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Le blog de Lucien PONS

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MÉLENCHON et L’UNION EUROPÉENNE : sortir ou pas ?... « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup » !

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La nation ., #La mondialisation

Publié par El Diablo

 

 

Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag

Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag

- DÉCRYPTAGE -

Avec quelles techniques Mélenchon manipule l’opinion et contourne savamment la question fondamentale de l’Europe dans la perspective de 2017

Vendredi 23 septembre 2016 : Jean-Luc Mélenchon à Berlin, en compagnie de Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag. On distingue à l’arrière-plan le logo de « Die Linke » à droite et un logo « NEU START », qui signifie « NOUVEAU DÉPART ». Comme les lettres EU ont la couleur du drapeau bleu aux étoiles d’or et signifient « Europa Union » en allemand, il faut comprendre qu’il s’agit d’une manifestation des partis de la gauche de la gauche européens afin de donner « un nouveau départ » à la construction européenne. Une autre Europe en somme…

 

Introduction : Mélenchon à Berlin

Jean-Luc Mélenchon a tenu à Berlin, le vendredi 23 septembre 2016, une conférence de presse sur l’Union européenne. À ses côtés se tenait Sarah Wagenknecht, présidente du groupe « Die Linke » au Bundestag, l’équivalent français de notre Assemblée nationale.

Dans une vidéo de 3 minutes , Mélenchon a résumé devant les caméras ce qu’il était venu faire à Berlin, avec ses collègues de « Die Linke ».

Cette vidéo est tout-à-fait intéressante à visionner de très près, car elle nous révèle de façon limpide les procédés rhétoriques et les ruses politiciennes que Mélenchon utilise pour manipuler l’opinion publique.

Le décryptage minutieux du discours de Mélenchon auquel je me livre ci-dessous – à partir du verbatim exact de ses propos – démonte pas à pas comment Mélenchon s’ingénie à tromper les électeurs, en leur faisant miroiter des perspectives qu’il sait, en son for intérieur, impossibles à réaliser, et en leur suggérant de croire à des promesses qu’en réalité il ne leur fait même pas.

Ce morceau d’anthologie de la manipulation politicienne devrait être visionnée au calme et l’analyse que j’en fais devrait être méditée par le plus grand nombre.

Ceux qui jugeront que « c’est trop long » ou qui refuseront tout bonnement d’en prendre connaissance ne devront pas se plaindre, en juin 2017, lorsqu’ils découvriront qu’ayant voté Mélenchon, ils se retrouvent avec Juppé ou Sarkozy à l’Élysée.

 

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE EN LIEN CI-DESSOUS:

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Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie, #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #l'islamisme, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

 

Joaquin Flores – Fort Russ News 26 septembre 2016

 

14. Milorad Dodik meeting Banja Luka.jpg

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitale de facto de la Republika Srpska

 

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

Dans la soirée d’hier [25 septembre, NdT], les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

 

15. Vote Serbie.jpg

 

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

 

16. Carte Balkans2010.png

 

 Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

 

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN [ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

 

17.  Local SDA candidates.jpg

Candidats du SDA

 

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

 

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d'Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska - au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

 

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu'il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

________________

* Lire aussi : « Syrie, le laboratoire d’une guerre de quatrième génération ? » - Le Grand Soir, 27 décembre 2012.

 

Source : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

Si nous comprenons bien tout, la République serbe de Bosnie se trouve aujour’dhui ou se trouvera demain dans la situation où était la Crimée, au lendemain du coup d’État Otano-nazi d'Ukraine. Si les choses pouvaient évoluer de la même manière, les deux Serbie réunies ne formeraient plus qu’un seul état, auquel pourrait se joindre, on ignore comment mais c’est envisagé, le Kosovo. Par superstition, on n’ose presque pas dire que ce serait là un premier pas vers une reconstitution, à plus ou moins long terme, de la Yougoslavie démantelée par nos soins (honte éternelle sur l’Europe !) mais il faut l’espérer.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

Et voilààààà !

 

Le Conseil européen accueille favorablement la demande d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine

Olivier Berruyer – Les crises – 2 octobre 2016

 

19. guillemets anglais.GIF

Eh oui, la Bosnie dans l’UE, génial ! Tout va bien se passer… Vivement l’Albanie ! (parce que je ne plaisante pas en plus)

C’est fascinant un machin qui sombre dans la folie, comme l’OTAN…

 

18. Juncker + Bosniaque.jpg

Denis Zvizdic a rencontré à Bruxelles Christian Danielsson, commissaire européen à l’élargissement (photo gouvernement de Bosnie-Herzégovine)

 

BOSNIE-HERZÉGOVINE. Suite à sa demande d’adhésion présentée le 15 février 2016, le Conseil européen rappelle, mardi 20 septembre 2016, “son attachement sans équivoque à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine en tant que pays unique, uni et souverain”.

Dans ces conclusions, le Conseil “réaffirme que l’avenir des Balkans occidentaux est dans l’Union européenne.”

Le président  bosnien du Conseil des ministres, Denis Zvizdic s’est félicité de ces propos : “Aujourd’hui, nous vivons véritablement un moment historique pour l’orientation européenne et l’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine.

Tout en saluant “les progrès significatifs réalisés dans la mise en oeuvre du programme de réformes”, Bruxelles demande au pays de poursuivre ses réformes économiques mais aussi celles dans le domaine de l’Etat de droit et de l’administration publique.

La route vers l’Union européenne semble donc toute tracée.

 

Un accord de stabilisation et d’association déjà signé avec Bruxelles

La Bosnie-Herzégovine a conclu un accord sur un mécanisme de coordination concernant les questions relatives à l’UE. Ses gouvernements successifs travaillent depuis 2015 à un programme de réformes pour entrer dans les critères de Bruxelles.

Pays de 3,87 millions d’habitants, la Bosnie-Herzégovine (51 000 km²) est née en 1992 de l’éclatement de la Yougoslavie. Elle est constituée, depuis les accords de paix de Dayton (décembre 1995) mettant fin aux conflits interethniques, de deux entités : la Republika Srpska (majorité de Serbes) et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Bosniaques et Croates).
Le pays a signé, en 2007, un accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne. Il est entré en vigueur en juin 2015.

Doté d’une banque centrale depuis 1997, sa monnaie est, depuis juin 1998, le mark bosnien (1,96 Marks = 1 €). Avec un PIB de 15,57 mrds€ en 2015, l’économie est portée par le secteur tertiaire (66% du PIB) avec le commerce, les services aux entreprises et le transport. Le secteur industriel (produits métalliques et bois) assure un quart du PIB, l’agriculture 8%.

Le pays connaît un taux de chômage de 27% (26,5% en prévision pour 2016).

Parmi ses voisins, la Croatie est devenue en juillet 2013 le second membre de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’Union européenne après la Slovénie en mai 2004.

Le Monténégro et la Serbie se trouvent également sur le chemin de l’intégration en tant que candidats officiels.

Source : Econostrum, Frédéric Dubessy

Notre source : https://www.les-crises.fr/le-conseil-europeen-accueille-f...

 

P.S. Sur les camps djihadistes prêts à donner un coup de main en cas de besoin, pour mater la République serbe, voir les commentaires en fin d’article.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

 

 

Mis en ligne le 3 octobre 2016.

Précisons :

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord nous prépare une guerre de Yougoslavie bis.

Personnages : Les groupes salafistes « rebelles modérés » sont sur place, fin prêts pour un « regime change ». Mais la résistance aussi s’organise.

Décor : La Republika Srpska ou République serbe de Bosnie (RS) au milieu. La République fédérale de Bosnie-Herzégovine – moitié croate, moitié bosniaque – (BH) à droite. La République de Serbie (S), à gauche. Par la grâce de nos protecteurs et amis, la Yougoslavie a été morcelée de façon que la première – RS – fasse partie de la deuxième (BH) et ait une frontière commune avec la troisième (S).

Action : avec le référendum dont il est question plus haut, on pourrait croire à une provocation de la part de la RS, mais il s’agit en fait d’une manœuvre de défense contre une provocation BH-UE-OTAN préparée de longue date.

Rideau :

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Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #les néocons, #La Yougoslavie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #l'islamisme, #Terrorisme

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?
Le  30.09.2016
 
Selon l’ancien vice-président serbe Emil Vlajki, l’Occident cherche à se venger de Milorad Dodik, le turbulent patron de la «Republika Srpska» (RS) et figure de proue d’un nouveau référendum d’indépendance, en soutenant par tous les moyens un climat d’instabilité dans les Balkans.

Dans une interview accordée à Sputnik, l'ancien vice-président serbe et professeur de l'Université de Banja Luka, Emil Vlajki, explique pourquoi les récents événements en Bosnie-Herzégovine devraient être considérés dans le contexte d'une « Nouvelle guerre froide » et pourquoi la Cour constitutionnelle du pays a volontairement provoqué Belgrade. En guise de préambule, il a rappelé que la RS empêchait toujours la Bosnie-Herzégovine d'intégrer l'Otan. Ainsi, la Cour constitutionnelle ne ferait, selon lui, qu'accomplir des « commandes reçues depuis l'étranger ». À ces fins, elle cherchait à « destituer le président Dodik » et à « ouvrir au pays les portes de l'Otan ». C'est pour cela, poursuit-il, que l'Occident ne prête pas attention aux discours va-t'en-guerre de Bakir Izetbegović, le président du Présidium bosniaque, adversaire intransigeant de Dodik.
 
D'après M. Vlajki, l'Occident — et avant tout les États-Unis — se mêlerait de choses beaucoup plus dangereuses que la simple imposition de sa politique à la Serbie. Il s'agirait en fait d'une islamisation des Balkans. « Depuis 1992, ils (les États-Unis, ndlr) épaulaient la communauté musulmane. Ils ont littéralement aidé les moudjahidin à pénétrer dans le pays. Ils ont fermé les yeux sur le trafic d'armes depuis la Croatie. D'ailleurs, je dispose de documents prouvant que le président croate Franjo Tuđjman s'indignait contre cet état de choses. Cependant, il n'avait pas le choix, tant il craignait alors de perdre le soutien des États-Unis », fustige-t-il.
 
Et d'expliquer que « l'objectif ultime des États-Unis est de créer de la Bosnie-Herzégovine un État unitaire, un État de la Charia. Et ils ne vont pas y renoncer. »
 
À en croire M. Vlajki, au moins 100 000 wahhabites résident actuellement en Bosnie-Herzégovine. Ils sont à tel point radicalisés, poursuit-il, qu'ils sont faciles à manipuler. Parmi eux, il y en aurait même « cinq ou six mille prêts à recourir à une provocation armée en cas de nécessité ». « Il n'est pas exclu qu'en cas de conflit le Présidium à Sarajevo fasse appel à l'Otan pour stabiliser la situation », relève l'expert. Concernant la déclaration du Parlement européen, qui accuse la Russie de soutenir le référendum en vue de propager la confrontation dans la région, Emil Vlajki fait remarquer que « le désir de s'accaparer des ressources russes est toujours à l'ordre du jour ». « Les Russes peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils peuvent ne rien faire du tout. Dans tous les cas, il seront accusés de tous les maux », conclut-il.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/
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Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #l'islamisme

Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»
 
Le groupe islamiste Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) est considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis, au moins officiellement. Cependant, un haut commandant du groupe a déclaré: « les Américains sont de notre côté » en pointant une livraison présumée d'armes provenant des Etats-Unis.
Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

Le groupe terroriste Front Fatah al-Cham, selon un de ses commandants, reçoit des armes des Etats-Unis. Les Américains ont fourni aux djihadistes des missiles antichars TOW, a déclaré un commandant de l'organisation terroriste dans un entretien au journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/caricatures/201609261027929325-commandant-nosra-livraison-armes-usa/

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La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen, par France 24

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Economie, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre, #l'horreur économique

Il y aurait aujourd’hui environ 300 jihadistes bosniens en Syrie, dont un certain nombre de musulmans s’étant radicalisés au contact de prêcheurs salafistes apparus en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre dans les années 1990. Pour les autorités de ce petit état balkanique, leur retour éventuel et leurs appels à agir en Europe constituent la principale menace sécuritaire.

Sarajevo, cinq jours après les attentats qui ont endeuillé Paris le 13 novembre. Un homme de 34 ans entre dans un bureau de jeux de hasard en criant “Allah Akbar”. Il abat deux soldats à l’arme automatique. En quittant les lieux, il tire sur un bus et blesse trois personnes puis se retranche dans une maison où il se suicide en activant un engin explosif. Né en France, l’homme serait lié aux milieux islamistes, selon la police bosnienne. Pour le ministre adjoint de la Défense, Emil Suljagic, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte terroriste.

Vingt ans après la fin de la guerre de Bosnie, des actes terroristes attribués aux islamistes radicaux ensanglantent régulièrement la petite République balkanique.

Environ 300 Bosniens font actuellement le jihad armé en Syrie, selon la Sipa, l’agence de sûreté de l’État de Bosnie-Herzégovine. Ramené au nombre d’habitants, il s’agit du taux de départs pour le jihad le plus élevé d’Europe. Si tous les salafistes ne sont pas jihadistes, tous les jihadistes armés se déclarent salafistes. Longtemps réputée pour sa pratique d’un islam modéré et tolérant, la Bosnie-Herzégovine pourra-t-elle résister aux sirènes du jihadisme international ?

Voir le témoignage de l’ex premier ministre Lagumdzija, Zlatko

Clés de compréhension : 
Le wahhabisme est une mouvance créée au XVIIIe siècle par Muhammad ibn Abd-al Wahhab. Il prône un mode de vie islamique basé sur les préceptes du coran appliqués à la lettre. Il bannit l’intercession d’un prophète ou d’un saint pour se rapprocher de Dieu, ce qui justifie aux yeux de ses adeptes la destruction de tous les lieux de culte pour prévenir des pratiques polythéistes. L’objectif : revenir au califat des premiers temps de l’islam.

Le salafisme, courant également rigoriste bien que postérieur au wahhabisme, s’en distingue dans ses applications politiques. Il est apparu sous sa forme violente et jihadiste dans les années 1980 sur fond de guerre en Afghanistan. Si tous les salafistes ne sont pas jihadistes, tous les jihadistes se disent salafistes.

Source : France 24, Alexandra RENARD , Luke BROWN , Mersiha NEZIC, 18/12/2015

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Donc, “logiquement” :

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Une réponse à La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen, par France 24

  1. Le 04 octobre 2016 à 01h08

    Les fous suivent leur propre logique, une logique de fou. L’UE est soumise en grande partie aux lobbies, sa priorité c’est le Marché et non le bien-être de ses citoyens et pas non plus leur sécurité. Plus de pays membre, plus de délocalisation, plus de dumping salarial, etc. c’est bon pour le Marché. Le reste importe peu.
    La folie est celle de cette soumission de tout un système (économique, politique, médiatique) qui ne profite qu’à une infime minorité au détriment de tous les autres.

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Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le syndicalisme

Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 14:31

Dossier du Comité Régional CGT centre à propos des élections européennes : " Pour que chaque salarié décide en fonction de ses intérêts".

COMPRENDRE POUR INTERVENIR ET AGIR



ELECTIONS EUROPEENNES
QUELS ENJEUX ?
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DOSSIER SPECIAL



Le 25 Mai prochain auront lieu les Elections des Députés au Parlement de l’Union Européenne.

C’est une échéance importante pour les salarié(e)s (en activité, au chômage ou retraité(e)s) car elle va leur permettre de peser sur cette union politique, économique et monétaire qui joue de plus en plus négativement contre leurs intérêts depuis maintenant plusieurs décennies.

Le positionnement des salariés citoyens comptera pour l’avenir.

POUR QUE CHAQUE SALARIE DECIDE EN FONCTION DE SES INTERETS

Face à ces échéances, la CGT qui avait appelé au rejet de la Constitution Européenne en 2005 se doit aujourd’hui, en toute indépendance, d’apporter aux salariés son éclairage syndical, au regard de l’expérience collective et des faits, pour concourir à la réflexion du salariat. Elle ne le fera pas en appelant les salarié(e)s à voter pour telle ou telle formation politique ; pas plus qu’elle ne prônera de voter ou de s’abstenir. Le choix de tel ou tel parti, comme celui de voter ou pas relève en effet du libre arbitre de chacune et de chacun.

Mais pour contribuer à ce que ce choix se fasse en connaissance de cause, la CGT ne peut qu’inviter les salarié(e)s à tirer un bilan de la construction européenne qui, durant ces trente dernières années, n’a pas cessé d’être approfondie (Acte Unique de 1986 et libre circulation des capitaux ; Traité de Maastricht en 1992 ; mise en place de l’Euro en 2001 et Traité de Lisbonne en 2008) pour en arriver aujourd’hui à enfermer toutes les politiques des pays membres dans un cadre supranational sur lequel chaque peuple a peu de prise.

TOUS LES GOUVERNEMENTS ONT CONSTRUIT L’UNION EUROPEENNE

Cette construction, en France comme ailleurs en Europe, s’est faite avec le concours constant des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ces dernières décennies. Tous, tour à tour, ont promu la construction européenne au nom du progrès social, de la paix et de la démocratie et de la solidarité entre les peuples. « L’Europe », ça devait être la solution à tous les problèmes et, pour la construire, cela méritait tous les sacrifices - d’abord des salariés, bien sûr - car tous les efforts nécessaires aujourd’hui apporteraient de formidables résultats à l’avenir… Comme les promesses tardaient à se réaliser et, qu’au contraire, la situation devenait de plus en plus difficile, on nous a affirmé que cela venait du fait qu’on était pas allé assez loin et que si, sans doute, il fallait changer certaines choses, il était nécessaire qu’il y ait toujours « plus d’Europe » !
Et bien aujourd’hui, pour celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, qui sont en colère et qui ne veulent pas être toujours plus dépossédé de leur pouvoir de décision politique, il est nécessaire de dresser le bilan de cette expérience pour déterminer une position conforme à leurs intérêts économiques, sociaux et démocratiques.

DES RESULTATS SANS APPEL : DURS POUR LE TRAVAIL ET LE SALARIAT, DOUX POUR LES POSSEDANTS AVEC DES GAINS FABULEUX POUR LES CAPITALISTES

En France comme dans tous les autres pays membres de l’Union Européenne, pour l’immense majorité des populations, les résultats sont clairs, le chômage n’a pas cessé d’augmenter ; les salaires ont stagné ; la protection sociale a régressé et le Code du Travail a pris des coups…Cela s’explique notamment par la casse industrielle (la région Centre a perdu des dizaines de milliers d’emplois productifs) et par la dégradation importante des services et entreprises publics. Et, même si la situation en France ne revêt pas encore la gravité sociale qui est aujourd’hui celle de la Grèce ou du Portugal, nous sommes engagés dans un processus d’appauvrissement massif qui nourrit, tout à la fois, le sentiment fondé que nous vivons moins bien qu’hier et la crainte que demain cela soit encore pire pour nos enfants.

Cependant, si la construction européenne a fait très mal au monde du travail et au pays, il n’en a pas été de même pour les actionnaires des grandes entreprises de l’Industrie, des Services et de la Finance. Jamais leurs dividendes n’ont atteint de tels sommets, jamais ils n’ont bénéficié de telles aides, d’autant d’argent public, jamais le champ de leurs activités n’a été -du fait des privatisations- aussi étendu. Jamais ils n’ont pu, autant à leur guise, placer leurs capitaux où bon leur semble et mettre constamment les salarié(e)s des différents pays en concurrence.

Partout c’est plus de difficultés pour un nombre toujours plus grand de Femmes et d’Hommes ; partout c’est toujours plus de richesses pour une caste sans cesse plus puissante. Partout, c’est de moins en moins de pouvoir pour les peuples ; partout, c’est de plus en plus de liberté pour les puissances économiques et financières. Et, ceci explique cela !

IL NE FAUT PAS S’EN ETONNER, L’UNION EUROPEENNE EST FAITE POUR CA

L’Union Européenne est construite sur deux principes simples que ses partisans considèrent comme indiscutables.

Son premier principe est que, seul le capital est créateur de valeur économique.

Cela signifie que seule la propriété privée de la production -c'est-à-dire le capital- est créatrice de valeur économique. Tout doit donc être fait pour lui permettre de se déployer. Le capital doit pouvoir circuler librement (pas de frontières) ; son champ d’activité doit pouvoir s’exercer dans tous les secteurs d’activités (privatisations) ; chaque Etat doit le soutenir (aides publiques et faible fiscalité pour les profits)… c’est une condition impérative pour le bien-être de tous…

Evidemment, la conséquence de cette façon de voire les choses c’est que le « travail est un coût » (qu’il faut sans cesse « baisser pour être compétitif ») ; que ses droits sont des obstacles à une bonne mise en valeur du capital (il faut donc les réduire) ; et que toute activité publique constitue une dépense qu’il faut diminuer si nous ne voulons pas nous ruiner et sacrifier l’avenir de nos enfants). Et, comme les Etats - privés de la maîtrise de la création monétaire- sont contraints pour financer leur activité d’emprunter auprès d’investisseurs privés, auxquels nous servons les intérêts d’une dette qui ne diminue jamais…

Même si le bien-fondé de ce principe ne tient pas debout (comment justifier que l’activité de fonctionnaires soignants dans un hôpital public constituerait une dépense et que la même activité de salariés dans une clinique privée serait au contraire productrice de valeur économique ?), c’est sa mise en chantier que fondent les lois essentielles de l’Union Européenne. Et c’est leur application qui est réalisée, à l’échelle de l’ensemble des pays membres de l’Union, depuis des décennies.

Son second principe est, qu’aujourd’hui, l’échelle de la nation est trop petite pour gérer l’économie et la monnaie.

Les promoteurs de l’Union Européenne considèrent que nous sommes entrés dans une période de « guerre économique » mondialisée et que, pour pouvoir y tenir sa place, l’échelle de la nation n’est plus adaptée car elle est trop petite Il serait donc vital de créer des grands blocs économique et monétaire qui seuls nous permettraient de survivre.

Pour ce faire, ils ont adopté (au début, à l’échelle de six pays ; aujourd’hui, pour vingt-huit ; et demain ?..) des lois qui régissent cette activité économique et monétaire et les outils pour l’animer (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Cour de Justice Européenne).

L’expérience montre que ce changement d’échelle -l’abandon du rôle de chaque nation- a une conséquence politique centrale : l’affaiblissement, pour ne pas dire la perte, du pouvoir politique de chaque peuple sur les questions économiques et monétaires qui le concernent.

Nous sommes dirigés par des institutions sur lesquelles nous n’avons aucune prise : une Banque Centrale « indépendante » mais qui gère l’Euro en collaboration avec les banques privées et sous la tutelle des « marchés » ; une Cour de Justice qui impose la suprématie du droit européen sur chaque droit national ; et une Commission qui définit les orientations économiques, contraignant de ce fait les politiques sociales, et qui contrôle aussi la conformité de chaque budget national.

Bien entendu, aucune de ces institutions n’a jamais pris une décision à l’encontre des grands possédants… pas plus qu’elle ne l’a fait en faveur du monde du travail !

L’expérience le montre, dans ce système les peuples n’ont pas le droit à la parole. Et quand ils arrivent à la prendre, dirigeants français et européens n’en tiennent aucun compte (souvenons-nous comment fut méprisée la victoire du « non » lors du Référendum de 2005) !

Abolir la souveraineté politique de chaque peuple pour empêcher toute maîtrise publique de l’économie et de la monnaie, pour rendre impossible le financement de tout progrès social, voilà la raison d’être de l’Union Européenne !

Avec ces deux principes, nous sommes au cœur du mécanisme infernal que constitue l’Union Européenne : le premier, en affirmant que le capital est seul créateur de valeur économique, constitue une négation radicale de la qualité exclusive du travail comme unique créateur de richesses ; le second, en posant la nation comme dépassée, constitue une négation radicale du fondement de toute démocratie politique, la souveraineté de chaque peuple.

Depuis leurs accessions au pouvoir, les puissances économiques et financières ont compris qu’il existe une cohérence entre souveraineté politique populaire, maîtrise publique de l’économie et de la monnaie et institutions du progrès social. Parce que la dynamique de cette cohérence peut être fatale à leurs intérêts, ces puissances économiques et financières ont décidé de la briser. En ruinant toute possibilité de souveraineté politique de chaque peuple et en dévalorisant le travail, ils ont pu enfermer l’économie et la monnaie aux lois du Capital et alimenter leurs profits par une régression sociale sans précédent.
Toute l’histoire de l’Union Européenne ne constitue fondamentalement que la destruction acharnée de cette cohérence.

L’UNION EUROPEENNE VEUT FAIRE REVENIR L’HISTOIRE EN ARRIERE

Pour bien mesurer cette réalité, il faut faire un peu d’histoire car les puissants s’emploient à nous présenter les origines de cette affaire comme un conte de fées…bien loin de la réalité.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, dans de nombreux pays, et particulièrement en France et en Italie, les peuples, forts de l’expérience de ces terribles événements ont fortement affirmé leur souveraineté politique. Ils ont imposé -pour en rester à l’essentiel et au cas de la France- une puissante maîtrise publique de l’économie et de la monnaie ; l’institution d’un système de protection sociale géré par ses bénéficiaires et des droits salariaux encadrés par le Code du Travail.

Ces profondes modifications économiques et sociales, conjuguée avec l’extension du système soviétique -qu’elle que soit l’opinion qu’on en ait eu- constituaient pour les puissances d’argent une menace insupportable car elles mettaient fortement en cause leur domination. Elles ont décidé de détruire en se donnant une stratégie et un outil communs pour atteindre leur objectif.

L’Union Européenne est une stratégie qui vise à assurer la domination du Capital.

Avec à leur tête les grands possédants de France et d’Allemagne, ils ont décidé, sous la pression du gouvernement des Etats-Unis : leur concurrence ne prendrait plus de forme militaire. Certes, leur compétition continuerait -et elle se poursuit aujourd’hui- mais la priorité était de faire face ensemble à la montée en puissance politique des peuples, de reprendre la main sur l’économie et la monnaie, de pouvoir continuer à imposer la régression sociale.

C’est d’ailleurs dans cette stratégie -et non dans la fin des nationalismes qui n’en étaient que le déguisement- que se trouve l’origine de la fin des affrontements militaires en Europe Occidentale depuis près de soixante-dix ans. C’est la crainte de la puissance des peuples qui leur a imposé la paix. C’est pour affronter les peuples que les puissants ne se sont plus fait la guerre : ils sont passés, par nécessité, de l’affrontement militaire entre eux à la guerre contre les peuples.

Leur outil a un nom, il s’appelle intégration européenne. Sa grande efficacité, du point de vue des puissants, est qu’il permet de déconnecter l’économie et la monnaie de la souveraineté politique des peuples et donc de la maîtrise publique. L’économie et la monnaie sont régies par des lois qui établissent explicitement la souveraineté du capital : du Traité de Rome (1957) au Traité de Lisbonne (2008), en passant par l’Acte Unique européen (1986) et le Traité de Maastricht (1992), c’est ce qu’affirment tous les textes qui ont jalonné l’intégration européenne.


L’histoire de l’Union Européenne c’est la mise en chantier de cette stratégie de classe.

Pendant près de quatre décennies, les peuples ont résisté et les puissances économiques et financières ont eu du mal a imposé leur projet. Cependant, force est de constater que depuis le milieu des années 1980, les événements se sont accélérés. Et toujours avec le même processus : des abandons de souveraineté politique des peuples (plus de pouvoirs à Bruxelles) ; des reculs de la maîtrise publique de l’économie (les vagues de privatisations) voire l’abandon de cette maîtrise publique pour la monnaie (création de l’Euro et indépendance de la Banque Centrale Européenne)…

Et c’est cette législation européenne qui rend illégale la maîtrise publique de l’économie -c'est-à-dire qui prive chaque peuple du fruit de son travail- qui a entrainé des régressions sociales insupportables pour la majorité des populations…et une richesse sans cesse accrue pour une minorité qui se gave des fruits du travail de l’immense majorité.

C’est en ce sens qu’il n’est pas exagéré d’affirmer, à la lumière de l’expérience, que l’Union Européenne veut faire tourner la roue de l’histoire en arrière. En effet, plus ça va et plus elle ressemble à un empire -qui a vocation constante à étendre son territoire- où l’aristocratie de l’argent a remplacé la noblesse de naissance et dans lequel les salariés n’auront bientôt pas plus de droits sur les richesses qu’ils produisent que les serfs d’avant la Révolution Française.

C’est assurément ce qui nous attend si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de cette situation car la voracité des possédants est sans limite. Alors, comment résister à cette entreprise de destruction démocratique et sociale que constitue l’Union Européenne et avec quelles exigences contre-attaquer pour faire prévaloir nos droits en tant que citoyens membres d’un peuple souverain et en tant que salariés, producteurs seuls créateurs de richesses ?

Tirer les leçons de l’expérience est indispensable pour savoir à quoi nous avons à faire ; mais cela ne suffit pas. Pour nous imposer, il est aussi indispensable de résister et de passer à l’offensive. Résister aux discours des fanatiques de l’Union qui, à longueur de médias, prêtent à l’Union Européenne des valeurs qu’elle détruit et nous menacent des pires catastrophes dès que nous la mettons en cause. Passer à l’offensive, c'est-à-dire formuler ce que sont les conditions politiques et économiques nécessaires à une coopération entre les peuples d’Europe…et du reste du monde.

OSER AFFRONTER LE DISCOURS DES PARTISANS DE L’UNION EUROPEENNE

Pour commencer, ne pas perdre la guerre des mots. La question posée n’est pas celle comme on le dit souvent, sans en mesurer les conséquences, celle de « l’Europe ». Celle-ci constitue une convention géographique qu’il n’est au pouvoir de personne de remettre en question.

Ce dont il s’agit c’est de « l’Union Européenne » qui est une construction politique, économique, monétaire et juridique. Elle a été faite et elle peut être défaite, sans que pour autant notre continent disparaisse. Un pays peut la quitter sans que la mer ne le submerge ou qu’il soit contraint pour le faire de dresser des murailles sur ces frontières. Nous avons vécu sans l’Union Européenne…et, si nous le décidons, nous pourrons le faire sans elle. Pas de panique, c’est l’arme essentielle des promoteurs de l’intégration européenne !

Il est donc nécessaire de bien voir que remettre en question l’Union Européenne au nom de la souveraineté populaire et de la maîtrise publique de l’économie, ce n’est ni mettre en danger la paix, ni prendre le risque de la ruine économique, ni se fermer à toute coopération ou aux échanges de toutes sortes entre les peuples, ni manifester une quelconque xénophobie ou un « rejet de l’autre ». Au contraire.

L’Union Européenne, ce n’est pas la paix, au contraire !

On nous serine : « L’Europe c’est la paix, la mettre en question ferait courir le risque du retour de la guerre ! ». Mais, depuis 1945, la paix en Europe occidentale n’a pas été le produit de la construction européenne mais, comme nous l’avons vu, le résultat d’une décision stratégique des possédants pour endiguer l’affirmation politique des peuples et faire face à une situation géopolitique issue de la Seconde Guerre Mondiale.

Hier, ce ne sont ni les nations, ni la souveraineté des peuples qui ont été à l’origine du déclenchement des guerres mais les affrontements entre des capitalistes concurrents -notamment ceux d’Allemagne et de France-. Et si ces guerres, visaient toujours à soumettre des nations et à asservir des peuples aux intérêts de puissances économiques et financières étrangères, l’exemple de la Seconde Guerre Mondiale, en France, montre que dans ces situations les classes dominantes du pays agressé ont collaboré avec les agresseurs -contre leur propre peuple- pour trouver des compromis qui préservent leurs intérêts.

Aujourd’hui, c’est parce que, sous la houlette de l’Union Européenne, les puissances économiques et financières coalisées mettent les peuples en concurrence et abolissent la souveraineté politique de chaque peuple que se développent les tensions entre les pays appartenant à l’Union Européenne. Et on peut aussi constater que ces vingt dernières années, au fur et à mesure du renforcement de l’Union Européenne, les conflits se sont développés à son immédiate périphérie (ex Yougoslavie, Lybie, Syrie, Ukraine…), et que sa constante volonté d’expansion territoriale et son ambition de contrôler les sources d’énergies n’ont pas été étrangères au déclenchement de ces conflits.

Personne ne peut affirmer que l’Union Européenne a constitué un facteur de renforcement de la paix et de l’amitié entre les peuples, au contraire !

L’Union Européenne ce n’est pas la coopération, c’est la régression et les inégalités !

On nous rabâche : « Mettre en cause l’Union Européenne, c’est mettre en danger le développement économique et la coopération et les échanges entre les peuples ».

Si l’on considère les chiffres de la croissance, on ne peut pas dire qu’en matière de croissance économique l’Union Européenne ait un bilan flatteur. Hormis les profits des grands groupes, ce qui s’est développé, si l’on peut dire, ce sont la casse industrielle (la région Centre en sait quelque chose), les concentrations des grandes entreprises et leur main mise sur les sous traitants et les inégalités dans les échanges commerciaux entre les différents pays. D’ailleurs, de plus en plus d’économistes affirment que l’Euro constitue une cause essentielle de cette réalité. On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’un exemple convaincant d’une coopération réussie entre les pays.

Sous prétexte d’échanges, c’est cette Union Européenne qui a surtout permis une totale liberté de circulation des capitaux. Et ce qui intéresse le Capital. Ce n’est ni le développement industriel sur chaque territoire, ni l’égalité des échanges et encore moins la coopération. Son but ce sont les profits et la concentration de la propriété.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la majorité des grandes entreprises françaises sont aux mains de capitaux étrangers (le projet actuel de cession d’ALSTOM à GENERAL ELECTRIC ou à SIEMENS étant le dernier exemple de cette réalité)…

Toute l’histoire le montre, et près de trente ans de « libre circulation des capitaux » -le premier commandement de l’Union Européenne- le confirme : il ne peut pas exister de développement économique équilibré entre les territoires sans existence d’une maîtrise publique -forte pour l’économie et totale pour les banques et la monnaie-…et l’expérience montre aussi que cette maîtrise publique ne peut se fonder que sur un exercice vigilant de la souveraineté politique de chaque peuple.


L’Union Européenne interdit le débat politique, elle nous fait la morale !

Aujourd’hui, dès que l’on analyse l’Union Européenne comme une construction politique fondée, dans l’intérêt exclusif des puissances économiques et financières, sur la déstruction de chaque souveraineté populaire sur l’économie et la monnaie, c’est le branle bas de combat chez les partisans les plus durs de l’intégration européenne…comme chez nombre de celles et ceux qui prônent une « autre Europe ». On nous déclare : « La sortie de l’Europe et de l’Euro, c’est une hérésie économique et sociale » ; on nous assure qu’employer les termes de souveraineté populaire ou d’indépendance nationale serait faire preuve « de rejet de l’autre, de racisme, de xénophobie même ! ». Le débat n’est pas facile et la stigmatisation se substitue souvent à l’argument.

S’il est incontestable que le racisme existe -et les conséquences sociales et économiques des politiques menées au nom de l’Union Européenne n’y sont pas pour rien-, il est tout aussi incontestable que la majorité des citoyens de notre pays ne sont pas racistes, le taux des mariages mixtes -incomparablement supérieur en France que dans les autres pays de l’Union Européenne- le démontre. Alors ?

Alors, il ne faut pas tout confondre :

. Quand de plus en plus de Français éprouvent le sentiment qu’ils ne sont plus écoutés -individuellement, comme citoyen - ou collectivement, en tant que communauté politique souveraine.

. Quand ils ont le sentiment que les engagements des politiques ne sont pas tenus et que les décisions sont prises sans qu’ils soient consultés ou, pire même, contre l’avis qu’ils ont formulé.

. Et quand l’expérience ne leur donne pas tort et que, souvent, c’est au nom des « exigences » de la construction européenne que ces dénis de démocratie ont été faits.

Alors, il ne faut pas s’étonner que des millions de femmes et d’hommes de ce pays souffrent de ne pas avoir la maîtrise politique de leur vie et attribuent, à raison, la source de cette situation à l’Union Européenne et à ses promoteurs.

Les traiter de « racistes », « d’hérétiques » ou de « xénophobes » c’est, d’abord, confondre une catégorie importante de la morale -le respect de l’autre- avec une catégorie centrale de la politique -la souveraineté populaire- sans laquelle il ne peut exister de démocratie politique pleine et entière ; c’est, ensuite, remplacer le débat démocratique, argument contre argument, par la stigmatisation et la diabolisation (il fut un temps où l’enfer était promis aux hérétiques) ; c’est, enfin, en refusant d’entendre une demande politique, préparer pour le coup, de beaux jours au racisme et à la xénophobie !


Retourner les arguments des partisans de l’intégration européenne contre eux et montrer que c’est elle qui est responsable de ce dont elle nous accuse, c’est une condition nécessaire pour qu’ait lieu le débat public qui nous permette de sortir de la régression démocratique, économique et sociale dans laquelle nous sommes enfoncés depuis trente ans.

Mais cela ne suffira pas. Pour gagner ce débat, il est indispensable de formuler et de faire partager les mesures dont l’adoption permettra de construire entre les peuples d’Europe, et plus largement entre tous les peuples, des coopérations mutuellement avantageuses et facteurs de développement et de paix.


CONJUGUER LES POINTS DE VUE DU TRAVAIL ET DE LA DEMOCRATIE, CE SONT LES SEULS FONDEMENTS DE VERTITABLES COOPERATIONS ENTRE LES PEUPLES

A l’heure actuelle dans l’Union Européenne, tant au plan économique qu’au plan monétaire, il n’existe pas de coopération entre les peuples pour la simple raison que les peuples n’ont aucun pouvoir sur ces questions.

Sur le plan économique, du fait de la libre circulation des capitaux, tous les échanges économiques sont maîtrisés par les puissances économiques et réalisés dans la seule perspective de leur rentabilité. Les besoins des peuples, l’organisation territoriale de la production, les choix de production sont des exigences qui ne sont pas prises en compte.

Au plan monétaire, la situation est encore plus simple : l’existence de l’Euro et celle de la Banque Centrale fait que la puissance publique n‘a plus rien à dire sur cette question.

Dans ces deux domaines, les peuples n’existent plus !


Or, la condition première de la construction de coopérations, c’est l’existence des coopérateurs. La première question qui nous est posée, si nous voulons construire des coopérations, est de savoir quels sont les moyens nécessaires à l’existence de chaque coopérateur, c'est-à-dire de chaque peuple.

Contrairement à ce qu’on pense spontanément l’existence d’une coopération entre les peuples de l’Union Européenne, ne se joue pas à Bruxelles ou à Strasbourg. Dans ces « capitales de l’Union Européenne », c’est la destruction de réelles coopérations entre les peuples qui se réalise. La construction de réelles coopérations passe d’abord par la construction des coopérateurs ; c’est donc d’abord dans chaque pays que cette question est posée…Parce que c’est sur son territoire politique que chaque peuple pourra construire la réponse.

Evidemment, dire cela ce n’est pas dire qu’il faut fermer les frontières, procéder au repli, se laisser enfermer dans une construction fédéraliste qui accentuera la mise en concurrence entre les régions avec tous les risques d’opposition entre les populations que cela induit !

Cela ne veut pas davantage signifier qu’il faut arrêter les échanges jusqu’au jour où chaque peuple sera prêt en attendant des jours meilleurs. Mais c’est bien voir que sans se placer dans cette perspective, tout ira de plus en plus mal et que toute possibilité de coopérations véritables sera inaccessible à des peuples dépourvus de toute puissance politique et économique.


En effet, si l’exercice de la souveraineté politique de chaque peuple ne peut se réaliser que dans sa nation, son territoire politique, elle doit aussi, pour être pleine et entière, se fonder sur la pleine maîtrise des richesses produites par son travail. Dimension politique, dimension démocratique et dimension anticapitaliste sont inséparables. Se donner pour objectif, comme c’est nécessaire, de restaurer la souveraineté populaire, sans assumer la nécessité anticapitaliste de sa réalisation, c’est se raconter des histoires car c’est ne pas se donner les moyens de son objectif.

Il ne peut exister de pleine souveraineté populaire sans les moyens de son exercice. En effet, une maîtrise publique importante de l’économie et du crédit et de la monnaie constitue une condition nécessaire pour pouvoir décider des grands choix de la production, des conditions de sa réalisation et d’une juste répartition des richesses créées par le travail.

Cela implique donc comme moyens, pour en rester à l’essentiel : une forte maîtrise publique de l’économie et du système bancaire (pour maîtriser l’investissement et le crédit) ; une maîtrise publique exclusive de la production monétaire (pour sortir de l’esclavagisme de la dette qui n’est pas la nôtre) ; une augmentation massive des salaires et des moyens et du champ d’intervention de la protection sociale …bref, un ensemble de réformes qui permettent une maîtrise publique de l’économie et un statut du travail salarié qui concourent à l’exercice réel de sa citoyenneté individuelle et d’une souveraineté politique collective.

Cela implique évidemment l’abolition de la libre circulation des capitaux car, dans un monde où cette « liberté » a force de loi, tout ce qui est public (hier, les entreprises publiques ; aujourd’hui, les services publics ; et, demain, les administrations…) est condamné à tomber sous la coupe du Capital. Les décisions prises au cours des derniers jours par le Gouvernement Italien, de mettre fin au statut des fonctionnaires, ouvrent la voie pour le Gouvernement Français.

A l’inverse, se donner des objectifs sociaux de haut niveau en éludant le fait que seul l’exercice d’une souveraineté populaire nationale permettra de se donner les moyens économiques et monétaires de la réalisation de ces objectifs, c’est se raconter des histoires et c’est entraîner celles et ceux à qui nous nous adressons dans une impasse désespérante. C’est la situation que nous vivons depuis plusieurs années.

Sur toute la planète, l’expérience montre qu’il n’y a jamais eu d’avancées anticapitalistes réelles hors du cadre de l’affirmation d’une souveraineté politique populaire nationale. Et que ce n’est qu’à partir de cette affirmation que se sont construites des solidarités plus larges Et, depuis des décennies, l’expérience montre aussi, que les appels réitérés au rassemblement européen des salariés -sans que celui-ci ne soit articulé d’abord sur une forte mobilisation nationale- sont d’une terrible inefficacité et n’ont pas empêché une seule mesure du Capital contre le travail. C’est aussi pour ces raisons que le peuple français a dit NON au CTE ( Traité de Communauté Européenne )

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser la nécessaire solidarité de classe à l’échelle internationale contre le Capital. Au contraire, c’est bien voir que pour que cette solidarité de classe se développe de façon efficace, elle a besoin de la médiation de la souveraineté politique de chaque peuple. Ce n’est qu’en s’affirmant politiquement comme citoyens, à la seule échelle politique dont ils disposent pour ce faire, celle de la nation, que les producteurs de richesses (les salariés) pourront construire leur puissance politique comme peuple et, ce faisant, construire un rassemblement efficace contre le capital. Toute autre démarche repose sur une illusion, celle de l’existence d’un « peuple européen » -voire mondial- qui ne peut pas exister, du fait de l’irréductible singularité des différentes sociétés produites par l’histoire sur notre planète.

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser les nécessaires coopérations de tous ordres entre les différents peuples de notre continent…comme du reste du monde. Au contraire, c’est définir les exigences de véritables coopérations démocratiques, pacifiques et mutuellement avantageuses pour les peuples. Se soustraire à ces exigences et décider que désormais tout doit se décider au niveau d’une organisation supranationale -comme nous le faisons aujourd’hui- voire mondiale, comme différents projets de traités le proposent, c’est condamner chaque peuple à l’impuissance politique. L’échelle politique de la puissance politique de chaque peuple c’est l’échelle de sa nation. L’échelle de l’Europe, ou celle du monde, celle de la puissance politique exclusive du Capital parce que c’est celle de ses marchés ! Doit-on s’y soumettre éternellement ?

En conséquence, pour combattre efficacement le Capital et créer les conditions de vraies coopérations entre les peuples, cela nécessite de se donner comme objectifs les moyens que s’exerce réellement la souveraineté politique de chaque peuple. Pour, là encore en rester à l’essentiel et concernant la France, il s’agit de promouvoir des institutions démocratiques et, sans doute, la suppression de l’Election Présidentielle et l’instauration d’un système intégralement proportionnel pour élire une Assemblée Nationale devant laquelle le Gouvernement rende compte.

Cela implique aussi de combattre avec détermination la politique gouvernementale d’austérité et de confiscation des pouvoirs de décisions des citoyens que porte la réforme des collectivités territoriales et de réorganisation des services de l’Etat dont l’objectif essentiel demeure la main mise par les grandes firmes multinationales sur l’ensemble des activités

Ainsi, les trois critères essentiels pour juger -du point de vue du travail, de celui de la démocratie et de celui de coopérations véritables entre les peuples- de la qualité d’un candidat lors des prochaines Elections des Députés au Parlement Européen sont finalement relativement simples :

- premier critère : quelle analyse, s’il en fait une, car peu s’y risqueront, fait-il des résultats et des causes de la situation actuelle de l’Union Européenne ?

- deuxième critère : comment, s’il aborde en tant que tel ces questions, articule-t-il la double exigence d’affirmation de souveraineté populaire et de lutte anticapitaliste ?

- troisième critère : fonde-t-il sur cette double exigence la nécessité de coopération véritable entre les peuples ?

C’est à chacune et à chacun, à partir de sa réflexion et de ses intérêts d’y réfléchir et de se déterminer. Cependant, quel que soit le choix de chacune et de chacun ; et quel que soit le résultat de ces élections -qui ne sera pas sans signification- selon la répartition des voix entre les partis et le niveau d’abstention, une chose est certaine : il y aura nécessité pour avancer, construire des luttes massives et lucides.

Et si l’efficacité de ces luttes dépendra bien sûr de la dimension des rassemblements qu’elles construiront, elle dépendra tout autant de la façon dont elles porteront les exigences de souveraineté populaire et d’affirmation du travail contre le Capital. A ces luttes, la CGT devra apporter sa contribution pleine et entière, leur efficacité dépendra du nombre de salariés syndiqués à la CGT et de l’implication des salariés dans les luttes revendicatives.



Blois, le 6 Mai 2014


COMITE REGIONAL CGT CENTRE

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Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme par Jacques Sapir

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Terrorisme, #La guerre

Jacques Sapir

Jacques Sapir

Diplômé de l'IEPP en 1976, a soutenu un Doctorat de 3ème cycle sur l'organisation du travail en URSS entre 1920 et 1940 (EHESS, 1980) puis un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986).
A enseigné la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X Nanterre de 1982 à 1990, et à l'ENSAE (1989-1996) avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il y est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il a aussi enseigné en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005.

Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme

par Jacques Sapir · 27 septembre 2016

L’évolution des forces politiques en Grande-Bretagne depuis le Brexit est symptomatique des problèmes rencontrés dans les pays de l’Union européenne. Le Brexit a induit un changement important dans l’orientation du parti conservateur. Le tournant opéré par Theresa May, mettant fin à près de trente ans de thatchérisme, est significatif de la prise en compte des désastres engendrés par l’idéologie néo-libérale. Le parti travailliste, qui vient de réélire à sa tête, et avec une forte majorité, Jeremy Corbyn, est aujourd’hui confronté à un problème équivalent. Abandonnant l’idéologie dite du « néo-Labour » qui s’était incarnée dans Tony Blair, il doit repenser complètement son discours et ses orientations. L’opposition de fractions importantes de la direction de ces deux partis au Brexit, la défaite de ces fractions lors du référendum du 23 juin dernier, signale l’éclatement du consensus européiste et néo-libéral qui régnait au Royaume-Uni. Or, on constate aujourd’hui les prémices d’un pareil mouvement dans nombre de pays de l’Union européenne, qu’il s’agisse de la France et de l’Italie, qu’il s’agisse des Pays-Bas ou de l’Autriche. Il faut en tirer les leçons tant stratégiquement, en définissant ce que pourrait être une stratégie politique rompant avec l’idéologie néo-libérale, que tactiquement en regardant sur quel arc de forces politiques pourra se gagner la rupture initiale qui est nécessaire au déploiement ultérieur de stratégies alternatives.

Le cancer du néo-libéralisme

Le néo-libéralisme s’est imposé sur les décombres du consensus « néo-keynésien » des années 1960 et 1970. Il se présente en réalité comme une véritable guerre de classes menées par le sommet de la pyramide sociale contre la totalité de ce qui n’est pas, pour reprendre une expression à la mode, le « 1% le plus riche » de la population[1]. Divers travaux scientifiques montrent que la concentration des richesses s’est fortement aggravée depuis une trentaine d’années[2].

Cette guerre de classe devait prendre la forme d’un démantèlement de ce que Christophe Ramaux avait justement appelé « l’Etat social »[3]. Le néo-libéralisme s’est avancé sous couvert d’un discours de démantèlement des services publics, d’une marchandisation accélérée des activités humaines, voire des personnes elles-mêmes, du mythe du « travailleur universel », coupé de son environnement social et politique, sans identité si ce n’est dans des communautés archaïques, et par là même interchangeable à volonté et exploitable à merci. Le mythe du libre-échange bénéfique pour tous et de la « multitude » indifférenciée ont eu une place importante dans le triomphe du néo-libéralisme. Ce discours s’est enraciné dans une présentation de la réalité sociale opposant « assistés » à « travailleurs », mais où la notion d’assistés était sans cesse élargie. Pour les idéologues du néo-libéralisme, ce fut un coup de maître car il leur permis de jouer sur la peur du « déclassement » pour briser l’alliance historique entre les classes populaires et les classes moyennes[4], alliance qui s’était constituée dans les années de l’après-guerre. Cette guerre de classe a aussi abouti à diviser la grande bourgeoisie, en opposant de manière violente la grande bourgeoisie industrielle à la grande bourgeoisie financière. Cette dernière l’a emporté en organisant d’abord, dans les années 1980 et 1990, une pénurie des capitaux qui mettait le capital industriel dans la dépendance du capital financier puis, une fois qu’elle eut construite les mécanismes bancaires qui assurent sa prééminence en organisant à son profit une abondance la plus extrême en capitaux, ce que l’on a appelé les politiques de « quantitative easing » menées depuis la crise financières de 2007-2009.

Cette guerre de classe a abouti à la construction d’institutions particulières qui, construites à dessein, visent à enraciner le système néo-libéral. Cela va de l’institution de Banques centrales dites « indépendantes » (indépendance vis-à-vis du pouvoir politique mais en réalité sous la dépendance du pouvoir financier) aux institutions gérant l’application du libre-échange (l’OMC)[5], d’institutions régionales (comme l’Union européenne) à des institutions monétaires (comme l’Euro ou plus précisément l’Union Economique et Monétaire).

Les incarnations de la lutte contre le néo-libéralisme

Le combat contre un système de domination couplé à une idéologie passe aujourd’hui en priorité par la lutte contre les institutions dans lesquelles il s’incarne. Bien entendu, on peut – et l’on doit – lutter aussi dans la sphère idéologique, que ce soit en confrontant les divers idéologues néo-libéraux à leurs contradictions et à leurs réalités, ou que ce soit en déconstruisant les bases de cette idéologie, ses faux-semblants et ses mensonges. Mais, le combat dans la sphère des idées ne suffit pas. Il faut démanteler les institutions et les organisations mises en place par le néo-libéralisme pour casser son emprise sur les sociétés. Car cette emprise produit des effets idéologiques indéniables comme on le constate avec le ralliement d’une certaine « gauche » à l’idéologie néo-libérale. C’est en cela que les luttes politiques seront toujours plus importantes que les nécessaires luttes idéologiques. Il faut à un moment passer des armes de la critiques à la critique par les armes.

Les exemples abondent de gouvernements qui se sont enlisés, ou on été défait en dépit d’un soutien populaire évident car ils n’avaient pas osé remettre en cause certaines des institutions clés du néo-libéralisme. On pense bien entendu au cas du gouvernement Tsipras, pourtant conforté par un succès massif au référendum de juillet 2015, et qui fut contraint de capituler en rase campagne faute d’avoir réellement mis en cause les institutions européennes. Il est désormais clair que trois institutions jouent un rôle décisif dans le maintien du carcan néo-libéral : l’Euro, l’Union européenne et l’indépendance de la Banque centrale. Pour ce qui est de l’Euro, la question est entendue : des voix multiples se combinent aujourd’hui pour dire que l’Euro est fondamentalement une institution du néo-libéralisme. Un effet particulier de l’Euro doit ici être analysé. En France, comme dans de nombreux pays, le salaire moyen a, certes, continué d’augmenter. Mais cette moyenne n’a pas grand sens lorsque la répartition est très inégale. Le salaire médian, c’est à dire celui qui correspond à la division entre les 50% des salariés les plus riches et les 50% les plus pauvres, est quant à lui resté stable depuis 2000. Cela signifie qu’en réalité une majorité des salariés ont vu leurs salaires stagner depuis près de 15 années, alors que les salaires d’une minorité, entre 10% et 15% de la population, ont, eux, fortement augmenté[6]. L’Euro n’a pas seulement exercé un effet récessif sur l’économie française ; il l’a aussi déformé. Cette déformation porte un nom : la financiarisation. Elle a une origine : les politiques néo-libérale.

Bien entendu, ces tendances sont antérieures à l’Euro. On l’a dit, l’offensive néo-libérale a commencé dans les années 1980. Mais l’Euro a donné un coup d’accélérateur décisif à cette transformation tout en garantissant que tant qu’il sera en place on ne pourra revenir en arrière. Il joue le rôle d’un loquet qui empêche le système économique de quitter la financiarisation. Il a, de fait, établi la prééminence des banques (et des banquiers) dans la société française ; il a mis les logiques de la production au service de cette finance et de ces financiers. On comprend alors pourquoi tout ce beau monde se retrouve pour communier dans l’adoration de ce nouveau veau d’Or, se battra becs et ongles pour maintenir le système dont il profite, utilisera toutes les figures politiques pour conserver cette situation dont il tire le plus grand profit. On comprend que, si l’on sort de l’Euro, il faudra que le gouvernement retrouve sa liberté en matière de politique monétaire. Cela signifie revenir sur l’indépendance de la Banque centrale (en France, de la Banque de France). Mais, une sortie de l’Euro accompagnée d’un contrôle effectif sur la Banque de France conduira à une crise majeure avec l’Union européenne. Celle-ci menacera par divers biais la France, ou tout autre pays qui voudrait rompre avec le néo-libéralisme. C’est pourquoi il faut être prêt à faire éclater l’UE, et le marché unique, car la sortie d’un pays comme la France signifierait en réalité la fin de l’UE.

Les choix stratégiques

Cela pose le problème des stratégies après la rupture. Non pas de la rupture elle-même qui s’impose à l’évidence. Mais, que fera-t-on après ? Nous sommes en fait devant une question qui a été longuement traité dans l’art militaire depuis un siècle : comment désarticuler le dispositif ennemi une fois la percée réalisée. Car, la lutte pour sortir de l’Euro, pour reconquérir le contrôle sur la Banque de France et pour mettre l’UE au pied du mur s’apparente à l’effort que l’on consent pour briser la ligne de défense de l’adversaire. Mais, une fois ceci fait, il est impératif de désarticuler son dispositif, sinon il reconstituera une nouvelle ligne de défense un peu plus loin. De fait, la stratégie vise toujours un objectif politique et non militaire. C’est l’art opérationnel qui traite du passage du moment de la rupture à celui de la désarticulation de l’adversaire[7]. En politique, l’équivalent de l’art opérationnel n’est autre que les stratégies dont on se dote pour aboutir à des résultats durables.

Trois stratégies (au moins) s’opposeront une fois la rupture effectuée : l’une tenterait de faire « après » comme « avant », en cherchant simplement à utiliser cette rupture pour mener une stratégie de baisse massive des coûts. Elle laisserait le secteur productif sans aucune direction. Disons-le de suite, cette stratégie a peu d’intérêts et surtout peu d’avenir. C’est une stratégie où la rupture ne conduit pas à une remise en cause du cadre néo-libéral.

Une deuxième stratégie chercherait à reconstruire une France (ou un pays) industrielle, mais en utilisant prioritairement la baisse apparente des coûts engendrés par la dépréciation de la monnaie. C’est une stratégie qui « ruserait » avec le néo-libéralisme, qui chercherait à en utiliser les failles, mais qui ne le remettrait nullement en question. Cette stratégie appliquerait les mesures contenues dans la « loi travail » et démantèlerait un peu plus le code du travail ; elle continuerait les politiques de démantèlement des services publics (éducation, santé, territoriaux) qui ont été mises en place par les différents gouvernements, de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy. Cette stratégie est par ailleurs cohérente avec une baisse du salaire réel, et la concentration sur le milieu-bas de gamme pour l’industrie française. Cette stratégie a un espace de réussite, si elle cible les secteurs où la France à des avantages à court terme. Mais, cette réussite, avec une création nette d’emplois de l’ordre d’un million à un million et demi, nous placerait définitivement à la remorque d’un pays comme l’Allemagne. Elle signifierait que les gains de la rupture ne seraient pas exploités.

Une troisième stratégie utiliserait par contre les gains en compétitivité obtenues par la rupture pour mettre en place une ambitieuse politique d’investissement, tant dans le secteur productif que dans les services publics. Cette stratégie viserait à une montée en puissance de l’appareil productif, tant direct qu’indirect, à travers une main d’œuvre mieux éduquée et mieux formée, à travers la dissémination d’un sentiment de sécurité dans la population qui lui permettrait de se concentrer sur son travail, mais aussi à travers la mise à disposition d’un argent à bon marché pour les entreprises naissantes afin qu’elle puissent rapidement se développer. Elle exploiterait systématiquement les secteurs de production à rendements croissants, et mettrait en place un changement radical dans le cadre de vie avec la transition énergétique et l’inscription de l’urgence écologique dans chaque activité. Cette stratégie impliquerait une concentration des ressources financières au service de la politique de développement, avec un changement de statut de la Banque de France venant consolider sa mise sous contrôle, un changement profond du système bancaire et assuranciel, et une protection quant au flux de capitaux de court et très court terme. Cette stratégie viserait à souder un « bloc historique » entre les classes populaires et les classes moyennes contre les fameux « 1% ». Elle s’accompagnerait de réformes politiques visant à renforcer la démocratie, à dé-cartéliser la presse (qui est devenue aujourd’hui un obstacle à la démocratie), à redonner sens à l’action collective. Cette stratégie peut se fixer comme objectif raisonnable une création nette de 2,5 à 3,5 millions d’emplois dans les 5 premières années de son application, et de 1,5 à 3 millions d’emplois pour les 5 années suivantes. Elle mettrait cependant la France dans une situation internationale conflictuelle, car le néo-libéralisme s’incarne dans des politiques d’Etats, et la politique internationale de la France devrait, à travers les divers cercles d’alliances possibles, se donner comme objectif de garantir sa liberté d’action en interne.

Les deuxième et troisième stratégies se divisent elles-mêmes en plusieurs sous-stratégies, en fonction du degré de prise en compte de la dimension sociale au sein de ces stratégies. Il n’est pas impossible de penser que des gouvernements puissent hésiter entre les deux, car ces stratégies, sans être similaires, sont relativement proches sur plusieurs points. Ce pourrait être le cas du gouvernement de Teresa May qui a indiqué une volonté de s’engager plutôt vers la troisième stratégie, mais dont les hésitations actuelles peuvent le conduire de fait vers la deuxième stratégie. D’où l’on peut déduire l’importance de la pression de forces politiques, qu’elles soient alliées ou qu’elles soient dans l’opposition, sur un gouvernement au moment des choix critiques, lors des points d’inflexion qui peuvent faire basculer la trajectoire du pays soit vers la deuxième soit vers la troisième stratégie.

La tactique de la Rupture

Il reste cependant à aborder la question des conditions dans lesquelles pourrait se faire la nécessaire rupture. C’est une question de pure tactique.

Il est aujourd’hui clair que se constitue un front des partisans du statu-quo, des gens qui – achetés ou convaincus – se font les défenseurs du néo-libéralisme. Ce front, dans la réalité des combats politiques, se marquera par un attachement forcené à l’Euro, aux institutions de l’UE telles qu’elles existent et à l’indépendance des Banques centrales. Ce front a dépassé les frontières politiques traditionnelles. Il réunit un François Hollande comme un Alain Juppé, un Nicolas Sarkozy comme un Emmanuel Macron. Ce front va donc du P « S » (ou d’une large partie de ce dernier) aux « Républicains » (ou à un partie de ces derniers). On voit les points d’accords. La politique sociale (la Loi Travail est une loi profondément de droite) ou la politique éducative de Mme Najat Valaud-Belkacem ne fait que continuer (en pire) celle Luc Chatel, vous savez, cet ancien de Loreal qui se faisait des cheveux avec les programmes d’histoire…Les uns comme les autres sont prêts à « sauver l’Euro » jusqu’au dernier travailleur français.

Il est désormais clair que la rupture ne pourra avoir lieu que si les forces de l’alternative souverainiste concentrent leurs coups sur ce front du néo-libéralisme. L’enjeu est ici historique. On comprend que cela puisse déstabiliser certains. Mais, comme je l’avais écrit à propos du Brexit, quand une porte doit être ouverte, peu importe qui pousse cette porte. Cela ne signifie pas que les divergences politiques au sein du camp « souverainiste » aient à s’effacer dans ce combat. D’autant plus que ces divergences prendront une autre tournure quand il s’agira de choisir les stratégies pour l’après-rupture. Mais, il faut ici faire la différence entre le politique et la politique. Dans le premier cas, quand il s’agit du politique, on parle d’un affrontement amis/ennemis. Il s’agit ici d’un affrontement binaire. C’est très clairement ce dont il est question dans la lutte pour une rupture décisive avec le néo-libéralisme. Dans le second cas, quand il s’agit de la politique, il s’agit d’une lutte entre des options différentes, des stratégies différentes, des visions différentes de l’avenir des français, mais qui toutes se situent au sein d’un cadre commun, celui d’une rupture avec le néo-libéralisme.

Il convient donc d’être cohérent, et dans le choix d’une tactique, et dans le choix d’une stratégie. Parmi les partisans de la rupture on trouve la gauche républicaine, mais aussi – comme on pouvait s’y attendre – le gaullisme social et le populisme qui se nourrit des trahisons de la « gauche » ralliée au néo-libéralisme et de la droite qui a définitivement choisi le camp de l’argent. Ces courants ne sont pas nécessairement porteurs de la même stratégie, mais ils partagent un constat sur la nécessité de la rupture. Ils ne doivent donc pas oublier où se trouve leur véritable ennemi.

Notes

[1] Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2003. « Income Inequality in the United States, 1913–1998. » Quarterly Journal of Economics, 118(1) : 1–39. Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2006. « The Evolution of Top Incomes : A Historical and International Perspective. » American Economic Review, 96(2) : 200–205.

[2] Saez, Emmanuel. 2006. « Income and Wealth Concentration in a Historical and International Perspective. » In Public Policy and the Income Distribution, ed. Alan J. Auerbach, David Card, et John M. Quigley, 221–58. New York : Russell Sage Foundation.

[3] Ramaux C., L’Etat Social, Paris, Milles et Une Nuit, 2012.

[4] Voir Ehrenreich B., Fear of Falling, New York, Harper and Collins, 1990.

[5] Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

[6] Sapir J., « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy » in Internationale Politik und Gesellschaft, n°1/2009, pp. 27-44. Voir aussi Sapir J., « Global finance in Crisis : a provisional account of the ‘subprime’ crisis and how we got into it », Real-world economics review, issue n° 46, 18 May 2008, URL http://www.paecon.net/PAEReview/issue46/Sapir46.pdf

[7] Voir Sapir J. La Mandchourie Oubliée – Grandeur et démesure de l’Art de la Guerre soviétique, Éditions du Rocher, Paris-Monaco, mai 1996

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LA BATAILLE DE MOSCOU, par Erwan Castel.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #Terrorisme, #le nazisme, #l'islamisme

LA BATAILLE DE MOSCOU

75 années de russophobie hystérique
 
 
Il y a 75 ans la bataille de Moscou était engagée par les unités d'assaut du régime nazi (opération "Typhon" du groupe d'armée Von Bock). Cette bataille avec celle de Stalingrad est l'une des plus importantes menées sur le front de l'Est pendant la "Grande guerre patriotique". Après 4 années de combats sanglants et de sacrifices monstrueux ( près de 20 millions de morts ), la Russie à vaincu l'Allemagne nazie.
 
Mais la haine russophobe mutant tel un virus dans l'idéologie étasunienne gonflée par une arrogance universaliste se lança dans une guerre froide contre Moscou qui lui avait pourtant garanti par ses sacrifices une victoire sur le front Ouest.
 
Puis la démesure eut raison du système soviétique menaçant d'entraîner la Russie dans son effondrement jusqu'à ce que Vladimir Poutine la ressuscite des ruines de son avatar communiste. On pouvait penser que les tensions s'apaiseraient, or il n'en est rien !
 
Aujourd'hui, malgré la disparition du nazisme et du soviétisme, cette russophobie hystérique occidentale continue piétinant l'héritage du passé prouvant surtout que les motivations qui l'animent sont pas seulement politiques mais bien systémiques et métapolitiques.
 
En effet, ce sont bien 2 visions du monde qui s'affrontent aujourd'hui : celle d'un monde multipolaire défendu par la Russie et où les relations sont fondées sur le respect des diversités naturelles et humaines et celle d'une dictature de la pensée unique étasunienne qui veut imposer à l'ensemble du monde ses déclinaisons politiques, économiques, culturelles etc. dans un chaos moral organisé.
 
Depuis les crises syrienne et ukrainienne, Washington veut entraîner l'Europe dans une nouvelle bataille de Moscou, multipliant les provocations verbales bellicistes et les sabotages meurtriers des plans de paix qui essayent d'étouffer les incendies allumés par la cupidité de son appareil militaro-industriel affamé....
 
 
Une stratégie du pire agressive et désespérée
 
 
La Maison Blanche excitée par la surenchère des discours électoraux de sa campagne présidentielle vient de faire "passer à la vitesse supérieure" sa stratégie russophobe et belliciste. 
 
Rien que pour cette dernière semaine on peut relever une nombre inquiétant de bouffées délirantes de la part des "néocons" de Washington, représentants hystériques d'un Nouvel Ordre Mondial vacillant et qui désespérément se lance dans une fuite en avant suicidaire :
 
  • Le 28 septembre, John Kirby, porte-parole du Département d’Etat américain (State Department) a directement menacé la Russie d’attaques dans ses villes si la Russie ne cesse pas de soutenir le Président Assad. il évoque des attentas menés sur le sol russe par les groupes terroristes aujourd'hui soutenus par Washington en Syrie !
  • Le 28 septembre Ashton Carter, le Secrétaire américain à la Défense ou devrait-on plutôt nommer le "Docteur Folamour" évoque le déploiement d'une force d'action rapide sur les frontières de la Russie pour dans l'éventualité d'un engagement "conventionnele et nucléaire" contre Moscou !
  • Le 29 septembre, le New York Times en évoquant la situation militaire syrienne, qualifie la Russie d' "Etat hors la loi", justifiant les préparatifs d'une nouvelle escalade militaire étasunienne contre les forces gouvernementales du Président Assad, soutenues dans leur combats anti terroristes par Moscou.
Ces trois délires ne sont malheureusement pas isolés, ils font suite à des déclarations tonitruantes prononcés chaque semaine depuis les conférences de presse des généraux étasuniens jusqu'aux tribunes de la candidate "Killary" Clinton qui ne jure par par la guerre contre l'Iran et la Russie...
 
Si la Syrie cristallise aujourd'hui ces délires inquiétants c'est certainement parce que le système étasunien enrage de voir sa stratégie de préemption de cette région géostratégique échouer malgré les  5 années de chaos répandu par les islamo-terroristes d'Al Qaida and Co que toute honte bue Washington soutient à nouveau comme autrefois en Afghanistan lorsqu'elle avait créé le golem Ben Laden...
 
Cette stratégie incohérente du monstre étasunien qui sponsorise ceux là même qu'il prétend combattre, révèle d'abord l’immoralité d'un système cynique et meurtrier qui agite l'étendard des "Droits de l'Homme" pour massacrer les populations libyennes ou syriennes, tout en soutenant des régimes saoudiens ou israéliens qui quotidiennement les bafouent.
 
La Russie quant à elle refuse désormais cette politique du chaos et la tectonique géopolitique qui arrive désormais à son stade ultime de tension doit aujourd'hui se détendre ou  bien casser dans un nouveau séisme mondial. 
 
Ce séisme si la Syrie semble potentiellement en être le détonateur pourrait voir sa déflagration principale éclater ailleurs et notamment dans le Donbass où les tentatives de résolutions pacifiques de la crise ukrainienne là aussi se dirigent lentement mais surement dans une impasse dangereuse.

L'objectif prioritaire de la stratégie étasunienne reste Moscou et ses frontières occidentales.
 
 
Des accords de Minsk désaccordés
 
 
Dans le Donbass ont lieu aujourd'hui les élections primaires réalisées conformément au protocole défini par l'OSCE et malgré la désapprobation des occidentaux à commencer par Kiev bien sûr qui voit dans ce scrutin la Vérité avancer au grand jour et piétiner sa propagande mensongère.

La trêve engagée le 1er septembre ne semble être de la part de Kiev qu'un sursis éphémère voulu ou imposé par ses commanditaires occidentaux soucieux de coordonner les actions de leurs différents pions avancés sur le Grand échiquier, de la Mer de Chine à l'Ukraine en passant par la Syrie....
 
Les accords de Minsk (voir ci après) qui sont aujourd'hui la seule option présentée pour rechercher la paix. voient leur processus enlisé depuis 1 an et demi au stade des 3 premiers des 13 points évoqués. Non seulement les bombardements continuent sur une  ligne de front qui est juste mis en sommeil  mais le pouvoir ukrainien semble décidé a refuser le mise en oeuvre des points suivants et notamment les points 4, 11 et 12 (sans parler des points 6, 8 et 10 qui rencontre de fortes résistances). Et pour être honnête il est également peu vraisemblable que les Républiques acceptent de leur côté le point 9 (restitution des frontières) en tout cas avec l'actuel pouvoir de Kiev.
 
1 - Cessez-le-feu immédiat.
2 - Retrait des armements de la ligne de contact
3 - Assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu par l'OSCE.
4 - Entamer un dialogue sur la réalisation d'élections locale et désignation des territoires concernés
5 - Garantir l'amnistie des combattants
6 - Assurer la libération des otages
7 - Garantir l'aide humanitaire dans le Donbass
8 - Mettre fin au blocus économique du Donbass
9 - Rétablissement du contrôle des frontières après: des élections concernant les territoires concernés et sous réserve de la mise en œuvre du point 11
10 - Retrait du territoire ukrainien de toutes forces armées et milices étrangères
11- mise en œuvre de la réforme constitutionnelle prévoyant le statut spécial des territoires concernés
12 - Sur la base des lois ukrainiennes négociations sur la tenue des élections dans les territoires concernés
13 - Intensifier l'action du groupe de contact tripartite
 
Selon moi, la seule chance pour voir un quelconque processus de paix aboutir dans la Donbass serait d'inviter les Républiques a participer à égalité avec l'Ukraine aux négociations et ensuite de redéfinir dans les détails une nouvelle feuille de route car l'actuelle est de fait irréalisable.
 
Au lieu de cela, les occidentaux s'entêtent a entretenir ce blocage et la donc la guerre qui de toute évidence justifie la militarisation étasunienne de l'Ukraine et offre à Washington un moyen de pression sur Moscou et un front potentiel en cas de guerre ouverte.
 
De toute évidence, l'échéance électorale étasunienne, avant ou après son calendrier seble bien s'imposer comme un carrefour à partir duquel Washington va choisir le chemin de la folie ou celui de la raison.
 
 
Un orage de plus en plus menaçant
 
 
1 siècle donc après la première et grande boucherie européenne, le vieux continent voit une nouvelle fois ses peuples menacés par une nouvelle apocalypse fratricide.
 
Tandis que les occidentaux se noient dans les fiels haineux d'une ploutocratie incohérente et amorale, les peuples de Russie qui ont toujours offert à leur pays la victoire des armes sont prêts à défendre une nouvelle fois leur Histoire commune, leurs identités multiples, et leur terre nourricière.
 
Même si la paix reste dans les coeurs des hommes de raison, j'ai bien peur que, tel le Phoenix la civilisation européenne a besoin de son lit de cendres pour renaître épurée du cancer qui la ronge et la dénature depuis des siècles d'universalismes divers, qu'ils soient religieux, politiques, économiques ou culturels.
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
 
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Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La guerre

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

 

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme.

 

Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

 

 

 

Bonjour

 

Le rôle néfaste de l’Union Européenne dans son obsession d’imposer les théories ultralibérales est sans fin.

Voici un lien pour alerter sur l’offensive de l’Union Européenne contre les retraites, donc contre la Sécurité Sociale.

http://ec.europa.eu/finance/consultations/2016/personal-pension-framework/index_fr.htm

Mais d’autres éléments sont à ajouter à ce tableau. Ce n’est hélas qu’une partie infime des violentes attaques menées par les junkies (Junkers, expression francisée, défense de la langue française oblige !!!) de la finance dérégulée adeptes de la poudre blanche. Tels les chevaliers de l’apocalypse, ils sèment la misère et la mort. Ils devront être châtiés et leurs crimes doivent être dénoncés et punis .

 

Je vous soumets donc quelques autres informations sur ces sujets.

 

 

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

L’émission Fil d’Actu du 29 septembre 2016.

Cette semaine, on revient sur les « bonnes nouvelles » concernant le trou de la sécu, sur les choix politiques audacieux du Portugal, et sur les enjeux politiques qui entourent le camp de migrants de Calais. Bon visionnage.
https://www.youtube.com/watch?v=M5ACpQVo3QQ&feature=youtu.be


SOURCES très nombreuses à consulter directement sur la page qui accompagne la vidéo

Les 22 000 postes supprimés dans les hôpitaux, information démentie par le gouvernement. A vérifier ?

http://www.20minutes.fr/economie/1552727-20150302-hopitaux-vont-supprimer-22000-postes-trois-ans

http://www.actusoins.com/275343/diminution-effectifs-hopitaux-ministere-dement.html

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/03/le-parti-socialiste-au-pouvoir-meilleur-executeur-des-basses-oeuvres-mise-en-place-du-pacte-de-responsabilite-le-gouvernement-decide

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20150302.OBS3663/22-000-postes-supprimes-dans-les-hopitaux-d-ici-fin-2017.html

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.
Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

Le 29 septembre 2016, Frédéric Demange, délégué CGT à l'Alstom, était invité au "Grand journal" sur Canal+

Frédéric Demange - délégué CGT - fait preuve dans cette émission d'un calme, d'une maîtrise, d'une grande compétence qui force le respect. Cela contribue à la disqualification des décideurs qui veulent liquider les outils et les atouts industriels de la France. Les gesticulations des politiques et du gouvernement, la posture incompréhensible du PDG d'Alstom (entièrement dévoués aux intérêts étrangers), la posture agressive et guerrière de la Deutsche Bank, ..., sont ainsi mises en avant de façon éclatante.

On apprend aussi dans son intervention que l'Union Européenne est le cancer qui ronge la France. La Commission européenne ne veut pas qu'Alstom reste français; elle appuie le dépeçage au profit de l'Allemagne aujourd'hui (hier des USA), en privilégiant les plans obscurs cachés derrière la fameuse « concurrence libre et non faussée » et en interdisant toute souveraineté économique de la France.

Vive l'Europe Sociale chère aux européistes béats de droite comme de gauche.

C'est vraiment très curieux de constater que les zélites françaises aujourd'hui comme en 1940 n'ont de cesse de trahir la nation, de soumettre les français aux intérêts de l'étranger et de liquider notre souveraineté. Comme à cette époque c'est le peuple qui se lève pour défendre l'intérêt supérieur de la Nation. De Gaulle avait reconnu que les travailleurs avaient défendu la France contrairement aux élites de l'époque qui en grande majorité se vautraient dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Ces propos ont été rappelés par François Mauriac qui n'était pas connu pour être un communiste. D'ailleurs le général avait reçu les industriels et les banquiers à l'Elysée aux premiers jours du gouvernement provisoire avec cette sentence implacable; "Messieurs on ne vous a pas vu beaucoup à Londres ces dernières années!".

Faudra-t-il comme à cette époque entrer en Résistance afin de neutraliser les collabos et les traîtres? Il est urgent de combattre les ennemis de notre pays.

https://www.facebook.com/didier.frassin/videos/10208818483873775/

La désindustrialisation de la France. Une prise de contrôle l'Alstom par les Américains,765 emplois de moins en France !

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/le-contrat-d-alstom-aux-etats-unis-le-demantelement-programme-de-l-industrie-francaise.html

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

La désindustrialisation de la France. Plus d’un milliers d’emplois menacés chez Sotralentz.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/toujours-la-desindustriation-de-la-france-programmee-bas-rhin-industrie-plus-d-un-millier-d-emplois-menaces-chez-sotralentz.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La désindustrialisation de la France. Toujours la politique néfaste d'abandon de l'outil industriel français par le pouvoir PS : employant 2600 salariés, STX Saint-Nazaire qui croule sous le travail avec un carnet de commandes rempli pour les dix prochaines années, veut vendre les chantiers navals de Saint-Nazaire avant fin 2016 !

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/employant-2600-salaries-stx-saint-nazaire-qui-croule-sous-le-travail-avec-un-carnet-de-commandes-rempli-pour-les-dix-prochaines-anne?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La désindustrialisation de la France. Hélas beaucoup d’autres exemples encore….

C’est donc cela l’Europe Sociale à laquelle la gauche française (PS, EELV, FDG et autres insoumis*, …) semble viscéralement attachée !

Bien Cordialement

Lucien Pons

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