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Le blog de Lucien PONS

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Trois ministres étrangers dans le nouveau gouvernement en Ukraine. Par Benoît Vitkine sur "Le Monde.fr".

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #La guerre, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Trois ministres étrangers dans le nouveau gouvernement en Ukraine

Le Monde.fr | 02.12.2014 Par Benoît Vitkine

Les membres du Parlement ukrainien applaudissent le premier ministre et ses ministres fraîchement nommés, le 2 décembre à Kiev. | AFP/SERGEI SUPINSKY

Les membres du Parlement ukrainien applaudissent le premier ministre et ses ministres fraîchement nommés, le 2 décembre à Kiev. | AFP/SERGEI SUPINSKY

Plus d'un mois après les élections législatives du 26 octobre, l'Ukraine s'est offert, mardi 2 décembre, une nouvelle équipe gouvernementale. Quand bien même la plupart des ministres importants sont reconduits, ainsi que le premier d'entre eux, Arsenii Iatseniouk, la répartition des portefeuilles a donné lieu à de difficiles tractations entre les cinq partis de la coalition proeuropéenne qui avait dominé le scrutin.

Lire le compte rendu de l'élection : Ecrasante victoire des pro-occidentaux aux législatives en Ukraine

Cette équipe comporte une surprise de taille et une nouveauté : trois étrangers y prennent des responsabilités de premier ordre. Le ministère des finances est attribué à Natalia Iaresko, ressortissante américaine d'origine ukrainienne, qui a fait une partie de sa carrière au département d'Etat, le ministère des affaires étrangères américain, avant de travailler dans le privé. Un Lituanien, Aïvaras Arbomavitchous, ancien champion de basket mais surtout dirigeant de la filiale kiévienne du fonds d'investissement East Capital, est nommé à l'économie. Enfin Sandro Kvitachvili, ancien ministre géorgien de la santé et du travail, prend le ministère de la santé, un poste important tant le système de santé ukrainien est miné par la corruption.

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Ces trois entrées détonnantes sont une initiative du président Porochenko, qui a réservé aux « étrangers », comme les désigne déjà la presse ukrainienne, une partie des postes qui revenaient à son parti. Les décrets de naturalisation ont été pris en urgence, mardi.

« UN TECHNOCRATE ÉLOIGNÉ DES FORCES POLITIQUES »

En fin de semaine passée, en émettant le souhait qu'un étranger prenne la tête du nouveau Bureau anticorruption, M. Porochenko expliquait : « Cette personne aura un avantage : l'absence de liens avec l'élite politique ukrainienne. Cette personne ne sera pas le parrain de l'enfant d'un autre, ou de sa belle-famille, ou le frère d'un autre… Ce sera un technocrate éloigné des forces politiques, à qui nous pouvons tous faire confiance et qui pourra faire preuve d'efficacité. »

L'argument ne traduit pas seulement la méfiance persistante envers les pratiques du personnel politique ukrainien. Il doit aussi sonner doux aux oreilles des partenaires occidentaux de l'Ukraine et de ses bailleurs, qui s'inquiètent de la situation catastrophique des finances du pays et de la lenteur des réformes. « Natalia aura pour mission de nous faire survivre à l'année 2015, et de nous faire repartir en 2016 », a dit M. Iatseniouk en défendant son équipe devant les députés.

La manœuvre n'est sans doute pas tout à fait légale, la loi ukrainienne interdisant d'accorder la double nationalité, mais les responsables ukrainiens ont pour l'heure l'air de peu s'en soucier, et devraient même aller plus loin lors de l'attribution à venir des postes de vices-ministres. Le chef de la Commission de la citoyenneté a confié à des journalistes que sept dossiers de naturalisation étaient en cours.

Un nom prestigieux circule dans les coulisses de la Rada pour prendre la direction du Bureau anticorruption, celui de Mikheïl Saakachvili, qui était à Kiev lundi. L'ancien président géorgien (2008-2013), poursuivi par la justice dans son pays et dont le New York Times a raconté le triste exil américain, est un compagnon de route de la révolution de Maïdan depuis ses débuts. Les réformes radicales prises en Géorgie après la révolution des roses, socialement coûteuses mais d'une efficacité impressionnantes, exercent une certaine fascination sur les nouveaux responsables ukrainiens.

UN « CONTRE-POUVOIR AU PREMIER MINISTRE »

La composition du cabinet a aussi fait l'objet d'âpres tractations, plus habituelles pour la scène politique ukrainienne, jusque dans la nuit de lundi à mardi. Le choix fait par MM. Porochenko et Iatseniouk de bâtir une coalition le plus large possible a rendu d'autant plus difficile la répartition des portefeuilles. Des formations assez disparates s'y côtoient, depuis le Parti radical du populiste Oleh Liachko jusqu'aux réformateurs de Samopomitch, en passant par la formation de la vétérane Ioulia Timochenko.

Mais c'est entre le président et son chef du gouvernement que les premières tensions se sont faites jour. Dès avant le scrutin du 26 octobre, la reconduction au poste de premier ministre de M. Iatseniouk, apprécié des Occidentaux et populaire dans le pays, ne faisait guère de doute. Mais son bon score lors des élections (22,17 % contre 21,81 % au Bloc Petro Porochenko) a compliqué la donne au sein du duo dirigeant.

« Il ne s'agit pas seulement d'une lutte pour le leadership, explique Ioulia Shukan, maître de conférences à l'université Paris Ouest-Nanterre-la Défense. Des désaccords sont déjà apparus quant à la façon de conduire les réformes. Les étrangers du gouvernement, recrutés par M. Porochenko, vont d'ailleurs occuper un large pôle économique qui va servir de contre-pouvoir au premier ministre dans un domaine qui lui était jusque-là réservé. »

Par ailleurs, le jour où l'Ukraine renouait avec les intrigues politiques, une nouvelle trêve semble avoir été négociée dans l'est du pays en guerre, dans un format surprenant associant un général ukrainien, un général russe, les séparatistes locaux et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Un porte-parole militaire à Kiev a assuré ne pas être au courant de cette initiative qui prévoit une cessation des combats le 5 décembre dans les zones les plus disputées des régions de Lougansk et de Donetsk, et notamment l'aéroport de cette ville. L'accord prévoirait aussi la création d'une « zone tampon » entre les deux camps, soit des conditions similaires au cessez-le-feu signé le 5 septembre à Minsk, en Biélorussie, et qui n'avait été que très partiellement respecté.

 

 

 

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Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption. Par Hélène Richard-Favre.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La guerre, #La paix, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le capitalisme;

23/12/2014

Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption
Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption. Par Hélène Richard-Favre.

On a pu lire, ici ou là, certains commentateurs occidentaux comparer la guerre en Ukraine à celle qui a opposé la Géorgie à la Russie en 2008.

Outre le fait qu''il n'y avait rien de comparable entre ces deux situations, relevons que désormais, Tbilissi réagit à la nomination par Kiev de l'un de ses anciens ministres.

Il se trouve, en effet, qu'Irakli Garibachvili, Premier Ministre géorgien, déplore le fait que l'ancien ministre de la Justice de son pays, poursuivi par Interpol pour, entre autre, abus de pouvoir et mauvais traitements infligés à des centaines de milliers de prisonniers, que cet ancien ministre de la Justice, donc, ait été naturalisé ukrainien pour accéder à un poste au nouveau gouvernement démocratique d'Ukraine.

Le premier ministre géorgien, en effet, se demande comment il pourra expliquer à son peuple qu'un ancien ministre de la Justice, principal représentant d'un gouvernement criminel qui a condamné 300.000 personnes, soit désormais candidat au poste de président du Conseil ukrainien pour la lutter contre la corruption.

Tant de personnalités politiques et médiatiques se sont félicitées de l'avènement de la démocratie en Ukraine qu'elles parviendront sans doute à expliquer à qui voudra bien les croire, que la justice des uns n'a absolument rien à voir avec celle des autres.

 

http://fr.ria.ru/presse_russe/20141223/203291708.html
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De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #La mondialisation, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #La paix, #La gauche

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Une série de photos éloquentes.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
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De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
Quelques rappels.
Quelques rappels.Quelques rappels.Quelques rappels.
Quelques rappels.Quelques rappels.Quelques rappels.

Quelques rappels.

Texte repris sur le site: "Faire vivre et renforcer le PCF".

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Exposé de Frédéric Saillot au colloque sur la géopolitique du terrorisme organisé par l’Académie de géopolitique de Paris le 11 décembre 2014 à l’Assemblée nationalemaidan-copie-1.jpg

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Depuis avril 2014 une opération antiterroriste a été entreprise par les autorités de Kiev dans l’est de l’Ukraine. Selon les chiffres de l’ONU, elle a déjà fait plus de 4000 morts parmi les civils dont plusieurs centaines depuis que des accords de paix ont été signés à Minsk le 5 septembre entre Kiev, les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, l’OSCE et la Fédération de Russie. La presse et la classe politique françaises dans sa majorité font le silence sur ces crimes qui ne sont pas des crimes de guerre mais des crimes contre l’humanité, en fait une véritable entreprise génocidaire.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

 Mesdames et Messieurs, c’est cet étrange silence, ce silence complice, ce silence criminel que je vous propose d’interroger.

- Le récit de la "révolution pro-européenne" à Kiev, tel que le véhicule la doxa mainstream dans les médias, voudrait que le président Yanoukovitch, après sa volte-face sur l’accord d’Association avec l’Union européenne au sommet de Vilnius les 28 et 29 novembre 2013, ait provoqué l’indignation et la mobilisation d’une population lassée par un régime corrompu. Après trois mois d’une confrontation croissante, les morts du Maïdan provoquent sa fuite et son remplacement par un gouvernement provisoire pro-occidental qui remet l’Ukraine sur les rails de l’accord d’association. La Russie annexe alors la Crimée et provoque le soulèvement des populations russophones du Donbass, ce qui oblige le gouvernement provisoire de Kiev à déclencher une opération anti-terroriste, l’OTAN à renforcer sa présence dans l’est de sa zone de déploiement et les Etats occidentaux à décider de sanctions contre la Russie.

- Mais à mon sens il y a une autre raison à ce silence criminel : dans l’inconscient de la classe politico-médiatique française gît également la référence à la révolution française, à la Terreur et à ses victimes, prix à payer pour repousser l’intervention étrangère, mater l’insurrection vendéenne et instaurer la "République" contre la "Tyrannie". Le Donbass serait la Vendée ukrainienne et la terreur qu’y exercent la garde nationale et les bataillons nationalistes s’en trouveraient à ses yeux légitimée. La loi sur les suspects du 17 septembre 1793, qui a fait plusieurs dizaine de milliers de victimes, serait la référence de la chasse aux "séparatistes terroristes", qualificatifs dont sont affublés tous les opposants en Ukraine post-Euromaïdan.

A commencer par les partisans d’une fédéralisation du pays, qui protègerait les droits des russophones dans les régions où ils sont majoritaires. Une fédéralisation qui conviendrait mieux à la nature historiquement multiculturelle, multiconfessionnelle et multi-ethnique de l’Ukraine, qui au reste n’est pas un pays bien défini et qui n’a jamais eu de tradition étatique. Une fédéralisation enfin qui est tout de même le mode d’organisation politique, faut-il le rappeler, de deux grands États européens : la République fédérale d’Allemagne et la Fédération de Russie.

Pour les nationalistes au pouvoir à Kiev actuellement, toute revendication dans ce sens est une menace pour l’intégrité d’un pays qui doit être ukrainisé et ouest-européanisé de force, quitte à éliminer les européens orientaux qui préfèrent envisager leur avenir dans une Union avec la Russie. Il ne faut pas oublier non plus la descendance dans cet espace de la loi sur les suspects de 1793, comme l’article 58 du code pénal soviétique qui définissait les « personnes socialement dangereuse » éliminées dans d’effroyables crimes de masse il n’y a pas si longtemps, ce qui a conduit le président Poutine à déclarer qu’aucun changement non démocratique n’était acceptable dans l’espace de l’ex-URSS, sagesse que l’Union européenne n’a pas entendu, ce qui a conduit à la guerre civile dans laquelle elle porte une très lourde responsabilité. Et l’on ne se pose même pas la question de savoir à quoi rimerait d’être forcé de parler l’ukrainien dans une aire géographique qui va de la Moldavie au Pacifique, où la koïné est le russe.

C’est avec ce genre de préjugés, ajoutés au peu de connaissances et d’informations qu’on en reçoit ici, que les événements d’Ukraine sont perçus dans ce pays et que le « récit » commode rappelé à l’instant, peut si facilement trouver à inonder les médias.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Il y a là un grave contresens qui témoigne d’une ignorance tragique et/ou d’œillères idéologiques.

- En réalité, pour avoir jugé que l’intégration à l’Union douanière était préférable pour son pays, et donc pour sa réélection en 2015, le président Yanoukovitch a fait l’objet d’une véritable entreprise de subversion de la part de l’extrême-droite néo-bandériste, et ce dès la première manifestation qui a eu lieu dans la nuit suivant la clôture du sommet de Vilnius, instrumentalisant la mobilisation populaire.

Des commandos venus principalement de l’ouest de l’Ukraine, bien organisés et bien entraînés pendant des années, rétribués et dirigés par les services de l’ambassade américaine à Kiev, ont exercé une pression constante et relancé la mobilisation à chaque fois qu’elle s’essoufflait. J’en veux pour preuve, entre autres, que la SBU, la sécurité ukrainienne, est actuellement dirigée par Valentin Nalivaïtchenko, agent de la CIA comme il le reconnaît lui-même, et proche du chef du Pravy Sektor, Dimitri Yarosh, qui a été son assistant parlementaire.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Très rapidement l’extrême-droite monopolise le Maïdan avec pour fer de lance le parti Svoboda et le Pravy Sektor. Un animateur du syndicat interprofessionnel Solidarité, que nous avons interviewé avec des journalistes polonais en mai à Kiev, nous a expliqué comment ils avaient essayé d’animer un point de libre expression sur le Maïdan, un genre de Trafalgar square ukrainien, mais qu’ils se sont vite faits expulser manu militari par les nervis d’extrême-droite qui cassaient du syndicaliste et tout ce qui était de gauche. Pendant toute cette période, des dirigeants américains et de l’Union européenne, qui porte une très lourde responsabilité en refusant la négociation tripartite proposée par la Russie, venaient à Kiev attiser et légitimer cette mobilisation, qui a conduit au coup d’État du 22 février, renversant l’ordre constitutionnel.

- Une série de massacres jalonnent la période qui conduit au conflit du Donbass : les tirs des snipers sur le Maïdan le 20 février, permettant le coup d’État dans lequel la France a sa part avec le ministre Fabius venu négocier à ce même moment un accord sur lequel tout le monde s’assoit dès le lendemain, le massacre d’Odessa le 2 mai, celui de Marioupol le 9 mai, sans oublier le crash de la Malaysia Airlines le 17 juillet, qui a fait 298 morts. A chaque fois, les commandos d’extrême-droite et des leaders de la mobilisation sont mis en cause, notamment André Paroubiy, fondateur avec Tiagnibok en 1991 du parti social-nationaliste d’Ukraine, ancêtre de Svoboda, commandant du Maïdan puis secrétaire du Conseil de Sécurité et de Défense d’Ukraine au moment de tous ces faits. Le pogrom des manifestants anti-maïdan à la frontière de Crimée le 19 février, qui aurait fait douze morts, les descentes régulières de commandos néo-nazis venus semer la terreur dans les villes de l’est russophone, la remise en cause de la loi sur la reconnaissance du statut de la langue russe dans les régions par le nouveau pouvoir et le refus hystérique d’envisager la moindre discussion sur une possible fédéralisation, montre clairement qu’il n’y a pas de place pour les russophones dans l’Ukraine telle que la rêvent les néo-bandéristes. Cela a conduit les populations russophones, harassées par 20 années d’ukrainisation brutale, à voter très majoritairement pour leur rattachement à la Fédération de Russie en Crimée le 16 mars, puis le 11 mai pour leur indépendance dans le Donbass où se forment des milices populaires d’autodéfense.

- L’opération anti-terroriste déclenchée par Kiev en avril, dirigée par Paroubiy et confirmée par le président Porochenko après son élection en mai, s’avère donc une véritable entreprise génocidaire. Des armes lourdes interdites par la convention de Genève comme les lance-roquettes multiples Grad, les bombes à sous-munition ou au phosphore visent délibérément les civils et les infrastructures sociales comme l’a récemment déclaré l’ONG internationale Human Rights Watch. Des centaines de milliers de réfugiés ont fui en Russie, délibérément bombardés par les forces de Kiev sur la route qui mène à la frontière. A Slaviansk, Kramatorsk et Schastié occupés par Kiev en juillet, des exécutions sommaires, des incitations à la dénonciation de "séparatistes" et des enlèvements ont eu lieu.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Dans les zones reprises par les milices populaires après leur contre-offensive d’août, des charniers ont été découverts. Selon la responsable du Comité pour le développement de la société civile et la défense des droits de l’homme de la République populaire de Donetsk, Daria Morozova, des preuves des crimes sont recueillies qui seront rendues publiques dès la fin de la guerre pour des raisons de sécurité dans les zones occupées par Kiev, et qui seront transmises aux tribunaux de Kiev et de l’Union européenne. Le service de presse du mouvement Novorossia a recueilli de son côté un certain nombre de documents qui montrent que l’ATO réalise tous les crimes que la convention de l’ONU du 9 décembre 1948 définit comme un génocide. Aux dernières nouvelles, Kiev prépare une prochaine offensive dans un contexte où la population du Donbass est soumise à un blocus total provoquant un début de famine. Mais une entreprise génocidaire suppose aussi une volonté politique : elle a été exprimée dans une déclaration écrite faite par Yatseniouk sur le site de l’ambassade d’Ukraine aux États-Unis le 15 juin où il traite les combattants de la milice populaire du Donbass de sous-hommes, de "subhumans", dont il faut « nettoyer notre terre » dit-il. Des "subhumans" qu’on appelle également des "Moskales" ou des "Koloradé", les doryphores, parce que c’est un insecte rayé de noir et d’orange, semblable au ruban de Saint-George porté par les combattants de la milice populaire, en mémoire de la victoire de la Grande Guerre patriotique.

Le massacre de Marioupol le 9 mai a d’ailleurs eu lieu le jour de la commémoration de la victoire. Cette symbolique est importante car la guerre civile en Ukraine oppose la descendance politique et même physique des collaborationnistes revanchards de l’Ouest de l’Ukraine aux descendants de ceux qui ont combattu du côté soviétique, c’est-à-dire du côté allié, et qui ont vaincu le nazisme. Ce n’est pas par hasard que les combats les plus acharnés l’été dernier, l’ont été sur les hauteurs du Kourgan de Saur Mogila, un des hauts lieux de la grande guerre patriotique, où se trouve un monument commémoratif que les néo-nazis se sont acharnés à détruire.

- Cette action génocidaire est entreprise par la garde nationale et des bataillons où se sont engagés les éléments les plus radicalisés du Maïdan, imprégnés par l’idéologie nationaliste de l’ouest de l’Ukraine dont la référence majeure est Stepan Bandera, l’un des fondateurs de l’OUN-UPA, collaborationniste pendant la dernière guerre. De l’antisémitisme, l’antipolonisme et l’antirussisme manifestés par ce courant politique ne semble avoir été conservé par ses descendants que l’antirussisme, un antirussisme atavique remontant à la création de l’uniatisme par le Vatican dans ces régions de marche, fer de lance du monde catholique contre l’orthodoxie. Afin d’intégrer l’Ukraine à sa géopolitique régionale, dans laquelle elle a entraîné l’Union européenne qui lui a pratiquement délégué le partenariat oriental, la Pologne a entrepris depuis longtemps une réconciliation à propos des massacres de Volhynie par l’UPA, qui ont fait 80.000 victimes civiles polonaises entre 1942 et 1944. Selon Stanyslav Byshok et Alexey Kochetkov, auteurs du livre « Les néonazis et l’Euromaidan », le mouvement bandériste a abandonné l’antisémitisme au tournant de la guerre en 1943, en décidant d’échanger l’alliance avec l’Allemagne hitlérienne pour une alliance avec la Grande-Bretagne et les États-Unis.

- Ces bataillons de néo-nazis sont financés par des oligarques, dont le tout puissant gouverneur de Dniepropietrovsk, nommé le 3 mars, Igor Kolomoïski. Régnant sur toute la rive gauche du Dniepr, en fait la Nouvelle-Russie, qui produit deux-tiers du PNB ukrainien, on lui prête des ambitions nationales en concurrence avec Porochenko. Sa banque Privat contrôle le commerce du gaz et du pétrole et il règne sur un empire de presse. Paradoxalement président de la Communauté unifiée des Juifs d’Ukraine, il finance l’extrême-droite et les bataillons Dniepr et Azov qui sèment la terreur dans le Donbass. Vice-président de la fédération de football d’Ukraine, il contrôle les principaux clubs et les bandes d’ultras qui ont participé au massacre d’Odessa le 2 mai et qui tabassent les antifascistes dans les villes d’Ukraine. L’anticommunisme affiché par ces bataillons, qui trouve un accueil favorable de la part des libéraux occidentaux, n’est que la couverture de leur racisme antirusse. Outre cet aspect idéologique, l’est de l’Ukraine est riche en réserves de gaz de schiste, auquel est intéressé le propre fils du vice-président américain Biden, très impliqué dans la conduite de l’ATO, qui a été déclenchée à l’occasion de sa visite à Kiev en avril. Le génocide des populations russophones de l’est de l’Ukraine est donc idéologiquement et économiquement motivé : il s’agit d’éliminer d’un territoire riche et stratégique, une population majoritairement favorable à l’intégration à l’Union douanière.

- La poursuite de la guerre et l’installation à Kiev d’un pouvoir nationaliste violant les droits des russophones, en fait la majorité des Ukrainiens, et engageant une confrontation avec la Russie, menace la paix et la sécurité du continent. La désinformation mainstream invoquant que l’extrême-droite ne ferait que 2% aux élections repose sur une vision tronquée des faits. Le parti radical (7,5% aux élections à la Rada en octobre) et Autosuffisance (11%) sont dirigés par les fascistes Liachko et Sadovy. Tiagnibok a été écarté, comme le demandait Nuland à son ambassadeur dans une conversation célèbre où elle envoyait l’UE se faire foutre en nommant Yatseniouk premier ministre. Mais Svoboda n’a pas dit son dernier mot comme l’ont montré les récents événements de Vinnitsa.

Des ministres du nouveau gouvernement viennent de l’extrême-droite néo-nazie comme le ministre de l’éducation et de la Science d’Ukraine, Sergueï Kvit, ou Vyatchslav Kirilenko, ministre de la Culture et vice-premier ministre qui a déposé un projet de loi en 2013 sur la reconnaissance de l’OUN-UPA et qui au lendemain du coup d’État a proposé la suppression de la loi reconnaissant au russe le statut de langue régionale, ce qui a mis le feu aux poudres. L’intolérance, la censure, l’interdiction et l’intimidation de toute opposition pèsent lourdement dans le climat actuel, alors que Porochenko lui-même prétend que « 100% des Ukrainiens sont contre la fédéralisation » et alors qu’il menace la population du Donbass d’une « guerre totale » qui a déjà lieu, se réjouissant que les enfants du Donbass « se cachent dans des caves quand ceux de Kiev vont à l’école ». Je rappelle que le concept de "guerre totale", notamment développé par l’école de guerre américaine, définit la guerre moderne comme étant faite contre les civils pour ruiner le pays et conduire à la démission du gouvernement. Enfin, des chefs de bataillons néo-nazis figuraient sur l’ensemble des listes des différents partis et ont fait leur entrée à la Rada, notamment Dimitri Yarosh, ce chef du Pravy Sektor dont certains membres ont participé à la guérilla islamiste en Tchétchénie.

- Dokou Oumarov, chef du Califat du Caucase et responsable notamment des attentats du métro de Moscou en 2010 et de l’aéroport de Domodedovo en 2011, aurait été appelé par Yarosh début mars à combattre contre la Russie, ce qui a été démenti ensuite par le Pravy Sektor. Le fait est qu’Oumarov a été liquidé début 2014 par le FSB ou par Ramzam Kadyrov, le président de Tchétchénie, qui l’a revendiqué. Aux premières loges du combat contre la pénétration wahhabite dans le Caucase, défenseur de l’islam traditionnel soufi, il suit de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient. En septembre il déclare que le leader de l’État islamique, Abou Bakr el Baghdadi a été recruté par le général Petreus, commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan et ancien directeur de la CIA.

Il lance ses services à sa recherche pour l’éliminer car certains de ses associés ont menacé le Caucase et la Russie. « L’Amérique finance de nombreux groupes et les lance les uns contre les autres de façon à ce que dans ce piège meurent des milliers d’hommes » déclare-t-il. El Baghdadi n’est pas retrouvé mais un chef militaire de l’État islamique, qui a menacé la Tchétchénie et tout le Caucase russe, Tarkhtan Batarichvili, dit Omar al Chichani, est liquidé en octobre. L’épisode suivant a lieu il y a tout juste une semaine, le 4 décembre au matin, peu après l’installation du nouveau gouvernement ukrainien et le jour-même du discours annuel du président Poutine devant l’Assemblée fédérale : Grozny est ce jour-là l’objet de la plus forte attaque terroriste de son histoire récente, qui a fait 14 morts chez les policiers et 11 chez les terroristes. Kadyrov révèle la responsabilité du frère d’Oumarov, Akhmad, réfugié en Turquie et bénéficiant du financement de services spéciaux occidentaux. Immédiatement après, les députés néo-nazis Bereza, chef du bataillon Dniepr 1, et Mositchouk, ex-chef du bataillon Azov, déclarent aux journalistes dans les couloirs de la Rada leur soutien aux terroristes tchétchènes qu’ils appellent à ouvrir un deuxième front contre la Russie dans le Caucase. Une action est lancée contre eux par le Comité d’enquête de Russie pour appel public à des actes terroristes. Au même moment, Paroubiy qui vient d’être élu vice-président de la Rada, propose une loi faisant de l’Ukraine un Etat associé de l’OTAN, juste après que le Congrès américain, le 5 septembre, ait très majoritairement voté la résolution 758, accusant la Russie d’agression en Ukraine et autorisant le président Obama à lui déclarer la guerre.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Je conclurai sur cette note pessimiste. L’alternative est la suivante pour la France et l’Union européenne : poursuivre la confrontation avec la Russie qui peut mener à une guerre autodestructrice et à des actes terroristes sur leur sol, ou bien reprendre une coopération avec elle pour le plus grand profit de tous, tant sur le plan économique que sur celui de la lutte contre le terrorisme. La confrontation est recherchée par les États-Unis et leurs alliés dans l’Union européenne pour la création d’un bloc occidental dans le cadre du traité de libre-échange transatlantique, en vue du maintien d’une domination globale qui désormais leur échappe par les moyens pacifiques. Pour cela ils créent des foyers de déstabilisation au Moyen-Orient, en Europe et en Asie centrale, et le terrorisme qu’ils y développent est une arme efficace, mais à double-tranchant.

Il n’est pas non plus innocent que pour cela les États-Unis s’appuient sur des forces politiques issues de la collaboration pendant la dernière guerre comme en Croatie, en Bosnie et au Kosovo dans les années 90, et en Ukraine actuellement, avec lesquelles ils ont entamé une collaboration dès la fin de la guerre. C’est sans doute pour cela que le 21 novembre, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine ont voté contre la résolution proposée par la Russie d’interdiction de la glorification du nazisme, adoptée par 115 États sur 193. Observons que ni l’Amérique ni le Canada n’ont eu à souffrir dans leur chair l’abomination de l’occupation nazie et le racisme de sa doctrine. Leur engagement militaire n’est intervenu que secondairement sur le théâtre européen, une fois obtenue la promesse de la victoire grâce au courage et aux sacrifices de tous les peuples de l’Union soviétique. Le vote de l’Ukraine ne peut donc signifier qu’une seule chose : ce sont bien des néo-nazis revanchards, héritiers du mouvement collaborationniste de Bandera, qui sont au pouvoir actuellement à Kiev. Quant au vote de la France et du reste des pays de l’Union européenne, qui se sont honteusement abstenus, c’est tout simplement dans la veine de l’attentisme qu’elle a assez majoritairement adoptée et du régime relativement privilégié dont elle a bénéficié à l’époque, à l’exception des Juifs et de la résistance. Résistants que l’occupant nazi et ses collaborateurs nommaient des terroristes.

Frédéric Saillot

Écrivain et journaliste à Eurasie Express

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Etats Unis / Russie : les armes se précisent par Karine Bechet-Golovko.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #La guerre, #La Russie, #Ukraine

Etats Unis / Russie : les armes se précisent
par Karine Bechet-Golovko

mardi 23 décembre 2014, par Comité Valmy

La standing ovation des membres du Congrès américain au Président ukrainien le 18 septembre 2014

La standing ovation des membres du Congrès américain au Président ukrainien le 18 septembre 2014

Etats Unis / Russie : les armes se précisent

Le Président russe V. Poutine vient de signaler une augmentation de l’activité des services spéciaux étrangers en Russie sur l’année 2014. Cette nouvelle semble être largement confirmée par l’acte que les Etats Unis sont sur le point d’adopter. Selon celui-ci, la représentation américaine en Russie va être augmentée, seuls des américains pourront occuper les postes à responsabilité, si petite soit-elle, dans l’ambassade à Moscou et la guerre cybernétique est déclarée. Dans ce contexte, l’Ukraine reste une pièce maîtresse de la guerre déclarée.

 

Dans le Bill H.R. 4681, les Etats Unis prévoient une modification dans le fonctionnement de l’ambassade américaine à Moscou. Alors que la pratique veut qu’il soit normal de recourir à la participation des résidents locaux pour les postes qui ne sont pas des postes de direction, le projet de loi renforce la présence américaine en obligeant d’employer des citoyens américains, dès que le poste en question contient la moindre part de responsabilité, même si le travail est technique. Par ailleurs, le Congrès oblige à une vérification détaillée des antécédents du candidat.

 

Autrement dit, la présence russe doit être diminuée au maximum dans les structures américaines en Russie, ce qui démontre une méfiance chronique, même envers ces pauvres naïfs qui cherchent leur salut dans la reconnaissance américaine. Toutefois, la "5e colonne" n’y trouvera certainement rien à redire, elle n’est pas formée à critiquer son employeur.

 

Par ailleurs, dans tous les établissements diplomatiques et consulaires en Russie, dans les pays limitrophes et dans l’espace post-soviétique, il est impératif de mettre en place un système spécial de protection des données. La peur de la fuite d’information semble atteindre le niveau de la paranoïa, ou bien ce qui est à cacher renverrait le rapport de la CIA sur les tortures à une lecture pour les enfants le soir.

 

Enfin, toujours dans la suite de ce qui vient d’être précisé, une coopération renforcée se met en place avec l’Ukraine dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité. Il est vrai que l’Ukraine en a besoin aujourd’hui, où l’on compte plusieurs structures comme Cyberberkut, qui luttent contre le régime. Ils ont, par exemple, pu entrer dans le système de l’OTAN, et justement dans leur centre de défense informatique. Ce sont également eux qui ont pris les documents concernant l’aide militaire américaine à l’Ukraine, ou encore ont forcé 37 sites polonais, dont celui de la Bourse ou de la Présidence.

 

Ainsi, pour ceux qui avaient encore des doutes, la guerre est déclarée, même si la bataille des tanks n’est pas encore décidée. Si l’on y ajoute l’aide militaire officielle que les Etats Unis vont apporter à l’Ukraine sous forme d’armes létales et le renforcement des sanctions contre la Russie, on complète le tableau. Et pour l’illustrer, tout autant que pour en comprendre la profondeur, il est intéressant de rappeler les paroles du député André Makarov lors de l’émission hier soir de Soloviev. La panique du début de semaine concernant le rouble a été parfaitement organisée. Les gens recevaient des SMS leur disant de retirer tout de suite leur argent de la banque, que la Sberbank (la plus grosse banque de Russie) était à cours de liquidité etc etc etc. Evidemment cela a contribué à provoquer une certaine panique. Pour A. Makarov, ce n’est pas une simple chute du rouble liée aux sanctions, à l’insuffisance du tissus économique ou à la baisse du prix du baril de pétrole. Tous ces éléments existent et jouent leur rôle, or ils ne peuvent expliquer à eux seuls ce qui se passe avec la monnaie nationale quand les indicateurs économiques du pays ne sont pas dans le rouge.Il s’agit d’une véritable guerre financière, d’une attaque ciblée et profonde sur le système financier russe.

 

Le combat entre les Etats Unis et la Russie se précise et les armes se diversifient tout autant. Nous ne sommes, hélas plus à l’époque de la bataille de Koursk. Il est peu vraisemblable que la Russie fasse entrer ses armées en Ukraine, il est peu vraisemblable qu’elle soit directement attaquée militairement. Ce qui ne signifie pas que la guerre n’a pas déjà commencé. Elle est simplement plus complexe et plus totale.

 

Elle touche le recours aux forces armées, mais sur d’autres territoires, frontaliers.
Elle concerne l’information, avec la mise en place d’une politique de communication de guerre : les gentils c’est nous et les nôtre, quoi qu’ils fassent, car les méchants sont les autres. Cela est fondamental pour remonter le sentiment patriotique surtout quand l’essentiel manque, comme en Ukraine, et que la vie courante ne peut plus être garantie par un Etat en faillite. 

Karine Bechet Golovko.

Karine Bechet Golovko.

Elle est économique et financière, car les populations russes ont prix le   goût de bien être et le but est de leur faire comprendre ce qu’ils peuvent perdre s’ils continuent à soutenir leur Président.

 

Tout cela finit par ressembler à ce vieux film américain Le bon, la brute et le truand. Je vous laisse libre de la distribution des rôles.

 

Karine Bechet-Golovko
lundi 22 décembre 2014

Russie politics

Mise en ligne CV : 22 décembre 2014

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« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1] Marie-Ange Patrizio, par Comité Valmy.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La gauche, #Politique étrangère, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La République, #La nation .

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1]
Marie-Ange Patrizio

mardi 23 décembre 2014, par Comité Valmy

Voir en ligne : Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde - Claude Beaulieu, Geneviève Blache

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1] Marie-Ange Patrizio, par Comité Valmy.

« La corde du mensonge est toujours trop courte »[1]

Un article du journaliste Jacques-Marie Bourget : « Interroger Bachar Al Assad est-il un crime de guerre ? » a été publié (peu de temps) par les sites Afrique Asie puis Le Grand Soir[2]. D’après le directeur d’un de ces sites, à qui je me suis adressée, cet article avait pour but de « dénoncer les réactions véhémentes des médias mainstream qui s’étaient offusqués que Paris-Match[3] ait donné la parole au Président Bachar al-Assad ». Vérification faite, les réactions véhémentes contre l’interviewer, Régis Le Sommier, sont rares et moins véhémentes que l’article qui veut les incriminer. D’autres réactions, non véhémentes[4], à cette interview n’ont pas été publiées par les sites accueillant J-M Bourget. Qui, lui, a saisi l’occasion de l’interview de Paris-Match pour nous raconter comment il lui est « arrivé de devoir donner la parole à des monstres au nom du droit à ceux-ci de s’exprimer ». Sans nommer ses monstres. Ni d’ailleurs le confrère journaliste qui a fait l’interview pour Paris-Match. Ni rapporter le moindre mot de l’interviewé qui « a le droit de s’exprimer ». Mais non sans nous dire, par contre, combien cet interviewé serait un « criminel », un « bourreau » et un « dictateur », et qu’il n’a pour lui et pour « son aimable dynastie » « ni faiblesse ni penchant » etc.

 

Cet article est choquant pour plusieurs raisons et j’ai adressé par courriel à Mr. J-M Bourget, le 14 décembre, une série de remarques et questions sur ses propos[5] :

 

« Monsieur Bourget,

« Quand les sbires de Bachar balancent sur les rebelles des tonneaux de poudre »

les « sbires de Bachar » sont les soldats, conscrits, de l’Armée arabe syrienne, qui défendent leur pays et leurs familles ; les « tonneaux de poudre » qu’ils « balancent » permettent justement de cibler au plus près, au moins large, les repères des terroristes : l’Armée arabe syrienne a ainsi délivré le pays rue par rue, parfois maison par maison, sans bombarder massivement –comme son aviation serait en mesure de le faire- des quartiers où étaient et sont encore présents des civils, tenus en otage par les mercenaires terroristes ( djihadistes ou pas). C’est notamment ce qui explique la progression assez lente mais sûre de la libération des zones qui étaient aux mains de ceux que vous appelez rebelles en utilisant le vocabulaire des agresseurs de la Syrie qui se font passer pour ses « amis ».

 

« Interdit de séjour à Damas, et depuis trente ans, je n’ai ni faiblesse ni penchant pour l’aimable dynastie des Assad. Je connais leurs prisons, leurs tortures et leurs crimes et celles [ceux] commises [commis] dans leur colonie, le Liban ».

 

Monsieur Bourget, qu’est-ce qui vous « interdit de séjour à Damas » ? Avez-vous, depuis trente ans, demandé un visa pour aller faire votre métier en Syrie ? Vous l’a-t-on refusé ? Doit-on en déduire que vous parlez d’un pays où vous n’avez pas mis les pieds « depuis trente ans » ? Pensez-vous que ce pays n’a pas changé « depuis trente ans » et, en particulier, depuis les –bientôt- quatre dernières années où il se bat contre une agression redoutable ? Avez-vous lu la nouvelle Constitution de la Syrie ?

 

Savez-vous que le Président al-Assad (« Bachar » comme vous dites à la suite de Fabius) a été réélu avec des scores de participation électorale à faire pâlir d’envie François, Barack, Angela et tous nos députés, et candidats aux primaires si peu corrompus

 

d’ailleurs ?

« Bachar Al-Assad n’est pas Hitler mais un bourreau comme les autres »,

Comme qui par exemple ? Et en quoi précisément, lui, depuis qu’il est à la présidence de la République arabe syrienne, est-il un bourreau ? Avez-vous, par exemple, lu son discours d’investiture[6] ? Avez-vous, par exemple, puisque vous parlez de ceux qui sont allés l’interviewer, vu la vidéo « les coulisses de l’interview »[7] où le reporter de Paris-Match donne quelques précisions sur la façon et les conditions dans lesquelles il a été accueilli et reçu par « le bourreau » ?

 

Monsieur Bourget, pour rester dans le journalisme d’investigation et ne pas tomber dans l’allégation, vous devriez être précis dans vos écrits, et si vous voulez parler de la Syrie, commencez par demander un visa pour aller mettre à jour vos catégories et jugements. Il y a de larges zones maintenant en Syrie où vous ne serez pas « sous les bombes » ni sous les barils de TNT, à moins que vous ne passiez la frontière clandestinement pour aller travailler aux côtés des « rebelles ». Salutations. »

 

Monsieur Bourget ne m’a pas répondu mais a posté ce commentaire sur le site LGS :

 

« La seule chose qui soit interdite, c’est d’interdire. Libre à tous ceux qui trouvent que la dynastie des Al-Assad est vraiment ce qu’il y a de mieux pour un peuple, et il est vrai qu’aujourd’hui, Bachar Al-Assad est devenu un dictateur du moindre mal. Mais, si vous aviez été à Nhar El Bared en octobre 1983 vous auriez vu les soldats d’Assad bombarder les camps palestiniens. Avant cela, vous auriez vu à Beyrouth ces merveilleuses troupes venir au secours des néo fascistes libanais des "Phalanges" fondées par Gemayel sur le modèle des SA.. Tout cela contre les combattants de gauche, les marxistes et les palestiniens, énumération où les trois tendances peuvent se rejoindre. J’oublie le massacre de Hama, et ce n’est pas parce que les activistes d’alors, les massacrés, étaient Frères Musulmans qu’il ne faut pas s’indigner. J’oublie l’assassinat de Kamal Jou[m]blat et les dizaines d’autres au Liban et en Syrie.

 

Il se trouve que tous mes amis syriens, parce que communistes ou [sic] marxistes, depuis quarante ans, ont été contraints de quitter leur pays, la Syrie, après prison et torture. Des gens que, pourtant, vous ne retrouverez jamais dans le camp des "rebelles" et autres stipendiés de Washington.

 

Quand on pose les Al-Assad en modèle, sauf à se confondre à un bourreau, c’est savoir que ce pouvoir est totalitaire, policier et destructeur. Parlons d’idéologie, même celle du Baas a disparu et avant que ce dernier ne l’étrangle, le maître de Bachar était l’émir du Qata. [Suite plus bas] ».

 

Un journaliste pose des questions, éventuellement se pose des questions mais –lacanien ou pas- ne répond pas forcément à celles qu’on lui pose ; ici, le journaliste préfère raconter, d’abord, quelques souvenirs d’ancien reporter envoyé il y a une trentaine d’années sur certains théâtres d’opération (aucun n’est en Syrie) par les journaux pour lesquels il a travaillé ; puis ce qu’il a entendu sur d’autres « massacres » qu’il n’a pas oubliés.

On n’est pas obligé de confondre ces souvenirs (et oublis) avec la réalité historique ; de même que l’auteur n’est pas obligé d’opérer une mise à jour de ses récits en intégrant des informations qui ont été diffusées entre-temps sur ces événements, confirmant ou infirmant les fragments de mémoire de tout un chacun.

 

Néanmoins, pour avoir une idée de la fiabilité des éléments apportés en guise d’arguments, on peut prendre, dans sa liste de « si vous aviez été à », l’exemple le plus précis donc le plus facile à vérifier : « l’assassinat de Kamal Jou[m]blat », dont même wikipedia, peu suspect de sympathie à l’égard de la « dynastie des Al Assad », indique que « la piste Syrienne privilégiée par les enquêteurs au début de l’enquête a cependant été discréditée. Il semblerait que l’enquête ait fait l’objet d’une instrumentalisation politique, plusieurs témoins s’étant désistés en avouant avoir été achetés ».

 

Sur ce qui se passe aujourd’hui dans les camps palestiniens non pas au Liban mais dans la Syrie de « ce pouvoir totalitaire, policier et destructeur », on trouvera d’autres informations, plus récentes[8].

 

On peut regretter que Mr. Bourget ne nous indique pas quelques témoignages de « tous [ses] amis syriens (…) communistes ou marxistes » en complément, au moins, du sien. On notera d’ailleurs qu’il est difficile de trouver -sur nos médias français, « communistes ou marxistes » ou pas- des témoignages sur la « dynastie Assad » ou sur l’actuel « dictateur » (rétrogradé en moins de 24h « dictateur du moindre mal ») émanant de « communistes ou marxistes » syriens réfugiés non pas en France ou en Europe ou au Canada, pays assez peu « communistes ou marxistes », mais dans des pays comme, par exemple, Cuba, ou le Venezuela. Est-ce qu’aucun des communistes syriens n’est allé se réfugier là-bas, ou bien est-ce que ceux qui y sont allés ne font pas la même analyse que J-M Bourget de « la dynastie des Al Assad » etc. ? Peut-être ces autres camarades de la diaspora syrienne ne trouvent-ils ni prioritaire, ni utile, ni nécessaire, ni même fondé et juste, aujourd’hui (et de là où ils sont depuis quelques années ou dizaines d’années), de faire ce genre d’interventions sur la « dynastie » et son actuel « dictateur du moindre mal », pendant que, en pleine agression contre leur pays, leurs camarades restés en Syrie se battent aux côtés du gouvernement, de l’Armée arabe syrienne et des Comités populaires qui montent la garde dans les villages et les quartiers.

 

Mais les amis syriens « communistes ou marxistes » auront entendu parler du soutien très clair qu’a apporté le président Chavez à la Syrie agressée et à celui qu’il appelle son frère[9]. Et ils ont dû lire la déclaration faite par le Comité central du Parti communiste syrien dès décembre 2012[10].

 

J-M Bourget a malgré tout tiré une petite leçon des critiques reçues : dans sa réaction aux commentaires, il met des guillemets au mot rebelle.

 

Je complète l’intégralité de cette réaction en en rapportant ici la dernière phrase ; elle permet d’apprécier la logique elliptique et la disponibilité au débat de celui qui défend le droit de chacun à s’exprimer et qui « continue à militer pour le droit d’écouter même le ridicule et le pire » : « vos leçons de journalisme vous les gardez pour vous et je vous laisse à votre modèle dont le meilleur allié et défenseur en France, est le Front National ».

 

C’est Noël. Petit Jésus, je vous l’offre.

M-A Patrizio

psychologue (retraitée) et traductrice

Copie, pour droit de réponse, aux sites qui ont publié le texte de J-M Bourget.

[1] Merci à M. A-N., traductrice franco-syrienne, de m’avoir signalé ce proverbe.

[2] http://www.legrandsoir.info/interroger-bachar-al-assad-est-il-un-crime-de-guerre.html et

http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/8633-bachar-al-assad-dans-paris-match-donner-la-parole-a-ce-monstre-n-est-pas-un-crime.html

[3]http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-president-syrien-Bachar-el-Assad-recoit-Paris-Match-661934

[4]http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-image-de-bachar-al-assad-et-la-160462

[5] Postée ensuite en commentaire sur le site LGS ; adressée aussi au directeur de la Revue Afrique-Asie.

[6] http://www.mondialisation.ca/texte-integral-du-discours-dinvestiture-du-president-bachar-al-assad/5392232

[7]https://www.youtube.com/watch ?v=zZSU5wBsS-w&list=UUYvQOj-t4u5-QKGB3AuoLjw »

[8] http://www.info-palestine.net/spip.php ?article15045

[9] notamment Hugo Chavez recevant le couple Al Assad au Venezuela, au milieu de la communauté syrienne : “Uh, Ah, Bashar no se va ! “

http://www.dailymotion.com/video/x13s2jh_quand-hugo-chavez-et-bashar-al-assad-se-rencontraient-en-2010_news

et http://www.voltairenet.org/article184852.html

[10] http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article3076

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PIERRE JOXE (ancien ministre de François Mitterrand) : « Je suis éberlué par cette politique qui va contre notre histoire » [Mediapart]

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La sécurité sociale, #Services publics, #Politique intérieure, #Le socialisme, #La France, #La République, #La nation ., #La justice, #La mondialisation, #Europe supranationale

PIERRE JOXE (ancien ministre de François Mitterrand) : « Je suis éberlué par cette politique qui va contre notre histoire » [Mediapart]

mardi 23 décembre 2014, par Comité Valmy

Pierre Joxe.

Pierre Joxe.

Dans un entretien à Mediapart, Pierre Joxe, plusieurs fois ministre de Mitterrand et grande figure socialiste, n’a pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement et le projet de loi dit Macron, une entreprise de « déconstruction du droit social ».

« Éberlué », « stupéfait », « ahurissant ». Pierre Joxe, animal politique au sang-froid, a rarement usé d’autant d’adjectifs que dans l’entretien qu’il nous a accordé dans le cadre de notre émission « En direct de Mediapart »,
jeudi 18 décembre 2014 PAR EDWY PLENEL ET FRÉDÉRIC BONNAUD.

 

Plusieurs fois ministre de François Mitterrand, ancien président de la Cour des comptes, ancien membre du Conseil constitutionnel (2001 à 2010), Pierre Joxe s’était gardé jusqu’alors d’évaluer en détail la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Le projet de loi Macron, adopté ce mois-ci en conseil des ministres et dont l’examen doit débuter au Parlement le 26 janvier prochain, l’a visiblement incité à sortir du bois.

 

« La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour (...) Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui. », dit Pierre Joxe. L’ancien ministre dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – « En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».

 

Quand nous vous avons présenté le thème de cet entretien, « le travail en miettes », vous nous avez dit : « C’est surtout le code du travail qui est en miettes. » Pourquoi ?

 

Le droit du travail est en miettes car le mouvement qui a lieu en ce moment en France, et pas seulement en France, est un mouvement de déconstruction du droit du travail. Il faut comprendre que le droit du travail est un droit d’exception : c’est un droit qui dit non au code civil, qui dit non au droit du libéralisme, qui dit « non, la liberté n’est pas complète », on ne peut pas embaucher des enfants dans les usines, en 1834, etc.

 

Et c’est un droit qui repose sur une action collective puisque tout le droit du travail a progressé sous la pression de l’action syndicale. En France, les lois progressistes ont toujours suivi les grandes manifestations syndicales. Même le repos hebdomadaire ! Cela a culminé avec le Front populaire, la Libération et, en quelques occasions auxquelles j’ai d’ailleurs participé, par exemple avec les lois Auroux.

 

Aujourd’hui, on assiste à une déconstruction. Ce n’est pas une démolition, c’est un effritement. Il y a une accélération récente et je pense qu’on va en parler avec cette loi (Macron – ndlr). Elle concerne souvent le droit du travail mais n’associe même pas le ministre du travail ! C’est une situation juridique étrange ! Le droit du travail est un droit qui ne donne pas la priorité au contrat mais qui dit que la loi s’impose au contrat : c’est la loi qui protège car le contrat peut asservir, sauf justement s’il respecte la loi. Or nous assistons à un autre mouvement, un mouvement inverse qui veut rendre au contrat la place qui a justement été conquise par le droit du travail et les mobilisations sociales.

 

Alors parlons de cette loi Macron, faite par le ministre de l’économie et qui n’associe pas le ministre du travail…

 

Je vous interromps : on parle d’une loi – loi Aubry, loi Auroux – lorsqu’elle a été votée. Pour le moment, il y a un projet de loi qui s’appelle, imprudemment peut-être...

 

Vous voulez dire que M. Macron n’est pas encore rentré dans l’histoire ?

Oh si, sûrement, parce qu’il ressemble un peu à Emmanuelli… Tous les deux étaient chez Rothschild, tous les deux sont entrés au gouvernement.

 

Pourquoi la gauche qui est au pouvoir accompagne-t-elle cette régression ?

 

Je ne sais pas. Il y a eu des éléments précurseurs. On aurait dû s’alarmer lorsqu’on a lu dans un journal, il y a un an, signé par un certain nombre de députés socialistes, dont Le Guen qui est aujourd’hui ministre des relations avec le Parlement, ce texte que je cite : « Il faudra que Hollande s’attaque à un redoutable tabou national, celui des rigidités d’un code du travail qui est devenu un puissant répulsif de l’emploi. » Qu’une dizaine de députés socialistes puissent signer, un siècle après la création par Clemenceau du premier ministère du travail, un siècle après le premier code du travail, un siècle après la première loi sur le repos hebdomadaire, un texte expliquant que le code du travail est un puissant répulsif, c’est stupéfiant.

 

Il se trouve que quand Me Parisot était présidente du Medef, elle disait ceci : « Nous préconisons une réforme de la constitution afin de reconnaître le droit à la négociation et de permettre aux représentants des employeurs et des salariés de fixer les modalités des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et du droit à la sécurité sociale. »

 

Donc c’est toujours cette idée qu’il faut retirer au règne de la loi, et aux représentants de la souveraineté nationale, la responsabilité de fixer les règles dans le monde du travail. C’est une idée qui chemine depuis longtemps.

 

Alors évidemment, elle éclot avec cette nouvelle loi et on est d’autant plus stupéfait qu’on y trouve des choses ahurissantes. Par exemple, la pénalisation de l’entrave. Vous savez que le délit d’entrave, c’est empêcher les délégués syndicaux ou les représentants du personnel de remplir leurs missions. C’est un délit du droit pénal du travail. Eh bien, l’article 85 de ce projet de loi (Macron - ndlr) prévoit que par ordonnances (donc, en évitant le débat public) le gouvernement pourrait réviser la nature et le montant des peines applicables en cas de délit d’entrave. C’est-à-dire qu’on envisage de revoir cela alors que ni la loi d’amnistie de 1981 (celle de Mitterrand), ni la loi d’amnistie de la droite en 1995, ni la loi d’amnistie de 2002, n’a porté atteinte à cette règle un peu mythique mais qui consiste à dire que si un employeur viole la loi et fait entrave, il peut être condamné au pénal…

 

Moi, je ne comprends pas. Je pense que le débat aura lieu mais là, comme c’est prévu par ordonnances, cela veut dire qu’on veut fuir le débat. Or je pense que ce débat doit être porté très largement.

 

Vous évoquiez d’autres mesures, lesquelles ?

Quand j’étais au Conseil constitutionnel… J’ai beaucoup souffert au Conseil constitutionnel, j’étais très seul, pendant quelque temps il y avait mon ami Colliard (ndlr) et on avait à peu près les mêmes opinions, mais par la suite les conservateurs et les réactionnaires étaient tellement majoritaires que moi j’étais finalement solitaire. J’ai donc vu les saisines de mes amis du groupe socialiste et je vous en ai apporté une, signée Sapin, Ayrault, Hollande, Leroux, Valls, Cambadélis, Bartolone.

 

C’est la décision DC2008568 du Conseil constitutionnel qui attaque une disposition du projet de loi dit de « rénovation de la démocratie sociale » – vous imaginez ce qu’il pouvait y avoir dedans. Mes amis socialistes ont attaqué, à juste titre, en rappelant que « la loi doit déterminer elle-même les principes fondamentaux du droit du travail et encadrer le champ ouvert à la négociation collective ». C’est-à-dire que cette saisine par le groupe socialiste rappelle le principe sacré que c’est la loi qui fixe les principes du droit du travail et qu’on ne doit pas les laisser à la négociation collective, où finalement le patronat est toujours plus fort que les organisations syndicales, sauf dans les grandes périodes de crise type Front populaire ou Libération.

 

Donc, ce qui est exactement l’inverse de ce qu’on appelle l’ANI, l’Accord national interprofessionnel…

 

Oui, l’ANI, c’était l’année dernière. Et donc, sur cette saisine, le Conseil constitutionnel avait dit que les dispositions contestées – c’était à propos des contreparties obligatoires sur les questions du repos dominical et des heures supplémentaires – l’étaient à juste titre et les avait censurées.

 

Et cela concernait déjà le travail du dimanche.

Oui, et les heures supplémentaires. Donc, c’est absolument ahurissant.

Que pensez-vous du débat sur le travail du dimanche, êtes-vous d’accord avec la tribune de Martine Aubry ?

 

Alors, je vais peut-être vous étonner, je n’ai pas lu la tribune de Martine Aubry mais je n’ai pas besoin de la lire pour savoir ce qu’elle en pense. Martine Aubry a été l’excellente collaboratrice de Jean Auroux, puis ministre du travail. Comme tous les gens qui ont un peu d’expérience dans ce domaine, elle sait très bien que l’existence du travail du dimanche est nécessaire : il y a les hôpitaux, les transports en commun, la police, etc.

 

Mais le développement du travail du dimanche dans le commerce – et c’est la grande activité dans laquelle il y a aujourd’hui les salariés les plus faibles, les moins qualifiés, les plus remplaçables –, ce développement est exclusivement destiné aux intérêts des groupes de la grande distribution. Je ne dis pas principalement, je dis exclusivement ! Et là je ne comprends pas très bien.

 

Dans votre livre Soif de justice, vous dites : quand la gauche reviendra au pouvoir il faudra « désarkozyfier ». Aujourd’hui on a plutôt l’impression de marcher sur sa lancée. Quel effet cela fait de se dire que la gauche au pouvoir va plus loin que le président, qu’elle a remplacé ?

 

D’abord ce n’est pas la gauche qui a remplacé un président. Il y a un élu par la gauche qui a remplacé un président élu par la droite. Les conditions dans lesquelles fonctionne le gouvernement actuel sont surprenantes, puisque le PS avait choisi un candidat parmi trois. Il y en avait un seul qui avait eu un résultat très faible dans l’investiture primaire, c’était Manuel Valls avec 5 %. Évidemment, deux ans après, quand il gouverne la France, beaucoup de gens sont surpris…

 

La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour. Il y a donc un problème interne non pas à la gauche ou au PS, mais interne au groupe socialiste. La démocratie libérale n’aime pas le droit social, et la France a progressé dans la voie du droit social avec Jaurès, Clemenceau – qui a créé le ministère du travail et les assurances sociales –, le Front populaire… C’est une construction continue qui va dans le sens d’un progrès. Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.

 

La gauche n’a pas été élue pour faire une politique aussi surprenante qui ne va pas du tout dans le sens de l’histoire de la gauche, et je pense que c’est quelque chose qui va se débattre dans les mois qui viennent.

 

Vous avez dit : « Nous sommes éberlués. » Est-ce que cela veut dire que vous qui avez été président du groupe socialiste, figure de l’alternance, vous êtes comme nous tous, tétanisés et vous donnez votre langue au chat ? Comment nous donner l’explication de ce qui se passe ?

 

Je ne suis pas tétanisé, d’ailleurs je suis vacciné contre le tétanos. Je ne donne pas non plus ma langue au chat mais je n’ai pas d’explication sur ce qui se passe en ce moment. Une grande partie des Français ne comprennent pas ce qui se passe. La situation dans laquelle nous nous trouvons est assez comparable à celle du référendum sur l’Europe en 2005.

 

Ce référendum a divisé la gauche. J’étais de ceux qui étaient contre, certains nous ridiculisaient en nous disant que l’on était à contre-courant de l’histoire, mais les Français ont voté non. Ils ont voté non mais personne n’en a tenu compte, particulièrement le parti socialiste.

 

C’est aujourd’hui une situation qui me fait penser à la guerre d’Algérie. En 1956, les Français ont voté pour Mendès France, c’est-à-dire contre les guerres coloniales. Sauf que ce n’est pas Mendès que Coty a appelé, c’est Guy Mollet, et on a eu l’inverse. La situation actuelle a quelque chose de commun avec ces périodes de balancement.

 

Je pense qu’il va y avoir une profonde réflexion sur la prise de pouvoir par la gauche socialiste. Nous avons pris le pouvoir en 1981 après une victoire de l’union de la gauche. C’était déjà le pouvoir de ce que Jospin appellera plus tard la gauche plurielle. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir en France ou ailleurs une victoire de la gauche sans qu’il y ait un rassemblement avec toutes les forces de gauche. Je le répète, nous sommes dans une période de réflexion qui commence seulement, en particulier avec ces lois qui sont tellement à contre-courant de l’histoire de notre droit social.

 

Vous êtes toujours membre du parti socialiste, c’est votre famille ?

C’est ma famille. J’ai fondé le parti socialiste, j’ai participé à sa création, c’est même la première fois que j’ai adhéré à un parti. Mais comme beaucoup au parti socialiste, cette famille est devenue un peu théorique.

 

Que répondez-vous aux gens qui sont très durs en ce moment ? On lit souvent : ce qu’est en train de faire la gauche, la droite n’aurait jamais osé le faire parce qu’elle aurait mis la gauche dans la rue…

 

Ce n’est pas vrai que la droite n’aurait pas osé le faire, elle l’a fait. Il y a eu la loi Borloo, il y a eu d’autres lois antérieures plus ou moins avancées. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est ce qu’il y a devant nous en Europe.

 

Ce mouvement de déconstruction du droit du travail n’est pas particulier à la France : il est beaucoup plus avancé en Angleterre, on ne sait pas ce qu’il va se passer en Italie. Ce qui est devant nous, c’est ce que l’opinion française va faire. Toutes les personnes qui sont dans les tribunaux, devant les juridictions sociales de base, ce ne sont que des gens pauvres ou très pauvres et en plus en situation de faiblesse économique, sociale, culturelle, personnelle…

 

Et là je pense qu’il y a quand même un certain danger dans la montée du Front national. La problématique qui est devant nous est : comment va évoluer la gauche, l’extrême droite, et comment les uns vont évoluer par rapport aux autres ?

 

Forcément, l’année 2015 va être celle d’une profonde réflexion à gauche, chez la population française mais aussi chez ceux qui ne sont classés politiquement ni à gauche ni à droite et qui se demandent où on va. La sécurité sociale, le droit du travail, les délégués du personnel, correspondent à des institutions qui ont été cristallisées à la Libération.

 

Or la Libération est une période où la France est optimiste. La France se reconstruit avec espérance, avec un système social qui est aujourd’hui encore là, qui a été élargi par certaines mesures, en particulier Aubry, et abîmé par certaines réformes, mais il est encore là. Le problème qui se pose quand on regarde ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis c’est, est-ce qu’il sera encore là dans vingt ans ?

 

Vous avez évoqué la figure de Mendès France. À l’initiative de votre amie Françoise Seligmann, qui est décédée en 2013 le même jour que Stéphane Hessel deux ans plus tôt, vous rendiez hommage à Mendès France dans un numéro de sa revue Après-demain. Je lis ici la conclusion de cet article.

 

« Trente ans après le décès de Mendès France, un demi-siècle avec la mort de la IVe République, on sait de quoi les républiques peuvent être malades, à en mourir quand elles bafouent les libertés et renient le droit. Le souvenir de Mendès France est comme un fantôme qui hante notre histoire contemporaine, le fantôme de la clairvoyance et du courage politique, hélas tous les fantômes ne sont pas des revenants. »

 

Le numéro de cette revue s’appelait « La République est en danger ». Aujourd’hui, pensez-vous que la République est en danger ?

 

La France a une chance, c’est qu’elle a une tradition historique de lutte politique très forte, ça peut la protéger plus que d’autres pays. Je suis plus inquiet quand je vois certaines tendances en Italie, même en Allemagne. Je ne pense pas que la République soit en danger, ou alors elle est toujours en danger. Ce qui est en danger, c’est l’espérance.

 

Elle est en danger si on ne s’occupe pas de l’espérance ? Si on ne s’engage pas, si on ne résiste pas ?

 

Non, c’est l’espérance qui est en danger. Parce que la France est une République sociale. La Constitution dit quoi ? Que la République n’est pas seulement la loi de la majorité, que la majorité ne peut pas opprimer. Elle dit que la République a pour fonction d’élaborer une société où les chances des enfants, où les possibilités des hommes et des femmes tendent vers l’égalité. Ce n’est pas l’égalitarisme, c’est aller vers l’égalité. Et ça, c’est une espérance, c’était l’espérance très forte de la Libération, l’espérance très forte de la Révolution, de 1848, de la Commune de Paris, du Front populaire. Et celle de certains moments de l’histoire, avec Mendès, avec Mitterrand aussi. Et cette espérance-là, il ne faut pas qu’elle meure.

 

Vous avez écrit ce livre, Soif de justice, au secours des juridictions sociales. Avez-vous été surpris par l’état de grande misère de l’ensemble de ces juridictions sociales, de ce que vous appelez la justice des pauvres ?

 

C’est vrai que j’ai commencé à faire un reportage sur les juridictions sociales comme je l’avais fait pour les juridictions pour enfants. Comme beaucoup de gens, je ne connaissais pratiquement pas les juridictions sociales, à part les prud’hommes. Les gens ne connaissent pas du tout, par exemple, les tribunaux de Sécurité sociale, etc. Or l’ensemble de ces juridictions, du droit du travail et de la protection sociale, rendent 500 000 décisions par an, 500 000 décisions au fond ! Il y a trois millions de décisions par an dans la justice française, 2 millions pour les affaires civiles, 500 000 dans la justice pénale et 500 000 dans les juridictions sociales. Cela fait 2 000 décisions tous les jours dans ces juridictions largement inconnues. Et elles concernent essentiellement des gens pauvres, très pauvres, précaires ; beaucoup de mères célibataires, des gens à l’abandon. Et ce qui est terrible, c’est que la pauvreté de la justice en général en France est encore accentuée dans ces juridictions sociales qui ne tiennent que par le dévouement de magistrats et d’avocats.

 

Et en plus avec des délais effrayants le plus souvent…

Oui, des délais incroyables et d’autant plus incroyables que je suis allé visiter ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne… En Suisse, les conseils des prud’hommes quand ils ont un mois de retard, tout le monde en est malade. En Belgique, il y a ce qu’on appelle le tribunal du travail : il regroupe les prud’hommes, les tribunaux des affaires de sécurité sociale, les tribunaux du contentieux de la capacité. Eh bien, en Belgique, non seulement c’est à l’heure, cela fonctionne, mais en plus ce sont les meilleurs magistrats, ils font les carrières les plus brillantes. Et, en plus, dans ce tribunal, il y a ce qu’on appelle le parquet social, c’est un représentant de l’État…

 

Donc quand on regarde ce qui se passe en Allemagne depuis un siècle, en Belgique depuis trente ans, en Suisse depuis toujours, on se demande comment la France, qui était tout de même à l’origine le pays où le droit social était en avance, peut avoir une justice sociale aussi en retard. En 2013, l’État a été condamné 17 fois à des dizaines de milliers d’euros pour déni de justice, c’est-à-dire pour ne pas avoir rendu de décision dans les délais. Moi-même, je suis éberlué par ce que j’ai vu, comme je suis éberlué de voir que plus de deux ans après le changement de gouvernement, aucune mesure n’a été prise pour améliorer cela, sauf maintenant une réforme des prud’hommes qui ne me paraît pas de la meilleure inspiration.

 

source :

via le blog de Michel ELDIABLO

Mise en ligne CV : 22 décembre 2014

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[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique. Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #Politique étrangère, #Europe supranationale

23 décembre 2014.

[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique

Encore une bombe, qui n’intéresse pas nos médias : le gouvernement nous a juste menti pour déclencher une guerre… (ce qui devrait nosu occuper bien plsu que de savoir si le MH-17 a été accidentellement descendu par des Ukrainiens pro-Kiev ou des Ukrainiens pro-Dontesk par exemple…)

Nos dirigeants, nains intellectuels et/ou moraux, aveuglés par 20 ans de manipulations à succès, ont oublié que l’Histoire, ça pouvait être “grave”.

Le réalité devrait hélas bientôt les (et nous…) rattraper et leur rappeler ce principe…

Le livre français, les chemins de Damas, publié il y a quelques jours, provoque un scandale en révélant des éléments secrets sur la manière dont la présidence française a forcé le corps diplomatique et les services secrets français à se soumettre à la décision politique de renverser Assad et à manipuler les rapports sur les armes chimiques et la réelle puissance du régime syrien.

Un livre publié à Paris il y a quelques jours et intitulé Les chemins de Damas, Le dossier noir de la relation franco-syrienne, par les journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot, donne de précieuses informations sur les coulisses de la relation entre Paris et Damas au cours des 40 dernières années. Ce livre d’investigation contient des informations et des interviews avec des personnalités étroitement impliquées dans le dossier syrien, des années 1980 à nos jours.

En passant des sommets présidentiels aux confrontations politiques et meurtrières, et des tensions diplomatiques aux périodes de lune de miel et à la coordination secrète des deux capitales, le livre s’attaque aux “dossiers noirs” et autres événements cachés qui caractérisent la relation décrite comme “quasi-schizophrène” entre les deux pays.

Selon le synopsis qu’en propose l’éditeur Robert Laffont, Les chemins de Damas montre que les présidents français successifs ont agi avec la Syrie “souvent de manière émotionnelle, avec précipitation ou avec improvisation, ce qui a conduit à l’impasse que nous observons aujourd’hui (dans les relations)“.

Les auteurs relatent un incident qui a suivi immédiatement l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafik Hariri : “Au moment même où Jacques Chirac, après l’assassinat de son ami Rafik Hariri, voulait “faire rendre gorge” à Bachar el-Assad, la France livrait à Assad dans le plus grand secret, deux hélicoptères Dauphin et fournissait à son entourage un système pour sécuriser leurs communications.”

Quant aux présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande “ils ont fait tour à tour les mêmes erreurs par méconnaissance de la réelle capacité de survie du régime syrien,” concluent les auteurs.

La presse française a publié quelques extraits du livre, notamment Le Point du 9 octobre. Le magazine a écrit que le livre était “exceptionnel,” et a publié des morceaux du livre qui contiennent des détails importants sur les discussions qui se tenaient dans les couloirs du ministère des Affaires Etrangères, de l’Elysée, des services secrets et des services de sécurité français sur la crise syrienne.

(Sous Sarko) Altercation au ministère des Affaires étrangères

Un chapitre du livre intitulé “Bagarre au Quai d’Orsay” fait état d’une violente querelle sur la Syrie qui s’est produite dans un bureau du ministère des Affaires Etrangères à Paris au printemps 2011. A cette époque, Alain Juppé était le ministre des Affaires Etrangères. L’altercation a eu lieu dans le bureau d’Hervé Ladsous, le chef de cabinet du ministre des Affaires Etrangères, entre Eric Chevallier, l’ambassadeur de France à Damas, et Nicolas Galey, le conseiller du président (Nicolas Sarkozy à l’époque) pour le Moyen-Orient. Etaient aussi présents Patrice Paoli, directeur, à l’époque, du département du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et aujourd’hui ambassadeur de France au Liban, et Joseph Maila, le directeur de la prospective au ministère des Affaires étrangères, ainsi que des diplomates responsables des affaires syriennes.

La conviction de l’ambassadeur Chevallier était la suivante : “Le régime d’Assad ne tombera pas, Assad est fort” et il se maintiendra au pouvoir. C’est ce qu’il avait écrit dans ses dépêches diplomatiques depuis Damas, raison pour laquelle il avait été rappelé à Paris. Chevallier “a redit aux personnes présentes à cette réunion qu’il était “proche du terrain”, et qu’il avait “visité diverses régions de la Syrie et qu’il n’avait pas le sentiment que le régime en place était en train de s’effondrer“.

Arrêtez de dire des bêtises !” l’a interrompu Galey, le représentant de Sarkozy. “Il ne faut pas s’en tenir aux faits, il faut voir plus loin que le bout de son nez.” a-t-il ajouté. La remarque de Galey était d’une “hostilité sans précédent” selon une des personnes présentes. Même Ladsous “a été choqué de la détermination de Galey,” quand il est apparu que Galey “n’était pas venu prendre part aux délibérations mais remplir une mission spécifique : imposer l’idée que la chute d’Assad était inévitable,” et faire comprendre à tout le monde qu’aucune opinion divergente ne serait tolérée dans le corps diplomatique français.

Mais Chevallier a défendu sa position qui différait de celle que l’Elysée voulait imposer. Il a dit qu’il avait rencontré l’opposition syrienne régulièrement, “mais qu’il continuait à penser que le régime avait la capacité de survivre ainsi que des soutiens étrangers“. On se moque de vos informations !” a réitéré Galey, ce à quoi l’ambassadeur a répondu : “Vous voulez que j’écrive autre chose mais mon travail comme ambassadeur est de continuer à dire ce que j’ai écrit, c’est à dire ce qui est réellement arrivé. “Vos informations ne nous intéressent pas. Bachar el-Assad doit tomber et il tombera,” a rétorqué Galey d’une voix coupante. La querelle s’est alors envenimée, ce qui a forcé Ladsous à intervenir plusieurs fois pour mettre fin à cette “bataille verbale”.

(Sous Hollande) Un rapport étrange sur les attaques aux armes chimiques en Syrie

Une autre section du livre traite des actions du président François Hollande en août 2013, quand il a ordonné la déclassification du document de synthèse des rapports de la Sécurité Extérieure et du Renseignement militaire sur les attaques aux armes chimiques dans la région de Ghouta près de Damas, au moment où il tentait de rallier un soutien international en faveur d’une frappe pour punir ceux “qui empoisonnaient des innocents.” Le livre révèle que la conclusion du rapport conjoint avait été “élaguée” par le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, d’une manière qui d’une certaine façon faisait du tort aux informateurs.

Les informateurs avaient soulevé plusieurs questions dans leurs rapports concernant des événements qu’ils n’avaient pas pu vérifier comme l’utilisation de gaz sarin. Une des hypothèses faite par les informateurs dans leurs rapports était la suivante : “Il est possible que des bombardements classiques de l’armée syrienne sur un laboratoire clandestin des rebelles ait provoqué une fuite de gaz.” Mais cette conclusion a été “purement et simplement coupée” du texte du rapport final.

Nous avons fait des erreurs en ce qui concerne la Russie

Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur et Secrétaire Général sous Sarkozy, dit que la manière dont Juppé a traité la Russie fut une grave erreur ; il souligne que la Russie n’aurait pas dû être marginalisée mais qu’au contraire, on aurait dû en tirer partie. Il a ajouté : “Si nous avions mis de côté notre égoïsme, notre prestige et notre amour du pouvoir et dit aux Russes qu’ils étaient les plus à même de concourir à trouver une solution en Syrie, ils auraient été heureux d’apporter un soutien positif. Ils étaient les seuls à pouvoir faire quelque chose.”

Le livre traite aussi de la fragile relation entre les diplomates français et les services secrets et du conflit entre le Renseignement Intérieur et le Renseignement Extérieur sur la question syrienne. L’antipathie entre les deux agences a commencé au début de la crise syrienne et s’est prolongée même après que les deux agences se soient installées à Amman. Les rapports venant des deux agences semblaient contradictoires en 2011. Un diplomate qui était en contact avec les deux agences a expliqué que toutes les deux étaient convaincues que Assad ne tomberait pas rapidement mais que le Renseignement Intérieur a vite noté le rôle des salafistes et des djihadistes dans la rébellion, tandis que le Renseignement extérieur continuait d’envoyer des rapports diabolisant le régime de Assad.

Sabah Ayoub

Source : Al-Akhbar

Traduction : Dominique Muselet

[Bombe] “Les chemins de Damas” : Comment l’Elysée a manipulé les rapports sur les armes chimique. Olivier Berruyer.
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Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #Politique étrangère

22 décembre 2014.

Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost

Michel Collon ressortait à propos en septembre dernier ce texte de 2012…

L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance, que nous avions publié initialement le 10 février 2012. Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident. Il convient de relire ce texte à l’heure où la coalition qui comprend la France « frappe » les terroristes de l’EIIL en Irak alors qu’il y a un an Paris voulait frapper le gouvernement Assad qui les combattait.

Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.
Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost. Le site d'Olivier Berruyer.

Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :
1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent.
Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.
2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbulont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain !
Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une « armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un «  Conseil national de l’information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les «  négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste – en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 – des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

Ce sont des opposants de cette trempe qui sont les garants de la démocratie et de la droiture, à même de préserver la souveraineté et de protéger le peuple contre le fléau de la corruption, capables d’empêcher qu’un homme corrompu comme l’ex- gouverneur de Homs [3] puisse trahir son pays en fermant les yeux sur la construction [par des rebelles] d’un réseau de tunnels souterrains, participant ainsi aux préparatifs devant servir à la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la « démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne – auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe – vit à Damas.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

 

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.

 

[3] L’ex-gouverneur s’est enfui au Qatar où il a été récompensé pour sa trahison. Il a causé un tort inestimable à son peuple à Homs, pour avoir permis à des groupes islamistes -bien avant mars 2011- de creuser des tunnels, les reliant à des installations en sous sol préexistantes, pour y aménager des entrepôts d’armes et de ravitaillement devant servir à l’acheminement par les rebelles des armes et du ravitaillement.

 

Publié le 10 février 2012 par silviacattori.net : http://www.silviacattori.net/articl…

 

 

32 réponses à Syrie : le terrorisme au nom de la « démocratie », par Nadia Khost

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Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #Politique étrangère

Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.
par Mouna ALNO-NAKHAL

Sujet tellement vaste qu’il nous faut aller à l’essentiel en ne rapportant que des faits incontestables, avant d’essayer de comprendre le pourquoi de cet acharnement de la part de ceux qui connaissent la vérité mais persistent dans leurs mensonges, dans l’espoir de les imprimer dans nos gènes.

Ainsi le 25 novembre, les réseaux sociaux sont en ébullition et rapportent que dans un entretien avec France Inter, M. Fabius « veut sauver Alep par des frappes ambigües » ! Qu’est-ce qu’une frappe ambigüe ? Pas de chance, Google ne répond pas. Pas de chance non plus, les liens correspondant à la vidéo estampillée « Laurent Fabius : Il faut sauver Alep ! » [1] donnent à entendre son sentiment sur d’autres sujets !?

Finalement, nous retrouvons tout ou partie du texte de ce fameux entretien de M. Fabius avec France Inter [2] sur le site « France Diplomatie » :

LES « FRAPPES AMBIGÜES » DE M. FABIUS

Q – Le 4 novembre, vous avez déclaré qu’après Kobané, il fallait sauver Alep. J’y ai pleinement souscrit [!!!] Cela étant, ne trouvez-vous par paradoxal, alors que la coalition bombarde Daech, qu’à quelques centaines de kilomètres, parfois même moins, elle laisse l’aviation de Bachar Al-Assad envoyer des barils de poudre sur les populations d’Alep, sur les populations de la banlieue de Damas, elle laisse commettre chaque jour, des crimes contre l’humanité et cela en toute impunité. À quand l’interdiction de l’espace aérien syrien pour les avions de Bachar Al-Assad ?

R – C’est vrai qu’il y a déjà plusieurs semaines, dans la presse française et internationale, j’ai dit qu’il fallait sauver Alep parce que je pressentais déjà qu’après Kobané où Daech a été stoppée, la prochaine cible pour Daech et d’ailleurs aussi pour Bachar al-Assad, vous avez raison de le dire, c’est Alep. Abandonner Alep, ce serait condamner la Syrie et ses voisins à des années de chaos avec des conséquences humaines terribles.

Nous travaillons avec l’envoyé de l’ONU pour essayer de faire exactement ce que vous dites, c’est-à-dire, d’une part de sauver Alep et d’autres part, de créer des « safe zone » où il ne soit pas possible aux avions de Bachar Al-Assad et aux gens de Daech de poursuivre les Syriens. Nous sommes en train d’y travailler, il y a de nombreuses personnes à convaincre. C’est la position de la diplomatie française et je répète à ce micro que l’objectif maintenant, c’est de sauver Alep.

Q – La Coalition internationale qui est engagée contre les djihadistes de Daech n’a-t-elle pas tendance à fermer les yeux sur les exactions du régime de Bachar Al-Assad ? L’attention s’est déportée au bénéfice et au profit du régime Assad.

R – C’est l’une des différences d’approche entre la diplomatie française et d’autres diplomaties. Nous disons que nous avons deux adversaires : Daech et al-Qaïda et Bachar Al-Assad qui en profite, si je puis dire, pour avancer ses pions.

Q – Donc il en profite.

R – Nous disons qu’il faut des frappes que l’on appelle des frappes ambigües, qui permettent de faire reculer Bachar al-Assad et qu’il y ait au Nord de la Syrie, des zones de sécurité où la population syrienne puisse en paix se développer. [Comprenez le contraire : il faut tout faire pour que la Syrie entre dans la catégorie des États faillis ; Ndt]

(…)./. »

En bref, toujours les mêmes pour dérouler le tapis mensonger, toujours le même délire, et les frappes ambigües sont des frappes dirigées contre Bachar, autrement plus dangereux pour Laurent que tous les daéchiens réunis, sauf que, c’est Erdogan et Israël qui parlent de « safe zones », non M. de Mistura qui a parlé de « freeze zones » [3].

D’ailleurs, voici le discours de M. Lavrov le lendemain, 26 novembre, suite à ses discussions avec la délégation syrienne à Sotchi. Nous précisons que nous l’avons transcrit et traduit à partir de sa traduction instantanée en arabe [4].

II. DISCOURS DE M. LAVROV [26 novembre 2014]

Bonsoir à vous tous,

Nous sommes heureux d’accueillir la délégation de la République arabe syrienne présidée par le ministre des Affaires étrangères, Walid al-Mouallem, en Russie fédérale. Une rencontre a eu lieu aujourd’hui même avec le Président Poutine. Elle a été suivie par des discussions denses sur nombre de sujets, entre Monsieur le Ministre et moi-même.

Nous partageons le même point de vue sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient et dans le Monde, notamment en Syrie, ainsi que sur la prime importance des menaces du terrorisme et de l’extrémisme.

L’organisation terroriste nommée « État islamique » tente d’atteindre son objectif déclaré par avance, celui d’établir un califat régi par des lois extrémistes sur une partie du territoire syrien et du territoire irakien, là où flottent les « bannières noires » ; les derniers événements indiquant qu’une évolution semblable commence à atteindre le Liban, la Libye et l’Égypte.

La Russie continuera à accorder son soutien à la Syrie – ainsi qu’à d’autres États confrontés à la menace terroriste – et nous renforcerons ses capacités de combat contre le terrorisme.

Nous sommes convaincus que la lutte contre le terrorisme doit être conduite selon les normes internationales et loin des deux poids deux mesures. Ce qui nous amène à poser des questions concernant la « Coalition internationale » formée par les États-Unis et à partir de laquelle ils ont déclaré avoir le droit de mener des frappes sur les régions dominées par l’État islamique, en territoire syrien, sans consulter les autorités officielles à Damas ; ce qui, d’après nous, va à l’encontre des normes et des lois internationales.

C’est en toute franchise que nous critiquons les déclarations de Washington relatives à la « non-coordination » avec la République arabe syrienne dans leur guerre contre le terrorisme ; déclarations d’autant plus irresponsables et illogiques que l’opération de destruction des armes chimiques syriennes s’est achevée avec succès, confirmant le sérieux du gouvernement syrien quant au respect de ses engagements contractuels.

Nous condamnons les tentatives d’exploitation des groupes extrémistes et, plus exactement, des groupes terroristes, dans le but de poursuivre l’opération consistant à renverser le gouvernement syrien. En résumé, le terrorisme menace tout le monde, aussi bien ceux qui raisonnent sainement que ceux qui réfléchissent en vrais patriotes syriens ou ceux qui ont leur propre vision pour régler le conflit. Un conflit sur lequel M. le Ministre Mouallem et moi-même sommes arrivés à la même certitude : il ne peut se régler par la force !

C’est pourquoi nous considérons qu’il est absolument important de soutenir, parallèlement au combat contre le terrorisme, la voie de « la solution politique » qui conviendrait aussi bien au gouvernement syrien qu’à tous ceux qui sont concernés par une telle solution. C’est pourquoi nous travaillons à assurer les conditions susceptibles de favoriser le « dialogue entre les Syriens », après avoir tiré les leçons de nos tentatives précédentes, y compris les deux conférences à Montreux.

La Russie travaille donc activement dans cette direction et nous affirmons que nous sommes disposés à ce que ce dialogue se déroule à Moscou, entre le gouvernement syrien et une représentation, la plus large possible, de toutes les composantes sociales et politiques de la Syrie.

Au cours de cette réunion, nous avons déclaré notre soutien à la proposition de M. de Mistura, l’émissaire spécial des Nations Unies pour la Syrie, dans la mesure où elle implique « un soutien international de la solution politique en Syrie », le dernier mot revenant aux Syriens eux-mêmes et sur la base d’une entente entre eux !

La Russie et la Syrie estiment que l’initiative de M. de Mistura, consistant à aller de l’avant vers une telle solution en « gelant la situation sur le terrain » à commencer par Alep, est positive. Et, je suis sûr qu’une telle opération épargnera de nouvelles victimes et ramènera des milliers de ses habitants vers leur vie normale.

Nous avons aussi discuté des relations bilatérales entre nos deux pays, M. Poutine leur ayant accordé une attention particulière durant notre rencontre préalable.

Abstraction faite de la poursuite de notre soutien au gouvernement syrien dans sa guerre contre le terrorisme, la Russie offre une aide humanitaire consistante au peuple syrien depuis une année et demie. Trente avions du Ministère russe des Situations d’urgence ont déjà été envoyés. Mais l’aide humanitaire russe n’est pas que gouvernementale. Elle passe aussi par l’intermédiaire de l’Église russe représentée par la Société impériale orthodoxe de Palestine et d’autres associations non gouvernementales.

Nous sommes aussi intéressés par le développement de notre coopération bilatérale dans le domaine commercial et le domaine économique, sujet discuté le mois dernier, lors de la réunion des Comités ministériels de nos deux pays.

Pour finir, je veux assurer que nous apprécions grandement les efforts des Syriens pour la protection des droits des Chrétiens qui ont tant de fois été persécutés lors des crises répétées au Moyen-Orient. Nous considérons qu’ils sont d’une grande importance pour tout le Moyen-Orient et pour la Syrie, en tant qu’États où les gens doivent vivre en sécurité et égaux en droit.

Ici, mis à part le fait que la Russie continuera à soutenir le gouvernement syrien par des moyens militaires, humanitaires et diplomatiques, et qu’elle n’est pas dupe des manœuvres de M. Fabius et de ses amis, nous retenons que :

  • La priorité des priorités est de combattre le terrorisme, alors que celle de M. Fabius est de renverser le Président syrien.
  • La Coalition internationale « engagée contre les djihadistes de Daech », menée par Washington, s’active en dehors du droit international ; ce qui témoigne, en effet, d’une différence d’approche entre la diplomatie de M. Fabius et la diplomatie de M. Lavrov.
  • La proposition de M. de Mistura est accueillie favorablement dans la mesure où elle fait partie de la « solution politique » fondée, en interne, sur le dialogue entre Syriens et la réconciliation nationale parrainée par le gouvernement syrien ; ce que M. Fabius et ses amis doivent empêcher à tout prix.
  • Les leçons de Genève 1 et 2 ont été tirées : le dialogue entre Syriens – à Moscou, Damas ou ailleurs – exclut les prétendus opposants révolutionnaires, qu’ils soient membres de la prétendue ASL [Armée Syrienne Libre] ou du prétendu CNS [Conseil National Syrien transformé en Coalition], membres du gouvernement arbitrairement reconnu comme seul représentant légitime du peuple syrien par la France et le trio infernal Turquie- Arabie saoudite-Qatar, ou membres de l’organisation terroriste Al-Nosra qui fait un si « bon boulot » selon M. Fabius [5] . Tous ces traitres qui ont échoué à vendre leur patrie à l’étranger, clés en mains, n’ont plus aucune crédibilité ni en Occident, ni en Syrie ; ce qui fait que M. Fabius ne peut plus compter que sur les médias inféodés pour nous convaincre qu’il est le chevalier blanc face à un dictateur qui « ne mérite pas de vivre parce qu’il tue son peuple ». Un peuple qui a bravé le monde entier pour le réélire, faut-il le rappeler ; d’où sa volonté de le « développer », comme il dit, à coups de frappes ambigües sur la tête des gens d’Alep.

LES MENSONGES EHONTES DES MEDIAS FRANÇAIS DEVENUS PIRES QUE TOUS LES AUTRES

Et les médias sont fidèles au poste pour hurler en chœur : « Le régime syrien cent fois plus meurtrier que les djihadistes de l’État islamique », « Daesh et le régime Assad s’entendent parfaitement », etc…

Il faut vraiment avoir la mémoire courte et mépriser la mémoire, sinon l’intelligence, d’autrui pour oublier le massacre de 120 policiers dont les corps ont été mutilés avant d’être balancés dans l’Oronte à Jisr al-Choughour dès Juin 2011, les massacres de Houla à l’arme blanche, les massacres de Adra par décapitation et enfournement des civils dans les fours à pain de la ville, les massacres de Raqqa par crucifixion ou piétinement, les viols déguisés en mariages temporaires qui n’ont même pas épargné les petites filles, les bouffeurs de cœur et de foie, les massacres de soldats syriens à Tabqa et plus récemment la décapitation d’une vingtaine de plus, etc…

Inutile d’en donner les références et de participer à la propagande daéchienne ? Certes, mais c’est quand même dangereux pour les jeunes de ce pays et, tout simplement, immoral de la part de M. Fabius d’affirmer que les bourreaux sont les alliés des soldats qu’ils massacrent !

Parmi cette kyrielle de mensonges des médias français, nous avons retenu cet extrait d’un article de Libération [6]. Il en dit long sur la frustration de M. Fabius et de ses amis devant ce qu’ils qualifient de « Revirement US » et, soit dit en passant, nous éclaire sur une deuxième différence d’approche entre la diplomatie française et le pragmatisme de la diplomatie américaine :

« Au vu des dernières avancées sur le terrain, c’est bien une alliance de fait qui semble s’être nouée entre les Etats-Unis et le régime de Bachar al-Assad face aux jihadistes de l’Etat islamique. Résumons : pour les Etats-Unis, l’ennemi numéro 1, désormais, c’est l’Etat islamique. Tout plutôt que les bouchers de la nébuleuse jihadiste. Même s’il faut pour cela préserver le régime syrien qui fait balancer par hélicoptères des barils d’explosifs sur sa population civile. »

En effet, si Daech, ses sœurs et ses supporters, remportent des victoires ponctuelles, l’Armée nationale syrienne remporte des victoires stratégiques et irréversibles, à moins d’une guerre régionale qu’aucun État agresseur n’ose actuellement entreprendre, pas même Erdogan, qui réclame aussi sa « safe zone », avant de se mouiller à soutenir ses alliés dans leur guerre clanique contre le terrorisme qu’ils ont engendré [7].

Quant aux barils de poudre balancés sur les « civils », une photo et sa légende valent mille discours :

Syrie : Fabius, Lavrov, et les mensonges des médias français. Le site d'Olivier Berruyer.

Bref, c’est l’hystérie collective reflétant celle qui a frappé tous les donneurs d’ordre pris à leur propre piège, après avoir grillé tant de cartes et tous les milliards des Golfeux, sans jamais réussir à briser l’Armée nationale syrienne.

Dire cela ne relève d’aucun triomphalisme. Les Syriens sont fatigués, blessés, meurtris. Même la terre et les pierres pleurent de douleur. Qui ose nier qu’il s’agit d’une guerre mondiale qui se prolonge et ne cesse de rebondir depuis bientôt quatre ans ?

Il n’empêche que partout où l’Armée de leur fils et filles avancent, ils se remettent à reconstruire [8]. Alors, M. Fabius, laissez Alep tranquille et oubliez votre « safe zone ». Tout porte à croire que vous n’aurez ni l’une, ni l’autre.

Mouna Alno-Nakhal, 28/11/2014

Source : Mondialisation.ca

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Pour l’Histoire : 38 secondes de Fabius le 8/9/2014 :

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Les Antifas: Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Par Viktor Dedaj le 22 août 2012, dans Le Grand Soir.

21 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Antifafs., #Les média, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La nation .

22 août 2012

Réflexions sur les limites de la liberté d’expression sur Internet

Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Par Viktor Dedaj dans Le Grand Soir.

Les Antifas: Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Par Viktor Dedaj le 22 août 2012, dans Le Grand Soir.

Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi tranquillement proférée.

Cet article est erroné sur le fond (on s’en doute) et dans plusieurs détails.

Depuis, par le truchement d’amis communs et via des contacts directs (mails, coups de téléphone) avec le directeur de publication de Charlie Hebdo (Charb) et l’auteur de l’article (Eric Simon), nous avons tenté d’obtenir, non pas un « droit de réponse », mais un simple correctif, afin qu’une meute sans morale qui s’acharne sur LGS depuis le mois de mars 2011 ne puisse se prévaloir de Charlie Hebdo pour poursuivre sa cabale diffamatoire accompagnée d’actions pour nous empêcher de participer à des salons du livre ou de donner des conférences, sous peine de « coups de manche de pioche ».

Après 15 jours de réflexion, un discret entrefilet (22 août, p. 3) de Charlie Hebdo qualifie l’accusation infamante de simple mise « en cause » qui « n’était pas une attaque » contre les deux administrateurs du GS, mais une simple « mise en garde contre la porosité qui existe trop souvent entre les sites fachos et les sites de gauche ».

Bref, l’accusation de rouge-brunisme n’est pas retirée, les informations erronées de l’article d’Eric Simon sont validées et l’adjudant auto-chargé de la revue de détail invite LGS à faire « le ménage ». Cette corvée étant « parfois difficile » nous bénéficierons du renfort (non sollicité) d’une escouade. En effet, nous avons appris par ailleurs que M. Propre (Eric Simon) a monté à Charlie Hebdo une équipe (diplômée es-plumeaux et balayettes) renforcée d’éléments extérieurs « en France et à l’étranger » (sic) pour continuer à débusquer la poussière sous les tapis du GS.

C’est d’autant plus inutile que, dans un mail à un des administrateurs diffamés, Eric Simon ne voit plus en LGS un site rouge-brun : « Pour le moment, j’en reste au confusionnisme. », dit-il, contredisant (en privé) ses écrits ( publics).

Dans ce contexte de « confusionnisme » avéré de Charlie Hebdo, il nous est malheureusement impossible de différer plus longtemps notre propre mise au point.

L’article que vous allez lire est le premier d’une série qui vise, non pas à entretenir une querelle de cour de récréation, mais (au-delà même de Charlie Hebdo) :

- à poser des questions de fond, relatives au droit à publier sur Internet des analyses sur l’impérialisme,

- à défendre notre liberté d’expression qui ne peut, n’en déplaise aux modernes Torquemada, être plus limitée pour nous que pour l’ensemble des autres médias et en premier lieu que celle des incultes politiques qui nous dénigrent.

Au passage, nos assaillants apprendront que nous ne comptons pas nous cantonner dans une posture de défense, mais que nous sommes fondés à jeter un oeil dans leurs poubelles.

LGS


Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.

Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe.

Rappel historique

Mais je me souviens qu’en juin 2002, le rédacteur en chef du journal satirique français Charlie Hebdo nous expliquait comment la gauche pouvait s’en sortir. Dans un article fleuve publié en plusieurs parties et intitulé « Pour aller à gauche, c’est par où ? », Philippe Val avait décidé dans la deuxième partie de s’en prendre à Noam Chomsky. Ici, les contre-vérités se sont enchainées au rythme d’un scandale boursier à New York. Chomsky y fut qualifié « d’amoureux des sectes », «  il est gaga, (...) il empoisonne la réflexion de gauche en nourrissant une théorie du complot ne flattant que les instincts fascistes et visant à faire porter à un ’Autre’ les responsabilités des malheurs du monde ». Ou encore «  il est évident que jamais, contrairement à ce que pense Chomsky, les citoyens n’ont disposé d’autant d’informations ». Pas mal. Sauf que Chomsky est, et dit, à peu près tout le contraire. Sans oublier ce bijou : « le style (de Chomsky) est à l’usage des enfants du CM2 ». Pas mal pour le rédacteur en chef d’un journal qui fait dans le pipi-caca-prout.

En septembre 2007, dans sa chronique radiophonique sur France-Inter, Philippe Val - sous l’emprise de la jalousie ? - revient encore à l’attaque et lance « Chomsky-Ben Laden, même combat ! ». Non, ce n’était pas de l’humour.

Participant à un colloque du patronat en 2007, il se défendra en proférant ce Voltairisme à l’usage des enfants de CM2 : « dialoguer ou débattre, ce n’est en aucun cas être complice », et que l’essence même du dialogue était de réunir deux interlocuteurs de points de vue différents. (cf Wikipedia). On en pleurerait, tellement c’est beau.

Voilà tout le style de Philippe Val : pondre des articles supposés étaler une connaissance encyclopédique mais qui ne font en réalité que clapoter dans un jacuzzi.

Défenseur ardent de toutes les guerres de l’OTAN, toutes, il a quand même fini par être récompensé pour sa fidélité légendaire. Et c’est ainsi qu’il fut promu en mai 2009 (« bombardé » aurais-je envie de dire...) à la direction de France-Inter. Car ce n’est pas le tout que d’être un vendu, encore faut-il savoir se vendre.

Deux heures après sa nomination à France Inter, il renvoyait Frédéric Pommier qui faisait la revue de presse. En juin 2010, les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sont licenciés de France Inter. Quatre mois plus tard, l’humoriste Gérald Dahan est licencié à son tour, au lendemain d’une chronique critique envers Michèle Alliot-Marie.

France-Inter est donc actuellement dirigée par un type capable de balancer à la fois « Chomsky-Ben Laden, même combat » et les derniers intervenants qui présentaient un quelconque intérêt sur cette radio (à l’exception de l’émission Là -bas si j’y suis, évidemment). Comment la situation pourraient-elle être pire que ça ?

Philippe Val a dirigé Charlie Hebdo de 1992 à 2009, soit 17 ans. 17 ans de propagande gaucho-impérialiste. 17 ans de complicités avec toutes les opérations d’assassinat à ciel ouvert de l’OTAN. 17 ans qui n’ont apparemment pas gêné plus que ça le reste de cette joyeuse équipe de soudards (à quelques rares exceptions près).

Mais Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de s’en passer.

Les Antifas: Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Par Viktor Dedaj le 22 août 2012, dans Le Grand Soir.

Retour au présent

Pourquoi parler de Charlie Hebdo ? Dans le numéro daté du 8 août 2012, un article intitulé « Les soutiens bruns de Damas », annoncé en couverture («  Syrie. Cette extrême droite qui soutient Damas ») et signé Eric Simon, nous refait le coup de désigner Le Grand Soir, et nommément ses deux administrateurs, comme des relais de l’extrême-droite.

Sont également citées « des personnalités » telles que Michel Collon (salut Michel, ça va ? Qu’est qu’on rigole, non ?) qui, « avec l’intellectuel Jean Bricmont se sont fourvoyées à tel point que la CGT les a interdit de conférence à Paris en novembre 2011. »

Voilà une technique que l’on reconnaît immédiatement : le "petit" mensonge qui vient se glisser, ni vu ni connu. Bricmont n’a jamais été "interdit", et Michel Collon, qui devait donner une conférence à la Bourse de Travail de Paris, en fut empêché suite à une campagne d’affiches émanant de milieux "anarchistes". On commence déjà à deviner les sources d’inspiration de Charlie Hebdo. Avec Ornella Guyet, les anticonspis-truc et Rudy Machin-chose, et maintenant Charlie Hebdo, ce n’est même plus une technique, c’est devenu un style.

« Si l’analyse anti-impérialiste permet de débusquer les raisons cachées des guerres « justes » ou « humanitaires » du camp occidental, elle peut facilement dérailler si elle défend l’innommable commis par le camp d’en face. Si, en outre, elle laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite, jusqu’à finir par s’inviter les uns chez les autres, la messe est dite. C’est ce qui est arrivé à des sites comme legrandsoir.info de Maxime Vivas et Victor (sic) Dedaj, qui publient aussi bien des articles d’Infosyrie que des (sic) contributions de Ginette Skandrani (…) voire des discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad... »

Le journaliste de Charlie Hebdo n’a même pas su orthographier correctement mon prénom, c’est vous dire si son enquête fut méticuleuse. Même pour calomnier ? Surtout pour calomnier, tu rigoles ou quoi ? Mais faire du copier/coller, Eric, c’est pas bien, même pour un journaliste de Charlie Hebdo. Si vous pouviez faire corriger la coquille à ceux (et celle) qui vous ont inspiré, merci d’avance.

Figure imposée : la vérité, rien que la vérité.

LGS n’a jamais défendu «  l’innommable commis par le camp d’en face ». A l’heure où le camp occidental n’avait pas sifflé le signal de l’hallali, à l’heure où Bashir Al Assad jouissait de la considération de notre gouvernement (et donc de notre presse), LGS dénonçait un deal «  innommable » passé entre les USA et les tortionnaires au pouvoir en Syrie.

Par ailleurs, LGS «  laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite » ? Oui, et par des sites inconnus de divers pays et par pas mal de sites de la vraie gauche. Charlie Hebdo sait comment interdire la reproduction d’articles en copyleft ? Est-ce qu’Eric Simon ne serait pas en train de nous dire : «  Taisez-vous et faites taire » ?

Alors voyons-voir : le nombre phénoménal d’articles d’Infosyrie repris par le Grand Soir s’élève à 2 (si j’ai bien compté) et dont le contenu est irréprochable - à mes yeux. Les (ah, un pluriel ?) contributions de Mme Skandrani s’élèvent à ... 1 (au contenu irréprochable - oui, oui, nous sommes au courant maintenant, merci). Quant aux « discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad », réunis il doit y en avoir 3 ou 4 (en comptant les interviews). Ces « discours » n’ont pas été publiés « comme ça », pour le fun, mais en pleine période d’agression militaire ouverte contre la Libye et la Syrie. Charlie Hebdo voudrait que l’on s’abstienne de donner la parole aux dirigeants en exercice de pays en proie à une agression militaire, ou de reprendre des informations qui contre-balanceraient un tant soit peu le rouleau-compresseur médiatique. Où est la surprise pour un hebdomadaire qui a soutenu toutes les guerres de l’OTAN ?

Charlie Hebdo ne dit rien sur les articles repris par Le Grand Soir (et qui se sont révélés plus exacts que pas, soit-dit en passant), mais nous sert un laïus sur l’administrateur du site Infosyrie. Ancien du GUD («  ancien », c’est bien, non ?) et autres affirmations qui demanderaient toutes à être vérifiées, vu la qualité et la précision habituelle de ce genre d’article. Mais tout ça au final pour dire quoi ? Rien. Aucun commentaire sur le contenu, sinon que le patron, ben il est pas de «  notre bord » (en ce qui concerne l’anti-impérialisme, il me semble que Charlie Hebdo non plus n’est pas de «  notre bord », en tous cas pas du mien). Mais Charlie annonce quand même une bonne nouvelle : Le Grand Soir et l’extrême-droite «  s’invitent les uns chez les autres ». C’est une bonne nouvelle parce que ça voudrait dire que l’ «  extrême-droite » se gauchise au contact du Grand Soir. Sacré service que nous rendons à l’humanité, qui en sera certainement reconnaissante, et Charlie avec sans doute.

Pardon, on me souffle dans l’oreillette que c’est forcément le contraire. Mince, la contagion à sens unique (je parle évidemment d’une poignée d’articles sur une dizaine de milliers, mais quitte à jouer à ce petit jeu, jouons le jusqu’au bout...).

Et par la grâce de ces mêmes lois mystérieuses, Charlie Hebdo, soutien indéfectible à toutes les guerres impérialistes et violations du droit international, ne saurait être, et en aucun cas, taxé de passerelle avec les fascistes néoconservateurs américains, parce que là, ça ferait «  confusionniste ».

Si tu cherches de l’eau dans un désert, il te faut marcher jusqu’au puits (dicton arabe, mais pas vraiment parce que je viens de l’inventer)

Les lecteurs (vous comme moi) n’auraient donc pas le droit de savoir ce que pourraient bien avoir à répondre les dirigeants des pays bombardés par nos forces militaires « humanitaires ». Donner à lire une intervention d’un responsable syrien ou libyen est «  rouge-brun ». Pour ne pas être rouge-brun, il faut donc s’abstenir de donner à lire. Et pour celui qui «  oserait » le faire (car on en est là ...), il y a une punition à la clé.

La situation est donc celle-ci : lorsque l’Occident attaque ou menace d’attaquer un pays dirigé par un salaud, toute information émanant peu ou prou du pays en question sera interprété comme un signe de ralliement au salaud en question et, par association, fera de vous un salaud. Donc un rouge-brun. Donc un antisémite. Donc une cible. Bonjour l’ambiance «  USA post 11/9 ».

Encore un peu, et Charlie Hebdo dira qu’on est des mauvais Français et nous reprochera notre manque de patriotisme. Philippe Val n’est plus à la tête de Charlie Hebdo, mais son esprit rôde encore dans les locaux. Suis-je le seul à ressentir des frissons ?

Énoncée à voix haute, claire et intelligible, voilà ce que ça donne :


1) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, il est interdit de donner la parole aux agressés.

2) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, il faut imposer un black-out sur toutes les informations ou interventions en provenance du pays ciblé - sauf celles qui vont dans le sens ou servent le discours dominant.

3) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, le seules «  informations » issues du pays sont celles qui seront sélectionnées, filtrées, charcutées et commentées par les commentateurs officiels et attitrés du pays agresseur.

4) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, toute tentative de relayer in extenso, sans tripatouillages ou coupures, des informations provenant du pays agressé ou toute tentative de contre-balancer a minima la campagne de propagande sera qualifiée de rouge-brunisme (en attendant le jour où ils emploieront le mot «  trahison »).

5) Pour toutes les raisons qui précèdent, lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, toute la presse - y compris «  rebelle », «  anar », etc. - s’alignera.

Check-list : Irak, Afghanistan, Libye, Syrie... oui, ça marche et ça se vérifie à tous les coups. En une seule formule : 1) + 2) + 3) + 4) + 5) = propagande.

Voilà : nous ne sommes même plus dans une situation où un journal nie faire de la propagande (ce qui est de "bonne guerre", ha, ha !), mais dans une situation où il la réclame, l’exige, tape du pied et se roule par terre devant ceux qui refusent de s’y plier.

Suis-je le seul à ressentir des frissons ?

Faites ce que je fais, pas ce que je dis que je fais

Le plus cocasse est que tous ces donneurs de leçons et moralistes n’ont et n’auraient - allez, soyons honnêtes - n’oseraient rien dire si le Monde ou Libération ou tout autre média appartenant à un grand groupe capitaliste hyper-soucieux du pluralisme publiaient des interventions de Kadhafi ou Bashir el-Assad ou Dieu sait qui. Non, non : eux seuls sont habilités à le faire, à décider lesquelles, à décider quels extraits, à commenter des phrases choisies sorties du contexte et à décider quand et où... Oui, on connaît la musique. Mais pas nous et pas vous. Pourquoi ? Parce que. Parce que quoi ? Parce que, quoi.

Alors, Charlie Hebdo : votre conception effarante et effrayante de "l’information", gardez-la pour vous, roulez-la en forme de suppositoire et mettez-la où vous voulez.

Guerre humanitaire :
une éruption soudaine, inattendue et violente de bonté ?

Sans oublier une certaine loi de la nature : dans tout conflit, c’est plutôt l’agresseur qui recourt au mensonge. Pourquoi ? Parce que l’agresseur veut la guerre et cherchera donc des raisons pour la faire, quitte à les inventer. En réalité, l’agresseur est pratiquement obligé de les inventer. Pourquoi ? Eh bien parce que les justifications pour une guerre d’agression - selon le Tribunal de Nuremberg et selon le droit international - sont au nombre d’un chiffre très très proche de zéro. Et lorsque la loi ne convient pas, il y a pas trente-six solutions : il faut la respecter, la changer ou la violer. L’Occident, en particulier, est un adepte de la troisième.

Oui, je sais : il y a la «  guerre humanitaire ». On ferait des guerres «  humanitaires ». Comme d’autres feraient de la «  torture thérapeutique » ?. Risible, bien-sûr, mais pour la beauté du débat, admettons un instant ce concept de «  guerre humanitaire ».

Par conséquent : Il existerait un espace-temps (ici et maintenant apparemment) où des pouvoirs politiques seraient «  forcés » par des événements «  particulièrement tragiques » de faire une guerre pour des «  raisons humanitaires ». La cavalerie légère volant au secours de la veuve et de l’orphelin. Le petit garçon au fond de moi aime bien cette image. L’adulte, lui, lève un sourcil en entendant que les responsables politiques actuels seraient prêts à commettre le «  crime des crimes » (toujours selon Nuremberg et le droit international) pour venir au secours d’une population («  étrangère » qui plus est) dont jusqu’à présent ils se fichaient éperdument.

Etrange «  charge émotionnelle » et «  application de principes » de la part de dirigeants politiques qui sont par ailleurs incapables de prendre la moindre mesure «  humanitaire » lorsqu’il s’agit des sans papiers, des Palestiniens, des personnes âgées, de qui vous voulez. Ils sont pourtant là, sous leurs fenêtres, ou pas très loin. Ces mêmes responsables politiques qui pourraient sauver pour des raisons «  humanitaires » les 10.000 enfants qui meurent de faim par jour et pour un prix inférieur à un seul missile de croisière. Nan, trop compliqué. Allons plutôt bombarder un pays pour montrer toute l’étendue de notre «  bonté ».

En résumé : les salopards qui nous gouvernent auraient des crises d’humanisme tellement fortes qu’ils sont capables de tout, y compris de commettre l’irréparable, pour accomplir le bien.

Elle est étrange, cette détermination - si soudaine, si inattendue, une véritable révélation - qui n’apparaît que lorsqu’il s’agit de faire la guerre, loin de préférence, dans un rapport de forces totalement déséquilibré de préférence (parce qu’il y a des limites chez eux, même aux principes), là où personne ne peut vraiment contrôler ce qui se passe, une détermination qu’on ne retrouve jamais en temps de paix...

Oui, soudain, les voilà qui sont «  bons », et «  attentionnés », et «  inflexibles », et «  soucieux » du bien-être d’une population. Tellement soucieux qui si un membre de la population se présente à la frontière pour un bout de pain, ils le renverront chez lui avec ces mots d’encouragement : «  rentrez chez vous, on va bientôt vous envoyer des secours » (sur la gueule).

Oui, soudain, dans toutes les tribunes, les mots «  intolérables » et «  inadmissibles » leur sortent de la bouche, comme des colombes de la manche d’un prestidigitateur.

Oui, une véritable métamorphose. Mais qui ne dure, hélas, que le temps d’une guerre. Et qui disparaît, comme par enchantement, une fois la bête repue. A croire que toute leur posture n’aura été créée et tenue que pour la circonstance.

Mon Dieu que je suis mauvaise langue !

Le tout par des gens qui vous expliqueront avec tout le sérieux du monde et la main sur le coeur - de préférence autour d’un dîner bien arrosé - combien ils sont contre la peine de mort, critiquant au passage les pays qui l’appliquent encore (jusqu’à là, tout va bien) et qui enchaînent aussitôt qu’il faut faire la guerre, c’est-à-dire appliquer la peine de mort à une échelle industrielle, mais cette fois-ci sans procès, sans jugements, sans discrimination, contre une population très majoritairement innocente de tout crime.

Mon Dieu que je suis pinailleur !

Soutenir le fascisme suprême au nom d’un antifascisme de salon

Le Grand Soir ferait trop dans l’anti-impérialisme ? Comme peut-on être trop contre le crime des crimes ? Comment peut-on être trop contre « le stade suprême du capitalisme » ?

Le gant de velours du marché ne marchera jamais sans une main de fer derrière - McDonald ne peut prospérer sans McDonnell Douglas, le fabricant (de l’avion de guerre) F15. - Thomas L. Friedman "A Manifesto for a fast World" - New York Times Magazine, 28 Mars, 1999

Je croyais que la guerre était plutôt de droite et la paix plutôt de gauche. Je croyais que le respect du droit (y compris international) était plutôt de gauche et sa violation plutôt de droite. Je croyais que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes était plutôt de gauche et l’ingérence plutôt de droite. Je croyais que la censure était plutôt de droite et la liberté d’expression plutôt de gauche. Je croyais que l’aveuglement idéologique était plutôt de droite et l’ouverture d’esprit plutôt de gauche. Je croyais que c’étaient nos actes et nos prises de position qui définissaient notre positionnement politique. Je croyais que s’endormir dans son lit et se réveiller dans un monde où toutes les valeurs étaient étrangement inversées n’arrivait que dans les romans de science-fiction.

Je trouve même totalement indécent que l’on n’ait rien d’autre à nous opposer, sinon que le président syrien ne serait pas l’Abbé Pierre (comme si nous ne le savions pas. Comme si n’avions pas nous-même rappelé que la Syrie, il y a encore peu, servait de centre de torture décentralisé pour les Etats-Unis - pas très reconnaissants, comme à leur habitude) ou que le responsable de tel site ne serait pas du même bord politique. Remarquez, ça pourrait être une autre bonne nouvelle parce que si ce n’est que ça, on va arranger ça ici et maintenant : «  Le président de la Syrie est un salaud et le patron d’Infosyrie pue de la gueule. » Ca vous va ? Tout le monde est content ? On peut aller à la manifestation maintenant et tenter d’arrêter le massacre - où allez-vous encore nous trouver une autre excuse à la con ? Genre : l’ancien du GUD a l’haleine fraîche. Eric Simon pourra trancher puisqu’il se vante d’avoir discuté avec lui (il a le droit ! Pourquoi ? Parce que la Sainte Inquisition a tranché ainsi : à Charlie Hebdo, on peut, au Grand Soir, ce serait sacrilège).

L’extrême-droite ferait de l’entrisme ? De l’entrisme dans quoi ? Le désert laissé par la gauche ? Et ce serait la faute du Grand Soir ? On entre dans une salle d’autant plus facilement qu’elle est vide. C’est plus difficile lorsqu’elle est pleine à craquer.

En réalité, ce n’est pas le Grand Soir qui alimente des « passerelles vers l’extrême-droite », mais des journaux comme Charlie qui se la jouent « contestataires/libertaires » à longueur de semaine et qui, au moment le plus crucial, tombent - presque «  naturellement » - du côté le plus sombre, laissant le champ libre, et même ouvrant la voie, à d’autres. Charlie Hebdo fait partie de cette presse, à l’instar de Libération, qui est devenu au fil du temps une véritable fabrique de «  gauche réactionnaire » et qui fait dire à un de ses journalistes (conversation téléphonique avec un des administrateurs du Grand Soir) : « l’anti-impérialisme me fait gerber ».

Heureusement que le Grand Soir est là pour sauver (un peu) l’honneur de la gauche française. Mais nous ne sommes pas seuls. Nous avons avec nous la quasi-totalité de la gauche latino-américaine, nord-américaine, asiatique et africaine. Alors, être « isolés » au sein de la gauche française, appelons ça « une position pas très confortable », mais sans plus.

Ce qui me fait penser à ce qu’Ignacio Ramonet (que j’apprécie beaucoup) avait écrit lors de la guerre contre la Libye - intervention qu’il a soutenue (eh oui...). En référence à l’opposition de la gauche latino-américaine à cette intervention, il a écrit que cette dernière avait commis « une erreur historique ». Curieux qu’il ne se soit pas demandé si, a contrario, ce n’était pas la gauche française, et lui avec, qui avait commis l’erreur historique en question.

Lorsque Charlie Hebdo se promène la braguette ouverte

Mais revenons à nos moutons (sic) de Charlie Hebdo : Charlie Hebdo, n’a apparemment rien à dire sur le fond de ce que nous publions et serait bien incapable de trouver un seul texte, une seule ligne, qui aille à l’encontre de notre ligne rédactionnelle - qui est ce qu’elle est, que ça plaise ou non. Nous, nous parlons de guerre et de paix, eux nous parlent du slip d’untel ou untel qui dépasserait alors qu’eux-mêmes se promènent la braguette grande ouverte. Exemples ?

Acrimed rappelle que (extraits) :

Une brève du 18 avril 2007 signale que « sur 38 collaborateurs de Charlie Hebdo : 18 votent Royal , 9 votent Voynet, 3 votent Buffet, 3 votent Besancenot, 3 votent Bayrou , 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21 collaborateurs qui votent à « droite » et 16 à gauche. Charlie Hebdo, de droite ? Oui, si l’on en croit Philippe Val lui-même, puisque ce dernier, en juin 1998 écrivait que « la vraie droite aujourd’hui, c’est le PS. » Neuf ans plus tard, le 9 février 2007, il lâche chez Pascale Clark sur Canal+ (« en aparté ») : « Je voterai pour le candidat de gauche le mieux placé.  » Le mieux placé ? Comprendre Ségolène Royal.

(...) Sur les principales questions internationales, Charlie hebdo reproduit peu à peu les positions dominantes. Ainsi sur le Kosovo. Alors que dans les années 70, Cabu s’insurgeait « contre toutes les guerres » et collectionnait les procès intentés par l’armée, en 1999, il soutient, avec toute l’équipe de Charlie Hebdo, exception faite de Siné et Charb, l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans le n°361 de Charlie Hebdo (19 mai 1999), en lieu et place de la chronique de Charb, un texte de Riss (qui n’écrit pas d’ordinaire) reproche même aux pacifistes d’être des collabos ! De même sur le traité constitutionnel européen : si d’autres voix que celle de Philippe Val se font entendre, c’est lui qui conduit une campagne véhémente et caricaturale contre les partisans du « non » au référendum.

(...)

Ce glissement politique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la subversion vers l’orthodoxie, s’est fait progressivement, mais sûrement. On voit ainsi disparaître, dans le silence quasi-général, des signatures talentueuses (Cyran, Camé, Boujut,…) au profit de plumes conventionnelles et/ou médiatiquement plus « reluisantes » : le dessinateur Joan Sfar, l’ex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le sociologue médiatique Philippe Corcuff (lui même acculé à démissionner [16]), Renaud Dély venant de Libération, Philippe Lançon du même, Anne Jouan du Figaro, etc.

(...)

...l’évolution conjointe des positions politiques et du positionnement médiatique n’a pas été sans effet sur les pratiques journalistiques de l’hebdomadaire, et, au premier chef, de Philippe Val lui même : calomnies et mensonges (notamment sur Noam Chomsky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social européen), diffamations de membres de l’Observatoire français des médias, refus des droits de réponse, que nous avons plusieurs fois relevés ici-même ...

(...)

Charb a estimé, le 16 juillet 2008, que Siné avait porté - c’est un comble - « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo. Et c’est pourtant le même Charb qui dans sa chronique « Charb n’aime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Personne n’a dit que Siné était antisémite (…) parce que ça n’a jamais été le sujet du débat. Aurait-on travaillé durant seize ans avec un antisémite ? Moi, non. » Si cela n’a jamais été le sujet du débat, alors pourquoi Philippe Val, dans son éditorial du même jour se pose la question et ressort une affaire vieille de 26 ans ? « Antisémite, Siné ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Mais au lendemain de l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, c’est lui-même qui déclarait sur la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs… Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien. Qu’ils meurent." »

(...)

Une histoire de Charlie Hebdo http://www.acrimed.org/article2960.html

Etc.

Lorsque le dessinateur "de gauche" Plantu touche officiellement un chèque de 10.000 euros de la dictature brune-brune islamiste du Qatar, tout le showbiz, chasseurs de rouges-bruns et Charlie Hebdo réunis, regardent ailleurs. Vous appelez ça de la pudeur, de la honte ou de la complicité ?

(Tiens, et soudain je pense à cet autre ancien dessinateur vedette du journal le Monde, Konk, qui a fini par rejoindre l’extrême-droite.)

Lorsque Charlie "de gauche" Hebdo publie à trois reprises et interviewe à domicile une des sommités du "rouge-brunisme" en France, membre du FN qui plus est à l’époque, vous appelez ça du journalisme, de l’autisme ou de j’aurais-mieux-fait-de-fermer-ma-gueule-isme ?

Et on trouve tout ça sans même vraiment chercher.

Le problème, Charlie, c’est que vous ne savez même plus où vous en êtes pour venir faire les marioles autour de Grand Soir. On en rirait si ce n’était pas aussi pathétique. Alors le jour où Le Grand Soir examinera à la loupe certains médias comme ces derniers aiment tant le faire pour nous, il va y avoir de sacrées surprises. En attendant, Charlie Hebdo a bien fait de ne pas employer le mot « confusionnisme » parce que là , ils auraient eu l’air vraiment ballots...

Eh oui, Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de s’en passer. Et avec le recul, même si on n’en a pas honte, on n’en est pas forcément fiers pour autant.

Viktor Dedaj
« alors, on rajoute une couche ou on en reste là ? »

(Version 2).

 

Quelques commentaires.

I°. Chavez a l’habitude de dire : "les chiens aboient, ça prouve qu’on est en train d’avancer"
Je pense que c’est le cas, que ce site est devenu un l’ennemi de quelqu’un.
Alors on peut s’en réjouir, parceque ça voudrait dire que LGS prends de l’importance... Je préfère quand même m’en préoccuper -en adèpte du SunTzuisme- car sommes nous assez forts/organisés pour résister au choc, à long terme ?
Je pense à Michel Collon, qui est maintenant "interdit" de conférence publiques en France (VIDEO : Michel Collon interdit de conférence à la bourse du travail de Paris 9 Novembre 2011)... tout comme ce fut le cas pour LGS quelques mois plus tard (http://www.legrandsoir.info/les-chasseurs-de-rouges-bruns-s-amusent-comme-ils-peuvent.html). Aujourd’hui, pour une bonne partie de la gauche et de ses militants (et je n’inclus pas le PS, je ne fréquente pas trop de militants de ce bord), Michel Collon est devenu infréquentable. "Il est limite, il est trop border-line, il est quand même un peu rouge-brun, il copine avec l’extrême droite, Alain Soral et compagnie". Des preuves pour soutenir tout ça ? Aucune. Mais les ragots circulent vite, et les Ornella Guyet et compagnie font bien leur boulot.
Résultat, alors que Michel Collon est invité par la télé vénézuélienne (sur le plateau de l’excellent emission de géopolitique de Walter Martinez,Dossier >> video ou par le Club des 77 + la Chine à l’Unesco en juin dernier : video, il est infréquentable pour certain militants et hauts responsables de gauche. Vraiment nuls.
Je n’aimerai pas que par exemple l’année prochaine les administrateurs du Grand Soir soient perçus comme des pestiférés, qu’ils ne soient plus invités par exemple à la fête de l’Huma puisqu’ils seront devenus d’ici là des rouges bruns officiels.
Que faire ? Je pense qu’il faut commencer à y réfléchir sérieusement, parce que ça va surement continuer.

 

2° .Michel Taupin 

Je suis très triste. J’avais espoir qu’un rectificatif clair et net de Charlie Hebdo laverait LGS et ses animateurs talentueux de l’infamie proférée par Eric Simon. Ce n’est malheureusement pas le cas. L’inculture, l’approximation, les prétentions de ce journaleux ainsi que sa dissolution dans le système médiatico-impérialiste sont effrayants pour un journal qui se veut une espéce de remue-méninges. Il n’y a pas plus vulgaire, mensonger et conventionnel que l’article en question. J’apprécie beaucoup Charb. Ses analyses politiques, sa vision du monde sont proches des miennes mais je ne peux défendre une certaine dérive aussi grotesque et droitière. On ne peut pas laisser dire de telles mensonges, on ne peut pas laisser calomnier, diffamer ainsi. Ce sont des amalgames indignes d’un vrai journaliste car ni Maxime, ni Viktor, ni LGS n’ont chaussé les bottes du FN. Ils ont commis la faute de penser autrement. En fait ils sont coupables de penser... et d’exprimer avec beaucoup d’à propos une vision géo-politique libérée du prêt-à -penser des chiens de garde médiatiques. Je vous exprime mon total soutien ainsi que ma gratitude.

Je vous transmets cet article de mon ami Alain Corvez. Intéressant je crois. On se sent ainsi moins seuls :

Syrie. Que peut faire la France ?
La crise syrienne est suffisamment aiguë et complexe pour ne pas laisser les médias diriger l’action du gouvernement qui doit prendre ses décisions en connaissance de cause avec les avis et éclairages d’experts et de bons connaisseurs de la région.
L’opposition a essayé de le faire de façon peu honorable pour des raisons politiciennes au lieu de chercher l’intérêt de la France. Les interventions de MM Sarkozy, Copé, Fillon et de Mme Kosciusko-Morizet ne sont pas dignes de personnes qui entendent jouer un rôle dans la politique du pays. Celle-ci est, en affaires internationales et depuis le Général de Gaulle, de laisser les peuples disposer eux-mêmes de leur destin et de respecter la légalité internationale représentée par l’ONU.
L’opinion publique française, d’après les sondages d’opinion, est hostile à toute intervention militaire, sans doute instruite par les chaos qui ont résulté des précédentes dans le monde.
A juste titre d’ailleurs, puisqu’une telle intervention est impossible du fait des vetos de la Chine et de la Russie au Conseil de Sécurité qui ne changeront pas de position (il est ridicule de demander au Président français d’aller à Moscou convaincre Poutine) car, en Syrie ils défendent un régime allié, et non une personne ou un clan, associé à leurs intérêts stratégiques, dénonçant l’hypocrisie qui consiste à armer massivement des rebelles syriens et étrangers au nom de la démocratie, pour renverser en fait un régime qui, allié de l’Iran et des chiites du Liban et d’Iraq, s’oppose à la domination américaine et sunnite des arabes du golfe hostiles. Contrairement à la désinformation véhiculée journellement, s’il existe des haines féroces anciennes et nouvelles de clans sunnites envers le clan alaouite, le régime a des soutiens importants dans les nombreuses minorités ethniques et confessionnelles, ainsi que dans une forte composante de la population sunnite qui craint que son départ n’entraîne un chaos meurtrier , à la libanaise ou l’iraquienne.
Il est d’ailleurs certain qu’un départ forcé de Bachar El Assad entraînerait des massacres vengeurs qui auraient des répercussions sur tous les pays voisins.
Pour tenter de sortir de cette crise, face au blocage diplomatique actuel, et en l’absence d’opération militaire, il faut chercher un compromis entre le régime et l’opposition, comme ont essayé de le faire Russes et Chinois, en cessant de contrer aussi vulgairement leurs positions, à l’instar de Mme Clinton, et en priant les pays du Golfe qui financent et arment les rebelles, dont une partie désormais importante est constituée de combattants du djihad international (au moins 10 nationalités ont été recensées) liée directement ou indirectement à la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda, de cesser d’alimenter la guerre. Les services spécialisés américains qui ont favorisé de diverses façons cet armement des rebelles commencent d’ailleurs à ne plus savoir à qui les armes parviennent et s’en inquiètent.
Avec l’aide des Russes très influents en Syrie, on peut obtenir des engagements du régime de mettre en oeuvre les réformes souhaitées, qui sont déjà prévues, à condition que le calme s’instaure à nouveau. L’Iran ne devrait pas être écarté comme il l’est car une sortie de crise durable ne peut se faire sans utiliser son poids dans la région, aujourd’hui et dans l’avenir.
En dehors de telles négociations, on s’orienterait vers un affrontement entre l’Amérique et ses alliés d’un côté, la Russie et la Chine et les nombreux pays qui les approuvent de l’autre, qui pourrait prendre des dimensions dramatiques, la pauvre Syrie devenue le théâtre de combats furieux et incessants, pierre d’achoppement d’une opposition d’un monde contre un autre.
Une opération humanitaire comme vient de le faire la France en Jordanie est une bonne et utile chose pour porter secours aux malheureux Syriens qui ont dû fuir les combats, à condition qu’elle se limite à cette action charitable fidèle à notre tradition. Un regard attentif doit être porté sur le Liban voisin qui a accueilli de nombreux réfugiés, notamment chrétiens, mais aussi hélas des combattants de tous bords. La sensibilité du Liban aux évènements de Syrie est extrême et les messages que nos amis libanais nous envoient doivent être écoutés.

Alain Corvez 15 août 2012
Alain Corvez.
Conseiller en stratégie internationale
9 rue Galilée,75116 Paris
Tel/fax : 33 (0)1 40 70 97 30

 

3° . 

En cette époque de décadence avancée de l’Occident manifestée par le renversement des valeurs (le mal est devenu bien : bombardements humanitaires, etc...), les violations allègres du droit international (assassinats ciblés, torture et arrestations arbitraires et politiques), la destruction ou déstabilisation de petits pays non alignés et stratégiques ou riches (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, pays d’Afrique, etc), les anathèmes hystériques et menaces verbales indignes de diplomates (Fabius, Hilary et Halde) et naturellement la trahison générale de nos "élites" qui dépouillent leurs peuples respectifs au profit de moins de 1% de banquiers et multinationales, incitent au racisme, rognent peu à peu nos libertés et nous préparent une guerre internationale pour faire du profit et résoudre les problèmes économiques qu’ils ont créés de toutes pièces et les problèmes sociaux qui en découlent, en cette époque, donc, comparable à celles qui ont précédé les deux guerres mondiales, c’est normal que les tenants du système s’énervent.
L’historienne Annie Lacroix-Ritz l’explique très bien dans ses vidéos:http://www.bing.com/videos/search?q=Annie+Lacrog-,Riz+vid%c3%a9os&...
Saviez-vous que le régime de Vichy n’a pas eu besoin de faire des lois anti-sociales et racistes ? Daladier les avait toutes fait voter avant... Toutes les lois utilisées pendant Vichy datent de la république de Daladier... Incroyable n’est-ce pas ? C’est ce qui est en train de se produire actuellement.
Elle est communiste mais comme elle dénonce la dérive actuelle, elle est traitée de fasciste par les chiens de garde (les vrais fascistes, on traite toujours les autres de ce qu’on est) du Système (qui court à sa perte d’ailleurs dans une folie autodestructrice) comme tous ceux qui en dénoncent un aspect ou un autre. Je ne les cite pas, vous les connaissez.
La puissance (assise sur des lois qui sanctionnent les délits d’opinion comme les lois mémorielles), la virulence et l’impunité (la LDJ par ex interdite même en Israël) de ces chiens de garde terrorise à juste titre les gens normaux, comme le Macchartisme terrorisait tous les Etasuniens (en se servant à l’époque de l’accusation de communiste) et réussissait à étouffer toute critique. On est est là .
Moi aussi j’ai peur de dire ce que je pense, d’autant plus que la gauche n’est plus une gauche sociale et patriote elle est devenue un chien de garde du système atlanto-sioniste et c’est parfois hélas le FN qui exprime des positions traditionnellement de gauche...Tout est mélangé. C’est exprès évidemment pour que les gens ne sachent plus à quel saint se vouer. Pendant ce temps, la synarchie avance ses pions.
Et pourtant il faut choisir son camp. Et je ne crois pas qu’il y ait moyen d’éviter de se retrouver dans le camp des pestiférés du système (même ceux qu’on n’aime pas trop) car être désigné comme la bête à abattre par le système signifie désormais qu’on est dans le bon camp, dans celui de la Résistance.
Je suis contente que LGS entre franchement en Résistance et je vous en admire encore plus. J’essayerai de vous soutenir autant que ma lâcheté me le permettra...

 

4° . 

Maxime Vivas :

Le pire c’est qu’il y croit et qu’il m’annonce tranquillement que la suite viendra : "Attendez-vous à de mauvaises nouvelles ".


Ornella Guyet souhaiterait poursuivre sa cabale dans une émission TV ?
Je ne suis pas sûre que ce soit elle parmi la petite clique qui s’éclate dans cette émission radio, ce qui me parait par contre évident, c’est qu’ils s’éclatent comme des petits fous. Pourquoi s’arrêteraient-ils ?
Alors...
1- il y a des personnes investies pour des causes, qui se bougent, et qui ne critiquent pas les versions officielles sur le net pour le plaisir de critiquer, mais parce que dans leur vie réelle ils ont déjà expérimenté pourquoi on ne peut pas toujours faire confiance aux médias marchandisés et que le net est une opportunité pour rendre compte de ces expériences et inviter à la réflexion.
2- Ces "bougeurs" ne sont pas des "meneurs" mais depuis quelques années ils sont suivis par beaucoup plus de personnes que les journaleux des médias officiels, et cela pourrait avoir un impact sur l’opinion publique. D’où une peur de la part des "spécialistes" ayant pignon sur rue et soutenus par les big-boss de se faire piquer leur petit dèj, et de ne plus avoir le contrôle. J’ai écouté à ce propos le discours de Gérald Bronner sur Sud Radio et France Inter (émissions contre les "complotistes" et "conspirationistes" à la mode en ce moment) : il semble regretter que "monsieur tout le monde" ne soit pas stupide et ait accès à une "mutualisation des connaissances et arguments" sur le Net, qui remet en cause sa confiance en des experts ou spécialistes, ou en l’information officielle (il site l’exemple de la campagne H1N1).
3- Connaissant l’enjeu de la guerre des médias, certains agents sont envoyés sur le front, infiltrent, détournent, diffament, d’autres colportent le discrédit monté contre les sites les plus potentiellement "dangereux" à l’info politiquement correcte, juste pour "correspondre au support" et en se passant de se coltiner une trentaine de pages pour vérifier et faire une synthèse (comme l’explique Assange ici si j’ai bien compris).
Bon tout ça on le sait, d’ailleurs quelques méthodes ont été listées ici :


Écartez vos adversaires en leur donnant des surnoms et en les ridiculisant. Cela est aussi connu comme étant le stratagème " attaquer le messager ", bien que d’autres méthodes soient des variantes de cette approche. Associez les adversaires avec des noms peu flatteurs comme " fou ", " partisan de droite ", " libéral ", " partisan de gauche ", " terroriste ", " adorateurs de complots ", " radicaux ", " miliciens ", " racistes ", " fanatiques religieux ", " déviants sexuels " et bien d’autres. Cela permet d’empêcher les autres d’éventuellement s’associer à vos adversaires de peur de se faire traiter de la même façon et vous évitez donc de parler des vrais problèmes.(...)
De telles tactiques incluent la diffamation, la calomnie, les menaces, devenir proche d’activistes mécontents ou concernés un minimum par la cause pour les persuader (via des tactiques psychologies décrites ci-dessus) de se tourner contre le mouvement et de donner de faux témoignages contre leurs anciens collègues(...)
Utilisez des mots comme " théoricien de la conspiration "(...)Soyez bien certains d’utiliser des verbes et des adjectifs forts lorsque vous caractérisez les accusations et défendez le gouvernement " plus raisonnable " et ses défenseurs. Vous devez faire bien attention à éviter les débats ouverts avec toutes les personnes que vous avez ainsi calomniés.


4- Les victimes sont intimement indignées. Le sentiment d’être accusé de ce qu’on n’a pas fait, ou peu fait, par ceux qui en ont fait dix fois plus est déjà assez rageur, celui d’être traité de raciste alors qu’on ne l’est pas peut ressembler à un coup de poignard dans le coeur.
Je pense à une de mes amies, à qui je racontais le mois dernier que les deux nations qui avaient voté pour le blocus de Cuba étaient les USA et Israël. Elle est d’abord restée silencieuse et puis a répondu "évidemment, Israël est un état d’Amérique !" Elle est d’autant plus au courant et serait assez choquée d’être traitée d’antisémitisme pour cela qu’elle est elle-même... juive. :)
5- la clique missionnée dans la chasse aux sorcières, telle qu’elle m’apparaît dans l’émission radio citée plus haut (sonsenlutte), n’est pas investie dans une cause qui l’importe, je veux dire par là , même si elle s’affiche en libertaires outrés d’être amalgamés à des sites qui "dérivent" parce qu’ils remettent en question le message, ce n’est pas du tout ce que j’en ressens en écoutant les intonations de leur voix. J’entends juste des personnes qui s’amusent follement de leur chasse, comme des prédateurs qui ont trouvé de quoi s’éclater et peu importe pour quoi ou contre quoi, et j’imagine que plus leurs victimes montreront à quel point elles s’en offusquent, plus ils vont se marrer.

 

5° . 

Il est temps pour l’équipe de Charlie - Hebdo de lire au delà de leur pipi-caca de bazar l’article sur la Syrie de M.Alain Chouet ( Directeur du Service de renseignement de sécurité à la Direction générale de la Sécurité extérieure de 2000 à 2002 ).
Article complet : http://www.les-crises.fr/la-situation-en-syrie-chouet/
Partir de cette analyse -ci serait il me semble le B.A BA pour débuter un véritable débat, non ?
Que pense Charlie - Hebdo & Caroline Fourest du soutien des USA aux Frères musulmans et au Wahhabisme dictatorial qui étend partout son emprise ? Que pensez du soutien de BHL à Al-Qaïda, aux fondamentalistes musulmans et autres Salafistes ? Que pensez de la presse aux ordres qui a soutenu partout les thuriféraires de la charia qui ensanglantent la Libye et détruisent le Mali ?
Allo Charlie Hebdo ? La lobotomie US des "néocons" vous aura à ce point là décérébré ? Si le docteur Choron revenait, ça lui trouerait le cul !

#85170 

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