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Le blog de Lucien PONS

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Sorostapopoulos, rédigé par Observatus geopoliticus

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Les média, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Sorostapopoulos

21 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Sorostapopoulos

Sans surprise, la MSN s'est bien gardée de s'étendre sur le piratage de l'officine de Soros, la bien mal nommée Open Society Foundation ; tout juste l'imMonde a-t-il déploré que le "philanthrope" (défense de rire) se soit fait hacker. Fut un temps bien lointain où les journaux se seraient précipités sur de telles révélations ; désormais, on attend de voir dans quel sens elles vont. Qu'elles soient favorables à l'empire et l'on ressort avec des trémolos dans la voix les grandes tirades sur la liberté inconditionnelle et l'indépendance de la presse, l'info est publiée avec un engouement juvénile. Dans le cas contraire, heu... on regarde ailleurs. Hop, la tête bien profond dans le sable, ce qui a également l'avantage d'éviter de se regarder dans la glace...

Et pourtant, que de choses intéressantes dans ces archives piratées ! On y voit le rôle de Sorostapopoulos dans les soubresauts de ces dernières années, du conflit ukrainien à la crise des réfugiés en passant par la désinformation médiatique européenne (pas étonnant que nos plumitifs soient embarrassés).

La participation de l'Open Society dans les événements qui ont conduit au putsch du Maidan était un secret de polichinelle. Pendant des années, le vautour philanthropique et d'autres agences néo-cons (NED etc.) ont financé l'opposition à Yanoukovitch. On sait maintenant que Soros a directement participé à l'après-Maidan au cours de réunions avec l'ambassadeur US et des hauts pontes ukrainiens, tentant par tous les moyens de saboter "l'influence russe", conseillant fortement de s'appuyer sur tel leader politique plutôt que tel autre (l'égérie Timoshenko n'est pas sa tasse de thé), organisant l'opération de "relations publiques" de la junte, refusant la proposition d'un Etat fédéral qui aurait peut-être évité la guerre civile ou faisant pression sur Washington pour imposer des sanctions contre Moscou.

Son activisme ukrainien ne s'arrêtait pas là. Son officine a également "travaillé" l'establishment politico-médiatique grec, identifiant les amis (favorables au putsch, très peu nombreux) et les ennemis. Les médias et autres faiseurs d'opinion susceptibles de se détacher du sentiment général de russophilie, très commun en Grèce, et de se retourner contre le grand frère russe recevaient par exemple de généreux prêts.

La lutte pour le contrôle de l'opinion publique ne concerne pas que la Grèce mais l'ensemble des pays européens. En Pologne, au vu et au su de tous, Soros investit dans la presse anti-Kaczynski, ce qui ne surprendra pas le fidèle lecteur. Mais les documents hackés vont plus loin. En plus de la Grèce, les efforts sorosiens se concentrent sur l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne : mapping des journalistes susceptibles d'être favorables à la Russie (voir par exemple cette liste noire des journalistes espagnols), influence sur les leaders d'opinion, aide financière à ceux qui prendront un ton russophobe. Bref, la guerre de l'information dans toute sa splendeur...

Notre philanthrope amoureux de l'humanité est infatigable et l'Open Society n'est évidemment pas bien loin de la crise des réfugiés en Europe, comme le révèlent les documents. Aucune surprise là non plus : on sait que les fameux 1% et autres banksters ont toujours été favorables aux migrations, massives de préférence (main-d’œuvre pléthorique donc pesant à la baisse sur les salaires, mais aussi, peut-être, création d'un grand marché européen de consommateurs déracinés et anonymes davantage susceptibles de consommer à outrance).

Extrait : "La crise des réfugiés nous offre de nouvelles opportunités pour influencer la politique globale d'immigration dans les années à venir. Elle établit une nouvelle norme, une nouvelle réalité à laquelle les dirigeants politiques européens et les opinions publiques devront s'adapter et accepter".

De là à penser, comme le font déjà beaucoup, que les sbires de l'empire (néo-cons, banksters, establishment européen vassal) ont sciemment détruit l'Irak, la Libye ou la Syrie afin, entre autres objectifs stratégiques, de provoquer cet afflux de réfugiés en vue de transformer le marché européen, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas (encore ?) en l'absence de preuves tangibles.

Il va sans dire que pour Soros, fervent partisan des guerres "humanitaires" US, la candidate idoine à la présidence américaine est...

 

 

Sorostapopoulos, rédigé par Observatus geopoliticus
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L’IDEOLOGIE DU MONDE par Richard Labévière. Par Comité Valmy

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

L’IDEOLOGIE DU MONDE
par Richard Labévière

dimanche 21 août 2016, par Comité Valmy

L’IDEOLOGIE DU MONDE

Depuis plus de cinq ans, Le Monde nous annonce la chute imminente de ce qu’il appelle « le régime de Damas », assimilé à une seule personne : Bachar al-Assad, « dictateur sanguinaire », « fils de dictateur », « nouvel Hitler », « nouveau Staline », etc… seul responsable (il va sans dire !) des 300 000 victimes d’une guerre civile qu’il aurait inventée lui-même pour conserver le pouvoir ! Depuis plus de cinq ans, le quotidien essaie de nous vendre la fiction d’une rébellion, sinon d’une « révolution » armée et constituée de « groupes modérés », laïcs, voire démocratiques. Depuis plus de cinq ans, l’ensemble de la rédaction du Monde (avec l’aide des Bernard-Henri Lévy, Jean-Pierre Filiu, Basma Kodmani et autres diseurs de bonne aventure) est mobilisé par la production idéologique du « politiquement correct » concernant la Syrie, sa guerre civilo-régionale et ses acteurs internationaux.

 

Patatrac, la reconquête en cours d’Alep (la deuxième ville du pays) par l’armée gouvernementale met brutalement par terre cette belle fable. En effet, les groupes jihadistes qui mènent la contre-offensive sont des terroristes d’Al-Qaïda et de Dae’ch. Dans une singulière volte-face, Le Monde du 10 août dernier nous apprend un peu tard que « l’insurrection a, désormais un nouveau visage », le visage hideux de groupes terroristes salafo-jihadistes !

 

Citation : « c’est un scénario que prédisent des observateurs depuis des mois : le siège des quartiers rebelles de la ville d’Alep, mené par le régime de Bachar al-Assad et l’échec des négociations politiques à Genève allaient bénéficier aux groupes les plus radicaux, et en particulier, au Front Al-Nosra. Dans l’immédiat, la nouvelle offensive menée depuis la fin juillet par les forces qui combattent le régime pour « briser le siège d’Alep » semble leur donner raison. Le groupe jihadiste, qui s’est rebaptisé fin juillet Front Fatah Al-Cham, a joué un rôle clef dans la percée réalisée au sud de la ville, samedi 6 août. Il est un pilier de la coalition Jaïch Al-Fatah, déployée sur ce front ». Des observateurs… Quels observateurs ? Les journalistes du Monde en font-ils partie ?

 

Sans préciser que cette nébuleuse – structurée durant l’été et l’automne 2012 – est financée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, le quotidien nous prévient : « sa participation déterminante aux combats pourrait avoir d’importantes répercussions pour l’insurrection syrienne », mais nous rassure aussitôt, parce que cette évolution « s’accompagne d’une tentative de normalisation : quelques jours avant l’assaut, le groupe (Front Fatah Al-Cham) affirmait avoir pris ses distances avec Al-Qaïda ». Ouf, on l’a échappé belle ! D’autant que le chef de la « Coalition syrienne » Anas Al-Abdé (sous la coupe des Frères musulmans et de l’Arabie saoudite) ouvre son cœur aux lecteurs du Monde : « la bonne nouvelle est que les groupes qui se battent contre Bachar al-Assad à Alep n’ont pas de liens avec les organisations terroristes comme Al-Qaïda et l’Etat islamique, a estimé M. Abdé, en tentant de minimiser le poids des hommes du Front Fatah Al-Cham qui représentent peut-être 10% des forces combattantes » (SIC). Le Monde a-t-il cherché à vérifier, sinon à contredire ces dires ? Que nenni !

 

Les connaisseurs de la région savent à quoi s’en tenir à propos de la campagne de communication de Nosra annonçant la rupture de ses liens avec Al-Qaïda. « D’abord, cette opération de com. s’est faite à la demande du Pentagone afin que celui-ci puisse légitimer ses livraisons d’armes à Nosra devant le Congrès », précise un officier des renseignements extérieurs français, « quant au fond, cette tentative de normalisation c’est un peu Frankenstein qui proclame vouloir devenir l’ami des hommes ou Michael Corleone qui déclare à la commission parlementaire anti-mafia qu’il est un honnête chef d’entreprise… »

 

Cependant, le quotidien poursuit : « au cours des semaines précédant l’offensive, les factions rebelles implantées dans l’est d’Alep, dont les artères ont été mutilées par les bombardements à répétition du régime, avaient appelé à la rescousse, sans enthousiasme, la coalition Jaïch Al-Fatah. Conscients du caractère radical de cette alliance, des militants affirmaient cependant qu’il n’y avait pas d’autres options disponibles pour éviter la chute du bastion insurgé ». Les bombardements américains sont des « frappes », ceux du « régime syriens » sont des « bombardements » qui mutilent… Par ailleurs, des « militants » affirmaient… Des militants de qui et de quoi ? Des militants de la Société de protection des animaux ??? On ne le saura sans doute jamais… Que de sources sérieuses pour un journal qui prétend toujours faire référence !

 

La chute est encore plus savoureuse puisqu’elle nous avertit (en guise de scoop) que le « nouveau visage de l’insurrection » entend imposer la Charia en Syrie et y établir… un « émirat islamique ». Bigre, nous voilà prévenu ! Mais on se demande aussitôt ce que sont devenus les autres « scoops » du Monde, notamment celui concernant l’attaque chimique de la Ghouta du 21 août 2013. Démenties par trois rapports des Nations unies, les « informations exclusives » du Monde semblent être passées à la trappe, abandonnées à la critique rongeuse des souris comme celles accusant dernièrement le groupe Lafarge d’avoir financé les hordes de Dae’ch.

 

Dans cette dernière affaire, selon les informations de prochetmoyen-orient.ch, le quotidien se serait fait enfler de bout en bout par les concurrents du cimentier français. En effet, la reconquête d’Alep par l’armée gouvernementale annonce non seulement la fin de la rébellion syrienne mais aussi le début de la reconstruction du pays qui nécessitera nombre de sacs de ciment. Par conséquent, tout est bon pour salir les concurrents et prendre leur place, une guerre économique sans merci fait déjà rage. Même au cœur d’une guerre civilo-régionale de grande ampleur, les affaires restent les affaires pour gagner la guerre économique sans fin…

 

Dans L’Idéologie allemande (1845), Karl Marx nous rappelle au réel : « la production des idées, des représentations et de la conscience, est d’abord directement et intimement mêlée à l’activité matérielle et au commerce matériel des hommes : elle est le langage de la vie réelle ». Les journalistes du Monde, qui couvrent la guerre civilo-internationale de Syrie depuis le début, semblent plus inspirés par Alice au pays des merveilles que par les bons auteurs. Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, André Fontaine, André Laurens réveillez-vous, ils sont devenus fous !

 

Richard Labévière
15 août 2016

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique

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GRECE - Un médecin grec raconte : « Celui qui n’a pas d’argent meurt »

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Grèce, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

 

 

Hôpital en Grèce (source: voxeurop.eu)

Hôpital en Grèce (source: voxeurop.eu)

Et après il y en a qui s’étonnent (ou font semblant...) que des citoyens, et pas seulement en Angleterre, veulent que leur pays sorte de cette Union Européenne et de sa politique criminelle...
Un article qui vaut par l’éclairage qu’il donne sur la situation réelle du pays.

 

**********

La Grèce doit faire des économies, en voilà les conséquences : les malades souffrant d’un cancer n’ont pas de soutien, la poliomyélite est de retour, les malades souffrant du diabète perdent la vue. Le médecin Georgis Vichas nous parle de son travail quotidien.

Harald Schumann : Monsieur Vichas, ne craigniez vous pas de subir un infarctus ?

Giorgios Vichas : Non, pourquoi ?

Parce que vous accomplissez parallèlement deux activités professionnelles à plein temps. D’une part, vous êtes cardiologue à temps plein dans un hôpital et d’autre part, vous dirigez une structure, où vous et vos collègues soignez gratuitement des milliers de patients qui, sans vous, ne recevraient aucune aide médicale. Cela doit être difficile à supporter à long terme.

Je travaille beaucoup et ne dors que cinq heures par jour, c’est vrai. Mais je suis en excellente forme et je tomberais certainement vraiment malade si je ne le faisais pas et restais les mains dans les poches alors que nombre de nos compatriotes luttent dur et souffrent.

Votre famille l’accepte ?

Depuis six mois, mes filles ont arrêté de demander quand la crise se terminerait. Ma femme travaille avec nous, elle voit bien à quel point cet engagement est nécessaire.

Comment avez-vous fait pour créer une clinique avec des bénévoles pour offrir des traitements gratuits ?

Depuis de nombreuses années, je travaille dans un hôpital public. Au printemps 2011, j’ai vu les conséquences, lorsque des centaines de milliers de personnes ont soudainement perdu leur emploi et par la suite leur assurance maladie. A cette époque, j’avais un patient quinquagénaire souffrant du cœur qui faillit mourir parce qu’il n’avait pas obtenu les médicaments nécessaires depuis six mois. Cela m’a touché profondément, je me sentais coupable.

Pourquoi donc ? Vous n’y étiez pour rien.

Je voyais la souffrance des gens sans rien faire, car je ne savais pas comment. Cela a changé au mois d’août 2011. J’ai assisté à un concert de Mikis Theodorakis, notre grand compositeur. Il a fait un discours passionné et dit entre autre, ce que je pensais depuis un bon moment, que les médecins devaient entreprendre quelque chose pour aider dans leur misère et leurs angoisses, les gens ayant perdu leur assurance maladie. Cela m’a beaucoup perturbé. Le concert eut lieu ici, sur le terrain de l’ancien aéroport. Alors, j’ai eu l’idée : il y avait tous ces bâtiments vides et j’ai pensé qu’on pourrait éventuellement établir un établissement médical ambulatoire libre dans un de ces bâtiments. Nous avons eu la chance que le maire de la région était prêt à nous aider. Il nous a prêté ce bâtiment tout en prenant en charge les frais d’électricité et d’eau.

Votre patron vous laisse sans rien dire, exercer un deuxième emploi ?

Le directeur de notre hôpital fut le premier que j’ai convaincu de ce plan. Il voyait la détresse et y participe lui aussi. Les conditions des bailleurs de fonds et de leur Troïka, composée du Fond monétaire international, de la BCE et de la Commission européenne, ont mené à une réduction de 40% des moyens financiers pour le service étatique de santé publique. La moitié des médecins travaillant dans les hôpitaux publics et dans les cliniques ambulatoires a été licenciée. En même temps, un quart de la population ne dispose plus de son assurance maladie suite à la perte de leur emploi. Et même ceux obtenant encore leur salaire ou leur retraite ont souvent si peu d’argent qu’il leur est impossible de payer les suppléments élevés pour les médicaments ou les traitements.

Qu’est-ce que cela veut dire au concret de ne plus avoir d’assurance maladie ?

Imaginez que vous tombiez malade et que vous soyez obligé d’aller à l’hôpital pour une opération ou un traitement suite auquel vous recevez une facture s’élevant à quelques milliers d’euros. Si vous ne réglez pas cette facture, l’office des finances transforme le montant en dettes face à l’Etat et les fonctionnaires ouvrent une procédure contre vous en saisissant votre maison ou votre retraite ou vous met même prison.

Et cela se passe vraiment ?

Heureusement pas souvent. La menace est cependant bien réelle et elle a des conséquences sévères : les gens évitent tout traitement aussi longtemps que possible. Ainsi la maladie s’aggrave souvent massivement, sans nécessité.

En Grèce, il y a des gens qui meurent uniquement parce qu’ils ne sont plus assurés ?

Oui, c’est la réalité. Mais cela, vous ne le trouverez pas dans les statistiques. Mais nous l’avons vécu dans notre clinique. Les trois premières années, nous avons traité 200 patients souffrant d’un cancer. 10% d’entre eux sont venus nous consulter dans un stade avancé de la maladie. La moitié est décédée parce qu’ils n’ont pas obtenu de traitement à temps. Les collègues travaillant dans d’autres cliniques bénévoles nous rapportent les mêmes expériences. Nous devons supposer qu’il y a des milliers de malades décédés suite au manque de traitement.

Y a-t-il des maladies typiques de cette crise ?

Le Sida, la tuberculose et l’hépatite. Les personnes infectées sont souvent les pauvres ne pouvant pas s’offrir de traitement. Ils continuent donc à infecter d’autres personnes et les infections se répandent. Les diabétiques sont aussi durement touchés. Ils ne peuvent souvent plus suivre leur régime ou n’obtiennent pas assez d’insuline ; ils risquent donc la cécité ou des amputations. Beaucoup plus souvent qu’auparavant, nous voyons des mamans, bébés et enfants sous-alimentés. Cela va nuire à un grand nombre d’enfants pour toute leur vie.

Si la réalité est ainsi, les coupes dans les budgets de la santé publique sont totalement insensées même sous l’aspect purement économique.

Oui, c’est absurde. Ces mesures d’économies coûteront en fin de compte davantage à l’économie grecque qu’elles ne rapportent au budget de l’Etat. Uniquement ce qu’on a économisé sur le dos des diabétiques au cours des trois années après 2010 causera des frais supplémentaires de 200 millions d’euros. C’est le résultat d’une étude sérieuse.

Cela n’a pas amené les responsables à réfléchir ?

Ecoutez, jusqu’au mois d’août de l’année dernière, nous avions ici un ministre de la Santé publique qui avait exigé des hôpitaux de ne pas remettre les nouveaux nés à leurs mères aussi longtemps qu’elles n’avaient payé leur facture. Les aspects humains ne l’intéressaient pas !

Vous exagérez.

Cela a vraiment eu lieu. Pendant six mois, on a pratiqué cela dans les hôpitaux publics. Et pire encore, on fait des économies sur les vaccinations. La plupart des enfants arrivant chez nous ne sont pas vaccinés. C’est pourquoi nous nous attendons au retour de la poliomyélite. C’est un risque pour toute l’Europe. Les germes ne s’arrêteront pas aux frontières.

Avez-vous pu parlé aux représentants des bailleurs de fonds de la zone euro ou de la Troïka sur la contre-productivité de ces coupes ?

Uniquement avec des députés des Parlements nationaux et du Parlement européen. Récemment, une délégation du Bundestag allemand est venue nous voir. Ils ont admis qu’eux-mêmes avaient fait de mauvaises expériences avec les mesures d’austérité et qu’on avait dû revenir en arrière. Je leur ai proposé de faire pression sur le gouvernement de Mme Merkel pour qu’il fasse marche arrière dans le domaine des coupes budgétaires dans la santé publique grecque. On m’a répondu que cela relevait de la responsabilité de la Troïka, et non pas du gouvernement allemand.

Mais c’est lui qui, de commun accord avec les autres gouvernements de la zone euro, a chargé la Troïka d’imposer ces mesures à la Grèce.

C’est juste. Néanmoins, les députés ne se sentaient pas concernés.

Ni mêmes ceux des partis gouvernementaux de la CDU et du SPD ?

Non. Pas même ceux-ci. En lieu et place, ils nous ont offert des dons pour notre clinique.

Il y avait de bonnes raisons de réformer à fond l’ancien système. Finalement, il était extrêmement dépensier et corrompu.

Certainement, des réformes étaient absolument nécessaires, mais on n’a pas réformé, on a simplement détruit tout le système de santé. On aurait dû mieux répartir les médecins et les cabinets sur tout le pays. On aurait dû réduire les prix des médicaments et l’influence des entreprises pharmaceutiques. Et bien sûr qu’il fallait combattre la corruption. Mais tout cela, on ne l’a pas fait, la seule chose, ce furent des coupes dans les budgets et des licenciements.

Etait-ce la faute des créanciers allemands et de la zone euro ? La responsabilité ne revient-elle pas plutôt à l’ancien gouvernement grec composé de conservateurs et de sociaux-démocrates ?

D’un point de vue formel, la responsabilité principale revient certainement aux anciens gouvernements grecs. Et les fonctionnaires de la Troïka le répèteront toujours. Cependant, en lisant les mémorandums et les rapports de la Troïka, vous verrez qu’elle a planifié ce programme brutal jusque dans les moindres détails.

Pourquoi des fonctionnaires non impliqués de Bruxelles ou de Washington auraient-ils la volonté d’imposer un tel procédé si cela n’apporte rien ?

C’est une question que je me suis souvent posée. Pourquoi nous forcent-ils de faire une telle restriction dans nos dépenses, alors que cela ne mène qu’à davantage de dettes ? Finalement, il ne me reste qu’une seule explication : il s’agit de mettre en pratique une idéologie affirmant que celui qui possède de l’argent a le droit à la vie, celui qui n’en a pas a le droit à la mort.

Autrefois, les médecins grecs demandaient en supplément à leur salaire étatique de l’argent aux patients. Vous aussi ?

Non, je ne l’ai pas fait. C’est insupportable que cela se passe aujourd’hui encore – et qu’aucun de ces médecins n’ait été traduit en justice, pas un seul. Depuis plusieurs mois, j’essaie, au sein de l’association des médecins, d’inciter les comités concernés de s’y opposer. Malheureusement, en vain.

En même temps, il y en a beaucoup qui s’engagent contre la misère. Combien de médecins travaillent gratuitement ici ?

Nous sommes une centaine de médecins de toutes les disciplines et 200 infirmiers et infirmières et aides-soignants.

Combien de cliniques ambulatoires semblables y a-t-il ?

Dans toute la Grèce, il y en a 50, dont huit à Athènes.

Comment vous arrivez à financer cela ?

Nous n’acceptons par principe jamais d’argent, uniquement des dons en nature. Heureusement, nous en obtenons beaucoup de la part de citoyens de toute l’Europe, notamment d’Allemagne et d’Autriche. Une petite partie nous parvient également de France et d’Italie. Le mois dernier, nous avons pu remettre deux chargements de camion de matériel provenant de nos donateurs à des hôpitaux publics.

Ces dons proviennent de Grecs émigrés ?

Non, pas des Grecs, uniquement des citoyens normaux d’autres pays européens.

Donc les citoyens font preuve de la solidarité que leurs gouvernements refusent ?

En Allemagne ou en France, il y des pans entiers de la société qui ne sont pas d’accord avec la politique de leurs gouvernements. J’en ai rencontré beaucoup qui ont honte de ce que leurs gouvernements ont imposé à la Grèce.

Vous et vos collègues, êtes vous en mesure de couvrir les besoins dans les autres centres médicaux gérés par des bénévoles ?

Non, en aucun cas. Nous pouvons soulager la souffrance, mais cela ne peut remplacer les services de santé publique normaux. C’est vraiment tragique. Les hôpitaux publics manquent de tout, pas seulement de médecins, mais même de pansements et de désinfectants. Les conséquences sont souvent graves. L’année passée, il n’y eut, pendant des mois, dans une maternité au Nord de la Grèce, plus de vrais clamps de cordon ombilical. Cela a mis en danger la vie de nombreux bébés.

Si la situation est si grave, il y a certainement de nombreuses personnes qui vous téléphonent jour après jour pour demander de l’aide. Comment arrivez-vous à supporter cela ?

Parfois, c’est terrible. Je me réveille la nuit en pensant à la mère qui ne peut pas sauver son enfant ou au malade cancéreux ayant besoin d’un traitement coûteux que nous ne pouvons lui offrir. Il y a des jours où je me sens très frustré et déprimé.

Le nouveau gouvernement de gauche a promis de combattre cette situation d’urgence humanitaire. La situation ne s’est-elle pas améliorée depuis son entrée en fonction en février ?

Quand une voiture dévale une pente à plein gaz et qu’on change le conducteur, la course vers l’abîme n’est pas encore terminée. Néanmoins, il y a maintenant des bons d’alimentation et de l’électricité pour les plus pauvres. Le nouveau gouvernement a promulgué une loi selon laquelle les non-assurés ont également accès aux hôpitaux publics. En réalité, tout cela n’apporte pas encore de réelle aide, car le système public est totalement débordé par manque de personnel et d’équipement.

Il n’y a pas assez de médecins et de soignants ?

Oui, bien sûr. 4000 médecins sont partis à l’étranger dont 2500 en Allemagne. Même quand les gens obtiennent un rendez-vous, cela ne veut pas dire qu’on pourra les aider. Souvent les appareils nécessaires manquent ou les médicaments sont impayables. Il faut donc continuer à lutter et faire pression sur le gouvernement.

Les chances de pouvoir améliorer la situation sont-elles faibles ?

Honnêtement, je n’attends pas grand-chose des gouvernements, ni d’ici ni du reste de l’Europe. La situation est trop embrouillée et échauffée. Je puise le plus d’espoir dans l’immense solidarité des gens entre eux, chez nous et par le grand soutien de nos amis en Allemagne et dans d’autres pays européens. Cela me donne du courage.

Avez-vous jamais pensé entrer en politique pour changer le système par cette voie ?

Oui, j’y ai pensé. Mais plus par désespoir que par conviction. Je me suis même fait mettre sur une liste de Syriza lors des dernières élections parce que je m’y sentais obligé. Mais je n’en ai parlé à aucun journaliste, je n’ai pas fait de campagne et je n’ai pas été élu. Maintenant, j’en suis content. Ma place est aux côtés des malades, ils ont besoin de moi. •

Harald SCHUMANN le 10/07/2016

Pour en savoir davantage sur la « Metropolitan Community Clinic », consultez le site anglais :

www.mkiellinikou.org/en/

Source : www.tagesspiegel.de/weltspiegel/sonntag/ein-griechischer-arzt-berichte... du 2/6/15
Réimpression avec l’aimable permission de l’auteur.
(Traduction Horizons et débats)

* Giorgios Vichas, 53 ans, est médecin et cardiologue dans un hôpital d’Athènes. Parallèlement, il dirige depuis quatre ans une polyclinique, où des médecins et d’autres professionnels de la santé apportent gratuitement dans leur temps libre de l’aide aux patients n’ayant plus d’assurance-maladie. Il est marié et a deux filles.

 » » https://solidaritefrancogrecque.wordpress.com/2015/07/06/un-medecin-gr..

 

VU SUR LE SITE :

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Pas d’Etat islamique à Hasaka – Mais des soldats américains qui « conseillent » aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ? Par Moon of Alabama.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

Pas d’Etat islamique à Hasaka – Mais des soldats américains qui « conseillent » aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

Par Moon of Alabama le 20 août 2016

Hier, une bagarre a éclaté entre les troupes de l’Armée arabe syrienne (AAS) et les forces kurdes locales, dans la ville majoritairement kurde de Hasakah au nord-est de la Syrie. Hasakah, qui compte environ 200 000 habitants, abrite une garnison de l’Armée arabe syrienne (AAS) depuis des années. Il y a une certaine inimitié entre les Kurdes et les soldats, mais le calme règne habituellement.

Il y a eu déjà eu des heurts, mais c’était des rivalités locales entre les Forces de défense nationales auxiliaires syriennes et des minorités arabes locales (chrétiennes) et des gangs qui forment une force de sécurité intérieure kurde sous le nom d’Asayish. Ces combats se terminaient habituellement au bout d’un jour ou deux quand les adultes des deux camps réglaient le désaccord sur tel ou tel point de contrôle ou voie d’accès.

L’État islamique (en gris sur la carte) a autrefois menacé Hasakah mais le danger est maintenant écarté.

Carte via ISW

Carte via ISW

Hier, une nouvelle bagarre a éclaté, mais cette fois, elle a pris un tour sérieux. L’armée de l’air syrienne a été appelée pour contrecarrer des attaques directes contre la garnison de l’AAS et les quartiers des minorités:

Des avions de combat du gouvernement syrien ont bombardé des parties de la ville de Hasaka tenues par les kurdes au nord-est du pays, jeudi, pour la première fois en cinq ans de guerre civile, selon la milice kurde syrienne YPG (Unités de protection du peuple) et un groupe de surveillance.

Le gouvernement syrien a encore des points d’ancrage dans les villes de Qamishli et Hasaka, toutes les deux situées dans le gouvernorat de Hasaka, qui coexistent largement pacifiquement avec les parties du territoire tenues par les YPG.

La cause de la flambée de cette semaine n’est pas claire.

Xelil dit que l’artillerie des forces gouvernementales a bombardé des districts kurdes de Hasaka, et qu’il y a eu des affrontements violents dans la ville.

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, qui suit la guerre à travers un réseau de militants, a déclaré que des avions de combat avaient ciblé les positions des forces de sécurité kurdes dans le nord-ouest et le nord-est de la ville de Hasaka.

Il semble que ces combats aient éclaté à cause de l’arrivée, pour une raison inconnue, de troupes américaines à Hasakah. L’armée américaine se plaint maintenant que ses troupes aient essuyé des tirs de l’armée de l’air syrienne:

Les frappes aériennes syriennes ont eu lieu au nord-est de la ville de Hasaka, un endroit où les affrontements au sol entre les combattants kurdes des YPG et les forces du régime syrien ont augmenté. Il y avait là un petit nombre d’agents spéciaux américains agissant comme conseillers des YPG lorsque les frappes aériennes syriennes ont commencé.

Après que les Su-24 syriens ont commencé à frapper, les États-Unis ont immédiatement contacté les Russes, a dit Davis qui a précisé que l’aviation américaine rétorquerait si les forces de la coalition étaient attaquées.

Les Russes ont expliqué que ce n’était pas eux qui avaient effectué ces frappes et les États-Unis ont envoyé précipitamment des avions de chasse pour protéger les Américains et leurs alliés.

Quand les avions des Etats-Unis et de la coalition sont arrivés, les jets syriens étaient partis.

Il n’y a pas d’Etat islamique dans la région qui est maintenant loin de la ligne de front.

-Pourquoi les troupes américaines, qui n’ont aucun fondement juridique pour être en Syrie, se trouvent-elles dans la ville de Hasakah ou dans sa région?

-Qui « conseillent-t-elles ? Et dans quel but?

-Pourquoi les rares conflits locaux s’enveniment-ils juste au moment où les troupes américaines arrivent dans la région?

Les Etats-Unis ont la chutzpah* « d’avertir » les Syriens de ne pas défendre leurs propres troupes sur leur propre sol :

Des nouvelles patrouilles aériennes de combat américaines ont été envoyées sur la zone, hier, et l’ont survolée aujourd’hui aussi.

Davis a dit que les Syriens seraient « bien avisés » de ne pas interférer avec les forces de la coalition sur le terrain à l’avenir.

Les forces gouvernementales syriennes sont attaquées par les troupes kurdes qui sont « conseillées » par les forces spéciales américaines. Et, si l’on en croit le porte-parole américain, les forces de l’air syriennes n’ont pas le droit de les défendre? Qu’est-ce que cela a à voir avec « la lutte contre ISIS » dans l’est de la Syrie, qui est soi-disant la seule raison pour laquelle les troupes américaines sont en Syrie?

L’armée de l’air syrienne est revenue à Hasakah aujourd’hui et a continué de bombarder la position à partir de laquelle l’armée syrienne est attaquée. Ils ne seraient pas là sans l’accord des Russes. Est-ce que l’armée des Etats-Unis veut entamer le combat contre l’armée de l’air syrienne et ses alliés russes?

Les YPG kurdes disent qu’ils évacuent actuellement les civils de certains quartiers de la ville. Ils semblent s’attendre à un conflit prolongé.

Tout mouvement contre l’armée syrienne à Hasakah sera attentivement examiné par Ankara. La Turquie craint, avec raison, que les États-Unis ne soutiennent l’objectif kurde d’une entité nationale kurde à cheval sur la Syrie et l’Irak. Ce qui mettrait en danger la Turquie du fait de sa propre grosse minorité kurde.

Si les Kurdes expulsent les forces syriennes de Hasakah avec le soutien des Etats-Unis, la Turquie saura que toutes les assurances américaines de ne pas œuvrer contre les intérêts de son allié turc sont mensongères. Cela augmentera l’animosité turque, déjà profonde, contre les États-Unis et cela accélérera ses démarches en vue d’une alliance avec la Russie et l’Iran.

Moon of Alabama | 19 août 2016

Note : Avoir du culot en Hébreu

Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/08/hasakah-are-us-troops-advising-kurds-to-attack-the-syrian-army-.html#more

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/pas-detat-islamique-a-hasaka-mais-des-soldats-americains-qui-conseillent-aux-kurdes-dattaquer-larmee-syrienne/

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Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ? Par Silvia Cattori.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ?

Par Offguardian le 20 août 2016

A propos de la photo d’Omran, 5 ans, qui a « ébranlé le monde », on peut lire ici une manière de relater les faits sous un angle différent de celui suivi par les médias de masse. Partant de sources plurielles, chacun peut mieux se faire sa propre opinion. [Silvia Cattori]

Capture d’écran du compte Facebook de Mahmoud Raslan.  Il apparaît ici portant une chemise bleu. On reconnait avec lui deux terroristes d’al-Nosra, Omar Salkho et Mohammed Mayuf, filmés à Alep lors de la décapitation d’un enfant, Abdallah Issa.

Capture d’écran du compte Facebook de Mahmoud Raslan. Il apparaît ici portant une chemise bleu. On reconnait avec lui deux terroristes d’al-Nosra, Omar Salkho et Mohammed Mayuf, filmés à Alep lors de la décapitation d’un enfant, Abdallah Issa.

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ?

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ? Par Silvia Cattori.

Le « journaliste » militant Mahmoud Raslan, d’Alep Est, aujourd’hui à Ramouseh. A l’arrière plan, un tank capturé par les groupes terroristes.

On nous a envoyé un lien vers ce qui apparaît être “Mahmoud Raslan” désigné dans le document de l’agence de presse AP comme un “photo-journaliste pour Al-Jazeera Mubasher.”

Voici une capture d’écran de la page Facebook de Mahmoud Raslan:

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ? Par Silvia Cattori.

Il apparaît ici sur une capture d’écran de la vidéo (en bas, à droite et à gauche) portant une chemise bleue à motifs, et également, portant la même chemise (en haut à gauche) avec quelques hommes qui ressemblent étrangement aux “rebelles” filmés en train de torturer un garçon de 12 ans avant de lui couper la tête. [on reconnaît, parmi d’autres, les terroristes, Omar Salkho et Mohammed Mayuf, impliqués dans la décapitation d’Abdallah Issa, Ndlr]

Ainsi, le prétendu évènement dont les médias de masse cherchent à faire le catalyseur d’une intervention occidentale plus musclée en Syrie, a été filmé par des amis d’al Nosra [1], et son principal témoin semble être un associé des pires meurtriers de la région.

Description sur leur page FB: Aleppo Media Centre is a reliable source of news from inside the province of Aleppo. We have a dedicated team of correspondents distibuted around the province

Description sur leur page FB: Aleppo Media Centre is a reliable source of news from inside the province of Aleppo. We have a dedicated team of correspondents distibuted around the province

Y a-t-il une confirmation indépendante montrant ce que cette vidéo prétend montrer? Savons-nous vraiment si le petit garçon a été blessé par une bombe et non par ses porteurs?

Peut-être que ceux qui nous réprimandent et nous insultent pour avoir mis en question la vidéo devraient-ils porter leur attention sur les vrais problèmes qui se posent ici. Le petit garçon de la vidéo est heureusement en vie. Celui qui a été décapité par les copains de Mahmoud Raslan ne l’est plus.

Si votre indignation est réelle et non feinte, tournez la où il le faut.

Off Guardian| 19 août 2016

[1] https://www.facebook.com/AMCenglish/about/?entry_point=page_nav_about_item&tab=page_info

MSM using pro-al Nusra “media center” as source for war-propaganda

[2] https://off-guardian.org/2016/08/18/media-using-pro-al-nusra-media-center-as-source-for-war-propaganda/

Article original: https://off-guardian.org/2016/08/19/an-id-for-mahmoud-raslan/

Traduit de l’anglais par Arrêt sur info

Source: http://arretsurinfo.ch/qui-est-le-militant-journaliste-mahmoud-raslan-dalep/

MSM using pro-al Nusra “media center” as source for war-propaganda

At some point over the last few days a little boy and his family allegedly sustained minor cuts and bruises when their apartment building was allegedly bombed by pro-Assad forces. The Western media, which has consistently ignored the thousands of those severely injured and killed in Aleppo by “rebel” bombardment, has now found its conscience and gone crazy.

You must have seen this video, because it’s everywhere right now.

video: https://off-guardian.org/2016/08/18/media-using-pro-al-nusra-media-center-as-source-for-war-propaganda/

You’ll find it all over the Guardian, NBC, Independent and most other major corporate news outlets, most using the same AP source. The boy is allegedly five-year-old Omran Daqneesh. According to the AP report neither he nor the rest of his family sustained anything but superficial cuts and bruises.

Yet, in a conflict that has already claimed the lives of more than 100,000 people nationwide, the media wants us to believe this story is somehow unique and that the “horror generated” by a video of some people looking quite well but dusty and bloodstained will shock us more than the piles of corpses , “echo the anguished global response” to images of drowned Aylan Kurdi and galvanise us all into “doing something” – ie supporting a NATO intervention to save the terrorists in eastern Aleppo.

If the sight of all the major outlets who cheer on western-backed slaughter every day, running wall-to-wall op-eds and features about the tragedy of a little boy with a cut on his face, simply because it serves the empire’s agenda, doesn’t convince you of the moral and intellectual blank they’ve become then keep reading. It gets better.

AP and other outlets tell us the vid was “filmed and circulated” by a group called the “Aleppo Media Centre.” Who/what are they? Well,the Graun links to their Twitter, which is in Arabic,and which boasts over 20,000 alleged followers,including several members of the western media, and a plethora of similar short and often murky vids beside this one. We can also quite easily find their Facebook page, where we also find this:

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ? Par Silvia Cattori.

That’s “al Nusra” as in the US-designated terrorist group. It looks as if the AMC quite approves of them doesn’t it. Even calls them “rebels” not terrorists”, and cheers on the fact they have killed Syrian service men.

We’re also a bit curious about why the AP report claim the video was made Wednesday night, when it was uploaded to Twitter at 13:52 BST Wednesday afternoon, which would equate with 15:52 in Aleppo. Is this a time-zone anomaly? But then there’s the added confusion of theTweet itself, which seems to say pretty clearly that the vid was made on Sunday evening.

Qui est le militant « journaliste » Mahmoud Raslan d’Alep ? Par Silvia Cattori.

Sunday? Wednesday afternoon? Wednesday night? It would be good to clear that up. Maybe we can ask the photo-journalist and alleged eye witness, “Mahmoud Raslan”, quoted extensively by AP and almost every media outlet.

It’s this Raslan who sets the scene, provides corroboration, gives the background human interest story of handing survivors “from one balcony to another”, and of passing “three lifeless bodies” before finding our poster boy alive. So he must know for sure when it happened. But so far he seems hard to track down.

Some outlets such as the BBC describe him as a “photo journalist for Al Jazeera Mubasher”. He’s also described by the Indy and others as the “photographer behind [the] iconic image” of the little boy in the orange seat. This is slightly odd because the most widely distributed “iconic image” is just a still from the video, as the Guardian itself admits at the top of the article linked to above.

he Guardian even includes an interview with the alleged author of the video in its rolling coverage. The man’s name is claimed to be Mustafa al-Sarout, member of the terrorist-loving AMC.

Presumably Mahmoud Raslan was one of the other photographers there, inaccurately credited with the still from the vid. But who is he? If you search for “Mahmoud Raslan Al Jazeera Mubasher” you get nothing but hits on today’s AP story. No one has yet found any social media page or website for him, and if he was a photo-journalist prior to this event there doesn’t seem to be any record of his work or credits immediately available.

It would be good to track him down if possible wouldn’t it. Because without his confirmation the only source for this entire bizarre non-event currently being used as a catalyst for war is an unverified vid from an anti-government, pro-terrorist “media center”.

UPDATE 19/08/16: We now seem to have an ID for Raslan. We’re not clear if he works for Al_Jazeera, but he apparently is a friend of child-murderers.

Source: https://off-guardian.org/2016/08/18/media-using-pro-al-nusra-media-center-as-source-for-war-propaganda/

Crocodile Tears For Aleppo Poster Child

By Paul Craig Roberts

August 19, 2013 « Information Clearing House » – Washington’s media presstitutes are using the image of the child to bring pressure on Russia to stop the Syrian army from retaking Alleppo. Washington wants its so-called moderate rebels to retain Alleppo so that Washington can split Syria in two, thereby keeping a permanent pressure against President Assad.

Let us not forget the tens of thousands of children that Washington’s wars and bombings of 7 Muslim countries have killed without any tears shed by CNN anchors, and let us not forget the 500,000 Iraqi children that the United Nations concluded died as a result of US sanctions against Iraq, children’s deaths that Clinton’s Secretary of State Madeleine Albright said were worth it.

Let us not forget that Washington’s determination to overthrow the Syrian government has brought many deaths to Syrians of all age groups. Washington alone is responsible for the deaths. The evil Obama regime has stated over and over that “Assad must go” and is prepared to destroy the country and much of the population in order to get rid of him.

According to the Obama regime, Assad must go because he is a dictator. Washington tells this lie despite the fact that Assad was elected and re-elected and has far higher support among Syrians that Obama has among Americans. Moreover, whatever Washington accuses Assad of doing to Syrians is nothing compared to the death and destruction that Washington brought to Syria.

Perhaps the tragedy of Aleppo could have been avoided if the Russian government had not prematurely declared “mission accomplished” in Syria and withdrawn only to have to rush back after the Russian government was again deceived by Washington.

Dr. Paul Craig Roberts was Assistant Secretary of the Treasury for Economic Policy and associate editor of the Wall Street Journal. He was columnist for Business Week, Scripps Howard News Service, and Creators Syndicate. He has had many university appointments. His internet columns have attracted a worldwide following. Roberts’ latest books are The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West, How America Was Lost, and The Neoconservative Threat to World Order.

URL de cette page: http://arretsurinfo.ch/qui-est-le-militant-journaliste-mahmoud-raslan-dalep/

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Des rebelles syriens “modérés” ont décapité un enfant. Re-publication de cet article du 22 juillet 2016 par Les Crises.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'horreur économique, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie

[Re-publication de cet article du 22 juillet 2016]

Étrangement, cela n’a pas trop fait la Une des médias (ils ont mis 4 heures pour faire de timides billets en fond de site)…

Bref, la barbarie à l’état pur…

J’en parle pour mieux montrer la propagande en cours depuis des mois sur les “rebelles modérés” en Syrie, dont nous avons parlé à de multiple reprises…

À comparer également au traitement médiatique de la mort du petit Aylan en septembre 2015…

RIP petit bonhomme

Source : Le Figaro, AFP, 20-07-2016

Une vidéo diffusée hier sur les réseaux sociaux montre des combattants rebelles décapitant un jeune garçon après l’avoir capturé près d’Alep, dans le nord de la Syrie. La vidéo montre le garçon étendu à l’arrière d’un camion et un combattant qui commence à le décapiter avec un petit couteau.

Un autre combattant crie: “Nous ne laisserons personne à Handarat”, localité située au nord d’Alep et où les rebelles et les forces du régime syrien s’affrontent.  Dans cette zone d’Handarat se situe un camp de réfugiés palestinien qui a été largement abandonné au cours des années.  L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne, a confirmé que la vidéo montrait des combattants rebelles.

Dans une vidéo antérieure, l’enfant était assis à l’arrière d’un camion avec des combattants qui l’accusaient d’être un membre des brigades Al-Qods, un groupe palestinien se battant au côté du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Notez que la journaliste n’a pas écrit ”l’enfant était assis à l’arrière d’un camion avec des ”mercenaires islamistes” qui l’accusaient d’être un membre des brigades Al-Qods, un groupe palestinien se battant aux côtés de l’armée loyaliste sous l’autorité du gouvernement syrien”

Amnesty International a déclaré dans un rapport publié en juillet que des rebelles islamistes et djihadistes actifs en Syrie étaient coupables de crimes de guerre, les accusant d’être responsables “d’une effrayante vague d’enlèvements, de tortures et d’exécutions sommaires”.  L’organisation humanitaire a nommé dans ce rapport cinq groupes rebelles opérant dans le nord de la Syrie, parmi lesquels le groupe islamiste Noureddine Zinki.

Selon l’OSDH, les rebelles que l’on voit sur la vidéo montrant la décapitation d’un enfant sont des combattants de Noureddine Zinki. Le groupe rebelle a publié un communiqué dans lequel il affirme que cette décapitation est “une erreur individuelle qui ne représente pas la politique générale du groupe”. “Les personnes qui ont commis cette infraction ont été arrêtées et remises” à une commission d’enquête, ajoute Noureddine Zinki.

Tu m’étonnes – abrutis de combattants… qui ont filmé !

D’après Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, “le jeune garçon n’a pas plus de 13 ans, il a été capturé mardi dans la région d’Handarat, mais les faits ont eu lieu dans une zone d’Alep tenue par les rebelles, le quartier Al-Machad pour être précis.” M. Abdel Rahmane n’a pas été en mesure de dire si le garçon était un Palestinien ni s’il était un enfant-soldat.

Source : Le Figaro, AFP, 20-07-2016

C’était bien un Syrien…

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Syrie. Des rebelles vont enquêter suite à la décapitation d’un enfant

Source : Ouest France, 20-07-2016

Suite à une vidéo montrant la décapitation d'un enfant, les rebelles syriens ont assuré mené une enquête interne. | Infographie Ouest France

Suite à une vidéo montrant la décapitation d’un enfant, les rebelles syriens ont assuré mené une enquête interne. | Infographie Ouest France

Un groupe rebelle soutenu par les États-Unis a annoncé mercredi mener une enquête après la diffusion d’une vidéo montrant la décapitation d’un jeune garçon par un homme identifié comme appartenant à son mouvement.

Les images d’un combattant découpant au couteau la tête du garçon atteignent le niveau d’atrocité de celles qu’a diffusées l’État islamique au cours des trois dernières années.

D’autres images montrent le garçon avant sa mort, à l’arrière d’un pick-up et des hommes l’accusant d’appartenir à un groupe de Palestiniens combattant au côté des forces de Bachar al Assad.

Enquête de Washington

« Voici un prisonnier de la Brigade Quds. Ils n’ont plus d’hommes, alors ils nous envoient des enfants », dit l’un des hommes. « Ce sont tes chiens, Bachar, les enfants de la brigade Quds », lance un autre homme.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ces hommes appartiennent au Mouvement Nouraldine al Zinki, un groupe rebelle qui a reçu des équipements américains, notamment des missiles TOW.

Un porte-parole du département d’État a dit que Washington enquêtait sur « ces informations répugnantes » et que ses livraisons d’équipements seraient suspendues si les faits étaient avérés.

Dans un communiqué, Nouraldine al Zinki a dénoncé une « atteinte aux droits de l’homme »ne représentant ni sa politique ni ses pratiques. Il dit avoir formé un comité chargé d’enquêter. « Tous ceux qui ont participé à cette violation ont été arrêtés et remis au comité pour les besoins de son enquête. »

Source : Ouest France, 20-07-2016

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“Moi, je suis tout simplement curieux: avez-vous vu et êtes-vous au courant du fait qu’un groupe soutenu par les Etats-Unis a décapité un enfant? “, a demandé sans détour Matthew Lee, journaliste de l’Associated Press (AP) connu pour ses questions parfois gênantes mais perspicaces, à Mark Toner.

“Non. Merci. Bien sûr. Nous l’avons vue, mais ne pouvons pas le confirmer. Il nous faut plus d’informations”, a balbutié M. Toner en réponse, ajoutant qu’autant qu’on ait compris ces annonces non confirmées, l’armée syrienne libre a mis en place une commission spéciale pour enquêter sur l’incident, que ceux qui y ont été éventuellement impliqués sont interpellés et qu’il s’agit apparemment du groupe Nour al-Din al-Zenki (“si je ne me trompe pas”)…

L’incertitude a fidèlement gagné M. Toner dans la suite.

“Est-ce que ça influera de telle ou telle façon sur le soutien que les États-Unis apportent à ce groupe ou à l’Armée syrienne libre?”, continuait d’interroger le journaliste, infatigable.

“Bien, nous sommes d’avis… Si, évidemment, ce que vous avez dit, ces informations selon lesquelles l’incident a eu lieu, sont confirmées, ainsi que le fait que le groupe est vraiment impliqué, je crois que nous pourrons… prendre une pause”, a déclaré — ou plutôt marmonné?— le porte-parole. (Source)

 

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Le meurtre a eu lieu à Mashhad, à environ 40 km. à l’Ouest d’Alep.

Il a également été dit qu’il avait apparemment reçu un traitement médical avant d’être saisi, en notant que l’une photographie montre une perfusion intraveineuse dans son bras.

Sa soeur, identifiée comme “Zoze Aisa”, a dit qu’elle était en colère et bouleversée que les gens dépeignent son frère Abdullah comme Palestinien.

Harakat Nour al-Din al-Zenki est parmi les groupes rebelles qui auraient reçu un soutien financier et militaire de différents pays , y compris la Turquie, le Qatar et d’autres pays du Golfe, selon le rapport d’Amnesty

Le groupe est également signalé comme ayant reçu le soutien d’un organisme de coordination connu sous le commandement d’opération du Nord (mieux connu sous son acronyme MOM turc), qui a été créé par les alliés des États-Unis dont la France, le Qatar, l’ Arabie Saoudite, Turquie, les Émirats Arabes Unis et le Royaume-Uni en 2014, selon Amnesty.

Mais le financement de Nurredin Zinki aurait été arrêté en septembre 2015 après avoir uni leurs forces avec deux groupes accusés d’enlèvement de deux travailleurs humanitaires italiens.

Son interrogatoire est visible ici.

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La vidéo de l’horreur est ici, si vous avez le cœur bien accroché, mais je vous la déconseille.

Voir aussi l’article du journal The Telegraph

P.S. Vous noterez que nos médias en ont parlé :

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Contrairement à ce que pensent certains, les médias cachent peu de choses, la propagande chez nous est bien plus subtile. Les médias en parlent, mais très peu, pas en une, et pas plus d’une journée, sans suivre le devenir du sujet, ou réagir entre eux.

Et en l’espèce, ils ne montrent pas les images, même floutées, ou, comme L’Obs, c’est mélangé avec autre chose.

Quand ils veulent, ils font mousser un sujet – vois Aylan en 2015 [EDIT : ou Omrane en 2016] : là, ils ont fait le boulot…

La question à se poser n’est jamais : “Les médias en ont-ils parlé ? ” (car c’est généralement le cas), mais : “Les médias ont il fait leur boulot, à savoir l’information a-t-elle bien atteint ma conscience ?” (bref, puis-je ne parler avec mon beau-frère le week-end prochain, car il sera au courant).

Sur les informations importantes, les médias doivent avoir une obligation de résultat, pas de moyen !

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Tiens grâce à Internet, on a identifié plusieurs des assassins – et ce sont des commandants du groupe en question : Muhammed Ma’yuf et Omar Salkhu…

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Un rebelle modéré posant devant un drapeau de Daech, tout va bien :

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Comment dit le focialiste déjà ? (Paris-Match le 2 juillet 2015)

Ben si.

 

 

102 réponses à Des rebelles syriens “modérés” ont décapité un enfant

Commentaires recommandés

bluetonga Le 22 juillet 2016 à 02h59
 
 

Hélas, comme je l’ai mentionné sur un autre fil, le petit Abdullah (10, 12 ans?), extirpé de force de l’hôpital où il était soigné (d’où l’intraveineuse à son bras), terrorisé puis décapité au couteau sous les lazzis et encouragements des soudards qui l’ont enlevé, pour avoir commis le crime d’être le fils d’un combattant d’en face, ne jouira pas de la même popularité médiatique que le petit Aylan, 5 ans, noyé au cours d’une tentative de migration clandestine et photogéniquement échoué sur la plage, pour le plus grand profit de la cause des migrants/réfugiés.

Soit dit en passant, on peut comprendre que les parents d’Aylan aient voulu fuir un pays où arrive ce qui est arrivé à Abdullah.

Vous là-bas, nos dirigeants qui occupez les strapontins, qui avez orchestré tout ça, les complices, votre digestion sera-t-elle seulement légèrement perturbée ce soir? Ou comme disait Poutine : “vous rendez-vous seulement compte de ce que vous avez fait”?

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Les USA préparent le chaos en Macédoine, en Serbie et en Grèce

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Terrorisme, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Grèce, #La Turquie, #La Russie

vendredi 19 août 2016

Les USA préparent le chaos en Macédoine, en Serbie et en Grèce

 
 
Le Quotidien serbe Informer, citant des médias russes, a déclaré que la Macédoine, la Serbie et la Grèce sont «dans le collimateur» de Washington après le dernier pacte entre Poutine et Erdogan qui a décidé de relancer le projet de Turkish Stream.
 
La seule façon pour les États-Unis de permettre aux trois nations des Balkans de vivre en paix est qu’elles renoncent à leur partenariat d'affaires avec la Russie, quel qu’en soit le bénéfice pour tous les trois.
 
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- Les États-Unis ont leur propre projet de gaz appelé pipeline Trans-Adriatique (TAP) qui est en concurrence avec le projet russo-turc. Le gaz proviendrait de Bakou, en Azerbaïdjan. Les États-Unis souhaitent voir la Russie isolée dans tous les domaines, en particulier dans les affaires et veut voir les trois pays des Balkans sous le contrôle de Washington.
 
« Les États-Unis ont presque créé une guerre en Macédoine qui a été utilisée comme un message à Belgrade que le même destin les attend à moins qu'ils ne remplissent les demandes de Washington »  Rapporte Informer, citant des médias russes.
 
Moscou et Ankara ont signé un contrat dans lequel ils financent le gazoduc 50-50. Le pipeline passera sous la mer Noire et trouverait son chemin à travers la Grèce, la Macédoine, la Serbie, vers l'Autriche et l'UE. Pendant ce temps, la Turquie et la Russie ont organisé pour faire leur commerce de plusieurs  dans leurs monnaies locales et en or, ce qui est encore un autre poignard au cœur de l'empire de Washington et de la domination du dollar. La Russie négocie en monnaies locales avec quelques dizaines de pays, dont la Chine, l'Iran et l'Inde.
 
Les États-Unis disent très clairement qu'ils feront tout en leur pouvoir pour empêcher le projet Turkish stream. 
 
Malgré la paix complète en Macédoine, il y a plus d'un an, le secrétaire d'État américain Kerry  a soudainement annoncé la Macédoine était dans la «ligne de feu». La seule raison pour le commentaire de Kerry était que la Macédoine a commencé la construction de sa partie de l'infrastructure de Turkish Stream. Peu après l'annonce de Kerry, il y a eu le «scandale des écoutes téléphoniques», suivi d’une attaque terroriste avortée à Kumanovo, puis suivi d'un coup d'État dirigé de l’étranger.
 
Le Premier ministre de la Serbie, qui a remporté ses élections avec une écrasante majorité, n'a pas été en mesure de former un gouvernement durant six mois. Tout cela après avoir annoncé que la Serbie ne laissera pas les pays occidentaux (lire les USA) dictent l'avenir de son pays. Vucic semble avoir mal évalué dans quelle mesure Washington est prêt à s’assurer que la région n'aura pas de liens d'affaires avec la Russie, et, maintenant la Turquie. Vucic est déjà confronté à un scénario macédonien avec des manifestations par le secteur «ONG» financé par les Américains.
 
La Turquie a connu sa propre «révolution made in USA», sous la forme d’un coup d’état, moins d’une semaine après qu’Erdogan a présenté ses excuses à Moscou pour avoir fait abattre son jet militaire au-dessus de la Syrie, et a offert à Moscou de relancer tous leurs projets communs qui étaient  au point mort, le Turkish Stream étant l'objectif principal.
 
___
 
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Une guerre mondiale a commencé – Brisez le silence. Par John Pilger

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Les média, #La guerre

Une guerre mondiale a commencé – Brisez le silence

Par John Pilger le 01 avril 2016

Combien sont au courant qu’une guerre mondiale a commencé? En ce moment, il s’agit d’une guerre de propagande, de mensonges et de distraction, mais cela peut changer instantanément au moindre ordre mal interprété, avec le premier missile.

John Pilger.

John Pilger.

Je suis allé filmer aux îles Marshall, qui se situent au Nord de l’Australie, au milieu de l’océan Pacifique. A chaque fois que je raconte cela à des gens, ils demandent, « Où est-ce ? ». Si je leur donne comme indice « Bikini », ils répliquent, « vous parlez du maillot de bain ».

Bien peu semblent savoir que le maillot de bain bikini a été ainsi nommé pour commémorer les explosions nucléaires qui ont détruit l’île de Bikini. Les États-Unis ont fait exploser 66 engins nucléaires aux îles Marshall entre 1946 et 1958 – l’équivalent de 1,6 bombe d’Hiroshima chaque jour, pendant 12 ans.

Bikini est silencieuse aujourd’hui, mutante et contaminée. Des palmiers y poussent sous une étrange forme de grille. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux. Les stèles du vieux cimetière sont vibrantes de radiations. Mes chaussures ont été déclarées “dangereuses” sur un compteur Geiger.

Debout sur la plage, j’ai regardé le vert émeraude du Pacifique disparaître dans un vaste trou noir. Il s’agissait du cratère laissé là par la bombe à hydrogène qu’ils avaient appelée « Bravo ». L’explosion a empoisonné les gens et leur environnement sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.

Lors de mon voyage de retour, je me suis arrêté à l’aéroport d’Honolulu, et j’ai remarqué un magazine états-unien intitulé « Women’s Health » (la Santé des Femmes) . Sur la couverture, une femme souriante dans un maillot de bain bikini, et comme titre : « Vous aussi, vous pouvez avoir un corps bikini ». Quelques jours auparavant, aux îles Marshall, j’avais interviewé des femmes qui avaient des« corps bikini » très différents ; elles souffraient toutes de cancer de la thyroïde ou d’autres cancers mortels.

Contrairement à la femme souriante du magazine, elles étaient toutes pauvres, victimes et cobayes d’un superpouvoir vorace, aujourd’hui plus dangereux que jamais.

Je relate cette expérience en guise d’avertissement et pour mettre un terme à une distraction qui a consumé beaucoup d’entre nous. Le fondateur de la propagande moderne, Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme « la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions » des sociétés démocratiques. Il l’a appelé le « gouvernement invisible ».

Combien sont au courant qu’une guerre mondiale a commencé? En ce moment, il s’agit d’une guerre de propagande, de mensonges et de distraction, mais cela peut changer instantanément au moindre ordre mal interprété, avec le premier missile.

En 2009, le président Obama se tint devant une foule en liesse au centre de Prague, au cœur de l’Europe. Il s’engagea à « libérer le monde des armes nucléaires ». Les gens applaudirent et certains pleurèrent. Un torrent de platitudes jaillit des médias. Par la suite, Obama reçut le prix Nobel de la paix.

Un tissu de mensonge. Il mentait.

L’administration Obama a fabriqué plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de systèmes de vecteurs nucléaires, plus de centrales nucléaires. Les dépenses en têtes nucléaires à elles seules ont plus augmenté sous Obama que sous n’importe quel autre président. Le coût sur 3 ans s’élève à plus d’1 billion de dollars.

Une mini- bombe nucléaire est prévue. Elle est connue sous le nom de B61-12. C’est sans précédent. Le Général James Cartwright, ancien vice-président de l’état-major interarmées, a expliqué que:« Miniaturiser [rend l’utilisation de cette bombe] nucléaire plus concevable ».

Au cours des dix-huit derniers mois, la plus grande concentration de forces militaires depuis la seconde Guerre Mondiale — opérée par les USA — a lieu le long de la frontière occidentale de la Russie. Il faut remonter à l’invasion de l’Union Soviétique par Hitler pour trouver une telle menace envers la Russie par des troupes étrangères.

L’Ukraine — autrefois membre de l’Union Soviétique — est devenue un parc d’attraction pour la CIA. Ayant orchestré un coup d’état à Kiev, Washington contrôle efficacement un régime frontalier et hostile envers la Russie, un régime littéralement infesté de Nazis. D’importantes personnalités du parlement Ukrainien sont les héritiers politiques des partis fascistes OUN et UPA. Ils font ouvertement l’apologie d’Hitler et appellent à la persécution et à l’expulsion de la minorité russophone.

Tout cela est rarement rapporté en Occident, quand ce n’est pas inversé pour travestir la vérité.

En Lettonie, Lituanie et en Estonie — à côté de la Russie — l’armée US déploie des troupes de combat, des tanks, des armes lourdes. Cette provocation extrême de la seconde puissance nucléaire du monde est passée sous silence en Occident.

La perspective d’une guerre nucléaire est d’autant plus dangereuse qu’une campagne parallèle a été lancée contre la Chine.

Il est rare qu’un jour passe sans qu’on parle de la Chine comme d’une « menace ». Selon l’Amiral Harry Harris, le commandant en chef US du Pacifique, la Chine « construit un grand mur de sable dans le Sud de la Mer de Chine ».

Il fait référence à la construction par la Chine de pistes d’atterrissage dans les îles Spratly, qui font l’objet d’un conflit avec les Philippines — un conflit sans importance avant que Washington ne mette la pression sur le gouvernement de Manille et ne tente de le soudoyer, et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée « liberté de navigation ».

Qu’est-ce que cela veut vraiment dire? Cela signifie la liberté pour les navires de guerre états-uniens de patrouiller et de dominer les eaux côtières de la Chine. Essayez d’imaginer la réaction états-unienne si les navires de guerre chinois faisaient la même chose au large de la Californie.

J’ai réalisé un film appelé « La guerre invisible », dans lequel j’ai interviewé d’éminents journalistes aux USA et au Royaume-Uni: des reporters comme Dan Rather de CBS, Rageh Omar de la BBC, et David Rose de The Observer.

Tous déclarèrent que si journalistes et radiodiffuseurs avaient joué leur rôle en remettant en question la propagande selon laquelle Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, que si les mensonges de George W. Bush et de Tony Blair n’avaient pas été amplifiés et colportés par les journalistes, l’invasion de l’Irak de 2003 aurait pu ne pas avoir eu lieu, et des centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants seraient encore en vie aujourd’hui.

La propagande préparant actuellement le terrain pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est en principe pas différente. A ma connaissance, aucun journaliste du « mainstream » Occidental — un équivalent de Dan Rather, disons — ne pose la question de savoir pourquoi la Chine construit des pistes d’atterrissage dans le Sud de la mer de Chine.

La réponse devrait être flagrante. Les USA encerclent la Chine d’un réseau de bases militaires, de missiles balistiques, de groupes de combat, de bombardiers nucléaires.

Cet arc létal s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, les Mariannes, les îles Marshall et Guam, les Philippines, la Thaïlande, Okinawa et la Corée, et à travers l’Eurasie, jusqu’à l’Afghanistan et l’Inde. Les USA ont passé la corde autour du cou de la Chine. Cela ne fait pas l’objet d’un scoop. Silence médiatique. Guerre médiatique.

En 2015, dans le plus grand secret, les USA et l’Australie ont effectué le plus important exercice militaire air-mer de l’histoire contemporaine, sous le nom de Talisman Sabre. Il visait à répéter un plan de bataille Air-Mer, bloquant les voies maritimes, comme les détroits de Malacca et de Lombok, ce qui couperait l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales provenant du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Dans le cirque que constitue la campagne présidentielle états-unienne, Donald Trump est présenté comme un fou, un fasciste. Il est certainement odieux; mais il est aussi un pantin de haine médiatique. Ce simple fait devrait suffire à éveiller notre scepticisme.

Les idées de Trump sur l’immigration sont grotesques, mais pas plus que celles de David Cameron. Ce n’est pas Trump le Grand Déportateur des USA, mais le prix Nobel de la Paix, Barack Obama.

Selon un prodigieux commentateur libéral, Trump « déchaîne les forces obscures de la violence » aux USA. Il les déchaîne?

Ce pays est celui où des bambins tirent sur leur mère et où la police mène une guerre meurtrière contre les noirs américains. Ce pays est celui qui a attaqué et tenté de renverser plus de 50 gouvernements, dont de nombreuses démocraties, qui a bombardé de l’Asie au Moyen-Orient, entraînant la mort et le déplacement de millions de gens.

Aucun pays n’atteint ce niveau record de violence systémique. La plupart des guerres états-uniennes (presque toutes contre des pays sans défense) n’ont pas été déclarées par des présidents républicains mais par des libéraux démocrates: Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama.

En 1947, une série de directives du conseil de sécurité national illustrent l’objectif primordial de la politique étrangère états-unienne : « un monde considérablement fait à l’image [de l’Amérique] ». L’idéologie de l’américanisme messianique. Nous étions tous américains. Ou autres. Les hérétiques seraient convertis, subvertis, soudoyés, calomniés ou broyés.

Donald Trump est un symptôme de tout cela, mais c’est aussi un anticonformiste. ll dit que l’invasion de l’Irak était un crime; il ne veut pas de guerre contre la Russie et la Chine. Le danger pour nous n’est pas Trump, mais Hillary Clinton. Elle n’a rien d’une anticonformiste. Elle incarne la résilience et la violence d’un système dont « l’exceptionnalisme » tant vanté n’est qu’un totalitarisme au visage occasionnellement libéral.

A mesure que se rapproche l’élection présidentielle, Clinton sera saluée comme la première femme présidente, sans considération aucune de ses crimes et de ses mensonges — tout comme Obama fut acclamé en tant que premier président noir, et que les libéraux gobaient ses propos absurdes sur« l’espoir ». Et l’illusion se perpétue.

Dépeint par le chroniqueur du Guardian Owen Jones comme « drôle, charmant, tellement cool qu’il éclipse pratiquement tous les autres politiciens », Obama a récemment envoyé des drones massacrer 150 personnes en Somalie. Il tue habituellement des gens le mardi, selon le New York Times, lorsqu’on lui remet une liste de personnes à tuer par drone. Tellement cool.

Lors de la campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton a menacé de « totalement oblitérer » l’Iran par voie d’armes nucléaires. En tant que secrétaire d’état sous Obama, elle a participé au renversement du gouvernement démocratique du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 fut une quasi-jubilation. Lorsque le leader Libyen, le colonel Kadhafi, fut publiquement sodomisé avec un couteau — un meurtre rendu possible par la logistique états-unienne — Clinton se réjouit de sa mort :« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ».

L’une des plus proches alliés de Clinton est Madeleine Albright, l’ancienne secrétaire d’état, qui s’en est pris à des jeunes filles parce qu’elles ne soutenaient pas « Hillary ». La tristement célèbre Madeleine Albright qui célébra à la télévision la mort d’un demi- million d’enfants irakiens comme « valant le coup ».

Parmi les plus importants soutiens de Clinton, on retrouve le lobby Israélien et les compagnies d’armement qui ont alimenté la violence au Moyen-Orient. Elle et son mari ont reçu une fortune de la part de Wall Street. Et pourtant, elle s’apprête à se voir affublée du titre de candidate des femmes, à même de triompher du diabolique Trump, le démon officiel. On dénombre également de nombreux féministes parmi ses supporters: ceux de la trempe de Gloria Steinem aux USA et d’Anne Summers en Australie.

Une génération auparavant, un culte post-moderne que l’on appelle aujourd’hui « la politique identitaire » a bloqué de nombreux esprits libéraux intelligents dans leur examen des causes et des individus qu’ils soutenaient — comme les fraudes que sont Obama et Clinton; comme le mouvement progressiste bidon Syriza en Grèce, qui a trahi son peuple en s’alliant avec ses ennemis.

L’auto-absorption [le narcissisme, NdT], une forme « d’égocentrisme », devint le nouvel esprit du temps dans les sociétés occidentales privilégiées et signala la défaite des grands mouvements collectifs contre la guerre, l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

Aujourd’hui, ce long sommeil prend peut-être fin. Les jeunes s’agitent à nouveau. Progressivement. Les milliers de britanniques qui ont soutenu Jeremy Corbyn comme leader du parti travailliste font partie de cette agitation — ainsi que ceux qui se sont ralliés au sénateur Bernie Sanders.

Au Royaume-Uni, la semaine dernière, le plus proche allié de Jeremy Corbyn, le trésorier de l’opposition John McDonnell, a engagé le gouvernement travailliste au paiement des dettes frauduleuses des banques, et, dans les faits, à continuer sa politique de soi-disant austérité.

Aux USA, Bernie Sanders a promis de soutenir Clinton si ou lorsqu’elle sera nominée. Lui aussi a voté pour l’utilisation de la violence par les USA contre d’autres pays lorsqu’il jugeait cela « juste ». Il dit qu’Obama a « fait un excellent travail ».

En Australie, il règne une sorte de politique mortuaire, dans laquelle des jeux parlementaires assommants sont diffusés dans les médias tandis que les réfugiés et les peuples indigènes sont persécutés et que croissent les inégalités, ainsi que la menace d’une guerre. Le gouvernement de Malcolm Turnbull vient d’annoncer un budget de la soi-disant défense de 195 milliards de dollars, véritable incitation à la guerre. Il n’y eut aucun débat. Silence.

Qu’est devenue la grande tradition populaire d’action directe, libre de tout parti? Où sont le courage, l’imagination et l’engagement qu’exige la lutte pour un monde meilleur, juste et paisible? Où sont les dissidents de l’art, du cinéma, du théâtre, de la littérature?

Où sont ceux qui oseront briser le silence? Devons-nous attendre que le premier missile nucléaire soit tiré?

John Pilger | 1 AVRIL 2016

John Pilger est un journaliste de nationalité Australienne, né à Sydney le 9 Octobre 1939, parti vivre au Royaume-Uni depuis 1962. Il est aujourd’hui basé à Londres et travaille comme correspondant pour nombre de journaux, comme The Guardian ou le New Statesman.

Traduction: Nicolas Casaux

Source: LEPARTAGE

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Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Les Antifafs.

Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue

Par Bruno Guigue le 13 mai 2016

Double attentat, en mai 2012 à Damas, revendiqué par le groupe terroriste al-Nosra qui a fait plus de 60 morts et près de 400 blessés. Photo: D.R.

Double attentat, en mai 2012 à Damas, revendiqué par le groupe terroriste al-Nosra qui a fait plus de 60 morts et près de 400 blessés. Photo: D.R.

Au moment où un dirigeant historique de la résistance arabe libanaise, en Syrie, vient de mourir sous les coups de l’armée sioniste, j’adresse cette lettre ouverte aux intellectuels et militants de « gauche » qui ont pris parti pour la rébellion syrienne et croient défendre la cause palestinienne tout en rêvant de la chute de Damas.

Vous nous disiez, au printemps 2011, que les révolutions arabes représentaient un espoir sans précédent pour des peuples subissant le joug de despotes sanguinaires. Dans un excès d’optimisme, nous vous avons écoutés, sensibles à vos arguments sur cette démocratie miraculeusement naissante et à vos proclamations sur l’universalité des droits de l’homme. Vous aviez presque réussi à nous persuader que cette protestation populaire qui emporta les dictateurs tunisien et égyptien allait balayer la tyrannie partout ailleurs dans le monde arabe, en Libye comme en Syrie, au Yémen comme à Bahreïn, et qui sait où encore.

        Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

Mais cette belle envolée lyrique laissa rapidement paraître quelques failles. La première, béante, apparut en Libye. Adoptée par le conseil de sécurité pour secourir des populations civiles menacées, une résolution de l’ONU se transforma en chèque en blanc pour la destitution manu militari d’un chef d’Etat devenu encombrant pour ses partenaires occidentaux. Digne des pires moments de l’ère néoconservatrice, cette opération de « regime change » accomplie pour le compte des USA par deux puissances européennes en mal d’affirmation néo-impériale aboutit au désastre dont la malheureuse Libye continue de payer le prix. L’effondrement de ce jeune Etat unitaire livra le pays aux ambitions effrénées des factions et des tribus, sciemment encouragées par les convoitises pétrolières des charognards occidentaux.

Il y avait pourtant de bonnes âmes, parmi vous, pour accorder des circonstances atténuantes à cette opération, comme il y en avait, davantage encore, pour exiger qu’un traitement analogue fût infligé au régime de Damas. Car le vent de la révolte qui soufflait alors en Syrie semblait valider votre interprétation des événements et donner une justification a posteriori au bellicisme humanitaire déchaîné contre le potentat de Tripoli. Pourtant, loin des médias « mainstream », certains analystes firent observer que le peuple syrien était loin d’être unanime, que les manifestations antigouvernementales se déroulaient surtout dans certaines villes, bastions traditionnels de l’opposition islamiste, et que la fièvre sociale de couches paupérisées par la crise n’entraînerait pas pour autant la chute du gouvernement syrien.

Ces avertissements de bon sens, vous les avez ignorés. Comme les faits ne correspondaient pas à votre narration, vous les avez triés comme bon vous semble. Là où des observateurs impartiaux voyaient une polarisation de la société syrienne, vous avez voulu voir un tyran sanguinaire assassinant son peuple. Là où un regard dépassionné permettait de discerner les faiblesses, mais aussi les forces de l’Etat syrien, vous avez abusé de rhétorique moralisante pour instruire à charge le procès d’un gouvernement qui était loin d’être le seul responsable des violences. Vous avez vu les nombreuses manifestations contre Bachar Al-Assad, mais vous n’avez pas vu les gigantesques rassemblements de soutien au gouvernement et aux réformes qui emplirent les rues de Damas, Alep et Tartous. Vous avez dressé la comptabilité macabre des victimes du gouvernement, mais vous avez oublié celles des victimes de l’opposition armée. A vos yeux, il y avait de bonnes et de mauvaises victimes, des victimes qui méritent qu’on en parle et des victimes dont on ne veut pas entendre parler. Délibérément, vous avez vu les premières, tout en vous rendant aveugles aux secondes.

Manifestation pro Assad

Manifestation pro Assad

Au même moment, ce gouvernement français, dont vous critiquez volontiers la politique intérieure pour entretenir l’illusion de votre indépendance, vous a donné raison sur toute la ligne. Curieusement, la narration du drame syrien qui était la vôtre coïncidait avec la politique étrangère de M. Fabius, chef d’œuvre de servilité mêlant l’appui inconditionnel à la guerre israélienne contre les Palestiniens, l’alignement pavlovien sur le leadership américain et l’hostilité recuite à l’égard de la résistance arabe. Mais votre mariage ostensible avec le Quai d’Orsay ne sembla pas vous gêner. Vous défendiez les Palestiniens côté cour, et vous dîniez avec leurs assassins côté jardin. Il vous arriva même d’accompagner les dirigeants français en visite d’Etat en Israël. Vous voilà embarqués, complices, pour assister au spectacle d’un président qui déclare qu’il « aimera toujours les dirigeants israéliens ». Mais il en fallait plus pour vous scandaliser, et vous avez repris l’avion avec le président, comme tout le monde.

Vous aviez condamné à juste titre l’intervention militaire américaine contre l’Irak en 2003. La vertu roborative du bombardement pour la démocratie vous laissait froids, et vous doutiez des vertus pédagogiques des frappes chirurgicales. Mais votre indignation à l’égard de cette politique de la canonnière version « high tech » s’avéra étrangement sélective. Car vous réclamiez à cor et à cri contre Damas, en 2013, ce que vous jugiez intolérable dix ans plus tôt contre Bagdad. Une décennie a suffi pour vous rendre si malléables que vous voyiez le salut du peuple syrien, désormais, dans une pluie de missiles de croisière sur ce pays qui ne vous a rien fait. Reniant vos convictions anti-impérialistes, vous avez épousé avec enthousiasme l’agenda de Washington. Sans vergogne, non seulement vous applaudissiez par avance aux B 52, mais vous repreniez la propagande US la plus grotesque, dont le précédent irakien et les mensonges mémorables de l’ère Bush auraient dû vous immuniser.

        Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

Pendant que vous inondiez la presse hexagonale de vos inepties, c’est un journaliste américain, enquêteur hors pair, qui mit en pièces le pitoyable « false flag » destiné à rendre Bachar-Al-Assad responsable d’une attaque chimique dont aucune instance internationale ne l’a accusé, mais que les expertises du Massachussets Institute of Technology et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, en revanche, ont attribuée à la partie adverse. Ignorant les faits, les travestissant au besoin, vous avez joué à cette occasion votre misérable partition dans cette cacophonie de mensonges. Pire encore, vous continuez de le faire. Alors qu’Obama lui-même laisse entendre qu’il n’y a pas cru, vous vous obstinez à réitérer ces sornettes, comme des chiens de garde qui aboient après la disparition de l’intrus. Et pour quel motif ? Pour justifier le bombardement, par votre propre gouvernement, d’un petit Etat souverain dont le tort principal est de refuser l’ordre impérial. Pour venir en aide à une rébellion syrienne dont vous avez sciemment masqué le véritable visage, accréditant le mythe d’une opposition démocratique et laïque qui existe seulement dans les salons des grands hôtels de Doha, de Paris ou d’Ankara.

BHL et Fabius

BHL et Fabius

Cette « révolution syrienne », vous l’avez donc exaltée, mais vous avez pudiquement détourné les yeux de ses pratiques mafieuses, de son idéologie sectaire et de ses financements troubles et douteux. Vous avez soigneusement occulté la haine interconfessionnelle qui l’inspire, cette aversion morbide pour les autres confessions directement inspirée du wahhabisme qui en est le ciment idéologique. Vous saviez que le régime baassiste, parce qu’il est laïque et non confessionnel, constituait une assurance-vie pour les minorités, mais vous n’en aviez cure, allant même jusqu’à qualifier de « crétins » ceux qui prenaient la défense des chrétiens persécutés. Mais ce n’est pas tout. A l’heure du bilan, il restera encore cette ultime ignominie : vous avez cautionné la politique d’un Laurent Fabius pour qui Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida, « fait du bon boulot ». Tant pis pour les passants déchiquetés dans les rues de Homs ou les alaouites de Zahra assassinés par les rebelles : à vos yeux, ils ne sont que du menu fretin.

Entre 2011 et 2016, les masques tombent. Vous vous réclamez du droit international, mais vous applaudissez à sa violation contre un Etat souverain. Vous prétendez promouvoir la démocratie pour les Syriens, mais vous êtes devenus les fourriers du terrorisme qu’ils endurent. Vous dites que vous défendez les Palestiniens, mais vous êtes dans le même camp qu’Israël. Lorsqu’un missile sioniste s’abat sur la Syrie, n’ayez crainte : il ne frappera jamais vos amis. Grâce à Israël, grâce à la CIA, et grâce à vous, ces courageux rebelles vont continuer à préparer l’avenir radieux de la Syrie sous l’emblème du takfir. Le missile sioniste, lui, va tuer un des dirigeants de cette résistance arabe que vous avez trahis.

Bruno Guigue | 13 mai 2016

Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

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[Vidéo] Nabil Antaki : « Les médias ne disent pas la vérité sur la Syrie ». Par Silvia Cattori.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

[Vidéo] Nabil Antaki : « Les médias ne disent pas la vérité sur la Syrie »

Par Silvia Cattori le 28 mai 2016

antaki (1)  Engagé avec les Frères maristes bleus d’Alep, le docteur Nabil Antaki aide les civils victimes du conflit. À gauche sur la photo, il distribue des paniers alimentaires.

antaki (1) Engagé avec les Frères maristes bleus d’Alep, le docteur Nabil Antaki aide les civils victimes du conflit. À gauche sur la photo, il distribue des paniers alimentaires.

Le Dr Nabil Antaki, médecin dans un hôpital à Alep, répondait aux questions d’Arrêt sur Info le 23 mai 2016 sur la situation syrienne.

Nabil Antaki, médecin gastro-entérologue à l’hôpital Saint Louis à Alep, était de passage en Europe. Nous l’avons rencontré. Ce qu’il affirme est sans appel. Nos médias traditionnels ont relayé les mensonges propagés par les groupes terroristes – qui agressent l’Etat syrien – et par les ONG qui les soutiennent. Ainsi nous apprenons que ce ne sont pas les « persécutions d’Assad » que des millions de Syriens fuient. Mais principalement la misère générée par les sanctions économiques mises en place par nos démocraties dès 2011.

« Al-Nosra, c’est comme Daech, mais sans la publicité »

« 95% des groupes armés qui sont sur le terrain sont des groupes terroristes, même s’ils ne s’appellent pas Daech ou al-Nosra. Il reste à peine 5% de personnes armées, opposants, rebelles, qui ne soient pas parmi les groupes terroristes…

Al-Nosra c’est un autre groupe terroriste, les gens en Europe parlent de Daech, de l’État islamique, parce qu’ils font la publicité : ils mettent leur barbarie sur les réseaux sociaux et donc les gens voient comment ils égorgent, comment ils décapitent, comment ils violent, comment ils lapident. Mais al-Nosra, c’est exactement comme Daech, sans la publicité. »

28 mai 2016

Voir l’interview du Dr Nabil Antaki publiée le 31 mai par Becurious TV: http://becurioustv.com/fr/show/fast-and-curious/episode/antaki

Source: http://arretsurinfo.ch/video-nabil-antaki-les-medias-ne-disent-pas-la-verite-sur-la-syrie/

Commentaire d’un lecteur sur RI:

Merci vivement au docteur Antaki d’oeuvrer au rétablissement de la vérité. Les opinions publiques occidentales ont trop longtemps été et sont encore manipulés par ces merdias qui répandent le mensonge afin que ces groupes terroristes continuent de martyriser le peuple syrien dans le but de destituer El Assad, objectif stratégique des puissances impérialistes (occidentales, pétromonarques et sionistes). Si les peuples occidentaux prennent conscience du mensonge qu’on leur a imposé comme seule lecture des évènements syriens, le soutien de leurs gouvernants à ces groupes de tueurs deviendra rapidement impossible. Il n’est que de voir l’activité du gouvernement français pour essayer de masquer son soutien à ces tueurs pour se rendre compte que lce double jeu deviendra impossible. Tous mes voeux au peuple syrien à qui je dis ma honte d’être Français et occidental au vu de l’attitude de mes gouvernants à leur égard.

Arrêt sur Info se dégage de toute responsabilité concernant des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

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