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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Le 2 juin, troisième jour de la rencontre de Bilderberg de 2012 qui se tient à Chantilly, dans l'Etat de Virginie aux Etats-Unis, le silence médiatique français reste étrangement « exemplaire »

2 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/020612/bilderberg-enjeux-silence-mediatique-francais

Bilderberg, enjeux, silence médiatique français...

Le 2 juin, troisième jour de la rencontre de Bilderberg de 2012 qui se tient à Chantilly, dans l'Etat de Virginie aux Etats-Unis, le silence médiatique français reste étrangement « exemplaire ». Pourtant, dans d'autres pays, les journalistes restent moins silencieux. Un article du 2 juin dans The Washington Post interroge « Is Bilderberg a conference on world affairs or a powerful global cabal ? Depends on who you ask ». Le lecteur est donc censé connaître les rencontres de Bilderberg, et on ne peut pas nier que la presse anglophone en parle. The Guardian rapporte « Protest groups converge to denounce secretive Bilderberg conference ». La Pravda en anglais publie un article intitulé « Bilderberg meeting 2012: Everyone not invited ». En Espagne, La Vanguardia n'hésite pas à évoquer explicitement l'agenda de la vice-présidente du gouvernement Soraya Saénz de Santamaría : « Sáenz de Santamaría cierra su viaje a EE.UU. en el influyente Club Bilderberg ». De son côté, ABC écrit « Club Bilderberg: más de medio siglo reuniendo a la élite de Occidente ». Curieuse « exception française », que cet assourdissant silence médiatique que dévoile une simple recherche...

Il est vrai que l'actuel président des rencontres de Bilderberg, le PDG d'AXA Henri de Castries, est un proche de François Hollande. Et que nombre de commissaires européens participent au Bilderberg 2012. De même que le directeur général de l'OMC, le « socialiste » français Pascal Lamy. Ou encore, une représentante de l'opposition syrienne, des représentants des médias français...

(...)

[la suite, sur le lien http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/020612/bilderberg-enjeux-silence-mediatique-francais ]

et pour rappel :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/05/31/bilderberg-2012-quels-objectifs-i.html

Bilderberg 2012 : quels objectifs ? (I)

Le 31 mai 2012 commence à Chantilly (Virginie, Etats-Unis), à une quarantaine de kilomètres de la Maison Blanche, la rencontre de Bilderberg de cette année. Le cercle de Bilderberg se définit lui-même toujours comme un « forum Européen - Américain », et c'est sans doute sa principale spécificité par rapport à la Commission Trilatérale dont la réunion annuelle a eu lieu à Tokyo il y a un peu plus d'un mois. Sous la présidence du PDG d'Axa Henri de Castries, environ 145 participants sont annoncés au Bilderberg de 2012 dont la durée est prévue jusqu'à dimanche. Un article du 31 mai du Huffington Post porte le titre « Bilderberg 2012: Global Leaders Gather For Shadowy Conference At Virginia Hotel », évoquant des mesures sécuritaires sans précédent alors que The Guardian écrit « Bilderberg 2012 : the technocrats are rising at this year's annual conference » et mentionne en même temps l'activité de la CIA devant la création d'un collectif Occupy Bilderberg. Le 31 mai également, le site de Daniel Estulin diffuse une note intitulée « Bilderberg is 'a conspiracy reality' » qui renvoie à son tour à une interview de cet auteur avec WND. Au même moment, les médias français restent fort silencieux sur cette rencontre que préside pourtant un influent PDG français ami personnel de François Hollande et à laquelle participe, en tant que directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le « socialiste » français Pascal Lamy. Ou encore, Anoushesh Karvar (CFDT, Terra Nova...). Au même moment, la Commission Européenne vient de mettre en ligne ses « Recommandations pour la stabilité, la croissance et l'emploi » pour la période 2012-2013. Parmi les membres d'instances de l'Union Européenne participant à la rencontre de Bilderberg de 2012, on trouve : le vice-président de la Commission Européenne et Commisssaire Européen à la Concurrence Joaquín Almunia, le Commissaire Européen au Commerce Karel de Gucht, la Commissaire Européenne chargée de la Société Numérique Neelie Kroes et le Secrétaire général exécutif du Service Européen pour l'Action Extérieure Pierre Vimont. De quoi, concrètement, discutera-t-on à Bilderberg en rapport avec la situation des pays de l'Union Européenne ? Quels intérêts guideront ce débat ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/05/31/bilderberg-2012-quels-objectifs-i.html  ]


Pour ne plus recevoir nos messages, prière d'adresser un courrier électronique avec le titre "désabonnement" ou "désinscription" à l'adresse indep_chercheurs@yahoo.fr

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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POUR SORTIR DE L'UNION EUROPEENNE ET DE L'EURO. Jacques Nikonoff.

2 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

POUR RECONQUERIR NOTRE SOUVERAINETE NATIONALE

 

un candidat dans la 3ème circonscription du Var

  

 

Jacques NIKONOFF

 

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Nanotechnologies : l’évaluation des risques confiée aux... multinationales.

2 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé

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Nanotechnologies : l’évaluation des risques confiée aux... multinationales

 

Une vaste étude sur les risques sanitaires des nanotechnologies vient  d’être lancée en Allemagne. Elle sera menée, entre autres, par le géant  de la chimie BASF, leader dans la fabrication de « nanomatériaux »… De quoi sérieusement douter de l’impartialité des résultats.


Pourrait-on confier une étude sur les méfaits du Mediator aux  laboratoires Servier ? Ou une étude sur le risque nucléaire à Areva, ou  sur les cancers de l’amiante au secteur du BTP ? C’est pourtant ce que  vient de proposer le gouvernement allemand. Le 15 mai, il a annoncé le
lancement d’une étude sur les dangers pour la santé humaine des  nanoparticules, notamment sur les effets à long terme sur les poumons.  La réalisation de cette recherche a été confiée à BASF, multinationale  allemande, leader mondial de la chimie, et... grand producteur de
nanoparticules (et d’OGM).

BASF réalise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année sur  la vente de produits basés sur les nanotechnologies, dans l’électronique, les additifs pour béton, les équipements médicaux, les  peintures et revêtements… Comme ceux de la marque « mincor™ » utilisés
dans l’industrie textile, automobile et la construction : ce revêtement  de surface de nanoparticules devient, en séchant, hydrofuge, et permet  que les surfaces « restent propres plus longtemps ».

Lésions de l’ADN

Menée en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la  Sécurité nucléaire (BMU)  et l’Institut de la santé et de la sécurité au  travail (BAuA), cette étude doit durer quatre ans – pour un budget de 5 
millions d’euros. « Il n’existe aucune autre étude comparable de cette
ampleur sur les effets des nanomatériaux », a souligné Andreas  Kreimeyer, responsable de la recherche chez BASF. Des recherches ont  cependant déjà montré les effets des nanoparticules sur l’ADN, et leur  capacité à briser la barrière hémato-encéphalique qui protège notre  cerveau. Ou les effets « similaires à ceux de l’amiante » des nanotubes  de carbone – matériau ultra résistant utilisé dans l’industrie –, qui  provoquent des lésions de l’ADN et la formation d’aberrations  chromosomiques.

« Avec ce projet, nous allons faire une avancée majeure dans la  protection de la santé et l’environnement », se réjouit la présidente du  BAuA. « Les résultats rendront possible l’estimation du risque et  permettront de fixer des valeurs limites. » BASF sera donc en première  ligne pour fixer les valeurs limites légales, pour son activité et celle  de ses  concurrents ! Et que pense-t-on des nanos à BASF ? « De nombreuses solutions à des problèmes dans des domaines tels que la  protection du climat, la mobilité et la médecine ne sont pas possibles sans les nanotechnologies. En tant que telles, elles sont une source  majeure d’innovation, qui nous permet d’étendre notre activité sur une base rentable en offrant de nouvelles solutions pour nos clients », affirme le directeur de la recherche de BASF, sur le site de l’entreprise.

« Pour générer l’acceptation, nous devons fournir des informations sur les nanotechnologies et en discuter en termes ouverts et facilement compréhensibles (...). Nous avons besoin d’un climat favorable à l’innovation », poursuit-il. Quant à fixer des normes et valeurs limites
pour la protection des travailleurs et des consommateurs : « Les décideurs politiques doivent fixer le cap et réglementer la manipulation des nanomatériaux, de telle sorte que nous ne perdions pas les énormes possibilités offertes par cette technologie », déclare ce dirigeant de
l’entreprise qui devra piloter l’étude sur les risques sanitaires de cette « source majeure d’innovation ». En toute objectivité bien sûr…

Agnès Rousseaux 
http://www.bastamag.net/article2393.html

 

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Crise : l'aveuglement de la Commission européenne. Par Martine Orange de Médiapart, le 30 mai 2012.

2 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Crise : l'aveuglement de la Commission européenne

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 30 mai 2012.  Par Martine Orange - Mediapart.fr


Au moment où l’Europe est à nouveau au bord de l’infarctus, le rapport de la Commission européenne était attendu avec impatience. Car il y a quand même quelque bilan à dresser au vu des résultats de la politique conduite pendant ces deux années de crise européenne intense. Au neuvième plan d’austérité, la Grèce s’effondre économiquement et politiquement. L’Espagne s’écroule sous l’explosion de sa bulle immobilière et de son système bancaire. L’Italie est menacée d’étranglement financier. L’Europe replonge dans la récession, et le
chômage atteint son plus haut niveau. La monnaie unique est en question, alors que la fuite des capitaux s’accélère dans toute l’Europe du Sud.

À lire ses conclusions, la Commission européenne semble à peine
s’apercevoir de cette débâcle. En un mot, malgré toutes les alarmes, toutes les mises en garde venues de partout, ou les tentatives faites par François Hollande depuis son élection d’ouvrir d’autres voies, la Commission ne dévie pas de son chemin : « on ne change pas une stratégie
qui perd ».


L’illustration la plus spectaculaire de cet entêtement idéologique est l’Espagne, l’ancien pays modèle de l’Europe qui aujourd’hui menace d’emmener toute la construction européenne par le fond. Au moment où Madrid doit affronter la menace d’une explosion de son système
bancaire, les risques d’une économie entraînée dans une spirale dépressive, un chômage de 25 % de la population active et de plus de 50 % pour les jeunes, un déficit budgétaire difficilement contrôlable, une asphyxie financière des régions, une montée des taux obligataires désormais à près de 7 %, comme avant l’intervention de la banque
 
centrale européenne, que dit la Commission ? Elle critique.

L’Espagne, note-t-elle, « fait face à de sérieuses difficultés pour
rétablir la confiance des marchés, assurer la soutenabilité des finances publiques, réduire ses vulnérabilités internes et externes et soutenir la croissance et les emplois à moyen terme », et elle l'appelle à « accélérer substantiellement le rythme de ses réformes ».


« Les plans soumis par l’Espagne sont pertinents, mais, dans certains domaines, manquent d’ambition. Sur la régulation bancaire, les réformes administratives, le marché de l’emploi, les politiques de croissance et de compétitivité, le programme national de réforme ne contient pas de plans spécifiques pour relever les défis actuels », souligne la Commission.

Pourtant les réformes n’ont pas manqué depuis trois ans. L’âge de la retraite a été porté de 65 à 67 ans, les pensions ont été diminuées, tout comme les salaires et les prestations chômage. Le temps de travail a été allongé, les congés réduits, le salaire minimum (641,40 euros par mois) gelé.

Le gouvernement espagnol a fait adopter une nouvelle réforme dès le 12 février. Elle permet de baisser les salaires, d’allonger les temps de travail, d’augmenter la flexibilité du travail. Les licenciements sont rendus plus faciles et moins coûteux. Le rôle des syndicats est réduit, tant dans les négociations collectives que lors des plans sociaux. Le gouvernement ne cache pas qu’il veut d’ailleurs remplacer les conventions collectives par des accords d’entreprise, ou les limiter au seul cadre du contrat entre employeur et employé.

Dans la foulée, le gouvernement entend remettre en cause les contrats à durée indéterminée et instituer un contrat unique à durée déterminée, afin de faciliter l’intégration des précaires. Un
programme contesté par tous les syndicats et les salariés, qui manifestent chaque semaine ou presque dans toute l’Espagne.

Que disent les experts de la Commission face à ce programme de déflation interne ? « Les réformes adoptées sont plus ambitieuses que celles prises précédemment et constituent un pas significatif dans la bonne direction. Mais l’aggravation des perspectives économiques limite l’impact de ces réformes sur l’augmentation prévue des dépenses publiques liées à l’âge, dépenses qui devraient rester plus élevées que la moyenne européenne en 2060. » En un mot, la récession anéantissant tous les effets attendus de cette réforme, il convient de
doubler la dose.

Objectif intenable
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La même recommandation est faite pour les finances publiques. Les dirigeants européens n’avaient guère apprécié lorsqu’en mars, Mariano Rajoy leur avait annoncé que le programme de réduction du déficit budgétaire était intenable, et qu’unilatéralement, il le repoussait de 4,4 % à 5,8 % cette année. Après discussion entre Bruxelles et le gouvernement espagnol, l’objectif avait été ramené à 5,4 % cette année. Même révisé, tous savent d’ores et déjà que cet objectif ne sera pas tenu : les recettes fiscales manquent et les régions, les unes après les autres, appellent à l’aide.


Dans un geste de grande compréhension, le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Olli Rehn a concédé, lors de la conférence de presse présentant les recommandations de la Commission, qu’une faveur pourrait être accordée à l’Espagne : l’objectif de revenir à 3 % de déficit pourrait être repoussé d’un an, 2014 au lieu de 2013.

Mais cet immense cadeau sera certainement consenti en échange de quelque contrepartie. La Commission a déjà annoncé ce qu’elle attendait : un changement de la politique fiscale qui n’est pas « en ligne avec les recommandations ». « L’augmentation de la fiscalité directe conduit à une charge fiscale plus grande sur le travail et le capital, qui est considéré comme particulièrement dommageable pour la croissance. D’autres augmentations fiscales sont considérées comme moins néfastes, notamment  les augmentations de la fiscalité indirecte, qui ont été explicitement exclues par le gouvernement », notent les experts, qui jugent qu’une TVA à 18 % est beaucoup trop basse.

À aucun moment, ils ne semblent se poser, non pas la question de l’iniquité de la mesure, trop loin de leurs préoccupations, mais au moins celle de son opportunité, alors que l’économie est en pleine dépression avec des millions de personnes au chômage.

Une certaine gêne, toutefois, pointe chez nos experts, quand il s’agit d’aborder la question la plus brûlante du moment : l’état du système bancaire espagnol. Car ce péril-là, jusqu’à présent, ne faisait pas du tout partie de la démonstration admise : les excès ne provenaient que
de la sphère publique, jamais de la sphère privée et du monde bancaire. Brusquement, ils font quelques découvertes. Par exemple, «le dangereux degré d’interdépendance entre un système bancaire faible et une dette publique faible », ou le grave danger de l’explosion de  la bulle immobilière espagnole, longtemps ignorée tant par la Commission européenne que par la BCE, pour les banques.

Alors que la Commission européenne avait largement applaudi la comédie des tests de résistance, qui avaient assuré, tant en 2010 qu’en 2011, que le système bancaire européen était très sain et que les recapitalisations ne devaient être menées qu’à la marge, elle s’inquiète maintenant de la situation espagnole. Il n’est jamais trop tard. « Les banques espagnoles ont encore de larges expositions dans l’immobilier et la construction (représentant environ 10 % des actifs consolidés en décembre 2011). La moitié de cette exposition est déjà problématique et pourrait encore augmenter, si les promoteurs se révèlent incapables de     vendre leurs actifs et d’honorer leurs paiements », écrit-elle.

La réponse du gouvernement espagnol lui semble très ambitieuse et «en ligne avec ses recommandations ». Mais, prévient-elle, la dégradation économique pourrait nécessiter une augmentation des provisions et de nouvelles recapitalisations bancaires.

La feuille de route de la France : des réformes structurelles

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La lecture des recommandations européennes pour l’Espagne donne une idée de celles qui  sont adressées à la France. L’exercice était un peu plus compliqué puisque François Hollande, tout juste élu, ne peut être tenu pour comptable de la situation. Néanmoins, tous les avertissements y figurent : les déficits budgétaires trop élevés et qui risquent de ne pas être conformes à l’impératif catégorique européen des 3 % du PIB en 2013 ; une réforme des retraites encore insuffisante, surtout si le nouveau gouvernement poursuit son projet d’accorder la retraite à 60 ans pour les salariés qui ont cotisé 41 ans ; des dépenses sociales, qui, certes, reconnaît la Commission, servent d’amortisseur en ces temps de crise, mais représentent une charge bien trop élevée pour le capital et le travail ; un marché de l’emploi bien trop protégé, même la possibilité de contester des licenciements devant les prud’hommes lui semble discutable, qui empêche toute adaptation ; des salaires trop élevés par rapport à la
productivité ; une fiscalité mal adaptée, notamment avec un taux de TVA à 5,5 % pour les produits de première nécessité, « très discutable» ; une concurrence « sous-optimale » dans les secteurs de l’énergie ou du ferroviaire. En clair EDF et la SNCF.

La feuille de route du gouvernement français est tracée. Il lui faut se conformer à la lettre aux grandes réformes structurelles, censées apporter la croissance, élaborées par Mario Monti,  alors banquier chez Goldman Sachs, pour le compte de la Commission européenne dans le cadre d’une mission sur l’approfondissement du marché unique et reprises depuis sans y changer une virgule.

Pour la Commission européenne, le débat sur la croissance est donc tranché avant même  d’avoir été engagé. Tout juste accepte-t-elle de reprendre les propositions de François  Hollande sur les eurobonds et sur le financement direct du système bancaire européen par le mécanisme de stabilité financière, compte tenu de l’urgence de «contrer les risques de désintégration financière de la zone euro ».

Ces mesures s'accompagneraient d'une union bancaire renforcée, l'ensemble des établissements bancaires passant sous une réglementation et une surveillance européennes uniques. Mais ces propositions sont déjà mort-nées. L’Allemagne a opposé son veto à de telles mesures. La Finlande, l’Autriche et les Pays-Bas sont venus la soutenir dans ce refus.

Alors que même les financiers pressent les dirigeants européens de sortir de ce programme  économique mortifère, l’Europe décide à nouveau de rien voir, rien comprendre, rien  apprendre. La zone euro se retrouve dans la même situation aiguë qu’en mai 2010, au  moment de la première crise grecque. Mais cette fois, c’est l’Espagne et l’Italie qui sont dans  la ligne de mire. Les taux espagnols à dix ans sont de 6,6 %. L’Italie a emprunté ce mercredi à 6,05 %, tandis que les taux obligataires allemands, néerlandais et britanniques sont au plus bas, signes d'une accélération des fuites de capitaux vers les pays jugés plus sûrs. Les deux pays risquent de se retrouver rapidement dans une position financière intenable. Mais les mesures de replâtrage ont toutes été épuisées. L'Euro est tombé en dessous de 1,24 dollar, au
plus bas depuis deux ans.

Après avoir attendu longtemps des signes politiques qui ne sont pas
venus, c’est la finance qui risque de trancher le sort de l’Europe, dans le plus grand désordre et la plus grande violence.


URL source:
http://www.mediapart.fr/journal/economie/300512/crise-laveuglement-de-la-commission-europeenne

  Mario-Draghi-BCE

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Les grecs insultés le mercredi 30 mai 2012 par le journal le monde.

1 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce

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                 Les Grecs insultés mercredi 30 mai 2012 par

                              le journal français Le Monde ?

  

Bonjour.


Le secrétariat de la campagne d'opinion  internationale "Je suis grec" / « Par solidarité, je suis grec aussi», à Nantes  a reçu ce soir (jeudi 31 mai) un message issu de Michel Volkovitch, traducteur. http://jesuisgrec.blogspot.fr  mail : jesuisgrec@numericable.fr

Il s'y indignait d'un dessin de presse paru hier (mercredi 30 mai 2012) en page 2 dans le grand journal parisien Le Monde (dessin à qui il semble manquer l'excuse du talent ? ou bien alors nous sommes incapables d'apprécier ce talent subtil à sa juste mesure ?), ceci pour insulter les Grecs terrassés par les injonctions stupides et contreproductives de la Troïka (Europe/FMI), prélude à une austérité forcée pour toute l'Europe, ceci en reprenant quelques poncifs et clichés racistes sur l'éternel Grec buveur d'ouzo pendant sa sieste, prétendument paresseux et de mauvaise foi.

Pour des raisons de droit d'auteur, nous ne reproduirons pas ici ce dessin intégralement (voir cependant les illustrations jointes de la publication concernée), mais voici sa description détaillée :

Deux personnages vautrés, couchés à terre à côté d'une bouteille d'alcool, dialoguent. Le premier déclare :

" - Se faire traiter de branleur* au moment où on allait se mettre à bosser... Avoue que c'est très démotivant, "


L'autre répond : - " Sûr ! Bosse un peu quand même, passe moi l'ouzo ".

(En langue française familière et argotique, le mot branleur*, après avoir évoqué un acte sexuel de masturbation, signifie au sens figuré "personne qui ne fait rien", "paresseux" ou "fantaisiste", cf. Dictionnaire le Robert historique). ("Bosse, bosser" signifie familièrement : travaille, travailler.)

Pour être certain qu'il s'agit des Grecs buveurs d'ouzo, figure à l'arrière plan un temple de style classique placé sur une hauteur, évoquant évidemment le Parthénon sur l'Acropole.

Nous rediffusons donc incomplètement des éléments de ce dessin. Mais nous diffusons intégralement ici l'indignation de Michel Volkovitch (en y ajoutant tout en bas un message qu'il nous avait fait passer cet hiver 2011-2012, invitant à lire les écrivains grecs contemporains.)

 

Luc Douillard à Nantes
NV 1184 page 1 a
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 Le message réexpédié :

De : Michel Volkovitch :
michel.volkovitch@wanadoo.fr



Date : 30 mai 2012
Objet : Chez les Grecs

Lettre à Xavier Gorce, dessinateur au Monde :


Hier en ouvrant mon journal, Monsieur, j’ai trouvé ça : [reproduction du dessin]

J’ai cru recevoir une gifle. Les Grecs, un ramassis de branleurs…

J’ai cru entendre le gros rire d’Angela Merkel suivie par des millions de nantis du monde entier. Je ne savais pas que Le Monde pouvait courtiser un tel public de beaufs. Non, les Grecs ne passent pas leur temps à glander. Tous les Français n’ont pas un béret et une baguette sous le bras. Et les dessinateurs n’ont pas tous du talent. Connaissez-vous les Grecs ? Moi qui depuis trente ans les fréquente et les traduis, je peux vous l’assurer, et une étude publiée dans
Le Monde le confirme : ils ne bossent pas moins que les Allemands. Ou que les Français. Ou qu’un dessinateur fort bien payé, sûrement, pour pondre son dessin du jour en un quart d’heure. Ils bossent dans des conditions souvent plus difficiles que nous, ou s’ils ne bossent pas, c’est qu’ils passent leur temps à chercher du boulot en vain. Les Grecs, voyez-vous, sont très attentifs au regard de l’étranger, surtout dans le creux de la vague où ils se trouvent. Le moindre signe de compréhension, d’encouragement, est précieux pour eux, accablés qu’ils sont du mépris glacé des puissants. Votre petit crobard, de ce point de vue, est d’une cruauté aussi gratuite qu’imbécile. J’ai toujours eu un problème avec votre humour, mais là on touche le fond. Attaquez-vous plutôt aux grands de ce monde, à vos riches et arrogants nouveaux patrons par exemple, ou à Mme Lagarde, qui gagne près de quarante fois le SMIC et ne paie pas d’impôts tout en accusant les Grecs de ne pas payer les leurs. S’acharner sur les victimes et non sur les bourreaux, c’est nul, c'est lâche. Allez donc vous faire voir, Monsieur le manchot. Mais pas chez les Grecs.

Michel Volkovitch traducteur 

Copie de cette lettre à tous mes amis concernés, Grecs ou Français.

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Message précédent de Michel Volkovitch à "Je suis grec" :


Je traduis depuis trente ans les auteurs grecs (prose, poésie, théâtre) et me bats plus que jamais pour les faire connaître, c'est dire que votre combat et le mien se rejoignent. Je me permets de vous suggérer, s'ajoutant à vos justes initiatives, un autre mode d'action très simple : lire les romanciers et les poètes grecs, en achetant leurs livres. Et faire connaître ces livres autour de soi. Les offrir, organiser des manifestations où l'on parlera d'eux. Le meilleur moyen de faire aimer la Grèce, c'est de la montrer telle qu'elle est, loin des clichés habituels, et de donner à voir ce qu'elle nous offre de meilleur. Mon but dans l'affaire n'est pas de m'enrichir, mais avant tout d'éviter la faillite aux petits éditeurs courageux qui me soutiennent (Quidam, Ginkgo, les Vanneaux...) afin qu'eux et moi puissions continuer la lutte. Vous trouverez aux éditions en ligne publie.net certains des plus beaux textes grecs contemporains, et sur mon site www.volkovitch.com, à la rubrique MADE IN GREECE, une bibliographie, des textes de prose et de poésie ainsi que divers renseignements. Amitiés combattantes,

Michel Volkovitch

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Deux notes techniques de la campagne d'opinion "Je suis grec" :


>>> Les personnes qui souhaiteraient féliciter directement le dessinateur de presse Xavier Gorce pour la qualité de son humour et pour la générosité de ses sentiments européistes fraternels, peuvent lui écrire en commentaire sur son blog : http://xaviergorce.com/



 >>> Les personnes qui souhaiteraient féliciter la rédaction du journal Le Monde pour la hauteur de vue anti-raciste et la subtile distanciation qui émanent de cette élégante caricature peuvent en parler au médiateur de ce journal : mediateur@lemonde.fr

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http://jesuisgrec.blogspot.fr/2012/05/les-grecs-insultes-hier-par-le-journal.html

 

 

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Le retour du grand vautour, le retour de BHL.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Bonjour.

Il ne manquait que sa "grande voix" dans le concert d'hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l'odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l'inititiateur de la guerre conte la Libye vient d"écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l'adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie "allant au-delà d'un soutien sans faille à la [...]



Le retour du grand vautour

Par Louis Denghien,


 

Hollande est un politique aligné mais prudent : les espérances guerrières de BHL risquent d'être déçues

Il ne manquait que sa « grande voix » dans le concert d’hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l’odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l’inititiateur de la guerre conte la Libye vient d »écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l’adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie « allant au-delà d’un soutien sans faille à la mission Annan ». Traduit de l’idiome ou de la langue de bois précieux de BHL, ça signifie « Quand est-ce qu’on bombarde la Syrie, en attendant mieux ? » Mais nos lecteurs avaient rectifié d’eux-mêmes !

BHL plus compromettant qu’influent

Nos lecteurs en sont également conscients, BHL a une certaine capacité de nuisance, il l’a démontré à hauteur de milliers de morts libyens, ayant contribué, et il s’en vante assez, à transformer un début de guerre civile en putsch sanglant appuyé par des mois de bombardements de l’OTAN comme on en avait plus vus depuis les « plus beaux » jours des guerres atlantistes contre l’Irak et la Yougoslavie. Pour tenter de convaincre Hollande de remettre ça le plus vite possible en Syrie, l’agent d’influence américano-israélien de passeport et de résidence français active ses réseaux, et sa lettre paraîtra in extenso dans Le Point en France, et ailleurs dans Il Corriere della Sera, El Pais, Die Welt, Espressen, ou encore The Huffington Post, soit un panel représentatif de la grande presse internationale et alignée sur le néoconservatisme.

Avec les effets de manche virtuels dont il est familier, le sous-Malraux qu’est BHL dit qu’il est aussi important de sauver un  peuple que de sauver l’euro. Un peuple, quel peuple ? Sûrement pas le peuple syrien réel, dans sa majorité hostile aux fanatiques islamistes téléguidés par Ryad et Doha, ainsi qu’aux politiciens exilés manipulés par Washington, Paris, Londres et Ankara. Mais BHL, il l’a assez écrit, n’aime pas les peuples ancrés culturellement et historiquement, il ne se réfère qu’à des peuples virtuels censés se définir par des concepts abstraits et « républicains ». Enfin, il fait quand même une notable exception pour Israël dont le peuple doit être très concrètement et démographiquement juif, mais ça aussi nos lecteurs, et presque tout le monde, le savent, alors passons. Certes, il faut sauver le peuple syrien, de malfaiteurs comme BHL.

Cette dernière initiative de cet imposteur archétypal sera accueillie par le mépris ou la colère des honnêtes hommes de gauche, du centre et de droite, d’Orient et d’Occident. Mais quelle peut-être son influence auprès du nouveau pouvoir français. ? Équivalente à rien, à notre avis. La personnalité de BHL est quand même trop sujette à caution – on va dire ça comme ça – pour que Hollande, qui veut bien prendre les postures symboliques qu’exige son créneau politique bobo, accepte de lier ou pire de soumettre sa diplomatie aux injonctions de l’histrion sioniste. Quant à Fabius, il a en dépit de tout une trop haute opinion de lui-même pour accepter de reprendre le rôle de Juppé l’année dernière dans la crise libyenne, le super-diplomate de Sarkozy ayant dû accepter la guerre que BHL avait « vendue » à l’impressionnable et hystérique président Sarkozy.

Il devient de toute façon, et ce en dépit de l’abondance et de l’habileté des propagandes produites à cet effet, de « vendre » une guerre, même griffée « humanitaire », aux opinions occidentales, préoccupées à juste titre d’angoisses et d’espérances économiques plus immédiates, mais aussi vaccinées par les sanglantes escroqueries de deux guerres contre l’Irak, une guerre contre la Yougoslavie, un guerre – pas forcément terminée -  en Libye donc, plus une guerre elle achevée dans la confusion  et la défaite en Afghanistan. C’est pourquoi, à notre avis, le tandem Hollande/Fabius classera sans suite la lettre de BHL.

Au fond c’est Poutine que Lévy devrait d’abord convaincre, mais il en a fait un autre Bachar ! L’enfant pourri de l’intelligentsia française n’a pas fini de trépigner.

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Histoire de se détendre un peu, voici un petit texte intitulé “La prière du Capitaliste” adressé au Commandant Sylvestre (la marionnette des guignols de Canal + ).

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Histoire de se détendre un peu,  voici un petit texte intitulé “La prière du Capitaliste” adressé au Commandant Sylvestre (la marionnette des guignols de Canal + ).

On pourrait l’appeler aussi  “l’hymne des adorateurs du CAC 40”, ou au choix “du PIB (sacré), de la Dette... etc...

 

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                                Oh mon cher Commandant Sylvestre,
                                Oh toi le Pape de la très sainte Beaufitude
                                Moi le servile adorateur de toute Force...
                                Je promets que chaque jour
                                En face du Veau d'or
                                A genoux je me prosternerai
                                Et, sans état d'âme aucun,
                                de toujours ricaner de l'enfance prolétaire,
                                Ou du vieillard fragile
                                Et, sur l'autre sexe, à jamais condamné
                                Je jetterai l'opprobre !
                                Mais je t'en prie, je t'en supplie chère Beaufitude
                                Accorde moi la force supporter...
                                La souffrance des autres !
                                Que jamais je n'éprouve la honte...
                                D'une émotion sincère !
                                En face des ces hommes/cartons
                                Qu'on peut froisser plier et puis jeter
                                Au coin des rues !
                                QUOI !!! MOI !!! Juste un humain sans valeur ajoutée !!!
                                Plutôt 1000 fois me renier que de subir ce triste sort !
                                Mais de moi Saigneur...
                                Fait l'immortel adolescent
                                Sans passé ni futur
                                Pour qu'enfin, glorieux crétin
                                Dans mon armure vide
                                Je lance le terrible cri de guerre
                                Du Mal(e) Occidental :

                                GUERRE A LA VIE !!
                                GUERRE A LA MORT !!
                                GUERRE AUX FAIBLES !!

                                AMEN

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LA PRIVATISATION DE LA POSTE: EXEMPLE A NE PAS SUIVRE. Un texte d'Alain Fuentès.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

379539 10150669649994968 149612289967 12097868 190-copie-2LA PRIVATISATION DE LA POSTE   :   EXEMPLE A NE PAS SUIVRE

 

Le service public , tel que l’esprit républicain l’a défini, repose sur trois piliers :
- l’accès aux services pour tous les citoyens sans distinctions sociales ou géographiques,
- la péréquation tarifaire (consistant à équilibrer  le financement d’un secteur déficitaire par un secteur rentable) qui garantit le principe précédent,
- le monopole qui rend hors marché les SP.
Par la loi du 2 juillet 1990, la Poste sort de ce cadre. L’ouverture au capital en est donc la dernière phase de sa privatisation. Par cette loi, première étape, les PTT ont été scindés en deux entreprises : la Poste et France Télécom. Elles sont donc devenues  deux établissements publics industriels et commerciaux (EPIC). 
Les néolibéraux qui ont érigé en dogme l’idéologie de la concurrence, la partie la plus boboisante du PS  [appuyée sur la CFDT et la CFTC] ont participé d’une manière très active à ce bouleversement.
Avant le vote de cette loi, les syndicats [FO et CGT en tête] ont engagé la lutte, mais devant le travail de sape des médias et des cadres, tout acquis à ce qu’ils appelaient  « la modernité » n’ont pas réussi à faire basculer la tendance. Ils ont été mal compris des usagers (devenus des clients) et des agents auxquels  les dirigeants ont  fait miroiter une carrière sans précédent. Les tenants de l’égalité républicaine (syndicalistes, politiques de gauche, membres d’associations) qui ont vu, dans cette loi et la réforme qui s’en est suivie,UNE BRECHE OUVERTE A TOUS LES ABUS,  ont été frappés d’ostracisme, ringardisés.
La Poste aujourd’hui s’appelle « Le Groupe La Poste ». Elle est divisée en quatre entreprises bien distinctes les unes des autres interdisant toute interpénétration :
- le courrier (distribution – acheminement),
- les colis (dont une grande  partie a été filialisée puisque hors monopole),
- le réseau grand public (guichets),
- la Banque postale (CCP et autres produits financiers).
Ce démantèlement appelé pompeusement  « réforme ambitieuse » a des conséquences désastreuses pour les agents et les usagers. Il constitue la  négation même du service public .
Le déroulement des carrières devient incertain ,  puisqu’il n’y a plus de recrutement de fonctionnaires depuis 1995.Plus de promotion interne ; Les cadres et cadres supérieurs sont cooptés dans le privé. Les CDD et intérimaires représentent plus du tiers des employés. Les suppressions de quartiers de distribution se traduisent par le passage tardif des facteurs, dans le meilleur des cas, et très souvent  (faute de volant de remplacement) par l’absence de distribution. Dans les centres de tri, le courrier de première catégorie est délaissé au profit de la publicité ; de là découlent donc des délais d’acheminement trop importants . Les colis filialisés sont sous-traités par de petites entreprises non professionnelles, ce qui entraîne un grave disfonctionnement de la confidentialité et de la sécurité. En conséquence le nombre de réclamations est en progression constante (ce fait est minimisé voir même nié par les responsables). Les files d’attente aux guichets sont légion. Quant à la Banque postale, par le fait de sa création,  la poste perd son rôle social. 
Si l’ouverture au capital de la Poste ne suscite aucune réaction, la situation va s’aggraver ; la variante d’ajustement qui permet d’affronter la concurrence étant la main d’œuvre, à brève échéance,  il y aura une suppression massive d’emplois. Partout où le profit maximal n’interviendra pas, la présence postale disparaîtra. La dictature de l’actionnaire déshumanisera le service public  postal.
Bien sûr, il faut un débat avec l’ensemble des citoyens et des acteurs sociaux qui forment un  maillage de solidarité dans notre démocratie.  Mais ce débat doit porter sur tous les services publics…  Dissocier les services publics  les uns des autres est une aberration. Tout comme  leur but et leur base de fonctionnement  , leur mode de substitution par la grande finance est identique : utilisation de moyens fallacieux , d’arguments spécieux , culpabilisation des salariés  , retranchement derrière le masque du  modernisme ,  lente mise en œuvre du processus  de démantèlement (pour la Poste, du vote de la loi au démantèlement effectif près de dix ans ) afin qu’il échappe à toute conscience, à toute réaction, à toute révolte. 
C’est ainsi que  les choix économiques désastreux imposés par le néolibéralisme , basés sur la marchandisation des biens communs de l’humanité, entraînent des inégalités croissantes parmi les populations tant au niveau mondial qu’à l’échelle du pays. Le désengagement des politiques et le maintien d’un système d’imposition injuste livrent les services publiques  [base de notre société républicaine] aux requins de la finance et bloquent ainsi l’accès aux droits les plus élémentaires pour un grand nombre de citoyens.
Les services publics sont les seuls outils qui permettent de réduire les inégalités. S’il existe des secteurs où l’état ne doit jouer aucun rôle, il y en a, en revanche, où le privé ne doit pas mettre le petit doigt : ce sont les services publics. 
Il ne peut y avoir de services publics  sans monopole d’état. Celui-ci passe par une redistribution des richesses, par un impôt juste et une économie keynésienne.
Il faut arrêter avec la  philosophie teintée « dans le meilleur des cas » de naïveté, mais le plus souvent  d’hypocrisie, consistant  à dire  qu’il est possible de déléguer à une entreprise une mission de services publics    - Le devoir d’une entreprise est de faire des bénéfices – le devoir d’une nation est de garantir l’égalité des droits aux citoyens – à la moindre  difficulté structurelle ou conjoncturelle, l’entreprise « escamote » systématiquement la mission de service public . L’exemple de la Poste et de France Télécom est probant.
Les services publics découlent de l’héritage humaniste du siècle des lumières relayé par nos grands hommes tels que VICTOR HUGO, JEAN JAURES, et tant d’autres, mis en pratique par les luttes ouvrières et le conseil national de la résistance.
Abandonner les services publics, c’est renier l’humanisme, la solidarité républicaine, c’est laisser aux générations futures une vie où tout est « marchandise » où tout est « marchandage », une vie où les inégalités créeront encore plus de pauvreté. Beaucoup de citoyens mourront faute d’argent pour se soigner, pour s’instruire, pour vivre une vie d’épanouissement, c’est laisser la place à la charité communautariste des religions.
Utilisons le contre exemple de la Poste , battons nous  pour maintenir et améliorer nos services publics . De notre détermination dépend l’héritage social que nous laisserons aux générations futures . 
 
                                                           ALAIN FUENTES 

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29 MAI 2005 : L’ANNIVERSAIRE OUBLIÉ.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

29 MAI 2005 : L’ANNIVERSAIRE OUBLIÉ

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 30 mai 2012.



Le 29 mai 2005, 54,87% des Français rejetaient le « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » lors d’un référendum. Le 29 mai 2012, personne ou presque ne commémore l’évènement.

Les journaux n’en ont rien dit, ni sur leur Une, ni dans les pages intérieures. Silence, il n’y a plus rien à voir ! Le Figaro, Le Monde, Les Échos, L’Humanité sont muets. Ils le seront également le lendemain. Cependant, l’Union européenne et les turpitudes de sa monnaie unique sont en bonne place dans ces journaux. Le marsien qui débarquerait sur la Terre aurait une étrange impression du continent appelé « Europe ». Dans Le Monde, on apprend que douze Parlements nationaux, dont le Sénat français, ont adressé un « carton jaune » à la Commission européenne pour exprimer leur rejet de dispositions prises sur le droit de grève. La Commission européenne, en effet, ne veut pas reconnaître le droit de grève des travailleurs détachés d’un pays à l’autre. Nous apprenons également que les déclarations de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, dénonçant les Grecs de ne pas payer leurs impôts, ont provoqué un « tollé » dans ce pays. Les Échos, à leur Une, affirment : « Brutale aggravation des finances de l’État espagnol ». À l’intérieur : « Les caisses de l’État grec se vident ». Dans L’Humanité, deux petits articles : « La sortie de route de Lagarde » et « Banques : la panique revient ».

Ce marsien se demanderait, en toute logique, pourquoi rester dans un système aussi médiocre. D’autant qu’une seconde information, qui pour l’instant n’a pas eu le temps d’être largement diffusée, montre que les Européens rejettent désormais l’euro de façon de plus en plus forte (étude menée par Pew Research Center, basé aux États-Unis).

L’euro minoritaire dans plusieurs pays

À la question « L’euro est-il une bonne ou une mauvaise chose », la réponse « une mauvaise chose » est majoritaire dans 3 des pays étudiés : Italie 44% (30% une « bonne chose ») ; France 40% (31% une « bonne chose ») ; Espagne 41% (37% une « bonne chose »). L’Allemagne et la Grèce, étrangement, se retrouvent avec des résultats très proches : 26% seulement des Grecs considèrent que l’euro est une « mauvaise chose » (46% pensent le contraire), et 31% des Allemands pensent que l’euro est une
« mauvaise chose » (44% pensent le contraire).

La demande de retour à la monnaie nationale reste minoritaire, mais la proportion des citoyens qui le souhaitent s’accroît : 40% en Italie, 36% en Espagne, 32% en Allemagne, 31% en France, 23% en Grèce.

Demain, s’il y avait un référendum sur la sortie de l’euro, si on se fie aux résultats de cette étude, il serait gagné en Italie, en France et en Espagne. Les peuples pourraient alors coopérer en toute liberté, en dehors de la camisole de force libérale qui les étreint depuis plus de dix ans.

Depuis le 29 mai 2005, de l’eau a passé sous les ponts

Les « nonistes » du Parti socialiste (Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Henri Emmanuelli et ses amis) ont rejoint le gouvernement Hollande-Ayrault et n’invoquent plus les raisons du combat de 2005.

Les « nonistes » du reste de la gauche se sont divisés entre ceux qui soutiennent désormais la monnaie unique et ceux qui, fidèles au combat de 2005, la rejettent. Car le « non » au « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » - il ne faut pas l’oublier – était aussi un « non » à la monnaie unique. Car ce traité a gravé dans le marbre les politiques néolibérales, dont les politiques monétaires néolibérales.


 



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Qui est responsable des crimes en Syrie ? Par Nadia KHOST.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Qui est responsable des crimes en Syrie ?


 Par Il y a un an seulement, les Syriens vivaient en sécurité. Ils ignoraient tout des armements qu’ils découvrent chaque fois que l’armée les saisit dans les cachettes des milices ou lorsqu’elles entrent depuis la Turquie ou le Liban. Ils n’avaient jamais vu les obus, les fusils et mitrailleuses de toutes sortes, les bombes assourdissantes, les obus anti-char, les revolvers, les appareils d’espionnage, les lunettes de vision nocturne, les charges explosives, les gilets pare-balles.
 

Maintenant, nous savons que la mort peut venir des bonbonnes de gaz, ou des galons d’huile ! Nous savons que chacun d’entre nous peut mourir dans une explosion ou lors d’une attaque des bandes armées si son nom figure sur leur liste des gens à abattre ! Malgré cela, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève refuse de reconnaitre que ce qui se passe ici est l’assassinat de notre sécurité, l’abolition de notre rythme de vie. Et va chercher les accusés parmi les victimes ! Or, nous qui vivons en Syrie, et non dans un pays occidental, nous connaissons la vérité que l’Occident et ses institutions « humanitaires » ne veulent pas connaître.

Nous avons en tête deux images. L’image -passée une seule fois à la télévision syrienne- d’une famille à Baba Amro, près de la table dressée, dont tous les parents, enfants, oncles avaient était tués ; sur le mur, leurs assassins avaient écrit, avec le sang des victimes, le nom de la brigade qui avait commandité ce crime. L’autre image est celle d’une femme habitant à Douma, [une banlieue de Damas] qui racontait que les milices avaient conduit un jeune homme ligoté sur la place publique, pointé leur mitrailleuse, et obligé les gens à assister à son exécution. Et que le lendemain, ils en avaient tué d’autres, de la même manière. À la même époque, simultanément, Ayman et Fahd Arbini - en compagnie de Zaher Qweider d’Al-Qaïda - ont tiré des obus RPG sur l’église d’Arbin, [banlieue de Damas] et sur le collège islamique. Ces crimes ont eu lieu dans des zones sous contrôle des bandes armées. Dans quel projet s’inscrit ce terrorisme ? Qui est responsable de ces crimes ?

Un des criminels arrêtés à Baba Amro raconte - comme on raconte une histoire banale - qu’il a tué et violé des femmes. Que des cheikhs du conseil militaire lui avaient signifié par fatwa que le meurtre et le viol étaient licites. Ce n’est pas étonnant : les cheikhs wahhabites d’Arabie Saoudite qui appellent de leur tribune au Jihad contre le gouvernement syrien, ainsi que Kardawi, le cheikh d’Al-Jazeera, prononcent des fatwas légalisant l’assassinat d’alaouites, de chrétiens, de druzes et de sunnites favorables au gouvernement. Les bandes armées qui exécutent ces fatwas reçoivent de l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ainsi que des drogues que l’armée syrienne confisque en quantités avec les armes. Faisaient partie du butin trouvé à Baba Amro : des armes et des devises occidentales et israéliennes, des passeports divers - parmi lesquels un « passeport pour le paradis » - du matériel de communication sophistiqué. Ces cheikhs ne connaissent pas la recommandation formulée, au début de l’Islam, par le Calife Omar bin el Khattab : « Ne tuez pas de femmes ni d’enfants ni de vieillards, ne coupez pas d’arbres, et laissez les moines dans leurs couvents. »

Ces fatwas expliqueraient pourquoi, le 7 mars 2012, un homme a raconté, sans peine ni remord, qu’il a tué cinquante hommes et violé des dizaines de femmes. C’est ce qu’on appelle communément de la conquête. Les bandes armées ont «  conquis » les femmes et l’argent des victimes, ont pillé les institutions publiques, volé les ambulances et les voitures des municipalités et des particuliers. Hier, un citoyen de Homs se plaignait d’un sniper qui avait conquis les rues qu’il contrôlait depuis le haut de sa terrasse. Parmi les tués, il y avait un enfant de 11 ans, Malek El Aktaa. L’objectif de ce terrorisme ? Briser la société syrienne, infliger des pertes à l’armée, morceler la Syrie, paralyser la production agricole, industrielle et artisanale. Bref, détruire la structure de l’État. Dans les quartiers qu’elles contrôlaient, les bandes armées ont empêché les enfants d’aller à l’école, les étudiants de se rendre à leur examens universitaires. Elles ont tué les ouvriers sur le chemin de leur usine, elles ont empêché les paysans d’aller semer sur leurs terres et les centrales électriques de s’approvisionner, elles ont assassiné des hommes d’affaires et des professeurs d’université. Elles ont détruit la vie là où elles se sont installées. Le 11 mars 2012, elles ont kidnappé le politicien Mosbah Al Chaar à Homs, et elles ont assassiné le champion de boxe Ghiath Tayfour à Alep, comme elles avaient assassiné un champion de natation et fait sauter un pont dans la région d’Al Ghab.

Le rapport de la Commission des observateurs arabes - qui ont visité les lieux où ces événements se sont produits et rencontré les victimes - a relevé que le mandat de la Ligue Arabe adressé à la Syrie ne mentionnait pas les bandes armées. Et que ces bandes attaquaient les civils et les institutions publiques et privées, obligeant l’armée régulière à riposter. La Ligue Arabe, dirigée aujourd’hui par le Qatar et l’Arabie Saoudite, s’attendait à ce que la Syrie refuse de recevoir la Commission des observateurs. Puis elle a imaginé que le rapport rédigé par les observateurs irait dans le sens de son projet de légaliser une intervention militaire. Mais l’atrocité des crimes, l’ardeur des victimes à exprimer leur douleur, et la conscience politique des Syriens, a permis aux honnêtes personnes de la Commission de transmettre la vérité. C’est pourquoi la Ligue Arabe a par la suite négligé le rapport et a exigé la démission du chef de mission, cet homme loyal [1] qui a refusé le chèque en blanc proposé par le Qatar.

Pourquoi donc les dirigeants occidentaux et les institutions internationales n’ont-ils pas adopté ce rapport rédigé par des spécialistes en sécurité et des militaires qui documentaient les évènements tels qu’ils se déroulaient sur le lieu même ? Ils ont préféré adopter ce que concocte l’ «  Organisation syrienne des droits de l’homme », basée à Londres ; une organisation représentée par un unique individu appartenant aux Frères musulmans, qui ne fait qu’inventer les « informations » diffusées à leur demande.

Le problème ne réside pas uniquement dans le fait que ces dirigeants occidentaux qui soutiennent la guerre contre la Syrie ne veulent pas savoir qui sont les véritables auteurs des crimes et des violations des droits de l’Homme. Le fond du problème est qu’ils exécutent une stratégie qui vise à détruire l’État Syrien. Ceci montre que les politiciens occidentaux sont devenus des vassaux aveugles du projet américano-sioniste ! Et que Sarkozy et Bernard Henri Lévy en France ont réussi à enterrer la politique de la France vis-à-vis des Arabes instaurée par De Gaulle. Lorsque nous entendons M. Alain Juppé, cela ne nous évoque nullement le Général De Gaulle. Nous avons plutôt l’impression d’entendre Oliva-Roget qui avait ordonné le bombardement de Damas en 1945 [2].C’est pourquoi, il nous semble que la lettre de M. Laulan à Juppé [3] - lui rappelant que la guerre contre la Syrie ne sert pas les intérêts de la France - suggère aussi que la dignité de la France suppose qu’elle ne soit pas la vassale du projet américano-sioniste.

Mettons donc de côté ces termes qui trahissent leur sens : « les droits de l’Homme, les révolutionnaires, l’armée syrienne libre, la défense des citoyens syriens ». Les dirigeants occidentaux doivent savoir que les « révolutions », supposent un programme politique national, que c’est la cause des hommes de grande envergure, penseurs et poètes. Une cause basée sur la loyauté à la Patrie, qui naît de cette Patrie ; et non pas une cause initiée par une décision extérieure. Comme l’histoire des luttes arabo-israéliennes est marquée par les guerres d’agression israéliennes, un des premiers principes des révolutionnaires patriotes est de ne pas recevoir d’aides ou d’armes israéliennes. Et de respecter les principes fondamentaux qui leur imposent de ne pas oublier que l’ennemi n’est pas la confession d’en face, mais que l’ennemi, l’agresseur c’est Israël, ainsi que l’impérialisme Occidental qui, lui, veille sur la sécurité d’Israël et se moque de celle des Arabes. Les dirigeants occidentaux savent ces vérités, mais ils consacrent leurs efforts au morcellement des pays arabes et à l’embargo contre l’Iran ; leur projet vise la Russie, la Chine, et les pays de l’ex-Union soviétique. Ils ont enfreint les lois internationales, leurs agents secrets se sont infiltrés à Homs, où ils ont dirigé la guerre de l’« Émirat islamique de Baba Amro », avec les bandes salafistes et Al-Qaïda ! Ils ont tenté par trois fois, au Conseil de Sécurité, d’autoriser l’ingérence en Syrie. Mais le fait que l’aviation israélienne bombarde Gaza, qu’elle ait tué, rien que le 10 mars, dix huit personnes dont des enfants, et que les colons israéliens détruisent les monuments palestiniens islamiques et chrétiens, et judaïsent la Jérusalem historique, tout cela n’a pas retenu leur attention.

Ces drames nous permettent de conclure que la politique occidentale ne reflète pas seulement un effondrement moral en adoptant le mensonge et les falsifications, mais aussi un effondrement politique et la cécité de la pensée. Cette politique conspire contre la Syrie. Un pays qui se distingue par un tissu social où se mêlent dans une unité nationale les religions, les confessions et les «  ethnies ». Un pays qui se distinguait il y a peu par une sécurité rarement rencontrée en Occident, et par une culture humaine fière de ce qu’ont apporté les grandes révolutions à l’humanité. Un pays qui traduit les œuvres de la littérature mondiale, qui écoute la musique classique comme il écoute la musique locale, et dont les femmes participent à la vie productive et publique que le peuple cherche à améliorer. La politique occidentale utilise dans sa guerre, la diplomatie, les médias, les organisations internationales, et les armes sophistiquées ; elle s’appuie sur des régimes despotiques qui n’ont pas de Constitution ni de Parlement, qui accueillent sur leur territoire des bases militaires états-uniennes, et qui tuent les manifestants à Bahreïn et à Qatif en Arabie Saoudite.

Comment expliquer la collaboration de l’Occident avec des combattants d’al-Qaïda qui sont sur les listes du terrorisme international, et que le Qatar et l’Arabie Saoudite financent pour leur guerre contre la Syrie ? Comment expliquer la feinte ignorance occidentale de la position des chrétiens syriens présents sur le devant de la scène pour défendre la structure sociale, et qui condamnent l’intervention occidentalo-sioniste ? Pourquoi l’Occident n’écoute-t-il pas le Patriarche maronite du Liban, mais encadre-t-il les bandes takfiristes qui assassinent les chrétiens syriens, et attaquent leurs monastères et églises, que les musulmans respectent et honorent ? Al Zawahiri [leader d’Al-Qaïda] a revendiqué les attentats de Damas et d’Alep par Al-Qaïda. Des rapports officiels témoignent de rencontres entre les services secrets français et britanniques avec les combattants libyens d’Al-Qaïda.Les Syriens ont appris que les services secrets français et britanniques se trouvaient à Baba Amro aux côtés des bandes d’Al-Qaïda. Leurs médias se sont abstenus de montrer à l’écran ces infiltrés étrangers, laissant ainsi refroidir la colère ressentie vis-à-vis de ce non respect occidental de la souveraineté syrienne. La sagesse syrienne a préféré la maîtrise de la situation à Baba Amro, à une telle exposition. Des centaines d’hommes armés se sont rendus à l’armée syrienne lorsque la protection occidentale s’est retirée. Ceci confirme la responsabilité de l’Occident dans les crimes que commettent les bandes armées. Et il ne s’agit pas uniquement des assassinats et des enlèvements, mais également de la destruction des équipements de base dont le peuple syrien paie le prix : l’explosion des oléoducs et des gazoducs, des pylônes électriques, des stations d’eau, l’incendie des écoles, la destruction des hôpitaux, le pillage des édifices publics [par les bandes armées].Nous affirmons donc que l’Occident se moque de la protection des chrétiens, des monastères et des églises, car les chrétiens sont patriotes, refusent l’ingérence et condamnent le complot occidentalo-sioniste, Il ne leur échappe pas que les prétendus « révolutionnaires » sont des bandes de criminels, et que les sanctions européennes visent à se venger du peuple syrien, dont les chrétiens sont partie intégrante. Bizarre que ces vérités ne parviennent pas aux ministères des affaires étrangères occidentaux ?

En tous cas les instructions données par l’opposition extérieure sont : ne regardez pas la télévision syrienne, ni la chaîne al-Dounia, ne votez pas pour la Constitution ! Il semble que Madame et Messieurs Clinton, Juppé et Cameron ne veuillent pas voir non plus les funérailles des milliers de soldats et officiers de l’armée que les bandes armées ont tué [4] ; ni voir les honneurs rendus à ces martyrs par les villageois. N’ont-ils pas vu non plus que des millions de Syriens ont envahi les places, manifestant ainsi leur avis à l’égard du complot de l’Occident sioniste contre la Syrie ? N’ont-ils pas vu le niveau de conscience politique qui distingue le peuple syrien ? N’ont-ils pas entendu la clameur des femmes, voilées ou pas, et leur refus de l’ingérence dans les affaires internes de la Syrie ? Ils ne le voient pas, car seul celui qui a la conscience éveillée, et qui est libre, peut être ému par les douleurs humaines, et apprécier la dignité nationale syrienne. Est-il concevable que les « défenseurs de la démocratie » n’aient pas remarqué que la nouvelle Constitution interdit les partis fondés sur une base religieuse ou ethnique, et qu’elle garantit le respect des libertés personnelles et religieuses ? Le grand débat national n’a-t-il pas été remarqué ? Dans quel autre pays un projet de Constitution a-t-il été débattu dans des meetings, dans les centres culturels, à l’université, à la télévision, dans des réunions ? J’ai vu un exemplaire de la Constitution entre les mains de collégiens et d’étudiants universitaires ; les gens ont exprimé leur avis, et devant le Parlement se sont manifestés les politiciens en désaccord avec l’article 3 [de la Constitution].

Mais la question n’est pas celle des droits de l’Homme car, si c’était le cas, MM. Juppé, Cameron et Mme Clinton auraient dû voir l’agression permanente dont est victime le peuple palestinien, et le mépris d’Israël à l’égard des décisions internationales qui interdisent la judaïsation de la terre occupée et la métamorphose de ses caractéristiques. Ils auraient dû condamner les crimes qu’a commis Israël au Liban, et méditer sur les violations des droits de l‘Homme en Libye. La « communauté internationale » aurait dû examiner les déclarations des officiels israéliens qui menacent de bombarder les installations nucléaires iraniennes, et les juger pour menaces de guerre. Mais la logique s’est évanouie. L’État d’Israël, qui possède des bombes atomiques, qui refuse de laisser visiter ses installations nucléaires, n’est pas condamné. L’Iran qui ne possède pas d’armes nucléaires, qui accepte de faire visiter ses installations nucléaires, est lui menacé par Israël. Tandis que l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique communique les noms des scientifiques iraniens, ce qui facilite leur assassinat…

On a vu le président Obama se tenir comme un écolier docile devant Netanyahou, garantissant le « droit d’Israël à assurer sa sécurité », (cette sécurité s’étendant d’Israël à l’Égypte, à la Lybie et à l’Iran !) et garantissant son engagement à assurer la suprématie militaire d’Israël. Nous avons ainsi vu, sur le plan symbolique, la concordance entre le projet occidental et le projet sioniste. C’est pourquoi, M. Juppé ne diffère guère de Mme Clinton. Son arrogance n’est pas sans rappeler celle d’un gouverneur pendant la période d’occupation. Ces événements ont permis de mettre une fois de plus en lumière l’influence sioniste au sein du parti communiste et du parti socialiste français. N’est-il pas ironique que Bernard Henri Lévy, le sioniste, se définisse comme socialiste ? Et qu’il cite Marx dans son livre sur ses missions dans l’invasion de la Lybie où il se déclare « fidèle à son judaïsme et son sionisme » ! Le parti communiste français n’a-t-il pas remarqué ce qu’est le système politique de l’Arabie et du Qatar, et ce que sont les bandes takfiristes utilisées dans la guerre contre la Syrie ? Il s’ensuit que l’Occident ne collabore plus qu’avec ceux qui ont des liens avec Israël et qui privilégient la sécurité de cette dernière, sur la sécurité nationale arabe. C’est pourquoi Basma Kodmani [5] a avoué qu’« Israël est une nécessité » ! Certains membres du Conseil d’Istanbul ont assuré qu’ils établiront des liens avec Israël. Dans cette concordance, s’inscrit la collaboration des services secrets israéliens, qataris, et saoudiens, ainsi que les bandes armées munies d’armes israéliennes découvertes dans des cachettes à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Baba Amro. Ce Conseil, appuyé par Juppé et Clinton, a commis ce que le peuple Syrien ne pardonne pas : le fait d’avoir facilité l’ingérence étrangère politique et militaire en Syrie, d’avoir des liens avec Israël et le sionisme. Dans ce climat, l’Occident accuse les victimes des crimes qu’il a lui-même commis par le biais de ses bandes armées. Cela ne nous étonne pas qu’il voie AbdelKarim Belhaj, Al Mahdi Harati, Al Zawahiri, l’émir du Qatar, et le roi Saoudien comme autant de « révolutionnaires démocrates », et qu’il efface de sa mémoire Che Guevara et Manolis Glezos !

Est-il possible de changer la stratégie occidentale pour dissiper le danger d’un embrasement du proche Orient ? Le point lumineux est que des puissances ayant des stratégies différentes, essaient, avec force et courtoisie, de stabiliser les relations internationales ; ce sont de grandes puissances économiques avec des intérêts, une vision, et une structure. Le discours prononcé par Poutine le 10 février 2007 à la 43e Conférence sur la sécurité à Munich, ainsi que son dernier article, montrent que la Russie n’est plus le pays que l’Occident a sauvagement violé après l’effondrement de l’Union soviétique. Elle fait partie maintenant de l’union du BRICS, bien décidée à l’établissement de nouvelles relations internationales. Dans cette union, beaucoup de peuples voient la libération du joug du monde unipolaire, la sortie du chaos, et du déni du droit humain et international. Nous lisons l’espoir dans l’appel de Theodorakis qui indique la Russie pour sortir de la crise. Son appel « La vérité sur la Grèce » [6] dénonce la stratégie dessinée par le FMI : « ce n’est plus l’État-nation qui fait le progrès mais les banques ». Il faut mettre cela dans une autre expression : « ce sont les banques et la guerre qui fabriquent la misère des peuples et qui tuent les identités nationales ». En témoigne la parole de Sarkozy à la délégation du Conseil de transition Libyen : « nous devons apprendre au peuple grec à vivre ». Les banques occidentales non seulement dépouillent les peuples, mais elles les humilient. Que n’avions nous pas découvert plus tôt que la Russie, la Chine, l’Iran le Brésil, l’Afrique du Sud, et l’Amérique Latine, sont des espaces humains et économiques, remplaçant l’Occident !

Le sang des victimes avec lequel les Libyens d’Al-Qaïda ont écrit sur le mur de la famille assassinée, « de Misrata nous sommes venus pour libérer la Syrie », et les décombres de Baba Amro -là où les services secrets français et britanniques ont dirigé la guerre- dessinent un tableau réunissant Al-Qaïda, les cheikhs despotiques du pétrole (qui interdisent à la femme de conduire), les bandes de mercenaires, les dirigeants occidentaux, les services secrets occidentaux, les régimes coupeurs de têtes saoudiens, et l’opportuniste qatari. Un tableau très significatif, qui ne permet pas à ceux-là de donner aux Syriens des leçons sur les droits de l’Homme ou sur la démocratie ! Mais qui impose de juger les dirigeants de l’Occident et du Golfe qui ont planifié et financé les crimes en Syrie !

Dr Nadia KHOST
Damas, 11 mars 2012
Traduit de l’arabe par Anis El ABED

SOURCE : http://www.silviacattori.net/article2975.html

Texte original en arabe : http://www.silviacattori.net/article2970.html

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

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