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Le blog de Lucien PONS

Articles récents

Pour éviter le coup d'état du 21 février 2012, il faut faire connaître cette forfaiture et il faut écrire aux députés! Ils vont solliciter un nouveau mandat en juin!

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Devise de la Résistance aux GlièresBonjour à toutes et tous

Je vous invite  à adresser à votre député(e) un message du genre de celui qui suit ( vous trouverez l'adresse courriel de votre députée sur http://www.cyberacteurs.org/institutions/index.php
il vous suffit de choisir votre département sur le menu défilant et vous aurez l'info)

 

 

 

 

Monsieur le Député, (ou Madame la Députée)

 Comme des millions de personnes dans toute l'Europe, je m'inquiète des dérives autoritaires, des politiques d'austérité et de la casse systématique des services publics qui sont mises en œuvre, sous prétexte d'une dette dont la légitimité n'est d'ailleurs toujours pas questionnée.
Nous voyons bien la réalité des conséquences de ces politiques en Grèce, où un véritable pillage du pays a lieu sans parler des souffrances qui est imposées à son peuple. Je ne développerai pas cette situation tragique que vous connaissez.
 

 Je vous écris pour vous demander de refuser fermement la ratification du traité européen instituant le M.E.S. (mécanisme européen de stabilité) sur lequel vous devrez vous prononcer le 21 Février.

Ce mécanisme est un véritable déni de démocratie et entraine l'Europe  sur la pente de tous les abus, pour ne pas dire du totalitarisme. La dette est instrumentalisée pour graver dans le marbre une discipline budgétaire qui conduira à imposer à tous, indifféremment des conséquences humanitaires et écologiques et au seul profit des "investisseurs", le fondement idéologique des ultra libéraux qui dominent à la Commission; à savoir le désengagement des États, les privatisations, le démantèlement de tout l'édifice social qui faisait des nos pays des sociétés avancées.
Le MES donne, dans la plus grande opacité, des pouvoirs exorbitants aux gouverneurs. Le silence qui
 
entoure ce traité le rend suspect ainsi que la volonté de le faire ratifier en force, à la hussard. Des décisions de cet ordre méritent réflexion et consultation populaire, car c'est tout notre avenir qui est concerné.

Ce MES donne des chèques en blanc à des personnes désignées !*
Le faire que les gouverneurs de cette institution soient les ministres des finances des États de la zone ne représente en rien une garantie. Ils sont désignés et non élus, et ils passent... Un jour à tel ministère demain à tel autre. Ce n'est certainement pas un gage de compétence.
Aucun veto, ni aucune autorité des parlements nationaux de sont prévus. De plus, les personnels de cette institution, comprenant les gouverneurs eux-mêmes,  jouiront  d’une immunité totale leur permettant d’échapper à toute poursuite judiciaire. Ils n'ont aucun compte à rendre à personne.
Le manque de transparence est aussi "admirable.
Les documents sont « inviolables », et ne seront rendus publics que si le Conseil des gouverneurs le souhaite
 Pouvoir total  d'un côté, immunité totale de l'autre! Est ce cela la démocratie ? Peut on faire confiance à un tel mécanisme ?
Peut-on engager l'avenir de l'Europe sur les décisions de quelques individus qui peuvent tout faire en oute impunité?
Il est aussi intéressant de noter que le budget de départ du MES pouvant être réclamé aux États-membres dans un délai de sept jours seulement n’est pas plafonné et peut donc augmenter de façon illimitée sur décision du Conseil des gouverneurs.

Négation des compétences fiscales et budgétaires des parlements nationaux, déni des principes de base de la démocratie, impossibilité d’opposer un veto, immunité judiciaire totale, opacité des documents…  Voilà ce qu'est le MES, voilà pourquoi je vous demande, au nom de la démocratie, si ce terme a encore un sens,
de rejeter ce texte

Signature
  

 PS:  je vous rappelle que ces mesures ne sont prises que par le refus obstiné de considérer qu'il appartient seulement aux Nations, ou groupe de Nations d'émettre leur propre monnaie. le MES veut constitutionnaliser la soumission des peuples aux intérêts des banques et des plus riches, alors que par nature les peuples  ils doivent être maitres de leur destin.
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Hugo CHAVEZ MET LES BANQUES AU PAS. Pourquoi pas nous?

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

395702 117641685020459 100003238857127 92623 1855796479 nHugo CHAVEZ MET LES BANQUES AU PAS.
 
Chavez met au pas les banques ! par librepenseur007
 

Robespierre, ce méconnu !

 

Incorruptible, est aujourd'hui un mot qui semble tombé en désuétude. La nécessaire défense des valeurs humanistes qui fondent notre vivre ensemble requiert courage et détermination. C’est vrai actuellement, mais cela devait être plus prégnant encore à la Révolution.

 

Transposée de nos jours, le combat de ceux qui ont crée la République Française, dont les principes fondateurs sont directement inspirés du siècle des lumières, pourrait se traduire par le nécessaire combat contre la mondialisation au service des 0,1% les plus riches.

 

La nation française est née à la bataille de Valmy, et à cette époque l'urgence commandait des mesures radicales, pour installer durablement cet extraordinaire changement de paradigme qui consistait à reconnaître des citoyens égaux en droit plutôt que des sujets soumis au bon vouloir des puissants.

 

Je ne défends surtout pas "la terreur",  mais pour en parler sous le sceau de la raison, encore faut-il mettre en avant tous les aspects de cette période importante de notre histoire.

 

Aujourd'hui la plupart des questions politiques majeures relèvent de la notion de "Salut Public". Il m'en vient une à l'esprit, c'est cette loi liberticide sur le MES que l'assemblée Nationale s'apprête à voter le 21 février 2012. Cette loi si elle était adoptée sonnerait le glas de notre souveraineté au seul bénéfice d'une oligarchie financière qui a utilisé la Communauté Européenne comme outil majeur pour imposer l'ultralibéralisme à tous les peuples d'Europe.

 

 J'espère que les députés responsables devant les citoyens et non devant le pouvoir de la finance, auront le courage de voter NON à cette prise de pouvoir d'une élite.

 

Malheureusement j'ai quelques craintes, l'ignominie qui a consisté à ratifier le traité de Lisbonne, pâle copie du TCE, contre la volonté populaire qui l'avait rejeté à plus de 55%, me laisse penser qu'une fois de plus les représentants élus vont se coucher devant les puissants.

 

On pourrait tout aussi bien mettre en avant la guerre de classes qui est menée aujourd'hui, c'est une guerre sans merci qui a déjà fait des dégâts considérables. C'est une grosse fortune mondiale, Warren Buffet un des plus gros capitaliste au monde qui le dit.

 Lucien Pons

 

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Le message de Philippe Derudder.  17 février 2012.
  
Bonjour à toutes et tous

il est de bon ton, dans nos démocraties occidentales, de considérer Hugo Chavez, président du Venezuela comme une dictateur.

Quand je compare ce qui se passe aux États Unis et en Europe à ce que montre cette petite vidéo (et ce n'est pas la première que je vois de ce genre)... j'en arrive à devenir très confus sur la signification des mots... et je me prends à rêver d'avoir chez nous des politiciens à la Chavez... Est-ce que ça se soigne docteur ?

http://www.dailymotion.com/video/xol9ua_chavez-met-au-pas-les-banques_news?start=104#from=embediframe

Amicalement

Philippe

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Le nécessaire changement de paradigme. Un article de Marc Jutier.

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

385833 228596810542672 100001770649973 520663 803578000 nLe 21 décembre 2012, ça va fuiter ! Vous êtes Anonymous ! Nous sommes Anonymous !

     

 

 

 

 

 

 

 

Rassurez-vous il n’y aura pas de 3e mondiale car nous l’avons décidé ! Par contre les petits et moyens chefaillons, les capitaines de multinationales, les petits dictateurs, les apparatchiks, les bilderbergers et les banksters paniquent et commencent à serrer les fesses ! De la même façon que l’empire communiste soviétique s’est écroulé il y a 20 ans, l’empire capitaliste états-uniens et le nouvel ordre mondial va s’effondrer, c’est inéluctable ! Les signes sont là – crise des subprimes, crise des dettes souveraines, crise économique, crise environnementale – Et surtout, depuis les printemps arabes de 2011 et les indignés européens la crise est devenue politique et donc idéologique. 

Une profonde remise en question du paradigme dominant est partagée par de plus en plus de citoyens à travers le monde, même en Chine la révolution gronde (Révolution de Jasmin). La théorie de la fin de l’histoire de Fukuyama en 1989 a du plombs dans l’aile. Le TINA (there is no alternative) déclaré avec arrogance par Madame Thatcher (Renaud) et les néo-libéraux est de plus en plus ridicule. Voir Colloque du 19-09-2009 . Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’alternatives, nous sommes l’alternative, nous sommes à un carrefour de l’histoire et il se pourrait bien que se soit les américains qui nous montrent le chemin à suivre.

Le mouvement OccupyWallStreet, malgré l’hiver, ne s’est pas essoufflé ; les citoyens squattent leurs maisons saisies par les banques et les hackers se sont politisés.

Cela fait des années que je dis et même que je souhaite que ces génies de l’informatique se politisent, hé bien c’est arrivé ! et les Anonymous nous proposent un « super plan » ! comprenons bien comment cela c’est passé. Dans les années 80 ces petits génies (j’en ai connu un !) qui étaient capables de faire cracher par exemple, via le réseau, des distributeurs de billets, se sont fait offrir des ponts d’or (en fausse monnaie bien sûr !) pour sécuriser les banques. Puis d’autres se sont fait acheter par des institutions (armée américaine, FBI, CIA, …), mais ils ne peuvent pas acheter tous les informaticiens et surtout, les plus doués ne se font pas acheter ! résultat : nous avons aujourd’hui une guerre civile informatique. Et il est certain que les « guerilleros » gagneront parce que plus nombreux et plus doués et en plus, plein de ceux qui sont en face sont des infiltrés.

Voilà ce que nous propose les Anonymus. Grâce aux leçons tirées de Free net, TOR, GNU net, Bit Torrent, I2P, le 5 novembre 2012, TYLER sera finalisé et les gens partout dans le monde pourront télécharger les preuves de la corruption et de la fraude, voir : http://www.youtube.com/watch?v=_Mer_nclC60 et

http://www.dailymotion.com/video/xnjaj2_anonymous-peur-du-changement-project-mayhem-2012-pm2012_news#rel-page-under-6 . Il y a les résistants de l’extérieur, les infiltrés et les virtuoses de l’imposture comme les Yes Men ( Balkany piégé par les Yes Men ) ou notre Bridget Kyoto nationale et tous sont au travail ! Certains compilent, écrivent et informent, d’autres subtilisent des donnés sensibles et sabotent de l’intérieur. Bref, chacun son boulot ! Je trouve la résistance de l’extérieur plus confortable et je crois qu’il faut saluer le courage des infiltrés.

Comprenez-vous mieux pourquoi en face (dans les institutions du capitalisme mondialisé) certains paniquent et serrent les fesses ! Donc préparons-nous pour le projet TYLER. D’autres part, sur le terrain, des centaines de mouvement ont émergés aux USA, The Revolution Is Love ( http://occupylove.org/ ) nous donne par ces petits vidéos, l’ambiance général du mouvement http://occupylove.org/videos/. Celui-ci (en VFst) par exemple nous livre l’ambiance et l’esprit du changement de paradigme qui en train de se mettre en place : http://www.dailymotion.com/video/xnfuyh_occupy-wall-street-la-revolution-de-l-amour_news . Sur la toile, le succès des films comme THRIVE, Addendum, Zeitgeist, et d’autres, montre qu’une nouvelle civilisation est en train de naître en occident. L’oligarchie est démasquée. L’escroquerie monétaire est éventée. La crise a évolué au point d’atteindre le seuil d’une prise de conscience globale.

Comme pour les deux précédentes guerres mondiales, voir « Le choix de la défaite », les « élites » en ce moment et en particulier celles de la Chine et des USA afin d’éviter les bouleversements politiques intérieurs inéluctables et ne pas perdre le pouvoir, pourraient nous déclencher un conflit planétaire. Les apparatchiks du PCC n'hésiteront pas à déclencher la guerre si la Corporatocratie (voir John Perkins) américaine, poussé par le Mossad, attaque l’Iran : http://www.dailymotion.com/video/xmoo2h_la-chine-n-hesitera-pas-a-declencher-la-3eme-guerre-mondiale-pour-proteger-l-iran_news#rel-page-4 . Voir aussi : 3e Guerre Mondiale ? Des centaines de tanks et autres.. Cette vidéo a été partagée sur facebook via mobile par A.Tuckman le 19 Janvier 2012 filmé à Santa Cruz en Californie. Certains commentateurs parlent d'un possible recyclage de ces chars de type A2 M2 Bradley ! Mais je fais confiance aux citoyens américains, pour ne pas tomber dans ce piège grossier. D’ailleurs, paraît-il, mêmes les hauts gradées de l’armée US qui sortent à peine de 10 ans de conflit n’en veulent pas. On peut les comprendre !

De nos jours, les gangsters font de la politique et de la fausse monnaie. Voir : Game Over ! Abolir les privilèges des banksters ou faire une 3ième Guerre mondiale ? ) - Loi n°73-7 du 3 janvier 1973, articles 104 (Maastricht) et 123 (Lisbonne) . Il est vrai qu'il est plus facile de braquer les gens avec des lois qu'avec un revolver. Mais la plaisanterie est terminé, l’escroquerie monétaire est éventée, les voleurs identifiés. Les hiérarchies, les chaînes de commandements, les dominations psychologiques, les institutions pyramidales, les illuminatis du 33e degré, ah ! ah ! ah ! quelle blague ! c’est terminé ! Et le secret, c’est qu’il n’y a pas de secret ! Le règne de la propriété privé des moyens de production, des mass-médias chiens de gardes de la pensée unique, de la fausse monnaie des banquiers, des brevets sur le vivant ou en général, des droits d’auteur, des logiciels fermés (les auteurs ont le contrôle du code source comme Windows par exemple !) est terminé.

Comme chacun sait aujourd’hui, ( L'argent Dette (2010) Paul Grignon , L'Argent Dette 2 - la mafia Rothschild de Paul Grignon et bien d’autres films, sites et articles sur la création monétaire ), nous sommes face à une privatisation à grande échelle du pouvoir de créer la monnaie. Attention, ce n'est pas du tout une conspiration, c'est un système qui a été mis en place de façon tout à fait légale au cours des siècles et qui est enseigné et étudié dans toutes les écoles de finance et d'économie. Le terme technique est "système de couverture fractionnaire", ou "réserve fractionnaire". Il permet la distribution privée, arbitraire et payante d'un bien social vital pour la société, de son seul moyen d'échange de richesse : la monnaie. Et ce système exige l’endettement infini et exponentiel de la société. Cela ne peut pas durer, et tout le monde le sait. Mais comme des lapins éblouis, nos dirigeants sont dans l'incapacité totale d'agir, paralysés par leurs connivences avec la sphère financière. Leurs seules solutions, évidemment, consistent à créer encore plus d'argent, donc de dette, pour empêcher le système d'imploser ou de se coincer complètement. C'est empiler de la folie sur de la folie. En fait, c’est ça, ils sont coincés par un mensonge tellement énorme qu’ils n’osent pas le révéler. Rassurons-les, tout le monde ou presque est au courant en 2012, c’est un secret de polichinelle. 

Il faut donc sortir de ce tourbillon vicieux où notre économie est en train de sombrer, et trouver rapidement un moyen de distribuer la monnaie d'une façon nouvelle, équitable, régulière et surtout libre de dette. Il faut ensuite mettre ce système en place d'une manière progressive, afin d'en étudier tous les effets et de pouvoir en ajuster les paramètres. Certains internautes, dont je fais parti, ont longuement étudié ces questions et développé un véritable programme d'action. Il est basé sur l’ouvrage d’I.Ficher (100 % Money) et les écrits de notre seul prix Nobel d’économie : Maurice Allais.

En fait, cette crise économique et financière globale est un bienfait pour l’humanité. On va arrêter de travailler et de produire toute ces saloperies qui encombrent nos décharges, arrêter de polluer en toute inconscience, et ensuite, on pourra véritablement s’émanciper. Concrètement, matériellement, rien ne sera perdu. Seule la possibilité de mobiliser l’énergie humaine, le pouvoir sur l’autre est aboli. C’est une vraie révolution, une réelle abolition des privilèges.

Les perdants seront donc les grands manipulateurs de finances, les capitaines de multinationales, les petits dictateurs, les apparatchiks, les hauts technocrates, les bilderbergers et les banksters. Pour 99 % de la population, cela sera une libération. L’énergie de tout un chacun sera libérée du carcan, des chaînes de la finance internationale et de ses geôliers : les financiers. Certains pourraient se sentir un peu déboussolés et sans l’État et les processus démocratiques, les choses pourraient dégénérer. Mais restons calmes : la richesse, la vraie, notre énergie, n’aura pas disparu. Le jour où les peuples réaliseront cela, nous pourrons enfin mettre en place une société de convivialité, de temps choisi, d’harmonie et de respect. Et ce jour c’est cette année ! L’humanité va enfin arriver à l’âge adulte et cela passe forcément par la démocratie : Le 5e élément - Une réforme monétaire radicale - C’est la Crise finale ! . Consommez moins, arrêtez d’alimenter cette société de con-sommation, travaillez pas trop, et surtout si vous bossez faites des trucs et rendez des services vraiment utile et bénéfique aux autres. Voir le Serment Spartacus 2012 . Et comme le dit Mike Adams dans son poème pour dénoncer la société américaine : Mais, Même si les prisons sont nombreuses et soigneusement construites, Peu importe leurs essais, Ils n’ont pu emprisonner nos âmes. Et une fois reconnues les prisons, Et identifié ceux responsables de leur fabrication, Nous nous sommes élevés contre elles, En libérant nos esprits, Nos corps, Nos enfants, Notre productivité, Nos libertés Et notre avenir. Nous sommes américains. Nous emprisonner tous…Est inconcevable.

Vous êtes libre à l’instant même ou vous le décidez et pas besoin d’avoir peur du chômage, du manque ou de la précarité et surtout, arrêter de courir après toutes les saloperies que l’on nous vend à la télé car comme disait Coluche il suffirait que les gens arrêtent d’acheter pour plus que ça se vendent ! Plus de liens et moins de bien (on en a déjà tellement !) et puis pendant que vous y êtes, éviter les médicaments allopathiques, les produits sucrées et toutes les cochonnerie de l’agro-industrie. L’open source, le partage, la coopération, la compassion ont gagné contre le droit d’auteur, la compétitivité, la peur de l’autre et la fausse monnaie. Tic-tac, tic-tac, c’est terminé à 11h11 le 21 décembre 2012 ou maintenant ! Ce nouveau monde rêvé nous tend les mains, il suffit de le décider là maintenant. Partagez, donnez, aimez, lâchez prise et ouvrez-vous.

N’hésitez pas à vous approprier cet article et à le partager. Vous pouvez le reprendre en totalité ou en partie, le modifier ou non, garder ou supprimer le nom de l’auteur, peut importe. L’essentiel, c’est de faire passer le message à 10, 100 ou 1000 personnes. Partagez ! Nous sommes, vous êtes Anonymous.

 

Marc Jutier. Auteur de Nouvelle Civilisation 2012.

 

a0d78ea58e09d813463d52ad32115f8a.jpgMarc JUTIER - Ingénieur, Écrivain, Conférencier et Président de Fraternité Citoyenne.
E-mail : mjutier@orange.fr . Site : http://www.jutier.net/ 
Blog : http://marcjutier.over-blog.fr/
Vidéos (NC2012, déclaration de candidature, FC) : http://wn.com/MarcJutier
Ouvrages publiés :
· Nouvelle Civilisation 2012 (Éditions PASCAL octobre 2008)
· Le Guide de l'écologie Politique. 108 propositions pour une civilisation qui s’éveille (Éditions ALIASetc, 2003)
· Carnet de route d'un jeune iconoclaste. Le 21ème siècle sera... ce que nous en ferons (Éditions du Fraysse 1999)

Table des matières et liens urls : http://www.jutier.net/contenu/alternet.htm
Texte intégral à télécharger gratuitement : http://www.astro-portail-star.fr/eBooks/Nouvelle-Civilisation-2012.pdf

 

Citations extraites du document la MONNAIE :

On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. Albert Einstein

Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Et, tromper tout le monde quelques temps. Mais, vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps. Abraham Lincoln

Dans la vie il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent : pourquoi pas ? George-Bernard Shaw

Si tous les prêts bancaires étaient remboursés, il n’y aurait plus ni le moindre centime en dépôt en banque, ni la moindre pièce ou le moindre billet en circulation. […] l’absurdité tragique de notre impuissance est presque incroyable mais c’est bel et bien la réalité. Robert Hemphill, dirigeant de la Federal Reserve Bank d’Atlanta dans les années 30 en préface de la première édition de « 100% Money » de I. Fisher.

Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. Henry Ford. Eh bien voilà, M Ford, ce jour est arrivé !

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Appel aux citoyens et à leurs élus pour s’opposer au « coup d’État » du 21 février 2012 !

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

la-revolution-francaise_1234120192.jpgAppel aux citoyens et à leurs élus

 pour s’opposer au « coup d’État » du

 21 février 2012 !

Texte de l'appel à signer et à faire circuler :

Il y a urgence et il ne s’agit pas seulement de se défendre contre le durcissement des politiques d’austérité. Dans les coulisses d'une campagne électorale où la menace de la crise fait converger les deux principaux candidats vers des mesures bien voisines, se prépare un véritable « coup d'État » qui frappera d'abord la démocratie chère au peuple français. Tous les autres peuples de la zone euro seront ensuite soumis à la même moulinette.

Afin de créer le dispositif en spirale visant à faire payer par les salariés (et surtout les 53 % des couches populaires d'ouvriers et employés et les 24 % des couches moyennes intermédiaires) l'entièreté de la dette créée par la spéculation financière des patrons du capitalisme, l'Assemblée nationale est convoquée en procédure d'urgence le 21 février 2012 pour ratifier le traité instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et pour modifier l'article 136 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE, deuxième partie du Traité de Lisbonne) (1).

Que disent nos « politiques » ? Nicolas Sarkozy propose des référendums dans un prochain quinquennat alors qu'il s'apprête à créer la dictature financière dans les jours qui viennent. C'est donc une imposture.
Tout parlementaire qui ne vote pas contre ces textes participera à une forfaiture. L'hypocrisie de l'abstention ou du refus de vote participera de la même forfaiture.
De quoi s'agit-il ? Ceux qui prônent la concurrence libre et non faussée comme le seul moyen à ce jour de protéger un ordre social « juste » — les ordo-libéraux — sont tout simplement en train d'organiser l'effondrement, le krach de la démocratie et de sonner la fin de la souveraineté populaire.
Nous savons depuis l'intervention de Pierre Mendès-France le 18 janvier 1957 à l'Assemblée nationale (2) que le processus de la construction européenne du Traité de Rome était liberticide et préparait la dictature économique et financière couronnée par le Traité de Lisbonne : nous arrivons à l'achèvement du processus avec les projets de MES (adopté par les dirigeants des États le 2 février) et du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG, adopté par les dirigeants des États le 30 janvier dernier).
Nos dirigeants espèrent ainsi définitivement soumettre les peuples à l'oligarchie financière.
Si ce texte est voté, il faudra, à partir du 1er mars 2013 se soumettre aux diktats austéritaires du TSCG pour avoir un droit d'accès aux 700 milliards d'euros du MES. Doté de la personnalité juridique, le MES n'aura aucun compte à rendre aux citoyens des peuples, aux parlements nationaux, ni même au Parlement européen. Seule la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sera juridiquement au-dessus de lui. La CJUE et le MES seront installés à Luxembourg, nouvelle capitale (non de droit, mais de fait) de l'Union européenne, regroupant alors les pouvoirs suprêmes des nouveaux dictateurs. Des autres instances de l'Union européenne, seule la Commission européenne de Bruxelles verra ses prérogatives augmenter, tout en étant soumise au pouvoir suprême installé à Luxembourg. Donc après avoir perdu la souveraineté monétaire, voilà que l'on nous propose de perdre la souveraineté budgétaire.

Parce que tout cela est en contradiction avec l'article 14 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 (3), les citoyens auront à coeur de ne pas être bernés comme à l’issue du référendum de 2005.
Signez la pétition ci-dessous, interpellez les forces politiques et vos représentants.
Et exigeons des candidats à l’élection présidentielle qu’ils prennent parti contre ce déni de démocratie !

euro-menotte

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Le peuple grec est opposé aux mesures imposées par la troïka.

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

Par Okeanos
Photograph: Orestis Panagiotou/EPA

Traduction [imparfaite, sans doute] d’un article de John Holloway  (The guardian) d’aujourd’hui, qui explique pourquoi la Grèce nous montre comment protester contre un système en panne (article disponible ici : « Greece shows us how to protest against a failed system « .

Je n’aime pas la violence. Je ne pense pas que beaucoup de choses peuvent être acquises en incendiant des banques et en brisant des vitrines. Et pourtant je ressens une sorte de plaisir quand je vois la réaction à Athènes et dans les autres villes de Grèce  suite à l’acceptation par le parlement grec des mesures imposées par l’Union européenne. Mieux : s’il n’y avait pas eu une explosion de colère, je me serais senti à la dérive dans une mer de dépression.

Ma joie est une joie de voir que les opprimés battus se vengent, qu’une situation soit en passe de s’inverser. La joie de voir ceux dont les joues ont été giflées mille fois rendre la gifle. Comment pouvons-nous demander aux gens d’accepter docilement les coupures féroces dans leur niveau de vie que les mesures d’austérité imposent ? Pouvons attendre d’eux qu’ils soient d’accord pour que l’énorme potentiel créatif de tant de jeunes soit juste éliminé, que leurs talents soient pris au piège dans une vie de chômage de longue durée ? Et tout çela pour que les banques puissent être remboursées, et que les riches deviennent plus riches ? Et tout cela, juste pour maintenir un système capitaliste qui a depuis longtemps dépassé sa date de péremption et qui n’offre désormais plus rien au monde, si ce n’est sa destruction. Pour que les Grecs acceptent docilement les mesures, il consisterait à rajouter de la dépression à la dépression, la dépression d’un système qui a échoué, aggravée par la dépression de la dignité perdue.

La violence de la réaction de la Grèce est un cri vers le monde. Combien de temps allons-nous rester en place et voir le monde déchiré par ces barbares, ces riches, ces banques ? Combien de temps allons-nous rester là à regarder l’augmentation des injustices, consultez le démantèlement des services de santé, une éducation réduit à un non-sens, les ressources en eau du monde privatisées, des communautés anéanties et la terre déchirée par les bénéfices des sociétés minières?

L’attaque qui est si aiguë en Grèce se déroule dans le monde entier. Partout l’argent a soumis l’homme et la vie non humaine à sa logique, la logique du profit. Ce n’est pas nouveau, mais l’intensité et l’ampleur de l’attaque est nouvelle, et la prise de conscience générale que la dynamique actuelle est un processus dynamique vers la mort est nouvelle également , qu’il est probable que nous soyons tous en direction de l’anéantissement de la vie humaine sur terre . Lorsque les savants commentateurs expliquent les détails des dernières négociations entre les gouvernements sur l’ avenir de la zone euro  , ils oublient de mentionner que ce qui est en cours de négociation est clairement l’avenir de l’humanité.

Nous sommes tous des Grecs. Nous sommes tous les sujets, dont la subjectivité est simplement écrasée par le rouleau compresseur d’une histoire déterminée par le mouvement des marchés monétaires. Des millions d’Italiens ont protesté à maintes reprises contre Silvio Berlusconi, mais ce sont les marchés monétaires qui l’ont amené vers le bas. La même chose en Grèce : manifestation après manifestation contre George Papandreou, ce sont les marchés monétaires qui l’ont licencié. Dans les deux cas, les serviteurs loyaux et éprouvés de l’argent ont été nommés  pour prendre la place des politiciens déchus, sans même un semblant de consultation populaire. Cette histoire n’est même pas construite par les riches et les puissants, mais ils en tirent certainement du profit : cette histoire est faite par une dynamique que personne ne contrôle, une dynamique qui est de détruire le monde, si nous le lui permettons.

Les flammes d’Athènes sont celles de la colère, et nous nous en réjouissons. Et pourtant, la rage est dangereuse. Si elle est retournée contre des personnalisés ou des groupes particuliers de personnes ( les Allemands, dans ce cas  ), elle peut facilement devenir purement destructrice. Ce n’est pas un hasard que le premier ministre à démissionner en signe de protestation contre la dernière série de mesures d’austérité en Grèce soit un chef de file du parti d’extrême droite, le Laos. La rage peut facilement devenir un nationalisme, un fascisme, même ; une rage qui ne fait rien pour rendre le monde meilleur. Il est important, alors, qu’il soit clair que notre rage n’est pas une rage contre les Allemands, pas même une rage contre Angela Merkel ou David Cameron ou Nicolas Sarkozy. Ces politiciens sont des symboles simplement arrogants et pitoyables de l’objet réel de notre colère – la règle de l’argent, la soumission de toute la vie à la logique du profit.

L’amour et la rage, la rage et l’amour. L’amour a été un thème important dans les luttes qui ont redéfini le sens de la politique au cours de la dernière année, un thème constant des mouvements « occupy », un sentiment profond, même au cœur des affrontements violents dans de nombreuses régions du monde. Mais l’amour se promène main dans la main avec la rage, la rage de «comment osent-ils nous prendre nos vies, comment osent-ils nous traiter comme des objets ». La rage d’un monde différent qui force son chemin à travers l’obscénité du monde actuel. Peut-être.

Cette recherche d’un monde différent n’est pas seulement une question de rage, bien que la rage en fasse partie. Cela implique nécessairement la construction patiente d’une manière différente de faire les choses, la création de différentes formes de cohésion sociale et de soutien mutuel. Derrière le spectacle des banques qui brûlent en Grèce, il y a un processus plus profond, un mouvement plus calme de personnes qui refusent de payer les tickets de bus, les factures d’électricité, les péages autoroutiers, les dettes bancaires ; un mouvement, né de la nécessité et de convictions, de personnes organisant leur vie d’un manière différente, en créant des communautés de réseaux de soutien et en partageant de la nourriture, occupant des bâtiments vides et des terres, créant des jardins communautaires, retournant à la campagne, en tournant le dos aux politiciens (qui ont maintenant peur de se montrer dans les rues) et créant des formules de démocratie directe pour prendre des décisions sociales. C’est peut-être encore insuffisant, encore au stade expérimental, mais c’est crucial. Derrière les flammes spectaculaires, c’est cette recherche et cette création d’une autre façon de vivre qui va déterminer l’avenir de la Grèce, et du monde.

Ces actions de samedi prochain à travers le monde ont pour but d’appuyer la révolte en Grèce. Nous sommes tous des Grecs.395843 323854417647168 100000678381250 1050254 647236960 n

SOLIDARITÉ AVEC

 

LE PEUPLE GREC

 

Le collectif 06 pour un audit citoyen de la dette –

 

CAC06 soutient le peuple grec frappé de plein fouet

 

par l'austérité imposée par le FMI et l'Union

 

européenne:

 

-Le peuple grec n'est pas responsable de la dette

 

-Le peuple grec n'a pas touché un sou des plans

 

successifs de sauvetage des banques

 

-Le peuple grec doit choisir lui-même son avenir: la

 

démocratie est un principe fondamental

 

Non au sacrifice du peuple grec !

 

La lutte du peuple grec est aussi notre

 

lutte !

 

cac06@audit-citoyen.org www.audit-citoyen.org

 

 

 

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Conférence de presse d’Aleka Papariga SG du CC du KKE (13/2/2012)

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

943478-1120249Conférence de presse

 

d’Aleka Papariga SG du

 

 CC du

 

KKE (13/2/2012)

 

La séance de l’Assemblée Nationale est terminée, le mémorandum voté, toutefois avec de sérieuses pertes pour le PASOK [social-démocrate - NdT] et la Nouvelle Démocratie [droite - NdT]. Bien entendu c’est la preuve de la force de la pression populaire, et dans ce sens la preuve de la puissance du mouvement ouvrier et populaire, bien qu’il soit limité pour le moment n’ayant pas atteint la masse et l’organisation nécessaire, l’orientation bien ciblée et la capacité de vaincre effectivement, efficacement, et d’une manière viable. Cette petite victoire quant à la pression exercée, deviendra importante si le peuple ne permet pas à la dissidence [des partis au pouvoir] de devenir le ch eva l de Troie qui fragmentera la radicalisation du mouvement, la lutte en termes de rupture et de renversement.

La classe ouvrière et le peuple, possèdent le pouvoir de balayer la politique antipopulaire et les partis à son service.  Qu’ils se tiennent avec confiance aux cotés du PCG, qu’ils se dissocient complètement des partis du gouvernement et de tous ceux qui essayent de déguiser le système. Nous nous retrouverons dans les luttes de classe et les batailles politiques.

Le contexte diffère du passé, mais une chose reste: Face au peuple se tient un gouvernement décidé par tous les moyens que lui offre le cadre de la démocratie bourgeoise, mais aussi en violant les droits populaires avec une répression étatique et la langue de bois, de casser et d’assurer l’appauvrissement du peuple, pour satisfaire par le «feu et le fer» les créanciers et les capitalistes du pays. L’accord signé engage – sur la base de l’Union européenne – tous les gouvernements qui suivront, indépendamment de leur composition future. Ce qui signifie que nous irons aux élections déterminés à ce que le peuple décide à l’intérieur et non pas à l’extérieur des murs.

Face au peuple se dresse l’UE décidée à casser tous les peuples d’Europe d eva nt les impasses  de la crise économique capitaliste qu’elle veut gérer. Ces forces du capital qui ont fait voter le mémorandum, savent que même leurs méthodes anti-ouvrières et antipopulaires les plus brutales, n’arriveront pas à rétablir l’unité ébranlée de l’UE, d’où la décision de son noyau le plus dur de se limiter aux pays capitalistes les plus puissants. Par ailleurs des pays parmi ses membres préparent de nouveaux scénarios d’alliances avec des pays capitalistes non-membres de l’UE. Sont terminées les illusions entretenues systématiquement par le ND, le PASOK, le LAOS [extrême droite] et SYRIZA [gauche du PASOK - NdT] par rapport à l’Europe unie, à l’égalité, à la convergence, à la paix, à la justice et à la solidarité sociale, au bien-être populaire, au changement de l’UE de l’intérieur. Tant que la crise s’approfondit et les antagonismes s’aggravent, il y a un réel danger pour que de nouveaux foyers de guerre s’embrasent et se transforment en un conflit plus généralisé. Les peuples seront appelés, une fois de plus, à verser leur sang du côté de l’un ou de l’autre impérialiste, dans la course pour une nouvelle répartition des marchés.

Le grand NON du peuple qui a manifesté par de multiples formes de lutte et de mouvements de grève, doit devenir un NON général contre le système, le gouvernement et les partis qui soutiennent l’UE, le FMI, doit devenir un NON à la dictature des monopoles.

Les nombreux votes NON exprimés au parlement hier ne sont pas homogènes, ce n’est pas le départ d’une opposition cohérente et ce n’est surtout pas une orientation unie qui tendrait vers une solution. Le peuple ne doit pas être entrainé et piégé par des solutions illusoirement faciles et superficielles. Le rapport de forces au parlement reste particulièrement négatif, il faut qu’il change avec les luttes et le vote.

Sous l’effet de deux facteurs (du tollé populaire et de l’impuissance du système à gérer la crise) qui provoquent des ruptures au sein des partis politiques bourgeois, ils cherchent comment déguiser le système politique bourgeois, l’habiller différemment, pour pouvoir contrôler le facteur populaire, le manipuler, avant qu’il ne soit trop tard pour le sauver. Des pensées et des constatations analogues se manifestent aussi parmi de nombreux autres députés qui ont voté OUI, mais qui se sont conformés à la discipline de parti.

Tant les députés dissidents du PASOK que ceux de la ND, ont déclaré, clairement et proprement, qu’ils ont voté sur la base des principes du PASOK et de la ND, et qu’ils demeurent idéologiquement et politiquement dans leurs partis, à savoir au service du système. Aucune autocritique de leur côté, aucune disposition à soutenir le mouvement de rupture.

La mise au point critique du LAOS et son abstention lors du vote après qu’il ait contribué à la formation du gouvernement du front noir, et avoir contribué à l’élaboration de thèses fondamentales du Mémorandum, est aussi un choix forcé de tactique. Ce choix n’est pas dû à sa bienveillance vis-à-vis des ouvriers, mais au rôle qu’il voudrait jouer pour soutenir la politique dominante, avec ses furieuses attaques anticommunistes, la violence et la répression étatique. C’est ce que son président a clairement avoué.

Les responsabilités de SYRIZA et de la GAUCHE DEMOCRATIQUE sont entières. Indépendamment de leurs ponctuelles divergences, ils ont fait du Mémorandum leur drapeau, simultanément défendant l’UE, effaçant tout le cheminement du développement capitaliste en Grèce, et l’intégration à l’UE. Ils cultivent parmi le peuple une multitude d’illusions et de vains espoirs sur un changement d’équipe dans le système politique actuel, avec un gouvernement qui saurait, à les en croire, être plus à même de négocier gentiment et bien avec l’UE pour gagner du temps, pour servir la dette tout en coexistant harmonieusement avec les monopoles et leurs unions internationales.

Il est manifeste que le soi-disant front anti-Mémorandum, avec tous les épithètes qui lui sont attribués: «de gauche», «rénovateur», «patriotique», «national-indépendantiste» n’est qu’une bulle de savon, puisqu’il n’abrite que des forces hétéroclites, dont le dénominateur commun est le sauvetage du système capitaliste et sa déshumanisation sournoise.

Maintenant le peuple, après la première défaite du système politique et sa première victoire, particulièrement la classe ouvrière, doit faire un pas discernable, pour mieux dire, un bond vers l’avant  tout en tenant compte de ce qui suit:

1)       Le peuple doit affronter la prochaine vague de faillite sauvage - incontrôlable par le peuple - pour renverser le rapport de forces sur le terrain politique et social. Non seulement il doit se dresser contre les mesures conduisant à l’appauvrissement total et relatif, et aussi à l’indigence, mais doit aussi assumer sa responsabilité pour que deviennent son patrimoine: les sources de développement, les moyens de production et les potentialités du pays. De quoi aurait-il peur puisqu’on l’a mis en faillite et qu’on lui impose une nouvelle vague de mesures de misère? Déjà il a beaucoup perdu. S’il veut se débarrasser de la Troïka il doit lutter pour la sortie de l’UE. Il n’est pas possible qu’il se batte de manière défensive et ne  revendique que des miettes. Il doit se battre pour le bien-être social et populaire, tel qu’il a besoin  comme il a droit, ces premières décennies du XXIe siècle.

2)       Il ne doit pas succomber aux sirènes du déguisement du système politique et à ces diverses concoctions, entre éléments de la ND, du PASOK, du LAOS et d’autres partis parlementaires. Il faut qu’il poursuive les efforts pour la désagrégation du PASOK et de la ND. Qu’il ne donne pas son soutien à l’apparence de nouveaux partis bourgeois. Qu’il ne laisse pas la moindre marge de manœuvre au système politique bourgeois déguisé en centre-droit ou en centre-gauche. Qu’il passe à la contre-attaque.

3)       Avec préparation et courage, il faut qu’il se dresse de toute sa hauteur contre la violence étatique et la répression qui s’accentuera dans une nouvelle vague d’anticommunisme enragé qui a pour cible le PCG, mais dont les balles frapperont le peuple et ses libertés démocratiques. Les événements inacceptables d’hier font partie de la provocation étatique pour frapper le mouvement populaire, que soit calomniée sa lutte de rupture et de renversement en se servant de cagoulards, le soi-disant groupes anti-pouvoir, de bandes organisées, de hooligans. Les travailleurs perdent leur emploi, pointent au chômage alors que les employeurs annoncent qu’ils ne rouvriront peut-être pas leurs magasins. Le mouvement ouvrier et populaire n’a qu’un seul intérêt: de prendre entre ses mains la richesse du pays, accaparée et exploitée par les monopoles. Que le NON au pouvoir des monopoles et le OUI au pouvoir ouvrier populaire, deviennent le OUI à la mobilisation, au détachement et à l’annulation unilatérale de la dette, voilà le vrai choix qui renforce et rend le mouvement efficace et vainqueur, annule toute tentative de transformation du système politique, toute forme de provocation, d’empoignement anticommunisme, qui a comme cible non seulement le PCG mais tout le peuple en lutte.

4)       Concourir avec le PCG pour rendre plus puissante l’alliance populaire de la classe ouvrière, des pauvres travailleurs indépendant, commerçants, artisans, agriculteurs pauvres, donner plus d’importance à l’action commune avec des organisations de jeunes et de femmes en lutte. C’est l’alliance dont le peuple a besoin. Voilà le neuf qui nait, la condition pour vaincre le système politique pourri et ses partis politiques, pour imposer des changements radicaux à l’économie et au pouvoir.

Les points de départ de l’organisation de la lutte sont les lieux de travail, les usines et les bureaux dans les secteurs privés et public, les banlieues ouvrières et populaires, la campagne pauvre. Les conférences et associations ouvrières, les comités populaires sont le fondement du mouvement organisé dans tout le pays avec une orientation unie contre le pouvoir des monopoles, en faveur du pouvoir ouvrier et populaire.

Le PCG est aujourd’hui encore plus déterminé et mûr pour donner de la force et de l’efficacité à la lutte. Ses membres et les membres de la Jeunesse communiste de Grèce, ses amis et adhérents et ses sympathisants peuvent et doivent assumer encore davantage de responsabilités.

La place du travailleur, de l’employé, du chômeur, du retraité, du travailleur indépendant, du pauvre agriculteur est aux cotés du PCG, et nulle part ailleurs!

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 [Traduction Alexandre MOUMBARIS]

http://dossiers-du-bip.fr/index.html

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Syrie : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN?

18 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN?

par Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, Le 17 février 2012

Introduction

 

Afin de faciliter l’action de forces libératrices, […] un effort particulier devrait viser l’élimination de certains individus clés […] dans les débuts du soulèvement et de l’intervention […]

 

Une fois qu’une décision politique a été prise de semer l’agitation en Syrie, la CIA et le SIS (MI6) tenteront d’organiser en sol syrien des incidents mineurs, du sabotage et des coups de main (sic), en travaillant en collaboration avec des individus […] Les incidents ne devraient pas se concentrer à Damas […]

 

De plus : « un important degré de peur […] des incidents et des affrontements frontaliers (mis en scène) […] fourniraient un prétexte à une intervention […] La CIA et le SIS [MI6] devraient utiliser leurs aptitudes sur le plan psychologique et sur le terrain pour augmenter la tension. » (Document conjoint divulgué des services de renseignement des États-Unis et du Royaume-Uni, Londres et Washington, 1957)

 

Les mensonges médiatiques et la propagande gouvernementale présentent les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique ».

 

Les « manifestations » ne sont pas issues de clivages politiques internes tels que décrits par les médias dominants. Depuis le tout début ils sont le résultat d’une opération clandestine du renseignement des États-Unis et de l’OTAN visant à déclencher le chaos social, dans le but de discréditer tôt ou tard le gouvernement de Bachar Al-Assad et de déstabiliser la Syrie en tant qu’État nation.

 

Depuis la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, appuyés clandestinement par les services de renseignement étasunien et israélien, ont mené des attaques terroristes contre des édifices gouvernementaux, incluant des incendies. Des tireurs professionnels et embusqués, dont des mercenaires, ont ciblé les policiers, les forces armées, ainsi que des civils innocents. Ces faits sont amplement documentés. Tel que souligné dans le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe, il existe des preuves abondantes démontrant que ces groupes armés ont tué des civils.

 

Alors que l’armée et le gouvernement syriens ont une lourde responsabilité, il convient de souligner le fait que ces actes terroristes, incluant le meurtre délibéré d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’une initiative des États-Unis de l’OTAN et d’Israël consistant à appuyer, entraîner et financer une « entité armée » opérant en Syrie.

 

Selon des reportages, les preuves confirment que des agents du renseignement étrangers ont intégré les rangs des rebelles.

 

Au moment où l’agitation et les meurtres s’intensifient dans l’État arabe en effervescence, des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation, a révélé un représentant de la sécurité. Des forces spéciales discutent par ailleurs avec des soldats syriens dissidents. Ils veulent savoir de quelles armes et de quels équipements de communication les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.

 

« Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour s’infiltrer et obtenir la vérité », a déclaré une source bien placée. « Nous avons le SAS et le SBS tout près qui désirent savoir ce qui se passe et vérifient de quel équipement les soldats ont besoin. » (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). (C’est l’auteur qui souligne)

 

L’Armée syrienne liber (ASL) est une création des États-Unis et de l’OTAN. Le but de cette insurrection armée est de déclencher une réaction de la police et des forces armées, incluant l’emploi de chars d’assaut et de véhicules blindés afin de justifier tôt ou tard une intervention militaire, en vertu du mandat de « responsabilité de protéger » de l’OTAN.

 

Une intervention menée par l’OTAN est à l’étude. Elle a été ébauchée avant le début du mouvement de protestation en mars 2011. Selon des sources de l’armée et du renseignement, l’OTAN, la Turquie et l’Arabie Saoudite discutent de « la forme que prendrait cette intervention ».

 

Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles. Le ministère de la Défense britannique confirme pour sa part qu’il « élabore des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN [en coordination avec ses alliés], mais qu’il doit d’abord obtenir l’appui du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). Selon ces plans confidentiels, « le combat en Syrie pourrait être plus important et plus sanglant que celui contre Kadhafi ». (Ibid.)

 

On envisage une intervention militaire « humanitaire » calquée sur celle de la Libye. Les Forces spéciales de l’OTAN britanniques, françaises, qataries, et turques sont déjà sur le terrain en Syrie, en violation flagrante du droit international. Des reportages de sources militaires britanniques confirment :

 

« Des forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) […] Le but apparent de ce contact initial était d’évaluer la puissance des rebelles  et d’ouvrir la voie à toute opération future de formation […] Des reportages plus récents ont révélé que les forces spéciales britanniques et françaises entraînent activement les membres de l’ASL sur une base en Turquie. D’autres reportages indiquent que des formations ont lieu en Libye ainsi qu’au nord du Liban. Des agents britanniques du MI6 et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS) entraîneraient des rebelles pour la guérilla urbaine et leur fourniraient des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales étasuniens assisteraient quant à eux les rebelles en matière de communications. » (Elite Forces UK, 5 janvier 2012 (C’est l’auteur qui souligne)

 





Le contexte sociopolitique en Syrie

 

Il existe certainement de bonnes raisons à l’origine des troubles sociaux et des manifestations de masse en Syrie : le chômage s’est accru ces dernières années, les conditions sociales se sont détériorées, particulièrement depuis l’adoption en 2006 de réformes économiques radicales sous la direction du FMI. Celles-ci comprennent des mesures d’austérité, un gel des salaires, la déréglementation du système financier, la privatisation et des réformes commerciales. (Voir le site du FMI — IMF Article IV Consultation Mission's Concluding Statement,  2006).

 

Par ailleurs, il y a de sérieuses divisions au sein du gouvernement et de l’armée. Le cadre politique populiste du parti Baath s’est grandement érodé. Une des factions de l’élite dirigeante a épousé l’agenda néolibéral et l’adoption de la « médecine économique » du FMI a servi à enrichir l’élite économique. Les factions pro-étasuniennes se sont également développées dans les échelons supérieurs de l’armée et du renseignement syriens.

 

Mais le mouvement « pro-démocratie » intégré par les islamistes et appuyé par l’OTAN et la « communauté internationale » n’émane pas du soutien de la société civile syrienne.

 

La vague de manifestations violentes représente une infime fraction de l’opinion publique syrienne. Il s’agit d’actes terroristes de nature confessionnelle qui n’abordent aucunement les questions plus vastes des inégalités sociales, des droits civiques et du chômage.

 

La majorité de la population syrienne (incluant les opposants du gouvernement Al-Assad) n’appuient pas le « mouvement de protestation » caractérisé par une insurrection armée. En réalité, c’est plutôt le contraire.

 

Ironiquement, malgré sa nature autoritaire, le gouvernement du président Bachar Al-Assad jouit d’un appui populaire considérable et les grands rassemblements en faveur du gouvernement le confirment.

 

La Syrie constitue le seul État laïque indépendant (subsistant) dans le monde arabe. Sa base populiste, anti-impérialiste et laïque héritée du parti Baath dominant intègre les musulmans, les chrétiens et les druzes, et appuie la lutte du peuple palestinien.

 

L’objectif ultime de l’alliance des États-Unis et de l’OTAN est de déplacer et de détruire l’État syrien laïque et finalement de remplacer le gouvernement de Bachar Al-Assad par un territoire régi par un cheik, une république islamique pro-étasunienne ou une « démocratie » pro-étasunienne conciliante.




Manifestation progouvernemental à Damas en mars 2011 

 

L’insurrection : le modèle libyen

 

Les caractéristiques de l’insurrection en Syrie sont semblables à celle de la Libye : elle est intégrée par des brigades paramilitaires affiliées à Al-Qaïda, lesquelles sont directement appuyées par l’OTAN et la Turquie.

 

Des reportages confirment que le haut commandement de l’OTAN et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles et les entraînent : « Les stratèges de l’OTAN pensent davantage à délivrer des quantités importantes de roquettes antichars et antiaériennes, des mortiers et des mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les manifestations afin de repousser les forces armées gouvernementales. » (DEBKAfile,NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011)

 

« Des sources militaires confirment par ailleurs que des rebelles syriens s’entraînent avec des officiers militaires turcs au maniement des nouvelles armes dans des installations improvisées sur des bases turques près de la frontière syrienne. » (DEBKAfile, Ibid.)  Des reportages récents confirment que des forces spéciales britanniques et qataries sont sur le terrain dans la ville de Homs, qu’elles sont impliquées dans la formation des forces rebelles et organisent la réserve d’armes en collaboration avec l’armée turque.

 

Comme ce fut le cas en Libye, l’Arabie Saoudite achemine un soutien financier aux forces rebelles syriennes : « Ankara et Riyad fourniront aux mouvements anti-Assad d’importantes quantités d’armes et des fonds, qui seront introduits clandestinement en Syrie. Le déploiement de troupes saoudiennes et du Conseil de coopération du Golfe au sud de la Syrie est par ailleurs envisagé en coordination avec la Turquie. (Ibid.)

 

Les activités de l’OTAN ne se limitent pas à la formation des rebelles et à la livraison de systèmes d’armes. On songe au recrutement de milliers de « combattants de la liberté », rappelant l’enrôlement des moudjahidines pour faire le djihad (guerre sainte) de la CIA au paroxysme de la guerre soviéto-afghane :

 

Ce recrutement de moudjahidines faisait partie de la stratégie de l’OTAN en Libye, où l’on envoyait les forces mercenaires se battre sous la direction de l’« ancien » commandant du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) Abdel Hakim  Belhadj.

 

Le modèle libyen de forces rebelles intégrées par les « brigades islamiques » aux côtés de l’OTAN a été appliqué à la Syrie, où sont déployés des « combattants islamistes » appuyés par le renseignement occidental et israélien. À cet égard, la brigade du GICL dirigée par Abdel Hakim a été envoyée en Syrie, où elle est impliquée dans des actes terroristes sous la supervision des forces spéciales de l’OTAN.

 

Le rôle central de l’ambassadeur des États-Unis Robert S. Ford

 

L’ambassadeur étasunien Robert S. Ford a été envoyé à Damas à la fin janvier 2011, au plus fort du mouvement de protestation en Égypte. (L’auteur était à Damas le 27 janvier 2011 lorsque l’envoyé de Washington a présenté ses lettres de créance au gouvernement Assad.)

 

Au début de ma visite en Syrie en janvier 2011, j’ai réfléchi à la signification de cette nomination politique et au rôle qu’elle pourrait jouer dans un processus clandestin de déstabilisation politique. Je n’ai toutefois pas anticipé que ce programme de déstabilisation serait implanté à peine deux mois après l’entrée en fonction de Robert S. Ford à titre d’ambassadeur des États-Unis en Syrie.

 

Le retour d’un ambassadeur des États-Unis à Damas, plus précisément le choix de Robert S. Ford à ce poste, est directement lié à naissance du mouvement de protestation contre le gouvernement de Bachar Al-Assad à la mi-mars.

 

Robert S. Ford était l’homme de la situation. En tant que « numéro deux » à l’ambassade étasunienne de Bagdad (2004-2005), sous la direction de John D. Negroponte, il a joué un rôle clé dans l’implantation de l’« Option Salvador en Irak ». Celle-ci consistait à appuyer des escadrons de la mort irakiens et des forces paramilitaires calquées sur l’expérience de l’Amérique centrale.

 

Il convient de noter que le chef de la CIA nouvellement nommé par Obama, le général David Petraeus, a influencé de manière décisive l’organisation d’un soutien clandestin aux forces rebelles et aux « combattants de la liberté », ainsi que l’infiltration des forces armées et du renseignement syriens, etc. À l’ambassade des États-Unis à Bagdad en 2004, en coordination avec John Negroponte et Robert S Ford, Petreus a dirigé le programme de « contrinsurrection » Multi-National Security Transition Command (MNSTC) (Commandement multinational pour la transition de la sécurité en Irak).




L'ambassadeur Ford à Hama, Syrie, en juillet 2011.

 

Le rôle insidieux des médias occidentaux

 

Le rôle de l’alliance militaire des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël dans l’éclatement de l’insurrection armée n’est pas abordé par les médias occidentaux. En outre, plusieurs « voix progressistes » ont accepté aveuglement le « consensus de l’OTAN ». Le rôle des opérations clandestines de renseignement de la CIA et du MI6 dans le soutien des groupes armés n’est tout simplement pas mentionné. Selon certains reportages, des groupes paramilitaires salafistes impliqués dans des actes terroristes sont appuyés clandestinement par le renseignement israélien (Mossad). Les Frères musulmans sont soutenus par la Turquie ainsi que le MI6, les Services secrets britanniques (SIS), depuis les années 1950.

 

De manière plus générale, les médias occidentaux ont induit l’opinion publique en erreur quant à la nature du mouvement arabe de contestation en n’abordant pas l’appui du département d’État des États-Unis et des fondations étasuniennes (dont le National Endowment for Democracy (NED)) à des groupes d’oppositions pro-étasuniens.

 

Fait connu et documenté, le département d’État des États-Unis « finance des opposants du président Bachar al-Assad depuis 2006 ». (U.S. admits funding Syrian opposition - World - CBC News  18 avril 2011.)

 

Les médias ont maintenu que le mouvement de contestation en Syrie faisait partie intégrante du « printemps arabe » et l’ont présenté à l’opinion publique comme un mouvement de contestation pro-démocratie s’étant propagé spontanément de l’Égypte et du Maghreb au Machreq. Il y a tout lieu de croire cependant que les événements en Syrie ont été planifiés longtemps à l’avance en coordination avec le processus de changement de régime dans d’autres pays arabes, incluant l’Égypte et la Tunisie.

 

L’éclatement du mouvement de protestation au sud de la ville frontalière de Daraa a été soigneusement prévu pour suivre les événements en Tunisie et en Égypte.

 

Les médias ont décrit en chœur les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al-Assad, alors que les preuves confirment amplement que des groupes islamistes armés sont impliqués dans des actes terroristes. Ces mêmes groupes islamistes ont infiltré les manifestations.

 

Les déformations médiatiques abondent. D’importantes manifestations progouvernementales sont simplement présentées comme « preuves » (des photographies entre autres) de l’existence d’un mouvement de contestation antigouvernemental. Les reportages sur les pertes sont basés sur des témoignages non confirmés de « témoins oculaires » ou des sources de l’opposition syrienne en exil. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, situé à Londres est cité à profusion par les médias occidentaux comme une « source fiable », avec les mises en garde habituelles. Les médias israéliens, tout en évitant la question d’une insurrection armée, reconnaissent tacitement que les forces syriennes sont confrontées à un groupe paramilitaire professionnel organisé.

 

L’absence de données vérifiables n’a pas empêché les médias occidentaux d’avancer des « chiffres officiels » quant au nombre des victimes. Quelles sont les sources de ces données? Qui est responsable de ces pertes?

 

Carrefour dangereux : Vers une guerre élargie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale

 

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation d’États souverains par des « changements de régime » est étroitement coordonnée avec la planification militaire. Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une succession de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

 

Les préparatifs de guerre pour attaquer la Syrie et l’Iran sont à un « stade de préparation avancé » depuis plusieurs années.

 

Les planificateurs des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël ont tracé les grandes lignes d’une campagne militaire « humanitaire », dans laquelle la Turquie (la deuxième plus grande force militaire au sein de l’OTAN) jouerait un rôle central.

 

Nous sommes à un carrefour dangereux. Si une opération militaire des États-Unis et de l’OTAN était lancée contre la Syrie, le vaste territoire qui s’étend du nord de l’Afrique aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan bordant la Chine, soit la région Moyen-Orient et de l’Asie centrale, serait engouffré dans le bouleversement d’une guerre régionale élargie.

 

Il y a actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.

 

Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces théâtres de guerres indépendants et conduirait tôt ou tard à une guerre élargie au Moyen-Orient et à l’Asie centrale.

 

Le chemin qui mène à Téhéran passe par Damas. Une guerre sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran impliquerait comme première étape une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines de renseignement en appui à des forces rebelles contre le gouvernement syrien.

 

Une guerre contre la Syrie pourrait évoluer en campagne militaire des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran, dans laquelle la Turquie et Israël seraient directement impliqués. Elle contribuerait également à la déstabilisation en cours du Liban.

 

Il est crucial de faire passer le message et de briser les réseaux de la désinformation médiatique.

 

Une vision critique et impartiale des événements actuels en Syrie est d’une importance cruciale afin d’inverser le cours de l’escalade militaire vers une guerre régionale élargie.

 

Michel Chossudovsky, Montréal, le 11 février 2012

 

 

Article original en anglais publié le 11 février : SYRIA: NATO's Next "Humanitarian" War?

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


Michel Chossudovsky est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

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Le Gladio ou commentla CIA a contrôléles pays européens. La guerre secrète en Italie par Danièle Ganser. (2° partie).

16 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

Comme après la mort de Kennedy, durant la présidence de Lyndon Johnson, les communistes et les socialistes italiens continuaient de jouir d’une grande popularité et d’obtenir de bons résultats aux élections, la droite italienne et la CIA poursuivirent leur guerre secrète. En 1965, suite au succès de l’Opération Piano Solo, le commandant du Gladio Renzo Rocca organisa, sur ordre de la CIA et du SIFAR, un congrès de l’extrême droite à Rome sur le thème de « la contre-révolution armée » et « la défense de l’Italie contre le communisme par tous les moyens nécessaires ». L’Institut Alberto Pollio, un groupe de réflexion de droite, servit de couverture au SIFAR et à la CIA pour la tenue de ce congrès au luxueux hôtel Parco dei Principi de Rome, du 3 au 5 mai 1965. Les militants d’extrême droite présents convinrent que « la Troisième Guerre mondiale a déjà commencé, même si elle se livre à un faible niveau d’intensité militaire ». Parmi les orateurs, Eggardo Beltrametti soulignait que : « C’est une lutte à mort et nous sommes résolus à éradiquer le communisme par tous les moyens. Nous préférerions nous contenter de méthodes non violentes, mais nous ne devons pas exclure d’envisager d’autres formes de combat. » [73] L’enquête parlementaire italienne permit de découvrir que les participants de la tristement célèbre conférence du Parco dei Principi avaient régulièrement fait référence à une mystérieuse organisation militaire parallèle, dont on n’apprit que plus tard qu’il s’agissait de Gladio. [74]

 

Richard Nixon, qui devint président des États-Unis en janvier 1969, et Richard Helms, directeur de la CIA de juin 1966 à février 1973 qui organisa le coup d’État par lequel le dictateur Pinochet prit le pouvoir au Chili, partageaient l’analyse de l’extrême droite italienne. En effet, les agents de la CIA à Rome vécurent un nouveau cauchemar lors des élections de 1968, quand la DCI fut une fois encore battue par l’alliance des socialistes et des communistes tandis que, dans les rues, se multipliaient les manifestations non violentes des opposants à la guerre du Vietnam. La riposte survint le soir du 7 décembre 1970, quand Junio Valerio Borghèse, le célèbre fasciste italien sauvé en 1945 par James Angleton, déclencha le second coup d’État du Gladio, avec l’appui de la CIA. L’opération secrète était baptisée « Tora Tora », d’après le nom de code de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor qui décida de l’entrée en guerre des USA le 7 décembre 1941. Le plan prévoyait, dans sa phase finale, l’intervention des bâtiments de guerre de l’OTAN et des États-Unis en alerte en Méditerranée.

 

À l’instar de Piano Solo, l’opération comportait l’arrestation des leaders syndicaux et des partis de gauche, de journalistes en vue et d’activistes politiques qui devaient ensuite être évacués par la mer et emprisonnés au centre Gladio, en Sardaigne. Plusieurs centaines d’hommes en armes commandés par Borghèse se déployèrent dans le pays pendant que des unités d’élite se rassemblaient dans Rome. À la faveur de l’obscurité, un détachement de paramilitaires emmené par le célèbre leader d’extrême droite Stefano Delle Chiaie parvint à investir le ministère de l’Intérieur, avec la complicité des gardes. Les conspirateurs s’emparèrent d’un lot de 180 mitraillettes et utilisèrent un camion pour les sortir du bâtiment et les faire parvenir à leurs complices. Une deuxième unité, comme le révéla l’enquête parlementaire sur Gladio, commandée par le parachutiste et partisan d’extrême droite Sandro Saccucci était chargée d’arrêter les fonctionnaires politiques. Un troisième groupe armé, comportant notamment des carabiniers ayant participé à Piano Solo, attendait dans un gymnase de la Via Eleniana, à Rome, prêt à intervenir. Dans la capitale, une unité clandestine, placée sous le commandement du général Casero devait occuper le ministère de la Défense. Sous les ordres du général Berti, un escadron d’hommes armés jusqu’aux dents et équipés de menottes se tenait à quelques centaines de mètres des bâtiments de la télévision et de la radio. Un autre groupe de putschistes, commandé par le général Amos Spiazzi, s’apprêtait à marcher sur Sesto San Giovanni, une banlieue ouvrière de Milan, fief de l’électorat communiste où la CIA prévoyait une forte résistance. [75]

 

L’Italie était au bord du coup d’État. Mais rien ne se passa. Au cours de la nuit du 7 au 8 décembre, peu avant 1 h 00, Borghèse, le leader du putsch, reçut un mystérieux coup de téléphone et l’opération fut annulée. Les conspirateurs abandonnèrent leurs postes stratégiques et regagnèrent leurs quartiers. Au Chili et en Grèce, l’extrême droite avait pris le pouvoir par un coup d’État suite à une forte progression des partis de gauche. Pourquoi le putsch a-il avorté en Italie ? Des membres de la Mafia, recruté par la CIA pour appuyer les conspirateurs, témoignèrent plus tard que les services de renseignement de l’URSS avaient eu connaissance du projet et que, suite à cela, les forces US et de l’OTAN avaient remarqué la présence d’un grand nombre de navires de guerre soviétiques en Méditerranée. « Si le coup d’État avorta et si rien ne fut finalement fait, c’est en partie parce qu’il y avait alors un grand nombre de bâtiments de guerre soviétiques en Méditerranée », déclara Tommaso Buscetta, un ponte de la Mafia, au juge Giovanni Falcone en 1984. [76] Un autre mafioso, Luciano Liggio, se lamente sur son sort : « Ils m’ont dit que les services secrets et les Etats-uniens étaient pour. Je leur ai dit d’aller se faire voir et, du coup, j’ai écopé de la prison à vie. » [77]

 

D’après le plan conçu par la CIA et Borghèse, le monde et l’Italie auraient découvert, au matin du 8 décembre 1970, qu’un nouveau régime autoritaire de droite gouvernait la péninsule. « Les principes qui régissent notre politique depuis 25 ans et nous ont amené au bord de la faillite économique et morale sont révolus », devait déclarer Borghèse à la population lors d’une allocution à la télévision ce matin-là. « Les forces armées, les forces de l’ordre, les hommes les plus compétents et légitimes de cette nation sont avec nous et, vous pouvez en être sûr, nos pires ennemis, ceux qui ont voulu inféoder notre patrie aux puissances étrangères, ont été mis hors d’état de nuire. » Suite à cela, Borghèse et ses conjurés avaient imaginé de mettre en œuvre leur programme politique qui prévoyait « que soient maintenus les engagements militaires et financiers vis-à-vis de l’OTAN et que soit conçu un plan en vue d’un renforcement de la contribution de l’Italie à l’Alliance Atlantique » sans oublier la nomination d’une délégation spéciale qui devait se rendre aux États-Unis afin de discuter d’une contribution militaire de l’Italie à la guerre du Vietnam ! [78]

 

Qui passa ce mystérieux coup de téléphone qui arrêta la marche de l’armée Gladio peu après minuit ? Le directeur de la CIA William Colby suggéra à demi-mot que ce fut le président Nixon en personne. Dans ses mémoires, il écrivit : « Bien sûr, elle [la CIA] a tenté un coup d’État militaire en 1970, sur ordre direct du président Nixon ». [79] Pour le président républicain, le monde se résumait à un champ de bataille où les communistes menaçaient de prendre le dessus, c’est pourquoi, à l’époque de Tora Tora, et tout en livrant la guerre du Vietnam, il bombardait également, avec peu de scrupules, le Cambodge voisin, tuant des milliers d’habitants de ce pays supposé neutre. [80] Remo Orlandini, un riche homme d’affaires italien proche de la droite prétendit que le président des Etats-Unis était également impliqué dans l’Opération Tora Tora. En 1973, au quartier général du SID, il eut une discussion en tête à tête à ce sujet avec le capitaine Antonio Labruna. Quand celui-ci l’interrogea sur « le soutien de l’étranger », Orlandini lui fit une réponse brève mais éloquente : « L’OTAN. Et l’Allemagne [de l'Ouest]. Pour ce qui est des militaires parce qu’on ne fait aucune confiance aux civils. » Labruna insista : « Il me faut les noms, et tout le reste parce que je connais assez bien la scène internationale … », ce à quoi Orlandini répondit : « Écoutez, en Amérique, on avait le soutien de Nixon, et de son entourage. » Pour Orlandini, l’ordre qui mit un terme au putsch du Gladio pouvait très bien émaner d’un haut représentant de l’OTAN, « C’est pour ça que je vous dis que vous n’avez pas la moindre idée de l’ampleur et de l’importance de la chose », répéta-t-il à Labruna. [81]

 

Giovanni Tamburino, un magistrat du parquet de Padoue mena une enquête approfondie sur l’Opération Tora Tora et découvrit, à sa grande surprise et bien avant les révélations sur Gladio, qu’elle impliquait une mystérieuse armée secrète. Il fit procéder à l’arrestation de Vito Miceli, alors à la tête du SID et qui avait dirigé le Bureau de Sécurité de l’OTAN à Bruxelles. Tamburino inculpa Miceli pour avoir « promu, mis en place et organisé, avec l’aide de complices, une association secrète regroupant civils et militaires et destinée à provoquer une insurrection armée visant à modifier illégalement la Constitution et la composition du gouvernement ». [82] Les informations obtenues par le juge suggéraient l’existence au sein du SID d’une mystérieuse organisation armée, le nom de code Gladio n’ayant pas encore été révélé, cette structure fut appelée « Super-SID » lors des auditions. Au cours de son procès, le 17 novembre 1974, Miceli s’emporta : « Si je disposais d’un super-SID sous mes ordres ? Bien sûr ! Mais je ne l’ai pas monté moi-même dans le but de tenter un coup d’État. Je n’ai fait qu’obéir aux ordres des États-Unis et de l’OTAN ! » [83] En 1977, alors que le procès traînait en longueur, Miceli fut contraint de s’expliquer : « Il y a toujours eu une certaine organisation top secrète, connue des plus hauts personnages de l’État, agissant dans le domaine des services secrets et impliquée dans des activités qui n’avaient rien à voir avec le renseignement (…) Si vous voulez des détails, ne comptez pas sur moi. » [84] En 1990, quand le Premier ministre Andreotti divulgua l’existence de Gladio, Miceli fut très contrarié et, jusqu’au jour de sa mort, il n’eut de cesse de pester contre ces révélations. [85]

 

Le colonel Amos Spiazzi fut lui aussi condamné à la prison car, lors du coup d’État de Borghèse, il avait rassemblé ses Gladiateurs à Milan pour mater les syndicats communistes. « Le jour du putsch de Borghèse, le 8 décembre 1970, je reçus l’ordre d’effectuer un exercice de maintien de l’ordre public, en faisant appel à des hommes de confiance », racontait-t-il dans un documentaire de la BBC consacré à Gladio. « Nous étions censés occuper à l’avance certains sites, qui seraient particulièrement sensible en cas de soulèvement populaire », expliquait-il, interviewé chez lui, devant une photo de lui en uniforme effectuant le salut nazi. « À cette époque-là, je savais simplement qu’il existait une structure composée d’anticommunistes fervents, mais qui ne devait être activée que dans l’hypothèse d’un invasion du pays », précisait le militant d’extrême droite. « Quand j’ai été arrêté en 1974, je me suis trouvé dans une situation délicate. Le juge m’interrogeait sans relâche, au bout d’un moment, j’ai compris qu’il pensait découvrir quelque chose de révolutionnaire ou d’anticonstitutionnel. Pour moi c’était une organisation de Sécurité nationale. » Le témoignage de Spiazzi était confus. « Le juge appartenait au même système que mes supérieurs. Pouvais-je lui dire certaines choses ? Non, à cause du secret militaire. » Spiazzi demanda donc au juge de pouvoir parler au directeur du SID Vito Miceli qui lui indiqua maladroitement de garder le silence sur Gladio. « Il m’a fait signe de ne rien dire [Spiazzi imita alors le geste de la main fait par Miceli au tribunal]. Mais le juge a remarqué ce signe. Son “non” [sur l'existence de Gladio] équivalait en fait à un “oui”. » [86] Au total, 145 conspirateurs ayant pris part à Tora Tora furent inculpés, parmi lesquels seuls 78 furent réellement jugés. 46 furent reconnus coupables par le Tribunal de Rome, mais tous furent acquittés en appel. Ainsi, tous les Gladiateurs ressortirent libres de cette parodie de procès.

 

Au grand désarroi de la CIA et de l’administration Nixon, Tora Tora, ce coup d’État avorté, ne parvint pas à arrêter la gauche italienne. Lors des élections de 1972, la DCI pro-US n’obtint, avec 39 % des suffrages, qu’une courte victoire sur les communistes du PCI et les socialistes du PSI qui comptabilisèrent 37 %. [87] Et ce, malgré le fait que, sur ordre de Nixon, Graham Martin, l’ambassadeur des États-Unis à Rome, ait investi 10 millions de dollars dans des opérations secrètes et de corruption en faveur de la DCI, comme le révéla une enquête parlementaire états-unienne sur la CIA conduite par Ottis Pike. Tandis que Moscou soutenait financièrement le PCI, Washington arrosait la DCI, comme l’apprit Pike : « La CIA évalue le montant du financement de campagnes électorales par les USA au cours des 20 dernières années à environ 65 millions de dollars ». [88]

 

Comme les communistes et les socialistes italiens continuaient d’obtenir de très bons résultats aux élections et disposaient de nombreux sièges au Parlement, ils auraient naturellement dû être associés au gouvernement. Toutefois, le président Nixon était fermement opposé à une telle ouverture à gauche car il craignait de voir divulguer les secrets de l’OTAN. Suite au scandale du Watergate, ce grand partisan des opérations spéciales fut contraint de démissionner le 8 août 1974 ; le lendemain, en prenant ses fonctions à la Maison-Blanche, son vice-président Gerald Ford déclara : « Ce long cauchemar national est enfin terminé ». [89] Ces paroles trouvèrent un écho en Italie où beaucoup espéraient un tournant dans la politique états-unienne, le ministre des Affaires étrangères italien par intérim Aldo Moro de la DCI et le président Giovanni Leone se rendirent à Washington en septembre 1974 pour discuter de l’entrée de la gauche italienne au gouvernement. Leurs espoirs furent vite balayés. Ford pardonna tous les crimes commis durant la présidence Nixon et conserva les personnages clés de son administration. Au cours d’une confrontation musclée, Henry Kissinger, qui, après avoir été le conseiller à la Sécurité nationale de Nixon, occupait à présent le poste de secrétaire d’État, déclara aux représentants italiens que la gauche ne devait en aucun cas entrer au gouvernement. L’Italie devait rester fortement impliquée dans l’OTAN. Cette visite officielle accabla Aldo Moro qui, après les opérations Piano Solo et Tora Tora, ne se faisait plus d’illusions sur l’indépendance de la Première République Italienne vis-à-vis des États-Unis.

 

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Le Premier ministre Aldo Moro, prisonnier des Brigades rouges, sous l’oeil vigilant des services secrets de l’OTAN.

À son retour en Italie, Moro fut souffrant pendant des jours et envisagea de se retirer complètement de la vie politique. « C’est l’une des rares fois où mon mari me fit part de ce qu’on lui avait dit, sans toutefois me dire de qui cela provenait », témoigna plus tard Eleonora Moro. « Je vais tenter de me souvenir de ses mots : “Vous devez renoncer à votre politique consistant à collaborer directement avec chacune des forces politiques de votre pays. Faites-le maintenant ou vous le paierez très cher.” » [90] Lors des élections législatives de juin 1976, le PCI réalisa le meilleur score de son histoire, 34,4 %, infligeant une cinglante défaite à la DCI. En conséquence, Aldo Moro, Premier ministre démocrate chrétien, se décida à passer outre l’interdiction formulée par les Etats-uniens. Le 16 mars 1978, emportant dans son attaché-case les documents du « compromis historique » (compromesso storico), il ordonna à son chauffeur de le conduire, en compagnie de ses gardes du corps, au Palais du Parlement italien, à Rome, où il était résolu à présenter son programme intégrant les communistes à l’exécutif italien. La voiture de Moro approchait du carrefour de la Via Mario Fani et de la Via Stresa, dans le quartier résidentiel où il habitait, quand une Fiat blanche fit soudain marche arrière et vint se mettre en travers de la route. Le chauffeur du président freina si brutalement que la voiture d’escorte vint percuter l’arrière du véhicule. Les 2 occupants de la voiture blanche et 4 autres individus qui attendaient dans la rue ouvrirent le feu sur les 5 gardes du corps de Moro. Le président, qui paraissait inquiet depuis son retour de Washington, avait demandé une voiture blindée, mais sa requête avait été rejetée. Les balles transpercèrent donc sans mal la carrosserie tuant sur le coup les gardes du corps. L’un d’eux parvint toutefois à faire feu deux fois sur les assaillants, mais il fut achevé à bout portant en même temps que ses deux collègues survivants. Moro fut capturé et retenu en otage dans le centre de Rome pendant 55 jours. Puis, on découvrit son corps criblé de balles dans le coffre d’une voiture abandonnée dans le centre de Rome, et garée symboliquement à mi-chemin du siège de la DCI et de celui du PCI.

 

L’Italie était sous le choc. Les services secrets militaires et le Premier ministre en fonction, Giulio Andreotti, accusèrent l’organisation terroriste d’extrême gauche les Brigades Rouges et prirent des mesures énergiques contre la gauche. 72 000 barrages furent dressés et 37 000 maisons fouillées. En moins de deux mois, plus de 6 millions de personnes furent entendues. Durant la captivité de Moro, sa famille proche vécut 5 semaines d’angoisse, son épouse Eleonora demanda même de l’aide au Pape Paul VII, un vieil ami de son mari. « Il m’a dit qu’il ferait tout son possible et je sais qu’il a essayé, mais il a rencontré trop de résistance ». [91] L’otage Moro lui-même comprit qu’il était victime d’un crime politique dans lequel les Brigades Rouges étaient instrumentalisées par la droite dure et les États-Unis. Dans sa dernière lettre, il demanda qu’aucun représentant de la DCI corrompue ne soit présent à son enterrement. « Embrasse tout le monde pour moi », écrivit-il à sa femme et à ses enfants, pleinement conscient qu’il allait bientôt mourir. « Transmets-leur toute ma tendresse. Sois forte, ma douce, dans cette épreuve si absurde et incompréhensible. Telle est la volonté du Seigneur. Entretiens mon souvenir dans le cœur de tous nos amis, je vous embrasse chaudement en signe de mon éternel amour. J’aimerais savoir, avec mes yeux de simple mortel, sous quelle forme nous nous retrouverons dans l’autre monde. » [92]

 

La commission sénatoriale chargée d’enquêter sur Gladio et le terrorisme soupçonna la CIA et les services secrets militaires italiens, et notamment leurs escadrons Gladio, d’avoir organisé l’assassinat de Moro. Elle rouvrit donc le dossier, mais découvrit avec stupeur que presque tous les documents relatifs à l’enlèvement et au meurtre de Moro avaient mystérieusement disparu des archives du ministère de l’Intérieur. Les dossiers contenaient toutes les transcriptions des communications téléphoniques officielles, les lettres échangées entre Moro et le gouvernement, les contacts pris avec les forces de sécurité et les minutes des réunions organisées durant les 55 jours que dura la captivité du Premier ministre. Le Sénat s’insurgea contre « la disparition des documents de la cellule de crise du ministère de l’Intérieur » et souligna que « l’affaire Moro doit être envisagée dans un contexte plus large » puisqu’il est nécessaire de « replacer les faits dans la réalité politique de l’époque ». Il conclut que l’assassinat d’Aldo Moro était « un projet criminel dans lequel les Brigades Rouges furent vraisemblablement les instruments d’un jeu politique plus vaste ». [93] Les sénateurs remarquèrent également qu’en 1978 « l’administration des États-Unis refusa tout d’abord de coopérer dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement et qu’elle envoya plus tard un seul expert en prise d’otage qui travailla sous la direction du ministère de l’Intérieur ». [94]

 

La tragédie de l’histoire italienne atteignit son paroxysme pendant les années de présidence de Richard Nixon, quand la droite répandit le sang et la terreur dans le pays et le conduisit au bord de la guerre civile. Les terroristes posaient des bombes dans les lieux publics et désignaient les communistes comme responsables afin d’affaiblir l’influence du PCI et du PSI. « Son implication supposée dans les attentats de Bologne [95] est potentiellement l’accusation la plus sérieuse portée contre Gladio », titra la presse quand, en 1991, la Commission parlementaire chargée d’enquêter sur Gladio et le terrorisme reçut un mémorandum anonyme suggérant que les explosifs utilisés à Bologne provenaient d’un arsenal de Gladio. [96] Le général Gerardo Serravalle, qui avait commandé les unités Gladio au sein du SID entre 1971 et 1974, confirma par la suite qu’à son grand regret, certains Gladiateurs « ont pu passer d’une logique défensive post-invasion à une logique offensive de guerre civile ». [97] Lorsqu’un journaliste de la BBC lui demanda pourquoi, compte tenu du danger manifeste, il n’avait pas décidé de démanteler le réseau, Serravalle répondit : « Et bien, le démanteler relevait d’une décision politique, qui était hors de ma sphère de compétences ». [98]

 

C’est la CIA qui contrôlait l’armée secrète italienne et, quand Serravalle fit part de ses inquiétudes concernant les opérations intérieures du réseau clandestin, il se heurta au COS Howard Stone, le chef de l’antenne romaine de l’Agence, qui suspendit les aides fournies par la CIA. « En prenant mes fonctions, j’ai remarqué que le financement états-unien, prévu par des accords bilatéraux, et en particulier l’approvisionnement en armes et en matériel, avait été interrompu. » Furieux, Serravalle convoqua Stone au quartier général du Gladio, en Sardaigne. Quand le COS s’y rendit, en compagnie de l’officier de la CIA Mike Sednaoui, Serravalle leur dit : « Voici notre centre d’entraînement, etc… Vous pourriez nous aider à atteindre notre potentiel maximal. Alors pourquoi nous couper vos aides ? Si c’est une décision de votre gouvernement, nous l’acceptons. Mais vous nous devez une explication. » Il comprit peu après que « la CIA, que représentaient ces deux agents, n’était pas tant intéressée par le niveau de notre entraînement que par les possibilités de contrôle interne. En d’autres termes notre capacité à réprimer des soulèvements populaires, à saboter des grèves nationales et, par-dessus tout, à contrer la progression du parti communiste. M. Stone expliqua clairement que le soutien financier de la CIA dépendait uniquement de notre disposition à programmer et à mettre en application -appelons-les ainsi- des mesures internes. » [99]

 

« Il apparaît sans l’ombre d’un doute que des éléments de la CIA ont entrepris, dans la deuxième moitié des années soixante, une vaste opération visant à contrer, par tous les moyens nécessaires, le développement de groupes et de mouvements de gauche dans toute l’Europe », conclut en 1995, le rapport final de 370 pages de l’enquête du Sénat italien sur Gladio et le terrorisme. « Il se dégage de cette analyse l’image d’un pays qui, pendant plus de 40 ans, a vécu dans un climat délétère de division. Les tensions qui ont caractérisé ces 4 décennies trouvent probablement leur origine dans la réalité sociale interne du pays. Cependant, ces tensions n’auraient pu perdurer, elles n’auraient pu atteindre cette dimension tragique, et la recherche de la vérité n’aurait été entravée à de si nombreuses reprises, si la situation politique intérieure n’avait été conditionnée et contrôlée par le système international dans lequel s’inscrivait l’Italie. » [100]

 

Au regard de la violence qui avait caractérisé l’histoire de la Première République Italienne -les statistiques officielles indiquent 491 civils tués et 1 181 autres blessés et mutilés entre 1969 et 1987- cette formulation parut trop frileuse aux membres de la commission issus de la gauche. Ils poursuivirent toutefois leurs investigations, sous la présidence du sénateur Pellegrini, et continuèrent à entendre des témoins et à examiner des documents. En juin 2000, ils présentèrent leur rapport final de 326 pages concluant que : « Ces massacres, ces attentats et ces opérations militaires ont été organisés, encouragés ou soutenus par des hommes au sein même des institutions italiennes et, comme il a été découvert plus récemment, par des hommes liés aux structures du renseignement états-unien ». [101]

 

Pour étayer cette conclusion lourde d’implications, le rapport de 2000 sur Gladio incluait plusieurs témoignages de Gladiateurs. Le soldat de l’ombre Giuseppe Tarullo, qui était entré au SIFAR en 1961, avait déclaré sous serment aux sénateurs que, parallèlement à la préparation d’une invasion, leur tâche avait également consisté à contrôler les communistes italiens : « Même entre nous, nous parlions de mission interne. On racontait que la structure, avec ses connections à l’étranger, aurait également été activée pour contrer une subversion interne, avec l’appui des Forces Spéciales. Par subversion interne, nous entendions un changement de gouvernement contraire à la volonté du pouvoir en place. » [102] Le Gladiateur Giuseppe Andreotti l’exposa comme suit aux sénateurs : « La structure Gladio répondait à une logique interne, en ce sens que, comme je l’ai déjà expliqué, elle devait s’opposer à la prise du pouvoir par un régime réprouvé par la population, c’est-à-dire une dictature de droite ou de gauche ». [103]

Le Gladiateur Manlio Capriata, qui, avec le rang de général, avait dirigé le Bureau R au sein du SIFAR entre février et juin 1962, témoigna devant les sénateurs : « Je confirme que la section V, et par conséquent l’organisation S/B [stay-behind] et le CAG [le Centro Addestramento Guastatori, en Sardaigne] avaient une fonction antisubversive dans le cas où les forces politiques de gauche seraient parvenues au pouvoir ». [104] Compte tenu des preuves amassées, le sénateur Valter Bielli conclut : « Je suis convaincu que l’intervention des Etats-uniens en Italie est à présent un fait historique avéré ». À Washington, l’administration Clinton, plutôt embarrassée, préféra s’abstenir de tout commentaire tandis qu’une source anonyme de l’ambassade US à Rome déclara : « Ce sont les mêmes accusations que l’on entend depuis 20 ans, elles ne sont absolument pas fondées ». [105]

 

Mais le sénateur Bielli refusait d’en démordre, il affirma : « Ils se sont ingérés pour empêcher une victoire démocratique du parti communiste. La menace rouge n’existe plus et il serait souhaitable que les Etats-uniens eux-mêmes nous aident à clarifier ce qui s’est passé. » Alors que l’ex-Union soviétique ouvrait ses archives, les États-Unis ne laissaient rien filtrer. « Pendant la Guerre froide, l’Est était sous domination communiste, mais l’Ouest lui aussi est d’une certaine manière devenu une colonie états-unienne », se plaignit Bielli. Aldo Giannuli, un historien travaillant comme consultant auprès de la commission parlementaire insista à raison sur la nécessité d’étendre à présent l’enquête au niveau international et d’examiner les documents de l’Alliance Atlantique : « Le vrai problème aujourd’hui, c’est d’obtenir l’accès aux archives de l’OTAN ». [106]

 

(A suivre…)

 

Documents joints

 

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Stato Maggiore della Difesa. Servizio Informazioni delle Forze Armate. Ufficio R – Sezione SAD : Le forze speciali del SIFAR e l’operazione Gladio. Roma, 1 Giugno 1959.

 

 

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Commissione parlamentarre di inchiesta sulle cause dell’occultamento di fascicioli relativi a crimini nazifascisti (2006)

 

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Cet article constitue le sixième chapitre des Armées secrètes de l’OTAN

© Version française : éditions Demi-lune (2007).

 

[1] S’il est avéré que le PCI a reçu un important soutien financier de Moscou, les relations exactes entre celui-ci et le Parti communiste soviétique pendant la Guerre froide font tonjours débat parmi les historiens. Sergio Romano, ambassadeur d’Italie en URSS de 1985 à 1989, rapporta que jusqu’à la fin des années 1970, la plupart des ressources financières du PCI provenaient du Parti communiste soviétique. Parmi les enquêtes menées sur ces liens entre le PCI et Moscou figurent : Joan Barth Urban, Moscow and the Italian Communist Party : From Togliatti to Berlinguer (Cornell University Press, Ithaca, 1986), Gianni Cervetti, L’Oro di Mosca : La Verita sui Finanziamenti Sovietici al PCI Raccontata dal Diretto Protagonista (Baldini & Castoldi, Milan, 1993, réédité en 1999) et Valerio Rima, Oro da Mosca. I Finanziamenti Sovietici al PCI dalla Rivoluzione d’Ottobre al Crollo dell’ URSS (Mondadori, Milan, 1999).

[2] Senato della Repubblica. Commissione parlamentare d’inchiesta sul terrorismo in Italia e sulle cause della mancata individuazione dei responsabiliy delle stragi : Il terrorismo, le stragi ed il contesto storico politico. Redatta dal presidente della Commissione, Senatore Giovanni Pellegrino. Rome, 1995, p.20. Ce rapport du Sénat italien constitue l’un des documents de référence sur Gladio et plus généralement sur les actions clandestines menées par les États-Unis en Italie. Il traite de Gladio, du terrorisme et d’attentats non résolus. Afin d’éviter toute confusion avec le second rapport sénatorial, lui aussi très intéressant, présenté en 2000, le premier document sera appelé le Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats .

[3] Magazine italien Panorama du 10 février 1976. Cité dans le Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.13.

[4] Roberto Faenza, Gli americani in Italia (Editore Feltrinelli, Milan, 1976), p.10-13. Les connexions entre les USA et la mafia avaient déjà été révélées en 1951 par une enquête du Sénat des Etats-Unis dirigée par le sénateur Kefauver. Voir les US Senate Special Committee, Hearings on Organised Crime and Interstate Commerce, part 7, p.1181 (1951). L’historien italien Roberto Faenza fut l’un des premiers à prendre la mesure de l’impact considérable des opérations clandestines états-uniennes en Italie. Son premier ouvrage sur le sujet, écrit avec Marco Fini et paru en 1976, se concentrait sur les années d’après-guerre et s’intitulait sobrement : Gli Americani in Italia. On pouvait lire dans la préface : « Pour de nombreuses personnes dans le monde entier, y compris pour le citoyen états-unien moyen, il fut difficile et douloureux d’admettre que les États-Unis constituent la force la plus conservatrice et la plus contre-révolutionnaire du monde. C’est pourtant ce que démontre ce livre en révélant les interventions secrètes du gouvernement US dans les affaires internes du peuple italien (…) la situation est comparable à ce qu’ont révélé d’autres enquêtes en Grèce, en Iran, au Guatemala, en République Dominicaine et dans de nombreux autres pays (…) Il est particulièrement difficile de regarder cette vérité en face. »

[5] Quotidien britannique The Observer du 10 janvier 1993. Référence au documentaire Allied to the Mafia, diffusé en janvier 1993 sur la chaîne BBC2.

[6] Mackenzie, W. J. M., History of the Special Operations Executive : Britain and the resistance in Europe (British Cabinet Office, Londres, 1948), p.842 and 853. Les USA ont appliqué dans la zone Pacifique, et notamment aux Philippines, cette stratégie consistant à appuyer puis à affaiblir des guérillas d’extrême gauche pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Japon avait envahi les Philippines en janvier 1942. Les États-Unis soutenaient et entraînaient des partisans aux orientations politiques diverses en lutte contre l’opposition japonaise, dont le mouvement gauchiste Huk qui représentait un puissant levier pour la révolution sociale. Mais, tout comme en Italie et en Grèce, les anciens frères d’armes furent sacrifiés. Une fois le Japon vaincu, les USA confisquèrent les armes de la guérilla et les Huks furent massacrés en présence d’officiers US, une opération qui dura au moins jusqu’en 1945. L’historien états-uniens Gabriel Kolko commente : « Les dirigeants Huks croyaient naïvement que les Américains les tolèreraient ». Voir Gabriel Kolko, Century of War Politics, Conflict, and Society since 1914 (The New Press, New York, 1994), p.363.

[7] Geoffrey Harris, The Dark Side of Europe : The Extreme Right Today (Edinburgh University Press, Édimbourg, 1994), p.3 and 15.

[8] Allan Francovich, Gladio : The Ringmasters. Premier des trois documentaires de Francovich consacrés au Gladio, diffusé le 10 juin 1992 sur BBC2.

[9] William Blum, Killing Hope : US Military and CIA Interventions since World War II (Common Courage Press, Maine, 1995), p.28. Version française : Les guerres scélérates (Parangon, 2004), ch. 2.

[10] A propos d’Alcide de Gasperi, voir « L’Opus Dei et l’Europe – Du recyclage des fascistes au contrôle des démocraties », par Thierry Meyssan, 22 mars 1995. Ndlr.

[11] Martin Lee, The Beast Reawakens (Little Brown and Company, Boston, 1997), p.100.

[12] Jonathan Dunnage, « Inhibiting Democracy in Post-War Italy : The Police Forces, 1943-48 » dans Italian Studies, n°51, 1996, p.180.

[13] Stuart Christie, Stefano delle Chiaie (Anarchy Publications, Londres 1984), p.6.

[14] Ibid., p.4.

[15] Tom Mangold, Cold Warrior : James Jesus Angleton ; The CIA’s Master Spy Hunter (Simon & Schuster, Londres, 1991), p.20. Mangold, le biographe d’Angleton ne fournit malheureusement aucun détail sur la collaboration de l’agent avec les fascistes après 1945 et ne relate pas le sauvetage de Borghèse par Angleton.
Le personnage de James Angleton a été incarné au cinéma par Matt Damon dans le film de Robert DeNiro The Good Shepherd (2006) [version française : Raisons d'État (2007)], et à la télévision par Michael Keaton dans la série The Company (2006). Ndlr.

[16] William Corson, The Armies of Ignorance : The Rise of the American Intelligence Empire (The Dial Press, New York, 1977), p.298 and 299. Du fait de sa nature clandestine, l’opération fut financée par de l’argent sale qu’il fallut blanchir. Corson explique que 10 millions de dollars furent d’abord retirés en espèces du Fond de Stabilisation Économique avant de transiter par des comptes personnels pour être finalement reversés sous forme de dons à des organismes écrans de la CIA.

[17] Christie, delle Chiaie, p.175.

[18] Denna Frank Fleming, The Cold War and Its Origins 1917-1960 (Doubleday, New York, 1961), p.322.

[19] Thomas Powers, The Man Who Kept the Secrets : Richard Helms and the CIA (Weidenfeld and Nicolson, Londres, 1980), p.30.

[20] Quotidien britannique The Guardian du 15 janvier 1992.

[21] Sous la Première République italienne le service de renseignement militaire dut changer son nom à de nombreuses reprises en raison des multiples scandales qu’il traversa. De sa création en 1949 à la première grande affaire en 1965, il porta le nom de SIFAR, il fut ensuite rebaptisé SID, tout en conservant la majeure partie de son personnel. En 1978, à la suite d’un nouveau scandale, le SID fut divisé en deux services qui sont toujours actives aujourd’hui. La branche civile fut placée sous le contrôle du ministère de l’Intérieur et baptisée SISDE (Servizio Informazioni Sicurezza Democratica) alors que la branche militaire demeura rattachée au ministère de la Défense sous le nom de SISMI.

[22] Philip Willan, Puppetmasters : The Political Use of Terrorism in Italy (Constable, Londres, 1991), p.34.

[23] Mario Coglitore (ed.), La Notte dei Gladiatori. Omissioni e silenze della Repubblica (Calusca Edizioni, Padoue, 1992), p.34.

[24] Quotidien britannique The Observer du 18 novembre 1990

[25] Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.49.

[26] Coglitore, Gladiatori, p.133.

[27] Pietro Cedomi, « Service secrets, Guerre froide et ‘stay-behind. 2e partie’ : La mise en place des réseaux » dans le périodique belge Fire ! Le Magazine de l’Homme d’Action, septembre/octobre 1991, p.80.

[28] Allied Clandestine Committee (ACC) et Clandestine Planning Committee (CPC).

[29] Quotidien britannqiue The Observer du 7 juin 1992.

[30] Memorandum, National Security Council to Harry S. Truman, April 21, 1950, Bibliothèque du Réseau Voltaire.

[31] Le document fut déclassifié en 1994 et provoqua une vague de protestation en Italie. Voir le quotidien italien La Stampa du 27 novembre 1994.

[32] William Colby, Honourable Men : My Life in the CIA (Simon & Schuster, New York, 1978), p.110. Version française : 30 ans de CIA (presses de la Renaissance, 1978), ch. 4.

[33] Roberto Faenza, Il malaffare. Dall’America di Kennedy all’Italia, a Cuba, al Vietnam (Editore Arnoldo Mondadori, Milan, 1978), p.312.

[34] L’existence de ce document fut révélée au moment des révélations sur Gladio en 1990. Le rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.25.

[35] Périodique italien Europeo du 18 janvier 1991. La commission d’enquête parlementaire n’apprit l’existence du document de 1956 sur Gladio qu’en entrant en possession d’un texte daté du 1er juin 1959 qui y faisait référence en termes précis, précisant qu’il était daté du 26 novembre 1956 et intitulé Accordo fra il Servizio Informazioni Italiano ed il Servizio Informazioni USA relativo alla organizzazione ed all’attivita della rete clandestina post-occupazione (stay-behind) italo-statunitense. [Accord conclu entre le SIFAR et la CIA concernant l'organisation et l'activité d'un réseau post-occupation italo-états-unien secret (stay-behind).] Le contenu du document original figure dans Coglitore, Gladiatori, p.118-130.

[36] Périodique belge Fire, janvier 1992, p.59.

[37] Ibid., p.62.

[38] Allan Francovich, Gladio : The Puppeteers. Second des trois documentaires de Francovich consacrés au Gladio, diffusé sur BBC2 le 17 juin 1992. Version française : Gladio, les Marrionettistes.

[39] Colby, Honourable Men, p.128.

[40] Ibid., p.109-120.

[41] Le document est cité dans Faenza, Malaffare, p.313. Dans les années 1970, l’historien italien Roberto Faenza obtint en vertu du FOIA l’accès au document Demagnetize révélant pour la première fois « cette grave dérive des services secrets italiens ».

[42] Supreme Headquarters Allied Powers in Europe (SHAPE), c’est-à-dire le Grand quartier général des puissances alliées en Europe.

[43] Stato Maggiore della Difesa. Servizio Informazioni delle Forze Armate. Ufficio R – Sezione SAD : Le forze speciali del SIFAR e l’operazione Gladio. Roma, 1 Giugno 1959. Ce document fut découvert par le juge Casson dans les archives du SIFAR à Rome en 1990 et fut à l’origine des révélations en Italie et dans toute l’Europe. Il est téléchargeable au bas de cette page

[44] Cobly, Honourable Men, p.136.

[45] Télégramme envoyé par le secrétaire d’État à l’ambassade des Etats-Unis à Rome le 18 octobre 1961. Retranscrit dans Faenza, Malaffare, p.311. Faenza livre une analyse très pertinente du projet de Kennedy de favoriser l’ouverture à gauche en Italie. Voir Faenza, Malaffare, p.307-373 (“L’apertura a sinistra”).

[46] Extrait de Regine Igel, Andreotti. Politik zwischen Geheimdienst und Mafia (Herbig Verlag, Munich, 1997), p.49. Sa source non datée est le magazine états-unien New Statesman.

[47] Faenza, Malaffare, p.310.

[48] Igel, Andreotti, p.50. åå

Le jour des élections en avril 1963, le cauchemar de la CIA se réalisa : les communistes gagnèrent du terrain tandis que tous les autres partis perdaient des sièges. La DCI soutenue par les USA tomba à 38 %, son plus mauvais score depuis sa création au lendemain de la guerre. Le PCI rassemblant 25 % des suffrages et le PSI réalisant un bon 14 % s’allièrent pour former la première majorité de gauche au Parlement italien. Les électeurs de la gauche italienne fêtèrent dans la rue la nomination pour la première fois de socialistes au sein du gouvernement du Premier ministre Aldo Moro de l’aile gauche de la DCI. Le président Kennedy fut immensément satisfait de ces résultats et décida en juillet 1963 d’effectuer une visite officielle à Rome à la grande joie de nombreux Italiens. L’aéroport était bondé et une fois de plus, les Etats-uniens furent accueillis par des drapeaux et des acclamations. « C’est un homme formidable. Il ne fait pas du tout son âge. Il m’a invité à lui rendre visite aux États-Unis », déclara avec enthousiasme Pietro Nenni, le chef du PSI. [[Faenza, Malaffar, p.356.

[49] Jens Mecklenburg (ed.), Gladio : Die geheime Terrororganisation der Nato (Elefanten Press, Berlin, 1997), p.30. Et Coglitore, Gladiatori, p.185. C’est un ancien général du SID qui, entendu dans les années 1980 dans le cadre de l’affaire Propaganda Due, révéla que ces criminels étaient des Gladiateurs.

[50] Jean Francois Brozzu-Gentile : L’Affaire Gladio (Editions Albin Michel, Paris, 1994), p.77. Et Faenza, Malaffare, p.315. Voir également Willan, Puppetmasters, p.84.

[51] Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats , p.85.

[52] Ibid.

[53] Le forze speciali del SIFAR e l’operazione Gladio, document téléchargeable au bas de cette page. Les investigations conduites sur l’opération Piano Solo indiquent que 731 personnes devaient être déportées, la commission d’enquête sénatoriale a elle établit que le chiffre était plus près de 1 100 à 1 200 citoyens influents qui devaient être emprisonnés au CAG, le quartier général sarde du Gladio. Les services secrets militaires refusèrent de transmettre à la commission la liste des proscriptions. « La situation est très grave car on peut raisonnablement penser que la liste contient des noms de parlementaires et de responsables politiques et que la divulgation de cette liste permettrait d’infirmer définitivement la thèse selon laquelle les événements de 1964 étaient des opérations de prévention menées afin d’éviter des troubles de l’ordre public », conclurent les sénateurs. Voir le Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.89.

[54] Une très bonne description du coup est livrée dans Richard Collin, The De Lorenzo Gambit : The Italian Coup Manqué of 1964 (Sage, Beverly Hills, 1976). Diplômé d’Harvard, ce spécialiste des questions militaires a donné des conférences dans le Maryland avant de travailler pour le ministère de la Défense puis en tant que conseiller de l’attaché militaire de l’ambassade US à Rome et de devenir finalement consultant auprès des forces armées saoudiennes. En une soixantaine de pages, il offre un excellent récit de l’opération Piano Solo. Hélas, il occulte presque totalement le rôle joué par les USA dans les événements.

[55] Collin, Coup, p.60.

[56] Ibid. Sa source est le magazine italien Avanti ! du 26 juillet 1964.

[57] Coglitore, Gladiatori, p.186. See also Willan, Puppetmasters, p.85.

[58] Rapport d’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats1995, p.87. Bernard Cook, « The Mobilisation of the Internal Cold War in Italy » dans History of European Ideas. Vol.19, 1994, p.116.

[59] Franco Ferraresi, « A Secret Structure Codenamed Gladio » dans Italian Politics. A Review, 1992, p.41. Le coup d’État silencieux du Gladio n’aurait jamais été rendu public sans le travail des journalistes d’investigation. Dès le printemps 1967, Raffaele Jannuzzi (qui deviendra plus tard député socialiste) informa les lecteurs du magazine Espresso qu’ils avaient échappé de peu à un coup d’État (« Complotto al Quirinale », Espresso du 14 mai 1967). La tentative de De Lorenzo de faire taire Jannuzzi en lui intentant un procès en diffamation s’avéra contre-productive car l’instruction mit en lumière une telle quantité de preuves que le gouvernement n’eut d’autre choix que d’autoriser l’ouverture d’une enquête parlementaire sur « les événements de 1964 ». (Italian Senate. Commissione parlamentare d’inchiesta sugli eventi del giungo-luglio 1964. Rapport de deux volumes publié à Rome en 1971).

[60] Relazione della Commissione parlamentare d’inchiesta sugli eventi del giungno-luglio 1964, Roma 1971, p.67. Cité dans Igel, Andreotti, p.51. Et dans Willan, Puppetmasters, p.38.

[61] Commissione parlamentare d’inchiesta sugli eventi del giugno-luglio 1964, Relazione di minoranza, Roma 1971, p.307. Voir Igel, Andreotti, p.53.

[62] Extrait de Igel, Andreotti, p.52.

[63] Ayant établi le lien entre Licio Gelli et des terroristes d’extrême droite, le juge italien Carlo Palermo ordonna à la section anti-terroriste du SISMI de l’aider dans son enquête. Le 16 avril, celle-ci fournit des informations sur l’intervention états-unienne en Italie. C’était peut-être la première fois que la section s’acquitta de sa mission, elle fut d’ailleurs immédiatement fermée. La carrière prometteuse d’Emilio Santillos, le directeur de la section anti-terroriste du SISMI, fut soudainement interrompue et plusieurs de ses collaborateurs connurent un sort tragique. Le colonel Florio, du SISMI, mourut dans un mystérieux accident de voiture, le colonel Serrentiono quitta les services pour « raisons de santé », le major Rossi mit quant à lui fin à ses jours. Seul le major Antonio de Salvo quitta la section indemne pour rejoindre la franc-maçonnerie. Source : Igel, Andreotti, p.232.

[64] Quotidien britannique The Observer du 21 février 1988.

[65] [Senato della Repubblica Italiana. Relazione della Commissione Parlamentare d'Inchiesta Sulla Loggia P2, Roma 1984.

[66] Tiré d’un entretien avec Willan. Extrait de Willan, Puppetmasters, p.55.

[67] Igel, Andreotti, p.229.

[68] Cité dans le périodique britannique The New Statesman du 21 septembre 1984.

[69] Hugh O’Shaughnessy, « Gladio : Europe’s best kept secret ». Ces agents étaient censés rester derrière les lignes ennemies en cas d’invasion de l’Europe de l’Ouest par l’Armée rouge. Mais ce réseau mis en place avec les meilleures intentions dégénéra dans certains pays en instrument du terrorisme et de l’agitation politique d’extrême droite dans le quotidien britannique The Observer, du 7 juin 1992.

[70] Gentile, Gladio, p.28.

[71] Ibid.

[72] Télévision britannique Newsnight sur BBC1 le 4 Avril 1991.

[73] Willan, Puppetmasters, p.41.

[74] Rapport d’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.97.

[75] Ibid., p.164.

[76] Willan, Puppetmasters, p.97. Buscetta fit des révélations au juge Falcone en décembre 1984. Ce courageux magistrat fut plus tard assassiné par la Mafia.

[77] Liggio devant la Cour d’assises de Calabre en 1986. Rapporté dans Willan, Puppetmasters, p.97.

[78] Willan, Puppetmasters, p.94.

[79] Colby, Honourable Men, p.395.

[80] Voir par exemple McNamara, Robert, Retrospect : The Tragedy and Lessons of Vietnam (Random House, New York, 1995).

[81] Willian, Puppetmasters, p.93.

[82] Magazine politique britannique Statewatch, janvier 1991.

[83] Gentile, Gladio, p.105.

[84] Magazine politique britannique Statewatch, janvier 1991. Et Gentile, Gladio, p.19.

[85] Magazine politique italien Europeo du 16 novembre 1990.

[86] Allan Francovich, Gladio : The Puppeteers.

[87] Résultats obtenus par les trois principales formations politiques DCI, PCI et PSI aux élections législatives de 1968 à 1994 :

[88] Pike Report : Report of the House Select Committee on Intelligence [Pike Committee], Ninety-fourth Congress (Village Voice, New York, 1976), p.193 et 195.

[89] Jœ Garner, We Interrupt this broadcast. The Events that stopped our lives. From the Hindenburg Explosion to the Death of John F. Kennedy Jr (Sourcebooks, Naperville, 2000), p.87.

[90] Extrait de Willan, Puppetmasters, p.220.

[91] Willan, Puppetmasters, p.325.

[92] Extrait de Willan, Puppetmasters, p.219.

[93] Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.294 et 295.

[94] Ibid., p.294

[95] A ce sujet, lire « 1980 : carnage à Bologne, 85 morts », Réseau Voltaire, 12 mars 2004.

[96] Quotidien britannique The Guardian, du 16 janvier 1991.

[97] Agence de presse internationale Associated Press, 20 novembre 1990.

[98] Interview de Serravalle par Peter Marshall de la BBC dans le cadre d’un reportage spécial sur Gladio diffusé dans l’émission Newsnight du 4 avril 1991.

[99] Allan Francovich, Gladio : The Puppeteers.

[100] Rapport de l’enquête sénatoriale de 1995 sur Gladio et les attentats, p.242 and 364.

[101] Senato della Repubblica. Commissione parlamentare d’inchiesta sul terrorismo in Italia e sulle cause della mancata individuazione dei responsabili delle stragi : Stragi e terrorismo in Italia dal dopoguerra al 1974. Relazione del Gruppo Democratici di Sinistra l’Ulivo. Rome Juin 2000. Appelé ci-dessous le Rapport de l’enquête sénatoriale de 2000 sur Gladio et les attentats. Les 8 membres de la commission étaient : dép. Valter Bielli, dép. Antonio Attili, dép. Michele Cappella, dép. Piero Ruzzante, sénateur Alessandro Pardini, sénateur Raffaele Bertoni, sénateur Graziano Cioni, sénateur Angelo Staniscia. Indiqué par Philip Willan, « US ‘supported anti-left terror in Italy’. Report claims Washington used a strategy of tension in the cold war to stabilise the centre-right » dans le quotidien britannique The Guardian du 24 juin 2000.

[102] Le rapport de l’enquête sénatoriale de 2000 sur Gladio et les attentats, p.41.

[103] Ibid.

[104] Ibid., p.42.

[105] Philip Willan, The Guardian du 24 juin 2000.

[106] Ibid.

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« La guerre secrète, activité centrale de la politique étrangère de Washington
Relier les points – 2009 : l’année en revue. »
Directeurs des services secrets militaires
général Giovanni Carlo 1949-1951 SIFAR
général Umberto Broccoli 1951-1953 SIFAR
général Ettore Musco 1953-1955 SIFAR
général Giovanni De Lorenzo 1956-1962 SIFAR
général Egidio Viggiani 1962-1965 SIFAR
général Giovanni Allavena 1965-1966 SID
général Eugenio Henke 1966-1970 SID
général Vito Miceli 1970-1974 SID
général Mario Casardi 1974-1978 SID
général Giuseppe Santovito 1978-1981 SISMI
général Nino Lugaresi 1981-1984 SISMI
amiral Fulvio Martini 1984-1991 SISMI
Sergio Luccarini 1991 SISMI
général Luigi Ramponi 1991-1992 SISMI
général Cesare Pucci 1992-1993 SISMI
général Sergio Siracusa 1994-1996 SISMI
amiral Gianfranco Battelli 1996-2001 SISMI
général Nicolò Pollari 2001-2006 SISMI
amiral Bruno Branciforte 2006-2007 SISMI
amiral Bruno Branciforte 2008… AISE
  1968 1972 1976 1979 1983 1987 1992 1994
DCI (%) 39 38 38 38 32 34 29  
PCI (%) 26 27 34 30 29 26 23 28
PSI (%) 14 9 9 9 11 14 13 2
PCI + PSI (%) 41 36 44 40 41 40 37 30
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Le Gladio ou comment la CIA a contrôlé les pays européens. La guerre secrète en Italie par Danièle Ganser. (1° partie).

16 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

La guerre secrète en Italie

Réseau Voltaire, 6 février 2010

 

Les armées secrètes de l’OTAN (VI)
La guerre secrète en Italie
par Daniele Ganser

 

Alors que les Etats-Unis se présentent comme les défenseurs de la Démocratie, ils ont organisé le trucages des élections en Italie, deux coups d’Etat invisibles, et n’ont pas hésité à faire exécuter le Premier ministre Aldo Moro. Dans ce sixième volet de son étude sur le Gladio, l’historien suisse Danièle Ganser retrace la manière dont Washington a contrôlé en sous-main la vie politique italienne, à l’insu des Italiens, durant cinquante ans.

 

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En 1978, les Etats-Unis ont fait assassiner le Premier ministre italien, Aldo Moro. Son exécution a été revendiquée par les Brigades rouges, mais l’opération était manipulée par le Gladio.

 

Cet article fait suite à :
1. « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »
2. « Quand le Gladio fut découvert dans les États européens… »
3. « Gladio : Pourquoi l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier »
4. « Les égouts de Sa Majesté »
5. « La guerre secrète, activité centrale de la politique étrangère de Washington »

 

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L’anticommunisme états-unien fut à l’origine des nombreuses tragédies qui marquèrent l’histoire de la Première République italienne (1945-1993). Les preuves découvertes au cours des dix dernières années attestent que l’armée Gladio dirigée par les services secrets italiens prit, avec la complicité des terroristes d’extrême droite, une part active à cette guerre non déclarée. En l’absence d’envahisseur soviétique, les unités paramilitaires anticommunistes formées par la CIA se rabattirent sur des opérations internes visant à conditionner la vie politique nationale. Une enquête parlementaire chargée par le Sénat italien de faire la lumière sur Gladio et sur une série d’attentats mystérieux conclut à la fin de la Guerre froide que, dans le pays, « la CIA avait pu bénéficier d’une liberté maximale » due au fait que l’Italie avait, sous la Première République, vécu « dans une situation de division difficile voire tragique ». Cette division opposait les deux idéologies dominantes de la Guerre froide : à gauche, on trouvait le très populaire et très influent PCI, le parti communiste Italien, financé en sous-main par l’URSS ainsi que le puissant parti socialiste [1] tandis que de l’autre côté de l’échiquier s’activaient la CIA, les services secrets militaires italiens et leur armée Gladio mais aussi des mouvements terroristes d’extrême droite, recevant tous le soutien politique de la DCI conservatrice. [2]

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Italie du dictateur fasciste Benito Mussolini s’était alliée à Hitler. Après la défaite des puissances de l’Axe, le président Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le dirigeant de l’URSS Joseph Staline se rencontrèrent à Yalta, en Crimée, en février 1945, pour discuter du sort de l’Europe et prirent la décision, cruciale pour l’Italie, de placer la péninsule dans la sphère d’influence états-unienne. Afin de limiter le pouvoir des communistes, la CIA n’hésita pas à s’allier à la Mafia et aux terroristes d’extrême droite. Victor Marchetti, un agent de la CIA, expliqua un jour : « La CIA s’est appuyée sur l’anticommunisme viscéral de la Mafia pour contrôler l’Italie ». [3] Avant même la fin de la guerre, Earl Brennan, le chef de l’OSS en Italie, était intervenu auprès du ministre de la Justice US afin que celui-ci réduise la peine de 50 ans prononcée contre Charles « Lucky » Luciano dans le but de conclure un marché secret : en échange de sa libération, Luciano fournissait à l’armée états-unienne une liste des mafiosi siciliens les plus influents qui devaient appuyer le débarquement US de 1943 en Sicile. [4] Après la guerre, la CIA « eut à cœur d’entretenir cette amitié secrète avec la Mafia sicilienne » et c’est ainsi qu’« au nom de la lutte contre le communisme en Italie et en Sicile, les Américains abandonnèrent l’île à la pègre qui la contrôle encore aujourd’hui ». [5]

 

Les troupes US qui libérèrent le pays et instaurèrent en lieu et place de la dictature une démocratie fragile furent accueillies par les Italiens avec des drapeaux, du pain et du vin. Malgré cela, les Alliés « étaient inquiets de la situation politique de l’Italie et notamment de la menace du parti communiste dont l’influence ne cessait de croître, une situation déjà observée par le passé en Grèce et en Yougoslavie ». C’est pourquoi Londres et Washington décidèrent de changer de politique en cessant d’assister les partisans italiens, en majorité communistes, qui jouissaient d’un certain prestige auprès de la population en raison de leur résistance héroïque au fascisme. « Ce changement de politique fut vivement déploré » par les officiers de liaison britanniques et américains qui avaient combattu derrière les lignes ennemies aux côtés des communistes et « par les Italiens eux-mêmes ». [6] Et le mécontentement grandit encore lorsque les communistes italiens virent leurs anciens alliés recruter secrètement des fascistes vaincus et des membres de l’extrême droite au sein de l’appareil d’État, « l’anticommunisme virulent, sur lequel s’étaient appuyés les fascistes pour accéder au pouvoir, était à présent une qualité très recherchée ». [7]

 

« Il est probable que des groupuscules d’extrême droite furent recrutés et intégrés au réseau stay-behind afin de pouvoir nous prévenir si une guerre se préparait », confirma plus tard Ray Cline, directeur adjoint de la CIA de 1962 à 1966, dans un reportage sur Gladio. « Dans cette optique, l’utilisation d’extrémistes de droite, à des fins de renseignement et non politiques, me semble ne poser aucun problème. » [8] Mais, loin de se cantonner à la collecte de renseignement, ceux-ci reçurent véritablement les clefs du pouvoir. Les États-Unis érigèrent la DCI, la Démocratie chrétienne italienne, comme un rempart face au communisme, « un ramassis de collaborationnistes, de monarchistes et de fascistes irréductibles ». [9] Alcide De Gasperi, de la DCI, fut nommé Premier ministre et dirigea huit gouvernements successifs entre 1945 et 1953 [10]. « En l’absence d’une véritable purge, la vieille bureaucratie fasciste parvint à se maintenir. » [11] Le Premier ministre De Gasperi et le ministre de l’Intérieur Mario Scelba supervisèrent personnellement « la réintégration de fonctionnaires profondément compromis avec le régime fasciste ». [12]

 

Le prince Junio Valerio Borghese

 

Le prince Valerio Borghèse, surnommé « le Prince noir », fut l’un de ces fascistes notoires recrutés par les États-Unis. À la tête de la Decima MAS (XMAS), un corps d’élite de 4 000 hommes créé en 1941 et placé sous commandement nazi, il avait dirigé une campagne d’extermination des résistants sous la République de Salo et s’était spécialisé dans la traque et l’exécution des communistes italiens. Capturé par des résistants à la fin de la guerre, il fut sur le point d’être pendu lorsque, le 25 avril 1945, l’amiral Ellery Stone, proconsul états-unien de l’Italie occupée et ami proche de la famille Borghèse, ordonna à James Angleton, un employé de l’OSS qui allait devenir le plus célèbre des agents de la CIA, de lui venir en aide. Angleton fournit au Prince noir un uniforme d’officier US et l’escorta jusqu’à Rome où il devait répondre de ses crimes de guerre. Grâce à la protection des États-Unis, Borghèse fut finalement déclaré « non coupable ». [13] L’agent de la CIA Angleton fut décoré de la Legion of Merit de l’armée des Etats-Unis pour ses actes « exceptionnellement méritoires » et poursuivit sa carrière à la direction du contre-espionnage de la CIA, « devenant l’incarnation même du contrôle exercé par les USA sur les mouvements politiques et les groupes paramilitaires néo-fascistes et d’extrême droite de l’Italie d’après-guerre ». [14] À l’instar de nombreux soldats de la Guerre froide, « l’ennemi avait simplement changé de forme aux yeux d’Angleton » après la défaite de l’Axe, comme l’écrivirent ses biographes, « le marteau et la faucille avaient remplacé la croix gammée ». [15]

 

En 1947 furent créés à Washington le NSC et la CIA. L’Italie, en raison des « attaques continuelles de son puissant parti communiste » dont elle était la cible, eut le triste privilège d’être le premier pays à faire l’objet d’une guerre secrète et non déclarée de la CIA. La mission que s’était fixée l’Agence était claire : empêcher la gauche italienne de remporter les premières élections nationales de l’après-guerre, qui devaient se dérouler le 16 avril 1948. Le président Harry Truman était très contrarié car le PCI, le plus grand parti communiste d’Europe de l’Ouest, et le PSI venaient de s’allier pour former le Fronte Democratico Populare (FDP). Les observateurs prédisaient une victoire du FDP au Parlement, en se basant sur les bons scores obtenus par la coalition de gauche lors des dernières élections municipales où la DCI soutenue par les Etats-uniens avaient souvent été battue. L’OPC, le département des opérations spéciales de la CIA, qui, sous la direction de Frank Wisner, mit sur pied le réseau Gladio, injecta donc 10 millions de dollars dans le parti démocrate chrétien. Dans le même temps, communistes et socialistes furent la cible de campagnes de diffamation. Entre autres coups tordus, la CIA publia des pamphlets calomnieux et anonymes sur la vie sexuelle et privée des candidats du PCI et leur prêtant des contacts avec les fascistes et/ou des mouvements anticléricaux. Cette stratégie consistant à viser spécifiquement les sièges susceptibles d’apporter une majorité à la DCI plutôt que de miser sur une large victoire porta ses fruits dans chacune des plus de 200 circonscriptions retenues à l’exception de deux. Lors du vote, la DCI rassembla finalement 48 % des suffrages et obtint ainsi 307 sièges au Parlement tandis que le FDP dut se contenter de 31 % des voix et de 200 sièges. [16] La répression brutale qui répondit aux protestations de la population et de la gauche en particulier firent un « nombre considérable de victimes pendant les manifestations et les occupations de locaux ». [17]

 

Le président Truman fut très satisfait des résultats obtenus et devint un adepte des opérations clandestines. Dans sa fameuse « Doctrine Truman » de mars 1947, il avait spécifié : « Nous ne devons reconnaître aucun gouvernement imposé à une nation par une force ou une puissance étrangère », fondant ainsi la politique étrangère des États-Unis sur « le Droit et la Justice » et refusant toute « compromission avec le mal ». [18] Cependant si les élections italiennes s’étaient soldées par autre chose qu’une victoire de la DCI soutenue par les USA, l’Italie aurait alors pu sombrer, comme la Grèce, dans la guerre civile. Pendant et après les élections, des bâtiments de guerre US patrouillèrent au large de la péninsule et des forces terrestres restèrent en alerte. George Kennan, le chef du bureau de planification politique du département d’État chargé de développer les programmes à long terme nécessaires à l’atteinte des objectifs de politique étrangère, préconisait purement et simplement une intervention militaire des USA dans le cas d’une victoire des communistes aux élections. [19] Suite aux révélations sur Gladio, le président italien Francesco Cossiga confirma qu’une faction paramilitaire de la DCI se tenait prête à intervenir si cela avait dû se produire. Equipé d’un fusil automatique Stern, de chargeurs et de plusieurs « grenades à main », Cossiga faisait lui-même partie du commando. « J’étais armé jusqu’aux dents et je n’étais pas le seul. » L’armement des paramilitaires de la DCI avait été « acheté grâce à de l’argent mis à leur disposition par le parti ». [20]

 

Après que le PCI eut été écarté du gouvernement, l’Italie gouvernée par la DCI pro-US fut invitée, le 4 avril 1949, à rejoindre l’OTAN nouvellement créée, en qualité de membre fondateur. Quelques jours seulement auparavant, le 30 mars 1949, l’Italie s’était dotée de son premier service de renseignement militaire depuis 1945, né de la collaboration avec la CIA. Intégrée au ministère de la Défense, l’unité secrète fut baptisée SIFAR et placée sous la direction du général Giovanni Carlo. Sous la Première République, le SIFAR s’immisça à de nombreuses reprises dans les affaires politiques de l’Italie et sa division « Office R » se chargea du commandement de l’armée stay-behind anticommuniste Gladio. [21] « La coïncidence entre l’adhésion de l’Italie à l’OTAN et le rétablissement de sa capacité de renseignement est loin d’être fortuite », observa à juste titre l’expert en services secrets Philipp Willan, « elle nous renseigne sur les buts fondamentaux des services secrets de l’Italie d’après-guerre et sur les intentions de ceux qui ont permis leur rétablissement ». [22]

 

Le SIFAR fut dès sa création « régulé par un protocole top secret imposé par les États-Unis qui constitue un renoncement total à la souveraineté nationale ». Selon ce protocole, établi en coordination avec le programme de l’OTAN, les obligations du SIFAR à l’égard de la direction de la CIA aux USA auraient compris le partage du renseignement collecté et le respect d’un droit de regard sur le recrutement du personnel, lequel devait impérativement recevoir l’approbation de la CIA. [23] En effet, le SIFAR n’était pas indépendant mais sous la coupe de la CIA. Ou plutôt, comme le décrivit Paulo Taviani, ministre de la Défense italien entre 1955 et 1958 : les services secrets italiens étaient dirigés et financés par « les types de Via Veneto », autrement dit, la CIA et l’ambassade des Etats-Unis à Rome. [24] Les sénateurs italiens remarquèrent également cette hégémonie de la CIA : « Gladio a été créé suite à un accord entre deux services secrets, l’un très important, l’états-unien, l’autre bien moins, l’italien ». [25]

 

En 1951, le général Umberto Broccoli fut nommé directeur du SIFAR et, en sa qualité de membre d’un « Comité Secret », rencontra régulièrement des représentants de la CIA, le responsable du commandement de l’OTAN pour l’Europe du Sud ainsi que des responsables de l’armée, de la Marine et de l’armée de l’Air italienne. [26] L’OTAN craignant l’influence du PCI, le SIFAR avait vocation à garantir la stabilité de l’Italie. Dans cette optique, l’armée secrète Gladio était sa pièce maîtresse. Le 8 octobre 1951, Broccoli écrivit au ministre de la Défense Efisio Marras au sujet de l’entraînement des Gladiateurs au Royaume-Uni et de la fourniture d’armes et d’explosifs par la CIA. Dans sa lettre, le général expliquait que le SIS avait offert d’entraîner les cadres du Gladio italien en échange de l’achat d’armement britannique par l’Italie. Dans le même temps, la CIA proposait, elle, de fournir les armes gratuitement, mais elle n’était pas en mesure de dispenser une formation du niveau de celle qu’offraient les Anglais. Les Italiens choisirent de ne pas choisir : ils envoyèrent leurs officiers recevoir la prestigieuse instruction des centres d’entraînement britanniques et conclurent simultanément avec les États-Unis un accord secret qui leur garantissait un approvisionnement gratuit en armes. Cela ne plut pas aux Britanniques. Lorsque le général Ettore Musco, qui succéda à Broccoli à la tête du SIFAR se rendit en Angleterre pour visiter le Fort Monckton, l’accueil fut particulièrement froid : « En 1953, les Britanniques, furieux de s’être fait rouler, reprochèrent au général Musco que “son service se soit livré corps et âme aux Etats-uniens” ». [27]

 

Œuvrant pour la politique anticommuniste secrète de l’OTAN, les représentants du SIFAR participaient régulièrement aux réunions Gladio des organes de commandement de l’OTAN, l’ACC et le CPC [28]. Peu de temps avant de quitter ses fonctions, le président Cossiga prétendit lors d’un entretien télévisé que l’armée secrète Gladio était née en Italie en 1951 de l’inquiétude « de ce qui pourrait arriver si l’Europe était envahie ». « Il fut convenu que trois pays, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, seraient des membres permanents et que les autres seraient des membres associés, ce qui concernait le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Grèce et la Turquie », expliqua Cossiga en faisant référence au CPC, le comité de direction du réseau Gladio. « L’Italie fut invitée à participer en qualité de membre associé. Elle déclina l’offre et demanda à devenir un membre permanent mais ne reçut alors pas de réponse. En 1956, l’Allemagne rejoignit le groupe. » Le président insistait sur le secret entourant ces opérations. « La ligne de conduite de l’OTAN consistait à nier l’existence de tout ce qu’il avait été convenu de garder secret. » [29]

 

Dans un document top secret du NSC, le Conseil National de Sécurité états-unien, signé de la main de Truman le 21 avril 1950, le président soulignait que « l’Italie est la clef de la sécurité américaine », les USA doivent donc « être prêts à utiliser tout leur pouvoir politique, économique et, au besoin, militaire » pour combattre le PCI [30]. « Dans le cas où les communistes parviendraient à entrer au gouvernement de manière démocratique ou si ce gouvernement devait cesser de s’opposer fermement au communisme à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les États-Unis doivent se préparer à prendre les mesures nécessaires », Truman mentionnait même explicitement la possibilité d’une invasion si « une partie du territoire italien tombait sous domination communiste des suites d’une insurrection armée ». À l’approche des élections, le plan conçu par les USA prévoyait : en phase 1 : le renforcement de « la présence militaire américaine en Méditerranée » ; phase 2 : « la phase d’alerte », les troupes US devaient envahir l’Italie à « la demande du gouvernement italien et après consultation de la Grande-Bretagne et des autres pays de l’OTAN ». Elles devaient se déployer « dans les zones de la péninsule contrôlées par le gouvernement pour une démonstration de force ». Enfin, la « phase 3, alerte rouge : les forces armées [états-uniennes] en effectifs suffisants » devaient « débarquer en Sicile et/ou en Sardaigne » afin « d’occuper et de défendre le territoire contre la résistance communiste locale ». [31]

 

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La CIA est-elle allée trop loin ?, s’interroge « Time » du 30 septembre 1974. William Colby, le directeur de l’Agence, a notamment organisé le Gladio en Italie.

Les craintes de Washington grandirent encore lors des élections de juin 1953 où, malgré les opérations spéciales de la CIA, la DCI, avec 40 % des voix, obtint seulement 261 sièges au Parlement, soit 46 de moins qu’en 1948. La coalition de gauche remporta, quant à elle, 218 sièges avec 35 % des suffrages. La CIA intensifia sa guerre secrète car « il y avait de bonnes raisons de redouter que si cette tendance observée entre 1948 et 1953 se poursuivait (…) la coalition formée par les communistes et les socialistes finirait par devenir la principale force politique du pays », selon l’analyse faite par William Colby, qui fut plus tard choisi pour diriger la CIA sous la présidence de Nixon. [32] En premier lieu, on décida qu’il fallait nommer un chef du SIFAR plus agressif. En 1955, Carmel Offie, haut responsable de la CIA et proche collaborateur du directeur d’alors Allen Dulles, se rendit en Italie où, avec le directeur de l’antenne locale, le COS Gerry Miller, il confia à Claire Boothe Luce, la ravissante ambassadrice des États-Unis à Rome, la mission de convaincre le ministre de la Défense italien Emilio Taviani de nommer le général Giovanni De Lorenzo à la tête du SIFAR. L’année suivante, De Lorenzo, un adversaire farouche du communisme acquis aux idées de Washington, prit donc le commandement du SIFAR et de ses armées secrètes. [33]

 

Avec sa moustache, ses lunettes et son allure militaire, De Lorenzo incarnait le figure du général à l’ancienne. Dans un document top secret daté du 26 novembre 1956 et signé de sa main, le patron du SIFAR évoque des « accords antérieurs » passés entre la CIA et ses services et précise que l’opération Gladio est en bonne voie. [34] Le document, contenant des données hautement sensibles, ne fut pas dévoilé aux sénateurs chargés de l’enquête parlementaire. « L’accord conclu entre le SIFAR et la CIA en 1956 concernant l’organisation stay-behind ne peut à présent pas être rendu public puisqu’il s’agit d’un engagement bilatéral classé top secret », expliqua l’amiral Fulvio Martini, directeur du SIFAR, à des sénateurs médusés qui avaient cru, à tort, que le SIFAR devait rendre des comptes au Parlement italien et pas à la CIA. « La déclassification du document, que j’ai déjà demandée le 13 décembre 1990 », précisa-t-il, « nécessite impérativement l’accord de l’autre partie impliquée ». [35]

 

Sur la liste des projets prioritaires du SIFAR, De Lorenzo plaça la construction d’un nouveau quartier général pour l’armée secrète, pour lequel la CIA n’hésita pas à débourser 300 millions de lires. Etats-uniens et Italiens étaient convenu que pour des raisons de discrétion et de fonctionnalité le nouveau centre du Gladio ne devait pas être bâti sur le continent mais sur l’une des grandes îles de la côte Ouest de l’Italie. La Sardaigne fut retenue et le terrain acheté. Le colonel Renzo Rocca, chef du Bureau R qui dirigeait le Gladio local, fut chargé de superviser la construction de la nouvelle base où des soldats anticommunistes seraient équipés et entraînés par des instructeurs des Forces Spéciales US et britanniques. [36] Le « Centre d’Entraînement au Sabotage » (en italien CAG) était situé au Cap Marragiu, près du village d’Alghero. Derrière les murs et les clôtures électrifiées, on construisit un petit port et des bunkers souterrains, on mit en place de puissants transmetteurs radio longue distance ainsi que des installations sous-marines destinées à l’entraînement des nageurs de combat ; enfin, deux courtes pistes d’atterrissage et un héliport furent aménagés. D’autres bâtiments furent également ajoutés pour l’entraînement au maniement d’armes et d’explosifs ainsi que pour la formation idéologique. [37]

 

« Je me suis rendu pour la première fois à Capo Marragiu en 1959 », témoigna le Gladiateur Ennio Colle suite à la découverte des armées secrètes. Le 27 novembre 1990, Colle avait reçu une lettre du directeur du SISMI l’informant que « l’armée secrète avait été dissoute ». L’ancien combattant affirma que les membres de l’unité spéciale étaient maintenus dans l’ignorance au sujet de la dimension internationale du réseau et qu’ils ignoraient où ils avaient reçu leur entraînement : « Je ne savais pas où j’étais car ils nous transportaient dans des avions aux hublots obstrués ». Decimo Garau, un instructeur du CAG, lui-même formé en Grande-Bretagne, confirma à des journalistes que les Gladiateurs italiens étaient littéralement maintenus dans l’obscurité : « Ils arrivaient à bord d’un appareil maquillé et étaient ensuite conduits dans des navettes aux vitres masquées qui les déposaient devant leurs quartiers. L’entraînement pouvait alors commencer. » [38]

 

« En résumé, mon travail consistait à empêcher que les communistes ne s’emparent de l’Italie aux prochaines élections de 1958 », écrivit l’agent de la CIA William Colby dans ses mémoires. En automne 1953, il fut envoyé à Rome et placé sous les ordres du COS Gerry Miller. Les armées secrètes Gladio devaient permettre à la CIA « d’éviter que les défenses militaires de l’OTAN ne soient court-circuitées politiquement par une cinquième colonne subversive, le Partito Communista Italiano (ou PCI) » dans le cadre de ce que Colby décrit comme « le plus vaste programme d’action politique clandestine jamais entrepris par la CIA ». Tout comme les communistes, les socialistes italiens subissaient eux aussi les attaques de la CIA qui orchestrait des campagnes de diffamation à leur endroit tout en finançant la DCI. « Nous n’allions tout de même pas abandonner la DCI que nous contrôlions au profit de socialistes imprévisibles. » Les manœuvres de Colby portèrent leurs fruits et, en 1958, la DCI consolida son pouvoir avec 42 % des voix et 273 sièges tandis que les communistes, avec leurs 23 %, devaient se contenter de 140 sièges et les socialistes de 84. [39]

 

Colby partageait l’enthousiasme du président Dwight Eisenhower pour les opérations secrètes suite au succès des coups d’État menés conjointement avec le MI6 qui renversèrent les gouvernements de Mossadegh en Iran en 1953 et d’Arbenz au Guatemala l’année suivante. En Italie, la manipulation des élections et le financement secret de la DCI « étaient si efficaces que ceux-là même qui bénéficiaient de notre aide en ignoraient parfois la provenance », raconta Colby, non sans une certaine fierté. « Les opérations politiques que mena la CIA en Italie et dans d’autres pays dans les années qui suivirent, au Chili par exemple, font aujourd’hui l’objet de critiques véhémentes », observe rétrospectivement Colby. « On ne peut plus nier à présent l’illégalité d’une telle “ingérence”. Les lois en vigueur dans la plupart des pays du monde, y compris aux États-Unis, interdisent à tout gouvernement étranger de s’immiscer dans le processus politique interne du pays en question. » Toutefois, le vétéran de la Guerre froide soutient qu’« aider les mouvements démocratiques italiens à riposter à une campagne de subversion prosoviétique se justifie moralement ». [40]

 

Par le biais d’une directive top secrète, le Pentagone, qui partageait visiblement cette conception, ordonna à la CIA de lancer l’« Opération Demagnetize ». Il s’agissait d’entamer, en collaboration avec les services secrets militaires français et italiens, des « opérations politiques, paramilitaires et psychologiques » visant à affaiblir les communistes dans ces deux pays. La directive du Joint Chiefs of Staff datée du 14 mai 1952 soulignait : « Limiter l’influence des communistes en Italie et en France est un objectif prioritaire. Il doit être atteint par tous les moyens » y compris par le recours à une guerre secrète et à des opérations terroristes. « Il n’est pas indispensable que les gouvernements italiens et français soient informés du plan “Demagnetize” car celui-ci pourrait être perçu comme une violation de leur souveraineté nationale. » [41]

 

Après l’affectation de Colby au Vietnam, le directeur du SIFAR De Lorenzo poursuivit sa lutte contre le PCI et le PSI. Un document top secret intitulé Les Forces Spéciales du SIFAR et l’Opération Gladio et daté du 1er juin 1959 décrivait comment le programme de guerre non conventionnelle de l’OTAN et les opérations secrètes anticommunistes étaient coordonnées par le CPC, lui-même étroitement lié au SHAPE [42]. Il indiquait que, outre une invasion soviétique, l’OTAN redoutait également « une subversion intérieure » et, particulièrement en Italie, une progression du parti communiste. « Au niveau national, la possibilité d’une situation d’urgence telle que décrite plus haut a été et demeure la justification des activités spéciales du SIFAR. Celles-ci sont menées par la section SAD du Bureau R », spécifiait le document, faisant ainsi référence à l’armée secrète Gladio. « Parallèlement à cette résolution, le directeur du SIFAR a décidé, avec l’approbation du ministre de la Défense, de confirmer les accords antérieurs conclus à ce sujet entre les services secrets italiens et états-uniens, conformément au principe de collaboration mutuelle convenu dans le cadre des activités S/B (stay-behind), en vue de mener une opération conjointe. » Le général De Lorenzo précisait en conclusion que les accords passés entre la CIA et le SIFAR et datés du 26 novembre 1956 constituaient « le document de référence de l’Opération “Gladio” (nom donné aux opérations développées par les deux services secrets) ». [43]

 

Quand John F. Kennedy fut élu président en janvier 1961, la politique des USA vis-à-vis de l’Italie s’en trouva modifiée car, contrairement à ses prédécesseurs Truman et Eisenhower, Kennedy n’éprouvait aucune hostilité à l’égard du PSI. Il partageait une analyse de la CIA selon laquelle « la progression des socialistes, même sans intervention extérieure, est la preuve que la sensibilité de gauche tend, en Italie, vers une forme démocratique de socialisme ». [44]Cependant les ambitions de réforme de Kennedy se heurtèrent à la résistance tenace du département d’État et de la CIA. Le secrétaire d’État Dean Rusk rapporta avec horreur au président que Riccardo Lombardi du PSI avait publiquement réclamé la reconnaissance de la République populaire de Chine et le retrait des bases militaires US d’Italie, y compris celle de l’OTAN située près de Naples, et avait déclaré que le capitalisme et l’impérialisme étaient des ennemis à combattre. « Est-ce avec ce parti-là que les États-Unis doivent traiter ? » [45]

 

À Rome, l’ambassadeur Frederick Reinhardt et le COS Thomas Karamessines discutaient d’un moyen de stopper Kennedy. Ils s’adressèrent à Vernon Walters de la CIA, un partisan avéré de la lutte anticommuniste, « ayant participé directement ou indirectement à plus de coups d’État que quiconque dans l’administration états-unienne ». [46] Il déclara que si Kennedy permettait au PSI de remporter les élections, les USA devraient envahir le pays. Plus subtilement, Karamessines suggérait de renforcer les mouvements d’opposition à la gauche présents en Italie. [47] « Cela aboutit à une situation absurde dans laquelle le président Kennedy se trouvait opposé à son secrétaire d’État et au directeur de la CIA. » [48]

 

Kennedy venait de permettre à l’Italie de basculer à gauche. Les socialistes s’étant vu attribuer des portefeuilles ministériels, les communistes italiens, invoquant leurs bons résultats aux élections, réclamèrent eux aussi à entrer au gouvernement. En mai 1963, le syndicat des ouvriers du bâtiment manifesta à Rome dans ce but. La CIA s’en inquiéta et chargea des membres de l’armée secrète Gladio habillés en policiers et en civils de réprimer ces mouvements ; plus de 200 manifestants furent blessés. [49] Mais pour l’Italie, le pire restait à venir. En novembre 1963, le président Kennedy fut assassiné à Dallas, au Texas, dans des circonstances troubles. Cinq mois plus tard, la CIA, le SIFAR, l’armée secrète Gladio et les carabiniers déclenchèrent un coup d’État qui força les socialistes à renoncer à leurs ministères.

 

Ce putsch au nom de code « Piano Solo » était dirigé par le général Giovanni De Lorenzo, l’ancien chef du SIFAR, qui, sur ordre du ministre de la Défense Giulio Andreotti, un démocrate-chrétien, avait été nommé à la tête des carabiniers. Collaborant étroitement avec l’expert en guerre secrète de la CIA Vernon Walters, le chef de l’antenne romaine de la CIA William Harvey et le commandant des unités Gladio au sein du SID Renzo Rocca, De Lorenzo intensifia la guerre clandestine. Rocca employa pour la première fois son armée secrète à faire exploser les bureaux de la DCI et le siège de plusieurs journaux avant d’en accuser la gauche afin de discréditer les communistes et les socialistes. [50] Le 25 mars 1964, comme le gouvernement ne vacillait toujours pas, De Lorenzo ordonna à ses soldats de l’ombre « d’occuper à son signal les agences gouvernementales, les principaux centres de communication, les sièges des partis de gauche, les locaux des quotidiens les plus marqués à gauche ainsi que les bâtiments de la radio et de la télévision. Les agences de presse devaient être investies uniquement le temps nécessaire pour détruire les rotatives et rendre impossible la publication des journaux. » [51] De Lorenzo insista pour que l’opération soit menée « avec autant de détermination et de vigueur que possible et ne laisser aucune place à l’hésitation ou au doute » et, selon les termes du rapport d’enquête sur Gladio, il parvint à rendre ses soldats « enragés et exaltés ». [52]

 

Les Gladiateurs, qui s’étaient vus remettre une liste de proscription de plusieurs centaines de noms, avaient ordre de traquer les socialistes et les communistes y figurant, de les arrêter et de les déporter en Sardaigne où ils devaient être incarcérés au CAG. Le document intitulé Les Forces Spéciales du SIFAR et l’Opération Gladio spécifiait que : « Comme le quartier général des Opérations, le Centre d’entraînement au sabotage CAG est protégé par un système de sécurité particulièrement efficace et équipé d’installations et de matériel spécialement conçus pour les cas d’urgence ». [53] Dans une atmosphère de grande tension, l’armée secrète s’apprêtait à passer à l’action. Le 14 juin 1964, De Lorenzo donna le feu vert et entra dans Rome avec blindés, transports de troupes, jeeps et lance-grenades pendant que les forces de l’OTAN se livraient à de grandes manœuvres militaires dans la région, afin d’intimider le gouvernement italien. Le général prétexta habilement que cette démonstration de force avait lieu à la veille du 150e anniversaire de la création du corps des carabiniers, et, en compagnie du président italien Antonio Segni, issu de l’aile droite de la DCI et anticommuniste fanatique, ils assistèrent, radieux, au défilé des troupes. Les socialistes italiens remarquèrent que, contrairement à l’usage, les chars et les lance-grenades ne furent pas retirés après le défilé mais restèrent déployés dans Rome pendant tout le mois de mai et une partie de juin 1964. [54]

 

Très inquiet de la situation, le Premier ministre Aldo Moro rencontra secrètement le général De Lorenzo à Rome. Ce fut naturellement un « entretien très inhabituel entre un Premier ministre au cœur d’une tempête politique et un général rêvant de le remplacer pour instaurer un régime plus autoritaire ». [55] Après cette entrevue, les socialistes abandonnèrent leurs ministères sans protester et proposèrent leurs représentants les plus modérés pour la composition du second gouvernement Moro. « Ces partis politiques comprirent soudain qu’ils pouvaient être chassés du pouvoir. En cas de vacance du pouvoir résultant d’un échec de la gauche, la seule alternative aurait été un gouvernement de crise », rappela le socialiste Pietro Nenni des années plus tard, « ce qui dans le contexte politique du pays aurait signifié un gouvernement de droite ». [56] Après ce coup, les traces de Gladio furent maquillées. Quelques années plus tard, en juillet 1968, des enquêteurs voulurent interroger le commandant Renzo Rocca. Le Gladiateur se disait prêt à coopérer, mais la veille du jour convenu pour l’audition, il fut retrouvé mort, une balle dans la tête, dans son appartement privé de Rome. Un juge qui tentait d’élucider l’assassinat fut dessaisi du dossier par sa hiérarchie. [57] « Il ne fait aucun doute que cette opération servait les intérêts poursuivis par certains services de l’administration états-unienne », ne purent que constater les enquêteurs, tandis que l’historien Bernard Cook observa à juste titre que Piano Solo « portait la signature de Gladio ». [58] Suite à la découverte des armées secrètes, Ferraresi, un spécialiste du sujet, conclut que « la nature véritablement criminelle de ce plan est enfin reconnue aujourd’hui » et dénonce les conséquences dramatiques de Piano Solo qui a « tenu en échec et ruiné les efforts de la première coalition de gauche – peut-être la seule véritable tentative de projet réformateur dans l’Italie d’après-guerre ». [59]

 

Outre le coup d’État fomenté, le général De Lorenzo espionnait également, sur ordre du COS Thomas Karamessines l’ensemble de la classe dirigeante italienne. Il était surtout intéressé par les « comportements anormaux », c’est-à-dire les relations extraconjugales, homosexuelles et la fréquentation de prostitués, hommes ou femmes. Dans le langage fleuri de Langley, cela permettait à la CIA et au SIFAR de tenir les élites italiennes « par les couilles ». En menaçant de révéler certaines informations compromettantes en leur possession, ils purent ainsi faire pression pendant des années sur des politiciens, des ecclésiastiques, des hommes d’affaires, des responsables syndicaux, des journalistes ou des magistrats. De Lorenzo alla jusqu’à faire poser des micros au Vatican et au Palais du Premier ministre ce qui permit à la CIA d’écouter et d’enregistrer les conversations jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir italien. La découverte des armées secrètes provoqua un choc considérable parmi la population et une enquête parlementaire sur les agissements du SIFAR révéla l’existence de dossiers très documentés sur les vies de plus de 157 000 citoyens italiens. Certains de ces dossiers étaient énormes, celui concernant le professeur Amintore Fanfani, un sénateur de la DCI qui avait assumé de très hautes fonctions dont celles de Premier ministre, était composé de 4 volumes, chacun épais comme un dictionnaire.

 

« Les gens étaient épiés par des caméras capables de réaliser des gros plans depuis une longue distance, leur correspondance était contrôlée, leurs conversations téléphoniques enregistrées, et des photographies relatives à leurs relations extraconjugales ou à leurs habitudes sexuelles étaient emmagasinées ». La Commission parlementaire présidée par le général Aldo Beolchini confirma également qu’« étaient conservées en priorité les données susceptibles de fournir un moyen de pression ». [60] Entendu par les enquêteurs, De Lorenzo fut forcé de reconnaître avoir constitué ces dossiers sur ordre des États-Unis et de l’OTAN. [61] Cet aveu suscita l’indignation des parlementaires de la commission. « Le plus grave dans cette affaire », insistèrent ses membres, « c’est que la collecte de renseignements pour le compte des pays de l’OTAN et du Vatican est devenue l’une des activités principales du SIFAR ». Les sénateurs étaient véritablement outrés. « Cette situation bafoue la Constitution. C’est une violation avérée de la souveraineté nationale, une violation des principes de liberté et d’égalité des citoyens et une menace constante pour l’équilibre démocratique de notre pays. » [62]

 

La guerre secrète de la CIA, en revanche, se situait en dehors du champ d’investigation des parlementaires italiens. Suite au scandale, le SIFAR fut rebaptisé SID et confié à la direction du général Giovanni Allavena. Le Parlement ordonna à De Lorenzo de détruire l’intégralité des dossiers secrets. Et c’est ce qu’il fit, non sans avoir pris la précaution d’en remettre une copie au représentant local de la CIA Thomas Karamessines et au général Giovanni Allavena, le nouveau patron des services secrets. C’était un cadeau d’une valeur inestimable qui permettait de contrôler l’Italie de l’intérieur. En 1966, Allavena fut remplacé dans ses fonctions par le général, Eugenio Henke, mais il ne renonça pas au combat anticommuniste pour autant. En 1967, il fut admis dans une loge maçonnique anticommuniste secrète baptisée « Propaganda Due », ou P2 en abrégé, et fit à son Vénérable, Licio Gelli, le don d’une copie des 157 000 dossiers secrets.

 

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Le vénérable Licio Gelli

Des années plus tard, on découvrit à quel point le Vénérable de Propaganda Due Licio Gelli et la CIA avaient manipulé la vie politique italienne afin d’empêcher les communistes d’accéder au pouvoir. Né en 1919, Gelli n’avait reçu qu’une éducation partielle, ayant été exclu de l’école à 13 ans pour avoir frappé le directeur. À l’âge de 17 ans, il s’enrôla dans les Chemises noires et partit combattre en Espagne aux côtés des franquistes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit comme sergent-major dans la Waffen SS de Hermann Gœring et, à la fin du conflit, échappa de justesse aux partisans de la gauche italienne en rejoignant l’armée US. Frank Gigliotti de la loge maçonnique états-unienne recruta personnellement Gelli et lui confia la mission d’établir un gouvernement parallèle anticommuniste en Italie avec l’aide de l’antenne romaine de la CIA. Selon un rapport interne de l’antiterrorisme italien, « C’est Ted Shackley, l’homme qui dirigea toutes les opérations secrètes de la CIA en Italie dans les années soixante-dix, qui présenta le chef de la loge maçonnique à Alexander Haig ». Le général Haig, conseiller militaire de Nixon, qui commanda des troupes au Vietnam avant d’occuper les fonctions de SACEUR de l’OTAN entre 1974 et 1979, et le conseiller pour la Sécurité nationale Henry Kissinger « autorisèrent Gelli, à l’automne 1969, à recruter au sein de sa loge 400 officiers supérieurs de l’armée italienne et de l’OTAN ». [63] Pendant toute la durée de la Guerre froide, celui-ci entretint d’excellentes relations avec les États-Unis. En signe de confiance et de respect, Gelli fut invité à assister, en 1974, à la cérémonie d’investiture du président Gerald Ford ainsi qu’à celle de Carter trois ans plus tard. Lorsque Ronald Reagan fut élu à la Maison-Blanche en 1981, c’est avec fierté que Gelli reçut l’invitation de s’asseoir au premier rang. C’était l’homme de Washington en Italie et, à ses yeux, il protégeait le pays de la gauche et prétendait à ce titre « mériter une médaille ». [64]

 

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Reçu des frais de capitation et d’initiation de Silvio Berlusconi au sein de la vénérable loge Propaganda Due, affiliée au Grand Orient d’Italie.

En avril 1981, dans le cadre d’une enquête criminelle, des magistrats milanais perquisitionnèrent la villa de Licio Gelli à Arezzo et y découvrirent les dossiers de P2 dont on ignorait alors l’existence. Une enquête parlementaire dirigée par Tina Anselmi révéla ensuite, à la grande surprise du peuple italien, que la liste des membres de la loge anticommuniste secrète P2 saisie à Arezzo comportait au moins 962 noms et estimait les effectifs de l’organisation à environ 2 500. Ce véritable « Who’s Who de l’Italie » rassemblait non seulement les individus les plus conservateurs mais également les plus influents du pays : 52 officiers supérieurs du corps des carabiniers, 50 hauts gradés de l’armée italienne, 37 responsables de la brigade financière, 29 officiers supérieurs de la Marine italienne, 11 préfets de police, 70 industriels fortunés et puissants, 10 directeurs de banques, 3 ministres en exercice, 2 anciens ministres, 1 président de parti politique, 38 membres du Parlement et 14 hauts magistrats. La liste comportait aussi des individus plus bas dans la hiérarchie sociale tels que des maires, des directeurs d’hôpitaux, des avocats, des notaires et des journalistes. Le nom le plus célèbre qui y figurait est celui de Silvio Berlusconi, qui fut élu président du Conseil en mai 2001, coïncidence : presque 20 ans jour pour jour après la découverte de l’existence de Propaganda Due. [65]

 

« Nous avons abouti à la conclusion définitive que la souveraineté italienne est limitée par l’ingérence des services secrets états-uniens et de la Franc-Maçonnerie internationale », regretta Antonio Bellochio, un communiste membre de la commission Anselmi, qui déplora également que, sous la présidence de Reagan, les parlementaires italiens aient négligé d’enquêter sur les liens unissant Propaganda Due et les USA. « Si la majorité des membres de la commission avaient approuvé notre analyse, ils auraient été forcés d’admettre qu’ils ne sont en fait que des pantins entre les mains des Etats-uniens et je doute qu’ils acceptent jamais de se rendre à cette évidence. » [66] Le rapport d’enquête faisait également remarquer que si la Franc-Maçonnerie est présente en Allemagne, en Espagne, en France, en Argentine, en Australie, en Uruguay, en Irlande, en Grèce, en Indonésie et dans la plupart des pays du monde, sa véritable maison mère se trouvait aux États-Unis où elle comptait pas moins de 5 millions de membres. [67] « Si la démocratie est un système de règles et de procédures qui définissent le cadre de l’action politique, qu’arrive-t-il quand un autre système vient se greffer, avec ses règles mystérieuses, ses procédures occultes, son pouvoir immense et sa capacité à se protéger des institutions légales par le mur du secret ? » s’interrogeaient les parlementaires tout en dénonçant la « dangerosité d’une telle activité extraparlementaire ». [68]

 

Le gouvernement parallèle anticommuniste P2 et l’armée parallèle anticommuniste Gladio, tous deux financés par les États-Unis, travaillèrent en étroite collaboration durant la Première République italienne. Licio Gelli, qui, après la découverte de la loge P2, avait échappé à l’arrestation en se réfugiant en Afrique du Sud, fut fier de confirmer, après la fin de la Guerre froide, que l’armée secrète était composée d’anticommunistes farouches. « Bon nombre d’entre eux avaient combattu comme mercenaires lors de la guerre civile espagnole ou avaient servi sous la république fasciste de Salo. Ils ne recrutaient que des anticommunistes avérés. Je sais que c’était une organisation très structurée. Si l’influence des communistes s’étaient étendue en Italie, nous aurions, avec l’aide des Etats-uniens, livré une nouvelle guerre avec les armes qui nous auraient été larguées en quantité. » [69] Les Gladiateurs étaient bien payés, expliqua Gelli, car les USA investissaient en abondance dans le réseau : « Les Etats-uniens leur offraient beaucoup d’argent, l’équivalent d’un très bon salaire. En plus, ils garantissaient un soutien financier aux familles des Gladiateurs tués au combat. » [70]

 

Gelli explique ainsi la double fonction de l’armée secrète : « Le but de Gladio et des organisations similaires qui existaient dans tous les pays d’Europe de l’Ouest était de contrer une invasion de l’Armée rouge ou un éventuel coup d’État d’un parti communiste ». « Le fait que, pendant toutes ces années, le PCI ne soit jamais parvenu au pouvoir malgré ses tentatives répétées, c’est à l’organisation Gladio qu’on le doit. » [71] En faisant implicitement référence aux nombreux attentats perpétrés en Italie, le documentariste Francovich demanda à Gelli : « Jusqu’où étiez-vous prêts à aller dans votre campagne contre le communisme ? », lequel répondit vaguement : « Ah, le communisme était l’ennemi numéro un. [Silence] Nous étions une association de croyants. Nous ne tolérions pas les non croyants. Nous voulions stopper le communisme dans son élan, éradiquer le communisme, combattre le communisme. » [72]

 

Fin de la première partie. La suite dans l'article suivant

 

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Athènes: provocation organisée.

16 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale


 

Normal en quelque sorte: Hitler a bien organisé l’incendie du Reichstag pour pouvoir accuser les communistes, et les interdire par la suite ... !

Ne sommes-nous pas en EURO-DICTATURE capitaliste franco-allemande, c’ est-à-dire sous le IVe Reich en construction et en pleine marche vers l’ Est ?

La souveraineté des Nations, l’Indépendance des États intégrés, cela ne compte d’ailleurs déjà plus ... Nous faisons déjà face à un nouvel empire supra-national, entre les mains des multinationles, des banquiers, des spéculateurs et der leurs hommes de main ...

 
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Une provocation bien organisée

Toutes les informations divulguées jour après jour, montrent à quel point a été organisé le plan de répression d’Etat et de provocation qui s'est déroulé dimanche dernier lors des grandes manifestations à Athènes, afin de frapper le mouvement ouvrier. Les mécanismes de répression d’Etat ont inutilement déversé des tonnes de produits chimiques. Puis, la police anti-émeute et les cagoulés ont agi de concert pour mettre en oeuvre leur plan afin de disperser les manifestations, les terroriser.

Jusqu'à présent, les données suivantes ont été répertoriées :

1. Les individus cagoulés ont agi avec une synchronisation totale. Presque en même temps, vers 22h30, le feu a été bouté à des dizaines de bâtiments dans le centre-ville de telle sorte qu’il était très difficile de les éteindre. Alors que des bâtiments étaient en feu, les groupes de cagoulés ont érigé des barricades et empêché les camions de pompiers d’éteindre les incendies et ont attaqué les pompiers qui essayaient d’éteindre les incendies.

2. Les cagoulés ont reçu un équipement spécial pour briser les portes et les structures blindées de protection très résistantes. Des témoignages évoquent une manoeuvre coordonnée au cours de laquelle les cagoulés ont forcé avec un équipement spécial les volets et portes blindées pour ensuite jeter à l’intérieur des projectiles pour bouter le feu. Une partie des matériaux utilisés ont pu – comme cela a été démontré dans plusieurs cas – faire fondre du métal résistant en très peu de temps, même des composants de boucliers de protection (anti-feu) impossibles à détruire des moyens conventionnels. Donc, ils ont dû disposer d’équipements spécifiques ainsi que des connaissances particulières sur la façon de les utiliser.

3. Les armes dont les cagoulés disposaient étaient sophistiquées, elles ne peuvent être facilement obtenues par n'importe qui. Il s’agissait d’armes meurtrières. Par exemple, ils ont tiré des fusées éclairantes de fabrication spéciale, qui peuvent coûter la vie à des gens si elles atteignent n’importe quelle partie de leur corps. L’équipement dont ils disposaient n'est pas facile à obtenir, il est coûteux et sont utilisation nécessite une formation spéciale.

4. Des propriétaires de magasins et des gérants se sont plaints que quand ils sont retrouvés en face de groupes masqués dans leurs magasins, ces individus ont exigé de l'argent afin de ne pas mettre le feu. Puis ils ont menacé de brûler vifs ces gens s’ils ne sortaient pas et ont bouté le feu.

5. Ce déluge de feu et la destruction de bâtiments s’est déroulée presque simultanément à Athènes, Thessalonique, Volos, Trikala, Patras, Agrinio, Corfou, Héraklion.

Que montre tout cela ? Ce qui s’est passé dimanche soir dans le centre entre les forces de répression de l'Etat bourgeois et les cagoulés, était un plan visant à disperser les dizaines de milliers de manifestants qui inondaient les rues d’Athènes. Les attaques faisaient partie d'une provocation du pouvoir pour frapper le mouvement populaire, briser la lutte, par l'utilisation d’individus cagoulés, de soi-disant anti-autoritaires, de types d’extrême droite, de hooligans.

 

[...]

Quatre enquêtes préliminaires ont été ordonnées par le Bureau du Procureur du Tribunal de première instance sur : l'utilisation massive de produits chimiques, sur les circonstances des blessures infligées à Mikis Theodorakis et à Manolis Glezos, sur les allégations concernant les individus cagoulés qui auraient tenté d’extorquer des commerçants pour ne pas mettre le feu à leurs magasins, sur les dommages aux bâtiments historiques.

Rizospastis, 15 février 2012

 

 

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Le Blog d'Eva

Qu'est-ce qu'Eurogendfor qui va intervenir contre les Grecs et même leur armée

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Note d'eva : Des policiers du pays peuvent hésiter à tirer sur leurs enfants sans emploi, désespérés, et qui manifestent ... Alors qu'une police européenne n'a pas ces scrupules ! Je rappelle que le Gouvernement Sarkozy a autorisé la police à tirer sur les manifestants, et que le Traité de Lisbonne imposé aux Français par Nicolas Sarkozy a rétabli la peine de mort contre les insurgés - c'est-à-dire contre des manifestants au milieu desquels on aura mis des provocateurs pour que la manifestation dégénère... Les dirigeants européens savaient que leurs plans de transfert (comme en Grèce) des richesses des Nations, des peuples, dans les coffre-forts des Grandes banques, provoqueraient de l'opposition, des manifestations, de la résistance... Ils ont donc prévu la répression, la peine de mort, et une Police européenne sans état d'âme, sans scrupules.. Je rappelle aussi que l'UE au service du Cartel bancaire (Intérieur) et des guerres américaines (Extérieur) est le "tremplin" vers la dictature planétaire du Nouvel Ordre Mondial en préparation, dictature du Cartel bancaire sur le monde

 


R-sistons vidéo 4 : Le Nouvel Ordre Mondial pour les "Nuls"  

12:12

R-sistons vidéo 4 : Le Nouvel Ordre Mondial...

Cliquer sur ce lien pour découvrir le Nouvel Ordre Mondial en quelques minutes (12 mn)

Intervention en Grèce, Rappel, voir ici :

Alerte, l'EUROGENDFOR debarquée en Gréce contre peuple et Armée nationale !

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