui que revendiquent en règle générale les djihadistes

d/ puis qu’il s’agirait d’un « fou », un « déséquilibré » en instance de divorce, criblé de dettes, qui aurait « pété les plombs ».

e/ Enfin, pour boucler la boucle, que l’assassin s’était radicalisé à toute vitesse dans les derniers jours, se laissant d’ailleurs « pousser la barbe une semaine environ avant l’assassinat de plus de 80 personnes, hommes, femmes et enfants » à l’issue du feu d’artifice du 14 juillet, ce qui là encore le range dans une catégorie bien fournie.

Tout cela évacue la seule question qui vaille : quel que soit le profil exact et sans doute contradictoire du tueur, comment et pourquoi a-t’il répondu aux recommandations des chefs islamistes radicaux dont aucun lien apparent ne peut laisser paraître des relations particulières en décidant d’assassiner par tous les moyens –là un camion loué pour l’occasion- les « mécréants » en masse ? Où a-t-il donc trouvé l’énergie pour commettre les crimes du 14 juillet alors que quelques jours avant il était totalement insoupçonnable ?

L’énergie du tueur

Un fou isolé, déprimé, passant à l’acte aujourd’hui dans le crime de masse comme il aurait pu le faire hier par un simple suicide ? L’explication est un peu courte.

C’est une idéologie qui est en cause, sans d’ailleurs que l’assassin n’ait un réel besoin d’y adhérer dans le détail. L’ambiance suffit. Cette idéologie qui trouve son expression dans l’affichage de la barbarie la plus élaborée rappelle le Nazisme qui il y a un peu plus de 70 ans embrasait l’Europe et le monde. A y regarder de plus près d’ailleurs, les profils des assassins et plus généralement des bandes djihadistes n’est pas très éloigné de celui des bandes nazis qui dès le début semaient la terreur : relations entre la pègre, le « lumpenprolétariat » et le grand capital, haine féroce de la culture exprimée spectaculairement aujourd’hui dans les destructions des œuvres millénaires lorsqu’hier il s’agissait de faire des brasiers avec les œuvres littéraires, haine de la démocratie, du débat, grossièreté des anathèmes et « arguments » mettant en scène aujourd’hui le mécréant comme hier le juif, etc…

Peu à peu cette idéologie s’impose comme une évidence, forte des capitulations successives sur le terrain de la laïcité notamment. C’est une succession d’abandons au nom du « respect des différences » qui ont abouti à opposer une catégorie à une autre, à rendre perceptibles les appels au meurtre dans des têtes qui pourtant n’ont pas forcément grand-chose à voir avec les prédicateurs de Daech ou autres fous de dieu.

Au lendemain du meurtre de masse de Nice, on entend un « mea culpa » monter au sein des élites promptes à condamner une laïcité trop stricte au profit d’une laïcité « ouverte » qui se caractériserait par l’acceptation des religions, des signes religieux, des valeurs religieuses dans la sphère publique. Mais n’est-ce pas précisément cela qui a armé le tueur ? La question est importante car de sa réponse découle une certaine perception des dangers qui guettent notamment la société française. Car alors le tueur de Nice ne serait pas un « dingue » isolé, mais exprimerait la possibilité pour des milliers qui aujourd’hui s’ignorent de passer à l’acte en tuant massivement, histoire d’en finir de façon spectaculaire, en remplissant une mission dont l’ordre diffus viendrait d’ailleurs.

Existe-t-il un autre remède vis-à-vis de l’ennemi islamique aujourd’hui que celui utilisé hier contre la religion catholique : la réaffirmation des valeurs de la république et l’intransigeance à tous les niveaux pour en imposer le respect sans faille. L’ennemi a une base théorique et toute capitulation est coupable. L’adaptation de la république aux valeurs religieuses – toutes les valeurs religieuses, singulièrement aujourd’hui celles de l’islam- est coupable. Les exemples dans le temps abondent. Les cantines scolaires, la non mixité des piscines, le rejet des femmes qualifiées d’impures, le refus de leur serrer la main… Le Droit doit s’imposer sans concession.

Ces questions politiques sont au centre de la situation ouverte avec Charlie Hebdo, le Bataclan et Nice. Et force est de constater que la capitulation est là générale…

Dans son hommage rendu à trois policiers assassinés le 13 janvier, François Hollande déclarait notamment que « la folie terroriste qui les a frappés n’avait ni couleur, ni religion »[1]. N’y a-t-il pas dans cette simple phrase le concentré d’une capitulation largement partagée. Est-il raisonnable de ramener ces actes à de simples manifestations de folies ? Leurs auteurs à de simples déséquilibrés ? Cela alors que ces actes ont une couleur et une religion qui en revendique le contenu, un Islam qui a pris la teinte noire radicale du drapeau de Daech quand sa couleur verte du drapeau Saoudien porte déjà atteinte aux Droits de l'Homme et du Citoyen. Il faut nommer l'ennemi et le situer en tant qu'ennemi, rappelle à juste titre Fatiha Boudjahlat.

Capitulations partagées par une « droite » et une « gauche » qui appellent ensemble au dialogue et à la mesure une fois passés les effets de manche. Capitulation sur tous les fronts – sans oublier celui des relations internationales- rappelée par le juge anti-terroriste Trévidic lorsqu’il déclare notamment que « proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table ». Sans parler des relations développées, entretenues et pas totalement désintéressées[2] avec le « progressiste » Qatar dont la France constitue un de ses terrains de chasse privilégiés…

Au lieu d’aborder ces questions qui ne sont là qu’ébauchées, nous assistons à un concert monotone sur l’union nationale. Mais là encore, derrière les déclarations de circonstance, de quoi s’agit-il vraiment ?

Droite Gauche, l’union nationale réalisée

Après Charlie Hebdo, après le Bataclan, la Promenade des Anglais à Nice a provoqué une profonde émotion, à la hauteur de l’acte commis et de ses conséquences. Une minute de recueillement a été respectée dans toute la France. Et au sommet de l’état le président de la république et le premier ministre en ont appelé, comme précédemment, à « l’union nationale contre le terrorisme ». Requête apparemment ignorée cette fois par les leaders de l’opposition qui n’ont pas manqué le lendemain même de l’attentat de mettre l’exécutif en cause pour « son incapacité à assurer la sécurité des français ».

L’union nationale fissurée ? A y regarder de plus près, les questions de posture (à quelques mois des primaires des uns et des autres en vue des présidentielles) n’ont-elles pas pris le pas pour camoufler une union nationale bien ficelée sur le fond des positions exprimées.

a/ A l’intérieur, Hollande, Valls, Juppé, Sarkozy, Lemaire, Le Pen, etc… sont ensemble partisans d’une reconduction de « l’état d’urgence » dont l’inefficacité pour le sujet traité ne fait aucun doute pour personne. De l’aveu même du ministre de l’intérieur, 3000 perquisitions, 300 placements à résidence, voilà le bilan depuis que l’état d’urgence a été décrété. 300 placements à résidence qui pour l’essentiel concernent des militants qui contestent la politique gouvernementale et qui n’ont strictement rien à voir avec les questions liées aux attentats.

Mais qu’importe. En ces temps tragiques il faut pour les hommes politiques « rouler des mécaniques ». Donc les uns et les autres sont engagés dans une surenchère sur le terrain de l’autoritarisme, renforçant le caractère anti démocratique de la 5ème république, tout en niant d’ailleurs le caractère totalement illusoire des mesures prises.

b/ A l’extérieur, François Hollande annonce le « renforcement des frappes » en Syrie et en Irak. Le débat entre responsables de « gauche » et de « droite » ne porte alors pas sur l’opportunité d’une telle décision. Sans doute sur le tonnage des bombes déversées. Sans que nul ne s’interroge sur la nécessité ou l’efficacité de guerres dans lesquelles nous sommes engagés…

Mais là aussi qu’importe. Œil pour œil, dent pour dent. C’est la loi du Talion qui doit pour les responsables politiques de « gauche » comme de « droite » à tout prix s’imposer. Et le fait que les bombardements et la destruction des états –l’Irak, la Syrie…- créent désordre et suscitent des vocations telles que celle qui a frappé à Nice ne mérite visiblement pas discussion…

Depuis maintenant des années (sans doute faut-il remonter à l’attentat de New-York contre les Twins Towers en 2001), un discours s’est imposé comme représentant celui de la raison. Nous serions en « guerre contre le terrorisme ». Et comme cela est le cas généralement sur un champ de bataille, il nous faudrait taper fort, vite et sans état d’âme pour anéantir l’ennemi et sortir victorieux de la confrontation.

Tous les responsables politiques reprennent le même verbiage et se font donc concurrence pour suggérer les mesures les plus radicales.

  • Que cela n’ait rien réglé depuis plus de dix ans, que la situation ait empiré, que le remède n’ait fait qu’accentuer le mal, tout le monde semble s’en moquer éperdument.
  • Que le massacre de population civiles par centaines et milliers n’émeuve pas grand monde car la Syrie, l’Irak, etc… c’est loin, peu importe.
  • Que l’horreur que provoque la politique des gouvernements occidentaux hors de leurs frontières soit banalisée, pratiquement niée, peu importe.
  • Que l’indifférence de fait face aux massacres en Syrie, en Irak, etc… soit à la hauteur des larmes versées sur la promenade des anglais, là encore peu importe.
  • Que l’action militaire consensuelle jette sur les routes et les mers des centaines de milliers de réfugiés –qu’on refuse par ailleurs derrière l’argument du terrorisme notamment de recueillir dignement- là toujours peu importe.
  • Que les bonnes âmes soient amenées sans même s’en rendre compte à stigmatiser l’étranger (l’assassin de Nice n’était-il pas tunisien) alors que les « bastions islamistes » sont français, là toujours, peu importe.

Pourtant la réalité est là.

Comme l’indique à juste titre Dominique de Villepin[3] (il est assez cocasse de se retrouver Villepiniste en la matière, mais Villepin est bien le seul à avoir tenu tête à la folie va-t-en guerre qui s’est exprimée en Irak notamment), le concept même de « guerre contre le terrorisme » procède d’une incompréhension coupable des processus en cours. Et désarme pour aborder les défis.

Notre problème porte un nom. Plusieurs même. Il suffit de se référer à leurs déclarations successives pour identifier Hollande, Valls, Juppé, Sarkozy, Lemaire, Macron, Fillon, Le Pen etc…

Leur analogie sur le terrain de la « sécurité » malgré les mirages destinés à duper les français est sans ambiguïté. Ils sont sur le même registre, sécuritaire par et pour la 5ème république qu’ils ne se privent d’ailleurs pas de mettre en cause une fois dans l’opposition.

Mais leur analogie est identique sur le terrain social, qui concerne les français au quotidien. La loi El Kohmri en a été, en est une cruelle illustration. Les oppositions ne sont que façade. Ils sont d’accord sur le fond et ne divergent qu’à la marge. Et c’est aussi pour tenter d’affronter l’opposition sociale et politique qui s’est exprimée dans le pays que le « terrorisme » trouve sa fonction et son « utilité » en permettant le renforcement d’un arsenal juridique autoritaire inefficace sur le terrain annoncé, mais d’une totale efficacité sur le terrain social et politique dont cherchent à s’emparer des centaines de milliers….

Jacques Cotta

Le 20 juillet 2016

[1] On pourra consulter l’article de Fatiha Boudjahlat, Secrétaire nationale du MRC à l’Education engagée pour la laïcité et l’égalité femme-homme, au titre évocateur « Après les attentats, l’appel qui manque à la Nation : Réarmons la République ! » http://www.huffingtonpost.fr/fatiha-boudjahlat/appel-18-juin-daech-apres-les-attentats-nation-rearmons-la-republique_b_10571024.html

[2] Nous sommes actuellement passés de la 4ème place à la seconde pour la vente d’armes dans le monde.

[3] On retrouvera la déclaration de Dominique de Villepin sur le rôle de la puissance dans les relations internationales à l’adresse suivante https://www.youtube.com/watch?v=FC_34rc-NGE et sur le concept de terrorisme, de guerre, et sur les responsabilités diverses et variées des différents gouvernements à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=aY90k2IL9zw

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Attentat de Nice : la ville refuse de détruire 24 heures d'images de vidéosurveillance

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La justice, #Terrorisme, #Daesch

24 Juillet 2016

Nice : pourquoi la municipalité veut conserver les images de vidéo-surveillance que Paris veut supprimer ?

Le Figaro

Attentat de Nice : la ville refuse de détruire 24 heures d'images de vidéosurveillance

 

VIDÉO - Une réquisition judiciaire urgente a été envoyée au centre de supervision urbain de Nice mercredi 20 juillet. Le parquet de Paris évoque un souci «d'éviter la diffusion non contrôlée de ces images». La municipalité refuse et va demander au procureur de mettre ces images sous séquestre.

Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement «complet» de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet.

De quoi mettre en état de sidération les agents du centre de supervision urbain de Nice. «C'est la première fois que l'on nous demande de détruire des preuves, précise une source proche du dossier. Le centre de vidéosurveillance et la ville de Nice pourraient être poursuivis pour cela et d'ailleurs les agents en charge du dispositif n'ont pas compétence pour se livrer à de telles opérations».

La demande paraît d'autant plus étonnante que la SDAT a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30.000 heures de vidéosurveillance liées aux événements. Une opération de sauvegarde qui va s'étendre encore sur plusieurs jours. «Nous ne savons pas si donner un ordre de destruction alors que nous sommes en pleine sauvegarde ne va pas mettre en rideau tout le système», s'inquiète-t-on dans l'entourage du dossier.

Contacté par Le Figaro, le parquet de Paris a confirmé l'information et précisé: «cela a été fait dans ce cas précis pour éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images». Du côté de la police nationale, on rappelle que «sur les mille caméras installées à Nice, 140 présentaient des éléments d'enquête intéressants. La police judiciaire a récupéré 100% des vidéos de ces dernières. La PJ et le parquet ont donc demandé d'effacer les images de ces 140 caméras afin d'éviter l'utilisation malveillante de ces dernières par souci de la dignité des victimes et pour éviter la reprise de ces images par les sites internet djihadistes à des fins de propagande». Enfin, à la chancellerie, on précise que la demande d'un effacement «complet» s'explique par l'impossibilité de procéder à des destructions partielles sur ce type de matériel.

Images partagées par plusieurs services

Le lendemain du drame tragique de la promenade des Anglais, des officiers de police judiciaire étaient venus faire une première recension des caméras en prise directe avec l'événement. Cela a donné lieu à un premier rapport envoyé au ministère de l'Intérieur. Étrangement, ce serait ces mêmes caméras qui sont visées par la réquisition de la SDAT.

Dès samedi, l'Élysée avait demandé copie des images de l'attentat. Une autorisation accordée par le parquet de Paris. «Ce n'est pas choquant que le président de la République ait voulu visionner l'attentat. Faudra-t-il demander à l'Élysée de restituer le CD qui lui est parvenu?», s'interroge un bon connaisseur du dossier. En tout état de cause, ces vidéos sont partagées par plusieurs services concomitamment à savoir ceux de la Police et de la gendarmerie nationales, de la police judiciaire et des pompiers.

Tag(s) : #Politique française
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