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Le blog de Lucien PONS

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Quand l'Institut Montaigne et le grand patronat exigent "encore plus d'Europe", c'est-à-dire "moins de France"... Le blog de Jean Lévy.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Lundi 20 janvier 2014    

 

Quand l'Institut Montaigne

 

et le grand patronat exigent

 

"encore plus d'Europe

 

c'est-à-dire

 

"moins de France..."

 

Wikipédia :

 

L'Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, AXA, est un think tank (« réservoir d'idées ») français classé à droite et d'obédience libérale. Basé à Paris, il regroupe des cadres d'entreprises, de hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile. Son expertise se porte sur les enjeux de long terme, notamment en matière de politiques publiques , auxquels la France et l'Europe sont confrontées.

 

Conseil d'orientation

Instance consultative de l’Institut Montaigne, qui  a pour principale finalité de nourrir la réflexion de l’institut sur les tendances sociétales lourdes :

 

 

L'institut est financé par environ 90 entreprises dont :

 

 

  .

 

Cette note avance des évolutions ambitieuses pour que ce scrutin donne lieu à une véritable refondation du projet politique européen, pour qu’il réponde enfin aux attentes des citoyens.

 

"canempechepasnicolas" :

 

L'Institut Montaigne, c'est-à-dire une des instances de réflexion du grand patronat, pousse au crime et exige encore plus d'intégration européenne, au détriment de ce qui reste de souveraineté nationale.

Cette prise de position éclaire les vraies motivations du grand patronat : engranger des profits toujours plus élevés, en supprimant les "contraintes" liées encore aux frontières nationales, avec pour objectif :  la généralisation des bas salaires, la suppression du Code du travail et des conventions collectives, des libertés syndicales.

Voilà la "philosophie" européenne de leur Institut Montaigne.

Cette "philosophie", enseignée à leurs commis politiques, et reprise aujourd'hui par François Hollande, son gouvernement "socialiste", son PS, se concrétise dans le pacte diabolique signé avec le Medef.

C'est cette politique mortifère pour notre peuple qu'il faut rejeter le 25 mai prochain, à l'occasion des élections européennes,  en faisant du REFUS DE VOTE un acte politique fort, comme celui du rejet de leur constitution en mai 2005

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-quand-axa-et-le-grand-patronat-exigent-encore-plus-d-europe-c-est-a-dire-moins-de-france-122148078.html

 

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Le nouveau Président des riches annonce normalement des aides au Capital et la fin de la Nation [Cercle Ouvrier 62]

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La lutte des classes

Le nouveau Président des riches annonce normalement des aides au Capital et la fin de la Nation [Cercle Ouvrier 62]

comite-base

Comme Denis Kessler l’avait annoncé en 2007, ce que Nicolas Sarkozy réalisera en partie, Hollande poursuit la destruction systématique et organisée des acquis du Conseil National de la Résistance et offre en rallonge une nouvelle manne financière de 35 milliards d'euros aux entreprises.

 

 

C’est donc un nouveau choc fiscal et sociétal qui se prépare pour les travailleurs qu’ils soient du privé, du public, retraités ou chômeurs, puisque les services publics sont voués à un démantèlement systématique et organisé, quant aux travailleurs qui n’étaient pas imposables sur le revenu, ils le deviendront et d’autres subiront des nouvelles hausses d'impôts. En effet ces 35 milliards de cadeaux au patronat, il faut les trouver quelque part, c’est du même tonneau que les  30 milliards annuels accordés par les lois Balladur de 1993 puis Fillon de 2003 sur l’exonération d’une partie des cotisations sociales employeurs pour les salaires inférieurs à 1,6 fois le SMIC, il suffit de vérifier sa fiche de paie pour bien comprendre.

 

Dans sa conférence de presse du mardi 14 janvier 2014, François Hollande annonce une mesure qu’il considère comme phare : la suppression des cotisations familiales pour les entreprises. D’une part, le gouvernement fait ce nouveau pas libéral pour prolonger le « choc de compétitivité » déjà annoncé avec la décision de passer le taux de TVA à 20% et de 7% à 10% pour la TVA réduite qui a pris effet au 1er janvier 2014, pour alimenter d’ici à 2015 les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt accordés aux entreprises, et de l’autre il annonce son « pacte de responsabilité » qui déplace encore le curseur en faveur du patronat et du capital.

 

Le chef de l’État outre le fait qu’il se dit social-démocrate, est aussi un magicien ou peut-être un menteur, mais il est surtout manipulateur. En déclarant que les ménages seraient épargnés : « pas de transfert de charges des entreprises vers les ménages » oubliant de stipuler « du secteur privé » il dévoile son intention de procéder à 50 milliards d’euros d’économies sur les dépenses publiques d'ici 2017, lesquels s’ajoutent aux 15 milliards d’euros d’économies décidées pour 2014.

 

Il faut donc comprendre que le « préalable à toute baisse d’impôts » qu’il a annoncé pour ne pas contrarier plus, les nombreux ménages redevenus imposables en 2013 et ceux qui le redeviendront en 2014, passe par la réforme de l’Etat, le fameux « mille feuilles bureaucratique ».

 

Ce quinquennat, somme toute facile jusqu’à ce jour à part des sondages défavorables, prolonge la dérive ultralibérale de la France dans l’enceinte supranationale européenne, et sera celui de la réforme au forceps des services publics, de la fusion des régions, de la suppression des entités départementales… c’est-à-dire le démantèlement organisé et systématique de la République et de ses institutions, soient-elles bourgeoises, pour les rendre conformes aux aspirations impérialistes du capital, d’ailleurs dernièrement nous avons rappelé la déclaration de la nouvelle secrétaire d’EELV à ce sujet (la fin de l’Etat/Nation)

 

 

Donc il faut s’attendre à de nouvelles privatisations et externalisations tant au niveau des services publics nationaux que ceux territoriaux. Et la propagande exacerbée par des média malintentionnés ou simplement inféodés, faite autour du soi-disant coût des services publics, « un monde de privilégiés indéboulonnables payés par nos impôts » selon la droite mais aussi selon de nombreux travailleurs désinformés voire même jaloux, crée la division dans la division.

 

 

Il est pourtant difficile de mobiliser les masses et d’expliquer que la volonté présidentielle n’est que de l’enfumage, car il est difficile d’expliquer dans cette période de chômage et de précarité accrue, de rigueur et de dépolitisation, de division au sein même de notre classe sociale, de repli sur soi et de sentiment d’impuissance face à une machine politique et un rouleau compresseur capitaliste, que la solution passe par les masses et rien qu’elles et qu’elles sont le pouvoir sans le savoir.

 

Outre le fait que nous n’avons plus le Parti des masses et de classe à la hauteur de cette bataille idéologique, ni les directions syndicales en capacité ou ayant la volonté de combattre, que des micro partis sèment le trouble dans les esprits, le problème est la vague d’opportunistes politiciens qui submerge les consciences en ne laissant aucune place à la réflexion collective : « ils pensent pour nous et contre nous » « ils votent des Lois que jamais ils ne subiront » « ils se préparent un avenir que nous n’aurons pas ».

 

Notre note du jour est donc la relecture de deux ouvrages de Lénine qui, à l’étape actuelle, sont complémentaires entre eux et utiles à la réflexion collective : « Que faire ? » et « Impérialisme, stade suprême du capitalisme », ils font comprendre qu’une barricade n’a que deux côtés, jamais trois…

 

Le 18 janvier 2014

 

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais

 

 

 

source: http://joukov.eklablog.com/

http://www.communcommune.com/article-le-nouveau-president-des-riches-annonce-normalement-des-aides-au-capital-et-la-fin-de-la-nation-cer-122139467.html

 

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«Les Commandos de l’Affiche rouge» : le témoignage d'Arsène Tchakarian, dernier survivant du groupe Manouchian. Le blog d'Eldiablo.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

«Les Commandos de l’Affiche rouge» : le témoignage d'Arsène Tchakarian, dernier survivant du groupe Manouchian

tchakarian01.jpg

tchakarian02.jpgcliquez sur les textes

 

 

Source : « Le Parisien » du 28 mai 2012

 

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tchakarian03.jpg

Arsène Tchakarian, Hélène Kosséian-Bairamian

« Les Commandos de l'Affiche rouge »

Fin 1942. Dans Paris occupé par les Allemands, l'ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d'un groupe de jeunes juifs, hongrois, polonais, roumains, espagnols, italiens, arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France. Dans la clandestinité et au péril de leur vie, les membres de ce groupe vont monter une véritable armée secrète et devenir des héros.

 

Leurs actions vont harceler nazis et collaborateurs. La police française va se déchaîner : filatures, dénonciations, chantages, tortures... Et finir par les arrêter.

 

Écrit par Arsène Tchakarian, dernier survivant de cette formation et compagnon de la première heure de Missak Manouchian, en collaboration avec Hélène Kosséian, Les Commandos de l’Affiche rouge est un témoignage vrai et sans détour.

 

Editions du Rocher  (20 euros)

Parution en mai 2012

 

http://www.communcommune.com/article-les-commandos-de-l-affiche-rouge-le-temoignage-d-arsene-tchakarian-dernier-survivant-du-groupe-106034777.html

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CNR- Manif du 18 janvier : Gris de pluie mais Rouge d’espoir ! Le blog de Jocelyne Galy.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La lutte des classes

20 janvier 2014

CNR- Manif du 18 janvier : Gris de pluie mais Rouge d’espoir !

Sur CNR

 

Manif du 18 janvier : Gris de pluie mais Rouge d’espoir !

Par Rouge Vif 13 

 

 

Malgré la pluie battante 7000 personnes se sont déplacées pour répondre à l’appel des principales organisations combatives du département des Bouches du Rhône.

 

Il semblerait que se soit une année 2014 plus rouge que grise qui s’annonce !

Faut faire bouillir la marmite 
La CGT vous y invite 
A l’Elysée ou à Matignon 
Ils roulent pour les patrons

 

Naguère dans les Bouches du Rhône, dans les manifs qui se succédaient, on entendait fréquemment ce refrain chanté sur l’air de la chanson de Dario Moréno, La marmite.

 

Depuis décembre, face aux coups que le monde du travail encaisse, tant du grand patronat qui annonce des fermetures à tour de bras que du gouvernement qui laisse faire quand il n’est pas ouvertement complice, la CGT de ce département s’active à faire bouillir la marmite.

 

Chaque semaine, les entreprises en lutte, ce qu’ici on appelle les dossiers départementaux, parce que chaque emploi menacé doit devenir l’affaire de toutes et tous, sont réunies par la direction de l’union départementale CGT qui appelle à l’action inlassablement.

 

A la veille de Noël c’est la mairie de secteur de Patrick Ménucci, candidat PS (et donc supporter du gouvernement actuel) à la mairie centrale qui est envahie. L’action permet la tenue d’une table ronde sur les questions d’emplois du département. Lors de celle-ci, souligne Olivier Mateu secrétaire de l’UD CGT « notre volonté de globaliser la situation départementale en revendiquant un plan d’urgence pour l’emploi a contrarié Préfet et Ministère. Cette globalisation que nous portons depuis plusieurs semaines leur fait peur, elle doit être développée. »

 

Dès le lendemain du 1er de l’an c’est la chambre de commerce qui était envahie et puis, sans laisser au camp d’en face le temps de souffler, ce sont les bureaux de la délégation régionale de la commission européenne qui recevaient à leur tour la visite déterminée d’une centaine de syndicalistes, rejoints rapidement par une manifestation des grévistes de la SNCM. 

 

 

 

Entrevue (courtoise !) entre le « chef » (sic !) de la délégation régionale PACA de la commission européenne et les salarié-e-s en lutte.

 

 Bref aperçu d’un débat qui aurait mérité d’être filmé et diffusé dans le cadre de la campagne des prochaines élections européennes. 

Stéphane SNCM : « D’après vous Corsica Ferries qui navigue sous pavillon international avec des salarié-e-s étrangers payés 400€ par mois respecte-t-elle la loi ? Nous on réclame que tout navire qui navigue en France respecte le droit du travail français (pavillon français 1er registre) : on a tort ? 

-Oui mais il y a eu un accord sur les travailleurs détachés qui va améliorer le cadre » 

Un participant a vite fait de lui rappeler ce qu’il faut penser de cet accord, ce qui le laisse sans voix. 

Un fralibien « Avec votre Union Européenne vous laissez entrer en France du thé que l’on produisait à Gémenos, qui sera désormais produit en Pologne par des ouvriers payés 480€ par mois : où elle est la concurrence « libre et non faussée ? 

-Euhhhh » 

Une salariée du Grand Conseil de la Mutualité : « l’UE veut faire une marchandise de la santé : vous approuvez ? 

-Mais il ne faut pas accuser l’Europe (encore un qui fait semblant de confondre un continent de 52 pays avec un accord entre 28 d’entre eux) c’est aux gouvernements de choisir » . Un camarade des moulins Maurel « oui alors qu’est-ce qu’il attend le gouvernement pour nous ? 

-Euhhhh » 

Et le flot des questions sans réponse continue jusqu’à cette perle.

Un participant lui demande si, à son avis, avec le recul de plus de 30 ans, on a bien fait en France d’appliquer le fameux plan Davignon, ce plan qui mit au chômage des milliers de métallurgistes et sidérurgistes à partir de la fin des années 70, sous prétexte de sauver notre industrie. Et là la réponse tombe sans bavures : « Je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne connais pas ce plan… ». 

Voilà la réponse du chef de la délégation européenne d’une région où les salarié-e-s d’Arcellor Mittal, Ascométal et plus largement celles et ceux de la zone de Fos, se battent depuis des années pour l’emploi…

 

Un LKP marseillais ou une Marcha Patriotica bucco-rhodanienne ?

http://www.rougemidi.org/IMG/jpg/manif_20140118_2_.jpg

 

Sans attendre le 6 février l’UD CGT 13 avait invité les organisations du département [1] dont Rouges Vifs 13 ; à se regrouper contre la politique économique du gouvernement et pour la défense résolue des emplois, des usines, de nos vies.

 

Et on y arrive ! Le récent conflit victorieux des travailleurs de la SNCM et de la CNM ou encore le redémarrage de l’usine de Kem One montre que le gouvernement a plié devant la solidarité des travailleurs. Il y avait bien sur les Fralibs, les Moulins Maurel, LFoundry qui sont eux en Conflit Déterminé et Infatigable ! Si les travailleurs ont déjà gagné en ce début d’année, il est clair qu’ils le pourront de nouveau dans le futur ! A espérer que cette manifestation donnent des idées aux travailleurs pour gagner de meilleures conditions de travail et de vie !

 

http://www.rougemidi.org/IMG/jpg/manif_20140118_3_.jpg

 

Ce qui frappait dans cette manifestation, c’est cette ambiance de joie de lutter ensemble qui semblait pouvoir défier tous les orages et tous les déluges. 

 
Comme l’écrivait le soir même une militante d’Arles : "Trempée jusqu’aux os, mais ravie d’avoir vécu un tel moment".

 

Cette manifestation sous la pluie est bien l’expression populaire qui fait le pendant de la conférence de presse depuis les salons cossus de l’Élysée où l’on parle de sujet futiles. 

 

http://www.rougemidi.org/IMG/jpg/manif_20140118_1_.jpg

 

Si l’on reprend les dernières propositions du gouvernement. C’est plus de 50 milliards d’économie sur le budget qui sont fixées d’ici 2017. Il faudra donc payer les fonctionnaires et les infrastructures publiques avec des cacahuètes... ! Il faut ajouter à cela la suppression de 35 milliards d’euros concernant les cotisations sociales familiales des entreprises.

 

Même l’UMP s’y retrouve et ne peut plus sortir d’arguments ! C’est pour vous dire, l’ancien Premier Sinistre Raffarin, l’auteur d’une des lois dites de "décentralisation" que le gouvernement actuel veut prolonger, a déclaré "Banco" au sujet de la dernière conférence de presse du président ! 

Comment ne pas comprendre que dans ce cadre, que les richesses créées par les travailleurs en France vont toujours plus s’évader, toujours plus leur échapper et toujours plus leur manquer à la fin du mois pour payer le propio, le banquier et le caddie ? Les manifestants des Bouches-du-Rhône ne sont semble-t-il pas dupes sur ce point.

 

http://www.rougemidi.org/IMG/jpg/manif_20140118_4_.jpg

 

Pour Rouges Vifs 13 cette manifestation est un succès pour plusieurs raisons. Cette manifestation va être suivie, entre autres, d’une mobilisation nationale du 6 février à l’appel de la CGT. Le pavé est donc amené à être à nouveau battu alors que le gouvernement multiplie les annonces contre les travailleurs. Au niveau local, les différentes organisations ont pu construire un mouvement unitaire et moteur sur des thématiques qui nous sont chères. Nous avions tous fait le choix de s’unir et se démarquer clairement de cette pseudo-gauche. 


Les organisations ont d’ores et déjà rendez-vous mardi prochain pour faire le point et sur la suite. C’est bien cette démarche de se rassembler pour gagner, initiée par la CGT, qui est le point le plus important. Le 18 janvier n’est qu’une première marche qui a été franchie. les autres vont suivre, n’en doutons pas !

Après l’arrivée devant la préfecture, les moins trempés ou les plus déterminés rejoignaient le rassemblement en solidarité à Gaza que les organisateurs (dont Rouge Vif était) avaient retardé pour que les deux initiatives puissent se rejoindre.

 

[1] la FSU 13, Solidaires 13, PCF 13, PG 13, Ensemble 13, JC 13, ATTAC 13, NPA 13 , Collectif du 1er juin, La FMF, Mouvement de la Paix 13, Collectif 13 Droits des Femmes

 

http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/01/20/28995414.html

 

 

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FRANCE - Nos classes dirigeantes, vues par l'ancienne directrice de l'ENA M.Françoise BECHTEL. Les élites françaises ont honte de la France. Sur Marianne.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

20 janvier 2014

FRANCE - Nos classes dirigeantes, vues par l'ancienne directrice de l'ENA M.Françoise BECHTEL

 

Les élites françaises ont honte de la France
Dimanche 19 Janvier 2014
Propos recueillis par Bertrand Rothé

 

 

L'ancienne directrice de l'ENA, députée de l'Aisne apparentée au groupe socialiste, livre ici un regard très critique sur le rapport des classes dirigeantes françaises à notre nation. De sa fréquentation des politiques à celle des élèves des grandes écoles, Marie-Françoise Bechtel a rapporté de nombreuses anecdotes édifiantes.


Marie-Françoise Bechtel - BALTEL/SIPA
Marie-Françoise Bechtel - BALTEL/SIPA
Marianne : Vous venez d'affirmer dans un entretien publié dans l'Expansion que «la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?

Marie-Françoise Bechtel : C'est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l'avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j'étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd'hui, pour moi, c'est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n'empêche qu'elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l'exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de «vraie patrie des hommes d'affaires», et ce, juste avant de s'y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n'en pensent pas moins.

Ça ne fait qu'un exemple !

M.-F.B. : Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l'étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques... Total ne paie quasiment pas d'impôts en France. Bien sûr, à l'étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d'eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c'est le déni de la nation qui nous entraîne aujourd'hui dans une Europe qui ne cesse de faire monter l'extrême droite. Autre exemple qui m'a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d'arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999, en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d'abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C'est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.

Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d'être fier de son pays, qu'à longueur d'émission de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front national.

Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation a commencé à se développer chez nos élites. Je pense qu'une réponse se trouve dans les écrits de Jean-Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans la République contre les bien-pensants, dans les années 90, il l'a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l'immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu'elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu'elles portent sur leur dos la défaite de 1939, «l'étrange défaite». C'est à ce moment-là que tout se joue. J'ai recueilli à travers des entretiens qui vont d'ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l'état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n'ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d'une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l'envoyé du PC. L'entrée en matière est violente. Le premier envoie à l'autre les accords Molotov-Ribbentrop, l'alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s'offusque et lui répond : «Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ?» Tout le monde s'était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s'assurer du soutien des partis et des syndicats. C'est Washington qui les a réellement remis en selle.

Après la guerre, la droite a eu une chance, c'est ce même de Gaulle. De Gaulle a racheté la droite. C'est pour cela que toute la droite s'est retrouvée gaulliste pendant de longues années. Mais cela n'a pas duré...

Si de Gaulle a racheté la droite, qui pourrait racheter la gauche ?

M.-F.B. : C'est une bonne question, celle de savoir si la gauche est rachetable. Je ne vois qu'une seule personne pour la racheter, c'est Jean-Pierre Chevènement. Pierre Mendès France y a participé à sa manière et je ne pense pas que François Mitterrand mérite tout le mal que de nombreuses personnes disent de lui. Mais je ne dirais pas qu'il a racheté la gauche parce qu'il a fait l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui.

Aucune partie de nos élites ne trouve grâce à vos yeux ?

M.-F.B. : Je n'ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu'il y a des exceptions. Ainsi, par exemple, Jean-Louis Beffa, l'ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n'est pas du côté des banques qu'il faut chercher. L'épargne française est énorme, 17 % du revenu... Qu'en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d'utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d'un double syndrome : d'une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle le «bonisme», c'est-à-dire la bien-pensance vertueuse. D'autre part, elles sont obsédées par l'idée que la gauche manque de légitimité. Celle-ci doit donc être convenable et le montrer. A chaque fois que des ministres se font agresser par la droite, ils se défendent en disant qu'ils respectent les codes du monde libéral. Aujourd'hui, je ne vois guère qu'Arnaud Montebourg qui sorte du lot, même s'il y a quand même des ministres qui travaillent utilement, Michel Sapin par exemple.

Dans les médias aussi, c'est un peu la Berezina. Le mot «nation» hérisse. Libération reste le journal du courant «libéral-libertaire», même si on y trouve encore quelques pépites ici et là. Le Monde ne cesse de me décevoir, cela remonte déjà à assez loin et c'est encore plus vrai ces derniers temps, il ne reste plus grand-chose de ce grand journal. Le Figaro ? Il est devenu l'organe officiel de la mise en accusation de la gauche au pouvoir et à peu près rien de plus.

Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu'ancienne directrice de l'ENA et en tant que conseillère d'Etat, vous en avez beaucoup côtoyé...

M.-F.B. : Généralement, ils partagent l'idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que «l'Europe est notre avenir». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une affaire dépassée.

Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d'abord et surtout Bercy. Le gros morceau, c'est le couple Trésor-Budget. C'est là où tout se joue, tout se décide. C'est impressionnant, le pouvoir qu'ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c'est une grave erreur. D'abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. J'ai été membre de la mission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, eh bien, nous n'avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C'était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l'avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l'argent public. Ils pensent en anglais. Au bout d'un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c'est juste leur employeur. L'autre administration de Bercy qui compte, c'est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrenée par l'idéologie allemande, si j'ose dire. Elle est devenue obsédée par l'équilibre budgétaire.

En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d'abord à mon corps d'origine, le Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes.

Même si c'est fini aujourd'hui, et je le déplore, elle reste une instance irremplaçable de conseil. Je pense ensuite à la préfectorale. Le corps des préfets me semble être une institution qui résiste. Elle le fait d'abord parce qu'elle est un corps qui représente l'Etat et non les féodalités régionales. Ces hauts fonctionnaires sont en contact avec la diversité des problèmes, ils vivent en province, rencontrent quotidiennement les Français. Il y a aussi l'armée. Lorsque j'étais directrice de l'ENA, j'ai rencontré régulièrement les dirigeants de Polytechnique ou de Saint-Cyr. L'armée a fait un très gros effort pour s'ouvrir à la nation, après la malheureuse suspension du service national par Jacques Chirac.

Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l'ENA !

M.-F.B. : Il y a deux choses que je dois d'abord préciser. En tant que directeur de l'ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l'école. En revanche, c'est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j'avais d'ailleurs à l'époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c'est que l'ENA fonctionne comme une école d'application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c'est Sciences-Po, la grande école. C'est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue «l'école du marché», selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n'avait d'ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu'il y a de plus en plus d'élèves d'écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l'ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l'Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m'ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c'était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose pour des gens aussi - comment dire ? - fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.

D'où peut venir l'espoir ?

M.-F.B. : Je suis d'un tempérament optimiste. Regardez les Allemands. Il y a un renouveau de la langue et, au-delà, de la fierté allemande. Il y a dix ans, douze ans, j'avais été invitée à un colloque sur un thème tout particulièrement intéressant aujourd'hui : l'Allemagne a-t-elle le droit d'avoir sa propre élite ? L'Allemagne était à ce moment-là dans un trou, elle n'allait pas très bien. Il y avait là un conseiller de Gerhard Schröder qui était un peu sa tête pensante, un homme très connu à l'époque, je lui ai fait remarquer ma surprise de voir des Allemands qui parlaient en anglais de l'avenir des élites allemandes. Cela me paraissait très paradoxal. Eh bien, ce jour-là, nos hôtes me faisaient part de leur envie : «Vous vous rendez compte, dès que vous avez une réunion publique, politique, vous avez la Révolution française derrière vous, cela vous porte, et nous n'avons pas d'équivalent. Pis, se référer au passé est difficile.»

Je pense aussi que nous avons des bases solides. Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice, malgré notre déficit commercial. Je pense que tout cela est très mal enseigné. On devrait apprendre à nos élites le respect de cette histoire, de cette nation, et on leur apprend l'arrogance et la morgue.

Troisième élément, et non des moindres : je ne sais pas si c'est la nation ou l'Etat qui résiste, mais quelque chose en nous résiste. Nos bases, jusqu'à un certain point, restent solides.

Pour conclure, avec de tels propos, ne craignez-vous pas de rejoindre les intellectuels et politiques qui ont été qualifiés de «néocons» par l'hebdomadaire le Point ? Méfiez-vous, vous vous retrouvez en compagnie de Marine Le Pen...

M.-F.B. : Oublions le ridicule inventaire du Point. Je pense que, si l'on avait davantage écouté Jean-Pierre Chevènement, mieux, si on l'avait élu en 2002, on verrait aujourd'hui ce qu'est la différence entre une conception ouverte, généreuse et patriotique de la nation et le repli frileux, pour ne pas dire infantile, sur des valeurs régressives. Le problème aujourd'hui est de faire comprendre aux Français que la nation bien comprise est source de modernité, non de repliement : mais comment le leur faire comprendre alors que, à gauche comme à droite, l'Europe telle qu'elle dérive est devenue «la grande illusion» ?

Bio express

Marie-Françoise Bechtel fut directrice de l'ENA de 2000 à 2002. Elle est aujourd'hui députée de la 4e circonscription de l'Aisne, membre du Mouvement républicain et citoyen, apparenté au groupe socialiste. Elle est vice-présidente de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Mais elle est aussi un exemple de l'efficacité du système scolaire républicain. Fille d'instituteurs, elle est agrégée de philosophie et conseillère d'Etat.
Posté par Jocegaly
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Après Dieudonné, Taddéi ? Glissements progressifs vers une dictature de la pensée. Le blog de Nicolas Bourgoin.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Antifafs.

Après Dieudonné, Taddéi ? Glissements progressifs vers une dictature de la pensée.

L’affaire Dieudonné n’en finit pas de faire des vagues. Déjà mise en sursis après l’attaque violente de Patrick Cohen contre le choix éclectique de ses invités (Michel Collon, Tariq Ramadan ou Alain Soral, bannis ailleurs, y trouvaient parfois refuge), l’émission de Frédéric Taddéi Ce soir (ou jamais !) a fait les frais de la guerre menée par le gouvernement contre la parole dissidente. Supprimée, elle sera remplacée par un talk-show animé par Alessandra Sublet nettement plus consensuel. L’émission du 10 janvier consacrée à Dieudonné et à laquelle le "sulfureux" Marc-Édouard Nabe fut invité (lire ici) aura été pour l’animateur l’émission de trop, en dépit du déséquilibre flagrant en faveur des anti-dieudonnistes (Jean Bricmont était bien seul contre tous …). La dictature de la pensée unique, c’est maintenant ! 

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Le tableau est éloquent. Pendant qu’il s’aligne sur les intérêts d’Israël (dans les dossiers syriens et iraniens), qu’il se soumet aux injections austéritaires de l’Europe communautaire et aux desiderata du lobby patronal, le gouvernement s’attaque aux rares espaces de parole libre. Dieudonné, insoumis et provocateur, dans le collimateur de Manuel Valls depuis l’été dernier (voir ici mon précédent billet), a été la première victime de la censure d’État. Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et a projeté d’éradiquer tout foyer de réflexion critique. Il est vrai que l’émission de Fréderic Taddéi, en dépit de sa diffusion tardive (22h30), laissait une place à des personnalités bannies des médias officiels car considérées comme des troubles-fête pour les élites dirigeantes. On se souvient (peut-être) de l’émission du 6 septembre dernier consacrée à la Syrie au cours de laquelle Michel Collon, journaliste indépendant, s’est livré à une attaque en règle contre une éventuelle intervention française en démontant avec brio les principes de la propagande de guerre (voir ici), après avoir, dans un précédent numéro de cette émission, fait le procès de la politique israélienne (voir ici). Où celle dans laquelle Alain Soral a pu présenter l’argumentaire de son livre, Comprendre l’empire, au moment de sa parution (voir ici), ou encore celle dans laquelle Dieudonné s’est exprimé longuement sur son histoire personnelle et ses choix politiques (voir ici). Deux invités qui, avec Tariq Ramadan et Marc-Édouard Nabe, font partie de la « liste de Cohen » des personnalités ininvitables car susceptibles de diffuser des thèses en rupture totale avec la pensée officielle (voir ici l’intervention du journaliste Patrick Cohen qui les qualifie de "cerveaux malades").

 

Comment faire accepter un ordre social de plus en plus injuste et brutal qui condamne le plus grand nombre à des conditions d’existence dégradées, alors même que la richesse globale s’accroît et que les profits patronaux explosent ? En muselant la liberté d’expression afin de rendre indicible et même impensable toute analyse critique et soumettre du même coup la population à une pensée qui rende supportable et même acceptable cette réalité vécue. Cette pensée dominante qui prêche la résignation et la soumission à l’ordre établi est en dernier lieu celle de la classe dominante : «Les pensées de la classe dominante sont aussi les pensées dominantes de chaque époque, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose du même coup des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante » écrivait Marx dans le Manifeste Communiste (1848). Près de deux siècles plus tard, cette analyse n’a rien perdu de sa pertinence. L’oligarchie dont les intérêts gouvernent la société dispose de la totalité des grands media : les principales chaînes de télévision, la quasi-totalité de la presse écrite nationale et régionale et des radios appartiennent aux groupes financiers et industriels du CAC 40 (pour une liste détaillée, voir ici). Le sionisme, qui a partie liée avec l’impérialisme français en raison de la situation géopolitique d’Israël – tête de pont de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient -, est devenu une religion d’État. Malheur aux incroyants et à tous ceux qui refusent de se soumettre aux diktats de l’idéologie dominante, ils se verront ostracisés et traités d’"antisémites" (lire ici).

 

Le durcissement de la guerre économique sur fond d’instabilité financière conduit les gouvernements successifs à accroître toujours plus le contrôle social. Toujours plus de répression sur le plan pénal[1], une tolérance toujours revue à la baisse concernant l’expression des idées politiques, un champ de la parole humoristique qui se réduit comme une peau de chagrin. Mention spéciale à la LICRA, véritable police politique de la pensée unique (lire ici). Il y a seulement dix ans, décréter l’interdiction d’un spectacle aurait été impensable et mettre au placard un animateur pour cause d’insoumission intellectuelle aurait provoqué inévitablement des remous. C’est aussi à l’aune de cette passivité que l’on mesure l’emprise progressive du Capital sur les corps et les consciences. On peut déjà entrevoir l’avenir de ceux, de plus en plus nombreux "à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle" : une soumission croissante à la société marchande et à son idéologie.

 

Page facebook à visiter : Combattre le Nouvel Ordre Sécuritaire

 

Pétition à signer pour le maintien de l’émission Ce soir (ou jamais !)

 

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Salariés sans frontières, un film de Gilles Balbastre.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Salariés sans frontières (documentaire)



http://www.youtube.com/watch?v=7Itv-PRjhT0

 

En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la Grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys... Une force sociale relativement structurée autour de syndicats, de partis de gauche, regroupée collectivement, a été ainsi supprimée et remplacée par une autre, celle-ci atomisée, esseulée, désorganisée. Au bénéfice comme d'habitude de ceux, qui comme les De Wendel, ont toujours été soutenus politiquement pour amplifier encore et toujours plus leurs intérêts et leurs profits.

 

Attention le film est programmé à 00h 10....bien sur pour que personne ne puisse le voir ...

N'oubliez pas de  l'enregistrer...merci à tous

Amicalement

Danielle Goussot

 

2.  Lettre de Gilles Balbastre :

Figurez-vous que juste après le documentaire « Les nouveaux chiens de garde », j'ai eu l'occasion de réaliser un documentaire pour France 5, intitulé « Salariés sans frontières ».

Figurez-vous que ce documentaire a été livré en septembre 2012 et que depuis 18 mois, France 5 l'avait « oublié » dans des tiroirs.

Il faut dire que les rapports avec France 5 avaient été très tendus lors du montage au printemps 2012, à l'époque où des dizaines de milliers de spectateurs se précipitaient dans les salles pour voir justement Les Nouveaux chiens de garde. Alors, imaginer qu'il peut y avoir un rapport entre cette censure et le film qui a fait plus de 240 000 entrées au cinéma. Non, quand même pas !! Bon, il est vrai qu'Yves Calvi, un des chouchous de France5, est plutôt bousculé dans Les Nouveaux chiens de garde... Mais, non il ne faut pas voir le mal partout !!

Officiellement, c'était donc la musique du film et son compositeur, le talentueux et indocile Dick Annegarn, qui ne plaisait pas à la chaîne... Officiellement vous dis-je...

Toujours est-il que je viens par hasard de m'apercevoir cet après-midi en surfant sur le Net que France 5 s'est enfin décidé de diffuser « Salariés sans frontières » jeudi qui arrive, le 16 janvier à... zéro heure dix. Honteusement, en catimini, histoire de préserver l'illusion de démocratie. Le film n'a bien entendu bénéficié d'aucune promotion de presse de la part de France 5. Résultat, aucun article, aucun reportage, aucun son. Un lien avec Les Nouveaux chiens de garde ? Non vous dis-je !!!


 

Alors, pour que l'omerta ne soit pas complète, reste à vous tous de diffuser ce message, d'inciter tout un chacun de regarder sur France 5 ce jeudi 16 janvier à zéro heure dix, « Salariés sans frontières », de l'enregistrer et de le montrer autour de vous.

Merci à vous

Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde

 

http://www.youtube.com/watch?v=7Itv-PRjhT0

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François Hollande : « Notre organisation territoriale devra être revue ».

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme territoriale

François Hollande : « Notre organisation territoriale devra être revue »

 

Par La Rédaction, A. l'AFP

Publié le 14/01/2014

 

 

 

Le président François Hollande s'est déclaré prêt mardi 14 janvier, lors d'une conférence de presse, pour la première fois, à faire "évoluer le nombre de régions", dans un souci d'efficacité et de maîtrise de la dépense publique.

« Notre organisation territoriale devra être revue » pour « en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions » de compétences, il devra y avoir « une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales » et cela concerne aussi « les régions dont le nombre peut aussi évoluer », a déclaré François Hollande dans sa conférence de presse.  « Il n’y a pas de raison que (ce nombre) soit le même dans quelques années », a-t-il ajouté.

Une déclaration qui intervient alors que vient d’être adopté le premier texte des lois de décentralisation, qui a créé les métropoles. Le Président de la république n’a pas été plus précis, notamment sur le devenir du prochain projet de loi, consacré aux régions.
En 2009, le comité Balladur, chargé par le président Sarkozy de formuler des propositions pour une nouvelle étape de décentralisation, avait proposé de passer de 22 régions à 15, avant que ce projet soit abandonné.

Pouvoir local d’adaptation - Le président de la République a affirmé que « les régions se verront confier un pouvoir réglementaire local d’adaptation », ce qu’avait déjà annoncé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors de l’adoption du Pacte d’avenir pour la Bretagne, en décembre à Rennes.  Il s’agit de « donner encore plus de libertés aux élus pour travailler », selon lui.

Le chef de l’Etat a aussi confirmé que les régions auront « de nouvelles responsabilités », comme l’avait déclaré M. Ayrault à Rennes. De manière générale, les collectivités territoriales « seront incitées et invitées à se rapprocher », a-t-il dit.

Quant aux départements qui sont « situés dans de grandes aires métropolitaines, ils devront redéfinir leur avenir », comme cela s’est fait dans le Rhône où Lyon a repris les compétences du conseil général sur le périmètre de la communauté urbaine, a précisé François Hollande.  « Pour les accompagner, il y aura des incitations puissantes qui seront introduites et les dotations de l’Etat varieront selon les regroupements qui seront faits », a affirmé le président.
Les collectivités territoriales représentent environ un tiers de la dépense publique.

Conseil stratégique de la dépense publique - Les économies budgétaires restent aussi de mise. Mais pour éviter les coupes « aveugles », un « Conseil stratégique de la dépense publique » se réunira « chaque mois » autour de lui pour fixer les priorités et « évaluer les politiques publiques ». « Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c’est tout le contraire », a assuré François Hollande, qui se définit toujours comme un « social-démocrate ».

Il s’agit, selon le président de la République, d’une « nouvelle méthode » : « Plutôt que de faire des coupes budgétaires aveugles, comme ça a pu être le cas par le passé, et indifférenciées et donc injustes, je propose de mener des réformes structurelles et de redéfinir les principales missions de l’État et de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces ».

Il a rappelé qu’en 2014 le pays allait réaliser « 15 milliards d’économies » mais qu’il en restait, « entre 2015 et 2017, au moins 50 milliards de plus » à faire. « C’est beaucoup, ça n’a jamais été fait », a souligné le président, « c’est l’équivalent de 4% de l’ensemble des dépenses collectives, 4% seulement ».

François Hollande a en outre indiqué qu’en « avril, le gouvernement lancera un deuxième train de mesures de simplification ».

« Considérer les échelons territoriaux dans leur ensemble » - Ces déclarations ont aussitôt fait réagir l’Assemblée des départements de France (ADF) : « Si la réflexion doit maintenant porter sur l’articulation dans les grandes aires urbaines entre les départements et les nouvelles métropoles, elle doit surtout considérer les échelons territoriaux (communes, départements et régions) dans leur ensemble » a prévenu Claudy Lebreton, président de l’ADF, dans un communiqué.  « C’est ainsi qu’il sera possible d’œuvrer à une mutualisation gage d’efficacité, souhaitée par le chef de l’Etat », a-t-il précisé.

L’ADF, qui a reconnu que cette volonté présidentielle de clarifier les compétences est « un moyen pour rendre plus efficace l’investissement public et pour contribuer à l’efficience du service public territorial », demandera prochainement au Premier ministre « des précisions sur la future organisation territoriale de la République ». Après avoir obtenu ces précisions, l’ADF s’engage à se prononcer « publiquement sur le rôle et la place des départements. »

« Une collectivité, une compétence, une fiscalité adaptée » - L’Association des régions de France (ARF) se « félicite » quant à elle de la volonté du chef de l’Etat « d’une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales, de l’attribution aux régions de nouvelles compétences et du pouvoir règlementaire local d’adaptation des lois » (…). « Une collectivité, une compétence, une fiscalité adaptée est le triptyque indispensable à la responsabilisation des élus et à la visibilité de leur action, gage d’une véritable démocratie locale ».

« Enfin, confier aux régions un pouvoir, encadré par la loi, d’adaptation des normes aux réalités et aux spécificités des territoires leur permettra par exemple de mener des politiques plus efficaces en matière de développement durable, de transition énergétique, d’accessibilité des transports ou d’accompagnement de la croissance des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaire, ndlr). »

L’ARF ne réagit pas, dans son communiqué, à l’annonce du chef de l’Etat relative au nombre des régions.

Les métropoles montent en puissance - Michel Destot (PS), président de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), lors des vœux de l’association, se réjouit « que le président ait insisté sur l’importance de la création de 13 métropoles. Quant à un nouveau partage entre départements et métropoles là où il y a des aires urbaines très importantes, sur le modèle de Lyon et du Rhône, le président n’a pas dit qu’il y aurait la même règle partout. Mais il y aura un transfert des compétences vers les métropoles qui ne cesseront de monter en puissance, avec un recentrage de l’action des départements. C’est un changement d’échelle pour plus d’efficacité, avec des moyens mieux gérés par la mutualisation », assure-t-il.

 

http://www.lagazettedescommunes.com/215876/francois-hollande-notre-organisation-territoriale-devra-etre-revue/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=15-01-2014-quotidien#!

 

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ESPAGNE: Une révolte populaire massive à Burgos met en échec un projet de spéculation immobilière : la lutte paye ! Le blog d'Eldiablo.

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'Espagne.

          

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Que se passe-t-il à Burgos ? Cette ville moyenne de 200 000 habitants, située en Castille-Léon est au centre de toutes les attentions en Espagne ces derniers jours : une révolte populaire met en échec un projet de spéculation immobilière, pendant que l’État répond par la force.

 

La municipalité de Burgos ressemble à beaucoup d'autres en Espagne : gérée par la droite (ici le Parti populaire, ailleurs le PS), elle combine clientélisme, corruption marchés publics truqués, privatisation des services municipaux, impôts locaux gonflés et dette vertigineuse.

 

Burgos est même un cas d'école. La ville a accumulé 500 millions d'euros de dette, a quasiment tout privatisé, augmenté trois fois les impôts ces deux dernières années, pendant que la ville compte 18 000 chômeurs.

 

Pourtant le maire de droite Javier Lacalle trouve encore 9 millions d'euros pour lancer un grand projet de rénovation du centre, de la rue Vitoria, située dans le quartier de Gamonal pour en faire le « grand boulevard » de la ville : le projet pharaonique « Gamonal XXI ».

 

Depuis le 9 janvier, les habitants de la ville ont dit Non. Par milliers ils ont bloqué les chantiers de construction, étudiants, chômeurs, femmes au foyer, travailleurs.

 

Ils ont subi la répression des forces de l'ordre, les arrestations, les passages à tabac. Mais ils sont revenus chaque jour depuis : le 11, le 12, le 13 et ce 15 janvier.

 

Ce vendredi 16 janvier, le maire de la ville Javier Lacalle a annoncé l'arrêt définitif du chantier de construction de grand boulevard dans le quartier de Gamonal, tandis que 3 000 manifestants se réunissaient dans le quartier pour fêter la nouvelle. Retour sur une lutte qui a payé.

 

Spéculation et gentrification à Gamonal : les pauvres exclus du travail, saignés … et maintenant chassés de leur quartier !

 

Burgos est une ville espagnole comme une autre, avec ses 18 000 chômeurs. Mais Gamonal est le quartier qui concentre tous les problèmes sociaux. Ce quartier ouvrier – qui concentre la moitié de la population de la ville – connaît les chiffres les plus élevés de pauvreté, de chômage.

 

A Gamonal, les ouvriers souvent immigrés ont déjà perdu leur emploi et leur revenu (la moitié des chômeurs n'ont plus d'aide publique), ils ont perdu leurs services publics, ils risquent maintenant d'être dépossédés de leur quartier.

 

Le nouveau Gamonal n'est pas pour eux : les maisons vont être rénovés, le quartier va devenir commerçant, les rues privatisées. Au nom du développement durable (sic), c'est la gentrification du quartier qui s'annonce et l'expulsion des pauvres hors du centre.

 

Heureusement, les habitants de Gamonal peuvent compter sur leur solidarité, ce qu'il reste d'associations de riverains combatives, d'engagement syndical et politique de classe – surtout auprès du Parti communiste, pour résister.

 

Corruption, privatisation, spéculation : quand le peuple se soulève contre le consensus patronal mafieux

 

Car ce que dénoncent les habitants de Gamonal à Burgos va bien au-delà de ce projet de spéculation immobilière : c'est tout ce système qui régit l'Espagne, responsable de la crise, un capitalisme qui allie corruption, privatisation, décentralisation et collusion entre élites politiques et économiques.

 

Décentralisation et dette publique. Rappelons que l'Espagne est un modèle de « décentralisation », les services publics ont été transférés aux municipalités, aux régions, sans les moyens correspondants, laissant l'alternative : privatisations ou/et coupes, sans oublier hausse des impôts !

 

A Burgos, la dette atteint la somme vertigineuse de 500 millions d'euros. Elle a servi de prétexte aux coupes dans les services sociaux, à l'augmentation des impôts locaux, aux privatisations.

 

Privatisation intégrale. Tout a été privatisé à Burgos ou presque. La municipalité s'attaquant désormais à la santé (hôpitaux), à l'eau et à l'éducation (université). Le projet de « boulevard » s'intègre à cette politique de privatisation de la ville.

 

En effet, la rue et le sol seront privatisés. La rue, jusqu'ici 2 x 2 voies seraient réservés désormais aux transports institutionnels (taxis, bus) déjà privatisés et onéreux, ou à la circulation en vélos, développement durable oblige. La circulation des riverains serait, elle, entravée.

 

Le sol serait privatisé, un exemple significatif : le parking public de 350 places serait remplacé par un parking souterrain de 250 places, privatisé, où la place coûterait 20 000 euros à l'année !

 

Corruption généralisée. L'Espagne est le pays des accommodements véreux, des contrats publics arrangés, des projets immobiliers destinés à gonfler la dette publique comme les profits privés.

 

Ces deux dernières années, deux conseillers de droite de la ville ont été démis de leur mandat pour faits de corruption avérés. Ce n'est qu'un début pour les élus locaux communistes.

 

A qui est confié le projet ?A la « M.B.G. Ingeniería y Arquitectura SL », du magnat de l'immobilier Mendez Pozo, ce dernier est un ami proche du maire Javier Lacalle. Il a même été condamné à deux ans de prison pour faux en écriture pour une affaire de travaux publics … à Burgos, justement.

 

Collusion entre milieux d'affaires et monde politique. Bien au-delà de la corruption, c'est bien la question de la nature des liens entre milieux patronaux et hommes politiques, tout comme la concentration monopolistique de l'économie espagnole qui est en cause.

 

Il suffit de penser que le vice-maire Angel Ibanez a fait le tour de force d'être à la fois le chef de l'Agence de recrutement de l'Université de Burgos (35 000 euros par an), vice-président de la Caisse du Burgos, filiale de la banque Caixa (19 000 euros par an) et enfin conseiller de l'entreprise de travaux publics Fomento, spécialisée dans les marchés des collectivités locales (20 000 euros par an).

 

Qui a dit conflit d'intérêts ?

 

On peut aussi évoquer le patron véreux Mendez Pozo, président de la Chambre de commerce de Burgos, fondateur de six sociétés immobilières (qui lui permettent d'effacer ces compromissions) mais aussi premier propriétaire des médias de la région de Castille-Leon !

 

Ainsi, Mendez Pozo contrôle les journaux suivants : el Diario de Burgos, Diario Palentino, El dia de Valladolid, Diario de Ávila, ainsi que l'ensemble des journaux de Las Tribunas de Castilla la Mancha.

 

Il est aussi propriétaire de la chaine de télévision 4 de Castilla y León et président de l'Agence d'informations Ical.

 

Pas étonnant que le mouvement de résistance des habitants ait été répercutée par les médias locaux comme une émeute d'une violence inédite, mettant en avant les voitures brûlées, les devantures des magasins fracturées, les échauffourées provoquées par des jeunes déchaînés.

 

« Loi de sécurité citoyenne » : un test pour le pouvoir dans sa répression des mouvements populaires

 

En Espagne, la répression contre les mouvements populaires prend une tournure fascisante. La dite « Loi de sécurité citoyenne » surnommée « Loi baillon » (Ley mordaza) par ses détracteurs, votée en décembre dernier, prévoit 51 infractions passibles d'amendes plus ou moins lourdes.

 

Parmi les « infractions graves » (entre 1 000 et 60 000 € d'amende !) : désobéissance à des agents de l'ordre et refus de s'identifier ; manifestation sans autorisation ; offense à l'Espagne et ses symboles ; faire obstruction à des décisions légales (comme lors des expulsions) ; trouble à l'ordre public.

 

Il s'agit ouvertement d'une atteinte à la liberté d'expression, de réunion et de manifestation.

 

Burgos est un test pour cette nouvelle loi. L' « état d'urgence » a été déclarée, plusieurs dizaines de troupes anti-émeute mobilisées sur place. Au 15 janvier 2014, 40 personnes avaient été arrêtés et incarcérés par les forces de police espagnoles.

 

Le ministre de l'Intérieur a ciblé des « groupes violents, extrémistes, anti-système » qui perturbaient l'ordre public et devaient être réprimés par la force. On voit le danger de la nouvelle loi adoptée, les frontières floues entre « trouble à l'ordre public » et « expression d'une opposition ».

 

 

Izquierda Unida contre le PP à Burgos … mais alliée à la droite pour à Oviedo, capitale des Asturies, quelle cohérence ?

 

Dans ce combat, le Parti communiste local – intégré dans Izquierda Unida – a adopté une position digne, cohérente, combative, qui a pu servir de repère aux manifestants.

 

On peut sourire aux larmes versées sur le « non-respect de la démocratie participative » (sic) par la mairie de droite, mais sa dénonciation de la corruption des édiles au Conseil municipal, de la politique de privatisation est tout à fait juste.

 

Ce qui est plus dommageable – et qui pèse sur l'image que peut donner cette formation bariolée,cette auberge espagnole qu'est Izquierda Unida – c'est que toutes les Fédérations, sections d'Izquierda Unida (IU) sont loin de partager la même ligne.

 

On pourrait gloser sur Izquierda Unida en Andalousie qui collabore au gouvernement socialiste, connu pour son niveau de corruption à côté duquel Burgos est une cité propre, connu pour ses politiques d'austérité qui saignent les fonctionnaires locaux et ceux dépendant des aides sociales.

 

On peut aussi prendre des cas de collaboration active avec la droite. C'est le cas en Extrémadure où le PP peut compter sur le soutien d'Izquierda Unida pour gouverner. C'est le cas surtout à 200 km de là, à Oviedo, la capitale de la région des Asturies.

 

A Oviedo, Izquierda Unida a tout simplement choisi de signer un pacte budgétaire, de facto un accord politique de gouvernement avec le Parti populaire, la droite. Un accord dénoncé comme il se doit par le Parti communiste local, mais qui crée un certain malaise, au-delà des Asturies.

 

Oviedo connaît pourtant les mêmes dynamiques que Burgos : privatisations, coupes dans les dépenses sociales, corruption et clientélisme (à niveau certes inférieur à Burgos, mais c'est une question de degré).

 

Izquierda Unida se présente comme une formation à géométrie variable – avec la droite dans les Asturies ou Extrémadure, avec les socialistes en Andalousie, bientôt à Madrid, dans l'opposition en Castille-Léon –, c'est la conséquence de son absence de ligne claire, de toute autre boussole politique … que celle de conserver un maximum d'élus locaux.

 

Même si IU devrait progresser électoralement (on l'annonce à 12 %), bénéficiant de la ligne droitière du PSOE, de l'absence d'alternative à gauche, ainsi que de la radicalisation de la population espagnole, cette ligne floue laisse le mouvement populaire espagnol sans réelle perspective de victoire nationale.

 

Quoi qu'il en soit, la lutte des riverains de Burgos montre que la lutte paye. Vive le Parti communiste d'Espagne quand il joue son rôle d'impulsion des luttes ! Vive le peuple et les travailleurs d'Espagne unis dans le rejet des politiques de casse sociale!


source: Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

http://www.communcommune.com/article-espagne-une-revolte-populaire-massive-a-burgos-met-en-echec-un-projet-de-speculation-immobiliere-122138608.html

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Syrie : Fabius et la fiction de « l'opposition modérée »

20 Janvier 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Lundi 20 janvier 2014     

LE PETIT BLANQUISTE

Bloc-Notes de Jean-Pierre Dubois

 

15 janvier 2014

Syrie : Fabius

et la fiction de « l'opposition modérée »

Quai d'Orsay.JPG 

 

Lors d'une conférence de presse tenue le 9 janvier, Fabius s'est exprimé sur la prochaine conférence dite « Genève II » qui sera consacrée à la situation en Syrie et à la recherche d'une solution politique. [1]

 

Selon lui, cette solution passerait par « l’opposition modérée » ...

 

 

Or, quatre constations s'imposent immédiatement à propos de cette« opposition modérée »  :

1 - Très désunie pour le moment, elle en est encore à s'interroger si elle participera ou non à la conférence ;

2 - Sur le terrain, elle est totalement supplantée par des groupes  djihadistes plus ou moins liés à Al-Qaeda ;

3 - Sa modération reste douteuse quand on sait qu'elle accepte dans ses rangs la brigade al-Farouq connue pour ses crimes monstrueux ; 

4 - Enfin, dominée par les Frères musulmans, elle tend à s'unir sous le drapeau de l’islamisme et à exiger que la charia soit appliquée en Syrie. ; une perspective que nombre de Syriens, à commencer par les minorités (chrétiens, alaouites, druzes,...), ne peuvent accepter.

Selon la lettre de convocation du secrétaire général de l'ONU, l’objet de la réunion de Genève est de « dégager un gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs, par discussion entre les parties ». Donc sans aucun préalable...

N'empêche que Fabius décide - unilatéralement et avant toute négociation - que ce gouvernement de transition devra se faire sans Bachar Al-Assad « avec des éléments du régime, et avec l’opposition modérée ».

Dans la foulée, notre ministre renvoie dos à dos, d'un côté, les terroristes financés et armés par le Qatar et l'Arabie saoudite qui combattent sur le sol syrien [2] ; de l'autre, le gouvernement qui s'efforce de protéger sa population.

Par ailleurs, selon une constante qui lui est propre, Fabius ne voit des « exactions » que du côté du gouvernement syrien.

Pas un mot pour déplorer les milliers de victimes civiles des attentats perpétrés par les djihadistes dans les rues de Damas et ailleurs.

Pas un mot pour condamner la persécution sanglante des minorités de Syrie ; dont celle des chrétiens (voir ma note du 10/01/2014).

Pas un mot de compassion pour les journalistes prisonniers des groupes islamistes dans des conditions inhumaines...

Rien qui puisse contrarier l'obsession de Fabius : envers et contre tout, accabler le seul Bachar al-Assad !

Enfin, on retrouve sa duplicité habituelle qui consiste à exiger des « couloirs humanitaires » alors que l'arrière-pensée évidente est de renouveler le scénario libyen : élargir l'action humanitaire qui pourrait être décidée par l'ONU à une intervention militaire ouverte de l'OTAN.

Pour qui roule Fabius ?

 Fabius Syrie.JPG

Fabius et le chef de l'opposition syrienne "modérée"...

1004369789.png

[1] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/la-f...

[2] Y compris 700 français et étrangers partis de France comme vient de le reconnaître Hollande dans sa conférence de presse du 14 janvier.

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-syrie-fabius-et-la-fiction-de-l-opposition-moderee-122121619.html

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