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Le blog de Lucien PONS

Edouard Martin, l'ouvrier qui rappelle Jaurès aux socialistes. Repris sur "Médiapart".

1 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Edouard Martin, l'ouvrier qui rappelle Jaurès aux socialistes

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Pour ouvrir cette année 2013, Mediapart a demandé à Édouard Martin, ouvrier sidérurgiste, syndicaliste CFDT et leader des ArcelorMittal de Florange, en Moselle, de s'adresser aux Français. Récit d'une demi-journée à ses côtés et portrait du symbole de la résistance de la vallée de la Fensch.

« Vous êtes sûr de votre choix ? Je ne suis qu'un petit ouvrier, un petit syndicaliste. » Vendredi 28 décembre 2012, sur le parvis de la gare de Thionville, la sous-préfecture de Moselle, où il est venu nous récupérer à la descente du TGV, Édouard Martin, en jeans et sweat à capuche, « stresse » en tirant de grandes bouffées sur sa cigarette. Séduit par l'idée que « la République appartient à tous », le très médiatique leader CFDT des ArcelorMittal de Florange a accepté de sacrifier au rituel annuel de Mediapart en présentant ses vœux aux Français sur fond de Marseillaise (retrouvez dans notre dossier tous nos articles sur Florange et le conflit avec Mittal).

Mais, la veille, il a visionné les vidéos de ses prédécesseurs, Stéphane Hessel en 2010 et Moncef Marzouki en 2011 (revoir leurs vœux respectifs sous l'onglet “Prolonger”) « deux vies fabuleuses à côté de la mienne », dit-il, et il craint de ne pas être à leur hauteur. Il n'en a pas dormi de la nuit, prend l'exercice très au sérieux, au point qu'il a préparé soigneusement son discours, « comme un président », alors qu'il parie d'ordinaire sur l'improvisation. Il sort de sa poche un bout de papier sur lequel il a recopié un extrait du discours de Jean Jaurès lors de la grande grève des mineurs de Carmaux dans le Tarn en 1892. « Puisque les socialistes sont au pouvoir, j'aimerais marquer le coup. Je peux le citer ? » demande-t-il.

Edouard Martin, devant les hauts-fourneaux, le 28 décembre 2012Edouard Martin, devant les hauts-fourneaux, le 28 décembre 2012© Rachida El Azzouzi

 

On le rassure – « Restez vous-même, ce sont vos vœux à la nation, vous avez toute latitude » – et on réexplique notre démarche, pourquoi lui, Édouard Martin, et pas un autre. Il n'est pas « un petit ouvrier, un petit syndicaliste », mais bien une figure de la lutte ouvrière, l'étendard de la résistance sociale en 2012, l'empêcheur de fermer une usine dans un territoire dévasté par le chômage, l'incarnation du pot de terre contre le pot de fer, ces patrons sans scrupules qui sacrifient l'emploi et l'industrie française pour gagner toujours plus avec leurs actionnaires, le mal de ce siècle.

« Caillou dans la chaussure » de Nicolas Sarkozy en 2008 à l'époque de Gandrange et des envolées volontaristes de la droite, il est aujourd'hui, comme il le dit lui-même, avec son sens de la métaphore, « un rocher » dans les souliers de la gauche. Au sommet de l'État, certains voudraient qu'ils ferment « sa grande gueule » de chef de file charismatique et font passer le message à Laurent Berger, le successeur de François Chérèque à la tête de la CFDT. À 48 ans, un âge où, dans sa région, on ne retrouve pas d'emploi si on est licencié, Édouard Martin résiste, refusant d'abdiquer, de baisser les armes, hurlant « merde » à ceux qui tablent, comme le premier ministre, sur l'épuisement du mouvement.

Sa parole, ses formules coup de poing ont fait le tour des foyers dans une France atone, en proie à une grave crise économique, où les pauvres s'appauvrissent, les riches s'enrichissent dans l'indifférence générale. Largement relayée par les médias, elle résonne depuis dix-huit mois, depuis que cette gueule d'amour façon Gabin, hyper-télégénique, a revêtu sa lourde veste de combat orange fluo avec ses frères d'armes de l'intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC et déclaré la guerre au géant mondial de l'acier Lakshmi Mittal. Le multi-milliardaire veut débrancher le P3 et le P6, les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine, ce berceau de la sidérurgie française, aujourd'hui tombeau à ciel ouvert des cathédrales de métal.

Édouard Martin convient de nos arguments en écrasant sa cigarette. S'il était syndicaliste ArcelorMittal en Inde ou au Maroc, on l'aurait déjà retrouvé « avec une balle dans la tête », lâche-t-il. Il n'a qu'une condition : « Bien préciser qu'il est une figure de la lutte parmi des dizaines d'autres », pour ne pas être taxé « de tirer la couverture à lui ». Il se sait jalousé et voudrait éviter « un énième procès ». Avant de procéder au tournage de la séquence des vœux, la vedette de la vallée de la Fensch et de l'Orne nous embarque dans sa Ford focus C-Max, « une voiture de fumeur, qui sent le tabac », s'excuse-t-il.

Il a prévu « une visite du propriétaire », cette gigantesque usine ArcelorMittal, à cheval sur quatre communes (Florange, Hayange, Sérémange, Ébange), condamnée à devenir « une verrue si l'État ne barre pas la route de Mittal », sa vie, son combat. Sur le coffre, devenu « sa chambre à coucher » au gré des allers et retours à Paris, des manifs et des sit-in devant les ministères, il a collé un autocollant que l'on retrouve partout dans la région : « L'acier lorrain vivra. »

Chemin faisant, il raconte sa région « accablée par les mauvais coups », pointe « les usines qui ferment », « les sous-traitants d'ArcelorMittal qui déposent le bilan », « les Lidl qui poussent comme des champignons », « ses cousins au chômage », « ses tantes veuves qui survivent avec 500 euros de pension ». Tout en jouant le guide : « Vous êtes face à un site intégré unique en Europe. À gauche, le laminoir à froid, qui produit l'acier des plus belles berlines allemandes, à droite, l'usine d'acier pour emballage. La chaîne d'agglomération qui reçoit les minerais de fer se trouve dans l'Orne… »

Au rond-point, il prend la direction du train à chaud du portier La Vallée où le charbon est transformé en coke qui sert de combustible aux hauts-fourneaux. C'est dans ces entrailles qu'il aimerait prononcer ses vœux aux Français. « De l'extérieur, ça paraît vieux, rouillé, mais quand vous êtes à l'intérieur, vous avez l'impression d'être aux commandes de la Nasa », dit-il.

 

Edouard Martin, l'ouvrier qui rappelle Jaurès aux socialistes.

 



« Le syndicalisme, la plus belle école de la vie »

Il a les yeux qui brillent comme lorsqu'il était gamin et qu'il voyait à travers les volets de sa chambre le métal en fusion rougeoyer dans le ciel lorrain. Il déroule sa vie en fixant le rétroviseur et tout en faisant « le tour du propriétaire », celle d'Edouardo Martin-Benitez, un naturalisé Français au sang espagnol, fils de Rosa et Antonio, deux Andalous de Jerez qui ont fui la misère pour la Lorraine, l'eldorado des Trente Glorieuses, quand l'Espagne franquiste ne mangeait pas à sa faim et qu'il avait, pour goûter, du pain frotté à l'huile d'olive et au sucre.

Le père, sidérurgiste à Gandrange, venu en éclaireur quelques années plus tôt, a rapatrié femme et enfants le 23 mars 1971 dans sa 404. « Un choc politique et climatique », se souvient Édouard Martin. Il avait sept ans, « ignorait que la neige existe ». La famille pose ses valises dans un « domofer », ces immeubles de fer, qui appartiennent désormais au passé, où la Sollac a entassé ses ouvriers, « on crevait de chaud l'été, de froid l'hiver, mais il y avait une baignoire et des W.-C. ! ». Rosa, leur mère, leur apprend « la culture de la soumission, à ne pas se faire remarquer, que le chef a toujours raison ».

 

L'administration « francise » leur nom. La Sollac leur offre leurs premiers cadeaux de Noël, leurs premières vacances. À l'école, il découvre la xénophobie, « avec mes frères, on était comme des bêtes au zoo », et développe un tempérament de bagarreur. Il aime lire et écrire autant que le football, mais il ne supporte pas le retard pris sur les autres enfants : « À quinze ans seulement, j'entrais en cinquième. » Il rejoint l'école de la sidérurgie, ressort avec une formation d'électromécanicien.

Il a tout sauf envie de faire les trois-huit, de suivre Antonio, son père : « Ouvrier, quelle vie de con ! », pense-t-il alors avant d'en faire sa vie. À 18 ans, il freine des quatre fers pour entrer à la Sollac. Il espère être embauché par l'usine Citroën qui doit ouvrir. Mais l'embauche ne vient pas. « Mon père ne m'a pas laissé le choix : “Il faut que tu te travailles, on a besoin de ton salaire…”, et à l'époque, on écoutait encore nos parents. »

En 1981, il fait ses premiers pas de sidérurgiste, démarre à l'entretien, puis pontier au laminoir, « je roulais la grue pour déplacer les blocs de métal ». Et c'est alors qu'il a « le coup de foudre » et comprend combien « l'acier coule dans ses veines » : « C'était le spectacle permanent, on se sentait important, utile. »

Technicien de coulée continue, il gravit les échelons et découvre « la plus belle école de la vie », le syndicalisme : « Quand les ascenseurs sociaux sont en panne, ici, on ne te demande pas ton CV. » Il se syndique à la CGT. Trois mois plus tard, il claque la porte pour la CFDT, « las d'un syndicat toujours contre tout et de la mainmise du parti communiste ». « Le syndicalisme, c'est un outil de contestation, mais à un moment donné, il faut proposer », dit-il. Il aime ça, « défendre les travailleurs dans un monde du travail qui les broie », plonge dans les manuels d'économie, ce qui l'aidera beaucoup dans l'accompagnement scolaire de ses deux fistons et dans sa bataille contre Mittal : « Si on veut suivre sa gestion du groupe, il faut être expert. »

Aujourd'hui, lorsqu'elle voit son beau visage buriné à la télé, Rosa, sa mère, a « peur » : « Ce conflit la dépasse. Elle a grandi dans l'Espagne franquiste où il ne fallait pas faire de bruit. Mon père aussi. Tantôt il m'encourage, tantôt il me dit : “À quoi ça sert, tu te bats pour rien.” » Édouard Martin est le seul métallo de la famille. Ses cinq frères et sa sœur ont tous choisi une autre voie, « la plupart travaillent au Luxembourg », le ballon d'oxygène d'un territoire en déclin (lire notre article). Un de ses frères est chauffeur de bus dans le Grand Duché, il gagne 2 800 euros net par mois quand lui ne les touche pas au bout de trente et un ans d'ancienneté.

 

« Triste de voir les socialistes baisser leur froc devant la finance »

Ce vendredi 28 décembre, son téléphone portable n'arrête pas de sonner : « C'est Paris. » Des journalistes veulent l'interviewer au lendemain de sa lettre ouverte au président de la République François Hollande. Dans ce virulent réquisitoire en trois volets (que vous pouvez relire ici), le bouillonnant métallo, membre du comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal, expose « les mensonges », « les absurdités », et redit « la vérité » sur le dossier Florange, ce fiasco au sommet de l'État, sur lequel la gauche est en train de creuser la tombe du hollandisme, après les belles promesses de la campagne présidentielle.

La missive était prête depuis une semaine. Édouard Martin l'a écrite seul, peu avant Noël. « Écœuré » par les derniers rebondissements et les couacs gouvernementaux, il a voulu « remettre l'église au milieu du village », interpeller publiquement « une dernière fois » le président qu'il trouve « trop silencieux sur le sujet », avant de nouvelles actions intersyndicales dès le 3 janvier. Ça le rend « triste et furieux » de voir « les socialistes baisser leur froc devant la finance internationale, le capitalisme féodal » : « Si cela avait été Sarko, O.K., mais pas Hollande, putain ! » jure-t-il.

Il redit combien l'accord signé contre toute attente par le premier ministre Jean-Marc Ayrault avec Mittal, le 30 novembre dernier, est « une trahison ». Ce soir-là, il a pris « un énorme coup dans la gueule ». Comme beaucoup de Français, il avait fini par croire à la nationalisation temporaire, portée par Arnaud Montebourg, « la meilleure solution ». Un mois après, il ne comprend toujours pas ce qui s'est joué dans les salons feutrés de Matignon, sauf « l'histoire des croissants ». Le matin même dudit compromis, alors qu'ils campaient devant Bercy, Montebourg leur a porté des viennoiseries. Édouard Martin pestait, croyant à « un coup de com ». Mais le soir, défait devant sa télé, il a saisi le message politique de Montebourg à Ayrault : « Moi, je suis du côté des salariés. »

Devant les hauts-fourneaux, il marque un temps d'arrêt : « Normalement, on devrait hurler pour se parler. Écoutez le silence. » L'usine est déserte, infestée de chats errants. Seuls quelques cadres et ouvriers s'emploient à la surveillance du site à l'arrêt. La visite du syndicaliste-star les réconforte en cette période de fêtes. L'un d'eux, dents et poings serrés, a cette remarque : « Si depuis deux ans, je devais me poser la question, pourquoi je viens au travail ?, je ne viendrais pas. » D'habitude, ce cadre est rasé de près, arbore une cravate, mais ces derniers temps, il est « comme en dépression ».

 

Édouard Martin a soudain « mal au cœur » et regrette qu'aucun membre du nouveau gouvernement, de Ayrault à Montebourg, pas même le président Hollande, hormis Aurélie Filippetti, la ministre de la culture, élue de Moselle, n'ait demandé à visiter le site et à faire « le tour du propriétaire » pour mesurer « le gâchis ». « Ils décident tout depuis Paris, sans nous. Seul Pascal Faure (l'expert mandaté par le ministère du redressement productif en juin dernier, qui a conclu à la viabilité du site) est venu », déplore-t-il en tirant sans relâche sur une Austin blonde.

Il est l'heure d'enregistrer les vœux. Impossible de faire l'enregistrement à l'extérieur, à la sortie du train à chaud, pour des raisons de sécurité et de lumière. Maurice Nicotra, dit Maurizio, un camarade encarté à la CFDT, employé par la filiale Gepor et solidaire de la lutte, prête volontiers son bureau avec vue sur le P3 et le P6. Tandis qu'Édouard Martin s'échauffe, il raconte son licenciement en 2004, après dix-huit ans de maison, lorsque Eupeck, la filiale transport d'Arcelor, a fermé. Pourtant habitué à prendre la lumière et le micro, Édouard Martin bute sur les mots, une fois, deux fois, jurant : « Ah putain, j'y arrive pas, j'ai trop préparé mon discours. » Puis il respire un grand coup, oublie ses notes, la caméra, retrouve la spontanéité qui a fait le tour des journaux télévisés ces derniers mois.

En moins de cinq minutes, la séance est pliée, les drapeaux remisés jusqu'à l'année prochaine et Jaurès ressuscité : « Mes chers compatriotes... Ne vous taisez pas, combattez, luttez, ne laissez pas faire cette classe dominante qui essaie de nous mettre à terre. » Maurizio l'applaudit, « fasciné par Edouardo », « un working class hero » comme dit la chanson de John Lennon (à écouter ici) citée, à propos d'Édouard, par Aurélie Filippetti. La ministre de la culture pense qu'il ferait « un député formidable ». Édouard Martin répond « ne pas être du même monde » : « Vous me voyez finir comme Montebourg, être désavoué après m'être battu et devoir fermer ma gueule ? »

© Rachida El Azzouzi

 

 

Pourquoi vouloir le pouvoir si c'est pour ne pas savoir quoi en faire?

Ce qu'aime Édouard Martin en politique, « c'est débattre, ce qui se pratique de moins en moins », confie-t-il, une heure plus tard, devant son tajine de poulet au citron dans le restaurant oriental où il a ses habitudes, son rayon de soleil méditerranéen sous le ciel métallique de Florange. Il tire à boulets rouges sur certains médias et journalistes, « les Aphatie, les Pierre-Brossolette », qui « en quelques minutes, torpillent notre combat ». Lorsqu'il les entend gloser sur les plateaux télés où « pas un sidérurgiste n'est invité », en disant : « Ah, mais les larmes d'Édouard Martin, c'est du théâtre », « Ah, mais Florange, ce n'est pas rentable, c'est seulement 600 emplois menacés quand on en perd 1 500 par jour », il devient « fou » et zappe.

Après l'enregistrement des vœux et le déjeuner, durant lequel un élu local vient lui dire son soutien, il nous emmène jusqu'au bâtiment des syndicats d'ArcelorMittal, une petite batisse qui, de l'autre côté de la route, semble dominée par le grand immeuble de la direction du site. Dans les deux pièces du local de la section CFDT se croisent, en ce début d'après-midi du dernier vendredi de l'année 2012, un étudiant de Grenoble venu interviewer Édouard Martin pour le journal de l'université; deux camarades ouvriers échappés de leur astreinte dont l'un, proche de la retraite mais toujours aussi battant, fut témoin de ses premiers pas de sidérurgiste; deux autres employés, venus également distraire un instant de solidarité à leur routine, qui témoignent des pratiques de surveillance imposée par la direction vis-à-vis des syndicalistes.

Le local de la CFDT à Florange © EPLe local de la CFDT à Florange © EP

Avant de nous raccompagner à la gare de Thionville, Édouard Martin accepte de répondre à quelques questions, dans un dialogue filmé sur la lutte, ses raisons et ses ressorts, ce qui fait qu'on ne se résigne pas et qu'on refuse de céder au fatalisme. Il y confie notamment son étonnement, lui qui se souvient comme si c'était hier de la place prise par les combats des sidérurgistes durant la récente campagne électorale, devant ces dirigeants socialistes qui ont tant voulu le pouvoir et qui, maintenant qu'ils l'ont, ne savent pas quoi en faire. Le pouvoir, pour Édouard Martin et les siens, ce qui importe ce n'est pas de l'avoir mais de savoir quoi en faire. Pas de le conquérir, mais de s'en servir. Voici la vidéo de cette conversation où Édouard Martin explique avec force qu'une usine, c'est bien plus qu'une usine, c'est aussi des gens, un pays, des personnes, des relations, des familles, des liens, des générations, des commerces, des lieux, des habitations, des histoires, des territoires, des souvenirs, des mémoires et des avenirs, des passés et des futurs emmêlés:

Le 24 février 2013, cela fera un an jour pour jour que François Hollande a mangé une merguez à Florange avec les ArcelorMittal, versant deux billets de cinquante euros dans leur cagnotte pour soutenir leur lutte et promettant une loi s'il était élu pour empêcher tout industriel de fermer un site rentable. « Si d'ici là, celui qui est devenu président grâce à la voix des ouvriers ne revient pas sur les accords Matignon et ne reconsidère pas la voie de la nationalisation, il aura sa plaque mortuaire à Florange comme Nicolas Sarkozy à Gandrange », promet Édouard Martin. Et si, en 2017, il doit revoter pour la gauche et Hollande, il demandera d'abord « qui sont les conseillers du candidat, car en réalité, c'est eux qui tranchent à sa place ».

 

Edouard Martin a généreusement accepté l'invitation de Mediapart d'adresser ses vœux pour l'année 2013. Après avoir reçu son accord de principe, lundi 24 décembre, nous nous sommes rendus à Florange en Moselle le vendredi 28 décembre. Il nous a accordé une demi-journée. Après l'enregistrement des vœux, nous avons profité de l'occasion pour réaliser un entretien avec Edouard Martin, dans le local syndical, face au grand immeuble de bureaux de la direction. 

Edouard Martin, Florange, 28 décembre 2012Edouard Martin, Florange, 28 décembre 2012© Rachida El Azzouzi
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