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Le blog de Lucien PONS

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TTIP : Bruxelles veut mettre les Etats européens face à leurs responsabilités

1 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le traité Transatlantique., #La mondialisation, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le capitalisme;

TTIP : Bruxelles veut mettre les Etats européens face à leurs responsabilités

Le 31 MAI 2016

LE MONDE | 31.05.2016 Par Cécile Ducourtieux(Bruxelles, bureau européen) et Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)


Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors d’un débat sur l’avenir de l’Europe à Berlin, en mai. MARKUS SCHREIBER / AP

La Commission européenne veut mettre les 28 gouvernements des pays membres de l’Union devant leurs responsabilités. Souhaitent-ils poursuivre les négociations du fameux TTIP (Transatlantic Trade and Investment Part­nership), le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, ou pas ? Et si oui, sont-ils prêts à conforter le mandat de négociation qu’ils lui ont confié au printemps 2013 ?

L’éclairage : Où en est le projet de libre-échange transatlantique ?

Mardi 31 mai, Daniel Rosario, un porte-parole de la Commission, a précisé qu’« au sommet européen de juin [prévu les 28 et 29 juin, à Bruxelles] le président, Jean-Claude Juncker, va demander aux dirigeants de l’UE de reconfirmer le mandat de la Commission pour conduire ces négociations ». Et d’ajouter : « Nous devons nous assurer que nous allons tous dans la même direction. »

L’objectif de cette « question de confiance » est d’en finir avec les voix discordantes qui sapent la crédibilité de l’institution, et partant la position de négociation de l’Union face à une administration américaine peu encline à faire des concessions aux Européens, qui espèrent un accès facilité aux marchés publics américains et une meilleure reconnaissance des appellations d’origine protégées.

Quatorzième round prévu en juillet

Certes, à Bruxelles, plus grand monde ne croit à la possibilité d’un accord définitif avec l’administration Obama avant les élections américaines. Mais parvenir, un jour, à un accord de libre-échange inédit par son ampleur avec le premier partenaire commercial de l’Union reste une priorité pour la Commission Juncker et pour la chancelière allemande Merkel. Idem pour les pays traditionnellement libre-échangistes : les Pays-Bas, les pays du nord de l’Europe et le Royaume-Uni.

Un quatorzième round de négociation est déjà prévu en juillet, et l’Europe doit arriver unie à la table des négociations pour espérer obtenir des Américains des concessions. Et, pourquoi pas, parvenir à un accord politique, dans les grandes lignes, avant la fin 2016. Cecilia Malmström, la commissaire au commerce, devait rencontrer Michael Froman, le négociateur en chef américain, en Suède lundi soir, pour la cinquième ou sixième fois depuis le début de l’année, une preuve de plus de la motivation européenne d’aboutir.

Début mai, à la suite de la fuite de documents de négociations divulgués par l’ONG Greenpeace,François Hollande a dit « non, à ce stade », au Tafta (l’acronyme du TTIP en français). Mi-avril, il avait déjà abordé ce sujet sur lequel, ces dernières années, il était resté très discret. Mais jamais encore le président français n’avait été aussi clair. Le 27 mai, le chef de l’Etat a de nouveau souligné que Washington devait « aller beaucoup plus loin » pour que le traité puisse être conclu.

Lire aussi : La France promeut l’arbitrage privé du Tafta au sein même de l’Europe

Vif débat en Allemagne

Le 28 mai, c’est Sigmar Gabriel, président du Parti social-démocrate allemand (SPD), et partenaire de coalition d’Angela Merkel comme ministre de l’économie, qui a donné aussi de la voix. Au lendemain du G7 au Japon, au cours duquel la chancelière a de nouveau défendu la conclusion rapide d’un accord, il a jugé qu’elle « a eu tort de dire, dans l’euphorie de la visite d’Obama en Allemagne, que nous pourrions dans tous les cas clore les négociations cette année, et de le répéter maintenant ». Il a estimé que cela risquait d’aboutir à un mauvais accord et précisé que « le SPD ne veut pas participer à un mauvais accord ». Il s’en est notamment pris aux tribunaux d’arbitrage « non transparents » vers lesquels pourraient se tourner les entreprises pour trancher un litige contre un Etat.

C’est en Allemagne que le débat est le plus vif. Dans ce pays qui ne sait que faire de ses excédents commerciaux record, le libre-échange a longtemps été perçu comme le meilleur moyen d’assurer le succès du « made in Germany ». Pourtant, à la surprise générale, les Allemands figurent parmi les Européens les plus réservés face au TTIP. Pourquoi faire de nouvelles concessions aux Américains qui pourraient nuireà la santé des Allemands – contraints demain d’importer par exemple du poulet au chlore –, alors que les entreprises allemandes se satisfont très bien de la situation existante ? Le débat enflamme l’opinion et moins de 20 % des Allemands sont favorables au projet de TTIP.

Lire aussi : L’émoi allemand après les révélations sur le TTIP

Cela fait plusieurs mois qu’à Bruxelles des sources européennes déplorent en off l’ambiguïté, ou à tout le moins le manque de soutien politique de certains gouvernements de l’UE. Qui rechignent à trop s’engager en faveur d’un accord dénoncé avec virulence par nombre d’ONG et de partis de gauche (mais aussi par des partis populistes de droite, dont le Front national en France). Les anti-Tafta alertent sur les risques que l’accord ferait courir sur les services publics européens ou la protection des consommateurs.

Toute la politique de libre-échange de l’Union en danger

La mise au point du président Juncker, lundi, intervient à un moment où c’est non seulement le Tafta, mais aussi toute la politique de libre-échange de l’Union qui se trouvent en danger, une part de plus en plus importante d’Européens désavouant ce qu’ils considèrent comme le comble de la mondialisation du libéralisme. Parmi les accords en danger, le CETA, signé entre les 28 Etats membres et le Canadaen 2014.

La Commission doit prendre une décision d’ici à début juillet de proposer (ou non) la ratification du CETA aux Parlements des 28 Etats membres. En interne, les fonctionnaires sont très inquiets sur les chances de cet accord d’obtenir l’unanimité nécessaire. Depuis quelques mois, il est attaqué avec virulence par les anti-Tafta, qui ont compris qu’en le torpillant ils coulaient toutes les autres négociations… « Si le CETA tombe, on ne pourra plus engager aucune discussion, plus personne ne prendra l’UE au sérieux », confie une source diplomatique.

TTIP : Bruxelles veut mettre les Etats européens face à leurs responsabilités

Le 31 MAI 2016

LE MONDE | 31.05.2016  Par Cécile Ducourtieux(Bruxelles, bureau européen) et Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)

 

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors d’un débat sur l’avenir de l’Europe à Berlin, en mai.
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors d’un débat sur l’avenir de l’Europe à Berlin, en mai. MARKUS SCHREIBER / AP

La Commission européenne veut mettre les 28 gouvernements des pays membres de l’Union devant leurs responsabilités. Souhaitent-ils poursuivre les négociations du fameux TTIP (Transatlantic Trade and Investment Part­nership), le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, ou pas ? Et si oui, sont-ils prêts à conforter le mandat de négociation qu’ils lui ont confié au printemps 2013 ?

L’éclairage :   Où en est le projet de libre-échange transatlantique?

Mardi 31 mai, Daniel Rosario, un porte-parole de la Commission, a précisé qu’« au sommet européen de juin [prévu les 28 et 29 juin, à Bruxelles] le président, Jean-Claude Juncker, va demander aux dirigeants de l’UE de reconfirmer le mandat de la Commission pour conduire ces négociations ». Et d’ajouter : « Nous devons nous assurer que nous allons tous dans la même direction. »

L’objectif de cette « question de confiance » est d’en finir avec les voix discordantes qui sapent la crédibilité de l’institution, et partant la position de négociation de l’Union face à une administration américaine peu encline à faire des concessions aux Européens, qui espèrent un accès facilité aux marchés publics américains et une meilleure reconnaissance des appellations d’origine protégées.

Quatorzième round prévu en juillet

Certes, à Bruxelles, plus grand monde ne croit à la possibilité d’un accord définitif avec l’administration Obama avant les élections américaines. Mais parvenir, un jour, à un accord de libre-échange inédit par son ampleur avec le premier partenaire commercial de l’Union reste une priorité pour la Commission Juncker et pour la chancelière allemande Merkel. Idem pour les pays traditionnellement libre-échangistes : les Pays-Bas, les pays du nord de l’Europe et le Royaume-Uni.

Un quatorzième round de négociation est déjà prévu en juillet, et l’Europe doit arriver unie à la table des négociations pour espérer obtenir des Américains des concessions. Et, pourquoi pas, parvenir à un accord politique, dans les grandes lignes, avant la fin 2016. Cecilia Malmström, la commissaire au commerce, devait rencontrer Michael Froman, le négociateur en chef américain, en Suède lundi soir, pour la cinquième ou sixième fois depuis le début de l’année, une preuve de plus de la motivation européenne d’aboutir.

Début mai, à la suite de la fuite de documents de négociations divulgués par l’ONG Greenpeace,François Hollande a dit « non, à ce stade », au Tafta (l’acronyme du TTIP en français). Mi-avril, il avait déjà abordé ce sujet sur lequel, ces dernières années, il était resté très discret. Mais jamais encore le président français n’avait été aussi clair. Le 27 mai, le chef de l’Etat a de nouveau souligné que Washington devait « aller beaucoup plus loin » pour que le traité puisse être conclu.

Lire aussi :   La France promeut l’arbitrage privé du Tafta au sein même de l’Europe

Vif débat en Allemagne

Le 28 mai, c’est Sigmar Gabriel, président du Parti social-démocrate allemand (SPD), et partenaire de coalition d’Angela Merkel comme ministre de l’économie, qui a donné aussi de la voix. Au lendemain du G7 au Japon, au cours duquel la chancelière a de nouveau défendu la conclusion rapide d’un accord, il a jugé qu’elle « a eu tort de dire, dans l’euphorie de la visite d’Obama en Allemagne, que nous pourrions dans tous les cas clore les négociations cette année, et de le répéter maintenant ». Il a estimé que cela risquait d’aboutir à un mauvais accord et précisé que « le SPD ne veut pas participer à un mauvais accord ». Il s’en est notamment pris aux tribunaux d’arbitrage « non transparents » vers lesquels pourraient se tourner les entreprises pour trancher un litige contre un Etat.

C’est en Allemagne que le débat est le plus vif. Dans ce pays qui ne sait que faire de ses excédents commerciaux record, le libre-échange a longtemps été perçu comme le meilleur moyen d’assurer le succès du « made in Germany ». Pourtant, à la surprise générale, les Allemands figurent parmi les Européens les plus réservés face au TTIP. Pourquoi faire de nouvelles concessions aux Américains qui pourraient nuireà la santé des Allemands – contraints demain d’importer par exemple du poulet au chlore –, alors que les entreprises allemandes se satisfont très bien de la situation existante ? Le débat enflamme l’opinion et moins de 20 % des Allemands sont favorables au projet de TTIP.

Lire aussi :   L’émoi allemand après les révélations sur le TTIP

Cela fait plusieurs mois qu’à Bruxelles des sources européennes déplorent en off l’ambiguïté, ou à tout le moins le manque de soutien politique de certains gouvernements de l’UE. Qui rechignent à trop s’engager en faveur d’un accord dénoncé avec virulence par nombre d’ONG et de partis de gauche (mais aussi par des partis populistes de droite, dont le Front national en France). Les anti-Tafta alertent sur les risques que l’accord ferait courir sur les services publics européens ou la protection des consommateurs.

Toute la politique de libre-échange de l’Union en danger

La mise au point du président Juncker, lundi, intervient à un moment où c’est non seulement le Tafta, mais aussi toute la politique de libre-échange de l’Union qui se trouvent en danger, une part de plus en plus importante d’Européens désavouant ce qu’ils considèrent comme le comble de la mondialisation du libéralisme. Parmi les accords en danger, le CETA, signé entre les 28 Etats membres et le Canadaen 2014.

La Commission doit prendre une décision d’ici à début juillet de proposer (ou non) la ratification du CETA aux Parlements des 28 Etats membres. En interne, les fonctionnaires sont très inquiets sur les chances de cet accord d’obtenir l’unanimité nécessaire. Depuis quelques mois, il est attaqué avec virulence par les anti-Tafta, qui ont compris qu’en le torpillant ils coulaient toutes les autres négociations… « Si le CETA tombe, on ne pourra plus engager aucune discussion, plus personne ne prendra l’UE au sérieux », confie une source diplomatique.

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« Sans la grève et les blocages, nous en serions encore au monde de Zola, de Dickens et du travail des enfants »

1 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le fascisme, #l'horreur économique, #AMERIQUE, #Le syndicalisme

 

« Sans la grève et les blocages, nous en serions encore au monde de Zola, de Dickens et du travail des enfants »

par

Haro sur les blocages, les grévistes et les syndicats qui y participent ! « Inacceptable », clame le gouvernement, « irresponsable », hurlent en cœur les éditorialistes des médias appartenant aux grandes fortunes françaises. C’est vite oublier que sans grèves ni blocages, nos démocraties n’auraient pas connu un tel progrès social, depuis plus d’un siècle. « Depuis l’invention de la grève générale en 1842, le blocage des approvisionnements énergétiques s’est maintes fois révélé une force des faibles, une arme du mouvement social et une fête émancipatrice... », rappelle l’historien Christophe Bonneuil dans cette tribune.

Angleterre, été 1842. Devant le refus des capitalistes d’augmenter les salaires alors que le coût de la vie s’envole, de réduire la durée du travail, et devant le refus du gouvernement de donner suite à une pétition de 15 000 signataires en faveur du suffrage universel – pétition qui dépassera ensuite les trois millions –, un immense mouvement social naît en mai de cette année-là : la première grève générale du monde. « Bloquer … c’est inacceptable », s’indignent le Premier ministre, les patrons et la presse des privilégiés.

France, mai 2016. Sourd à une pétition de plus d’un million de signataires, aux syndicats et au parlement qu’il balaye d’un coup de 49-3, autiste à la colère d’une jeunesse qui se remet « debout », Manuel Valls déclare que « bloquer … c’est inacceptable et on ne peut pas bloquer un pays… s’en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France ». Il oublie que sans la grève, le sabotage, le blocage, et les luttes sociales depuis le XIXe siècle, nous en serions encore aujourd’hui au monde de Dickens et Zola, du travail des enfants et du suffrage censitaire.

Loi travail : « un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle ? »

Quel était en effet le mode d’action des inventeurs de la grève générale en 1842 (et de bien d’autres depuis, en 1905, 1936, 1947 ou 1968) ? Aller de mines en mines pour y casser les machines à vapeurs ou en voler les rondelles fusibles (« plug ») de sécurité. D’où l’appellation de « Plug Riots », les « émeutes des rondelles », donnée à cette mobilisation phare du mouvement chartiste. Comme le note un journal de l’époque, les mineurs avaient compris « le pouvoir qui était entre leurs mains de stopper tous les moulins, les usines et les trains ». En bloquant l’extraction et le transport de charbon pendant plusieurs semaines, les travailleurs réussissent en effet à mettre à l’arrêt les usines qui ne sont pas en grève, avant d’être suivis peu après par une grande grève des ouvriers textiles. Certains affirment : « mieux vaut mourir face à l’armée que de mourir… sous la machine du capitaliste » [1].

Cette Loi travail que le gouvernement et le Medef prétendent imposer à coup de 49-3 et de répression du mouvement social, n’est-elle pas précisément un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle ? Celui que des socialistes authentiques combattirent par le passé. Celui qui fut rendu en France moins invivable au XXe siècle : retraite, médecine du travail (affaiblie par l’actuel projet de loi), interdiction du travail des enfants (la première version de la loi rétablissait des journées de 10h pour les apprentis mineurs !), démocratie sociale insérant les citoyens (via le parlement et le code du travail, que le socialisme patronal détricote à présent) et les syndicats dans la décision (via la primauté des accords de branche que l’article 2 du projet supprime, livrant les salariés au chantage patronal à l’emploi même quand l’entreprise dégage de juteux bénéfices !).

Comment la « pétrolisation » a préparé le terrain aux régressions néolibérales

Cette régulation relative du capitalisme qui s’institutionnalise en Europe au milieu du XXe siècle n’aurait pu advenir sans le pouvoir de blocage énergétique des travailleurs comme l’a démontré l’historien Timothy Mitchell dans Carbon Democracy [2]. Mais après 1945, la « pétrolisation » de l’Europe, d’ailleurs encouragée par le Plan Marshall, réduit le rapport de force des travailleurs (le pétrole vient du Moyen-Orient néo-colonial) et instaure une démocratie consumériste (des blocages, plus difficiles, restent possibles comme en 1968 et 2010). Selon Tim Mitchell, « pétrolisée », la qualité de la démocratie change et cela prépare progressivement le terrain aux régressions néolibérales à partir des années 1970 : défiscalisation des riches, chômage, précarité, hausse de la part de la plus-value allant à la rémunération du capital au détriment du travail.

Bloquer serait aujourd’hui illégitime ? Alors que des millions de travailleurs pauvres sont en galère, sous le chantage du chômage de masse, et que le poids du patrimoine privé par rapport à la richesse nationale après avoir diminué après 1945, est maintenant revenu en France au niveau du temps de Zola [3] ?

Non !

Jour debout et nuit debout, la grève, le blocage des sites de production et l’occupation des places sont la dernière arme des victimes d’un système économique injuste, d’un capitalisme ré-ensauvagé ; la contre-offensive des sans-voix d’un système politique à bout de légitimité (inégalités croissantes, démocratie représentative qui ne représente pas le pays réel, parlement godillot, état d’urgence permanent).

Convergences

Bloquer sera peut-être aussi un déclencheur de nouveaux liens. Dimanche dernier, la convergence des Zadistes et les étudiants allant soutenir à vélo le blocage syndical de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) ; aujourd’hui les rencontres inattendues entre voisins qui ne se parlaient pas grâce au boom du covoiturage… Quels nouveaux surgissements demain ?

Le blocage rend sensible à chacun d’entre nous les flux (énergétiques, financiers…) qui trament nos vies. Qu’est-ce qui est bloqué ? Manuel Valls et Emmanuel Macron nous le disent sans ambages : ce qu’ils veulent débloquer, c’est une France-entreprise, en guerre économique et sociale permanente pour satisfaire les intérêts gourmands de flexibilité et de paradis fiscaux. Ce qui vacille aussi, ce sont aussi des flux d’énergies et des infrastructures technico-industrielles (le pétrole, les centrales nucléaires) qui structurent nos vies quotidiennes sans pourtant faire l’objet de réels choix collectifs alors qu’ils menacent l’habitabilité de notre Terre, sans pour autant avoir réalisé dans nos pays riches leur vieille promesse de bonheur par l’abondance matérielle, à laquelle plus personne ne croit. EDF s’indigne et le PDG de Total menace de fermer ses raffineries en France ? Mais syndicalistes et deboutistes imaginent déjà ensemble une société post-pétrole et post-nucléaire, partageant le travail, le pouvoir et les richesses !

Christophe Bonneuil, historien des sciences, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Alexandre-Koyré.

Photo : © Laurent Guizard - Basta !

- Voir notre dossier « Transformer le travail »

Notes

[1Les citations sont issues du livre tout récent d’histoire sociale et environnementale de la révolution industrielle d’Andreas Malm, Fossil Capital. The rise of steam power and the roots of global warming (Verso, 2016), p 228-229.

[2Timothy Mitchell, Carbon Democracy (La Découverte, 2013).

[3Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2015)

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Air France cède 49% du capital de Servair au chinois HNA

1 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Les transnationales, #Le capitalisme;

Air France cède 49% du capital de Servair au chinois HNA

(Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)

(Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)

Pendant que les esprits du SNPL s'échauffent, la direction d'Air France continue le processus d'ouverture du capital de Servair, sa filiale de restauration à bord.

Gate Group racheté par HNA

Air France a décidé de mener des négociations exclusives avec le groupe chinois HNA, lequel est en cours d'acquisition de Gate Group (ex Gate Gourmet), un géant suisse de la restauration à bord qui était initialement candidat. Mais, le droit suisse interdisant à une entreprise helvétique de lancer une offre quand on fait soi-même l'objet d'une offre de rachat, c'est HNA qui a fait la proposition.

475 millions d'euros de valeur d'entreprise

Un conseil d'administration d'Air France-KLM puis d'Air France ont validé ce choix ce lundi. L'offre de Gate Group porte sur le rachat de 49% de Servair, dont la valeur d'entreprise a été fixée à 475 millions d'euros (pour 100%). En tenant compte de quelques éléments de dette, Gate Group va débourser autour de 200-220 millions d'euros pour l'achat des 49% de Servair, selon nos sources. A terme, HNA pourrait prendre une participation supplémentaire.

Cette offre avait la préférence d'Air France mais aussi de la direction de Servair, car elle répondait, selon eux, à leur souhait de poursuivre le développement de l'entreprise. Gros point positif, les réseaux de Gate Group et de Servair sont complémentaires. Le Français est fort en France et Afrique, le Suisse est présent en Amérique du Nord et en Amérique latine et ailleurs qu'en France, en Europe. Et HNA pourra lui ouvrir le marché chinois.

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L’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle, par Coralie Delaume

1 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La lutte des classes

Source : Le Figaro, Coralie Delaume, 25-05-2016

Jean-Claude Juncker, Président luxembourgeois de la Comission Européenne

Jean-Claude Juncker, Président luxembourgeois de la Comission Européenne

FIGAROVOX/DECRYPTAGE – Jean-Claude Juncker a déclaré que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire».Pour Coralie Delaume, l’économie de notre pays est depuis longtemps l’application des orientations de l’Union européenne.


Coralie Delaume est journaliste. Elle a notamment publié Europe. Les Etats désunis (Michalon, 2014). Découvrez ses chroniques sur son blog


La loi El Khomri est un produit d’importation made in Union européenne (voir explications détaillées ici). Les «Grandes orientations de politique économique» (GOPÉ), dont l’existence est posée par les traités, et le «Programme national de réformes» (PNR), qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 «pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive» (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.

[Article à lire sur Le Figaro. Je ne mets que la fin]

 

Or pour Jean-Claude Juncker, il se trouve que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire». Le minimum seulement. Et, avec un peu de chance, de constance et d’audace, une simple étape vers ce rêve éveillé que constitue l’idéal grec!

Autre grand bavard: Pierre Moscovici. Lui assume mieux encore que Juncker, et ses insinuations n’en sont plus. Ce sont même des aveux : oui, l’Union européenne veut la loi El Khomri. Dans un entretien publié ici le 18 mai soit, précisément, le jour de la parution des recommandations adressées par la Commission à la France dans le cadre du «semestre européen», le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. S’il minaudait tout d’abord en prétendant qu’il ne lui appartenait pas de «juger» la Loi travail, il rappelait toutefois qu’il lui appartenait bien de l’exiger: « Tout ce que je peux dire, c’est que la réforme est indispensable et qu’y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente: celui de s’y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n’est pas nécessaire et qu’elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s’exprimer dans les élections, pas dans les sondages ».

C’est vrai. En principe, sauf à vivre dans le chaos de la démocratie d’opinion, les scrutins font foi bien plus que les sondages. Mais en principe aussi, le pouvoir exécutif français se situe à l’Élysée et à Matignon (Paris, France), et non dans le bâtiment du Berlaymont (Bruxelles, Belgique). Sauf à vivre dans le chaos de la démocratie congédiée.

Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c’est en raison «des traités que les gouvernements et les Parlements de l’Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés». C’est là l’argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n’y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d’oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l’on s’assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le néerlandais et le français. Tout comme on s’est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c’était début du détricotage de la zone euro.

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés: «il n’est pas question que l’économie de notre pays soit prise en otage». Ils sont pourtant incontestables: l’économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Source : Le Figaro, Coralie Delaume, 25-05-2016

ue-loi

 

4 réponses à L’Union européenne assume : la loi El Khomri, c’est elle, par Coralie Delaume

  1. natoistan Le 01 juin 2016 
     

    Update sur la guerre qu’ils veulent tant.Des soldats Français(150) et pire encore un bataillon mené par l’Allemagne(tout un symbole)…aux portes de la Russie.
    Ces gens sont devenus fous.

    France is likely to contribute only about 150 soldiers to the new deployments, NATO officials say, after finally agreeing to the idea of forward deployments in Poland after initial opposition. Germany, which six months ago opposed these deployments, agreed in return for efforts at renewed dialogue with Russia. It also agreed to lead one battalion.

    link to nytimes.com

    Le européistes auront l’air malin avec leurs loi travail,ils ne trouvent rien de mieux que d’aller menacer la Russie.

  2. jp Le 01 juin 2016 
     

    6 fois le mot “réforme” dans ce texte. “Réformer” est devenu un leitmotiv depuis au moins 40 ans d’après ma mémoire qui remonte à Raymond Barre (à qui je dois ma 1ère inhalation de gaz lacryo).

    video instructive et amusante “Langues de bois – Les réformes nécessaires” sur link to youtube.com

  3. Fabrice Le 01 juin 2016 
     

    Je dois avouer que venant d’un organe de fonctionnaires, sujets à l’immunité et à l’emploi garanti c’est assez ubuesque qu’ils soient en mesure d’imposer des mesures sur l’emploi des salariés, iront-ils jusqu’au bout de la logique de s’imposer leurs propres solutions “si bonnes pour le bien de tous ?”.

  4. Homère d'Allore 
     

    Et les conflits d”intérêts sont légion lorsque ces fonctionnaires quittent leur poste pour passer dans le privé.

    link to latribune.fr

    link to europe1.fr

 

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La CGT n’exige plus le retrait de la loi travail En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021980273104-philippe-martinez-nexige-plus-le-retrait-de-la-loi-travail-2002415.php?yARtgfGX2LgmT7Xw.99#Xtor=AD-6000

1 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le syndicalisme, #Le socialisme

Le secrétaire général de la CGT a franchi un nouveau pas, en affirmant être prêt à « rediscuter » avec le gouvernement, et ce « sans préalable », du projet de loi travail. - Fred Bukajlo/Sipa press pour RTL

Le secrétaire général de la CGT a franchi un nouveau pas, en affirmant être prêt à « rediscuter » avec le gouvernement, et ce « sans préalable », du projet de loi travail. - Fred Bukajlo/Sipa press pour RTL

Les leaders CGT et CFDT ont ­débattu lundi soir sur RTL. Philippe Martinez se dit prêt « à discuter » avec le gouvernement.

Philippe Martinez avait commencé à changer de ton ce dimanche, se félicitant que le Premier ministre lui ait téléphoné la veille. Lundi, le secrétaire général de la CGT a franchi un nouveau pas, en affirmant être prêt à « rediscuter » avec le gouvernement, et ce « sans préalable », du projet de loi travail.

Il n'a plus comme il y a quelques jours encore exigé le « retrait » du texte, mais s'est dit ouvert à la discussion, énumérant néanmoins « quatre points » majeurs de désaccord : l'inversion de la hiérarchie des normes avec la prééminence des accords d'entreprise sur l'organisation du travail dans l'article 2 du projet de loi ; le périmètre des licenciements économiques ; l'instauration d'un référendum en cas d'accord minoritaire ; et la réforme de la médecine du travail.

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Et si la CGT servait Manuel Valls ?

Le match Laurent Berger-Philippe Martinez

Le syndicaliste a fait ces déclarations lors d'un débat inédit : sur RTL, il était invité avec son homologue de la CFDT à débattre sur le projet de loi travail. On aurait pu s'attendre à ce que les deux syndicalistes s'affrontent violemment. Lors de son congrès mi-avril , le cégétiste avait ostensiblement tourné le dos à la CFDT : au premier jour du ­congrès de sa centrale, mi-avril, il avait évoqué « l'erreur que [la CGT a] faite ces dernières années en favorisant peut-être [ses] relations avec la CFDT ».

Une erreur « que nous avons corrigée dans le conflit [actuel] », avait-il ajouté, devant ses prédécesseurs, Louis Viannet et Bernard Thibault , à l'origine de la stratégie du « syndicalisme rassemblé ».Quant à Laurent Berger, il avait dimanche fustigé « un jusqu'au-boutisme mortifère » à propos du conflit sur la loi travail.

Questions de fond

Mais l'un comme l'autre sont restés lundi soir sur RTL sur les questions de fond. Cela a donné l'occasion au leader de la CGT de revisiter sa lecture du projet de loi travail. « Est-ce qu'il faut le retrait de la loi travail qui comporte un certain nombre d'avancées ? » lui a demandé Laurent Berger, évoquant le compte personnel d'activité, qui va intégrer notamment le compte pénibilité. « On est d'accord là-dessus », même si les droits créés sont « embryonnaires », lui a répondu Philippe Martinez, rappelant la revendication de la CGT d'une « sécurité sociale professionnelle ».

On aurait pu s'attendre, en outre, à ce que les deux syndicalistes actent leur divergence sur le mode d'action syndical à privilégier, la « négociation » pour la CFDT et la « lutte » pour la CGT, qui en a fait un des axes forts de son congrès. Mais Philippe Martinez a insisté sur la participation de son organisation aux négociations, rappelant qu'elle signait 85 % des accords dans les entreprises.

À lire aussi

On aurait pu s'attendre enfin à ce que le débat de lundi se transforme en un face-à-face violent entre les deux premiers syndicats français. En quelque sorte le décalque sur le terrain syndical de ces fameuses deux « gauches irréconciliables » évoquées par Manuel Valls, D'ailleurs, le Premier ministre ne manque pas une occasion de les opposer, portant aux nues la CFDT et incendiant la CGT. Mais cela n'a pas été le cas. Du reste, au vu des programmes que présentent les divers candidats à la primaire à droite , l'unité pourrait rapidement redevenir d'actualité en cas d'alternance.

L. de C.

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12) Un député hors du commun : Jean Lasalle à l’Assemblée Nationale critique la loi El Khomri et défend la CGT.

31 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #Le syndicalisme, #l'horreur économique

Ajoutée le 6 mai 2016

Jean Lassalle s'exprime sur l'article 1 de la loi travail devant Madame El Khomri, à l'Assemblée nationale, le mercredi 4 mai.

Jean Lasalle rend hommage à la CGT.

Ajoutée le 27 mai 2016

Jean Lasalle est intervenu jeudi 26 mai pour défendre la proposition de loi visant à encadrer les rémunérations en entreprises. Quelques jours auparavant le député signe l'appel des 40 dans liberation pour limiter le salaire des PDG : "pas plus de 100 smics."

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Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

31 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire

Traduction du texte du Saker.

 

Chers Amis,

Claude Roddier, la “marraine” de toute la Communauté Saker, vient de revenir d'un voyage en Russie où elle a participé aux manifestations de célébration de la Victoire, à Moscou, aux côtés d'une délégation représentant la Résistance française à l'occupation nazie de la France pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Au départ, Claude avait prévu de se rendre à Odessa et à cause des risques associés à un tel voyage, nous avions gardé ce projet secret. Puis, après avoir parlé à des amis de confiance à Moscou, elle a décidé d'annuler son voyage à Odessa, à mon immense soulagement.

[Aparté : Je parle de Claude comme de la “marraine” de la Communauté Saker parce qu'elle a été la toute première personne à me contacter pour me suggérer que mon blog soit traduit en français. Puis l'exemple du blog du Saker français a été suivi dans d'autres pays et langues, mais rien de tout cela ne serait arrivé sans la suggestion de Claude. Claude m'a aussi soutenu dans certains moments vraiment douloureux. Son soutien et sa gentillesse ont été essentiels dans ma décision de ne pas tout laisser tomber l'hiver dernier. Honnêtement, sans Claude, il n'y aurait plus de Communauté Saker.]

Ci-dessous, je poste trois textes explicites qui vous raconteront les manifestations entourant cette célébration historique. A une époque où la France est encore, une fois de plus, occupée, ces témoignages illustrent magnifiquement le fait que, comme pendant la Seconde Guerre Mondiale, il y existe toujours une Résistance française, même si de nos jours, le mode de résistance est différent. Au lieu de tirer sur des forces d'occupation étrangère, la Résistance française d'aujourd'hui lutte contre les idées collaborationnistes, contre un régime qui a abandonné de manière aussi évidente les intérêts nationaux de la France, contre une politique impérialiste visant à une confrontation maximale avec la Russie et qui porte en elle le risque très réel d'aboutir à une autre guerre mondiale.

Ce qui est particulièrement beau à propos de ce voyage, c'est que c'est là encore un autre exemple brillant de cet “autre Occident” qui, loin de se montrer hostile à la Russie, est en fait son véritable ami, et qu'il veut se tenir à ses côtés en ces temps difficiles et dangereux. Résister à l'actuelle “zombification” et oser défier l'idéologie officielle constitue aussi un acte de grand courage. Non seulement Claude était déjà publiquement citée par un site pro-Ukronazi [NdT : contraction entre Ukrainien et Nazi] comme faisant partie d'une sorte d'armée blogueuse abominable et pro-Poutine, mais il y a aussi le temps post-Charlie Hebdo en France, où la plupart des gens auraient tout simplement peur de parler tout haut et d'oser défier la ploutocratie au pouvoir.

[Aparté : Alors que Claude a décidé de rendre publique son identité, mon conseil strictement personnel aux membres de notre Communauté est de cacher leur véritable identité, en particulier pour les chefs d'équipe.]

Je suis immensément reconnaissante à Claude, dont la gentillesse et la sagesse ont profondément changé ma vie et, je le soupçonne, la vie de nombre d'entre nous. Je n'aurais pas pu souhaiter meilleure “marraine” !

Le Saker

 

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

http://lesakerfrancophone.net/courrier-dune-lectrice-la-marraine-de-la-communaute-du-saker/

The Godmother of the Saker Community was in Moscow for Vday!

2389 Views May 21, 2015 28 Comments Guest Posts The Saker

Dear friends,

Claude Roddier, the “Godmother” of the entire Saker Community has just returned from a trip to Russia were she participated in the Vday events in Moscow alongside a delegation representing the French Resistance to the Nazi occupation of France during WWII. Initially, Claude had planned to travel to Odessa and because of the risks associated with such a trip, we kept all these plans a secret. Then, after speaking to trusted friends in Moscow, she decided to cancel her trip to Odessa to my immense relief.

Claude and her daughter Mireille

Claude and her daughter Mireille

[Sidebar: I refer to Claude as the “Godmother” of the Saker Community because she was the very first person to contact me and suggest that my blog be translated into French. Then, the example of the French Saker blog was followed in other countries and languages, but none of that would have happened without Claude’s suggestion. Claude also stood by me in some truly painful moments and her kindness and support were crucial in my decision not to abandon it all last winter. Honestly, there would be no Saker Community if not for Claude].

I am posting below three texts which are self-explanatory and which will relate to you the events surrounding this historical celebration. At a time when France is yet again under occupation, these testimonies are a beautiful illustration of the fact that, just as during WWII, there still is a French Resistance even if nowadays the mode of resistance is different, instead of shooting at occupying foreign forces the French Resistance today struggles against collaborationist ideas, against a regime which has so clearly abandoned France’s national interests, against an Imperial policy aimed at a maximal confrontation with Russia and which has the very real risk of resulting in another world war.

What is particularly beautiful about this trip is that is is yet another shining example of this “other West” which, far from being hostile to Russia, is her real friend and wants to stand by her in these difficult and dangerous times. To resist the current zombification and to dare defy the official ideology is also an act of great courage: not only was Claude already publicly listed by a pro-Ukronazi website as being a member of some nefarious pro-Putin blogger army, these are also the post Charlie-Hebo times in France when most people would be simply afraid to speak up and dare defy the plutocracy in power.

[Sidebar: while Claude decided to “go public” with her identity, my strictly personal advice to the members of our community is to hide their real identities, especially for Team Leaders]

I am immensely grateful to Claude whose kindness and wisdom have deeply changed my life and, I suspect the lives of many of us. I could not have wished for a better “Godmother”!

The Saker

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CLAUDE RODDIER:

When Lucien Pons (http://lucien-pons.over-blog.com/), the president of the Association CNR06 of Nice, called me on March 12 to tell me that our friends from Odessa were looking for descendants of members of the French Resistance, in order to invite them to the May 9th parade in Moscow, I did not dare to believe it. When he asked me if I could go, of course I immediately agreed. Each invitation being for two descendants, I proposed to participate with one of my children. Another group, the FTPF resistant, Lesou Serge and his daughter Sylvie were also invited.

In 1942, when he was 15 years old, Serge met a group of young “Résistants“ who joined others to form the “United Forces of patriotic youth” in Montargis. Later, he arrived Paris, where he was greeted by Colonel Baudoin, one of the commanders of the FTP networks in Paris. As a militant in the XXth, he took part to the liberation of Paris on a barricade at the corner between Menilmontant and Sorbier street. In Moscow, Serge held up a picture of Colonel Baudoin. His daughter Sylvie had the French flag together with a picture of young FTP fighters from the Var who were murdered by the Germans in 1944.

Born in Odessa in 1911, my father, Gleb Sivirine, arrived in France in 1919. He became part of the Resistance, first with his brother in a network of Marseille before becoming the head of the largest underground group of MUR (Mouvements Unis de la Résistance) in the Var, a group known as the Maquis Vallier (http://maquis-vallier.fr). I had a picture of him that matched our needs, the kind of picture that hundreds of thousands people marched with on May 9. I was planning to enlarge this picture, when I learned that François Hollande was about to become a shame on France. I then realized that this invitation would enable me to somehow save the honor. This is how, together with the French flag, on a picture showing also my father and one of the leaders of the Var Resistance, the General de Gaulle became part of the great march of Victory down the Tverskaya Avenue and through the Red Square, ending in front of the Basilica of St. Basil the Blessed.

Remembering those who gave their lives

Remembering those who gave their lives

We were allowed to show two pictures. For the second I wanted to honor also the memory of Résistants of the networks who lost their lives while being often forgotten. A name became obvious to my mind, that of Vicky Obolensky (http://www.lecourrierderussie.com/2012/06/sainte-genevieve-des-bois-insolite/) a Russian princess who arrived in France aged 9, has been a resistant since the first hour, and was guillotined in Berlin on August 1944. My daughter carried her picture.

From the start of the parade we had lost our group. The two of us found ourselves with two young participants of the “Immortal regiment”, Alik and Nikita, both from Odessa. Instead of quietly walking at the same pace as others, they had took a faster pace. Having no fixed point appointment we did not want to lose them. So we constantly outpaced the others. Hence we could see that other participants in the march were receiving our message as we hoped they would. Both of us have been thanked, photographed, filmed throughout the afternoon. Several times people have spoken longer with us, and had their picture taken with us. Most of the time, the language used was French, with that Russian accent which, of course, was not the “inimitable” accent of my grandmother although, listening well, yes, there was something of that accent.

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

he hundred members of our delegation, guests of the “immortal regiment”, were housed in a beautiful hotel in Kosygina street, not far from the State University. Our little CNR06 group was the only French group. The other groups, such as the Polish, Spanish, and Italian ones, were larger than our. Reality and imagination merged when, after the parade, we met in the lounge of the hotel. In the books of the great Russian novelists, I had often read descriptions of meetings and discussions that lasted all night and had found them similarly depicted by Soviet dissidents in their accounts. A beautiful custom to which we were entitled. Among such an international crowd, English was mostly used with asides in the language of the members of the same delegation. We ended up chatting with the Poles met the day before, Alik and two ladies that I thought were russian.

Naturally I spoke to them about my imminent departure to Odessa, explaining the visit of the delegation to Nice and my will to show that we do not forget the massacre of May 2. I also added that my father was from Odessa. To their already warm attitude, complicity was added. Galina, one of the ladies, and Alik told us that they were Odessites and had just arrived in Moscow. A bottle of vodka appeared out of nowhere with a plate of appetizers prepared for us and we toasted to all those born in Odessa. They talked among themselves about the danger that we might run and came to the conclusion that the risks were minimal, the game was worth the candle.

For over a year I had heard about Ukrainians, “pro-Russian” separatists, Odessites that were for or against the current government of Kiev, but anyway Ukrainians, and now I had two people in front of me, a journalist and a police colonel, both proud to be born in Odessa, both in a certainly difficult personal situation in Moscow, who were considering themselves as Russian. They were not pro-Russian. They were Russian. I thought about Marseille, the city where my family settled on its arrival in France; even if politicians succeed in creating a separate Occitan entity, from Aquitaine to Nice, Marseille will still continue to feel French, 25 years after its creation. Galina told us things so passionately that Sylvie filmed her while Monika, a Polish-French, was translating. Several bottles of vodka came one after the other. In short, we were in Moscow as one imagines.

The next day our discussion resumed regarding our trip to Odessa. An Italian woman had been added to the group. More reluctant, she found unreasonable to take a risk. She told us about the arrest, followed by deportation on May 1, of Franco Fracassi, an italian journalist whose writings had displeased the regime. He was traveling to Odessa for the commemoration of the tragedy of May 2, 2014. She testified that journalists, Russian or Ukrainian as well as foreign, faced arrest, or even could disappear. Then Alik told us he had also been under arrest for his writings. He managed to get by and had just finally arrived in Moscow for an indefinite time.

Someone said “they do not risk anything, they are not journalists, their names do not appear on red lists”. However though, as a participant in the Francophone Saker blog, I had the honor, moreover as a member of CNR06, to appear on the infamous “list” (http://lesbrindherbes.org/2015/03 / 19 / call-a-la-delation-of-site-pro-Russian /) last March. I even got a special treatment on the list, with a mini-biography mainly describing my work as an astronomer with my husband. The account of this story changed the tone of our new friends. No more questions about going to Odessa. We changed our tickets and went back directly to Nice.

Back home was a message from Irina, the head of the delegation that came to Nice. Currently in the United States she is attempting to learn the truth about last year events. The message was waiting for me on my computer:

“Dear Claude! Ivan will meet you in airport with your name table, do not worry. How are you? I.”

On May 2, 2016, if no disaster occurs by then, we will meet again Irina, Ivan and especially Elena who lost her son on May 2, 2014.

Claude Roddier-Sivirine

Moscow, May 9th 2015

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SYLVIE PILLE:

In February 2015, Hollande travels to Saudi Arabia to pay tribute to King Abdullah: Saudi Arabia, which condemned to flogging a blogger Raef Badawi, who campaigned for a moral liberalization of his country. Saudi Arabia, which refuses to grant basic freedoms to half of its population – women- and where religious police can practice or force-on excision and infibulation on adulteresses and prostitutes. Saudi Arabia which condemns homosexuals to death.

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

On May 9, 2015, holding their three color flags, 4 French people – Serge Lesou and her daughter Sylvie Pillé, Claude Roddier and her daughter Mireille – who or whose relatives were involved in the struggle against Nazism, acknowledge the invitation of the “Eternal Regiment” via the « nouveau CNR, an association of the Alpes Maritimes.

These invitations came after meetings with a delegation of Ukrainians who came in January 2015, to bear witness of the assassination of militants by fascists in the house of the Unions of Odessa, on May 2, 2014.

More than 25 million deaths! How many Russian families affected? Today, these events remain engraved in the collective memory. For proof, one has just to look at the gravity with which the combatants grant children or great grand children were participating to the ceremonies. Above all, it suffices to attend this huge mobilization, with young people, hundreds of volunteers, supervising the parade.

But beyond the commemoration, it is the aspiration for peace that was claimed, that showed up in every conversation we had: MIR! Druzhba!

Hence we went on, with our pictures, parading with thousands of participants, some of them coming from the most remote regions of Russia. We met Ouzbecks, Kyrgyz, having all participated to the fight against the Nazis, whose dean was 101 years old. But also people from Spain, Italy, Poland, Ukraine (most of them refugees in Russia, because of the fascist danger that threatens them in their country) …

What a thrill that being mixed together with all these people, serious, aware of the threats posed by the United States on peace, all these people united by the same desire to fight against the resurgence of the extreme right, of fascism and neo-Nazism all over Europe and particularly Ukraine.

Everywhere, the sight of French flags, raised the same warm reactions, “thank you for being here.”

Hopefully, in the mind of these Russians, all four of us have helped cleaning the honor of France.

(1) Kafala: a system that governs the lives of all the foreigners working in Qatar. It requires them being “mentored” by a Qatari, without whom authorization they can neither change jobs, get a driver’s license, rent a house, open a bank account or, especially, leave the country.

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

2) By their landing, the US aimed more at occupying France rather than freeing it. They had trumped up a program called AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) and created an American franc, denounced by de Gaulle as counterfeit money.

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LUCIEN PONS

Presence in Moscow of a delegation of the association “Committee for a New Resistance-CNR” for the 70th anniversary of the victory.

We live in a very dangerous period. But the French, under-informed, are not aware of it.

The cannon thunders in the east of Europe. NATO countries are gradually drawn into a war against Russia. France has always had excellent relations with That country. General de Gaulle even said that he wanted to build Europe from the Atlantic to the Urals.

The association “Committee for a New Resistance” supports the full exercise of our national sovereignty. Its purpose is inspired by the ideals and achievements of the National Council of Resistance created by Jean Moulin on May 27th, 1943 in Paris. True to the ideals of the Resistance, faithful to the words and actions of the leader of the France Libre, General de Gaulle, we refuse to submit to the submission to the policy of the United-States, we want the policy of France to fall in with friendly relations with Russia for a fair balance in Europe and in the world.

The voice of France must serve negotiation and dialogue, not confrontation.

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

We also believe that we must express to Russia the gratitude due to it, following its essential contribution to the defeat of Nazism. You must remember that this country allowed the destruction of the brown plague in Europe by sacrificing over 25 million Soviets in this merciless war.

Our association has been investigating since September 2014 on the rise of fascism and the war in Ukraine. Our goal is to inform our citizens on other aspects of the conflict.

We hosted on January 29th in Nice a delegation of Ukrainians from Odessa. These people explained to us the ongoing conflict and they also testified about the massacre of May 2nd 2014. On that day more than forty people died, burned alive in the Trade-Unions house. One person of the delegation lost, in these dramatic circumstances, his 27 years son brutally finished off by barbarians after trying to escape the flames by jumping out the window.

Following this meeting we were invited by the leaders of the demonstration on May 9th in Moscow to attend the parade for the 70th anniversary of the victory over Nazism. The Delegation of the “Committee for a New Resistance-CNR”, an association composed of Resistants and children of Resistants, has acquired an important symbolic value.

Here are the four members of our delegation:

– Serge Lesou, resistant FTP and his daughter Sylvie Pillé.

– Claude Roddier, daughter of the commander of a “maquis” MUR of the Var, the maquis Vallier, and her daughter.

A conference to report on the official participation of our association in this event will

Take place in Nice, on Tuesday, June 9th, 2015. The members of the delegation will provide information about it. This will be an opportunity to continue our work for peace in Ukraine and Europe.

Lucien PONS President of the association “Committee for a New strength-CNR

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.
Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.
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guyane : Arianespace se privatise

31 Mai 2016 , Rédigé par Lucien Pons

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La Prophétie : "casser le CDI" . Le blog noir de Brocéliande

31 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales

mardi 31 mai 2016

La Prophétie : "casser le CDI"


Retour sur l’entretien avec Nicolas Doisy dans lequel le Chief economist de Cheuvreux avait « prophétisé » en mars 2012, avant l’élection de Hollande, la flexibilisation du marché du travail.

La vidéo de mars 2012 :

Publié par Bertrand Riviere

Pendant que les fonds publics s'écoulent en fêtes de fraternité, il sonne une cloche de feu rose dans les nuages.

Arthur Rimbaud

http://gaideclin.blogspot.fr/2016/05/la-prophetie-casser-le-cdi.html

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Loi travail : panique au sommet

30 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La mondialisation, #Les transnationales

Par Guillaume Liégard | 30 mai 2016

Loi travail : panique au sommet

Devant la persistance du mouvement contre la loi travail, la condescendance le cède à un franc mépris de classe, et à un affolement palpable. Médias de garde, Medef, majorité et opposition ont compris que la contestation était proche d’une victoire.

Devant la persistance du mouvement contre la loi travail, la condescendance le cède à un franc mépris de classe, et à un affolement palpable. Médias de garde, Medef, majorité et opposition ont compris que la contestation était proche d’une victoire.

Loi travail : panique au sommet

Hier encore, ils affichaient leur morgue et leur arrogance. Vous refusiez la loi travail ? Une lubie liée à une altération du jugement, on allait donc vous ré-ex-pli-quer la modernité, le réel. Le Français moyen (tellement moyen, c’est aberrant à la fin), souillé, déformé par des décennies d’égalitarisme absurde se révèle souvent un peu benêt. Et après tout, la pédagogie c’est aussi la répétition, alors éditorialistes, représentants du gouvernement et "économistes" officiels en tout genre se sont relayés jusqu’à la nausée pour expliquer tous les charmes cachés de cette loi El Khomri injustement incomprise.

Dans les cercles du pouvoir, on ne se reconnaissait qu’une seule faute, le manque de pédagogie. Mais oui bien sûr, puisque cette loi est bonne et même la seule possible, seul le manque d’information et un caractère obtus pouvaient susciter un éventuel rejet, il fallait donc revenir cent fois sur le métier – même si c’est agaçant, à la fin, d’être en butte à une population aussi intellectuellement limitée.

On serre les rangs

Avec la grève des raffineries, le blocage des dépôts d’essence, les grèves à répétition qui ne faiblissent pas, changement de ton : fini le temps du mépris, place au déluge de haine. C’est que le mouvement social, loin de se contenter d’un baroud d’honneur, a la possibilité de gagner. Et là, ça ne rigole plus. Tout le monde serre les rangs derrière le gouvernement. Après les modifications apportées à la première mouture du projet de loi, Pierre Gattaz – en partenaire utile au gouvernement – avait fait le dégoûté, agité la menace de quitter la table des négociations sur l’Unedic.

C’était le 19 avril : le patron du Medef fustigeait alors « une loi vidée de son sens » et annonçait que les patrons avaient atteint « leur point de rupture ». C’est pourtant le même qui, le 27 mai sur Europe 1, suppliait le gouvernement « de ne surtout pas toucher à l’article 2 », « de résister à l’intimidation » syndicale car voyez-vous, « il ne faut absolument pas céder » (voir le verbatim). De son côté, François Fillon expliquait le 29 mai, doctement et en toute cohérence, que la loi travail, « il n’y a plus grand-chose dedans mais son retrait serait une catastrophe ». Avant d’ajouter que la CGT « est sortie du cadre démocratique et républicain », bref on est au bord de la dissolution de la principale confédération syndicale.

Terrorisme, sabotages et guerre civile

Mais c’est surtout du côté des médias que le changement est le plus net. Jusque ici, avec la plus grande application, ces derniers avaient focalisé toute leur attention sur les violences, les casseurs. À se demander, parfois, s’il y avait encore des manifestations ou des grévistes. Manifestement, cela n’a pas suffi, et donc depuis quelques jours c’est en treillis et munis de casques lourds qu’ils occupent les antennes, un peu comme ces journalistes "embedded" (intégré) de la guerre du Golfe.

Loi travail : panique au sommet

Tout y passe, et le vocabulaire est un peu étrange, surtout après les attentats de 2015 (une collection de perles à lire ici ou encore ) : « La radicalisation de la CGT pose incontestablement un problème », nous déclare Manuel Valls. Pour d’autres, ce sera « les Français pris en otages », le « terrorisme social » – d’autant qu’en temps de guerre « le sabotage » (allons-y carrément) est passible de la cour martiale. Mention spéciale à Jean-Michel Apathie qui, dans un tweet tout en finesse d’analyse, écrit : « La CGT veut étendre le mouvement aux centrales nucléaires et à l’électricité. Prochaine étape, la guerre civile ? L’appel aux armes ? » Pas de doute, ils sont en guerre de classe.

Fébrilité maximale

Autre grande moment de déontologie journalistique, le choix par France 2 des "Français normaux" chargés de porter la contradiction à Jean-Luc Mélenchon : dans l’ordre d’apparition, un petit boulanger (juste dix-sept salariés comme l’écrasante majorité des boulangeries sans doute), qui se révèle être le fournisseur de l’Élysée, puis une représentante des Jeunes agriculteurs, qui non seulement nie les liens organiques avec la FNSEA (tiens, de vrais casseurs de préfectures, eux), mais vient du monde de la finance et a trouvé le moyen d’être prise en photo avec Manuel Valls et Stéphane Le Foll, en toute indépendance bien sûr.

Le ton hargneux de ces derniers jours n’est pas sans rappeler la dernière ligne droite du référendum contre le TCE en 2005. Tant mieux, c’est le signe que la victoire est possible, qu’elle est à portée de main. La fébrilité au sein du gouvernement atteint son comble : sortie de route d’Emmanuel Macron à Lunel, lapsus sur la nécessité « d’apprivoiser euh approvisionner les français » de Manuel Valls ou le désormais célèbre « Bruno relou » de Stéphane Le Foll. Au sein même de la direction socialiste, la cacophonie règne et nombreux sont ceux qui ne veulent pas mourir sur la croix pour Manuel Valls. Tout dépend désormais de la mobilisation sociale de ces prochains jours. Plus que jamais, on ne lâche rien.

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