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Le blog de Lucien PONS

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Le Comité Valmy: Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

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Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci
Comité Valmy

Appel mis en ligne le 18 août 2012

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci

À TOUS LES FRANÇAIS

Nous sommes aujourd’hui l’objet d’une longue et importante campagne médiatique qui nous abreuve de mensonges à propos de la Syrie. Cet acharnement des médias de la pensée unique a pour but de nous faire accepter la participation de la France à une agression criminelle contre un pays souverain, qui fut longtemps un pays ami et que nous avons aussi, autrefois occupé sous mandat de la SdN. Cette agression que subissent déjà l’Etat-nation et le peuple syrien, viole les lois internationales, les traités signés par notre pays, notre constitution et nos lois.

 

Ainsi :

Comment qualifierait-on, en France, l’appui que donneraient l’Allemagne, la Suisse ou l’Espagne par exemple, par la mise à la disposition de bases, d’armements, d’argent, de munitions, de matériel de communication, de service de propagande sans nuance, à des groupes armés et fanatisés, ces groupes attaquant notre gendarmerie, notre police, détruisant à l’explosif les trains, les aéroports, les lignes électriques, assassinant fonctionnaires, journalistes, élus, choisis sur critères ethniques ou religieux ? Que diraient les Etats-Unis si le Canada ou le Mexique se livraient contre eux à des attaques semblables ?
Qui est tué en Syrie ? La moitié des morts estimées entre 17 et 20.000 par les occidentaux appartiennent aux forces gouvernementales, dites de « répression ».

 

Le seul correspondant accepté par nos journalistes et les médias en France, leur source unique concernant la situation en Syrie est une officine partisane (une seule personne en réalité) pilotée par les services secrets britanniques, l’autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ».

 

Comment qualifiait-on chez nous pendant l’Occupation la radio et les journaux inféodés à l’ennemi du peuple et de la nation ? « Radio Paris est allemand ».

 

Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar Al Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système, les Syriens qui refusent l’agression de leur pays souverain par des hordes étrangères seraient-ils pour autant des suppôts de cette prétendue dictature ?

 

La France et l’Angleterre sont entrées en guerre pour défendre la Pologne de Pilsudski, qui coopérait juste avant avec Hitler ; les millions de personnes qui ont dénoncé les guerres US contre l’Irak soutenaient le peuple irakien agressé et pas nécessairement Saddam Hussein.

 

Comment ose-t-on parler de « la communauté internationale », comme si elle était unie ou majoritaire, alors que les réunions organisées par l’OTAN et les émirats et rassemblant de pseudo « amis de la Syrie », concernent moins de population que la dernière réunion de Téhéran, le jeudi 9 août 2012, où plus de la moitié de la population mondiale était représentée ? Cette majorité des peuples, n’en déplaise aux pseudos « humanitaires » ou aux « bobos de gauche ou de droite », dénonce l’alliance agressive de l’OTAN, des euro occidentalistes, du Japon avec des émirs et les salafistes et djihadistes du Proche-Orient. Les peuples prennent conscience du risque grandissant de guerre mondiale qui ne pourrait être que nucléaire. Ils n’acceptent plus les guerres d’agression déclenchées sous des prétextes aussi divers que mensongers comme en Irak, Afghanistan (il n’y eut aucun ultimatum ni déclaration de guerre), Yougoslavie, Côte d’Ivoire, Libye, et qui aujourd’hui avec la Syrie servirait de détonateur à une conflagration généralisée.

 

Si la France officielle installée dans une logique de guerre et qui déjà soutient de différentes manières l’agression extérieure, notamment en fournissant des armements et des spécialistes aux extrémistes salafistes aux origines diverses, franchissait le pas de la guerre ouverte que certains réclament dans ses rangs, alors nous nous trouverions du mauvais coté, celui des fauteurs de guerre que nous imposent les politiques, les journalistes et les « élites » autoproclamées qui monopolisent le pouvoir au détriment de la souveraineté populaire.

 

Nous, organisations et citoyens d’horizons divers, de sensibilités différentes, estimons avoir le devoir d’alerter sur le péril imminent qui menace non seulement l’honneur et les valeurs de la France, les principes de notre République, mais également, au-delà, notre sécurité, notre vie et celle de nos enfants. Au nom de la paix et du respect de ces valeurs, nous demandons que cesse cette agression contre la Syrie, afin de briser l’engrenage d’une nouvelle guerre mondiale, que seuls les peuples peuvent empêcher.

 

15 août 2012

Cet appel ouvert à la signature des citoyens qui souhaitent contribuer à cette initiative, est initié par le Bureau national du Comité Valmy ainsi que par des personalités et des militants d’organisations et de sensibilités diverses.
Liste des premiers signataires ci-dessous :

 

Note Importante :

Le forum du site est l’objet d’une attaque permanente et invasive de spams. Le forum est en conséquence souvent fermé et inaccessible afin de limiter les dégats.
Utiliser pour signer, l’adresse courriel ci-dessous ainsi que pour les messages : merci de spécifier vos nom, prénom, lieu de résidence et si vous le souhaitez, votre sensibilité politique afin de souligner le caractère pluraliste de cet appel.
.

 

Contact et signatures :
Claude Beaulieu
info@comite-valmy.org

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Communiqué du PRCF. STOPPER LA MARCHE A LA GUERRE DU SOCIAL-IMPERIALISTE HOLLANDE.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

STOPPER LA MARCHE A LA GUERRE DU SOCIAL-IMPERIALISTE HOLLANDE

Pressé par la droite qui veut rééditer en Syrie l’aventure libyenne (laquelle a déstabilisé

- outre la Libye elle-même, en proie à de violents désordres dont on n’entend pas parler ou que très peu -  toute l’Afrique occidentale en plongeant le Mali dans le malheur, pour commencer !), les « pacifiques » Hollande et Fabius s’empressent de prendre la tête du camp des va-t-en guerre en Syrie.

 

 

 

Hollande annonce qu’il reconnaîtra aussitôt un éventuel « gouvernement » du prétendu « conseil national syrien » et que, si ce gouvernement fantoche dont l’idée germe à Paris et à Washington le réclame, la France interviendra militairement en Syrie. Bien entendu, l’emballage est « humanitaire » - encore que, le 25 Août, dans son discours lors de la cérémonie de commémoration de la Libération de Paris, Hollande ait bel et bien dit : « Ce régime [syrien] disparaîtra parce que – et c’est la leçon que nous pouvons livrer au monde -  quand la liberté est en marche, rien ni personne ne peur l’arrêter. La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en soutien de la révolution syrienne, sur le plan politique, sur le plan diplomatique, sur le plan humanitaire pour aider au soulèvement ». Bien entendu, il s’agit pour l’instant de « rester dans la légalité internationale » - par crainte des représailles russes ou chinoises (on sait moins que l’Inde et le Brésil sont plus que réticents à l’idée d’une intervention de l’OTAN en Syrie…). Mais qui ne voit que la mise en place de « zones tampons », de « couloirs aériens », de « zones d’exclusion » par les armées occidentales, conduiront nécessairement à une nouvelle guerre totale contre un pays arabe, au risque d’embraser aussi le Liban puis l’Iran – un pays qu’Israël se prépare à frapper de son côté alors que de notoriété publique, Tel Aviv s’est illégalement dotée depuis longtemps de l’arme nucléaire !

Bref, une fois de plus, ces bonnes âmes (si manifestement éprises de Liberté, Egalité, Fraternité - il n’est que de voir comment les choses se passent en France!) se préparent, à l’appel du « philosophe » guerrier BHL, à créer les prémices d’une nouvelle guerre régionale, voire pire avec tout ce que cela signifiera inévitablement : violation du droit des nations à disposer d’elles-mêmes sans ingérences externes, éclatement vraisemblable de l’Etat syrien « à l’irakienne », arrivée au pouvoir d’intégristes fanatiques ; sans parler des frais énormes occasionnés au budget national par ce type d’aventure alors qu’on nous raconte que l’Etat français n’a même pas les moyens de maintenir la retraite à 60 ans pour tous ou de remplacer les fonctionnaires qui partent à la retraite (déjà 6 sur 7 ne sont plus remplacés à l’Equipement)…

Une fois de plus, le PS fait mine de « traîner les pieds » devant une intervention impérialiste puis, quand la droite fronce les sourcils, le vieux parti social-impérialiste de Jouhaux, de Guy Mollet et de Mitterrand – ces piliers des guerres impérialistes et coloniales – s’empresse de montrer qu’il n’est pas moins belliqueux que la droite…  

Avec en prime le jésuitisme propre à Laurent Fabius ; car en réalité, Hollande feint de « venir à l’aide » de ses commis syriens (depuis des mois la France jette de l’huile sur le feu et arme les insurgés syriens, comme le fait la Turquie, l’Arabie saoudite, la CIA et le Qatar, ces parangons de démocratie…) alors que – comme chacun peut le constater – c’est Hollande qui dicte de Paris la marche à suivre aux « opposants » syriens avec pour seul objectif de permettre à l’impérialisme occidental de re-coloniser la Syrie en sauvant les apparences d’un « appel à l’aide » venu d’une prétendue « révolution syrienne », de Damas même ! Il est vrai que la Syrie et le Liban sont les plus anciennes colonies françaises : la première colonisation de ces deux pays – et de la Palestine – date des Croisades et  la seconde colonisation date du « mandat » colonial attribué à la France par la SDN à l’issue de la guerre de 14/18.

Dire cela ne signifie en rien donner un blanc-seing à quelque « régime » que ce soit. C’est simplement rappeler que ceux qui veulent instaurer la « démocratie » en Syrie (avec l’aide d’Al Qaida et des Emirats ?) n’ont pas été si regardants quand l’Arabie saoudite a, tout récemment, écrasé la révolution populaire au Bahrein. Alors il n’était pas question de « régime » saoudite et personne à Paris ou à Washington n’a réclamé une intervention militaire pour châtier les envahisseurs saoudiens. Monsieur BHL était sûrement alors à Cannes en train de parader dans le dernier navet à sa gloire que lui ont offert ses parrains impérialistes pour le remercier de ses arrogants services dans la recolonisation récente de la Libye.

Plus que jamais, les progressistes français doivent apprendre le doute méthodique à l’encontre de la propagande totalitaire qui déferle sur notre pays à propos de la Syrie (comme de Cuba, du Venezuela, etc. où l’on n’entend jamais qu’UN son de cloche dans les médias). Que chacun se souvienne que « les peuples n’aiment pas les missionnaires bottés » (Robespierre) et que l’impérialisme est l’ennemi principal des peuples et de la paix.

 

 BRÈVE

SYRIE  France2 JT de 20h. Reportage sur un médecin français parti en Syrie, dans des zones contrôlées par les rebelles, pour soigner et opérer.
            Ce qu'il fait. Il opère des victimes civiles des combats et des combattants. Mais, nous dit la voix de la reporter qui a fait le sujet : le chirurgien français s'interroge sur son engagement aux côtés de la rébellion car, et là c'est de nouveau le médecin qui parle : sont arrivés des djihadistes étrangers, "qui ont un discours de djihadiste, un raisonnement de djihadiste, qui disent que Mohammed Mehra (l'assassin de Toulouse) a bien fait, que c'est un exemple à suivre".
Son "engagement sans réserve (aux côtés de le rébellion) en prend un coup" conclut la reporter. Mais pas Hollande, ni Fabius, ni BHL toujours aux côtés des djihadistes.

 

Video : http://www.youtube.com/watch?v=07EC9grcqzU&feature=related

 

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MOBILISATION GENERALE CONTRE LE TRAITE EUROPEEN SCELERAT MERKEL-SARKOZY-HOLLANDE ! Un communiqué du PRCF.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

MOBILISATION GENERALE CONTRE LE TRAITE EUROPEEN SCELERAT MERKEL-SARKOZY-HOLLANDE !

 

Depuis mars dernier, le PRCF n’a cessé de porter publiquement l’idée d’une manifestation nationale unitaire ciblant l’ensemble des politiques d’austérité et mettant centralement en accusation l’euro et l’Union européenne du capital.

A l’issue de rencontres dont le POI a pris l’initiative, un communiqué commun a été publié  par le M’Pep, le POI, le PRCF et la gauche communiste du PCF pour appeler à une manifestation commune le samedi 29 septembre contre la ratification du Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) rédigé par Merkel et Sarkozy, soutenu par Hollande moyennant un additif insignifiant et présenté en octobre au parlement en évitant de consulter le peuple souverain. Face à cette liquidation de la souveraineté nationale qui, au seul bénéfice des marchés financiers, instaure l’austérité à perpétuité pour les travailleurs, il est indispensable de s’unir et d’agir de manière large, unitaire et déterminée. Bien entendu, le PRCF ne se contente pas de dénoncer le TSCG, il continuera de militer haut et fort pour la rupture immédiate et unilatérale de la France avec l’euro et avec l’UE capitaliste, supranationale et dictatoriale.

Peu après la publication du communiqué commun POI-M’pep-PRCF-GC, le front de gauche a annoncé de son côté qu’il envisageait une manifestation pour exiger un référendum sur le TSCG le dimanche 30 septembre. Aussitôt, les signataires de la première initiative ont écrit au front de gauche pour proposer une rencontre rapide afin de mettre en place une manifestation commune, le premier objectif restant évidemment d’empêcher la ratification, sans quoi l’idée même de référendum deviendrait sans objet.

Le PRCF militera évidemment pour la manifestation la plus unitaire possible sur le contenu le plus catégorique possible contre le contenu même du TSCG. Bien entendu, chaque groupe de manifestants devrait pouvoir, outre les thématiques communes, défendre ses propres propositions sur la « construction » européenne.

Le PRCF considère qu’il serait très utile que l’ensemble des communistes qui se prononcent pour SORTIR la France de l’UE et de l’euro se rencontrent au plus tôt pour défiler ensemble et plus généralement, pour construire une campagne communiste et républicaine nationale, partie intégrante de la grande campagne républicaine, progressiste et patriotique, qui se dessine contre l’UE. Là est à la fois la voie de l’unité des communistes, celle de l’unité des républicains et celle de l’union des syndicalistes de lutte. Là est la voie, en un mot, de la véritable alternative populaire que Hollande est incapable de dessiner contre la droite pour la simple raison que le PS et l’UMP sont deux piliers du même Parti Maatrichtien Unique (PMU) qui démantèle la république et la nation au nom de la sacro-sainte Europe « fédérale ».

Des comités unitaires se mettent en place ici et là à l’initiative des signataires du communiqué PO-M’Pep-PRCF-Gauche co. Bien entendu, pourvu que le contenu soit clairement anti-UE et non pas « euroconstructif », de tels comités – qui peuvent devenir le support populaire des résistances et de l’alternative future – doivent être largement développés en s’adressant en priorité au mouvement ouvrier, mais aussi à tous les démocrates et patriotes républicains qui refusent d’assister impuissants à la destruction des acquis sociaux, de la République et de la nation.

Il reste un mois pour réussir une très large mobilisation et pour lancer une dynamique populaire de résistance.

La fête de l’Humanité, où le PRCF tiendra un stand et animera un débat sur la sortie de l’UE et de l’euro (le samedi à 17 h) sera une occasion pour déployer au maximum l’activité des militants franchement anti-UE, pour le monde du travail, le produire en France, les services publics, la protection sociale, l’indépendance nationale et la rupture avec l’Europe des monopoles capitalistes.

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FACE AU TRAITE BUDGETAIRE EUROPEEN : "Quand les blés sont sous la grêle Fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles Au coeur du commun combat Louis Aragon Par Jean LEVY.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Par Jean Lévy - Publié dans : Europe

Lundi 27 août 2012 1 27 /08 /Août /2012 11:46

FACE AU TRAITE BUDGETAIRE EUROPEEN : "Quand les blés sont sous la grêle Fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles Au coeur du commun combat Louis Aragon Par Jean LEVY

FACE AU

TRAITE BUDGETAIRE EUROPEEN

par Jean LEVY

 

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
 
Louis Aragon

 

La menace est là, précise, mortelle : le pouvoir socialiste veut imposer à la France un abandon nouveau et décisif d’une partie de ce qui nous reste encore de sa souveraineté.

Il s’agit de retirer à la représentation nationale le droit d’élaborer le budget de notre  pays. La loi de Finance, votée encore aujourd’hui par les députés et les sénateurs,   serait imposée de l’étranger par la Commission siégeant à Bruxelles, sous peine de sanctions automatiques.

Or, le vote du budget est un choix politique.

Il établit l’ampleur des sommes dévolues à la Santé et à la Sécurité sociale, à l’Education, à la Culture, à la Justice, aux Logements...Ce vote détermine donc l’orientation de notre politique nationale dans tous les domaines. 

 

Certes, depuis des décennies, les différentes majorités, de « gauche » comme de droite, ont imposé, par le biais des budgets successifs, une contre-révolution sociale, fruit  des directives européennes et inspirées par le grand patronat.

Mais, les Français, par leur vote, auraient pu mettre un terme à cette néfaste politique. Faute d’avoir pu créer un mouvement social et politique d’envergure, le rapport de force ne l’a pas permis.

Ce que prépare politiciens et financiers européens, c’est la mise en place d’un système qui interdirait une fois pour toute,  par une nouvelle législation, toute possibilité à la représentation nationale de jouer son rôle. Le budget de la Fraznce devrait être établi hors de nos frontières sur des normes correspondantes aux intérêts du grand capital.

C'est le traité budgetaire européen.  

Le danger est immense.

Il faut le conjurer.

Comme en 2005, lors du rejet du projet de traité constitutionnel par le peuple français, il faut que se conjuguent, aujourd’hui encore,  toutes les forces hostiles à ce projet mortel.

Toute exclusive contre tel ou tel conduirait d’emblée à la défaite.

Nous devons être guidés par le souvenir de la Résistance, que Louis Aragon, dans son poème « La Rose et le Réséda » a immortalisé :

 

 

Le poème La Rose et le Réséda (Louis Aragon, 1943)

 

 

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fût de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfèrent les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
A la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

 

 

Par Jean Lévy

 

Euro : trois Français sur quatre

          pour un référendum sur le Traité

72% des personnes interrogées répondent "oui" à la question sur le souhait d'un tel référendum, assortie d'une explication sur la règle d'or qui "prévoirait un retour à l'équilibre budgétaire d'idi 2016 et s'imposerait donc au budget de l'Etat voté chaque année au Parlement".

23% répondent non, 5% ne se prononcent pas. C'est parmi les sympathisants du PS que la proportion de personnes favorables à ce mode de ratification est la plus faible (66%) et parmi ceux du Front de Gauche (PCF + Parti de gauche notamment) qu'elle est la plus forte (80%). Le sympathisants de droite sont 75% à dire oui. François Hollande a choisi la voie parlementaire pour l'adoption de ce nouveau traité européen.

Sondage réalisé par par téléphone les 21 et 22 août auprès d'un échantillon national représentatif de 998 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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Appel lancé par Attac contre la ratification du TSCG.

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Dans un courrier envoyé hier à ses partenaires1 – 30 associations, syndicats et partis politiques qui composent le collectif pour un audit citoyen de la dette publique2 -, Attac a proposé hier le lancement d'une campagne commune contre la ratification du Pacte budgétaire, qui devrait intervenir fin septembre selon le calendrier annoncé par le gouvernement.

Cette « campagne-éclair » explique Aurélie Trouvé, coprésidente de l'association altermondialiste, « est destinée à imposer un débat sur l'Europe à une majorité présidentielle qui semble pressée de tourner la page de la ratification. Le gouvernement veut éviter le débat, car François Hollande avait promis de renégocier le Pacte pour limiter ses effets récessifs, mais il n'a en fait rien obtenu d'Angela Merkel ».

Attac demande depuis des mois un référendum sur le Pacte budgétaire. Mais devant la décision de l'Élysée de recourir à une ratification parlementaire rapide, l'association veut mettre les députés et sénateurs de la majorité sous pression : « nous souhaitons proposer aux citoyens d'envoyer une adresse à leur député ou sénateur, leur demandant de respecter la parole donnée. On ne peut pas mépriser de cette façon les engagements électoraux, et encore moins poursuivre la construction européenne dans le dos et contre les intérêts des populations », souligne Aurélie Trouvé. D’autres initiatives sont prévues à l’occasion de cette campagne-éclair : meetings unitaires partout en France, actions de rue devant les permanences des élus, manifestation à Paris le jour du vote.

A plus long terme, Attac propose à ses partenaires d'initier la session française d'un « Tribunal européen de la dette et de l'austérité »: « Il s'agit de créer un espace public européen, où les citoyens pourront identifier les causes de la crise actuelle et imaginer des alternatives. Le réseau des Attac d'Europe propose ce Tribunal citoyen comme une initiative commune aux mouvements sociaux européens » explique Thomas Coutrot, coprésident d’Attac. Cette initiative pourrait être lancée à Florence à la mi-novembre, lors d'une assemblée européenne des mouvements sociaux. Un moyen pour la société civile européenne de reconstruire un rapport de forces face à ceux qui veulent imposer à tout prix l'austérité au plus grand nombre, pour mieux perpétuer les privilèges de quelques-uns.

Attac France,

http://www.france.attac.org/articles/attac-propose-une-campagne-eclair-unitaire-contre-la-ratification-du-pacte-budgetaire#.UDuQkvA4R6M.facebook

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Qui arme l’Armée syrienne libre et pourquoi ? Un article repris sur le site: Rue89

6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Qui arme l’Armée syrienne libre et pourquoi ?

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 30/08/2012 à 18h23

Des foyers de tension du Moyen-Orient, nous ne savons souvent que ce qu’on nous en dit à travers les médias du microcosme. Mais émergent parfois des points de vue iconoclastes exprimés par quelques journalistes opérant en marge des sentiers battus officiels. Voici les opinions de deux d’entre eux, britanniques, sur le conflit syrien.

Le premier, Robert Fisk, est l’envoyé spécial du journal anglais The Independent, dans cette effervescente région.

L’autre se nomme Dan Glazebrook, journaliste indépendant, spécialiste des relations internationales, et collaborant à différents médias comme The Guardian.

Une armée de libération très professionnelle

Dans un article intitulé « La vérité sanglante sur la guerre de Syrie », Robert Fisk rapporte la surprise de l’armée syrienne régulière devant la puissance de feu insoupçonnée de leurs adversaires à Homs. Des « centaines de roquettes », des « milliers d’explosions » qui obligèrent les soldats d’Assad à évacuer leurs positions.

Très professionnellement planifiées sont aussi les offensives menées par une Armée syrienne libre (ASL), loin d’être constituée comme on le dit par les seuls déserteurs de l’armée régulière. C’est le cas de l’assaut qui visa l’école d’artillerie à Alep où étaient supposés entreposés les missiles antiaériens censés répondre à une attaque d’Israël ou de l’Otan.

On est loin des premières manifestations spontanées et non-violentes de la première révolte civile anti-Assad. Même si Fisk rappelle que les caméras d’Al Jazeera avaient dès le début débusqué d’étranges pèlerins solidement armés au côté des manifestants pacifiques.

Nul doute pour Fisk, les forces de l’ASL reçoivent une aide financière et logistique conséquente de l’Occident. Tout comme avaient été financés et armés les combattants moudjahidines d’un certain Ben Laden pour bouter les Russes hors d’Afghanistan dans les années 80.

Fisk se voit ainsi conforté dans sa thèse exprimée lors d’une précédente chronique :

« En fin de compte, toute ce que veulent Israël et ses alliés occidentaux, c’est briser l’Iran – via la Syrie. »

« Sécuriser l’environnement régional »

Citant la répression musclée (ignorée de nos médias) de manifestations chiites à Qatif en Arabie saoudite, Dan Glazebrook est tout aussi catégorique :

« Tout ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient doit être compris dans le contexte de préparation de la guerre contre l’Iran. »

L’objectif, comme en Syrie : « sécuriser l’environnement régional » en réduisant au maximum toutes éventualités de réactions populaires – notamment chiites – contre les intérêts occidentaux de la région après le déclenchement de l’opération finale contre l’Iran.

Pour Glazebrook, la guerre Otan-Iran est bel et bien engagée. Avec l’aide de quelques régimes satellites comme celui d’Arabie saoudite.

Interview de Glazebrook

Devant de telles assertions, il s’en trouvera bien évidemment pour hurler au conspirationnisme (comme il y en eut pour dénoncer les causes humaines du réchauffement de la planète) et suggérer une trouble faiblesse des « conspirateurs » pour le régime d’Assad.

Ni Fisk, ni Glazebrook ne sont pourtant soupçonnables d’une quelconque empathie pour le régime brutal du dictateur syrien. Fisk n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les exactions de l’armée régulière syrienne.

Leurs thèses ont au moins le mérite d’alimenter la réflexion et d’apporter un éclairage différent de celui abondamment diffusé dans nos médias occidentaux.

Aller plus loin
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Syrie: que s'est-il réellement passé à Daraya ?

MONDE | jeudi 30 août 2012 à 13h52

    • Images

      Que s'est-il passé à Daraya ? Un journaliste anglais prend le contrepied de la version des rebelles syriens

      Que s'est-il passé à Daraya ? Un journaliste anglais prend le contrepied de la version des rebelles syriens

      Le correspondant permanent du The Independent à Beyrouth et grand reporter de guerre Robert Fisk, s’est rendu à Daraya, près de Damas, où plus de 300 personnes ont été massacrées. Selon lui, les versions largement diffusées par les médias occidentaux ne sont pas corroborées par les témoignages recueillis sur place. Polémique.

      Que s’est-il réellement passé à Daraya, cette ville sunnite de 200 000 personnes, réputée hostile au régime ? Depuis la mi-août, elle a été soumise aux bombardements intenses de l’armée syrienne avant d’être investie, désertée par les rebelles. Selon la version relayée par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, corroborée par un correspondant du Global Post, l’armée aurait commis des massacres en représailles, tuant indifféremment hommes, femmes et enfants.

      Robert Fisk apporte un autre éclairage. Arrivé avec l’armée, il évoque un scénario très différent : selon les militaires qu’il a interrogés, l’Armée syrienne libre (ASL) aurait constitué une réserve d’otages, des proches de soldats de l’armée régulière et d’anciens conscrits. Une négociation visant à réaliser un échange entre des prisonniers de l’armée et les otages des rebelles ayant échoué, l’armée aurait décidé de lancer l’assaut.

      Toujours selon Robert Fisk, des témoins oculaires dans la ville rapportent qu’avant même l’entrée des troupes syriennes, des cadavres étaient déjà visibles à certains endroits de la ville. Il parle également d’un postier qui, lui a-t-on dit, aurait été tué parce qu’il était un agent gouvernemental.

      D’autres témoignages qu’il recueille peuvent laisser penser que des victimes à Daraya ont été la cible de rebelles plutôt que des troupes fidèles au régime, mais il se garde de l’affirmer. Sa conclusion est nuancée : "Pourtant, nous avons pu parler aux civils hors de portée des responsables syriens - dans deux cas dans en lieu sûr dans  leur propres maisons - et leurs récits du massacre d'au moins 245 hommes, femmes et enfants suggèrent que les atrocités étaient beaucoup plus partagées que supposé".

      L'opposition dément l'échange de prisonniers et parle de propagande

      Sur la page Facebook des Comités de coordination locaux, organes de l’opposition au régime, celui de Daraya dément formellement l’histoire de l’échange de prisonniers : "La question qu'il faut se poser est la suivante : même si il y avait un échange de prisonniers et qu’il avait échoué, le régime d'Assad avait-il des motifs pour un tel niveau de rétorsion ? Y avait-il de similaires échecs des négociations avant les massacres de Muaddamiya,  Saqba, etc. ? En fait, ce qui s'est passé dans les villes de la banlieue de Damas, et même dans l'ensemble de la Syrie, suit un scénario similaire qui commence par les bombardements et se termine par des massacres des civils ".

      Le Comité de coordination critique également la manière dont Robert Fisk rapporte les propos de témoins, estimant qu’on aperçoit leur peur dans la manière dont ils refusent de désigner clairement le camp responsable du massacre. En témoigne, selon les rebelles, le témoignage d’un homme, cité par Fisk, qui prétend que les corps retrouvés au cimetière sont principalement ceux de personnes liées au régime ou d’anciens conscrits tout en admettant ne pas les avoir vus. "l'accusation implicite est évidemment dirigée contre l’Armée syrienne libre et cette méthode ressemble par excellence à la propagande étatique syrienne", dénonce la rébellion.

      Robert Fisk est extrêmement respecté dans la profession et au Moyen-Orient, où ses reportages sur les Palestiniens et –parfois- ses prises de position ont été vivement critiquées en Israël. La polémique autour du massacre de Daraya montre aussi combien il est difficile, pour un journaliste indépendant, de se forger une opinion sur la réalité des faits dans le conflit syrien. Seule certitude : les morts sont bien réels.

      T.N.

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    Les ravages sociaux de l'euro, une stratégie délibérée

    6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

     

    Lundi 3 septembre 2012 1 03 /09 /Sep /2012 22:30

    Le texte ci-dessous est la traduction par Gilles, un lecteur régulier, d'un article du Guardian. L'auteur, essayiste à succès dans le domaine économique, y explique comment Mundell, théoricien des zones monétaires optimales mais aussi apôtre du reaganisme, considérait l'euro comme une arme. Privés de politique monétaire, les gouvernements seraient contraints de sabrer dans leurs budgets. Nous sommes donc en plein dans cette phase. J'ajoute, par pure mesquinerie, que le Front de gauche soutient toujours l'euro.

     

    Robert Mundell, le malin génie de l'euro

    Par Greg Palast

     

    L'idée selon laquelle l'euro aurait échoué est dangereusement naïve. L'euro fait exactement ce que le géniteur des principes de l'euro ( et le 1% des plus riches qui en avaient soutenu le principe) avait prévu et planifié qu'il fasse.

    Le géniteur des principes de l'euro est l'ex-économiste de l'Université de Chicago  : Robert Mundell. Le théoricien de « l'économie de l'offre » est maintenant professeur à l'Université de Columbia, mais je le connaissais à travers son lien avec mon professeur de l'Université de Chicago : Milton Friedman, ceci bien avant la recherche de Mundell sur les devises et taux de change. Ce sont les recherches de Robert Mundell sur les devises et les taux de change qui ont généré le modèle de l'union monétaire européenne et celui de la monnaie unique européenne.

    Mundell, alors, était plus préoccupé par ses arrangements de salle de bains. Le professeur Mundell, qui a à la fois un prix Nobel et une ancienne villa en Toscane, m'a dit, exaspéré :

    « Ils ne me laisseront même pas avoir un WC. Ils ont des règles qui me disent que je ne peux pas avoir un WC dans cette salle ! Pouvez-vous imaginer cela ? »

    Il se trouve que je ne peux pas l'imaginer. Mais comme je n'ai pas une villa italienne, donc je ne peux pas imaginer la frustration du à des règlements régissant l'emplacement des pièces.

    Mais Mundell, un canado-américain volontaire et obstiné, était résolu à faire une chose: trouver une arme qui pourrait balayer la législation gouvernementale et le droit du travail. (Il détestait vraiment les plombiers syndiqués qui l'avaient empêché de déplacer son trône.)

    « Il est très difficile de licencier des travailleurs en Europe », se plaignit-il. Sa contre-attaque : l'euro.

    L'euro fera vraiment son travail quand la crise aura frappé, expliquât alors Mundell . Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l'utilisation des politiques monétaire et budgétaire keynésiennes par les vilains petits élus pour sortir une nation de la récession.

    « L'euro mettra la politique monétaire hors de la portée des hommes politiques », a-t-il dit. « Et sans la politique budgétaire, la seule façon pour les nations pour pouvoir conserver des emplois est la surenchère dans la réduction des règles du commerce. »

    Il citât, alors les lois du travail, les règlements environnementaux et, bien sûr, les taxes et les impôts. Tout cela serait éliminé par l'euro. La démocratie ne serait pas autorisé à interférer avec le marché ( ou avec la plomberie ).

    Comme un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman l'avait remarqué, la création de la zone euro violait une observation de base de l'économie concernant les « zones monétaires optimales ». Cette observation pratique avait pourtant été théorisée par Robert Mundell en personne.

    Pour lui, ce n'était pas une objection qui tienne. Pour Robert Mundell, le but de l'euro n'était pas de faire de l'Europe une puissante unité économique unifiée. Son but était approximativement le même que celui de Reagan et Thatcher : la révolution conservatrice.

    « Ronald Reagan n'aurait pas été élu président sans l'influence de Robert Mundell », a écrit Jude Wanniski dans le Wall Street Journal. L'économie de l'offre mise au point par Mundell est devenu le modèle théorique des Reaganomics, la révolution économique conservatrice - ou comme George Bush Père l'avait appelée :  « l'économie vaudou »: la croyance magique en la panacée du libre-marché qui a également inspiré les politiques de Mme Thatcher.

    Mundell m'a expliqué que, en fait, l'euro est fait d'une pièce avec les Reaganomics :

    « La discipline monétaire s'imposera aussi bien que la discipline budgétaire sur les politiciens. »

    Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n'auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d'Etat en masse, réduire les impôts et d'envoyer les États-providence en Europe dans les égouts.

    Ainsi, nous voyons que le Premier ministre (non élu) Mario Monti exige la "réforme" du droit du travail en Italie pour rendre plus facile le licenciement pour les employeurs comme Mundell voulait le faire pour les plombiers toscans. Mario Draghi, la tête (non élue) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » - un euphémisme pour l'écrasement des protections légales des travailleurs. Tous deux citent la théorie nébuleuse selon laquelle cette « dévaluation interne » à chaque nation devra la rendre plus compétitive. En oubliant soigneusement de préciser que si toutes les nations de l'UE l'appliquent, cette « compétitivité » s'annule et que les seuls qui en profitent dans ce cas, ce sont les employeurs.

    Monti et Draghi ne peuvent pas expliquer de manière crédible comment, si tous les pays du continent déprécient leur main-d'œuvre, que tous puissent ainsi acquérir un avantage concurrentiel.

     
    Mais ils n'ont pas à expliquer leurs politiques; ils n'ont qu'à laisser les marchés travailler sur les obligations de chaque nation. Par conséquent, l'union monétaire est la lutte des classes par d'autres moyens.

    La crise en Europe et les flammes de la Grèce ont produit la lueur chaleureuse de ce que les acolytes du « roi-philosophe » Joseph Schumpeter appelaient la« destruction créatrice ». L'acolyte de Schumpeter et apologiste du libre marché Thomas Friedman s'est rendu à Athènes pour visiter le « sanctuaire impromptu » constitué par la banque incendiée où trois personnes sont mortes après avoir été brûlées par des manifestants anarchistes, et profité de l'occasion pour offrir une homélie sur la mondialisation et « l'irresponsabilité grecque.»

    Les incendies, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux, amènerait ce que Friedman a appelé une « régénération » de la Grèce et, en fin de compte, de toute la zone euro. Alors à ce moment-là, Mundell et les autres possesseurs de villas pourront mettre leurs sacrées toilettes partout où ils voudront.

    Loin d'échouer, l'euro, qui était le bébé de Mundell, a réussi probablement au-delà rêves les plus fous de son géniteur.

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    Syrie, champ de bataille médiatique.

    6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

    Syrie, champ de bataille médiatique

    Par Antonin Amado et Marc de Miramon

    septembre 2012

    Antonin Amado et Marc de Miramon  Journalistes.

     
    Le Monde diplomatique
    Septembre 2012 p 10

    Comment rendre compte d’un soulèvement qui dure depuis dix-huit mois, alors que l’accès au terrain est périlleux ? Si la férocité du régime ne fait aucun doute, la manière dont certains médias relaient, sans les vérifier, les communiqués de tel ou tel groupe d’opposition et occultent le jeu de puissances comme l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou la Turquie relève plus de la propagande que de l’information.

    En Syrie, « les armes chimiques sont sous surveillance », informe Le Figaro (22 juillet 2012) ; « des forces spéciales américaines ont été déployées pour prévenir leur dispersion ». Et un diplomate en poste en Jordanie avertit : « C’est la menace des armes chimiques qui peut déclencher une intervention américaine ciblée. » Nous voilà donc replongés avec Damas, à quelques nuances près, dans le scénario écrit pour Bagdad dix ans plus tôt. M. Bachar Al-Assad lâchera-t-il ses armes de destruction massive sur son opposition ? L’accusation est pourtant déjà vieille de plusieurs mois : « Des tueurs d’Assad [ont] lancé dans la région d’Al-Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques », rapportait dès septembre 2011 le site de Bernard-Henri Lévy.

    «  [Nous avons] entendu cette affirmation de dizaines d’interlocuteurs dans la province de Hama, écrivait l’Agence France-Presse (AFP), avec une prudence exceptionnelle, le 27 juillet 2012. Mais, en dépit d’une semaine de recherches, aucun chef rebelle, chef de tribu, médecin, simple combattant ou civil n’a pu produire de preuve irréfutable. » La guerre en Syrie, conclut la dépêche, « est aussi celle de l’information et de la désinformation ».

    29 janvier 2012. L’intox est partie d’un compte Twitter (@Damascustweets) appartenant à « des militants proches de l’opposition  » : M. Al-Assad aurait fui la Syrie. Le palais présidentiel serait encerclé par l’Armée syrienne libre (ASL), et le dictateur acculé aurait tenté de rejoindre l’aéroport international de la capitale avec femme, enfants et bagages pour se réfugier à Moscou. Invérifiable, la « rumeur » n’est pourtant « pas sans fondement », assure le site Internet du Nouvel Observateur : « Selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ASL n’est plus qu’à trente minutes du palais présidentiel de Bachar Al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite...  »

    18 juillet 2012. Tandis qu’une nouvelle offensive des rebelles entraîne des affrontements d’une intensité inédite à Damas, une bombe explose au quartier général de la Sécurité nationale, tuant notamment le ministre de la défense ainsi qu’Assef Chaoukat, beau-frère de M. Al-Assad. Sur les chaînes d’information françaises, les représentants de l’opposition, essentiellement issus du Conseil national syrien (CNS), commentent l’événement en direct. Le régime, croit-on, vit ses derniers jours, voire ses dernières heures. «Oui, nous pouvons dire que c’est le début de la fin », estime Mme Randa Kassis (4), présidente de la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes, membre du CNS. Des sources anonymes, citées par le quotidien britannique The Guardian, affirment que M. Al-Assad en personne a été blessé lors de l’attaque. Son épouse a une fois encore pris l’avion pour Moscou. L’ASL ainsi qu’un groupuscule islamiste revendiquent l’attentat, tandis que le régime y voit la main des «puissances étrangères» soutenant l’opposition armée (Turquie, Qatar, Arabie saoudite...).

    Tout compte fait indemne, M.Al-Assad acceptera de «partir» deux jours plus tard, «mais d’une façon civilisée». C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce, le 20 juillet peu avant 9 heures. Confirmé une trentaine de minutes plus tard par le concurrent britannique Reuters, le «scoop» reprend en réalité un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI) par l’ambassadeur de Russie en France. Qui n’annonçait en aucun cas le départ de M. Al-Assad, mais se contentait de rappeler l’engagement pris par la Syrie le 30 juin à Genève d’aller «vers un régime plus démocratique»…

    La démocratie, voilà ce pour quoi se battent les Syriens depuis le soulèvement de mars 2011, réprimé avec une brutalité et une cruauté largement documentées (5). Mais le conflit se livre aussi sur le terrain médiatique ; une guerre que taisent la plupart des organes de presse occidentaux. Certes, la réalité du terrain est particulièrement difficile à percevoir. Le régime accorde ses visas au compte-gouttes. Ceux qui réussissent, au péril de leur vie, à rejoindre les insurgés empruntent tous ou presque les mêmes filières de l’ASL ; leurs récits épousent ensuite le storytelling développé par cette même ASL ainsi que par ses parrains turcs, saoudiens et qataris : un régime barbare écrase dans le sang des manifestations pacifiques, défendues par des militants pros-démocratie riches en courage mais pauvres en armes, munitions, médicaments…

    Quant aux quelques journalistes ayant accepté l’invitation du régime (6) de M. Al-Assad, ils racontent sans surprise des histoires radicalement différentes : celles de cadavres de soldats atrocement mutilés qui s’entassent dans les morgues des hôpitaux, de minorités (chrétiennes, alaouite, etc.) terrorisées par des bandes armées ne menant pas une guerre de libération, mais une guérilla confessionnelle soutenue par les pétromonarchies du Golfe.

    Embarrassante pour l’opposition armée, la présence en Syrie de groupes djihadistes, dont certains se réclament d’Al-Qaida, est désormais avérée. Une raison de plus, martèle Libération (6 août 2012), pour «aider politiquement et militairement » les insurgés, «ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre et la victoire finale aux islamistes ».

    Séparer le bon grain révolutionnaire de l’ivraie djihadiste s’avère parfois délicat. Abou Hajjar, « moudjahid qui a quitté la région parisienne il y a quatre mois pour participer au soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad », se définit comme un «activiste islamiste, et non pas comme un djihadiste proche d’Al-Qaida». Témoignant dans les colonnes du Figaro, il jure que les «minorités chrétiennes ou alaouite », qui soutiennent majoritairement le régime, «seront représentées au Parlement » dans la Syrie de demain (7). Tout en indiquant avoir ouvert un «bureau de la prédication » dans le village de Sarjeh pour diffuser les «livres interdits» d’Ibn Taymiyya, un «grand théoricien du djihad », rappelle Le Figaro, sans préciser qu’il est aussi l’auteur d’une fatwa appelant à la guerre sainte contre les alaouites.

    Mais ces quelques témoignages n’entament pas la trame de la dramaturgie syrienne : pilonnage de Homs, massacre de Houla, mort des journalistes Marie Colvin, Rémi Ochlik et Gilles Jacquier – dont il semble maintenant qu’il ait été tué par des tirs provenant des positions rebelles. Une poignée d’acteurs dominent la narration du conflit. Parmi eux, les principales chaînes satellitaires du Proche-Orient, dont Al-Arabiya et Al-Jazira, propriété des deux poids lourds de la Ligue arabe, nouveau haut-parleur de la diplomatie du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Ces monarchies absolues, qui ne s’appuient sur aucune légitimité démocratique tout en promouvant la «liberté » chez leurs voisins, mènent une «guerre froide régionale » à la Syrie, dernier régime arabe participant, selon elles, à l’« arc chiite » qui s’étendrait de Beyrouth à Bagdad, en faisant vaciller Bahreïn.

    Ces chaînes bénéficient d’un a priori bienveillant quant à la fiabilité des informations qu’elles diffusent, si fantaisistes soient-elles. Ainsi l’essayiste Caroline Fourest écrit-elle dans Le Monde (25 février 2012) : «D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ?»

     

    FATEH MOUDARRES. – Sans titre, 1996

     

    La dictature de l’instantané

    Pour le reste, les médias s’appuient sur l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), organisme qui fournit, par le biais des agences de presse AFP, Associated Press (AP) et Reuters, les bilans des affrontements et les récits de l’opposition armée. Son fondateur, M. Rami Abdel Rahmane, raconte avoir émigré en 2000 au Royaume-Uni, où il tient une boutique de vêtements. Depuis son appartement de Coventry, il affirme être le « seul membre de son organisation vivant en Angleterre. Mais j’ai deux cents correspondants bénévoles en Syrie, en Egypte, en Turquie et au Liban. Ce sont des militaires, des médecins, des militants de l’opposition ». Il revendique une complète neutralité : « Je ne suis financé par personne. J’ai créé l’OSDH en 2006 parce que je voulais faire quelque chose pour mon pays. » Comment, aidé d’un simple secrétaire, peut-il obtenir et vérifier quasiment en temps réel les chiffres (morts et blessés) des affrontements militaires aux quatre coins du pays ?

    L’AFP a en tout cas décerné à l’OSDH le statut de source incontournable, comme le détaille Ezzedine Said : «La première utilisation de l’OSDH date de novembre 2006. Cette organisation s’est montrée fiable et crédible dans le passé, raison pour laquelle nous continuons à l’utiliser.» Le rédacteur en chef de l’antenne de Nicosie, à Chypre, où sont centralisées les dépêches sur le Proche-Orient, reconnaît néanmoins que «nos journalistes n’ont pratiquement aucun contact avec les correspondants de cette organisation sur le terrain. Ceux qui sont en poste à Damas ne peuvent pas travailler librement. Ils ne sont pas en mesure de donner une vision d’ensemble de la situation dans le pays. L’OSDH, qui ne s’engage jamais politiquement dans ses communiqués, n’est pas une source parfaite. Mais c’est celle qui donne les chiffres les moins fantaisistes sur le nombre de morts sur le terrain ». A l’AFP, certains ne cachent pas leur malaise : «Nous savons parfaitement que l’OSDH n’est pas fiable, déplore un grand reporter du service international. Mais nous continuons quand même à diffuser ses chiffres. Quand on interroge la direction, sa réponse est toujours la même : “Vous avez probablement raison, mais les autres agences font la même chose. Et notre secteur est très concurrentiel.”»

    La manière dont l’OSDH a par exemple couvert le massacre de Houla pose question sur son impartialité revendiquée, de même que sur la fiabilité de ses correspondants. Le 25 mai 2012, à Houla, cent huit personnes ont bien été tuées. Les corps de quarante-neuf enfants et trente quatre femmes gisent dans cette localité regroupant plusieurs villages et située au nord de la ville de Homs. Dans un communiqué daté du 26 mai et relayé par l’AFP, l’OSDH rapporte dans un premier temps la mort de quatre-vingt-dix personnes, tuées dans des bombardements. Les observateurs mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Ligue arabe affirmeront, le 29 mai, que la plupart des victimes ont été exécutées à l’arme blanche. Les Nations unies révèlent le même jour que le secteur du massacre était tenu par des forces de la rébellion.

    Un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU publié le 16 août impute finalement «la plupart» des morts aux forces gouvernementales, même si ses enquêteurs n’ont pas pu se rendre sur place et ne sont pas en mesure de «déterminer l’identité des auteurs» du massacre. Ce qui n’a pas empêché le rapport initial de l’OSDH d’être largement diffusé et exploité par la diplomatie française pour faire plier la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU : «Le massacre de Houla peut faire évoluer les esprits », espérait le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, dans un entretien au Monde (29 mai 2012).

    Mme Donatella Rovera, qui travaille pour Amnesty International, s’est rendue clandestinement en Syrie durant trois semaines, en avril et en mai derniers, pour essayer d’établir un bilan humain du conflit. Elle pointe la difficulté d’une telle entreprise : «Les hôpitaux ne sont pas des sources fiables, car les blessés ne peuvent pas s’y rendre sans se faire arrêter par les forces de sécurité. Je me trouvais à Alep lors d’une opération massive de l’armée. J’ai vu les petites antennes médicales de fortune installées dans des appartements où des médecins sous-équipés tentaient de soulager les blessés. Dans ces conditions, les bilans sont plus simples à établir. Quand on arrive après les faits, il faut recueillir les témoignages des survivants, des voisins, relever des indices laissés sur le terrain comme des éclats d’obus ou des traces de balles sur les murs. » Et de souligner qu’il est «possible de travailler de l’extérieur du pays, mais des difficultés supplémentaires se présentent alors. Notamment sur la fiabilité de sources que l’on connaît mal et qui peuvent être tentées de nous manipuler ».

    Fin juillet, Amnesty International dénombrait douze mille tués, contre dix neuf mille pour l’OSDH. La rigueur dont prétend faire preuve l’organisation non gouvernementale contraste avec les chiffres avancés par M. Abdel Rahmane. Surtout, elle n’est pas compatible avec la dictature de l’instantané qui conditionne l’économie médiatique, et en particulier ses réseaux numériques.

    (1)           « Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN», 30 septembre 2011, www.laregledujeu.org

    (2) « Bachar el-Assad s’est enfui... sur Twitter », 30 janvier 2012, www.lepoint.fr

    (3)           « Bachar Al-Assad a-t-il tenté de fuir la Syrie vers Moscou?», 30 janvier 2012, tempsreel.nouvelobs. com

    (4)           « Bataille de Damas : les jours d’Assad sont-ils comptés ? », « Le débat », France 24, 19 juillet 2012.

    (5)           «Torture archipelago : Arbitrary arrests, torture and enforced disappearances in Syria’s underground prisons since March 2011 », Human Rights Watch, New York, 3 juillet 2012.

    (6)           Cf. par exemple les reportages de Patricia Allémonière, diffusés en juillet sur TF1.

    (7) « Abou Hajjar, combattant français en Syrie », Le Figaro, Paris, 4-5 août 2012.

    Olivier MONTULET

    Vivez et arrivera ce qui arrivera

    Le pire mais surtout le meilleur

    Avenue du Luxembourg, 7 bte 1

    B - 4020 LIEGE

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    LE RÔLE DE L’ÉTAT ET SON ÉVOLUTION. Par Anicet Le Pors

    6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

    LE RÔLE DE L’ÉTAT ET SON ÉVOLUTION

     

    Par Anicet Le Pors, ancien ministre communiste, Conseiller d’État honoraire (Institut d’histoire de la CGT – 5 avril 2012). Texte diffusé par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

     

    Le 31 août 2012.

     

    Pour accéder au texte complet, cliquez ci-dessous :

    http://www.m-pep.org/spip.php?article3082

     

    Résumé

     

    Anicet Le Pors, dans ce texte, dénonce ceux qui veulent « gommer ces singularités » de la France « pour mettre l’État de ce pays aux normes de l’Union européenne ». Il fait sienne la position du philosophe Marcel Gauchet pour qui « le programme initial du sarkozysme, c’est un programme de banalisation de la France ». C’est contre cette déstructuration de la France que se dresse Anicet Le Pors.

    Dans la première partie de son texte, il analyse le passage de la IIIe à la IVe République, et les constitutions de la IVe et de la Ve République. Sur la IVe République, il se démarque de l’idée largement répandue – notamment par ceux qui voulaient imposer le régime autoritaire de la Ve République – du caractère intrinsèquement néfaste de la constitution de la IVe République qui comprenait en particulier la proportionnelle aux élections législatives. Anicet Le Pors préfère le régime parlementaire au régime présidentiel. Pour lui les arguments selon lesquels cela aurait pour conséquence « de faire entrer le Front national au Parlement, ou bien que la priorité est la constitution d’une majorité forte plutôt que la fidèle représentation du peuple ne sauraient y faire obstacle. C’est au débat politique et non à la technique électorale de faire les majorités, de définir la voie à suivre et d’exprimer par la loi la volonté générale ». Il dénonce évidemment la dérive bonapartiste du régime autocratique de la Ve République.

    Dans la seconde partie de son texte, Anicet Le Pors mène une réflexion sur l’établissement de ce qu’il appelle une « démocratie institutionnelle ». Il se prononce, à ce propos, contre l’idée d’une VIe République. Pour lui, l’invocation de ce slogan permet de faire l’impasse sur les questions de fond et de ne rien dire du contenu. Il range dans cette même catégorie l’idée d’une « constituante » qui est, elle aussi, une « facilité ». Anicet Le Pors lance alors « des questions à débattre ». Il les regroupe en six catégories : la souveraineté, la démocratie directe, la loi, l’exécutif, l’État de droit, l’État et le citoyen.

    On lira avec intérêt les 5 annexes qui accompagnent ce texte.

     

    Sommaire

     

    I.- DEPUIS LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE : UNE HISTOIRE TOURMENTÉE ENTRE RATIONALITÉ ET EMPIRISME


    1.1.- La Constitution de la IVème République : rationnelle mais pas raisonnable ?

    Histoire

    Contenu

    Évolution

     

    1.2.- La Constitution de la Vème République : du parlementarisme rationalisé à la dérive bonapartiste

    Histoire

    Contenu

    Évolution

     

    II.- DES ENSEIGNEMENTS SUR LE RÔLE DE L’ÉTAT POUR L’ÉTABLISSEMENT D’UNE DÉMOCRATIE

    INSTITUTIONNELLE

     

    2.1.- Le contexte

    La décomposition sociale

    La banalisation sarkozyste

    Une VIème République ?

     

    2.2.- Des questions à débattre

    La souveraineté

    La démocratie directe

    La loi

    L’exécutif

    L’État de droit

    L’État et le citoyen

    • ANNEXE I : Les constitutions de la France
    • ANNEXE II : Modifications de la constitution du 4 octobre 1958
    • ANNEXE III : Modifications de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008
    • ANNEXE IV : Les référendums nationaux en France depuis 1793
    • ANNEXE V : Sur le livre de Arnaud MONTEBOURG et Bastien FRANCOIS LA CONSTITUTION DE LA VIe RÉPUBLIQUE (Odile Jacob, 2005)

     

    Pour accéder au texte complet, cliquez ci-dessous :

    http://www.m-pep.org/spip.php?article3082

     

     


     

    Pour signer l’Appel à rejeter le traité budgétaire, cliquez ici :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article2635

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    Jean-Claude Trichet reçu à France-Inter par Patrick Cohen. Quel mépris!

    6 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

    C’est la rentrée ! Il est donc plus que temps d’interrompre ma longue léthargie estivale... Sur France Inter lundi matin, ça démarrait fort : ils avaient invité Jean-Claude Trichet, cet odieux nabab qui n’a pas son pareil pour te faire sentir qu’il fait partie des Maîtres du Monde, alors que toi, pauvre merde, déjà que tu ne comprends rien à la finance, tu devrais t’estimer heureux qu’il daigne te parler afin de tenter de te sortir de ton ignorance crasse.

     Il n’a pas fallu dix minutes pour rentrer dans le vif du sujet : à la question bateau de Patrick Cohen, du style : “Mais ne pensez-vous pas que plonger l’Europe dans le marasme et la récession soit un remède pire que le mal ?” L’autre, bouffi de ses certitudes, ne se démonte pas, et répond froidement que non, bien au contraire, que c’est exactement ce qu’il faut faire, puisque c’est la seule solution pour que les pays qui “dépensent plus que ce qu’ils gagnent” (quel mépris ! il aurait été plus honnête et pertinent de dire “dont mes potes Maîtres du Monde ont asséché toutes les recettes pour les obliger à supprimer l’État”) regagnent “la confiance des Marchés” (Rhââââĥ !)

    Il se trouve que lors de ces vacances, j’ai notamment lu un livre (l’Empire de la Honte” de Jean Ziegler) dont “La confiance des marchés” est un des thèmes principaux. L’auteur, bien connu ici, fut jusqu’en 2008 “rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation”, du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. En clair, chargé de faire en sorte que le moins possible de personnes et particulièrement d’enfants meurent de faim dans le monde. Il a la particularité rare d’avoir osé dénoncer les multinationales (de l’agroalimentaire et de la pharmacie notamment) qui ont démontré que la mort de milliers d’enfants leur importait moins que les bénéfices qu’ils ramenaient à leurs actionnaires. Ce livre est totalement consacré aux effets catastrophiques de la dette (et des remèdes de cheval mis en œuvre pour la résorber) sur les peuples du “Tiers Monde”. Mis devant l’obligation de rembourser une dette souvent “odieuse” (c’est-à-dire contractée sans raison valable et souvent par corruption des dirigeants des pays concernés), “réorganisés” par le FMI qui brade aux multinationales les ressources du pays, obligés de vendre leurs matières premières (café, cacao…) à un prix qui ne leur permet pas de vivre, mais devant acheter des machines ou des services au prix fort à d’autres multinationales, les États n’ont plus un radis à consacrer aux pauvres, même lorsqu’ils meurent de faim par centaines de milliers.

    Citons Ziegler : S’il est une expression qui m’a toujours révulsé, c’est bien celle de “confiance des marchés”. Pour ne pas être attaqué, dévasté, mis à genoux par le capital financier mondialisé, un peuple doit - par sa conduite économique - gagner la “confiance des marchés”. Mais comment mérite-t-on cette “confiance” ? Tout simplement en se soumettant corps, esprit et âme au diktat des cosmocrates. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que les maîtres de l’empire de la honte concèdent leur collaboration aux peuples prolétaires.” Ça ne vous rappelle rien ? Jean Ziegler détaille ensuite comment ces maîtres de l’empire de la honte ont dézingué Salvador Allende au Chili. Cet irresponsable cuistre n’avait rien trouvé de mieux que de prendre des mesures de Gauche (nationalisation des mines de cuivre, réformes sociales, impôt sur les sociétés transcontinentales…), il fallait agir. Le complot impliquait la société ITT, aujourd’hui éclatée en morceaux mais qui était à l’époque la plus grosse multinationale du monde, des trusts miniers, les politiciens (Nixon, Kissinger), la CIA… Chacun sait comment Allende fut assassiné le 11 septembre 1973, 3 ans après son arrivée au pouvoir.

    Ziegler conclut : Salvador Allende et son Unité populaire n’avaient pas su gagner la “confiance des marchés” . On sait aussi comment Allende fut remplacé par la dictature militaire de Pinochet, un gars raisonnable qui allait permettre l’éclosion du néolibéralisme, notamment en ramenant à la raison tous ceux qui auraient eu l’outrecuidance de contester le système d’une manière ou d’une autre. Mais qu’importent la torture et les assassinats, puisque les marchés étaient en pleine confiance… C’est bien le principal, non ? Autre exemple, d’autant plus parlant qu’il est chronologiquement beaucoup plus proche. Il s’agit de l’attitude par rapport à la dette de l’emblématique ex-président brésilien Lula. Un vrai mec de Gauche, sur le papier. Pas un Hollande. Un prolétaire, un vrai. Né dans une famille nombreuse d’ouvriers agricoles, et qui a personnellement connu la famine. “Monté” à la ville, vivotant de misérables boulots dans la rue. Devenu ouvrier de l’automobile, puis syndicaliste, avant de fonder le PT (Parti des travailleurs), qui l’amènera au pouvoir.

    Certains savaient avant 1981 que Mitterrand n’était pas de Gauche, et qu’il trahirait. Ils avaient raison. Aujourd’hui, tout le monde ou presque sait bien que Hollande n’est pas de gauche, sinon de la trop fameuse “gauche de droite”, et qu’il trahira. Une bonne partie de ceux qui ont contribué à son élection n’ont voulu qu’éviter la prolongation de cette mascarade que fut le sarkozysme. Mais Lula était insoupçonnable. Lula a été élu en 2002, après deux décennies de dictature militaire, suivies par une période presque aussi longue d’un pouvoir de droite libérale vendu aux banksters. Cette période est décrite dans les manuels d’histoire-géo comme “le miracle économique brésilien”. Les représentants de l’empire de la honte font acheter aux généraux brésiliens un arsenal dantesque, sous le prétexte, 1 000 fois réutilisé ici ou là depuis, de “Sécurité Nationale”. Pire, sous la conduite du ministre des finances Delfim Neto, cheval de Troie des banksters (comme on en trouve aujourd’hui en Grèce ou en Italie), le Brésil se dote d’une quantité phénoménale de grands équipements (routes, ponts, ports, matériel d’exploration pétrolière…), sans avoir le moindre sou pour les payer. Comme les armes, tout est acheté à crédit. Les militaires au pouvoir acceptent d’autant plus facilement qu’ils touchent des millions de commissions sur des comptes dans les paradis fiscaux.

    Pendant cette période, le Brésil massacre la forêt amazonienne en défrichant l’équivalent de deux fois la surface de la France. 90 % de ces nouvelles surfaces sont concédés aux multinationales qui y feront pousser des hévéas pour leurs pneus ou du soja pour nourrir les vaches occidentales… Trente ans après, à l’horizon 2000, le Brésil est exsangue, toutes ses richesses partent en “remboursement de la dette”, et sa population, privée de toute aide sociale, meurt de faim par milliers. Des favelas monstrueuses se développent anarchiquement autour des grandes villes (que le Brésil tentera de cacher à la face du monde lors des Jeux Olympiques de 2016). Que fait alors le gouvernement de droite ? Rien. Il promet aux banksters de “payer la dette”. Et restreint encore davantage le peuple. Au contraire, dans la période pré-électorale, le parti de Lula fait de la défense du peuple son cheval de bataille. Il promet notamment un audit de la dette. Historique ! Son prédécesseur avait déjà bien tendu le rectum (enfin, celui de la population pauvre) en garantissant aux banksters un excédent budgétaire (“superavit”) minimal de 3,5 %, destiné au remboursement de la dette !

    Je précise qu’on parle bien ici d’excédent budgétaire ! En effet, tant que le bankster a confiance dans la capacité du pays créancier à honorer les échéances de sa dette, il se contente des nouveaux crédits que l’État doit contracter pour payer les anciens. Mais si le bankster commence à craindre pour ses pépètes, il se fait menaçant et exige le dégonflage de la dette, ce qui suppose un excédent budgétaire. Avant même son arrivée au pouvoir, Lula est menacé de toutes parts, et doit donner des gages : non seulement il ne fera pas d’audit, mais le nouveau ministre des finances, Palocci, qui finira d’ailleurs par tomber en 2011 pour des faits de corruption datant de 2005-2006, augmentera le montant minimal de l’excédent à 4,25 % !!! On peut difficilement faire plus parfait demi-tour et montrer plus clairement son allégeance aux banksters. Par la suite, jamais Lula n’est revenu sur la dette. Il a préféré la payer, et continuer à défricher, à livrer ses terres aux multinationales avides.

    Je refais un saut de dix ans, et je change de continent. Bienvenue en Europe, en 2012. Nos politiciens félons s’apprêtent à leur tour à tendre notre rectum aux banksters en gravant dans le marbre l’obligation d’une stupidité et d’un renoncement absolu, de ne pas faire plus de 0,5 % de déficit. Après avoir feint de le critiquer pendant la période électorale, Hollande et ses “socialistes” ont tourné jaquette et s’apprêtent maintenant à voter en l’état le “traité Merkozy”, alias TSCG. En arguant d’un chimérique et grotesque “volet de croissance” qu’il aurait arraché à Merkel… Ce traité félon, non content de plonger à coup sûr l’Europe encore plus profondément dans la récession, va définitivement délocaliser la conduite de notre économie à Bruxelles, sous la férule de la sinistre “Troïka” (Commission, BCE, et le sempiternel affameur des peuples, le FMI de DSK et de Lagarde) et la mettre sous la coupe des banksters, qui ne se priveront pas de piller et mettre en pièces nos derniers Services Publics et prestations sociales. Pas de vraie surprise, on se souvient de François Hollande se rendant à Canossa Londres pour regagner la “confiance des marchés” en perdition après quelques “débordement gauchistes”, promptement remis dans le droit chemin.

    On n’a rien à gagner à se soumettre à ces gredins. Il ne devrait y avoir qu’un seul mot d’ordre : résistance ! En ne perdant pas de vue que ces gens sont dangereux et ne reculeront devant rien. En Grèce, ils ont déjà baissé les salaires des fonctionnaires de 30 %, comme les retraites. Et ce n’est qu’un aperçu de leurs capacités de nuisance. Le sort réservé à Allende ou aux victimes de Pinochet en témoigne, tout comme les millions d’enfants morts de faim, victimes des banksters, du FMI et des multinationales de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

    Pour résister, on n’a que le Parti “Socialiste”. Quelle dérision ! On dirait que son seul but est de susciter l’espoir avant de trahir, foirer, et de faire le lit de la droite, dont les crocs s’affûtent déjà à l’horizon de 2017. Vous les entendez, les Fillon, les Copé, sans oublier Sarkozy, qui pourraient s’imposer comme un recours ? Ces cyniques amis des milliardaires qui, s’appuyant sur l’échec de la “gauche”, n’auraient plus qu’à finir le boulot des banksters par une “politique de droite” ? Le nucléaire, les Roms, le TSCG et la “confiance des marchés”… La coupe est déjà pleine. Le changement, c’est maintenant, mais c’est où ?

    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article20819

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