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Le blog de Lucien PONS

J’AI ADHERE AU M’PEP POUR DES RAISONS POLITIQUES.

11 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

J’AI ADHERE AU M’PEP POUR DES RAISONS POLITIQUES

Par Jean-Claude Danglot, ancien sénateur et ex-secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais du PCF.

Le 10 juin 2013.

Fils de mineur et de parents qui ont adhéré au Parti communiste français en 1945, j’ai rejoint le PCF en 1976 à l’âge de 26 ans.

Un évènement social a marqué ma jeunesse, à savoir la grande grève des mineurs de 1963. Mes premières expériences de lutte active, avec mon père : des manifestations regroupant des milliers de personnes, des meetings impressionnants sans oublier la solidarité de classe, je pense notamment aux familles ouvrières de la banlieue rouge parisienne qui ont accueilli les gamins des corons dont les pères étaient en grève.

Les mineurs luttaient pour améliorer leur quotidien, pour maintenir leurs acquis conquis à la Libération. La bataille idéologique était menée à l’époque par un PCF très combattif et présent auprès des travailleurs. Il était dans son rôle et dénonçait la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier - la CECA - étape fondamentale de la construction de cette Union européenne capitaliste visant à liquider l’industrie du bassin minier en commençant par le charbon. La complicité de la droite et du Parti socialiste était déjà acquise à l’époque au tout libéralisme.

En 1983, et malgré les promesses de relance de la production émises lors de la campagne électorale, François Mitterrand prononce à Lens un discours d’enterrement de première classe du charbon. Illustration flagrante du virage du PS.

Nos adversaires nous qualifiaient de « passéistes » alors que notre bataille était accompagnée d’un projet de modernisation de la filière charbon justifié par les travaux des chercheurs sur la gazéification du charbon.

En réalité les classes dominantes et les européistes ne pouvaient accepter notre position consistant à garantir l’indépendance énergétique de la France. Il fallait penser Europe !

Ce combat, je l’ai mené au sein de la fédération PCF 62 de l’époque. Il a forgé ma conviction sur la nature réelle de cette construction européenne au service des seuls intérêts du capitalisme.

Il ne s’agissait aucunement à cette époque de luttes tactiques ou électoralistes car nous étions clairement sur des bases d’indépendance nationale afin de promouvoir l’internationalisme qui fait partie de nos « gènes  » communistes. La population « minière » a tranché en plaçant le PCF en tête, devant le PS, aux élections européennes de 1979.

Douze ans plus tard, 1992, c’est le NON au traité de Maastricht qui l’emporte à 70% dans le Pas-de-Calais. Le PS est en état de choc ! Les électeurs n’ont pas suivi les consignes des hiérarques socialistes !

La « mémoire collective » largement issue de la Résistance, les luttes et le travail d’explication réalisés auprès des gens ont largement contribué au rejet d’un traité dont l’objectif consistait à annihiler la souveraineté nationale.

Quid de la « liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes » ? Bien sûr tout cela n’était pas formalisé de cette manière mais la « conscience de classe » explique largement le choix populaire exprimé dans les urnes.

A l’époque la direction nationale du PCF, déjà obnubilée par ses alliances électorales avec le PS, n’a pas voulu gérer ce NON à Maastricht. Elle lui a même tourné le dos en acceptant de participer au gouvernement « pluriel » de Lionel Jospin. De fait, elle cautionnait le passage à l’euro intervenu en 2002.

Malgré les changements de dirigeants, la direction du PCF s’est entêtée dans cette stratégie insensée, se limitant à « vouloir peser » en faveur du changement sur un PS de plus en plus européiste mais dans le cadre de cette Union européenne et de l’Euro. Version moderne du « Il faut que tout change pour que rien ne change » !

Tout cela rend inaudible et incompréhensible le discours du PCF. J.-L. Mélenchon, malgré son charisme incontestable, se heurte aux mêmes contradictions.

Mon expérience de sénateur m’a permis ensuite de mieux appréhender les Institutions. J’ai surtout constaté que tout projet ou proposition de loi est encadré par les directives européennes. Les marges de manœuvre sont inexistantes.

Il faut donc être clair : en finir avec le capitalisme en France sans s’émanciper de cette Europe conçue par et pour les classes dominantes est un leurre.

Le positionnement du PCF et plus généralement du Front de Gauche évacue cette question de fond.

Le débat sur la sortie de l’Union européenne et de l’euro ne doit donc pas être censuré et je me réjouis aujourd’hui que Jacques Nikonoff et le M’PEP aient pu briser le tabou à gauche avec des arguments solides et la volonté de porter le débat au-delà des partis institutionnels.

Les Français sont écœurés et abandonnés par la gauche institutionnelle plus soucieuse de sa communication politique et de calculs politiciens. Pourtant le peuple est plus politisé que l’on ne le croît.

La simple dénonciation morale du Front national dont le Front de Gauche fait son miel, cela ne marche pas ! En abandonnant le combat idéologique sur l’UE et l’euro, le Front de Gauche laisse un boulevard à la démagogie du FN.

Il faut donc, comme le dit le M’PEP, donner un contenu de gauche à la sortie de l’euro.

Notre pays a donné l’exemple à la Libération de ses capacités à se reconstruire dans le progrès économique et social grâce au programme du CNR. Il nous faut sans tarder « mettre à jour le programme du CNR et surtout le mettre à l’ordre du jour ».

Voilà donc les raisons qui justifient mon adhésion au M’PEP.

Renforcer un Mouvement Politique d’Emancipation Populaire - le M’PEP - faire connaître et partager ses analyses, agir dans ce sens, peut faire évoluer l’ensemble des forces de changement dans notre pays et avancer vers un socialisme du XXIe siècle.


http://www.m-pep.org/spip.php?article3337

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