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Le blog de Lucien PONS

SIMON GRONOWSKI, voyage à BUCHENWALD. Manipulation de la mémoire.

2 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

SIMON GRONOWSKI, voyage à BUCHENWALD

 

SIMON GRONOWSKI, célèbre rescapé du vingtième convoi vers Auschwitz en avril 1943, raconte dans la revue « Points Critiques »* sa récente participation à un camp de jeunes antifascistes allemands sur les lieux de l’ancien camp de concentration nazi de Buchenwald.

 

Ces jeunes y font des recherches archéologiques, notamment sur les endroits « oubliés » du Mémorial. Le visiteur en ramène notamment ces observations :

-      pour raisons budgétaires le site muséal officiel  a été réduit, de grandes parties sont abandonnées.

-      A la « prison spéciale » pour les déportés, utilisée après-guerre par les Soviétiques pour interner des nazis, les plaques commémoratives « mettent sur le même pied les déportés internés par les nazis et les nazis internés par les Soviétiques, amalgamant la mémoire des uns et des autres ».

-      « Dans la salle des fours crématoires, aucun drapeau national sauf un, le drapeau israélien, alors que les victimes juives de ce camp n’étaient pas la majorité ».

 

Note de JMC.

 

Les observations de Simon Gronowski sont significatives des manipulations de la mémoire par les pouvoirs de l’Allemagne réunifiée de concert avec Israël.  Buchenwald avait surtout servi à enfermer et liquider des résistants, notamment allemands et communistes, ce qui ne serait pas de bon ton de rappeler aujourd’hui.  La RDA avait édifié ce mémorial, conçu selon l’idéologie antifasciste officielle de ce pays. Selon mes souvenirs, Buchenwald était l’un des hauts lieux de pèlerinage où l’on emmenait ouvriers, agriculteurs, jeunes et étudiants aux fins d’ « éducation politique ». Lors des cérémonies, on pouvait y voir les drapeaux de tous les pays dont des citoyens avaient été déportés à Buchenwald. Les déportés juifs, dont bon nombre étaient résistants et communistes, provenaient des divers pays d’Europe. Il n’y avait à l’époque ni état ni drapeau de l’état israélien.

 

 

* POINTS CRITIQUES. N°338. Revue de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) . Le numéro de septembre comprend également des évocations de la vie juive en Pologne avant 1939, d’après une exposition en cours à Varsovie, de l’assassinat en Belgique de Sémira Adamu il y a 25 ans, ainsi que des hommages à Eric Remacle et Ilan Halevy, récemment décédés.


 PS. Par ailleurs, en particulier pour les camps où la majorité des victimes étaient juives, au nom de quoi le drapeau de l'Etat d'Israël (créé après le nazisme et donc utilisé rétroactivement) symbolise-t-il les victimes juives qui, dans leur majorité, étaient antisionistes, soit parce qu'elles étaient orthodoxes religieuses soit parce qu'elles étaient proche de la gauche révolutionnaire internationaliste ? On peut dire ce qu'on veut, mais, côté mémoire, la RDA c'était quand même nettement moins mal que la RFA !!!

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