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Le blog de Lucien PONS

agriculture

. Sept bébés naissent sans bras ou sans main près d'un petit village de l'Ain, une fréquence hors norme

28 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #agriculture, #Services publics, #La santé, #La France

VIDEO. Sept bébés naissent sans bras ou sans main près d'un petit village de l'Ain, une fréquence hors norme

L’Œil du 20 heures" s’est penché sur un rapport médical troublant longtemps resté confidentiel. Autour de Druillat, ce village de l’Ain, en quatre ans, 7 bébés sont nés sans bras ou sans main. Une fréquence hors norme selon la structure qui a donné l’alerte, et qui pourtant aujourd’hui est menacée de disparaître.

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C’est dans leur pavillon, à la sortie du village, que nous avons rencontré Mélanie et Jonathan Vitry. Leur fils Ryan, 8 ans, est né sans main droite. Son père a modifié son quad pour qu’il puisse le piloter. Pas détecté à l’échographie, les parents ont découvert le handicap de leur enfant le jour de sa naissance : “J’ai pleuré, forcément. Et mon mari est tombé dans les pommes.”

Les médecins n’ont aucune explication. L’anomalie ne serait pas génétique, pas liée non plus à des prises de médicaments, ou de drogue. Seule certitude : des enfants comme Ryan, il y en a 7 dans un rayon de 17 kilomètres autour de Druillat. Tous nés entre 2009 et 2014.  

“Sur une zone pareille, c’est tout à fait énorme !”  

Une fréquence qui a alerté Emmanuelle Amar, épidémiologiste, elle travaille pour le Remera, une structure qui recense les malformations dans la région. Dans cette zone géographique, c’est 58 fois plus que la normale, selon les résultats de son enquête. “On a interrogé toutes les mères avec un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie. Le seul point commun c’est que toutes ces femmes vivent en zone rurale au milieu des champs."  

Fin 2014, l’épidémiologiste  transmet son rapport aux autorités de santé. Deux ans plus tard,  Santé Publique France répond en contestant la méthologie et précise : “Compte tenu de la nature du problème détecté et de ses répercussions sociétales, en termes de craintes des populations concernées, une vigilance renforcée semble nécessaire.”  

Une vigilance renforcée, mais plus par l’équipe du Remera. Après 45 années d’existence, la structure pourrait disparaître. Les subventions publiques lui ont été coupées : “Les conséquences sont très simples, c’est la fin de la surveillance des malformations, c’est à dire clairement la fin de l’alerte aussi", regrette Emmanuelle Amar.  

La région Auvergne Rhône Alpes, qui cofinançait, considère que désormais, ça ne fait plus partie de ses attributions. Quant à l’Inserm, l’organisme de recherche, il justifie l’abandon des subventions en affirmant que “l’apport du registre pour la recherche est très faible”. Etonnant, car il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait, au contraire, le travail du Remera.    

Entre temps des médecins de Bretagne et des Pays de la Loire ont alerté à leur tour les autorités. Sept enfants sont nés sans bras autour de deux villages, en quelques mois seulement.  

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La justice donne le feu vert à la ferme des "1.000 vaches"

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Agriculture

La ferme picarde dite des "1.000 vaches", exploitation laitière industrielle à Drucat, près de l'aérodrome d'Abbeville, dans la région des Hauts-de-France, le 20 juin 2014 / © AFP/Archives / FRANCOIS LO PRESTI
Dernier épisode d'une lutte entre éleveurs et opposants à l'agriculture "productiviste" autour d'une exploitation de la Somme, la justice administrative a donné jeudi son feu vert à l'augmentation du cheptel de la ferme dite des 1.000 vaches, jusqu'ici limité par l’État à 500.

Le tribunal administratif d'Amiens en a décidé ainsi et annulé les sanctions financières prises par la préfecture à l'encontre de l'exploitant, la SCEA (Société civile d'exploitation agricole) Côte de la justice, financée par le puissant groupe régional Ramery (BTP). "C'est une victoire importante pour l'exploitation, la confirmation de ce que nous disons depuis deux ans alors que tout le monde nous riait au nez", s'est félicité Me Pierre-Étienne Bodard, avocat de la SCEA.

Cette décision ne clôt cependant pas définitivement le dossier, l’État ayant la possibilité de faire appel. La préfecture de la Somme n'a fait aucun commentaire.

Le projet était contesté localement par des détracteurs de l'agriculture industrielle, notamment l'association Novissen, qui revendique 3.000 adhérents, et la Confédération paysanne. Réélue ce mois-ci députée de la Somme, l'ex-secrétaire d’État à la Biodiversité Barbara Pompili fait partie des opposants, qui avaient mené des opérations empêchant l'entrée et la sortie de bovins et de camions.

Cette ferme géante, dont la taille envisagée est sans précédent en France, est située à Drucat, non loin d'Abbeville. Un permis d'exploitation avait été délivrée en 2013 pour un troupeau limité à 500 têtes de bétail. Ouverte en septembre 2014, la ferme compte actuellement près de 800 vaches. "Notre dossier a été construit pour 1.000 vaches, si on nous ramène à 500 vaches, ça peut être compliqué", soulignait Michel Welter, le directeur de l'exploitation.

L'enquête publique sur l'extension du cheptel s'était soldée par un avis favorable. "Face à la suppression des quotas, à la libéralisation du marché, et à la concurrence européenne, ce type de ferme est une réponse pour faire face aux importations de lait (Allemagne, Danemark)", avaient soutenu les enquêteurs.

Mais pour Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, ce projet entraînait "des modifications et augmentations substantielles de plusieurs sources de pollution, notamment l’augmentation de la quantité d’effluents, l’impact sur les odeurs liées au stockage de fumier et de lisier ou l’impact lié au trafic routier supplémentaire".

La justice ne s'est pas, néanmoins, prononcé sur le fond. Le tribunal d'Amiens s'est borné à estimer que l'absence de réponse dans un délai de deux mois de la préfecture au projet d'accroissement du cheptel valait validation tacite. Il s'est appuyé sur une disposition législative selon laquelle "le silence gardé pendant deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision d'acceptation", selon le texte du jugement communiqué à l'AFP.

Or, l’État ne s'est pas manifesté autrement que par la notification en juillet 2015 de sanctions à l'encontre de l'exploitant, qui avait adressé son projet de développement à la préfecture quatre mois plus tôt. Selon le tribunal administratif, ce projet devait s'analyser comme une demande formulée à l'administration.

"La SCEA a bénéficié à l'expiration du délai de deux mois courant à compter du 16 mars 2015, soit le 16 mai 2015, d'une décision implicite d'acceptation de sa demande", écrit le juge.

Conséquence de cette décision, les amendes, sous forme d'astreinte, infligées par l’État à l'exploitant sont nulles, et l’État devra à ce titre lui rembourser 8.580 euros.

Pour Me Grégoire Frison, avocat de Novissen, "la préfecture a saboté le dossier: c'est la première ferme d'élevage et ils loupent le délai? Quand c'est des petits éleveurs, ils le respectent scrupuleusement. Depuis le début nous soupçonnons des collusions entre la préfecture et (le groupe) Ramery".

En mai 2016, Mme Royal avait demandé au préfet de la Somme une nouvelle enquête publique... qui n'a pas commencé, l’État choisissant d'attendre l'issue du contentieux par la justice administrative.



(©AFP / 29 juin 2017 19h42)
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CANTAL : ses vaches dérangent ses nouveaux voisins, un agriculteur condamné à déménager ! [PÉTITION]

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Agriculture

Publié par El Diablo

photo d'illustration (source:Lozère Online)

photo d'illustration (source:Lozère Online)

Un agriculteur à la tête d'un troupeau de vaches, dans le village de Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal, a été condamné à déménager sa ferme parce que ses voisins étaient incommodés par l'odeur de ses vaches et du fumier.

C'est une histoire qui agite tout le village de Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal. Tout commence il y huit ans, lorsqu'un couple de citadins décide de s'installer dans ce petit village, calme et paisible, tout proche de la ferme de l'agriculteur. Mais quelques temps plus tard, cet éleveur de vaches Salers reçoit une convocation devant la justice, parce que ses voisins sont incommodés par l'odeur des vaches et du fumier. Sans avoir jamais dit un mot, ni pris la peine de discuter avec l'agriculteur, ce voisin grincheux décide de l'attaquer en justice. Le tribunal d'Aurillac est donc saisi, et finalement, rien n'est retenu contre le paysan, mais cette décision ne convient pas du tout au plaignant qui décide de faire appel.

L'agriculteur risque de cesser son activité

La Cour d'appel de Riom vient de donner raison au couple de citadins, et condamne l'agriculteur à éloigner ses vaches et ses bâtiments de stockage du fumier. La ferme, qui existe depuis 1802,

[...]

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

CANTAL : ses vaches dérangent ses nouveaux voisins, un agriculteur condamné à déménager ! [PÉTITION]

PÉTITION :

Soutien à mon voisin paysan de Lacapelle-Viescamp (Cantal)

Aujourd’hui, en 2017, et ici, à Lacapelle Viescamp, un agriculteur se meurt !

A cause d’un voisin grincheux, l’exploitant agricole du lieu-dit Jalles se voit contraint par la justice de modifier à grand frais son exploitation agricole, voire même d’envisager une cessation.

Comme le coq qui chante trop fort, comme les cloches des églises qui sonnent trop tôt, les vaches salers dérangent… Leur vue, leur odeur, leurs déplacements incommodent le plaignant.
Dans les colonnes de notre quotidien régional nous lisons souvent de pareilles histoires. Avouons-le, il nous arrive même d‘en sourire tant l’absurdité de ces querelles de voisinages parait inconséquente.

Et pourtant, voilà déjà 8 ans que cela dure ! Sans tentative de discussion préalable, sans un mot, ce voisin dépose une plainte. L’huissier remet à notre jeune exploitant une convocation chez le conciliateur. Le motif ? Des ballots d’enrubannage incommodants. Avant même les recommandations du médiateur, les balles sont stockées sur un lieu choisi par le plaignant. Mais là encore c’est insuffisant. S’ajoutent ensuite les vaches, la grange, un bâtiment, la fosse à fumier évidemment...même le passage sur la petite route communale pose problème.

Malgré l’entente trouvée avec le conciliateur, le tribunal d’Aurillac est saisi. Rien n’est retenu contre l’agriculteur.
Mécontent de cette décision le plaignant fait appel.

Le jugement tombe :

L’agriculteur de Jalles a 8 mois pour se mettre en conformité :

- Obligation de placer les ballots d’enrubannage à 50m de l’habitation du voisin.

> Cette distance n’est pas réglementée par la loi.
(Les balles sont à la bonne distance depuis le passage du conciliateur il y a 6 ans.)

- Interdiction d’utiliser les bâtiments pour loger les animaux.

> La grange existait bien avant l’installation du riverain
(Les vaches devront dormir dehors été comme hiver.)

- Obligation de mettre les ouvrages de stockage fumier et lisier à 50m de cette maison (aujourd’hui à 35m).

> Ces ouvrages respectent pourtant les normes en vigueur.

Les conséquences sont dramatiques !

Même avec la meilleure volonté du monde, cette mise en conformité est impossible !
L’exploitation est ancienne (depuis 1802), les limites de propriété ne sont pas modulables, les riverains sont de tout cotés.
Dans 8 mois, notre exploitant, qui n’a pas les moyens de s’installer ailleurs, n’aura d’autres choix que de cesser son activité.

C’est la consternation à Jalles!

D’autant plus que cette décision fera certainement jurisprudence.
Les agriculteurs de la commune et d’ailleurs se retrouveront donc à la merci de n’importe quel caprice de voisins malveillants.

Et les agriculteurs ne sont potentiellement pas les seuls concernés.

Le plaignant a obtenu gain de cause mais cela lui suffira-t-il ?
A qui le tour ensuite ? Un chien qui aboie, des enfants qui jouent, des randonneurs qui passent, une fête d’anniversaire, le bac à poubelle qui claque, un cop qui chante, une voiture bruyante…
Nous sommes tous coupables et condamnables !

Pourtant ce conflit aurait pu être évité.
L’exploitant et ses soutiens regrettent que les représentants communaux n’aient pas joué leur rôle de médiateur au début de l’affaire. La réunion des deux parties aurait pu calmer les esprits. Cette rencontre n’a jamais eu lieu. Pire, seul le son de cloche du voisin grincheux a été pris en compte par la mairie et personne n’est venu prendre la version du deuxième protagoniste en 8 ans.

Notre paysan a décidé de se pourvoir en cassation En attendant cette nouvelle audience (en 2020 ou 2021), il a le moral au plus bas !
« Ça fait six générations que mes ancêtres travaillent cette terre et on vient nous mettre dehors ? »

Nous pouvons l’aider de façon simple :
Apportez votre soutien en signant cette pétition qui sera transmise à nos élus ainsi qu'au ministre de l'agriculture qui rappelons-le est Cantalien.

Merci pour votre lecture.

Soutien à Nicolas.

Cette pétition sera remise à:

Ministre de l'agriculture

POUR SIGNER LA PÉTITION LIEN CI-DESSOUS :

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L'agriculture veut s'habiller en Tafta. L'agriculture est l'affaire de tous. Quatre vidéos à ne pas manquer.

5 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique., #La mondialisation, #La nation ., #Agriculture

Dans ce monde devenu fou où l’argent roi décide de tout, dans ce monde où la spéculation financière remplace le bon sens et l’humanisme, il est urgent d’arrêter cette course folle vers l’abime. Le libre-échange impose une agriculture industrielle où les OGM et les pesticides garantissent aux multinationales le pouvoir absolu sur toute l’humanité, car ceux qui contrôlent la nourriture contrôlent tout ! Il est peut-être temps d’ouvrir les yeux afin de préserver l’essentiel, c’est-à-dire : LA VIE !

A propos d’agriculture, beaucoup de dégâts sont déjà à déplorer aujourd’hui, alors avec les accords transatlantiques ce processus ne fera qu’empirer.

  • Le Grand Marché Transatlantique. Le sort réservé à l'agriculture. Une vidéo à ne pas manquer.

Il est à peu près évident pour ceux qui osent garder un peu d'objectivité dans ce dossier que l'asservissement des peuples par les multinationales va être plus important et difficile à combattre, une fois les accords transatlantiques signés.

  • Une loi française nous protège de la malbouffe, le bœuf aux hormones et j'en passe, on n’en tiendra pas compte !
  • Une loi française interdisant l'exploitation des gaz de schistes semble nous mettre à l'abri de ces horreurs économiques, cela se fera quand même!
  • Nous pensons pouvoir résister à ces malversations officielles ? Sachez qu'il n'en est rien. Un tribunal privé entièrement au service des multinationales est prévu pour imposer la logique marchande aux états récalcitrants. Les jugements rendus par cette organisation au service de la mafia qui gouverne le monde, seront contraignants pour les contrevenants. Cela signifie que cet organisme est supérieur à toutes les juridictions publiques. Cela signifie qu'il est supérieur à toutes les constitutions.

Je pense que la vidéo ci-dessous a le mérite de traiter le sujet de façon claire et ludique.

https://www.youtube.com/watch?v=656DmFFC_jE

  • La vidéo qui va suivre va expliquer les méfaits de cette agriculture des multinationales.

Le constat que font Claude et Lydia Bourguignon est vraiment très, très intéressant... c’est : l’agriculture du génocide !!!!

  • Voici un autre document accablant : « La mort est dans le pré ».

C'est un film percutant dont personne ne sortira indemne. Mais surtout un film qui dévoile un problème de santé publique autrement plus grave que le pourcentage de cheval roumain dans les lasagnes au bœuf. Un problème de santé publique probablement équivalent à celui de l'amiante, dont les victimes ont enfin été reconnues après plusieurs décennies de combat et de mépris de la part des autorités compétentes, complices de l'industrie. Ce drame, c'est celui vécu par les agriculteurs ou proches d'agriculteurs qui ont été au contact quotidien des pesticides, et qui contractent cancers, maladies neurologiques et autres saloperies susceptibles d'être fatales. Le réalisateur Eric Guéret est allé à la rencontre de ces gens qui, dans la peine ou la maladie, se battent pour la justice et pour une agriculture plus respectueuse des hommes et de la terre : Caroline Chenet, éleveuse de 45 ans dont le mari a succombé à un lymphome ; Frédéric Ferrand, viticulteur de 41 ans victime d'un cancer de la vessie et de la prostate ; Paul François, contaminé par le « Lasso » de Monsanto et qui mène un combat juridique du pot de terre contre le pot de fer face à la multinationale ; enfin Denis Camuzet, éleveur du Jura qui, bien que paraplégique, voit son avenir dans la conversion en bio de son exploitation. Comment en est-on arrivé là ? Chacun témoigne à la fois du manque total d'information des fournisseurs de produits, qui s'abstiennent bien d'alerter sur leur dangerosité, de l'inconscience durable des agriculteurs comme dans cette scène où les parents de Frédéric, également vignerons, parlent de l'aspersion des produits alors qu'ils étaient encore dans les vignes : « ça faisait l'effet d'une douche fraiche en plein été ». Et puis il y a dans toutes les bouches la reconnaissance de ce foutu sens du silence qui règne chez les paysans. Le paysan est solidaire de son voisin pour les travaux, mais n'évoque jamais ni les problèmes d'argent, ni les problèmes personnels, ni même ceux de santé, fierté oblige. Et dénoncer les pesticides est souvent perçu comme une forme de trahison face à quelque chose qui a permis à chacun d'augmenter ses rendements et de mieux vivre matériellement. Mais voilà, la maladie est là et avec elle la prise de conscience d'une énorme duperie criminelle. Et la prise de conscience est telle que certains avouent ne plus donner à leur famille la production de leur récolte, se limitant à ce qui sort du potager privé cultivé en bio. Désormais ces paysans interviewés ne se taisent plus et mènent un combat parfois désespéré : combat auprès de la Mutuelle Sociale Agricole pour faire reconnaître son cancer comme maladie professionnelle, combat contre les scientifiques stipendiés par l'industrie, combat pour changer de pratiques, un défi pour ceux que l'agro-industrie a coupés de tous leurs savoirs traditionnels. Et malgré le tragique de la situation, grâce à l'obstiné Denis Camuzet, l'éleveur qui veut devenir bio, ou à la victoire juridique de Paul François, ce film reste plein d'espoir dans la lutte.

la vidéo est ici

  • Encore un document accablant !

Chaque jour en France, 50 exploitations agricoles disparaissent et les agriculteurs, c’est la profession la plus touchée par le taux de suicides,aucun chiffre disponible... Environ 2 agriculteurs par jour se donnent la mort...

Les paysans parlent peu, considèrent qu’ils sont responsables de leurs échecs. Le documentaire qui suit permet de comprendre le drame qui se joue :

Le film est ici

Bien cordialement.

Lucien PONS.

L'agriculture veut s'habiller en Tafta. L'agriculture est l'affaire de tous. Quatre vidéos à ne pas manquer.
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La France ce pays que l'on détruit et que l'on pille! Il faut tuer la capacité agricole de notre pays. Par Lucien Pons.

5 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Agriculture, #AMERIQUE, #Le traité Transatlantique., #Le grand banditisme, #Les transnationales

La France ce pays que l'on détruit et que l'on pille!    Il faut tuer la capacité agricole de notre pays. Par Lucien Pons.

La France ce pays que l'on détruit et que l'on pille!

Il faut tuer la capacité agricole de notre pays.

Bonjour.

Notre pays est un pays agricole autosuffisant et exportateur net. Enfin il l’était ! La politique menée par l’instance supranationale qu’est l’Union Européenne consiste à éliminer l’agriculture dans notre beau pays. Les oracles du libre marché, les prédicateurs de la concurrences libre et non faussée, les tenant de la politique du désastre - qui ont pris les commandes en France et dans les autres pays de l’Union européenne - ne cachent pas leurs intentions. Afin d’assurer un maximum de bénéfices aux voleurs déguisés en hommes politiques ou en hommes d’affaires, chaque dominion de l’empire atlantique s’est vu attribuer une fonction économique précise. Il faut à tout prix installer cet esclavage moderne afin d’assurer la pérennité de la dictature des marchés. Le Royaume Uni est en charge de la finance. L’Allemagne est en charge de la production industrielle. L’Italie et l’Espagne sont en charge de l’agriculture. La France a comme seule fonction le tourisme !!! Dans ce contexte, la destruction de la capacité agricole de la France et de sa capacité industrielle est un impératif absolu. L’oligarchie qui dirige notre pays a programmé cette entreprise funeste depuis longtemps. Divers moyens sont utilisés pour y parvenir. La ratification du traité transatlantique en est un volet essentiel. L’abandon de toute décision politique d’importance est déléguée aux docteurs folamours qui officient à Bruxelles. La réforme territoriale avec ses désastres (disparition des communes et des départements qui sonnent le glas de la démocratie de proximité, la loi sur le foncier - la fameuse loi ALUR*, la loi sur le transfert des compétences à des instances dirigées à terme par des multinationales – la gestion de l’eau par exemple, …) va permettre toutes les prédations. La dette est l’arme fatale comme outil d’asservissement des peuples. La vente des biens communs (barrages, routes, services publics, santé, …) aux financiers, la vente de pans entiers de notre patrimoine aux intérêts étrangers (industries** et autres joyaux aux anglo-saxons et aux monarchies du Golfe) sont les butins de cette guerre sauvage et cruelle.

*un lien : ici

**La vente de l’entreprise stratégique Alstom à Général Electric. Le géant américain avait promis lors de la prédation de conserver les emplois, un plan de licenciement de 760 personnes est annoncé !!!! Des liens ici, ici, ici.

La vente de nos terres agricoles au Qatar est un exemple de pillage!

Rappelons-nous quand même que :

  • Le Qatar et l’Arabie Saoudite sont les premiers pourvoyeurs de terroristes au monde.
  • Le Qatar et l’Arabie Saoudite sont les premiers clients de l’industrie de l’armement en France.
  • Le Qatar et l’Arabie Saoudite sont les premier partenaires des pays de l’axe atlantique pour déstructurer et piller les pays du Moyen Orient qui refusent le diktat du Nouvel Ordre mondial.
  • Le Qatar et l’Arabie Saoudite sont les premiers partenaires de la France pour faire la guerre aux gouvernements légitimes dans cette région sensible.
  • Grace à leur mansuétude nous pouvons soutenir les terroristes takfiris de la pire espèce en Syrie. Il faut ensuite les combattre sur le sol national lorsqu’ils veulent mettre notre pays à feu et à sang par des attentats meurtriers.

C’est vrai que l’orient est compliqué. C’est peut-être cela qui explique le grand écart permanent de la politique étrangère française vis-à-vis de ces états si peu démocratiques. C’est peut-être cela qui a permis à notre éminent ministre des affaires étrangère en octobre 2012 d’affirmer « Qu’Al Nosra (Al Qaeda en Syrie) faisait du bon boulot en Syrie » . Pour rester dans les célèbres citations de cet homme politique qui marquera notre histoire, il faut rappeler celle-ci: « Bachar El Assad ne mérite pas de vivre ». Ces quelques rappels affichent clairement les intentions du gouvernement profond français de tout mettre en œuvre pour assassiner ce chef d’état non aligné.

Vous trouverez ci-après deux articles et deux pétitions concernant ces sujets.

Bien cordialement

Lucien Pons

Article n°1 Les éleveurs français dans le viseur de Bruxelles. Par Gérard Le Puil dans l’Humanité.

Nous avons fait état, ces jours derniers, des difficultés rencontrées depuis des mois par les éleveurs français dans les trois importants secteurs que sont le lait de vache, la viande bovine et la viande porcine pour cause de prix anormalement bas. Désormais ces trois filières risquent des procès intentés par la Commission européenne pour entrave à la libre concurrence.

[…]

La suite : http://www.humanite.fr/les-eleveurs-francais-dans-le-viseur-de-bruxelles-594974

Article n°2 Quand la France vend ses terres agricoles au Qatar.

« Vendre notre plus beau patrimoine au Qatar », propriétaire du PSG, est « une énorme faute ». Léonce Vilbert, ancien élève d’AgroParisTech, exprime sa colère dans une pétition en ligne, après avoir appris que le club de foot du PSG aurait choisi selon Le Parisien, de déménager son centre d’entraînement et de formation sur le site de son ancienne école d’ingénieurs agronomes.

Il faut dire que le site abritant AgroParisTech, mis à la vente par l’État, n’est pas anodin. Situé à Thiverval-Grignon, à 30 kilomètres de Paris, il comprend notamment un château Louis XIII, de nombreux bâtiments d’époque, un parc de 291 hectares et une ferme d’expérimentation sur 219 hectares.

En lieu et place, rapporte Le Parisien, le PSG prévoit 18 terrains de football, un stade de 5 000 places et un parking de 1 000 places, pour une enveloppe globale de 300 millions d’euros. Une artificialisation des sols dénoncée par la chambre d’agriculture d’Ile-de-France : dans un communiqué publié le 14 décembre 2015 relatif au projet du PSG, elle affirme faire « front pour éviter la consommation de terres agricoles »

[…]

Pour lire la suite suivez ce lien

La pétition : Halte à la vente du patrimoine scientifique français au Qatar

Au lendemain des attentats et à l'occasion de la Cop21, plus d’une centaine de chefs d’Etats s’acheminent vers Paris, pour proposer des solutions d'adaptation au réchauffement climatique. Notre Pays possède à Grignon un centre historique de la recherche agronomique, dédié à une agriculture durable, respectant les ressources, la souveraineté alimentaire, à une agriculture à énergie positive et puits de carbone. Or dans le même temps, l'Etat français veut vendre ce domaine historique, avec son château Louis XIII, son parc de 300 ha, ses amphis, ses laboratoires, ses champs d'expérimentation, au Qatar … pour y implanter le centre d'entraînement du PSG ! Il faut empêcher cette énorme faute de vendre notre plus beau patrimoine au QATAR ! Les générations futures nous le reprocheront. Sans compter l'immense gaspillage d'argent public investi dans cette structure !

[…]

Pour accéder à la pétition cliquez sur le lien .

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« 30 % des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois ! » L’édito de Charles SANNAT

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Agriculture

« 30 % des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois ! » L’édito de Charles SANNAT

« 30 % des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois ! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est le directeur général de la MSA, la mutualité sociale agricole, qui attire l’attention sur la détresse profonde du monde agricole. Sur les 6 premiers mois de l’année, la « permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs a reçu 1 700 appels », ce qui représente 285 appels en moyenne par mois.

On apprend également dans cette interview donnée par Michel Brault sur Radio France que sur le revenu 2015, « à peu près 30 % des agriculteurs ont gagné moins de 4 200 euros, c’est-à-dire 350 euros par mois. Et nous craignons que pour 2016, cela s’accentue, compte tenu des difficultés économiques, sanitaires et climatiques ».

Il note également une « explosion des demandes : à peu près 200 000 demandes depuis le début de l’année, alors qu’on en attendait 60 000 en 2016 ! Sur ces 200 000 demandes, environ un tiers émanent d’exploitants et deux tiers de salariés »… D’ailleurs le nombre d’ouvriers agricoles s’effondre lui aussi.

Et il conclut sur ce constat absolument dramatique : « De plus en plus d’épouses d’agriculteurs nous appellent pour dire : « Venez nous aider, on ne s’en sort plus ». Et cette détresse n’est pas seulement financière, on sent qu’il y a le besoin d’un accompagnement humain. »

Alors maintenant, que fait-on ?

Albert Einstein, qui n’était pas le dernier des crétins, disait que la folie c’était de faire la même chose en espérant que cela produise des effets différents.

Que ce soit pour notre monde agricole et de façon générale pour tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés, nous continuons invariablement à faire un peu plus de la même chose en espérant que cela conduise à un résultat différent. Nous nageons évidemment en plein délire.

La dernière « connerie » en date étant l’annonce par le gouvernement d’uniformes « anti-feu » pour les policiers. Je suppose qu’Alain Juppé, dans sa grande maîtrise et son immense pondération, nous proposera de doter chaque voiture de patrouille d’un petit extincteur logé dans l’habitacle. Voilà une « bonne » mesure… qui ne changera rien au fait que des petits caïds qui terrorisent tout le monde (noirs, jaunes, blancs, marrons et blancs cassés ou café au lait et toutes les couleurs de la palette confondues) vont continuer à être de plus en plus violents parce qu’en face… il n’y a aucune riposte. Le problème est aussi simple que cela. S’il y a impunité, alors il n’y a plus de limite et les treillis anti-feu ou les extincteurs, qu’il soit mis en place par la droite ou par la gauche, n’y changeront rien.

Pour le monde agricole, c’est exactement la même chose.

Les paysans sont en réalité devenus les supplétifs malgré eux d’un système totalement inique où ils sont exploités et dépendants de leur filière.

Ils achètent des engrais, des pesticides et des semences à des entreprises qui généralement leur rachètent ensuite leur production. Ils sont, de fait, les quasi-salariés de leurs uniques « fournisseur-client ».

Pour les producteurs de lait, ce n’est pas mieux. Ils dépendent de la laiterie du coin et travaillent globalement au salaire de « subsistance ».

Pour les éleveurs idem… Le prix de la viande ne couvre presque pas leurs frais… alors gagner de l’argent vous n’y pensez pas.

Le tout est mâtiné d’aides et de subventions pour tenir la tête hors de l’eau à ses forçats.

En haut de l’échelle agricole, les grandes exploitations (supérieures à 300 hectares) qui permettent à l’exploitant de vivre dignement s’il gère bien. Pour le reste, c’est la catastrophe ou presque et la grande misère.

Ce qui sauve à la campagne, c’est la campagne, le potager, le fuel rouge qui permet de rouler à pas cher et en « déduisant », le bois de chauffage gratuit, et disons-le… l’absence de tentations vue que le premier magasin est à une heure de route (j’exagère à peine).

Il faut donc sortir de ce système…

La seule solution pour nos agriculteurs n’est donc pas de manifester pour obtenir quelques centimes de plus sur le litre de lait ou le kilo de cochon mais de sortir de ce système mortifère pour eux.

Ils sont, il faut le dire, également totalement soumis aux « instances professionnelles » qui ne veulent pas forcément que leur bien !

Résultat ? On se mobilise pour les centimes, on verse du purin, on arrose les préfectures et les sous-préfectures, mais on ne change rien. On continue comme avant.

Toujours pas une seule chaîne nationale de vente directe de produits, du fermier au consommateur, dans les grandes villes. Pourquoi à votre avis ?

Des coopératives qui ne servent pas à grand-chose, des instances nationales agricoles gérées par les plus gros et qui sont en réalité des industriels de l’agro-alimentaire et de l’agro-business…

Nos paysans doivent donc se sortir eux-mêmes et par eux-mêmes de ce système qui les asphyxie à petit feu et ne les tuera jamais vraiment.

Comment ? En rompant totalement avec les modes de production actuels, en faisant du bio sans payer ce label et en en créant un autre libre de droit et d’utilisation par tous, changer les méthodes de production, changer les modèles économiques et aussi changer la façon de vendre et les circuits de vente.

Tant que nos paysans ne font pas cela, alors ils continueront à être condamnés à verser leur lisier sur les sous-préfectures et rien ne changera.

Tant qu’ils continueront à faire de la « défiscalisation » pour « bénéficier » de la « fiscalité » agricole en engraissant des comptables et des fabricants d’engins qui leur vendent des tracteurs hors de prix dont ils n’ont pas besoin, alors rien ne changera.

Tant qu’ils accepteront des normes de plus en plus contraignantes et les poussant à faire des investissements jamais rentabilisés qui sont la conséquence du lobbying des industriels à Bruxelles, alors rien ne changera

J’ai 42 ans et cela fait 42 ans que j’entends le monde agricole geindre (à raison) et continuer à geindre tous les ans pour les mêmes raisons sans que rien ne change.

Nos amis agriculteurs doivent se sortir de cette folie de faire confiance à leurs instances et autres fédérations en continuant à croire qu’une manif de tracteurs changera les choses.

Et non, la révolution n’est pas non plus la solution. Ce que je sais en revanche, c’est que les révolutions personnelles, elles, sont très efficaces et que toutes celles et ceux qui sortent de ce système retrouvent une liberté, une richesse, un sens à leur métier oublié depuis bien trop longtemps. Que ce soit le passage du conventionnel au bio ou même à des modes encore plus « novateurs » comme la permaculture, nombreux sont ceux à trouver d’autres équilibres économiques.

Il faut faire autrement, et évidemment ce n’est ni simple, ni facile, mais ne rien faire c’est se condamner à subir et quand on gagne 350 euros par mois, alors on n’a plus grand-chose à perdre à essayer autre chose ! Cela s’appelle se libérer et si je dis tout cela c’est parce que oui, il y a une détresse réelle dans le monde rural et cette détresse va d’ailleurs bien au-delà des agriculteurs et elle est assez générale.

Pourtant, il doit être dit qu’il n’y a aucune fatalité et que pour une part importante, par nos choix et nos actions, nous sommes aussi en grande partie maîtres de notre destin. Nous pouvons aussi choisir de ne pas être l’esclave de l’autre, tout au moins en partie.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

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Le traité Ceta avec le Canada menace l’agriculture et l’environnement .

7 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le traité Transatlantique., #Agriculture

Le traité Ceta avec le Canada menace l’agriculture et l’environnement

17 septembre 2016 / Amélie Canonne
 

 

 

 
 

Le projet de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne est loin d’être enterré, avertit l’auteure de cette tribune. Qui alerte sur le Ceta, accord négocié avec le Canada et porteur des mêmes menaces pour l’emploi, l’agriculture, et l’environnement. Il sera discuté en octobre à Bruxelles. A Berlin, une manifestation a lieu ce samedi contre le Ceta.

Amélie Canonne est présidente de l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec) et membre du collectif Stop-Tafta.


C’est une antienne : tous les deux mois, Matthias Fekl, secrétaire d’État au commerce extérieur de la France, menace de mettre un terme aux négociations du célèbre Tafta, l’accord de commerce et d’investissement négocié depuis juin 2013 entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis. Outre leur effet publicitaire, les rodomontades du ministre visent un but précis : endormir l’opposition massive qui s’exprime depuis trois ans à l’encontre de ce traité dans presque toute l’Europe, notamment en Allemagne, en Autriche et en France, surtout à six mois d’élections qui s’annoncent difficiles pour les gouvernements sortants à Paris, Vienne ou Berlin. S’attribuer les lauriers de pourfendeur du traité serait bien opportun dans ce contexte.

Mais Paris souhaite-t-il véritablement la fin du Tafta ? Rien n’est moins sûr. Il convient de lire avec attention les déclarations de M. Fekl pour s’en convaincre : il justifie en effet son annonce par le fait que « les Américains ne donnent rien ou alors des miettes ». Décodage : l’UE joue le jeu et libéralise, mais Washington ne fait pas les concessions attendues en retour. Autrement dit, si Paris n’a aucun problème avec le principe du Tafta, et l’objectif de libéralisation qu’il comporte, elle estime en revanche que les États-Unis ne jouent pas le jeu.

Les fanfaronnades de Paris

Et pour cause : la campagne électorale bat son plein outre-Atlantique, et Trump et Sanders, chacun dans leur registre, ont imposé la politique commerciale en thème central, forçant même Hillary Clinton à se distancer de projets d’accords (traité transpacifique et Tafta) qu’elle n’avait jamais remis en cause lorsqu’elle était Secrétaire d’État [ministre des Affaires étrangères]. Les négociations sont longues et sensibles, et Paris sait depuis des mois que Washington ne fera aucune concession majeure avant début 2017 et l’installation de la nouvelle administration fédérale. D’ailleurs, le 29 juin dernier, quand Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait demandé aux 28 chefs d’État réunis en sommet à Bruxelles si l’un d’eux souhaitait remettre en cause les pourparlers en cours, personne, Paris compris, n’avait pipé mot.

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Manifestation contre le Tafta, à Paris, à l’automne 2014.

En effet pour faire des fanfaronnades de Paris une dynamique politique sérieuse, il faut plus qu’une interview sur RMC. Dans les faits, et même si les traités sont silencieux sur ce point, le mandat a été adopté à l’unanimité du conseil des ministres du Commerce en juin 2013, et c’est à l’unanimité qu’il devra être abrogé. Et sans initiative politique forte de la France, qui implique plusieurs chefs d’État et de gouvernement de l’UE, ce scénario n’a aucune chance de voir le jour. Or, si les socialistes jouissent de la majorité politique à Paris, ils sont minoritaires à Berlin, et les déclarations de Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l’Économie, grand allié de M. Fekl, n’engagent pas la chancelière Merkel, qui a dit souhaiter poursuivre les négociations. L’homologue italien de M. Fekl a également confirmé le soutien de Rome aux pourparlers. Et la Commission, par les voix successives de MM. Juncker et Timmermans, son premier vice-président, a fait savoir que les négociations se poursuivraient, soutenues par Washington. Le Tafta est donc loin d’être enterré.

Le Ceta serait une catastrophe pour l’élevage européen, et notamment français

Les objections françaises au Tafta sont d’autant moins crédibles que M. Fekl soutient bec et ongles un autre accord de libre-échange, le Ceta (pour Comprehensive Economic and Trade Agreement), entre l’Union européenne et le Canada. Conclu en février, il doit, pour entrer en vigueur, être approuvé par le Conseil des ministres de l’UE le 18 octobre prochain, puis ratifié par le Parlement européen début 2017.

Or, le Ceta comporte déjà toutes les dispositions promises dans le Tafta, qui nuiront à l’environnement, à la qualité de vie, à l’emploi ou aux services publics en Europe comme en Amérique du Nord. Il comprend ainsi une version à peine édulcorée du fameux « ISDS », qui conserve intact l’arbitrage d’investissement et assure des privilèges inacceptables aux multinationales canadiennes. Pire : 80 % des entreprises américaines présentes en Europe ont une filiale au Canada, et pourront donc utiliser le chapitre 8 du traité UE-Canada pour poursuivre l’un ou l’autre État membre, si ce n’est Bruxelles, au nom de profits atrophiés par une décision publique.

Le Ceta s’annonce en outre une catastrophe pour l’élevage européen, et notamment français, car Bruxelles a accepté des contingents annuels de viande bovine et porcine qui risquent fort de déstabiliser gravement les filières de ce côté-ci de l’Atlantique. La perte de milliers d’emplois, sur un terrain économique et social déjà très fragile, est à craindre. Sans même parler des risques existants dans le domaine de la sûreté alimentaire : si rien n’est explicitement formulé dans le texte du traité concernant les OGM, le traitement chimique ou antibiotique des viandes, l’usage de pesticides..., les dispositions sont désormais en place pour affaiblir progressivement les réglementations sanitaires au bon vouloir des lobbies agro-industriels, qu’ils soient européens ou canadiens.

Stratégie perdante pour l’économie et mortifère pour la planète

Le traité s’annonce également une calamité pour l’environnement et le climat. Outre qu’il va accroître les échanges internationaux, alors que le commerce mondial est jugé responsable, selon les études, de pas loin de 15 % des émissions de gaz à effet de serre, il facilitera l’investissement des entreprises européennes dans les secteurs énergétiques sensibles au Canada, en particulier ceux de l’uranium et des sables bitumineux.

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« Requin transtlantique », à Paris, à l’automne 2014.

Il armera les acteurs privés pour contrer les réglementations environnementales futures dans le domaine de l’exploration, de l’extraction et du transport d’énergie et va ouvrir la porte, par exemple, à des poursuites similaires à celles engagées par l’entreprise TransCanada contre les États-Unis en novembre dernier, lorsque le président Obama avait refusé d’autoriser l’extension du pipeline KeyStone.

Si la France avait réellement à cœur les droits des peuples et la protection de la planète, elle commencerait par faire barrage au Ceta. Or elle le soutient, pour deux raisons : les concessions du Canada dans le domaine des marchés publics, qui ravissent les grandes entreprises d’infrastructures françaises, et l’engagement d’Ottawa à protéger les indications géographiques européennes, ces fameuses appellations de qualité associées à des productions alimentaires, viticoles ou spiritueuses. Engagement qui répond surtout à la demande des agro-industriels français bien plus qu’à celle des petits producteurs, soucieux des marchés locaux et régionaux, de savoir-faire et de qualité.

Loin d’un aggiornamento commercial, la France préfère donc, aux côtés de Bruxelles, se cramponner à une stratégie perdante pour l’économie et mortifère pour la planète. Mais un échec du Ceta pourrait en sonner le glas. À nous, citoyens, sociétés civiles, élus locaux, de faire entendre nos voix.

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"Le syndrome d’hypnose capitaliste." Par Mathias Demain

20 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Agriculture, #Economie, #Ecologie, #Culture, #la terre

Un texte magistral comme je n'ai que très rarement eu la chance d'en lire...

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"Le syndrome d’hypnose capitaliste."


Pour bien comprendre le syndrome d’hypnose capitaliste il est utile de bien comprendre sa sœur jumelle qui errait entre les lignes de front de la première guerre mondiale et qu’on désignait comme “hypnose des batailles”.
Lors des offensives françaises de 14-18, des soldats emportés dans la tourmente des combats se retrouvaient au centre d’un chaos indescriptible, les obus explosaient, les balles sifflaient, les corps amis ou inconnus volaient autour d’eux démembrés, les yeux, les oreilles saturés d’une réalité abominable à laquelle la conscience n’était pas préparée. Certains soldats perdaient alors pied et développaient l’hypnose des batailles au milieu des combats. Ils pouvaient alors errer hébétés, chantant ou riant, sans orientation… Cette perte de la raison, du sens commun, et surtout du sens de la guerre, cette “hypnose des batailles” fut parfois considérée comme un refus volontaire de combattre et valut à certains soldats d’être condamnés à mort en conseil de guerre et envoyés au peloton d’exécution pour être fusillés par leur propre régiment sous la visée de fusils souvent amis.
L’hypnose des batailles pouvait perdurer quelquefois après la guerre sous forme de névrose, ou s’en aller avec le temps grâce aux traitements de l’époque.
Pourquoi donc faire un parallèle entre “l’hypnose des batailles” et sa sœur désignée comme “l’hypnose capitaliste” ?
Maintenant que nous sommes remontés à la racine du syndrome, nous allons commencer à comprendre que les tableaux ont des points communs.
Souvenons-nous des soldats partant la fleur au fusil, sous les hourras du peuple, dans des halls de gare bondés et des trains chargés jusqu’à la gueule de cette chair à canon joyeuse. Il est question alors d’une conscience toute orientée par des croyances communes, orchestrée par un modèle politique, médiatique et culturel dominant auquel personne ne songerait de se détourner.
La norme c’est la guerre. La promesse c’est la victoire. Le moyen c’est la chair humaine.
Pourtant avec un soupçon de conscience, peut-on se réjouir de la guerre ? Comment ne pas imaginer que l’ennemi lui aussi, vit de la promesse dans la victoire. Or la guerre est toujours triste et la victoire jamais acquise, et dans toutes les hypothèses jamais pour les deux protagonistes à la fois. Le travail culturel est donc passé par là pour nettoyer le chemin vers la guerre.
Voici les liens qui apparaissent entre le champ de bataille boueux et un capitalisme tout aussi crasseux.
La norme c’est la guerre économique, la promesse c’est la victoire, le moyen c’est nous.
Et nous partons tous les matins pour faire la guerre économique, au début, dès la sortie de l’école, diplôme en poche par wagons entiers pour défourailler sur le marché de l’emploi et prendre position au travers d’une entreprise et mener la bataille des parts de marché la fleur au fusil. “Nous sommes une équipe” a dit le chef de service, “à l’attaque” disait le sergent.
Pourquoi partir si joyeusement à la guerre capitaliste ? Parce qu’elle est la norme et la culture commune. Il n’existe simplement pas d’autres réalités dans la tête de chacun. Les politiques, les médias, la culture c’est la guerre économique, tout fait norme pour le groupe et pour le peuple.
Cette norme possède un cœur battant qui est une promesse, la promesse d’un avenir radieux pour chacun, à condition qu’il se donne corps et âme à la norme et à la bataille.
Promesse d’une belle maison, d’une voiture possiblement neuve, d’écrans nombreux et souvent renouvelés pour suivre et être suivi, pour assimiler et être assimilé par la norme au plus près et au plus vite. Promesse d’avoir toujours à manger, promesse d’un avenir encore meilleur pour nos enfants.
Et peu importe si la promesse est bidon en réalité, elle est une croyance quasi religieuse, un dogme, une norme.
La maison, la voiture et tout le reste ne sont bien souvent pas à nous, mais à la banque qui nous vend notre existence à crédit (souvent pour le double de son prix avec de la monnaie produite pour l’occasion) pendant que l’entreprise nous vend l’espoir d’avoir la possibilité de nous endetter grâce à elle et à la “sécurité de l’emploi” qu’elle nous procure.
Comme le soldat est l’outil et le moyen de la violence déchaînée, nous sommes l’outil et le moyen du capitalisme déchaîné. Sans nous, ni la bataille ni le capitalisme n’existeraient.
L’hypnose des batailles c’est le soldat au milieu du chaos qui prend conscience en même temps qu’il perd conscience de ce qu’il vit, de ce qu’il produit et de cette insupportable réalité d’être au centre de cela. Par un acte inconscient, le soldat refuse de participer au chaos tout en acceptant d’en rester là, quitte à mourir, car même s’il meurt ça sera sans lui. Le soldat qui vit l’hypnose des batailles n’est plus là par l’esprit, il a abandonné son corps sur le champ de bataille pour vivre sa réalité intime, dernier refuge face au désastre et à l’épouvante.
L’hypnose capitaliste est moins visuelle, moins spectaculaire dans le sens ou l’épouvantable désastre n’est pas rassemblé sur un même champ que nous pourrions saisir d’un seul regard. Non, les champs de batailles capitalistes sont si multiples et disparates qu’il est impossible de les saisir tous ensemble du regard. De plus ces champs de batailles capitalistes ne sont pas souvent orientés directement vers la destruction des hommes, ce travail est bien souvent indirect et dirigé contre la nature et s’en prend à la vie.
Si nous pouvions voir dans leur ensemble les scènes de destructions directes et indirectes orchestrées par le capitalisme nous serions probablement saisi d’effroi si profondément que cela provoquerait en nous un effondrement moral et psychologique quasi immédiat tant ce déchaînement terrifiant serait insoutenable.
Le capitalisme avant de s’en prendre à nous, s’en prend à la nature, à la vie et donc à nous finalement puisque nous sommes vivants. Si nous pouvions contempler du regard une seule journée d’extractivisme ou de déforestation ou de pêche planétaire alors nous pourrions comprendre de quoi il est question, mais le champ de destruction est bien trop vaste pour nos yeux et seuls les mots parviennent à la conscience, et les mots ne pèsent pas lourd face au déferlement du divertissement capitaliste orchestré par nos multiples écrans qui nous plongent dans la méconnaissance et l’oubli instantanés.
Le pire est peut-être de comprendre aussi que lorsque que l’épouvantable désastre des conséquences économiques est filmé sous forme documentaire, il ne nous parvient alors que sous la forme d’un spectacle audiovisuel réduit à la taille d’un écran. Cet écran qui verse sans discernement des images de tous types, informations, désinformation, séries, publicités, divertissements, et ce, 24h sur 24h. De fait, tout ce qui passe au travers d’un écran est susceptible d’être égalisé dans sa nature au niveau d’un simple clip vidéo.
Car avant la stupeur de l’hypnose capitaliste, il y a une hypnose lente et douce distillée par nos écrans, 6 heures par jour en moyenne, une incroyable morphine qui nous appelle à la norme culturelle, à la croyance radieuse des jours meilleurs grâce à la technologie et à la consommation.
De fait, les écrans nous éloignent de la réalité du champ de bataille économique et cette mise à distance masque toute la violence et les crimes perpétrés contre la vie, le noyant finalement dans le flot distrayant d’autres images plus attrayantes mille fois renouvelées.
La recherche insatiable du plaisir nous fait nous détourner du sens des champs de batailles capitalistes qui détruisent la nature et la vie en notre nom pour produire nos objets pour la plupart inutiles et polluants. Nous avons à loisir le choix entre des objets censés assouvir nos frustrations existentielles et des spectacles sur écrans qui nous divertissent. Le plaisir, même factice et destructeur ou encore virtuel, nous l’acceptons volontiers en guise de réalité.
L’hypnose capitaliste commence dans la douceur des écrans en-dehors de la réalité du champ de bataille économique, et quand celui-ci est évoqué c’est sous la forme d’un spectacle qui prend place au milieu des autres divertissements. Si vous n’aimez pas ce spectacle, il vous suffit de changer de “chaîne” pour quitter l’inconfort de votre conscience face à l’horreur. Dans le monde réel on ne peut pas quitter le champ de bataille. Notre conscience nous poursuit au cœur du réel jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’hypnose des batailles.
Combien d’enfants soldats Français de 18 ans se retrouvèrent en Afghanistan dans la tourmente des balles et des engins explosifs dissimulés sous les routes, appelant en pleurs leurs mères le soir sur Skype en suppliant de pouvoir rentrer à la maison, car la guerre n’était pas comme sur la console de jeux qu’ils avaient l’habitude d’utiliser dans le salon ou dans leur chambre. Bienvenue dans la réalité. Je connais cette histoire véridique d’une mère qui répondit à son fils : “reste en Afghanistan, tu as un bon travail et un bon salaire, en plus tu vas pouvoir t’acheter la voiture neuve que tu voulais !” Il a fini dans le service psychiatrique de l’armée. Retour en France, fin de l’histoire.
Revenons à la guerre économique.
Cela signifie aussi que l’hypnose capitaliste ne peut survenir qu’au cœur de la guerre économique lorsque nous sommes touchés directement sans écran, sans pouvoir fuir, sans pouvoir changer de “chaîne”. Nous sommes alors enchaînés à la réalité de cette bataille économique où nous comprenons que tout ce à quoi nous avons cru nous est maintenant infernal, insupportable, car nous perdons tous nos repères, nos espoirs, nos croyances devant la réalité nue. Voilà, vous êtes viré, anéanti et devrez subir ce chaos car votre heure est venue, et vous resterez planté là au cœur du champ de bataille économique, une bataille qui ne vous concerne déjà plus du tout, tant vous êtes sonné par la déflagration qui vous atteint.
Sur le champ de bataille économique, c’est la stupeur, la perte de repères, le vide intérieur, ce moment où tout ce à quoi nous croyons ne tient plus une seconde devant l’hécatombe et le désastre, et vos amis qui tombent aussi.
Prenons un bataillon décimé, au sein du capitalisme, nous l’appellerions une “entreprise qui licencie”.
Prenons une usine centenaire, où les ouvriers viennent travailler de pères en fils et de mères en filles depuis des générations sous la promesse de jours meilleurs, d’un logis, du boire et du manger, et finalement à notre époque, une promesse d’écrans multipliés de toutes les tailles. Soudain l’entreprise ferme sans faire faillite car elle délocalise sa production vers un pays qu’on disait concurrent… Pays ennemi ? Pays ami ? Qui est l’ennemi ? Où sont les promesses ? Qui payera les crédits ? Où sont passé les jours meilleurs qui justifiaient mon sacrifice quotidien au travail 8 heures par jour ? Et mes enfants ? Et les écrans qui m’absorbent et me montrent que je ne fais plus partie de la norme dorénavant ? Et la consommation réduite aux ersatz et à la contemplation frustrée des publicités faute d’argent suffisant.
Sans travail qui suis-je ? Sans argent qui suis-je ? Qui suis-je hors de la norme ? Et le cancer contracté au travail à respirer des effluves toxiques Qui est responsable maintenant ? Et ma femme, et mon mari qui se détourne au moment difficile de la vie sans travail ? Les distances à parcourir en voiture quand l’essence coûte trop chère ?
La vie et l’espoir sont absents au milieu du chaos de la guerre économique et ni la promesse et ni la croyance en demain ne tiennent la route lorsque le piège capitaliste se referme sur celui qui n’en fait plus partie. Absent à soi-même au milieu du champ de bataille économique, le chaos comme seule référence existentielle.
L’hypnose capitaliste c’est le moment de prise de conscience, puis de la perte de conscience devant le désastre de ce à quoi nous avons participé. Ce désastre nous apparaît malheureusement que lorsque nous sommes touchés directement, ce moment où nous sommes exclus de la norme du travail et de la consommation. Ce moment où sans argent et devant le désastre, la promesse ne tient plus et l’avenir balayé.
Ce moment où tout part en miette emportant souvent la famille et le couple, peut provoquer l’hypnose capitaliste, poussant celui qui en est touché à se retirer en lui-même pour abandonner son corps sur le champ de bataille, la drogue, l’alcoolisme, la folie, les écrans, le suicide, l’addiction venant combler la névrose de se retrouver au cœur que ce que personne ne veut contempler, un champ de batailles dont nous sommes le moyen et l’outil de destruction finalement orientés vers nous-mêmes à la fin de l’histoire.
Ça n’est pas une consolation que de savoir que lorsque nous sommes touchés, cela ne représente presque rien face à l’intensité du combat capitaliste contre la nature et la vie. C’est juste une balle qui nous atteint personnellement et nous touche dans notre conscience lorsque l’équivalent de millions de tonnes de bombes se déversant quotidiennement sur la surface de la terre au travers des activités capitalistes d’extractivisme pétrolier ou de minerais, au travers de l’empoisonnement de l’eau et de la terre par les montagnes de déchets résultat de la méga-machine consumériste. Sans parler des fumées toxiques des usines qui produisent à la chaîne des objets industriels toujours nouveaux qui viennent titiller le désir sans fin de nos regards sans vie rivés à la lueur électrique sur nos écrans bariolés. Faut-il évoquer aussi l’agriculture moderne, donc chimique qui empoisonne la terre, l’eau ainsi que nos corps lentement mais sûrement ? Les écrans publicitaires nous font avaler cette agriculture comme des aliments qui sont des ersatz depuis longtemps sous de fausses promesses trop sucrées, trop salées et trop grasses. Nous savons maintenant ce que valent les promesses capitalistes. Du plaisir frelaté qui empoisonne la vie sous toutes ses formes.
L’hypnose capitaliste se vit seule, car elle est indexée sur notre horloge intime et se déclenche soudainement lorsque c’est l’heure de comprendre, l’heure de l’hébétement et de la panique, l’heure de se réfugier à l’intérieur de soi-même faute de refuge à l’extérieur dans un monde où l’humanité disparaît pour ne laisser place qu’aux vainqueurs du jour, futurs battus de demain à coup sûr, d’un champ de bataille devenu planétaire.
Ceux qui ont été touché par l’hypnose des batailles ont-ils décidé ce que seront dorénavant les futures batailles ?
Ceux qui ont été touchés par l’hypnose capitaliste ont-ils décidé ce que sera dorénavant la vie sur Terre ?
Qui décide la norme ? Qui orchestre la promesse de cet avenir radieux de plaisirs empoisonnés ?
Nous alimentons le champ de bataille tout en parlant de la paix, nous qui détruisons la Terre en parlant d’écologie, nous qui nous aliénons au travail en parlant d’épanouissement, qui possédons la conscience et qui pourtant vivons en dehors de sa révélation.
Pour sortir de l’hypnose il faudra sortir de la norme et accepter la solitude des possibles, l’incongruité créative, la possibilité collective, le sourire et la joie véritable en lieu et place de la promesse factice et argentée d’un avenir radieux si destructeur.
Pour sortie de l’hypnose il faudra voir et comprendre les plaies infligées à la Terre ainsi qu’à nous-mêmes.
Pour sortir de l’hypnose il sera question de cesser d’obéir à la norme pour s’aligner avant tout sur ses choix intimes, se lier à son destin personnel et collectif en conscience dans le respect des autres, de la nature et de la vie. Inventer une nouvelle culture commune où la vie et son expansion sous toutes ses formes sera centrale.
Bien sûr nous pouvons nous détourner de la vie encore quelques temps, en nous laissant porter par la douce lueur de nos divertissants écrans, mais nous multiplierons alors le nombre de celles et ceux qui viendront à leur heure, à être violemment emportés par la déshérence de l’hypnose capitaliste. Car le champ de bataille ne cesse de s’étendre, l’extraction, l’extension technique, les réseaux repoussent en s’accélérant ce qu’il nous reste de vie et de liberté sur cette Terre et bientôt viendra le temps de rentrer en soi pour y chercher refuge, pour chercher désespérément un lieu de paix et de sécurité pour pouvoir exister quelque part, exister sans la norme, exister à soi, exister dans l’amour lorsque l’amour aura déserté la norme pour ne laisser que des champs de batailles mille fois retournés à la quête obsessionnelle d’une dernière once de pouvoir, ou d’extraire quel qu’en soit le prix une dernière once de matière profitable sous les ongles technophiles des derniers aliénés obéissants, les derniers soldats du capitalisme.
Quittons l’hypnose des écrans, désertons devant l’hypnose capitaliste qui nous est promise. Quittons la norme avec la joie et le sourire en laissant le champ de bataille de la guerre économique pour revenir à l’essentiel, à la simplicité de l’existence en phase avec la vie biologique et organique.
Laissons les objets de consommation et les objets techniques sur les étagères, car nous abandonnons la norme, le travail capitaliste, l’extractivisme, la pollution et les déchets qui nous sont vendus dans le même temps de façon culturellement immorale et décomplexée.
Vivons de peu, ensemble et avec joie. En quittant le champ de bataille, en se détournant de la norme car tout est à inventer. Alors faisons cela en toute simplicité en nous méfiant des solutions techniques qui bien souvent ne sont que des pollutions à la fabrication, à l’usage ainsi que de futurs déchets inextricables et revenons à nos capacités humaines en confiance et en harmonie avec le vivant.
L’hypnose des batailles comme celle du capitalisme font suite à une hypnose culturelle collective insensée, douce et lente, orchestrée par les politiques, les médias et nous-mêmes. C’est une fabrication culturelle à l’origine, possédant un choix et une orientation. Une sorte de mimétisme collectif organisant une norme qui devient dogme, une quasi religion impossible à remettre en question. Que reste-t-il de l’humain au sein d’un tel processus collectif organisé autour de la guerre, de l’aliénation et des déprédations.
Alors que l’hypnose des batailles ne touchait que quelques soldats au cœur de l’épouvante, gardons en tête que les autres, la majorité, continuaient le combat.
Il en est de même pour l’hypnose capitaliste. Ceux qui en sont touchés ont une conscience et une fragilité que les autres, majoritaires et toujours croyants, n’ont pas. La croyance capitaliste, collective, suicidaire et absurde pourra donc perdurer jusqu’à la fin.
Pourtant ce qu’il faut bien comprendre maintenant c’est que les dogmes et obsessions humaines n’auront bientôt plus cours. Que l’activité et la folie des hommes ne tournent plus maintenant sur elles-mêmes comme en 14-18. L’histoire de l’humanité ne s’écrit plus uniquement entre humains au travers de la guerre, avec des obus ou de l’argent.
Non, le temps actuel est un temps nouveau et inédit pour l’humanité ou la guerre économique des hommes a appelé un combattant bien plus fort que lui et que sa culture. Ce combattant pourra tout effacer de lui un jour de grand déséquilibre et le ramener à l’état d’animal errant pour partager ce qu’il refuse de réaliser, la vie tout simplement.
La Terre ne pourra supporter encore bien longtemps la guerre que nous lui faisons et qui prend maintenant un tour tragique. Les déséquilibres réels dans la biosphère, dans l’eau et dans l’air ne sont pas des spectacles de divertissement pour nos écrans et nos consciences consuméristes. Il est question de notre cadre de vie, le cadre réel de nos existences au moment où nous quittons les écrans des yeux pour vivre pour de vrai.
Sur le champ de bataille les soldats sont liés à des croyances que d’autres ont forgées, ces autres humains qui dirigent existent pour forcer la marche et faire obéir jusqu’au néant, jusqu’à la limite du supportable, jusqu’à l’hypnose des batailles.
La bataille contre la nature est d’un autre ordre, car c’est la nature en dernier recours qui forme les ordres, et ses ordres sont les mêmes depuis toujours, ceux qui permettent à la vie de demeurer et de se répandre depuis la nuit des temps. Qui peut discuter devant la vague de 10 mètres de haut, pas même une centrale nucléaire ? Qui peut parlementer avec des vents de 200km/h ? A quoi sert de voter si la couche atmosphérique est trop fine pour nous protéger du soleil durablement nous promettant un cancer de la peau mondial ou des rayonnements que nos organes internes ne pourraient supporter ? Quel aveuglement absurde.
Les soldats qui subissent l’hypnose des batailles et ceux qui continuent à se battre sans comprendre, peuvent-ils négocier avec un ouragan qui leur tomberait dessus ? Les seules réalités et obsessions humaines n’auront bientôt plus cours sur cette Terre.
Tout n’est pas spectacle et la réalité de la vie existe en-dehors de la culture hypnotique des hommes.
Peut-être faudrait-il entendre le message de la vie avant la dernière bataille qui s’annonce et qui la verra gagner dans le moment le plus épouvantable de l’humanité dans sa chair, mais libérée qu’elle sera dans son esprit des obsessions qui la font se détruire et détruire le monde vivant.
Après des milliers d’années d’évolution, l’humanité s’apprête à quitter l’histoire en une petite centaine d’années à peine. Le ridicule existe, nous vivons en son cœur et c’est le capitalisme technologique qui en écrit le dictionnaire abominable et créatif.
Enfin et pour finir, je voudrais évoquer le fantasme ultime de ceux qui ont depuis toujours la responsabilité des batailles à travers l’histoire et de leurs conséquences. Ceux qui sont à la source du capitalisme guerrier contemporain et qui sont aujourd’hui bien informés sur la fin de l’histoire.
Car ce sont eux qui fondent la culture commune puisqu’ils ont tous les moyens techniques et médiatiques pour forger les nouvelles valeurs mimétiques, la nouvelle inconscience collective, le nouvel aveuglement qui leur est profitable.
Seulement cette élite est mortelle et respire la même eau, le même air et vit sur la même terre qu’elle s’évertue à détruire pour augmenter son pouvoir, son contrôle sur le niveau d’aliénation collectif.
Ces personnes surpuissantes et immensément riches forment le symbole monstrueux et hypertrophié du capitalisme. Elles sont les inventrices de la croyance dogmatique dans la science et la technique pour un soi-disant avenir radieux qui forme des montagnes de déchets ingérables. Nous savons maintenant ce qu’il en est de l’avenir qui se prépare.
Projetons le nouveau champ de bataille et que voyons-nous ? Des robots, mais pour se battre contre qui ? Contre d’autres robots ? Pour finir immanquablement à nouveau dans la boucherie commune faute de robot.
Pourtant la question à résoudre depuis la nuit des temps reste inchangée : Pourquoi donc s’entretuer ? Car la destruction de la planète ou de l’humanité reste profitable. Faut-il en rire tant c’est amoral et cynique ?
La bataille économique prend la même tournure, et sur le champ de bataille sont entrés les robots. Les usines robotisées rivalisent pour gagner en vitesse, en productivité, mais pour quoi faire s’il n’y a plus de clients ? Les clients étant ceux-là même qui travaillaient pour gagner de quoi consommer comme Ford l’avait bien compris.
La question que nous devrions donc tous nous poser est : Pourquoi et pour qui travaillons nous ? Le microcosme élitiste mondial a-t-il encore besoin de travailleurs finalement ? Probablement que non, les robots suffiront.
Enfin, puisque rien n’arrête la destruction par la technique de notre planète et de notre humanité tout le monde sera en danger assez rapidement maintenant pour simplement se maintenir en vie ou manger à sa faim.
Voici donc que l’élite capitaliste sort son dernier joker, et pas des moindres, résultat de la fusion entre l’humain et la technologie, voici donc le transhumain.
Une incroyable fuite en avant, actant la fin de l’humanité prête à son autodestruction, pendant qu’une poignée d’humains bricolent la génétique et la technique pour respirer l’irrespirable, pour boire l’imbuvable et manger l’immangeable qu’ils produisent à l’échelle planétaire.
A défaut de supporter la vie plus longtemps les transhumains inventent la non-vie de demain sur une planète humainement invivable mais transhumainement supportable.
J’aimerais dire à cette élite qui depuis toujours a perdu l’entendement et qui possède maintenant les moyens du délire parfait à l’échelle du monde que leur hypothèse ne fonctionnera pas pour les mêmes raisons que la guerre contre la nature ne fonctionne pas. Les transhumains sont à l’image des OGM, un délire dangereux.
L’erreur humaine est toujours la même depuis la nuit des temps lorsque l’homme veut se faire Dieu en concentrant les pouvoirs, l’argent, la technologie. Autant dire tous les attributs de la guerre.
La chronologie historique répète inlassablement le même cycle délirant, seule l’échelle de grandeur vient à s’accroître inexorablement avec des conséquences de plus en plus difficiles à calculer, pour arriver à notre époque actuelle, c’est à dire un délire entropique d’échelle planétaire qui nous condamne rapidement à la conscience et à l’action fondamentale en faveur de la vie.
Car à l’échelle contemporaine l’hypnose des batailles, ou l’hypnose capitaliste ne sont même plus de mise tant l’enjeu nous dépasse tous. Car l’heure est venue de former une nouvelle culture collective débarrassée de la guerre, de la technique et du pouvoir autoritaire pour entrer en phase avec la vie pendant que celle-ci nous appelle encore à elle et avant qu’elle nous repousse définitivement et fasse taire notre délire mégalomaniaque planétaire et transhumaniste, au travers de chocs ingérables et impossibles à contrecarrer.
Mes lectures me démontrent malheureusement qu’à travers le temps, de grands penseurs ont vu venir l’époque actuelle bien avant l’heure, présentant le tableau, mettant en garde, avertissant mille fois à la lumière de leurs intelligences visionnaires.
Et je suis au regret de vous dire que ces hommes n’ont éclairés de leur vivant que ceux qui ont pris leur place pour poursuivre l’alerte. Depuis plus de cent ans maintenant l’alerte retentit de plus en plus fort mais rien n’y fait. La trajectoire de nos sociétés collectives délirantes reste invariablement inchangée. Aussi je ne me fais aucune illusion sur la portée de ce texte qui synthétise et développe cette notion nouvelle “d’hypnose capitaliste”. Ce que j’écris viendra au mieux égayer quelques temps le spectacle permanent alimenté sur les écrans. Ce texte n’est que l’écho de temps plus anciens qui ne parvient pas à l’oreille du monde.
Et pourtant il est question d’un champ de bataille bien réel sur lequel nous sommes tous de gré ou de force, volontairement ou à notre corps défendant. L’enjeu collectif est d’une telle dimension que je peux comprendre qu’on puisse se sentir désemparé dans la prise de conscience de notre trajectoire actuelle.
Quoi faire ? A défaut d’une œuvre politique collective, d’une nouvelle culture inspirée et reliée à la vie qui viendrait en lieu et place du capitalisme, il nous reste la possibilité de ne plus participer personnellement à la méga-machine industrielle et technologique. Politiquement on voit que les élections se font souvent avec moins de 40% de votants sans compter ceux qui ne sont même pas inscrits sur les listes électorales. La désertion a déjà commencé politiquement sans que cela change la réalité puisque qu’il n’y a pas d’alternative culturellement autre que le capitalisme. Nous avons donc le choix entre capitalisme rouge, vert, bleu ciel ou encore bleu foncé… Qui oserait politiquement parler d’arrêter la méga-machine industrielle pour développer un nouvel art de vivre ensemble dans la simplicité ? Le train est lancé et c’est un TGV, à chacun d’imaginer un monde sans croissance avec plus d’équité. Courage.
Refusons de consommer, refusons d’acheter, refusons l’usage de la monnaie bancaire au service du capital et de l’industrie, refusons au maximum les produits industriels et technologiques, entamons l’atterrissage vers une vie simplifiée, locale, reliée les uns aux autres par le choix et non par la norme. Ne remplaçons plus, réparons, faisons de peu. Revenons à la vie réelle. Consommons peu et peu d’énergie. Développons le zéro déchet comme trajectoire et comme indicateur de respect de la vie. Cultivons nous, apprenons des grands penseurs humanistes et reliés à la vie, produisons la nouvelle culture commune vivante, indépendante du capital, reliée les uns aux autres et au vivant.
Relions nous pour le meilleur puisque le pire nous le connaissons déjà pour peu qu’on ouvre les yeux sur le champ de bataille économique tel qu’il est, façonné par l’idéal capitaliste et son élite internationale profiteuse, amorale et finalement inhumaine.
A défaut de refaire le monde, abandonnons-le pour nous retrouver autour d’un feu, les yeux dans les yeux et l’âme au cœur de la vie.
Mathias Demain - Avril 2016

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La Commission européenne autorise de nouveau... des pesticides interdits, par Sarah Lefèvre

17 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Agriculture, #La santé, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Les transnationales, #l'horreur économique

La Commission européenne autorise de nouveau... des pesticides interdits

16 septembre 2016 / Sarah Lefèvre (Reporterre)
 

 

 

   
 

Pendant l’été, la Commission européenne a préparé le terrain pour rendre caduque sa propre interdiction de certains produits phytosanitaires toxiques. Le « protocole » dérogatoire, élaboré au nom de « la santé des plantes » par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, concerne les herbicides, mais fongicides et insecticides ne sont pas en reste.

Glufosinate, flumioxazin... Ces herbicides, encore sur le marché, devaient être interdits en vertu du règlement de 2009 sur les pesticides. Devaient ! Car, à la demande de la Commission européenne, il semblerait que ces substances actives, reconnues toxiques par les mêmes instances, soient réhabilitées très prochainement en cas de « danger grave pour la santé des plantes ».

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), « qui ne ferme jamais ses bureaux pendant l’été », précise-t-elle à Reporterre, a publié un communiqué le 1er juillet. Ou plutôt un « protocole » qui vise à mettre en œuvre une dérogation pour ces herbicides sur le point d’être rayés de la carte. Autrement dit à les autoriser à nouveau.

« Un artifice utilisé à mauvais escient » 

Cette volte-face est rendue possible grâce à l’article 4.7 du règlement N°1107/2009 du Parlement et du Conseil européens sur les « critères d’approbation des substances actives ». Ce 7e paragraphe prévoit en effet des exceptions à l’utilisation de produits dangereux « lorsque, sur la base d’éléments de preuve documentés inclus dans la demande, une substance active est nécessaire pour contrôler un danger phytosanitaire grave qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens disponibles, y compris par des méthodes non chimiques ».

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La Commission européenne autorise de nouveau... des pesticides interdits, par Sarah Lefèvre
L’article 4.7 du règlement N°1107/2009 sur les critères d’approbation des substances actives.

Quel est donc ce « danger phytosanitaire grave » sur lequel s’appuierait ici l’Efsa ? « Un danger grave pour la santé des plantes », nous a répondu l’un de ses porte-parole, sans autre précision. Soit, mot pour mot, la formule utilisée dans le dit « protocole ».

« L’article 4.7 du règlement 1107/2009 précise que l’on peut déroger à cette interdiction s’il y a un danger grave pour la santé de la plante, observe François Veillerette, le directeur de Générations futuresMais cela ne peut pas être valable pour les herbicides, puisqu’ils ne traitent pas les maladies des plantes… Ils servent à éradiquer les mauvaises plantes ! Ils font appel à un artifice utilisé à mauvais escient. »

Dans le cadre de sa surprise estivale, l’Efsa n’envisage pas de méthode non chimique tel que le désherbage mécanique. « On recule une fois de plus. Je ne sais pas comment il est possible de faire une chose pareille aussi bien en termes scientifiques que légaux, ajoute le porte-parole de Générations futures. Le travail a déjà été fait par les évaluateurs de risques de l’Europe. Personne aujourd’hui ne peut dire que ces produits ne sont pas dangereux ! »

Selon l’Efsa, « il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme » 

L’association donne des exemples des risques associés à certains des herbicides concernés, comme le glufosinate (malformations congénitales) et le flumioxazin (toxique pour la reproduction et pour les organes endocriniens).

Le hic, c’est que l’Efsa n’a pas toujours fait preuve de rigueur scientifique selon six ONG européennes, qui ont porté plainte contre elle, contre Monsanto et contre l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR), en mars 2016, à propos de l’herbicide le plus vendu au monde sous le nom de Roundup. L’agence soutient mordicus « qu’il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Cette conclusion s’inspire de l’évaluation réalisée par le BfR. Selon les associations, parmi lesquelles Générations futures et Pesticide Action Network (PAN) Europe, cette analyse est erronée. L’OMS a quant à elle reconnu le glyphosate comme un « cancérigène probable ».

Selon Hans Muilerman, de PAN Europe, ce « protocole » des herbicides démontre une fois de plus que cette demande « n’est fondée ni sur des faits ni sur la science » : « Nous avons envoyé plusieurs lettres au commissaire
Andriukaitis 
[chargé de la santé et de la sécurité alimentaire] sur le sujet et avons reçu des réponses sans contenu. Les Verts lui ont aussi posé des questions au début de l’année et il devient clair que c’était une décision politique d’inclure les herbicides dans la dérogation. » Reporterre a eu accès à ces deux documents, virtuoses de litanies en références réglementaires, qui ne cessent de renvoyer à la réponse précédente, ne nomment pas le problème et ne répondent jamais à la question.

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Réponse de M. Andriukaitis , commissaire européen chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, à la lettre de Hans Muilerman, de PAN Europe.
Seule la Suède semble s’être opposée à cette idée de dérogation 

De son côté, dans sa réponse, l’Autorité européenne de sécurité des aliments nous a bien demandé de préciser que les herbicides ne sont pas les seuls à être concernés par cette demande de dérogation : « Notez que l’Efsa a publié un premier protocole sur les herbicides, mais doit en délivrer deux autres sur les insecticides et les fongicides. » Et d’ajouter : « Le protocole n’est pas un document légalement contraignant, mais plutôt un outil » à l’usage de la Commission européenne et des États membres.

Certes, ces derniers auront le dernier mot, mais ils s’appuieront sur l’avis rendu par l’Efsa. Pour le moment, seule la Suède semble s’être opposée à cette idée de dérogation. Les autres États sont restés silencieux. La réponse de la France se fait attendre.

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Avec la crise de l'élevage, c'est un pan entier de notre civilisation qui s'en va

6 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Agriculture, #AMERIQUE, #Le traité Transatlantique., #Europe supranationale

Publié le 05 septembre 2016 / Économie Monde Politique

Mots-clés : élevage, Lactalis, lait, libre-échange, UE

ROLAND HUREAUX

Avec la crise de l'élevage, ce n'est pas seulement un pan entier de notre civilisation qui s'en va, c'est aussi un atout essentiel de la France, si bien pourvue en terroirs divers, favorables à un vaste éventail de productions.

Sipa. Numéro de reportage : 00768532_000007.

Périco Légasse a raison de dire qu’à côté de la tragédie que traversent les éleveurs bovins, hier à viande, aujourd’hui laitiers, la querelle du burkini ou la démission de Macron paraissent des sujets bien frivoles.

Des prairies et des vaches; au milieu une ferme avec un fermier et un chien; c’était là une part essentielle de ce qu’était la France (rien de comparable à tous les pays où on ne voit pas d’animaux dehors, l’élevage s’y faisant hors sol). C’est ce qui disparaît parfois tragiquement, des centaines d’agriculteurs surendettés et désespérés étant conduits au suicide chaque année dans l’indifférence générale.

Il y a quelques jours, je passais à Saint-Benoît-du-Sault, un de plus jolis villages de France dans une région, le Sud-Berry, parmi les plus déshéritées. À la sortie du village, j’aperçois une ferme à l’abandon : l’herbe avait poussé sur le machines agricoles laissées dans les hangars sans que personne en ait trouvé l’utilité. Spectacle désolant, tout un symbole.

Lactalis et les producteurs ont passé un accord sur la base de 2, 90 euros le litre. C’est mieux que les 2,54 euros qui étaient versés il y a un mois, mais c’est le même prix, 19 francs, qui était payé aux producteurs il y a trente ans. Aucune hausse de productivité significative ne justifie cette stagnation du prix nominal versé au producteur qui représente une baisse du prix réel. On incite les éleveurs à rationaliser leur exploitation, à s’agrandir et ils le font, mais cela suppose des investissements et se traduit par toujours plus de travail (pour des gens qui sont déjà sont bien au-delà des 35 heures), pas forcemént une plus grande productivité. Entre-temps, les charges n’ont cessé d’augmenter, les normes de se compliquer.

Pour ceux qui ont investi comme on leur a dit, 2,9 euros c’est un euro de moins que le prix de revient. Seuls résistent encore ceux qui n’ont pas fait d’investissements ou les ont déjà amortis, pas forcément les plus modernes.

Merci le libre-échange !

Il y un an, le lait de vache se vendait à 3,60 euros le litre. Que s’est-il passé ? La fin des quotas laitiers prévue par les accords du GATT de 1995, au nom du libre-échange, a libéré un peu partout la production. En ont particulièrement profité les producteurs allemands dont les coûts de revient (salaires, impôts, engrais, aliments) sont moindres et où le régime communiste avait laissé en Prusse l’ héritage d’ immenses exploitations, proches de pays où la main d’œuvre ne coûte guère.

Si les fruits et légumes ou le vin courant ont à craindre de la fin de l’euro, qui tirerait les prix de nos concurrents méditerranéens vers le bas, si les exploitations céréalières ultra-compétitives du Bassin parisien n’ont rien à redouter hors les intempéries ( ont elles souffrent ces jours ci) , les éleveurs de viande ou de lait sont les premières victimes d’une monnaie surévaluée par rapport à nos concurrents d’Europe du Nord.

La crise de l’élevage illustre combien la conjugaison d’une monnaie trop forte et de frontières ouvertes est destructrice, ce que nos “élites” ignares en économie ne veulent pas voir.

La balance agricole, notamment animale, franco-allemande n’a cessé de s’améliorer au bénéfice des Allemands depuis la mise en place de l’euro. Autrefois, quand la situation était inverse, les Français avaient fait preuve de solidarité au travers des montants compensatoires. Rien de tel aujourd’hui où la solidarité devrait jouer en sens inverse.

Derrière les accords du GATT, il y avait l’objectif de la mondialisation du marché du lait, largement atteint aujourd’hui. Le prix mondial se fixe en Nouvelle-Zélande: même si nos berlingots frais sont fabriqués en Europe, le lait en poudre traverse les mers. Or la baisse de consommation de la Chine a tiré les prix mondiaux vers le bas.

La seule arme qui permettrait aux producteurs de retrouver une certaine marge de manœuvre face aux grands groupes est le mouvement coopératif. Il dispose en France d’avantages fiscaux qui lui donnent les moyens de verser de gros salaires à ses dirigeants, lesquels, taille oblige, y ont seuls le vrai pouvoir. Dans le cadre de la réforme de l’Etat, le service spécialisé du ministère de l’agriculture s’est assigné pour objectif chiffré le nombre de fusions de coopératives qu’il pourra susciter. Big is beautiful.

Sans doute les prix, après avoir assez baissé, finiront-ils bien par remonter et certains éleveurs résisteront-ils à la crise. Mais chaque fois ils seront moins nombreux. Ce n’est pas seulement un pan entier de notre civilisation qui s’en va, c’est aussi un atout essentiel de la France, si bien pourvue en terroirs divers, favorables à un vaste éventail de productions. La déprise de ces terroirs est à prévoir quand les producteurs auront été les uns après les autres découragés. Les consommateurs perdent en qualité ce qu’ils semblent gagner sur les prix (très peu en réalité, car la matière première ne représente qu’une petite partie du prix de vente). À qui donc, en matière agricole, a profité la mondialisation, sinon aux multinationales ?

Publié le 05 septembre 2016 /

 

 

ROLAND HUREAUX

Avec la crise de l'élevage, ce n'est pas seulement un pan entier de notre civilisation qui s'en va, c'est aussi un atout essentiel de la France, si bien pourvue en terroirs divers, favorables à un vaste éventail de productions.

eleveurs lait lactalais europe

Sipa. Numéro de reportage : 00768532_000007.

Périco Légasse a raison de dire qu’à côté de la tragédie que traversent les éleveurs bovins, hier à viande,  aujourd’hui laitiers, la querelle du burkini ou la démission de Macron paraissent des sujets bien frivoles.

Des prairies et des  vaches;  au milieu  une ferme avec un  fermier et un chien;  c’était là une part essentielle de ce qu’était la France (rien de comparable à tous les  pays où on ne voit pas d’animaux dehors, l’élevage s’y faisant hors sol). C’est ce qui disparaît parfois tragiquement, des centaines d’agriculteurs surendettés et désespérés étant conduits au suicide chaque année dans l’indifférence générale.

Il y a quelques jours, je passais à Saint-Benoît-du-Sault, un de plus jolis villages de France  dans une région, le Sud-Berry, parmi les plus déshéritées. À la sortie du village, j’aperçois une ferme à l’abandon : l’herbe avait poussé sur le machines agricoles laissées dans les hangars sans que personne en ait trouvé l’utilité. Spectacle désolant,  tout un symbole.

Lactalis et les producteurs ont passé un accord sur la base de 2, 90 euros le litre.   C’est mieux que les 2,54 euros qui étaient versés il y a un mois,   mais c’est le même prix, 19 francs, qui était payé aux producteurs il y a trente ans. Aucune hausse de productivité significative ne justifie cette stagnation du  prix nominal versé au producteur qui représente une  baisse du prix réel. On incite les éleveurs  à rationaliser leur exploitation, à s’agrandir et ils le font, mais cela suppose des investissements  et  se traduit par toujours  plus de travail  (pour des gens qui sont déjà  sont bien au-delà des 35 heures), pas forcemént une plus grande productivité. Entre-temps, les charges n’ont cessé d’augmenter, les normes de se compliquer.

Pour ceux qui ont investi comme  on  leur  a dit,  2,9 euros  c’est un euro de moins que le prix de revient. Seuls résistent encore ceux qui n’ont pas fait d’investissements ou les ont déjà   amortis, pas forcément  les plus modernes.

Merci le libre-échange !

Il y un an, le lait de vache se vendait  à 3,60 euros le litre. Que s’est-il passé ? La fin des quotas laitiers prévue par les accords du GATT de 1995, au nom du libre-échange, a libéré un peu partout la production. En ont particulièrement profité les producteurs allemands dont les coûts de revient (salaires, impôts, engrais, aliments) sont moindres et où le régime communiste avait laissé  en Prusse l’ héritage  d’ immenses  exploitations, proches de pays où la main d’œuvre ne coûte guère.

Si les fruits et légumes ou le vin courant ont à craindre de la  fin de l’euro, qui tirerait les prix de nos concurrents  méditerranéens vers le bas, si les exploitations céréalières ultra-compétitives du Bassin parisien  n’ont rien à  redouter hors les  intempéries ( ont elles souffrent ces jours ci) , les éleveurs de viande ou de lait sont les premières victimes d’une monnaie surévaluée par rapport à nos concurrents d’Europe du Nord.

La crise de l’élevage illustre combien la conjugaison d’une monnaie trop forte et de frontières ouvertes est destructrice, ce que nos “élites” ignares en économie ne veulent pas voir.

La balance agricole, notamment animale,  franco-allemande n’a cessé de s’améliorer au bénéfice des Allemands depuis la mise en place de l’euro. Autrefois, quand la situation était inverse, les Français avaient  fait preuve de solidarité au travers des montants  compensatoires. Rien de tel aujourd’hui où  la solidarité devrait jouer en  sens inverse.

Derrière les accords du GATT, il y avait  l’objectif de la mondialisation du marché du lait, largement atteint aujourd’hui. Le prix mondial se fixe en Nouvelle-Zélande: même si nos berlingots frais  sont fabriqués en Europe, le lait en poudre traverse les mers. Or la baisse de consommation de la Chine a tiré les prix mondiaux  vers le bas.

La seule arme qui permettrait aux producteurs de retrouver une certaine marge de manœuvre face aux grands groupes est le mouvement coopératif. Il dispose en France d’avantages fiscaux qui lui donnent les moyens de verser de gros salaires à ses dirigeants, lesquels, taille oblige, y ont seuls  le vrai pouvoir. Dans le cadre de la réforme de l’Etat, le service spécialisé du ministère de l’agriculture s’est assigné pour objectif chiffré le nombre de fusions de coopératives qu’il pourra susciter.  Big is beautiful.

Sans doute les prix, après avoir assez  baissé, finiront-ils  bien par  remonter et certains éleveurs résisteront-ils  à la crise. Mais chaque fois ils seront moins nombreux. Ce n’est pas seulement un pan entier de notre  civilisation qui s’en va, c’est aussi  un atout  essentiel de la  France, si bien pourvue en terroirs divers,  favorables à un vaste éventail de productions. La déprise de ces terroirs est à prévoir quand les producteurs auront été les uns après les autres découragés. Les consommateurs perdent en qualité ce qu’ils semblent gagner sur les prix (très peu en réalité, car la matière première ne représente qu’une petite partie du prix de vente). À qui donc, en matière  agricole, a profité la  mondialisation, sinon  aux multinationales ?

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