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Le blog de Lucien PONS

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Quand les socialistes marchent vers l’échafaud…Sur MARIANNE.

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

 

Quand les socialistes marchent vers l’échafaud…

Sur MARIANNE

 Nicolas Domenach - Marianne

 

 
Certains espèrent encore sauver leurs têtes et les meubles aux municipales mais la dynamique de la gauche unie ressemble à de la dynamite instable, prête à exploser au nez de ceux qui la manipulent inconsidérément.

 

Quand les socialistes marchent vers l’échafaud…
 
Ah, ça les socialistes ne partent pas au combat électoral la fleur au fusil ni la pointe à la bouche ! Ils ont triste mine. Comme s’ils marchaient à l’échafaud. Sans même attendre quoi que ce soit de la parole présidentielle qui doit tomber de la petite lucarne dimanche. Au moins ne seront-ils pas déçus…

 
Certains espèrent encore sauver leurs têtes et les meubles aux municipales, avant la guillotine à trois lames, européennes, régionales et cantonales. Derniers espoirs –ultimes illusions - avant l’inéluctable équarrissage ? «  Le bon bilan des maires de gauche et la dynamique de rassemblement PS-PC-Verts entre deux tours devrait permettre de préserver nombre de mairies assure un des stratèges en chef socialiste Jean-Christophe Cambadélis. Car de l’autre côté, la droite sera laminée par le FN qui veut lui faire la peau… ». C’est la version optimiste, certains diront « pipeau », d’une situation vécue beaucoup plus dramatiquement par les candidats déjà en lice qui battent quasiment la campagne comme on va à un enterrement. Le sien !

D’abord, la dynamique de la gauche unie ressemble à de la dynamite instable, prête à exploser au nez de ceux qui la manipulent inconsidérément. Nombre d’écologistes rêvent désormais de faire exploser cette fausse alliance si humiliante du fort au faible. Le masochisme a ses limites que les écologistes ont atteintes. Quant aux communistes, leur sape systématique du pouvoir ne peut conduire qu’à l’effondrement de leur (més)entente. L’union de ces gauches est un mélange repoussant plus qu’attractif, face à des adversaires qui ne sont pas aussi épouvantails que Sarkozy.

Les parlementaires PS le constatent eux-mêmes sur le terrain, avec quelque amertume, car ils alertent le pouvoir depuis des mois « les sympathisants socialistes sont, seront aux abonnés électoraux absents ». Travailleurs salariés, fonctionnaires, jeunes, et même personnes âgées qui avaient voté Hollande, toutes ces clientèles ont envie de « punir » « leurs » gouvernants qu’ils ne reconnaissent plus comme les « leurs » justement. Ils n’iront pas jusqu’à voter pour une droite dérisoire et hargneuse, ni pour une extrême-droite xénophobe, mais ils tourneront, ils ont déjà tourné le dos à une aventure hollandaise qui se poursuit sans eux.
Ce n’est pas seulement une question d’emploi et de pouvoir d’achat. Encore que…Encore que les députés se font alpaguer un peu partout, vivement, sur les taxes dont ils bastonnent petites et moyennes gens. Personne a vu « la pause fiscale »,  à l’inverse et à l’averse, tout le monde a le sentiment d’une dégelée de prélèvements qui tombent sans cesse plus drus et menacent de s’abattre toujours davantage. Pas de parapluie sauf pour les entreprises qui échappent au bombardement. Ça ne crée pas un climat électoral favorable…

Surtout en l’absence de toute décision favorable au pouvoir d’achat. Alors, ça devrait secouer quelque peu à l’assemblée pour faire dégringoler de là-haut, de Bercy quelque mesure plus que cosmétiques. Les parlementaires exaspérés  rouleront des mots et des muscles. Ils feront du bruit, peut-être même du vacarme. Le ministre des Finances Bernard Cazeneuve habile diplomate, qui reçoit les socialistes de la commission des finances lundi, va devoir s’employer pour les amadouer. On sortira quelques mesurettes de derrière les fagots qu’on baptisera peut-être « conquêtes sociale ». Mais sans tromper qui que ce soit. La priorité est à l’investissement, pas à la redistribution. Noël ne sera pas en septembre. Ni même en décembre !

De toutes façons, la rupture est désormais trop profonde entre la gauche et « ses » électeurs. Elle ne tient pas seulement à la matérielle, au pouvoir d’achat, même si cela compte, et bougrement, mais à des manquements plus fondamentaux de gouvernance, de politique. A commencer par le manque d’empathie de ce pouvoir. « Nous sommes gouvernés par des techno-socialos », enragent la plupart des élus qui tirent en vain les sonnettes d’alarme des ministères et de l’Elysée. « On parle du chômage, jamais des chômeurs », poursuivent-ils, attrapant par la manche, dans les couloirs de l’Assemblée les ministres censés être proches de Hollande, tel Stéphane Le Foll, pour les supplier d’en finir avec le sabir des experts et d’en revenir aux mots, aux douleurs, aux espérances du quotidien des mortels. En vain. Le pouvoir est un autisme technocratique. Pire encore, il conduit à la paranoïa. Toute critique est suspecte de procéder d’un complot ourdi par des concurrents malintentionnés. « Si tu n’es pas avec moi, c’est que tu es contre moi ». Il n’est guère de majorité qui ait échappé à cette folie. Les socialistes moins que quiconque !
 
Mais il y a peut-être plus grave, en tout cas au moins autant : ce pouvoir n’a pas le discours de sa politique, celle qu’il pratique et encore moins celle qui avait été dessinée au Bourget, quand la campagne de François Hollande a pris son envol. Pas de mots, pas de propos qui s’inscrivent dans le roman national de la gauche et de la France. Pas de souffle ni de perspective qui permette de mobiliser, de rassembler, de faire que chacun se sente membre d’un tout, individu citoyen participant d’une aventure collective qui le, qui nous dépasse. « La page hollandaise du roman français demeure encore blanche, regrette le député PS Malek Boutih, ou en tout cas brouillonne. Le moment est pourtant venu d’en écrire, d’en inventer un nouveau chapitre. Faute de quoi… »
Faute de quoi les têtes vont tomber lors des scrutins à venir. Certains veulent croire qu’après, lorsqu’Harlem Désir aura chu et quelques autres ministres avec lui, voir le Premier d’entre eux, mais cela est loin d’être sûr, alors il faudra bien se mettre à l’écriture, à la politique, à la légende socialiste du siècle qu’il urge d’inventer.
Ces chevaliers de l’avenir qui refusent de perdre la foi font penser à ce noble qui, pendant la révolution, corna l’ouvrage qu’il lisait et le ferma avec soin avant de monter sur l’échafaud…
 
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Monnet, Schuman : Pères de l’Europe ou fils des américains ?

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Monnet, Schuman : Pères de l’Europe ou fils des américains ?

carte-union-euro

 

L’histoire officielle nous enseigne que Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, inspiré par son grand ami Jean Monnet, commissaire au Plan, a sorti de son chapeau magique, en 1950, une déclaration qui révolutionnera le paysage politique européen . Mais cette « Déclaration Schuman » qui irradie le désir de paix et d’amour entre les peuples d’Europe, est-elle l’œuvre d’un visionnaire désintéressé, ou celle d’un simple pion des Etats-Unis ?

 

 

 

Le rôle des Etats-Unis dans la construction européenne

 

Grâce à l’ouverture des archives de la CIA, en 2000, Joshua Paul, Universitaire de Washington découvre un lien étroit entre le Mouvement Européen, organisation fédéraliste la plus importante d’après-guerre, et l’OSS (Bureau des services stratégiques), ancêtre de la CIA.

 

 

En effet, le Comité Américain pour une Europe Unie (ACUE), créé en 1949, en grande partie composé d’agents de l’OSS, a financé le Mouvement Européen de Robert Schuman et Paul-Henry Spaak. Les documents montrent par exemple qu’en 1958 l’ACUE a assuré 53,5 % du financement de l’organisation. De plus, L’European Youth Campaign, une branche du Mouvement européen, était entièrement financée et contrôlée par Washington. Son directeur belge, le Baron Boel, recevait des versements mensuels sur un compte spécial.

 

 

L’ACUE, dont les fonds proviennent de Ford et Rockefeller, deux personnalités clés des cercles mondialistes, ainsi que de milieux d’affaires ayant des liens étroits avec le gouvernement américain, avait un pouvoir de pression sur les instigateurs de la construction européenne comme l’atteste une note de la Direction Europe de l’OSS. Celle-ci datée de 1965, conseille au vice-président de la Communauté Economique Européenne, Robert Marjolin,  d’empêcher tout débat jusqu’au moment où « l’adoption de telles propositions serait devenue pratiquement inévitable ».

 

 

Enfin le rôle de Jean Monnet dans la création de cette Europe n’est pas anodin. L’homme que le Général De Gaulle qualifiait de « petit financier à la solde des Américains » était de l’avis de beaucoup à la solde des hautes sphères Outre-Atlantique.

 

 

 

Des intérêts américains certains dans cette construction

 

 

La construction européenne était un enjeu du plus haut intérêt pour les Etats-Unis dans le combat contre le communisme et l’URSS. Les communautés nationales d’Europe occidentale faisaient barrage au même titre que les USA contre le bloc communiste, et une structure commune était susceptible d’empêcher les pays signataires de passer dans le camp des démocraties populaires. Dans la droite ligne du Plan Marshall, les pays d’Europe de l’ouest se sont donc tournés vers les USA et se sont donc alignés sur eux dans un contexte de Guerre Froide naissante.

 

 

Ensuite, moins dans la perspective d’une guerre idéologique contre les « forces du mal communistes », les Etats-Unis voyaient d’un bon œil la convergence des économies et l’ouverture des frontières européennes. Pour une économie comme celle des USA, le marché commun et l’Union monétaire des pays européen étaient une aubaine. Les pays européens considérés comme une grande zone économique ne pouvait que céder à la « soft law » américaine et voir les rayons de nos magasins se remplir des artefacts et technologies d’Outre-Atlantique. Une sorte de soumission par l’économie en somme.

 

 

Contredisant les découvertes de Joshua Paul et certaines informations déclassifiées révélant la forte implication financière de la CIA dans le Mouvement Européen, certains comme Jean-Marie Palayret du «Mouvement Européen International», prétendent que l’ACUE n’intervenait d’aucune manière dans les programmes d’action des fédéralistes. Les fonds, non soumis à un contrôle strict, laissaient le champ libre au mouvement traité comme un « agent indépendant ». Pour Palayret, les USA dans la lignée du plan Marshall finançait généreusement un mouvement fédéraliste ne visant que la paix. Difficile à croire !

 

 

La Construction européenne est un sujet polémique de la vie politique contemporaine. Elle est source de fantasmes et d’interrogations. L’origine historique de cet « Objet Politique Non Identifié » ne déroge pas à la règle. La personnalité de Schuman, très complexe, homme des frontières mais aussi administrateur à Vichy est loin d’inspirer confiance. Chacun se fera donc son opinion : Schuman, homme providentiel capable de bouleverser la vie politique européenne à jamais ou simple pantin dirigé Outre-Atlantique par des Etats-Unis plus soucieux de leurs intérêts hégémoniques que de la paix et l’harmonie entre les peuples sur le Vieux Continent ?

 

Source : journal L'AUDIBLE


http://journal-audible.org/

http://www.communcommune.com/article-monnet-schuman-peres-de-l-europe-ou-fils-des-americains-120120555.html

 

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L’Europe citoyenne contre le traité transatlantique. Sur L'HUMANITE.

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

18 septembre 2013

L’Europe citoyenne contre le traité transatlantique

Sur L'HUMANITE

Lors du débat sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, de fortes convergences sont apparues entre différents acteurs politiques, associatifs, syndicaux.

« Mobilisons-nous ! » Ce mot d’ordre, les participants au débat sur l’accord transatlantique de libre-échange en cours de négociation l’ont martelé. Et appliqué : Aurélie Trouvé, d’Attac, Willy Pelletier, de la Fondation Copernic, Guillaume Balas, conseiller régional d’Île-de-France (PS), et deux députés au Parlement européen, Yannick Jadot (Europe Écologie-les Verts) et Patrick Le Hyaric (Front de gauche), ont développé toute une batterie d’arguments, donnant des armes pour le combat.

« Les pays riches et les multinationales ont un problème : les processus de libéralisation ont ralenti au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils passent désormais par des accords bilatéraux. L’accord de partenariat trans­atlantique serait l’aboutissement de ce processus car il concernerait la moitié du PIB mondial », a expliqué la voix d’Attac. Un accord pour satisfaire les appétits des grandes multinationales. D’ailleurs, des représentants de celles-ci étaient présents à 119 des 130 réunions de préparation au cours desquelles ont été actées la suppression de l’ensemble des droits de douane dits sensibles et celle des obstacles non tarifaires, quand ceux de la société civile n’y ont été conviés que onze fois.

Pourtant, comme l’a relevé Patrick Le Hyaric, qui consacre un ouvrage au décryptage de ce texte (1), « c’est de la vie quotidienne qu’il va s’agir ». Bœuf aux hormones, OGM… pourraient débarquer sur les tables. Et les grandes entreprises européennes espèrent pouvoir, elles, conquérir le marché américain dans le secteur des travaux publics, par exemple. Jusqu’alors construits démocratiquement, les normes et les droits seront « élaborés par des technocrates » si ce traité passe, précise Yannick Jadot. Bref, la « souveraineté populaire » sera abandonnée, et les décisions seront prises par des experts, « qui n’ont aucune légitimité pour décider », pourfend Willy Pelletier.

Est-ce donc un hasard si les négociations s’effectuent « en catimini », selon le mot de Guillaume Balas ? Il rappelle en tout cas que « le PS a pris une position : arrêter la négociation s’il y a danger ». Il faut « être vigilant » face à « ce retournement du droit », souscrit Yannick Jadot. Pour Patrick Le Hyaric, le « forcing de Barroso », le président de la Commission européenne, ne doit pas faire oublier que « la Commission s’est donné à elle-même un mandat de négociation certes validé par le Conseil européen (qui regroupe les chefs d’État et de gouvernement des 28 États membres — NDLR) mais les peuples n’ont pas été consultés ». Au final, « l’Europe serait mise sous la coupe des dirigeants nord-américains », prévient le député du Front de gauche.

Un collectif d’organisations s’est donc constitué pour mettre un coup d’arrêt à cet accord. Comme ce fut le cas contre l’AMI en 2005, ou l’Acta récemment. La mobilisation passera aussi par les élections européennes. « Il faudra demander à tous les candidats s’ils sont pour ou contre ce texte », a conclu Aurélie Trouvé.

À lire : Dracula contre les peuples, éditions de l’Humanité.

un réseau contre l’accord. À l’appel d’Attac et d’Aitec, plus de 50 représentant(e)s d’organisations et de réseaux citoyens affirment leur refus du traité transatlantique. Alors que le 2e cycle de négociations officielles aura lieu à Bruxelles, à partir du 7 octobre, ces organisations souhaitent lancer une mobilisation citoyenne contre ce projet de traité. En outre, comme l’a rappelé Patrick Le Hyaric lors du débat à la Fête, « le Parlement européen et chacun des gouvernements européens pourront apposer leur veto à ce projet ».

Fabien Perrier

 

http://www.humanite.fr/monde/l-europe-citoyenne-contre-le-traite-transatlantiqu-548923

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La démonstration du danger du traité du libre-échange. Repris sur le journal "l'Humanité".

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique.

Fête de l'Humanité 2013

La démonstration du danger du traité du libre-échange

 

Au village du livre comme à l’agora, les visiteurs de la Fête pourront acquérir le dernier ouvrage du député européen Patrick Le Hyaric, qui dissèque le projet de grand marché transatlantique et en dévoile les dangers. Un livre utile et plein d’informations.

Pourquoi surnommer « Dracula » le projet de « grand marché transatlantique » entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) ? Parce que, à l’image de Dracula, il « n’aime pas la lumière  ! ». Exposé au grand jour, un vampire périt. « Connu du grand public », le grand marché transatlantique serait « mis en péril », compare Patrick Le Hyaric dans son ouvrage Dracula contre les peuples.

Faire reculer ce grand marché est possible, défend le directeur de l’Humanité. Patrick Le Hyaric rappelle le précédent de l’accord multilatéral sur les investissements entre l’UE et les États-Unis, abandonné en 1998. C’est celui-ci qui nous est resservi aujourd’hui, sous un autre nom : « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement entre l’UE et les États-Unis d’Amérique » (Ttip).

En négociation, il pourrait être signé dès 2015. Il aurait pour conséquences l’abaissement des barrières douanières ainsi que des normes communes entre l’UE et les États-Unis. Ces normes seront influencées par les multinationales. Un chapitre montre combien les lobbies sont actifs, à Washington comme à Bruxelles, et qu’ils sont partie prenante de divers comités qui alimentent le projet transatlantique.

Au fil des chapitres, le député européen cherche à répondre à la question : à qui profite le crime ? Aux États-Unis tout d’abord, qui ont deux fers au feu : deux traités de libre-échange en préparation, l’un avec l’UE, l’autre avec les pays asiatiques, à l’exception de la Chine.

Ces deux traités placeraient les États-Unis et leur monnaie, le dollar, au centre du jeu. Washington dicterait ses normes, laissant peu de chance aux standards européens d’être adoptés, comme veut pourtant le croire la Commission de Bruxelles. Deuxièmement, cet « Otan économique », comme l’a surnommé Hillary Clinton, maintiendrait l’hégémonie états-unienne face à la montée des pays émergents, particulièrement de la Chine.

Les capitalistes allemands seront les deuxièmes bénéficiaires de l’accord, car leurs produits (machines-outils, etc.) ont peu de concurrents. Les productions agricoles, industrielles, de la France ou de l’Europe du Sud, entreront, elles, directement en compétition avec celles des États-Unis. D’autant plus qu’elles ne seraient plus protégées par des droits de douane.

Complet, ce livre informe sur l’histoire du projet transatlantique. Y est publié en intégralité le texte du mandat de négociation de la Commission. Cela permettra aux militants de s’appuyer dessus pour aller au débat, comme ils l’ont fait en 2005, lors de la campagne contre le traité constitutionnel européen. Ils trouveront également, en filigrane, une alternative au libre-échange fondée sur la coopération. Patrick Le Hyaric rappelle l’existence de la charte de La Havane, datée de 1948, et qui visait à promouvoir l’essor du commerce mondial. Mais elle reconnaissait aux États signataires le droit « de recourir à des aides publiques pour soutenir leurs secteurs industriel et agricole ». À l’époque, le Congrès américain avait refusé de signer un tel texte.

G. D. S.

http://www.humanite.fr/monde/la-demonstration-du-danger-du-traite-du-libre-echa-548604

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La scandaleuse malhonnêteté de la presse française.

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

La scandaleuse malhonnêteté de la presse française

La tribune de Vladimir Poutine dans le New York Times et son traitement par la presse française.

1. La tribune

Ce mercredi 11 septembre 2013, le président russe Vladimir Poutine s'est adressé directement à l'opinion publique américaine dans une tribune publiée dans le célèbre New York Times. En voici tout d'abord le contenu traduit en français dans son intégralité :

Les récents événements en Syrie m’ont poussé à m’adresser directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important de le faire à un moment où la communication est insuffisante entre nos deux sociétés.

Les relations entre nous sont passées par différentes étapes. Nous étions adversaires pendant la Guerre froide. Mais nous avons aussi êtes alliés une fois : nous avons vaincu les nazis ensemble. L’organisation internationale universelle – l’Organisation des nations unies – a ensuite été mise en place pour empêcher qu’une telle dévastation ne se reproduise plus jamais.

Les fondateurs de l’Organisation des nations unies ont compris que les décisions concernant la guerre et la paix devraient être prises par consensus, avec le consentement de l’Amérique et aussi des membres permanents du Conseil de sécurité, cela a été inscrit dans la Charte des Nations unies. C’est cette profonde sagesse qui a permis la stabilité des relations internationales depuis des décennies.

Personne ne souhaite que l’Organisation des nations unies ne subisse le même sort que la Société des nations, qui s’est effondrée parce qu’il lui manquait une véritable force. Cela pourrait se produire si des pays influents contournent les Nations unies et entreprennent une action militaire sans l’autorisation du Conseil de sécurité.

L’éventuelle attaque des États-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et des principaux responsables politiques et religieux, y compris le pape, se traduira par plus de victimes innocentes et par la propagation du conflit au-delà des frontières de la Syrie. Une attaque augmentera la violence et déclenchera une nouvelle vague de terrorisme. Il pourrait saper les efforts multilatéraux visant à résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien et déstabiliser davantage le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Il pourrait ébranler l’ensemble du système qui régit le droit international.

La Syrie n’est pas l’objet d’une bataille pour la démocratie, mais d’un conflit armé entre le gouvernement et l’opposition, dans un pays multiconfessionnel. Il y a quelques défenseurs de la démocratie en Syrie. Mais il y a bien plus de combattants d’Al-Qaïda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le département d’État des États-Unis a désigné les rebelles du Front al-Nosra, membre de l’organisation de « l’État islamique en Irak et au Levant », comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimenté par des armes étrangères fournies à l’opposition, est l’un des plus sanglants du monde.

Des mercenaires venus de pays arabes luttent là-bas, et des centaines d’autres proviennent des pays occidentaux et même de la Russie. Ne pourraient-ils pas retourner dans nos pays avec l’expérience acquise en Syrie ? Après s’être battus en Libye, les extrémistes sont allés au Mali. Cela constitue une menace pour nous tous.

Depuis toujours, la Russie a prôné un dialogue qui permettrait aux Syriens d’instaurer un compromis menant à un avenir pacifique. Nous ne protégeons pas le gouvernement syrien, mais le droit international. Nous devons utiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et croire en la sauvegarde de l’ordre dans un monde complexe et turbulent car aujourd’hui cela reste l’une des rares façons de préserver les relations internationales et d’éviter de sombrer dans le chaos. La loi est toujours la loi, et nous devons la suivre que nous le voulions ou non.

Selon le droit international actuel, la force n’est autorisée qu’en cas de légitime défense ou par la décision du Conseil de sécurité. Tout le reste est inacceptable en vertu de la Charte des Nations unies et constituerait un acte d’agression.

Personne ne doute que du gaz toxique a été utilisé en Syrie. Mais il y a tout lieu de croire qu’il a été utilisé non pas par l’armée arabe syrienne, mais par les forces de l’opposition, afin de provoquer, en leur faveur, l’intervention de leurs puissants protecteurs étrangers. Les rapports que des fondamentalistes se préparent à une nouvelle attaque – cette fois contre Israël – ne peuvent pas être ignorés.

Il est alarmant de constater que l’intervention militaire des États-Unis dans les conflits internes de pays étrangers est devenue monnaie courante. Est-ce dans l’intérêt à long terme de l’Amérique ? J’en doute. Des millions de personnes de part le monde voient de plus en plus l’Amérique non pas comme un modèle de démocratie, mais plutôt comme ceux qui s’appuient uniquement sur la force brute, échafaudent des coalitions réunies sous le slogan « vous êtes avec nous ou contre nous ».

Mais la force s’est révélée inefficace et inutile. L’Afghanistan est déstabilisé, et personne ne peut dire ce qui se passera une fois que les forces internationales se seront retirées. La Libye est divisée en tribus et clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, nombreux sont ceux qui établissent une analogie entre l’Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement répète les erreurs du passé.

Que ce soit avec des frappes chirurgicales ou en utilisant des armes sophistiquées, les victimes civiles sont inévitables, y compris les personnes âgées et les enfants, que les frappes sont censées protéger.

Le monde réagit en demandant : si vous ne pouvez pas vous appuyer sur le droit international, alors vous devez trouver d’autres façons d’assurer votre sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique : si vous avez la bombe, personne ne va vous toucher. Alors que nous devrions renforcer la non-prolifération, elle s’érode.

Nous devons cesser d’utiliser le langage de la force et nous devons reprendre le chemin vers un règlement diplomatique et politique civilisé.

Une nouvelle possibilité d’éviter une action militaire a émergé ces derniers jours. Les États-Unis, la Russie et tous les membres de la communauté internationale doivent tirer parti de la volonté du gouvernement syrien de mettre son arsenal chimique sous contrôle international en vue d’une destruction ultérieure. À en juger par les déclarations du président Obama, les États-Unis voient cela comme une alternative à l’action militaire.

Je me réjouis de l’intérêt du président à poursuivre le dialogue avec la Russie sur la Syrie. Nous devons travailler ensemble pour maintenir cet espoir vivant, comme convenu en juin dernier à la réunion du G8 à Lough Erne en Irlande du Nord, et orienter le débat vers la négociation.

Si nous pouvons éviter la force contre la Syrie, cela permettra d’améliorer les relations internationales et de renforcer la confiance mutuelle. Ce sera une réussite commune qui ouvrira la porte à une coopération sur d’autres questions cruciales.

Ma relation professionnelle et personnelle avec le président Obama est marquée par une confiance croissante. J’apprécie cela. J’ai étudié attentivement son discours à la nation mardi. Mais je serais plutôt en désaccord avec l’affirmation qu’il a faite sur « l’exception américaine », affirmant que la politique des États-Unis est « ce qui rend l’Amérique différente. C’est ce qui nous rend exceptionnel. » Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation.

Il y a des grands pays et des petits pays, riches ou pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux qui ont encore à trouver leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques sont différentes aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux.

Vladimir Vladimirovitch Poutine,

Président de la fédération de Russie.

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Il s'agit d'un texte plutôt bien senti dans lequel Poutine appelle à la paix, à la recherche d'une solution diplomatique, et au respect du droit international.

 

2. Son traitement par la presse française

Ce n'est pas là l'article d'un journaliste lambda. Alors que s'annonce ce qui nous est présenté comme un conflit majeur, il s'agit de la voix du président de la russie, la deuxième puissance militaire au monde. Et pourtant, AUCUN grand titre de la presse française n'a jugé bon de la publier. Voici un rapide tour d'horizon :

- Le Monde titre : "Poutine met en garde Obama avant la rencontre américano-russe à Genève" sans toutefois publier le contenu de cette mise en garde.

- 20 Minutes titre : "Syrie : Une tribune de Poutine dans le « New York Times » met les lecteurs en colère" sans non plus diffuser l'objet de la colère.

- Les échos titre : "Syrie : Poutine charge Obama dans le «  New York Times  »" mais n'en diffuse toujours pas le texte.

- Metronews va plus loin et titre : "Syrie : Poutine menace dans le New York Times". Menace, rien que ça. Mais il faut les croire sur parole, on ne pourra pas en lire le contenu.

- Euronews titre plus sobrement : "Syrie : tribune de Vladimir Poutine dans le New York Times". Malheureusement la tribune en question n'y est pas plus publiée.

- L'Express titre : "Syrie : comment le New York Times a publié la tribune de Poutine". Et évidemment, ne publie pas le texte.

- Le Point titre : "États-Unis : une tribune de Poutine dans le "New York Times" fait des vagues". Toujours pas de tribune.

- Le Figaro titre : "Syrie : Poutine met en garde Washington". Pas de tribune non plus.

Je vais arrêter là, bien sur vous aurez deviné que des sites comme ceux de TF1 et ou France Télévisions n'ont pas échappé à la règle.

 

3. Finalement ?

Après une recherche rapide sur google, c'est finalement sur un site dont j'ignorais jusqu'alors l'existence que j'ai trouvé l'intégralité traduite de la tribune de Vladimir Poutine. Ce site s'appelle Ragemag. Il est intéressant de voir toutes les précautions que ce journali en ligne a pensé bonnes de prendre avant de publier un tel texte :

Nous avons pris la liberté de traduire intégralement cette adresse du président russe au peuple américain tout comme nous avions décidé de traduire la lettre de Manning à Obama, car nous pensons qu’il est nécessaire que les citoyens français aient le plus d’informations possibles au sujet du conflit syrien, si complexe. Bien que nous considérons que cette traduction relève de notre devoir d’informer, nous sommes bien évidemment disposés à la retirer sur demande des ayants droit.

Que le New York Times ait accueilli une tribune de Vladimir Poutine ne signifie en aucun cas que le quotidien de référence américain soutient la politique intérieure et les positions internationales du gouvernement russe. Il en est évidemment de même concernant RAGEMAG, la publication de cette traduction intégrale ne visant qu’à informer le lectorat français, notre pays étant hautement concerné par cette question. Il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons à aucun moment omettre ou oublier les nombreuses ombres qui planent actuellement sur la Russie, à commencer par les violations des droits de l’Homme, le climat et les lois homophobes, l’oppression de certaines minorités et le bâillonnement de la presse.

En effet, chers lecteurs, vous allez lire un texte mais ne devez surtout pas en croire un traitre mot.

Je dois également souligner que le site d'Alain Soral, Egalité&Réconciliation a publié le texte dans son intégralité et sans préambule.

Enfin, la presse belge a également diffusé un article intéressant sur les réponses de la diplomatie américaine à cette fameuse tribune. Je vous invite vivement à lire ce dernier article.

Je n'ai pas voulu donner un ton trop polémique à cet article, hormis le titre, mais je suis profondément scandalisé par la flagrante malhonnêteté de la presse française. J'espère que mon papier trouvera un écho et que la parole de Poutine sera connue du plus grand nombre.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-scandaleuse-malhonnetete-de-la-140970

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Syrie : l'offre d'alliance saoudienne à Israël !!!

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie : l'offre d'alliance saoudienne à Israël!!

 

IRIB-selon le journal syrien Tashrin, une rencontre secrète vient d'avoir lieu à Rome entre les israéliens et les saoudiens

en présence de trois membres de la coalition des opposants syriens . " la rencontre a eu lieu à l'instigation de la partie saoudienne, particulièrement déçue de ce que les Etats Unis aient choisi de reporter "la destruction totale de la Syrie". selon le journal, " l'hostilité des saoudiens contre la Syrie, leur implication dans la mort des dizaines de milliers de syriens ne sont secret pour personne. ce qui est nouveau en revanche c'est l'alliance de plus en plus visible entre Israël et l'Arabie saoudite contre la Syrie. il faut également tenir en compte la provocation des groupes terroristes par l'axe Tel-Aviv/Riyad qui ainsi que l'a annoncé à demi mot Kerry, pourraient très bien faire échouer les efforts de paix et fournir au camps de la guerre le prétexte nécessaire à une action militaire d'envergure contre la Syrie " " Trois membres de la coalition de Doha prenaient par à cette réunion qui s'est déroulée en présence de hauts responsables sécuritaires et politiques saoudiens et israéliens" Mais quel a été le message que les saoudiens cherchaient à transmettre? Selon le journal qui cite les sources proches du Hezbollah "les Saoudiens auraient affirmé à Israël qu'ils contrôlaient 70% des extrémistes qui combattent Assad et son régime et que ces forces opéraient sur ordre direct du centre de commandement saoudien dirigé par Salman Ben Sultan , fraichement nommé vice ministre de la défense. ... les saoudiens auraient également assuré les israéliens de leur volonté de contrôler les frontières syro israéliennes de façon à ce que les takfiris  ne s'infiltrent jamais en Israël. les assurances saoudiennes seraient également allées vers le Liban où Riyad veut faire tout pour que le hezbollah ne puisse attaquer Israël (!!!) en cas d'un renversement du régime Assad" Selon ces sources, " la délégation israélienne aurait affirmé au cours de cette réunion que l'attaque militaire contre la Syrie dont tout le monde parle aujourd'hui est presque hors du contrôle de toutes les parties et que la balle est désormais dans le camp russo- américain . les israéliens auraient fait aussi remarquer que depuis l'entrée en scène des russes, il est difficile de prendre l'initiative en matière d'armement chimiques syriens et que le sort du dossier syrien se décidera par les russes et les américains" " Les israéliens auraient aussi assuré Riyad du maintien de l'aide israélienne aux rebelles qui se traduit à l'heure qu'il est, par l’évacuation de leurs blessés vers les hôpitaux d’Israël  . les israéliens auraient aussi promis de poursuivre leur soutien dans le domaine de renseignement  aux rebelles » . La presse arabe s’est intéressée à cette information et le journal Al Watan,  qui parait à Amman y voit une « tentative destinée à relancer l’idée de l’intervention militaire en Syrie ». «  ces parties qui rêvent du démembrement et de la destruction syrienne , n’hésitent pas à commettre les pires atrocités contre les civils syriens et ils n’hésiterait pas non plus à utiliser la substance chimique contre eux , comme ils l’ont fait à Khan Assal ou à rif de Damas » «  ces parties cherchent d’une part à piller les richesses de la Syrie et à la vider de ses forces vives et de l’autre à jouer le rôle de mercenaire des puissances impérialistes et en ce sens elles n’hésitent pas à faire appel à l’ennemi du peuple palestinien c'est-à-dire Israël»   


LEMONDE.FR

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Naomi KLEIN : "Les environnementalistes sont plus dangereux que les climato-sceptiques ! Sur REPORTERRE.

18 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'écologie.

17 septembre 2013

Naomi KLEIN : "Les environnementalistes sont plus dangereux que les climato-sceptiques !

Sur REPORTERRE

"Les environnementalistes sont plus dangereux que les climato-sceptiques !" Le coup de gueule de Naomi Klein

 

Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf (Reporterre)

mardi 17 septembre 2013

Les grandes organisations d’environnement ont une responsabilité aussi grande que les climato-sceptiques dans le présent reflux de la politique écologique : c’est la forte thèse défendue par la journaliste altermondialiste Naomi Klein. Selon elle, le choix de collaborer avec les grandes compagnies et l’idéologie néo-libérale a conduit à l’échec. Ses propos provoquent un vif débat aux Etats-Unis.


La célèbre journaliste canadienne, militante altermondialiste connue pour ses livres No Logo et La Stratégie du choc, vient de déclencher une furieuse polémique au sein du mouvement écologiste nord-américain.

Il y a deux ans, Klein avait écrit dans le journal The Nation que le militantisme climatique et le capitalisme étaient incompatibles. Elle observait que les climato-sceptiques l’étaient pour des raisons idéologiques : ils comprennent très bien que si le changement climatique se produit, la seule façon d’échapper à ses conséquences est de remettre en cause le système économique actuel, le capitalisme. Selon elle, la seule réponse adaptée à la menace climatique résidait « dans la pulvérisation de l’idéologie du marché libre, laquelle a dominé l’économie depuis plus de trois décennies ».

Elle poursuit dans cette voie en accusant cette fois les principaux groupes environnementalistes de n’avoir pas compris cette vérité élémentaire, ce qui les a conduit à nouer des alliances coupables avec les grandes corporations.

Les « Big Greens », mauvais leaders

Voici une traduction partielle des propos de Naomi Klein, tirés d’un long entretien publié par le Earth Island Journal :

« Le mouvement écologiste fait preuve d’un déni profond quand il s’agit des « Big Greens », « les principales organisations environnementales. Selon moi, celles-ci ont fait plus de dégâts que les négationnistes climatiques de droite. Si on a perdu tellement de temps, c’est bien à cause d’elles, qui nous ont tous entrainés dans une direction débouchant sur des résultats déplorables.

Si on examine ce qui s’est passé sous l’égide du protocole de Kyoto dans la dernière décennie– les mécanismes de l’ONU, ceux mis en place par l’Union européenne - , on voit combien tout cela a été désastreux. (…)

La droite avait combattu les échanges de permis d’émission en prétendant qu’ils allaient nous mener à la faillite, qu’on distribuait des aumônes aux grandes compagnies, et qu’en plus ça n’allait pas marcher. La droite avait raison ! Non pas pour la faillite de l’économie, mais pour le fait qu’il s’agissait de cadeaux énormes consentis aux grandes sociétés. Elle avait raison aussi de prévoir que ces mécanismes ne nous rapprochaient pas de ce que souhaitaient les scientifiques, à savoir baisser les émissions. Alors, pourquoi les groupes verts se sont-ils obstinés dans cette voie ? »

Naomi Klein observe que "le niveau de réduction des émissions dont nous avons besoin dans les pays développés est incompatible avec la croissance économique".

Elle rappelle que, dans les années 1970, le mouvement environnemental était très puissant, et avait réussi à imposer un fort appareil législatif pour réduire la pollution. Mais avec l’élection de Ronald Reagan comme président des Etats-Unis, une politique opposée à l’environnement s’est mis en place. Et plutôt que d’y résister, les mouvements environnementaux ont choisi de chercher à collaborer avec les grandes entreprises. Elle cite Fred Krupp, le président d’Environmental Defense Fund, une importante ONG états-unienne, pour avoir clairement énoncé cette politique. Il se trouve, ce qu’elle ne dit pas, que Fred Krupp est un participant régulier du groupe Bildelberg, qui réunit chaque année des grands patrons et des responsables politiques pour définir la politique néo-libérale à appliquer dans le monde.

Ainsi, explique Naomi Klein, «  pour les environnementalistes, il s’agissait d’établir des alliances avec les entreprises. Ils n’étaient pas sur la ligne : « Attaquons ces salauds ! », mais sur la ligne : « Oeuvrons ensemble, les salauds et nous ! » Cela revient à désigner les corporations comme acteurs volontaires de la solution. »

«  Nous avons globalisé un modèle économique insoutenable d’hyperconsommation. Il se répand dans le monde avec succès, et il nous tue. (…) Les groupes environnementalistes n’ont pas été les spectateurs de ce phénomène, ils en ont été les partenaires. Ils voulaient en faire partie. »

Les grandes ONG d’environnement ont ainsi accepté, voire soutenu, le traité de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, dit Alena, malgré son l’abaissement des protections de l’environnement qu’il impliquait.

« Je ne dis pas que tous les groupes ont été complices : ni Greenpeace, ni les Amis de la terre, ni, globalement, le Sierra Club. Et ni 350.org, qui n’existait pas encore. Mais cela remonte aux racines du mouvement. (…)

Ces élites historiques avaient décidé de sauver la nature, elles étaient respectées pour cela. Si donc le mouvement environnementaliste avait décidé de les combattre, leurs élites auraient risqué perdre leur aura, et personne n’était vraiment prêt à assumer cela. Je pense que cette situation est largement à l’origine du niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre. (…)

La stratégie du soi-disant win-win (gagnant-gagnant) a lamentablement échoué. C’était l’idée générale des échanges de permis d’émission. Les groupes verts ne sont pas aussi malins qu’ils ne le croient. Ils ont joué à trop grande échelle. Nombre de leurs partenaires avaient un pied dans le Climate Action Partnership, et un autre à la Chambre de commerce. »

Naomi Klein observe qu’en Europe, les choses bougent dans un autre sens. Plus de cent organisations ont ainsi pris position pour en finir avec le marché du carbone. « C’est le genre de choses que nous devons faire maintenant. Nous n’avons plus le temps de perdre du temps. »

Les premières réponses outrées – et argumentées – commencent à tomber. Le site ClimateProgress écrit notamment :

« Elle n’a pas seulement tort, elle a profondément tort. Son approche révisionniste est fausse, et contredite par ses propres prescriptions politiques. »

Il souligne notamment qu’en Europe, les émissions de gaz carbonique ont diminué, ce qu’il attribue au marché des émissions, dit ETS (European trading system) :

Evolution des émissions de CO2 et du produit intérieur brut dans l’Union européenne.

A quoi Naomi Klein a répondu à son tour sur son propre site, conseillant d’attendre la parution de son prochain livre, promis pour 2014.

La critique des grandes ONG environnementales a déjà été menée en France. Dans Qui a tué l’écologie ? (éd. Les liens qui libèrent, 2011), le journaliste Fabrice Nicolino a mené une vive charge contre le WWF, FNE et Greenpeace pour leur politique de collaboration avec les grandes entreprises et le gouvernement. De même, dans Comment la mondialisation a tué l’écologie (éd. Les Mille et une nuits, 2012), Aurélien Bernier a montré que l’idéologie néo-libérale a fortement influencé le mouvement écologiste à partir des années 1980.


Source : Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf pour Reporterre.

Illustrations :
- portrait Naomi Klein : Earth island
- graphe émissions : Climate progress

Lire aussi : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme

 

http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2013/09/17/28039458.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=blogdejocelyne

 

 

 

 

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La Bulgarie, en « première ligne de front » pour l’accueil des réfugiés syriens.

16 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Osservatorio Balcani e Caucaso

La Bulgarie, en « première ligne de front » pour l’accueil des réfugiés syriens

Traduit par Jad
 
Sur la Toile :

Mise en ligne : samedi 14 septembre 2013.
Chaque jour, venant de Turquie, des dizaines de réfugiés syriens fuyant la guerre franchissent les frontières de la Bulgarie. Sofia assure que ses capacités d’accueil sont déjà saturées, et attend plus de solidarité européenne. 500 réfugiés ont été installés dans le « centre de transit » de Pastrogor, près des frontières de la Grèce et de la Turquie. Témoignages et reportage sur les terribles conditions de vie dans cet « angle mort » de l’Union européenne.

Par Francesco Martino

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Le centre de Pastrogor

« Yasser, comme Yasser Arafat ? – Yasser, comme quelqu’un qui cherche un peu de paix sur cette terre ». Des pas résonnent sur la place centrale de Svilengrad, immense et vide, à quelques kilomètres des frontières avec la Turquie et la Grèce, noyée dans l’intense lumière d’une après-midi encore chaude de septembre.


Retrouvez notre dossier :
Les Balkans et la guerre en Syrie 


« La première fois que je suis venu en Bulgarie, en 2008, nous avions participé à un festival folklorique à Pernik. C’était beau. Je m’étais dit alors que j’aimerais bien vivre dans ce pays. Je ne me doutais pas que j’allais y revenir pour fuir un cauchemar et me retrouver dans cette impasse ». Yasser est un Palestinien de Syrie, âgé de 31 ans, danseur professionnel. Il habitait un village proche de Damas. Il s’est enfui quand il a vu ses amis tomber dans les rues, sous les balles des snipers. Il s’est d’abord enfui en Turquie, puis il est passé en Bulgarie, en payant, comme tous les réfugiés, 600 dollars à un trafiquant qui s’est contenté de lui indiquer le chemin à prendre à travers les fourrés.

« On m’a pris, on m’a battu, et on m’a installé dans le camp de Lyubimets. Officiellement, c’est un ‘centre fermé’. En fait, c’est une prison. Il est interdit d’avoir un téléphone portable avec un appareil photo. Ils ne veulent pas que le monde connaisse les conditions qui prévalent à l’intérieur. Et le seul crime commis par ceux qui s’y trouvent est d’avoir voulu sauver leur peau », ajoute-t-il.

« La Syrie est morte. Il n’y a plus de Syrie ». Agir parle d’une voix tranquille, mais sur un ton qui n’admet pas la réplique. Il a 19 ans, il est arrivé en Bulgarie avec toute sa famille, son père, sa mère, et ses six frères et sœurs. Il vient de Qamishli, dans la région kurde du nord-est de la Syrie, juste à côté de la frontière turque. « Dans cette ville, nous sommes tous Kurdes », rappelle-t-il à plusieurs reprises. Il a étudié à Alep, puis s’est réfugié un an à Erbil, dans le Kurdistan irakien, où il travaillait dans un petit commerce. « Même là-bas, les Kurdes de Syrie ne sont pas les bienvenus », assure-t-il toutefois.

« Si l’armée d’Assad te prend, ils te fusillent parce que tu es Kurde. Et si tu veux pas combattre contre le régime, les rebelles te tuent parce qu’ils te considèrent comme un traître. Ce n’est plus possible de vivre en Syrie – je ne sais pas si nous pourrons y revenir un jour ». À Qamishli, la famille a abandonné sa maison, mais aussi « trois commerces, tous plus grands que des supermarchés », raconte Agir. « Mon père n’ose même pas pousser un soupir, ma mère s’interdit de pleurer ».

« Ma femme est morte sous mes yeux, durant un bombardement. Mon petit-fils, qui portait mon nom, a aussi été touché. Il avait sept ans. On a retrouvé son corps en lambeaux ». Yahya a 73 ans, il vient d’Alep. Il lui manque le bras gauche, mais je n’ai pas le courage de lui demander s’il l’a perdu durant cette guerre. Il a trois fils installé en Suède. L’un d’eux est revenu pour le faire sortir de Syrie.

Le père et le fils sont parvenus en voiture jusqu’à la ville de Raqqah, dans le nord de la Syrie, puis ils ont réussi à arriver en Bulgarie après avoir traversé la Turquie. A la frontière turco-bulgare, toutefois, ils ont été bloqués : Yahya n’avait pas les documents requis. Le vieil homme a du, lui aussi, passer 16 jours dans le « centre fermé » de Lyubimets. Il attend désormais que les autorités bulgares lui accordent le statut de réfugié. Ce n’est qu’à ce prix qu’il pourra reprendre son voyage et arriver enfin en Suède, où l’attendent ses fils. Il n’existe pourtant ni procédure précise ni délais pour répondre à cette demande d’asile. « Je suis seul, je suis vieux, je suis étranger, je ne peux rien faire d’autre qu’attendre », lâche Yayha.

Sofia craint un « raz-de-marée »

Depuis le début de la crise syrienne, la Bulgarie a vu exploser le nombre de réfugiés syriens et de demandeurs d’asile provenant de ce pays ravagé par la guerre civile. Tous arrivent après avoir transité par la Turquie, et presque tous ne voient en la Bulgarie qu’une étape de passage sur leur route vers les pays d’Europe du nord ou de l’ouest. Beaucoup, comme Yahya, ont des parents ou des amis qui les attendent, mais ils doivent d’abord réussir à sortir de l’impasse légale dans laquelle ils se trouvent.

Ces derniers mois, selon les données officielles, leur nombre a brusquement augmenté. Si bien que le gouvernement de Sofia craint un véritable raz-de-marée, bien difficile à gérer avec les faibles ressources du pays. « Depuis le début de l’année, nous enregistrions 400 arrivées par mois, mais en août, nous sommes arrivés à 1.500 personnes », reconnaît le vice-ministre de l’Intérieur Vasil Marinov. « Depuis le début septembre, nous avons déjà compté 550 personnes ». Chaque jour, la police des frontières arrête des dizaines de personnes et, selon les autorités bulgares, les faibles capacités d’accueil du pays sont déjà saturées.

Le pire est pourtant peut-être encore à venir, si la situation militaire continue à se dégrader. Le ministère de la Défense a annoncé la mise à disposition de 26 sites actuellement désaffectés, qui pourraient fournir un abri provisoire à quelque 10.000 personnes. Cependant, « une bonne part des édifices envisagés sont en très mauvais état », explique le ministre Angel Naydenov, précisant que « l’installation des réfugiés ne pourrait avoir lieu qu’après concertation avec les autres ministères, avec les municipalités concernées et la population locale ».

Préoccupée par des scénarii extrêmement coûteux en termes humains, politiques et économiques, Sofia a caressé l’idée de fermer ses frontières, une idée vite abandonnée parce qu’elle serait en contradiction flagrante avec les obligations internationales du pays, notamment avec la Convention de Genève sur les réfugiés, mais aussi parce qu’elle serait très difficilement applicable sur le terrain.

Dans le même temps, Sofia se tourne vers Bruxelles pour obtenir de l’aide. « Nous avons une grand expérience dans la gestion des situations d’urgence, mais nous voudrions recevoir un soutien technique des structures de l’UE qui s’occupe de l’accueil des réfugiés », a déclaré le ministre de l’Intérieur Tsvetlin Yovchev. « La Bulgarie pourrait recevoir des aides économiques directes pour faire face aux défis actuels », a ajouté le ministre, qui a rencontré ces derniers jours la Commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, ainsi que sa collègue en charge de la Coopération internationale et des aides humanitaires, Kristalina Georgieva.

Le 11 septembre, le gouvernement a annoncé qu’il avait libéré en urgence 350 places supplémentaires pour les réfugiés. « Je peux dire que la situation reste sous contrôle, malgré l’urgence », a déclaré le ministre Tsvetlin Yovchev.

Comment vivre à Pastrogor ?

Vue depuis le « centre de transit » de Pastrogor, l’assurance du ministre semble toutefois un peu suspecte. Le centre est situé à six kilomètres au nord de Svilengrad, tout près de la frontière. Son ouverture, en mai 2012, s’est accompagnée de nombreux scandales sur la gestion des fonds, tant européens que bulgares, affectés à ce centre.

Les capacités officielles d’accueil sont de 300 personnes, mais en ce moment, reconnaissent les responsables de la sécurité qui gardent l’entrée du camp – dans lequel nous n’avons pas eu le droit de pénétrer malgré une demande régulièrement déposée – plus de 500 personnes vivent à Pastrogor, dont 150 enfants. 90% d’entre eux viennent de Syrie. « Il n’y a plus de lits, il faut dormir par terre », explique Mohamed, un très jeune homme récemment arrivé d’Alep. « Nous essayons de tendre des couvertures pour conserver un peu d’intimité, mais il y a des chambres où vivent cinq familles ».

Un an après l’ouverture du centre, assurent tant les responsables de la sécurité que les résidents, les conditions de vie dans le centre sont catastrophiques. Les toilettes, se lamentent les femmes, sont pratiquement inutilisables, et des tensions se produisent quand il faut caser de nouveaux venus dans des salles déjà sur-occupées. Une révolte symbolique a même éclaté en juillet dernier à Pastrogor, pour essayer d’attirer l’attention des institutions et de la société bulgare.

Chaque résident reçoit 65 leva par mois (un peu plus de 30 euros) pour assurer sa subsistance. En théorie, une cantine est prévue, mais elle ne fonctionne pas. Le petit magasin du centre pratique des prix bien trop élevés, et tout le monde se plaint de l’unique médecin. Pour les familles qui ont des enfants en bas âge, la situation est dramatique. Trouver du lait en poudre ou des couches relève du défi.

Pastrogor est un centre « ouvert ». Cela signifie que les résidents peuvent sortir librement. Mais pour aller où ? Le plus proche village ne compte que 130 habitants, presque tous des retraités. Il y a une auberge, une petite épicerie, rien de plus. Quelques hommes assis autour d’une table de jardin regardent les informations de la chaîne al-Arabiyya. Ils sont tous Syriens, Kurdes ou Palestiniens de Syrie.

« En Syrie, nous vivions bien, nous avions tout », soupire Mohamed. « Regarde ! Il y a des hommes et des femmes de toutes les communautés du pays, et il n’y a aucun problème entre nous. En Syrie, nous sommes tous comme une seule grande famille – Mais pourquoi la guerre a-t-elle éclaté, alors ? » Mohamed regarde fixement la fumée de sa cigarette qui monte en l’air. Je ne sais pas ». Une discussion éclate en arabe parmi les présents, aussi intense que brève. Puis tous se taisent à nouveau.

Quelques habitants du village se plaignent de la présence des réfugiés, qui voleraient les fruits et les légumes des jardins. « Ils ont plus de droits que nous, qui vivons chez nous, mais qui sommes abandonnés par notre propre pays », nous répètent certains. Il n’y a pourtant pas eu de problèmes sérieux, et les autorités nous montrent les panneaux bilingues, rédigés en arabe. Malgré les apparences, beaucoup d’habitants du village essaient de donner un coup de main, pour venir en aide aux hôtes du centre.

Pour les demandeurs d’asile, l’alternative est d’aller à Svilengrad, où la vie est moins chère et où il est possible, quand l’on dispose d’une tablette ou d’un smartphone, d’essayer de capter des nouvelles du pays en se connectant au wi-fi gratuit des cafés. Pour s’y rendre, il faut cependant faire six kilomètres aller, et autant au retour. Il faut marcher à pied, ou se mettre à plusieurs pour prendre un taxi, qui demande six leva (trois euros), une dépense que tout le monde ne peut pas se permettre.

« Si vous le pouvez », nous dit Doha, par le truchement d’un interprète, « faites savoir que nous avons besoin de vestes, de vêtements chauds. Nous sommes venus de Syrie avec les seuls vêtements que nous portions sur nous. La nuit, il fait déjà frais, et l’hiver va vite arriver ».

Des vies suspendues, un temps entre parenthèses

« Pour ces personnes qui arrivent en Bulgarie pour fuir les conflits et la répression, le plus difficile est de comprendre l’ambiguïté des règles et leur application arbitraire », explique l’avocate Valeria Ilareva, qui travaille depuis dix ans dans le secteur de l’aide aux réfugiés et aux migrants. « Ceux qui traversent la frontière se placent formellement dans l’illégalité. Selon le droit international, toutefois, on ne peut pas sanctionner ceux qui franchissent des limites d’État dans le but de chercher protection. Celle-ci doit être assurée dès l’instant où la demande en est faite », explique l’avocate.

En Bulgarie, cependant, il faut qu’une demande d’asile soit enregistrée par l’Agence pour les réfugiés. Il existe donc une période d’attente, dont la durée est totalement imprévisible et aléatoire, durant laquelle les personnes qui ont présenté une demande d’asile, mais qui n’ont pas encore été enregistrés comme demandeurs d’asile, peuvent être soumises à l’action répressive de l’État.

Lundi 9 septembre, le Procureur général a même envoyé des « renforts » dans les tribunaux régionaux de Hasko et d’Elhovo – les deux juridictions les plus proches de la frontière turque. Les procès pour « franchissement illégal de la frontière » ont augmenté de 75% par rapport à l’an passé. Ils concernent principalement des personnes originaires de Syrie. En ce moment, 117 affaires sont en cours devant le seul tribunal d’Elhovo. Tous ces procès n’ont pourtant aucune base légale, selon le Comité Helsinki bulgare (BHK).

Selon Ilyana Savova, directrice du programme de défense légale des migrants et des réfugiés du Comité, « poursuivre en justice des demandeurs d’asile est contraire à la législation bulgare, cela n’a aucun effet préventif, et n’a donc pour seul résultat concret que d’augmenter de manière artificielle les statistiques sur l’efficacité de la justice ». Généralement, la première condamnation prévoit du sursis, mais les peines de prison deviennent effectives en cas de récidive – et ceux qui étaient venus chercher le salut en Bulgarie se retrouvent derrière les barreaux.

Selon Valeria Ilareva, l’enregistrement comme demandeur d’asile auprès de l’Agence pour les réfugiés est une procédure peu transparente et arbitraire, sans aucun délais prévisible. Ces dernières années, des demandeurs d’asile ont été expulsés alors qu’ils attendaient l’avis définitif de l’Agence. « Beaucoup de mes clients me demandent : que manque-t-il à ma demande ? Et je ne sais pas quoi leur répondre. Il va de soi que des situations totalement arbitraires de ce type créent les conditions idéales pour le développement des pratiques de corruption ».

« Ici, on attend, on attend, mais on attend quoi, au juste ? », demande Yasser, en arpentant les rues vides de Svilengrad. « Nous avons fui un pays où sévit une guerre sans loi, mais ici, où sont les règles ? Si ça continue comme ça, j’essaierai de revenir en Turquie, puis en Syrie. Chez nous, on risque de mourir d’un coup, d’une balle en pleine tête, mais ici, je me sens abandonné de tout et de tous, sans espoir et sans droits. C’est comme mourir à petit feu, jour après jour ».

 

http://balkans.courriers.info/article23198.html

 

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L'Occident marchand, diplomatique ou religieux au Moyen-Orient.

16 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Culture

lundi 16 septembre 2013

L'Occident marchand, diplomatique ou religieux au Moyen-Orient

C’est ainsi, dit Simone Lafleuriel-Zakri, que j’ai rédigé le roman La botaniste de Damas, en lien avec mes connaissances d’agronomie, d’herboristerie et de pharmacologie arabe, en lien également avec ma fréquentation livresque de ces savants, des hauts-faits et des sociétés de leur époque, de leurs méthodes de travail, de leurs connaissances des peuples rencontrés, de leurs périples dans l’aire d’influence arabo-musulmane médiévale, de l’Andalousie au Moyen-Orient.

Nous avons déjà rencontré ici Simone Lafleuriel-Zakri, j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant d'approfondir sa connaissance, et également ses connaissances du Moyen-Orient, de son histoire et des liens de civilisation développés de longtemps entre ce Moyen-Orient et l'Occident.

Michel Peyret

PS : Bien sûr, chacun fera le rapprochement avec l'époque actuelle et certainement en pensant que d'autres types de relations pourraient aujourd'hui exister entre les peuples, en pensant aussi que le capitalisme et les relations coloniales qui l'ont accompagné constituent l'obstacle principal à cette amélioration.

ENTRETIEN AVEC SIMONE LAFLEURIEL-ZAKRI, AUTEUR DE « LA BOTANISTE DE DAMAS » 
ARTICLE PUBLIÉ LE 15/06/2011

Quelles sont les raisons de votre intérêt pour le Moyen-Orient ?

J’ai côtoyé des étudiants arabes pendant mes études à Paris. J’ai également vécu en Syrie et ai beaucoup voyagé au Moyen-Orient. Il m’est alors rapidement apparu que l’on ne peut parler de cette région, à l’histoire très riche et très complexe, uniquement sur le plan politique, et que les aspects historiques, culturels, archéologiques et sociaux sont également essentiels à sa compréhension.

A la suite de mes études, j’ai été enseignante et également pigiste pour plusieurs journaux (ArchéologiaQantaraLire HebdoArabiesNord-Sudet autres). J’ai alors découvert le monde arabe. Je suis ensuite partie vivre en Syrie quelques années. J’ai travaillé à Alep, comme assistante du directeur de l’Institut de recherche des Sciences arabes, à l’université d’Alep en Syrie (IHAS), dont les sujets d’étude sont les sciences, l’histoire ancienne, les manuscrits et les techniques. Y sont étudiés les divers domaines de la connaissance arabe. L’Institut recevait beaucoup de manuscrits de toutes les époques, y compris pré-islamique, et des travaux et recherches rédigés dans toutes les langues provenant de multiples bibliothèques, universités et instituts de recherche dans le monde.

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Un jour, j’ai retrouvé parmi ces manuscrits arrivés de la Bibliothèque Nationale de France un certain nombre de cahiers et de travaux inédits de l’orientaliste Lucien Leclerc, chirurgien lorrain, spécialiste au 19e siècle des sciences arabes. Dans les papiers de cet arabisant distingué, j’ai découvert, lu, classé des notes et des traductions concernant des manuscrits arabes scientifiques. L’un des manuscrits qu’il venait de traduire était le grand Traité de pharmacologie d’Ibn Baytar, savant et voyageur andalou. L’autre était le Traité d’Agriculture de Ibn al-‘Awwan de Séville, traduit par Jean-Jacques Clément-Mullet, arabisant contemporain de Lucien Leclerc.

 Ces deux hommes furent d’éminents orientalistes et spécialistes de la connaissance scientifique arabe et du monde musulman, de son application dans diverses disciplines, notamment la médecine, la pharmacologie, l’industrie (papier, teintures, textiles, aliments) et les techniques afférentes. Ces manuscrits arabes particuliers et leurs copies et réécritures successives rassemblent les connaissances anciennes - dont les grecque et latine - et celles de leur époque en méthodes culturale et en botanique. Ils traitent de l’identification et de l’emploi de substances médicales, tant végétales, minérales ou animales, de la fabrication, du traitement et de la conservation des aliments ou des drogues multiples utilisées pour nourrir et pour prévenir les maladies, soigner, soulager les humains et les animaux domestiques.

 C’est ainsi que j’ai rédigé le roman La botaniste de Damas, en lien avec mes connaissances d’agronomie, d’herboristerie et de pharmacologie arabe, en lien également avec ma fréquentation livresque de ces savants, des hauts-faits et des sociétés de leur époque, de leurs méthodes de travail, de leurs connaissances des peuples rencontrés, de leurs périples dans l’aire d’influence arabo-musulmane médiévale, de l’Andalousie au Moyen-Orient.

Parlez-nous du contexte historique de votre ouvrage.

Je me suis beaucoup intéressée à Ibn Baytar, grand savant andalou, né à Malaga et ayant étudié à Séville. Ce médecin et pharmacologue andalou, spécialiste de botanique, vivait au XIIIe siècle et était contemporain, entre autres personnalités éminentes, du grand philosophe et mystique musulman d’origine andalouse, Ibn Arabi. J’ai donc aussi travaillé sur le XIIIème siècle, qui est une fin d’époque très importante et une période souvent tragique de rupture.

C’est un moment tourmenté et très complexe. En effet, à la fin de la première moitié de ce siècle, la présence arabo-musulmane en Espagne se termine (sauf à Grenade). Les Croisades s’achèvent en Egypte dans le bain de sang de la 9e croisade conduite par Louis IX (Saint Louis). La dynastie ayyoubide va laisser place aux Mamelouks, qui étaient des esclaves venus des lointaines terres d’Asie, déjà dévastées par les invasions mongoles, et que les descendants de Saladin avaient fait leurs gardes personnelles et d’efficaces hommes d’armes. Enfin, arrivent à Bagdad les Mongols qui vont détruire toute la région.

Cette dernière période ayyoubide fut très brillante, avec un foisonnement des sciences arabes, de la littérature et de la poésie, avec la mise en écriture des Mille et Une nuits. Cette période des Croisades est marquée par des conflits souvent sanglants mais aussi par une coexistence malgré tout enrichissante entre chrétiens occidentaux et Arabes de toute confession. Il existait aussi, alors, d’étroits échanges économiques et culturels dans ce monde musulman en pleine évolution avec l’Afrique côtière et profonde, les rives de la Méditerranée, l’Iran et la Chine.

Dans ce monde oriental, l’Occident marchand, diplomatique ou religieux était toujours très présent. A cette époque encore, parmi ces étrangers venus de l’ouest et qui se fréquentaient, existait une forte rivalité entre les Francs et les hommes d’affaires Vénitiens, Génois ou Pisans. C’est encore l’époque des relations particulières et très amicales de la Syrie avec les Royaumes d’Italie méridionale, dont Palerme, qui avait à sa tête le célèbre et très lettré Empereur d’Italie, d’Allemagne et de Jérusalem, bête noire des papes de l’époque, Frédéric de Hohenstaufen. Ces présences, échanges et rivalités eurent bien sûr des répercussions sur l’évolution de l’histoire du Moyen-Orient, région de passage mais aussi région centrale au cœur de l’histoire, et ce depuis des millénaires.

Pourquoi l’intrigue de votre roman se déroule-t-elle à Damas ?

Le Caire, Damas et Bagdad sont des grands centres d’Orient qui accueillirent à toutes les époques les savants de l’aire arabo-musulmane. On connaît quelques détails sur leur établissement dans la région, grâce aux travaux des biographes arabes. Les travaux, recherches, écrits et expériences de ces hommes de science furent subventionnés par les rois descendants du sultan ayyoubide Saladin. Ces rois, souvent très cultivés, accueillaient les savants étrangers et leur permettaient de travailler dans des institutions et établissements afin de poursuivre leurs recherches en botanique, en médecine, en chirurgie et autres domaines. En outre, la population damascène était très accueillante pour les savants. Elle les logeait et leur donnait les moyens de vivre et d’étudier dans leur bonne ville. De même, les grands hôpitaux offraient aux savants et aux herboristes de très bonnes conditions de travail. Ils y côtoyaient les scientifiques locaux. Damas était ainsi une étape intellectuelle obligatoire, sur la route du pèlerinage à La Mecque.

Concernant le personnage d’Ibn Baytar, on ne sait pas beaucoup de choses. On sait qu’il est né vers 1197 à Malaga. Il a, sans doute, accompagné son grand maître en pharmacologie, l’andalou Ibn Abbas al Nabaty, dit al Roumi, qui fit son pèlerinage et travailla un temps en Syrie. Ibn Baytar arriva en Orient en 1220, sans doute avec un groupe de savants fuyant peut-être la Reconquête chrétienne de l’Espagne ou pèlerins en voyage ordinaire. Le pharmacologue, déjà expérimenté et issu d’une famille de savants, était alors un jeune homme d’un peu plus de vingt ans. Comme beaucoup de ces savants, Ibn Baytar se déplaçait beaucoup et s’est intéressé à la flore de toutes les régions dans lesquelles il passait, séjournait et sans doute travaillait. Je l’ai, dans mon roman, installé à Damas car on sait qu’il y vécut quelques années et y rédigea certains de ses travaux, dont le Djami al-Moufridat, un traité présentant sous forme alphabétique des médicaments et des aliments et dont on possède une bonne traduction en français de Lucien Leclerc. Je raconte donc sa vie de savant, dans cette ville, où il arrive en 1240 et y meurt fin 1248 sans jamais avoir revu l’Andalousie.

Comment avez-vous organisé votre roman ?

J’ai voulu rendre hommage à tous ces savants et à leur studieuse vie. Dans mon roman, je fais vivre Ibn Baytar dans une famille de Damas qui, par habitude, reçoit des savants et des voyageurs venus d’ailleurs. L’héroïne autour de laquelle s’organisent leur existence et leur travail est Hasifa, la maîtresse de maison et chef de d’une famille de lettrés. Elle est très cultivée et apprend beaucoup de son père, aveugle, qui est un médecin.

Pour la description de la vie quotidienne dans un monde de grands marchands, de diplomates et de gens ordinaires - femmes des harems, boutiquiers du souk, artisans, esclaves, mercenaires, gens de service - j’ai utilisé les documents de l’époque. En outre, je connais bien Damas et la Syrie, ce qui m’a permis de décrire avec précision les lieux dans lesquels se déroule l’intrigue du roman.

Propos recueillis par Lisa Romeo et Anne-Lucie Chaigne-Oudin

 

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Projet d'accord transatlantique : un nouvel OTAN économique

16 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Projet d'accord transatlantique : un nouvel OTAN économique

Publié le 16 Septembre 2013

Bonjour.
 
La conquête et la vassalisation des états du “vieux continent” s’accélèrent. Notre pays est visé particulièrement par ces objectifs coloniaux. La classe dirigeante (les décideurs) entièrement soumise à l’ordre impérial, poursuit les trahisons et les renoncements. Faire de la République française une coquille vide est une priorité absolue pour nos élites atlantistes et mondialistes (excusez le pléonasme s’il vous plait). L’état nation, seule possibilité de Résistance à l’hégémonie Anglo saxonne, doit être attaqué avec tous les moyens possibles. Le plus efficace est de cantonner sa visibilité au seul Front National afin de permettre aux contempteurs de tous poils, de gauche comme de droite, de détruire toute tentative de pensée critique face à la mondialisation libérale, fut-elle alter.
 
Les fondamentaux de notre indépendance: la langue française, la culture française, l’héritage des lumières, etc..., sont occultés du débat avec la ferme volonté de les reléguer dans les poubelles de l’histoire. Les accords de libre échange, l’Union Européenne, la monnaie unique qu’est l’euro, l’intégration à l’Otan et maintenant les accords transatlantiques, sont autant de preuves de la volonté affichée par nos élites autoproclamées, de dissoudre la France dans l’Empire Atlantique.
 
Le texte du M’PEP permet un éclairage sur cette question d’une brulante actualité.
 
Bien cordialement.
 
Lucien PONS.
 
 
 
PROJET D’ACCORD TRANSATLANTIQUE : UN NOUVEL OTAN ÉCONOMIQUE
 
Communiqué du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 15 septembre 2013.
 
Les États-Unis d’Amérique ont proposé à l’Union européenne un accord commercial bilatéral à l’occasion de la réunion du G8 qui s’est tenue à Lough Erne, en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin 2013. Il n’y aurait rien à redire si ces négociations entre les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne avaient pour objectif de rapprocher les peuples des deux côtés de l’océan. Un tel partenariat, s’il avait pour ambition d’améliorer la prospérité générale, de s’attaquer radicalement aux désastres environnementaux, d’établir des normes de haut niveau en matière de protection sociale, tant du point de vue des soins de santé que de retraites ou de conditions de travail, d’éradiquer définitivement le chômage et la précarité, et donc la pauvreté, susciterait un enthousiasme universel. Il serait un exemple pour le reste du monde.
 
Hélas, comme tous les traités de libre-échange depuis des décennies, non seulement il ne s’agit pas du tout de cela, mais de l’inverse. La décision prise en Irlande les 17 et 18 juin 2013 est monstrueuse à tous égards.
 
(…)
 
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