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Le blog de Lucien PONS

Le 5 mai, le M’PEP sera présent à la manifestation pour éxiger la souverainté de la France.

1 Mai 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Le 5 mai, le M’PEP sera présent à la manifestation pour éxiger la souverainté de la France.
 
mercredi 1er mai 2013
Auteur : par Texte du M’PEP

Le M’PEP sera présent à la manifestation du 5 mai aux côtés des sympathisants du Front de gauche, mais avec ses propres mots d’ordre. La situation que connaît actuellement la France impose en effet, plus que jamais, qu’elle recouvre sa souveraineté dans tous les domaines. Telle est la question principale, car un peuple ne disposant pas de son entière souveraineté ne peut s’engager à bâtir une nouvelle constitution. La souveraineté nationale, en outre, est la condition nécessaire de la sortie de crise, même si elle n’est pas suffisante. À cet égard, la sortie de l’Union européenne et de l’euro sont les mesures les plus décisives qu’il convient de prendre. C’est pour cette raison, essentielle aux yeux du M’PEP, qu’il convient de manifester, dans l’union la plus large, bien au-delà des seules forces qui se qualifient de « gauche de gauche  ». Manifester pour «  la 6e République  » sans évoquer la nécessité de reconquérir la souveraineté nationale ni combattre nommément la politique du gouvernement ne semble pas adapté à la situation. Le M’PEP participera donc à cette manifestation, mais avec ses propres mots d’ordre.

 
  
 
  Le 5 mai, le M’PEP sera présent à la manifestation
 

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 1er mai 2013.

Résumé

Le M’PEP sera présent à la manifestation du 5 mai aux côtés des sympathisants du Front de gauche, mais avec ses propres mots d’ordre. La situation que connaît actuellement la France impose en effet, plus que jamais, qu’elle recouvre sa souveraineté dans tous les domaines. Telle est la question principale, car un peuple ne disposant pas de son entière souveraineté ne peut s’engager à bâtir une nouvelle constitution. La souveraineté nationale, en outre, est la condition nécessaire de la sortie de crise, même si elle n’est pas suffisante. À cet égard, la sortie de l’Union européenne et de l’euro sont les mesures les plus décisives qu’il convient de prendre. C’est pour cette raison, essentielle aux yeux du M’PEP, qu’il convient de manifester, dans l’union la plus large, bien au-delà des seules forces qui se qualifient de « gauche de gauche  ». Manifester pour «  la 6e République  » sans évoquer la nécessité de reconquérir la souveraineté nationale ni combattre nommément la politique du gouvernement ne semble pas adapté à la situation. Le M’PEP participera donc à cette manifestation, mais avec ses propres mots d’ordre.

Texte complet

Le vendredi 5 avril, Jean-Luc Mélenchon a annoncé dans les médias qu’une manifestation nationale serait organisée le 5 mai à Paris pour « purifier l’atmosphère politique insupportable  » suscitée après le scandale Cahuzac. Cette initiative serait une « marche citoyenne pour la VIe République ». Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, déclarait peu après : «  j’accueille favorablement l’idée de cette marche  », mais il faut que « ses objectifs soient précisés  » (Le Figaro, 6 et 7 avril 2013).

Cette décision unilatérale de Jean-luc Mélenchon, plaçant tout le monde devant le fait accompli, témoigne des difficultés du Front de gauche à prendre les décisions ambitieuses que la situation appelle. Si tel n’avait pas été le cas, une démarche «  normale  » aurait eu lieu : les dirigeants du Front de gauche se seraient réunis et auraient décidé, collectivement, d’organiser cette manifestation et d’en indiquer les raisons. C’est bien parce que cela n’a pas été possible que Jean-Luc Mélenchon a fait ce coup de force. Cette initiative, néanmoins, va dans le bon sens, il fallait bousculer la direction du PCF et ses tergiversations qui visent à ne pas contrarier le PS afin de maintenir ses accords avec lui lors des prochaines élections municipales.

Il faut utiliser cette manifestation pour :

  • exiger la souveraineté de la France en sortant notamment de l’Union européenne et de l’euro ;
  • protester contre la politique du gouvernement ;
  • unir les citoyens sur un programme anti-crise ;
  • faire émerger une dynamique progressiste et laïque dans la société.

 

 I.- MANIFESTER POUR EXIGER LA SOUVERAINETE DE LA FRANCE EN SORTANT DE L’UNION EUROPEENNE ET DE L’EURO

Les élites politiques, journalistiques, économiques, et beaucoup d’intellectuels, depuis ces dernières décennies, militent pour que la France devienne petite. Quelle abandonne sa souveraineté dans le plus grand nombre possible de domaines. Les bénéficiaires de ces abandons de souveraineté sont toujours les mêmes : les classes possédantes qui ont mis en place les piliers de l’ordre néolibéral mondial que sont l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, et… l’Union européenne ! Cette façon de voir les choses est totalement intégrée par ces élites au plus profond de leur être. Elles sont inaptes à identifier les marges de manœuvre qui demeurent et qui, pourtant, sont nombreuses. Toute aptitude et tout désir à prendre des décisions leur ont été ôté, avec leur acceptation soumise. Ce comportement de larve est particulièrement développé chez les socialistes.

Seule la restauration de la souveraineté nationale permettra d’appliquer un programme inspiré de celui du Conseil national de la Résistance (CNR) de 1944. C’est la réponse globale, aujourd’hui la plus adaptée à la crise de régime qui s’annonce puisque l’Assemblée nationale à majorité socialiste a perdu toute légitimité un an après son élection. Sans souveraineté nationale – répétons-le -, la souveraineté populaire n’est qu’un vœu pieux. Où le peuple peut-il être souverain, si ce n’est à l’échelle de la nation ? Or, dans la guerre qu’elles mènent aux peuples, les classes possédantes ont un objectif central : casser la démocratie, empêcher les peuples de disposer des instruments qui pourraient remettre en cause leurs privilèges. Et par conséquent dissoudre les nations, les priver de leurs instruments de souveraineté comme la politique monétaire et budgétaire, les émietter en régions autonomes mises en concurrence pour que chacune soit plus « attractive et compétitive » que les autres. En un mot : il faut casser le monde du travail, la France et la République. Le PS fait désormais mieux que la droite.

L’outil le plus sophistiqué pour y parvenir, mis au point par les classes dirigeantes, est l’Union européenne et sa monnaie unique. Les trois principes hégémoniques et exclusifs qui fondent le dogme de l’Union européenne - lutte contre l’inflation (car l’inflation « ronge » la rentabilité du capital), concurrence « libre et non faussée », libre-échange - empêchent par nature la coopération, la solidarité et toute gestion politique de la zone euro. C’est pourquoi il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de « gouvernance » économique de la zone euro. Il faudrait, pour infléchir les politiques de l’UE dans un sens favorable aux peuples, une modification radicale des traités européens. Il faudrait même entièrement inverser les logiques de ces traités. Or, pour modifier ces traités, l’accord unanime des vingt-sept pays membres est nécessaire. Est-il sérieux de laisser croire qu’un tel accord serait possible à brève échéance – car c’est à brève échéance qu’il faut juguler la crise – surtout pour adopter des mesures aussi structurelles comme le contrôle de la finance ? Croit-on vraiment que les Vingt-Sept vont virer leur cuti dans les quelques mois ou années qui viennent, rendant ainsi possible une révision progressiste des traités européens ?

On peut toujours égrener le catalogue des bonnes intentions et des mesures que les oligarques européens (ce que les vrais et faux naïfs appellent « l’Europe ») devraient prendre. Mais si on ne se contente que de cela, on ne fait que tourner des moulins à prières. Il faut admettre que le rythme des mobilisations sociales et des agendas politiques est propre à chaque nation, et qu’il n’y a pas nécessairement coïncidence entre les différents pays. Faudrait-il alors demander aux pays qui connaissent les dynamiques sociales et politiques les plus puissantes de ralentir pour attendre les pays qui éprouvent des difficultés de mobilisation ? Ce serait donner un coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent avec le plus de vigueur. Ce serait également nier une leçon pourtant évidente de l’Histoire : des mobilisations, dans une entreprise ou un pays, peuvent avoir un caractère exemplaire, une vocation universelle, et susciter une généralisation de ces dynamiques.

Il est temps de reconnaître que si l’on veut vraiment sortir de la crise il sera nécessaire de sortir de l’euro et de l’Union européenne de manière unilatérale, pays par pays. Cette sortie doit s’accompagner du démantèlement des marchés financiers afin de changer la répartition des richesses entre capital et travail.

 II.- MANIFESTER POUR PROTESTER CONTRE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT

La politique menée par monsieur Hollande est l’exacte continuation de celle menée par monsieur Sarkozy. Elle s’est enfermée volontairement dans les « contraintes » européennes. C’est, par exemple, la poursuite de l’objectif absurde des 3% de déficit budgétaire ; c’est le Pacte budgétaire européen (TSCG) négocié par Nicolas Sarkozy et ratifié par François Hollande ; c’est le cas de l’Accord national interprofessionnel (ANI) qui érige la régression sociale en modèle de société pour les socialistes. Le PS est pire aujourd’hui qu’au moment du « tournant de la rigueur » de 1982-1983. Ce n’est même plus une reddition idéologique, c’est l’accord enthousiaste et parfois intéressé – comme pour monsieur Cahuzac - des hiérarques socialistes avec le fond de sauce de la pensée néolibérale. C’est la collaboration ouverte du Parti socialiste avec le MEDEF et les classes possédantes, le PS devançant leurs moindres désirs.

La politique de « compétitivité » et d’ « attractivité » de la France, menée par le gouvernement socialiste, est particulièrement nuisible. Le commerce international de la France, en effet, du côté des exportations, s’effectue pour l’essentiel au sein de l’Union européenne et particulièrement dans la zone euro. Comme chaque pays de l’Union européenne mène la même politique de « compétitivité  » et d’ « attractivité », c’est la confrontation permanente entre des nations qui sont censées être « unies ». Ne parle-t-on pas, paraît-il, d’ « Union  » européenne ? Cette politique d’austérité conduit directement à l’augmentation du chômage et de la pauvreté, sans perspective d’en sortir.

Plus récemment, le « programme de stabilité  » présenté par le ministre Moscovici, agent du monde des affaires, lors du Conseil des ministres du 17 avril, ne fera qu’aggraver encore la situation sans espoir de redressement. Le chômage, selon Moscovici, devrait reculer au dernier trimestre 2013. Ce n’est pas ce que pense l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) qui prévoit que la France sera en récession en 2013 et qu’elle ne s’en sortira que péniblement en 2014, le chômage continuant son ascension pour atteindre près de 12% en 2014. Le FMI dit la même chose, il prévoit une récession de 0,1% en 2013 après une croissance nulle en 2012.

Il n’est pas étonnant, devant le bilan accablant de la politique menée depuis un an, que François Hollande et le gouvernement socialiste soient rejetés par les citoyens. C’est ce que révèle l’enquête IFOP «  Bilan de l’action de François Hollande un an après l’élection présidentielle de 2012 ». Ceux qui sont « plutôt ou très mécontent  » de François Hollande sont 75%. C’est un record absolu. Seul Nicolas Sarkozy a pu concurrencer François Hollande avec 72%. Quelle référence ! Les engagements de François Hollande pris pendant la campagne des présidentielles ont été tenus « plutôt pas ou pas du tout » pour 76% des personnes interrogées. Sarkozy n’était qu’à 65%. Les secteurs où l’action de François Hollande est jugée la plus « positive » recueillent des scores particulièrement minables :

  • le « pouvoir d’achat » (11%) ;
  • la « lutte contre le chômage » (13%) ;
  • la « croissance et l’attractivité de la France » (16%) ;
  • la « réforme des retraites » (21%).

Il faut donc clairement manifester contre ce gouvernement, contre la politique qu’il mène et qui s’appelle le service aux marchés financiers et l’austérité.

 III.- MANIFESTER POUR UNIR LES CITOYENS SUR UN PROGRAMME ANTI-CRISE

Manifester contre le gouvernement et sa politique ne suffit pas. Il faut aussi unir une large majorité de citoyens sur un programme concret anti-crise. On peut proposer un plan d’urgence en 8 points :

1).- La souveraineté institutionnelle et politique. Sortir de l’Union européenne pour construire des coopérations libres avec les peuples et nations d’Europe débarrassées de l’eurolibéralisme.

2).- La souveraineté militaire. Sortir de l’OTAN.

3).- La souveraineté monétaire et budgétaire. Démanteler les marchés financiers, sortir de l’euro et revenir au franc, condition incontournable pour supprimer le chômage et la précarité par l’instauration du droit opposable à l’emploi.

4).- La souveraineté industrielle. Réindustrialisation du pays, démocratisation des organisations productives, interdiction des délocalisations, relocalisation des activités productives.

5).- La souveraineté commerciale. Prendre des mesures protectionnistes inspirées du cadre coopératif et universaliste de la Charte de La Havane.

6).- La souveraineté sociale. Redresser la Sécurité sociale et la protection sociale en général ainsi que les services publics, planification d’une grande politique du logement.

7).- La souveraineté économique. Restituer à la nation les grandes féodalités financières, industrielles, de services et médiatiques.

8).- La souveraineté environnementale. Mettre en œuvre un programme de mutation écologique, sociale et démocratique des modes de production et de consommation, préparer la transition énergétique.

L’enquête IFOP « Bilan de l’action de François Hollande un an après l’élection présidentielle de 2012 » montre que les Français ne perçoivent pas correctement les marges de manœuvres qui existent pour mener une autre politique. Ils jugent ainsi que les « marges de manœuvre » du gouvernement sont importantes à seulement 31% pour le pouvoir d’achat, à 29% pour l’emploi. C’est le défaitisme et l’incrédulité qui dominent parmi les classes populaires. Raison de plus pour être précis, concret, radical et ne pas se laisser emporter par des projets fumeux.

   IV.- MANIFESTER POUR FAIRE EMERGER UNE DYNAMIQUE PROGRESSISTE ET LAÏQUE DANS LA SOCIETE

Certains, du côté du Parti socialiste, agitent l’épouvantail d’une vague réactionnaire et fascisante qui serait en train de gonfler et qui menacerait la démocratie. Méfions-nous de cet argument car il sert à resserrer les rangs autour du PS. A-t-il une réalité ?

Quoi que l’on pense de la loi sur le mariage pour tous (on attend une loi accordant l’emploi pour tous, la protection de la santé pour tous, une bonne retraite pour tous…) et de la possibilité d’adoption par des couples homosexuels, force est de constater une radicalisation d’une partie de la droite. Elle s’organise autour du mouvement du Printemps français. L’UMP, qui a tenté de récupérer la dynamique de la Manif pour tous, semble avoir échoué. Une fraction de cette dynamique se polarise désormais sur le Printemps français qui devient le réceptacle d’une partie de la droite radicalisée en provenance de l’UMP, d’éléments du Front national, d’intégristes ou de conservateurs catholiques et de gens, notamment des jeunes, qui ont une vision de la société opposée à la laïcité, fondée sur un ordre naturel des choses. Des violences ont été commises.

Néanmoins, il ne faut pas fantasmer cette dynamique. En France, aujourd’hui, 84% des Français déclarent l’homosexualité comme acceptable, 15% seulement s’y refusent. Cela fait entre 7 et 8 millions de personnes. C’est beaucoup, mais ce n’est qu’une minorité. Ne mélangeons donc pas tout. La période actuelle ne ressemble pas à celle de 1930. Les « ligues » ne menacent pas physiquement la République. Le PS ne va pas converger avec le PCF (avec le Front de gauche aujourd’hui) puisqu’il converge avec l’UMP. Comme lors de la bataille pour autoriser le divorce en 1884, celle pour autoriser le mariage entre homosexuels sera de toute façon gagnée, encore une fois quoiqu’on pense de cette loi. Il y a certes des éléments très réactionnaires et fascisants dans le mouvement qui s’oppose à ces réformes, mais il y a aussi de simples familles catholiques dont la conception du monde n’est tout simplement pas celle qui se dégage de la politique menée par le PS en la matière. C’est une bataille idéologique et politique qui est nécessaire, qui ne doit pas être remplacée par des invectives.

D’autant que le Front de gauche ne parvient pas à percer. Dans l’Oise par exemple, le candidat du FN a failli l’emporter au second tour face au candidat sortant de l’UMP. Le candidat du Front de gauche fait moins que le total de l’extrême gauche réalisé lors des précédentes consultations (6,64% contre 8,66%). Le Front de gauche n’apparaît pas comme une alternative, puisqu’en refusant obstinément de lutter pour la sortie de l’UE et de l’euro il démontre sa volonté de vouloir rester dans le système.

Marine Le Pen et le FN continuent leur course en tête, loin devant le Front de gauche, mais sans véritable bond en avant. Selon l’enquête Harris Interactive d’avril 2013 sur « Les traits d’image de Marine Le Pen », celle-ci serait « plutôt courageuse  » (65%), elle « comprend plutôt bien les préoccupations des Français  » (53%), elle a « plutôt de bonnes idées pour la France  » (42%). Là où Marine Le Pen est le moins crédible c’est de « bien représenter la France à l’étranger  » (21%), et qu’elle « ferait une bonne présidente de la République  » (24%). Les sympathisants UMP sont 53% à souhaiter une alliance avec le FN aux élections municipales, cantonales, régionales ; 72% chez les sympathisants du FN.

Dans l’étude IFOP pour Le Journal du Dimanche, en avril 2013, Marine Le Pen passe de 17,9% à 22% en cas d’élection à la présidentielle. Elle ne progresse cependant que de 2 points. Nicolas Sarkozy passe de 27,18% à 30% et gagne plus de 2 points. François Hollande passe de 28% à 22% et perd 6 points. Jean-Luc Mélenchon est donné à 11% en cas d’élection présidentielle, soit un léger recul par rapport à la présidentielle de 2012 (11,10%).

Aucune dynamique progressiste et laïque, rassemblant les classes populaires, ne pourra voir le jour sans montrer clairement sa volonté de briser le système. Cela passe impérativement par la sortie de l’Union européenne et de l’euro.

 V.- LES MOTIFS AVANCES PAR LE FRONT DE GAUCHE POUR MANIFESTER SUSCITENT DES INTERROGATIONS

Peu de temps après le coup médiatique de Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche publiait un communiqué appelant à une « Marche citoyenne pour la 6e République ».

http://www.placeaupeuple2012.fr/communique-du-front-de-gauche-2/

Ce communiqué commence par dénoncer, à juste titre, « l’affaire Cahuzac » en expliquant qu’elle « ne révèle pas seulement l’absence de probité et d’honnêteté d’un homme  », mais qu’elle « met à jour, une nouvelle fois, un système oligarchique… ». La conclusion, elle aussi parfaitement juste, est qu’il « faut mettre fin au règne de la finance  ». Le communiqué du Front de gauche ajoute qu’il est « engagé dans la bataille contre l’austérité  ». C’est en effet un point essentiel sur lequel rassembler le peuple.

Deux objections, néanmoins, doivent être faites aux justifications avancées pour convoquer cette manifestation :

  • il n’est pas possible d’engager un processus constituant dans un pays qui ne dispose pas de sa souveraineté ;
  • le PS et le gouvernement ne sont pas nommément désignés.
  A.- Il n’est pas possible d’engager un processus constituant dans un pays qui ne dispose pas de sa souveraineté

« La refonte du cadre institutionnel » qu’évoque le Front de gauche est une exigence que partage le M’PEP. La Constitution de la Ve République a inclus le traité de Lisbonne rendant le refus de son application anticonstitutionnelle, le système électoral favorise le bipartisme et la personnalisation de la vie politique au détriment des idées, le Conseil constitutionnel est un organe politique plutôt que juridique. Mais ce n’est pas le cadre constitutionnel actuel qui est la cause des difficultés économiques et sociales du pays. Cela n’a même rien à voir. La cause ce sont les politiques néolibérales et leur application sur le continent européen, engendrant la monstrueuse Union européenne actuelle et l’euro. On peut très bien changer de cadre institutionnel sans changer de politique sociale, économique et monétaire. Il y a donc risque que ce mot d’ordre du Front de gauche d’une VIe République soit compris comme une diversion.

La perspective d’un processus constituant qu’annonce le Front de gauche est une exigence qui va certainement devenir majoritaire. En effet une nouvelle République est nécessaire, il faut « que le peuple reprenne le pouvoir ». Mais il n’y a pas besoin de changer de régime politique pour reconquérir notre souveraineté nationale. La France doit simplement, et le plus vite possible, dénoncer les traités internationaux qui limitent sa souveraineté. Un changement de régime, d’ailleurs, ne garantit en aucun cas un changement de politique.

Une constitution est le droit du droit, c’est le sommet de l’architecture juridique d’un pays. Plusieurs politiques peuvent être menées avec une même constitution. Parfois, en lisant les prises de position de dirigeants du Front de gauche, on a le sentiment que ce processus constituant devrait déboucher sur une constitution qui serait l’application d’un programme de la gauche radicale. Ils ont oublié ce que nous disions lors de la campagne contre le traité constitutionnel européen de 2005 : nous ne voulions pas que cette constitution européenne grave dans le marbre du droit l’idéologie néolibérale. Même chose pour l’idéologie de la gauche radicale.

Attention, donc, à ne pas mélanger les problèmes et d’établir des liens de causalités qui n’existent pas. La lutte pour l’honnêteté politique n’a pas besoin d’un nouveau cadre institutionnel, elle peut et doit se mener tout de suite, dans le cadre actuel. La question essentielle qui se pose à notre système politique, et que ne veut pas voir le Front de gauche, est celui du détournement de sa souveraineté, essentiellement par le système de Bruxelles.

Une VIe République ne répond donc pas au problème de la crise économique et sociale. D’autant que l’on peut douter de l’envie des classes populaires de se mobiliser pour une perspective aussi abstraite. La séquence doit être : 1) récupération de la souveraineté nationale en sortant de l’OTAN, de l’OMC, de l’Union européenne et de l’euro ; 2) processus constituant ; 3) référendum sur une Constitution pour la 6e République.

  B.- Le PS et le gouvernement ne sont pas nommément désignés

Le Front de gauche, dans son communiqué, ne dit pas que le 5 mai est la date du premier anniversaire de l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Pourtant l’un des buts de cette manifestation est bien de protester contre le bilan du gouvernement depuis un an. Alors pourquoi ne pas le dire ? Et pourquoi simplement dénoncer «  l’austérité  » et « la finance  » de manière désincarnée, comme si la politique du gouvernement Ayrault n’était pas concernée.

Le Parti socialiste n’est plus à gauche, depuis une trentaine d’années. Il serait temps que le Front de gauche le dise et en tire toutes les conséquences.

La proximité du Front de gauche avec le PS lui interdit d’incarner une alternative crédible. Hormis la rupture avec l’Union européenne et l’euro, le Front de gauche, s’il veut vraiment rompre avec le système et incarner une véritable alternative, devra s’émanciper du PS. Le PCF devra renoncer à faire partie de la majorité politique issue de l’élection présidentielle de 2012 – ce qu’il se refuse toujours à faire – et il devra renoncer à faire des listes communes avec le PS lors des municipales de 2014. Les alliances locales avec le PS sont interprétées comme des alliances politiques qui mettent PCF et PS dans le même sac. Le Parti de gauche, quant à lui, devra cesser de qualifier le Front de gauche « d’autre gauche  », accordant ainsi un label de gauche au PS. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, veut apparaître comme l’opposant au système en montrant qu’il est rejeté par ce dernier. D’où ses provocations médiatiques, précisément pour susciter le rejet. Elles ne fonctionnent pas pour l’instant. Et ne fonctionneront pas plus à l’avenir si la geste médiatique n’est pas accompagnée d’un contenu suffisant.

 Conclusion

La manifestation du 5 mai aurait dû être organisée après une réunion de toutes les forces politiques intéressées. Même chose pour les suites, un rassemblement des organisations intéressées devrait voir le jour. Car cette manifestation ne doit pas rester sans lendemain. Sauf à apparaître comme un nouveau coup médiatique.

Il n’en reste pas moins que le M’PEP sera présent à cette manifestation, mais avec ses propres mots d’ordre :

  • Sortons de l’euro !
  • À bas l’euro ! Retour au franc !
  • Sortons de l’Union européenne !
  • À bas l’Union européenne !
  • Hollande, un an ça suffit !
  • Ayrault, démission !
http://www.m-pep.org/spip.php?article3296
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