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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique latine tag

Comment « Le Monde » invente la « répression » au Venezuela. (Partie II).

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Amérique Latine

(SUITE ET FIN)

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Le 16 mai, « Le Monde » dénonce « la mort d’un jeune de 17 ans, blessé par balle lors d’un rassemblement contre le président Maduro » (article ci-dessus). C’est faux. L’enquête montre que Yeison Natanael Mora Castillo a été tué par un projectile identique à celui utilisé pour assassiner le jouer de violon alto Cañizales. Il ne participait pas davantage à un rassemblement anti-Maduro. Ses parents sont membres d’une coopérative en lutte pour récupérer un latifundio de sept mille hectares, subissant depuis longtemps les attaques du grand propriétaire. Ils ont porté plainte contre les organisateurs de la marche de l’opposition et dans une interview au journal local Ciudad Barinas ont dénoncé la manipulation internationale de l’assassinat de leur fils, imputé faussement au gouvernement Maduro. (14)

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Yeison Natanael Mora Castillo

Imputer systématiquement au gouvernement bolivarien les assassinats commis par la droite, c’est tout le « journalisme » de Paulo Paranagua. Le 21 avril déjà, il impute aux collectifs chavistes la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, tout comme celle de Paola Ramirez Gomez, 23 ans. Double mensonge. Selon la famille de Carlos Moreno, l’adolescent ne participait à aucune manifestation et se rendait a un tournoi sportif. Son assassin vient d’être arrêté : il s’agit d’un membre de la police d’Oscar Oscariz, maire de droite de la municipalité de Sucre. Le journal d’opposition Tal Cual en a rendu compte (15). Quant à la deuxième victime mentionnée par Paranagua, Paola Rodríguez, son assassin a été arrêté également par les autorités : il s’agit d’Iván Aleisis Pernía, un militant de droite.

Certes le « quotidien vespéral des marchés » n’est pas seul à mentir de manière aussi sordide dans ce « combat pour la liberté ». La Libre Belgique, le New York Times, France-Culture, El Pais, Le Figaro ou même Mediapart sont autant de robots de la vulgate mondiale. Cette invention de « la répression » est d’autant plus facile que l’image archétypale du manifestant matraqué par un garde national est gagnante d’avance lorsqu’on est privé d’accès au hors-champ de l’image. Loin du Venezuela, seuls les happy few flaireront la mise en scène où des jeunes sont entraînés, armés, payés pour provoquer les forces de l’ordre et produire « l’image » nécessaire. La concentration planétaire des médias et la convergence croissante des réseaux sociaux avec les médias dominants fait le reste, fixant l’imaginaire de la gauche comme de la droite. On voit ainsi des « insoumis » politiquement se soumettre médiatiquement et ajouter sans le savoir leur petite pierre à la campagne mondiale :

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Et ci-dessous le retweeteur de cette belle affiche n’imagine sans doute pas la supercherie qui se cache derrière l’Anonymous vénézuélien. Cette capacité de l’extrême droite d’emprunter au mouvement alternatif mondial certains de ses symboles pour capitaliser un appui est décryptée ici : « Quand tombe le masque de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne » (16)

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Bref, comme si l’histoire de la propagande et des guerres ne nous avait rien appris, nous retombons sans cesse dans la nasse. Malcolm X avait prévenu : « si vous n’y prenez garde, les médias vous feront prendre les victimes pour les bourreaux et les bourreaux pour les victimes ». En transformant les violences de l’extrême droite en « révolte populaire », en rhabillant en « combattants de la liberté » des assassins nostalgiques de l’apartheid des années 90, c’est d’abord contre les citoyens européens que l’uniformisation médiatique sévit : la majorité des auditeurs, lecteurs et téléspectateurs appuient sans le savoir une agression visant à renverser un gouvernement démocratiquement élu. Sans démocratisation en profondeur de la propriété des médias, la prophétie orwellienne se fait timide. Le Venezuela est assez fort pour empêcher un coup d’État comme celui qui mit fin à l’Unité Populaire de Salvador Allende mais la coupure croissante de la population occidentale avec le monde se retournera contre elle-même.

Micro-manuel d’auto-défense face à la déferlante médiatique.

« Le Venezuela est un « régime dictatorial». Faux. Depuis 1999, le Venezuela bolivarien a organisé un nombre record de scrutins (25), reconnus comme transparents par les observateurs internationaux. Selon l’ex-président du Brésil Lula da Silva, il s’agit d’un “excès de démocratie”. Pour Jimmy Carter qui a observé 98 élections dans le monde, le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde. En mai 2011 le rapport de la canadienne Fondation pour l’Avancée de la Démocratie (FDA) a placé le système électoral du Venezuela à la première place mondiale pour le respect des normes fondamentales de démocratie. L’ONG chilienne LatinoBarometro a établi dans son rapport 2013 que le Venezuela bat les records de confiance citoyenne dans la démocratie en Amérique Latine (87 %) suivi de l’Équateur (62 %) et du Mexique (21 %). Le président Nicolás Maduro vient de lancer un processus constituant participatif qui permet à tous les secteurs sociaux de faire leurs propositions, ce qui donnera un nouveau scrutin, et a réaffirmé que des élections présidentielles auront lieu en 2018 comme le stipule la loi.

« Il n’y pas de liberté d’expression au Venezuela ». Faux. Sur les plus de 1000 stations de radio et chaînes de télévision auxquelles l’État a accordé l’autorisation d’émettre, 67% sont privées (la grande majorité opposées à la révolution bolivarienne), 28% sont aux mains des communautés mais ne transmettant que sur une échelle strictement locale et 5% sont propriété de l’État. Sur les 108 journaux qui existent, 97 sont privés et 11 publics. 67% de la population vénézuélienne a accès à internet. Cette plate-forme dominante des médias privés renforcée par le réseau des transnationales joue un rôle crucial dans la désinformation au service de la déstabilisation. Pour un dossier détaillé et chiffré de ce paysage médiatique, voir Thomas Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France-Culture » (17)

« Il y a des prisonniers politiques au Venezuela ». Faux. A moins de considérer comme « prisonniers politiques » les assassins du parti d’extrême droite Aube Dorée emprisonnés en Grèce. Dans un État de Droit, qu’il s’appelle France ou Venezuela, être de droite ne signifie pas être au-dessus des lois ni pouvoir commettre impunément des délits tels qu’assassinats, attentats à la bombe ou corruption. Ce n’est pas pour leurs opinions politiques mais pour ce type de délits que des personnes ont été jugées et emprisonnées (18). Dans la pratique on observe d’ailleurs un certain laxisme de la justice. Selon la firme privée de sondages Hinterlaces, 61 % des vénézuéliens considèrent que les promoteurs des violences et des actes de terrorisme devraient répondre de leurs actes devant un tribunal (19).

Rappelons que les leaders actuels de la droite n’ont jamais respecté les institutions démocratiques : ce sont les mêmes qui en avril 2002 avaient mené un coup d’État sanglant contre le président Chavez, avec l’aide du MEDEF local et de militaires formés à la School of Americas. Ce sont les mêmes qui ont organisé les violences de 2013 à 2016. Notons l’identité d’un de leurs mentors : Alvaro Uribe, un des plus grands criminels contre l’humanité de l’Amérique Latine, ex-président d’un pays gouverné par le paramilitarisme et les cartels de la drogue, qui possède les plus grandes fosses communes du monde, qui compte 9500 prisonniers politiques, 60.630 personnes disparues au cours des 45 dernières années et qui depuis la signature des accords de paix a repris une politique sélective d’assassinat de leaders sociaux et de défenseurs des droits de l’homme. Pour une information complète et en photos sur ces liens des héros du « Monde » avec le paramilitarisme colombien, lire « Venezuela : la presse française lâchée par sa source ? », https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

Thierry Deronne, Venezuela, 20 mai 2017.

Notes

  1. Lire https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/22/brevissime-cours-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-linformation/
  2. Entretien intégral de Cristina Kirschner avec Jorge Gestoso https://www.youtube.com/watch?v=-WM6nD6hPu0
  3. http://ambito.com/883274-tras-reunirse-con-michetti-correa-defendio-a-venezuela . Voir aussi http://www.telesurtv.net/news/Long-rechaza-injerencia-de-EE.UU.-en-asuntos-internos-de-Venezuela-20170518-0039.html
  4. http://correodelorinoco.gob.ve/cancilleres-de-caricom-resaltan-solucion-pacifica-para-situacion-de-violencia-en-venezuela
  5. http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/politica/papa-francisco-dialogo-venezuela-afectado-la-division-la-oposicion/
  6. https://www.state.gov/documents/organization/252179.pdf (voir page 96)
  7. http://www.southcom.mil/Portals/7/Documents/Posture%20Statements/SOUTHCOM_2017_posture_statement_FINAL.pdf?ver=2017-04-06-105819-923
  8. Comme le reconnaît Julio Borges, leader du parti d’extrême droite Primero Justicia et actuel président de l’Assemblée Nationale, dans l’interview non complaisante que lui fait le journaliste de la BBC Stephen Sackur, le 19 mai 2017 : http://bbc.co.uk/programmes/p052nsxd
  9. http://tatuytv.org/index.php/noticias/duelo/3680-terrorismo-hallan-sin-vida-y-con-signos-de-tortura-a-militante-del-psuv-secuestrado-en-zona-opositora
  10. Détails de plusieurs cas sur le site du Parquet : http://bit.ly/2ro4iXE ; http://bit.ly/2qE9MNb ; http://bit.ly/2q5RsbU ; http://bit.ly/2rnNT5s
  11. http://albaciudad.org/2017/05/lista-fallecidos-protestas-venezuela-abril-2017/
  12. http://hastaelnocau.wordpress.com/2017/05/09/radiografia-de-la-violencia
  13. http://www.lavanguardia.com/internacional/20170507/422343873153/violinista-muerto-venezuela-manifestaciones.html
  14. http://www.desdelaplaza.com/poder/yeison-lo-mataron-manifestantes-la-mud-destacado/
  15. http://www.talcualdigital.com/Nota/142708/detenido-polisucre-por-asesinato-de-estudiante-de-la-ucv-carlos-jose-moreno
  16. https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/15/fauxccupy-sous-les-masques-de-guy-fawkes-de-lopposition-venezuelienne
  17. https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/12/thomas-cluzel-ou-linterdiction-dinformer-sur-france-culture
  18. https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/
  19. http://hinterlaces.com/61-afirma-que-responsables-de-manifestaciones-violentas-deberian-ir-presos/

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2zk

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Comment « Le Monde » invente la « répression » au Venezuela. (Partie I).

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Amérique Latine, #Les média

Comment « Le Monde » invente la « répression » au Venezuela

Mettons-nous dans la peau d’un habitant de la planète qui n’aurait que les médias pour s’informer sur le Venezuela et à qui jour après jour, on parlerait de « manifestants » et de « répression ». Comment ne pas comprendre que cette personne croie que la population est dans la rue et que le gouvernement la réprime ?

Mais il n’y a pas de révolte populaire au Venezuela. Malgré la guerre économique la grande majorité de la population vaque à ses occupations, travaille, étudie, survit. C’est pourquoi la droite organise ses marches au départ des quartiers riches. C’est pourquoi elle recourt à la violence et au terrorisme, dont les foyers sont localisés dans les municipalités de droite. ll y a 90 pour cent de quartiers populaires au Venezuela. On comprend l’énorme hiatus : les médias transforment les îles sociologiques des couches aisées (quelques % du territoire) en « Venezuela ». Et 2% de la population en « population ». (1)

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Caracas en mai

Le 12 mai l’ex-présidente argentine Cristina Fernández, après Evo Morales, a dénoncé « la violence utilisée au Venezuela comme méthodologie pour arriver au pouvoir, pour renverser un gouvernement » (2). Depuis l’Équateur, l’ex-président Rafael Correa a rappelé que « le Venezuela est une démocratie. C’est par le dialogue, avec les élections, que doivent se régler les divergences. De nombreux cas de violences viennent clairement des partis d’opposition » (3). C’est aussi la position du Caricom, qui regroupe les pays des Caraïbes (4). Le Pape François a dû pousser les évêques du Venezuela qui comme dans le Chili de 1973 traînaient les pieds face au dialogue national proposé par le président Maduro (5). Ce dernier a par ailleurs lancé le processus participatif de l’Assemblée Constituante, avec vote à la clef, et confirmé la tenue du scrutin présidentiel légalement prévu en 2018.

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Assemblée populaire et d’enseignants pour faire des propositions dans le cadre de l’Assemblée Nationale Constituante, dans l’état d’Apure le 20 mai 2017. Ce processus doit être ouvert et participatif. Une image qu’on ne risque pas de voir dans les médias… Photo de Marco Teruggi

Depuis la disparition d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela est victime d’une guerre économique qui vise à priver la population des biens essentiels, principalement les aliments et les médicaments. La droite locale renoue avec certains éléments de la stratégie mise en place jadis au Chili par le tandem Nixon-Pinochet, en clair provoquer l’exaspération des secteurs populaires jusqu’au débordement de rage et légitimer la violence. Selon le rapport budgétaire 2017 mis en ligne sur le site du Département d’Etat (6), 5,5 millions de dollars ont été versés aux “sociétés civiles” du Venezuela. Le journaliste vénézuélien Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias (centre-droit) a révélé des extraits du rapport que l’amiral Kurt Tidd, chef du Southern Command, a envoyé au Sénat US : « avec les facteurs politiques de la MUD (coalition vénézuélienne de l’opposition) nous avons mis au point un agenda commun qui comprend un scénario abrupt combinant des actions de rue et l’emploi dosifié de la violence armée sous l’angle de l’encerclement et de l’asphyxie« . (7)

La phase insurrectionnelle implique d’attaquer des services publics, des écoles, des maternités (El Valle, El Carrizal) et des établissements de santé, barrer les rues et les principales artères routières pour bloquer la distribution des aliments et paralyser l’économie. A travers les médias privés, majoritaires au Venezuela, la droite appelle ouvertement les militaires a mener un coup d’État contre le président élu (8). Plus récemment les bandes paramilitaires colombiennes passent du rôle de formatrices a un rôle plus actif : le corps sans vie de Pedro Josué Carrillo, militant chaviste, vient d’être retrouvé dans l’État de Lara, portant les marques de torture typiques au pays d’Uribe (9).

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tachiraparas_0Malgré les mortiers, armes à feu, grenades ou cocktails Molotov utilisés par les manifestants « pacifiques » (sans oublier les mannequins de chavistes pendus aux ponts, signature du paramilitarisme colombien), la loi interdit à la Police ou la Garde Nationale d’user de leurs armes à feu. Les manifestants de droite en profitent pour pousser leur avantage, déverser leur racisme sur les gardes ou policiers, les provoquer à coups de jets d’urine, d’excréments et de tirs à balles réelles, guettant la réaction pour les caméras de CNN. Les fonctionnaires des forces de l’ordre qui ont désobéi et qui se sont rendus coupables de blessures ou de morts de manifestants ont été arrêtés et poursuivis en justice (10). Le fait est que la grande majorité des victimes sont des travailleurs qui allaient au boulot ou en revenaient, des militants chavistes ou des membres des forces de l’ordre (11). C’est pourquoi le « Monde » parle de morts en général  – pour que l’on croie qu’il s’agit de « morts du régime ». Allonger la liste des « morts » sert à augmenter l’appui planétaire a la déstabilisation : il y a dans ces meurtres, il est terrible de le constater, un effet de commande médiatique.

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Après avoir vendu cette image à son réseau international, l’agence Reuters s’est « excusée » d’avoir fait passer pour une arrestation arbitraire visant à étouffer la liberté d’expression ce qui était en réalité l’aide apportée par un garde national à un caméraman blessé…

Tout manifestant qui tue, détruit, agresse, torture, sabote sait qu’il sera sanctifié par les médias internationaux. Ceux-ci sont devenus un encouragement à poursuivre le terrorisme. Toute mort, tout sabotage économique seront attribués au « régime » y compris à l’intérieur du Venezuela où les médias, comme l’économie elle-même, sont majoritairement privés. Que la démocratie participative qu’est le Venezuela tente de se défendre comme doit le faire tout État de Droit, et elle sera aussitôt dénoncée comme « répressive ». Qu’elle ose punir un terroriste, et celui-ci deviendra ipso facto un « prisonnier politique ». Pour le journaliste et sociologue argentin Marco Teruggi « pour une intervention au Venezuela, le Gouvernement des États-Unis a des conditions plus favorables que celle qu’il avait pour bombarder la Libye si on tient compte du fait que l’Union Africaine avait condamné cette intervention presque à l’unanimité. (..) Tout dépend de la capacité de la droite à soutenir longtemps un bras de fer dans la rue en tant qu’espace politique. D’où l’importance de maintenir la caisse de résonance médiatique internationale» (12).

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Exemple sordide de cette alliance : le 5 mai 2017, à l’aide d’une photo digne d’un ralenti hollywoodien (mais qui n’est pas celle de la victime) « Le Monde » dénonce « la mort d’un leader étudiant tué lors des protestations contre le projet du président Maduro de convoquer une assemblée constituante ». Or la victime, Juan (et non José comme l’écrit « le Monde ») Bautista Lopez Manjarres est un jeune dirigeant étudiant révolutionnaire assassiné par un commando de droite alors qu’il participait a une réunion de soutien au processus d’assemblée constituante.

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Le dernier tweet de Juan Bautista Lopez Manjarres : la conférence de presse où il annonçait le soutien du secteur étudiant au processus de l’assemblée constituante

« Le Monde » mentionne aussi la réaction du chef d’orchestre Gustavo Dudamel, en tournée à l’étranger, qui demande que « cesse la répression » à la suite de la mort du jeune joueur de violon alto Armando Cañizales. Or ce musicien n’a pas été victime de la répression mais, lui aussi, d’un projectile tiré des rangs de la droite.

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Armando Cañizales

Le journal espagnol La Vanguardia, bien que virulent opposant a la révolution bolivarienne, l’admet exceptionnellement sous la plume de son envoyé spécial Andy Robinson : « De même qu’à d’autres moments de cette crise, le storytelling d’une jeunesse héroïque massacrée par la dictature bolivarienne ne colle pas dans le cas d’Armando Cañizales. (..) Il est pratiquement sûr que le projectile n’a pas été tiré par la police mais par les manifestants eux-mêmes. Il est notoire que certains d’entre eux ont fabriqué des armes artisanales pour les affrontements quotidiens avec la police» (13).

La réaction rapide de Mr. Dudamel est représentative des personnalités artistiques – nombreuses, on peut mentionner Ruben Blades ou René du groupe Calle 13 – subissant la forte pression du dispositif médiatique de leurs pays, contraintes de faire des déclarations pour satisfaire l’opinion publique convaincue à 99 % par les médias qu’il faut dénoncer la « répression au Venezuela ».

 

(A SUIVRE)

 

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Après le discours hostile de TRUMP à Miami : une déclaration du gouvernement révolutionnaire de CUBA

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Amérique Latine

Publié par El Diablo

Après le discours hostile de TRUMP à Miami : une déclaration du gouvernement révolutionnaire de CUBA

Le 16 juin 2017, Donald Trump, président des États-Unis, a prononcé dans un théâtre de Miami qui porte le nom d’un mercenaire de Playa Girón [Baie des cochons - NdR], un discours bourré d’une rhétorique hostile rappelant l’époque de la guerre déclarée contre notre pays, et dans lequel il a dévoilé la politique que son administration suivra contre Cuba et qui annule des progrès faits ces deux derniers années, après que les présidents Raúl Castro et Barack Obama eurent décidé, le 17 décembre 2014, de rétablir les relations diplomatiques et de s’engager sur la voie de la normalisation des liens entre les deux pays.

Dans ce discours, ainsi que dans un décret de politique intitulé : « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba » signé au même endroit, Trump inflige une régression aux relations entre les deux pays : il élimine les échanges éducationnels « interpersonnels » que pouvaient faire les individus, il instaure un plus grand contrôle de tous les voyageurs se rendant à Cuba et il prohibe les transactions économiques, commerciales et financières de sociétés étasuniennes avec différentes entreprises cubaines liées aux Forces armées révolutionnaires et aux service de renseignement et de sûreté, en vue de priver notre pays des revenus correspondants. Le président étasunien a, pour justifier cette nouvelle politique, avancé comme prétexte son inquiétude devant l’état des droits de l’homme à Cuba et son obligation d’appliquer rigoureusement les lois du blocus, dont la levée ainsi que toute amélioration des relations bilatérales seront conditionnées, selon lui, par les modifications que notre pays devra opérer dans son ordre constitutionnel.

Trump a aussi dérogé le décret de politique intitulé : « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba”, émis par le président Obama le 14 octobre 2016. Ce décret, tout en n’occultant pas les visées interventionnistes de la politique étasunienne ni la volonté de la Maison-Blanche de fomenter des changements dans l’organisation économique, politique et sociale de notre pays, reconnaissait toutefois, d’une part, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de Cuba, d’autre part le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime sur un pied d’égalité, ainsi que les avantages qu’une coexistence civilisée procurerait aux deux pays et aux deux peuples, malgré les grandes différences existant entre leurs gouvernements. Le décret admettait aussi que le blocus devait être éliminé en tant que politique anachronique.

La nouvelle administration étasunienne en revient aux méthodes coercitives du passé et adopte des mesures qui renforcent le blocus toujours en vigueur depuis février 1962, lequel non seulement inflige des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle indéniable au développement de notre économie, mais viole aussi la souveraineté et les intérêts de pays tiers, d’0ù son rejet par la communauté internationale.

Les mesures annoncées imposent des entraves supplémentaires aux occasions déjà fort limitées dont bénéficiait le secteur entrepreneurial étasunien pour faire du commerce et investir à Cuba.

Elles restreignent encore plus le droit des Étasuniens à visiter notre pays, alors pourtant qu’ils doivent déjà demander des autorisations discriminatoires, au moment même où le Congrès du pays, reflétant la volonté de vastes secteurs de la société, réclame la levée non seulement de cette prohibition aux voyages, mais aussi des restrictions imposées au commerce avec Cuba.

Les mesures annoncées par le président Trump prennent le contrepied de l’opinion publique étasunienne, dont celle de l’émigration cubaine, qui soutient dans sa majorité la levée totale du blocus et l’instauration de relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Au contraire, de nouveau mal conseillé, le président étasunien prend des décisions favorables aux intérêts politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine implantée dans l’État de la Floride qui, poussée par des motifs misérables, s’entête à vouloir punir le peuple cubain d’exercer tout simplement son droit légitime et souverain d’être libre et de prendre en main ses propres destinées.

Nous analyserons ensuite plus en profondeur la portée et les implications de cette annonce.

Tout en dénonçant ces nouvelles mesures visant à durcir le blocus, le gouvernement cubain tient à signaler qu’elles sont toutefois vouées à l’échec, comme le passé l’a démontré à maintes reprises, et qu’elles ne parviendront pas à affaiblir la Révolution ni à faire plier le peuple cubain qui a fait la preuve, pendant presque soixante ans, de sa capacité de résistance aux agressions, de quelque type ou origine qu’elles soient.

Le gouvernement cubain refuse la manipulation à des fins politiques et selon un deux poids deux mesures de la question des droits de l’homme. Le peuple cubain jouit des droits et libertés fondamentales, et peut se vanter avec fierté d’acquis qui restent une chimère dans de nombreux pays du monde, y compris aux États-Unis, tels que le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement. Cuba a aussi contribué à améliorer les droits de l’homme dans de nombreux endroits du monde, malgré ses modestes ressources et malgré les limitations que lui impose sa condition de pays soumis à un blocus.

Les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon. Nous sommes sérieusement préoccupés, pour notre part, devant la façon dont les droits de l’homme sont respectés et garantis dans ce pays, qui connaît de nombreux cas d’assassinats, de brutalités et d’abus de la police, notamment contre la population afro-étasunienne ; où le droit à la vie est violé à cause de la prolifération d’armes à feu ; où l’on peut constater le travail des enfants et de graves manifestations de discrimination raciale ; où les services de santé sont menacés de nouvelles restrictions qui laisseraient vingt-trois millions de personnes sans assurance-maladie ; où la femme ne touche pas le même salaire que l’homme ; où les émigrants et les réfugiés, notamment ceux provenant de pays islamiques, sont marginalisés ; où l’on prétend ériger des murs conçus pour discriminer et dénigrer les voisins ; et où les dirigeants bafouent des engagements internationaux visant à préserver l’environnement et à faire face aux changements climatiques.

Nous sommes tout aussi inquiets devant les violations des droits de l’homme que les États-Unis commettent dans d’autres pays, y compris dans le nôtre où ils maintiennent en détention arbitraire et torturent des dizaines de personnes sur le territoire qu’ils occupent illégalement dans la base navale de Guantánamo ; devant les exécutions extrajudiciaires et les assassinats de civils par drones interposés ; et devant les guerres déclenchées contre des pays comme l’Irak, fondées sur des mensonges tels que l’existence d’armes de destruction massive, avec toutes les conséquences néfastes que l’on sait pour la paix, la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

Nous rappelons que Cuba est partie à quarante-quatre instruments internationaux sur les droits de l’homme, alors que les États-Unis ne le sont qu’à dix-huit, de sorte que nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

Quand ils ont décidé de renouer les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié leur intention de développer des liens de respect et de coopération entre leurs peuples et gouvernements, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Dans sa Déclaration du 1er juillet 2015, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba a réaffirmé : « Ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté, sur celui du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de quelque nature qu’elle soit ; de l’égalité souveraine et de la réciprocité, tous principes incontournables du droit international », qui ont été d’ailleurs entérinés par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) quand ils ont signé à La Havane, à leur Deuxième Sommet, la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix. Cuba n’a pas renoncé à ces principes et elle n’y renoncera jamais !

Le gouvernement cubain réitère sa volonté de poursuivre un dialogue respectueux et une coopération dans des domaines intéressant les deux pays, ainsi que de négocier le contentieux bilatéral avec le gouvernement étasunien. Comme n’a cessé de le répéter Raúl Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, les deux pays ont prouvé ces deux dernières années qu’ils pouvaient coopérer et coexister d’une manière civilisée, à condition qu’ils sachent respecter leurs différences et promouvoir tout ce qui est bénéfique aux deux nations et aux deux peuples. Mais qu’on n’espère pas en échange que Cuba fasse des concessions sur des questions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance, ni qu’elle accepte des conditions, de quelque nature qu’elles soient.

N’importe quelle stratégie visant à modifier le système politique, économique et social de Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, que ce soit par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec.

Car c’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959, des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, telle, en l’occurrence, l’Actualisation de notre modèle économique et social.

Comme nous l’avons fait depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous courrons tous les risques et continuerons résolument, sûrs de nous, de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et écologiquement durable.

La Havane, le 16 juin 2017

SOURCE :

VOIR ÉGALEMENT L'ARTICLE EN LIEN CI-DESSOUS:

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La France est engagée dans une opération militaire contre le Venezuela ....

14 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Amérique Latine, #L'armée française

Dans la liste des pays participants on trouve aussi les Pays-Bas ( !), le Canada, la France ( !), le Royaume-Uni ( !), le Mexique et des pays des Caraïbes, outre les Etats-Unis.

Au travers de leurs « territoires d’outre-mer » ou colonies, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont partie prenante de ces nouvelles manœuvres militaires visant à intervenir au Venezuela. Et la Belgique ? elle risque d’être mêlée à cette opération maritime, du fait de la quasi-totale intégration de sa marine militaire avec celle des Pays-Bas, dans le cadre de l’OTAN.

C'est vrai que la France n'a plus de ministère de la défense nationale mais un ministère des armées entièrement dévoué à l'OTAN à travers l'intégration  (la dissolution) dans l'Union Européenne. 

 

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El ejercicio Tradewinds 2017 incluye la participación de 18 naciones asociadas al Comando Sur y aproximadamente 2.500 militares.

El Comando Sur de Estados Unidos inició este martes un ejercicio militar con la participación de 18 naciones asociadas y cerca de 2.500 militares en la isla de Barbados, 1,078 kilómetros de Venezuela .

La organización militar informó que el denominado Tradewinds 2017 es un "ejercicio multinacional de seguridad y respuesta a los desastres marítimos en el Caribe" y cuenta con la participación de Antigua y Barbuda, Bahamas, Barbados, Belice, Dominica, República Dominicana, Granada, Guayana, Haití, Jamaica, San Cristóbal y Nieves, Surinam, San Vicente y las Granadinas, Trinidad y Tobago, así como personal militar de EE.UU., Canadá, Francia, México y el Reino Unido.

Según el jefe del Comando Sur de los Estados Unidos, Kurt W. Tidd, estas maniobras militares permiten garantizar la seguridad de la región. Sin embargo, la fuerza militar ha sido acusada de intervencionista y de amenazar a gobiernos de la región, como el de Venezuela.

En abril, Kurt W. Tidd presentó un informe al Senado en el que advertía que Venezuela podría ser un elemento "desestabilizador" para la región.

Las declaraciones del funcionario han sido rechazadas por el Gobierno de Venezuela y se suman a otras acciones de Estados Unidos para ejercer presión sobre Venezuela, incluyendo las sesiones de la Organización de Estados Americanos (OEA) en las que intentan aplicar la Carta Interamericana a este país.

Además sigue vigente la declaración de Venezuela como una "amenaza a la seguridad Nacional de los Estados Unidos", que busca justificar una intervención extranjera, tal como ha dicho en reiteradas ocasiones el Gobierno venezolano.

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>> Gobierno venezolano responsabiliza a EE.UU. por terrorismo

Las maniobras militares se componen de dos fases. Tradewinds Fase I que está en Barbados desde el 6 al 12 de junio, y la Fase II que se realizará en Trinidad y Tobago (a unos 600 kilómetros de las costas venezolanas) desde el 13 al 17 de junio.

 

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Vers un « printemps latino » ? par Thierry Meyssan

19 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Amérique Latine, #Les transnationales, #le nazisme, #l'horreur économique

Vers un « printemps latino » ?

L’inquiétude grandit en Amérique latine : les États-Unis et le Royaume-Uni y préparent un « printemps », sur le modèle des « printemps arabes ». Bien sûr, il ne s’agira pas cette fois-ci de répandre la guerre en divisant les populations sur une ligne religieuse —les Latinos sont presque tous chrétiens—, mais d’utiliser des éléments d’identités locales. L’objectif serait pourtant le même : non pas remplacer des gouvernements par d’autres, mais détruire les États pour éradiquer toute possibilité de résistance à l’impérialisme.

| Caracas (Venezuela)  
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Avec le temps, de nombreux leaders politiques dans le monde ont réinterprété les « printemps arabes ». Ce qui apparaissait comme des révolutions spontanées contre des gouvernements autoritaires est aujourd’hui perçu pour ce qu’il est : un plan anglo-saxon de déstabilisation de toute une région du monde pour y placer au pouvoir les Frères musulmans. Le souvenir de la « révolte arabe de 1916 », au cours de laquelle Lawrence d’Arabie souleva la région contre l’empire ottoman en faisant rêver les peuples de liberté pour finalement les asservir dans l’empire britannique, atteste que Londres en a le savoir-faire.

Il semble que les Anglo-Saxons préparent une nouvelle vague de pseudo-révolutions en Amérique latine. Tout a commencé avec un décret de Barack Obama, le 9 mars 2015, déclarant un état d’urgence au vu de la menace extraordinaire que la situation au Venezuela ferait peser sur les États-Unis. Ce document suscita une vague d’indignation dans le continent contraignant le président US a présenter des excuses lors d’un sommet international. Mais le décret ne fut pas annulé et les préparatifs d’une nouvelle guerre se poursuivirent.

À la différence du Syrian Accountabilty Act de George W. Bush (2003), le texte d’Obama sur le Venezuela est un décret présidentiel et non pas une loi. Par conséquent l’Executif n’a pas à rendre compte des préparations au Législatif. S’il a fallu huit ans aux Anglo-Saxons pour passer à l’acte dans le monde arabe en général et en Syrie en particulier, de nombreux éléments laissent à penser qu’il leur faudra moins de temps pour lancer un programme de destruction de l’Amérique latine.

Des troubles ont éclaté au Brésil, à l’occasion des Jeux olympiques, contre la présidente Dilma Rousseff. Celle-ci a été destituée à l’issue d’une procédure parlementaire, certes légale, mais totalement contraire à l’esprit de la Constitution. Ce coup d’Etat a été conduit sous le contrôle de la Banque centrale —dont le n°2 était un brésilo-israélien— par des députés dont beaucoup sont aujourd’hui convaincus de corruption. Les services de sécurité de l’État sont restés étrangement passifs pendant ce coup. C’est que, durant les Jeux olympiques, ils avaient été placés sous la coordination… d’experts israéliens. Actuellement, le nouveau président, le brésilo-libanais Michel Temer, est à son tour largement contesté.

La situation n’est guère meilleure au Mexique. Le pays est de facto déjà divisé en quatre. Le Nord connaît une forte croissance, tandis que le Sud est en pleine récession. Les dirigeants politiques ont vendu la société pétrolière nationale et toutes ses réserves, Pemex, aux États-Unis (qui n’ont donc plus besoin du pétrole moyen-oriental). Seule l’armée semble encore croire en la patrie.

Exploitant des erreurs économiques du gouvernement, l’opposition vénézuélienne a réussi à rassembler quelques grandes manifestations pacifiques. Simultanément, elle a organisé de minuscules rassemblements extrêmement violents au cours desquels des policiers et des manifestants ont été tués. Créant la confusion, les agences de presse internationales donnent l’impression qu’une révolution a débuté contre les chavistes, ce qui n’est pas du tout le cas.

Ainsi, les trois principaux États latino-américains sont déstabilisés au même moment. Il semble que les néoconservateurs états-uniens anticipent une possible paix en Syrie et hâtent leur projet latino-américain.

Vendredi, dans une allocution télévisée, le président vénézuélien Nicolás Maduro a mis en garde son peuple contre le projet anglo-saxon de « printemps latino ». Il a répétitivement et longuement cité les précédents libyens et syriens, devant un parterre d’intellectuels de la région, auquel, Syrien de cœur, j’étais associé.

Source
Al-Watan (Syrie)

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L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles. Par Dick Emanuelsson

10 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Economie, #La lutte des classes, #Politique étrangère, #Le fascisme, #Amérique Latine

L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles

http://www.investigaction.net/laccord-colombie-otan-est-dirige-contre-le-venezuela-et-vers-le-pillage-des-ressources-naturelles/#sthash.5xmijOqo.dpuf

09 Jan 2017

Dick Emanuelsson

http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/01/otan_col2-640x324.jpg

 

L’éventuel accord militaire entre le Gouvernement de la Colombie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une provocation contre les accord de paix de l’Amérique du Sud signés à la CELAC et à l’UNASUR, des accords ratifiés même par le Gouvernement colombien lui-même. Ils ont les yeux fixés sur les réserves de pétrole aussi bien au Venezuela qu’en Colombie et sur les ressources naturelles de l’Amazonía en Amérique du Sud, déclare Horacio Duque, analyste politique colombien à Resumen Latinoamericano.

Mais le président colombien Juan Manuel Santos ne se souvient déjà plus de la promesse qu’il a faite en 2010 au président vénézuélien de l’époque, Hugo Chávez Frías de ne faire aucune alliance militaire avec l’OTAN. Le 23 décembre 2016, il a déclaré ce qui suit (https://youtu.be/kb2hVqZBqIo):

« Je suis plein de joie et de satisfaction parce que cet objectif, nous l’avions depuis l’époque où j’étais ministre de la défense. Nous avons fait la demande il y a 9 ans pour signer un accord de coopération qui est la possibilité la plus importante que l’OTAN a avec les pays qui ne osnt pas membres de l’OTAN pour collaborer mututellement et ils m’ont remis la lettre dans laquelle ils disent que « la Colombie a été acceptée ! »

L’accord de 2013

Le 5 mars 2013, Chávez est mort et le Gouvernement colombien, cette fois sous la baguette de Santos, a mis « mois pour que le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, au siège de l’OTAN en Belgique, informe que la Colombie avait déjà un accord avec l’OTAN sur l’échange d’informations et la sécurité. Cela a été le premier memorandum de cette nature que l’Alliance ait singé avec un pays d’Amérique Latine.

Le Congrès de la République de Colombie a soutenu le 1é août 2014 l’accord signé le 25 juin 2013. Le 24 février 2015, le Procureur Général de Colombie a demandé qu’on déclare irrecevable l’accord signé entre la Colombie et l’OTAN en 2013 parce qu’il considérait que le document signé « n’indiquait pas avec précision sa finalité. »

En juin 2015, la Cour Constitutionnelle Colombie a supprimé l’accord signé en 2013 pour vices de forme quand il a été approuvé au Congrès colombien. Le 26 octobre 2016, le Sénat colombien a approuvé en seconde lecture l’accord sur la coopération et la sécurité concernant l’information entre la Colombie et l’OTAN. Le 23 décembre 2016 Santos annonce que l’OTAN a à nouveau accepté de commencer des négociations avec la Colombie.

Le but : contrôler le Venezuela

Le sénateur Paul Cordwell a été très sincère quand il a parlé au Congrès états-unien du Plan Colombie à la fin des années 90. Il a dit : « Pour contrôler le Venezuela, il faut occuper militairement la Colombie ! »

Avec le Plan Colombie, l’occupation militaire et la dépendance de ce pays envers les Etats-Unis se sont accélérées. Le 1é juin 2008, on a réactivé la 4° Flotte qui avait été inactive depuis 1950. Cette flotte opère dans les Caraïbes, l’Amérique du Sud et l’ Amérique Centrale et leurs 2 côtes.

Le 30 octobre 2009, l’ex président Álvaro Uribe Vélez a signé un accord avec le Commando Sud pour lui fournir 7 bases militaires en Colombie. Parmi ces 7 bases se trouvent la base navale de la Baie Málaga, construite au début des années 80 par la transnationale de construction suisse ABV. Santos non seulement est accusé de jouer au poker politique mais aussi d’être un menteur et un tricheur, ce qui se confirme avec le mensonge qu’il a dit à Chávez 2010. Nicolás Maduro a rappelé cette promesse violée quand il a commenté et condamné cette information, le 23 décembre :

« Nous allons chasser l’OTAN de là, j’appelle le peuple colombien et les peuples d’ Amérique du Sud et du Venezuela à lutter contre l’OTAN, non à l’OTAN en Amérique du Sud, ça suffit, ses guerres bien loin d’ici, l’Amérique du Sud sans alliances militaires avec des armes nucléaires et de guerre, » a déclaré Maduro dans son émission « La hora de la salsa. »

Horacio Duque Giraldo est un analyste politique colombien et il soutient aussi que la cible d’un éventuel accord entre la Colombie et l’OTAN est Caracas. A ce journaliste, il adit :

« Je crois que le but concret est le Venezuela, nous ne devons pas nous y tromper. Indépendamment de tous les problèmes et de toutes les contradictions d’un processus comme le processus vénézuélien, ici, le problème essentiel est les grandes entreprises pétrolières et minières et les armées qui travaillent pour leur sécurité. Elles sont derrière la rente pétrolière et les richesses du Venezuela et de l’Amazonie colombienne. »

Le général Kelly une vraie menace pour le Venezuela.

Duque continue:

« Les 7 bases militaires en Colombie et l’accord avec l’OTAN, la nomination comme ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du Gouvernement de Donald Trump du général John Kelly, cet ex commandant de la 4° Flotte et du Commando Sud qui fut un interventionniste déclaré en ce qui concerne la situation au Venezuela, tout cela montre qu’il se charge de détruire la structure démocratique du Venezuela. Pour la détruire, ils ont décimé et traqué économiquement (le Venezuela), ce qu’ils ont voulu faire pendant tant d’années avec Cuba.

Et maintenant, ils vont, comme en ont l’habitude les oligarchies d’Amérique Latine et de l’Empire, provoquer subrepticement toutes les actions nécessaires pour atteindre leur objectif très ponctuel qui est de rétablir la domination de l’oligarchie au Venezuela, la vieille oligarchie d’AD et du COPEI vénézuéliens que nous connaissons et attaquer et piller la rente pétrolière et attaquer et piller les ressources de l’Amazonie colombienne, brésilienne et équatorienne. Sur cela, nous ne pouvons pas nous tromper. C’est le but central de cet accord qu’ils annoncent avec l’OTAN. »

La sous-traitance des Forces Armées de Colombie

Horacio Duque soutient que l’Accord de Paix avec les FARC et la fin d’un conflit social et armé doivent avoir des conséquences pour les Forces Militaires Colombiennes, les plus importantes du continent. Sur le demi-million d’unités militaires, elles devraient se réduire au oins de 100 000 militaires bien que Santos ait dit qu’il en les réduirait pas. L’idée, dit Duque, est de faire une sous-traitance, ce qui signifie que même l’Armée est « victime » du modèle néolibéral dans lequel l’Etat reste seulement l’administrateur d’un petit noyau de productions et de services, le reste étant fragmenté en coopératives ou privatisé.

Dans ce cas, l’Etat colombien a son « produit d’exportation » qui est le Plan Colombie. Il a réussi : seulement sur le continent latino-américain et dans les Caraïbes, 12 pays ont des contrats avec Bogota dans e domaine de la sécurité et de la formation.

L’un d’entre eux est le Honduras, la seconde nation la plus pauvre du continent américain où la pauvreté extrême atteint 42,6% de la population. Les militaires et les civils colombiens ont remplacé en grande partie les conseillers militaires et policiers du Commando Sud des Etats-Unis. Les militaires colombiens forment leurs collègues honduriens. C’est la même chose avec la police, les organismes de sécurité et de renseignement militaire. Des avions vont tous les jours de Tegucigalpa à Bogotá avec des Honduriens qui doivent être formés par les Colombiens alors que la Colombie a de nombreux contingents de militaires en terre hondurienne.

Après le coup d’Etat de juin 2009, des rumeurs ont couru aussi bien au Honduras qu’en Colombie, disant que les grands propriétaires terriens de la côte nord du Honduras recrutaient des paramilitaires colombiens démobilisés venant de Magdalena Medio. Après la visite au Palais de Nariño d’une délégation hondurienne de la junte civique et militaire qui a été reçue par Álvaro Uribe en juin 2009, un mois après le coup d’Etat, Alvaro Uribe s’est rendu au Honduras en janvier 2010 et un accord a été signé entre les 2 pays pour la « lutte commune contre le terrorisme (lisez « contre la résistance hondurienne ») et le trafic de drogues ». Depuis cette date, les corps de l’armée et de la police honduriennes se sont remplis de militaires colombiens.

Le fond de l’Accord avec les FARC

C’est cette sorte de « conseils » qui ont été et seront les tâches des Forces Militaires (dans lesquelles on inclut aussi la Police Nationale colombienne). Par un accord avec l’OTAN, ce processus peut s’intensifier encore plus. Les militaires et les policiers colombiens qui ne veulent pas continuer à travailler pour les Forces Militaires peuvent devenir ouvertement des mercenaires recrutés par les alliés des Etats-Unis dans le Golfe Persique comme les 800 ex membres colombiens des Forces Spéciales colombiennes qui tuent aujourd’hui des Yéménites au Yemen, victimes d’un terrible génocide perpétré par l’Arabie Saoudite et l’Emirat Arabe.

« D’une certaine manière, l’Accord de Paix en Colombie poursuit ce but, c’est à dire déblayer les zones dans lesquelles se trouvent les grandes richesses minières et pétrolières, agricoles et agro-industrielles en Colombie. Les déblayer pour que les grandes multinationales viennent piller et emporter toutes les richesses, organiser de grandes étendues et de grandes propriétés foncières pour renforcer la politique de sécurité et des entreprises alimentaires des états qui vont venir profiter des grandes étendues de terre en Colombie, c’est ce que nous avons appelé « l’étrangérisation » de la terre en Colombie. C’est le but de l’accord de l’OTAN, c’est ce qu’ils veulent et qu’ils cherchent avec l’Accord de Paix en croyant que le mouvement populaire va baisser la garde et ne va pas se mobiliser. »

Il n’y a qu’un « mais » : Donald Trump a dit que l’OTAN n’a plus de raison d’exister mais une chose est ce que dit Trump et une autre ce que dit et fait le Pouvoir de Fait. Même le président Dwight Eisenhower admettait dans les années 50 que le Complexe Militaire et Industriel est le véritable Pouvoir aux Etats-Unis. Tous les autres, c’est RIEN !

Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source: Resumen Latinoamericano

 

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« Le dernier héros », l’ex-président d’Uruguay Mujica vu par Kusturica Par MAURICIO RABUFFETT

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Amerique latine, #La finance dérégulée

« Le dernier héros », l’ex-président d’Uruguay Mujica vu par Kusturica

« Le dernier héros », l’ex-président d’Uruguay Mujica vu par Kusturica  Par MAURICIO RABUFFETT

 

L’ex-président Mujica filmé par le réalisateur Emir Kusturica à Montevideo, le 5 mars 2015. AFP Photo/Miguel Rojo)


Il lui porte la même admiration qu’à ses idoles de jeunesse: le cinéaste serbe Emir Kusturica vient de terminer le tournage en Uruguay de son documentaire Le dernier héros, consacré à l’ancien dirigeant José Mujica, surnommé le « président le plus pauvre du monde ».

« J’ai développé une vision particulière du monde, liée aux personnes que j’admirais depuis ma jeunesse, du (guérillero Ernesto) Che Guevara à (l’ex-président cubain Fidel) Castro », confie-t-il à l’AFP à l’occasion du tournage des dernières scènes à Montevideo.

« Comme je n’ai rien pu faire avec eux deux (…), quand j’ai entendu parler d’un homme qui était président tout en continuant à conduire son tracteur et réparer sa maison, je me suis dit « C’est lui mon homme ». Et je ne me suis pas trompé », assure le réalisateur de 62 ans, lauréat de deux Palmes d’or au Festival de Cannes (France), en 1985 et en 1995.

Cet homme, c’est José Mujica, 81 ans, dit « Pépé », qui s’est fait connaître dans le monde entier pour son style informel, son franc-parler et sa façon de gouverner l’Uruguay entre 2010 et 2015.

Promoteur de mesures pionnières comme le mariage homosexuel et la légalisation du cannabis, ce chantre anti-consommation reversait la quasi-totalité de ses revenus à un programme de logement social, s’attirant le surnom de « président le plus pauvre du monde ».

Même s’il a suscité des critiques dans son propre pays, pour Kusturica c’est Le dernier héros, titre du documentaire qu’il lui consacre, mêlant entretiens et images de ses nombreux voyages à l’étranger.

« Il y a des gens en Uruguay qui n’aiment pas ce qu’il fait, ce qui est naturel », observe-t-il, certains lui reprochant de ne pas avoir tenu ses promesses concernant la réforme de l’éducation ou de l’administration.

Mais « même s’il est populaire autour du monde, il ne l’est pas autant que je le souhaiterais », dit Kusturica.

Le cinéaste serbe, connu pour Chat noir chat blanc, Le temps des gitans ou encore Underground, voit dans « l’expérience » de vie de Mujica, ex-guérillero emprisonné 14 ans avant de se reconvertir dans la politique pour devenir député, sénateur, ministre et finalement président, une « synthèse » de « l’histoire compliquée » de nombreux pays.

« Humilité et engagement »

Aujourd’hui sénateur, Mujica vit toujours dans sa modeste « chacra » (ferme) en périphérie de Montevideo. C’est là que Kusturica tourne les dernières images.

« Il est connecté de façon presque religieuse avec la terre », s’enthousiasme le réalisateur, qui filme, par une journée chaude, un groupe de jeunes venus écouter Mujica leur raconter sa façon de cultiver.

Le documentaire se centrera sur « son dernier jour à la présidence », lorsqu’il était « en train de se préparer à transmettre les manettes à une autre personne », le leader de gauche Tabaré Vazquez qui lui a succédé début 2015.

Les proches de Mujica assurent que l’ex-président a « beaucoup de patience » avec Kusturica, mais en ce jour de tournage, le vieil homme regarde régulièrement sa montre tandis qu’il attend, devant sa maison, que ce soit son tour de « jouer » face aux caméras.

Portant un chapeau, une chemise aux manches retroussées, un pantalon large, des lunettes noires, de vieilles sandales en plastique, « Pepe » accueille le groupe de jeunes dans sa « chacra » où il a reçu nombre de personnalités, comme l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos.

Au bout de 45 minutes, le tournage bascule sur la conversation entre le Serbe et l’Uruguayen.

Pour la première fois en quatre ans, Kusturica interroge Mujica sur sa famille, sur la mort. L’ex-président lui offre les paroles du tango La ultima curda (« La dernière beuverie »), traduites en anglais. Séduit, Kusturica propose d’utiliser la chanson dans le film.

Interrogé le jour suivant, Mujica salue l’idée du documentaire, qui, selon lui, permettra « que l’on connaisse l’Uruguay, qui a beaucoup à apporter au monde », même si c’est « le pays le plus petit d’Amérique latine ».

« Kusturica, je ne sais pas trop ce qu’il va faire, parce qu’il est à moitié… », dit-il en secouant sa main droite à côté de sa tête en signe de folie, « et moitié génial ». « Mais j’ai beaucoup de respect pour lui ».

Ce qu’il attend du projet ? Qu’il transmette un message d’« humilité et d’engagement ».

Kusturica prévoit, lui, que son documentaire soit prêt, au plus tôt, pour la Mostra de Venise en septembre 2017.

MAURICIO RABUFFETTI 
Agence France-Presse
Publié le 05 janvier 2017
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L'OTAN débarque en Colombie par Hector Bernardo

4 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Amérique Latine, #Terrorisme

 
L'OTAN débarque en Colombie
  L'OTAN débarque en Colombie  par Hector Bernardo

Le Président Santos a annoncé un accord entre son pays et l'Organisation commandée par les USA. Cet accord vient parachever la mise en coupe réglée de l'Amérique latine, un continent truffé des bases militaires US. La signature de l'accord met en danger la paix dans la région. Le journaliste Stella Calloni a dit: "C'est un accord avec des assassins. L'OTAN est une organisation terroriste qui a créé Daech et d'autres groupes similaires".

  L'OTAN débarque en Colombie  par Hector Bernardo

Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos a confirmé la conclusion d'un accord entre son pays et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). L'annonce a provoqué une grande inquiétude parmi les promoteurs de l'accord de paix entre le gouvernement et les FARC-EP, les dirigeants de la région et les analystes politiques.

L'accord avait été demandé par le gouvernement colombien. Après avoir appris que la demande avait été approuvée par l'OTAN, Santos a déclaré lors d'un événement public: «C'est une nouvelle qui me remplit de joie et de satisfaction parce que nous avions cet objectif depuis que j'étais ministre de la Défense. Nous avions demandé il y a environ neuf ans de faire un accord de coopération mutuelle, qui est la forme la plus élevée de relation de l'OTAN avec des pays qui n'en sont pas membres ".

L'OTAN a été créée après la Seconde Guerre mondiale avec l'intention de freiner une possible avancée de l'Union soviétique. Ses membres majeurs sont les USA, LE Royaume-Uni, la France et l'Allemagne (aux actions desquels se joint toujours, bien qu'il n'en soit pas membre, Israël).

L'annonce de la signature d'un accord avec la Colombie a provoqué une grande inquiétude dans la région, vu quel'OTAN, rien que la partie écoulée de ce siècle, a impulsé des guerres en Irak, en Libye et en Syrie, causant des centaines de milliers de morts et d'énormes crise humanitaire. «Les réfugiés» que les médias montrent en train d'essayer désespérément d'atteindre l'Europe (et dont beaucoup meurent en mer) ne sont que les victimes fuyant les guerres déclenchées par l'OTAN en Libye et en Syrie.

Le bombardement de peuples sans défense, ainsi que la promotion et le financement de divers groupes terroristes, dont l'État islamique (ISIS), sont la marque distinctive de l'OTAN.

L'image de la secrétaire d'État US Hillary Clinton, célébrant l'assassinat sauvage de Mouammar Kadhafi, commis par l'un des groupes terroristes parrainés par l'OTAN, est un élément éloquent pour comprendre les intérêts et le fonctionnement de cette organisation.

Le gouvernement vénézuélien a exprimé sa préoccupation suite à l'annonce de Santos. Dans une déclaration, il a dit: "La République bolivarienne du Venezuela exprime sa profonde préoccupation et son rejet de l'annonce du Président de la République de Colombie, Juan Manuel Santos, sur l'ouverture de discussions pour concrétiser un accord de coopération militaire entre la Colombie et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). "

"Le gouvernement vénézuélien est fermement opposé à la tentative d'introduire des facteurs externes ayant une capacité nucléaire dans notre région, dont les agissements passés et récents relèvent d'une politique de guerre, violent les accords bilatéraux et régionaux auxquels la Colombie est partie (UNASUR, CELAC) par lesquels l'Amérique latine et les Caraïbes ont été déclarées zone de paix. Cette annonce porte atteinte aux principes de Bandoung qui ont donné lieu au Mouvement des non-alignés (NAM), qui interdit expressément à ses États membres de participer à des alliances militaires ", dit la déclaration.

Dans un dialogue avec Contexto, la journaliste, chercheuse et analyste internationale Stella Calloni a déclaré que «si cet accord est établi entre la Colombie et l'OTAN, ce serait une violation du droit international. L'OTAN a été créée pour défendre le territoire de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. C'est la même OTAN qui est utilisée pour les guerres dont ont besoin les USA, la Grande-Bretagne et Israël ".

"Cela montre le manque de sérieux du président Juan Manuel Santos, quand il a négocié la paix avec la guérilla. Quelle paix peut-il y avoir dans un pays qui est à la merci de l'OTAN, une organisation qui a produit les plus grands génocides de ce siècle? ", demande l'experte.

Calloni a conclu: Ceci est un accord avec des assassins. L'OTAN est une organisation terroriste qui a créé Daech et d'autres groupes similaires. C'est une situation très grave”.

Il faut rappeler que l'Amérique latine est truffée de bases militaires américaines. Le sociologue et chercheur Atilio Boron et la journaliste Telma Luzzani ont calculé qu'il y a plus de 80 bases dans la région, dont au moins sept en Colombie.

  L'OTAN débarque en Colombie  par Hector Bernardo

À cela s'ajoutent le fait que le président de l'Argentine Mauricio Macri a signé un accord pour la participation du Commandement Sud des USA sur le territoire argentin, l'intention d'installer deux bases US dans le nord et le sud du pays et le désintérêt montré par le président et sa ministre des Affaires étrangères, Susana Malcorra pour la revendication argentine de souveraineté sur les Malouines, où l'OTAN a déjà une base militaire, illégale.

Toutes ces actions parachèvent progressivement le bouclage d'un continent qui, ces derniers temps, avait augmenté ses liens politiques et économiques avec la Chine et la Russie, les deux principaux concurrents des USA.

  L'OTAN débarque en Colombie  par Hector Bernardo

Base militaire aérienne de la Royal Air Force britannique de Monte Agradable (Mount Pleasant) dans l’île Soledad à 48 km au sud-ouest de Puerto Argentino/Stanley, capitale des Malouines


 



Merci à Tlaxcala
Source: http://www.diariocontexto.com.ar/2016/12/29/la-otan-desembarca-en-colombia/
Date de parution de l'article original: 29/12/2016
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19573

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“Little Hiroshima”, par Hernando Calvo Ospina

4 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Amerique latine

Pour ne pas oublier la terrible invasion de Panama en 1989…

Source : Hernando Calvo Ospina, 22-12-2016

Hernando CALVO OSPINA

C’était le 19 décembre 1989. Après le dîner, le couple s’était consacré à l’installation de la crèche de Noël. Ils avaient pratiquement tout mis en place : la Vierge Marie, Saint Joseph, les bergers, le bœuf, l’âne et un grand nombre de figurines. Elle avait dû expliquer vingt fois à Jorge, le plus jeune, qui avait quatre ans, pourquoi il devait attendre le 25 décembre pour placer l’enfant Jésus : c’est ce jour-là qu’il était né.

Au moment d’aller se coucher, les enfants refusèrent de dormir dans leurs lits. Ils voulaient rester près de la crèche. Ana, la mère, accepta à la condition qu’ils dorment de l’autre côté, près de la fenêtre. Les parents y disposèrent un matelas.

Il y avait de la musique dans le voisinage. L’ambiance festive allait crescendo, car ça sentait déjà Noël, particulièrement dans ce quartier panaméen du Chorrillo. Son mari alla se coucher. Elle se sentait étrange. Elle était fatiguée, mais elle préféra s’asseoir par terre et lire un livre. Par moments, elle observait avec tendresse ses deux petits garçons. Le temps passa.

Elle regarda le vieux réveil posé sur la télévision et se rendit compte qu’il manquait peu de temps pour qu’une aiguille recouvre l’autre : il était presque minuit. C’est alors que l’appareil commença à vibrer. Elle regarda les murs, le plafond et posa les yeux sur les figurines qui changeaient de place. Tout tremblait ! Elle entendit un terrible fracas, ensuite un autre, puis d’autres. Pendant quelques secondes, elle crut que c’était une autre manœuvre de l’Armée étasunienne cantonnée aux alentours du Canal.

Elle se leva comme un ressort et fonça vers la chambre où son mari était déjà debout, en slip. Ensemble, ils s’approchèrent de la fenêtre et se penchèrent terrifiés. Ils vivaient au quatrième étage. Partout des éclats de lumière et des explosions : « L’invasion, l’invasion ! » furent les cris angoissés qu’ils entendirent comme un chœur. Les hélicoptères lançaient des fusées contre la Caserne de l’Etat Major des Forces de Défense Panaméenne, située non loin de là.

Ils coururent au salon. Elle ouvrit la porte, sortant sur le balcon pour être témoin du début de l’apocalypse. Les cris de terreur s’amplifiaient de tous côtés, aussi bien que les explosions et les rafales de tirs. Elle entra et se jeta sur les enfants qui étaient déjà assis en pleurs, effrayés. Elle les embrassa. Elle leva les yeux et vit son mari planté là au milieu de la pièce et ne sachant que faire. « Apporte un matelas ! Apporte un matelas ! », lui cria-t-elle. L’homme réagit enfin en s’exclamant qu’il fallait mettre les enfants près de la crèche pour que la Vierge Marie les protège.

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« Apporte un matelas, je t’en prie, apporte-le ! », lui cria-t-elle, désespérée « La vierge ne peut rien pour nous en ce moment ! », précisa-t-elle. Voyant les éclats lumineux qui entraient par la fenêtre et le tremblement de terre à ses pieds, elle courut jusqu’à la chambre des garçons, saisit le matelas qui restait et le souleva, comme s’il s’agissait d’une plume et le plaça sur les petits qui ne cessaient de pleurer, paniqués.

Les avions supersoniques sillonnaient le ciel, suivis d’un bruit qui faisait éclater les tympans et les vitres. Le ciel devenait rougeâtre à cause du reflet des explosions et des incendies. Le bruit des rotors des hélicoptères résonnait partout. Les fusées aussi partaient de la baie très proche : les navires de guerre bombardaient également.

Soudain, par la porte entra une sorte de rayon aveuglant. Quand elle rouvrit les yeux, tout était encore illuminé et tremblant, mais il y avait une sorte de fumée dont on ne pouvait définir l’odeur. A la place de la crèche et de la télévision, il ne restait plus qu’une tache d’huile noire et des cendres. Même la Vierge n’avait pas été épargnée.

Son mari, atterré et muet, regardait « ça’ » puis regardait où se trouvaient les petits. Si sa femme n’avait pas été là…

Ana se rappela qu’elle était élue de la commune, et que pour cette raison elle devait se calmer et essayer d’aider. Elle ouvrit la porte de l’appartement et trouva tous les voisins déboussolés, en plein chaos.

Elle dit à son époux qu’il fallait partir avec les enfants, car une bombe pouvait détruire le bâtiment de sept étages. Il fallait chercher un refuge. Il sortit avec les enfants dans les bras, tandis qu’elle montait les étages pour exiger que tout le monde évacue les lieux. Au dernier étage, elle découvrit deux petits vieux qui pleuraient et criaient, tout en demandant à leur petit-fils de quitter le balcon d’en face. Le jeune menaçait un hélicoptère avec un revolver qui n’avait plus de balle. +Ana lui cria que par sa faute, ils allaient bombarder l’immeuble. Il semblait devenu fou et s’exclamait à pleins poumons « Yankees assassins ! Yankees fils de putes ! ». Les trois virent une sorte de rayon laser couper le jeune en deux, au niveau de la ceinture. Même une scie électrique ne l’aurait pas fait avec autant de facilité. Des cris et encore des cris de panique, et l’impuissance devant tant d’horreur. Ana poussa les vieux, les obligeant à descendre, même s’ils n’avaient plus envie de vivre.

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En bas, elle rencontra son mari. Tous les enfants qu’il y avait là étaient dans une panique totale. Elle, avec précaution, ouvrit le portail et sortit. Lui n’osa pas la retenir. Elle était comme ça. Dans la diagonale, plusieurs bâtiments brûlaient. A chaque explosion de bombes, les gens hurlaient, car ils croyaient qu’elles leur tombaient dessus.

Les hommes et les femmes couraient dans tous les sens, portant jusqu’à trois enfants dans les bras. Des enfants portaient des enfants. Des vieillards priaient, à genoux dans l’embrasure des portes.

Au coin de la rue, à quelque cent mètres, elle vit trois hommes en civil tirer sur les hélicoptères. Elle courut jusqu’à eux et demanda une arme. Il n’y en avait pas.

Elle revint sur ses pas, déçue. Elle proposa de rester là parce qu’il n’y avait nulle part où aller. Ils se blottirent à l’intérieur de l’immeuble. Certains s’étreignaient. Tout en pleurant, les hommes et les femmes se mirent à attendre que la lumière du jour se lève, car peut-être que cet horrible cauchemar serait moins épouvantable.

A 6h15, les explosions continuaient. Ana ouvrit lentement le portail, avança la tête et découvrit plusieurs hommes aux visages peints. Elle pensa qu’elle était morte quand ils la visèrent de leurs armes immenses. Ils commencèrent à lui crier plusieurs choses dont les seules qu’elle put comprendre furent « go, go, go », dehors, dehors, dehors. Ils leur firent signe de sortir les mains en l’air. Les envahisseurs avaient pris possession de presque toutes les maisons et les immeubles. L’un d’eux, qui avait une tête de latino, leur dit en espagnol qu’ils devaient aller jusqu’à Balboa, un port situé à l’embouchure du canal de Panama, au bord de l’Océan Pacifique. A peu près à cinq kilomètres de là.

Les tanks entraient massivement dans Chorrillo. Les envahisseurs sortirent des véhicules, criant en anglais de quitter les lieux. Ils commencèrent ensuite à lancer à l’intérieur des maisons un petit dispositif qui prenait feu comme par magie. A San Miguelito, un autre quartier peuplé de gens modestes, c’était le même scénario.

Ana voulut aider une femme blessée qui pouvait à peine marcher et qui portait son petit garçon dans les bras. Les soldats les visaient, menaçants. Une autre femme vint l’aider, sachant qu’elles pouvaient être assassinées si elles n’avaient pas les mains en l’air.

Il y avait beaucoup de morts dans les rues, tous des civils. Un garçon de dix ans montra horrifié les corps de deux petites camarades d’école gisant dans une grande flaque de sang. Ana sentit son âme se déchirer quand elle reconnut sa voisine, ses deux enfants dans les bras, tous trois quasiment calcinés.

Tout le groupe et ceux qui assistèrent à la scène lancèrent les cris les plus déchirants de leur vie en voyant un tank passer sur les corps de deux hommes, alors que l’un deux, blessé, était assis dans la rue. Les chenilles du tank les réduisirent en bouillie. Les cerveaux volèrent à plusieurs mètres. Parmi les témoins, certains se mirent à vomir ou tombèrent à genoux. Et ceci se reproduisit plusieurs fois pendant le trajet.

On marchait au milieu les cadavres. Les envahisseurs étaient libres d’assassiner comme bon leur semblait. Ils exécutaient des civils en pleine rue pour le seul motif qu’ils leur avaient crié « yankee go home », yanqui, dehors !

Il n’était pas permis de porter secours aux blessés, ni que les membres d’une même famille touchent à leurs morts. Les camions des envahisseurs venaient les chercher et les emportaient. De nombreux habitants de la capitale virent quand ils incinéraient les corps avec des lance-flammes sur les plages. Tandis que d’autres centaines de corps furent jetés dans des fosses communes.

Au même moment, dans les quartiers riches, des gens sortaient se prendre en photo avec les envahisseurs, en arborant le drapeau des Etats-Unis. Des femmes voulaient même les embrasser. Dans certains endroits de la campagne, on leur offrait aussi du Coca-Cola et des cigarettes.

Cette invasion étasunienne fut appelée « Juste Cause » : ce fut le plus grand débarquement aérien depuis la Seconde Guerre Mondiale. Sur ce petit pays de trois millions d’habitants, s’abattit tout le pouvoir militaire de la première puissance mondiale : 26 000 soldats qui semblaient assoiffés de sang. Tandis que l’ONU condamnait l’invasion barbare, le président français, François Mitterrand, fut le seul à la soutenir ouvertement.

Le Panama se transforma en un champ d’expérimentation de la technologie de guerre la plus avancée, celle qui fut ensuite utilisée en Irak, en 1991. Par exemple, le rayon qui détruisit la crèche et la télévision d’Ana, et qui coupa le petit-fils en deux : c’était aussi le baptême de l’avion bombardier invisible « Stealth ».

Les Forces de Défense de Panama comptaient à peine 3 000 combattants. La défense aérienne était inexistante. Civils et militaires donnèrent leur vie non pas pour le général Antonio Noriega, mais pour la souveraineté et pour la patrie.

Car s’il y eut plus de 4 000 personnes assassinées, c’était sous prétexte de capturer le dictateur Noriega recherché pour narcotrafic. Un militaire qui, peu de mois auparavant, était encore l’un des favoris des Etats-Unis en Amérique Latine. Salarié de la CIA, et grand ami de George Bush père, il servit de pont entre la mafia colombienne et la CIA pour le trafic de cocaïne qui finança la guerre contre-insurrectionnelle en Amérique centrale, dans les années quatre-vingt. Mais dans un sursaut de souveraineté, il refusa que les Etats-Unis aient le moindre contrôle sur Panama, à commencer par le Canal. Alors ses péchés, qui n’avaient jamais été considérés comme tels, firent tout à coup la une des journaux.

Lors de l’invasion, ils ne purent lui mettre la main dessus. La CIA fut ridiculisée. Ils durent promettre de l’argent pour le capturer. Noriega se rendit le 3 janvier 1990.

Les envahisseurs s’acharnèrent sur Chorrillo et San Miguelito parce qu’ils savaient que dans ces quartiers ils n’étaient pas les bienvenus. Ils n’y laissèrent que quelques rares colonnes de béton armé. Les soldats étasuniens eux-mêmes se mirent à nommer Chorrillo leur « Petit Hiroshima », en souvenir des ruines, de la mort et de la désolation auxquelles fut réduite la ville japonaise après la bombe atomique lancée par les Etats-Unis le 6 août 1945. La grande majorité des Panaméens le considèrent comme le « Quartier Martyr ».

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Héroïne et martyre, Ana le fut. Elle laissa son mari avec les enfants et s’évada du camp de concentration où on les avait parqués à Balboa. Elle se joignit à ceux qui combattaient les troupes d’envahisseurs. Elle leur infligea plusieurs pertes et endommagea un hélicoptère. La femme qui tirait à ses côtés vit la balle qui transperça la poitrine d’Ana. Agonisante, elle murmura : « Parle de moi à mes enfants ». Sa main serrait si fort le fusil qu’on faillit ne pas le récupérer.

Hernando Calvo Ospina

Journaliste, écrivain et réalisateur colombien résident en France.
Texte extrait du livre Latines, belles et rebelles, Le Temps des cerises éditeurs, Paris 2015

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Quand on parle du monstre… Par Jean-Marie Bourget

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La lutte des classes, #La paix, #Amérique Latine, #Les média

Quand on parle du monstre…

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Quand on parle du monstre…

Tant pis, à mon âge avec une vie mal faite derrière moi, je peux vous le confier au risque de me retrouver devant la Cour Pénale Internationale : j’ai admiré Castro. Admiré sans réserve. Pas comme mon ami Régis Debray qui n’a pas été nul dans l’éloge, et même émouvant. Mais qui a émis les réserves habituelles, comme les suspects arrêtés par le commandant Renault dans le film Casablanca. Des mots parachute qui vous évitent le pilori. Le problème de Régis, pourtant grand croyant et souvent grand crédule, est d’être parfois un « in-fidèle », de ne pas aller jusqu’au bout alors qu’il le devrait, de lâcher la cause en route.

Comme on abandonne dans le col parce que le boyau est crevé et que soudain, coup de mou et faute de rustines, on se demande si la vie vaut la peine d’être vécue l’humanité étant dégueulasse. L’esprit de révolution est comme la pierre ponce, il s’use. Et il use. Régis est passé à une autre pierre, un autre Pierre où Jésus a bâti son Eglise. Dommage, mais admirons le salut final du dernier des Mohicans : il a toujours le goût à la liberté et refuse la vie au caviar proposée par les petits maîtres de la sociale démocratie française.

La mort du Leader maximo nous a permis de savoir qu’il y a toujours du fidèle en lui. Et je ne peux oublier une soirée heureuse, avec un retour à la case départ, celle qui précède « Révolution dans la Révolution ». Autour d’une table parisienne, dans un titre à la Alexandre Dumas nous étions réunis « Cinquante ans après ». Régis s’est retrouvé là ému, en militant prodigue rentré à la base pour honorer celui qui fût un temps son maître, Jacques Vergés. C’est l’avocat ami de Mao et rédacteur en chef, qui l’avait, pour la revue « Révolutions », expédié en première patrouille sur les terres explosives de l’Amérique du Sud.

Si, parlant de Castro je vous parle de Debray c’est par commodité. Car évoquer aujourd’hui en France le suprême barbu est une entreprise impossible pour qui n’a pas d’outil, de toise, de cadran. Equipé on plonge alors dans le bazar du temps pour retrouver un étalon, un échantillon témoin. Avons-nous rêvé que nous, et des millions d’autres, aimions Castro ? Sommes-nous seuls « rouges-bruns » survivants de cette admiration devenue honteuse ? Pour nous pincer, nous réveiller, j’ai donc convoqué Régis, le vrai expert devenu plus crédible en homme du réel qui porte des costumes balzaciens. Il est notre témoin de moralité. A la barre de l’histoire il comparait pour dire aux incroyants qu’il est vrai que nous avons été fous, que nous n’étions pas seuls et avions raison de l’être.

Si dans un pays de liberté agonisante, la France où Chomsky est interdit de parole, je sonne le rassemblement de ceux qui ont accompagné Fidel, c’est par peur de ne pas être cru. Oui nous avons supporté avec lui, et portons encore l’utopie d’un monde plus juste. Une idée qui se sent maintenant seule comme une petite vieille la nuit sur un banc du Métro. Sur les écrans des télévisions on voit ces maîtres d’hôtel chargés de servir la vérité bien chaude, nous affirmer qu’avoir une émotion à l’annonce de la mort de l’ami du Che est grandement coupable.

La preuve, dès qu’un politicien se montre -et nous n’en manquons pas, ce sont des gibiers de saison- il est assommé d’une question unique : « que pensez-vous des propos de Ségolène Royal sur Fidel Castro ? ». Disparu le vrai débat, l’œuvre et l’homme Fidel n’ont pas d’importance. Ne pas introduire l’idée contagieuse qu’hors le vin le rouge puisse être bon. Ce qui compte, c’est de demander à Bayrou, le Commandante du Béarn, ce qu’il pense des justes paroles sorties naturellement de la bouche innocente d’une ministre linotte : « Cuba n’est pas une dictature ».

Cette impossibilité de dire un mot positif, fut-il orphelin, sur l’œuvre de Castro -sauf à être un nouveau Faurisson- est un indicateur. Un indice scientifique comme celui qui mesure les marées. Puisqu’il est impossible de dire « Castro » sans recevoir de tomates, cela signifie que nos libertés sont mortes. Avec elles notre imaginaire et le devoir du contradictoire, du doute.

Je m’explique. Le droit de vomir Castro étant acquis et gravé dans les livres par la bande des Courtois, le gang des « Nouveaux » philosophes et autres techniciens de surface comme Enthoven, est-il possible d’introduire une nuance de Mandela dans le vert olive ? Non. L’affaire est pliée. Dire que Castro a mis un continent debout, et même un et demi en comptant l’Afrique, qu’il a rendu les frères de son île à l’état d’hommes, c’est postuler à l’opprobre. Celle d’une Cour de magistrats mondialisés qui tient open bar à La Haye. Voilà l’état de notre liberté. Et son emprisonnement dans la cellule de la pensée néo conservatrice, droit-de-l’hommiste, pourrait ne pas être grave… Il faudrait, pour un nano gramme d’optimisme, sentir pousser des lutteurs capables de cisailler ses barreaux. Bien non. Il n’y a pas grand monde.

Il n’y a plus de lutteurs, ils ont rendu leurs paquetages à la globalisation. Restent des naufragés de Facebook communiquant entre eux comme des tôlards, en faisant du tam-tam dans les tuyaux, qui osent dirent les gros mots : « Fidel… je resterai fidèle ». Car, pour la pensée Pujadas, celle qui compte comme devant un guichet banque dans ce temps qui tourne le dos à l’espérance pour embrasser Wall Street, Castro avec « ses camps » est devenu un peu Hitler. Et Kissinger un Prix Nobel combattant pour la démocratie. Ainsi va la nouvelle histoire écrite par la sociale démocratie de France made in Washington. Celle qui envoie des gendarmes, à propos du contenu de son cours sur la Russie délivré en collège, poser des questions à un professeur breton.

Je pense qu’il serait souhaitable que les fabricants de jeux pour enfants nous facilitent la tâche. Qu’ils inventent une tablette sur laquelle, dès que les petits doigts pianotent l’icône Castro, ils reçoivent une petite décharge électrique. Le logiciel devra laisser de l’espace « libre » afin que cette gégène, l’enfer de l’histoire, puisse regrouper tous les monstres en une correcte haine. Ainsi notre monde deviendra juste et nos enfants heureux.

Ne dites plus « non passaran », puisque les éradicateurs sont passés en piétinant nos raisons de vivre. Fidel tu as eu raison de mourir, ce monde n’est plus pour nous.

Jacques-Marie Bourget

source: http://prochetmoyen-orient.ch/quand-on-parle-du-monstre/


 
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