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Le blog de Lucien PONS

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L'ombre de l'Ukraine s'étend sur les steppes d'Asie Centrale. Par M K Bhadrakumar.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

PTCIL'ombre de l'Ukraine s'étend sur les steppes d'Asie Centrale

M K Bhadrakumar

9 mars 2014

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2014/03/09/ukraines-shadow-on-central-asian-steppes/


La Russie a de moins en moins d'autre choix que celui de «déclassifier» les informations privilégiées en sa possession concernant le fonctionnement des services secrets occidentaux qui ont forcé la prise de pouvoir à Kiev. Il est extraordinaire que la Russie ait remis au Conseil de sécurité de l'ONU cette information avec la demande d'ouvrir une enquête internationale impartiale.


Bien sûr, une telle mesure pour une enquête impartiale sera bloquée par le veto des Etats-Unis. La Russie le sait bien, mais il y a aussi une guerre de l'information en cours sur la situation concernant l'Ukraine, et selon Moscou, alors que les tensions ne cessent de s’accroître, il devient impératif d'exposer la narration US des événements comme étant pure foutaise.


Clairement, la Pologne et la Lituanie ne se seraient pas aventurées dans l'opération de former des extrémistes pour renverser Ianoukovitch sans obtenir le feu vert de Washington. C'est-à-dire que la Russie met sur la table de l'ONU des renseignements secrets concernant un Saint Graal appartenant à la Maison Blanche.


Il s'agit de choses extrêmement sérieuses, car cela jette sur le président Barack Obama une toute nouvelle lumière, et le montrent comme un "guerrier froid", alors que la propagande officielle étatsunienne voudrait nous faire croire que le président est un homme d'État impuissant, agissant largement sous la contrainte de sa politique intérieure.


Ce qui ressort finalement est qu'il n'y aura aucun moyen de réparer les relations US-russes en lambeaux pendant la période qui reste de la présidence d'Obama. De même, la Russie ne va certainement pas baisser sa garde des activités des renseignements US dans son « voisinage proche».


Ainsi, ce ne peut pas être le 'business as usual' en Afghanistan et en Asie centrale, d'habitude présenté comme un modèle important de la soi-disant réinitialisation américano-russe. N'oublions pas que le président Vladimir Poutine a joué un rôle clé dans l'établissement des bases militaires US en Asie centrale à la suite des attentats du 11 septembre 2001.


Jusqu'à présent, la Russie avait une position ambivalente sur l'établissement de bases militaires en Afghanistan par les États-Unis et l'Otan. Mais tout cela va laisser la place à un sentiment de grande méfiance sur les implications de la présence militaire occidentale dans la région, présence militaire à long terme, sans fin définie.

En effet, la prétention de l'adm

inistration Obama que les USA font une faveur au peuple afghan et à la stabilité régionale en gardant une présence militaire à long terme dans la région sera désormais prise par Moscou avec plus qu'une simple pincée de sel.


La mauvaise foi de Washington sur l'Ukraine devrait alerter Moscou sur le grand potentiel pour la CIA d'utiliser le sol afghan pour mettre en place des opérations de «changement de régime» en Asie centrale, et fomenter des troubles dans le Caucase du Nord.


En fait, la récente attaque contre les gardes-frontières du Turkménistan à partir d'éléments d'origine obscure venant d'Afghanistan est un signe avant-coureur de ce à quoi il faut s'attendre. Bien sûr, on accuse les taliban, - mais le Turkménistan garde ses pensées pour lui-même sur cet incident au cours duquel trois gardes turkmènes ont été tués.


Mais pourquoi les talibans devraient-ils attaquer le Turkménistan, qui était autrefois l'une des seuls pays d'Asie centrale à avoir maintenu de bons rapports avec Kaboul, même pendant le régime des talibans à la fin des années 1990?


Autrement dit, on semble vouloir convaincre le Turkménistan (dont la politique étrangère est rivetée sur le principe de «neutralité positive») qu'il a bien besoin de l'aide des États-Unis et de l'OTAN en tant que fournisseur de sécurité.


Par coïncidence, l'incident du 1er mars sur la frontière entre le Turkménistan et l'Afghanistan survient au milieu de rapports selon lesquels le renseignement US est à la recherche d'installations en Asie centrale pour soutenir les opérations de surveillance par drone.


Il est certain que les régimes d'Asie centrale vont regarder très attentivement les développements en cours en Ukraine. Ils savent, à la lumière des rapports de renseignement que Moscou a «déclassifiés» que la cloche sonne pour eux aussi. La décision prise par le Tadjikistan de bloquer la diffusion des radios Liberty et Free Europe, financées par le gouvernement US, est symptomatique des craintes latentes dans la région.


Une curieuse tournure de l'actuelle «révolution de couleur» en Ukraine est le fait que le renseignement US a organisé les ultra-nationalistes comme les fantassins pour monter le coup. Il se trouve que les régimes post-soviétiques d'Asie centrale, notamment en Ouzbékistan et au Kazakhstan, ont également encouragé (pour diverses raisons) les sentiments nationalistes à prendre racine dans la société, et cela pourrait venir les hanter si jamais les puissances étrangères cooptaient les ultra-nationalistes comme cela s'est passé en Ukraine.


Les événements en Ukraine soulignent la facilité avec laquelle des ressentiments populaires peuvent être exploitées par des puissances étrangères pour pousser au «changement de régime». A la surface, la région de l'Asie centrale reste calme, mais presque tous les éléments qui ont fait de l'Ukraine un volcan en attente d'éruption existent là également.


Les protestations au sujet de la présence militaire russe en Asie centrale, par conséquent, ont une énorme toile de fond géopolitique. La Russie estimait jusqu'à présent qu'elle d'un côté, et les USA et l'OTAN de l'autre, auraient une congruence d'intérêts pour réduire, voire éliminer, les facteurs d'instabilité qui affectent la sécurité et la stabilité en Asie centrale et en Afghanistan.


Mais les développements en Ukraine entraînent un changement de paradigme. Il suffit de dire qu’il est trop risqué pour le Kremlin de continuer à contempler  les USA et l'OTAN comme des partenaires bienveillants. Il ne peut avoir échappé à Moscou que l'auteur du fameux livre, Le Grand Echiquier, Zbigniew Brzezinski parle aujourd'hui ouvertement de mobilisation de l'OTAN, "déployant ses forces en Europe centrale afin que nous soyons en mesure de répondre si la guerre venait à éclater et à s'étendre."

 

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2014/03/09/ukraines-shadow-on-central-asian-steppes/

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le Dimanche 25 mai 2014, FUCK UE !

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

FUCK UE ! un tract euroboycott de « Réveil Communiste » [libre diffusion]

 

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le Dimanche 25 mai 2014, FUCK UE !

 

ILS ADORENT TOUS L’EUROPE : MEDIAS / PATRONS / BANQUIERS / PUBLICITAIRES / ONG / MILLIONAIRES / PROPRIETAIRES / RENTIERS / LIBERAUX / SOCIALISTES / ÉCOLOS / CONSERVATEURS / RELIGIEUX / FAUTEURS DE GUERRES ET PLEUREURS PUBLICS / HYPOCRITES DE TOUS POILS

 

Vous ne pouvez pas les blairer, vous voulez les faire enrager ? Vous ne savez pas comment faire ?

 

Qu’est ce qu’ils redoutent ? Le NPA ? Le FN ? Mélenchon ? Dupont Aignan? Dieudonné ? Les partis pirates ?

 

Non ! Ils redoutent l’abstention unanime et massive ! Ils veulent nous voir tous voter aux européennes !

Pour qui ?

Pour n’importe qui, mais ils veulent tous nous voir voter comme des moutons de Panurge pour l’Europe du capital ! même voter blanc ! Ils veulent nous voir faire allégeance au capital !

Et envoyer des plantes vertes à 10 000 euros par mois à Strasbourg !

Comme ça on va nous faire voter du coup :

Contre la classe ouvrière/ Contre la France et les 28 nations/ Contre les paysans/ Contre les fonctionnaires/ Contre l’emploi/ Contre la sécu/ Contre les retraites/ Contre les services publics/ Contre l’IVG/ Contre la paix/ Contre l’école/ Contre les communes et les départements/ Contre la langue française

Contre une foule de pays qui ne nous ont rien fait : Iran, Cuba, Venezuela, Syrie, Libye, Centrafrique … et même la Russie et la Chine !

Et on va aussi nous faire voter, enlevez c’est pesé :

Pour l’euro / Pour le chômage/ Pour le MEDEF/ Pour le fédéralisme/ Pour l’Occident/ Pour le capitalisme/ Pour les rentiers/ Pour les mafias/ Pour le Qatar/ Pour les États Unis/ Pour l’Allemagne/Pour les riches/ Pour les nazis ukrainiens et les djihadistes syriens/Pour l’OTAN et ses guerres à répétition/ Pour les noyades de Lampedusa et pour les salaires roumains !

Dites leur dans leur langue favorite :

FUCK UE !

 

LE 25 MAI NE VOTEZ PAS, ET FAITES NE PAS VOTER ! EUROBOYCOTT !

 

Pas une voix pour l’UE !

Pas un bulletin blanc ou nul !

Pas de vote pour les faux adversaires de l’UE qui touchent ses subventions !  Le seul résultat qui montrera notre révolte contre la destruction programmée des nations de la démocratie et du contrat social c’est le taux d’abstention !

 

Réveil Communiste,

17 février 2014

 

source : http://reveilcommuniste.over-blog.fr/

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-le-25-mai-2014-fuck-ue-tract-euroboycott-libre-diffusion-122598984.html

 

http://www.communcommune.com/article-tract-euroboycott-de-reveil-communiste-libre-diffusion-122618593.html

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Ayrault autorisé à gouverner par ordonnances dès janvier pour « simplifier » les obligations des employeurs.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Ayrault autorisé à gouverner par ordonnances dès janvier pour « simplifier » les obligations des employeurs

Gouvernement Hollande légifère par ordonnances

s'informerLe parlement vient d’autoriser J.-M. Ayrault à gouverner par ordonnance dès janvier pour « simplifier » les obligations administratives des employeurs en matière comptable, fiscale et sociale. L’article 38 de la Constitution de Ve République (1), permet effectivement la dévolution directe du pouvoir législatif à l’exécutif. Pour P. Moscovici, ministre des finances, il s’agit d’une « thérapie de choc pour une France malade de sa complexité réglementaire ».

Le projet de loi qui habilite le gouvernement à légiférer par ordonnances met en oeuvre les conclusions du rapport Mandon (2) du 2 juillet dernier, et doit permettre – lit-on sur le site du gouvernement – « d’amplifier la démarche engagée fin 2012 par le gouvernement, dans le cadre du Pacte de compétitivité de croissance et d’emploi ».

Le processus choisi est à tiroirs. Les ordonnances confient le pouvoir législatif au gouvernement. Le gouvernement délègue ce pouvoir à « un responsable identifié du programme de simplification à destination des entreprises [qui] peut prendre la forme d’un "délégué interministériel de la simplification pour les entreprises" ou de toute autre forme qui lui donnerait la double légitimité vis-à-vis de l’administration et vis-à-vis des entreprises. »

 Le « responsable identifié » met enfin en place « un outil spécifique, dédié  à la simplification pour les entreprises, conçu comme (…) un espace de travail collaboratif où, dans le cadre des réunions des  différents groupes-projet, les administrations et les entreprises contribuent ensemble à la définition, à la mise en œuvre et au suivi des chantiers de simplification. »

(1) Constitution de la Ve République – texte en vigueur -ARTICLE 38. Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication (…)
(2) Mieux simplifier « La simplification collaborative » – le rapport de synthèse est ici

http://parti-ouvrier-independant.fr/2013/12/21/ayrault-autorise-a-gouverner-par-ordonnance-des-janvier-pour-simplifier-les-obligations-des-employeurs/

 

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L’Union européenne en guerre contre les peuples et la démocratie. Texte du POI de mars 2010!

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

L’Union européenne en guerre contre les peuples et la démocratie

Extrait d’informations ouvrières n°89 du 18 mars 2010

 


Sur injonction de Bruxelles, tous les gouvernements européens, les uns après les autres, mettent en œuvre des plans de brutale régression sociale.

 

François Forgue

Comme le Fonds monétaire international (FMI), le Fonds monétaire européen (FME) offrirait une discipline rigoureuse aux pays de la zone euro en difficulté.
Un principe clé serait celui de la conditionnalité des prêts : l’argent ne serait versé qu’aux pays réduisant de façon draconienne leur secteur public, les retraites, les dépenses de santé et plus généralement les salaires.
»

D’où vient cette suggestion, qui a le mérite de la franchise, établissant sans équivoque que la défense de l’euro et le maintien de l’Union européenne exigent la baisse des salaires, le démantèlement de tout le système des retraites et de la protection de la santé, la destruction des services publics ?
Des « chroniqueurs de l’agence économique Reuters Breakingsnews », cités par Le Monde (11mars 2010).

Certes, nos chroniqueurs économiques reconnaissent que « la création d’un Fonds monétaire européen fait face à de solides obstacles politiques ». C’est le moins qu’on puisse dire. Mais est-ce l’essentiel ?
Que de pareils propos soient émis suffit à attester de la profondeur de la crise politique comme économique.

Cette « thérapie de choc » doit s’appliquer, précise-t-on, aux « pays en difficulté ».Mais y a-t-il aujourd’hui dans le monde, et plus particulièrement en Europe, un seul pays qui ne soit pas « en difficulté » ?

Nous sommes tous menacés par les plans de destruction élaborés dans les cabinets ministériels de tous les gouvernements d’Europe et dans les commissions de Bruxelles. L’International Herald Tribune (12mars) titre : « La générosité des retraites menace les budgets de l’Europe. »

Les millions de retraités à 700 euros par mois en France et dans les autres pays sont solennellement avertis : leurs privilèges assurés par une trop grande « générosité » doivent disparaître pour le salut de l’euro.
Dans la crise qui souffle en tempête sur toute la planète, les véritables rapports de force entre les différents capitalismes apparaissent clairement. Il suffit de constater le haussement d’épaules et le rejet méprisant avec lequel ont été accueillis à Washington les plans européens de « contrôle de la spéculation » ou la désinvolture avec laquelle Boeing a évincé EADS pour savoir qui est le plus fort.

Cette situation, loin de conduire à une sorte d’harmonie, engendre au contraire une exacerbation des conflits entres les Etats-Unis et chacune des puissances européennes, et entre ces puissances elles-mêmes. Jamais les divergences d’intérêts entre les différentes composantes de l’Union européenne ne se sont aussi clairement affirmées. Mais cela signifie avant tout que ce à quoi se réduit « l’Union », c’est l’Union contre les travailleurs et les peuples, l’utilisation contre eux des institutions réactionnaires codifiées par les traités de Maastricht et de Lisbonne.
Après le référendum en Islande, les yeux sont aujourd’hui tournés vers la Grèce et vers le Portugal. Ce ne sont que les prémisses, cibles explicitement désignées pour « les plans d’austérité draconiens ».

Les travailleurs de tous les pays sont déjà durement frappés : par millions, les emplois sont détruits. Les plans « à la grecque » sont partout en préparation —ou même déjà en cours de réalisation —dans les pays où le gouvernement est composé de partis de la bourgeoisie comme dans ceux où ce sont des partis d’origine ouvrière qui exercent le pouvoir.

L’euro, qui, en subordonnant la politique économique de chaque pays aux impératifs d’institutions financières multinationales, et avant tout aux plus fortes d’entre elles, a été le meilleur conducteur de la suprématie américaine, est aujourd’hui l’instrument direct de la dislocation de l’Europe, de la mise en coupe réglée de ses peuples.

On utilise souvent le mot « guerre » pour désigner les conflits économiques ou commerciaux.
De ce point de vue, il n’est en rien exagéré de dire que les institutions de l’Union européenne sont en guerre contre les peuples et les travailleurs, contre la démocratie.

 

http://parti-ouvrier-independant.fr/2010/03/30/lunion-europeenne-en-guerre-contre-les-peuples-et-la-democratie/

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Elections européennes : des militants ouvriers venus de quatorze pays soutiennent le "rejet" de l’Union européenne qui va s’exprimer le 25 mai.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Elections européennes : des militants ouvriers venus de quatorze pays soutiennent le "rejet" de l’Union européenne qui va s’exprimer le 25 mai

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Militants ouvriers, syndicalistes ou politiques, ils  se sont retrouvés le week-end dernier à la Bourse du travail à Paris. Ils ont largement contresigné un appel ils affirment leur entier soutien au "rejet" de l’Union européenne qui ne manquera pas de s’exprimer le 25 mai prochain. Ils sont venus d’Allemagne, Belgique, Biélorussie, Chypre, Danemark, Etat espagnol, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Italie, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie.

A lire dans IO

Informations Ouvrières, le journal du POI, qui couvrait l’événement publie  cette semaine de nombreuses interventions de délégués grec, espagnol, italien, slovène, roumain, allemand, britannique et en publiera d’autres la semaine prochaine. L’hebdomadaire relate ainsi, sous la plume de Dominique Ferré, la particularité de cette conférence :

" Alors que les processus de dislocation de l’Ukraine menacent l’Europe tout entière, Claude Jenet — signataire de « l’Appel des 160 » — souligne le caractère symbolique de ce que la séance d’ouverture de cette conférence ouvrière européenne ait lieu dans la grande salle de la Bourse du travail de Paris, sous le buste de Jean Jaurès qui, rappelle l’orateur, déclarait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».

Accueillant les délégués, militants ouvriers, syndicalistes et militants politiques de toutes tendances venus de dix-neuf pays du continent, Claude Jenet souligne l’importance du combat mené, en France, par des milliers de militants de toutes tendances, « pour que l’unité se réalise pour la défense des revendications, et aussi pour éviter l’intégration dans l’appareil d’Etat, pour le compte de politiques dictées par l’Union européenne, de nos organisations.

Il y aura dans les prochaines semaines, le 18 mars, à l’appel de nombreuses organisations de ces deux confédérations, la CGT et la CGT-FO, des mouvements de grève et des manifestations contre le pacte de responsabilité que propose le gouvernement, pacte de responsabilité qui vise d’abord à demander aux syndicats de participer à une opération qui consiste à sacrifier une partie de nos conquêtes, avec notamment la mise en cause de la Sécurité sociale.
(…)

A l’évidence, ces instructions viennent directement de l’Union européenne, des impératifs du capital, dictés par le capitalisme financier. C’est de cela qu’il s’agit. C’est de cela qu’il a été discuté dans la conférence de Tarragone », tenue en mars 2013.

S’inscrivant lui aussi dans cette continuité, Jean Markun ajoute :
« Alors, qu’est-ce qui bloque, et qu’est-ce qui évolue ? En France comme ailleurs, le patronat et le gouvernement se sont armés pour éviter l’explosion sociale. Nous connaissons comme vous tous les pactes de stabilité, les tentatives d’intégration des organisations syndicales, les pactes de compétitivité, la multiplication
des “comités de suivi”, les différentes formes de “dialogue social” et enfin, aujourd’hui,
 le “pacte de responsabilité” en cours de discussion avec les organisations syndicales.
 Autant de dispositifs qui ont pour objectif la domestication des organisations syndicales
et le musellement des travailleurs.
(…) Mais il faut noter l’exaspération de la population. Les inquiétudes sont telles qu’il est possible que l’on soit aujourd’hui confronté à des accélérations subites de l’histoire. »

Et Jean Markun de citer les exemples de la « résistance contre l’accord national interprofessionnel (ANI) et l’appel à la grève le 18 mars » comme des exemples du « mûrissement » en cours dans la classe ouvrière française.
 Des processus qui sont contradictoires, explique-t-il, aux pressions exercées par la Confédération européenne des syndicat (CES), qui, tout comme le « Parlement » européen, prétend imposer un consensus d’accompagnement des plans de destruction dictés par Bruxelles et mis en œuvre par chaque gouvernement. Plus de quarante-sept militants de dix-neuf pays sont intervenus dans le débat.
 Un appel contre la criminalisation de l’action syndicale dans l’Etat espagnol, ainsi que l’appel final dont on lira des extraits [ci-dessous], ont été largement signés par les participants.

Compte tenu de l’importance des matériaux livrés à la discussion, dont nous commençons à rendre compte dans ce numéro, selon un choix nécessairement arbitraire, nous poursuivrons, la semaine prochaine, le compte rendu de cette importante initiative sur le terrain de l’internationalisme ouvrier.

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 L’appel de militants de toute l’Europe

(extraits de l’appel largement contresigné par les militants venus de quatorze pays d’Europe)

“Sur tout le continent grandit l’aspiration de la classe ouvrière à se saisir de ses organisations, pour défaire les plans d’austérité”

« Au moment où nous nous réunissons, les événements dramatiques qui déchirent l’Ukraine sont mis en scène par les représentants de l’Union européenne et des gouvernements européens pour soumettre les travailleurs et les peuples à un odieux chantage. Alors que grandit sur tout le continent l’aspiration de la classe ouvrière à s’unir et à se saisir de ses organisations de classe, pour défaire les plans d’austérité dictés par l’Union européenne, ils osent prononcer cet ultimatum : “Si vous osez, le 25 mai prochain, exprimer votre “rejet” de toute la politique d’“ajustement structurel” mise en œuvre dans le cadre de l’Union européenne et des institutions de Bruxelles, vous porterez, vous-mêmes, l’entière responsabilité de l’extension à toute l’Europe du chaos ukrainien.” (…)

Parmi les interventions que nous avons entendues pour démonter ce mensonge, celles particulièrement marquantes des camarades venus de Grèce et de l’Etat espagnol, et plus encore concernant la situation en Ukraine, montrent à quel degré de dislocation le FMI et l’Union européenne conduisent les peuples (…).

“Nous nous élevons contre la fable d’une “démocratisation” possible des institutions européennes”

Nous récusons les affirmations — émanant ces derniers jours des instances dirigeantes de la CES [Confédération européenne des syndicats — NDLR] (reprenant celles du Parlement européen) — selon lesquelles le principal reproche à faire à la Commission européenne est qu’elle se serait éloignée des traités, comme si les “plans d’ajustement structurel” n’étaient pas tout entiers contenus dans ces traités.

En conséquence, nous nous élevons contre la fable d’une “démocratisation” possible des institutions européennes par un prétendu “Parlement” et nous soutenons de toutes nos forces le “rejet” de l’Union européenne et de ses institutions qui va s’exprimer le 25 mai prochain.

L’expérience est là : le seul espoir pour la classe ouvrière, pour la défense et la reconquête de la démocratie, pour l’avenir de nos peuples, c’est le développement de la lutte des classes qui contraindra chacun de nos gouvernements à abandonner leur politique de “réformes” et à rompre avec l’Union européenne et ses traités.

Aider, par tous les moyens,
la classe ouvrière à se rassembler avec ses propres organisations

L’espoir de la classe ouvrière de tous nos pays réside dans sa propre capacité à se rassembler avec ses organisations, dont l’indépendance aura été préservée, afin d’ouvrir la voie à la mobilisation unie qui triomphera des obstacles qui s’y opposent encore. Nous décidons, par tous les moyens dont nous disposons de l’y aider. »

Reprenant à son compte « l’engagement » largement contresigné à la conférence ouvrière de Tarragone (Etat espagnol), il y a un an, la conférence a conclu par un appel à renforcer « l’action politique coordonnée de tous les participants à cette conférence des 1er et 2 mars 2014, à Paris. Ce sera notre manière, à nous, militants ouvriers responsables, de réaffirmer notre solidarité active avec nos frères ukrainiens, bosniaques, grecs… Ce sera notre manière, à nous, de faire revivre cette valeur essentielle dont s’est doté le mouvement ouvrier, dès son origine : l’internationalisme prolétarien ! »

 

http://parti-ouvrier-independant.fr/2014/03/07/elections-europeennes-des-militants-ouvriers-venus-de-quatorze-pays-soutiennent-le-rejet-de-lunion-europeenne-qui-va-sexprimer-le-25-mai/

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GRÈCE: la troïka exige le LICENCIEMENT de 25 000 fonctionnaires d’ici la fin de 2014

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

GRÈCE: la troïka exige le LICENCIEMENT de 25 000 fonctionnaires d’ici la fin de 2014

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Le principal syndicat grec de la Fonction publique, Adedy a appelé vendredi 7 mars à une grève le 12 mars 2014 et à des manifestations le 19 mars, contre un projet de loi du gouvernement autorisant le licenciement des fonctionnaires et contre l’annonce qu’il embauchera de nouveaux agents pour rendre l’administration plus « efficace ».

 

La troïka des créanciers (Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds Monétaire International) actuellement à Athènes, exige le licenciement de 11 500 fonctionnaires d’ici la fin de 2014 pour débloquer une nouvelle tranche de prêts. Le gouvernement grec compte le réaliser par la fusion ou la suppression d’organismes publics.

 

Cela survient après qu’en 2013, 3 500 fonctionnaires du secteur public ont été licenciés et qu’environ 20 000 agents ont été placés en chômage partiel, l’objectif final étant d’atteindre 25 000 suppressions d’emploi, fin 2014.

 

La troïka réclame la poursuite des licenciements en 2015 ce que selon, l’Agence de la presse grecque, le gouvernement refuse, comme il refuse aussi la libéralisation de plusieurs marchés dont celui du lait, des vivres et des médicaments dans un pays saigné à blanc par les plans d’austérité successifs imposés par la troïka : selon les chiffres de juin 2013 : baisse du salaire minimum de 15% entre 2012 et 2013, taux de chômage de 28%, (mais de 59% pour les 15-24 ans), le tiers des assurés grecs sans assurance-maladie et près de la moitié des Grecs trop pauvres pour chauffer leur logement….

 

Le gouvernement grec espère pour l’Eurogroupe de lundi 10 mars à Bruxelles "un rapport d’évaluation positive" de la troïka sur les réformes déjà réalisées et sur ce qu’il appelle la « stabilisation de l’économie ».

 

source : POI

http://www.communcommune.com/article-grece-la-troika-exige-le-licenciement-de-25-000-fonctionnaires-d-ici-la-fin-de-2014-122881539.html

 

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La crise ukrainienne point par point. Par Bernard Frederick.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

UE-Paix       

La crise ukrainienne point par point
Par Bernard Frederick

1) Les origines de la crise en Ukraine ?

On a fait en Occident des manifestations qui ont débuté à Kiev, en novembre 2013, une riposte à l’annonce par le président Ianoukovitch de son refus de signer l’Accord d’association proposé par l’Union européenne. En fait, comme l’indique l’économiste et spécialiste du monde russe Jacques Sapir, la base du mouvement de contestation « était une révolte contre la corruption bien plus qu’une volonté d’adhésion à l’Union européenne » [1]. Révolte qui court depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991.

Aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis – que ce soit celui des pro-européens, Ioulia Timochenko en tête, de 2005 à 2010, que ce soit celui de Ianoukovitch – n’a réussi à juguler la crise sociale et économique. Tout au contraire, chacun s’est évertué à suivre les « recommandations » du FMI, de la Banque mondiale et de la Commission européenne : privatisations, déréglementations, liquidation des services publics, austérité. L’Ukraine est d’ailleurs à ce jour le second débiteur du FMI dans le monde.

De 1991 à 2012, la production d’électricité a chuté de 35 %, celle de certains produits sidérurgiques de plus de moitié. En 2012, la production de tracteurs ne représentait qu’environ 5 % de ce qu’elle était en 1990, dans un pays où un tiers de la population vit en milieu rural et détient 20 % des sols de terre noire de la planète. L’Ukraine comptait 16 grandes usines de machines-outils qui produisaient 37 000 unités en 1990, seuls trois d’entre elles tentent, aujourd’hui, de fonctionner tant bien que mal, produisant à peine 40 machines par an. Les privatisations ont touché plus de 50 000 entreprises et 45 % d’entre elles sont depuis fermées.

L’économiste Natalia Vitrenko, présidente du Parti progressiste socialiste d’Ukraine, était de passage à Paris, il y a quelques jours. Lors d’une conférence, elle affirmait : « L’Ukraine était auparavant l’un des premiers pays en matière de PIB par habitant, nous étions 11 % au-dessus du PIB mondial moyen par tête. Mais notre PIB a chuté d’un tiers et dès 2012 il n’était plus que de deux tiers de ce qu’il était en 1989. Nous sommes aujourd’hui 40 % en dessous du PIB mondial moyen par tête, en dessous de la Namibie ». Pour Natalia Vitrenko, « Ce que l’Ukraine a gagné au cours de ces années, c’est de la dette extérieure. Nous avons maintenant une dette extérieure qui équivaut au double de nos réserves monétaires en or. Notre dette extérieure brute s’approche des 80 % du PIB. La pire des choses est que cet effondrement a appauvri la population. Le salaire minimum en Ukraine est de 118 euros par mois ; la retraite minimum est de 86 euros par mois ».

Cette situation touche presque autant l’Ouest du pays, plutôt agraire, que l’Est industriel. La détresse sociale est d’autant mal vécue que tous les gouvernements ont usé des recettes néolibérales et tous ont été marqués par une gigantesque et scandaleuse corruption.

Dans ces conditions, l’association à l’Union européenne pouvait apparaître à beaucoup, tant à l’Est qu’à l’Ouest, comme un espoir. Aussi les ukrainiens sont-ils descendus en nombre manifester à Kiev comme à Kharkov, à Lviv comme à Donetsk.

Cependant, dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013, les forces de l’ordre donnèrent l’assaut à la place de l’Indépendance à Kiev – le Maïdan – où les manifestants s’étaient rassemblés. La répression fut violente et disproportionnée. Parallèlement, des groupes néonazis, pour l’essentiel venus de l’Ouest du pays, notamment de Galicie, s’installèrent à Kiev et constituèrent un soi-disant « service d’ordre » sur le Maïdan. Ils agressèrent la police. Ce fut l’escalade. La propagande de ces groupes, dont ceux affiliés au parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) qui dispose, au plan national, d’une assise électorale de 10 % mais de plus de 30 % à l’Ouest, ou celle des fascistes de Pravy Sektor (Secteur droit), encore plus violents, domine depuis tous les discours. Social et éthique à l’origine, le mouvement a ainsi pris un caractère nationaliste, antirusse, voire antisémite. Ainsi, Dmitri Iaroch, le chef de Pravy Sektor, ne cesse-t-il pas de dénoncer « la mafia judéo moscovite ».

2) Ce que proposait l’Union européenne

Le « partenariat oriental » proposé par l’UE avait été initié en décembre 2008 par Carl Bildt et Radek Sikorski, les ministres des Affaires étrangères suédois et polonais, à la veille de l’affrontement militaire géorgien avec la Russie en Ossétie du sud. Cette initiative concerne six anciennes républiques soviétiques : trois dans le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) et trois dans la partie orientale de l’Europe centrale (Biélorussie, Moldavie et Ukraine). L’idée n’est pas d’en faire des membres à part entière de l’UE, mais de les attirer dans son giron par de prétendus Accords d’association (AA), fondés sur un libre-échange complet et approfondi (Deep and comprehensive Free Trade Agreement). À cause de son importance géopolitique, l’Ukraine est la cible privilégiée.

Le projet d’Accord d’association avec l’UE envisageait donc de placer Kiev sous la tutelle d’agences supranationales (le Conseil d’association et le Comité sur le commerce) se plaçant au-dessus de la Constitution et des lois du pays, en tant qu’autorités décisionnelles. Selon Natalia Vitrenko, comme selon plusieurs spécialistes, « La mise en œuvre de l’Accord d’association avec l’UE aurait conduit indiscutablement à la destruction de l’économie du pays, de son industrie, de son agriculture, de ses services et de son secteur scientifique ». De plus, l’UE exigeait de l’Ukraine qu’elle s’inscrive dans la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), ce qui signifiait une rupture totale avec la Russie que Bruxelles voulait voir symbolisée par l’expulsion de la flotte russe de ses bases de Crimée et, sans doute, leur mise à disposition de l’OTAN dans un futur proche. L’UE et les États-unis se sont installés en Ukraine dès 1991, par le biais de dizaines d’ONG. Les cercles de l’immigration ukrainienne au Canada et aux USA (souvent les héritiers d’anciens combattants des troupes nationalistes alliées à l’Allemagne nazie, récupérés par les services occidentaux en 1945 et recyclés comme agents antisoviétiques) ont été mis à contribution pour envoyer sur place des « instructeurs ». La « révolution orange » (204-2005) - elle-même produit de « l’aide » occidentale - s’étant enlisée dans le marais néolibéral et ses protagonistes ayant perdu les élections de 2010 et 2012, les occidentaux sont repartis à la charge. Objectif : pour les Américains, affaiblir la Russie, empêcher Vladimir Poutine de réaliser son projet d’association eurasiatique d’anciennes républiques de l’URSS et continuer l’encerclement du pays par l’OTAN. Pour les Européens, essentiellement pour les Allemands qui ont toujours rêvé de ces confins, il s’agit d’organiser le pillage de l’Ukraine et de s’y ouvrir des marchés sans concurrence intérieure.

Les principaux partis libéraux - Batkivshchyna (Patrie) de Ioulia Timochenko et du nouveau Premier ministre, Arseni Iatseniouk, et l’UdAR (Coup de poing – sic !) de Vitali Klitschko – ont pu être créés grâce aux Américains (Timochenko) ou aux Allemands (Klitchko). Quant à Svoboda (Liberté), son chef néofasciste Oleg Tianybok a non seulement été, lui aussi, généreusement arrosé par les Occidentaux, mais il a eu le droit, comme les autres, à de solides poignées de mains de la part de Catherine Ashton, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, du sénateur John Mc Cain, de bien d’autres, y compris … Laurent Fabius. Celui-ci, qui a tant souffert par le passé d’allusions antisémites, ne sait-il pas qui est ce Tianybok ? Il est vrai que notre ministre des Affaires étrangères s’est empressé, comme ses collègues allemands ou polonais, de saluer le nouveau gouvernement « démocratique » de Kiev que les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont qualifié de « clé pour la sécurité euro-atlantique »... Là encore, Laurent Fabius en connaît-il la composition ? Outre les libéraux connus, font partie de ce gouvernement : Oleksandr Sich (Svoboda), vice-premier ministre ; Ihor Chvaika et Andriy Mokhnik, respectivement ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie (Svoboda) ; Serhiy Kvit, ministre de l’Education (ancien membre du groupe néonazi Trizub ) ; Andriy Parubiy, chef du Conseil national de défense et de sécurité (commandant du contingent d’« autodéfense » du Maïdan) ; Dmitro Iarosh, adjoint de Parubiy (Pravy Sektor, milice néonazie) ; le nouveau Procureur général, Oleg Makhnitsky (Svoboda).

Ce que le dirigeant de l’extrême droite autrichienne, Heider, n’avait pu obtenir à l’entrée au gouvernement de son parti en 2000, les néonazis ukrainiens l’ont obtenu : être reconnus par l’Europe. Pour Heider, la Waffen-SS était une « partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur ». À l’ouest de l’Ukraine, les nationalistes élèvent des monuments à la gloire de la division SS « Galicie ». Avec le fric des européens et des américains ?

3) Quel a été le rôle des ultra-nationalistes ?

Depuis 1991, avec le soutien ou le silence des autorités qui se sont succédées à Kiev et avec l’aide des Occidentaux, on assiste à la réhabilitation de ceux qui ont collaboré avec les nazis : l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et sa branche armée (UPA – Armée insurrectionnelle ukrainienne). Des monuments leur sont dédiés, des cérémonies commémoratives ont lieu, avec drapeaux d’époque, uniformes nazis, etc. Stepan Bandera, le principal chef de l’OUN a été fait « héros » national par les amis de Ioulia Timochenko (future candidate à la présidentielle ?) avant que Ianoukovitch revienne sur cette décision. Depuis novembre, on a vu partout fleurir des portraits de ce Bandera (condamné par contumace en 1944 et exécuté à la fin des années cinquante en RFA par un officier du KGB). Armées, grâce au pillage de postes de police et de casernes, constituées en groupes de choc, les troupes nationalistes venues de l’Ouest du pays, ont réussi à faire basculer des manifestations pacifiques de « pro-européens », et surtout de gens déboussolés, en émeutes sanglantes, ouvrant ainsi un cycle provocations-répressions dont l’aboutissement provisoire a été le coup d’État des 22 et 23 février.

Ces mêmes groupes ont commis à l’Ouest toutes sortes d’exactions contre des églises orthodoxes et des synagogues. Les intimidations et humiliations à l’égard de fonctionnaires ou de dirigeants politiques (le Premier secrétaire du Comité de la ville de Lviv du Parti communiste d’Ukraine, Rostislav Vasilko, a été torturé et se trouve hospitalisé) n’ont cessé, et ne cessent encore, de se multiplier.

La situation est telle que la presse israélienne s’est fait écho de l’appel d’un des grands rabbins d’Ukraine, Moshe Reuven Asman, dans lequel il exhorte les Juifs à quitter la capitale Kiev, à la suite de l’agression sur deux étudiants de la Yeshiva Chabad dans la ville le mois dernier : « J’ai dit à ma communauté de sortir de la ville et si possible de l’Etat … il y a beaucoup de mises en garde sur des attaques prévues contre des institutions juives » [2].

La collaboration avec les nazis des nationalistes ukrainiens, dont se réclament aujourd’hui Svoboda et les autres, a commencé dans les années trente. L’ouest du pays était alors sous administration polonaise depuis 1920, après avoir fait partie intégrante de l’Empire austro-hongrois jusqu’en 1918. Les membres de l’OUN et de l’UPA étaient formés par les SA d’Ernst Röhm en Allemagne. En 1938, au lac de Chiem, près de Berlin-Tegel, et à Quenzgut au bord du lac Quenz, près de Brandebourg, sont créés, par l’Abwehr, le service de renseignement de la Wehrmacht, des centres d’entraînement, en vue de la création d’une cinquième colonne en Pologne et en Union soviétique. Des émigrants politiques ukrainiens y sont instruits.

En mars 1940, avec l’aide de l’Abwehr, la direction de l’OUN organise des groupes de sabotage et d’intoxication des populations à Lviv et en Volhynie soviétiques. D’autres groupes de saboteurs opèrent en Biélorussie et Ukraine. En 1941, l’OUN et son dirigeant, Stepan Bandera, sont fin prêts à participer à l’agression du Reich contre l’URSS. En uniforme de l’Armée rouge, ils commettent nombre d’assassinats ciblés contre les officiers du NKVD [3], cherchent à désorganiser la circulation et à dynamiter des objectifs stratégiques.

En juin – juillet et août 1941, quelque fois avant même l’arrivée des Allemands, comme à Lviv, les nationalistes de l’OUN massacrent sauvagement les Juifs à tel point que les nazis eux-mêmes, effrayés par le côté anarchique de ce début de génocide, interdisent les opérations séparées des nationalistes et en font des supplétifs des Einsatzgruppen. La police ukrainienne alliée des nazis comptera jusqu’à 250 000 hommes. Des milliers d’autres serviront comme gardiens dans les camps d’Auschwitz, Treblinka et Belzec. L’OUN participe activement à l’exécution de prisonniers de guerre soviétiques, notamment des commissaires politiques, à la chasse aux communistes. Elle sera un précieux secours pour les nazis dans la guerre contre les partisans.

Mais pressé de proclamer un État ukrainien indépendant, Bandera déçoit les Allemands qui l’envoient en résidence surveillée en Allemagne, d’où il continue cependant à diriger ses troupes. Il reviendra en grâce en 1943, après le désastre de Stalingrad.

En mars de cette même année, est constituée la division SS « Galicie ». Elle comptera 26 000 hommes mais 80 000 se portèrent volontaires ! Les SS ukrainiens, non contents de se battre contre leurs frères qui servaient dans l’Armée rouge, appuyèrent en 1944 la garde fasciste slovaque contre les partisans après l’échec du soulèvement du 29 août 1942.

A la fin de la guerre, l’OUN et l’UPA, dans laquelle seront reversé les effectifs rescapés de la SS « Galicie » continuèrent de semer la terreur, jusque dans les années cinquante à l’ouest de l’Ukraine désormais soviétique. Bandera, pour sa part, fut recruté par les Services secrets britanniques [4]. Puis, en 1956, Bandera intégra les services de renseignements de RFA, la BND, alors dirigée par le général Reinhardt Gehlen, le chef des services de renseignement militaire pour le front oriental pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des retrouvailles en somme. Un rapport du MI-6 de 1954 fait l’éloge de Bandera en tant qu’« agent professionnel muni d’une expérience terroriste et de notions impitoyables concernant les règles du jeu ».

Après ça, Svoboda peut dormir tranquille !

Les Occidentaux savent tout cela. Ils n’en ont cure. Et les médias ? Rien chez nous ou presque. C’est un peu mieux en Grande-Bretagne : sous le titre : « Des nervis d’extrême-droite détournent l’insurrection pour la liberté en Ukraine », le Time Magazine du 28 janvier faisait un gros plan sur le groupuscule Spilna Sprava (« Cause commune », dont les initiales en ukrainien sont « SS »),qui fait partie de la nébuleuse du Maïdan. Le lendemain, le Guardian titrait : « En Ukraine, les fascistes, les oligarques et l’élargissement occidental sont au cœur de la crise », avec en sous-titre : « L’histoire qu’on nous raconte sur les manifestations paralysant Kiev n’a qu’un lointain rapport avec la réalité »… Seumas Milne, un des journalistes du titre, précisait : « Vous n’auriez jamais pu apprendre par la grande presse que des nationalistes d’extrême-droite et des fascistes sont au cœur des protestations et des attaques contre les bâtiments officiels. Un des trois principaux partis d’opposition menant la campagne est le parti antisémite de la droite dure, Svoboda, dont le dirigeant Oleh Tyahnybok affirme que l’Ukraine est contrôlée par une "mafia judéo-moscovite". Svoboda, actuellement au pouvoir dans la ville de Lviv, a dirigé au début du mois une marche aux flambeaux de 15 000 personnes à la mémoire du dirigeant fasciste ukrainien Stepan Bandera, dont les troupes ont combattu avec les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale et ont participé au massacre des Juifs ».

Alors, en France, on s’y met ?

4) Il n’y aura pas de guerre entre la Russie et l’Ukraine

L’Ukraine est le berceau de la Rus’ auquel appartiennent les deux peuples ainsi que les Biélorusses. Russie et Ukraine sont « mariées » depuis plus de 3 siècles. Tous ces peuples ont traversé les pires épreuves ensemble, qu’il s’agisse de la guerre civile, de la « Grande guerre patriotique » - dont les monuments aux morts sont saccagés aujourd’hui même à Kiev – ou encore des effets du stalinisme. Les armées russe et ukrainienne n’en faisait qu’une il y a vingt ans et la Marine de la mer Noire n’a été partagée qu’il y a 17 ans.

Mis à part les nationalistes de l’Ukraine occidentale, personne ni en Ukraine ni en Russie ne souhaite, ni n’acceptera, une guerre fratricide. La « menace » russe n’existe pas. En revanche, en se donnant le droit de protéger ses ressortissants et la population russophone de l’Est en cas d’agression, Moscou ne fait que ce que ferait n’importe quel Etat confronté à une même situation. La France ne protège pas ses ressortissants en Afrique, par exemple ? Et l’Amérique !?

Alors pourquoi tous ces bruits de bottes ?

La « menace » d’intervention russe fournit l’occasion aux groupes fascistes armés de renforcer numériquement et matériellement leurs troupes et d’accroître leur pression sur la coalition au pouvoir. Celle-ci profite de la situation pour accroître ses exigences vis-à-vis de l’UE et des États-unis, forcer son entrée dans l’OTAN, obtenir un soutien financier conséquent. Les Russes, de leur côté, se présentent comme maîtres du jeu après avoir essuyé un échec avec la destitution de Ianoukovitch. Ils profitent du danger – qui peut être réel – qui plane sur les russophones d’Ukraine pour développer une politique de force qui reçoit en retour le soutien des populations russophones à l’Est et au Sud du pays. Ils constituent un rapport de forces en vue des négociations à venir avec les Occidentaux.

Ceux-ci cherchaient non pas à « libérer » l’Ukraine, mais à déstabiliser la Russie. Manquant totalement de discernement et de connaissance du terrain et bien que prévenus (par des journalistes et des spécialistes) des risques d’implosion de l’Ukraine, ils sont allés jusqu’au bout et ont fait chuter Ianoukovitch, se retrouvent de fait devant une partition du pays (ce qui ne gêne pas les Américains mais est inacceptable par les Européens). Du coup, ils ont offert à Vladimir Poutine l’occasion primo de reprendre la main, secundo de s’installer sans doute définitivement en Crimée, tertio d’accroître l’influence russe à l’Est et au Sud de l’Ukraine.

5) La Crimée

La Crimée, conquise sur les Ottomans, était russe depuis 180 ans quand Khrouchtchev l’a « donnée », en 1954, à la République socialiste soviétique d’Ukraine, dont il était originaire et longtemps le principal dirigeant. Ce changement de cadre administratif ne changeait pas grand-chose, à l’époque puisqu’il avait lieu au sein de l’Union soviétique qui assurait la continuité territoriale. À titre de comparaison, cette même année 1954, la Corse n’était française que depuis 185 ans et la Savoie d’aujourd’hui ne l’est que depuis 154 ans quand la Crimée est « ukrainienne » depuis 60 ans.

Sa population est russe et russophone à près de 90%. Elle n’a jamais vraiment accepté son rattachement à l’Ukraine.

La principale base militaire et navale russe sur la mer Noire se trouve à Sébastopol en Crimée. Un accord prévoit que le bail concédé par l’Ukraine doit se poursuivre jusqu’en 2042. La coalition libérale-fasciste n’a pas caché sa volonté d’abroger cet accord. Le projet d’Accord d’Association entre l’Europe et l’Ukraine présenté par Bruxelles fait de l’évacuation de la marine russe de Crimée un point nodal.

On peut considérer – c’est l’avis de plusieurs spécialistes et même, en privé, celui de diplomates occidentaux – que la Russie demeurera en Crimée quelque soit le statut qu’adoptera celle-ci. Le 6 mars, le parlement de la région a demandé à une écrasante majorité le rattachement de celle-ci à la Fédération de Russie en tant que « sujet ». Un référendum doit avoir lieu le 16 mars. Son issue ne fait guère de doute. Les Occidentaux vont crier au scandale, à l’annexion, à l’Anschluss. Pourtant, il y a une jurisprudence européenne : le Kosovo. Ils ont bombardé la Serbie pour que ce morceau de son territoire, berceau de son histoire, accède à l’indépendance, sous prétexte qu’il était peuplé en majorité par des Albanais.

6) Y a –t-il un risque de démembrement de l’Ukraine ?

Les élections présidentielle (2010) et législatives (2012) ont permis de mesurer « combien la politique ukrainienne était marquée par une division entre des populations russes (et russophones) regroupées à l’Est du pays et des population ukrainnophones, dont une partie habite les régions qui, avant 1914, étaient soit dans l’empire Austro-Hongrois soit étaient en Pologne. L’Ukraine est un pays neuf, dont l’existence est fragilisée par ces divisions » (Jacques Sapir, article cité plus haut).

En effet, c’était bien la réalité, avant le coup d’État des 22 et 23 février. Au lendemain de celui-ci, cependant, les nouvelles autorités, dont la légalité est pour le moins contestable, ont abrogé la loi sur les langues qui donnait au russe le statut de langue régionale là où il était parlé par au moins 10% de la population.

Après les slogans antirusses, la démolition des monuments aux morts de la guerre de 41-45, le renversement de statues de Lénine, les appels à une sorte d’épuration ethnique, c’en était trop. À l’Est et au Sud (Odessa), des manifestations, parfois violentes, se multiplient. Le drapeau russe est hissé sur des bâtiments publics et ici et là, les gouverneurs nommés par Kiev sont conspués voire remplacés.

C’est la même chose à l’Ouest, mais là, ce sont les nationalistes qui sont à la manœuvre. Le résultat est cependant le même : le pouvoir central – existe-t-il autrement que pour les Occidentaux, - n’a plus les moyens d’intervenir, de se faire respecter et de faire respecter la loi. À cela près que les nationalistes, comme on l’a vu, siègent au gouvernement. Sans déposer les armes ! Sans renoncer à leur « prise de guerre » à l’Ouest à Lviv, en Galicie ; en Volhynie ; à Revné (Rovno), à Ternopil…On voit mal ces groupes lâcher prise.

Reste le centre du pays et Kiev. La capitale est sous le contrôle des groupes armés dont le chef, on l’a vu, est, aujourd’hui, responsable des forces de sécurité. C’est un peu comme si, en 1968, de Gaulle avait nommé Cohn-Bendit ministre de l’Intérieur ou préfet de police. La population russophone vit dans l’angoisse et s’abstient de tout mouvement – au moins pour le moment. Mais au-delà de Maïdan et du périmètre des ministères et du parlement, que pense-t-on ? Qu’espère-t-on ? La coalition libérale-fasciste peut s’estimer majoritaire, mais elle ne contrôle presque rien. Les groupes armés la tiennent en otage.

Conclusion : on parlait avant les événements de deux Ukraine – ukrainisante et russophone -, grâce aux Occidentaux, il y a au moins quatre aujourd’hui : l’Ouest nationaliste ; l’Est pro-russe ; la Crimée ; les régions centrales, indécises qui basculeront d’un côté ou de l’autre en fonction de la politique économique et sociale qui sera suivie comme ce fut le cas en 2004-2005, avec « la révolution orange » et en 2010-2012 avec l’élection de Ianoukovitch et le succès de son parti aux législatives.

7) Quelles solutions pour sortir de la crise ?

Compte tenu de la situation, des négociations directes entre Moscou et Kiev semblent impossibles. Néanmoins, il se peut que des rencontres aient lieu entre certaines personnalités ukrainiennes et le gouvernement russe. Avec Ioulia Timochenko, par exemple, que les Russes connaissent bien et qui sait, quand il le faut, « faire de la politique ». C’est cependant très incertain.

L’issue dépend surtout de négociations entre Occidentaux et Russes. Celles-ci auront une dimension économique essentielle tant il y a aujourd’hui d’interdépendances entre la Russie, l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis. C’est également pourquoi la menace de « sanctions » brandie par les Occidentaux est parfaitement ridicule : suppression des visas ? Tout un pan de l’économie française en ferait les frais, à commencer par le secteur du luxe, suivi du tourisme (40 000 Russes cet hiver à Courchevel !), celui de l’immobilier, notamment sur la Côte d’Azur.

L’Union russe de l’industrie touristique (RST) a fait ses comptes. Elle rappelle qu’en 2013, « les pays de l’UE ont accueilli près de 19 millions de Russes, dont 7,7 millions de touristes. En Espagne [dont le chef du gouvernement suggère de refuser les visas aux Russes NDLR], l’afflux de touristes russes se développe à un rythme beaucoup plus rapide que l’afflux de touristes en provenance de tout autre pays » [5]. Selon la Direction des statistiques de Russie, plus d’un million de Russes y ont passé leurs vacances l’année dernière. « Si en 2013, l’ensemble des flux touristiques en Espagne a augmenté de 5,6 %, le flux de touristes russes a accusé une hausse de près de 32 % ». Selon la même source, en Grèce, le nombre de Russes a augmenté de 70 % en 2013, dépassant un million de personnes. Ce pays n’aurait-il pas besoin de touristes ?

Selon le ministère espagnol du Tourisme, cité par l’agence de presse russe RIA-Novosti, les Russes laissent dans ce pays des sommes de 47 % plus importantes que les touristes des autres pays. « Un touriste russe dépense en moyenne en Espagne 159 euros par jour contre 108 euros dépensés en moyenne par les touristes des autres pays. En 2012, les touristes russes ont rapporté à l’économie espagnole 1,8 milliard d’euros de bénéfices » [6].Il en va de même de l’Italie où ils ont dépensé 1,2 milliard d’euros en 2013.

Quant à la France, la société spécialisée Atout France estime à un million le nombre de touristes russes qui sont attendus cette année. « Une clientèle stratégique », explique-t-elle en rappelant que « le nombre de touristes russes voyageant à l’étranger devrait augmenter de 7 % à 16 % par an dans les prochaines années » [7].

Tout cela n’a pas un petit côté « pacte de compétitivité » ?

Alors sanctions ou pas sanctions ? Si les Européens décident de sanctions, ils risquent fort l’effet boomerang. La Russie détient quelques clés du point de vue économique et, surtout, énergétique et cela pourrait bien faire du dégât. D’autant que, comme le dit le dicton populaire, « qui va à la chasse perd sa place ». Dans le cadre de la mondialisation, ça ne pardonne pas.

Il y a, pour sortir de la crise, selon nous, au minimum 4 points incontournables.

La Russie, Vladimir Poutine l’a déclaré le 4 mars, ne croit pas en l’avenir de Ianoukovitch. Elle n’exigera donc pas son retour, mais, en revanche, elle tient à l’application de l’accord signé le 21 février entre le président et l’opposition, en présence des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais et du représentant russe : élection présidentielle anticipée, amendement de la Constitution, gouvernement d’unité nationale. Même si Kiev a déjà pris certaines dispositions en ce sens, elles restent illégales, la lettre de la Constitution actuelle n’ayant pas été suivie. Ce point est peut-être négociable.

La mise à l’écart des fascistes de Svoboda et autres groupes factieux et leur désarmement. Celui-ci pourrait s’accompagner du désarmement parallèle des milices pro-russes à l’Est et au Sud. Ce point ne devrait logiquement pas poser de problèmes ni côté russe ni côté occidental, à moins que le soutien aux fascistes ne soit définitivement acté par l’Occident !

Quelle que soit la forme que cela prendra, la question de la Crimée est, on l’a vu, tranchée. Le référendum du 16 mars pourrait représenter, pour l’Occident s’il fait preuve de bonne volonté, un cadre acceptable, démocratique, pour reconnaître le nouveau statut de la Crimée. Des facilités pourraient être laissées à la Marine ukrainienne en échange de la continuité des approvisionnements d’énergie. Sinon, il se passera pour la Crimée ce qui s’est passé pour l’Ossétie du sud et l’Abkhazie : on oubliera. De toute façon les Occidentaux n’y peuvent rien. Quant aux Russes, encore une fois, ils n’ont pas digéré l’affaire du Kosovo…

Compte tenu de la partition de facto du pays, l’Ukraine devrait évoluer vers un statut de Fédération, reconnaissant une autonomie, notamment culturelle, linguistique et religieuse, aux différentes régions. De même, un retour à la reconnaissance du russe comme langue régionale (mais aussi du roumain au sud-ouest, du hongrois et du polonais) s’impose.

Contrairement à ce que l’on laisse accroire en Europe, la balle n’est pas du côté russe, dans cette affaire, mais bien du côté occidental. Que le Kremlin ne reconnaisse pas un gouvernement issu d’un putsch reste son affaire – les Européens n’avaient pas, fort justement, reconnu les putschistes de Moscou en 1991. Les relations entre l’Ukraine et la Russie demeurent de leur ressort. Le peuple de la Crimée a, comme tous les peuples, droit à l’autodétermination.

La « realpolitik » voudrait qu’une fois pour toutes, on accepte le fait que la Fédération de Russie ait hérité de l’Empire Tsariste et de l’URSS des relations particulières avec de nouveaux États qui, il y a 23 ans, faisaient encore parti du même espace commun, dont les économies demeurent agrégées et où la communauté des peuples a souvent débouché sur une communauté de vie pour des millions d’hommes et de femmes.

Bernard Frederick est journaliste, ancien correspondant permanent de l’Humanité à Moscou.

Notes :

[1] Mediapart 2 mars 2014.

[2] Ma’ariv du 21 février 2014.

[3] Service de renseignements soviétiques ancêtre du KGB.

[4] Cf Stephen Dorrill, M16 : Inside the Covert World of Her Majesty’s Secret Intelligence Service, Simon and Schuster, 2002.

[5] Ria-Novosti, le 6 mars 2014.

[6] Idem

[7] http://www.tourhebdo.com/ 14 janvier 2013.

 

http://www.lafauteadiderot.net/La-crise-ukrainienne-point-par

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Tract : 10 raisons de boycotter l’élection du parlement européen le 25 mai 2014. Le blog de Jocelyne Galy.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

MPEP-2014-boycott109 mars 2014

Tract : 10 raisons de boycotter l’élection du parlement européen le 25 mai 2014

Attention... Ne pas confondre "s'abstenir" et BOYCOTTER!!!
Boycotter c'est expliquer et faire savoir le plus largement possible pourquoi un vote même blanc cautionnera cette arnaque (arnaque: cette UE là, bien sûr)... De toutes manières , les mêmes seront élus: Ce n'est donc qu'une caution apportée à l'UE telle qu'elle a été imposée aux Français en 2005- contre leur volonté exprimée par le référendum .
Avec  le boycott, une véritacle action peut commencer, d'information et de prise de conscience qui libère les moutons de l'influence des anesthésieurs!!

 

 

 

 

 Sur M'PEP

http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/03/09/29395846.html

 

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UKRAINE - Déménagement de l’or ukrainien (Où sont parties, cette nuit, les réserves d’or de l’Ukraine ???) Le blog de Jocelyne Galy.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

09 mars 2014

UKRAINE - Déménagement de l’or ukrainien (Où sont parties, cette nuit, les réserves d’or de l’Ukraine ???)

Le peuple ukrainien va peut être avoir la paix maintenant (mais ce n'est pas sûr: il reste pour les US et cette UE des banquiers ,  des terres à privatiser, de la main d’œuvre à exploiter, etc...)

 

 

Sur RESEAU INTERNATIONAL

201208070944 Economie - Finance  


Déménagement de l’or ukrainien


Partout où arrive la , la première chose que l’on constate, c’est la mise à disposition généreuse de la part des d’avions-cargo pour que la nouvelle équipe puisse sauvegarder son dans  un endroit plus sécurisé, les coffres de la , par exemple.

C’est un bonus qui fait partie  du pack « liberté, démocratie, droits de l’homme ».

 

***

Selon le iskra-news.info la nuit dernière, les réserves d’or ukrainien (40 boîtes scellées) ont été chargées dans un de transport non identifié à l’aéroport Borispol de . L’avion a immédiatement décollé.

Une source au le gouvernement ukrainien a confirmé que le transfert des réserves d’or de l’ aux États-Unis a été ordonné par l’actuel Premier Ministre Arseny Iatseniouk.

Donc, je suppose, si en effet cette information est vraie, que cela signifie soit que la nouvelle élite dirigeante a volé des lingots d’or ou que peut-être elle craignait que les Russes ne prennent possession de ces lingots. Quoi qu’il en soit, tout cela est très  louche.

Conclusion

Récit officiel : les lingots d’or vont aux  Etats-Unis.

Récit réel : probablement en où ils seront partagés entre Ioulia et ses copains.

 

Traduction Avic

http://newswire-24.com/2014/03/07/4827/

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Etats-Unis: Sarah Palin sort l'arme nucléaire contre Vladimir Poutine. AFP, 9 mars 2014.

9 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Etats-Unis: Sarah Palin sort l'arme nucléaire contre Vladimir Poutine

AFP, 9 mars

L'ancienne candidate à la vice-présidence des Etats-Unis et vedette de télévision Sarah Palin a conseillé samedi, à sa façon, au président Barack Obama d'adopter une stratégie plus ferme face à son homologue russe Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne.

"La seule chose qui puisse arrêter un méchant avec une arme nucléaire, c'est un gentil avec une arme nucléaire", a-t-elle déclaré en clôture de la grande conférence du mouvement conservateur américain (CPAC), près de Washington. La phrase est calquée sur le fameux slogan du lobby des armes à feu aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA): "la seule chose qui puisse arrêter un méchant avec une arme à feu, c'est un gentil avec une arme à feu". La sortie, prononcée au milieu d'un discours émaillé de jeux de mots, d'imitations et de blagues, a déclenché une standing ovation des milliers de participants.

Sarah Palin a raillé l'administration de Barack Obama pour avoir menacé le président russe avec "un téléphone et un stylo". L'ancienne gouverneure de l'Alaska, sans responsabilité politique depuis 2009, avait été choisie à la surprise générale par John McCain comme candidate républicaine à la vice-présidence en 2008. Elle s'est lancée depuis dans une carrière à la télévision, et prononce des discours à travers le pays. En 2010, Sarah Palin a participé avec toute sa famille à une série de télé-réalité à son nom, "L'Alaska de Sarah Palin", sur la chaîne TLC. Elle est actuellement commentatrice politique rémunérée de la chaîne d'informations conservatrices Fox News. Elle lancera le 3 avril une nouvelle émission, "Amazing America", sur une chaîne du câble spécialisée dans le tir, la chasse et la pêche, Sportsman Channel. 

 

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Les tensions en Ukraine vont augmenter la semaine prochaine

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2014/03/08/ukraine-tensions-to-rise-next-week/

M K Bhadrakumar

8 mars 2014

Washington n'est évidemment pas du tout intéressé à creuser la divulgation sensationnelle qu'il y avait une tentative orchestrée par des extrémistes ukrainiens pour prendre le pouvoir en Ukraine. L'argument de la Russie que ceux qui ont usurpé le pouvoir à Kiev n'ont pas de légitimité, est tombé dans l'oreille d'un sourd.

Cela signifie effectivement que les échanges américano-russes sur l'Ukraine manquent de transparence. En fait, l'administration Obama a poursuivi sur sa lancée et a imposé des sanctions à la Russie. Ainsi a donc fait aussi l'Union européenne (sous la pression étatsunienne), malgré la divulgation des enregistrement téléphoniques dans lesquels la chef de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton, plaidait pour la dissimulation  de ce qui s’était passé réellement en Ukraine .

La rupture de la confiance entre le président russe Vladimir Poutine et Obama aura des répercussions, ainsi que le montre la lecture du Kremlin de leur conversation de jeudi. De toute évidence, les États-Unis veut que Moscou accepte le changement de régime à Kiev comme un fait accompli - quelque chose que la Russie n'acceptera pas.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné qu'il n'y avait pas lieu de diaboliser la Russie au lieu d'aborder le cœur du problème en Ukraine, qui est le fait la présence des ultra-nationalistes [ ?] [« which is that the ultra-nationalists are calling the shots. »]

Qu'est-ce qui va se passer ensuite ?

Les choses peuvent aller de mal en pis . La Russie a vivement réagi aux sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne. Moscou a carrément menacé l'UE de représailles et Lavrov a déclaré au Secrétaire d'Etat américain John Kerry que les sanctions de Washington étaient "hâtives et irresponsables" et qu"elles frapperaient inévitablement les États- Unis comme un boomerang ."

Les USA ont déployé six avions de combat F-15 dans la région de la Baltique et proposent de déployer une douzaine de chasseurs F-16 en Pologne. En outre, un destroyer lance-missiles de la marine US a traversé le Bosphore et est entré en mer Noire (ce qui est bien sûr symbolique puisque la Convention de Montreux interdit aux navires de guerre de tout pays ne bordant pas la mer Noire, de rester dans la région au-delà de 21 jours.)

La Russie a à son tour ordonné de grands exercices militaires avec des unités de défense aérienne à 450 km de la frontière ukrainienne, décrits comme le plus grand exercice de ce genre jamais réalisé dans la région . La Russie a également procédé à des tests de tir de missiles balistiques intercontinentaux. De toute évidence, ce sont des gesticulations mais, néanmoins, juste au cas où ....

Les tensions , à coup sûr , vont augmenter la semaine prochaine comme la Crimée maintient le référendum du 16 Mars sur le rattachement à la Russie. Le journal russe Novaïa Gazeta indique que la frontière entre la Crimée et l'Ukraine est en train d'être minée.

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