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Le blog de Lucien PONS

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Le peuple syrien ne permettra pas de se laisser transformer en une autre copie de ce qui est arrivé en Libye… Par Bachar al-Jaafari

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #Terrorisme, #l'islamisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

Le peuple syrien ne permettra pas de se laisser transformer en une autre copie de ce qui est arrivé en Libye…

« … La ville d’Alep est désormais assiégée. La route de Castello, sa dernière voie d’approvisionnement en eau, en vivres et en médicaments, a été coupée par les forces alliées au régime… À bien des égards, Alep est à la Syrie ce que Sarajevo était à la Bosnie : une ville symbole, une ville carrefour, une ville martyre. Alep, cette ville symbole plusieurs fois millénaire classée au patrimoine mondial de l’humanité, cette ville carrefour où se sont entrechoquées et entremêlées tant de cultures qui ont laissé sur la ville une empreinte profonde et diverse, est aujourd’hui une ville martyre. Ce symbole de la civilisation est l’objet d’un siège de type médiéval. Quelle régression, et franchement, quelle honte !... La mécanique du GISS, les taskforces à Genève, l’action de Staffan de Mistura que nous appuyons, les appels à réunir l’opposition, tout ceci est réduit à néant par le siège d’Alep… ».

C’est là un extrait du discours du 25 juillet de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies [*], que les Aleppins apprécieront à sa juste valeur. Monsieur Delattre pleure sur Alep, parce que les espoirs de partition de la Syrie sont réduits à néant devant l’avancée de l’Armée nationale syrienne et que la route du Castello qui alimentait les terroristes venus de Turquie, en hommes, en armes et en argent, pour martyriser ses habitants et les obliger à remettre les clés de leur ville aux prétendus opposants révolutionnaires, couvés par le gouvernement français, « a été coupée par les forces alliées du régime ». Comprenez, par l’Axe de la Résistance et la Russie car, pas question de saluer l’exploit de l’Armée syrienne. Comprenez que les terroristes et leurs maîtres sont le type même de la modernité, tandis que les Syriens qui leur résistent sont de type médiéval.

Voici le texte intégral de l’intervention du Dr Bachar al-Jaafari, représentant permanent de la Syrie, suite à son discours calqué sur celui des représentants des États-Unis et de la Grande Bretagne.

Nous nous autoriserons une simple question : « M. Delattre, si Alep est ce bijou que vous décrivez, pourquoi collaborez-vous avec ceux qui s’acharnent à la transformer en un Sunnistan ? ». [NdT].

* * *

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité discute du 28ème rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation humanitaire en Syrie. Dans ce but, il s’est appuyé sur quatre résolutions successives adoptées depuis ce qu’il est convenu de désigner par « la crise syrienne » : les résolutions 2139, 2165, 2191 et 2258.

Cependant, malgré ces résolutions, la situation humanitaire en Syrie n’a pas progressé dans le sens espéré et les Syriens sont donc en droit de s’interroger sur les raisons qui empêchent de mettre fin aux souffrances qu’ils endurent, après presque cinq ans et demi d’une guerre terroriste internationale menée contre mon pays par les gouvernements de plusieurs pays, dont certains sont des États membres de ce Conseil.

Le représentant de l’Angola a vu juste lorsqu’il a posé la question de savoir : « Pourquoi ne pas interroger les parties prenantes régionales et internationales sur leur responsabilité dans la pérennisation de cette crise humanitaire ? » ; la question clé en l’occurrence !

Monsieur le Président,

Mettre fin à la souffrance des Syriens d’une manière durable ne peut se concrétiser en la laissant s’éterniser et soumise au chantage politique exploité par certaines capitales pour imposer au peuple syrien le choix entre deux maux : soit continuer à subir le terrorisme, soit se résoudre à confier le pays au chaos.

Mettre fin à cette souffrance ne peut se concrétiser ni par la rédaction de dizaines de rapports ; ni par la tenue de réunions régulières ; ni par l’organisation de congrès spectaculaires ; ni même par la fourniture d’aides humanitaires à telle ou telle région, bien que nous reconnaissions leur utilité et que le gouvernement syrien participe à leur acheminement vers toutes les régions du pays ; ni par les actions de ladite « Coalition » menée par les États-Unis, aboutissant à la destruction des silos de grains, des infrastructures et des installations électriques qui ont coûté au peuple syrien des dépenses et des efforts difficilement indemnisables ; ni en jouant sur la géographie du sang syrien ; ni encore, par la formation de coalitions douteuses pour prétendument éradiquer le terrorisme ; mais passe par un combat sérieux contre le terrorisme comme le font le gouvernement syrien en coopération avec la Fédération de Russie, et d’autres amis, suite à une demande officielle des autorités syriennes, ce qui a contribué à améliorer la situation dans nombre de régions en Syrie.

La solution est parfaitement connue de tous, aussi bien par ce Conseil que par Monsieur O’Brien, et consiste à traiter les raisons fondamentales de cette crise imposée au peuple syrien, car c’est bien une « crise imposée » et non l’œuvre du peuple syrien.

Certains membres de ce Conseil persistent sciemment et avec arrogance à ignorer la vraie raison ayant mené à l’émergence de cette crise humanitaire et à son aggravation, comme ils persistent à prétendre ignorer les raisons de la fuite d’un nombre effarant de Syriens vers les régions contrôlées par l’État syrien ou vers l’étranger. La raison est le terrorisme, Mesdames et Messieurs. Le terrorisme !

S’agissant d’Alep, dès les débuts de cette crise nous avions informé ce Conseil que cette ville n’avait subi aucun acte terroriste durant la première année et demie. Au nom du gouvernement syrien, nous avions sollicité votre aide pour exercer vos pressions sur le gouvernement turc afin qu’il interdise aux terroristes de se rendre dans cette ville. Mais nul n’a répondu. Ce qui a conduit à l’irruption de dizaines de milliers de terroristes « génétiquement modérés » venus de tous les pays du monde et baptisés « opposition modérée » ou encore, « groupes armés non étatiques ». Quant à la route du Castello, j’aimerais préciser que le gouvernement syrien ne l’a pas « coupée », mais tente de l’ouvrir et de la libérer des terroristes qui empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire par cette voie et continuent de l’emprunter à partir de la Turquie.

Le terrorisme est la principale raison de cette crise humanitaire, l’autre raison étant la paralysie de la vie économique du pays du fait desdites « mesures coercitives unilatérales ». C’est pourquoi, la solution durable réside dans la lutte contre le terrorisme passant par l’exécution des résolutions prises par ce même Conseil et la coordination ainsi que la pleine coopération avec le gouvernement syrien, loin des politiques à double standard et de l’hypocrisie pratiquées par certains dans leur prétendu combat contre le terrorisme, loin des tentatives de transformation de la Syrie en un aimant attirant le terrorisme international takfiriste.

La déléguée des États-Unis a parlé de l’enfant de douze ans, réfugié palestinien du camp de Handarat à Alep, égorgé par des éléments de « Harakat Nour al-Din al-Zenki », un mouvement dont le nom indique, à ceux qui connaissent l’histoire de la région, son origine turque. Elle a qualifié les égorgeurs de « Rebels fighters ». Elle ne les a pas qualifiés de terroristes, mais de combattants rebelles ! Idem pour les autres organisations terroristes telles que Jaïch al-Islam, Ahrar al-Cham, Jaïch al Fath, etc.

Il faut arrêter le soutien accordé par les gouvernements turc, saoudien, qatari et d’autres pays aux organisations terroristes armées, lesquelles ont étendu leur terrorisme sur des villes et des villages syriens, commettant les plus horribles crimes contre leurs habitants, les utilisant comme boucliers humains.

Tout comme il faut cesser d’essayer de légitimer les exactions de ces organisations terroristes en usant d’appellations telles que « organisations pacifiques », « organisations armées modérées » ou « groupes armés non étatiques » ; lesquelles, comme vous le savez, sont d’une extrême neutralité et ne correspondent absolument pas aux prescriptions de vos propres résolutions en matière de lutte contre le terrorisme.

Ne pas nommer le terrorisme par son vrai nom envoie à des milliers de terroristes un message d’erreur, leur disant que leur terrorisme est légitime tant qu’il consiste à défier l’autorité de l’État syrien, à détruire ses infrastructures et ses institutions ; ce qui ne peut qu’ouvrir la porte à encore plus de drames humains et matériels.

Dernièrement [le 19 juillet], l’aviation militaire française a bombardé le village d’Al-Tokhar dans le gouvernorat d’Alep, tuant 164 civils pris en otage par Daech. En fait, les terroristes avaient reçu l’ordre de déguerpir du village dès qu’ils ont entendu que le Président français voulait se venger de ce qui s’était passé à Nice. Et le Président français a voulu se venger de ce qui est arrivé à Nice, tuant 164 civils du village d’Al-Tokhar en Syrie. Deux fois plus de victimes que le terroriste de Nice ! Mais qui détenaient ces civils en tant que boucliers humains ? N’est-ce pas Daech ? Et qui a tué des civils sous prétexte de lutter contre Daech ? N’est-ce pas l’aviation militaire française ?

Les forces de l’air étatsuniennes agissent de même et il y a des dizaines d’autres exemples que nous avons confiés à votre attention par des lettres officielles distribuées et redistribuées à maintes reprises. Je ne suis pas aussi doué que la déléguée des États-Unis pour vous citer des noms. Nous avons des millions de noms et, si je devais vous en donner lecture, cela nous prendrait des semaines avant que je ne puisse vous donner la liste de toutes les victimes syriennes du fait des exactions des organisations terroristes.

Pourquoi ne qualifie-t-on pas d’opposition armée modérée ceux qui ont attaqué le Bataclan, Nice ou Charlie Hebdo, à Paris ? Pourquoi le terroriste qui sévit en Syrie est-il qualifié d’opposant modéré, alors qu’il est nommé terroriste lorsqu’il commet des actes terroristes, que nous condamnons, en France, aux États-Unis ou ailleurs ?

Le terrorisme est du terrorisme ! Nous l’avons dit il y a cinq ans et nous le répétons. Il n’y a pas un terrorisme hallal et un terrorisme haram.

Le terrorisme est du terrorisme ! C’est nous qui endurons ce terrorisme. C’est notre peuple qui endure ce terrorisme.

Monsieur le Président,

La meilleure preuve de ce que je dis est justement le fait que ce mouvement de Nour al-Din al-Zinki -lequel a donc horriblement et publiquement décapité cet enfant palestinien de 12 ans il y a quelques jours- soit qualifié d’opposition armée modérée par des gouvernements dont certains sont membres de ce Conseil, en plus d’être soutenu par ces mêmes gouvernements en armes, en argent et en couverture médiatique depuis fin 2011.

Les pratiques de ce mouvement terroriste ne diffèrent en rien de celles d’autres organisations terroristes qu’il a plu à certains membres de l’ONU, à l’extérieur et à l’intérieur de ce Conseil, de qualifier d’opposition armée modérée, telles Jaïch al-Islam, Ahrar al-Cham, Jaïch Mouhammad, Liwa’ al-Tawhid, Liwa’ Chouhada’ Badr, liwa’ al-Mouhajirine, Al-jabhat al-Islamiya, Jaïch al-Fath, Liwa’ du Sultan Mourad, le Parti de l’Union du Turkestan islamique, et bien d’autres organisations qui ont commis et commettent encore des crimes indescriptibles. Imaginez-vous que certains membres de ce Conseil en sont arrivés à prétendre que la dernière organisation citée, qui est celle d’un mouvement au Turkestan, est une opposition syrienne modérée !

Certains ont créé ces monstres cannibales et amateurs de selfies décapitant leurs victimes, ces monstres qui balancent leurs victimes vivantes du haut des immeubles, les grillent dans les fours à pain comme à Adra ou les massacrent par projection de bonbonnes de gaz comme à Alep, ces monstres qui enlèvent et emprisonnent des milliers de femmes et enfants des villages de Lattaquié, Hama et Homs… Autant d’horreurs que les Syriens ne pardonneront pas. Autant de crimes contre l’humanité. Désormais, vous n’avez nul besoin d’enquêteurs, de preuves ou de chiens policiers pour en découvrir les auteurs. Le criminel est notoirement connu ainsi que son souteneur.

Ce qui reste inexplicable et inadmissible est comment est-il possible que certains États membres de ce respecté Conseil puissent toujours refuser de porter certains de ces groupes sur la liste des organisations terroristes de l’ONU, alors qu’ils prétendent porter la bannière des droits humains et de l’autorité du droit ? Comment est-ce encore possible, alors que ces États réalisent parfaitement que ce refus autorise les terroristes à poursuivre leurs crimes et décapitations, prouve le manque de sérieux de leurs gouvernements dans la lutte contre le terrorisme, en plus de prouver leur utilisation du terrorisme comme instrument politique pour faire pression sur le gouvernement syrien ?

Monsieur le Président,

Le gouvernement syrien assume son obligation constitutionnelle de protéger ses citoyens et de combattre le terrorisme, mais nous ne pouvons le combattre tout seuls afin de minimiser son danger pour nous, pour la région et pour le monde. C’est un danger qui a commencé à menacer vos États et je suis convaincu, Monsieur le Président, que tous les citoyens des pays qui se sont vus dernièrement submergés par la vague des actions terroristes ont le droit de s’interroger sur les raisons ayant poussé leurs dirigeants à fermer les yeux sur les départs de leurs concitoyens vers la Syrie pour s’exercer au terrorisme, avant de revenir et de le pratiquer dans leur pays d’origine.

Combattre le terrorisme et lever les mesures coercitives unilatérales m’amènent à parler de la démarche suivante nécessaire à la résolution de la crise humanitaire, qui n’est autre que le soutien de la solution politique, car le combat contre le terrorisme augmentera les chances de réussite d’une telle solution, laquelle doit garantir la souveraineté de la Syrie, son indépendance, son unité territoriale et sa sécurité, conformément à toutes vos résolutions relatives à la Syrie.

Le peuple syrien ne permettra absolument pas de se laisser transformer en une autre copie de ce qui est arrivé en Libye, en Irak, en Somalie, au Soudan, en Afghanistan et d’autres pays, d’autant plus que cette volonté est conforme aux principes du Droit international, et afin que ces principes ne soient plus dépassés par certains pour recommencer ce qu’ils ont infligé à l’Irak, à la Libye et ailleurs.

C’est dans ce but que mon gouvernement a suivi avec attention les déclarations consécutives à la visite du Secrétaire d’État des États-Unis à Moscou, ce 10 juillet, lesquelles ont assuré l’accord des deux parties, américaine et russe, sur la lutte contre le terrorisme, Daech et le Front al-Nosra.

La République arabe syrienne qui se trouve en première ligne face à ce mal global accueille favorablement ces déclarations et en même temps déclare, encore une fois, qu’elle tient à une solution politique qui devra répondre aux aspirations du peuple syrien et obtenir son assentiment, tout comme elle est prête à poursuivre le dialogue entre Syriens, sans conditions préalables, dans l’espoir que cette solution relève des seuls Syriens, sans ingérences étrangères, mais avec le soutien des Nations Unies et de la Communauté internationale.

Monsieur le Président,

J’affirme, une fois de plus, que le gouvernement syrien est déterminé à respecter ses obligations et à assumer ses responsabilités dans le but d’alléger le fardeau pesant sur son peuple. Dans cet objectif, nous sommes toujours prêts à prendre toutes les dispositions nationales nécessaires. Ainsi, nous poursuivrons notre coordination avec l’Organisation des Nations Unies et faciliterons ses missions, en sachant que cette coopération n’est pas à sens unique. En retour, l’ONU devra coordonner, coopérer et dialoguer avec nous sur toutes les questions humanitaires, au lieu de recourir à la suspicion et aux critiques injustifiées.

L’ONU et d’autres organisations travaillant en Syrie n’auraient jamais réussi à aider des millions de Syriens, ces dernières cinq années, sans le concours, le soutien et la protection du gouvernement syrien. Nous continuerons à ce faire, tant que le bénéfice concernera l’ensemble des Syriens dans le besoin, tant que la distribution des aides respectera la souveraineté de l’État et s’accordera avec les clauses de la Résolution 46/182 qui ont institué l’OCHA [Office for the Coordination of Humanitarian Affairs].

Monsieur le Président,

Avant de conclure, j’aimerais vous rappeler ce qu’a déclaré l’ex-ministre français des Affaire étrangères, Fabius, à Marrakech le 12 décembre 2012 lorsqu’avec ses amis ils cherchaient à créer une opposition syrienne : les jihadistes « font du bon boulot » en Syrie, tandis que l’ex-premier ministre français de l’époque, devenu aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, disait : « je ne peux rien faire pour empêcher les jihadistes français d’aller en Syrie ». Et maintenant que le « terrorisme jihadiste français » a frappé le Bataclan, Charlie Hebdo et Nice, le Président français bombarde un village près de Manbej et tue 164 civils !

Je pourrais vous citer beaucoup d’autres exemples, mais je respecte le temps qui m’est imparti et vous remercie.

Reprise de parole en fin de séance, suite aux conclusions de M. O’Brien [Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonateur des secours d’urgence]

Monsieur le Président,

Je ne serai pas long, mais je voudrais partager avec les membres du Conseil des informations non abordées dans cette session.

Premièrement : il est regrettable que nul n’ait mentionné l’exploit des terroristes installés à Wadi araba, une localité menant vers Madaya que beaucoup ont prétendu encerclée par « le régime ». Ils ont fait exploser la source principale d’eau potable nourrissant Damas. Résultat : sept millions de civils syriens privés d’eau potable à Damas !

Deuxièmement : à Raqqa, les terroristes de Daech ont brûlé sur la place publique, trois membres vivants d’une même famille parce qu’ils avaient tenté de fuir la ville : le père, la mère et une enfant de deux ans. Je n’ai pas entendu M. O’brien en parler, non plus.

Troisièmement : Concernant les bombardements d’Alep, certains ont parlé d’Alep est et d’Alep ouest en disant que les frappes fusent de l’est et de l’Ouest, mais M. O’Brien ne nous a pas qui bombarde les civils. Il ne nous a pas dit qui sont les terroristes que la Coalition internationale prétend combattre. Il ne nous a pas dit qu’ils sont nourris par la Turquie et les régimes de la corruption des Pays du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Nous souhaiterions que lorsque Monsieur le Secrétaire adjoint nous reparlera de ce qui se passe en Syrie, il précise qui sont ceux qui bombardent délibérément nos civils.

Quatrièmement : Hier, plus de 100 victimes, entre tués et blessés, à Damas. Je vous notifierai leurs noms par courriers officiels. Des femmes et des enfants tombés à Damas et à Alep dans des restaurants et des jardins publics. Qui les a bombardés ? Pourquoi M. O’Brien n’en a pas parlé ?

Merci, Monsieur le Président.

Dr Bachar al-Jaafari

Envoyé permanent de la Syrie auprès des nations Unies

25/07/2016

Source : Vidéo / Syria - Security Council, 7744th meeting

http://webtv.un.org/meetings-events/security-council/watch/syria-security-council-7744th-meeting/5049333063001

[*] La France appelle à une trêve humanitaire à Alep. Situation humanitaire en Syrie - Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 26 juillet 2016

http://www.franceonu.org/La-France-appelle-a-une-treve-humanitaire-a-Alep

Transcription et traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

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Ils ont traversé l’Atlantique comme leurs ancêtres, les colons français.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Histoire, #Le Québec

L’Espérence lors de son arrivée à Québec

L’Espérence lors de son arrivée à Québec
Crédit photo : Radio-Canada/Maxime Corneau

Ils ont traversé l’Atlantique comme leurs ancêtres, les colons français

 

 

À bord d’un trois-mâts, identique aux voiliers qui naviguaient sur l’océan dans les années 1700, une dizaine de braves ont affronté tempêtes et promiscuité pour reproduire le voyage de ceux et celles qui sont venus fonder la Nouvelle-France.

Leur voilier, L’Espérance, a quitté La Rochelle, en France, le 4 juin. Les 10 « colons des temps modernes» avaient des tâches à exécuter et devaient tenir un journal de bord.

En chemin, l’équipage s’est arrêté en Acadie, à Caraquet au Nouveau-Brunswick, avant de poursuivre sa route jusqu’au port de Québec, lieu fondateur de la Nouvelle-France, où le voilier est arrivé le 28 juillet en matinée.

Les aventuriers étaient accompagnés de 31 membres d’équipage et de 6 membres d’une équipe de tournage dans cette traversée de 54 jours. Mais ces derniers vivaient dans une autre section de l’embarcation.

Le grand voilier trois-mâts est arrivé à Québecle 28 juillet
Le grand voilier trois-mâts est arrivé à Québec le 28 juillet © Radio-Canada/Pascale Lacombe

La grande traversée

Ce voyage dans le passé était filmé dans le but de produire un documentaire d’aventure, de 10 épisodes d’une heure, qui sera diffusé en 2017 à ICI Radio-Canada Télé.

La télésérie coïncidera avec le 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Les dix colons réunis avant le débarquement

 

Les dix colons réunis avant le débarquement © Radio-Canada/Maxime Corneau

Une aventure et non une compétition

Les 10 aventuriers ont été choisis parmi 1200 personnes qui avaient soumis leur candidature à travers le pays. On recherchait des passionnés d’histoire et d’aventure âgés de 19 à 55 ans qui n’étaient « pas du genre peureux ou frileux», qui étaient en excellente forme physique et que les défis intéressaient.

Avant le départ, les candidats, finalement âgés de 23 à 44 ans, ont reçu un petit cours d’histoire pour comprendre « le contexte de la quête des découvreurs de naguère. »

Le Picton Castle, voilier de trois-mâts de La grande traversée.
Le Picton Castle, voilier de trois-mâts de La grande traversée. © Courtoisie Johanne Boucher

Quant au trois-mâts, il a été trouvé, après d’intenses recherches, à Bristol, en Angleterre.

Le grand voilier, originalement nommé le Picton Castle, a été rebaptisé L’Espérance, pour les besoins de la série télévisée.

Dans chaque épisode de La grande traversée, des capsules fourniront des faits historiques et des données généalogiques.

Plusieurs historiens ont été mis à contribution pour détailler la réalité telle que vécue au 18e siècle.

« On pense que la série sera très importante pour tous les francophones du Canada. Elle permettra de se rattacher personnellement à cette histoire, parce que nos racines ont toujours le même départ.»  Michel Bissonnette, producteur à Zone 3.

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Un homme dépassé. par Jacques Sapir.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Jacques Sapir est directeur d’Études à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales, dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS), le groupe de recherche IRSES à la FMSH

Un homme dépassé

© Clodagh KilcoyneSource: Reuters
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Dans un discours prononcé après l'attentat de Rouen, François Hollande «se voulait martial» ; un discours qui fait «plus penser à Paul Reynaud (nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts) qu’à de Gaulle», estime l'économiste Jacques Sapir.

Le président de la République a fait, hier soir, une courte allocution télévisée à la suite du crime atroce commis par deux djihadistes, l’un et l’autre fichés «S» en l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. L’instant était particulièrement solennel. Les mots utilisés par François Hollande sont importants. On connaît en effet la formule «le style c’est l’homme». Et ces mots, comme ce style, sont révélateurs des manques et des limites du personnage.

Сe nouveau crime appelait d’autres mots et les français attendaient autre chose

«Françaises, Français,

Un prêtre, le père Jacques HAMEL, un homme plein de bonté, a été sauvagement assassiné, égorgé dans une église à Saint-Étienne-du-Rouvray, au milieu de ses fidèles, eux-mêmes pris en otage. Les deux terroristes ont été abattus par la police. Je salue le courage de ces policiers qui sont intervenus dans un délai très court.

Cet acte abominable est une nouvelle épreuve pour la Nation alors que nous portons encore le deuil des 84 victimes de l’attentat de Nice et que Paris, l’année dernière, avait été si durement frappée

Si l’attaque de cette déclaration porte bien la solennité du moment, si François Hollande nous a épargné le «mes chers concitoyens» d’usage depuis Jacques Chirac, les deux paragraphes qui suivent retombent dans l’un des travers du président actuel. L’usage du registre compassionnel pose problème. Non que la compassion ne soit une valeur hautement respectable. Mais ce nouveau crime appelait d’autres mots et les français attendaient autre chose. On ne peut, en effet, rester en permanence dans ce registre. Il le dit lui-même, ce crime survient après celui de Nice. Et, déjà, l’attentat de Nice était l’attentat de trop, celui qui exige des autorités un autre discours. Les dirigeants qui ont fait l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, Churchill, de Gaulle, ont-ils usés et abusés du registre compassionnel ? Ce passage révèle en réalité la profonde inadéquation tant du discours que du personnage de François Hollande dans la situation actuelle. Et le mot cruel, mais hélas si juste, de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de François Hollande revient à la mémoire : capitaine de pédalo. Nous n’exigeons pas de tout dirigeant qu’il se hisse à la hauteur de ses illustres prédécesseurs. Mais les Français sont en droit d’attendre que ceux qui n’en sont pas capables cèdent la place à ceux qui – eux – sauront faire face à cette situation à la fois dramatique et exceptionnelle.

Est-ce par peur que le président a évité le mot laïcité ?

«Les catholiques de France et du monde sont meurtris, mais ce sont tous les Français, quelles que soient leurs convictions et leur confession, qui se sentent atteints au fond d’eux-mêmes. Attaquer une église, tuer un prêtre, c’est profaner la République qui garantit la liberté de conscience. C’est semer l’effroi car ce que veulent les terroristes, c’est nous diviser, nous séparer, nous opposer, nous déchirer.»

Le président de la République ici se trompe, soit par ignorance – ce qui est peu probable – soit à dessein, ce qui est pire. La République garantit la liberté des cultes, dans le cadre de la laïcité et non la seule «liberté de conscience » qui est un principe restrictif au regard de la laïcité. Ce que les djihadistes et leurs complices dans une fraction de l’Islam politique remettent en cause c’est bien la laïcité. C’était ce mot, devenu un marqueur politique important, qu’il fallait employer. Le fait qu’il ne l’ait pas été soulève alors des questions fondamentales : est-ce par peur que le président a évité ce mot ou bien est-ce pour signifier qu’il entend reculer de la laïcité, qui – on le rappelle – implique le cantonnement des religions dans la sphère privée vers la notion de simple «tolérance» qu’implique la «liberté de conscience» ? Est-ce qu’il ne se souvient donc pas que la République est dite «laïque» dans notre Constitution ?

Honte à notre Président d’avoir choisi des mots qui laissent à penser qu’il est prêt à reculer

En parlant de «conscience», François Hollande se place sur le versant individuel. Or, ce qui est mis en cause par ce crime, c’est un principe d’action collective, la laïcité. La laïcité est un principe d’organisation politique alors que la tolérance est une valeur individuelle. Rappelons que quand Bodin se décide à écrire le Colloque des sept savants ou Heptaplomeres (Bodin J., Colloque entre sept savants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres), sa conclusion tient en trois points : il faut que nous restions ensemble plutôt que de retourner chacun dans sa communauté religieuse ; il nous faut travailler au bien commun ; il faut limiter la religion à la sphère privée. Ces points sont essentiels. Ils définissent le périmètre de la République sur la question religieuse. Reculer sur ces points, c’est reculer sur les principes les plus fondamentaux. Honte à notre président d’avoir choisi des mots qui laissent à penser qu’il est prêt à reculer.

Le Président prend le contrepied de ceux qui, chez les «Républicains», appellent à des actes d’exception

«Face à cette menace qui n’a jamais été aussi grande en France comme en Europe, le gouvernement fait preuve d’une détermination absolue dans la lutte contre le terrorisme. Il mobilise tous les moyens humains et matériels, avec une présence à un niveau jamais atteint sous la Ve République de nos policiers, de nos gendarmes et de nos militaires sur l’ensemble de notre territoire.

Le gouvernement applique et appliquera avec la plus extrême fermeté les lois que nous avons fait voter et qui donnent à la justice, aux préfets, aux forces de l’ordre et aux services de renseignement la capacité d’agir, amplifiée par la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence.

Mais je le dis clairement, restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n’apporterait pas d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion si précieuse de notre Nation.»

Le président prend ici le contrepied de ceux qui, chez les «Républicains», appellent à des actes d’exception. Il est vrai que la situation, pour grave qu’elle soit, ne le nécessite pas. Mais, quand bien même elle le nécessiterait, cela ne signifierait pas la fin de la démocratie et de la République. On sait que les études de cas proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus, The Constitution of Law, aboutissent, à une critique du positivisme. Cette dernière est fondamentale. Elle permet de comprendre comment l’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. A quelques reprises, l’auteur évoque ses propres analyses des perversions du système légal de l’Apartheid (Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991) en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur «positivisme» ( Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22).

L’état de droit n’est pas l’alpha et l’oméga de la République. Il faut par contre se demander si les lois existantes ont été appliquées avec la rigueur nécessaire. Et, sur ce point, qu’il nous soit permis d’en douter.

«Notre pays doit éviter les surenchères, les polémiques, les amalgames, les suspicions. Notre pays fait la guerre. Une guerre à l’extérieur – c’est le sens des décisions que j’ai prises en Syrie et en Irak –, fait la guerre à l’intérieur en lutte contre la radicalisation, en traquant les individus djihadistes, en éradiquant les réseaux criminels et nous continuerons.»

L’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité

Le président reprend le thème de la guerre. Mais ce n’est pas une guerre que la France mène mais bien deux. On ne reviendra pas ici sur les errements de notre intervention en Irak ou en Syrie. Ce qui est fait devrait l’être différemment. Mais, dans notre pays, les mesures d’urgences qui s’imposent n’ont pas été prises. On les rappelle car elles sont simples :

  • Interdiction du financement étranger direct des lieux de culte et associations cultuelles.
  • Contrôle par le ministère de l’Intérieur des prêches et expulsion des prédicateurs refusant les principes figurant dans le préambule de la Constitution (et en particulier de l’article premier du préambule de notre Constitution), ainsi que ceux appelant à la haine (et ceci sans entrer dans les arguties théologiques qu’impliquerait une interdiction spécifique des mosquées «salafistes» ; la République n’a pas à prendre partie entre courants et chapelles au sein d’une religion).
  • Interdiction aux Français étant allés combattre dans une organisation terroriste et génocidaire de revenir sur le territoire national. Cette mesure de bannissement, qui n’implique pas la perte de la nationalité, aurait pu être employée contre l’un des auteurs du crime de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Ces mesures ne nécessitent pas l’état d’urgence et peuvent être prises dans le cadre législatif normal. Elles montrent que l’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité.

«C’est dans la persévérance que nous l’emporterons. Je vous dois aussi cette vérité, cette guerre sera longue. Ce qui est visé, c’est notre démocratie. Elle est la cible, elle sera notre bouclier. C’est notre unité qui fait notre force.

Alors, Françaises, Français, faisons bloc, c’est ainsi que nous gagnerons la guerre contre la haine et contre le fanatisme car je vous l’assure, cette guerre, nous la gagnerons. Vive la République et vive la France !»

Le président se veut martial. Hélas, les mots, comme le ton utilisé, font plus penser à Paul Reynaud (Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts) qu’à ceux de de Gaulle ou de Churchill. Certes, on devine que François Hollande n’est ni l’un ni l’autre. Mais on peut légitimement se demander s’il est à sa place.

Du même auteur : Cinq questions sur Nice

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Cinq questions sur Nice, par Jacques Sapir.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch

Cinq questions sur Nice

Source: AFP
 

Les mesures de sécurité, l'état d'urgence et la décision de supprimer les images de l'attentat du 14 juillet, cet attentat qui a reposé tout un nombre de questions. L'économiste Jacques Sapir essaie d’y répondre.

 

I. Quelles étaient les mesures de sécurité adoptées pour le feu d’artifice du 14 juillet à Nice ?

C’est le journal Libération qui a lancé le débat dans un article du 21 juillet. Cet article a suscité une riposte violente du ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, parlant d’un « complot » ourdi par ce journal. Or, ce qui est mis en cause est cette partie du communiqué du 16 juillet : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir.» En fait, il apparaît que seuls deux policiers municipaux assuraient le contrôle du périmètre au point où le camion du meurtrier est entré dans la partie piétonne de la promenade des anglais. Aucune chicane en béton n’était déployée, ni à cet endroit ni 370 mètres plus loin, là où se trouvaient la patrouille de quatre hommes de la police nationale. Or, de telles chicanes avaient été utilisées auparavant, et en particulier lors de l’Euro-2016. Il est clair qu’il y a de sérieuses différences entre ce que dit le ministère de l’Intérieur et la réalité. Pourquoi le ministère de l’intérieur ne veut-il pas le reconnaître ?

II. Etaient-elles raisonnablement suffisantes ?

Cette question surgit au regard des mesures prises pour l’Euro-2016. Il semble que l’événement sportif ait été mieux sécurisé que le 14 Juillet. Pourquoi ? Les autorités disposaient elles d’informations les amenant à penser que la menace avait baissé ? Sinon, comment expliquer que l’on ait baissé la garde ? On sait que les forces de sécurité étaient (et sont) dans un état d’épuisement avancé. Dans ces conditions, n’était-il pas de l’autorité du maire et du préfet d’interdire un événement que l’on ne pouvait sécuriser convenablement ? Ou bien a-t-on pensé qu’en matière de relations publiques la mort de badauds pesait moins que celles de supporters ?

L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente

III. Le Secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement demande que cessent toutes les critiques contre « les services administratifs de l’Etat ». Est-ce justifié ?

La déclaration de J-M Le Guen pose un véritable problème de morale et de politique. Quand il affirme : «Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là, mais dans ce cas, il n’y a plus d’État de droit dans le pays. Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’État, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie», il met en cause en réalité la démocratie. Dans une situation bien plus grave, en pleine guerre de 1914-1918, Clémenceau, alors président du Conseil, dans un célèbre discours avait eu des mots plus justes et plus dignes : «Je dis que les républicains ne doivent pas avoir peur de la liberté de la presse. N’avoir pas peur de la liberté de la presse, c’est savoir qu’elle comporte des excès. C’est pour cela qu’il y a des lois contre la diffamation dans tous les pays de liberté, des lois qui protègent les citoyens contre les excès de cette liberté. Je ne vous empêche pas d’en user. Il y a mieux : il y a des lois de liberté dont vous pouvez user comme vos adversaires ; rien ne s’y oppose ; les voies de la liberté vous sont ouvertes ; vous pouvez écrire, d’autres ont la liberté de cette tribune […] De quoi vous plaignez-vous ? Il faut savoir supporter les campagnes ; il faut savoir défendre la République autrement que par des gesticulations, par des vociférations et par des cris inarticulés. Parlez, discutez, prouvez aux adversaires qu’ils ont tort et ainsi maintenez et gardez avec vous la majorité du pays qui vous est acquise depuis le 4 septembre

Il tint ce discours alors que les troupes allemandes occupaient une partie de notre territoire, alors que des Français mourraient par centaines chaque jour. Il est clair que les membres de ce gouvernement perdent leurs nerfs. Mais 84 personnes, elles ont perdu la vie. L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente. Ce n’est donc pas seulement Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur qui devrait démissionner mais bien l’ensemble du gouvernement.

IV. Pourquoi la justice ordonne-t-elle à la mairie de Nice de détruire les images de l’attentat ?

La justice évoque le souci «d’éviter la diffusion non contrôlée de ces images» et en particulier le risque que ces images ne soient utilisées sur des sites djihadistes. La sous-direction antiterroriste de la Police Judiciaire (SDAT) réclame donc l’effacement complet des enregistrements pris entre le 14 juillet 22h30 et le 15 juillet 18 heures pour toutes les caméras ayant une vue sur la scène de l’attentat et tout particulièrement pour les six caméras surveillant la Promenade des Anglais qui ont filmé en direct l’attentat du 14 juillet. Or, cette demande est pour le moins surprenante dans le contexte de la polémique suscitée par les conditions de sécurité. L’avocat de la ville de Nice Philippe Blanchetier, a réagi vigoureusement, citant notamment «la polémique sur la nature du dispositif policier» le soir de l’attaque et déplorant dans une déclaration à l’agence Reuters : «C’est la première fois de ma vie que je vois une réquisition aux fins d’effacement de preuves […] L’argument avancé de risque de fuite ne tient pas.» Si ce fait devait être avéré, il serait particulièrement grave et mettrait en cause l’ensemble de l’action gouvernementale.

Ce gouvernement doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action

V. Lors du débat sur la prolongation de l’état d’urgence des déclarations ont été faites par des membres de l’opposition quant à une interdiction du «salafisme». Cela correspond-il aux besoins de la situation ?

L’état d’urgence, décrété dans la nuit du 13 novembre, acte de souveraineté, a fini par être dangereusement galvaudé. Cela vient d’une incapacité à nommer l’ennemi. Au lieu de s’engager dans la prolongation de l’état d’urgence, on aurait pu, et dû, prendre des mesures simples comme :

  • L’interdiction du financement étranger direct des lieux de culte et associations cultuelles.
  • Le contrôle par le ministère de l’Intérieur des prêches et l’expulsion des prédicateurs refusant les principes figurant dans le préambule de la Constitution, ainsi que ceux appelant à la haine.
  • L’interdiction aux Français étant allés combattre dans une organisation terroriste et génocidaire de revenir sur le territoire national.

Ces mesures ne nécessitent pas l’état d’urgence. Elles peuvent être prises dans le cadre législatif normal. Elles montrent que l’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité. Ce sont de tels comportements, de la part du gouvernement comme de la part d’une partie de l’opposition qui mettent en péril la démocratie et qui témoignent d’une perte totale de légitimité.

 

Les questions posées appellent des réponses claires, et sans ambiguïté. Mais, ce n’est pas ce gouvernement qui est en mesure de les donner. Il doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action.

Du même auteur : Retour sur l’attentat de Nice

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Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Trois cibles et trois leurres. Texte de Marc Rameaux

29 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #l'islamisme, #Daesch

jeudi 28 juillet 2016

Trois cibles et trois leurres

 
 
La situation est telle que nous semblons être cernés de toutes parts, sans savoir laquelle des menaces est la plus critique : néolibéralisme, islamisme ou corruption et lâcheté de l’état détourné à des fins personnelles ?
 
Savoir lesquelles sont les causes, lesquelles les effets, comment trouver des parades, et laquelle des trois est la plus critique nous est difficile. D’autant plus que la pression de l’urgence et la dégradation maintenant quotidienne de notre société sont propices à la panique.
 
Dans de telles situations, il faut garder la tête froide, affronter les menaces une par une, en gardant surtout le sens des priorités.
 
 
 
Le néolibéralisme
 
Nous le plaçons en tête des menaces létales qui pèsent sur nos libertés. Détournement et perversion du libéralisme politique, il se définit et se distingue de ce dernier par les caractéristiques suivantes :
 
  • La prétention à l’explication définitive et irréfutable du fonctionnement de l’économie.
  • La croyance en un déterminisme et une finalité historique de la mondialisation régie par les seules lois du marché comme société ultime.
  • Un culte du pouvoir obtenu par la recherche des positions sociales et de l’argent comme seuls buts de l’être humain, a contrario du libéralisme historique qui se fixait la recherche de l’indépendance comme premier objectif.
 
 
En définitive, le néolibéralisme a connu une trajectoire similaire à celle qui a mené du marxisme à une société totalitaire, en inversant ses valeurs mais en suivant les mêmes mécanismes d’oppression :
 
L’intolérance totale à tout discours contradictoire est similaire à la voix du parti, le finalisme historique vers la mondialisation régie par le seul marché est l’équivalent du matérialisme historique, le culte du pouvoir est une lutte des classes inversée dans laquelle la position de dominant est toujours légitime et celle du révolté inadmissible. Ironiquement, l’on peut adresser au néo-libéralisme les mêmes reproches que ceux qu’Hayek avait brillamment adressés à la coercition étatique et à sa culture du rapport de force.
 
Il pourra nous être objecté que la course aux positions sociales et à l’argent est ce qui mène le monde depuis des millénaires, et que s’en inquiéter relève de l’idéalisme. Sans doute s’agit-il de moteurs puissants, mais il est historiquement inédit qu’ils soient devenus les seuls et qu’ils exercent leur emprise de façon aussi absolue.
 
Il est normal et légitime que l’homme cherche à se différencier de ses semblables, mais la façon saine de le faire est d’exceller, puis d’en toucher les fruits. Dès lors que le résultat final, argent ou position sociale, deviennent des buts en soi, la recherche d’excellence sera inéluctablement pervertie pour en devenir une parodie.
 
C’est un phénomène classique de l’économie que dès lors qu’un indicateur trop explicite de réussite est mis en place comme incitation, il en est fait rapidement un usage perverti aboutissant au résultat inverse de ce pour quoi l’indicateur a été conçu.
 
Lorsque l’arrivisme social devient l’alpha et l’oméga de l’existence humaine, il ne permet pas même la promotion de l’excellence au prix du cynisme : il sera une société dirigée par des médiocres, dont la seule compétence sera l’accaparation de l’excellence des autres, la dérobade, la communication superficielle. Si l’on a un doute sur ce beau résultat, il suffit de contempler le spectacle des « élites » politiques et économiques de notre monde, pour que le constat nous dispense de démonstration.
 
Le leurre est ici de faire une confiance aveugle dans les mécanismes du libéralisme, même pris dans une bonne acception. La poursuite d’intérêts individuels comprise comme sens de l’initiative et des responsabilités personnelles est censée s’équilibrer d’elle-même, pour conduire au bien commun.
 
Ce raisonnement est exact et fonctionne, mais sous un faisceau de conditions qui le rendent très fragile et applicable dans peu de cas. Dès lors que des effets pervers apparaissent, qui dénaturent la poursuite de l’excellence comme intérêt personnel, la main invisible converge non vers le bien commun mais vers un gouvernement des médiocres et une confiscation du bien commun par ceux-ci.
 
Cette inversion de la méritocratie ne surprendra que des esprits naïfs n’ayant jamais eu à exercer de responsabilité concrète, ce qui est de plus en plus le cas des sphères dirigeantes, ne développant plus que des compétences en communication. Nous vivons dans une dictature de la futilité, son aspect frivole ne la rendant pas pour autant moins implacable ni destructrice, bien au contraire : la destruction d’autrui est d’autant plus impérative que l’imposture est grande.
 
L’homme qui s’est véritablement frotté au monde de l’entreprise connaît bien ces « side effects » qui font sentir leur courant contraire à celui de la main invisible, et font parvenir celle-ci au point opposé à la méritocratie. Les néo-libéraux se targuent de réalisme, ils sont en réalité extrêmement idéalistes, et comme tels extrêmement dangereux, armés de la suffisance et de la détermination des théoriciens prêts à nier tout retour du réel. Tout cours de management devrait commencer par une étude des effets pervers induits par les indicateurs de performance, permettant de comprendre au passage le jeu des comportements humains, indispensables à l’appréhension de l’économie.
 
 
Emmanuel Macron faisait fausse route et montrait par là sa méconnaissance totale d’un domaine qu’il se targue de connaître, en souhaitant voir davantage de jeunes français avoir la volonté de devenir milliardaires. Si cela avait été le but de Steve Jobs, jamais Apple n’aurait vu le jour avec un tel retentissement. Le moteur de l’entrepreneur est la volonté d’être indépendant, d’être son propre maître. Etre entrepreneur est un mode de vie avant que d’être un statut social. Par sa petite phrase, Emmanuel Macron trahissait l’inconscient néo-libéral, à mille lieux de l’esprit d’entreprise.
 
Il peut sembler plus qu’osé de placer le néo-libéralisme en tête des menaces, surtout dans le contexte que nous vivons, l’islamisme apparaissant comme le danger critique par excellence.
 
C’est ici qu’il ne faut pas tomber dans les pièges du monde moderne. Il pourra difficilement m’être reproché d’être complaisant vis-à-vis de l’islamisme, et son compagnon monstrueux qu’est l’islamo-gauchisme. J’ai même reçu de vives critiques pour le seul fait d’avoir employé ce dernier terme dans mes articles : il semble que l’on ait encore plus peur des mots que des menaces réelles.
 
Mais il faut comprendre que si nous parvenions à vaincre l’islamisme – et nous y parviendrons – une autre idéologie tout aussi dangereuse apparaîtra ex-nihilo. Les esprits naïfs s’en étonneront, et clameront une fois encore la petite litanie du « pourquoi tant de haine ». Lorsque l’on comprend qu’un phénomène comme celui de l’islamisme est une conséquence obtenue par réaction au néo-libéralisme, l’on quitte le chœur des grands étonnés.
 
Lorsque l’islamisme aura disparu, la haine absolue que certains vouent au néo-libéralisme leur fera prendre une autre idéologie d’emprunt, dont ils inventeront la foi et la conviction inaliénable, affirmée d’autant plus fortement qu’elle est factice. Le néo-libéralisme engendre mécaniquement sa réaction monstrueuse, qui se fabriquera de nouveaux habits chaque fois que les précédents auront été détruits.
 
Pourquoi ? Une idéologie fondée in fine et malgré ses professions de foi sur la bassesse, la servilité, et la dépravation de l’homme, et plus encore érigées en système complet de société humaine, engendre de telles réactions. La dégradation absolue de l’être humain à laquelle se livre l’islamisme, justifiant le terme de « nazislamisme », est l’acte criminel par lequel il cherche à forcer le néo-libéralisme à sortir de son hypocrisie, pour lui faire admettre qu’il est fondé sur les mêmes valeurs.
 
Le néo-libéralisme réussit finalement là où le nazisme a échoué : il rétablit et promeut (sans jamais l’admettre bien sûr) la notion d’untermenschen. Mais là où le nazisme a cherché à imposer cette notion par l’oppression absolue, le néo-libéralisme parvient à en convaincre beaucoup qu’elle est nécessaire, rationnelle économiquement et qu’il faut pour cela l’accepter : une stratégie de communication et de conviction d’une efficacité supérieure à celle des armes.
 
Deux pièges sont alors à éviter. Le premier est de considérer que ceci fonde moralement l’islamisme, ou dans une moindre mesure l’excuse et le relativise. Les actes de l’islamisme n’ont évidemment aucune excuse et doivent être combattus sans merci. Certains milieux gauchistes dérapent vers ce retournement des responsabilités, se complaisant dans une culture de la justification permanente.
 
Lorsque nous disons que le néo-libéralisme engendre l’islamisme, cela ne constitue en aucun cas une circonstance atténuante pour ce dernier. Il s’agit non d’une justification morale, mais de la remarque d’une causalité mécanique. Nous pourrons nous agiter autant que nous voudrons, des idéologies et actes immondes apparaîtront spontanément aussi longtemps que le néo-libéralisme exercera son emprise. Bien entendu, cette forme de révolte selon la politique du pire n’a aucune base morale : la désobéissance civile contre le néo-libéralisme est légitime, l’emploi de n’importe quel moyen pour se faire ne l’est absolument pas.
 
Le second piège est de ne plus discerner ce qui – dans nos sociétés – relève du néo-libéralisme de ce qui relève du véritable libéralisme politique, auquel nous devons une grande partie de notre indépendance et de nos libertés démocratiques. Le néo-libéralisme vit à crédit des institutions et des libertés que le libéralisme politique a permis d’instituer. Il en est l’exact contraire, car il en sape les fondations de façon systématique, mais a tout intérêt à s’enchevêtrer étroitement à celui-ci, afin d’en conserver toutes les formes extérieures.
 
L’actuelle classe politique tenant en surface un discours parfaitement rodé de libertés démocratiques, et se vautrant dans les pires turpitudes en arrière-plan est une bonne illustration de ce camouflage. Les formes de révolte contre le néo-libéralisme doivent veiller à ne pas démolir au passage des acquis essentiels de la liberté démocratique, en les assimilant à l’antienne néo-libérale. La fascination qu’éprouvent certains pour des régimes autoritaristes par le seul fait qu’ils combattent le néo-libéralisme, est un effet typique de ce deuxième piège.
 
 
Jacques Attali, esprit autrefois brillant et aujourd’hui ravagé par le simplisme, rêvait d’une « hyper-classe » n’étant plus reliée à rien d’autre qu’aux lois du marché mondial, vivant dans un monde sans pesanteur, sans résistance, d’absolue fluidité et de nomadisme permanent. Cette caste de privilégiés devait représenter le summum de l’esprit d’ouverture aux autres, de compréhension, de maîtrise des concepts de l’économie ouverte.
 
Or notre « hyper classe » actuelle est une caste dont le sectarisme et la fermeture d’esprit ont atteint des niveaux jamais connus à travers l’histoire. La réaction des dirigeants d’Air France face à une salariée demandant un dialogue montrait un niveau de morgue, de cynisme et de mépris de l’être humain bien emblématique de leur soubassement mental. Il en est de même des dirigeants de l’ancienne France Telecom, actuellement sous le faisceau de la justice tant leur perversité avait atteint des sommets.
 
En matière de maîtrise des concepts de l’économie ouverte, l’ « hyper-classe » a avant tout assimilé l’art des manœuvres et de la communication permettant de ne tolérer aucune discussion, de traiter leurs semblables comme des déchets, d’usurper toute valeur produite dans l’entreprise à leur bénéfice propre. La protection dont dispose cette « hyper classe » n’est pas la hauteur de vue conférée aux meilleurs, mais les forteresses que tous les imposteurs sont obligés d’ériger, dans la terreur permanente qu’elles éclatent sous le coup de leur illégitimité toujours plus scandaleuse.
 
Ce songe d’Attali (pardon pour le trait d’esprit facile) montre à la fois l’inconscient collectif du néo-libéralisme fondé sur le culte du pouvoir et non de l’indépendance (le terme d’hyper-classe est déjà en soi tout un programme), sa reprise de la lutte des classes en inversant son sens mais en versant dans les mêmes dérives totalitaires, enfin les propres errements d’Attali lui-même. Une intelligence fulgurante lui permettant de tout comprendre, mais un défaut de caractère ne lui permettant pas de résister aux séductions de ce qu’il a fort bien compris.
 
Attali a fini par céder aux ors de la République ainsi qu’à l’apparat des milieux aussi vides que hautains des artisans de la mondialisation. On est loin du jeune conseiller prometteur du PS, de la « Figure de Fraser », ou de sa biographie de Marx, l’une des meilleures et les plus équilibrées qui existent. Il est vrai que rester longtemps dans l’entourage de Mitterrand exposait à un niveau de toxicité auquel seuls les caractères les plus trempés et les plus insensibles aux apparences pouvaient résister.
 
Non le monde n’est pas sans inertie, sans frottement, même avec le secours des technologies du virtuel : ces dernières entretiennent l’illusion que le monde l’est aussi, comme des palets sur une table à coussin d’air n’observant plus qu’une version simplifiée des lois de la mécanique. Et la dualité des racines et des ailes demeure en tout homme. La parfaite fluidité n’existe que dans la vie de l’esprit, mais celle-ci, dans sa version pleinement authentique, se moque du pouvoir et des courses aux positions parce qu’elle est avant tout une itinéraire personnel, une exploration gratuite.
 
 
L’islamisme
 
L’islamisme, c’est la mauvaise conscience de la gauche européenne qui a failli à sa mission de défendre la classe ouvrière contre les ravages du néo-libéralisme en se couchant intégralement devant lui. Elle cherche ainsi à se racheter en soutenant sans condition d’autres « damnés de la terre », y compris lorsque ceux-ci n’ont plus rien d’un statut de victime mais sont des criminels organisés et parfaitement coordonnés. 
 
L’islamisme n’est en rien une conviction et encore moins une foi. L’islamisme est le rejeton de la complaisance, la nôtre, de la justification et de l’excuse permanente donnée à tout migrant musulman, même lorsque celui-ci dérape dans des dérives inacceptables.
 
Qu’importe pour la gauche que de plus en plus de musulmans soutiennent une vision d’arriération sociale ou que de petits caïds sèment la terreur dans leur quartier ou à l’école contre des enfants juifs ou chrétiens, refusent d’apprendre des pans entiers de l’histoire française, abolissent les lois de la République pour imposer leurs règles claniques. La gauche leur donne toujours raison.
 
Ce qui n’était au départ que des phénomènes isolés de délinquance est devenu un sentiment collectif d’impunité et une opportunité d’exercer un rapport de forces croissant. La lâcheté et la complaisance de nos élus est ce qui a permis cette redoutable cohésion d’une part toujours croissante du monde musulman, faisant des petits caïds de quartier une réserve inépuisable de combattants de Daesh, figeant délinquance et terrorisme dans un seul corpus monstrueux et redoutablement coordonné.
 
Nous avons montré précédemment que la trame néo-libérale engendrera toujours de tels monstres, par une réaction totalement condamnable mais inévitable. Cela n’empêche en rien de considérer l’islamisme comme une menace en tant que telle, pourvue de sa puissance autonome et de sa seule responsabilité. En premier lieu parce que lorsque quelqu’un vous menace d’un couteau sous la gorge, il est peut-être exact qu’il a connu un itinéraire social difficile dans son enfance, mais que contrairement à l’antienne de la gauche cela n’a plus aucune importance, la seule action à mener dans cette situation étant de se défendre et de l’abattre. En second lieu parce que bien d’autres ont connu des itinéraires tout aussi difficiles et n’ont pas choisi ce mode de révolte. Encore une fois, la causalité mécanique d’engendrement des monstres sortis du néo-libéralisme ne leur confère en rien une légitimité morale.
 
L’islamisme est en train de franchir, voire a déjà franchi, un point de non-retour où son autonomie propre est totale. La puissance et la perversité de son organisation ont atteint une redoutable cohérence, une coordination qui fait immanquablement penser à celle du nazisme naissant, d’autant plus que les dirigeants démocratiques baignés dans l’inconscient gauchiste leur offrent un oasis munichois. Enfin, il est maintenant environné et soutenu d’une nuée de « collabos », Edwy Plenel en tête, assurant une propagande et une infiltration dans toutes les couches de notre société. Toute la structure est en place, il ne manque qu’un Hitler pour en prendre les commandes.
 
Indépendamment de sa genèse, l’islamisme doit être combattu et abattu de façon implacable, sans question aucune, en considérant même toute atténuation comme de la haute trahison. Dans une hypocrisie générale, tout le monde sait ce qu’il faut faire mais rien ne se passe. Non seulement les fichiers S du « haut du spectre » devraient être expulsés, mais il serait de bon ton de les abattre sans sommation. Les territoires doivent être regagnés en banlieue, le lien direct entre délinquance anti-française et terrorisme n’étant questionnable que pour les imbéciles.
 
Les caïds de quartier doivent être physiquement anéantis et leurs bandes terrorisées. Les rappeurs appelant à « niquer la France » doivent être poursuivis et emprisonnés sous des peines lourdes. Les enseignements de l’école de la République sont non négociables, et le dernier mot doit leur être donné, y compris par la force par une surveillance à poigne dans chaque salle de classe, en adjonction du professeur.
 
Il est malhonnête de présenter comme « respect de l’état de droit » l’actuelle inaction. Avant même que de commencer la discussion, cela induit implicitement qu’il n’y aurait qu’une seule déclinaison possible de l’état de droit, celle d’une justice passive n’intervenant que lorsque l’irréparable est commis, se refusant à toute analyse de risque. En quoi des mesures prophylactiques seraient-elles étrangères à l’état de droit ? Une fois encore, le légalisme et l’humanisme de façade sont le simple paravent de la mauvaise conscience et de la lâcheté. Il est vrai que les décisionnaires de ce type de mesure ainsi que leurs familles ne sont jamais exposés à ce type de menace : notre « hyper-classe » n’est jamais avare de la souffrance et de la terreur infligée aux autres.
 
 
Le leurre concernant l’islamisme est de ne le rattacher qu’à un phénomène religieux, une question de foi ou d’idéologie. C’est ne pas voir le phénomène plus profond de combat contre le néo-libéralisme générant ces idéologies mortifères, qui épousent le même soubassement idéologique que leur ennemi déclaré : le mépris total de l’être humain. Un néo-libéral et un islamiste ont ceci de commun qu’ils représentent les deux méthodes actuelles les plus efficaces de destruction de notre héritage humaniste.
 
L’Islam est l’habit que ce rejet d’égout du néo-libéralisme a choisi d’emprunter aujourd’hui. Demain il empruntera un autre habit, s’emparera d’une autre foi ou d’une autre idéologie à laquelle il clamera une allégeance et une croyance absolues, quand il n’aura agi que par seul effet d’opportunité. L’on s’attaquera alors à cette nouvelle idéologie comme à la dernière frontière des méchants nous empêchant d’atteindre le bonheur de la mondialisation heureuse, et l’histoire se répètera indéfiniment, tant que les flammes n’auront pas été attaquées à leur base, tant que nous ne dénoncerons pas l’anti-humanisme qu’est le néo-libéralisme.
 
On voit ainsi fleurir des débats hallucinants sur les réseaux sociaux, des « discussions » que je n’aurais jamais crues possibles au XXIème siècle. Il y est question de savoir ce qui appartient « intrinsèquement » ou « par essence » à l’Islam, et comparativement aux autres religions. Le tout assorti par chacun d’une défense de sa propre religion comme la seule véritable, les autres n’étant que des religions de pacotille, sous-entendez pratiquées par des êtres de pacotille. La contagion du mépris est décidemment florissante : faut-il que le néo-libéralisme nous ait habitués à considérer l’autre comme un moins que rien, à ce que chacun traite chaque autrui d’untermensch, pour en arriver là.
 
On voit apparaître sur Facebook et Twitter des considérations sur la « vérité intrinsèque » de chaque texte, sur « la véritable signification, fidèle aux origines » de telle ou telle religion. Va-t-on aussi rencontrer les preuves a priori de l’existence de Dieu de Saint-Anselme, et les promesses de bûchers pour ceux qui continuent à dénier le caractère supérieur et seul véritablement authentique de sa propre foi ? Ironie, les sommets de la communication digitale d’aujourd’hui, symboles de la modernité, charrient les remugles les plus arriérés de ce qui n’est ni une foi ni une pensée.
 
Je ne vais pas me faire que des amis et vais sans doute en perdre, notamment parmi ceux très versés dans la religion, en disant que « la vérité intrinsèque », « l’interprétation fidèle aux origines », etc. de toute religion sont des expressions dénuées de sens, et qu’elles mènent tout droit aux pires formes d’intolérance.
 
La vérité d’une religion n’est ni prouvée ni révélée, elle est créée. La « vraie interprétation fidèle aux sources » est le chemin qui se donne les allures de la pureté, mais n’est que celui du plus monstrueux ego.
 
Il faut considérer le fait qu’un texte puisse prendre plusieurs sens, qu’il n’ait pas une seule interprétation « pure et véridique », non comme une faiblesse mais au contraire comme la manifestation de la puissance divine. La puissance est polysémique, en quelque domaine que ce soit, y compris en sciences qui décrit la réalité selon plusieurs modèles parfois même contradictoires. J’entretiens moi-même une foi chrétienne mais je suis partisan de donner à toutes les religions de régulières raclées par les scientifiques en termes de travail et de rigueur de la pensée, les ramenant à l’humilité et leur faisant se demander si elles servent leur divinité ou leur petit ego.
 
Il est mensonger, comme le font certains, de nier que l’islamisme puise ses sources dans l’Islam : il en est bien l’un des versants. Mais il est stupide de disserter à l’infini sur le fait de savoir s’il s’agit du « vrai Islam », si l’Islam est « intrinsèquement et par essence » mauvais et violent : je ne rentre pas dans le début de cette discussion, car sa réponse n’est ni « vrai » ni « faux », la question n’ayant au départ aucun sens, pas plus que pour toute autre religion. Après tout, l’on pouvait poser les mêmes questions concernant le christianisme il y a cinq siècles.
 
Combattre l’islamisme sans aucune merci, et sans aucune complaisance vis-à-vis des soutiens tacites dont il bénéficie de façon croissante au sein même de l’Islam : oui. En revanche, cela reste un combat purement politique, ainsi qu’une question d’orgueil et d’ego. Le fait religieux n’est ici qu’un prétexte qui vient brouiller les cartes et nous entraîner nous-mêmes dans l’arriération si nous rentrons sur le terrain de la « vraie foi ».
 
La seule question valable est de savoir si l’islamisme est en train d’entraîner une majorité de musulmans dans son sillage, même pour en obtenir le soutien silencieux - la petite satisfaction secrète à chaque attentat - tout comme il y a eu un point de basculement où les nazis ont entraîné une majorité d’Allemands dans leur approbation.
 
Ce risque est effectivement à craindre. Nous avons peut-être passé ce point de non-retour. Mais dans ce cas, ce n’est pas par de la théologie que nous y répondrons. Il faut donc renvoyer dos-à-dos l’angélisme persistant de la gauche et du PS en particulier, avec ceux qui en font une guerre de religion. 
 
Seules les actions militaires et policières sans état d’âme sont la bonne réponse, en refusant de rentrer dans le faux débat théologique, pour bien marquer que Daesh n’a aucune légitimité à un débat religieux : faire l’effort de les réfuter serait déjà leur faire trop d’honneur. Nous avons simplement à riposter sans faille en défendant par les armes nos valeurs républicaines, infiniment supérieures à leur foi en carton-pâte.
 
 
La corruption de l’état
 
Ce troisième mal vient accompagner de façon d’autant plus pénible les deux premiers, que nous nous disons à chaque découverte des turpitudes de nos politiques que nous n’avions vraiment pas besoin de cela en ce moment.
 
Je ne m’étendrai pas sur la façon dont les serviteurs de l’état ou de l’économie détournent presque à chaque instant les biens dont ils ont la charge à des fins personnelles. D’autres l’ont fait bien avant et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire : je renvoie le lecteur aux remarquables ouvrages d’investigation de Sophie Coignard (« L’oligarchie des incapables », etc.).
 
Passons-donc directement au leurre relatif à cette troisième cible. Les turpitudes de la haute fonction publique française et sa consanguinité avec la direction des grandes entreprises ont fourni quantité d’arguments à des libéraux acharnés, qui ont beau jeu d’y voir la malfaisance inévitable de l’Etat. Leur solution est d’appeler à un démantèlement drastique de celui-ci : le remède au capitalisme de connivence et aux conflits d’intérêt serait de se jeter dans les bras du néo-libéralisme.
 
Ont-ils observé que notre « élite » du capitalisme de connivence s’est pourtant déjà fort bien accommodée du discours néo-libéral, en étant le principal porteur au sein des instances de l’Union Européenne ? Le néo-libéralisme n’est pas l’opposé ni l’antidote des pratiques incestueuses de la haute fonction publique française : les corruptions de l’état ne sont qu’une autre des sous-productions du néo-libéralisme, l’une des déclinaisons de son culte du pouvoir et de sa course aux positions et à la réussite considérées comme des buts en soi.
 
Qu’importe que cela aboutisse à des violations patentes des règles d’une économie de marché bien réglée : le néo-libéralisme n’admet que l’appétit de pouvoir comme seul règle, le bien commun devant nécessairement en résulter. Le néo-libéralisme aura finalement décliné toute la palette des possibles du mépris de l’être humain, la morgue de la haute fonction publique dévoyée n’en étant que l’un des aspects, qu’elle soit à la tête des grandes administrations ou des entreprises du CAC 40. C’est la raison pour laquelle – contrairement à l’antienne néo-libérale – nos énarques se sont très bien coulés dans le moule de la dérégulation économique totale. L’apparente contradiction ne sera incomprise que de ceux qui chantent l’esprit d’entreprise en purs théoriciens, sans jamais y avoir mis les pieds.
 
 
Et l’extrême droite dans tout cela ?
 
J’entends déjà des voix me signalant une quatrième menace oubliée, celle de l’extrême-droite, alerte appuyée par des résultats électoraux montés en flèche dans toute l’Europe.
 
Soyons clairs : je ne me rallierai pas au FN, mais ne suis pas dupe du discours qui le brandit comme une menace fasciste. Les raisons de cette position en sont fort bien expliquées dans cet excellent article de « L’œil de Brutus » :
 
 
Le FN a été depuis 30 ans l’alibi de ceux qui ne voulaient pas – ou n’avaient pas le courage – d’affronter les trois menaces pré-citées du présent article : l’urgence de la lutte contre la « menace fasciste » permettait d’ajourner indéfiniment les actions à entreprendre contre les maux réels.
 
Qui plus est, la façon dont l’électorat du FN peut être considéré ne peut plus suivre le schéma simple et commode de la période où il ne faisait que 5% des scores électoraux. Si je ne tiens pas à me rallier au FN, j’attache beaucoup d’importance à maintenir un dialogue constant avec ses électeurs.
 
Dans les années 1970, la question du FN était simple à traiter : constitué d’un ramassis de nostalgiques de l’OAS, souvent ennemis jurés de la république par anti-gaullisme, d’intégristes catholiques, de frustrés refoulés et de quelques skinheads avinés, il était aisé de les considérer comme des arriérés bas-de-plafond.
 
La classe politique française a refusé de voir que la situation est autrement moins facile à présent. Il y a maintenant au FN des personnalités intellectuellement brillantes et – j’ose le dire – parfois des hommes et des femmes de très grande valeur.
 
Afin de montrer que la situation est devenue extraordinairement complexe et doit se refuser à tout simplisme, je citerai le cas de l’un de mes très grands amis, qui a inspiré l’un de mes textes – « Antidote » - de défense contre l’antisémitisme. Cet homme n’est ni un « bas-de-plafond », c’est un mathématicien et informaticien de très haut niveau, ni un aigri, il a monté une start-up avec grand succès en parallèle de son poste de professeur à l’université et en aucun cas un raciste ou un xénophobe. Juif, il puise dans le talmud qu’il connaît très bien de passionnantes références. Or ce grand ami soutient le FN depuis maintenant quelques années.
 
Son itinéraire est plus qu’instructif. Issu d’une famille très modeste de l’immigration sépharade, il s’est élevé à la force du poignet par l’instruction et le travail au sein de l’école de la république, avec les très brillants résultats mentionnés plus haut. Il vouait pour cette raison une quasi vénération à notre système éducatif français. Dans ses jeunes années, il était socialiste et hussard noir de la république comme peu le sont, par un attachement irrémissible à ce qu’était l’éducation nationale de notre époque.
 
La démolition systématique de ce système qui représentait la lumière et le savoir par les différents gouvernements fut pour lui un drame personnel, l’effondrement du temple de la connaissance, du bien méritocratique et d’une part de sa vie. Cela ne l’empêcha pas de mener brillamment son chemin, mais toute sa recherche politique s’orienta vers ceux qu’il estimait être encore les gardiens des valeurs de la république. Après quelques passages auprès de l’UMP, et de nouvelles déceptions, un homme de ce calibre considéra que les meilleurs défenseurs de ces valeurs étaient le FN, même si je suis sur ce point en complet désaccord avec lui. Ceci pour illustrer que les jugements lapidaires sont à présent à ranger au placard, et que les discours d’intolérance ne sont plus là où on les attend.
 
De même, le FN étant passé en quelques décennies de scores de 5% à 30% lors des élections nationales, faut-il considérer que 25% de la population était constituée d’honnêtes citoyens démocrates, qui se sont tout à coup couvert d’immondes pustules les rendant infréquentables à la minute même où ils ont glissé un bulletin FN dans l’urne, comme dans un mauvais film d’horreur sur les mort-vivants ?
 
Il faut sortir de cet infantilisme politique et tenter de comprendre. Ce qui marque notre époque est une sur-sophistication technologique cachant une misère intellectuelle et morale, une incapacité à raisonner et analyser, remplacées par le jet d’anathèmes. Là encore, l’arrivisme néo-libéral a commis des ravages, car ce mode d’argumentation est celui de la soif maladive de pouvoir, devenu la seule valeur admissible mais jamais avouée de notre société post-moderne.
 
On remarque ainsi que le terme « populiste » désigne de moins en moins souvent de véritables démagogues, mais ceux qui ont la manie très dérangeante et salvatrice de confronter les discours théoriques à l’épreuve de l’expérience réelle, ce qu’aucun politicien contemporain ne peut supporter. Tout ce qui peut avertir que le roi est nu est considéré comme infiniment plus dangereux et subversif que les entreprises de démolition de notre civilisation et de nos institutions décrites plus haut. Je n’ai aucun problème dans ce cas, à être qualifié de populiste.
 
Je ne sais quel sera l’évolution des partis politiques dans la France des prochaines années. Mais face aux trois menaces que nous venons de décrire, voir comme premier danger la montée du fascisme quand nous avons maintenant affaire en grande partie à des hommes et des femmes de bonne volonté, a quelque chose de plus en plus indécent et fallacieux.
 
Les soi-disant tenants de la société ouverte sont devenus à ce titre d’un aveuglement et d’une rigidité mentale qui les rend chaque fois un peu plus désemparés en voyant les scores croissants de formations comme le FN ou équivalentes dans d’autres pays développés, à commencer par celle de Donald Trump aux Etats-Unis. En restant braqués sur le principal alibi à leur paresse intellectuelle et à leur lâcheté, ils en viennent à ignorer les trois menaces autrement plus graves que nous devons affronter, toutes trois issues de cette formidable entreprise de démolition systématique de l’être humain et de perversion des valeurs méritocratiques qu’est le néo-libéralisme.
 
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EVITER la guerre civile ! (un article d'André Gerin, député-maire honoraire de Vénissieux)

28 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch

Publié par El Diablo

 

André GERIN

André GERIN

N.B. : cet article a été publié initialement le samedi 16 juillet 2016:

L’attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le 14 juillet est le carnage de trop, il sonne le tocsin. Non, rien ne peut plus être comme avant. Nous ne pouvons plus continuer à vivre comme si de rien n’était. Nous avons tous pris conscience que le pire est peut-être devant nous. C’est le sentiment qui prédomine au lendemain de cette tragédie.

Ces massacres, au nom de la haine de la France, doivent de toute urgence, déboucher sur une mobilisation de la Nation tout entière. Un diagnostic vital reste à réaliser. Il s’impose avec force aux autorités du pays.

J’ai l’intime conviction que notre société renferme des germes de guerre civile. Le terreau est favorable au terrorisme qui lui-même est lié aux trafics de drogue, aux mafias et à la misère endémique. Oui, je le dis et le redis haut et fort, la France est gangrenée par l’islamisme.  Un débat démocratique s’impose plus que jamais avec une exigence de dignité républicaine pour toute la classe politique. Le moment est venu d’ébranler nos certitudes ainsi que nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.
La réponse doit contenir les moyens sans précédent que nous devons consacrer pour réduire les risques d’attentats sur notre territoire, dans les années à venir. Car, nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population de nos villes. C’est bien là le dilemme national auquel nous devons faire face. Il nous impose de le placer en tête de toutes nos priorités.

Peur et exaspération face à l’impuissance et l’hypocrisie peuvent conduire à des violences et à l’éclatement de la communauté nationale.

De l’audace, du courage politique et de la fermeté, c’est ce qu’attendent les français. L’impératif du retour à l’autorité régalienne de l’État est à l’ordre du jour : ne rien laisser passer, tolérance zéro, ça va des incivilités aux actes criminels, au non-respect de la loi dans tous les lieux et pour tous les domaines.

Je crois que la République nous appelle parce que nous avons mal à la France. C’est le moteur essentiel pour ressouder tout le pays. L’identité de la France est notre combat républicain d’aujourd’hui. C’est notre combat vital.

 

André GERIN

 

SOURCE:

 

 
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Un BIG-BANG POLITIQUE s'impose de toute urgence - Une lettre à François Hollande, Président de la République (par André Gerin)

28 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch

Publié par El Diablo

 

 

Un BIG-BANG POLITIQUE s'impose de toute urgence - Une lettre à François Hollande, Président de la République (par André Gerin)

Lettre à François Hollande
Un big-bang politique s'impose de toute urgence


 

Madame, Monsieur,

J'ai adressé un courrier à François Hollande, Président de la République, hier matin, mardi 26 juillet. Hasard de l'actualité. Un nouvel attentat barbare de l'État islamique était en train d'avoir lieu à Saint-Etienne-du-Rouvray, ciblant une église. Le prêtre a été égorgé. 

J'ai entendu les propos du Président de la République, François Hollande, hier au soir, prôner l'union nationale. J'ose espérer qu'on ne tournera pas autour du pot. Je ne voudrais pas que l'on se retranche derrière l'État de droit car, rien ne nous empêche, d'avoir des ripostes plus fortes et plus fermes. C'est le sens du courrier que je lui ai adressé. Comme je lui propose, un big-bang politique s'impose de toute urgence.  C'est aussi ce qu'attendent impatiemment les Français devant cette menace omniprésente dans la vie quotidienne. 

Ci-joint, le courrier en question.

Cordialement

André GERIN

A n d r é     G E R I N
Député-Maire Honoraire de Vénissieux
27 rue Francis de Pressensé
69190 SAINT-FONS


Monsieur le Président de la République, Cher François,

J’ai écouté attentivement vos interventions lors du soutien que vous avez exprimé en direction des familles des victimes de l’attentat de Nice et plus largement au peuple niçois. C’est en ma qualité de communiste et républicain que je me permets de réagir car je considère que l’heure est grave.

Dans votre discours, vous avez appelé la France « à faire bloc », en leur assurant que « l'exécutif ne céderait pas face à une guerre que le terrorisme nous livre ».

Cet appel ne sera entendu que si vous affichez votre détermination et votre fermeté pour lutter contre le terrorisme. Les Français veulent avoir la certitude que le gouvernement met tout en œuvre pour les protéger. Jusqu’à ce jour, le peuple a fait preuve d’une infinie patience, d’un remarquable sang-froid face à la barbarie et aux violences quotidiennes qui traversent notre pays. Mais jusqu’à quand cette patience va-t-elle durer ?
Notre démocratie est en danger. Le délitement de la société que l’on a tous constaté, contient des germes de guerre civile. Il ne faut pas non plus exclure un séisme d’une ampleur inconnue que la crise politique et sociale peut provoquer.

Un big-bang politique s’impose de toute urgence. C’est une initiative inédite qui vous appartient et dont vous pouvez avoir l’autorité. Elle doit être solide et durable sur cinq ans sur la question du terrorisme, avec la mise en commun d’un diagnostic partagé et l’apport de réponses politiques prépondérantes. Vous avez d’ailleurs franchi un premier pas lorsque vous avez remercié la gauche comme la droite d’avoir voté le prolongement de l’état d’urgence. Notre pays vit une terrible épreuve. C’est peut-être l’occasion pour vous, Président de la République, de réunir, sans a priori, toutes les forces politiques républicaines. Un geste fort qui permettrait de créer une réelle dynamique. Car un diagnostic vital de la situation de notre pays est obligatoire.

Gauche comme droite doivent nécessairement changer leur logiciel et sortir de leur condition partisane tellement surannée et rejetée par la majorité des électeurs. Il ne faut pas que se reproduise le spectacle minable qu’une partie de la droite nous a servi au lendemain de l’attaque terroriste de Nice, tellement obnubilée par les élections de 2017. Le Parti socialiste avait eu des agissements analogues lors des attentats de Montauban et de Toulouse en 2012.

Les Français, durement éprouvés, en ont plus qu’assez de la vie politique telle qu’elle fonctionne dans notre pays. Le moment est donc venu d’ébranler nos certitudes, nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.

Nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population et dans nos villes. Le terreau sur lequel les terroristes islamistes nourrissent leur violence est lié aux trafics de drogue, d’armes et à la misère endémique.

Je l’affirme haut et fort : Oui la France est gangrenée par l’islamisme. Depuis les années 1990, nous savons où se loge la radicalisation qui s’est développée et n’a cessé de se renforcer. C’est dans les banlieues que les idéologies islamistes et salafistes se sont implantées. Cette période a connu l’arrivée en masse, d’anciens islamistes algériens du Front islamiste de salut, mais également celle du Groupe islamiste armé (GIA), époque où ils ont quitté l’Algérie en pleine guerre civile (Nice et ses environs sont apparus comme des destinations géographiques évidentes). Personne dans le Rhône, n’a oublié Khaled Kelkal, membre du GIA, impliqué dans plusieurs attentats meurtriers au cours de l’été 1995 dont celui du métro Saint-Michel – huit morts et 117 blessés.

A partir de cette période, une véritable idéologie de rupture et de haine de la France s’est développée, pourrissant la tête de nos gamins et la vie de nos quartiers. Elle s’est insinuée tel un virus idéologique, communautariste, antisémite, complotiste, anti France et anti-blanc, diffusant en continu sa haine de la France. En 2004, j’ai fait expulser de France, l’imam Bouziane de Vénissieux, l’un des responsables salafistes au plan national. Rappelons-nous les trois semaines d’émeute en novembre 2005, sous influence des islamistes. Leur cible prioritaire : brûler des voitures et frapper les symboles de la République. 800 communes touchées. Des milliers de voitures incendiées et des centaines de symboles de la République visés.

Reconnaissons-le honnêtement : Oui, il y a des territoires perdus de la République.

Quand les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques, le constat est clair : le quartier n’est plus black, blanc beur, c’est le communautarisme qui prédomine et la loi de la charia qui devient la norme dans l’espace public. Certes avec effroi, nous observons que ceux qui applaudissent les crimes et la barbarie à Charlie Hebdo, l’hyper casher et Nice, ont pour héros Kelkal ou Mérah.

Certains de nos adolescents ne se considèrent pas comme étant français. Ils sont d’abord et avant tout musulmans. Ils l’affirment avec arrogance et nous distillent les discours préformatés et victimaires qui leur ont été inoculés. Ce sont les mêmes qui contestent violemment les cours d’histoire, de biologie ou de sciences naturelles. Dans de nombreux territoires de notre pays, sévissent enfermement et endoctrinement qui révèlent la dimension prégnante de l’islam politique. Cette emprise idéologique, culturelle et spirituelle est une entrave à l’intégration républicaine. Elle est toujours sous-estimée, voire ignorée et pèse lourdement sur la communauté musulmane.

C’est cette chape de plomb idéologique qu’il faut faire sauter car elle nourrit l’amalgame. Avec l’islam instrumentalisé, sont mises en avant des revendications ethno-religieuses portées par des jeunes radicalisés, en voie de délinquance, qui deviennent la proie des salafistes.

Monsieur le Président, nous ne pouvons plus tourner autour du pot quoi qu’il en coûte à notre confort personnel, intellectuel et politique avant que la société n’explose. Renforçons les mesures sécuritaires et militaires. Faisons-le sans état d’âme.

Sortons de l’emprise de ceux qui opposent sécurité et liberté et de cet angélisme culpabilisant. Refusons sans ambages les postures désarmantes encore vivaces à gauche, relayées par des médias et des intellectuels, au nom de la culture de la tolérance et du doute, et condamnons les discours gauchistes anti-flics et anti-Etat qui écœurent les classes populaires, dégoûtées par ce catéchisme moral et anti raciste.

Là-aussi, monsieur le Président de la République, le gouvernement ne doit pas transiger. Je pense que nous devons nous diriger vers une concorde nationale.

Droite et gauche doivent s’unir face à cet impératif : assumer le diagnostic commun en définissant l’ennemi intérieur. C’est la seule manière de lutter contre la barbarie de l’idéologie islamiste. C’est ce qu’attend le peuple de France. De l’audace, du courage politique et de la fermeté.
J’ai quelques propositions à vous soumettre :


 

  • Dans l’immédiat, le retour renforcé de l’autorité régalienne de l’Etat et la remise en cause du laxisme pénal. La hausse massive des budgets régaliens et de sécurité est prioritaire dès maintenant. Nous devons apprendre à vivre avec le risque terroriste pour renforcer la cohésion nationale.
  • Lorsque j’étais député, j’avais déposé le 11 mai 2005, la proposition de loi n° 2316 relative à la création d’un service civique national obligatoire, mixte, dès l’âge de 16 ans. C’est peut-être une idée à reprendre afin de renouer avec l’esprit du service militaire de conscription, en finir avec les cloisonnements et la ghettoïsation, recréer la cohésion autour de la Nation et faire revivre l’esprit patriotique.
  • La loi contre le port du voile intégral doit être appliquée. Il ne faut plus tergiverser sur ce sujet. Cela nécessite de véritables moyens dans les commissariats de police concernés mais aussi, d’impliquer directement les responsables du culte musulman dans leur coresponsabilité vis-à-vis de la loi républicaine.
  • Mettre hors d’état de nuire les terroristes potentiels, revoir la question des frontières nationales. Elles sont à réhabiliter en terme de protection. Par ailleurs, il y a obligation de retrouver la maîtrise des flux migratoires. 

J’ai la conviction qu’il nous faut franchir une étape sans précédent pour rétablir l’ordre républicain et redonner à l’État, son autorité et sa légitimité. Voyons ce qui se passe depuis le 14 juillet, voitures brûlées, caillassage, guet-apens, et ces jours-ci dans l’Oise, à Beaumont-sur-Oise et dans les environs. Pour moi il n’y a pas de hasard, tout se tient.

Cette réalité enkystée dans la société depuis plusieurs décennies, entretient ce que j’ai coutume d’appeler une gangrène où tous les oiseaux de malheur, trafiquants et salafistes en profitent pour pourrir la vie et la République. Il faut en finir avec cette banalisation et appliquer la tolérance zéro. Cela va des incivilités, aux actes criminels, en passant par le non-respect de la loi, dans tous les lieux et pour tous les domaines.

Voilà, monsieur le Président de la République, cher François, ce que je souhaitais vous exprimer suite à votre appel.

Dites aux Français que vous avez confiance en eux, comme chef de guerre contre le terrorisme islamiste.

Dites à nos concitoyens musulmans qu’ils doivent se mobiliser autour d’un islam spirituel compatible avec la République et contre ceux qui instrumentalisent leur foi, en dénonçant les intégristes, les idéologies salafistes et les frères musulmans.

Affirmez votre détermination et votre fermeté. C’est un appel à la mobilisation de tous, de tous les instants afin de créer un grand mouvement populaire et citoyen pour un sursaut républicain et un réveil civique.

Car nous avons tous mal à la France.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Cher François, l’expression de ma haute considération.


André GERIN

SOURCE:

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Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

Si de charmantes demoiselles sont capables d'amadouer le roi de la taïga, l'aigle américain manque, lui, cruellement de charme. Aussi n'est-il pas étonnant que l'ours ait tendance à lui voler dans les plumes ces derniers temps, que ce soit dans les travées du pouvoir à Washington ou sur le terrain syrien.

L'affaire du piratage informatique du Parti démocrate continue de faire parler. Moscou nie totalement son implication et parle de petits jeux politiciens internes. Lavrov s'est même fendu d'un commentaire pour le moins tranchant quand, interrogé par une journaliste, il a répondu en ces termes : "Je n'ai pas envie d'utiliser un mot en quatre lettres" [pour les non anglophones, il s'agit de "f.u.c.k"]

Point final, donc, nous ne serions qu'en présence d'une pauvre échappatoire du sérail démocrate afin de cacher ses turpitudes ? mmm, pas si simple... Les avis sont très divergents, l'affaire commence à prendre des proportions importantes et à partir dans tous les sens.

Pour Moon of Alabama, il ne faut y voir qu'une (habituelle) cabale anti-russe, le site rappelant d'ailleurs que l'hilarante a elle-même bénéficié de largesses financières du Kremlin : plus de 2 millions de dollars pour la Fondation Clinton et 500 000 pour le désœuvré Bill, sans doute jaloux de sa femme. Notons d'ailleurs que voilà Poutine en quelque sorte maître de l'élection américaine, les deux candidats étant d'une certaine manière ses obligés.

Zero Hedge n'est plus tout à fait sûr de la non-implication de Moscou, relevant que le fameux Guccifer 2.0 utilise plusieurs programmes en langue russe alors qu'il assurait ne pas la connaître. Barack à frites lui-même a lancé quelques insinuations. Quant aux secteurs conservateurs du spectre politique états-unien, ils sont eux aussi convaincus de la participation russe... et s'en félicitent ! Buchanan propose même le Pulitzer pour Poutine.

Décidément, il est difficile d'y voir clair. Il est assez évident que Trump a la préférence du Kremlin. Son refus de soutenir les djihadistes syriens, le réalisme de son entourage (visite de son conseiller en politique étrangère à Moscou, critique de Flynn sur la folle politique de Washington), sa prise de distance avec l'OTAN, son isolationnisme... tout cela ne peut que plaire à Moscou (et ailleurs, soit dit en passant). Surtout qu'en face, l'hilarante fiancée de Goldman Sachs et des néo-conservateurs serait plutôt sur la lancée d'un George Bush Jr. Alors, Vladimirovitch a-t-il décidé de donner un petit coup de pouce à Donald ?

Syrie justement. Nous avions évoqué en juin le curieux et culotté bombardement russe sur une base près de la frontière jordanienne :

F18 américains et Sukhois russes se sont retrouvés presque nez-à-nez dans le sud du pays. Pour être tout à fait honnête, la responsabilité de l'incident incombe surtout aux Russes qui ont pris les Américains à leur propre jeu. C'est le bien informé Moon of Alabama qui nous en offre l'explication.

Depuis des mois, Washington tente de dissuader Moscou de bombarder Al Qaeda arguant du fait que rebelles "modérés" soutenus par les Etats-Unis et djihadistes combattent côte à côte et que les premiers pourraient être malencontreusement tués, les pauvres choux. Passons sur le fait que les Américains admettent ouvertement soutenir les alliés du groupe de Ben Laden ; les victimes du 11 septembre doivent se retourner dans leur tombe, mais plus rien ne nous étonne désormais de ce qui vient d'outre-Atlantique...

Le pathétique argument de Washington - Il est difficile de séparer les modérés des djihadistes, laissez-nous plus de temps - fait perdre patience aux Russes qui voient dans ces manoeuvres dilatoires un moyen de sauver les djihadistes syriens. Aussi sont-ils allés, sans crier gare, bombarder les seuls rebelles vraiment modérés du pays, tout au sud près de la frontière jordanienne, au nez et à la barbe de leurs protecteurs. Aux cris d'orfraie américains, le facétieux Kremlin a ironiquement répondu en reprenant presque mot pour mot les propres explications de Kerry : "Des airs, il est difficile de distinguer les différents groupes rebelles". Le message est-il passé ?

Nous en savons un peu plus maintenant. C'était apparemment une base américaine utilisée par les forces spéciales US et britanniques ! S'il n'y a pas eu de morts autres que quelques rebelles entraînés par lesdites forces, il semble qu'une vingtaine de soldats anglais aient été présents seulement la veille. Bref, on est passé tout prêt d'une crise majeure.

Or il est intéressant de noter la sécheresse de la réponse russe : "La coalition [sous direction US] est la seule responsable du risque couru par ses soldats puisqu'elle refuse de partager les informations". Emballez c'est pesé, on voit qui est le patron en Syrie désormais...

Le bombardement a creusé un peu plus les divisions déjà béantes au sommet du pouvoir américain : la Maison blanche et le Département d'Etat ont décidé d'ignorer l'incident et de continuer les discussions avec Moscou, ce qui a rendu furieux la CIA et le Pentagone qui crient à la capitulation. De fait, il semble bien que Washington laisse désormais les mains libres aux Russes en Syrie, ce qui pourrait expliquer la tentative un peu désespérée et assez grossière des Seoud proposant à Poutine monts et merveilles ("la Russie sera encore plus puissante que l'URSS") s'il lâche Assad.

S'il se confirme qu'Obama a définitivement jeté l'éponge, Moscou, Damas et Téhéran ont six mois pour finir la guerre, avant la prise de fonction du prochain occupant de la Maison blanche. Avec Trump, Poutine aura carte blanche de toute façon. Si c'est Clinton, les néo-cons ressortiront la tête de l'eau mais il sera un peu tard.

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Prise d'otages dans une église près de Rouen: les deux assaillants «neutralisés», le prêtre tué

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #le salafisme, #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère, #Politique intérieure

L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen où a eu lieu la prise d'otages mardi matin.

L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen où a eu lieu la prise d'otages mardi matin.

Prise d'otages dans une église près de Rouen: les deux assaillants «neutralisés», le prêtre tué

Alors qu'une prise d'otages était en cours ce matin dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, les deux assaillants ont été "neutralisés", indique le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon des sources policières interrogées par Le Figaro, le prêtre de l'église a été égorgé. Une des personnes retenues a été blessée.
 
 

Une opération policière a permis la neutralisation des deux preneurs d’otage. Suivez l’événement en direct.

Une prise d’otage est en cours dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, une commune de Seine-Maritime. « Deux individus armés d’armes blanches sont entrés dans l’église par derrière, et ont pris cinq personnes en otage », indique au Figaro une source policière.

Les otages sont le curé, deux sœurs et deux fidèles. Une autre sœur a pu quitter les lieux et donner l’alerte. La BRI est en cours d’intervention.

EN DIRECT - Deux assaillants ont pris mardi matin en otage un curé, deux soeurs et deux fidèles à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Suivez l'événement en direct.

A VENIR : Début du direct : le 26/07/2016 à 11:00

EN COURS : Mis à jour à 11:38

TERMINE : Fin du direct : non précisé

à 11:37
Les deux forcenés ont fait irruption pendant la messe
 
Les premiers éléments de l'enquête indiquent que les deux forcenés se sont introduits derrière l'église, pendant la messe qui était suivie par quatre fidèles, dont deux soeurs. L'église est située rue Gambetta. Ils étaient en possession d'armes blanches. Selon des sources policières, au moins l'un des deux forcenés portait une barbe et une chachia, petit bonnet de laine porté par les musulmans.  
à 11:30
Au moins un mort et un blessé dans la prise d'otage
 
Au moins une personne a été tuée dans la prise d'otages dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Selon des sources policières, il s'agit du prêtre qui aurait été égorgé. Un autre fidèle a été blessé. Le ministère de l'Intérieur indique que le bilan pourrait encore être amené à évoluer.
à 11:28
François Hollande se rend sur place
 
Le président de la République se rend sur place, annonce la présidence de la République. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, est aussi en route.
à 11:26
Saint-Etienne-du-Rouvray, une ville de la métropole de Rouen
 
à 11:24
La Brigade de recherche et d'intervention est sur place
 
Les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention sont intervenus sur place, appelés par une soeur qui a réussi à quitter l'église au début de la prise d'otage. Ils ont abattu les deux assaillants lorsqu'ils sont ressortis sur le parvis de l'église.
à 11:17
Prise d'otage dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray
 
Deux personnes ont pris en otage mardi quatre fidèles et un prêtre dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Selon deux sources policières, le prêtre a été égorgé par les assaillants, et une personne a été blessée. Les deux assaillants ont été abattus par la BRI lorsqu'ils sont ressortis par le parvis.
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Des CHARS ALLEMANDS dans les PAYS BALTES à 150 km de Léningrad...

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #La Russie, #La guerre

Publié par El Diablo

 

Des CHARS ALLEMANDS dans les PAYS BALTES à 150 km de Léningrad...

Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ?  Il fut un temps où elle s’appelait Léningrad.

L’ignorance de l’Histoire étant devenue une caractéristique des jeunes générations, rappelons que le siège de Leningrad par les troupes allemandes a commencé début septembre 1941. Parties des pays baltes conquis en juillet-août, les divisions allemandes du groupe d’armée nord de la Wehrmacht sont arrivées à proximité de la ville en quelques jours. Avec l’ordre d’Hitler de « raser Leningrad de la surface de la terre », elles passent à l’attaque et se heurtent à une résistance acharnée au point que les Allemands décident d’en faire le siège. Il a duré 872 jours pour se terminer en janvier 1944. Il a coûté la vie à 1.800.000 personnes, dont 1.600.000 Russes parmi lesquels un peu plus de 600.000 sont morts de faim. Mais la population de la ville et les forces soviétiques ont tenu bon. Cette ville est devenue, avec Stalingrad, un symbole de la résistance à l’envahisseur et des souffrances infligées par la Wehrmacht. Pendant trois ans, la formidable résistance de Leningrad a fixé sur place une partie importante de l’armée allemande, rendant impossible la conquête de l’URSS. La ville de Leningrad est une de ces grandes villes martyres de la Seconde guerre mondiale. Une de ces villes russes, innombrables, dont la conquête, réussie ou pas, a affaibli considérablement les capacités militaires de l’Allemagne d’Hitler.

Aujourd’hui, 72 ans après l’échec allemand devant Leningrad, des blindés allemands, frappés de la croix de fer, héritée de la Wehrmacht et restée le symbole de la Bundeswehr, se déploient, une nouvelle fois, à 150 km de la ville. Précisément dans les pays baltes – aujourd’hui dirigés par des gouvernements d’extrême-droite – d’où ils lancèrent l’offensive vers Leningrad.

On ne peut plus parler aujourd’hui, et nul ne s’en plaindra, de militarisme allemand comme on le faisait à bon droit tant avant 1914 qu’avant 1940. Mais il faut parler dans le même sens donné à cette expression, de militarisme américain. Les Etats-Unis d’Amérique ont besoin d’un ennemi pour justifier leur « leadership » mondial, comme dieu a besoin du diable pour justifier son existence. Et les va-t-en guerre à la tête des armées US représentent une menace permanente pour la paix du monde. D’autant qu’ils peuvent compter sur la servilité des dirigeants européens.

Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux.  L’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie (ainsi que rappelé dans un excellent article de la revue Foreign Affairs, 29 octobre 2014). Les USA, avec des complicités européennes, ont fomenté des révoltes initiées par des ONG locales financées par les USA et l’UE. En utilisant habilement le ressentiment bien légitime des populations pour les épreuves subies du temps de l’Union soviétique, ces révoltes ont d’abord suscité de la part du pouvoir en place, démocratiquement élu, une répression qui a servi de prétexte à des rapports d’ONG internationales de défense des droits de l’Homme, financées elles aussi, par les USA et l’UE. Ces ONG internationales, peu le savent, sont financées pour stigmatiser les gouvernements que les USA et leurs vassaux européens veulent renverser, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas. C’est ce qui s’est passé en Ukraine et en Géorgie. En Serbie, pour affaiblir un allié traditionnel de la Russie, le choix fut le démembrement du pays au prix d’une guerre illégale au regard du droit international et la création d’un Etat artificiel, le Kosovo, devenu aujourd’hui un Etat mafieux. Le but : encercler la Russie d’Etats passés sous le contrôle de l’OTAN.

Le renversement en Ukraine d’un gouvernement démocratique remplacé aujourd’hui par un gouvernement où domine l’extrême-droite fascisante et raciste a suscité la réaction de Moscou, mais aussi de populations russophones à l’est du pays ainsi que la rétrocession à la Russie de la Crimée par une population qui ne demandait que cela depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En effet, dès 1992, le parlement de Crimée demandait déjà sa sortie de l’Ukraine. Le résultat du référendum approuvant cette rétrocession n’aurait pu être contesté si Moscou avait eu la malice de demander à l’ONU de l’organiser. Mais il est probable que les membres permanents occidentaux du Conseil de Sécurité de l’ONU auraient refusé cet exercice démocratique.

Car, ce que les Occidentaux appellent « l’annexion de la Crimée » leur est trop utile. Il leur offre le prétexte rêvé pour désigner un nouvel ennemi dont ils ont tant besoin pour satisfaire les attentes de leurs complexes militaro-industriels. Et imposer un embargo sur la Russie dont les producteurs Européens sont les principales victimes. Et installer des troupes dans les pays limitrophes de la Russie. Et organiser en Pologne et dans les pays baltes des manœuvres réunissant des dizaines de milliers de soldats qui sont autant de provocations adressées à la Russie.

Après les manœuvres organisées en mai qui ont vu, comme en 1941, des soldats espagnols (la brigade BRILAT aujourd’hui, la Division AZUL hier) aux côtés des troupes allemandes, des décisions récentes prises à Hanovre puis à Varsovie, sur ordre des USA, vont amener des éléments blindés allemands à opérer de nouveau à proximité de la Russie.

De la Mer Baltique à la Mer Noire, l’OTAN a érigé une ligne offensive – a « front line », pour parler comme eux – contre la Russie. L’OTAN met en oeuvre une véritable politique d’encerclement qui peut conduire au pire.

Jusqu’où ira l’obsession guerrière des USA ? Jusqu’où ira la servilité européenne ?

En mai dernier, quelques jours avant le 75e anniversaire du déclenchement de l’opération Barbarossa, nom donné à l’invasion de l’Union soviétique, des chars allemands frappés de la croix de fer se sont déployés de nouveau à 150 km d’une ville qui s’appelait alors Leningrad.

Réfléchissons et résistons.

Raoul Marc JENNAR

Le 22 juillet 2016.

 

SOURCES:

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