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Le blog de Lucien PONS

La ratification du TSCG par la France. Réaction de Marie-Noelle Lienemann dans Marianne

21 Juillet 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Marie-Noëlle Lienemann : le traité budgétaire n'est pas acceptable !
Samedi 21 Juillet 2012 Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry entendent rassembler le Parti socialiste derrière l'action du gouvernement. La démarche n'a pas convaincu Marie-Noëlle Lienemann et ses amis qui se préparent à déposer une motion concurrente. La sénatrice de Paris nous explique les raisons de son entêtement.

 

(Marie-Noëlle Lienemann au côté de Benoît Hamon, en 2008 - HALEY/SIPA)
(Marie-Noëlle Lienemann au côté de Benoît Hamon, en 2008 - HALEY/SIPA)
Vingt. C’est le nombre de contributions déposées au conseil national du parti socialiste qui s’est tenu mercredi 18 juillet, à l’Assemblée nationale. Outre la contribution de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault, «Réussir le changement», signée par la plupart des membres du gouvernement, des cadres du parti et un grand nombre d’élus, d’autres contributions ont été déposées. Et remarquées.
 
Il y a eu le texte porté par le courant hamoniste, «Réaliser le changement» , dont le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire Benoît Hamon est l’un des principaux signataires, au côté d’Henri Emmanuelli ou de la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann. Cette dernière, pour sa part, est première signataire d’une autre contribution intitulée cette fois «Le temps de la gauche» .

Signée par quelque 700 socialistes, dont Paul Quilès, ancien ministre de François Mitterrand, ce document a pour objectif de rappeler des positions soutenues par l'aile gauche du PS. Un coup de barre nécessaire, selon Marie Noëlle Lienemann qui craint que les socialistes ne se laissent subjuguer par les ors de la République maintenant qu'ils sont aux responsabilités.

Pourquoi n'avez-vous pas déposé une contribution commune avec Benoît Hamon, plutôt que d'en signer deux ?
 
Un certain nombre de camarades qui ont signé notre contribution ne viennent pas de l’ancien courant de Benoît Hamon, « Un monde d’avance ». Certains sont des amis d’Arnaud Montebourg, d’autres ont voté Bertrand Delanoë à la primaire socialiste… Les trajectoires sont assez variées et tout le monde ne se reconnait pas forcément dans cette contribution.

Envisagez-vous de faire alliance avec lui ou d'autres contributeurs dans la perspective du congrès de Toulouse, à l'automne ?

Pour le moment, nous sommes dans la phase des contributions. Chacun apporte donc son analyse, même si celle de Benoît et la notre sont assez convergentes sur des points forts tels que la politique européenne, la restauration d’un Etat efficace et acteur de l’économie ou la question des droits des salariés et la défense des salaires. 
Viendra ensuite le temps des motions. On regardera de près les textes de chacun, notamment ceux de Julien Dray et Gérard Filoche, avec qui les convergences politiques sont évidentes. Reste ouverte la question de savoir si Benoît Hamon, et si ce n’est pas lui, ses amis, sont prêts à aller à la motion au congrès. Si oui, alors nous devrons y aller tous ensemble.
 
Vous êtes donc déterminée à aller jusqu'au bout …
 
Absolument. Nous déposeront une motion car nous sommes convaincu que c’est en début de quinquennat que doivent être posées les grandes questions qui nous reviendront comme un boomerang dans cinq ans si on ne s’en préoccupe pas maintenant. On le sait parce qu’on a l’expérience du pouvoir. On sait que ce qui n’a pas été engagé avec force au début et bien c’est à la fin qu’on le paie et que les électeurs se détournent. On l’a vu en 1981, en 1988, en 1997. Et c’était la même chose en 2002. Et ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas de risque de voir le FN capter encore une partie de notre électorat à l’avenir. C’est l’une de nos grandes batailles car si ce débat n’a pas lieu dans le parti, il aura lieu en dehors et dans les plus mauvaises conditions. 
 
Quels autres sujets souhaitez-vous que le parti aborde ?
 
La question européenne en priorité. Nous considérons qu’on ne peut pas accepter le traité budgétaire en l’état, notamment parce qu’il inscrit dans le marbre et pour l’éternité la règle d’or et la mise en œuvre de sanctions automatiques pour les Etats qui ne la respecteraient pas. Nous pensons donc qu’on ne peut pas construire l’Europe dans cette perspective d’austérité durable et de contrôle policier sans qu’il y ait la moindre solidarité. Et nous croyons également que cette austérité va plomber tout initiative complémentaire de croissance ce qui n’est pas acceptable.
Par notre contribution, nous souhaitons aussi que soit abordée la question de la puissance publique et du rôle de l’Etat que le texte de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault n’évoque pas beaucoup… Nous plaidons, par exemple, pour une réflexion portant sur la renationalisation de Gaz de France.
En fait, «Le Temps de la gauche», c’est un support de discussion qui permet de réfléchir à ce que sera la dominante du cycle qui va succéder au cycle libéral en train de s’achever.
 
Vous déposerez donc une motion contre l’avis de Premier ministre et de la première secrétaire…
 
Il y a des choses sur lesquelles ont peut apporter des nuances et sur lesquelles il n’est pas malsain qu’il y ait des nuances. J’ai entendu le Premier ministre nous dire que puisqu’on était tous de la même famille nous nous devions d’être tous derrière la même motion. Cela voudrait dire que les motions qui ne sont pas celles de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault sont contre le gouvernement. Mais c’est complètement absurde ! Si on est au parti socialiste c’est qu’on a la volonté que ça marche, que ça dure, qu’on puisse transformer la société et être réélu. Ce n’est pas tout ou rien, à prendre ou à laisser. C’est du jamais vu dans l’histoire du parti que l’on considère qu’il doit y avoir homogénéité entre les débats internes et le gouvernement, à part peut-être à Valence, après 1981. 

Etes-vous candidate au poste de première secrétaire ?
 
Ni moi, ni les premiers signataires de ma contribution ne souhaitons être candidat à ce poste. De toute façon, seules les deux motions en tête au congrès peuvent présenter des candidats et tout le monde sait que les militants n’auront pas à choisir leur premier secrétaire puisque que la contribution Ayrault-Aubry sera largement majoritaire. Mais ce n’est pas l’enjeu. L’enjeu, c’est l’avenir du parti, sa manière de se positionner pour les années à venir.
 
Justement, comment voyez-vous le rôle du PS maintenant qui est devenu parti de gouvernement ?
 
A mon sens, il doit servir de cadre stratégique pour préparer la sortie de crise. Il doit également accompagner et anticiper les politiques du gouvernement. Il est certain que les 60 propositions nous engagent tous mais il y a beaucoup d’autres choses à faire. On doit être en lien avec la société civile de gauche : les syndicats, les associations, les intellectuels de gauche, les citoyens engagés. C’est à Solférino que va se faire la synthèse de ces attentes de gauche pour que le PS fasse ensuite des propositions. 
Le parti a aussi un rôle idéologique de premier plan. On voit bien comment l’idéologie de l’extrême droite, d’autant que la droite est poreuse à celle-ci, se diffuse parfois même chez des gens qui voteraient pour nous. On ne peut pas continuer à croire qu’on va combattre ces droites par un ressort moralisateur. Il faut être en situation de produire un idéologie alternative qui donne aux gens des perspectives qui ne soient pas celles de l’extrême droite. Cela peut se faire via la mise en place d’une école des militants ou une université populaire. Le parti socialiste doit reprendre l’offensive culturelle à gauche.  

Les commentaires

 

Posté par Azy-muth.
 
Posté par PolIGNAC 
Les 35 h ont été le cheval de bataille de la droite .
Qui a réussi à dénaturer cette loi qui cherchait avant tout à résorber le chômage .
Le patronat a obtenu en contrepartie le blocage des salaires ,la flexibilité et des subventions .
Ce qui explique que cette loi mitigée tout en servant en permanence d'argument à la droite comme scandale du siècle n'a jamais été abrogée pendant les dix ans de pouvoir à droite .
Utilisée jusqu'au bout un peu comme les ennuis de DSK encore avancés par NS pendant sa campagne et son débat avec F.H .
A part cela je trouve l'article intéressant et partage les interrogations de MN Lienemann .
Des réformes urgentes sont à mener , comme par exemple la libération de l'information sur les chaînes publiques bien trop encadrées par les anciennes structures UMP .
Comme la justice : Ch. Taubira se bat mais le PS ne devrait pas oublier comment NS avec ses nominations autoritaires , ses réformes et la purge du personnel a réussi à la mettre sous sa coupe .
Et effectivement le PS ne peut accepter de signer n'importe quel texte germanocompatible , alors que les Allemands eux mêmes se posent la question de la pertinence pour eux de tels traités et qu' A. Merkel est de plus en plus contesté dans son pays .
Se pose aussi la question de savoir si la finance est sauvable , si c'est souhaitable alors que tous les signaux sont au rouge qui indiquent un séisme en son sein dont elle est parfaitement responsable .
La rigueur , pour sauver des banques fautives et qui trichent en permanence , en injectant encore et toujours des centaines de milliards , je ne suis pas d'accord .
Car quand il faudra reconstruire de quoi disposerons nous ?

La gauche doit choisir entre le consensus à tout prix ou des mesures énergiques qui seront soutenues par son électorat .

J'ai conscience que les choses ne sont pas simples à mettre en application mais les enjeux le sont .
Posté par Lucien PONS
Je pense en effet que la gauche française est au pied du mur. Elle ne peut plus échouer. Une vraie politique de gauche, mise en avant lors de la campagne des présidentielles doit s'installer. Ce nouvel espoir en faveur du souffle républicain a permis la victoire de François Hollande. Même si le score de sa victoire est sans appel, même si tous les pouvoirs sont aux mains des socialistes, il ne faut pas prendre à la légère l'attente immense du peuple. Le tournant de la rigueur de 1983, le catéchisme de « l'européiste béat » donné au peuple en lieu et place d'une vraie politique sociale, sont encore présents dans tous les esprits. Le peuple a bien compris et analysé les renoncements des différents gouvernements de gauche depuis 1981. L'Europe sociale n'a été que le cache sexe de la politique ultralibérale voulue par le grand patronat, les multinationales et les banques. Ce type d'erreur ne doit plus se reproduire. Sinon, le risque d'installer l'extrême droite au gouvernement devient très fort.
Malgré la promesse de ne pas ratifier le fameux traité installant la règle d'or pour une austérité sans entrave, pensé et conçu par le couple Merkozy, le gouvernement semble avec cédé sur l'essentiel face aux tenants de la rigueur, de la récession, de la fin de la souveraineté populaire. Pour rembourser la dette à ces voleurs de banksters, le seul moyen mis en avant semble être la politique de rigueur. Cette dernière va peu à peu tuer toute activité économique dans les pays de la zone euro. La crise ne peut qu'augmenter, le chômage ne peut qu'exploser, la misère ne peut que se développer, la désindustrialisation ne peut que se poursuivre, la mort de l'agriculture en France ne peut que se confirmer. Le seul remède mis en avant par nos dirigeants semble être plus d'intégration européenne. En langage clair cela signifie que l'on veut faire disparaître la France.
Nous n'avons plus d'autonomie monétaire depuis le traité de Maastricht. Nous n'avons plus d'autonomie législative depuis le traité de Lisbonne. Nous n'aurons plus d'autonomie budgétaire si le TSCG adopté les 28 et 29 juin 2012 à Bruxelles, est ratifié par le parlement à majorité socialiste. Et ce n'est pas fini, pour sauver le mourant on se propose de l'achever avec la création d'une Europe fédérale dont personne ne veut, sauf les fameux 1% qui s'enrichissent encore davantage avec la perte de la souveraineté nationale. L'Europe oui, mais pas celle-là, pas cette Europe supranationale garante de la dictature des marchés. Elle est au service exclusif des oligarques de tous poils.
Avant de finir esclaves, il serait bon qu'un gouvernement de gauche se range du côté du peuple. La gauche ne doit pas servir les transnationales et le grand capital, Elle doit les combattre fermement en s'appuyant sur la souveraineté du peuple. La gauche se veut l'héritière du siècle des lumières, de la Révolution française, des luttes sociales du 19° siècle, de la commune de Paris, du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, de mai 1968, et de toutes les luttes qui ont fait reculer les tenants de l'ultralibéralisme. Le quinquennat précédent a servi docilement et avec zèle les intérêts des puissants, il appartient à ce nouveau gouvernement de prôner la rupture avec ces politiques mortifères.
Aujourd'hui, seuls les signes en faveur de ces pirates des temps modernes sont visibles. Les abandons en rase campagne face à la rigueur teutonne semblent être des signaux inquiétants. En plus du traité TSCG, l'intégration européenne garante de l'horreur économique décrite en son temps par Viviane Forrester se profile à l'horizon. Autre abandon inquiétant, le suivisme atlantiste qui se manifeste en restant dans le fameux commandement intégré de l'OTAN. Cette volonté de plus d'Europe qui prend forme dans la création d'un "machin" supranational aux mains des multinationales et des banques, semble prouver la victoire totale des néoconservateurs sur la gauche républicaine française. Cette dernière avait pourtant fait renaître quelques espoirs dans le peuple de France.
Ce qu'il faut savoir sur cette séquence d'alternance élective, est qu'elle ne peut pas déboucher sur rien ou presque rien. La poursuite stupide de la politique précédente dictée par Bruxelles va entraîner la montée de l'extrême droite. Le peuple déçu, le peuple trahi, le peuple en colère n'aura d'autre choix que la politique du pire de la droite extrême. Il faut ouvrir les yeux et être conscient du danger. La gauche doit rester à gauche, elle doit défendre l'intérêt national et non les intérêts privés des grands de ce monde.
Le score anormalement élevé de Marine Le Pen aux dernières présidentielles est la résultante de plusieurs facteurs. La peur programmée par l'ancien gouvernement, afin d'installer tranquillement la politique du pire en appliquant la stratégie du choc, est certes un facteur déterminant. Mais un autre élément tout aussi important, sinon plus, doit être mis en avant. Il s'agit de l'abandon des territoires et des quartiers difficiles à leur triste sort. L'état régulateur, garant de l'intérêt général, est actuellement défaillant sur ces territoires. Les services publics, bras armé de l'état pour installer la justice sociale en tous les points du pays, sont sacrifiés. La fameuse RGPP, que le gouvernement actuel n'envisage pas de supprimer, a détruit massivement les services publics essentiels. Des lieux abandonnés à leur triste sort ont voulu protester en votant FN. Comment expliquer autrement le vote important pour l'extrême droite dans des villages et des villes ne connaissant pas de problème de violence et n'ayant aucun immigré. Dans les quartiers difficiles, c'est l'abstention massive qui corrobore ces propos.
Mais il y a plus inquiétant en ces lieux perdus pour la République. Le retrait des services publics est remplacé par une aide communautaire de la part des extrémistes religieux. Les revendications identitaires et cultuelles ne s'expliquent pas autrement. Le champ libre laissé aux fous de dieu afin de combler les carences de l'état républicain rend visible le différentialisme. C'est vrai que les ultralibéraux font corps avec les monarchies ultraconservatrices du golfe qui veulent imposer le salafisme dans les quartiers difficiles. Le devoir de la gauche républicaine est de combattre ce communautarisme en installant grâce aux services publics de qualité, l'égalité et la justice en tous les points du territoire.
La tâche est difficile mais passionnante. Il s'agit purement et simplement de reconquérir notre souveraineté et de bouter hors de notre sol ces malfaisants oligarques au service de la dictature des marchés financiers. La gauche de gouvernement doit être la gauche tout court et oser la rupture avec ce carcan ultralibéral qui nous conduit tout droit dans le mur. Je suis de gauche, j'ai activement fait campagne pour qu’elle gagne les élections de 2012. C'est pourquoi je veux ici mettre en garde contre les dangers qui nous menacent.

Pour conclure je vais citer l'illustre Jean Jaurès, il laisse entrevoir la lumière de la victoire dans les pires moments.
"Il y a dans notre France, sur les problèmes vitaux, une inertie de la pensée, une somnolence de l'esprit qui nous exposent à toutes les surprises jusqu'au jour où se produisent ces lumineux réveils qui viennent heureusement quoique à de trop longs intervalles, sauver notre pays".
Bien cordialement.

Lucien PONS.
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