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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Un chrétien décapité parceque chrétien. Le blog de Chantal Dupille.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie. Incroyable barbarie des amis de François Hollande:

Un chrétien décapité…

(Tous les jours, des Chrétiens d'Orient, bien intégrés dans le pays du "dictateur" Bachar-el-Assad et même partageant le pouvoir, sont aujourd'hui traités ainsi dans la Syrie "libérée", "démocratisée", par les amis fanatiques des sayanims Hollande-Fabius. C'est ça le changement ? Même politique du temps des sayanims Sarkozy-Kouchner. En France, les néoconservateurs au service des intérêts américains et israéliens sont au pouvoir ! Note de Chantal Dupille. NB: Je rappelle que la France, aujourd'hui, soutient, arme, forme, finance les djihadistes en Syrie pour chasser le patriote Bachar-el-Assad refusant de partir afin de maintenir l'unité du pays seule garante du pluralisme et de la laïcité. Je rappelle aussi que le "dictateur" Bachar-el-Assad demande des Elections en Syrie et qu'il est prêt à partir seulement s'il est désavoué par son peuple).


Publié le 30 décembre 2012

 

CHRETIENS D'ORIENT

CHRETIENS D’ORIENT


…Parce que chrétien !


Diantre !

L’incroyable barbarie des amis de François Hollande se poursuit sans relâche et personne en Occident, hormis ce médias australien, n’est prêt à révéler les atrocités de ces barbares d’Allah qui profanent la mémoire du prophète, violent les règles élémentaires de l’Islam. Cette affaire se passe de commentaire. En Syrie désormais, les villages chrétiens sont envahis par des terroristes qui les chassent de leurs maisons, les hommes toujours enlevés pour l’exigence d’une rançon… etc. Est-ce ça la révolution, la démocratie qu’ils réclameraient ? Que nenni.

  

Andrei Arbashe est un jeune homme, chrétien, qui venait de se marier et dont l femme attend un heureux évènement: la naissance de leur premier enfant. Hélas, il est tombé aux mains des soi disant rebelles syriens, des terroristes de multiples nationalités qui n’ont rien à voir avec la Syrie. Comme le rapporte le journal australien The Australian News (article payant), les terroristes n’ont pas seulement décapité le jeune homme parce qu’il était chrétien mais, ils ont donné sa dépouille aux chiens, le privant de sépulture.

 

A l’allure où vont les choses, ceux qui organisent le génocide des chrétiens en Syrie, la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, méritent un Nuremberg bis. Trop c’est trop. On leur tend la main, ils disent non. Leur envie réside à la destruction pure et simple de la Syrie. Mais, pour quel but ??? Où sont donc les journalistes ? Comment peuvent-t-ils rester silencieux face à ceux qui refusent la paix et qu’ils continuent de soutenir ?


«Ils l’ont décapité, coupé en morceaux et nourri les chiens avec sa dépouille», a déclaré Agnès-Mariam de la Croix, mère supérieure du couvent de Saint-Jacques-le-Mutilé entre Damas et Homs.

 

http://allainjules.com/2012/12/30/scoop-syrie-incroyable-barbarie-des-amis-de-francois-hollande-un-chretien-decapitee/

 

 http://chantaldupille.over-blog.com/article-scandale-massacre-des-chretiens-d-orient-par-les-amis-de-hollande-fabius-113911780.html

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No mammo ?" de Rachel Campergue : un livre de référence sur le dépistage du cancer du sein.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé

mardi 1 novembre 2011

"No mammo ?" de Rachel Campergue : un livre de référence sur le dépistage du cancer du sein.


Le sentiment que j'ai ressenti lors de la lecture du livre de Rachel Campergue fut la honte. La honte que ce soit un non médecin qui ait pu écrire un livre pareil avec autant de pertinence, de légèreté et sans presque la moindre acrimonie. Puis je me suis dit que c'était la fraîcheur intellectuelle de cette femme, que je n'ai jamais vue (mais que l'on peut voir sur Facebook) ni entendue, qui a permis l'écriture de ce livre informé et pertinent qui s'adresse tout autant aux médecins qu'au grand public.
Je crains pourtant que ce ne soit le grand public qui profite le plus de sa lecture dans la mesure où l'irrationnel qui sous tend les préjugés du corps médical à l'égard de la prévention et du dépistage est ancré dans les esprits de mes confrères...
Encore une fois, et mon post précédent avait évoqué la chose (ICI), je suis abasourdi par l'absence de discussions argumentées dans la médico-sphère française alors que le débat est aussi développé ailleurs. Seuls des francs-tireurs tentent de faire entendre leurs voix, des Bernard Junod, des Marc Girard, des Alain Braillon, des Dominique Dupagne, mais ils sont tous hors-jeu de l'université ou de l'expertise spécialisée. La chape de plomb du lobby politico-administrativo-académico-industriel étouffe toute parole dissidente. Notre pays est cadenassé et souffre à l'évidence en ce domaine d'un manque cruel de démocratie. La Revue Prescrire a publié un dossier en 2007 (Rev Prescrire 2007;27(288):758-62) qui n'était pas tendre pour le dépistage organisé, voire même totalement opposé, mais son impact a été faible dans le débat public.
Mais revenons au livre de Rachel Campergue (RC).
Je n'ai pas de statistiques mais ne doutons pas un seul instant qu'au bas pourcentage 95 % des médecins français sont favorables à la mammographie comme outil parfait de dépistage et de diagnostic du cancer du sein avec une pointe à 98 % chez les gynécologues et à 99 % chez les radiologues. Chez les oncologues l'enthousiasme doit être du même tonneau. Quant aux médecins généralistes, je suis certain à 99 % (statistique personnelle non publiée) qu'ils prescrivent ou qu'ils laissent prescrire la mammographie sans délivrer une information éclairée aux femmes qui fréquentent leurs cabinets avant qu'elles ne se rendent dans un cabinet de radiologie. Mais on le verra, délivrer une information éclairée n'est pas simple, dévoreur de temps et, surtout, difficile à formaliser tant les points de vue, les peurs, les croyances, les sous-entendus, les impératifs, les avis d'autorité et la lassitude de de voir toujours, face à la puissance de feu des medias grand public, ramer à contre-courant et passer parfois pour rétrograde et hors du courant dominant de la morale sentimentale qui est, je cite, "Rien n'est trop pour sauver une vie" et son versant pécuniaire "la santé n'a pas de prix".
Petit questionnaire à l'usage des médecins français (voir p 431 du livre) que j'ai adapté de celui qui avait été mis en place dans 4 pays européens pour savoir "Comment les femmes perçoivent les bénéfices de la mammographie de dépistage" et dont le résultat attestait des sur promesses officielles et des attentes irréalistes des femmes. Intitulons-le "Comment les médecins perçoivent les bénéfices de la mammographie de dépistage ?" Je vous propose de répondre.
  1. Pensez-vous que le dépistage puisse prévenir le cancer du sein ?
  2. D'après vous, chez les femmes de plus de 50 ans, quelle réduction de mortalité permet le dépistage ?
  3. A combien estimez-vous le nombre de décès par cancers du sein évités pour mille femmes dépistées régulièrement pendant dix ans ?
Je vous donnerai les réponses tout à l'heure.
No mammo ?
Le livre permet dans une première partie de se rendre compte de ce qui nous attend en France en analysant la situation américaine : des campagnes de sensibilisation pour la mammographie organisées avec des fonds provenant de compagnies soit intéressées dans la vente de mammographes ou de tamoxifène, soit polluant l'environnement avec des pesticides ou des modificateurs hormonaux pouvant entraîner des cancers du sein, soit ne s'intéressant qu'à l'augmentation de leur chiffre d'affaires. Des campagnes de sensibilisation ignorant la différence entre prévention et dépistage, des campagnes de sensibilisation ne parlant jamais des méfaits du dépistage (sur diagnostics), des campagnes de sensibilisation affirmant que la mammographie sauve à coup sûr, des campagnes de sensibilisation ne parlant que de la diminution du risque relatif et jamais de celle du risque absolu, des campagnes de sensibilisation qui récoltent des fonds non pour la recherche mais pour acheter des mammographies qui permettront de faire passer plus de mammographies.
RC montre également combien les campagnes Octobre Rose de l'Institut National du Cancer (INCa) utilisent des mensonges pour "sensibiliser" et des contre-vérités scientifiques pour que les femmes se fassent mammographier.
Le livre analyse également la genèse de la contestation nord-américaine à l'égard des campagnes de dépistage aveugle en montrant combien des "usagères" de la mammographie et du cancer ont refusé l'infantilisation et comment elles ont pu trouver avec difficulté des relais dans le corps médical américain.
Mais surtout RC démystifie toutes ces campagnes, tous ces arguments commerciaux, tout cet excès de sentimentalité qui ont été et sont utilisés pour convaincre les femmes de suivre les programmes de dépistage et, d'autre part, de culpabiliser les autres, celles qui refusent (l'INCa dit même dans ses documents promotionnels que les femmes qui refusent la mammographie ne croient pas en la prévention (sic) : l'INCa, la plus haute instance du cancer en France, confond prévention, c'est à dire faire en sorte que quelque chose n'arrive pas, et dépistage, découvrir quelque chose qui existe déjà : de l'incompétence ou de la filouterie ? Voir ICI pour ceux qui n'y croient pas : un document rose de chez rose).
Voici quelques éléments que j'ai pêchés ici et là dans le livre de RC, éléments que les femmes ne trouveront pas dans les brochures incitant à pratiquer une mammographie tous les deux ans à partir de l'âge de 50 ans et jusqu'à l'âge de 74 ans :
  1. Il n'existe pas un mais des cancers du sein : des cancers qui grossissent rapidement (parmi eux les fameux cancers de l'intervalle, ceux qui apparaissent entre deux mammographies et qui sont déjà métastasés lorsqu'ils sont découverts), des cancers qui progressent lentement, des cancers qui ne grossissent pas du tout, des cancers qui sont si lents à progresser qu'ils ne donneront jamais de symptômes et des cancers qui régressent spontanément (ces deux dernières catégories pouvant être considérées comme des pseudo-cancers).
  2. La mammographie ne permet pas un diagnostic précoce car elle découvre des cancers qui étaient en moyenne présents depuis 8 ans !
  3. Les cancers de l'intervalle ne sont, par définition, pas découverts par la mammographie lors du dépistage et ce sont les plus rapides à se développer et les plus mortels.
  4. La mammographie peut se tromper et passer à côté de 20 % des cancers du sein et ce pourcentage est encore plus fort chez les femmes plus jeunes (25 % entre 40 et 50 ans), ce sont les faux négatifs.
  5. La mammographie peut se tromper et annoncer un cancer alors qu'il n'en est rien : ce sont les faux positifs. On imagine l'angoisse des femmes que l'on "rappelle" après la mammographie pour leur demander de passer d'autres examens et pour leur dire ensuite, heureusement, qu'elles n'ont pas de cancer... Voici des données terrifiantes : Après avoir subi une dizaine de mammographies, une femme a une chance sur deux (49 % exactement) d'être victime d'un faux positif et une chance sur 5 (19 % exactement) de devoir se soumettre inutilement à une biopsie du fait d'un faux positif.
  6. La seconde lecture de la mammographie par un autre radiologue ne se fait qu'en cas de résultat normal, pas en cas de résultat anormal : on ne recherche que les faux négatifs, pas les faux positifs (ceux qui conduisent aux examens complémentaires anxiogènes dont la biopsie qui peut être dangereuse)
  7. La mammographie est d'interprétation d'autant plus difficile que la femme est jeune (importance du tissu glandulaire) et qu'elle prend des estrogènes qui sont un facteur de risque du cancer du sein et d'autant plus difficile que la femme est ménopausée prenant des traitements hormonaux substitutifs (heureusement arrêtés aujourd'hui)
  8. On ne lit pas une mammographie, on l'interprète et il faut se rappeler que la variabilité inter radiologue peut atteindre (dans la lecture d'une radiographie du poumon, ce qui est a priori plus facile) 20 % et que la variation intra individuelle (on demande à un radiologue de relire des clichés qu'il a déjà interprétés) de 5 à 10 %
  9. L'interprétation erronée d'une mammographie dans le cas d'un faux positif (cf. le point 5) conduit les femmes à être "rappelées" (pour biopsie) : le taux de rappel peut varier, chez les "meilleurs" radiologues, de 2 à 3 % et atteindre 20 % chez les autres ! Certains estiment que le taux "idéal" de rappel serait de 4 à 5 % alors qu'il est de 10 à 11 % en pratique : sur 2000 femmes invitées à la mammographie pendant dix ans 200 feront face à un faux positif ! Anecdotiquement (mais pas tant que cela) le taux de rappel augmente quand le radiologue a déjà eu un procès.
  10. Quant à la lecture (i.e. l'interprétation) des biopsies elle laisse encore une fois rêveur : Un essai a montré que la lecture de 24 spécimens de cancers du sein par 6 anatomo-pathologistes différents a entraîné un désaccord pour 8 spécimens (33 %). Quand on connaît les conséquences d'une biopsie positive...
  11. La biopsie positive ne fait pas la différence entre ce qui n'évoluera jamais et ce qui évoluera de façon défavorable (sauf dans les rares cas de cancers indifférenciés) et c'est cette définition statique qui est source d'erreurs fatales... Et encore n'avons-nous pas encore parlé des fameux cancers canalaires in situ...
  12. Sans compter que nombre de cancers REGRESSENT spontanément comme cela a été montré dans la fameuse étude de Zahl de 2008 : une comparaison entre femmes dépistées et non dépistées montre que les femmes suivies régulièrement pendant 5 ans ont 22 % de cancers invasifs de plus que celles qui ne l'avaient pas été... Et encore les cancers canalaires in situ n'avaient-ils pas été pris en compte...
  13. L'exposition des seins aux rayons X n'est pas anodine. L'historique de l'utilisation des rayons X en médecine laisse pantois (pp 331-382). Mais je choisis un exemple décapant : dans les familles à cancers du sein (mutation des gènes BRCA1 et BRCA2) une étude montre que le suivi mammographique depuis l'âge de 24 - 29 ans de ces femmes à risque entraînait 26 cas de cancers supplémentaires (radio induits) pour 100 000 ; ce chiffre n'était plus (!) que de 20 / 100 000 et de 13 / 100 000 si le dépistage était commencé respectivement entre 30 et 34 ans et entre 35 et 39 ans !
  14. Il n'y a pas de sein standard pour les doses de rayon administrés par examen ! Ou plutôt si, cette dose a été définie ainsi : pour un sein constitué à parts égales de tissu glandulaire et de tissu graisseux et pour une épaisseur comprimée (sic) de 4,2 cm. Je laisse aux femmes le soin de vérifier...
  15. Terminons enfin, à trop vouloir prouver on finit par lasser, même si nous n'avons pas rapporté la question des biopsies disséminatrices de cellules et de l'écrasement des seins lors des mammographies répétées, sur le problème des carcinomes in situ qui "n'existaient pas auparavant" et qui sont devenus les vedettes de la mammographie de dépistage (environ 50 % des cancers diagnostiqués). Une enquête rétrospective a montré que sur tous les carcinomes in situ manqués seuls 11 % étaient devenus de véritables cancers du sein alors que la règle actuelle est de proposer mastectomie ou tumorectomie + radiothérapie... Sans compter les erreurs diagnostiques : un anatomo-pathologiste américain a revu entre 2007 et 2008 597 spécimens de cancers du sein et fut en désaccord avec la première interprétation pour 147 d'entre eux dont 27 diagnostics de carcinome in situ.
Je m'arrête là pour que vous ayez encore envie de lire ce livre qui aborde tellement d'autres sujets passionnants dont, surtout, les mensonges avérés de l'INCa pour promouvoir le dépistage. Mais surtout ce livre est agréable à lire, aborde nombre de sujets divertissants et désolants... Lisez.
Répondons enfin aux interrogations du début.
  1. Pensez-vous que le dépistage puisse prévenir le cancer du sein ? Réponse : Non. Il ne faut pas confondre dépistage et prévention (par exemple la suppression du Traitement Hormonal de la Ménopause est un geste de prévention du cancer du sein...)
  2. D'après vous, chez les femmes de plus de 50 ans, quelle réduction de mortalité permet le dépistage ? Réponse : 15 % selon Gotzsche et Nielsen, ce qui correspond à une vie sauvée pour 2000 femmes examinées pendant 10 ans. Mais surtout : pas d'effet sur la mortalité globale ! Il n'est pas prouvé que les femmes qui suivent le dépistage vivent plus longtemps que celles qui ne le suivent pas.
  3. A combien estimez-vous le nombre de décès par cancers du sein évités pour mille femmes dépistées régulièrement pendant dix ans ? Réponse : 0,5.
Il ne vous reste plus qu'à lire le livre de Rachel Campergue pour connaître l'origine de ces chiffres, pour apprendre quelle a été l'histoire des pionniers du doute et pourquoi l'INCa ment.
Bonne lecture.
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Deux jours de mobilisation à Paris en solidarité avec la Syrie (vidéo).

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Dimanche 30 décembre 2012

vu le blog Réveil Communiste

Depuis le début du conflit en Syrie les organisations syriennes en France dénoncent et manifestent leur soutien au peuple syrien et son gouvernement légitime. Mais les médias ne relaient pas toutes les informations.

C'est pour informer les français et le monde que l'Union des Étudiants Syriens en France et la Communauté Syrienne de France organisent régulièrement, depuis le début du conflit, des rassemblements et des conférences d'information et d'échanges sur la Syrie.

Un reportage couvrant deux jours de mobilisation à Paris en solidarité avec la Syrie, les 8 et 9 Décembre 2012 organisées par l'Union des Étudiants Syriens en France et la Communauté Syrienne de France.

Reportage réalisé par : Smaïn Bédrouni

 

 


 

 

 

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Impôt à 75%: le lapin du chapeau est carbonisé. Article repris sur le blog de Caroleone.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'art - la peinture - la poésie.

Dimanche 30 décembre 2012

 

Heureusement que j'ai des camarades qui suivent les actualités !

Moi à l'école j'étais au fond de la classe et je gribouillais des dessins sur mes cahiers, parfois je dormais, et parfois encore j'avais la tête dans les étoiles. Tout comme maintenant ( et c'est moi qui le dis )

 

Voilà le lapin on a levé un gros lièvre avec ce gouvernement y'à pas à dire.

Pour le coup ça me donne envie de vous envoyer le lien vers le joli poème que les soces à la rose m'ont inspiré un jour 

 

ICI

 

 

 

 

Pour le reste, je laisse la parole à Roger Colombier :

 

 

 

index-copie-3.jpg

 

 

 

 

François Hollande avait tiré l'imposition à 75% des grandes fortunes (plus de 1 million d'euros), comme le magicien sur son estrade un lapin de son chapeau. Une promesse du candidat socialiste à la présidentielle qui avait surpris jusqu'à son plus proche entourage, c'est dire. Mais c'était l'époque où il fallait se montrer de gauche dans les paroles du haut d'une tribune politicienne.

Une fois à l'Elysée, les belles promesses du candidat se sont vite envolées au vent mauvais de l'austérité. Ainsi en fut-il d'une véritable révolution fiscale, cohérente et réfléchie, pour s'attaquer aux privilégiés de la finance, aux évadés fiscaux de tous bords et à la spéculation. Restait la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d'euros. Encore n'était-ce que du provisoire sur deux ans. Comme si les privilèges de la finance, les fraudeurs fiscaux et la spéculation auraient magiquement disparus au bout de deux années.

 

Mais au lieu de respecter la législation sur l'imposition, pour une mesure un tantinet de gôche, on a taxé les personnes au lieu des foyers. Ainsi la droite a eu beau jeu de saisir le Conseil Constitutionnel, lequel vient de censurer tout naturellement cette loi bancale juridiquement.

Mon voisin pense que l'Elysée, avec tous les énarques que comptent la présidence de la République, le gouvernement et tous les économistes du même métal qui les conseillent, en a fait exprès. Pour ne pas s'attaquer ainsi à la finance. Pas con mon voisin, peut-être...

 

Bon, le Medef et la droite sont ravis de l'affaire, comme le monde du fric dans le foot professionnel et tous ceux qui font du patriotisme une affaire de gros sous à laquelle il ne faut pas toucher. Et Gégé ou Aflfelou qui sont partis pour rien!

 

Je vous proposerai bien du civet de lapin pour le premier jour de l'an nouveau. Mais par évidence, il n'en reste pas un poil ni le bout d'une moustache.

 

 

 

lapin-chapeau.gif

 

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-impot-a-75-le-lapin-du-chapeau-est-carbonise-113904361.html
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ETATS-UNIS: LES INCERTITUDES ! Par Immanuel Wallerstein.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 

ETATS-UNIS : LES INCERTITUDES !





« En conclusion, écrit Immanuel Wallerstein, la réélection de Barack Obama a certes quelque peu changé la donne, mais bien moins que ce que prétendent ou craignent les républicains. Une fois encore, je tiens à rappeler que nous vivons dans un monde chaotique en pleine transition, où des changements imprévisibles font partie de notre réalité quotidienne, y compris en matière d’allégeances politiques. »

Cette vision ouvre-t-elle des perspectives nouvelles aux peuples ?

Mais, fondamentalement, n'est-ce pas eux qui détiennent les clés ?

M.



OBAMA A GAGNE, ET MAINTENANT ?

 

15 novembre 2012

 

Dans la population comme au sein du collège électoral, l’avance de voix qui a donné à Barack Obama sa victoire à l’élection présidentielle a été non négligeable. Pour les élections au Sénat, exception faite d’un cas, les démocrates l’ont emporté dans tous les scrutins qui s’annonçaient serrés. Ces résultats – un véritable soulagement pour le camp démocrate – ont stupéfié les républicains qui pensaient la victoire à portée de main. Le monde entier souhaite désormais comprendre le sens de ces élections pour l’avenir immédiat des Etats-Unis et de la planète. Il n’y a pas de réponse simple.

Quid d’abord de la politique étrangère ? Les Etats-Unis souhaitent poursuivre leur politique impériale à travers le monde mais ils se confrontent à un problème très simple : leur capacité à atteindre leurs buts s’est considérablement affaiblie, ce que les élites (dont Obama) refusent de reconnaître. Celles-ci continuent de présenter les Etats-Unis comme la nation « indispensable » et le « plus grand pays » que le monde ait jamais connu. C’est là une contradiction que les dirigeants étasuniens ne savent pas gérer. Quant aux citoyens ordinaires, un sondage sortie des urnes indiquait que seuls 4% d’entre eux ont intégré comme critère de vote cette question de la politique étrangère. Pour autant, il n’en reste pas moins que la plupart des citoyens des Etats-Unis continue d’adhérer au credo selon lequel leur pays est l’étalon-or des nations.

Il faut donc s’attendre à ce que Barack Obama continue d’agir comme avant : des discours musclés mais, dans les faits, une politique prudente, aussi bien à l’égard de l’Iran, de la Syrie, d’Israël, de l’Egypte, du Pakistan, de la Chine, du Mexique que de la plupart des pays. Sans surprise, cette façon de procéder exaspère les autres Etats et toutes sortes d’acteurs politiques dans le monde. Il n’est pas certain qu’il puisse longtemps continuer sans risque cet exercice permanent d’équilibriste, tant les Etats-Unis s’avèrent désormais incapables de contrôler ce que font les autres pays.

Le président est tout aussi impuissant, ou presque, dans le domaine économique, tant au niveau national que mondial. Je doute fort qu’il parvienne à réduire significativement le chômage aux Etats-Unis et il faut donc s’attendre à un rebond républicain en 2014 et en 2016. Dans l’immédiat, la question cruciale est celle de la bien mal nommée « falaise fiscale » : il s’agit de savoir qui va devoir supporter, pour l’essentiel, le fardeau du déclin économique du pays.

Sur toutes ces questions, alors qu’il a été élu sur des promesses dites « populistes », Barack Obama conduit une politique de centre-droit. Il recherche désormais un accord avec les républicains : des hausses d’impôts pour les riches et, en contrepartie, de coupes importantes dans les dépenses de santé, et peut-être aussi dans les retraites, pour le reste du pays. Une austérité « made in USA ».

Ce compromis est mauvais pour la grande majorité des étasuniens, mais Barack Obama est déterminé à l’imposer. L’accord pourrait toutefois capoter si la droite du Parti républicain était assez bête pour le rejeter, ce que veut éviter le monde des affaires qui fait pression sur l’ensemble des républicains pour l’accepter. A l’inverse, les syndicats et la gauche (à l’intérieur du Parti démocrate comme en-dehors) y sont hostiles, mais leur opposition s’est avérée jusqu’à présent beaucoup moins efficace que l’engagement des forces oligarchiques en sa faveur. Il s’agit là d’une lutte des classes des plus traditionnelles où les 99% ne sont pas jamais sûrs de l’emporter.

Sur les questions de société, qui lors du dernier scrutin ont constitué une vraie ligne de fracture entre les républicains et les démocrates, les électeurs ont battu à plate couture les hommes des cavernes. Le mariage homosexuel a été adopté dans les urnes par quatre Etats, et l’évolution de l’opinion publique indique une tendance de fond vouée à se poursuivre.

Plus important encore, le vote des Africains-Américains et des Latinos en faveur d’Obama et des démocrates a constitué un véritable raz-de-marée. Les procédés détestables employés par certains gouverneurs républicains pour empêcher ces populations de voter se sont retournés contre leurs promoteurs, et cet électorat s’est même davantage mobilisé que lors du scrutin précédent. Pour les Latinos, la question clé était la réforme des lois sur l’immigration. Désormais, des personnalités de premier plan du Parti républicain (comme Jeb Bush, un possible futur candidat à la présidence) déclarent que les républicains doivent s’associer à cette réforme pour espérer de nouveau l’emporter dans un scrutin national (ainsi que dans plusieurs Etats). Selon moi, le Congrès est maintenant en mesure d’adopter une loi sur le sujet.

Barack Obama a beaucoup déçu ses nombreux partisans sensibles aux questions écologiques et environnementales. Il a tenu de beaux discours mais a peu agi, en raison notamment des réticences d’une autre partie de ses partisans – les syndicats –, soucieux avant tout de la protection de l’emploi. Le président parle pour ne rien dire et continuera probablement de le faire. Il fait toutefois légèrement mieux sur le sujet que Mitt Romney, lequel aurait fermé les agences gouvernementales qui tentent tant bien que mal de protéger l’environnement.

Sur la question des libertés publiques, le bilan de Barack Obama est également mauvais, sinon pire par certains aspects que celui de George W. Bush. Il est parti en guerre contre les « lanceurs d’alerte », ces personnes qui dénoncent publiquement les scandales au sein des institutions. Il n’a pas procédé à la fermeture de Guantanamo et continue d’être un soutien zélé du Patriot Act. Il se sert de drones pour assassiner les ennemis présumés des Etats-Unis. Sur tous ces sujets, il a reçu le soutien de la plupart des membres du Congrès et, en général, des tribunaux. Il n’y a aucune raison de penser qu’il changera de politique en la matière.

Par ailleurs, tous les quatre ans, la question des nominations à la Cour suprême est l’une des grandes raisons évoquées pour soutenir le candidat démocrate à la présidence. Il est vrai que, si Mitt Romney eût été élu et que l’un des juges non conservateurs fût mort ou eût démissionné durant son mandat, la Cour aurait viré très à droite pour toute une génération.

Que va-t-il se passer maintenant que Barack Obama a été réélu ? Quatre juges ont plus de 70 ans et il n’existe pas d’âge obligatoire de départ à la retraite. Aucun d’eux ne semble prêt à démissionner, pas même la juge Ruth Bader Ginsburg qui a pourtant été malade à plusieurs reprises. Barack Obama aura une occasion de changer la donne si le juge Anthony Kennedy démissionne ou décède et si son confrère, Antonin Scalia, vient à disparaître (puisqu’il ne compte certainement pas démissionner). Il est bien sûr impossible de prévoir ce qui va se passer. Mais si cela se produit, la réélection de Barack Obama aura permis en effet de changer les choses.

Pour terminer, que dire de l’avenir de la politique étatsunienne ? Il règne ici une grande incertitude. Les républicains semblent s’engager dans une guerre interne opposant les conservateurs du Tea Party aux autres membres du parti. Ces derniers considèrent que les républicains ont gâché toutes leurs chances de s’emparer du Sénat quand, lors des primaires internes, des candidats extrémistes présentés par le Tea Party ont été préférés à des « candidats sûrs ». Seuls 11 % des voix pour Mitt Romney sont venues de non-Blancs. Or le pourcentage d’électeurs latinos continue d’augmenter, y compris dans les Etats acquis actuellement aux républicains comme le Texas et la Georgie. A l’inverse, si les républicains commencent à se recentrer, ne risquent-ils pas de perdre une part importante de leurs électeurs traditionnels qui préféreront l’abstention ?

Les démocrates font face à un problème similaire quoique moins grave. Ils ont été élus grâce aux voix d’une « coalition arc-en-ciel » composée de femmes (en particulier de mères célibataires et de femmes actives), d’Africains-Américains, de Latinos, de juifs, de bouddhistes, d’hindous, de syndicalistes, de pauvres et de diplômés. Leurs attentes sont en contradiction avec les vœux de ceux qui contrôlent le parti, y compris Barack Obama. Cette fois-ci, la base est restée loyale. Mais lorsque certains ont soutenu des candidatures indépendantes, ils l’ont fait uniquement dans des Etats où les démocrates ne pouvaient perdre. Dans aucun des Etats tangents (« swing state »), des candidatures tierces n’ont été mesure de faire basculer l’élection.

La gauche du parti va-t-elle rallier d’autres partis ? Si c’est peu probable aujourd’hui, ce n’est pas impossible à l’avenir. Tout dépendra, d’une part, de la gravité de la dégringolade des Etats-Unis dans les quatre années à venir et, d’autre part, de la propension de Barack Obama à céder aux thématiques « populistes ».

En conclusion, la réélection de Barack Obama a certes quelque peu changé la donne, mais bien moins que ce que prétendent ou craignent les républicains. Une fois encore, je tiens à rappeler que nous vivons dans un monde chaotique en pleine transition, où des changements imprévisibles font partie de notre réalité quotidienne, y compris en matière d’allégeances politiques.

 

 

© Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de  traduction et de mise en ligne sur des sites non commerciaux,contacter : rights@agenceglobal.com1.336.686.9002 ou 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers sont autorisés pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée.

 

 Pour contacter l’auteur, écrire à : immanuel.wallerstein@yale.edu.

Ces commentaires, bimensuels, sont des réflexions consacrées à l’analyse de la scène mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.

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Le Journal du Siècle. Discours de Julian Assange : « Apprenez. Défiez. Agissez. Maintenant ! »

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 

Le Journal du Siècle

"Ce siècle est à la barre et je suis son témoin." ~ Victor Hugo ~

Discours de Julian Assange:

« Apprenez. Défiez. Agissez. Maintenant ! »

Julian Assange, fondateur du site Internet Wikileaks, spécialisé dans la divulgation de rapports secrets, a annoncé jeudi 20 décembre la publication d’un million de documents en 2013. 

Depuis le balcon de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’est réfugié il y a six mois, le fondateur de WikiLeaks a en effet promis la révélation de documents secrets. « L’année prochaine sera aussi bien remplie (que 2012). Wikileaks prépare la publication d’un million de documents, des documents qui touchent tous les pays dans le monde, tous les pays dans ce monde », a déclaré Julian Assange.

Le discours se voulait également politique. Julian Assange a accusé jeudi Washington d’ingérences dans l’économie de l’Équateur et dans l’élection présidentielle équatorienne de février 2013.

« La vraie démocratie n’est pas à la Maison-Blanche, (…) la vraie démocratie, c’est la résistance des personnes armées de la vérité contre les mensonges, de la place Tahrir à Londres », a-t-il estimé, avant de terminer son discours le poing en l’air.

Julian Assange est retranché dans l’ambassade équatorienne à Londres depuis le 19 juin dernier, pays auquel il a demandé l’asile politique. Le fondateur de WikiLeaks est menacé d’extradition vers les États-Unis, où il risque une longue peine de prison.

Julian Assange (19/08/2012) : La guerre des États-Unis contre les informateurs doit cesser

http://lejournaldusiecle.com/2012/12/22/discours-de-julian-assange-apprenez-defiez-agissez-maintenant/

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Chine: Apple, le double jeu. Dans ses usines, le sous-traitant chinois du géant américain à la pomme réinvente l'esclavage.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les transnationales

Chine: Apple, le double jeu

Samedi 29 Décembre 2012 par  Jordan Pouilledans "Marianne".

 

 Dans ses usines, le sous-traitant chinois du géant américain à la pomme réinvente l'esclavage.

Usine Foxconn de Longhua, dans la province de Guangdong - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA
Usine Foxconn de Longhua, dans la province de Guangdong - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA
Le 13 décembre, France 2 proposait un reportage édifiant. Il montrait les conditions de vie et de travail désastreuses des ouvriers de Foxconn, le premier fabricant d'électronique mondial et le plus gros employeur privé de la Chine populaire. Foxconn s'est fait connaître du grand public après une vague de suicides tragiques, au printemps 2010. Par mimétisme, des jeunes ouvriers migrants se défenestraient à la chaîne. Marianne y était allé et nous découvrions alors comment 350 000 jeunes gens, rassemblés dans une austère ville-usine de la banlieue de Shenzhen, fabriquaient jour et nuit les objets Sony, Nokia, HP, Nintendo, ainsi que toute la gamme Apple...

Plus de deux années ont passé, et Foxconn a fortement délocalisé, principalement vers les provinces moins développées, dans l'ouest de la Chine. Mis à part des filets antisuicide, rien n'a vraiment changé. Mêmes cadences infernales, mêmes dortoirs sans âme, même gestion darwinienne de l'être humain. Cette réalité, je l'ai constatée à Shenzhen, Chengdu et Chongqing, où Foxconn a délocalisé sa production d'imprimantes HP, profitant d'exonérations fiscales et du bas coût de la main-d'œuvre.

La nouveauté, c'est le travail forcé. A chaque fois que Foxconn inaugure un nouveau site de production, le gouvernement local s'empresse de réquisitionner ses forces vives. Chaque commune se voit imposer des quotas de main-d'œuvre, sous peine de se voir supprimer les aides publiques. Le gouvernement livre aussi ses étudiants de lycées professionnels sur un plateau. Du travail forcé pour des gamins de 16 ans, payés au lance-pierre, et dissimulé derrière des conventions de stage.

Aujourd'hui, Apple, le principal client, ne fait plus l'autruche. Tancée par les ONG, la firme reconnaît une part de responsabilité dans ces errements. Sans doute a-t-elle réalisé que rien de tout cela ne pouvait menacer ses bénéfices colossaux. Car, même en Chine, Apple est irrésistible. L'iPhone 5 s'est vendu à 2 millions d'exemplaires le premier week-end de sa sortie. Dans la zone reculée d'Hulunbuir, dans le nord de la Mongolie-Intérieure, les habitants de la petite ville d'Hailar n'ont pas encore de McDonald's mais déjà deux faux Apple Store... A Jinan, dans la province du Shandong, le visage de Steve Jobs illustre les palissades des chantiers immobiliers. «Celui qui travaillera dans ce bureau connaîtra le même succès qu'Apple !» promet la réclame. Et les ventes de sa biographie surpassent tous les Harry Potter...
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Charles de Gaulle sur l’or et le système monétaire (1/2). Sur le blog d'Olivier Berruyer.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

Conférence de Presse du Général de Gaulle, Palais de l’Elysée, 4 Février 1965

Question – M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

Réponse (De Gaulle) – Je vais tâcher d’expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l’Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d’ailleurs, dans cette constatation n’implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d’inamical à l’égard d’autres pays, en particulier de l’Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l’Europe lui firent perdre l’équilibre. Je veux parler – qui ne le comprend? – du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s’est établi à la suite de la Seconde.

On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l’étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l’Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l’Europe en y déchaînant l’inflation. Comme presque tontes les réserves d’or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l’univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s’établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D’autant plus que l’Amérique n’éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors.

Cependant, il ne paraît plus aujourd’hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s’alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d’objectivité – car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant – c’est le moment de le faire.

Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. C’est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle, qu’on ne possède que pour l’avoir gagné et qu’on ne peut transférer à d’autres sans risque et sans sacrifice.

Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.

Évidemment, il y a d’autres conséquences à cette situation.

Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l’emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler l’inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contre-coup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.

Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l’aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d’autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficie. Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’ou irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or? Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu’elle l’a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu’une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l’éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier.

Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh ! oui, l’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D’ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s’imaginer, se dire, s’ écrire, se faire, à mesure d’immenses événements, c’est un fait qu’encore aujourd’hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l’or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l’intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d’or – c’est bien le cas de le dire – qu’il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c’est l’obligation d’équilibrer, d’une zone monétaire à l’autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges.

Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l’étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l’organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D’ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu’il s’agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l’ Angleterre, d’une part la France, l’ Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d’autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d’élaborer entre eux et de faire valoir au-dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent.

La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste reforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier.

Charles de Gaulle

Extrait de “Discours et Messages” – Charles de Gaulle – Plon, 1970 – pages 330 à 334


De Gaulle et les relations monétaires internationales

Dès que le rétablissement de la balance des paiements permet à la France de faire entendre sa voix, le général de Gaulle souligne les défauts du système monétaire international et s’efforce de le faire évoluer dans le sens d’une plus grande équité entre les nations.

I – Le rétablissement de la balance des paiements de la France

L’une des premières préoccupation du général de Gaulle lors de son retour au pouvoir en 1958 est de voir la France recouvrer son indépendance gravement compromise par le déficit de ses comptes extérieurs.

Dès que le plan de stabilisation de décembre 1958 commence à produire ses effets, à partir de l’été 1959, il poursuit simultanément la reconstitution des réserves en or et en devises, qui augmentent de 3 milliards de dollars de 1958 à 1964, et le remboursement de la dette extérieure. Ce remboursement porte à la fois sur les tirages récents de la France au Fonds monétaire international, et sur les dettes contractées pendant et au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale (dettes Prêt-Bail et emprunt Blum-Byrnes de 1946). Il est terminé en 1963.

Pour assurer la pleine maîtrise de la France sur ses propres réserves, le général de Gaulle, qui a gardé le souvenir du séquestre opéré pendant la guerre par les États-Unis sur les avoirs français en or et en devises, fait même procéder par la Marine nationale au rapatriement de la part de l’or de la Banque de France déposé à New York auprès de la Banque fédérale de réserve.

La stabilité retrouvée et la valeur du franc seront préservées pendant dix années, jusqu’à ce que les événements de mai 1968 provoquent dans l’économie française des déséquilibres majeurs.

La hausse massive des salaires, une grave crise de confiance entraînant des exportations de capitaux, conduisent inévitablement à une nouvelle définition de la parité du franc. Celle-ci est refusée en novembre 1968 par le général de Gaulle qui pense que, faute d’un plan de stabilisation suffisamment rigoureux, la dévaluation du franc sera un échec. Elle n’interviendra qu’après son départ, en août 1969.

II – La réforme du système monétaire international

Pendant les années du retour de la France à l’équilibre, la situation de la balance des paiements des États-Unis ne cesse de se dégrader, sous l’effet de diverses causes : aide à l’étranger, croissance des investissements américains dans le reste du monde et notamment en Europe (y compris en France), maîtrise insuffisante de l’inflation aux États-Unis et surtout coût de la guerre du Vietnam.

Mais, alors que les autres nations doivent régler leur déficit extérieur dans une devise étrangère autre que leur propre monnaie, les États-Unis peuvent le faire en remettant en paiement à leur créanciers des dollars que ceux-ci acceptent de conserver.

Ce privilège s’explique à la fois par le fait que, au moins depuis la guerre, les partenaires des États-Unis ont toujours craint de manquer de dollars (le “dollar gap”), et parce que le système monétaire international bâti à Bretton-Woods est ainsi fait que les diverses monnaies nationales sont rattachées à l’or par l’intermédiaire du dollar. Une baisse de la valeur du dollar par rapport aux autres monnaies ne pourrait donc s’opérer que par le relèvement du prix de l’or exprimé en dollars.

L’asymétrie de ce système a été relevée par plusieurs auteurs, notamment par Robert Triffin en 1959 et Jacques Rueff avait été depuis plusieurs années l’ardent protagoniste d’une réforme comportant notamment le relèvement du prix de l’or. Mais la dénonciation du système prend une dimension plus directement politique quand elle est exprimée par une personnalité aussi forte que le général de Gaulle, parlant au nom d’une France qui n’a plus de dettes envers les États-Unis.

Dans un premier temps, le général de Gaulle ne s’oppose pas à la recherche, suggérée par des experts français eux-mêmes, d’un instrument de paiement international, quelque peu analogue au mécanisme de règlement de l’Union européenne des Paiements (1950-1958), qui serait basé à la fois sur l’or et sur un “panier” de grandes monnaies et utilisé par les banques centrales dans leurs règlements réciproques (l’ “Unité de Réserve collective”).

Devant l’impossibilité de parvenir à un accord, et après avoir, pour maintenir la pression sur les États-Unis, fait procéder à plusieurs conversions de dollars en or, le général de Gaulle raidit sa position dans sa célèbre conférence de presse du 4 février 1965 et propose le retour aux principes de l’étalon or.

Si sa dénonciation des privilèges du dollar est très généralement approuvée, la nécessité de disposer, en complément de l’or, d’un ensemble de facilités de crédits – qui doivent être d’un usage quasi automatique, si elles veulent pouvoir concurrencer puis remplacer le dollar -, conduira à orienter la réforme du système monétaire international vers la création d’un instrument mis en œuvre dans le cadre du Fonds monétaire international, les Droits de tirage spéciaux (DTS).

La France y est peu favorable, mais sa position de négociation est considérablement affaiblie par les événements de mai 1968. Après le départ du général de Gaulle, elle se ralliera à la création des DTS, non sans exprimer sur leurs chances de succès un scepticisme qui se révèlera pleinement justifié.

Source: Charles-de-gaulle.org


« Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’Argent. » [Charles de Gaulle, 11 décembre 1969, discussion avec André Malraux, cité dans Les chênes qu'on abat, Gallimard]

Réponse à: [Mémoire] Charles de Gaulle sur l’or et le système monétaire 

  1.  Le 30 décembre 2012
     

    « Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’Argent. » [Charles de Gaulle, 11 décembre 1969, discussion avec André Malraux, cité dans Les chênes qu'on abat, Gallimard]

    André Malraux a écrit «la culture ne s’hérite pas elle se conquiert»

    «Je dois d’abord transmettre les sentiments amicaux du Général de Gaulle à tous ceux qui participent à une entreprise à laquelle il attache une haute signification. »

    «Prenons garde que ce n’est pas d’une juxtaposition des connaissances que nous sommes les premiers héritiers. Les statues africaines ou celles des hautes époques, qui entrent à côté des statues grecques dans nos musées et dans nos albums, ne sont pas des statues grecques de plus. Il ne s’agit pas de rivalité. La statue africaine n’est pas meilleure ou moins bonne : elle est autre. Elle met en question notre notion même de l’art, comme l’entrée en scène presque simultanée de toutes les cultures met en cause notre civilisation. La métamorphose apporte sa propre création. Qu’auraient eu à se dire Saint-Paul et Platon ? Des injures ? Pour que leur dialogue devint possible, il fallait que naquit Montaigne»

    «Nous sommes chargés de l’héritage du monde, mais il prendra la forme que nous lui donnerons»

    «Messieurs, en ce temps où l’héritage universel se présente à nos mains périssables, il m’advient de penser à ce que sera peut-être notre culture dans la mémoire des hommes, lorsque la France sera morte ; lorsque, «au lieu où fut Florence, au lieu où fut Paris – s’inclineront les joncs murmurants et penchés … » Alors, peut-être trouvera- t-on quelque part une inscription semblable aux inscriptions antiques, qui dira seule-ment : «En ce lieu naquit, un jour, pour la France et pour l’Europe, puis pour la France, l’Afrique et le monde, la culture de la fraternité ».»                                                                                               

    Février 1969 André Malraux.
  2.  
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Charles de Gaulle sur l’or et le système monétaire. Repris sur le blog d'Olivier Berruyer.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

 

30/12/2012

 

 
 

Extraits de C’ETAIT DE GAULLE d’Alain PEYREFITTE

(Première publication : 1994)

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(Source Le Livre de Poche – 2009 – Tome II, pages 99 à 113)

PARTIE I

Chapitre 12

« L’IMPERIALISME AMERICAIN LE PLUS INSIDIEUX EST CELUI DU DOLLAR »

Salon doré, 27 février 1963.

 

GdG : « L’impérialisme américain, aucun domaine ne lui échappe. Il prend toutes les formes, mais la plus insidieuse est celle du dollar.

« Les Etats-Unis ne sont pas fichus d’avoir un budget en équilibre. Ils se permettent d’avoir des dettes énormes. Comme le dollar est partout la monnaie de référence, ils peuvent faire supporter par les autres les effets de leur mauvaise gestion. Ils exportent leur inflation dans le monde entier. C’est inacceptable, ça ne doit pas durer.

AP. – Ca ne doit pas, ou ça ne peut pas ?

GdG. – Ca peut très bien durer ! Tout le monde se couche. Ca durera… tant que nous ne l’aurons pas dénoncé et que n’y aurons pas mis le holà.

« Heureusement que nous avons empêché les Anglais d’entre dans le Marché Commun. Sinon les investissements américains sur l’Angleterre se seraient multipliés. Elle aurait été le point de passage des capitaux américains envahissant l’Europe. Et tant pis si notre économie passait sous la coupe des Américains. »

Curieux que le Général se lance ainsi dans une critique économico-financière qui ne lui est pas familière. Il est vrai qu’il ne lui faut pas longtemps pour assimiler une discipline nouvelle. En 1946, entre son départ du pouvoir et le discours de Bayeux, il avait, en quelques semaines, absorbé nombre de livres de droits constitutionnel et bâti pour notre pays une Constitution selon son cœur ; elle set la nôtre aujourd’hui. Voici que, plus âgé de dix-sept ans, il assimile les techniques de la finance internationale et des relations économiques extérieures.

Il est vrai que Rueff doit être passé par là, relayé par les conseils de Burin et les éclaircissements de Lévêque (1). Ce que ces deux derniers me confirment dans l’après-midi.

« L’invasion américaine se déroule comme le cours d’un fleuve »

Salon doré, 30 avril 1963.

GdG – « Les Américains sont engagés dans un processus de mainmise sur l’ensemble des circuits économiques, financiers, militaires, politiques dans le monde. C’est une invasion qui se déroule comme le cours d’un fleuve. Les Américains le voudraient-ils, ils ne pourraient pas s’y opposer. D’ailleurs, ils n’y a pas de risque qu’ils le veuillent. Qui dresse une digue ? Ce n’est pas le fleuve. Ce sont les hommes qui ont intérêt à se mettre à l’abri de l’inondation. Or, personne n’en a le courage. C’est donc à nous qu’incombe ce devoir. Vous verrez, on finira par suivre notre exemple, si nous le donnons avec éclat. »

Il se reprend : « Avec éclat, mais sans arrogance. Il faut ménager l’amitié.

AP. – Tant que vous serez là, cette ligne peut être suivie : contenir la poussée américaine, mais sans se fâcher. Seulement, votre successeur, quel qu’il soit, n’en aura pas la capacité.

GdG – « C’est pourquoi, là comme ailleurs, il faut créer l’irréversible. L’irréversible, pour les monnaies, ce serait l’étalon-or. Nous y sommes théoriquement, mais pratiquement nous lui tournons le dos. Le dollar a remplacé l’or. Si nous retournions à l’étalon-or, les monnaies seraient sur des rails, dont elles ne pourraient pas dérailler. Ca supposerait que, chaque fois que nous avons des dollars, nous les convertissions en or, et que tout le monde en fasse autant. Les pressions politiques ne pourraient plus manipuler les monnaies, même si les gouvernements sont soumis aux pressions électorales ou sociales. Les autorités monétaires auraient les moyens d’empêcher les dérives.

(C’est du Rueff pur sucre, mais concentré et cristallin.)

« Tant que je serai là, j’obligerai le gouvernement à lutter contre le déficit et l’inflation (2), donc à tenir le franc. Quand je ne serai plus là, vous verrez, la facilité reprendra son cours. Mais le franc pourrait tenir s’il était rattaché à l’or, comme les autres monnaies ; ça obligerait les gouvernements à être raisonnables, le gouvernement américain et tous les autres comme lui.

« L’élection populaire du président n’est pas faite pour moi, mais pour qu’après moi, l’état et le pays aient une tête. De même, il faut créer une situation telle que les autorités politiques et monétaires soient obligées, après moi, d’assumer leurs responsabilités. »

« Bull, c’est vraiment une entreprise française ? »

Conseil du mardi 18 février 1964.

 

Le Général, méfiant, se tourne vers Giscard : « Bull, c’est vraiment une entreprise française, avec ce nom ?

Giscard (incollable). – Bull était un ingénieur norvégien qui a vendu son brevet à une entreprise française. Cette société est venue demander au Crédit national un crédit de 45 millions. Dans une firme fabriquant des machines pour connaître à tout instant les comptes au centime près, on avait laissé se créer une situation financière désespérée, sans que personne s’en fût aperçu.

« La General Electric propose d’apporter de l’argent frais contre une participation de 20% au capital. Nous allons constituer une solution française. Non sans mal ; les compagnies voisines, qui sont jalouses de leurs prérogatives, ne voient pas l’importance de l’enjeu. Le nouveau groupe apporte 70 millions et détiendra deux tiers des parts, les anciens actionnaires ne disposant que d’un tiers. L’aide de l’état se fera sous forme de passation de marchés.

Pompidou. – Les capacités financière et techniques des grandes sociétés américaines sont telles, qu’il n’y a guère de sociétés françaises, voire européennes, dans l’aéronautique, l’électronique, l’informatique, l’automobile, qui soient en mesure de résister à leur puissance, par absorption ou par achat, si les gouvernements ne se mettent pas en travers. Des entreprises familiales, incapables de soutenir le rythme, ne suivent pas l’avance technique et ferment les yeux devant le trou qui se creuse.

« Il faut sauver cette entreprise, mais en lui gardant son caractère privé. Si nous la nationalisions, elle vivoterait aux crochait de l’Etat. Seule l’Europe formera un marché suffisant. Il ne faut pas s’imaginer pouvoir tenir, face aux colosses américains, avec un petit marché intérieur.

GdG – Tout cela est bien préoccupant. C’était fâcheux que Bull soit menacé. Il s’agit d’une entreprise française de pointe, qui n’est quand même pas mal dans sa partie technique. (La foi dans le génie français est émouvante.) Si General Electric entrait dans le capital, ce serait le loup dans la bergerie. Mais si on s’allie avec un partenaire européen, il ne faut pas non plus tomber sous sa coupe ; Ce serait qu’une autre façon de tomber sous celle ses américains. »

Pompidou me fait passer un billet : « Pas un mot de bull. On n’en a pas parlé. » (Non ! Si on m’interroge, je dirai : « No comment. »)

« Sans indépendance économique, il n’y a plus d’indépendance tout court »

Conseil du 18 novembre 1964.

Giscard et Pompidou présentent au Conseil un projet de loi sur le vote plural. Il s’agit de protéger les entreprises françaises contre des immixtions étrangères, en accordant plusieurs voix à des actions qui sont restées depuis dix ans attachées à la même société.

GdG (visiblement fort satisfait) : « C’est un gros coup. Comment croyez-vous que ça va passer à l’Assemblée ?

Pompidou (sans hésiter). – Ca passera sans difficulté. »

Après le conseil, le Général me commente ce texte :

« Vous pouvez dire que cette disposition va permettre d’éviter que des capitaux américains ne viennent sauvagement faire basculer le pouvoir dans une société française. Vous savez sans indépendance économique, il n’y a pas d’indépendance tout court. »

« Nous payons les Américains pour qu’ils nous achètent »

Un an plus tard, au conseil du 20 octobre 1965, le sujet revient, à l’occasion d’une communication de Maurice Bokanowski (3)

Bokanowski : « L’Allemagne, où les entreprise sont plus concentrées, poursuit la modernisation de son équipement à un rythme accéléré, et les moyens de nos deux pays s’écartent de plus en plus. Chez nous, les concentrations sont très difficiles, elles posent des problèmes insurmontables de personnes.

GdG. – Nous devons nous armer pour amener, et au besoin pour contraindre, notre industrie à la concentration. Le mouvement général y pousse, mais je ne crois pas que ce soit suffisant.

« Nous ne sommes pas non plus armés pour lutter contre l’invasion américaine. Compte tenu de l’énormité des Etats-Unis, nous ne pourrons tenir le coup qui si nous sommes capables de nous défendre. Je vous demande d’y réfléchir très sérieusement. C’est primordial. Comment ferons-nous pour empêcher que nous soyons submergés par un monstre comme General Motors ou IBM ?

« Les Américains exportent partout leur inflation, et à notre détriment. Ils veulent absolument investir à l’étranger, et ça ne leur coûte à peu près rien. Nous les payons pour qu’ils nous achètent !

Pompidou. – Le traité de Rome nous interdit de faire aucune discrimination entre les entreprises installées dans le marché commun. Or, compte tenu des investissements étrangers très importants en Hollande, en Belgique, en Italie, nous ne savons comment faire pour empêcher ces entreprises d’essaimer ensuite chez nous.

« Et puis, est-il de l’intérêt français de laisser Ford s’installer en Italie, ou plutôt en France de manière à faire travailler des Français ? De toute façon, les investissements se feront et nous n’y pourrons rien. »

Pompidou, voici moins de trois ans, enchérissait sur la diatribe du Général contre l’invasion des capitaux américains (4). Il est devenu plus nuancé.

Quand le Général ne voit encore dans l’investissement étranger en France qu’une défaite de la France, son Premier ministre y voit une source d’activité. Le premier reste méfiant. Le second, sur ce point, me semble avoir des vues plus sereines et sans doute plus justes.

Chapitre 13

« LE DOLLAR DECROCHERA, UN JOUR OU L’AUTRE, DE L’OR »

Salon doré, 18 septembre 1963.

GdG. – « Les Américains vont beaucoup s’intéresser à la prochaine réunion du Fonds monétaire. Le système monétaire mondial ne fonctionne pas correctement. Il oblige la France et l’Allemagne à garder aux Etats-Unis des dollars, qui sont une source d’inflation.

AP. – Alors, vous allez dénoncer ce système ?

GdG. – Pas tout de suite. Nous ne ferons pas encore cette fois de proposition révolutionnaires. Pompidou, Giscard et Couve m’ont conjuré de ne pas bousculer le pot de fleurs. Je reconnais que ce n’est pas immédiatement nécessaire de dire leur fait aux Américains. Mais ils ne perdront rien pour attendre. »

Le lendemain matin, je tamise cette confidence pour Pompidou : « Le Général m’a laissé entendre qu’il remettrait à plus tard… » Le Premier ministre éclate de rire :

« Le Général voudrait dénoncer le système monétaire international, mais j’essaie de l’en dissuader. Ce n’est pas le moment ! »

Pour Pompidou, on ne prend jamais assez de précautions. Pour le général, son premier ministre en prend trop, et l’inopportunité sans cesse invoquée ne lui paraît qu’un prétexte pour se dérober devant l’obstacle.

« Il faut rendre à l’or son rôle de support essentiel »

Conseil du 16 septembre 1964

Un an plus tard, Giscard rend compte d’une nouvelle réunion du Fonds monétaire international à Tokyo. Cette fois, par sa bouche, la France a sinon « bousculé », du moins déplacé le « pot de fleurs ».

GdG : « Nous avons lu la communication que vous avez faite à Tokyo ; elle correspondait bien à ce que nous pensions devoir être dit. Ce système monétaire ne peut pas durer. Il est américain. Il n’est pas mauvais parce qu’il est américain, mais parce qu’il est déséquilibré. »

(En conseil, le Général ménage ceux de ses ministres qui pourraient s’offusquer de son «anti-américanisme ». Il ne tient pas à renouveler l’incident de la démission des ministres MRP (5).)

Après le conseil, j’essaie d’aller plus loin : « Allez-vous prendre une initiative ?

GdG. – Giscard a dit tout haut à Tokyo ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir que tout ne va pas pour le mieux dans le système actuel des règlements monétaires internationaux. Ce système, établi au gré des circonstances, permet aux pays dits « à monnaies de réserve », c’est-à-dire les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, de solder les déficits chroniques de leur balance des paiements. Il est en grande partie responsable du déséquilibre des règlements internationaux, ainsi que des tendances inflationnistes qui se manifestent actuellement partout dans le monde.

« Il faut donc rendre pleinement à l’or son rôle de support essentiel du système mondial des paiements. Seul l’or, parce qu’il est inaltérable et qu’il inspire confiance, échappe aux fluctuations des soi-disant « étalons de change or (6) » et à l’égoïsme des politiques nationales anglo-saxonnes.

AP. – Vous prônez un changement radical du système actuel ?

GdG. – Non, ce qu‘il faudrait, c’est une évolution progressive et concertée, qui devrait permettre un meilleur ajustement du système mondial des paiements aux besoins réels. En attendant, il faudrait mettre sur pied une surveillance multilatérale des politiques monétaires nationales. »

Où l’on voit que le Général n’a pas la religion de la « souveraineté monétaire » des états. Il sait qu’ils ne l’utilisent que trop pour manipuler leur monnaie. L’or fait la police. Il est extrapolitique.

« La livre est à bout de souffle, les Anglais aussi »

Salon doré, 23 décembre 1964.

Le Général m’annonce qu’il compte tenir une conférence de presse en février prochain.

AP. « Quels thèmes comptez-vous développer ?

GdG. – En particulier, la question monétaire internationale.

(Ainsi, il aura attendu un an et demi avant de « bousculer le pot de fleurs ».)

AP – D’ici là, le sterling risque d’être dévalué ?

GdG. – Oh ! Les Anglais tiendront bien cahin-caha jusque-là, et même au-delà. Le trésor américain leur a donné assez de dollar pour ça. Mais ça va très mal. La livre est à bout de souffle, les Anglais aussi. Ils peuvent, comme les faibles, essayer d’abord une dévaluation masquée, vous savez, à la manière de Félix Gaillard ? Ils feront 10 %, 15 % , camouflés en prélèvement sur les importations et en détaxes sur les exportations. Et puis, ça ne suffira pas (7).

AP. – Si le dollar suivait le sterling, nous serions obligés d’en faire autant nous-mêmes ?

GdG. – Je ne sais pas encore. Cela dépendra des conditions. Les Anglais ont en caisse quatre milliards de dollars. Nous n’avons qu’un milliards trois cents millions de dollars en billets verts. Nous avons converti en or tout le reste, quatre milliards de dollars. Evidemment si tous les avoirs étrangers en dollars voulaient être convertis en or, ça mettrait à sec les réserves d’or américaines, ça démontrerait que le dollar n’est plus la monnaie de réserve qu’il prétend être. Seulement, si le dollar est dévalué, nos prix deviendraient tout de suite trop chers par rapport aux prix américains. Alors, pour nos exportations, ça deviendrait difficile. »

« Nous ne sommes pas assez riches pour nous ruiner »

Salon doré, 3 février 1965.

AP. – « Annoncerez-vous des choses importantes demain, dans votre conférence de presse, sur le système monétaire international ?

GdG. Je dirai que le Gold Exchange Standard est devenu caduc.

AP. – C’est un vœu pieux ?

GdG. – Ce n’est pas un vœu ! C’est ce qu’il faut faire. J’indiquerai que le Gold Exchange Standard ne repose plus sur les mêmes bases qu’autrefois et que, par conséquent, il faut un changement.

AP. – Nous ne pouvons pas le changer à nous tout seuls ?

GdG. – Le fait que nous le condamnons justifie à lui tout seul que nous ne voulions plus des dollars, mais de l’or. On nous imitera. Il suffit que nous le répétions assez longtemps pour que le Gold Exchange Standard finisse un jour par s’effondrer. Mais il faudrait mieux qu’il fût délibérément supprimé par une négociation.

AP. – Les Américains, accessoirement les Anglais, vont prendre ça pour une agression.

GdG. – Nous ne considérons plus le dollar comme de l’or, puisque maintenant nous échangeons systématiquement nos dollars contre de l’or… Un tas d’entreprises mondiales sont expropriées au profit des Américains, avec des capitaux qu’ils se procurent par leur inflation… Ils réagiront, mais ça n’a pas beaucoup d’importance.

AP. – On dit que la France refuserait de participer au prochain relèvement des participations du Fonds Monétaire international.

GdG. – Parfaitement ! Nous avons déjà énormément de participations internationales. Tout ça pour soutenir une livre qui, en définitive, ne sera pas sauvée, et un dollar qui commence à être ébranlé. Ca suffit comme ça ! Nous ne sommes pas favorables à l’augmentation des quotas. On les a déjà augmentés ! Nous ne sommes pas assez riches pour nous ruiner.

AP. – Ca va nous faire quelques mois agités.

GdG. – Les Américains n’ont qu’à faire ce qu’ils doivent faire pour redresser leur balance des paiements.

Salle des fêtes de l’Elysée, 4 février 1965.

Conférence de presse des grands jours. Les journalistes sont partagés entre l’éblouissement de cette leçon magistrale, la stupeur de voir ce militaire se lancer dans un sujet technique dont il devrait tout ignorer, et l’ironie de le voir monter allègrement à l’assaut de la forteresse dollar, inexpugnable par définition.

A peine suis-je rentré dans mon bureau, que Rueff (8) me téléphone. Jamais il n’a entendu parler du dollar, du Gold Exchange Standard, du système monétaire international, avec tant de clarté, de profondeur, de maîtrise. Il est émerveillé.

AP. – « Vous êtes content de votre élève ?

Jacques Rueff – Je croyais qu’il était mon maître en toutes choses sauf pour celle-là. Je me demande s’il ne le devient pas aussi pour celle là. »

« Rétablir l’équilibre, c’est une opération terrible. »

Salon doré, 17 février 1965.

AP. – « Ce que vous avez dit dans votre conférence de presse sur l’étalon-or est mal passé dans la presse anglo-saxonne et dans la presse française…

GdG. – C’est la même chose !

AP. – Mais c’est bien passé dans l’opinion, peut-être par patriotisme et puis parce qu’on a confiance dans l’or, pas dans le dollar.

GdG. – Exactement. Dans le tréfonds français, on est pour l’or, parce que qu’on sait, héréditairement, que le règne de l’or s’est confondu avec une situation économique stable.

AP. – Finalement, la presse elle-même a baissé le ton. Vous n’êtes plus guère contredit en France que par l’opposition, y compris par les MRP, qui disent que c’est un mauvais coup porté aux Américains…

GdG. – Ou par Raymond Aron.

AP. – Mais vous êtes suivi par la population.

GdG. – La masse sent ce que les intellectuels ne veulent pas comprendre.

AP. – Ca va déboucher sur quoi ?

GdG. – Sur l’effondrement de la livre et, un jour ou l’autre, du dollar, qui cessera d’être convertible en or.

AP. Mais nous ne pouvons pas souhaiter l’effondrement de la livre et du dollar !

GdG. – Bah ! Pourquoi le craindre ?

(Il pense à l’effondrement en tant que monnaie de réserve, alors que je pensais à l’effondrement en termes de dévaluation – qui nous serait préjudiciable.)

AP. – Nous sommes solidaires, quand même ?

GdG. – Les Américains et les Anglais ont pu maintenir artificiellement leur suprématie. Tant qu’ils étaient en mesure de changer leur monnaie contre de l’or, et tant qu’ils avaient des balances de paiement favorables, ça n’incommodait pas les gens. Aujourd’hui, cette situation s’est retournée, leurs balances de paiement sont défavorables, et ils perdent de l’or.

« Pour que les Américains arrivent à maintenir le Gold Exchange Standard, comme ils sont censés le faire, il faudrait que leur balance des paiements soit équilibrée. Mais ils en sont incapables. Alors, le dollar décrochera, un jour ou l’autre, de l’or, malgré toutes les pressions. Rétablir l’équilibre, c’est une opération terrible. Il faudrait une force politique qu’ils n’ont pas. Ile père Johnson ne l’a pas. Il ne peut pas faire ça. De même qu’il ne peut pas faire la paix avec l’Asie. Il a peur de ses lobbies.

AP. – Ne croyez-vous pas qu’avant de revenir à l’étalon-or pur et simple, on sera obligé de passer par une monnaie de réserve autre que le dollar, peut-être un panier de devises ?

GdG. – Il, ne faut pas se laisser couillonner ! Les Américains et leurs séides tâcheraient de garder quand même le dollar comme principale monnaie de réserve, parce qu’elle serait la plus forte des devises du panier ! »

« Les Américains se prennent pour les gendarmes du monde monétaire. »

Conseil du 1er septembre 1965.

Giscard : « Le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Fowler, est venu à Paris. Il assure que les Etats-Unis ont mesuré les troubles provoqués par les déséquilibres continus de leur balance des comptes et considèrent son rétablissement comme un objectif prioritaire. Mais ils arguent que leur déficit financier est un déficit mondial. Fowler évoque la possibilité d’un panier de devises. Il reprend à son compte votre thème de la réforme monétaire internationale, mais sans lui donner de contenu pratique.

GdG. – Les Etats-Unis se prennent pour les gendarmes du monde monétaire. Fowler a dit à la radio que le Fonds monétaire international serait le cadre approprié pour régler la question. En réalité, c’est pour donner l’impression de l’action, mais ils ne veulent rien faire.

Après le Conseil, j’entreprends le Général sur cette démarche :

GdG. : « La visite de Fowler n’a abouti à rien. Ca n’a été qu’une première prise de contact, inévitable, sur un sujet que j’ai mis à l’ordre du jour. Rien qui modifie les positions respectives.

AP. – Le franc et le mark pourraient devenir monnaie de réserve ?

GdG. : Les monnaies de réserve, ça suffit comme ça ! On ne va pas encore en inventer d’autres ! Il y a l’or. Le reste, c’est des histoires, c’est pour nous couillonner.

AP. – Petit à petit, les Américains reconnaissent que le système actuel n’est pas satisfaisant.

GdG. – Pour eux, il n’est plus satisfaisant du tout, puisqu’il a pour effet qu’ils perdent leur or !

AP. – Nous allons continuer à changer nos dollars en or ?

GdG. – Bien sûr ! Il n’y a pas de raison que ça s’arrête. Les Hollandais et les Suisses en font autant. Puis d’autres suivront. C’est pour ça que le dollar finira par décrocher.

AP. – Quand même, les Américains ont un peu rétabli leur balance des paiements.

GdG. – Ils l’ont rétablie pour un mois ; c’est peu, après des années d’insouciance. Ils sont en pleine inflation. Alors, ils fabriquent des dollars à la planche à billets, ils les exportent, les gogos les prennent comme si c’était de l’or ; c’est commode pour le Américains. Comment voulez-vous qu’ils renoncent à exporter des capitaux ? Il faudrait qu’ils cessent de les créer ! »

Le Général surestimait quelquefois les difficultés des autres. En tout cas, il sous-estima sûrement la capacité politique de Washington de faire pression sur ses créanciers pour qu’ils ne présentent pas leurs créances. L’exemple français ne fut guère suivi. Et quand il le fut, plus tard, devant l’ampleur prise par la dette américaine, et que la situation fut devenue intenable, Nixon imposa en 1971 son coup de force monétaire : en découplant le dollar et l’or, il allégeait brutalement le fardeau de la dette américaine. Le Général, en un sens, avait gagné : il avait tué le Gold Exchange Standard. Mais, en un autre sens, il avait perdu : Nixon s’acharna à interdire tout retour à l’étalon-or. Mais ceci est une autre histoire…

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« Il est fâcheux de légaliser un supplément de déficit. [...] Tout le monde doit s’apercevoir qu’un jour, il faut payer. [...]

Quelle différence ! Penser que nous sommes capables, au bout de quatre ans, de rembourser toutes les dettes de la IVe, qui en était accablée ! [...] Il faut voir le problème de haut : les individus comme l’État ont l’argent facile. Nous devons ramener notre dette flottante et notre circulation monétaire au niveau de notre revenu national. Là est le problème. [...] Le budget [1965] doit être équilibré ! [...] L’État doit veiller aux équilibres ; à plus forte raison, il ne doit pas lui-même mettre en danger l’équilibre par sa propre masse.

[Interdire le déficit par la loi ?] Pourquoi pas ? Dans les anciens budgets, il n’y avait pas d’impasse [déficit]. Le budget était voté avec des recettes et des dépenses rigoureusement identiques. Rajouter des dépenses qui n’étaient pas gagées par de vraies recettes, c’est une idée qui ne serait venue à personne. [...] Il faut donc en finir une bonne fois avec l’impasse.

 

Pour la première fois depuis Poincaré, la progression des dépenses de l’État ne dépassera pas la progression du revenu national, et le budget est en équilibre. La stabilisation se fait. Un budget de stabilité, c’est vraiment le premier qu’on voit depuis Poincaré. Et ça ne doit pas être le dernier. Il faut que ça devienne la règle. [...] Ce qui fait que, pour les jeunes, c’est-à-dire pour l’avenir, c’est énorme, c’est révolutionnaire ! »

[Charles De Gaulle, d'après Alain Peyrefitte, C'était De Gaulle, Tome II, 1963-1964, Fayard]

(1) Jean-Maxime Lévêque : inspecteur des finances, conseiller technique à l’Elysée.

(2) premier avertissement d’un plan que le Général imposera en septembre 1963.

(3) Ministre de l’industrie.

(4) Cf. ci-dessus, p. 18 et 19.

(5) Cf. tome 1, p. 171 sq.

(6) Le dollar et la livre sterling.

(7) La livre sterling tiendra pourtant encore trois ans, jusqu’en novembre 1967.

(8) Inspecteur général des finances honoraires, économiste célèbre, chancelier de l’Institut, conseiller financier officieux du Général.

Le blog d'Olivier Berruyer:  http://www.les-crises.fr/de-gaulle-smi-2/
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La Haye : Tribunal de la justice sélective et de l’impunité. Repris sur le blog d'Eva.

30 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La justice

 

 

La Haye

 

La Haye : Les deux derniers clous dans le cercueil de la justice internationale ?

Global Research, décembre 20, 2012


En l’espace de moins de quinze jours, le Tribunal de La Haye, jugeant les crimes commis pendant les guerres d’ex-Yougoslavie, a fait preuve d’une clémence inhabituelle en acquittant cinq prévenus. Point commun : ils étaient tous accusés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité à l’encontre de civils serbes.


Le premier verdict, ayant acquitté le 16 novembre les généraux croates Ante Gotovina et Mladen Markač, a résulté d’un procès en appel, les deux accusés ayant été condamnés, en première instance, à – respectivement – 24 et 18 ans de prison. Gotovina, ancien de la légion étrangère, disposant de la nationalité française, avait dirigé l’Opération Tempête. En août 1995, celle-ci avait permis à la Croatie de reprendre le contrôle d’environ un quart de son territoire, la Krajina serbe, où la population avait pris les armes et fait sécession après que la république croate se soit elle-même séparée de la fédération yougoslave. Parfois qualifiée de plus grand nettoyage ethnique en Europe après la Seconde guerre mondiale, cette opération avait provoqué l’exode de quelque 220 000 Serbes et la mort de près de 2 000, en majorité des civils. La plupart des exilés ne sont jamais revenus en Croatie, où la proportion de Serbes est actuellement d’environ d’un quart de ce qu’elle était avant la guerre.


Plus de « responsabilité de commandement » pour les généraux croates


Contrairement à ce qu’il avait jugé en première instance, le Tribunal a estimé que les deux généraux n’étaient pas responsables de ces crimes – dont il n’a pas nié la réalité – car n’étant pas leurs auteurs directs. Cependant, ce Tribunal défendait jusqu’à présent le principe de « responsabilité de commandement », qui a permis la condamnation à de lourdes peines de plusieurs dizaines de dirigeants politiques et militaires serbes, arguant qu’ils étaient automatiquement responsables des crimes commis par leurs subordonnés. Malgré des déclarations sans équivoque des plus hauts responsables politiques croates de l’époque, le Tribunal a aussi estimé que les deux hommes ne participaient pas une « entreprise criminelle commune » visant à nettoyer la Croatie de sa population serbe. Enfin, il a usé d’oiseuses considérations balistiques pour estimer qu’il n’était pas prouvé que les bombardements qui ont détruit plusieurs bourgades serbes visaient particulièrement des objectifs civils, ceci alors que les autorités croates ont toujours refusé de livrer les carnets de tirs d’artillerie de l’Opération Tempête, soi-disant perdus.

S’il a suscité la surprise des juristes – car il est rare que des accusés, condamnés à de lourdes peines, soient acquittés en appel –, le verdict a également divisé les juges qui l’ont prononcé, puisque seuls trois d’entre eux s’y sont rallié. Les deux autres l’ont dénoncé en des termes peu habituels, l’Italien Pocar déclarant qu’il « contredit le sens même de la justice », que 1300 pages de preuves ont été ignorées et que ses trois collègues ont commis de « nombreuses erreurs et constructions fausses dans leur prise de décision », tandis que le dernier, le Maltais Agius, considérait que le verdict était basé sur « une approche étroite, artificielle, déficiente, confuse et problématique » menant à des « résultats incorrects ». Si le Procureur du Tribunal, le Belge Brammertz, s’est simplement dit « déçu », son prédécesseur, la médiatique Carla Del Ponte, s’est dite « stupéfaite » et « choquée » par le verdict et affirmé qu’il avait été influencé « par la politique, l’argent ou quelque chose n’ayant rien à voir avec le tribunal ».

En Serbie, où l’acquittement des deux généraux a été accueilli avec colère, dégoût ou résignation, plusieurs hommes politiques ont évoqué un jugement « politique » qui viserait à blanchir la Croatie de tout crime de guerre à quelques mois de son entrée dans l’Union européenne. De possibles pressions des Etats-Unis sont moins évoquées et on semble oublier que l’Opération Tempête a été organisée par des officiers américains « à la retraite » employés par une firme de sécurité, privée mais dépendant du Pentagone, la Military Professional Resources Inc (MPRI). Bien entendu, Washington a refusé toute coopération avec le Tribunal durant ce procès, en net contraste avec les tonnes de documents livrés à l’encontre d’accusés du camp d’en face. Ce verdict tombe donc assurément bien pour les Etats-Unis, dont le rôle actif dans les guerres des Balkans continue d’être partiellement occulté. Néanmoins, l’hypothèse d’un achat des trois juges reste la plus vraisemblable, tant leur verdict semble défier toute logique humaine et juridique.


Liquidation des témoins


Le second verdict, prononcé le 29 novembre, a acquitté Ramush Haradinaj, ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), ainsi que deux de ses acolytes, Idriz Balaj et Lahi Brahimaj, accusés de torture et de meurtre de civils serbes et roms au Kosovo en 1998. Il s’agissait ici d’un nouveau procès, le premier ayant déjà abouti, en 2008, à l’acquittement des deux premiers et à la condamnation à 6 ans de prison du troisième. La nouvelle procédure avait été décidée en raison des nombreuses intimidations subies par des témoins lors du premier procès ; des « intimidations » allant jusqu’à l’assassinat. Selon Vladimir Vukčević, procureur de Serbie pour les crimes de guerre, ce ne sont pas moins de 19 témoins potentiels de l’accusation, tous des Albanais du Kosovo, qui ont été tués ces dernières années. Quant aux témoins survivants, ils ont bien entendu modifié leurs déclarations ou refusé de répondre aux juges lors des audiences. De toute évidence, le Tribunal n’a pas réussi à fournir une protection adéquate aux témoins. L’an passé, un témoin protégé, vivant secrètement en Allemagne, a été retrouvé pendu dans un parc près de son domicile. En outre, le Tribunal a autorisé Haradinaj à revenir périodiquement au Kosovo, où il a pu exercer des activités politiques et – vraisemblablement – mettre au point des méthodes visant à faire taire ses accusateurs.

Dans ces conditions, comme le nouveau procès n’a permis que de causer la mort de nouveaux témoins, on n’a guère été surpris que Haradinaj soit à nouveau acquitté. A Belgrade, le porte-parole du gouvernement a déclaré que le tribunal « a légalisé la loi de la mafia au Kosovo, en particulier l’omerta ». Ce gouvernement pourrait bientôt devoir avaler une couleuvre supplémentaire en devant s’asseoir à une même table que Haradinaj, car l’ancien videur de boîte de nuit ambitionne de retrouver rapidement le poste de Premier ministre du Kosovo qu’il occupait au moment de son inculpation et de diriger les pourparlers en cours avec Belgrade. Notons cependant que le nouveau Premier ministre serbe, Ivica Dačić, a déjà rencontré trois fois à Bruxelles son homologue du Kosovo, Hashim Thaçi, accusé – notamment par un rapport du Conseil de l’Europe – d’avoir dirigé une « bande surpuissante d’entrepreneurs criminels » s’étant livrée au meurtre à des fins d’extraction d’organes de prisonniers serbes en 1999-2000.


Tribunal de la justice sélective et de l’impunité


Ainsi, alors que le Tribunal de La Haye est en train de clôturer ses travaux, pratiquement aucun responsable d’ex-Yougoslavie n’aura été condamné pour crimes contre des Serbes[1]. Parmi les 161 inculpés du Tribunal, les trois-quarts sont des Serbes, et encore davantage si l’on compte le nombre de condamnés[2]. Pourtant, plus de 40 000 tués des guerres des Balkans et plus d’un million de déplacés et réfugiés sont des Serbes des diverses république ex-yougoslaves. Toutes ces victimes demeurent non-reconnues par La Haye, qui a officialisé de son sceau les principes de justice sélective et d’impunité.

Tout ceci ne favorisera bien entendu pas les principes de réconciliation que les partisans du Tribunal n’ont cessé de brandir depuis deux décennies pour justifier les milliards de dollars qui y ont été investis. Les frustrations, la culpabilisation des uns et le sentiment d’impunité des autres, laissent la porte ouverte à d’autres crises et déchaînements de violence. En ostracisant à ce point une nation, reconnaissons cependant au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie d’être sur la même ligne que son homologue rwandais, qui n’a condamné que des Hutu[3], et que la plus récente Cour pénale internationale, qui n’a – à ce jour – inculpé que des Africains. La mission première de ces institutions ne semble pas être le châtiment des coupables ou la défense des victimes, mais de conforter les visions manichéennes des conflits de l’histoire contemporaine suscitées par les grandes puissances et véhiculées par les médias à leur service. Dans ces conditions, la notion de « justice internationale » se révèle être une bien nocive illusion.

Georges Berghezan

N.B. : Une version raccourcie de cet article est publiée simultanément dans Le Drapeau Rouge n° 38 de décembre 2012 (dr@belgi.net).


[1] À l’exception du général Rasim Delić, commandant des forces musulmanes bosniaque pendant la guerre, condamné à 3 ans de prison, mais dont il purgea moins de la moitié à la suite de ses problèmes de santé.

[2] Selon l’actuelle ministre de la Justice de Serbie, 96,8 % des condamnés sont des Serbes. Ce chiffre semble néanmoins faire abstraction de quelques responsables croates de Bosnie condamnés pour des atrocités à l’encontre de Musulmans bosniaques durant la guerre qui a opposé les deux communautés (1992-94).

[3] A l’exception d’un Belge rallié aux extrémistes hutu.

Copyright © 2012 Global Research

 

Copyright © 2012 Global Research

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Voir aussi ici :

Intervention de Roger Waters s’exprimant au nom du Tribunal Russell devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies, le 29 novembre 2012

« L’État d’Israël est coupable de crimes internationaux »

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-coulisses-de-l-actualite-la-haye-crimes-internationaux-revoltes-genocides-113791276.html

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