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Le blog de Lucien PONS

Le PDG de TITAN insulte la France, le gouvernement et les travailleurs.

21 Février 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les transnationales

 

Il y a 160 ans José Marti

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« La parole n'est pas faite pour couvrir la vérité, mais pour la dire.  »

 José Marti

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"J'ai visité cette usine à plusieurs reprises. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France ! Monsieur, votre lettre fait état de votre envie d'ouvrir des discussions avec Titan. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan possède l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu'est-ce que possède le syndicat fou ? Il a le gouvernement français. Le fermier français veut des pneus à bon prix. Il se fiche de savoir si les pneus viennent de Chine ou d'Inde, et si ces pneus sont subventionnés. Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Dans cinq ans, Michelin ne pourra plus produire de pneus en France. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens-Nord".

 

 

Goodyear : Montebourg  répond à la lettre du PDG de Titan

 

La réponse n'a pas tardé. Après avoir mis en ligne, mardi, la charge virulente du PDG du groupe Titan international adressée à Arnaud Montebourg, Les Echos publient, mercredi 20 février, la réponse du ministre du redressement productif à Maurice "Morry" Taylor Jr. "Vos propos aussi extrémistes qu'insultants témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays", écrit Arnaud Montebourg, citant les 20 000 entreprises étrangères installées en France qui emploient 2 millions d'emplois. Ces compagnies "connaî[ssen]t et apprécie[nt] la qualité et la productivité de la main d'œuvre française, l'engagement, le savoir-faire, le talent et les compétences des travailleurs français", poursuit le ministre.


 

Arnaud Montebourg n'a pas apprécié la leçon de productivité du patron de l'entreprise de pneumatique, qui s'était retirée du projet de reprise de l'usine Goodyear à Amiens-Nord. "Titan, l'entreprise que vous dirigez est vingt fois plus petite que Michelin, notre leader technologique français à rayonnement international, et trente-cinq fois moins rentable ?" "Soyez assuré de pouvoir compter sur moi pour faire surveiller (...) avec un zèle redoublé vos pneus d'importation", conclut le ministre en guise de menace.


 

Le 8 février, le PDG du fabricant de pneumatiques pour véhicules agricoles avait fustigé dans un courrier au ministre les méthodes de production françaises, jugées trop peu efficaces, mais aussi l'arrogance du gouvernement. Extraits.

 

"J'ai visité cette usine à plusieurs reprises. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France ! Monsieur, votre lettre fait état de votre envie d'ouvrir des discussions avec Titan. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan possède l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu'est-ce que possède le syndicat fou ? Il a le gouvernement français. Le fermier français veut des pneus à bon prix. Il se fiche de savoir si les pneus viennent de Chine ou d'Inde, et si ces pneus sont subventionnés. Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Dans cinq ans, Michelin ne pourra plus produire de pneus en France. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens-Nord".

 

Maurice Taylor Jr. est coutumier de ce type de coups de gueule : cet ancien candidat républicain à l'investiture en 1996 a régulièrement défendu le "made in USA" dans des vidéos publicitaires au ton franchement chauvin, voire légèrement raciste. Mercredi, il a assumé "une lettre qui n'est pas une lettre toute rose, n'est pas une lettre à ma petite amie, on parle d'affaires". "Nous sommes ceux qui avons le carnet de chèque et vous nous dites que nous devons d'abord rencontrer les syndicats? (...). Vous êtes dingues", a-t-il répété. "Bientôt, en France (il n'y aura plus d'emplois) et tout le monde passera la journée assis dans les cafés à boire du vin rouge."

 

"LETTRE INSULTANTE"

 

A la sortie du conseil de ministère, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, avait jugé qu'il n'y avait "pas lieu de faire de surenchère". "Je veux conserver comme règle de conduite en la matière le respect, le silence, a-t-elle déclaré. A un bémol près. Je rappellerai quand même à M. Taylor que la France reste le premier pays destinataire des investissements américains en Europe, et il y a sans doute de très bonnes raisons à cela."

 

Le délégué CGT de Goodyear à Amiens-Nord, Mickaël Wamen, a dénoncé une "lettre insultante". "Elle nous conforte dans le fait que nous avons eu raison d'agir ainsi", a-t-il estimé. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a affirmé que cette lettre était "une insulte non seulement aux ouvriers" mais à "la démocratie".


 

"UN PROJET QUI N'EXISTAIT PAS"

 

Goodyear a annoncé à la fin de janvier que l'usine d'Amiens-Nord allait fermer, menaçant 1 173 postes, affirmant que cette fermeture était "la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses". Cette annonce a provoqué un tollé politique en France, où plusieurs sites industriels sont promis à la fermeture, ce qui met le gouvernement en difficulté. Le prochain comité central d'entreprise se tiendra le 7 mars au siège du groupe, à Rueil-Malmaison. La CGT a appelé les salariés du groupe à manifester ce jour-là.

 

Lors d'une manifestation, le 12 février, devant le siège de Goodyear, Mickaël Wamen avait annoncé son intention de faire condamner Titan pour avoir "soutenu un projet qui n'existait pas" et pour être responsable du coprojet de fermeture du site.

 

Depuis le refus par la CGT (majoritaire) il y a cinq ans de signer un accord sur la compétitivité dans l'usine Goodyear (contrairement à sa voisine Dunlop), les salariés de Goodyear sont dans l'impasse.

 

Le Monde

 

Lire l'intégralité des deux lettres sur LES ECHOS

 

http://www.mleray.info/article-le-pdg-de-titan-insulte-la-france-le-gouvernement-et-les-travailleurs-115530870.html

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