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Le blog de Lucien PONS

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Ma lettre à une France pro-Poutine

2 Avril 2015 , Rédigé par Lucien Pons

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Le discours des « valeurs de la république » : un nouveau masque de l’idéologie dominante. Par Saïd Bouamama

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #Economie, #Ecole, #Le socialisme, #Le grand banditisme

2 avril 2015

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« Crise du civisme » disent certains « chroniqueurs », carence de transmission des « valeurs de la république » répondent en écho des ministres, nécessité urgente d’une reprise en main « citoyenne » de la jeunesse concluent-ils en chœur. La France serait-elle devenue une « démocratie de l’abstention » ?

 



Avec un taux d’abstention s’élevant à 50, 02 % au niveau national lors du second tour des départementales (il était déjà de 49, 83 % lors du premier tour), la France est devenue une « démocratie de l’abstention (1) ».

Le profil des abstentionnistes est tout autant significatif : 73 % pour les 18-24 ans et 59% chez les 25-34 ans, 58 % pour les employés, 53 % pour les ouvriers (2).

« Crise du civisme » disent certains « chroniqueurs », carence de transmission des « valeurs de la république » répondent en écho des ministres, nécessité urgente d’une reprise en main « citoyenne » de la jeunesse concluent-ils en chœur. Une nouvelle fois les explications sont idéalistes c’est-à-dire qu’elles évacuent les bases matérielles du comportement des citoyens et de la jeunesse.


 

Revenir à une approche matérialiste

L’idéalisme est cette approche philosophique qui explique les comportements humains à partir des idées, de « l’esprit », des représentations, des « valeurs ». Il a comme avantage pour les classes dominantes d’occulter les bases matérielles des comportements humains c’est-à-dire pour notre sujet les injustices, les inégalités sociales, les discriminations sexistes et racistes. Revenir à une approche matérialiste c’est-à-dire expliquer les « idées », les « représentations » et les « valeurs » à partir des faits matériels est donc une nécessité pour comprendre et transformer le monde.

Or dans ce domaine de nombreux faits éclairent l’abstention des classes populaires et plus particulièrement de ses jeunesses. Citons quelques exemples : plus de la moitié des personnes pauvres ont moins de 30 ans (4), plus d’un tiers des 15- 29 ans occupe un emploi précaire (3), 23, 7 % des jeunes est au chômage fin 2014 contre 9,9 % pour l’ensemble des actifs (5), etc. La dégradation des conditions matérielles est telle que les associations caritatives tirent depuis plusieurs années la sonnette d’alarme :

« plus d’un jeune sur 5 est concerné […] », « ils sont aujourd’hui les plus touchés par la pauvreté, bien plus que les personnes âgées », « les 18-25 ans représentent 12 % des bénéficiaires de l’aide » rappelle le Secours Catholique (6).

Inutile de préciser que si ces jeunes sont issus de l’immigration ces chiffres doivent encore être augmentés :

« Une étude de France Stratégie (le Commissariat général à la stratégie et à la prospective) publiée hier dresse un bilan bien sombre de la politique d’intégration en France. Intitulée Jeunes issus de l’immigration : quels obstacles à leur insertion économique ?, cette étude livre des résultats qui, s’ils ne sont pas surprenants, sont néanmoins inquiétants. Dans tous les domaines – éducation, logement, emploi, citoyenneté, santé… – les jeunes issus de familles immigrées, et singulièrement africaines et maghrébines, sont moins, voire beaucoup moins bien placés que des jeunes « sans ascendance migratoire directe (7) ».

C’est dans ce contexte matériel que se forgent les rapports au monde, les idées, les désirs, les sentiments, etc., des nouvelles générations. Nul besoin d’invoquer un « esprit » ou des « valeurs » supposées en crise de transmission pour comprendre les effets de subjectivité d’une telle dégradation des conditions d’existence. Les jeunesses sont tout à la fois dans un rapport pessimiste à l’avenir et dans une colère sociale massive.

Une enquête d’opinion intitulée « Génération Quoi ? » réalisée par sondage avec un échantillon de 210 000 répondants de 18 à 35 ans résume cette subjectivité des jeunesses comme suit : 61 % des interrogés se déclarent prêt à participer « à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois » (66% des intérimaires, 63% des chômeurs, 60% des étudiants et même 54% des CDI) (8).

De nombreux manifestants sont, à l’évidence, beaucoup plus matérialistes que nos « chroniqueurs » et ministres en criant le slogan : « qui sème la misère, récolte la colère ».


 

Explosion, implosion et séparation sociale et politique

Il ne suffit pas que les bases matérielles d’une révolte existent pour que celle-ci devienne réalité. La possibilité ne signifie pas automatiquement l’effectivité. Les mêmes conditions matérielles peuvent s’exprimer sous la forme de l’explosion sociale comme en novembre 2005 mais également sous celle de l’implosion c’est-à-dire de la violence retournée contre soi ou dans les rapports sociaux de proximité comme nous le constatons quotidiennement dans nos quartiers populaires. Elles peuvent également conduire à des comportements nihilistes dans une recherche éperdue d’un sens à une existence devenue insupportable. Elles peuvent enfin se traduire par un séparatisme social et politique consistant à « bricoler » son existence sans tenir compte de la société officielle. Il est inutile de rechercher une quelconque homogénéité de comportements en réaction à ces conditions d’existence destructrices. Chacun s’oriente dans telle ou telle direction en fonction de sa trajectoire, des ressources relationnelles qu’elle contient ou non, des offres de canal d’expression de la colère qu’elle croise sur son chemin ou non, de la densité de ses liens sociaux ou de son degré d’isolement, etc.

L’idéologie dominante s’attache par l’outil des médias de masses à séparer les différentes formes d’expression des mêmes causalités. Elle s’évertue à proposer des causalités individuelles et/ou culturelles en lieu et place des explications sociales et économiques c’est-à-dire à diffuser des grilles idéalistes de lecture. Elle s’efforce de masquer l’historicité de ces différentes formes afin de les faire apparaître comme des surgissements imprévisibles, inattendues, voir inexplicables rationnellement. Elle nous habitue à inverser l’ordre des causes et des conséquences et ce faisant à construire les victimes de l’inégalité sociale comme des coupables. Elle diffuse de la peur pour unir ceux qui devraient être divisés (les dominants et les dominés blancs et assimilés) et diviser ceux qui devraient être unis (les salariés et les chômeurs, les jeunes et les moins jeunes, les français et les immigrés, les sans-papiers et les autres, les musulmans et les autres, les Rroms et les autres, etc.). Elle diffuse des débats écrans visant à voiler la réalité et à imposer un autre agenda des priorités que celui qui émerge de la vie quotidienne concrète.

Si l’action de l’idéologie dominante décuplée par la puissance de feu des médias de masse est pour l’instant suffisante pour empêcher l’émergence d’une offensive des dominés, elle est cependant insuffisante pour produire une adhésion au système social, à ses prétendus « valeurs », à ses modes de gestion politique. Nous sommes bien en présence d’une crise de l’hégémonie culturelle des classes dominantes, une partie grandissante de notre société ne se reconnaissant plus dans le « consensus » proposé. C’est à notre sens dans ce rejet direct ou indirect du consensus idéologique dominant qu’il faut rechercher les causes de l’abstention de fractions entières des classes populaires : les jeunes, les citoyens issus de l’immigration, les plus paupérisées des classes populaires blanches.

Gramsci soulignait en son temps que la domination reposait sur deux piliers. Le premier est celui de la force qui agit dans la « société politique » (avec ses institutions : l’armée, la police, la justice). Le second est le consentement qui agit dans la « société civile » (avec ses institutions que sont l’école, les médias et tous les autres appareils idéologiques d’Etat au sens d’Althusser). C’est ce second pilier qui est aujourd’hui en crise. Par la révolte ou par le séparatisme social, une partie importante de notre société tend à échapper aux processus de légitimation de l’ordre social. Le besoin de produire de nouveaux processus d’intériorisation de la domination est grandissant pour la classe dominante.

Les « valeurs de la république », la « laïcité », « l’instruction civique et morale », etc., sont autant de tentatives visant à retrouver un consentement minimum des dominés.

Du « Je suis Charlie » aux « valeurs de la République »

Si le « je suis Charlie » s’est conjoncturellement traduit par un « esprit du 11 janvier » qu’il s’agissait de préserver, l’outil de cette opération de sauvegarde est désormais trouvé : la défense et l’inculcation des « valeurs de la république » par les appareils idéologiques d’Etat et en premier lieu l’école. Les enseignants se voient ainsi ajouter une série de missions par la réunion interministérielle du 6 mars 2015. Le document intitulé « égalité et citoyenneté : la République an actes » (9) présente une série de mesures qui visent à transformer explicitement les enseignants en outils d’une nouvelle offensive idéologique.

Le document programme commence par un regard lucide sur la réalité :

« Pour une majorité de nos concitoyens, la République est devenue souvent une illusion. Etre comme assigné à son lieu de résidence ; se sentir bloqué, entravé dans ses projets ; être condamné à la précarité des petits boulots ; voir l’échec scolaire de son enfant sans pouvoir l’aider ; se dire que son propre destin est joué d’avance : voilà ce que vivent des habitants, dans des quartiers, en périphérie des grandes villes, mais aussi dans les territoires ruraux ou dans les Outre-mer.(10) » .

Ce premier constat permet de saisir la dernière différence entre le gouvernement Sarkozy et le gouvernement Hollande. Le premier nie la réalité. Le second la reconnaît mais sans en citer les causes. Ainsi Valls reconnaissait lors de ses vœux à la presse, le 20 janvier 2015, l’existence d’un « apartheid territorial, social, ethnique » sans en analyser les causes.

Ce premier constat sans causes est immédiatement complété par un second, ledit « malaise démocratique : l’abstention toujours croissante, la crise de confiance entre les Français et leurs institutions, entre les Français et leurs élus. Il y a plus largement une crise de la représentation, qui touche tous les corps intermédiaires. (11) »

Ces deux constats s’ajoutent, dit le document, c’est-à-dire qu’ils sont présentés comme n’ayant aucun lien entre eux. Ne pouvant pas agir sur le premier constat du fait de ses choix économique libéraux, le gouvernement Valls-Hollande mandate les enseignants pour agir sur le second.

Il est ainsi demandé aux enseignants pêle-mêle de « mettre la laïcité et la transmission des valeurs républicaines au cœur de la mobilisation de l’école », de « développer la citoyenneté et la culture de l’engagement » et de « renforcer le sentiment d’appartenance à la République ». Pour ce faire, ils auront à dispenser un « nouvel enseignement moral et civique dans toutes les classes de l’école élémentaire à la classe de Terminale ».

Comme si cela ne suffisait pas, les enseignants auront également à « faciliter la compréhension et la célébration des rites et symboles de la République (hymne national, drapeau, devise) » et à emmener leurs élèves en mairie pour assister à des « cérémonies de naturalisation (12) ».

Terminons en citant le « rôle et la place » de l’école que formalise le document : « L’École doit être, et sera en première ligne, avec fermeté, discernement et pédagogie, pour répondre au défi républicain, parce que c’est son identité et sa mission profonde (13) ».

Le reste du document est tout autant questionnant mais dépasse la seule sphère de l’école : « réaffirmer la laïcité comme une valeur fondamentale de la fonction publique », « faire connaître la laïcité dans le monde de l’entreprise », etc.

Ces quelques citations suffisent à illustrer la volonté de faire de l’école une machine d’inculcation idéologique active de l’idéologie dominante comme au temps béni de la troisième république coloniale et guerrière. Il s’agit également de faire des enseignants des outils d’une hypocrisie appelant à la fois les nouvelles générations à croire aux « valeurs de la République » et à « avoir envie de devenir milliardaires (14) » selon le mot d’Emmanuel Macron.

L’inflation des discours sur les « valeurs de la république » allant de Marine Le Pen à Hollande, le consensus encore plus large sur la laïcité en danger qu’il faudrait défendre, la quasi-unanimité pour soutenir les nouvelles guerres coloniales, etc., révèlent l’illusion de combattre les effets sans s’attaquer aux causes. Il s’agit d’hypocrisie généralisée qui comme le soulignait Césaire est d’autant plus odieuse qu’elle ne trompe plus :

« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper. (15) »

Si les enseignants ne sont pas en mesure de refuser cette injonction à l’endoctrinement idéologique, ils deviendront des otages instrumentalisés d’une classe dominante tentant par tous les moyens hypocrites de ressouder une hégémonie culturelle défaillante. Comme le souligne un groupe d’enseignants dans Médiapart : « les élèves n’ont pas besoin comme on l’entend un peu partout d’un surcroît d’éducation civique ou cours de « fait religieux » qui ne seront qu’un inutile pansement supplémentaire sur un cadre et des programmes scolaires déjà largement inadaptés (16). »

L’enjeu est de taille compte-tenu d’une méfiance réelle déjà existante entre les classes populaires et l’institution scolaire (liée à la sélection, aux inégalités scolaires, aux orientations perçues comme discriminantes, etc.) qui s’est encore renforcée ces dernières années avec les multiples « affaires du foulard »

Notes :

1) Cécile Braconnier et Jean Yves Dormagen, La démocratie de l’abstention : Aux origines de la démobilisation électorale, Folio Actuel, Paris, 2007.

2) Départementale 2015 : le taux d’abstention a atteint 50,02 %, enquête opinionway, http://www.europe1.fr/politique/dep..., consulté le 31 mars 2015 à 10h 30.

3) La pauvreté selon l’âge, http://www.inegalites.fr/spip.php?p...

4) La précarité de l’emploi selon l’âge, consulté le 31 mars à 11 h 20 http://www.inegalites.fr/spip.php?p..., consulté à 11 h 30.

5) Le chômage est en hausse en France, http://www.challenges.fr/france/201..., consulté le 31 mars à 11 h 45.

6) Pauvreté, La galère des 18-25 ans, http://www.letelegramme.fr/ig/gener..., consulté le 31 mars à 12 h 30.

7) Pierre-Yves Cusset,Hélène Garner, Mohamed Harfi, Frédéric Lainé, David Marguerit, Note d’analyse - Jeunes issus de l’immigration : quels obstacles à leur insertion économique ?, mars 2015, http://www.strategie.gouv.fr/public...,

8) Génération Quoi ? les ambivalences de la jeunesse en France, Consulté le compte rendu de Zineb Dryef, http://rue89.nouvelobs.com/2013/09/..., consulté le 31 mars à 13 h 30.

9) http://www.gouvernement.fr/la-solut..., consulté le 31 mars à 16 h.

10) Ibid, p. 5.

11) Ibid, p. 5.

12) Ibid, p. 11.

13) Ibid, p.12.

14) Interview au journal 3Les Echos » du 7 janvier 2015.

15) Aimé Césaire, discours sur le colonialisme, Présence Africaine, Paris, 1950.

16) Ce n’est pas des élèves dont nous avons peur, http://blogs.mediapart.fr/edition/l..., consulté le 31 mars à 16 h 30.

Illustration réalisée par BAF.F !

Source : Investig’Action

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ET MAINTENANT ? [Le point de vue du P.O.I.]

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le socialisme, #La mondialisation, #La lutte des classes

Publié par Michel El Diablo

 ET MAINTENANT ?  [Le point de vue du P.O.I.]

L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIÈRES

Le deuxième tour des élections départementales confirme le premier : un immense rejet du gouvernement. Il faut toute l’arrogance provocatrice d’un Valls pour oser déclarer : « Les Français, par leur vote, et même leur abstention, ont dit à nouveau leurs attentes, leurs exigences, leur colère, leur fatigue face à une vie quotidienne trop difficile : le chômage, les impôts, la vie trop chère. J’ai entendu ce message. »
 

Il faut toute l’arrogance provocatrice d’un Valls pour en conclure qu’il faut accélérer les contre-réformes. Il annonce, en particulier, le vote de quatre contre-réformes avant l’été, parmi lesquelles un projet permettant d’imposer la baisse des salaires (y compris ceux inférieurs à 1,2 fois le Smic) en augmentant le temps de travail, et de faciliter le licenciement de ceux qui refuseraient ces mesures iniques !
Quant à ceux qui prétendent incarner une « alternative à gauche » : les uns (les dirigeants du Parti communiste français), après s’être alliés au deuxième tour au Parti socialiste, s’apprêtent à gouverner avec lui des dizaines de départements pour y répercuter les mesures du pacte de responsabilité et les restrictions budgétaires ; les autres (Mélenchon) appellent… à préparer les élections régionales de décembre… Comme si toute la situation n’était pas marquée par l’abstention massive, le rejet des institutions de la Ve République, de la régionalisation et des mesures dictées par l’Union européenne !

 

Cet épisode des élections départementales marque le franchissement d’un nouveau cran dans la crise de décomposition. A tous les niveaux, le pays se délite. Les institutions pourrissantes de la Ve République — elles-mêmes encamisolées dans l’Union européenne et ses traités — apparaissent clairement comme contradictoires à la démocratie. La reconquête de la démocratie passera par le démantèlement
de ces institutions.

 

Ce que nous écrivions au soir du premier tour se vérifie : « Ce qui ne peut plus s’exprimer sur le terrain électoral cherchera inévitablement à se résoudre sur un autre plan. » Seule l’intervention de la classe ouvrière sur son propre terrain, entraînant avec elle tous les exploités et les opprimés, pourra modifier l’ordre actuel des choses. La même question se pose, sous des formes diverses, dans tous les pays où les travailleurs sont frappés par les plans de l’Union européenne. Lundi 30 mars, aux cris de « Pas de solution, grève générale », des milliers d’ouvriers ont défilé à Bruxelles avec leurs organisations syndicales contre les mesures d’austérité et de régression sociale dictées par un gouvernement appliquant les diktats européens. En Grèce, les dockers du Pirée menacent d’engager la grève si le gouvernement cède à l’exigence de l’Union européenne de privatisation du port. En France, à l’initiative des confédérations CGT, CGT-Force ouvrière (avec FSU et Solidaires), se préparent activement, pour le 9 avril, la grève interprofessionnelle et la manifestation contre la loi Macron et le pacte de responsabilité.
 

La décomposition des partis qui, historiquement, plongent leurs racines dans le mouvement ouvrier souligne la nécessité d’une représentation politique de la classe ouvrière fidèle à ses intérêts. Une représentation politique qui se construira dans la libre discussion entre travailleurs et militants de toutes tendances, dont le Parti ouvrier indépendant sera partie prenante, à égalité avec tous. C’est à cet effet qu’il invite ceux qui le souhaitent à participer aux assemblées organisées par ses comités, dans tout le pays, pour débattre de la situation.

Paris, le 31 mars 2015
Gérard SCHIVARDI, Jean MARKUN, Daniel GLUCKSTEIN,
secrétaires nationaux du
Parti Ouvrier Indépendant

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Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #Le socialisme, #Le syndicalisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La République, #La lutte des classes

Publié par Michel El Diablo

 

Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

A la demande du PCRF, une rencontre officielle a eu lieu le 10 janvier 2015 à Paris entre le PRCF et le PG. Elle s’est déroulé dans un climat cordial qui a permis de faire un vaste tour d’horizon de la situation, pointer fraternellement les convergences et les désaccords.

 

=>La délégation du  PG était conduite par Eric Coquerel.

=>La délégation du PRCF était composée d’ Antoine Manessis, Benoit Foucambert, Vincent Flament.

Ce compte-rendu n’est pas exhaustif, c’est une synthèse de nos échanges approuvée par les deux organisations.

 

Les deux délégations se sont notamment rejointes sur la République, la défense de principe de la souveraineté populaire (en constatant que le cadre premier de la démocratie est aujourd’hui la nation), la centralité de l’exploitation capitaliste et de l’antagonisme des classes, et sa pertinence, sur la nécessaire indépendance des forces progressistes à l’égard du parti socialiste.

 

Sur le plan international PG et PRCF se prononcent contre l’impérialisme, pour la sortie de l’OTAN. Ils dénoncent les manœuvres dangereuses de l’OTAN derrière les États-Unis notamment en Ukraine. C’est un danger pour la paix.

Les deux délégations enregistrent aussi leurs divergences sur l’analyse de l’euro, de l’UE.

 

=> Pour le PG, si la monnaie unique a été une erreur, il n’entend pas proposer la sortie de l’Euro considéré comme un  possible contrepoids au dollar au service d’une Europe refondée.  Mais ce serait dans le cadre d’une politique de désobéissance et de rapport de forces que mènerait un vrai gouvernement de gauche comportant notamment la rupture avec les traités actuels. On ne peut pas reconstruire l’Europe sans rupture avec l’UE actuelle.

=> Pour le PRCF la nature de classe de la construction européenne rend impossible une modification de son contenu et il propose la sortie unilatérale de la France de l’euro et de l’UE engageant ainsi un processus de changements démocratiques en France et en Europe dont le terme est la rupture avec le capitalisme et la perspective du socialisme pour la France.

Les deux délégations se retrouvent sur la priorité absolue à accorder la la décision du peuple français souverain, le PG n’excluant pas de se prononcer pour la rupture totale avec l’actuelle UE si les exigences du peuple français portées par un vrai gouvernement de gauche étaient méprisées.

 

Sur le syndicalisme si le PRCF condamne un syndicalisme de collaboration de classes, affilié à la CES, et lutte pour un syndicalisme de classe et de masse, affilié à la FSM, et sans lequel les travailleurs continueront de subir l’offensive patronale, le PG refuse de commenter la vie syndicale et constate que les syndicats ont constitué un pôle de résistance à l’ordre libéral depuis 30 ans.

 

Le PRCF estime que pour répondre à la fascisation de la société et à la menace fasciste, les forces progressistes doivent constituer un Front Antifasciste Patriotique et Populaire dont le cœur serait le monde du travail.

 

Le PG va débattre des questions stratégiques lors de son prochain congrès. Il défend la nécessité d’un programme gouvernemental d’urgence et défend la 6ème République par la constituante pour l’échéance de 2017.

 

Le PG souligne également l’importance de la dimension écologique du combat progressiste, ce que le PRCF approuve.

Les deux organisations conviennent de se parler régulièrement et de rester en contact.

 

SOURCE :

 

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LIQUIDATION judiciaire de MORY GLOBAL : 2 150 licenciements qui viennent s’ajouter aux 2 900 qu’avait entraînés celle de Mory Ducros l’année dernière

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le syndicalisme, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Le socialisme

Publié par Michel El Diablo

 

 

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Après le retrait de la principale offre de reprise de l’entreprise (qui ne concernait que 142 employés) et le refus du gouvernement de lui venir en aide, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a prononcé mardi la liquidation judiciaire de MoryGlobal .

Au 30 avril 2015, les 2 150 salariés repris par MoryGlobal début 2014 après la liquidation de Mory Ducros, qui s’était soldée par la suppression de 2 900 emplois, seront à leur tour licenciés, ce qui constituera de nouveau l’un des plus grands « plans sociaux » de ces dernières années.
 

C’est Thomas Hollande, avocat du comité d’entreprise du transporteur et fils du Président de la République, qui a annoncé cette décision aux dizaines de salariés rassemblés à l’extérieur du tribunal. Ces derniers ont exprimé bruyamment leur écœurement et leur colère. «On a été roulés dans la farine depuis des années», s’est écrié l’un d’eux, employé de la société Mory depuis 35 ans. Les délégués syndicaux ont annoncé qu’ils allaient continuer à se battre pour obtenir «un PSE digne de ce nom» et «les mêmes conditions de départ que leurs collègues» partis il y a un an.

 

En février 2014, l’Etat avait accordé à la société un prêt de 17,5 millions d’euros. Dans un jugement d’une rare sévérité contre l’entreprise, le tribunal de commerce de Pontoise a constaté un an plus tard que «l’actionnaire principal a semblé se désintéresser du projet de restructuration de la société MoryGlobal et de sa pérennité », ne donnant aucun «signe suffisant d’implication». Pire, il «s’est lui-même mis en difficulté» en prélevant 7,5 millions d’euros de la trésorerie de MoryGlobal pour financer le PSE de Mory Ducros, s’étonnent les juges, évoquant un «acte de gestion anormal».

 

Le gouvernement a fait savoir qu’il allait faire du «traitement social et organiser une cellule de reclassement». Son porte-parole, Stéphane Le Foll, a déclaré mercredi sur RTL qu’il mesurait la «désespérance des salariés» de MoryGlobal, en ajoutant qu’il envisageait de «discuter tout de même du code du travail pour lutter contre le chômage». Traduction: faciliter encore les licenciements, baisser les salaires et augmenter le temps de travail.

 

SOURCE:

 

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Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Publié par Jean Lévy

 

 

Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

Au lendemain d’un double scrutin 

 

par Jean Lévy et Claude Beaulieu
membres du Bureau national

du Comité Valmy

mercredi 1er avril 2015, par Comité Valmy

 

Au lendemain d’un double scrutin

Ces deux derniers dimanches, la France a voté.

Ou plutôt 20 millions de Français sur 42 millions d’inscrits ont choisi parmi les candidats en lice ceux qui leur convenaient.

Et 22 millions ont boudé les urnes ou voté blanc ou nul.

Ce refus de vote exprime, pour la grande majorité d’entre eux, un choix politique.

Ils ont ainsi rejeté les « partis de gouvernement », comme on dit dans la bonne société pour désigner les deux formations qui, depuis plus de trente ans, exercent alternativement le pouvoir, l’UMP et le PS, au seul profit du capital.

 

Pour autant, ces électeurs n’ont pas voté non plus pour le Front national.

Ni pour la « gauche de la gauche » engluée elle-même dans une attitude équivoque tant sur « l’Europe » qu’elle voudrait « sociale » (comme d’autres pourraient s’enticher d’une « maffia de progrès »), que sur son opposition au gouvernement PS, tempérée par un électoralisme gagne-petit.

 

Ce refus massif de vote de millions et de millions de Français montre leur disponibilité pour un autre choix, celui d’une politique de progrès social et de prospérité que seul un peuple souverain dans une France indépendante peut mener.

 

C’est dire si la question de l’enfermement de notre pays dans la « forteresse européenne » est déterminante quant au choix de société. Malheureusement, aucune formation politique de « gauche » comme de droite ne l’a posée. Et les électeurs dans leur masse sentent bien que leur devenir ne se construit pas aujourd’hui dans leur propre pays, mais dépend aujourd’hui des décisions prises à Bruxelles par les représentants directs de Business Europe, l’oligarchie financière sous domination germano-américaine.

 

Dans ces conditions pour qui voter et précisément pourquoi voter ?

Certes, le scrutin pour les « départementales » a vu la bérézina des élus du parti dit « socialiste ». Les deux-tiers des départements perdus, et parmi eux les fiefs détenus depuis des décennies par leurs barons : le Nord, comme les Bouches-du-Rhône, la Corrèze territoire du Président, l’Essonne tremplin de Manuel Valls, la Seine-Maritime de Laurent Fabius, la Charente de Ségolène Royal et de beaucoup d’autres. Cette « déculottée » bien méritée n’a pas pour autant servi de leçon à François Hollande et à ses ministres. Peu importe ce que pensent les électeurs, ils proclament tous qu’ils vont continuer leur sale besogne, en en accentuant même le rythme…

 

Mais eux, ou leurs éventuels successeurs, pourraient-ils mener une autre politique ?

Non, bien sûr, puisqu’ils sont tous des fanatiques de la religion européenne !

Ils sont là seulement pour mettre en musique les symphonies écrites au-delà des frontières. Et si le suffrage les renvoie dans leurs foyers, leurs concurrents UMP piaffent d’impatience pour tenir les rênes du pouvoir…et mener toujours plus vite la même politique.

 

Il suffit de voir Nicolas Sarkozy frétiller d’aise sur nos écrans, ou Juppé se rengorger modestement.

Comment dans ces conditions, s’étonner que plus de cinq millions d’électeurs, faute de choix, votent pour le Front national ?

 

L’apparence du changement s’habille en bleu marine. Une dose de social dans un bouillon sécuritaire, des gens « qu’on n’a pas encore essayé », qui se drapent dans le costume de l’Opposant, et le tour est joué ! Du pays des gueules noires, de Lens à Carvin en passant par Hénin-Beaumont, aux « petits blancs » des rives méditerranéennes, le FN moissonne les épis que d’autres n’ont pas semé.

 

Car, il faut bien mesurer le recul idéologique à dimension historique opéré depuis plus de trente ans dans notre beau pays ! La démission politique des dirigeants du PCF a laissé orphelin notre peuple, qui ne sait plus à quels saints se vouer.

 

Il est temps, grand temps même, de rassembler nos compatriotes pour que ceux-ci fassent résistance.

Résistance à la colonisation de la France par l’oligarchie, celle du CAC d’abord, qui collabore par atavisme avec le capital étranger, celle de BusinessEurope, basé à Francfort, à Bruxelles et à Berlin, celle de Wall Street qui domine tous les marchés.

 

Résistance à notre propre gouvernement PS, et à sa politique de misère et de contre-révolution sociale, 
Résistance à ses équipes concurrentes bleues ou bleue marine, qui souhaitent prendre la relève.

Résistance par l’union du peuple de France

pour l’indépendance nationale et la souveraineté populaire,

conditions de la mise en œuvre d’une politique de progrès social et de paix.

Ce sont ces objectifs que se donne le Comité Valmy.

Paris le 31 mars 2015

 

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La presse française mène la charge anti Syriza, par Jack Dion.

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La France, #La finance dérégulée, #La lutte des classes

La presse française mène la charge anti Syriza

 
Jack Dion

Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre

"Finis les enfantillages ! Rangez vos jouets, vous vous êtes bien amusés, mais maintenant il s'agit de rentrer dans le rang ! De toute façon, ça ne marche pas et ça ne marchera jamais !" Ils sont comme ça nos éditorialistes. Avec les Tsipras et les Varoufakis, ils aiment jouer les pères Fouettard. Ou plutôt les mères Merkel...
Michael Sohn/AP/SIPA

Il faudrait écrire la folle histoire de la cabale anti Syriza menée par la presse française. On y retrouverait la morgue et la suffisance de ceux qui ont mené (et perdu) le combat pour le « oui » au Traité constitutionnel européen, en 2005. Ces grands esprits traitent les nouveaux dirigeants grecs avec la même délicatesse que les partisans du « non » voués au démon de l’inquisition idéologique. A les lire, rien n’est possible hors des traités coulés dans le marbre pour l’éternité. Quiconque en dévie mérite les feux de l’enfer.

Tel est l’antienne de Jean Quatremer, de Libération, de Dominique Seux, du journal Les Echos (et de France inter quand il n’y a pas de grève), et de Nicolas Barré, qui lui officie aussi aux Echos tout en portant la bonne parole à Europe 1, au nom du pluralisme à une voix. C’est également l’avis d’Axel de Tarlé, autre chroniqueur d’Europe 1, et qui agrémente Le Journal du dimanche de sa forte pensée.

Dans l’une de ses dernières chroniques, Axel de Tarlé décrivait un Alexis Tsipras « reparti piteusement de Bruxelles », tancé par un François Hollande lui disant en substance : « Allez ouste ! Fini de rire, au travail ! » Et Axel de Tarlé d’ajouter : « C’est la fin de l’illusion Syriza », dont le programme relevait « du coup de baguette magique ».

Bien informé, le chroniqueur sachant chroniquer notait : « D’ailleurs, les Grecs eux-mêmes ne semblaient pas y croire ». S’ils ont voté Syriza, en somme, c’est parce qu’ils sont masos. Axel de Tarlé pousse alors le cri de victoire qui rallie tous les orthodoxes : « Une fois de plus, on le voit, le plan B n’existe pas. C’est la victoire du “TINA” de Margaret Thatcher, there is no alternative (« Il n’y a pas d’alternative ») incarné aujourd’hui par Angela Merkel ». Merci pour ce moment de liesse générale.          

Le Monde, qui mène l’offensive anti Syriza depuis le début (n’est-ce pas Arnaud Parmentier ?) n’a pas voulu perdre la main. Le journal du soir a donc publié une double page dont le titre est tout un symbole : « Le rude apprentissage européen de la Grèce ».

A-t-on le droit de penser autrement qu’un eurocrate pur et dur et de le dire à haute voix ?A ce simple énoncé, on devine qu’on va découvrir comment un pays membre de l’UE depuis 1981 peut se voir administrer une leçon de rattrapage sur les us et coutumes et vigueur à Bruxelles. C’est normal vu que Le Monde répète par trois fois qu’Alexis Tsipras est un « jeune » Premier ministre, autrement dit un nouveau venu qu’il est important de bizuter. C’est pourquoi ce dernier « a pris des cours accélérés d’Europe », afin de « respecter les règles ». Comme le dit un ministre : « On te comprend, tu dois comprendre comment l’Europe marche ». Traduit en bon français, cela signifie : « On te laisse parler, mais tu dois nous laisser agir ».

Tsipras entend-il mettre un terme à la folie des privatisations en laissant 51% du capital sous contrôle public?  Réponse d’Angela Merkel : « Ça n’intéresse personne ». Ah bon. Yanis Varoufakis, ministre des Finances, veut-il détailler les dégâts de l’austérité ? Michel Sapin tranche : « Ce n’est pas comme ça que l’Europe fonctionne ». Bien, Michel. A tes ordres, Michel.

A-t-on au moins le droit de penser autrement qu’un eurocrate pur et dur et de le dire à haute voix ? Pas vraiment, si l’on en croit ce commentaire de Michel Sapin à propos d’Alexis Tsipras : « Il faut qu’il fasse atterrir ses troupes et que Syriza s’adapte et resdescende sur terre ». Autrement dit, il faut que Tsipras fasse du Samaras, son prédécesseur, tout comme François Hollande fait du Nicolas Sarkozy avec la réussite électorale que l’on sait. 

Pierre Moscovici, ex-ministre reconverti en commissaire européen, le dit d’ailleurs tout de go à ses interlocuteurs du Monde, ravis du propos : « La question est de savoir, maintenant, si le gouvernement grec est capable de présenter un programme de réformes sur lequel il n’a pas été élu ».

A Paris comme à Bruxelles, faire le contraire de ce que l’on dit et dire le contraire de ce que l’on fait, c’est le summum de la politique. Reste à savoir s’il en sera de même, ou pas, à Athènes.

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B. Cazeneuve : le mouvement identitaire sera ciblé par la loi sur le renseignement | Le Nouvel...

2 Avril 2015 , Rédigé par Lucien Pons

C'est consternant, Big Brother est déjà à l'affut!

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L’Amérique est divisée, mais l’Europe aussi Par Giuletto Chiesa. - Le blog de Lucien PONS

2 Avril 2015 , Rédigé par Lucien Pons

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L’Amérique est divisée, mais l’Europe aussi Par Giuletto Chiesa.

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La guerre, #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie

L’Amérique est divisée, mais l’Europe aussi

Par Giuletto Chiesa

Mondialisation.ca, 30 mars 2015

sputniknews.com

 

Giulietto-Chiesa

L’initiative de Moscou d’accueillir une réunion sur le « processus de paix » en Syrie semble marquer l’ouverture d’un espace de dialogue qui, jusqu’à très récemment, semblait encore impossible.

Si le Kremlin va dans cette direction, c’est que les conditions sont désormais réunies. Elles découlent d’une crise politique évidente en cours à Washington, où la récente incursion de Benjamin Netanyahou a fini par provoquer un véritable tremblement de terre…

Barack Obama, attaqué et provoqué sur son propre terrain, était obligé de réagir. S’il ne parvient pas à arrêter la ligne de conduite du futur premier ministre israélien reconfirmé dans ses fonctions, les Etats-Unis risquent de se retrouver dans une situation qu’Obama considère comme absolument non acceptable. Pire, cette situation pourrait devenir périlleuse pour les intérêts américains eux-mêmes.

Netanyahou a été clair : l’objectif doit être d’ « arrêter Téhéran » à tout prix ; d’interdire tout Etat palestinien, aujourd’hui comme demain ; et de se débarrasser définitivement de Bashar al-Assad.

Trois coups de canon, tous les trois visant l’Iran.

Et sur ces points, Netanyahou a obtenu l’ovation du Sénat américain, dominé aujourd’hui par les néocons, qui ont convaincu aussi une bonne fraction du Parti démocrate. John Kerry a ainsi été contraint de reprendre les rênes et de changer de direction : maintenant on dialogue vraiment avec Bashar al-Assad (puisqu’on ne peut pas parler directement avec Téhéran tout en continuant à bombarder Damas, une évidence que Barack Obama a perçu seulement lorsqu’il a mesuré la dimension de la menace interne).

Même chose sur la question de l’État palestinien. Et sur la question du nucléaire [iranien]. La Maison Blanche a clairement indiqué que les installations de colonies en Cisjordanie étaient inadmissibles et, encore plus significatif, que les négociations sur le nucléaire iranien iraient de l’avant quoiqu’il arrive.

Ces déclarations ont une signification bien précise : sur ces points-là, le président américain veut renouer les liens avec l’Europe, c’est-à-dire avec l’Allemagne et la France. Car Merkel et Hollande affichent désormais une ligne clairement hostile à la fourniture d’armes à Kiev. C’est exactement l’inverse de ce que voudraient les néocons, mais aussi la Pologne, les républiques baltes et la Grande-Bretagne.

Si la ligne dure contre la Russie se poursuit, les États-Unis risquent bien de perdre le contact avec leurs plus importants partenaires européens.

La nervosité à Berlin et Paris, surtout depuis l’étrange crash de l’avion de Germanwings, a augmenté l’atmosphère de suspicion. Et il est maintenant clair pour tous que le président ukrainien Petro Poroshenko –  qui s’en remet, même de façon précaire, aux conseils de Berlin – a mis au placard l’homme de Washington, Ihor Kolomoyskyi. Autant de signaux qui montrent que les partisans de la guerre en Ukraine sont en train de perdre leur popularité dans les pays les plus importants en Europe, lesquels se préoccupent de moins en moins des futures frontières étatiques de l’Ukraine.

Et donc, non seulement l’Europe est divisée, mais l’Amérique l’est aussi. Au sujet du Moyen-Orient, et aussi sur l’Ukraine.

Bashar al-Assad a donc raison quand il fait le lien entre la crise syrienne et celle en Ukraine : dans les deux cas, l’objectif de la « coalition va-t-en-guerre » est bien d’affaiblir la Russie.

Moscou tend évidemment la main à ceux qui, en Europe comme aux USA, veulent un dialogue. Nous verrons bien ce qui se passera à Moscou, sur ce processus de Paix,  qui intéresse au plus haut point Bashar al-Assad.

Giulietto Chiesa

Source : sputniknews, le 27 mars 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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