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Le blog de Lucien PONS

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Vers un « printemps latino » ? par Thierry Meyssan

19 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Amérique Latine, #Les transnationales, #le nazisme, #l'horreur économique

Vers un « printemps latino » ?

L’inquiétude grandit en Amérique latine : les États-Unis et le Royaume-Uni y préparent un « printemps », sur le modèle des « printemps arabes ». Bien sûr, il ne s’agira pas cette fois-ci de répandre la guerre en divisant les populations sur une ligne religieuse —les Latinos sont presque tous chrétiens—, mais d’utiliser des éléments d’identités locales. L’objectif serait pourtant le même : non pas remplacer des gouvernements par d’autres, mais détruire les États pour éradiquer toute possibilité de résistance à l’impérialisme.

| Caracas (Venezuela)  
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Avec le temps, de nombreux leaders politiques dans le monde ont réinterprété les « printemps arabes ». Ce qui apparaissait comme des révolutions spontanées contre des gouvernements autoritaires est aujourd’hui perçu pour ce qu’il est : un plan anglo-saxon de déstabilisation de toute une région du monde pour y placer au pouvoir les Frères musulmans. Le souvenir de la « révolte arabe de 1916 », au cours de laquelle Lawrence d’Arabie souleva la région contre l’empire ottoman en faisant rêver les peuples de liberté pour finalement les asservir dans l’empire britannique, atteste que Londres en a le savoir-faire.

Il semble que les Anglo-Saxons préparent une nouvelle vague de pseudo-révolutions en Amérique latine. Tout a commencé avec un décret de Barack Obama, le 9 mars 2015, déclarant un état d’urgence au vu de la menace extraordinaire que la situation au Venezuela ferait peser sur les États-Unis. Ce document suscita une vague d’indignation dans le continent contraignant le président US a présenter des excuses lors d’un sommet international. Mais le décret ne fut pas annulé et les préparatifs d’une nouvelle guerre se poursuivirent.

À la différence du Syrian Accountabilty Act de George W. Bush (2003), le texte d’Obama sur le Venezuela est un décret présidentiel et non pas une loi. Par conséquent l’Executif n’a pas à rendre compte des préparations au Législatif. S’il a fallu huit ans aux Anglo-Saxons pour passer à l’acte dans le monde arabe en général et en Syrie en particulier, de nombreux éléments laissent à penser qu’il leur faudra moins de temps pour lancer un programme de destruction de l’Amérique latine.

Des troubles ont éclaté au Brésil, à l’occasion des Jeux olympiques, contre la présidente Dilma Rousseff. Celle-ci a été destituée à l’issue d’une procédure parlementaire, certes légale, mais totalement contraire à l’esprit de la Constitution. Ce coup d’Etat a été conduit sous le contrôle de la Banque centrale —dont le n°2 était un brésilo-israélien— par des députés dont beaucoup sont aujourd’hui convaincus de corruption. Les services de sécurité de l’État sont restés étrangement passifs pendant ce coup. C’est que, durant les Jeux olympiques, ils avaient été placés sous la coordination… d’experts israéliens. Actuellement, le nouveau président, le brésilo-libanais Michel Temer, est à son tour largement contesté.

La situation n’est guère meilleure au Mexique. Le pays est de facto déjà divisé en quatre. Le Nord connaît une forte croissance, tandis que le Sud est en pleine récession. Les dirigeants politiques ont vendu la société pétrolière nationale et toutes ses réserves, Pemex, aux États-Unis (qui n’ont donc plus besoin du pétrole moyen-oriental). Seule l’armée semble encore croire en la patrie.

Exploitant des erreurs économiques du gouvernement, l’opposition vénézuélienne a réussi à rassembler quelques grandes manifestations pacifiques. Simultanément, elle a organisé de minuscules rassemblements extrêmement violents au cours desquels des policiers et des manifestants ont été tués. Créant la confusion, les agences de presse internationales donnent l’impression qu’une révolution a débuté contre les chavistes, ce qui n’est pas du tout le cas.

Ainsi, les trois principaux États latino-américains sont déstabilisés au même moment. Il semble que les néoconservateurs états-uniens anticipent une possible paix en Syrie et hâtent leur projet latino-américain.

Vendredi, dans une allocution télévisée, le président vénézuélien Nicolás Maduro a mis en garde son peuple contre le projet anglo-saxon de « printemps latino ». Il a répétitivement et longuement cité les précédents libyens et syriens, devant un parterre d’intellectuels de la région, auquel, Syrien de cœur, j’étais associé.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Généraux états-uniens : « La Bombe pour la paix » par Manlio Dinucci

19 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Généraux états-uniens : « La Bombe pour la paix »

Jouant sur la confusion, des généraux états-uniens assurent que la Bombe atomique a sauvé le monde et maintenu la paix depuis la Seconde Guerre mondiale. De la Corée des années 50 au monde arabe actuel, les victimes de l’impérialisme apprécieront. En réalité la Bombe a permis le maintien de la domination sur le monde des États qui en disposent.

| Rome (Italie)
 
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Le général Robin Rand

Deux jours avant le test de missiles nord-coréen qui a déclenché l’alarme nucléaire dans le monde entier, est paru sur la revue Politico un article intitulé « Pourquoi les USA ont bien fait d’investir dans les armes nucléaires » [1]. Signé non pas par un opinioniste, mais par les deux généraux qui sont au commandement des trois quarts des forces nucléaires états-uniennes : le chef d’état-major de l’Aéronautique, Dave Goldfein, et le chef du Commandement aérien pour l’attaque globale, Robin Rand.

Ils affirment que, « bien que cela puisse paraître illogique, les armes nucléaires sont un instrument fondamental de la paix mondiale ». C’est ce que démontre, d’après eux, le fait que, depuis qu’a commencé l’ère nucléaire, il n’y a plus eu de grandes guerres. Il est pour cela essentiel, soutiennent-ils, que nos bombardiers et missiles nucléaires soient maintenus en totale efficience.

Aujourd’hui les États-Unis doivent procéder à la modernisation de leurs propres forces nucléaires, parce qu’ils ont face à eux « des potentiels adversaires qui sont agressivement en train de moderniser et de répandre leurs forces nucléaires et qui veulent de plus en plus s’imposer ». Les généraux nomment « les menaces ouvertes de la Corée du Nord », mais il est clair qu’ils se réfèrent implicitement à la Russie et à la Chine. « Nos ennemis potentiels —préviennent-ils sur un ton menaçant— doivent savoir que notre direction nationale prendra toujours les dures décisions nécessaires pour protéger et assurer la survie du peuple américain et de ses alliés » : c’est-à-dire qu’elle est prête à faire la Troisième Guerre mondiale, la guerre nucléaire, à laquelle en réalité personne ne survivrait. Ils adressent ensuite une requête péremptoire à l’administration Trump : « Les États-Unis doivent maintenir leur engagement de recapitaliser nos forces nucléaires ».

L’engagement auquel ils se réfèrent n’a pas été pris par le belliqueux Trump, mais par le Prix Nobel de la Paix Obama récompensé en 2009 pour « sa vision d’un monde libéré des armes nucléaires et le travail qu’il a mené dans ce sens ». C’est l’administration Obama qui a lancé le plus grand programme de réarmement nucléaire depuis la fin de la Guerre froide, d’un coût d’environ 1 000 milliards de dollars, qui prévoit la construction de 12 nouveaux sous-marins d’attaque nucléaire (chacun avec 24 missiles pouvant lancer jusqu’à presque 200 têtes nucléaires), 100 autres bombardiers stratégiques (chacun armé d’environ 20 missiles ou bombes nucléaires) et 400 missiles balistiques intercontinentaux avec base à terre (chacun avec une puissante tête nucléaire).

En même temps a été lancée avec des technologies révolutionnaires la modernisation des forces nucléaires actuelles qui —documente Hans Kristensen de la Fédération des scientifiques américains [2]— « triple la puissance destructive des missiles balistiques US existants », comme si on était en train de planifier d’avoir « la capacité de combattre et gagner une guerre nucléaire en désarmant les ennemis par une première frappe par surprise ». Capacité qui comprend aussi le « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui déployé par les États-Unis en Europe contre la Russie et en Corée du Sud contre la Chine.

On est donc en train d’accélérer la course aux armements nucléaires. Significative est la décision russe de déployer en 2018 un nouveau missile balistique intercontinental, RS-28 Sarmat, d’une portée pouvant atteindre 18 000 km, capable de transporter 10-15 têtes nucléaires qui, en rentrant dans l’atmosphère à vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Mais nous pouvons dormir tranquilles, confiants puisque « les armes nucléaires sont un instrument fondamental de la paix mondiale ».

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] “Why the U.S. Is Right to Invest in Nuclear Weapons”, Dave Goldfein & Robin Rand, Politico, May 12th, 2017

[2] “How US nuclear force modernization is undermining strategic stability : The burst-height compensating super-fuze”, Hans M. Kristensen, Matthew McKinzie & Theodore A. Postol, Bulletin of Atomic Scientists, March 1st, 2017.

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Etats-Unis : Le « RussiaGate », un coup d’État en douce

18 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #le nazisme, #Daesch

Etats-Unis : Le « RussiaGate », un coup d’État en douce

Le « RussiaGate », un coup d’État en douce


Par Robert Parry – Le 13 mai 2017 – Source Consortium News

L’hystérie qui entoure le RussiaGate a pris de l’ampleur après que le président Trump a renvoyé le directeur du FBI, Comey, mais la grande question est de savoir si un « coup d’État en douce » est en train de se dérouler ou pas aux États-Unis, rapporte Robert Parry.

Où est Stanley Kubrick quand on a besoin de lui ? S’il n’était pas mort en 1999, il serait un parfait réalisateur pour transformer l’hystérie contemporaine à propos de la Russie en un théâtre de l’absurde reprenant son classique de la guerre froide, Dr Strangelove – Dr Folamour –, une satire très moqueuse sur la folie du nucléaire et la non moins folle idéologie qui la sous tend.

Pour alimenter mon point de vue, le Washington Post a publié jeudi unelongue histoire intitulée « Attention, un russe dans la Maison Blanche », article portant sur un photographe russe autorisé à entrer dans le bureau ovale pour photographier la réunion entre le président Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le Post a cité les plaintes d’anciens responsables du renseignement américains qui ont présenté la présence du photographe russe comme « une éventuelle violation du système de sécurité » en raison du « danger qu’un dispositif d’écoute ou tout autre équipement de surveillance ait pu être amené dans le bureau ovale, caché dans les appareils photos ou un autre appareil électronique ».

Pour accentuer plus encore la tension, le Washington Post a cité un commentaire Twitter du dernier directeur adjoint du président Obama, David S. Cohen, déclarant « Non, ce n’était pas » une bonne décision d’admettre le photographe russe qui travaille également pour l’agence de presse russe Tass, celle qui a publié la fameuse photo.

On imagine très bien Boris et Natacha [affublés, comme par hasard, de prénoms russes, NdT], les méchants espions du dessin animé Bullwinkle, déguisés en photographes et glissant des micros entre les coussins des canapés.

Ou on entend très bien comment les Russes menacent de nouveau « de souiller tous nos fluides corporels précieux », comme le Dr. Folamour, le général Jack D. Ripper, nous en prévenait dans le film de 1964.

Revoir cette brillante tragi-comédie pourrait être une bonne idée pour nous rappeler comment les Américains peuvent devenir fous quand ils sont inondés de propagande anti russe, comme c’est de nouveau le cas maintenant.

Abattre Trump

Je me suis rendu compte que beaucoup de démocrates, de libéraux et de progressistes détestent tellement Donald Trump qu’ils pensent que tous les prétextes sont bons pour le faire tomber, même si cela profite aux néoconservateurs et autres va-t-en-guerre. Beaucoup de ceux qui détestent Trump considèrent le RussiaGate comme le moyen le plus susceptible d’arriver à destituer Trump, donc cette fin souhaitable justifie, pour eux, tous les moyens.

Certaines personnes m’ont même dit qu’elles pensaient vraiment qu’il incombait aux médias de masse, aux forces de l’ordre, aux renseignements, et aux membres du Congrès de s’engager dans un « coup en douce » contre Trump, également connu sous le nom de « coup constitutionnel » ou « coup par l’État profond », tout ceci pour le « bien du pays ».

L’argument est qu’il incombe parfois à ces institutions de « corriger » une erreur commise par les électeurs américains, dans notre cas, l’élection d’un individu largement non qualifié en tant que président du pays. Certains militants anti Trump considèrent qu’il est de la responsabilité des journalistes « responsables », des fonctionnaires du gouvernement et d’autres personnes de jouer ce rôle de « gardien », de ne pas simplement « résister » à Trump [ou juste le surveiller, NdT], mais de carrément le destituer.

Il y a des contre-arguments évidents à ce point de vue, en particulier qu’il transforme la démocratie américaine en une caricature d’elle-même. Il impose également aux journalistes de violer la responsabilité éthique qui leur demande de faire des rapports objectifs, de ne pas prendre parti dans les disputes politiques.

Mais le New York Times et le Washington Post, en particulier, ont clairement indiqué qu’ils considèrent Trump comme un danger visible et immédiat pour le système américain et ont donc mis de coté toute obligation de neutralité.

Le Times justifie son hostilité ouverte envers le président par l’alibi qu’il est de son devoir de protéger « la vérité »; le Washington Post a adopté un slogan visant Trump, « La démocratie se meurt dans l’obscurité ». En d’autres termes, les deux journaux politiques états-uniens les plus influents poussent effectivement à un « coup en douce » sous le prétexte de défendre la « démocratie » et la « vérité ».

Mais le problème évident avec ce « coup en douce » est que le processus démocratique états-unien, aussi imparfait qu’il l’a été et l’est encore, a maintenu l’unité de ce pays diversifié depuis 1788, à l’exception notable de la guerre civile.

Si les Américains pensent que les élites de Washington cherchent à faire tomber un président élu – même un clown comme Donald Trump – cela pourrait déchirer le tissu de l’unité nationale, qui subit déjà une tension extraordinaire due au clivage politique.

Cela signifie que ce « coup en douce » doit prendre l’apparence d’une enquête sérieuse sur quelque chose de grave pour justifier la destitution du président, celle ci pouvant être accompli par le Congrès, sa démission forcée ou l’application du vingt cinquième amendement qui permet au vice-président et à la majorité du Cabinet ministériel de juger un président comme étant incapable d’assumer ses fonctions (bien que cela puisse exiger les deux tiers des voix des deux chambres du Congrès si le président combat la manœuvre).

Un gros « scandale »

C’est là que le RussiaGate entre en scène. L’allégation vaseuse selon laquelle Trump et/ou ses conseillers étaient en une sorte de collusion avec les responsables du renseignement russe pour biaiser les élections présidentielles de 2016, fournirait probablement une accusation suffisamment extrême pour justifier la destitution d’un président.

Et, compte tenu de la détermination de nombreux personnages clés de l’establishment pour se débarrasser de Trump, il n’est pas surprenant que personne ne se soucie du fait qu’aucune preuve réelle et certifiée n’ait été révélée publiquement pour étayer les allégations du RussiaGate.

Il n’existe même pas de preuves publiques données par les agences gouvernementales américaines selon lesquelles la Russie s’est « mêlée » des élections de 2016 ou – même si la Russie a transmis les courriels du parti Démocrate à WikiLeaks  – il n’y a aucune preuve que la magouille résulterait d’une collusion avec Trump ou son équipe de campagne.

Le FBI enquête sur ces soupçons depuis au moins neuf mois, s’assurant même un mandat contre Carter Page dans le cadre de  la loi sur la Surveillance des renseignements étrangers, un Américain que Trump a brièvement employé comme conseiller en matière de politique étrangère, lorsqu’il était critiqué pour n’avoir aucun conseiller dans ce domaine.

L’une des infractions présumées de Page est d’avoir prononcé un discours, dans le cadre d’une conférence académique à Moscou en juillet 2016, qui était légèrement critique à l’égard de la manière dont les États-Unis traitaient des pays de l’ex-Union soviétique. Il a également vécu en Russie et a rencontré un diplomate russe qui – sans que Page ne le sache – avait été identifié par le gouvernement américain comme un agent des renseignements russes.

Il semble que ce soit suffisant, en ces jours de nouveau McCarthysme, pour qu’un américain fasse l’objet d’une puissante enquête de contre renseignement.

Le FBI et le ministère de la Justice auraient également inclus dans le cadre de l’enquête du RussiaGate, la stupide plaisanterie faite par Trump pendant sa campagne, demandant aux Russes d’aider à trouver les dizaines de milliers de courriels qu’Hillary Clinton a effacés du serveur qu’elle utilisait en tant que secrétaire d’État.

Le 27 juillet 2016, Trump a déclaré en plaisantant : « Je vais vous dire, Russie : si vous écoutez, j’espère que vous pourrez trouver les 30 000 courriels manquants. »

Le commentaire correspond bien au sens de l’humour noir, provocateur et souvent de mauvais goût de Trump, mais a été saisi au passage par les démocrates comme s’il s’agissait d’une suggestion sérieuse – comme si quelqu’un utiliserait une conférence de presse pour exhorter sérieusement à quelque chose comme ça. Mais il semble que le FBI en soit au point de saisir tout grain qui puisse alimenter son moulin.

Le Guardian a rapporté cette semaine que « les responsables du Department Of Justice [DoJ] ont refusé de publier les documents [au sujet du commentaire de Trump] au motif que cette divulgation pourrait ‘interférer avec l’enquête’ ». Dans une déposition à la cour fédérale de Washington DC, le DoJ déclare qu’«en raison de l’existence d’une enquête active et en cours, le FBI prévoit qu’il … gardera tous les enregistrements sous clé».

« La déclaration suggère que le commentaire provocateur de Trump de juillet dernier est considéré par le FBI comme pertinent pour sa propre enquête en cours. »

Les accusations du New York Times

Vendredi, dans la foulée du renvoi du directeur du FBI, James Comey,  par Trump et de la remarque faite par le Président disant que le RussiaGate est « un vrai canular », le New York Times a réédité ce qu’il appelle «la connexion Trump-Russie» dans un éditorial de première page pour essayer de mettre quelques flammes derrière l’écran de fumée.

Bien que le Times reconnaisse qu’il y a « beaucoup d’inconnues » dans le RussiaGate et qu’il semble ne pas avoir trouvé la moindre preuve de collusion, ce journal considère néanmoins qu’un grand nombre de conseillers de Trump et de membres de sa famille sont des traîtres parce qu’ils ont eu quelques relations avec des responsables russes, des entreprises russes ou des partenaires russes.

A propos de Carter Page, le Times écrit : « Les responsables américains pensent que M. Page, conseiller en politique étrangère, a eu des contacts avec des responsables du renseignement russe durant la campagne. Il a également prononcé un discours pro-russe à Moscou en juillet 2016. M. Page était auparavant employé par le bureau Merrill Lynch de Moscou, où il a travaillé avec Gazprom, une énorme entreprise publique. »

Vous voudrez peut-être laisser tomber certains de ces mots, en particulier la partie sur Page « tenant un discours pro-russe à Moscou », qui a été cité comme l’une des principales raisons pour lesquelles Page et ses communications ont été ciblées en vertu d’un mandat FISA.

J’ai pris la peine de lire le discours de Page et l’appeler « pro-russe » est une exagération énorme. Il s’agissait d’un exposé largement académique qui critiquait le traitement par l’Occident, après la guerre froide, des nations formant l’ancienne Union soviétique, et qui disait que la course effrénée vers un système libéral a entraîné des conséquences négatives, comme la propagation de la corruption.

Et même si le discours était « pro-Russie », The New York Times ne respecte-t-il pas la notion profonde de liberté d’expression américaine ? Apparemment non. Si vos mots soigneusement choisis peuvent être déformés en quelque chose de « pro-Russie », le Times semble penser qu’il est normal que l’Agence nationale de sécurité [la NSA] espionne vos téléphones et lise vos courriels.

Le cas ukrainien

Une autre cible du Times est le conseiller politique vétéran, Paul Manafort, accusé de travailler comme « consultant pour un parti politique pro-russe en Ukraine et pour l’ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui était soutenu par le Kremlin».

Ce que le Times oublie, c’est que ce parti politique ukrainien, qui avait un fort soutien des Ukrainiens d’ethnie russe, et pas seulement de la Russie, a participé à un processus démocratique et que Ianoukovitch a remporté une élection reconnue par les observateurs internationaux comme libre et équitable.

Ianoukovitch a ensuite été évincé en février 2014 par un violent putsch qui a été soutenu par la secrétaire d’État états-unienne, Victoria Nuland, et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt. Le putsch, qui a été exécuté par des nationalistes de droite et même des néonazis, a provoqué la guerre civile ukrainienne et la sécession de la Crimée, des événements clés dans l’escalade de la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui, entre l’OTAN et la Russie.

Même si je ne suis pas fan des mercenaires politiques américains vendant leurs services pour des élections étrangères, il n’y avait rien d’illégal ou même d’inhabituel à ce que Manafort conseille un parti politique ukrainien. Ce qui, sans doute, était beaucoup plus offensant, était le soutien des États-Unis à ce coup d’État anticonstitutionnel qui a renversé Ianoukovitch, même après qu’il avait accepté un plan européen pour les élections anticipées qui permettait de le renvoyer de la présidence de façon pacifique.

Mais le Times, le Post et pratiquement tous les médias traditionnels occidentaux ont soutenu les putschistes ukrainiens et ont applaudi au renversement de Ianoukovitch. Cette attitude est devenue un tel préjugé collectif que le Times a même banni l’idée qu’il y aurait eu un coup d’État.

Pourtant, le plus grand problème politique auquel sont confrontés les États-Unis est que les néoconservateurs et leurs partenaires juniors, les libéraux interventionnistes, contrôlent maintenant presque tous les leviers de la politique étrangère américaine. Cela signifie qu’ils peuvent essentiellement dicter comment les événements mondiaux seront perçus par la plupart des Américains.

Les néocons et les faucons libéraux veulent également poursuivre leurs guerres ouvertes au Moyen-Orient en organisant l’engagement d’autres forces militaires américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie – et peut-être même ouvrir une nouvelle confrontation avec l’Iran.

Dès le début du deuxième mandat d’Obama, il est apparu clairement aux néocons que la Russie devenait le principal obstacle à leurs plans parce que le président Barack Obama travaillait en étroite collaboration avec le président Vladimir Poutine sur une variété de projets qui ont sapé les espoirs de guerre totale des néocons.

En particulier, Poutine a aidé Obama à obtenir un accord pour que la Syrie abandonne ses stocks d’armes chimiques en 2013 et faire en sorte que l’Iran accepte des contraintes sévères à son programme nucléaire en 2014. Dans les deux cas, les néocons et leurs acolytes libéraux voulaient la guerre.

Immédiatement après l’accord sur les armes chimiques de Syrie, en septembre 2013, les néoconservateurs américains ont commencé à se concentrer sur l’Ukraine, que le président de la Fondation nationale pour la démocratie, Carl Gershman, considère comme « le grand prix » et un premier pas vers l’éviction de Poutine.

Gershman, de la NED [National Endowment for Democracy] a intensifié ses opérations en Ukraine, tandis que la secrétaire adjointe Nuland, la femme de l’archi néocon Robert Kagan, a commencé à faire pression pour un changement de régime à Kiev (avec d’autres néocons, y compris le sénateur John McCain).

Le coup d’État de l’Ukraine en 2014 a enfoncé un coin géopolitique entre Obama et Poutine, puisque le président russe ne pouvait pas ne rien faire alors qu’un régime fortement anti-russe prenait violemment le pouvoir en Ukraine, pays qui est le chemin habituel utilisé pour les invasions de la Russie et qui, en plus, abrite la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol en Crimée.

Plutôt que de défendre la précieuse coopération fournie par Poutine, Obama est entré dans le flot politique et s’est joint au Russia-bashing tandis que les néocons levaient leurs armes et mettaient Poutine dans le viseur.

Un obstacle inattendu

Puis, pour les néo-conservateurs,  2016 fut l’année de l’attente enthousiaste d’une présidence d’Hillary Clinton afin de donner plus d’élan à cette coûteuse nouvelle guerre froide. Mais Trump, qui avait plaidé pour une nouvelle détente avec la Russie, a réussi à remporter la victoire au Collège électoral.

Trump aurait peut être pu dissoudre une partie de l’hostilité à son égard, mais sa personnalité narcissique l’a empêché de tendre un rameau d’olivier aux dizaines de millions d’Américains qui se sont opposés à lui. Il a en outre démontré son incompétence politique en gaspillant ses premiers jours à la présidence à faire des déclarations ridicules au sujet de la taille de la foule à son inauguration et à contester le fait qu’il avait perdu le vote populaire.

Le large dégoût public provoqué par son comportement a contribué à pousser de nombreux Américains à « résister » à sa présidence, à toutes les occasions et à tout prix.

Cependant, en plus des risques pour la stabilité américaine d’un « coup en douce » perpétré par l’establishment, il y a le danger supplémentaire de provoquer des tensions si élevées avec la Russie, une puissance nucléaire, que cette poussée prenne forme d’elle-même, avec sans doute beaucoup, beaucoup de morts en conséquence.

C’est pourquoi l’Amérique pourrait maintenant avoir besoin d’une satire grinçante de cette russophobie contemporaine ou au moins une réédition du classique de la guerre froide, « Dr. Folamour », sous-titré « Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe ».

Robert Parry

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-russiagate-un-coup-detat-en-douce

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Ukraine: du rêve européen à la Corée du Nord Par Karine Bechet Golovko

17 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

mercredi 17 mai 2017

Ukraine: du rêve européen à la Corée du Nord
 
 
 
Dans l'euphorie de l'obtention du régime sans visas avec l'UE, qui a été interprété par l'Ukraine comme la rupture définitive avec la Russie, P. Poroshenko décide de radicaliser l'européanité de l'Ukraine: bloquer l'accès à l'internet russe, interdire le ruban de Saint Georges et en terminer avec l'Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou. Du rêve européen, le Maïdan conduit à la Corée du Nord.
 
 
Le 28 avril 2017, le Conseil national de sécurité adopte une décision selon laquelle des sanctions doivent être adoptées contre 468 personnes morales et 1228 personnes privées. Mais ce n'est qu'après les manifestations du 9 mai dans toute l'Ukraine (voir notre texte ici), dont l'ampleur a fait trembler le pouvoir, que le Président P. Poroshenko a décidé de punir son propre peuple. Ce peuple dissident, qui ose ne pas rejeter ses racines.
 
Les sanctions adoptées sont très variées. Evidemment, les banques sont visées et les systèmes de transfert de fonds, sans pour autant que ces mesures ne puissent aujourd'hui avoir une réelle incidence sur le secteur. Dans le domaine économique, l'interdiction d'utilisation du programme de comptabilité 1C, utilisé par 80% des entreprises ukrainiennes est beaucoup plus dommageable pour l'économie ukrainienne elle-même. Si les grandes entreprises pourront, non sans frais supplémentaires, reformater leur système comptable, les PME risquent la banqueroute. Cela concerne plus de 300 000 entreprises. L'économie ukrainienne se porte déjà assez mal, cette mesure ne va pas l'aider à redémarrer.
 
Le plus symbolique touche l'interdiction du Monde russe. Avec l'ampleur du mouvement populaire du 9 mai, le fait que les gens n'aient finalement pas eu peur de sortir dans la rue, que les vétérans portaient le ruban de St Georges, très symbolique dans l'histoire russe depuis l'Ancien régime (voir notre texte ici), le pouvoir a pris conscience du fait qu'il n'avait pas réussi à réduire au silence son peuple. Le Maïdan n'a pu accoucher d'un Homme nouveau, mais simplement de quelques rejetons fanatiques. 
 
Or, il est bien connu que les réseaux sociaux et l'internet jouent un rôle aujourd'hui autant sinon plus important que la télévision. Le pouvoir ukrainien soupçonne la Russie d'avoir utilisé les réseaux sociaux pour mobiliser cette partie, manifestement importante, de la population qui ne suit pas le radicalisme de Kiev.
 
Mais en demandant la fermeture des réseaux sociaux russes (équivalent de Facebook et de Google) et des services de mails, Kiev part en guerre contre des millions de simples citoyens. Pour exemple, Yandex, le moteur de recherche russe, compte 11 millions d'utilisateurs en Ukraine et Mail.ru 25 millions. Et le Facebook russe (Vkontakte et Odnoklassniki) est encore plus populaire. Cela fait des millions de personnes qui doivent changer leurs habitudes, ne sachant pas très bien pourquoi. Des millions de gens qui ne sortent pas dans la rue manifester contre Kiev, des millions de gens qui tentaient de vivre comme si de rien n'était dans l'après-Maïdan. Des millions de personnes à qui Kiev ouvre les yeux: il y a un avant et un après. Il n'est plus possible de faire semblant que rien ne s'est passé et que tout continue comme avant. Les premières réactions sur Twitter sont ironiques: 
 
 
 
 
"J'ai téléphoné au SBU et signalé 17 séparatistes qui trainent sur Odnoklassniki. Ils ont aimé ma photo. Gloire à l'Ukraine"
 
"Et pourquoi en Ukraine ils ont bloqué VKontakte? Parce que Porochenko n'avait pas suffisamment d'abonnés"
 
Les organismes interationaux ont réagi avec beaucoup de retenue:
La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, a quant à elle parlé d'"interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre. Mais excusez-moi, ce sont des sanctions contre les citoyens eux-mêmes", a-t-elle écrit sur Facebook.
nterrogé par l'AFP, Sergueï Plougotarenko, directeur de l'Association russe des communications électroniques, a regretté une décision "pas intelligente et inélégante qui affecte d'abord les utilisateurs ukrainiens". 
Interrogé par l'agence russe RIA Novosti, P. Leruth, président de la Fédération internationale des journalistes a déclaré que cette mesure s'assimilait à de la censure, ce qui dans n'importe quel pays contrevient aux principes de liberté d'expression et de liberté de la presse.
 
Pour l'instant, les dirigeants européens semblent avoir d'autres priorités concernant l'Ukraine et leur réaction tarde à venir. L'eurovision est terminé, ils peuvent retomber dans leur apathie. Quant à l'OTAN, l'organisation estime qu'il ne s'agit pas d'une atteinte aux libertés, mais d'une question de sécurité nationale. Sans sourciller. Internet, le parangon de la liberté dans nos démocraties post-modernes et post-vérité. Le dieu de l'Olympe néolibéral. Alors que toute tentative de réglementation pour lutter contre les groupes de la mort, contre la pédophilie, contre le terrorisme sur internet est considérée comme une atteinte inacceptable de l'Etat contre la liberté absolue de l'individu. L'Ukraine peut bloquer Masha et l'Ours, arme de destruction massive de la Russie orientée vers l'Occident.
 
Puisque tout est permis, Kiev en profite pour aller encore plus loin et s'attaque au coeur du Monde russe, à l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou. A ce sujet, il n'y a pas une seule ligne dans la presse française. Rappelons que, à côté de la présence historique de l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou, encore très influente en Ukraine aujourd'hui (voir notre article sur la Marche de la Paix organisée par les orthodoxe en Ukraine), il existe une autre Eglise, L'Eglise ukrainienne du Patriarchat de Kiev, qui n'est pas reconnue comme Eglise par la Chrétienté et est soutenue par le pouvoir. Elle a été fondée en 1992 par le renégat Filaret pour soutenir les nationalistes, rôle qu'elle continue toujours à jouer.
 
Or, deux projets de loi doivent être examinés par la Rada le 18 mai 2017 (détaillés en anglais ici). Le premier prévoit la participation du pouvoir à la nomination des métropolites et de l'épiscopat. Si les organes religieux vont "collaborer avec le pays agresseur", alors le pouvoir peut les interdire. Le deuxième projet de loi prévoit la possibilité pour chaque communauté de croyants de voter à la majorité simple pour sortir du Patriarchat de Moscou et entrer dans celui de Kiev, ce qui comporte également le transfert de propriété immobilière. 
 
L'Ukraine radicalise ainsi sa politique et prend quelques risques. Elle risque de provoquer le mécontentement populaire dans une part de la population qui vivait tranquillement sa vie, envers et malgré tout. Elle force ainsi sa population à ouvrir les yeux sur la véritable nature du régime, ce qui est très bien, car rien n'est plus dangereux que la fausse normalité dont la plupart des gens s'arrangent avec ferveur. Par ailleurs, Kiev se prive ainsi d'un instrument, car le pouvoir utilisait aussi les réseaux sociaux russes pour sa propagande. Sans parler des dommages inutilement causés à l'économie nationale, qui semble vraiment ne pas faire partie des priorités nationales.
 
Autrement dit, l'Ukraine choisit une voie qui, si elle la rapproche petit à petit de l'Union européenne, l'éloigne de plus en plus de l'Europe.
 
 
 
 
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NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]

17 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #La guerre, #Macron

Publié par El Diablo

NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]

Après la présidentielle : la leçon à en tirer : lors des élections législatives les 11 et 18 juin prochains : pas une voix ne doit aller aux mauvais bergers qui ont fait gagner Macron, quel que soit le sigle dont ils s'affublent.

Le nouveau Président de la République ne s'en cache pas : il veut activer l'intégration de notre pays dans l'ensemble européen : en clair faire à terme de la France une région - un land - au sein d'une Europe fédérale.

Pour atteindre ce but, Macron veut transformer les institutions républicaines de notre pays en une administration totalement obéissante et dévouée à son chef. Sa politique a pour objectif d'adapter l'ensemble de nos lois aux impératifs définis par la Commission de Bruxelles, c'est-à-dire répondre aux vœux impératifs de Business Europe, le Medef européen. A commencer par "la libération du travail" - en fait la libération de toute obligation pour les patrons envers les salariés - par la liquidation du Code du Travail, considéré comme une entrave à la "libre entreprise".

Mais pour atteindre sans délais cet objectif, il faut à Macron une majorité parlementaire à sa botte. C'est dans cet esprit que son staff choisit ses candidats, ses futurs députés.

De fait, ceux-ci ont été recrutés par un DRH, sur la base d'un CV de motivation, analysé comme un engagement personnel en faveur du PDG de l'entreprise France. Quand on pense qu'il s'agit des futurs "représentants du peuple", on reste confondu face à cette accélération du pouvoir personnel. N'est pas Charles de Gaulle qui veut : il ne faut pas confondre "la France Libre" et la banque Rothschild !

Mais pourquoi en est-on arrivé là ?

La découverte de l'oiseau rare, son envol, tel l'Empereur débarquant de l'île d'Elbe, a en quelques mois déferlé sur la France dans un climat de terrorisme médiatique. L'enfant béni de l'oligarchie depuis les fonds baptismaux de la banque Rothschild et de l’Elysée, choisi par les grands prêtres du Capital, Jouyet et Attali, aidés par les soutiers de l'info, les Patrick Drahi, les Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre Bergé, les Lagardère... soutenus agressivement par les maîtres des chaînes de radio et télés publiques.

Tout ce beau monde a créé un climat de guerre civile idéologique : les partis, les hommes qui osaient s'élever contre Emmanuel Macron, étaient désignés à la vindicte publique comme force obscure de trahison.

Et ils ont osé appelé ce déferlement totalitaire une "campagne électorale" : d'un côté les forces du Bien En Marche vers le pouvoir face au forces du Mal, le Front National, puis la France Insoumise. Et les médias de soutenir à 50% les Anges gardiens du système et de dénoncer à 50% les possédés du Diable. C'est ce qu'ils appellent l’équité !

Jamais la France et les Français n'ont été victimes d'un tel feu roulant de l'idéologie en place. Même sous l'Occupation, la propagande quotidienne n'avait atteint un tel degré d'intensité. Chacun savait alors que "Radio-Paris ment, Radio Paris est allemand" ...

  1. la pluralité de façade, qui fait encore illusion, recouvre une machinerie unique, dont les maîtres d'œuvre sont les forces de l'argent. Celles-ci sont pressées : les pratiques parlementaires anciennes, avec de longs débats, des controverses publiques, le temps pour le peuple hostile de s'organiser et de s'opposer dans la rue, ne sont plus de mise par l'oligarchie. Celle-ci est pressée par la logique de la rotation accélérée du capital, inhérente à sa financiarisation à sa concentration et à la mondialisation... Plus que jamais, pour lui, le temps, c'est de l'argent.

    D'où l'objectif du nouveau pouvoir Macronien de recourir aux ordonnances, une procédure sans vote des Assemblées, une sorte de recours autorisé de 49.3 permanents. Cette période d'exception, les Français l’ont déjà connue dans leur histoire : les derniers gouvernements de la IIIème République y ont eu recours en 1938, sous forme de "décrets lois" décidés hors d'une Chambre des Députés mise en vacances.

    On connaît la suite : la mise hors la loi du parti communiste pour délit d'opinion, la chasse aux militants et quelques mois plus tard, face à l'assaut de notre pays par les Panzers Division la défaite, l'occupation des 2/3 de notre territoire, les pleins pouvoirs accordés à Pétain et à son Etat Français le 10 juillet 1940. Les parlementaires d'alors se sont jetés dans les bras d'un Sauveur étoilé pour "éviter Hitler"....

Ils ont eu Pétain qui les a jetés à Montoire dans les bras d'Hitler pour construire ensemble une "Europe nouvelle" pour mille ans...

Aujourd'hui, l'histoire semble recommencer. Certes, les personnages ont changé. Les circonstances sont différentes. Plus de SA, plus de SS, plus de Gestapo, plus de miliciens à leur service...

Mais les objectifs demeurent : placer la France économiquement et politiquement dans l'orbite allemande, au nom d'une collaboration renouvelée : l'Allemagne disposerait de l'industrie, contrôlerait la monnaie, tandis que la France se contenterait du tourisme et des emplois de proximité.

Tels sont les enjeux de la partie qui commence aujourd'hui.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Sans refaire l'histoire des dernières décennies, disons que de capitulation en capitulation de la classe politique, les dirigeants dits de "gauche" avec le PS et de droite avec Chirac et Sarkozy ont berné notre peuple avec le mirage européen.

Les yeux s'ouvraient, la population française semblait s'écarter du chemin tracé par "les élites".
La pauvreté, la misère même, atteignaient de larges couches de la société. La colère aussi.

Le rêve européen annoncé faisait place à un cauchemar, gros de révolte.

La résistance populaire prenait forme. Il était temps pour l'oligarchie menacée de réagir.

Aussi, la bourgeoisie française aux affaires a senti qu'il fallait à la fois berner encore une fois le peuple, lui donner l'illusion de renouveau et, simultanément désigner à la vindicte publique un danger énorme, menaçant comme un personnage issu de "la guerre des étoiles", pour égarer sa colère. Telle s'est développée la campagne contre la menace de "l'extrême-droite", le FN et Marine Le Pen, diabolisés, tel l’antéchrist contre lequel tout le monde devait se mobiliser. Il fallait en faire un leurre de masse pour faire tomber le peuple dans le panneau.

Disons-le tout net, l'opération a réussi dans sa phase présidentielle. Un grand nombre d'électeurs a regardé le doigt lepéniste sans voir la lune oligarchique.

Et Macron revendique aujourd'hui "d'être le président le mieux élu de la Vème République".

Et, avant le scrutin, il avait prévenu : "En votant pour moi, vous approuvez mon programme et mes objectifs"

Ainsi a été intronisé Emmanuel Macron Président.

La responsabilité en incombe aux mauvais bergers de la fausse gauche, aux dirigeants du PCF, Pierre Laurent en tête, aux responsables CGT, qui ont fait voter Macron. C'est grâce à eux que Macron se "déclare le Président le mieux élu de la Vème République" !

Sans les millions d'électeurs populaires qui ont suivi ces consignes, Macron ne serait pas aujourd'hui Président de la République.

« J'appelle à nouveau tous les responsables de gauche, de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à joindre leur voix à la nôtre pour dire qu'il faut se déplacer le 7 mai pour empêcher Marine Le Pen d'être élue », a ensuite insisté M. Laurent sur BFMTV.

Mélenchon n'est pas tombé dans le piège.

Les responsables du PCF, de la CGT qui ont ainsi trompé les Français, se sont disqualifiés à jamais à l'égal des élus de mai 36 du Front populaire, qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940.

Cette leçon doit avoir des suites lors des élections législatives les 11 et 18 juin prochains.
Pas une voix ne doit aller aux mauvais bergers qui ont fait gagner Macron, quel que soit le signe dont ils s'affublent.

Un seul mot d'ordre doit guider notre choix :

Tout faire pour échouer Macron, l'empêcher d'obtenir une majorité à l'Assemblée.

Ainsi nous gagnerons une première bataille, celle des ordonnances, qui ne pourront ainsi avoir l'aval des nouveaux députés.

Jean Lévy

sur son blog :

NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]
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La Syrie: Cap à l'est! Rédigé par Observatus geopoliticus

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Cap à l'est

16 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

En Syrie, 2016 fut marquée du sceau septentrional (Alep, Al Bab). Désormais, les regards se tournent vers l'Orient où la grande explication devrait avoir lieu cette année.

Comme prévu, la poche rebelle de Qaboun a été résorbée près de Damas, ne laissant comme dernier point d'abcès dans la région que l'enclave de la Ghouta orientale, où la guerre civile inter-barbue a comme de bien entendu repris. Les combats pour la capitale ou le condensé des évolutions de la longue guerre syrienne. Deux cartes qui disent tout :

A l'est d'Alep et au sud d'Al Bab, la base de Jirah a été définitivement prise à Daech. Les opérations devraient continuer sur Maskaneh avant la jonction - amicale ou inamicale ? - avec les forces kurdes à Taqba.

Mais surtout, l'accord sur les zones dites de désescalade est tombé à point nommé - et connaissant Poutine, ce n'est sans doute pas un hasard - pour faire redescendre la tension en Syrie occidentale et profiter du cessez-le-feu provisoire afin de lancer les cohortes loyalistes vers l'est du pays. De gros renforts affluent depuis plusieurs jours à Palmyre et les Russes mettent un point d'honneur à contrôler le ciel jusqu'à Deir ez-Zoor et au-delà. 

Car l'objectif (flèches rouges) est Deir ez-Zoor, assiégée par l'EI depuis trois ans, et la frontière syro-irakienne. En filigrane, il s'agit évidemment de maintenir un continuum est-ouest (arc chiite, quand tu nous tiens) et empêcher sa coupure nord-sud par l'avancée de groupes rebelles soutenus par Washington (flèches noires).

A noter que l'armée syrienne concentre des forces et a commencé les opérations sur le chemin d'Al Tanaf, plus au sud, pour couper en deux le vaste mais désertique territoire des rebelles "américano-jordaniens".

Là, nous entrons dans le maelstrom géopolitique et il est bien difficile d'y voir clair, d'autant que les intox abondent. Il y a quelques jours, la nouvelle d'une grosse concentration de blindés US, massés en Jordanie et prêts à entrer en Syrie, a fait l'effet d'une bombe et a été reprise un peu partout. En réalité, c'est la base militaire jordanienne d'Az-Zarqa et les blindés y stationnaient déjà en 2015...

L'administration Trump a-t-elle l'intention de recréer la fameuse principauté salafiste sunnite en Syrie orientale, coupant l'arc chiite ? C'était, on s'en rappelle, l'objectif de Barack à frites et de ses amis turco-pétromonarchiques dès 2013. Les signaux sont une fois de plus contradictoires.

Le Donald a apparemment ôté le bâton de la politique syrienne des mains de ses généraux néo-cons pour le passer à Tillerson, plus russo-compatible. Moon of Alabama, pourtant généralement pessimiste, parfois exagérément, suggère également que les Américains travaillent de facto pour Assad. D'un autre côté, les Follamour du système impérial viennent d'accuser il y a quelques heures Damas de tuer et brûler des milliers de prisonniers. Notez le "crématorium", toujours susceptible de frapper les imaginations et de rappeler les z'heures les plus sombres...

Un Donald adepte du double jeu ou dépassé, incapable de contrôler son administration ? A moins que nous ne soyons ici encore dans un false flag au carré : donner des gages de fermeté aux néo-cons tout en s'entendant avec les Russes par derrière (il n'aura échappé à personne que Lavrov vient de faire une petite visite apparemment fructueuse à Washington).

Se dirige-t-on vers un choc entre forces spéciales russes et américaines vers Al Tanaf ou, au contraire, une entente secrète sur le dos de tout le monde ? Mystère, mystère... D'autant qu'entre en compte l'inconnue irakienne.

Que se passe-t-il de l'autre côté de la ligne Sykes-Picot ? L'étau se resserre autour de Mossoul, ou plutôt désormais de son centre-ville, mais ce front n'a pas d'incidence sur notre problème. On voit que la zone qui nous occupe, entre Al Tanaf et Deir-ez-Zoor, est toujours contrôlée du côté irakien par les petits hommes en noir de Daech.

Après la libération de Mossul et de la poche à l'ouest de Kirkouk, l'armée irakienne et les milices chiites  (les Unités de Mobilisation Populaire ou UMP) se dirigeront vers la frontière. La franchiront-elles ? C'est LA grande question qui risque de redéfinir la situation générale du Proche-Orient.

Si l'on répond par l'affirmative, alors la partie est finie. L'EI syrien et les djihadistes modérément modérés seront broyés, l'arc chiite totalement reconstitué et renforcé. On peut d'ailleurs se demander quelle sera la réaction des pétromonarchies et de la Turquie devant ce fait accompli cauchemardesque pour eux...

Cependant, l'affaire n'est pas encore pliée. Nous avons vu le mois dernier que Moqtadra Sadr avait apporté une note pour le moins discordante dans la symphonie chiite :

Moqtada Sadr fait encore des siennes. Nous avions parlé de ce personnage sulfureux :

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades "sadristes" comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu'elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l'après-guerre. (...)

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l'homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l'invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un "gouvernement de technocrates" sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

Nos pressentiments ne pouvaient pas être mieux illustrés, car l'ami Motqada vient encore de mettre les pieds dans le plat en appelant Assad à démissionner :

«Il serait juste que le président Bachar al-Assad démissionne (…) et évite au cher peuple de Syrie le fléau de la guerre et l’oppression des terroristes», a-t-il déclaré, dans un communiqué rendu public le samedi 8 avril 2017.
 
Trois jours plus tard, depuis la ville sainte de Najaf où il est basé, à 200 km au sud de Bagdad, il persiste et signe. «J’ai exhorté Assad à partir pour préserver l’axe de la résistance et afin de lui éviter le sort de Kadhafi», a-t-il prédit dans un nouveau communiqué.
 
Même s’il prend ses précautions en défendant «l’axe de la résistance» contre Israël, qui comprend l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, Moqtada al-Sadr est le premier haut responsable chiite à contester ainsi la légitimité du président syrien.
 
Une surprenante offensive frontale contre un des piliers de la stratégie iranienne d’exportation de la révolution islamique. Bien que formé en Iran, Moqtada al-Sadr, dont les miliciens ont combattu les forces américaines en Irak, joue en effet de plus en plus la carte nationaliste.

Il en a même profité pour condamner les représailles américaines contre Bachar al-Assad et exhorter les Etats-Unis et la Russie à se retirer du théâtre syrien.
 
Engagé à la tête d’un vaste mouvement populaire contre la corruption et en faveur de réformes dans le pays, il organise régulièrement des manifestations dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège du pouvoir et du parlement irakien dominés par Téhéran.
 
Moqtada al-Sadr mobilise également ses partisans contre les milices chiites du Hachd al-Chaabi (les Forces populaires de mobilisation), alliées de l’Iran. Il s’en démarque tant en raison de leur engagement auprès d’Assad en Syrie que pour leurs exactions contre les populations sunnites en Irak, sous couvert de lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.
 
Selon le site libanais AlKalima Online, de jeunes Irakiens ont même repris à l’université Al-Diwaniya dans le sud du pays le slogan "Iran, dehors, dehors !" contre Kaïs al-Khazaali, le chef de Aasaeb ahl al-Hak (la ligue des vertueux), venu mobiliser en faveur des milices pro-iraniennes. Un slogan que les partisans de Moqtada scandaient lors des occupations de la Zone verte.

Il ne peut pas ignorer qu'Assad n'est très certainement pour rien dans l'événement de Khan Cheikhoun. Aussi, l'explication est ailleurs et corrobore ce que nous disions de lui l'année dernière. Sa sortie a tout à voir avec des considérations intérieures :

Moqtada al-Sadr cherche à se démarquer du gouvernement irakien et des autres partis chiites au pouvoir depuis 2003. Il  est engagé depuis plus de deux ans dans une campagne anti-corruption et pro-réforme. A coup de déclarations tonitruantes ou de manifestations monstres, il critique la politique irakienne, très alignée sur Téhéran. Le chef chiite se veut Irakien. Et avec cette déclaration, il veut montrer que l'Irak peut être allié de Téhéran mais ne doit pas être son vassal. Un discours nationaliste, son fond de commerce.

Si on compare, le gouvernement irakien a appelé à une enquête internationale sur les évènements de Khan Cheikhoun... sans critiquer Bachar el-Assad. Al-Sadr va même plus loin, il cherche à incarner la voix de la réconciliation chiite-sunnite en osant critiquer un allié de l'Iran, un dirigeant soutenu par Bagdad. C'est un leitmotiv chez lui ces dernières années.

Le mois dernier, il osait déclarer que les milices sectaires n'ont pas leur place en Irak. Du miel aux oreilles des sunnites et une provocation pour les milices chiites qui participent à la lutte contre l'organisation de l'EI mais qui ont été accusées de crimes de guerre, comme des kidnappings, des exécutions sommaires et des tortures.

Moqtada al-Sadr ajoutait même qu'il craignait des tensions entre communautés après que l'organisation de l'EI a été vaincue. Car le problème politique irakien reste entier. Il y a un fossé entre les communautés. Moqtada al-Sadr suggère qu'il pourrait faire partie de la solution.

Ainsi, s'il venait à arriver au pouvoir, l'ennemi historique des Américains pourrait paradoxalement compliquer sérieusement l'après-conflit syrien et la reconstitution de l'arc chiite. Quand nous vous disons et répétons que les facétieux Dieux de la géopolitique s'amusent...

Or la position de Moqtada, faisant primer le nationalisme sur le religieux (solidarité chiite), n'est pas isolée en Irak, très divisé sur la question. D'un côté, l'ex-Premier ministre Maliki, qui a passé quinze ans en exil à Damas du temps de Saddam, déclarait en octobre : "Nous arrivons, Raqqa, nous arrivons, Alep, nous arrivons, Yémen !" Il est rejoint en cela par plusieurs puissantes milices pro-iraniennes prêtes à en découdre pour aider Assad : Asaib Ahl al-Haq, Saraya al-Kharasani, al-Nojaba et Kataib Hezbollah. De l'autre côté, outre Sadr, l'actuel Premier ministre Abadi et de grands clercs chiites dont la plus haute autorité spirituelle d'Irak, l'ayatollah al-Sistani. Quant aux commandants des UMP, comprenant l'un et l'autre courant, ils sont obligés de ménager la chèvre et le chou.

Parmi les facteurs de cette profonde fracture, il y a évidemment la position ambivalente vis-à-vis de Téhéran. Chez certains, le bon vieil antagonisme entre Arabes et Perses prend le pas sur l'appartenance religieuse et un excellent article du Monde Diplomatique l'évoquait déjà en 2006 :

Une autre école dénonce cette thèse [la tentation de concevoir les chiites comme une entité homogène, ndlr], à laquelle elle oppose celle d’un «nationalisme irakien» à toute épreuve. Tel cet observateur iranien avisé qui nous confie par exemple : «Les solidarités intrachiites ne transcenderont pas la ligne de fracture fondamentale qui sépare les Arabes des Perses. Tout le monde semble avoir oublié que les chiites irakiens ont combattu les chiites iraniens pendant les huit longues années de la guerre Iran-Irak, l’une des guerres les plus sanglantes de la seconde moitié du XXe siècle. Des informations qui nous viennent d’Irak indiquent que les Irakiens, même ceux qui ont vécu en exil en Iran, n’apprécient pas l’influence iranienne dans leur pays.» (...)

Cette situation ne transforme pas pour autant l’Iran en nation «par défaut» ou «par adoption» pour les chiites irakiens. Dans le sud du pays, on conserve des sentiments partagés à l’égard du voisin perse. M. Al-Sadr joue par exemple sur les origines iraniennes de l’ayatollah Ali Al-Sistani pour le dénigrer. Les résidents de la ville d’Al-Amara se plaisent à qualifier ceux d’Al-Kout de « Perses », un terme très péjoratif à leurs yeux. Si les portraits de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny et de son successeur Ali Khamenei foisonnent, seuls de rares acteurs de la scène politique chiite reconnaissent la conception iranienne de velayat-e-faqih («gouvernement du docte»), pilier de la République islamique. Les positions de l’ayatollah Al-Sistani vis-à-vis de ses pairs iraniens ont toujours été à la fois diplomatiques – évitant de franchir certaines lignes rouges – et farouchement indépendantes. Il semblerait du reste que, en tant que source d’interprétation des écritures, il soit davantage considéré en Iran que le «guide», l’ayatollah Khamenei lui-même.

Au-delà de la pierre d'achoppement iranienne, il y a aussi, il faut le dire, le comportement très ambigu de Damas dans les années 2000, après l'invasion de son voisin irakien. Pour une fois, les accusations américaines étaient fondées - confirmées par des officiels irakiens mais aussi par des sources bien placées à votre serviteur : Assad a, dans un dangereux coup de poker-boomerang, délibérément laissé passer (en les libérant des prisons syriennes ?) des centaines de djihadistes pour rejoindre l'insurrection sunnite en Irak. Le but : "occuper" les troupes américaines et surtout dissuader Washington d'envahir la Syrie.

Si certains - dont Maliki, le Premier ministre de l'époque et la victime directe des agissements de Damas - ont passé l'éponge et sont maintenant prêts à mettre sur pied une coalition chiite pour aider le gouvernement syrien, d'autres à Bagdad ont la mémoire plus rancunière...

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Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel Par Pierre Lévy

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Economie

Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel

Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel© John MACDOUGALL Source: AFP
Angela Merkel et Emmanuel Macron lors de leur conférence de presse commune à Berlin le 15 mai 2017.
La visite du président français à Berlin a confirmé l’objectif fondamental des deux capitales d’accélérer l’intégration européenne, avec cependant quelques contradictions, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du site et mensuel Ruptures.

Emmanuel Macron n’a pas attendu : dès son premier jour de plein exercice, le nouveau président français s’est rendu à Berlin. Peu de commentateurs ont relevé la délicieuse ambiguïté linguistique de cette formulation…

Nicolas Sarkozy, puis François Hollande avaient fait exactement de même. On notera que la chancelière allemande n’a jamais fait preuve d’une telle précipitation. Une habitude – certains diraient un atavisme… – des élites dirigeantes françaises ?

Cependant, il serait très caricatural de dépeindre le chef de l’Etat français venant simplement «prendre ses ordres» outre-Rhin. Ce dernier et Angela Merkel (qui avait clairement soutenu sa candidature) ont un objectif politique majeur en commun : tenter de faire franchir un nouveau pas à l’intégration européenne. Symboliquement, le nouveau maître de l’Elysée avait mis en scène son intronisation du 7 mai au son de l’hymne à la joie. Le 14 mai, lors de sa prise de fonctions, il martelait : «l’Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée.»

Usant d’une rhétorique paradoxale, Emmanuel Macron a ainsi expliqué que, puisqu’une large part des Français rejetait l’intégration européenne, il fallait donc… plus d’Europe

Le lendemain à Berlin, aux côtés de la chancelière, il justifiait cette volonté de relance par… la «colère» qui s’est exprimée dans les urnes à l’occasion du scrutin présidentiel. Usant d’une rhétorique paradoxale, il a ainsi expliqué que, puisqu’une large part des Français rejetait l’intégration européenne, il fallait donc… plus d’Europe.

On aurait tort de ne voir là que de l’autisme. Les dirigeants des deux côtés du Rhin mesurent le fossé qui sépare les discours officiels vantant les mérites de l’Union européenne, et le rejet populaire croissant que cette dernière suscite – et pas qu’en France. Mais, à l’Elysée en particulier, on juge qu’à la faveur de la recomposition politique intérieure, le moment serait propice pour accélérer le pas. Un peu comme le projet (explicitement encouragé par Angela Merkel) de réformer le code du Travail par ordonnances : plus c’est impopulaire, plus il peut être opportun d’agir vite, alors que la poussière du maelström électoral n’est pas encore retombée.

Car à Paris comme à Berlin, plus que jamais, on estime que l’outil communautaire est par excellence l’instrument capable d’inhiber et d’interdire toute velléité de remise en cause de l’ordre existant. Et pour cause : le principe même de l’Europe et des traités qui la fondent vise à inscrire chaque Etat membre dans des limites prohibant toute décision politique sortant du cadre.

Du côté français, on ne remet nullement en cause la dissymétrie existante : la prédominance économique allemande est acceptée

Sur le plan économique en revanche, les visions et les intérêts diffèrent quelque peu entre les deux capitales. Certes, du côté français, on ne remet nullement en cause la dissymétrie existante : la prédominance allemande est acceptée. Mais il y a des intérêts – notamment des grands groupes hexagonaux – à défendre, des paramètres conjoncturels dissemblables, et donc des priorités différentes.

Il en va ainsi du «renforcement de l’union monétaire». Les dirigeants français plaident de longue date pour une intégration renforcée incluant un budget propre aux 19 membres de la zone euro, un ministre des Finances commun qui aurait la haute main sur celle-ci, voire un «parlement» propre. L’idée d’une capacité d’emprunt commun («eurobonds») est également caressée à Paris, mais elle fait suffisamment frémir à Berlin (qui refuse, et pour cause, de payer pour les pays jugés budgétairement peu «vertueux») pour qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas fait figurer dans son programme. A l’attention de la chancelière, il a du reste précisé qu’il était opposé à la «mutualisation des dettes du passé».

La chancelière semble s’être montrée plus ouverte, tout en restant prudente : «du point de vue allemand, il est possible de changer les traités, si cela fait sens»

Sur les autres points, la chancelière semble s’être montrée plus ouverte, tout en restant prudente : «du point de vue allemand, il est possible de changer les traités, si cela fait sens», a-t-elle précisé, alors que jusqu’à présent cette perspective était écartée. Et pour cause : le précédent de 2005, lorsque le projet de constitution européenne avait été refusé par les peuples français et néerlandais, a laissé des souvenirs cuisants. Le fringant maître de l’Elysée a pour sa part estimé qu’il n’avait «pas de tabou» à cet égard. L’intransigeant ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a de son côté indiqué qu’il convenait de «tout faire» pour aider ce dernier.

En matière de «projet de réforme à court terme», Emmanuel Macron a plaidé pour durcir (un peu) les règles européennes commerciales anti-dumping, ou anti-prise de contrôle, vis-à-vis d’Etats tiers. Un sujet qui, traditionnellement, enthousiasme peu des dirigeants allemands à la tête de l’économie la plus exportatrice du monde ; mais certains grands groupes semblent désormais intéressés par ce type de protection.

Lors de cette première entrevue officielle, il a été également question d’investissements dans les infrastructures (notamment numériques) qui pourraient être encouragés par la mise en place de fonds communs aux deux pays, associant capitaux privés et publics, dans une pure logique bruxelloise, et pour le plus grand profit des grandes entreprises avides de commandes publiques.

 

Dans un tout autre domaine, les deux dirigeants ont affiché leur entente : celui de la «relance de l’Europe de la Défense». L’idée n’est certes pas née le 15 mai, mais la perspective de sortie du Royaume-Uni, traditionnellement opposé à toute initiative en ce sens, a fait naître de nouveaux espoirs dans certaines capitales. A Berlin, certains rêvent déjà d’avancer dans la voie d’une future «armée européenne». A Paris, on voudrait surtout partager les coûts des expéditions militaires (comme en Afrique) visant à garantir la pérennité d’une certaine hégémonie – bien sûr au nom de la lutte contre le terrorisme.

Cette semaine justement, les ministres des 28 discutent de projet d’extension d’un Etat-major européen, ainsi que de la relance des «groupements tactiques», sortes de corps expéditionnaires susceptibles d’être envoyés aux quatre coins de la planète, qui n’ont jamais été utilisés. Mais le chef de la diplomatie britannique – qui participe encore pour deux ans aux réunions – a mis le holà…

Si la «refondation historique» de l’UE, évoquée par le président français, est bien sur la table, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. D’abord parce qu’un flou plane encore sur l’issue des élections législatives françaises de juin prochain.

L’époque est révolue où «le couple franco-allemand» pouvait faire la pluie et le beau temps au sein de l’Union

Ensuite parce que l’époque est révolue où «le couple franco-allemand» pouvait faire la pluie et le beau temps au sein de l’Union. La susceptibilité de plusieurs «petits pays» vis-à-vis d’un directoire de fait est plus que jamais à fleur de peau. L’UE n’est nullement sortie de ses contradictions internes, qui devraient plutôt se multiplier sur la prochaine période.

Enfin et surtout parce que ces contradictions sont fondamentalement issues des mécontentements populaires. Or il y a peu de chances pour que fonctionne mieux qu’avant la formule qu’on peut résumer ainsi : «Vous êtes de plus en plus réticents face à l’Europe ? Alors, on va en faire plus et accélérer…»

Ni Emmanuel Macron, ni Angela Merkel, ne manquent d’intelligence ni d’habileté. Pourtant, tout n’est pas toujours sous contrôle. Le premier a ainsi asséné : «Nous sommes le seul pays de l’Union qui n’a pas réussi à résoudre le problème du chômage de masse». Une déclaration qui a dû faire rire jaune en Grèce ou dans bien d’autres pays.

Quant à la seconde, elle a laissé échapper à l’égard de son hôte cette phrase de maîtresse d’école : «Ce dont la France a besoin, c’est de résultats.»

On ne se refait pas.

 

Du même auteur : Le très discret courrier des grands patrons à l’Elysée en vue de mettre la France au Pacte… européen

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Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Macron

Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

Non monsieur Macron n’est pas majoritaire dans le pays, seul 20% des citoyens ont voté pour ce pur produit de la finance internationale soutenu par tous les requins du MEDEF. Comme d’habitude, ils ont agité leur marionnette Le Pen pour faire voter les citoyens contre leurs intérêts. Ce monsieur a pour objectif de supprimer nos communes, cellules de base de la démocratie et du lien social entre les citoyens. Il a également pour objectif de supprimer nos départements qui sont les bras armés de la solidarité avec les plus fragiles, la petite enfance, l’éducation, la santé, l’aide à nos ainés et l’aide aux associations qui tissent la société. Il veut également faire disparaitre la nation France, seul entité capable de protéger son peuple. Il veut détruire tout ce qui fait notre histoire et à commencer ce qui fait notre histoire sociale, l’héritage du CNR, la sécurité sociale, les retraites par répartitions, la caisse d’allocations familiales. Mais aussi notre code du travail qui transcrit plus d’un siècle de conquis dans les luttes des travailleurs de notre pays, il veut faire disparaître le SMIC, la durée légale du travail, les services publics d’éducation et de santé.

Quel citoyen de notre pays peut voter pour un tel programme sans se sentir responsable des malheurs qui s’abattront sur les générations futures ?

Alors, quoiqu’il m’en coute, je serai candidat aux législatives dans un mois, candidat pour défendre nos communes, seules capables de s’occuper des besoins de ses citoyens, défendre nos départements, héritages eux aussi de la révolution et maillons essentiels de la cohésion et de la solidarité nationale, défendre notre nation, son histoire, mais aussi seule capable de nous protéger contre toutes les agressions, mercantiles ou militaires.

Je serai candidat pour défendre l’idéal d’Ambroise Croizat, une sécurité sociale universelle qui protège et subvient aux besoins de tous les citoyens de la naissance à la mort. Je serai candidat pour défendre les droits des citoyens à vivre dignement, de leur travail pour ceux qui en ont, mais aussi tous les autres.

Et pour défendre tout ça, quoiqu’en disent les uns ou les autres, je n’aurai pas d’autre choix que d’être candidat pour la souveraineté du peuple, souveraineté inscrite dans notre constitution, mais ils ne sont plus à une trahison près, et donc être candidat pour la sortie unilatérale et sans conditions de la dictature de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.

Je serai le candidat du peuple souverain
pour que reviennent « Les Jours Heureux »

 

Pascal CHAUVET
RPS FIERS

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Le 27 mai, journée de la Résistance. Par Jean ESTIVILL

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'horreur économique, #Services publics

Le 27 mai, journée de la Résistance. Par Jean ESTIVILL

Le 27 mai, journée de la Résistance

jeudi 11 mai 2017
 

La France soumise, pillée, humiliée que Pétain plongea dans la Collaboration dont l’un des aspects les plus abjects, l’antisémitisme, la conduisit à l’un des épisodes les plus tragiques et les plus honteux de son histoire, la rafle du Vél’ d’hiv aura sauvé son honneur aux yeux de ses enfants, du monde, et de l’Histoire.

Ce fut, au nom de la patrie, de l’humanisme, et de l’universalité de ses valeurs, que ce combat fut mené, cet honneur porte un nom : la Résistance.

La défaite avait permis au régime de Vichy de s’installer, cela avait été selon l’expression de l’Action française « une divine surprise ». Pour Pétain, sa police, la Milice, les Volontaires français contre le bolchevisme (LVF), enfin se réalisait la politique qui était leur credo, « plutôt Hitler que le Front populaire », préparée de longue date par les milieux industriels et financiers qui soutenaient l’extrême droite.

Balayant immédiatement la République, la démocratie et la laïcité, l’Etat français allait pouvoir reprendre sa revanche sur le peuple et en particulier la classe ouvrière qui lui avait fait si peur en 1936, quand il avait voulu la reconnaissance par la loi de son travail et de sa dignité.

C’en était terminé de la République, de la Gueuse qu’ils avaient supportée mais jamais acceptée, l’Ancien Régime, la France de Jeanne d’Arc et de Clovis, étaient rétablis.

Le 18 juin 1940, à Londres un homme, seul, isolé, avait dit NON !  Pétain le condamna à la peine de mort. Son appel à continuer la lutte était un appel à la Résistance, comme devait l’être l’acte héroïque, celui du jeune communiste, Pierre Georges, futur colonel Fabien de l’armée de De Lattre de Tassigny, au métro Barbès-Rochechouart, salué par Maurice Schuman à Radio Londres « les coups de feu tirés par le jeune Français sont la suite logique, fatale, inéluctable de l’attentat permanent contre la Nation française par l’ennemi et ses complices… »

La France des droits de l’Homme n’était pas morte et la Résistance allait se charger de rappeler que le drapeau tricolore que la LVF sous uniforme allemand utilisait, lui, avait été usurpé.

Les efforts conjugués contre le fascisme et pour libérer la France allaient progressivement s’accorder, ils étaient à l’image d’un homme que le général de Gaulle avait désigné, l’ancien chef de cabinet du ministre du Front populaire Pierre Cot, ancien préfet, Jean Moulin.

L’affiche rouge placardée pendant les trois mois qu’on les torturera et qui désignait les vingt-trois étrangers, résistants de la FTP-MOI, comme des terroristes, arrêtés par la Gestapo avec la complicité de la police française, et qu’on fusillera au Mont Valérien en février 1944, eut un effet contraire de celui escompté par les nazis et les vichystes. Ils combattaient pour libérer la France car elle était celle qui depuis 1789 incarnait les valeurs d’universalisme auxquelles étaient attachés les peuples.

La détermination du Général de Gaulle, face à la Grande-Bretagne et aux USA, et l’action déterminante de la résistance intérieure, celle des FFI, et des FTP dirigés par le Parti communiste, lors du débarquement en particulier, interdit aux alliés de considérer la France comme une ennemie et les conduisit à l’obligation de reconnaître les dirigeants que la Résistance s’était donnés par leur lutte contre l’occupant et le régime collaborationniste

Le Conseil national de la Résistance (CNR) par son programme attestait qu’acquis sociaux et libertés sont indissociables. En instituant l’obligation de la solidarité nationale, les constitutions qui ont suivi, lui ont été fidèles. L’un des fleurons des « jours heureux », la Sécurité sociale, par exemple fut voulue dans la forme actuelle par toutes les sensibilités politiques et syndicales.

On comprend bien dès lors, la menace qui pèse sur notre société quand Denis Kessler alors vice-président du Medef écrivait dans Challenges en octobre 2007 qu’il fallait détruire l’esprit même du programme du CNR  et qu’on voit que la pioche des démolisseurs est déjà à l’œuvre.

Mais que l’histoire de la Résistance leur serve de leçon, le peuple ne peut être que provisoirement soumis, et qu’ils s’imprègnent  de cette réflexion de François Mauriac : « Seule la classe ouvrière est restée dans sa masse fidèle à la patrie profanée. » Aujourd’hui comme hier, elle ne restera pas l’arme au pied.

La journée du 27 mai, qui consacre depuis 2013 l’anniversaire de la création du CNR, doit dans toutes les communes françaises être célébrée, afin de rappeler que la France ne saurait trahir les idéaux de ses « combattants de l’ombre ».

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L’Union bancaire, c’est quoi ? Par Charles Sannat

15 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Dans cette nouvelle vidéo de l’Éco par le Prof, je vous propose que l’on parle un peu d’un sujet qui revient assez souvent pour celles et ceux qui suivent l’actualité économique, et cette semaine, c’est le thème de l’Union bancaire !

L’Union bancaire c’est un nouveau machin européen, nettement plus « bancal » que bancaire, mais comme bien souvent, le problème n’est pas tant de faire quelque chose de véritablement utile et pertinent que de faire croire que l’on fait quelque chose d’utile et de pertinent.

Au-delà du fait que l’Union bancaire européenne ne donne réellement aucune protection supplémentaire aux citoyens, aux contribuables et aux épargnants européens, elle cache en réalité des dispositions qui sont à l’inverse de ce que les autorités proclament haut et fort.

L’idée au fond, c’est quoi ? Faire en sorte de rendre possible la saisie des dépôts des clients d’une banque dans le cadre d’une faillite théoriquement uniquement au-delà des dépôts supérieurs à 100 000 euros, mais aussi de rendre in fine chaque pays responsable de la gestion de ses propres banques en faillite.

Sous des atours séduisants et rassurants, « l’Union bancaire » est finalement le contraire de ce qu’elle affiche. Pour parler de « désunion » européenne, on parle donc « d’union », mais la triste réalité c’est qu’il n’y a pas d’union, il y a bien le détricotage du « vivre ensemble » européen, et face aux problèmes, chaque pays se retrouve finalement toujours seul.

L’Union bancaire est donc un machin qui ne fonctionne pas et qui ne peut pas fonctionner.

Et c’est exactement cela que j’explique dans cette nouvelle vidéo de l’Éco par le Prof, que je vous invite à partager avec le plus grand nombre.

Comme à chaque fois, mes amis, n’hésitez pas à me faire part aussi bien de vos remarques, que des sujets que vous souhaiteriez voir abordés (nos adresses mail en bas).

Je vous souhaite une belle semaine, tout simplement belle.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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