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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Le terrorisme islamique est une création des États-Unis. Article du Capitaine Martin.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient

Mardi 15 janvier 2013

La puissance médiatique s’est rapidement mise en branle pour apporter son soutien à l’intervention militaire  de la France au Mali. L’article du Time : « the crises in Mali : will french air stries stop the islamiste avance ? » montre décidément que les vieilles ficelles ont toujours cours, en l’occurrence « la guerre au terrorisme ». Le Time soutient que cette intervention a pour but d’empêcher les terroristes islamistes de s’emparer d’une partie de l’Afrique avant d’étendre leur influence jusqu’en Europe. Dans ce même article, le journaliste affirme « qu’il y a une crainte, particulièrement fondée, que le Mali, devenu islamiste radical, menace par-dessus tout la France dans la mesure où la plupart des islamistes sont francophones et qu’ils ont des parents en France. (Des indications issues des milieux du renseignement à Paris laissent entendre que des candidats au djihad, partant de la France pour rejoindre le Mali afin de s’entraîner et y combattre, avaient été identifiés. AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), un des trois groupes qui composent l’alliance islamiste au Mali et qui en constitue une grande partie de l’encadrement, a également désigné la France, la représentante de la puissance occidentale dans la région, comme objectif premier pour les attaques ».

 

Ce que le Time ne raconte pas au lecteur, c’est qu’AQMI est étroitement lié au Groupe islamique combattant en Libye (que la France a soutenu durant l’invasion de la Libye par l’OTAN en 2011, en lui fournissant des armes, assurant sa formation, et l’appuyant même de ses forces spéciales et de ses moyens aériens). Bruce Riedel, qui a travaillé à la CIA de 1977 à 1990 et qui est aujourd’hui un des experts de l’association Brookings Institution, écrivait en août 2011 un article intitulé « l’Algérie sera la prochaine à tomber », dans lequel il prédisait que le succès des coalisés en Libye encouragerait les éléments radicaux en Algérie, et AQMI en particulier. Entre les violences extrémistes et la perspective des frappes aériennes françaises, Riedel espérait en fait voir la chute du gouvernement algérien. Ironie du sort, il observait que « l’Algérie exprimait des préoccupations selon lesquelles la crise libyenne pouvait conduire à la création d’un sanctuaire important pour Al-Qaïda et d’autres extrémistes djihadistes ». Et c’est précisément grâce à l’OTAN que la Libye est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir un refuge sponsorisé par l’OTAN… pour Al-Qaïda. Avec la présence d’AQMI au nord du Mali et la participation française aux frappes dans ce secteur, nous saurons très rapidement si le conflit ne s’étendra pas à l’Algérie limitrophe.

 

Il est à noter que Riedel, qui est coauteur du livre « which path to Persia ? », pousse ouvertement à armer un autre groupe défini comme terroriste par le département d’État américain, l’organisation Mujahedin-e-Khalq, dans le but de provoquer le chaos en Iran et aider à faire pression sur l’administration locale, ce qui illustre clairement l’usage qui peut être fait des formations terroristes dans l’exécution des basses œuvres en matière de politique étrangère des pays occidentaux. 

 

Selon un autre analyste géopolitique, Pepe Escobar, un lien très étroit unit le Groupe islamique combattant en Libye et AQMI. Dans un de ses articles intitulé « How-Qaeda got to rule in Tripoli », il écrit : « le numéro deux d’Al-Qaïda, Zawahiri, a annoncé officiellement la fusion entre les deux groupes. Á partir de là, le Groupe islamique combattant en Libye et AQMI sont les deux faces d’une même pièce, dont Belhadj en est l’émir ».  Abdelhakim Belhadj, chef du Groupe islamique combattant en Libye, a obtenu des armes, de l’argent et la reconnaissance de l’OTAN lors de la tentative de renversement de la Jamahiriya arabe libyenne, et il a depuis jeté le pays dans la guerre civile. Cette intervention a vu aussi l’épicentre de la révolte, Benghazi, se détacher lentement mais sûrement de Tripoli pour devenir une région aujourd’hui semi-autonome, « l’émirat du terrorisme ». La dernière campagne de Belhadj doit probablement se dérouler aux confins de la frontière turco-syrienne, où il participe à la logistique de l’armée syrienne libre… avec la bénédiction de l’OTAN.


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L’intervention des coalisés en Libye a ainsi ressuscité le Groupe islamique combattant en Libye, une formation affiliée à Al-Qaïda. Il avait déjà combattu en Irak et en Afghanistan. Il envoie aujourd’hui des combattants, de l’argent et des armes à partir du Mali vers la Syrie, là encore grâce aux bonnes faveurs de l’OTAN. Le redoutable « califat » dont les néoconservateurs nous ont rebattu les oreilles pendant une bonne dizaine d’années est en train de prendre réellement forme du fait des intrigues menées par les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et Israël… et non de l’islam, régulièrement instrumentalisé par ces derniers.

 

Le Groupe islamique combattant en Libye, qui est en train de mener la bataille en Syrie avec l’assentiment de la diplomatie française, a donc officiellement fusionné avec Al-Qaïda selon lecombatting terrorism center de West Point. Selon ce centre, AQMI et le Groupe islamique combattant en Libye n’ont pas seulement des objectifs idéologiques, mais aussi stratégiques et tactiques. Les armes que le groupe a reçues proviennent d’AQMI et ont probablement passé à travers les frontières poreuses du Sahara et du nord du Mali. En effet, ABC News a relaté dans un article en date du 10 novembre 2011 qu’un important représentant d’un groupe affilié à Al-Qaïda que l’organisation avait fait main basse sur quelques milliers d’armes disparues durant les événements libyens, alimentant les craintes des Occidentaux. « Nous (Al-Qaïda, NDLR)sommes les premiers bénéficiaires des révolutions arabes », a dit à l’agence de presse mauritanienne ANI Mokhtar Belmokhtar, un des leaders nord-africains d’AQMI.

 

Un autre conflit éclatait donc au nord du Mali dès la fin des combats en Libye. Ce n’est pas un hasard. Cela fait partie d’une vaste entreprise préméditée de réorganisation géopolitique qui a commencé avec la chute de Kadhafi. La Libye est utilisée aujourd’hui comme tremplin pour envahir d’autres pays bien ciblés, tels le Mali, l’Algérie et la Syrie. Les terroristes armés jusqu’aux dents, financés et appuyés par l’OTAN, ne sont rien moins que les mercenaires de ce projet. L’Algérie a réussi jusque-là à déjouer les plans subversifs échafaudés par les États-Unis en 2011 dont les révolutions arabes ont été la partie visible de l’iceberg, mais elle n’a certainement pas échappé à l’attention de l’Empire, qui aimerait bien transformer toute une région qui s’étendrait de l’Afrique jusqu’aux abords de Pékin et Moscou, en utilisant les terroristes soit comme casus belli à de futures invasions, soit comme mercenaires de leurs sombres besognes.

 

L’Empire apporte la guerre comme la nuée l’orage. Lui résister, de quelque manière que ce soit, est un véritable acte de Résistance.

 

Capitaine Martin 

 

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Droits humains : Obama dans les pas de Bush. Par Capitaine Martin.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 

Dimanche 6 janvier 2013

Obama dans les pas de BushLe FBI continue de mettre en avant la pratique de l’enlèvement à l’étranger de personnes suspectées de terrorisme, avec à la clé le transfert forcé vers les États-Unis, et ce en marge de toute règle de droit et en violation même des propres lois étasuniennes.

 

C’est le quotidien Washington Post qui a vendu la mèche en relatant le dernier épisode du genre qui a vu trois Européens (deux Suédois et un Britannique) se faire kidnapper dans la petite république africaine de Djibouti parce que suspectés d’être membres d’al-Shabaab, un groupe armé islamiste actif dans la Somalie limitrophe. Le ministre des affaires étrangères suédois a confirmé en août l’arrestation et l’extradition clandestine qui a suivi d’Ali Yashin Ahmed, 23 ans, et de Mohamed Yusuf, 29 ans. Ces deux personnes sont depuis détenues illégalement et régulièrement interrogées par le FBI.

 

Les deux accusés auraient été présentés devant un tribunal de Brooklyn le 21 décembre de l’année dernière. La police fédérale étasunienne a en effet annoncé dans un communiqué la comparution des deux Suédois et du Britannique – Madhi Hashi, 23 ans – devant les juges d’une cour new-yorkaise. Le lieu et les conditions de leur détention n’ont en revanche pas été révélés. Selon l’avocat de Yusuf, il n’y a aucun motif juridique valable pour juger son client aux États-Unis, et les autorités suédoises et britanniques n’ont relevé aucune activité criminelle au cours des déplacements des accusés au Yémen, en Somalie et à Djibouti. Les trois hommes ont été apparemment arrêtés pour un motif futile en août dernier mais une fois sous les verrous, ils ont été interrogés par des agents spéciaux étasuniens. Deux mois après leur arrestation, ils ont été inculpés au cours d’une audience secrète d’une juridiction fédérale à New-York puis transférés dans un lieu tenu là-aussi secret.

 

Djibouti, le petit pays de la corne de l’Afrique contrôlé politiquement et militairement par les États-Unis, héberge la grande base du camp Lemonnier, nœud stratégique d’où partent les drones espions étasuniens et les soi-disant opérations antiterroristes.

 

« Ces enlèvements sont encore plus fréquents qu’avant », affirme à la presse étasunienne Clara Gutteridge, activiste du groupe pour la défense des droits humains « equal justice forum », expliquant que ces détentions secrètes sont utilisées par les États-Unis en complément des raids sanglants toujours plus nombreux effectués au Proche-Orient, en Asie centrale et dans plusieurs contrées africaines. Du reste, Obama s’est bien gardé de fermer le camp de concentration de Guantanamo, où depuis des années des « suspects » kidnappés à travers le monde entier sont déportés, torturés puis interrogés. Malgré les efforts des juristes aux ordres de la Maison blanche, il n’a été possible d’offrir un parcours juridique légal aux personnes suspectées de terrorisme enlevées à l’étranger. Mais rien n’arrête décidément l’Oncle Sam qui pratique, en sus, des bombardements aveugles à l’aide de drones au Pakistan, au Yémen, en Somalie et en Afghanistan. Des armes qui n’existaient pas au temps de Bush… L’ancien président était contraint d’utiliser des équipes au sol, agents spéciaux ou militaires.

 

Le nombre d’enlèvements effectués au terme du premier mandat d’Obama ne fait bien évidemment l’objet d’aucun communiqué officiel. En 2009, malgré la condamnation des agissements de la précédente administration républicaine, Obama a autorisé la poursuite des enlèvements illégaux de suspects en pays étrangers et leur déportation aux États-Unis où ils sont copieusement interrogés. Il paraîtrait néanmoins que les simulacres de noyade ne sont plus d’actualité…

 

Capitaine Martin 

http://www.resistance-politique.fr/article-droits-humains-obama-dans-les-pas-de-bush-114117483.html
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Le démantèlement de l’État social (Znet), un article de Noam Chomsky.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Mes Ami(e)s.

"Vous lirez plus bas des infos et opinions contradictoires que nous ne retrouvons pas dans "nos" médias

et dont nous ne partageons pas forcément toujours le point de vue.

L'hygiène mentale et la voie de la raison consistent à analyser les faits et opinions sous tous leurs angles,

en prenant en compte tous les points de vue, ce qui permet ensuite de décider sa propre opinion, en âme et conscience.

Ce qui manque aujourd'hui dans les pays qui subissent un processus

d'Occidentalisation ....         ou d'Oxydation(?)

C'est donc ce que j'essaie ici de vous offrir en profitant à l'occasion de l'apport de militants des associations participant au

Collectif  "PasEnNotreNom"

EUROPE
4 janvier 2013

Le démantèlement de l’État social (Znet)

le-16-janvier-n-1.jpgNoam CHOMSKY

dessin : Leif Parsons

 

Dans cette interview donnée à Stuart Brown et Chris Gilson, Noam Chomsky analyse les politiques d’austérité en Europe et la montée de l’extrême droite dans des pays comme la Grèce et la France.

 

 

Question : Que signifie pour la démocratie européenne le recours à des gouvernements technocratiques ?

 

Noam Chomsky : Il y a deux problèmes. D’abord cela ne devrait pas arriver, au moins si on croit en la démocratie. Deuxièmement, les politiques qu’ils appliquent sont tout simplement en train de mener l’Europe vers des problèmes de plus en plus graves. L’idée d’imposer l’austérité en temps de récession n’a de toute façon aucun sens. Il y a des problèmes, particulièrement dans les pays du sud de l’Europe, mais en Grèce les problèmes ne sont pas réglés quand on demande au pays de faire baisser sa croissance tout simplement parce que la proportion de la dette par rapport au Produit intérieur brut augmente ; et c’est le résultat des politiques qui ont été menées. Dans le cas de l’Espagne, qui est un cas différent, le pays allait plutôt bien avant le krach, il y avait même un excédent budgétaire. Il y avait des problèmes, mais il s’agissait de problèmes causés par les banques, non par le gouvernement, dont des banques allemandes, qui prêtaient un peu sur le modèle des banques états-uniennes (avec des crédits hypothécaires). Donc le système financier s’est effondré, et l’austérité a été imposée à l’Espagne, la pire des politiques. Cela a fait augmenter le chômage, cela a fait baisser la croissance ; cependant que des financements sont accordés aux banques et aux investisseurs, or cela ne devrait pas être la première inquiétude.

L’Europe a besoin de stimulation – le FMI est un peu de cet avis – et il y a beaucoup de moyens pour stimuler l’économie. L’Europe est une région riche, il y a beaucoup de réserves disponibles pour la Banque centrale européenne. La Bundesbank n’aime guère, les investisseurs n’aiment guère, les banques n’aiment guère, mais ce sont les décisions qui devraient être prises. Certains auteurs dans la presse états-unienne sont même d’accord sur ce point. Si l’Europe ne change pas de politique, il va aller vers davantage de récession. La Commission européenne vient de publier un rapport sur ce que sont ses prévisions pour l’année 2013, une croissance très faible et une augmentation du chômage, lequel est le principal problème. C’est un problème très grave : le chômage est en train de détruire une génération, ce n’est pas une petite affaire. Économiquement c’est étrange. Si les gens sont contraints au chômage alors ce n’est pas seulement extrêmement néfaste d’un point de vue humain – pour l’individu – mais également d’un point de vue économique. Cela signifie que ces gens sont des ressources non utilisées, alors que ces personnes devraient servir pour la croissance et le développement.

Les politiques européennes ne sont compréhensibles que sur la base d’une logique précise : l’objectif est d’essayer d’affaiblir et de démanteler l’État protecteur social. Et cela a presque été dit. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne a donné une interview au Wall Street Journal. Il disait que le contrat social en Europe est mort. Il ne le défendait pas, il faisait une description, mais c’est le résultat de choix politiques. Peut-être pas « mort », c’est une exagération, mais il est menacé.

 

Question : La montée de l’extrême droite dans des pays comme la Grèce et la France est juste un symptôme supplémentaire de la crise de la zone euro ?

 

Noam Chomsky : Ça ne fait pas de doute. En Grèce c’est évident, bien qu’en France c’est déjà assez ancien. C’est basé sur l’anti-islamisme, le racisme anti-musulman. En fait ça même au-delà de ça en France. Il y a des choses dont on ne parle même pas, à ma grande surprise. Supposez que la France aujourd’hui commence à expulser des Juifs pour les envoyer vers un lieu où ils subiraient des attaques, seraient réprimés, contraints à la pauvreté et à la misère. Vous ne pouvez même pas imaginer le tollé que cela provoquerait. Or c’est exactement ce que fait la France : non pas au Juifs, mais aux Roms, lesquels ont été traités à peu près comme les Juifs par les nazis. Ils ont été des victimes de l’Holocauste. On les oblige à repartir en Roumanie et en Hongrie où les attend un futur de misère, et on n’en parle guère. Et il ne s’agit pas de l’extrême droite, c’est consensuel, quelque chose de remarquable de mon point de vue.

Mais le développement de l’extrême droite est effrayant en Europe. L’Allemagne connaît quelque chose d’équivalent. Par exemple il y a des groupes néo-nazis en Allemagne, bien qu’ils ne s’appellent pas eux-mêmes des néo-nazis, qui s’organisent maintenant pour faire condamner le bombardement de Dresde, affirmant que 250 000 personnes ont été tuées, chiffre dix fois supérieur à la réalité. Bon, je pense que le bombardement de Dresde était effectivement criminel – un crime majeur – mais non pas dans le sens où ces néo-nazis l’utilisent. Si vous allez un peu plus à l’est, la Hongrie, la semaine dernière un député, Zsolt Barath du parti d’extrême droite Jobbik, a fait un discours scandaleux dans lequel il dénonçait la présence de Juifs aux postes de décision : « Nous devons en faire la liste, les identifier, et nous débarrasser de ce cancer », ce genre de choses… Vous savez je suis assez vieux pour avoir des souvenirs personnels identiques à cela qui remontent aux années 1930, mais nous savons tous ce que cela signifie. Cela se produit dans de nombreuses régions d’Europe – et cela se traduit principalement par le racisme anti-musulman – et c’est un phénomène effrayant.

 

Question : À court terme, pensez-vous que l’Europe puisse trouver une issue à la crise ?

Noam Chomsky : Actuellement la zone euro ne fait que reporter ses problèmes, elle ne les règle pas. La zone euro, à mon avis, est quelque chose de globalement positif, mais elle est gérée d’une telle façon qu’elle rend difficile la concrétisation d’une belle promesse. On est généralement pour dire qu’il devrait y avoir davantage d’unité politique. Vous ne pouvez pas avoir un système dans lequel les pays ne peuvent pas contrôler leur propre monnaie, dans lequel on impose l’austérité aux pays, lesquels ne peuvent alors pas prendre les mesures que prendrait tout pays en situation de crise économique. C’est juste une situation impossible, et il faut régler ce problème.

Il faudrait aussi reconnaître que l’Europe souffre dans une certaine mesure de sa relative humanité. Si vous comparez l’Europe à l’Amérique du Nord, la monnaie unique a été introduite à peu près lors de l’établissement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais les deux processus ont été conduits de façons très différentes. Avant que les États les plus pauvres ne soient introduits dans le projet européen des efforts avaient été faits pour élever leurs niveaux par une variété de procédés, en employant des réformes, des subventions, d’autres mesures. Cela avait été fait de telle sorte qu’ils ne portent pas atteinte à l’emploi et aux niveaux de vie des travailleurs dans les pays européens les plus développés. C’est une façon plutôt humaine d’aller vers l’intégration. Aux États-Unis une chose assez similaire était proposée par le mouvement syndical états-unien, y y compris même par le bureau d’investigation de Congrès états-unien, mais cela avait été écarté sans commentaire. Le Mexique a donc été intégré d’une façon qui a été plutôt néfaste pour les Mexicains et aussi pour les travailleurs états-uniens et canadiens.

 

L’Europe souffre de cela, en fait, le takfirisme pseudo-islamique

 

Noam Chomsky

Le 23 décembre 2012.

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Nationalisation, socialistes et national-socialisme. Un excellent texte d'Yves.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour.

 

Excellent texte! Le rappel à l'histoire est particulièrement pertinent. Il faudrait le diffuser massivement,  Il pourrait aider certains d'entre nous à ouvrir les yeux.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

 Lucien PONS

 

 

 

 

Nationalisation, socialistes et national-socialisme

Après de multiples coups de théâtre, et le désaveu d’un de ses ministres, le gouvernement socialiste fidèle aux principes du PS, a fini par écarter la solution de la nationalisation de Florange.

Pour l’histoire, je tiens à rappeler qu'en 1946 ce sont les nationalisations menées par les ministres communistes nommés par le général De Gaulle, en cohérence avec les propositions du Conseil National de la Résistance, qui ont permis à la France de se sortir formidablement d'une situation difficile d'après-guerre. Déjà les socialistes en la personne de Robert Lacoste alors ministre de la production industrielle étaient opposés au programme de nationalisation de l’électricité proposé par le CNR. En mars les socialistes déposèrent à l’assemblée une proposition dite de ‘’socialisation de l’électricité’’.

Ce plan qui avait pour but de contrer celui du CNR, ne concernait que les secteurs de la production et du transport de l’électricité. Il ne comprenait pas ceux de la distribution et du gaz qui étaient pourtant des secteurs juteux.

Grace à la pugnacité des membres du CNR et de Marcel Paul qui sortait à peine de Buchenwald, les Industries Electriques et Gazières étaient finalement nationalisées, distribution et gaz compris, avec succès.

Comment se fait-il que ce qui était possible alors qu’il fallait tout reconstruire, ne le serait plus aujourd'hui ?

Lorsqu’EDF-GDF étaient nationalisés les tarifs de l’énergie étaient parmi les plus faibles d’Europe avec une qualité de fourniture hors pair. En 2004 après la privatisation de ces deux entreprises, les tarifs du gaz ont explosé et la qualité de fourniture et de service à l’abonné, devenu client, n’a fait que se détériorer.

Pour info : le prix du gaz a augmenté de 70% de 2005 à 2012, grâce aux ‘’bienfaits’’ du libre-échange et de la libre concurrence.

Comment des ministres socialistes peuvent-ils saborder les espoirs, des salariés de Florange et des salariés en général, en déclarant que l'état n'est pas un bon gestionnaire, alors qu’ils disaient le contraire pendant la campagne électorale, et qu’ils savent très bien que l’histoire a démontré l’inverse ? Est-ce l’ivresse ?

En 1946 on a confisqué les biens des entreprises scélérates pourquoi ne pas en faire autant aujourd’hui ?

Il est vrai que dernièrement les socialistes ont adopté main dans la main et avec la droite, le TSCG (Traité sur la Stabilité la Coordination et la gouvernance) Ce traité qui est une vraie fumisterie, une remise en cause sans précédent de nos institutions démocratiques, limite les moyens d’action d’une nation, notamment en lui interdisant toute intervention du type nationalisation.

 Pour autant, je tiens à insister sur le fait qu’un état à condition qu’il le décide est souverain, et qu’à l’instar de plusieurs pays d’Amérique latine qui ont envoyé dans les roses le FMI et la Banque mondiale, ce qui leur a permis de sortir la tête de l’eau, la France pourrait lorsque son intégrité est mise en cause, faire agir sa souveraineté cesser d’être le vassal de l’Union Européenne, et sortir….. Sa tête de veau.

Drôle de logique que celle de l’UE, qui permet à certains états membres de refuser l’euro, mais qui ne permet pas à la France de sauver sa sidérurgie en nationalisant.

Pourquoi laisser tomber la sidérurgie en France alors que nous sommes considérés comme étant à la pointe de cette technique ?

La réponse à toutes ces questions est que nos dirigeants sont tous asservis à la politique ultralibérale imposée par l’Europe, voire même si l’on regarde un peu plus loin, à celle des USA qui souhaitent réaliser le GMT (Grand Marché Transatlantique) le pendant Européen de L’ALENA (Accord de Libre Echange des Etats Nord-Américains). Le GMT leur permettrait notamment, de noyer l’Europe de leur camelote grâce à une facilité d’échange accrue par une réglementation simplifiée….à leur avantage ! Car après avoir démolis à coup de normes et de directives nos élevages, notre agriculture, notre pêche, notre viticulture, nos industries, etc., etc. La voie du libre-échange à sens unique leur serait grande ouverte.

Paradoxalement, si cette politique ultralibérale du libre-échange et de la libre concurrence, n’oppose aucun problème à un état lorsqu’il intervient pour aider les grandes entreprises et les banques privées avec les deniers publics, elle ne supporte pas qu’un état intervienne en nationalisant une entreprise, qui après avoir gâché les aides publiques largement consenties, et après avoir bien enrichi ses actionnaires et son PDG, se contente de délocaliser, envoyant ses salariés à la pêche….activité qui d’ailleurs, ne se porte pas au mieux.

Pour résumer, cette politique permet à un état de renflouer les finances d’une grande entreprise ou d’une grande banque, mais elle ne lui permet pas de leur demander des comptes et encore moins de les sanctionner.

Pour ce qui est de la sidérurgie Française, compte tenu du savoir-faire reconnu, de l’autonomie qu’elle peut donner à la France en matière d’acier (une des matières premières la plus utilisée) et du bassin d’emplois qu’elle génère en tenant compte des sous-traitants, l’état Français aurait tout à gagner de son maintien voire de son développement.

Le problème, c’est que le capitalisme est mondialisé et que le maintien de la sidérurgie Française dont la technicité est reconnue, peut créer une sérieuse concurrence néfaste à ses intérêts, cela même en exploitant une main d’œuvre pas chère dans des pays où le droit des salariés est parfois réduit à néant. Le danger serait encore plus évident si la sidérurgie Française était nationalisée.

 D’ailleurs les Etats Unis ne s’y trompent pas. Ils interviennent beaucoup plus qu’on ne le croit dans nos affaires et notamment grâce à la construction européenne qu’ils encouragent (Il est plus aisé d’influer sur une union de nations que sur plusieurs nations séparées) Pour eux la nationalisation est associée à une forme de protectionnisme et au-delà du problème idéologique, contraire à leurs intérêts économiques.

Si on regarde un peu l’histoire, l’idée d’une union européenne a même été initiée par l’oncle SAM. Voir le 3eme des ‘’14 points de WILSON’’, prononcés devant le congrès des états Unis le 8 janvier 1918 par le président Woodrow WILSON.

‘’ Retrait, autant que possible de toutes les barrières économiques, et établissement d’une égalité des conditions de commerce parmi toutes les nations désirant la paix et s’associant pour la maintenir’’

C’était en 1918, mais avouez qu’il y a pas mal de ressemblance avec certains passages du Traité de Constitution Européenne que nous avions rejeté en mai 2005, et l’idée destructrice pour la classe ouvrière du ‘’marché libre non faussé et de la libre concurrence’’. Il y avait déjà la petite dose de paix pour que ça passe mieux.

Les USA ont d’ailleurs fortement influencé, afin que l’Allemagne instigatrice et grande perdante de la 1ere guerre mondiale, n’ait pas à payer les dégâts qu’elle avait causés et pour lesquels elle avait été condamnée. Ceci eut pour effet, un réarmement plus rapide de celle-ci, en vue de préparer la seconde guerre mondiale…..Quelques années plus tard donc, après avoir ôté la pointe des casques de ses soldats et avoir transformé ses aimables Sections d’Assaut (S.A) en délicates mais non moins actives Schutzstaffel (S.S), sa frénésie de tourisme la conduisit à nouveau dans nos frontières, qu’elle franchit avec une aisance plutôt suspecte.

Drôles d’alliés ces Américains ! Drôle de guerre……

Pour en revenir à nos moutons, je pense que le gouvernement actuel joue avec le feu en laissant une bonne tribune à un Front National qui profite de l'aubaine, et qui dans un rôle de ‘’décomposition’’ opportuniste, défend corps et âme le principe de la nationalisation de Florange. On aura tout vu !

Je remercie l'extrême droite voire la droite, d’évoquer la nationalisation comme possibilité, mais pour autant que je sache elles ont toujours été au service du grand capitalisme et des grands patrons, et les nationalisations n'ont jamais été leur tasse de thé !

Il est vrai toutefois, que l’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre et que désirant attirer les pauvres marins perdus, les sirènes déguisent parfois leur voix pour mieux chanter.

Une petite dose de xénophobie en plus sur le principe du bouc émissaire, et ça marche....sur les pas d'un certain Parti National Socialiste des Travailleurs....plus connu comme parti Nazi....vous vous zouvenez ?...........

 1933….En Allemagne !

Un certain Adolph, promettait le bonheur aux travailleurs, mais je crois qu’en matière de nationalisation, il n’a pas nationalisé grand-chose……….. À part peut-être les camps de concentration.

La situation actuelle présente pas mal d’analogies avec la phase qui précéda la période noire. La monté de l’extrême droite européenne est réelle, voir l’exemple de la Hongrie, mais aussi l’Autriche, la Hollande etc...

Cette évolution inquiétante s’appuie sur l’abandon par tous les gouvernements de l’intérêt des populations à l’avantage des gros intérêts financiers. Les peuples n’en peuvent plus, et la tentation simpliste de l’extrême droite fait son travail.

Enfin je me permets un petit conseil :

Méfiez-vous des apparences. Même lorsqu’elle n’a pas de moustache, et même lorsqu’elle a un physique de Miss France (je parle de la petite fille bien sûr), l’extrême droite est toujours l’extrême droite.

Bien sûr il faut défendre Florange, mais surtout, il faut défendre les travailleurs de partout où ils sont mis en difficulté, et leur faire prendre conscience des dangers de certaines dérives opportunistes dont ils feront les frais.

Faisons agir notre mémoire collective, elle est le meilleur vaccin contre la peste brune qui se développe dès que la misère et l’ignorance pointent le bout de leur nez.

 Yves Cimbolini.

 Le 08 Janvier 2013

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« Flexisécurité »: FO et CGT s’adressent aux parlementaires.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le syndicalisme

Après l’accord Medef-CFDT-CFTC-CGC, sur la « flexisécurité », le gouvernement a annoncé sa transposition dans une loi.

Bernard Thibaud a déclaré que la CGT va tout faire pour convaincre le législateur que ce texte « est de nature à faciliter les suppressions d’emplois et donc à contribuer à une élévation du chômage ». Le bureau confédéral CGT a précisé : « il serait inconcevable que la majorité parlementaire et le gouvernement issu des élections de mai 2012 entérinent dans la loi les reculs sociaux dictés par le Medef ».

Le bureau Confédéral de la Cgt-FO a pour sa part confirmé son opposition à cet accord : « le projet d’accord inscrit le social comme variable d’ajustement d’une politique économique de rigueur tant au plan national qu’européen ». Il constitue « une remise en cause importante des droits des salariés ». FO « entend intervenir auprès du gouvernement et du Parlement pour faire valoir ses positions ».

Ces deux syndicats vont organiser, chacun pour leur part, une large information des salariés pour faire connaître le contenu de cet accord, afin de permettre aux salariés de juger de sa réalité. Pour la CGT, les organisations « qui ont annoncé qu’elles ne signeront pas le texte ont une influence plus importante auprès des salariés que les syndicats qui ont annoncé leur signature ».

filet pointilles gris

 

L'éditorial d'Informations Ouvrières

Le gouvernement voulait un « compromis historique ». C’est raté : l’accord interprofessionnel du vendredi 11 janvier sur la « compétitivité des entreprises » et la « sécurisation de l’emploi »  n’a été signé ni par la CGT ni par FO.

On lira dans Informations Ouvrières du 17 janvier l’éditorial de D. Gluckstein ainsi qu’un important dossier consacré à cet accord .Outre l’analyse de ses principales dispositions et un communiqué du syndicat des avocats de France, il donne la parole à des syndicalistes:

-  un des initiateurs de la conférence du 1er décembre, syndicaliste FO, qui souligne:  “La CGT et FO n’ont pas ratifié cet accord. C’est un vrai désaveu pour le gouvernement »

- ainsi qu’à un inspecteur du travail syndicaliste CGT: “Honte à la CFDT ! C’est la faillite de son syndicalisme d’accompagnement” et ajoute“Quel militant pourrait comprendre que, à nouveau, nous renouions avec les dirigeants de la CFDT au nom du “syndicalisme rassemblé” ?

 

http://parti-ouvrier-independant.fr/2013/01/15/flexisecurite-fo-et-cgt-sadressent-aux-parlementaires/

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LA CHARIA ET SES REGISTRES.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Culture

 

LA CHARIA ET SES REGISTRES



Selon l'auteur de l'article, le livre, coordonné par Baudouin Dupret, s’attache à décrire les variations complexes de la normativité islamique par rapport au droit. La première partie contextualise la charia des points de vue historiques, philosophiques, politiques, discursifs et normatifs. La deuxième partie explore plusieurs pays arabes (Égypte, Syrie, Liban, Maroc et Tunisie). La troisième partie s’intéresse aux expériences musulmanes non arabes (Iran, Pakistan, Indonésie et Sénégal). Et la quatrième partie analyse les champs de la référence islamique dans le domaine occidental (Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne et Amérique du Nord).

A propos du livre : La charia aujourd'hui

charia 1A propos du livre dirigé par Baudouin Dupret, directeur de recherche au CNRS et directeur du CJB, par Pierre Coopman

La Revue nouvelle, n°12, décembre 2012

 

La charia, que l’on peut traduire par la « voie », n’est pas un code, à l’exemple du code Napoléon. Ce n’est pas un livre, mais un champ d’interprétations juridiques et éthiques des écritures islamiques  : le Coran et la sunna (la tradition du prophète) rapportée au travers des hadith. Stricto sensu, seules les interprétations formulées par les savants musulmans qui ont légué leur nom aux écoles (madhhab) des différents courants de l’islam (sunnite, chiite et kharidjite) constituent le fiqh, l’ensemble des jurisprudences islamiques, et le moyen de connaissance de la charia, autrement dit du « fil conducteur de la vie », du « chemin à suivre ». Mais les formes coutumières d’organisation sociale des communautés musulmanes et les lois en vigueur dans les États musulmans (la « positivisation » de la normativité islamique) viennent s’ajouter au fiqh dans une composition hétéroclite de dispositions qui, bien souvent, alimente l’incertitude autour du concept à géométrie variable qu’est la charia.

Il s’agit là de quelques fondamentaux qu’il faut avoir compris pour aborder le livre coordonné par Baudouin Dupret [1], actuellement directeur du Centre Jacques-Berque à Rabat, au Maroc. On appréhende dès lors mieux pourquoi, dès les premières lignes de l’ouvrage, le « droit musulman » est présenté comme une « catégorie sociale » et une « construction ». Baudouin Dupret et Léon Buskens (université de Leiden) écrivent dans l’introduction que « le débat sur la question de ce qu’est ou n’est pas le droit islamique n’a aucun sens. Si le droit musulman exerce une autorité, ce n’est pas de manière inhérente, mais de façon circonstancielle et contextuelle. Autrement dit, le droit musulman n’a pas d’autorité en soi ; il correspond à des situations ponctuelles où les gens s’orientent vers quelque chose qu’ils identifient comme étant du droit fondé religieusement et dont ils reconnaissent l’autorité, participant de ce fait aussi bien à la production de cette autorité qu’à sa réactualisation ».

Le livre s’attache à décrire les variations complexes de la normativité islamique par rapport au droit. La première partie contextualise la charia des points de vue historiques, philosophiques, politiques, discursifs et normatifs. La deuxième partie explore plusieurs pays arabes (Égypte, Syrie, Liban, Maroc et Tunisie). La troisième partie s’intéresse aux expériences musulmanes non arabes (Iran, Pakistan, Indonésie et Sénégal). Et la quatrième partie analyse les champs de la référence islamique dans le domaine occidental (Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne et Amérique du Nord).

Registres de la charia (première partie)

Replaçant la charia dans un cadre historique, Robert Gleave, professeur à l’université d’Exeter, au Royaume-Uni, s’étonne de l’usage qu’en font « les journalistes, les politiciens et même les collègues ». Pour cet expert de la pensée juridique musulmane, il est particulièrement inquiétant d’entendre ou de lire des affirmations du style « la charia dit ceci » ou « la charia exige cela ». C’est une vente au rabais de la charia, car à l’époque classique, elle était jugée inconnaissable : « Toute personne prétendant connaitre la charia s’élevait, pour la plupart des jurisconsultes musulmans classiques, au rang de Dieu, commettant de la sorte le péché (et le crime) d’associationnisme (shirk). »

Le moyen de tenter d’approcher la connaissance était laissé à l’ijtihad, l’interprétation, nécessitant un interprète reconnu, un moujtahid, c’est-à-dire qu’une règle juridique ne pouvait être liée qu’à l’interprétation d’un savant habilité à émettre une norme qui reflétait son opinion, mais en aucun cas sa connaissance définitive.

Si on suit Robert Gleave dans sa perspective historique, le réductionnisme de la charia n’est pas qu’une affaire de journalistes occidentaux. L’opacité transcendantale de la loi divine a heurté le discours de l’État nation en terre musulmane : « L’imprécision des ijtihads du passé fut mise en cause pour son incapacité à proposer une réponse intellectuelle adéquate à l’impérialisme occidental. » De plus en plus, des savants musulmans modernes - surtout sunnites - ont prétendu pouvoir trouver une règle de Dieu ne prêtant pas à la controverse.

Vu sous l’angle philosophique et de la théologie politique comparée, Marinos Diamantidis, professeur à l’université de Londres, rattache pourtant résolument cet appauvrissement de la charia à un « pseudo-immanentisme idolâtre chargé de mythes chrétiens », qui a servi de substrat à l’établissement, dans les pays musulmans et dans le monde entier, d’institutions politiques modernes suivant un canevas européen. La réponse pour lutter contre l’impérialisme, telle que décrite par Robert Gleave, était donc tout à fait inadéquate, d’après le raisonnement de Marinos Diamantidis, qui renvoie dos-à-dos les islamistes et les libéraux musulmans souhaitant « continuer la trajectoire de l’histoire théo-politique européenne ».

Affirmation sibylline : l’usage moderne de la charia est politique. Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS, explique que lorsqu’une personne publique se réfère à la loi divine, sans exclure la conviction personnelle, c’est en général parce qu’elle sait pouvoir compter sur une large adhésion, à partir de valeurs qui font sens commun. Par exemple, lorsqu’un homme politique réclame l’interdiction de la vente d’alcool au nom des prescrits de Dieu, « il énonce une position politique qui lui est profitable parce qu’elle correspond selon lui à une attente de l’opinion [...] Ce calcul n’est toutefois possible que si, indépendamment de la nature de la proposition qu’il soutient, le système de référence est crédible, c’est-à-dire si le jeu de langage religieux est largement disséminé ; et il n’existe aucune raison pour exclure à priori que ce jeu de langage fasse partie de sa vie ». Jean Noël Ferrié s’écarte légèrement des analyses de Gleave et de Diamantidis déplorant le cloisonnement d’une charia moderne prétendue connue et irrévocable : « La loi divine se définit moins par un contenu stable connaissable [...] que par l’attitude qui consiste à dire et à faire comme les autres dans certains domaines, à propos des choses sérieuses. C’est un autre nom du conformisme prudentiel et c’est un moyen de le consolider en se référant à quelque chose qu’il est difficile de critiquer d’un cœur léger : le prescrit divin. [...] » Certes, tout le monde ne trouve pas la référence à la charia crédible pour les mêmes raisons ou sur la base du même contenu. Mais elle est une « référence respectable que chacun peu s’approprier à ses propres fins » et « il n’est pas étonnant que les références respectables servent à faire de la politique ».

Avec Franck Frégosi, également directeur de recherche au CNRS, l’on explore les modulations discursives des figures de l’islam européen, où le lien à la charia est constant, mais avec des objectifs différents : pour l’universitaire arabisant Yahya Michot, la charia est signe d’élection et d’excellence, allant jusqu’à revendiquer « la part de violence nécessaire induite par l’observation de la législation islamique » (page67) ; d’autres penseurs comme l’imam Tareq Oubrou évoquent à leur manière la charia afin de promouvoir « un islam émancipé de la lettre de sa loi ». Tareq Oubrou suggère « d’émanciper la charia de tout système politique à priori (État islamique, califat), comme condition de son élaboration ». D’autres figures encore, récusent la charia, tel l’homme de médias Abdelwahhab Meddeb, pour qui l’Europe est le lieu idéal d’un rayonnement post-islamique « en abolissant toute référence à la charia ». Mais même les tenants d’une mise à l’écart de la charia « ne peuvent manquer d’inscrire leur propos dans une optique restauratrice d’un islam originel », note Franck Frégosi.

Il existe également un courant qui privilégie une « sublimation de la charia », théorisée par l’islamologue français Éric Geoffroy, spécialiste du soufisme. L’on prône ici « la sortie du juridisme galopant... d’un formalisme sclérosant ». La charia devient alors le retour à l’étymologie, à la voie, au chemin, et rejette la notion de « code figé ».

La position médiane, dans un contexte discursif européen, défend une application pragmatique de la charia en contexte non musulman, dans le respect des droits étatiques européens : « Cela se traduit concrètement par la préservation des prescriptions relatives au culte et l’abandon des règles islamiques du droit public, du droit pénal et d’une partie des dispositions relatives au mariage à l’héritage et au commerce. » On retrouve là l’enseignement du très connu Tariq Ramadan qui, au-delà de ses opinions sur l’application du champ de la loi, met surtout l’accent sur la redécouverte de la fierté d’être musulman, la fidélité à une dimension spirituelle, l’engagement social fort.

Expériences arabes (deuxième partie)

« La plupart des États arabes contemporains à majorité musulmane ont inséré dans leur Constitution ou loi fondamentale des dispositions faisant référence à l’islam ou à la loi islamique », rappelle la juriste Nathalie Bernard-Maugiron dans son article de la première partie consacré à la place de la charia dans la hiérarchie des normes. Les révoltes arabes des années 2010 et 2011 ont provoqué des bouleversements à la suite desquels trois pays (Tunisie, Libye, Égypte) ont à ce jour engagé un processus d’Assemblée constituante. Les recherches restituées dans la deuxième partie de l’ouvrage ont analysé les contextes précédant les révoltes arabes. Elles permettront néanmoins de mieux comprendre les évolutions futures qui seront indubitablement marquées du sceau de la référence à la charia.

Nathalie Bernard-Maugiron consacre un second article à l’Égypte, où c’est à la Haute Cour constitutionnelle qu’il revient de contrôler la conformité des lois avec les principes de la charia. Mais là, comme dans la plupart des États arabes, la référence constitutionnelle à la charia ne signifie pas forcément que celle-ci ait une influence prépondérante sur le droit positif, hormis pour le droit de la famille (aussi appelé « statut personnel »). Malgré les efforts des législateurs égyptiens de décourager la répudiation et la polygamie, « un grand nombre d’inégalités entre l’homme et la femme subsistent », surtout en matière de divorce, de remariage et de garde des enfants. La difficulté provient du poids symbolique du droit de la famille, perçu comme dernier rempart de l’identité musulmane. Pour introduire des réformes, il faut souvent réussir à « les présenter comme les résultats d’un processus interne [...] issus du droit musulman et respectant les droits de l’islam ».

La configuration confessionnelle de l’Égypte donne aussi lieu à certaines particularités. Nathalie Bernard-Maugiron explique qu’en matière de divorce, « la loi de statut personnel des non-musulmans ne s’appliquera que si les deux époux sont de la même communauté et du même rite, par exemple s’ils sont tous les deux coptes orthodoxes ». En cas de divorce d’époux chrétiens de rite identique, on assiste à de nombreuses conversions d’au moins un des deux époux à un autre rite chrétien et parfois à l’islam, dans le seul but de se faire appliquer les lois de statut personnel valant pour les musulmans : « La différence de rite entre les époux entrainera l’application de la loi du statut personnel des musulmans et facilitera donc la dissolution du mariage, puisque cette loi prévoit des cas d’ouverture du divorce plus nombreux que les lois des non-musulmans. »

Les conversions de musulmans à la chrétienté, par contre, ne sont généralement pas admises du point de vue de la légalité publique, sauf exception. Cela pose régulièrement problème aux divorcés convertis circonstanciels à l’islam et désirant retourner à la chrétienté. Nathalie Bernard-Maugiron cite également une affaire de refus de modifier l’affiliation religieuse de musulmans d’origine convertis au christianisme au nom de la protection de l’« ordre public ». La charia devient ainsi « la référence suprême de l’ordre public ». Elle se dégage de la jurisprudence des juges « par le biais de leur recours à la notion d’ordre public ». Dans l’exemple cité, le juge statuera que : « Quiconque est entré dans l’islam et a pratiqué ses rites ne peut en sortir car c’est le sceau des religions, et ce principe fait partie de l’ordre public. »

Depuis le procès en apostasie de l’universitaire Hamid Abu Zayd, en 1996, une loi en Égypte règlemente la hisba. Cette règle du fiqh, qui n’aurait pas d’origine coranique, permet à un musulman d’introduire des poursuites contre quiconque « aurait porté préjudice à l’islam ». Au début des années 1990, un juriste avait déposé plainte devant une juridiction inférieure sur le statut personnel, réclamant le divorce des époux Abu Zayd, une femme musulmane ne pouvant être mariée à un apostat. La Cour d’appel du Caire s’était exprimée en faveur du plaignant. Le professeur Abu Zayd et sa femme partirent en exil au Pays-Bas.

En 1996, face à la multiplication de ce genre d’affaires, notamment contre le cinéaste Youssef Chahine, le législateur égyptien a limité le pourvoi en hisba au seul parquet général : « Tout individu désireux de déposer un recours en hisba en matière de statut personnel doit désormais saisir le parquet [...] en codifiant la procédure de hisba, le législateur a donc voulu en reprendre le contrôle et en limiter les cas d’application, sans toutefois en interdire le recours ».

Mis à part ces quelques exemples marquants et parfois très médiatisés (comme l’affaire Abu Zayd), très peu de références juridiques à la charia - sauf dans certaines procédures au pénal et au civil - ont été positivées en Égypte.

Moins encore au Liban, où, comme l’explique le sociologue Samer Ghamroun, la charia est une loi valant uniquement pour les communautés musulmanes et uniquement dans les affaires de statut personnel. Elle s’introduit parfois dans les débats judiciaires, comme pour l’affaire du musicien Marcel Khalife, acquitté en 1999, au terme de poursuites engagées par les autorités sunnites, qui lui reprochaient d’avoir chanté des extraits d’un poème du Palestinien Mahmoud Darwich reprenant un verset du Coran. En matière de statut personnel, « la référence à la charia est la ligne normative de défense pour la préservation du statuquo juridique communautaire »... On le constate dans quelques litiges concernant des gardes d’enfants et dans les débats sur le mariage civil. Le pays du cèdre reconnait les mariages civils contractés à l’étranger, mais seul le mariage religieux est autorisé sur le territoire national. La question de l’institution du mariage civil sur le sol libanais « cristallise contre elle une opposition multicommunautaire, largement dominée par la voix de certains leadeurs sunnites ». Le mufti de la République a déclaré que le mariage civil au Liban serait une « agression contre la charia » et une « violation catégorique des enseignements du Coran et de la tradition ».

Dans la Syrie baathiste, théoriquement vouée à la « lutte nationaliste et séculariste », le président de la République doit être musulman. Les références à la charia et au fiqh parsèment les textes législatifs et les décisions judiciaires. Pour les musulmans (sunnites, chiites, alaouites et ismaéliens) et les Syriennes non musulmanes mariées à un musulman, les affaires de statut personnel sont traitées dans les tribunaux de première instance de la charia. « Bien qu’environ 14% des juges syriens soient des femmes, aucune ne préside les tribunaux de la charia, et ce en dépit du fait qu’aucune loi ne l’interdise explicitement », constate la chercheuse Jessica Carlisle. Via le ministère des Affaires religieuses, l’État syrien a exercé un contrôle assez serré sur les mosquées et les écoles. « La référence à la charia reste dominée par l’État, qui est lui-même guidé par des objectifs politiquement conservateurs », conclut Jessica Carlisle.

La configuration syrienne se retrouve à peu près dans la Tunisie des présidents Habib Bourguiba et Zine Al-Abidine Ben Ali, présentée par la professeure Monia Ben Jemia : « [...] une logique d’islam d’État permettant d’assurer un monopole sur la religion. » L’étatisation de la religion conduisant « progressivement le pouvoir en place à une logique d’instrumentalisation, qui lui permet de ne pas ternir sa façade séculière et moderniste et, en même temps, de flatter le sentiment religieux de sa population ».

Paradoxalement, le système monarchique marocain de la « Commanderie des croyants », tel que présenté par Mohammed Mouaqit, de l’université de Casablanca, « tend à exercer plus aisément une force d’endiguement de la contrainte idéologique et culturelle de la normativité de la charia que dans les États où cette symbolique est moins forte ou faible. Là où, comme au Maroc, [la Commanderie des croyants] est forte dans la configuration institutionnelle de l’État, la normativité de la charia est moins déterminante dans l’ordre juridique et politique, comme si la force de la première avait un effet compensatoire de la faiblesse de la seconde. Inversement, là où la symbolique de la commanderie islamique est absente dans la configuration institutionnelle de l’État, la normativité de la charia tend à se faire formellement plus contraignante sur l’ordre juridique et politique, comme si le renforcement de cette dernière voulait produire un effet compensatoire de la faiblesse de la symbolique islamique de l’État dans l’incarnation de sa “commanderie” ».

Mohammed Mouaqit explique que l’ordre politique centré autour de la Commanderie des croyants rend la normativité de la charia moins déterminante. Un contexte qui donne lieu à des revendications réformistes détonnant avec les jugements anti-charia d’une lecture occidentalo-centrée, puisqu’au Maroc, une dissociation de la charia et du fiqh a pu être revendiquée, « la première étant considérée comme plus susceptible d’une évolution féministe ».

Au-delà, à la marge et dans l’altérité (troisième et quatrième parties)

En dehors de l’espace arabe, la place réservée à la charia peut être « quasi nulle, très indirecte ou totalement centrale ». Le livre contient, dans ses troisième et quatrième parties des textes très intéressants sur le Pakistan (Muhammad Khalid Masud), l’Indonésie (Ayang Utriza), les Pays-Bas (Maaike Voorhoeve), l’Amérique du Nord (Nadia Marzouki) et l’Allemagne (Merih Kütüh, Kathrin Vorholzer, Jörn Thoelmann), que nous ne recensons malheureusement pas ici, pour nous concentrer sur les présentations des cas iranien, sénégalais et belge.

En Iran, majoritairement chiite, la référence religieuse jouait déjà un rôle prépondérant avant la révolution islamique de 1979. Avec le renversement de la dynastie Pahlavi, l’Iran devint officiellement une république religieuse. Ardechir Amir-Arjomand, professeur à la faculté de droit de l’université de Téhéran, explique que les traditionalistes iraniens, qui détiennent le pouvoir dans le système judiciaire, font une lecture de la charia et de la Constitution incompatible avec les principes de l’État de droit, puisqu’elle consacre l’absolutisme du faqih (le guide des musulmans). Le faqih est légitimé par la charia et la Constitution est légitimée par lefaqih. Ce dernier est au-dessus des lois humaines puisque son pouvoir n’est restreint que par la loi divine. La charia n’étant pas un corpus délimité et la plus haute autorité de l’État se revendiquant de la charia, Ardechir Amir-Arjomand en déduit que « le pouvoir de l’État n’est pas limité et les rapports entre l’État et le citoyen ne sont pas forcément tous régis, comme l’exige le régime de l’État de droit, par des règles générales préexistantes ». À l’arbitraire s’ajoute l’impossibilité d’administrer et d’organiser la Justice selon des règles établies et qui ne sont pas sans cesse contradictoires. Ardechir Amir-Arjomand, plaide en faveur d’une modernisation de la religion pour une population auprès de laquelle il est « difficile de soutenir des idées qui ne laissent aucune place à l’islam ». Il conclut que « les réformes sont inévitables au vu [...] de la perte évidente de légitimité populaire et même religieuse d’un régime qui, pour garder le pouvoir, n’a d’autres moyens que la répression massive et violente ».

Le contexte iranien est très distant de celui du Sénégal, présenté par la politiste Marième N’Diaye : « L’État laïc du Sénégal a largement exclu la référence au droit musulman de son arsenal juridique, puisqu’elle n’apparait que dans le Code de la famille, lui-même fondé sur un système d’options. » Le Sénégalais qui le souhaite peut donc opter pour la conformité avec sa religion : « La polygamie est instituée par le régime de droit commun [...] les musulmans peuvent choisir de se faire appliquer le droit successoral musulman [...] et les hommes ont la possibilité d’exclure de la succession leurs enfants naturels [...]. »

Au Sénégal, pays africain pauvre, le recours à la justice n’est pas à la portée de l’écrasante majorité et « les règles issues des coutumes islamisées restent la norme dans les processus informels de règlement des conflits ». [...] « On ne peut nier la césure entre la loi [du Sénégal laïc] et le pays réel », constate Marième N’Diaye, qui rappelle en conclusion « qu’un mouvement islamiste se structure autour de la question du statut personnel et démontre que la marginalisation de la référence au droit musulman ne l’a pas pour autant rendue désuète, mais en a au contraire fait le cheval de bataille d’un islam politique en construction ».

Dans l’altérité européenne, le cas de la Belgique est traité au fil d’un article très intéressant de Louis-Léon Christians, titulaire de la chaire de droit des religions à l’UCL. Lorsqu’un tribunal belge est confronté au référent islamique, il suit généralement la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme : « Toute conduite simplement motivée par une religion n’est pas nécessairement protégée. Seule la part centrale et nécessaire d’une conviction peut être garantie, sous la réserve de restrictions d’ordre public [...] proportionnées et nécessaires d’une société démocratique. » Louis-Léon Christians donne comme exemple quelques décisions de justice concernant le port du foulard islamique, qui ont fait date en Belgique. En 1989, le tribunal civil de Bruxelles énonçait un jugement tolérant le port du voile : « Dans notre État de droit qui n’est pas théocratique, mais d’inspiration pluraliste, les textes coraniques et paroles prophétiques, pas plus que la bible, l’évangile ou autres textes religieux, ne constituent une règle de droit à laquelle les organes de l’État seraient soumis [...] [Ces textes religieux] interviennent cependant dans la définition de la liberté de toute personne de manifester sa religion [...] et pour déterminer le respect des conceptions philosophiques et religieuses que la loi scolaire impose comme un des critères de neutralité. »

Une jurisprudence relativement similaire fut prononcée en février 1995 par la Cour d’appel de Liège. Mais dans un autre cas, des magistrats ont préféré se baser sur le droit positif du pays d’origine pour interdire le port du voile : « Face à une jeune fille issue de l’immigration turque qui souhaitait porter le foulard à l’école, [...] un tribunal a pu objecter que la Turquie interdisait un tel comportement. »

Il arrive également que, pour dépister les mariages blancs, « les juges prennent en compte l’existence d’une cérémonie religieuse pour se convaincre de la réalité de l’engagement d’un couple ». Louis-Léon Christians donne l’exemple d’un arrêt de la Cour d’appel de Mons en mai 2009 : « Soupçonnant pour diverses raisons un cas de mariage blanc, l’officier d’état civil avait décidé de sursoir à la célébration civile [...] ». Le jugement en première instance suivit les craintes du fonctionnaire, estimant que « l’antériorité [du mariage religieux] à la cérémonie civile témoigne d’un mépris pour l’ordre public belge (et en particulier pour l’article 267 du Code pénal qui sanctionne les ministres des cultes de toute “bénédiction nuptiale” antérieure à la cérémonie civile) ». La Cour d’appel, par contre, considéra « que l’incertitude qui plane sur la qualification exacte du rite religieux n’entame pas la conviction que ce rite religieux suffit en tout cas à contribuer à établir la sincérité des candidats ».

Avec cet exemple, il est clairement démontré que le référent islamique peut être un élément constitutif de la jurisprudence belge, du moins lorsqu’il sert à évaluer la part de conviction personnelle, suivant ainsi la jurisprudence de la Cour européenne.

Vers un droit de justification ? (Conclusions)

Cet ouvrage a l’ambition d’être le premier ouvrage de langue française « tentant d’aborder la question de la charia, non pas dans ses représentations fantasmées mais dans ses formes et ses pratiques concrètes ». La manière dont les référents moraux des sociétés musulmanes pourraient changer, être influencés par d’autres référents, ou au contraire influencer d’autres registres de valeurs, est abordée, à la fin des conclusions, sous l’angle de la méthodologie des « droits de justification », ou « droits de vétos », théorisés par le philosophe Rainer Forst. Pour bien comprendre la pensée de Rainer Frost, nous devons ici faire une référence extérieure au livre. Les principes de base de sa théorie ont récemment [2] été synthétisés comme suit sur le site de « La vie des idées » :

« Au sein de chaque société, l’action humaine puise son sens dans certaines valeurs. De ces valeurs, dérive une série de normes qui s’imposent à l’action. Cette contrainte normative est légitime dans la mesure où elle est d’abord comprise et acceptée de tous. Or, la difficulté est de savoir pour quelles raisons l’on peut, à partir du droit de justification, considérer qu’une norme est moralement acceptable, donc juste, et inversement. » Pour Forst, deux critères - associés l’un à l’autre - sont requis pour établir la validité universelle d’un principe normatif : le premier est le critère dit de « réciprocité », et le second est le critère dit de « généralité ». En vertu du premier critère, une injonction normative est acceptable, si et seulement si, elle est réciproquement non rejetable. Ce qui revient à dire que son auteur « ne peut projeter ses propres opinions, intérêts ou valeurs sur les autres, et décider pour ceux-ci, autrement que de manière réciproque, et ce précisément pour agir en conformité avec le critère de réciprocité ; ce qui prévaut aussi pour ceux à qui la norme est adressée » (Forst, 1999, p.44). Pour ce qui est du second critère, cette même injonction normative est acceptable, si et seulement si : « la communauté de justification n’est pas arbitrairement limitée, mais au contraire, est inclusive de sorte qu’elle s’adresse à toutes les personnes morales susceptibles d’être affectées par la norme » (Forst, 1999, p. 44). Ces deux critères sont qualifiés de « veto-rights » (1999, 2010) [3]. Véto parce qu’ils confèrent, selon Forst, le droit de justification à toute personne morale, et consubstantiellement, une base procédurale pour établir des principes normatifs universalisables, c’est-à-dire des principes que personne - « with reciprocal and general arguments » (Forst, 1999, p. 44) - ne puisse, soit rationnellement rejeter, soit dénier à quelqu’un d’autre.

Dans les conclusions de La charia aujour­d’hui, Jean-Philippe Bras, professeur de droit public à l’université de Rouen, plaide pour un recours à la méthodologie de Rainer Forst. Le professeur Bras se demande comment l’expérience du référent musulman dans un contexte occidental réussira à évoluer de manière constructive : « [...] le débat sur les valeurs, sur la justification morale du droit, qui oppose un monde occidental campé sur une éthique universaliste des droits de l’homme, et un monde musulman se réfugiant dans une position communautarienne, prend une tournure interne aux États occidentaux, qui ne prédispose pas à l’optimisme. Pourtant, le constat de la très grande plasticité des registres normatifs reliés à la charia, dont le présent ouvrage ne cesse de témoigner, doit permettre de sortir de ce vis-à-vis identitaire. Dans cette perspective, les travaux récents de Rainer Forst offrent des pistes particulièrement intéressantes. [...] Rien n’empêche de soumettre la charia, à l’instar de tout autre système de normes, à l’épreuve du droit de justification », écrit Jean-Philippe Bras. On pourra bien entendu s’interroger sur l’idéalisme de cette proposition. Le professeur Bras s’aventure également à espérer que « les printemps arabes, qui font bouger les lignes sur la question de la relation entre normativité religieuse et normativité juridique, contribuent à cette mise à l’épreuve ».

[1] La Découverte, 2012.

[2] « Comment justifier les droits de l’homme ? Rainer Forst et le droit de justification », par Denis Hippert, la vie des idées.fr : www.laviedesidees.fr/ Comment-justifier-les-droits-de-l.html.

[3] Forst Rainer, « The Basic Right to Justification : Toward a Constructivist Conception of Human Rights »,Constellations, vol. 6, n°1, p. 35-60, 1999 ; « The Justification of Human Rights and the Basic Right to Justification : A Reflexive Approach », Ethics, vol. 120, n°4 (juillet 2010), p. 711-740.

 

Pour lire l'article sur le site de la revue Nouvelle, cliquez sur le lien

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La France soutient Al-Qaïda en Syrie et l’affronte en Afrique. Un article de Samer R. Zoughaib

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un article de Samer R. Zoughaib
La France soutient Al-Qaïda en Syrie et l’affronte en Afrique
La France fait preuve d’une affligeante incohérence dans sa politique étrangère, qui a de graves conséquences sur la stabilité régionale et fait peser de sérieuses menaces sur la sécurité de l’Europe.
15 janvier 2013

Devant le désengagement des États-Unis, qui veulent clore les chapitres peu glorieux des guerres d’Irak et d’Afghanistan, et ne souhaitent plus se lancer dans de nouvelles aventures militaires, la France a décidé de prendre le relais. Au delà du fait de savoir si la France a réellement les moyens de ses nouvelles ambitions impérialistes, son interventionnisme militaire se heurte d’emblée à d’inexplicables incohérences. Au Mali et en Somalie, l’armée française se bat contre des mouvements se déclarant ouvertement proches d’Al-Qaïda, alors qu’en Syrie, la diplomatie française est l’allié objectif de cette organisation, considérée comme terroriste par tous les pays occidentaux.

C’est d’ailleurs la politique de l’Occident, États-Unis et France en tête, qui a créé les conditions favorables à l’émergence d’Al-Qaïda, en Syrie. Cette organisation se développe et prospère grâce au chaos, provoqué par l’affaiblissement du pouvoir central, comme au Yémen, en Somalie et au Mali, où les gouvernements sont réduits à leur plus simple expression. La Syrie, elle, disposait d’un État fort, organisé, qui refusait de partager la souveraineté nationale avec des pays étrangers et encore moins avec des acteurs non-étatiques. Depuis presque deux ans, le principal résultat de l’insurrection armée en Syrie, aura été d’affaiblir l’État et d’éroder le pouvoir central, grâce au soutien politique, médiatique, financier et militaire, fourni directement par les pays occidentaux, ou par les pétromonarchies du Golfe, qui jouent depuis toujours le rôle de sous-traiteurs pour le compte de l’Occident.

Le déni de l’Occident

Après avoir nié pendant des mois l’existence d’une composante armée au sein de l’opposition syrienne, la France a fini par reconnaitre cette réalité, en essayant, à travers ses médias, de faire croire que ces rebelles sont en majorité des officiers et des soldats syriens déserteurs. Et après avoir fait la sourde oreille aux mises en garde sur la présence d’extrémistes d’Al-Qaïda sur le terrain, les autorités françaises reconnaissent ce fait, depuis quelques semaines seulement, tout en essayant d’en minimiser l’importance et l’influence. Pourtant, les voix se multiplient en France et dans d’autres pays occidentaux depuis longtemps pour mettre en garde contre cette dérive.

Dès le 15 février 2012, Armin Arefi publiait dans la revue Le point un article intitulé "Al-Qaïda s’empare de la révolution syrienne". L’auteur s’interroge si le président syrien Bachar el-Assad n’avait pas "vu juste, répétant à l’envi que les manifestants ne sont que des groupes terroristes armés". Armin Arefi ajoute que le chef de l’État syrien avait "été conforté par le chef du renseignement américain, James Clapper, qui a assuré que les attentats de Damas des 23 décembre (2011) et 6 janvier (2012) ainsi que le double attentat à la voiture piégée le 10 février (2012) contre le siège des renseignements militaires et le QG des forces de sécurité "ont la caractéristique des attentats commis par Al-Qaïda".

L’article rappelle que quelques jours plus tôt, le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, apportait dans une vidéo intitulée "En avant, les lions de Syrie" son soutien à la contestation à Damas, exhortant "les musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban à soutenir la rébellion et à renverser le régime actuel".

Depuis, les mises en gardes sur l’influence des extrémistes en Syrie par des spécialistes du Proche-Orient, en France et ailleurs en Occident, se sont multipliées. Le 10 janvier dernier, Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de Recherche et d’Études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, affirme au site Atlantico que les combattants extrémistes, "armés et financés par les pétromonarchies du Golfe, s’imposent au sein de l’opposition armée, marginalisant les éléments laïcs de l’Armée syrienne libre".

Désormais, dans certains quartiers d’Alep, les extrémistes "interdisent aux femmes de conduire une voiture. Les arrestations et exécutions arbitraires par les rebelles achèvent de les faire ressembler aux Chabiha (para-militaires) du régime", ajoute le spécialiste. Fabrice Balanche observe "la montée en puissance de groupes tels que le Front al-Nosra, émanation d’Al-Qaïda".

Des extrémistes depuis le début

Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE (de 2000 à 2002) va plus loin. Dans un entretien au même site, le 2 décembre 2012, l’ancien officier accuse les rebelles syriens de "commencer une opération d’épuration massive, ciblant notamment des journalistes et des comédiens qui divergent de leurs lignes politiques". Il s’interroge s’il est "moral de continuer à aider la rébellion alors que son caractère démocratique est en train de totalement disparaître ?". Selon lui, depuis le début de la révolte syrienne, les experts de terrain n’ont cessé de dénoncer le fait que la rébellion armée était essentiellement conduite par des groupes extrémistes "d’abord locaux et de plus en plus souvent importés d’autres zones". Et Alain Chouet de poursuivre : "Ces groupes, au nombre d’une quinzaine au moins, sont désignés improprement par les médias occidentaux sous le nom d’ASL (Armée syrienne libre). En majorité soutenus par le parti islamiste au pouvoir en Turquie et par les monarchies wahhabites du Golfe, ils se veulent en fait autonomes et indépendants des différents courants politiques syriens. Ils ne reconnaissent l’autorité ni du Conseil national syrien (CNS) ni de la Coalition nationale récemment constituée au Qatar et reconnue par la France comme "seul représentant légitime du peuple syrien". Ces groupes armés ont publiquement affirmé leur intention de transformer la Syrie en "Emirat", et de vider le pays des "infidèles" et des non arabes : chrétiens, druzes, kurdes, alaouites, ismaéliens, chiites, etc.".

En dépit de ces analyses, confirmées sur le terrain par les informations selon lesquelles le Front al-Nosra et le groupe Ansar al-Islam, se proclamant de l’idéologie d’Al-Qaïda, sont désormais aux premières lignes dans les combats, la France n’a pas modifié d’un iota sa politique syrienne. L’"aide non-militaire", qui consiste en des équipements de communication sophistiqués, continue d’affluer officiellement aux rebelles. Sur un plan non-officiel, c’est un armement allant du fusil mitrailleur aux missiles Milan, qui est livré aux groupes armés via divers canaux. Pourtant, une grande partie de cet arsenal atterrit entre les mains des extrémistes d’Al-Qaïda. Et les services de renseignement français le savent pertinemment.
Sur le plan politique, la France continue d’encourager l’opposition syrienne à refuser tous les appels au dialogue lancés par le président Bachar el-Assad. De la sorte, Paris est responsable du blocage de toute solution politique, ce qui prolonge le conflit au risque d’affaiblir l’État syrien et ses institutions. Or la meilleure recette pour favoriser l’émergence d’Al-Qaïda et d’accélérer son implantation, c’est justement d’affaiblir le pouvoir central.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Samer R. Zoughaib
moqawama.org, 14 janvier 2013.

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Plus de 80 morts à l'université d'Alep. Le 16 janvier 2013, un article du Figaro.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

C’est un attentat signé par les extrémistes d’Al Qaïda en Syrie. Il est triste que la France continue de soutenir et d’armer ces dangereux salafistes et takfiristes. C’est un acte barbare et il conviendrait de le qualifier comme tel. On pourrait attendre de nos média libres de toute influence, qu’ils fassent réellement ce travail d’information, c’est vrai que les sujets sociétaux et la réconciliation au sein de l’UMP sont beaucoup plus importants. Peut-être aussi que les intérêts de certaines multinationales, en particulier françaises, poussent à la balkanisation de la Syrie. Il faut essayer de contribuer à la chute du régime en place !

Sur le plan politique, la France continue d’encourager l’opposition syrienne à refuser tous les appels au dialogue lancés par le président Bachar El Assad. De la sorte, Paris est responsable du blocage de toute solution politique, ce qui prolonge le conflit au risque d’affaiblir l’État syrien et ses institutions. Or la meilleure recette pour favoriser l’émergence d’Al-Qaïda et d’accélérer son implantation, c’est justement d’affaiblir le pouvoir central.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Plus de 80 morts à l'université d'Alep

Mis à jour le 16/01/2013  

Plus de 80 personnes ont été tuées et 160 blessées dans une double explosion aujourd'hui à l'université d'Alep, au moment où se déroulaient les examens semestriels, ont indiqué le gouverneur de la province et un médecin de l'hôpital universitaire de la ville.

"Le bilan de l'attentat terroriste qui a visé nos étudiants lors du premier jour des examens s'élève pour le moment à 82 martyrs et plus de 160 blessés", a affirmé le gouverneur de la province, Mohammad Wahid Akkad.

Un commentaire intéressant

Maintenant la novlangue interdit de parler d'attentat mais évoque des "explosions". C'est parce que depuis trois jours la France bombarde les islamistes au Mali alors qu'elle soutient les mêmes en Syrie après leur avoir ouvert les arsenaux de Kadhafi? Les médecins ont beau être surreprésentés au Parlement, il faudrait probablement élire plus de psychiatres.

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/15/97001-20130115FILWWW00648-plus-de-80-morts-a-l-universite-d-alep.php?m_i=JkGJftVik8jArT2%2BsMZClJBUGbhNibmNRwsuv8V86eECIy5JO

 Lucien PONS.

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8 militants du syndicat CGT Energie Paris MIS EN EXAMEN ! Le champ libre laissé au MEDEF par les accords de janvier 2013 sur la fléxisécurité sont déjà appliqué dans leur implacable rigueur.

16 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le syndicalisme

8 militants du syndicat CGT Energie Paris MIS EN EXAMEN !

  • Parce qu’ils avaient avec 200 agents, refusé le licenciement de Nacima, mère célibataire d’un enfant de 4 ans, salariée handicapée, et témoin d’un accident de travail que la direction voulait dissimuler,
  • Parce qu’ils avaient avec 200 agents, dénoncé la falsification de son dossier, permettant ainsi de justifier son licenciement,
  • Parce qu’ils avaient avec 200 agents, raccompagné Nacima le 14 février 2008, jour de son licenciement, à son poste de travail, exigé sa réintégration et dénoncé les pratiques honteuses de la direction locale,

8 militants du syndicat CGT Energie Paris, Cédric LIECHTI, Marc TREMENT, Catherine FLECHARD, « Chico », Gérard DEL MASCHIO, Christian POURRE, Patrice PERICHOU et Gérard HAMON ont été mis en examen le 27 décembre par le juge Roger LELOIRE, dans le cadre d’une procédure correctionnelle.

Hormis de lourdes amendes, ces 8 militants risquent aujourd’hui une peine de prison en regard de l’article 431-1 du Code Pénal, ainsi que la déchéance de leurs droits civiques.

Cette politique d’acharnement et de haine anti syndicale menée depuis 4 ans par la direction à Paris est inacceptable et fait peser de graves dangers sur les libertés syndicales.

Une 1ère plainte déposée en juin 2008 par le directeur de l’UCF de l’époque aujourd’hui directeur ErDF Paris avait été classée sans suite par le Procureur de la République. Mais qu’importe !!

Une 2ème plainte avec la complicité de 2 cadres a été déposée entraînant obligatoirement la désignation d’un juge d’instruction.

Un camarade mis en examen aujourd’hui avait déjà été traduit en conseil de discipline et déclassé de 2 GF et 4 NR.

D’autres camarades avaient déjà été déclassés d’1 NR ou sanctionnés d’un blâme

Le dossier présenté par la direction à la justice a été monté de toute pièce, n’hésitant pas à contredire les rapports d’huissiers et présentant les grévistes comme des barbares (alors même qu’à cette époque, le directeur ne s’était pas déplacé, estimant que le conflit se passait bien…) UNE VÉRITABLE PROVOCATION !!

En fait ce que ne supporte pas la direction ErDF Paris, c’est que la CGT Energie Paris se mettent en travers de sa politique de privatisation et de recul social en défendant les intérêts des agents au quotidien que ce soit :

1. dans la conflictuelle négociation ATT où la direction voulait imposer à 2/3 des agents, 25 jours de travail supplémentaires par an sans augmentation de salaire

2. dans le refus de la disparition du service commun et de l’UCF ; refus légitime, conforté par un jugement du Tribunal parce que contraire à sa mission de Service Public

3. sur la dégradation des conditions de travail et des salaires (+0,6% en 2013 pour une augmentation du coût de la vie de 1, 7% - Source INSEE), sur l’avenir de la CCAS…

EN CRIMINALISANT L’ACTION SYNDICALE, la direction veut, par la peur, tenter de créer un désert syndical et interdire toutes formes d’expression

Cela lui permettrait de mener sa politique de casse et de recul social sans résistance face à elle !!

La déclaration sur le dialogue social « pour maintenir et amplifier notre dynamique sociale et humaine », éclate ici sous son grand jour, CELUI DE LA RÉPRESSION lorsqu’il y a désaccord avec le discours dominant du management.

En voulant à tous prix faire condamner pénalement (jusqu’à des peines de prisons), les responsables syndicaux du syndicat CGT Energie Paris, le directeur de la DR ErDF Paris. (récemment nommé) a perdu non seulement toute légitimité, mais surtout toute dignité liée à sa fonction.

La seule image qu’il peut dorénavant véhiculée est celle du directeur matraqueur de syndicalistes.

Les directions nationales d’ErDF, comme d’EDF mais aussi GDF Suez doivent en mesurer les conséquences ou être complices de cette politique du pire

POUR LA CGT ÉNERGIE PARIS, LE DIRECTEUR DE LA DR ERDF PARIS N’EST PLUS UN INTERLOCUTEUR LÉGITIME

EN EFFET, COMMENT DÉBATTRE AVEC UN DIRECTEUR QUI FAIT TOUT POUR QUE DES SYNDICALISTES SOIENT CONDAMNÉS JUSQU’À DES PEINES DE PRISON ????

http://www.cgt-energie-paris.com

http://www.cgtufict-energieparis.org

COMMUNIQUE DE PRESSE

8 MILITANTS, dirigeants du Syndicat CGT Energie Paris (EDF, GDF Suez, ERDF, GRDF), dont un responsable de la Fédération CGT Mines Energie, viennent d’être mis en examen ce 27 décembre 2012, pour avoir en février 2008 contesté le licenciement d’une mère de famille célibataire, handicapée, qui avait été témoin d’un accident de travail que la direction voulait dissimuler.

Avec 200 agents, ils avaient le 14 février 2008, jour de son licenciement, raccompagné l’agent à son poste de travail, interpellé la direction et demandé sa réintégration tout en dénonçant la falsification du dossier de licenciement présenté aux représentants du Personnel.

Une première plainte déposée en 2008 a été classée par le Procureur de la République. Poursuivant sa politique d’acharnement et de répression, la direction ERDF GRDF Paris a déposé une seconde plainte au Civil qui aujourd’hui aboutit à cette mise en examen.

Ils risquent de 15000 à 30000 euros d’amende, de 1 à 3 ans de prison et une interdiction des droits civiques.

Depuis 2006, plus de 30 militants CGT sur Paris ont été sanctionnés, du déclassement professionnel à la mise à pied et même au licenciement pour l’un d’entre eux. Cette politique d’atteinte aux libertés syndicales vise à faire taire l’expression syndicale et toute contestation de la politique de privatisation (éclatement des entreprises et de leur filiale au service commun ERDF GRDF qui met en cause le Service Public, augmentation massive des tarifs gaz et électricité)

La CGT Energie Paris dénonce la dérive totalitaire de la direction Paris qui dans les faits veut faire un exemple national en tentant de décapiter le Syndicat CGT Energie Paris en criminalisant l’action syndicale en traitant les militants syndicaux comme des voyous et en les faisant condamner.

* * *

Madame BELLON Michèle
Direction Nationale ERDF
102 Terrasse Boeldieu
Tour Winterthur
92085 PARIS LA DEFENSE Cedex

Paris le 10 janvier 2013

Madame,

A Paris, 8 militants du Syndicat CGT Energie Paris ont été mis en examen le 27 décembre 2012 suite à une plainte au civil déposée par M. Christian VIVES, directeur d’ErDF Paris après que sa première plainte a été classée en 2008 par le Procureur de la République.

Ces militants risquent non seulement une forte amende, mais aussi une peine de prison de 1 à 3 ans, ainsi que la déchéance de leurs droits civiques.

Vous comprendrez que dans ce contexte social, votre politique affichée « Réussir ensemble 2015, maintenir et amplifier notre dynamique sociale et humaine » nous semble pour le moins, faute de preuve contraire, démagogique et hypocrite.

Vous comprendrez également que nous sommes dorénavant dans l’impossibilité d’entretenir une quelconque relation sociale ou syndicale avec un directeur qui a été le chef de file de la répression depuis 5 ans à Paris et qui aujourd’hui, menace d’une peine de prison 8 de nos militants.

Cette politique du pire menée par le directeur d’ErDF Paris, Président de la Commission Secondaire Paris, n’est pas acceptable et nous conduit à le boycotter.

Nous vous demandons de prendre vos responsabilités, de ne pas être complice de cette politique et de prendre les décisions nécessaires qui permettront de rétablir un climat social normal, au quotidien comme dans les IRP, justifiant ainsi votre engagement d’une politique de dynamique sociale et humaine.

Recevez, Madame, nos salutations.

Le Secrétaire Général CGT
Cédric LIECHTI

Le Secrétaire Général CGT-UFICT
Patrick LETOURNEL

URL de cet article 18966
http://www.legrandsoir.info/8-militants-du-syndicat-cgt-energie-paris-mis-en-examen.html
 
 
 
 
 
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VIVE LA RÉVOLUTION ! Plus de 65 000 mercenaires combattent en Syrie (vidéos)

15 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

VIVE LA RÉVOLUTION !

Plus de 65 000 mercenaires combattent en Syrie (vidéos)

lundi 14 janvier 2013, par Visiteur (Date de rédaction antérieure : 14 janvier 2013).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La légion étrangère islamiste, financée par le Qatar et l’Arabie Saoudite — "pays" qui ne sont que des sociétés écrans de l’impérialisme occidental — est composée de plus de 65 000 mercenaires islamistes. Agissant comme conseillers militaires, les services de renseignement de l’Otan et les forces spéciales américaine, britanniques et françaises, présents en Turquie, Jordanie et dans le Nord de la Syrie prodiguent à ceux que la presse occidentale désigne comme insurgés, révolutionnaires, rebelles ou opposants, entraînements, formations et renseignements.

Qatar société écran de l’impérialisme américano-sioniste :

http://mai68.org/spip/spip.php?article4551

http://mai68.org/spip/spip.php?article3576


Exclusif : Plus de 65.000 mercenaires combattent en Syrie

http://www.algerie1.com/actualite/e…

Par Khidr Omar | 13/01/2013 | 15:36

La légion étrangère islamiste, financée par le Qatar et l’Arabie Saoudite, est composée de plus de 65.000 mercenaires islamistes, selon des confidences recueillies dans l’entourage de Lakhdar El Ibrahimi, l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie et corroborées par des sources diplomatiques arabes présentes à Beyrouth et à Amman. Cheikh Ihsane Baadarani, uléma sunnite, ex conseiller de Bachar Al Assad pour les affaires religieuses, qui a fait défection et qui réside actuellement en Turquie, avance lui aussi ce chiffre de 65.000 djihadistes.

Selon les mêmes sources, ces chiffres recueillent aussi l’assentiment des services russes présents sur le sol syrien ainsi que des services de renseignement occidentaux présents en Turquie, au Liban et en Jordanie. Rien que dans ce dernier pays, stationnent 1.500 éléments des forces spéciales américaines. Cependant, publiquement ces mêmes services de renseignements occidentaux tentent de minimiser au maximum les effectifs des mercenaires islamistes en avançant des chiffres ridiculement bas allant de 800 à 1.500 combattants étrangers.

Faisant fi de cette grosse concentration de djihadistes en Syrie, les occidentaux ont gommé la contradiction principale qui les oppose à ces extrémistes en la rendant secondaire. Aujourd’hui, il s’agit de protéger Israël en mettant à genoux la Syrie ( cf les accords de Doha décidant de désarmer l’armée syrienne, après le départ de Bachar Al Assad, qui n’aurait plus que 50.000 hommes alors qu’actuellement elle en dispose de 350.000 à 400.000), isoler et affaiblir le Hezbollah libanais qui ne recevra plus d’armes, qui habituellement transitent par le territoire syrien (une guerre sera alors déclenchée par Israël pour vider le stock de missiles du mouvement de la résistance), soustraire la Syrie de son alliance avec l’Iran et faire perdre à la Russie toute présence et influence dans ce pays quitte à s’allier au diable et le diable ce sont les mercenaires islamistes chargés de la sale besogne.

Les effectifs des mercenaires présents en Syrie

65.000 mercenaires se trouvent donc sur le sol syrien, apportant guerre et malheur dès qu’ils prennent d’assaut villes et villages, ne laissant aux habitants, d’autres recours que mourir ou quitter leurs habitations investies pour aller gonfler le lot déjà impressionnant de réfugiés.

Plus de 65.000 mercenaires aujourd’hui alors que tous les jours, ce chiffre est donc dépassé car arrivent tous les jours des nouveaux venus du monde entier pour suppléer à la tiédeur des Syriens à aller faire la “révolution”. Pour preuve, la majorité des déserteurs de l’armée syrienne ont rejoint leurs familles et quitté le pays.

L’armée syrienne libre (ASL), qui est le bras armé de la confrérie des frères musulmans syriens, est quant à elle composée de 25.000 hommes sur le terrain en Syrie et de 6 à 7.000 présents en Turquie et en Jordanie, et semble avec ses effectifs faire pâle figure devant la légion étrangère islamiste.

Un recoupement de toutes les informations recueillies auprès des mêmes sources précitées permet de chiffrer comme suit les effectifs des mercenaires présents en Syrie :

Les Libyens (15.000) et leur nombre augmente continuellement, les Tunisiens (10.000 ) et non 3.500 comme rapporté par la presse tunisienne, les Libanais (10.000) payés chacun 500 dollars/mois par la famille Hariri, les Turcs (10.000) chiffre avancé par l’opposition turque, constituent le fer de lance de cette armée de mercenaires islamistes. Le reste ce sont les Jordaniens (4.000), les Irakiens ( 5.000), les Tchétchènes ( 1.000), les Egyptiens ( 1.500), les Africains, Maliens et Sénégalais, les Palestiniens (quelques centaines), les Bosniaques (1.000), Grande Bretagne ( 500), France (100), Australie (100) les Saoudiens (3.500), les Yéménites (1.500) alors que le chef d’Al Qaïda au Yemen, Tariq al-Fadhli, qui était un proche de Ben laden, est en train de recruter au Sud de ce pays 5.000 hommes à envoyer en Syrie, les Koweïtiens (300), les Afghans venus des pays du Golfe et des Emirats Arabes ( 700), les talibans pakistanais (1.500), présents quant à eux du côté des frontières avec l’Irak.

Par ailleurs, des sources très fiables notent la présence à Damas de 5.000 combattants iraniens de la brigade d’élite El Qods et autres gardiens de la révolution. Des milliers d’éléments du Hezboallah libanais, de leur côté, protègent, des deux côtés, les deux tiers de la frontière libano-syrienne des infiltrations de djihadistes alors que le dernier tiers, au Nord-Est, est tenu par les milices sunnites financées par l’ex premier ministre Saad Hariri qui a mis en grande difficulté son groupe industriel qui se trouve confronté à des problèmes graves de trésorerie et comptant tout de même sur un retour d’ascenseur des Saoudiens.

L’armement

Les armes, lance-roquettes, missiles anti-chars, kalachnikovs, mitrailleuses lourdes, mortiers, sont achetées sur le marché noir en Bulgarie, Bosnie, Liban, Tchéquie, Irak, Turquie, Libye… Tous les stocks ont été vidés par les achats massifs réalisés avec l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Ce dernier pays commande des armes en Ukraine et fabriquées par la compagnie ukrainienne Dastan pour le compte des mercenaires via le territoire turc. L’Arabie Saoudite et le Qatar achètent aussi des armes fabriquées en Egypte par Sakr Factory for Development Industries (AOI) qui est une usine spécialisée dans la production de roquettes et d’obus d’artillerie.

Les occidentaux fournissent différents types d’armes (comme l’Anti-Material Rifle sur la photo), des gilets pare-balles, des moyens de communication et des équipements à visée nocturne et hésitent à fournir des armes offensives comme les missiles anti-aériens. Cependant, les mercenaires islamistes utilisent des missiles anti-aériens portables SA-24 Grinch, de fabrication russe, provenant des stocks libyens.

Le recrutement

Des cellules de recrutement ont été ouvertes dans les pétromonarchies, en Libye, en Tunisie, au Liban, au Yémen, au Pakistan, dans les pays d’Asie centrale, dans des pays africains, en Europe, en Australie…Les mosquées et les associations sous couvert d’activités caritatives, des ONG, font des appels au Djihad.

Dans les mosquées européennes, les prédicateurs vont embrigader des centaines de jeunes musulmans occidentaux. Pour l’Europe, c’est d’ailleurs le Groupe Shari’a uk , dirigé par Anjam Choudary et sous les ordres d’un Libano-Syrien installé à Tripoli (Liban-Nord ) qui est chargée d’envoyer des Djihadistes.

En Allemagne, les groupes du Cheikh Issam Al Attar avec une logistique turque et saoudienne, recrutent à tour de bras des jeunes désœuvrés pour combattre en Syrie.

En Belgique, c’est la branche belge des Mouhajiroune qui s’occupe du recrutement des combattants volontaires, sharia’a Belgium, dont le chef, un certain Abou Amrane, d’origine marocaine, purge actuellement une peine de six mois de prison. Poursuivi par la justice de son pays natal, le Maroc, pour divers trafics d’armes et drogue, il a apporté un soutien public aux attaques de Mohamed Merah et à d’autres actes de terrorisme dans le monde .

Ces dizaines de milliers de djihadistes arrivent ensuite principalement dans trois pays de transit que sont la Turquie, le Liban et la Jordanie où il leur est fourni formation militaire, treillis, armes et moyens de transport et de communication. La plupart de ces islamistes sont transportés dans des avions de compagnies privées affrétés par le Qatar et l’Arabie Saoudite alors que d’autres sont transportés dans des bateaux. C’est un véritable corps expéditionnaire venant de l’étranger, ce qui accrédite l’idée que c’est une guerre orchestrée et alimentée de l’extérieur.

Ces combattants sont ensuite dispatchés dans des brigades comprenant en moyenne de cinquante à cent individus chacune mais relevant de plusieurs factions toutes idéologiquement proches ou relevant de l’organisation terroriste internationale Al Qaïda de l’égyptien Aymane Al Zawahiri.

Le frère de ce dernier, Mohamed Al Zawahiri, présent en Syrie, est chargé de superviser les djihadistes en les intégrant dans différents groupes terroristes en Syrie. Certaines sources affirment que Mohamed Al Zawahiri a été finalement arrêté par l’armée régulière.

Les différentes factions islamistes

Les différentes factions islamistes présentes en Syrie sont Hizb ut-Tahrir, Jund al-Sham et Fatah al-Islam, des groupes sunnites libanais, Liwa Al Tawhid, l’armée syrienne libre, Jabhatou Al Nosra, Ghouraba al-Sham (des Turcs et des combattants venus d’Asie centrale), Front de libération de Syrie qui comprend de puissantes unités comme les Brigades Farouq de Homs, les Divisions Suqour al-Sham d’inclination salafiste à Idleb et l’alliance Ansar al-Islam, qui domine l’insurrection autour de Damas. Les Brigades Ahrar al-Sham, (un groupe de salafistes syriens, épaulés par des Irakiens et des Libanais) bien implanté dans le nord-ouest de la Syrie et qui a commis des attentats-suicides et veut établir un régime théocratique. La Division Haqq rassemble plusieurs groupes à Homs, le Groupe islamique d’avant-garde, les martyrs de Lattamneh, Bataillon Abdallah ibn Al-Zubayr, les brigade Fateh, Brigade Ahfad Al Rassoul(petits-fils du prophète), la brigade Souqour Al-Ezz (les Aigles de la volonté), la brigade Hamza Abou Moutalib, Jabhatou AnNasr, Ahrar Al Islam, Jabhatou Thouar Al Cham, Tajamaou An Nçar Al Islam, Liwa Al Islam, Liwa Darea Al Cham, Rijal Al Moussalihoun Lil Ikhwa Al Mouslimine, Liwa Achahba, Liwa Al Habib Al Moustapha, Ferkatou Souleimane Al Hamwi…

Les principales brigades islamistes : Brigade Ibad Rahman, brigade Salahuddin, brigade Khalid Ibn al-Walid, Brigade montagne valide, brigade Shaimaa, brigade de succession, Brigade Hassan ibn Thabit, brigade du monothéisme et de la foi, brigade des aigles d’Alep, brigade des soldats de la droite, brigade al-Taliaah al-Islamiyeh, brigade des martyrs, brigade du critère, brigade des compagnons, brigade Hamza bin Abdulmutallab, brigade Abu émirat, brigade Harmoush, brigade de l’âge, brigade Ababil, brigade d’Abou Fida, brigade Al Farouk, brigade des partisans de la vérité, Brigade des Martyrs, brigade Hamad bin Jassim (du nom ministre des Affaires étrangères du Qatar)

Liwa at tawhid, qui a été créée à l’été 2012 en vue de l’offensive surprise sur la ville d’Alep, grâce à l’union d’environ 170 groupes totalisant 10. 000 combattants, a elle aussi un discours ouvertement religieux.

D’autres formations, comme Suqour al-Islam, les Faucons du Levant, implantés dans le Djebel Zawiya, près de la frontière turque, les Brigades de Libération du Levant, complètent cette nébuleuse de djihadistes qui en fonction des arrivées des nouvelles recrues se forment au fur et à mesure de nouvelles brigades toutes sans exception portant des noms à connotation religieuse ou en référence avec des faits historiques religieux. Les liens de ces organisations avec les réseaux d’al-Qaida sont plus ou moins diffus. Une chose est sûre : la faune des djihadistes étrangers a trouvé un terrain de prédilection après l’Iraq et surtout après leur déconvenue en Afghanistan. Depuis la mort de Oussama Ben Laden, les islamistes étaient à la recherche d’un paradis djihadiste, une terre où ils reconstitueraient ”Al Qaida” (la “base” ) à partir de laquelle ils exporteraient le Djihad dans le monde entier.

Jabhat al-Nosra, émanation de la branche irakienne d’Al-Qaïda

Jabhat al-Nosra (Front al-Nosra), créée fin 2011, émanation de la branche irakienne d’Al-Qaïda, est le plus grand groupe islamiste en Syrie et est devenu par la force des choses le fer de lance de l’insurrection. Son nom est une abréviation de « Front de l’aide au peuple des moudjahidins du Levant sur les champs de bataille du djihad”. Il apparaît publiquement début 2012 dans une vidéo annonçant sa création en vue de mener le djihad dans le « pays du Cham »( le Levant), terme utilisé par les islamistes pour désigner la Syrie. Son chef est un certain Abou Mohammad el-Joulani, citoyen irakien, qui n’est autre que le dirigeant d’Al-Qaida, Ayyad Toubassi, qui est le beau-frère de l’ancien dirigeant d’al-Qaida dans le pays de la Mésopotamie, Abou Mousaab Zarkaoui tué en Irak en 2006.

Des informations émanant de sites proches de services de renseignement occidentaux indiquent que Jabhat Al Nosra a été créée par le prince Bandar Ben Soltane, le chef des renseignements saoudiens qui entretient des liens très étroits avec les milices djihadistes en Iraq. D’autres sources révèlent quant à elles que le front al-Nosra a été fondé en Turquie, par le commandement des Frères Musulmans syriens, et en particulier son vice-secrétaire général Farouk Tayfour. De son coté le journal satyrique français, Le canard enchaîné, a lui affirmé que le Front Al-Nosra est encadré par des officiers français, américains, qataris et Turcs.

Jabhat al-Nosra est présent dans différents secteurs de la Syrie et déploie plusieurs milliers de combattants à Alep. Cette nébuleuse est engagée sur toutes les lignes de front en Syrie, combats de rue dans les villes et villages, assassinats de personnalités, de médecins, de scientifiques, de cadres du gouvernement, de militaires, de policiers, de fonctionnaires, massacres à grande échelle de civils, qui subissent des fatwas du genre “celui qui n’est pas avec nous est contre nous” (dixit cheikh Adnan Al-Arourst, ancien soldat de l’armée syrienne, exclu pour une sombre histoire de viol), des attentats suicides à la voiture piégée qui témoignent d’un niveau technique et d’organisation supérieur à celui de beaucoup d’autres groupes islamistes grâce à l’expertise Al Qaida en Irak qui lui a fournit argent, combattants aguerris et experts en explosifs.

Les combattants de cette organisation terroriste sont reconnaissables au bandeau – noir ou vert – noué autour du front, marqué de la « chahada » (la profession de foi musulmane). Le drapeau noir frappé de cette même « chahada » flotte sur presque tous leurs moyens de transport et leurs campements. Beaucoup d’autres factions ont également adopté l’étendard noir frappé du sceau du Prophète, qui fut la bannière de l’« État islamique d’Irak », la sanguinaire branche d’el-Qaida en Irak, et l’oriflamme des shebab somaliens.

Rejet de la Coalition nationale syrienne

( sur la photo ci-contre, le koweitien Abdallah Al Baraki tué le 3/01/2013 à Alep).

Les groupes islamistes armés, notamment les deux plus importants, Liwaa al-Tawhid et Front al-Nosra, ont annoncé leur rejet de la Coalition nationale syrienne, soutenue par l’Occident et les pétromonarchies, et se sont prononcés pour un Etat islamique, selon une vidéo diffusée sur internet. Souqour el-Sham (faucons de Damas), Liwa el-Islam (brigade de l’islam), Ahrar el-Sham (les hommes libres de Syrie), Katibat el-Ansar (bataillon des premiers combattants de l’islam)… ont affirmé leur désir d’instaurer un « État islamique juste » et d’imposer la charia, tout en privilégiant la guerre contre le régime de Bachar el-Assad.

“Nous, les factions combattantes sur le terrain de la ville d’Alep et de sa province, annonçons notre rejet du complot que représente ce qu’on appelle la Coalition nationale et nous sommes mis d’accord à l’unanimité sur l’instauration d’un Etat islamique juste”, affirme t-ils dans la même vidéo.

Abou Mohammad el-Joulani, le chef suprême de Jabhat-Al-Nosra a même accusé Washington, qui a inscrit cette organisation sur sa liste des organisations terroristes, de prolonger les jours du régime. Dans un enregistrement audio mis en ligne, il a affirmé à plusieurs reprises qu’une fois le régime de Damas renversé, le pouvoir devra revenir aux « moudjahidine » (…) et ne doit pas être perdu dans les ténèbres de l’Occident. Celui qui sème doit pouvoir récolter lui-même les fruits » ajoute t-il.

Le 01 janvier 2013, Jabhat Al Nosra, pour ceux qui en doutent encore, a rejeté catégoriquement dans une vidéo ci-dessous, “la démocratie impure ” que propose Moaz al-Khatib, chef de la “coalition des opposants syriens” .

“Ce que nous cherchons, c’est d’instaurer un Califat, ni plus, ni moins, et cette sale et impure démocratie occidentale que la Coalition de Doha nous propose ne nous convient pas” a dit, dans une vidéo Samer Ahmad Khalil le porte parole du Front Al -Nosra.


 

Le Front al-Nosra rejette la démocratie impie de l’Occident

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.


Le Front Islamique Syrien (FIS)

Jabhat al-Nosra veut être la plus grande organisation en Syrie, celle qui maîtrise la situation et surtout celle sans qui rien ne peut se faire sans elle ou sans son accord.

Pour cela, elle mène depuis quelques jours une offensive pour reprendre les positions de Liwa Tawhid dans la région d’Alep et d’Idleb afin d’affaiblir sa concurrente proche de l’armée syrienne libre (ASL). De nombreux accrochages ont opposé les deux formations à l’avantage de Jabhat al-Nosra. Cette dernière s’attaque aussi aux autres factions islamistes afin de régner en seul maître sur le terrain.

Devant le danger créé par les ambitions de leadership de Jabhat al Nosra et pour contrer ses velléités de s’imposer comme le seul mouvement militaire sur le terrain, diverses factions islamistes ont décidé de s’unir et depuis le 22 décembre une autre nébuleuse terroriste formée de onze factions islamistes est née, le Front Islamique Syrien (FIS), qui, selon Abou Abdel-Rahman al-Souri, son porte-parole, veut l’instauration d’un Califat islamique en Syrie une fois l’objectif atteint de faire tomber le régime syrien, pour établir un Etat islamique avec la charia comme constitution et imposer cette loi aux musulmans et non musulmans selon le même porte parole.

Les 11 groupuscules sont :

1-Bataillons des libres du Levant dans tous les gouvernorats (Kataeb ahrar al-Sham)
2-la brigade du Vrai (liwa al-Haq) de Homs
3- le mouvement de l’Aube (Al-Fajr) à Alep et sa province
4- le groupe de l’avant-garde islamique dans la province d’idleb
5- les bataillons des partisans du Levant ( Ansar esh-Sham) à Lattaquié et ses environs
6- le bataillon Moussaab ibn Oumayr dans la province d’Alep
7- l’armée de l’Unicité (Tawhid) à Deir Ezzor
8- les brigades de la foi (kataeb al-Imane)
9- la brigade des aigles de l’islam (kataeb sokour al-Islam)
10- les unités des missions spéciales
11- le bataillon Hamza ben Abdel Mouttaleb à Damas et sa province.

Épuration ethnique

Les différentes factions islamistes, en sus de s’attaquer au pouvoir et à l’armée arabe syrienne, ont depuis le début du conflit déclaré la guerre aux différentes minorités, en premier lieu les Alaouites, traités d’hérétiques mais aussi les Arméniens, les Chrétiens, les Druzes, les Palestiniens, les Kurdes et les Turkmènes…

Mosquées, églises, mausolées, cimetières sont dynamités systématiquement, tous les symboles de religions qui coexistent depuis des millénaires sont la proie des flammes et de la destruction. Les Alaouites et les chrétiens, par dizaines de milliers, sont soit massacrés soit poussés à l’exil forcé.

Les milices islamistes poursuivent depuis plusieurs mois une opération d’épuration ethnique visant à vider les localités et villages de leurs habitants Chrétiens et Alaouites particulièrement dans le Nord du pays afin de déclarer l’émirat islamique d’Alep. Homs a été vidé, quant à elle de 90% de ses habitants chrétiens soit 10.000 personnes. Des ultimatums sont adressés aux habitants afin de les obliger à quitter leurs demeures qui sont ensuite pillées et saccagées. Les réfractaires seront égorgés et pour certains leurs corps brûlés ou découpés en morceaux et jetés aux chiens.

Le pillage des biens syriens

Appliquant le principe du butin, les différentes factions islamistes sont de plus en plus préoccupées par cette nouvelle forme de pillage qui a créé des dissensions entre elles au point d’en venir à faire parler les armes pour s’accaparer du maximum de marchandises.

Ainsi des milliers d’usines sont démontées et revendues en Turquie. Des médicaments, de la farine, du blé, des produits de première nécessité, du carburant, des armes lourdes, des munitions, des voitures, des camions sont saisis et revendus. Le kidnapping de commerçants et d’entrepreneurs est devenu florissant et rapporte beaucoup, le rançonnement des taxieurs et des routiers aux barrages tenus par les mercenaires se généralise. Une véritable mafia a vu le jour, avec ses principes, ses méthodes, ses territoires, ses gangs, ses réseaux…Tous les groupes armés sans exception participent au pillage à tel point que la frontière entre terrorisme et grand banditisme est devenue ténue.


 

Un cours sur le partage du butin entre les différents groupes

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.


Des milices sont créées du jour au lendemain pour gérer ce fructueux et alléchant marché du butin. Pour des dizaines de factions islamistes, la “révolution” est devenue le dernier de leurs soucis tant la course au butin est l’essentiel de leurs activités. Le pillage est devenue la règle d’or des milices qui sont traitées aujourd’hui de voleurs par la partie de la population qui leur était favorable au début des troubles.

La Syrie est un pays très riche en sites archéologiques ce qui a poussé la mafia islamiste à récupérer des centaines de pièces archéologiques, comme en Iraq après l’invasion américaine, dans un trafic bien rodé vers le Liban et la Turquie. Dans ces deux pays, les pièces sont remises à des experts qui les évaluent, règlent en dollars les intermédiaires, et ensuite les revendent dans le monde entier et particulièrement en Europe et aux Etats-Unis.

La guerre économique

Depuis deux mois, les mercenaires ont engagé une guerre économique contre l’Etat et le peuple syriens, en s’en prenant à trois secteurs stratégiques : l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et l’eau à l’effet de causer un effondrement du pays.

En effet, les silos de blé contenant des millions de tonnes de blé, farine et autres denrées alimentaires sont vidés systématiquement et revendus en Turquie et lorsque le transport n’est pas possible, ils sont brûlés. Poussant à la famine, les mercenaires s’en prennent alors aux meuneries et aux boulangeries possédant quelque stocks de farine qui font l’objet d’attentats en faisant accroire que ce sont les forces régulières qui sont à l’origine des attaques. Le prix du pain a augmenté de 40 à 50%, la farine, le carburant indispensable aux livraisons et le gaz de cuisine se font rares.

Des convois transportant des denrées alimentaires envoyés par le gouvernement sont bloqués sur les routes et pillés. Les paysans sont chassés de leurs terres afin que plus aucune production agricole ne soit possible.

les maisons investies par les mercenaires jettent sur les routes des centaines de milliers de syriens dans une opération planifiée et programmée. Le rituel est toujours le même, des villes et des villages restées calmes et sans incidents sont tout à coup prises d’assaut par des milliers de mercenaires qui investissent les maisons, les écoles, les mosquées, les administrations…et font fuir les populations en arguant ensuite de propagande faisant accroire que les populations fuient les bombardements de l’armée régulière. Ainsi peut-on compter aujourd’hui deux millions de personnes déplacées à l’intérieur des frontières et plus de 550.000 réfugiés dans les pays voisins. La guerre médiatique c’est aussi cela, montrer des milliers de réfugiés dans un état de dénuement total et accuser le gouvernement d’être responsable de cette situation.

Cette gigantesque opération de sabotage touche aussi les raffineries qui sont incendiées, les pylônes électriques sectionnés, les oléoducs et les gazoducs dynamités, les barrages de retenue de l’eau détruits… alors que les Etats-Unis et l’Union Européenne imposent depuis mars 2011 des sanctions économiques et commerciales contre la Syrie visant les sociétés, le pétrole, les avoirs bancaires, l’interdiction de voyage…

La stratégie militaire

Agissant comme conseillers militaires, les services de renseignement de l’Otan et les forces spéciales américaine, britanniques et françaises, présents en Turquie, Jordanie et dans le Nord de la Syrie prodiguent à ceux que la presse occidentale désigne comme insurgés, révolutionnaires, rebelles ou opposants, entraînements, formations et renseignements grâce aux écoutes des communications de l’armée régulière syrienne, aux drones et aux images des satellites espions ainsi que des renseignements sur l’emplacement des troupes syriennes et leurs mouvements.

Ces conseillers militaires distillent aussi de la propagande afin de rendre le combat des mercenaires plus soft, incriminent le pouvoir syrien en l’accusant d’exactions et de massacres et attentant au moral des troupes de l’armée syrienne… Ils contribuent aussi à l’organisation et à la coordination des rebelles, à développer des routes logistiques et à faire passer du matériel en Syrie. Pour coordonner ces activités, une structure d’échange de renseignements et de planification en soutien aux rebelles est opérationnelle dans la base aérienne de l’OTAN à Incirlik en Turquie.

Bénéficiant de ce soutien multiforme de l’Otan, les mercenaires et les éléments de l’ASL vont attaquer dans toutes les directions dans le but de disperser les troupes régulières et par la même les épuiser. Attentats suicides contre les institutions, opérations ciblées contre les hauts gradés de l’armée, les agents des services de sécurité, les scientifiques, les médecins, les artistes, les journalistes… Attaques contre les écoles militaires, les bases de défense anti-aériennes, les dépôts d’armes, les aéroports militaires et civils, les postes frontières, les casernes…contraignant l’état-major syrien à mobiliser d’importants moyens à la surveillance des sites stratégiques. Cette stratégie consiste à étendre et à multiplier les lignes de front dans le but d’affaiblir les forces armées syriennes et de créer ainsi des failles susceptibles d’être exploitées.

L’armée syrienne n’étant pas préparée au terrorisme, ni à cette guerre mondiale, a réussi, malgré de très grosses pertes dans ses rangs et des désertions de soldats et d’officiers, à s’adapter à la nouvelle situation qui lui a été imposé par un agenda extérieur. Au lieu de se disperser et de s’user, comme on a tenté de lui imposer, l’armée se retire des zones sans importances stratégiques, comme de petites villes ou villages, de régions montagneuses ou désertiques, de casernes… mais ne cède rien sur les grandes agglomérations, les autoroutes, les sites stratégiques…sans toutefois abandonner définitivement les endroits désertés puisque l’armée laisse faire puis revient en force et réoccupe le terrain conquis en suivant cette fois-ci son propre cahier de charges.

La prise de l’aéroport militaire par les mercenaires de Jabhat Al Nosra et ceux de Ahrar Al Cham est l’illustration de cette nouvelle stratégie. L’état-major de l’armée syrienne a ouvert une brèche par le coté Est de l’aéroport pour laisser quelque 1.000 terroristes s’engouffrer tout en évacuant les quelque 200 militaires et laissant sur place la vingtaine d’hélicoptères tous usagés et réformés, cloués au sol, et servant de pièces détachées aux autres aéronefs (Si ces hélico étaient opérationnels, il aurait suffi que les pilotes les récupèrent pour aller les faire poser ailleurs). Une fois que les assaillants, bercés par l’illusion de la bataille gagnée, aient investi les lieux et attendant qu’ils se concentrent pour fêter la victoire, du ciel ont surgi les MIGS et les hélicoptères de combat pour écraser de leurs bombes les hordes de mercenaires qui ont perdu 200 hommes lors des premiers bombardements.

La guerre sera longue, parce que l’armée continue à s’adapter à cette situation inédite, en décentralisant ses différents commandements pour pouvoir répondre sur le champ aux situations d’urgence sur le terrain sans en référer au commandement central et ensuite attendre les ordres. L’armée avec l’aide des patriotes et des résistants syriens de toutes confessions n’a pas d’autres choix que d’éliminer tous les mercenaires présents sur son territoire. Le flot de mercenaires finira alors par s’estomper. Cela dit une certitude aujourd’hui la guerre ne sera en aucun cas gagnée par ceux qui l’ont déclenchée. (Avec Tarek Farhat)


 

Préparation d’un attentat kamikaze du Front Al-Nosra

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Un massacre revendiqué dans la vidéo par le Front Al-Nosra

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http://mai68.org/spip/spip.php?article4830
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