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Le blog de Lucien PONS

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Michel Raimbaud : « Les États-Unis n’ont qu’une logique : celle du chaos »

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #le nazisme, #Le fascisme, #Le grand banditisme, #Les transnationales

 
 Ancien ambassadeur français en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, l’écrivain Michel Raimbaud* vient de publier « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », un ouvrage qui s’annonce déjà comme un classique de la géopolitique moyen-orientale et eurasienne. Il revient sur ce projet élaboré par les néoconservateurs américains qui a non seulement déstabilisé le monde arabo-musulman, reconfiguré les relations internationales, mais fait désormais des vagues jusqu’en Europe, avec la violence qu’on connaît.

 

Michel_Raimbaud_texte

Propos recueillis par Majed Nehmé, Augusta Conchiglia et Hassen Zenati

Il suffit de voir autour de soi. La maxime s’applique à ce qu’on appelle le « pouvoir profond »… On ne peut pas critiquer certaines catégories de personnes et les sujets qui vont avec, dont ceux que je traite dans ce livre. Ce sont ces sujets sensibles.Vous avez placé en épigraphe de votre livre cette citation de Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. » De qui parlez-vous ? Vous dites que l’expression « printemps arabe » n’est pas un concept arabe, mais occidental. Le nouveau président tunisien l’a confirmé. Est-ce cela qui explique ce qui s’est passé dans le monde arabe ?

Tout à fait. La naissance de ce concept est le fait d’intellectuels et de journalistes français. Il se réfère aux printemps démocratiques, celui de 1848 qui a tenté de bousculer les vieilles monarchies européennes vermoulues, le printemps de Prague en 1968, Mai-68 en France… Cette assimilation historique est un peu hâtive. Sans compter qu’en Tunisie, le printemps du jasmin, c’était en hiver !

Vous n’avez pas de mots assez durs pour évoquer le printemps arabe : « Une appellation plutôt usurpée pour une saison sinistre n’ayant guère d’arabe, à part le nom, qu’une vague façade en carton-pâte derrière laquelle se tapissent un fanatisme islamiste de la pire espèce, des pompes à finances wahhabites inépuisables », etc. Et j’en passe…

Je le pense depuis le début. Tous les pays arabes ont été touchés sauf les monarchies. Le Bahreïn est une exception à cause de sa « minorité » chiite qui constitue plus de 70 % de la population. Au Yémen, on a découvert à l’occasion de la guerre civile qu’il existe une minorité chiite, les zaydites, représentant 40 % de la population. Il y a des chiites cachés en Turquie, il en existe aussi au Pakistan, entre 20 % et 25 % de la population.

Qu’entendez-vous par un Grand Moyen-Orient situé entre l’empire atlantique et l’Eurasie ? Peut-on encore parler, à propos de l’Otan, d’un empire ? Quant à l’Eurasie, elle est encore embryonnaire. N’est-ce pas une anticipation ?

Oui c’est une anticipation. L’expression du Grand Moyen-Orient elle-même est de George Bush. Ce n’est plus un Moyen-Orient dans la mesure où il va de la Méditerranée à la Chine centrale. L’Eurasie est en gestation, certes, mais le changement se produit sous nos yeux. Les Brics sont en formation, surtout son noyau euro-asiatique. Cet ensemble a de l’avenir.

Mais le Grand Moyen-Orient n’est-il pas une vue de l’esprit ? On a l’impression, plutôt, d’un monde éclaté…

C’est le monde arabo-musulman d’aujourd’hui qui est éclaté. L’expression Grand Moyen-Orient est concise et couvre une vaste région. L’empire Atlantique se place face au bloc euro-asiatique. Ces blocs existent déjà et le deuxième est en voie d’organisation.

Comment expliquer que le mal nommé « printemps » ait pu réveiller la guerre froide ? Et que la Russie et la Chine se soient liguées pour contrer ce projet ?

Cette opposition russo-chinoise est une grande première. Jusqu’en 1991, le monde est bipolaire avec, entre les deux blocs, une Chine qui trouble un peu le jeu. Au milieu se trouvent les pays non-alignés, terre de mission pour les deux camps. En 1991, à la chute de l’URSS, on a cru en l’avènement du monde multipolaire. Ce n’était pas vrai : ce que l’on a vu, c’est l’avènement du monde unipolaire, le monde américain. L’Occident va alors pouvoir gouverner au nom de la « communauté internationale », sans opposition, pendant vingt ans, jusqu’en 2011. Puis il va s’évanouir avec les crises de la Libye et de la Syrie. Tout capote avec ces pays, et nulle part ailleurs.

La Chine va se joindre à la Russie lors de la guerre de Libye, le vrai point de rupture. Auparavant, les deux pays avaient été mis en condition pour accepter la résolution 1973, avec l’idée qu’il fallait protéger la population civile. C’est la mise en œuvre de cette résolution qui a fait déborder le vase. Ils se sont rendu compte qu’ils avaient été bernés, et qu’ils avaient fait une erreur en s’abstenant.

Les bombardements commencent le lendemain de l’adoption de la résolution des Nations unies. L’Otan, qui n’y était mentionnée nulle part, entre en guerre, bombarde tout, démolit tout. En toute illégalité. Si on regarde le chapitre 7 de la charte des Nations unies, on constate que toutes les dispositions qui encadrent les interventions ont été violées. Y compris celles au prétexte humanitaire. Pour la Chine et la Russie, il n’y aura plus jamais de résolutions à la libyenne. Elles s’opposent six mois plus tard à la résolution sur la Syrie, apposant quatre fois leur veto. Je ne comprends pas que les Occidentaux n’aient pas compris que la Russie et la Chine ne rejoindraient plus jamais la fameuse communauté internationale pour ce genre d’aventures.

La Syrie est donc fondatrice de la nouvelle donne internationale…

C’est l’épicentre d’un conflit global qui dure depuis quatre ans. Si le gouvernement légal de la Syrie était tombé comme les autres auparavant, ou si le régime avait été renversé comme celui de Kadhafi, il y aurait eu d’autres printemps arabes. Mais la Syrie en a été le coup d’arrêt. Les Russes ne voulaient pas tant soutenir la Syrie, mais ils y ont trouvé un partenaire, un point d’ancrage solide. Avant l’Ukraine… Ils ont cultivé l’alliance et rameuté les Bric autour d’eux, à commencer par la Chine. Quatre vetos sur la Syrie : la Chine garde un profil discret, mais ferme. Impressionnant. Au summum de la crise sur les armes chimiques en Syrie, en 2013, il y avait certes les gesticulations russes et américaines, mais il y avait aussi des navires de guerre chinois au large des côtes syriennes. C’est une première et cela devrait faire réfléchir les Occidentaux.

Pourquoi l’Occident séculier soutient-il des mouvements islamistes qu’il combat chez lui ?

Par absence de logique. À ce propos, il faut distinguer les États-Unis et ses alliés au Conseil de sécurité, qui ont des traditions de grandes puissances, et les alliés privilégiés des États-Unis, mais qui n’ont pas les mêmes motivations. Globalement, les Américains sont ceux qui commandent et ont mis en œuvre une stratégie du chaos. Ils ont continué à soutenir les gens d’Al-Qaïda, dont ils sont les créateurs avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Puis, quand ils n’en ont plus eu besoin, ils les ont laissé tomber en leur disant « débrouillez-vous ». Mais toute cette affaire s’est retournée contre eux avec les attentats du 11-Septembre.

Les mouvements terroristes internationaux, comme ceux qui sévissent en Syrie et ailleurs dans le Moyen-Orient ou le monde musulman, sont des héritiers d’Al-Qaïda. Les États-Unis n’ont pas de raison de ne pas s’en servir, tout en sachant que ce n’est pas leur modèle social. Ils les utilisent puis, quand ils ne s’en servent plus, ils les bombardent.

Je ne crois pas que les États-Unis aient une sympathie particulière pour les mouvements islamistes, ni pour les Arabes d’ailleurs – cela se saurait. Mais ils peuvent s’accommoder de tout. Leurs meilleurs alliés sont des gouvernements islamistes. Ils ont du mal à trouver des alliés progressistes : ils n’en ont jamais eu dans l’Histoire.

Vous étiez en poste en Arabie Saoudite, où l’on vient d’assister à une scène de succession moyenâgeuse. Tous les chefs d’État occidentaux s’y sont rués pour prêter allégeance au nouveau roi d’Arabie. Qu’est-ce qui les fait vraiment courir, à part le brut ?

Le pétrole et les intérêts d’Israël. Dans tout le monde arabe, il existe un terreau favorable à la contestation, mais on n’a pas le droit d’y intervenir et de bombarder sous prétexte que les peuples sont menacés par des tyrans. D’autant qu’on se rend compte que ce type d’opération est menée pour changer le régime ou détruire le pays. Il est plus facile d’exploiter le pétrole avec des pays fragilisés.

Le pétrole détourné d’Irak et de Syrie va notamment vers Israël, sans besoin d’oléoducs. Vendu en contrebande à 15 dollars le baril lorsque celui-ci était à 120 dollars, ce pétrole a rapporté des revenus conséquents : 5 milliards de dollars. Des sommes qu’on ne transporte pas dans des matelas ! Il faut des banques, des complices pour les mettre sur le marché. Les circuits parallèles fonctionnent.

Des documents secrets du Pentagone à propos de la Libye viennent de donner une autre explication à cette guerre. Hillary Clinton, conseillée par les Frères musulmans, aurait caché à Obama que Kadhafi était en négociation avec le Pentagone pour passer la main, et que l’histoire du génocide menaçant les habitants de Benghazi était inventée de toutes pièces. L’Occident joue-t-il contre son propre camp ?

Il existe tellement de machinations qu’on finit par se prendre les pieds dans le tapis. Il y a toujours des histoires des services spéciaux, etc. Les renseignements sont pipés. Les services jouent un grand rôle là-dedans. Cela dit, Hillary Clinton n’est pas la finesse même sur la Libye, la façon dont elle rit à l’annonce de la mort de Kadhafi le prouve. Un ambassadeur américain a été tué de la même façon que lui pourtant.

Pourquoi la Syrie a-t-elle été jusqu’ici l’exception, et comment analyser l’émergence de l’État islamique ?

J’espère que la Syrie restera l’exception, du moins dans ce contexte-là. L’affaire est loin d’être terminée, mais il y a plusieurs raisons. Bachar al-Assad, quoi qu’on en dise, a une légitimité, il est populaire chez la majorité de ceux qui vivent en Syrie. Quels que soient les défauts de son régime, il est perçu dans le contexte actuel comme un rempart contre le démantèlement du pays. Il a des alliés chiites comme le Hezbollah, l’Iran, certainement une vieille alliance qui date du temps du shah. Il a un véritable partenariat avec la Russie : la Russie défend la Syrie, mais la Syrie défend aussi la Russie. Si la Syrie devait subir le sort des autres pays, la Russie le sentirait passer. Et son prestige international s’en ressentirait.

Quel est le jeu d’Israël ? Vous étiez ambassadeur au Soudan. Quel regard jetez-vous sur ce pays éclaté ?

Israël est derrière toutes les crises du monde arabe, toujours à l’affût. La sécession du Sud-Soudan est un triomphe de la diplomatie américaine et de la diplomatie israélienne. Il fallait transformer le Sud-Soudan en base israélienne, pour le complot contre ce qui reste du Soudan. Ils veulent affaiblissement de ce pays non pas parce qu’ils sont islamistes, mais parce qu’ils ont soutenu Saddam. Ils ne veulent pas la peau de Tourabi ou Al-Bachir, ils veulent couper le Soudan en morceaux. Ils ont réussi, et cela continue avec le Darfour.

Mais le nouvel État, le Soudan du Sud, n’est pas brillant…

Mais lequel des régimes nés des « printemps arabe » est-il brillant ? L’industrie de production de la démocratie américaine au nouveau Grand Moyen-Orient est un trompe-l’œil qui vient des années 1980-1990. Cela n’a rien à voir avec la démocratie et les droits de l’homme : cette stratégie sert à casser le monde arabo-musulman, comme cela est attesté dans de nombreux documents. Car les Américains font ce qu’ils disent, et disent ce qu’ils font.
Il y a un plan, ce n’est pas de la conspiration. Quels que soient les avatars pour soutenir tel ou tel camp, les options restent ouvertes. Au Bahreïn par exemple, ils soutiennent à la fois la rébellion, ce qui leur permet de dire qu’ils défendent les droits de l’homme et la démocratie, et la monarchie pro-saoudite sunnite. Et ils sont gagnants de toute façon. Ils ont fait la même chose au Yémen, et en Égypte, même chose : d’abord Moubarak, puis les islamistes, puis Morsi et maintenant Sissi. Ce n’est pas logique, c’est la logique du chaos. Et elle est bel et bien là.

Comment expliquer que le savoir-faire français sur le Moyen-Orient s’avère inopérant ? Il y avait une certaine politique arabe de la France qui est aujourd’hui introuvable. La diplomatie française est-elle victime de myopie ou d’une certaine posture idéologique ?

De Gaulle était un grand homme je pense. Il avait bien une politique arabe exemplaire, il a renversé le cours des relations franco-arabes après l’indépendance de l’Algérie et réussi à changer d’alliance après la guerre des Six-Jours. Après les néfastes conséquences de l’expédition de Suez, c’était un exploit. Une politique arabe a persisté dans une espèce de consensus politique en France. Puis, après le coup d’honneur sur l’Irak, en 2003, la France a commencé à rentrer dans le bercail occidental. Fini la récréation. Le bilan est désastreux.
Elle a pourtant un savoir-faire et avait une grande tradition diplomatique. C’est un grand pays, pas dans le sens d’un pays braillard qui manigance à tout prix… Un grand pays au sens positif du terme. Son retrait peut peut-être changer, mais je ne vois pas venir le changement maintenant.

Hollande continue de dire que l’État islamique et le régime de Bachar, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, deux ennemis à combattre…

Depuis quatre ans, on continue de dire le pire sur Bachar, qu’il va tomber d’une minute à l’autre… En réalité, ce sont les Américains qui peuvent changer d’avis et sont en train de le faire. Les alliés privilégiés de la France sont le Qatar, la Turquie et l’Arabie Saoudite. On a vu défiler les six monarques du Golfe à Paris, nos alliés. On soutient à la fois les terroristes modérés et les djihadistes démocratiques. C’est une position difficilement tenable, de la haute acrobatie. Les Américains, eux ne l’ont pas fait en même temps : d’abord alliés d’Al-Qaïda, puis leurs ennemis. Ils changent d’avis sans se gêner.

Fabius a dit qu’Al-Nosra, classée par les Américains comme organisation terroriste, fait du bon boulot en Syrie…

Tous les éléments spécialisés de la diplomatie française ont été dispersés ; les spécialistes de l’Orient, les arabisants ont été envoyés en Afrique du Sud ou ailleurs, avec la volonté de les remplacer par des technocrates. Résultat, les nouveaux diplomates n’ont pas la même carrure, produisent des rapports nuls, n’ont pas d’analyse sérieuse…

Les ambassadeurs français en Syrie et en Libye avaient pourtant alerté le gouvernement en le mettant en garde contre tout aventurisme.

Oui, mais celui de Syrie s’est ensuite fait taper sur les doigts et a fini par accepter de s’aligner sur la politique officielle.

Pensez-vous qu’on peut revenir à la diplomatie de l’après-Suez ? L’Occident est-il en train de comprendre ses erreurs et de changer ?

Le retour de De Gaulle au pouvoir a brisé un consensus, quand le gouvernement tripartite français, qui a duré douze ans, faisait que la France ne bougeait pas le petit doigt sans en référer à Washington. Cela inclut la période de Suez. Le plan Marshall avait un coût pour l’indépendance nationale française. Et l’Union européenne – conçue par les Américains plus que par les Européens eux-mêmes – a contribué à peser en ce sens. Toute l’histoire de l’atlantisme, l’idée de faire de l’Otan l’armée de l’Europe, n’est pas la conception française de l’Europe.

L’État islamique est-il une création indirecte de l’Occident ?

Il est le résultat de l’invasion américaine de l’Irak. On peut dire cela à tous les coups. Les Américains ont cassé toutes les institutions irakiennes (armée, police, gouvernement, parti baath, etc.) et facilité la prise de pouvoir par les chiites et des Kurdes au détriment des sunnites. Quand les officiers baathistes ont été mis en prison où séjournaient déjà les islamistes, les deux groupes ont fait connaissance. La prison a été le centre d’étude et de fusion entre des gens qui ne se seraient pas rencontrés autrement – comme cela arrive ailleurs.

L’État islamique aurait profité de la zone d’exclusion aérienne imposée depuis 1991. C’est là que Zarkawi et ses hommes se seraient développés.

En effet, c’est là qu’ils se sont développés. Il n’y avait plus d’État irakien et la porte était ouverte à toutes les aventures. Ce qui a favorisé les événements de juin 2013 ? Une conjonction d’islamistes et d’officiers du Baath irakien, désireux de revanche, pourchassés tous deux par les Américains. Ils ont décidé d’unir leur destin pour des objectifs différents. Peut-être pas pour le long terme.

L’Occident semble préférer le chaos aux États souverainistes…

C’est ce qui apparaît. Le chaos, c’est le but des néoconservateurs qui ont une vieille théorie : il fallait maîtriser toute la zone qui ceinturait le monde communiste soviétique et chinois, et d’autre part sécuriser les intérêts occidentaux. Les Américains se sont aperçus que cette zone était entièrement constituée de pays musulmans. C’est la ceinture verte musulmane, ce qui est devenu le Grand Moyen-Orient de Bush, gonflé au fil des pulsions américaines. Il y avait deux catégories de pays dans cette zone : les États forts, comme l’Iran du shah, ou la Turquie entrée dans l’Otan, peut être aussi l’Irak, des régimes amis de l’Occident. Et les autres qu’il fallait affaiblir, où il fallait provoquer des changements de régime, renverser les pouvoirs en place.
Puis des États ont viré de bord, comme l’Iran avec la révolution islamique. Quand la configuration est défavorable, on essaie de changer le régime, et si on n’y arrive pas, on casse l’État – en particulier les armées du monde arabe –, on ruine le pays. Cette stratégie figure dans beaucoup de documents américains ou israéliens. Ça s’est produit avec les armées égyptienne, irakienne, syrienne et sans doute algérienne.

Mais le chaos est contagieux et peut toucher les monarchies du Golfe. Celles-ci seraient-elles les grandes perdantes face à l’axe chiite ?

Dans l’esprit de certains dirigeants américains, c’est ce qui va arriver. Un ancien directeur de la CIA a dit qu’il fallait s’occuper des pays comme la Syrie et l’Égypte, déstabiliser huit pays… L’idée, c’est de leur « préparer » un islam qui leur convienne et d’aider les musulmans à accéder au pouvoir. Quand ces pays auront bien été déstabilisés, alors on pourra s’occuper de l’Arabie Saoudite. Le pacte de Quincy signé en 1945 a été renouvelé en 2005 pour soixante ans, mais il ne durera pas.

Les États-Unis n’ont pas aidé le shah à se maintenir au pouvoir. Il n’était plus fréquentable, il a été renversé. Résultat, l’ayatollah Khomeiny a aussitôt pris le pouvoir, et l’Iran est devenu un des ennemis publics numéro un de l’Amérique. Jusqu’en 1979, ce pays était pourtant l’allié stratégique, y compris l’allié nucléaire. Il existait une vraie coopération entre l’Iran et les États-Unis dans ce domaine, avec un traité, des laboratoires, etc.
La question nucléaire a été mise à l’ordre du jour en 2002. Après que l’Iran eut le temps de s’occuper de l’Irak… Avant on n’en parlait pas. Puis les Européens, avec des Américains qui en arrière-plan soutenaient la démarche, se sont benoîtement rappelés du traité de non-prolifération…

On est au cœur d’une nouvelle guerre froide avec l’Ukraine. Jusqu’où ce conflit va-t-il reconfigurer le nouvel ordre mondial en gestation ? Quels sont les effets sur le Grand Moyen-Orient ?

En France, on fait rarement un lien entre les différents problèmes, on a tendance à les saucissonner. Cela empêche une compréhension de la situation. J’ai peu entendu les gens établir un rapport entre la crise syrienne et la crise ukrainienne. Pourtant, il est évident. Il n’y aurait pas eu de relance de la crise ukrainienne s’il n’y avait pas eu la crise syrienne. Autrement dit, si la Russie avait laissé tomber Bachar, il n’y aurait pas eu une crise ukrainienne à ce niveau de gravité. On s’en serait accommodés. On a fait la surenchère surtout pour enquiquiner la Russie.

Sans la crise ukrainienne, les Brics auraient-ils pris la même importance sur la scène internationale ?

Sans la crise syrienne il faut dire. Car la crise ukrainienne est un développement de la guerre en Syrie. La guerre d’Ukraine s’inscrit dans le grand mouvement qui a déclenché les printemps arabes. En même temps qu’on essaie de contrôler des pays arabes musulmans et d’étendre petit à petit la zone de crise, on tente de casser ce qu’était l’URSS, réduite à la Russie. On veut contrôler la zone d’influence russe et la réduire au strict minimum. La Yougoslavie, en tant que pays communiste indépendant, était la partie la plus exposée ; elle sera dépecée.
Pour permettre l’intégration de toute l’Allemagne réunifiée dans l’Otan, le chancelier Kohl et Bush avaient promis à Gorbatchev que l’élargissement de l’Otan s’arrêtait là. Gorbatchev a reconnu avoir été berné. Cela a sonné la fin de la stabilité internationale. Le pacte de Varsovie a vécu, d’anciens États adhèrent à l’Union européenne et passent à l’Otan. Avec l’entrée des pays baltes dans cette organisation, la Russie est encerclée. Mais c’est la Géorgie qui a été la ligne rouge, puis l’Ukraine. La Géorgie a été le symbole du tournant de Poutine, qui avait au début décidé de collaborer avec les Occidentaux.

Les États-Unis admettent avoir contribué au renversement du régime de Kiev…

Les Européens ne sont pas très exigeants sur la légalité internationale. Peu avant que Ianoukovitch ne parte, la France, l’Allemagne, la Pologne… accouraient à Kiev pour signer un accord sur des élections anticipées entre le gouvernement, l’opposition et la Russie. Puis il y a le coup d’État et personne n’a protesté.
Il y a eu une révolution Orange en 2004-2005 en Ukraine, avant la Géorgie, puis les printemps arabes sont arrivés. C’est le rêve américain qui s’est réalisé. Mais après la crise syrienne, Obama a été vexé : on lui avait évité une guerre inutile et dangereuse, chef-d’œuvre diplomatique des Russes, et il était mis en embarras. Le président américain avait une revanche à prendre. En 2013, quand il a vu que la Russie avançait trop, notamment en Syrie, il s’en est pris à l’Ukraine. À partir de ce moment, fini la concertation entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie.
Washington n’a plus laissé Moscou tenter de régler le problème.

Sauf dernièrement…

La Russie est revenue au premier plan. Même si je doute que les 100 000 assistants ou coopérants russes présents au début de la guerre en Syrie y soient tous encore. En fait Obama, n’est pas si va-t-en-guerre que cela. Il voudrait une solution d’un autre type, car ce qui se passe en parallèle de la guerre d’Ukraine est dangereux. Du temps des menaces de frappes américaines sur la Syrie, des armes chimiques, Obama a été menacé par une procédure d’impeachment. Sans compter les incertitudes sur les frappes américaines : lors d’un tir américain de deux missiles sur les côtes syriennes, par exemple, l’antiaérienne syrienne a réagi, l’un des missiles a été détruit et l’autre détourné. Et puis la guerre est impopulaire aux États-Unis. Cela dit, l’Ukraine est un chef-d’œuvre d’intox. On vole et on crie au voleur.

L’avenir du projet du Grand Moyen-Orient ?

Le projet démocratique certainement, même si, à mon avis, il n’y aura pas de démocratie ni printemps arabes. Le projet de domination reste, même s’il ne va pas forcément se réaliser. L’enjeu est toujours là pour les Américains. La ceinture verte est toujours utile pour encercler le postcommunisme. Même si la Chine est un régime aménagé, il est prudent de le « contenir » en quelque sorte. Les Occidentaux parlent toujours d’une opposition modérée en Syrie, je ne sais pas où ils la voient, mais c’est leur discours. Ils arment une opposition qui est en fait celle des djihadistes… L’alliance qui s’est forgée progressivement entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et les Occidentaux, notamment États-Unis, France, Angleterre, alliance de circonstance s’il en est, résiste encore.

La Syrie peut-elle reprendre son autorité sur l’ensemble du territoire ?

Si on la laisse faire, je pense que oui. Le discours sur la démocratie est de moins en moins crédible. On n’a pas à intervenir dans les pays, même pas en Arabie Saoudite qui doit évoluer toute seule.

Le problème est que l’Arabie Saoudite exporte son idéologie, qu’elle en a une vision universaliste…

Elle exporte son idéologie pour éviter d’être attaquée à son tour. Mais celui qui a une vision universaliste, c’est Erdogan. Les projets qu’il concoctait avant le printemps arabe étaient différents. Il était proche de laSyrie et de la Libye. Maintenant, il est le soutien des Frères musulmans. Ilreçoit les visiteurs étrangers dans lepalais du Sultan avec une garde d’honneur de vingt-huit soldats représentantl es vingt-huit provinces ottomanes. Ce gouvernement islamiste est nostalgique.

* Auteur de Tempête sur le Grand Moyen-Orient qui vient de paraître, (Éd. Ellipses, 576 p.,24 euros).

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Conflit au Yémen : entretien avec Michel Raimbaud

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #ISIL, #Europe supranationale, #La France, #Politique étrangère

Conflit au Yémen : entretien avec Michel Raimbaud

Ajoutée le 7 avr. 2015

Depuis trois semaines, les combats qui ensanglantent le Yémen ont redoublé d'intensité. L'Arabie Saoudite a monté une coalition et est intervenue militairement dans ce conflit. L'OMS vient du publier un rapport chiffrant le nombre de victimes à 500 morts et plus de 1 700 blessés, depuis le 19 mars 2015.

Le Cercle des Volontaires a souhaité interroger Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan, et au Zimbabwé, afin de mieux comprendre les enjeux de cette guerre qui a démarré en 2011 lors du « Printemps arabe », mais qui a également de nombreux antécédents dans l'histoire. Les manigances des grandes puissances, régionales et occidentales, ne sont jamais bien loin...

http://www.cercledesvolontaires.fr

Tempête sur le Grand Moyen Orient

Conflit au Yémen : entretien avec Michel Raimbaud
Conflit au Yémen : entretien avec Michel Raimbaud

Extensible au gré des pulsions américaines, le Grand Moyen-Orient s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. Il vise également un public plus large, celui des personnes désireuses de comprendre les événements actuels et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu.

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« Sykes Picot 2 » : entretien avec Bassam Tahhan

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La France, #La République, #AMERIQUE, #Daesch, #Europe supranationale, #Economie, #Politique étrangère

« Sykes Picot 2 » : entretien avec Bassam Tahhan.

Après l'évocation de l'isolement diplomatique relatif de Bachar Al-Assad (à 00'18), Bassam Tahhan remonte dans l'Histoire pour nous parler des accords secrets de « Sykes Picot » (à 08'55), signés le 16 mai 1916, entre la France et la Grande-Bretagne (avec l'aval des Russes et des Italiens), prévoyant le partage du Moyen-Orient à la fin de la guerre et le démantèlement de l'empire ottoman.

Puis, M. Tahhan nous donne sa définition de ce qu'il appelle « Sykes Picot 2 » (à 19'45), soit le redécoupage actuel de proche et moyen orient par les puissances occidentales (France, Angleterre et Etats-Unis).

http://www.cercledesvolontaires.fr

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Devoir de mémoire pour les morts d’Odessa du 2 mai 2014 à Paris.

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #La France, #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #AMERIQUE

Devoir de mémoire pour les morts d’Odessa du 2 mai 2014 à Paris.

Le rassemblement a commencé rue d’Odessa à 16 heures. « Nous étions environ une centaine de personnes », raconte Svetlana Kissileva, présidente de l’association Novopole qui a organisé la manifestation. A 17 heures la marche a commencé en direction de l’ambassade ukrainienne. « Des Ukrainiens sont passés en criant dans notre direction : « vous n’avez pas le droit de vous rassembler ! Odessa fait partie de l’Ukraine unie ! » ; « mais ils sont vite partis », dit Svetlana. Les manifestants à la mémoire des victimes d’Odessa ont descendu le boulevard du Montparnasse pour l’ambassade de l’Ukraine. Les gens de l’ambassade s’attendaient visiblement à une grosse manifestation car la police était venue en grand nombre presque supérieur à celui des manifestants. La manifestation a été sous contrôle policière. « Porochenko assassin ! Odessa on n’oublie pas ! », a été scandé devant l’ambassade ukrainienne. André Chanclu, Alain Benajam, Nancy Perreault, une Américaine (qui s’est jointe en tant que citoyenne américaine pour exprimer son désaccord avec la politique mené par le gouvernement de son pays ) ont tenu des discours. Des journalistes des médias russes et indépendants étaient aussi présents comme Perviy Kanal et le journaliste d’Eurasie Express Frédéric Saillot.

« Nous avons amené des fleurs pour les déposer devant l’ambassade. La police a demandé l’accord de l’ambassade avant de nous laisser les déposer », relate Svetlana et explique que même pour déposer des fleurs la police a dû longuement parlementer avec l’ambassade pour avoir leur accord ! Puis ne voulant pas déposer les fleurs directement sur les murs de l’ambassade ukrainienne pour montrer la distance à garder en ce jour de deuil et de mémoire, les fleurs ont été accrochées avec des rubans de Saint George sur un arbre juste en face de l’immeuble qu’elle occupe. Même pour pouvoir allumer une petite bougie à la mémoire des victimes la police a refusé ! Cependant les policiers ont dû répondre à des ordres et sont restés courtois en aidant les organisateurs de la manifestation.

Devoir de mémoire pour les morts d’Odessa du 2 mai 2014 à Paris.
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La célèbre pianiste de Kiev, Valentina Lisitsa, se trouvait également parmi les manifestants. Valentina Lisitsa pensait au tout début de la crise en Ukraine que les manifestants de l’Euromäidan étaient venus pour les idées européennes et pour en finir avec les oligarques. « Quand je parlais à mes amis, je faisais même des blagues. Je disais que la Place de la Bastille avait été le premier Maïdan ! » ; « les gens qui manifestaient sur l’Euromaïdan avaient beaucoup d’espoir » ; « j’ai vu la manipulation de cette foule » ; « une guerre civile a été provoquée dans le pays poussant des frères à s’entretuer », explique Valentia Lisitsa dans l’entretien réalisé par le journaliste Frédéric Saillot. Elle est de Kiev et sa famille d’Odessa. Le massacre d’Odessa a été la prise de conscience du drame et des crimes qui se jouent dans son pays. « Les gens qui sont arrivés au pouvoir sont vraiment des criminels », a-t-elle expliqué. Un lobby ukrainien très puissant existe au Canada. Valentina a eu l’interdiction de jouer dans un concert prévu de longue date dans la ville de Toronto à cause de ces critiques sur la politique de Kiev. Valentina Lisitsa a commencé à recevoir des menaces. Elle a ainsi commencé à traduire l’actualité pour informer les gens. En tentant de la rendre au silence, le monde a pris connaissance d’elle et de son action pour la vérité. Censurée, Valentina Lisitsa a publié des photos d’elle avec du sparadrap sur la bouche. « Je pensais que le Euromaïdan était pour défendre les valeurs de la civilisation européenne », dit-elle très visiblement touchée par la tragédie dans son pays. Elle a vu des organisations criminelles manipuler la population contre l’autre.

Témoignage de Valentina Lisitsa, recueilli par Eurasie Express

Nous remercions toutes les personnes qui sont venues à la manifestation pour préserver le devoir de mémoire des victimes d’Odessa et des victimes en Ukraine. Les photos de cette journée montrent malgré cette grande tristesse la force et l’espoir pour l’avenir !

Olivier Renault

Belle manifestation parisienne organisée par NOVOPOLE (qui enregistre de nombreuses adhésions) pour commémorer les suppliciés d’ODESSA, avec la présence inattendue de Valentina Lisitsa, cette grande pianiste qui allie charme et courage et qui vient de rejoindre notre mouvement dans ce combat contre l’obscurentisme et pour l’humanisme. Les parisiens ont pu entendre scander : « Poroshenko assassin, Hollande complice » ou bien « Massacre d’Odessa on n’oublie pas ». Cet événement a été largement couvert par les grands médias russes et largement méprisé comme d’habitude par les nôtres sans doute affairés à Monaco?. Merci à tous nos amis qui ont fait le déplacement (pour certains de très loin). C’est ainsi que nous leur montrerons notre pugnacité et la justesse de notre combat.

André Chanclu, secrétaire générale de Novopole

Nous avons vécu de grands moments au cours de cette manifestation en commémoration du massacre d »Odessa.

La descente du boulevard Montparnasse banderole et drapeaux flottants au vent sous nos cris « Porochenko assassin » Hollande Fabius complices « .

La rencontre fortuite avec une jeune femme d’Odessa qui s’est jointe à notre manifestation. La prise de parole émouvante de Nancy Perrault citoyenne des USA. La rencontre avec la pianiste étasunienne d’origine ukrainienne Valentina Lisitsa qui nous a évoqué son combat pour la vérité outre atlantique.

Soulignons également que la police nous fut sympathique car il ne nous était pas permis selon notre autorisation de venir sous les fenêtres de l’ambassade d’Ukraine gardée par un fort contingent de police. Pourtant nous avons poussé jusque là. Nous avons alors négocié avec la police de pouvoir nous en éloigner seulement que de quelques mètres ce qui fut accepté. Nous avons également négocié la possibilité de déposer des fleurs devant l’ambassade en hommage aux victimes d’Odessa ce qui fut accepté.

Finalement j’ai remis au chef des policiers présents un ruban de Saint Georges qu’il a accepté et mis prestement dans sa poche.

Jusqu’à la prochaine manifestation.

Alain Benajamsecrétaire générale de Novopole

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Des milliers de policiers déployés à Odessa à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 2 mai.

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Des milliers de policiers déployés à Odessa à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 2 mai

2 mai 2015 20:07

Les habitants d’Odessa devant la Maison des syndicats le 2 mai 2015

Les habitants d’Odessa devant la Maison des syndicats le 2 mai 2015

L’Ukraine a déployé 3 000 policiers à Odessa à l’occasion de l’anniversaire du massacre perpétré le 2 mai dans la ville portuaire. Il y a un an, la tragédie a emporté la vie de 48 personnes coincées dans un bâtiment incendié.

Le champ Kulikovo à Odessa, où les affrontements sanglants se produits il y a un an, a été bouclé vendredi. Les gens désirant déposer les fleurs devant la Maison des syndicats où des dizaines de militants avaient trouvé la mort ont dû passer des détecteurs de métaux.

Les rues sont patrouillées par 2 600 policiers tandis que 600 hommes des forces spéciales restent en alerte, a informé le ministre de l’Intérieur. Des volontaires non armés ont été aussi appelés à Odessa.

«La présence policière ne sera pas de trop ici. C’est une démonstration de notre présence et de notre force à ceux qui veulent secouer la situation à Odessa. Un policier sera disposé sur chaque mètre carré», a indiqué à la presse Ivan Katerhinchuk, chef de la police d’Odessa.

Plutôt dans la journée, les brigades policières détachées d’autres régions et leurs collègues locaux se sont réunis devant le bâtiment. Une caméra de vidéosurveillance montre des dizaines de camions et de voitures de patrouille stationnés en file et des colonnes de forces de police défilant dans les rues.

Les proches des victimes du massacre, dans l’ensemble, préfèrent se tenir à l’écart de la politique.

«Je n’assiste pas aux rassemblements. C’est une décision personnelle. Mon frère et mon père sont morts. Quant à la question de savoir ce qui s’est passé et quelles forces politiques étaient impliquées, nous ne nous en soucions pas. La sécurité de notre famille passe avant tout pour nous», a expliqué Aleksandr Neogarov à RT.

 
 

 

 

 

Des milliers de policiers déployés à Odessa à l’occasion de l’anniversaire du massacre du 2 mai.

Les cérémonies de commémoration des morts du 2 mai dernier à Odessa l’année se sont passées comme prévues. La foule s’est rassemblée devant la Maison des syndicats pour lâcher des ballons noirs et des colombes en mémoire des victimes.

D’après TASS, les participants ont aussi chassé une équipe de télévision, en l’accusant de couverture partiale. Un évènement progouvernemental affichant des slogans anti-séparatistes a eu lieu dans d’autres quartiers de la ville. Les autorités régionales ont assisté aux deux rassemblements.

Moscou : des Russes déposent des fleurs sur un monument en mémoire de la tragédie d'Odessa

RT France

http://francais.rt.com/international/2113-milliers-policiers-deployes-odessa-loccasion

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L’armée remplace ses 4x4 Peugeot fabriqués à Sochaux par des Ford « made in USA »

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #L'armée française

L’armée remplace ses 4x4 Peugeot fabriqués à Sochaux par des Ford « made in USA ».

Les agents américains infiltrés (depuis déjà pas mal d'années) au sommet de l’appareil d'État français continuent imperturbablement leur travail de démolition de la France.

Et les Français les plus concernés, en bons benêts qu'ils sont, continuent d'exprimer leur "incompréhension" (voir l'article).
Quant aux autres, ceux qui ne se sentent pas directement, immédiatement (et économiquement) touchés par cette énième trahison, ils vont se réfugier dans leur habituelle indifférence de citoyen-consommateur, préférant penser à autre chose.

Pauvre pays, pauvre France...

Eric Boizet

03/05/2015 à

L’armée remplace ses 4x4 Peugeot fabriqués à Sochaux par des Ford « made in USA »

Pour remplacer la P4 assemblée à Sochaux, l’armée française préfère un Ranger américain au Duster modifié par Poclain Etupes pour Renault. Incompréhension dans le pays de Montbéliard.

 

 

A l’heure ou les emplois sont rares, on croyait que le made in France sur le refrain « produisons français, achetons français », était un credo cher au gouvernement. Pas tout à fait vrai. Le chef de l’État, qui roule en scooter italien, avait déjà un brin énervé les salariés de Peugeot Scooters Mandeure. L’armée française, qui achète des Ranger pur jus américain pour remplacer ses illustres P4 (Peugeot quatre roues motrices) assemblées à PSA Sochaux, ne fait que grattouiller un peu plus là où ça démange les constructeurs tricolores. Renault avec son Duster et Citroën avec son Berlingo spécialement modifiés pour l’armée, se retrouvent (pour l’instant du moins), sur la touche d’un marché où Poclain Véhicules (Étupes) et Nedey (Montbéliard) étaient également positionnés.

Les deux régionaux de l’étape en sont verts de rage. Ou plutôt « vert Otan », comme la couleur du solide 4x4 Duster équipé pour traverser des gués de 80 cm d’eau, présenté au grand public la semaine dernière à Montbéliard. À l’occasion du lancement du nouvel Espace à la concession Renault. Depuis, le prototype a rejoint Paris.

Forcément, ce robuste véhicule tout terrain scotche les regards, interpelle les curieux. « Modifié par Poclain Étupes pour Renault, ce véhicule susceptible de transporter quatre soldats et leurs bardas était destiné à l’armée française, voué à crapahuter sur les terrains d’opérations extérieures », résume Pascal Bernard, le directeur général de Poclain, entreprise qui fait de la transformation de véhicules pour une flopée de constructeurs automobiles (Peugeot, Citroën, Renault, Nissan, Mercedes, etc.). Poclain Étupes a d’ailleurs signé la série spéciale du Cactus Citroën (Cross raider), version tout terrain, présentée à Genève.

Obama équipe-t-il son armée avec des véhicules français ?

L’armée française, via l’UGAP (centrale d’achat public), a donc préféré au Duster et au Berlingo, le Ford Ranger US. « Celle-là, elle est bien bonne ! », lâche un visiteur interloqué. « Obama vient-il nous acheter des véhicules français pour équiper ses armées ? » « L’Etat français qui, avec les impôts français, achète made in US au moment où on a grand besoin de travail, c’est juste fort de café », ajoute un autre.

Il avait pourtant passé les tests tout terrain avec succès

Comme toute histoire a un commencement, celle-ci débute par un appel d’offres de l’armée voulant renouveler, pour partie, son parc vieillissant de P4, un 4 roues motrices développé par Peugeot, pour la motorisation, en collaboration avec Mercedes, pour la carrosserie. La première P4 (qui succède à la Jeep de 1945) est sortie des chaînes de production en 1984, la dernière en 1992.

Le nouveau marché porte sur environ 5 000 véhicules et s’étale sur deux ou trois ans. Plusieurs constructeurs se positionnent, dont Renault Dacia avec le Duster. Les transformations mécaniques spécifiques pour le marché de l’armée sont confiées à Poclain Étupes tandis que Nedey Montbéliard réalise la peinture « vert Otan ».

Le Duster revisité quatre roues motrices, « moins cher d’ailleurs que les autres véhicules en lice », passe les tests tout terrain organisé par l’armée avec succès. Le véhicule franchit même des obstacles là où d’autres concurrents restent en rade. Et puis, patatras ! La nouvelle tombe. La première tranche de 1 000 véhicules est attribuée au pick-up américain Ford. « Autant d’heures de travail qui ne sont pas affectées à la France », lâche Pascal Bernard. « Ce marché représentait 10 000 heures de travail pour nous, sept à huit personnes à l’année. Sans parler des 100 000 € investis dans le développement pour répondre au cahier des charges de l’armée et les essais de ce Duster modifié. Idem chez Nedey. »

Tout n’est pas perdu. D’abord, 4 000 autres véhicules sont à construire. Renault et Citroën seront peut-être conviés par l’armée au prochain festin tout terrain. Ensuite, pour amortir les investissements consentis, le Duster quatre roues motrices fait désormais les yeux doux aux pompiers, à l’ONF, aux administrations comme au grand public, amateur de tout terrain.

Maintenant, les constructeurs tricolores aimeraient bien savoir pourquoi la préférence de l’armée française est allée vers le made in USA. Un échange entre les deux pays ? Genre, si tu m’achètes mes Ford Ranger, je te prends trois ou quatre Rafale ! « Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux », concèdent les constructeurs régionaux, « ni dans celui des décisions prises dans les alcôves. »

Françoise JEANPARIS

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Vidéo, Gérard Filoche : « Tôt ou tard vous aurez une explosion sociale »

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Le socialisme

Vidéo, Gérard Filoche : « Tôt ou tard vous aurez une explosion sociale ».

« Les 1er Mai, ils ont toujours eu des hauts et des bas depuis un siècle, mais le 1er mai sera toujours là et vous verrez, tôt ou tard vous aurez une explosion sociale ». Gérard Filoche est l’invité d’Objections cette semaine. A un mois du congrès du PS il pense que son parti fait face à « un enjeu historique ».

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Il y a un an à Odessa, la junte de Kiev montrait son vrai visage

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

Il y a un an à Odessa, la junte de Kiev montrait son vrai visage
Il y a un an à Odessa, la junte de Kiev montrait son vrai visage

Bonjour.

Suite à l’article posté sur mon blog, j’ai apporté quelques compléments suite aux questions posées en commentaires. Ils apportent des compléments utiles afin d'éradiquer la peste brune qui se répand en Europe. C'est ma façon de rendre hommage aux martyrs d'ODESSA.

Le lien: : http://lucien-pons.over-blog.com/2015/04/l-empire-du-chaos-s-installe-en-europe-l-etat-islamique-en-ukraine.html

Des précisions utiles :

Les ukrainiens ne sont ni nazis ni islamistes, ils sont comme tous les peuples d'Europe et d'ailleurs, ils sont pour la paix et ils réclament le droit de vivre en liberté. Les premiers manifestants du Maïdan en novembre 2013 réclamaient plus de justice sociale, plus de démocratie et voulaient en finir avec la mainmise des oligarques sur leur pays. Seulement voilà, des nervis d'extrême droite pronazis (Pravy-Sektor et Svoboda par exemple), entraînes et armés en Pologne et dans les pays baltes par les services secrets liés à l'OTAN, ont pris l'ascendant sur ces manifestants pacifiques. La violence s'est rapidement installée et a débouché sur le coup d'état fasciste du 21 février 2014. Depuis, les exactions de ces déchets de l'humanité, que l'on ne peut associer au peuple ukrainien qui en subit les actes barbares, ont infiltrés les organes du pouvoir officiel sous la protection de leurs parrains occidentaux. Le 2 mai à Odessa, les crimes dans le Donbass, les pires atrocités envers les prisonniers et l'élimination physique des opposant ("suicides" ou exécutions) attestent de ce retour à la barbarie nazie.

Revenons aux faits et seulement aux faits

- Le peuple ukrainien subit la peste brune et la peste noire installée par les occidentaux.

- Les nazis en Ukraine sont aidés par les islamistes radicaux. D'ailleurs ils appliquent les mêmes méthodes barbares certainement enseignées par les mêmes instructeurs. Je veux parler du meurtre des civils, de la destruction des infrastructures, du viol et des tortures, du pillage organisée et du racket, de l'exécution sommaire des opposants, de la décapitation et (fait plus récent en Ukraine ) de la crucifixion, de brûler vif les prisonniers et autres (je pense aux syndicalistes d'Odessa).

- La liste n'est pas exhaustive hélas.

De très nombreux sites proposent une information fiable sur ces sujets. Il faut recouper les informations, dans le cas contraire cela deviendrait suspect, car entièrement dévoué à la narrative officielle.

La Crimée a été rattachée à l'Ukraine en 1954 par Nikita Khrouchtchev. A l'époque la Russie et l'Ukraine étaient toutes deux dans l'URSS. Ce n'était alors que calculs politiciens pour souder les populations. Ce fait est à comparer avec le découpage régional de la France par le gouvernement actuel, afin de détruire la nation pour mieux intégrer notre pays dans la dictature de l'Union Européenne.

L’annexion de la Crimée n'est en fait qu'un juste retour de cette province dans le giron de la mère patrie russe. Cela s'est fait sans effusion de sang et sur la base d'une consultation électorale dont la communauté internationale a souligné le bon déroulement. Par contre le sang coule à flot dans la guerre que les nazis de Kiev mènent contre leur propre peuple.

En parlant de la Crimée il faut aussi mettre en avant la véritable annexion par l'Empire de la province Serbe du Kosovo. Contre toutes les lois internationales, ce pays a proclamé son indépendance, avec à sa tête les dirigeants de la mafia terroriste de l'UCK (lire le livre de Pierre Péan sur ce sujet, éloquent!, ou bien le livre de Carla Del Ponte ou bien le rapport de Dick Marty).

Quant à la Pologne, elle est la tête de pont de l'Empire étasuniens en Europe. Elle n'a plus aucune autonomie, elle sert seulement à défier la Russie. La meilleure preuve est la désastreuse déclaration du ministre des affaires étrangères polonais lors du 70° anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'armée rouge en 1945. Ce dernier, pour expliquer l'affront fait à la Russie en invitant Poroshenko à cette cérémonie sans inviter Poutine, a affirmé que c'était l'armée ukrainienne qui avait libéré le camp d'extermination ! Il faut oser !!!!

Si vous avez encore un doute sur le rôle de la Pologne voici deux citations d'officiels de ce pays concernant la guerre que prépare l'Empire contre la Russie:

Selon Donald Tusk, président polonais actuel du Conseil de l’Europe (Remplace Hermann Von Rompuy).

"Nous devons non seulement parler d'une seule voix, mais agir aussi de concert, car ce que nous serons demain dépend de ce que nous faisons aujourd'hui. Nous sommes aujourd'hui au meilleur moment pour une nouvelle affirmation de notre foi dans la Communauté transatlantique ».

Jacek Rostowski, ancien ministre des Finances de Pologne, a simplement déclaré :

«Cette guerre, la guerre grandeur nature, permettra de masquer et d’une certaine façon de protéger les milieux financiers des effets de l’écroulement de l’économie occidentale basée sur le dollar, qui est si vulnérable à la spéculation.»

http://lesakerfrancophone.net/la-pologne-base-logistique-de-lotan/

Pour la Tchétchénie, la guerre a été installée au moment de la décomposition de la Russie, dans les années 1990, sous le règne du pro-américain Eltsine qui a appliqué la thérapie de choc des ultralibéraux de l'Ecole de Chicago.

Les USA ont appliqué la technique de l'encerclement développée par Zbigniew Brezinski. Il a exposé celle-ci dans un excellent ouvrage paru en 1996 je crois, "Le grand Echiquier".

Le but avoué par les stratèges américains est de démanteler la Russie en plusieurs états afin de mieux piller les richesses de ce pays.

Il est à remarquer que les néocons au pouvoir aux USA ont également théorisé cela pour le Grand Moyen Orient. Les guerres menées contre l'Irak, le Yémen, la Libye, la Syrie, s'inscrivent dans cet agenda. De nombreux spécialistes du Moyen Orient ou de la géopolitique peuvent attester cela: Jean-Pierre Chevènement, Alain Chouet, René Naba, etc... Les livres de Michel Raimbaud ambassadeur de France dans de nombreux pays, de Michel Collon, etc..., peuvent aider à avoir une vision plus affutée de ces problèmes.

Cordialement

Lucien Pons

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Odessa : un pogrom anonyme Leçon de fascisme pour les nuls

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme, #L'OTAN., #La finance dérégulée

Odessa : un pogrom anonyme
Leçon de fascisme pour les nuls


Par Reinhard Lauterbach – Le 30 avril 2015 – Source junge Welt

Hommage aux victimes

Pas de violence, pas d’incendie criminel : le Ministère public ukrainien fait des constatations intéressantes sur le massacre perpétré à Odessa il y a un an.

Planifié et couvert par Kiev : des partisans du gouvernement ukrainien pro-occidental mettent le feu à la maison des syndicats à Odessa (le 2 mai 2014) – Photo: Yevgeny Volokin/Reuters

 

Le calme a longtemps régné autour de l’enquête sur le pogrom d’Odessa du 2 mai 2014. Pour rappel : au moins 49 opposants au changement de pouvoir à Kiev sont morts dans l’incendie de la maison des syndicats ou ont été battus à mort devant le bâtiment par des fascistes, plus de 200 personnes ont été blessées. Il y a quelques jours, le substitut du procureur général ukrainien, Wolodymyr Gusyr, a tenu une conférence de presse sur l’avancement de l’enquête qu’il détenait.

Comme l’a rapporté le journal Vesti Ukraina, les autorités ne voient aucun indice d’une mort violente des victimes. Aucun des décédés ne présente de marques de violence physique. Il n’y a pas non plus d’éléments de preuve d’un incendie criminel, selon le Ministère publique ukrainien. La cause du feu serait plutôt due à l’usage de mélanges inflammables par des participants aux désordres. Le fonctionnaire n’a pas été plus concret. Mais la déclaration du procureur est légèrement contraire à la logique, qui soutient que les personnes qui s’étaient réfugiées à l’intérieur de la maison des syndicats pour se protéger des attaques des nazis ont encore renforcé l’effet de l’incendie en barricadant les portes. Cela aurait provoqué un effet cheminée. Or toute personne qui a allumé une fois une cheminée sait évidemment que le feu est étouffé par la fermeture du volet d’aération, et non attisé.

Les informations de Guzyr contredisent les déclarations de témoins des événements et les propres impressions de l’auteur qui a assisté, quelques jours après le pogrom, à l’enterrement d’un antifasciste de 26 ans, Andrei Brazhewski. Le jeune homme, selon ce qu’en dit sa mère, qui a tout vu, avait sauté depuis le premier étage de la maison en flammes et avait été battu à mort avec des barres de fer alors qu’il gisait, les jambes brisées, devant le bâtiment. Sa dépouille, dans le cercueil ouvert, ne montrait en tout cas pas de traces visibles de brûlures, mais une suture au front, qui devait refermer des blessures à la tête.

Il n’en demeure pas moins que le Ministère public a des suspects : 22 instigateurs présumés des troubles attendent leur procès, selon les déclarations de Gusyr, et on en recherche encore 13 autres. Ils auraient échappé aux enquêteurs en fuyant à l’étranger. Le procureur n’a pas dit quand la procédure sera ouverte. La situation actuelle est en fin de compte la plus pratique pour Kiev : on peut tout faire porter aux absents et laisser discrètement l’herbe pousser sur la participation de ses propres partisans. Le gouvernement ukrainien avait développé la théorie des provocateurs qui se seraient échappés en Russie après qu’une première version, selon laquelle ces instigateurs infiltrés depuis la Russie et la Transnistrie seraient morts dans les flammes, n’avait pu être maintenue : toutes les victimes ont été identifiées comme des habitants d’Odessa et de ses environs, la police locale n’avait pas encore été mise au pas.

L’attaque contre le village de tentes, pas particulièrement grand, des partisans de l’anti-Maïdan avait été bien organisée et bien coordonnée du côté pro-ukrainien. Il s’agissait, d’un point de vue stratégique, d’empêcher une contagion de la rébellion du Donbass à la ville d’Odessa, russophone et traditionnellement multiculturelle. Mille cinq cent supporters de foot hooligans et fascistes de Kharkiv étaient arrivés à Odessa, sous le prétexte d’un match de première ligue et, après quelques échauffourées initiales avec des antifascistes dans le centre de la ville, avaient investi la place devant la maison des syndicats, en association avec des membres du Secteur Droit [néonazi, NdT] local. Devant la supériorité des attaquants, les militants de gauche s’étaient réfugiés dans la maison des syndicats ; d’après des vidéos qui circulent sur Youtube, les cocktails Molotov utilisés lors de l’attaque avaient été préparés au centre de la ville par des volontaires, dont des écolières au gai sourire, et aux épaules recouvertes de drapeaux bleu et jaune. La police locale a assisté au pogrom sans intervenir ; elle avait été concentrée autour de l’hôtel de police pour prévenir une attaque des autorités. Les pompiers ont été empêchés d’intervenir par les manifestants d’extrême-onction.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Visages du massacre d’Odessa – 2 mai 2014

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La nation ., #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme

In Memoriam, un an, 48 morts, pas de coupables, pas de deuil


Visages du massacre d’Odessa – 2 mai 2014

 

Vadim Papura. On m’a jeté par la fenêtre
Kristina Bezhanitskaya. J’ai été battue à mort

 

Alexander Prijmak. J’ai suffoqué à mort
Alexander Zhulkov. J’ai été tué par balle
Gennady Petrov. J’ai été tué par balle
Andre Brazhevsky. J’ai sauté par la fenêtre, j’ai été battue à mort
Vadim Negaturov. Je suis mort brûlé vif
Irina Yakovenko. J’ai été étranglée
Vladimir Brygar. J’ai été tué par balle
Yevgeny Mitchik. J’ai suffoqué
Svetlana Pikalova. J’ai suffoqué
Vladimir Novitsky. J’ai été brûlé vif
Igor Zayats. J’ai sauté par une fenêtre
Nina Lomakhina. J’ai suffoqué
Gennady Kushnarev. J’ai été tué par balle
Gennady Kovriga. J’ai été battu à mort
Viktor Gunn. J’ai été brûlé vif

….La liste complète ici

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