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Le blog de Lucien PONS

Palestine , Adresse aux camarades de la direction confédérale de la CGT, par le FSC (le Front Syndical de Classe).

28 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël et la Palestine

        

ANNEXE 1 : PALESTINE - Mouvement BDS et CGT (argumentaire détaillé rédigé en 2012)

 

La Palestine est l’un des derniers pays colonisés, avec des spoliations, injustices et discriminations de grande ampleur à l’encontre des palestiniens, qui perdurent et s’aggravent depuis plus de 60 ans au mépris de la justice et du droit international (ONU, Cour Internationale de Justice, Cour Pénale Internationale). Ceci entretient un foyer de guerre au Moyen-Orient et de tensions dans le monde.

Nous sommes directement concernés en Europe et en France du fait de la proximité géographique, de l’importance de nos populations d’origine arabe ou musulmane, des accords UE-Israël, de l’entrée scandaleuse d’Israël dans l’OCDE en 2010, de la tentative de construire une Union Méditerranéenne néolibérale, et des luttes idéologiques autour de l’antisémitisme, des droits de l’homme, de la civilisation ( !) et de l’identité nationale en France.

Une des formes non violentes de solidarité qui se développe est le mouvement « Boycott, Désinvestissements, Sanctions » (BDS) à l’appel de 172 organisations de la société civile palestinienne en 2005 (http://bdsmovement.net/?q=node/52#French), que soutiennent plusieurs organisations syndicales en France (notamment SUD et FSU), en Europe et dans le monde (dont les militants pacifistes israéliens cf. http://www.ujfp.org/spip.php?article1299&lang=fr , ainsi que les militants juifs antisionistes, par exemple ceux de l’UJFP, cf. http://www.ujfp.org/spip.php?article2074). Par son caractère original, massif, international et unitaire le mouvement BDS s’inspire du mouvement de boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Le mouvement BDS pour faire pression sur Israël se renforce et s’accélère depuis les massacres de Gaza début 2009 (cette montée en puissance de BDS expliquant probablement les attaques en justice et autres actions de répression dont sont victimes des militants français ces derniers mois (voir plus loin), à la demande notamment des autorités israéliennes) et depuis les assassinats de militants internationaux de la flottille internationale pour lever le blocus de Gaza, début juin 2010.

La CGTconfédérale a défini le 25 mai 2010 sa position sur cette question (http://www.cgt.fr/spip.php?article37400), qui appelle notamment à l’obligation de transparence sur l’origine des produits, et au respect de la légalité internationale, comme par exemple dans l’affaire Brita/Soda-Club.

Par ailleurs, des militants et organisations de la CGT sont membres de collectifs BDS et participent à leurs actions (voir par exemple l’UD-CGT 63 http://www.france-palestine.org/article14465.html et la lettre co-signée par l’ud-cgt 63, en .pdf sur ce lien ;

L’INTERSYNDICALE CGT-FO-FSU-UNEF DE L’UNIVERSITÉ DE SAVOIE 14 mars 2010: Boycott, Désinvestissements, Sanctions : Non aux collaborations avec les universités israëliennes  http://snesup-univ-savoie.fr/blog/?p=228 ;

la CGT-INRA et de la CGT-FNAF à la campagne contre Agrexco : (http://www.inra.cgt.fr/actualites/tracts/Communique_cgt-inra_Agrexco_nov2010.pdf ) ).

 Toutefois, des échanges de lettres ouvertes entre le mouvement BDS et la cgt confédérale (suite à sa prise de position du 25 mai 2010)[2],ont lancé un débat de fond sur les rapports entre les luttes des peuples colonisés, les Etats oppresseurs et leurs populations, et les mouvements de solidarité internationale (associations, partis politiques et syndicats).

Simultanément, une offensive politico-idéologique contre le boycott s’est dévelopée chez les partisans d’Israël, avec la montée au créneau de dirigeants politiques et/ou d’ « intellectuels » médiatisés (http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/01/le-boycott-d-israel-est-une-arme-indigne_1433857_3232.html#xtor=AL-32280184 ) dans le cadre d’une suite de débats dans le journal Le Monde (voir par exemple les articles pro-BDS :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/02/26/boycotter-le-juge-francais-ou-l-avocat-d-israel-par-etienne-tete_1311579_3232.html#ens_id=1434212

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/03/31/boycott-desinvestissement-sanctions-une-campagne-pour-la-justice-par-ivar-ekeland-annick-coupe-nahla-chahal-et-michele-sibony_1326939_3232.html#ens_id=1434212).

On notera en particulier une importante déclaration du 9 novembre 2010, co-signée par 13 maires ou élus municipaux du 44 (dont certains PS):

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/09/boycott-desinvestissements-sanctions-une-arme-pacifique-contre-la-colonisation-israelienne_1437838_3232.html#ens_id=1434212

Nous, signataires de cette lettre, sommes des militants CGT de différentes régions et branches professionnelles, fortement concernés par la solidarité avec le peuple palestinien et qui souhaitent faire évoluer la réflexion au sein de la CGT pour clarifier le débat sur BDS. Nous souhaitons en effet aider la CGT confédérale de prendre une position actualisée en fonction de l’évolution de la situation nationale et internationale.

En effet, malgré le soutien de la majorité des pays membres de l’ONU au principe d’un Etat palestinien indépendant et souverain, les blocages et reculs s’accumulent sur le terrain : poursuite par Israël de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des assassinats et des emprisonnements de citoyens palestiniens, des discriminations contre les arabes israéliens, du maintien des réfugiés en exil, et du non respect du droit international depuis 60 ans.

Il faut noter que le tribunal Russell pour la Palestine a conclu fin 2011 « qu’Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international ».  Sur cette base, le tribunal Russell exhorte « la société civile mondiale à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) ».

Ces conclusions ont été soutenues, notamment par le conseil national de la FSU, et par la CGT-INRA, début 2012.

En France, l’offensive idéologique et juridique du CRIF et des réseaux sionistes, s’accompagne de nombreuses actions en justice appuyées par le pouvoir sarkozyste contre les militants qui participent aux actions BDS, dans les grandes surfaces notamment, et sont taxés d’antisémitisme. Mais deux jugements récents pour les affaires de Bobigny et de Mulhouse (contre lesquels les sionistes ont fait appel) montrent que l’amalgame honteux entre antisionisme et antisémitisme prend de moins en moins (voir note ).

En résumé, le gouvernement israélien, a montré, y compris par les liens nouveaux tissés avec l’extrême droite européenne, qu’il ne voulait ni la paix, ni la démocratie et se réfugiait dans la fuite en avant vers un fascisme de plus en plus assumé.

En son temps l’Afrique du Sud a connu un gouvernement fasciste qui, comme Israël aujourd’hui, pratiquait l’apartheid pour une partie de sa population. Les luttes de son peuple, la pression internationale, les campagnes de boycott en sont venues à bout.

La campagne BDS, tournée non contre les peuples de la région mais contre le gouvernement qui les opprime, peut s’avérer comme un élément décisif. Empêcher ce gouvernement de faire des affaires avec le reste du monde et en particulier les Etats Unis et l’UE qui sont ses principaux partenaires est un enjeu politique de première importance.

C’est cette analyse qui a conduit la FSM à appuyer cette campagne de soutien concret au peuple palestinien dans le monde. En France la fédération CGT de l’agro-alimentaire et la CGT-INRA se sont inscrites dans ce mouvement tout comme la fédération française CGT des ports et docks qui a participé en juin 2010 à l’action internationale de refus de chargement ou déchargement des bateaux israéliens.

Peut être que dans un avenir proche toute la CGT, comme l’ont déjà fait nombre de syndicats anglo-saxons adhérents de la CSI, décidera de s’associer à cette campagne ?

Si les travailleurs du monde disent avec force : plus de travail avec cet état tant que les droits de l’homme ne seront pas respectés ! Cela peut faire très mal. La France, 8ème partenaire économique d’Israël peut prendre un poids d’importance dans cette bataille.

Le pouvoir sioniste l’a bien compris qui s’appuie sur ses relais locaux pour poursuivre systématiquement pour antisémitisme (dont le plus célèbre est sans doute S. Hessel), celles et ceux qui le prônent.

N’en doutons pas, la campagne BDS en est d’ores et déjà un élément incontournable.

En parallèle, la CGT pourrait organiser une tournée en France de syndicalistes Palestiniens et Sud-Africains, sur la question de l’apartheid, tout en se désolidarisant de la Histadrut, le principal syndicat israélien qui est complice de la politique d’apartheid de son gouvernement.

 

 

 

ANNEXE  2 :Tribunal Russell pour la Palestine (2011)

Avec proposition de motion CGT en fin d’Annexe 2

 


ANNEXE  3 : Brochure sur la Histadrut

 

La Histadrout (Association générale des travailleurs sur la terre d’Israël) : Histoire et rôle dans l’occupation, la colonisation et l’apartheid

(Trade Union Friends of Palestine, Belfast, Irlande, 2011; BDS France Editions, 2013; 27 pages)

 Extraits et Résumé[5] :

La Histadrout a été créée en décembre 1920 durant le Mandat britannique sur la Palestine. Depuis sa création, ses objectifs n’ont pas été de construire la solidarité des travailleurs ni de représenter ou de faire campagne pour leurs droits. Bien au contraire, elle a été fondée comme une organisation sioniste, exclusivement juive, pour faciliter la colonisation de la Palestine, et pour promouvoir l’exclusion de la main-d’oeuvre et de la production palestinienne.

 

Une fois l’indépendance d’Israël proclamée en 1948, la Histadrout est devenue un syndicat-patron extrêmement puissant. Possédant quelques-unes des plus grandes entreprises en Israël, elle en est devenue le premier employeur et en 1983 environ 85% des salariés israéliens en étaient membres. Un rapport de 1989 révèle que les entreprises de la Histadrout détenaient le pire bilan en matière d’exclusion systématique des travailleurs arabes.

 

Aujourd’hui, elle continue de travailler main dans la main avec le gouvernement israélien, elle promeut et défend une politique qui viole les droits fondamentaux, civils, politiques et humains des Palestiniens.

Lors de l’adoption en 2011 par le Parlement israélien d’une série de nouvelles lois racistes discriminant les citoyens arabes d’Israël, la Histadrout s’est faite remarquer par son silence.

 

Les Palestiniens travaillant en Israël n’ont pas le droit d’être représentés par les syndicats palestiniens et n’ont jamais bénéficié de la protection de la Histadrout, à laquelle ils ne peuvent adhérer, alors qu’une des conditions de leur embauche est le prélèvement de 1% du salaire pour la Histadrout en tant que « frais d’organisation».

De plus, depuis les années 90, le gouvernement israélien a imposé un prélèvement supplémentaire de 2% sur les travailleurs du bâtiment pour faciliter la formation des nouveaux immigrants juifs russes: une situation qui signifie que les travailleurs palestiniens sont tenus de « financer la formation d’une main-d’oeuvre destinée à les remplacer».

Pire encore, en 2009, le rapport de Hever « Vol d’État » démontre que la Histadrout est complice de la politique du gouvernement israélien consistant à déduire environ 20% du salaire des travailleurs palestiniens pour une prétendue contribution aux prestations d’aide sociale, prestations qui pour la plupart ne sont pas accordées aux travailleurs palestiniens.

 

Politiquement et pratiquement, la Histadrout a toujours soutenu l’occupation. Son ancienne entreprise de construction, Solel Boneh, a construit plusieurs des premières colonies. La banque Yashav dont elle possède 25% des actions, est active dans Jérusalem-Est occupé. Quant aux Israéliens vivant dans les colonies illégales, ils peuvent adhérer à la Histadrout alors que leurs voisins Palestiniens ne le peuvent pas !

La Histadrout a également soutenu l’attaque contre Gaza en 2008-2009, au cours de laquelle 1.385 palestiniens, dont 318 enfants, ont été tués.

 

La Conférence des syndicats palestiniens pour le BDS (PTUCV-BDS) a condamné résolument la Histadrout et a appelé en 2011 les syndicats internationaux à rompre tous les liens avec elle en raison de sa complicité historique et actuelle avec les violations par Israël du droit international et des droits des Palestiniens.

 

La Palestine General Federation of Trade Union (PGFTU) refuse de normaliser ses relations avec la Histadrout aussi longtemps que l'occupation israélienne de la Palestine existe et aussi longtemps que les pratiques racistes contre le peuple et les travailleurs palestiniens continuent. Elle appelle toutes les organisations syndicales du monde à boycotter toutes les institutions israéliennes impliquées dans l'occupation et ses pratiques.

Dans la Confédération SyndicaleInternationale (CSI), le représentant de la Histadrout n’a qu’une seule activité : lutter contre toute velléité de boycott syndical.

Des organisations du mouvement syndical international, comme le TUC britannique et le TUC écossais, sont engagées dans la rupture, ou dans la révision de leurs relations avec la Histadrut.

 


La liste des organisations palestiniennes (http://bdsmovement.net/?q=node/52#Endorsed_by: ) montre le caractère massif et divers de cet appel BDS, avec de nombreux syndicats, partis, ONG, associations culturelles et laïques, situées en Palestine occupée, en Israël ou dans les camps de réfugiés à l’extérieur.

Voir par exemple à ce sujet :

- déclaration de la CE du syndicat CGT-Acsé (Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances) le 15 juin 2010, demandant à la CGT de revenir sur sa position du 25 mai…

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=127:le-syndicat-cgt-de-lacse-vote-une-motion-en-faveur-du-boycott-disrael&catid=9:evenements-bds-france

- lettre ouverte de JF Courbe, responsable CGT pour activités Euromed et monde arabe, en réponse à une lettre ouverte de BDS France à la prise de position CGT du 25 mai 2010 (La  lettre de JF Courbe en .pdf est disponible sur  http://www.ujfp.org/spip.php?article1322 ) 

- réponse de M. Warchawsky (militant israélien) le 12 août à JF Courbe   http://www.ujfp.org/spip.php?article1322

 

le Tribunal de Grande Instance de Paris a, dans son arrêt du 8 juillet 2011, reconnu que l’appel au boycott des produits israéliens n’avait rien d’illégal, mais relevait d’un usage ordinaire de la liberté d’expression :

« Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. »... « La critique d’un État ou de sa politique ne saurait être regardée, de principe, comme portant atteinte aux droits ou à la dignité de ses ressortissants sans affecter gravement la liberté d’expression dans un monde désormais globalisé dont la société civile est devenue un acteur majeur, et alors qu’aucun “délit d’offense à État étranger” n’a jamais été consacré par le droit positif ni par le droit coutumier international, tant il serait contraire aux standards communément admis de la liberté d’exprimer des opinions ».

Cet arrêt souligne qu'on ne peut en aucun cas accuser de « provocation à la discrimination, la violence ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de son appartenance à la nation israélienne, puisque certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent l’appel BDS ». Et fait observer que : « La confrontation des points de vue est précisément de nature à convaincre que l’appel pacifique et sans contrainte au boycott des produits israéliens est indissociable du débat d’opinion que suscitent partoutdans le monde les préoccupations liées au règlement d’un conflit endémique depuis plus de 60 ans.»

 

 

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