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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Le commerce de la france livré aux prédateurs canadiens par des négociateurs étrangers... Le blog de Jean Lévy.

23 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

Mercredi 23 octobre 2013

               

Le Canard Républicain

 

Le commerce de la France livré aux prédateurs canadiens,

par des négociateurs étrangers

en attendant le boeuf aux hormones et les poulets javelisés

 

 

Accord de « libre-échange » entre l’Union européenne et le Canada

Vendredi dernier, dans l’indifférence quasi-générale des médias...

Le « compromis » a été finalisé à Bruxelles par le premier ministre

canadien Stephen Harper et le président de la Commission

européenne, José Manuel Barroso.

 

Ce dernier a déclaré : 

« De notre côté, nous attendons de cet accord qu’il serve de base à d’autres

négociations, y compris celles avec nos amis Américains ».  





Article également publié par Agoravox TV

 

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-le-commerce-de-la-france-livre-aux-predateurs-canadiens-par-des-negociateurs-etrangers-120703191.html

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La fondation Robert Schuman aime la crise. Le blog "La Lettre volée".

23 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Mardi 22 octobre 2013          

"à terme l’objectif est bien d’aboutir à un Etat social européen intégré"

 

 

Dans une note du 21 octobre, la Fondation Robert Schuman parle du dahut de l'Europe sociale.

Le résumé de la note est un bijou de concision - sinon de syntaxe.

Premiers mots : "Après avoir réussi, avec les effets accélérateurs de la crise, à forger des instruments fédéraux de pilotage de l’euro – Fonds et Mécanisme de Stabilité, lancement d’une Union bancairee -, franchi une étape majeure dans l’intégration des politiques budgétaires – Semestre européen, norme unique de déficit budgétaire – et permis l’évolution vers le statut de prêteur de dernier ressort, faisant de la BCE, une banque centrale à part entière".

Le lecteur pervers pourra relever que la crise c'est finalement pas si mal puisque ça permet d'accélérer la construction de l'état européen.

Mais la crise a deux effets gênants : "L’urgence de la question est posée [sic] par la nécessité de répondre aux attentes de nos sociétés minées par le chômage, surtout celui des jeunes mais aussi comme facteur de stabilisation et de pérennité de l’euro". La crise ça crée du chômage mais surtout ça menace l'euro, et ça c'est bien plus ennuyeux.

Il faut donc faire quelque chose.

La suite de la note revient sur les causes de la crise : "Une telle évolution pose la question de savoir si la zone euro a pour fin ultime de construire une véritable monnaie unique ou seulement un régime de taux de change fixe ajustable par la compression des salaires et des prix quand survient, comme ce fut le cas entre 2010 et 2012, la pression des marchés par le canal des dettes souveraines."

La note ne le dit évidemment pas explicitement mais cela valide ce que tout le monde sait : le régime de changes fixes qu'est l'euro n'est régulable que par la compression des salaires et l'austérité.

Bien entendu, la note ne le dit pas et, après ce demi-aveu, renvoie la faute sur les états européens, ces pelés :

"Les déséquilibres structurels des Etats membres de la zone euro doivent peu aux programmes d’austérité mais bien davantage aux politiques nationales qui, après avoir accompli les efforts requis pour adhérer à l’euro, ont entretenu à peu de frais les rentes sociales ou les bulles financières au lieu de mobiliser ce bien collectif qu’est l’euro pour entreprendre les réformes de structures nécessaires en vue de muscler la croissance potentielle à moyen terme."

En gros, il faut des efforts pour adopter l'euro, et après il faut des efforts pour supporter l'euro, mais tout ça n'est en rien la faute à l'euro.

La note, juste après cette preuve de virtuosité, livre la clé de lecture politiquement correcte de ce qui est européen : "en matière d’emploi comme en bien d’autres, les causes des problèmes sont nationales alors que les solutions sont européennes."

Jusqu'ici on ne voit pas bien les avantages de l'euro, on sait juste qu'il coûte, mais que c'est la faute aux états.

En réalité, l'avantage de l'euro, le voici :

"L’euro est ainsi le moteur d’un processus dialectique poussant de l’intégration monétaire à l’intégration budgétaire et, de là, à l’intégration politique en vertu des principes fondamentaux de la représentation : no taxation without representation."

Là on apprend trois choses :

1. L'euro n'a aucune vertu propre, c'est l'élément de construction d'un état européen ;

2. Le processus dialectique signifie que chacun sait que l'euro ne peut fonctionner sans un budget européen mais qu'il ne faut pas le dire. La dialectique exige deux temps : l'euro provoque la crise, ensuite la crise appelle un budget européen. La méthode dialectique est nécessaire - comme toujours pour faire passer des choix arbitraires et soustraits à la démocratie - parce qu'aucun européen sain d'esprit (en dehors des partisans dogmatiques de l'intégration européenne et/dont les rédacteurs de la note) n'aurait accepté en connaissance de cause d'adopter l'euro ;

3. Comme le but ultime de l'euro est d'arriver à un état européen, il manque une pièce essentielle, c'est un budget européen digne de ce nom. Le troisième enseignement de ce passage est donc que nous ne souffrons pas encore assez puisque les états ont rejeté l'augmentation du budget européen et que la prochaine étape va consister à trouver un moyen d'y revenir.

 

La dialectique suppose bien des renversements :

"le fait pour un Parlement national de voter – à supposer que ce soit possible – des impôts illimités sur les Etats membres de la monnaie unique, exerce des effets dépressifs sur l’économie de l’Union monétaire et menace la viabilité de l’euro."

Par cette phrase les auteurs veulent dire que "l'aide" européenne à la Grèce est assimilée à un impôt voté par les grecs (à quelles conditions !) qui de plus est la cause de la dépression européenne. Il faut comprendre donc que l'euro n'est pour rien dans la survenue simultanée de crises en Irlande, Grèce, Espagne, Italie, portugal, France, mais qu'une épidémie mystérieuse rend des aides financières nécessaires, lesquelles aides fragiliserait l'euro.

Heureusement, pour soigner cette épidémie mystérieuse, la Fondation Robert Schuman a un remède miraculeux : faire gérer toute la protection sociale (ou ce qu'il en resterait) par des dépenses européennes.

"L’objectif serait de couvrir tous les Etats membres de la zone euro à un horizon de dix à quinze ans, domaine par domaine : maladie, retraite, chômage, famille, dépendance. Le point de départ de ce processus devrait être une « déclaration Schuman » de l’Europe sociale émanant d’une personnalité ou d’un groupe de personnalités européennes politiques ou syndicales de premier plan."

A l'appui de leur choix de dépenses sociales européennes, les auteurs sont obligés, là encore, de concéder que lEurope est un peu pour quelque chose dans la crise.

Les bretons dont l'agro-alimentaire est ravagé seront ainsi ravis de lire cet aveu discret, lâché comme à regret pour réclamer encore plus d'Europe : "les exemples de concurrence sociale, parfois agressive, sont désormais des faits avérés, notamment dans le secteur agroalimentaire, celui des transports ou dans celui du bâtiment."

fo.jpg

Contrairement à ce que raconte Le Pen, la crise de l'agro-alimentaire c'est pas les musulmans, c'est la libre concurrence européenne.

 

Revenons donc au but essentiel : faire avancer l'Europe et le "petit pas" suivant : un budget européen.

L'idée est de commencer la hausse du budget européen en communautarisant l'assurance chômage.

Il faut d'abord des syndicats pour donner un côté spontané et populaire à la mesure : "il importe que, agissant sans injonction des Etats ou de la Commission, les partenaires sociaux d’au moins deux pays membres prennent l’initiative. Symboliquement on peut souhaiter que l’Allemagne et la France soient les pionniers de l’initiative malgré des traditions sociales différentes." Gageons qu'on cherche déjà des volontaires à la CFDT et au DGB, qui seront récompensés par une belle carrière européenne.

Une fois le soutien populaire simulé, le système devra permettre d'aligner dans toute la zone euro les conditions de l'assurance-chômage : "la méthode vers la convergence devra être souple et graduelle : fixer des écarts maximum au démarrage et prévoir un calendrier pour leur resserrement progressif sur le moyen terme et pourquoi pas leur disparition à un horizon 2020 par exemple."

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai comme l'idée que cette harmonisation devrait permettre globalement de dépenser moins pour l'assurance-chômage. Par ailleurs, je note qu'une telle harmonisation autoritaire n'est en rien envisagée pour la concurrence fiscale.

*

Une note passionnante donc. On y apprend quelles seront les prochaines étapes de la construction européenne. Comme d'habitude, cela ne sera jamais expliqué directement, et tout doit avoir l'air spontané (il serait bon que les syndicats cessent de jouer, à ce propos, les idiots utiles). Comme d'habitude, le diagnostic porté sur la crise par cet institut européen (que la Commission européenne a financé à hauteur de 1 millions d'euros en six ans, au passage) est faussé parce qu'il convient non pas de résoudre la crise, mais de passer, grâce à celle-ci, à la prochaine étape. La dialectique c'est merveilleux. 

 

http://www.lalettrevolee.net/article-la-fondation-robert-schuman-aime-la-crise-120734471.html

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Les députés décident de ne pas taxer les transactions financières. Info du POI.

23 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Les députés décident de ne pas taxer les transactions financières

 

Les députés ont abandonné lundi une disposition sur la taxe sur les transactions financières à la demande du gouvernement.

Brandie comme une mesure de régulation de la spéculation et de justice sociale, elle devait être portée à 0,2% et frapper les négociations de produits financiers (le "trading") à haute fréquence qui permet de spéculer au milliardième de seconde, et multiplier en une journée ou une heure, les gains spéculatifs.

Le gouvernement a estimé que cela défavoriserait la place de Paris par rapport aux autres places financières. En Europe onze pays ont adopté le principe d’une taxe dont chacun sait qu’elle ne verra jamais le jour vu l’opposition du Royaume Uni.

De plus pour éviter le peu de règles qui existe sur ces marchés financiers les banques développent les « dark pools » (« centres d’échange obscurs ») ou tout se passe de gré à gré sans trace ni du prix ni des volumes. Selon les journaux financiers ils représentent déjà un tiers de la spéculation aux Etats Unis. En Europe leur développement est facilité par une directive de 2007 prise juste avant l’explosion de la crise financière qui sous prétexte de libre concurrence entre les Bourses a autorisé et encouragé les dark pool.

La taxe a rapporté 600 millions en 2013, à comparer aux 20 milliards de crédit d’impôt qui vont être accordés aux entreprises. D’ores et déjà les grandes entreprises ont pris leurs dispositions pour capter leur part du crédit d’impôt mais aussi pour faire baisser les prix de leurs sous traitants, afin de capter le crédit d’impôt des PME.

 

http://parti-ouvrier-independant.fr/2013/10/22/les-deputes-decident-de-ne-pas-taxer-les-transactions-financieres/

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L'Union européenne évite de justesse une cessation de paiement. Article du "Monde".

23 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

L'Union européenne évite de justesse une cessation de paiement

Le Monde.fr avec AFP | 22.10.2013         

      

 

Le siège de la Banque centrale européenne, à Francfort. Le siège de la Banque centrale européenne, à Francfort. | AFP/DOMINIQUE FAGET

 

Le Parlement européen a accepté, mardi 22 octobre, un versement en urgence de 2,7 milliards d'euros pour le budget 2013. L'Union européenne pourrait ainsi échapper à un "shutdown", comme le note Philippe Ricard, journaliste au bureau européen du Monde.

 

 

Le règlement de cette somme par les Etats était la seule solution pour éviter une cessation de paiement à partir de la mi-novembre, a expliqué le commissaire au budget, Janusz Lewandowski. Le vote en séance plénière est prévu jeudi.

"Cette somme va permettre d'honorer une partie des demandes de remboursements soumises en octobre par les Etats, mais elle ne sera pas suffisante pour tout payer", a-t-il néanmoins rappelé. "Des choix vont devoir être faits, et le règlement de certaines factures présentées en 2013 devra être différé", a-t-on expliqué à la Commission.

 DIVERGENCES ENTRE ÉTATS MEMBRES ET PARLEMENT

Selon M. Lewandowski, cette somme correspond à un manque de recettes provenant des droits de douane en raison de la crise. Le budget de l'UE est constitué à 85 % par les contributions des Etats et pour le reste par des recettes de douane et de TVA.

Les Etats se sont également engagés à fournir fin octobre une rallonge de 3,9nbsp;milliards d'euros. Elle a été exigée par les députés comme préalable à l'approbation du budget pluriannuel pour la période 2014-2020. Mais ce versement interviendra trop tard pour être utilisé en 2013, a déploré M. Lewandowski.

En raison de divergences entre les Etats membres et le Parlement, le vote du budget pluriannuel, prévu cette semaine, a encore été repoussé à novembre. Un des points d'achoppement est une enveloppe de 400,5 millions d'euros au profit de l'Allemagne, de l'Autriche et de la République tchèque pour les dégâts occasionnés par les inondations de mai et juin, mais aussi pour les incendies qui ont ravagé à l'été 2012 les forêts roumaines.

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/10/22/l-union-europeenne-evite-de-justesse-une-cessation-de-paiement_3501178_3214.html

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Les États-Unis et le Japon partenaires dans la falsification de l’histoire.

22 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Lundi 21 octobre 2013          

Bombe-atomique-HiroshimaQui ne connaît pas Oliver Stone ? Douze fois nominé aux Academy awards, ce célèbre producteur, volontaire durant la guerre du Vietnam avant de se lancer dans le cinéma, a notamment remporté l’Oscar du meilleur scénario adapté (Midnight Express), les Oscars du meilleur film et celui du meilleur réalisateur (Platoon) et l’Oscar du meilleur réalisateur (Né un 4 juillet). Il s’est aussi engagé depuis 2008 avec l'historien Peter J. Kuznick  dans la réalisation de « the Untold History of the Unites States » (l'histoire cachée des États-Unis), une série documentaire pour la télévision en dix épisodes sur les événements de l’histoire américaine au XXème siècle, qui raconte la seconde guerre mondiale, les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la guerre froide, la guerre du Vietnam et la lutte contre le terrorisme. Tout comme la série, le livre éponyme de 750 pages est disponible dans le commerce depuis peu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux hommes, qui ont signé, au retour d’une conférence de douze jours au Japon, un long article intitulé « The U.S. and Japan: Partners in Historical Falsification »,

 

 

n’en ont pas fini avec les sujets qui dérangent. 

« Être à Hiroshima et à Nagasaki le jour anniversaire du lancement de la bombe atomique a été une expérience intense pour nous et aussi un rappel particulièrement fort car mystifier le passé est fondamental pour perpétuer l'Empire. C’est un projet auquel collaborent les États-Unis et le Japon depuis soixante-huit ans ». Comme l'écrivent les auteurs, les élites des deux pays ont sans doute bénéficié de cette relation symbiotique. Jusqu'à ce que le Japon soit récemment dépassé par la Chine, les États-Unis et le Japon ont été les deux économies dominantes. Ces deux pays font partie des cinq pays ayant les dépenses de défense les plus élevées au monde. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon a été au cœur de la politique en Asie et le moins qu’on puisse dire, c’est le pays du soleil levant le lui rend bien. En plaçant les bombardements atomiques d’août 1945 au centre de leurs analyses des empires américain et japonais post conflit, les auteurs affirment que presque tout ce que les jeunes Étasuniens et Japonais apprennent sur la guerre est exactement le contraire de ce qui s’est passé.

Les auteurs nous racontent à vrai dire l’histoire des États-Unis d’une façon très différente de celles auxquelles nous avons été habitués. Trois mythes sont pour eux à la base d’une manipulation sans précédent :

  • la bonne guerre menée par des États-Unis se sacrifiant pour les autres pays,
  • l’Amérique au cœur vaillant allant délivrer l’Europe,
  • la guerre froide est la conséquence de l’expansion territoriale soviétique et de l’hostilité envers l’Occident capitaliste

 

En ce qui concerne le premier mythe, les auteurs expliquent comment le monopole atomique a pu faire naître aux États-Unis ce sentiment de supériorité qui les pousse à vouloir imposer leur volonté au monde. Suite aux deux bombardements mortifères, des responsables américains ont rapidement apporté une version des faits qui justifiait ces actes barbares. Il a ainsi été expliqué au monde médusé par ce crime à grande échelle que les bombes avaient été larguées avec une certaine forme de clémence dans le but de finir la guerre au plus vite, en évitant une invasion qui aurait coûté selon Truman un demi-million de vies humaines... Les États-Unis n'auraient finalement pas eu pas d’autres choix. C’était pour les vainqueurs un acte juste, presque humanitaire si l’on peut dire... Il suffit d’imaginer tous ces Japonais qui auraient été tués dans une invasion des troupes étasuniennes.

En réalité, le Japon était déjà à quatre pattes et à la recherche d'une reddition acceptable depuis le mois de mai 1945. Les bombardements atomiques n'étaient ni plus ni moins qu’une tentative étasunienne pour hâter la fin du Japon avant que les Soviétiques ne reçoivent les restes du pays vaincu, et ce en violation des accords de Yalta. Bien plus grave de conséquences pour l'histoire de l'humanité, il fallait montrer aux Soviétiques que les États-Unis pouvaient être dépourvus de tout scrupule lorsque la défense de leurs intérêts était en jeu. Il a fallu une dextérité extraordinaire pour que les média et les institutions éducatives n’opposent aucune contradiction à la version officielle.

Le second mythe touche à la Seconde guerre mondiale. Les États-Unis ont bravement gagné la guerre alors que, comme le rappelait Churchill, les Soviétiques ont fait face durant quasiment toute la durée de la guerre à la machine de guerre allemande. Les soldats de Staline ont dû affronter plus de deux cents divisions quand les Américains et les Britanniques n’en affrontaient qu’à peine une petite dizaine… Les généraux Eisenhower et Marshall étaient en réalité furieux de voir l’Oncle Sam jouer à la marge, de devoir défendre les intérêts britanniques en Afrique du Nord, en Méditerranée et en Birmanie plutôt que de devoir se battre frontalement avec les Allemands. Au moment du débarquement de Normandie, qui est concomitant de la naissance du fameux mythe, les Soviétiques ont depuis longtemps déjà inversé le cours de la guerre.

Enfin, le troisième mythe consiste à faire croire que la guerre froide était le fruit de l'expansion territoriale soviétique et de l’hostilité envers l'Occident capitaliste. En fait, Truman a mis moins de deux semaines pour détruire la vision qu’avait Roosevelt d'un monde multipolaire basé sur la collaboration entre les États-Unis et l'URSS. Commença alors, inévitablement, une longue période de méfiance et d'hostilité réciproque.

Étonnamment, la façon dont la Seconde guerre mondiale est enseignée aux étudiants japonais est trompeuse et malhonnête. Au Japon aujourd'hui, on commence à aborder les questions du massacre de Nankin et de l'esclavage sexuel des femmes coréennes, mais il y a une totale absence de débat sur la brutalité et les assassinats aléatoires imputables à l'agression japonaise impériale en Asie durant cette période. Peu de gens savent que plus d’un million de Vietnamiens ont péri au cours de la brève occupation japonaise. Tout aussi peu de gens connaissent les atrocités commises par l’Empire du Soleil levant en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, à Taiwan ou en Birmanie, frappant indistinctement hommes, femmes ou enfants.

Le subterfuge continua après la guerre. Lors des procès de Tokyo

, on ne retint pas les accusations contre les dirigeants japonais pour le massacre aérien de Chinois et de civils d’autres nationalités, de façon à ce qu’on ne puisse faire aucun parallèle avec les bombardements incendiaires américains contre les Japonais ou avec des crimes de guerre encore plus graves que constituent les bombardements atomiques. Les États-Unis ont effectivement amnistié ou simplement libéré des dizaines de criminels de guerre de première catégorie, dont bon nombre ont continué  à exécuter les ordres de l'Amérique après la guerre, comme Matsutarō Shōriki, le fondateur du Nippon TV et Président du Yomiuri Shimbun, un journal de tendance conservatrice vendu quotidiennement à plus de dix millions d’exemplaires. Il a étroitement collaboré avec la CIA et l'USIA. Citons également Nobusuke Kishi, qui est allé jusqu’à devenir premier ministre du Japon en 1957. Il a notamment contribué au maintien des bases américaines au Japon. Le cas d’Eisaku Satō est édifiant à plus d’un titre. Prix Nobel de la paix en 1974 pour avoir officiellement mené une politique pacifiste opposée à la prolifération nucléaire, la déclassification de documents confidentiels montre en 2008 que Satō avait demandé aux États-Unis de se préparer à mener une attaque nucléaire contre la Chine en cas de conflit avec le Japon. On apprit aussi en 2010 qu’il avait signé plusieurs accords secrets avec Washington, l’un permettant aux navires américains de faire escale au Japon, et l’autre aux États-Unis de stocker des armes nucléaires à Okinawa Hontō… ce que contredisaient les principes antinucléaires forgés par l’intéressé lui-même.

L’État que Martin Luther King décrivait comme « le plus grand avocat de la violence dans le monde » continue de remplacer la diplomatie par la force en s’accrochant à la conviction que la puissance produit le droit. Les bombardements atomiques de 1945 ont paradoxalement évité aux États-Unis une condamnation universelle. Comme le déclare non sans arrogance l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright : « Si nous devons utiliser la force, c’est parce que nous sommes l’Amérique ; nous sommes la nation indispensable. Nous nous tenons droits et nous voyons plus loin dans l’avenir que les autres pays, et nous voyons les dangers qui nous menacent tous. Je sais que les soldats américains sont prêts au sacrifice pour défendre la liberté, la démocratie et le mode de vie américain ».

L’histoire est écrite par les vainqueurs, c’est un fait. Les États-Unis en ont jusque-là joué et abusé, allant jusqu’à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Il est intéressant de constater que la version officielle qu’ils nous ont jusqu’ici imposée est de plus en plus battue en brèche. L’histoire continue sa marche mais le modèle étasunien est singulièrement ébranlé. Perdant toute crédibilité, les États-Unis semblent être bel et bien rentrés dans la phase crépusculaire de leur Empire.

Capitaine Martin

 

http://www.resistance-politique.fr/

 

 

 

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Assassinat du comte Bernadotte en 1948 : C’était bien un crime d’Etat. Le blog de Jean Lévy.

22 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient

Mardi 22 octobre 2013          

France-Irak-Actualité

 

Dimanche 20 octobre 2013

 

par Gilles Munier

 

 

L’écrivain Göran Burén a effectué des recherches dans les archives nationales suédoises déclassifiées en 2000. Il révèle dans The Washington Report on Middle East Affairs (1) que le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU pour la Palestine en 1948, a bien été assassiné à Jérusalem avec la complicité du gouvernement israélien.

 

En 1948, le comte Bernadotte – neveu du roi de Suède - tentait d’instaurer un cessez-le-feu entre les troupes arabes de libération et l’ex-Haganah, milice sioniste devenue Armée de défense d’Israël, nouvel Etat créé par les Nations unies, quelques mois plus tôt, sur le territoire palestinien (2). Il condamnait « le pillage sioniste à grande échelle et la destruction de villages sans nécessité militaire apparente» (3) et proposait un plan de partage du territoire palestinien qui ne convenait pas aux dirigeants israéliens de l’époque et encore moins aux groupes sionistes extrémistes Lehi et Irgoun.

 

Les colons juifs

n’ont rien à voir avec les Hébreux de la Bible


Le groupe terroriste juif Lehi - plus connu sous le nom de Groupe Stern - avait décidé de tuer Bernadotte. Rien ne l’arrêtait : en 1944, il n’avait pas hésité à assassiner Lord Moyne, Haut-commissaire britannique en Egypte, qui avait déclaré à la Chambre des Lords que les colons juifs n’avaient rien à voir avec les Hébreux de la Bible et n’avaient en conséquence aucun droit légitime sur la Palestine (4). 

On sait moins que le Lehi (acronyme pour Lohamei Herut LeIsrael, c’est-à-dire : Combattants pour la liberté d'Israël), a aussi éliminé Moyne pour montrer à Hitler ce dont l’organisation était capable. Abraham Stern, son fondateur - tué en février 1942 par un des policiers britanniques qui l’avait arrêté - avait proposé à Werner von Hentig, diplomate allemand en poste à Beyrouth, d’aider le 3ème Reich à conquérir la Palestine en échange de la création d’un Etat juif(5).

 

En 1948, quand fut programmé l’assassinat de Bernadotte, le Lehi était dirigé par un triumvirat comprenant Yitzhak Shamir, futur Premier ministre d’Israël, interné en 1941 pour « collaboration avec les nazis ». C’est lui qui avait organisé l’attentat contre Moyne. En 1946, évadé d’un camp de détention britannique en Erythrée, il avait regagné la Palestine via Djibouti et la France qui lui avait accordé l’asile politique.

  

Le terroriste Yitzhak Shamir

n’a jamais été inquiété


Le 17 septembre 1948, une embuscade fut tendue au médiateur de l’ONU dans le secteur juif de Jérusalem. Ce jour-là, le comte était accompagné par le colonel français André Sérot, héros de la Première guerre mondiale, chef des observateurs de l’ONU à Jérusalem. Leur véhicule est bloqué par une vraie-fausse jeep de l’armée israélienne. Trois hommes du Lehi en uniforme de la Haganah en descendent. L’un d’eux – Yehoshoua Cohen - passe le canon de sa mitraillette par la fenêtre arrière entrouverte, et vide son chargeur sur les deux occupants.

A l’annonce de la mort de Bernadotte, son adjoint, l’Américain Ralph Bunche, télégraphia à Moshe Sharett, ministre des Affaires étrangères israélien, que Tel-Aviv devrait assumer l’entière responsabilité du meurtre. L’Intelligence Service était persuadée que l’ordre était venu de Moscou, car depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Lehi lorgnait vers Staline et cherchait à adhérer au Kominform !  

 

Pour calmer l’émotion suscitée dans le monde par la mort de Folke Bernadotte et du colonel Sérot, David Ben Gourion – Premier ministre d’Israël – accusa le Lehi de provocation et annonça sa dissolution. Nathan Yalin-Mor, un des membres du commando, fut  arrêté et jugé, mais pas pour assassinats : pour « appartenance à un groupe terroriste »… et amnistié deux semaines plus tard. On apprit plus tard que Yehoshoua Cohen – le tireur - était devenu le garde du corps personnel de Ben-Gourion (6). Yitzhak Shamir n’a jamais été inquiété. 

S’il se garda bien de mettre les pieds en Grande-Bretagne, il exerça ses talents sans problème à Paris au début des années 60 comme officier du Mossad, d’où il dirigeait des équipes de tueurs professionnels (7). A sa mort fin juin 2012, à l’âge de 96 ans, le président François Hollande rendit sans gêne hommage à sa« forte personnalité » et à son« courage exemplaire » !

 

Affaire classée


Une commission d’enquête suédoise, dirigée par le procureur-général Heuman, fut envoyée sur les lieux. En 1950, elle remit au gouvernement suédois un rapport accablant. L’enquête, côté israélien, avait été bâclée. Aucun témoin de l’attaque n’avait été interrogé, des indices négligés. Dov Joseph gouverneur militaire de Jérusalem, qui aurait dû fournir à Bernadotte une escorte armée, comme lors d’un précédent voyage, ne l’avait pas fait. Au fait des rumeurs d’attentat qui couraient dans quartier juif, il craignait pour la vie du diplomate. Les dirigeants suédois autorisés à lire le rapport en conclurent, sans se forcer, que Bernadotte avait été assassiné avec l’accord au moins tacite du gouvernement israélien.

 

Très embarrassée par ces informations, en totale opposition avec l’image donnée d’Israël par les médias, la Suède promit à Tel-Aviv de classer l’affaire si les Israéliens expliquaient de façon « acceptable » ce qui s’était passé, et s’excusaient pour les manquements signalés en matière de sécurité.

En 1950, Israël remit au gouvernement suédois le Rapport Agranat (8), une version des faits « acceptable » pour qui voulait bien s’en persuader,mais si peu crédible qu’ordre fut donné de ne pas le rendre public. Israël ayant présenté ses excuses – en la circonstance, c’était bien la moindre des choses - l’affaire fut classée top secret jusqu’en 2000 dans les Archives nationales.

 

Sans doute en raison de sa rédaction en langue suédoise, il semble que le Rapport Heuman, déclassifié depuis 13 ans, n’avait été consulté par aucun chercheur .jusqu’à ce que Göran Burèn l’exhume pour les besoins de son enquête sur le meurtre du comte Bernadotte. Il aura fallu plus de 50 ans pour que soit confirmé ce que de nombreux observateurs subodoraient depuis 1948 : l’attentat monté par le Groupe Stern est un des premiers crimes d’Israël en tant qu’Etat.

NOTES : 

(1) Swedish national archive documents shed new light on Bernadotte assassination, par Gören Brurèn (The Washington Report on Middle East Affairs – septembre 2013).

(2) U.N. Document A. 648, p. 14, déposé le 16 septembre 1948. 

(3) Par le feu et par le sang, par Charles Enderlin  (Ed. Albin Michel, Paris, 2008) 

(4) Cité par Isaac Zaar, Rescue and Liberation: America's part in the birth of Israel (N.Y. Bloc Publishing Cy, 1954). 

(5) Les espions de l’or noir, par Gilles Munier (Ed. Encre d’Orient, Paris, 2011).

(6) Folke Bernadotte et la première feuille de route (au Moyen-Orient), par Louis Farshee

http://www.ism-france.org/analyses/Folke-Bernadotte-et-la-premiere-feuille-de-route-au-Moyen-Orient--article-1497 

(7) Shamir Ran Mossad Hit Squad, Paper Says (Los Angeles Times - 4/7/92)

http://articles.latimes.com/1992-07-04/news/mn-1072_1_hit-squad

(8) Ne pas confondre avec le Rapport Agranat rédigé sous la présidence du même juge après la guerre d’octobre 1973, pour expliquer pourquoi l’armée israélienne a été surprise par l’attaque des troupes égyptiennes et syriennes dans le Sinaï et le Golan occupés.

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BRETAGNE : les militants communistes du PRCF soutiennent les travailleurs bretons en lutte. Le blog de Jean Lévy.

22 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

 

BRETAGNE : les militants communistes du PRCF soutiennent les travailleurs bretons en lutte

bretagne-carte

La Direction nationale du PRCF, à laquelle s’associe l’Association Renaissance Communiste des Côtes d’Armor, apporte son soutien aux travailleurs bretons en lutte, notamment à ceux des  filières porcine (889 emplois supprimé chez Gad)  et plus généralement, du secteur agroalimentaire visés par une multitude de plans sociaux.

 

 

Une cascade de mauvais coups frappe également les départements bretons :

 

 

=>Plan massif de licenciements chez Alcatel-Lucent.

 

=>Lourdes menaces pesant sur Citroën-Rennes.

 

=>Désespoir des éleveurs bretons (filière porcine et filière laitière).

 

=>Extinction progressive de la pêche bretonne.

 

 

Tous ces travailleurs indépendants, auxquels on avait fait croire qu’ils étaient des capitalistes, sont en bute à la désorganisation des marchés sous l’impact du libre-échange européen débridé, du sacrifice de l’Europe agricole sur l’autel des transnationales qui dominent à Bruxelles. Et tout cela se passe alors que tant de Français renoncent à manger de la viande, du poisson ou des produits laitiers de qualité ! Comment ne pas avoir le cœur serré en voyant ces ouvriers bretons jetés à la rue, ces marins-pêcheurs forcés de rester à quai, ou ces paysans qui se suicident dans leur ferme après avoir travaillé comme des bêtes pour rembourser leurs « dettes » aux usuriers des banques ?

 

 

Avec près de 82 milliards d’euro, les résultats nets des sociétés du CAC 40 au titre de l’exercice passé ont progressé de plus de 70%.Les années record se succèdent pour les actionnaires, tandis que patronat et gouvernement continuent leur discours pour imposer la fatalité d’un système qui appauvrit les salariés et engraisse les actionnaires au-delà de toute décence. Les groupes de l’agroalimentaire ne sont pas en reste. Cette explosion des profits est lerésultat des plans de restructuration, des gains de productivité obtenus par la pression accrue sur les salaires et les conditions de travail. Le partage des richesses créées se fait toujours plus au détriment des salariés.

 

 

 

Pour le PRCF, une des solutions pour sortir le pays de ce gâchis économique et industriel est la taxation financière en vue de constituer les fonds d’investissements publics nécessaires au financement des premières mesures de redressement national, et décourager les principaux mouvements de capitaux spéculatifs pour réorienter l’investissement vers la production.

 

=>Taxation des flux du transport routier international transitant par la France afin de créer un fonds public de ré-industrialisation.

 

=>Interdiction des délocalisations et de tout projet d’investissement à l’étranger ayant pour effet de démanteler le potentiel national en portant atteinte à l’emploi et au développement industriel ou agricole.

 

 

 

Rétablir une véritable politique industrielle, halieutique et agricole dans notre pays passe par la sortie de l’Union Européenne et de l’euro, afin que notre pays redevienne souverain et que se reconstituent les acquis sociaux et le « produire en France », tout cela dans la perspective d’une société socialiste débarrassées des prédateurs du capital.

 

 

La  solution, ce n’est certainement pas de liquider la « République une et indivisible » née de la Révolution française , comme le proposent les autonomistes soutenus par ceux qui, à l’UMP et au PS, leur emboîtent le pas dans la perspective anti-démocratique de l’Europe des régions et des « métropoles ». Bien au contraire, la solution c’est de combattre tous ensemble pour que la France, redevenue indépendante, se constitue en République sociale et souveraine en marche vers le socialisme : car ainsi pourrons-nous viser, non pas la « concurrence libre et non faussée » entre les territoires de notre pays, mais un développement équilibré de tout le territoire national, Bretagne incluse, au moyen d’une économie planifiée démocratiquement reposant sur le pouvoir des travailleurs et sur la socialisation des grands moyens de production.

 

Source : initiative communiste

 

http://www.communcommune.com/article-les-militants-communistes-du-prcf-soutiennent-les-travailleurs-bretons-en-lutte-120709441.html

 

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La guerre inconnue. "Impressions de Russie" par Hugo Natowicz.

21 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

La guerre inconnue

Hugo Natowicz
"Impressions de Russie" par Hugo Natowicz

Peu avant sa mort, l'ancien président français François Mitterrand s’est livré à une confession au caractère inhabituel, troublant. Au milieu des entretiens publiés dans le livre de Georges-Marc Benhamou "Le dernier Mitterrand", l'ex-chef de l’Etat glissait: "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort".

Les observateurs se sont interrogés sur ces propos : M. Mitterrand divaguait-il, ou s'agissait-il de la vérité nue d’un homme ne se sentant plus lié par sa fonction présidentielle, l’éclair de lucidité d’un individu qui n'a de comptes à rendre à personne ? Pour quiconque a vécu en Russie et s'est imprégné des problématiques de cette partie du monde, à la fois européenne et extra-occidentale, la déclaration de l’ancien président a tout d’une évidence : cette guerre invisible fait désormais rage à l’est.

Cette tension, je ne la percevais pas tant que je vivais en France et en Espagne, deux pays largement intégrés au système économique, idéologique et militaire que les Etats-Unis ont apporté dans leurs valises à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Un système qui englobe ce que les Russes appellent l’« Occident »: une somme de nations fondues au sein d’un même paradigme économico-politique. Observateur de l'actualité russe depuis plusieurs années, il me semble que le leitmotiv des relations entre la Russie et l'Occident, c'est ce rapport de force constant qui sous-tend les relations dans tous les domaines, rythmé par les efforts américains visant à faire plier Moscou à l'aide de "condamnations" et de sanctions diverses (exemples ici, ici et ). 

Il faut franchir les frontières orientales de l’Union européenne, et aller dans les pays en transition, pour ressentir la violence latente qui accompagne l’extension du système de valeurs promu par l’Occident. La première fois que j’ai pris conscience du choc, et perçu ce qu’était la culture occidentale de l’extérieur, c’était en 2006 en Ukraine, un pays où les tensions avec la Russie avaient pris une dimension particulièrement palpable. J’étais venu pour refaire mon visa, et je fus choqué par l’omniprésence visuelle des femmes dénudées diffusées en boucle sur les écrans suspendus à l’intérieur même des rames de métro, et des publicités aguicheuses qui ponctuaient les escalators, les rues, le moindre espace libre. Pourtant aguerri, je me suis dit littéralement : « En France on n’irait quand même pas jusque là ! » Il y avait en effet dans ce déballage publicitaire quelque chose de particulièrement agressif, débridé, un peu comme si une bataille se déroulait sous mes yeux. Je me souviens aussi de la frénésie qui régnait dans les nombreux McDonalds, et de ce passant qui avait refusé de me répondre en russe. Ce fut un spectacle à la fois imperceptible et impressionnant. En France ou en Espagne pas de problème, j’étais chez moi ; en Russie, ou je vivais depuis quelques mois, je commençais à m’acclimater. Ici, je me sentais littéralement pris dans un entre-deux angoissant. Cette sensation me rappelait la jeunesse dorée de Slovénie, mettant un point d’honneur à afficher son ancrage à l'ouest par le biais d’habits de marque et de toute une série de références culturelles occidentales, comme pour se démarquer ostensiblement d’un passé communiste abhorré, pas "cool" (un mot marquant l’irruption de la mondialisation des valeurs dans le langage).

Bien sûr, les valeurs occidentales s’implantent également en Russie : MTV, fer de lance à la conquête de la jeunesse après la fin de l’URSS, reste populaire. Les McDonalds ne désemplissent pas. Pourtant, l’assimilation culturelle, économique, et politique de cette énorme masse qu’est la Russie reste superficielle et irrégulière. Militairement, Moscou continue de défendre sa zone d’influence au mépris des défis de l’Otan qui implante, doucement mais sûrement, son potentiel militaire aux portes du territoire russe. Economiquement, la Russie est certes intégrée dans l’espace mondialisé, mais elle est tenue à l’écart des grands clubs libéraux que sont l’OMC et l’OCDE. Culturellement, la Russie est un Etat attaché à un ensemble de valeurs ancestral qui n’aura bientôt plus cours en occident, schisme notamment cristallisé par l’interdiction de la « gay parade ». Politiquement, la Russie n’est pas un Etat démocratique au sens occidental, tout en ayant réussi à surmonter l’expérience totalitaire. C’est un régime hybride qui s’attire régulièrement les foudres de l’ouest.

Le commentateur de la Russie se trouve dans une situation délicate: doit-il se poser en vecteur de l’idéologie occidentale, raillant et condamnant systématiquement ce pays ? Doit-il au contraire faire preuve de compréhension envers la Russie et son évolution historique? Jusqu'où faut-il critiquer le système mis en place par les Américains, qui libérèrent tout de même l’Europe au prix du sang versé ? Cette libération justifiait-elle l'impérialisme sur lequel elle a débouché?

Force est de constater que malgré la fin de la guerre froide, les tensions sont toujours palpables. Avec toutes ses contradictions, la Russie incarne une tendance forte : la volonté de vivre en marge du carcan occidental, tout en partageant avec l'ouest un socle de valeurs communes. Une soif d'exister à sa façon, sans pour autant se cacher derrière un rideau de fer.

Cette posture historique complexe, instable, n'a pas fini d'alimenter la guerre silencieuse opposant la Russie et l'Amérique.

 

http://fr.ria.ru/tribune/20111007/191379375.html

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l'Accord de libre-échange Union européenne – Canada est inacceptable.

21 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

Communiqué de presse – Vendredi 18 octobre 2013

Non-démocratique et porteur de graves régressions sociales et écologiques,

l'Accord de libre-échange Union européenne – Canada est inacceptable

  

Vendredi 18 octobre 2013 – L'Union européenne et le Canada sont finalement parvenus à s'entendre sur

un accord de libéralisation du commerce et des investissements. Si l'accord politique confirmé aujourd'hui

par J.M. Barroso et le Premier ministre canadien S. Harper reste symbolique à ce stade (les négociations

techniques vont certainement se poursuivre plusieurs mois), cet AÉCG (Accord économique et commercial

global) confirme cependant la volonté communautaire d'accélérer le rythme de construction d'un grand

marché unique transatlantique, porteur de lourdes menaces du point de vue des mouvements sociaux et

citoyens de part et d'autre de l'Atlantique.

Cette annonce intervient alors que personne – hormis les négociateurs et hommes d'affaire – n'a pu accéder

directement au texte négocié, ou aux informations quant aux concessions faites par l'Union européenne et le

Canada en vue de conclure cet accord, malgré les appels répétés des organisations de la société civile

européenne et canadienne1..

D'après les informations fuitées qui nous sont parvenues en novembre 2012, les répercussions de cet

accord seraient majeures pour l'agriculture européenne, les services publics, les droits accordés aux

multinationales, les règles environnementales et sanitaires, l'accès aux médicaments, etc. Mais les intérêts

des multinationales semblent bien plus préoccuper le Président de Commission, J.M. Barosso, qui déclare :

« Cet accord ouvrira de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes et canadiennes en

augmentant l'accès aux marchés des biens et services, et en accordant de nouvelles opportunités aux

 

investisseurs européens. »2

Les multinationales peuvent en effet se féliciter des concessions faites concernant l'ouverture des services

publics à la concurrence. Comme le souligne Frédéric VIALE d'Attac, « l' AÉCG est très offensif en matière

de libéralisation des services publics puisqu'il adopterait une approche par 'liste négative', qui signifie que

tous les services qui ne sont pas explicitement exclus par le texte de l'accord sont susceptibles d'être

 

libéralisés ! ». A ce jour, nous ne savons toujours pas la liste des services que l'Union européenne a

explicitement exclu de l'ouverture à la concurrence aux entreprises canadiennes. Mais les offres probables

du Canada concernant l'ouverture des marchés publics de l'eau laissent présager des concessions

importantes de l'Union européenne en retour.

L'Union européenne, fer de lance de la libéralisation des services, consent en échange à supprimer 99 %

des tarifs douaniers entre les deux pays, avec une ouverture accrue du commerce agricole, qui supposera

notamment l'augmentation de l'importation de produits laitiers, de poissons, de viandes de boeuf et de porc

d'origine canadienne. C'est aussi grâce à ces négociations que le Canada a fait pression pour retarder et

affaiblir la portée de la directive européenne « Qualité des carburants » visant à lutter contre les

changements climatiques3.

La conclusion de cet accord consacrera surtout la supériorité des droits des entreprises sur ceux des

citoyens ou des consommateurs, et sur la défense de l'intérêt général, puisqu'il devrait inclure l’inacceptable

mécanisme de règlement des différends « État-investisseur ». Ce type de mécanisme, dit de « protection

des investissements », ouvre le droit à une entreprise de poursuivre un État ou une instance infra-étatique si

une réglementation la prive de bénéfices escomptés ; le différend sera arbitré par un panel d'experts privés,

de façon discrétionnaire et en dehors des juridictions publiques nationales, régionales ou multilatérales.

Pour Fanny SIMON de l'Aitec, « un tel dispositif menace les pouvoirs de régulations des autorités élues,

remet en cause la souveraineté des populations et mine leurs droits et libertés démocratiques en donnant le

pouvoir aux entreprises multinationales de contester des dispositions réglementaires prises pour protéger

l'environnement, les petits paysans, les PME ou encore la santé publique. C'est d'autant plus inacceptable

qu'une telle mesure n'influera pas, ou à la marge, les flux d'investissement déjà très importants entre les

 

deux pays, preuve de la confiance des investisseurs dans le cadre juridique en place ». Or, les entreprises

recourent de plus en plus souvent à ce type de dispositif pour contester des décisions publiques qu'elles

1 http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/UE-Can_DeclCommune_FINAL-Octobre11.pdf

2 http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-972_en.htm

3 http://www.guardian.co.uk/environment/2011/aug/04/canada-tar-sands-lobbying?intcmp=122

jugent contraires à leurs intérêts4. L'entreprise américaine Lone Pine vient ainsi de déposer plainte contre le

gouvernement québécois et lui réclame $250 millions de compensation pour l'instauration d'un moratoire

interdisant l'utilisation de la fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent.

Un tel accord, profondément anti-démocratique et contraire aux exigences de renforcement des droits

écologiques et sociaux des populations est inacceptable. Nous ferons campagne en ce sens et

interpellerons l'ensemble des parlementaires européens et nationaux pour qu'un tel accord ne soit jamais

ratifié. Nous faisons de cet accord l'exemple même des méthodes et contenus de négociations d'accord de

libre-échange et d'investissement que nous refusons catégoriquement. C'est pourquoi nous rejetons les

mêmes objectifs et dispositions actuellement en négociation dans le cadre du Partenariat transatlantique

pour le commerce et l'investissement (PTCI), qui instaurera un Grand marché transatlantique entre l'Europe

et les États-Unis. Nous refusons que le projet d'accord de l'AECG marque le premier pas vers une vaste

zone de libre-échange transatlantique entre l'Europe, le Canada, les États-Unis et le Mexique, dans laquelle

les droits des affaires et des investisseurs primeraient sur les droits fondamentaux des populations et la

protection de l'environnement.

Face une telle offensive, nos organisations appellent les citoyens français, européens et canadiens à

s'organiser pour :

- obtenir de leurs représentants dans cette négociation la divulgation publique du texte, ou projet de

texte, faisant l'objet de cet accord

- faire connaître les dangers immédiats qu'il porte pour les citoyens, l'économie et l'environnement,

- interpeller les euro-députés sur le calendrier et les modalités de ratification de cet accord, en portant

tout particulièrement ces questions au coeur de la campagne pour les élections européennes de juin

2014.

Contact presse:

Frédéric VIALE – ATTAC France - frederic.viale@free.fr

Jeanne PLANCHE - ATTAC France – 06.83.01.44.88

Fanny SIMON – AITEC - 01.43.71.22.22 // 06.61.45.17.71 – fannys.aitec@reseau-ipam.org

Pour aller plus loin, voir ici :

http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?rubrique252

4 Cf. S2B network, CEO, TNI, A transatlantic corporate bill of rights, http://www.s2bnetwork.org/themes/eus-free-tradeagreements/

eu-us-transatlantic-free-trade-agreement/analysisopinions.html

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l'Accord de libre-échange Union européenne – Canada est inacceptable.

21 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

Communiqué de presse – Vendredi 18 octobre 2013

Non-démocratique et porteur de graves régressions sociales et écologiques,

l'Accord de libre-échange Union européenne – Canada est inacceptable

  

Vendredi 18 octobre 2013 – L'Union européenne et le Canada sont finalement parvenus à s'entendre sur

un accord de libéralisation du commerce et des investissements. Si l'accord politique confirmé aujourd'hui

par J.M. Barroso et le Premier ministre canadien S. Harper reste symbolique à ce stade (les négociations

techniques vont certainement se poursuivre plusieurs mois), cet AÉCG (Accord économique et commercial

global) confirme cependant la volonté communautaire d'accélérer le rythme de construction d'un grand

marché unique transatlantique, porteur de lourdes menaces du point de vue des mouvements sociaux et

citoyens de part et d'autre de l'Atlantique.

Cette annonce intervient alors que personne – hormis les négociateurs et hommes d'affaire – n'a pu accéder

directement au texte négocié, ou aux informations quant aux concessions faites par l'Union européenne et le

Canada en vue de conclure cet accord, malgré les appels répétés des organisations de la société civile

européenne et canadienne

 

 

D'après les informations fuitées qui nous sont parvenues en novembre 2012, les répercussions de cet

 

accord seraient majeures pour l'agriculture européenne, les services publics, les droits accordés aux

 

multinationales, les règles environnementales et sanitaires, l'accès aux médicaments, etc. Mais les intérêts

 

des multinationales semblent bien plus préoccuper le Président de Commission, J.M. Barosso, qui déclare :

 

 

 

 

 

 

 

« Cet accord ouvrira de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes et canadiennes en

augmentant l'accès aux marchés des biens et services, et en accordant de nouvelles opportunités aux

 

investisseurs européens. »2

 

Les multinationales peuvent en effet se féliciter des concessions faites concernant l'ouverture des services

publics à la concurrence. Comme le souligne Frédéric VIALE d'Attac, « l' AÉCG est très offensif en matière

de libéralisation des services publics puisqu'il adopterait une approche par 'liste négative', qui signifie que

tous les services qui ne sont pas explicitement exclus par le texte de l'accord sont susceptibles d'être

 

libéralisés ! ». A ce jour, nous ne savons toujours pas la liste des services que l'Union européenne a

explicitement exclu de l'ouverture à la concurrence aux entreprises canadiennes. Mais les offres probables

du Canada concernant l'ouverture des marchés publics de l'eau laissent présager des concessions

importantes de l'Union européenne en retour.

L'Union européenne, fer de lance de la libéralisation des services, consent en échange à supprimer 99 %

des tarifs douaniers entre les deux pays, avec une ouverture accrue du commerce agricole, qui supposera

notamment l'augmentation de l'importation de produits laitiers, de poissons, de viandes de boeuf et de porc

d'origine canadienne. C'est aussi grâce à ces négociations que le Canada a fait pression pour retarder et

affaiblir la portée de la directive européenne « Qualité des carburants » visant à lutter contre les

changements climatiques3.

La conclusion de cet accord consacrera surtout la supériorité des droits des entreprises sur ceux des

citoyens ou des consommateurs, et sur la défense de l'intérêt général, puisqu'il devrait inclure l’inacceptable

mécanisme de règlement des différends « État-investisseur ». Ce type de mécanisme, dit de « protection

des investissements », ouvre le droit à une entreprise de poursuivre un État ou une instance infra-étatique si

une réglementation la prive de bénéfices escomptés ; le différend sera arbitré par un panel d'experts privés,

de façon discrétionnaire et en dehors des juridictions publiques nationales, régionales ou multilatérales.

Pour Fanny SIMON de l'Aitec, « un tel dispositif menace les pouvoirs de régulations des autorités élues,

remet en cause la souveraineté des populations et mine leurs droits et libertés démocratiques en donnant le

pouvoir aux entreprises multinationales de contester des dispositions réglementaires prises pour protéger

l'environnement, les petits paysans, les PME ou encore la santé publique. C'est d'autant plus inacceptable

qu'une telle mesure n'influera pas, ou à la marge, les flux d'investissement déjà très importants entre les

 

deux pays, preuve de la confiance des investisseurs dans le cadre juridique en place ». Or, les entreprises

recourent de plus en plus souvent à ce type de dispositif pour contester des décisions publiques qu'elles

 

1 http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/UE-Can_DeclCommune_FINAL-Octobre11.pdf

 

2 http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-972_en.htm

 

3 http://www.guardian.co.uk/environment/2011/aug/04/canada-tar-sands-lobbying?intcmp=122

 

jugent contraires à leurs intérêts4. L'entreprise américaine Lone Pine vient ainsi de déposer plainte contre le

gouvernement québécois et lui réclame $250 millions de compensation pour l'instauration d'un moratoire

interdisant l'utilisation de la fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent.

Un tel accord, profondément anti-démocratique et contraire aux exigences de renforcement des droits

écologiques et sociaux des populations est inacceptable. Nous ferons campagne en ce sens et

interpellerons l'ensemble des parlementaires européens et nationaux pour qu'un tel accord ne soit jamais

ratifié. Nous faisons de cet accord l'exemple même des méthodes et contenus de négociations d'accord de

libre-échange et d'investissement que nous refusons catégoriquement. C'est pourquoi nous rejetons les

mêmes objectifs et dispositions actuellement en négociation dans le cadre du Partenariat transatlantique

pour le commerce et l'investissement (PTCI), qui instaurera un Grand marché transatlantique entre l'Europe

et les États-Unis. Nous refusons que le projet d'accord de l'AECG marque le premier pas vers une vaste

zone de libre-échange transatlantique entre l'Europe, le Canada, les États-Unis et le Mexique, dans laquelle

les droits des affaires et des investisseurs primeraient sur les droits fondamentaux des populations et la

protection de l'environnement.

Face une telle offensive, nos organisations appellent les citoyens français, européens et canadiens à

s'organiser pour :

 

- obtenir de leurs représentants dans cette négociation la divulgation publique du texte, ou projet de

texte, faisant l'objet de cet accord

 

- faire connaître les dangers immédiats qu'il porte pour les citoyens, l'économie et l'environnement,

 

- interpeller les euro-députés sur le calendrier et les modalités de ratification de cet accord, en portant

tout particulièrement ces questions au coeur de la campagne pour les élections européennes de juin

2014.

  

Contact presse:

Frédéric VIALE – ATTAC France - frederic.viale@free.fr

Jeanne PLANCHE - ATTAC France – 06.83.01.44.88

Fanny SIMON – AITEC - 01.43.71.22.22 // 06.61.45.17.71 – fannys.aitec@reseau-ipam.org

Pour aller plus loin, voir ici :

http://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?rubrique252

 

4 Cf. S2B network, CEO, TNI, A transatlantic corporate bill of rights, http://www.s2bnetwork.org/themes/eus-free-tradeagreements/

eu-us-transatlantic-free-trade-agreement/analysisopinions.html#c538, p2

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