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Le blog de Lucien PONS

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Consternation en Occident : la guerre en Syrie touche à sa fin et Assad semble en sortir vainqueur par Robert FISK (The Independent)

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

11 septembre 2017

Consternation en Occident : la guerre en Syrie touche à sa fin et Assad semble en sortir vainqueur (The Independent)

Robert FISK

Nous étions tous occupés à attendre tous que Trump lance la Troisième Guerre mondiale, et nous n’avons pas vu que la carte de la guerre au Moyen-Orient avait considérablement changé. Il faudra des années pour reconstruire la Syrie et l’Irak (et le Yémen), et les Israéliens seront peut-être obligés d’aller demander à Poutine de les tirer du pétrin dans lequel ils se sont fourrés.

Un message est arrivé de Syrie sur mon téléphone portable la semaine dernière. « Le général Khadour a tenu sa promesse », disait-il. Je savais ce que cela signifiait.

Il y a cinq ans, j’ai rencontré Mohamed Khadour qui commandait quelques soldats syriens dans une petite banlieue d’Alep, sous le feu de combattants islamistes à l’est de la ville. À l’époque, il m’avait montré sa carte. Il reprendrait ces rues dans 11 jours, m’avait-il dit.

Et puis, en juillet de cette année, j’ai rencontré Khadour à nouveau, à l’est du désert syrien. Il allait, m’a-t-il dit, entrer dans la ville assiégée de Deir ez-Zor avant la fin du mois d’août. Je lui ai rappelé, un peu cruellement, que la dernière fois qu’il m’avait dit qu’il reprendrait une partie d’Alep en 11 jours, il avait fallu plus de quatre ans à l’armée syrienne pour le faire. C’était il y a longtemps, m’a-t-il répondu. À l’époque, l’armée ne savait pas se battre dans une guerre de guérilla. L’armée était formée pour reprendre Golan et défendre Damas. Mais depuis, selon lui, ils avaient appris.

Et c’est bien vrai ! Dans le désert, Khadour m’a dit qu’il allait bombarder la ville de Sukhna - les Russes le feraient en grande partie - et que ses troupes syriennes entreraient dans Deir ez-Zor encerclé par l’EI depuis trois ans, pour libérer les 80 000 civils et 10 000 soldats assiégés. Khadour a dit qu’il atteindrait Deir ez-Zor avant le 23 août. Il a tenu ses engagements à peu de choses près. Maintenant, il se dirige vers les autres parties de Deir ez-Zor et vers la frontière syrienne-irakienne.

Comme Alep est déjà entre les mains du gouvernement et que la province d’Idlib est devenue la poubelle des rebelles islamistes (y compris d’Al-Qaïda) qui ont été autorisés à s’y réfugier après s’être rendus et avoir quitté les parties des villes syriennes qu’ils détenaient, il semble donc que, lorsque Deir ez-Zor sera reprise et que Khadour sera parvenu à la frontière, ce qui a toujours été impensable en Occident se sera produit : les forces de Bashar al-Assad auront gagné la guerre.

Et il ne « semble » pas seulement d’ailleurs. Hassan « Tigre » Saleh, l’officier préféré de la Syrie, dont le ministre russe de la Défense a parlé deux fois, est arrivé à l’endroit de Deir ez-Zor où se trouve la brigade 137 de l’armée syrienne et s’est joint à elle dans le combat, pendant que Khadour, son commandant (et ami), se prépare à libérer la base aérienne de la ville.

Combien de personnes se souviennent du jour où les Américains ont bombardé les soldats syriens près de cette base aérienne et ont tué plus de 60 d’entre eux, ce qui a permis à l’EI de la couper du reste de la ville ? Les Syriens n’ont jamais cru que les Américains avoient commis une « erreur » comme ils le prétendaient. Les Russes ont été les seuls à dire à l’armée de l’air américaine qu’elle était en train de bombarder des forces syriennes.

Les Britanniques semblent déjà avoir reçu le message. Ils ont rapatrié subrepticement leurs entraîneurs militaires la semaine dernière - ces hommes avaient l’intention de préparer les « 70 000 rebelles » mythiques de David Cameron qui devaient soi-disant renverser le gouvernement d’Assad. Même le rapport de l’ONU selon lequel le régime avait tué plus de 80 civils lors d’une attaque au gaz, cet été, a peu retenu l’attention des politiciens européens qui avaient pourtant l’habitude de monter en épingle les crimes de guerre en Syrie et qui ont soutenu l’attaque de missiles de croisière de Donald Trump contre une base aérienne syrienne.

Et qu’en est-il d’Israël ? Voici une nation qui comptait vraiment sur l’élimination d’Assad, allant jusqu’à bombarder ses forces et celles de ses alliés du Hezbollah et de l’Iran, tout en prodiguant des soins médicaux aux combattants islamistes de Syrie dans les villes israéliennes. Pas étonnant que Benjamin Netanyahou se soit montré si « agité » et « émotif » - selon les Russes - lorsqu’il a rencontré Vladimir Poutine à Sotchi. L’Iran est l’allié stratégique de la Russie dans la région, a déclaré M. Poutine. Israël est un « partenaire important » de la Russie. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose - et pas du tout ce que Netanyahou voulait entendre.

Les victoires des Syriens se succèdent les unes après les autres, et cela signifie que l’armée syrienne est maintenant l’une des armées les plus « endurcies » de la région, ses soldats se battent pour leur vie et sont maintenant bien entraînés à la coordination des troupes et du renseignement à partir d’un seul quartier général de commandement. Comme l’a expliqué, cette semaine, Sharmine Narwani, une ancienne chercheuse associée de St Antony’s College, cette alliance est maintenant soutenue par deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et la Chine.

Alors, que va faire Israël ? Netanyahou a été tellement obsédé par le programme nucléaire iranien qu’il n’a manifestement jamais imaginé – tout comme Obama, Hillary Clinton, Trump, Cameron, May, Hollande et d’autres membres des élites politiques d’Occident – qu’Assad pouvait gagner, et qu’une armée irakienne plus puissante pouvait également sortir des décombres de Mossoul.

Netanyahou soutient encore les Kurdes, mais ni la Syrie, ni la Turquie, ni l’Iran, ni l’Irak, n’ont aucun intérêt à soutenir les aspirations nationales kurdes - malgré l’utilisation par les Américains des miliciens kurdes dans les soi-disant forces démocratiques syriennes (qui sont infiniment plus kurdes que « syriennes », qui ne sont pas « démocratiques » et qui ne seraient pas une « force » sans la puissance aérienne américaine).

Pendant que nous attendions tous que Donald Trump et Kim Jong-un se lancent dans la Troisième Guerre mondiale, nous n’avons pas vu que la carte militaire du Moyen-Orient avait considérablement et radicalement, changé. Il faudra des années pour reconstruire la Syrie et l’Irak (et le Yémen), mais les Israéliens, si habitués à demander de l’aide à Washington, devront peut-être cette fois-ci se tourner vers Poutine pour qu’il les tire du pétrin dans lequel ils se sont fourrés.

Les Israéliens de droite qui affirmaient qu’Assad était un plus grand danger que l’EI vont devoir reconsidérer leur position, parce qu’ils seront peut-être bientôt obligés de parler avec lui, s’ils veulent assurer la sécurité de leur frontière nord.

Robert Fisk

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.independent.co.uk/voices/syrian-war-ending-bashar-al-assad-...

URL de cet article 32290 

 

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« Le cas Saint-Martin. Si tout s’effondre, vous serez seul. Désespérément seul ! » L’édito de Charles SANNAT

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #Politique intérieure, #l'horreur économique

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous avez sous les yeux l’incurie française, de ses “élites”, de ses “dirigeants”. Selon nos mamamouchis, il faut “vivre avec le terrorisme”, il faut aussi “vivre avec les cyclones”, il faut vivre avec tout ce qui ne va pas.

Malheur à ceux qui oseront dire que le service après-vente est nul quand on achète un produit “État français”.
Oui, l’État est déficient, et ce que vous voyez à Saint-Martin n’est pas exclusivement le fait de ce gouvernement fut-il celui en exercice. Ce qui se passe est la conséquence d’années de laxisme dans la totalité des domaines.

La sous-préfète en dessous de tout et dans tous ses états… de choc !

Alors tout part à vau-l’eau sur l’île de Saint-Martin, y compris la sous-préfète, exfiltrée certaines rumeurs, et officiellement en état de choc, car la “pauvrette” s’est un peu trouvée à l’étroit dans une pièce sombre de la Préfecture en pleine tourmente. Elle a mal digéré l’ouragan, ce que l’on peut comprendre, mais la “pauvrette” n’est pas la seule. Ils sont 35 000 Français à avoir eu de peur à très peur et en passant par toutes la palette de couleurs de la trouille.

Évidemment, de bonnes âmes vont me dire “vous n’y étiez pas, blablabla, la pauvre, quand même”… Arguments irrecevables.
Un préfet ou un sous-préfet incarne le pouvoir, l’autorité, et se doit d’être en mesure de prendre les décisions. Il doit tenir la barre. S’il en est incapable, il est démis sur le champ.

Il est une chose d’être un préfet Ferrero Rocher, et une autre d’être une “autorité”.

Manifestement, les autorités autorisées sont dans l’incapacité de décider, d’organiser et de structurer quoi que ce soit. De nombreux pays ont évacué préventivement l’île. Nous, rien.

Je ne vais pas détailler la liste des défaillances évidentes car il convient d’attendre que la poussière retombe sur les ruines d’un État décadent.

Le problème qui nous concerne tous est le suivant.

Que pouvons nous attendre de l’État ?

Plus rien mes amis. Le problème c’est que nous avons délégué à l’État des pans entiers de notre vie.

La sécurité, qui est le besoin fondamental comme j’ai eu l’occasion de le dire dans un autre édito, est le premier sujet que nous avons délégué à l’État. L’État assure notre sécurité et la justice. Nous acceptons de ne pas être armés et de nous en remettre à l’action des “gens en armes”, qui devinrent nos gendarmes. Mais quand ils ne sont plus à leurs postes ou que leur action n’est plus utile, ou rendue possible et ce, quelles que soient les circonstances (y compris lorsque certains passent du côté des pillards), le citoyen, désarmé, est à la merci des plus violents et devient la proie chassée par les vilains bandits.

Ce qui se passe à Saint-Martin est très grave, dans la mesure où c’est la rupture unilatérale par l’État du “contrat social”. Ce contrat matérialise ce qui fait que le citoyen a besoin de l’État, ce pour quoi il est prêt à payer des impôts, d’où son “consentement” aux règles aussi bien légales que fiscales.

Si vous n’avez rien à attendre de l’État, alors l’État ne doit rien avoir à vous prendre.

À service inexistant, impôt réduit à presque néant.

Pourtant, en France, c’est l’inverse (sauf à Saint-Martin où personne ou presque ne paye d’impôt, ceci expliquant aussi un peu cela, car il faut “punir” Saint-Martin), et c’est à chaque fois la même chose.

Quand j’étais jeune, j’ai travaillé, à la suite d’ailleurs d’un cyclone, dans les assurances… à Saint-Martin. Je me souviens de cette scène exquise où deux contrôleurs des impôts sont venus sur l’île contrôler des commerçants qui avaient été “cyclonnés” 6 mois avant. Autant vous dire que les contrôles n’ont pas eu lieu, et que les gendarmes ont vite ramené tout ce petit monde à l’aéroport avant que les deux pandores du fisc ne se fassent lyncher en place publique.

Mis à part les cas “particuliers”, partout on voit bien le retrait massif de l’État en situation de quasi faillite.
Les soins deviennent de plus en plus chers, l’éducation est devenue dans les faits privée – sauf si vous habitez place des Invalides dans Paris 7e –, les emplois aidés sont supprimés, les APL baissent de 5 euros, ou encore les services communaux se dégradent, et partout, les poubelles sont vidées moins souvent, les déchetteries ouvertes moins de jours chaque semaine et la liste est infinie.

Vous assistez, mes amis, non pas à l’effondrement brutal de votre pays, mais à sa déliquescence.

Ce que nous avons été capables de faire en 1999 quand il y a eu cette grande tempête, je peux vous assurer que nous serions incapables de le refaire car l’armée, EDF, les services publics comme les autoroutes ont tous dégraissé (drôle de régime) leurs effectifs de manière massive.

Si cet hiver une tempête devait dévaster notre pays, je vous assure qu’il n’y aurait sans doute plus grand monde pour vous rallumer les lumières.

La conséquence est simple

Si l’État ne peut pas venir vous aider, alors que pouvez-vous faire pour vous aider ? Que pouvez-vous faire pour vous préparer ? Pour anticiper ce qui pourrait arriver ? Vous préparer et anticiper pour vous-même et pour vos proches ?

Ne me parlez pas d’argent ! Vous avez vu les dévastations à Saint-Martin, île riche, et sur celle encore plus riche de Saint-Barthélemy ! Et à Cuba ? Chez Fidel, dans ce pays d’arriérés (c’est ironique à notre égard évidemment puisque nous donnons des leçons à tout le monde y compris à Trump), avez-vous vu un chaos semblable ? Avez-vous entendu parler de morts à Cuba ? … Normal, les Cubains sont les meilleurs en prévention des ouragans. Comme ils n’ont pas d’argent, ils préfèrent prévenir que guérir, ce qui est d’une grande intelligence bien entendu et du bon gros vieux bon sens (le BGVBS de mon papi).

La réalité c’est que sur certains sujets, Castro c’est mieux que Macron… Surprenant vu comme ça non ? (Pas sur tout, évidemment, sinon on va encore me traiter de rouge crypto-marxiste.)

Tout cela pour vous dire que si je fais le parallèle entre la tempête de 1999 qui nous avait frappés et notre incurie de 2017, c’est parce que le dernier gros cyclone qui avait ravagé Saint-Martin a eu lieu justement… en 1999 : je le sais, j’y étais ! Et cette année, j’eu l’ineffable idée de revenir passer les fêtes de Noël en Métropole en famille… ce qui me valut de contempler ma belle Twingo écrasée sous une cheminée d’immeuble au petit matin !

N’oubliez pas, quand les lumières s’éteindront, vous serez seul, et si l’État vient à votre secours, ce sera trop peu, trop tard. Cette nouvelle règle, taboue pourtant, vous devez l’intégrer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Libération 

Source La Tribune 

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« Espèce de feignasses… Pardon ! Bande de fainéants ! » L’édito de Charles SANNAT

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La lutte des classes, #Politique intérieure, #l'horreur économique

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Hahahahahahahaha, notre président Macron, béni soit son saint nom, nous traite donc de feignasses, pardon, de fainéants, car malgré les dénégations d’ailleurs bien faiblardes de sa seigneurie du Palais, le Sieur Macron, en gros, n’en démord pas, nous sommes des feignasses, et il va se charger de nous botter le cul pour nous mettre au travail.

Bon… je pense que nous serons tous d’accord sur le fait que commencer par nous expliquer qu’on ne fiche rien, même si cela peut évidemment se discuter, ce n’est pas a minima très diplomate ni particulièrement constructif.

Je dirais même qu’il n’y a, dans ce type de diatribes, aucune volonté ni de consensus ni de dialogue mais uniquement de la force brute, de l’autoritarisme et de la punition.

Rappeler que le Sieur Macron fut bien mal élu, et choisi par dépit, n’est certes pas bien vu, c’est pourtant une réalité.

Une réalité aussi la situation déplorable de Saint-Martin où, semble-t-il, jusqu’au plus haut niveau de l’État, les choses semblent être gérées par… des feignasses, qui me rappellent les « rois fainéants » de nos leçons d’histoire.

Les gens travaillent et certains sont plus privilégiés que d’autres !

Travailler ce n’est pas facile. C’est même souvent très difficile, cela peut l’être physiquement et aussi psychologiquement. Le marché du travail n’est pas tendre, encore moins avec les faibles ou les sensibles.

Beaucoup de boulots sont sans intérêt ou presque. Bref, je trouve remarquable en réalité que des millions de gens se lèvent chaque jour pour aller travailler dans des postes pas terribles avec des salaires de misère, et un chefaillon à la « Macron ».

D’ailleurs, une infirmière et ses 1 500 euros ou un jeune gendarme en début de carrière qui gagne peu travaillent beaucoup et pansent les plaies quotidiennes de notre société et témoignent de cet engagement des petits ainsi que des sans-grade que nous sommes.

Certains, il est vrai, sont plus privilégiés que d’autres, et nous devons en parler. Nous devons équilibrer cela par souci effectivement de justice et parce que les efforts doivent être supportés par tous. Nous pouvons supprimer les régimes spéciaux, mais certainement en partant du postulat que les gens sont tous des « fainéants, des cyniques ou des extrêmes ».

Ne pas être d’accord avec ce gouvernement et ce président ne fait de nous ni des fascistes, ni des cyniques et encore moins des fainéants, mais des femmes et des hommes libres, même si cela semble hérisser le poil de certains de nos mamamouchis.

L’exemplarité, la base du leadership !

Macron doit recevoir quelques leçons, non pas de management, thématique qu’il semble affectionner, mais de leadership.

Diriger et être suivi, ce n’est pas humilier. C’est encore moins insulter ou braquer les gens. Le leadership, c’est l’exemplarité. Quand votre peuple n’a qu’un bol de riz, mangez un bol de riz. Quand il dort sous la tente, dormez sous la tente, quand il souffre, souffrez avez lui, et soyez le premier à prendre le chemin du redressement.

Pour cela, il faut aimer les gens.

Pour cela, il faut les aimer tels qu’ils sont, parfois bien, parfois mauvais, souvent médiocres.
Pour cela, il faut mépriser la possession et le matérialisme à outrance, pour cela il faut savoir faire preuve de don de soi, et de dépassement de sa personne.

Incarner la France et son peuple, ses victoires et ses souffrances, ses échecs, ses réussites, ce n’est pas passer en boucle sur BFM et enchaîner des séquences de communication.

Incarner la France, entraîner un peuple, c’est faire preuve de désintéressement et d’exemplarité.

Or ces valeurs sont absentes de l’esprit et des âmes de ceux qui nous dirigent.

Même BFM TV, qui n’est pas à proprement un organe de presse anti-Macron, ne peut pas cacher que certains députés En Marche ! mettent des « coups de boules » comme les pires voyous, ou font payer des visites à l’Assemblée nationale en profitant de leur poste de député comme le dit cet article de BFM intitulé « Une députée LREM organise des visites payantes de l’Assemblée ».

Selon BFM, je cite toujours : « Pascale Fontenel-Personne, députée LREM, propose via son entreprise de voyages des visites en groupe de l’Assemblée nationale facturées 119 euros par personne. Une démarche contraire au code de déontologie de l’Assemblée »…

Sérieusement !

Nous en sommes donc réduits à devoir nous habituer à une telle classe politique ?
Nous devons supporter les insultes de ces gens qui nous volent sans vergogne ?

Ce qui me réjouit d’avance, c’est le prochain voyage de Macron à Saint-Martin. Connaissant le côté insoumis et impertinent des habitants de cette île, je peux vous garantir qu’il va se souvenir de son voyage, et il n’est pas dit qu’il puisse aller se cacher dans une sous-préfecture détruite. Il risque de ne visiter de Saint-Martin que le tarmac protégé des ruines de l’aéroport.

J’ai hâte de voir comment la propagande de guerre de notre souverain va faire de ce périple une épopée chevaleresque. Macron va-t-il distribuer de l’eau ? À moins qu’il ne donne des pains (dans tous les sens du terme) à tous ces fainéants des îles (mode ironie noire évidemment)…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Le Point 

Source BFM TV ici 

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Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie II)

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Le fascisme

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie II)

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté

(Partie II)

 

La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale

 

Ce que les discours sur la souveraineté de Trump et Sanders, de Podemos et des Brexiters, ont en commun, est l’idée selon laquelle, pour construire un nouvel ordre social sur les décombres de la globalisation néolibérale, il est nécessaire de revendiquer le droit des communautés politiques définies sur une base territoriale à gérer leur vie collective de façon relativement autonome vis à vis des interférences extérieures. Cette similitude explique pourquoi, malgré leurs énormes différences, il y a des points de superposition entre les populistes de droite et les populistes de gauche. Par exemple, Trump et Sanders ont tous les deux proposé des formes de protectionnisme économique, et des formes d’intervention de l’État sur l’économie, à travers notamment la construction de nouvelles infrastructures.

Exception faite pour ces éléments de similitude, la gauche populiste et la droite populiste sont en profond désaccord sur ce que signifie vraiment souveraineté, et sur le type de contrôle territorial qui doit être reconstruit. Pour les populistes xénophobes de droite, la souveraineté est d’abord la souveraineté nationale, projetée sur un imaginaire ethnique Blut und Boden (« sang et sol »), qui, hormis quelques exceptions de nations politiques, sont souvent définies par des liens ethnico-culturels mobilisés contre ceux – étrangers et migrants – qui semblent mettre en cause l’homogénéité et la sécurité du peuple. La vision de la souveraineté qui s’associe à cette logique politique relève de la philosophie politique de Thomas Hobbes, pour lequel la souveraineté se fondait sur la garantie et la protection offerte par le souverain à ces sujets.

« Il s’agit de revendiquer la souveraineté comme souveraineté populaire et pas uniquement comme souveraineté nationale. »

Les flux globaux que cette vision réactionnaire de la souveraineté considère comme la menace principale sont évidemment les flux migratoires . La souveraineté dans cette perspective signifie d’abord la fermeture des frontières aux migrants, y compris les réfugiés qui fuient des guerres, mais également la mise à l’écart des minorités internes perçues comme non désirables, notamment les musulmans, suspectés de mettre en danger la sécurité et la cohésion sociale. Cette vision xénophobe de la souveraineté était évidente au cours du débat sur le Brexit, où la campagne « Leave » a aussi gagné en exploitant la peur contre les migrants, notamment polonais, perçus et pointés du doigt comme les responsables de la baisse des salaires et de la dégradation des services publics.

La vision progressiste de la souveraineté, qui est au centre des mouvements populistes de gauche, de Podemos à Bernie Sanders, a un sens très différent différente. Il s’agit de revendiquer la souveraineté comme souveraineté populaire et pas uniquement comme souveraineté nationale. En outre, cette vision promeut la souveraineté comme un moyen d’inclusion plutôt que d’exclusion. Cette demande progressiste de souveraineté tire son origine dans les premières lueurs de la gauche moderne, entre la fin du XVIII siècle et le début du XIX siècle. L’idée de souveraineté populaire a été développée dans les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau, dans lesquels l’idée que le pouvoir devait passer des mains du monarque à celles du peuple était centrale. Rousseau a, par ailleurs, profondément influencé les jacobins, la Révolution Française et les insurrections populaires du XIX siècle.

Malgré cela, l’idée de souveraineté est tombée dans le discrédit auprès de nombreux mouvements radicaux pendant l’ère néolibérale. La souveraineté a été vue comme un concept autoritaire, étranger à une politique d’émancipation, ainsi qu’elle était présentée dans la critique au concept de souveraineté développée par Michael Hardt et Antonio Negri dans Empire. Toutefois, la nouvelle gauche populiste qui s’est levée après le krach financier de 2008 a redécouvert la question de la souveraineté, et elle s’est convaincue qu’une vraie démocratie est impossible sans la récupération des formes d’autorité territoriale.

La récupération progressiste de l’idée de souveraineté, comme elle est proposée par des phénomènes tels que ceux de Sanders et Podemos, a comme principal ennemi les banques, les entrepreneurs sans scrupules et les politiciens corrompus à leur solde, et non les étrangers, les réfugiés et les minorités ethniques. Les flux financiers et commerciaux, plutôt que les flux migratoires, sont ceux qui sont vus comme la principale menace au bien-être et à la sécurité des communautés. En ce contexte, la souveraineté est perçue comme une arme qui peut être utilisée par le Peuple contre l’Oligarchie, par le plus grand nombre contre les 1%, par l’ensemble des citoyens contre les élites qui contreviennent à la volonté populaire.

Si les leaders populistes progressistes tels qu’Iglesias et Sanders ont souvent utilisé les sentiments patriotiques et s’ils ont vu l’État-nation comme qu’espace central de mobilisation contre le système néolibérale, leur vision de la souveraineté est certainement plus à multi-échelle et plus inclusive que celle des populistes de droite. Elle comprend le niveau local, régional, national et continental. En effet, la souveraineté a souvent été invoquée au niveau local par les formations « municipalistes » qui ont conquis les mairies de Madrid et de Barcelone. Les administrations de Manuela Carmena et d’Ada Colau ont utilisé le pouvoir des juridictions locales pour soutenir l’économie locale, pour limiter les processus de gentrification, et pour lutter contre la rapacité des entreprises de la pseudo « sharing economy », comme Airbnb et Uber. Par ailleurs, Bernie Sanders a fait appel à la souveraineté des communautés des natifs américains, à l’occasion des manifestations contre la construction de la Dakota Access Pipeline (DAPL).

Il est évident que, dans un monde mondialisé et interconnecté comme celui dans lequel nous vivons, une véritable souveraineté populaire, pour être efficace, doit être exercée également au niveau supranational. Le chaos provoqué au Royaume-Uni par le Brexit, et l’incertitude qu’il a engendré sur le futur économique du pays, démontre que ce n’est pas possible dans l’ère contemporaine d’opérer un simple retour à l’échelle nationale, ou du moins cette option n’est pas possible pour les États-nations européens, qui sont trop petits pour pouvoir exercer un contrôle réel sur les processus économiques à l’échelle planétaire. Une politique progressiste de la souveraineté doit trouver le nécessaire équilibre entre le niveau national et celui supranational. C’est la raison pour laquelle les demandes de démocratiser l’Europe, telles que celles avancées par le mouvement DIEM25 guidé par l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, sont importantes.

 

Des frontières perméables

 

Une vision progressiste de la souveraineté doit admettre que l’État-nation n’est pas le seul espace d’exercice de la souveraineté, et que dans le monde contemporain la souveraineté fonctionne à différentes échelles, toutes également légitimes et utilisables comme des moyens pour poursuivre un programme politique progressiste. Du reste, nous vivons dans une époque dans laquelle le lieu de la souveraineté est incertain et dans laquelle le concept même de souveraineté fait l’objet luttes de définition. En ces temps, nous sommes appelés à repenser et à réinventer la souveraineté pour l’adapter aux contours changeants des territoires, des droits et des institutions. Nous devons construire des nouvelles territorialités, conçues non pas comme des espaces à fermeture étanche, mais plutôt comme un espace délimité par des frontières perméables, qui peuvent être ouvertes aux migrants et aux réfugiés et simultanément fermées sur les flux de capitaux spéculatifs et sur les formes dangereuses de commerce global.

« La gauche a un besoin urgent de construire une vision progressiste de la souveraineté »

Le futur nous dira quelle vision de souveraineté s’imposera dans le panorama post-néolibéral et si ce sont les populistes de droite ou de gauche qui gagneront cette bataille pour l’hégémonie dans cette nouvelle phase. À l’heure actuelle, c’est la droite populiste qui semble prendre de l’avance. Cela est dû d’un coté au fait que la majorité des personnes continue d’associer la politique de la souveraineté avec l’État-nation et le nationalisme, et d’un autre côté aux hésitations des forces de gauche et des mouvements sociaux dans la revendication du principe de souveraineté.

Ce qui est clair est que la gauche ne peut pas se permettre de laisser le discours souverainiste à la droite. La demande de récupération de la souveraineté découle d’une expérience réelle de souffrance et d’humiliation déclenchée par la démolition néolibérale des formes de protection qui étaient offertes par l’État-nation. Pour répondre à la colère et au désordre provoqué par la crise économique, politique et morale du néolibéralisme, la gauche a un besoin urgent de construire une vision progressiste de la souveraineté, dans laquelle le contrôle du territoire n’implique pas l’exclusion des étrangers et des minorités ethniques et religieuses, mais l’inclusion des différentes communautés au niveau local, national et transnational dans tous les processus de décision qui les concernent.

Crédit photo : http://www.senso-comune.it/paolo-gerbaudo/post-neoliberismo-la-politica-della-sovranita/

 

http://lvsl.fr/post-neoliberalisme-politique-de-souverainete

 

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Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie I)

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie I)

POLITIQUE

Valerio Arletti 1

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté

(Partie I)

 

Article de Paolo Gerbaudo paru initialement le 28 février 2017 dans la revue italienne Senso Comune. Nous avons décidé de traduire cet article car il offre un point de vue riche sur la réémergence du concept de souveraineté. Traduction réalisée par Valerio Arletti.

La crise de la mondialisation néolibérale est en train de se manifester à différentes latitudes. Elle a été démontrée de manière éclatante par la victoire du Brexit au Royaume-Uni et par le succès de Donald Trump aux élections présidentielles américaines, a ressuscité une des notions politiques les plus anciennes et poussiéreuses : l’idée de souveraineté.

Habituellement entendue comme autorité et capacité de l’État à gouverner sur son territoire, la souveraineté a longtemps été considérée comme un résidu du passé dans un monde de plus en plus mondialisé et interconnecté. Mais aujourd’hui ce principe est invoqué de manière quasi obsessionnelle par l’ensemble des nouvelles formations populistes et des nouveaux leaders qui ont émergés à gauche et à droite de l’horizon politique suite à la crise financière de 2008.

La campagne pour le Brexit au Royaume-Uni, avec sa demande de « reprendre le contrôle », s’est focalisée sur la reconquête de la souveraineté contre l’Union européenne, accusée de priver le Royaume-Uni du contrôle sur ses propres frontières. Dans la campagne présidentielle américaine, Donald Trump a fait de la souveraineté son leitmotiv. Il a soutenu que son plan sur l’immigration et sa proposition de révision des accords commerciaux garantiraient «prospérité, sécurité et souveraineté» au pays. En France, Marine Le Pen prononce le mot « souveraineté » à chaque occasion possible lors de ses divagations contre l’Union européenne, les migrations et le terrorisme, et elle a clairement affirmé que cette idée est son la clef de voute de sa campagne présidentielle. En Italie le Mouvement 5 étoiles a souvent fait appel au principe de souveraineté. Un de ses leaders, Alessandro di Battista, a récemment déclaré que «la souveraineté appartient au peuple» et que l’Italie devrait abandonner l’euro pour reconquérir le contrôle sur sa propre économie.

La question de la souveraineté n’a pas seulement été l’apanage des formations de droite et du centre. Des demandes de récupération de la souveraineté sont aussi venues gauche, un champ dans lequel ce principe a longuement été regardé avec une grande méfiance, à cause de son association au nationalisme. En Espagne, Pablo Iglesias, le leader de Podemos, la nouvelle formation populiste de gauche fondée au début de 2014, s’est souvent qualifié de « soberanista » [N.D.L.R. souverainiste]. Il a adopté un discours très patriote, en faisant appel à l’orgueil et à l’histoire nationale. Tout en refusant le Brexit, Iglesias a soutenu que les États nationaux doivent récupérer leur «capacité souveraine» à l’intérieur de l’Union européenne. Aux États-Unis, Bernie Sanders a critiqué férocement la finance globale et, de façon similaire à Donald Trump, le commerce international. En ce qui concerne le Partenariat Trans-Pacifique (TPP), un traité commercial entre les États-Unis et onze pays de la zone Pacifique, Sanders a soutenu qu’il «minerait la souveraineté des États-Unis».

La revendication progressiste de l’idée de souveraineté peut être reliée au soi-disant « mouvement des places » de 2011, une vague de protestations qui inclut le Printemps arabe, les indignados espagnols, les aganaktismenoi grecs et Occupy Wall Street. Même si ces mouvements ont été décrits comme étant « néo-anarchistes », en continuité avec la longue vague de mouvements antiautoritaires, anarchistes et autonomes post-1968, une de leurs caractéristiques principales a été la demande de caractère typiquement populiste, plutôt que néo-anarchiste, de récupération de la souveraineté et de l’autorité politique au niveau local et national en opposition aux élites financières et politiques.

Les résolutions des assemblées populaires d’Occupy Wall Street ont souvent invoqué le préambule «We the People» de la Constitution américaine, et ils ont demandé une récupération des institutions de l’État de la part du peuple et une réglementation du système bancaire pour contrer la spéculation financière et immobilière. A l’occasion des acampadas également, la souveraineté a émergé en tant que question centrale dans les discussions sur comment résister au pouvoir de la finance et de la Banque centrale européenne, accusées de frustrer la volonté du peuple.

Cette abondance de références à la souveraineté à droite aussi bien qu’à gauche de l’échiquier politique montre comment la souveraineté est devenue le signifiant clé du discours politique contemporain : un terme qui constitue un champ de bataille discursif et politique dans lequel se décidera le sort de l’hégémonie politique dans l’ère post-néolibérale, et qui déterminera si la bifurcation post-néolibérale prendra une direction progressiste ou réactionnaire.

Ce nouvel horizon soulève des questions brûlantes pour la gauche, alors que jusq’ici celle-ci a été tiède à embrasser la question de la souveraineté. L’association de la souveraineté avec l’État-nation, avec sa longue histoire de conflits internationaux et de contrôles répressifs sur les migrants, a conduit de larges secteurs de la gauche à conclure que ce principe est inconciliable avec une politique réellement progressiste. Toutefois, il faut remarquer que la souveraineté – et en particulier la souveraineté populaire – a constitué un concept fondamental dans le développement de la gauche moderne, comme on le voit dans le travail de Jean-Jacques Rousseau et dans son influence sur les jacobins et sur la révolution française. La revendication de souveraineté à laquelle on a assisté à l’occasion des protestations de 2011, dans les discours de Podemos et dans ceux de Bernie Sanders, peut-elle annoncer l’émergence d’une nouvelle gauche post-néolibérale qui se réapproprie la question de la souveraineté comme un élément clé pour construire un pouvoir populaire, combattre les inégalités extrêmes et le déficit démocratique qui  tenaillent nos sociétés ? Quelles formes de souveraineté peuvent-elles être réellement récupérées dans un monde interconnecté au niveau global ? Et jusqu’à quel point est-il vraiment possible de développer l’idée de souveraineté dans un sens progressiste ?

 

Reprendre le contrôle d’un monde où « tout fout le camp »

 

Le retour de la question de la souveraineté dans les débats politiques contemporains révèle que nous nous trouvons face à une profonde crise du néolibéralisme, qui est en train de nourrir la demande de contrôle démocratique sur la politique et sur la société.

La crise financière de 2008, avec les dégâts sociaux qu’elle a engendrés pour des millions de gens, a mis à nu beaucoup de contradictions de fond qui étaient partiellement visibles dans les années 1990 et au début des années 2000, quand le néolibéralisme était triomphant. Les anxiétés qui caractérisaient cette phase de transition se concentrent notamment sur une série de flux – commerce, finance et personnes – qui constituent le système sanguin de l’économie globale.

A l’apogée de l’ère néolibérale, ces flux – et notamment les flux financiers et commerciaux – étaient présentés par la classe dirigeante – et perçus par la majorité de la population – comme des phénomènes positifs et comme une source de richesse. Aujourd’hui, dans un monde caractérisé par la stagnation économique, l’insécurité et l’instabilité géopolitique, la mondialisation et ses flux apparaissent aux populations comme une source de risque plutôt que comme une source d’opportunités. Cela est aggravé par le fait que ce sont des forces qui entravent toute prétention de contrôle des institutions politiques sur le territoire dans leur juridiction.

C’est à partir de cette perception d’absence de contrôle que découle ce désir de « reprendre le contrôle » qui est le leitmotiv du populisme contemporain, ainsi que nous avons pu le voir au cours de la campagne du Brexit. Il s’agit de reprendre le contrôle comme réponse à un monde qui apparaît de plus en plus hors contrôle à cause de l’effet déstabilisant des flux globaux qui fuient le contrôle des institutions démocratiques.

La perception d’une perte de contrôle territorial reflète la manière par laquelle la mondialisation néolibérale a scientifiquement démoli les différentes formes d’autorité et de régulation territoriale, dans l’espoir de transformer la planète en un « espace lisse », facilement traversé par des flux de capitaux, de marchandises et de services. La souveraineté a été de fait l’ennemi juré du néolibéralisme, comme on le voit dans les fréquentes attaques lancées contre ce principe dans la théorie économique néoclassique et dans la philosophie néoconservatrice qui a accompagné le développement du néolibéralisme. Des auteurs tels que Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek et Milton Friedman ont considéré les institutions souveraines comme des obstacles aux échanges économiques et aux flux financiers, et comme des interférences à la primauté du marché et à la liberté économique des entrepreneurs et des consommateurs. Selon eux, les États-nations devraient laisser de l’espace à un marché global, le seul souverain légitime selon la Weltanschauung [N.D.L.R. la vision du monde] néolibérale.

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Ce projet a trouvé son application concrète dans les politiques néolibérales de déréglementation économique et financière qui ont été développées à partir de la fin du régime de Bretton Woods et de la crise pétrolière de 1973, pour enfin se généraliser dans les années 1980 et 1990. Les grandes entreprises multinationales qui se sont développées après la Seconde Guerre mondiale ont rapidement constitué une menace pour le pouvoir territorial des États-nations. Ces entreprises ont souvent fait un chantage aux Etats en les menaçant de transférer ailleurs leurs activités pour obtenir des normes fiscales et des normes sur le travail plus favorables à leurs intérêts. La création des paradis fiscaux, qui est allée de pair avec le développement des multinationales, a servi comme moyen pour rendre vain le contrôle souverain sur la fiscalité et sur les flux de capital. Comme le décrit Nicholas Shaxson dans les Îles au trésor, les paradis fiscaux ont bouleversé le système de souveraineté territoriale, en retournant ce principe contre lui-même et en revendiquant la souveraineté pour des petites îles ou des micro-États tels que le Liechtenstein ou Saint-Marin, utilisés comme une sorte de repaire de pirates : des territoires extraterritoriaux dans lesquels il est possible de cacher les gains frauduleux soustraits aux trésors nationaux. Les expédients utilisés dans les dernières années par des entreprises numériques telles que Google, Facebook et Amazon pour l’évasion fiscale ne sont que le dernier chapitre de cette attaque de longue date à la souveraineté fiscale.

En outre, la libéralisation commerciale, réalisée à travers une série de traités commerciaux globaux et à travers la création de l’Organisation Mondiale du Commerce, a également eu pour but d’affaiblir la souveraineté des États-nations, en les privant de toute capacité de protéger leurs industries locales par l’utilisation de tarifs douaniers et d’autres barrières commerciales. Cela, tout en exposant les travailleurs à une course globale au moins-disant en ce qui concerne les salaires et les conditions de travail.

En conséquence, malgré la suspicion qui demeure à gauche à l’égard de l’idée de souveraineté, il est évident que ce vide a été le facteur qui a permis les effets les plus néfastes du néolibéralisme. C’est la démolition des juridictions souveraines à travers les paradis fiscaux et les traités de libre commerce qui a permis l’accumulation d’immenses richesses dans les mains des super-riches au détriment des gens du commun, tout en amenant à une situation dans laquelle, comme un fameux rapport de l’ONG britannique Oxfam publié en janvier 2016 le documente, 62 personnes contrôlent le 50% du patrimoine mondial.

À la lumière de ces effets néfastes de la guerre menée par le néolibéralisme contre la souveraineté, personne ne devrait être surpris du fait que, face à la crise de l’ordre néolibéral, la souveraineté soit vue de nouveau comme étant un élément central pour construire un ordre politique et social alternatif. Au centre de cette nouvelle politique de la souveraineté, il y a la demande de nouvelles formes d’autorité territoriale pour contrôler les flux globaux.

La demande de souveraineté est le point nodal de la politique de l’ère post-néolibérale et le point de superposition entre le populisme de droite et de gauche, entre la politique de Trump et celle de Sanders, entre la vision du Mouvement 5 étoiles et celle de Podemos. Cependant les nouveaux populistes de droites et de gauches sont en profond désaccord à l’égard de ce qu’ils entendent exactement par souveraineté et à l’égard de la définition des flux globaux qui constituent effectivement un risque pour la sécurité et le bien-être, et qui devraient par conséquent être contrôlés. Si l’idée de souveraineté est au centre de la conflicutalité politique, la bataille qui se joue autour de ce concept repose notamment sur le sens qui lui est donné, et sur le contenu politique qui en découle.

 

(A Suivre)

Crédit photo : http://www.senso-comune.it/paolo-gerbaudo/post-neoliberismo-la-politica-della-sovranita/

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LA SÉCU A 70 ANS... « La Sécurité sociale glisse vers la privatisation partielle »

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La sécurité sociale, #La santé, #Services publics

LA SÉCU A 70 ANS... « La Sécurité sociale glisse vers la privatisation partielle »

Frédéric Pierru, chargé de recherche en sociologie au Cnrs, explique pourquoi, à son avis, la Sécu est aujourd'hui en pleine déconstruction.

La Sécurité sociale a soixante-dix ans. Pourtant, cet anniversaire intéresse fort peu…

C'est vrai, on a fêté la fin de la guerre et le Débarquement, mais la Sécurité sociale, qui est pourtant une immense conquête sociale, ne se célèbre pas, ne passionne pas. Aujourd'hui, la Sécu, c'est de l'acquis. Non seulement, il n'y a aucune volonté politique de la refonder, mais, à l'inverse, on la laisse s’effriter, s'étioler. On la déconstruit à coup de mesures techniques et budgétaires. L'institution fonctionne en pilotage automatique. L'absence de vision politique fait que le gouvernement évolue au gré des rapports de forces : médecins libéraux, assurances complémentaires, hôpitaux, élus locaux... Inexorablement, la Sécurité sociale est entraînée vers la pente la plus glissante : celle de la privatisation partielle.

Par quel processus ?

Sous ce gouvernement, le processus de privatisation n'est pas idéologique, comme c'était le cas avec le gouvernement précédent. Il s'agit plus d'un glissement vers une privatisation rampante, réalisée en douce, une « métamorphose silencieuse » de l'assurance-maladie, pour parler comme Didier Tabuteau. A coup de forfaits, de franchises, de déremboursements, d'effritements successifs, on a poussé les Français vers l'obligation d'avoir une complémentaire santé. Ce transfert s'est fait insidieusement, sans débat démocratique. Veut-on vraiment que la Sécu se limite, demain, à prendre en charge les plus gros risques, type Ald [affections de longue durée], et se désengage du reste ? La question n'a jamais été posée aux Français.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est pourtant voté par les députés ?

Avec le PLFSS on voulait, en effet, obliger les élus de la nation à se prononcer sur le taux de prise en charge des dépenses de santé, à décider politiquement de ce que l'on voulait pour notre système de santé. Par exemple, est-ce que l'on voulait une Sécurité sociale universelle, égale pour tous, ou plus ciblée sur ceux qui en ont le plus besoin, comme les grands malades ou les plus démunis. Ce n'est plus ce débat politique qui est en question aujourd'hui dans le Plfss, mais seulement des mesures d'économies pour pallier les difficultés de financement de l'institution.

Le but aujourd'hui est de réduire le périmètre de la Sécurité sociale. Un pas a été franchi dans la prochaine «grande» loi santé, qui pose que les élus de la nation doivent désormais se prononcer sur le reste à charge – ce qui est un progrès – entendu comme ce qui reste à la charge des patients après l’intervention de l’assurance-maladie de base et les assurances complémentaires, ce qui est un recul incroyable ! Car, autrement dit, on a entériné l’idée que les complémentaires participent au même titre que la Sécu au financement des dépenses de santé de base ! Or, les conditions d'accès aux complémentaires santé ne sont pas du tout celles de la Sécu. On cotise à l'assurance-maladie selon ses revenus. Ce n'est pas le cas pour les complémentaires, dont le financement est globalement régressif. Il s'agit d'un transfert des dépenses publiques vers les dépenses individuelles des Français, mais qui ne dit pas son nom, dans la plus grande opacité. C’est un transfert intrinsèquement inégalitaire.

Vous le regrettez, bien sûr ?

Bien sûr, ce qui est en train de se passer est une magnifique illustration du manque de conception politique, de la gestion à courte vue de l'institution. Il y a un écart immense entre le discours du gouvernement et les actes sur ces questions. On veut nous faire croire, et ce sera pire encore demain avec l'Ani, que la Sécurité sociale et les assurances complémentaires, c'est pareil. La pensée technocrate, gestionnaire a pris le dessus et est en train de tout emporter, au nom du réalisme et du pragmatisme. Il faudrait quand même rappeler que la création de la Sécurité sociale était un acte politique, que la Sécurité sociale a été crée pour lutter contre l'insécurité sociale.

Comment faire évoluer les choses ?

Les systèmes de santé ont une inertie très forte. Il faut des conjonctures historiques et politiques exceptionnelles pour les faire évoluer substantiellement. Cela a été le cas en 1945. Ce fut le cas également en 1958 avec le changement de République : la réforme Debré de l'hôpital et les décrets préparant le terrain à la convention entre médecins et Sécurité sociale ont été des réformes profondes et structurantes. C'est également le cas de la réforme Obama aux Etats-Unis. Bien sûr, celui-ci n'a pas réussi à aller aussi loin qu'il l'aurait souhaité, mais la volonté politique et les conditions historiques – l'arrivée au pouvoir d'un président noir – étaient là. Ce volontarisme politique fait aujourd’hui complètement défaut. On pose juste des Rustines et on se contente de gérer le «trou de la Sécu» au fil de l’eau, sans vision stratégique.

Les Français s'en rendent-ils compte, eux qui se disent tant attachés à leur Sécurité sociale ?

Les Français semblent aujourd’hui résignés – tous les discours gouvernementaux et « experts » cherchent à alimenter cette résignation : « on ne peut pas faire autrement » – et il est devenu très compliqué de mobiliser sur le sujet. Pour espérer une réaction, il faudrait que les Français comprennent bien ce qui est en train de se passer et saisissent les vrais enjeux. Or les décideurs déploient des efforts considérables pour « égarer les esprits » en usant et en abusant des antiphrases et des oxymores. A cet égard, la notion aussi opaque que technocratique de «service territorial de santé au public» de la prochaine loi santé est un modèle du genre, visant à faire croire que l’on va enfin construire un véritable service public de la santé de proximité, alors même que la privatisation du financement des soins courants va continuer et que l’on ne va guère s’en prendre aux syndicats de médecins libéraux les plus conservateurs... Une telle confusion, entretenue par des considérations de tactique politique et de communication, ne favorise pas une délibération démocratique de qualité sur un sujet essentiel. Je suis parfois consterné.

LA SÉCU A 70 ANS... « La Sécurité sociale glisse vers la privatisation partielle »

source: VIVA

http://www.communcommune.com/article-la-secu-a-70-ans-la-securite-sociale-glisse-vers-la-privatisation-partielle-124104309.html

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Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Les média, #Le socialisme, #La justice

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes

 

 

Bonjour

 

Vous trouverez ci-dessous le tract Recto/Verso que le RPS FIERS utilisera dans les Alpes-Maritimes pour s’opposer à la casse du code du travail imposé par ordonnances par Macron.

Afin de ne pas rester dans la seule contestation des actions concrètes seront proposées prochainement (réunion de travail, éducation populaire, etc. …)

Cordialement

Lucien Pons

Président du RPS FIERS pour la région PACA.

 

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS
Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS
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Le drapeau de Lorraine a flotté fin août 2017 dans la vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #La paix, #L'armée française

PENDANT UNE SEMAINE J'AI PORTE MON DRAPEAU A CROIX DE LORRAINE A PROXIMITE DE TENDE.......C'EST AVEC FIERTE QUE J'AI PU ENTENDRE CERTAINS DIRE QUE CE DRAPEAU N'ETAIT PLUS REPARU DEPUIS 1945.....HONNEUR A LA 1ère DFL QUI EUT UN LOURD TRIBUT A PAYER.POUR MOI CE FUT L'OCCASION DE COMMEMORER A MA FACON L'EPOPEE DE MON ONCLE ,ENGAGE VOLONTAIRE AU B.I.Ma DEPUIS LES COMBATS DU LEVANT,BIR HACKHEIM,EL ALAMEIN.....JUSQU'AUX VOSGES
Le 9 avril 1945 à Nice, De Gaulle annonce l'offensive sur l'Authion et la Roya.
L'opération "Canard" débute le 10 avril. Elle est commandée par le Général DOYEN et groupe la 1ère division motorisée d'infanterie (1ère D.F.L. venue d'Alsace), le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais, le B.I.M.P (bataillon d'infanterie du Pacifique) et des chars du 1" régiment de fusiliers marins. Les Allemands opposent la 34ème division d'infanterie et une partie de la 5ème division alpine.

Le 12 avril, les Français enlèvent l'Authion au prix de 274 tués et 644 mutilés ou blessés, et poursuivent les Allemands. Le 13 avril, Breil est libérée : le 14, Tende et La Brigue le sont à leur tour. (ces deux communes deviendront françaises en 1947 par le traité de Paris ainsi que les territoires que des communes des Alpes-Maritimes possédaient en Italie. Récit de l'opération contre le fort de Mille-Fourches conduite par le Lieutenant-colonel LITCHWITZ,
Commandant du groupe d'assaut de la 1ère D.F.L. (extrait)

« A quatre heures du matin, nous commençons à gravir la montagne au sommet de laquelle se trouve Mille-Fourches. Plusieurs éclatements de mines antipersonnel... des blessés... il faut attendre les premières lueurs du jour pour déminer.
A cinq heures du matin, nous reprenons notre progression... Après une demi-heure d'ascension, je demande par radio la préparation d'artillerie.
Le tir des 155 entame une partie de la montagne, des blocs de rocher dévalent sur nous. . . Je fais envoyer une fusée rouge pour interrompre le tir d'artillerie... Nous nous contenterons des mortiers à fumigènes qui coiffent maintenant le sommet de Mille-Fourches.
Nous approchons du sommet, nos mortiers claquent à cinquante mètres... Au moment précis on nous commençons à distinguer la redoutable silhouette du fort, le feu semble jaillir de toutes les pierres en même temps, nous avons l'impression qu'on nous tire dans le dos ; c'est la garnison du fort de la Forca qui vient de nous apercevoir.
Le fort illuminé par le feu qui sort de toutes les embrasures, a un aspect terrifiant... Les pertes se multiplient, impression de flottement.
Nous rampons dans la boue pour nous rapprocher de nos objectifs. Un obus de l'artillerie a fait une énorme brèche dans la grille mais, à 80 mètres, la caponnière est intacte.
Il faut la détruire si nous voulons descendre dans le fossé qui entoure le fort, du moins de ce côté...
Après avoir pris tout le temps, les deux bazookas tirent les deux rockets qui atteignent la caponnière. Immédiatement, les lance-flammes des autres sections entrent également en action... Nous grimpons sur le toit du fort, jetant nos grenades à phosphore dans toutes les bouches d'aération. L'air est bientôt irrespirable, la fumée nous aveugle, nous sommes obligés de mettre nos masques... dans le brouillard, de l'arrière du fort, deux bras se sont levés et presque immédiatement deux autres.
Bientôt toute la garnison, avec ses officiers, en toussant, s'aligne d'une manière impeccable... "

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Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens. Par Pierre Lévy.

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation .

Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens

Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens© Hannah McKay Source: Reuters
Le Premier-ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker
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Les négociations Londres-Bruxelles piétinent, mais le Royaume-Uni sortira bien de l’UE dans le délai prévu de deux ans, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures.

Le Brexit «est une décision stupide». L’auteur de cette toute récente amabilité se nomme Martin Selmayr. Très peu connu du grand public, cet Allemand n’est autre que le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Dans les cercles bruxellois bien informés, on lui prête une influence aussi discrète qu’étendue au sein des institutions européennes. Sa petite phrase du 4 septembre n’est donc pas passée tout à fait inaperçue. L’homme de l’ombre a cependant admis : «Je suis un réaliste ; le Brexit aura bel et bien lieu en mars 2019.»

De son côté, le négociateur en chef de l’UE avec Londres, Michel Barnier, avait, la veille, tenu des propos peu amènes vis-à-vis des citoyens britanniques, auprès de qui il serait nécessaire d’«expliquer les conséquences extrêmement sérieuses d’une sortie du marché unique». «Nous devons [leur] enseigner cela», a martelé l’ancien commissaire européen (et ancien chef du Quai d’Orsay). Se rendant compte de la maladresse du vocabulaire, il a tenté ensuite d’en minimiser la portée.

Mais c’est ainsi : quinze mois après le référendum qui avait tranché en faveur de la sortie de l’UE, les dirigeants européens n’ont rien perdu, ni de leur arrogance ni de leur frustration. Même si, négociations obligent, le ton se veut en principe plus policé.

Lesdits pourparlers ont formellement démarré le 19 juin dernier. Trois séries d’échanges ont déjà été menées, dont la plus récente s’est achevée fin août. Une nouvelle doit démarrer le 18 septembre. Une autre est prévue pour octobre. Lors du Conseil européen des 19 et 20 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-huit seront censés évaluer les «progrès» réalisés sur trois questions liées au divorce : la situation future des expatriés continentaux au Royaume-Uni (et de leurs homologues anglais sur le Continent) ; le statut de la frontière entre la République d’Irlande (membre de l’UE) et l’Irlande du Nord britannique ; et – point plus délicat encore – l’évaluation de l’ardoise que les dirigeants européens entendent imposer à Londres avant son départ de l’Union.

Sans doute certains dirigeants de l’UE spéculent-ils sur la situation politique intérieure difficile dans laquelle se trouve Theresa May

Ce n’est que si des «avancées substantielles» ont été réalisées sur ces conditions préalables posées par Bruxelles qu’une deuxième phase de négociations pourrait être lancée : celles portant sur un futur accord de libre-échange entre les deux parties. Londres souhaitait, mais ne l’a pas obtenu, que les négociations commerciales puissent être menées en parallèle. Le monde des affaires britannique – qui était très majoritairement opposé au Brexit – redoute qu’un tel accord commercial ne puisse être trouvé.

A Bruxelles, on ne se prive pas d’utiliser cette arme comme moyen de pression pour tenter de vider le Brexit de son contenu. Et l’on souligne le peu de progrès réalisés depuis le mois de juin. De son côté, le ministre britannique du Brexit, David Davis, exhorte les Européens à faire preuve de «flexibilité» et d’«imagination». Peine perdue : Jean-Claude Juncker a déclaré, le 1er septembre, qu'aucun des onze documents de travail présentés à ce jour par Londres n'était en réalité satisfaisant.

Sans doute certains dirigeants de l’UE spéculent-ils sur la situation politique intérieure difficile dans laquelle se trouve Theresa May : cette dernière, tout en ayant progressé en voix et en pourcentage lors des élections qu'elle avait provoquées, le 8 juin dernier, avait perdu son pari de renforcer sa majorité.

A l’issue de celles-ci, nombre d’observateurs britanniques et européens pariaient sur le fait que Theresa May «ne passerait pas l’été». En réalité, au-delà des chausse-trappes, des difficultés et des contradictions, un fait politique majeur s’impose à tous : le Brexit reste une exigence populaire. Ni les conservateurs pro-UE ni le Parti travailliste n’entendent désormais le remettre en cause.

C’est probablement cette constance – malgré les efforts de propagande démesurés des deux côtés de la Manche de la part des partisans de l’intégration européenne, à commencer par ceux du patronat – qui insupporte le plus à Bruxelles.

Car, malgré la méthode Coué, le danger de «contagion» sur le Continent reste plus vivace que jamais. Et ce n’est pas la chute particulièrement brutale de la cote du très pro-européen Emmanuel Macron qui rassurera les européistes échevelés…

Du même auteur : Une déclaration explosive de Donald Trump passée inaperçue

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Un défi géopolitique pour Israël. Par Sharmine Narwani

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Un défi géopolitique pour Israël

 
 

Ce fût une dure semaine pour Tel-Aviv. Une situation qui lui était autrefois favorable – la balance du pouvoir dans la région, a subitement changé en sa défaveur, alors même que ses adversaires font d’importants gains stratégiques à la frontière.

Au cœur du conflit : l’obsession d’Israël quant au renforcement du pouvoir de l’Iran dans la région. L’accord nucléaire de 2015, mettant fin à l’isolement de la République Islamique, fût une réelle gifle pour le gouvernement israélien, mais ce qui le déstabilisa encore plus fût la succession de victoires politiques et militaires par le gouvernement de Bachar el-Assad et de ses alliés du Hezbollah.

Israël a donc envoyé ses diplomates aux États-Unis et en Russie pour tenter de récupérer des leviers perdus sur le terrain.

Ceux-ci sont revenus de Washington les mains vides, incapables d’obtenir une garantie que les troupes iraniennes et ses affiliations resteront hors du Sud de la Syrie, là où les États-Unis ont établis une zone de désescalade près de la frontière israélienne.

Le président israélien Benjamin Netanyahou n’a pas réussi à conclure quoi que ce soit lors de ses entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Les rapports russes décrivant ces entretiens dépeignent un Netanyahou « agité », « émotif » se faisant répondre en des termes incertains par un Poutine calme : « L’Iran est l’allié stratégique de la Russie dans la région ». A Netanyahou, Poutine réserva ce qui pourrait se comparer à quelques miettes : « Israël est aussi un important partenaire de la Russie au Moyen-Orient ».

Le premier ministre israélien et d’autres fonctionnaires hauts placés sont aussitôt passés à l’offensive après cet entretien, en promettant qu’ils allaient « se défendre par tous les moyens » contre les visées de l’Iran en Syrie, menaçant même de détruire les palais d’Assad à Damas.

Mais les Russes n’ont pas oublié qu’après le dernier entretien entre Netanyahou et Poutine en mars, Israël avait immédiatement lancé plusieurs frappes contre leurs alliés en sol syrien, une d’entre elle ayant frappé dangereusement près des troupes russes.

Cette fois-ci, il semblerait que Poutine se soit décidé à tracer une limite claire aux actions d’Israël à la suite de l’entretien avec Netanyahou, les Russes annonçant d’emblée l’existence d’un système défense aérienne unifié avec la Syrie « capable de détruire des cibles dans un rayon de 400 km à une altitude de plus de 35 km ».

Pourtant, les menaces israéliennes n’ont pas cessé. Ainsi, comment expliquer la présente panique d’Israël? Et pourquoi celle-ci s’est amplifiée si rapidement?

LIBAN :

Le Hezbollah, Les Forces Armées Libanaises (FAL) et les Forces Armées Syriennes (FAA) ont clôt la semaine dernière un chapitre long de plusieurs années ; celui de l’occupation de l’Est du Liban par ISIS (Daech) et le satellite d’Al-Qaeda : Al-Nosra. Les trois alliés ont déclenché une guerre éclair, désintégrant Al Nosra en 6 jours, et l’Etat islamique en 9 jours – cela incluant le temps de négociation.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah a surnommé cette victorieuse opération anti-terroriste «  la Seconde Libération » – la première étant la libération du Liban occupé par les troupes israéliennes en 2000.

Dans les années précédant cette bataille, le Hezbollah et la FAL ont coordonné des initiatives anti-terroristes au Liban, dans un effort de coopération sans précédent, ceux-ci outrageant autant les Israéliens que les Américains. En effet, la Maison Blanche fournit de l’armement et des formations aux forces de la LAF, mais considèrent la résistance libanaise comme étant un groupe terroriste, même si le Hezbollah fait partie du Parlement et du Cabinet libanais.

La reprise de la frontière stratégique entre le Liban et la Syrie a permis au Hezbollah de redéployer les troupes présentes vers d’autres zones de combat  – incluant la frontière avec Israël. Mais surtout, ce combat abouti à la première reconquête complète d’une frontière syrienne par les FAA depuis le début de la crise en Syrie.

« L’ennemi, a annoncé Nasrallah après le combat (en parlant d’Israël), pleure maintenant ses orphelins et prend conscience de la défaite de ses alliés et de leurs projets en Syrie. »

SYRIE

Le chef du Hezbollah pourrait avoir raison sur ce point. À l’exception du bastion d’ISIS dans l’Est de la Syrie, où les groupes terroristes viennent de perdre des milliers de kilomètres carrés au profit de la SAA et de ses alliés, les terroristes occupent toujours un dernier petit territoire près des hauteurs du Golan occupées par les Israéliens. Ce territoire dans le sud-ouest de la Syrie est aussi le refuge de plusieurs autres groupes terroristes, dont al-Nusra, dont les combattants blessés ont été soignés par les médecins israéliens pendant une bonne partie du conflit.

Les Israéliens ont rarement attaqués Al-Nosra et ISIS, bien que des douzaines de leurs frappes contre les forces alliées à la Syrie aient été signalées. Le ministre de la défense israélienne Moshe Yaalon, a fait les titres de la presse après avoir déclaré en 2016 : « S’il me fallait choisir entre les Iraniens ou l’État Islamique en Syrie, je choisis l’État Islamique ». Certaines communautés israéliennes ont appuyé cette opinion – un récent rapport d’un groupe défendait qu’il fallait maintenir ISIS en place afin de « ralentir la quête iranienne d’hégémonie dans la région ». Étant donné l’obsession d’Israël de contenir l’influence de l’Iran, ce n’est peut-être pas surprenant que la récente série de victoire contre ISIS ait déclenché l’alarme à Tel-Aviv.

Empirant la déception d’Israël, l’accord de désescalade entre les États-Unis et la Russie empêche maintenant toute action belliqueuse contre les forces alliées de la Syrie près de Quneitra ( le Golan syrien), Daraa et As Suwayda – régions maintenant contrôlées par les alliés russes de la Syrie.

JORDANIE

Un centre de désescalade a récemment été instauré à Amman, au Sud du pays, ce qui devrait forcer les Jordaniens à sécuriser et à régulariser leur frontière Nord, commune avec la Syrie. Plus tôt cet été, les Jordaniens étaient partie prenante de l’alliance principalement constituée d’États sunnites voulant écraser l’influence de l’Iran dans la région, alliance dirigée par les Saoudiens (et supportée par Israël). À cette époque, la Jordanie a bruyamment insisté pour que des combattants appuyés par l’Iran s’éloignent de sa frontière avec la Syrie. Mais aujourd’hui, l’alliance sunnite, « l’OTAN arabe », s’est embourbée dans un conflit interne (inter-CCG), et les Jordaniens semblent se réaligner à l’idée de désescalade régionale lancée par la Russie, la Turquie et bien sûr, l’Iran.

Les termes de cette entente de désamorçage régionale entre la Russie et les États-Unis sont secrets, mais les rumeurs disent qu’ils ne contiennent aucune clause spécifique pouvant diminuer le rôle de l’Iran, du Hezbollah ou de leurs milices alliées en Syrie.

Cela signifie qu’Israël ne peut plus compter sur les groupes armés sunnites afin d’obstruer le contrôle gouvernemental sur le Sud du pays. Cela signifie aussi que la Jordanie, qui a rouvert sa douane frontalière de Trebil avec l’Irak la semaine dernière, est maintenant en voie d’ouvrir la douane frontalière de Nasib vers la Syrie. Les revenus commerciaux résultant de ces décisions pourraient contribuer à regarnir les coffres de la Jordanie d’une somme se chiffrant entre 1 et 2 milliards $ – un argument de poids pour encourager les Jordaniens à collaborer avec la Syrie.

TURQUIE

La « diversification » de la politique extérieure jordanienne se réalisa directement après une visite du Président turc Recep Tayyip Erdogan à la ville d’Amman, lui qui fût l’un des plus virulents critiques de Bachar el-Assad, et un important fournisseur d’armes et de combattants islamistes destinés à alimenter le conflit syrien.

Erdogan est maintenant du côté des Russes et des Iraniens, après avoir brièvement manœuvré à l’intérieur de « l’OTAN arabe » saoudien dirigé contre l’Iran. Des médias jordaniens rapportent même que le président turc s’est offert pour coordonner la médiation avec l’Iran afin d’apaiser la méfiance de la Jordanie envers le projet de zone de désescalade.

Comment expliquer ce revirement de situation?

Même si Erdogan n’a pas explicitement approuvé qu’Assad allait finalement diriger la Syrie, ou que les Iraniens auraient un rôle actif au Sud de sa frontière, deux événements régionaux subits ont adoucis ses positions et l’ont ramené dans l’orbite Russie/Iran.

Le premier est la crise majeure ayant englouti les États membres du Conseil  de coopération du Golfe (CCG), ayant comme noyau la discorde opposant l’Arabie Saoudite, les EAU et le Bahreïn au Qatar. Tout comme son allié turc, le Qatar fût un supporteur important des Frères Musulmans, et mène une politique étrangère diversifiée, et ouverte aux relations politiques et économiques avec l’Iran.

La bisbille au CCG a exacerbé les divisions déjà présentes dans la région, qui opposaient jusqu’à récemment deux camps, soit les Pro-Iran et les Pro-Saoudiens. Maintenant, la Turquie et le Qatar forment une troisième équipe et tempèrent ainsi la pression exercée par les Saoudiens et les Émirats Arabes Unis sur avec l’Iran et ses alliés en se réengageant avec eux.

Le deuxième élément décisif est l’appui inconditionnel de Washington envers les combattants des Forces Démocratiques Syriennes dans le nord de la Syrie. Erdogan a insisté auprès des américains pour qu’ils abandonnent leur support à ces kurdes, qui sont en fait une affiliation syrienne du Parti Travailliste Kurde (PKK) en Turquie, une organisation considérée comme étant un groupe terroriste tant par Ankara que par Washington.

Les Américains ont  ignoré les demandes d’Erdogan, malgré le fait que les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont démontré leur intention d’occuper et de fédérer tout le Nord de la Syrie – de l’Irak à la Méditerranée – soit tout le long de la frontière turque.

À propos de cet enjeu, Ankara partage maintenant  une cause commune avec Téhéran, Bagdad et Damas, puisqu’ils sont tous catégoriquement opposés aux aspirations nationalistes des Kurdes. Ce réalignement s’opère alors qu’un référendum d’indépendance kurde est prévu pour la fin septembre en Irak, projet auquel les quatre capitales s’opposent. Israël, qui entretient des liens serrés avec le gouvernement kurde d’Erbil est, à date, le seul pays qui supporte ce référendum. Le Kurdistan est un enjeu stratégique pour Tel Aviv. En effet, la création d’une entité fédérale kurde en Syrie et en Irak signifierait le morcellement et l’affaiblissement de ces États arabes. Tout aussi important, la présence d’un micro-état kurde dans la région agirait comme un obstacle géographique compliquant l’accès d’Israël à l’Iran.

Ainsi, le nouveau partenariat turque avec la Russie et l’Iran contribue non seulement à la stabilité de l’État syrien mais complique également le désir d’Israël de voir s’accomplir le projet de l’indépendance kurde.

HAMAS

« L’axe de la Résistance » était un groupe de quatre : Iran, Syrie, Hezbollah et Hamas. Par la suite, des divergences en Syrie menèrent à isoler le Hamas du groupe – jusqu’à maintenant. De nouveaux objectifs émanant des chefs du Hamas priorisent d’entretenir des relations neutres avec les États souverains de la région et de réinstaurer la coopération et le financement provenant de la République islamique.

La semaine dernière, le chef du politburo du Hamas à Gaza, Yahya Senwar, a annoncé que « l’Iran est le plus grand fournisseur des bridgades d’Ezzedine al-Qassam (l’aide militaire du Hamas) en terme de support financier et d’armement » puis a déclaré avec optimisme : « la crise syrienne se terminera, ce qui ouvrira la possibilité de rétablir les relations avec le pays ».

Pour Israël, cela signifie que la mésentente entre la bande de Gaza dirigée par le Hamas et l’Iran est terminée et qu’ainsi le flot d’armes et de support au groupe de résistance palestinien sera rétabli incessamment.

Ces événements aux frontières ouest, nord et est d’Israël ont – en quelques semaines seulement – soudainement brouillés les cartes géopolitiques autrefois en faveur de Tel Aviv. Il y a à peine quelques années, la Syrie était désintégrée, l’Irak fragmentée, le Liban écartelé et Gaza luttait seule pour sa survie.

Aujourd’hui, la probabilité que l’Iran bénéficie d’un corridor ininterrompu entre ses frontières et le territoire occupé du Golan sont plus grandes que jamais auparavant. L’axe de la Résistance a acquis d’inestimables gains en expérience militaire depuis les six dernières années, tant en Syrie qu’en Irak en au Liban – le plus important étant qu’ils ont accomplis cela en coordonnant les troupes, le renseignement et les tactiques militaires à partir d’un seul centre de commandement. Cela est une première historique pour celle alliance. De plus, elle bénéficie désormais, en politique internationale, de l’appui de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, soit la Russie et la Chine. Les Russes ont maintenant une expérience significative en terme de collaboration militaire avec trois membres de cet axe, et les Chinois sont prêts à étendre leur vision commerciale à ces États de l’ouest de l’Asie, avec l’Iran comme terminal pour les pipelines de gaz et de pétrole.

Alors que ces pays vont de l’avant en détruisant le terrorisme et en reconstruisant leurs infrastructures et leurs sociétés, les Israéliens seront laissés à eux-mêmes. Mais alors que les options se raréfient, celle militaire semble avoir une popularité grandissante. C’est cette option – le bâton – à laquelle les Israéliens sont attirés le plus aisément, et dans cette optique une guerre d’agression contre le Liban et Gaza -ou de nouvelles frappes contre la Syrie- ne semblent pas hors de question.

Le Hezbollah continue de demander qu’on lui retourne ce qu’il reste des territoires libanais occupés par les Israéliens, les fermes de Sheeba et la colline de Kfachourba alors que la Syrie, une fois remise sur pied, fera de même avec le Golan. Les deux le feront à partir de leur position renforcée dans ce nouveau Moyen-Orient.

Néanmoins, la question persiste : l’État d’Israël admettra-t-il qu’il évolue dans un nouvel environnement?

Sharmine Narwani | 6/9/2017 | American Conservative

Sharmine Narwani est une analyste spécialisée en géopolitique du Moyen-Orient.

Traduit de l’anglais par Gabriel Larose pour Arrêt sur Info

Source: http://arretsurinfo.ch/un-defi-geopolitique-pour-israel/

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