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Le blog de Lucien PONS

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[Recommandé] Kadhafi avait prévenu Tony Blair que sa chute ouvrirait la porte à des attaques islamistes en Europe

18 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Je suis très heureux de vous présenter ce document historique sur la Libye.

Rappel historique

Rappelons qu’en février-mars 2011, s’est répandue l’information indiquant que Kadhafi bombardait des civils pacifiques qui manifestaient contre lui :

BHL joua un important rôle dans cette propagande de guerre (source) :

Acrimed montra qu’il est passé environ une fois par jour dans les médias durant 3 semaines :

Plus sérieusement, on sait aujourd’hui que ceci était faux, et quand, il y avait des combats, c’était face à des djihadistes, comme le rappelle Patrick Haimzadeh (ancien diplomate français en Libye, qui est un de nos spécialistes de ce pays) :

Or, à l’époque, Tony Blair, ancien premier ministre britannique qui a quitté le pouvoir en 2007, aurait été contacté par un « individu proche de Kadhafi » en 2011, pour aider à négocier un accord avec le gouvernement anglais. Le but aurait été de sauver la vie de Kadhafi, dont le régime était sur le point de tomber. (Pour plus d’informations, lire ici ou ici)

Comme il y a une transparence autrement plus grande en Angleterre qu’en France, le Parlement a déclassifié en 2016 le script de deux conversations entre Blair et Kadhafi, survenues le 25 février 2011 (ici et ).

Nous vous en proposons la traduction. Vous verrez : c’est assez surréaliste, Blair tenant de convaincre Kadhafi de l’existence d’atrocités (fantaisistes) décrites dans les médias anglais…

Source : UK Parliament, le 7/1/2016

La conversation téléphonique du 25 février 2011 entre Tony Blair et Kadhafi, de 11h15 à 11h45

[la ligne était mauvaise, donc il manque des mots]

Blair : Bonjour. J’ai essayé de vous joindre ces derniers jours. Nous sommes dans une situation grave et très difficile. Pouvez-vous s’il vous plaît me dire ce que vous pensez de ce qui se passe actuellement.

Kadhafi : Merci pour votre appel, M. Blair. Personne ne m’a prévenu que vous avez essayé de m’appeler. Je vais vous dire la vérité. Ce n’est pas une situation compliquée du tout. L’histoire est simple : une organisation a établi des cellules dormantes en Afrique du Nord. Une organisation qui se fait appeler al-Qaïda pour l’Afrique du Nord (peut-être des islamistes de Mahada ?) [à Djibouti, NdT]. Ils ne parlent pas arabe, ils parlent islamique. Les cellules dormantes de Libye sont semblables aux cellules dormantes qui étaient en Amérique avant le 11/9.

Soudain, ils ont reçu l’ordre d’attaquer les postes de police et de provoquer ces troubles. Ils ont réussi à prendre des armes. Ils ont attaqué les bâtiments par surprise et des coups de feu ont été échangés. Très peu de victimes des deux côtés. La police a été surprise par l’attaque. Ils n’ont pas pour tactique de faire des manifestations, ce n’est pas leur genre. (Il parle de « similarités avec l’Afghanistan et l’Algérie.) Ils ont réussi à prendre des armes et à terrifier les gens. Les gens ne peuvent plus quitter leurs maisons.

Ils ont été menacés avec des armes. Ils ont réussi à mettre en place des stations locales et, à Benghazi, ont propagé la pensée et les idées d’al-Qaïda. Ils veulent l’appeler l’Émirat al-Qaïda. Le chef est un détenu de Guantanamo appelé al-Hassadi (?). Les renseignements américains le connaissent. Ils nous l’ont remis. Ses disciples sont d’al-Qaïda. [Peut-être le Yumara… islamique ?] C’est une situation de djihad. Ils ont des armes et terrorisent les gens dans la rue. Après les avoir attaqué, ils fuient. Le portrait qui en est fait n’est pas fidèle. Pas de correspondants étrangers ici. Nous avons demandé à tous les journalistes du monde de venir voir la vérité. Ce sont des bandes armées qui ont des armes.

[Je n’ai] pas décidé de les affronter par la force, [j’ai] demandé à leurs familles de les convaincre de déposer les armes. Vous ne pouvez pas raisonner avec eux. Ils ne cessent de dire des choses du genre au nom de Mahomet. C’est comme ben Laden. Ils ouvrent la voie pour lui en Afrique du Nord. Ils ouvrent la voie pour lui en Afrique du Nord. Ils déplacent le système en Afrique du Nord. Ils contrôlent la mer Méditerranée. Leur plan est de [???] en mer Méditerranée les navires et les vaisseaux de non-croyants. Comme du temps de Barberousse et du temps de l’Empire ottoman. Ils veulent contrôler la Méditerranée, puis ils attaqueront l’Europe.

 

Il faut l’expliquer à la communauté internationale. Les reporters peuvent venir pour s’assurer que ceci est la vérité, ils sont les bienvenus. Une fois en leurs mains, ils les abattent. Ils ont un rôle à jouer à ce sujet, tous ceux qui veulent découvrir la vérité, ils le peuvent, les portes sont ouvertes. Nous sommes tous contre le terrorisme. Nous avons déjà fait cette alliance ensemble. Fournissez-nous le nécessaire pour que nous puissions lutter contre ce terrorisme. Les déclarations de l’UE et de l’ONU nous montrent qu’elles ne sont pas conscientes de la vérité et ne savent pas ce qui se passe. Il n’y a pas de journalistes pour transmettre la vérité. Nous n’avons pas dit au monde ce qui se passe. Aucune manifestation ou quoi que ce soit. Les rues pleines de gens soutenant la révolution. Même leurs propres familles disent « s’il vous plaît essayez de faire quelque chose, ils ont des armes et nous intimident nous aussi. » Nous avons besoin d’un ami. Expliquez la situation telle que vous la voyez en ce moment. Faites des efforts avec les Américains et l’UE. Travaillez avec eux.

Blair : Tout d’abord, j’ai parlé à des gens en Amérique et en Europe. Je parle à titre personnel. Je veux proposer ce que je pense être une solution. Il est essentiel que la violence cesse et que l’on tente d’engager un dialogue pacifique avec toutes les parties.

Kadhafi : Quelle sorte de violence ?

Blair : Il y a eu effusion de sang et de la violence. Laissons de côté la façon dont c’est arrivé. C’est important de mettre en place un processus qui permette d’arriver à traiter ce sujet d’une manière pacifique.

Kadhafi : Il n’y a pas de violence, ces gens ont attaqué des postes de police. Il y a eu échange de violence et ces gens ont perdu.

Blair : Je comprends ce que vous dites comme dirigeant. La communauté internationale peut aider, mais ne peut le faire que s’il y a un dialogue pacifique. Pas de violence. Le processus de changement ne peut se faire que d’une manière pacifique. Ces situations ne peuvent être résolues que d’une manière pacifique. Le désir de la communauté internationale est de voir se produire un processus pacifique. J’en serais heureux mais il faut l’accord du chef de file pour le faire.

Kadhafi : Certes mais vous devez souligner que la lutte se fait contre al-Qaïda. Nous ne les combattons pas, ce sont eux qui nous attaquent.

Blair : Absolument, je comprends cela.

Kadhafi : Envoyez des journalistes et des hommes politiques. Parlez-leur directement, voyez quel genre de personnages ils sont et leurs liens avec al-Qaïda.

Blair : Je comprends votre point de vue sur AQ. Et nous sommes autant contre AQ que quiconque.

Kadhafi : Nous n’avons aucun problème avec le peuple libyen. Ils sont otages à Benghazi et ???. Ils utilisent la force.

Blair : Mais la bonne façon de traiter ce problème est que le leader énonce clairement qu’il veut une issue pacifique à cette question. Si cela vous convient, je le transmettrai aux Américains et aux Européens. Le leader doit dire : « Je suis prêt à étudier une issue pacifique et à s’engager avec la communauté internationale, y compris américaine et européenne, pour obtenir une issue pacifique. » S’il est prêt, je mettrai le leader en contact avec les États-Unis et l’UE.

Kadhafi : C’est très bien. J’ai eu un message d’Obama dans les mêmes termes. Je suppose qu’Obama a compris ce qui se passe. Une fois que les journalistes étrangers seront venus ici pour dépeindre la vérité. Ils verront toute la vérité.

Blair : Il est important de connaître la vérité maintenant. Je comprends que vous êtes attaqué. Assurez-vous autant que vous pourrez que personne d’autre ne soit tué, aucune nouvelle effusion de sang, c’est indispensable pour arriver au processus que je décris. Si vous pouvez me l’assurer, je vais dire aux États-Unis et à l’UE de trouver une solution pacifique pour régler cette question.

Kadhafi : Ok, mais supposons qu’ils attaquent l’enceinte ou un poste de police : qu’est-ce que je fais ?

Blair : Je comprends la difficulté quand vous êtes attaqué. Mais l’utilisation d’avions pour attaquer des villes et l’utilisation de la force contre des civils, cela doit cesser, sinon c’est impossible pour la communauté internationale d’agir.

Kadhafi : De tels faits ne sont jamais arrivés. Ils ont pris des munitions. Maintenant, ils attaquent les camps militaires…

Blair : Je comprends. Ce que je vais faire est d’appeler les États-Unis aujourd’hui et l’UE et leur parler. Il faut apaiser la tension en ce moment. Je vais essayer de revenir avec une proposition ferme. L’action clé est d’apaiser la tension. Besoin d’un numéro où nous pouvons vous joindre très rapidement.

Kadhafi : Ok.

Blair : Je vous rappelle dans les deux heures.

Kadhafi : Merci.

Appel Tony Blair-Kadhafi de 15h35 à 16h00

Blair : J’ai parlé à des gens, le point clé c’est que l’effusion de sang et la violence doivent absolument cesser.

Kadhafi : qui a dit cela ? Tout est faux

Blair : Nous avons des rapports qui nous donnent des informations, laissez-moi vous expliquer parce que j’ai parlé à des gens, tout le monde veut une solution pacifique à cette question.

Kadhafi : Il n’y a pas de combats du tout en Libye, qui a dit cela ? Ils veulent quelque chose d’autre. C’est une campagne de colonisation. Nous devons déjouer la colonisation. Il n’y a rien ici, pas de combat, pas de sang. Venez donc ici à Tripoli pour tout voir.

Blair : on croit que des combats sont en cours, si vous avez un endroit sûr où aller, vous devriez y aller parce que cela ne se terminera pas pacifiquement et il doit y avoir un processus de changement. Ce processus de changement peut être géré et nous devons trouver une façon de le gérer.

Kadhafi : il me semble que c’est une colonisation, je vais devoir armer le peuple et me préparer au combat

Blair : si le leader dit qu’il veut un terme à la violence, vous devez le faire comprendre au monde extérieur. Ma préoccupation est que ça se passe de la manière la plus pacifique. Il faut en trouver le chemin. Le mieux est de se livrer à un processus qui entraîne un changement pacifique

Kadhafi : des Libyens vont mourir, il y aura des dégâts sur la Méditerranée, l’Europe et le monde entier. Ces groupes armés profitent de la situation pour se justifier, et nous les combattrons.

Blair : vous devez essayer de faire quelque chose pour que ce processus se fasse pacifiquement. La seule façon de le faire est de dire au peuple que vous allez vous engager dans un processus de changement, que vous dites à vos forces de ne pas être violentes contre le peuple et que cela va maintenant être géré pacifiquement et correctement. Vous devez être dans une position où la Libye est prête à le faire pacifiquement. Les États-Unis et l’UE sont dans une position difficile en ce moment, et j’ai besoin de leur apporter l’assurance que cela se terminera pacifiquement.

Kadhafi : je n’ai aucun pouvoir ni mandat, je ne suis pas le Président. Je n’ai rien à céder, c’est le rôle des Libyens, ils veulent changer le ??

Blair : à la lumière de ce qui est arrivé, je ne pense pas que ça puisse se produire. Faites quelque chose qui permette au processus d’avancer, la violence doit cesser et une nouvelle constitution doit prendre forme. Le plus important est que ce processus de changement débute et il ne peut s’engager que si le leader en donne le signal clair. En plus d’insister pour que la violence cesse, il doit dire clairement qu’il veut ce changement. Je répète ce que les gens m’ont dit : s’il y a un moyen de partir, il devrait le faire maintenant. Je pense que cela peut se passer pacifiquement, mais il doit agir maintenant et annoncer qu’il veut le faire.

Kadhafi : Où est-il censé aller ? Il n’a pas de mandat.

Blair : La position du leader est cruciale, s’il indique qu’il veut que cela se produise maintenant, qu’il restera à l’écart et qu’il ira dans un endroit sûr. Je pense que cela résoudra la situation pacifiquement. S’il veut que ça arrive, je peux transmettre ce message aux personnes à qui j’ai parlé. Il y a un processus de changement qui va avoir lieu, qui a été indiqué clairement par le leader lui-même. Il a besoin de dire qu’il accepte ce changement, et il doit se tenir à l’écart pour que ça se produise pacifiquement.

Kadhafi : il n’y a pas de sang ici, c’est très calme, mais si vous voulez prendre la Libye, nous sommes prêts à combattre, ce sera comme l’Irak. Pourquoi ne venez-vous pas voir Tripoli ?

Blair : Permettez… permettez-moi, mon cher, personne ne veut recoloniser la Libye. La Libye est à son peuple.

Kadhafi : laissez-nous seuls alors, si vous voulez voir l’ampleur des manifestations de soutien, la télé libyenne montre l’ampleur. Nous savons faire le tri. [Kadhafi pose le téléphone près du téléviseur] Il n’y a pas de combat, il n’y a pas de manifestations. « Vive Kadhafi » crie un enfant.

Kadhafi : venez à Tripoli et voyez vous-mêmes !

Blair : laissez-moi voir cela. Je suis au Koweït en ce moment, mais mon inquiétude est que ça se passe très très vite et que si nous ne trouvons pas un moyen d’en sortir dans les prochaines heures, je ne sais pas ce qui arrivera. Le leader peut aider mais s’il ne le fait pas on se retrouve avec le sang de nombreux Libyens et je ne veux pas que cela se produise.

Kadhafi : il n’y a ni bain de sang, ni combat. Venez voir par vous-même. Des gens répandent des rumeurs par les chaînes de télé. Certains viennent de Guantanamo, nous les connaissons par leur nom, ils soutiennent al-Qaïda. Soutenez-vous al-Qaïda ?

Blair : non, absolument pas, l’important est de savoir comment nous mettre dans les conditions pour que cette situation puisse se terminer d’une manière pacifique. Si les gens voyaient le leader mis à l’écart, ils seraient contents de ça. Si ça continue un autre jour, ou deux, nous n’allons plus pouvoir être dans les bonnes conditions. Je dis ça parce que je le crois profondément. Si on n’arrive pas à trouver une sortie très rapidement, on dépassera le point de non-retour.

Kadhafi : il y a des combats en Algérie, en Afghanistan et au Pakistan, etc. – soutenez-vous le terrorisme ?

Blair : nous sommes complètement opposées au terrorisme et à al-Qaïda. Le seul moyen de sortir de cette situation maintenant est de permettre qu’un processus de changement constitutionnel ait lieu maintenant.

Kadhafi : les membres d’al-Qaïda ne sont pas pour le changement, ce n’est pas leur demande. Ce sont des gosses, aucun ne parle de constitution ni de changement.

Blair : alors c’est pourquoi il est important que le leader prenne l’initiative et parle de changement. J’ai voulu relayer ce message du fait de l’urgence étant donné que c’est la dernière chance de résoudre ceci pacifiquement. Je ne sais pas s’il est possible pour moi de venir.

Kadhafi : cela signifie-t-il que vous déclencherez une intervention militaire si nous n’avons pas de solution pacifique ?

Blair : absolument pas, personne ne veut cela et personne ne le pense, et ce n’est pas une recolonisation. Tant qu’il n’y aura pas un processus pacifique en place, ils vont continuer. Mon désir est de mettre en place quelque chose de pacifique plutôt qu’une confrontation violente.

Kadhafi : ces gens au Nigeria et en Afghanistan, les talibans ont une constitution

Blair : Le leader est le seul qui puisse y arriver d’une manière pacifique. Si cela ne se produit pas très rapidement, alors le peuple libyen le fera de manière très destructive.

Kadhafi : Cela n’arrivera pas, si vous n’intervenez pas, je vais donner des armes au peuple libyen ce soir.

Blair : nous ne voulons pas cela

Kadhafi : nous n’avons aucun problème, simplement, laissez-nous tranquilles. Si vous êtes vraiment sérieux et à la recherche de la vérité, prenez un avion et venez nous voir.

Blair : Je vais me renseigner à ce sujet. J’ai essayé de relayer le message et j’espère que le leader réfléchira sur ce que j’ai dit et nous le pressons d’en prendre l’initiative. J’aimerais vous offrir une issue pacifique.

Kadhafi : venez voir la réalité.

Blair : gardez le contact.

Source : UK Parliament, le 7/1/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Épilogue

Les conséquences de la guerre de Libye sont hélas connues. Comme le rappelle Haimzadeh, plus de 30 000 Libyens ont perdu la vie :

La chute du gouvernement a conduit à ce que les armes du pays soient revendues à l’étranger, beaucoup se sont retrouvées au Mali, alimentant les guérillas djihadistes (source) :

Et enfin, cela a aussi déstabilisé le contrôle des migrations :

 

 

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Catalophe, catastrogne et catastrophe, par Richard Labévière

17 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #Espagne, #Catalogne

Un autre regard sur la Catalogne…

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 09-10-2017

Les habitants de la région la plus riche d’Espagne (20% de son PIB) – le Pays Basque arrivant en cinquième position – ne veulent plus payer pour les régions les moins favorisées du pays : Canaries, Andalousie, Estrémadure, notamment.

La Catalogne concentre 50% des start-up du pays. « Nous représentons près du quart du produit intérieur brut, mais nous ne recevons que 9% des investissements réalisés dans le pays », peste un indépendantiste convaincu qui affirme encore : « la Catalogne se porterait beaucoup mieux si elle était indépendante ». Aucune crainte pour son économie ? « Nous ne sortirons pas de l’Europe. C’est facile : dans un premier temps, l’Espagne ne nous reconnaîtra pas, donc nous resterons dedans. Et quand elle acceptera notre départ, l’Union européenne sera toute contente de nous garder ». À l’en croire, c’est un chemin pavé de roses qui attend son futur petit pays : « nous allons devenir la Hollande du sud de l’Europe, un modèle de croissance ». A voir…

ENFANTS GÂTES

Mais ces récriminations d’enfants gâtés laissent un arrière-goût relativement amer lorsqu’on se souvient comment – dans les années 80 – les contribuables européens ont financé l’adhésion de l’Espagne au Marché commun1 et ses ajustements aux différents formats de pays développés. A l’époque, les Catalans ne faisaient pas encore la différence entre les autoroutes catalanes et les autoroutes andalouses… « Il ne faudrait pas oublier, non plus, que la Catalogne s’est modernisée grâce aux bras des estremenos (les travailleurs d’Estrémadure, l’une des régions les plus pauvres d’Espagne), des Andalous ou des Galiciens », souligne un grand diplomate français d’origine espagnole.

En d’autres termes, ce mouvement d’irrédentisme immature est essentiellement le fait de petits bourgeois égoïstes, incultes et manipulateurs. Et que ceux qui osent aujourd’hui invoquer la Cataluna libre de George Orwell en lutte contre les Phalangistes de Franco, feraient bien de se replonger dans leurs manuels d’histoire pour se rappeler qu’à l’époque, la Barcelone de la FAI, de la CNT et du POUM, accueillait les Internationalistes des Brigades pour défendre avec leur sang… la République espagnole ! Les indépendantistes catalans d’aujourd’hui piétinent allègrement la légalité républicaine et la législation régionale espagnole sans aucune pudeur, en hurlant au fascisme et à la dictature… Il ne faut quand même pas pousser mémé dans les orties et rappeler aussi à ces braves gens ce que furent réellement le fascisme et la dictature de Franco, de Salazar et de leurs alliés italiens et allemands ! Ces enfants gâtés n’hésitent pas à prendre en otage leur propre population, celles des autres régions espagnoles et celles de leurs partenaires européens !

UNION EUROPEENNE ET OTAN SCHIZOPHRENES

La Commission européenne a tardé avant de s’exprimer clairement pour condamner ce coup de force du bout des lèvres en avertissant qu’une « Catalogne indépendante serait exclue de l’UE ! ». Ne parlons pas de l’OTAN, dont l’Espagne est l’un des 28 Etats membres. « Un territoire se séparant d’un Etat membre ne saurait rester automatiquement membre de l’Alliance », vient de déclarer un porte-parole de l’OTAN en ajoutant que « toute nouvelle adhésion devrait suivre les procédures en place (…) Les membres peuvent aussi inviter d’autres pays à les rejoindre, mais cela doit se faire par accord unanime ».

Grand marché sans frontière, sans véritables politiques communes, entre autres en matière de défense, de sécurité et de politique étrangère, l’UE est assez gênée aux entournures. Depuis des années, elle a accepté d’ouvrir des pourparlers d’adhésion avec la Turquie, qui occupe militairement la partie nord de Chypre depuis 1974, l’île étant pourtant membre à part entière de l’Union2… Sans sourciller, l’UE a accepté en 2008 la création du Kosovo – micro-Etat mafieux, financé par les contribuables européens -, après avoir manifesté toute son impuissance à se poser en médiateur dans les guerres balkaniques. Elle a aussi cautionné la partition de la Tchécoslovaquie. Incapable de gérer les crises migratoires et les autres flux criminogènes qui empruntent la Méditerranée, l’UE n’est pas – à l’évidence – l’instance la plus crédible pour défendre l’intégrité territoriale et politique de ses Etats membres.

L’OTAN fait aussi preuve de la même schizophrénie pour des raisons similaires. Créée en 1949, en pleine Guerre froide, cette alliance militaire se superpose au Plan Marshall, destiné – à la même époque – à restaurer les économies européennes sous la domination des Etats-Unis. Face à l’URSS et au « Bloc de l’Est », Washington entend alors assurer une triple tutelle – militaire, économique et culturelle – sur la vieille Europe en train de se relever. Pour ce faire, il s’agit de promouvoir des modèles d’institutions politiques fédéraux destinés à supplantés les vieux cadres stato-nationaux. Ce qui a été fait de l’Allemagne occupée par les Alliés avec ses zones d’occupation et redistribution des Länder3 doit inspirer l’Europe à venir. Fils de l’Amérique, les Pères de l’Europe Robert Schuman et Jean Monet prépareront la Déclaration du 9 mai 1950 – texte fondateur de la construction européenne – dans cet état d’esprit partagé par les milieux de la Démocratie Chrétienne alors dominante dans la plupart des pays européens.

Sur le plan culturel, la CIA met sur pied différents programmes de propagande pour transformer la culture en une véritable machine de guerre pour combattre le bloc soviétique et ses thuriféraires. De considérables moyens humains et financiers furent employés pour utiliser la littérature, la musique, l’art et la presse comme armes idéologiques privilégiées en faveur des Etats-Unis. Les instrumentalisations furent plus ou moins licites, plus ou moins apparentes : de Raymond Aron à Jackson Pollock, en passant par Arthur Koestler, Ignazio Silone et Igor Stravinski, de très nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique ont été généreusement rémunérées, utilisées par les services secrets américains, soit directement par des officiers traitants, soit par l’intermédiaire de fondations.

Dans un livre magistral4, Frances Stonor Saunders5 retrace l’histoire des élites intellectuelles en Europe et aux Etats-Unis au sortir de la Seconde guerre mondiale. Elle explique avec une précision d’horloger comment l’écrivain suisse Denis de Rougemont – notamment – a bénéficié de l’encouragement et de l’aide des services américains pour créer le Centre européen de la culture et l’Institut universitaire d’études européennes (IUEE) de Genève.

Ayant été l’un des assistants de Denis de Rougemont durant plusieurs années, l’auteur de ces lignes se souvient de longues conversations communes et disputées sur L’Europe de régions qui devait contribuer à « détruire les Etats-nations » d’Europe. Dans L’Avenir est notre affaire6, Denis de Rougemont mêle subtilement aux bienfaits du fédéralisme helvétique les prévisions du Cercle de Rome concernant la destruction de l’environnement pour essayer de nous convaincre que l’Etat-nation est l’ennemi du genre humain…

Ces fondements idéologiques de l’UE et de l’OTAN expliquent, en partie, pourquoi ces deux institutions ne condamnent pas clairement la révolte séparatiste catalane !

L’AUTODETERMINATION, C’EST AUTRE CHOSE !

Certes, le gouvernement de Mariano Rajoy et le Partido Popular ont géré cette crise comme des pingouins : la marmite catalane surchauffe dangereusement depuis des mois, sinon des années. Qui déjà a dit que gouverner c’est prévoir ? Cette évolution aurait dû amener les autorités espagnoles à mobiliser les Catalans, les Basques et les autres Espagnols à remettre l’ouvrage – du statut des régions autonomes – sur le métier de l’avenir institutionnel du pays. Comme les Grands-Bretons ont osé le faire pour le Brexit, il s’agissait, peut-être alors, de consulter l’ensemble des Espagnols, voire le reste des Européens !

Comme l’explique très finement Guillaume Berlat dans nos Humeurs de cette semaine, il ne faut pas confondre autodétermination et sécessionnisme… L’indépendance ne se décrète pas et résulte, la plupart du temps, d’un long cheminement historique. Certes, celui-ci est rarement un long fleuve tranquille, mais au jour d’aujourd’hui et dans le cadre de l’Union européenne, il y avait certainement d’autre voies à explorer et voix à entendre que d’organiser ce référendum enfantin et inutile ! Le roi d’Espagne aussi s’est réveillé un peu tard et n’a pas trouvé les mots à la hauteur de la situation.

Cette situation ne met pas seulement en cause l’intégrité territoriale et politique de l’Espagne. Elle n’interpelle pas seulement les capacités de médiation et d’innovation institutionnelle de l’Union européenne. Elle met aussi en péril le multilatéralisme européen. Le processus de Barcelone (1995) et l’Union pour la Méditerranée (UPM) – dont le siège est, encore, à Barcelone – demeurent des outils pour une meilleure intégration européenne. Comme tous les organisations multilatérales, elles sont imparfaites, donc perfectibles mais ont l’absolu mérite d’exister !

Songeons aussi aux communautés des ports et des grandes villes méditerranéennes dont les réseaux oeuvrent aussi à rechercher des solutions pour gérer, sinon résoudre les différentes crises terrestres qui se déversent dans la masse d’eau du canal de Suez au détroit de Gibraltar.

La poussée juvénile des séparatistes catalans ajoute une nouvelle crise politique aux autres convulsions anomiques qui déchirent la Méditerranée : Israël-Palestine ; Chypre ; guerre civilo-globale de Syrie ; implosion de la Libye et crises migratoires, sans parler des terrorismes de la bande sahélo-sahéliennes, de la question du Sahara occidental, qui se déversent – elles-aussi – en Méditerranée ! Cela commence à faire beaucoup et devrait amener nos amis catalans à ne pas en rajouter !

Dans tous les cas de figures, expliquent si bien Riccardo Petrella7, Henri Giordan8 et Bernard Poche9, la culture et la langue ne sauraient pas suffire à justifier – aujourd’hui – une revendication nationale quelle qu’elle soit ! Les liens d’appartenance à un territoire, un espace et une mémoire ne garantissent pas à eux-seuls la légitimité d’une autodétermination. Que ces réalités historiques et anthropologiques inspirent et orientent des réformes de déconcentration administrative, de décentralisation, voire de régionalisation est une chose, qu’elles soient instrumentalisées par de petits notables avides de pouvoir en est une autre…

FRAGMENTATION TERRITORIALE ET IMPLOSION POLITIQUE

Si l’UE, l’OTAN et les chancelleries occidentales sont si embarrassées par le dossier catalan, c’est aussi – avons-nous souligné – parce qu’elles ont, récemment cautionné la création du Kosovo. Non viable, tant économiquement que politiquement, ce micro-Etat est – aujourd’hui – tenu à bout de bras par les contribuables européens, alors que ses dirigeants – criminels de guerres – s’adonnent à tous les trafics : armes, drogues, êtres humains et organes humains ! Sur le sujet, il n’est qu’à lire ou relire la contribution définitive du colonel Jacques Hogard10 pour comprendre pourquoi et comment les Etats-Unis et leurs satellites ont mis tellement de cœur à l’ouvrage pour dépecer l’ex-Yougoslavie. On pourrait en dire tout autant de la création du Sud-Soudan, encouragée par de grandes sociétés transnationales du pétrole avec l’aval de Washington, Londres, Paris et Pékin !

Dans sa logique incompressible de détricoter les Etats au profit d’un grand marché sans foi, ni loi, ni frontière – mais avec moult directives sur les ampoules électriques, les fromages et les fleurs coupées – la Commission européenne récolte aujourd’hui ce qu’elle a semé. A force de blanchir et d’amplifier les logiques commerciales et financières d’une mondialisation néo-libérale sauvage et meurtrière, qu’on ne s’étonne pas de voir aujourd’hui les Catalans ne plus vouloir aider les pauvres gens d’Estrémadure ! La mondialisation, version anglosaxonne, c’est trois choses : la casse des Etats-nations, des services publics et des politiques de redistribution sociale. Cette machinerie s’attache d’abord à fragmenter le monde, pour reprendre la terminologie du géographe François Thual. Dans La Planète émiettée11, il explique comment les décideurs politiques d’aujourd’hui appliquent sans restriction le vieil adage de l’imperium romain – divide ut regnes -, devenu l’impératif catégorique de l’hyperpuissance américaine et de ses alliés, notamment israéliens et saoudiens ! La fragmentation territoriale à l’œuvre en Afghanistan, en Libye, au Soudan, dans les Balkans, en Irak, en Syrie, sinon en Europe, n’est ni une fatalité, ni un accident, mais correspond bien à une politique délibérée. Attention : pas de grand Mamamouchi central ni de complot planétaire, mais – répétons – une convergence de politiques économiques de dérégulations, de privatisations et d’extra-territorialité12.

Enfin, la revendication indépendantiste catalane signe aussi « l’implosion du politique » annoncée par feu Jean Baudrillard dans sa thèse L’Echange symbolique et la mort13. L’insistance à affirmer ce qu’on « est » – être ou ne pas être – au détriment du faire, du prévoir et du gouverner, à magnifier l’individualisme numérique, les selfies, fesses-book, sweet/tweets et autres narcissismes en vélo, patins à roulettes ou tatouages, finissent par réduire le monde et la politique à une dualité simpliste, autoritaire et morbide : j’aime/j’aime pas !

Non content de favoriser l’émiettement du monde et la fragmentation territoriale, le séparatisme catalan génère l’atomisation du social et l’implosion du politique qui ne se réduit plus qu’à liker ou ne pas liker. On l’aura compris, à prochetmoyen-orient.ch, nous ne likons pas l’indépendance de la Catalogne ! Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
9 octobre 2017

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 09-10-2017

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Pétition: "NON AU SABOTAGE CHIMIQUE DE NOS VIES".

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La santé

image: https://petitions.pure-sante.info/wp-content/uploads/2017/03/pettion-1.png

Pétition

adressée à
Madame la ministre de la Santé Agnès Buzyn

Madame,

Le 21 décembre dernier, la Commission européenne a tenté un passage en force en voulant accorder une dérogation aux industriels de la chimie dans l’usage des perturbateurs endocriniens[1].

Ces substances sont pourtant soupçonnées d’entraîner des malformations génitales, des perturbations psycho-comportementales, soupçonnées aussi de favoriser l’infertilité et l’apparition de nombreux cancers.

  • En agissant ainsi, la Commission viole de façon évidente le principe de précaution, pourtant défini dans l’article 5 de la Charte de l’environnement, l’un des quatre textes de la Constitution européenne depuis 2005.
  • En agissant ainsi, la Commission va à l’encontre du consensus scientifique qui pointe les dangers redoutables des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine, animale et l’environnement.

Fait rarissime, une centaine de scientifiques a publié une tribune écrite d’une seule main pour protester contre cette situation.

Sur les perturbateurs endocriniens, des chercheurs anglais, américains, français, allemands, suédois, africains du Sud, danois etc. dénoncent un « déni de l’état de la science »[2] :

« Les effets nocifs des perturbateurs endocriniens ont amplement été mis en évidence. »

« Nous sommes cependant préoccupés par les options réglementaires que propose aujourd’hui Bruxelles, très éloignées des mesures nécessaires pour protéger notre santé et celle des générations futures. » 

Avec ces scientifiques, nous devons refuser en bloc qu’un permis de contaminer soit délivré aux multinationales des produits toxiques !!

Ces multinationales ont déjà fait la preuve de leur puissance d’action qui leur permet de convaincre les plus hauts personnages des institutions et de remporter des batailles :

  • La propre conseillère scientifique du président de la Commission européenne a tout fait pour bloquer le processus visant à protéger les citoyens des perturbateurs endocriniens sous la pression des lobbys[3].
  • Récemment, la Commission européenne a donné 18 mois de sursis au célèbre RoundUp de Monsanto malgré la forte suspicion du caractère cancérigène (entraîne le cancer) de cet herbicide[4].

NOUS REFUSONS de jouer les cobayes pour augmenter les profits des multinationales de la chimie.

NOUS REFUSONS que les autorités censées nous représenter transigent avec le plus élémentaire principe de précaution alors que les risques sur la santé sont documentés.

NOUS EXIGEONS que les preuves indiscutables d’inocuité (absence de danger) soient apportées par des experts indépendants pour que les sociétés Monsanto, Bayer, Syngenta et Cie puissent commercialiser leurs produits.

C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la ministre, d’agir pour faire barrage à la délivrance d’un permis de contaminer à ces multinationales, et de prendre les initiatives pour interdire l’usage des perturbateurs endocriniens dès lors que le principe de précaution n’est pas respecté.

Nos vies, nos enfants, notre Terre valent plus que les profits des entreprises de Big Chimie.

Je vous prie de croire, Madame la ministre, à l’expression de ma considération distinguée.

Découvrez en plus ici : https://petitions.pure-sante.info/encore-plus-de-perturbateurs-endocriniens/#hmbAmd6qRVgekmWG.99

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La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb. Initiative Communiste

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb. Initiative Communiste

La Syrie libère Al Mayadin, la coalition US passe un accord avec Daesh à Raqqa, la Turquie envahit la province d’Idleb

En , la guerre contre le terrorisme continue et fait tomber les masques.

Après Deir Ez Zorr, la Syrie libère Al Mayadin

Après Deir Ez Zorr, il y a quelques semaines, c’est l’une des principales villes de la vallée de l’Euphrate – Al Mayadin – qui vient d’être libérée par l’armée républicaine syrienne. L’offensive lancée par la Syrie pour chasser est ainsi en train de porter ses fruits, le groupe terroriste islamiste se voyant ainsi privé de la principale ville qu’il contrôlait encore en Syrie et qui était devenue sa capitale de facto.

Cette victoire syrienne est obtenue dans des conditions difficiles, grâce au soutien du groupe aérien de l’armée russe en Syrie – qui comprend moins d’une trentaine d’avions, à comparer aux centaines d’avions déployés par les USA et leurs alliés de l’OTAN, France comprise, dans la région – du Liban et de l’Iran. Elle démontre par les faits qu’il est possible de défaire Daesh et que la progression de l’État Islamique – avec les conséquences tragiques tels que les attentats en France – est bien le fruit du laisser faire par les capitales occidentales qui se sont appuyées sur Daesh pour mettre la Syrie à feu et à sang pour profiter du chaos, pour avancer leurs pions dans cette région stratégique et riche en pétrole. Rappelons que ces dernières semaines, afin d’entraver la progression de l’armée syrienne, une contre-offensive de Daesh a  pu se déployer à travers des centaines de km² de désert censés être contrôlés par des rebelles soutenus par les États-Unis et la France. Oui, dans la guerre contre Daesh, les masques tombent.

De fait, on se demande comment les centaines d’avions – y compris de l’armée française – les livraisons massives d’armes et les militaires présents en nombre de la coalition US n’ont jamais permis de faire reculer pendant plus de 3 ans Daesh. Poser la question c’est y répondre. Il suffit de se souvenir que la multinationale française du ciment – Lafarge – a payé Daesh au moment même où cette organisation terroriste commanditait des attentats en France. Et cela sans que le gouvernement et le ministre des affaires étrangères de l’époque n’y trouvent à redire. Laurent Fabius – qui déclarait que Al Nosra -c’est à dire Al Quaida) faisait du bon boulot en Syrie – désormais président du Conseil Constitutionnel, l’une des plus hautes institutions en France, se retrouve désormais dans la collimateur de la justice.

La libération de la majeure partie du pays et le contrôle de la quasi-totalité de ses grandes villes de Syrie par les autorités souveraines de Damas est un camouflet infligé à l’hyper -impérialisme euro-atlantique. Une défaite géopolitique résultant de la mobilisation asymétrique russe et iranienne, avec le soutien diplomatique de la Chine. La libération de Deir Ez Zorr et de Al Mayadin est ainsi à mettre en rapprochement avec la volte-face du président Trump qui prétend répudier les accords multilatéraux signés concernant la question nucléaire avec Téhéran, des accords garantis par Paris et Berlin. Là aussi les masques tombent et Macron comme Merkel apparaissent pour ce qu’ils sont, les pions de Washington, à la remorque d’un président américain dont chacun ne peut désormais plus nier qu’il est la menace principale contre la paix mondiale.

À Raqqa, la coalition US passe un accord avec Daesh

À l’inverse, à Raqqa, la coalition américaine vient de passer un marché avec Daesh pour finaliser la prise de la ville : un étrange marché qui consiste à permettre aux milliers de terroristes islamistes regroupés dans la ville de sortir avec leurs armes vers… la province de Deir Ez Zorr. En vertu de quoi les combats se sont arrêtés. Les familles des victimes des terroristes de Daesh en France jugeront comme il se doit cette politique de la coalition américaine à laquelle Macron participe, consistant à laisser poursuivre ailleurs les crimes des terroristes islamistes qui ,de Raqqa, ont commandité – nous dit-on – les attentats contre Charly et l’Hyper Casher, puis les attentats contre le Bataclan, Nice, Saint-Etienne du Rouvray etc…

Erdogan et la Turquie se lancent ouvertement à l’assaut de la Syrie : les troupes turques franchissent la frontière vers Idleb

Dans le même temps, violant le processus de Genève et les négociations d’Astana en cours, la Turquie de l’autocrate Erdogan – profitant une fois de plus du soutien militaire de l’OTAN et financier de l’Union Européenne qui lui verse des milliards d’euros a une nouvelle fois violé les frontières, envoyant ses soldats dans le nord de la Syrie, dans la province d’Idleb. Une province où elle subventionne et influence déjà de nombreux groupes terroristes islamistes qui agissent dans cette région, dont le principal est ouvertement affilié à Al Quaida. Le but de cette nouvelle invasion turque violant le droit international est à la fois de continuer à prendre le contrôle du nord de la Syrie, mais également d’attaquer les Kurdes dans cette zone frontalière du Kurdistan turque.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! Léon Landini, Résistant FTP-MOI

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #Politique étrangère

 

Communiqué de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » en faveur de la pétition lancée par Léon Landini : « NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! ».

 

Je trouve scandaleux et même davantage que le Président actuel se permette d'imposer ces symboles au peuple français malgré le refus net et catégorique exprimé le 29 mai 2005.

Cela porte un nom, c'est une forfaiture!

Agissons donc pour retrouver notre Liberté et notre indépendance. L'engagement permanent de monsieur Léon Landini doit nous permettre de lever la tête et de combattre . La France mérite mieux que ces marionnettes imposées de l'extérieur. Il faut RESISTER!

Lucien PONS Président de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"

Une vidéo intéressante

https://www.youtube.com/watch?v=x3FUlzfTFmw

Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES ! Léon Landini, Résistant FTP-MOI

Pétition : NON au drapeau de l'Union Européenne et à son "hymne". Place aux PEUPLES !

Léon Landini, Résistant FTP-MOI, Médaille de la Résistance, président du PRCF, et d'un large rassemblement

15 oct. 2017 — Emmanuel Macron, en violation de la constitution française et du vote des Français le 29 mai 2005 veut imposer à la France le drapeau de l'Union Européenne - bleu marial au douze étoiles un drapeau anti laïc faisant explicitement référence au culte de la vierge d'après le fonctionnaire européen qui l'a dessiné - ainsi que l'hymne de l'Union Européenne. En clair remplacer l'hymne de la Révolution - la Marseillaise - et le drapeau de la République Française par celui de l'UE cette structure totalitaire à laquelle les français en 2005 et la majorité des peuples européens consultés ont dit non lors de plusieurs referendum. Pour faire respecter la souveraineté des peuples et refuser cette nouvelle marque de soumission à une institution supranationale structurellement anti démocratique qui divise et oppose les peuples et renforce la dictature des multinationales contre les peuples signez la pétition pour dire non au drapeau de l'Union Européenne et à son hymne.
signez la pétition sur change.org , faites signez vos proches et vos amis, partagez la sur les réseaux sociaux. Tous ensemble, unissons nos voix pour faire respecter celle des peuples, et défendre en France et en Europe la souveraineté des peuples, base et condition nécessaire de la démocratie.

Une vidéo intéressante

https://www.youtube.com/watch?v=x3FUlzfTFmw

 

Voici le lien pour signer la pétition
https://www.change.org/p/france-non-au-drapeau-de-l-union-europ%C3%A9enne-et-%C3%A0-son-hymne-place-aux-peuples

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[Russeurope en exil] 1917 : Guerre et Révolution, par Jacques Sapir

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La Russie, #La France

Le choc de la guerre et la révolution d’octobre en Russie

La guerre de 1914 a indéniablement aussi joué un rôle important dans les révolutions de 1917. Mais, son influence a été multiple, allant du coup final à la dé-légitimation du régime tsariste, à la brutalisation des relations sociales. On peut ainsi soutenir, non sans quelques arguments, que sans la guerre la révolution n’aurait jamais eu lieu. Mais, on peut tout aussi soutenir que sans les contradictions politiques, économiques et sociales qui s’accumulaient depuis la fin du XIXè siècle la guerre n’aurait jamais eu les conséquences qu’elle eues en Russie. Par ailleurs, la politique étrangère russe depuis le début du XXè siècle était largement dictée par les contradictions qui minaient le régime tsariste. De ce point de vue, on doit considérer la guerre de 1914 à la fois comme un phénomène exogène et endogène de l’histoire de la Russie.

La spécificité de la Première Guerre Mondiale

Il faut cependant prendre conscience de l’événement traumatique que cette guerre représenta pour l’ensemble des participants. Economiquement, elle a confronté l’ensemble des participants à une crise économique grave, résultant des caractéristiques mêmes de la guerre moderne et de la « révolution dans les affaires militaires, qui avait eu lieu de la guerre de Sécession aux Etats-Unis aux guerres qui vont marquer le tournant du siècle (Guerre des Boers, guerre Russo-Japonaise de 1904-1905, guerres balkaniques). Cette « révolution » conduit à une consommation de munitions absolument extraordinaire, dépassant toutes les prévisions des Etats-Majors d’avant guerre. Dans tous les pays belligérants, cette situation va provoquer une « crise des munitions », qui aboutira au quasi-arrêt des combats de décembre 1914 à février 1915. A cette époque les réserves sont épuisées, et les canons ne peuvent tirer que un à deux obus par jour. L’Allemagne est particulièrement touchée par ce problème car, outre l’ampleur des consommations de munitions (essentiellement pour l’artillerie), elle doit faire aussi face au blocus maritime des britanniques et des français. Or, l’Allemagne dépend pour toute une série de productions des importations maritimes. Cela conduira à la constitution d’un comité aux approvisionnements, le KRA qui, progressivement, va imposer en Allemagne une forme d’économie planifiée[1]. Les logiques de mobilisation industrielle que l’on rencontre chez tous les belligérants auront par ailleurs des conséquences importantes dans l’après-guerre, donnant ainsi naissance au courant dit « planiste » en Belgique et en France[2].

En fait, si l’influence de la guerre de 1914-1918 dans la mise en place de cette forme d’organisation de l’économie est indéniable en Allemagne, on peut aussi repérer dans le militarisme prussien d’avant 1914 des formes d’organisations qui sont congruentes avec cette économie semi-planifiée qui émergera sous l’empire de la nécessité[3]. Par ailleurs, un sociologue comme Max Weber sera décisivement influencé dans sa définition de la bureaucratie[4] par l’expérience de la mobilisation industrielle pour et pendant la guerre[5]. Il est alors intéressant de regarder l’impact de ce système sur les représentations des acteurs. C’est particulièrement vrai de Walther Rathenau qui sera, au moment de son assassinat après la guerre par des membres des Corps Francs[6], le Ministre des Affaires Etrangères de la République de Weimar naissante[7], et à ce titre l’un des signataires de l’accord de Rapallo avec l’URSS, et qui joua un rôle dirigeant dans le KRA. Walther Rathenau va ainsi se prendre à rêver d’une forme de socialisme étatique immédiatement après la guerre[8]. On peut comprendre alors que cette expérience de la militarisation de l’économie, de cette planification qui ne dit pas son nom, ait fascinée les dirigeants bolchéviques.

Walther Ratheau

La logique de la mobilisation industrielle en Russie

La Russie va elle aussi connaître un phénomène à la fois similaire[9], la production de l’industrie devient insuffisante devant les besoins de la guerre (on produit 35000 obus/jour alors qu’il en faudrait 45000)[10], mais aussi fort différent. Il faut ici rappeler que les débuts de la guerre, pour malheureux qu’ils aient été pour la Russie, avec la défaite de Tannenberg (27-30 août 1914) ou des Lacs Mazures (15 septembre 1914), sont marqués par une intensité extrême des combats[11]. Par la suite, l’armée russe connaitra des victoires contre les forces austro-hongroises, en particulier lors de l’offensive Broussilov en 1916[12]. Comme pour l’ensemble des belligérants, les dirigeants russes sont confrontés à une situation où la guerre moderne impose une brutale restructuration de l’économie afin d’obtenir l’augmentation rapide de certaines productions, dans la métallurgie mais aussi dans la chimie (poudre et explosifs). Ils vont d’abord chercher à importer massivement le matériel qui leur fait défaut, et de septembre 1914 à 1917 ce ne sont pas moins 1 800 navires de transports alliés qui débarqueront 5 475 000 tonnes de matériel pour les armées russes[13], mais aussi rationaliser et développer la production industrielle nationale. Or, et c’est ici une différence majeure avec les expériences de mobilisation industrielle réalisées en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France, cette restructuration se fera largement contre le gouvernement, ou du moins dans un esprit de séparation et non de coordination, et dans un climat de quasi-insurrection des petits et moyens entrepreneurs contre la haute administration tsariste[14]. On retrouve là un effet direct de ce procès en incompétence qu’instruisaient les responsables de l’association pour l’industrie et le commerce depuis les années 1907-1910[15], et dont on a parlé plus haut. Mais, cette situation a eu des conséquences importantes. Elle a jeté les bases d’un état de fait de « double pouvoir » qui va alors se développer en Russie, pour connaître son point fort à la fin de 1916 et en 1917.

Il convient ici de préciser que si les différentes institutions mises sur pied par l’Association de l’Industrie et du Commerce avaient besoin pour fonctionner des commandes de l’Etat tsariste, elles considéraient qu’elles étaient mieux placées que les fonctionnaires de l’Etat pour administrer cette manne financière. Bien entendu, les administrations de Saint-Pétersbourg pensaient le contraire, mais elles avaient désespérément besoin des relais matériels dans les provinces que lui fournissait l’Association. Une situation analogue existe d’ailleurs en France et au Royaume-Uni, mais elle se traduisit par une coopération, plus ou moins harmonieuse, entre les industriels et le pouvoir politico-administratif, car le pouvoir politique y était légitime. En Russie, au contraire, s’il y a une coopération de fait, elle se produit dans un climat de méfiance, de suspicion, de conflit. On perçoit rapidement que l’Etat tsariste a perdu sa légitimité à imposer les formes qu’il souhaiterait d’organisation de l’industrie, même si il en possède incontestablement une partie des moyens. La corruption endémique régnant dans l’administration centrale, l’incompétence aussi de très nombreux hauts responsables qui ne devaient leurs postes qu’à une courtisanerie effrénée, l’incompétence de l’Etat-Major, qui se traduit par des défaites retentissantes, expliquent largement cette dé-légitimation de l’Etat tsariste dans la mise en place de la mobilisation économique et industrielle.

Le conflit entre l’Etat et les industriels

Dès lors, la constitution des Comités Militaro-Industriels ou VPK (Voenno-Promychlennie Komitety), comités locaux organisant concrètement tant la production que la répartition des ressources rares et qui sont fédérés par un comité central le Ts.VPK[16], est l’occasion pour les représentants du capitalisme autochtone, rassemblés autour du groupe moscovite de l’Association de l’Industrie et du Commerce, de tenter une alliance à la fois avec l’intelligentsia technique et avec les travailleurs[17]. La tentative de mettre en place des “comités de travailleurs” (ou Rabotchie Gruppy ) va d’ailleurs aboutir à un conflit ouvert avec l’administration tsariste qui menacera d’arrêter les principaux dirigeants des VPK et d’interdire les organisations qu’ils dirigent[18]. Rappelons que la Russie avait connue, dans les années 1912-1914 une vague montante de grèves ouvrières, touchant l’ensemble des secteurs de l’industrie[19]. La « question ouvrière » comme on le dit à l’époque, est une question éminemment sensible politiquement. Les responsables du Ts.VPK vont, devant la menace de la répression, reculer, du moins en apparence, et renoncer aux « comités de travailleurs » qui leurs auraient permis de tenter de contrôler directement une bonne partie de la classe ouvrière. Mais, en secret, ils ouvriront des négociations avec les organisations politiques clandestines pour des formes de « cogestion » de la classe ouvrière.

La dynamique de ce conflit s’éclaire quand on apprend que, dès 1912-1914, un certain nombre d’industrialistes n’avaient pas hésité à soutenir des mouvements d’opposition clandestins, SR, menchéviques et même bolcheviques[20]. De même on retrouve dans l’organisation centrale des VPK L.B. Krasin, directeur de la branche russe de AEG-Siemens et militant bolchevique notoire, ainsi que nombre de responsables SR. Mais le conflit entre l’administration tsariste et les VPK n’est pas la seule caractéristique de la mobilisation de l’industrie russe. Le réseau des VPK va se doter rapidement de ses propres systèmes de financement, qui reposent à la fois sur la mobilisation des nombreuses petites banques locales et municipales et sur des relations d’échange non-monétaires. Le troc entre les entreprises de ce réseau est régulé par le VPK local qui détermine les rapports d’échange et sert de chambre de compensation. Dans la gestion des créances industrielles, le réseau des VPK devient une alternative potentielle à la Banque Centrale, qui dès lors n’a d’autre solution que de coopérer étroitement avec lui à partir de 1916. Les autorités politiques tsaristes ont été plus que méfiantes vis-à-vis de ce que représentait le mouvement des VPK, dont elles percevaient bien la charge politique contestataire. Cependant, dans certaines administrations des responsables ont rapidement pris la mesure de l’efficacité de cette mobilisation industrielle. Il en fut ainsi pour les services de la mobilisation industrielle au Ministère du Commerce et de l’Industrie.

Cette articulation entre la dimension locale et la dimension nationale favorisa l’émergence au sein des VPK d’une logique d’organisation par branches industrielles. Dès la seconde moitié de 1916 on voit apparaître une double structuration de l’économie russe, à la fois organisée sur une base territoriale et sur une base verticale. Aux structures financières locales, instituées par les VPK des provinces, vient alors s’ajouter des structures financières spécialisées par branches ou par secteur d’activité. Celle-ci va donner naissance à une tradition d’administration de l’économie sous une double base, territoriale et par branches industrielles, à travers la coordination progressive entre les ministères et les VPK[21]. Cette structuration sera reprise telle qu’elle après la révolution d’Octobre, et va perdurer pendant pratiquement la totalité de l’histoire de l’URSS[22].

Jacques Sapir

Notes

[1] Feldman G.D., Army, Industry and Labor in Germany : 1914-1918, Princeton University Press, Princeton, 1966

[2] De Man, H., Réflexions sur l’économie dirigée, Bruxelles et Paris, L’Églantine, 1932.

[3] Bucholz A., Moltke and the German Wars, New York, Palgrave Macmillan, 2001.

[4] Merton R., 1971, ‘Bureaucratic Structure and Personality’ in A. Etzioni (ed.), A

Sociological Reader on Complex Organizations, 2nd edition, London, Holt, Rinehart & Winston, pp. 47–59

[5] Cochrane G., Max Weber’s Vision for Bureaucracy – A casualty of World War I, New York, Palgrave-MacMillan, 2017.

[6] Il fut tué en 1922 par Erwin Kern et Hermann Fischer de l’organisation Consul.

[7] Voir David F., Walther Rathenau and the Weimar Republic, Baltimore, The Johns Hopkins Press, 1971

[8] Rathenau W., La Mécanisation du Monde, traduction française par J. Vaillant, Aubier-Montaigne, Paris, 1972.

[9] Sidorov A.L., Ekonomitcheskoe Polozhenie Rossii v gody pervoj mirovoj vojny, Nauka, Moscou, 1973

[10] Schiavon M., L’Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d’un empire, Paris, Éditions, SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », 2011, p. 133.

[11] Andolenko S., Histoire de l’armée russe, Paris, Flammarion, 1967

[12] MacLasha Y. et Jean Lopez, « Alexeï Broussilov, des Blancs aux Rouges », in Guerres et Histoire, no 39, avril 2016.

[13] Voir Huan C, La marine soviétique en guerre : tome I Arctique, Paris, Economica, 1991,

[14] Zagorsky S, State control of the industry in Russia during the War, Yale University Press, New Haven, 1928.

[15] Goldberg C, The association of Industry and Trade: 1906-1917, op.cit..

[16] L.H. Siegelbaum, The politics of industrial mobilization in Russia : 1914-1917, Macmillan, Londres, 1983

[17] P.V. Volubuev et V.Z. Drobizhev, “Iz istorij goskapitalisma n natchal’nji period sotsialistitcheskogo strojtel’stva SSSR”, in Voprosy Istorii, n°9, 1957, pp. 113-121.

[18] L.H. Siegelbaum, The politics of industrial mobilization in Russia : 1914-1917, op. cit.

[19] Nossatch V.I., Profsoyuzny Sankt-Peterburga 1905-1930, op.cit.. Ferro M., La Révolution de 1917, t.1, La Chute du tsarisme et les Origines d’Octobre, Paris, Aubier, 1967. Badayev A., Bolcheviki v Gossudarstvennoj Dume – Vospominanja, [Les Bolchéviks à la Douma d’Etat], Moscou, GosIzPolLit, 1954.

[20] Voir les documents de l’Okhrana publiés dans Istoritcheskii Arhiv, n°6/1959, pp. 8-13, et n°2, 1959, pp. 13-16. Voir aussi I.S. Rozental, “Russki liberalizm nakanune pervoj mirovoj vojny”, in Istorija SSSR, n°6, 1971, pp. 52-70.

[21] A.L. Sidorov, Ekonomitcheskoe Polozhenie Rossii v gody pervoj mirovoj vojny, Nauka, Moscou, 1973.

[22] Sapir J., L’économie mobilisée. Essai sur les économies de type soviétique, La Découverte, Paris, 1990.

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“Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue…”, par Thomas Sankara

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Terrorisme

Billet pour l’anniversaire de son assassinat…

Thomas Sankara

Dans notre grande série “Pas vu à la télé”, connaissez-vous Thomas Sankara ?

Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé. Il est né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta.

Militaire, il a créé le parti Révolution burkinabé, et est devenu premier ministre de son pays en janvier 1983, mais fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand. Le lien entre la visite de Guy Penne et l’arrestation de Sankara reste sujet à controverse, même si les soupçons d’une intervention française restent forts.

Un nouveau coup d’État, le 4 août 1983, place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire. Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d’orientation politique », écrit par Valère Somé.

Thomas Sankara était en premier lieu un des chefs du Mouvement des non-alignés, les pays qui durant la Guerre froide ont refusé de prendre parti pour l’un ou l’autre des deux blocs. Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, en Afrique. Devant l’ONU, il défend le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, être éduqués. Il rebaptise le pays : la Haute-Volta devient Burkina Faso (« Pays des hommes intègres »). Les résultats de cette politique sont sans appel : réduction de la malnutrition, de la soif (construction massive par les CDR de puits et retenues d’eau), des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabés ou non) et de l’analphabétisme. Sankara est aussi connu pour avoir rompu avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabé, par l’affaiblissement brutal du pouvoir des chefs de tribus, et par la réintégration des femmes dans la société à l’égal des hommes (interdiction de l’excision, réglementation de la polygamie, participation à la vie politique, une journée hebdomadaire lors de laquelle les hommes devaient aller au marché à la place des femmes a été instaurée). Il a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification. Il est le seul président d’Afrique (et sans doute du monde) à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l’État pour les remplacer par de basiques Renault 5. Il faisait tous ses voyages en classe touriste et ses collaborateurs étaient tenus de faire de même – quand il ne se déplaçait pas en “avion-stop”… Il est célèbre aussi pour son habitude de toujours visiter Harlem (et d’y faire un discours) avant d’arriver à l’ONU. Il est considéré par certains comme le Che Guevara africain. (Source : Wikipedia).

Je vous parle de lui en raison du “Discours sur la dette des pays africains” qu’il a tenu à l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) à Addis Abeba (Ethiopie) le 29 juillet 1987. Il permet de réfléchir d’une part au rôle que nous avons joué en tant que créancier, et d’autre part à l’ironie de se retrouver aujourd’hui gravement débiteur. Écoutons-le.


Discours de THOMAS SANKARA a ADDIS ADEBA

 

Vous pouvez le télécharger ici en pdf.

Ou le lire ici 🙂 :


Discours prononcé par Thomas Sankara sur la dette

« Un front uni contre la dette »

Prononcé à la 25e conférence des pays membres de l’OUA à Addis-Abéba le 29 juillet 1987

Au sujet du fonctionnement de l’OUA

Monsieur le président ; Messieurs les chefs des délégations : Je voudrais qu’à cet instant nous puissions parler de cette autre question qui nous tiraille : la question de la dette, la question de la situation économique de l’Afrique. Autant que la paix, elle est une condition importante de notre survie. Et c’est pourquoi j’ai cru devoir vous imposer quelques minutes supplémentaires pour que nous en parlions. Le Burkina-Faso voudrait dire tout d’abord sa crainte. La crainte que nous avons c’est que les réunions de l’OUA se succèdent, se ressemblent mais qu’il y ait de moins en moins d’intéressement à ce que nous faisons.

Monsieur le président : Combien sont-ils les chefs d’Etat qui sont ici présents alors qu’ils ont dument appelés à venir parler de l’Afrique en Afrique ? Monsieur le président : Combien de chefs d’Etats sont prêt à bondir à Paris, à Londres, à Washington lorsque là-bas on les appelle en réunion mais ne peuvent pas venir en réunion ici à Addis-Abeba en Afrique ? Ceci est très important. [Applaudissements] Je sais que certains ont des raisons valables de ne pas venir.

C’est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d’Etats qui ne répondent pas présents à l’appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, [Rires] puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemple : les projets que nous soumettons à la Banque africaine de développement (BAD) doivent être affectés d’un coefficient d’africanité. [Applaudissements] Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions.

Au sujet de la dette des pays africains

Je voudrais vous dire, Monsieur le président, que la question de la dette est en question que nous ne saurions occulter. Vous-même vous en savez quelque chose dans votre pays où vous avez du prendre des décisions courageuses, téméraires même. Des décisions qui ne semblent pas du tout être en rapport avec votre âge et vos cheveux blancs. [Rires] Son Excellence le président Habib Bourguiba qui n’a pas pu venir mais qui nous a fait délivrer un important message donné cet autre exemple à l’Afrique, lorsque en Tunisie, pour des raisons économiques, sociales et politiques, il a du lui aussi prendre des décisions courageuses. Mais, Monsieur le président, allons-nous continuer à laisser les chefs d’Etats chercher individuellement des solutions au problème de la dette avec le risque de créer chez eux des conflits sociaux qui pourraient mettre en péril leurs stabilités et même la construction de l’unité africaine ? Ces exemples que j’ai cités, il y en a bien d’autres, méritent que les sommets de l’OUA apportent une réponse sécurisante à chacun de nous quant à la question de la dette.

Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par son origine. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui se sont transformés en ” assistants techniques “. En fait, nous devrions dire en assassins technique. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des ” bailleurs de fonds “. Un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le “bâillement” suffirait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous à amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale. Ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.

Monsieur le président : Nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en surs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en surs également. Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue. [Applaudissements]

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé.

On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacés, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

Au sujet du pouvoir financier

La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements. Lorsqu’on nous parle de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et les bas-quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter.

On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.

Monsieur le président : Nous entendons parler de clubs, club de Rome, club de Paris, club de Partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, des sept, du groupe des dix, peut-être du groupe des cent, que sais-je encore ? Il est normal que nous créions notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’ou partira le souffle nouveau : Le Club d’Addis-Abeba.

Au sujet de la morale

Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le front uni du Club d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons dire aux autres, qu’en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Mais Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes que ceux qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saurait être payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale.

La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. [Applaudissements] Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui. Nous devons au contraire reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu’un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples.

Monsieur le président, ma proposition ne vise pas tout simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer. Nous tous le souhaitons. [rires et applaudissements]

Ma proposition n’est pas non plus… Je ne voudrais pas qu’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus qu’on pense qu’il n’y a que des révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais qu’on admette simplement que c’est l’objectivité et l’obligation. Et je peux citer, dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires, comme des non révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple, Fidel Castro a déjà dit de ne pas payer, il n’a pas mon âge, même s’il est révolutionnaire. Mais je pourrais citer également François Mitterrand qui a dit que les pays africains ne pouvaient pas payer, les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je pourrais citer madame le premier ministre…je ne connais pas son âge et je m’en voudrais de le lui demander. Mais… [rires] c’est un exemple. Je voudrais citer également Félix Houphouët-Boigny, il n’a pas mon âge. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement, du moins pour ce qui concerne son pays, la Côte d’Ivoire ne peut pas payer. Or, la Côte d’ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d’Afrique, au moins d’Afrique francophone. C’est pourquoi il est normal qu’elle paye plus, en contribution, ici [éclats de rires].

Mais, Monsieur le président, ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, donc j’ai grand besoin, [Applaudissements] avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.

Au sujet des armes

Et je voudrais terminer en disant que nous pouvons rassurer les pays auxquels nous disons que nous n’allons pas payer la dette, que ce qui sera économisé n’ira pas dans les dépenses de prestige. Nous n’en voulons plus. Ce qui sera économisé ira dans le développement. En particulier nous éviterons d’aller nous endetter pour nous armer. Car chaque fois qu’un pays africain achète une arme, c’est contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen, ce n’est pas contre un Asiatique, c’est contre un Africain. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l’unique arme que je possède. D’autres ont camouflé les armes qu’ils ont. [Rires et applaudissement]

Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialités pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de quoi faire et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pouvons les trouver.

Au sujet de la préférence africaine

Monsieur le président : Faisons en sorte que nous mettions au point ce Front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains. Produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique.

Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabé. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique.[Applaudissements] Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne. Je vous remercie, Monsieur le président.

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! [longs applaudissements]

Thomas Sankara

Thomas Sankara


Épilogue

Thomas Sankara« Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! […]La patrie ou la mort ! »

En effet, Thomas Sankara a été assassiné 75 jours plus tard, le 15 octobre 1987, à 37 ans, durant le coup d’État de son “ami” Blaise Campaoré, appuyé, semble-t-il, par le Libéria, la Lybie, la France et la CIA.

En avril 2006, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a condamné le Burkina Faso pour refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d’en poursuivre les responsables).

Blaise Campaoré est resté président du Burkina Faso jusqu’en 204, où il a été chassé du pouvoir par un soulèvement populaire.

Il a toujours été régulièrement reçu à Paris…

Sarkozy Compaoré

Oser lutter, oser inventer l’avenir.” [Thomas Sankara]

 

Réponses à [15/10] “Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue…”, par Thomas Sankara

Commentaires recommandés

 
 
 

Vous savez ce que Sankara a fait quand il a pris le pouvoir ? Il a vendu les grosses Mercedes du gouvernement pour les remplacer par de modestes Renault 5… je me suis toujours étonné que cet homme soit resté en vie 4 ans.

@raph: “Si un état s’endette c’est parce qu’il dépense trop”… Non. Ca c’est du répétage de bourrage de crâne télévisuel. Déjà, les dettes modernes ne sont pas faites pour être remboursées. Au contraire : c’est l’intérêt sur ces dettes qui fait tourner la machine (100% de nos impôts sur le revenus vont servir à payer UNIQUEMENT les intérêts… oubliez les bobards au sujet des hôpitaux, des routes, etc…).

En ce qui concerne les pays africains et l’Amérique latine, la dette a été un moyen de les dominer et de les asservir. Voir la témoignage de John Perkins : “confessions d’un assassin financier”:
http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news

Savez-vous que Sadam Hussein avait décidé de ne plus vendre son pétrole en dollars peu de temps avant que les US se lancent en croisade contre lui ? Savez-vous que Kadhafi était en train de motiver des états africains à sortir de nos monnaies papier en créant un dinar indexé sur l’or ? Que l’Iran depuis 2008 fait tout pour ne plus se faire payer son pétrole en dollars ? Tout cela ne donne-t-il pas un éclairage différents et intéressant au sujet des tensions / guerres avec ces pays ?

Le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, l’OTAN, etc… sont les agents de cette domination Nord/Sud. La nouveauté, c’est que maintenant c’est au tour des pays Européens de se faire dépecer sans vergogne. Retenez bien la propagande “les Grecs sont des tricheurs, ils ont tous acheté des 4×4 de luxe, etc…”, car c’est ce qu’on dira de la France l’année prochaine pour justifier votre étranglement financier. Alors seulement, peut-être, vous commencerez à comprendre l’étendue de cette ignoble système, de l’enfumage dont vous êtes victime, et à vous auto-guérir de votre syndrome de Stockholm! Mais pour vos économies, il sera trop tard…

T. Sankara était un très grand homme très en avance sur son temps, pas un petit excité de passage. Ils savait de quoi il parlait.

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Les documents de l’administration Reagan mettent en lumière l’ingérence des États-Unis, par Robert Parry

16 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Daesch, #Politique étrangère, #Grèce

Source : Robert Parry, Consortium News, 13-09-2017

Des documents « secrets » de l’administration Reagan montrent comment les États-Unis ont intégré « l’action politique », c’est-à-dire, la manipulation des gouvernements étrangers, dans les organisations ostensiblement bien intentionnées, rapporte Robert Parry.

Les documents « secrets », récemment déclassifiés par la bibliothèque présidentielle Reagan, révèlent que des hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche réengagent une ancien « propriétaire » de la CIA, « La Fondation Asiatique », dans « l’action politique », un terme utilisé par les services secrets pour influencer les actions des gouvernements étrangers.

Partiellement occulté par le président Reagan, Walter Raymond Jr. était le spécialiste de la propagande et de la désinformation de la CIA qui a supervisé des projets « d’action politique » et « d’opérations psychologiques » au Conseil de sécurité nationale dans les années 1980. Raymond est assis à côté du conseiller à la sécurité nationale John Poindexter. (Crédit photo : Bibliothèque présidentielle Reagan)

Les documents de 1982 sont arrivés à un moment charnière où l’administration Reagan réorganisait la façon dont le gouvernement américain s’efforçait de manipuler les affaires internes des gouvernements du monde entier à la suite des scandales des années 1960 et 1970 impliquant les opérations secrètes mondiales de la CIA

Au lieu de continuer à dépendre fortement de la CIA, le président Reagan et son équipe de sécurité nationale ont commencé à transférer bon nombre de ces responsabilités « d’action politique » vers des « organisations non gouvernementales » (ONG) qui opéraient ouvertement et recevaient des fonds d’autres organismes gouvernementaux américains.

Mais le secret était encore nécessaire pour que ces ONG soient impliquées dans les stratégies du gouvernement américain pour infléchir la volonté politique des pays ciblés. Si « l’action politique » de ces ONG était connue, de nombreux pays s’opposeraient à leur présence; par exemple, la classification « secrète » des mémos de la Maison-Blanche de 1982 que j’ai récemment obtenus par le biais d’une « revue de déclassification obligatoire » des archivistes de la bibliothèque présidentielle Reagan à Simi Valley, en Californie.

Dans les milieux du renseignement, « l’action politique » désigne un large éventail d’activités visant à influencer les politiques et les comportements des pays étrangers, allant de la couverture médiatique oblique à l’organisation et à la formation des militants de l’opposition, en passant par la mise en place des conditions d’un « changement de régime ».

Les notes nouvellement déclassifiées de la seconde moitié de 1982 marquaient une période de transition ad hoc entre les scandales de la CIA, qui ont culminé dans les années 1970, et la création d’institutions plus permanentes pour remplir ces fonctions semi-secrètes, en particulier le National Endowment for Democracy (NED), créé en 1983.

Une grande partie de cet effort a été supervisée par un haut fonctionnaire de la CIA, Walter Raymond Jr., qui a été muté au personnel du Conseil national de sécurité de Reagan, où il a dirigé un certain nombre de groupes de travail inter-institutions axés sur la « diplomatie publique », les « opérations psychologiques » et « l’action politique ».

Raymond, qui avait occupé des postes de haut niveau dans l’atelier d’opérations secrètes de la CIA, spécialisé dans la propagande et la désinformation, travaillait également dans l’ombre à la Maison-Blanche de Reagan. Raymond a rarement été photographié, bien que son portefeuille de responsabilités ait été très étendu. Il a apporté dans son orbite des « étoiles » émergentes, dont le lieutenant-colonel Oliver North (une figure centrale dans le scandale Iran-Contra), le propagandiste du département d’État (et maintenant un néo-conférencier de premier plan) Robert Kagan, et le président du NED Carl Gershman (qui dirige toujours le NED avec son budget de 100 millions de dollars).

Bien qu’ayant systématiquement tenté d’éviter les caméras, Raymond semble avoir compris leur importance. Dans ses dossiers du CSN, j’ai trouvé le gribouillis d’un organigramme dans lequel Raymond était au sommet de ce qui ressemblait aux poignées croisées utilisées par les marionnettistes pour contrôler les marionnettes au-dessous d’eux. Ce dessin correspondait à la réalité de Raymond, en tant qu’agent caché derrière les volets qui contrôlait diverses équipes inter-services de première importance.

Des documents déclassifiés précédemment ont révélé que Raymond était aussi le canal entre le directeur de la CIA William J. Casey et ces programmes dits « pro-démocratie » qui utilisaient des stratégies de propagande sophistiquées pour influencer non seulement la pensée des populations étrangères, mais aussi celle du peuple américain.

Cette histoire est à nouveau d’actualité dans le contexte d’ hystérie suscitée par la prétendue « ingérence » russe dans les élections présidentielles américaines de l’an dernier. Si ces allégations sont vraies – et le gouvernement américain n’a toujours pas présenté de preuves réelles -, le mobile russe aurait été, en partie, la revanche concernant la longue tradition de Washington de manipuler la politique intérieure de la Russie et celle d’autres pays partout dans le monde.

Un combat pour l’argent

Les notes de service récemment publiées décrivent les discussions bureaucratiques sur les niveaux de financement de The Asia Fundation (TAF), le seul sujet sensible, pour justifier le timbre « secret », étant la référence à l’intention du gouvernement américain d’exploiter les programmes de TAF pour des opérations « d’action politique » dans les pays asiatiques.

Le vice-président à l’époque George H. W. Bush avec le directeur de la CIA William Casey à la Maison-Blanche le 11 février 1981. (Crédit photo : Bibliothèque Reagan)

En fait, la possibilité d’une « action politique » sous la couverture de la TAF semblait être la raison pour laquelle les contrôleurs budgétaires de Reagan ont cédé et accepté de rétablir le financement de la fondation.

William Schneider Jr. du Bureau de la gestion et du budget a écrit dans une note de service du 2 septembre 1982 que la Commission d’examen du budget (BRB) avait annulé le financement de The Asia Fundation (TAF) plus tôt dans l’année.

« Lorsque le BRB a examiné cette question pour la dernière fois le 29 mars 1982, il a décidé de ne pas inclure dans le budget une subvention du gouvernement américain à la TAF. La décision du Conseil d’administration était fondée sur la conclusion que, compte tenu des ressources limitées disponibles pour les programmes d’affaires internationales, le financement de la Fondation ne pouvait être justifié. Lors de cette réunion du 29 mars, le département d’État a eu la possibilité de financer la TAF dans le cadre de son budget existant, mais n’ a pas accepté de le faire. »

Toutefois, comme l’ a noté Schneider dans la note de service adressée au conseiller adjoint à la sécurité nationale Robert McFarlane, « je comprends maintenant qu’une proposition visant à poursuivre le financement américain de la Fondation Asie est incluse dans les initiatives “d’ action politique “en cours d’élaboration par le département d’État et plusieurs autres organismes.

« Nous travaillerons bien entendu avec vous pour reconsidérer la priorité relative du soutien à la Fondation dans le cadre de ces initiatives en gardant à l’esprit, toutefois, la nécessité de déterminer les compensations budgétaires. »

L’un des acteurs principaux de de changement stratégique semblait être Walter Raymond, qui connaissait certainement le statut antérieur en tant que « propriété de la CIA ». En 1966, le magazine Ramparts a dévoilé cette relation et qui a amené l’administration Johnson à mettre fin au financement de la CIA.

Selon une note de service du 12 avril 1967 provenant des archives historiques du département d’État, le directeur de la CIA, Richard Helms, en réponse à une recommandation de la Maison-Blanche, « ordonnait que le financement secret de la Fondation Asiatique (TAF) soit résilié à la prochaine occurrence réalisable. »

En coordination avec la « dissociation » de la CIA, le conseil d’administration de TAF a publié ce que la note de service décrit comme « une déclaration soigneusement délimitée de l’admission du soutien passé de la CIA ». Ce faisant, les administrateurs ont cherché à délimiter les effets d’une exposition anticipée du soutien de l’Agence par la presse américaine et, si leur déclaration ou une exposition future ne compromettait pas sérieusement l’acceptabilité de la TAF en Asie, à poursuivre leurs activités en Asie avec un soutien public et privé manifeste.

La note de service de la CIA envisageait un financement futur à partir de « subventions publiques américaines officielles » et demandait des conseils au groupe de surveillance des actions secrètes de la Maison-Blanche, le 303 Committee, pour désigner quelqu’un « auprès de qui la direction de la TAF devrait chercher des orientations et une orientation futures en ce qui concerne les intérêts du gouvernement des États-Unis ».

En 1982, alors que le financement de la TAF était à nouveau menacé, Walter Raymond de la CIA s’est rallié à sa défense depuis son poste au CSN. Dans une note de service non datée adressée à McFarlane, Raymond a rappelé que « le département d’État a souligné que les TAF avaient apporté une contribution importante à la politique étrangère des États-Unis en favorisant les institutions démocratiques et, en tant qu’organisation privée, avaient accompli des choses qu’une organisation gouvernementale ne pouvait pas faire ».

L’intervention bureaucratique de Raymond a fonctionné. Vers la fin de 1982, l’administration Reagan avait pris des dispositions pour que le financement de l’exercice 1984 du TAF passe par le budget de l’Agence d’information des États-Unis (USIA), qui était utilisé pour financer une série « d’initiatives démocratiques » du président Reagan. Raymond a expliqué les dispositions dans une note de service du 15 décembre 1982 adressée au conseiller à la sécurité nationale William Clark.

« La question a été quelque peu obscurcie aux niveaux de travail de l’État depuis que nous avons choisi de financer toutes les initiatives démocratiques de l’exercice fiscal 1984 par le biais de la présentation budgétaire de l’USIA », a écrit Raymond. « En même temps, il est essentiel que l’État maintienne son rôle opérationnel et de gestion avec la TAF. »

Au cours des trois décennies et demie qui ont suivi, les TAF ont continué d’être subventionnés par les gouvernements américains et alliés. Selon son rapport annuel pour l’exercice se terminant le 30 septembre 2016, la TAF a déclaré qu’elle « est financée par un crédit annuel du Congrès américain, par les appels d’offres lancés par les agences gouvernementales et multilatérales de développement, y compris l’Agence des États-Unis pour le développement international, le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, le ministère du Développement international du Royaume-Uni et par des fondations et des sociétés privées », pour un montant total de 94,5 millions de dollars.

Le bureau de presse de la TAF, qui opère dans 18 pays d’Asie, décrit son objectif comme « l’amélioration des conditions de vie dans une Asie dynamique et en développement ».

Loin d’être seule

Mais la TAF n’était pas la seule organisation privée qui fonctionnait avec l’argent du gouvernement américain et collaborait avec les responsables américains pour atteindre les objectifs de la politique étrangère de Washington.

Carl Gershman, président de la Fondation nationale pour la démocratie (NED)

Par exemple, d’autres documents de la bibliothèque Reagan ont révélé que Freedom House, une organisation importante de défense des droits de l’homme, a demandé conseil et des directives à Casey et Raymond tout en faisant la publicité du besoin d’aide financière du groupe.

Dans une lettre du 9 août 1982 adressée à Raymond, Leonard R. Sussman, directeur exécutif de Freedom House, a écrit que « Leo Cherne [un autre haut fonctionnaire de Freedom House] m’a demandé d’envoyer ces copies des appels de Freedom Appeals. Il vous a probablement dit que nous avions dû réduire ce projet pour répondre aux réalités financières. Nous voudrions, bien sûr, développer le projet une fois encore quand les fonds seront disponibles. »

Selon les documents, Freedom House est demeuré la priorité de la réflexion de Casey et Raymond lorsqu’il s’est agi de trouver les moyens les plus efficaces pour transmettre au peuple américain et à la communauté internationale le message de politique étrangère des faucons de la CIA.

Le 4 novembre 1982, Raymond a écrit au conseiller Clark du CSN au sujet des « initiatives et programmes d’information sur la démocratie », déclarant que « Bill Casey m’ a demandé de transmettre l’opinion suivante au sujet de votre rencontre avec Dick Scaife, [milliardaire de droite], Dave Abshire [alors membre du Comité consultatif du renseignement étranger du président], et Co.

« Casey a déjeuné avec eux aujourd’hui et a discuté de la nécessité d’agir en général pour soutenir nos amis du monde entier. Par cette définition, il inclut à la fois “construire la démocratie” et aider à dynamiser les programmes médiatiques internationaux. L’ICD[casey] se préoccupe également du renforcement des organismes d’information publique aux États-Unis, comme Freedom House.

« Un élément crucial du puzzle est un effort sérieux pour mobiliser des fonds privés afin de créer un élan. D’après les entretiens de Casey avec Scaife and Co., ils seraient très disposés à coopérer. Suggérez que vous notiez l’intérêt de la Maison-Blanche pour le soutien privé à l’initiative Démocratie. »

Dans une note de service du 25 janvier 1983, Raymond a écrit: « Nous allons immédiatement aller de l’avant dans notre effort parallèle pour générer un soutien privé » pour les opérations de « diplomatie publique ». Puis, le 20 mai 1983, Raymond a raconté dans une autre note de service que 400 000 $ avaient été recueillis auprès de donateurs privés amenés à la Maison-Blanche par le directeur de l’USIA, Charles Wick. Selon cette note de service, l’argent a été réparti entre plusieurs organisations, dont Freedom House et Accuracy in Media, un groupe de médias agressif de droite.

Dans une note de service du 9 août 1983, Raymond décrit les plans visant à obtenir l’appui du secteur privé pour cet effort. Il a déclaré que le directeur de l’USIA, M. Wick, « par l’intermédiaire du magnat australien de l’édition Rupert Murdock [sic], pourrait être en mesure de retirer des fonds supplémentaires » pour appuyer les initiatives pro-Reagan. Raymond a recommandé « un financement via Freedom House ou une autre structure crédible dans l’establishment politique. »

[Pour en savoir plus sur la connexion Murdoch, voir « Rupert Murdoch : Propaganda Recruit. » de Consortiumnews.com]

Questions de légalité

Raymond est resté officier de la CIA jusqu’en avril 1983, date à laquelle il a démissionné, si bien qu’il a déclaré: « Il n’y a donc aucun doute quant à la contamination de cette » opération de propagande pour convaincre le peuple américain d’appuyer les politiques de Reagan.

Le sceau de la CIA dans le hall du siège de l’agence d’espionnage. (photo du gouvernement américain)

Raymond s’inquiétait également de la légalité du rôle de Casey dans l’effort d’influencer l’opinion publique américaine en raison de l’interdiction légale faite à la CIA d’influencer les politiciens et la politique américaines. Raymond a confié dans une note de service qu’il était important « de sortir [Casey] de la boucle », mais Casey n’ a jamais reculé et Raymond a continué à envoyer des rapports d’avancement à son ancien patron bien tout au long de l’année 1986.

C’était « le genre de chose qui [casey] avait un grand intérêt éclectique pour [l’Iran] », a dit Raymond lors de sa déposition Iran-Contra en 1987. Il a ensuite donné l’excuse que Casey avait entrepris cette ingérence apparemment illégale dans les affaires intérieures « pas tant sous sa couverture de la CIA, mais en tant que conseiller du président ».

En 1983, Casey et Raymond se sont concentrés sur la création d’un mécanisme de financement permanent pour appuyer les organisations privées qui s’engageraient dans la propagande et l’action politique, historiquement organisées et payées secrètement par la CIA L’idée est née d’une entité financée par le Congrès qui servirait de canal pour cet argent.

Mais Casey a reconnu le besoin de cacher les ficelles de la CIA. Dans une lettre non datée adressée à Edwin Meese III, conseiller de la Maison Blanche, Casey a exhorté à la création d’une « Fondation nationale », mais a ajouté : « Évidemment, nous [à la CIA] ne devrions pas nous exposer frontalement dans le développement d’une telle organisation, ni sembler être un commanditaire ou un défenseur. »

Un document dans les dossiers de Raymond donnait des exemples de ce qui serait financé, y compris « Grenade – 50 K – À la seule opposition organisée au gouvernement marxiste de Maurice Bishop (The Seaman and Waterfront Workers Union). 50 000 dollars supplémentaires pour soutenir des activités de télévision gratuites à l’extérieur de Grenade » et « au Nicaragua – 750 000 dollars pour soutenir un éventail d’activités syndicales indépendantes, et des coopératives agricoles ».

La Fondation nationale pour la démocratie a pris forme à la fin de 1983, lorsque le Congrès a décidé de mettre de l’argent de côté – au sein de la NED – pour les partis républicains et démocrates et pour le travail organisé, créant ainsi suffisamment de largesses bipartites pour que son vote soit assuré.

Mais certains membres du Congrès ont pensé qu’il était important de dissocier le NED de tout lien avec la CIA, si bien qu’une disposition a été incluse pour interdire la participation de tout fonctionnaire actuel ou ancien de la CIA, selon un adjoint du Congrès qui a contribué à la rédaction de la législation.

Cet assistant m’ a dit qu’un soir de la fin de la session de 1983, alors que le projet de loi était sur le point d’être présenté à la Chambre, l’agent de liaison parlementaire de la CIA est venu frapper à la porte du bureau du Représentant Dante Fascell, un haut fonctionnaire démocrate du Comité des affaires étrangères de la Chambre des Représentants et un principal parrain du projet de loi.

Le fonctionnaire frénétique de la CIA a transmis un seul message du directeur de la CIA Casey: le libellé interdisant la participation du personnel de la CIA doit être rayé du projet de loi, a rappelé l’adjoint, notant que Fascell a consenti à la demande, ne comprenant pas pleinement sa signification.

L’assistant a déclaré que Fascell a également consenti au choix du gouvernement Reagan de Carl Gershman à la tête du National Endowment for Democracy, n’e comprenant toujours pas comment cette décision affecterait l’avenir de la nouvelle entité et la politique étrangère américaine.

Gershman, qui avait suivi le chemin néoconservateur classique du socialisme juvénile au communisme féroce, devint le premier (et jusqu’ à ce jour le seul) président de NED. Bien que le NED soit techniquement indépendant de la politique étrangère américaine, Gershman a coordonné les premières années avec Raymond les décisions relatives aux subventions au CSN.

Par exemple, le 2 janvier 1985, Raymond a écrit à deux experts asiatiques du CSN que « Carl Gershman a appelé au sujet d’une éventuelle subvention à l’Alliance chinoise pour la démocratie (CAD). Je suis préoccupé par la dimension politique de cette demande. Nous ne devrions pas nous trouver dans une position où nous devons répondre à la pression, mais cette demande pose un réel problème à Carl. »

En plus de lever les obstacles politiques pour Gershman, Raymond a également exhorté le NED à donner de l’argent à Freedom House dans une lettre du 21 juin 1985 obtenue par le professeur John Nichols de la Pennsylvania State University.

Ce que les documents de la bibliothèque Reagan indiquent clairement, c’est que Raymond et Casey ont continué de façonner activement les décisions du nouveau mécanisme de financement pendant ses premières années d’existence. (Casey est décédé en 1987 ; Raymond est décédé en 2003.)

Beaucoup d’argent

Depuis sa fondation, NED a versé des centaines de millions de dollars à des ONG du monde entier, en se concentrant sur la formation d’activistes, la création de médias et le soutien aux organisations civiques. Dans certains points névralgiques de la géopolitique, le NED pourrait avoir plusieurs dizaines de projets en cours d’exécution, comme en Ukraine avant le coup d’État de 2014 qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovitch et a déclenché la nouvelle guerre froide avec la Russie. Grâce à de telles méthodes, le NED a contribué à la réalisation de « l’action politique » envisagée par Casey et Raymond.

Le président russe Vladimir Poutine, suite à son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 28 septembre 2015. (UN Photo)

Dès le début, NED est également devenu un important bienfaiteur de Freedom House, avec une subvention de 200 000 $ en 1984 pour construire un « réseau de faiseurs d’opinion démocratique » et, au cours des quatre premières années, de 1984 à 1988, elle a investi 2,6 millions de dollars dans Freedom House, ce qui représente plus d’un tiers de ses revenus totaux, selon une étude du Conseil libéral des affaires hémisphériques intitulée « Freedom House : Portrait d’un passe-partout ».

Au cours des décennies qui ont suivi, Freedom House est devenue presque une filiale du NED, se joignant souvent à lui, pour organiser des conférences politiques et publier des prises de position, les deux organisations promouvant principalement un programme néoconservateur, mettant au défi des pays jugés insuffisamment « libres », incluant la Syrie, l’Ukraine (avant le coup d’État de 2014) et la Russie.

Le NED et Freedom House travaillent souvent comme une sorte d’équipe d’identification avec les ONG de financement du NED à l’intérieur des pays ciblés et Freedom House, réprimandant ces gouvernements s’ils tentaient de réprimer les ONG financées par les États-Unis.

Par exemple, le 16 novembre 2012, NED et Freedom House se sont unis pour dénoncer une loi votée par le parlement russe exigeant que les bénéficiaires russes de l’argent politique étranger s’enregistrent auprès du gouvernement. Ou, comme le NED et Freedom House l’ont expliqué : la Douma russe a cherché à « restreindre les droits de l’homme et les activités des organisations de la société civile et leur capacité à recevoir un soutien de l’étranger ». Les changements apportés à la législation russe sur les ONG obligeront bientôt les organisations de la société civile recevant des fonds étrangers à choisir entre s’enregistrer en tant ’’qu’agents étrangers’’ ou faire face à des sanctions financières importantes et des accusations criminelles potentielles. »

Bien sûr, les États-Unis ont une loi sur l’enregistrement des agents étrangers presque identique qui exige également que les entités qui reçoivent des fonds étrangers et cherchent à influencer la politique du gouvernement américain à s’enregistrer auprès du ministère de la Justice ou à faire face à des amendes ou des peines d’emprisonnement.

Mais la loi russe entraverait les efforts du NED pour déstabiliser le gouvernement russe en finançant des activistes politiques, des journalistes et des organisations civiques.

Les préoccupations du gouvernement russe n’étaient pas entièrement paranoïaques. Le 26 septembre 2013, Gershman, en effet, a planifié le cours de la crise en Ukraine et de l’objectif néoclassique pour un changement de régime en Russie. Dans une tribune d’opinion du Washington Post, Gershman a qualifié l’Ukraine de « plus grand prix » et a expliqué comment le fait de l’avoir tirée dans le camp occidental pourrait contribuer à la défaite finale du président russe Vladimir Poutine.

« Le choix de l’Ukraine de rejoindre l’Europe accélérera la chute de l’idéologie impérialiste russe que représente Poutine », a écrit Gershman. « Les Russes aussi ont le choix, et Poutine risque de se retrouver du côté perdant, non seulement à l’étranger, mais aussi en Russie. »

La longue histoire de l’ingérence secrète ou semi-couverte du gouvernement américain dans la politique des pays du monde entier est la toile de fond ironique de la frénésie actuelle à l’égard de la Russie et de la diffusion présumée, par la Russie, de courriels qui ont sapé la campagne du candidat démocrate Hillary Clinton.

Les allégations sont démenties par le rédacteur en chef de Poutine et celui de WikiLeaks, Julian Assange, qui a publié les courriels démocrates – et le gouvernement américain n’ a présenté aucune preuve solide à l’appui des accusations « d’ingérence russe » – mais si les accusations sont vraies, elles pourraient être considérées comme un cas de retournement de situation comme du fair-play.

Sauf que dans ce cas, les responsables américains, qui se sont ingérés continuellement par leurs opérations « d’action politique » dans des pays du monde entier, n’aiment même pas la chance de pouvoir goûter à leur propre potion.

Source : Robert Parry, Consortium News, 13-09-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Censure de Jacques Sapir message n°8: Courrier de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Marin Dacos

15 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #Jacques Sapir

Censure de Jacques Sapir message n°8: Courrier de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Marin Dacos

Courrier à  Marin Dacos et Alain Beretz.

par 

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR "

 

 

Je suis le président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR ». Celle-ci a pour objet de faire connaître l’histoire du CNR et de la France Libre. Notre modèle social mis en place à la Libération grâce au Conseil National de la Résistance, crée le 27 mai 1943 à Paris par Jean Moulin*, est un marqueur fort de notre société.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » apporte un soutien total à Jacques Sapir après son éviction scandaleuse de la plateforme "Hypothèses.org" - qui hébergeait son blog "Russeurope" jusqu'au 28 septembre 2017 - prononcée par Marin Dacos directeur de « Open Edition ».

Monsieur Dacos pense-t-il défendre la liberté d'expression et la liberté de recherche en supprimant le site « Russeurope » de monsieur Jacques Sapir? La plate-forme Open Edition est-elle si ouverte que cela? On peut en douter.

De nombreuses réactions de soutien témoignent du caractère essentiel des recherches de Jacques Sapir sur des thèmes qui touchent notre quotidien. Ces dernières faisant partie de ses travaux universitaires, constituent aussi un ancrage politique essentiel dans le grand débat sur la souveraineté des peuples. 

La censure politique inacceptable qui n'ose même pas dire son nom doit être dénoncée avec la plus grande fermeté, il en va de notre liberté, de notre démocratie, de notre République. Marin Dacos, directeur d’Open Edition, obéit vraisemblablement à des ordres venus d’ailleurs. Il justifie son infamie en prétextant une prétendue propagande partisane dans les textes de Jacques Sapir. L'argument est faux et en plus il relève de la plus banale des manipulations - comme le disais Joseph Goebbels "plus le mensonge est gros plus il passe!".  Michel Audiard, dans un style bien particulier, parlait aussi de cette catégorie de personnes qui osent tout, c'était une réplique célèbre du film "les tontons flingueurs". Se réfugier derrière le paravent de la publication universitaire pour cacher une censure bien réelle, il fallait oser. Comme l'explique Jacques Sapir dans ses écrits sur ce "fait du prince", cette forfaiture est en passe de discréditer la recherche française à l'international.

La DDHC « Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen » de 1789, reprise dans le préambule de la constitution de 1946 et de 1958, précise que la liberté d'expression a une valeur fondamentale et doit être garantie par les pouvoirs publics. Que dire d'un régime qui bafoue allègrement ce principe fondateur de notre République en acceptant qu'un directeur d'une plate-forme de publication de recherche, remplissant un rôle de Délégation de Service Public pratique la censure politique ! Pour finir, cette décision inique est en contradiction avec l’article 10 de la charte  « d’Open Edition ».

En tant que président de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR », je demande à monsieur Marin Dacos, directeur d’Open Edition, de revoir sa décision afin que la loi de notre République soit respectée dans son essence. La réintégration du blog Russeurope de Jacques Sapir sur cette plate-forme doit être réalisée rapidement.

Je demande aussi à monsieur Alain Beretz, supérieur hiérarchique de monsieur Dacos, de prendre les dispositions nécessaire afin que les principes qui fondent notre état de droit soient de nouveau appliqués.

 

Lucien Pons Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR ».

 

*Le Conseil National de la Résistance fut créé le 27 mai 1943 à Paris par Jean Moulin. Il réunissait les partis politiques qui ne s’étaient pas déshonoré dans la collaboration avec les nazis, les organisations syndicales et tous les mouvements de Résistance. Cela permit la signature du programme du Conseil National de la Résistance – appelé « Les Jours Heureux » - signé à Paris le 15 mars 1944.

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[Vidéo] Nothing to hide (vf), par Marc Meillassoux

15 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #l'horreur économique

Source : Vimeo, Marc Meillassoux, 06-09-2017

NOTHING TO HIDE (Oct. 2016) est un documentaire qui s’intéresse à la place de la surveillance dans la société et à son acceptation dans l’opinion à travers l’argument “je n’ai rien à cacher”.
Il est à présent disponilbe en ligne sous licence Creative Commons* (Oct. 2017).
Rappel: Le film est mis gratuitement sur internet mais sa réalisation n’échappe pas aux contraintes financières de la production audio-visuelle. Chacun est donc libre de faire une donation ici: leetchi.com/c/project-nothing-to-hide

Source : Vimeo, Marc Meillassoux, 06-09-2017

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