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Le blog de Lucien PONS

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L'impossible révolte des peuples d'occident, une vidéo.

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales

 L'impossible révolte des peuples d'occident.
13 janvier 2015

Pourquoi et comment les peuples occidentaux sont-ils manipulés pour éviter toute révolte? Société de divertissement, abrutissement de la population, contrôle de...s médias, contrôle de la monnaie, parodie de démocratie,...
Cet extrait (8 mns) reprend cette problématique point par point et surtout, il fait le lien entre ces éléments, il les met en perspective pour expliquer cette manipulation collective.
A voir et à partager en masse!!!

"La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage ou, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude " - Le meilleur des mondes (Aldous Huxley)

Lien vers le documentaire intégral:
www.youtube.com/watch?v=syAkdb_TDyo

D'autres vidéos, extraits, informations, bibliographie et liens:
www.inter-agir.fr

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    Parler du pays : la leçon de Macron à la presse! Macron engueule les journalistes. Par Daniel Schneidermann

    5 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La mondialisation, #La République, #Les média, #Ecole

    Parler du pays : la leçon de Macron à la presse

    Macron engueule les journalistes, 149e épisode. "Les journalistes ont un problème, lance le président à des reporters télé de l'émission Complément d'enquête (France 2), qui l'interpellent au cours de la rituelle visite de rentrée dans une école de Forbach (Moselle). Ils s'intéressent trop à eux-mêmes, et pas assez au pays. Les journalistes ne m'intéressent pas. C'est les Français qui m'intéressent. Ca fait cinq minutes que vous me parlez, et vous ne me parlez que de problèmes de communication". Ce sévère remontage de bretelles fait l'objet d'une dépêche AFP. C'est dire si la profession tout entière est colère.

    Un instant, on aurait presque envie de se ranger du côté du politique malmené par la vanité du harcèlement médiatique. En effet, à propos de la rentrée scolaire, sujet du jour, les journalistes auraient plus utilement pu questionner Macron sur les bourgades, comme Sartilly-Baie-Bocage (Manche) (1) ou Saint-Jeure-d'Ay (Ardèche) (2) dans lesquelles la rentrée a été perturbée par la suppression de contrats aidés, qui assuraient la sécurité des élèves. Ou encore sur ces écoles, comme à Vaulx-en-Velin (Rhône) où l'effort portant sur le dédoublement de certaines classes de CP a retiré des moyens aux autres classes. Nul doute que sur ces questions importantes, portant sur les authentiques problèmes du pays, et garanties sans aucun narcissisme journalistique, Macron se serait prêté de bonne grâce aux interviews les plus percutantes.

    Ce n'est pas la première offensive (3) de Macron, depuis son élection (4), contre la futilité des medias. Après avoir tenté de choisir les journalistes qui l'accompagneraient dans ses déplacements, le président a laissé transpirer l'intention que son mouvement, La République en Marche, fonde son propre media, tourné, lui, vers le pays profond. Il a d'ailleurs commencé. Comme tous les chefs d'Etat modernes, Emmanuel Macron poste sur Twitter des vidéos de ses activités publiques. Ainsi, quelques instants après avoir ainsi tancé les journalistes pour cause de narcissisme professionnel, il postait sur Twitter la vidéo ci-dessous, dont on appréciera la haute valeur informative sur le pays, ses énergie, et son espérance.

    Tant qu'à faire, et s'il faut vraiment choisir, on préfère encore les images des journalistes.

    Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

    (1) http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/rentree-scolaire-reportee-sartilly-n-assurera-pas-scolarite-eleves-1318153.html

    (2) http://www.francetvinfo.fr/societe/education/refondation-de-l-ecole/classes-fermees-reforme-du-cp-fin-des-contrats-aides-du-calvados-a-la-reunion-les-couacs-de-la-rentree-scolaire_2356215.html

    (3) https://www.arretsurimages.net/articles/2017-05-18/En-souhaitant-choisir-ses-journalistes-l-Elysee-fache-la-presse-id9874

    (4) https://www.arretsurimages.net/articles/2017-08-24/Quand-Macron-ne-fuyait-pas-du-tout-les-journalistes-id10120

    Daniel Schneidermann

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    Fumée et feu Par James Howard Kunstler

    3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #ACTUALITE, #AMERIQUE, #La France, #Terrorisme, #Le fascisme

    Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques les ANTIFA ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

    Fumée et feu


    Par James Howard Kunstler – Le 14 août 2017 – Source kunstler.com

    Image associée
    Coucou les « Nazis corn pone » ! 1. Voici venir les tireurs de ficelle. Bon, vous vous attendiez à quoi ?

    Avec les différentes autorités de cette culture qui enfoncent sans cesse des notions de « privilège blanc » dans le crâne du public, tôt ou tard, elles étaient sûres de provoquer une réponse des cerveaux reptiliens suivant les ordres de bas niveau de leur cerveau limbique de blanc-becs. Bien sûr, vous ne pouviez pas organiser un acte de provocation plus stupide dans l’État de Virginie, garantissant de faire bondir de rage les bas de plafond du coin, que de menacer d’enlever une statue de Robert E. Lee.

    Il y a une tonalité tragiquement déprimante dans toute cette affaire qui suggère que l’arc de l’histoire lui-même conduit cette affaire – un sombre animus dans l’âme nationale qui lutte pour résoudre ses contradictions. Et l’incident de Charlottesville, qui a laissé une femme sur le carreau et beaucoup d’autres gravement blessés à coup de voiture-bélier, a la saveur d’un « premier coup de feu » dans une nouvelle guerre civile.

    L’écho de la campagne pour les droits civils du moment – une étrange breuvage à base de Black Lives Matter, d’« Antifa » (anti-fasciste), de féminisme de la dernière vague, de politique autour des sanctuaires pour une immigration illégale et d’agitation LGBTQQ – émane des campus universitaires et se glisse dans la culture de masse comme un miasme, empoisonnant les relations sociales, montant groupes contre groupes, dans une orgie de revendications de victimisation d’un genre qui mène inévitablement à la violence. C’est ainsi que commencent les guerres tribales et religieuses dans les sociétés primitives.

    Il y a aussi un air qui sonne faux dans cette campagne qui devrait alerter les centres supérieurs de jugement du cerveau. Le meurtre de Michael Brown à Ferguson qui a déclenché le mouvement Black Lives Matter n’a jamais été un cas convaincant d’injustice, mais a été largement considéré comme tel, malgré les enquêtes étatiques et fédérales (menée par le Ministère de la Justice sous Obama), qui en a conclu autrement. Le prédicat du « privilège blanc » n’est pas responsable des taux extraordinaires d’homicides des Noirs entre eux à Chicago et à Baltimore ou des flash mobs d’adolescents noirs dans les centres commerciaux du pays. Ce que l’on peut soupçonner derrière tout cela, c’est l’échec spectaculaire de la campagne originelle des droits civiques des années 1960 à modifier les structures de la pauvreté dans l’Amérique noire, ainsi que la culpabilité grincheuse chez les progressistes démocrates blancs pour les échecs de leurs propres politiques bien intentionnées, converties de manière perverse en auto-flagellation raciale.

    La dernière itération du féminisme provient des campus qui ont été largement pris en charge par les pédagogues féminines issues du baby-boom, en particulier les départements non techniques, et qui est maintenant un fait accompli, de sorte que les griefs qui continuent d’en couler semblent fabriqués et hystériques. Elle a également une forte odeur de simple malentendus et l’ensemble de cette idéologie est enveloppé dans un jargon impénétrable d’école supérieure conçu pour lui donner un éclat intellectuel immérité et malhonnête. Le fait sombre est que, tôt ou tard, même certains hommes intelligents pourraient le remarquer et finir par s’en foutre.

    Le mouvement « Antifa » serait amusant s’il n’était pas lui-même propice à la violence, puisqu’il épouse exactement le même despotisme contre la pensée libre qu’il prétend combattre. Il veut arrêter et éradiquer le débat dans l’arène publique et piétiner les principes qui le gênent, par exemple, le premier amendement affirmant le droit à la liberté d’expression. Il se moque du cri de guerre pour la « diversité » (diversité uniquement pour les idées approuvées par les Antifas). Que tant d’étudiants universitaires actuels s’abonnent à ce mouvement devrait faire réfléchir les gens et leur faire percevoir le malaise sur la scène politique de la prochaine génération. Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques, ils ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

    Le mouvement de sanctuarisation des immigrants illégaux est tout simplement insensé, en commençant par le refus des fonctionnaires de faire une distinction entre les citoyens et les autres. Il y a toutes les raisons de penser que les maires des « villes sanctuaires » et les administrateurs des « campus sanctuaires » devraient être poursuivis en vertu de la loi fédérale. Cela a atteint un tel degré en Californie que les doyens du collège de l’État intègrent des étudiants « sans papiers » dans des programmes spéciaux, au point où ils sont sûrs de provoquer une coupe des financements et peut-être la destruction de leurs propres institutions. Le mouvement est l’essence même de l’anarchie et une disgrâce pour la classe supposément pensante.

    Le mouvement LGBTQQ, une ramification du féminisme 3.0, vise à effacer la biologie elle-même appliquée à la sexualité des mammifères humains, en même temps qu’elle veut créer de nouveaux droits sociaux et politiques spéciaux – basés sur diverses catégories de désir sexuel qui sont, et ils insistent, biologiquement guidés, comme l’envie d’un homme de s’équiper par chirurgie pour se comporter comme une femme. Le mouvement est maintenant allé jusqu’à essayer de faire honte aux personnes qui se situent dans les catégories biologiques originales (« cisgenre », un autre caillot de jargon métaphysique de l’école secondaire) et surtout les hommes hétérosexuels. Tous les autres obtiennent des bons points pour être « à la pointe de la pointe ». Il faut vraiment se demander combien de temps cette absurdité va se poursuivre avant de provoquer une réaction parmi les savants en biologie.

    Si nous entrons dans une nouvelle guerre civile, ne commettez pas l’erreur de penser que c’est le produit uniquement des rustres d’extrême droite. Ces bozos le clown de nazis et du KKK ne se lèvent que parce que les personnes habilitées à penser au centre ont été trop lâches pour se heurter à la marée montante de l’idiotie aux deux extrémités du spectre, et surtout à gauche avec son entrisme direct dans les fabriques politiques de la vie américaine, dictant la façon dont les gens doivent penser et agir, et de quoi ils devraient se préoccuper.

    Ce que nous ne pouvons pas vraiment dire encore, c’est si ces batailles en resteront là et même vont s’accroitre avec le fardeau financier avec lequel la nation est en train de « somnambuler », ou si la crise financière les submergera comme un tsunami et laissera ces stupides drapeaux de guerre en lambeaux, lessivés sur une plage isolée.

    James Howard Kunstler

    Note du Saker Francophone
    
    Pour comprendre les réseaux de déstabilisation agissant de concert aux USA et en France notamment, on vous conseille cette conférence du Cercle Aristote de Thibault Kerlirzin, Soros Connection.
    
    À relire aussi le texte de Richard M. Ebeling sur ces nouvelles formes de tyrannie.

    Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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    Terrorisme : le doigt et la Lune Par Caroline Galactéros

    3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #Daesch, #La Turquie

    Terrorisme : le doigt et la Lune


    Par Caroline Galactéros − Le 27 août 2017 − Source galacteros.over-blog.com

    Résultats de recherche d'images pour « attentat barcelone »
    fr.sputniknews.com

    La terreur ne prend pas de vacances. Levallois-Perret, Marseille, Barcelone, Cambrils, Turku, jusqu’à Surgut en Sibérie… Les plages se vident, les enfants font leurs cartables et taillent leurs mines pour apprendre, grandir, aimer la vie et les autres…, tandis que les islamistes affûtent leurs poignards, bourrent leurs sacs à dos d’explosifs, se ceinturent de Semtex ou de pâte à modeler, louent des camionnettes ou empruntent des voitures pour les détruire. Chacun va donc faire ses devoirs et les services de police et de renseignement feront ce qu’ils peuvent – ce qui n’est pas rien mais ne peut tout –, modernes Sisyphes d’un monde occidental qui s’étourdit dans le déni. Combien d’attentats déjoués en vérité ? Combien à venir ? Doit-on s’y habituer, comme certains responsables politiques osent nous y inviter, comme on accepte sans broncher qu’un cambriolage ait lieu en France toutes les deux minutes ?

     

    Le terrorisme « fait-il partie de notre vie », chacun devant vaquer à ses affaires dans une indifférence désabusée, espérant échapper aux prochaines rafales par des calculs de probabilité rassurants ? Croit-on sérieusement qu’en ignorant le défi qui nous est lancé, en le minorant, en réduisant la menace à des passages à l’acte d’individus psychiatriquement atteints – dans un tiers de cas nous répète-t-on désormais à l’envi –, on va faire disparaître la menace et lasser l’adversaire qui nous laissera en paix ? L’accent mis sur la maladie mentale est une inquiétante défausse. Cette tentation du politique grandit à mesure que se manifeste l’ampleur du phénomène et que monte le sentiment d’impuissance des pouvoirs publics.

    Que des individus fragiles ou même malades agissent de manière mimétique par rapport au modus operandi des terroristes, certes, mais 120 bonbonnes de gaz ont été retrouvées en Espagne pour faire exploser la Sagrada Familia et d’autres monuments ! Ce sont désormais les symboles les plus éclatants de la chrétienté en déroute qui sont ciblés en Europe même, et non plus seulement dans le lointain Orient. Ce sont les dirigeants européens qui « sont dans le gaz » ! À moins que leur calcul implicite ne soit plus cynique encore : notre mode de vie, le choix de nier les problèmes pour ne pas devoir les traiter, suppose un certain ratio de pertes humaines, en quelque sorte incompressible, qu’il faut accepter et faire admettre d’une manière ou d’une autre à nos concitoyens, « parce que nous le valons bien » et qu’on s’en sortira… Fermez le ban.

    Une guerre que nous ne voulons pas voir

    Refusons cette coupable inhibition. Prenons nos responsabilités. La première d’entre elles est la lucidité : chaque attentat n’est pas l’expression d’une violence exceptionnelle, incompréhensible voire inévitable, mais scande une étape sanglante supplémentaire dans une guerre qui nous a été déclarée et que nous ne voulons pas voir.

    On ne fait d’ailleurs pas davantage le lien – sans être taxé de racisme ou d’islamophobie primitive – entre cette « problématique sécuritaire », qui rythme désormais tragiquement notre quotidien, et la vague migratoire qui inonde l’Europe, gonfle en silence, charriant dans son écume d’innombrables malheureux, mais aussi moult individus dangereux, et des centaines de milliers d’autres dont on sait très bien qu’ils sont en train de faire changer notre continent de nature… et de culture. Réfugiés économiques ou politiques, migrants, demandeurs d’asile, légitimement fondés à venir en Europe ou pas, est-ce finalement la question ? Évidemment non.

    Cet exode massif programmé n’est pas le fruit d’un odieux « complot » mais celui d’un enchaînement de circonstances, d’intérêts, et aussi de (nos) décisions politiques folles. Il est surtout une calamité que chacun pressent, mais que nul n’ose dénoncer sans honte et surtout sans s’exposer à la vindicte « d’élites » confites dans l’aveuglement et la repentance délirante… Nos politiques, pour la plupart complaisants et démagogues, pratiquent l’omerta trans-partisane et refusent de traiter sérieusement cet immense péril. Eux aussi espèrent passer entre les gouttes jusqu’au prochain scrutin… Et puis, s’ils devenaient courageux, il leur faudrait encourir l’opprobre du chœur des vierges aux yeux crevés et l’impopularité immédiate, se montrer durs, forcément injustes, oser traiter des nombres et non plus des destins particuliers, imposer des devoirs et restreindre des « droits », traiter « le local » avant « le global », le national avant l’universel. Pas très valorisant ni valorisable électoralement parlant. Il leur faudrait surtout cesser d’invoquer l’Europe, dont chacun sait qu’elle ne peut rien, car elle n’est que la somme des volontés de ses États membres… et donc de leur absence. Aussi préfèrent-ils maquiller le danger manifeste en aubaine pour l’emploi ou la diversité…

    En plein délire, en plein déni

    On nage donc en plein délire et surtout en plein déni. Même Angela Merkel, maîtresse de l’Europe au grand cœur, réalise désormais amèrement le prix de sa naïveté. R. T. Erdogan vient de lui donner une cinglante leçon d’ingérence et poursuit son chantage à l’ouverture des vannes migratoires. Cela lui a rapporté beaucoup déjà. Désormais, il va plus loin encore. La chancelière critique l’évolution autocratique de son pouvoir et renvoie l’intégration de la Turquie dans l’UE aux calendes grecques ? Il appelle publiquement contre elle les Turcs d’Allemagne à ne pas voter pour la CDU ou ses alliés dans quelques semaines. Cela ne changera probablement pas sensiblement l’issue du vote. Certes, mais il y a plus de trois millions de Turcs en Allemagne et c’est là encore voir la paille et non la poutre. Car le signal est limpide : les communautés musulmanes d’Europe sont devenues, bon gré mal gré, les vecteurs d’une entreprise de déstabilisation progressive du Vieux Continent aux fins de sa submersion politico-culturelle et de sa subversion idéologico-religieuse. Ces chevaux de Troie, activés par d’habiles leaders d’influence locaux ou lointains, peuvent à tout moment prendre le mors aux dents et jeter à terre leurs piètres cavaliers sans éperons ni étriers.

    Rappelons, pour éviter tout malentendu ou procès d’intention, que les Français de confession musulmane sont dans leur immense majorité les cibles, les otages, les victimes d’une instrumentalisation politique extérieure, exactement comme les populations civiles d’un pays en guerre. Ils sont la matière première semi-consciente d’une entreprise globale de subversion d’un ordre ancien qui se structure dans l’indifférence générale. Le gros de ces populations est pacifique, travaille, et pratique (ou pas) un islam modéré, c’est-à-dire compatible avec les lois de notre République. Car la question n’est pas, rappelons-le aussi, d’adapter la République aux religions et communautés présentes sur le sol français, mais de définir la marge possible d’expression et de pratique de ces religions dans la seule mesure où elles ne remettent pas en péril les lois, pratiques et équilibres de la République ni la cohésion nationale, et cela dans le respect du cadre historico-politique d’un pays d’histoire et de culture chrétiennes multiséculaires. En toute rigueur, cela suppose, très spécifiquement pour l’islam, qui est par essence un système politico-religieux holistique et ne reconnaît pas la primauté de la loi des hommes sur celle de Dieu, une réforme intellectuelle sérieuse (sur le plan de l’exégèse même du Coran) et en tout cas une constriction, une compression du domaine légitime et légal d’expression et d’observance de la foi musulmane en France.

    Plus immédiatement encore, cela impose aux autorités françaises d’exiger des représentants des Français musulmans (et non des « musulmans de France » !) un grand « ménage » dans les mosquées et les associations et de les appuyer dans cette œuvre de salut public, afin de nous débarrasser de tous les imams salafistes et agents prosélytes prêcheurs de haine et de régression. Car c’est en ces lieux, où se mêlent ignorance, ingérences et pressions extérieures, que s’exprime le rapport de force politico-religieux et que l’on sent la volonté de faire progressivement plier la République devant le poids démographique et électoral croissant d’une communauté de plus en plus réduite à son identité confessionnelle. Or, là est le drame. Car la confessionnalisation de la violence politique, que l’Occident a sciemment encouragée notamment depuis le tournant du siècle, gangrène désormais le monde entier et a transformé, en France, des parents inoffensifs et travailleurs, des enfants revendicatifs et des petits-enfants remplis de haine envers leurs pays nourriciers en une arme à double détente par destination.

    Confessionnalisation

    Pour en revenir à l’attitude de la Turquie, l’appel du néo-Sultan à la désobéissance civique et surtout à l’obéissance à une appartenance communautaire politico-religieuse supérieure transcende l’autorité du pays d’installation et la méprise ouvertement. Cela se passe aujourd’hui en Allemagne. Mais il y aura d’autres appels. Car il sera de plus en plus facile d’activer ces masses humaines globalement insérées, mais en fait désincarnées de la chair nationale d’États en décomposition, et de les mobiliser contre leurs pays d’accueil au service d’un dessein plus vaste. Dans les mosquées ou sur les réseaux sociaux. Question d’opportunité, de mûrissement communautaire et d’affadissement perçu de la volonté d’appareils d’États déliquescents et craintifs.

    Cela rappelle fortement une autre situation, celle de la Bosnie-Herzégovine en 1991, avec l’instrumentalisation tragique de la nationalité confessionnelle des « Musulmans de Bosnie » (avec un grand M), invention de Tito en 1968 pour mieux dominer Serbes et Croates en introduisant un troisième larron dans leur face à face conflictuel. Rebaptisés « Bosniaques », majoritaires en nombre par rapport aux catholiques croates et orthodoxes serbes, les Musulmans de Bosnie (« ethniquement » serbes ou croates !) virent dans l’implosion de l’ancienne Fédération yougoslave – après celle de l’URSS et la réunification allemande – l’occasion inespérée d’une émancipation politique et d’une domination communautaire sous le couvert de conquête démocratique. On connaît la suite…

    La confessionnalisation de la revendication politique, économique et sociale est un engrenage extrêmement dangereux. Le jour venu, en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe, ceux qui n’ont pas même encore conscience de cette part de leur identité, quand on leur intimera l’ordre de choisir, pourraient adopter tout naturellement cette forme de « nationalité sans nation », conforme à ce qu’est l’Islam, un système politico-religieux total. Des voisins vivant jusque-là en bonne intelligence autour d’un socle national laïque commun se définiraient alors tout à coup autrement, comme des ennemis prêts à se déchirer. Impossible, improbable ? Délirant ? À voir. Ou plutôt à ne pas voir. Nous devons conjurer ce péril terrifiant, cette dynamique destructrice et faire en sorte que ceci n’arrive pas.

    Que faire alors ? Au moment crucial de poser un diagnostic, il faut prendre garde à un leurre redoutable : le « discours d’expert » sur le terrorisme. Il a évidemment ses vertus : il cherche des explications – souvent des excuses -, décompose les modus operandi, fait des liens, remet en perspective, essaie d’anticiper. Il permet aussi d’expurger une frayeur et un dégoût qui nous saisissent devant le caractère apparemment irrationnel, indiscriminé, injustifiable des cibles de ces « voyous barbares », brebis égarées de la mondialisation transformées en « loups solitaires » ou en meutes morbides. Mais ce discours coupe aussi artificiellement le symptôme du mal. Il fait comme si le terrorisme était un phénomène en soi, qu’il suffisait de bien analyser et de combattre pour le circonscrire et l’éradiquer. Comme dans un jeu vidéo.

    Or, il faut s’interroger : ces brebis sont-elles égarées ou, au contraire, se sentent-elles (re)mises sur La Voie ? C’est la vraie question. Celle qui nous gêne tant, nous terrifie même, car elle met en échec tout notre référentiel. On leur a, dit-on, « lavé le cerveau », pour les lancer, décérébrées et désespérées, contre d’innocents civils ou des représentants de l’autorité, pour faire trembler dans les chaumières et provoquer la sidération progressive d’une nation qui se défait et sa paralysie avant sa reddition ultime. Est-ce si sûr ? N’est-ce que cela ? Ne peut-on penser que ces individus, pour la plupart, s’engagent en toute connaissance de cause dans un combat en fait très cohérent à leurs yeux, qui leur paraît absolument valable et louable ? Ils échappent, par leur sacrifice (le don de leur vie biologique), à la confusion que nos démocraties hyper-individualistes ont opérée entre vie et existence. La vie, tout à la fois souffle et commandement divin, traverse les corps et les justifie, inscrit l’individu dans un dessein transcendant, appelle comme un salut sa mort terrestre au service d’une cause, d’un sens, et le démarque ainsi des « infidèles » prisonniers d’une « existence » réduite à leur pure matérialité biologique et surtout à un matérialisme déspiritualisé… C’est là, on en conviendra, une puissante réponse à la perte de repères spirituels et moraux que fait subir la modernité occidentale à ses enfants les moins aptes à la mobilité mentale et sociale.

    Mais en Occident, nous confondons depuis longtemps déjà vie et vivant. C’est précisément ce que l’on appelle la modernité. Nous sommes de ce fait quasi incapables de reconnaître une quelconque validité à un tel « délire ». Car il défie notre idole absolue : « le progrès », essentiellement technique et technologique, entré désormais en complète symbiose avec le marché. Admettre que ce que nous considérons comme un « égarement » régressif et pathologique dans l’acte terroriste est, aux yeux des acteurs de cette terreur, l’aboutissement d’une quête spirituelle que le monde d’ici-bas ne peut assouvir nous est proprement impensable. Car cela revient à admettre que certains individus, élevés au bon lait de la modernité occidentale et souvent loin de toute misère sociale ou intellectuelle, rejetteraient en toute connaissance de cause et en bloc les étalons lumineux de l’Occident consumériste. Un Occident qui se prétend toujours référent ultime du progrès humain, veut éradiquer toute idée même de mystère ou de destinée, et vogue désormais béatement vers les rivages prometteurs du transhumanisme, sa nouvelle idole, bien décidé à remettre Dieu à sa place pour offrir tout seul l’immortalité et l’omniscience à l’homme…

    Attention ! Que l’on me comprenne bien ! Je ne justifie évidemment rien. C’est exactement l’inverse. Tout combat commence par l’évaluation froide et la plus ouverte possible de l’adversaire. Notre difficulté est que nous sommes incapables d’une grille de lecture lucide sans autocomplaisance. La « conversion du regard » indispensable pour comprendre le fonctionnement de l’autre (non pour l’excuser) nous est inaccessible. Car nous confondons les deux et nous nous fermons intellectuellement de peur d’excuser l’inexcusable en comprenant. Or, le fait de considérer comme de simples fous déséquilibrés ou délirants les auteurs d’attentats nous prive d’un regard à la mesure de la menace que leur élan destructeur fait peser sur notre monde développé.

    Ces individus ne versent pas dans le salafisme parce qu’ils sont mal insérés socialement ou économiquement dans nos sociétés. On peut être pauvre, marginalisé ou inculte sans prendre les armes pour égorger son prochain. La source de l’islamisme violent et de son expression terroriste n’est donc pas sociale (chômage, désinsertion, etc.), pas plus qu’elle ne relève du dérèglement mental ou de « l’égarement » religieux. Elle est PO-LI-TIQUE ! Le religieux est ici massivement instrumentalisé, avec un franc succès, auprès de ses cibles (les masses musulmanes) comme auprès de ses victimes (les populations non musulmanes et les systèmes politiques des États ciblés). Il sert de leurre à une offensive géante qui essaime de manière virale dans des esprits fragiles ou structurés. Une offensive politique donc, mais appuyée, justifiée par la radicalité structurelle d’une Foi qui opère la symbiose totale entre le terrestre et le spirituel et offre donc une cohérence. Le moteur du « sacrifice » consenti et de l’action destructrice des agents de la terreur est infiniment puissant car il est cohérent. C’est en conséquence non une désorientation, mais une réorientation radicale qui les meut.

    Refuser de concevoir cette cohérence intime retrouvée, et nier la globalité du défi qui nous est lancé appauvrit notre analyse et notre capacité de riposte. Réduire la lutte antiterroriste à une « guerre asymétrique » est séduisant mais indigent. « Tuer des terroristes », comme vient de le dire modestement Donald Trump à propos de la nouvelle « stratégie américaine » en Afghanistan, n’a aucune chance, jamais, de mettre fin au terrorisme. On peut faire cela jusqu’à la fin des temps. Car le véritable théâtre de cette guerre globale est sans frontières. Ce sont le communautarisme et le confessionnalisme présents au cœur même de nos propres Nations qui sont nos véritables ennemis. Et personne ne veut les voir ni les combattre autrement qu’à mots couverts. On les laisse prospérer, quand on ne les encourage pas.

    Dès lors, la concentration de l’attention politique sur la dimension militaire de ce qui n’est qu’un pan, un mode d’action d’une stratégie globale, nous fait manquer l’essentiel. Le terrorisme n’est que l’autre nom de la guérilla, technique de combat vieille comme le monde. Ce n’est pas une fin en soi ni une absurdité, c’est l’un des moyens mis au service d’une entreprise d’ordre révolutionnaire, au long cours, tous azimuts, qui se joue simultanément au loin et chez nous. Une entreprise qui rassemble de nombreux acteurs qui jouent sur les faiblesses et la pusillanimité des démocraties modernes, sur leur renoncement à l’autorité, à la sélection, à la punition. Une entreprise qui vise le renversement de l’ordre politique occidental et son remplacement par un ordre politico-religieux dont le référent unique serait l’islam sunnite dans sa pureté originelle, pour lequel la Foi, la Loi et le Droit ne font qu’un, et qui tient les catégories occidentales de la modernité politique et sociale, sa rationalité et les concepts de liberté ou d’égalité pour des pêchés mortels contre Allah lui-même.

    En conséquence, la focalisation sur les modus operandi de la terreur comme le discours actuel sur le recul (réel) du groupe État islamique ou de ses avatars, effectivement engagé dans une phase de déterritorialisation en Syrie et en Irak, qui tirerait pathétiquement ses dernières cartouches en inspirant encore quelques consciences troublées réduites à des modes d’action primitifs (le camion ou la voiture lancée dans la foule, les attaques au couteau, etc.) sont donc séduisants, rassurants…, mais parfaitement insuffisants. Ce récit transpire la peur et le renoncement. Un story telling complaisant qui laisse penser, à l’ennemi notamment, que c’est gagné, que l’on est incapable de lui opposer ne serait-ce qu’une claire conscience de ce qu’il est et veut véritablement. Il faut dire que le renoncement est dans l’air du temps : il y a quelques jours, il s’est bien trouvé une « experte » pour expliquer doctement à la radio que l’empoisonnement des œufs au fipronil était comparable à l’effet d’un café où nagerait une mouche : désagréable mais toujours buvable ! De la même façon que nous devons nous débarrasser de tous ces poisons qui posent un problème de santé publique colossal, mais ne font parler d’eux que lorsqu’il y a quelques « blessés » ou morts non camouflables, nous devons éradiquer sans pitié l’engeance islamiste qui empoisonne graduellement le corps de la nation mais dont on ne réalise la nocivité que lorsqu’elle nous frappe spectaculairement. Mais nos démocraties sont fortes nous dit-on, pleines de « résilience ». « Nous n’avons pas peur » et ne changerons pas d’un iota notre attitude collective ni individuelle. C’est là que le bât blesse. Car il faut tout changer.

    En premier lieu, il faut cesser de sous-estimer l’ennemi et comprendre la nature et l’ampleur de la guerre qui nous est menée. Le terrorisme n’est, nous l’avons dit, que l’un des modes d’action d’une guerre de nature révolutionnaire à finalité idéologico-religieuse qui nous est faite à très grande échelle en profitant du lent dépérissement des États depuis 1990, de l’hyper-mondialisation et de l’idéologie ultra-individualiste qui l’accompagne. La question du « complot » et de la folie américaine initiale du financement massif de l’islamisme contre l’URSS, celle de « la vengeance » du monde arabo-musulman sont sans intérêt. Stupidité stratégique, complot ou pas, une dynamique imperturbable s’accélère et accule progressivement les régimes démocratiques pris au piège de leurs propres « valeurs » et utopies et surtout de l’effet boomerang de leur égalitarisme tant porté aux nues qu’il a fini par dissoudre la cohésion nationale.

    En second lieu, il faut en finir avec cette culture de l’excuse implicite dans nos démocraties schizophrènes, qui ont intégré la repentance à un point tel qu’elles se sentent coupables d’être et d’offrir le gîte, le couvert, le savoir, la sécurité à ceux qui les méprisent, les haïssent et les frappent.

    En troisième lieu, il faut rompre le pacte avec le Diable conclu par complaisance et surtout ignorance par des politiques de tous bords. J’explique depuis longtemps, et reste convaincue, que l’incohérence entêtée d’une ligne diplomatique qui nous fait, contre quelques contrats ou prébendes, soutenir des États suppôts directs ou indirects du salafisme et mécènes d’un prosélytisme religieux qui déstructure nos nations entretient un cercle vicieux redoutable et nous asservit en profondeur. Comment ne pas voir non plus l’absurdité, l’irresponsabilité d’une politique au petit pied, sans vision, qui nous a conduits à abattre des États autoritaires mais laïcs au nom de la démocratie et de la protection des populations, alors que nous tenons un discours permanent sur la vertu de la laïcité pour la coexistence paisible des diverses croyances autour d’un socle national partagé ? Il est vrai que notre antienne est de plus en plus formelle, car dans les faits, nous laissons dépérir ce socle et confortons le communautarisme dans nos villes et banlieues au nom même d’une liberté qui masque un autorenoncement à l’autorité de l’État et à l’imposition d’un référentiel commun. Nos politiques avalent depuis des lustres, le nez bouché et en mettant un cierge, la potion amère des associations musulmanes d’obédiences diverses qui leur promettent paix sociale, soutien électoral ou financements en échange de l’acceptation de leur implantation locale « au service des habitants ». Il est urgent de redécouvrir les vertus de la verticalité. L’horizontalité noie les responsabilités, accentue les réflexes de défausse, transforme les libertés offertes en violence et finalement creuse les disparités. C’est un paradoxe qu’il faut enfin regarder en face.

    La guerre qui nous est faite est certes asymétrique, évidemment, puisque nos armées constituées et formatées pour le combat de haute intensité font face à des commandos, des individus, des milices qui les harcèlent au long cours avec des ruptures de rythme incessantes. Mais il faut bien comprendre que la négation obtuse du lien entre ce qui se passe au loin et ce qui se passe sur le territoire national nous affaiblit. Engager une contre-offensive crédible requiert une détermination et une vision globales et déjà une remise au diapason républicain de communautés entières, elles-mêmes « travaillées » au corps et au cœur comme la pâte à modeler de la domination future.

    J’entends déjà les cris d’orfraie ! Catastrophisme ! Raisonnement fasciste, islamophobe ! Il est impossible, illégal, illégitime, antirépublicain d’engager une telle résistance ! À nous la méthode Coué, l’incantation extatique sur « le vivre ensemble », la danse de la pluie ! Mais « le vivre ensemble » ne se décrète pas. Il se fait respecter. Mais notre République se meurt à force de s’offrir repentante, à ceux qui veulent l’abattre. Mais la résilience ne suffit pas. Mais les fleurs et les bougies sont indécentes. Mais voir les familles des victimes elles-mêmes dénoncer les photos terrifiantes de leurs proches en morceaux signe un inquiétant déni de réalité. Plus de corps, plus de mort ? Plus de danger ? L’euphémisation du réel est impardonnable. On peut le comprendre d’un parent perdu par le chagrin de la perte d’un être aimé, pas d’un État qui doit protéger ses concitoyens.

    Car c’est une guerre globale mais soigneusement « perlée » qui nous est faite. Le rythme des attentats, leur occurrence en salves sporadiques et étendues géographiquement en témoignent. Un rythme suffisamment régulier pour maintenir la pression et faire grandir la peur dans la population, mais insuffisamment massif encore pour déclencher la fureur populaire et contraindre les pouvoirs publics à l’action martiale. Le risque est pourtant grand, à moyen terme, de la procrastination régalienne. C’est donc l’ennemi qui donne le tempo. Il peut décider d’en changer et monter en intensité subitement. Sommes-nous prêts ? Et puis, les moutons pourraient cesser d’accepter leur sacrifice aléatoire et se rebeller ; sans berger, décider de se défendre seuls, en dressant quelques chiens. Et là, ce serait la fin de la République et de l’État de droit. Et l’irruption de la guerre civile.

    Caroline Galactéros

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    Charlie, la caricature et « l’islamophobie » par Jacques Sapir · 25 août 2017

    27 Août 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La République, #Daesch, #Terrorisme

    Charlie, la caricature et « l’islamophobie »

    La « une » de Charlie-Hebdo du 23 août a fait jaser. Au-delà des réaction épidermiques – et tout journal de caricatures provoque des réactions épidermiques – il faut s’interroger sur ce qui pousse une partie des gens qui se disaient « Charlie » en janvier 2015 à renier leurs convictions et à critiquer ce journal[1]. Par quelle hypocrisie ce qui était licite hier ne le serait-il plus aujourd’hui ?[2]

    Non que le fait de publier des caricatures vous mette au-delà de toute critique. Mais il convient de ne pas oublier ce qu’est la fonction d’une caricature : de dire des choses sous le couvert de l’exagération, de l’outrance, d’un mauvais goût parfaitement assumé. On peut ne pas aimer. Mais, à vouloir se constituer en censeur des « bonnes mœurs », de la « décence » supposée d’un journal, on prend une bien mauvaise pente. Et cette pente révèle, en réalité, des choses bien plus obscures.

     

    De l’utilité du mauvais goût

    Il n’y a rien, dans cette couverture, de nouveau dans le « style » Charlie. Plaisanter des religions a toujours été le fonds de commerce des caricaturistes. Et pour une « une » qui met en cause l’islam, on ne compte plus celles qui brocardaient le catholicisme, ou le judaïsme. C’est affaire de goût, mais aussi de tradition. La France a une longue tradition de la caricature ; elle date d’avant même la révolution de 1789, et les combats menés pour cette liberté de caricature ont été nombreux. Cette tradition, qu’on s’en revendique ou qu’elle insupporte, fait partie de notre culture politique, voire de notre culture tout court. Pourquoi donc, cette semaine, une telle levée de boucliers ?

    On critique l’islam. Et après ? On n’a pas entendu les personnes qui aujourd’hui s’offusquent, quand ce journal avait critiqué les autres religions. Pourtant, de leur propre point de vue, ces critiques étaient toutes aussi contestables. Une religion particulière aurait-elle donc des droits que les autres n’ont pas en France ? Si l’on critique les religions, on les critique toutes. Aucune religion ne peut exiger en République de statut particulier.

    On dira alors que c’est faire preuve de « mauvais goût » que de se livrer à cette critique systématique des religions. Que l’on se rappelle donc la une du prédécesseur de Charlie, le défunt Hara-Kiri Hebdo qui lui valut son interdiction : « bal tragique à Colombey : un mort ». C’était au lendemain de l’annonce de la mort du Général de Gaulle. Cette interdiction avait scandalisé à l’époque. On peut aussi trouver qu’il est de mauvais goût de plaisanter sur des morts, quels qu’ils soient. Mais c’est un pur jugement personnel, et nul n’est obligé d’acheter un journal. Rappelons cependant que le droit à l’outrance, et donc au mauvais goût, fait partie intégrante de la liberté d’expression.

    La culture politique, dont le droit à la caricature est un exemple et une expression, constitue un invariant de court terme. Nul ne peut prétendre impunément s’en dissocier ou la rejeter sans s’exposer lui-même à un phénomène de rejet.

    Nous ne nous définissons pas par des croyances religieuses

    En réalité, on veut nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, et cela aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est très précisément le piège que nous tendent les terroristes, que ce soient ceux qui ont assassinés les journalistes de Charlie-Hebdo en janvier 2015 ou ceux de Barcelone, en passant par ceux du Bataclan et du 14 juillet à Nice. Ces terroristes veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant.

    D’autres alors y ajouterons des communautés ethniques. Il n’est pas innocent que, dans le même temps que Charlie Hebdo publiait cette « une », se tenait le fameux « camp décolonial » interdit aux « blancs ». La logique identitaire est ici à l’œuvre, et les identitaires les plus radicaux ne sont peut-être pas ceux qui organisent les apéros « pinard-saucisson »…En tous les cas, c’est en réalité exactement la même logique qui est à l’œuvre, et la condamnation doit alors frapper TOUS ces mouvements identitaires ou n’en frapper aucun. L’affirmation identitaire et narcissique fait toujours le lit du fondamentalisme.

    Si nous cédons donc sur ce point, si nous acceptons de nous nous définir selon des croyances religieuses, nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, si l’on ne peut supporter le mauvais goût, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

    Quel sens pour le « retour du religieux » ?

    Le « retour du religieux » est en réalité un phénomène profondément contradictoire. Il y a d’un côté la volonté –respectable – de certains de trouver un sens à notre destin. Le retour du religieux se vit ici comme une aventure personnelle. Mais il y a aussi, et il ne faut pas le nier, la dimension d’imposer des valeurs individuelles à l’ensemble de la société. Autrement dit de transformer des valeurs en principes ce qui est toujours le commencement des grands crimes.

    Or, la société résiste à cette tentative d’imposer des valeurs homogènes car elle est elle-même hétérogène. Dès lors, ces individus entrent en guerre contre leur propre société. C’est le début de l’intégrisme, bien représenté dans l’ensemble des religions. Les valeurs que l’on prétend alors porter sont en conflit direct avec les comportements des personnes qui les portent. Les intégristes de toute obédience donnent une image haïssable des valeurs qu’ils prétendent porter. À chaque acte de ségrégation, à chaque acte d’intolérance, à chaque bombe, à chaque acte terroriste, c’est bien le contraire des valeurs des religions qui est mis en avant.

    En fait, derrière l’apparence d’une montée de la religiosité, c’est en réalité à une montée des affirmations identitaires et narcissiques que l’on assiste. Les crispations autour des tabous alimentaires et vestimentaires, sur les signes extérieurs (comme la question du voile chez les musulmans) ont avant tout pour but d’identifier brutalement une communauté, de la séparer du reste de la population et de l’enfermer sur des références mythifiées pour le plus grand profit de quelques uns. Ces pratiques, en produisant des mouvements de réactions, font en réalité progresser la division des individus entre eux au lieu d’y mettre fin. Dans la quête de la pureté, et toute religion distingue le « pur » de « l’impur », il ne peut y avoir de mouvement collectif, si ce n’est de petites communautés en proie aux réactions violentes d’autres communautés. On croit ainsi se protéger de l’anomie et l’on s’y précipite tête baissée.

    Le narcissisme forcené se révèle à chaque étape de ce que l’on veut nous présenter comme une lutte émancipatrice et qui n’est qu’une parade des intérêts individuels de certains. Car, la constitution de communautés divisant le peuple aboutira toujours à asseoir le pouvoir de certains sur ces mêmes communautés. La communauté en réalité opprime là ou le peuple libère. C’est la raison fondamentale pour laquelle il faut s’opposer fermement et sans concessions aux divers communautarismes.

     

    Retour vers la barbarie

    Pourquoi donc ce retour en arrière dans le religieux ? Pourquoi y-a-t-il des voix qui, face aux victimes des crimes de janvier 2015, s’élèvent pour dire « ils ne l’ont pas volé », et qui de fait demandent implicitement le rétablissement de l’ignoble délit de blasphème ? On ne l’a pas trop dit à l’époque, mais une partie – assurément minoritaire – de la population a fêté ces assassinats. Nous sommes donc confrontés aujourd’hui à une pression de mouvements divers qui veulent nous entraîner vers la barbarie. Ces mouvements ne sont pas seulement les groupements de la mouvance salafiste. Ces derniers maintiennent les adeptes dans une ignorance et un refus du monde extérieur qui les rend faciles à identifier et à combattre. Ces mouvements incluent aussi la mouvance des « Frères musulmans », qui accepte de se plier en apparence aux règles de la république et de la démocratie mais pour mieux les rejeter. Cette mouvance constitue aujourd’hui un danger plus grand et plus radical pour la République que les divers groupes salafistes. C’est elle qui devrait concentrer les efforts de ceux qui luttent pour éviter à notre société de basculer vers la barbarie. Tel est le sens de l’article que vient de publier Céline Pina dans Le Figaro.

    Mais, ceci n’épuise pas la question de ce grand « bond en arrière » que nous connaissons aujourd’hui. Si les salafistes et la mouvance « frériste » ont cette importance c’est pour une raison simple : parce que l’on récuse cette idée fondamentale de la souveraineté comme base de la démocratie. On a en effet oublié que la contrepartie de cette égalité politique à l’intérieur des frontières était le respect de ces dites frontières. L’existence et le respect des frontières constituent un élément déterminant de la démocratie. C’est l’existence de frontières, de la séparation entre un national et un étranger, qui fonde d’ailleurs l’article 4 du Préambule de la Constitution, celui qui établit le droit d’Asile[3]. Or, si une communauté politique n’est plus maîtresse de son destin, il ne peut y avoir de démocratie en son sein. Et, en conséquence, on ne peut y déterminer un « bien commun ». On est alors immanquablement conduit à rechercher un autre ciment à cette communauté, et c’est ici que l’on retrouve la religion. On peut constater que le développement actuel du fondamentalisme religieux n’est que la traduction des effets de la mondialisation. Mais constater un phénomène ne signifie pas l’accepter, et encore moins s’en réjouir. Que tous ceux qui entonnent des discours béats sur les prétendues beautés d’une mondialisation qu’ils voudraient heureuse sachent que c’est cette dernière qui produit, de manière naturelle et permanente, la montée des fondamentalismes religieux. Vouloir combattre le fondamentalisme implique donc de penser une forme de démondialisation.

     

    Sans souveraineté pas de solidarité

    La mise en cause, sournoise ou directe, de la souveraineté du peuple ouvre ainsi toute grande la porte à sa dissolution et à sa reconstitution sous la forme de communautés, que ces dernières soient religieuses ou ethniques. Il ne peut y avoir de peuple, il faut le rappeler, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles in ne peut y avoir de discussions. Or, sans peuple, il ne peut y avoir de base à construction politique de la souveraineté populaire.

    La distinction entre sphère privée et sphère publique est ici fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race. Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[4]. Or, nous sommes donc confrontés aujourd’hui à un défi absolu : la République ou la guerre civile, la guerre de tous contre tous. Les événements tragiques, de janvier 2015 ont conduit à bien des contorsions idéologiques. On a immédiatement affirmé que les auteurs de ces crimes de n’étaient que des enfants perdus issus de la désespérance. Soit ; mais tous les enfants en souffrance, tous les enfants perdus, ne prennent pas nécessairement les armes pour tuer leurs prochains. L’existence d’une souffrance sociale est difficilement contestable, mais elle ne justifie ni n’explique le passage à l’acte terroriste. Il y a bien eu, aussi, une idéologie terroriste à l’œuvre, et le fait que cette idéologie ait une base religieuse semble poser problème à certains.

    Il faut donc rappeler à tous et à chacun ce que signifient les mots de culture politique, et pourquoi il ne peut y avoir qu’une culture politique sur un espace donné. La culture politique est le langage commun que nous utilisons pour communiquer les uns avec les autres, et même, souvent, pour nous disputer. Sans langage commun, sans principes organisateurs admis par tous, il ne peut y avoir d’espace politique, et en conséquence, il ne peut y avoir de peuple.

     

    Sur la prétendue « islamophobie »

    On entend depuis beaucoup le fameux discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». Mais, qu’entend-on par là ? On remarquera que, depuis les attentats de janvier 2015, la société française a été d’un très grand calme. Assurément, des actes ont été commis contre des lieux de cultes musulmans. Mais, ils sont dans leur immense majorité restés bénins. Ce calme de la société française est un facteur d’espoir et montre à quel point dans notre pays il y a une attitude raisonnée, et ce même chez les plus grands contempteurs de l’islam.

    Que signifie donc «islamophobie » ? S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, que l’islamisme n’est pas l’islam, c’est une évidence, qu’il convient de répéter, mais qui ne fait guère avancer le débat. S’il s’agit de dire, et c’est hélas bien plus rare, que des populations de religion musulmanes sont très souvent les premières victimes de l’islamisme, c’est aussi une autre évidence. Et il convient de l’affirmer haut et fort. S’il s’agit, enfin, de dire que la montée de l’islamisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les Etats-Unis et les puissances occidentales, voilà qui constitue une vérité qui est largement oubliée[5]. Ces trois affirmations constituent trois éléments essentiels d’un discours non pas tant contre l’islamophobie mais affirmant des vérités qui sont aujourd’hui essentielles à dire dans les pays occidentaux.

    Mais, le discours sur l’islamophobie peut aussi avoir un autre sens, et celui-ci bien plus contestable. A vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on peut aussi préparer le terrain à une mise hors débat de l’Islam et des autres religions. C’est une erreur grave, dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs. Non que l’Islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. A ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Evangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein.

    Ce qui est par contre scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances.

     

    Centralité de la laïcité

    La laïcité n’est pas un supplément d’âme à la République. Elle en est en réalité le ciment[6]. Il n’est pas anodin que l’un des grands penseurs de la souveraineté, Jean Bodin, qui vécut au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[7] et un traité sur la laïcité[8].

    Il convient de bien comprendre ce lien étroit qui unit la notion de souveraineté à celle de laïcité. La souveraineté implique la définition d’un souverain. Une fois établie que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, il nous faut définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. C’est bien pourquoi la question de la souveraineté est aussi centrale, car elle implique la définition de la communauté politique qui l’exerce.

    Nous savons ce qu’est une crise économique, et nous mesurons tous les jours ce que peut être une crise sociale. Ces crises engendrent un profond sentiment d’insécurité[9]. Mais il y a dans la situation actuelle quelque chose de plus, tant quantitativement que qualitativement. Nous découvrons désormais ce que peut être une crise de la Nation, ce moment particulier où l’on sent le sol qui se dérobe sous nos pieds, où ce que l’on pensait être garanti est brutalement remis en cause. De ce sentiment découle celui de l’insécurité culturelle qui, se combinant à l’insécurité sociale, produit ce qu’un auteur appelle le « malaise identitaire »[10]. Derrière le symptôme, il y a bien une réalité, et c’est cette réalité qu’il nous faut tenter de comprendre.

    C’est la souveraineté qui rend audible l’injonction de solidarité, entre les personnes et les régions sur un territoire donné. Que l’on abdique cette souveraineté et cette solidarité se défait[11]. En affirmant que le peuple est le seul détenteur de la souveraineté, la Révolution de 1789 a achevé la construction politico-juridique qui fut commencée sous le moyen-âge. Mais, il faut se souvenir qu’elle ne l’a pas créé. La notion de souveraineté est bien antérieure à la Révolution. Ce mouvement de retour doit aussi permettre de distinguer le véritable internationalisme, autrement dit une pensée qui se situe « entre les nations » car elle en reconnaît l’importance et cherche à dégager des causes communes et à organiser des compromis, et une pensée qui nie les nations, et en réalité nie aussi la démocratie et qui contribue alors à ce principe de destruction des Etats qui engendre la barbarie.

     

     

    La crise de la Nation, est aussi une crise de l’Etat. Elle laisse les citoyens démunis et sans pouvoir pour peser sur la situation. Il en est ainsi car ils sont privés du pouvoir de faire et de modifier les lois et par là même ils sont privés du pouvoir d’organiser collectivement leur propre futur. « Il n’y a d’irrémédiable que la perte de l’Etat » a dit un roi de France[12] en des temps anciens, mais qui semblent aujourd’hui étrangement, et tragiquement, proches.

    Quand Henri IV fit cette déclaration devant les juges de Rouen, car un Parlement à l’époque était une assemblée de juges, il voulait faire comprendre qu’un intérêt supérieur s’imposait aux intérêts particuliers et que la poursuite par les individus de leurs buts légitimes ne devait pas se faire au détriment du but commun de la vie en société. En redonnant le sens de la Nation, il mit fin à la guerre civile.

     

    NOTES

    [1] Comme cet ancien ministre « socialiste » qui aurait mieux fait de se taire… http://www.europe1.fr/politique/stephane-le-foll-critique-la-une-de-charlie-hebdo-et-ses-dangereux-amalgames-3417203

    [2] http://static.aws.la-croix.com/Religion/Laicite/Attentats-Catalogne-une-Charlie-Hebdo-cree-controverse-2017-08-23-1200871429?from_univers=lacroix

    [3] Cet article 4 énonce : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

    [4] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

    [5] Voir Sapir J., « Le tragique et l’obscène », note publiée sur le carnet RussEurope le 25 septembre 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2841

    [6] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

    [7] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

    [8] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

    [9] Castel R., L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ?, Paris, Le Seuil et La République des Idées, 2003.

    [10] Bouvet L., L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, Paris, Fayard, 2015.

    [11] Guilluy C., La France périphérique. Comment on sacrifie les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014.

    [12] Discours de Henri IV au Parlement de Rouen en 1597.

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    "la différence entre un homme politique et un homme d'Etat est la suivante: le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération" James Freeman Clarke

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    Les 10 victoires du Président Maduro, par Ignacio Ramonet

    2 Août 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Amérique Latine

    Les 10 victoires du Président Maduro, par Ignacio Ramonet

    Source : Ignacio Ramonet, Janvier 2017

    Depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le pays a dû affronter une série d’obstacles politiques, sociaux et économiques aussi bien internes qu’externes, qui se son accentués lors de la présidence de Nicolas Maduro. Ignacio Ramonet analyse ici l’année 2016, l’année la plus compliquée de la révolution bolivarienne.

    Début 2016, pour les autorités de Caracas, la situation était très compliquée. Pour principalement trois raisons : 1) L’opposition néo libérale avait gagné les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait l’Assemblée Nationale. 2) Le prix du pétrole, principale ressource du Venezuela,  était tombé à son niveau le plus bas depuis longtemps. 3) Le président des Etats Unis, Barack Obama venait de signer un décret où le Venezuela était présenté comme une « menace non usuelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats Unis » (1).

    Autrement dit, la révolution bolivarienne semblait être à la défensive sur les trois champs décisifs que sont la politique, l’économique et la géopolitique, alors que la contrerévolution, aussi bien interne qu’externe pensait avoir, enfin, à portée de main le pouvoir au Venezuela.

    Tout cela dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas, qui avait commencé avec l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez en 1999 y qui s’est intensifiée à partir d’avril 2013, en atteignant des niveaux inédits de violence depuis l’élection de Maduro.

    L’atmosphère de harcèlement agressif et permanent par les media se traduit pas une désinformation insidieuse sur le Venezuela qui jette le trouble même chez de nombreux amis de la révolution bolivarienne. Dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle  et de la tromperie éhontée n’est pas sanctionnée par aucune conséquence négative, que ce soit en termes de crédibilité ou d’image.  Tout se vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel ». Même les faits et les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. On n’accepte pas non plus l’argument – si évident dans le cas du Venezuela – du complot, de la conjure, de la conspiration. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce par avance et ridiculise le « prétendu complotisme » comme reprend un « récit éculé » qui ne peut qu’être rejeté avec mépris.

    Début 2016, tout donc semblait très difficile pour le président du Venezuela. Au point que l’opposant acharné, et néolibéral, Henry Ramos Allup, passablement enivré avec sa majorité parlementaire, s’est permis d’affirmer dans son premier discours, en janvier 2016, comme président de l’Assemblée Nationale, qu’il allait enlever Maduro du pouvoir dans « un délai ne dépassant pas six mois ». S’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre Dilma Roussef au Brésil, il pariait sur une victoire à un éventuel référendum qui révoquerait le président.

    Les  choses étaient ainsi quand le président Maduro a surpris tout le monde, dans une série magistrale de coups d’échecs que personne n’a vu venir – et qui était parfaitement légale selon la Constitution. Il a rénové, comme celle-ci le lui autorise, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), organe supérieur du pouvoir judiciaire, dont la « Salle Constitutionnelle » a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

    Aveuglée par sa superbe, l’opposition a alors commis deux erreurs majeures : elle a décidé d’ignore les avertissements du TSJ, en acceptant que siègent à l’assemblée trois députés de l’Etat d’Amazonie dont l’élection, en décembre 2015, avait été suspendue pour cause d’irrégularités. Face à cet affront, le TSJ n’a pu que décréter que la présence de ces trois députés « non élus régulièrement » enlève toute validité aux décisions de l’assemblée. Le TSJ a en fait jugé que l’Assemblée était en état de désobéissance et que, par conséquent, « toutes ses décisions seront considérées comme étant nulles ».  En raison de ses propres erreurs, non seulement l’Assemblée Nationale n’a pas réussi à légiférer, ni à exercer son contrôle sur le gouvernement, mais, comme le reconnaissent de prestigieux spécialistes de droit constitutionnel, elle s’est elle-même annihilée, elle a dilapidé son pouvoir et s’est, en fait, auto dissoute (2). Telle fut la première grande victoria de Nicolas Maduro en 2016.

    Obsédée par son désir de renverser le président, l’opposition a aussi décidé d’ignorer les conditions légales (article 72 de la Constitution) – en l’occurrence, les étapes à suivre, telles qu’elles sont consignées dans la règlementation – lorsqu’elle a voulu lancer, en 2016, un referendum demandant la révocation du président (3). Un autre fracassant échec pour elle. Et une autre victoire de Nicolas Maduro.

    Même ainsi, il est arrivé un moment, en mars-avril 2016, où tout s’est énormément compliqué. Aux coups de boutoir habituels des forces hostiles à la révolution bolivarienne est venue s’ajouter une sécheresse exceptionnelle, la deuxième en importance depuis 1950, accompagnée de chaleurs extrêmes, dues au phénomène El Niño. Au Venezuela, 70% de l’énergie électrique est fournie par les barrages, la principale centrale hydroélectrique étant celle du Guri, dont le niveau a été réduit au minimum, faute de pluies.

    La contrerévolution a essayé de tirer parti de la situation pour multiplier les sabotages électriques, en cherchant à créer le chaos énergétique, le mécontentement social et susciter des mouvements de protestation. Le danger était particulièrement grand, au problème électrique s’ajoutant, du fait de la sécheresse persistante, le manque d’eau potable.

    Le président Maduro a toutefois agi à nouveau avec célérité, en adoptant des mesures drastiques : il décida de substituer des millions de lampes à incandescence par d’autres, beaucoup moins gourmandes en électricité ; il donna l’ordre de remplacer les vieux appareils d’air conditionné par de nouveaux, également moins gourmands ; il décréta la mi-journée de travail dans l’administration publique et un plan spécial de limitation de la consommation électrique et d’eau.

    Il parvint ainsi, grâce à ces mesures audacieuses, à éviter une crise énergétique majeure (4), tout en obtenant une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.

    Un changement de paradigme

    Un autre problème important, peut-être le plus grave, auquel a dû faire face le gouvernement – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est celui de l’approvisionnement alimentaire. Il faut se rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient dans la pauvreté. Sur dix vénézuéliens, seulement trois consommaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du lait,… Pendant les seize dernières années, la consommation alimentaire a littéralement explosé, faisant un bond de 80%, grâce à l’investissement social massif par la révolution.

    Ce changement structurel explique, à lui tout seul, pourquoi la production nationale d’aliments, bien plus importante de ce que l’on croit (5), s’est trouvée être insuffisante.

    La demande ayant augmenté massivement, la spéculation s’est déchaînée. Face à une offre structurellement limitée, les prix ont augmenté de manière vertigineuse, le marché noir explosant littéralement. Beaucoup de personnes achetaient les produits subventionnés par le gouvernement pour les revendre à des prix bien plus élevés (le « bachaqueo »). Certains allaient même jusqu’à les « exporter » dans les pays voisins (Colombie, Brésil) où ils les revendaient pour le double ou le triple de leur prix subventionné. Privant ainsi de ces produits les plus humbles, et le pays de ses dollars, devenus plus rares avec l’effondrement du prix du pétrole. Une telle situation scandaleuse ne pouvait durer.

    Une fois de plus, le président Maduro a décidé d’agir avec fermeté. Il a d’abord – point très important – changé la philosophie de l’aide sociale. Il commença par corriger une erreur majeure qui se commettait au Venezuela depuis des lustres. Il décida que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, ne subventionnerait plus que les personnes, de sorte que les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, soient les seuls à avoir accès aux produits subventionnes. Pour tous les autres, les produits se vendent au prix du marché. Ce qui évite la spéculation et le « bachaqueo » (6).

    La seconde mesure décisive du président fut l’annonce que tout allait être fait pour changer le caractère économique du pays, pour qu’il passe d’un « modèle de rente » à un « modèle productif ». Il définit à cet effet « quinze moteurs » (7) pour réanimer l’activité économique, aussi bien du secteur privé que du secteur public et de l’économie communautaire.

    Ces deux décisions essentielles se sont matérialisées par la création des CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production), une nouvelle forme d’organisation populaire. Les représentants des communautés organisées fournissent, à un prix réglementé, des colis de biens alimentaires. Beaucoup d’entre eux proviennent d’une nouvelle production nationale.  Les CLAP devraient approvisionner, dans les prochains mois de 2017, environ quatre millions de familles modestes. On peut voir là une autre grande victoire du président Maduro.

    L’investissement social

    Una autre victoire, non des moindres, de cette année 2016, si difficile, est constituée par le record en matière d’investissement social, qui a atteint 71,4% du budget du pays. Un record mondial. Aucun autre pays de la planète consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

    En ce qui concerne la santé, par exemple, le nombre d’établissements hospitaliers a été multiplié par 3,5 depuis 1999. Et l’investissement dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

    La Misión Barrio Adentro (« mission au cœur des quartiers ») – qui a pour objectif de s’occuper des malades dans les aires urbaines les plus humbles – a réalisé presque 800 millions de consultations et sauvé la vie à un million et demi de personnes. Huit Etats ont ainsi été couverts à 100% en 2016, alors que l’objectif était de six.

    Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média, concerne les retraites. Avant la révolution, à peine 19% des retraités recevaient une pension, les autres subsistaient souvent dans la misère ou en étant à la charge de leurs familles. En 2016, le pourcentage de retraités qui reçoivent une pension, même s’ils n’ont pas cotisé pendant leur vie active, a atteint les 90%. Un record en Amérique du Sud.

    Une autre victoire du même ordre – et que les grands média se gardent bien, aussi, de mentionner – est celle obtenue par la Mission Logement qui est chargé de  construire des logements sociaux, à un prix réglementé, pour les familles modestes.

    En 2016, elle a construit 359.000 logements – à titre de comparaison, un pays développé comme la France n’a construit, en 2015, que 109.000 logements sociaux. Se rajoutent à cela les 335.000 logements réhabilités dans le cadre de la Mision Barrio Nuevo  Tricolor , qui a attiré les éloges du célèbre architecte Frank Gehry, auteur entre autres du Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton de Paris. Au point qu’il a déclaré vouloir  s’y impliquer. Soit presque 700.000 logements sociaux construits ou rénovés  en 2016. Un nombre sans équivalent dans le monde

    Depuis le début de son mandat, en 2013, le président Maduro a déjà remis près d’un million et demi de logements à des familles modestes. Un record mondial passé sous silence par tous les médias hostiles à la révolution bolivarienne. Et que beaucoup de ses amis oublient parfois de mentionner.

    Des liens internationaux

    Rappelons, pour finir, quelques unes des brillantes victoires obtenues sur le plan géopolitique.  Avoir empêché,  par exemple, que l’Organisation des Etats Américains (OEA), dominée par Washington, condamne Caracas comme le prétendait son secrétaire général, Luis Almagro, qui invoquait la « Charte Démocratique » contre le Venezuela.

    Ou bien le succès du XVIIème sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL) réalisé en septembre 2016 dans le Centre de Conventions Hugo Chavez de l’île Margarita, avec la présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, les représentants de cent vingt pays ayant manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

    Pour finir, rappelons le rôle important du président Maduro, qui a effectué de nombreuses tournée internationales dans ce cadre, dans la réussite inespérée d’un accord entre pays OPEP et non-OPEP pour la réduction concertée des exportations de pétrole. Accord qui, signé fin novembre 2016, a freiné la chute du prix du pétrole qui, de 24 dollars en janvier est passé au-dessus des  45 dollars fin décembre 2015.

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    1. Voir Ignacio Ramonet, “Venezuela candente”, Le Monde diplomatique en español, janvier 2016. http://www.monde-diplomatique.es/?url=editorial/0000856412872168186811102294251000/editorial/?articulo=2ebf5b30-e930-4492-971c-2fb37aa6e443

    2. Cf. BBC Mundo, 24 octobre 2016 : http://sumarium.com/se-ha-vuelto-irrelevante-la-asamblea-nacional-en-venezuela/

    3. “L’article 72 de la Constitution du Vénezuela stipule que le référendum révocatoire peut avoir lieu après la première moitié du mandat présidentiel. Dans le cas de Maduro, le mandat a commencé le  10 janvier 2013, et se finira le 10janvier 2019. La mi-mandat est donc au 10 janvier 2016. La confusion sur la date à laquelle la convocation au référendum peut avoir lieu tient à ce que Hugo Chavez est mort le 5 mars 2013, avant d’être remplacé par Maduro. Mais selon l’article 231 de la Constitution, l’actuelle période présidentielle a commencé le 10janvier 2013 et non le 19 avril. Cf. la déclaration de Tibisay Lucena, présidente du Consejo Nacional Electoral (CNE), le 9 aôut 2016. http://albaciudad.org/2016/08/cne-referendo-revocatorio-para-2017/

    4. Avec l’arrivée progressive des pluies, fin mai, le niveau du barrage Guri a monté, et le président a décrété, le 4 juillet, la fin du rationnement électrique.

    5. Depuis 1999, le gouvernement bolivarien a investi comme aucun autre dans l’agriculture, avec la priorité d’augmenter la production locale. Le Venezuela est auto suffisant en pommes de terre, poivrons, tomates, oignons, ails, céleri, yuca, auyama, laitues, choux, coriandre, citron, melon, quayaba, bananes entre autres. 80% du riz est de provenance nationale. 85% pour le fromage et la  charcuterie. Concernant le poulet et la viande bovine, les importations ne sont que de 24%. Elles sont de l’ordre de 15% pour les carottes, les lentilles et les pois chiches.

    6. Cf. Pasqualina Curcio Curcio, “La Mano visible del Mercado. Guerra económica en Venezuela”, Editorial Nosotros Mismos, Caracas, 2016.

    7. Los 15 moteurs sont 1. Agroalimentaire. 2 Pharmacie. 3 Industrie. 4 Exportations. 5 Economie communautaire, sociale et socialiste. 6 Hydrocarbures. 7 Petrochimie. 8 Produits miniers. 9 Tourisme national et international. 10 Construction. 11 Produits forestiers. 12 Industrie militaire. 13 Télécommunications et Informatique. 14 Banque publique et privée. 15 Industrie de base.

    Ignacio Ramonet

    Directeur de l’édition espagnole  du Monde Diplomatique

    Source : Ignacio Ramonet, Janvier 2017

     

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    Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore

    31 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La guerre

    Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore
    Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore

    Aujourd’hui, la vision des trotskystes américains…

    Source : World Socialist Web Site, Joseph Kishore, 27-07-2017

    La Chambre des représentants des États-Unis a adopté massivement un projet de loi mardi qui impose de nouvelles sanctions à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord et limite la capacité de l’Administration Trump de les annuler. Le résultat du vote était de 419 pour et 3 contre. Cette mesure augmenterait considérablement les conflits géopolitiques entre les États-Unis et ses principaux rivaux, non seulement la Russie, mais aussi les puissances impérialistes en Europe.

    Le projet de loi va maintenant passer au Sénat, où une version antérieure (sans les sanctions de la Corée du Nord) a été approuvée en juin à une marge similaire : 97 pour et 2 contre. Trump a envoyé des signaux mitigés sur la question de savoir s’il signera le projet de loi, mais les majorités d’une telle ampleur dans les deux chambres du Congrès signifient que, malgré la possibilité théorique d’un veto, il est presque certain d’être promulgué.

    Les nouvelles sanctions exposent les principales questions derrière la campagne sur le « piratage électoral » des médias américains et de l’establishment politique, dirigé par les organismes de renseignement qui s’opposent à toute modification de la politique anti-Russie développée sous l’Administration Obama. Le vote presque à l’unanimité dans les deux chambres du Congrès (tous les votes « non » à la Chambre proviennent de républicains) témoigne de la mesure dans laquelle la CIA (l’Agence centrale de renseignement), la NSA (l’Agence nationale de la sécurité) et d’autres agences d’espionnage contrôlent directement les institutions de l’État et le personnel qui les composent.

    Les vrais enjeux dans ce conflit âpre au sein de la classe dirigeante ont été énoncés dans un éditorial du Washington Post lundi, « La riposte drastique – mais nécessaire – du Congrès à Trump ». Le Post, qui, avec le New York Times, a été une des voix médiatiques de premier plan dans la campagne anti-Russie, a salué ce projet de loi si nécessaire pour protéger les « intérêts vitaux » des États-Unis.

    L’accord sur les sanctions, écrit le Post, a placé : « la politique de Trump envers le régime de Vladimir Poutine sous séquestre, l’empêchant de lever les sanctions sans accord du Congrès ». Trump a montré une « affinité inexplicable » à l’égard de la Russie, a écrit le journal, et a mis en doute la prétendue intervention de la Russie dans la campagne électorale américaine.

    « Pour la communauté du renseignement des États-Unis », a déclaré le Post, « il n’y a pas un tel doute […] Le refus de M. Trump d’accepter ces conclusions et la possibilité qu’il puisse arrêter les sanctions imposées à la Russie pour cette ingérence et pour son invasion militaire de l’Ukraine a généré un consensus extraordinaire dans un congrès autrement polarisé ».

    Aucune des allégations faites par le Post sur l’implication de la Russie dans les élections ne peut être démontrée et les déclarations de la « communauté du renseignement des États-Unis » ne sont pas plus crédibles que les allégations selon lesquelles le gouvernement de Saddam Hussein possédait des « armes de destruction massive » avant l’invasion de l’Irak en 2003. Même si l’on devait accepter ces conclusions comme vraies, il ne fait aucun doute que Clinton travaillait avec toutes sortes de gouvernements étrangers pour faire progresser sa campagne électorale.

    Le véritable problème n’est pas le « piratage » russe, mais les intérêts géostratégiques de l’impérialisme américain. Comme le précise le Post, sa principale préoccupation est que la Russie a entravé les opérations de l’Armée et des agences de renseignement américaines en Ukraine et en Syrie. La référence à « l’invasion militaire de l’Ukraine » fait référence à l’annexion par la Russie de la Crimée et à la guerre civile interne qui a suivi l’opération de changement de régime de 2014 organisée par les États-Unis et menée par des organisations fascistes pour démanteler un gouvernement pro-russe.

    L’éditorial se plaint plus tard que les actions de Trump donnent à la Russie « des concessions majeures pour rien », y compris « le retrait du soutien américain aux forces rebelles en Syrie ». Il s’agit de la décision de Trump de mettre fin au soutien de la CIA aux forces d’opposition syrienne, dominées par Al-Qaïda, qui ont mené une guerre civile soutenue par les États-Unis pour renverser le président syrien Bashar al-Assad.

    L’éditorial reconnaît que le projet de loi sur les sanctions « pourrait avoir des conséquences involontaires », y compris sur « la coordination entre les États-Unis et l’Europe sur la Russie ». Il est « néanmoins essentiel », car « Trump ne peut pas être digne de confiance pour protéger les intérêts vitaux des États-Unis contre une agression persistante de la Russie ».

    Quels sont ces « intérêts essentiels des États-Unis » ? Ils n’impliquent pas l’offensive de l’Administration Trump sur les soins de santé, son assaut brutal contre les travailleurs immigrés ou son programme militariste. Il s’agit plutôt des intérêts de la classe dirigeante dans la domination du Moyen-Orient et de ses vastes ressources énergétiques et de l’expansion du pouvoir américain en Europe de l’Est. Pour les factions de la classe dirigeante pour laquelle le Postparle, en outre, l’agression américaine contre la Russie est considérée comme essentielle pour conserver l’allégeance des puissances européennes et pour s’en prendre à la Chine.

    Le nouveau projet de loi sera adopté dans des conditions de tensions géopolitiques explosives qui peuvent rapidement se transformer en un conflit militaire direct impliquant des puissances nucléaires. Au cours des dernières 24 heures, les États-Unis ont procédé à des tirs d’avertissement sur un navire iranien ; l’armée chinoise a intercepté un avion américain ; le Wall Street Journal a rapporté les préparatifs de la Chine en prévision d’une guerre américaine contre la Corée du Nord ; et la Chine a organisé des opérations militaires conjointes avec la Russie en mer Baltique.

    Les différents pays touchés par le projet de loi le prendront comme un signe clair que les États-Unis ont l’intention de faire face à leurs affrontements économiques et militaires avec eux. Un mémo de l’Union européenne révélé par la presse a rapporté les déclarations du chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, selon lesquelles l’UE « devrait se préparer à agir en quelques jours » après le passage du projet de loi et que les sanctions « pourraient avoir une incidence sur un nombre potentiellement important de sociétés européennes faisant des affaires légitimes régies par des mesures de l’UE avec des entités russes ».

    L’Administration Trump, de plus en plus pressée et isolée, pourrait décider que la meilleure façon de résoudre sa crise interne est de commencer une guerre, peut-être avec l’Iran ou la Corée du Nord. Et si les adversaires de Trump réussissent à forcer un changement dans sa politique ou à le faire tomber, cela impliquera un changement vers une politique encore plus agressive au Moyen-Orient et, surtout, contre la Russie.

    Quelles que soient les divisions au sein de l’État, la classe dirigeante américaine est poussée par une logique implacable. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 ne lui a pas apporté une « fin de l’histoire », mais un quart de siècle de guerre sans fin et en expansion, dans laquelle la classe dirigeante a cherché à inverser le déclin du capitalisme américain et à maintenir sa position économique mondiale à travers l’utilisation de la force militaire. Cette politique folle et insouciante amène le monde entier au bord de la troisième guerre mondiale.

    (Article paru d’abord en anglais le 26 juillet 2017)

    Source : World Socialist Web Site, Joseph Kishore, 27-07-2017

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    Réponses à "Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie", par Joseph Kishore
    1. Fritz Le 31 juillet 2017

      Rien à ajouter à ce texte. Affilié au Parti socialiste de l’égalité (Socialist Equality Party), le site wsws.org est l’une de mes sources d’information préférées. il avait dénoncé la guerre de Libye dès le premier jour, comme une guerre d’agression impérialiste.

      Des trotskistes comme ça, on en voudrait davantage chez nous. Hélas, nous avons les pitres du NPA, genre Julien Salingue ou Gilbert Achcar. Les gardes rouges de l’impérialisme, les crétins utiles de l’OTAN.

      https://www.les-crises.fr/massacres-a-alep-lettre-a-un-camarade-qui-sobstine-a-justifier-linjustifiable-par-julien-salingue-reponse/
      https://www.les-crises.fr/syrie-empecher-leffondrement-du-regime-assad-entretien-avec-gilbert-achcar/

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    Le Vel d’Hiv et la faute d’Emmanuel Macron, par Jacques Sapir

    23 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #L'Allemagne

    La déclaration d’Emmanuel Macron du dimanche 15 juillet, lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, attribuant à la France la responsabilité de cet acte atroce choque et scandalise. Elle va à l’encontre de ce que dit le droit constitutionnel sur ce sujet. Or, le Président de la République est l’un des garants de ce droit. Elle constitue une faute politique grave et jette au-dessus des moulins une grande partie des principes de notre droit constitutionnel.

    Il convient de savoir que le point de la soi-disant « responsabilité » de la France ou de la République dans les actes commis par le régime de Vichy a été souvent abordé. Les ouvrages d’historiographie abondent[1], tout comme les textes envisageant cette question sous l’angle du droit constitutionnel et du droit public. Bertrand Renouvin a écrit sur son blog un texte très clair sur ce sujet[2]. Mais, on ne peut se contenter d’une lecture purement juridique de cette question, même si une telle lecture est, bien sur, importante. Il y a aussi naturellement la dimension politique et émotionnelle d’un tel sujet, qu’avait illustré le magnifique film « Les guichets du Louvre » en 1974[3].

    Une faute politique

    Il est clair qu’il n’y a nulle continuité entre la République et le régime de fait qui se nommait « Etat Français » et était situé à Vichy. Les textes ici abondent. Il y a bien entendu l’ordonnance du 9 août 1944 qui constate, dans son article 2 que sont « nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels législatifs ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940 et jusqu’au rétablissement du Gouvernement provisoire de la république française »[4]. En fait, le débat en droit constitutionnel porte sur trois choses.

    • L’acte « unique » votant à Pétain les pleins pouvoirs est anticonstitutionnel car le droit public français interdit la délégation d’une compétence sans disposition expresse. En effet, si la loi constitutionnelle du 25 février 1875, qui sert de base au jugement sur la délégation des pouvoirs, accorde au Parlement réuni en Assemblée nationale l’exercice du pouvoir constituant dérivé (et l’autorise donc à réviser la Constitution), elle ne l’autorise nullement à déléguer un tel pouvoir[5]. Cet acte l’a transformé en Tyrannus ab Exercitio tandis que Pétain, en conséquence, était un Tyrannus absque Titulo.
    • Plus généralement, les responsables de la France Libre, et le Général de Gaulle à leur tête, on dès l’été 1940 contesté la légalité du régime de Vichy. Ainsi, dans son manifeste de Brazzaville, le 27 octobre 1940, le général de Gaulle avait proclamé : « […] il n’existe plus de gouvernement proprement français» et « L’organisme sis à Vichy et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel et soumis à l’envahisseur [6]», tout en éditant, le même jour, la première Ordonnance de la France libre établissant le Conseil de défense de l’Empire qui organisait « les pouvoirs publics dans toutes les parties de l’Empire libérées du contrôle de l’ennemi […] sur la base de la législation française antérieure au 23 juin 1940 »[7]. Puis, l’ordonnance n°16 du 24 septembre 1941 créant le Comité national français confirme cela.
    • Un grand juriste, René Cassin, qui avait rejoint le général de Gaulle à Londres et qui après la guerre oeuvra pour la naissance des Nations Unies, a montré dans divers textes la non-constitutionnalité du régime de Vichy[8].

    La question est donc juridiquement tranchée. Selon Éric Conan et Henri Rousso, qui sont les auteurs d’un gros ouvrage consacré à la postérité du régime de Vichy dans la mémoire française et dont une nouvelle édition de 1996 traite spécifiquement de cette question[9], le Président Jacques Chirac, lors de son discours du 16 juillet 1995, prononcé pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’, s’est contenté de reconnaître la « responsabilité de l’État français » concernant les persécutions racistes et antisémites de Vichy, parlant de « faute collective » mais aussi disant : « Cette France n’a jamais été à Vichy ». L’ambiguïté est née de ces formules.

    Responsabilité légale, responsabilité morale

    Mais, dire que la responsabilité de la République n’était pas engagée, que la République était à Londres puis à Alger et non pas à Vichy, ne règle pas le problème moral même s’il règle la question de droit. Si le régime de Vichy a pu se targuer d’une apparence de légalité, c’est bien en raison de la démission et de la trahison d’une partie de l’élite politique française, qui vota les « pleins pouvoirs » à Pétain[10]. Ce point est connu et, des partis alors représentés à l’Assemblée Nationale, aucun n’est sorti indemne. Ce sont des individus qui ont refusé de voter, les fameux « 80 »[11], mais non des partis[12]. La faillite de cette élite politique pose le problème de sa responsabilité et, au-delà, de comment nous, Français, nous affrontons ce problème.

    La démission d’une partie des élites politiques, de ceux qui prétendaient représenter le peuple, en juin 1940 est un problème que l’on doit donc affronter. Car, continuer le combat était possible. Nous pensons, avec les collègues du « projet FTL » et à travers les deux livres pour l’instant publiés[13], avoir montré qu’une poursuite de la guerre eut alors était possible, avec un transfert des forces militaires en Afrique du Nord. Le coût moral de la démission et du processus qui conduisit au régime de Vichy est immense et se fait encore sentir de nos jours. Il explique pourquoi une partie de l’élite française n’a plus confiance en la France.

    Cette démission pose aussi, au-delà de la responsabilité d’hommes et de femmes, et l’on pense à Maurice Papon, à René Bousquet, celle d’une partie de la population française qui n’a pu ou n’a su protéger une autre partie, mais aussi ceux qu’elle avait accueillis. Car, l’un des principes de la civilisation est bien le respect des lois de l’hospitalité. Bien entendu, cette responsabilité doit aussi se mesurer à l’aune des réalités historiques, et cela sans anachronismes.

    La responsabilité des alliés, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qui ont concentré les bombardements stratégiques sur les villes allemandes et les industries, sans beaucoup de résultats, alors que des attaques systématiques sur les voies ferrés et sur les sources d’énergie auraient été bien plus efficaces et auraient empêché, ou à tous le moins considérablement diminué, les déportations, est largement plus importante[14]. Et ce d’autant plus que la réalité et l’ampleur du projet exterminateur des nazis est connu dès l’été 1943, voire avant.

    C’est pour cela que l’on peut admettre sans difficultés qu’il y ait une responsabilité morale, non de la République mais des citoyens et de l’élite politique dans les crimes du régime de Vichy. Cette responsabilité, elle est diffuse, elle est imprécise, elle ne se mesure pas et ne se compare pas, mais elle existe néanmoins. C’était en partie ce que Jacques Chirac voulait dire lors de son fameux discours de 1995 et même si certaines des formulations sont fausses[15], l’idée générale était juste. La rafle du Vel’ d’Hiv fut un crime commis en France, par des français qu’ils aient agi sur ordre de l’occupant ou de leur propre initiative, et non par la France. Mais, parce que nous sommes français, nous ne pouvons détourner les yeux.

    Légalité et Légitimité

    Dans sa déclaration, Emmanuel Macron nous donne une nouvelle preuve que lui, le Président de la République, ne maîtrise pas la distinction entre Légalité et Légitimité, une distinction qui est pourtant au cœur même des principes du droit constitutionnel. Il nous donne aussi une nouvelle preuve qu’il est prêt à sacrifier sur l’autel de la communication et de l’émotion ces dits principes. Ce faisant, Emmanuel Macron a commis une faute grave. Quand on ne sait pas distinguer le Tyrannus absque titulo du Tyrannus ab Exercitio on court le risque, même si on est arrivé au pouvoir de manière légale et légitime, de se transformer en tyran.

     

    Notes

    [1] Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p. Ferro Marc, Pétain, Paris, Fayard, 1987 (réimpr. 2008), 789 p..

    [2] www.bertrand-renouvin.fr/marine-le-pen-vichy-et-le-veldhiv-chronique-136/

    [3] https://www.senscritique.com/film/Les_guichets_du_louvre/473330

    [4]https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006071212&dateTexte=20090620

    [5] Berlia G, « La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 », Revue de Droit Public, 1944 ; G. Liet-Veaux, « La fraude à la Constitution », RDP, 1943 ; Nguyen Quoc Dinh, « La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 portant organisation provisoire des pouvoirs publics », RDP, 1946

    [6] Cité dans : Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, op. cit., p. 71.

    [7] Journal officiel de la France libre (Brazzaville), n 1, 20 janvier 1941, p. 3.

    [8] Cassin René, « Un coup d’État, la soi-disant Constitution de Vichy », La France Libre, Londres, vol. 1, n° 2, 16 décembre 1940 et n 3, janvier 1941

    [9] Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p.

    [10] Voir, Journal Officiel des débats parlementaires, n 43, du 11 juillet 1940.

    [11] Malroux Annie, Ceux du 10 juillet 1940, le vote des quatre-vingts, L’Harmattan, Paris, 2006

    [12] Epstein Simon, Un paradoxe français – Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la Résistance., éd. Albin Michel, Paris, 2008, coll. « Bibliothèque Histoire », 621 p.

    [13] Sapir Jacques (avec F. Stora et L. Mahé) Et si la France avait continué la guerre…T1 et T2, Tallandier, Paris, 2010, 2012.

    [14] http://www.anesi.com/ussbs02.htm

    [15] « Allocution de M. Jacques Chirac Président de la République prononcée lors des cérémonies commémorant la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 (Paris) » (http://www.elysee.fr/elysee/francais/interventions/discours_et_declarations/1995/juillet/allocution_de_m_jacques_chirac_president_de_la_republique_prononcee_lors_des_ceremonies_commemorant_la_grande_rafle_des_16_et_17_juillet_1942-paris.2503.html )

    Source : Russeurope, Jacques Sapir, 16-07-2017

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    Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Écrit par Bertrand Renouvin

    21 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation .

    Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Chronique 136

     
    Marine Le Pen, Vichy et le Vel’d'Hiv – Écrit par Bertrand Renouvin

    La polémique créée à partir des propos de Marine Le Pen sur la rafle du Vel’d’Hiv est hallucinante au sens propre du terme : ce qui est perçu de ce qu’elle dit est étranger à la réalité de ses déclarations.

    Quand un individu est victime d’hallucinations, seul son entourage peut en être troublé. Si des personnages publics, relayés par les médias, condamnent des propos au motif qu’ils exprimeraient le contraire de ce qui est effectivement dit, le trouble devient général car il y a inversion du motif du scandale. La vérité historique est proclamée fausse, l’erreur historique est proclamée absolument vraie et ceux qui contestent cette fausse vérité sont dénoncés comme révisionnistes : tel est le délire collectif auquel il faut résister.

    Quand Marine Le Pen déclare que « la France n’est pas responsable du Vel’d’Hiv », elle ne fait que reprendre la vérité exprimée par les autorités françaises jusqu’en 1995. Vérité historique, qui repose sur une analyse et sur des principes juridiques établis par la Déclaration organique faite à Brazzaville le 16 novembre 1940 : les organismes installés à Vichy sont issus d’un coup d’Etat, le prétendu « gouvernement de Vichy » est une autorité de fait placée dans la dépendance de l’ennemi et dont les actes sont illégaux. La Déclaration de Brazzaville constate que la Constitution est toujours en vigueur et que l’autorité centrale provisoire – qui deviendra le Gouvernement provisoire de la République française – devra répondre de ses actes devant les représentants de la nation lorsque le territoire national sera entièrement libéré. Entièrement libéré : il faut souligner que dès 1940 des territoires français sont administrés par la France libre et participent à l’effort de guerre aux côtés des Alliés. Le Conseil de Défense de l’Empire s’inscrit dans la continuité républicaine et le général de Gaulle est légitime parce qu’il organise la reconquête des territoires occupés – d’abord ceux de l’Empire français puis la métropole.

    Une autorité de fait ne peut être identifiée à « la France » et la complicité des vichystes avec l’Occupant dans la rafle du Vel’d’Hiv relève de la trahison. Nul n’ignore que les hommes reconnus coupables de trahison ont été condamnés à la Libération et que tous les actes de l’autorité de fait ont été déclarés nuls et de nul effet par l’ordonnance du 9 août 1944 que je reproduis ci-dessous, ainsi qu’un article, assorti de documents, que j’avais publié après le discours de François Hollande du 22 juillet 2012.

    Ces pages de notre histoire politique, juridique, constitutionnelle, viennent d’être recouvertes par des déclarations en forme de procès intenté à Marine Le Pen. Le Monde écrit que le « roman national » que Marine Le Pen et Florian Philippot veulent promouvoir est « anachronique et nauséabond » et que leur « version de l’Histoire » ramène la France « au déni de l’après-guerre ». Cela signifie que le général de Gaulle et l’ensemble des autorités de la France libérée sont coupables de « déni » de même, nous dit Le Monde, que toute la génération de la Seconde Guerre mondiale dont François Mitterrand faisait partie !

    Le procès intenté à Marine Le Pen est donc un procès intenté à tous ceux qui récusent les discours sur la culpabilité de la France prononcés par Jacques Chirac et François Hollande : pas seulement aux combattants mais à leurs enfants – aux enfants des gaullistes, des communistes, des chrétiens démocrates, des socialistes patriotes, des royalistes, qui sont fidèles à leurs pères selon la chair ou selon l’esprit. Tous rejetés dans les enfers du déni, du mensonge, de la légende nauséabonde… Ce n’est pas tout : Emmanuel Macron et bien d’autres condamnent la « faute politique et historique » de Marine Le Pen et y voient la preuve que la présidente du Front national est d’extrême-droite. Lorsque Marine Le Pen s’aligne sur le général de Gaulle et sur François Mitterrand, elle est d’extrême-droite ! Lorsque, pressée de questions, Marine Le Pen évoque le « régime collaborationniste de Vichy », elle est d’extrême droite ! Comme si nous pouvions oublier que  pendant toute l’après-guerre, les vichystes s’étaient échinés à faire la différence entre « le Maréchal » et les Collaborateurs !

    La Vérité, c’est l’Erreur. L’Erreur, c’est la Vérité. Nous sommes dans un épisode orwellien qui aboutit, dans le camp du Politiquement correct, à entériner la thèse vichyste : si l’on dit que la rafle ordonnée par les Allemands en juillet 1942 est un crime commis par la France, on reconnaît que Vichy, c’est la France, que Pétain, c’est la France comme le martelait la propagande maréchaliste. A vouloir trop accabler Marine Le Pen, on sombre dans l’inepte.

    ***

    http://www.bertrand-renouvin.fr/vichy-un-pouvoir-de-fait/

    http://www.bertrand-renouvin.fr/chronique-54-francois-hollande-le-vel-d%E2%80%99hiv-et-la-france/

    Ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental.
    Article 1
    La forme du Gouvernement de la France est et demeure la République. En droit celle-ci n’a pas cessé d’exister.

    Article 2
    Sont, en conséquence, nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels législatifs ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au 16 juin 1940 et jusqu’au rétablissement du Gouvernement provisoire de la République française.
    Cette nullité doit être expressément constatée.

    Article 3
    Est expressément constatée la nullité des actes suivants ;
    L’acte dit loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 ;
    Tous les actes dits : « actes constitutionnels »,
    Tous les actes qui ont institué des juridictions d’exception,
    Tous les actes qui ont imposé le travail forcé pour le compte de l’ennemi,
    Tous les actes relatifs aux associations dites secrètes,
    Tous ceux qui établissent ou appliquent une discrimination quelconque fondée sur la qualité de juif.
    L’acte dit « décret du 16 Juillet 1940″ relatif à la formule exécutoire.
    (…)
    Article 7
    Les actes de l’autorité de fait, se disant « gouvernement de l’Etat français » dont la nullité n’est pas expressément constatée dans la présente ordonnance ou dans les tableaux annexés (annexes non reproduites), continueront à recevoir provisoirement application.
    Cette application provisoire prendra fin au fur et à mesure de la constatation expresse de leur nullité prévue à l’article 2.
    Cette constatation interviendra par des ordonnances subséquentes qui seront promulguées dans le plus bref délai possible.

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    Macron : les territoires comme des filiales à (mal) restructurer, par Laurent Herblay

    21 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée

    Macron : les territoires comme des filiales à (mal) restructurer

     

    par Laurent Herblay

    French President Emmanuel Macron delivers a speech during the local government conference dubbed 'National Conference of Territories' held at the Senate in Paris, France, July 17, 2017. REUTERS/Ian Langsdon/Pool
     
    Décidément, dans le rôle d’apprenti-sorciers de la globalisation pour les nuls appliquée aux collectivités territoriales, Emmanuel Macron semble vouloir mettre ses pas dans ceux de son mentor, François Hollande, qui avait déjà charcuté notre carte régionale. Non seulement il propose une mal conçue suppression de la taxe d’habitation, mais voilà qu’il veut réduire le nombre d’élus.

    Les territoires façon gribouille

    Adepte des mesures gadgets s’inscrivant dans la doxa ultralibérale dominante, le président annonce une réduction du nombre d’élus locaux, une mesure qui ne devrait pas déplaire à grand monde, si ce n’est les élus. Mais ce faisant, même s’il y a sans doute des choses à rationnaliser dans les collectivités territoriales, il commet les mêmes erreurs que son prédécesseur. D’abord, il poursuit cette logique comptable du rabotage permanent des budgets publics, qui produit récession, déshabillage de territoires en difficulté, s’inspirant des pratiques des coupeurs de coûts du privé, dans une sphère qui ne peut, ni ne doit fonctionner comme une entreprise, car elle n’a pas du tout la même finalité.

    Bien plus grave, conjugué à la suppression de la taxe d’habitation, Macron complexifie encore l’organisation publique en coupant plus encore le lien entre les ressources de ces collectivités et leurs budgets, ce qui a pour effet de déresponsabiliser les élus, qui deviennent de simples demandeurs et récipiendaires de fonds publics, cassant de plus en plus le lien possible entre les choix proposés par le responsable d’un territoire et validés par les électeurs et ce qu’il fait. Avant, le lien était bien plus direct, permettant une responsabilité claire des élus devant leurs électeurs. Demain, ce lien sera encore plus distant, ramenant des élus du suffrage universel au rang de simples fonctionnaires.

    Et s’il y a des simplifications à faire, comme je le soutenais il y a trois ans et demi, c’était plus dans la réduction du nombre d’échelons. Ce qui est incroyable, c’est que ceux qui nous dirigent ont créé deux nouveaux échelons (la région et l’agglomération), complexifiant la gestion de notre territoire, et réclament ensuite une réduction des moyens qu’ils ont eux-mêmes dispersés. Et dans la grande usine à gaz construite depuis plus de trois décennies, l’État assure une part croissante des moyens des collectivités territoriales, lui donnant les moyens de les réduire à son bon vouloir. La suppression de la taxe d’habitation parachèverait la désorganisation de l’administration de nos territoires.

    Bien sûr, il y a sans doute des choses à améliorer. Mais je crois que ce serait plutôt la suppression des régions et des agglomérations pour revenir au couple département – commune, qui a fait ses preuves, et le retour à des ressources directes, pour que les élus locaux assument directement leurs choix et que les électeurs puissent juger de manière pleine et entière.

    Laurent Herblay
    Membre du CA de l’Association

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