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Le blog de Lucien PONS

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Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Fondée en 1978 par Raymond Aron qui craignait de voir arriver la gauche au pouvoir, la revue Commentaire s’est dernièrement spécialisée dans la publication des idéologues de l’école néo-conservatrice française. Un genre… Après Gérard Araud, qui tweetait que l’élection de Donald Trump annonçait la fin du monde – mais qui est toujours en poste à Washington -, notre ancien ambassadeur à Damas (2006 – 2009) à son tour trouve refuge dans la revue néo-libérale1 de Jean-Claude Casanova. Commentaire lui a demandé de « donner son sentiment » sur la Syrie… Le terme est plutôt approprié, puisqu’avec l’article de Michel Duclos (MD) – Notre ami Bachar al-Assad -, nous sommes bien dans l’affect amour-haine, dans l’immédiateté, les approximations, sinon les contre-sens historiques !

Reprenons ligne à ligne cette contribution pour en déconstruire les affabulations, non pas qu’elle mérite la notoriété des Essais de Montaigne, mais parce qu’elle constitue un beau spécimen de sophisme. Face à ce « tour de passe-passe », Spinoza explique bien dans l’Ethique que « les idées fausses et inadéquates s’enchaînent aussi nécessairement que les idées justes et adéquates », autrement dit l’erreur et la bêtise génèrent leurs propres rationalités qu’il s’agit de mettre à jour et de déconstruire. Dans sa Réponse à John Lewis2, Louis Althusser explique bien qu’une réponse n’est valable que si elle porte sur un processus dont il s’agit de dévoiler l’intention, l’énergie vitale et la méthode. Voyons cela !

PARADIGME ET ESSENTIALISME

En guise d’introduction, Michel Duclos commence par attribuer – de manière indifférenciée – l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), la mort de Michel Seurat (1986), celles de nos soldats du Drakkar (1983) et des victimes de l’attentat de la rue des Rosiers (1982) aux… services spéciaux de la Syrie d’Hafez al-Assad, père de Bachar. Il raccroche ces différents événements, dont il fait une même « séquence », au « massacre » de Hama (1982), sans rappeler qu’il s’agissait d’une riposte à une tentative de coup d’Etat des Frères musulmans qui venaient d’égorger une trentaine d’élèves-officiers de l’Armée de l’air3. Cet amalgame veut justifier son intertitre : « un paradigme immuable », selon lequel le gouvernement syrien actuel serait meurtrier par « essence », depuis la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970.

Reprenons ! Effectivement, Louis Delamare a bien été assassiné par les Panthères roses (appellation liée à la couleur de leurs uniformes) de Rifaat – frère d’Hafez -, au lendemain de la réception de Yasser Arafat à la Résidence des Pins par Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères à la réputation propalestinienne. Le message de Damas était parfaitement clair : la France ne doit pas favoriser l’installation d’un émirat palestinien (sunnite) aux portes d’une Syrie principalement dirigée par les Alaouites (de filiation chi’ite). Dans le contexte de la guerre civilo-régionale du Liban, cette méthode de communication était malheureusement courante ! Le relever ne saurait en justifier les crimes, mais cette méthode correspondait alors aux lois et périls de la guerre du Liban.

Pour ce qui concerne l’enlèvement de Michel Seurat et sa mort en captivité après une longue hépatite B, ainsi que celle de nos soldats écrasés dans l’effondrement de leur état-major du Drakkar, les historiens ont montré qu’il s’agissait d’autre chose. Commis par des groupes chi’ites pro-iraniens (avant la création officielle du Hezbollah qui interviendra plus tard), ces attentats constituaient autant de représailles tandis que la France avait engagé six Super-Etendard – sous cocarde irakienne -, mais pilotés par des pilotes français contre les lignes de défense iraniennes dans le contexte d’une guerre Irak-Iran extrêmement meurtrière qui a duré de 1980 à 1988. Washington, Londres et Paris avaient alors poussé Saddam Hussein à ouvrir les hostilités contre une révolution islamique dont on craignait qu’elle ne gagne d’autres pays de la région. Quant à l’attentat de la rue des Rosiers, comme celui de la rue Copernic, les pistes les plus sérieuses ramènent invariablement aux tueurs d’Abou Nidal et ses commanditaires les plus variés.

Suit aussitôt un autre mythe : celui de l’instrumentalisation du terrorisme par Bachar al-Assad. Bien-sûr, comme tous les pays de la région, la Syrie aussi pratique – peu ou prou – ce sport inavouable au plus près de ses intérêts. Encore une fois, il ne s’agit pas de justifier mais d’essayer de comprendre ! Mais lorsque MD affirme que Bachar al-Assad a libéré des jihadistes en juin 2011 pour mettre en péril les « opposants nationalistes », il opère un double contresens. Ces libérations ont bien eu lieu. Grande protectrice des jihadistes, l’Arabie saoudite en avait fait la condition sine qua non pour la poursuite des pourparlers de Genève engagés sous l’égide des Nations unies.

Afin de permettre la poursuite de ces négociations, Moscou demanda alors expressément au gouvernement syrien de libérer ces meurtriers. Quant aux « opposants nationalistes », leur existence a été des plus éphémères. Ces derniers ont été marginalisés dès l’été 2011 pour laisser le champ libre à des factions jihadistes sous l’égide des Frères musulmans – soutenus par Doha – et des Salafistes – clients de Riyad – qui ont accaparé la quasi-totalité des moyens opérationnels de la rébellion armée en Syrie.

Quant à la livraison syrienne du leader kurde Öcalan à Ankara, elle s’explique, là-encore, par des contraintes de realpolitique régionale relativement compréhensibles au vu des intérêts syriens. Sous la plume de MD, elle s’inscrit dans la grande mythologie récurrente de « nos alliés kurdes » contre l’organisation « Etat islamique » et la résurgence de la question de l’indépendance du Kurdistan d’Irak, soutenue par Bernard Kouchner et Benjamin Netanyahou !

Au passage, MD s’étonne aussi que Damas soutienne « le camp d’un groupe terroriste palestinien d’un autre âge (le FPLP-CG) ». De fait, Damas soutient aussi d’autres organisations palestiniennes. Nombre de Palestiniens, habitants le camp de réfugiés de Yarmouk (banlieue sud de Damas) ont pris fait et cause pour la défense de la Syrie historique. A l’évidence, l’ignorance dont MD fait preuve sur le dossier ne l’autorise certes pas à juger des Palestiniens qui n’attendaient rien des Accords d’Oslo, ni de la pseudo-médiation américaine sur cette question bloquée par Tel-Aviv depuis le début des années 2000 !

Enfin, dans son insistance à vouloir affirmer une continuité d’« essence » morbide entre la Syrie d’Hafez al-Assad et celle de son fils Bachar, MD déplore l’intervention de « parrains étrangers » comme la Russie et le Hezbollah libanais. L’intervention militaire de ce dernier dans les Jurd de Qalamoud, Qoussair et Yabroud a sans conteste empêché Dae’ch et Jabhat al-Nosra de conquérir Tripoli et de disposer ainsi d’une façade méditerranéenne. En palliant aux insuffisances entretenues, notamment par Tel-aviv, de l’armée nationale libanaise, le Hezbollah a, sans doute, sauvé l’intégrité territoriale et politique du Pays du Cèdre. Quant au rôle de la diplomatie et de l’armée russes, qui correspond à un partenariat diplomatique et stratégique ancien et connu, nous renvoyons MD à la lecture du prochain livre de Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva – Alep, la guerre et la diplomatie – à paraître le 20 octobre prochain aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cette lecture salutaire du premier livre en français, écrit par une diplomate russe – expliquant les raisons, les objectifs et l’évolution du soutien russe à la Syrie – devrait lui apprendre pas mal de choses…

Evidemment, les ingérences de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Etats-Unis et de services spéciaux britanniques et français armant des factions jihadistes obsédées par le renversement du gouvernement syrien a visiblement échappé à notre auteur si soucieux des souverainetés nationales.

DESASTRE FRANCAIS

Dans son deuxième paragraphe « Une perspective française », MD attribue – sans surprise – l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri aux services syriens. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch a beaucoup travaillé la question, estimant que l’ami de Jacque Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit.

A la mort d’Hafez al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris. Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’Etat contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan (ancien chef des services syriens au Liban) et de plusieurs généraux de l’armée syrienne. Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir. Certes, l’histoire reste à écrire, mais dans tous les cas de figures, MD devrait observer sur cette affaire une prudence, un tantinet plus diplomatique.

Quelques lignes plus loin, il écrit que les Russes ne connaissent la Syrie qu’au travers du « seul prisme des services de sécurité ou de la coopération militaire ». Nouveau flagrant délit d’ignorance, MD ne connaît visiblement pas les écrits de l’académicien russe Alexeï Mikhaïlovitch Vassiliev, ni rien des études syriennes que l’on doit à « l’école Primakov », du nom de cet ancien haut responsable du KGB surnommé le « Kissinger russe ». Spécialiste des Proche et Moyen-Orient, il a formé des générations d’islamologues, parmi lesquels ceux qui conseillent actuellement Sergueï Lavrov.

Un peu plus loin encore, notre ignorant récidiviste affirme qu’en « onze ans de règne, Bachar n’avait procédé à aucune réforme de nature politique ou sociale ». Faux et archifaux ! Conseillère d’Etat et directrice de l’ENA (2000-2002), Marie-France Bechtel a mené une mission d’études pour la réforme de l’administration syrienne. Plusieurs de ses recommandations avaient commencé à être mises en œuvre, notamment dans le secteur bancaire, avant d’être interrompues par la guerre civile. MD devrait lire aussi – Quand la Syrie s’éveillera – paru aux éditions Perrin en janvier 2011.

Conclusion du paragraphe : « Bachar s’est contenté d’ajouter une dimension affairiste omniprésente à partir de 2005 », avant d’affirmer encore un peu vite que « le régime bassiste est un régime alaouite ». Sur l’affairisme, élargissons le spectre aux pays de la région, notamment ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voire jusque sous nos yeux en commençant par le Luxembourg et notre président de la Commission européenne… Quant au « régime alaouite », rappelons seulement que le général Ali Mamlouk – numéro deux du gouvernement – est sunnite pur sucre et que de nombreuses personnalités chrétiennes, druzes et arméniennes occupent des postes de responsabilité.

Par contre, pas un mot sur la fermeture de notre ambassade à Damas en mars 2012 – sur ordre d’Alain Juppé – ni sur les conséquences de cette décision en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Dans le paragraphe suivant, MD écrit : « si le régime a paru parfois collaborer avec les services occidentaux tout en continuant en sous-main à alimenter le terrorisme, c’est qu’il ne croyait pas pouvoir scier la branche sur laquelle il était assis. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? »

INGRATITUDE CARACTERISEE

Sur le renseignement, MD ferait mieux de s’abstenir. Un seul exemple : entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, la DST a pu arrêter un fou furieux en train de remplir d’explosifs des extincteurs qu’il s’apprêtait à déposer dans des bus de Nancy. Cette interpellation s’est effectuée grâce à des informations transmises – en ligne directe – par les barbouzes syriennes. D’autres cas concrets peuvent êtres cités. Malheureusement, cette coopération s’est interrompue de mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, notre ambassade à Damas restant désespérément fermée !

En 2006, lorsqu’il a été nommé ambassadeur à Damas, MD arrivait de New York et savait à peine reconnaître la Syrie sur une carte. D’après ses collègues les plus proches, « il ne connaissait strictement rien au monde arabe et des cadres de la DGSE sont venus spécialement au Quai d’Orsay pour le déniaiser à plusieurs reprises, d’autant que la relation diplomatique bilatérale s’est fortement distendue depuis la mort de Rafic Hariri en février 2005 ». Une fois en poste, nos anges gardiens des services extérieurs n’ont cessé de lui rendre moult services, notamment pour répondre à des questions politiques posées par Nicolas Sarkozy auxquelles il était parfaitement incapable de répondre… A cette époque, MD a très bien compris l’importance et la toute-puissance des services spéciaux syriens, de même que la nécessité d’entretenir avec ces appareils d’Etat les meilleures relations.

L’auteur de ces lignes a rencontré MD à Damas à plusieurs reprises. Comparé au flamboyant Bernard Emié, qui officiait – tous azimuts avec succès – à Beyrouth (actuellement à la tête de la DGSE), MD rasait les murs, appliquant ses instructions à la lettre dans une grisaille confondante des plus ennuyeuses. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a visiblement oublié un peu vite les « coups de main » des services français comme ceux de leurs homologues syriens. Comme le bon sens, la reconnaissance du ventre n’est pas la chose la mieux partagée au monde…

Plus tardive, sa révélation néo-conservatrice semble être due à des considérations de carrière : coller sans discernement à la ligne pro-saoudienne de Laurent Fabius permettait d’obtenir, à coup sûr, un prochain poste. Très logiquement, car devenu expert des missions les plus périlleuses, MD sera nommé à… Berne en 2012, tout près de la fosse aux ours !

SUITE A LIRE DANS LIBERATION ET LE MONDE

En effet, la suite et la chute du papier de MD ne sont que pâles reprises des perles propagandistes, régulièrement égrenées par Libération et Le Monde, bulletins officiels de la bobologie droits-de-l’hommiste : seul « le régime Assad a précipité des millions de Syriens sur les routes de l’exil » ; l’armée syrienne ne compte plus seulement que « 20 000 hommes » ; « les services de sécurité assurent un minimum de cohérence » ; la « rébellion nationale », dont MD ne dit rien de concret (et pour cause !), « paraît à peu près défaite ». Comment se fait-il ? A l’évidence, MD croit encore aujourd’hui qu’Alep était assiégée par l’armée gouvernementale syrienne et défendue par cette introuvable « rébellion nationale » !

Sans surprise, la conclusion de ce pensum consiste encore et toujours à réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme si les différentes réunions d’Astana I, II, III, IV, V et VI n’avaient jamais eu lieu, comme si le représentant spécial des Nations unies – l’excellent Staffan de Mistura – n’avait rien fait, comme si c’était à la France de décider l’avenir politique de la Syrie ! Avec ce papier, Commentaire ne brille pas vraiment sur le plan de l’excellence géopolitique.

Une consolation toutefois : cette fois-ci, MD nous a épargné les citations élogieuses du roman de sa propre compagne dont il accompagnait régulièrement les laborieuses dissertations.

Le 14 mars 2016, prochetmoyen-orient.ch avait relevé plusieurs passages de cet improbable roman dans une note du Centre d’analyse et de prévision du Quai (CAP) rédigée par MD. L’ouvrage n’est en fait qu’une compilation de télégrammes diplomatiques (TD) relatant la défection de Moustapha Tlass (fils de l’ancien ministre de la Défense d’Hafez al-Assad) et son exfiltration de Syrie par les services spéciaux français. Ce n’est pas toujours en famille qu’on fait le meilleur travail, toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi – et en vertu de quels soutiens – MD s’est retrouvé bombardé à la tête de l’Académie diplomatique de l’Aga Khan.

Aux personnes peu familières des cercles très fermés de notre diplomatie, cette réponse pourrait paraître excessive. En fait elle reste très en-deçà d’une réalité monopolisée par la pensée unique. La dernière livraison de Commentaire n’est pas un accident et confirme cette unanimité bêlante, qui des quotidiens, hebdomadaires aux radios, télévisions, think-tanks et réseaux numériques a-sociaux, reproduit la doxa d’une mondialisation merveilleuse. Sur la Syrie, les voix discordantes n’ont pas droit de cité et sont proprement censurées. Oui, la censure est de retour dans notre pays, c’est un fait malheureusement !

Enfin, il faut avoir pu mesurer l’arrogance de MD et celle de ses clones pour se rendre compte à quel point celle-ci est proportionnelle à une ignorance crasse et abyssale ! En dernière instance, on ne peut pas ne pas se demander qui sont ces gens pour prendre ainsi en otage la voix de la France ? Néanmoins, bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 Commentaire, numéro 159 – automne 2017.
2 Louis Althusser : Réponse à John Lewis. Editions François Maspero, 1973.
3 A propos de la riposte de Hama contre les Frères musulmans, l’idéologie dominante avance toujours un bilan de 25 à 30 000 morts sans préciser les sources et la méthode permettant d’atteindre ce chiffre. Les experts et historiens sérieux avancent un tout autre bilan de 3 à 4000 victimes.

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

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L’entrée en vigueur du CETA: un scandale démocratique, par Jacques Sapir

5 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le fascisme

Jacques Sapir

Jacques Sapir

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 22-09-2017

Le traité de libre-échange avec le Canada, ce que l’on appelle le CETA, est donc entré en application le jeudi 21 septembre. Il montre de manière éloquente que les Etats se sont laissés dessaisir de leur souveraineté et qu’un nouveau droit, indépendant du droit de ces mêmes Etats et non soumis à un quelconque contrôle démocratique, est en train de s’imposer.

Le CETA constitue ce que l’on appelle un « traité de libre-échange ». Mais, en réalité, il s’attaque aux normes non-tarifaires que pouvaient prendre un certain nombre d’Etat, en particulier pour protéger leur population en matière de pollution. Sur ce point, il est à craindre que le CETA n’organise une course au démantèlement de ces normes protectrices. A cela s’ajoute le risque induit par le mécanisme de protection des investisseurs contenu dans le traité. Le CETA, en effet, crée un système de protection de ces investisseurs entre l’Union européenne et le Canada qui, par l’institution d’un tribunal d’arbitrage leur permettrait de poursuivre un État (ou une décision de l’Union européenne) si une décision publique prise par cet Etat était de nature à compromettre les « attentes légitimes en terme de retour sur investissement ». Autrement dit, c’est un mécanisme, que l’on appelle la clause ISDS (ou RDIE) qui sert essentiellement de protection des bénéfices futurs. Et ce mécanisme est à sens unique : un État ne pourra pas, lui, poursuivre une entreprise privée dans le cadre ainsi prévu. On constate alors que le CETA va permettre aux investisseurs d’attaquer des décisions politiques s’ils estiment qu’elles vont à l’encontre de leurs intérêts. Cette procédure, qui pourrait s’avérer très coûteuse pour les Etats, aura un effet dissuasif dans le cas d’une simple menace de procès. A cet égard, rappelons qu’en 2011, le Québec recula sur l’interdiction d’un composant d’herbicide, dont on suspectait les effets cancérigènes, et qui était commercialisé par Dow Chemical, car cette dernière société était déterminée à porter l’affaire devant les tribunaux.

Il y a ensuite un problème de réciprocité ; il est bien beau de dire que ce traité ouvre les marchés publics canadiens aux entreprises européennes, mais le marché de l’UE est déjà ouvert aux entreprises canadiennes. Il suffit de regarder la disproportion entre les populations pour savoir qui est vainqueur. Au delà, il y a le problème plus général du libre-échange, ou plus précisément de l’interprétation du Libre-échange que l’on trouve dans ce traité. Il fait la part belle aux intérêts des firmes multinationales, intérêts qui ne sont pas précisément ceux des consommateurs ni ceux des travailleurs.

Les menaces que le CETA fait peser concernent donc la santé publique, mais aussi, et c’est une évidence, la souveraineté. Mais, ce traité menace, aussi, la démocratie. Quand il fut finalement voté par le Parlement européen, au sein des députés français, quatre groupes ont voté contre, le Front de Gauche, les écologistes de EELV, le Parti Socialiste et le Front National. Une alliance peut-être pas si étrange que cela quand on connaît les problèmes que soulève ce traité. Il est en fait significatif qu’il ait été rejeté par les délégations de 3 de 5 pays fondateurs de la Communauté Economique Européenne, et par les pays représentant les 2ème et 3ème économies de la zone Euro. Pourtant, ce traité a été ratifié au Parlement européen, le 15 février 2017 et il doit être ratifié par différents parlements nationaux. Or, il est considéré comme applicable en partie dès avant sa ratification par les Parlements nationaux. Le CETA a donc été adopté de manière provisoire et partielle le 21 septembre 2017, sur les volets de compétences exclusives à l’UE, excluant temporairement certains volets de compétences partagées nécessitant le vote des pays membres de l’UE, comme la question des tribunaux d’arbitrage ou de la propriété intellectuelle. Mais, environ 90 % des dispositions de l’accord seront appliquées. Cela pose un véritable problème de démocratie politique. De même, si un pays rejetait la ratification du CETA, ce dernier n’en continuerait pas moins à s’appliquer pendant trois ans. On le voit, tout a été fait pour que ce traité soit élaboré et appliqué en dehors de la vérification et de la volonté des peuples.

Dans les fait, ce traité n’est pas, en réalité, ce que l’on qualifie d’habitude de traité de « libre-échange ». Il s’agit d’un traité qui vise essentiellement à imposer des normes, normes qui ont été décidées pour et par les entreprises multinationales, aux divers parlements des pays membres de l’Union européenne. Si l’on avait voulu une démonstration de la nature profondément anti-démocratique de l’UE on ne se s’y serait pas pris autrement.

Cela pose un problème tant de démocratie que de légitimité pour ceux qui se sont fait les chantres de ce traité. On sait qu’en France un seul candidat à l’élection présidentielle, M. Emmanuel Macron, avait pris ouvertement position pour le CETA. L’un de ses principaux soutiens, Jean-Marie Cavada, avait lui aussi voté pour l’adoption du traité au Parlement européen. On voit donc se profiler dans l’élection présidentielle, et ce n’est pas nouveau dans notre histoire, le fameux « parti de l’étranger » que dénonçait en son temps (précisément le 6 décembre 1978) Jacques Chirac depuis l’hôpital Cochin…[1]

Nicolas Hulot, avant que d’être nommé ministre dans le gouvernement d’Edouard Philippe, avait pris des positions nettes, et opposées, au CETA. Son maintien au gouvernement, dans ces conditions, vaut reniement. Certes, le ministre de la Transition écologique (sic), n’a pas dissimulé une forme de déception, ce vendredi matin, sur Europe 1. Il a reconnu que nombre des risques potentiels contenus dans le traité avait été identifiés par la commission d’évaluation nommée par Edouard Philippe en juillet dernier. Mais il a ajouté : « …le processus était tellement lancé que, à moins d’un incident diplomatique avec le Canada, ce que nous ne souhaitions pas, c’était difficile » d’enrayer son entrée en vigueur ». On ne saurait mieux décrire les mécanismes d’irréversibilité qui ont été sciemment construit avec ce traité. Rappelons aussi que, avant d’être nommé ministre de la Transition écologique, l’ancien animateur TV avait estimé à plusieurs reprises que le CETA n’était pas «climato-compatible». On mesure, sur ce point, la taille de la couleuvre, voire du véritable boa, qu’il a dû avaler…

Or, Emmanuel Macron s’est posé, depuis son élection, en défenseur tout à la fois de l’écologie et de la planète en reprenant, et détournant, le slogan de Donald Trump « Make the Planet Great Again ». Il a réitéré ces propos, que ce soit aux Nations-Unies ou lors de son voyage aux Antilles à la suite de l’ouragan « Irma ». Mais, il faut bien ici constate que son engagement pro-CETA et sa soumission aux règles de l’Union européenne, qui a pourtant pris un retard dramatique sur la question des perturbateurs endocriniens, montre que, décidément, ce n’est pas l’écologie qui le motive et que cette dernière n’est qu’un prétexte à des effets de communication du plus mauvais goût et de très mauvais aloi.

Il faut donc avoir une pleine conscience de ce que signifie l’application du CETA, mais aussi des dangers que ce dernier fait peser que la souveraineté nationale, la démocratie et la sécurité du pays.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

 

Réponses à L’entrée en vigueur du CETA: un scandale démocratique, par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Toff de Aix Le 05 octobre 2017 
 
 

Hier je regardais une interview d’Alain Denault sur Là-bas si j’y suis, avec Aude Lancelin. Il a bien insisté sur le fait que les états, autant que les politiques qui les dirigent et les citoyens qui leur sont subordonnés d’ailleurs, ont abdiqué leur souveraineté sur pratiquement tous les plans. Le plan idéologique, économique, mais aussi politique, et au final le plan historique même. Il distingue en effet plusieurs types de souverainetés(ce qui diffère de la conception de M. Sapir), mais au final le résultat est le même : une prise de contrôle de l’économie, de la politique et du destin des individus par les multinationales. Ces dernières étant la forme ultime d’évolution de l’aberration néo libérale.

Le but étant de tout régenter sur les principaux plans… L’ultime frontière à conquérir étant l’idéologie, qu’il s’agit désormais d’imposer dans les consciences. Un glissement de “TINA” vers 1984 : il ne leur suffit plus d’avoir notre abandon de mauvaise grâce, il leur faut désormais notre pleine et entière adhésion. Macron est un avatar parmi d’autres de cette ultime évolution : il exige que nous adhérions à son “projet”,car nous l’aurions élu et il est “légitime”. Perversion de l’argument de légitimité, qui au final vise à détruire l’expression démocratique.

Au final, le “prooooojet” mortifère des 0,1% va s’appliquer… Du moins l’escomptent-ils. C’est sans compter sur un minuscule grain de sable, qui fera tout dérailler : si les peuples ne se révoltent pas de façon globale, les écosystèmes ne le supporteront plus très longtemps, et quelque part c’est tant mieux !

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« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT

5 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Espagne

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.

C’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe. Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale

Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.

C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.

Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.

Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

Ce que vous voyez à l’œuvre en Espagne est évidemment une bénédiction pour l’Europe dont il faut se méfier du pseudo-silence qui est en réalité un piège politique redoutable.

L’Europe s’oppose à toute violence, garante qu’elle est de la démocratie !

Cette position politique d’une perfidie inouïe est en réalité un piège politique majeur.

En effet, en s’opposant à toute violence d’État, à savoir la violence pratiquée par Madrid pour éviter la sécession de la Catalogne, l’Europe en réalité prive Madrid, au nom de la démocratie, de tout pouvoir et moyens d’action coercitifs à l’égard des Catalans et des indépendantistes qui restent une minorité agissante et bruyante, mais une minorité tout de même !

Toutes celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject.

Tous les bien-pensants de la « démocrassie » qui bêlent comme des ânes pour la Catalogne sont les utiles des riches !

Les indépendantistes sont la négation même de toute générosité et je vais vous dire pourquoi.

Parce que l’indépendantisme catalan se nourrit de l’idée que seuls les Catalans, « êtres supérieurs », savent, eux, travailler, bosser, et produire des richesses, par rapport au reste de l’Espagne peuplé d’abrutis et de fainéants (clin d’œil à notre maréchal jupitérien à nous qu’on a).

Les Catalans seraient donc bien plus riches sans le reste de l’Espagne.

Et vous savez quoi ?
C’est vrai !

Oui les Catalans seraient plus riches sans le reste de l’Espagne.

Ce serait la même chose pour les Italiens du Nord sans les Italiens du Sud.

Pour les Parisiens du 16e sans le reste de Paris, et pour tous les parisiens sans le reste de la France.

Suivant ce raisonnement d’un cynisme financier hallucinant, toutes les régions riches, donc, auraient vocation à devenir indépendantes des régions pauvres.

Or, les pays sont fondés, basés, sur des unions de transfert.

Les riches paient pour les pauvres.

C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif.

C’est d’ailleurs ce dispositif qui fait défaut à l’euro pour rendre la zone euro fonctionnelle. Il faudrait que les « riches » allemands paient pour tous les autres pauvres.

Mais plus personne ne veut payer et d’ailleurs l’Europe, pour casser, les États cassent leurs sources de financement en organisant, comme je vous l’ai dit, le dumping fiscal.

Ceux qui défendent donc l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles et les europathes.

Il n’y a pas plus injuste que cette idée. Il n’y a pas plus abjecte que cette Europe qui déclenche la fureur des peuples pour mieux exister, quitte à tuer et à devenir sanglante.

Cette Europe n’est plus la paix.

Sous vos yeux, cette Europe devient la guerre.

N’oubliez jamais qu’aucun État ne s’est jamais créé sans guerre et sans violence. C’est une règle historique intangible et il en sera de même pour l’Europe fédérale.

Ce qui se passe sous vos yeux est sans pareil. Vous en serez, nous en serons et nous en sommes déjà les victimes anonymes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ? Le journal RUPTURES.

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La mondialisation, #Catalogne, #Espagne

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Référendum Catalogne

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

L’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement faits et les enjeux est donc nécessaire.

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays

Il faut ensuite rappeler l’essentiel : c’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays. Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid…

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes. En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne. Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.

« Nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés » – Carles Puigdemont

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie ».

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

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Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017 par Jacques Cotta

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le socialisme

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » . 

 

Animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection/débat sur « la violence sociale » animée par Jacques Cotta

Ce vendredi 13 octobre 2017 à NICE

 

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une projection-débat « dans le secret de la violence sociale » animée par Jacques Cotta, auteur du documentaire projeté.

 

La conférence aura lieu le vendredi 13 octobre 2017 de 18h à 21h, dans l’amphithéâtre de la « Maison des Associations » de la place Garibaldi à Nice.

 

Avec la crise économique qui n’en finit plus, le marché de l’emploi n’a jamais été aussi incertain. Les délocalisations et les licenciements boursiers sont de plus en plus nombreux. La liquidation pure et simple de notre industrie s’accélère. Le dernier exemple est l’annonce de la fusion acquisition de ce qui reste d’Alstom par l’allemand Siemens qui veut s’imposer comme leader sur le marché. Cette nouvelle catastrophe économique et industrielle - après le bradage en 2015 à la multinationale américaine Général Electric de sa partie la plus importante concernant l’indépendance de la France – signe la disparition rapide de notre indépendance.

 

L’exemple de la liquidation de Goodyear est aussi dans nos mémoires. Même Emmanuel Macron s’est déplacé auprès des ouvriers en plein désarroi lors de la campagne des présidentielles pour les assurer de son soutien et de sa compassion.

Les intérêts financiers - grâce à l’abdication de la puissance publique et avec l’arme de destruction massive que constitue la dette - finissent par dévaster notre système économique. Ils détruisent ainsi notre modèle social issu de la Résistance. Les conditions d’emploi des salariés se dégradent. Les salaires sont à la baisse, les retraites et plus généralement la protection sociale sont attaquées.

 

C’est tout notre édifice social qui est en voie d’explosion.

Peut-on éviter cette précarité et les drames humains qu’elle provoque ?

Quelles décisions prendre ?

Comment sauver et développer les acquis sociaux qui concernent des millions de Français ?

L’union européenne impose la rigueur à tous les états. Il est prévu que la flexibilité de l’emploi deviendra la norme. Seul le CDD sera proposé. La précarité sera généralisée.

 

Il faut être armé pour affronter les régressions à venir. Les plans de licenciements boursiers, les délocalisations et l’explosion du chômage nécessitent une bonne connaissance théorique pour essayer d’infléchir le cours de l’histoire. Essayons de lever la tête pour remettre la dimension humaniste au cœur du débat.

Les enjeux sont considérables, ils dépassent les choix de société et touchent les choix de civilisation.

Dans la période trouble que nous vivons, il est important de connaître le dessous des cartes.

 

Comme l’indique une citation bien connue : "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ".

Pensons aussi à l’effet Dracula. En effet si le célèbre vampire est en pleine lumière, il n’a d’autre choix que de se terrer dans un trou noir, il ne supporte pas la lumière.

Jacques COTTA étaye son analyse par des exemples concrets issus de ses enquêtes dans de nombreuses entreprises françaises.  

 

Jacques COTTA, journaliste et écrivain, a réalisé de nombreux films d’investigation dont «Front National, la nébuleuse » (7 d’or). En charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France2 il est notamment l’auteur de « 7 millions de travailleurs pauvres », « La face cachée des temps modernes » (Fayard, 2006), « Riches et presque décomplexés » (Fayard, 2008), « Qui veut la peau des services publics ? » (2011), « Un CDD sinon rien » (2012), « Dans le secret du crime financier » (2013) , « Dans le secret du Mont de Piété » (2013), « Dans le secret du burn out » (2015), « Dans le secret de la violence sociale » (2016).

 

ATTENTION : la ville de Nice nous impose que vous nous adressiez préalablement votre inscription à cette soirée. Merci de voir les modalités pratiques dans le document joint.

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Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

26 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #La République

Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

Les espoirs douchés du président français

Journée noire pour Emmanuel Macron. Dimanche 24 septembre, le président français encaisse la déconvenue de ses troupes aux élections sénatoriales ; il doit aussi constater que le résultat du scrutin qui se déroulait en Allemagne est exactement celui qu’il redoutait. En pire.

Le maître de l’Elysée ambitionne en effet de « refonder l’Europe » et entend piloter cela avec Berlin en faisant valoir ses propositions « audacieuses ». Or le formation du futur gouvernement outre-Rhin va être longue et laborieuse. Et très probablement déboucher sur un programme allant à l’encontre de sa vision pour l’avenir de l’UE, et de la zone euro en particulier.

La première caractéristique est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante

Trois caractéristiques se dégagent du scrutin allemand, marquées par une participation record de 76,2% (+ 4,7% par rapport à 2013). La première est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante : pris ensemble, les chrétiens-démocrates (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux ; depuis la fondation de la République fédérale, et jusque dans les années 2000, la proportion variait entre 70% et 80%. La tendance à la chute concomitante des deux formations théoriquement opposées remonte à 2009.

La CDU doit se contenter de 33% des suffrages, soit 8,6 points de moins qu’il y a quatre ans. Son parti-frère bavarois dégringole, lui, de plus de dix points. Certes, même si elle obtient son plus bas score depuis 1949, la formation de la chancelière reste en tête, et celle-ci va rempiler pour un quatrième mandat.

Mais cette « victoire » a un goût de désaveu : sa politique d’accueil de plus d’un million de migrants a laissé des traces profondes. Mais pas seulement : dans un pays réputé pour sa bonne santé économique, une part croissante de la population connaît la précarité, voire la nécessité de cumuler plusieurs petits boulots. La pauvreté, y compris des enfants, ainsi que parmi les retraités, a progressé ces dernières années. Et les investissements publics sont au plus bas (éducation, infrastructures…).

La déculottée du SPD est pire encore : il tombe à 20,5% soit 5,2 points de moins qu’en 2013. Il faut remonter à… 1890 pour trouver un niveau inférieur (19,3%), à l’exception des années 1932-1933. A l’évidence, les sociaux-démocrates payent le prix de leur participation au gouvernement d’Angela Merkel.

Le troisième parti « traditionnel » de la RFA, les (ultra-)Libéraux du FDP, opère en revanche une résurrection : avec 10,7% (+6 points), il entre à nouveau au Bundestag d’où il avait été chassé en 2013, faute d’avoir franchi la barre des 5%. La personnalité de son leader de 38 ans, Christian Lindner, a certainement attiré vers lui des couches supérieures, jeunes et urbaines, après une campagne très « marketing » basée sur son image d’homme des technologies du futur et de la modernité.

Avec respectivement 9,2% et 8,9%, la formation Die Linke (dite « gauche radicale ») et les Verts connaissent une grande stabilité (+ 0,6 et + 0,5 point). A noter cependant que la première baisse de plus de 5 points en ex-Allemagne de l’Est qui constituait pourtant son point fort initial.

Forte poussée de l’AfD

Mais la deuxième caractéristique du scrutin est incontestablement la forte poussée de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), un parti anti-immigration souvent qualifié de « populiste », et au sein duquel certaines sympathies d’extrême-droite se font jour. Avec 12,6% des suffrages, l’AfD fait une entrée fracassante au Parlement et y devient la troisième force, provoquant stupeur et consternation des médias et dirigeants politiques traditionnels. Fondé en 2013 sur la base d’une opposition à la monnaie unique, cette formation avait recueilli 4,7% en septembre 2013.

Depuis, la crise des réfugiés a changé sa priorité (et ses dirigeants). L’AfD confirme ainsi une tendance – particulièrement dans l’Est du pays – qui s’était dessinée dans les élections régionales successives depuis un an, alors même que celle-ci semblait être endiguée.

Troisième trait majeur du scrutin : avec cinq partis représentés au Bundestag, dont deux – l’AfD et Die Linke – ont été déclarés hors course pour participer à une majorité gouvernementale, la nouvelle configuration parlementaire annonce des négociations complexes et laborieuses pour former une coalition majoritaire, bien plus qu’elles ne l’ont jamais été dans l’histoire de la République fédérale.

le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition »

Et ce, d’autant que le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition » avec la CDU. Officiellement, pour empêcher l’AfD de devenir le premier parti d’opposition, ce qui lui donnerait d’importants privilèges ; en réalité, la gifle historique subie a imposé comme une évidence une « cure d’opposition » pour tenter de se refaire une santé.

Dès lors, une seule coalition permet arithmétiquement d’atteindre la majorité absolue des 709 sièges du Bundestag : sous la direction des chrétiens-démocrates, elle associerait les Libéraux et les Verts. Avant le scrutin, ces deux formations avaient écarté cette configuration totalement inédite, faisant valoir qu’elles étaient à l’opposé sur de nombreux sujets clé : l’Europe, l’énergie, l’immigration… Lors de la soirée électorale, le ton avait quelque peu changé.

Mais, alors qu’Angela Merkel espérait être en position d’arbitrer entre différents partenaires possibles en faisant jouer la concurrence entre eux, elle se retrouve avec deux partis, aux exigences souvent opposées, qui lui sont simultanément nécessaires pour former sa future majorité. Et c’est sans compter la complexité supplémentaire que représente la CSU, le parti frère bavarois souvent classé à la droite de la CDU, qui ne manquera pas de poser ses propres exigences, d’autant plus fortes que dans ce Land réputé prospère, l’AfD lui a taillé des croupières.

Autant dire que les tractations pour définir un programme de gouvernement, et accessoirement la répartition des portefeuilles, pourraient bien s’éterniser. A supposer qu’elles aboutissent, le nouvel exécutif quadripartite risque d’être particulièrement fragile, à l’opposé de la sacro-sainte « stabilité » tant prisée par les milieux dirigeants d’outre-Rhin. Déjà, d’aucuns n’excluent pas que la législature ne tienne pas le terme normal de quatre ans.

Vents défavorables à l’Europe

C’est tout cela qui désespère l’Elysée. Car au-delà des jeux tactiques de la politique allemande, tout indique que le futur gouvernement Merkel sera plus que réticent à la « refondation européenne » qu’Emmanuel Macron aurait voulu impulser de concert avec Berlin. Certes, les Verts sont des pro-UE inconditionnels, mais ils risquent de peser peu face à la conjonction de vents défavorables à l’européisme.

D’une part, le résultat du scrutin va renforcer lesdits « conservateurs » au sein de la CDU, qui prôneraient plutôt « l’Allemagne d’abord » que la grande aventure européenne. D’autre part, le FDP a opéré un virage sur ce dossier, au point d’être parfois qualifié d’« eurosceptique » : il refuse en tout cas toute hypothèse de budget de la zone euro (mise en avant par M. Macron) qui ferait peser des dettes d’autres pays (dont la France) sur les finances allemandes.

Enfin, le score de l’AfD (dont plus d’un tiers des électeurs étaient précédemment des abstentionnistes) vient rappeler à toute la classe politique que l’intégration européenne toujours plus poussée (de la libre circulation à l’euro) se heurte à des résistances populaires fortes, quand bien même leur expression est confuse ou ambiguë. Et ce n’est pas la contreperformance de Martin Schulz, qui présidait l’europarlement il y a quelques mois encore et symbolisait à ce titre « l’idéal européen », qui démentira cette tendance.

Les élections allemandes viennent de rappeler rudement les dirigeants européens à la réalité

Le cauchemar du président français ne fait peut-être que commencer. Le 15 octobre, ce sera aux Autrichiens de voter. Le FPÖ – généralement classé dans les populistes eurosceptiques – se voit promettre un score important, alors même que le jeune chef de la droite classique fait campagne en citant le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle. Pour ne rien dire des élections italiennes prévues en 2018, où le Mouvement Cinq étoiles garde le vente en poupe.

Bref, les dirigeants européens avaient cru voir dans l’élection d’Emmanuel Macron et l’endiguement du « populiste » néerlandais Geert Wilders, le début d’un nouveau départ pour l’Union européenne. Les élections allemandes viennent de les rappeler rudement à la réalité.

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Moscou publie des photos de véhicules blindés US dans les zones de Daech en Syrie

25 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Moscou publie des photos de véhicules blindés US dans les zones de Daech en Syrie

© Sputnik. Natalia Selivestrova
https://fr.sputniknews.com/international/201709241033186051-syrie-terrorisme-militaires-americains/

Le ministère russe de la Défense a publié une série de photos des zones de déploiement des extrémistes du groupe terroriste Daech  au nord de la ville syrienne de Deir ez-Zor.

«À l'aide de photographies aériennes prises pendant la période du 8 au 12 septembre 2017 dans les zones de déploiement des unités armées de Daech, on a pu détecter un grand nombre de véhicules blindés américains de type Hummer, qui équipent les forces spéciales des États-Unis», a écrit le ministère sur sa page Facebook.

FDS: «Les USA nous ont encore livré 120 camions d’armements»

Les photographies montrent clairement que les unités spécialisées américaines se trouvent dans des bases d’opérations équipées précédemment par des combattants de Daech.

Cependant, le ministère souligne l’absence de traces d'assaut, d'affrontements avec les terroristes de Daech ou de cratères laissés suite aux bombardements de l'aviation de la coalition internationale.

«Cela ne peut signifier qu'une chose: que tous les militaires américains qui s’y trouvent se sentent en toute sécurité dans des zones détenues par les terroristes», a précisé le ministère.

Les FDS reçoivent 60 camions d'armes lourdes américaines

Les unités des forces spéciales des Forces armées américaines assurent ainsi un avancement sans entrave des détachements des Forces démocratiques syriennes à travers les territoires où se trouvent les membres de Daech, selon le ministère russe de la Défense.

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La victoire sur les terroristes dévoilera les vrais objectifs des USA en Syrie

https://fr.sputniknews.com/international/201709241033183803-objectifs-usa-syrie/

Alors que Washington répète qu'il n'a que le but de combattre les terroristes en Syrie, la victoire sur Daech et le Front al-Nosra mettra les choses au clair, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Quelles que soient les assurances données par le gouvernement américain, les véritables objectifs des États-Unis sur le sol syrien seront mis en lumière après que les terroristes auront été défaits, a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères dans un entretien accordé à la chaîne russe NTV:

«Lorsque Daech sera défait, et le Front al-Nosra [rebaptisé Front Fatah al-Cham, ndlr] avec lui, nous comprendrons qui poursuit quels objectifs en Syrie.»

Entre-temps, la partie américaine, y compris le secrétaire d'État Rex Tillerson, tient à jurer qu'elle n'est fidèle qu'à son seul but d'éliminer le terrorisme sur le territoire syrien, a poursuivi le diplomate.

«Quand ce moment survient [la victoire sur les terroristes], est-ce que c'est vrai et si les États-Unis poursuivent des objectifs politiques», a résumé M.Lavrov.

Plus tôt dans la journée, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé, à la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu à New York, que le gouvernement syrien empêcherait toute atteinte à l'intégrité du pays et que toute présence d'une force armée étrangère dans le pays sans l'aval de Damas devait être considérée comme «une occupation, agression, violation du droit international et de la Charte des Nations unies».

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Selon le colonel Alain Corvez, la polémique de Villiers «laissera des traces dans la mémoire du pays tout entier»

25 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La République, #La France, #L'armée française

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Pour RT France, le colonel Alain Corvez, ex-conseiller du ministère de l'Intérieur, s'épanche au sujet des coupes budgétaires dans la Défense et de l'affaire de Villiers, qui restera selon lui «une tache» dans le début du quinquennat de Macron.

Pour le colonel (en retraite) Alain Corvez, la polémique liée à la démission du général Pierre de Villiers est «très dommageable pour les relations entre l'armée et le chef de l'Etat».

Selon lui, «le pays tout entier» se souviendra de «l'attitude humiliante» qu'a eue Emmanuel Macron envers le chef d'état-major des armées, à la veille du 14 juillet. Le président de la République avait vertement recadré le haut responsable militaire, après que celui-ci avait exprimé, lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, sa désapprobation concernant les coupes dans le budget de la Défense de 2017 – il avait alors déclaré qu'il refusait de se faire «baiser» par Bercy. 

Si la terminologie des propos du général de Villiers était «un peu excessive», estime le colonel Alain Corvez, ceux-ci avaient été prononcés, rappelle-t-il, «à huit-clos, devant des députés faisant partie de la commission de la Défense».

(...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

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« Du jamais vu ! 2028 CRS en arrêt maladie un jour de manif… La France part à vau-l’eau ! » L’édito de Charles SANNAT

22 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Services publics, #L'armée française, #l'horreur économique

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Quand un État est en faillite, la dernier chose que les dirigeants ont intérêt de faire c’est de donner des sous, ou enfin ceux qu’il reste, aux gus qui portent des armes et qui sont susceptibles de faire durer le régime et de protéger ses représentants de la fureur des peuples.

Cela se passe ainsi, depuis la nuit des temps, des chefs de clans aux chefs de tribus, des rois aux empereurs, de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Afrique, il est une loi humaine de l’exercice du pouvoir : il faut toujours payer ses centurions, sinon, quand centurions pas contents, centurions pas protéger Macron (béni soit son saint nom pour l’éternité et les siècles des siècles, il faut que je faillotte pour me faire bien voir).

Nos dirigeants, ici-bas, semblent avoir du mal à intégrer parfaitement cette règle de base du bon sens absolu et nécessaire à toute survie.

Remarquez, de deux choses l’une : soit Collomb comprend vite et les CRS seront vite payés, soit ils ont la « comprennette difficilette » au gouvernement, et le principe de sélection naturelle à la Darwin va vite se mettre en route, et ne survivront que les hommes politiques suffisamment adaptés à la nature actuelle, autant dire aucun, vu qu’être homme politique de haut niveau vous rend globalement inapte à toute prise avec le réel.

Les CRS protestent contre les nouvelles règles liées à la fiscalisation de leurs primes de déplacement

« La levée de boucliers des CRS s’amplifie à un très mauvais moment pour le gouvernement. Au moment où ce dernier doit faire face à une deuxième journée de manifestations contre la réforme du Code du travail, un grand nombre de compagnies vont manquer à l’appel. ”Près de 80 % d’entre elles ont débrayé”, affirment des sources syndicales qui ont recensé à 11h15 près de 2028 CRS ”consultants” qui se sont fait porter pâles sur le terrain. ”Du jamais vu dans le milieu du maintien de l’ordre”, concède un responsable de la Direction générale de la police nationale qui grimace à l’idée de tenir le service d’ordre de jeudi. »

Avouez tout de même que cela fait désordre… Je sens que cela va être assez difficile de modérer les demandes syndicales des CRS ces prochains mois, vu le sale boulot que le gouvernement compte leur faire faire, à savoir taper sur la tête des Français qui seraient opposés à certaines mesures, bien que parfois, certains méritent tout de même de recevoir quelques baffes étant donné les caillasseries régulières à chaque fin de manif.

C’est une vielle affaire qui remonte à Bernie les beaux costards payés avec des sous qu’on connaît pas à qui ils sont, puisque personne n’a le droit de poser des questions sur ses costards à Bernie, donc, alias Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur.

Grand seigneur, il avait accordé une revalorisation de cette indemnité portée à 39 euros. Un complément de salaire exonéré d’impôt et jusqu’alors versé par chèque par un régisseur.

« Bercy, qui y a vu une niche fiscale, a décidé d’assujettir ces versements perçus à la contribution sociale généralisée (CSG) ainsi qu’à la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) »…

Comme quoi, il n’y a pas de petites et mesquines économies !

Bref, l’État commence tout de même à trembloter des genoux… Remarquez, il y a de quoi !!

« Les CRS, dont les revendications sont portées par les principaux représentants policiers réunis de manière assez rare en intersyndicale. Ils en appellent à l’arbitrage de Gérard Collomb et prophétisent, en cas d’échec des négociations, une généralisation de la grogne à toute la police »…

Je crois surtout que vu ce que l’on demande aux policiers, aux gendarmes et de façon générale à l’ensemble de nos personnels de sécurité, payés au lance-pierre, il est justement à craindre une extension du conflit si les CRS ont gain de cause.

Et de vous à moi, ce ne sont pas les médecins, eux-aussi en colère, qui risquent d’y aller mollo sur les arrêts maladie !!

Ce pays part à vau-l’eau car les courroies de transmission des décisions ne fonctionnent plus ou de plus en plus mal et que les leviers ne répondent plus ou de moins en moins bien.

Notre pays est dans le même état que l’ex-URSS, et retenez bien cette comparaison. Jusqu’au dernier moment ou presque, l’URSS donnait l’illusion de la puissance et de la force. Il n’aura fallu que quelques semaines pour que cet immense empire ne s’effondre.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Le Figaro ici

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Pétition - Santé. Le Docteur Alain Joseph à la ministre de la santé Agnès Buzyn: L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

21 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La santé

Pétition - Santé

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Pétition : L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

L’aluminium dans les vaccins : expliquez-vous Madame la Ministre ou démissionnez !

Auteur : Docteur Alain Joseph

Créé le 17/09/2017  

 

À l'attention : de Agnès Buzyn, Ministre de la Santé

Madame Agnès BUZYN, vous persistez à vouloir vacciner des enfants contre 11 maladies et vous ne tenez compte d'aucune mise en garde de médecins compétents. Vous persistez à dire (comme les laboratoires qui vendent les vaccins), que l'adjuvant à base d'aluminium n'a aucun effet secondaire et vous faites fi des travaux de chercheurs reconnus dans leur domaine, tel Monsieur le Professeur Romain GHIRARDI, qui prouvent que l'aluminium des vaccins est responsable de la Myofasciite à macrophages.

Cette négation de faits scientifiques prouvés par des chercheurs indépendants qui ne sont pas du tout des "antivaccins" bafoue le Principe de Précaution. Quelle est la raison qui vous pousse à les ignorer ? Pourquoi madame la Ministre voulez-vous imposer des vaccins à l'aluminium qui sont dangereux ?
Nous savons que vous avez longtemps travaillé pour l'industrie pharmaceutique. La suspicion de conflits d'intérêts est donc très forte.

Nous ne pouvons pas accepter une telle situation et demandons l'ouverture rapide d'une enquête sérieuse. Que ce soit les "provaccins" ou les "antivaccins", personne ne peut y trouver à redire puisque cette recherche de conflits d'intérêts ne peut qu' éclaircir le débat et ne met pas en cause le principe même de la vaccination. 

Vous qui allez signer cette pétition, prenez la peine de visionner les deux liens joins à celle-ci.
Je sais que vous connaissez ces témoignages Madame la Ministre, pourquoi les ignorez-vous ? Quels sont vos motifs ?

Si vous ne demandez pas la suppression de l'aluminium comme adjuvants des vaccins et des études sérieuses sur les effets secondaires de ceux-ci dans les plus brefs délais, nous demandons votre démission.

Dr Alain JOSEPH

En savoir plus sur www.vaccinssansaluminium.org


 
 
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