Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Le fabuleux discours de Donald Tusk à Rome, face à un détail de l’Histoire. Le journal Ruptures.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #le nazisme

Le fabuleux discours de Donald Tusk à Rome, face à un détail de l’Histoire

Tusk à Rome

Tout le monde connaît Donald Trump. Mais qui connaît Donald Tusk ?

A l’attention des 99% d’impardonnables ignorants qui n’ont jamais entendu parler de ce noble personnage, précisons qu’il s’agit de l’homme le plus important de l’Union européenne, puisqu’il préside le Conseil européen formé des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement. Il vient d’ailleurs d’être reconduit à ce poste le 9 mars par ces derniers. Il avait été le Premier ministre polonais de 2007 à 2014.

Il fut donc l’un des très nombreux orateurs qui s’exprimèrent à Rome à l’occasion du soixantième anniversaire du Traité du même nom. C’était le 25 mars, lors d’une célébration mémorable qui cloua littéralement les 500 millions de citoyens européens passionnés devant leurs téléviseurs, tant personne n’imaginait manquer cet événement historique. Il fut celui qui a brandi les signatures des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement qui entendent bien poursuivre la merveilleuse aventure au moins « jusqu’à son centenaire », selon la promesse de son compère de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

M. Tusk, donc, prononça une brève allocution, où il s’efforça de prendre de la hauteur par rapport aux crises et bisbilles internes qui font le quotidien bruxellois. Il y rappela que sa propre naissance coïncida avec celle de la Communauté européenne (malgré ces soixante ans de part et d’autre, aucun ne se résigne à la retraite), censée – selon l’historiographie très officielle – avoir permis « la paix sur le continent ». Et le Polonais de rappeler que sa ville natale, Gdansk, avait été « détruite par Hitler et Staline».

Renvoyées dos à dos

Manière de renvoyer – implicitement mais clairement – l’Allemagne nazie et l’URSS dos à dos. Dans le parterre des dirigeants européens, nul n’a moufté. Et on peut prendre le pari qu’au sein de l’aréopage qui l’entourait durant les festivités – le président français, la chancelière allemande, le président du Conseil italien, celui de la Commission européenne et la vaste escouade des puissants qui tentaient de festoyer dans le centre de la ville éternelle – nul n’a songé à lui rappeler un détail de l’Histoire. A savoir qu’il y eut, lors de la seconde guerre mondiale un agresseur (la guerre commença officiellement par l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht le 1er septembre 1939) et, le 22 juin 1941, un agressé.

Que ce dernier, en l’occurrence l’Union soviétique, a payé un tribut sans précédent historique – plus de vingt-cinq millions de morts – à cette tragédie, soit plus que tous les autres pays réunis. Et, surtout, que c’est grâce au sacrifice inouï mais aussi à l’effort militaire sans commune mesure avec tous les autres Alliés que le sort de la guerre fut scellé par l’écrasement du nazisme. Sans les batailles de Koursk et de Stalingrad, sans les 34 millions de Soviétiques mobilisés et les 360 divisions de l’Armée rouge qui combattirent la Wehrmacht (à comparer au 90 divisions américaines au plus fort de leur engagement), M. Tusk n’aurait sans doute pas chanté en 2017 les louanges de l’Europe. Quoique.

Celui-ci a tenu à rappeler sa jeunesse « sous le joug communiste » : « j’ai vécu plus de la moitié de ma vie derrière le rideau de fer, là où il était interdit ne serait-ce que de rêver aux valeurs européennes » au rang desquelles figure notamment « la dignité humaine ». C’était à l’époque de la Pologne socialiste, où il était en effet impossible de rêver au chômage et à l’absence de perspective pour la jeune génération.

L’intervention de M. Tusk a eu au moins un mérite : rappeler les gênes fondateurs de l’intégration européenne : celle-ci est née de, dans et par la guerre froide.

Heureusement, tout cela est aujourd’hui forclos. Les jeunes Polonais peuvent librement chercher du travail au sein de l’UE – ils sont ainsi plus de 830 000 à avoir émigré rien qu’au Royaume-Uni, certainement mus par le seul amour des voyages. Il est vrai que Donald Tusk lui-même est un travailleur détaché à Bruxelles.

Ce dernier a, dans la foulée, salué « les millions de gens qui, aujourd’hui, défilent dans les rues de nos capitales, à Rome, à Varsovie, et même à Londres » pour fêter l’Europe. Des millions ? Mais que fait le Décodex ?

Plus sérieusement, l’intervention de M. Tusk a eu au moins un mérite : rappeler les gênes fondateurs de l’intégration européenne. Celle-ci est née de, dans et par la guerre froide. Chassez le naturel, il revient au galop.

Chacun est, après tout, libre d’oublier M. Tusk. Il est en revanche des repères historiques dont il est parfois bon de se souvenir.

Lire la suite

L’Europe veut changer une loi russe

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La Russie, #La mondialisation, #AMERIQUE, #L'OTAN.

L’Europe veut changer une loi russe

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/9862f4348cc841c0a4ed35d2f4d0f8df-1728x800_c.jpg

L’Europe veut changer une loi russe

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) s’est mise en tête de faire modifier la loi russe dite « sur les agents de l’étranger ». Cette loi prévoit de ranger dans la catégorie « agent de l’étranger » les associations russes recevant un financement de pays étrangers.

Plusieurs associations russes ont en effet saisi la CEDH, prétendant que cette loi viole la liberté de parole et de réunion en Russie. Pourtant cette loi n’interdit pas de telles associations, elle prévoit seulement des mesures de contrôle particulier concernant leur financement.

Il existe d’ailleurs à peu près la même loi aux Etats-Unis, on attend donc avec impatience que la CEDH s’y intéresse mais il semble d’ores et déjà garanti que la CEDH condamnera la Russie sans s’intéresser aux Etats-Unis!

Cette ingérence flagrante dans la souveraineté intérieure de la Russie semble toute naturelle aux Européens; il est vrai que les pays d’Europe, qui ont tous renoncé à leurs prérogatives nationales au profit de technocrates européens, ne savent plus ce qu’est la « souveraineté ». Leurs efforts seront vains, la Russie ne se laissant pas dicter d’instructions par des tiers et une éventuelle condamnation sera donc traitée comme elle le mérite: En l’ignorant.

 

source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/03/leurope-veut-changer-une-loi-russe/


 
Lire la suite

Détruire Daesh ? Par Thierry Meyssan

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Détruire Daesh ?

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/1-5338-de192-1728x800_c.jpg

Détruire Daesh ?

Alors que Washington multiplie les signaux confirmant son intention de détruire Daesh, les Britanniques et les Français, suivis par l’ensemble des Européens, envisagent de faire bande à part. Londres et Paris auraient coordonné l’attaque de Damas et d’Hama pour contraindre l’armée arabe syrienne d’aller les défendre et de la sorte pour affaiblir sa présence autour de Rakka. Les Européens espèrent organiser la fuite des jihadistes vers la frontière turque.

La réunion de la Coalition anti-Daesh à Washington, les 22-23 mars, s’est très mal passée. Si en apparence les 68 membres ont réaffirmé leur volonté de lutter contre cette organisation, ils ont en réalité étalé leurs divisions.

Le secrétaire d’État états-unien, Rex Tillerson a rappelé l’engagement du président Trump devant le Congrès de détruire Daesh et non plus de le réduire comme l’affirmait l’administration Obama. Ce faisant, il a placé sans débat les membres de la Coalition devant le fait accompli.

Premier problème : comment les Européens en général et les Britanniques en particulier pourront-ils sauver leurs jihadistes, s’il ne s’agit plus de les déplacer, mais de les supprimer ?

Rex Tillerson, et le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, ont rendu compte de la bataille de Mossoul. Malgré les satisfecit, il est évident pour tous les experts militaires qu’elle ne sera pas terminée avant de très longs mois. Car à Mossoul, chaque famille ou presque a un de ses membres engagé dans Daesh.

Au plan militaire, la situation de Rakka est beaucoup plus simple. Les jihadistes y sont des étrangers. Il convient donc prioritairement de couper leur approvisionnement, puis de les séparer de la population syrienne.

Deuxième problème : l’armée des États-Unis doit préalablement obtenir l’autorisation du Congrès, puis de Damas, pour se déployer en territoire syrien. Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et John Dunford (chef d’état major interarmées) ont tenté de convaincre les parlementaires, mais ce n’est pas gagné. Il faudra alors négocier avec Damas et donc clarifier ce qui doit l’être.

À la question des Européens sur ce que Washington ferait de Rakka libérée, Rex Tillerson a étrangement répondu qu’il y ferait revenir la population déplacée ou réfugiée. Les Européens en ont conclu que cette population étant massivement favorable à Damas, Washington a l’intention de restituer ce territoire à la République arabe syrienne.

Prenant la parole, le ministre des Affaires étrangères portugais, Augusto Santos Silva, a souligné que cette proposition allait à l’encontre de ce qui avait été décidé précédemment. Les Européens ont le devoir moral, a-t-il souligné, de poursuivre leur effort de protection envers les réfugiés qui ont fui la « dictature sanguinaire ». Or, même libérée, Rakka ne sera pas une zone sûre, du fait de l’armée arabe syrienne qui serait pire que Daesh.

Le choix par les Européens de confier cette intervention au Portugal n’est pas neutre. L’ancien Premier ministre portugais dont Santos Silva a été ministre, António Guterres, est l’ancien haut-commissaire pour les Réfugiés et l’actuel secrétaire-général de l’Onu. Il avait été aussi président de l’Internationale socialiste, une organisation entièrement contrôlée par Hillary Clinton et Madeleine Albright. Bref, il est aujourd’hui le paravent de Jeffrey Feltman à l’Onu et du clan belliciste.

Troisième problème : libérer Rakka de Daesh, certes, mais, selon les Européens, pas pour la restituer à Damas. D’où la surenchère française.

Immédiatement, on a vu les jihadistes de Jobar attaquer le centre de la capitale et ceux d’Hama attaquer des villages isolés. Peut-être s’agit-il pour eux d’une tentative désespérée afin d’obtenir un lot de consolation à Astana ou à Genève avant la fin de la partie. Peut-être s’agit-il d’une stratégie coordonnée par Londres avec Paris.

Dans ce cas, on devrait s’attendre à une vaste opération des puissances coloniales à Rakka. Londres et Paris pourraient attaquer la ville avant qu’elle ne soit encerclée de manière à contraindre Daesh à se déplacer et ainsi le sauver. Daesh pourrait se replier à la frontière turque, voire en Turquie même. L’organisation deviendrait alors le liquidateur des Kurdes pour le compte de Recep Tayyip Erdoğan.

Thierry Meyssan

Source : Al-Watan (Syrie)

via: http://www.voltairenet.org/article195783.html

Lire la suite

Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine

Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/europe-militaire-otan-otsc-1728x800_c.jpg

Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

Les médias établis parlent sans arrêt d’une intervention militaire possible dans les pays baltes, c’est-à-dire dans les anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie. Le magazine politique « Rundschau » de la Télévision suisse SRF par exemple a relaté la présence en Estonie de milices qui s’entraînent régulièrement les week-ends « pour – je cite SRF – se préparer au pire ». En Estonie, en Lettonie et en Lituanie il y aurait un malaise à cause de leur « voisine russe (entre guillemets) de plus en plus agressive ».

Mais quand on regarde d’un peu plus près l’argument de la prétendue « agressivité de la voisine russe », il y a finalement ces deux affirmations qui reviennent toujours :

Premièrement « l’annexion de la Crimée » et deuxièmement « l’agression en Ukraine de l’est », deux choses qui auraient été un choc également pour les pays baltes. La Russie aurait utilisé la force pour modifier les frontières européennes existantes, ce qui serait une transgression des tabous, d’après SRF.

Mais si on parle de « transgression des tabous », il semble que les médias établis ont complètement mis de côté une chose, à savoir avec quelle affaire la transgression des tabous avait réellement commencé.

Il serait capital de savoir cela, comme l’a dit en mai 2015 sur la chaîne de télé « RT Deutsch » le professeur Daniele Ganser, historien suisse qui fait des recherches sur la paix. Capital de savoir que le changement de gouvernement en Ukraine en février 2014 a été de façon quasiment certaine un coup d’Etat sponsorisé par l’Occident. C’est uniquement ce coup d’Etat sanglant qui aurait suscité l’effondrement de l’économie et la guerre civile dans l’est de l’Ukraine. Cela ferait une grande différence ; en effet si c’est le gouvernement des Etats-Unis ou les pays de l’OTAN qui ont réellement renversé le gouvernement légitime de Kiev, la suite des événements en Crimée serait en fait une riposte et c’est l’OTAN qui serait à l’origine de la transgression des tabous.

Il semble vraiment que les médias occidentaux ne s’occupent ni des véritables transgressions des tabous, ni de leur analyse. Il en est exactement de même en ce qui concerne l’élargissement de l’OTAN à l’Est. Pendant les négociations à l’occasion de la réunification de l’Allemagne en 1990, on s’était engagé à ne pas élargir l’OTAN vers l’Est. Il était prévu qu’en contrepartie toutes les troupes soviétiques se retireraient du territoire de l’ancienne RDA, ce qui avait effectivement été fait. Le magazine « DER SPIEGEL » en a même présenté des preuves claires dans son édition 48 de 2009 : L’Occident aurait « tout fait pour donner l’impression aux Soviétiques qu’une adhésion à l’OTAN de pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Tchécoslovaquie était exclue. »

Mais jugez par vous-mêmes si l’élargissement de l’OTAN à l’Est est la première transgression des tabous :

Le 12 mars 1999 la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont adhéré à l’OTAN.

Le 29 mars 2004 la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ont adhéré à l’OTAN.

Le 1er avril 2009 ça a été le tour de l’Albanie et de la Croatie.

Le 19 mai 2016 le Monténégro a été accueilli dans la coalition de l’OTAN.

La Géorgie et l’Ukraine pareillement aimeraient adhérer à l’OTAN le plus tôt possible. La Macédoine de même s’intéresse à une adhésion.

Egalement en ce qui concerne les dépenses militaires, les pays de l’OTAN dépassent largement la Russie. Ainsi le représentant russe de l’OTAN Alexander Grushko a dit le 16 février 2016 que les dépenses militaires de l’ensemble des pays européens de l’OTAN (plus de 250 milliards d’euros) dépassent le budget militaire total de la Russie et de la Chine réunies. Et pourtant les pays européens de l’OTAN ne contribuent même pas pour 30% de l’enveloppe budgétaire de l’OTAN, les Etats-Unis en assurant plus de 65%.

Selon une étude de l’Institut international suédois de recherche sur la paix (SIPRI) les dépenses militaires de l’OTAN se sont élevées en 2015 à 904,9 milliards de dollars, dont 595,5 milliards apportés par les Etats-Unis à eux seuls. La Russie à l’inverse a dépensé seulement 91,1 milliards de dollars.

Ces exemples montrent que dans le conflit croissant entre l’OTAN et la Russie, il faut analyser de façon très précise les véritables transgressions des tabous. Le film russe « Crimée – le retour à la patrie », que Klagemauer.TV a traduit en allemand, est indispensable pour avoir une autre image sur les véritables transgressions des tabous dans le conflit entre l’Ukraine et la Crimée. Vous allez pouvoir regarder maintenant la réponse du professeur Daniele Ganser expliquant qui, selon lui, a commencé le conflit entre l’Ukraine et la Crimée. L’interview a eu lieu en mai 2015, donc un an après le putsch en Ukraine. Depuis, comme Daniele Ganser l’a exposé dans plusieurs conférences, il n’est plus guère contesté que c’était un putsch sponsorisé par l’Occident.

Mais pour ce spécialiste de la recherche sur la paix il était primordial déjà à l’époque de savoir qui avait vraiment commencé le conflit, une question que les médias occidentaux n’ont jamais ni posée ni analysée.

de d.d.


 
Lire la suite

Quand la gauche cessa-t-elle d’être de gauche ? Par Christophe Vieren 

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #l'horreur économique

Quand la gauche cessa-t-elle d’être de gauche ? Par Christophe Vieren 

Quand la gauche cessa-t-elle d’être de gauche ?

 » Quand la gauche a basculé à droite «  est le titre donné à cette vidéo de 17′ que j’ai trouvée très pédagogique.

Quoiqu’il soit difficile de donner une date précise, tant la barrière entre les qualificatifs politiques « droite » et « gauche » est floue, épaisse, dans cette vidéo « Quand la gauche a basculé à droite » une date est proposée : celle du 23 mars 1983. C’est en effet à la date à laquelle le deuxième gouvernement Mitterrand/Mauroy choisi la construction de l’Europe au détriment de la construction de la justice sociale.

En effet, le 19 février 1983, F. Mitterrand n’avait-il pas dit (ou écrit) : « Je suis partagé entre deux ambitions : celle de la construction de l’Europe et celle de la justice sociale. Le SME* est nécessaire pour réussir la première et limite ma liberté pour la seconde » (Source : Verbatim, p.399, Jacques Attali, Fayard, page 399).

Le 16 mars, après que Laurent Fabius, ministre du budget,  ait consulté Jacques Attali, conseiller spécial, et Michel Camdessus, directeur du trésor, Mitterrand fait son choix pour l’Europe. Le gouvernement Mauroy II met alors en place une politique que l’on appella le tournant de la rigueur. Parallèlement, se prépare le Traité de Maastricht pour la mise en place de l’Euro.

François Ruffin, journaliste, rédac-chef de Fakir, réalisateur du documentaire Merci Patron, au titre duquel il obtiendra un César en 2017 (voir son coup de gueule en 2’11 » lors de la cérémonie) nous détaille cette période – à la manière de Guillemin – dans cette vidéo de 17′ : Quand la gauche a basculé à droite.

Toute ressemblance avec les politiques budgétaires conduites de 2008 à ce jour de 7 mars 2017 et l’appartenance de la France à l’Eurozone serait bien évidemment fortuite. Le discours d’Hollande en l’hommage de P. Mauroy, décédé, présenté en début de vidéo parle de lui même.

On sait pourtant qu’une telle politique menée en période déflationniste st mortifère : le chancelier allemand Heinrich Brüning entre 1930 et 1932 nous l’a appris au dépend de la terre entière. Il est en effet indéniable que cette politique a conduit à l’accession d’Hitler au pouvoir. Pour en savoir plus sur le sujet , voir mon billet : Quel rapport entre la transition énergétique et le chancelier allemand Brüning ?

Lire la suite

Comment Hitler et le Kaiser créèrent l’Union européenne. Par le Saker Francophone.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La nation ., #Ukraine

Comment Hitler et le Kaiser créèrent l’Union européenne

Note du Saker Francophone

Le texte de Nicolas Bonnal que nous vous présentons est paru sur le site dedefensa.org le 2 mars 2017, nous avons traduit les fragments en anglais

Nicolas BonnalPar Nicolas Bonnal – Le 2 mars 2017 – Source dedefensa

La domination allemande est absolue en Europe : 252 milliards d’euros d’excédent commercial. L’Allemagne contrôle et domine le continent ruiné par son euro (mais pourquoi faire la guerre ? demandait déjà Le Bon), culbute les élections qui ne lui plaisent pas (Portugal, Grèce), les supprime (Italie) ou ordonne pour qui voter (Macron ici).

 

Comme l’a vu Emmanuel Todd, l’Allemagne dirige aussi l’offensive à l’Est contre la Russie, certainement plus que les États-Unis de Trump. Tout cela ne se fait pas dans l’intérêt du peuple allemand, mais le peuple allemand a été programmé depuis Kleist (voyez la fable des marionnettes à laquelle je consacrerais un livre) sur le devenir-animal ou mécanique de l’homme, pour ne pas rigoler. Comme dit mon ami le chanteur-humoriste Pierre Méchanick la différence entre l’humour juif et l’humour allemand, c’est l’humour. Les Allemands font des guerres ou des affaires, pas de l’humour. Et la venue sur leur sol de millions de migrants répond en substance au programme Zimmermann (celui du télégramme !) : le réveil des mahométans aux quatre coins de la planète à l’époque, pour en chasser les infidèles français ou britanniques (nous y sommes sauf qu’on va cette fois être aussi chassés de notre sol). On veut aussi au passage faire baisser les salaires, Car le dumping reste la plus efficace arme secrète allemande. Voyez Gustave Le Bon qui en parle déjà il y a cent-trente ans. Le but final du racisme – anglo-saxon ou germanique –,  comme l’a montré Philippe Grasset dans son dernier livre, c’est de remplacer l’homme – fût-il aryen – par la machine.

Pour ceux qui comme moi pensent que depuis 1815 ou les temps baroques l’histoire moderne est un présent permanent uchronique et dystopique, je recommanderai la lecture de Fritz Fischer sur les buts de guerre allemands en 1914. On l’écoute dans un anglais très simple !

« Les buts de la guerre comprenaient la création d’une grande Mitteleuropa sous le contrôle militaire et économique complet de l’Empire allemand et rendu inattaquable par les annexions dans l’ouest et l’est, ainsi que l’établissement d’un anneau d’États satellites. Dans l’ouest, la Belgique devait être une dépendance allemande et la Lorraine française, riche en fer, annexée. »

À l’est le programme du kaiser est le même que celui des nazis ou du Lebensraum germano-américain de Merkel sous les traits de l’OTAN aujourd’hui (comme dit Angela, on n’est pas un club de vacances !) :

« À l’est, la Lituanie et la Courlande devaient être soumises à la domination allemande, une grande partie de la Pologne centrale devait être annexée, et le reste de la Pologne, avec la Galice autrichienne, devaient former un État polonais qui, malgré quelques liens politiques avec l’Autriche-Hongrie, serait dominé sur le plan économique et militaire par l’Allemagne. La Roumanie aussi devait être maintenue dans la servitude économique. »

Tout le monde s’y fait. Kaiser d’abord !

L’Europe nordique devra suivre (elle se fera même une joie de suivre) :

« On a supposé que les Pays-Bas et les pays scandinaves se sentiraient obligés de se joindre au puissant bloc commercial qui résulterait de la guerre. En outre, le gouvernement allemand avait l’intention d’acquérir la plus grande partie de l’Afrique centrale d’un océan à l’autre. »

La Mitteleuropa sera donc une des maîtresses du monde :

« Faire de la Mitteleuropa une force qui placerait l’Allemagne à égalité avec les puissances mondiales établies et potentielles : l’Empire britannique, la Russie et les États-Unis. »

En septembre 1914, Bethmann-Hollweg dévoile son programme pour la future Europe unifiée façon Bruxelles. Et cela donne :

« En outre : un traité commercial qui rend la France économiquement dépendante de l’Allemagne, assure le marché français pour nos exportations et permet d’exclure le commerce britannique de la France. Ce traité doit nous garantir la liberté de circulation financière et industrielle en France… »

Ensuite, comme l’appétit vient en dévorant (la gula, dit mon génie absolu Balthazar Gracian, c’est le défaut des Allemands, ils ont un appétit dévorant).

« Nous devons créer une association économique européenne centrale au moyen de traités communs, y compris avec le Danemark, l’Autriche-Hongrie, la Pologne [sic] et peut-être l’Italie, la Suède et la Norvège. Cette association n’aura pas d’autorité suprême constitutionnelle commune et tous ses membres seront formellement égaux, mais dans la pratique seront sous la direction de l’Allemagne qui devra stabiliser la domination économique de l’Allemagne sur la Mitteleuropa. »

Le but allemand est de chasser Russie et Grande-Bretagne du continent européen sous dominance allemande. Brexit ? Ruxit ?

« Après avoir éliminé la France comme grande puissance, exclu l’influence britannique du continent et repoussé la Russie, l’Allemagne avait l’intention d’établir sa propre hégémonie sur l’Europe. »

Le chancelier allemand, issu d’une famille proche des Rothschild d’ailleurs (tout ceci pour dire qu’il avait été bien germanisé et que le complot juif me fatigue),  ajoutait :

« La formation d’une grande unité économique européenne centrale sous la direction de l’Allemagne ‘ne pouvait se faire sur la base d’un accord à partir d’intérêts communs. . . Mais seulement sous la pression de la supériorité politique, si nous étions en mesure de dicter les conditions de paix’. »

Quant à la Russie elle était bonne pour retourner chez les Tartares (un peu comme aujourd’hui) :

« En ce qui concerne l’est, Class a écrit ‘le visage de la Russie doit être retourné de force vers l’est et ses frontières doivent être réduites, approximativement, à celles de Pierre le Grand’. »

Fritz Fischer évoque ensuite Erzberger, le bon catholique Erzberger qui signera plus tard la fausse paix à Versailles :

« Pour atteindre ces objectifs, Erzberger (en accord total avec Bethmann Hollweg) a exigé le commandement suprême allemand sur la Belgique et les côtes de la Manche, de Calais à Boulogne ; l’annexion de tout les gisements de minerai de fer de Longwy-Briey ; la libération des peuples non russes du joug moscovite sous le contrôle suprême allemand ; et l’établissement d’un royaume de Pologne sous souveraineté allemande. L’Autriche-Hongrie devait s’étendre en Ukraine, en Roumanie et en Bessarabie. »

Les rêveries africaines (penser à Jünger) sont alors plus fortes que sous le nazisme (qui aura fait une guerre au rabais en fait, par anglophilie et par médiocrité du caporal bohémien. Je le dis d’autant plus que c’est Curd Jurgens qui l’affirme dans l’excellent film de Dick Powell Torpilles sous l’Atlantique (The Enemy below). Curd Jurgens en sous-marinier allemand luttant contre le distrait Mitchum explique que cette guerre est moins pure que la précédente, dont le peuple teutonique était sorti plus fort !

« Lui aussi a rêvé de la création d’une grande Afrique centrale allemande de Dar-es-Salaam à la Sénégambie, pour y incorporer les Congos belge et français, le Nigeria (britannique), le Dahomey et la côte Ouest africaine. »

On a dit que sous la chancelière en fer blanc les industriels allemands ont poussé à l’immigration des migrants. C’est vrai et ils sont traditionnellement plus durs et plus cruels que leurs domestiques politiques (observation d’Engels après la guerre de 1870). Voici ce que le baron Thyssen propose, une génération avant que son fils ne finance le nazisme :

« Plus extrême encore, il y eut un mémorandum d’August Thyssen, que Erzberger transmit au gouvernement le 9 septembre 1914. Ce document demandait l’incorporation de la Belgique et des départements français du Nord et du Pas-de-Calais avec Dunkerque, Calais et Boulogne, le département de Meurthe-et-Moselle avec la ceinture française des forteresses et la Meuse et les départements des Vosges et de Haute-Saône avec Belfort. À l’est, Thyssen voulait les provinces baltes et peut-être le bassin du Don avec Odessa, la Crimée, la région de Lvov et le Caucase. Il a justifié ses revendications par la nécessité de sécuriser les futures réserves de matières premières de l’Allemagne. »

La Crimée objectif allemand ? Mais selon le pangermanisme créé sans le vouloir par la tzarine Catherine, tous les objectifs où l’on parle allemand sont des objectifs allemands, et Thyssen rêve ensuite de tout conquérir dans l’île-monde :

« Les rêves très vastes de Thyssen ont abouti à l’idée d’acquérir une voie de passage terrestre à travers le sud de la Russie, l’Asie Mineure et la Perse, de là le coup décisif contre l’Empire britannique – le véritable ennemi de cette guerre – en Inde et en Égypte. »

Ensuite on rêve de l’Afrique. Ce sont les Jeux africains du jeune Jünger (et si c’était le plus dangereux celui-là, sous sa bonhomie cultivée ?)

« Ce n’est qu’ainsi que Thyssen voit l’assurance, pour l’Allemagne, de s’élever au niveau d’une grande puissance, cela d’autant plus si l’augmentation de sa force économique, par rapport à son dernier concurrent, la Grande-Bretagne, provient de nouveaux marchés dans un empire colonial allemand en Afrique centrale, avec les Congos français et belge et le Maroc. »

Tout cela nous ramène à la prophétie de Balzac que j’explicite dans mon livre Littérature et conspiration.

À la fin de la nouvelle, un jeune nordique nommé Wilfrid fait une déclaration amoureuse et militaire à son aimée ; la guerre, le destin, l’Europe, l’orage (Blitzkrieg), tout annonce le führer allemand, je redonne tout le paragraphe :

« Sachez mon secret. J’ai parcouru tout le Nord, ce grand atelier où se forgent les races nouvelles qui se répandent sur la terre comme des nappes humaines chargées de rafraîchir les civilisations vieillies. Je voulais commencer mon œuvre sur un de ces points, y conquérir l’empire que donnent la force et l’intelligence sur une peuplade, la former aux combats, entamer la guerre, la répandre comme un incendie, dévorer l’Europe en criant liberté à ceux-ci, pillage à ceux-là, gloire à l’un, plaisir à l’autre ; mais en demeurant, moi, comme la figure du Destin, implacable et cruel, en marchant comme l’orage qui s’assimile dans l’atmosphère toutes les particules dont se compose la foudre, en me repaissant d’hommes comme un fléau vorace. »

Tout cela ne sonne pas vraiment comme le message des Lumières. De toute manière Hitler est allé se recueillir sur le tombeau de Napoléon au cours de sa brève escapade parisienne. Wilfrid souligne ensuite son rôle messianique et sanglant. Son Europe messianique a une attente romantique :

« Ainsi j’aurais conquis l’Europe, elle se trouve à une époque où elle attend ce Messie nouveau qui doit ravager le monde pour en refaire les sociétés. L’Europe ne croira plus qu’à celui qui la broiera sous ses pieds. »

Enfin, Wilfrid souligne le rôle eschatologique de son combat contre l’Angleterre et la nécessité de conquérir l’Inde, de recourir au Heartland de McKinder (pas encore nommé ainsi !) et au Caucase comme lieu suprême de ressourcement du monde… C’est l’Elbourz qu’escaladeront les alpinistes nazis, et c’est dans le prométhéen Caucase d’ailleurs que le Troisième Reich ira se perdre. Citons Eschyle et son Prométhée : « Nous voici sur le sol d’une contrée lointaine, sur les confins de la Scythie, au fond d’un désert inaccessible… ».

« Mais, chère Séraphîta, mes observations m’ont dégoûté du Nord, la force y est trop aveugle et j’ai soif des Indes ! Mon duel avec un gouvernement égoïste, lâche et mercantile, me séduit davantage. Puis il est plus facile d’émouvoir l’imagination des peuples assis au pied du Caucase que de convaincre l’esprit des pays glacés où nous sommes. Donc, je suis tenté de traverser les steppes russes, d’arriver au bord de l’Asie, de la couvrir jusqu’au Gange de ma triomphante inondation humaine, et là je renverserai la puissance anglaise. »

On pourrait dire que le jeune personnage joue avec l’aura de Napoléon. Mais je ne le crois pas. On est sur les hauteurs de Haushofer ici. Il termine dans le style enlevé qui marque cette époque de sublime littéraire :

« Sept hommes ont déjà réalisé ce plan à diverses époques. Je renouvellerai l’Art comme l’ont fait les Sarrasins lancés par Mahomet sur l’Europe ! Je ne serai pas un roi mesquin comme ceux qui gouvernent aujourd’hui les anciennes provinces de l’empire romain, en se disputant avec leurs sujets, à propos d’un droit de douane. Non, rien n’arrêtera ni la foudre de mes regards, ni la tempête de mes paroles ! Mes pieds couvriront un tiers du globe, comme ceux de Gengis-Khan ; ma main saisira  l’Asie, comme l’a déjà prise celle d’Aurangzeb. »

Guerre de quatorze, guerre de quarante, Europe de Bruxelles. Les buts de guerre sont les mêmes. Et le butin.

Fritz Fischer confirme aussi deux choses : Lord Grey a beaucoup fait pour éviter la guerre. Wilson a tout fait (cela donne tort aux historiens libertariens, mais pourquoi pas pour une fois ?) pour se concilier la rage allemande qui ne connaît plus de limites (l’Allemagne est plus teigneuse et mondialiste alors qu’en 1942) sur les mers et ailleurs (Zimmermann et la guerre sainte islamiste  pour en finir avec l’Occident !!!). Et en 1916 l’Angleterre qui n’a pas encore fait entrer les USA dans la danse (malgré le Lusitania qui fut et reste un leurre) propose une paix à l’Allemagne. Belgique et France libérées, et main libre (free hand) à l’est contre la Russie. Pauvre Russie ! Wilson acclame la révolution russe qui est plus allemande que russe ou juive (là aussi les antisémites commencent à nous barber, lisez Denikine enfin).

Tout cela me confirme dans ce que j’ai toujours pensé. Aussi faible qu’en 40 la France n’aurait pas attaqué l’Allemagne. Celle-ci n’avait pas besoin de l’attaquer et pouvait dès juin 14 finalement attaquer et découper en rondelles la seule Russie, ce que tout le monde aurait accepté avec enthousiasme (les libéraux, les socialistes, les nationalistes de tous les pays). Vingt divisions à l’ouest pour dissuader la France aurait suffi. Mais comme les automates ou les animaux dont ils s’inspirent (Kleist, toujours, qui évoque les ours), les Allemands ne savent pas s’arrêter.

Fritz Fischer écrit sur cette proposition de paix anglo-saxonne au détriment de la Russie :

« Le colonel House arriva juste d’Angleterre et rapporta que la Grande-Bretagne n’était pas d’humeur avec l’Amérique. Grey et Lloyd George n’étaient pas du tout aussi peu disposés à la paix qu’il s’y attendait. Les conditions de paix britanniques, selon House, étaient l’évacuation par l’Allemagne de la Belgique, du nord de la France et de la Pologne, mais sans indemnité de guerre. Il a dit que Lloyd George avait expressément garanti à l’Allemagne toutes ses possessions coloniales et un blanc-seing contre la Russie..

Tout cela confirme la vision de Veblen-Preparata plusieurs fois recensée par moi : la destruction mutuelle germano-russe est un rêve anglo-saxon. Mais c’est aussi un rêve allemand, malheureusement !

Nicolas Bonnal

Bibliographie :

Balzac – Seraphita

Bonnal – Chroniques sur la Fin de l’Histoire ; Histoire et conspiration (sur Kindle)

Fritz Fischer – Les buts de guerre allemands,  Germany’s aims

In the, first world war by  fritz fischer With Introductions by Hajo Holborn, Norton Company, Inc New York (sur archive.org)

Philippe Grasset – La Grâce de l’histoire, le Deuxième cercle, Éditions mols, pp. 355-366

Kleist – Scènes de la vie des marionnettes (sur ebooksgratuits.com)

Fragments en anglais traduits par jj, relus par M pour le Saker Francophone

Lire la suite

Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie. "Montez de la mine descendez des collines camarades !" Par Erwan Castel.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

jeudi 30 mars 2017

 

Force et honneur (1)

 
"Montez de la mine descendez des collines camarades !"
 
Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie
 
 
Lorsque l'armée ukrainienne arrive aux portes du Donbass, la population qui s'organise d'abord sur les barrages improvisées autour des localités va rapidement donner naissance à des groupes d'autodéfense qui vont évoluer vers des milices locales, embryons de la future armée républicaine.
 
L'ossature de cette milice a été formée par des volontaires étrangers, des déserteurs de l'armée ukrainienne, mais surtout des "gueules noires", ces ouvriers mineurs incarnant le Donbass et qui vont quitter leurs usines et galeries profondes pour s'opposer aux unités d'assaut de Kiev...
 
Cette "Shakhtyor Skaïa" de Donetsk n'est pas une nouveauté, elle perpétue en effet la tradition des "divisions de mineurs" du Donbass pendant la deuxième guerre mondiale, notamment la 383ème Division d’infanterie, cette unité du Donbass composée de bénévoles mineurs qui participa à la défense de la ville de Donetsk, aux combats en Crimée jusqu'à la bataille de Berlin, et qui s'est forgée une réputation exceptionnelle.
 
Aujourd'hui si le temps de l' "Opolcheny" (milice populaire) est terminé, il flotte toujours dans les rangs de l'armée de Donetsk déployée à l'ombre des terrikons (terrils) cet esprit populaire invincible qui entraîne les peuples aux moments critiques de leur Histoire à prendre en main les armes et leur destinée.
 
Ces derniers jours, avec une équipe de Novorossiya Today, je suis allé à la rencontre de la "Division des mineurs", une unité composée principalement de mineurs commandé par Constantin Kouzmin qui est également le vice-ministre des mines de la République Populaire de Donetsk. 
Formée en 2014, cette unité est toujours là, en première ligne, déployée dans le secteur de Luganskoe, sur le front Sud de la ville de Donetsk, à 500 mètres des avant-postes ukrainiens.
 
Partie 1 : Des "gueules noires" devenues "diables noirs"

Dans ce premier reportage nous évoquons l'important rôle joué par ces ouvriers dont la corporation incarne le coeur du Donbass dont elle a façonné par sa sueur et son sang autant le paysage que forgé  son esprit libre et rebelle...
 
Par son histoire, et surtout ses engagements politique et militaire, la corporation des mineurs du Donbass est devenue au fil du XXème siècle une élite de la société de l'URSS, et a conserver jalousement les valeurs d'entraide et de partage forgées dans les labyrinthes de tous les dangers à plus d'1 kilomètre de profondeur, au coeur de cette terre du Donbass. dont une ville minière porte même le nom de Stakhanov, ce "héros soviétique" qui symbolise cette élite ouvrière soviétique. 

Lorsque l'Allemagne nazie attaque l'URSS, le Donbass devient rapidement un enjeu stratégique important tant par ses richesses agricole (Hitler fera venir par trains entiers de la terre Noire du Donbass vers les champs allemands) et industrielle que par le couloir d'entrée vers le Caucase pétrolier qu'il représente. Cette terre est semée de champs de bataille dont les  noms vont resurgir du passé 70 années plus tard pour récrire une nouvelle page de son Histoire héroïque. 

 
"Les vengeurs du Donbass" 1945 pendant la bataille de Berlin
Lors de la "Grande guerre patriotique" de 1941 à 1945, les mineurs du Donbass vont s'illustrer dans les combats par leur courage extrême, leur refus de céder le terrain même lorsqu'ils sont à cours de munitions, continuant à se battre avec leurs baïonnettes et pelles de tranchée comme à Sébastopol en 1941. Leur combativité est telle que consigne est donnée aux forces allemandes de ne jamais faire de prisonnier chez les soldats des "Shakhtyor Skaïa" un ordre qui renforce encore plus encore s'il était encore possible leur ténacité et volonté de se battre jusqu'à la mort !
 
Le souvenir de ces faits d'armes, transmis de génération en génération a donné aux mineurs du Donbass cette conscience historico-politique doublée d'un courage et d'une endurance exceptionnelle forgés par des conditions de travail extrêmes, car au fond des mines de charbon ou de sel ces hommes ont appris à dominer et dépasser leur peur et leur fatigue. Lorsque  nous demandons aux soldats de la Division des mineurs à quel moment ils se sont engagés dans la défense du Donbass, tous nous répondent "pendant le Maïdan" lorsque les manifestations se transforment en coup d'état violent dirigé par des extrémistes aux discours ouvertement russophobes.
 
En ce début 2014, les mineurs sont aux premiers rangs des réunions, des manifestations anti-maïdan qui animent les débats dans les salles et les rues de Donetsk, et rapidement, la contestation devient colère après les massacres de la maison des syndicats d'Odessa (2 mai, près de 200 victimes parmi les manifestants fédéralistes), ou celui de Mariupol (9 mai, plus de 100 morts) pris d'assaut par les blindés le bataillon spécial néo-nazi Azov qui sonnent le temps de la Rébellion. 
 
 
Plus tard, en mai 2014à Slaviansk, quand la population reçoit le premier choc des colonnes blindées de l' ATO ("Opération Spéciale Anti terroriste") lancée par la junte de Kiev, de nombreux mineurs rejoignent la poignée des volontaires d'Igor Strelkov qui mène la résistance. Le 26 mai, la guerre arrive aux portes de Donetsk avec les premiers combats pour le contrôle de l'aéroport, et plus d'un millier de mineurs organisent une manifestation dans les rues de Donetsk. Le 18 juin, lorsque la violence des attaques ukrainiennes fait définitivement basculer la crise ukrainienne dans le gouffre sanglant d'une guerre civile, les mineurs de Donetsk, dont certains ont déjà formé des groupes d'autodéfense sur les barrages improvisés vont lancer un "appel aux mineurs et aux ouvriers de toute l’Europe" (Voir annexe 1).
 
Manifestations des mineurs de Donetsk le 18 juin 2014
 
Au lendemain de cette journée du 18 juin 2014, 200 mineurs se réunissent et ressuscitent l'unité "Shakhtyor Skaïa" sous le commandement de Pavel Shakun, et dont le père avait combattu dans les rangs de son aînée de la seconde guerre mondiale.
 
Pavel Shakun, le 1er commandant de la "Division des mineurs"
Les premiers volontaires ont entre 40 et 60 ans en moyenne, ce sont des mineurs qui ont fait leur service militaire dans les rangs de l'armée rouge, du temps de l'URSS. Beaucoup sont des vétérans d'Afghanistan ou de Tchétchénie, et ils vont entre les combats encadrer les plus jeunes qui commencent à accourir vers les casernes de la milice. 
 
"Baikal" qui commande aujourd'hui la position de l'unité près de Luganskoe sur laquelle nous nous sommes rendus était de ces premiers volontaires, il se souvient des premiers accrochages sur les barrages quand les volontaires étaient seulement armés de fusils de chasse, de barres de fer, de cocktails molotov, au milieu desquels se comptaient sur les doigts de la mains quelques armes de guerre dont certaines portaient gravées dans l'acier usé de leur canons les années héroïques "1941" "1943" etc... (aujourd'hui encore certaines armes de la seconde guerre mondiale continuent à équiper les unités de la DNR comme le fusil antichar PTRD par exemple). 
Rapidement des déserteurs ukrainiens vont rejoindre les rangs des milices, anciens soldats, douaniers et "berkout"  (police anti émeute), mais aussi des jeunes qui eux aussi quittent les usines ou l'université pour rejoindre leurs aînés miliciens qui sont parfois leur propre père, oncle, ou frère 
 
Mineurs du Donbass au combat : au centre un père et son fils et à gauche Baikal, qui chef commandant cette unité de la "Division des mineurs" et pour qui "il n'y a pas de combat plus important qu'un autre : tous les combats sont importants !"
Pendant l'été 2014, c'est l'escalade militaire et les escarmouches et accrochages deviennent alors de véritables batailles modernes et meurtrières. C'est le temps des "chaudrons", au cours desquels la "Division des mineurs" va être engagées 70 ans après sur les traces de son aînée. La "Shakhtyor Skaïa" est de tous les combats qui s’enchaînent semaine après semaine: "Shakhtyorsk", "Iliovaisk" "Aéroport" "Debalsevo"... Pendant toute cette période de 2014 à 2015, tous sont volontaires, bénévoles et ne survivent que grâce aux dons et aux aides de la population de Donetsk et des autres villes minières de la République de Donetsk. Aujourd'hui, l'unité a intégré le "Corpus abarone" l'armée professionnelle que la République a organisée pour homogénéiser des forces de défense, les former les structurer et leur donner équipements et statut socio-professionnel modernes.
 
 
Les mineurs du Donbass, que ce soit dans cette unité d'élite, mais aussi dans d'autres comme la brigade Kalmius par exemple dont ils forment également l'ossature, sont toujours en première ligne depuis maintenant 3 ans !
 
Sur cette position à 500 mètres des avant-postes ukrainiens, malgré des bombardements et des échanges de tirs quotidiens, la bonne humeur autant que la discipline nous accueillent dans des "blindages" impeccablement entretenus. Les hommes sont déterminés et soudés et l'esprit qui les animent semble n'être que le prolongement de celui trouvé au fond des puits de mines et où ils ont écrits sous la menace des "coups de grisou" les premières page d'une fraternité invincible. 
 
Pères et fils, ouvriers mineurs, tous deux enfants du Donbass en première ligne sur le front de Donetsk
Pour ces hommes guettant à l'horizon la menace d'un ennemi qui veut détruire leur identité, leur passé et leur avenir, la guerre est un malheur; un drame mais auquel ils participent par devoir car si la paix est ce rêve qui sommeille dans les coeurs de chacun, la Liberté est là derrière leurs tranchées, dans le secret de leurs foyers, là où une mère, une femme, des enfants les attendent en priant. Pour ces hommes, se battre est un devoir familial autant qu'un engagement politique car il veulent défendre une terre contre l'envahisseur mais aussi "construire une société avec l’esprit de solidarité que l’on trouve à la mine"
 
Ces mineurs de Donetsk que je vous invite à retrouver dans de prochains articles incarnent la rébellion contre le coup d'état du Maïdan, cette terre noire du Donbass qu'ils ont façonné depuis le XIXème siècle avec leur sueur et leur sang, autant que le rêve des peuples européens de vouloir et pouvoir vivre dans leur sanctuaire selon leurs coutumes et cultures. 
Dans cette jeune République de Donetsk dont le drapeau porte fièrement leurs outils, les mineurs représentent bien plus qu'un simple secteur économique régional: ils sont le coeur de ce peuple européen du Donbass, fidèle au passé tout en imaginant un avenir avec audace et humilité et qui sait nous montrer le chemin à suivre pour s'affranchir de l'esclavage de la ploutocratie mondialiste et de sa pensée unique déshumanisante.

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Après cette première présentation de l'unité  "Shakhtyor Skaïa" nous retournerons pour rencontrer quelque uns de ces hommes ayant troqué la pioche contre le fusil d'assaut pour continuer à faire vivre le Donbass !

 
 
Annexe 1 :
 
L'appel des mineurs du Donbass aux mineurs 
et aux ouvriers de toute l’Europe
 
"Frères mineurs!
 
Nous voulons vous expliquer la situation réelle dans le Donbass. Les médias européens faussent ou font le silence sur la véritable image des événements.Nous savons que vous ne pouvez pas obtenir facilement une image fidèle de ce qui se passe ici, c’est pourquoi nous déclarons :
 
Nous, les mineurs, nous sommes obligés de nous battre avec nos armes pour défendre notre vie, pour survivre!
 
Notre objectif dans ce défi auquel nous faisons face est celui-ci: arriver à arrêter l’effusion de sang! La fin de la guerre aura lieu avec le jugement des criminels de guerre qui l’ont provoquée. Nous ne pouvons pas abandonner ce combat, parce que cela signifierait notre anéantissement moral et physique! Dès le début, « l’Euromaïdan » s’est trouvé sous le contrôle de la grande bourgeoisie: les oligarques ukrainiens et leurs commanditaires étrangers. En Février de cette année, s’est produit un coup d’état en Ukraine avec la participation active de groupes néo-nazis. C’est en réaction à cela que s’est formé le mouvement dans le Sud-Est du pays, qui a mis en avant au début des revendications modérées de fédéralisation et de reconnaissance du russe comme deuxième langue d’État, demande auxquelles le pouvoir a répondu par la terreur.
 
 
La situation dans le Donbass prend l’allure d’une véritable guerre dans laquelle des civils sont tués: des personnes âgées, des femmes, des enfants. On vous ment de façon effronté en prétendant qu’il s’agit d’une guerre entre l’Ukraine et la Russie. Ce n’est pas vrai! La guerre se déroule entre le peuple et une poignée d’oligarques soutenus par l’UE et les Etats-Unis. Le malheur de l’Ukraine réside dans le fait que l’exercice de l’autorité est tombé aux mains de pourritures qui ont réussi à infecter par leurs idées fascistes une partie de la société. Nous, le peuple du Donbass, nous luttons contre toutes les manifestations de nazisme et de fascisme. Nous nous battons avec un fusil à la main pour notre vie et celle de nos proches. Nous n’avons pas à nous retirer-c’est notre terre! Nous nous tournons vers vous, travailleurs des pays européens, en vous demandant votre aide solidaire:aidez nous à briser le bastion du fascisme en Ukraine. Ce sera notre victoire commune !"
 
Mikhaïl Krylov, Président du Syndicat indépendant des mineurs de Donetsk, 
 
18 juin 2014
 
 
Sources de l'article : 

Les mineurs dans les armées des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk
- Appel des mineurs du Donbass
- Les mineurs du Donbass vont au charbon contre Kiev

 


 
*
*   *
 
S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.
 
Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass
 
Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
 
 
 



 
 
Lire la suite

Affaire Z. A. c. Russie ou de l'incongrüité de la frontière. Par Karine Bechet Golovko

29 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #l'immigration

mercredi 29 mars 2017

Affaire Z. A. c. Russie ou de l'incongrüité de la frontière

 
 
 
Dans sa nouvelle décision Z. A. contre Russie, la Cour européenne des droits de l'homme vient de rendre une décision intéressante, qui tend à forcer l'entrée de personnes en situation illégale sur le territoire de l'Etat, faisant reposer sur lui l'entière responsabilité de la situation. Pour continuer dans l'ubuesque ...
 

 
Le 21 mars, la CEDH a rendu un arrêt condamnant la Russie a verser 95 000 euros aux quatres personnes en situation irrégulière, dont la demande d'asile a été refusée par la Russie, pour les conditions dans lesquelles ils vécurent plusieurs mois dans la zone de transit de l'aéroport international Sheremetyevo à Moscou.
 
Le fait que des personnes soient bloquées, pour des raisons différentes dans des aéroports internationaux, n'est pas une nouveauté. L'on se souviendra de l'iranien Mehran Karimi Nasseri et de ses 18 années à l'aéroport Charles de Gaulle, de la chisoise Feng Zhenghu qui a passé plus de 3 mois dans la zone de transit de l'aéroport de Tokyo, etc.
 
En l'espèce, les faits sont assez simples:
Les requérants dans cette affaire sont quatre individus détenteurs de papiers d’identité d’Irak, des Territoires palestiniens, de Somalie et de Syrie. Alors qu’ils transitaient – séparément les uns des autres – par l’aéroport de Moscou-Sheremetyevo, les requérants se virent refuser l’entrée en Russie par les services russes des frontières, au motif que leurs documents de voyage n’étaient pas en règle. En conséquence, trois des requérants passèrent entre cinq et huit mois, en 2015/2016, dans la zone de transit de l’aéroport ; l’un des requérants, originaire de Somalie, est resté dans cette zone pendant un an et 11 mois, du 9 avril 2015 au 9 mars 2017. Les quatre requérants demandèrent le statut de réfugié en Russie mais ne l’obtinrent pas
 La surprise vient de la qualification juridique donnée par la Cour européenne, qui a assimilé cette situation à une privation de liberté:
Les intéressés, qui se trouvaient dans la situation de demandeurs d’asile dont les dossiers n’avaient pas encore été examinés, n’avaient pas choisi de rester dans la zone de transit puisqu’ils ne pouvaient entrer ni sur le territoire russe ni dans aucun État autre que celui qu’ils venaient de quitter. Ils n’ont donc pas consenti valablement à leur privation de liberté. En conséquence, la Cour conclut que leur rétention dans la zone de transit s’analyse en une privation de liberté de facto.
Pas un mot sur le fait qu'ils soient sciemment arrivés en Russie avec des documents qui ne sont pas en règle, ce qui remettrait en cause l'idée selon laquelle ils "n'avaient pas choisi". De plus, très étrangement pour des personnes privées de liberté, ils sont partis, soit dans un autre pays avec l'aide des organismes internationaux compétents (dont l'activité n'a pas été entravée), soit rentrés dans leur pays, comme le reconnaît par ailleurs la Cour:
Le requérant irakien et le requérant syrien furent finalement réinstallés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), au Danemark et en Suède respectivement. Le requérant originaire des Territoires palestiniens put quitter la zone de transit lorsque se présenta la possibilité de prendre un vol pour l’Égypte. Le requérant originaire de Somalie, ayant perdu l’espoir d’obtenir le statut de réfugié en Russie, est parti pour Mogadiscio.
La contradiction est flagrante: soit ils sont détenus contre leur volonté - et donc il y a volonté de l'Etat de les maintenir dans cet espace restreint, soit lorsque la possibilité s'est présentée et qu'ils ont compris qu'ils n'obtiendraient pas ce qu'ils étaient venus chercher ... ils sont partis, mais l'Etat, finalement, n'y est pas pour grand chose. Le "crime" de l'Etat russe est en fait de ne pas avoir laissé entrer des personnes en situation irrégulière et de ne pas les avoir prises en charge.
 
Alors pourquoi condamner la Russie? Justement pour cela.
 
L'on peut aussi se demander, s'il s'agit réellement des conditions de détention, si toutes les personnes dont le dossier de demande d'asile est en attente ou a été refusé dans les camps de transit en Italie, en Grèce, dans la Jungle en France vont être prises en charge par des ONG pour déposer un recours devant la CEDH et si l'Italie, la Grèce, la France et autres pays vont devoir payer des millions d'euros de dédommagement? Car là, il ne s'agit pas de quatre personnes ...
 
Non, le but est ailleurs: il faut forcer la frontière. La frontière est le symbole de l'Etat, son attribut, comme la porte de votre maison. Aujourd'hui, la frontière ne doit pas être une barrière, l'Etat doit laisser passer les clandestins qui sont devenus une catégorie spéciale, celle d'une sorte de "réfugiés de fait", dont l'expulsion est rendue de plus en plus difficile et contraignante pour l'Etat. L'Italie avait été ainsi condamnée en 2011 pour avoir voulu renvoyer des tunisiens dans leur pays et au passage pour les conditions de détention à Lampedusa. C'était déjà en 2011, tout au début de la grande vague d'immigration en Europe. Il a fallu faire passer le message aux Etats qui auraient des tentations souverainistes. Depuis, la pression n'a fait qu'augmenter.
 
Cet arrêt contre la Russie se situe dans cette jurisprudence constante de la CEDH qui fait poser sur les Etats l'obligation de prise en charge des personnes en situation illégale dès le moment où ils ont posé le pied, de manière illégale, sur leur territoire. Ce n'est pas la personne en situation illégale qui a des obligations, c'est l'Etat. La personne en situation irrégulière a des droits, c'est l'Etat qui a les obligations. 
 
Pour illustrer cette tendance, bien implantée en France, l'on peut se rappeler du communiqué du ministère de l'intérieur de l'été 2016 pour la prise en charge des "migrants", faisant fi de toute distinction entre immigré en situation illégale et légale. La notion même d'immigré est pieusement remplacée par celle de "migrant", dont la charge symbolique est différente, même si un migrant est bien un immigré, mais manifestement principalement en situation irrégulière, d'où la nécessité de le taire.
La prise en charge en CAO doit ainsi permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d'un temps de répit et d'engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d'asile. Elle leur permet également d'avoir accès à une offre de soins adaptée et d'être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation (CADA pour les demandeurs d'asile, etc.). 
C'est exactement ce qui est reproché à la Russie: d'avoir maintenu la distinction classique pour un Etat de droit souverain de la distinction entre immigration légale et illégale et ainsi d'avoir maintenu la frontière. 
 
 
Lire la suite

Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite ! Par Bruno Guigue.

27 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République

Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite ! Par Bruno Guigue.
Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite !
 
On vous dira que ce n’est pas vrai, mais vous pouvez, si vous le voulez, créer la surprise le 23 avril. Vous pouvez, si vous vous en donnez les moyens, porter très haut la “France insoumise” et contribuer à bâtir cette force dont la vraie gauche, celle qui défend le peuple sous les crachats, a tant besoin dans un pays ravagé par l'égoïsme des nantis et miné par la résignation des humbles.
Mais pour y parvenir, il faut faire des choix clairs, compris de tous. C'est le moment ou jamais ! Vous pouvez représenter, demain, la principale force de gauche, reléguant un parti socialiste vermoulu à la place subalterne qu'il mérite, comme la SFIO des années 60. Si vous laissez passer cette occasion historique, en revanche, la classe qui se croit supérieure parce qu'elle détient le capital continuera de tenir le haut du pavé avec le concours de ses larbins de la vraie droite et de la fausse gauche.
Alors, allez droit au but, et tapez fort ! Vous n’y échapperez pas. L'enjeu essentiel, c'est la restauration de la souveraineté nationale, sans laquelle la révolution citoyenne que vous appelez de vos vœux restera lettre morte. Allez jusqu'au bout de vos idées, ne décevez pas les espoirs que vous suscitez, levez les équivoques dont souffre encore votre campagne. Parlez au peuple, et parlez peuple. Dites que, si vous êtes élu, vous proposerez aux Français, par référendum, la sortie de l'Union européenne.
Cette mystification supranationale, cette supercherie néolibérale n'a que trop duré. C'est un carcan imposé aux peuples par une oligarchie cupide, et vous le savez. Ne faites pas semblant de croire qu'elle est réformable, car elle ne l'est pas. N'accréditez pas l'idée qu'on puisse la changer, car c'est impossible. Ne laissez pas au Front national le privilège de l'avoir compris avant les autres et d'être presque seul à le dire. Ne lui faites pas ce cadeau !
Ce n'est pas pour rien que les dogmes libéraux sont inscrits dans le marbre des traités européens. Pour s'en débarrasser, il faut quitter l'UE. On ne peut restaurer la souveraineté populaire qu'en restaurant la souveraineté nationale. Mais on ne peut restaurer la souveraineté nationale qu’en rompant les amarres avec une institution supranationale dont la fonction est de soustraire l'essentiel à la délibération démocratique.
En jetant aux orties l'Europe des banquiers, vous provoquerez un tsunami idéologique, vous scellerez la réconciliation entre la gauche et la souveraineté. Ce faisant, vous sauverez la gauche et vous sauverez la souveraineté. Mais si vous refusez de le faire, vous tuerez la gauche en la livrant aux socialistes qui pourrissent tout ce qu'ils touchent, et vous livrerez la souveraineté au FN qui en fera un usage conforme à son ADN droitier.
Manifestez donc, face au carcan européiste, la même intransigeance que celle dont vous faites preuve face au carcan atlantiste. Pour restaurer la souveraineté de la France, vous voulez que la France quitte l'OTAN. Contrairement à Marine Le Pen, vous ne voulez pas seulement quitter le commandement intégré, mais l'alliance atlantique elle-même. Vous avez raison, et vous êtes l'un des rares, avec François Asselineau, à le dire haut et fort.
En consommant cette rupture, vous mettrez fin au scandaleux alignement de la France. Vous ferez entendre une voix indépendante sur la scène mondiale. Vous conduirez cette diplomatie souveraine, élargie aux cinq continents, qui est la vocation de notre pays. Ce défi lancé à l'impérialisme vous honore, mais si vous voulez qu'on prenne votre ambition au sérieux, montrez la même radicalité face à cette Union européenne qui est le temple de l'ordolibéralisme.
L'expérience grecque a montré qu'un compromis avec les Pères Fouettard de l'oligarchie se solde toujours par une capitulation du faible devant le fort. Ne laissez pas ces rapaces miner tout espoir de changement, coupez-leur l'herbe sous le pied en annonçant qu’il n’y aura aucune négociation, aucun compromis, que la France veut recouvrer sa liberté et qu’elle nouera ensuite, avec qui elle veut, les coopérations qu’elle jugera utiles.
Vous voulez relancer l’économie, redistribuer les revenus, rétablir les droits sociaux, réformer la fiscalité, réguler la finance. Ce beau projet a un prix qui est celui de la rupture avec le système oligarchique, la déconnexion avec ses instruments privilégiés que sont l’UE et l’OTAN.
Renversez la table, M. Mélenchon, ou résignez-vous à la défaite !   
 
Bruno Guigue
Lire la suite

PRÉSIDENTIELLE : Le « bide » de MACRON à La Réunion, l’énorme meeting d’ASSELINEAU à Paris…

27 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation .

Publié par El Diablo

6500 personnes au meeting de François Asselineau le 25 mars 2017 à Paris-La Vilette
6500 personnes au meeting de François Asselineau le 25 mars 2017 à Paris-La Vilette6500 personnes au meeting de François Asselineau le 25 mars 2017 à Paris-La Vilette
6500 personnes au meeting de François Asselineau le 25 mars 2017 à Paris-La Vilette

6500 personnes au meeting de François Asselineau le 25 mars 2017 à Paris-La Vilette

CONTRASTE SAISISSANT ENTRE LE DÉSASTRE DE MACRON À LA RÉUNION ET L'ÉNORME AFFLUENCE POUR ASSELINEAU À PARIS

Le journal de 20h de TF1 du 25 mars 2017 a évoqué tout d'abord le meeting politique de M. Macron, puis celui de François Asselineau hier soir au Paris Event Center.
Il en ressort que Macron a essuyé un échec cinglant, puisque la salle de meeting à la Réunion était quasiment vide, de nombreux spectateurs partant bien avant la fin.

TF1 a ensuite rapidement évoqué notre meeting qui s'est tenu hier pour les 10 ans de l'UPR et qui a connu une exceptionnelle réussite, avec plus de 6500 personnes présentes et une ambiance enthousiaste et survoltée !

SOURCE : FACEBOOK

VOIR LA VIDÉO CI-DESSOUS:

 
 

VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 > >>