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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Projection du film "La stratégie du choc", le 18 juin 2012 dans l'amphithéatre de la salle des associations à Nice, place Garibaldi.

12 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

Bonjour.

 

L'association "Comité pour un Nouvelle Résistance-CNR" organise le lundi 18 juin 2012 de 18h30 à 21h la projection du film de Naomi Klein: "La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre". L'évènement aura lieu dans l'amphithéâtre de la maison des associations à Nice, place Garibaldi. Un débat suivra la projection.

La crise de la dette souveraine plonge le vieux continent dans cette politique ultralibérale qui détruit tout sur son passage. On a du mal a comprendre la pertinence des changements opérés tant ils semblent parfois erratiques. Le film a le mérite de bien présenter les rouages de cette technique de prise de contrôle du monde.

 

Venez nombreux! Faites passer l'information! Il est très important de percer à jour les stratégies employées afin de mieux les combattre.

 

Dans la période actuelle,  la cure d'austérité ultralibérale, préparée de main de maître par quelques cercles d'influence, mais aussi par des cabinets regroupant toutes sortes d'experts, semble être la seule solution.  De grands gourous, épaulés par des avocats d'affaires, sont chargés d'étudier le meilleur moyen de détruire définitivement les acquis sociaux, particulièrement ceux issus du "Conseil National de la Résistance". N'oublions pas que le CNR, après la seconde guerre mondiale, dans une France ruinée, a réussi à imposer au grand patronat des réformes sociales de grande ampleur. Pour les gros capitalistes, l'acceptation d'alors, venait du fait qu'ils avaient sans doute contribué à la débâcle de 1940 et s'étaient joyeusement et massivement lancés dans la collaboration, afin de faire de bonnes affaires.

 

Aujourd'hui la donne a changé. La France est bien sûr, beaucoup plus riche, mais les prédateurs actuels ont gagné la bataille des idées. Ils ont réussi à imposer la doxa ultralibérale comme le seul cadre de pensée possible. Cette victoire est acquise en grande partie grâce à un matraquage médiatique sans précédent et cela depuis une trentaine d'années environ.

 

La guerre totale que livre le grand capital aux peuples pour les dépouiller, utilise toutes les armes possibles, par exemple: la dette, la crise financière, les traités européens, etc... En effet, la crise financière est arrivée opportunément pour obliger les états à s'endetter massivement auprès des financiers afin de sauver les banques. Cette dette contractée auprès des usuriers des temps modernes, est utilisée par ceux qui ont été sauvés de la faillite, afin d'alimenter la spéculation dans le seul but d'assurer à ces voleurs de grand chemin de confortables bénéfices. Dans ce braquage de haut vol, le rôle des agences de notation est déterminant pour désigner les proies que vont dépecer les barbares de la finance. Ils sont tous fin prêts pour dévaster les biens publics, seule richesse de ceux qui n'ont rien.

 

S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment choisi par eux pour faire passer leurs listes de vœux: privatiser l’éducation, la santé,  la Sécurité Sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Et ils appellent cela les réformes structurelles indispensables!

 

C'est bien là la marque de leur extrême perversité, appeler réforme les régressions sociales majeures, qu'ils souhaitent imposer coûte que coûte à la population désemparée! Prendre l'habit du juste pour se comporter en terrible prédateur! S'installer dans le discours du "Conseil National de la Résistance" tout en avouant cyniquement que le seul but est de détruire tous les acquis issus de la LIBERATION! C'est du grand art et cela s'appelle l'ultralibéralisme.

 

Naomi Klein a très bien décrit ce processus dans son excellent livre: "La Stratégie du Choc-la montée du capitalisme du désastre".

Un exemple parmi beaucoup d'autres, l'équipe  de Georges W Bush a profité de la destruction de La Nouvelle-Orléans lors de la tempête qui a dévasté La Louisiane pour tout privatiser! Les logements sociaux détruits ont été remplacés par des logements de standing. La spéculation sur la misère a été à son apogée! Aucun secours n'a été apporté aux gens les plus démunis. La FEMA après avoir été restructurée par Dick Cheyney, a été incapable de remplir sa mission.

Partout dans le monde où se produit de grandes catastrophes et où les grands capitalistes sont aux commandes, le même scénario sont utilisés. L'Europe est actuellement aux mains de ces gens là, on voit bien les perspectives qui s'annoncent, la captation de toutes les richesses. Lorsque les catastrophes ne sont pas au rendez-vous on les provoque! La crise de la dette souveraine en est l'exemple le plus accompli! Soit les peuples réagissent et reprennent les rênes des mains de ces voyous, soit l'alignement sur la misère mondiale va partout devenir la règle!

 

 

Devant ces actes de piraterie, et devant cette guerre sans merci deux choix s'offrent à  chacun de nous:

  • Soit accepter d'aller à l'abattoir, tout habillé de peur, mais résigné. Espérant toutefois que notre tour viendra le plus tard possible, allant même envisager de pouvoir passer entre les gouttes.
  • Soit refuser l'inacceptable. Avec comme slogan, celui des résistants d'hier et d'aujourd'hui qui ont lancé en 2004 l'appel du CNR. Ce slogan doit claquer comme un coup de fouet, c'est: Résister c'est créer, Créer c'est résister 

 

 

Une façon de résister est de participer à la soirée du lundi 18 juin 2012 .  Il nous faut affirmer haut et fort à cette occasion les valeurs fondatrices de notre vivre ensemble.

  

 Le RDV du lundi 18 juin 2012 à 18h30 a été publié sur nice.demosphere.eu,    http://nice.demosphere.eu/node/462
Son titre est : Projection-Débat du film "La stratégie du choc".

  

  

En espérant vous rencontrer à cette occasion.

  

  

Bien cordialement.

 

Lucien PONS. Président de l'association: "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR

 

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La révolution érable au Québec.

11 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

La  révolution érable au Québec.


Bonjour.

 
Dans le lien ci-dessous, une vidéo sur la révolution érable.

 
Depuis février des millions québécois descendent tous les soirs dans la rue dans les villes, les villages pour protester d'abord contre l'augmentation du prix des études universitaires puis plus généralement contre le modèle néo liberal
Une révolution qui a commencé avec les étudiants puis qui s'étend à tout le Canada
Le gouvernement réprime cet immense mouvement démocratique, populaire et non violent par la police qui charge et frappe  et par l'instauration de nouvelles lois autoritaires et répressives.

Un phénomène sans précédent sur le continent depuis les grandes mobilisations pour les droits civiques dans les années 1960.

Selon le Guardian, le journal britannique, "les étudiants sont devenus le symbole de la plus puissante remise en question du néo-libéralisme". D’autant que le gouvernement refuse de concéder quelques centaines d’euros par an pour l’enseignement, alors que les scandales éclatent ; des scandales qui mettent en cause le parti du Premier Ministre, des membres de son gouvernements, ses proches. Et les enquêtes se rapprochent dangereusement de sa propre personne.
Les anonymous sont là
La première vidéo est leur mise en garde 
la deuxième est un document extraordinaire qui ne devrait pas être publique
qui montre une fête anniversaire qui a coûtée des millions de dollars organisée par Paul Desmarais un des hommes les plus riche de la planète (et ami de Sarkozy) et où, bien sûr, sont invités les hommes politiques québécois, ceux là mêmes qui refusent de renégocier l'augmentation du prix des études.


 
Cordialement.
 
Lucien PONS.
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Le pouvoir bancaire et ses vassaux gouvernementaux. Le cas espagnol.

11 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 pouvoir bancaire et ses vassaux gouvernementaux

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Par Charles-André Udry

Le «nettoyage des banques» est, depuis des mois, un des vrais tests pour le gouvernement du Parti Populaire de Mariano Rajoy et de l’oligarchie espagnole, ainsi que pour ses «partenaires» européens. Le secteur bancaire occupe une place importante en Espagne, suite à un fort processus de concentration-centralisation et à une transnationalisation prononcée de ses principaux acteurs. Fin 2011, le bilan des banques se situe à hauteur de quelque 330% du PIB (Neue Zürcher Zeitung, 9 mai 2012). Ladite exposition des créanciers (banques pour l’essentiel) au secteur de la construction et de l’immobilier s’élève à 338 milliards d’euros (405,6 milliards de CHF), dont 176 à 184 milliards sont «problématiques», selon les dires de la Banque d’Espagne (Wall Street Journal, 8 mai 2012; Les Echos, 8 mai 2012, El Pais, 9 mai 2012). 

Dit autrement: il s’agit officiellement de prêts «douteux» – dans le langage courant on parle de «gens douteux» – aux constructeurs et aux promoteurs immobiliers, les ex-faiseurs de miracles, il y a encore cinq ans. Sont inclus de même des biens immobiliers acquis par les banques suite à des «défauts de paiements». Comprenez: des salariés à qui des appartements ont été vendus et qui ne peuvent faire face au paiement des intérêts hypothécaires, sans parler même du remboursement du principal. Par dizaines de milliers, ces «propriétaires» ont été éjectés de «leur» appartement… mais doivent néanmoins s’acquitter de leur dette, même si elle est un peu «accommodée».

Il faut replacer ce sauvetage des banques dans un contexte où la chute de la production industrielle – un des facteurs qui nourrissent le chômage, avec ses effets désastreux sur les revenus des salarié·e·s et de leurs familles – continue depuis octobre 2011 à des taux mensuels (par rapport à l’année précédente) oscillant entre -3% et -7,5% (en mars 2012).

Le banquier politique et le politique banquier

Une dimension du sauvetage des banques révèle l’intrication entre ce secteur et le pouvoir d’Etat. Il y a plusieurs années que nous insistons sur la mutation qui s’est opérée dans la hiérarchie des instances gouvernementales et étatiques. La première place a été acquise, depuis les années 1980, par les ministères de finances et les banques centrales. Cela s’est accentué dans le cadre de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, avec la crise de la «dette publique» – qui n’est pas publique, faut-il le répéter, mais celle du système bancaire et d’assurance? – s’est imposée une superposition éclatante entre imposants banquiers et «techniciens gouvernementaux». C’est ce qu’illustrent les Mario Monti (Italie), Lucas Papadémos (Grèce) ou encore Luis de Guindos Jurado en Espagne. Dans l’opération de sauvetage du système bancaire espagnol ce trait fort ressort avec netteté.

Rodrigo Rato, le patron de Bankia – la quatrième banque du pays, fruit plus que mûr du mariage de sept caisses d’épargne, dont l’avenir est, lui, aussi douteux que leur union était louche –, fournit une illustration de cette machinerie. Né en 1949, il est le fils de deux familles fort riches des Asturies, incarnées par son père Ramon Rato et sa mère Aurora Figaredo. Son père fut ministre de l’économie et un des grands banquiers de l’Espagne (El Pais, 8 mai 2012). Dressé par les jésuites, il fera ses études à l’Université Complutense de Madrid  et à Berkley. Il adhère à 30 ans à l’Alliance populaire (AP), dont il sera l’un des dirigeants, puis au Parti Populaire (PP), la formation unifiée et créée par le franquiste Manuel Fraga, «disparu».

De septembre 2003 à avril 2004, il préside le gouvernement de José Maria Aznar, dont il a été le ministre de l’Economie d’avril 2000 à avril 2004. Il l’avait déjà été de 1996 à 2000, toujours sous Aznar; tout en ayant eu la tâche de deuxième vice-président du gouvernement de mai 1996 à 2003. Dans ces fonctions, il a été le régent de la «bulle immobilière»  dont les explosions, en ricochet, ont frappé finalement Bankia.

Dans un premier temps, il a mené sa carrière internationale en tant que «représentant» de l’Espagne auprès de la Banque mondiale (BM), de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ou comme représentant du ministère de l’Economie au sein de l’UE.  Il poursuivit son ascension au FMI. En effet, il succéda en tant que directeur général à l’Allemand Horst Köhler de la CDU, après la brève période d’intérim assumée par l’Etatsunienne Anne Krueger (mars-juin 2004). R. Rato fut couronné le 7 juin 2004 et démissionna le 31 octobre 2007. Il va se recycler rapidement dans la Banque Lazard à Londres, avec deux continents comme champ de bataille dont il connaissait bien le terrain grâce à ses attributions précédentes: l’Europe et l’Amérique latine.

En décembre 2009, il entre à Caja Madrid, dont il prend les rênes en janvier 2010. Quelques mois plus tard, il annonce la fusion de cette entité – qui surnageait sur un coussin de créances hypothécaires hypothétiques et suspectes – avec d’autres caisses percées: Bancaja, Caja de Canarias, Caixa Laietana, et les Cajas d’Avila, de La Rioja et de Segovia. Avec l’effronterie propre à sa caste – assurée de cette immunité que Dieu alloue, sans limite de crédit, à ses vrais siens – il parie sur ses réseaux et son lustre pour: déminer la bombe à retardement que constitue la gestion clientélaire et d’aigrefin de ces cajas;stabiliser la pile vacillante des prêts hypothécaires; faire silence sur les plus que maigres entrées de dépôts des épargnants. Ainsi est mis en place le mécano Bankia (avec une participation dominante de Caja Madrid, 52,06%, et de Bancaja, 37,7%) et  Banco Financiero y des Ahorro (BFA). Début mai 2012, Rodrigo Rato osait encore affirmer qu’aucun sauvetage de l’Etat n’était nécessaire; une sorte de proclamation provocatrice dans l’atmosphère de Kriegspiel qui règne entre requins de la banque et intrigants du gouvernement Rajoy.

Les «marchés» – les investisseurs – n’étaient pas sans savoir que l’exposition aux actifs immobiliers n’était pas neutralisée par les initiatives de Rato et ses adjoints. La fermeture de 20% des agences relevait d’un léger maquillage, en termes comptables. Cependant pas en termes d’emplois: 16% du personnel sera licencié. Puis une opération, bien nommée de ségrégation, est mise en place en avril 2011. Traduisons: un tri et une allocation des actifs les plus toxiques sont effectués dans la «maison mère»: la BFA. Elle a été construite, sur la base d’un système de mutualisation et d’auto-protection, en décembre 2010. Elle commence à être active le 1er janvier 2011. On y retrouve les cajas. BFA est l’actionnaire majoritaire de Bankia. Cette dernière non seulement dispose d’un réseau en Espagne, mais est active à l’échelle internationale: Lisbonne, Dublin, Milan, Londres, Munich, Vienne, Miami, Pékin et Shanghai. Une carte de visite qui ne suffit pas à rassurer «les marchés», au contraire. L’action de Bankia, du 2 août 2011 au 8 mai 2012, a dévissé de 3,9 euros à 2,375 euros, soit une chute de 39%. L’exposition à des actifs véreux de Bankia se monte à 31,8 milliards.

Deloitte allume la mèche

La mèche a été allumée par la société d’audit Deloitte, une des quatre grandes transnationales d’audit aux côtés de PricewaterhouseCoopers (PwC), Ernst&Young et KPGM. Deloitte éclaire la faille dans son rapport d’audit (El Pais, 9 mai 2012). En effet, dans le bilan 2011 de BFA est comptabilisée une participation dans Bankia pour une valeur de 12 milliards d’euros. Selon la valeur de marché (le prix de l’action à la Bourse), cette participation est estimée à 2 milliards. Une légère différence. Même si, selon les normes comptables en vigueur et du fait que BFA ne pensait pas céder de suite ses actions Bankia sur le marché, il était possible d’attribuer à cette participation une valeur de 8,5 milliards. Mais une déduction minimale de 3,5 milliards dans le bilan relevait de la nécessité. Or, si l’on met côte à côte les gains de BFA, soit 41 millions d’euros, et la perte à enregistrer, soit 3500 millions, une difficulté arithmétique saute aux yeux.

Une solution était suggérée par Deloitte: mettre à zéro le patrimoine de BFA, la maison mère de Bankia, et pour ne pas déshabiller totalement BFA, transformer la participation préférentielle de l’Etat espagnol en capital de BFA. Mais cela reviendrait à la nationalisation à 100% de BFA. Une fois de plus s’offre l’image de la prise d’otage qu’opèrent les banques: un sauvetage contraint, mais sans contrepartie. Ce qui justifie, de notre point de vue, très concrètement, l’exigence politique et stratégique – dans la crise durable présente du capitalisme – d’une nationalisation-déprivatisation du secteur bancaire, pour en faire un pôle public unique de financement, qui ne soit pas mis en concurrence avec des grands cachalots privés, ceux qui ne font qu’une bouchée d’un requin.

Une autre solution se profile: attribuer à Bankia  des fonds publics, sans aucune «intervention de l’Etat»(La Vanguardia, 9 mai 2012). Autrement dit, canaliser vers Bankia des revenus de l’ensemble des salarié·e·s contribuables qui subissent une attaque sans précédent contre le salaire social: salaire direct, indirect, allocations diverses, éducation, santé, crèches, etc. Nous y reviendrons car la décision concrète en la matière doit être prise ce vendredi 11 mai. A moins que la crise s’accélérant «sur les marchés», comme symptôme d’une crise du système bancaire, la nationalisation soit choisie, avant,  comme intervention d’urgence.

De Rato à Goirigolzarri

Rodrigo Rato sera remplacé par un honnête homme: José Ignacio Goirigolzarri, né à Bilbao en 1954. Il a quitté la grande banque BBVA – dont il fut un des poissons pilote pour son expansion aux Etats-Unis et en Amérique latine – après 30 ans de bons et loyaux services. Sa sortie, aidée par le grand patron de BBVA, s’est effectuée il y a 32 mois. Il a reçu une retraite chapeau de 61 millions d’euros, de quoi attendre un nouveau mandat après avoir signé une clause de confidentialité et de non-concurrence. La Banque d’Espagne et le gouvernement «ont fait pression pour qu’il accepte» (El Pais, 8 mai 2012).

Rato ne semblait pas très disposé à quitter le poste de pilotage de Bankia.  Entre gens bien élevés et donc se méfiant comme il est de règle dans ce milieu, José Ignacio Goirigolzarri a exigé tous les pouvoirs. Il les a obtenus.

Ce genre d’affrontements est un reflet de ceux qui ont cours au sein même du PP et de l’oligarchie régnante, placée sous les coups d’une crise d’une force qui n’était pas nécessairement prévue dans tous ses contours. Ce tremblement de terre bancaire provoque des secousses non seulement dans les cercles dirigeants du «monde de la finance», mais aussi dans ceux coextensifs dudit champ politique et du bloc social aux commandes. Des commandes dédoublées dans l’«espace européen» où les tours de contrôle hésitent sur les couloirs à faire emprunter à des gros-porteurs dont les  trains d’atterrissage sont peu fiables, malgré des procédures autoritaires qui s’affinent: celles du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UE (TSCG).

Le Costa-Concordia bancaire espagnol a besoin d’un capitaine solide. Mais, les tréfonds de la finance de marché sont plus que vicieux et imprévisibles. Une crise d’illiquidité dans le système bancaire peut éclater, sans prévenir, et mettre à genoux l’oligarchie bancaire qui, elle, prendra la société en otage, avec une violence froide et déterminée.

L’heure d’une dénonciation de la prise d’otage par les banques

Le «sauvetage» de Bankia – sous une forme ou une autre – met en lumière la gravité de la crise bancaire systémique à l’œuvre en Espagne et ailleurs. Passons sur la façon dont les bilans de Bankia et d’autres institutions ont été et sont frisés. A juste titre, Les Echos (9 mai 2012)  insiste sur une donnée, outre la crise grecque et son extension possible au Portugal et à l’Irlande: les «investisseurs s’interrogent déjà sur la situation des autres établissements et sur les moyens de l’Espagne pour en aider d’autres [que Bankia et BFA]. Comment le gouvernement pourrait-il trouver l’argent nécessaire en pleine crise?» François Duhen, stratégiste chez CM-CIC, constate succinctement: «L’Espagne n’est pas au bout de ses problèmes.» Quant aux analystes de Barclays, dans un article titré «Pourquoi la crise de l’euro se fait toujours plus complexe», ils affirment: «Le système bancaire ibérique aura besoin à court terme de 100 milliards de liquidités et, dans l’hypothèse où ce serait l’Etat qui doit mettre tout l’argent, la dette publique irait gicler à 100% du PIB et  l’effort d’austérité budgétaire aura été fait en vain.» (24Ore/Il Sole, 9 mai 2012)

Entre les lignes de différents articles de la presse économique ressort une autre interrogation euphémisée: quel sera le «degré d’acceptabilité sociale et politique» que va manifester la population face à cette socialisation des pertes d’une dette bancaire, présentée comme étant publique et «justifiant» de ce fait la mise en joue des salarié·e·s? C’est  ici que la «crise grecque» acquiert un écho européen au travers du refus massif de la régression sociale et existentielle.

Or, les banques espagnoles, ces derniers mois, ont réussi le tour de force de récolter des fonds (actions et obligations convertibles) auprès de «petits épargnants», certes une minorité de la population, et de fonds de pension, ainsi que de vendeurs d’assurances vie.

Selon la Banque d’Espagne, les fonds récoltés au quatrième trimestre 2011 sont supérieurs de quelque 8 milliards d’euros à ceux acquis au même trimestre de 2010. Cette moisson – grâce  un blitz-marketing – a permis, en partie, de camoufler plus longtemps les pertes sous-comptabilisées dans les bilans des banques.

La crise de Bankia – avec le lot de «scandales» qui vont faire surface – peut porter un coup aux fleurons du système bancaire espagnol. D’où la nervosité enregistrée et les affrontements secs sur les parquets cirés et les moquettes moelleuses. Ce d’autant plus que l’image de la maîtrise du système bancaire a été largement diffusée depuis trois ans, malgré le désastre gigantesque de l’effondrement immobilier, c’est-à-dire de la crise de surproduction de logements.

Comment se fait-il qu’aucune des grandes banques espagnoles n’ait annoncé une perte dans ses résultats annuels depuis le début de la crise financière de 2008 (plus exactement datant de 2007), dont la quatrième phase est en cours?

Le sauvetage de Bankia marque une nouvelle étape socio-politique en Espagne. La dénonciation de la dette et l’objectif d’une nationalisation-déprivatisation des banques deviennent un chaînon nécessaire d’une lutte contre les politiques d’austérité. C’est-à-dire contre le chômage et la dégradation historique du salaire social, envisagé comme le prix de la reproduction élargie, sur la durée d’une vie, de la force de travail collective du salariat, à partir des standards établis dans les années 1970-1980. Ce à quoi devrait s’ajouter, à partir de coordinations sectorielles de résistances et de luttes, une perspective européenne, socialiste et démocratique. Cette dernière peut poser, sous en angle de solidarité de classe, la question d’une reconquête souveraine de droits expropriés qui traduisaient la nécessaire satisfaction de besoins sociaux et d’une véritable sécurité, qui est d’abord d’ordre social. (9 mai 2012)


100 milliards d’euros pour sauver l’Espagne



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Abrogation du Décret Pécresse n° 2009-460. Pétition à signer.

11 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole

Abrogation du Décret Pécresse n° 2009-460

Nous enseignants-chercheurs, évalués de manière approfondie à de multiples étapes de notre carrière, déclarons notre opposition à l’évaluation quadriennale instaurée par le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009, comme à toute forme d’évaluation individuelle systématique et récurrente.

Profondément distincte d’une évaluation scientifique, telle qu’elle est menée dans le cadre d’une qualification, de l’examen d’articles ou de projets scientifiques, une telle évaluation constitue en réalité un instrument d’encadrement et de contrôle des activités des enseignants-chercheurs, heurtant leur liberté académique et de recherche.

La fonction de l’évaluation systématique ne saurait être appréciée indépendamment des autres dispositifs dans lesquels elle s’insère, tels que la possibilité d’une modulation à la hausse des services des enseignants-chercheurs instituée par le décret du 23 avril 2009. Son établissement est en lui-même de nature à entraîner une pression préjudiciable à la poursuite d’une recherche véritable, sereine et indépendante, à privilégier des recherches conduites dans le souci constant du contrôle opéré, susceptibles d’être aisément et rapidement répertoriées.

Temps et liberté sont les conditions de la recherche universitaire. Ces conditions sont minées par une évaluation systématique et périodique qui conduira à instaurer un esprit de conformisme et de soumission étranger à l’accomplissement de nos missions. Animés par la volonté de remplir pleinement nos missions d’enseignement et de recherche, dans les conditions d’indépendance et de sérénité indispensables à la réflexion et à la création intellectuelle, nous réclamons la suppression de toute évaluation individuelle systématique et récurrente.

Pour signer : http://www.cnu.lautre.net/spip.php?article53



Evaluation quadriennale : Pour une grande pétition électronique de refus du principe !

Jean-Louis HAROUEL - Président de la Section 03 (Histoire du droit) du CNU
dimanche 10 juin 2012
Le projet technocratique d’évaluation de Valérie Pécresse est aujourd’hui repris sous la forme insidieuse d’un encadrement bureaucratique tutélaire, d’une sollicitude étouffante, d’un totalitarisme bienfaisant. Universitaires, réjouissez-vous : le gentil Big Brother académique va enfin veiller sur vous (...)


"Je vous écris pour vous informer que j’ai décidé de refuser de me soumettre, le moment venu, à toute forme d’évaluation individuelle systématique et récurrente..."

Lettre de Christophe MILESCHI
mercredi 6 juin 2012
Paris, le 06 juin 2012 Monsieur le Président de la section 14 du Conseil National des Universités, Mesdames et Messieurs les Membres de la section 14 du Conseil National des Universités, Monsieur le Président de l’Université Paris-Ouest-Nanterre, Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil (...)

Motion CNU - 17ème section

Philosophie
mercredi 6 juin 2012
La 17e section du CNU tient à marquer fermement son opposition au Communiqué de la CP-CNU en date du 14 mai. Dans la phase de négociation et de discussion qui s’ouvre avec le Ministère, elle rappelle avec la dernière vigueur son hostilité à la mise en place d’une procédure dont l’utilité n’a pas été (...)

Motion CNU 14ème section

Langues et littératures romanes : espagnol, italien, portugais, autres langues romanes
mercredi 23 mai 2012
Les sections du CNU ont majoritairement exprimé leur opposition à la mise en oeuvre de l’évaluation des enseignats-chercheurs (décret du 23 avril 2009). Or, l’Assemblée Générale de la CP-CNU du 21 mars 2012 a largement ignoré cette prise de position. . La 14ème section du CNU dénonce fermement la (...)

Motion CNU - 2ème section

Droit public
lundi 21 mai 2012
"La section 02 du CNU rappelle que le CNU est la seule instance nationale compétente en matière d’évaluation individuelle des enseignants chercheurs et que l’AERES ne dispose d’aucune compétence pour apprécier, évaluer ou « valider » les procédures du CNU en matière d’évaluation des enseignants-chercheurs (...)


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Nos âmes sensibles ne manquent pas d’occasions pour dénoncer et condamner avec force et véhémence les manifestations des étudiants qui ne respectent..."> "LES JOURS DE CHAVEZ SONT COMPTÉS". Propos de Robert Zoellich, actuel président de la Banque Mondiale.

11 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

samedi 9 juin 2012

"LES JOURS DE CHAVEZ SONT COMPTÉS"


L’EMPIRE EN A DÉCIDÉ
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Nos âmes sensibles ne manquent pas d’occasions pour dénoncer et condamner avec force et véhémence les manifestations des étudiants qui ne respectent pas les directives énoncées par la loi 78. Nos éditorialistes et faiseurs de nouvelles se font bien présents pour montrer et dénoncer les dérives que génèrent ces manifestations et certains de leurs dirigeants. Ils insistent sur le respect de la loi et les libertés de tous et de toutes. Les libertés des uns n’ont-elles pas pour frontière les libertés des autres?
Ce qui est vrai pour nous ne devrait-il pas l’être pour tous les peuples et tous les États? Que faisons-nous en Syrie présentement? Nous soutenons des groupes de l’opposition armée et des mercenaires qui défient le régime de droit du gouvernement de Bashar Al-Assad. Voici que, maintenant, le président de la Banque mondiale (BM) nous annonce des interventions visant l’élimination du Président légitimement élu du Venezuela et dont la réélection est confirmée par tous les sondages.
En effet, M. Robert Zoellich,  lors d’une conférence, à l'occasion des cérémonies marquant le 30e anniversaire du centre d'analyse Inter-American Dialogue, a annoncé comme un fait sans retour que les jours de Chavez étaient comptés.
QUI EST ROBERT ZOELLICH?
Il fut représentant spécial des États-Unis pour le Commerce du 7 février 2001 au 22 février 2005, secrétaire d'État adjoint auprès de la secrétaire d'État Condoleezza Rice dans le gouvernement du président George W. Bush de janvier 2005 à juillet 2006. Fin mai 2007, il devient le candidat de George W. Bush au poste de Président de la Banque mondiale, en remplacement de Paul Wolfowitz, poussé à la démission pour népotisme. La nomination à ce poste est approuvée par le conseil des directeurs de la Banque mondiale le 25 juin 2007.
QUELLE EST SA DÉCLARATION EN DATE DU 7 JUIN 2012?
 « Les jours de Chavez sont comptés. Et si ses subventions à Cuba et au Nicaragua sont supprimées, ces régimes se retrouveront en difficulté. Les démocrates d'Amérique latine - gauche, centre, et droite devraient se préparer », a déclaré M. Zoellick à Washington, à l'occasion des cérémonies marquant le 30e anniversaire du centre d'analyse Inter-American Dialogue. « Les appels à la démocratie, pour mettre fin aux intimidations, pour revenir au respect des droits de l'Homme, à des élections équitables et à l'État de droit, doivent venir de toutes les capitales », a ajouté M. Zoellick (…) Vous savez bien que si les Latino-américains laissent le travail à Washington et à Ottawa, les opposants de la liberté et des droits de l'Homme joueront la carte (...) du néo impérialisme. Faites-les déchanter, a-t-il lancé.
QUELQUES INTERROGATIONS
<!--[if !supportLists]-->1.    <!--[endif]-->« Les jours de Chavez sont comptés »,
Pourquoi ses jours seraient-ils comptés?
Est-ce en raison d’une élection à venir dont il connaîtrait à l’avance les résultats?
Est-ce parce que le peuple vénézuélien n’en veut plus et qu’il est prêt à se révolter?
Est-ce parce que Chavez est malade et qu’il n’y en a plus pour longtemps à vivre?
Est-ce encore parce que les États-Unis se préparent à le faire disparaître physiquement et à s’emparer des pouvoirs de l’État et du pétrole qui va avec?
Ce qui ressort de ses propos c’est que les « subventions » de Chavez rendent caduque l’arme économique des États-Unis si souvent utilisée pour mettre à genoux les Pays en difficulté. Il y a les subventions à Cuba et au Nicaragua qui sont nommément identifiées, mais aussi beaucoup d’autres qui dérangent énormément les États-Unis.
Dans son esprit, ce sera donc une bonne chose que cessent ces subventions pour que ces deux peuples ainsi que les autres qui en profitent se retrouvent en difficulté et se révoltent contre leurs dirigeants. Voilà une des raisons évoquées pour que les jours de Chavez soient comptés : mettre en difficulté Cuba et le Nicaragua. Il reprend, ici à son compte, le « mémorandum » de Lester D. Mallory, sous-secrétaire d'État assistant aux affaires interaméricaines des États-Unis sous la présidence d’Eisenhower. Ce dernier y écrivait :
« La majorité des Cubains soutient Castro. Il n’y a pas d’opposition politique efficace (…). L’unique moyen possible pour détruire le soutien interne (au régime) est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction économique et la pénurie (…). On doit employer rapidement tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba (…) Un moyen qui pourrait avoir un fort impact serait de refuser tout financement ou envoi à Cuba, ce qui réduirait les recettes monétaires et les salaires réels et provoquerait la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »
La conclusion est que pour mettre fin à cette aide, à cette solidarité humaine, il faut que Chavez disparaisse, peu importe les moyens utilisés. Ce plan est déjà en place, permettant ainsi à ce monsieur « honorable » de dire que les jours de Chavez sont comptés. Autrement, comment pourrait-il le dire?
<!--[if !supportLists]-->2.    <!--[endif]-->Il fait donc appel aux « démocrates d'Amérique latine gauche, centre, et droite pour qu’ils s’y préparent. »
Des « démocrates », mais qui sont-ils?
Sont-ils les artisans d’une participation toujours plus grande des peuples à leur destin? Il faut en douter. L’Histoire des dictatures et des despotes mis au pouvoir en Amérique latine n’est plus à démontrer.
Sont-ils les promoteurs de cette démocratie qui rapproche les pouvoirs de l’État (législatif, judiciaire, exécutif) des citoyens et des citoyennes? Rien n’est plus douteux. Il n’y a qu’à voir le fonctionnement de nos démocraties, dites représentatives, pour comprendre l’aversion que l’on a contre tout ce qui fait appel à une démocratie participative et directe.
Sont-ils les défenseurs du bien commun de l’ensemble de la société? Il faut encore une fois en douter. Les citoyens latinos américains n’ont jamais pesé lourd pour les dirigeants des États-Unis. Pour preuve, malgré les richesses incroyables de leurs Pays respectifs (mines, pétrole, agriculture, élevage), la pauvreté endémique de la quasi-totalité des citoyens d’Amérique latine est là pour en témoigner. C’est un secret pour personne que les richesses de ces pays ont toujours été et demeurent le motif principal des interventions des États-Unis et du Canada dans cette région du monde.
Ou encore, sont-ils plutôt ceux qui voient à ce que les divers pouvoirs de l’État protègent les intérêts des oligarchies nationales ainsi que ceux des États-Unis d’Amérique et des multinationales qui leur sont rattachées? L’Histoire passée et récente des démocraties, dites représentatives, témoigne de cette prédominance des pouvoirs oligarchiques dans l’exercice des pouvoirs de l’État.
À ce stade-ci de l’analyse, nous pouvons conclure que ces démocrates de l’Amérique latine ne sont pas des partisans de Cuba, ni du Nicaragua, ni du Venezuela. Bref, ni d’aucun citoyen latino-américain ! Ils en sont plutôt des adversaires. À ce niveau, les différences entre droite, centre et gauche n’existent que pour l’électorat. Sur le fond, ils servent tous et toutes les mêmes intérêts que sont ceux des oligarchies et des États-Unis.
<!--[if !supportLists]-->3.    <!--[endif]-->Chavez doit disparaître, également « pour mettre fin aux intimidations, pour revenir au respect des droits de l'homme, à des élections équitables et à l'État de droit »
À écouter ce M. Zoellich, Chavez serait antidémocratique, ne respecterait pas les droits de l’homme et ne se soumettrait pas à l’État de droit. Une raison de plus pour qu’il disparaisse. Le jugement est fait, la sentence est prononcée et son exécution est prochaine. Regardons de plus près certaines de ces revendications.
-mettre fin aux intimidations :
D’abord, intimidation de qui et à l’endroit de qui?
Ces nouveaux gouvernements, épris de justice sociale, de démocratie participative, d’anticorruption intimident peut-être trop, aux yeux des US, les ex-gouvernants et dirigeants de banques et de réseaux de communication, interpellés pour répondre de leurs méfaits.
Pour les États-Unis, il semble que ces Pays affirment trop leur indépendance et souveraineté territoriale et réclament peut-être trop que l’on respecte leurs droits et leur liberté de gouverner en référence au bien commun de l’ensemble de la société.
Aussi la remise en question de certaines institutions régionales comme l’OEA, sans doute utiles à l’empire, mais tout à fait inadéquates aux préoccupations et aux intérêts des pays latino-américains, n’est pas sans déranger ceux qui avaient l’habitude de tout décider.
Ces divers points sont-ils des « intimidations » que les Pays progressistes et indépendants  infligeraient aux Pays, jadis maître des lieux?
Il faut dire que ces oligarchies, plus habituées à intimider qu’à être intimidées, n’acceptent tout simplement pas d’être mises dans une situation d’égalité quant aux droits et aux devoirs. Elles n’acceptent pas de se faire rappeler à l’ordre par plus petit que soi. Chavez le fait et on l’intimide en lui disant que ses jours sont comptés.
-pour revenir au respect des droits de l’homme :
Je ne sais pas si les Salvadoriens, les Guatémaltèques, les Honduriens, les Chiliens, les Argentins, les Brésiliens, les Boliviens, les Équatoriens, les Uruguayens, les Vénézuéliens, les Paraguayens et les Colombiens souhaitent ce retour au respect des droits de l’homme des années 1960-1990. Y avait-il des droits de l’homme sous les nombreuses dictatures souvent mises en place et toujours soutenues par les États-Unis? Pinochet, la Junte militaire en Argentine, les dictateurs Stroessner et Somoza, entre autres, ont surtout laissé de très mauvais souvenirs quant au respect des droits humains. Le plan Condor où on assassinait automatiquement toute opposition demeure toujours une toile de fond de toute la cruauté d’une époque. Y revenir ne serait certainement pas une bonne nouvelle pour les peuples.
-à des élections équitables,
Il est particulièrement intéressant d’entendre de la bouche de ce personnage cette expression d’élections équitables. Quand peut-on dire qu’une élection est équitable ou pas? Lorsque le résultat plaît aux États unis? Qui peut décider quand une élection est équitable ou pas? Les citoyens du pays ou les dirigeants des États-Unis? S’il y a un président qui a été confronté à plusieurs reprises à son électorat, c’est bien Chavez, et chaque fois le peuple fut derrière lui pour l’appuyer.
-à l’État de droit : Encore là, qui décide de l’État de droit? La constitution que se donne un peuple? La constitution que se donnent les oligarchies? Les impératifs de la justice, de la vérité, de la solidarité? Dans le cas du Venezuela, le peuple et toutes les instances gouvernementales et privées sont soumis à une Constitution voulue et votée par le peuple. Elle est la règle de conduite du gouvernement et elle est celle que fuient les escrocs qui ne veulent pas répondre de leurs méfaits devant la justice.
Les « jours de Chavez sont comptés » peut être interprété comme étant une réelle menace de mort.
QUE CONCLURE?
Pour les oligarchies, la démocratie est celle qui sert en tout premier lieu leurs intérêts et elle ne sera équitable que dans la mesure où elle répondra aux priorités de ces dernières.
Le respect des droits de la personne reposera toujours sur le respect de leurs propres droits, conformément aux lois qu’elles auront elles-mêmes élaborées. Les commissions établies pour assurer l’application du respect de ces droits répondront d’abord et avant tout à leurs propres prérogatives. Nous avons vu au Honduras la réaction des oligarchies lorsque Zelaya, alors président légitime, a voulu, en 2009, aborder la mise sur pied d’une constituante pour une nouvelle constitution. Il a été expulsé du pays, manu militari.
Tout gouvernement mettant en cause ces droits qui leur sont pour ainsi dire acquis sera considéré comme non démocratique, même s’il a l’appui de la majorité de sa population. Les dirigeants pourront être tués et les actions de sabotages justifiées.
Toute tentative pour renverser cet ordre des choses sera considérée comme du terrorisme et sujet à des sanctions sévères.
Les oligarchies et l’empire peuvent se permettre tous les crimes. Dans leur cas, ce ne sera qu’actions humanitaires, luttes pour la démocratie et protection des droits humains.
Leurs adversaires, s’ils descendent dans la rue pour dénoncer ces crimes et réclamer une véritable démocratie au service des peuples, seront considérés comme des délinquants, des anarchistes et confondus à des « casseurs » sans aucun respect du droit des autres.
Pour ma part, je suis contre toute violence particulièrement de ceux qui disposent de l’artillerie lourde et des médias de communication pour couvrir leurs crimes. Je suis contre les groupes armés de l’opposition en Syrie, contre les terroristes qui y sèment la terreur et contre ceux qui les alimentent en armes et en argent. Je suis contre les tentatives d’assassinat de Chavez et contre les mesures visant à faire souffrir les peuples du Nicaragua et de Cuba. Je suis contre les faux positifs qui sèment la terreur et la mort en les attribuant à des groupes qui n’y sont pour rien. Je suis contre les médias qui ont abdiqué de leur mission d’information pour se transformer en une mission de propagande au service de leurs maîtres.
Oscar Fortin
Québec, le 8 juin 2012
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Les interventions M Robert Charvin, juriste et M Nils Andersson, analyste géopolitique, la responsabilité de protéger et guerres "humanitaires» cas de la Libye.

9 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

M Nils Andersson, analyste géopolitique, guerres "humanitaires"cas de la Libye

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Le site. www.tchape.org  vous présente de l’intervention de M Nils Andersson, analyste géopolitique, a en particulier coordonné la publication récente du livre "Une autre ONU pour un autre monde" (en vente au CETIM). Cette conférence, organisée par Le CETIM, CUAE et en partenariat avec le journal Le Courrier, sur le thème responsabilité de protéger et guerres "humanitaires" : le cas de la Libye.
Réalisation Abdoulaye, www.tchape.org, C.C.P.17-625707-9 Lausanne, Compte. 02721628201-38 SGTB, Ndjamena-Tchad
 
Vous trouverez dans le lien ci-après les interventions M Robert Charvin, juriste et M Nils Andersson, analyste géopolitique, la responsabilité de protéger et guerres "humanitaires» cas de la Libye
Bien à vous
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Syrie: La vérité sur l’OSDH ?

8 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/06/07/syrie-la-verite-sur-losdh/

Syrie: La vérité sur l’OSDH ?

Le narratif syrien de l’occident se base sur “un mec dans un appartement au Royaume-Uni”

Un propagandiste de l’opposition syrienne dans un appartement en Angleterre, la seule source citée par la presse occidentale

par Tony Cartalucci

“L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme” (OSDH) a été cité par les médias occidentaux depuis plus d’un an dans pratiquement tous leurs rapports, et ce indépendamment de l’agence de presse qui relaie l’information, que ce soit l’AFP, AP, CNN, MSNBC, CBS, BBC ou tout journal important occidental. On pourrait penser que ceci devrait constituer une organisation géante avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, documentant sans relâche ce qu’il se passe en Syrie avec photos et vidéos à l’appui, tout en coordonnant la diffusion de l’information avec la presse étrangère pour “observer” de manière non biaisée et “transparente” les conditions des “droits de l’Homme” en Syrie, ainsi qu’en montrant sa méthodologie pour y parvenir. Cela est certainement l’impression que veulent laisser les médias occidentaux à ses lecteurs et suiveurs.

Mais de manière incroyable, l’OSDH n’est rien de tout cela. En fait, il n’est qu’un homme seul, assis devant un ordinateur dans un appartement au Royaume-Uni, quelqu’un qui prétend recevoir des “coups de téléphone” avec des informations qui vont toujours incriminer le gouvernement syrien et toujours glorifier l’Armée Libre Syrienne (ASL). En fait, Reuters a même admis ceci dans un article intitulé : “Coventry, an unlikely home to prominent Syria activist” et concède même que cet homme, “Rami Abdulrahman” fait ouvertement partie de l’opposition syrienne qui recherche la fin du gouvernement syrien. Abdulrahman admet qu’il a quitté la Syrie il y a plus de 10 ans, qu’il a vécu en Grande-Bretagne depuis et qu’il ne retournera pas en Syrie avant que “Assad ne soit parti”.

Bien sûr, au delà de cet article unique, Reuters et ses acolytes des autres agences de presse sont certaines de ne plus jamais rappeler ces faits à leurs lecteurs.

L’opportunité de l’impropriété semble presque inévitable pour un homme qui haït ouvertement un gouvernement ciblé depuis longtemps d’un changement forcé par le pays dans lequel il réside et dont les méthodes de reportage consistent en de douteux coups de téléphone reçus, impossibles pour quiconque de vérifier ; et quand Abdulrahman ne reçoit pas de mystérieux coups de téléphone des membres de l’opposition en Syrie (comme “Syrian Danny”) ou passant ses informations plus que douteuses à la presse occidentale, il est vu entrer et sortir du ministère britannique des affaires étrangères où il a rencontré le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui cherche ouvertement à retirer du pouvoir syrien Bachar Al-Assad.
Photo : De Reuters: “Rami Abdelrahman, chef de l’OSDH, quitte le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth après avoir rencontré le ministre William Hague dans le centre de Londres le 21 Novembre 2011 REUTERS/Luke MacGregor” Abdelrahman n’est pas le “patron” de l’OSDH, il est l’OSDH à lui tout seul, bureau qu’il gère depuis son appartement en Grande-Bretagne comme dans un one man show.

 

Clairement, pour de vrais journalistes, Abdulrahman est un inutile, une source d’information hautement compromise qui a toutes les raisons du monde de bidouiller la réalité afin de l’adapter à son agenda politiquement motivé de renverser le gouvernement d’Al-Assad. Quoi qu’il en soit, pour un propagandiste, il est une mine d’or. C’est pourquoi, malgré les conflits d’intérêts flagrants, le manque de crédibilité, le désavantage évident d’être à 4000 km de l’action et des sujets de ses “observations”, ou le simple fait qu’un homme seul s’appelle lui-même “l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, les médias occidentaux continuent de nous abreuver de son torrent constant de désinformation.

Et quand les médias occidentaux se permettent de citer un personnage aussi douteux et compromis, cela veut dire que les preuves actuelles, qui fuitent immanquablement de Syrie, contredisent entièrement le narratif occidental de l’affaire, si profondément en fait, que l’occident doit construire ses “preuves” depuis le tissu du mensonge jusqu’au couturier “Abdulrahman” pour l’assembler. Tandis que le public devrait être outragé que l’establishment pense qu’il est si stupide, qu’il croira toute forme de preuve venant d’un activiste de l’opposition, qui se déguise de manière grotesque sous la  forme d’une organisation réputée, qui nous dit ce qu’il se passe en Syrie par le biais de “coups de téléphone” reçus dans son très confortable appartement en Angleterre.

Tony Cartalucci
http://landdestroyer.blogspot.jp/

Article original en anglais :
http://landdestroyer.blogspot.jp/2012/06/wests-syrian-narrative-based-on-guy-in.html

Traduction : Résistance 71

Publié dans: Mondialisation.ca

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« La Grèce était un paradis, ils en ont fait un enfer ».

7 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

« La Grèce était un paradis, ils en ont fait un enfer »
Claude Leclerc

 
5 juin 2012
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Finalement au bout de quelques jours après mon retour de Grèce je me risque à écrire ces quelques lignes car je ne peux garder le silence. Je n’ai pas l’intention de faire un article de presse, j’en suis d’ailleurs incapable. En plus je n’ai pas le cœur à l’écriture mais plutôt l’envie de crier ma colère. Je suis comme beaucoup de Grecs au sang chaud, beaucoup plus à l’aise dans l’expression orale qu’à l’écriture.

 

 
Ce que j’ai vu en Grèce pendant ces quelques jours me révolte. Certes la Grèce est restée un beau pays mais comme me l’ont dit beaucoup de Grecs rencontrés là-bas « La Grèce était un paradis, ils en ont fait un enfer ! ». Déjà qui se cache derrière ce « ils » ? Tout d’abord le pouvoir politique local. Ces hommes politiques corrompus « les vouleftes » c’est-à-dire les membres du parlement et du gouvernement de coalition qui adoptent jours après jours toutes ces mesures qui étouffent l’économie et qui saigne le peuple. Ces hommes politiques aujourd’hui détestés par tous les Grecs n’osent même plus sortir dans la rue, se mettre en terrasse prendre un café ou aller dans une taverne. Pendant des décennies ces derniers ont bénéficié des largesses de nombreuses multinationales françaises, américaines, anglaises et allemandes trempant dans d’innombrables scandales comme celui du contrat de sous-marins à plusieurs milliards d’euros de la firme allemande Siemens. De même, des entreprises comme Carrefour, British Petroleum, Shell, Unilever, Coca Cola, Nestlé et bien d’autres ont été impliqué dans des affaires scandaleuses parfois condamnées par la justice pour ententes illicites, pratiques illégales, positions dominantes voire même corruption. Enfin les institutions internationales (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fond Monétaire International) qui se regroupent derrière le mot de Troika ne sont en fait que le bras armé du capitalisme financier qui détient le vrai pouvoir en Grèce tout comme dans le reste de l’Europe. Et ne nous trompons pas car aucune de ces institutions malgré leurs milliards d’euros versés n’ont aidé véritablement la Grèce. Pas un seul euro n’est arrivé dans la poche des Grecs. Il s’agit en réalité d’un immense marché de dupes car les euros versés sont retournés directement dans la poche des créanciers dont les banques. Ce système est une machine à appauvrir les peuples aux services de la puissance de l’argent.

Je ne tiens pas à vous parler aujourd’hui de ces chiffres dont on vous abreuve, pas plus que de ces analyses macroéconomiques relayées par des pseudos spécialistes qui, qui plus est, n’ont jamais mis les pieds en Grèce et ne connaissent rien de la vie de tous les jours sur place. Ils vous assènent à longueur de journée dans leurs médias des analyses qui se révèlent être de mois en mois toujours plus fausses ! Ce que je tiens aujourd’hui c’est à témoigner de ce que j’ai vu et entendu là-bas durant mes deux semaines de séjour.

Quelque que soit le lieu, ils m’ont tous demandé de passer le message suivant aux français : « Nous ne sommes pas des fainéants, nous travaillons beaucoup », « Nous n’avons jamais profité de ces milliards d’euros qui font aujourd’hui la dette de notre pays », « Nous avons été salis par les propos tenus ou écrits en France et surtout en Allemagne par certains ». Comme a pu me dire Manolis qui tient une ouzeri sur l’ile de Chios, « ma femme et moi, nous nous levons à 5h00 du matin et nous nous couchons entre 01h00 et 02h00 du matin. Nous ne prenons jamais de vacances, avons du mal à gagner notre vie avec nos deux enfants à élever ». Malgré des années d’études supérieures, Nikos et Alexandra quant à eux ont dû, par manque de travail, quitter Athènes pour créer une petite activité agricole. « Au moins avec cela ici nous pourrons peut-être manger et vivre ». Alexandra ajoute « Quand j’appelle mes amis et mes parents à Athènes, ils me disent qu’il n’y a pas d’espoir, tout va de mal en pis ». Beaucoup de leur amis ont quitté la capitale pour retourner à la campagne et les plus chanceux ont réussi à quitter la Grèce pour les Etats-Unis ou l’Australie. C’est une bien triste perspective pour la Grèce mais aussi pour l’Europe de voir sa jeunesse au demeurant super diplômée quitter le continent pour une vie meilleure ailleurs ! Voilà où nous conduit la politique libérale.

A Pirghi dans le café où je discute avec Nikos et Alexandra, le patron un très vieux monsieur qui dans un autre pays serait sûrement assis dans son fauteuil devant sa télévision exprime toute sa rancœur. « J’ai 82 ans, j’ai une retraite de misère et je travaille encore » et de rajouter « J’ai honte de voir des enfants en Grèce réclamer aujourd’hui à manger. Même pendant la guerre nous n’avons pas connu cela ». Enfin, pour lui comme pour beaucoup de Grecs, la Grèce n’est plus une démocratie. « On nous impose un gouvernement que nous n’avons pas choisi ». Même si vus de France les Grecs semblent réactifs et beaucoup bouger, les Grecs quant à eux se qualifient même d’endormis : « Nous les Grecs nous sommes aujourd’hui endormis mais je sais qu’on va se réveiller et cela va exploser » et de rajouter « Quand tu seras en France dis leur que je n’ai peur de personne, trop c’est trop ! Tous ces politiciens pourris à Athènes, il faut les virer ».

A Athènes justement, pour qui connait la ville comme moi, on ne reconnaît plus rien. Beaucoup de gens ont quitté la ville comme Stélios qui a décidé de retourner dans le village de son père dans le Péloponnèse. Impossible pour lui de payer un loyer de 350 euros maintenant que le smic est de 470 euros net. L’ambiance est oppressante. On dirait qu’une chape de plomb est tombée sur la ville. Des milliers de magasins sont fermés, des immeubles ont brulés et l’on sent même encore l’odeur lorsque l’on passe devant ces bâtiments comme ce néoclassique avenue Stadiou. Les bars et les tavernes sont vides. Le prix de l’essence flirtant avec les deux euros, la circulation automobile a nettement diminué. Même le soir les rues sont devenues désertes. Je ne parle pas de ces pauvres gens qui n’ont plus de toit et qui se contentent de cartons. La soupe populaire pour beaucoup le soir est le seul moyen de manger. Je vous rappelle qu’en Grèce il n’y a ni RMI ni RSA ! Alors marche ou crève ! Et tous ces gens qui poussent des chariots de supermarchés reconvertis ; de « nouveaux métiers » sont apparus : récupérateur de carton, de fer, de plastique… Aussi cette mamie qui pourrait être ma mère qui est assise dignement au coin de la rue avec ces quelques sacs en plastique remplis de toute sa vie et qui attends je ne sais quoi. J’ai la haine !

Vers la place Omonia, des milliers de gens arpentent les rues, désoeuvrés le regard vide, je n’ai jamais vu cela. Les Grecs étaient si expressifs ! Bref la vision d’un autre monde, d’un autre continent. Au marché à la viande et au poisson, les gens crient leur haine des hommes politiques et de l’Europe. Cette vieille dame qui me dit que sa fille médecin est maintenant au chômage et que son mari va lui aussi perdre son boulot ; ils ont deux enfants et c’est donc maintenant la grand-mère qui va devoir faire vivre toute la famille ! C’est une autre dame rencontrée par hasard sur le marché, une Française, qui vit depuis plus de vingt ans en Grèce et qui me dit « Maintenant on débauche les gens au salaire de 1500 euros pour réembaucher dès le lendemain, soit les mêmes ou quelqu’un d’autre à 500 euros ». Voilà à quoi mène la politique de flexibilité du travail de l’Europe de Madame Merkel, de Monsieur Sarkozy et consort. Mon amie Maria, qui vit à Patras, professeur fonctionnaire de son état a perdu prés de 50% de son salaire. Même elle, à l’aise hier, ne peut que tout juste chauffer un peu son appartement non pas pour elle mais pour Irini sa petite fille de 3 ans. Tout cela en Europe, en 2012. A Athènes les journées sont jalonnées par des occupations, des arrêts de travail, des manifestations quasi quotidiennes comme ces parents et adolescents de 14/15 ans qui manifestent devant le ministère de l’Intérieur face à un cordon de MAT ultra armés (CRS grecs) réclamant le maintien des transports scolaires pour les villages éloignés de la capitale et l’arrêt des fermetures de classes et d’écoles. Dans le cortège, une manifestante, mère d’élève, m’informe « Il n’y a pratiquement plus de chauffage dans les écoles et la cantine c’est du passé ! Il faut savoir que la Troika exige que l’argent serve en priorité au remboursement de la dette et aux contrats militaires ; la santé, l’éducation et le reste on verra plus tard ».

Ce sont aussi ces longs cortèges du PAM (syndicats proche du Parti Communiste grec KKE) qui sillonnent la ville en scandant des slogans hostiles à l’Europe et la TROIKA. Les syndicats manifestent devant le Parlement ; et tous ces policiers armés jusqu’aux dents qui protègent les bâtiments publics, les banques et les demeures des puissants.

Dans tout ce chaos j’ai même pu entendre et je ne dois pas le cacher, même si cela m’inquiète beaucoup, des propos certes peu nombreux mais de soutien à Chrisi Avgi (Aube Dorée - parti néo fascistes) tout comme des gens qui me disent « Pendant la dictature certes on ne pouvait pas parler mais au moins on mangeait ». Un message à messieurs les politiciens sans culture historique : vos prédécesseurs avaient justement en 1981 fait entrer la Grèce qui sortait d’une dictature (1967 à 1974) dans l’Europe pour la protéger de tout retour en arrière. La Grèce, le chaos, un sentiment de fin de règne. J’ai l’impression que tous va exploser, la marmite boue, boue, boue ! Et nous, peuple d’Europe, que faisons-nous ? Se résigner, certainement pas ! Même si aujourd’hui le peuple grec semble épuisé par des mois de lutte, le jour viendra où il va se réveiller comme a pu le préciser Anna Vagenas, une députée indépendante, il y a quelque jours à ses collègues au Parlement : « Méfiez-vous ! Je ne serais peut-être bientôt plus ici, c’est peut-être la dernière fois et même très probablement la dernière fois que je monte à cette tribune. Mais si vous avez encore un peu de sensibilité alors faites attention ! Parce que quand va arriver l’explosion… bien sûr, certains vont se cacher derrière les hauts murs des villas qu’ils ont construites dans la banlieue en pensant y être en sécurité mais ils ne le seront pas ! ». Même le président de la république grec s’exprimant très rarement a précisé hier au président du Parlement européen « Aujourd’hui les grecs n’en peuvent plus, ils ne supporteront plus de mesures supplémentaires ». C’est tout à fait mon sentiment.

En conclusion, un extrait de l’appel de Mikis Théodorakis adressé aux peuples d’Europe en 2011 et qui reste toujours d’actualité : « Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent. Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme ». Nous aurons été prévenus …


 
 
 
 
Manifestation en solidarité avec le peuple grec,13 juin,18h, Bruxelles, Bourse

 

Austérité - Grèce - Troïka

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En Grèce voici venu le temps des fonds vautours.

7 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

En Grèce voici venu le temps des fonds vautours
Nick Dearden

 

6 juin 2012

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La situation désespérée de l’économie grecque ne fait pas que le malheur des uns, elle fait également le bonheur d’autres. Un groupe « d’investisseurs » financiers a fait des affaires en or sur la dette grecque mardi, simplement en se montrant les plus dénués de scrupules du marché.

 

Dart Management est un fonds d’investissement basé aux îles Caïmans, territoire britannique connu pour son statut de paradis fiscal. Son modus operandi lui a valu le nom de « fonds vautour ».

 

Les vautours « investissent » dans les dettes souveraines des pays victimes d’une crise, c’est-à-dire qu’ils rachètent cette dette à vil prix. Puis ils résistent à toute forme d’allègement de cette dette, espérant ainsi se la faire rembourser en totalité. Comme ils n’ont payé qu’une fraction de sa valeur, le remboursement total représente un profit gigantesque.

 

Les fonds vautours ont fait leurs armes contre les pays en développement. Elliott Associates, un fonds d’investissement spéculatif étasunien a ouvert la voie dans les années 1990 en gagnant un procès qu’il avait intenté au Pérou, ce qui lui a permis d’empocher le quadruple de ce qu’il avait « investi » en rachetant la dette de ce pays. Elliott est également soupçonné de détenir une partie de la dette grecque. Dart, quant à lui, a gagné 600 millions de dollars avec le Brésil après la crise de 1993.

 

Au cours de ces dernières années, les fonds vautours ont fait main basse sur les pays les plus pauvres. Le Liberia et la Zambie ont tous deux été traînés devant les tribunaux britanniques et ont été condamnés à rembourser des fonds spéculatifs qui avaient racheté des dettes très anciennes à des régimes dictatoriaux pour des prix dérisoires.

 

Lorsque les pays refusent de payer, les vautours les chassent à travers le monde, tentant de saisir leurs actifs situés à l’étranger. Un fonds vautour particulièrement coriace a même tenté de saisir une aide publique à destination de la République du Congo. À ce jour, la République démocratique du Congo est poursuivie par un autre fond du nom de FG Hemisphere et est engagée dans un litige portant sur des actifs basés à Jersey. L’appel en dernière instance se déroulera le 28 mai prochain à Londres, mais aux termes de la législation de Jersey.
Une loi adoptée dans les derniers jours de l’ancienne législature empêche désormais les fonds vautours de faire des profits sur d’anciennes dettes de pays à faible revenus en portant leur litige devant des tribunaux britanniques, ce qui représente un progrès considérable. Mais cette loi ne s’applique pas aux autres pays (du Nigeria à la Grèce), ni aux dettes récentes.

 

Le cas de l’Argentine est emblématique de ce qui attend la Grèce dans les années à venir. Depuis que le pays s’est déclaré en cessation de paiement en 2001, après des années à ployer sous le poids d’une dette injuste, il a été assailli de poursuites par des fonds vautours qui ont refusé l’allègement de sa dette. Parmi ces fonds, on retrouve Dart et Elliott, ainsi qu’un groupement connu sous le nom d’American Task Force Argentina, qui a tenté d’utiliser les affaires étrangères des États-Unis pour forcer l’Argentine à payer ses dettes.

 

Pour ces entreprises, une crise comme celle de la Grèce a de quoi faire saliver. Depuis des mois, les fonds vautours travaillent à la meilleure manière de poursuivre leurs manœuvres prédatrices contre la Grèce. Les vautours ont racheté les obligations grecques soumises à des lois étrangères car les obligations relevant du droit grec ont subi une décote importante.

 

L’allègement grec a cependant été une aubaine pour les détenteurs d’obligations, qui ont reçu 50 % de leur valeur d’origine à un moment où ces obligations n’en valaient plus que 35 %, en plus d’empocher pour cela une incitation sonnante et trébuchante. Mais ce n’était pas assez pour les vautours. Un cabinet de conseil juridique américain, Bingham McCutchen a été signalé comme essayant de fédérer de tels fonds pour réclamer devant la justice le paiement de la valeur totale de ces obligations.

 

Pour certains de ces fonds, c’était jour de paye, mardi. Plutôt que de risquer des poursuites, la Grèce a décidé de rembourser 436 millions d’euros de ses dettes soumises au droit étranger. Dart Management aurait reçu près de 90 % de ce total. Alors que l’état providence grec s’effondre et que la société subit une hausse des taux de suicide, de meurtre et une recrudescence du VIH, Kenneth Dart peut se prélasser dans son yacht de 70 mètres au large des îles Caïmans et compter ses sous.

 

Les détenteurs d’obligations à hauteur de plus de 6 milliards d’euros ont refusé d’échanger la dette grecque : de nouveaux scandales sont donc à prévoir. Mais nous ne sommes pas voués à l’impuissance. Un dirigeant d’un fonds vautour a confié au Financial Times : « Nous prospérons sur le manque d’informations de la population. » La première étape est de rendre transparent le commerce d’obligations. Il est choquant que le peuple grec ne sache même pas qui détient sa dette, quand elle a été rachetée et pour quelle somme.

 

David Cameron et George Osborne ont clairement affirmé que l’UE devait régler ce problème, mais ils n’ont rien fait pour arrêter les fonds vautours dont la dette relève du droit britannique. Le gouvernement peut forcer les créanciers dépendant de la législation britannique à accepter l’allègement convenu. Il pourrait également aller plus loin et empêcher les gains exorbitants tirés de dettes achetées sur le marché secondaire : une telle loi a déjà été proposée devant le Congrès des États-Unis.

 

La Grèce est aux avant-postes d’une bataille opposant des investisseurs peu scrupuleux et un peuple qui veut que son économie fonctionne dans l’intérêt général. Il ne suffit pas aux gouvernements de hausser les épaules et de dire « C’est comme ça ».

 

Source : CADTM

 

 

Crise de la dette - Fonds d’investissements - Grèce - Spéculation financière

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Question d'Orient : La Russie s'affirme comme la puissance garante des chrétiens d'Orient.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

A la lecture des depêches on a l'impression de replonger en plein XIX éme siècle . Alors que la diplomatie Française et les diplomaties Occidentales prennent clairement position pour le fondamentalisme Islamique au Proche-Orient en soutenant l' " opposition Syrienne " ©, la Russie apparaît comme la puissance garante de la survie de la Chrétienté en Orient .

Ce faisant elle prend le relais de la France au XIX éme siècle [ lien ] et durant la première moitié du XX éme siècle   [ lien ] et [ lien ] , de la Grèce au cours de la seconde moitiè du XX éme siècle [ Comment la Grèce a abandonné la Palestine ] .

La Russie prend même le relais du Vatican dont les diplomates s'affichent sans pudeur aux côtés du ceux du Qatar , de la Séoudie et des terroristes islamistes *Syriens*  et qui cherchent à museler les appels de détresse des Chrétiens Syriens .[ lien ]

Notons ici que l'on retrouve au sein des " amis du peuple Syrien " [ sic ! ] la même alliance anti-Russe qu' à la veille de la Guerre de Crimée : Islamisme ( Empire Ottoman ) - France - Angleterre et Papauté !

 

Cette action de la Russie en Syrie a été analysée par Antoine SFEIR . [ lien ] , [ lien vers article ] et [ lien vers article ] C'est désormais dans  les Lieux Saints que s'exerce le " soft power " de l'Orthodoxie Russe .

La Société Impériale Orthodoxe de Palestine - Императорское Православное Палестинское общество -[ site ] a été en effet dés sa fondation été conçue non pas comme une oeuvre uniquement missionaire mais bien comme un des vecteurs de la diplomatie d'influence de l'Empire Russe - la " puissance schismatique du nord " [ lien ] - au Proche-Orient  [ lien ] ,  une fonction géopolitique qu'elle retrouve aujourd'hui . Le MAE Russe , Serguei Lavrov , le reconnaît d'ailleurs implicitement dans son message de félicitation en affirmant que la SIOP contribue à renforcer la présence Russe en Méditerranée Orientale . [ lien ] et[ lien ] 

 

La diplomatie Sarkozyste ayant clairement rompu les liens avec la Chrétienté Orientale en apportant son soutien aux islamistes Tunisiens , Libyens , Egyptiens et Syriens [ lien ] , la diplomatie " Hollandaise " n'étant  pas manifestement disposée à renouer ces liens en raison du positionnement idéologique des conseillers du Président et du MAE , M. Laurent Fabius ,  la Russie retrouve son rôle naturel de puissance protectrice de la Chrétienté Orientale .

 

 

MOSCOU, 4 juin - RIA Novosti

Un centre de la science et de la culture Russe ouvrira prochainement ses portes à Bethléem, a annoncé lundi Sergueï Stepachine, président de la Société Impériale Orthodoxe de Palestine.
"L'inauguration solennelle du centre aura lieu en juin", a déclaré M. Stepachine lors d'une réunion de la Société.

La construction du centre a été financée par la compagnie pétrolière Russneft et personnellement par son PDG Mikhaïl Goutseriev.

Situé non loin de l'endroit où Jésus-Christ est venu au monde, le centre de la science et de la culture Russe abritera une école, des cours de Russe et des espaces conçus pour des manifestations culturelles.

Cette année, la Société Impériale Orthodoxe de Palestine célèbre son 130e anniversaire. Créée avec l'autorisation du tsar Alexandre III de Russie, la Société se fixe pour mission de faciliter les pèlerinages des orthodoxes en Terre Sainte et d'encourager la coopération culturelle avec les peuples du Proche-Orient. La Société déploie également des efforts en vue de faciliter la restitution des biens immobiliers perdus par la Russie après 1917.

En janvier 2011, un musée et un parc Russes ont été inaugurés dans une autre ville palestinienne, Jéricho.

 

 

 

 

Здание Сергиевского подворья в 19-м веке. Общий вид.

 

 

 

On the way to Jericho (Er-Riha), Jordan, etc. Russian pilgrims at the Jordan

 

 

 

Road Trip

 

 

La Russie a fait de la chrétienté d'Orient une diplomatie parallèlle.

 

 

Bethléem

 

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