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Le blog de Lucien PONS

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Communiqué en réponse au Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden. Le Grand Soir

14 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Amérique Latine

Le 13 mars 2014.

Communiqué en réponse au Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden

Le Vice-président du Venezuela a rendu public un Communiqué en réponse au Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden

Vice-présidence de la République

 
Caracas, 9 Mars 2014.


Du « Cuartel de la Montana -4 de Febrero », le Vice-président de la République, Jorge Arreaza a fait connaitre un communiqué officiel du Gouvernement bolivarien, en réponse aux déclarations faites par le Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, qui accusait le Président constitutionnel de la République Bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, d’inventer des conspirations contre son pays et qui qualifiait d’alarmante la situation actuelle du pays.


Le Vice-président Jorge Arreaza a affirmé qu’il existe bien un complot international de gouvernements et de médias qui veulent dénaturer les événements qui ont lieu au Venezuela en nous faisant passer en dehors de nos frontières pour un pays où les droits humains sont bafoués et où ont lieu des confrontations graves entre les citoyens. « Il est bon que le peuple du Venezuela sache que les Etats-Unis font partie de cette conspiration internationale qui a voulu donner l’impression que le Venezuela vit une espèce de guerre civile, d’un affrontement des citoyens contre les citoyens », a-t-il dit.

 

Arreaza a aussi fait savoir que Biden a fait ces déclarations depuis le Chili où il est en visite officielle pour assister à la cérémonie d’investiture de la Présidente Bachelet.

 

Communiqué :

Le Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, au nom du peuple et du Gouvernement Vénézuélien, rejette de façon catégorique les déclarations faites par le Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, car elles constituent un manque de respect à la souveraineté vénézuélienne et une agression directe au peuple qui a subi les attaques d’un secteur fasciste qui développe une stratégie de coup d’état continu.

 

Ces secteurs violents, promus par l’aile la plus radicale de la droite vénézuélienne, sont les responsables (qui le reconnaissent eux mêmes) des appels à la déstabilisation, qui reçoivent des financements des officines du Gouvernement des Etats-Unis pour porter atteinte à la tranquillité du peuple vénézuélien et faire une lésion dans une démocratie solide qui a obtenu le soutien populaire lors de 18 élections en 15 ans.

 

Le Gouvernement des États-Unis s’est aussi uni à une conspiration médiatique internationale qui tente de fabriquer une fausse image de guerre et de répression généralisée dans tout le territoire vénézuélien quand il s’agit en réalité de foyers ponctuels créés par les artificiers de la violence contre le peuple.

 

Dans ses déclarations à un média, le Vice-président nord-américain a manifesté sa supposée préoccupation pour les agissements des forces de sécurité de l’état pour contenir les groupuscules violents d’extrême droite, ce qui nous fait nous interroger sur ce que ferait le Président des Etats-Unis, Barak Obama si une organisation politique appelait publiquement à sa destitution et commençait à commettre des actions terroristes qui bafoueraient les droits humains et civils du peuple des Etats-Unis. Le Gouvernement Vénézuélien est absolument sûr que si les organismes de sécurité étaient confrontés à des foyers de déstabilisation, la force appliquée par la police nord-américaine serait telle, que le nombre de victimes mortes ou blessées serait incalculable. Pourtant le respect de la vie, l’utilisation progressive et différenciée de la force et l’engagement envers la paix, sont les valeurs qui animent la majorité des hommes et de femmes qui chaque jour garantissent l’ordre public au Venezuela.

 

Alors que ces minuscules groupes répandent la violence, le Président de la République Bolivarienne, Nicolas Maduro, à lancé un appel à tous les secteurs du pays pour les inviter à une Conférence de Paix qui à eu une ample participation d’entrepreneurs et d’ecclésiastiques, d’organisations du pouvoir populaire et des secteurs sociaux très divers qui font la vie de la nation dans le but d’isoler les fascistes que le Gouvernement nord-américain défend, finance et appuie.

Le Gouvernement nord-américain s’isole à nouveau dans l’hémisphère et essaie de raviver la doctrine Monroe dans la région, face à la sévère déroute subie récemment dans l’Organisation des Etats Américains (OEA), où fut ratifié le soutien que l’Amérique Latine et les Caraïbes ont apporté au Venezuela, en reconnaissance de la vocation intégrationniste et souveraine léguée par le leader de la Révolution Bolivarienne, Hugo Chavez,.

 

Le Gouvernement des Etats-Unis, principal promoteur de la violence au niveau mondial, expert en invasions, en blocus économiques, en guerres initiées pour des intérêts économiques aux motifs de supposées menaces fictives, fabriquant d’armes létales de destruction massive et responsable de milliers de morts de civils dans le monde n’a pas la morale requise pour objecter sur le respect des droits de l’homme au Venezuela ni sur l’effort du gouvernement Bolivarien pour préserver la paix dans notre nation.

 

Toutefois, le gouvernement vénézuélien réitère la volonté claire de reprendre et renouveler les relations avec le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique par un dialogue direct et transparent, basé sur le respect mutuel, la non ingérence dans les affaires internes, et la coopération nécessaire pour laquelle il a décidé la désignation d’un nouvel ambassadeur dans ce pays.

 

Le peuple de Bolivar, le peuple de Chavez, avec sa dignité historique , luttera toujours pour maintenir son indépendance.

 

Le Venezuela se respecte !

 

Chavez vie, la patrie continue !

 

Caracas 9 mars 2014

 

Source : http://www.matrizur.org/index.php?option=com_content&view=article&...

 

Traduit de l’espagnol par irisinda

URL de cet article 24785

 

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Comprendre la défaite d’un coup d’État et... des médias internationaux. La situation du Vénézuéla.

14 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Amérique Latine

Comprendre la défaite d’un coup d’État et... des médias internationaux.

Un des objectifs de l’extrême droite était de faire "le nécessaire" pour substituer le processus d’une démocratie participative par l’image mondiale d’un État répressif. Mais alors qu’on a rempli partout les yeux de la “répression-au-Venezuela”, les 90 % des vénézuéliens se sentent étrangers à cette réalité virtuelle. Pourquoi ? Parce qu’ils vivent en paix sur la quasi-totalité du territoire. A l’Ouest et au centre de Caracas, habités par la majorité populaire, pas de violences, pas de journalistes, pas de pixels pour la voix off : “Venezuela", "révolte", "répression”.

 

On a montré des marches de l’opposition, parties des quartiers riches. Mais sous le vernis obligé de slogans “sociaux” ou “populaires” il n’y a que le triple désir de ceux qui n‘acceptent pas la défaite électorale : économie privatisée, apartheid social, obéissance aux États-Unis. Dans le même temps, les médias ont caché les mobilisations des travailleurs pétroliers, des étudiants bolivariens, des mouvements de femmes, des fédérations paysannes, des personnes âgées, des organisations communales, des communicateurs populaires, des médecins intégraux communautaires pour défendre la poursuite du programme choisi par la majorité. Occultées, les mesures prises lors des rencontres entre ces collectifs sociaux et le gouvernement pour refinancer le système des hôpitaux publics, les projets portés par les organisations communales, les allocations sociales ou la production agricole. Rien sur les centaines de millions de bolivars destinés à concrétiser les objectifs approuvés par les électeurs et le fait que 80 % des étudiants et des travailleurs du secteur universitaire suivent les cours et travaillent normalement. Sur 67 universités publiques, seuls 5 conseils universitaires se sont prononcés en faveur de la suspension des cours.

 

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Nicolas Maduro, le 10 mars, lors de la remise de diplômes à 2500 nouveaux médecins intégraux communautaires. Actuellement on compte 20 mille 538 étudiant(e)s de cette carrière dans six universités nationales. Le président a annoncé la récupération de 24 hôpitaux publics et un budget de 1492 millions de bolivars pour la construction et la réparation de centres de santé de la mission "Barrio Adentro".
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Le 9 mars à Caracas, Maduro rencontre des mouvements communaux venus de tout le pays et annonce l’octroi de 2400 millions de bolivars pour qu’ils puissent réaliser leurs projets socio-productifs ou de construction de logements.
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12 mars, à Caracas. Marche d’étudiants de milieu populaire pour défendre les institutions démocratiques face aux violences de l’extrême droite.

 

Une des impasses auxquelles a mené l’uniformisation médiatique à partir des années 80 est que l’Amérique Latine n’apparaît plus que dans la fragmentation humanitaire, éphèmère (victimes indigènes, drames humains, écologiques, etc..) ou lorsqu’un pic de désinformation épouse un programme de déstabilisation (comme celui qui vient d’échouer). Hors de ces instants et de ces “morts sur commande”, les 99 % du temps et les 99 % de l’espace d’un continent restent hors de portée de l’occidental.

 

Si les médias renouaient le lien avec les intérêts des citoyens, redevenaient attentifs à ce que “le peuple discute avec le peuple” (Sartre, fondant “Libération”), ils informeraient sur ce qui fait qu’ici, le mot “politique” retrouve son sens alors qu’il indiffère la majorité des occidentaux. La construction d’un État participatif au Venezuela n’attire pas micros et caméras. Elle apporte pourtant les clefs : enjeux et contradictions d’une révolution pacifique face à des obstacles tels que la déflagration urbaine post-pétrolière (qui porte plus à l’isolement du consommateur qu’á la production et à la solidarité) ou l’hégémonie des médias privés (qui dénigrent la sphère publique).

 

Il y a quelques jours, au cours d’une réunion de l’Organisation des États Américains (OEA), jusqu’ici soumise aux États-Unis, 29 pays ont voté une déclaration de solidarité avec les efforts de paix du gouvernement Maduro – seuls les États-Unis, le Canada et Panama ont voté contre. Avec les positions de l’UNASUR, de l’ALBA, de la CELAC et du MERCOSUR le Venezuela compte sur une unité qui fait son chemin : dimanche, le Salvador a élu président Salvador Sanchez Ceren, plus à gauche que son prédécesseur, et désireux d’adhérer à l’ALBA ; la nouvelle présidente du Chili, Michelle Bachelet, a annoncé le 7 mars “son soutien sans restrictions au gouvernement bolivarien du Venezuela” et son refus “d’appuyer des initiatives contraires au verdict des urnes ou des actions violentes visant à déstabiliser un gouvernement démocratiquement élu”. L’UNASUR se réunira sous peu pour – explique le président équatorien Correa – “prendre position sur base de la vérité, et la vérité est que c’est le gouvernement légitime du Venezuela qui est persécuté, que Nicolas Maduro est humaniste, qu’il ne serait jamais capable de réprimer son peuple, et qu’on tente de le déstabiliser”.

 

T.D., Caracas, 12 mars 2014

»» http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/12/comprendre-la-defaite-d...
URL de cet article 24782
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[Souvenons-nous] 1990 : L’affaire des couveuses koweitiennes. Le blog d'Olivier Berruyer.

14 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média

Le 14 mars 2014.

 

Petit rappel – j’allais sur mes 15 ans, mais je me rappelle très bien de cette histoire qui m’avait marqué…


En 1990, une vaste campagne de communication est lancée aux Etats-Unis pour inciter le pays à s’engager dans la guerre. L’un de ses points forts, qui marquera profondément l’opinion publique, est l’affaire des incubateurs. Selon des sources koweïtiennes, les soldats irakiens se sont livrés à des atrocités dans les hôpitaux de Koweït City. Ils auraient débranché les alimentations en oxygène des incubateurs et tué les bébés qui s’y trouvaient. Tout cela pour récupérer l’appareillage médical et l’envoyer à Bagdad.


La rumeur de ces atrocités se propage. Elle devient une quasi-certitude avec les auditions de la commission pour le respect des droits de la personne. Pour la première fois, un témoin direct parle de ces actes de sauvagerie. Il s’agit de Nayirah, une jeune fille de quinze ans.


Le 14 octobre 1990, une jeune femme koweïtienne, appelée par les médias « l’infirmière Nayirah », témoigne, les larmes aux yeux, devant une commission du Congrès des États-Unis. L’événement est retransmis rapidement par les télévisions du monde entier :

« Monsieur le président, messieurs les membres de ce comité, je m’appelle Nayirah et je reviens du Koweït. Ma mère et moi étions au Koweït le 2 août pour passer de paisibles vacances. Ma sœur aînée avait accouché le 29 juillet et nous voulions passer quelque temps au Koweït auprès d’elle. […] Pendant que j’étais là, j’ai vu les soldats irakiens entrer dans l’hôpital avec leurs armes. Ils ont tiré sur les bébés des couveuses, ils ont pris les couveuses et ont laissé mourir les bébés sur le sol froid. J’étais horrifiée. Je ne pouvais rien faire et je pensais à mon neveu qui était né prématuré et aurait pu mourir ce jour-là lui aussi. […]

 

Les Irakiens ont tout détruit au Koweït. Ils ont vidé les supermarchés de nourriture, les pharmacies de médicaments, les usines de matériel médical, ils ont cambriolé les maisons et torturé des voisins et des amis. J’ai vu un de mes amis après qu’il a été torturé par les Irakiens. Il a 22 ans mais on aurait dit un vieillard. Les Irakiens lui avaient plongé la tête dans un bassin, jusqu’à ce qu’il soit presque noyé. Ils lui ont arraché les ongles. Ils lui ont fait subir des chocs électriques sur les parties sensibles de son corps. Il a beaucoup de chance d’avoir survécu. »

 

 

Ce témoignage, avec d’autres comme ceux conçus par l’agence de communication Rendon Group (en) chargée de superviser la communication du CIA et du Pentagone, a beaucoup ému l’opinion publique internationale et a contribué à ce qu’elle soutienne l’action des puissances occidentales contre les armées de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe.

 

En fait, ce témoignage était entièrement faux. (Source)

La jeune fille, coachée selon certaines sources par Michael Deaver, ancien conseiller en communication de Ronald Reagan, s’appelait al-Ṣabaḥ, et était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington Saud bin Nasir Al-Sabah. L’association Citizens for a Free Kuwait, organisée par le gouvernement du Koweït exilé, avait commandé cette campagne à la compagnie de relations publiques Hill & Knowlton (pour la somme de 10 millions de dollars).

 

Il est surprenant que le congrès américain n’ait pas fait une enquête préalable sur l’identité de la jeune fille avant de la laisser « témoigner » devant leur assemblée. La machination a fonctionné grâce à l’intervention de Lauri Fitz-Pegado, qui a convaincu les députés que l’identité n’était pas révélée pour protéger la famille de la jeune femme. Lauri Fitz-Pegado avait travaillé pour le gouvernement auparavant, dans l’Agence de l’Information.

 

Par ailleurs, le gouvernement américain aurait payé 14 millions de dollars à cette compagnie pour l’avoir aidé à médiatiser la guerre du Golfe sous un jour favorable à l’intervention occidentale .

 

 

Les audiences sont télévisées par CNN. John Porter, vice-président de la commission, rencontre le jour même le président Bush à qui l’on a montré les images et s’en dit bouleversé. Il utilisera l’affaire des incubateurs dans tous ses discours. Des organisations non gouvernementales, dont Amnesty International, reprennent l’information et donnent le chiffre de 372 bébés tués. L’affaire ne sera pas évoquée moins de sept fois dans le débat au Sénat qui, finalement, vote de justesse (cinq voix) l’intervention militaire. Le Conseil de sécurité de l’ONU consacre une réunion spéciale aux droits de l’homme au Koweït. Là encore, l’affaire des incubateurs est largement citée. Deux jours après, à l’unanimité moins l’abstention de la Chine, le Conseil de sécurité autorise le recours à la force.

 

 

J’ai retrouvé par chance cet excellent reportage de Neil Cherofky “To Sell A War” (Vendre une Guerre) qui démontait tout ceci en 1992 :

 

 

(en anglais, mais Youtube peut créer et traduire les sous-titres à la volée (option Sous titres)

Au début du reportage, John MacArthur, du «Harpers», explique qu’«il fallait vendre la guerre aux Américains pour les convaincre d’y participer». Ce qui fut fait.

 

Dès que les Irakiens ont été chassés du Koweït, les organisations non gouvernementales et des organismes comme l’OMS (Organisation mondiale de la santé) envoient sur place des experts pour évaluer les dégâts commis dans les hôpitaux et interroger les personnels médicaux. Tous sont formels: l’affaires des incubateurs n’a jamais existé. Le reportage du Canadien interroge longuement les spécialistes. Ils ne laissent plus aucun doute sur le mensonge. Un responsable d’Amnesty International explique même que son organisation a publié un rectificatif après la guerre pour dire qu’il n’y avait pas eu de bébés tués dans leurs incubateurs.

 

Mais il ne s’agit pas que d’une rumeur colportée et reprise. Le reportage démontre la manipulation.

 

Au bout des vingt-trois minutes de reportage, le journaliste pose de graves questions, celles des dangers pour la démocratie d’une agence de communication qui fixe les termes d’un débat en les ayant auparavant faussés et qui tente de manipuler par la désinformation toute une opinion publique, avec en ligne de mire la volonté de faire entrer le pays dans la guerre.

 

En mars 1991, l’Humanité enquaitait et montrait comment un fait réel avait servi à manipuler l’opinion :

Fin août un chef de la résistance koweitienne, que l’on dit être un membre de la famille régnante, convoque la presse internationale à Kafhji pour raconter avec force détails les exactions auxquelles se livrent les troupes irakiennes d’occupation. Il évoque le cas de l’hôpital Moubarak qui, comme les quatre autres centres hospitaliers publics de la capitale de l’émirat, aurait été dévasté. Des bébés prématurés sont morts après avoir été arrachés de leur couveuse, précise-t-il.

L’information est reprise dans le rapport publié en décembre par Amnesty International sur la «situation humanitaire au Koweit sous occupation irakienne». Il y est question de la mort de «300 enfants prématurés».

Vendredi 1er mars, après enquête auprès des responsables de l’hôpital Moubarak, le medecin-chef militaire français Guy Angel affirme aux journalistes : «l’hôpital n’a pas été dévasté. Il a toujours fonctionné normalement sauf pendant les quatre jours de l’offensive terrestre. Aucun cas d’exaction ne m’a été signalé». Il n’a pas entendu parler de l’affaire des bébés prématurés.

A l’hôpital nous n’avons rencontré personne qui fût au courant. Directeur adjoint des services de santé de l’Emirat, M. Jehad Al Gharabally, raconte dans «le Monde» des 3 et 4 mars: «Je connais le médecin qui a lancé cette rumeur. Mais aucun hôpital ne m’a signalé de tels actes. En revanche, les Irakiens peu avant leur fuite ont emporté un lot de couveuses à Bagdad. Mais ils ne savaient pas que nous en possédons des stocks importants. Cela ne nous a pas manqué.».

N.B. en Démocratie, ce reportage serait traduit en français et montré dans les écoles – je dis ça, je dis rien…

 

http://www.les-crises.fr/1990-couveuses-koweitiennes/

 

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L'Ukraine et les nazis, le Huff Post la trouve saumâtre. La Lettre Volée.

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Jeudi 13 mars 2014     

Un journaliste indépendant, sur le Huffington Post, balaie l'ensemble de l'affaire ukrainienne.

Tout y passe : les USA ont délibérément voulu soustraire l'Ukraine à l'emprise russe, quasi-directement fomenté un coup d'état, permis l'accès, dans le nouveau gouvernement, à de véritables néonazis...

Ce qui est intéressant c'est que pour étayer chacun de ses points il a recours à des sources ou avis très autorisés : un prof à Princeton, la BBC, un universitaire suédois etc.  

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Sa conclusion est lapidaire :

"Que ce soit des moudjhahidines ou des néofascistes, Washington a le goût d'encourager des combattants clandestins, en les affublant généralement de noms tels que "combattants de la Liberté", pour satisfaire les besoins à court terme de la géopolitique américaine, alors même que ces factions agissent à l'opposé des intérêts à long terme des USA".

J'ajoute que ce qui change, c'est qu'à chaque manipulation de ce type, le grand public se rend compte de la manoeuvre de plus en plus rapidement. 

 

http://www.lalettrevolee.net/article-l-ukraine-et-les-nazis-le-huff-post-la-trouve-saumatre-122945531.html

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Conférence de presse de Vladimir Poutine sur la situation en Ukraine (texte complet). Le Grand Soir. (2° partie).

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

http://www.legrandsoir.info/conference-de-presse-de-vladimir-poutine-sur-la-situation-en-ukraine-texte-complet.html

(La suite)

 

 

QUESTION : Dans ce cas, permettez-moi d’être plus précis : avons-nous pris part à la formation des forces d’auto-défense en Crimée ?


 

VLADIMIR POUTINE : Non, nous n’y avons pas pris part.


 

QUESTION : Comment voyez-vous l’avenir de la Crimée ? Envisagez-vous la possibilité qu’elle rejoigne la Russie ?


 

VLADIMIR POUTINE : Non, nous ne l’envisageons pas. En général, je crois que seuls les habitants d’un pays donné qui jouissent de la liberté et sont en totale sécurité peuvent et doivent décider de leur sort. Si ce droit a été accordé aux Albanais du Kosovo, si cela a été possible dans de nombreuses parties du monde, alors le droit des nations à l’autodétermination n’est pas exclu, ce qui, à ma connaissance, est défini dans plusieurs documents de l’ONU. Cependant, nous n’allons en aucune manière provoquer une telle décision et n’encouragerons pas de tels sentiments.

 

Je tiens à souligner que je crois que seules les personnes vivant sur ​​un territoire donné ont le droit de déterminer leur propre avenir ..


 

QUESTION : Deux questions. Vous avez dit que l’envoi de troupes en Ukraine est une mesure extrême, mais néanmoins vous n’excluez pas cette option. Pourtant, si les troupes russes entrent Ukraine, cela pourrait déclencher une guerre. Cela ne vous dérange pas ? 


 

Et une deuxième question. Vous dites que Ianoukovitch n’a pas donné l’ordre de tirer sur les gens. Mais quelqu’un a tiré sur les manifestants. Et de toute évidence, il s’agissait de tireurs d’élite, de tireurs d’élite formés.


 

VLADIMIR POUTINE : Vous savez, certaines personnes, y compris ceux qui se trouvaient récemment parmi les manifestants, ont exprimé l’opinion qu’il s’agissait de provocateurs de l’un des partis de l’opposition. En avez-vous entendu parler ?


 

Réponse : Non, je n’en ai pas entendu parler.


 

VLADIMIR POUTINE : Regardez les documents - ils sont en libre accès. C’est pourquoi il est très difficile d’avoir une analyse précise de la situation. Mais vous et moi avons vu de nos yeux que lorsque les combattants Berkut étaient là avec leurs boucliers et se faisaient tirer dessus - et il ne s’agissait pas d’armes à air comprimé, mais d’armes d’assaut qui perçaient leurs boucliers. C’est quelque chose que nous avons vu sans aucun doute. Quant à savoir qui a donné l’ordre - je ne sais pas. Je sais que ce que M. Ianoukovitch m’a dit. Et il m’a dit qu’il n’avait pas donné d’ordres, et même plus, qu’il avait donné des instructions - après la signature d’un accord – pour retirer toutes les unités de la milice de la capitale.


 

Si vous voulez, je peux vous en dire encore plus. Il m’a appelé au téléphone et je lui ai dit de ne pas les retirer. J’ai dit : « Vous aurez l’anarchie, vous aurez le chaos dans la capitale. Pensez au peuple. » Mais il l’a fait quand même. Et dès qu’il l’a fait, son bureau a été occupé, ainsi que le siège du gouvernement, et le chaos sur lequel j’avais mis en garde, et qui se poursuit à ce jour, a éclaté.


 

QUESTION : Et la première question ? Craignez-vous que la guerre n’éclate ?


 

VLADIMIR POUTINE : Non, parce que nous n’avons pas l’intention et nous ne combattrons pas contre le peuple ukrainien.


 

QUESTION : Mais il y a des troupes ukrainiennes, l’armée ukrainienne.


 

VLADIMIR POUTINE : Écoutez attentivement. Je veux que vous me compreniez bien : si nous prenons une telle décision, ce sera uniquement pour protéger les citoyens ukrainiens. Et nous allons bien voir si ces troupes osent tirer leur propre peuple, avec nous derrière - pas devant, mais derrière. Qu’ils essayent donc de tirer sur des femmes et des enfants ! J’aimerais bien voir ceux qui donneraient un tel ordre en Ukraine.


 

QUESTION : Puis-je poser une question, Monsieur le Président ? Nos collègues, mes collègues, qui travaillons actuellement en Ukraine, disent pratiquement tous les jours que la situation pour les combattants Berkut ne fait que s’aggraver (à l’exception peut-être de la Crimée ). A Kiev en particulier, il y a des agents Berkut blessés qui sont dans les hôpitaux maintenant, où personne ne les soigne et où ils ne sont même pas alimentés. Et leurs familles, y compris les membres âgés de la famille, ne peuvent tout simplement pas quitter leur maison, parce qu’ils ne sont pas autorisés, il y a des barricades tout autour, ils sont humiliés. Pouvez-vous commenter cela ? Est-ce que la Russie peut aider ces familles et ces collègues ?


 

VLADIMIR POUTINE : Oui, cette question est d’une grande préoccupation pour nous. Après tout, ce ne sont pas des officiers du ministère de l’Intérieur de la Russie, et nous ne gérons pas la situation là-bas. Mais pour des considérations humanitaires, il serait bon que nos organisations des droits de l’homme s’impliquent dans cette affaire, nous pourrions demander à Vladimir Lukin, seul ou avec ses collègues, aux représentants de la France, de l’Allemagne et de la Pologne, avec qui nous avons participé à l’élaboration du document bien connu du 21 Février 2014, pour se rendre sur place et voir ce qui se passe là-bas avec ces agents Berkut, qui n’ont enfreint aucune loi et ont agi conformément aux ordres. Ce sont des militaires, ils étaient là à faire face à des balles, ils ont été arrosés avec du feu et des cocktails Molotov. Ils ont été blessés et sont maintenant dans un hôpital. C’est même difficile à imaginer - même les prisonniers de guerre sont nourris et soignés. Mais non seulement ils ont cessé de les soigner, ils ont même arrêté de les nourrir. Et ils ont encerclé le bâtiment où vivent leurs familles, qui subissent des brimades. Je pense que les organisations des droits de l’homme devraient se pencher sur la question. Pour notre part, nous sommes prêts à leur fournir des soins médicaux ici, en Russie .


 

QUESTION : Monsieur le Président, pour revenir à la réaction de l’Occident. Suite à la déclaration sévère du secrétaire d’état des Etats-Unis, le Conseil de la Fédération a suggéré que nous rappelions notre ambassadeur aux États-Unis. Êtes-vous favorable à cette idée ?


 

VLADIMIR POUTINE : Le Secrétaire d’État des États-Unis est certainement un personnage important, mais il n’est pas l’autorité ultime qui détermine la politique étrangère des États-Unis. Nous entendons des déclarations de divers politiciens et des représentants des différentes forces politiques. Ce serait une mesure extrême. S’il le faut, nous la prendrons. Mais je ne veux vraiment pas en arriver là, parce que je pense que la Russie n’est pas la seule intéressée par la coopération avec ses partenaires au niveau international et dans des domaines tels que l’économie, la politique étrangère et la sécurité, nos partenaires sont tout aussi intéressés par cette coopération. Il est très facile de détruire ces instruments de coopération et il serait très difficile de les reconstruire.


 

QUESTION : La Russie s’est impliquée dans le sort de M. Ianoukovitch. Comment voyez-vous son avenir ?


 

VLADIMIR POUTINE : Vous savez, il est très difficile pour moi de le dire, je ne l’ai pas analysé attentivement. Je pense qu’il n’a pas d’avenir politique, et je lui ai dit. Quant à « s’impliquer dans son sort » - nous l’avons fait pour des raisons purement humanitaires. La mort est le moyen le plus facile pour se débarrasser d’un président légitime, et je pense que c’est ce qui serait arrivé. Je pense qu’ils l’auraient tout simplement tué. Par ailleurs, se pose la question : pour quoi faire ? Après tout, regardez comment tout a commencé, ce qui a déclenché ces événements. La raison officielle était qu’il n’a pas signé l’accord d’association avec Union européenne. Aujourd’hui, cela semble absurde, ridicule même. Mais je tiens à souligner qu’il n’a pas refusé de signer l’accord d’association. Il a dit : « Nous l’avons soigneusement examiné, et son contenu ne correspond pas à nos intérêts nationaux. Nous ne pouvons pas augmenter fortement les prix de l’énergie pour notre peuple, parce qu’il est déjà dans une situation assez difficile. Nous ne pouvons pas le faire, pour telle et telle raison. Nous ne pouvons pas rompre immédiatement nos relations économiques avec la Russie, parce que notre coopération est très vaste. »

 

J’ai déjà présenté ces chiffres : sur environ 14 milliards de dollars d’exportations, environ 5 milliards sont constitués par des produits manufacturés de deuxième et troisième niveau exportés vers la Russie. En d’autres termes, à peu près tous les produits d’ingénierie sont exportés vers la Russie ; l’Occident n’achète pas des produits ukrainiens. Prendre tout cela et le briser, introduire des normes techniques européennes dans l’économie ukrainienne qui, heureusement ou malheureusement, ne sont pas utilisées pour le moment. Nous allons adopter ces normes un jour, mais actuellement ces normes ne sont pas en vigueur en Russie. Cela signifie que le lendemain, nos relations et des liens de coopération seraient brisés les entreprises seraient au point mort et le chômage augmenterait. Et qu’a dit Ianoukovitch ? Il a dit, « je ne peux pas le faire si soudainement, discutons-en un peu plus » Il n’a pas refusé de signer, il a demandé de discuter un peu plus, et c’est là que toute cette folie a commencé.


 

Pourquoi ? A-t-il fait quelque chose hors du cadre de son autorité ? Il a agi absolument dans le cadre de son autorité ; il n’a rien violé du tout. C’était tout simplement une excuse pour soutenir les forces opposées à lui dans leur lutte pour le pouvoir. Dans l’ensemble, il n’y a là rien d’extraordinaire. Mais fallait-il vraiment porter les choses à un tel niveau d’anarchie, à un renversement inconstitutionnel et une prise de pouvoir par les armes, plongeant par la suite le pays dans le chaos où il se trouve aujourd’hui ? Je pense que c’est inacceptable. Et ce n’est pas la première fois que nos partenaires occidentaux le font en Ukraine. J’ai parfois le sentiment que quelque part de l’autre côté de cet immense flaque d’eau, là-bas en Amérique, il y a des gens qui s’assoient dans un laboratoire et qui mènent des expériences, comme avec des rats, sans vraiment comprendre les conséquences de ce qu’ils font. Pourquoi ont-ils besoin de faire cela ? Qui peut expliquer cela ? Il n’y a pas d’explication.


 

La même chose s’est produite au cours du premier soulèvement Maidan, quand M. Ianoukovitch a été empêché d’accéder au pouvoir. Pourquoi a-t-il fallu un troisième tour des élections ? En d’autres termes, c’est devenu une farce - la vie politique de l’Ukraine a été transformée en une farce. La Constitution n’a absolument pas été respectée. Voyez-vous, nous sommes maintenant en train d’apprendre aux gens que si une personne peut violer n’importe quelle loi, alors n’importe qui peut faire la même chose, et c’est ça qui provoque le chaos. C’est là le danger. Au lieu de cela, nous devons apprendre à notre société à suivre d’autres traditions : des traditions de respect de la principale loi de la nation, la Constitution, et toutes les autres lois. Bien sûr, nous ne réussirons pas toujours, mais je pense que d’agir comme ils l’ont fait - comme un éléphant dans un magasin de porcelaine - est contre-productif et très dangereux .

 

S’il vous plaît.


 

QUESTION : Monsieur le Président, de votre point de vue, Turchynov est illégitime.


 

VLADIMIR POUTINE : En tant que président, oui.


 

QUESTION : Mais la Rada est partiellement légitime.


 

VLADIMIR POUTINE : Oui.


 

QUESTION : Est-ce Yatsenyuk et le Cabinet sont légitimes ? Et si la Russie est préoccupée par la montée en puissance des éléments radicaux, qui deviennent plus forts à chaque fois qu’ils se retrouvent face à un ennemi hypothétique qui, à leurs yeux, se trouve être la Russie et sa position d’être prête à envoyer des troupes. Question : est-il logique et est-il possible de tenir des pourparlers avec les forces modérées au sein du gouvernement ukrainien, avec Yatsenyuk, et est-il légitime ?


 

VLADIMIR POUTINE : Écoutez, il semble que vous n’avez pas entendu ce que j’ai dit. J’ai déjà dit qu’il y a trois jours, j’ai donné des instructions au gouvernement pour renouer des contacts au niveau du gouvernement avec leurs collègues dans les ministères et les départements correspondants en Ukraine, afin de ne pas perturber les relations économiques, pour les soutenir dans leurs efforts pour reconstruire l’économie. Ce sont mes instructions directes au gouvernement russe. Par ailleurs, M. Medvedev est en contact avec [ Arseniy ] Yatsenyuk. Et je sais que Sergei Narychkine, comme président du parlement russe, est en contact avec [ Oleksandr ] Turchynov. Mais, je le répète, toutes nos relations commerciales et économiques et autres, nos relations humanitaires, ne peuvent être pleinement développées qu’après une normalisation de la situation et des élections présidentielles,


 

QUESTION : Gazprom a déjà dit qu’ils allaient revenir à l’ancien prix du gaz, à partir d’avril.


 

VLADIMIR POUTINE : Gazprom n’a pas pu dire ça, vous n’avez pas écouté attentivement ou ils ne se sont pas exprimés clairement. Gazprom ne revient pas à l’ancien prix. Ils ne veulent tout simplement pas étendre les réductions actuelles, qu’ils avaient décidé de réviser sur une base trimestrielle. Avant même tous ces événements, avant même l’entrée en crise. Je suis au courant des négociations entre Gazprom et ses partenaires. Gazprom et le gouvernement de la Fédération de Russie ont convenu que Gazprom accorderait une remise en réduisant les prix du gaz à $ 268,50 pour 1000 mètres cubes. Le gouvernement de la Russie fournit la première tranche du prêt, qui ne constitue pas formellement un prêt, mais un achat d’obligations - un quasi-prêt, de 3 milliards de dollars dans la première étape. Et côté ukrainien, ils s’engagent à rembourser intégralement la dette du dernier semestre de l’année dernière et à effectuer des paiements réguliers pour ce qu’ils consomment - pour le gaz. La dette n’a pas été remboursée, les paiements réguliers ne sont pas versés intégralement.


 

En outre, si les partenaires ukrainiens ne parviennent pas à effectuer le paiement de février, la dette va augmenter encore plus. Aujourd’hui, elle est de l’ordre de 1,5 à 1,6 milliards de dollars. Et si l’échéance de février n’est pas réglée, elle s’élèvera à près de 2 milliards de dollars. Naturellement, dans ces circonstances, Gazprom a dit : « Écoutez les gars, puisque vous ne nous payez pas de toute façon, et que votre dette ne fait qu’augmenter, appliquons le prix habituel, qui est encore un prix réduit. »


Il s’agit d’un aspect purement commercial des activités de Gazprom, qui prévoit des revenus et des dépenses dans ses plans d’investissement, comme n’importe quelle autre grande entreprise. S’ils ne reçoivent pas l’argent de leurs partenaires ukrainiens à temps, cela affecte leurs propres programmes d’investissement, ce qui devient un réel problème pour eux. Et d’ailleurs, cela n’a pas à voir avec les événements en Ukraine ou de toute autre politique. Il y avait un accord : « Nous vous donnons de l’argent et des tarifs du gaz réduits, et vous effectuez des paiements réguliers » Ils leur ont donné l’argent et des tarifs réduits, mais les paiements n’ont pas été effectués. Alors, naturellement, Gazprom a dit : « Les gars, ça peut pas continuer. »


 

QUESTION : Monsieur le Président, le service de presse de [la chancelière fédérale allemande] Mme Merkel a déclaré après votre conversation téléphonique que vous aviez décidé d’envoyer une mission d’enquête internationale en Ukraine et de mettre en place un groupe de contact.


 

VLADIMIR POUTINE : J’ai dit que nous avons des gens qui ont la formation et les compétences nécessaires pour être en mesure d’examiner cette question et d’en discuter avec nos collègues allemands. Tout cela est possible. J’ai donné les instructions en conséquence à notre ministre des Affaires étrangères, qui s’est réuni ou se réunira avec le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Frank-Walter Steinmeier, hier ou aujourd’hui pour discuter de cette question.


 

QUESTION : Tous les regards sont braqués sur la Crimée à l’heure actuelle, bien sûr, mais nous voyons ce qui se passe dans d’autres parties de l’Ukraine aussi, à l’est et au sud. Nous voyons ce qui se passe à Kharkov, Donetsk, Odessa et Lugansk. Les gens hissent le drapeau russe sur les bâtiments du gouvernement et font appel à la Russie pour de l’aide et du soutien. La Russie va-t-elle répondre à ces événements ?


 

VLADIMIR POUTINE : Vous pensez que nous n’avons pas répondu ? Il me semble que nous venons de passer une heure à discuter de cette réponse. Cependant, dans certains cas, les événements prennent une tournure, à mon avis, inattendue. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais la réaction à laquelle nous assistons est compréhensible, par principe. Nos partenaires occidentaux et ceux qui se qualifient eux-mêmes de gouvernement à Kiev n’avaient-ils pas prévu cette tournure ? Je leur ai répété maintes fois : pourquoi faites-vous monter la frénésie dans le pays ? Qu’est-ce que vous faites ? Mais ils continuent à pousser en avant. Evidemment, les gens dans la partie orientale du pays se rendent compte qu’ils ont été écartés du processus de prise de décision.


 

Essentiellement, ce qui est nécessaire maintenant, c’est d’adopter une nouvelle constitution et la soumettre à un référendum afin que tous les citoyens de l’Ukraine puissent prendre part au processus et avoir leur mot à dire sur le choix des principes de base qui constitueront les fondements du gouvernement de leur pays. Mais ceci n’est pas notre affaire, bien sûr. C’est au peuple ukrainien et aux autorités ukrainiennes de décider. Je pense qu’une fois qu’un gouvernement légitime est en place, et qu’un nouveau président et parlement sont élus, ce qui est prévu, les choses iront probablement de l’avant. Si j’étais à leur place, je reviendrais à la question de l’adoption d’une constitution et, comme je le disais, le soumettrais à un référendum afin que chacun puisse avoir son mot à dire, de voter, puis de respecter le choix. Si des gens se sentent exclus de ce processus, ils ne seront jamais d’accord avec et continueront à le combattre. Qui a besoin de ça ? Mais comme je l’ai dit, ce n’est pas notre affaire.


 

QUESTION : Est-ce que la Russie reconnaîtra l’élection présidentielle prévue qui aura lieu en Ukraine ?


 

VLADIMIR POUTINE : Voyons d’abord comment les choses se déroulent. Si l’élection est accompagnée par le même genre de terreur que nous voyons maintenant à Kiev, nous ne la reconnaîtrons pas.


 

QUESTION : J’aimerais revenir à la réaction de l’Occident. Alors que les propos sont toujours sévères, il y aura l’ouverture des jeux paralympiques dans quelques jours à Sotchi. Y’a-t-il un risque pour ces jeux, du moins en ce qui concerne leur couverture médiatique internationale ?


 

VLADIMIR POUTINE : Je ne sais pas, je pense que ce serait le comble du cynisme que de perturber les Jeux paralympiques. Nous savons tous qu’il s’agit d’un événement sportif international où les personnes handicapées peuvent montrer leurs capacités, prouver à eux-mêmes et au monde entier que ce ne sont pas des personnes ayant des limitations, mais au contraire, des gens avec des possibilités illimitées, et de montrer leurs prouesses sportives. S’il y a des gens prêts à perturber cet événement, cela montre que pour eux il n’y a vraiment rien de sacré.


 

QUESTION : Je voudrais poser une question sur l’éventualité d’un recours à l’armée. Les gens de l’Ouest ont dit que si la Russie prenait une telle décision, elle violerait le Protocole de Budapest, en vertu duquel les États-Unis et certains partenaires de l’OTAN ont reconnu l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de sa promesse de renoncer aux armes nucléaires. Si les événements prenaient une telle tournure, est-ce qu’on pourrait assister à une intervention de grandes puissances dans ce conflit local et sa transformation en un conflit global ? Avez-vous pris ces risques en compte ?


 

VLADIMIR POUTINE : Avant de faire des déclarations publiques, et d’autant plus avant d’avoir pris des mesures concrètes, nous réfléchissons mûrement et prêtons beaucoup d’attention et essayons de prévoir les conséquences et les réactions que les différents acteurs potentiels pourraient avoir.

 

En ce qui concerne le protocole dont vous avez parlé, vous avez dit que vous étiez de l’agence Reuters, n’est-ce pas ?


 

RÉPONSE : Oui.


 

VLADIMIR POUTINE : Comment le public et le monde politique de votre pays voient ces événements qui ont eu lieu ? Après tout, il est clair qu’il s’agit d’une prise de pouvoir par les armes. C’est un fait clair et évident. Et il est clair aussi que cela viole la Constitution. Ca aussi, c’est évident, n’est-ce pas ?

 

RÉPONSE : Je vis en Russie.


 

VLADIMIR POUTINE : Tant mieux pour vous ! Vous devriez rejoindre le service diplomatique, vous feriez un bon diplomate. Les langues des diplomates, comme nous le savons, sont là pour occulter leurs pensées. Donc, ce à quoi nous assistons est un coup d’état anticonstitutionnel, et on nous répond, non, c’est pas vrai. Vous avez probablement souvent entendu déjà que ce n’est pas un coup d’état anticonstitutionnel ni une prise de pouvoir par les armes, mais une révolution. Avez-vous entendu cela ?


 

RÉPONSE : Oui.


 

VLADIMIR POUTINE : Oui, mais si c’est une révolution, qu’est-ce que cela signifie ? Dans un tel cas, il est difficile de ne pas être d’accord avec certains de nos experts qui disent qu’un nouvel état est en train d’émerger dans ce territoire. Exactement comme ce qui s’est passé quand l’Empire Russe s’est effondrée après la révolution de 1917 et un nouvel état a émergé. Et ce serait un nouvel état, avec lequel nous n’avons signé aucun accord contraignant.


 

QUESTION : Je tiens à préciser un point. Vous avez dit que si les États-Unis imposaient des sanctions, ce serait un coup porté aux deux économies. Est-ce à dire que la Russie pourrait imposer elle-même des contre-sanctions et, si oui, constitueraient-elles une réponse symétrique ?


 

Vous avez parlé aussi des réductions du prix du gaz. Mais il y avait aussi le contrat d’achat d’obligations ukrainiennes pour 15 milliards de dollars. L’Ukraine a reçu la première tranche à la fin de l’année dernière. Le paiement du solde a-t-il été suspendu ? Si la Russie fournit une aide, à quelles conditions économiques et politiques précises le fera-t-elle ? Et quels sont les risques politiques et économiques envisagés dans ce cas ?


 

VLADIMIR POUTINE : Pour répondre à votre question, nous sommes en principe prêts à prendre les mesures nécessaires pour rendre les autres tranches disponibles pour l’achat d’obligations. Mais nos partenaires occidentaux nous ont demandé de ne pas le faire. Ils nous ont demandé de collaborer à travers le FMI pour encourager les autorités ukrainiennes à mener les réformes nécessaires pour réaliser la reprise de l’économie ukrainienne. Nous allons continuer à travailler dans cette direction. Mais étant donné que Naftogaz de l’Ukraine ne paie plus Gazprom, le gouvernement envisage différentes options.


 

QUESTION : Monsieur le Président, la dynamique des événements en Ukraine évolue-t-elle pour le meilleur ou pour le pire ?


 

VLADIMIR POUTINE : Dans l’ensemble, je pense que la situation est en train de progressivement se stabiliser. Nous devons absolument faire comprendre au gens du sud-est de l’Ukraine qu’ils peuvent se sentir en sécurité, et savoir qu’ils pourront prendre part au processus politique général de stabilisation du pays .


 

QUESTION : Vous avez plusieurs fois mentionné de futures élections légitimes en Ukraine. Qui voyez-vous comme un candidat de compromis ? Bien sûr, vous allez me dire que c’est au peuple ukrainien de décider, mais je vous pose la question quand même.


 

VLADIMIR POUTINE : Pour être honnête, je n’en sais rien.


 

RÉPONSE : Il semblerait que les gens non plus n’en savent rien, parce que peu importe à qui on parle, tout le monde semble perdu.


 

VLADIMIR POUTINE : Je ne peux vraiment rien dire. Vous savez, il est difficile de faire des prédictions après des événements de ce genre. J’ai déjà dit que je ne suis pas d’accord avec cette manière de prendre le pouvoir et d’éliminer les autorités en place et le président, et je m’oppose fermement à ce type de méthode en Ukraine comme dans toute l’espace post-soviétique en général. Je m’y oppose parce que ce genre de méthode n’inculque pas une culture juridique, un respect de la loi. Si une personne peut s’en sortir en faisant ça, cela signifie que tout le monde a le droit de le tenter, et cela signifie le chaos. Il faut comprendre que ce genre de chaos est la pire chose qui puisse arriver à un pays qui a une économie chancelante et un système politique instable. Dans ce genre de situation, vous ne savez jamais quel genre de personnage surgira des évènements. Il suffit de rappeler, par exemple, le rôle que les troupes d’assaut de [ Ernst ] Roehm ont joué pendant la montée d’Hitler au pouvoir. Plus tard, ces troupes d’assaut ont été liquidées, mais elles ont joué un rôle dans la montée au pouvoir d’Hitler. Les événements peuvent prendre toutes sortes de tournures inattendues.


 

Permettez-moi de répéter que, dans des situations où les gens appellent à des réformes politiques profondes et à de nouveaux visages à la tête du pays, et avec toutes les raisons du monde - en cela je suis d’accord avec ceux de Maidan - il y a aussi le risque de voir soudainement surgir une bande nationaliste ou semi-fasciste, comme un génie sortant tout à coup de la lampe - et nous les voyons aujourd’hui, des gens qui portent des brassards avec signes qui ressemblent à des croix gammées, qui rôdent encore à Kiev à ce moment - ou des antisémites ou autre. C’est aussi un danger qui guette.


 

QUESTION : D’ailleurs, aujourd’hui même, l’envoyé ukrainien de l’ONU a déclaré que les crimes commis par les partisans de Bandera ont été falsifiés par l’Union soviétique. Avec le 9 mai qui se rapproche, nous pouvons voir maintenant qui est au pouvoir. Devrions-nous avoir encore le moindre contact avec ces gens-là ?


 

VLADIMIR POUTINE : Nous avons besoin d’avoir des contacts avec tout le monde, sauf avec les criminels évidents, mais comme je l’ai dit, dans ce genre de situation, il y a toujours le risque que les événements mettent en avant des gens avec des opinions extrêmes, ce qui, bien-sûr, a de graves conséquences pour le pays.


 

QUESTION : Vous avez dit que nous devrions avoir des contacts avec tout le monde. Il semble qu’Ioulia Timochenko prévoit de venir à Moscou.


 

VLADIMIR POUTINE : Comme vous le savez, nous avons toujours travaillé de façon très constructive avec tous les différents gouvernements ukrainiens, quelle que soit leur couleur politique. Nous avons travaillé avec Leonid Koutchma, et avec [ Viktor ] Iouchtchenko. Quand j’étais Premier ministre, j’ai travaillé avec Mme Timochenko. Je lui ai rendu visite en Ukraine et elle est venue ici en Russie. Nous avons eu à faire face à toutes sortes de situations différentes dans notre travail pour gérer les économies de nos pays. Nous avons eu nos différences, mais nous avons également conclu des ententes. Globalement, ce fut un travail constructif. Si elle veut venir en Russie, qu’elle vienne. Qu’elle ne soit plus Premier ministre, c’est autre chose. En quelle qualité viendrait-elle ? Mais je n’ai personnellement aucune intention de l’empêcher de venir en Russie.


 

QUESTION : Juste une petite question : qui pensez-vous est derrière ce coup d’état, comme vous l’avez appelé, en Ukraine ?


 

VLADIMIR POUTINE : Comme je l’ai déjà dit, je pense que c’était une action bien préparée. Bien sûr, il y avait des unités de combat. Elles sont toujours là, et nous avons tous vu combien elles ont été efficaces. Leurs instructeurs occidentaux ont fait bien sûr beaucoup d’efforts. Mais là n’est pas le vrai problème. Si le gouvernement ukrainien avait été fort, confiant, et avait construit un système stable, aucun nationaliste n’aurait pu mener à bien ces programmes et obtenir les résultats que nous voyons maintenant.


 

Le vrai problème est qu’aucun des précédents gouvernements ukrainiens n’a accordé une attention adéquate aux besoins de la population. Ici, en Russie, nous avons beaucoup de problèmes, et beaucoup d’entre eux sont similaires à ceux de l’Ukraine, mais ils ne sont pas aussi aigus qu’en Ukraine. Le revenu mensuel moyen par habitant en Russie, par exemple, est de 29 700 roubles, mais en Ukraine, si nous convertissons en roubles , il est de 11 900 roubles, je crois - près de trois fois moins qu’en Russie. La pension moyenne en Russie est 10 700 roubles, mais en Ukraine, elle est de 5500 roubles - deux fois moins qu’en Russie. Les anciens combattants de la Grande guerre patriotique en Russie reçoivent chaque mois presque autant que le travailleur moyen. En d’autres termes, il existe une différence importante du niveau de vie. C’est sur ça que les différents gouvernements auraient dû se pencher dès le début. Bien sûr, ils devaient aussi lutter contre la criminalité, le népotisme, les clans et ainsi de suite, en particulier dans l’économie. Les gens voient ce qui se passe, ce qui provoque un manque de confiance dans les autorités.


 

Cela s’est poursuivi pendant que plusieurs générations de politiciens ukrainiens modernes se sont relayés, et le résultat final est que les gens sont déçus et veulent voir un nouveau système et de nouvelles têtes au pouvoir. C’est la principale cause des événements qui ont eu lieu. Mais je le répète : un changement de pouvoir, à en juger par la situation dans son ensemble, était probablement nécessaire en Ukraine, mais il aurait dû n’avoir lieu que par des moyens légitimes, dans le respect et pas en violation de la Constitution en vigueur.


 

QUESTION : Monsieur le Président, si la Crimée organise un référendum et les gens là-bas votent pour la sécession de l’Ukraine, c’est-à-dire si la majorité des habitants de la région vote en faveur de la sécession, apporteriez-vous votre soutien ?


 

VLADIMIR POUTINE : En politique, vous ne pouvez jamais employer le conditionnel. Je vais m’en tenir à cette règle.


 

QUESTION : Est-ce que Ianoukovitch est même encore en vie ? Il y a eu des rumeurs selon lesquelles il est mort.


 

VLADIMIR POUTINE : Je l’ai vu une seule fois depuis son arrivée en Russie. C’était il y a seulement deux jours. Il était vivant et en bonne santé et vous souhaite la même chose. Il aura encore l’opportunité d’attraper un rhûme à l’enterrement de ceux qui répandent ces rumeurs sur sa mort.


 

QUESTION : Monsieur le Président, quelles erreurs pensez-vous qu’Ianoukovitch a commises au cours de ces derniers mois au fur et à mesure que la situation s’intensifiait en Ukraine ?


 

VLADIMIR POUTINE : Je préfère ne pas répondre à cette question, non pas parce que je n’ai pas d’opinion, mais parce que je ne pense pas que ce serait bon de ma part. Vous devez comprendre, après tout …


 

QUESTION : Avez-vous de la sympathie pour lui ?


 

VLADIMIR POUTINE : Non, j’ai des sentiments totalement différents. Toute personne à la tête d’un état porte une énorme responsabilité sur ses épaules, et elle a des droits et aussi des obligations. Mais la plus grande obligation de toutes est celle de respecter la volonté du peuple qui vous a confié le pays, en agissant dans le cadre de la loi. Il faut donc analyser, a-t-il fait tout ce que la loi et le mandat des électeurs lui conféraient de faire ? Vous pouvez analyser ceci vous-mêmes et tirer vos propres conclusions.


 

QUESTION : Mais quels sentiments avez-vous pour lui ? Vous avez dit « pas de la sympathie, mais d’autres sentiments ». Quels sentiments, exactement ?


 

VLADIMIR POUTINE : Nous en parlerons plus tard.


 

QUESTION : Vous avez dit précédemment que nous devons avant tout envoyer un signal clair aux habitants du sud et du sud-est de l’Ukraine. Le sud-est, c’est compréhensible, mais …


 

VLADIMIR POUTINE : En réalité, nous devons rendre notre position claire pour tout le monde.

 

Nous avons besoin d’être entendu par l’ensemble du peuple ukrainien. Nous n’avons pas d’ennemis en Ukraine. Permettez-moi de répéter que l’Ukraine est un pays ami. Savez-vous combien de personnes sont venus d’Ukraine en Russie l’année dernière ? 3,3 millions sont venus, et sur ce nombre, près de 3 millions sont venus en Russie pour le travail. Ces personnes travaillent ici - environ 3 millions de personnes. Savez-vous combien d’argent ils envoient à la maison en Ukraine pour soutenir leurs familles ? Comptez le salaire moyen de ces 3 millions de personnes. Ca fait des milliards de dollars et représente une grande contribution au PIB de l’Ukraine. Ce n’est pas une question à prendre à la légère. Ils sont tous les bienvenus, et parmi ceux qui viennent ici pour travailler il y en a aussi beaucoup qui viennent de l’Ukraine occidentale. Ils sont tous égaux à nos yeux, tous des frères.


 

QUESTION : C’est exactement ce que je voulais demander. Nous entendons surtout parler du sud-est de l’Ukraine en ce moment, ce qui est compréhensible, mais il y a des Russes ethniques et des russophones vivant dans l’ouest de l’Ukraine aussi, et leur situation est probablement encore pire. Ils ne peuvent probablement pas relever la tête du tout et sont une minorité opprimée là-bas. Qu’est-ce que la Russie peut faire pour les aider ?


 

VLADIMIR POUTINE : Notre position est que si les gens qui se qualifient de gouvernement espèrent maintenant être considérés comme un gouvernement civilisé, ils doivent assurer la sécurité de tous les citoyens, peu importe dans quelle partie du pays, et que nous suivrons bien sûr de près la situation.


 

Merci.

 

Traduction « rien en vaut la VO » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles (qui seront corrigées au fur et à mesure de leur signalement par les lecteurs o combien attentifs et exigeants)

 

Source en anglais : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=11635

 

URL de cet article 24780
http://www.legrandsoir.info/conference-de-presse-de-vladimir-poutine-sur-la-situation-en-ukraine-texte-complet.html

 

 

   

 

 


 

 

 

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Conférence de presse de Vladimir Poutine sur la situation en Ukraine (texte complet). Le Grand Soir. (1° partie).

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

http://www.legrandsoir.info/conference-de-presse-de-vladimir-poutine-sur-la-situation-en-ukraine-texte-complet.html

12 mars 2014

    

Vladimir Poutine

[Ndt] L’exercice vaut toujours le détour : lire le texte complet d’une conférence de presse et lire ensuite le compte-rendu donné par les médias occidentaux. Comparez, par exemple, au compte rendu de l’envoyée spéciale de Libération, Veronika DORMAN. Comment s’étonner dés lors que le journal pour lequel elle travaille perd des lecteurs (et de l’argent) ? Et toujours cette question lancinante qui surgit dans la foulée : pourquoi un capitaliste investirait des millions pour sauver une affaire qui perd autant d’argent, alors que dans le même temps, il fermera une usine qui en gagne, mais pas assez ?


(4 mars 2014) PRESIDENT DE LA RUSSIE VLADIMIR POUTINE : Bonjour, chers collègues.

Comment allons-nous procéder ? Voilà ce que je propose : nous allons avoir une conversation, plutôt qu’une interview. Par conséquent, je vous demande de commencer par poser toutes vos questions, je vais les noter et essayer d’y répondre, puis nous aurons une discussion plus détaillée sur des points précis qui vous intéressent le plus.


Commençons.


QUESTION : Monsieur le Président, je voudrais demander (vous avez fait une longue pause, nous avons donc pas mal de questions en attente) comment évaluez-vous les événements à Kiev ? Pensez-vous que le gouvernement et le président par intérim, qui sont actuellement au pouvoir à Kiev, sont légitimes ? Êtes-vous prêt à communiquer avec eux, et à quelles conditions ? Pensez-vous qu’il est maintenant possible de revenir aux accords du 21 Février, dont tout le monde parle si souvent ?


QUESTION : Monsieur le Président, la Russie a promis une aide financière à la Crimée et des instructions ont été transmises hier au ministère des Finances. A-t-on une idée claire du montant accordé, d’où provient l’argent, et à quelles conditions et quand ? La situation est très difficile.


QUESTION : Quand, à quelles conditions et dans quel cadre la force militaire peut-elle être employée en Ukraine ? Dans quelle mesure cela respecte les accords internationaux de la Russie ? Les exercices militaires qui viennent de se terminer ont-ils quelque chose à voir avec un éventuel recours à la force ?


QUESTION : Nous aimerions en savoir plus sur la Crimée. Pensez-vous que les provocations sont terminées ou qu’il y a encore une menace pour les citoyens russes la population russophone qui sont actuellement en Crimée ? Quelles sont les tendances générales là-bas - la situation s’améliore ou s’empire ? Nous entendons des versions contradictoires.


QUESTION : Si vous décidez d’employer la force, avez-vous envisagé tous les risques possibles pour vous-même, pour le pays et pour le monde : des sanctions économiques, une sécurité mondiale amoindrie, une éventuelle interdiction sur les visas ou un plus grand isolement de la Russie, comme exigés par des politiciens occidentaux ?


QUESTION : Hier, le marché boursier russe a chuté, en réponse au vote du Conseil de la Fédération, et le taux de change du rouble a atteint des niveaux historiquement bas. Vous attendiez-vous à une telle réaction ? Quelles sont les conséquences possibles pour l’économie ? Faut-il prendre maintenant des mesures spéciales, et de quel type ? Par exemple, pensez-vous que la décision de la Banque centrale de passer à un taux de change flottant du rouble était peut-être prématurée ? Pensez-vous qu’il faudrait revenir sur cette décision ?


VLADIMIR POUTINE : Très bien, arrêtons-nous là pour le moment. Je vais commencer, et puis nous allons continuer. Ne vous inquiétez pas, je vais essayer de répondre à autant de questions que possible.


Tout d’abord, mon analyse sur ce qui est arrivé à Kiev et en Ukraine en général. Il ne peut y avoir qu’une seule analyse : il s’agit d’une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, une prise de pouvoir armée. Est-ce que quelqu’un le conteste ? Personne ne le conteste. Il y a une question que ni moi, ni mes collègues avec qui j’ai beaucoup discuté ces derniers jours de la situation en Ukraine, comme vous le savez – une question à laquelle aucun d’entre nous ne peut répondre. La question est pourquoi avoir fait ça ?


Je voudrais attirer votre attention sur le fait que le président Ianoukovitch, par l’intermédiaire des ministres des Affaires étrangères des trois pays européens - la Pologne, l’Allemagne et la France - et en présence de mon représentant (le commissaire russe des droits de l’homme, Vladimir Loukine) ont signé le 21 février un accord avec l’opposition. Je tiens à souligner qu’en vertu de cet accord (je ne porte pas un jugement, je rappelle simplement un fait) M. Ianoukovitch a tout simplement cédé son pouvoir. Il a accepté toutes les demandes de l’opposition : il a accepté des élections législatives anticipées, des élections présidentielles anticipées, et un retour à la Constitution de 2004, comme demandé par l’opposition. Il a répondu positivement à notre demande, à la demande des pays occidentaux et, avant tout, à celle de l’opposition de ne pas recourir à la force. Il n’a pas donné un seul ordre illégal de tirer sur les pauvres manifestants. En outre, il a donné des ordres pour retirer toutes les forces de police de la capitale, et elles ont obéi. Il est allé à Kharkov pour assister à un événement, et dès qu’il est parti, au lieu de libérer les bâtiments administratifs occupés, ils ont immédiatement occupé la résidence du président et le bâtiment du gouvernement – ce ce qu’ils ont fait au lieu de respecter l’accord.


Je me demande, quel était le but de tout cela ? Je veux comprendre pourquoi cela a été fait. Il avait en effet déjà renoncé à son pouvoir, et je crois, c’est ce que je lui ai dit, il n’avait aucune chance d’être réélu. Tout le monde est d’accord là-dessus, tous ceux avec qui j’ai conversé ces derniers jours. Quel était le but de toutes ces actions inconstitutionnelles, illégales, pourquoi ont-ils crée ce chaos dans le pays ? Des militants armés et masqués errent encore dans les rues de Kiev. C’est une question sans réponse. Voulaient-ils l’humilier et faire une démonstration de force ? Je pense que ces actions sont absolument stupides. Le résultat est l’exact contraire de ce qu’ils attendaient, parce que leurs actions ont fortement déstabilisé l’est et le sud-est de l’Ukraine.


Voyons comment nous en sommes arrivés là.


À mon avis, cette situation révolutionnaire couvait depuis longtemps, depuis les premiers jours de l’indépendance de l’Ukraine. Le citoyen ukrainien ordinaire, le gars ordinaire a souffert pendant le règne de Nicolas II, sous le règne de Koutchma et Iouchtchenko, et de Viktor Ianoukovitch. Rien ou presque rien ne s’est amélioré. La corruption a atteint des sommets inconnus ici, en Russie. L’accumulation de la richesse et de la stratification sociale – des problèmes qui sont aigus aussi chez nous - sont bien pires en Ukraine, radicalement pires. Là-bas, ils sont au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. En général, les gens voulaient un changement, mais il ne faut pas appuyer un changement illégal.


Seuls les moyens constitutionnels devraient être employés dans l’espace post-soviétique, où les structures politiques sont encore très fragiles, et les économies encore faibles. Dans une telle situation, sortir du cadre constitutionnel est toujours une erreur fondamentale. Par ailleurs, je comprends ces gens à Maidan, même si je n’approuve pas ce genre de dénouement. Je comprends les gens à Maidan qui réclament un changement radical du pouvoir plutôt qu’un ravalement de façade. Pourquoi le demandent-ils ? Parce qu’ils ont pris l’habitude de voir des voleurs remplacés par d’autres voleurs. De plus, les gens dans les régions ne participent même pas à la formation de leurs propres gouvernements régionaux. A une époque dans ce pays, le président nommait les dirigeants régionaux, mais les autorités législatives locales devaient les approuver, alors qu’en Ukraine, ils sont nommés directement. Aujourd’hui, nous procédons à des élections, alors qu’ils en sont encore loin. Alors ils ont commencé à nommer toutes sortes d’oligarques milliardaires pour gouverner les régions de l’est du pays. Il n’est pas étonnant que les gens ne l’acceptent pas, pas étonnant qu’ils pensent que, suite à une privatisation malhonnête (comme beaucoup le pensent ici aussi) des gens sont devenus riches et maintenant ont été portés au pouvoir.


Par exemple, M. Kolomoisky a été nommé gouverneur de Dnepropetrovsk. C’est un escroc unique en son genre. Il a même réussi à voler notre oligarque Roman Abramovitch, il y a deux ou trois ans. L’arnaquer, comme nos intellectuels se plaisent à dire. Ils ont signé une certaine affaire, Abramovich a transféré plusieurs milliards de dollars, et l’autre a simplement empoché l’argent, sans rien en échange. Quand je lui ai demandé [ à Abramovitch ] : « Pourquoi avez-vous fait ça ? » il a dit « Je n’ai jamais pensé que c’était possible. » D’ailleurs, je ne sais pas s’il a récupéré son argent et si la transaction a été conclue. Mais cela s’est réellement passé, il y a quelques années. Et maintenant, cet escroc est nommé gouverneur de Dnepropetrovsk. Pas étonnant que les gens sont insatisfaits. Ils étaient mécontents et le resteront si ceux qui se réfèrent eux-mêmes comme les autorités légitimes continuent de la même façon.


Plus important encore, les gens devraient avoir le droit de déterminer leur propre avenir, celui de leurs familles et de leur région, et d’avoir une participation égale. Je tiens à souligner ceci : partout où une personne vit, dans n’importe quelle partie du pays, il ou elle devrait avoir le droit à une participation égale dans la détermination de l’avenir du pays.


Les autorités actuelles sont-elles légitimes ? Le Parlement l’est partiellement, mais toutes les autres ne le sont pas. L’actuel président par intérim n’est certainement pas légitime. Il n’y a qu’un seul président légitime, du point de vue juridique. De toute évidence, il n’a aucun pouvoir. Cependant, comme je l’ai déjà dit, et je le répète : Ianoukovitch est le seul Président incontestablement légitime.


En vertu du droit ukrainien, il existe trois façons de démettre un président : l’une est sa mort, l’autre est sa démission, et la troisième est sa mise en accusation. Cette dernière est une procédure constitutionnelle bien connue. Elle implique la Cour constitutionnelle, la Cour suprême et la Rada (Congrès). C’est une procédure longue et compliquée. Elle n’a pas été réalisée. Par conséquent, du point de vue juridique, il s’agit d’un fait incontesté.


En outre, je pense que c’est peut être la raison pour laquelle ils ont dissous la Cour constitutionnelle, ce qui va à l’encontre de toutes les normes juridiques de l’Ukraine et de l’Europe. Ils ont non seulement dissous la Cour constitutionnelle d’une manière illégitime, mais ils ont aussi - réfléchissez-y - chargé le Bureau du Procureur général d’engager des poursuites pénales contre des membres de la Cour constitutionnelle. Qu’est-ce que ça signifie ? Est-ce cela qu’ils appellent une justice libre ? Comment peut-on demander à quiconque de lancer une procédure pénale ? Si un crime ou un délit a été commis, les organismes chargés de faire respecter la loi le constatent et réagissent. Mais leur demander de déposer des accusations criminelles est absurde, c’est des magouilles.


Maintenant, sur ​​l’aide financière à la Crimée. Comme vous le savez, nous avons décidé d’organiser le travail dans les régions russes pour aider la Crimée, qui a fait appel à nous pour une aide humanitaire. Nous allons la fournir, bien sûr. Je ne peux pas dire combien, quand et comment - le gouvernement y travaille encore, en réunissant les régions frontalières avec la Crimée, en fournissant un soutien supplémentaire à nos régions afin qu’elles puissent aider les gens en Crimée. Nous le ferons, bien sûr.


En ce qui concerne le déploiement des troupes, l’emploi des forces armées. Pour l’instant, ce n’est pas nécessaire, mais c’est toujours possible. Je voudrais dire ici que les exercices militaires qui ont récemment eu lieu n’avaient rien à voir avec les événements en Ukraine. Ces exercices avaient déjà été planifiés, mais nous n’avons pas divulgué ces plans, bien sûr, parce que c’était des exercices d’inspection surprise pour tester la réactivité de nos forces. Ils étaient prévus depuis longtemps, le ministre de la Défense rapportait à moi et j’avais l’ordre prêt pour commencer l’exercice. Comme vous le savez peut-être, les exercices sont terminés ; j’ai donné hier l’ordre aux troupes de retourner à leurs bases.


Quelle pourrait être une raison d’employer les forces armées ? Une telle mesure constituerait certainement une dernier recours.


Tout d’abord, la question de la légitimité. Comme vous le savez, nous avons reçu un appel à l’aide direct du président légitime, comme je le disais, le président légitime de l’Ukraine, M. Viktor Ianoukovitch, nous demandant d’utiliser les forces armées pour protéger la vie, la liberté et la santé des citoyens de l’Ukraine.

Quelle est notre principale préoccupation ? Nous voyons des saccages commis par des forces réactionnaires, des forces nationalistes et antisémites, dans certaines régions de l’Ukraine, y compris Kiev. Je suis sûr que vous, les membres des médias, ont vu comment un des gouverneurs a été enchaîné et menotté à quelque chose et ils ont versé de l’eau sur lui, dans le froid de l’hiver. Après ça, d’ailleurs, il a été enfermé dans une cave et torturé. C’est quoi cette histoire ? Est-ce la démocratie ? Est-ce une manifestation de la démocratie ? Il avait été récemment nommé à ce poste, en décembre, je crois. Même en admettant qu’ils sont tous corrompus là-bas, il avait à peine eu le temps de voler quoi que ce soit.


Et savez-vous ce qui s’est passé quand ils se sont emparés de l’immeuble du Parti des Régions ? Il n’y avait pas de membres du parti présents à ce moment-là. Quelques deux ou trois employés sont sortis, l’un était un ingénieur , et il a dit aux assaillants : « Pourriez-vous nous laisser partir, et laisser les femmes sortir, s’il vous plaît. Je suis un ingénieur, je n’ai rien à voir avec la politique. » Il a été abattu sur place devant la foule. Un autre employé a été conduit dans une cave, puis ils ont jeté des cocktails Molotov sur lui et brûlé vif. Est-ce là aussi une manifestation de la démocratie ?


Quand on voit ça, on comprend ce qui inquiète les citoyens de l’Ukraine, à la fois russes et ukrainiens, et la population russophone dans les régions de l’est et du sud de l’Ukraine. C’est ce crime incontrôlé qui les inquiète. Par conséquent, si nous voyons de tels crimes se répandre dans les régions orientales du pays, et si les gens nous appellent à l’aide, alors que nous avons déjà reçu une demande officielle du Président légitime, nous nous réservons le droit d’utiliser tous les moyens disponibles pour protéger les personnes. Nous croyons que ce serait tout à fait légitime. C’est notre dernier recours.


De plus, voici ce que je voudrais dire : nous avons toujours considéré l’Ukraine non seulement comme un voisin, mais aussi une république voisine fraternelle, et nous continuerons de le faire. Nos forces armées sont des compagnons d’armes, des amis, dont beaucoup se connaissent personnellement. Je suis certain, et j’insiste, je suis certain que l’armée russe et ukrainienne n’auront pas à s’affronter, qu’elles seront du même côté dans un combat.


Par ailleurs, les choses dont je parle - cette unité - c’est ce qui est en train de se passer en Crimée. Il faut noter que, Dieu merci, pas un seul coup de feu n’a été tiré là-bas, il n’y a pas de victimes, à l’exception de cette bousculade sur une place, il y a une semaine. Que s’est-il passé ? Des gens sont venus, ont encerclé des unités des forces armées et leur ont parlé, pour les convaincre de respecter les exigences et la volonté de la population locale. Il n’y a pas eu d’échange de tirs, pas un seul coup de feu.


Ainsi, la tension en Crimée liée à l’éventualité d’un recours aux forces armées s’est tout simplement calmée et il n’a pas été nécessaire d’en arriver là. La seule chose que nous avions à faire, et nous l’avons fait, était de renforcer la défense de nos installations militaires parce qu’elles étaient constamment menacées et nous savions que des nationalistes armés s’en approchaient. Nous avons fait cela, c’était la bonne chose à faire et très rapidement. Par conséquent, je pars de l’idée que nous n’aurons pas à faire quoi que ce soit de ce genre dans l’est de l’Ukraine.


Il y a cependant quelque chose que je voudrais souligner. De toute évidence, ce que je vais dire maintenant ne relève pas de mon autorité et nous n’avons pas l’intention de nous ingérer. Cependant, nous croyons fermement que tous les citoyens de l’Ukraine, je le répète, où qu’ils vivent, doivent avoir les mêmes droits à participer à la vie de leur pays et dans la détermination de son avenir.


Si j’étais à la place de ceux qui se considèrent comme les autorités légitimes, je ne perdrais pas de temps et passerais par toutes les procédures nécessaires, parce qu’ils n’ont pas de mandat national pour mener la politique intérieure, étrangère et économique de l’Ukraine, et en particulier pour déterminer son avenir.


A présent, le marché boursier. Comme vous le savez, le marché boursier était nerveux avant même que la situation en Ukraine ne se détériore. Ceci est principalement lié à la politique de la Réserve fédérale américaine, dont les décisions récentes ont renforcé l’attirance du marché américain pour les investisseurs et ces derniers ont commencé à déplacer leurs fonds des marchés en développement vers ​​le marché américain. Il s’agit d’une tendance générale qui n’a rien à voir avec l’Ukraine. Je crois que c’est l’Inde qui a le plus souffert, ainsi que les autres Etats BRICS. La Russie a été touchée aussi, mais pas aussi durement que l’Inde, mais elle a été touchée. C’est la raison fondamentale.


En ce qui concerne les événements en Ukraine, la politique a toujours une influence sur le marché boursier, d’une manière ou d’une autre. L’argent aime la sérénité, la stabilité et le calme. Cependant, je pense qu’il s’agit d’une évolution tactique temporaire et n’aura qu’une influence temporaire.


D’autres questions, s’il vous plaît.


QUESTION : Monsieur le Président, pouvez-vous nous dire si vous vous attendiez à une réaction aussi sévère aux actions de la Russie de la part de vos partenaires occidentaux ? Pourriez-vous nous donner des détails sur vos conversations avec vos partenaires occidentaux ? Nous n’avons eu qu’un communiqué du service de presse. Et que pensez-vous du sommet du G8 à Sotchi – aura-t-il lieu ?


VLADIMIR POUTINE : En ce qui concerne les réactions, le G8 et ​​les conversations. Nos conversations sont confidentielles, certaines même ont lieu via des lignes sécurisées. Par conséquent, je ne suis pas autorisé à divulguer les échanges avec mes partenaires. Par contre, je vais me référer à certaines déclarations publiques faites par mes collègues de l’Ouest ; sans donner de noms, je vais les commenter d’une manière générale.


A quoi prêtons-nous attention ? On nous dit souvent que nos actions sont illégitimes, mais quand je demande : « Pensez-vous que ce que vous faites est légitime ? » Ils disent « oui ». Je dois ensuite leur rappeler les actions des États-Unis en Afghanistan, en Irak et en Libye, où ils ont agi soit sans l’aval de l’ONU soit ont complètement dénaturé le contenu des résolutions, comme c’était le cas avec la Libye. Là, comme vous le savez, la résolution ne parlait que de fermer l’espace aérien aux avions du gouvernement, alors que tout ça s’est terminé par des bombardements et des opérations terrestres des forces spéciales.


Nos partenaires, en particulier dans les Etats-Unis, expriment toujours clairement leurs propres intérêts d’état et géopolitiques et les suivent avec persévérance. Puis, en utilisant le principe « Vous êtes soit avec nous, soit contre nous », ils entraînent le monde entier dans le processus. Et ceux qui ne s’associent pas à eux se font « tabasser » jusqu’à ce qu’ils cèdent.


Notre approche est différente. Nous partons de la conviction que nous agissons toujours légitimement. Personnellement, j’ai toujours été un défenseur d’agir en conformité avec le droit international. Je tiens à souligner encore une fois que si nous prenons la décision, celle d’utiliser les forces armées, ce sera une décision légitime en pleine conformité avec les normes générales du droit international, puisque nous avons reçu l’appel du Président légitime, et avec nos engagements qui dans ce cas coïncident avec nos intérêts à protéger les personnes avec qui nous avons des liens historiques, culturels et économiques étroits. La protection de ces personnes est dans notre intérêt national. Il s’agit d’une mission humanitaire. Nous n’avons pas l’intention de soumettre quiconque ni de dicter sa conduite à personne. Cependant, nous ne pouvons pas rester indifférents si nous voyons qu’ils sont persécutés, détruits et humiliés. Cependant, j’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas là.


QUESTION : Comment analysez-vous la réaction occidentale devant les événements en Ukraine et leurs menaces concernant la Russie : sommes-nous confrontés à la possibilité de sanctions ou de retrait du G8 ?


VLADIMIR POUTINE : En ce qui concerne les sanctions. C’est surtout ceux qui veulent les appliquer qui devraient envisager les conséquences. Je crois que dans le monde moderne, où tout est interconnecté et interdépendant, il est possible de causer des dommages à un autre pays, mais les dommages seraient mutuels et il faut garder ça à l’esprit. Première chose.


La deuxième chose, et la plus importante. Je vous ai déjà dit ce qui nous motive. Mais qu’est-ce qui motive nos partenaires ? Ils ont soutenu une prise de pouvoir armée inconstitutionnelle, ont déclaré que ces gens étaient légitimes et tentent de les soutenir. Par ailleurs, en dépit de tout cela, nous avons été patients et même prêts à coopérer ; nous ne voulons pas perturber notre coopération. Comme vous le savez , il y a quelques jours j’ai demandé au gouvernement d’envisager comment nous pouvions maintenir des contacts même avec ce pouvoir à Kiev que nous ne considérons pas légitime afin de préserver nos relations économiques et industrielles. Nous pensons que nos actions ont été absolument raisonnables, tandis que toute menace contre la Russie est contre-productive et nuisible.


En ce qui concerne le G8, je ne sais pas. Nous serons prêts à accueillir le sommet avec nos collègues. S’ils ne veulent pas venir - ainsi soit-il .


QUESTION : Puis-je ajouter quelque chose à propose des contacts ? A mes yeux, vous considérez le Premier ministre de Crimée M. Aksyonov comme le représentant légitime des autorités gouvernementales. Etes-vous prêt à avoir des contacts avec ceux qui se considèrent comme les autorités légitimes à Kiev ?


VLADIMIR POUTINE : Je viens d’en parler. Vous avez dû rater quelque chose.


QUESTION : Je veux dire, au plus haut niveau pour une solution politique ..


VLADIMIR POUTINE : Je n’ai pas de partenaire au plus haut niveau. Il n’y a pas de président là-bas, et il ne peut pas y en avoir avant les élections générales.


Comme pour la Crimée, le Parlement a été constitué en 2010, en décembre 2010, si je me souviens bien Il y a 100 députés représentant six partis politiques. Après la démission de l’ancien premier ministre, le Parlement de Crimée, en conformité avec la législation et les procédures en vigueur, a élu un nouveau Premier ministre lors d’une session du Conseil suprême de Crimée. Il est certainement légitime. Ils ont respecté toutes les procédures prévues par la loi, il n’y a eu aucune infraction. Cependant, il y a quelques jours, lorsqu’un un groupe d’hommes armés a tenté d’occuper le bâtiment du Soviet suprême de Crimée, cela a provoqué l’inquiétude des riverains. Il semble que quelqu’un voulait appliquer le scénario de Kiev en Crimée et lancer une série d’attaques terroristes et provoquer le chaos. Naturellement, cela suscite de graves inquiétudes parmi les résidents locaux. C’est pourquoi ils ont mis en place des comités d’auto-défense et pris le contrôle de toutes les forces armées.


Incidemment, j’étudiais le rapport hier pour voir ce qu’ils ont pris ​​- c’est comme une zone fortifiée. Il y a plusieurs dizaines d’unités C-300, plusieurs douzaines de systèmes de défense aérienne, 22 000 soldats et beaucoup plus. Cependant, comme je l’ai dit, tout cela est entre les mains du peuple de Crimée et sans un seul coup de feu tiré.


QUESTION : Monsieur le Président, une clarification, si vous me le permettez. Les personnes qui bloquaient les unités de l’armée ukrainienne en Crimée portaient des uniformes qui ressemblaient fort à l’uniforme de l’armée russe. Etait-ce des soldats russes, l’armée russe ?


VLADIMIR POUTINE : Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur états post-soviétiques. Il existe de nombreux uniformes là-bas qui sont similaires. Vous pouvez aller dans un magasin et acheter tout type d’uniforme .


QUESTION : Mais étaient-ils des soldats russes ou pas ?


VLADIMIR POUTINE : Ce sont des unités d’autodéfense locales.


QUESTION : Sont-elles bien formées ? Si on les compare aux unités d’auto-défense à Kiev …


VLADIMIR POUTINE : Mon cher collègue, observez comment les gens qui ont opéré à Kiev étaient bien formés. Comme nous le savons tous, ils ont été formés dans des bases spéciales dans les pays voisins : en Lituanie, en Pologne et en Ukraine aussi. Ils ont été longuement formés par des instructeurs. Ils ont été divisés en groupes de dizaines et de centaines, leurs actions étaient coordonnées, ils ont de bons systèmes de communication. Tout a marché comme sur des roulettes. Les avez-vous vus en action ? Ils avaient l’air très professionnel, comme des forces spéciales. Pourquoi pensez-vous que ceux en Crimée seraient pire ?


(A SUIVRE)

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Nationalisme ukrainien: Moscou étonné par l'indulgence de l'Occident.

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

tyagnibok-fabius-copie-1.jpg "Selon Laurent Fabius, le parti Svoboda est tout simplement "un peu plus à droite" que les autres et légitime."

Ben quoi ? Hitler aussi était "un peu plus à droite"...



Alors, pour ceux qui ne "s'informent" qu'en regardant le JT de 20 heures, voici un petit rappel du pedigree des représentants des manifestants "pacifiques" du Maidan, actuellement au pouvoir en Ukraine :

Le coup d’État, organisé par la CIA, à Kiev a porté au pouvoir un gouvernement représentant des oligarques et de groupes extrémistes. Parmi ses membres, on relève la présence de plusieurs leaders nazis. C’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que des politiciens se référant directement au IIIe Reich arrivent au pouvoir en Europe.

Deux de ses membres revendiquent des relations avec l’Émirat islamique du Caucase du Nord, une organisation liée à Al-Qaïda, selon les Nations Unies. Et l’un d’entre eux est parti combattre la Russie dans ce cadre.

Trois de ses membres ont participé à des opérations d’intoxication en jouant aux victimes du régime démocratique de Viktor Ianoukovytch.

Nationalisme ukrainien: Moscou étonné par l'indulgence de l'Occident

Dossier: Règlement de la situation en Ukraine

Nationalisme ukrainien: Moscou étonné par l'indulgence de l'Occident
13/03/2014
MOSCOU, 13 mars - RIA Novosti

L'Occident surmonte facilement tout scrupule au sujet du nationalisme et de l'antisémitisme afin de récolter les dividendes géopolitiques du moment, constate jeudi la diplomatie russe, rappelant les propos du ministre français des Affaires étrangères sur le parti néonazi ukrainien Svoboda.

 

Selon Laurent Fabius, le parti Svoboda est tout simplement "un peu plus à droite" que les autres et légitime.

"On sait bien que l'activité de ce parti est ouvertement nationaliste. Qui plus est, son idéologie est raciste, antisémite et xénophobe (…). On ne peut que s'étonner de la légèreté avec laquelle certains nos partenaires en Occident +adaptent+ leurs vues aux dividendes géopolitiques du moment, alors que tout récemment ils évaluaient ce parti et ses leaders de matière plus objective", lit-on dans le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

 

Le document rappelle que Svoboda a été condamné dans une résolution officielle votée et adoptée par le Parlement européen le 13 décembre 2012. En indiquant que "les opinions racistes, antisémites et xénophobes sont contraires aux valeurs et principes fondamentaux de l'Union européenne", le Parlement européen "invite les partis démocratiques siégeant à la Verkhovna Rada (parlement ukrainien) à ne pas s'associer avec ce parti, ni à approuver ou former de coalition avec ce dernier".

 

http://fr.ria.ru/world/20140313/200708724.html

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Qui sont les nazis au sein du gouvernement ukrainien ?

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Qui sont les nazis au sein du gouvernement ukrainien ?

Le gouvernement ukrainien, issu du coup d’État, a été reconnu par les puissances occidentales. Il comprend plusieurs membres d’organisations explicitement nazies, dont deux leaders qui se sont illustrés en réalisant de fausses images d’agression et de torture pour convaincre l’opinion publique occidentale de la cruauté du président démocratiquement élu, Viktor Ianoukovytch. Le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale revendique ses relations avec Al-Qaïda.

| Damas (Syrie) | 2 mars 2014
 
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Le coup d’État, organisé par la CIA, à Kiev a porté au pouvoir un gouvernement représentant des oligarques et de groupes extrémistes. Parmi ses membres, on relève la présence de plusieurs leaders nazis. C’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que des politiciens se référant directement au IIIe Reich arrivent au pouvoir en Europe.

Deux de ses membres revendiquent des relations avec l’Émirat islamique du Caucase du Nord, une organisation liée à Al-Qaïda, selon les Nations Unies. Et l’un d’entre eux est parti combattre la Russie dans ce cadre.

Trois de ses membres ont participé à des opérations d’intoxication en jouant aux victimes du régime démocratique de Viktor Ianoukovytch.

 

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Andriy Parubiy (Андрій Парубій)

Andriy Parubiy (Андрій Парубій)
Secrétaire du Conseil national de Sécurité et de Défense (organe qui chapeaute le ministère de la Défense et les Forces armées).
Co-fondateur du Parti national-socialiste d’Ukraine (avec Oleh Tyahnybok).



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dmytro Yarosh (Дмитро Ярош)
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Dmytro Yarosh (Дмитро Ярош)
Sécrétaire adjoint du Conseil national de Sécurité et de Défense (organe qui chapeaute le ministère de la Défense et les Forces armées).


Leader de Stepan Bandera Treezoob et du Secteur de Droite.
Yarosh s’est battu en Tchétchénie aux côtés des islamistes. Le 1er mars 2014, il a appelé à l’aide l’émir du Caucase du Nord, Dokka Umarov (Доку Умаров) considéré par les Nations Unies comme un membre d’Al-Qaïda.
Dans la fausse vidéo, réalisée par Andriy Kozhemyakin avec Andrei Dubovik jouant le rôle du méchant policier, il jouait le pauvre militant que l’on humilie dans la neige [1].


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Oleksandr Sych (Александр Сыч)

Oleksandr Sych (Александр Сыч)
Premier ministre adjoint.
Membre du Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода). Militant anti-avortement (même en cas de viol).








 

 

 

 

 

 

 

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Ihor Tenyukh (Игорь Тенюх)

Ihor Tenyukh (Игорь Тенюх)
Ministre de la Défense
Bien que son appartenance formelle au Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода) ne soit pas certaine, il participe à leurs réunions. Formé aux États-Unis, il dirigea les manœuvres conjointes de l’Ukraine et de l’Otan. Durant la guerre de Géorgie (2008), il organisa le blocus de Sébastopol et fut nommé amiral en second de la flotte. Sa nomination comme ministre de la Défense a convaincu la Marine ukrainienne de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement et de hisser le pavillon russe.



 

 

 

 

 

 

 

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Serhiy Kvit (Сергей Квит)

Serhiy Kvit (Сергей Квит)
Ministre de l’Éducation
Membre du Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода).









 

 

 

 

 

 

 

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Andriy Mokhnyk (Андрей Мохник)

Andriy Mokhnyk (Андрей Мохник)
Ministre de l’Écologie et des Ressources naturelles.
Membre du Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода).









 

 

 

 

 

 

 

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Ihor Shvaika (Игорь Швайка)

Ihor Shvaika (Игорь Швайка)
Ministre de la Politique agricole et de l’Alimentation
Membre du Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода).









 

 

 

 

 

 

 

 

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Dmytro Boulatov (Дмитрий Булатов)
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Dmytro Boulatov (Дмитрий Булатов)
Ministre de la Jeunesse et des Sports
Membre d’Autodéfense ukrainienne (UNA-UNSO).
Il a prétendu avoir été enlevé, avoir été séquestré et horriblement torturé du 22 au 31 janvier 2014. Il partit alors en Allemagne pour y être soigné, sans avoir rencontré de journalistes. Cependant, le ministre des Affaires étrangères Léonid Kojara déclara que l’homme se portait bien et qu’il s’agissait d’une mise en scène. En définitive, il revient un mois plus tard en excellente forme.

 

 

 

 

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Oleh Makhnitsky (Олег Махницкий)

 

Oleh Makhnitsky (Олег Махницкий)
Procureur général d’Ukraine
Membre du Parti de la Liberté (Svoboda/Свобода).









 

 

 

 

 

 

 

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Tetiana Tchornovol (Татьяна Черновол)

Tetiana Tchornovol (Татьяна Черновол)
Présidente de la Commission nationale anti-corruption
Membre d’Autodéfense ukrainienne (UNA-UNSO).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page mise à jour le 5 mars 2014 à 09h00 Temps universel.

[1] « Fausses images en Ukraine », Réseau Voltaire, 6 février 2014

 

http://www.voltairenet.org/article182426.html

 

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Vers la fin de l’OTAN médiatique ? Par Alexandre Latsa.

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Alexandre Latsa      

 
 
Le 10 mars 2014. 

Vers la fin de l’OTAN médiatique ?

Vers la fin de l’OTAN médiatique ?

Par La Voix de la Russie |

La presse française, qui sur le dossier ukrainien témoigne de sa totale inaptitude à porter un regard neutre et non américano-centré sur les enjeux internationaux, a sans doute « cru » apercevoir un effritement du système Poutine récemment. Deux journalistes américaines travaillant pour la chaîne d’Etat Russia Today ont en effet, l’une démissionné, l’autre émis des critiques quand à la politique russe en Ukraine. Peu de temps après, un professeur du très réputé MGIMO aurait lui comparé Poutine à Hitler, se faisant ainsi sans doute involontairement le docile porte-parole des diplomaties américaine, tchèque ou lituanienne qui tentent de faire croire (mais à qui hormis aux journalistes ?) que la Russie serait prête à envahir l’Europe et déclencher une guerre.

 


Le rouleau compresseur du flux médiatique occidental fonctionne en parfaite adéquation avec les diplomaties des nouveaux allies de l’Amérique et de l’Otan en Europe de l’Est. L’objectif unique de ce dispositif organisé est l’extension à l’Est de sa propre sphère d’influence. Ces processus soutenus ont dès la chute du mur visé l’Est du continent et le monde postsoviétique avec des fréquences d’interventions variées, que l’on pense aux bombardements sur la Serbie, aux coups d’Etats organisés via les révolutions de couleurs ou à la création d’Etats fantoches au cœur de l’Europe afin d’y héberger des bases militaires americaines, comme par exemple au Kosovo. Les lecteurs intéressés peuvent se référer à cette excellente analyse de Michel Collon qui met en exergue les liens entre « extension de l’Otan et mensonges médiatiques ».

 

Cette extension militaire et politique à l’Est s’est accompagnée d’un flux médiatique autoritaire visant à légitimer aux yeux de l’opinion cette extension. La victoire médiatique de l’Occident américano-centré devait lui assurer la victoire des esprits. Ce dispositif médiatique totalitaire a lui mis en place des verrous psychologiques et techniques afin de contrecarrer les flux d’informations contradictoires et non-conformes. Toute personne osant critiquer la politique américaine en Europe ou pire, dire du bien du modèle russe, serait de fait un « agent d’influence russe » et un « outil de propagande du Kremlin ». Les communistes en leur temps traitaient de fascistes tous ceux qui ne pensaient pas comme eux, tandis qu’en leur temps également les fascistes traitaient de communistes ceux qui ne pensaient pas comme eux.

 

Bien sûr, il est difficile pour un journaliste ou un analyste étranger de tenir cette forte pression permanente en sachant pertinemment que chaque jour qu’il passe dans une structure d’information russe implique pour lui de faire un trait sur ca carrière de journaliste à l’Ouest, dans le monde soit disant « libre ». On peut évidemment ne pas être d’accord avec les positions des journalistes et analystes étrangers ou russes qui refusent de se soumettre à la pensée dominante et/ou travaillent pour des agences de presse russes. Mais on ne peut pas ne pas leur reconnaître une qualité qui fait souvent défaut à nombre de leurs confrères de l’Ouest : le courage. Car que l’on soit ou pas d’accord avec la ligne éditoriale d’un média d’Etat comme l’AFP ou Russia Today, cela demande beaucoup plus de courage de travailler dans le second, a contre courant, que dans le premier.

 

Sous perfusions de l’Etat car hautement déficitaire, la presse francaise est elle en outre de plus en plus malmenée par des blogueurs et des plateformes d’analyses strictes et sérieuses. Certains se sont même récemment demandés pourquoi Internet regorgeait de commentaires favorables à la Russie et à la gouvernance Poutine. La lecture des commentaires sous l’article apporte sans doute un embryon de réponse. Hormis les accusations de « cellules informatiques sous le contrôle du FSB ou de l’ambassade de Russie », accusations qui traduisent d’incurables pathologies, quiconque suit la presse francaise sait aujourd’hui parfaitement qu’Internet a révélé une société civile 2.0 militante et déterminée, dont la blogosphère (qui souhaite faire entendre une voix dissonante à celle du mainstream médiatique) reflète assez bien l’esprit global.

 

Une blogosphère qui a clairement démontré durant ces dernières années que la multiplication des sources ne signifie pas forcément la diversité de l’information mais que le formidable développement des méthodes de communication 2.0 permet de ne plus subir uniquement le scenario narratif officiel et imposé.

Il y a donc des raisons d’être optimistes.

 

Les dissidents sous l’époque soviétique ont eux aussi longtemps pensé qu’ils étaient seuls et isolés.


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La carte syrienne dans le jeu politique occidental.

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le 4 mars 2014.

La carte syrienne dans le jeu politique occidental

La carte syrienne dans le jeu politique occidental

Par La Voix de la Russie | La Syrie a accepté de montrer aux inspecteurs de l'AIEA le minuscule réacteur de Damas. Comme l’a déclaré Yukiya Amano, le directeur général de l’agence, la situation dans le pays ne permet pas d’y envoyer d’experts. Entre-temps, le ciel de Damas se couvre de nouvelles nuées. Le président des États-Unis Barack Obama a demandé officiellement au Congrès l’autorisation de mener une opération militaire en Syrie.

 

 

La Syrie ne possède pas l’arme nucléaire, et elle n'a jamais aspiré à la mettre au point. Le seul réacteur dans le pays est une source minuscule de neutrons. Il est installé près de Damas et est utilisé exclusivement dans des buts scientifiques et médicaux. L’AIEA le savait. Les autorités syriennes sont prêtes à ouvrir l’accès du site aux inspecteurs internationaux pour mettre fin aux spéculations à ce sujet. Quant à l'arme chimique, le processus de sa liquidation se déroule rapidement. Initialement, 1300 tonnes de munitions devaient quitter le territoire avant le 5 février. La situation dans le pays a empêché de respecter les délais, et Damas a demandé de les prolonger jusqu'à mai. Ce qui n'a pas arrangé l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Finalement, les parties ont convenu que les substances hautement toxiques seraient sorties du pays à la fin d'avril. Cette condition est tout à fait réaliste, selon le rédacteur en chef du journal Courrier Militaro-industriel Mikhaïl Khodarenok.

 

« La quantité d'armes chimiques en Syrie n’est pas illimitée. Il s’agit surtout de munitions chimiques pour les systèmes de tir par rafales et les bombes d'aviation. Le projet de destruction de cet arsenal semble plus que réaliste. Naturellement, si son exécution n'est pas influencée par quelques circonstances externes. Par exemple, le renforcement du conflit armé entre divers groupements, membres du conflit syrien ou quelques autres facteurs extérieurs. Les principaux acteurs qui attisent le conflit armé en Syrie sont le Qatar et l'Arabie Saoudite. S’ils augmentent le financement des groupements armés syriens, il est tout à fait possible que cela impacte le programme de destruction de l'arme chimique. »


Un arrêt du désarmement chimique serait lourd pour Damas d’une intervention militaire extérieure. En particulier, le président américain Barack Obama a demandé aux sénateurs l’autorisation d’intervenir sous le prétexte officiel d’éviter l'utilisation ultérieure de l'arme chimique par le régime de Bachar al-Assad contre le peuple syrien. Et peut leur importe que les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction de l’arme chimique, le représentant du Secrétaire général de l'ONU Lakhdar Brahimi et les experts internationaux soient satisfaits du déroulement de la liquidation de l'arme chimique.

 

Le moment opportun est apparu maintenant. L'automne dernier, la Russie a empêché de porter le coup sur la Syrie. Mais actuellement, l'attention de Moscou est détournée de la région proche-orientale. Près de ses frontières, son voisin le plus proche et ancien partenaire – l’Ukraine - est en proie à un conflit intérieur grave. La population russophone de Crimée a demandé à la Russie de la protéger contre les persécutions du côté de Kiev. Personne ne doutait que Moscou ne laisserait pas les siens dans l’adversité. Mais les États-Unis, poursuivant leurs buts en Ukraine, sont mécontents de ce soutien. Ayant brandi contre Moscou la menace de l’isolement et de sanctions, Washington s'est mis de nouveau à jouer la carte syrienne.

 

Lundi (4.03), le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a examiné la situation en Syrie avec le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le représentant spécial de l'ONU Lakhdar Brahimi. Les parties sont d’accord sur la nécessité de poursuivre le dialogue entre les forces adverses et insistent sur le règlement pacifique du conflit syrien.

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