Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .
Dans un entretien attendu à la chaîne TF1, le président russe Vladimir Poutine a donné franchement son avis sur un nombre de sujets, mais le choix des journalistes de la chaîne surprend, beaucoup de points chauds importants sur le plan international ayant été omis. Qu'est-ce que TF1 a passé sous silence? Sputnik publie les parties qui manquent.Le nom du président russe Vladimir Poutine a été évoqué durant cette dernière semaine en France un nombre assez impressionnant de fois en raison de sa visite annulée à Paris et ce qui a précédé : le désaccord concernant la situation dans la ville syrienne d'Alep et la résolution française sur Alep qui s'est heurtée au veto russe. M. Poutine ne vient toujours pas en France, mais il accepte de parler aux journalistes français de TF1 et leur parle franchement et sans éviter les questions délicates.
 
Pour Poutine, la responsabilité de la crise syrienne pèse sur les USA et leurs alliés Or, alors que l'intégralité de l'interview en russe se trouve sur le site de TF1, les journalistes de la chaîne ont choisi de diffuser, pour le journal de 20 heures, une sélection de sujets assez chaotique. Certes, ils n'ont pas négligé les thèmes tels que la visite du dirigeant russe annulée à Paris, sa réaction aux accusations de crimes de guerre et les bombardements à l'est d'Alep. Cependant, bien qu'il y ait bien d'autres questions à soulever, la chaîne a vite passé… à ce que Poutine pensait de Donald Trump. Donc, le reste de l'interview a-t-il paru moins important aux journalistes de TF1 ? Vladimir Poutine dit savoir qui a frappé le convoi humanitaire près d'Alep, et il dit que ce serait un groupe terroriste et que les États-Unis seraient au courant… Pas intéressant ! Il explique pourquoi la Russie n'est pas responsable de la crise migratoire que l'Europe a subie, en réponse à ces nouvelles idées circulant dans des médias occidentaux depuis quelques temps. Il dévoile une proposition extraordinaire qui a été faite à la Russie pour protéger la route avec des soldats russes ou le convoi humanitaire passera. Il revient sur le dernier cessez-le-feu en Syrie, il explique pourquoi et par qui, selon lui, il n'a pas été respecté. Intéressant ? Assez, si on a envie de connaître le point de vue du président russe sur une question sensible plutôt que savoir s'il aime bien Trump… Pour les curieux, Sputnik vous présente les extraits qui ne sont pas parus sur TF1 au journal de 20 heures. « Nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain » © REUTERS/ Abdalrhman IsmailLes terroristes pilonnent l'ouest d'Alep à l'aide du «feu de l'enfer» Pour décrire l'ampleur des atrocités aujourd'hui, le président russe a tenu à rappeler entre autres une frappe contre un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan, puis une frappe plus récente au Yémen. « Maintenant, concernant l'aspect humanitaire autour d'Alep. Est-ce que nous avons donc oublié comment l'aviation américaine avait frappé un hôpital en Afghanistan en tuant notamment le personnel de Médecins sans frontières ? Des centaines de personnes, d'invités à des fêtes de mariage, ont été supprimées en Afghanistan. Et aujourd'hui qu'est-ce qui s'est passé au Yémen ? Une seule frappe et 170 personnes tuées et 500 blessées lors d'une cérémonie funèbre », a fustigé M. Poutine. « Partout où ont lieu les combats, malheureusement les personnes absolument innocentes meurent et souffrent. Mais nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain et ne pouvons pas leur permettre de faire chanter le monde entier lorsqu'ils prennent quelqu'un en otage, lorsqu'ils tuent, lorsqu'ils décapitent », a-t-il poursuivi. « Si nous voulons mener le combat contre le terrorisme jusqu'au bout, il faut les combattre et non pas se laisser mener par la bride, ne pas s'incliner et ne pas reculer ». La trêve en Syrie « Tout récemment, nous nous sommes mis d'accord sur le fait qu'un cessez-le-feu serait déclaré, sur un jour D comme disaient nos amis américains. J'ai insisté pour qu'ils résolvent d'abord le problème de séparation du Front al-Nosra et des autres terroristes de la partie saine de l'opposition et qu'après ça, on décrète un cessez-le-feu », a commencé le président. Pourtant, les États-Unis ont affrimé qu'il fallait d'abord déclarer un cessez-le-feu et qu'après ils allaient résoudre le problème de séparation entre les terroristes et les non-terroristes. « Finalement, nous avons accédé à leurs désirs, nous avons accepté et le 12 septembre a été décrété jour de silence, d'arrêt des combats. Mais le 16 septembre, l'aviation américaine a frappé l'armée syrienne en faisant 80 morts ». La frappe de la coalition internationale dirigée par les USA « Au même moment, tout de suite après la frappe aérienne, Daech — là il s'agit déjà de Daech — est passé à l'offensive sur ce tronçon-là. Nos collègues américains nous ont dit que c'était une frappe par erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que c'est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l'offensive tout de suite après ces frappes », a fait remarquer M. Poutine. En même temps, au niveau le plus bas, au niveau opérationnel, un militaire américain a raconté qu'ils avaient préparé cette frappe pendant plusieurs jours. Comment est-ce qu'ils ont pu frapper par erreur s'ils l'avaient préparé pendant plusieurs jours ?, s'est interrogé le président. « Nos accords de cessez-le-feu ont donc été compromis. Qui les a compromis ? Est-ce que c'est nous ? Non ». La situation humanitaire à Alep « Nous tous, en revenant à Alep, parlons de la nécessité de faire passer les convois humanitaires. Tout le monde essaye de nous convaincre qu'il faut le faire. Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu'il faut organiser un convoi humanitaire. Mais comment le faire ? Il n'y a qu'une seule route que les convois doivent emprunter. D'un côté il y a des combattants, de l'autre les forces de l'armée syrienne. Nous savons déjà qu'il y a eu une provocation, qu'un de ces convois a été frappé, et nous savons au juste que ça a été fait par un des groupes terroristes ». © Sputnik. Michael AlaeddinMoscou reçoit une «offre exotique» pour assurer la sécurité des frets humanitaires à Alep Puis, face aux propositions russes de retirer les commandos d'un côté et l'armée syrienne de l'autre pour laisser le passage libre sur cette route aux convois humanitaires, le chef d'État russe a mentionné la « proposition exotique » que Moscou a reçue. « Et puis on nous fait une proposition exotique. Je vais vous étonner, vous et vos spectateurs. On nous propose que nos forces armées, les militaires de l'armée russe se dressent sur cette route pour garantir la sécurité. Nos militaires, gens courageux et résolus, sont venus me dire : d'accord, nous sommes prêts. J'ai dit : non, si nous le faisons, nous le faisons avec les Américains, proposez-le-leur. Nous l'avons proposé, eux [les Américains] ont tout de suite refusé, ils ne veulent pas se dresser, ils ne veulent pas retirer les unités de combat de ces groupes d'opposition, de ces groupes terroristes. Que faire ? » L'accord avec Bachar al-Assad © AFP 2016 Omar haj kadourPoutine dit savoir qui a frappé le convoi de l'Onu près d'Alep « Nous nous sommes mis d'accord avec le président Assad, il a accepté d'emprunter la voie de l'adoption d'une nouvelle constitution et à organiser des élections sur la base de cette constitution. Or, on ne parvient à en convaincre personne », a déploré M. Poutine. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, le pouvoir sera changé par voie démocratique, et ceci non pas au moyen d'ingérence armée extérieure, mais sous un strict contrôle international, sous le contrôle de l'Onu. « Je ne comprends pas que cela puisse ne pas arranger qui que ce soit : c'est un instrument démocratique de règlement du problème du pouvoir. Cependant, nous sommes toujours optimistes et nous espérons réussir à persuader nos collègues et partenaires que c'est l'unique moyen de régler le problème ». Crise migratoire Le dirigeant russe n'a pas non plus négligé un problème qui agace, mais persiste toujours, irrésolu : l'afflux de migrants en Europe. « Souvenons-nous que le problème des réfugiés est apparu bien avant que la Russie ait commencé à faire des efforts en vue de normaliser et stabiliser la situation en Syrie. L'exode massif des populations de cet énorme territoire du Proche-Orient et même de l'Afrique, de l'Afghanistan, il a débuté bien avant nos activités en Syrie ». « Toute accusation contre la Russie selon laquelle elle porterait la responsabilité du problème des réfugiés est absolument infondée. Notre objectif consiste justement à faire en sorte de créer les conditions de retour des gens chez eux », a résumé M. Poutine. Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

 
Lire la suite

SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS... La vigilance est de mise!

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

13/10/2016

SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS

1. Russian Navy.jpg

 

Saker.Is : Scott’s Corner

 

Sur le front des coups

 

tordus

 

USRAELIENS…

 

8. Paper plane.gif

 

Quelques secrets militaires à mettre dans votre pipe et à fumer

Scott Humor – The Saker.Is 10 octobre 2016

 

2. Scott - 1.jpeg

 

Les États-Unis et l'Ukraine sont peut être en train de planifier une provocation de type MH17 en Syrie.

À Washington, on veut peut-être si désespérément discréditer Poutine et Assad, sur le point d’anéantir les terroristes à Alep, qu’on est prêt à rééditer le coup honteux du Donbass.

Anna S.


Depuis le 17 Septembre, où l'US Air Force a bombardé les troupes syriennes assiégées par les troupes terroristes US dans la ville de Deir Ezzor, et le bombardement qui a suivi du convoi humanitaire de l'ONU, on guette la prochaine provocation du Pentagone et de la CIA. Les spécialistes en PSYOP militaires sont payés des millions de dollars pour inventer ces provocations, et nous, collectivement, nous essayons de les empêcher de se produire et, aussi, de les démêler après qu'elles aient eu lieu. Nous rendons ces services à titre bénévole.

 

N’oubliez pas de contribuer au Saker pour que nous puissions continuer !

 

En attendant, voici quelques bribes d'information qui pourront vous donner à réfléchir.

Le 6 octobre 2016, Christian Borys, journaliste canadien qui opère en Europe de l’Est et Centrale et qui collabore à VICE, The Guardian, RFERL, The Daily Beast, MacleansMag, The EIU, Global Television, Al Jazeera, a posté le tweet suivant :

Les États-Unis sont en train de repeindre leurs F/A-18 pour leur donner l’apparence des jets russes qui sont en Syrie. Formation courante mais néanmoins intéressante.

 

3. SCOTT - 2.jpg

 

Le 9 Octobre, certains traceurs de vol ont remarqué une incohérence dans l’itinéraire d'un avion appartenant à une compagnie aérienne ukrainienne.

Un vol civil [de passagers, NdT] d'Ukraine vers Israël, a pris une route plutôt inhabituelle et dangereuse.

État des vols de la Mediterranean Airlines ukrainienne de Kiev à Amman (Code UF781)

 

Tweet de Julian Röpcke :

Cet avion de ligne ukrainien qui va de Kiev à Amman prend une route plutôt inhabituelle et tout à fait dangeureuse.

 

4. Scott - 3.jpg

 

Tweet de Dmitry Tarasof à KatMotja :

Les Ukrainiens envoient leurs avions civils survoler la zone des hostilités. Je me fiche de cette entourloupe - mais un accident leur fournirait l’occasion d'accuser la Russie.

 

Informations générales de vol : Vol UF781 des Mediterranean Airlines ukrainiennes – informations et statut de vol.

Le vol UF 781 relie l'aéroport Borispol de Kiev à l'aéroport International Queen Alia d'Amman. Le vol est assuré par la compagnie aérienne ukrainienne Mediterranean Airlines (code IATA : UF ; code OACI : UKM). La distance entre les deux aéroports est d'environ 2,085 km et le temps de vol d'environ 3h 18m (le temps de vol est approximatif et peut varier en fonction de la route suivie et du type d'avion utilisé). Pour les vols de certaines compagnies (et vers les principaux aéroports), on peut aussi trouver des informations en temps réel sur l'arrivée ou le départ du vol, des informations sur les retards ou les annulations, et l'état du vol.

 

Tweet de KatMotja à Tarasof :

Les Ukrainiens pourraient l’abattre ou le faire tomber et en accuser les C300 mais le faire tomber sur le territoire de l’IG ilikourdaf.


Tweet de Tarasof à KatMotja :

Aller-retour par dessus un territoire contrôlé par Al-Nosra et sécurisé par Israël.

5. Scott -4.jpg

Aller

 

6. SCOTT - 4 bis.jpg

Retour

 

7. Scott 4 ter.jpg

 
Comme vous pouvez le voir, le vol UF-781 a brusquement tourné à gauche et fait une boucle au-dessus du territoire syrien, au lieu de suivre une route sûre et directe vers Israël. Au retour, il a fait la même chose.

Si on considère que les troupes terroristes américaines qui combattent en Syrie viennent de recevoir des MANPADS [Man-portable Air-defense System, NdT] du Pentagone, survoler la zone de guerre syrienne n’est pas une idée particulièrement brillante. On pourrait peut-être essayer de savoir qui était le pilote ? Intéressant aussi de savoir ce que les passagers pensent de tout ça ? Parce que plusieurs choses pourraient se produire… dont je vais vous faire la liste ci-dessous.

Le 9 octobre aussi, un traceur de vols israélien a tweeté une curieuse capture d'écran.

Au moins 4 plans USN (P8A & TEX2), 1 de la NASA, 1 BE20 de l’armée US et des AZAZ909 c/s généralement utilisés par les Forces Aériennes Russes @planesonthenet ?? https://twitter.com/yanivschwartz/status/785166223134851072

On dirait que les P8 pourraient avoir été des avions qui retournaient en Floride après l’évacuation consécutive à l’ouragan. Mais pourquoi le radar a-t-il vu deux avions russes AZAZ909 et AWACS ?

Yaniv Schwartz a également tweeté :

« si vous relisez cet écran vous pouvez voir que les 2 Azazs ont exactement le même hex et le même reg ... peut-être un pépin ou quelque autre mystère ».

 Ce qui signifie que le radar a vu deux avions avec le même code hexadécimal, et le même numéro d'enregistrement. Et ça, ce n’est possible que s’il s’agit d’une falsification.

Complément d’information ici :

En résumé…

Nous avons été informés de ce qu’au moins la semaine dernière, avec sueur, sang et larmes, la force aérienne des États-Unis a repeint ses F/A-18 aux couleurs bleu ciel et blanc de la Fédération de Russie.

Au cours de cette semaine mouvementée, le Pentagone est sorti de sa réserve pour déclarer que, par l’entremise de ses suppléants ou directement, il allait tuer toujours plus de soldats russes en Syrie et plus de citoyens russes dans les villes russes. [Ce qui semblerait impliquer qu’il l’a déjà fait… dans les villes russes. NdEd.]

La Russie a répondu en promettant d’abattre les « objets volants non identifiés » et tout ce que la force aérienne russe pourrait percevoir comme une menace.

La Russie a aussi installé, bien sûr, ses lanceurs de missiles anti-aériens S-300.

Nous possédons donc la preuve que des avions de combat américains ont été repeints aux couleurs de la Russie. Et nous possédons la preuve que des avions de combat américains volent avec des transpondeurs capables de tromper les radars, imitant le code hexadécimal et l'enregistrement des avions de reconnaissance russes. On ne possède cette preuve que pour deux avions, mais deux avions suffisent pour une provocation.

Et nous avons enfin un jet civil ukrainien plein de passagers, en route pour Amman en Jordanie, qui survole la zone d’interdiction de vol en Syrie.


Développements possibles ...

 

  • Le camouflage des avions de combat américains aux couleurs russes n’était pas un « entraînement régulier ».

 

  • Le régime ukrainien envoie son avion de ligne plein de passagers survoler une zone de guerre pour qu’il y soit abattu par un avion de chasse américain camouflé en jet russe, de façon que la Russie soit accusée de l’avoir fait.

 

  • Variante : les États-Unis font abattre un avion de ligne ukrainien sur le territoire occupé par leurs troupes terroristes (ISIS, DAECH, Al-NOSRA, Kurdes) et clament qu’il l’a été par les S-300 russes. Le territoire étant contrôlé par eux, il serait impossible de prouver le contraire, comme dans le Donbass avec le MH17.

 

  • Au cours des deux dernières semaines, des jets de reconnaissance américains ont effectué plusieurs vols le long de la côte de Crimée pour pouvoir y lire les paramètres des radars russes, parce qu’ils avaient besoin de connaître les paramètres exacts des radars pour être en mesure de calculer ce que ceux-ci voient, de façon à pouvoir produire les signaux de transpondeurs russes AZAZ 909 et ADS-B.

 

  • Il n'y a pas eu de jets imitant l’AZAZ au-dessus du Maryland, mais c’était une tentative de tromper les radars civils et d’utiliser les traceurs de vol pour falsifier les informations de vol, c’est-à-dire en substance, pour poster sur les radars civils de faux renseignements concernant des avions inexistants, que le Pentagone veut que les services publics trouvent sur les traceurs de vol. Dans ce cas précis, le Pentagone voulait que les gens pensent que deux avions de reconnaissance russes avaient survolé Washington.

 

  • Habituellement, il arrive que d’autres traceurs de vol confirment certaines informations intéressantes. Dans ce cas-ci, ils sont tous restés muets. Sont-ils restés muets parce qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un trucage ? Il se pourrait que « Yaniv Schwartz » fasse partie d'une sorte de complot et qu’il/ils ne répandent ces informations que dans le but de provoquer une panique au sein du crédule public américain.

 

C’est tout ce que j’ai pour l’instant.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

Bien des choses.

Scott

Suivez-moi sur Twitter pour d’autres mises à jour.

 

Source : http://thesaker.is/a-few-military-secrets-to-put-in-your-...

(La source d’origine est KatMotja – le chat Mathieu – qui est, comme nos lecteurs le savent désormais, un analyste militaire russe, mais plus vraisemblablement un groupe de ces Messieurs.)

 

Traduction du russe : Scott Humor

Traduction de l’anglais : Anna S. pour A.S.I. et Les Grosses Orchades

Lire la suite

Strasbourg veut contrer la « propagande russe ». Dans le journal Ruptures

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #Politique étrangère, #Les média

Strasbourg veut contrer la « propagande russe ». Dans le journal Ruptures

Strasbourg veut contrer la « propagande russe »

L’Union européenne devrait renforcer sa « contre-propagande » contre les campagnes de « désinformation » russes, ainsi que celles des djihadistes. C’est le sens du rapport rédigé par l’eurodéputé Anna Fotyga, qui fut ministre des Affaires étrangères (PiS) de Pologne en 2006-2007. Le document a été endossé le 10 octobre par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée de Strasbourg.

Il plaide pour renforcer une unité créée il y a un an, baptisée Force de communication stratégique (StratCom) et composée de diplomates et d’experts chargés de repérer et de « déconstruire » ce que Bruxelles nomme les mythes et les mensonges concoctés et répandus par Moscou. Cette force devrait devenir une entité à part entière au sein du Service diplomatique européen, plaide le document, moyennant des effectifs propres et stables reposant sur un financement adéquat.

Pour Mme Fotyga, il y a urgence du fait de l’« extension rapide des activités inspirées par le Kremlin en Europe » qui visent à « maintenir ou accroître l’influence de la Russie, et à diviser l’UE ». Dans le viseur du rapport : les « immenses ressources des activités de propagande russe », telles que les télévisions en plusieurs langues à destination de l’extérieur, des « pseudo-agences de presse », le financement de « think-tanks » russes installés dans des pays de l’UE voire de partis politiques nationaux.

Le rapport propose par ailleurs le lancement d’un audit sur de grands projets médiatiques subventionnés par Bruxelles, comme la chaîne multilingue Euronews. Le service en langue russe de cette station pourtant très europhile serait en passe de devenir… un outil caché de propagande du Kremlin, s’inquiètent certains cercles européens.

La rédactrice, sans doute pour attirer l’attention des diplomates ouest-européens, signale par ailleurs que d’autres régimes, comme l’Iran, les « dictatures arabes » ou même la Turquie usent de fourberies médiatiques comparables. De même que le groupe Etat islamique, qui vise à propager la « haine contre les intérêts et les valeurs européens ».

Au fond, pourrait-on conclure du rapport adopté par les eurodéputés, il n’y a guère que les États-Unis d’Amérique pour n’avoir jamais imaginé de propagande à destination de pays européens, financé des médias, mis en place des réseaux d’influence, ou répandu des mensonges justifiant la politique étrangère américaine. C’est au moins une consolation.

Lire la suite

Le paradigme Clinton. Par Bruno Guigue.

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La guerre, #La paix

  •    Par : Bruno Guigue*
  • Publié le : 6/10/16
 

Hillary Clinton incarne cette prétention narcissique à dominer le monde et à s’approprier ses ressources. Les trois présidents précédents n’ont fait que la moitié du travail, elle compte faire le reste.

A

Les États-Unis sont un pays formidable où les élites ne doutent de rien. Ces hyper-nantis voient le monde à travers leur portefeuille et n’imaginent pas une seconde qu’on puisse faire autrement. Leur cupidité illimitée s’accompagne d’une bonne conscience en granit qui les persuade qu’ils font le bien en se remplissant les poches. S’ils croient à l’économie de marché comme ils croient en la providence, c’est parce qu’à leurs yeux, c’est du pareil au même. Leur domination est dans l’ordre des choses, garantie pour l’éternité par le dieu dollar.

Cette idée simple procure à « l’Amérique » la profession de foi d’un culte narcissique. Hypnotisée par sa propre image, elle idolâtre sa puissance et s’attribue la force du juste. Une « destinée manifeste », dit-elle, la voue à guider l’humanité. Brandissant les droits de l’homme, elle sème généreusement les graines de la démocratie et du marché. Mais cette générosité à l’égard de l’Ukraine, par exemple, n’a rien à voir avec le fait que le fils du vice-président des États-Unis siège au conseil d’administration d’un consortium gazier ukrainien.

Loin d’être une anomalie passagère, le néo-conservatisme est l’accomplissement du « rêve américain ». Cette idéologie retorse est le point d’orgue d’un « exceptionnalisme » qui sanctifie toutes les transgressions. Pour ses élites, la vocation de « l’Amérique » est d’être au sommet du podium, elle est le phare qui prodigue une lumière bienfaisante aux nations reconnaissantes, dût-elle recourir, pour les convaincre, aux vertus pédagogiques des B 52.

Hillary Clinton, aujourd’hui, incarne cette prétention narcissique à dominer le monde et à s’approprier ses ressources. Celle que Diana Johnstone appelle la « reine du chaos » est déterminée à restaurer le leadership de Washington sur les affaires planétaires. À grand renfort de rhétorique chauvine, elle galvanise les énergies du complexe militaro-industriel, du lobby sioniste et de la haute finance. Les trois présidents précédents n’ont fait que la moitié du travail, elle compte faire le reste.

Car, depuis 1992, la continuité l’a emporté sur le changement. Ce n’est pas George W. Bush qui a inféodé la politique de son pays aux intérêts des majors pétrolières et des magnats de l’armement. Elle l’était déjà. Prototype du guerrier pacifiste, son prédécesseur, Bill Clinton, y a largement contribué. Il a légué un héritage politique dont son âme damnée entend désormais faire fructifier les acquis.

L’élection du candidat démocrate eut lieu au lendemain de l’effondrement de l’URSS. Cette disparition de la bipolarité était propice à de nouvelles avancées hégémoniques. Poussé par « l’État profond », cette coalition des multinationales, des banques et des officines clandestines qui pilote en sous-main la politique du pays, le nouveau président conforta la domination sans partage de Washington. Bill Clinton n’a pas inventé la politique impériale, mais il l’a étendue à la planète.

La première avancée fut la transformation de l’Otan en machine de guerre agressive. Bras séculier d’une alliance défensive destinée à parer à la « menace soviétique », cet appareil guerrier survécut à son ennemi potentiel. Au lieu de le dissoudre, les dirigeants US en firent le corset des nations occidentales et l’instrument d’une offensive contre Moscou. Élargie aux pays de l’Est européen, l’alliance eut tôt fait d’atteindre les frontières occidentales de la Russie.

La deuxième avancée était de nature idéologique. Pour justifier l’intervention militaire contre un État souverain, on invoquerait désormais les droits de l’homme. Cette doctrine fut expérimentée dans les Balkans, où la propagande humanitaire servit de paravent à l’ingérence dans les affaires intérieures de la Serbie. On inventa au Kosovo un génocide qui n’eut jamais lieu, on bombarda les infrastructures serbes, puis on confia le service après-vente de ce désastre à Bernard Kouchner.

Cette opération eut pour résultat de créer un État voyou, livré clé en main à une mafia qui s’était mise au service de l’Occident pour préserver ses marges de profit. Pour la première fois, un État-croupion fut porté sur les fonts baptismaux par une intervention militaire de l’Otan, en l’absence de mandat onusien et en violation de la loi internationale. On croyait naïvement que l’intangibilité des frontières était un principe de droit international. C’est fini.

Le génie inventif de la présidence Clinton, enfin, porta sur la façon de faire la guerre. Avec les bombardements infligés à l’Irak et à la Serbie, le Pentagone expérimenta une « révolution dans les affaires militaires ». Au lieu d’expédier des troupes risquant de se faire hacher menu, Washington frappa ses ennemis en déchaînant le feu céleste. D’une parfaite asymétrie, les frappes chirurgicales cumulaient les avantages de l’ubiquité, de la précision et de l’absence de pertes dans le camp du bien.

Avec ces trois innovations, le paradigme Clinton fournit un modèle inoxydable de politique étrangère. Ni George W. Bush ni Barack Obama n’y ont dérogé. Le premier adopta après le 11 septembre 2001 un interventionnisme brouillon qui fit l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Secoué par le fiasco irakien, le peuple américain élut en 2008 un démocrate plutôt avenant qui avait pour carte de visite son opposition à cette aventure guerrière. Mais l’illusion fut de courte durée, et la politique néo-conservatrice continua de plus belle.

Barack Obama, il est vrai, a signé un important accord avec l’Iran et entamé le dialogue avec Cuba. Il a évité l’envoi de troupes sur le champ de bataille, préférant le « leading from behind » à l’intervention directe. Mais il a intensifié la sanglante guerre des drones et maintenu le bagne extra-légal de Guantanamo. Jouant avec le feu, il a poursuivi la déstabilisation de petits États qui ne marchandent pas leur souveraineté, comme la Libye et la Syrie. Face à l’Est, il a comparé la Russie à Daech et Ebola, il a installé un bouclier antimissile qui menace Moscou, favorisé un coup d’État à Kiev et imposé à la Russie, qui n’agresse personne, des sanctions inutiles.

La campagne électorale d’Hillary Clinton montre que les élites dirigeantes du pays entendent poursuivre cette politique agressive. Si jamais elle l’emporte face à Donald Trump, le « paradigme Clinton » a de beaux jours devant lui. La candidate démocrate est fière comme un Artaban de son bilan en Libye et décidée à liquider Bachar al-Assad. L’« Amérique » dont elle promet le retour veut conjurer à tout prix l’émergence d’un monde multipolaire. Le « capitalisme portant en lui la guerre comme la nuée l’orage » (Jaurès), cette obstination n’est pas de bon augure.

*Ex-haut fonctionnaire et analyste politique

Afrique Asie – Octobre 2016

Lire la suite

Quand la firme Bayer achetait « des lots de femmes » à Auschwitz par Yannis Youlountas ·

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #l'Allemagne, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire

Quand la firme Bayer achetait « des lots de femmes » à Auschwitz

par Yannis Youlountas · 11/10/2016

Le capitalisme pue la mort et son histoire est une rivière de sang. Voilà, par exemple, le vrai visage de la firme colossale Bayer qui vient de se payer Monsanto pour 59 milliards d’euros :

QUAND LA FIRME BAYER ACHETAIT « DES LOTS DE FEMMES » À AUSCHWITZ

Sous le régime nazi, Bayer, alors filiale du consortium chimique IG Farben, procéda à de nombreuses expériences médicales sur des déportés qu’elle se procurait dans les camps de concentration.

Voici des extraits de cinq lettres adressées par la Maison Bayer au commandant du camp d’Auschwitz, publiées dans le numéro de février 1947 du Patriote Résistant.

Les lettres, trouvées à la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge, datent d’avril-mai 1943.

Première lettre :
» En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions, toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous. »

Deuxième lettre :
» Nous accusons réception de votre lettre. Considérant le prix de 200 marks exagérés, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes. «

Troisième lettre :
» D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement. «

Quatrième lettre :
» Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences. «

Cinquième lettre :
» Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot. «

IG Farben, le consortium de Bayer, a également fournit aux nazis le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz, et a massivement exploité la main-d’œuvre concentrationnaire dans ses usines.

Condamnée pour crimes contre l’humanité à Nuremberg, puis à la dissolution, IG Farben possède toujours un statut juridique, malgré son démantèlement entre les sociétés Bayer, BASF et Hôchst.

Et maintenant, à quand le Nuremberg du capitalisme ?

Y.Y.

Sources :
http://www.cbgnetwork.org/163.html
et http://bellaciao.org/fr/spip.php?article152015
(merci Annie Chalmeton)

N&B – Paroxysme du pouvoir.

Lire la suite

Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

 Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

« Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur …

Ils doivent être assoiffés de sang.
Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire.
Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. »

Eskiminzin (1)

"The resolution of the Syrian crisis will only be possible through war" : la solution de "la crise" en Syrie ne sera possible qu'à l'issue d'une guerre...

Je partage cette conclusion, ou prémonition, formulée par Semen Bagdasarov, directeur du "Center for Middle Eastern and Central Asian Studies" ; lors des dernières négociations Lavrov-Kerry à Genève. (2)

Des heures de discussions sur l’organisation d’une période de trêve en Syrie, entre le représentant du gouvernement légitime et celui d’une myriade de milices mercenaires déguisées en "rebelles" ou "opposants au régime".

Qui n'a même pas tenu une journée...

Chacun de nous savait qu’aucun accord n’était possible. Tout autant que les négociateurs eux-mêmes. Malheureusement pour la Nation Syrienne...

La Praxis du Prédateur

Deux évidences :

i) A aucun moment les USA et l’OTAN n’allaient abandonner sur le terrain les mercenaires qu’ils recrutent, entraînent, arment, équipent, soignent, et financent (directement, ou indirectement, en puisant dans les caisses de leurs colonies du Golfe). Depuis plus de 5 ans…

Notre ancien ministre des Affaires Etrangères (1984 - 1993), Roland Dumas, confirme que dès 2009 des responsables britanniques lui avaient annoncé "l’invasion de la Syrie". Le sollicitant de participer à cette opération d’envergure pour le "Bloc Occidental".

Avec de gros moyens : financiers, militaires, logistiques, sur fond de "sanctions économiques" pour ceux qui s'y opposeraient et d'une colossale campagne de désinformation couvrant des dizaines de pays.

En comparaison, la destruction de la Libye représenterait des manœuvres militaires de dimensions modestes... (3)

Non pas par scrupules quant au respect de contrats avec des voyous et des tueurs venus de tous les horizons. Selon une récente étude effectuée par le centre de recherche allemand Center for German Studies "Firil", il y en aurait eu, depuis le début de "l'invasion" : 360.000 issus de 93 pays.

La majorité en provenance d'Europe et d'Amérique : 215.000. L'Arabie Saoudite en fournissant 25.000. A ce jour 90.000 auraient été tués, et autant blessés plus ou moins grièvement ; avec évacuation et traitement dans les Etats limitrophes de la Syrie, y compris en Israël. (4)

Encore moins, par scrupules quant au respect d’engagements à l’égard d’une "coalition" de pays asservis pour lesquels la caste dirigeante des USA n'éprouve que le plus complet mépris ; la France, dans le même sac que les satrapes corrompus du Golfe...

Mais, tout simplement, par stricte application d’une géopolitique idéologiquement coloniale qui est de démanteler et contrôler tous les Etats de la région, en pillant leurs immenses ressources énergétiques (s’arrogeant, de fait, un rôle dominant sur ce marché à l'encontre, plus particulièrement, de la Russie et de la Chine) et les maintenant dans le sous-développement.

Le tristement célèbre "plan" Oded Yinon, dès 1982 - 34 ans déjà… , annonçait la volonté des occidentaux de dépecer, entre autres pays du Moyen-Orient, la Syrie. Le démembrement de l’Irak et de la Syrie étant considéré comme des priorités. Opération minutieusement exposée dans l’ouvrage : A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (5)

Alors, pourquoi ce cirque diplomatique ?...

Ce théâtre d’ombres et d’illusions sert de couverture, ou de démonstration, à l’intention des deux principales "opinions publiques" de cette planète. L’une, dite « occidentale », regroupant les pays membres de l’OTAN et ses satellites, sous tutelle des USA ; l’autre, plus ou moins indépendante par rapport à cette emprise, dont Russie et Chine en tant que promoteurs d’un « monde multipolaire ».

Les USA, menant une coalition de vassaux et semi-colonies, imposant en Syrie une sauvage stratégie de conquête et d’annihilation d’un peuple et de son pays. Simulant une ferme volonté de paix, tout en en diabolisant les pays qui refusent de se soumettre à leur volonté d’hégémonie.

Le gouvernement de la Syrie, représenté par la Russie, démontrant sa volonté de conciliation tout en forçant les pays de l’OTAN à reconnaître leur entreprise criminelle, par l’aveuglant dévoilement de leur assistance et protection aux pires terroristes et assassins sur le territoire syrien. Incapables, notamment, d'indiquer les emplacements des soi-disant "rebelles modérés" qu’il conviendrait de ménager…

C’est "la logique du prédateur". Sa praxis. Dont l’Histoire aux multiples aventures et guerres coloniales a exposé, au cours des siècles, les implacables rouages et mécanismes broyant des millions de vies… (6)

Tout est formaté au service de son objectif ultime. De l’idéologie se voulant "rationnelle", à ses actions froidement criminelles justifiées par son inébranlable "Bonne Conscience", des Droits de l’Homme et de la Démocratie. Dans le temps, il s'agissait d'apporter le Christianisme ou la Civilisation à des sauvages vivant dans l'obscurantisme de la barbarie, ou risquant de sombrer, lors de la Guerre Froide, dans le "communisme"... (7)

Dans le cas syrien : qui n’est pas de « renverser le régime de Bachar el-Assad » afin d’instaurer "la démocratie" ; mais d’installer une administration de "collabos", déguisés en « opposants modérés », gérant la partition et la spoliation des ressources du pays sur instruction de leur maître : les USA.

"Le prédateur" n’a qu’un seul credo : "La Loi du Plus Fort". Méthodiquement, cyniquement, il poussera son avantage jusqu’à l’extrême, ne connaissant aucune limite à ses exigences tant qu’il sait que sa domination ne peut être remise en cause par "la force".

Certains pays y sont arrivés, dans d'épouvantables violences et dévastations. Le cas le plus emblématique, au XX° siècle, a été le Viêt Nam qui au terme d’une lutte de 20 ans a réussi à mettre en fuite les USA, ses alliés et ses "collabos". Dans un pitoyable sauve-qui-peut, le 30 avril 1975, dont les photos on fait le tour du monde.

Enseignement incontournable de l’Histoire impériale, coloniale, spoliatrice, ou autre : à défaut de recevoir une vigoureuse raclée, "le prédateur" considérera tout accord ou traité comme un « chiffon de papier »…

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Chiffon de papier

Je n’ai pas cru un dixième de seconde à la fable, circulant abondamment dans les médias, sur de supposées « divergences » entre la présidence américaine et la hiérarchie militaire qui ne lui obéirait pas. Scénario à grosses ficelles rappelant les romans ou films policiers, avec la paire du méchant qui cogne le "présumé coupable", et du bon qui lui offre des cigarettes… Même objectif : le faire "craquer".

Les pouvoirs civils et militaires, aux USA comme en Europe, cooptés par l’Etat profond et à son service zélé, agissent en parfaite coordination. Dans une répartition des rôles rigoureusement définie : "le gentil" donneur de leçon de morale paravent de sa fourberie (8) ; "le traîneur de sabre", qui menace ou tue sans prévenir. A l'exemple du massacre aérien - une heure durant - des troupes gouvernementales syriennes à Deir Ezzor ; au lendemain des dernières négociations sur la trêve…

Dans une guerre de conquête lancée contre des nations estimées plus faibles que lui, face à une forte résistance le prédateur n’hésitera pas à multiplier négociations, signatures, accords, traités, de cessez-le-feu, de trêve, ou de "paix". Qu’il s’empressera de renier, sous le moindre prétexte. Rejetant systématiquement la responsabilité sur son opposant. Alors qu’en réalité, l’état de faiblesse militaire et économique de la partie adverse ne lui permet pas, en aurait-elle la volonté, de se livrer à pareille pratique.

Les invasions et conquêtes coloniales des puissances européennes, qui ont marqué les siècles passés sur tous les continents et océans, en sont jalonnées ; plus particulièrement : Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande (Indonésie), Italie (Ethiopie - Somalie), Portugal, etc.

Dès le XIX° siècle, les Etats-Unis ont pris le relais de cette féroce expansion. Dans l’hyper-violence d’impitoyables massacres, dissimulée par une cynique propagande, tant à l’égard de son opinion publique qu’à celle des pays partenaires ou étrangers. Autorités civiles et militaires en parfaite interaction, sur fond de rituelles "grandes déclarations" la main sur le cœur et postures diplomatiques "Humanitaires". Massacrer, occuper, piller, en défendant énergiquement "La Civilisation".

Les traités ne sont que des pauses pour mieux relancer actions ou pressions, guerrières ou financières, brigandages ou destructions, afin de briser toute résistance à sa domination. Jusqu’à l’acceptation de l’intégralité de ses exigences et volontés.

A commencer par l’invasion des terres de l’Amérique du nord : perpétuelle violation des traités et accords signés avec les nations et peuples amérindiens ou indiens dits "peaux-rouges". Les Guerres Indiennes, socle de massacres sur lequel se sont édifiés les Etats-Unis, ont duré plus d'un siècle - de 1778 à 1890 - constituant un effrayant et dramatique témoignage d’accusation sur la barbarie humaine.

Conséquence de cette invasion, rien que sur le territoire actuel des USA : plus de "6 millions de morts" au sein de ces nations, pire : une dizaine de millions… Dont la civilisation a pratiquement été éradiquée, alors qu’elle a tant à nous apprendre sur la relation de l’Homme avec la Nature et le Cosmos. (9)

D’après historiens et démographes, la population de ces peuples est estimée entre 9 et 11,5 millions au début du XVI° siècle. En 1890, les indiens d’Amérique du nord n'étaient plus que 250.000 environ, la plupart malades, souffrant de malnutrition et de désespoir ; déportés, enfermés, dans des "Réserves" loin de leurs terres ancestrales. (10)

Howard Zinn, a été un des rares historiens américains à avoir le courage de dénoncer le machiavélisme, la cruauté, des gouvernements américains successifs, organisant, gérant, impitoyablement ce génocide, rappelant qu’ils ont « signé plus de quatre cents traités avec les Amérindiens et tous violés, sans exception. » (11)

Oui… Rien qu’avec les Nations Indiennes : 400 Traités et Accords, systématiquement violés par les Etats-Unis !…

Rien de surprenant de voir les Etats-Unis, au Moyen-Orient, par l’entremise de son "51° Etat", Israël, violer en permanence les "accords de paix" avec la Nation Palestinienne ; tout en ignorant les résolutions de l’ONU sur la protection de son peuple et son territoire, ses poètes et sa longue civilisation. Depuis des décennies…

D’Accords de Camp David en Accords d’Oslo, négociations et traités ne représentent qu’une mascarade pour anesthésier les opinions. Permettant au prédateur d’étendre méthodiquement ses "colonies" en Palestine, tout en réduisant en cendres, à intervalles réguliers, dans l'impunité et une abjecte monstruosité, les moindres efforts du peuple spolié pour sortir de son état de détresse…

Le spoliateur ne lâchera pas sa proie. Pas encore. Mais, inéluctablement…

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Tigre de papier

On n’en parle jamais dans nos livres d’histoire, mais même la Chine a enduré les "négociations", multiples exigences et spoliations, imposées par la « Coalition » des grandes puissances de l’époque, pendant un siècle (1840-1940) : un “Traité” suivant l’autre pour mieux piller et asservir la Chine. Jusqu’au jour où elle a pu y mettre fin "par la force", mettant en fuite leur marionnette Tchang Kaï-chek, le 8 décembre 1949, se réfugiant sur l’île de Taïwan (ex-Formose) ; annexée et occupée par le Japon de 1895 à 1945…(12)

Pas de quoi s’étonner de voir qu’un an après la signature de l’accord sur le fumeux dossier nucléaire iranien, les Etats-Unis n’ait pas encore levé "les sanctions" comme tous les signataires s’y étaient engagés à compter du 1er janvier de cette année ; l’Iran ayant respecté à la lettre ses propres engagements.

Bloquant ainsi tous les grands projets économiques ou d’investissements en perspective avec, notamment, l’Europe (Chine, Russie, Inde, Corée du sud, Japon, profitant de l'opportunité). Entravant non seulement, les intérêts de ses partenaires européens, mais allant jusqu’à leur infliger des "pénalités" à effet rétroactif pour non respect d'un embargo unilatéralement imposé.

Les oligarques français se taisent et rasent les murs, dans une obséquieuse servilité. En premier : tous les Young Leaders, cinquième colonne de notre servitude atlantiste, qui truffent notre gouvernement et notre « haute administration »… Les allemands, en visite actuellement à Téhéran se sont laissés allés à quelques grognements d’impatience. Les responsables des 160 entreprises, en délégation avec leur ministre de l'économie et Vice Chancelier, commencent à s’impatienter des délires des néoconservateurs US. (13)

En France, on n'ose même pas...

Il est vrai que pour les milliardaires qui gouvernent les USA, depuis l’origine, "partenaires" ou "alliés" étrangers ne sont tout au plus que des larbins…

Souvenons-nous, malgré le silence hermétique de nos historiens, même le silence "académique" s’achète…

A peine leur indépendance obtenue (3 septembre 1783), avec l’aide considérable pour l’époque de notre armée de terre, de notre marine, de notre diplomatie, de nos services de renseignement, sans oublier de "nos finances" alors mal en point, les Etats-Unis, profitant de la période révolutionnaire en France, refusèrent de rembourser leur dette !... Prétextant qu’elle ne concernait que la "France royale" et non pas la "France républicaine"… Même les invalides (certains y laissèrent un bras, une jambe, ou un œil...) et vétérans français ne reçurent pas leurs pensions promises pour partager les combats des indépendantistes, malgré une délégation auprès de Thomas Jefferson…

Le Directoire, précédant le Consulat et l'Empire, insistant lourdement, dénonçant un peu trop bruyamment ce comportement, la réaction fut immédiate :

« Le Congrès américain abrogea tous les traités bilatéraux signés au préalable avec la France. Le président John Adams refusa d'engager son pays dans une guerre formelle.

Cependant, par mesure de rétorsion, et avec l'autorisation du Congrès, il instaura un embargo sur les produits français, chargea le docteur Edward Stevens de soutenir la révolution haïtienne contre la présence coloniale française et ordonna à la marine américaine de capturer les navires français. » (14)

Les Etats-Unis se livrèrent ainsi à une "guerre non déclarée" à l’encontre de la France, de 1798 à 1800 : appelée pudiquement "Quasi-Guerre" - "Quasi-War" dans les ouvrages en anglais. La France y perdit une centaine de bâtiments de guerre, un millier de canons de marine, et quelques uns de ses meilleurs officiers et marins, qui lui firent grand défaut lors des combats navals de la période napoléonienne…

Et ce ne fut pas "une guerre en dentelles"…

La corvette Le Berceau que commandait un de nos plus vaillants officiers de marine, le capitaine Senez, fut obligée de se rendre après avoir été démâtée, dans l’impossibilité de manœuvrer, après un violent combat naval provoqué par une frégate américaine Le Boston ; bâtiment plus gros et plus puissamment armé (en portée et calibre). Fait prisonnier le capitaine Senez, à son retour de captivité livra un témoignage accablant : contrairement aux usages de la guerre navale, il vit ses bagages et effets personnels pillés, et tous les marins français "mis au fer" (en clair : "enchaïnés") après avoir été régulièrement "maltraités" (en clair : "tabassés"). (15)

Ce survol de l’Histoire donne la lucidité suffisante pour comprendre que les Etats-Unis au Moyen-Orient comme ailleurs et de tout temps, plus spécialement en Syrie actuellement, ne respectent rien, et ne respecteront rien. Dans leur vision, leur projet, leurs valeurs : tout n’est que « chiffon de papier ».

Ils veulent la guerre. Une guerre régionale. Ils l’auront. Tout le monde s’y prépare. Mais, il est affligeant de voir nos forces armées, inféodées à des va-t-en-guerre hallucinés, semer le chaos dans des pays qui ne nous ont rien fait.

Outre l'aspect matériel, le coût humain sera gigantesque, pas seulement pour les populations locales... Il sera difficile d'en limiter les effets à la seule région. La diplomatie de la Russie parle des "conséquences tectoniques" qu’elle va entraîner. Entre autres, la disparition des entités nées de la dissolution de l’Empire Ottoman : monarchies du Golfe et entités coloniales artificielles …

Mais, peut-être est-ce le dernier sacrifice que cette région martyrisée depuis des décennies doit consentir ?... Sachant que ce n’est, comme les Vietnamiens ont pu le réaliser, qu’en jetant par-dessus bord agresseurs, occupants et collabos que "La Renaissance" de cette région pourra enfin éclore. Dans la paix et le développement concerté, entre pays voisins et frères.

Le "prédateur" oublie toujours qu'au fil du temps sa politique du "Chiffon de papier", le réduit en "Tigre de papier"…

Mao Tsé-toung le prophétisait, en 1956…

La Chine sortait épuisée d’une longue occupation occidentale, puis japonaise, suivie d’une guerre civile entretenue par les Etats-Unis. Ces conflits provoquant la mort de plus de 30 millions de personnes et d’immenses destructions ; épuisement accentué par les mesures d’embargo et de sanction prises par les membres de l’OTAN et ses soubrettes, dès la naissance de la République chinoise en 1949.

Mao considérait l’impérialisme américain comme un « Tigre de papier » (16) :

« Aujourd'hui, les Etats-Unis sont puissants, mais à envisager les choses dans un cadre plus large, dans leur ensemble et à longue échéance, du fait qu'ils sont impopulaires, que leur politique est détestée et qu'ils oppriment et exploitent le peuple, "le tigre est voué à la mort".

Par conséquent, il n'a rien de terrible, et on peut le mépriser. »

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

1. Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 177.
2. Pentagon 'Succeeded in Ruining' Lavrov-Kerry Deal on Syria, 20 septembre 2016,
https://sputniknews.com/politics/20160920/1045493789/pentagon-russia-us-deal.html
3. Entretien avec Roland Dumas sur la crise syrienne et la politique étrangère de la France,
par Observatoire Des Mensonges d’Etat, lundi 24 février 2014,
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/entretien-avec-roland-dumas-sur-la-148405
4. Report: 360,000 Foreign Nationals from Tens of States Fighting Alongside Terrorists in Syria, Fars News, 9 août 2016,
http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13950519000699
5. Georges Stanechy, Calife ?... Moi : Archevêque !, 30 septembre 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/09/calife-moi-archeveque.html
6. Lire et relire l’ouvrage fondamental écrit par l’universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison pour prendre conscience de ce pan de l’Histoire humaine, complètement occulté dans nos enseignements, réflexions et analyses : Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004.
7. Georges Stanechy, Et, Un Tonneau d'Oreilles !... Un !..., 6 septembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html
8. Leaked Tapes Reveal Secretary of State John Kerry Still Wants War Against Syria - Des enregistrements révèlent que le Ministre des Affaires Etrangères John Kerry souhaite la guerre contre la Syrie - 1er octobre 2016,
https://sputniknews.com/middleeast/20161001/1045910436/john-kerry-war-syria-assad.html
9. David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
10. Georges Stanechy, Geronimo…, 8 mai 2011, http://stanechy.over-blog.com/article-geronimo-73423407.html
11. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 592.
12. Ce chef de guerre ultra-corrompu, malgré l'appui du colossal arsenal des USA accumulé dans le Pacifique par les USA à l'issue de la 2° guerre mondiale, était l'objet de la détestation du peuple chinois. Vaincu, il a pu s'enfuir sur les bâtiments de l'US Navy avec sa bande, ses milices et "... tous les trésors artistiques de la Chine ancienne. Ils font aujourd'hui la fierté du musée national de Taïpeh, la capitale de l'île."
https://www.herodote.net/8_decembre_1949-evenement-19491208.php
Qu'on se rassure : la Chine les récupérera lors de la future et inévitable réunification avec Taïwan.
13. Germany to press US to effectively lift Iran sanctions : Vice chancellor, 3 octobre 2016,
http://www.presstv.ir/Detail/2016/10/03/487449/Iran-Germany-Gabriel-US-sanctions
14. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quasi-guerre
15. http://penelope.uchicago.edu/Thayer/F/Journals/Revue_Historique/85/2/La_guerre_francoamericaine*.html
16. http://classiques.chez-alice.fr/mao/imperialismeus.html

Lire la suite

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem

Marie-Ange Patrizio

Jeudi 27 février 2014

L’information sur les pays en « révolution » (hors zone Otan où il n’y a pas de révolution) est généralement étayée, dans nos médias, par des analyses de journalistes spécifiés pour l’occasion indépendants, et de chercheurs, le plus souvent politologues, tenant le rôle du spécialiste dont le savoir scientifique rigoureux viendrait garantir l’impartialité.
Ces feuilletons quotidiens doivent parfois être complétés par un Temps Fort, où des artistes et écrivains, plus ou moins clandestins dans leur pays d’origine et réfugiés officiels ici, apportent leur contribution au récit. « Visages de Syrie. La vie qui résiste »[1] au Mucem de Marseille en a donné un exemple récemment avec « quelques figures emblématiques de Syrie, des artistes et personnalités culturelles au coeur du questionnement pour la liberté de pensée et de création. Des hommes et des femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille, et pensent et créent en dépit de l’explosion des violences. […] En partenariat avec Le Monde », et Christophe Ayad dans le rôle du journaliste indépendant.
En bref : redire «les manipulations du régime et l'inconstance des Etats démocratiques, dont la faiblesse du soutien a contribué à renforcer la présence et la légitimité d'organisations islamistes, comme... le Front de Soutien »[2].

Extraits d’échanges informels dans l’auditorium et de propos à la tribune ; et commentaires et questions y afférents.

Samar Yazbek, écrivain « réfugiée à Paris depuis l’été 2011 » était ici une des « femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille ». Sa vitalité n’arrivera pas ce jour-là à retenir la salle, qui se vide discrètement au fur et à mesure du documentaire puis de l’interview où elle explique sa passion pour l’écriture et la liberté ; la lecture de son roman Un parfum de cannelle[3] va m’aider ensuite à appréhender sa démarche. Extrait de la 4ème de couverture : « Hanan al-Hachimi, bourgeoise oisive et aisée» découvre « la jeune Alya, sa servante, en pleins ébats avec [son vieux mari honni] ! Si le jour, l’une exerce son pouvoir sur la domestique […], le soir venu, les rapports s’inversent, et les deux femmes s’adonnent secrètement aux plaisirs saphiques avec une étrange volupté […]. Ce roman sulfureux d’un écriture réaliste bouleverse l’ordre établi de la société syrienne en y dénonçant les conditions réservées aux femmes ».
Au bout des 122 pages, si on se demande où est la censure d’un régime qui a laissé S. Yazbek écrire et publier 4 romans « dénonçant l’ordre établi » etc., on comprend vite par contre pourquoi ça n’est pas dans les monarchies du Golfe, dénonçant pourtant elles aussi l’ordre établi d’Assad, que l’auteur a cherché asile.
Yassin Al-Hadj Saleh est, lui, présenté -et traduit- par le politologue libanais Ziad Majed : « médecin et écrivain, engagé de gauche dans une fraction du PC qui était opposée à Assad (père)» il a été pour cela emprisonné pendant 16 ans. A sa libération, « par défi » il a repris des études de médecine interrompues par son arrestation, et passé ses examens ; « mais n’a jamais exercé ensuite, et a opté pour l’écriture ; il était devenu un des meilleurs écrivains syriens et même arabes » ; « les plus grands journaux se disputent ses contributions »[4]. «Il a vécu dans la ghouta de Damas quand elle a été libérée par des jeunes combattants de la région [entendre : pas les fous furieux décrits et manipulés par le régime, nda] et encerclée ensuite par l’armée ; puis a quitté la ghouta pour aller à Raqqa, tenue par l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant), où se trouve aussi notre ami (sic) le Père Paolo retenu (re-sic) par l’EIIL. ». C’est donc possible de quitter la ghouta encerclée par l’armée, puis Raqqa tenue par l’EIIL, quand on est un écrivain et opposant « de gauche » « très connu en Syrie et dans l'ensemble des pays arabes ».
Majed (traduisant longuement Saleh) explique en plusieurs points le fascisme du régime syrien, et évoque « des photos qui commencent (sic) à sortir des prisons, photos de 11 000 détenus soumis à la torture »[5].
Mais ces horreurs non plus n’arrivent pas à saisir l’attention de toute l’assistance ; une dame devant moi fait des mots croisés sur son Ipad, un homme dort au bout de ma rangée, quelques personnes, dont certains intervenants aux séances précédentes, entrent et sortent ; Mr. Burgat, en haut de l’auditorium, a remis son chapeau : c’est vrai qu’on sent un courant d’air.
En bas, à la tribune, lapsus sur le Golan : « Le régime a utilisé cet argument là, en fait cette réalité-là » : mais oui, le Golan est occupé, ce n’est pas qu’un argument du régime. Majed-Saleh démonte longuement les thèses conspirationnistes d’un régime qui est arrivé à endormir sa population en détruisant ses propres monuments historiques, tirant sur ses propres soldats, conscrits et officiers, et sur les gens qui manifestent pour lui, ou contre lui, en torturant (puis photographiant), terrorisant, privant de médicaments, affamant, gazant et bombardant sa propre population etc. Dans l’indifférence de la communauté internationale.
Entracte.

J’avais entendu l’ex directeur de l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo), François Burgat, aux Matins de France Culture le 26 décembre 2013, sur le thème Et pendant ce temps en Syrie[6]. Puis sur France Inter[7], la veille ; noté aussi le lancement, grâce à un financement européen, du projet Wafaw[8] par un “Kick-off meeting” à Amman les 5-6 Octobre 2013[9].
Pendant l’entracte, je vais poser quelques questions à Mr. Burgat :
1) Quand avait-il été au camp de Zaatari en Jordanie, pour l’interview du « capitaine déserteur de la Garde Républicaine » ? Réponse immédiate : « 22 novembre, c’est pour ça que l’entretien n’est pas dans le livre »[10].
2) Quand avait-il quitté Damas ? « Janvier 2012 ».
3) Etait-il à Damas le 13 novembre 2011 ? « …oui sans doute ».
4) Se souvient-il du dimanche 13 novembre à Damas ? Apparemment non.
Rappel : énorme manifestation après la suspension de la Syrie, le 12 novembre, de sa qualité de membre, par la Ligue arabe[11]. Je dis combien cette manif était impressionnante.
« Ah oui ! c’étaient des fonctionnaires et des scolaires, on les avait amenés en bus de toute la Syrie, j’étais au Qassioun, on s’est amusé à compter les centaines de cars, et d’ailleurs je n’ai pas pu repartir [en voiture], j’étais bloqué par les bus ».
Je raconte brièvement ce que j’ai vu, en ville, à pied : des manifestants de tous âges, avec, en effet, une majorité de jeunes, joyeux, chaleureux ; j’étais avec une vidéaste algérienne qui filmait et traduisait ce que les gens venaient nous dire ; j’ai fait des photos… « Moi aussi j’ai beaucoup de photos, elles sont sur mon site ». Pas trouvé de site, peut-être un compte Facebook ? « Mais les gens étaient embrigadés, vous savez, c’est ça la dictature ».
Sur l’embrigadement par la dictature, je parle des chiffres donnés par la Cia, en mai 2013 : 70% de votes en faveur d’Assad en cas d’élections. « Oh, la CIA, vous savez… » ; mon interlocuteur tourne les talons et descend à la tribune, pourtant vide à ce moment-là. Mais je me suis trompée, ce n’est pas la Cia qui a publié ces chiffres ; c’est l’OTAN, où Mr. Burgat, d’après wikipedia, est conférencier.
C. Ayad, venu se mêler à notre conversation, me dit « je serais curieux de savoir où vous avez trouvé ces chiffres» mais rejoint son ami sans attendre la réponse[12].
Nous reviendrons sur les propos tenus hors micro par l’ex directeur de l’IFPO, propos impromptus dont je le remercie.
Dans une mise à jour du 21/10/2011 du site de l’Institut, on apprend que « Le site de Jisr al-Abyad (Damas) est définitivement fermé depuis septembre 2011 » puis, dans la mise à jour du 27/10/2011, que « le site de l’Ifpo Abou Roumaneh est provisoirement fermé au public (depuis juillet 2011) »[13].
Un site peut être « définitivement fermé » pour des raisons banalement financières, et on se félicite de la bonne gestion de notre administration. Et l’autre « provisoirement fermé » pour des raisons politiques, datant de la deuxième guerre mondiale, paraît-il : tout changement important dans l’Institut doit avoir la signature des deux présidences, syrienne et française. Même pendant la crise de Suez, en 1956, l'Institut (alors Ifead) avait suspendu ses activités mais gardé le personnel syrien dans les locaux. Actuellement, le personnel syrien devrait donc toujours être en poste (à domicile), disponible pour toute réquisition y compris à Beyrouth où l’administration a été transférée[14]. Mais depuis le début de la crise en mars 2011, l'administration avait interdit à ses employés syriens de manifester : que ce soit pour ou contre le régime. Démocratie à la française, qu’on veut apporter –pas en bus- aux Syriens.
Mais même avec un Institut fermé, le directeur peut avoir fait quelque séjour dans la capitale syrienne jusqu’en « janvier 2012 ». Soit officiellement, et on ne manquera pas de remarquer la tolérance du « régime » qui laisse un fonctionnaire notoire des Affaires étrangères d’un pays qui a rappelé son ambassadeur et fermé toutes ses installations, aller « s’amuser à compter les bus » les jours de manif. Soit discrètement, et on notera alors l’incompétence des forces sécuritaires, pourtant décrites comme redoutables, qui ne voient pas nos agents même quand ils sont bloqués dans les embouteillages du Qassioun, ou ailleurs.
Soit Mr. Burgat n’était tout simplement pas à Damas le 13 novembre 2011. Et qui le lui reprocherait ?

Revenons sur les éléments rapportés par celui qui a dirigé pendant 4 ans des « chercheurs [qui] ont développé un savoir scientifique rigoureux »[15].
Des « centaines de cars » ont amené les « fonctionnaires et scolaires» :
- sachant que le nombre des manifestants a été estimé entre 1 et 1,5 million de personnes ; si, prudemment, on retient le chiffre le plus bas (genre OSDH) et qu’on le divise, mettons, par deux pour ne garder que la moitié des manifestants comme ayant été « amenée», cela ferait dans les 500 000 personnes dans des bus.
- sachant qu’un car –grand modèle- a environ 70 places mais que dans une dictature on n’ira pas se gêner pour y entasser 100 personnes, il aurait donc fallu, estimation minimale, 5000 cars pour amener les gens, « de toute la Syrie », manifester à 10h du matin à Damas.
Admettons que le parc des bus syriens possédait au moins 5000 véhicules en novembre 2011, avant que le régime (selon la logique de tous les intervenants du Mucem ce jour-là) ou les terroristes (selon la propagande complotiste du régime) n’en fassent sauter pas mal dans des attentats, de préférence avec ses occupants.
- Sachant par ailleurs qu’un autobus est long d’environ 12 à 15 mètres et qu’avec les dégagements pour se garer, il faut 13 à 16 mètres de stationnement minimum disponibles par bus, on peut garer 62 à 76 bus par kilomètre. Pour garer 5000 bus, il faut de 65 à 80 kilomètres de route.
- Sachant que le bout de l’unique route du Mont Qassioun est à 8 Kms environ (estimation large) de Damas, sans espace qui puisse servir de parking en dehors du bas-côté (d’un seul côté et pas partout), on peut s’interroger sur la rigueur scientifique des observations et du raisonnement apportés ici, quoique hors micro, par un de nos éminents spécialistes. Je ne dis pas l’exactitude ou la vérité ; seulement la plausibilité des propos.
Les manifestants, d’après Mr. Burgat, étaient majoritairement des fonctionnaires et scolaires : beaucoup d'administrations avaient fermé ce jour-là et donc « libéré » le personnel en donnant, du même coup, congé aux écoliers et étudiants. D’après mes observations tout à fait empiriques, il y avait en effet plutôt une majorité de jeunes, et, pour le reste, des hommes et des femmes de tous âges, qui ne défilaient pas en groupes encadrés et organisés, loin de là : les gens manifestaient avec enthousiasme, gaieté, parfois ferveur et détermination, mais en tous cas dans un grand désordre. Le Baas et la mairie (dit-on) distribuant des bouteilles d'eau car ça a duré longtemps.
Des jeunes manifestaient encore en fin d’après-midi près des Omeyyades : j’en ai photographié parcourant le souk avec le portrait du président et chahutant… en faisant des bulles de savon. Comportement peut-être typique en Syrie de ces gens embrigadés par un « régime fasciste », ou bien forcés de manifester (et faire des bulles de savon) contre leur gré. Les chercheurs sociologues et politologues du Wafaw[16] nous expliqueront peut-être ces comportements dans des séminaires et publications scientifiques (donc impartiaux) que nous finançons via l’Ue.

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Précisons à propos du 13 XI que l’appel à descendre dans la rue avait été lancé la veille au soir, notamment par le parti Baas et des organisations étudiantes. Une efficience étonnante malgré la désorganisation constatée ensuite sur le terrain. On imagine le temps qu’il aura fallu pour faire remonter ces centaines de milliers de gens dans les bus…
Les chercheurs et politologues avertis diront, à juste titre, que quand on débarque à Damas, comme moi, la veille de ce genre de manif, on n’a pas forcément, pour observer et analyser les événements, cette base de la rigueur scientifique que sont le recul, la distance ; qu’ont par contre les chercheurs sur le terrain. Notamment du haut du Qassioun ; mais au risque de ne pas entendre et voir les manifestants chanter, danser, faire des bulles, manger des sucettes, puis s’immobiliser au son de l’hymne national et scander « Souria ! », ou nous demander d’où on vient et nous dire alors en riant « Sarkozy, Joupé…[et geste de ce qu’on écrase sous le talon] ! ». Tous embrigadés.
Et moi avec, parmi ces « intellectuels subissant les ravages de la propagande » comme l’a ensuite déploré Mr. Burgat dans son intervention à la table ronde géopolitique, sachant qu’au moins une personne dans l’assemblée était perplexe sur ses observations.
Perplexe aussi face aux témoignages trouvés par le chercheur. Comme celui de ce « capitaine de la Garde Républicaine », réfugié depuis 2 ans et demi au Camp de Zaatari[17], à la frontière jordanienne où F. Burgat me dit qu’il repart « dans quelques jours, car on ne peut plus aller en Syrie, mais en Jordanie, on peut y aller facilement » ; surtout avec un financement du Conseil Européen de la Recherche[18].
Questions après lecture du témoignage :
- Pourquoi le pouvoir envoie-t-il un capitaine de la Garde Républicaine désarmé se faire tirer dessus par les « hommes du colonel Hafez Makhlouf, de la sécurité d’Etat » alors que l’armée syrienne est une armée de conscription et qu’on pouvait envoyer de pauvres bidasses plus faciles à berner, à tuer et dont le sacrifice coûte bien moins cher ? Parce que dans l’armée syrienne, les capitaines des unités d’élite sont toujours en première ligne ?
- Pourquoi avoir ensuite laissé les militaires –capitaines ou pas, loyaux ou pas mais armés, cette fois - tuer « les hommes de Makhlouf » afin -ou au risque- de découvrir « ce que faisait exactement le régime » ? Pour tester leur loyauté ? Pour provoquer des désertions ? Pour faire le ménage chez Makhlouf ? Le régime a donc beaucoup d’officiers en réserve pour faire de tels paris.
- Sachant que nos journalistes et même notre ministre des Affaires Etrangères[19] étaient allés à Zaatari, comment donc notre capitaine a-t-il dû attendre du printemps 2011 au 22 novembre 2013 qu’un « advanced grant » arabophone vienne enfin l’interviewer sur ce qui lui est arrivé ? À temps, pour Genève II.

Quels récits aurons-nous maintenant ? Les journalistes non arabisants se chargent d’interviewer (par téléphone) des jeunes de nos banlieues partis faire une croisade inversée ; on arrivera même à en faire passer quelques uns pour des Brigades internationales. Les spécialistes arabophones vont, sur le terrain, se charger des « témoignages » plus recherchés : quelques combattants islamistes plus présentables que ceux que nous montre, voire manipule (cf. Majed et Burgat) le régime ? Des démocrates pacifiques des classes moyennes ? Si possible quelques « communistes » (maintenant appréciés par nos médias, surtout quand ils s’opposent à Assad en Syrie). Tous, devant notre inaction, ayant dû prendre les armes : où ? « La communauté internationale ne leur a pas fourni un seul stinger, même pas au marché noir (sic)» (Majed). Tous Syriens ; que « le régime [avait] montés les uns contre les autres », enfin unis si ce n’est à Paris ou à Genève, au moins dans les camps de réfugiés (jordaniens de préférence, pour ne pas avoir le Hezbollah dans les pattes).
De quoi justifier qu’il faut armer les « rebelles », puisque jusqu’à présent « la communauté internationale n’a rien fait » : ah bon ? Rien, l’embargo économique étasunien depuis 2003 et européen depuis septembre 2011 ? Pour ne parler que de ce que nos gouvernants et leurs spécialistes assument au grand jour.

Dernier acte : « Que se passe-t-il sous nos yeux en Syrie ? » que nous persistons à ne pas voir. Ayad présente : Basma Kodmani «chercheur engagée en sciences sociales, fondatrice et directrice de l'Initiative de Réforme Arabe[20], fondé avant la révolution », « revenue [maintenant] à sa recherche » ; François Burgat « que j’ai rencontré il y a 20 ans déjà » (petit échange de coquetteries avec l’ami de 20 ans qui fait rire la salle), « qui a produit énormément de travail en sciences sociales » ; Ziad Majed, « politologue libanais, enseignant à l’Université Américaine de Paris, qui a eu des responsabilités politiques au Liban » mais on ne nous dira pas lesquelles. Et Y. Al-Haj Saleh, « écrivain, médecin etc. ».
La tribune, où tout le monde se tutoie, revient une dernière fois sur une clé de la rencontre, « le récit fait par le régime » : « son effort de propagande est à la mesure de son manque de légitimité » (Kodmani). Proposition qu’une logique scientifique interrogerait pour toutes les parties, y compris celle, unanime et univoque, représentée ici.
En quittant la séance vers 20h, je m’enquiers auprès du vigile du nombre d’auditeurs : 113 personnes (tribune comprise), dans une salle de 300 places. Petite audience malgré une entrée « libre » dans un des plus beaux (et très médiatisé) lieux de la ville. Mais les bus sont rares le samedi soir dans notre Marseille démocratique et si peu corrompue. Et personne n’était obligé de venir. D’autant qu’on trouve le même récit en boucle dans tous nos médias.
Et il pleuvait.

m-a patrizio
Marseille, 27 février 2014

[1] http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007411/VisagesdeSyrie1.pdf .

[2] Blog de « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/12/03/syrie-temoignage-dun-deserteur-capitaine-dans-la-garde-republicaine/ .

[3] Disponible à la BMVR de Marseille.

[4] Cf. Ziad Majed : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=73&nid=3929 ; et, non mentionné par Majed, son troisième livre a été récompensé par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas, voir (encore) « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/09/09/un-opposant-syrien-vivant-en-clandestinite-honore-par-une-fondation-neerlandaise/ .

[5] « [Le photographe] aurait fait sortir les images du pays en les transmettant à un contact au sein d'un groupe d'opposition soutenu par le Qatar. Après l'avoir rencontré à trois reprises lors des dix derniers jours, les experts l'ont jugé « crédible » et « sincère ». » http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/20/syrie-le-regime-accuse-de-torture-a-grande-echelle_4351376_3218.html. Selon d’autres sources, non démenties, le rapport a été commandé au « cabinet Carter-Ruck [qui] a admis travailler pour le Qatar. Surtout, le cabinet Carter-Ruck ne rend accessibles que 10 des 55 000 photographies qu’il décrit » http://www.voltairenet.org/article181850.html .

[6] http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-2eme-partie-et-pendant-ce-temps-en-syrie-avec-francois-burgat-politolog

[7] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?article2252

[8] « Wafaw, Un programme financé sur quatre ans (2013-2017) par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) – advanced grant. » http://www.wafaw.org/about/french/

[9] http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/

[10] « Pas de printemps pour la Syrie : les clés pour comprendre les acteurs et les défis de la crise » : ouvrage collectif, sous la direction de F. Burgat avec Bruno Paoli, décembre 2013.

[11] Dont elle est un des 7 pays fondateurs.

[12] Voir http://www.worldtribune.com/2013/05/31/nato-data-assad-winning-the-war-for-syrians-hearts-and-minds/ (31 mai 2013) repris sans modification jusqu’en décembre 2013: “The data, relayed to NATO over the last month, asserted that 70 percent of Syrians support the Assad regime. Another 20 percent were deemed neutral and the remaining 10 percent expressed support for the rebels”.

[13] http://www.ifporient.org/node/134 .

[14] Mais quand l’ambassade de France à Damas avait fait l’objet de quelques actes de vandalisme, le 11 juillet 2011, l’administration de l’Ifpo avait refusé la protection de l’armée syrienne…

[15] http://www.ifporient.org/node/1

[16] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?rubrique400

[17] Supra note 3.

[18] Supra note 7, et Kick-off meeting in Amman (5-6 October, 2013)

http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/ .

[19] Voir la visite de L. Fabius en août 2012 : http://www.youtube.com/watch?v=OQ_fs_YO0cs

[20] Voir détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bassma_Kodmani .

Lire la suite

Les progressistes doivent-ils avoir peur de l’histoire de France ? par Georges Gastaud #identité #nationale

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Culture

Les progressistes doivent-ils avoir peur de l’histoire de France ? par Georges Gastaud #identité #nationale

histoire-de-franceDoit on avoir peur de lhistoire de France ? Georges Gastaud philosophe et secrétaire national du PRCF propose une construction progressiste du récit national

Par Georges Gastaud [1]

Alors que la direction « eurocommuniste » du PCF-PGE a renié le drapeau rouge frappé des « outils » et qu’elle tient soigneusement le drapeau tricolore à l’écart des manifs populaires –, alors que le NPA n’a jamais remis en question le mythe trotskiste et supranationaliste des « Etats-Unis d’Europe » (que Lénine dénonçait déjà en 1916 comme une duperie social-impérialiste), la proposition de J.-L. Mélenchon d’affronter pcf-logo-pgepubliquement Sarkozy sur la question de l’histoire de France, a donné prétexte à MM. Laurent, Chassaigne et Dartigolles (PCF-PGE), ainsi qu’à M. Olivier Besancenot (NPA), tous unis dans un même élan mélencho-phobique, pour dénoncer un candidat « indépendantiste » trop attaché selon eux à la et au « récit national » français[2]. Mais de vrais progressistes, et a fortiori, des communistes, doivent-ils avoir peur de l’histoire de France ? Ne convient-il pas au contraire  d’associer dialectiquement l’approche progressiste de l’histoire de la nation aux débats urgents sur les perspectives d’avenir du mouvement populaire ?

1. De l’arrière-plan politicien des polémiques euro-« communistes » sur la question nationale.

PCF pierre laurent hollande droite européenneLe tir de barrage déclenché par les milieux eurocommunistes sur la question de l’histoire nationale est principalement nourri par ceux qui, à la direction du PCF-PGE, travaillent aux « retrouvailles des deux gauches », notamment à l’occasion des présidentielles. C’est ce que vient de rappeler André Chassaigne, le chef de file des députés PCF : du même mouvement, le député du Puy-de-Dôme a annoncé sa possible candidature au présidentielles et a vertement attaqué Mélenchon, érigé en principal diviseur de « la » gauche. Mais pour conforter la stratégie électorale « unitaire » du PCF-PGE, qui vise clairement à rabouter la gauche populaire (laquelle combat les directives européennes), à la « gauche » atlantico-maastrichtienne de Valls (laquelle exécute, voire aggrave les euro-diktats !), le PCF-PGE doit évidemment continuer de célébrer l’introuvable « Europe sociale, pacifique et démocratique » (un mot d’ordre qu’elle partage avec le PS), de vendre au bon peuple la dérisoire « réorientation progressiste de l’euro », et de promouvoir la non moins improbable « refondation démocratique de l’Europe » dans le cadre de l’UE : un exercice acrobatique au moment où l’UE assume agressivement son ancrage impérialiste en affichant, contre la Russie, son « partenariat stratégique avec l’OTAN ». Porteuse d’un tel paquet « euro-constructif »[3], la direction du PCF-PGE ne peut évidemment que refuser tout ce qui l’amènerait à lutter si peu que ce soit pour la reconquête plénière de notre souveraineté nationale (politique, monétaire, budgétaire, sociale, économique, militaire, diplomatique… et, plus largement, culturelle au sens gramscien du mot !). Impossible donc pour cette direction euro-compromise et socialo-dépendante de relever le gant pour combattre frontalement la relecture xénophobe que les Wauquier, Guaino et autres Sarkozy voudraient imposer de l’histoire de France avec plusieurs « buts de guerre » ultraréactionnaires : diviser les travailleurs,  concurrencer le FN sur sa droite, et surtout, susciter une diversion pseudo-patriotique et pseudo-historique, voire pseudo-mémorielle, à la dissolution rapide de la République française dans l’Empire euro-atlantique du capital…

juncker UE dictature europePourtant, le caractère foncièrement inamendable de la « construction » euro-atlantique, au principe de laquelle adhèrent, PCF-PGE en tête, les dirigeants boboïsés d’une certaine gauche dite alternative, relève de l’évidence la plus textuelle : si l’on en doute, que l’on veuille bien nous expliquer comment une UE que ses traités constitutifs définissent comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », pourrait tolérer la moindre évolution de l’ainsi-dite « Europe », ou simplement, de l’un de ses Etats-membres, vers le socialisme, voire vers une forme timide de néo-keynésianisme ou de nationalisation démocratique… Sauf pour MM. Laurent, Chassaigne et Dartigolles, il est clair que le dispositif supranational de l’UE est verrouillé de manière totalitaire[4] pour prohiber la marche au progrès social ; c’est d’ailleurs ce que reconnaissait naguère l’ultralibéral Alain Madelin quand il présentait cyniquement Maastricht comme une « assurance tous risques contre le socialisme ».

plan A plan B sortie de l'UE europe PRCFDès lors, épouvanté(s) par la formule (en progrès mais pas encore dénuée d’équivoque…) de Jean-Luc Mélenchon selon laquelle « l’UE, on la change ou on la quitte ! », le PCF-PGE (et, plus anecdotiquement, le NPA) redoutent surtout que progresse si peu que ce soit dans les masses, à la faveur d’une candidature « indépendantiste de gauche » talonnant ou devançant le candidat PS, l’idée virtuellement révolutionnaire d’une sortie de l’UE-OTAN par la porte à gauche : car les vertueux « internationalistes » bleu-étoilés qui dirigent le PCF-PGE veulent à tout prix préserver les prébendes institutionnelles du Parti de la Gauche Européenne (PGE) que préside P. Laurent[5] ; les dirigeants euro« communistes » veulent en outre ménager leurs bonnes relations avec les gens bien de la petite gauche « alter-européiste », quand bien même celle-ci dispose actuellement d’une audience très voisine de zéro dans la classe ouvrière. Enfin, il leur faut collaborer (sous des prétextes ostensiblement « antinationalistes ») au démontage euro-libéral de l’Etat-nation français et des conquêtes qui lui sont historiquement attachées à la suite de plusieurs siècles de luttes humanistes, laïques, démocratiques et prolétariennes conclues notamment par les grandes avancées sociales que portèrent notamment le , puis les ministres communistes de la Libération. Et comme un refus ostentatoire d’indépendance (nationale) à l’égard de l’UE peut cacher un refus (inavouable…) d’indépendance (politique !) à l’égard du PS maastrichtien, on ne peut comprendre ces polémiques d’apparence théoriques sur l’histoire de France sans les rattacher à la volonté acharnée de certains appareils prébendiers en perdition d’atomiser, non pas « la gauche », mais la gauche de gauche au premier tour des présidentielles, de refuser la salutaire rupture entre les « deux gauches » (la première, tendanciellement populaire, républicaine et patriotique, et en cela virtuellement capable d’unir les classes populaires aux couches moyennes contre le grand capital ; la seconde, qui inclut l’appareil d’Europe-Ecologie, incorrigiblement euro-fédéraliste, atlantique, voire va-t-en-guerre[6] !), de travailler à « unir toute la gauche »[7].

PRCF affiche départementales UE vallsDès lors, qui ne voit qu’au-delà des polémiques pseudo-théoriques sur l’histoire de France et sur la « question nationale », le but que poursuivent certains apparatchiks euro- et socialo-dépendants est de plomber toute forme de dynamique franchement patriotico- progressiste se déployant sur la gauche du PS ? Ainsi permettraient-ils à Hollande d’accéder in extremis au second tour et de gagner à l’arrache contre le FN avec le soutien d’un « front républicain » jetant ses derniers feux[8]. Dans un tel schéma, les leurres politiques conjoints d’une « communiste » dé-marxisée (autour d’une candidature Chassaigne), d’un « rassemblement de la gauche »… derrière le PS, d’une « refondation européenne » en barbe-à-papa et d’un « barrage antifasciste » hollando-juppéiste au second tour, permettraient in fine à ceux qui, dès longtemps, ont préféré au combat de classe la lutte des places et ses « donnant-donnant », de quémander auprès du PS, pour juste prix de leurs efforts « unitaires », de salvatrices « candidatures uniques de la gauche ». Lesquelles sont censées préserver de l’élimination définitive (du moins certains le croient-ils !) les ultimes députés du PCF : comme disait Bachelard, l’expérience ne peut rien contre le rêve…

Bref, derrière le baratin pseudo-internationaliste et « antinationaliste » des dirigeants du PCF-PGE, les communistes et les progressistes doivent apprendre à décrypter les manigances d’appareils cherchant à sauver leur part de marché politico-idéologique sans le moindre souci de la classe ouvrière, de la nation et de l’urgente reconstruction d’un vrai parti communiste !

2. A propos des reproches contradictoires adressés à J.-L. Mélenchon par les dirigeants du PCF-PGE

Concernant l’acte d’accusation dressé contre J.-L. Mélenchon par les étoiles de l’euro-trotskisme et de l’euro-« communisme » rose vif, notons d’abord leur formulation syntaxiquement douteuse (M. Dartigolles « préfère un débat entre historiens qu’un débat instrumentalisé », M. Besancenot cultive un faux « parler-peuple », comme si les ouvriers auxquels il s’adresse méprisaient la langue française autant que lui ! – Cf document reproduit ci-dessous). Remarquons en outre que ces accusations sont pétries de mauvaise foi. Débattre avec Sarkozy a-t-il jamais signifié le cautionner ? Aborder une question signifie-t-il écarter les autres ? Et l’ex-député communiste André Lajoinie n’a-t-il pas débattu jadis avec Le Pen dans le but de le démasquer ? Du reste, l’éloquent André Chassaigne se déroberait-il au devoir d’affronter Sarkozy si ce dernier lui faisait l’improbable « fleur » politique de lui accorder un face-à-face télévisé ?

europe sociale PCFQuant au reproche dartigollien adressé à J.-L. M. de mettre au centre du débat politique le faux problème de l’identité nationale (sous-entendu, aux dépens du débat social), il contredit tout l’héritage du PCF patriote et internationaliste de Pierre Sémard, de Jacques Duclos, de Danielle Casanova et de Missak Manouchian, lesquels n’eurent de cesse d’associer la défense de l’indépendance nationale à celle du prolétariat mondial. Que l’on consulte l’article lumineux Race, peuple et nation de Georges Politzer, qui sera par la suite fusillé par les nazis ; que l’on relise les écrits tout à la fois scientifiques et vibrants de qu’écrivit l’historien-résistant Marc Bloch, et l’on verra si Politzer – qui était issu de l’immigration – , ou si M. Bloch, qui était d’origine juive et que persécutèrent les pseudo-patriotes de Vichy, refusaient d’évoquer haut et fort la question de l’histoire nationale, de la lier sans PCF-PartiDesFusilléssimplification ni caricature à l’histoire socio-économique de notre pays, de rappeler que « la nation, c’est le peuple » (Politzer) ou de citer le mot de Jaurès « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène ». Qu’on se souvienne aussi que Maurice Thorez fut ovationné par le VIIème congrès de l’Internationale communiste (1935) pour avoir, avec ses camarades Cachin, Duclos et Frachon, disputé aux faux patriotes fascistes le drapeau tricolore, en assumant dans sa totalité contradictoire l’histoire de la nation. C’est sans le moindre complexe que le jeune secrétaire du PC-SFIC, arborait alors le drapeau bleu-blanc-rouge de Valmy et en associant la Marseillaise à l’Internationale, comme le firent si souvent par la suite les résistants communistes que les nazis conduisaient au poteaux d’exécution de Châteaubriant, du Mont Valérien ou de la Citadelle d’Arras…

commune-de-paris-patriotismeEn réalité, de même que les Communards de 1871 défendirent Paris assiégé contre Bismarck et contre ce Kollabo avant la lettre qu’était le bien prénommé Adolphe Thiers, de même les Francs-Tireurs et Partisans de France et leurs frères immigrés des FTP-MOI furent-ils le fer de lance de la Résistance patriotique armée contre l’Occupant ; comme l’a écrit l’écrivain gaulliste Mauriac, « seule la classe ouvrière est alors restée fidèle, dans sa masse, à la France profanée » ; ce furent bien pour l’essentiel les ouvriers communistes qui « montaient de la mine » et les paysans rouges qui « descendaient des collines » qui, à l’avant-garde des Forces Françaises de l’Intérieur, menèrent l’insurrection parisienne de 1944 en bousculant certains faiseurs de « trêve » qu’effrayait plus que tout l’appel du PCF clandestin aux « armes citoyennes »… Relisons, ou plutôt, redécouvrons – comme devraient le faire ces Jeunes Communistes auxquels la direction du PCF-PGE cèle leur grandiose héritage patriotique – le rapport historique prononcé par Georges Dimitrov devant le Congrès de l’Internationale communiste en 1935 : en écho au Front populaire, antifasciste et patriotique qui se dessinait alors en France sur la proposition politique du PCF, cette figure de proue de l’antinazisme[9] qu’était Dimitrov adjura les partis communistes de chaque pays européen de disputer aux fascistes les figures héroïques qui, aux yeux de chaque peuple, ont historiquement incarné le devenir-nation de leurs pays respectifs[10].

Bref, attelons-nous de nouveau au grand chantier politico-culturel qu’a délaissé l’euro-« gauche » établie : reconstituons du point de vue de la classe ouvrière et des forces progressistes en lutte, sans rien gommer ni idéaliser, sans forcer les continuités et sans durcir les inéluctables ruptures, un récit national non falsifié par les classes dominantes. A partir d’une étude scientifique du devenir des modes de production et des hégémonies culturelles, redécouvrons l’ensemble des figures et des évènements nationaux qui ont pu porter et scander les luttes de libération dans notre pays, qu’il s’agisse de l’émancipation nationale stricto sensu (car comme le disait Jaurès, « l’émancipation nationale est le socle de l’émancipation sociale »), de l’émancipation politique – ce fut l’œuvre, encore inachevée aujourd’hui, des Sans Culotte et de Robespierre – ou de l’émancipation sociale[11], sans omettre l’émancipation anticoloniale : car les anticolonialistes communistes Henri Martin et Henri Alleg n’eurent jamais la sottise d’opposer l’émancipation de « nos » colonies à l’honneur de notre pays, que déshonoraient alors les profiteurs des guerres coloniales et autres « trafics de piastre »…

3.  Histoire de France : « Notre » histoire nationale et la « leur ».

la marseillaise

La Marseillaise est le second film de Jean Renoir dédié au Front populaire, après La vie est à nous. Le film est financé en partie par une souscription publique de la CGT dont le prix plancher est fixé à deux francs par personne, tarif d’une place de cinéma à l’époque

C’est pourquoi, quand Olivier Dartigolles prétend que « nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère » et qu’en conséquence il faudrait boycotter tout débat portant sur la nation, donc abandonner ce chantier incontournable à la fascisante idéologie sarko-lepéniste, le porte-parole officiel du PCF-PGE profère un sophisme grossier. Et puisqu’il est question des Gaulois ces temps-ci, rappelons ceci au nanti Sarkozy de Nagy-Bocsa : lorsque Vercingétorix souleva et unifia une majorité de peuples gaulois contre César, quand – selon son historien Camille Jullian – ce noble arverne longtemps isolé dans son milieu social reçut surtout le soutien de la campagne et des petites gens (ce que César signale avec mépris dans ses Commentaires), quand la résistance celtique à l’occupant romain affronta, non seulement les légions de César, mais une partie de l’aristocratie gauloise (qui apprenait le latin et rêvait d’intégrer le Sénat…), quand, lors de la reddition d’Alésia, Vercingétorix eut l’élégance, pour tenter de sauver la vie des Gaulois assiégés, de se livrer aux Romains en renonçant aux facilités d’un suicide[12], il n’incarnait pas seulement les promesses d’unification et d’indépendance des tribus celtes asservies, mais l’honneur de tous ceux qui, en tout temps, préfèreront toujours s’exclamer « patria o muerte ! », plutôt que le navrant « j’aime mieux être un Allemand vivant qu’un Français mort » que proférera Jean Giono à la veille de l’invasion hitlérienne.

gg20101De même y avait-il bien de l’émancipation nationale dans l’air (même si on peut discuter l’épithète étant donné l’époque) voire, en puissance, de l’émancipation sociopolitique quand, à Bouvines (1214), le Capétien Philippe-Auguste qui, pour l’occasion, avait déserté la Croisade, s’allia aux milices communales antiféodales pour battre la coalition formée par Jean Sans Terre, l’Empereur romano-germanique, le Comte de Flandres et plusieurs grands feudataires révoltés contre le roi de France. C’est en effet à Bouvines que les milices communales picardes alliées à Philippe contre les prédateurs impériaux et seigneuriaux jetèrent les bases populaires du sentiment national français, qualitativement très différent bien sûr du patriotisme républicain qui triomphera bien plus tard à Valmy aux cris de « vive la Nation ! ». De même, des progressistes actuels peuvent-ils être sensibles aux efforts convergents de François 1er et du poète Joachim du Bellay pour « défendre et illustrer » la langue française et pour l’établir aux dépens du latin d’Eglise qui n’était compris que des clercs. Et comment ne pas savoir gré à l’effort salvateur d’Henri IV et du « Parti des politiques » que fréquenta Montaigne, pour sortir la France des Guerres de Religion, reconstruire le pays ruiné et distinguer enfin (Edit de Nantes) le statut de sujet du roi de France de celui de membre de l’Eglise romaine ? Oui, Colbert créant l’industrie française d’Etat, oui, Vauban fixant et fortifiant le territoire national tout en proposant un système fiscal injuste, oui, le Dunkerquois Jean Bart brisant le blocus anglo-hollandais et sauvant la France de la famine, ou encore, pour nous tourner vers les classes dominées de l’Ancien Régime, les Croquants du Limousin, les Jacques du Nord, les Parisiens insurgés d’Etienne Marcel (1358), les Bonnets rouges bretons (dont le symbole est aujourd’hui dévoyé par le MEDEF breton), les Va-Nus-Pied normands, les Camisards cévenols, sans oublier cette Fronde du peuple parisien qui inventa les barricades, méritent bien l’estime des républicains éclairés et même des communistes, que Lénine invitait à pratiquer l’ « assimilation critique » de leur héritage national et international.

a0014-bataille-de-valmy-300x2791Car évidemment, la réalité objective de la France et le sentiment national qu’elle a suscité à la longue n’ont pas surgi du néant à Valmy, même si ce sont bien les combats de l’An II inspirés par le Contrat social de Rousseau qui ont accouché de la nation moderne[13]. C’est pourquoi la nation s’identifie désormais à la République, et plus encore à l’aspiration communarde à la République sociale : au point que lorsque la République sociale est démontée par les euro-régressions du type Loi Travail, quand de surcroît les représentants du « communisme » officiel s’alignent sur l’idéologie dominante et qu’en conséquence, le monde du travail délaissé peine à s’organiser politiquement pour stopper l’offensive euro-patronale, c’est toute la France républicaine qui est menacée de déchéance nationale !

Tout cela ne nous incline nullement à donner tête baissée, non pas dans le récit national, mais dans un infantile roman national sarko-lepéniste qui, tel un conte de fées pour banlieues assagies, estomperait les contradictions de classes, enterrerait les séquelles du colonialisme et la réalité du néocolonialisme, ignorerait que nombre de rois furent aussi de féroces oppresseurs, ou méconnaîtrait le fait que la bourgeoisie révolutionnaire de 1789 ne tarda pas à accoucher d’une oligarchie impérialiste avide de piller les peuples africains que l’odieux discours de Dakar prononcé par Sarkozy osait sommer de « rentrer dans l’histoire »… dont la traite négrière et le colonialisme avaient voulu les sortir ! Non, il n’y a en soi rien de scandaleux à ce que, cum grano salis s’il le faut, nos compatriotes d’origine maghrébine ou subsaharienne acceptent de se reconnaître dans le malicieux anti-impérialisme d’Astérix : si et seulement si par ailleurs, leurs condisciples blondinets apprennent aussi à honorer l’Antillais Toussaint Louverture, figure mondiale de l’antiesclavagisme noir ou s’ils apprennent dans des manuels d’histoire enfin respectueux de la Commune, que cette insurrection à la fois patriotique et internationaliste compta parmi ses chefs de file le Hongrois Frankel, le Polonais Dombrowski ou la Bulgare Dmitrieva… A l’inverse, ne tombons pas symétriquement dans le mépris anachronique et faussement « progressiste » pour ce « prophétisme féminin », que partagèrent Jeanne d’Arc et d’autres jeunes patriotes du Moyen Âge finissant, sous prétexte que ce dispositif politico-religieux[14], archaïque à nos yeux postrévolutionnaires, s’inscrivait dans une culture fort différente de celles qui verront germer l’humanisme d’un Rabelais, le rationalisme d’un Descartes… ou l’athéisme communisant que diffusa clandestinement l’étonnant curé de campagne Jean Meslier à l’orée du Siècle des !

marx-histoire-lutte-des-classesAjoutons que MM. Laurent et Dartigolles, qui font la fine bouche à l’idée de reconstruire une forme (pourquoi pas critique et progressiste ?) de récit national (et international)[15], travaillent sans cesse eux-mêmes à recomposer de tels récits… sur les bases politiquement lisses que délimitent désormais le néo-communisme décaféiné dont ils se réclament. Par exemple, accompagnant le processus de dé-bolchévisation, de dé-communisation et d’euro-rangement du PCF qui s’est successivement nommé « mutation » puis « métamorphose », les dirigeants successifs du PCF-PGE dé-marxisé ont peu à peu purgé la nomenclature des allées de la fête de l’Huma, cet itinéraire fléché de l’histoire nationale et mondiale, de toute une série de noms malsonnants : exit Lénine, exit Stalingrad, ou, pour rester en France, au Purgatoire Marat, en enfer Thorez et tous ces communistes français trop rugueux que l’histoire officielle, qui criminalise l’URSS et ses amis français, les Duclos, Frachon, Tillon, Martha Desrumeaux et autres héros nationaux incontestables, a à jamais proscrits du Panthéon national[16]. De même la manchette de la nouvelle Huma a-t-elle été purgée de toute référence aux anciens dirigeants du journal que furent Cachin, Vaillant-Couturier, Péri ou Fajon (dont les noms voisinaient naguère avec l’emblème ouvrier et paysan), pour ne conserver qu’un seul nom, jugé consensuel parce que « reconnu »… par la gauche non communiste, celui du grand Jean Jaurès[17].

georges gastaud marxisme et universalisme nationIl faut donc en finir avec l’hypocrisie à propos du « récit national » : toute nation, en tant qu’elle résulte d’un choix politique collectif  ancré sur un ensemble de données objectives de nature historique, socio-économique, linguistico-culturelle, voire psychique, mais aussi tout citoyen d’un pays donné, participent nécessairement, voire inconsciemment – y compris quand ils prétendent le refuser ! – d’un récit national… ou à l’inverse, d’un récit antinational, d’un récit infranational[18], voire d’un récit supranational (le plus souvent euro-atlantique et/ou « françallemand ») relevant de cet autodénigrement maladif que nos médias anglo-complexés nomment le « French Bashing »[19].

En effet cette même bourgeoisie française qui enseignait jadis, dans les manuels d’Ernest Lavisse d’histoire de France, que « nos ancêtres (blonds, de préférence…) s’appelaient les Gaulois » (tant il est vrai que l’impérialisme français prenait alors appui sur l’Etat-nation et sur ses prolongements impériaux), ce dont se gaussèrent fort justement Boris Vian et… Henri Salvador !, se reconnaît aujourd’hui pleinement dans le honteux Manifeste qu’a publié le MEDEF en décembre 2011 ; dans ce texte lourdement antinational, le grand patronat appelle sans détour à construire « les Etats-Unis d’Europe », à précipiter à leur avantage un maximum de « transferts de souveraineté », à projeter la nouvelle Franceurope dans l’ « Union transatlantique » préfigurée par l’OTAN et par le TAFTA, à sacrifier notre langue si ringarde au tout-anglais érigé en « langue de l’entreprise et des affaires » (selon les fortes paroles du baron Seillière, 2004), à « reconfigurer » le territoire national en supprimant les communes et les départements (dixit Pierre Gattaz) et à substituer à la République une et indivisible et à ses services publics d’Etat les nouvelles « euro-métropoles » assorties de grandes régions à l’allemande, si possible transfrontalières » (Grande Catalogne, Grande Flandre, Alsace-Rhénanie, etc. ?). Mais le mot France évoquera-il alors autre chose que ce « couteau sans manche dont on a perdu la lame » que raillait jadis Lichtenberg ? Cette même grande bourgeoisie objectivement nostalgique de Vichy en appelle même désormais, toute honte bue, à « démanteler le programme du CNR » (Denis Kessler, Challenges, nov. 2007) et sans attendre, elle privatise, délocalise et brade à l’étranger les derniers fleurons industriels nationaux (Alstom, France-Télécom, Renault, EDF…) ; et avec l’aide du Parti Maastrichtien Unique au pouvoir, ce « PMU » malfaisant composé du PS, de l’UDI et des LR, elle dépiaute l’Education « nationale », les conventions collectives, le Code du travail et la Sécu et contourne de plus en plus la loi de 1905 séparant l’Etat des Eglises. Bref, à la faveur d’un rapport des forces mondialement et nationalement contre-révolutionnaire, où le monde du travail s’est vu réduire à la défensive, elle tente d’araser tout ce qui a permis aux couches populaires d’apposer leur marque indélébile sur cette nation française incorrigible dans laquelle continue de résister, selon le mot de Marcel Paul, « un noyau révolutionnaire irréductible »…

4. Briser l’étau de la xénophobie et de l’auto-phobie nationale, réarticuler la dialectique universaliste au récit national, dialectiser histoire-récit et histoire-science

Dans des conditions délétères, faut-il s’étonner si se met en place une savante division du travail historico-idéologique entre divers secteurs de l’oligarchie « française » ?

LR fascisme FND’un côté, on trouve les ultra-réacs Sarkozy et Wauquier qui rabattent vers une version figée, métaphysique, mystique ou naturaliste de la France éternelle (alors que l’identité est dialectique, « négation de la négation », intégration et refonte permanente) dont le but revendiqué est de concurrencer le FN sur sa droite, de stigmatiser les enfants d’immigrés, de les contraindre au déracinement et non au pluri-racinement, de diviser la classe ouvrière sur des bases ethniques (et de renforcer, par contrecoup, les communautarismes religieux et les séparatismes régionaux !) au lieu de « mettre le monde du travail au centre de la vie nationale ainsi qu’y invitait le programme du CNR intitulé Les Jours heureux. Symétriquement, toute une partie de l’historiographie contemporaine travaille très politiquement et de manière fort peu « scientifique », à dénationaliser l’histoire et la géographie enseignées en classe, non pas en relativisant et en complexifiant le simpliste « nos ancêtres les Gaulois », non pas en montrant, comme le faisait Thorez avec les mots de son temps que « vingt races ont fait la France », mais en promouvant le grotesque « Nos ancêtres les Européens » qui – au nom même de l’esprit critique ! – devient peu à peu la nouvelle doxa « post-nationale ». Sans oublier d’exalter un Empereur fanatiquement catholique, ce Charlemagne qui extermina des milliers de « païens » pour convertir la Saxe ; c’est ainsi que beaucoup d’« historiens » bien en cours mériteraient de recevoir le Prix Charlemagne, annuellement décerné par l’UE, tant ils préfèrent au trop local Vercingétorix, à la Pucelle « illuminée » et au « monstre froid » Robespierre, le précurseur de la Nouvelle Carolingie à laquelle l’oligarchie rêve d’intégrer les contrées les mieux nanties de l’Europe occidentale : Benelux, RFA-Autriche, Axe Lille/Paris/Lyon/PACA, Suisse, Savoies et Italie du nord (« Padanie ») détachée de la Péninsule… En avant donc, Brexit oblige, pour une fraternelle Europe à plusieurs vitesses, vivent les « coopérations renforcées » et tant pis pour l’Europe du sud essorée, pour l’Europe de l’Est recolonisée, voire pour les parties périphériques, appauvries et potentiellement « inutiles » de l’Hexagone qui n’auraient pas intégré à marche forcée l’identité nationale et la mondialisation « heureuses » chères à MM. Alain Juppé et Alain Minc !

Car de cette nouvelle historiographie là, qui s’impose pas à pas dans les manuels, la gauche « euro-bobo » ne pipe mot. C’est pourtant avec l’argent des contribuables allemands et français et sur la commande politique expresse de MM. Kohl et Chirac que s’écrit et se répand un « manuel d’histoire » franco-allemand officiel qui – la « paix » a bon dos ! – vise clairement à pré-formater l’« histoire » enseignée aux futurs petits « Françallemands ». Qu’y faire ? A « communauté de destin » européen, reformatage mythique d’un passé commun où le 11 novembre et le 8 mai deviennent subrepticement de grandes dates de l’amitié franco-allemande ! Tout cela ne vérifie que trop hélas l’adage ironique qui affirme qu’ « en histoire on ne sait jamais de quoi hier sera fait »… Comme si la « distanciation » propre à l’historien devait se fixer pour tâche unique la « déconstruction du récit national » tout en fermant les yeux sur le nouveau roman supranational européen qu’une myriade de cercles idéologiques mettent en place avec l’appui des d’institutions !

Car quitte à dépasser « scientifiquement » (ce qui ne signifie pas liquider, mais insérer, situer et recadrer) le « récit national », autant ne pas s’enfermer par avance dans une visée « européenne » étriquée : autant voir large, partir de loin et viser haut. Ce pour quoi il faut assumer à la fois le patriotisme français, l’universaliste humaniste, la déconstruction des idéologies coloniales et sexistes et, pourquoi pas, le souci environnemental devenu incontournable en situant notre histoire nationale, non seulement dans celle de l’humanité, « préhistoire » incluse (le peuplement de l’Hexagone n’a commencé ni avec les Celtes, ni même avec les Ibères ancêtres des Basques !), mais, pourquoi pas, dans celle du devenir général de la nature sur lequel la zoologie de l’évolution, la botanique, la géologie et le climatologie, l’astrophysique et la cosmogonie ont accumulé les connaissances les plus solides[20]

5. User du doute méthodique à l’encontre de l’idéologie contre-révolutionnaire et anti-progressiste

eurofascisation europe anticommuniste UEEnfin il est impossible de négliger le fait massif qu’à notre époque, où « le vent d’Ouest » (celui de l’euro-atlantisme néolibéral) l’a provisoirement emporté sur le « vent d’Est » (celui que soufflèrent successivement Octobre 17, Stalingrad et les luttes révolutionnaires des peuples chinois et vietnamien, sans parler des révolutions cubaines et africaines), tout est fait pour désigner la « passion révolutionnaire » comme l’ennemie principale de l’impartialité historique. On occulte ainsi le fait que désormais, les préjugés anticommunistes, l’acharnement anti-« jacobin » et la fureur contre-révolutionnaire que nourrissent cent officines idéologiques et mille fabriques pseudo-historiques menacent davantage l’objectivité historique que ne l’a jamais fait le progressisme naïf de jadis lequel, malgré ses limites de classe et d’époque, restait historiquement lié aux Lumières et à leur optimisme historique. Comment par ex. ne pas voir qu’aujourd’hui, déchaînées par la défaite… historique du camp socialiste et par la montée concomitante des Empires transatlantique et « trans-pacifique » (USA, Japon, Corée du sud…) centrés sur Washington, des forces mondialement porteuses d’un négationnisme historique généralisé s’acharnent à extirper des mémoires, non seulement cette Russie rouge qui ébranla le capitalisme mondial et qui vainquit Hitler, non seulement cette France jacobine qui défit l’Europe monarchique, non seulement cette Italie du Risorgimento qu’usurpent et bafouent les Monti et autre Berlusconi, mais cette civilisation hellénique qui, de Milet à Alexandrie en passant par Athènes, engendra les premières Lumières (Thalès, Démocrite, Euclide…), et dont les soldats-citoyens firent échec à l’ « invincible » Empire achéménide ?

affiche nazie l'Europe contre le bolchevisme

affiche nazie l’Europe contre le bolchevisme

Quel beau rêve c’est déjà, pour l’oligarchie mondiale, qu’une Europe devenue « historiquement correcte », qui perd ou renie la mémoire du Grec Solon abolissant l’esclavage pour dettes, des Gracques luttant pour la loi agraire, de Spartacus baladant les légions de Crassus, des Soldats de l’An II dispersant la Coalition monarchique et ses relais chouans, de Toussaint Louverture affrontant Bonaparte, de Garibaldi fusionnant en sa personne le patriotisme italien et le cosmopolitisme progressiste, des Soviets repoussant dix-huit armées impérialistes, de Clara Zetkin unissant pour l’Egalité le combat des femmes à celui du prolétariat, de toutes ces histoires nationales si diversement porteuses d’émancipation générale que l’on somme aujourd’hui de se dissoudre dans l’acide de la « mondialisation heureuse » chère aux idéologues de la « fin de l’histoire »[21]. Mais à l’inverse, quel cauchemar pour les classes exploitées et pour les peuples dominés, tous gavés dès l’enfance de l’idée nihiliste que l’émancipation sociale et l’affranchissement national mènent au pire… alors que la « bonne gouvernance » reposerait à jamais sur une totale abdication de soi : auto-phobie des « communistes », hier huïstes et aujourd’hui laurentins, reniant l’« illusion » bolchévique, auto-phobie nationale de nos élites s’acharnant sur l’« exception française » (toujours « franchouillarde », « franco-française » et « hexagonale »…), et plus généralement, mauvaise conscience achevée des « damnés de la Terre » promis à la servitude volontaire éternelle par la croyance que toute lutte progressiste n’enfantera jamais que des lendemains qui chantent… Le tout mâtiné de xénophobie et de diabolisation de l’Autre, le Russe au Poutine entre les dents, le Nord-Coréen au missile entre les dents[22], le Mollah irano-libanais, l’Envahisseur islamo-prolétarien, sans oublier le Chinois plus rusé et sournois que jamais…

Tant il est vrai que, comme l’a montré Sartre, la haine d’autrui est inséparable du mépris de soi et que la xénophobie et l’auto-phobie nationales se nourrissent aux mêmes racines de classe antipopulaires…

Résumons-nous :

En matière historique, la position progressiste ne consiste ni à mythifier le passé national ni à l’ignorer ; pas plus qu’elle ne mène à le nier, à le dénigrer ou à le diaboliser en dissimulant ses contradictions objectives, ses complexités, ses racines diverses et ses dynamiques contradictoires.

Il ne peut s’agir davantage de nier a priori, au nom d’un marxisme primitif, que les classes dominantes aient pu, dans des conditions toujours relatives et transitoires qui semblent avoir fait leur temps en France, jouer un rôle progressif partiel même si, sur la longue durée, ce sont bien les peuples opprimés, les classes exploité(e)s et, ne l’oublions jamais, le sexe si longtemps dominé, qui portent structurellement ce que Hegel appelait superbement la « patience du négatif ».

L’attitude progressiste ne peut non plus consister à substituer une mémoire orientée, ni a fortiori une hagiographie, fût-elle révolutionnaire – convenons qu’aujourd’hui, ce n’est pas, et de loin s’en faut, le risque méthodologique principal ! – à l’approche en droit objective de l’historien exerçant méticuleusement son métier. C’est-à-dire à une approche matérialiste partant des faits[23] et s’efforçant de dégager de grandes tendances socio-historiques, voire, quand cela s’y prête et sans forcer le trait, des constantes et pourquoi pas, des lois du devenir social. Le grand PCF du Front populaire et de la Résistance antifasciste avait entrepris ce travail de reconquête éclairée de l’histoire nationale, avec de grands historiens comme Albert Soboul ou avec des philosophes comme Politzer ou Lucien Sève[24]. Qui reprendra aujourd’hui cette tâche où l’intérêt national, le service du peuple travailleur et celui de la recherche objective, sont en droit solidaires ?

Georges Gastaud, livre marxisme et universalismeGeorges Gastaud, philosophe marxiste, est notamment l’auteur de

  • Marxisme et Universalisme, Classes, Nations,Humanité paru aux Editions Delga en 2015,
  • et de Lumières Communes, cours laïque de à la lumière du matérialisme dialectique, à paraître en 2016 aux Editions Delga

[1] Professeur agrégé de philosophie, militant du PRCF. Dernier livre paru, Marxisme et universalisme, Delga 2015. A paraître incessamment sur souscription chez le même éditeur Lumières communes, Traité de philosophie générale à la lumière du matérialisme dialectique.

[2]Et pourtant l’organisation unitaire de combat mise en place par le PCF clandestin sous l’Occupation se nommait bien Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France… Dans le célèbre film de Jean Renoir intitulé « La vie est à nous » et commandé par le PCF en 1936, on voit à tout instant l’élan patriotique voisiner avec le souffle internationaliste, le drapeau rouge voisiner avec le drapeau tricolore et l’Internationale prolonger subtilement la Marseillaise… Mais avant de se prononcer sur l’histoire de France, les actuels dirigeants du PCF devraient faire se réapproprier l’histoire qui fut celle de leur parti avant que ce dernier n’ait « muter » pour devenir l’antenne hexagonale du Parti de la Gauche Européenne…

[3] Voire « atlantico-réceptif ? A ce propos, le PC de Grèce, KKE, vient de dénoncer un début de collusion du PCF-PGE avec l’OTAN dans le cadre de cette auberge espagnole qu’est devenue la Fête de l’Huma.

[4]Ce mot suscite de légitimes suspicions méthodologiques. Nous l’employons tout de même ici pour renvoyer à leurs contradictions les anticommunistes qui dirigent l’UE « libérale » : étrange « antitotalitarisme » qui a gravé dans le marbre des Traités la prohibition définitive de toute espèce d’alternative sociale et de pluralisme politique effectifs.

[5] … qui figurait sur la liste commune PS/PC aux municipales parisiennes, et dont le siège de sénateur francilien dépend d’ailleurs  objectivement du futur bon vouloir du PS…

[6] Combien de ces « écolos » qui ne disent mot contre le nucléaire militaire quand ils sont au pouvoir et qui « engueulent » ouvertement les « lâches » dirigeants « munichois » de l’Occident, coupables de ne pas intervenir à tous propos manu militari, et de préférence, au sol dans les Etats du Sud… et  avec les jolis résultats que cela a donné du Mali à l’Irak en passant par la Syrie, par l’Afghanistan et par la Libye !

[7] M. Chassaigne s’est apitoyé sur ces « élus socialistes ou écolos » qui « souffrent » tant de la politique élyséenne… Il nous permettra de plaindre davantage les ouvriers, employés, chômeurs, profs de collège, paysans, etc., qui souffrent durement de la politique de Hollande que soutiennent ces « malheureux » élus PS et écolos bourrés d’états d’âme !

[8] Cette recette a déjà maintes fois servi pour grimer en « antifascistes » les politiciens pro-Maastricht dont les reniements (du gaullisme, du jauressisme, du communisme…) ont tour à tour gonflé les voiles du FN.  On l’a encore vu lors des Régionales où le PS et le PCF-PGE ont appelé à voter pour les « antifascistes » C. Estrosi et X. Bertrand…

[9] Accusé mensongèrement au procès des incendiaires du Reichstag, Dimitrov ridiculisa Göring et le procureur nazi !

[10] A l’adresse du PC français, Dimitrov citait Jeanne d’Arc, l’héroïne populaire à laquelle les dramaturges allemands B. Brecht et A. Seghers consacreront par la suite, en vrais marxistes, la pièce intitulée Le procès de Jeanne d’Arc)

[11]C’est en France que la Conspiration pour l’Egalité de Babeuf et de Buonarotti accoucha du premier mouvement politique au monde, précurseur des partis marxistes, qui appelât à la lutte révolutionnaire pour une société sans classes…)

[12] Il paya ce geste de sept ans de détention et d’un humiliant « triomphe » dans les rues de Rome, aussitôt suivi par une strangulation.

[13] Comme l’avait signalé Engels quand il montra comment la Révolution a su favoriser la fusion dans un unique creuset citoyen de composantes régionales marquées par une grande diversité linguistique, culturelle et juridique

[14] C’est en effet le « prophétisme féminin » qui,  selon la médiéviste Colette Beaune, structure largement la geste patriotique, populaire et messianique de Jeanne. Ce dispositif politico-charismatique était alors la seule « entrée en politique possible pour une femme du peuple… Par ailleurs, il semble que la famille de Jeanne, qui n’était pas noble, se nommait Darc, et non d’Arc, ce qui signifie… du Pont dans le patois de la marche lorraine.

[15]  Selon eux, l’incontournable débat civique sur l’histoire de France doit être courageusement abandonné aux « historiens » : comme s’ils étaient tous des scientifiques impeccables  et comme si certains d’entre eux n’étaient pas passionnément engagés dans la révision contre-révolutionnaire et euro-formatée de l’histoire nationale et mondiale… Ils sont scientifiques, voyons, et la preuve, c’est qu’ils le disent !

[16] Panthéon dans lequel ne figure même pas Croizat, le fondateur communiste de la Sécu, ni Marcel Paul, déporté-résistant, organisateur d’un réseau militant à l’intérieur d’un camp allemand, secrétaire de la Fédération CGT de l’Energie, créateur d’EDF et du statut des électriciens-gaziers…

[17] Lénine voyait plus large : dans la liste des noms qui lui était soumise et qui devait figurer sur un monument dédié aux précurseurs du socialisme, Lénine avait conservé les noms de Proudhon, de Jaurès ou de dirigeants anarchistes français, et il n’en avait retiré qu’un : le sien.

[18] C’est le cas des différents séparatismes  régionalistes et des divers communautarismes religieux, pour n’évoquer que deux facteurs actuels de décomposition nationale, sans parler du négationnisme fasciste…

[19] Ajoutons qu’un certain antipatriotisme anarchisant qui, de manière parfois bien sympathique, brocarde l’armée, la police, l’école, l’ « autorité » et la nation elle-même (Prévert, Brassens, Renaud, voire, au début de leur carrière, les futurs patriotes Aragon ou Eluard…) appartient typiquement, quoiqu’à son insu, à l’héritage de la gauche française alors que, dans tant de pays, même la gauche est terriblement patriote…

[20] Comme l’a noté Michel Serres, et bien avant lui Friedrich Engels, les sciences modernes, y compris les « sciences dures », se font de plus en plus « historiennes ». Loin d’invalider à jamais les « grands récits » (le théorie de l’Atome primitif et de l’expansion de l’univers, dont le cosmogoniste belge Georges Lemaître dessina de manière fulgurante les grandes lignes ne date pas d’hier, sans parler des hypothèses de Kant et de Laplace sur la formation du système solaire !), c’est sur des bases vérifiables que les sciences cosmo-physiques, planétologiques, géologiques, biologiques, anthropologiques, reconstituent pas à pas la chronologie de l’univers, du système solaire, de la Terre, de l’évolution biologique, sans oublier l’hominisation, n’en déplaise aux idéologues postmodernes et anti-progressistes qui dévaluent toute idée de sens ou qui l’abandonnent aux religions. Et dire que dans certains milieux historiques et philosophiques, on se croit encore d’avant-garde quand on prétend, contre le marxisme qui n’a d’ailleurs jamais réduit l’histoire à du récitatif, que le « temps des grands récits » est forclos !)

[21] … qui, pour peu que l’on parle, non de l’historicité humaine mais de la discipline historique, ne croient hélas pas si bien dire !

[22] Et puisqu’il est question de guerre atomique, rappelons que jusqu’à nouvel ordre, ce n’est pas le « dictateur fou de Pyongyang » qui a ordonné d’atomiser Hiroshima et Nagasaki… Mais une fois encore, sait-on jamais de quoi hier sera fait ? L’Obs ne fait-il pas sa Une, d’une brûlante actualité, sur « Mao le plus grand criminel de l’histoire » pendant qu’à Tokyo, le gouvernement ultra-droitier minimise les menées génocidaires antichinoises du Japon militariste et entreprend d’en finir avec la constitution pacifiste imposée au Japon après 1945…

[23] La recherche historique doit certes reconstruire rationnellement les faits et se méfier des fausses évidences de l’empirisme, comme c’est le cas dans toute science, mais la vérité historique n’est jamais seulement une « construction », ni une « fabrique de l’histoire » : sans cela, nul n’aurait rien à objecter au révisionnisme historique !) et d’une démarche dialectique prenant en compte toutes les contradictions et toutes les bifurcations du devenir humain. Mais hélas, nous décrivons là l’historien idéal plus que la triste réalité qui domine aujourd’hui, où, comme ledit l’historienne Annie Lacroix-Riz, l’histoire, spécialement l’histoire contemporaine, est « sous influence » et suit majoritairement le sillon contre-révolutionnaire lourdement partial tracé par Courtois et par feu François Furet.

[24]Cf, malgré quelques simplifications reconnues ultérieurement par l’auteur, son grand livre des années soixante sur L’histoire de la philosophie en France de 1789 à nos jours.


DOCUMENTS :

Mélenchon attaqué sur l’identité nationale par le PCF et par le NPA

  • Par Marc de Boni 28/09/2016 à 20:14 / LE SCAN POLITIQUE – Le candidat de la «France insoumise» souhaiterait débattre face à Nicolas Sarkozy des questions d’identité nationale, une perspective qui révolte au sein du parti communiste.

«Un débat solide sur l’identité nationale» face à Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon ne dit pas non. «À partir du moment où l’on est Français, on adopte le récit national», fait valoir le candidat de la «France insoumise», cité dans nos colonnes ce mercredi, en réponse au débat sur «nos ancêtres les gaulois» lancé par le candidat Républicain. De quoi alimenter à nouveau le conflit croissant qui l’oppose au parti communiste mais aussi à d’autres composantes de l’extrême gauche. Dans une note de blog publiée sur Mediapart, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, accuse le fondateur du parti de gauche de participer à «rendre centrale la question de l’identité dans le débat politique français».

«Si nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère, un débat sur l’identité avec l’homme du ministère de l’immigration, de l’intégration, et de l’identité nationale, (…) celui des “gauloiseries”, est une erreur» déplore l’élu de Pau. «La surenchère identitaire d’une partie de la droite est un danger pour notre démocratie. Le rappel historique de ce qui s’est déjà produit dans les années 30 devrait davantage être réfléchi, discuté et débattu de manière “solide”», plaide Olivier Dartigolles. «Je préfère un débat entre historiens qu’un débat instrumentalisé avec, comme toile de fond, un présidentialisme exacerbé qui ne permet pas de faire entendre les exigences populaires».

Ce «présidentialisme exacerbé» est actuellement mis en avant place du colonel Fabien pour refuser l’arrimage à une campagne jugée trop centrée autour de la personne de Mélenchon. «L’enjeu est aujourd’hui d’agréger toutes les mémoires, y compris les mémoires blessées, dans un nouveau récit républicain en ne laissant pas la plume à une droite qui attaque si durement les valeurs républicaines dans son projet politique pour 2017», écrit encore le proche de Pierre Laurent.

Une prise de distance face à l’évolution du discours mélenchoniste qui hérisse le poil de la tête de proue du NPA, Olivier Besancenot. Dans une interview sur Hors Série publiée le 24 septembre, le postier parisien s’insurge: «Aujourd’hui, une partie de la gauche radicale aime à se réconforter dans les idées du souverainisme, de la frontière, de la nation. Tout en expliquant que “sur le reste on tiendra bon“». «Jean-Luc Mélenchon nous a fait des grandes sorties au début sur le souverainisme économique –et promis, juré, craché, c’était que ça- au nom de la lutte, nécessaire par ailleurs, contre les institutions européennes», rappelle l’ancien candidat à la présidentielle de la LCR. «À la fin, t’en viens à bafouiller sur la liberté de circulation et d’installation. Et puis, à la fin, t’en viens à dire que t’es pas pour la liberté d’installation», déroule le trotskiste, qui ne voit pas cette dérive d’un bon oeil: «Tout ça, je l’analyse comme des grands sujets de régression politique pour la gauche radicale», conclut-il.

André Chassaigne s’imagine en candidat PCF

Dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, l’idée s’installe qu’il faudra faire campagne sans le PCF. Si certaines figures comme Marie-Georges Buffet le soutiennent, la direction du parti pourrait lui préférer Arnaud Montebourg ou même un candidat issu de ses rangs. «Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon», a estimé le député communiste André Chassaigne, interrogé par le site Regards.fr. «Il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables (…) Nous, on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes», explique l’élu du Puy-de-Dôme. Fustigeant «la dérive égocentrique» de Mélenchon, le député juge que, «dans les conditions actuelles», «il n’est pas possible de le soutenir: exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas», prévient-il. L’auvergnat mise pour le moment sur «une candidature présentée par le PCF» qui pourrait «bousculer cette campagne présidentielle». Lui-même serait volontaire, comme il l’avait déjà été -en vain- en 2012. Les communistes trancheront cette question cruciale pour l’année à venir le 5 novembre prochain.


L’enquête, codirigée par cette professeure des sciences de l’éducation, prend à rebours les discours inquiets de nombre d’hommes politiques. L’histoire de France telle que racontée par la jeunesse hexagonale est un récit optimiste, laïc et emprunt de fierté. La guerre est la trame du roman national, l’égalité son épilogue.

  • «Chez les jeunes, un roman national existe, beaucoup plus fort que ce qu’on imaginait»

Ils avaient peur que leur enquête, lancée en 2011, soit du «réchauffé». A l’époque, Nicolas Sarkozy est candidat à sa réélection, il y a eu les débats sur l’identité nationale, un ministère lui a été consacré et le projet de musée de l’histoire de France n’a pas encore capoté. Mais les travaux des chercheurs demeurent d’une brûlante actualité. Election approchant, la droite en remet traditionnellement une couche sur l’identité et le roman national, prenant pour cible l’enseignement de l’histoire qui tuerait dans l’œuf tout élan patriotique des élèves. Ces cours seraient le lieu d’apprentissage de l’autoflagellation où l’on formerait des citoyens honteux et paumés. Eh bien non. Ce n’est qu’un marronnier de campagne qui ne se vérifie pas sur le terrain.

C’est ce que prouve l’équipe internationale et pluridisciplinaire emmenée par Françoise Lantheaume, historienne, spécialiste des sciences de l’éducation et sociologue, dans le Récit du commun, présenté au stand des Presses universitaires de Lyon à l’occasion des Rendez-Vous de l’histoire, à Blois, ce week-end. Les chercheurs se sont fait conter l’histoire nationale par 6 600 jeunes de 11 à 19 ans. Cette étude, d’une ampleur inédite, coordonnée par le laboratoire Education, Cultures, Politiques (ECP) de l’université Lyon-II, montre que le roman national existe bel et bien. Et il est aussi vivace, que progressiste. Les valeurs républicaines en constituent la trame narrative. L’enquête a été menée en métropole mais aussi à la Réunion, puis en Suisse, en Allemagne et en Catalogne.

L’énoncé de votre enquête était très simple : «Raconte l’histoire de France…»

«… telle que tu la connais, telle que tu t’en souviens», sans aucune autre contrainte. Il ne s’agit pas d’une évaluation, la consigne se démarque des énoncés scolaires habituels : elle pousse au récit. Raconter induit une implication personnelle. La question suivante portait sur les sources de leurs connaissances, ils devaient choisir cinq possibilités parmi une vingtaine et hiérarchiser les cinq premiers.

Existe-t-il un récit commun ?

A vrai dire, nous doutions de son existence, non pas au niveau de l’enseignement transmis mais des élèves. La mondialisation ayant tendance à produire un éclatement mémoriel réduisant la part laissée à l’histoire proprement nationale, nous voulions comprendre s’il y avait construction d’un récit commun par le bas, par les élèves eux-mêmes et vérifier de quoi il était constitué. Or, il ressort de notre enquête qu’un roman national très fort, beaucoup plus fort que ce qu’on imaginait, demeure. Et ce, quel que soit l’âge, l’origine sociale ou géographique des élèves. Finalement, c’est le récit de l’histoire de France du personnel politique qu’il faudrait étudier. Le décalage se situe peut-être là !

Avez-vous retrouvé l’«apartheid territorial» décrit par Manuel Valls ?

En banlieue ou dans les ZEP, on trouve les mêmes constituants avec trois ingrédients incontournables : les rois, la guerre, la Révolution. Et les élèves sont du côté du peuple, même dans les établissements privés. La seule sous-population à se distinguer, ce sont les élèves de lycées professionnels. Le nombre de non-réponse ou de réponses farfelues, avec des textes qui associent par exemple Zidane et la Révolution, y est significatif. Le récit est probablement une forme qui ne convient pas aux sections professionnelles où la maîtrise de l’écrit est plus problématique. Si nous menions des entretiens avec ces élèves, peut-être raconteraient-ils l’histoire de France différemment, dégagés de l’angoisse de la page blanche.

L’école n’est pas la seule source, quel est ce «bain historique» dans lequel les élèves baignent ?

C’est la «mythistoire», pour reprendre le concept de Jocelyn Létourneau qui codirige avec moi l’ouvrage collectif. Il s’agit d’un mélange de savoirs et de mythologie diffusé dans la société par différents canaux – les familles, la télé… – et dont les jeunes s’imprègnent en se socialisant. Cette mythistoire construit la conscience historique, celle d’appartenir à un temps et d’en être le produit. Quand un élève dit que les Français ont «toujours été rebelles», il est dans la représentation, la croyance. Sont mêlées la vision qu’ils ont d’eux-mêmes et l’histoire, avec ses révoltes successives.

Le passé est aussi ce que l’on réécrit en permanence…

Les élèves ont une vision très «présentiste» de l’histoire. Ils pensent vivre son aboutissement, sa fin et considèrent qu’il n’y a pas mieux. Une chose m’a frappée, en lisant et relisant les textes : pour eux, l’histoire de France est un progrès permanent. Les récits ne sont pas du tout déclinistes, la France a surmonté beaucoup d’épreuves, parfois avec l’aide des Alliés, comme les Américains, et s’est grandie.

Ils ont une approche assez morale de l’histoire ?

Oui, au sens où c’est la justice qui gagne. Les principes de liberté et d’égalité construisent les récits. Leurs jugements se fondent sur ces deux critères : est-ce que tel événement a permis plus de liberté, plus d’égalité ? Si oui, c’est bien. Sinon, c’est mal. Il transparaît que les élèves sont porteurs d’un principe politique profondément ancré : l’aspiration à l’égalité. Paradoxalement, la dimension sociale et économique est très faible. Idem pour la religion. Elle suscite la méfiance des élèves, associée au danger de l’éclatement du corps social. En fait, c’est le politique qui structure profondément le récit commun dont le début est associé à un fait politique : le baptême de Clovis qui institue la royauté, la Révolution française qui instaure la République ou la Seconde Guerre mondiale qui permet le retour à la démocratie. Ce qui fait la dynamique, c’est la conflictualité politique. Les élèves ne sont absolument pas sensibles à ce qui est de l’ordre du compromis ou du consensus. Le sens de l’histoire est ainsi, le politique permet au peuple, aux dominés, grâce à des conflits, d’acquérir de nouveaux droits. La guerre est l’épreuve à travers laquelle on voit la résilience et la résistance de ce collectif. Et le happy end, c’est la démocratie, le droit de vote et l’égalité, même si ce n’est pas parfait. Ils font de la conflictualité une sorte d’habitus national, elle fait partie de la vie sociale, et politique et permet d’expliquer le présent.

Et la France a dans leurs esprits toujours le beau rôle, elle n’envahit jamais, elle conquiert…

C’est le travers des récits : ils sont centrés sur la dimension nationale… La fierté s’exprime clairement, les emblèmes nationaux sont très présents. Les mentions de la guerre d’Algérie ou des guerres coloniales sont faibles.

Vous soulignez aussi un «imaginaire guerrier et vainqueur»…

Même si la guerre est décrite comme source de douleur infinie et de souffrances atroces, c’est grâce à elle que la France est devenue grande, démocratique, moderne. Elle est fondamentale dans leur discours, à la fois optimiste et humaniste. Mais tout n’est pas rose. Certains estiment que l’histoire aurait pu être mieux, déplorent des moments moches, comme la collaboration avec les nazis ou l’exploitation de paysans par des rois. Curieusement, le territoire n’est pas historicisé : la France a toujours été là, comme ça, telle quelle !

Et quand commence l’histoire de France ?

Les élèves ne sont pas d’accord entre eux. C’est une particularité française, ce rapport très subjectif au début de l’histoire. Beaucoup la font démarrer aux Lumières, à la Révolution. D’autres choisissent la Première Guerre mondiale ou la Seconde. Ceci dit, pour la majorité, cela commence avec les Gaulois qu’ils voient comme une assemblée de petits groupes. Il y a une idée de diversité, de brassage, qu’ils jugent positivement. Selon eux, la France est le résultat de cette constitution progressive par agrégation et mélanges.

C’est en quelque sorte l’affirmation du droit du sol…

Oui, même s’ils ne le formulent pas ainsi. Pour eux, l’important, c’est la géographie, ce territoire sans histoire, sur lequel vivent des peuples différents mais s’entendent autour du politique. C’est cela être français.

Et ses «racines chrétiennes» ?

Les élèves racontent une histoire très sécularisée, voire laïcisée. L’Eglise apparaît davantage comme institution que spiritualité, c’est le clergé, un lieu de pouvoir.

Qui sont les héros de leur panthéon ?

Les élèves évoquent de façon lapidaire un tiercé gagnant : Louis XIV, Charlemagne, Napoléon. Comme prévu, il y a très peu de personnages de femmes, mais elles sont présentes en tant que groupe. En revanche, des personnages ont presque disparu, comme Richelieu. Même Jeanne d’Arc est peu citée…

Vous relevez d’autres absences comme l’histoire locale ?

Nous avions formulé l’hypothèse d’une différenciation géographique, liée par exemple à l’insularité. Dans les îles, la moitié des élèves avaient un questionnaire différent, demandant de raconter «l’histoire du pays» et non «de France», libre à eux de choisir la région, ou un autre pays dont ils seraient originaires… Finalement, les différences sont marginales, avec des récits feuilletés, alternance d’une petite couche d’histoire corse essentiellement mythique, avec une autre, nationale, davantage étayée par des savoirs. Les récits de la Réunion sont très «géographiques» et accordent plus de place à l’esclavage. Mais, il y a une nationalisation forte de l’histoire. Autres absences : les institutions intermédiaires effacées par le face-à-face du pouvoir et du peuple.

Il y a le fond mais aussi la forme, comment racontent-ils ?

Le récit est un mode d’appropriation du monde, une façon de le mettre à sa mesure. Un grand nombre de textes sont des énumérations, des listes ou des nuages de mots. Peut-être est-ce lié à des pratiques juvéniles ou à l’enseignement de l’histoire qui s’est longtemps méfié du récit, réservé à la fiction, préférant des exercices avec des réponses à items. Autre hypothèse : le stade des listes est une étape de l’apprentissage. D’ailleurs, le phénomène se retrouve surtout chez les plus jeunes et dans les lycées professionnels. Enfin, le contexte de l’enquête joue : ils s’adressent à des gens qui savent, il est donc inutile d’expliquer.

Etonnamment, dans les récits suisses, c’est comme s’il n’y avait jamais eu de guerre !

La vraie île, c’est la Suisse ! Les élèves du canton de Genève sont dans le localisme, ils en racontent l’histoire mythologique, connue essentiellement à travers une pratique sociale, la fête de l’Escalade et sa chanson commémorant la victoire en 1602 sur les assaillants savoyards, se contentant parfois d’écrire les paroles… Ils évoquent très rarement la Seconde Guerre mondiale et beaucoup la neutralité.

Les récits allemands aussi sont surprenants.

Quand les jeunes Français s’impliquent dans les récits, emploient souvent le «je», le «nous», parlent de leurs grands-parents, les Allemands la racontent avec distance. Pourtant, la pédagogie de l’implication, incluant émotionnellement les jeunes Allemands pour développer l’empathie à l’égard des victimes du nazisme, est mise en œuvre. Mais ce qui transparaît, c’est au contraire un refus de s’impliquer, une manière d’affirmer que cette histoire, ce n’est pas celle de leur génération. Hitler occupe l’essentiel de leurs récits, celui qui porte seul tout le mal.

Lire la suite

«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger».

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #AMERIQUE, #La Russie, #Politique étrangère

«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger»

12 oct. 2016

«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger».

Avec les Casques blancs, on voit l’élimination des institutions étatiques en Syrie et l’implantation d’un Etat fantôme, soutenu par Londres et Washington, selon Vanessa Beeley, chercheuse et journaliste indépendante. 

Les Casques blancs en Syrie était pressentis pour le prix Nobel de la paix 2016, faisant les gros titres comme «des héros de la paix», avec médias et hommes politiques les appuyant. 

RT : Les Casques blancs se disent être une «ONG neutre, impartiale et humanitaire». Est-ce vraiment le cas ?

Vanessa Beeley (V. B.) : Cette déclaration n’est aucunement légitime. Prenons l’affirmation que c’est «neutre». Ils proclament qu’ils ne reçoivent pas de financement de gouvernements ayant un intérêt direct dans le conflit syrien. En réalité, ils reçoivent des millions, selon une estimation prudente, 100 millions de dollars des Etats-Unis, 23 millions via l’USAID ; de la Grande Bretagne 65 millions environ – au début c’était 19,7 millions de livres sterling, et Boris Johnson a annoncé encore 32 millions. La France fournit les équipements. [On trouve aussi] le Danemark, les Pays-Bas et même le Japon, par l’intermédiaire de l’agence internationale au Japon.

Il y a d’innombrables preuves vidéo et photo provenant de l’intérieur de la Syrie, que les Casques blancs dirigent un groupe de soutien terroriste

Il est alors très difficile de comprendre comment cette organisation peut être décrite comme n’étant pas affiliée aux organismes gouvernementaux qui ont un intérêt, et un intérêt bien connu et déclaré, dans le changement de régime en Syrie. Ensuite, si on considère leur prétendue neutralité : ils sont entièrement incorporés dans les régions contrôlées par les terroristes, soit principalement par Al-Nosra, Daesh, ou tout autre brigade associée aux terroristes dirigés par le Front Al-Nosra. C’est là que se trouvent exclusivement les Casques blancs.

Il y a d’innombrables preuves vidéo et photo provenant de l’intérieur de la Syrie, qu’ils dirigent un groupe de soutien terroriste. Ils fournissent des soins médicaux aux terroristes, ils acheminent les équipements par la Turquie dans les régions terroristes […]. Ils ont été filmés participant à l’exécution d’un civil à Alep. Ils diffusent des vidéos, sur leurs pages dans les réseaux sociaux, des exécutions de soldats et de civils arabes. Selon le témoignage de la Défense civile syrienne, ils ont aussi été impliqués dans la prise de contrôle de ses unités, dans le vol de leurs équipements et dans d’éventuels massacres et enlèvements d’équipes.  

Il est fréquent que les chefs des groupes terroristes ou de groupes douteux reçoivent accès au territoire des Etats-Unis          

RT : Qui en exactement les leaders et les membres ?

V. B. : Si l’on considère les leaders, ils ont été deux éminents manifestants antigouvernementaux […] Raed Saleh a été expulsé des Etats-Unis en avril 2016, de l’aéroport Dulles. Et Mark Toner a évité les questions concernant les raisons de son expulsion et la manière avec laquelle il a été expulsé, alors que les Etats-Unis donnent 23 millions à cette organisation. Il a en fin de compte dit [qu’il avait été expulsé] «à cause de relations avec les extrémistes». Nous savons que Raed Saleh, a été autorisé à entrer à New York en septembre, mais aussi aux Nations unies, où il a rencontré avec le secrétaire d’Etat John Kerry. Mais ce n’est la première fois que les Etats-Unis ont autorisé les chefs de factions terroristes à entrer dans le pays. Labib Al Nahhas, qui a reçu cette autorisation en décembre 2015, étant un leader d’Ahrar Al-Sham. Il est fréquent que les chefs des groupes terroristes ou de groupes douteux reçoivent accès au territoire des Etats-Unis. L’entraîneur des Casques blancs, ce qui est très important, est l’ancien contractant militaire privé britannique, James le Mesurier, décoré d’un OBE [Order of the British Empire] en juin 2016 par le gouvernement britannique. Si on jette un coup d’œil sur sa carrière et sur ses connexions, il a des relations avec les organisations, les sociétés privées de sécurité, telles que Blackwater, maintenant appelée Academi, qui était, en fait, comme on se souvient, une organisation en charge des assassinats de la CIA, qui avait vu des millions lui être infusés par le président Bush, et même par le président Obama qui leur a donné plus de 250 millions de dollars pour qu’ils puissent toujours assumer le rôle d’experts en assassinats pour la CIA.

RT :On désigne souvent les Casques blancs comme la «Défense civile syrienne». Est-ce que c’est la même chose ?

V. B. : C’est une utilisation de droits d’auteur tout à fait criminelle et illégale. La réelle défense civile existe en Syrie depuis 63 ans ; les Casques blancs existent depuis trois ans – ils ont été fondés en 2013. Ce que nous voyons ici, c’est l’éradication des institutions gouvernementales syriennes et l’implantation d’un Etat fantôme en Syrie, principalement par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et avec le soutien des gouvernements européens.

Lire aussi : Que faut-il faire pour arrêter la guerre en Syrie ?

Lire la suite

Nicolas Dupont Aignan: "Je reste convaincu que les Français ne veulent ni des recyclés, ni du FN"

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #Politique intérieure, #Politique étrangère, #PolitiqueS

Le mercredi 12 octobre 2016, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle de 2017 était l'invité du débat de "Questions D'info" sur LCP

Lire la suite