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Le blog de Lucien PONS

Un homme en cage. Un poème de Carole Radureau, publié le 10 Juin 2013

10 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'art - la peinture - la poésie.

 

Un homme en cage

Publié le 10 Juin 2013

 

Il tourne, il vire à n’en plus finir.

Sa cage est ronde.

Sa cage est carrée.

Il tourne, il songe au lapin,

terré dans son clapier,

alors, comme le lapin,

il fait un bond en travers,

tape bien fort des deux pieds,

puis il fait un bond à l’inverse,

se couche dans sa litière.

Il vire, il se sent oiseau.

L’oiseau à une cage ronde,

il vole en rond,

une fois dans le sens des aiguilles d’une montre,

l’autre fois à l’inverse,

puis, fatigué, il se pose sur un pied.

Et il dort.

La cage, ronde ou carrée, toujours,

est munie de barreaux.

C’est immuable,

la condition sine qua non des cages bien comme il faut.

Les barreaux sont en fer.

Ils sont froids et sans vie,

on peut les enserrer dans ses mains,

les faire glisser de haut en bas,

et de bas en haut.

A l’infini.

L’homme tourne et vire.

Aujourd’hui, il veut faire son homme,

alors il oublie le lapin et l’oiseau,

sort son crayon et écrit :

un bâtonnet sur le mur.

Un jour de plus dans la cage.

Bientôt il n’y aura plus de place

pour coucher les bâtonnets,

la cage est trop petite,

les ans privés de liberté

bien trop nombreux,

alors l’homme devra les effacer.

Et il recommencera,

jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il est dans la cage.

Il tourne et il vire.

Parfois il aperçoit au loin

un oiseau, vol au vent,

il lui fait des signes avec sa bouche,

il lui envoie un message.

Parfois l’oiseau le capte,

il nous l’apporte et que dit-il ?

On apprend que l’homme en cage

à trouvé un brin de liberté,

je couche son message sur cette page.

D’un coup je vois les bâtonnets

qui tombent au sol dans un bruit sourd.

Ce sont des mikados.

Il faut juste en tirer un,

et l’homme sera libre.

 

 

 

 

Sans trembler, je dégage le bâtonnet.

Il sort du lot, il est seul dans l’éternité.

L’homme est libre, ça y est,

la porte de la cage s’ouvre d’un coup,

en faisant un bruit de porte de prison,

la liberté à tire d’aile lui ouvre ses ailes.

Vole, vole dans les airs ma tourterelle.

Et ne te retourne pas.

Carole Radureau (10/06/2013)

 

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